Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Entre deux cultures 824245bouton512


RPG sur Stargate Atlantis
 
Dim 26 Nov - 22:25
Alexander Hoffman
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Entre deux cultures


Co auteur : Papi

CHRONOLOGIE 11 OCTOBRE 2017-
du côté des Tairis
en même temps que le côté Atlantes : Entre divin et réel

Rappel des Tairis présents

Entre deux cultures 1508337646-02av Aya pour le clan du Bajanner, clan dominant et des décisions. Elle aurait avec elle Vilma, qui prendrait la responsabilité de la rencontre et des présentations avec son nouveau rôle.
Entre deux cultures 1508337646-02n Gora & Cylvia pour le clan des Flachumi, clan des inventeurs
Entre deux cultures 1508337647-02rl Rion’Lastar pour le clan des Waldna, clan de guerre, stratégie et du combat
Entre deux cultures 1508337646-02k Krispak pour le clan des Stera, clan de la science
Entre deux cultures 1508337647-02s Shira pour le clan du Niragen, clan de la chasse et du savoir du pistage
Entre deux cultures 1508337646-02e Eura pour le clan des Atmas clan de la médecine et des esprits
Entre deux cultures 1508337646-02r Rashar pour le clan des Silà, clan des bâtisseurs et de l’histoire

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L’immense monte charge de pierre descendait doucement en grinçant de manière régulière. Parce que les tigres pesaient leur poids, il fallait les amener par petit groupe jusqu’à ce sous-sol tout aussi dantesque et paradisiaque. Les Atlantes n’en avait jamais connu l’existence ni eut l’accès. Vida était très émue à l’idée de conduire les Seigneurs Tairius dans ce lieu de sépulture sacré.

Au début les tigres ne furent pas forcément rassurés de cette invention. À dire vrai, Kispak n’était pas le seul à évaluer le nombre de tigres, qui pourraient monter dans cette nacelle sans la briser.
« Il va falloir que tu perdes une ou deux côtes mon bon Rion’Lastar, sinon le poids de cet ascenseur va t’emporter dans les tréfonds de la terre. » Lança Kispak le plus âgée des tigres. Cela fit rire les autres doucement, Rion était un peu, le “souffre-douleur” mais version blague des autres leaders, qui semblaient adorer le charrier à toutes les sauces. Faut dire, qu’il avait de quoi faire, avec la personnalité particulière du chef du clan de la guerre. Quant à la mention de l’ascenseur, ce fut un terme Atlante, seule référence connue des tigres sur le site alpha, pour nommer le monte-charge.

« Ou toi ton cerveau, il est bien trop lourd, pour supporter mes muscles, mon égo, ma légende et toi. » Lança sans faillir Rion Lastar, en montant justement avec Kispak. Le poids des deux mâles serait la seule charge pour cet aller. Sinon cela allait briser le matériel. Il y avait une tonne rien qu'à eux deux. Les autres tigres suivirent, en silence, ou en parlant en Tairis. cela était plutôt calme et ordonnés.

D’innombrables colones soutenaient le sol de la Magna et elles étaient toutes taillées à l’effigie des Trois sur des positions toujours différentes. Erydéon, Rhoamytra et Andriélus se battaient, ils étudaient, ils conseillaient les Natus, ils portaient le pilier de leurs dos. Bref, des mises en situation toujours différentes à mesure qu’ils s’enfonçaient en direction du tombeau. Cette salle majestueuse de décoration ne se contentait pas que de statues mais aussi d’un nombre impressionnant de dorures et de cristaux. Les roses de minerai de feu étaient principalement cultivée sur la surface du plafond pour offrir un éclairage uniforme et le sol était taillé pour offrir des chemins aux travers de petits ruisseaux naturels et de différentes plantes qui se nourrissaient de minerai de feu.

Les tigres portèrent beaucoup d’attentions aux visages des « Trois ». Aucun ne les avait connu de leurs vivants et il fallait avouer qu’Erydéon avait des airs de ressemblance avec sa plus jeune descendante Vilma. Aya était persuadé que le grand tigre avait des yeux orange, comme la majorité des membres de cette lignée. L’endroit était très beau et inattendu pour eux. Le silence était de mise chez les grands seigneurs, qui savouraient et observait l’endroit dans le moindre détail. Après tout, ce sont des prédateurs, ils ont l’instinct de connaître l’environnement, pour s’échapper ou bien même se l’approprier et ne pas être surpris.

Enfin, ils parvinrent jusqu’au mur du fond où une entrée majestueuse taillée à même la roche était gardée par quatre hommes en armures intégrales. Ils ressemblaient exactement à la garde personnelle de Vida : un bouclier de métal de cinq centimètres d’épaisseur et un lourd marteau posé sur le sol, le manche tenu à la manière d’une lance. Ces gardiens ne bougeaient pas d’un cils même en présence des Tairis. Ils étaient les garants et les protecteurs du lieu de sépulture des Trois. Ils agissaient comme s’ils tiraient leurs ordres des Tairis eux-même pour veiller sur le tombeau de leurs divinités.

A l’intérieur, quatre autres gardes, des femmes cette fois-ci, les anciennes Pugilistes vertueuses vêtues d’un habits de peau et fourrure reproduisant l’apparence d’un Tairis. Elles se tenaient en formation à la sortie du couloir menant au tombeau et encadraient l’entrée avec des lances étincelantes. Dès l’arrivée des Tairis, elles se placèrent sur les côtés comme pour former une haie d’honneur. Leurs aspect purement guerriers et martial ne laissaient pas de doute quant à leur capacité à se défendre. Et vu les blessures que portaient certaines, elles s’étaient rudement battues durant la Guerre aux côtés des armées Natus.

Les tigres ne comprenaient pas pourquoi, il y avait autant de garde. Où allaient-ils ? L’aspect étrange des femmes guerriers, puisque ce fut ainsi, qu’elles furent perçues, les interpellaient un peu. Elles avaient des fourrures comme pour imiter le pelage …Shira eu une claque de langue désagréable. Comme pour imiter grossièrement un Tairis. Cet aspect lui déplaisait énormément ! Chaque créature à son identité, si on cherche à prendre les attributs d’une autre c’est pour mieux la connaitre et la chasser. Cela était son apprentissage de chasseuse et elle n’aimait nullement l’imitation. Sauf pour le savoir. Or, là, il n’y avait aucun savoir à se vêtir de peau de bêtes ! Sauf pour se protéger du froid.

Shira n’était pas la seul à désapprouver cela. Sauf peut-être Rion Lastar qui voyait des traces de combats avant tout, des femelles, vaillantes qui avaient su montrer leur rage et sauver leur peuple. Mais généralement, le tigre met en avant, les blessures que l’aspect. Rion, se contrefiche, si cela leur plait de s’humilier c’est leur choix ! La majorité des autres chefs avaient un avis convergent avec le siens. Mais, ils ne le montraient nullement. Continuant à marcher suivant la jeune humaine Vida.

Vida s’interrompit à cet endroit, se retournant pour considérer Aya et Vilma.
Elle attendit que les autres Tairis, juste derrière, se répartissent dans le peu d’espace qui débouchait du couloir. Ils se mirent en lignes autour des flancs droit et gauches des deux tigresses de manière assise : Rion Lastar- Shira - Rashar -Aya - Vilma - Eura - Kispak - Gora - Cylvia

Ils se trouvaient dans l’antichambre de l’accès. Dans son dos, un pont qui menait ensuite au tombeau. Il y avait deux énormes coupes de flammes éternelles qui brûlaient devant un cercle de roche parfaitement taillées. Trois colonnes en voûte se réunissait pour former une magnifique alcôve antique et décorée. Un petit aménagement de barrière en bois interdisait toute approche tandis que les possessions des Trois étaient visibles sous un impressionnant cube en cristal taillé.
Mais le plus déstabilisant, c’était que le tout reposait sur un immense disque, placé consciencieusement sur le sol et entouré d’un fin bandeau de pierres précieuses étincelantes.

« Seigneure Aya, Vilma, chefs des clans Tairius, voici la dernière demeure des Trois en qui nous devons tout. Ils ont été inhumé ensemble en respect de leurs traditions et dernières volontées. »

Sa main se leva sur les trois piliers d’arches qui composaient l’alcôve. Mis à part une reproduction fidèle des visages des trois tairis d’autrefois, une large plaque au sommet était gravée d’une belle écriture calligraphique. Vida en récita le contenu d’une voix chargée d’émotion, elle le connaissait par coeur :

« N’ayez crainte, Natus, car la juste fureur des ancêtres accompagnera le guerrier venu protéger son foyer.
Rigoureuse préparation, exercice permanent, ardeur et résolution, ne cessez jamais. Repoussez à jamais le démon.
Car s’il est une leçon qui ne doit jamais se perdre en vos coeurs : c’est la liberté !”
»

Vida inspira et laissa échapper une larme. Non pas parce que le texte était beau. Mais parce qu’ils provenaient des Trois qui reposaient sous ses pieds. C’était un héritage. Ils savaient que les Wraiths reviendraient, ils ne voulaient pas que les Natus s’empatent et se laissent dévorer par surprise avec le temps. Les Trois avaient veillé sur eux de leurs vivants et pensé à l’avenir du peuple même après leurs morts...c’est ce qui la mettait dans cet état. Ils avaient toujours été là, ils n’avaient jamais abandonné les Natus. Vida se retourna et ajouta d’une voix légèrement tremblante :

« Andriélus, Erydéon et Rhoamytra insistèrent en ces mots jusqu’à la fin de leur règne, Seigneure Aya. Nous les avons gravés pour tenir promesse de ne jamais les laisser sombrer dans l’oubli. Et ils sont aujourd’hui encore enseignés à tous les Natus en âge d’apprendre notre histoire.»


Vilma avait du mal à se dire qu’elle était le second cœur d’Aya, cela lui parait étrange comme si on ne parlait pas d’elle en disant cheffes des clans Tairis. D’ailleurs, les Tigres ne régissait pas pour le « tairius » ancien nom de leur peuplade après tout. En tout cas, ils étaient dans le tombeau de leurs ancêtres. Il est ridicule de voir autant de beauté pour un lieu de mort. Mais, cela était surtout du cérémonial, c’est leurs dieux, qu’ils avaient enterré ici. Les deux tigresses ne dirent rien, se contentant d’hocher la tête en écoutant les paroles des anciens.

Aya semblait satisfaite de cette tirade, qui résumait bien et insufflait l’espoir. Et l’émotion de la petite humaine était peut-être difficile à comprendre pour les tigres, qui n’avaient pas la même notion de la mort et de cet héritage, mais compatissaient.

« De bien sages paroles. Erydéon était le chef des tribus réunis à son époque, il fut un grand chef, jusqu’à sa disparition » Conclut Aya sans bouger.
« Leurs mémoires a été à nouveau honorée avec cette nouvelle. Ils peuvent à nouveau rejoindre les plaines de la nuit sans honte, on sait maintenant leur exploits. » Ajouta Gora de sa voix de ténor sombre et profonde. Oui, les trois, n’avaient pas été des plus grands après leurs disparitions, beaucoup de tigres se demandaient s’ils n’étaient pas morts bêtement ou même pire, avaient fuis. Erydéon avait de grand rêve de grandeurs et de voyage ! Cela l’avait perdu ou bien même changé.

Eura se leva, les autres Tairis, ne bougèrent pas, comme des statues, seule la tigresse étrange et mystérieuse se mouvait, pour observer le cercle de pierre précieuse avec les affaires des trois. Son immense, patte, gratta un peu la terre, à l’endroit exacte où devait se trouver les corps. Puis d’un mouvement incroyablement souple et surtout gracieux, elle pivota dans plusieurs positions, qui pouvait être une forme de danse. Quelque chose se passait, les humains présents, pouvait le sentir, comme si une pression se faisait dans l’âme et leur corps. Chaque pas de patte de la tigresse, retombait comme un son d’un tam tam imaginaire mais qui résonnait dans toutes les têtes, une sorte de frénésie, de magie s’installait. La flamme immortelle, baissa sa lumière, brûlant moins, tout comme le feu qui illuminait la salle avec ces fleurs qui perdaient en intensité.

Les yeux d’un bleu si clair presque blanc de la tigresse, prenaient des couleurs, les yeux des trois, mélangé dans de l’or, de l’orange et du vert. La patte d’Eura se mit dans sa sacoche et des poudres rosées se mirent à scintiller de plus belle autour d’elle. Elle semblait voler tellement les mouvements étaient fin et léger ! La poudre rose, prenait petit à petit la forme de trois tigres.

Quand se fut le cas les Natus, pouvaient facilement voir des représentations de leur divinité. Eura, s’arrêta face aux constellations de poudre scintillante en face d’elle. Elle prononça des paroles en Tairis d’une voix qui ne semblait pas être la sienne. Mais, qu’importe si on ne comprend pas, la chaleur et l’émotion était poignante. Les tigres baissèrent tous la tête à l’unisson se redressant, avant de rugir puissamment ! Les tigres poudres semblaient faire la même chose et soudainement, ils fusionnaient pour s’envoler d’une brise légère, pour fouler le visage de chaque Tairis et la poudre retomba sur le sol, à l’endroit où Eura avait tapoter la patte.

La tigresse blanche, reprit ses pupilles translucides et parla dans la langue commune.
« L’honneur est maintenant réparé, le temps répare toujours l’injustice et nous pouvons être fier d’avoir eu ces voyageurs intrépides et novateurs dans nos plaines ! » Et soudainement, tout redevint normal, le feu, la drôle de sensation dans l’esprit et Eura frotta sa tête sur chaque tigre, puis fit de même auprès de Vida. Une trace de poudre rose, était sur la joue de la leader humaine.

Anelyn Vida


Vida était émue à l’idée que les Seigneurs Tairius puissent rendre un hommage devant la sépulture des Trois. Mais lorsqu’Eura se déplaça pour examiner la sépulture et la gratter de sa patte, elle sut immédiatement que cela allait déplaire aux gardiens du temple. Elle jeta un oeil nerveux aux Martelliers et aux duellistes qui s’étaient silencieusement approchée et n’eut pas le temps de leur faire un signe d’apaisement.

La première chose qui frappa la Batailleuse fût la régression de la luminosité ambiante. Son regard surpris s’était porté sur la flamme éternelle avant de monter sur les fleurs qui perdaient toutes en intensité. Comment la Tairius blanche était-elle capable d’influencer l’environnement à ce point ?

La danse qu’elle exécuta intrigua davantage la jeune femme qui se trouvait pour la première fois témoin de la culture des Tairius. Mais le plein aspect chamanique avait tendance à lui faire peur. Et elle n’était pas au bout de ses surprises lorsqu’il y eut cette envolée de poudre rose balancée dans les airs. Eura dansait, c’était beau à voir, mais elle faisait ça à proximité immédiate de la sépulture. Et il y avait cette étrange pression dans le coeur de chacun qui était extrêmement déroutant. Il n’en fallait pas plus pour que les gardiens du temple réagissent et bondissent en direction de la délégation Tairis, toutes armes dehors. Imaginez ces spécialistes en armure lourde et épaisse, d’imposants marteaux et des lances javelots tranchant comme des rasoirs, qui foncent dans le dos des Tairis ?

Vida se précipita pour les intercepter et se plaça subitement devant eux, les mains bien en avant en imposant un “STOP” silencieux tandis que la danse d’Eura se poursuivait. Heureusement, la Batailleuse était très respectée et ils s’immobilisèrent, les hommes au centre, les femmes couvrant les flancs de leurs pics. Ils étaient à deux doigts de sauter sur les Tairis en considérant l’activité d’Eura comme une forme de violation de sépulture. Car ces élites étaient au-delà de la considération des Tairis qu’ils voyaient également pour la première fois. Non, ils n’avaient qu’en tête la protection continue et inébranlable de la dernière demeure des Trois et ils se refusaient à ce qu’ils jugeaient être, sur le moment, une profanation.

Par chance pour ces pauvres humains sans cervelles, les Tairis ne bougeaient pas plus. Le regard rivés sur Eura, comme pour lui insuffler de la force. De toute manière aucun des Tairis ne craignait la morsure de lances. Si par malheurs l’une d’entre elle, venaient à toucher leur pelage, il en serait fini de toute âme vivante de ce lieu. Il aurait été logique que l’un d’entre eux se retourne pour leur feuler dessus, mais aucun tigre ne bougea. Pourtant, ils avaient pertinemment perçu les mouvements des humains, cela avait put se voir, sur leur griffes sortirent aussi grandes que des poignards certaines sculptées même… Prêt à répliquer si la bêtise humaine allaient jusqu’à pensée que ce fut un affront.

Mais la poussière rose prit forme de plus en plus pour matérialiser les Hauts-Seigneurs et Vida, qui faisait rempart de son frêle corps, écarquilla les yeux en les reconnaissant soudainement. Les gardiens et gardiennes posèrent un genou à terre tout en maintenant néanmoins la formation d’attaque. C’est là que ce grondement survint, le rugissement entremélé de tous les Seigneurs Tairis dans cette grotte témoigna d’une puissance incommensurable qui fit frémir Vida.

Lorsque la poussière rose vogua en direction de tout le monde, la jeune femme eu le réflexe de vouloir se protéger le visage. Elle fit un nouveau signe silencieux pour interdire toute action aux gardiens puis revint à l’avant de la délégation Tairis, le regard toujours écarquillé et la respiration haletante. La jeune femme ne parvenait pas à comprendre comment ils pouvaient être capable de telles choses. Etait-ce de la magie ? Une technologie cachée ? Des pouvoirs de sorcellerie ou de chamanerie ? Vida ne connaissait même pas les concepts.

Elle écouta silencieusement Eura puis se laissa guider par l’échange, veillant à ne pas essuyer ce qu’il lui semblait être de la poudre rose contre sa joue.
Le silence était revenu, le calme aussi. Les gardiens se disaient qu’il n’y avait plus de risques pour la sépulture et ils se rangèrent sur les cotés pour demeurer aussi immobiles que des statues. Les griffes des tigres se retractèrent aussitôt. Vida, de son côté, continuait de considérer Eura avec des yeux ronds.

« Par les Trois qu’avez-vous fait ?!? Et...et comment ? »

Eura avait considéré le retrait des gardiens un instant tout en donnant un coup de tête déstabilisant à Vida. « J’ai rendu la liberté à leurs âmes pour qu’ils repartent là où y doivent être. Afin que leur mémoire soit à nouveau dans la grande plaine, honorables et fières auprès des leurs. Qu’ils retrouvent leurs gloires après l’avoir perdue pendant toutes ces années» Dit-elle comme si ce fut une évidence. Elle lui sourit, sautant par-dessus la jeune femme, pour toiser les gardiens un a un. Chacun avait l’impression une nouvelle fois, d’avoir leur cœur serré et la tête oppressée. Elle continua à marcher d’un pas silencieux, comme si elle ne foulait pas le sol.

« Il n’y a rien à expliquer Batailleuse Vida. Il y a des choses qui se vivent et d’autre qui s’apprennent » Elle s’approcha des duellistes habillées de peaux de bêtes.
« Vous semblez porter en honneur d’être ici et de veiller des âmes qui n’ont pas besoin de vos armes pour les protéger. J’espère que vous avez conscience, que si le sang avait touché l’herbe, cela aurait été le vôtre et la plus grande honte que peut connaître des guerriers ? Des guerriers qui se veulent honorables et protecteurs d’un monde qu’ils ne connaissent pas. » La lumière flancha un peu, comme si on venait de souffler sur une bougie. « Et quand bien, même j’aurais déterré le corps de mes ancêtres, aucun peau rose n’auraient eu à redire à ce sujet. Considérez-vous chanceux que par cette nuit, je vous laisse l’honneur de garder leurs dépouilles. Je me suis contentée de la chose, véritable qui fait de nous ce que nous sommes et elle n’a pas sa place ici. Les peau rose, portent de l’intérêt aux corps, nous, à ce que vous nommez âme. Si vous agissez avec aussi peu de clairvoyance, au combat, alors vous ne méritez pas d’être ici. » Sa voix était tout aussi flippante, comme si elle était issus d’une autre personne, plus sombre, plus profonde. Elle était véritablement flippante et la sensation de froid se fit tout autour de la pièce. Bienvenu dans l’élément le plus perturbant et le plus dangereux de la culture Tairis : le chamanisme et la perception si étrange qu’on les tigres comme Eura et c’est la plus puissante de toutes qui était devant eux. Les autres tigres s‘étaient retourner à l’unisson, comme un seul fauve. Aya observa Eura silencieusement, ils avaient en accords de tester l’honneur de ce peuple. Et Eura ouvrait la danse. La lumière flanchait toujours… En attente réaction ou d’une réponse.


(c)

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    Alexander Hoffman
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Dim 10 Déc - 18:30
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CHRONOLOGIE 11 OCTOBRE 2017-
du côté des Tairis
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Pour la première fois depuis l’arrivée de la délégation Tairius, la jeune femme ressentit une peur viscérale et très forte. Comme celui de la proie qui sait, par l’instinct, l'imminence d’un grand danger. Associer à cela l’influence qu’avait Eura sur l’éclairage et sur les âmes de son entourage, une terrible tension venait de s’installer entre les gardiens et les tigres. D’ailleurs, dès qu’ils s’étaient retournés d’un bloc pour faire face en ligne, les hommes avaient réagi en plaçant leur bouclier pour défendre les duellistes qui semblaient, sur le moment, directement visé par Eura. L’ensemble répondit alors d’une voix forte et unique, en réponse à ce discours :

« NOUS SOMMES FOI ET DEVOIR !!! »
« Arrêtez !!! » S’écria Vida en se plaçant volontairement entre les deux lignes, se plaçant aux côtés d’Eura. « Il suffit ! Cessez de considérer culture Tairius comme offense. Retirez-vous... »

Un fin rictus se voila sur les crocs de la tigresse blanche, la lumière fut un instant éteinte. Puis se ralluma aussitôt quand Vida intervenu. Rashar avait les coussinets qui pianotait sur le sol. Le grand mâle n’aimait pas le jeu auquel Eura s’adonnait, mais bon, il était nécessaire. Ce genre de comportement était étrange, attaquer dans le dos sans réfléchir à ce que faisait l’autre civilisations. Même quand, un humain faisait quelque chose d’étrange pour un tigre, le Tairis, attendaient la fin de son action, avant de lui faire part de son désaccord en toute franchise. Sauf, si cela allait de la vie même. Aya, avait les mêmes fourmillements que son frère, mais en moins discrets. Tout deux, mirent fin à leur impatiences “taigriessque” pour calmer cet instinct qui les animaient et leurs mécontentements de voir cela. Ils auraient préféré ne pas sentir les armes blanches non loin d’eux, ou qu’Eura ne s’expose pas trop dans sa “magie”. Surtout, qu’elle avait tendance à y aller de plus en plus fort et elle s’emportait si besoin. Sa puissance n’était encore pas toujours aussi bien contrôlée, elle était jeune dans un sens.

Les gardiens se fixèrent tour à tour.
« Retirez-vous, je vous l’ordonne. »

La ligne de défense marteliers/duellistes se désagréagea pour repartir en ordre en direction de l’entrée du temple. Vida avait le regard un peu hagard, écarquillé, alors qu’elle plaçait une main sur son coeur qui martyrisait sa poitrine. Elle avait eu envie qu’ils restent, se protéger derrière, que les Atlantes soient là. Mais ce n’était pas le cas, elle devait arrondir les angles seule. Elle se retourna pour considérer Eura, Vida était maintenant face à tous les tigres.

« Il n’y aurait pas eu d’attaque, Eura, j’en ai gagée de tout mon être à ce moment. Mais comprenez que cet aspect de votre culture nous est complètement inconnue et que son effet peut être très impressionnant sur nous. »

Elle tourna la tête, les gardiens étaient loin maintenant.
« Nous, Natus, avons vécu en les protégeant de la sorte. C’est notre culture, notre besoin de veiller sur les Hauts-Seigneurs puisqu’ils ont été si bienveillant avec nous. De grâce, ces hommes et femmes sont force d’honneur et ne reculent pas face au défi, face à une force bien supérieure, ils sont les gardiens de ceux que nous chérissons. Les garants, en nos coeurs et esprit, pour que jamais ne soit profanés leurs restes mortels, et par ce biais, leurs âmes. La réaction n’est pas manque d’intelligence mais réponse au devoir, quelque soit les circonstances.»

La jeune femme considéra Eura dans les yeux. Elle était morte de trouille mais ne comptait pas se défiler. Tairius ou pas, les Natus ne les invitaient pas pour se soumettre à la peur.

« Je comprends votre rite, son but, et vous remercie de l’avoir fait. Mais montrez-nous votre voeu avant de l’imposer de façon si directe, même si vous êtes dans votre droit : nous ne demandons qu’à apprendre de vous...mais pas subir l’expérience de la confrontation de nos différences... »

Eura écouta Vida tout du long, sentant sa peur. Un prédateur aime la peur de ses proies, mais pas dans ce cas de figure, les Natus ne sont pas des proies. Eura n’aimait pas plus sentir ce genre d’élément sauf peut-être dans un contexte de guerre. Elle tourna la tête vers Aya, hocha la tête, parlant en Tairis de quelques phrases toutes aussi énigmatiques. Aya, semblait se détendre et se leva, cela déclencha le même mouvement chez les tigres. Cela n’était pas du tout de la dominance envers la cheffe, mais de l’ordre et de l’organisation pure est dure des tigres quand ils se déplacent en meute. D’ailleurs, si les Natus, observaient bien, ils pouvaient voir que chaque chef avait attendu le signal d’Eura, pour se détendre et se lever, même si l’effet primordiale serait de se lever car la dominante le fait. Aya était juste la plus rapide et Eura les avaient regardés chacun à leur tour.
La tigresse, tourna à nouveau la tête vers la Natus.
« Parfois, on se demande pourquoi nous sommes là. Pourquoi nous et pas un autre plus méritant. C’est dans ces évènements imprévisibles et signe de crises qu’on se rend compte de pourquoi ont à été choisi pour ce destin. » Lui lança Eura, son regard translucide toucha la profondeur des prunelles de la leader humaine, lui insufflant une drôle de sentiments difficile à expliquer. La pièce fut à nouveau chaleureuse.

Anelyn Vida écarquilla soudainement les yeux en faisant un pas en arrière, comme si elle avait redouté qu’on la perce à jour et qu’on expose soudainement les doutes qui rongerait sa crédibilité auprès de son peuple. Face aux Natus, elle était l’exemple de ce qu’ils souhaitaient voir, figure de proue de la détermination à poursuivre la lutte. Mais seule, elle était régulièrement en proie au questionnement sans parvenir à en trouver la réponse. Surtout une qui la travaillait chaque nuit au point de la priver de son sommeil et qui l’amenait à se lever pour considérer l’extérieur, comme la veille, avec son amant par procuration.

Cette question si perturbante, Eura venait d’y répondre. Et une émotion très déstabilisante, qui ne venait pas d’elle-même, lui assaillit le coeur. Une forme de promesse, d’assurance maternelle invisible, comme une couverture chaude qui recouvrait doucement ses épaules pour chasser le froid, la noirceur dans son âme, les démons. Vida posa une main sur son coeur, dans un début de panique muet, en sentant que quelque chose était en train d’y être arraché, comme une pression, un point, qui brûlait de plus en plus fort.
Puis soudain, comme ça, il y eu un “TOC” dans sa poitrine. Quelque chose venait d’être extirpé, chassé, et ça se dissipait dans le néant en quittant son être, laissant dans son sillage une nouvelle émotion de sérénité et d’assurance.

Le poids qui pesait sur son coeur depuis six mois venait de se volatiliser. Vida se sentit...bien. Il y eu comme un renouveau en elle. Sa main appuya un peu plus fermement sur sa poitrine dans la crainte que tout cela ne soit qu’un effet placebo, un vague espoir à l’impact physique temporaire. Mais non...il n’y avait plus vraiment rien pour torturer son coeur.

« Eura... » Souffla Anelyn dans un murmure de gratitude en la voyant s’en aller. La tigresse tourna la tête et lui lança un regard énigmatique, elle semblait sourire.

Rashar, s’avança de toute sa grandeur et de sa majesté, alors qu’Eura marchait vers l’entrée.
« Ce que ne vous a pas dit Eura, c’est que les âmes ont été doublé, pour qu’ils restent avec vous » sa voix était d’une grande sagesse. Il tourna du regard vers l’endroit où il restait de la poudre rose… Eura eu un petit grognement mélodieux, et la poudre repris forme Tairis des trois avant de replonger dans la terre, comme s’il n’avait jamais rien eu. Cela eu pour effet d’impressionner Vida qui nota mentalement de protéger également ces cendres et d’en informer la grande valeur aux gardiens. Rashar eu un petit rictus.

« Nous comprenons, le devoir de chacun, la différence de cultures peut être étranges entre deux peuples. Cela sera le lot de toute cette nuit. Chacun d‘entre nous, aura l’esprit plus ouvert et devra se surprendre ou faire avec les mœurs de l’autre. Nous ne voulons pas de confrontation, juste découvrir votre peuple. Et l’étrange comportement d’Eura auprès de vos gardiens avait un but. Être attaqué par incompréhension méritaient une explication et les tigres comme Eura n’ont pas les mêmes objectifs que les autres. Ils voient d’autres choses qui nous échappent. … Et cela semble avoir réussi. Félicitations, ce n’est pas tous les jours, qu’Eura donne sa validation. » Il lui fit un rictus et hocha la tête envers les gardiens et les duellistes vêtus de peaux. « Eura, ne donnera jamais d’explications sur ses actes. Elle ne vit pas toujours dans le même monde que vous et moi. Cependant, je peux vous aider à les prévenir pour éviter ce genre de chose Batailleuse Vida. »

La jeune femme avait écouté l’impressionnant tigre. Elle devait lever le nez pour le considérer et cela contribuait à l’impression de puissance qu’il dégageait. Ses mots étaient bien choisi et la batailleuse attendit qu’il ai terminé pour lui répondre. Elle inclina la tête en signe d’assentiment alors qu’elle annonçait :

« Je conçois cette différence de perception. Eura n’a nulle justification à donner... »

Elle ne put s’empêcher de regarder la silhouette féline s’éloignant en direction du monte charge. Cette couverture chauffante, ce baume dans son âme, toujours là, la faisait agréablement frémir. Comment faisait-elle ça ? Comment avait-elle su ? Comment ce don pouvait-il exister ? Son visage de détourna pour revenir sur Rashar.

« Merci pour votre attention à nous porter explication. Les Natus seront heureux d’apprendre que les Trois demeurent auprès de son peuple et vos félicitations provoquent un bel émoi en mon coeur. »

Anelyn posa sa main sur le pelage de Rashar, se voulant être signe de gratitude, celui-ci l’a laissa poser sa main, avant qu’elle se recule de quelques pas et considère les autres tigres. Rashar hocha la tête tout simplement, avant de se déplacer et marcher vers Eura.

« Seigneurs Tairius, Aya, Vilma, je vous propose de rejoindre le sol pour vous présenter les groupes représentatifs pour chacun de vos arts. Je vous laisse bon soin de choisir si vous vous séparez pour ces expériences ou si vous préférez rester ensemble. » Ses mains étaient revenues dans son dos. Elle se sentait parfaitement calme, bien, sereine de son environnement.
« Cela devrait durer la journée. Nous tenons ensuite grande festivité ce soir où nous vous inviterons à l’Antre des Egarements, point central de toute notre culture de divertissement. Spectacle, grand dîner et gîte confortable pour clôturer cette journée mémorable. Qu’en dites vous Seigneurs ?»

Les tigres se rapprochèrent les uns des autres, pour discuter ensemble de ce qu’ils avaient prévu. Se déplacer à neuf Tigres seraient vite compliqué et puis, certaines choses seraient moins intéressants pour d’autre. Et il était plus préférable qu’un chef soit à 100% sur une découverte que neuf tigres qui pouvaient déstabiliser les Natus.
« Nous, nous séparons par spécialité, pour ne rejoindre au grand dîner. » Conclut Aya. L’annonce du dîner plaisait à tous et Rion, se lécha les babines.


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Jeu 11 Jan - 15:38
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CHRONOLOGIE 11 OCTOBRE 2017-
du côté des Tairis
en même temps que le côté Atlantes : Entre divin et réel

Les tigres se rapprochèrent les uns des autres, pour discuter ensemble de ce qu’ils avaient prévu. Se déplacer à neuf Tigres seraient vite compliqué et puis, certaines choses seraient moins intéressantes pour d’autre. Et il était plus préférable qu’un chef soit à 100% sur une découverte que neuf tigres qui pouvaient déstabiliser les Natus.
« Nous, nous séparons par spécialité, pour nous rejoindre au grand dîner. » Conclut Aya. L’annonce du dîner plaisait à tous et Rion, se lécha les babines.

La Batailleuse acquiesça tout en ouvrant le chemin d’un signe de la main. Alors qu’ils retournaient tous en direction du monte-charge, Vida leur expliqua qu’un groupe représentatif de chacun de leurs arts s’étaient formés, à sa demande, et sous la supervision de Paresok, au niveau de la grande place. Lorsqu’ils sortiraient, ces groupes seraient là pour les accueillir et les mener au bon endroit. Ils se regrouperont tous, ensuite, au quartier Aldérade où se trouvait l’Antre des égarements.

« Seigneure Aya, Vilma, voulez-vous suivre l’un de ces groupes ? Ou acceptez-vous que je vous guide là où votre curiosité vous attire ? Laquelle de ces possibilités vous plairait ? »

Les autres tigres, se dispersèrent là, où ils avaient à voir quelque chose. Rashar, venu près de sa sœur Aya et lui donna un coup de tête affectueux. Cela n’était pas rien, puisque ce fut pour lui insuffler un peu de bienveillance et de courage. Même si, les tigres ne le montraient pas, certains étaient impressionnés et Aya avait horreur de séparer les groupes. Chaque tigre salua les tigresses et ils partirent, sous le regard d’Aya.

Puis la grande et impressionnante tigresse toisa Vilma, pour savoir si elle avait des envies, particulière. Pour la dominante, elle ne savait pas trop sur le coup. Elle avait envie d’explorer cela était évident. D’ailleurs Eura restaient avec elles, puisqu’elle n’avait pas de spécialité à voir.

« J’ai bien envie d’explorer… Les autres nous raconteront leurs aventures et cela sera l’occasion de rire et de s’émouvoir dans leurs découvertes ! » Fit Vilma toute contente, elle avait l’impression d’être une Taigrion, qui découvrait le monde.
« Je vous suis. Peut-être que j’irais à d’autres endroits, nous verrons, les âmes qui nous mènent. » Fit la belle blanche d’un air mystique. Quant à Aya elle hocha la tête. Elle était d’accord et cela lui convenait. Elle fit un autre signe de tête vers Vida, pour lui montrer son consentement et attendre de voir si elle avait quelque chose à proposer. Mais ce fut Vilma !

« Vous avez parlé de l’Antre des égarements a mentra, pouvez-vous nous montrer ? Ou un autre endroit ? » fit-elle avec entrain. La tigresse était curieuse de ce fameux antre, qui semblait avoir arrachée tant de débats à “Patte folle” et de son mentra. Peut-être qu’elles les verraient ? Qui sait. En tout cas, elle avait hâte d’explorer cette immense grotte.

Lorsque les tigres furent tous ramenés sur la place, la Batailleuse surveilla discrètement l’approche de chacun des groupes vis à vis de leurs hôtes. La majorité d’entre eux étaient très impressionnés et ils avaient un mal fou à ne pas mettre le genou à terre. Heureusement, Paresok était très réactif et il allait d’un endroit à l’autre en rassurant ces élus sur leur démarche. Il veillait à ce qu’il ne soit pas trop ému, qu’ils demeurent aptes à démontrer leur métier, comme s’ils ne faisaient qu’un apprentissage à une série de nouveaux Natus. Bien sûr, les hommes et les femmes essayaient de l’intégrer, de se montrer digne envers les tigres, mais ils ne parvenaient pas à occulter le fait qu’ils étaient à l’image de leurs dieux. Qu’ils étaient une partie de l’origine de leur ferveur impassible.

Rashar observait avec attention les mouvements de l’officier Natus, essayant de comprendre ce qu’il faisait. Il ne mit pas longtemps à assimiler et voyait bien dans le regard des autres peau roses, toute la difficulté à ne pas mettre un genou à terre. Le noble Tairis, se questionna, si les « Trois » avaient accepté d’être considéré comme des dieux. Cela serait surprenant d’eux. Un grand chef de tribu ne souhaite pas être quelque chose qu’il n’est pas, même si c’est flatteur d’être une divinité pour ces créatures. Seul un tigre abusé par le pouvoir et son égo, peut accepter ce genre de soumission. Même Rion Lastar, réputé pour sa trop haute estime de lui-même, ne supporterait pas de voir des genoux ployés devant lui.

Il décida de se rapprocher de sa sœur et donc de la jeune femme qui guidait ce peuple. Il voulait en savoir plus avant de se séparer en petits groupes.
« Batailleuse Vida, comment se comportait les vôtres du temps de nos ancêtres ? Les considéraient t’ils comme des dieux ? » Cette question, résonnait aussi dans les cœurs des autres leaders.

« Non. » Répondit Vida sans l’ombre d’une hésitation. Elle s’avança vers le grand tigre pour lui faire face, les mains croisées dans le dos, avant de détailler. « L’histoire apprend combien les Trois furent humbles et réticent à toute idée d’élévation ultime. Ils ne se considéraient envers les Secundos Natus qu’en qualité d’enseignants. Leurs professeurs, leurs guides, pour qu’ils ne se perdent pas. »
Un petit silence retomba. Les Tairis devaient tous surement se dire : “Pourquoi une telle religion alors ?” Vida y répondit :
« Hélas, peu après leur disparition, les générations suivantes commençaient déjà à sombrer en l’oubli de ces riches leçons. Le LiberTairius lui-même n’était pas considéré à sa juste valeur, menacé de destruction. Notre peuple a dû faire un choix : désobéir aux Trois pour ne jamais les oublier...ou devenir une honte vivante à leurs yeux. »
Elle acquiesça lentement.
« Notre art de vivre, notre religion, va donc à l’encontre de la pensée initiale des Trois. Mais la religion fût le seul outil capable de garder leurs leçons en nos coeurs au travers des milliers de milliers de générations qui suivirent. Nous les considérons comme tel parce qu’ils le méritent. Leur enseignement, tous leurs efforts, ont façonné la solide nation que nous sommes aujourd’hui. »
Son bras balaya l’assemblée.
« Nous sommes tant guerriers que survivants. Sans les Trois, nous n’aurions été que frêles victimes appelant au miracle d’une liberté illusoire. »
Rashar hocha la tête sans rien dire de plus, l’explication était logique pour lui. Les humains, ont décidément grandement besoin de repère divin pour avancer dans leurs civilisations. Les Atlantes aussi vénèrent toutes sorte de dieux ou au contraire non. Les tigres avaient du mal avec ce concept mais ils n’avaient pas le droit de remettre en cause, un besoin qui semblait vitale à tout ces peuples. Une faiblesse dans leur mentalité en somme. S’ils avaient besoin de ça, pour ne pas perdre un savoir, c’est bien dommage. Mais au moins, cela leur donne de l'espoir.

Lorsque ces groupes se séparèrent peu à peu avec leurs invités, les guidant sur les différents endroits de la Magna qui convenait à l’expression de leurs métiers, la Batailleuse hocha la tête d’un air satisfait et se tourna vers Aya, Vilma et Eura. C’était très impressionnant d’être désormais seule avec trois Tairius et elle avait encore du mal à réaliser qu’ils écrivaient tous une page d’histoire importante. Elle gratifia l’assemblée d’un sourire presque gênée avant de les inviter d’un geste de la main en direction d’une rue.

Les trois tigresses avaient jeté un dernier regard à leurs semblables, surtout aya qui avait dans son langage silencieux, encourager les siens dans un souffle de vaillance. Non pas qu’ils leurs en manquait non, mais c’est une nouvelle expérience. Quelque chose d’énorme pour de tigres, qui ont passés pour la première fois l’anneau et qui visite un peuple assez étrange et fascinant. Les tigres, agissent en meute tout en gardant leur individualité, ils aiment généralement être en duo, mais ce ne fut point le cas de tous. Shira la chasseuse, allait rejoindre un groupe de femmes dans un endroit boisé de la grotte, Rashar serait avec les bâtisseurs et les écrits des historiens disparues à cause de la reine Wraiths, Kispak, serait avec les scientifiques de cette planète, du moins s’ils en restaient, Rion’Lastar avec les guerriers et notamment Paresok, quant à Gora et Cylvia, ils rendront visites aux artisans.

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Mar 16 Jan - 13:39
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du côté des Tairis
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Docilement les trois tigresses suivirent Vida, mais ne se mirent pas en arrière, sur ces flans, elles adaptaient leurs mouvements avec les intentions de détours ou de marches de l’humaine. Les tigres ont gardé leur instinct animal et savent anticiper les mouvements. Aya loin d'aimer la promiscuité, cela étant un geste que trop fort, d’avoir le droit d’être à ses côtés les plus proches signes d’affection qu’elle réservait qu'à un petit cercle très restreint, elle se positionna sur le flanc de Vilma, qui elle était près de Vida. Eura encadrait le flan libre.

Vida marcha entre les tigres, leur déclarant aimablement :
« Je vais vous mener à l’Antre des Égarements. Mais avant cela, j’aimerai vous montrer quelque chose... »

Vilma tourna la tête vers la petite jeune femme, qui était d’une taille ridicule face aux tigresses. Et encore, elle était au milieu de femelle, avec des mâles cela serait plus impressionnant. Vilma toisait 1m75 au garrot, elle était la plus petite, puisque Eura faisait 1m80 et Aya 1m90.
« D’accord, allons donc voir cette surprise. » Puisque la batailleuse n’avait pas développé Vilma, l’avait traduit en « surprise » et elle esquissa un rictus, curieuse comme une pie de découvrir où allait les emmener l’humaine. Eura, ne disait rien, se laissant surprendre et Aya suivait le mouvement observant chaque couloirs et l’environnement en général pour se repérer. Les tigres, sont rarement bavards et c’est le rôle de Vilma, de faire de la relation inter race. Et les Tairis, sont très respectueux des fonctions de chacun.

Vida guida les trois tigres en remontant l’avenue du quartier d’habitation principal. De nombreux Natus n’avaient pas souhaité se rendre tout de suite à l’Antre pour faire la fête. Certains s’étaient regroupés en quelques factions de volontaires pour continuer le travail et s’efforcer d’effacer la marque de guerre du Dévoreur dans leurs foyers. Pour cette raison, il y avait donc des groupes d’hommes et de femmes encore en tenue d'apparat. Et même si l’avenue était suffisamment large pour que toute la délégation Tairis se déplace en ligne : les Natus se retournaient d’un air martial, droit et fier, en formant une sorte de haie d’honneur naturelle en saluant les Tairius sur le passage. Les tigres leurs rendaient leurs saluts par un signe de tête empreint de noblesse. Pour ceux qui travaillaient déjà. Ceux qui déplaçaient de nouveaux meubles, évacuaient des gravats ou retaillaient les pierres pour rebâtir par-dessus des ruines : ils se levaient ou faisaient le signe de salut en guise de respect. C’était peut-être gênant mais, du côté des Natus, c’était la matérialisation de leurs espoirs et d’une promesse d’avenir qui déambulait dans la rue. Pas étonnant que tous, sans la moindre exception, faisait preuve de ce respect durant la route. Les tigresses eurent aucune gêne à tous ces saluts qu’elles rendaient de manière égale. Pour des Tairis, ces preuves de respects étaient fortement appréciées.

La batailleuse, néanmoins, poursuivit son chemin en ignorant cet effet. Intérieurement, elle était gonflée d’une immense fierté de voir les siens si prompts et investis.
Une femme occupée par un ouvrage de sculpture, se tourna, pour saluer les tigres. La pauvre femme, était si impressionné qu’elle tremblait de tout son corps. La fatigue sur le visage, elle avait dû passer une sale nuit et les efforts qu’elle faisaient chaque jour semblait l’éreinter au plus haut point. Eura croisa son regard et s’arrêta. Comme par magie les deux autres tigresses firent de même. Vilma eut un rictus agréable, quand l’immense tigresse couleur ivoire, se rapprocha de la femme rousse pour lui sentir le visage à distance. La Batailleuse avait naturellement suivi le mouvement, observant sagement la scène.
« Malgré les pertes de la guerre, l’espoir se trouve en tout à chacun…La vie naîtra deux fois dans votre corps. Et vu l’avancement vous devez ménager vos forces, vous en aurez besoin, pour mettre au monde cette nouvelle chance »
Vilma souffla à Vida qui avait eu un sourire tendre en recevant la nouvelle.
« Une bonne nouvelle pour votre peuple. » Comme Eura, elle avait senti les hormones que sécrètent les femmes enceintes.

La jeune femme, ouvrit de grands yeux, tout comme les hommes et les femmes autour d’eux. Des larmes montèrent dans ces beaux yeux noisette et elle toucha son ventre.
« Je… je suis enceinte ?... Oh mes amours perdus vous m’avez laissé un peu de vous ! » Elle s’écroula à genoux pleurant de joie, elle avait perdu son premier et son deuxième dans cette guerre, elle était seule.

« Oui, tu portes la vie, par deux fois »
La jeune femme écarquilla des yeux… des jumeaux ! Elle se releva, avec fierté et essuya ses larmes, pour saluer la tigresse d’une manière encore plus chaleureuse et sauta dans les bras d’un autre homme qui était son frère, en disant dans un flot de larme de joie, qu’elle portait deux enfants. Le déni de grossesse après cette guerre avait dû être fait, le savoir maintenant, confirmait ces doutes.
« Ce Tairius se nomme Eura. Ecoutez ses sages conseils, duelliste, et prenez repos. Vous portez notre avenir. Allez... »

Les Natus concernés acquiescèrent sagement. Eura, reprit son chemin avec la délégation. Alors qu’elles tournaient dans une rue, Vida mena la troupe dans un secteur du quartier qui ne connaissait que les débuts des travaux. Il n’y avait que cinq Natus à cet endroit et c’était un véritable champ de ruine mêlant des bâtiments incendiés et effondrés. Il y avait eu des bombardements très violents et beaucoup de traces de la guerre s’y trouvaient encore. Il n’y avait plus de corps mais des armes et de l’équipement traînait encore sur le sol. Les hommes déblayaient et constituaient doucement des montagnes de gravats pour dégager la rue. Cette petite route sinueuse de déblais serpentait alors jusqu’à une intersection circulaire. Il y avait là-bas une statue neuve, fraichement installée, sur ce rondpoint entièrement propre et reconstruit. Il y avait deux silhouettes d’une bonne dizaine de mètres, la statue était immense. C’était celle d’une duelliste Natus en position de combat, pointant sa lance fièrement devant elle dans un air de défiance et de puissance. Et dans son dos, une autre femme, un P90 dans les mains, la couvrait en pointant la direction inverse, étant également en disposition de combat. Vida s’y approcha mais laissa les tigres l’observer avant de leur raconter.

« Nous nous trouvons à l’un des endroits stratégiques où les assauts Wraiths furent retenus puis repoussés par mes braves soldats. Il a été laissé à la décision des survivants de choisir la statue qui y serait déposée en mémoire de leur courage. »

La statue était constituée d’une Natus du nom de Namara, l’Atlante derrière elle s’appelait Pedge Allen. Elles avaient été reproduites dans cette disposition pour représenter le symbole évident de l’entente entre Atlantes et Natus durant la guerre. La Batailleuse ne s’attendait pas du tout à ce que le vote des combattants tourne en faveur de ce mémorial puisqu’il avait été vécu dans les niveaux supérieurs et par la section de Paresok. C’était comme un hors-sujet quelque part. Mais les Natus avaient à coeur, visiblement, à ce que les Atlantes soient également représenté sur le point de bascule, l’endroit même, où les soldats avaient repris l’ascendant sur l’ennemi. Et le symbole qui avait été véhiculé par les actes de ces deux femmes lors de la reprise des canons leur avait semblé parfait pour décorer la nouvelle place. Face à la volonté de ceux qui s’y était battu, Vida s’était simplement assuré qu’ils soient bien en accord avant de commander le monument. Les Tairis ignoraient qu’un véritable carnage, intégralement Natus, avait eu lieu ici. Sauf peut-être Eura, qui secouait la tête de temps à autre, elle semblait s’agiter. La Bataille craignit un instant que cet endroit ne la perturbe, elle demeura vigilante.

L’atlante n’était pas connu des tigres, mais elles reconnurent l’équipement de guerre de leur allié. Comme les deux RDA avaient raconté la guerre à Vilma et Aya ainsi que le colonel à la belle grise, elles se doutaient que cette Atlante était l’une des deux femelles ayant participé à la guerre. Mais, quant à savoir qui ce fut. Et cela ne les intéressaient pas vraiment. Elles étaient plutôt satisfaites de voir que les Natus portaient vraiment autant d’équité aux combattants des deux peuples.

« Les Atlantes ne sont pas au courant que nombre des leurs ont été reproduit en différentes places de la Magna. Ils sont perçus comme les égaux des Natus au combat et ont gagné de plein droit une place à leurs côtés sur les différents mémoriaux. Pour les souffrances qu’ils ont partagées, le même courage, la même peine...ils ont gagné le droit d’être reconnu au même titre que les Natus. »
« Il faudra leur dire, même si beaucoup seront gênés de savoir ou même de voir ces statues, cela est une belle preuve de reconnaissance. Mentra, m’a confié, que les Atlantes qui vous ont aidé, ont été très marqué par cette guerre, autant en mal qu’en bien. Les Natus sont des frères et des sœurs pour ces combattants. » Fit la tigresse en réponse en observant la statue, trouvant qu’elle était belle et réaliste.
« Certes. Ces intervenants sont chers en nos yeux et cœurs. Ils ont porté bataille comme s’ils protégeaient leurs propres patries. »
Vida se détourna avec un fin sourire en considérant Vilma.
« Vous devez vous attendre à être abordé un jour par tailleur de pierre Natus vous demandant droit de réaliser votre effigie. Le quartier Vilma a également une place qui nécessite l’édification de votre statue. Et j’espère que vous n’en serez pas intimidé, car vous êtes une page de notre histoire... »

Vilma se sentie grandement flattée d’avoir une statue à son effigie, surtout aussi bien faite et réaliste. Alexander lui avait montré plusieurs représentations d’art de son peuple, elle avait toujours préférée les tableaux réalistes a la vie que l’abstrait. Elle eut un rictus jovial et elle hocha la tête. « Cela serait un grand honneur, pour moi. »
« De même pour nous, Natus. » Ajouta la Batailleuse.
Son regard monta ensuite vers Aya.
« Comme tous les vôtres qui seront reproduits également un jour, Seigneure Aya. Il nous tient à coeur que tous les Natus qui naitront apprennent notre histoire commune. Nos efforts, nos rencontres. C’est ainsi que nous transmettons le souvenir à travers les âges, en remplacement des monuments détruits par le dévoreur, afin qu’ils n’aient rien gagné de leur assaut. Nous reproduisons ce témoignage comme nous l’avons appris de nos ancêtres à l’ère des Trois... »

Aya hocha la tête avec noblesse, elle ne le montrait pas, mais l’idée d’être mise en statue, lui plaisait bien. Une manière d’être toujours là, sans pour autant être présente en chair et en os. Elle savait déjà que Gora et Cylvia, allaient faire des peintures de cette journée, sur de grandes peaux, de plantes séchées pour en faire une sorte de papier ou sur les habitations. Rashar écrirait aussi cette journée.
« Cela serait aussi un honneur pour chacun d’entre nous, de graver votre histoire d’une belle façon. »
Vida échangea un regard entendu, très satisfaite. Il fallait que l’histoire se souvienne de ces moments très important. C’était un grand tournant, un moment unique et fondateur.

Eura commençait à vraiment s’agiter et Aya tourna la tête vers la blanche, qui grognait sourdement, elle avait le regard dans le vide, comme si elles voyaient des choses invisibles. Vilma, poussa de son épaule Vida, pour qu’elle s’écarte et Vida l’encouragea à faire de même.
« Combien y a-t-il eut d’âmes mortes ici ? » Au vu des traces de combats, la réponse était oui, mais ce fut la quantité qui intéressait la cheffe Tairis.
Eura était assise, le regard dans le lointain, grognant sourdement et ces yeux étaient devenue complètement blanc.

La Batailleuse devint très inquiète. Ses mains se décroisèrent pour se porter sur ses armes dans un signe de nervosité et elle s’approcha du tigre bien qu’avec difficulté. Eura était très intimidante en grognant de la sorte et elle espérait ne pas récolter un coup de patte dans un réflexe malencontreux.
« Cent trente tirailleurs et cent six duellistes, seigneure. Cet accès menait à la majorité de nos hôpitaux de campagne et plusieurs dépôts de munitions. Les affrontements ont été particulièrement violents sur ce secteur, mené généralement au corps à corps à proximité de pilonnage de nos pièces d’artillerie. »

La tigresse, soupira, en voilà beaucoup de mort… beaucoup trop même. Aya empêcha Vida de s’approcher d’Eura. D’ailleurs, la cheffe, poussa en rempart avec son corps, l’humaine, pour l’éloigner de trois mètres d’Eura. Elle n’avait pas eu besoin d’insister, Vida était très inquiète et considérait la tigresse avec des yeux écarquillés. Elle sentait venir l’incident comme un fait inéluctable et reculait comme si l’endroit était devenu risqué. La jeune femme avait envie d’intervenir pour calmer Eura mais il était évident que sa réaction lui échapperait. Ce n’est qu’en voyant sa posture qu’elle comprit que sa question était liée à son aptitude à voir ce qui échappait au regard des autres. En d’autres termes : Anelyn venait de faire marcher Eura dans un immense charnier. Celle-ci ne bougeait pas, elle restait immobile dans le vide. Vilma, rejoignit Aya aussi le regard inquiet.
« On devrait peut-être l’éloigner non ? »
« Trop tard, ces yeux sont blancs… Faut attendre. »

Eura secoua la tête de plus en plus, en rugissant, puis se tourna complètement, courant pour s’éloigner du champ de bataille le plus possible. La Batailleuse fût abasourdie par cette réaction, comprenant qu’il y avait un lien avec les combattants décédés sur cette place. Elle regretta amérement de l’y avoir conduit alors qu’elle suivait d’un regard très surpris la fuite de la tigresse. D’un prodigieux bond, elle sauta sur un monticule d’habitations, comme pour se mettre à l’abri sous le regard d’Aya qui était sur la défensive.

Vida la considéra avec un sentiment de peine et de culpabilité. Elle avait encore du mal à réaliser que cette tigresse avait le pouvoir de voir certaines choses difficilement explicables. Mais sa danse et ce qu’il s’était passé sur la sépulture des Trois ne laissait pas de doutes. Ce n’était pas une bonne idée que de l’avoir mené sur le site de plusieurs centaines de morts, sacrifiés par devoir et honneur. Mais aux yeux des communs, il n’y avait plus de traces de ces défunts si ce n’est une place neuve et commémorative.

Ainsi couchée sur le sommet de ces bâtiments, Eura donnait l’air de se reprendre, comme si elle tentait de récupérer de quelque chose qui l’avait perturbé. Ses yeux étaient encore blancs, lui donnant l’air d’un démon Tairis prêt à l’égorger. Les sentiments de culpabilité de Vida se mêlaient donc à l’incompréhension et à l’envie de se retirer. C’était déjà impressionnant de voir des Tairis déambuler, mais dans un mouvement vif, Eura montrait une infime partie de ce que pouvait être un tigre en colère. La jeune femme aurait fui pour trouver la protection charismatique de Paresok si elle avait été un simple soldat.

Mais en tant que dirigeante, elle se devait d’avoir une réaction parfaite et identitaire. C’est aussi pour cette raison qu’elle ne comptait pas présenter d’excuses. C’était le risque de faire un aveu de faiblesse au même titre que le genou au sol. Ce n’est pourtant pas l’envie qui l’en manquait. Dans la tête d’un Natus, c’était un blasphème que d’offenser un seigneur Tairius.

« Je n’avais pas réalisé...» Admit-elle en restant derrière les deux tigres. « Pouvons-nous faire quelque chose pour Seigneure Eura ?»
Vilma n’était pas rassurée de voir la tigresse blanche dans cet état. Elle l’avait déjà vu et eu qu’une peur, qu’elle devienne agressive en voyant des fantômes de guerres…
« Non, attendre qu’elle rejette les âmes. Il vaut mieux qu’on reste là, elle pourrait devenir agressive et ne pas nous reconnaître. Surtout qu’il n’y a pas que des Natus morts ici je suppose. » Aya, observait toujours la tigresse blanche, qui grondait sourdement et semblait éprise de rage et de tristesse à la fois. Sans aucun doute, qu’elle devoir voir toutes les âmes et leurs tragique combat.

Vida acquiesça silencieusement, se soumettant à leurs conseils. Elle évita même, dans une vigilance excessive, de laisser ses mains traîner sur ses propres armes pour ne pas donner un air menaçant. Aya avait donné le ton, il n’était pas utile d’en rajouter et de respecter un silence des plus humbles. La Batailleuse demeura immobile en espérant qu’Eura irait rapidement mieux.

Cela dit, la jeune femme ne parvenait pas à chasser une mauvaise pensée qui l’habitait peu à peu. Si la Seigneure chamanique ressentait la présence de ces âmes, fussent-elles aussi ennemies, cela entrait en contradiction totale avec ses convictions religieuse. Chaque Natus espérait logiquement être appelé par les Trois, lors du trépas, pour montrer à quel point ils avaient suivi leur enseignement. À quel point ils s’étaient montrés dignes d’eux. Mais si ces âmes erraient toujours ici, piégées dans la douleur et l’horreur de leur disparition, cela serait d’une terrible cruauté.

Intérieurement, Vida se sentait perdue. Elle aurait préféré s’en tenir à la religion bien cadrée des Hauts-Seigneurs et ne pas s’y écarter. Mais cela se résumerait à s’enterrer la tête dans le sable, à s’aveugler d’une réalité autrement plus complexe qu’Eura accepterait peut-être de lui expliquer plus en détail si elle n’était pas trop affectée.

Une chose est certaine, Vida éviterait tous les secteurs de conflits à partir de maintenant. Elle ne tenait pas à ce que l’une des représentations vivantes de ses Dieux soit malmenée à chaque détour de ruelle. La guerre avait frappé partout sauf au balcon de commanderie et sur le quartier de l’Antre des Egarements. Il valait mieux la rediriger vers cette source de joie et de divertissement.

Il fallut encore plusieurs minutes incertaines pour qu’Eura redevienne normale. Elle sauta de son promontoire, pour s’éloigner d’avantage, émettant une sorte de roucoulement à destination des deux autres tigresses. Aya, hocha la tête et fit signe aux autres femelles humaine ou Tairis pour rejoindre la grande blanche.
« Comment te sens tu ? »
« Fatiguée, certaines n’ont pas compris qu’elles étaient mortes. Les âmes des Dévoreurs sont … vides. Même après là sans chair, ils continuent à errer. Certains Natus ne trouvent pas le repos. J’ai dû les guider. Cette guerre fut moche et les souvenirs difficilement gérables, ils sont beaucoup. » Elle regarda Vida « Si nous allons sur un autre champ de bataille conséquent, je vous laisserais, j’épuise mes forces trop rapidement. »
« Parfois, j’ai l’impression que tu es entre les deux mondes. »
« Ce qui est le cas. Tu sais bien ce qu’il faut faire pour être comme moi. »
« Oui. En tout cas, j’ai cru que tu allais nous attaquer. »
« Peut-être, je ne vous vois plus dans ce cas. Il y a plus d’âmes ennemies qu’alliés. » Sur ces paroles, Aya regarda Vida, pour lui demander où elle voulait les emmener.



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CHRONOLOGIE 11 OCTOBRE 2017-
du côté des Tairis
en même temps que le côté Atlantes : Entre divin et réel

« Partons...» Fît la Batailleuse en acquiesçant sagement.
Elle prit la direction inverse pour sortir de la place, il ne valait mieux pas s’y approcher de nouveau. Le malheur des âmes...la jeune femme pouvait comprendre concernant les dévoreurs. C’était même déjà un peu trop généreux de dire que ces choses en avaient eu. Mais apprendre que certaines des Natus décédés étaient restés ici, dans le tourment, d’après les dires du Seigneure Eura, lui avait filé un véritable coup au moral. C’est un nouvel environnement inconnu qu’elle expérimentait en voyant la chamane agir, des conceptions de l’après-vie qui lui échappaient et lui déplaisaient même. Tous Natus avait à coeur de prouver sa bravoure lors du jugement des Trois. Tous !

Bien sûr, les attaches restaient. Il y avait les familles, la jeunesse, le foyer : cette vie que l’on ne voulait pas abandonner. Mais penser ne serait-ce qu’un instant que des âmes Natus étaient restées ici, depuis six mois, tourmentées et en errance lui posait un véritable problème. C’est peut-être l’idée que son compagnon, Dax, mort par ponction Wraith au début de la guerre, ai eu son âme tourmentée de la sorte que Vida se ferma un peu aux Seigneurs qui l’accompagnait. Cet aspect de sacrifice et d’emprisonnement dans le monde des vivants avait quelque chose de particulièrement cruel.

Pendant ce temps, les tigresses parlaient de temps à autre, surtout Vilma auprès d’Eura. Cette tigresse était après tout sa nouvelle belle-mère depuis bien des lunes et lui portait une grande affection. Son père ayant décidé de mettre fin aux unions avec ces deux mentras pour vivre avec Eura. Cela allait bien à Vilma qui était heureuse d’avoir dans sa famille une grande tigresse et elle en était même fière intérieurement.

« Crois-tu que l’âme de mon frère divague encore sur la grande terre ? »
« J'espère bien ! Et qu’il soit tourmenté pendant des lunes et des lunes après sa faute ! Une honte d’avoir eu sur notre terre pareil tigre ! » Fis Aya d’un air colérique. Eura jeta un regard apaisant à la cheffe qui avait apparemment encore du mal à digérer l'événement de la veille.
« Pourquoi cette question Vilma ? »
« Je trouve que c’est un plus grand châtiment de rester là, seul sans que personne ne nous voit à observer la vie qui passe sans jamais rien faire. »
« S’il avait tué ton mentra aurais-tu cette même clémence ? »
« Cela n'aurait pu se faire… Mais pour répondre à ta question, je ne sais pas. Je n’aurais pas pu assurer notre visite et encore moins les Atlantes dans ce cas. »
« Désires tu savoir la réponse ? »
« Oui »
« Et bien oui. Son âme n’est pas en paix, quand Aya lui a retiré son dernier souffle, l’âme n’a pas voulu partir. Il est empreint de trop de haine et de méchanceté, il finira par disparaître oublier de tous et sans honneur. Ne soit pas empathique envers un animal raté et aigris de la vie. Même s’il avait ton sang, il n’avait que cette qualité-là. Il a choisi de ne plus faire honneur à sa race ni même à la vie. Ne pense plus à lui. Il mérite de n’être qu’un fantôme dans les tréfonds de la grande plaine. Il ne sera jamais sauvé, ni ne retrouva une nouvelle enveloppe charnelle pour un nouveau cycle. »

Vilma hocha la tête soupirante, elle avait espéré jusqu’au bout que son frère revienne sur le bon chemin, il n’avait été que déception. Le coup des âmes, lui refaisait penser à tout cela. Et idiotement, elle avait hâte de retrouver Alexander, comme pour se rappeler qu’il a faillit ne plus être là.

La Batailleuse tentait de garder une contenance de dirigeante en s’effaçant de cette discussion qu’elle estimait propre aux Tairis. Mais il était véritablement difficile de ne pas y laisser trainer une oreille. La jeune femme était soulagée d’apprendre, quelque part, que même un tigre pouvait se poser des questions sur ces âmes et le don de voyance d’Eura. En revanche, le fait qu’elle y ai perdu un frère récemment l’avait envahi d’une forme de compassion...jusqu’à ce que la conversation tourne de manière inattendue.

Les Tairis aussi pouvaient avoir des comportements inacceptable parmi les leurs, ils étaient tout aussi faillible que les Natus. Mais c’était un jugement trop facile et gratuit qui méritait d’être muri sérieusement. Ce n’est qu’en entendant la mention de mentra, surtout à destination de Vilma, que la Bataille détourna finalement la tête pour les regarder. L’Atlante Alexander avait été menacé ? Et vu cette conversation, c’était un acte récent. Pas étonnant, vu la valeur de Vilma et son lien avec Alexander, qu’Aya soit aussi en colère. Cela devait être contraire aux valeurs Tairius et Vida pinça des lèvres. Les Natus n’étaient pas issus des Trois pour rien, même après autant de temps, les punitions étaient tout aussi sévères chez eux. Les déviants, les criminels et les viciés étaient bannis dans les Tréfonds : une mort inéluctable en somme. Pas de pitié pour ceux qui se complaisent dans l’égarement et suivent l’idéal de la destruction.

Autant par respect que par politesse, la jeune femme demeura silencieuse et ne posa aucune question. Seulement, avec cette histoire d’âmes, il lui venait une idée de plus en plus déplaisante.
En chemin, son regard se posa sur Eura mais elle ne lui demanda pas si elle avait vu son homme. La tigresse soutenue son regard quelques instants et Vida le fuya aussitôt. Le chagrin et la détresse lui étreignait encore trop violemment le coeur pour qu’elle n’en fasse qu’en serait-ce la moindre mention. Et l’idée de passer par Eura pour communiquer une dernière fois avec l’amour de sa vie fût emprisonnée dans les méandres les plus profond de son esprit. Au final, ce serait encore pire !
Tous les Natus, sans la moindre exception, avaient perdu quelqu’un dans la guerre ou vu sa famille en otage par le Dévoreur. Vida ne savait pas comment ils parvenaient à vivre avec ça puisque elle, de son côté, peinait à faire progresser son deuil. Peut-être parce qu’elle n’avait tout simplement pas le choix et qu’elle devait se montrer comme un exemple de force ?

Un quart d’heure plus tard, la jeune femme déboucha dans le quartier Aldérade, sur la place du Seigneur Erydéon. Elle leur présenta celle-ci comme étant le point névralgique de la culture divertissante Natus et montra, dans l’avenue qui filait plus loin, l’immense bâtiment qu’étant l’antre des égarements, ainsi que son centre de commandement. Elle leur promit de les y emmener plus tard, sachant qu’Eura devait ressentir d’ici toutes les émotions positives irradiant de ce bâtiment.
D’ailleurs les tigresses s’étaient arrêtées pour contempler la statue de leurs ancêtres, une forme de fierté immense avait envahi le cœur d’Aya en observant l’air si noble de ce chef d’autrefois. Elle espérait à son tour renvoyer une telle prestance et d’en être à la hauteur.

« Seigneur Erydéon, le sage. Le LiberTairius relate sa fuite de la pointe volante pour se cacher au sein du peuple des Primos Natus, alors en perdition et corrompu par la tentation. » Vida s’approcha de la statue, elle devait lever la tête pour la regarder et elle parlait avec une voix empreinte d’admiration. Avant la guerre, la Batailleuse aimait s’égarer dans des songes volontaires où elle remontait le temps pour aider et rencontrer les Trois. Elle ne se doutait pas qu’elle connaîtrait elle-même sa propre épreuve. « La pauvreté et la misère imposé par les Dévoreurs avaient conduit le peuple à envisager de dénoncer les Trois dans l’espoir vain d’échapper à leur appétit. Le grand Andrièlus avait lutté si vaillamment pour permettre la fuite de ses liens que son sang abreuvait les sillons rocheux à rivières. Erydéon et Rhoamytra, refusant de l’abandonner, demeurèrent exposés à la décision Natus. »

Vida eut un sourire de fierté.

« Face à l’évidence d’être vendu, l’aimante Rhoamytra leur demanda où était passé leurs âmes d’hommes, pour être aussi dénaturé de compassion et ressembler à ce point à l’ennemi. Les Primos Natus, touchés, lui répondirent qu’ils la dissimulaient comme le dernier trésor que le Dévoreur ne volerait jamais. »

Ses mains posées en croix sur le pommeau de son épée, la Bataille continuait de fixer les détails de la statue qu’elle connaissait déjà par cœur.

« La solidarité des Natus est la plus vieille des valeurs et elle existe toujours en nos coeurs. Elle ne disparaitra jamais ! Je pense que c’est ce qui amena les Trois à nous faire confiance. Les Primos Natus les cachèrent, aidèrent Rhoamytra à soigner Andiélus, puis ils commencèrent à apprendre leurs enseignements. Le seigneur Erydéon trouva les premiers filons de pierre à feu. Il offrit son savoir pour réchauffer les Natus puis fit la conception des toutes premières armes : les pétoires à pierre et les piques de feu. »

Sa main migra sur la statue.

« Cette représentation du Haut Seigneur est l’une des plus vieilles statues issue de cette ère. Elle fût l’une des rares à survivre aussi bien au temps. Lorsque les Trois nous quittèrent pour le repos éternel, elle fût déplacée et installée ici, dans ce quartier qui fût le premier à être construit par les Natus. Afin que tous se rappellent de son Histoire et de sa signification particulière. »

Ne désemplissant pas de reconnaissance et d’émotions, la Batailleuse se retourna pour fixer Vilma, qui en était la plus proche descendance.

« Voyez Seigneure. Voyez la sagesse et la grandeur de votre ancêtre. De son règne, il encouragea la créativité des hommes. Leur évita la perdition de l’accumulation du bien au profit de l’expérimentation, les rassura à leur idées, même mauvaises, pour que l’évolution soit continue et ne s’interrompt pas sur l’échec. »

Les tigresses avaient écouté l’histoire, trouvant cela très intéressant et surtout très appréciable. Les Tairis sont des âmes nobles qui apporte beaucoup d’importance aux propos relatés et aux actes de bravoure. Les trois se mirent à sourire avec une fierté assez impressionnant. Même Aya laissa son regard trainer plus que nécessaire sur la statue, avant de détourner la tête vers Vilma. Les tigres attachaient aussi de la valeur aux sangs, de grands tigres qui brillent dans les étoiles laisse souvent une forte pression sur les épaules de leurs descendants qui veulent être à la hauteur. Et souvent ils brillent à leur tour.

« De ce que j’entends, je trouve que tu lui ressemble. Nul doute que ton sang est lié à ce grand tigre. Si jeune et déjà tu as ta place parmi les étoiles ! » Affirma Aya de sa franchise déroutante. Vilma cligna des yeux. Elle était un peu perturbée d’autant de passion de la part de sa dominante Depuis quelques lunes elle était en avant et beaucoup d’honneur avait été fait depuis la veille. Elle ne savait pas comment tout gérer et à cet instant elle se montra forte et inébranlable. Elle est si jeune et déjà ont lui donne beaucoup de responsabilité et un destin prometteur. Elle ne savait pas si elle réussirait à éblouir autant qu’elle brille dans les regards des siens. Et cela lui faisait peur. Elle tourna la tête vers Eura qui ne fit qu’empirer son état intérieur avec ce regard fière et tendre.

Finalement, elle tourna la tête vers Vida et lui fit un rictus reconnaissant.

« Merci pour votre récit. Nous Tairis aimons entendre les histoires des tigres passés, pour juger de leur valeur et glorifier leurs actes afin que leur mémoire ne
soit jamais oublié et qu’elle inspire les nouvelles générations.
»
Vida répondit d’un sourire honoré, comme si elle avait compris et partageait ce sentiment déplaisant d’être propulsé si haut en étant si jeune. Après tout, elles avaient toutes les deux le même cheminement. Une expression de compassion et d’encouragement accompagna ces propos :

« Ainsi nous vivons, seigneure Vilma. Les Trois ont façonné ce que nous sommes. Ils ont fait d’agneaux faibles et perdus, des hommes à force de vaillance et bravoure qui ont tenu tête à une invasion de dévoreur. Et qui n’ont pas fait révolte à la connaissance de leurs familles prises en otages. » Elle hocha la tête.
« Mes Natus sont devenus de braves vétérans, solides et puissants, qui n’hésiteront pas à reprendre les armes pour secourir les leurs et apporter la ruine aux Dévoreur. En voulant créer réserve de nourriture à l’ère des Primos Natus, ils créèrent leur cauchemars ! »
Vilma avait perçut les encouragements et les prit comme ils devaient l’être sans une once de malice. « Cette force d’esprit est une valeur appréciable et honorable aux yeux de mon peuple. Les Trois vous ont guidé sur un chemin vertueux. » Une question demeura dans l’esprit de la tigresse et comme toute tigresse elle s’empressa de la poser.

« Combien de lune… enfin quel âge as tu ? »
Vida fronça des sourcils. Son âge avait été très régulièrement un sujet à soucis lors de son adhésion prématurée chez les Stratèges. Elle avait été perçue, en somme, comme une Einstein du peuple Natus en terme de stratégie militaire de masse. Mais cela avait été une lutte permanente pour prouver que son âge n’était pas source d’immaturité, surtout pour un poste aussi important dans la société Natus. Sa voix était donc un peu moins assurée lorsqu’elle lui répondit :
« Les Atlantes parlent d’années, une mesure commune qui prend le terme de “long-cycle” en Magna. J’en ai vingt-trois... »

Vilma plissa des yeux en signe de réflexion, les humains vivent moins longtemps que les Tairis. Pourtant leur système d’âge est assez similaire sur certain point. Alors que certains tigres atteignent sans mal les cent ans, sans pour autant être très vieux, cet âge était proche de la grande fin pour un humain.

« J’ai vingt six ans. Mais je crois que niveau équivalence entre races, nous sommes d’âge similaire. Ou que je suis plus jeune. » Elle sourit, cette question n’était pas anodine, la tigresse se demandait quel âge avait la batailleuse et cela était une forme de comparaison comme pour avoir un point commun autre que leurs responsabilités. Et oui Vida devait être la mieux placée pour comprendre ces
doutes et angoisse dites juste au-dessus. « Nous avons la chance, de pouvoir voir au loin l’horizon sans l’atteindre tout en brillant. » Un beau compliment.
Anelyn apprécia secrètement cette similitude d’âge. Elle sentait une forme de proximité, comme un lien supplémentaire qu’elles partageaient à devoir être à la hauteur de leur destins respectifs.
« De bien sages paroles, oui. J’ai considéré cela comme malédiction à tort avant de comprendre avec l’aide de Seigneure Eura... »
« Il est malédiction si on veut le voir ainsi, mais bénédiction aussi. » Toujours terre à terre la Vilma. Eura eu un rictus amusée.
« J’ai fais serment, au nom des Trois, d’être à la hauteur des attentes de mon peuple. » Elle hésita un instant avant d’ajouter. « Pour être fille de lâches, c’est grande preuve que la valeur des Trois s’apprend... »

Vilma fut intriguée par cette dernière parole, comme les autres tigresse d’ailleurs.

« Tes géniteurs ne furent pas à la hauteur ? »
« Même dans les ombres d’une mauvaise lune, il y a un bon versant » ajouta Aya.
« Mes géniteurs furent criminels en rejetant les enseignements des Trois. Ils tissèrent comportement de corruption dans l’ombre pour l’octroie des biens et du pouvoir sur autrui. Mes idées n’étant pas les leurs, inutilité de manigances à leurs cotés et dangers de dénonciations, ils m’accablèrent des preuves lorsque leur jeu fût découvert par autorité Natus. »
La jeune femme eut une expression aigre.
« La bassesse brille de créativité et absence de limite lorsqu’il s’agit de détruire. Je fus accusée, disgraciée, et l’on me retira mon rang de Natus, le pire déshonneur qui puis exister pour un brave. Mais je n’étais pas seule. »

Vilma fut interloquée de tout cela tout comme les deux autres… Vilma était contente dans un sens, que la jeune femme ose confier ce terrible secret. Elle retrouvait un peu d’elle là dedans, avec toutes les malices qu’avaient fait son frère qu’elle avait tenté de protéger.

« Et te voilà dirigeante malgré ce mauvais départ… Tu as du faire preuve de grande pénitence et de courage pour retrouver ton honneur. » Aya laissa Vilma parler, elle est de toute façon plus du genre a écouter que de parler.
« Mon honneur est resté intact, Seigneure. J’étais simplement trop crédule et innocente pour m’attendre à trahison de mes parents. » Un léger sourire de fierté bariola son visage. « Mais parmi reliques volées pour pression s’y trouvait une copie du LiberTairius. J’ai étudié les enseignements dans le plus grand secret et ai trouvé asile et protection chez Paresok Otakins, le Meneur de Combat, ami de l’Atlante Sheppard... » Son regard migra d’un tigre à l’autre.

« Je n’étais guère plus que nouvelle duelliste apeurée en ce temps. Mais il m’offrit son toit et sa protection jusqu’à ce que mon enseignement soit rattrapé. J’ai alors compris, chassé mes géniteurs, et les est amené à justice Natus. Je n’ai donc pas oeuvré à restaurer mon honneur mais mon innocence. Depuis lors, je n’ai eu de cesse de faire de mon nom un exemple plus valeureux qu’un mauvais souvenir. »

« Une grande force de caractère et une belle noblesse de coeur pour ce Paresok. Je suis fière de voir que vous avez su prendre le bon chemin et surmonter vos épreuves. Vos serez une grande cheffe » Fit Aya en émettant une sorte de roucoulement étrange que les deux autres tigresses fit. Une reconnaissance Tairis non négligeable.

« Seigneure Aya... » fît la Batailleuse, plutôt stupéfaite. La jeune femme déglutit avant de faire un signe de tête honoré. « Vos propres mots font l’apogée de la rédemption en mon for intérieur. Venant de vous, cheffe Tairius, je ne pouvais avoir plus bel espoir...merci... »

Aya la toisa de son regard d’or et un fin rictus se fit sur ses lèvres. Elle hocha la tête et un instant il y eut un échange de grand sentiments entre cheffe. Encore une fois, la lâcheté des parents de Vida ayant terni son nom, son adhésion aux Stratéges malgré sa trop grande jeunesse et le désir de restaurer sa valeur, son honneur, était une entrave. C’était également l’un des poids qui pesait sur son coeur et qui apportait son lot de doute à chacune de ses décisions. D’ailleurs, lorsque la voix des Natus avait porté la colère jusqu’à elle à l’annonce des familles prises en otage, elle avait été accusée à tort d’être aussi lâche et viciée. Mais ce n’était là que les cris désespérés chargés de chagrin et d’une haine compréhensible. Epaulé par Paresok et Vadrielle, les Natus avaient très vite retrouvé leur unité avant qu’ils n’apprennent l’arrivée des Seigneurs Tairius.

Décidément, cette journée était très éprouvante pour les nerfs mais elle accumulait des faits que les historiens mettraient probablement des années à décortiquer.


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Alexander Hoffman
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CHRONOLOGIE 11 OCTOBRE 2017-
du côté des Tairis
en même temps que le côté Atlantes : Entre divin et réel


Suite à cet échange silencieux, Anelyn leur proposa un nouveau chemin. Elle avait quelque chose d’autre à leur montrer, un honneur que le peuple Natus tenait à leur faire...
La Batailleuse s’éloigna dans une ruelle un peu plus grande pour s’approcher d’un bâtiment qui semblait avoir été entièrement rénové. Ses parois de pierre avaient été retravaillé pour donner un véritable coup de neuf et tous les accès, qu’il s’agisse de portes ou de fenêtres, avaient été refait. Un jardin très bien entretenu de petits buissons à fleurs encadrait une pelouse brune donnant l’air d’un parc paysager. Ce cachet était valorisé par les marches et les différentes décorations de marbres menant à l’entrée. La porte était très grande, elle ne faisait pas la taille d’un homme mais celle d’un Tairis. Le hall dans lequel on y accédait était tout aussi spacieux, à tel point que les tigres pourraient s’y regrouper à plusieurs sans même se marcher dessus.

Quelques soldats Natus de faction firent le salut sur leur passage, salué d’un signe de tête par les Tairis. Anelyn les gratifia d’un signe de tête avant de se tourner de trois quarts et de tendre sa main sur le côté, dans une invitation à passer devant. Le couloir très large s’ouvrait sur une petite pente qui se dissociait en plusieurs chemins. Ils serpentaient de manière rectiligne sur un immense amphithéâtre nouvellement taillé dans la roche et construit avec ses reliquats. La façon dont il avait été organisé sautait vraiment aux yeux. Les sièges et tables sur plusieurs niveaux représentaient les places d’une assemblée. Ils encadraient de manière régulière et bien ordonnée un podium très large de dix places...une pour chaque Tairis.

Là où les sièges de l’assemblée étaient conçus pour les hommes, celles des tigres étaient faites d’un amas de peaux agencés et taillés pour qu’ils y soient à leur aise. Ces places étaient toutes à la même hauteur et, puisqu’elles faisaient face à la majorité des sièges d’hommes, des grandes plaques étaient placées sur des fixations.

Une demi-douzaine de Natus étaient en train de les disposer. Ils avaient posé leurs vestes d’uniforme, ayant visiblement de gros efforts à fournir à cause du poids, et ils enchâssaient la dernière plaque pour qu’elle tienne d’elle-même sur les supports. Elle avait été faite pour être déplacée selon la place occupée. Faire en sorte que les Tairis puissent réorganiser leurs placements à loisir. Les mentions étaient visibles de très loin puisque les lettres avaient été peinte. On y trouvait donc, sous chacune de ces places, le nom du Seigneur Tairius ainsi que sa fonction. Par exemple, dans le centre de cette disposition, la plaque “Seigneure Aya, cheffe Tairius” s’y lisait parfaitement. Sur la gauche, “Seigneure Vilma, voix des Tairius”. Et il y en avait encore beaucoup d’autres : “Seigneure Eura, soigneuse”, etc...
Enfin, sous ces noms, en plus petit, figuraient les noms de chaque clan qu’ils dirigeaient.

La demi-douzaine de places d’hommes sur le niveau juste en-dessous portaient les noms des verbalistes du CODIR au centre : “Alexander Hoffman”, “Richard Woosley”, “Erin Steele”, ainsi que des Atlantes, sur chaque côté, ayant combattu sur la Magna : “John Sheppard”, “Karola Frei”, “Matt Eversman”, “Alek Hamilton”, “Pedge Allen”, et “Rodney McKay”.

Une chose certaine, cela n’avait pas été créé de manière spontanée et récente. Ce chantier pharaonique avait dû débuter juste après la fin de la guerre. Les plaques venaient d’être placée récemment, surtout concernant les tigres, par ces volontaires Natus qui achevaient un travail de longue haleine. L’un des plus vieux tenait dans ses mains plusieurs parchemins qui avaient été dessiné à la va vite, on y trouvait chaque tigre avec des noms cousus de fautes et la qualité de chacun. Au moins un Natus avait pris des notes et le vieux Natus répétait donc l’ordre de formation des Tairis, lors de leur arrivée en Magna, de manière très fidèle sur le podium. D’où l’installation tardive de ces plaques qui, elles, étaient toutes inscrites sans la moindre faute. Cela tenait du fait que Vida avait demandé ces informations, y compris l’orthographe exact, de chaque nom et grades plusieurs semaines auparavant. Qu’il s’agisse des soldats d’Atlantis venu les aider ou de la visite des Tairis, Vida avait demandé par voie diplomatique un dossier sur tout le monde, et dont le CODIR jugeait les informations accessibles et non dangereuses, en vue de ce grand jour.

Les trois tigresses observèrent le lieu avec un grand intérêt. En voyant leur patronyme écrit ainsi, que ceux de certains Atlantes, elles eurent un petit mouvement de tête surpris. Elles eurent un peu de mal à comprendre a quoi servait cet endroit, était-ce un lieu de discussion pour parler des problèmes du peuple ? Si oui, pourquoi avoir marqué les noms d’étrangers ? Les tigres aussi avaient une grande préférence pour les bâtisses en cercle pour gouverner un conseil. C’est peut-être une trace qu’avait laissé les Trois ?

« Notre ancienne salle du conseil vous aurait été des plus inconfortables. Et les Atlantes n’auraient probablement pas apprécié d’être si éloigné de la Porte des Etoiles...»
Vida fit une pause pour se placer à côté des trois tigresses.
« Ici, chaque représentant Natus, Atlantes et Tairius détient une place au conseil pour faire entendre sa voix. Qu’il s’agisse de nos projets d’avenir ou de projets diplomatiques, chacun pourra s’exprimer librement ici-lieu...et en tout temps... »

Aya était la moins expressive comme toujours, elle écoutait les propos de Vida avec intérêt. Mais intérieurement, elle était sur le fessier d’apprendre tout cela. Ils ne se connaissaient pas et voilà qu’ils avaient tous une place aux conseils. Ce peuple est étonnant. Eura, ne se laissa pas examiner, elle sauta sur les différents sièges pour observer un peu mieux, frôlant au passage quelques ouvriers, mais ils pouvaient sentir comme une aura étrange sur son passage, comme a chaque fois qu’elle est quelque part en somme. Vilma était silencieuse, analysant l’endroit et surtout les paroles de l’humaine.

Anelyn Vida considéra les six hommes qui s’étaient fait des signes pour s’informer de la présence de la délégation. Ils se retournèrent tous, l’air pantois, ayant tout juste fini leur travail, avant de réaliser un salut militaire qui s’adressait autant à leur dirigeante qu’envers les seigneurs Tairius. Ils reculèrent tous lentement en voyant faire Eura, espérant ne pas la déranger.

« Seigneure Aya, les mots me font défaut pour concevoir proposition bien formulée en vos oreilles. Mais les Natus seront ravis que vos frères et soeurs, chefs de leur tribus, et vous-même, acceptiez ces places mérités de pleins droits au conseil, il en sera de même pour les Atlantes. »

Un léger sourire contrastant avec son regard angoissé ponctua sa proposition.

« Comme jadis aux temps glorieux des Trois, la sage parole Tairius pourra monter de nouveau dans l’assemblée pour se mêler à l’intellect humain. J’en espère cela exempt de toutes impressions néfastes ni intimidant en vos coeurs. »

Aya tourna la tête vers Vilma et échangea immédiatement avec elle en tairis. Une langue bien étrange entre une forme de mélodie et de grognement. Beaucoup d’élément de cette langue échappaient aux humains, puisque passait aussi par du non verbal, d’où la difficulté de parler parfaitement le Tairis. L’échange dura quelques instants, pour ne pas dire de longues minutes. Eura revenu vers elle silencieuse, s’asseyant en face de Vida, pendant que les tigresses parlaient entre elle. Aya était neutre et Vilma semblait un peu gênée et essayait de conseiller la cheffe apparemment.

Vida songea que cette situation devait être déstabilisante, ou plutôt inattendue, et comprit que les Tairis en discutaient. Le fait que le discours se faisait en Tairis indiquait bien que les tigres avaient besoin d’un peu d’intimité. Aussi Vida en profita pour aller voir ses subordonnés Natus : des volontaires qui avaient préféré ne pas se rendre dans l’Antre des égarements pour finaliser cette préparation. Elle les remercia chaleureusement, malgré un ton demeurant très officiel, et échangea quelques mots avec eux, leurs demandant des nouvelles de leur famille, comment ils géraient le fait d’être face aux Tairius.
Bref, Vida était très humaine et s’inquiétait de la santé de ses hommes, tant physique que mentale, et il n’était pas rare de la voir se tenir au courant de pas mal de Natus lorsqu’elle allait d’un endroit à un autre. Elle était très jeune, investie du rôle suprême de dirigeante, et véritablement apprécié pour son intérêt et sa conscience pour les autres.

Alors que ses hommes lui répondaient, appréciant qu’elle soit si humaine, il se turent. Ne sachant que faire à cet instant. Aucun d’entre eux, n’avait vu l’ombre blanche, près d’eux. Comme si elle s’était téléportée. Eura était non loin, ne s’intéressant a priori nullement aux Natus. Elle examinait une nouvelle fois les ouvrages et la construction de l’ensemble. Elle semblait ailleurs, alors qu’en réalité nullement. Son extraordinaire ouïe de féline avait dû être témoin des paroles de Vida. Finalement et comme si ce fut naturel la tigresse marcha au-dessus d’eux sur les marches et autres sièges.
« Quand les ombres auront trouvé domicile, allumer une flamme en son centre pour chasser. » Elle s’allongea nonchalamment, les pattes dans le vide, toisant chaque homme avant de détourner le regard vers les deux tigresses qui discutaient encore. Aya avait appréciée de ne plus avoir dans les pattes Vida, afin de parler plus franchement, même si ce fut en Tairis.

« Natus, braves soldats, voici Seigneure Eura. Soigneuse et voyante du monde des morts. »
Les hommes saluèrent poliment. Le plus vieux Natus murmura quelque chose à Vida, ce que la tigresse entendit probablement, puis il s’éloigna avec ses amis en évitant soigneusement les Tairius. Ils savaient qu’ils les verraient durant le festin et qu’ils pourraient s’approcher d’eux. Mais dans l’immédiat, ils percevaient le coté diplomatique et ne voulaient surtout pas devenir un poids. Le groupe salua une nouvelle fois en s’éloignant, gratifié par le sourire reconnaissant de la jeune femme. La tigresse les salua avec son regard clair et tellement étrange.
Une fois seule, elle s’approcha des sièges puis leva le nez pour considéra Eura qui se trouvait en hauteur. La tigresse baissa le regard vers la jeune femme.
« Nous pouvons monter un braséro au centre du conseil, bien sûr. Mais pourquoi cela ? Parlez-vous obscurité ou âmes à référence d’ombre ? »
« Comment le comprend tu ? » Dit-elle toujours mystérieusement.
« Votre regard du monde des morts est grand mystère pour moi. Je pense néanmoins que vous me prévenez d’âmes errantes en cet endroit...je ne l’espère pas Natus vaincus... »
Eura eu un rictus. « Aucune âme ici. Nous sommes dans un lieu important et des doutes arrivent pouvant nuire à la bonne entente. Mettre une lumière au centre des ombres permet de les éloigner. » Fit Eura une nouvelle fois.
Anelyn acquiesça.
« Je ferais briller la flamme éternelle de la conscience de l’alliance en ces lieux. Nos paroles seront vouées à la construction et non déchirure de positions entêtées, soyez sereine... »
« Patoune alors. » Fit Eura en se redressant, patoune était une expression Tairis, pour dire “cool”. « Nos deux amies ont finit de parler. Allons voir ce que tu as récolté suite à votre étonnante proposition. » La tigresse contracta ses muscles et se propulsa dans les airs dans un bond prodigieux une nouvelle fois, passant au dessus de Vida. La tigresse se retourna d’un air malicieux, elle aimait bien faire ça.

D’abords très surprise, Anelyn lacha un discret « Certes... » avant de prendre le même chemin. Elle grimpa tranquillement le versant de l'amphithéâtre pour atteindre l’entrée et faire face à Vilma, une boule dans l’estomac, et attendre sa décision.

Les deux tigresses attendaient Vida et Eura. Ce fut Vilma qui parla puisque ayant plus de diplomatie qu’Aya. Là était surtout leur discussion, puisque la grande cheffe n’était pas douée pour ce genre d’exercice et habituée à dire tout sans filtre. Or, elle ne voulait pas blesser ou déplaire de mauvaises intentions la Natus.
« Nous sommes honorés de cette proposition. Mais nous déclinons cette offre. Il n’est pas pour habitude aux Tairis de se mêler des histoires politiques des autres peuples. Même si jadis, nos ancêtres l’ont fait. Cependant, en cas de gros doutes ou de besoin, les cheffes des autres tribus pourront vous venir en aide et vous conseiller. La seule chose que nous pouvons vous offrir sont des conseils pour vous garder sur le bon chemin. » La tigresse ne savait pas comment Vida allait le prendre.

Sur le moment, Vida fût surprise par cette réponse et considéra Vilma, se demandant s’ils avaient vraiment compris l’utilité de la salle du conseil. Elle acquiesça silencieusement en intégrant cette information, s’évertuant à montrer que cela ne serait jamais pris pour un outrage, mais préféra spécifier :
« C’est le but de ce lieu, Seigneure. La salle du conseil n’a pas pour vocation de vous faire prendre décision à la place des Natus, à ma place, mais bien de donner votre avis et conseil éclairé... » Elle se tut un instant avant de reprendre. « Mais si votre réponse est telle malgré la précision sur cet endroit, les Natus comprendront. Nous restons maître de notre voie, et c’est également le discours que tiendraient les verbalistes Atlantes, il n’en fait aucun doute. »
Vilma fronça un peu le nez, elle avait mal compris, mélangeant les symbolique Tairis à celle de Natus. Cela n’était pas bien grave mais ça l’embetait et elle stressait un peu.
« Si ce n’est pas toutes les lunes, nous serons d’accord pour participer à cela. » Fit-elle à nouveau, Aya confirma d’un regard quand à Eura elle eut un rictus amusée.
« Une simple méprise de langue, cela n’est pas très grave. »
Anelyn fût soudainement rassuré. Elle s’était vue, déjà, demander le démantèlement des plaques des Tairis. Une bien mauvaise ambiance et un coup au moral pour le peuple Natus.
« Je comprends... » Répondit-elle, soulagée. « Les Atlantes recevront régulièrement la liste des sujets débattus au conseil. Peut-être pourraient-ils vous les faire parvenir. Et si votre intérêt se porte sur l’un d’eux, la guerre contre le Dévoreur par exemple, vous avez votre place, votre siège, en ces lieux pour apporter votre avis. Mais les Natus restent effectivement maître de leur décision. Ils ne se soumettent pas à votre autorité...si je puis le dire ainsi... »
Cela semblait rassurer les tigresses. Vilma échangea un peu avec Aya pour ne pas dire de bétise puis confirma les choix :
« Bien, nous n’aurons pas voulu que vous nous obéissez. Cela vous aurait rendu aussi peu intéressant que des proies. Quant à la liste, si vous avez une langue spécifique vous pouvez nous faire parvenir vos alphabets nos tigres les plus savants seront ravis d'apprendre une nouvelle langue et vous pourrez nous envoyer vos listes directement. »
« Mon peuple a le don de langue, la langue commune fut apprise facilement. »
« Nous sommes pas des proies. Nombreux Natus sont morts pour prouver l’inverse, ce serait les humilier que de ne pas nous montrer digne de cette valeur... » Elle laissa un sourire de fierté la gagner. Personne ne soumettrait le peuple Natus, elle y veillerait jusqu’à la mort. « Je vous ferais parvenir notre alphabet et nos sujets de débats, j’en fais promesse. Je souhaite que mes Natus entrent dans une ère d’échange constructif avec vous. »

Vida acquiesça. Elle cernait mieux la méprise que les tigres avaient eu. Ils pensaient sûrement que ces sièges au conseil allaient les amener à remplacer les Trois, comme s’ils étaient les héritiers de la civilisation Natus qui suivrait leurs nouveaux préceptes.
Il était très facile de se perdre dans ce doute puisqu’ils oubliaient que les Trois avaient enseignés, comme la valeur la plus sacrée et fondamentale, la liberté des Natus à disposer de leur avenir eux-mêmes. Pour Vida et son peuple, il était légitime que les descendants des Hauts-Seigneurs, les chefs de chaque clan, détiennent une place au conseil s’ils souhaitaient un jour apporter leur avis, leur parole.

Les Tairius étaient considérés, à l’image des Trois, comme d’excellents enseignants, de très bons conseils. Mais ils N’ETAIENT PAS les Trois, c’est justement en cela que se trouvait la subtilité. Les Hauts-Seigneurs subsisteraient encore en religion tout comme les Natus demeureraient libre de leurs choix.

Alors pourquoi les Atlantes aussi ?
Parce qu’ils avaient saigné aux côtés des Natus comme s’ils défendaient leur propre patrie, les verbalistes ayant brillé de leur bienveillance pour permettre la rencontre Natus-Tairius. Voilà pourquoi, eux aussi, méritaient de faire entendre leur voix dans ce conseil. Mais la politique Natus demeurait à vocation monarchique. Anelyn avait le dernier mot et cette assemblée avait pour but de lui offrir une information parfaitement équilibrée des diverses pensées, des divers avis, pour obtenir un jugement objectif de ses propres considérations.

La jeune femme était pleinement satisfaite. Les Natus festoieraient d’autant plus en apprenant que les Tairius étaient susceptible de leur rendre visite si un sujet leur tenait à coeur. Maintenant qu’il n’y avait plus rien à faire dans cette salle du conseil et le temps ayant bien filé, la jeune femme leur proposera de les guider jusqu’à l’Antre des Egarements pour retrouver les Atlantes et choisir si une distraction culturelle leur plairait.

Aya était plutôt rassurée, elle ne voulait pas qu’un peuple les vénèrent comme une parole divine. Être conseilleur comme bon allié pourquoi pas, mais cela s’arrêtait là. Les neuf chefs de clans avaient d’autres choses à faire que de jouer aux apprentis dieux. Le quiproquo effacé, la grande tigresse jeta un regard circulaire à l’endroit… Ils se démenaient sacrément avec beaucoup de symbolique. La tigresse ne connaissait que les dirigeants et le colonel, les autres, elles ne connaissaient pas leurs valeurs et leur intérêt à siéger ici. En tout cas, ils avaient l’estime d’un peuple et elle espérait que chacun y fasse honneur convenablement.

Vilma hocha la tête, l’Antre des Égarements était là, où devait se trouver les autres Atlantes et elle avait hâte de voir ce lieu. Ainsi, les quatre femelles repartirent sur leur pas, pour retrouver des chemins et autres lieux en réparation et déjà bien restauré par endroit. Les statues, éléments de décorations et symboliques fortes, furent nombreuses.

Il avait eu de nombreux morts un peu partout mais Vida évitait les endroits trop concentrés en âmes. Eura observait les environs, parfois des points que seule elle pouvait voir. De temps à autre son regard semblait devenir blanc.

Finalement, devant l’Antre des égarements, un jeune homme tout juste en âge d’être un adulte se tenait droit, pour ne pas montrer qu’il était complètement intimidé par la présence des tigresses. Il informait Vida que les autres seigneurs étaient dans l’arène et que tout était prêt, même la fameuse surprise qui n’était autre qu’Erin en guerrière.

Vida s’était écarté pour recevoir les nouvelles.
Cet aspirant était un tirailleur qui n’avait pas terminé sa formation martiale. Il avait refusé d’être évacué avec sa famille et, puisque trop jeune, avait été écarté des champs de bataille. Il avait donné son énergie et sa volonté au service des hôpitaux de campagne pour apporter de l’eau, des vivres et des couvertures, passant des heures à errer d’un blessé à l’autre pour les supporter. Six mois plus tard, les blessés les plus graves étant sur la fin de leur convalescence, il avait été désigné par Vida pour organiser l’accès à l’antre des égarements pour les soldats les plus touchés. Ceux qui avaient perdus le plus, qui avaient frôlé la mort ou la folie. Le jeune homme disposait d’une liberté limitée sur l’organisation de l’antre afin d’apporter du réconfort en respectant un certain équilibre.
Il s’appelait Meunec, il n’était pas rare de le voir faire le messager pour Anelyn.

Le jeune homme se porta jusqu’à elle pour lui murmurer plusieurs informations en chemin. Tout était prêt et il informa également de la participation d’Erin Steele, ce qui surprit la Batailleuse dans un premier temps. Mais le messager lui donna également un parchemin signé de la main d’Idène pour lui expliquer ce qu’elle avait prévu, ainsi que sa promesse de ne pas impacter les relations diplomatiques entre les Atlantes et les Natus. C’était suffisant pour la jeune femme, elle avait confiance en Idène même si sa nature la rendait parfois un peu trop “entreprenante” et provocatrice.

Juste après, elle se retourna pour considérer les tigres. Comme à chaque fois qu’elle les observait de cette position, les voyant arriver sur elle en ligne, elle ne se faisait toujours pas à leur grandeur et le charisme qui irradiait de chacun. Elle parla d’une voix claire :

« Il y a une arène d’agilité où un grand spectacle est organisé. Les Atlantes seront présents et vous disposez d’un emplacement, aménagé spécifiquement pour éviter tout inconfort. Je souhaiterai vous y inviter... »

Vima pencha la tête sur le côté. Une épreuve d’agilité ? Elle était curieuse de voir ça ! faut dire que les Tairis aussi ont toutes sortes d’épreuves, force, savoir agilité, chasse, logique etc.… Et c’est souvent source de joie et de bonne compétition pour montrer ces talents et son savoir-faire. Étant réputée pour sa grande agilité, Vilma était encore plus ravie de cette nouvelle !

« [color=MediumVioletRed] Allons donc voir cela ! J’ai hâte de voir en quoi consiste cette épreuve ! color]» Fit-elle avec beaucoup d’entrain. Cela fit sourire les deux autres tigresses.
Vilma, suivit donc Vida, d’un pas souple et plus léger, quand elles arrivèrent, seul les tigres étaient présents avec les Natus qui les avaient « gardé » jusqu’à lors. Vilma, sauta sur les estrades pour être en hauteur et alla frotter sa tête vers Cylvia, qui portait un beau collier de facture Natus avec des pierres de feu. Immédiatement les deux tigresses se mirent à échanger sur ce qu’elles avaient vu ou non.

Dès qu’Aya rejoignit le groupe en pressant le pas pour suivre Vilma, elle questionna un à un les autres tigres pour connaître le contenu de leur visite et Vilma raconta la leur. Quant à Eura elle s’intéressait à l’arène et marchait plus doucement près de Vida.

La Batailleuse était en train de prendre des nouvelles des autres groupes de tigres dont certains avaient trouvé plus d'intérêt sur d’autres zones de l’antre des égarements. Lorsqu’elle revint auprès d’Aya, elle le lui apprit, ainsi que le fait que les Atlantes ne tarderaient pas à arriver. Pas mal de Natus commençaient déjà à se presser dans les gradins pour se trouver une bonne place tandis que des volontaires vérifiaient la bonne tenue des niveaux d’obstacle à l’intérieur.

Vida était tout aussi pressé d’assister à ce spectacle, elle se souvenait bien de la proposition d’Idène envers la verbaliste lors de sa visite sur Atlantis et elle se demandait déjà comment celle-ci serait habillée. Après avoir donné ses dernières consignes, la Batailleuse s’installa aux cotés des tigres et discuta avec eux, leur demandant si l’hospitalité Natus leur était agréable. Les Atlantes ne tarderaient pas à entrer dans la salle, c’était une question de minutes.

END 16/01/2018

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