Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Weir, Sheppard, McKay, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Lun 18 Déc - 21:21
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Miracle Drug



Chronologie : 8 Juin 2017
Dédale

"The songs are in your eyes
I see them when you smile
I've had enough of romantic love
I'd give it up, yeah, I'd give it up
For a miracle, a miracle drug, a miracle drug"


Pour la première fois depuis longtemps, il essayait de se tenir aux conseils du psychologue. Cela lui permettait de se raccrocher à quelque chose, d’avoir un point d’ancrage pour l’aider à remonter cette fichue pente glissante. Les premiers jours, Matt fut de bonne volonté rencontrant quelques personnes de la liste. Alek était une évidence, ils étaient potes avant la mission et s’étaient mutuellement sauvés la vie là-bas. Etrangement cela se passa moins bien entre eux. Quelque chose semblait s’être brisé. Un peu de magie ou peut être que lui n’avait plus cette dose de bonne humeur qu’il fallait pour s’amuser. Rencontrer Frei lui fichait la trouille, il pensait subir encore et encore ses reproches et finalement tomber sur une Major plus humaine qu’il n’y paraissait. Le Ranger avait su mettre un peu d’eau dans son vin en avouant avoir dépassé les bornes. Lui parler lui fit du bien.

Les premiers jours, il suivit les dispositions mais rapidement sa motivation commença à décliner et les excès débutèrent. La rééducation lui demandait pas mal d’énergie. Il aurait dû être épuisé et s’endormir comme une masse au soir. Ce n’était pourtant pas le cas. Les somnifères l’aidaient mais la dose étant réduite, il était plus rapidement réveillé par de nombreux cauchemars. Forcément mal dormir entrainait pas mal de mauvaise humeur chez lui. Ajouter à cela que la rééducation ne se passait pas aussi bien ou aussi vite que prévu. Son ADN wraith ne semblait pas lui avoir donné une force surhumaine, c’était bien dommage. L’heure de musique se transforma vite en plusieurs autres, voir en nuit complète. Heureusement pour lui que ses deux nourrices étaient toujours là pour lui rappeler d’aller se restaurer ou de se rendre à tel ou tel rendez-vous. Il avait le plus grand mal à se gérer. Il dormait moins, forcément son corps et son esprit se reposaient moins et donc le lendemain, Matt ne pouvait pas exécuter correctement sa rééducation. C’était un cercle vicieux.

Lors d’une partie de console avec l’une de ses nourrices, ce dernier évoqua l’idée de reprendre contact avec le psychologue. Bien entendu, il argumenta comme quoi tout allait bien mais l’idée fit son chemin pendant la nuit. Il avait besoin d’aide et après tout c’est lui qui l’avait fichu dans cet état en le privant de somnifères. Vers 3h30 du matin, un mail fut envoyé au Docteur Sidney pour un rendez-vous. Il eu une réponse dès six heures trente l’invitant à le rejoindre vers dix heures du matin pour laisser à Matt le temps de prendre son déjeuner et de se préparer.


@ pyphi(lia)

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Comme à son habitude, Sidney se levait toujours très tôt. Il avait une petite chambre très fonctionnelle accolé à son bureau par une simple porte. L’un des avantages d’être civil et d’occuper un poste important sur le Dédale, c’est d’avoir sa propre salle de bain même si elle a été construite dans un mouchoir de poche.

Le psychologue se réveilla donc vers six heures, couché sur le dos, les draps rejetés vers ses pieds. Il avait encore sur le torse le livre qu’il était en train de lire la veille avant de sombrer dans ce trou noir qu’était le sommeil. Le psychologue se massa un instant les yeux avant de replier le livre et le poser sur la table de chevet. Il se redressa lentement en poussant un souffle d’effort, sentant son vieux corps se plaindre de tensions et de courbatures sur des muscles qui n’avaient pourtant pas fait de sport. Son regard se posa sur le vieux réveil à ressort qui se trouvait sur la table à côté.

Sidney eu un sourire satisfait en constatant qu’il n’avait toujours pas besoin de sonnerie et désengagea le ressort pour empêcher ce marteau de martyriser les deux clochettes au-dessus. La suite est une grande routine qu’il affectionnait beaucoup. Il se leva pour aller prendre sa douche, il se brossa ce qu’il lui restait de dents avant de mettre son dentier et vérifier qu’il était bien fixé, qu’il n’y ai aucun signe disgracieux s’il souriait. Puis il se coiffa, se parfuma assez légèrement avant d’aller choisir sa tenue. Son armoire contenait pratiquement que des complets trois pièces d’élégance et d’origine Anglaise. Il laissa néanmoins la cravate au placard puis sortit dans son bureau pour consulter son ordinateur.
Comme d’habitude, certaines de ses consultations avaient été renouvelé et d’autre annulé. Il apprit son emploi du temps mentalement puis tomba sur la demande de l’un de ses patients principaux : Matt Eversman.

D’un côté, Sidney fût satisfait de le voir faire le premier pas pour reprendre rendez-vous. Il avait besoin d’un suivi à long terme et il avait commencé par lui offrir la liberté de choisir ses séances pour ne pas l’étouffer sous la contrainte du protocole, qu’il ne se sente pas envahi par une obligation administrative. Mais cela faisait un petit moment qu’il n’avait pas eu de nouvelles de lui et il se préparait à le contacter.
D’un oeil exercé, Sidney constata que le mail avait été envoyé au milieu de la nuit, signe que le militaire ne dormait peut être pas aussi bien depuis qu’il avait réduit de moitié ses somnifères. Malheureusement, même dans son état, c’est un médicament qui ne doit surtout pas être pris massivement. Le corps à besoin d’un sommeil naturel pour se restaurer. L’esprit est également lié de manière importante à ce repos. Ce n’est pas un sommeil médicamenteux qui allait l’aider à se sentir reposé bien au contraire.

Sidney nota donc sagement quelques constatations sur son bloc note puis il prit le dossier de Matt avec lui. Il recevait régulièrement les copies des examens médicaux du soldat et de ses visites médicales de la part d’Atlantis, ce qui lui permettait de garder un oeil sur l’évolution de sa condition. Le psychologue lui proposa de le rejoindre à dix heures à son bureau pour une consultation. Avec un nouveau livre et ce dossier, il alla rendre visite à l'observatoire, plus particulièrement le central de gestion de communication : le Pôle-com, pour leur demander un service. Une fois fait, il se rendit au mess des soldats pour y prendre un thé et son déjeuner. Il appréciait se méler à la base de la pyramide pour observer discrétement les membres d’équipage, voir s’il n’y avait pas de soucis. Généralement, il faisait ça le matin et pour la collation. Il se rendait au mess des officiers le midi et il dinait dans son bureau le soir puisque la majorité des consultations s’y déroulait. Et entre temps ? Il se baladait dans tout le vaisseau en saluant toutes les têtes qu’il rencontrait, chassant de son regard aiguisé les personnes qui démontraient des signes de faiblesse psychique, un besoin d’aide qu’ils ne voulaient reconnaître. Ou tout simplement, Sidney passait pour prendre des nouvelles et s’assurer que tout allait bien. En somme, il n’attendait pas que le travail arrive à lui.

Après son déjeuner, Sidney récupéra ce qu’il avait demandé au Pôle-comm puis retourna dans son bureau. Il étudia encore un peu le dossier de Matt avant d’avoir sa première consultation : une jeune femme qui doutait de ses capacités de manière maladive depuis qu’elle avait paniqué et fait une erreur durant la précédente bataille. Sidney essayait de la ramener à une constatation qui devrait lui permettre de retrouver l’assurance.
Après cela, il travailla son administratif puis attendit l’arrivée d’Eversman. Son regard alla souvent en direction de l’horloge, il était bientôt dix heures et il avait hâte de voir s’il serait en avance, ponctuel ou en retard, chacun d’eux étant un signe de sa volonté ou non de le voir.
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Lun 18 Déc - 21:24
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9h. Une petite sonnerie douce et délicate troubla ses rêves, le sortant du sommeil. Elle avait beau ne pas être stridente, Matt chercha à s’y échapper en se dissimulant sous son oreiller. C’était peine perdue. Le réveil était efficace. Impossible de se rendormir tant que cette sonnerie était active. Pas le choix, il dut se lever pour l’interrompre. Que ce fut dur ! Quelques étirement furent nécessaires pour tenter d’effacer les courbatures du corps avant d'enchaîner avec la douche. Pas la peine de frotter comme un cinglé ça n’enleverait pas les cernes sous ses yeux. L’eau chaude salvatrice lui fit quand même un bien fou, un petit moment de bonheur avant de débuter cette journée. Il y serait bien resté une journée sous ce jet d’eau. Rien d’autres à penser qu’à alterner les différents zones du corps sous le jet pour ne pas prendre froid. Sentir ce flux d’eau couler sur son crâne. Ne rien pouvoir penser.

L’heure était déjà pas mal avancée lorsqu’il se décider enfin à sortir de sa tanière pour saluer ses deux nourrices. Toujours là, toujours fidèles à leur poste. Il les salua, prenant de leurs nouvelles, des événements de la nuit. Rien de bien intéressant à part un couple trouvé en plein acte dans l’un des laboratoires principaux. Il eut beau insisté, il n’obtint pas le nom des deux coquins. Dommage, ça aurait pu lui faire sa journée. Il n’y avait plus grand monde au mess, beaucoup étaient déjà au travail. A peine quelques lèves-tard. C’est en mordant dans un croissant qu’un des gardes lui apprit sa convocation avec le Docteur Sidney dans quinze minutes. Il ne sut vraiment si cela l’attristait ou le rassurait. C’était une bonne chose de le voir pour obtenir le rétablissement de ses cachets mais d’un autre, laisser entrer un autre dans son crâne, se faire analyser n’était jamais plaisant.

Matt traina un peu les pieds, se sentant obligé de prendre un nouveau café pour être suffisamment réveillé. Son attitude n’agaça pas ses gardiens qui commençaient à bien le connaître reconnaissant les moments où il pouvait faire sa mauvaise tête. Son plateau fut débarrassé. Il ne pouvait plus trouver un truc à déguster, à apprécier et n’avait d’autres choix que de quitter la pièce.

Cinq minutes plus tard, le voilà dans le dédale de coursives du vaisseau de guerre. Farelli menait toujours le groupe. Cette fois, Matt fut attentif à son environnement ou du moins aux personnes qu’il rencontrait. Pas question de croiser de nouveau un vieux grincheux ne sachant pas tenir un gobelet de café. Heureusement pour lui, ce dernier semblait être rester au fond de sa tanière. Le bureau de Sidney était désormais à vue. Matt ne put s’empêcher un regard vers l’un des gardes derrière lui. Allait-il le pousser s’il s’arrêtait ? Certainement. Les membres de la sécurité l’encadraient désormais. Seule solution pour lui de leur échapper, porter quelques coups à cette fameuse porte. Ce n’était pas la forte envie qui irradiait de lui, les mains dans les poches de sa veste. Farelli sembla le comprendre prenant l’initiative de frapper. Oh l’enfoiré. Il gagna un regard noir du militaire. Bon plus le choix là. Matt serra les dents jusqu’à voir la porte s’ouvrir. Cela n’arrive pas en revanche une voix se fit bien entendre pour lui faire comprendre d’entrer. Pas le choix, il dut se résoudre à passer la main devant le commutateur provoquant l’ouverture de la porte. Un soupir destiné à se donner du courage et le voilà effectuant quelques pas. Patrick Sidney était bien là, assis derrière son bureau.

“Bonjour Monsieur.” déclara-t-il avant que son regard ne dévie en direction de cette fenêtre sur l’espace. Ça c’était toujours aussi sympa et impossible de s’en lasser.

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« Bonjour Matt. Je vous en prie, entrez. » Fit poliment Sidney en se levant de son siège.

Le psychologue était accueillant et plutôt content de le voir. Il remarqua que son regard s’était dévié en direction de la baie vitrée et il tendit sa main en signe de proposition quant aux quelques sièges dans le bureau.

« Installez-vous là où vous le souhaitez, nous ne sommes pas forcés de rester à un bureau... »

Fini la table de mixage néanmoins. Au lieu de ça, il avait obtenu un casque de test auditif relié à un MP3. Le tout était posé sur son bureau mais un peu moins en évidence que lors du premier rendez-vous. Sidney réservait ce test pour un autre moment de leur consultation. Il laissa Matt s’installer puis alla s’assoir sur le siège qui se tenait dans l’angle avec son bloc note et son crayon. Une façon de ne pas être directement en face de lui pour lui laisser toute la vue sur la baie vitrée et s’effacer légèrement du paysage. Ce faisant, le psychologue souhaitait amoindrir sa propre silhouette du champ de vision du soldat pour qu’il soit moins stressé, que la présence ne devienne pas chez lui source de confrontation.
Tout en croisant ses jambes, Sidney regarda ce qu’il avait noté sur son bloc note et attendit que Matt se soit suffisamment noyé dans la contemplation de l’espace avant de parler :

« Bien, nous nous étions rencontrés il y a un peu moins de deux semaines et je vous avais donné quelques devoirs à faire à la maison. » Fit-il avec humour. « Vous m’en faites un résumé ? »

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Ah oui, il fallait s’asseoir. Matt marqua une certaine hésitation observant l’environnement pour repérer les différents endroits possibles. N’ayant pas de consignes particulières, il mit de côté les sièges face au bureau pour s’asseoir sur le canapé au plus proche de cette fenêtre pour pouvoir profiter de la vue. Impossible pour lui de poser son dos contre l’assise, il ne se sentait pas assez détendu pour s’y installer plus confortablement et finit par poser ses coudes sur ses genoux. Il jeta un coup d’oeil envers son interlocuteur repérant sa position plutôt lointaine. Peut être devait-il dégager une mauvaise odeur ? Quoique cela ne génait pas le militaire qui appréciait de ne pas lui faire face directement. Matt profita encore un peu de la vue avant d’être rappelé à l’ordre. Ah oui c’est vrai, il était là lui.

“J’ai essayé de suivre vos directives, Monsieur.” Ce n’était pas faux. C’était bien l’une des premières fois que le militaire prenait au sérieux des conseils donnés par un psychologue. Il se sentit peu à l’aise néanmoins, frottant ses mains et évitant le regard du vieux sage. “Marche quotidienne. Massages. Musique.” ça c’était la facilité. Les massages étaient réguliers avec les séances quotidiennes de kiné pour l’aider à soigner ses plaies et se renforcer. J’ai parlé avec plusieurs des membres de l’expédition Magna : Sheppard, Frei, Hamilton...” ça, ça n’avait pas été une mince affaire surtout avec Frei. Le sujet abordé était épineux mais finalement tout s’était bien passé à sa plus grande surprise.

“Ma dose de somnifères a été réduite...” ça c’était le gros soucis. Il comptait bien demander une augmentation de la dose pour retrouver un sommeil correct mais ne savait pas s’il s’agissait du bon moment ou pas. “et ça c’est un gros problème, je ne dors plus.” Allez hop il mettait les pieds dans le plat.

Sidney observait ses expressions. Il eut un léger sourire à l’idée que le soldat ne soit venu que pour récupérer l’ancien dosage de ses somnifères. Il attendit quelques secondes avant de demander gentiment, mais de but en blanc :

« Pouvez-vous m’en dire davantage ? » Fît Sidney comme s’il méditait. « Votre traitement n’a été que diminué d’un quart et non interrompu. Un élément particulier perturbe votre sommeil malgré le dosage actuel ? »

Pourquoi ne pouvait-il pas simplement lui dire qu’il allait de nouveau prescrire la dose initiale ? Matt soupira. Il n’aimait pas être ainsi dans une impasse. Seule solution pour s’en sortir : parler et être honnête. “Je recommence à rêver de nouveau de tout ça…”. Le soldat guetta sa réaction espérant qu’il ne le qualifierait pas de fou à lier.

Sidney acquiesça, comme s’il s’y était attendu.
« Ces cauchemars sont-ils identiques ? Pouvez-vous m’en décrire un ? »
“Non...” Parler de ça ne le mettait pas à l’aise. Il se devait d’exprimer ce qu’il avait en tête, ce que son cerveau lui montrait et c’était quelque chose d’intime. Personne n’aurait dû connaître ça, il aurait dû garder ses pensées pour lui mais ces dernières le faisaient souffrir rendant sa vie difficile. Pas le choix, il devait se mettre à table. “J’ai le choix entre plusieurs moments de la mission” C’était bien ça le pire, ces événements avaient vraiment eu lieu pour la plupart. La douleur. La peur d’être torturé de nouveau. La mort. La peur de la perte de l’autre. Tout avait été vraiment ressenti. Matt n’avait jamais vraiment parlé de ce qui s’était passé à bord de ce vaisseau. Tous savaient qu’ils avaient été torturé mais personne ne savait à quel point.

“ On est dans une grande pièce du vaisseau wraith, agenouillés l’un face à l’autre. Avec son ongle enfoncé dans ma chair, La Reine s’amuse à arracher des morceaux de mon visage. ” La scène semblait se matérialiser de nouveau dans son esprit : tout lui revenait cette odeur de sang, les cris de souffrance, les paroles de cette reine. Il ressentait ce doigt sur sa peau meurtrie. Il lui fallut fermer les yeux quelques instants pour pouvoir continuer, pour se dire que tout ça était terminé. Les poils de ses bras étaient hérissés prouvant que l’émotion était bien là. “Pedge n’a pas parlé. La Reine l’attrape par la gorge, la perfore et commence à la ponctionner. .Le bruit est immonde. Je peux rien faire, juste la voir agoniser. Ça dure plusieurs minutes… Je la vois en train de se vider de son sang, son regard vide. La reine me propose de la ramener si je réponds à sa question...y a du sang de partout. Je sens un pouls très faible chez elle, j’essaie de compresser la plaie mais rien n’y fait. Je la perds et je finis par parler...” Les doigts se replièrent pour former un poing solide, il détourna les yeux incapable de soutenir le regard du psychologue. Il se sent bête, humilié d’avoir lâché des informations.

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L’homme était satisfait mais ne le montrait pas. Si Matt livrait le contenu de l’un de ses cauchemars, c’est qu’il était possible de progresser sans qu’il ne se braque. Sidney ne pouvait pas remarquer que le soldat avait la chair de poule, il était trop loin pour ça. Mais il trouva les signes évidents d’un important stress et la partie visible de son traumatisme. Il inscrivit silencieusement quelques éléments sur son bloc note avant de lui répondre, d’une voix calme et plutôt lente :
« Qu’est-ce qui vous horrifie le plus ? Une résurgence de sentiments et d’émotions ? L’hypothèse de perdre votre collègue ? Ou celle d’avoir parlé ? L’un de ces aspects doit être particulièrement violent pour surpasser votre dose actuelle de somnifère. Quel est-il ? »
“Le regard vide d’Allen, son sang de partout… entendre ses râles. finit-il par déclarer après une petite minute de réflexion. “ J’ai honte d’avoir parlé... mais c’était la seule solution. J’avais besoin d’elle là bas.”
Sidney sentait qu’il s’approchait d’un problème plus épineux, la réponse de Matt était contradictoire et lui partagea cet avis de façon neutre :
« Si vous n’aviez parlé que dans un besoin égoïste d’avoir sa présence physique pour vous soutenir, ses cris et cette vision d’horreur ne vous tourmenterait pas à ce point. » Il tapota son crayon sur son calepin avant d’ajouter : « Quels sont vos relations avec le soldat Allen »

Matt sentait le piège se refermer autour de lui : ses sentiments envers Pedge n'étaient pas avouables. Il n avait pas le droit d’éprouver ce genre de sentiments envers un coéquipier et puis de toute manière cela ne servait à rien. Elle ne voulait pas de lui. Il fit une manœuvre d’esquive en dévoilant un autre moment : “La reine m’a tiré dessus à plusieurs reprises, je me suis faire abattre comme un chien. Allen n’avait rien à voir là dedans... Pourtant je me réveille en sursaut, plein de sueur..”

Bien, le soldat ne se cachait pas pour l’esquiver. Le psychologue comprenait que c’était un sujet difficile, peut-être même le coeur du problème finalement, mais il fallait être prudent pour s’y rendre. L’anecdote dramatique de Matt sur sa torture représentait seulement une petite confession dans le but de le détourner d’un point sensible. C’était tout à fait normal et Sidney considérait qu’il ne fallait pas être directement intrusif en lui rappelant la question. Il valait mieux contourner, prendre le détour, sachant qu’ils reviendraient sur le même point.

« Vous semblez vouloir écarter le soldat Allen de votre environnement mais pourtant elle a partagé votre traumatisme. Vous dites avoir parlé pour ramener votre collègue. Vous lui avez sauvé la vie. Qu’a-t-elle fait pour permettre de revenir ? »

”C’est ma coéquipière, ma soeur d’arme en quelques sorte. J’aurais tout fait pour elle là-bas. Mais on peut pas dire que je lui ai sauvé la vie… Je l’ai ramené pour qu’elle se fasse torturer encore et encore…” A sa décharge, il ne pouvait connaître les intentions de la Reine mais cela ne l’aidait pas. Matt se sentait mal, un sentiment de honte et de culpabilité l’envahissaient.

”Quand on se retrouvait après ces moments de torture, on pensait qu’à une chose : ne plus revivre ça, que l’autre laisse partir l’autre. On a même pensé au suicide là bas.” lâcha-t-il la tête baissée réalisant que l’idée du suicide lui était venue avant son retour à la base. Chacun avait demandé à l’autre de ne pas le ramener mais c’était loin d’être aussi évident. Pas quand il y avait des gémissements, des râles, des regards vides et la pression de la Reine. Cela faisait écho à de nombreux mauvais souvenirs, la voix de la Reine lui revenait en tête lui ordonnant de parler ou il la perdrait. Cette flaque de sang. Matt cligna plusieurs fois des yeux essayant de balayer tout ça de son crâne. C’était peine perdue… Il finit par lâcher un peu après. ”Je voulais pas être celui qui reste… Je voulais plus subir ça.” Il était loin le temps du soldat qui se croyait au dessus de tout, invincible.

Le psychologue notait discrètement sur son bloc-note durant les réponses de Matt. Sa bonne volonté pour se confier était le point majeur de sa progression. Mais il résidait une grosse difficulté sur la consultation : l’homme répondait au gré de ce qu’il ressentait. Comme s’il n’écoutait pas les questions du psychologue en quelque sorte. Le protocole habituel voudrait que le médecin ramène son patient à chaque fois sur le bon chemin, sur la question concernée, jusqu’à ce qu’il obtienne sa réponse. Mais concernant Matt, cela risquait de le braquer et réduire le partage de son expérience traumatisante.
Au lieu de prendre ce genre de risque, Sidney préféra suivre le courant de ses pensées chaotiques. Son allure, ses épaules basses, sa tête baissée et le regard mi-clos, témoignaient bien de ses émotions et du fait qu’il revivait les scènes qu’il décrivait. Il fallait veiller à ce qu’il ne s’y enfonce pas trop profondément.

« Mais vous êtes pourtant resté Matt. Et voici le résultat final : votre coéquipière a survécu. Et vous êtes vivant. Les Wraiths ne vous ont pas eu, ils ne sont pas parvenu à vous détruire. »

Sidney laissa quelques instants de silence pour permettre à Matt d’intégrer l’information. Méda’Iyda avait échoué. Elle n’a pas réussi a retourner Matt contre les Atlantes. Elle n’avait pas réussi à le conserver dans l’armée ennemie. Elle n’avait pas réussi à détruire sa volonté, celle de Pedge. Et s’était enfui à l’agonie, extraite in extrémis par un dart. C’est le sentiment que le psychologue voulait induire au soldat. Malgré son traumatisme, tous les efforts déployés pour le détruire n’avaient pas abouti...Sidney reprit :

« C’est un sentiment humain et très naturel de vouloir se préserver de supplices, de tourments, lorsque l’on a vécu ces premières épreuves. Dans ce cas, le suicide une probabilité logique et très tentante. Mais vous n’étiez pas seul et vous saviez que les Wraiths pourraient vous ramener à la vie. Vous étiez piégés... »

Il souligna quelques mots sur son calepin avant de le questionner :

« Quel sentiment négatif vous occupe le plus souvent l’esprit ? Est-ce la colère ? La peine ? Le regret ? Dites-moi pourquoi ? »

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Une grande inspiration suivi les propos du psychologue comme s’il autorisait ces derniers à entrer à lui. Il essayait de se dire qu’ils étaient en vie, qu’il avait survécu à cet enfer malgré tous les tourments qu’il avait pu subir. L’essentiel était là : être en vie. Il essaya vraiment de s’en convaincre, de faire intégrer cette donnée à son esprit. Ce dernier lui rappelait pourtant constamment le prix de cette victoire de justesse. Sidney sembla le comprendre lui parlant de nouveau ce qui attira son regard, son attention. Ce type semblait lire dans sa tête. C’était impressionnant, un peu flippant mais ça faisait du bien d’être un peu compris. On le martelait sans cesse de belles paroles mais personne ne pouvait vraiment comprendre ce qu’il vivait. Lui devait être l’un des rares à ne pas le juger, à l’aider vraiment.

”Je crois que c’est de la colère...” dit-il après quelques secondes de réflexion massant son crâne. ”J’en ai assez de tout ça… de ses images, de ses gémissements qui me hantent… Je ne veux plus les entendre. Je veux dormir de nouveau, m'entraîner. ” Faire une nuit de huit heures sans se retrouver réveillé en sursaut semblait impensable. Le sommeil était la clé. En dormant mieux ou même plus, son corps serait davantage reposé et récupérerait mieux. Tout ira mieux. ”Je veux retrouver ma vie d’avant, Doc… Pour ça, il me faut les cachets.”

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« Nous y arriverons ensemble, Matt, c’est notre but commun. D’ailleurs, vous avez déjà bien progressé, nous parvenons à discuter de ce sujet épineux dans le calme et explorer les contraintes qui vous perturbent. » Il referma son calepin avant de prendre un ton plus lent et plus grave. « Je peux vous remettre votre dose courante de somnifères mais ce ne serait pas productif. Voyez-vous, votre corps a besoin d’un sommeil naturel, même limité, pour se régénérer. Votre premier traitement était une solution temporaire et lourde qui ne donne que l’illusion du répit. Vous oubliez pendant les heures que cette médication vous impose mais vous conservez, à votre réveil, cette sensation de lourdeur et de fatigue chronique. »

Sidney préférait lui faire part de la situation pour lui laisser le choix.

« Ce n’est qu’une illusion Matt et cela va s’aggraver rapidement. Ce faux répit dissimulera un épuisement généralisé qui pèsera de plus en plus lourd sur votre moral. La meilleure solution consiste à cibler la cause directe de votre agitation actuelle et le résoudre. Ensemble. »

Il laissa ses propos en suspens avant d’ajouter :

« Ou je vous rends vos médicaments pour que vous puissiez le vérifier par vous-même et, lorsque vous comprendrez, vous me reviendrez pour une nouvelle consultation ? »

Être le détenteur de la pilule magique et le refuser à un patient qui n’aspirait qu’à cela était la porte ouverte à l’incompréhension et au conflit. Sidney préférait perdre quelques semaines de travail avec Matt pour qu’il se rende compte de lui-même de cette réalité plutôt que de lui imposer un refus net.

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Lun 18 Déc - 21:28
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Les propos de son interlocuteur furent attentivement écoutés. La fatigue était là venant troubler sa concentration mais l’envie d’écouter, de se montrer attentif fut la plus forte. Sidney était de bon conseil et lui proposa de suite de lui permettre d’obtenir les précieux cachets tout en lui expliquant les risques encourus. Les médicaments n’étaient pas tout. Il ne pouvait de toute manière se permettre de se droguer à vie, il faudrait à un moment ou à un autre trouver ce qui coince.

“Je veux les somnifères.” déclara-il à la suite. C’était là une raison de sa visite à bord du Dédale et il comptait bien revenir avec une belle plaquette. “Je veux pouvoir dormir un peu…” Seule une personne dans sa situation pouvait comprendre à quel point dormir paisiblement sans être dérangé pouvait se révéler vital. “Si j’ai pas ça… Je sais pas de quoi je suis capable, Doc. Alors filez moi la dose pour aujourd’hui et aujourd’hui seulement.”

Sidney secoua négativement la tête. N’importe qui aurait pu prendre cela comme une menace : “Donnez moi les pilules ou je casse tout !”. Mais au regard du psychologue, c’était davantage un aveu dissimulé selon lequel il voulait échapper à ses tourments sans y parvenir. Les somnifères ne représentaient qu’une solution parfaitement illusoire à l’oubli qu’il voulait s’imposer. Mais on n’oublie pas un traumatisme pareil. On apprend surtout à l’accepter et à vivre avec jusqu’à ce qu’il ne soit qu’un lointain souvenir déplaisant.
« Je doute que vous deveniez un homme violent pour l’obtention de cette médication. Je vais vous prescrire des somnifères pour cette nuit. Mais vous allez rapidement changer d’avis pour m’en demander d’autre, en repoussant vos démons au lendemain, puis au surlendemain, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous ne teniez plus... »
Le psychologue avait sorti son carnet de prescription et tint parole. Il nota une prise unique de somnifère au dosage précédent et lui tendit la petite feuille tout en poursuivant :
« Ce n’est pas une période facile pour vous Matt mais nous allons y arriver. Votre traumatisme n’est pas la cause directe de votre agitation. Elle y participe largement mais c’est une nouvelle donnée qui vient d’altérer votre sommeil, une contrariété plus récente que cela. Vous connaissez la véritable raison et me la dissimulez volontairement. Je ne vais quand même pas vous contraindre à vous confier et je ne peux rien pour vous dans l’immédiat. » Il fit une pause avant de reprendre. « Je ne peux que vous conseiller de vous interroger sur ce qui a modifié soudainement ce fragile équilibre. Car la réduction du dosage à lui seul ne peut pas être responsable d’une telle agitation dans votre nuit, quelque chose d’autre est venu s’y ajouter. Quelque chose de suffisamment déstabilisant pour que vous fassiez marche arrière et reveniez au niveau de sédation antérieur. »


Savoir qu’il obtenait les somnifères désirés fut un vrai soulagement pour le militaire. La précieuse prescription était désormais entre ses doigts, il s’empressa de la balayer du regard pour y vérifier le contenu. Tout était bon. Sidney n’avait pas menti. Il avait toujours été honnête avec lui. Une fois de plus. Matt aurait aimé pouvoir lui assurer qu’il ne réclamerait pas d’autres doses aussi fortes. Il n’était pourtant pas capable de le lui promettre. Il aurait aimé être fort, se croire suffisamment invincible et sûr de soi mais ce n’était pas le cas. Il était faible et avait cédé à plusieurs reprises. Là-bas mais aussi sur la base…

La main gauche parcourut son visage fatigué essayant de le revigorer un peu, de le stimuler pour laisser les paroles de l’expert l’atteindre. La discussion prenait une tournure qui ne lui plaisait pas. La source de ses tourments était connue, elle s’agitait devant ses yeux ou plutôt gisait faiblement devant lui dans une flaque de sang. Les somnifères n’étaient pas une solution à long terme mais ce serait un soulagement précieux. Suffisant pour s’ouvrir davantage ? Il n’en était vraiment pas certain. Les doigts crispés autour de ce précieux papier, Matt finit par relever les yeux en direction du psychologue croisant son regard qu’il soutient. Pouvait il vraiment avoir confiance en lui ? Pouvait-il prendre le risque de parler ? ça impliquait bien plus que sa carrière militaire, sa vie d’homme. Il y avait la crainte du jugement.

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Les mains posées sur les côtés de son siège, Sidney avait quitté son bloc-note et son carnet de prescription pour le regarder sans insistance. Le silence retombait suite à sa dernière allocution, ne laissant d’audible que le vrombissement caractéristique du Dédale. Avec l’immense baie vitrée et la vue magnifique, cela avait quelque chose d’envoutant. En tout cas, Sidney parvenait à faire des merveilles avec cet outil.
Il laissa volontairement le malaise se creuser quelque peu pour pouvoir analyser les tics de nervosité qu’il démontrait bien malgré lui. Matt savait donc très bien le poids qui s’ajoutait sur sa conscience pour l’empêcher de dormir. C’était un sujet qui le préoccupait effectivement au point que son non-verbal laissait paraître une forme d’agacement à l’idée d’aborder le sujet. Le fait que le psychologue ai effleuré le sujet devait forcément le contrarier.

L’homme répondit donc de son air parfaitement neutre. Demeurant dans une posture ouverte et bienveillante. Pas de main sur le calepin, pas de regard inquisiteur ni de lueur de curiosité dans le regard. Le travail d’un psychologue ne tenait pas seulement à l’usage des mots mais également au dialogue non-verbal. Il venait d’imposer un stress supplémentaire à Matt et il devait montrer silencieusement qu’il n’y avait rien à craindre, c’était un idéal.

« Je ne vous forcerai pas à parler Matt. » Fît gentiment Sidney avec un léger sourire. « Je vois bien que vous hésitez. Et c’est tout à fait normal car ce fait vous touche à ce point n’est pas le genre de confidence que l’on offre à n’importe qui. »

Il rangea son stylo dans la poche de sa veste puis déposa son bloc note au sol. C’était encore un symbole d’ouverture et signe que rien ne serait noté. Ce n’était pas forcément une manipulation mais plutôt une promesse induite qui se passait de mots.

« Si vous craignez une quelconque conséquence, je vous rappelle que vous êtes couvert et protégé par le secret médical. » Il ouvrit les mains pour désigner le Dédale dans sa généralité. « Nous sommes dans un vrai tombeau de fer ! »

Il laissa quelques secondes s’écouler avant de reprendre. Il usa d’un ton détaché, comme s’ils discutaient ensemble d’un problème qu’ils devaient résoudre. Comme une panne simple, le dysfonctionnement d’une lampe par exemple.

« Deux solutions s’offrent à nous. La première consisterait à changer de sujet, ou mettre un terme à notre entretien, pour que vous puissiez vaquer à vos occupations. Vous aérer l’esprit. Nous reporterons cette discussion à plus tard, ce qui continuera néanmoins de vous perturber. »

Un petit moment ponctua une forme de suspens avant sa deuxième proposition.

« La seconde : nous en parlons posément, de manière factuelle. Vous risquez de sortir de mon bureau, en colère contre vous-même, pour m’avoir confié ce qui vous tourmente. Mais après quelques heures, vous ressentirez un poids en moins. Vous serez un petit peu plus serein. »

Sidney croisa ses mains.

« Cela ne supprimera pas le reste de vos problèmes bien sûr. Mais vous pourriez être tenté de délaisser votre nouveau dosage pour les nuits à venir... »

Nouveau silence.

« C’est votre choix, Matt. Vous n’avez aucune obligation. »

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Chaque geste de Sidney fut scruté par le militaire. Il appréciait de le voir lâcher ses armes tels que le sylo ou le bloc-notes mais cela ne l’empêchait pas de déverser son flot de paroles. La quantité de propos aurait pu le perdre. Il n’avait pas la faculté des bons étudiants, capables de demeurer concentré de longues minutes sur un monologue. Sa concentration avait tendance à décliner très rapidement. Pourtant là, il parvenait à accepter au sens de paroles bienveillantes. Le ton employé, la cadence lente et le côté bienveillant de son interlocuteur. Pas de doutes, c’était un expert de l’échange mais aussi un homme capable de le comprendre. Il semblait lire dans son esprit comprenant ses doutes et hésitations cherchant à le mettre à l’aise.

La confusion se lisait sur les traits de son visage, ses gestes étaient emplis de nervosité. Matt était en proie aux doutes essayant de peser le pour et le contre se livrer. Contre : C’était sa vie et il n’avait pas forcément envie de laisser cet homme y entrer davantage. Personne n’avait besoin de connaître ses pensées profondes d’autant plus que ça ne servait à rien. Ce n’était pas réciproque. Du temps et de l’énergie de perdu… Pour : Justement ce n’était pas réciproque, Pedge ne ressentait rien pour lui donc d’un côté il n’enfreignait pas le réglement et cela ne mènerait nulle part. En plus, si cela pouvait l’aider à mettre un peu d’ordre dans son esprit… Le silence s’installait peu à peu, uniquement rompu par l’agitation du militaire. Il ne parvenait pas à demeurer immobile se sentant comme obligé de bouger un peu son pied, de passer une main nerveuse sur son crâne voir sur son bras malmené. Le pouce du Ranger était sous la veste suivant la cicatrice de son dernier fait d’armes, la caressant maladroitement.

La vraie question était pourquoi était-il toujours là si ce n’était pour se confier ?! Pour trouver de l’aide auprès de cet homme d’expérience ? Matt finit par prendre une grande inspiration avant de détourner le regard en direction de cette fenêtre spatiale. Il ferma les yeux quelques instants avant de lâcher la bombe nucléaire qui le hantait.

“Pedge. ” Le ton était faible pourtant prononcer son prénom était difficile pour lui tant il était liée à de nombreux sentiments chez lui. “Je tiens beaucoup à elle. Plus que je le devrais...” Ajouta-t-il avant de renifler et de surtout éviter de croiser le regard de son interlocuteur. Lâcher l’information lui coûtait, surtout à haute voix. Cela permettait de réaliser vraiment. Ses lèvres étaient pincées, la mâchoire serrée comme pour empêcher d’autres fuites. S’exprimer sur des peines de coeur n’était jamais facile. Ce n’était pas son premier échec amoureux mais étrangement c’était le plus douloureux pour le moment. Peut être parce qu’il était celui qui venait de se retrouver face à un mur de glace et qu’il se l’était mangé de pleine face. Il expira bruyamment. “Façon ça sert à rien d’en parler. Elle veut pas de moi” Cette fois il osa un regard en direction du psychologue. Son air mauvais devait le dissuader de tenter d’afficher le moindre sourire ou d’air satisfait.


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Voilà, ils atteignaient enfin le coeur du sujet. De l’anomalie.
Sidney n’avait pas été très surpris par cette révélation, il s’en doutait un peu quelque part, comme s’il eut s’agit d’une hypothèse, d’une possibilité. Mais il n’aurait jamais pu le deviner de manière concrète sans l’aveu de Matt. Alors qu’il approfondissait ses propos en considérant la magnificence de l’univers, Sidney en profita pour remettre en place les pièces du puzzle. Il se remémora l’enregistrement du recadrage fourni par le colonel suite à la mission des cowboys. Le psychologue ne s’était pas simplement contenté d’analyser la jeune femme mais aussi les réactions de Matt. Il lui semblait qu’il y avait déjà une forme de proximité à l’époque. L’évènement de la Magna avait dû tout précipiter et cette séance de torture Wraith, dont ils avaient été tous deux les victimes, concrétisait probablement des sentiments qu’il dissimulait depuis un certains temps déjà.

Le reste se devinait très rapidement.
Matt avait besoin de se retrouver, de se sentir humain malgré la découverte de son gène altéré, de se reconstruire tant physiquement que mentalement. Avouer ses sentiments pour Pedge et trouver tout le soutien dans une nouvelle romance avec elle, c’était un aboutissement de son sacrifice. Il n’avait pas voulu la laisser mourir, il n’avait pas voulu qu’elle disparaisse pour des sentiments qui dépassaient l’environnement militaire. Tout s’expliquait. Le fait qu’il ait touché inconsciemment la plaie de sa tentative de suicide démontrait également qu’elle était liée à son refus. Peut-être pas de manière exclusive. Mais cela y avait bien participé.
Et malgré tous ses efforts, Pedge s’était refusé à lui. La peine et la vexation devait être énorme, cela allait se transformer en colère, Matt en était à ce point, avant que cela ne dérive en haine virulente.

« Il est tout à fait naturel d’aimer et de s’attacher...quel que soit le rang ou la condition de votre élue. »

Sidney pencha légèrement la tête en soutenant son regard. La colère qu’il démontrait ne l’atteignait nullement. Il recevait surtout un signe, un message, qu’il décida de traiter tout de suite.

« Votre peine s’est transformée en colère, Matt. Pourquoi ne pas la laisser éclater ici, l’évacuer, au lieu de la contenir ? » Il fit une pause avant de reprendre, comme pour le guider. « La pensez-vous ingrate de s’être refusée à vous durant votre plus grande période de détresse ? De ne pas vous avoir rendu la reconnaissance de votre sacrifice par un sentiment d’amour réciproque ? De vous avoir achevé sentimentalement alors que vous, de votre côté, conserviez sa vie en totale abnégation de la vôtre quelques semaines plus tôt ? »
“Je ne suis pas en colère. ” Pur mensonge vu les sentiments qui l’habitaient en ce moment même. Le fait que Sidney remue le couteau dans la plaie n’aidait pas à faire passer ce goût très amer en bouche. Finalement il risquait de regretter de s’être ouvert.
« Pourtant, maintenant que nous en parlons, vous semblez l’être. »
Sidney savait très bien qu’il risquait de braquer le soldat. Le “Je ne suis pas en colère” était une façon de lui dire qu’il ne voulait pas en parler. Ou que le psychologue faisait tout simplement fausse route. Mais ils touchaient au but, il ne fallait pas s’arrêter en si bon chemin.
Il acquiesça.

« Bien, dans ce cas, vous avez besoin d’évacuer ce qui vous vient à l’esprit. Ne réfléchissez plus, exprimez votre colère spontanément, sans rechercher de sens ou de légitimité à vos propos. Vous pouvez même hurler si vous en ressentez le besoin. Mais ne prenez pas sur vous à ce point...ce n’est pas sain. »
“Ce qui n’était pas sain, c’était de l’ouvrir...Je vais pas hurler dans votre bureau ou fracasser les meubles.” dit-il en détournant le regard, l’air toujours aussi mauvais en se mordant l’intérieur de la joue.
« Pourquoi donc ? Quel mal y a-t-il à placer les mots sur votre pensée. Nous sommes entre nous. Et cela va vous aider. Qu’est-ce qui vous retient ? »
“Y a rien à dire. Pedge ne veut pas de moi, je passe à autre chose.”
« Vous y parvenez ? »
Nan mais il était sérieux ?! Ne pouvait-il pas comprendre de changer de sujet ? Bien sur que non, il n’y parvenait pas mais ça il n’était pas capable de l’admettre. Un bref rictus passa sur son visage avant qu’il ne s’empresse de le balayer. Appuyer sur sa plaie permettait de faire diversion, de focaliser sur ses pensées pour ne pas qu’elles dérivent sur elle.

Le regard de Sidney se baissa sur son bras qu’il était en train de maltraiter. Ce silence était révélateur, cela se passait de tout autre mot.

« Si nous échangions les rôles Matt ? » Il appuya sa question d’un regard bienveillant. « Vous m’avez beaucoup confié. Peut-être apprécierez-vous une anecdote de ma part ? »

Cause toujours… fut la seule chose qu’il avait envie de lui dire mais il possédait encore un peu d’estime pour cet homme qui l’aidait. Le militaire se contenta d’un haussement d’épaules gardant les yeux rivés vers cette fenêtre donnant sur l’espace.
L’esquisse d’un sourire vint aux lèvres du psychologue en le voyant jouer l’enfant. Lorsque l’on atteignait les sujets les plus sensibles et profond, que l’on était décortiqué sur ce qui avait causé beaucoup de troubles et de mal, les patients avaient des façons différentes de réagir. La violence, verbale ou physique, était le comportement de défense le plus répandu. Matt, lui, préférait s’enterrer dans le mutisme et faire la forte tête. D’ailleurs, n’était-il pas décrit comme ça par ses supérieurs ?
Peu importait au final. Même s’il n’écoutait pas, les éléments les plus intéressants, les outils qu’il allait lui donner, n’échapperaient pas à sa mémoire subconsciente.

« Il y a de cela quelques décennies, je travaillais de concert avec mon meilleur ami durant mes études en psychologie. Wick était quelqu’un de très charmant qui s’amouracha d’une jeune demoiselle avant de subir la même épreuve que la vôtre. » Il fit un moment de silence pour donner le ton de cette histoire qu’il avait vécu personnellement. « Il était perdu et tenta de mettre fin à ses jours par pendaison. Nous étions trois à l’en avoir empêché et il disparut peu de temps après. Les années passèrent et ce brave Wick revint me trouver pour me parler de ce triste épisode de sa vie. »
Maintenant, ils entraient dans le plus intéressant. Sidney se redressa sur son siège tout en observant ce que ses mots pourraient déclencher en lui. L’histoire était véridique, il n’y avait aucune manipulation.
« Il m’expliqua avoir été si impliqué dans ses sentiments que le monde lui-même ne semblait plus fonctionner face à cet échec. Plus rien n’avait d’intérêt si ce n’est d’obtenir l’amour de l'intéressée. Pour lui, il n’y avait pas plus belle femme, pas plus intéressante ni plus attirante. Wick était près à tout pour cette femme. »
Nouveau silence.
« Mais le temps passant, mon ami a fini par se rendre compte qu’il était tout simplement dans une importante phase de déni. Vis à vis de son environnement, de son entourage, de sa propre vie. Lorsqu’il était revenu me voir, il avait une épouse, un enfant et un bon job. Nous avons alors cosigné un article de psychologie que nous appelons la “Dépendance affective passive”. »
Matt se foutait peut-être de ce qu’il racontait, n’y trouvant sûrement pas de parallèle. Mais Sidney ne s’arrêta pas pour autant.
« Vous êtes au milieu de cette phase, Matt. Vous pensez avoir perdu ce qui fait de vous un homme et vous pensez avoir perdu ce qui vous a maintenu en vie dans cette prison, ce qui vous a motivé à tant de sacrifices. Et peut-être que ce qui vous empêche de dormir, c’est l’horrible vérité qui s’impose à vous sur cette absence de réciproque. » Là, il allait surement mal réagir. Mais il faut parfois un petit électrochoc pour évoluer. « Mais vous êtes toujours entier, vivant et dans une convalescence bénéfique. Vous allez passer cette phase et comprendre que la vie ne vous a peut-être pas permis d’avoir Pedge à vos côtés. Mais qu’il y aura peut-être une meilleure Pedge, au sentiment réciproque, que vous rencontrerez plus tard. Cet échec vous importe pour tout ce que vous y avez investi, comme Wick. Et tout comme lui, vous vous en sortirez. »

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Et voilà que Papy se mettait à radoter une vieille histoire. Il lâcha un soupir d’exaspération. Ce n’était pas ce qu’il avait envie d’entendre. Matt ne savait d’ailleurs même pas ce qu’il avait vraiment envie mais certainement pas d’écouter sagement une histoire avec une morale : ils vécurent heureux et eurent plein d’enfants. Malgré lui, son esprit porta une oreille attentive à ses propos.
“Je sais très bien que je m’en sortirais…” répondit-il d’un ton sec massant son front de sa main libre. Il laissa échapper un soupir de plus. “C’est pas mon premier échec sentimental, je m’en remettrais et façon c’était contre le règlement...” ça, elle le lui avait bien fait comprendre.

Mais c’était son premier échec sur un sentiment où il y avait mis sa vie, ce n’était pas dénué de sens. Matt s’était maintenant refermé comme une huitre mais le psychologue avait eu la confirmation dont il avait besoin. Il récupéra son carnet de prescription puis commença à noter quelques noms de médicaments.

« Vous n’êtes pas du genre à suivre le réglement. Alors je suppose que cette excuse vient du soldat Allen. » Il signa la feuille de prescription avant de le lui tendre.
Bien sûr que ça ne pouvait provenir que d’elle. Pedge Allen n’était pas Miss Réglement pour rien. Le code militaire devait être son livre de chevet ce qui lui permettait de lire quelques chapitres avant de s’endormir. Cela avait le même effet sur lui mais pas sûr qu’il parvienne à lire une ligne avant de sombrer. Matt se contenta de confirma d’un signe de tête.

« Avez-vous songé à ce qui motivait cette réponse ? Ou le fait qu’elle se soit refusée au milieu de votre convalescence ? »
“Je sais pas… Je dois pas lui plaire. Trop hors réglement pour elle.”

Le psychologue raffermit sa position sur son dossier tout en considérant Matt. Le document était un rappel de sa précédente médication. Mais il y avait un antidépresseur en plus.

« Il ne me semble pas inconcevable de croire que cette jeune femme aurait pu se montrer maladroite dans son refus à cause d’un dilemme courant et bien connu. Elle ne veut pas vous faire souffrir par le refus. Mais accepter à défaut de sentiments sincères serait jouer avec les vôtres. Vous l’auriez encore plus mal vécu si elle s’était offerte par pitié, vous ne pensez pas ? »

Pedge maladroite ? Si peu… A peu près aussi aimable qu’une porte de prison qu’une porte prison par moment et elle avait une belle aptitude à enchainer uppercut puis coup dans la nuque pour achever ses adversaires ou ses prétendants. La suite de ses propos le laissa sans réactions durant plusieurs secondes. Ça semblait presque une de ses répliques, elle lui avait fait le coup de la pitié, de la sincérité et cela fit écho en lui.
“Elle vous a parlé de ça ?! ”

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Sidney secoua négativement la tête.
« Je n’ai pas encore reçu votre collègue en consultation. Mais votre interrogation me fait dire que je tombe juste. De son point de vue, je dirais qu’elle a eu le choix de vous faire mal maintenant et préserver votre avenir. Plutôt que de vous leurrer et vous abattre d’un nouveau mal dés que vous seriez sorti de votre convalescence. » Le psychologue l’invita du regard. « Mais de votre côté, quelle est votre hypothèse jeune homme ? »
Nouveau soupir du militaire suivi d’un massage intense du crâne. “J’aurais mieux fait de fermer ma gueule et de rien lui dire. De garder tout ça pour moi quand elle m’en a parlé… ça m’aurait évité pas mal d’ennuis. J’ai été trop con. ”
« Garder votre attirance secrète vous aurait maintenu dans une position de doute, d’appréhension. Ce n’est pas bon de rester dans ce type de disposition. Il était logique d’en parler, vous êtes deux adultes. » Sidney le regarda. « C’était très courageux de ne pas fuir ce dialogue, de quels ennuis parlez-vous ? »
“Je parle de ça...”. Le bras charcuté fut levé de quelques centimètres. Sa main libre se posa sur sa manche la remontant d’un geste rapide qui permit de mettre en évidence une cicatrice blanche, assez imposante. Tout n’était pas encore net. Il eut un rictus en dégoût en la voyant ainsi mise à la lumière. C’était moche mais surtout ça lui rappelerait à jamais sa tentative. Il l’observa pendant encore un peu, fermant les yeux l’espace de quelques instants avant de la dissimuler de nouveau. “J’ai aussi gâché notre amitié, j’ai tout gâché en fait....”

Sidney avait cessé d’écrire depuis un moment pour éviter le sentiment de jugement chez Matt. Mais il gardait le maximum d'élément en mémoire pour compléter le dossier lorsqu’il serait parti. La suite était une logique psychologique, il y avait le dégoût d’avoir tenté l’acte de suicide, la symbolique, la douleur et le traumatisme supplémentaire qui s’accumulait. Tout cela d’un côté.
Et de l’autre, le risque classique de briser l’amitié pour obtenir de l’amour. Comme un pari en sorte, table rase, en espérant gagner le tout, le coeur de la personne d’en face. La consultation avançait à pas de géant selon lui. Rien que le fait d’avoir exhibé la cicatrice, même sur le coup de la colère, était un début d’acceptation. Mais il ne fallait pas tout gâcher, le but n’était pas d’offrir la réponse miracle au jeune homme mais d’orienter sa pensée, de l’aider à atteindre une analyse personnelle qui mettrait en lumière des éléments qu’il ne reconnaissait pas. C’était son travail de l’amener sur cet autre chemin.
Il évita volontairement d’aborder les détails de la tentative de suicide. Il était évident que sa vexation avait été un déclencheur mais qu’il ne constituait pas la seule raison de son acte. Ses tourments vécu durant son emprisonnement et sa torture en étaient la véritable raison, Matt le savait en son for intérieur. Mais sa soeur d’arme était au coeur du sujet, il valait mieux rester dessus.

« Vous vous jugez responsable d’un “gâchis”, si je reprends vos termes. Le soldat Allen ne vous considère donc plus comme un ami, un frère d’arme ? C’est terminé ? »
A l’évocation du terme “frère d’arme”, son coeur sembla se serrer avant qu’il ne soupire. C’était assez rare de trouver une personne capable de comprendre le fonctionnement de l’autre et de pouvoir lui donner son entière confiance. Pedge Allen l’était pour lui. L’était… Matt n’arrivait plus à soutenir le regard du professionnel, le laissant dévier vers le sol sans but précis.
“Je sais pas… Je l’ai vu après ma ten..après ça. ”. Le bras fut levé de nouveau puis retrouva sa place sur ses genoux. “Elle est venue me voir là bas. Je l’ai plus vu depuis… façon ça servirait à quoi ?”.
« C’est une bonne question que vous posez là, Matt. Imaginez que votre amie se soit dit la même chose ? » Sidney laissa le silence peser un instant avant de préciser. « Faisons une petite mise en situation, voulez-vous ? Et vous m’arrêtez si vous ne le souhaitez pas du tout ! Y a-t-il, dans votre entourage, une femme militaire qui ne vous attire pas. »
Matt regarda étrangement le psychologue ne voyant pas où il voulait vraiment en venir. Cela dura quelques instants avant qu’il ne prenne le temps de la réflexion passant en revue les nanas militaires. “Bricks ? ”
Sidney eut un léger sourire, Matt avait forcément enduré la personnalité très particulière de ce soldat aux éclats si envahissant et il acquiesça de manière compréhensive.
« Bien. » Il croisa ses mains. « Considérez le soldat Bricks comme une soeur d’arme fiable avec laquelle vous avez partagé plusieurs missions. Imaginez qu’au terme d’un incident, une fois sur la cité, elle vous avoue son amour. Quel est votre réaction ? Accepteriez-vous par pitié ? Par charité pour ses blessures et son état psychologique ? »
C’était étrange comme situation, vraiment. Une réponse s’imposait dans son esprit. “Non...” Impossible pour lui d’envisager la moindre relation avec Nelly, aussi gentille soit elle.
Sidney reprit :
« Votre discussion se termine bien. Vous vaquez à vos occupations et finissez par vous endormir. Le lendemain matin, vous apprenez qu’elle a attenté à ses jours mais que sa vie n’est plus en danger. Que faites-vous ? » Il leva une main. « Ne faites pas de parallèle, Matt. Ce n’est qu’une mise en situation, comme un exercice de mathématique, un simple exercice. Soyez vous-même... »
“Je m’en veux… Je me dis que c’est de ma faute si elle a fait ça.”
« Que faites-vous alors. Souhaitez-vous disparaitre de sa vie ? Malgré votre excellente dualité en mission...que décideriez-vous de faire ? »
“Je mets une distance entre nous. ”
« Votre amitié est finie ? »
“Plus comme avant en tout cas.”
« Mais est-elle terminé Matt ? Si vous repartez ensemble en mission malgré un malaise tout à fait normal, l'ignorerez-vous ? »
“Non, je pense pas.”

Sidney laissa quelques précieuses secondes s’écouler avant de déclarer :

« Vous pouvez faire le lien, Matt. Comparez la situation avec votre soeur d’arme...pourquoi est-elle venu vous voir après votre accident ? Pourquoi l’a-t-elle fait, contrairement à votre cas, dans la mise en situation ? »
Les coudes posés sur les genoux et le visage dans les mains, Matt prit quelques instants pour analyser les nouveaux éléments fournis et les confronter à sa réalité. Cela lui apportait une nouvelle dimension : celle de Pedge. Il n’avait pas encore pris le temps de considérer ce qu’elle avait pu ressentir. Ça expliquait pas mal de choses même si c’était pas agréable. Sidney le questionna. Il laissa échapper un nouveau soupir. Ça commençait à faire beaucoup de réflexions là… “J’en sais rien. Elle voulait mettre les choses au point... ”
« Vous m’avez décrit les émotions déplaisantes qui vous aurait poussé à mettre de la distance avec Bricks : une sorte de culpabilité, un grand malaise. Pourtant le soldat Allen l’a affronté pour venir vous voir et mettre les choses au point. Cela ne semble pas être à l’origine d’une volonté de vous achever sur votre lit. Alors pourquoi le faire ? »
Il parlait de manière lente et détachée. Il fallait absolument éviter tout sentiment de bourrage de crâne.
« Si vous peinez à visualiser, n’hésitez pas à retourner sur notre exercice. Vous allez voir Bricks pour mettre les choses au point. Qu’est-ce qui vous y motive ? En vous voyant arriver, elle vous exprime, forcément, une nouvelle fois son amour...pourquoi mettre les choses au point à ce moment là ? »
“Car je suis désolé qu’elle ait fait ça pour moi...alors que ça en valait pas la peine.” répondit-il rapidement faisant peu d’efforts pour se replonger dans la stimulation. “Au pire, je me dis qu’elle est sous surveillance donc autant l’achever maintenant. Elle pourra plus déconner.”
« C’est ce que vous feriez ? » Insista Sidney de manière un peu sceptique.
“Mais j’en sais rien...” dit-il avec une pointe d’agacement. Impossible pour lui de voir où le psy voulait le mener.
« Voilà... » Fit simplement Sidney. « Peut-être que vous trouverez vos réponses en utilisant cette petite mise en situation. Cela vous aiderait davantage qu’en cumulant silencieusement en vous. »
Il le regarda.
« Et c’est peut-être parce que le soldat Allen ne veut pas perdre ce lien d’amitié privilégié qu’elle a avec vous en mission. Peut-être veut-elle conserver une amitié identique. C’est ce qui pourrait l’avoir poussé à venir vous voir, au lieu de mettre des distances, malgré les sentiments de culpabilité et de malaise...vous ne pensez pas ? »

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Enfin des réponses. Ce n’était peut être pas celles d’Allen mais c’était déjà des éléments. Comment conserver une amitié identique ? Comment serait-ce possible après tout ça ? Et le voulait-il vraiment ? ça c’étaient de grandes questions… Rien qu’en pensant à Pedge, lui ne pensait pas au Sous Lieutenant Miss Glaçon, coéquipière de toujours mais plutôt un échec cuisant côté sentimental. Ça passerait peut être avec le temps. Il préféra ignorer sa question demeurant silencieux.
Sidney savait que ses paroles n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Matt quitterait son bureau en étant lessivé, ayant l’impression d’être passé à l'interrogatoire. Il aurait très certainement une petite rancoeur à ce sujet mais il pourrait y réfléchir de plus en plus à tête reposée. Il ne restait plus qu’un élément à lui donner.
« Durant votre mission, nous avons traité de vos épreuves traumatisantes. Cette fois, je vais vous demander de réfléchir à l’inverse. Quel est votre meilleur moment, partagé en temps que frère d’arme j’entends, avec le soldat Allen ? »
Il y avait eu des moments sympas pendant cette mission ? Ah bon. Ce n’était pas l’image qu’il en avait gardé. Matt eut envie de l’envoyer balader mais pris sur lui après une grande inspiration pour se donner un peu de courage pour fouiller dans sa mémoire. Il dut passer outre les mauvais moments qui revinrent de suite, laisser chercher plus loin à la recherche de petits gestes, de sourires. Il y en avait eu. Peu mais ils étaient là, ils avaient existé pendant cette mission.
“Elle est venue me voir après que je me sois fait explosé la tronche. Je me rappelle avoir discuté avec la langue des signes...” Un autre moment lui revint en tête ou plutôt le rictus d’Allen en passant la porte donnant sur le hall des ébats. Ce fut mythique et cela eut le mérite de faire apparaître un petit sourire sur ses lèvres. “Parcourir le hall des ébats avec Miss Coincé, c’était pas mal aussi”
« Votre revers accepté, rien ne vous empêche de vivre des moments de fraternité similaires. Peut-être qu’en vous permettant cela, au nom de votre amitié, vous retrouverez quelque chose de cher que vous considériez “gâché” à tort... »
Cela lui semblait difficilement possible que tout redevienne comme avant mais mine de rien, il en avait l’envie, si petite soit elle. Il se contenta d’un hochement de tête, toujours pensif.
Tous les éléments étaient en place pour lui permettre d’explorer de nouvelles voies, des pistes, ce qu’il lui fallait pour cesser de se miner au point d’altérer un sommeil sous médication. Rien que l’idée même, les nouvelles possibilités, apporteraient un gain de moral que le soldat n’envisageait plus. Il restait bien sûr beaucoup de chemin à faire mais l’essentiel était fait et Matt avait fait un progrès de géant.
« Parfait Matt. N’oubliez pas tout ce dont nous avons discuté, prenez le temps d’y réfléchir à tête reposée. Vous prendrez rendez vous pour votre prochaine consultation, je compte sur vous ? »
Il y en avait eu des discussions. L’esprit du Ranger semblait embrumé. Il se massa d’ailleurs ce crâne trop plein essayant de ne rien oublier tout en voulant essayer faire un peu de place. L’envie de s’aérer l’esprit était pourtant bien là, celle de dormir aussi. Malgré tout, i devait se rendre à l’évidence. Parler l’aidait en mettant un peu d’ordre à l’intérieur.
“Oui.” Il soupira avant de reposer son regard sur cette prescription, ce pourquoi il était venu finalement. Il y avait les fameux sédatifs et d’autres petits trucs. “J’ai de quoi dormir avec tout ça” dit-il en affichant un sourire, soulagé.

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Lun 18 Déc - 21:33
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« Ca ira de mieux en mieux ! » Fît Sidney en signe de promesse.
“Je l’espère, Doc… Je l’espère vraiment.”
« C’est votre deuxième consultation et vous avez fait des bonds de géant. Vous êtes quelqu’un de très solide et vous êtes motivé à aller de l’avant, je n’ai pas de doute sur votre convalescence. »
Il fixa la baie vitrée.
« Vous voulez vous y plonger dans le silence ? Je ne vous en ai pas laissé l’opportunité. »
On aurait dit un gamin félicité par son maître d’école. Entendre qu’il faisait des progrès était plaisant mais ce qui l’était encore plus, c’était de savoir qu’il allait s’en sortir. Cette pente très glissante qui l’avait entraîné si bas pouvait être remontée. Matt jeta un coup d’oeil vers cette fenêtre vers l’espace. C’était très tentant tant il appréciait la vue. Calme, zen, silencieuse… Aucun jugement. Il finit par donner sa réponse après une expiration un peu plus forte.
“Non merci… J’aspire à trouver le sommeil dans un lit.” Même ce canapé ou un lit sur le Dédale lui semblait idéal. Un cachet ou une perfusion et hop.
Sidney se leva à la suite de Matt pour le raccompagner jusqu’à la porte. Il souriait de manière bienveillante.
« N’en abusez pas...d’accord ? »
“Je vais essayer.” dit-il avec un sourire avant d’ouvrir la porte. Les nourrices étaient là l’attendant. “Merci, Doc” ajouta-t-il en se tournant vers le psychologue pour pouvoir lui serrer la main.
Sidney avait reprit son allure de promeneur du dimanche, les mains dans les poches de son costume. Il retira celle de droite pour serrer celle de Matt et répondit de manière aimable :
« Ne me remerciez pas, vous faites l’essentiel du travail. Continuez sur cette voie. J’attendrai notre prochain rendez-vous. »
Dernier petite échange de circonstance avant que Matt ne disparaisse dans le corridor pour retourner sur Atlantis. Les portes automatiques se refermèrent sur un psychologue souriant. Il retourna à son bureau et passa la prochaine demi-heure à noter ses observations et la progression de leurs travaux sur son bloc note. Pour quelqu’un qui avait subi autant d’épreuves, Sidney était satisfait de voir qu’il était toujours dans une optique enthousiaste et qu’il répondait aux questions malgré le coté un peu “forcé” par moment. Il envoya donc un mail aux autorités concernées, à savoir le colonel Caldwell et le Codir, afin de déclarer que le soldat Eversman était en bonne voie de guérison même s’il y avait encore un travail à long terme à effectuer. Le risque de rechute lui semblait maintenant moins plausible.




FIN DU RP : 18/12/2017

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