Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Weir, Sheppard, McKay, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

[TERMINE] Mission spéciale "Fourbe Prospect"

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Dim 16 Avr - 14:19
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Chronologie : 17 avril 2017



Le Dédale arriva en orbite géosynchrone du site Alpha le dix-sept avril au matin. Il détenait à son bord un important fret de matériaux de construction pour la poursuite de l’édification de cette base sans lumière naturelle. Pendant qu’un nombre importants d’ouvriers et de techniciens procédaient au déchargement et au tri des différents produits, une importante réunion avait lieu dans la salle de briefing avec les pilotes et le groupe de prospection spécialisée du SGC. Il s’agissait de l’équipe d’exploration SG-12 qui s’était perfectionnée petit à petit dans la prospection minière pour les besoins du programme. Leurs années des différents travaux à ce sujet faisaient d’eux les experts les plus remarquables sur les terrains étrangers. Ce qui expliquait en grande partie la raison pour laquelle cette unité se trouvait bien loin de son territoire d’exploration habituel.

Depuis que la Terre s’était lancée dans la construction des croiseurs de combat et que la situation demandait à l’avenir un déploiement plus conséquent : les besoins en matériaux avaient littéralement explosé. Or, si le SGC détenait plusieurs mines de trinium sur différentes planètes de la voie lactée ; Le Bentalium de Trisphate était un gaz difficile à trouver. Il intervenait surtout dans la composition des cristaux de contrôle gérant la quasi-totalité de la technologie à bord. C’était un élément de qualité très précieux, et difficile à concevoir, dont l’usine d’assemblage ne pouvait se passer. D’après le rapport que lui avait fait parvenir le SGC, le filon de gaz BT emparé aux Goa’ulds il y a cinq ans, était en passe de se tarir dans l’année. L’organisme du SGC en charge de la Gestion et du Convoyage des Ressources pour l’usine d’assemblage, appelé simplement «G.C.R», s’était beaucoup intéressé à un rapport d’exploration de l’Athéna sur l’un des plus vieux secteur de la galaxie de Pégase.

Apparemment, une planète supposée détruite par une étoile à neutron il y a plusieurs centaines de milliers d’années regorgerait de cette ressource. Les capteurs de l’Athéna avait confirmé la présence d’une auréole de gaz BT entourant les restes inertes de la planète. Cela laissait à supposer que, forcément, des filons de gaz encore piégés dans la roche seraient exploitables. Les calculs statistiques de nos scientifiques ayant établi l'hypothèse d’une véritable manne dans ce secteur, le GCR n’avait eu de cesse de vouloir convaincre le programme de lancer une mission de prospection. Si les hautes autorités avaient refusé pour donner la priorité à la sécurisation de l’expédition, il n’y avait maintenant plus aucun motif de refus depuis que la situation s’était calmée. Et Caldwell avait reçu pour ordre de mener cette mission délicate avec l’aide de SG-12 sur le terrain.
Toujours aussi consciencieux, il avait prévu un patrouille dans l’après-midi et une étude de la zone par l’observatoire du Dédale avant de se lancer. Heureusement, aucun représentant de l’office du GCR n’avait été admis à participer au voyage, le SGC et la CIS en accord sur le fait que la dangerosité du terrain nécessitait le maintien d’une pleine rigueur militaire sans influence extérieure. Le colonel était donc le seul et unique maître au commande de la mission.

Car ce secteur n’était pas aussi calme qu’il semblait l’être.
Rien qu’en consultant le rapport de l’Athéna vieux de six mois, le taux de radiation était si élevé qu’il faudrait une protection par bouclier, et à temps limité, pour évoluer sans risque. Le blindage et les traitements anti-radiations ne suffiraient pas. On ajoutait à cela un dangereux balais d’astéroïdes à la progression hasardeuse du fait d’une mauvaise interaction électromagnétique entre les noyaux rocheux.
Et pour finir, les derniers rapports des suivis des flottes Wraiths par les détecteurs longues portées de la cité faisaient état d’un avant-poste ennemi quelque part dans le secteur. Mais il y avait tant de débris qu’il était impossible de le localiser. Pourtant, le gaz BT n’était pas nécessaire à leur technologie. La présence de cet avant-poste avait donc une valeur stratégique sur la guerre civile Wraith.

Il fallait donc une véritable coordination entre l’équipe de prospection et les pilotes qui iraient protéger leurs arrières. Le colonel songeait à appeler de la main d’oeuvre supplémentaire même s’il sentait que son équipage avait l’envie de faire cavalier seul, pour une fois. Un sentiment dangereux.

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Dim 16 Avr - 18:57
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"FOURBE PROSPECT"


SG 12 & co


Un 17 avril 2017

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Finit les vacances, il fallait repartir comme en 14, la fleur au fusil, dans les méandres du boulot administratifs, des gestions financières, des projets de la C.I.S. et de tout le toutim qui allait avec. Maintenant qu’elle avait pris du galon, elle était encore plus débordée qu’avant, mais Erin aimait ça. Elle évoluait dans un environnement qu’elle maitrisait, et elle avait les pouvoirs pour le maitriser. Toujours est-il qu’aujourd’hui, elle serait sur un gros coup, dans un secteur risqué selon les rapports, mais sa présence était nécessaire pour pouvoir assurer le lien entre les opérations de prospection et la CIS. Car si aucun représentant du GCR n’avaient été admis pour cette expédition, la commission comptait quand même avoir quelqu’un sur place, quitte à lui faire prendre ces mêmes risques qu’on avait refusé de faire prendre aux membres de la Gestion et du Convoyage des Ressources. Bref, Erin était donc mandatée pour aller sur le terrain, sous l’égide du commandement du colonel Steven Caldwell, pour observer les opérations de prospections du gaz BT, afin de rédiger un rapport qui viendrait compléter celui de l’officier, en bien ou en mal, selon sa perception des choses. Il était logique que cette mission lui incombe, ne serait-ce parce que le seul membre restant de la commission internationale de surveillance dans la galaxie de Pégase était Richard Woolsey, et que ce dernier assurait désormais la régence de l’expédition civile Atlantis, et qu’il était préférable de sacrifier un second qu’un premier. Enfin, Erin ne le voyait pas spécialement comme ça. De toute façon, elle était représentante de son agence, et donc agent de terrain. Elle devait reconnaître que partir à l’aventure ne lui déplaisait pas.

Elle avait sélectionné du personnel pour accompagner cette mission, parmi les ressources humaines disponibles de la cité. Ainsi Coralie Deltour. serait de la partie, assurant tout le côté médical de la mission. Car même si elle n’était pas médecin, Coralie était très compétente dans son domaine, et Erin avait une pleine confiance en cette femme qu’elle appréciait énormément. Cela lui faisait plaisir de la retrouver sur cette expédition d’un genre nouveau. Le Jour J, à savoir le 17 avril de l’année 2017, Erin emprunta la porte des étoiles de la cité pour se rendre sur le site opérationnel Alpha, dans le but de rejoindre ensuite le Dédale qui était en orbite géosynchrone. Elle serait téléportée, avec le reste de l’équipe, pour assister au briefing inhérent à ce genre d’entreprise.

La jeune femme était partie bien plus tôt afin de passer rencontrer les Tairis, notamment Aya, Lanille et Galtaym, ainsi que les deux charmantes et adorables boules de poils qu’ils élevaient, Ketricken, la future reine, et Hazel, dont elle était le parrain. Alexander avait été désigné comme la marraine, et les deux administratifs n’avaient pas eu le cœur d’expliquer la différence aux tigres à dent de sabre et finalement, ils s’en étaient amusés. Bien entendu, Erin en avait profité pour passer dire bonjour à Vilma, cette fameuse tigresse amatrice de pantalon d’homme. Cette dernière avait été un peu déçue de ne pas voir Alexander dans son sillage, même si elle renifla quelques fragrances corporelles qui lui firent dire que ces deux-là avaient passé un cap. On ne pouvait guère mentir à Vilma.

Une fois revenue au complexe Atlante souterrain, la jeune femme fut téléportée sur le Dédale en vue du briefing. Elle retrouverait sur place Coralie Deltour, ainsi que les membres de l’équipe SG12 et probablement du personnel du Dédale, ainsi que le colonel lui-même. Erin était habillée de l’uniforme réglementaire des administratifs, mais celui en cuir, plus robuste que les premiers. Elle n’avait que son matériel administratif avec elle, tablette, calepin et stylos, ainsi que dans une de ses poches, son kit de secours avec ses seringues, son insuline, ainsi que son testeur de glycémie. Si tout allait bien, elle n’aurait pas besoin de s’en servir, mais quand elle partait à l’extérieur, elle le gardait avec elle. L'ordonnance lui avait indiqué quel serait son quartier le temps de son séjour à bord, et elle avait déposé un sac à dos avec des affaires de rechange à l'intérieur au cas où, ainsi que du boulot et de la lecture. Ensuite, elle se dirigea naturellement vers la salle de briefing, commençant à connaître le croiseur comme sa poche. Elle salua tout le monde en entrant dans la salle de réunion, avant de prendre place. Elle avait hâte de commencer cette mission qui sortait de l'ordinaire.

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L'administration a des problèmes à toutes vos solutions.
D.C. Sous Lieutenant Pedge Allen - Teshara Lays ~ Ecriture : Springgreen
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Mar 18 Avr - 18:12
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Coralie vérifiait une dernière fois le contenu de son sac. Elle voulait être sure d'être parée pour toutes les situations qu'elle pourrait rencontrer lors de cette mission. Elle rajouta quelque doses de l'algue « anti-hémoragie » mise au point par les scientifiques. Ça ne pesait pas lourd, et c'était redoutablement efficace, comme elle avait pu le constater lors de la mission sur la planète des Tarks. Bon, le résultat n'était pas très ragoutant et il fallait avoir le cœur bien accroché, mais c'était efficace, et la jeune femme en avait vu des bien pire au cours de sa carrière.

Quelques bandages de plus, pour caler les coins, quelques ampoules d’antibiotiques et d'anti-douleur dans les interstices et elle s'estima prête. De toute façon, on ne ferait rien rentrer de plus dans ce sac sans utiliser un chausse pied. Et, même si en bonne pessimiste elle envisageait toujours le pire, elle espérait bien qu'elle n'aurait pas à utiliser tout ce dont elle se chargeait lors de cette mission.

Elle devait reconnaître que le mot « Site Alpha » indiqué comme point de départ dans l'ordre de mission qu'elle avait reçu de la part d'Erin avait eu tendance à l'inciter à « gonfler » ses stocks. Bien sur, elle était parfaitement consciente qu'il ne s'agissait plus du même endroit. Le « nouveau » site Alpha n'était pas celui qu'elle avait découvert ravagé par l'attaque des Genii. C'était une nouvelle planète, où, d'après ce qu'elle avait compris, le soleil ne brillait jamais et qui était habité, notamment, par une race de félins surdimensionnés et amicaux. Elle n'avait encore jamais eu l'occasion de le visiter. Mais rien que le nom « site Alpha » aurait été capable d'étouffer dans l’œuf ses éventuelles envie d'y faire du tourisme.

Bien sûr c'était idiot. Mais pour elle se nom était synonyme de souffrance et de mort. Rien qu'en l'entendant elle avait l'impression de sentir à nouveau l'odeur de la fumé, des corps calcinés, du sang, d'entendre à nouveau les cri et gémissements des blessés qu'ils n'avaient pas pu aider. Coralie en avait vu de rudes pendant sa carrière, mais dans son « top ten » des pires, ce qu'elle avait vécu sur Alpha était de loin numéro un. Elle aurait aimé qu'ils change le nom. D'ailleurs, le site Alpha ayant vécu, elle aurait trouvé plus logique que le suivant s'appelle « site Béta ».

Elle réalisa qu'elle était immobile depuis un moment, une main sur les fermetures de son sac, l'autre caressant avec une certaine brutalité la cicatrice qu'elle avait gardé à son oreille. Elle secoua la tête pour chasser ses tristes pensés et ses inquiétudes. Un coup d’œil à sa montre lui apprit que si elle ne se dépêchait pas, elle allait être en retard pour rejoindre les autres dans la salle d'embarquement.

L'infirmière chargea son paquetage sur son dos et se rendit en salle d'embarquement.
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Mer 19 Avr - 0:01
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Mission spéciale "Fourbe Prospect"

Feat Erin Steele, Adam Ross, Coralie Deltour et Steven Caldwell


O
n ne pouvait jamais être tranquille sur cette cité. Même quand vous aviez un millier de choses à faire, il fallait toujours que quelqu'un vous interrompe. Et aujourd'hui ne fut pas différent de d'habitude. Alors que je travaillais sur un projet avec Zelenka et mon équipe, je reçus un mail d'Erin Steele m'informant que je devais partir en mission quelques jours plus tard. Merci bien, je n'aurais pas fini ce que j'étais entrain de faire, et voilà que je devais laisser tomber mon projet et laisser toute la gloire à Radek. Et pour quelle raison ? Allez sur le Dédale avec une équipe pour aller je ne savais où pour faire je ne savais quoi. Ce fut donc sur un air renfrogné, comme à mon habitude en fait, que je préparai mes affaires le jour venu. Je remplis mon sac de divers équipements comme ma tablette par exemple, ainsi que mon ordinateur, et d'autres petites bricoles importantes dans mon métier. Il fallait un scientifique, et qui de mieux que le plus brillant des astrophysiciens de l'Univers pour se rendre à cette mission. Je ne devais donc rien oublier.

P
remière étape avant toute chose : manger un peu. Je passais rapidement au mess pour me faire un bon repas. Inutile de partir en mission le ventre vide. Et comme très souvent dans ces cas là, je rajoutai dans mon sac à dos quelques petites choses à manger au cas où j'aurais faim pendant la journée. Après tout, j'ignorais ce qui m'attendait, ni quand j'allais pouvoir avoir un autre repas. Autant prévoir. Au cas où, je passai à l'armurerie pour prendre un 9 mm, puis je me dirigeai vers la salle d'embarquement. Coralie était présente, elle devait sûrement faire partie de l'équipe. Erin était absente, peut être était elle partie avant nous. Je m'approchai de la jeune femme, mais je m'arrêtai à une certaine distance d'elle, lui lançant un petit sourire forcé en guise de salutations. Je n'avais pas oublié notre dernière mission ensemble, et je n'avais pas du tout envie qu'elle recommence ses petits tours de guérison avec son affreuse pâte puante et visqueuse. Une fois la Porte des Etoiles activée, je suivis l'infirmière pour me retrouver dans l'obscurité du Site Alpha. Quelques minutes plus tard, nous fûmes téléportés à bord du Dédale. Génial, me revoilà dans cette immense boîte de conserve depuis la dernière fois où j'avais encore du sauver les fesses de l'équipage et réparer le vaisseau. J'espérai ne pas être ici pour la même chose, sinon j'allais crier "oh sabotage".

U
n militaire nous accueillit et nous accompagna jusqu'à la zone des quartiers du Dédale. Après nous avoir désigné nos quartiers respectifs, je me séparai de Coralie pour rentrer dans mon petit chez moi, non sans grimacer en voyant à nouveau cette petite pièce étroite. Je déposai mon sac, pris mon ordinateur, avant de ressortir pour rejoindre la jeune infirmière. Nous fûmes escortés par le militaire, et après avoir arpenté les couloirs du vaisseau, nous arrivâmes à la salle de briefing où nous attendaient Erin ainsi que le personnel du bâtiment. Je saluai tout le monde d'un signe de tête et d'un faible "bonjour", comme à mon habitude, avant de m'installer sur une chaise autour de la table. Cette mission avait intérêt à être très importante, car je n'avais toujours pas digéré le fait qu'on m'ait dérangé. D'ailleurs, ma mauvaise humeur devait sûrement se lire sur mon visage, tandis que je posais mon ordinateur portable sur la table, avant de croiser les bras, attendant le début du briefing.

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Mer 19 Avr - 20:15
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Adam avait encore du mal à digérer la nouvelle.

Il était encore tôt lorsque le second Lieutenant sortit de ses quartiers de la base Alpha. Comme à son habitude, il se dirigea vers le mess pour avaler un petit déjeuner sommaire, tout en ruminant tout seul, dans une sorte de savant mélange de morosité et de mélancolie. Pourquoi faisait-elle cela ? Et pour faire quoi à la place ? En y réfléchissant bien, il n'était peut-être pas le mieux placer pour la juger. Après tout, Pile-Poil ne faisait que suivre les traces d'Adam. Cependant, savoir que la brillante co-pilote avait pris la décision de quitter le Dédale le rendait tout chose. Il devait y avoir une explication derrière tout cela, et le pilote ne manquerait pas de la demander à Nelly.

Il se dirigea d'un pas pressé vers la salle de transmission. Les équipes de jour venaient tout juste de reprendre le relais. Quelques uns lui firent un salut réglementaire lorsqu'il rentra dans la salle, ce à quoi Adam répondit d'un léger sourire et d'une petite inclinaison de la tête. Il avait encore du mal à se faire à son nouveau poste de second responsable militaire de la base. Commander une escadron, c'était déjà du boulot, mais alors tout un avant-poste... Il y avait de quoi lui faire tourner la tête.

Les écrans se mirent à s'affoler lorsqu'une fenêtre d'hyperespace s'ouvrit dans le secteur proche de la planète. Adam consulta sa montre. Pile à l'heure, comme toujours. S'il y avait quelque chose qu'on ne pouvait pas reprocher à au Colonel Caldwell, c'était sa ponctualité. Il surveilla la trajectoire que prit le Dédale en s'approchant de la planète, jusqu'à se mettre en orbite géostationnaire au dessus de la base.

Le fait de s'être levé aussi tot, et d'être venu assister à l'approche du cuirassé n'était pas anodin. En effet, Caldwell avait demandé à Adam de le rejoindre à bord du Dédale lors de son prochain passage. Une mission d'extraction à haut-risque, requérant un pilote de Jumper expérimenté. Adam avait répondu à l'appel, sans la moindre hésitation.

Une dizaine de minutes plus tard, le Jumper d'Adam s'éleva lentement au dessus du hangar du site Alpha, prenant immédiatement la direction de l'espace.

//Contrôle du Dédale, ici Jumper 4. Demande autorisation d'atterrir.//


//Jumper 4, ici contrôle Dédale. Autorisation acceptée.//


La porte du hangar finissait juste de s'abaisser au moment où le Jumper réquisitionné par Alpha passa le sas. Adam fit atterrir la navette à l'endroit indiqué par les contrôleurs de piste, avant de descendre rapidement du transport. Il salua d'un grand sourire les quelques techniciens qu'il put reconnaître dans la masse s'activant sur le pont d'envol. A croire que les techniciens du Dédale n'avait jamais un seul moment de répit.

Ross se fraya un chemin dans les couloirs familiers du Dédale, qu'il connaissait depuis longtemps sur le bout des doigts. Il arriva finalement face à la porte de la salle de briefing, déjà ouverte et partiellement remplie de monde. Adam s'arrêta quelques secondes, prenant une grande inspiration, remettant en ordre sa tenue, avant de rentrer et de se présenter immédiatement au Colonel Caldwell, se mettant instantanément au garde-à-vous.

Second Lieutenant Adam Ross, au rapport mon Colonel.

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All great things are simple, and many can be expressed in single words : Freedom, Justice, Honor, Duty, Mercy, Hope.

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Jeu 20 Avr - 2:54
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Le Dédale quitta l’orbite du site Alpha dès que les préparatifs furent terminés et les membres de l’équipe à bord. La salle de briefing était composée de siège en rangée, comme dans un cinéma, faisant face à un grand pupitre devant trois écrans géant. Des micros et une sonorisation étaient disposés pour une meilleure acoustique mais, vu le nombre de personnes, ceux-ci ne semblaient pas en fonction. Trois membres de l’équipe de SG-12 étaient déjà là, ils se levèrent et se présentèrent à chaque nouveau arrivants, poliment, en déclinant leurs identités et leurs rôles. Le quatrième homme discutait avec le colonel devant le pupitre, lui montrant plusieurs plan cartographique du secteur où l’opération aurait lieu.

L’officier répondit au salut d’Adam et l’invita à gagner son siège. Cela le rassurait de l'avoir sur le coup. La mission n'allait pas être évidente et il ne pouvait espérer meilleur pilote. Il fît mentalement le compte de toutes les personnes présentes et leur pria de s’installer lorsqu’ils furent au complet. A cet instant, la porte de la salle de briefing se referma et le brouhaha général se réduisit jusqu’au silence. Le colonel sortit une série de dossiers depuis l’un des rangements du pupitre et entreprit de les distribuer. Chaque document portait le nom de son destinataire, il s’agissait du dossier de briefing complet ainsi que d’une annexe correspondant à la spécialité de chacun. Une fois fait, Caldwell retourna jusqu’au pupitre et prit la parole.

Bienvenue à tous. Je pense que vous avez eu le temps de vous présenter, nous allons donc nous attaquer au vif du sujet.

Il attrapa une télécommande et appuya sur un bouton. Une image de la galaxie apparut, un cliché simple sans animation, indiquant le site Alpha et le théâtre d’opération. On y lisait la progression du Dédale et son voyage en cinq heures d’hyper-espace.

Les croiseurs comme le Dédale sont construit dans une immense usine d’assemblage nécessitant, parmi toute une panoplie de matériaux, un alliage de trinium pour sa structure blindée et du gaz BT pour la création des cristaux de contrôle. Ce dernier représente une ressource stratégique régulièrement contestée sur la Voie Lactée et les derniers rapports font état d’un épuisement inquiétant de notre seule source. Tous les autres gisements étant aux mains des Goa’ulds, des Jaffas libres ou de l’alliance Luxienne, et n’ayant pas la puissance nécessaire pour les récupérer, nous devons trouver de nouveaux gisements par nos propres moyens.

L’image fît un zoom sur le théâtre d’opération.

A cinq heures d’hyper-espace du site Alpha se trouve le secteur Prolmard. Il s’agit d’un système stellaire dévasté par le passage éclair d’une étoile à neutron il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Toutes les planètes qui se trouvaient là ont été pulvérisée et les forces gravitationnelles particulières ont créé ce gigantesque champ de débris que vous voyez là.

Une vidéo provenant des caméras de l’observatoire de l’Athéna montrait effectivement des amas aux dimensions dantesque, comme un monde de débris en suspension dans le vide, voguant à des vitesses et vecteurs différents, le tout s'entrechoquant parfois très violemment. Ce ballet incessant était magnifique et horrible à la fois. D’immenses nappes de gaz aux formes géométriques y évoluaient lentement. Très intimidant. Le support datait de plus de six mois et avait été pris depuis une très longue distance, ce qui n’empêchait pas un niveau de détail digne des chefs d’oeuvres hollywoodiens.

L’Etat-major de l’expédition estime que de nombreux gisement de gaz BT inexploités se trouvent dans cet amas. Leur exploitation pourront, à terme, assurer nos besoins de ressources pour les décennies à venir. Nous avons donc pour mission d’accompagner et de soutenir les prospecteurs ici-présent : les membres de SG-12. Capitaine ?

Le leader de SG-12 remercia le colonel et se redressa, saluant une nouvelle fois l’assemblée, avant de se rendre au pupitre que l’officier lui cédait silencieusement. C’était un homme d’apparence solide et charismatique, un air légèrement bagarreur, mais qui donnait l’impression de bien connaître son affaire. Lorsqu’il s’exprima, les membres présents soulevèrent le côté expérimenté de ses propos. De toute évidence, on ne leur avait pas envoyé des rigolos. Le Capitaine Sutter récupéra la télécommande et afficha l’un des premiers documents présents dans le support papiers de tout le monde, il s’agissait d’un état des lieux détaillés.

Voilà, je joue carte sur table : cet endroit est un véritable enfer stellaire. Plus on s’enfoncera dans l’amas et plus le danger augmentera. Les trajectoires des débris sont anarchiques et aléatoires en raison des nombreux geysers de gaz qui les propulsent dans toutes les directions. Des tempêtes éclairs se déclenchent toutes les seizes heures en réduisant en bouillie tout ce qui se trouve dans les couloirs d’accès. Elément supplémentaire : cette étoile à neutron fait partie des saloperies les plus dangereuses de l’univers, les radiations qu’elle a laissée dans son sillage, à savoir les ondes gamma, irradient à un niveau tel que nous ne pourrons oeuvrer sans l’assistance de boucliers.
Et je vous garde le meilleur pour la fin : nous savons que les Wraiths détiennent un avant-poste dans la zone. Il nous est impossible à localiser à cause de l’immense champ de débris qui affolent les détecteurs.


Effectivement, chaque membres pouvaient constater les conditions particulièrement hostiles décrites sur le document. Mais pourquoi prendre ce risque dans ce cas ?
La page suivante, et donc le cliché sur l’écran, expliqua le plan d’action.

Le Dédale pourra évoluer à l’intérieur de l’amas jusqu’à une distance de quinze milles kilomètres. A partir de là, les roches sont si imposantes qu’elles pourraient broyer le vaisseau. Sans compter que la masse de l’appareil pourrait avoir un effet pervers sur lesdits obstacles. Nous finirons donc le chemin avec un jumper équipé du bouclier. SG-12 et moi-même évolueront à bord d’une barge spécialement modifié pour la prospection. Et sous couverture du même bouclier.

Nouvelle photographie où l’on voyait un formation d’un jumper et d’une barge de récupération du Dédale modifié.

C’est là que notre opération devient plus subtile. Le Dédale, depuis sa position, procédera à une enquête approfondie pour repérer les installations ennemies. Il établira un périmètre de repli sécurisé si nous devons nous retirer en urgence. Nous serons escortés par des F-302 tant que le niveau de radiations le permettra. Mais nous serons ensuite livré à nous même une fois arrivé sur le secteur d’étude. Rassurez-vous cependant : les radiations sont si violentes que les Wraiths ne peuvent y évoluer, leurs vaisseaux étant organique. Nous ne les rencontrerons pas sur le chemin.

La prochaine étape consista à détailler les rôles de chacun. Le capitaine énuméra calmement :

Donc, vous serez tous dans le jumper pour nous apporter du soutien. Pendant que nous effectuerons la prospection des filons, vous nous couvrirez avec le bouclier du vaisseau. Il reviendra au docteur McKay d’en assurer sa pleine efficacité. Vous devrez étudier l’impact des irradiations et des débris sur le bouclier afin d’établir la durée maximale à laquelle la protection résistera, sachant qu’elle couvrira une aire plus grande que le jumper, et d’y prévoir des marges énergétiques en cas de problèmes. Notre protection par ce bouclier sera votre priorité.

Son regard dévia sur le lieutenant Ross.

Lieutenant, vous aurez à votre charge le pilotage du jumper et la surveillance des débris alentours à l’aide des détecteurs de votre appareil. Nous évoluerons en formation et avec précision pour s’assurer qu’il n’y ait pas de sortie accidentelle du bouclier.

Au tour de Coralie.

Docteur. Nous sommes munis de combinaisons spéciales bardées de différents capteurs. Vous pourrez suivre toutes nos constantes depuis votre ordinateur et aurez pour rôle d’effectuer un contrôle médical constant. Assurez-vous que notre taux d’irradiation ne grimpe pas trop vite et reste dans les normes de sécurité. Anticipez les éventuels problèmes de santé que nous pourrions rencontrer au cours de notre activité et n’hésitez pas à nous faire rappeler dès le moindre problème. Le terrain sera tout sauf coopératif.

Le regard de l’homme se dirigea sur l’agent Steele.

Pour finir, nous avons besoin de vous pour synthétiser et faire l’analyse des résultats. L’environnement est trop dangereux pour que nous prenions le temps de nous arrêter. J’aurai donc besoin de vous pour réaliser la cartographie des filons. Votre ordinateur fera le gros du calcul mais nous devons trouver un gisement avec des spécificités précises en terme de capacité, taille et adaptabilité à l’exploitation. Je vous montrerai ce que j’attends de vous plus en détail après le briefing.

Il fixa ensuite l’assemblée.

Vous avez des questions ou est-ce que je continue ?

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Jeu 20 Avr - 12:40
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Coralie avait sourit en découvrant le Dr McKay dans la salle d'embarquement, et surtout au regard de dédain qu'il lui avait lancé. Visiblement le pauvre choupinou n'avait toujours pas digéré d'avoir servi de cobaye sur la Citadelle. Ensemble ils passèrent la porte pour rejoindre la « nouvelle Alpha ». Elle n'avait encore jamais eu l'occasion de s'y rendre. Elle fut surprise de l'obscurité qui y régnait. Ce n'était pas pour rien qu'on l'avait surnommée la « terre sans jour ».

Même si d'après ce qu'elle en savait la planète était plutôt accueillante, et ses habitants, les Tairis bienveillant et amicaux, elle était sure qu'en bonne « fille du soleil » qu'elle était elle aurait eut du mal à y survivre plus de quelques jours avant de développer une carence en vitamine D qui ne manquerait pas d'agir sur son moral.

Heureusement, ce n'était pas à l'ordre du jour, il ne s'agissait que d'une étape dans leur voyage. Quelqu'un les attendait à la porte. Après les salutations d'usage, on les conduisit au site Alpha pour qu'ils soient téléportés sur le Dédale.

Là encore, c'était une première pour la jeune femme, elle n'avait encore jamais expérimenté la sensation de son corps se diluant dans l'espace pour se reformer ailleurs. La sensation n'était pas vraiment désagréable et de très courte durée. Mais ce fut quand même un peu perturbant. Que ce passerait-il si, une fois dématérialisés il y avait un soucis et que leur point d'arrivé ne soit pas en mesure de les rematerialisés ? Elle jeta un coup d’œil à McKay, elle était sure qu'il aurait été capable de lui expliquer. Enfin, elle était sure qu'il connaissait toute la théorie concernant ce mode de transport... mais elle n'était pas sure qu'elle aurait compris plus d'un mot ou d'eux de ce qu'il lui aurait dit. Elle préféra donc rester dans l'ignorance.

Au moins, leur point d'arrivé était quelque chose de relativement connu. Même si elle n'avait pas eu l'occasion de revenir sur le Dédale depuis son arrivé sur Atlantis, elle y avait quand même passé près de trois semaines lorsqu'elle avait été recruté. Bien sûr, à ce moment là, elle avait été cantonnée dans les quartiers « ouvert au public » avec les autres voyageurs, mais malgré tout, elle trouvait quelque chose de rassurant d'être en terrain connu après toutes ses nouvelles expériences.

La salle de briefing du vaisseau était immense et ressemblait plus à une salle de cinéma ou de conférence qu'à une salle de réunion. Des sièges étaient installées sur un sol en pente douce et en demi-cercle face à une estrade et à un écran. Quelques personnes étaient déjà là qu'elle connaissait de vu... ou pas. Elle regarda autour d'elle cherchant un visage connu, mais elle devait bien admettre qu'à part Erin, McKay et dans une moindre mesure Caldwell, elle ne connaissait personne. Ça aussi c'était une première. Il était rare, dans le tout petit microcosme de la cité de se retrouver à partir en mission avec des étrangers.

Elle prit place avec les autres pour écouter la présentation du Commandant. Participer à une prospection ça aussi se serait une première. Elle pinça les lèvres. Ce mot avait pour elle une connotation assez négative. Elle avait souvent vu, sur terre, des exaction et des guerres commencer à cause de gisements de matériaux rares ou précieux que certains cherchaient à s’approprier au détriment des peuples installée là depuis la nuit des temps.

Bon, là, le cas était un peu différent, visiblement, l'endroit n'était pas habité, ou tout au moins ne l'était plus. L'univers s'étant chargé de régler le facteur humain bien longtemps avant. Elle regardait avec une certaine fascination l'image des les blocs de roche flottant paresseusement dans l'espace. Elle leva toute fois une oreille en entendant parler de Wraith. Décidément, ceux là ils étaient partout !

Un dossier leur fut remis à chacun pendant que Caldwell expliquait à chacun ce qu'il attendait d'eux. Elle sourit en l'entendant s'adresser à elle en l'appelant « Docteur ». Elle écouta attentivement ses instructions. Son rôle ne devrait pas présenter de difficulté particulières. Sauf si l'un des participants était une tête de mule qui refusait de revenir si elle décelait une anomalie métabolique.

Caldwell prit le temps de leur laisser exprimer leurs questions et remarques avant de continuer. Elle n'avait pas de question pour l'instant, mais tenait à faire une petite précision. Elle leva poliment la main avant de se lever et de regarder les autres participants.

- « Je n'ai pas de question particulières pour l'instant, je tiens juste à apporter une petite précision. Même si je suis tout à fait à même de mener à bien la mission que vous me confiez, je suis infirmière, pas médecin. Donc, un « Miss Deltour » ou un "Coralie" suffira pour vous adresser à moi. » dit-elle avec un sourire.

Elle ne doutait pas que certaines de ses collègues se serait rengorgée de fierté de s'entendre appeler « Docteur », mais Coralie n'avait pas de fierté mal placée particulière. Même s'il est vrai que sur la cité, et surtout au vu de ses nouvelles fonctions, son poste se rapprochait plus des fonctions d'un médecin de campagne que de celles d'une infirmière classique, elle tenait quand même à son grade. Et puis, elle trouvait que le mot « Docteur » avait tendance à créer une certaine distance que la jeune femme n'aimait pas.
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Sam 22 Avr - 10:36
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"FOURBE PROSPECT"


SG 12 & co


Un 17 avril 2017

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Elle était chouette cette salle de briefing. Franchement, ils devraient avoir la même sur Atlantis, qu’ils pourraient recycler en salle de cinéma pour les weekends. Ça ferait plaisir au personnel, à n’en point douter. C’était une idée à soumettre. Enfin, pour le coup, l’ensemble de la petite équipe n’était pas là pour poser du parquet, et encore moins pour regarder un film avec le coca d’un litre et le pot de popcorn d’un kilo. Le briefing commença une fois que tout le monde fut arrivé. Pour cette opération, Erin avait également fait appel à Rodney Mckay. Le scientifique sera le plus à même de faire tenir les boucliers tout en analysant les risques, et en matière de radiations, il valait mieux être pessimiste. Bref, il était parfait pour ça. Caldwell posa les bases de la mission, exposant le pourquoi, avant le comment. Un petit topo sur les constructions de vaisseaux afin de justifier l’intérêt de la mission, et la nécessité de mettre la main sur un filon de gaz BT. La rareté de ce dernier expliquait pourquoi on acceptait de se lancer dans ce genre d’entreprise périlleuse pour la collecte de ce gaz. Les amas de roches en lévitation s’entrechoquant avec une violence inouïe glaçaient les sangs de la jeune femme qui se ratatina dans son siège. Finalement, elle n’était plus certaine de vouloir y aller, pour ne pas finir en pancake entre deux débris ayant décidés de se faire un câlin torride.


Erin pianotait nerveusement sur son accoudoir. Elle espérait que ses nerfs tiendraient le coup quand elle serait dans le Jumper, parmi les roches volantes. Au moins, vu le choc, elle ne sentirait rien venir si ça devait se produire mais si elle pouvait rentrer vivante, cela serait mieux. Après, Adam Ross était un excellent pilote aux dernières nouvelles, alors il ne fallait pas s’inquiéter outre mesure. Ils pouvaient, aussi, très bien mourir des radiations, dans quelques années ou dans quelques jours, selon la dose qu’ils allaient recevoir, mais là aussi, avec la présence des boucliers, il ne devrait pas y avoir de soucis. Est-ce qu’ils porteraient des dosimètres actifs qui mesurent et alertent en temps réel du débit de dose qu’ils allaient recevoir ? Vu le nombre de désintégration par seconde qui émanaient de ce champ d’astéroïdes, il semblait évident que même avec un dispositif de contrôle, au moment même où il indiquerait une dose trop forte, ils seraient cuits. C’était comme plonger dans un réacteur nucléaire en somme. Enfin, Erin laissait ça aux spécialistes, et elle leur faisait confiance. Ses connaissances en la matière étaient purement théoriques et découlaient d’une culture générale étendue, mais elles n’étaient pas précises ni abouties. Après tout, ils avaient la crème de la crème dans cette expédition, sans parler de McKay qui était la cerise sur le gâteau. Défaitiste et pessimiste comme il était, il allait tout faire pour que son petit corps ne subissent pas les effets de la radioactivé.

La représentante de la commission avait été briefée sur le problème du BT lors d’une réunion avec la C.I.S. Il devenait urgent de trouver un gisement valable pour assurer la poursuite des constructions de croiseur de classe Dédale et autres appareils utilisant la technologie des cristaux de contrôle. Si c’était impossible de mettre la main dessus dans la galaxie de la Voie Lactée, ils avaient désormais accès à celle de Pégase, et donc à des gisements potentiels. En plus de ça, les vaisseaux ruches Wraith fonctionnaient de manière biomécanique, ce qui laissait supposer qu’ils ne devaient pas spécialement avoir besoin de ce genre de ressources, sans parler du fait que les atlantes ne savaient même pas si ces affreux Jojos en quête de vitalité humaine construisaient encore des vaisseaux ou s’ils vivaient avec leur flotte d’antan. Personne ne leur avait posé la question. La bonne nouvelle, même s’ils se trouvaient dans le secteur, était que la radiation, attaquant les tissus vivants, protégeaient les atlantes d’une rencontre fortuite avec eux.

Le regard d’Erin se posa dans celui de Sutter quand il le tourna finalement vers elle pour lui indiquer son rôle dans cette aventure prospective. Elle opina positivement du chef quand il termina par lui dire qu’il lui montrerait ce qu’il attendait d’elle. Elle espérait que ce serait concret et sur l’ordinateur en question, car pour le moment, sa demande était abstraite aux yeux de la jeune femme qui n’avait jamais procédé à ce genre de chose. Elle avait l’impression de sortir de son élément, et le fait qu’elle ne maitrise pas le procédé dans un environnement qui ne demandait, non, qui n’exigeait aucune erreur lui filait un peu les pétoches. Mais bon, c’était son sentiment général depuis la première photo. Tout irait bien.

Erin réfléchissait aux questions éventuelles qu’elle pourrait poser, mais elles n’avaient de rapport qu’à son rôle, si bien qu’elle les poserait une fois qu’elle serait dans la phase d’explication concrète avec le capitaine de SG-12. Le but de la mission était simple : Ils devaient prospecter du gaz BT, et outre le fait que c’était une première, il fallait avant tout étudier si c’était possible à long terme. En gros, McKay verrait si les boucliers allaient tenir avec toutes les agressions qu’ils allaient subir. Coralie, elle, verra si l’impact des boucliers pour lutter contre les radiations était efficient. Adam, de son côté, verrait si c’était possible de piloter là-dedans, et enfin Erin, verrait si elle trouvait un gisement exploitable dans la mesure de leur capacité. Bref, c’était une mission test qui fournirait un nombre de données conséquents qui seront retraitées par la suite pour permettre « d’industrialiser » le process. Rien de plus logique.

« Pas de question pour ma part », répondit-elle en pianotant sur sa cuisse désormais, les jambes croisées. Elle était stressée, et elle le sentait. Elle savait que faire quelques exercices de respiration l’aideraient et elle ne se priva pas pour le faire discrètement, surtout en respirant lentement, tout en gonflant et dégonflant son ventre. Cela permettait d’appuyer sur le nerf vague et de ralentir son rythme cardiaque, ce qui empêchait ses glandes surrénales d’inonder son corps d’adrénaline et de cortisol. Elle était plutôt efficace quand il s’agissait de garder son sang-froid, et puis là, confortablement installée dans son siège, elle savait qu’elle ne risquait pas grand-chose. Toute à l’heure, elle allait devoir prendre sur elle. Se focaliser sur l’ordinateur à la recherche des données adéquates pour la prospection lui permettrait de s’assurer un point d’ancrage cognitif qui prendrait le dessus sur son cortex limbique plus émotif. Bref, elle était confiante, malgré ce petit stress qui s’insinuait en elle. Mais il en fallait toujours un peu. Du bon stress permettant de réfléchir plus vite et de prendre les bonnes décisions de façon lucide. Comme courir vers un point haut en cas de tsunami plutôt que de courir à la cave bêtement dans la panique.

Décidément, son boulot était vraiment intéressant, même s’il la plaçait dans des situations plus dangereuses que ce qu’elle ne l’escomptait au départ !

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Rapidement après son arrivée en salle de briefing, Adam vint s'assoir à sa place respective, attendant le début du briefing. Il attrapa au vol le dossier que lui jeta Caldwell, l'ouvrant rapidement pour y jeter un œil. La plupart des informations concernaient plusieurs données techniques en relation avec le Jumper, ainsi que le plan de vol approximatif qu'il devrait respecter. Il referma rapidement le dossier lorsque son supérieur prit la parole, attentif.

En effet, il avait entendu en parti parler du problème que leur causait l'exploitation du gaz BT. Le manque de ressources était un gros défaut, et limitait grandement la construction de nouveaux croiseurs. Un matériau autant utile qu'il était rare donc.

Adam se pencha légèrement sur son siège, les mains jointes devant ses lèvres, lorsque l'image de Prolmard apparut sur l'écran. Une étoile à neutrons ? C'était mauvais signe ça. Si cette dernière était passée il y a si peu de temps, du moins sur le plan stellaire, cela signifiait que les radiations devaient encore être extrêmement puissantes dans la zone. Le Capitaine Sutter confirma rapidement ses suppositions, ce qui ne rassura pas le moins du monde le sous-Lieutenant. A cela s'ajoutait un gros risque : les astéroïdes. Si l'un d'eux venait à percer la barrière anti-radiations du Jumper, Adam ne donnait pas cher de leur peau. Sans parler des Wraiths et des tempêtes électromagnétiques. Le pilote essaya alors de se remémorer la dernière mission tranquille sur laquelle l'avait affecté Caldwell. Ce n'était sans doute jamais arrivé en fait. Cela dit, il n'allait pas se plaindre non plus.

Un bouclier étendu sur deux navettes ? C'était risqué, surtout en plein cœur d'un champs de débris. Cependant, cela pourrait marcher, si on la jouait assez finement. Adam rouvrir rapidement son dossier, afin de prendre connaissance de tous les éléments techniques liés à l'astronavigation. Il allait devoir prendre des pincettes pour le pilotage, sur ce coup.

Ross releva doucement la tête lorsque le Capitaine demanda d'éventuelles questions. Il se contenta de secouer négativement la tête, refermant le dossier. Non, jusqu'ici, tout semblait bien assez clair.

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Mission spéciale "Fourbe Prospect"

Feat Erin Steele, Adam Ross, Coralie Deltour et Steven Caldwell


T
out le monde était présent, le briefing pouvait commencer. Caldwell nous distribua un dossier à chacun, avant de commencer la présentation de la mission. L'écoutant à moitié, je me plongeai dans l'étude du dossier avec attention. D'après ce que le Colonel disait, la mission était tout simplement du ravitaillement de matière première pour la fabrication de vaisseaux. Sérieusement ? Il fallait quelqu'un comme moi pour ce genre de mission ? Il n'aurait pas plus prendre quelqu'un d'autre ? Je soupirai discrètement avant de tiquer sur quelques mots prononcés par Caldwell. Etoile à neutron ? Avais-je bien entendu ? Cela changeait la donne, et je n'aimais pas ça du tout. J'eus un mauvais pressentiment. Le Colonel laissa la place au Capitaine Sutter, qui commandait l'équipe de SG-12 venu spécialement pour mener cette opération de prospection à bien. Ce dernier nous expliqua alors en détail ce qui nous attendait. Car oui, son équipe serait de la partie, mais bien sûr accompagnée d'autres membres d'Atlantis. Comme moi. Ben voyons. Mon pressentiment de toute à l'heure se confirma, cette mission s'annonçait très périlleuse. Peut être que je pouvais encore refuser d'y participer, non ? A voir les gens autour de moi, je sus que c'était impossible. Me voilà embarqué dans une mission pendant laquelle je ne reviendrais probablement pas.

S
utter continua ses explications, annonçant le décor qui nous attendait. Chouette, que du bonheur. Des astéroïdes, des radiations mortelles, des tempêtes électromagnétiques, des wraiths. Un vrai paradis. Je pâlis au fur et à mesure du discours, et je feuilletai frénétiquement le dossier pour l'étudier entièrement. Comment voulait-il qu'on se sorte vivant de cette expédition ? C'était une plaisanterie. Ah ben oui, forcément, pour des missions aussi périlleuses, il comptait sur moi pour faire des miracles. Toujours sur moi. Sutter m'expliqua ce que serait ma mission. Je devrais m'occuper du bouclier pour ne pas finir carboniser, et le maintenir stable pour deux vaisseaux jusqu'à la fin de l'expédition. Il pensait vraiment que ce travail se faisait aussi facilement en claquant des doigts ? Même moi, je n'étais pas sûr d'y arriver. Certes, je l'avais déjà fait au fond de l'océan pour sauver ma vie, mais c'était très différent. Si si, je vous assure. Je lui lançai un regard noir, ne pouvant pas m'empêcher d'être sarcastique.

"Bien sûr, quand il faut un miracle, vous m'appelez pour faire l'impossible. Vous imaginez la quantité d'énergie et la montagne de calculs qu'il faut pour permettre à un jumper de survivre dans un enfer comme celui là ? Je ne suis pas magicien".

M
oi de mauvaise humeur ? Peut être un peu. Mais comprenez moi, j'aurais préféré rester sur Atlantis à bosser sur mon projet. Devant les regards insistants de Sutter et Caldwell, je finis par soupirer bruyamment.

"C'est bon, je vais m'en occuper. Je dois être la seule personne qui est capable d'empêcher la destruction d'un vaisseau dans ce genre de mission dangereuse".

E
gal à moi même. Pendant que le Capitaine continuait son speech sur le rôle de chacun, je continuai d'étudier le dossier. Particulièrement tout ce qui concernait le jumper et la barge qui transporterait l'équipe de SG-12, ainsi que sur les dangers qui nous attendaient. Lorsque Sutter termina son discours, il demanda si quelqu'un avait des questions. Cela voulait dire que la mission était sur le point de débuter. Et donc, d'aller vers le danger. Aussitôt, mon instinct de survie et mon pessimisme prit le dessus. Quelque chose m'inquiétait, quelque chose de très important pour moi. Vital même. Il fallait que je demande, que je fasse part de mes doutes à ce cher Capitaine. J'attendis que Coralie ait fini pour prendre la parole après elle.

"Vous pensez que la mission prendra combien de temps ? Parce qu'avec toutes ces radiations, ça va devenir rapidement une véritable fournaise. Et j'ai la peau très sensible, elle brûle très rapidement. J'ai oublié ma crème hydratante sur Atlantis, et je n'ai rien pour me protéger des radiations".

J
e pus très bien entendre quelques rires étouffés dans la salle, et voir l'air blasé de certaines personnes. Ca se voyait que ce n'était pas eux qui allaient être en danger. Me fichant de leur avis, je poursuivis.

"Même si le bouclier du jumper tourne à plein régime, ça n'empêchera pas les ondes de nous atteindre, et après une trop longue exposition, ça peut devenir mortel. Et comme mon organisme est fragile, je crains d'être la première victime si la mission dure trop longtemps".

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Le briefing toucha à sa fin.
Le capitaine Sutter ignora royalement le scientifique, se disant que son talent seul pouvait le racheter de sa couardise, et éteignit l’écran tout en déclarant à l’assemblée :

Nous arriverons sur le théâtre d’opération dans quelques heures. Je vous conseille de bien étudier vos dossiers, même si vous en connaissez l’essentiel. Réussir cette mission de prospection éviterait le SGC de lancer des missions plus périlleuses sur la Voie Lactée.

Le colonel Caldwell en profita pour donner l’heure exacte du rendez-vous au pont d’envol. Il y aurait quartier libre jusque-là mais tout le monde devait être en place au moins vingt minutes avant l’émergence du Dédale depuis l’hyperespace.
La lumière revint, de même que le brouhaha des différentes discussions. Le capitaine profita que l’attention soit quelque peu détournée pour demander à Coralie de le rejoindre rapidement sur le pont d’envol, lui expliquant vouloir détailler plus avant les modalités de leur combinaison et ce qu’il demanderait en terme de surveillance de santé.

Il restait alors un peu plus de deux heures à occuper.
On signala à Adam qu’il pouvait rejoindre le jumper pour préparer son plan de vol. A Rodney qui devait se charger de régler le jumper pour l’émission d’un bouclier plus large. Et enfin, à Mademoiselle Steele de se familiariser avec le logiciel de bord.
A ce sujet, le capitaine Sutter promit de passer la voir afin de lui détailler les besoins de la prospection.

En moins de dix minutes, la salle s’était vidée…

Spoiler:
 

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Mar 25 Avr - 11:38
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Coralie faillit soupirer en entendant le laïus de McKay. Oui, tout le monde savait qu'il avait un QI impressionnant, qu'il était un génie. Elle se disait qu'il devait quand même souffrir d'un sacré manque de confiance en lui pour se sentir obligé de se mettre en lumière en permanence ainsi. Mais bon, après tout, elle n'était pas là pour s'occuper de la psychologie de McKay, et elle espérait également ne pas avoir à s'occuper de sa santé.

La réunion fini, les lumières se rallumèrent et chacun se leva dans un brouhaha commun à toute les fin de réunion quelque soit leur sujet ou l'endroit où elle se tenait. La jeune femme fut surprise de voir le Capitaine du SGC s'approcher d'elle pour lui demander de le rejoindre sur le pont d'envol disant vouloir voir avec les les modalités d'utilisation des fameuses combinaison. Elle hocha la tête, lui confirmant qu'elle le rejoindrait dans quelques minutes.

Suite à ce briefing, le capitaine Sutter se dirigea avec les soldats de son unité jusqu’au pont d’envol où des génies finissaient de préparer la barge modifiée. L’engin rectangulaire était ouvert sur l’ensemble de sa surface, comme une étrange péniche conçue pour voler dans l’espace. Plusieurs racks avaient été déposé non loin pour présenter les quatre combinaisons spatiales. Elles étaient usées par endroit, manquant de peinture et témoignant de plusieurs réparations faites dans le passé. A coup sûr, ces équipements étaient ceux de SG-12 et les avaient suivi dans leur périple. Ce n’était donc pas la première sortie en espace pour ces quatre hommes et ils ne semblaient pas particulièrement anxieux à l’idée de se balader dans le vide de cet amas dangereux.

Après avoir échangé quelques mots avec certaines des personnes présentes, elle prit le chemin du pont d'envol pour rejoindre le Capitaine Sutter. Le couloir qu'elle avait suivi s'acheva à l'entrée d'un immense endroit abritant plusieurs vaisseaux. Elle n'eut pas de mal à repérer l'homme.

Le capitaine discutait avec l’un de ses hommes en chargeant des outils inconnus à bord. Il racontait probablement une blague puisque son interlocuteur éclata d’un rire sincère. Mais lorsque son regard rencontra celui de l’infirmière, il fît un signe discret et très silencieux qui eut pour effet de disperser le groupe d’homme instantanément. Un léger sourire sur le visage, il considéra l’approche de la jeune femme en déposant lentement une nouvelle caisse dans la barge et attendit patiemment qu’elle arrive à sa hauteur pour parler.

Son regard avec quelque chose d’étrange, comme s’il cachait quelque chose d’important, à moins qu’il ne la reluque gratuitement, tout simplement.

Lorsqu'il se retourna vers elle, son regard fut énigmatique et curieusement magnétique. Coralie sourit en s'approchant de l'endroit déserté par son équipe, tout en se demandant si elle n'était pas tombée sur une de ses Don Juan qui ne pouvait pas s'empêcher de draguer tout ce qui bouge, quelque soit les circonstances. Elle savait que dans les rangs des militaires, et notamment dans les section d'élite, ce genre de comportement n'était pas rare. A leur décharge, vu les risques qu'ils encouraient, ils avaient appris à profiter de toutes les opportunités. Pour la jeune femme ce n'était pas un problème. Si badiner un peu avant de rentrer dans le vif de la mission lui permettait d'évacuer le stress, elle ne voyait pas pourquoi elle lui refuserait ce petit plaisir finalement bien innocent. Et puis, si il se montrait un peu trop entreprenant, elle était de taille à gérer le problème, au cours de sa carrière, elle avait appris à composer avec ce genre de personnage et à les gérer.

Miss Deltour. Vous ne serez certainement pas contre une petite visite guidée…

- « Une visite pourrait être intéressante » répondit-elle en soutenant son regard avec un petit sourire narquoi « Mais, j'aimerais surtout que vous m'expliquiez comment vous arrivez à vous débarrasser de votre personnel aussi facilement ! » ajouta-t-elle.

Vous n’avez jamais eu ce sublime pouvoir de faire fuir vos petites subordonnées et internes d’un regard aussi éloquent ?

En prononçant ces propos, Sutter se donna une expression carnassière. Le genre d’image de patron en colère que l’on aime pas garder en face de soi sans craindre de recevoir le déluge. Il écarquilla les yeux, comme si Coralie se comportait en effrontée, et récupéra son image naturelle très rapidement en conservant son air mystérieux.

Je suis persuadé que la douceur de votre visage peut cacher un véritable volcan.  Vous m’en donnez un exemple ?

La jeune femme haussa un sourcil. On pouvait dire que le Capitaine ne manquait pas de souffle. Peut-être que l'expression de sa « puissance » faisait fuir ses subordonnés, mais elle se faisait fort de lui prouver que ça ne marchait pas avec elle. Après tout, elle n'était pas une de ses subordonnée et lors de sa carrière elle en avait maté des plus coriace,

Elle soutint son regard, s'efforçant de garder une expression aussi neutre que possible.
« Je n'éprouve pas le besoin de menacer mes subordonnées pour m'en faire obéir. Si j'ai besoin qu'elles me laissent en privé avec quelqu'un, je n'ai pas besoin de faire le clown avec mes expressions faciales. Je le leur demande. » répondit-elle d'un ton égal. « Quand au « volcan » que vous imaginez, il faudrait poser la question à mes relations plus privées. Je n'ai jamais eut cette curiosité. Vous comptez assumer votre proposition où était-ce juste une façon grossière de m'attirer à l'écart pour me faire des propositions indécentes ? » demanda-t-elle en plantant ses yeux dans ceux de son interlocuteur et en agrémentant son visage d'un petit sourire.

Le capitaine siffla sur les derniers mots, se disant que son humour n’était plus aussi légendaire une fois déployé sur cette nouvelle galaxie. Enfin bon, il avait quand même eut le temps de regarder le vide sur l’annulaire de sa main gauche. Même pas de trace issue d’un passé chargé. Et ça, miss-je-ne-suis-pas-si-facile-à-faire-rire ne l’avait pas grillé. Comme quoi la diversion avait mine de rien une certaine efficacité. L’homme sangla la caisse qu’il avait déposé tout en ignorant le ton qu’elle avait employé  :

Je suis plus subtil que ça quand je drague.

Il tapota le métal de la machine avant de se lancer dans l’explication. Si elle préférait aller directement au cœur du sujet, autant commencer par le plus ennuyeux :

Les têtes d’ampoules nous ont bricolés cette barge pour embarquer les engins de mesure. On suivra le jumper sur une formation resserrée. Les tenues que vous voyez là-bas sont dérivées de celles des pilotes de F-302. Sauf qu’elles contiennent des capteurs embarqués pour toutes nos constantes. Vous aurez des résultats en temps réel sur votre écrans en plus de nos caméras vidéo. Sans oublier la composition du respirateur, la pression et température de la tenue. Donc je compte sur vos compétences pour veiller sur mes petits gars !

L'infirmière dut retenir un petit rire en entendant le sifflement du jeune homme. Visiblement, il n'était pas habitué à ce que son humour tombe à plat ou déclenche des réaction de défense. Le regard qu'il avait lancé sur ses mains ne lui avait pas échappé, mais elle avait préféré ne pas le relever. De toute façon, elle y était habituée. Au début de sa carrière, quand elle était jeune, jolie et bien trop naïve pour faire face aux regards prédateurs des hommes, elle avait prit l'habitude de porter l'alliance de sa grand-mère. Malheureusement, il y avait bien longtemps qu'elle avait perdu se bijou. Elle en avait été dévastée. Elle y tenait beaucoup, c'était la seule chose qui lui restait de cette femme qu'elle avait tant aimée.

Elle fut un peu surprise qu'il « lâche l'affaire » aussi facilement, mais apprécia quand même qu'il ne soit pas du genre à insister quand une demoiselle lui faisait remarquer sa lourdeur. Elle hocha la tête pendant qu'il se donnait du mal à lui présenter des choses dont elle n'avait pas grand chose à fiche, elle en profita pour le détailler, hochant la tête de temps à autre en guise d'assentiment et d'intérêt.

Il n'était pas si mal. Un peu « brut de décoffrage », comme beaucoup des hommes qu'elle avait eut l'occasion de fréquenter, mais physiquement au moins, il était plutôt séduisant.

- « Hmm, une combinaison qui renvoie en temps réel les réactions physiologiques, voilà qui est intéressant... et qui peut se révéler gênant » répondit-elle avec un sourire espiègle. « Ne vous inquiétez pas. Vos petit gars sont sous bonne garde. » rajouta-t-elle d'un ton plus sérieux pour lui faire comprendre que même si elle le taquinait elle prenait sa mission totalement au sérieux.

C’est parfait, Miss Gribouille. Répondit-il de manière étrange. Mais j’ai le sentiment que le slow attendra.

Quel surnom étrange ? Pourquoi le gradé parlait-il soudainement de cette manière ? Et que pouvait bien signifier cette invitation à danser digne des plus gros lourdauds de l’histoire ? Le militaire la considéra un instant, cherchant une réaction précise de sa part, avant de lui faire face concrètement. En vain.

Le coup de la visite guidée pathétique cachait bien quelque chose d’autre. Mais ce n’était qu’un mystère supplémentaire que l’infirmière serait visiblement incapable de percer. Il y avait clairement quelque chose qui lui échappait.

Je ne vous dit rien du tout, “docteur”, c’est ça ? Là, ça promet d’être amusant. Je sens que vous allez ramer un moment avant de me montrer votre volcan ! Déclara-t-il, l’air ravi.

Bien provocant le capitaine. Il était quitte pour un nouveau haussement de sourcil de la part de l’infirmière. Mais puisque sa mémoire semblait lui faire défaut, le militaire avait bien l’intention de l’emmerder un maximum avec ça. Après tout, si son humour était aussi merdique, autant y aller à l’inverse et expérimenter sa patience. Les hommes sont de grands enfants n’est-ce pas ?

Coralie fronça les sourcils et le regarda d'un air étrange lorsqu'il s'adressa à elle par cet étrange surnom et cette invitation saugrenue pour une danse tombée en désuétude depuis plusieurs décennies. Encore une fois il l'appela « docteur » et fit référence à son « volcan ». Elle se demanda s'il n'avait pas un léger problème. Peut être que le stress était en train de le faire dérailler ? Pourtant, il ne paraissait pas être délirant. Son visage affichait une expression d'amusement, il lui fit penser à un chat jouant avec une souris. Elle eut une petite moue. Elle commençait sérieusement à ce demander si elle avait bien fait de se laisser attirer ici. Elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule, vers les hommes qui travaillaient dans la pièce. Non, elle n'avait rien à craindre ici, il y avait bien trop de monde. L'endroit grouillait de techniciens, de mécaniciens et de militaires.

- « Je n'ai pas le souvenir que vous ayez eu un aperçu de mon écriture pour justifier ce surnom, et pour ce qui est de la danse, je crains que l'ambiance sonore de l'endroit ne s'y prête pas. » répondit-elle d'un ton qui laissait clairement entendre que les deux propositions était parfaitement ridicules.

Quoi qu'il en soit, Coralie devait bien admettre qu'elle commençait sérieusement à être curieuse. Pourquoi lui avoir demandé de venir ici pour une « explication », alors qu'il était clair que ce n'était pas son but. Bien sûr, elle n'était pas un perdreau de l'année et avait suffisamment d'expérience pour envisager plusieurs possibilités, de la plus anodine à la plus coupable. Elle espérait pour lui, et pour elle (elle n'avait pas spécialement envie de se retrouver au arrêts sur le Dédale) qu'il ne tenterait rien d'inconsidéré avec elle.

« Quand à découvrir mon « Volcan », il n'a pas d'ambition particulière d'être connu. Donc, je ne vois pas pourquoi je devrais ramer pour vous le montrer. »
ajouta-t-elle avec une nouvelle petite moue

Je ne parlais pas de votre écriture en vous appelant miss Gribouille. Ça date même d’un sacré paquet d’années...

Non ? Toujours pas ?
C’est qu’elle avait la mémoire sélective, cette sacré infirmière.

Coralie fronça les sourcils et n'eut subitement plus vraiment envie de jouer. La dernière phrase du jeune homme venait de lui faire comprendre qu'ils s'étaient déjà rencontrés. Elle fouilla furieusement sa mémoire, penchant la tête et dévisageant Sutter. Elle était presque sûre que s'ils avaient eut une aventure ensemble elle s'en rappellerait... Encore que... Il avait dit que ça datait, donc, il avait certainement changé, et Coralie, sans être une « Marie-Couche-toi-là » avait quand même eut un certain nombre d'aventures plus ou moins sérieuses et plus ou moins durables lors de sa longue carrière. Sans parler de choses plus intimes, elle avait vécu aussi tellement de choses incongrues, amusantes ou traumatisantes dans sa carrière, avec tellement de gens différents, de toutes nationalités, de toutes cultures, de toutes fonctions.

Sutter fût ravi de son petit effet. Il passa à côté d’elle en la gratifiant d’une tape amicale alors qu’il lui murmurait, plein d’entrain :

Mouline bien ! Je vais vraiment m’amuser !

Et il la quitta sur ces mots pour retourner auprès de ses hommes, la laissant volontairement dans la panade.

Coralie fut vraiment prise au dépourvu quand le Capitaine Sutter lui passa à coté, lui donnant une petite tape amicale s'amusant de sa stupeur. Pour le coup, elle ne trouva rien à dire, le dévisageant d'un air un peu bête pendant que son esprit remuait ses souvenirs pour retrouver un visage ressemblant ou un nom similaire. Ils étaient peu nombreux ceux qui pouvaient se vanter de lui avoir coupé le sifflet. Sutter était l'un d'eux.

Elle aurait voulu le retenir, le submerger de questions, mais elle ne voulait pas l'interpeler devant ses hommes. Au lieu de ça, elle resta encore quelques instants interdite dans les entrailles de ce qu'il avait appelé une barge, le regardant s'éloigner. Dans la tête de la jeune femme un tourbillon de question s'était formé, la détournant de la mission actuelle.

Coralie resta encore un moment à regarder l'homme alors qu'il vaquait à ses occupations, essayant de rameuter ses souvenirs en fonction du peu d'élément qu'il lui avait donnée. Ce qu'elle considérait comme le plus probant était le fait qu'il l'avait tutoyé. Ça indiquait qu'à un moment où à un autre de sa vie, ils avaient été proches.

Elle était presque sure qu'il lui avait donné d'autres éléments pendant cette discussion surréaliste. Notamment cette histoire de slow qui était sortie de nulle part, comme un chien dans un jeu de quille. Elle se demandait aussi si son insistance à l'appeler docteur avait quelque chose à voir. Mais ce qui la troublait le plus c'était le surnom « Miss Gribouille ». Elle savait qu'elle aurait du se rappeler.

Au bout de quelques instant, la jeune femme eut l'impression d'avoir la tête qui tournait à force de questions. Et surtout de questions qui n'avaient rien à voir avec ce qu'elle devait faire ici et maintenant. Elle avait besoin de se reconcentrer sur la mission actuelle et de laisser dormir le passé que Sutter avait voulu remuer et qui commençait à faire quelques remous sous la surface de ses souvenirs. Même si elle n'en était pas encore consciente, cette conversation avait déjà fragilisé la porte derrière laquelle elle avait si soigneusement enfermé cette histoire.

Après un dernier regard vers la haute silhouette de son bourreau mental, elle secoua la tête et décida de tenter de se trouver un endroit tranquille pour étudier le dossier qu'on lui avait remis pendant le briefing, histoire de se replonger dans le présent et d'être prête à assumer sa mission le moment venu.

Elle tourna les talons et quitta le pont d'envol d'un pas rapide, sans un regard en arrière, bien décidée à laisser derrière elle toutes ses questions, au moins pour l'instant. Elle devait être concentrée pour être efficace, et elle devait étudier le dossier qu'on leur avait fournit. Elle fini par trouver un coin de couloir où il y avait une espèce de fenêtre donnant sur le vide intersidéral... Pas si vide que ça d'ailleurs, puisqu'on pouvait y voir des trainées lumineuses, comme une multitude d'étoiles filantes. Mais elle savait que dans ce cas précis, ce n'était pas les étoiles qui filaient, c'était le Dédale.

La jeune femme s'assit en tailleurs face à ce magnifique spectacle et laissa ses doutes et ses interrogations se diluer dans la valse des étoiles. Au bout de quelques minutes, elle avait retrouvé la sérénité nécessaire pour ce concentrer sur la lecture du dossier. Elle s'y plongea et y resta jusqu'à ce qu'il soit l'heure de rejoindre le pont d'envol. Elle s'arrangea pour arriver quelques minutes en retard, histoire d'être sûre que tout le monde soit déjà là et qu'elle puisse se dissimulé derrière les autres participants. Elle n'avait pas envie de se retrouver sous le feu du regard de Sutter, et surtout pas devant ses compagnons de voyage.
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"FOURBE PROSPECT"


SG 12 & co


Un 17 avril 2017

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Le briefing prit fin assez rapidement compte tenu de la mission à faire. Nul besoin de parler plus longtemps, les rôles étaient clairement définis et il n’y avait plus qu’a patienter jusqu’à ce que le croiseur arrive sur zone pour déployer le Jumper et la barge modifiée de collecte. En attendant, elle devait voir avec le Capitaine Sutter pour se familiariser avec le logiciel qu’on lui demandait d’exploiter lors de cette mission périlleuse. Erin resta assise un moment dans le fauteuil, les doigts sur le dossier qu’elle allait prendre le temps de lire. Elle réfléchissait. Elle n’était clairement pas dans son élément ici et elle moulinait sur ce qu’on attendait d’elle, ressentant une pointe d’inquiétude et surtout, un sentiment qu’elle n’avait pas connu depuis un certain temps maintenant : l’impression d’être novice. Ce petit côté excitant de la chose nouvelle, mêlé au stress de se planter royalement. Aurait-elle le droit de faire des erreurs ? Certainement, de toute façon, celui qui ne devait pas faire d’erreur, c’était Adam. Car radiations ou pas radiations, s’ils se faisaient dégommer par une météorite, tout serait foutu. Elle méditait aussi les propos alarmistes de Rodney. Erin ne l’avait jamais vraiment fréquenté, ni même expérimenté depuis qu’elle œuvrait sur la cité lantienne. Sa réputation de chochotte et d’éternel pessimiste le précédait, mais c’était autre chose de l’entendre directement l’exprimer. N’empêche, il avait de l’humour. Parler de crème solaire comme prétexte pour se sauver, en affirmant que son petit corps ne supporterait pas les radiations, c’était assez amusant.

Avant qu’elle ne dise ouf, il n’y avait plus personne dans la salle de briefing. Elle avait répondu par un signe de tête quand on l’avait informé que le capitaine viendrait la voir pour lui montrer le fonctionnement de l’ordinateur, mais sans vraiment écouter, distraite. Elle se leva, refermant le dossier qu’elle avait ouvert, même si elle n’en avait pas lu une seule ligne encore. Elle verrait ça pour après, pour le moment, elle voulait discuter avec Sutter pour mettre la variable « c’est quoi ce bordel de logiciel » de côté en se rassurant un peu. Sauf que l’oiseau avait disparu. Dans le couloir, elle demanda à un militaire qu’elle croisait où était stationné SG-12. Elle n’avait pas envie d’attendre qu’il se décide à venir la voir. S’il faisait ça quelques minutes avant le départ de la mission, elle n’aurait pas le temps de lui poser des questions ni même d’apprendre vraiment et elle serait stressée comme un rat mort. En plus, attendre jusque-là allait la conduire à cogiter uniquement là-dessus et elle n’aimait pas se focaliser sur un stimulus déplaisant. Elle préférait avoir l’esprit libre. Du coup, elle se mit en quête de Sutter. On lui indiqua le pont d’envol, et la représentante entreprit de cheminer dans les coursives pour le rejoindre. Quand elle arriva sur place, son dossier sous le bras elle avisa ledit colonel, près de la barge de collecte en compagnie de l’infirmière Deltour, Coralie de son joli prénom, en pleine discussion. Ils devaient certainement papoter des combinaisons de l’équipe.

Erin laissa trainer son regard sur les deux jeunes gens pendant que son esprit passait en mode veille. Elle s’appuya sur une rembarde, attendant patiemment que le capitaine en termine. C’est vraiment quand il laissa Coralie avec une tape amicale sur l’épaule qu’elle reconnecta les neurones, interpellées soudainement. Ils se connaissaient ? Bon, après tout ça ne la regardait pas. Néanmoins, quelque chose dans l’attitude de l’infirmière ne plaisait pas trop à Erin. Elle semblait bien trop fermée pour quelqu’un qui se voyait gratifié d’une tape amicale. En s’attardant sur Sutter, Erin pouvait en déduire qu’ils se connaissaient, par contre, si elle s’attardait sur Coralie, elle pouvait en déduire qu’ils ne se connaissaient pas. Etrange ambivalence. Le cerveau analytique d’Erin commençait son œuvre et plusieurs hypothèses vinrent nourrir sa curiosité sans doute mal placée. Essayait-il de la draguer ? La connaissait-il et elle ne s’en souvenait pas ? Ancienne conquête et ils s’étaient quittés en froid ? Etait-il trop familier avec la gente féminine ? Pour cette dernière hypothèse, elle ne tarderait pas à la savoir.

Elle approcha du capitaine.

« Re bonjour Capitaine Sutter. J’ose espérer que vous ne m’avez pas oublié. », fit Erin avec un sourire aimable. Nul animosité dans sa voix, simplement une petite remarque histoire de lancer la conversation.

« Bien sûr que non. J’avais juste à faire auparavant ! » Répondit-il avec un sourire étrange.
Le capitaine se tourna vers la barge pour pointer la machine du doigt. Erin la regarda par politesse, puisqu’elle l’avait déjà observée le temps d’attendre qu’il termine avec Coralie.
« Nous avons installé plusieurs machines à l’intérieur de ce transport pour capter les émissions de gaz BT de manière moins précises que les détecteurs du jumper. Bien que ceux-ci soient bien plus efficaces que nos sondes actuelles, nous ne pouvons pas les détourner de la surveillance des débris qui se déplaceront tout autour de nous. Alors on se contentera de nos systèmes habituels. »

Le capitaine sortit une petite tablette de la poche de sa veste. Il l’alluma puis chercha quelques clichés dans son dossier photo. Il finit par lui montrer ce qui semblait étrangement à un radar sur pied avec un voile transparent. La jeune femme détailla les photos, concentrée, prête à avaler n’importe quelle information susceptible de lui servir.

« C’est ce système que nous allons déployer sur le nez de l’appareil dès que nous serons dans le couloir de navigation. Il sert à capter la concentration de gaz BT et le modélise sur l’ordinateur sous une forme d’image sonar. Suivez-moi, je vais vous montrer. »

Sutter entraina poliment Erin vers l’un de ses hommes qui préparait, justement, l’ordinateur en question. C’était un gars assez solide, ses lunettes rondes lui donnant un air de professeur. Il s’était présenté comme étant Howard Darm, concepteur du logiciel de prospection. Sous la requête de son supérieur, il lança une simulation test sur le tableau sonar et montra un exemple.

« Vous voyez ce type écho, cette forme ovale, un peu allongée ? C’est la signature d’une concentration de gaz BT qui provient d’une source rocheuse. C’est exactement ce que vous devrez rechercher lorsque nous débuterons. »

Erin opina du chef. Elle voyait la forme qu’il lui montrait. Howard compléta :

« Il faut savoir que j’ai programmé le logiciel pour qu’il ne vous affiche que les résultats correspondant à nos prérequis. Tout ce que vous verrez sur cet écran constituera donc des candidats à la prospection. Ce sera à vous de faire le tri. »

Avant qu’Erin ne puisse demander comment faire le tri, le capitaine fît un petit signe de tête et son subordonné pianota sur l’ordinateur pour afficher la suite des échos sonar. La signature prenait l’aspect d’une longue traînée et la source rotative du sonar laissait à penser qu’il suivait le chemin.

« Si vous avez un bon candidat, vous nous le dites et on suit le chemin. Une trainée large et opaque comme laisse apparaître cet exemple : c’est ce que nous recherchons. Ensuite... »

Retour sur la tablette avec une nouvelle photo. Le radar s’était replié sur le côté pour laisser la place à ce qui semblait être un véritable canon. Il ressemblait beaucoup aux défenses anti-aériennes qui avaient été installée sur Atlantis lors de la première invasion Wraith. Mais à l’instar de l’arme initiale, le canon était un peu plus petit, il n’y avait pas de chargeur sur le côté. Quant au bouclier de protection frontal, il se présentait moins large mais plus épais. Son positionnement se faisait par l'intermédiaire du système très classique de pivot sur valve, comme les vieilles pièces d’artilleries de la seconde guerre mondiale. L’engin en restait néanmoins impressionnant.

« Une fois devant la roche source, nous utilisons une munition spéciale dans ce canon et tirons à bout portant. »

Howard rajusta ses lunettes pour compléter une nouvelle fois :

« La munition se compose d’une tête blindée en trinium usiné. Les capteurs à usage unique sont logés à l’intérieur. Ils transmettront les données directement sur l’ordinateur. La perforation de la roche s’articule autour de la science de création de tunnel des To’kras. Nous avons réussi à miniaturiser leur technologie pour l’adapter à cette munition. La roche se dissout donc au passage de l’ogive de reconnaissance jusqu’à ce que sa charge d’énergie se dissipe. »

Les détails techniques que lui servit Howard la laissèrent de marbre. Elle comprenait ce qu’il voulait dire, mais elle n’était pas certaine de vouloir s’encombrer avec ça. Bien entendu, c’était intéressant, mais elle avait justement peur que cela soit vraiment trop technique pour elle. Ce n’était pas son domaine de compétence.

« Voilà. » Fît le capitaine en veillant à ce que son interlocutrice ne soit pas perdue. « Cela nous permet de sonder rapidement sur une grande profondeur. Cette méthode présente quand même des risques parce que la fermeture de la roche, sur le trajet de l’ogive, n’est plus aussi dense qu’auparavant. Ce qui signifie que vous devrez également veiller à la pression interne avant extinction. Si ça dépasse les seuils d’alarme, vous nous avertirez fissa pour qu’on décampe avant que ça nous saute à la figure... »

Howard acquiesça. Erin comprenait désormais ce que le technicien voulait lui dire dans son petit laïus technique. A deux ils se complétaient bien, et pour le moment, l’agent de la C.I.S. voyait à peu prêt là où ils voulaient en venir et ce qu’elle devait faire. N’empêche, cette histoire de pression interne la lui mit, justement, la pression. Si elle merdait dans l’interprétation de cet élément, elle pouvait les envoyer tous au cimetière… C’était une sacrée responsabilité. Howard changea d’écran pour afficher toute une série de mesures hiérarchisées en tableau et en graphique. Une bonne moitié était occupé d’une série de ligne, comme un sommaire, devant lesquels se trouvaient des pourcentages. C’était le corps du boulot et Erin s’y arracherait probablement les cheveux.

« Bon, j’ai demandé à Howard de vous simplifier tout ça. »
« En fait, c’est déjà fait. Ca vous donnera l’air incompréhensible vu comme ça mais vous remarquerez des côtes qui ne changent pas devant chacun des résultats. Ce sont les prérequis. Si les valeurs que vous obtenez dépassent celles de droites, alors vous êtes sur le bon filon. »
« On va vous faire un bon et un mauvais exemple. Prête pour un essai ? »

« Avant d’essayer, ces données-là, que représentent-elles exactement ? La pression interne de la roche, ou les éléments qui doivent me mettre sur la piste d’un bon filon de gaz BT ? »

C’était apparemment simplifié, mais toutes ses lignes de chiffres filaient le vertige. Néanmoins, cela n’impressionnait pas la jeune femme, habituée à manipuler des comptes avec de nombreux multiplicateur de zéro, vu les budgets alloués à l’expédition. Il fallait juste qu’elle comprenne comment ça se lisait et ce que ça représentait exactement.

« Les deux. Regardez bien. » Son doigt descendit au fur et à mesure de la liste. « Pression d’entrée de l’ogive, pression à la sortie : celle que vous devez surveiller. Là, c’est la concentration de gaz BT. Ce pourcentage, la pureté du gaz. Ensuite, vous avez la densité initiale de la roche, le nombre de couches à composition alternative, ici le volume potentiel de la source. Et pour finir, la profondeur de forage pour l’exploitation optimale. »

Il la fixa d’un air rassurant.

« Vous n’avez pas besoin d’apprendre tout ça. A chaque fois que l’on enverra une ogive, les mesures s’afficheront sur l’ordinateur. Vous devrez les comparer à ceux qui se trouvent juste à côté, ce sont nos normes d’exploitation. Si toutes les valeurs sans exception sont situées sur la fourchette, on tient notre filon. »

Il lui laissa la place tout en demandant à Howard de lancer un test aléatoire.

« Nous devrions le faire nous-même mais le coin n’est pas assez calme pour que l’on prenne autant de temps. Vous verrez que ce n’est pas si compliqué. Prête pour un essai ? Il va s’afficher dans quelques secondes. Dites-moi d’abord si nous sommes en sécurité et si le filon convient. »

Erin avait suivi les explications avec attention. Elle faisait travailler son cerveau à l'extrême pour emmagasiner tout ça. Une fois qu'on avait posé les mots sur les concepts, c'était nettement moins abstrait. Chaque chiffre prenait une signification et les lignes de données devenaient des phrases lourdes de sens. Erin affirma d'un signe de tête qu'il pouvait lancer la simulation test. Les images du sonar s’affichèrent. Elle n'hésita pas à détailler son raisonnement pour qu'ils la contredisent si besoin était.

« Donc là, nous avons que des résultats probants, il faut trouver celui qui sera la plus opportun pour nous. » Elle laissa son doigt se déplacer sur l'écran, sans le toucher, mais à courte distance. « Celui-là me semble prometteur, on a une large traînée ovale qui suggère que celui-ci est mieux que les petites formes que nous avons là. » dit-elle en détaillant les autres spectres du sonar plus léger et moins imposant. « Donc nous suivons celui-là et une fois contre la roche, nous tirons l’ogive. » Elle bascula sur l’affichage des données chiffrées. L'indice de pression était celui qu’elle surveillait en priorité. La simulation envoya la munition à tête blindée en trinium usiné. « Ici le chiffre de pression de sortie est plus important que celui d'entrée ? C'est là que ça craint ou c'est quand il est inférieur ? » Valait mieux être carré sur cette donnée-là.

« Regardez bien vos valeurs de référence. La pression de sortie indique quatre tonnes trois au centimètre carré. Le seuil maximum sur votre fourchette est d’une tonne cinq. Ce qui signifie ? »
« Que c'est dangereusement instable ? », elle préférait largement qu'il la fasse mouliner plutôt que de lui servir tout cuit dans le bec. « Il faut reculer et vite. »
« Ce rocher peut nous exploser à la figure, oui. Ce n’est pas une fatalité, parfois sa structure supporte très bien le puit en surpression. Mais si ce n’est pas le cas, le pourtour volera en éclat droit sur nous, d’où l’importance de nous faire décamper en vitesse. »

Il hocha la tête, plutôt satisfait.

« On en fait un autre. Que voyez-vous sur ces relevés ? »

Ils étaient restés sur les données chiffrées afin de continuer la petite formation expresse. Inutile de repasser par la case sonar, Erin voyait bien le concept et ce n’était pas sorcier de différencier plusieurs formes. Elle allait devoir choisir, et elle le ferait en fonction de ses certitudes. Finalement, son poste était lourd de responsabilités, au contraire de ce qu’elle avait pensé de prime abord. Certes, Adam allait devoir manœuvrer pour éviter les rochers volants, mais elle, elle devrait déterminer si lesdits rochers volants ne leur prêteraient pas à la gueule une fois qu’ils seraient en train de chercher du BT. Pas vraiment le droit à l’erreur. Elle ne s’amuserait pas à parier sur le fait que la roche tiendrait. Hors de question de prendre des risques inutiles.

Elle se focalisa sur les nouvelles données. La pression de sortie était d’une tonne trois au centimètre carré, donc légèrement en dessous de la fourchette. Erin estimait que les fourchettes étaient calculées et affinées depuis que SG-12 s’occupait de ce genre de prospection, sans parler d’un seuil d’erreur calculé et certainement pris en compte. A deux cent kilos à dire, il ne devait pas y avoir de risque. « Pour le moment, je nous maintiens près du rocher, le seuil de pression de sortie est bon. » Machinalement, elle remonta une mèche de cheveux bruns derrière son oreille, laissant sa main au niveau de cette dernière, pour réfléchir, alors qu’elle parcourait les autres données, les comparants aux seuils. Elle ne se souvenait plus de toute les significations, seulement de certaine. Ce qu’elle savait par contre, c’était que ces chiffres devaient être dans des fourchettes supérieures. Et ils y étaient. Elle tenta bien de détailler auprès des deux hommes : « La concentration en gaz semble correct. Il est pur à 97%, tout ça je ne sais plus ce que c’est, c’est en rapport avec la roche il me semble, tandis que là, c’est le volume potentiel de la poche de gaz, et il est conséquent. Enfin là, c’est la profondeur de forage. Quoiqu’il en soit, tous les indicateurs sont corrects, je pense qu’on peut forer. » En fait, tout cela était basique, et assez logique au final. Elle attendait leur retour avant d’estimer qu’elle avait compris.

« Parfait ! » Fit le Capitaine en souriant. « Vous me semblez prête. Sachez juste que nous ne forons pas, il ne s’agit que de la prospection pour déterminer une zone d’exploitation. La construction de l’installation et la création des lignes logistiques se feront plus tard. Vous avez des questions ? »

« Très bien. Tout me semble clair. » Il n’y avait plus qu'à comme on dit. Au final, si elle ne prenait pas de risques inconsidérés, et qu’elle s'en tenait aux valeurs prévues, il n'y aurait pas de problème. Elle laissa Howard s'éloigner, non sans l’avoir remercié pour son aide et elle se tourna vers Sutter. « Tout va bien avec Miss Deltour ? », demanda-t-elle de but en blanc, sur un ton anodin.
« On ne peut mieux ! »
Il regarda dans la direction où se trouvait l’infirmière quelques temps plus tôt.
« Est-elle accompagnée sur Atlantis ? »
C'était le genre de question à susciter l'intérêt de la consultante. Seulement elle n’en savait rien. « Je n’en ai aucune idée. Pas que je sache. Pourquoi cette question ? ».

Elle le toisait directement, jaugeant ses réactions non verbales.
« De la simple curiosité, mademoiselle Steele. Simple curiosité... » Répondit le capitaine.

Il lui fît un clin d’oeil presque complice, lui laissant penser que ce n’était probablement pas que de la curiosité - et certainement pas une simple question opportuniste non plus - mais que cela cachait probablement une motivation plus mystérieuse. Il referma l’ordinateur portable qu’il plaça dans ses mains.

« Je compte sur vous pour nous mener au bon endroit. »

Erin afficha un petit sourire en coin. Il pouvait peut-être berner ses soldats en répondant cela, mais pas elle, et encore moins avec un clin d’œil. Toujours est-il qu’il termina cet échange en refermant son ordinateur. La conversation était terminée. Elle gardait son air de celle qui avait compris le sous-entendu, en opinant de la tête.

« On en reparlera quand nous serons rentrés. Capitaine. »
Elle prie congé sur cette phrase à double sens. Que ce fut de Coralie, ou du fait qu’elle les avait menés au bon endroit, les deux sujets pouvaient être discuté au retour de la mission. Quoiqu’il en soit, elle était plutôt rassurée. Si la tâche semblait assez compliquée au départ, elle n’était en réalité que complexe. Et la complexité s’expliquait assez bien, surtout en ayant simplifié certaines choses. Bref, un système complexe n’était pas forcément compliqué. Il y avait juste de nombreux éléments à tenir compte, et quand tout était expliqué et mis bout à bout, c’était compréhensible pour une novice comme elle dans le domaine de la prospection. Qui plus est, l’ordinateur aidait un maximum.

Erin passa le reste du temps à lire le dossier qu’elle avait entre les mains. Elle avait rejoint sa couchette, et quand elle eut terminée de se nourir des lignes concernant la mission, elle attaqua du travail professionnelles qui n’avait rien à voir avec l’aventure du jour. Au moins, elle ne prenait pas de retard à son bureau. Heureusement, elle avait l’œil sur l’horloge en bas à droite de son écran, sinon elle aurait loupé le rendez-vous, absorbée dans ses pensées. Elle arriva donc à l’heure au pont d’envol, pour retrouver le reste de l’équipe. Elle savait qu’ils avaient dû être occupé, aussi n’était-elle pas allée les voir. Quant à Coralie, elle ne l’avait tout simplement pas croisée. D’ailleurs, cette dernière arriva après tout le monde, comme une fleur. Bref, tout le monde était là, et ils allaient pouvoir passer à la pratique, après la théorie.

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D.C. Sous Lieutenant Pedge Allen - Teshara Lays ~ Ecriture : Springgreen
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Mission spéciale "Fourbe Prospect"

Feat Erin Steele, Adam Ross, Coralie Deltour et Steven Caldwell


S
utter ignora complètement mes paroles. Cependant, même sans rien dire, je pus deviner ses pensées qui n'étaient pas vraiment flatteuses pour moi. A croire que chaque fois que je parlais, c'était pour emmerder les autres. Le fait qu'ils ne me répondent pas ne fit qu'entretenir ma très mauvaise humeur, et ce fut sur un air renfrogné que je quittai ma place pour sortir de la salle avec les autres, en me demandant d'aller au jumper pour effectuer les préparatifs sur le bouclier. J'avais compris, j'allais devoir me débrouiller tout seul. Comme d'habitude. Comme si je n'avais que ça à faire, devoir chercher des solutions alors que d'autres problèmes m'attendaient. Décidément, je ne pouvais vraiment compter que sur moi même. Je quittai la salle de briefing, puis je me dirigeai vers le pont d'envol où se trouvait le vaisseau lantien.

A
mon arrivée, une équipe technique était déjà entrain de commencer à tout toucher dans l'appareil. Ce qui me fit soupirer. A peine arrivé que c'était déjà le bazar, il y avait des câbles et des ordinateurs partout, ce qui m'insupportait, et les consoles du jumper étaient ouvertes. A croire que cette équipe était spécialiste, et que moi je n'étais qu'un touriste. Posant mon propre ordinateur sur l'une des banquettes arrières, je commençai déjà à sauter au plafond en voyant l'un des techniciens trifouiller dans les fils reliés au jumper et à ses paramètres.

"Mais qu'est ce que vous faites ? Ne touchez pas à ça, vous allez tout dérégler".

"Mais, Docteur McKay, je ..."

"Lâchez ça, occupez vous de quelque chose de plus simple pour vous, et laissez moi travailler".

L
e pauvre technicien ne put qu'abdiquer et me céda la place. Voyant le désastre qu'il avait commis en ayant interverti plusieurs câbles, je soupirai en le maudissant. Je pris mon ordinateur que je reliai au panneau de contrôle, avant de tout remettre en place. Puis, j'entrepris de faire plusieurs calculs, avec l'aide des techniciens que je dirigeais à coups de remontrances et d'ordres. Plusieurs fois, je dus me souvenir de ce que Radek avait fait étendre le bouclier aux deux jumpers, même si je pensais mieux m'en sortir que lui, et surtout faire du travail de meilleur qualité. Sans oublier les conseils de ma conscience ressemblant à Sam qui m'avait aidé à maintenir le vaisseau en état jusqu'à l'arrivée d'une équipe de secours en effectuant diverses petites manipulations pour économiser ou rediriger l'énergie vers ce qui m'intéressait, au détriment d'autres équipements non utiles pour notre mission actuelle. Seulement, il y avait un gros soucis et une sacré différence par rapport à cette mésaventure. La dernière fois, le bouclier avait du tenir quelques minutes à peine, et Zelenka avait eu beaucoup de chance d'y arriver, du moins de mon point de vue bien sûr. Hors cette fois ci, il devrait tenir plusieurs heures, et sur une plus grande surface. Même en diminuant l'énergie utilisée dans le reste des paramètres du jumper comme l'armement par exemple, il m'était impossible de paramétrer le bouclier pour qu'il tienne aussi longtemps sans se désagréger aussi rapidement. Il me manquait de l'énergie.

D
eux heures passèrent, mais j'étais au point mort. Et pour me ralentir dans mon travail, je passais mon temps à rabrouer les techniciens qui me mettaient plus de bâtons dans les roues que d'apporter une réelle aide. Au final, je finis par m'installer sur le siège du copilote avec mon ordinateur pour analyser toutes les données concernant le jumper, mais aussi les rapports provenant de l'Athéna lorsque ce dernier avait analysé la zone que nous allions traverser. Et notamment la puissance des radiations et le nombre des objets spatiaux que le jumper et la barge allaient rencontrer sur le chemin. Je fis quelques calculs pour déterminer quelle quantité d'énergie le vaisseau allait avoir besoin pour maintenir un bouclier de protection assez grand sans mettre en danger les deux appareils le temps de la mission. Près d'une heure plus tard, mes calculs furent terminés en prenant en compte les chocs éventuels contre le bouclier ainsi que les radiations, et je pus constater avec effroi que même en navigant avec le minimum d'équipement, l'énergie dirigée vers le bouclier ne sera pas suffisante. Il manquait un peu d'énergie, et encore, j'aurais aimé avoir un surplus pour pallier aux problèmes qui pourraient survenir.

J
e soupirai en posant mon ordinateur sur le tableau de bord, tout en regardant droit devant moi, par la verrière. Les yeux perdus dans le vague, je cherchai désespérément une solution à cet énorme problème. Puis soudain, une idée me vint en tête. Je me levai d'un coup, avant de regarder les techniciens en claquant plusieurs fois des doigts.

"Il faut augmenter notre puissance énergétique, et pour ça, il nous faut un générateur à naquadah. Ca sera moins efficace que les capacités du jumper, mais ça nous permettra d'avoir assez d'énergie pour que le bouclier soit étendu au maximum autour des deux vaisseaux, et tiennent pendant des heures malgré les radiations et les débris spatiaux. En espérant qu'il n'y ait pas de problème, sinon le bouclier lâchera".

"Un générateur à naquadah ? C'est impossible. Il faudrait reconfigurer tout le jumper pour qu'il prenne en compte cette nouvelle source d'énergie. Et ça prendra des jours pour faire ça".

"Pourquoi suis-je ici, à votre avis ? Je suis la seule personne à réaliser ça en très peu de temps. Maintenant, faites ce que je vous dis, et apportez moi tout de suite ce générateur".

D
evant mon regard noir, le technicien s'exécuta aussitôt, et partit à la recherche du générateur. Il revint peu de temps après, et grâce mes talents de génie, je parvins à connecter l'appareil au jumper, libérant ainsi son énergie dans les circuits du vaisseau. Encore quelques dizaines de minutes pour que le jumper soit opérationnel, et après plusieurs calculs, je pus en déduire que le bouclier tiendrait le choc. Du moins, s'il n'était pas trop solliciter. Il n'y avait plus qu'à espérer que les radiations ne soient pas aussi fortes que je le pensais, et que Adam pilote comme un chef pour éviter au maximum les débris. Je décidai de laisser les derniers réglages à l'équipe technique, elle n'avait plus besoin de moins. Après avoir donné mes dernières directives, je pris mon ordinateur portable et je partis pour mes quartiers. Il restait encore un peu de temps avant le lancement de la mission, et je ne savais pas quoi faire exactement. Ce n'était pas mon genre de rester sans rien faire, quand une idée me vint à l'esprit. En grand hypocondriaque que j'étais, je craignais beaucoup pour ma peau, comme je l'avais si gentillement spécifié à Sutter qui n'en avait rien eu à faire. Devais-je aller voir Coralie ? Oh non, pas question. Et puis, elle ne devait sûrement pas avoir ce que je cherchais. Une autre personne me vint alors en tête. Quelqu'un que j'avais déjà rencontré sur le Dédale, et qui travaillait dans le domaine médical. Cassandra. Elle pourrait sûrement m'aider.

S
ans attendre, je quittai mes quartiers en emportant avec moi mon sac à dos et mes affaires, avant de me diriger vers l'infirmerie du vaisseau. En arrivant, je constatai que la jeune femme était présente, et elle ne paraissait pas occupée. Quoi que, même si elle était occupée, cela ne m'aurait pas empêché d'aller la déranger, non ? Après tout, j'étais une urgence à moi tout seul, j'avais besoin d'aide avant de partir en mission. Je frappai contre la paroi de la porte pour annoncer mon arrivée, puis j'entrai avec un petit sourire intimidé.

"Bonjour Docteur Frasier, j'espère que je ne vous dérange pas. J'aurais besoin de votre aide".

L
a jeune femme se retourna et m'accueillit d'un large sourire.

"Tiens, Rodney ! Vous ne venez pas pour vous faire retirer une écharde du doigt j'espère ! Je ne suis pas docteur vous savez...pas encore."

E
lle signa le document qu'elle avait dans les mains avant de le ranger puis de se tourner complètement face à moi.

"Bon, qu'est-ce que je peux faire pour vous aujourd'hui ?"

J
e ne relevais pas la remarque de Cassandra concernant le fait de venir me faire retirer une écharde au doigt, car je ne voyais pas du tout de quoi elle voulait parler. Comme si c'était mon genre de crier à l'aide pour une petite broutille. A chaque fois que je venais dans une infirmerie, c'était pour un réel soucis. Si si, je vous assure. Bon d'accord, il y avait bien ma dernière rencontre avec la sorcière, mais j'avais réellement besoin de soin, cette écharde m'avait fait horriblement mal. Je m'avançai vers la jeune femme, tout en tordant nerveusement mes mains.

"Et bien voilà, je dois partir en mission toute à l'heure, une très dangereuse mission, peut être en avez vous entendu parler ? Enfin peu importe. J'ai oublié ma crème hydratante sur Atlantis, et je dois risque ma vie avec des radiations solaires mortelles. J'ai la peau très fragile, vous comprenez, et je crains que quelques minutes exposé à ces radiations, même sous le bouclier protecteur du jumper, ne me cause d'horribles brûlures. J'ai besoin de tout votre attirail pour m'aider. S'il vous plait" lui lançai-je avec un regard suppliant, comme si ma vie en dépendait.

"Oh. Du calme Rodney..."

C
assandra me fixa en se demandant si j'étais sérieux. Elle reprit d'une voix sans reproche :

"Vous pensez vraiment ce que vous dites ? Et moi qui pensait que vous étiez venu me souhaiter mon anniversaire..."

J
e ne comprenais pas la surprise de Cassandra, j'avais une tête à plaisanter ? Je croisai les bras en prenant un air un peu renfrogné. Pourquoi tout le monde réagissait de la même façon que Cassandra ?

"Bien sûr que oui, je suis sérieux. J'ai déjà eu des brûlures à cause de radiations sur une planète, la première fois que j'ai rencontré Ronon. Ce n'était pas beau à voir, et j'avais pourtant mis ma crème solaire indice 70 que j'avais faite moi même. Je n'ai pas envie de revivre ça".

U
n détail me fit alors tiquer. Qu'avait-elle dit à la fin ? Que c'était son anniversaire ? Avais-je bien entendu ? Cette information sembla faire le tour de mon génialissime cerveau avec beaucoup de lenteur, jusqu'à ce que je réponde à la jeune femme sur un ton très surpris, et également intimidé.

"Oh ... heu ... c'est votre anniversaire ? Aujourd'hui ? Et bien ... heu ... bon anniversaire, Cassandra".

B
ravo Rodney, question intelligence, tu as zéro en cet instant. Tout aussi mal à l'aise, avec un tout petit sourire, je regardai rapidement autour de moi, mais sans trouver ce que je cherchais. D'ailleurs, savais-je ce que je cherchais ? Pas du tout. Mon attention se reporta aussitôt sur Cassandra, tout en dansant sur un pied puis sur l'autre, avant de reprendre, maladroitement.

"Je l'ignorais. Si j'avais su, je ... vous aurais offert quelque chose. Enfin ... un petit cadeau ... vu que c'est votre anniversaire. Et je ne serais pas là à me plaindre pour avoir de l'aide ... enfin ... même si c'est une urgence médicale. Attendez, j'ai peut être ... je regarde ça".

J
e regardai alors dans mon sac, comme si je pouvais y trouver une idée de cadeau. Mais la seule chose que j'y trouvais fut une barre de chocolat. Même si l'envie de m'en séparer était difficile pour moi, je finis par la tendre à Cassandra.

"Désolé, je n'ai que ça. Enfin ... tenez, je ... j'espère que ça vous ira ... et ... que vous aimez le chocolat ?"

R
elationnel avec les gens, et surtout avec les femmes, encore zéro. Décidément mon pauvre Rodney, tu fais presque pitié. Je refermai mon sac à dos, tout penaud. Malgré des efforts démesurés, les traits de Cassandra se modifièrent en une expression de plus en plus amusée jusqu’à ce que, au comble de ma proposition maladroite, elle éclate de rire. Les quelques infirmiers plus loin se retournèrent l’espace d’un instant, surpris, avant de retourner à leurs occupations. La jeune femme se reprit rapidement et déclara, attendrie par mon attention :

"Voyons Rodney !!! Je vous fait marcher, ce n’est pas mon anniversaire !"

E
lle regarda sa barre chocolatée.

"Mais c’est vraiment très gentil d’avoir fait le geste. Ca montre combien vous pouvez être poli et agréable. Du coup, je vais vous chercher de quoi faire le voyage de ce pas".

S
ur le coup, je fus stupéfait par les aveux de Cassandra. Elle m'avait bien eu, et en naïf que j'étais, je venais de dire adieu à l'un de mes barres chocolatées. Cependant, la jeune femme semblait appréciait mon geste, j'ignorais pourquoi d'ailleurs. J'avais juste voulu être gentil pour une fois. Et curieusement, je ne lui en voulu même pas. D'habitude, je me serais énervé. Mais pas cette fois, ce qui était étrange. Je me contentai d'un petit sourire tout en baragouinant un faible "ce n'est rien" avec difficulté. Cassandra tourna les talons pour se rendre au dépôt de la pharmacie. Elle revint plus tard avec plusieurs petites boîtes qu’elle me remit en main petit à petit.

"Bon. Celui-ci c’est une crème de protection contre les radiations, j’ai pris l’indice le plus élevé comme ça vous avez le meilleur en stock sur le Dédale. Cette boîte-là, c’est une crème hydratante régénératrice pour grand brûlé. Mais évitez au possible parce que ça sent mauvais".

J
e pris chaque boîte que Cassandra me tendait, tout en acquiesçant sur le rôle de chaque médicament. La crème de protection me serait vraiment très utile, c'était d'ailleurs ce que j'étais venu chercher. Pour la crème hydratante, je pris note de ce que la jeune femme m'annonça, il vaudrait mieux que j'évite, vu ce que me disait Cassandra. Cependant, celle-ci n'en avait pas encore terminé. Elle sortit discrètement de sa veste d’infirmière un petit flacon contenant des pilules. On pouvait voir la mention “diazepam” inscrite sur l’étiquette.

"C’est mon petit bonus, de quoi calmer un peu vos nerfs en cours de mission sans vous endormir sur l’écran. Mais pas d’abus Rodney ! Vous avez toujours vos antiacides n’est-ce pas ?"

J
e pris le flacon tout en regardant les gélules à l'intérieur. Calmer mes nerfs, quelle bonne idée. Quoique, je n'en avais jamais eu besoin, non ? Je savais que je n'étais pas un modèle de "zen attitude", mais je craignais que ces petites pilules ne m'abrutissent, surtout au pire moment. Avec une petite moue, je finis par ranger le flacon avec le reste dans mon sac, tout en répondant à Cassandra.

"Oui, je les ai toujours. J'en ai très souvent besoin, je suis persuadé que je couvre quelque chose de grave, sinon je n'aurais pas besoin d'en prendre autant. Pour le diazepam, je ne sais pas. Je verrais si je dois en prendre, mais je vous avoue que si ça tourne mal une fois là bas, et je parie que oui vu mon karma, il me faudra toute ma concentration pour nous sortir de là vivants. Je vais y réfléchir".

B
ien entendu, elle se garda bien de me révéler qu’elle avait troqué lesdites pilules pour des friandises à l’aspect étrangement ressemblant. Je ne croirais jamais en l’efficacité d’un calmant si on me révélait qu’il s’agissait surtout d’un placebo. Mais puisque je lui semblais particulièrement tendu, ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée de me jouer ce petit tour.

"Je peux faire quelque chose d’autre pour vous ?"

J
e réfléchis quelques secondes, mais au final, j'avais eu bien plus que ce que j'avais espéré en venant ici. Je secouai la tête avant de prendre mon sac à dos, tout en regardant l'heure sur ma montre. Il était temps d'y aller.

"Non merci, je pense avoir tout ce dont j'ai besoin grâce vous. Je vous remercie pour tout ça, je vais pouvoir rejoindre les autres, la mission ne va pas tarder à débuter".

J
e fis demi tour, avançai de quelques pas, avant de m'arrêter et de me retourner pour regarder Cassandra.

"En tout cas, vous m'avez bien eu avec cette histoire d'anniversaire. Promis, si un jour je connais votre date de naissance, je vous offrirais quelque chose de mieux qu'une simple barre de chocolat".

A
ie aie aie, je pouvais vraiment me montrer stupide quand j'étais en présence d'une femme, à jouer au gars intimidé pas du tout bien dans ses pompes. Voilà maintenant que je faisais des promesses que je n'étais même pas sûr de tenir. Mais qu'est ce qui m'avait pris de dire quelque chose comme ça ? J'avais perdu la tête ou quoi ? Très mal à l'aise, je saluai maladroitement Cassandra avant de quitter l'infirmerie. Je devais me ressaisir et vite, une mission importante et dangereuse m'attendait. Je traversai le couloir, et le temps d'arriver au pont d'envol, j'avais enfin oublié cette histoire pour me concentrer et redevenir ce bon vieux McKay qui tapait sur les nerfs de tout le monde. En entrant dans le jumper, j'engueulai à nouveau l'un des techniciens pour son travail mal fait, avant de poser mon sac pour le faire moi même. Il ne manquait que quelques derniers préparatifs, et je finis par ranger mon ordinateur portable et sortir ma tablette de mon sac à dos, que je branchai aussitôt au panneau de contrôle du vaisseau. Utiliser les paramètres et faire des réglages depuis cet appareil serait plus simple que sur l'ordinateur, avec son écran tactile. Grâce au générateur à naquadah, je parvins à stocker de l'énergie en trop qui sera une sorte de réserve en cas de problème. A condition bien sûr que rien de fâcheux nous tombent dessus à l'improviste. Après quelques derniers calculs et réglages, je finis par soupirer en regardant autour de moi.

"Je crois qu'on est prêt".

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Finalement, le Capitaine donna ses dernières informations et instructions, avant de clôturer la séance. Tout avait été clair, concis, efficace, comme le souhaitait la doctrine militaire. Adam vit le Docteur McKay se ruer hors de la salle, rapidement suivi par le reste de la troupe. Le pilote, lui, resta encore quelques minutes sur place, à consulter avec attention chaque pièce de son dossier. Puis, il salua rapidement le personnel du Dédale sur place, avant de se faufiler à travers la lourde porte blindée.

Sur le Dédale, on avait l’impression que tout le monde était pressé tout le temps. Les gens se croisaient souvent sans un mot, marchant d’un pas rapide, vers une destination inconnue pour les personnes les croisant. L’adrénaline quasi-constante quand on sert dans un cuirassé spatial. Il y avait de quoi en décourager plus d’une, mais pas l’équipage. C’était leur vie, leur passion. Et cela, Caldwell pouvait en être fier, sans aucun doute. Il arrivait parfois à Adam de regretter de ne plus servir ici. Les sorties en F-302, les briefings, l’action… Tout çela était bien loin désormais, maintenant qu’il était second responsable militaire d’Alpha. Le plus clair de son temps se résumait désormais à remplir de la paperasse, afin de décider si les jeeps seraient garées à droite ou bien à gauche dans le hangar. Clairement moins excitant.

Adam arriva finalement au hangar à F-302, où attendait déjà le Jumper, autour duquel s’acharnait déjà toute une équipe de techniciens. A la surprise d’Adam, ces derniers avaient la tête bien basse, évitant de trop parler. Son regard se posa finalement sur McKay, seul membre de l’équipe ne semblant pas… Effrayé ? Non, en réalité, il semblait plutôt en colère. Ceci expliquait sûrement l’atmosphère assez lourde qui pesait autour de la petite navette.

Adam salua d’un simple geste de la tête l’ensemble des techniciens, avant de monter à bord, s’asseyant sur le siège du pilote. Il déposa ses mains sur l’interface, qui se réveilla quasi-instantanément à son toucher. Ross pianota quelques instants, jusqu’à ce qu’une carte du champ d’astéroïde en trois dimensions s’affiche, image actuellement retransmise en direct par l’observatoire du Dédale. Adam resta un moment à l’observer, pensif, regardant le champ sous tous ses angles. Il ne restait plus qu’à déterminer un vecteur d’approche qui ne les ferait pas tous exploser. Surtout que, le vaisseau allant les accompagner serait clairement beaucoup moins maniable que le Jumper, alors il allait falloir la jouer fine. Il rentra quelques données dans l’ordinateur, traçant un premier plan de vol dans l’espace, avant de lancer la simulation. A peine eut-il terminé qu’une alerte s’afficha sur son tableau de bord, lui indiquant qu’il recevait une demande d’appel vidéo. Il haussa un sourcil, surpris, avant d’ouvrir l’appel… Et de reculer de quelques centimètres face au chaos administratif se trouvant en face de lui.

C’est le visage de Nelly qui apparut à l’écran.

Elle était perchée sur la pointe des pieds, passant par-dessus l’épaule du technicien à la recherche de la caméra. Elle s’approcha au point qu’on n’y voit à l’écran qu’un œil malicieux et sa voix comique lança ensuite :

EH ! T’es là ?????????????


Adam fronça les sourcils, dans un premier temps, avant d'écarquiller les yeux, et de finalement faire un fin sourire amusé par la grande enfant se trouvant juste en face de lui.

Oui, je t'entends. Dis donc, t'as volé à qui cette caméra ?


Je l'ai piqué au monsieur de la salle de contrôle. C'était facile, il me regarde jamais dans les yeux !!!!


Le pilote laissa échapper un petit rire amusé. Du Pile-Poil tout craché. Elle était reconnue sur le Dédale pour être une véritable terreur, surtout lorsqu’on lui laissait du matériel un peu trop fragile entre les mains.

Grossière erreur de sa part. Tu effraies souvent le personnel du Dédale ?


Il fit un petit clin d'œil, pianotant sur son clavier pour rentrer quelques données dans l'ordinateur, afin de poursuivre la simulation.

Dis, je voulais te parler. C'est vrai que tu vas quitter le vaisseau ?


La jeune femme s'écarta de la caméra avec un grand sourire. On découvrait alors la salle de contrôle d'Atlantis. Elle portait la tenue grise des militaires de l'expédition.

C'est déjà fait, amigo !!! Le vilain méchant Caldwell a dit que ça le dérangeait pas que je parte. Et puis le gentil colonel d'Atlantis m'a accepté !!


Adam fut cette fois ci franchement surpris en découvrant la pièce atlante. Il observa la tenue de Pile-Poil, avant de faire un petit sourire taquin, une idée saugrenue traçant peu à peu son chemin dans son esprit.

Et je suppose que tu es bien arrangée de pouvoir suivre la très gentille Major Frei, pas vrai ?


Mi hermana, si !!! S'écria Pile-Poil en serrant ses mains contre son cœur. Mais je l'ai pas trouvé, elle joue à cache-cache avec mi. Quand je la trouverai, elle sera le chat avec un ENORME bisous sur le front ! Et je serais même tentée de mettre un pintalabios qui se voit !

Elle sautilla comme une enfant.

Tu me conseille quoi ?!? Du rouge pétard ? Ou du marron viril ?


Dans toute sa vie, Adam estima que c’était bien la première fois qu’on lui demandait des conseils en matière de cosmétique. Une nouvelle fois, il explosa de rire, avant de peu à peu se ressaisir, la regardant avec un grand sourire amusé.

Du rouge vif, la marque est plus voyante après.


Il s'appuya un peu plus sur le confortable fauteuil du Jumper, regardant Pile-Poil de haut en bas.

Et voilà, les oiseaux quittent le nid. Moi qui avait promis de ne pas pleurer !


Elle fît une moue peinée.

Ne pleure pas moman !! Va pour le rouge pétard !


Son regard s'éclaira davantage.

En plus, maintenant, je pourrai venir te voir plus souvent. Dis, tu sais que mi hermana, elle a eu son anniversaire le 9 avril ?!? Et elle a trente quatre ans...TRENTE QUATRE. C'EST MA GRANDE SOEUR !!!!


Elle venait de hurler comme si elle avait gagné au loto. Le technicien de la Porte se retourna, très gêné, et préféra l'ignorer.

On prépare son anniversaire, hein ? Tous les deux !!! Avec des gâteaux, des ballons, et de la musique. Des Cantantes aussi ! On fera french cancan ! Ou chanter de l'Allemand ! Comment on dit "bouge tes fefesses" en allemand ?!?

Bewegt dein Gasäss


Il était certain que prendre allemand en troisième langue finirait par lui servir un jour.

C'est d'accord, je t'aiderai à l'organiser. Par contre je pose une condition : hors de question que je danse le french cancan. Cela dit, je connais quelqu'un a qui tu pourrais demander.


Il se rappelait sans aucun mal qu'Isia lui devait encore quelques carambars.

Va demander au docteur Laurence une fois, si tu as le temps. Ça lui fera plaisir.


C'est vrai ?!? Demanda-t-elle des étoiles pleins les yeux. Alors avec elle, je trouverai une troisième chica et on fera du french cancan por mi hermana !!! Elle adorera hein ? Pas vrai qu'elle adorera ? Ca fera rire mi hermana, forcément !

Elle arqua un sourcil, le regard montant vers le plafond.

Beweeuu dan gazaz...


Adam sourit un peu plus, se couvrant la bouche à l'aide du dos de sa main pour éviter qu'elle ne le remarque.

C'est presque ça. Oui, aucun doute qu'elle adorera, et ça lui fera du bien de se défouler un peu. Tu as eu l'occasion de choisir qui serait ton successeur dans l'escadron ?


Elle haussa les épaules.

Le vilain méchant Caldwell a dit qu'il s'en occuperait. Mais bon, les autres étaient un peu déçu de me voir partir. Mais vu que t'es plus là, toi. Et puis Valkyrie ne reviendra peut-être plus. Et puis y'a Blue qui pense plus qu'à son copain alors.....


Son regard monta sur lui.

Karola et ti !!! Je préfère être avec vous. T'es comme mon papa et elle ma maman.


Elle n'avait surement pas réfléchi sur le moment. Mais quand elle se répéta mentalement "Papa/Maman", elle le fixa avec un grand sourire, une image plus "fleurie" ayant surement fait son chemin. Adam fit mine de ne pas comprendre l’allusion, jouant l’innocent.

Il secoua légèrement la tête, amusé, avant de reprendre un peu de sérieux.

Oui, j'ai appris pour Valkyrie. J'espère qu'elle pourra reprendre du service. Son F-302, c'est tout pour elle.


Il pianota sur le tableau de bord, la simulation qu'il avait déclenchée étant enfin terminée... se soldant sur un échec. Plus qu'à recommencer.

J'ai encore beaucoup de travail Nelly. Je pars en mission dans quelques heures, et je dois terminer mon plan de vol. On se reparle à mon retour sur Alpha ?


Tu promets hein ?!?


Promis.


Elle lui fît un salut militaire devant la caméra, plus pour la rigolade que pour la rigueur, puis laissa échapper un grand rire alors qu'elle tournait les talons en hurlant dans sa lancée :

ISIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA


Le technicien responsable de la transmission se retourna, toujours aussi géné. Il regarda le couloir, plus personne, la caméra puis d'une voix mal-à-l'aise :

Je...Je coupe votre transmission lieutenant...


Adam se contenta de le regarder, amuse, avant de dire.

Bon courage avec elle. Elle a fait partie trois officiers de liaison sur le Dédale.


Sans même lui laisser le temps de lui demander si c'était vrai, Adam coupa la transmission, laissant ainsi planer le doute. Bien sûr que c’était faux, mais le contrôleur n’avait pas besoin de le savoir, n’est-ce pas ?

Ross se remit immédiatement au travail, enchainant simulations sur simulations, pendant des heures. McKay s’agitait dans tous les sens derrière lui, venant même s’assoir au siège de copilote à un moment. Adam le salua d’un simple petit geste de la tête, lui faisant un sourire rassurant, avant de reprendre son travail acharné.

Finalement, après des dizaines et des dizaines de tests, le mot tant attendu apparut finalement à l’écran : « Réussi ». Le pilote s’affala dans son siège, poussant un sourire de soulagement. Ils avaient leur trajet. Y’a plus qu’à, comme dirait l’autre. Le pilote se releva, consultant sa montre. Il lui restait une heure et demi avant le départ. Il prit donc la direction du mess, récupérant un sandwich et une bouteille d’eau, avant de se diriger d’un pas décidé vers la salle de fitness. Plusieurs soldats ou techniciens étaient déjà sur place, s’activant autour des divers appareils mis à leur disposition. Le choix d’Adam se porta finalement vers le tapis de course. Il enfila son MP3, qu’il emportait partout avec lui, avant de se mettre à courir, se vidant l’esprit peu à peu, la course à pied prenant le pas sur tout le reste.

Il resta bien 45 minutes dans la salle, les gens autour de lui faisant des aller et venus sans que le pilote ne le remarque. Il ne pouvait expliquer ce sentiment de plénitude, d’isolement, de bien-être que lui procurait le sport avant de partir en mission. Cela lui calmait les nerfs, lui permettant d’être dans les meilleures conditions possible. Il prit une rapide douche, enfilant une simple tenue réglementaire, passant sa combinaison antiradiation par-dessus. Il était prêt, et même en avance. Lorsqu’il arriva au Jumper, McKay était déjà là, en train de régler divers détails sur le panneau de contrôle. Adam se mit au siège de pilote, commençant à effectuer les dernières vérifications avant le départ. Une voix dans son dos lui indiqua que le bouclier était prêt. Le pilote dévia son regard vers un second écran, installé pour l’occasion, lui indiquant effectivement que le bouclier était paré à fonctionner à plein régime. Plus qu’à espérer que le petit génie n’avait commis aucune faute de calcul.

Il attendit patiemment que toute l’équipe arrive, saluant chacun avec son éternel petit sourire charmeur, avant de finalement refermer le sas du Jumper, s’approchant de la radio.

Contrôle, ici Jumper 1, nous sommes prêts à partir.

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La voix au contrôle mission égrena un compte à rebours après une attente insupportable, il démarra à partir de trente pendant que le sas du pont d’envol s’ouvrait sur l’espace. Le bouclier atmosphérique empêcha toute décompression brutale tandis que les F-302 s’alignaient lentement sur la piste sous la régence de “Patron”, le CEG.

C’était une tactique qu’Adam Ross connaissait très bien pour l’avoir vécu des centaines de fois dans son cockpit. En opération, le Dédale lâchait ses chasseurs le plus rapidement possible pour qu’il le protège efficacement. C’était une méthode éprouvée qui servait surtout pour le combat immédiat. Nul doute que le colonel avait ordonné que l’on procède ainsi même si le croiseur émergerait sur une zone relativement calme.

A zéro, les F-302 partirent brutalement les uns après les autres. Adam et SG-12 devaient attendre la confirmation du CEG pour pouvoir quitter le pont d’envol, ce qui arriva quelques minutes plus tard. Respectant le plan de vol, le jumper et la barge se rejoignirent en formation resserrée. Dans le même temps, l’observatoire du Dédale confirma la sécurité du couloir de navigation prévu par adam. Escorté par trois F-302, un devant et un sur chaque flanc, ils prirent ensemble le vecteur d’approche de l’amas qui n’avait l’air, à ce moment là, que d’une planète éventrée avec un halo de gaz informe. Le tout n’était pas plus gros qu’une boule de billard vue d’ici, pas vraiment besoin du bouclier à ce moment-là.
La voix de Sutter raisonna dans les oreilles de tous.

//Votre attention, nous avons le feu vert du colonel, nous débutons la mission. L’escorte restera avec nous tant que le taux de radiation le permettra. Le Dédale effectuera une mission de reconnaissance le temps que nous serons partis. Dean ? Pas d’écarts sur le jumper, garde l’oeil ouvert.//

La formation prit lentement le chemin de l’amas. La sphère de débris se mit à grossir pendant les longues dizaines de minutes de trajet durant lequel les membres eurent l’occasion de discuter un peu ou vérifier leurs postes de travail. Au bout d’une heure de route, l’un des pilotes appela Adam.

//Apollo, ici Papa. Les relevés de radioactivité commencent à monter. Nous ne pourrons plus rester très longtemps.//

Effectivement, même s’il y en avait encore pour une bonne demi-heure de trajet, les indications démontraient une forte augmentation de la radiation environnante. Rapidement, les chasseurs furent contraints de faire demi-tour après leur avoir souhaité bonne chance. Le bouclier était efficace et engloba, comme prévu, la barge de SG-12 qui évoluait plus difficilement.
A ce moment-là, l’amas remplissait entièrement le cocpit. Le spectacle était tout aussi extraordinaire qu’intimidant. La nappe de gaz qui entourait les lieux faisaient des dizaines de kilomètres de long et l’on remarquait d’importants rochers qui allaient et venaient au hasard, se percutant parfois avec grande violence. Pas de son, pas de vibrations, c’était comme regarder un spectacle de désolation sans l'acoustique. Il n’aurait manqué que les effets spéciaux sonore d’hollywood pour donner à cette image l’un aspect les plus catastrophique.

Malheureusement, un “brouillard” de gaz BT impropre se trouva pile sur le chemin. Il était opaque, un nuage immense et bien trop étendu pour le contourner. Une fois à l'intérieur, il serait impossible d'y voir à l’oeil nu.
C’était un élément inattendu qui allait leur poser problème. Car si la barge perdait de vue le Jumper, un écart risquerait de les faire sortir du bouclier. Et c’était bien la seule chose à pouvoir les garder en vie tant les radiations atteignaient des sommets déments. La formation réduisit sa vitesse alors qu’elle approchait de son point d’entrée. Adam allait devoir trouver une solution.



Spoiler:
 

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Mer 3 Mai - 14:44
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Chacun avait prit son poste. Coralie se trouvait dans le Jumper avec Erin et McKay. A peine s'était-elle installée à son poste de travail qu'elle avait oublié tout le reste pour se concentrer sur ce qu'on attendait d'elle. Elle surveillait attentivement les écrans qui occupaient l'espace en face d'elle. Sur l'un s'affichait les images des caméras embarqués de chacun des hommes, sur un autre, s'affichait leur silhouette, leurs constantes actuelles et habituelles.

Cet instant de relatif calme lui permettait d'avoir un mètre-étalon pour chacun des hommes. Elle en profita pour définir des alertes personnalisées pour chacun. Elle fut un peu surprise par le rythme cardiaque de Sutter. Cet homme avait le métabolisme d'un sportif de haut niveau. Son rythme cardiaque « de repos » était plutôt bas, et extrêmement régulier.

Les autres étaient dans la moyenne, rien qui sortait de l'ordinaire... Enfin, presque. Elle réalisa que le rythme cardiaque de l'un deux variait légèrement de façon incompréhensible. Ce n'était pas forcément alarmant pour l'instant, mais pour l'instant le dénommé Howard n'avait pas d'activité physique, ni de stress particulier. Le rythme cardiaque des autres restait constant, mais pas le sien.

Peut être que c'était une réaction habituelle de son corps au début de chaque mission ? Que son rythme cardiaque se stabiliserait un peu plus tard. Après tout, même si pour l'instant il n'y avait pas de danger particulier, c'était une mission à hauts risques qu'ils commençait, il n'était pas totalement aberrant que cela puisse provoquer une petite monté d'adrénaline. Elle fit la moue. Non. L'augmentation était bien trop régulière et lente pour être due à une poussée d'adrénaline. Dans ce cas, les battements de son cœurs se seraient accélérées d'un seul coup, et aurait été plus fort. Et puis, de toute façon, les indications quelle avait sous les yeux lui prouvaient que la sécrétion d'adrénaline dans son corps n'avait pas varié. Mais, alors, à quoi était du cette variation de son rythme cardiaque.

Elle fronça les sourcils. Elle n'aimait pas du tout ça. Celui-là elle allait le garder particulièrement à l’œil. La jeune femme jeta un coup d’œil aux caméras embarquées des hommes. Cherchant à avoir une impression visuelle de l'état de général du fameux Howard, déceler des signes de stress ou de souffrance sur son visage. Elle était de la vieille école, et même si elle reconnaissait l'utilité des instruments futuristes mis à sa disposition sur Atlantis, elle savait aussi que ça ne remplacerait jamais totalement les impressions apportées par le langage non verbal.

Encore une fois elle fit la moue. Le visage de l'homme qu'elle voyait dans l’œil des cameras de ses collègues était concentré mais relativement serein. Elle fut momentanément distraite par le spectacle qui s'affichait sur l'écran de Sutter. Une immense bulle aux couleurs chatoyantes et irritées, parcourue par des rochers indolents, même si elle savait que leur « lenteur » n'était qu'une illusion d'optique. C'était une vision magnifique... et terrifiante.

Pendant un instant, elle se demanda si ce n'était pas juste cette vue fabuleuse et la beauté de ce moment qui était responsable de l'anomalie qu'elle avait décelé chez Howard. Un coup d’œil à son moniteur lui arracha une petite moue mécontente. Son rythme cardiaque avait encore augmenté légèrement.

Coralie était contrariée. Elle aurait préféré quelque chose de plus « franc ». S'il y avait un problème, pour l'instant, elle pouvait encore faire annuler l'opération sans que cela ne mette en danger les autres. Bon, à part elle même... Sutter risquait fort de l'étrangler lui même... mais elle ne voulait pas prendre le risque de laisser la mission continuer si l'un des participants risquait de faire un malaise pouvant lui être fatal et mettre ses compagnons en danger. Après tout, c'était son job, elle était là pour ça ! Mais, là, dans ces conditions, elle ne le pouvait pas, elle ne pourrait pas justifier l'annulation d'une mission d'une telle importance pour une mauvaise intuition.

Les choses commencèrent à se compliquer au niveau technique. Elle entendait les autres discuter de la meilleure façon de traverser le « nuage » sans trop de risques. Elle n'était pas vraiment concernée par la conversation. Elle se contentait d'écouter, surveillant d'un œil les écrans, tout en repensant à la conversation surréaliste qu'elle avaient eut un peu plus tôt avec Sutter. Il s'était amusé qu'elle ne se rappelle pas de leur rencontre. Mais elle avait beau chercher, rien chez lui ne réveillait le début d'un souvenir, même sa voix que ce soit pendant leur conversation privée ou maintenant, déformée par le micro ne ramenait pas l'ombre du début d'un souvenir à sa mémoire. Toute cette histoire l'agaçait prodigieusement.

Elle regarda à nouveau les données transmise par la combinaison d'Howard. Son rythme cardiaque augmentait toujours, lentement, mais sûrement. Un coup d’œil sur celui des autre lui apprit qu'ils vivaient une période de stress. Leur constantes étaient en hausse, mais de façon parfaitement logique, corrélée avec les évènements. Du coup, celles d'Howard semblait maintenant bien basse.
Elle secoua la tête. C'était totalement illogique. Finalement, elle activa sa radio et bascula sur la fréquence privée de l'homme. Elle voulait discuter avec lui, mais n'avait pas envie que tout le monde sache ce qu'elle avait à lui dire. Tant que son état de santé n'avais pas de répercussion sur la mission, les autres n'avaient pas à savoir.

// Howard, votre rythme cardiaque me semble un peu trop élevé. Comment vous sentez vous ?//


//Je...ça va bien...je crois...//

Coralie perçut un essoufflement à travers sa réponse. Elle fut alertée par son souffle court et sa visible désorientation.

// Vous croyez ? // demanda-t-elle d'un ton doux essayant de le faire parler sans l'affoler

//En fait...//

Il reprit une longue inspiration.

//Je ne sais pas si c'est l'anxiété mais...je respire fort...enfin...ça m'essouffle....//

Une nouvelle inspiration.

//C'est comme quand on a couru trop vite...ou si j'avais eu sacrément la trouille.//

// J'entends ça. // répondit-elle d'un ton calme qu'elle ne ressentait pas du tout. //avez vous des tendances claustrophobes ?// reprit-elle

Une fois qu'elle eut discuté avec Howard, elle décida quand même d'informer Sutter de la situation. Même si elle ne se basait finalement que sur une impression, nullement corroborée par des signes vitaux inquiétant, elle avait appris depuis longtemps que les « normes » ne sont pas forcément parole d’évangile et que certaines personnes pouvaient avoir des problèmes graves sans que leurs analysent ne fasse état de données inquiétantes, et d'autres qui étaient en pleine forme malgré des constantes calamiteuses.

// Sutter, ici Coralie Deltour. Gardez un œil sur Howard.//

//Howard ? Attendez doc, je vais voir, il...//

//Mon père pour le bourbon. Le reste n'allait... pas dans le calque.... alors il gitait de bâbord... sur l'arène et le calcul...seulement...// reprit Howard de plus en plus désorienté et incohérent

//Qu'est-ce que...Coralie ? Il a l'air de parler tout seul. On dirait qu'il ne me voit pas...//

L'image de la caméra de Sutter refléta le visage d'Howard. Il avait les yeux vitreux et la main que passait Sutter devant lui ne déclenchait aucune réaction. De la buée avait envahi son casque.

//Il se passe quelque chose ! Coralie...//

//A part la course ? Pas...de rival sordide...mais du rein...//

Non, sans déconner ?! // Oui Sutter, il se passe quelque chose.// confirma-t-elle d'un ton sombre. Coralie sentit son cœur s'accélérer. Il fallait qu'elle trouve la source de la désorientation d'Howard.  // Savez vous s'il a prit une quelconque substance avant d'embarquer ? Même une simple aspirine peut avoir son importance ! //

En parallèle elle continuait à parle à Howard d'un ton apaisant //Votre père était marin Howard ?// la question prouvait sembler complétement hors sujet, mais, elle cherchait juste une façon de garder le contact... les termes marins et la référence au Bourbon lui laissant entendre une histoire de mer et de vagues.

//Nous sommes tous contrôlé Coralie. La seule chose que prend Howard, c'est de la Dramamine.//

Oui, Coralie se doutait bien qu'ils étaient tous contrôlés, mais dans de telles conditions, il n'y avait pas que les drogues illégales qui pouvaient avoir des effets secondaires inattendus. La radio du patient grésilla avant que sa voix ne reprenne le dessus.

//File comme haccab, jack ! File au vent ! Perce les flots...//

Un coup d’œil à l'écran de contrôle informa la jeune femme que la température corporelle d'Howard augmentait. Et que la saturation en oxygène de son sang avait dramatiquement baissée. Elle l'entendait haleter dans son micro, entre deux déclaration incohérentes. Sa respiration était de plus en plus laborieuse, sifflante et il était à présent totalement déconnecté de la réalité. C'était très très inquiétant.

La Dramamine... effectivement pas vraiment de risques, encore qu'elle n'avait jamais été testé dans d'autres atmosphère que la terrestre... Howard continuais à parler de mers et de marin, mais il ne semblait plus l'entendre. Elle avait perdu le contact.

// Sutter, savez vous si le père d'Howard était dans la marine ?//
Elle voulait savoir si les divagations d'Howard était totalement incohérentes où si elles s'appuyaient au moins sur quelques souvenirs lointains.

//Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?// dit une voix différente

//Calme-toi Dean. Retourne à ton poste. Je m'occupe d'Howard, ça ira !//

La caméra montrait le tout comme un mauvais film à suspens. Le reste de l'équipe commençait à sérieusement s'inquiéter de l'inanité de leur collègue même si ses propos étaient restés en canal privé. Les militaires s'exécutèrent sous l'ordre formel de leur capitaine mais celui-ci commençait à s'inquiéter également. Son rythme cardiaque ne laissait pas de doute quant à ce sujet. Le bon coté, c'est qu'il ne paniquait pas pour autant.

//Son père...c'était un pécheur de grands fonds. Il a disparu avec son navire, le "Perce les flots" lors de l'ouragan Katrina.//

Pendant ce temps, Howard parlait de moins en moins. Coralie perçut une respiration sifflante à travers le micro.

//Passe là-dedans et tiens bon ! Passe...//

Coralie sentait arriver la situation de crise. Howard était délirant, les autres commençait à ressentir de l'inquiétude, leurs rythme cardiaque ne laissait pas de doute à ce sujet. Il fallait à tout prix qu'elle trouve une solution sinon, elle serait obligée de mettre un terme à la mission.

// Je ne vois pas ce qui pourrait expliquer la situation d'Howard // dit coralie à Sutter. // ça ressemble au délire des grand fonds pour les plongeurs // elle se tue un instant avant de reprendre // Ou à l'effet que pourrait avoir un wraith //

//Quoi ?// S'exclama le Capitaine Sutter. //Attendez, je vérifie un truc !//

Il força Howard à s'assoir.

//Dean, file-moi un coup de main ! Retourne-le et tiens le bien, comme ça !//

L'image de la caméra le montra en train d'inspecter le respirateur d'Howard. Sa main passa le long d'un réservoir et il alla jusqu'à un câble qui se baladait dans le vide...il n'était pas branché.

//Bordel ! Coralie, c'est le compensateur de pression. Merde, pourquoi l'alarme visuelle ne s'est pas déclenchée ?!?//

Sutter réinséra le câble et le verrouilla, les mesures des constantes se modifièrent alors et Coralie pu se rendre compte que la pression à l'intérieur de la combinaison d'Howard était cinq fois plus élevé que la normale.

Coralie haussa un sourcil tout à la fois dubitatif et inquiet. Avec leurs super combinaison, ce genre de chose n'aurait pas du être possible. Comme l'avait dit Howard, une alarme quelconque aurait du se déclencher, or, il n'y avait rien eu de tel. D'après l'écran qu'elle avait sous les yeux, la combinaison était en parfait état de marche et totalement performante. C'était très inquiétant parce que ça voulait dire qu'il y a un souci, volontaire ou involontaire. Et c'est tout sauf rassurant dans les deux cas !

// Je n'ai eu aucune alarme Sutter. Personne n'a vérifié que sa combinaison était correctement installée ? Vous vérifiez jamais votre équipement quand vous l'enfilez ?// Demanda-t-elle avec humeur // Vous allez tous vérifier vos combinaisons, immédiatement. Je me charge de mettre en place un traitement provisoire pour Howard. Mais dés qu'il rentre, il aura gagné un séjour dans un caisson hyper-bar ! //

Sutter se tût un instant avant de lui répondre calmement.

//Nous vérifions toujours notre équipement. Je ne sais pas comment ce système s'est débranché de sa combinaison sans alarme mais ça m'a l'air d'un accident.//


Il changea pour un ton plus autoritaire.

//Ok Dean, tu me vérifies les respirateurs de tout le monde. Surtout le câble de pressurisation, compris ?//

Il fixa la caméra de son collègue en étant conscient que Coralie le surveillait. Il lança alors sur le canal privé :

//Je t'en dois une Miss Gribouille. Merci//

Coralie fit la moue. Elle était contrarié par ce qui venait de se produire, et encore plus par le surnom qui réapparaissait.

// Mwouai. N'empêche que ça n'aurait jamais du arriver. Je vous garde tous à l’œil !//

Un petit rire provocateur ponctua sa dernière phrase. //Une chance de t'avoir miss...c'est une chance...//
Coralie coupa la communication sans répondre. Elle sentait ses pulsations cardiaque reprendre un rythme normal et son corps se détendre. Elle ressentit une grande lassitude, comme souvent après une situation de crise.

Autour d'elle, elle entendait les autres parler de bulle de gaz à traverser, de danger, de radiation, mais même si elle était embarquée dans la même galère qu'eux, elle n'avait aucun pouvoir sur ce problème là. Tout ce qu'elle espérait c'est qu'ils trouveraient une solution pour éviter qu'ils ne soient tous vaporisés par un rocher ou incinérés par les radiations.

Elle retourna au contrôle de ses écrans avec assiduité. Dans l’œil des caméra individuelles, elle voyait que les derniers ordres de Sutter était suivi à la lettre, chacun vérifiant sa combinaison et celle de ses copains.

Sutter... pourquoi ne se rappelait-elle pas de leur précédente rencontre ? Elle avait beau fouiller sa mémoire, rien ne lui revenait. Elle rencontrés bon nombres de soldats et d'officier au cours de sa carrière. S'il avait eu un signe distinctif, ça l'aurait aidée, mais des hommes grands, à la mâchoire carrée et au cheveux clairs, ce n'était pas ce qui manquait dans ses souvenirs, pourtant, elle était certaine qu'il n'était aucun d'eux.

Tout au fond de sa mémoire, une petite voix commençait à s'agiter, lui rappelant que l'un d'eux aurait pu devenir Sutter. Elle la fit taire d'un mouvement de tête. Elle ne voulait pas de ses souvenirs là. C'était inutile, ça ne pouvait pas être lui.
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Jeu 4 Mai - 17:14
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Mission spéciale "Fourbe Prospect"

Feat Erin Steele, Adam Ross, Coralie Deltour et Steven Caldwell


L
e jumper décolla enfin, suivi de la barge de l'équipe SG-12, le tout escorté par quelques F-302 provenant du Dédale. La mission venait de débuter, sans possibilité de retour en arrière. Ce qui était bien dommage car à cet instant précis, ma conscience me hurlait aux oreilles d'abandonner cette expédition et de repartir bien à l'abri sur Atlantis. C'était trop tard maintenant, à moins de faire une syncope peut être. Et encore, on me réveillerait sûrement à coup de gifle sans faire demi tour. Et puis, les deux vaisseaux avaient besoin de moi. J'étais bel et bien coincé. Je profitai alors du début du voyage pour appliquer généreusement de la crème de protection contre les radiations offerte par Cassandra, et peu m'importait ce que les autres en penseraient. Alors que le jumper avançait vers notre destination, la barge nous suivant de près, je regardai par la verrière du cockpit. Etant assis sur le siège du copilote, j'avais une vue sur tout ce qui nous attendait. Je pus voir au loin un amas d'astéroïdes qui grossissait à mesure que nous avançâmes vers lui. Au bout d'un moment, alors que nous étions encore assez loin de notre destination, un bip retentit sur ma tablette tactile. Le taux de radiations commençait à monter, même s'il restait encore correct à ce moment là. Ce détail était confirmé par les pilotes des F-302 qui firent alors demi tour.

"Les radiations commencent à monter, j'active le bouclier".

L
e bouclier apparut autour du jumper, et après quelques manipulations sur ma tablette, la sphère grossit de plus en plus jusqu'à envelopper également la barge qui nous suivait. Je décidai de laisser pas mal de marge autour de nous au cas où. Si je devais réduire le bouclier à cause d'une perte de puissance, autant éviter de l'enlever de l'appareil de SG-12. Je vérifiai toutes les données sur la tablette, ainsi que les paramètres du jumper.

"Le bouclier est en place. Tout est dans le vert. Aucune anomalie détectée. Pour l'instant, tout va bien".

L
es minutes passèrent, jusqu'à ce que mes données changent quelque peu. Je fronçai les sourcils, avant de lever les yeux pour regarder autour de moi. Effectivement, la température avait légèrement monté. Je quittai alors mon siège pour aller brancher ma tablette sur les systèmes du jumper, avant de sortir mon ordinateur de mon sac. Pendant ce temps, Coralie était entrain de discuter avec l'équipe de SG-12, mais je ne fis pas attention à ce qu'elle disait. Après tout, j'avais d'autres choses à faire plus urgentes que de m'inquiéter pour l'autre équipe. L'infirmière était là pour eux, non ? Je revins m'asseoir à ma place, allumai l'ordinateur avant de pianoter dessus. Ce que j'avais soupçonné se confirma. Et ce n'était pas une super nouvelle. Je fis une petite grimace avant de regarder le reste de l'équipe.

"Alors, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Vous voulez que je commence par laquelle ?"

B
on, les autres n'avaient pas l'air d'humeur, et vu leur regard insistant, je répondis tout seul à ma question.

"La bonne nouvelle, c'est que le bouclier tient le coup. Il a l'air stable. La mauvaise, c'est que les radiations le sollicitent beaucoup. Vous avez sans doute remarqué que la température semblait être montée de quelques degrés ? Et bien, c'est à cause des radiations. Plus le bouclier est grand, plus la chaleur qui frappe sa surface se concentre et se répercute jusqu'à la coque du jumper. Et comme la quasi totalité de l'énergie fournie alimente le bouclier, l'équipement de survie ne peut pas faire descendre la température. La chaleur va continuer à augmenter, alors attendez vous à avoir très chaud dans peu de temps. Mais avec un peu de chance et mon savoir faire, nous ne mourrons carbonisés. Le plus gros des radiations, et le plus dangereux, est stoppé par le bouclier".

S
uper rassurant, ton discours. Tes camarades ont vraiment l'air soulagé. Ce n'était pas de ma faute, je ne faisais qu'énoncer les faits. Ils allaient s'apercevoir à un moment ou un autre que quelque chose n'allait pas, non ? Autant leur expliquer ça tout de suite. Le convoi continua sa course, jusqu'à approcher d'un énorme brouillard de gaz. Selon les données, il s'agissait de gaz BT, mais non récoltable. Cependant, un détail inquiétant apparut à l'écran : il était bien trop grand pour avoir le temps de le contourner. L'idée de traverser ce monstre me fit frissonner, et je déglutis avec difficulté. Je n'avais pas du tout envie d'aller là dedans, on ne voyait rien du tout à travers ce nuage. Comment allions-nous naviguer, et avec une barge qui était aussi dirigeable que le Titanic dans une petite rivière ? Pendant que les autres cherchaient une solution, je regardai les données qui s'affichaient sur mon ordinateur. Et quelque chose n'allait pas du tout. Quelque chose qui allait poser un gros problème à Adam et à l'appareil de SG-12.

"Oh non non, pas ça" dis-je pour moi même, mais à voix haute quand même.

A
ussitôt, je quittai une nouvelle fois mon siège pour me diriger vers l'arrière du jumper. Je pris ma tablette, pianotai dessus, avant de la débrancher et de la connecter au générateur à naquadah. C'était la poisse, il n'y avait pas de doute.

"Lieutenant ? On va avoir un problème".

A
lors qu'Adam attendait une explication, je vérifiai une nouvelle fois ces informations, avant de reprendre.

"La connexion du réacteur à naquadah sur le jumper n'est pas sans conséquence. Son alimentation n'est pas fluide et stable, elle a tendance à envoyer quelques poussées d'énergie de façon aléatoire et de plus en plus importante. Et le réseau électrique du jumper a du mal à le canaliser. C'est le propulseur qui en fait les frais, il reçoit des suralimentations qui, dans très peu de temps, pourrait provoquer une propulsion instable, et vous empêcher de piloter correctement. Imaginez si le jumper effectue de brèves accélérations alors que la barge de SG-12 nous suit lentement, ça serait catastrophique pour eux, ils sortiraient du bouclier pendant que notre vaisseau avancerait à vivre allure".

J
'avais compris, c'était à moi de trouver une solution. Je me mis à faire plusieurs aller et retour entre le cockpit et le sas arrière, entrant des paramètres, analysant des calculs, cherchant comment régler ce problème, alors que le jumper continuait d'avancer vers le nuage de gaz. Si jamais nous le traversions, et que le vaisseau décidait de n'en faire qu'à sa tête, je ne voudrais pas être avec l'équipe SG-12. Il me fallut près de dix minutes pour trouvez une idée. Je finis par ouvrir une trappe du sas arrière, et entrepris d'effectuer plus branchement à ma tablette, ainsi que quelques dérivations dans les systèmes. Je fis de même avec le générateur à naquadah, avant de pianoter sur ma tablette pour analyser tout ça. Je mis en place un programme qui détournerait une partie de l'énergie provenant du réacteur à naquadah vers des circuits du jumper non reliés au propulseur du vaisseau. Avec un peu de chance, cela serait suffisant. Et grâce à ça, le bouclier ne perdrait pas en efficacité. Pour le moment.

"Je crois que c'est bon. Enfin ... j'espère que ça ne posera pas de problème plus tard".

I
l était temps, car le convoi arriva enfin au nuage de gaz. Cependant, nous étions encore en pleine discussion de savoir ce qu'il fallait faire. Toutefois, une chose paraissait certaine : nous n'avions pas d'autre choix que de traverser cet obstacle. Pour mon plus grand regret.

"Vous êtes sûr qu'on doit vraiment aller là dedans ? J'ai un très mauvais pressentiment" lançai-je d'une petite voix aigüe.

C
e nuage m'impressionnait vraiment, et je préférai regarder mon ordinateur pour penser à autre chose. Enfin, penser était un bien grand mot car quelque chose m'interpella.

"Nous allons être en danger dans ce truc là, enfin c'est surtout SG-12 et leur vaisseau qui auront bien plus de problèmes que nous. Vous avez remarqué que ce nuage est opaque, on ne voit rien du tout, et il faudra se fier à l'ordinateur de bord et au scanner. Cependant, l'énergie qui alimente le scanner est bien plus faible que la normale vu que la plupart des équipements du vaisseau alimentent le bouclier. La portée est bien plus courte que d'habitude. Le rayon scanné est beaucoup plus petit, il faudra donc compter sur les compétences et les réflexes du Lieutenant Ross pour réagir au quart de tour dès qu'un objet volant nous arrivera dessus. Mais, il y a autre chose qui m'inquiète".

J
e pianotai sur la console centrale pour faire apparaitre une image du jumper entouré d'un bouclier en temps normal, pour imager mes explications assez funestes.

"En temps normal, le bouclier du jumper est très proche de la coque, comme une seconde couche. Et quand il est frappé, l'appareil ne bouge quasiment pas parce qu'il y a très peu d'onde de choc. C'est pour ça qu'on ne ressent qu'une secousse même en subissant un gros impact, comme un tir de missile par exemple. Mais cette fois, la situation est différente".

J
'appuyai sur une autre touche, et cette fois ci, le bouclier situé autour du jumper s'agrandit de beaucoup.

"C'est là qu'est la difficulté. Plus le bouclier est éloigné du jumper, plus l'onde de choc ressentie est violente. Notre bouclier actuel est très grand, et si un gros corps stellaire le percute, l'onde de choc va atteindre notre jumper, le frapper de plein fouet, et le faire dévier de sa trajectoire, comme une boule de billard. Et si le jumper dévie, le bouclier le suivra également. Sauf la barge de SG-12 qui elle, ne bougera pas d'un centimètre. Elle pourrait se retrouver hors de la protection du bouclier".

J
e soupirai car je n'avais pas vraiment d'idée pour palier à ce problème. A part se reposer sur les talents d'Adam pour le pilotage en conditions extrêmes.

"Ce ce qui nous attend si on traverse ce nuage. Il faudra être vraiment très attentif, et éviter au maximum les corps stellaires de grosse taille".

J
e restai silencieux quelques instants, le temps de laisser aux autres membres de proposer des solutions. Puis, une idée me vint en tête, et je me tournai vers Adam, tout en vérifiant quelques calculs sur mon ordinateur.

"Lieutenant, j'ai laissé un peu d'énergie dans l'armement du jumper au cas où. Si on rencontre quelque chose de gros et que vous n'avez pas le temps de l'éviter, peut être qu'un drone ou deux peut le détruire. Mais attention, si vous lancer davantage de drônes, le bouclier perdra en efficacité et se rétrécira pour rester stable. C'est un programme que j'ai crée pour éviter que le bouclier ne s'interrompt brutalement.".

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Le Dédale sortit finalement d’hyperespace, et immédiatement après cela, l’escadron de F-302 décolla pour se mettre en position. Adam avait effectué cette manœuvre au moins des centaines de fois, sauf que cette fois-ci, il se retrouvait de l’autre côté : c’était lui le vaisseau civil à escorter. C’était une sensation assez étrange et désagréable de ne pas être aux commandes d’un F-302 à ce moment précis. Cela dit… Le Jumper était bien plus efficace et poussé technologiquement, alors, il n’était pas vraiment à plaindre.

L’ordre de départ tomba finalement de la tour de contrôle. Le Jumper prit doucement son envol, suivit de près par la barge de prospection. Via la radio, Adam s’empressait de partager des données techniques sur le bouclier et les vecteurs de vol au pilote de la barge, un certain Skip Rowling. Adam avait déjà vaguement entendu parler de lui. Formé au pilotage à l’académie de pilotes du SGC, il faisait désormais parti de SG-12 depuis un bon moment. Un homme simple et efficace, de la trempe qu’Adam appréciait particulièrement, de par leur réactivité et leur loyauté.

Les deux vaisseaux se mirent rapidement en formation, bientôt rejoint par trois F-302. Après un moment, les F-302 quittèrent la formation, puis McKay annonça finalement qu’il activait le bouclier d’énergie. Immédiatement, Adam posa son regard sur l’écran indiquant les taux d’énergie du bouclier. Ce dernier grandit peu à peu, jusqu’à atteindre une forme plutôt acceptable pour effectuer les manœuvres. Quelques rapports de Rowling confirmèrent la baisse des radiations. Au moins, le bouclier était opérationnel. Enfin…

C’était jusqu’à ce que Rodney ne prenne la parole pour annoncer un grave problème technique. Le regard du pilote se posa instantanément sur les relevés de l’alimentation du Jumper. Bon Dieu, c’était vrai, le bouclier bouffait toute son énergie. Actuellement, c’était la température qui en souffrait, mais bientôt, ce serait l’armement, la propulsion… Puis l’oxygène. Ross garda la tête froide, se concentrant sur son vecteur d’approche.

« Je vous accorde une confiance totalement aveugle, Docteur McKay. Vous saurez trouver une solution. En attendant… Je vais prévenir SG-12, et leur indiquer de se tenir prêts à faire demi-tour, au cas où. »

Adam prit de nouveau la radio pour contacter la barge. Un juron de Skip lui répondit, que le Lieutenant ne releva pas cependant. Son collègue lui confirma cependant la réception de l’ordre, et qu’il se tenait prêt à foncer en direction du Dédale. McKay allait trouver une solution, Adam en était certain. On ne disait pas que c’était le meilleur sans raison.

Après quelques dizaines de minutes de vol, Adam écarquilla légèrement les yeux, vérifiant ses données radar, revérifiant une deuxième fois, puis une troisième. S’il y avait une chose qu’il détestait, c’était les imprévus dans ses plans de vol. Et là, ils faisaient face à un GROS imprévu.

« SG-12, ici Jumper 1. J’ai repéré un large nuage de gaz, à H-5 minutes, juste sur notre chemin. D’après la composition, je dirais qu’il doit être totalement opaque. Nous allons nous arrêter proche de lui pour choisir une stratégie à appliquer. Restez en Stand-by »

Adam servait pertinemment que la barge n’était pas équipée pour naviguer aux instruments, contrairement au Jumper. Derrière lui, les réactions semblaient plutôt négatives face à cette nouvelle, ce que Ross comprenait parfaitement. A lui non plus, cela ne lui plaisait pas de devoir potentiellement le traverser, cependant, d’après les relevés, il était si large qu’il serait impossible de le contourner. La seule alternative était de rentrer au bercail les mains vides, ce qui était tout bonnement inacceptable. Il coupa les moteurs à la limite du nuage, s’immobilisant aux cotés de la barque en attendant de trouver une solution. Il se recula un peu du tableau de bord, avant de faire face à l’équipe, les regardant chacun tour à tour, prenant un air grave.

« Impossible de traverser le nuage sans perdre la barque de vue… Et on ne peut pas se permettre de s’en éloigner. Quelqu’un aurait une idée ? »

Ce fut Steele qui lui répondit.

« Les instruments du Jumper sont inopérants ? Je ne peux pas la suivre avec l’ordinateur. »

« Non, ils devraient fonctionner dans le nuage. Cela dit… la barge n’est pas prévue pour voler en se fiant à ses instruments. Donc, impossible pour elle de nous suivre efficacement dans le nuage.

Quelques secondes de réflexion s’en suivirent, puis Steele reprit la parole.

« Et si on fait l’inverse ? Pour guider un aveugle sans le toucher et si on peut communiquer avec lui, le mieux, c’est d’être derrière lui pour l’aider et voir ce qui se trouve sur le chemin. »

Adam plissa légèrement les yeux, pensif. Oui… Cela pourrait fonctionner. Si Adam indiquait les déviations que devait effectuer la barge pour éviter les débris, ils n’auraient qu’à leur coller au parechoc pour ne pas s’éloigner. Il fit un grand sourire à la femme, opinant, revenant vers son tableau de bord.

« C’est une excellente idée madame Steele. Les capteurs du Jumper devraient pouvoir détecter les débris à l’avance, et nous pourrons ainsi ordonner les changements de cap. Même si les instruments de la barque sont basiques, ils devraient être capables de modifier leur cap en suivant mes ordres »

Il s’empressa de faire part de leur plan à SG-12, qui confirma la réception du message, visiblement assez peu enjoués par la perspective d’avancer à l’aveugle. Alors qu’Adam se préparait à redémarrer les moteurs, le scientifique du groupe reprit la parole une nouvelle fois.

« Qu’est-ce qui se passe, Docteur ? »

McKay expliqua le problème concernant l’alimentation du moteur, ce à quoi Adam répondit par un « Merde » à demi-marmonné. S’il n’avait pas une poussée fiable pour avancer, il était hors de question de s’aventurer là-dedans.

« Trouvez une solution Monsieur McKay. Il me faut absolument les moteurs à leur pleine capacité pour les manœuvres dans le nuage »

Il transmit les informations à la barge, qui indiqua qu’elle allait de nouveau attendre. Adam s’enfonça un peu dans son fauteuil, croisant doucement les bras, surveillant du coin de l’œil les relevés énergétiques du Jumper, en particulier ceux concernant la température, qui grimpait lentement mais sûrement. Finalement, après une dizaine de minutes, le scientifique trouva une solution, et l’alimentation revint peu à peu dans les moteurs.

« Beau boulot Rodney »

Alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa route, le canadien prit une nouvelle fois la parole, annonçant, pour changer, des mauvaises nouvelles. Adam grimaça légèrement. Il allait falloir la jouer fine, très fine. La moindre erreur, le moindre retard, ne serait-ce que de quelques secondes, pourrait leur être fatal. Adam opina légèrement la tête, avant de faire signe à Rodney et Steele de s’approcher.

« Vous deux, je veux que vous surveilliez le scanner, et cela en permanence. Au moindre contact sur le scanner, vous me l’indiquerez, même si je le vois, pour en être certains. La moindre erreur pourrait être fatale à SG-12, je compte sur vous. »

Il posa un regard entendu sur les deux civils, avant d’informer SG-12 de la situation. Fort heureusement, Skip était un pilote doué et expérimenté. Il devrait savoir se débrouiller.

Le convoi se mit lentement en marche, le Jumper collant au cul de la barge. Peu à peu, le brouillard les entoura complètement, les rendant totalement aveugles. Désormais, il faudrait se diriger aux instruments. La barque avait entièrement disparu, et seul le contact radio permanant, et le scanner indiquant leur position indiquait qu’ils étaient toujours bien là. L’ambiance était plutôt tendue, tout le monde était concentré à l’extrême. Une sensation de stress énorme devait sans doute enserrer l’estomac de tout le monde, mélangé à un arrière-gout de peur. Pour Adam, c’était presque devenu une habitude. Un contact apparut sur le radar. Premier débris.

« Changez de cap en 2-2-5 »

Le convoi changea rapidement de direction, esquivant le premier obstacle. Tout fonctionnait parfaitement, pour le moment. Un second débris apparut, puis un troisième, un quatrième. Chaque fois, la voix anxieuse d’Adam prenait la parole pour indiquer les coordonnées de vol à prendre, et les deux vaisseaux agissaient en parfaite synchronisation, dans un balais spatiale impressionnant de rigueur. Un large débris apparut soudainement à l’écran. Adam écarquilla légèrement les yeux. Trop près, il était trop près.

« 3-2-6 ! 3-2-6 ! »

La barge changea de cap dans un mouvement empressé, aussitôt suivit par le Jumper. Adam crut pendant quelques secondes que la barge allait se désintégrer, retenant sa respiration…



Le bouclier passa à cinq mètres du débris. Ils étaient passés. Adam se détendit légèrement, reprenant son souffle.

Au bout d’un moment, le brouillard se dissipa peu à peu, et la barque réapparut, en face du Jumper, en entier et saine et sauve. Un large sourire s’étira sur le visage du pilote, qui s’affala sur son fauteuil, avant de poser son regard sur ses deux copilotes.

« C’était de l’excellent travail. Bravo à vous tous. »

Ross reposa son regard sur ses instruments de vol, écoutant avec attention le rapport de SG-12, qui lui indiquait qu’ils n’avaient subi aucune avarie. La première phase de la mission était un succès.

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"FOURBE PROSPECT"


SG 12 & co


Un 17 avril 2017

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Le moment venu, Erin embarqua avec les autres dans le Jumper. Il était temps pour la fine équipe de prendre le large, de laisser le Dédale et de partir à l’aventure dans les tréfonds sidéraux, afin de naviguer dans une zone qui ne pardonnait aucune erreur. Que du bonheur en perspective, et peut-être un abonnement à vie au prozac pour faire descendre la dose de stress qu’ils allaient subir. Si c’était le lot des militaires, ce n’était pas vraiment celui des civils, encore qu’en intégrant l’expédition Atlantis, chacun avait payé son tribu de souffrance et de déboires, endurcissant les esprits et les carapaces. Erin attendait que le Jumper ne décolle, en compagnie des F-302. Elle était assise à l’arrière, sur la banquette, jambe serrée, lèvres serrées, bras serrés le long du corps, bref, elle n’était que tension et stress. L’ordinateur que Sutter lui avait fournit était relié au Jumper et il attendait sagement fermé sur ses jambes. Finalement, quand l’ensemble de la formation s’en alla, elle se détendit un peu. Elle avait, depuis toujours, eut une bonne capacité à s’adapter et à gérer le stress pour le transformer en énergie motrice. Personne ne parlait, et ce n’était pas plus mal, donnant à ce petit moment un côté solennel.

Le trajet vers la zone de prospection dura. Une bonne heure. Il y avait quelque chose de rassurant et de déroutant à la fois que de naviguer dans une immensité si silencieuse. Petit à petit, l’amas d’astéroïdes remplissait le cockpit du Jumper. C’était impressionnant, et fascinant. Erin n’attendait qu’une chose, qu’une pierre en percute une autre. Aucun son ne se propageait dans l’espace, et cela en était d’autant plus perturbant. On aurait dit un film muait dans lequel des titans de pierres s’envoyaient des rochers. La radioactivité montait, et les F-302 durent rompre la formation. Rodney confirma.

Dans les minutes qui suivirent, la température à l’intérieur du Jumper grimpa quelque peu. Erin ne savait pas si c’était à mettre sur le compte de son imagination, ou si c’était bel et bien le cas, mais elle remonta ses manches. Elle ouvrit l’ordinateur. Maintenant qu’ils approchaient du gros des débats, il était temps de commencer à chercher le bon filon. Le docteur Mckay finit par apporter une explication à cette sensation de chaleur croissante. Ce n’était donc pas l’imagination d’Erin. Bon, si ce n’était que ça, ce n’était pas bien grave. Valait mieux un coup de chaud que de se faire rôtir par les radiations. Elle opina du chef pour faire signe qu’elle avait compris. Elle pouvait encore enlever sa veste d’uniforme pour se mettre en t-shirt, histoire de rendre tout ça plus supportable si jamais ça devait encore grimper.

Problème imprévu : une nappe de brouillard aussi épaisse qu’un petit matin sur les routes du Nord de la France. Avec des vaches lourdes de milliers de tonnes qui se promènent librement dedans… Franchement, un banc de gaz BT corrompu comme ça, ça ne se voyait pas aux radars longues portées du Dédale, ou sur tout autre système informatif ? Enfin maintenant qu’ils y étaient, il allait falloir traverser, vu que le banc semblait vraiment trop important pour être contourné. La prudence aurait peut-être dictée de faire demi-tour et de choisir un autre angle d’attaque, quitte à perdre quelques heures ou un jour ou deux. Rodney fit part de son avis, et bien entendu, il ne semblait pas chaud du tout à aller là-dedans.


Une discussion s’engagea entre les membres d’équipage. Adam, le pilote, demanda l’avis de tout le monde. Rodney avait donné le sien, et Erin réfléchissait à la question. Comment traverser ce banc de brouillard avec une barge aussi manœuvrable qu’un char d’assaut dans un magasin de porcelaine ? L’idéal était de faire passer « l’handicapé » devant, et de le guider. Il fallait anticiper les problèmes pour lui. Le Jumper était plus maniable, il devait pouvoir s’adapter au rythme de la barge et ajuster sa position pour la maintenir dans le bouclier s’il se trouvait derrière elle, à la guider et en la gardant à l’œil via ses instruments de mesures. Erin proposa donc une alternative, en imageant ses propos. Elle trouva écho chez le pilote qui en fit part à son homologue, sur le rafiot de prospection. Ainsi donc la stratégie était décidée. Ils allaient pouvoir se mettre en route une nouvelle fois et traverser la nappe.

Un autre problème vint s’ajouter à la température qui grimpait, et qui stoppa toutes manœuvres sur le coup. Mckay expliqua que le générateur à naquadah n’alimentait pas de façon constante le Jumper et que le problème se trouvait dans la propulsion qui risquait d’avoir des petits coups de speed de temps en temps. Autant dire que pour la barge, ça allait être critique. S’ils sortaient ne serait-ce qu’une seconde du bouclier, ils étaient cuits, dans tous les sens du terme. Le scientifique se mit à faire des allers-retours entre le sas arrière et le cockpit, en réfléchissant. Il devait être en train de penser à des solutions pour régler ce problème, et Erin espérait qu’il trouverait un truc. Le danger n’était pas immédiat pour eux-mêmes, mais pour les Sutter et ses hommes, si. Quoique si l’engin passer devant le Jumper, comme c’était prévu, et que d’un coup, le vaisseau atlante faisait une embardée, plus personne ne serait là pour faire le constat amiable…

Tandis que la barge et le Jumper patientaient devant le brouillard, Erin ne restait pas inactive à regarder les volutes de fumées par la vitre avant du vaisseau lantien. De toute façon, il n’y avait rien à voir, à part ce mur de brouillard. Elle s’était penchée sur son ordinateur portable, posé sur ses cuisses, lequel faisait tourner le logiciel destiné à les faire prospecter efficacement et en toute sécurité. Ce n'était pas le tout que de sortir de ce banc de gaz corrompu, il allait ensuite falloir qu’elle dise à Adam vers où se diriger. Autant sélectionner un candidat tout de suite sans perdre de temps. En effet, outre la probabilité accrue de se payer un rocher les minutes passant, les boucliers ne tiendraient pas trente ans non plus et elle ne voulait pas finir irradié dans cette coquille vouée à se perdre dans les tréfonds de l’espace.

Elle préférait penser à autre chose et sa tâche était donc toute désignée. Le sonar lui fournissait plusieurs signatures ovales, comme on lui avait demandé de suivre, toutes susceptibles d'être sélectionnables puisque l’appareil opérait un tri de base. Néanmoins l’ensemble des échos n'étaient pas mirobolant, sauf un, qui présentait une traînée large et étirée, signe que le filon de gaz BT provenant d’une roche était conséquent. Erin se concentra dessus. Il avait une taille intéressante comparée à celles des différents retours qu’elle avait sur le moniteur. De toute façon, il fallait en sélectionner un et il semblait être le meilleur candidat parmi tous les autres. Ils n’étaient pas venus pour se contenter du menu fretin. S’ils prenaient des risques dans cette mer de roche en trois dimensions, c’était bien pour trouver quelque chose de concluant, sinon le jeu n’en valait pas la chandelle.

Durant le laps d’attente, Rodney parvint heureusement, a régler le problème de la propulsion du Jumper, qui était redevenue linéaire normalement. Ce type était un génie. Bon, il paraitrait qu’il ne fallait pas trop lui dire sous peine qu’il change de chaussettes dans la minute, mais elle fit résonnance au commentaire d’Adam. « Bon boulot. » Ils allaient pouvoir reprendre la route. Néanmoins, le scientifique préféra apporter quelques précisions quant à l’effet du bouclier sur leur trajectoire, et sur les conséquences encore une fois dramatique que cela aller produire s’ils encaissaient des chocs violents. Adam prit le parti de demander à Rodney et Erin de venir surveiller le scanner pour l’informer des objets susceptibles de venir les percuter, en temps réel. Trois paires d’yeux valaient mieux qu’une, laquelle était en plus de ça rivée sur d’autres données et sur le pilotage du Jumper. Erin laissa l’ordinateur sur la banquette et approcha du scanner pour l’observer. Coralie était en pleine discussion à l’arrière du Jumper. Elle se chargeait de surveiller les constantes de SG-12 et Erin espérait qu’il n’y avait rien de grave.

La traversée commença. C’était à la fois angoissant, stressant, et tranquille. Se concentrer sur le scanner permettait à Erin de ne pas imaginer le pire, et voir arriver les cailloux par le biais des points lumineux donnait un semblant de contrôle à la jeune femme. Rodney et elle prévenaient Adam des candidats susceptibles de venir leur faire un câlin. Pour sa part, Erin prenait son rôle très au sérieux et ils purent naviguer paisiblement en orientant la barge. Pourtant, un rocher énorme se retrouva très proche d’eux et il allait venir les percuter. Vu la taille du bordel, le bouclier allait l’encaisser, peut-être, mais ils seraient comme une boule de billard tirée à pleine puissance. La barge ne resterait pas dedans, à coup sûr… Une manœuvre fut enclenchée en catastrophe. La représentante de la CIS avait des sueurs froides et ce n’était pas qu’à cause de la température qui avait grimpé dans l’habitacle. Ils allaient se le payer… Ils allaient se le payer. Ils le frôlèrent simplement. A cinq mètres près…Autant dire que vue les dimensions astronomiques de l’espace, cela était proche, très proche. Erin se laissa retomber sur la banquette en soupirant de soulagement, et pourtant, il ne fallait pas quitter le scanner des yeux, ils n’étaient pas encore sortis de ce merdier. Au bout d’un moment qui parut extrêmement long à Erin, ils sortirent du brouillard, entier. Adam félicita tout le monde. La brune se détendit. Pendant toute la traversée, elle s’était crispée, respirant qu’à moitié et elle avait besoin d’air, surtout qu’il faisait de plus en plus chaud, du moins le ressentait-elle comme ça.

Elle retourna vers l’arrière pour reprendre son ordinateur, le consultant. Ca n’avait pas vraiment évolué. Le filon le plus intéressant était toujours là. Les autres étaient pauvres en gaz et guères intéressants. Elle en fit donc part au pilote pour qu'il oriente tout ce beau monde vers la destination choisie : « Lieutenant Ross ? J’ai une bonne signature en gaz BT. Elle se situe sur notre droite, sur le vecteur.... » Elle regarda son écran, afin de reporter l’information au militaire qui pilotait. « 1-2-6. Nous avons un bon candidat là bas. Possible pour vous de nous y mener ? » Elle pianota à nouveau pour balancer l’info sur l’écran de contrôle du Jumper afin qu’il ait une idée plus précise de l’endroit où elle voulait les guider. Seulement voilà, quand cela s’afficha sur la carte stellaire, Adam pu voir ce qu’Erin ne pouvait pas détecter avec son ordinateur de prospection : une tempête de roches était en train de sévir dans le couloir qu’elle désignait pour rejoindre ce bon filon.

Adam lui répondit : « Je vois la zone, cependant, une tempête de roches est en formation dans le couloir d'approche. Je ne suis pas certain que le bouclier résisterait à la traversée, je suis donc d'avis de continuer en espérant trouver un endroit plus propice à la prospection. Docteur McKay, qu'est-ce que vous en pensez ? »

Erin semblait avoir trouvé quelque chose d'intéressant. Peut-être une très bonne nouvelle qui nous permettrait de retourner rapidement sur le Dédale, bien à l'abri, qui sait. Cependant, Adam brisa ce petit espoir, et je n'eus pas besoin d'attendre ses paroles pour comprendre également quel était le problème. En voyant l'affichage sur le panneau de contrôle du jumper, je vis à mon tour la tempête de roches. Et cela ne me plut pas du tout. Le Lieutenant Ross ne semblait pas non plus emballer par la découverte d'Erin, et il demanda mon avis. Après avoir fixé cette tempête sur le scanner, je fis une petite moue avant de le regarder pour lui répondre.
« Je suis d'accord, c'est trop dangereux, il y a trop de risques. D'après ce que je vois, il y a surtout des corps stellaires de petites tailles. Mais il y en a énormément. Deux petits rochers qui percutent le bouclier, on ne sentira pas la différence. Mais deux mille, et peut être en même temps, le bouclier aura beaucoup de mal à tenir, il tirerait beaucoup trop d'énergie. Sans parler de l'onde de choc que cela engendrerait. Il faut trouver un autre chemin plus sûr. »
La jeune femme opina du chef. Elle comprenait les risques et elle ne ferait pas de forcing pour que l'ensemble de la formation aille dans cette tempête de roche, même pour un filon prometteur. « Je partage votre avis. Je n'ai pas de meilleurs candidats pour le moment, il va falloir continuer dans un couloir plus sûr. Je vous fais savoir dès que j'en localise un. »
« Bien, alors la décision est prise. »
Adam s'empara de la radio, contactant la barge.
« SG-12, ici Jumper 1. On va s'enfoncer encore un peu dans l'amas pour tenter de trouver un filon accessible. »
« Je suis sur le coup », conclut la jeune femme en se penchant sur son ordinateur pour essayer de trouver des clients potentiels. Les données s’actualiseraient au fur et à mesure qu’ils progresseraient dans le couloir qu’avait choisi Adam pour sa sûreté.

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Ven 5 Mai - 22:22
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Au fur et à mesure de la sortie, les embruns de gaz s'éclaircirent à travers la verrière du jumper. Ces vagues de couleur sombre - un mélange de marron, gris et vert foncé - donnaient le ton de la désolation en ondulant lentement. Souvent, la couleur bleutée du bouclier venait contraster l’ensemble lorsque des débris venaient le percuter. Mais dans l’ensemble, tout se passa pour le mieux. C’était un obstacle que l’équipage venait de franchir par un beau travail d’équipe. Un exemple de solidarité qui méritait d'être salué.
Seulement, il n’y avait pas le temps pour s’attarder sur ce doux sentiment de réussite et de victoire qui saisissait chacun d’eux. L’espace s’était à peine montré coopératif et il restait encore beaucoup à faire.

Pendant que Sutter terminait d'exécuter les instructions de Coralie pour la sauvegarde de son collègue, le pilote félicita Adam et le reste de l’équipe pour avoir permis la poursuite de la mission. Par une décision générale, la formation se déplaça dans un couloir peu intéressant en terme de gaz mais plus sécurisé. Cet axe de progression leur ouvrit la vue sur le premier choix. Au milieu d’énormes monstres rocheux qui voguaient avec une lenteur effrayante, comme des immeubles dantesques scellés sur une base invisible, on remarquait à l’œil nu d’incessants impacts sur leur surface, les recouvrant davantage d’un derme de cratères leur donnant un aspect maladif.

Adam veilla à ce que sa formation reste en sécurité.
Mais la situation permettait d’observer de près un événement que les télescopes de l’observatoire saisiraient à peine. Une énorme tempête de roche qui se traduisit par un saisissant ballet de ricochets le long de ce couloir de navigation. Un impressionnant flipper de centaines de milliers de billes de roches qui volèrent jusqu’au dessus d’eux en les dépassant de quelques kilomètres. Et après cette nappe balistique, un calque de poussière qui suit le mouvement avant d’amener un calme visuel évolutif.
Les étoiles brillèrent alors de tous leurs feux à travers différentes poches de gaz rouges et bleues. Erin vérifia bien entendu l’ordinateur et constata qu’il s’agissait de gaz BT. Une suite encore plus importante du filon qu’elle avait découvert mais, hélas, toujours pas disponible.
Comme elle l’avait pensé un peu plus tôt, le silence de l’espace rendait la scène encore plus surréaliste et intimidante. C’était tout aussi magnifique qu’étonnant, offrant un sentiment étrange similaire à l’exploration sur un terrain inconnu. Sauf que là, il ne s’agissait pas de terres, de peuples et de biosphères différentes. C’était l’espace, la grandeur et la lumière.

Ça en aurait même pu paraître romantique. Une installation avec une énorme baie vitrée sécurisée : c’était une destination rêvée pour les amateurs d’étoiles. L’équipe avait au moins gagné ce beau spectacle. Même si l’idée leur vint qu’ils n’auraient pas survécu longtemps dans cette tempête même avec le bouclier.

L’efficacité des instruments du jumper largement diminué par l’appétit du bouclier, Adam fût contraint de ralentir l’allure pour laisser le temps à la carte de se mettre à jour. Son plan de vol était encore à peu près bon puisqu’il évoluait en parallèle de ce qu’il avait prévu. Mais tous ces amas de roches de formes et de tailles différentes donnaient le vertige. Une véritable cité de pierre en évolution face à laquelle le jumper ressemblait à un grain de sable. Un labyrinthe aux issues infinies, de quoi faire paniquer McKay s’il y songeait.

Il leur fallu un peu plus d’une heure pour se rapprocher du filon principal.
Malgré toutes les possibilités qu’ils avaient croisés en chemin, le premier candidat avait un taux de pureté inégalable, comme s’il ne se mélangeait pas avec le reste des déchets environnant. Il y avait bien quelques oasis annexes mais la taille des rochers sources en eux-même excluaient toute possibilité d’exploitation à long terme. Parfois, les instruments s'affolaient sur des sources allant droit sur des amas qui déchiqueteraient n’importe quoi. La recherche se faisait longue et extrêmement épuisante.
Avec le temps, la température avait atteint près de trente huit degrés. Tout le monde suait à grosse goutte et il y avait de quoi envier, par moment, les prospecteurs de la barge.

La formation atteignit finalement un grand anneau de gaz pur où tournaient très lentement, en coeur, d’immenses roches fragmentées. Des mastodontes où l'on aurait pu poser des milliers d'Atlantis sans peine. Certains demeuraient immobiles alors que d’autres s’en faisaient des satellites moribonds. Des couronnes de débris, certains composés de cristaux et divers éléments chaotique issus de l'ancienne planète, jetaient une lumière pailleté sur tout l’entourage.

L’environnement semblait être soudainement devenu plus gai. Et ces fraction de planète furent si grands et si massifs qu’on n’en voyait déjà plus le sommet. Gigantesque, grandiose et magnifique. C'était à couper le souffle.
L’écran d’Erin ne laissait pas de doute sur le sujet : la source pure de BT se trouvait bien là. Le jackpot ! Chacun de ces dinosaures avaient de quoi contenter le G.C.R pour une centaine d’années au bas mot : une véritable mine d’or.
Et la cerise sur le gâteau : Toutes ces parois étaient accessibles pour la prospection.
Il était temps...

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Dim 7 Mai - 14:36
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Ils avaient eu chaud. Très chaud et au sens propre du terme. Coralie. Jeta un coup d’œil sur ses compagnon. Elle était chargé de veiller à la santé de tous, que ce soit Sutter et ses hommes sur la barge ou les personnes avec qui elle se trouvait sur le Jumper.

La jeune femme se leva et se dirigea vers les cantines contenant les vivres et y puisa trois bouteilles d'eau avant de s'approcher des autres pour les leurs distribuer.

- « Pensez à vous hydrater. C'est important avec la chaleur qui règne ici. » dit-elle "Particulièrement vous Dr McKay. Nous ne voudrions pas qu'une déshydratation endommage vos précieuses capacités intellectuelles." Taquina-t-elle le scientifique, même si elle doutait qu'il en comprenne l'ironie.

Une fois les différents problèmes gérés, et leur vie plus en danger immédiat, grâce à McKay, elle pressentait qu'ils en entendrait encore parler longtemps. Coralie se laissa aller à envahir par la beauté de ce qu'elle voyait. Les étoiles qui semblaient plus brillantes à travers la bulle de gaz, les couleurs chatoyantes, bleu, mauve, rose, rouge verts, le lent ballet des rocher, et surtout, le silence.

Du coin de l’œil elle surveillait les écrans pour s'assurer que Howard se remettait. Régulièrement, elle abaissait un peu la pression dans sa combinaison dans le but de le ramener à la normale, mais c'était un traitement qui prendrait un peu de temps. Elle était obligé de respecter des paliers précis et un temps défini pour chacun d'entre eux. Elle vit Sutter s'approcher de lui et échanger quelques mots qu'elle n'entendit pas. Il devait être sur sa fréquence privée.

Sutter. Malgré tout ce qu'ils venaient de traverser, leur petite discussion privée dans la barge avant le début de la mission la perturbait. Elle devait bien avouer qu'elle n'avait plus cessé d'y penser depuis lors. Avant même d'avoir réalisé ce qu'elle faisait, elle bascula sur la fréquence personnelle du jeune homme. Les yeux toujours fixés le spectacle que leur offrait l'univers, elle lui demanda d'une voix douce et rêveuse :

« Est-ce que le paysage était aussi beau quand nous nous sommes rencontrés ? »


La réponse mit quelques secondes à lui parvenir, Sutter semblait avoir été un peu surpris sur le moment. Il fixa la caméra du casque d’Howard en étant conscient qu’elle devait le regarder par moment. Et il lui offrit un sourire.

« Ce n’était pas aussi romantique. Mais nous n’avions pas besoin d’étoiles…»


Coralie ramena son attention sur son interlocuteur, le cherchant des yeux sur les caméras embarqués des hommes qui étaient avec lui sur la barge. Elle ne fut pas vraiment surprise de le découvrir dans l’œil de la caméra d'Howard.

« C'est vrai que c'est tellement romantique de naviguer à vue dans une nappe de gaz hautement inflammable, avec le risque de se faire pulvériser par un astéroïde. » lui répondit-elle en pouffant.

L’homme baissa la tête pour vérifier sa radio, histoire de confirmer le fait qu’il était bien sur son canal personnel.

- « Puisqu’elles étaient dans ton regard. » Conclu-t-il sans connotation graveleuse.

Coralie faillit tomber de son siège. Elle se sentit cligner des yeux, perdant un peu son souffle. Elle ne s'était pas vraiment attendu à se genre de réflexion. Surtout dite avec cette douceur. Elle observa l'écran, cherchant sur son visage la preuve qu'il la taquinait, qu'elle était fasse à un dragueur invétéré qui tentait sa chance. Sans succès. Il y avait quelque chose d'autre chez lui. Quelque chose de plus profond et de plus sérieux que de la drague d'un gros lourdeau.

Elle hésita. Le lieu et les circonstances étaient loin d'être propices au badinage, mais elle voulait en savoir plus. Plus que ça, quelque chose tout au fond d'elle lui disait qu'elle avait besoin d'en savoir plus.

Elle lança un regard aux autres pour s’assurer qu'aucun d'eux ne s'intéressait à ce qu'elle faisait.

« Je te connais depuis à peine quelques heures, et tu m'as déjà cloué le bec deux fois. Ils sont peu nombreux ceux qui peuvent se venter de m'avoir coupé le sifflet ne serait-ce qu'une fois. C'est un sacré exploit ! » dit-elle avec un rire un peu forcé.

Le capitaine partagea ce même rire mais de bien meilleure humeur.

- « Je n’ai aucun mérite. J’ai eu l’occasion de le faire à plusieurs reprises à l’époque. Ça me plaisait cet air boudeur que tu pouvais prendre miss Gribouille. »

Il s’interrompit brutalement. D’après la vidéo sur sa caméra, il s’était approché de Skip pour lui donner quelques consignes. Le leader revint alors sur Howard, constata avec soulagement que les consignes de l’infirmière commençaient à porter leurs fruits, puis il reprit en réactivant sa fréquence personnelle :

« Quand à l’environnement. Il était un peu similaire. Nous ne sommes pas si dépaysé que cela. Ça me rend même...plutôt nostalgique ! »

Coralie secoua la tête. Elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. Elle ne se rappelait pas avoir déjà rencontré quelqu'un comme lui. Ce n'était pas logique. Il était évident qu'il ne la faisait pas marcher. Certaines de ses réflexions lui prouvait qu'il la connaissait. Qu'à une certaine époque il l'avait bien connue. Elle savait qu'elle aurait du se rappeler, et pourtant... Rien. Elle ne se rappelait de rien. Elle profita qu'il se soit occupé avec un de ses hommes pour réfléchir furieusement. Des hommes qui pouvaient ressembler à Sutter, physiquement ou psychologiquement, elle en connaissait un certain nombre. Plusieurs noms lui vinrent spontanément à l'esprit, mais elle savait qu'il ne s'agissait d'aucun deux, puisque justement, elle se rappelait d'eux.

Elle savait qu'elle aurait du se rappeler. Elle savait qu'il y avait derrière le comportement de Sutter quelque chose de plus anciens, de plus profond que le simple plaisir de badiner. Elle le savait à la façon dont sa voix provoquait des frissons sur son épine dorsale. A cet instant elle fut contente que lui ne puisse pas la voir.

« Ecoute » commença-t-elle d'un ton doux et bas « Je me rappelle pas... je me rappelle pas de notre première rencontre... » avoua-t-elle en soupirant « Ni des... relations qui existaient entre nous. Tu m'en dis plus ? »

Elle était consciente qu'il le savait parfaitement, et que loin de s'en offusquer il semblait au contraire beaucoup s'en amuser, mais elle se sentait coupable. Si elle avait été à sa place, elle aurait probablement trouvé un peu vexant qu'il l'ait oublié, puisque visiblement, ils avaient été proches... à moins que le Monsieur ne soit un psychopathe et qu'il se soit imaginé cette relation ? Après tout, ça lui était déjà arrivé une fois. Un des hommes chargé de la sécurité de la mission à laquelle elle participait avait fait une fixation malsaine sur elle. Il s'était persuadé qu'ils avaient une relation amoureuse tout les deux... bon, il avait juste un peu oublié de la prévenir.

Mais là encore, elle savait que ce n'était pas ce qui était arrivé avec Sutter. Même si elle ne se rappelait pas de lui ou de ce qui s'était passé entre eux, elle ressentait quand même quelque chose qui s'apparentait à de la confiance. C'était un peu perturbant, parce qu'elle ne se rappelait pas de lui, pas même de son prénom, mais au fond d'elle même, elle avait quand même l'impression de le connaître depuis toujours.

Un petit ricanement taquin vint en réponse. Il était en position de force et en profitait largement.
- « Voyons Coralie... » Fit-il gentiment. « Il faut déguster le jeu, pas l’engloutir...»
Il lui envoya un clin d’oeil par l'intermédiaire de la caméra d’Howard, persuadé qu’elle le regardait en étant dévorée par la curiosité.

- « Je n’ai pas voulu croire que c’était bien toi sur le coup. Ton prénom, je ne l’ai jamais oublié. Ni l’idée que je me faisais de toi avec le temps. Mais c’est dur de se dire que l’univers, à défaut de la Terre, peut-être aussi petit pour offrir ce genre de coïncidence...»

Encore une fois elle secoua la tête. Elle savait bien que ce ne serait pas aussi facile. Comment pouvait-elle l'avoir oublié alors que lui n'avait jamais oublié son prénom, que leur rencontre avait été assez forte pour que cet homme pense encore à elle après tant de temps (des mois ? Des années ? Des décennies?), qu'il éprouve le besoin de lui parler avec tant d'émotions ?

Cette rencontre agitait des sentiments et des émotions contradictoires en elle. D'un coté le jeu qu'il avait initié faisait battre son cœur un peu plus vite que d'habitude, lui offrait une distraction bienvenue au stress de cette mission particulière, mais d'un autre coté, elle avait la sensation qu'elle risquait fort de souffrir à la fin.

« Si tu continues à offrir ce genre d’œillades à Howard, il va finir par se méprendre sur tes intentions » répondit-elle en riant. « Je te signale qu'il reprend du poil de la bête. ».

Sutter secoua négativement la tête tout en serrant la main d’Howard. Il reprenait ses esprits.
Du côté de Coralie, la suite de son discours la laissa songeuse. Visiblement, leurs relations avaient été plutôt étroites à une certaine période. Elle fut troublée de savoir qu'il avait pensé à elle, et un peu honteuse de son amnésie.

- « Et bien soit... puisque tu es joueur, jouons. Ça nous occupera le temps que les grosses têtes nous conduisent à bon port. » reprit-elle d'un ton espiègle, sentant le besoin de redonner un peu de légèreté à cette situation. « Mais je gagne quoi si je devine ? »

- « Hmmm....un cadeau unique...»

Elle rit franchement cette fois. « Maintenant je suis curieuse ! » mais il va falloir que tu m'aides un peu... C'était où ? »

- « Eh ! Pas si vite, miss Gribouille. Je te dirais simplement si tu chauffes ou refroidis.»

Coralie se sentit faire la moue et ne put retenir un petit rire gêné. Il n'avait pas menti. Il la connaissait. Elle réagissait exactement comme il lui avait dit qu'elle le ferait.

« Tu as raison. Je sens que je vais bouder. » répondit-elle « Donc... » elle prit quelques instants pour réfléchir. « Donc, plutôt jungle ou désert ? »

- « Désert : La chaleur, la soif et la sueur. D’ailleurs, il paraît que vous avez un coup de chaud là-haut ? Quel dommage que je ne te vois pas, ça m’aurait rappelé des souvenirs ! »

Elle fit la moue. La réponse qu'il lui avait donné ne l'aidait pas beaucoup. Elle avait plus souvent travaillé dans la chaleur et la poussière que dans la luxuriance des forêts tropicales. Mais finalement, la réponse n'était pas le plus important. Ce qui était important c'était la façon dont il lui parlait et ce que ces mots et son ton réveillait en elle. Coralie ressentit une envolée de papillon dans son ventre. Quelque chose qu'elle avait parfois ressentis avec certains de ses compagnons, mais jamais avec un dragueur de base.

Elle croisa son reflet dans un des écrans. Après ce qu'ils venaient de traverser, et la hausse de la température à l'intérieur du jumper, elle avait oté sa veste et elle sentait son débardeur lui coller à la peau. Des rigoles de transpiration couler dans son dos, son cou, sur son front. Ses cheveux humides collaient à sa nuque et sur ses tempes.

« J'aime autant que tu ne me vois pas pour l'instant. Je trouve que la luisance d'une pellicule de sueur sur le visage me sied assez peu au teint »
répondit-elle d'un ton léger.

- « Il t’allait pourtant très bien à l’époque. Avec les grains de poussières et le sang...une vraie guerrière du scalpel.»


Il fît une pause avant de reprendre :

- « Vu le trajet, on en a pour un moment. Alors profitons-en, c’est à mon tour. Pourquoi tu n’as pas d’alliance ? Même pas une trace. Les mâles sont si peu nombreux sur Atlantis ? »

La question qu'il lui posa lui fit lever un sourcil dubitatif, et un fin sourire mutin naquit sur son visage. Va falloir ramer un peu plus que ça mon cher, pensa-t-elle.

« Je constate que tu es observateur. Mon boulot se prête assez mal au port de bijoux quels qu'ils soient. On a vite fait de les perdre » répondit-elle laconiquement.

L'évocation des bijoux perdus lui fit penser à l'alliance de sa grand mère. Elle l'avait porté pendant longtemps, ça lui avait évité de se faire trop enquiquiner par certaines hommes trop entreprenant, avide de chair fraiches. Elle était très jeune à cette époque. Jeune, jolie et naïve. Elle travaillait au milieu d'hommes qui n'avait pas souvent l'occasion de s'amuser.

Elle avait perdu le bijou lors d'une de ses premières missions. Elle en avait pleuré.

Quelque part au fond de son esprit une porte soigneusement verrouillée depuis très longtemps commença à s'entrouvrir. Elle se rappela qu'à cette époque là, il n'y avait pas que la perte de la bague qu'elle avait pleuré. La voix de Sutter la ramena au présent. Elle en fut heureuse. Elle n'avait pas envie de savoir ce qui se terrait au fin fond des méandres de ses souvenirs.

- « Oh, je vois. Les bagues pourraient glisser dans les entrailles de tes patients ? Et l’absence de marque ? »

Elle frissonna en entendant sa taquinerie sur les entrailles des patients.

« Les gants sont là pour éviter ce genre de désagrément » répondit-elle d'un ton léger avant de sourire.

C'est qu'il était curieux le Monsieur ! Encore une fois, elle se demanda jusqu'à quel point leur relation avait été profonde et sérieuse pour qu'il éprouve le besoin de savoir ce qu'elle avait fait de sa vie après lui. Mais elle n'était pas disposé à lui simplifier la vie. Après tout, comme il l'avait dit, il fallait déguster le jeu, pas le gober tout rond. Il voulait jouer ? Il aurait ses réponses quand elle aurait les siennes !

- « Je n'en porte plus depuis très longtemps. Mais, ça fait deux questions. Donc tu me dois une réponse ! » Elle réfléchit à la question qu'elle avait envie de poser « Nous avions quel âge ? »

- « Poétique ou directe ? » Proposa Sutter d’un air malicieux.

Dans le même temps, il redressa Howard qui insistait pour se lever. Il l’aida simplement à s’adosser contre la paroi de la barge et pointa un doigt autoritaire sous son nez.

//Tu ne bouges pas tant que le doc ne te l’a pas autorisé.//


Elle passa sur la fréquence d'Howard. Elle n'avait aucune envie de perdre « ses yeux » sur Sutter.

// Votre fréquence cardiaque est encore un peu trop élevée. Et je n'ai pas encore ramené votre combinaison à une pressurisation normale. Si je le fais trop rapidement vous pourriez faire une embolie gazeuse. Donc, vous restez tranquille et vous vous reposez, au moins jusqu'à ce qu'on soit arrivé sur le site, sinon je me verrais contrainte de mettre fin à cette mission pour cause médicale. Je suis sure que vous n'avez pas envie que le rapport de mission rapporte qu'elle n'a pas été concluante parce que vous n'avez pas voulu vous tenir tranquille. // le menaça-t-elle

La jeune femme repassa sur la fréquence privée de Sutter.

« Soyons fou. Je vais tester tes aptitudes pour la poésie. »

Sutter rigola. Il chercha ses mots puis déclara de manière mystérieuse :

- « Nous avions l’insouciance des plus grandes folies. Pour les actes les plus nobles qui soient. »

Coralie dut avoir l'air dépité. Effectivement, c'était une très belle phrase, mais qui ne l'aidait en aucune façon. Elle se senti froncer le nez. Heureusement que Sutter ne pouvait pas la voir.

Tout en discutant, elle surveillait les constantes des hommes de la barge. Y comprit celles de Sutter. Elle fronça les sourcils en remarquant que son rythme cardiaque s'affolait quelque peu. Soit il avait le même problème que Howard, ce qui était peu probable vu qu'ils avaient tous vérifiés leur matériel, soit les souvenirs qu'il évoquait était particulièrement émouvants.

« Finalement, je préfère la version quantifiée. »

« Ca ne m’étonne pas. Tu n’aimes pas ma poésie. Bon...c’est à moi...ton deuxième prénom. »

- "Justine. Alors, j’attends toujours ma réponse !"


« Coralie Justine Deltour...» Fît-il d’un air étrange. « Nous étions les bleus et les méprisés de nos corps de métier quand on s’est trouvé. On a pas regretté d’échapper à nos patrons pour faire ce qui nous semblait juste. Pour tous ceux qui ont eu besoin de nous...de toi. »

Coralie secoua la tête. Même si c'était moins poétique, ça n'était pas beaucoup plus précis. Ils étaient des bleus ? Donc, au tout début de leurs carrières respectives. Elle essaya de se rappeler où elle avait été au début de sa carrière. Principalement les déserts et les lieux de conflits. Il y en avait plusieurs. La Somalie, l’Afghanistan, le Congo...

Il se tût un instant avant de reprendre :

- « Allez, ça devrait te dire quelque chose maintenant. On a lutté contre la chaleur, la soif, la peur, le feu et l’horreur pendant vingt-quatre heures. Tu aurais pu flancher mais tu ne l’as pas fait. Et je n’aurais jamais eu cette discussion si tu n’avais pas été là pour moi.»


Un nouveau silence s’installa. C’était très dérangeant.

- « Tu as de mon sang sur tes mains. Et j’ai le tien en moi. »

Le discours de Sutter agita quelque chose au plus profond d'elle. Malgré la chaleur qui régnait dans le jumper elle sentit un frisson glacé la parcourir. Cette histoire de sang... d'échange de sang... Elle serra les dents et secoua la tête pour chasser son trouble. Elle jeta un coup d’œil vers ses compagnons. Erin surveillait ses écrans, McKay pérorait, Adam était concentré sur le pilotage. Elle poussa un soupir douloureux.

Elle avait vu beaucoup d'horreurs, vécu beaucoup de situations de crises, souvent prit des risques et désobéit à sa hiérarchie, surtout quand elle était jeune. Elle observait le visage de Sutter à travers la caméra de Howard. Cherchant sur ses traits une ressemblance avec l'un des soldats qu'elle avait côtoyés.

Le petit sourire en coin de Sutter creusait des fossettes dans ses joues. Elle ne les voyaient pas vraiment avec la barbe qu'il portait, mais elle savait qu'elles étaient là et qu'elles le rendait particulièrement séduisant. Mais c'était le regard clair du jeune homme la troublait particulièrement. Elle réalisa qu'elle était même totalement incapable de le soutenir, même si elle savait qu'il ne pouvait pas la voir.

C'était la seule chose chez Sutter qui réveillait un début de souvenir chez elle. Mais ce n'était pas un souvenir agréable. C'était un souvenir douloureux. Il lui rappelait trop le regard d'un autre jeune homme. Lui aussi avait un regard couleur de lagon. Elle sentit ses paupières inférieures picoter et l'immense besoin de refermer la porte qui était en train d'essayer de s’ouvrir au fond de sa mémoire.

La jeune femme se racla la gorge.

« Tu te sens bien ? » demanda-t-elle avec douceur. « Ton rythme cardiaque semble légèrement s'affoler depuis quelques minutes. »

Ce qu'elle ne lui dit pas, c'est que le siens aussi.

« Les souvenirs Coralie. Je te dois la vie... »


Même si elle ne voulait pas encore l'admettre, elle avait déjà compris inconsciemment qu'elle n'avait plus besoin de chercher parmi ses souvenirs. Elle n'avait qu'à pousser la porte poussiéreuse et rouillée qu'elle avait si soigneusement condamnée presque deux décennies plus tôt. Mais elle ne voulait pas. Ce n'était pas possible. Ce ne pouvait pas être lui. Et si elle laissait ses souvenirs l'envahir pour découvrir qu'elle se trompait... Elle ne supporterait pas de le perdre une deuxième fois.

« Alors soit gentil de faire attention à toi. Ça me vexerai que tu ruines bêtement tout mes efforts » répondit-elle d'un ton faussement sévère pour changer de sujet. « Et tu ne m'as pas répondu. Vas-tu enfin me dire si tu te sens bien, où faut-il que je lance une analyse complète de tes fonctions vitales ? »

« Mais oui, ça va très bien ! Analyse aussi tes fonctions au passage, tu ne dois pas être loin de mon niveau. On aura l’occasion d’en parler plus sérieusement une fois sur le Dédale. J’ai l’impression qu’on commence à suivre un bon filon.»

« Mes fonctions vitales vont très bien ! Merci pour elles. » répondit-elle en riant. « Je compte bien que tu m'expliques tout une fois qu'on sera de retour. Démerde toi pour ne pas te faire tuer d'ici là, sinon, je te jure, même le diable n'osera pas se dresser entre moi et les réponses que j'attends ! » ajouta-t-elle, mi-figue, mi-raisin.

- « Oula. » Répondit-il gentiment. « Me voilà prévenu. Je suis obligé de promettre. »

Pour toute réponse elle rit.
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Jeu 11 Mai - 16:50
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Mission spéciale "Fourbe Prospect"

Feat Erin Steele, Adam Ross, Coralie Deltour et Steven Caldwell


S
uite à ma mauvaise nouvelle concernant l'augmentation de chaleur dans le jumper, Coralie nous tendit à tous une bouteille d'eau pour nous hydrater. Je la remerciai au moment où elle me donna la bouteille, jusqu'à ce que je la fusille du regard à cause de sa remarque. Je compris l'ironie et la moquerie dans ses paroles, et aussitôt, je pris ma tête des mauvais jours à son égard.

"Effectivement, mes "précieuses capacités intellectuelles" comme vous les appelez si bien sont on ne peut plus importantes si vous voulez rentrer vivante et un seul morceau, chère infirmière".

J
e bus la moitié de ma bouteille, assoiffé, avant de retirer ma veste pour me retrouver en tee shirt. Il était vrai qu'il commençait à faire un peu chaud dans cette boite de conserve. Ce qui me rassurait, c'était que le vaisseau pouvait supporter ce soucis là sans problème, les Lantiens l'avaient très bien conçu pour s'aventurer dans des lieux dangereux. Je vérifiais quand même que tout se passait bien, et surtout si le bouclier étendu tenait le coup. C'était le cas, pour mon plus grand soulagement. Le jumper tournait avec le minimum d'énergie, suffisamment pour voler, afin que le bouclier soit alimenté au maximum. Et pour l'instant, c'était un franc succès. En espérant bien sûr que la mission ne prenne pas trop de temps sur du long terme.

A
près quelques instants pour trouver une stratégie, et pour moi de régler les derniers paramètres, le jumper et la barge pénétrèrent enfin dans le nuage de gaz opaque, après avoir mis en place l'idée d'Erin de mettre le vaisseau de SG-12 devant nous. Une bonne idée pour pouvoir le suivre et le guider au mieux. Pourquoi n'avais-je pas eu cette brillante idée en premier ? N'étais-je pas le génie ici ? Je fus stoppé dans mes pensées par Adam qui nous demanda de venir surveiller le radar, à Erin et à moi, pour l'aider au mieux à s'orienter dans ce nuage dangereux, et éviter tous les obstacles qui croiseraient notre route. Au début, cela se passa bien. Le Lieutenant Ross et le pilote de SG-12 parvinrent sans soucis à rester en vie. Je me surpris à croire que nous allions pouvoir continuer l'aventure malgré le danger, et que la fin de ce maudit nuage serait bientôt là. Très attentif au scanner, j'aidais au mieux Adam, le plus dur étant de garder le contrôle de moi même pour ne pas paniquer à la vue de tous ces astéroïdes qui ne demandaient qu'à nous anéantir. Mais, c'était sans compter sur un énorme corps stellaire qui se trouva sur notre chemin, et beaucoup trop près. Le bouclier n'allait pas pouvoir supporter un tel choc. Malgré la tentative désespérée du militaire pour éviter ce monstre, je m'accrochai à mon siège en ouvrant de grands yeux terrifiés.

"Oh non non non, on va mourir ! Le bouclier ne va pas tenir ! On est fichus !"

H
eureusement, la Mort n'entendit pas mes paroles car le jumper et la barge évitèrent miraculeusement l'astéroïde. Ce dernier passa tellement près du bouclier que celui ci s'illumina un bref instant avant de reprendre sa couleur normale. Nous avions eu très chaud, et ce n'était pas à cause de la température intérieure qui grimpait encore. Je n'en revenais pas d'être encore en vie. Moi et mon éternel optimisme. Je vérifiai que les données du vaisseau ne soient pas corrompues ou ne présentes pas d'anomalies, mais à part la température qui continuait d'augmenter, il n'y avait rien d'inquiétant. Quand, enfin, nous sortîmes de cet épais nuage. Erin nous annonça alors avoir trouver un excellent gisement de gaz BT, mais tout comme Adam, je n'étais pas d'avis de suivre le chemin pour y accéder, bien trop dangereux à mon goût. Tant pis, il fallait continuer de chercher.

P
endant que la formation poursuivait sa route, j'observai l'espace à travers la baie vitrée. Et ce que je vis était magnifique. J'étais content de voir tout ça, en tant que scientifique. Je connaissais beaucoup de monde qui tueraient pour assister à un pareil spectacle. Des milliers de corps célestes entrain de voler dans tous les sens, de se heurter, de se fragmenter pour ne devenir que poussière. L'espace nous offrait un joli tableau à contempler. Cependant, un bip retentit sur la console principale, ce qui me fit perdre le spectacle de vue. Je vérifiais quelques données, avant de regarder mon ordinateur, songeur et également inquiet.

"Tiens, ce n'est pas bon, ça".

J
e pianotai sur mon ordinateur pour confirmer mes soupçons. Puis, je me mis à expliquer ce que je venais de découvrir.

"La chaleur externe est élevée, et elle ne cesse d'augmenter. En tant normal, ce vaisseau a été conçu pour résister à des températures extrêmes afin d'évoluer dans des conditions hostiles. Cependant, il doit tourner à pleine puissance pour fonctionner correctement. Et avec un bouclier normal, et non pas aussi étendu que le notre qui utilise la quasi totalité de l'énergie fournie".

J
e me tus un instant avant de passer un listing en revu sur l'écran de l'ordinateur, que je comparai avec celui du vaisseau, affichée au dessus de la console principale. Quelques mots en ancien attirèrent mon attention. "Emetteur des boucliers" et "sondes d'analyse".

"Il doit faire environ 271 degrés sur la coque du vaisseau, mais son blindage est trop résistant, il ne souffrira pas. Contrairement à nous à l'intérieur où il fait actuellement 38 degrés, une véritable fournaise. Mais, le problème n'est pas là. Il est ailleurs, et plus embêtant".

C
omment ça, plus embêtant ? Qu'est ce qui pourrait être plus embêtant que de mourir à petit feu comme un homard bouilli dans une casserole ? Sans faire plus de débat avec moi même à ce sujet, je me levai à nouveau pour retourner dans le compartiment arrière, afin de tripatouiller quelques câbles d'alimentation dans les circuits du jumper.

"Je dois trouver un moyen de refroidir un peu la température de la coque. Si la chaleur continue à augmenter, certains circuits et systèmes extérieurs importants du jumper vont tomber en rade. Et en premier l'émetteur des boucliers qui nous aide à rester en vie, et les sondes d'analyse. Aveugles, on n'ira pas plus loin, et on n'arrivera encore moins à faire demi tour et à rentrer, surtout avec le nuage de gaz que nous venons de traverser".

J
e devais trouver une solution pour éviter d'en arriver là. Après avoir interverti quelques circuits et effectué quelques dérivations, je pris la tablette connectée au jumper, puis j'accédai à ses paramètres. Il me fallut un moment pour avoir une idée, mais chaque fois que je mettais le doigt sur quelque chose, ce n'était pas une très bonne solution. Puis, je finis par trouver quelque chose, même si c'était assez risqué. Au point où nous en étions, je devais tenter le coup. Si je ne le faisais pas, c'était probablement notre mort assurée à long terme, si tout lâchait.

"J'ai une idée, mais c'est risqué. Au point où nous en sommes, on n'a pas le choix. Je dois refroidir les systèmes externes du jumper. Pour ça, il me faut de l'énergie. Et en sachant que la quasi totalité de l'énergie du vaisseau est orientée vers le bouclier pour l'élargir et le maintenir, je dois en sacrifier un peu pour rediriger cette énergie vers les systèmes de survie du jumper, principalement dans le système de refroidissement. Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle à ce plan".

J
e me tus quelques secondes, avant de reprendre.

"La bonne nouvelle, c'est qu'on aura sans doute un peu moins chaud à l'intérieur du jumper. La mauvaise, c'est que ... je vais devoir diminuer la taille du bouclier pour réussir à le maintenir avec moins d'énergie. Lieutenant, il faut vous rapprocher au maximum de la barge. Il y a actuellement une large zone de sécurité avec le bouclier qu'on a en ce moment, mais quand il diminuera en surface, la barge sera plus facilement en danger si elle s'éloigne beaucoup trop de nous. Je n'ai pas d'autre idée en tête, c'est la meilleure qui me soit venue à l'esprit si on veut s'en sortir vivant".

C
'était très risqué, et les autres membres ne comprendraient peut être pas mon raisonnement, mais si j'en venais à prendre une telle décision, c'était parce que je n'avais pas d'autre choix viable. Le bouclier allait être seulement plus petit qu'avant, mais tout aussi efficace, le jumper tiendrait le coup. Et si la barge ne s'éloignait pas trop, elle devrait rester en sécurité. Sans attendre, je commençai à procéder à différents réglages. Un son se fit entendre dans le vaisseau, signe que les systèmes de survie étaient à nouveau alimentés, même si ce n'était pas au maximum. Je réduisis le bouclier de façon raisonnable, sans trop nous faire courir de risque, en espérant ne pas rencontrer de problèmes. J'allais devoir attendre quelques minutes avant de savoir si mon idée allait fonctionner, ou si la coque externe du vaisseau allait continuer à dangereusement chauffer. Après avoir effectué ma tâche, je retournai m'asseoir sur le siège de copilote, buvant à nouveau un peu d'eau, pendant que le convoi continuait sa route.

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Jeu 11 Mai - 17:40
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Une fois le nuage passé, et après avoir pris la décision de laisser de côté le gisement balayé par la tempête de roche, le convoi minier se remit en route, en formation rapproché. Adam gardait un œil plutôt inquiet sur les systèmes du vaisseau, en particulier sur le système de survie et le système d'alimentation en énergie. Les jauges étaient partout dans le rouge, et la température ne cessait d'augmenter. Si McKay ne trouvait pas un moyen de régler cela, le Jumper allait se transformer en cocotte minute. Une idée assez peu agréable en somme.

Comme le conseilla l'infirmière de bord, Adam se saisit d'une bouteille se trouvant sous le tableau de bord, buvant de grandes gorgées, tout en retirant sa veste, se retrouvant en débardeur noir. Régulièrement, il prenait des nouvelles de la barge, qui à chaque fois indiquait que tous les systèmes étaient dans le vert. Il les informait également en retour de la perte d'énergie du système de survie, ce qui ne manquait pas d'inquiéter le pilote de SG-12. Adam ne savait pas trop quoi lui répondre. Il savait pertinemment que si la situation devenait trop critique, ce serait la barge qui en payerait le prix... et cela, il refusait de l'accepter. McKay était un génie. Il allait forcément trouver la solution.

À mesure qu'ils progressaient dans leur couloir de vol, Adam gardait un œil sur le radar, actualisant petit à petit sa carte. Les informations de l'observatoire se révélaient étonnées, sûrement par la faute du gigantesque nuage de gaz. Fort heureusement, les différences n'étaient pas non plus flagrantes, ce qui lui permettait d'a peu près conserver son plan de vol initial. Au moins une bonne nouvelle.

Au bout d'un certain temps, il réussit à se détendre un peu, observant le paysage paysage spatial autour du Jumper, aussi magnifique que potentiellement mortel pour eux. Le moindre bout de météore pourrait briser le bouclier, au niveau ou ils se trouvaient, mais fort heureusement, leur couloir d'approche leur permettait de rester à l'abris. Du moins... pour le moment. À chaque fois qu'on lui annonçait une poche de gaz BT inutilisable, Adam ne pouvait s'empêcher de grimacer. Ils s'enfonçaient petit à petit de plus en plus profondément dans l'amas stellaire, à faible allure pour laisser le temps au radar de s'adapter.

Au bout d'un moment, un bippement sur le tableau de bord les tirèrent de leur monotonie. Adam lança un regard interrogatif vers le scientifique du groupe, prenant quelques gorgées de son eau déjà tiède au passage. Comme à son habitude, Rodney leur fit son petit petit exposé, décrivant la situation bien en détails. Adam écoutait, attentif, gardant un œil sur sa carte. Puis vint la solution au problème. Une solution honnêtement fortement déplaisante. Adam ne put s'empêcher de grimacer lorsque Rodney annonça son intention de réduire encore plus le champ d'action du bouclier. Ce n'était plus de l'expérience de vol qu'on demandait à Adam. C'était des réflexes surhumains. Cependant, y' avait il un autre choix ? Non, bien sûr que non.

Bien, nous allons suivre votre plan McKay. Essayez de trouver une autre solution cependant si vous le pouvez, en attendant. Je ne tiens pas à repasser cet énorme nuage de gaz avec les boucliers au minimum de leurs capacités...


Il se saisit de la radio, avant d'informer SG-12 de la situation. Comme il s'y attendait, Skip prit la nouvelle d'une manière assez négative, ce qui était au final assez normal. Cependant, il avoua lui même que c'était sûrement la meilleure solution.

La Jumper se déplaça lentement vers la barge, se positionnant juste devant elle. Forcément, une nouvelle fois, leur vitesse en prit un coup, afin de pouvoir respecter la formation. Plus qu'à attendre que...

Une alerte s'afficha sur son radar. Adam posa immédiatement son regard dessus, avant s'écarquiller les yeux, faisant un sourire victorieux. Une source de gaz BT. Gigantesque. Bien plus qu'il ne leur en fallait. Ils avaient réussi !

SG-12, ici Jumper 1. Source de gaz BT importante et exploitable repérée sur le radar. Je vous indique les coordonnées.


Il pianota sur son ordinateur de bord, transférant le plan de vol à la barge, avant de dévier légèrement de cap en direction du monstre gazeux. Quelques cris de joie lui parvinrent à travers la radio. Peut-être que cette mission allait se terminer mieux qu'il ne l'avait prévu, finalement.

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"FOURBE PROSPECT"


SG 12 & co


Un 17 avril 2017 quelque part dans l’espace

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Le décorum de ce space opéra était dantesque. Un balai de roches en furie s’étirait devant eux, dans le couloir potentiel qui aurait pu les mener vers un filon prometteur selon ses instruments. Seulement voilà, sur décisions, ils n’avaient pas emprunté cette route de peur de finir broyer dans la lessiveuse stellaire. En voyant tout cela, Erin était bien contente de ne pas avoir forcé la main au pilote pour qu’ils aillent quand même dans cette direction. Après-tout, l’amas semblait tellement important qu’il était statiquement impossible qu’un seul filon n’en découle. Ils allaient bien en trouver un autre, même si cela leur demanderait plus de temps. Bien entendu, le côté proximité de l’autre gisement était pas mal, car pour le coup, ils allaient devoir s’enfoncer plus encore dans les méandres de ce labyrinthe cosmique dont les murs volatiles se déplaçaient, lentement pour certain, étonnamment rapidement pour d’autre. Une chose était certaine, le chemin de l’aller serait différent du chemin du retour. Après ce brouillard et cette tempête, la nature dans son absence de vie la plus complète, leur offrait un spectacle mouvant, digne d’une fresque animale. Et pourtant, il ne s’agissait là que de cailloux inertes. Erin délaissa quelques secondes la contemplation de son écran d’ordinateur. De toute façon, dans le secteur où l’équipe de prospection se trouvait, il n’y avait aucun gisement susceptible d’être exploité. Autant attendre que le Jumper, accompagné de la barge avancent dans l’espace pour que ses instruments captent de nouvelles sources potentielles.

Erin posa l'ordinateur à côté d'elle. Elle s'épongea le front et le visage avec la veste de son uniforme qu'elle avait retiré et elle se leva pour se diriger vers Coralie afin de s'asseoir à ses côtés. Elle avait les traits tirés, les prunelles brillantes et dilatées, et la peau luisante. Bref elle avait chaud, comme tout le monde. « Vous allez bien ? Je ne vous dérange pas ? »

Coralie était encore plongé dans les pensées étranges que sa conversation avec Sutter avait fait naître dans son esprit, le regard perdu sur les écrans devant elle. Elle sursauta en entendant la voix d'Erin à côté d'elle. « Oh... heu... oui.. Non. » balbutia-t-elle avant de se reprendre et de sourire à la jeune femme. « Oui, je vais bien, enfin aussi bien que les circonstances le permette. Et non, vous ne me dérangez pas. Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Erin lui fit un pâle sourire d'excuse pour l'avoir fait sursauter. « Je me disais que si la mission continuait encore un moment, il faudrait peut-être rationner l'eau. Je suis au bout de ma bouteille et je ne sais pas combien il en reste. Qu'en pensez-vous ? »

Coralie hocha la tête et fit la moue. Elle devait avouer qu'elle n'y avait pas vraiment pensé. « Oui, vous avez raison. Il reste encore une bouteille d'un demi-litre par personne. Mais avec cette chaleur, nous allons très vite nous déshydrater. » Elle pinça les lèvres.« Je pense qu'il faudra réserver une ration plus importante pour Adam. Je pense que nous sommes d'accord pour dire que notre pilote doit garder toutes ses facultés. »

Erin considéra le dos du siège de pilotage, percevant Adam au travers sûrement. C'était logique. « Vous avez raison. C'est préférable en effet. Sans lui personne ne rentre. » Elle jeta un oeil aux images de l'ordinateur de Coralie avant d'ajouter : « On arrive sur un bon filon. Si on peut l'étudier, on pourra repartir et le rationnement aura été sans effet, mais sait on jamais. Ca va de leur côté ? », dit elle en montrant du menton les images vidéos.

« Oui, mais il vaut mieux prévoir. » Elle suivit le regard d'Erin sur ses écran. « On a eu une petite alerte avec le dénommé Howard. Il nous a fait une petite « fièvre des profondeurs », mais maintenant ça devrait aller. » Répondit-elle.

« Tant mieux, ils vont bientôt passer à l'action, enfin j'espère. Rien de concluant pour le moment. » Elle hésita, avant d'oser demander à l'infirmière. Après tout elles avaient partagés pas mal de chose ces deux là. Puis faire la discussion briserait un peu la monotonie qui s'était installée. « Vous connaissez Sutter depuis longtemps ? »

Coralie sourit à Erin en haussant les épaules. « Il semblerait oui. », répondit-elle.

Erin fit un sourire un peu plus large. « Il semblerait ? Vous n'en êtes pas sûre ? »

L'infirmière rit. C'est vrai que vu comme ça, ça paraissait tellement ridicule. « Non. » répondit-elle en fronçant un peu le nez « C'est compliqué. Visiblement, on s'est bien connu autrefois, sauf que... je n'en ai aucun souvenir. »

L’administrative ne se départit pas de son sourire. « Hum, j'allais dire que c'était amusant mais je ne suis pas certaine que ça le soit pour vous. Ça doit être perturbant. »

Coralie ramena son regard sur l'écran cherchant du regard la silhouette de Sutter. « Oh, y'en a au moins un qui s'amuse beaucoup ! »répondit-elle avec une certaine tendresse

« Au moins il n'est pas vexé, c'est déjà ça. », repondit Erin en ne quittant pas du regard Coralie, comme ci elle la décryptait. Et c'était plus ou moins ce qu'elle faisait, le sourire sur les lèvres. Un petit signal sonore lui signala une nouvelle source à étudier. Elle se leva. « Le devoir m'appelle. Je tâcherai de faire attention à ne pas les faire exploser alors, que vous tiriez tout ça au clair. » Elle lui fit un sourire complice avant de retourner vers son ordinateur, alors que Coralie l’accompagnait de son rire.

Le résultat était tombé au bout d’une heure, pendant lesquelles Erin commençait à se dire qu’elle avait raté quelque chose, qu’elle était passée à côté d’un gisement, et que celui qu’elle avait détecté de prime abord ne pouvait pas être le seul, bref, une heure à stresser à et s’interroger. Elle capta une source dont l’ovale ainsi que les trainées dessinées sur le radar du sonar étaient tout bonnement énorme. Cela semblait être un client plutôt prometteur, si elle se fiait à la forme de l’écho. Bref, elle allait devoir guider Adam vers la roche qui abritait le gaz et à première vue, elle semblait accessible. Pendant l’heure précédente, elle avait bien eut quelques réponses potentiellement intéressantes, mais elles conduisaient vers des amas rochers de petites tailles, ou vers des tourbillons pierreux qui n’auraient fait qu’une bouchée du petit grain de sable que constituait les deux embarcations spatiales des humains. Le calme relatif du voyage commençait à rassurer une Erin encore stressée, même si le stress semblait se déplacer de la peur de son environnement vers la peur de faire chou blanc. Ce nouveau filon était donc une bénédiction, et elle espérait que l’ogive de prospection lui fournirait des données intéressantes.

N'empêche, il faisait de plus en plus chaud dans le Jumper. Coralie leur avait refilé des bouteilles d’eau, et Erin était déjà arrivée au bout de la sienne . Elle buvait beaucoup, pour compenser la déshydratation que subissait son corps par le biais de la sudation. Néanmoins, elles avaient décidé de rationner la ressource, en prévision. L’atmosphère dans le Jumper était lourde, et la température avoisinnait les 38 dégrés. Elle transpirait beaucoup, ses yeux la piquaient, elle avait un goût de sel dans la bouche, ses cheveux collaient contre son front et dans sa nuque, et elle les changeait régulièrement de place, les passant d’une épaule à une autre, pour se rafraichir le dos. Avoir une crinière comme la sienne dans une fournaise comme ça n’était pas un avantage. Elle avait retiré son haut d’uniforme, restant dans son chemisier féminin noir. Heureusement qu’elle n’avait pas mis un vêtement blanc, sinon elle était bonne pour exposer ses dessous par transparence. Toujours est-il qu’elle accusait le coup sérieusement. Elle n’aimait pas les environnements chauds, mais elle prenait sur elle, venant à se demander si les mecs dans la barge n’étaient pas mieux. Quoiqu’elle n’était pas assez aventureuse pour se risquer dans ce genre d’entreprise. Elle gardait le haut de son uniforme près d’elle pour essuyer de temps en temps sa peau, et les gouttes qui pouvaient tomber sur l’ordinateur qu’elle avait sur les genoux. Ce n’était vraiment pas agréable d’avoir cette sensation de vêtement collé à la peau, et forcément, qui dit sueur dit qu’une petite odeur flottait dans l’air vicié du Jumper. L’appareil recyclait tant bien que mal l’oxygène, mais avec la présence des boucliers, le système ne devait pas être au meilleur de sa forme… Enfin tant qu’il assurait la pureté nécessaire à la vie humaine, une odeur ne les tuerait pas.

Il y avait un soucis, sur lequel McKay planché, en exposant ses solutions et ses idées à tout le monde. Erin était trop avachie pour répondre quoique ce soit. Elle avait confiance dans le scientifique et elle espérait qu’il trouverait une solution. Manifestement, Adam allait encore faire preuve de talent pour maintenir le Jumper près de la barge. De toute façon, ils allaient devoir prospecter et du coup, maintenir une distance plus courte.

Heureusement qu’ils arrivaient sur un filon prometteur, redonnant un regain de fraîcheur aux troupes. Erin étaint rincée par la recherche, combinée à la chaleur, et par le fait qu’ils ne trouvaient rien de concluant jusqu’alors, sans parler du stress lié aux problèmes soulevés par McKay. Ici, les roches étaient dantesques, planes, susceptibles d’offrir des possibilités de prospections parfaites. Avachie sur son ordinateur, s’économisant au maximum, Erin envoya les données sur l’ordinateur de bord du Jumper pour qu’Adam les communique à la barge. Ils étaient au bon endroit de toute façon, et il allait falloir approcher d’un de ces immenses rochers.

Erin ne faisait plus attention au côté mirifique du paysage, à ces géants de pierre immobiles, du moins en apparence, mais leur taille devait anéantir la sensation de mouvement qui les animé réellement, tellement imposant qu’ils avaient leur lot de satellites autour d’eux. Certains en avaient tellement que cela formait une ceinture magnifique, faites de déchets et de cristaux, tournant lentement ou rapidement. Elle était concentrée sur l’objectif de la mission. Le tourisme, ce serait pour plus tard.

« Lieutenant, je vous laisse orienter la barge, je vais prendre une communication avec le Capitiane Sutter pour discuter des données de prospection. »

Elle attendit que le pilote du Jumper oriente la barge vers un amas rocher, et elle contacta le capitaine Sutter sur sa fréquence privée.

// Capitaine, ici Erin Steele. Vous me recevez. Vous allez pouvoir procéder au tir de l’ogive vers la roche dès que possible. //

// C’est bien reçu, mademoiselle Steele, nous nous mettons en position. //

Sous les instructions et la surveillance du jumper, la barge pivota lentement contre une paroi qui semblait vierge de toute menace. Cinq minutes plus tard, Dean signala le tir puis les informations arrivèrent directement sur le moniteur.

// Prenez votre temps, Erin, mais dites-moi ce que vous voyez... //

Les données arrivèrent instantanément sur son écran d’ordinateur :

Code:
PSI ENTER : 13.82 t/cm² // Pas de donnée à comparer
PSI EXIT : 0.5 t/cm² // 1.5 t/cm²
CCT PSI : 1000 Tbar/L // 300 Tbar/L
PRT GAZ : 99.97% // 85%
DSN MAT : 3000 Psi // 1500 Psi
SUP LVL : 3- // 16
VOL SRC : *****ERROR 99.99*****
PFD FOR : 0.74 km // 350 km

Pour le moment, son oeil restait fixé sur une valeur essentielle. La pression de sortie. Elle était nettement inférieure aux critères jugés normaux par le logiciel, aussi poussa-t-elle un soupir de soulagement. La concentration en gaz était par contre supérieure à la normale et cela risquait de poser un problème. Quoiqu’elle n’en savait rien au final. La pureté était vraiment exceptionnelle. Si le programme définissait un seuil acceptable à 85%, il atteignait ici un 99.97%. Ce gaz était presque parfait. Par contre, la sonde n’arrivait pas à déterminer le volume de la poche de gaz. C’était étrange. Elle fit part de ses observations à Sutter.

// Je suis perplexe Capitaine. Pas de risque du côté de l’implosion de la roche, c’est largement en dessous du seuil, néanmoins plusieurs données sont bizarres. La concentration en gaz est trois fois supérieure à la norme, la densité de la roche deux fois supérieure, quant au volume de la poche, il est indiqué un code d’erreur. En plus de ça, la profondeur de forage optimale pour exploitation est très faible. Il n’y a que 740 mètres. Franchement… On dirait une installation prévue pour contenir du gaz. //

Elle marqua un silence avant d’ajouter :

// Enfin, ce n’est pas moi la spécialiste des données. Je fais juste marcher mes méninges. Vous en pensez quoi Capitaine ? //

Autant sur sa théorie que sur les données qu’elle venait de lui présenter succintement par radio. Elle était bien entendu prête à lui fournir les chiffres exactes, ainsi que des compléments d'information si besoin est. Elle se plantait surement sur toute la ligne, parce qu’aucune race intelligente ne pouvait venir ici sans se faire rôtir comme un poulet sur une broche, par les radiations. Qui plus est, la planète avait explosé, emportant avec elle toute installation technologique susceptible d’y être construite du temps de sa vie passée. Mais les données étaient bizarres, pour certaine trop parfaite, comme la pureté du gaz. Quant à l’estimation du volume qui ne se faisait pas, c’était également curieux. Enfin, après, la poche pouvait être immense, et la sonde n’avait pas la puissance nécessaire pour la sonder entièrement. Qui plus est, la densité linéaire était plus importante, et cela pouvait refléter d’une installation consolidée… Mais c’était quand même peu probable. La sonde avait été calibrée avec des astres de la Voie Lactée, et peut-être que la composition des météorites et autres astéroïdes de la galaxie de Pégase étaient différents de leur cousins éloignés.

// Vous avez raison, ce n’est pas logique. Rappelez-moi les données de... //

Il y eut un silence de quelques secondes. Sutter avait cessé de parler.
Un bip apparut sur l’ordinateur d’Erin. Une alarme. La pression à la sortie montait d’au moins une tonne par seconde. La concentration se mit ensuite à clignoter alors qu’elle commençait à se réduire comme un chronomètre à retardement devenu fou. Nouvelle alarme, la densité s’effondrait brutalement.
Le micro de Sutter grésilla puis il lâcha d’un ton extrêmement surpris :

// Merde ! A COUVERT ! //

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D.C. Sous Lieutenant Pedge Allen - Teshara Lays ~ Ecriture : Springgreen
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