Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Weir, Sheppard, McKay, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Jeu 21 Déc - 18:48
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La Terre.
Ce mot fît frémir Nelly qui se mit à trembler, assise en tailleur, complètement perturbée. Le colonel n’était pas un officier pour son look d’éternel garçon, là ça se sentait un max. Il avait eu une voix tellement tranchante, tellement imposante, tellement officielle que ça ressemblait à une onde de choc. C’était comme si un tremblement de terre venait de franchir la fréquence pour lui éclater les organes et secouer son squelette fragile. Abandonne-les et planque toi, c’est tout ?

Abandonne-les et casse toi...elle avait beau se le répéter, ça marchait pas. Et franchement, le colonel lui filait tellement la frousse qu’elle se demandait si elle allait pas se faire dessus. Il n’y a pas de logique quand on est dans cet état là. Et ce qui la malmenait le plus, ce n’était même pas de devoir se planquer comme une lâche. C’était de subir le regard de ces gens qu’elle avait menacé. Le regard qu’auraient Sheppard et Pedge sur son dos. Le regard de la directrice, du chevalier.

Dire qu’elle était la meilleure copilote dans un F-302...là, qu’est-ce qu’elle était ? Qui pouvait accepter un ordre comme ça ? C’était le colonel ça, avec son coup de bluff ? La Terre, il y avait plus personne qui l’y attendait. Et elle en crèverait. Sa menace de la renvoyer n’était qu’une illusion, de la poudre, du blabla. Elle était déjà renvoyée vu son extrême efficacité professionnelle, oui.

//On sait bien tous les deux que je suis déjà renvoyée, mi coronel. On garde pas un soldat qui mets en danger les autres...// Elle renifla. //Je me mets en route, ordre reçu.//
// Dans ce cas, vous irez demander à Ford, Eversman et Hamilton pourquoi ils sont encore là ! // Ce ne fut pas des plus doux non plus.
//Parcequ’ils savent se tenir en mission et qu’ils n’ont pas peur de leur officier ?// Répondit-elle de manière effrontée. //Je vous recontacte quand j’aurai trouvé ma cachette colonel.//

Nelly se redressa pour aller rejoindre Conan et son groupe. Elle était encore déboussolée, entre le devoir de rester pour sa connerie, et l’ordre de Sheppard. Rien que d’y penser, elle entendait encore cet éclat dans son cerveau. C’était incroyable ce changement, comment un type drôle pouvait être aussi intimidant ? Parce que c’était pas un colonel à la tête des militaires de la cité pour des prunes. Merde, elle voulait vraiment pas être en face de lui.
La petite espagnole trouva le regard de Conan et des autres. Ils discutaient, parlaient des soldats qui passeraient la ligne s’ils étaient aidé de leurs prêtres.
Qu’est-ce qu’elle devait faire ?

Plus Nelly voulait lui dire qu’elle s’en allait, plus ses tripes se tordaient.
Le regard lourd de Conan n’arrangeait rien d’ailleurs. Elle prit une inspiration largement perturbée par ses émotions et elle eut une pensée pour Pedge. Ce genre de problème ne lui serait jamais arrivé. Et quand bien même, elle aurait su gérer, elle n’aurait pas eu peur elle, ni de Sheppard, ni des enfants de coeurs. Pedge aurait assumé donc...pourquoi pas elle.

« J’ai reçu l’ordre d’aller me cacher... » Lâcha-t-elle soudainement, d’une voix presque tremblante malgré tout ses efforts pour la rendre sûre. Elle parvint néanmoins à soutenir le regard de Conan. « Je ne veux pas. Je peux essayer d’aller à la rencontre de ces gens, les attirer ailleurs pour qu’ils vous laissent tranquille. Ou...vous pouvez me capturer et m’échanger contre votre sécurité. Il faut trouver une solution... »

Franchement, ça ne lui plaisait pas du tout de dire ça, ce n’était pas pour jouer les héros. Elle n’avait qu’une envie, c’est de courir pour retourner dans la cité, se recroqueviller dans ses draps et se dire que ce n’était qu’un vilain cauchemar. Mais c’était la réalité. La foutue réalité.

« Va te cacher. Tu ne sers à rien de toute façon. J’ai pas envie que tu empires la situation. Nous allons tuer ces trois là, et personne ne saura jamais rien.» Conan était d’une franchise à toute épreuve. Il se tourna vers ses deux complices. « Ceux dans la forêt ne vont pas tarder à revenir. La complainte est terminée, on ne les entend plus chanter. Il faut les prévenir qu’ils ne doivent laisser approcher personne, et qu’ils tuent tout le monde qui essaie de fuir. »

BAM ! Ca c’était une baffe et bien placée !
Dégage, t’es nulle !

« Bien... » Avait-elle dit d’une petite voix.
C’était un curieux mélange d’être refoulée et de ne plus ressentir de devoir envers eux. S’en était un autre d’être traité par ce type comme le reste de son équipe. Du moins, c’est l’idée qu’elle s’en faisait. Nelly avait fait trois pas lorsqu’elle se retourna :
« Les miens ont parlé d’un village proche d’ici, je peux savoir où il est ? »

Le jeune homme qui était avec celui qui semblait être manifestement le chef, s’éclipsa après les dernières phrases de son supérieur, lequel était en train de se retourner pour répondre à la jeune femme qui venait de lui poser une question.
« C’est le village des hommes là bas.», dit-il en montrant du menton les trois types qui faisaient toujours les cents pas. « Pourquoi les tiens ne viennent pas te chercher plutôt que d’aller chez eux ? », demanda-t-il. Il était curieux de savoir comment ils communiquaient en plus, et si elle n’était tout simplement pas folle. Après tout, elle semblait parler toute seule, toute à l’heure.
« Parce qu’ils cherchent ceux qui portent les mêmes vêtements que moi...d’ailleurs, si tu pouvais dire à tes amis de ne pas nous attaquer. Nous voulons simplement retrouver les notres. »
Un silence pesant s’installa. Nelly avait de plus en plus envie d’aller directement dans ce foutu village. Et c’était pas pour retrouver Sheppard. Mais il y avait autre chose qui la taraudait.
« Conan. Tu en as pas marre ?... » Elle précisa rapidement en voyant son regard. « De devoir te cacher, de cacher les tiens, de tuer pour te protéger... »
Nelly haussa les épaules.
« Mon chef pourra peut-être vous trouver un endroit en sécurité ou vous n’aurez plus à craindre les attaques, les visites. Peut-être qu’il pourra vous aider, je ne sais pas mais...vous allez passer tout votre temps à vous entretuer ? Ca va durer combien de temps ? »
Si ça se trouve, c’était encore une connerie. Mais franchement, ça pouvait pas se régler autrement qu’en se tuant joyeusement ?

Conan la regarda étrangement, comme s’il réfléchissait. Il haussa des épaules avant de se tourner à nouveau vers les trois hommes. L’un d’entre eux se détacha d’ailleurs de la formation. Manifestement, il allait aller chercher des renforts au village. Ils en étaient arrivés à la conclusion que les hérétiques étaient dans ces ruines desquelles ils se protégeaient.
« Je ne peux rien faire si les miens décident d’attaquer les tiens. S’ils existent. » Il soupira. « C’est la vie, c’est notre terre ici, et nous ne voulons pas partir. Peut-être que nous serions mieux ailleurs, c’est sûr, mais j’ai autant le droit d’être ici que ces hommes. »

Nelly hocha doucement la tête. Les mots de Sheppard revinrent percuter son esprit : ce n’était pas ses affaires. Elle s’était impliquée pour eux mais ils n’en avaient rien à cirer, c’était surtout une histoire de chiffonniers au final. Celui qui en alignerait le plus dans le camp d’en face.

« Alors bonne chance. »

Elle lui fît un signe de main, reculant de quelques pas tout en le regardant, puis elle fit volte face avant de s’éloigner dans la direction qu’il lui avait indiqué. Elle avait commencé à marcher de plus en plus vite avant de trotter puis de courir. Si ce type tuait pour ne laisser aucun témoin, Sheppard et Pedge serait peut-être en danger puisqu’ils étaient avec l’un des autochtones. Et peut-être même qu’ils n’avaient pas l’intention de lui laisser quitter les ruines. Mais ils l’auraient déjà tué si c’était le but.
Les douleurs dans les cuisses de Nelly la rappela à l’ordre. Elle ne pouvait plus vraiment courir comme une dingue, autant y aller doucement. Il ne lui fallu que quelques minutes avant d’appercevoir le changement de terrain qui délimitait les ruines de la plaine. Le brouillard était encore plus ou moins présent, pas d’édifice en vue mais c’était bien la direction qu’avait pointé Conan. Le MP5 dans les mains, Nelly se cacha derrière un pan de mur dévoré par les racines d’un grand arbre puis activa sa radio.

// Ici Nelly. Attention, les autochtones se préparent à l’action. Vous serez considéré en hostile au même titre que les enfants de coeurs. Je suis cachée en bordure des ruines, j’ai connaissance de votre position... j’ai la possibilité de vous rejoindre. J’attends vos instructions...//

Elle soupira. La voix de Sheppard allait répondre. Elle voulait pas l’entendre pourtant, ça lui filait les foies.
// On a trouvé un membre de l’équipe. Rapprochez vous du village mais restez planquée //
// Reçu !//

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La main froide




Pedge / John




Sheppard ne répondit pas à la manière effrontée de Nelly, il lui en toucherait deux mots, quand elle aura ramené son petit cul ici ! Non mais vraiment, elle était comme ça avec le grand manitou ? Il allait avoir une discussion avec Caldwell ! car pour être dans son précieux dédale faut être exemplaire et surtout respectueux. Le respect, là c’est comme se torcher le cul avec du papier de verre et Sheppard, il est plutôt cool et sympa, mais faut pas trop l’asticoter ! Non mais, elle n’avait pas entendu parler des trois militaires ? Franchement, ils avaient fait pire ! Mais c’est sûr que le blâme elle allait se le prendre et pour se taper un blâme de Sheppard faut être un champion ! C'est Frei la reine du blâme ! Et puis peur de lui ? Non mais maintenant c’est le gros vilain ! Génial cartons pleins la Bricks !

Bref, il était en rogne là. Et il eut la sagesse, grâce à l’âge, (car avant il lui aurait répondu un truc salé) de ne pas lui répondre. L’ignorance est la plus belle des armes ! Une arme qui s’apprend avec les minutes qui vous rides !

Il jeta un regard à Pedge, qui était en train de finir d’attacher son poisson. Et il recula, pour qu’ils se mettent à l’abri vers la forêt. Pas besoin d‘attendre au village, ils vont l’embrocher comme une dinde pour Noël ! Il pressa le pas, restant derrière Pedge, pour couvrir leur retraite.

Seulement voilà, à peine eurent-ils fait quelques pas dans la direction de la forêt, que la rousse tira dans la direction de la longère. Elle ne voulait pas retourner dans la forêt ? Pensa Pedge qui se disait qu’elle aurait dû, au contraire, courir vers l’abri des arbres. Elle savait forcément que les villageois allaient arriver, alors pourquoi est-ce qu’elle voulait retourner là-dedans ? Et elle tirait fort cette conne, Pedge faillit la lâcher ! « Putain… Arrête. Ce n’est pas le moment de la ramener merde. », grogna Pedge entre ses dents. Le boss était en colère, et si elle faisait des siennes, ça allait chier des bulles. Elle se calma, comme si elle comprenait, et soudainement, elle écrasa le pied de la texane qui la lâcha, et elle fila en direction de la bâtisse la plus imposante. La militaire poussa un juron en sentant encore la brûlure sur ses doigts des Serflexs qu’elle tenait pourtant fermement.
« Ne me dites pas qu’elle veut pas revenir les mains vides !»

Sheppard roula des yeux et soupira, s’élança après elle la plaquant lourdement au sol. Il avait rangé son arme. La jeune femme se cabrait et se débattait comme elle pouvait pour entrer dans cette fichue bâtisse. Elle lui faisait des signes de tête pour qu’ils viennent dedans !
« Par Odin ! » Oui cela allait devenir une expression commune du soldat ! Il la dominait, plaquant son corps sur elle et lui clouant les bras. « Pourquoi tu veux entrer là-dedans ? Parle ou je t’assomme et je t’emmène dans la forêt ! » Et elle avait plutôt intérêt car là, il est pas commode le petit Sheppard tout mimi.

Pedge arrivait au pas de course elle aussi, couvrant son supérieur en jetant des regards à droite et à gauche. Elle était prête à lui filer un coup de main pour l'empêcher de ruer comme une dingue. Les derniers mots de Sheppard achevèrent de la convaincre d’arrêter de se débattre. Elle fit un bruit de gorge, comme si elle essayait de parler, sauf qu’aucun son intelligible ne venait, si ce n’était un borborygme de bruit incompréhensible. Elle bascula sa tête en arrière, ouvrant la bouche en grand. Sa langue était quasiment invisible dans sa cavité buccale. « On dirait qu’elle n’a pas de langue...», fit Pedge en réprimant un frisson. Il n’empêche, elle ne comprenait pas pourquoi elle voulait absolument aller à l’intérieur. « Qu’est-ce qu’on fait ? Je vous aide à la tirer dans la forêt ?»

Sheppard soupira … Il en avait marre, maintenant, il avait une nana sans langue avec eux ! Ils n’avaient pas le temps de trop parler donc, il fallait être factuel. Il lui laissait à peine quelques minutes. Il fit quatre avec ces doigts pour dire à Pedge d’attendre ce temps de minutes. La militaire acquiesça, tout en jetant un coup d’oeil à sa montre. Quatre minutes, pas plus. Son côté toqué ne laisserait pas une seconde de plus à la jeune femme.
« Hoche la tête pour dire oui. Tu veux prendre de la nourriture ? »
Elle n’hocha pas de la tête, attendant la prochaine question.
« La forêt est un danger ? »
Encore une fois, elle n’hocha pas de la tête. Elle le regardait fixement, le pressant du regard pour les prochaines questions. Pourquoi est-ce qu’ils lui avaient attaché les mains ? Ce serait tellement plus simple si elle pouvait s’exprimer avec ses doigts.
« 3 minutes 15.», égrenna Pedge.

Cela commençait à gonfler John, si elle est muette elle n’était pas sourde, c’est déjà ça… Et pour s’exprimer c’est d’un chiant de poser des questions… Il regarda les mains, de la jeune femme avec son serflex. Il prit son couteau et trancha le serflex, si elle parle en langage des signes avec des éléments commun, il allait pouvoir comprendre un tantinet ! Là, il perdait du temps, et Pedge qui fait l’horloge parlante ! Mais, elle ne pouvait pas s’enfuir avec un colonel au-dessus d’elle. Enfin c’est sa derniere solution, sinon, ils l’emportent dans la forêt et basta.
« La maison une sécurité ? »

La jeune femme fit aller ses poignets alors qu’elle repassait ses mains sur le devant de son buste. Elle soupira à la question suivante et fit “non” de la tête. Mais elle pointa quand même la porte de la maison, avant de plaquer un index sur la poitrine de John et de tirer sur son gilet tactique. Enfin, elle remontra la maison, et elle fit un bruit de bouche pour accompagner tout ça, afin de le presser semblait-il. Elle le regardait avec intensité et elle essayait manifestement de lui faire comprendre quelque chose, et la panique qu’on pouvait lire dans ses yeux devaient découler du fait qu’elle savait que les villageois étaient sur le retour, tout en ayant la crainte de ne pas se faire comprendre de cet homme.

Bon, il n’y comprenait rien, mais il avait quelque chose dans cette maison… Quelque chose avec son gilet ? Son équipe ? Non ça serait trop beau ! Il se releva, la prenant par le bras, pour la mettre sur ces deux quilles. « Allen, couvrez-moi, je vais voir ce qu’il y a dans cette maison. » Il s’approcha de la porte, tout en tenant la jeune femme.
« Ok.», fit Pedge, qui resta dans l’encadrement de la porte pour guetter toute arrivée, tandis que son supérieur entrait dans la bâtisse avec la rousse. Elle se fit la remarque que les chevelures flamboyantes et le colonel, c’était une grande histoire d’amour.

Ils arrivèrent dans une immense salle assez sombre. Des torches brûlaient ici et là, mais elles étaient sur la fin, et la pénombre était déchirée seulement par les larges fenêtres qui propulsaient la lumière du jour à l’intérieur. En forme de U, des tables longues et immenses faisaient un rectangle, un côté en moins du coup. Il y avait des victuailles sur ces tables, et le couvert était déjà dressé. Celle qui fermait le U en son bout, était surélevée par rapport aux autres, et les sièges qui étaient installés étaient bien plus beaux, bien plus confortables. Sur les murs en rondins de bois trônaient des pièces d’armes, mais il y avait essentiellement des outils d’origine agricole, comme une forme de musée. Il y avait aussi de multiples animaux empaillés, accrochés aux murs. Un âtre immense faisant presque un pan de mur entier, était disposé dans le fond de la pièce, derrière l’estrade surélevée. C’était le seul côté qui était en pierre, pour ne pas foutre le feu à la bâtisse, très certainement.

John observait cet endroit riche, surement la bâtisse du chef ou une salle de réception dans ce goût-là. Gardant toutes sorte de vestiges pour ne pas oublier leurs savoirs ? Il se contrefichait qu’elle mange en même temps. Même si habituellement le poulet l’alléchait il n’était pas du tout enclin à manger, il avait l’estomac retourné par sa colère.

La rouquine attrapa la main de Sheppard et elle chercha à l’entrainer vers le fond de la pièce. En passant, elle se saisit, de sa main libre, d’une cuisse de poulet qu’elle se fourra dans la bouche. Il y avait une porte, normalement barrée par des linteaux de bois. Elle était ouverte, et ce n’était pas fou de considérer que c’était les pilleurs qui l’avaient fait. Un escalier sombre s’enfonçait sous terre, amenant très certainement à un sous-sol.

La jeune femme le lui montra et elle fit les gros yeux en lui disant, avec son index et son majeur luisant de graisse, alors qu’elle conservait le pilon dans sa bouche, de descendre en mimant un bonhomme qui marche. Manifestement, elle ne voulait pas y aller elle, et elle lui lâcha la main.

Oula il n’aimait pas vraiment ça, ça puait le piège… S’ils avaient été trois, cela aurait été plus facile, un qui garde et deux qui explorent… Il n’aimait pas du tout ça ! Il soupira, ils étaient pressés par le temps et il rattrapa le bras de la demoiselle, pour la pousser dans les escaliers.
« Je suis navré Cosette, je suis plus sympa habituellement, mais je ne peux pas te laisser là. Donc prend ton courage et vas-y ! ». La muette descendit quelques marches sous l’impulsion de Sheppard. Elle se retourna en le fusillant du regard, mais elle sentait qu’elle n’avait pas le choix. Il lui fit un regard encourageant, se fichant qu’elle soit contente ou non.
Il alluma la lampe de son arme et fit bipper sa radio.
// Allen, il y a une cave, elle veut qu’on y entre, je vais voir // »
// Bien reçu. Rien à signaler dehors pour le moment. Soyez prudent. //
John eut un rictus dans le vent, le “soyez prudent” était assez amusant, une vraie mère boule cette Allen, sous ces airs froid.

Avec la lumière, Cosette descendit dans les escaliers. Elle trouvait ça plus sûr. Malgré tout, son ombre bien distincte sur les murs semblait l’émerveiller un petit peu, mais elle essayait de ne pas trainer. Elle balança son os dans les escaliers quand elle l’eut terminé. Déjà, le fond se faisait voir tandis que la température descendait progressivement. Il y avait des torches aux murs, des murs en pierre cette fois-ci, certainement pour soutenir la terre autour. C’étaient des geôles et ça puait la mort, l’urine, la merde, et bien d’autres odeurs peu ragoûtantes qui ne laissaient pas les narines tranquilles. John retroussa les siennes, son corps se tendit, il aimait vraiment pas du tout cet endroit et cela ne sentait pas bon, niveau surprise. Il y avait une cellule vide, immense, où on pouvait mettre facilement une trentaine de personnes, en tassant bien. Les barreaux étaient en fers et faisaient un large rectangle, d’un côté à l’autre de la salle. En face, il y avait des portes en bois, avec des montant en fer eux aussi. Il y avait des judas pour voir à l’intérieur de ces cellules individuelles. La rouquine alla vers l’une d’entre elle, et elle lui fit un signe de tête pour lui montrer ce qu’il y avait dedans.

Cela était étrange de mettre des prisons au sous-sol d’une maison… cela avait un côté un peu pervers, d’enfermer des gens chez soi et surtout dans des conditions effroyables, dans le noir. Mais bon au moyen âge en Europe, ce n’était guère mieux.

Il y avait une femme, accrochée au mur du fond par des bracelets de chaînes, par les poignets et par les chevilles. Elle était assise dans la fange, les jambes repliées pour ne pas tirer sur ses liens, et ses bras étaient contraint de rester en l’air tant l’allonge était mince. Du coup, ses poignets étaient entaillés par son propre poids. C’était impossible pour elle de conserver ses membres en hauteur durant des heures. Sa tête était rasée et son crâne penché sur sa poitrine dénudée, présentait de multiples coupures, certainement due à la tonte. La scène était obscène, surtout que le corps semblait avoir été doté de glyphes, à la manière des arbres autour de la Porte. Ses pieds nus étaient en sang et une odeur épouvantable se dégageait de la cellule.

La vue de la jeune femme, arracha un sursaut répugnant au cœur de l’homme… Mais ils avaient un véritable problème avec les femmes ici ! Il grimaça. Qu’avait-elle fait pour mériter d’être à moitié nue et torturée ? Vu l’odeur, elle avait dû se faire dessus, un certain nombre de fois… Il était en train de l’éclairer, ne voyant pas son visage quand la rousse tapa sur l’épaule de Sheppard pour obtenir son attention, et elle lui montra une chaise juste en face de la porte en bois qui fermait la cellule, par le biais de fermeture manuelle basique, des loquets qu’il suffisait de tirer dans des anneaux. Sur cette chaise en boise était posé un haut d’uniforme très familier, ainsi qu’un gilet tactique. Cosette tira sur celui du Colonel, et montra du doigt celui sur la chaise en faisant un bruit suffisant avec sa bouche pour dire « tu vois ! ».

John écarquilla les yeux… Non les enfoirés ! Il fit reculer la jeune femme, et tira avec son arme sur la serrure.« Mon dieu ! » Fit-il en lui lançant quand même un regard reconnaissant.
« Jessy… Jessy… » Dit’il en s’approchant d’elle, après avoir ouvert, la porte.

// Allen j’ai trouvé Jessy McKensy. Elle est dans un sale état, tondue et surement torturée. //
// Besoin d’un coup de main pour la remonter ?? //, demanda aussitôt Pedge.
// Non, il faut quelqu’un qui vigile dehors //
Même s’il aurait aimé être deux, mais il allait se démerder pour surveiller la sauvageonne et porter l’Atlante.

Il regarda la rousse, rangeant son P90, pour secouer un peu, la jeune femme et prendre son couteau de combat et enfoncé la serrure de ces menottes. C’est à ce moment-là qu’il reçut un message radio de la part de Nelly.

// Ici Nelly. Attention, les autochtones se préparent à l’action. Vous serez considéré en hostile au même titre que les enfants de cœurs. Je suis cachée en bordure des ruines, j’ai connaissance de votre position... j’ai la possibilité de vous rejoindre. J’attends vos instructions...//
// On a trouvé un membre de l’équipe. Rapprochez-vous du village mais restez planquée //
// Reçu !//
Son couteau fit péter les deux serrures et le corps de la jeune femme, lui tomba dans les bras. Il la porta du mieux, qu’il put jusqu’à la chaise, pour l'asseoir et lui enfiler son uniforme. Le temps, pressait, fallait, la prendre et la cacher. Ainsi que la rousse.

AVENGEDINCHAINS


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JohnSheppard

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Lun 8 Jan - 15:51
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Tout partait en vrille.
L’appel de Sheppard pour Pedge ne lui avait pas échappé, elle avait tout entendu. L’image de McKensy, tiré du dossier de la tablette, lui revenait facilement en mémoire. Nelly peinait à se dire qu’elle avait été torturé, à quoi elle devait ressembler maintenant qu’elle était tondue, et dans quel horrible état psychologique elle devait être. C’est comme si le problème qu’elle avait eu avec son supérieur venait soudainement d’être relégué au second plan et la petite espagnole se sentit subitement idiote.

Idiote pour avoir déconné et fait parler d’elle alors que l’équipe disparue était forcément dans le besoin. Nelly mit ses problèmes de cotés pour se mettre à courir à travers les bois, ignorant les gémissements de ses muscles, dans l’espoir d’arriver suffisamment vite. Mais la direction qu’avait donné Conan était vraiment légère, surtout qu’il connaissait le coin par coeur. Pas Nelly.

On ne peut pas conserver une direction droite en passant son temps à esquiver les arbres. Et puis ce brouillard qui était toujours aussi gênant, elle avait parfois l’impression que des démons s’y cachaient. Avec ses enjambées, le battement de ses pieds, le bois qui craquait, les buissons qui s'effeuillaient sur son passage, elle faisait un vacarme d’enfer.

La petite était néanmoins attentive aux échanges radio. Elle regardait un peu autour d’elle en s’assurant de ne pas être suivie lorsqu’elle fût surprise, quelques minutes plus tard, par un groupe d’hommes et de femmes. Ils avaient une apparence sauvage, exactement comme Conan, c’était probablement des gens de son peuple. Ils étaient si discret qu’elle avait dû être grillée depuis un bon moment déjà. Elle les voyait à peine, agenouillés derrière les arbres ou au milieu de l’humus, comme des statues camouflées par leurs peaux. Dans un mouvement de demi-panique, elle braqua son MP5 vers le groupe et s’aida du laser pour les viser.

Nelly ne parla même pas, elle ne les menaça pas de tirer.
Très essoufflée, bien campée sur ses pieds et en position pour mitrailler, elle n’attendait que de voir des armes jaillir dans leurs mains pour vendre chèrement sa peau. Conan avait peut-être été amical avec elle, cela ne signifiait pas que c’était une volonté commune. Il fallait qu’elle rejoigne Sheppard même si elle en avait toujours pas envie.
Et en même temps...elle commençait vraiment à avoir peur d’être toute seule au milieu de ces inconnus...

Les inconnus en question ne portaient pas d’armes bien visibles. En fait, ils avaient les bras chargés de présents, de victuailles, d’objets en tout genre, qu’ils avaient volé dans le village laissé à l’abandon. Seulement, Nelly ne pouvait pas le savoir. Tout le monde restait figé, à s’observer en chien de fayence. Un homme approcha :

« Tu ne dois pas aller vers là bas. »
« Oui tu dois venir avec nous, dangereux pour toi là bas ! », enchérit une femme.

L’arme de Nelly avait immédiatement migré sur son torse, le point lumineux dansant au niveau de son coeur.
Dans le même temps, un type déboula de leur droite. C’était l’homme que Nelly avait vu avec Conan quelques minutes plus tôt. Il tenait dans sa main, par les cheveux, une tête. L’hispanique n’avait certainement pas fait attention à la physionomie de ses poursuivants, mais c’étaient bien l’un d’entre eux que l’homme tenait par les cheveux. Elle se fit violence pour ne pas regarder dans cette direction et maintenir son regard sur le groupe et ce nouveau venu. Elle ne devait pas rester là, ils étaient en train de la retenir et il en était hors de question.

« Cette femme a failli nous faire tous repérer par eux ! », dit-il en brandissant sa tête au dessus de la sienne, pour bien faire comprendre qui il entendait par “eux”. « Mais Fintro ne veut pas qu’on la tue. Il l’a laissé partir. Laissez-la passer. »

La femme qui avait parlé en dernier se posa entre Nelly et l’homme à la tête. L’hispanique, à ce moment là, tentait de calmer sa respiration tout en continuant de se décaler petit à petit. Un pas après l’autre, l’arme toujours en avant, elle progressait de côté pour les contourner tout doucement. Son regard s’était écarquillé en voyant la tête décapitée. L’espace d’un instant, elle fut terrifiée à l’idée qu’il s’agisse de Sheppard, Pedge ou le punisher. Voir même un membre de l’équipe disparue. Mais elle se rappela à un peu plus de logique puisqu’elle n’avait croisé aucun d’entre eux depuis. Nelly était tellement pressée de repartir qu’elle écoutait à peine la conversation.

« Elle ne peut pas aller là bas. On a vu ce qu’ils ont fait à l’une des siennes. Ils vont la torturer. »
« On ne peut pas la contraindre. Fais ton choix, tu es libre. », enchérit l’autre en se tournant vers Nelly, avant de lui balancer la tête à ses pieds, comme pour lui signifier que c’était de sa faute s’il avait pris la vie de cette homme qui s’était approché de trop près de la planque des pseudos sorciers et sorcières.

En temps normal, la jeune femme aurait surement blêmit, sur le point de vomir. Elle se serait confondue en excuses et chercherait à réparer son tort, comme elle avait voulu le faire avec sa fichue tablette. Mais là, c’était vraiment pas le moment. La conversation radio qui résonnait à son oreille l’alarmait, les villageois étaient revenus au village et l’équipe n’avait visiblement pas eu le temps de repartir. Nelly ne répondit pas et parti immédiatement au pas de course en direction des chants. Bien sûr, c’était loin d’être facile avec toute cette végétation et elle avait l’impression de faire un tel vacarme que le cortège l’entendrait par dessus leur propre chant.

// Nelly, il nous faut un appui feu très rapidement ! // , fit la voix de Pedge dans la radio. Le petit bout de femme qui était tendue comme une arbalète courait à en perdre haleine.
// Je...j’y suis presque ! //

C’est un sentiment perturbant que d’être sur le fil du rasoir. Même si celui-ci est altéré par le feu de l’action, du danger ou des films qu’elle ne cessait de se faire dans son esprit, la petite espagnole courait dans les bois de toutes ses forces en ignorant l’état de ses jambes. Cela ne signifiait pas forcément qu’elle aurait été plus rapide qu’un autre, que le colonel ou le reste de l’équipe si les rôles avaient été inversé. Et il ne fallait pas oublier qu’avec ce terrain irrégulier, ces arbres, buissons et ce foutu brouillard : c’était davantage une course au petit trot qui se faisait là. Mais Nelly ne cessait de se dire à chaque secondes qu’elle n’allait pas assez vite. Il fallait parfois s’arrêter, cesser de respirer, juste pour entendre l’écho du chant et vérifier qu’elle ne déviait pas de sa route. Mais malgré les tremblements, le coeur qui martyrisait sa poitrine et la chaleur qui lui brulait les poumons, la jeune femme se refusait à la moindre pause. Franchement, jusqu’où allait s’étaler ce foutu bois encore ? Cela lui paraissait tout bonnement interminable et elle se mettait à maudire une endurance qu’elle trouvait alors trop faible.

Elle allait désespérer, se disant qu’elle serait forcée d’appeler Pedge pour lui dire qu’elle n’était toujours pas là, lorsqu’elle perçu une petite éclaircie en face d’elle. Au début, Nelly cru qu’elle délirait, que son espoir fou de toucher au but lui faisait croire n’importe quoi. Mais le bois se terminait réellement par un début de clairière fait de la main humaine. La jeune femme s’interrompit soudainement sur cette lisière, le souffle irrégulier et bruyant, son regard écarquillé fouillant à travers les différentes bâtisses perceptibles une Pedge ou un Sheppard qui viendrait vers elle. Mais rien !
C’est là qu’elle les vit. Comme un serpent terne et sombre qui ondulait jusqu’à ce qui semblait être une petite place. Un cortège chantant de tout un tas de bonshommes, de femmes et d’enfants à peine visible dans cette nappe opaque.

Craignant d’être découverte, Nelly s’allongea au sol et rampa parmi les feuilles mortes, cherchant un point d’observation. Son mouvement n’avait rien d’un militaire entraîné, là où les autres auraient été particulièrement discret, là, c’est le brouillard qui lui sauvait la mise. Par chance, elle venait d’émerger dans un petit bosquet de lisière qui surplombait plutôt bien le village. D’ici, c’est comme si les batisses se trouvaient dans une cuvette et elle avait une vue plutôt bonne.

Nelly chassa donc les quelques amas de feuilles qui la gênait et positionna son MP5 en recherchant une posture qui lui permettrait de bien contrôler son arme. Mais elle soufflait fort, son coeur ne s’était toujours pas calmé, et elle découvrit que ses mains tremblaient beaucoup. Est-ce que c’était l’effort ? Ou avait-elle la pétoche de voir le reste de l’équipe se faire attraper ? Il se passerait quoi ensuite ?!?
Alors qu’elle sortait sa boussole, la jeune femme ferma les yeux et serra ses phalanges. Il fallait qu’elle arrête ça et qu’elle se concentre. Faire les choses par étapes, ne pas paniquer, arrêter de trembler comme ça et respirer, bon sang, RESPIRER !

// En...en position. Azimut 120 sur la boussole...un bosquet en lisière avec deux arbres. Prête à tirer... // Fit-elle d’une voix tremblante.

Nelly pointa son arme sans utiliser de laser. Elle n’avait pas de lunette mais elle pourrait utiliser l’organe de visée comme on lui avait appris. Et puis, le colonel devait forcément avoir un plan non ? Son regard parcouru le cortège. Mon dieu, ils étaient en train de bouger et ils semblaient être nombreux. Si nombreux.

// Pedge...colonel...ils se dispersent, il y en a partout ! //

Nelly n’avait pas su retenir son air affolé. C’était un tremblement de voix latent et continu, loin d’une quelconque hystérie, qui trahissait sa lutte pour tenter de se contrôler. Seulement, elle voyait tous ces gens se déplacer maintenant que la cérémonie était terminée. Comment allaient-ils se tirer de là ?

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Pedge / John



La rousse ne comptait pas rester les bras ballants. Elle aida Sheppard à passer l’uniforme sur la poitrine nue de la jeune femme. Elle semblait un peu interloqué qu’il ait réussi à péter les serrures avec sa breloque, mais elle ne disait rien. De toute façon, elle ne pouvait pas dire grand chose à dire vrai. Jessy ne réagissait pas. Elle était complètement amorphe, dans un état de léthargie profonde.
// Colonel, je suis désolée de vous dire ça, mais les villageois sont en train de réinvestir le village. Dans trois minutes maxi ils sont à la bâtisse. Ils sortent de la forêt. //
// Je me dépêche, soyez prête à courir //
Pedge était calme et elle vigilait toujours. Histoire de ne pas se faire repérer par les autochtones tout de suite, surtout qu’elle liait l’état de McKenzy à ces mêmes villageois, elle pénétra dans la longère pour observer depuis la fenêtre. Elle ne resta cependant pas inactive, car elle fouilla un peu le bâtiment tout en jetant un coup d'oeil régulier dehors par les huisseries, pour surveiller les habitants. Pour le moment, ils étaient sur la place du village, autour du char amputé de sa croix. Elle trouva une porte dans la salle attenante, derrière l’espèce d’estrade, qui donnait de l’autre côté du bâtiment, de l’autre côté de la cour. Avec un peu de chance, ils pourraient se barrer par là, avec la longère en guise de protection.
// Nelly, il nous faut un appui feu très rapidement ! // , braya Pedge dans sa radio. Elle espérait que l'hispanique n’était pas loin. Car là, ça commençait à devenir merdique comme situation, surtout s’ils devaient se trainer quelqu’un de blessé.
// Je...j’y suis presque ! //

Du côté de Sheppard, Cosette passa un bras de la blonde tondue par dessus ses épaules, et elle fit mine de l’aider à se relever. En gros, elle disait à Sheppard qu’elle allait aider à la remonter, et à la transporter. Elle lui fit les gros yeux pour qu’il se bouge.
Pas besoin de plus parler, le militaire avait saisi l’urgence et il sentait l’adrénaline dans son corps. Il prit comme il put l’autre côté de la scientifique enfin vêtue. Elle était assez légère et finalement, il se rendit compte, qu’a deux ils mettraient plus de temps.
« Passe devant Cosette, je vais la porter, pour aller plus vite. Prend ça. Tu dégoupilleras le cercle, et le lancera vers les villageois, cela va faire de la fumée pour nous cacher et rejoindre la forêt.»
Il n’avait pas à 100% confiance, mais bon il fallait bien une diversion. Il prit dans ces bras la scientifique et monta aussi vite qu’il put l’escalier de la cave prison et rejoignit Allen, avec Cosette qui ouvrait le chemin.

« On passe par derrière Colonel. Normalement, ils ne devraient pas nous voir avec cette maison entre nous. », fit Pedge, soulagée de voir revenir Sheppard, sentiment qui s’envola quand elle vit l’état épouvantable dans lequel était McKenzy. La sauvageonne rousse était libre de ses mouvement, et elle avait même une grenade à la main. C’était un fumigène. La sous lieutenant fit les gros yeux, mais manifestement, le colonel pariait sur sa coopération. Soit. Après tout, elle leur avait montré où était l’une des leurs.
John hocha la tête, il soutenait la scientifique avec Cosette et vu leur lenteur, il fallait avoir un obstacle pour les camoufler.
« On ne traine pas alors ! .»
Le temps d’arriver à la porte qu’elle avait repéré, la voix tremblante de Nelly se fit entendre dans la radio. Elle était essoufflée :
// En...en position. Azimut 120 sur la boussole...un bosquet en lisière avec deux arbres. Prête à tirer... //
C’était une bonne chose si Bricks était en position, prête à couvrir leur retraite. Il fallait faire diversion, c’était une nécessité. John se sentit aussi soulagé à l’instar de Pedge, elle était pas loin d’eux et prête à les couvrir, enfin, il espérait qu’elle ne merde pas ce côté là de la mission ! Une fois pas deux ! L’hispanique rajouta en panique :
// Pedge...colonel...ils se dispersent, il y en a partout ! //
Cosette semblait attendre, tenant fermement son fumigène dans les mains. Elle ne savait pas quand elle devait le lancer, et elle comptait sur Sheppard pour le lui indiquer. L’objet en question lui filait une peur bleue, car elle ne comprenait pas ce qu’il allait faire. De la fumée ? Comment était-ce possible ? Est-ce qu’il y avait du feu d’enfermé là dedans ?
// Nelly, on sort par derrière la longère, à l’opposé des villageois. On fera un écran de fumée avec un fumi, essayez de les distraire pour qu’ils se regroupent, ou aillent vers un point donné qui nous laissera une marge de manoeuvre. //
// Reçu ! //

Pedge réfélchissait à toute allure, et elle espérait ne pas prendre des largesses de commandements sur les plates bandes de Sheppard. D’un côté, elle ne portait pas Jessy, et elle avait les mains libres, ce qui ne dispensait pas le colonel de réfléchir, bien entendu.
John ne prit nullement ombrage de l’ordre d’Allen, après tout elle est officier et on lui demande de réfléchir et non d’être un bon exécutif comme un simple soldat ! Il était en accord avec cet ordre et avait déjà à faire avec la scientifique. Il fit signe, pour que le groupe longe la maison. Tout allait sur des roulettes, jusqu’au moment… Où personne n’avait prévu, que des soldats avec leur fourches, aient prit de l’avance, où du moins, les soldats qui avaient pourchassée Nelly, revenait en piteux état (avec surement des personnes en moins), par le côté où les Atlantes comptait fuir.

Immédiatement, l’un des hommes, sonna à sa corne pour avertir les autres. John regarda Cosette et prit dans ces bras-là scientifique pour la faire tourner sur son dos, pour la porter plus efficacement. Passant son sac sur le devant, ajustant avec son arme qui se retrouvait plaquée contre le sac. Au pire, il utiliserait son pistolet, mais il ne pouvait pas tout faire.
« Enlève le cercle et balance le fumigène vers eux le plus loin possible !»
La pauvre jeune femme trembla de pieds en cape et dégoupilla du mieux qu’elle put, s’étonnant de la résistance de ce cercle métallique… Dès qu’elle vit de la fumée s’échapper de l’étrange objet, elle le lança vers les soldats au loin. John se mit à courir, enfin essayait avec son poids sur le dos. Il fallait profiter de cet écran au plus vite ! Et le colonel, se mit à courir vers la forêt.

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Faire diversion…

Nelly s’était déjà préparé à tirer en aménageant un peu son poste d’observation. En plaçant quelques pierres et ayant dégagé des feuilles mortes pour poser le canon de son arme et stabiliser sa visée le plus possible. Ce n’était certainement pas avec un MP5 qu’elle pourrait jouer d’un tir de précision mais c’était toujours ça de pris pour être au maximum efficace. Elle était en train de disposer un chargeur à portée de main, déjà sorti, lorsqu’elle avait eu cet appel.

Elle se positionna le mieux possible, essayant de se souvenir des conseils de son instructeurs lorsqu’elle avait fait ses classes, ainsi que les remarques lors de son test pour la mutation. L’oeil sur l’organe de visée, elle monta légèrement plus haut pour compenser le trajet de la balle. Ils approchaient de plus en plus, ça lui foutait la frousse, il fallait impérativement les retenir, faire gagner du temps à Sheppard. Alors elle visa devant les pieds des premiers et veilla à ne pas se tromper.

// Diversion en cours : tir ! // Annonça-t-elle à la radio.

Ne pas se presser, être lente mais précise.
Elle bloqua sa respiration et pressa la détente.
Plusieurs rafales montèrent jusqu’à eux pour se planter deux ou trois mètres devant la foule qui sortait du bois. Elle avait visé au bon endroit et elle activa son laser, qui ne servirait à rien malgré la distance, mais qui intéresserait sûrement ces braves enfants de choeurs au lieu de fouiller la longère.

Nelly vida son chargeur de cette façon, rafales par rafales, cherchant à leur interdire toute approche en direction de la position de ses amis. Elle remarqua qu’un des civils s’étaient écroulés en se tenant le flanc, elle avait dû le toucher mais elle ne s’en formalisa pas. Vu ce qu’ils avaient fait subir à McKenzy, elle n’allait pas faire dans la compassion. Elle engagea un nouveau chargeur et balaya une nouvelle fois l’avant de la colonne pour les faire reculer, ou dévier à l’opposé du village. Mais il y en avait de plus en plus au point qu’elle peinait à garder ce troupeau bien uni. Alors qu’elle engageait son dernier magasin et tirait le chien, elle écarquilla les yeux en voyant une patrouille inattendue qui se noyait dans la brume d’une fumigène à peine déclenché.

La jeune femme se revit quelques heures plus tôt, croyant faire peur à la foule lorsqu’elle avait déclenché la sienne. Deux soldats avaient bien failli la rattraper. Son canon dévia alors sur l’écran de fumée, elle voulait y vider son chargeur pour appuyer ses amis mais son doigt s’arrêta à mi-chemin. Pedge allait régler ça, l’ordre c’était de faire diversion et elle avait assez déconné. Alors elle retourna vers le reste de la troupe pour les retenir, visant cette fois-ci les jambes de ceux qui comptaient foncer sur la position de Sheppard. Il ne lui restait plus beaucoup de munitions alors elle tira au coups par coups.

Ses dernières cartouches tombèrent avant le clic fatidique...et c’est là qu’elle entendit un bruit dans son dos...un cri de guerre !

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Si les villageois revenaient tranquillement, en chantant, de leur petite escapade sacrificielle dans la forêt, ils étaient désormais en panique. Des mottes de terre se soulevaient devant leur pied, sans qu’ils ne sachent pourquoi, et certains s’effondraient en voyant leur membre transpercé, voir arraché en partie. Ils hurlaient comme des porcs qu’on égorge, foutant les pétoches aux autres villageois. Certains criaient que c’étaient les sorciers les responsables, qu’ils se vengeaient de ce qu’ils avaient fait subir à l’une des leurs, d’autre que c’était le Démon. Certains priaient sur place, d’autre se couvraient les oreilles en se prosternant sur place, pour échapper au bruit des détonations, quand certains couraient en tous sens pour se réfugier à l’abri. Le fumigène fut l’apothéose du bordel. Cette fois c’était sûr et certain, les enfers se déversaient sur eux et ils allaient tous mourir. Des femmes s’évanouirent, des hommes tentèrent de rentrer leurs enfants dans les chaumières. Très peu furent ceux qui allèrent vers la fumée. Ainsi, Pedge, John, Jessy ne furent pas importunés et ils parvinrent sans encombre jusqu’à la forêt.

Du côté de Nelly par contre, ce n’était pas la même chose. Le cri de guerre dans son dos n’était autre que celui d’un homme imposant, qui voyait les siens paniquer. Il tenait la responsable, il allait pouvoir faire en sorte que tout cela cesse. Il était chauve, la barbe fournie, et il portait une bure marron délavée par le temps, nouée à la taille par une ceinture en cuir défraîchie. A son cou pendait des symboles similaires à ceux gravés dans les arbres, tandis qu’au bout de ses oreilles aux lobes déformés par le poids, pendaient des runes. Il avait les yeux exorbités de voir le démon en face de lui, et il comptait bien se battre avec hardiesse et courage pour le défaire, faisant fit de sa peur, comblant ses appréhensions par son fanatisme divin.

Nelly ne le savait pas encore, mais elle était devant l’entité qui représentait la foi de ces gens. Un prêtre pourrait-on dire, une sorte de messager divin, qui dévouait sa vie à combattre la sorcellerie et l’obscurantisme des enfers. Toute sa vie, il avait attendu un moment comme celui-là. Il n’avait pas d’arme. Simplement ses poings, et sa foi. Il fonça sur Nelly.

Du côté des autres aventuriers, Jessy s’accrocha brutalement à Sheppard, avant de se laisser tomber à plat ventre pour vomir de la bille. Elle éructa et cracha en couinant de douleur, forçant le groupe à s’arrêter.

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Ce bruit lui arracha un cri de surprise alors qu’elle se retournait vivement sur le dos, abandonnant son MP5 qu’elle savait vide de munitions, pour porter la main sur la crosse de son arme de poing. Son regard s’était déjà posé sur l’homme qui se tenait devant elle, écarquillant également les yeux tout en faisant l’erreur de le prendre pour l’un des hommes de Conan. Allez savoir ce qui lui était passé par la tête à ce moment-là mais Nelly avait eu une déduction très altérée. Elle s’était dit que cet homme venu dans son dos ne pouvait déboucher que de la même trajectoire emprunté par les sauvages qui ne voulaient pas la laisser rejoindre le village. Son coeur battait encore brutalement dans sa poitrine sous l’effet de la surprise, son regard s’attardant sur les insignes religieuses et la tenue de l’étranger, quand elle comprit l’erreur qu’elle venait de commettre.

Ni une ni deux, le chauve s’élança en direction du sol pour se munir d’une vieille branche, d’un bâton, d’un machin. Peu importe, Nelly essayait fébrilement de tirer son neuf millimètres d’un geste trop tendu pour être précis. Le temps qu’elle comprenne qu’elle n’avait pas retiré la languette de protection, qu’elle tire finalement son arme pour le pointer sur son ennemi, le bois vola et emporta sa main sur le coté. Le coup partit en un énorme “PAHHH” qui se perdit dans les bois, en même temps que l’arme s’enfouissant profondément sous un amas de feuille morte, et le chauve releva son arme sur un revers qu’elle esquiva dans un bond qui tenait presque de l’instinct miraculeux.

« SORCIÈRE ! » Hurla-t-il rageusement tout en fondant sur elle.

Nelly aurait voulu appeler à l’aide. Demander Pedge à la radio, avertir le reste de l’équipe, que la cavalerie débarque pour lui régler son compte. Ce type était deux fois plus grand et quinze fois plus lourd qu’elle ! Nelly avait l’impression d’être une brindille faisant face à un glissement de terrain. La peur était là...ou la terreur, plutôt !...la terreur était là mais endormie sous le sentiment de péril imminent. Dans le feu de l’action, elle se retrouvait tendue à l’extrême, désormais bien consciente qu’un duel à mort inégal venait de s’engager.

Elle tira rapidement son poignard au moment où Brutus (elle l'appellerait comme ça) gueulait de nouveau en fonçant sur elle, la matraque bien en l’air. Nelly se jeta sur lui en mêlant son cri au sien, plantant sa lame dans un mouvement de pic à glace dans l’épaule avant que le coup ne porte. Elle aurait bien voulu répéter l’opération mais une lutte de cette envergure rendait son ennemi très réactif et extrêmement dangereux. Il avait à peine lâché son arme sous le coup de la douleur, sa plainte s’étouffant pour reprendre une pleine vigueur, que ses mains étaient venues enserrer son gilet tactique pour la soulever comme un fétu de paille.
Une terrible douleur irradia dans sa colonne vertébrale et dans son crâne, sa vue s’assombrissant autour de quelques chandelles, et elle comprit tardivement qu’il l’avait brutalement plaqué contre un tronc.

Elle était secouée n’importe comment, il avait une force terrifiante, ça lui semblait insurpassable. Mais Nelly n’avait pas l’intention de se laisser faire, elle tentait d’user des techniques qu’elle avait apprise durant sa formation mais, sans l’automatisme, la force qu’elle tenta d’exercer fût parfaitement insuffisante. Sa formation s’était limité au minimum de base. Pas de spécialisation comme pour un agent de terrain. Celui qui s’améliorait au corps à corps ou au tir ne s’entrainait pas à l’interception missile comme elle l’avait fait. C’était une copilote avec le meilleur ration de destruction, pas une pugiliste qui s’en serait défaite en deux tours de bras. Encore un choc, à se faire écraser contre le tronc d’arbre, et dans sa détresse, elle porta la main jusqu’à ces runes qui lui pendouillait sous le nez. Nelly s’en empara et les tira de toutes ses forces, arrachant une bonne moitié de l’oreille droite du Brutus qui se mit une nouvelle fois à gueuler. L’hispanique remonta alors son genou pour chercher la virilité de son adversaire et le sentit se recroqueviller, libérant enfin son étreinte.

C’était le moment de filer !
La jeune femme fit les premiers pas, engageant sa course en évitant de s’emmêler les pinceaux, mais Brutus semblait plus résistant que ça et il se jeta sur elle, l’écrasant de tout son poids en l’amenant au sol à sa suite. Ils roulèrent ensemble dans les feuilles mortes, les cris et les plaintes se mêlant. Mais ce type avait la taille, le poids et la force pour lui, il était complètement fanatique. Il parvint à lui monter dessus, lui écartant de force les bras pour exposer pleinement son visage, puis Brutus arma son poing et l’abattit sans la moindre retenue.

BAM ! BAM ! ET BAMMM !

Nelly s’affaissa quelque peu, le regard perdu, complètement sonnée, tandis que son adversaire assurait sa position en lui montant dessus à califourchon. Brutus leva le regard vers le ciel, prenant une longue et lente inspiration fervente, puis il la regarda dans un air pleinement dominant. Complétement paralysée, déboussolée, l’hispanique sentit la panique l’envahir. Elle savait qu’il ne fallait surtout pas la laisser gagner, que cela signerait surement la fin de sa vie, mais elle n’y parvint pas. Elle pensait que l’équipe était encore loin, qu’ils devaient s’occuper de McKenzy et qu’elle était sûrement bien peu de chose au final. Bref, Nelly fût envahit par le désespoir.

Elle qui pensait se faire virer par Sheppard. L’officier n’aurait finalement pas besoin de prendre cette peine. Mais dans les méandres de son étourdissement, elle atteignait simplement ce constat lorsque Brutus porta son regard sur elle. Il était en train de psalmodier quelque chose en se munissant de l’un de ses signes religieux. Nelly se sentit se débattre inutilement, l’homme lui écartant une nouvelle fois les bras, avant de lui asséner un coup supplémentaire. Il y avait quelque chose de chaud qui coulait sur sa figure, comme de la boue, ou de la mélasse, un truc poisseux. Elle ne comprenait pas vraiment ce que c’était.

« Chuttttt...tout va bien, ce sera rapide... » Siffla doucement celui-ci d’un air bienveillant et paternaliste, ce qui le rendait encore plus malsain et terrifiant.

Le regard de Brutus la considéra une nouvelle fois alors que sa main s’égara doucement dans ses cheveux emmêlés. Elle glissa ensuite le long de son cou et de sa poitrine pour revenir sur l’encadrure des lourdes jambes de l’agresseur qui délia doucement sa ceinture. L’idée qu’il veuille soudainement la violer lui fît l’effet d’un coup de tonnerre et Nelly s’agita brutalement en s’écriant :

« Pas ça...NON ! PITIÉ ! »

Sa voix s’était étranglée dans une détresse et une panique qu’elle ne se connaissait pas. Les menaces de mort, elle en avait vécu des tas dans le cockpit de son F-302. Mais elle était toujours avec son pilote et dans un tout autre environnement. Là, elle se sentait démunie, exposée, complètement soumise aux idées de ce type. Elle avait beau essayer de bouger, ce poids infernal la privait de tout mouvement, rendait même sa respiration contraignante et difficile. Nelly remua des bras et des jambes comme une forcenée, refusant que Brutus ne la touche, mais elle ne parvenait qu’à l’énerver davantage. La panique la gagna entièrement et elle hurla à pleins poumons :

« SHEPPARD ! PEDGEEEE !!!! »

Brutus lui prit la tête entre ses mains avant de la cogner brusquement contre le sol une fois, puis deux. Le cri de détresse de Nelly cessa immédiatement.
En s’affaissant comme un pantin désarticulé, le visage défiguré dans une expression de douleur muette, elle le vit ôter sa ceinture avec un mouvement lent et presque chorégraphique alors que tout un chapelet de prière se déversait. L’homme passa la ceinture autour de son cou, chassant les bras qui se levait avec une effroyable lenteur, ne défendant plus rien du tout. Le voilà maintenant, entourant les deux extrémités du lien en cuir autour de ses mains pour une meilleure prise, préparant sa strangulation avec une minutie et une intense concentration.

« Les engeances du Démon qui descendent des enfers…RESTENT en enfer... »

Et il serra. Une pression terrible bloqua sa respiration et lui fit mal. Une douleur si horrible que son visage s’étira, prenant la teinte rouge tomate, allant jusqu’à lui faire sortir la langue. Cela lui avait fait expulser le peu d’air qui lui restait dans les poumons mais rien ne vint ensuite. Nelly tendit sa machoire vers le ciel dans le vain espoir de pouvoir happer ne serait-ce qu’une once d’oxygène, ses jambes battant à peine les feuilles mortes, tandis qu’un voile de fourmillement semblait descendre sur elle.

Son coeur cognait à tout rompre, Brutus serrait tranquillement, et elle était là, à l’agonie, incapable de s’en sortir. Ses mains étaient venu accrocher son manteau dans l’espoir de le repousser, de l’éloigner d’elle à tout prix, mais elle était si faible maintenant que sa tentative s’apparentait à des caresses d’un point de vue extérieur. Sa main droite redescendit alors dans les feuilles à la recherche d’une arme quelconque, d’une pierre, quelque chose à lui envoyer dans la figure. Mais Nelly n’était pas dans un film à sensation. C’était la réalité et il n’y avait ni pierres, ni branches.

Alors que cette douleur atteignait un paroxysme inégalé, qu’elle n’avait jamais connu, Nelly fût prise d’un terrible sentiment d’abandon. Ses yeux suppliants ne trouvaient pas écho chez son agresseur et elle était foutue, carrément foutue. Son regard horrifié ne cessait de courir à droite et à gauche à la recherche de ses collègues.
Sheppard, Pedge, le punisher, où étaient-ils ??? Pourquoi n’étaient-ils pas là pour elle ? Pourquoi est-ce qu’ils la laissaient tomber comme ça ?
Nelly se sentit partir. Il faisait de plus en plus sombre et, dans le chaos tumultueux de son esprit, elle eut son dernier trait d’humour en songeant que ce type aurait au moins eu la sympathie de la faire partir durant une mission sur Pégase. Lui évitant de mourir une fois virée sur Terre…

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Personne n’avait entendu le hurlement de Nelly. Personne. C’était la panique dans le village, tout le monde hurlait suite à l’attaque soudaine et des plaies qui apparaissaient subitement sur les membres. Alors un cri de plus ou de moins, cela ne pesait pas lourd dans l’ambiance sonore actuelle. Le prête arrêta la strangulation quand il sentit qu’elle perdait connaissance. Non, il ne comptait pas la finir avec sa ceinture, car là n’était pas sa vocation. Il avait vaincu, il avait capturé une engeance, il appartenait maintenant à la vindicte populaire de la sacrifier. Mais avant toute chose, il fallait qu’il la fasse avouer. Elle devait s’exprimer comme le démon, ainsi, peut-être que son âme reviendrait vers eux au moment de la mise à mort.

Il l’étudia alors qu’il remettait sa ceinture. C’était une belle femme, taillée pour être tentante auprès du mortel, et ainsi l’entraîner vers des affres douloureuses. Il ne se ferait pas avoir, même s’il savait qu’il se masturberait longuement une fois qu’il aurait libéré cette poitrine opulente qu’il avait sous le nez. Tout ça avant de la graver de runes et de glyphes protectrices, comme il avait fait à l’autre blonde. D’ailleurs… Il prit une large poignée de cheveux dans ses mains, et il les laissa filer comme on le ferait avec de l’eau… De la soie. Rien que de la tentation ! Il faudrait la tondre également. Elle portait les mêmes vêtements que l’autre. Elles étaient probablement de la même tribu. Ces gens qui venaient de la Bouche des Enfers ne devaient plus communiquer avec quiconque ici. C’était décidé.

Il se redressa et il la charria sur son dos comme un vulgaire sac de patate, puis il marcha en direction du village. Il s’arrêta au niveau d’un soldat en armure.

« Ekaelle. Organise des hommes. Il faut consolider nos runes et nos glyphes autour de la Bouche. Elle a prit une vie aujourd’hui, et regarde… »

Il tourna d’un demi pied pour montrer le visage de Nelly qui pendait dans son dos. L’autre recula d’un pas en prenant conscience que c’était la sorcière qui les avait attaqué pour sauver son amie qui allait être sacrifiée.

« Elle nous a déjà envoyé une autre de ses représentantes. Les runes ne suffisent plus, organise aussi des gardes. Prévois un messager doté d’une monture svelte pour nous prévenir si d’autres viennent.»

Le prêtre cracha par terre en remettant correctement le poids plume sur son épaule, s’en foutant royalement s’il lui avait bourré l’estomac de son épaule à l’os saillant.

« J’avais dit à Jortard qu’il ne fallait pas laisser partir les autres… Foutu fils de fermier.»

Il s’éloigna du type sans attendre plus de réponse. Manifestement, il faisait figure d’autorité ici. Il pénétra dans la longère, descendit les mêmes marches que Sheppard avait emprunté en compagnie de Cosette. Il plaça Nelly dans une cellule, avant de constater que celle de Jessy était vide. Ses yeux s’agrandirent de stupeur, et sa colère résonna dans le cachot tellement il hurlait ! Il lui avait dit à Jortard qu’il aurait du laisser des gardes, mais ce crétin n’écoutait jamais ce qu’il disait ! Il était temps que quelqu’un le remette dans le droit chemin !

Il vérifia le verrou de la cellule de Nelly et il remonta, la laissant seule.

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Dim 14 Jan - 13:31
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La main froide




Pedge / John



La course fut effrénée même si la fumée et surtout la diversion de Nelly avait complètement occulté la fuite des deux officiers, Cosette et la victime. John entendait des hurlements de panique et autre cri d’effroi, Nelly avait foutu un beau bordel ! Très bien ! Pedge était fière aussi, surtout qu’il ne semblait pas y avoir de poursuite à leur endroit. La diversion était donc réussie. Cela ne l’empêchait pas de regarder les alentours tout en courant devant les trois autres.

Après John n’avait pas que ça à faire que de prêter attention aux bruits humains derrière lui, son objectif était de se rendre dans cette fichue forêt, pour se mettre à l’abri et surtout mettre au sol la scientifique, qui lui pesait sur le dos. Et qu’on dise pas que les pilotes ne font jamais de sport avec ça !

Et durant ce marathon, la scientifique reprit ses esprits, s’accrochant sans aucune douceur au cou de Sheppard qui allait avoir des marques ! Et cette fois, ce ne fut pas pour une nuit de folie ! Elle semblait l’avoir reconnu. Par chance, elle n'émit pas de bruit. Manquerait plus qu’elle hurle et que les villageois se radinent, quoiqu’avec le bruit…

Une fois arrivée et à une bonne distance dans l’épais feuillage pour éviter que d’éventuels soldats ne viennent leurs souhaiter la bonne année, John ralenti, soufflant un peu, regardant si tout le monde était là… sa maigre équipe de winner.
« Tout le monde va bien ? » Il regarda tout le monde, même la sauvageonne à qui il sourit, elle avait été courageuse avec la grenade et il n’aurait pas pensé qu’elle les suive vraiment d’ailleurs. En tant que muette, elle devait être attentive aux mimiques et il lui serait facile de voir que l’homme était plutôt sincère et bienveillant. D’ailleurs, elle lui fit un sourire timide, alors que Pedge revenait vers son supérieur, ayant inspecté rapidement les environs sur quelques pas. Elle était rouge d’avoir couru :
« Rien a signaler dans un environnement proche. J’ai l’impression qu’on les a semé. » fit-elle en jetant un coup d’oeil derrière le colonel, pour sonder le sous-bois.
« [color=mediumturquoise] Très bien ! On va se reposer un peu ! ]/color] » Dit-il le visage rougit par l’effort et quelques perles de sueurs sur le front.

Il marcha un peu dans le sous-bois, pour déposer Jessy, sur une souche d’arbre. Elle avait une sale mine, le crâne mal rasé le corps pleins de runes qui ne partiront pas, sauf avec une bonne séance de laser longue et douloureuse… Heureusement et avec l'aide de Cosette il avait réussi à la rhabiller d’une manière plus standard. Elle pouvait se féliciter de n’avoir qu’une paire de seins modeste, puisque sans soutiens gorges, les prochaines aventures lui seront douloureuses. Pourquoi pensait-il à ça ? Cela n’était pourtant pas une pensée perverse ni rien, mais ce fut un constat, quand il avait essayé de lui redonner forme humaine, mise à part une culotte en coton usagée elle n’avait rien eu de plus. Comme si le geôlier avait gardé un trophée ou avait jeté cet objet.

Enfin qu’importe, John souffla rudement détachant son sac et son arme, pour la poser à côté de la souche.

« Allen, surveillez nos arrières, Cosette reste près de Jessy » On va éviter qu’elle se balade et fasse Nelly n°2. En parlant d’elle, elle ne devait pas tarder à les rejoindre. Il lui laisse une dizaine de minutes avant de la contacter. Pedge indiqua qu’elle avait bien reçu et elle s’éloigna de quelques mètres pour surveiller les environs, restant à portée de regard et de parole. Le regard de John alla sur Jessy, se mettant devant elle, pour lui toucher l’épaule dans un signe réconfortant.

« Jessy… Vous allez bien ? » Question très con, mais que pouvait-il dire de plus ? ”La séance de torture était cool ? ils vous ont violé ? vous avez mal quelque part ?” … En une question il lui demandait tout cela et tout ce qu’elle pouvait bien vouloir leur dire. John n’avait jamais nommé la jeune femme par son nom de famille, du moins, pas depuis qu’ils avaient passé une nuit ensemble, il y a trois mois.

Il s’entendait bien avec elle, sans pour autant être des supers copains, il ignorait son existence ou presque il y a environs 5 mois donc bon. Une bonne entente de collègue, qui s‘était finie par un pied égal lors d’une soirée poker un peu trop arrosée organisé par Jessy. Et même si John ne buvait pas à s’en rendre malade il avait bien profité des effluves d’alcool du pays de la jeune femme. Enfin qu’importe, sur le coup, il avait oublié ce moment-là. Il n’avait jamais eu de problème depuis toutes ces années avec ce sujet et celui lui était passé au-dessus de la tête. Une de ses nombreuses conquêtes sans pour autant l’avoir vraiment marqué.

« John… », fit-elle dans un râle douloureux, en tenant le vêtement contre sa poitrine dans la peur qu'on lui enlève à nouveau, ses bras l'enveloppaient dans une protection rassurante comme une maman envelopperait son enfant, alors qu’elle se prostrait sur elle-même, se repliant en position fœtal. Elle semblait souffrir et ce n’était pas son état général qui allait infirmer cela.
« Je suis contente de voir que… », elle toussa légèrement, crachant un caillot de sang coagulé qu’elle devait garder dans sa bouche. D’ailleurs, en y regardant de plus près, il lui manquait des dents, quand elles n’étaient pas cassées… Ses joues étaient tuméfiées, signe qu’elle avait prise des baffes assez violentes pour lui déchausser les chicots en prime. « ....que la cavalerie est là. ». Elle tenta un pâle sourire édenté.

« C’est un peu tard pour moi j’ai l’impression. », dit-elle en fermant les yeux, oscillant entre la conscience, et l’envie de sombrer à nouveau.

John ferma immédiatement son visage, ne voulant pas qu’elle voit l’horreur sur son visage… Elle crachait des dents et du sang. Il n’avait aucune compétence médicale et Allen aussi. Il fallait rejoindre la porte au plus vite. Une tension désagréable alla le long de sa colonne vertébrale… Les fumiers.
Il s’agenouilla devant elle, lui frottant les cuisses, comme pour lui donner un peu de soutien, surtout après cette phrase horrible. Elle souffrait et elle annonçait sa mort en prime.
« On va te ramener sur Atlantis. » Il mettait beaucoup de conviction dans cette phrase pleine d’espoir et de chaleur. « Que s’est-t’il passé ? » Il chercha dans son sac une seringue de morphine pour la soulager.

Mine de rien, les gestes de réconforts, nullement intrusif, à la périphérie de son corps, l’aidait plus que les paroles. C’était agréable de sentir un peu de douceur après le calvaire qu’elle avait enduré. Le type, cet espèce de prêtre fanatique, n’avait jamais manifesté une once de douceur avec elle, restant rigide, inflexible, et sadique. Il ne s’était pas montré comme un pervers, qui pouvait donner, pour reprendre ensuite afin de blesser plus psychiquement sa victime. Non, si bien qu’elle arrivait à associer des gestes de réconfort à de la tendresse, sans crainte qu’on ne la frappe ensuite. La cavalerie était arrivée, comme elle l’avait si bien dit. Elle ne doutait pas une seule seconde qu’ils ne la ramèneraient pas sur Atlantis.

« Je sais. », souffla-t-elle dans un râle sifflant. Elle ouvrit les yeux, pour papillonner sur le visage de John. Il lui sourit simplement.

« C’est de ma faute. Tout se passait bien et… ils ont attrapé cette fille, une rousse. » Ses yeux se firent vague, mais cela ne dura que quelques secondes, avant qu’elle ne se reprenne un peu. « Pommos, elle s’appelait Pommos. »
Ce fut donc la jeune femme qu’ils avaient vu… John baissa les yeux doucement, il n'allait pas lui dire qu’elle était morte, elle devait le savoir.

Elle faisait un effort manifeste de mémoire. « J’ai voulu l’aider, j’ai discuté avec eux, j’ai plaidé en sa faveur, mais ils avaient toutes les raisons du monde de la considérer comme une sorcière… et du coup, je suis devenue moi-même une cible sans m’en rendre compte. Et tout a dérapé… »

Quelques larmes coulèrent sur ses joues, traçant un sillon dans la saleté de son visage. Elles se teintèrent rapidement de rouge en traversant les rigoles de sang coagulé sur ses pommettes, vestiges des ecchymoses qu’elle portait malheureusement sur le visage. Cosette s’était rapprochée elle aussi, et l’air de rien, elle plaqua la tête de la scientifique sur sa poitrine, en geste de réconfort.

Voilà comment était récompensé le don d’empathie chez les Atlantes : par des coups. Cela était révoltant. John ne dit rien, laissant faire Cosette qui avait décidé de faire un câlin à Jessy et cette étreinte semblait salvatrice, puisque la scientifique pleurait à chaude larmes. John se releva, frottant l’épaule de la pauvre, ayant beaucoup d’aigreur d’insister et surtout de lui faire en traitre, la piqure dans la nuque dans une veine visible au milieu de son corps bleuté. La morphine la soulagerait.
Jessy, se détacha doucement des bras de Cosette, pour regarder John, elle ne voulait pas sourire, puisqu’elle avait honte de son rictus édenté… dans quel état allait-elle revenir ? Les médecins n’arriveront jamais à lui refaire un corps comme autrefois, plus personne n’oserait la regarder ou même la désirer et les miroirs ? Allait-elle les briser un part un ? De honte de son reflet… D’autres larmes coulaient une nouvelle fois.

John l’encourageait du regard à continuer son récit… Il toisa Allen, qui toisait les environs et lui fit un geste de moulinette sur son oreillette, pour qu’elle contacte Nelly, pour l’informer de leur position.

Pedge était suffisamment proche pour entendre ce que Jessy racontait, mais suffisamment loin pour ne pas l’étouffer. Elle avait assez de John et de Cosette autour d’elle. Son récit la révoltait plus qu’elle ne le montrait. Si ça ne tenait qu’à elle, elle retournerait dans ce village pour faire le ménage. C’était un peu ce sentiment là qu’elle avait eu sur Ovidae, et elle avait su faire avec. Malheureusement, cette galaxie regorgeait de peuple primitif comme celui-là, et quelque part, c’était aussi une volonté des Wraiths de maintenir les humains, leur troupeau en quelque sorte, à l’ère des consciences obscures. Pas d’élévation de l’esprit, pas de progrès technologique, le strict minimum pour qu’ils pêchent, chassent, fassent un peu d’agriculture, afin de se reproduire et d’engendrer du bétail en plus pour nourrir les ruches.

La militaire jouait distraitement avec une sangle de son gilet tactique tout en guettant les bruits suspects dans les bois, ainsi que l’arrivée éventuelle d’ennemis. Elle capta le regard de Sheppard, qui lui fit comprendre de contacter Nelly.

// Nelly, quel est votre position, vous devriez nous rejoindre maintenant. //

Elle attendait une réponse pour lui indiquer l’azimut. Mais rien ne vint à part le silence. Pedge porta la main à son oreillette pour l’appuyer sur son pavillon auditif.

// Bricks ? Répondez Bricks. //

Le lieutenant fit les gros yeux à Sheppard, lui demandant implicitement s’il l’entendait dans sa radio. Peut-être que son transmetteur déconnait et que le Colonel parviendrait à la contacter, lui.

John fut interloqué et essaya de contacter Bricks en vain
// Bricks ? Bricks vous nous entendez ? // Apparemment non… Cela commençait à être inquiétant, ça se trouve elle était en zone sensible et ne pouvait pas parler sans se faire repérer ? Pourtant tout le monde avait dû rejoindre le village non ?

Jessy de son côté, commençait à s’apaiser sous l’effet de la morphine et des gestes de réconforts. Sans trop se rendre compte du trouble des militaires, elle continua d’ailleurs son récit.

« Ils nous ont invité à manger, et soudainement, on a été pris en otage. Je fus mise aux arrêts, et les autres furent dépouillés de leurs équipements. Néanmoins, les villageois ne les considéraient pas comme des sorciers eux aussi. Moi par contre… » Elle soupira. « Moi par contre, j’avais été séduit par les enfers, en prenant la défense de cette femme, je manifestai un attrait, une corruption, et je devais m’en défaire. Et voilà comment ils procèdent. », dit-elle en se montrant du doigt… Elle n’était pas précise à souhait dans son récit, mais elle faisait du mieux qu’elle pouvait avec les idées qu’elle avait du mal à ordonner.



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Mar 16 Jan - 14:33
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Il y avait un goutte à goutte continu.

L’écoulement perlait depuis une hauteur et impactait une flaque en faisant le son caractéristique d’une goutte qui éclate. C’était la signature parfaite du film d’horreur bien glauque et malsain. Des murs en pierre de grés, collés avec du mortiers effrités en divers endroits, et des gravures de ces insignes tribaux bizarroïdes. La pénombre se mêle à la lueur faiblarde et timide d’une bougie qui se meurt sur la table du geôlier, là-bas. Du coup, il n’y a presque rien à voir.

Plic...plic...plic…

C’est bien la seule activité sonore dans le coin.
Pas de toux trahissant la présence d’un gardien enrhumé, pas de bruit de pas d’un garde impatient et pas de tête de curieux venu observer la sorcière qu’elle était. Non...personne.

Ah ? Si...il y a un murmure...un gémissement de douleur. Il est faible et altéré par une gorge abimée, c’est à croire qu’il sort d’un type grippé et sur son lit de mort. Il y a du son et de la lumière, ça veut dire de la conscience. Mais alors pourquoi il est impossible de bouger ?

Nelly entendit de nouveau cette plainte faible et mourante. Elle n’avait pas encore comprit que ça venait d’elle. Encore complètement sonnée, elle ne voyait que la lumière et n’entendait que ce goutte à goutte insupportable. Sa tête était révulsée en arrière, tirée par la gravité qui voulait la contraindre à se renverser sur le dos mais quelque chose l’en empêchait.
La douleur...elle était si violente…

Elle avait mal partout, dans chaque fibres de son corps, et ses poumons s’embrasaient à chaque inspirations. Nelly voulait y échapper alors elle arrêtait de respirer...une seule seconde...avant de se raviser et de se replonger dans ce maelstrom. Pourquoi est-ce que l’image de Pedge s’imposait soudainement à elle ? Vous savez, cette fois-là où elle était si en colère qu’elle avait proposé de lui faire connaître le mal qu’elle avait subi par la torture…
C’était pire que ça ? C’était pire ?

Mais comment était-ce possible ! Comment est-ce qu’on pouvait avoir plus mal que ça ?
Quelque chose lui tomba dans les yeux. Des gouttes chaudes et poisseuses qui déclenchèrent une réaction de crispation sur son visage alors qu’elle s’en écartait. C’est là qu’un éclair de douleur se déclencha dans ses épaules, lui arrachant une plainte, et lui faisant comprendre pourquoi elle ne tombait pas à la renverse. Elle était suspendue par des chaînes qui entravaient ses poignets. D’ailleurs, elle avait fini par saigner et c’est ce qu’elle recevait sur la figure. Mais malgré tout, la douleur la plus importante restait celle de ses poumons.
L’espagnole émergeait doucement. Plus elle reprenait conscience et plus la douleur se faisait vive et violente. Regarder autour d’elle, en essayant de forcer sur les muscles de sa nuque pour redresser son visage, fût similaire à la pénétration d’un fer rouge dans le crâne. Elle serra les dents tout en poussant une longue plainte et elle parvint à observer son environnement. Les chaînes la suspendaient un peu. Elle pourrait se redresser pour soulager ses épaules et empêcher ses poignets de saigner mais ses jambes refusaient de lui répondre. C’était comme deux morceaux de bois morts, ses membres pendaient négligemment en encaissant à peine l’oscillation de ses mouvements.

« A l’aide… » fît une toute petite voix qui s’évaporait déjà dans l’air.
Nelly se racla la gorge et abandonna l’idée de parler. Elle se concentra sur ses jambes et essaya de les bouger encore une fois. Cette fois, ça semblait répondre. Même si ça n’allait pas lui permettre de se tenir debout, fière et bien droite, elle pourrait se soulager un peu les bras. Elle avait fini par intégrer le fait qu’elle avait été emprisonnée et l’image de la sorcière sur la croix, prête à être sacrifiée dans le vortex, lui revint en tête. C’est ce qui l’attendait à coup sûr et...et les autres ????

Nelly écarquilla les yeux a cette pensée. Est-ce qu’ils s’en étaient sorti ? Ou étaient-ils prisonniers comme elle ??? Son coeur se mit à battre plus vite. Que ce soit le cas ou non, elle aurait préféré mourir que d’avoir été un boulet vivant. Au moins, c’était vite réglé.
Il ne semblait y avoir aucun espoir et sa première mission était une catastrophe. Quand elle avait entendu ce qu’il était advenu à Jessy par la radio, il n’était pas difficile de faire un rapprochement et comparer sa situation. La première sacrifiée riait en se voyant placée devant l’anneau, elle avait tellement souffert que la mort devait être une belle liberté pour elle. Nelly prenait-elle le même chemin ?

// Nelly, quelle est votre position, vous devriez nous rejoindre maintenant. //
PEDGE ! C’était Pedge !

Nelly ne pensait pas que cette voix pro et détachée lui manquerait à ce point et son coeur bondit soudainement dans sa poitrine en l’entendant. Alors ce n’était pas fini ???
L’hispanique en aurait surement pleuré si elle n’était pas si harcelée par la douleur. Mais à force de tentatives, ses jambes recommencèrent à répondre convenablement. Elle se servit des chaines pour obtenir un équilibre convenable mais elle faillit chuter à plusieurs reprises. Sa tête lui faisait un mal de chien et elle était convaincue d’avoir quelque chose d’ouvert ou de cassé. Il fallait maintenant qu’elle tente d’approcher ses mains de son oreillette radio…

// Bricks ? Répondez Bricks. //
« Pedge… » Murmura-t-elle de sa voix éraillée en tentant d’activer sa radio tant bien que mal.

C’était terriblement compliqué.
Entre ses mains entravées et ses jambes qui tremblaient de plus en plus, Nelly gémissait en cherchant le capteur de ses doigts. Elle y parvenait lorsqu’une nouvelle voix s’éleva.
// Bricks ? Bricks vous nous entendez ? //
Le visage de Nelly se crispa sur son dernier effort et le bip qui raisonna dans son oreille indiqua qu’elle avait enfin réussi à passer en émission.

//...capturée...// Elle toussa. Sa gorge était toujours douloureuse et ses cordes vocales se rebellaient. //...capturée...// Répéta-t-elle en espérant être comprise.
Son cœur s’était regonflé d’un espoir fou. Sheppard et Pedge l’appelait. Ils étaient forcément en vie et libre. Ils ne l’abandonneraient pas n’est-ce pas ? On abandonne pas les nôtres hein ?
//...capturée...//

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Mar 16 Jan - 14:42
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Pedge / John



John commençait à s'alarmer intérieurement de ne plus avoir de nouvelle de Nelly, il lui laissait à peine vingt minutes de plus, avant de faire une reconnaissance. Parfois, il faut attendre un peu, le temps que le danger passe… Son regard alla sur Jessy.
« Et qu’est-il arrivé aux autres ? »
« Comment ça ? » Elle regarda John incrédule.
« Pourquoi vous êtes là si ce ne sont pas les autres qui vous ont prévenu ? » Alors qu’elle terminait sa phrase, la radio de John et Pedge se manifesta :

//...capturée...// fit la voix faible de Nelly, qui toussa en émettant.
//...capturée...// //...capturée...//

John ouvrit de grands yeux, puisqu’il avait entendu les appels de Nelly. Il se redressa, en disant un fuck audible et toisa Pedge, qui lui rendit un regard équivoque. C’est bien leur chance ! Il allait coller une laisse à Nelly, comme ça plus JAMAIS elle s’éloignera de lui en mission ! Oui, ça serait pas mal tiens ! Cette poisse quand même ! Il se tourna vers Jessy, il fallait bien lui répondre la pauvre. Elle était complètement tétanisée en voyant le mouvement du colonel.

« Pour te répondre Jessy, toute l’équipe est portée disparue et on est venue enquêter sans savoir où vous étiez… Et là Bricks s'est fait attraper ! »

La porte des étoiles était à une dizaine de minutes de là… Ils avaient deux urgences : Ramener Jessy au plus vite et sauver Nelly, il leur était impossible à deux militaires de se dupliquer et se séparer serait une connerie, surtout qu’ils n’étaient plus que deux ! Et on ne va pas demander à Cosette de faire une quelconque escorte. D'ailleur, ils allaient en faire quoi ? Bon ce n’est pas important pour le moment ! Cela agaçait John qui était soumis à un dilemme cornélien. Que devait-il faire ? Parfois, il haïssait ce genre de réflexion, préférant se dire que l’armée ce n’est pas fait pour réfléchir, mais cela était faux, étant officier et surtout un homme loin d’être con, il aime se prendre la tête sur des problèmes de Maths, seule matière dans son enfance où il brillait plus que les autres… ça et faire le casse-cou. Mais bon, qu’importe… Il n’avait pas de bonne solution de toute façon. L’adrénaline affluait dans son corps et tous les voyants étaient en rouge !

Il eut une idée horrible, horrible car demander ça à Jessy était tout bonnement inhumain…
« Je suis navré de te demander ça Jessy… Mais, ton bourreau est venu te torturer combien de temps après ta capture ? »

Bricks capturée n’était pas bon pour la suite de leur mission. Cela foutait clairement la merde dans les opérations. Pedge réfléchissait en même temps que son supérieur, et elle en arrivait aux mêmes conclusions. C’était la merde. Ils avaient plusieurs problèmes : Jessy et son état déplorable, qui ne pouvait se suffire à elle-même et qui était trop faible pour se défendre de toute façon : Cosette : ils ne la connaissaient pas, et Pedge ne lui accordait qu’une confiance toute relative. Grosso modo, elle n’hésiterait pas une seconde à lui coller une balle si elle se montrait agressive. À cela venait s’ajouter maintenant la capture de Nelly. Outre le fait que ce n’était jamais un plaisir d’apprendre qu’un dès notre étaient pris en otage par l’ennemi, Pedge craignait pour l’hispanique. Rien qu’en jetant un coup d’œil à la scientifique, qui revenait de là-bas simplement parce qu’elle avait voulue défendre une fille qui avait juste eu le malheur de naître rousse, elle se disait que Nelly avec sa démonstration de force près de la Porte des Etoiles allait se faire détruire littéralement par ces barbares.

« Je n’en ai aucune idée John… Je n’ai plus conscience du temps qui est passé. », fit Jessy, complètement perdue, et qui semblait paniquer légèrement à l’idée qu’on la laisse. John soupira intérieurement… bon il va falloir prioriser alors. L’homme était en train de réfléchir pour optimiser leur temps et surtout il fallait des renforts, des soldats qui sécurisent la porte et qui envoient les blessées rapidement, car les autres avaient disparu et ce n’est pas bon non plus !

Pendant que Sheppard parlait avec McKenzy, Pedge tenta de recontacter Nelly pour faire un point :

// Nelly, on ne vous laisse pas tomber. Tenez bon. Est-ce que vous avez une idée du lieu où vous êtes ? //

Elle était probablement dans les mêmes géoles que Jessy auparavant. Un peuple primitif comme ça ne devait pas avoir trente-six chambres de détentions, même si cela semblait être une constante ici-bas. Pedge approcha de Sheppard en attendant une réponse. Elle détestait ce qu’elle allait dire, mais c’était pragmatique, et elle n’en manquait jamais, de pragmatisme.

« Colonel. Nous devons ramener McKenzy à la Porte pour évacuation. Même si ça me déplait de la laisser pour le moment, la mission, c’est elle. » Elle donna un coup de menton vers la blonde tondue. « Nelly était consciente des risques du terrain, et elle devra tenir le temps qu’on revienne. ».

Et Pedge serait la première à courir comme si les fouets de ses maîtres étaient à ses trousses. Elle ne supportait pas de savoir Nelly enfermée là-bas. C’était quelqu’un avec qui elle avait une relation particulière, et même si elle la trouvait chiante et ennuyante la plupart du temps, cela restait un être humain et un camarade d’armée. Et chez les Forces Spéciales, on ne laissait jamais personne derrière. Elle était prête à proposer de s’occuper de la sortir de là seule, pour laisser Sheppard aller vers la Porte, mais c’était une connerie monumentale. Il ne fallait pas se séparer. C’était bien leur veine que McPherson ne se soit pas sentit bien.

John la regarda, elle avait raison et de toute façon il en était à la même conclusion, allant plus loin, pour gagner du temps. Il détestait dire ça, mais oui, elle tiendrait et espérait que ce connard allait prendre son temps, histoire qu’ils puissent arriver avant qu’elle ne ressemble qu'à une poupée usagée et maltraitée par une petite fille peu soigneuse.

« Vous n’avez pas à vous excuser, j’étais sur la même conclusion. » Il hocha la tête et alla vers Jessy, lui expliquant, qu’elle devait s’accrocher une nouvelle fois. Avec la morphine cela lui était plus aisée et la jeune femme se retrouva sur le dos de John, qui reprit la même configurations sac à dos devant qui bloquait son arme.

« Bon on y va. Cosette, devant moi. » Il ne savait toujours pas quoi faire d’elle, mais vers la porte il avait des soit disante ruines, où Nelly avait rencontré un peuple sauvage, surement le siens, elle pourrait courir dans cette direction après. D’ailleurs, il ne se pria pas pour lui faire remarquer :
« Ton peuple doit habiter près des ruines anciennes, tu pourras courir à travers la forêt les rejoindre si tu veux, une fois devant la porte » Et la petite troupe s’élança au pas de courses pour un second marathon et John sentait qu’il allait quémander un abonnement à Natasha pour des massages à vie ! Cosette restait docile et faisait ce qu’on lui demandait. Au moins, elle ne posait pas de problème pour le moment. Elle regarda John avant de s’élancer devant, comme pour jauger ce qu’il venait de dire. Manifestement, il connaissait le secret de leur lieu de résidence, et ça ne lui plaisait pas des masses.

//...ils vont vous chercher...ils...// Ce qui semblait être une plainte de panique lui coupa la parole avant qu’elle ne reprenne. Le ton sérieux contrastait avec une terreur qui lui était impossible de dissimuler. //...Jessy...je sais...elle peut pas rester.//

Silence.

//...quelqu’un descend...je ne parlerai pas...//

John tressaillit en entendant ça… Ils n’avaient pas vraiment le temps… Ils devaient se dépêcher. Son cœur se serra d’horreur et il ferma les yeux quelques secondes, sentant l’amertume dans sa gorge. C’est terrible.
// Tenez bon Bricks… //
La voix trembla dans la radio sur une plainte qui signait l’insertion d’une grosse clé moyenâgeuse.
//...Pardon colonel...je suis tellement désolée...je...//
Une ouverture de porte.
//Il arrive...Bricks terminé...//
Il n’y eut plus aucune émission.

Elle était touchante de penser à Jessy avant elle. C’était bien la preuve qu’elle avait sa place sur le terrain, au-delà de ce que pouvait croire pas mal de monde. Elle arracha presque un sourire de fierté à Pedge qui sentait son cœur se serrer par ce sens du devoir et du sacrifice. Elle s’excusait, mais quelque part, elle s’était fait attraper en faisant diversion pour qu’ils puissent extraire McKenzy de ce bourbier, donc en accomplissant son devoir. Finalement, elle n’avait joué que de malchance.

// Courage Nelly, dès que vous pouvez, reprenez contact. //, lança Pedge dans sa radio malgré la fin de la conversation. Elle espérait qu’elle l’avait entendu. John n’ajouta rien, il soufflait fort avec la course et vu l’effort il risquait de se prendre un point de côté insultant ! Mais le coeur y était ! Ils cumulent les merdes franchement ! Ils auraient du prendre un stock de patte de lapin !

Il fallait vraiment faire vite maintenant. Qu’ils les cherchent ne lui faisait ni chaud ni froid. Maintenant, la texane avait une bonne raison de retourner dans ce village et d’y mettre le feu. Toute à l’heure, ce n’était pas le cas, même si se venger pour Jessy était une option, elle savait qu’elle ne se laisserait pas guider par ce genre de bas instinct.

La troupe filait dans le sous-bois, pas aussi vite que si tout le monde était sur ses deux pieds, en forme et préparé comme un marathonien, mais l’allure était bonne. Le sens de l’orientation de Sheppard et de Pedge les conduisit en quelques minutes à la Porte des Etoiles. Cosette ne pénétra pas le cercle de runes et de glyphes, comme si elle se méfiait de cet artefact planté là. Ce n’était pas la même peur primaire que chez les villageois, et certainement pas la même association d’idée qui allait avec. Pedge l’ignora et la dépassa, et elle commença à composer l’adresse vers la cité aussitôt qu’elle fut au niveau du DHD.

C’est alors que Cosette prit la tangente, s’enfuyant dans le sous-bois. John jeta un petit regard à Cosette qui filait, mais ne fit rien pour la rattraper, elle avait le droit de rejoindre les siens ! Elle les avait bien aidée, son rôle se terminait là.
Et que des cris se firent entendre, John sursauta et Jessy se mit à gémir sous la peur... John se saisit de son pistolet à sa cuisse. Des hommes en armure légère, dotés d’épée une main et de boucliers, arrivaient vers eux. Ils semblaient dans un premier temps surpris de les voir, mais très vite, ils s’organisèrent. L’un d’entre eux parti à la poursuite de la muette, tandis que les trois autres approchaient.

« Qui va là ?! Au nom de Jortard, identifiez-vous ! », gueula celui qui semblait mener le groupe.

Pedge composait à toute vitesse, et déjà, la Porte cracha son Vortex dans son dos.
Sans plus attendre Sheppard s’était tourné en voyant les soldats et leur tira dessus, pour les obliger à mettre leurs boucliers en protection. Et recula pour plonger dans le vortex, après avoir donner un ordre ferme même si Pedge n’avait pas besoin, pour qu’elle saute avant lui.

Dans sa tête, Pedge comptait rester sur place et ne pas repartir par la Porte, ne serait-ce que pour sécuriser les abords et garder le contact avec Nelly si elle communiquait. D’un côté, si elle le faisait, le Vortex ouvert, les liaisons passeraient. Mais John tira sur les hommes en arme, et il sauta dans l’œil bleuté et irisé. Heureusement, elle avait transmis avec son GDO leur identité, et sans réfléchir plus que ça, elle plongea. Elle arriva en salle d’embarquement en percutant Sheppard et Jessy, et elle se retrouva sur le colonel tandis que la scientifique tombait sur le cul en roulant un peu plus loin. Quelques secondes plus tard, un trait transperçait le vortex, filant vers une rambarde où la pointe se brisa. Heureusement qu’elle avait fait tomber le colonel où Jessy se serait prise la flèche.

« Le bouclier vite ! », gueula Pedge en peinant à se redresser. Les techniciens le fermèrent aussitôt. Faut dire qu’ils n’avaient pas été réactif parce que l’équipe qui était partie était plus garnie au départ… Deux ou trois impacts se firent sur le bouclier, puis ça se calma.

John se releva sans plus attendre et gueula aux militaires présents.
« Une équipe de soins vite ! Il nous faut un jumper en salle d’embarquement maintenant ! Code orange ! » Le code orange était simple : des armes nom de dieux et des soldats ! Là ça va chier pour les soldats ! Comme il avait plusieurs équipes pour ne pas changer, ce fut avec les ressources disponibles, donc trois soldats arrivèrent : Jacobs que connaissait bien Pedge avec Candom et Nilsson. Avec la soldate blonde norvégienne ça allait dépoter grave, puisque sa spécialité étant d’être une tireuse d’élite et a arme lourde !

L’équipe médicale, toujours rapide, arriva et prit Jessy, l’embarquant dans un lieu plus propice à ses douleurs. John était en train de manœuvrer pour ses ordres et organiser la suite. Réactif mine de rien !

Par contre si Jessy était là, où était les autres ? Le mystère commençait à sentir mauvais, les copains de Jortard avaient-t’ils tuer les autres ? Non Cela était étrange, puisque la porte avait émis vers l’autre planète. Il était encore plus étrange que ces personnes ne soient pas revenue sur Atlantis prévenir… Il avait un loup quelque part.


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Mer 24 Jan - 18:52
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// Nelly, on ne vous laisse pas tomber. Tenez bon. Est-ce que vous avez une idée du lieu où vous êtes ? //

C’était la voix de Pedge qui lui avait répondu en premier.
La jeune femme ne savait pas pourquoi mais ça lui avait fait quelque chose, comme une reconnaissance qu’elle avait recherché depuis longtemps, ou une forme de pardon pour toutes les conneries qu’elle faisait une fois sur la cité. Elle n’allait pas changer de comportement, c’est certain, elle risquait même de trouver une belle bêtise à faire subir à Pedge si elle s’en sortait.

Tiens, un mariage entre Isia et elle ? Une invitation en belle tenue sans leur en avouer l’objet, reserver une salle, baratiner un prêtre pour qu’il soit présent. Et sur toutes les chaises, elle aurait découpé des silhouettes en carton pour attacher la photos de tout un tas de gens à la place des visages. Des témoins fictifs mais présent. Et Nelly arborerait l’une de ses plus belles tenues avec un magnifique bouquet de fleurs pour faire la demoiselle d’honneur.
Ouais, ce serait bien ça, la tête que les deux femmes feraient avant de lui faire payer chèrement vaudrait le détour. D’ailleurs, ça passa la douleur pour lui déclencher un léger sourire.

« J’aurai dû le faire avant de partir en mission. » Se dit-elle en clignant des yeux.

Elle avait toujours la tête qui tournait et elle s’inquiétait de plus en plus.
Ses jambes répondaient mais dés qu’elle voulait faire un mouvement, c’est comme si le sol vacillait d’un coup et qu’elle en perdait l’équilibre. A la radio, Pedge lui avait demandé où est-ce qu’elle était. Son coeur bondissait à l’idée qu’ils viennent la chercher mais Jessy était encore avec eux. C’était un risque tellement grand et elle, la pauvre, comment vivrait-elle un retour dans les cachots ?
Nelly avait déjà un apperçu et elle n’osait même pas imaginer ce qu’elle avait enduré. Elle avait beau être sonnée, la jeune femme demeurait lucide quand aux événements. Un colonel et un lieutenant responsable n’allaient pas risquer la vie de Jessy pour la récupérer elle. Du moins, pas dans l’immédiat.

Soyons clair. A cet instant, Nelly était terrorisée. Elle avait peur, elle se sentait seule et perdue, comme observée par des amis qui ne pourraient pas l’atteindre à temps. Elle avait envie de hurler, de les supplier de venir, de faire n’importe quoi tant qu’ils la libérerait. Mais ce n’était que de la panique, une émotion qui n’allait rien lui apporter de bon. Il fallait être raisonnée...et la raison impliquait de reconduire Jessy jusqu’à la Porte avant que les habitants ne se lancent à leurs poursuite.
Mais elle serait entre les mains de ces ordures. L’image qu’elle se faisait d’une Jessy torturée, ce qu’en avait dit Sheppard à la radio, s’imposa et Nelly se mit à trembler de tout son corps. Elle répondit :

//...ils vont vous chercher...ils...// Ce qui semblait être une plainte de panique lui coupa la parole avant qu’elle ne reprenne. Le ton sérieux contrastait avec une terreur qui lui était impossible de dissimuler. //...Jessy...je sais...elle peut pas rester.//

Silence. Son coeur s’agita violemment lorsqu’elle comprit que des pas résonnaient au loin. Quelqu’un descendait tranquillement les marches. Dans un sursaut de lucidité et de droiture, elle reprit son aspect d’insolence, celui qui l’avait amené a déclencher ce fumigène alors qu’ils la jugeaient de sorcière. Non, elle n’allait pas se faire avoir comme ça. Elle allait résister, elle allait tenir. Et Sheppard, Pedge, reviendraient pour elle.

//...quelqu’un descend...je ne parlerai pas...//
// Tenez bon Bricks… //

Un sanglot l’emporta violemment. Impossible de masquer ça dans la radio.
Quelqu’un cherchait ses clés, elle allait passer un sale quart d’heure. Elle était soumise à la volonté de son bourreau mais il ne fallait pas qu’elle le montre, il fallait qu’elle soit forte. Il ne restait que quelques secondes pour un dernier message alors elle songea au début de sa mission, de son altercation avec le colonel, et elle déclara en résistant difficilement aux pleurs, d’une voix sincère mais brisée par l’émotion.
//...Pardon colonel...je suis tellement désolée...je...//
La porte s’ouvrait.
//Il arrive...Bricks terminé...//
Et une silhouette se dessina dans la pénombre.

Quelque chose de chaud coula dans les sous-vétement de Nelly, longeant sa jambe pour perler jusqu’à ses pieds, alors que sa respiration s’accélérait et qu’elle tremblait comme une feuille. Mais elle garda son air d’insolence.
Une odeur d’urine monta alors…

Le bruit des verrous s’arrêta et la porte s’ouvrit sur le prêtre qui avait strangulé Nelly dans la forêt. Il était toujours aussi impressionnant, son ombre enveloppant la jeune femme plaquée au fond de sa cellule, enchaînée. Il tenait une bougie, qui tremblotait légèrement avec son mouvement. Il la posa sur la couchette qu’elle ne pouvait pas utiliser, entravée comme elle était. Il plissa le nez en sentant l’odeur piquante de l’urine lui agresser les narines.

« Et bien, la sorcière ne pisse pas de la boue. », dit-il en croisant les bras. Il se foutait de sa gueule, en référence aux propos qu’elle avait tenu toute à l’heure, devant la Porte des Etoiles. « Et personne ne pisse de la boue dans le village, je viens de faire le tour. ». Il était sérieux.

« C’est juste de l’incontinence... » Fit-elle d’une voix mal assurée. « Fais ce que tu veux, les tiens s’en sortiront pas avec ma mort... »

Il eut un rictus satisfait, satisfait de sentir les remugles de la peur animale qu’il provoquait chez cette jeune femme. Cela lui plaisait énormément en fait. Il adorait littéralement ça. L’autre qui s’était échappée avait opposé une belle résistance, mais elle avait finie par craquer alors que ses beaux cheveux blonds restaient dans ses mains au fur et à mesure qu’il lui rasait la tête avec application. Il ne le faisait pas pour toute, surtout les rousses. Le peuple pouvait associer cette couleur de cheveux aux démons. Ils étaient trop rares pour être l’oeuvre du Créateur. Quoiqu’il en soit, il prendrait surement un malin plaisir à la tondre elle aussi, mais cela pouvait attendre. « C’est juste de la peur. », ajouta-t-il, sans répondre à sa deuxième phrase.

Il vint s’asseoir en face d’elle, en tirant un tabouret.
« J’ai vu beaucoup de chose dans ma vie de prédicateur, et de chasseur de gens comme toi, mais jamais, ô grand jamais je n’ai vu pareille magie. » Il fit un rictus dégouté en se passant la main sur le crâne, méditant ses propres propos.
« Avoues-tu que tu es une sorcière ? », demanda-t-il finalement après un soupir.

Nelly eut un mouvement de recul involontaire en le voyant s’installer. Elle ne voulait pas lui montrer qu’elle avait peur même avec le détail de l’urine. Mais pourtant si, elle crevait de trouille à en trembler comme une feuille et ce mouvement venait de lui livrer confirmation. La jeune femme pensait encore à McKenzy, sachant juste qu’elle avait été torturée, c’était forcément ce qui l’attendait. Mais Nelly se comporterait en Nelly jusqu’au bout.
Sans qu’elle ne sache pourquoi, dans un vain espoir peut-être, elle testa l’une de ses jambes discrètement pour voir si elle serait capable de l’envoyer dans les dents de son agresseur, histoire de lui montrer qu’elle avait de la ressource. Mais ce n’était pas possible, ses muscles étaient durs comme du bois et creux à l’intérieur. Elle peinait à rester debout pour soulager ses poignets de ces chaînes.

La petite espagnole ne parvenait pas à le regarder dans les yeux. Elle se souvenait de la douleur, de la terreur, quand il était en train de l’étrangler. Et si elle avait bien acquis une certitude, c’est qu’il avait pris son pied et que ce n’était que le début. Alors elle répondit en regardant de côté, ses cheveux aidant à cacher son regard paniqué.
« Ca serait trop facile non ?... »
Elle eut un rire pauvre.
« C’est ce que tu as dis à mon amie avant de la torturer, pervers sadique ? Avoue et je te fais du mal...résiste et je te fais du mal ? »

« Hmmm. Je t’avoue que je préfère quand elle résiste, mais depuis quelque temps, elles se passent le mot et avoue tout de suite. J’en ai eu une récemment qui n’a jamais voulu avouer, j’ai du faire preuve de violence. Le fait qu’elle soit ton amie prouve bien que j’avais raison. » Il fit un sourire sadique, pesant ses mots, avant d’ajouter simplement : « Je préfère quand elles n’avouent pas. C’est plus divertissant. »

Cela fît tressaillir Nelly. Elle ne cessait de supplier intérieurement que le reste de l’équipe ne l’abandonne pas. En revanche, malgré cette panique intérieure et le chaos qui ne cessait de martyriser sa poitrine par une respiration saccadée, Nelly trouva la force de tenter quelque chose…elle rétorqua d’une voix tremblante :
« C’est pour ça que tu as tué les trois hommes qui étaient avec elle ? C’était moins divertissant à faire hurler ? »

L’autre ricanna. « Dis moi si tu es une sorcière, et on discutera. Ce sont les seuls mots qui comptent. » Il croisa les jambes, les mettant en équerre et fit un petit signe de tête pour demander implicitement “alors ?”.

Nelly ferma les yeux en se détournant de l’homme. Il menait la danse et elle comprenait que ça allait bientôt commencer. Quoiqu’elle dise, ce serait la bonne excuse pour jouer le sadique. La petite espagnole n’avait pas été témoin de visu de l’état de McKenzy...elle était terrifié à l’idée de le vivre dans peu de temps.
« Je suis pas une sorcière...c’était un outil, comme ta charrue à sacrifice. La petite boite que j’ai fais tomber relâche du brouillard... »
Sa voix tremblait. Elle avait l’impression de commencer à se vendre, de commencer à vendre son équipe ou Atlantis. Même si elle lâchait une simple petite information d’équipement, cela ne ferait plus effet sur la foule à la prochaine utilisation de fumigène. Mais Nelly s’en fichait. Il fallait qu’elle gagne du temps, il fallait qu’elle repousse l’échéance au plus loin. Lui dire qu’elle était une sorcière et qu’elle avouait ne lui apporterait aucun sursis. Elle devait laisser du temps à Sheppard et Pedge pour revenir, c’est ce qu’elle ne cessait de se répéter.

Pourtant, piégée dans cette prison sordide avec un pervers, une petite voix commençait déjà à lui chuchoter qu’elle n’était pas grand chose pour le colonel, mis à par un mauvais élément, et qu’il ne se presserait peut-être pas pour la récupérer. L’officier n’était pas un pourri...mais qui sait s’il n’avait pas l’intention de se venger ?
Nelly secoua la tête pour chasser ces idées noires. Elle ne respirait vraiment pas vite, redoutant la réaction de son bourreau qui débuterait les festivités.
Il mettrait plus de temps à la torturer pour la faire avouer...qu’à simplement la tuer…
Pedge...elle allait revenir...elle la laisserait pas tomber...

Il poussa un soupir résigné, comme si cela ne l’amusait pas le moins du monde. Alors qu’il relevait la tête, qu’il avait brièvement baissé pour lâcher son exaspération, une lueur de folie furieuse brillait dans ses yeux et un sourire carnassier avait laissait place à l’attitude fringante jusqu’alors affichée. « Et c’est cette petite boite qui ont arraché la jambe de ce pauvre Therald, notre bon forgeron ? Et c’est aussi cette boite qui a soulever de la terre dans les airs, cette même boite qui a pulvérisé les pieds de cette chère Madame Boren, désormais incapable de garder les enfants des femmes pendant qu’elles sont aux champs ? »
Il ricana grassement en se levant. « Tu es une sorcière femme, et tu vas finir par l’avouer. Alors, je te présenterai en place publique et le peuple décidera. » Il approcha d’elle, extirpant de sa bure élimée une dague effilée.

Nelly poussa une plainte en voyant l’éclat de la lame, elle chercha à reculer mais ses jambes résistaient, toujours trop lourdes.
« C’était mon arme... » balbutia-t-elle en tremblant. Elle cria en le voyant si menaçant : « C'ÉTAIT MON ARME !!! »
Mauvaise idée de faire un tel aveu. Mais ce type lui faisait si peur qu’elle n’avait pas réfléchi. Elle voulait que ce couteau s’écarte d’elle.
Il ne l’avait même pas touché qu’elle gueulait déjà. Ça promettait, vraiment. Mais les cris de la demoiselle n’était pas affreux à ses oreilles, ils n’étaient que mélodie et supplique silencieuse. Bientôt, ils seraient encore plus bestiaux, encore plus inhumain, le véritable reflet de l’âme de la sorcière. Il s’arrêta néanmoins, faisant jouer la psychologie au maximum. « Ton arme ? Intéressant. Mais impossible. Donc, tu confesses que ton arme... » Il approcha d’un pas. De toute façon, prise dans ses chaînes comme ça, elle ne pouvait pas se dérober. « est une forme de sorcellerie ? », dit-il plus bas, maintenant que la distance entre eux était plus courte.

Il était de plus en plus près avec son couteau, elle pouvait même sentir son haleine caresser la peau de sa joue alors qu’elle détournait sa tête le plus possible. Ce regard qu’elle avait perçu, cette folie, tout le ramenait à de la sorcellerie pour lui, tout le ramenait à son désir de la torturer.
« Non...non... » gémit Nelly en poussant sur ses jambes.
Elle s’écarta un tout petit peu, juste le temps de porter tout son poids sur ses jambes, avant que cet effet de tournis la fasse de nouveau perdre l’équilibre. Son coeur battait à tout rompre, il jouait avec son couteau et qu’est-ce qu’il allait faire à être aussi proche ? Lui couper les cheveux ? Lui taillader la joue ? Lui percer un oeil ?

Nelly ne sut pas ce qui la fit démarrer. Quelle impulsion, quelle point critique, l’amena à se pencher pour atteindre le visage de cet homme. L’instinct de survie, ou la folle idée qu’elle réduirait la menace, lui donna la force de porter son poids en direction de son bourreau pour cueillir son nez de ses dents.
Et lorsqu’elle referma sa machoire sans vraiment savoir quel morceau de son visage elle avait entre les dents, la petite espagnole donna toutes ses forces, autant l’énergie du désespoir que de toute sa peine cumulée : elle donna tout pour lui arracher la figure, poussant une longue plainte de colère dans cet espoir vain.

Le prêtre ne s’attendait pas à ça. Il était trop confiant, il le savait, mais ce sentiment de supériorité était quand même assez gratifiant, et entêtant pour se laisser avoir de la sorte. La douleur fut saisissante alors que les dents de la jeune femme faisaient une pression monstre. Par réflexe, il la poussa au niveau des épaules pour l’éloigner, et ce fut avec un bout de son nez qu’il parvint à l’écarter de sa figure. Elle lui avait littéralement arraché les deux narines, laissant voir le cartilage de son arête nasale. Il hurlait de douleur en se tenant le pif, sa dague tombant bruyamment sur le sol en pierre de la cellule. Sur l’instant, il voulait la frapper, et c’est ce qu’il fit, ne serait-ce que pour faire passer la douleur. Il lui balança son pied dans le ventre, aussi fort que lui permettait son équilibre instable. Sa vision brouillée par les larmes ne l’aidait pas, mais il sentit les tissus mous de la sorcière absorber son coup.
La plainte soudaine de Nelly sous le choc lui indiqua qu’il avait visé juste. Ca lui avait coupé le souffle et elle en cracha le morceau de chair qu’elle avait dans la bouche alors qu’elle l’ouvrait en grand dans l’espoir de reprendre une bouffée d’air.

Il ne pouvait pas rester là. Il devait se soigner, tremper sa tête dans l’eau sanctifiée et purifiée de son église. Cette démone l’avait mordu, révélant son vrai visage. Il avait une preuve gravée dans sa chair. Il se baissa, lucide, et récupéra sa dague.

« Bu es borte sorcière ! », baragouina-t-il avec une voix nasillarde.
Les yeux mi-clos, tiré par la douleur, Nelly secoua négativement la tête en murmurant un faible “non...” suppliant. Il lui décocha un coup de poing dans le visage, visant l’arcade sourcilière puis un autre visant la mâchoire. C’était le poing rageur qui tenait la dague, le manche de cette dernière ajoutant de la dureté à l’impact, fendant la zone située au-dessus du sourcil de Nelly. Elle saignait pas mal, et cela ajouterait à la stupeur des villageois qui la verrait telle qu’elle était. Un monstre assoiffé de sang, sortit tout droit de la bouche des Enfers !

Et il s’en alla, refermant la cellule derrière lui, la laissant dans un silence pesant.

Nelly pendait mollement. Ses chaînes lui entaillaient les poignets encore plus mais elle avait si mal qu’elle ne s’en rendait même pas compte. Elle écarquilla les yeux et chercha à y voir plus clair dans ce brouillard sombre. C’était flou tout autour d’elle et quelque chose de chaud coulait sur son visage, arrivant jusqu’à son menton pour perler. Est-ce que c’était du sang ?
La jeune femme poussa une plainte mêlant la douleur à la détresse, elle fût interrompu par un corps étranger dans sa bouche...comme un chewing dur...vraiment très dur. Elle cracha le morceau après avoir inspiré douloureusement puis sentit de l’air frais entre ses dents. Elle venait de perdre une molaire…

Elle chercha sa radio de ses doigts à tatons. Le simple fait de deviner les contours de son oreillette toujours en place la rassura et elle activa sa radio, sa respiration trahissant une terrible douleur qui ne voulait plus s’en aller.

// Pedge ! Tu es là ? //

Elle ne reçut que des parasites en réponse. Elle réitéra son appel sur un ton encore plus tendu, refusant de concevoir l’idée même qu’on ne lui répondrait pas...qu’elle ne lui répondrait pas.

// PEDGE ! Ne me laisse pas...tu ne vas pas... //

Que des parasites...ça ne répondait plus sur la fréquence…

// Ne me laissez pas... //

Mais toujours rien. Tremblante comme une feuille, la petite espagnole s’affaissa davantage. Seule dans le noir, hors de vue, elle éclata en sanglot et se laissa aller. Elle s’abandonna entièrement à son sentiment d’abandon et de solitude, sa poitrine vibrant sous le chagrin, et ne se permettant même plus l’espoir. Elle était foutue...

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La main froide




Pedge / John



Erin déboula en salle d’embarquement. On venait de la prévenir sur sa fréquence privée que l’équipe de recherche était de retour. Elle avait déjà eu le retour du soldat McPherson, qui ne se sentait pas bien et qui avait dû revenir avant les autres, mais là, elle avait senti l’urgence dans la voix de l’opérateur.

Quand elle arriva sur place, l’équipe médicale était en train d’emmener Jessy McKenzy, méconnaissable. Blanche comme un linge, la RDA arriva près de Sheppard et Allen, qui étaient en train d’organiser les nouveaux venus militaires.

« John, qu’est-ce qui se passe ? », fit Erin en observant tout ce petit monde en train de se préparer.

Nilsson revenait de l’armurerie en compagnie de Candom et Jacobs. La suédoise portait un fusil de précision sur son dos, elle arborait un treillis vert forêt, tout comme les deux autres. Candom était équipé plus classiquement, de même que Jacobs. L’homme au nom de protection individuelle contre les MST et les mômes, donna des flashbang à Pedge. Cette dernière avait quelques notions en prise d’otage, et en résolution de conflit de ce type. Elle avait fait quelques manœuvres chez les forces spéciales, sans pour autant l’expérimenter réellement sur le terrain. Nilsson par contre, était issue du “Särskilda skyddsgruppen”, un groupe de protection des personnalités, et spécialisé dans la récupération d’otage. Elle officiait en tant que tireuse d’élite, et chacun disait qu’elle avait une bonne gâchette encore aujourd’hui. C’était, de toute façon, sa spécialisation de terrain.

Pedge leur faisait un topo rapide, qu’ils aient une idée de la situation, laissant John s’expliquer avec la RDA.

John marcha vers Erin, le regard grave son faciès n’était pas celui de l’homme joviale et joyeux, non il était en mode officier et surtout froid. Cela était déroutant quand il était dans cet optique. Il jeta un regard satisfait de voir que tout le monde était réactif.
« Je te fais un résumé car on n’a pas le temps. Il y a deux civilisations, celui qui négocie avec nous et un groupe de sauvageons. Jessy a été torturée par le peuple de Jortard pensant qu’elle était une sorcière puisqu’elle a défendu une prisonnière sauvageonne. Bricks s’est fait capturer, faut qu’on y retourne. Par contre, je ne
sais pas où sont les autres, on sait juste que la porte à été activé sur l’autre coordonnée et c’est étrange.
» Il espérait que ça lui suffirait, mais il n’avait pas été aussi clair qu’il aurait aimé l’être.

Erin était un peu larguée, surtout que John parlait précipitamment. Elle comprit néanmoins l’essentiel. Ils avaient retrouvé McKenzy, elle avait été torturée par le groupe avec qui ils parlementaient, parce qu’ils la prenaient pour une sorcière. Pas de trace des autres membres, et pour couronner le tout, Bricks était désormais captive. Elle comprenait l’agitation et le recours à des forces supplémentaires. La mission prenait une autre tournure. Ce n’était plus simplement une enquête là, mais bel et bien une guerre qui se préparait. Elle opina du chef face à la mine grave et sérieuse de John, un contraste saisissant s’il en était.

« Ok, ramenez Bricks, et trouvez les autres. », fit Erin sans s’étendre, préférant ne pas le monopoliser. Inutile d’être pointilleuse et tatillonne, ils connaissaient leur métier, et John avait les choses en main, et il semblait savoir ce qu’il faisait. Qui plus est, c’était un officier compétent, et elle avait toute confiance en lui.

John hocha la tête « Par contre Erin… Il n’est plus question d’y aller délicatement là. Tu diras adieux à tes négociations. » Il manquait de dire “j’en suis navré” mais non, il ne l’était pas face à ces fumiers ! Il était remonté comme un coucou et cela allait être une intervention musclée et horrible ! Encore un cas de conscience de tuer des hommes, même si ce fut des connards… Mais voilà, cela allait sur la longue liste des humains morts de sa main.

Elle le toisa durement, bien consciente de tout ça, et elle lui répondit avec aplomb :
« Je me contrefiche de savoir comment tu vas me ramener Bricks, tant que tu me la ramènes. On ne négocie pas avec des tortionnaires. » Ce n’était pas une carte blanche sur les méthodes utilisées, elle ne voulait pas de torture et de connerie de ce genre. Mais elle ne le précisa pas, car John était John, et ce n’était pas le genre de militaire à verser là-dedans. Bref, il ferait ça “proprement”, si une guerre pouvait l’être…
Il hocha la tête, ils étaient donc d’accord, de toute façon les négociations seraient mortes.
« Essaye de recontacter l’autre planète pour voir, j’ai un fort doute mais on ne sait jamais. »
« Je vais faire ça, contacte moi quand tu peux, je te ferai un retour sur mes tentatives. ». John hocha la tête.

Il ne restait plus qu’à Erin qu’à attendre qu’ils reviennent, qu’ils donnent des nouvelles. Pour sa part, elle essaierait de voir si McKenzy pourrait lui donner des informations supplémentaires, mais elle doutait fortement d’avoir accès à la scientifique dans les prochaines heures, surtout si son état était jugé critique. Bref, elle allait se ronger les sangs, mais c’était aussi le fardeau du bonhomme qui envoie les militaires aux casses pipes. Chacun sa merde, même si dans son cas à elle, cela ne l’empêcherait pas de vivre.

Pedge arriva sur la phrase de la RDA.
« Colonel, nous sommes prêts à y retourner. »

« Parfait ! On y va alors ! » L’avantage d’avoir un officier en second, c’est qu’elle avait déjà fait le topo. Il jeta un regard confiant à Erin, chose inutile puisqu’elle n’avait pas besoin d‘être rassuré, mais c’est ainsi, l’homme le fait toujours.
Il fit un signe à sa nouvelle équipe, qu’il connaissait déjà.
« Faite le nécessaire pour récupérer Bricks point » cela voulait dire, se que cela voulait dire. Et la porte s’enclencha, laissant la nappe violette réapparaitre et l’équipe s’engouffra à nouveau, avec le robot articulé qui servait d’âne pour porter les armes lourde. Un chien en somme, mais il servirait juste à porter les deux bazooka, munition et explosifs. Il n’irait pas au combat et resterait à l’entrée de la forêt voir même de la porte. ] Image du robot

Mais avant même d’y allé en mode escouade de sauvetage, John, prit les masques à gaz fournie avec les différents types d’explosif et mit le siens. Par mimétisme les autres soldats firent de même, surtout en voyant le colonel, découpillier un gaz suffocant et le balancer de l’autre côté. Ils avaient été pourchasser, donc au cas où qu’il ait d’autre loustics de l’autre côté…

« Eh bah… là ça ne rigole pas » Fit Candom dans son masque.


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Environnement


De l’autre côté du miroir de la Porte, des hommes supplémentaires étaient venus en renfort après que les étrangers eussent disparus dans la Gueule des Enfers. Les démons étaient repartis, et tout le monde avait été soulagé, fier de leur avoir fait peur. Des gens étaient en train de monter des échelles rudimentaires pour poser des tresses de glyphes et de signes en tout genre, afin de consolider la barrière magique qu’elles produisaient afin que plus aucun émissaire du monde obscur ne vienne leur chercher des poux.

Dans le village, la nouvelle de la capture de celle qui avait mutilé certain de leur plus brave gens s’était répandue comme une trainée de poudre, et beaucoup exigeait qu’elle soit montrée en place publique. Le prêtre noir, qui œuvrait contre les maléfices du malin, devait prendre une décision. Mais qu’elle ne fut pas la stupéfaction des badauds en voyant leur fier défenseur revenir défiguré, le nez arraché par les crocs de la démone ! Ce n’était plus une sorcière à ce compte-là, c’était une véritable envoyée du Malin, venu les punirs pour leur disgrâce et la vie qu’ils avaient pris à l’une de Ses protégés.

La cellule de Nelly s’ouvrit à nouveau, dévoilant le prédicateur, et des hommes en armes. Sans douceur, et avec une brutalité non feinte, ils la détachèrent, réprimant toute tentative de rébellion. On lui passa un collier en fer autour du cou, munie d’une chaine, évitant ainsi que la bête n’essaie de mordre quiconque. Les marches que Nelly n’avaient pas eut l’occasion de voir, dans son songe inconscient de sa venue, lui parurent pentues, et difficile à gravir, surtout que le type de devant la tirait impitoyablement vers le haut pour qu’elle se magne.

La foule s’était rassemblée sur la place publique, dont l’ombre du bâtiment en pierre jetait sur les curieux un voile terrifiant et ténébreux, sous le soleil descendant de la fin de journée qui s’annonçait pour bientôt. Nelly fut trainée, rudoyée, conduite manu militari vers un poteau en bois fiché dans la terre, au centre de l’esplanade. Un cercle était dessiné autour de ce poteau, et seul le prêtre le franchit avec sa captive, la laisse désormais en main. Des fers étaient reliés à l’épieu, et les mains de la sorcière démoniaque furent à nouveau capturé. Son collier resta en place, et on accrocha la chaîne à un crochet, situé bien plus haut sur le pieu, hors de toute atteinte des membres supérieurs, obligeant la petite hispanique à lever le menton pour ne pas étouffer en étant assise, ou alors à se tenir debout.

Le prêtre se tourna vers la foule et leva les bras, sa trogne mutilée faisant office de preuve. Et il harangua à qui mieux mieux :

« Voyez ! J’ai moi-aussi subit les affres des crocs du démon ! » Il fit le tour du cercle, assez large, autour duquel les villageois s’étaient groupés, silencieux.
« Ne vous laissez pas berner par sa beauté, cette succube sera sans pitié avec vous ! Souvenez-vous des membres mutilés de nos biens aimés ! Souvenez-vous ! Apprenez que nul n’est à l’abri ! Pas même… » Il se tourna vers Nelly et lui décrocha un coup de poing dans le ventre. « ELLE ! »

La foule poussa des acclamations de joies et de haine en voyant le petit corps se tordre de douleur. Le prêtre la redressa par les cheveux et l’éclat de sa lame luisit sur un rayon de soleil. Dans la forêt, la Gueule de l’Enfer cracha son tumulte, et tandis que le prêtre guerrier était en train de découper méthodiquement les vêtements de la jeune femme pour l’exhiber dans le plus simple appareil devant tous les villageois, qui avaient préparé leur plus beaux fruits pourris, pour l’occasion, un cavalier partait au triple galop dans la forêt, prenant des risques inconsidérés pour prévenir que les démons revenaient, que la Bouche de l’Enfer venait de s’éveiller, et qu’un épais nuage de fumée âcre s’en échappait subitement.

Et alors que des œufs pourris, des fruits trop mures, des excréments, de la pisse, des crachats, et même des pierres, furent jetés sur Nelly, les hommes autour de la Bouche s’enfuirent en courant en voyant débouler des émissaires aux yeux globuleux, ainsi qu’une créature démoniaque à quatre pattes. La fumée faisait suffoquer les plus braves qui tentaient de tenir bon dans le flot blanchâtre qui s’étendait maintenant, et rapidement, ils suivirent les plus froussards, en criant que les démons étaient arrivés, qu’il fallait fuir, qu’ils n’avaient aucune chance.

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« NONNNNN ! »

Nelly était si épuisée qu’elle ne les avait pas entendu arriver. Le vacarme de la porte s’ouvrant sur plusieurs hommes l’avait à peine surprise qu’elle sentait déjà ces mains l’empoigner avec violence, son instinct l’amenant tout de suite à deviner que l’heure était venue.

Avant même qu’elle ne voit ses agresseurs, elle avait poussé ce cri déchirant et chargé de détresse. Elle gesticula dans l’espoir de leur échapper mais la force que l’on employait pour la tenir en respect la stupéfia. Nelly ne comprenait pas encore qu’elle était à bout et aussi faible qu’une enfant, les hommes en armes la ceinturait dans tous les sens tandis qu’on lui installait ce collier en fer comme si elle était un vulgaire chien. Par la contrainte, elle dû porter son poids sur ses jambes et défaillit à deux reprises. Elle tenait au troisième essai par une volonté qu’elle ne se connaissait pas. On lui faisait si mal qu’elle obéissait sans broncher, essayant tant bien que mal de suivre le rythme qui était imposée par celui qui tenait la laisse.

« Non...s’il vous plait... » gémit-elle d’une voix cassée.

La laisse fût tirée d’un coup brutal et Nelly chuta douloureusement dans les escaliers. On la força immédiatement à se relever, en la trainant dans les marches comme un vulgaire déchet, à renfort de coups de pieds et de cris. Le coeur de la jeune femme tambourinait à tout rompre, elle sentait chaque impulsion au sein de sa poitrine alors qu’elle ressentait une terreur viscérale d’une ampleur inavouable. Lorsque l’air de l’extérieur frappa son visage, elle eut la force de se concentrer sur son environnement. C’était la longère dont le colonel était sorti, celle où McKenzy avait été extraite...c’était donc le même programme...non, c’était pire, forcément pire !

Elle eut un mouvement d’arrêt sévèrement réprimé lorsqu’elle remarqua le poteau devant lequel on l’amenait. La plainte de refus qu’elle poussa était involontaire, chargé de son désespoir et de sa tristesse alors qu’elle recevait un nouveau coup pour lui interdire toute résistance. Lorsqu’on l’attacha, la petite espagnole comprit qu’elle allait être torturée, que cela allait se faire en public. Les gens se rapprochaient déjà, les cliquetis de la chaîne et de ses entraves s’insinuant dans son esprit comme des démons lui jurant mille tourments.

Ce sadique se mit alors à parler. Elle ne voulait pas l’écouter, elle ne voulait pas entendre ces mensonges, sa perversion se répandre en public sur des moutons trop heureux de le suivre bêtement. Mais elle avait si peur que les paroles franchissaient ses oreilles et intégrait une conscience plus que lucide. Puis soudain, la douleur, un coup qui lui avait été porté dans le foie, la pliant littéralement dans une plainte brutale et sincère qui s’étrangla dans la douleur.

Ses jambes trop affaiblie faillirent alors. Et en s’affaissant, le système du collier lui comprima la gorge et accentua la contrainte. Nelly fut bien obligée, dans un geste de pleine détresse, de pousser sur ses jambes tremblantes pour se libérer la gorge. Il y avait tant de cris, tant de hurlement, elle se retrouvait noyée dans la haine et la bassesse. Elle songeait à Sheppard et Pedge, elle continuait de se demander pourquoi. Pourquoi ce colonel si reconnu pour sa compassion et sa proximité avec les hommes l’avait abandonné sur le terrain. Il lui avait pourtant dit ! Il lui avait dit à la radio de tenir ! Et Pedge ? Elle lui avait dit qu’elle ne la laisserait pas tomber. C’était des mensonges ? C’était pour qu’elle se tienne tranquille le temps qu’ils se sauvent ???
L’éclat d’une lame apparu sous son nez, accompagné de la liesse de la foule, et elle la vit se rapprocher d’elle pour aller mordre ses vétements. Lorsque le premier morceau tomba, elle poussa une longue plainte avant de lâcher dans une supplique mêlée de sanglots :

« Non...non...faites pas ça ! Je vous en prie ! » Supplia-t-elle en fermant les yeux.

Mais ça lui faisait plaisir bien sûr. Ce salaud prenait son pied comme tout ces gens. Sa découpe progressa de manière méthodique, l’assurant qu’elle finirait fatalement nue et à la vue de tous en peu temps. Les dernières barrières que composaient ses vêtements furent ensuite saisis et un craquement soudain retentit. L’air frais s'engouffra dans l’énorme faille qui avait laissé paraitre sa féminité. Il n’y eût plus rien et la fraicheur parcouru toute l’étendue de sa peau mise à nue, la forçant à échapper à l’horreur en détournant les yeux alors qu’elle éclatait en sanglot, la tête baissée. Il n’y avait plus rien sur elle. PLUS RIEN ! Ses pleurs furent longs et douloureux, ceux d’une personne humiliée, exposée aux regards perçants de plusieurs dizaines de personnes.

Elle se plia instinctivement dans une vaine tentative de se dérober à eux, de s’extraire de la vindicte populaire. Elle serra les cuisses dans le vain espoir de dissimuler son intimité et tenta de se plier, dans une esquisse de rotation, censé écarter sa poitrine de la vue. Mais rien à faire, son intimité était outrageusement exposée et cela l’atteignait en plein coeur. Le prédicateur ne pouvait avoir eu une meilleure idée. Nelly était très pudique, elle refusait les douches communes ou même se dévêtir en présence de ses consoeurs. Elle était comme ça, l’intimité : c’est le jardin secret. L’homme lui aurait fait moins de mal en lui plantant son couteau dans le coeur. Il pouvait se féliciter de voir sa cruauté opérer efficacement, il exploitait très bien la sensibilité de la petite espagnole. L’humiliation et son sentiment d’abandon se mêlait pour devenir une arme plus sordide et destructrice qu’une arme à feu. Il fallait qu’elle y échappe, il fallait qu’elle évacue cette horreur. Qu’elle ne pense pas au fait qu’elle était attachée à un poteau, nue, et soumise à une foule en colère. Alors la jeune femme parla d’une voix rompue et altérée par ses pleurs. Elle se répéta frénétiquement, ne songeant même pas à l’air d’incantation que cela donnerait.
Les jets d’immondices commencèrent alors.

« Nelly Bri...cks...US Air...Force...Matricule 2567...891....Nel...Nelly Bricks...US Air Force... »

Elle parvint à tenir le coup une petite minute, peut-être moins. Mais la puanteur se répandait déjà tout autour d’elle, SUR elle. Elle rentra sa tête dans les épaules mais rien n’y faisait. Il n’y avait aucun moyen, aucun mouvement, aucun geste susceptible de l’y soustraire. Son corps continuait de fonctionner de manière indépendante, lui laissant sentir les éclats et coulures de détritus sur sa peau nue. Elle avait beau se tourner d’un côté ou de l’autre, elle en recevait de toute part. Et ils visaient juste ces salauds. Ils visaient son visage, ils visaient sa poitrine ou même son entrejambe. Cette ambiance malsaine, vicieuse, l’attaquait de toute part, l’inondait, la rendait folle de honte et de chagrin. Personne ne méritait ça, personne !!!

Nelly les supplia un instant à voix basse, s’affaissant de plus en plus sous les coups. Le mécanisme d’étranglement du collier la contraignit à demeurer dans cette forme de position passive. La jeune femme se sentait perdue, sur un point de rupture mental, avant que sa plus précieuse alliée n’intervienne. C’était comme un éclat soudain, un déclenchement à l’intérieur de sa tête. Comme jadis à chacune des terribles épreuves qu’elle avait vécu, qu’il s’agisse de son crash, de ses multiples errances dans le vide spatial, toutes ces fois où elle avait eu le choix entre la lâcheté ou l’honneur, la victimisation ou la défiance...elle avait eu ce déclic, ce moment qui faisait la différence.

Cela ne l’empêchait pas de pleurer, de gémir entre chaque plaintes arrachés par les chocs des immondices sur son corps. Elle n’allait pas d’un coup s’enorgueillir pour adopter une attitude de guerrière épique. Mais son regard croisa celui du prédicateur et elle se jura qu’elle finirait sa mission. Qu’importe de quelle manière elle y parviendrait, Nelly trouverait le moyen de terminer ce qu’elle avait commencé. Elle ne serait pas la victime docile que ce type s’imaginait. Son moral était brisé, son corps abîmé, son coeur crevé, son honneur sali. Mais sa bravoure : personne n’avait jamais réussi à la lui prendre. Elle réaliserait ce pourquoi on l’avait envoyé. Elle tiendrait pour que cet homme soit capturé et leur dise ce qu’était devenu le reste de l’équipe de McKenzy.

Altruiste dans la tourmente ? Vous pensez ?
Vous avez tort. C’est bien plus égoïste que cela. Nelly était prête à tout pour disparaître, devenir un fantôme, s’enterrer dans un trou pour que plus personne ne pose son regard sur elle, que personne ne prononce son nom ni se souvienne d’elle. Mais ce dont elle voulait plus que tout ? Ce qui la tenait encore dans ce chaos infernal ? C’était l’idée que cette humiliation, que ce déchainement de haine et de vice ne se fasse pas sans raison. Que son agression ai un sens pour soulager cette terrible humiliation. Si Nelly finissait la mission, si elle parvenait à savoir où se trouvait le reste de l’équipe ou leurs corps : elle le supporterait mieux. Sinon autant se mettre une balle dans la tête.

Son père était ce qu’il était. Plus un inconnu, une plaie, qu’un parent. Mais il avait comme tout homme son dicton, celui qu’il lui répétait à chacune de ses détresses. Refusant de l’aider comme un père pour la “renforcer”. Pas d’aide de sa part, juste cette phrase dure et brutale :

* Un Bricks ne pose jamais plus d’un genou à terre ! Es-tu une Bricks ?!? *

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Pedge / John



L’équipe traversa la porte avec les masques. Cela était peu aisé de se déplacer dans ce brouillard suffoquant qui mettait fin aux vies pitoyables et pas très pieuses des gardiens. Cependant, quelques uns avaient fini par s’enfuir, dans une lueur d’incompréhension et surtout de peur. Jamais, ils n’avaient vu autant de malice !

Si John avait eu une once de pathologie psychotique, il aurait presque souri de cette peur. Or, ce ne fut pas le cas. Il était tendu intérieurement et espérait que ces fous n’avaient pas tué Nelly ! Il fit presser le pas de son équipe, tirant sans aucune sommation, sur les corps des autochtones. Pas de dentelle aujourd’hui. Pas après ce qu’ils avaient osé faire à Jessy et maintenant à Nelly. Les Atlantes sont de nature pacifiste, mais faut pas les pousser dans les orties !
John, se mit à courir à travers la forêt pour presser le pas et être à l’entrée au plus vite. De là-bas, il savait qu’ils auraient un beau champ de tir, pour éloigner les badauds et secourir Nelly. Surtout avec les armes lourdes que transportait FX-155 dit « médor » par l’armée. Le robot, avec ces pattes frêles était très résistant et parfaitement adapté à se déplacer à une vitesse de 50km/h sur terrain forestier. Il suivait sans peine les militaires, puisque guidé par la balise que portait John à son gilet.

Le chien mécanique était drôlement stupéfiant. Pedge n’avait jamais vu ce genre d’engin à l’œuvre, et elle n’en soupçonnait même pas l’existence, pourtant c’était une “mule” assez pratique pour l’équipement et qui pouvait négocier des terrains accidentés sans problème. Oui, ça ne rigolait plus du tout là. Ils revenaient pour en découdre, et plus pour jouer les gentils négociateurs, mission qu’ils n’avaient même pas effleuré tant les choses avaient mal tournée rapidement. Pedge repassait au second plan de la mission puisque Jacobs était plus gradée qu’elle. Elle dégringolait donc d’un échelon, mais ce n’était pas bien grave. Elle était satisfaite de la retrouver, ainsi que Candom. Elle ne connaissait cependant pas Nilsson. Néanmoins, il fallait qu’elle essaye de reprendre contact avec Nelly, voir si tout allait bien, et surtout l’informer de leur arrivée.

// Nelly ? Nous sommes de retour, et avec des gros bras. On vient vous sortir de là. //

Pedge avait le ton saccadé de la course à pied. En effet, Sheppard fonçait tel un buldozer vers le village, abattant le moindre local qui passait dans le coin pour tenter d’arrêter le déferlement Atlante. Les malheureux pensaient que c’étaient les enfers qui venaient les reprendre, et ils n’étaient pas loin de la réalité.

Pedge se tourna vers Nilsson en courant :

« Sergent Nilsson, en arrivant au village, il y a une position de tir une vingtaine de mètre sur la droite. Candom, vous serez ses yeux pendant qu’elle tire. »

Les deux confirmèrent. Elle préférait assurer la sécurité de la tireuse d’élite en plaçant un homme avec elle qui pourrait surveiller les alentours pendant qu’elle se concentrait sur ses tirs. Avec toute la smala qui rodait dans les bois, il fallait être prudent.



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La main froide



Soudain, une friture sonore et pénible ponctua un cri de détresse très soudain à travers les radios. Les impacts s’entendaient clairement, sans compter de violents éclats de verre.

// PEDGGGGE ! // Sa voix s’étrangla dans les pleurs avant de reprendre d’une voix cassée et suppliante. C’était comme si elle appelait à l’aide mais en se faisant violence pour donner une information différente. // Hostile au nez...arraché, veste sale, oreille...droite coupée...détient...intels ! //
Un impact violent la coupa.
// Aaaahhh. Capture...nécessaire pour...fin...aah...pour fin mission !!!! Capturez !!! //
Sa respiration se mua en un râle agonisant. Le son vacilla dans le parasitage et elle se mit à hurler dans une supplique déchirante, indifférente quand au fait qu’elle était entendue à la radio de tous.
// Pitié ! Arrêtez !! ARRÊTEZ !!! //


L’urgence était de mise et Sheppard mettait beaucoup d’énergie à presser toute la vitesse possible en chacun d‘eux pour parvenir à l’orée de la forêt au plus vite. Il n’avait pas prit le temps de faire un quelconque message radio, puisque avait d‘autre chose à gérer, comme le guide de Médor et les explications à donner à Jacobs sur son plan d'offensive. Il avait trois officiers, Pedge avait prit des initiatives plus qu’honorables et sans être au-dessus des ordres du colonel. C’est ce qu’on attend d’un bon second. Même si Jacobs venait de prendre la main.

John ne sut comment, il n’avait pas réussit à choper un point de côté, quand la voix de Nelly résonna dans les oreillettes. Un instant, l’équipe s’arrêta, le silence du mort… Avant que Sheppard, fasse signe de continuer le cœur battant. Nelly était un peu incohérente, se faire capturer ? Ou capturer cet homme ? John ne prit pas le temps de tout analyser cela était trop saccadé. Elle déconnait la pauvre fille et ces derniers mots étaient tout bonnement terrifiant. Et cette peur était lisible sur le visage des militaires sauf de la norvégienne qui restait complètement impassible. John, la connaissait un peu et savait qu’elle avait une réputation de glaçon, pire que le major Frei. Mais contrairement au major, elle avait une maladie mentale, qui ne la rendait pas inapte, mais plutôt hermétique à ce qui n’est pas logique.

La course se termina vers la fin de cette forêt, il donna l’ordre de s’accroupir. En prenant les jumelles, John pouvait voir avec effroi, que son soldat était soumis aux jets de divers éléments sales. Nelly attachée à un poteau complètement nue et humiliée au plus haut point. Elle avait du sang sur le visage et d’autre filets sur le corps. Ces connards étaient en train de prendre leurs pieds à la souiller. Le colonel, avait le visage sombre. Il se tourna vers les soldats, retirant son masque qui l’encombrait pour parler.

« Nilsson, vous me tirez une roquette sur l’une des bâtisses. Allez en poste avec Candom. Allen et Jacobs vous venez avec moi. Dès que Nilsson a tiré, on va lancer des fumigènes, cela va les effrayer encore plus. On ne fait aucune prise. On sauve d’abord Bricks. » Il fallait prioriser. Et Jessy avait dit que l’équipe était repartie, ils iront enquêter plus tard, avec d’autre moyens, comme un jumper, pour kidnapper le chef ou le tortionnaire de Nelly et lui faire passer un sale quart d’heure. Où ils aviserons là, tant que Bricks est rapatrié le plus vite possible.


Le cri de Nelly n’était pas supportable pour Pedge qui sentit son cœur manquer un battement. C’était quoi ces pleurs et ce cri ? Est-ce qu’on la torturait ? Ce n’était pas admissible. Elle connaissait ce que ça faisait, et elle ne le souhaitait à personne, surtout pas à Nelly, qui malgré tout, restait une personne attachante, et son sourire enfantin et sa joie de vivre hantaient encore la texane qui n’imaginait pas qu’on puisse faire subir des sévices physiques ou moraux à une personne comme elle qui avait le cœur sur la main, malgré son attitude exubérante et énervante sur la cité. Elle tenta de leur faire passer un message en décrivant quelqu’un, en demandant de le capturer. Il détenait des informations… Bon, ce n’était pas la priorité, mais si c’était faisable, alors soit.

Les dernières phrases de Bricks finirent de glacer les sangs de Pedge, qui marquait sa surprise sans s’en rendre compte. Seule Nilsson semblait complètement fermée.

« A vos ordres Colonel. Tir de roquette sur l’une des bâtisses. », répondit-elle mécaniquement en se tournant vers Médor pour récupérer un AT4. Candom l’accompagna jusqu’au point de tir.



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Environnement


Pendant ce temps, au village, le cavalier déboulait, son cheval écumant d’avoir été poussé à vive allure. Il fit arrêter sa monture près de la bâtisse en pierre, et se précipita vers la foule tandis que Sheppard était en train de vérifier visuellement la position de Bricks, découvrant avec une horreur teintée de haine la supplique qu’elle était en train de subir.

« Ils reviennent ! Ils sont LA ! ILS VIENNENT NOUS CHERCHER ! UN GRAND NUAGE BLANC SORT DE LA BOUCHE ET DES MONSTRES EN SORTENT ! FUYEZ ! » Il repartit vers son cheval, monta dessus en l’éperonnant violemment, provoquant des stries sanguinolentes dans le pelage de la bête. « FUYEZ !!! ».

Le prêtre s’était acharné sur Nelly pour qu’elle se taise. Il l’avait clairement entendu la décrire, et maintenant qu’il associait cette description à cette nouvelle de l’arrivée prochaine des compagnons de la sorcière qu’il tenait en sa possession, il avait les pétoches d’être une cible prioritaire pour les démons. Mais sa foi ne lui faisait pas défaut. Alors que les gens se dispersaient, laissant enfin Nelly tranquille tandis qu’ils s’échappaient en courant de toute part, l’homme pieux s’empressa de détacher l’hispanique de son poteau pour la traîner vers la tour en pierre. Hors de question de ne pas tuer cette créature. Il aurait au moins gagné ça avant de se faire tuer !

Alors qu’il approchait de la tour en trainant Nelly sur le sol dur de la prairie, le bâtiment explosa par le sommet, renversant le type sur le dos. Il n’en croyait pas ses yeux. Comment était-ce possible ? Quelle était cette magie à l’œuvre ? Il avait laché la laisse de Nelly, ne s’en souciant guère, alors que toutes ses convictions s’envolaient avec la destruction de sa tour.


// Nilsson, coup au but. //, fit la voix claire de la suédoise.

Pedge suivait John. Elle avait vu de visu ce que faisaient subir les villageois à la malheureuse et elle était révoltée. Jacobs avait blêmi, sans doute rattrapée par les images de son propre viol, attachée elle aussi à un poteau, en d’autres circonstances. Mais elle en tira une rage sans nom, et non une peur paralysante et débilitante. Elle était là pour en découdre.

Le cavalier avait ameuté tout le monde. Mais déjà, une ligne de défense se faisait, un peu aléatoirement, en direction de la porte. Des hommes ressortaient de leur maison avec des chaises, des louches en bois, des tisons de cheminée, et même des rouleaux à patisserie, près à en découdre. Malgré eux, ils faisaient un rempart entre le prêtre, Nelly, et les Atlantes qui arrivaient.

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Nelly avait ignoré les coups pour donner le signalement de son agresseur. Elle était persuadé, au plus fort du chaos, qu’elle donnerait un sens à tout ça. Lorsqu’elle avait entendu cet appel radio, qu’il eut s’agit de la voix de Pedge, elle avait d’abord cru à une hallucination. Elle avait beaucoup de respect pour Sheppard mais un attachement complet pour la lieutenant. C’était comme ça. Au début, ça avait démarré sur un simple jeu, l’emmerder un peu, la griller en train de tripoter Isia. Mais il y avait eu quelque chose de plus après, une forme d’attachement qu’elle éprouvait pour cette militaire qui se faisait une façade de femme inébranlable et excédée par ses gamineries. L’équilibre était vraiment précaire mais elles s’entendaient pas si mal. Pour Nelly, ça comptait beaucoup. Le fait de comprendre que c’était bel et bien sa voix qui raisonnait dans son oreille, qu’elle était là pour elle avec des renforts, l’avait regonflé d’un espoir fou. Une émotion d’une intensité qu’elle n’avait jamais connu et qui l’avait paré d’une forte expression de surprise.

Maintenant, elle traînait sur le sol, recroquevillée en position foetale. Elle entendait les cris, elle savait ses amis non loin mais un troupeau bouillonnait tout autour d’elle. Nelly se sentit toujours autant en danger, en territoire ennemi. Et elle avait mal, elle avait peur, elle sentait toujours les regards et entendait tous ces hurlements comme s’ils étaient dirigés sur elle. C’est pour cette raison qu’elle s’était écrasée ventre au sol, les jambes ramenées contre sa poitrine, et qu’elle se cachait les yeux des ses deux mains comme pour échapper à la pire horreur qu’elle n’avait jamais vu.

Ses amis étaient proches, si proches...et si loin en même temps.

« Colonel !!! » S’écria-t-elle dans une pleine détresse après avoir aperçu sa silhouette entre ses doigts tremblants.

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John alla vers Médor pour prendre un second masque et fourrer une couverture de survie dans son sac à dos. Nelly ne semblait plus porter grand-chose sur elle. Nilsson faisait honneur à sa réputation, une véritable machine qui faisait mouche à chaque fois. La tour d’un bâtiment s’écroulait augmentant la panique déjà trop présente dans ce village. De maigre ligne de défense se mettait en place, les genoux tremblants et les mains peu sûres. Les Atlantes allaient en faire qu’une bouchée. Et John s’élança juste après le coup au but magistral de sa soldate, en remettant son masque à gaz.

Jacobs tira en l’air, une belle cloche, avec son fusil qui était doté d’un lanceur de grenade. Les fumigènes arrivèrent derrière la ligne de défense et lâchèrent leur gaz épais. Cela enclencha de nombreux cri de panique. Sans chercher plus loin, John tira dans le tas de cette pseudo défense, suivit de Jacobs qui ne faisait pas dans la dentelle, il y avait bien trop de trou.
Même avec le masque, qui ne servait qu’à se protéger des gaz pour ne pas étouffer, la visibilité était nulle à chier. John se mouvait dans le flou total, allant dans la direction qu’il avait évalué pour retrouver ou tomber (au sens littéral) du terme sur Nelly. Finalement, il était à a peine deux mètres d’elle quand elle le héla de toutes ses maigres forces.

Jacobs dégomma un type derrière eux, John bifurqua vers le son et trouva Nelly au sol. La fumée cachait sa nudité, mais sur le coup, l’homme ne s’en formalisait pas. Il prendrait conscience de cette indélicatesse plus tard. Il rangea son P90 contre sa poitrine, pour sortir de son sac la couverture dorée et la mettre sur la petite soldate et l'enrouler dedans.
// Vous pouvez marcher soldat ? // sa voix étouffée dans le masque à gaz lui donnait un air de Dark Vador. Il ne vit pas le prête s’avancer dans la brune dans son dos comme un gros lâche, prêt à lui sauter dessus comme un fou furieux.


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La petite espagnole suffoquait dans le brouillard nuageux.
Il lui fallut un peu de temps pour se rendre compte qu’on lui avait posé une couverture de survie sur le dos et qu’une présence demeurait à ses cotés. Même sans le voir, elle savait que cette silhouette appartenait à un membre d’Atlantis et elle ne se rebella pas à son contact. Toute tremblante, elle serra les deux bords de la couverture pour la refermer timidement sur sa poitrine. Son regard s’était levé sur ce masque à gaz penché dans sa direction et une vive impression de soulagement l’envahit avec brutalité. C’était comme recevoir un ras de marée de sentiments positifs après avoir subi toutes ces horreurs : la surprise, l’espoir, le soulagement. Elle était sauvée, ils allaient l’emmener loin d’ici. Mais voilà, au bout de cette laisse ignoble, il y avait toujours son tourmenteur. Il pouvait toujours réapparaître et lui planter sa dague dans le coeur. L’humiliation s’était légèrement retirée pour laisser la place à la terreur. Dans un mouvement réactif et fort, elle s’accrocha contre la jambe du militaire en sanglotant, elle n’avait toujours pas répondu à sa question, peinant à retrouver son calme.

Et soudain, comme si son pire cauchemars se réalisait, la punissant d’y avoir songé par la crainte, le prédicateur se matérialisa dans la brume et se jeta avec brutalité dans le dos de Sheppard. La lame de sa dague remonta d’un geste certain et appliqué en direction de son flanc. Dans l’horreur et la panique, la jeune femme s’était décrochée de la jambe de son sauveur pour y intercepter le bras.

Elle avait hurlé quelque chose d’incompréhensible, le mélange d’un « NON ! » et d’un « ATTENTION ! » mâché dans un cri d’une autre voix. De sa position accroupie, elle s’était laissé choir sur le coté en agrippant ce coude et s’acharnant à y faire pendre tout son poids. Le coup de dague sordide n’atteignit pas le colonel mais le pommeau revint dans un très violent revers au visage de Nelly.
Elle s’étala sur le sol en une lourde plainte et elle n’entendit pas l’ordre que le prédicateur hurla aux quelques courageux qui affrontaient le brouillard et les balles.

« TUEZ-LA ! TUEZ LA SORCIÈRE ET ILS DISPARAÎTRONT TOUS !!! »

Et avant même que Nelly ne tente de s’écarter de cet homme, le voyant se jeter de nouveau sur Sheppard avec haine et frénésie, une force irrésistible la tira brutalement en arrière. La chaîne s’était violemment tendue et la petite espagnole fut traînée sur le dos. La couverture de survie s’arracha de ses mains sur la glissade, l’éraflant de toutes parts, avant qu’une paire de mains ne la saisissent brusquement à l’arrivée. Nelly poussa un grand cri effrayé, un hurlement qu’elle ne se serait jamais cru capable de pousser alors qu’elle voyait se diriger vers elle un hachoir à boucher. L’agresseur ajusta la position de sa lame, prenant le manche de ses deux mains pour ne surtout pas se foirer, puis il arma son geste en effectuant un mouvement à reculon, comme s’il engageait un ressort. Trois autres hommes tenaient Nelly par les bras et lui tiraient les cheveux d’une telle force que son cou était pleinement tendu, prêt à recevoir le coup fatal.

La petite espagnole poussa une plainte, faisant son possible pour essayer de porter son poids sur ses jambes, faire n’importe quoi. Mais elle était fortement épuisée, ses muscles ne lui répondaient plus même dans cet état de mort imminente. Alors elle cessa de s’agiter, dans un air presque résolu, et elle secoua négativement la tête pour le peu qu’il lui était possible. Elle murmura d’une voix suppliante un « Non...non...non !!! » qui ne trouva pas écho chez ses agresseurs. Celui qui lui faisait face termina son mouvement, lui montrant bien qu’il avait assuré sa visée et qu’il n’échouerait pas. Il poussa un grand cri et il initia le mouvement fatal.

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Pedge était dans le feu avec Jacobs. Elle n’était pas super emballée pour tirer sur des paysans armés de fourches et de pelles, mais elle suivit le mouvement de John qui mitrailla sans sourciller ces gens et elle dézingua dans le tas avec des sueurs froides. Le masque à gaz donnait une réalité virtuelle à tout ça, mais cela n’empêchait pas la militaire de voir les corps tressauter dans des gerbes de sang et de morceaux de chair alors que les balles des armes de guerres les transperçaient. La fumée du fumigène tirée par Jacobs n’avait même pas la décence de cacher cela. Qu’importe, c’était la guerre, c’était moche, et au final, les atlantes ne réagissaient qu’à une agression.

En progressant, Pedge perdit de vue John et Jacobs et elle tomba sur un homme, à genoux en train de prier tous les dieux qu’il connaissait. Elle pointa son arme sur lui, mais elle ne pressa pas la détente. Impossible de tuer un homme en train de prier, à genoux qui plus est, sans arme. Il prit conscience de la présence de la jeune femme, avisant son masque à gaz qui lui donnait des airs de démons. Ce qu’elle était en somme selon la croyance de ces gens. Il se prosterna à ses pieds, l’implorant de le laisser vivre. La jeune femme le contourna, et continua sa progression. Ce type la dégoutait par sa faiblesse. Qu’il prenne sa vie en main bordel.

Jacobs déboula sur sa droite. Elle manqua de l’arroser, mais heureusement, elle retint son doigt. Elle secoua la tête. Elle était stressée dans cet environnement rempli de fumée. Son sens de l’orientation déconnait en plein, et elle avait l’impression de tourner en rond. Elle entendit le cri de Nelly plus loin sur la gauche, et elle décida d’aller voir ce qu’il se passait. Bientôt, le vent finirait de dissiper le brouillard pas naturel, mais pour le moment, l’air stagnant n’aidait pas à le faire. Pedge se demandait encore si c’était une bonne idée d’avoir tiré ce fumigène… Jacobs avait de nouveau disparu de son champ de vision.

Environnement


La hache brilla dans son mouvement de balancier, de bas en haut, alors que le type armait son geste pour trancher, tel un beau bifteck sur un biau de boucher qui allait tâter de la feuille, la délicate gorge de la sorcière. Alors que la lame arrivait à son apogée, prête à redescendre, elle lui fut arrachée des mains par une explosion soudaine et violente. Le type en question poussa un hurlement en laissant ses bras retomber le long de son corps. La moitié de ses doigts avaient disparu sur une main, et le poignet de l’autre côté ne présentait plus que des morceaux d’os rappelant l’édifice partiel de la paume. Il se plia en deux de douleurs, tandis que les trois autres regardaient leur ami hurler avec des têtes hallucinées.

« Nous allons tous mourir… Cette sorcière est impossible à tuer ! », commenta le mec alors que Nilsson repositionnait son oeil dans sa lunette de visée après avoir éjecté la douille par une traction sur la culasse. Les hommes lachèrent les chaines, et détalèrent. Mais celui qui tenait les cheveux de l’hispanique ne semblait pas aussi impressionnable que ses deux amis. Il ne semblait pas perturbé par l’environnement et par les hurlements stridents de l’ex boucher qui s’était étalé sur le dos en agitant ses presques moignons. Nelly vit apparaître dans son champ de vision la tête hideuse de ce dernier agresseur. Il lui manquait des dents et avait une haleine de chacal décomposé, fourré à l’ail et au maroille. Elle détourna immédiatement la tête.

« J’vais pas crever avant de t’déflorer un bon coup, puterelle de coureuse de remparts ! »

La phrase la traversa comme une balle et elle secoua brusquement la tête, terrorisée, en sachant pertinemment que son agresseur n’entendrait pas raison.
En rampant, il attrapa les chaines et tira de toutes ses faibles forces pour aller vers la longère qui se dessinait dans la fumée. Entraînant Nelly dans l’herbe, il comptait bien se mettre à l’abri.

John était en prise avec le prêtre.

Pour en revenir du côté de Nelly, l’homme l’attira sans se préoccuper de ses éventuelles jérémiades ou imprécations. Il comptait bien faire sa petite affaire, persuadé que ses mains n’éclateraient pas. Après tout, la sorcière avait du utiliser tout son pouvoir pour déformer les doigts du boucher de cette façon. Et puis quand bien même, pensa-t-il en serrant dans son poing libre une amulette qu’il portait autour du cou. Une bohémienne lui avait venu contre une petite somme, lui assurant que ce bijou le protégerait de toute sorcellerie possible. Et bien il en avait pour son argent hé ! Il était encore là lui alors que les autres crevaient tous ! C’était bien la preuve que son amulette fonctionnait !

// Ici Nilsson. Hostile emmène Bricks dans la longère. Impossible d’avoir une solution de tir sans blesser Bricks. //

Une fois dans la longère, dont les fenêtres avaient explosé suite au tir de roquette de Nilson, il traina Nelly vers la table, la faisant glisser dans les tessons de verres brisés et il la souleva d’une main pour la balancer sur la table, au milieu des couverts, des fruits, de la viande froide. L’hispanique put sentir la pointe acérée d’une fourchette s’enfoncer dans la pulpe de son fessier, tandis que l’homme était déjà en train de défaire ses chausses pour exhiber son sexe flasque.

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« NON ! NON, PITIE ! » Hurla Nelly en le voyant approcher.

Elle avait tenté de reculer sur cette horrible table, ses coudes s’égratignant sur les éclats de verre qui les parsemaient ainsi que les différents couvert. Mais à peine avait-elle amorcé le geste que deux mains lui pincèrent les cuisses avec une horrible force pour attirer son bassin contre la virilité à l’air du criminel. Il la ramena d’un coup en se déléctant de son cri de détresse, cette souffrance mêlée d’une agonie psychologique qui ne cessait de le rendre puissant, dominateur. Et encore plus lorsqu’il sentait les jambes de Nelly battre mollement dans une défense trop faible pour lui.

Il se coucha contre elle, l’écrasant de tout son poids contre la table, et fit courir sa langue sur sa peau dénudée et salie par la précédente torture. A croire qu’il avait été excité de la voir nue et humiliée de la sorte, il faisait courir sa bouche où il le pouvait.
Prise d’une panique bestiale, Nelly hurlait à pleins poumons, cherchant à écarter cet agresseur de son intimité. Mais à chaque fois qu’elle y mettait de la force, ses mains finissaient par glisser de ses flancs qui s’ébrouaient déjà, malgré qu’il ne soit pas encore entré, histoire de se donner plus de vigueur par ce massage violent.

« PEDGE ! SHEPPARD !!! » Hurla Nelly au milieu d’un sanglot d’effroi. « AU SECOURS !!!! »

L’une des mains du violeur vint enserrer sa gorge alors que l’autre préparait sa virilité en condition pour forcer ses portes.

« Oui, hurle ! J’aime ça !!! » Ricana-t-il grassement avant de lui asséner une violente droite. « J’en aurais fini de ton pti cul quand ils arriveront ! »

Nelly encaissa le coup et se secoua dans tous les sens, essayant n’importe quel mouvement susceptible de la soustraire de cette ordure mais elle n’y arrivait pas. Elle se sentait faible, beaucoup trop faible. Son coeur était sur le point d’exploser et elle sentait le sang bouillir dans son crâne alors qu’elle était immobilisée par une force néfaste, horrible, contre laquelle elle ne parvenait pas à résister. Les cris de la petite hispanique étaient horribles, chargés de toute la peur panique qui l’investissait, d’un rugissement d’appel au secours qui prenait les aigus et perdait en humanité pour une détresse à l’état pur. Elle ne cessait de se dire que quelqu’un allait venir, qu’ils allaient arriver avant qu’il ne la prenne de force. Mais il n’y avait toujours aucune silhouette alliée.
Alors qu’elle poussait un énième cri d’un effort désespéré, elle tourna la tête et trouva un couteau non loin, à portée de main. Elle colla ses doigts dans les narines du violeur en espérant le faire reculer quelque peu alors que son autre main tâtonnait les environs de l’arme de fortune.
Si seulement elle pouvait l’atteindre…

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Pedge reçue l’information radio de Nilsson sur la situation de Nelly. Ce n’était pas bon du tout. Elle pensait que Sheppard l’avait récupérée mais manifestement ce n’était pas le cas et elle espérait du coup que le colonel n’était pas en difficulté. On n’y voyait rien dans ce foutu brouillard de fumigène ! Quelle idée absurde ! Ce n’était pas comme si ces cons étaient des primitifs. Pourquoi donc s’encombrer d’un écran de fumée alors qu’ils n’auraient à faire qu’à des archers qu’ils auraient pu tuer rapidement, surtout avec Nilsson au poste de tireur de précision. C’était stupide ! Jacobs avait vraiment merdé sur ce coup-là, car en plus de camoufler l’otage, elle camouflait la scène à la suédoise. Pedge pestait en essayant de trouver des points de repères familiers dans les ombres mouvantes. Elle esquiva un coup de hache transversal, manquant d’y laisser ses cheveux en plus de sa tête, et elle colla son poing ganté de mitaines dans la tronche du bonhomme, qui déjà armé un second coup. Il fut déstabilisé, mais ne chuta pas, et le bois de la hache heurta l’avant bras de la texane qui parait d’un geste défensif une nouvelle coupe de taille. Mieux valait le bois que le tranchant métallique de la lame.

Elle recula de quelque pas, et elle dégaina son arme de poing, logeant trois balles dans le buffet du ce bûcheron de malheur. Affaire réglé, sujet clos.

La longère ! La longère était là, elle en était certaine. Elle distinguait la bâtisse, s’étirant en longueur dans la fumée. Ni une ni deux, elle chercha une porte, avant de constater que les fenêtres étaient brisées, certainement à cause du tir de roquette de Nilsson.

// Ici Allen, j’entre dans la longère. //

Elle préférait informer le reste de l’équipe de ses actions, justement pour ne pas finir isolé, ou pire, prise à partie par un allié qui aurait eu la même idée qu’elle. Autant prévoir le coup, surtout qu’elle n’avait aucune idée de la position de Jacobs et Sheppard dans tout ce tumulte brumeux. Le fumigène laissait sa fumée s’engouffrer dans le bâtiment par les huisseries endommagées, mais c’était quand même plus respirable et plus clair.

Elle vit Nelly se débattre avec son agresseur, lequel semblait sur le point de la violer. Le batard de merde ! Elle vit qu’elle le frappait à la tête, sans savoir que l’hispanique visait les narines. L’homme recula, manifestement surpris, et s’emmêla les pieds dans son pantalon, laissant le champ libre et à Nelly, et à Pedge, qui déjà se ruait vers l’ennemi pour le neutraliser, arme au poing.

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La main froide



John Sheppard


Le cri d’attention de Nelly, ne servit à rien puisque qu’un homme lourd lui tomba sur le dos. John aurait pu se maudire de ne pas faire gaffe à son arrière, cependant dans cette fumée, que pouvait-il faire de plus ? Il était penché sur une Nelly angoissée, nue et accrochée à sa jambe, il comptait bien l’extraire de son enfer, quand le destin en avait décidé autrement.

Le colonel, roula sur le sol, son P90 lui rentra dans le moue du ventre et il sentait tout le poids de l’autre pachyderme de bourreau sur la colonne. Bien, loin de se laisser faire, (manger de la terre n’était pas vraiment son repas favori, même si son masque filtrait pour le moment). Il donna un coup de coude bien violent dans le corps ferme de son adversaire, touchant par chance le haut du plastron de celui-ci. Ce coup suffit, à faire redresser le pauvre homme qui crachait ses poumons. Il n’en fallait pas plus à John, pour se retourner et faucher les jambes de l’ignoble personnage avec les siennes. Il roula, pour éviter de se prendre le corps de l’autre, qui déjà, avait reprit ses esprits pour amortir le choc de ses mains puissantes.

Les deux hommes finirent par être à nouveau debout, le P90 du colonel s’était détaché (par chance ou non) et un corps à corps devait s’engager.

Environnement


Le prêtre était puissant, et malgré que sa dague se soit faite la malle dans le précédent assaut, il gardait une bonne technique de corps à corps, comme Nelly avait put le constater amèrement. Il enchaînait les coups, usant d’un art martial de prêtre guerrier local, utilisant sa bure ample pour gêner le colonel. Il faisait tout pour que John ne se serve pas des instruments qu’il possédait, tel que son arme par exemple. Le prédicateur avait bien compris que c’était de là que venait leur magie de mort, tout comme sa dague pouvait être un vecteur pour la faucheuse. Donc, il gardait une distance proche, usant de sa taille et de sa force pour essayer de déstabiliser l’Atlante et de prendre le dessus.

John Sheppard


Il avait bien un truc qui emmerdait le colonel, c’est les arts martiaux pégasiens, il avait l’impression désagréable de toujours être une lavette ! Mais bon, avec les entrainements de Teyla et Ronon, il avait appris à être plus forts. Mais, il n’empêche, c’était désagréable de constater que son corps d’armée semblait bien faible dans cet art. Les armes étaient peut-être la raison ? Sûrement, il est plus facile de tirer que de donner un bon coup de poing dans la gueule.

L’attaque du prêtre ne survenait pas au bon moment, Nelly avait disparue et il s'inquiétait de savoir où elle pouvait être. Surtout qu’il n’avait pas vu comment elle s’était volatilisée, sachant juste, qu’elle avait dû être enlevée par des paysans au vu de ses cris alarmant à déchirer le cœur !

Le prêtre était véloce et assez bon, malgré ses airs bedonnants et complètement cinglé. La fumée se dissipait et la vision devenait correct. Par contre, l’autre homme était précis et le colonel, se prit plusieurs coups bien sentis, qui laisseraient des traces bleues sur ses côtes. Il en fallait plus, pour décourager un militaire entraîné avec de la bouteille, comme on dit dans le milieu. Surtout que Nelly avait disparu dans une farandole de hurlements et le revers du gauche que se prit John, le rendait sourd à son environnement. Il était inquiet pour la jeune femme, qu’il ne voyait plus entre les ombres. C’est à ce moment-là que le message de Nilsson tomba… embarquée par des “hostiles” dans une maison ? Mais … Le sang du colonel ne fit qu’un tour, il fallait mettre fin à ce combat au plus vite avant qu’elle ne se fasse couper la gorge.
Mais, son sentiment d’être moins bon en corps à corps ne pouvait persister sous les assauts de l’autre prête. Le colonel parrait bien mais il n’avait pas le temps de danser un tango avec ce fou illuminé.

John décida d’utiliser l’impact de son masque pour donner un coup de boule magistral à l’autre homme après lui avoir agrippé les épaules. La dentition déjà bien malmenée de ce prêtre finit par s’ouvrir avec la lèvre ainsi que ce qu’il restait de son nez en sang.

Un autre coup bien placé dans l’entre-jambe fut la fin de ce combat assez rude et digne du grand folklore de la galaxie. Surtout que Nilsson acheva le pauvre bougre d’un second tir entre les épaules. De là où elle était rien ne pouvait lui résister ! Un sniper hors pair.

// Parfait Nilsson //

Jacobs arriva dans le dos de John, qui manqua de lui donner un coup de poing. La fumée était très dissipée sauf à quelques endroits et il devenait gênant de respirer avec les masques. Le colonel, décida de retirer le sien à moitié endommagé par l’impact, pas du tout approprié d’une tête humaine et d’un plastique. Le message de Nilsson dit plus tôt fut répété par Jacobs et les deux militaires avancèrent vers la maison, sachant que Pedge était déjà sur place.

// Allen vous en êtes où ? //


AVENGEDINCHAINS


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JohnSheppard

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