Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Mission spéciale "ECHO NATUS"

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Sam 13 Jan - 1:39
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« Donc, tu veux qu’on aille se faire martyriser dans une moulinette spatiale bourrée de débris, de gaz caustique, de radiations, sans compter les conditions météo en atmosphère et les Wraiths qui patrouillent dans la région ? » Énuméra Nelly sur ses doigts de manière outrée. « On aura une médaille au moins ??? Dis, on aura une médaille ??? Moi j’la veux en chocolat ! Et j’veux qu’on me la donne sur une assiette de chamalow ! Ah ! Et j’veux que ma Pedgy adorée soit là, et Isia aussi, et Alek, Alex, le chevalier, la femme du chevalier, les copains de l’escadrille... »

Nelly suivait le lieutenant Ross dans les coursives du Dédale en faisant des pas chassés comme une gamine, elle affichait sa joie habituelle même si de l’anxiété ternissait fortement son regard. Adam continuait de marcher de son habituelle démarche pressée, tout en lançant par moment quelques regard amusés à Nelly. Elle savait comment détendre l’atmosphère, en toutes circonstances.

« C’est à peu près cela oui. Une mission de routine pour la meilleure des copilotes, pas vrai ? Et quand on reviendra, je te promets de t’offrir ton poids en chocolat, et devant toute l’équipe d’Atlantis si il le faut ! »
« Chouette ! Et toi, ta médaille ? Tu la veux à quoi ? Café, nougat, pistache ?...AH SI ! POTIRON ! Tu veux une médaille goût potiron !!! »

Adam laissa échapper un rire franc, avant de lui donner une petite tape sur l’épaule. Ils atteignirent le sas menant au hangar aux F-302 tribord. C’était plus vite qu’elle ne l’aurait pensé. Les choses sérieuses allaient commencer puisqu’ils allaient contrôler le chasseur dans lequel ils iraient faire leur mission particulière. Il allait forcément falloir être sérieux et cela gênait Nelly qui termina ses gesticulations par une roue mal faite.
Elle appuya sur le bouton qui ouvrit l’accès, évitant à Adam de le faire, puis elle haussa les épaules tout en déclarant sérieusement :

« Dommage qu’on nous les offre à titre posthume.... »
« Ça n’arrivera pas Nelly, je te le promets. On réussira, comme toujours. »

Il se voulait rassurant, mais en réalité, il n’était pas vraiment plus rassuré qu’elle. Cette mission relevait presque du suicide, mais la survie de toute la galaxie de Pégase en dépendait. C’était aussi pour cela qu’il s’était engagé. Sauver des vies. Le F-302 en question se trouvait au fond du hangar, deux techniciens se trouvaient devant en train de compléter le remplissage de carburant et en corrigeant une partie du blindage sur l’aile droite. Contrairement aux autres, celui-ci n’avait aucun arme de visible, il semblait aussi plus épais et recouvert d’une peinture noire carbonne qui lui donnait l’impression d’être un véritable corbeau de malheur.

Le chef Tyrol et sa femme, Cali, s’occupaient de l’engin depuis une journée entière, ils avaient vérifié tous les systèmes les uns après les autres. Mécaniquement parlant, le “Rapace”, nom de code de ce F-302 particulier, était prêt pour la mission. Mais ses pilotes avaient l’intention de faire la checklist, Adam et son copilote se trouvait à H-26 du lancement de la mission.

Dés que le sergent capta l’arrivée de l’officier, il se mit au garde à vous, immédiatement suivi de sa femme qui eut un petit sourire tendre pour Nelly. Elle ne l’avait pas vu depuis un sacré moment et elles s’échangèrent une oeillade joyeuse.

« Bonjour Lieutenant. » Fît Gallen en faisant retomber son salut. « Je vous informe que le Rapace a subi quelques modifications depuis votre départ pour le site Alpha. Si vous voulez bien me suivre... »

Le lieutenant opina doucement avant de lancer un regard vers l’espagnole. Nelly tira la langue en direction d’Adam pour le narguer. Son regard semblait lui crier : “T’es à la bourre, tu connais même plus la technologie de tes chasseurs, espèce de vieux !”. Pour toute réponse, il se contenta de lui tirer mollement la langue à son tour, avant de revenir vers Tyrol.

Et pendant ce temps, elle grimpa le long de l’échelle pour s’installer sur le siège copilote. Elle ouvrit sa veste pour en retirer une photographie de la poche intérieure et la fixa sur le côté d’un de ses écrans de contrôle, sur un espace vierge.
Tyrol, lui, continuait son discours.

« Nous avons habillé le Rapace d’un blindage plus épais, vous avez gagné deux cents cinquante kilos de masse supplémentaire, cela ne devrait pas impacter vos capacité de vol cela dit... » Son doigt se pointa en direction du ventre. « La soute est aménagée. Elle contient deux missiles AMX standard qui se déploie par rotation du ventre...ainsi qu’une extension du réservoir de carburant. Le canon électromagnétique du nez est toujours là mais il est rétractable. Il faut six secondes pour son déploiement... »

Le chef lui fit signe pour qu’il le rejoigne à l’avant. En dessous du nez se trouvait une fente bien visible.

« Une cale miniature contient le dispositif Cerbère. Appareil photographique à objectifs multiples, caméra rotative avec mode de correction automatique et les appareils de relevés traditionnels. Il y a aussi deux sondes d’analyse pour l'électromagnétisme, le thermique et la signature énergétique... »

Gallen était dans son environnement, il donnait toutes les informations d’importance au pilote afin qu’il prenne le Rapace bien en main. Le fait d’avoir compartimenté le matériel dans le ventre de la machine permettait d’avoir un profil beaucoup plus discret sur les détecteurs ennemi. Et surtout, cela évitait que l’armement ou l’appareil d’espionnage ne soit endommagé durant le voyage. Ross écoutait attentivement chaque information, car chaque nouvelle donnée allait influencer sa manière de voler au cours de la mission. Lorsque Tyrol termina son exposé, Adam eu l’occasion de rejoindre le siège du pilote. Nelly avait déjà allumé la console de contrôle et elle cochait tous les tests réussis.

« Voilà, j’ai fais les premières vérifications. L’armement est ok, les systèmes sont au vert et on a les jauges au max. Par contre... » Elle vérifia une nouvelle fois en consultant son écran. « Nous n’avons que deux missiles et mille cinq cent cartouches pour le canon...cinq cents de moins...Nos moyens de contre mesures sont réduit aussi, nous n’en avons que trois. Ils devaient manquer de place...propulsion ?... »

Son doigt dansa sur son écran de contrôle.

« J’ai remarqué que les cycles d’allumage du bloc moteur sont différents, surement pour notre discrétion. On va perdre en accélération mais pas en vitesse nominale. Les réservoirs sont plus grands, environ cinquante pour cent de plus, et vingt cinq pour l'hydraulique de la navigation en atmosphère... »

Nelly soupira.

« C’est parfait pour se planquer dans l’ombre tout ça mais si on se bagarre, on ne sera pas au top. Tu en dit quoi Apollo ? »

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Mar 6 Fév - 20:48
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Adam continuait de vérifier les commandes de son côté, les yeux fixés sur les jauges, remarquant quelque chose de bizarre. Il se redressa, se penchant légèrement au dessus du cockpit.

« Tyrol, j’ai de légères variations d’énergie anormale au niveau du réacteur droit. Tu pourrais vérifier ça rapidement ? C’est pas énorme, sûrement un problème de branchement avec le répartiteur lorsque vous vous êtes occupés du renfort de blindage. »

En attendant que l’ingénieur corrige le petit problème technique, Adam lança un coup d’oeil par dessus son épaule vers Nelly, se pinçant légèrement les lèvres, avant de doucement dodeliner de la tête, reposant son regard sur ses commandes.

« C’est une mission de reconnaissance, on ne devrait en principe pas avoir de contact avec l’ennemi. En tous cas, on doit l’éviter au maximum. C’est pour ça que je compte sur toi pour tenter de camoufler au maximum notre présence une fois sur place. Les armes ne sont là qu’en cas d’urgence. »

« C’est meugnonnnnn... » Chantonna Nelly de manière attendrie. « Un Apollo tout naïf ! C’est le site Alpha qui t’a radouci ? Pourtant tu sais bien que rien ne se passe comme prévu ! »

Elle soupira. C’est dingue comme la pression la travaillait, l’empêchant d’en rire comme elle en avait l’habitude. Elle reprit sérieusement pendant qu’elle complétait ses tests.

« La discrétion ne sera pas un problème, c’est surtout la navigation. Il va falloir se fier aux instruments, je tracerai les vecteurs dilatoire sur ton hub d’accord ? »

Et ça, ça allait être rock’n’roll ! A peine arrivé dans la tourmente, il faudra brancher le radar en mode détection sans les échos de repérage. Nelly deva ensuite considérer les obstacles les plus dangereux et tracer une route de progression de manière spontanée, sur l’instant, tout en garantissant de ne pas sortir de la tempête pour ne pas être repéré.

Elle envoyait ça au pilote de manière efficace et il aurait peut-être une chance d’amener le coucou et ses occupants jusqu’à la planète sans trop de casse. Mais les “tempêtes spatiale”, un surnom vulgarisé par les pilotes de F-302, étaient aussi craint que les déferlantes imprévisibles des marins de grands fonds.

Adam hocha rapidement la tête. Ce genre de manœuvres étaient plutôt dangereuses et révélaient plus de l’instinct et du réflexe que de la théorie. Mais dans un terrain pareil, il n’y avait pas vraiment le choix.

La dernière fois qu’ils avaient affronté un terrain de ce genre, c’était lors d’une mission d’escorte dans la voie lactée. Ils avaient été pris en embuscade par des planeurs de la mort de l’alliance luxienne et ils avaient été contraint d’essayer de les perdre là-dedans. C’était un vrai rouleau compresseur, comme s’il fallait rester au centre d’un tambour de machine à laver chargée de débris. Un écart trop important et le chasseur était littéralement broyé. Adam et elle étaient sorti vainqueur mais il n’empêche que l’escadrille en elle-même avait perdu pas mal de monde. Le chef d’escadrille préférait ne pas y repenser. Ce jour-là, beaucoup de tasses avaient dû quitter leur emplacement attiré. Beaucoup trop au goût de Ross.

Apollo savait bien de quoi il s’agissait et, même s’il évitait d’en parler ouvertement, Nelly savait qu’ils s’apprêtaient à jouer un sacré coup de poker. Le Dédale étant trop imposant et massif, il ne les déposerait qu’en retrait du théâtre des opérations. Ils allaient ensuite faire un bond avec leur moteur hyperspatial pour débarquer au beau milieu de la tempête, là où les gars de l’observatoire auraient trouvé une région légèrement plus calme.

Il y avait donc tant de paramètres rien que pour le début de la mission, qu’adam et elle étaient de véritables têtes brûlées pour oser s’y frotter. C’était “Mort ou Double” !

« On t’a aussi demandé d’inscrire le nom de celui qui s’occupera de tes funérailles et tes dernières volontés si ça se gâte non ? Tu as choisis quoi toi ??? » Fit-elle sur un ton comique et loin d’être glauque. L'intonation de la voix était similaire à un pote de lycée qui lui aurait demandé quelle note il avait eu à l’interro, histoire de comparer.

« Moi j’ai mis Pedgy et Isia ! J’veux qu’elles mettent ma peluche dans le cercueil si on retrouve pas mon corps, avec des paquets de bonbons et un bouquet de belles roses. Et j’veux pas que ça pleurniche hein ! Elles organiseront une grande fiesta devant mon cercueil parce que je veux partir dans le rire moi, pas dans les larmes. T’imagine la tête du vilain pas beau Caldwell ? Au lieu de porter mon cercueil à travers la Porte avec l’hymne américain, ce sera avec ça, regarde !!! »

Elle était arrivée à la fin de sa première volée de contrôle et en profita pour sortir son portable (qui ne lui servait plus que pour la musique). L’air de Can i tico tico you monta dans l’air sans trop de vacarme. Nelly, toutefois, avait imité le cri d’effroi en gueulant bien fort. Adam ne put s’empêcher d’exploser de rire, secouant légèrement la tête, tentant tant bien que mal de terminer ses derniers contrôles. Décidément, Nelly avait toujours la réaction pour détendre l’atmosphère.

« Héhé, j’adore comment la fille crie. Ca sera un départ mémorable !!!! Et toi ? T’as choisi quoi ??? Allez...dis-le...alleeeeeez mi lieutenant...sinon je te harcèle avec du Bieber !!! »

Tyrol se racla discrètement la gorge, il n’avait pas osé couper la parole et intervenir dans le petit délire. Il fît un signe de pouce au pilote pour lui dire que le problème était résolu.

Adam enclencha les moteurs et constata avec satisfaction que tout était redevenu constant. Il fit un petit pouce en l’air en direction de Tyrol avant d’effectuer ses derniers contrôles, ceux des commandes de vol en atmosphère.

« Si ça tourne mal, j’ai demandé à ce que ce soit Sheppard et Frei qui s’en occupe. Ce sera peut-être moins festif que toi, il faut bien l’avouer, mais... ce sont ceux qui me connaissent le mieux sur Atlantis. »

L’officier toussota légèrement. Il n’était pas vraiment à l’aise pour parler de ça. Il effectua son dernier contrôle. Tout était en ordre.

« J’ai terminé de mon côté Pile-Poil. Je redescends. »

« Pareil ! Liste de vérification remplie, aucun problème ! » Répondit joyeusement Nelly en laissant Apollo passer devant elle.

Le militaire se hissa hors du sas, descendant l’échelle rapidement, avant d’aller tapoter l’épaule amicalement de Tyrol, lui souriant.

« Toi et ton équipe avez fait de l’excellent boulot Chef, comme toujours. »

« Merci lieutenant, je transmettrai aux gars. » Répondit-il en lui tendant la tablette nécessitant la signature du pilote. Le chef attendit qu’Adam la signe, officialisant l’état de l’appareil, puis le salua poliment.

« N’hésitez pas si vous avez besoin. »

Le pilote consulta rapidement sa montre. H-25. Avant de partir... il restait une chose à faire. Une chose importante. Adam effleura doucement la poche intérieur de sa veste. Elle était là. Et cela ne pouvait plus être indéfiniment reporté. Il fit signe à Bricks de s’approcher lorsque celle ci fut descendu. La petite espagnole sautilla jusqu’à lui avant de se mettre au garde à vous, sans salut militaire, un air goguenard sur le visage.

« Chef, oui chef-chef ? »

« Nelly, j’ai un service à te demander. Va trouver Pied-de-Biche à la salle d’entraînement, et rejoignez moi à la salle commune de l’escadrille dans 20 minutes, d’accord ? »

« Heu...d’accord... » Répondit-elle très intriguée.

Il lui fit un léger sourire, avant de s’élancer vers les coursives en direction du dortoir des pilotes. Le trajet fut assez rapide, et une fois sur place, Adam secoua gentiment Mariole qui était encore en train de roupiller. L’homme serrait l’oreiller de ses deux bras, sa bouche entrouverte laissait s’échapper un filet de bave ayant taché le petit nuage d’une auréole. Mariole grogna tout en donnant un coup d’épaule pour chasser cette main dérangeante.

« Hmmm...nan maman...encore dix minutes !!! » Fit-il d’une voix rêveuse et faiblarde.

« Je veux voir tout le monde dans la salle commune dans 10 minutes. Et mettez quelque chose de décent, je ne veux voir personne en petite tenue ou en pyjama. »

La réflexion allait principalement pour Mariole une nouvelle fois, qui se sortait de son lit comme il le pouvait, encore en caleçon. Il soupira tout en se malaxant le visage de ses deux mains avant de s’étirer tout en baillant.

« T’as pas besoin de nous lever aussi tôt pour rappeler que t’es le chef, tu sais ?!? »

Adam quitta le dortoir à grands pas, rejoignant rapidement la salle commune de l’escadrille. Son regard se posa finalement sur le monument aux mugs. En son sommet, trônait une nouvelle tasse. « Valkyrie ». Le lieutenant l’attrape avec douceur, l’amenant doucement vers lui, là fixant quelques secondes. Il sentait les larmes lui monter aux yeux en se remémorant les paroles de Patron. Non. Il devait se montrer fort pour ses hommes. Il prit une grande inspiration, déposant la tasse sur le bar, appuyant ses fesses contre le comptoir, avant de venir glisser la lettre encore scellée et légèrement froissée sous la tasse. Il croisa les bras contre son torse, fébrile, fixant l’entrée du lieu de repos, attendant l’arrivée de ses hommes.

De son côté Fletcher, alias Patron, avait gardé ses habitudes. Il avait occupé le poste de C.E.G jusqu’au retour d’Adam et conservait certains automatismes. C’est de manière un peu naturelle, en lui cédant sa place pour que le lieutenant récupère son ancienne fonction, que Fletcher lui faisait office de second. En somme, Adam ordonnait, Patron procédait à l'exécution et l’organisation des hommes.
Les yeux encore collés et mi-clos, il se tenait néanmoins au pied de son lit, droit, tout en élevant d’une voix brutale et bien audible :

« Sur ordre de l’officier commandant, tout le monde debout. Allez les gars, en bas des couches ! Malboro, Rocher, allez me réveiller les retardataires ! »

Les pilotes et copilotes furent tous très réactifs. Comme lors des alertes de mobilisations, ils sautaient de leurs lits en mezzanines, ceux bien réveillé allant secouer ceux qui peinaient à émerger.

« Merde ! Qu’est-ce qu’il se passe ? » Fit Blue, fébrile.

Elle venait d’émerger d’un lit à l’écart, entouré par les auvents qui avaient été fourni à l’époque pour offrir de l’intimité au major Frei lors de sa participation. Balafre suivait juste derrière en ajustant son t-shirt. Ils dormaient en couple malgré l’interdiction militaire et le risque des inspections. C’était une exception qu’ils avaient obtenu de la part de Patron en l’échange de la promesse de ne pas se montrer en couple dans le reste du Dédale. Maintenant qu’Apollo était revenu, les deux amants avaient longuement souhaité le voir en privé, lui en parler, savoir si l’exception tenait toujours malgré le risque. Mais ils en avaient trouvé ni le temps, ni la force.

Ils se séparèrent dans la ligne qui se dessinait devant Fletcher. Il n’y avait cependant ni garde à vous, ni salut, c’était devenu tout à fait superflu. Les deux nouveaux, Jake et Olivia Colman, furent légèrement en retard. Mais l’ensemble de l’escadrille tribord était maintenant debout et Fletcher déambulait devant eux en se frottant la barbe.

« Tout le monde a les oreilles bien ouvertes ? Ok, le pacha nous veut dans la salle commune “en tenue convenable” dans dix minutes. Et je pense savoir pourquoi. Autant vous le dire tout de suite, ce ne sera pas un moment plaisant. »

Quelques questions se mélèrent mais il ne répondit que par des ordres.

« Je nous veux au top les gars. Tenue d’apparat pour tout le monde, soyez prêt dans cinq minutes, exécution. »

Malgré l’incompréhension générale, et quelques protestations seulement tirées d’une frustration d’avoir eu le sommeil coupé, tous les hommes et femmes sortirent de leurs casiers leurs tenues officielles. Patron appela Pied de biche, sachant qu’il était forcément en chemin, puis il lui demanda de se préparer au plus vite.

« Tenue d’apparat, salle commune, c’est pour fêter le retour d’Apollo ? » Fît Rocher sans vraiment y croire.

« Au milieu de notre nuit ? C’est pas son genre. Tu me dis apparat et salle commune, je pense surtout à une cérémonie du mug. »

« Putain ! Qui est-ce qu’on a perdu ??? Il y a pas eu de morts en mission depuis des mois ! »

Les premiers soldats se présentaient déjà en tenue, reformant petit à petit la ligne, tandis que les autres finalisaient leur habillage protocolaire. Entretemps, Pied-de-biche était revenu de son entrainement et il tentait de passer les bras dans un uniforme devenu beaucoup trop étroit depuis qu’il avait forcé sur la musculation. Il enfila sa veste et cessa de vouloir la boutonner lorsqu’un sonore “crac” ouvrit une faille dans son dos. Nelly se tenait à l’entrée, la bouche entrouverte, se demandant ce qu’il était en train de se passer. Elle avait déjà vécu ce genre d’évènement et un nom percuta son esprit avec une telle violence qu’elle en trembla sous l’émotion. Fletcher s’était tourné vers elle :

« Toi aussi Pile-Poil, tu viens avec nous. »

Nelly ne répondit pas. Dans l’effervescence générale pour convenir au délai qu’avait laissé le CEG, personne ne s’était inquiété de sa réaction. La ligne désormais formée, Patron passa en revue les hommes très brièvement, corrigeant quelques petits défauts. Il chassa la cigarette que Malboro s’était allumée par exemple. Ou encore, il désigna quelques boutons qui n’avaient pas été paté dans le bon logement.

A la dixième minute, Apollo vit ses hommes se présenter dans la salle commune des pilotes en uniforme cérémoniel. Sous les signes discrets de Patron, ils se positionnèrent tous devant lui en se tenant de manière droite, ils ne parlaient pas, leurs regards se perdant sur le mug de Valkyrie. Tous comprirent soudainement de quoi il s’agissait et les visages blémirent petit à petit. Nelly s’était placée derrière la ligne, à l’abri, mais n’avait certainement pas loupé la vue de ce même mug. La gamine si joviale et survoltée s’était transformée en une timide spectatrice qui n’aspirait qu’à s’enfuir à toutes jambes. Fatalement, devant tant d’ordre, elle brillait en faisant tâche dans cette formation. Alors la tête basse, le regard figé sur ses chaussures, et étant la seule à ne pas être en tenue, elle se plaça silencieusement en bout de file.

Patron, Radar, Pied de biche, Sexy-Girl, Malboro, Rachot, Balafre et Blue, Papa, Rocher, Mariole, Rouquin, Jake et Olivia...et Nelly.

Toute l’équipe d’Apollo, les pilotes et copilotes de l’escadrille tribord du Dédale, se tenaient devant leur CEG, prêt à rendre les honneurs. Les regards s’étaient tous voilés d’une empreinte de tristesse et, même les deux nouveaux, étaient habités d’une compassion émouvante.

« Personnel aligné et sous vos ordres, Apollo. » Fit doucement Fletcher.

Apollo était resté immobile pendant l’arrivée de ses troupes, les observant en silence, la gorge encore serré. Qu’allait-il bien pouvoir leur dire ? Etait ce le bon moment pour en parler ? S’il devait mourir au cours de cette mission, alors il se devait de se confesser. Il prit une grande inspiration, avant d’opiner légèrement, passant nerveusement sa main sur le mug estampillé Valkyrie.

Merci Patron. Si… Si je vous ai demandé de vous regrouper ce soir, c’est pour vous faire un aveu. Ecoutez-moi jusqu’au bout, vous pourrez me faire des reproches… après.

Il eut un léger rire nerveux, secouant doucement la tête, baissant le regard vers le mug qu’il tenait désormais entre ses mains. Il sentait sa gorge trembler, ses yeux s’embrumer. Il devait se montrer digne et fort pour ses troupes. C’était le travail d’un meneur. Il prit une grande inspiration, relevant les yeux.

Vous savez surement que je pars en mission périlleuse avec Nelly très bientôt. Alors, c’est certainement le meilleur moment pour me confesser.

Il attrapa doucement la lettre, la soulevant devant lui, pour qu’elle soit à la vue de tous.

Valkyrie… Valkyrie nous a envoyé une lettre, peu avant sa mort. Cependant, nous l’avons reçu… Trop tard. Et il a été décidé, peut-être à tort, de vous en préserver pendant le plus de temps possible, afin de ne pas réveiller de douloureux souvenirs. Mais désormais, il nous faut faire le deuil jusqu’au bout. C’est pour cela que je vous ai réuni. Pour lire cette dernière lettre.

Sa voix était légèrement chevrotante. Il passa son regard sur ses troupes, et l’arrêta sur Nelly. Il l’observa quelques secondes, compatissant. Il savait que pour la jeune femme, ce moment devait être le plus horrible jamais passé. Mais ce secret durait depuis trop longtemps. Il ouvrit l’enveloppe délicatement, avant d’attraper la lettre, se raclant la gorge, avant de lire la lettre d’une voix légèrement tremblante, tentant de se contrôler du mieux qu’il le pouvait.


“Mes amis, ma famille,

Je trouve ça con de vous sortir le célèbre “si vous lisez ceci…”, mais vous savez déjà de quoi il s’agit. Forcément.

Il faut pas en vouloir au SGC. Ils ont vraiment fait beaucoup pour moi. Peut-être même plus que les autres. Mais voilà, mes jambes ne me portent plus, je pisse dans une poche, je suis pleine d’éclats et je reste cloitrée sur Terre. Je me fais torcher par une aide médicale et je porte une couche quand on me sort en fauteuil roulant, qui accepterait ça ?

Je peux plus revenir…
Je ne peux plus voir Georges faire son comique. Les plumes de Blue qu’elle met une plombe à s’accrocher aux cheveux. Je sens le tabac de Malboro dans ma cuisine rien qu’en pensant à lui. Je veux lire les courriers de Papa pour ses enfants, lui corriger ses fautes comme on en avait l’habitude. Et putain, j’en rêve, de tous vous retrouver, reprendre cette vie qui me plaisait tant. C’est carrément devenu un fantasme.

La nuit, je me réveille en sursaut en pensant entendre l’alerte engagement. Les automatismes sont restés mais mon corps n’y réponds plus. Et je me retrouve là, pétrifiée, seule dans le noir. Je réalise que c’est foutu, que je ne monterai plus jamais dans un F-302.
Oui, je l’avoue : j’ai peur. Je suis terrifiée à l’idée de rester un boulet à vie. Je ne veux pas vivre comme ça. Pas de cette façon-là...

Le calme avant la tempête, les blagues avant le combat, l’adrénaline, nous qui marquions les avantages du Dédale par nos victoires. Protecteurs et garants du reste de l’équipage. Grâce à ça, nous sommes les courageux confrontés aux dangers de l’espace. Nous sommes les grands, les meilleurs…

Et j’en suis privée maintenant, je ne le supporte pas.
Il ne me reste plus qu’un moyen pour revenir vers vous, je l’utilise en étant sereine. Vous ne me verrez peut-être plus que sous la forme d’un mug qui tombera de plus en plus dans l’oubli. Mais au moins, mon esprit sera là, à vos cotés, pour toujours.

Je n’ai que peu de regrets. Celui de ne pas avoir vécu assez longtemps pour voir le retour d’Apollo. Et ne plus être là pour protéger Nelly. Toi, ma putain de gamine insupportable, qui a été ma meilleure amie et confidente.

Prenez soin d’elle.

Avec vous et à jamais.
Longue vie à l’escadrille tribord.
Et longue vie au Dédale.

Valkyrie.”


Un silence pesant s’abattit sur la pièce au moment où Adam prononça le nom de la pilote disparue, la voix légèrement chevrotante et à bout de souffle. Il resta quelques longues secondes à observer le papier, silencieux, avant d’abaisser la lettre pour observer le mug, le cœur lourd et l’esprit plongé dans un épais brouillard de désolation. Valkyrie… il releva doucement les yeux vers son équipe, les lèvres pincées, attendant des réactions de leur part.

Ils étaient tous aussi abattu que lui. Même les Colman, muté trop récemment pour avoir rencontré Valkyrie, étaient touchés par une forte tristesse compatissante. C’était l’avenir et la malédiction d’un pilote que de finir sous la forme d’un mug sur cette table de bar. Les effectifs tournaient beaucoup tant le métier était dangereux et meurtrier. Mais n’était-ce pas ce qu’ils aimaient ? Ce qui les attiraient ?
Valkyrie avait très bien formulé. Ils étaient les grands parce qu’ils partaient au combat sans boucliers, avec un maigre blindage de métal pour toute protection. Entre les conflits armés, la chasse spatiale, les risques de perdition, les dangers de l’espace tout aussi nombreux, la mort était bien plus accessible que la survie. Les survivants n’étaient pas ceux qui atteignaient la retraite de pilote mais ceux qui finissaient par raccrocher ou demander une mutation.

L’Athéna avait une culture de la commémoration différente chez ses pilotes. Mais Jake et Olivia adhéraient pleinement à celle qu’ils voyaient là. Ils étaient tous restés en ligne en observant comme Adam ce Mug représentant cette brave pilote qui s’était sentie piégée sur Terre. Des soupirs et des reniflements de pleurs montèrent timidement dans la salle. Le silence durait trop longtemps et finissait même par devenir malsain. Patron céda la formation pour passer silencieusement derrière le bar, il prit assez de petits verres pour tous et ouvrit une bouteille d’alcool non dénaturé, la seule que l’escadrille faisait venir sur le vaisseau sous le manteau.

Blue s’était approchée de Nelly qui gardait la tête penchée, ses cheveux formant un écran à son visage dévasté par les larmes, et vint l’enlacer de ses bras. Au début, l’hispanique chercha à la repousser en murmurant un pénible et faiblard « Laisse-moi ! ». Mais elle n’avait pas la force pour empêcher cette chaleur humaine de l’atteindre et elle s’effondra dans les bras de Blue qui résista tant bien que mal à sa propre douleur. Mariole vint caresser son dos en murmurant des paroles qu’il espérait rassurante puis s’ajouta à l’étreinte. Papa, rouquin, sexy-girl, ils finirent tous par former un cercle d’étreinte dont Nelly était le centre, laissant à l’extérieur Adam et son bras droit.

Ce faisant, personne ne fit de reproches à Apollo ou Patron. Ce n’était pas le moment et un pilote mourrait trop jeune pour se permettre les griefs et les rancunes. En revanche, aucun n’avait véritablement su ce qu’il était advenu de Julie Fornell. La nouvelle de sa mort sur Terre les avait tous touché.

Patron finissait de remplir les verres à ce moment-là et les pilotes se désolidarisèrent pour en prendre chacun un. Les regards se tournèrent naturellement vers Nelly, le corps parcouru par des tremblements nerveux, avec les yeux gonflés et rougis. Ils attendirent tout en l’encourageant de leurs regards et de quelques tapes compatissante. La tradition était ce qu’elle était, le plus proche du défunt faisait toujours son discours avant de boire.

« Valkyrie... » Nelly baissa la tête, incapable de fixer le mug. Sa main tenant le verre tremblait par accoup. « Tu as été comme une soeur. Je ne t’ai jamais vu me hurler dessus, je ne t’ai jamais vu en colère. Tu sympathisais avec tout le monde, tu faisais tout pour nous éviter les ennuis, c’était... » Elle renifla bruyamment. « Tu étais la plus attentionnée de nous tous. »

Cette fois elle réprima un sanglot qui faillit l’étrangler. Le soupir mélé de la plainte d’une douleur authentique lui échappa. Nelly se fit violence pour ne pas s’effondrer devant ses collègues et amis. Les traits tirés sous ce violent effort, elle se reprit difficilement puis termina :

« Je ne t’oublierai jamais. Personne ne t’oubliera. A Valkyrie...notre amie éternellement en patrouille... »

Un colossal et majestueux ”A VALKYRIE” grimpa dans la salle sans violence et les verres furent tous vidés en choeur avant d’être retourné et posé devant le mug. Pour les deux heures suivantes, les pilotes restèrent dans le bar pour parler d’elle, comme une veillée funèbre. Adam reçu la visite du groupe de l’escadrille babord dés la fin de leur service pour présenter leur condoléances et se joindre à la commémoration.

La pilote fût au centre de l’attention générale et les différents groupes échappaient le plus souvent à la morosité en se rappelant diverses anecdotes. La première fois qu’elle chanta en Allemand dans le cockpit de son F-302, oubliant qu’elle était sur la fréquence générale, et gratifiant tout l’équipage du Dédale de sa belle voix par exemple. Ou la fois où elle prit un éclat dans le derrière et qu’un pari avait été réalisé pour savoir si elle y perdrait la symétrie de sa féminité.
Son horrible habitude de cirer ses rangers tous les deux jours pendant son quart au lieu de s’amuser avec les pilotes. Son incapacité à faire du café sans l’envahir d’un assortiments de biscuits dur comme du bois dont elle était fière d’avoir réalisé au mess.

Adam fit au mieux pour contrôler ses propres sentiments et pour aider les autres à ne pas sombrer. C’était également une partie de son rôle.

Nelly ne parvint pas à résister. Elle n’avait jamais vraiment accepté la mort de Julie Fornell et le deuil n’en était qu’au début. Peu de soldats extérieur au monde des pilotes ne pouvaient comprendre ce lien assez particulier qui liaient les duos : pilote et copilote. Il était courant de penser que l’un ne mourrait pas sans l’autre. Même si ce n’était pas une généralité.

L’espagnole prit la poudre d’escampette et trouva refuge dans la salle d’observation qui donnait sur les lueurs dansantes de l’hyperespace et fit sa commémoration de son coté et à sa manière, se remémorant tous les meilleurs moments qu’elle avait passé avec son pilote. Finalement, lorsqu’elle voulu continuer de pleurer sans qu’aucune larme ne sorte, elle s’endormit comme une masse et fût réveillée plus tard par Adam. Il avait fini par la retrouver.

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Le lendemain, à H -15 minutes.




La pression était là.
Elle les rongeait, comme un cancer, alors qu’ils étaient plongés dans la pénombre d’un hangar éteint. Les projecteurs à ampoule rouge étaient les seules sources lumineuses et l’intérieur du F-302 était à peine éclairé. Habitacle éteint au maximum, seul le moteur tournait à son régime le plus bas, les vibrations dans le chasseur se sentant à peine.
Au départ, les collègues de l’escadrille tribord leur avait fait une haie d’honneur en levant leur casque pour les saluer. C’était quelque chose d’y progresser sous les regards encourageant de chacun et avec l’idée qu’il n’y aurait probablement pas de retour. Mais avant qu’ils ne terminent, le Dédale s’était placé en ordre de manoeuvre silencieuse suite à une alerte transmise par Atlantis. Les détecteurs longue portée avait signalé des patrouilles de croiseurs Wraiths sur le secteur. Le Dédale ne pouvait pas trouver d’autres points de saut hyperspatial, les calculs a une aussi longue distance prenant trop de temps, il fallait trouver le moyen de l’atteindre sans se faire détecter.

Le croiseur glissait donc dans l’immensité spatiale avec ses systèmes au plus bas pour réduire sa signature. Même les radios avaient été coupé, ce qui faisait que Nelly était seule avec elle-même et ses pensées. Devant, la tête sous combinaison d’Apollo s’animait sous ses divers contrôles ou le moment d’intimité qu’il avait également avec lui-même. Mais il était impossible de communiquer. De la sorte, le Dédale était devenu un véritable tombeau froid et dénué de toute vie, les occupants du F-302 étant les seuls survivants.

Étrangement, la seule lumière rouge suffisamment forte pour éclairer quelque chose atterrissait sur la photographie qu’elle avait installé sur le côté de son ordinateur. Nelly se voyait sur ce cliché avec le lieutenant Pedge qui tirait la langue à l’objectif. C’était la seule fois où elle avait joué le jeu. L’espagnole avait même cru qu’elles étaient devenues amies à partir de ce jour. Mais quelque chose faisait qu’il y avait peut-être eu une forme de régression. Nelly ne savait pas bien mais ses rapports particuliers, avec son grand jeu de gamine, l'excédait peut-être davantage avec le temps. Quoiqu’il en soit, n’ayant pas de photos d’amoureux sur lequel accrocher son regard, elle avait choisi à défaut celle de la famille. Et de famille...il ne restait que les amis.

Silencieuse et toujours dévorée par la peur, elle considérait cette image sans faire de bruit, sans geste, restant installée dans son siège de copilote en attendant que le décompte finisse d'égrener ces minutes qui n’en finissaient plus. Nelly aurait pu également mettre la photographie de Karola et d’Isia. Mais elle était très fachée contre l’une et n’avait jamais trouvé le temps de photographier l’autre.

Adam, de son côté, semblait plus en paix dans ce silence et ce calme ambiant. Les dernières heures avaient été mouvementées suite à la cérémonie en l’honneur de Valkyrie, et désormais, ce silence lui semblait reposant, recueillant. Dans son esprit, comme pour s’occuper, il tentait de ressasser les derniers souvenirs qu’il avait pu accumuler lors de cette courte période sur le site Alpha.

Tellement de souvenirs s’accumulaient dans son esprit. Fourbe Prospect, Grand Veilleur… les problèmes avec la faune locale du site Alpha. Les événements marquants de janvier dernier, où il s’était un peu trop amusé à jouer les justiciers, sûrement à tort. Magna Cavernae. Isia, Frei. Et tous les bons souvenirs également. Ces parties interminables de poker au mess, où Murdock se faisait toujours rafler sa paye. Les différentes festivités d’Atlantis. Les carambars de Laurence.

Son regard dévia peu à peu, presque consciencieusement vers la propre photo présente sur son tableau de bord. Sa sœur. S’il disparaissait au cour de cette opération, on devrait informer sa famille d’une disparition en mer, où un truc dans le genre, pour justifier l’absence de cadavre. Il ne put s’empêcher de se demander comme elle réagirait à sa mort. Assez mal sans doute.

Il y eut un bruit sur la gauche, quelqu’un grimpait silencieusement l’échelle permettant de s’installer dans le chasseur. Un technicien de l’observatoire était attendu pour obtenir les derniers calculs des coordonnées de sauts puisque les radios étaient inopérantes. Adam déverrouilla la verrière, et se redressa légèrement pour discuter avec lui, avant de rapidement faire un salut militaire, surpris. Nelly écarquilla soudainement les yeux lorsqu’elle découvrit un crâne chauve luire sous la lumière rouge. Elle le reconnaissait pour l’avoir redouté pendant toutes ses années de service sur le Dédale.
C’est Caldwell qui transportait la tablette…

« Lieutenant, première classe. » Fit-il en guise de salutations. Le colonel les regarda tour à tour, il murmura en respectant les consignes de la navigation silencieuse. « Cette mission délicate vous est échue. L’avenir de la guerre contre les Wraiths dépendra des informations que vous ramènerez. Mais ne courrez pas de risques inutiles. Je vous veux vivants, entendu ? »

Le colonel chercha autant confirmation chez Adam que Nelly avant de tendre la tablette contenant les données. Adam opina vivement. De tout façon, il ne pourrait pas l’entendre avec la combinaison. L’officier supérieur s'apprêtait à descendre lorsqu’un mouvement perceptible se fit en-dessous. La tenue orange fluo de Tyrol ressortait et il fit un signe avec ses doigts.

« Trois minutes. Bonne chance, soldats... »
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Mer 7 Fév - 23:00
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Nelly inspira lentement et réprima un violent frisson. Plus que trois minutes, elle crevait de trouille. Le Dédale ouvrit silencieusement la porte de son hangar tribord et attendit qu’Apollo déverrouille les attaches magnétiques de son chasseur pour entamer une lente décélération. A l’heure H du lancement de la mission, le croiseur inversa sa vitesse de croisière, ce qui fit sortir le F-302 en douceur, avec ses moteurs au minimum, sans qu’il n’y ai d’utilisation d’énergie. La myriade d’étoile remplaça l’aspect lugubre du hangar à ce moment là et Nelly se perdit sur sa contemplation le temps qu’Adam se dirige sur les coordonnées qui lui avaient été fournie.

Elle aurait voulu échanger quelques mots avec Apollo, juste quelques derniers mots durant cette minute de calme et de silence morbide, mais ils ne pouvaient pas. Le bond du F-302 par une fenêtre hyperspatiale devait être la seule activité énergétique dans le secteur. Si un croiseur patrouillait, il ne fallait surtout pas qu’ils soient découvert avant d’avoir atteint le lieu d'émergence.
Une notification apparût sur son écran, Apollo venait d’atteindre le vecteur de lancement. Il allait ouvrir la fenêtre hyperspatiale sous peu et la mission commencerait alors dans une foutue tempête de roche et de gaz. La jeune femme inspira une nouvelle fois et vérifia que son détecteur était bien en mode anti-collision.

Une grande toile de lumière se dessina en face d’eux puis, juste avant l’accélération ultime, les lumières et l’énergie revinrent à fond dans l’habitacle du F-302. Les radios furent remise en route. Un éclat bleuté signa le début du transfert et Nelly serra les yeux très fort, juste pour la seconde ultime, en pensant à tous ceux qu’elle laissait derrière elle.
Lorsqu’elle les ouvrit, elle était prête pour le grand bal, les doigts sur son écran, prête à tracer la route pour Apollo...

BADANG !!!!!

L’horrible détonation secoua brutalement le F-302 dès sa sortie d’hyperespace en malmenant ses occupants. Nelly fût ballotée, comme Adam, sur un coté malgré l’action du système inertiel. L’immense constellation de roche bougeait dans tous les sens, comme un flipper fou, en créant des sortes de courants de débris s’entremêlant et s’entrechoquant tout autour du chasseur nullement épargné.
« Pas de dégât !!! » S’écria Nelly sous le coup de la pression alors qu’elle consultait ses écrans. « Saturation du radar, projectiles à biais babord, treize degrés vecteur 78-14. Phénomène du rouleau ! »

C’était l’anarchie !
Des dizaines de petites débris gros comme des billes impactaient le blindage avec le même bruit que faisait le grêlon sur un parebrise de voiture. Les tailles étaient variables, allant de cette bille à un morceau de roche aussi gros qu’un bus. Et c’était loin d’être le secteur le plus risqué. L’annonce sur bâbord, c’était juste l’entrée en matière, une première collision de deux corps bourré de gazs qui venait de rediriger tout le panache droit sur leur figure. Les mouvements contradictoires entre propulsion du chasseur et impact des centaines de débris imposaient une agitation à l’intérieur de l’habitacle qui les ballotaient régulièrement. Adam tentait de garder la trajectoire du mieux qu’il le pouvait, tandis que son oeil hagard cherchait la première vague du rouleau autour du chasseur, attendant de plus amples informations de la part de Nelly.

Le rouleau, c’était un sale piège !
Un agencement de roche et de gaz qui fondait sur eux et se rétractait au moment où l’on pensait l’avoir esquivé, plaçant le chasseur sur l’oeil du calme et endormant la méfiance du pilote, avant que la deuxième vague n’écrase littéralement l’appareil comme une canette d’alluminium. Et le pire ? C’est que le phénomène du rouleau n’était pas un modèle précis. Il pouvait y avoir un nombre de vagues illimité et des distorsions sur la distance.
D’ailleurs, la première vague venait. Des pieux de glaces percutèrent l’aile du chasseur, se fracturant avec brutalité à l’impact du blindage, pour rebondir ensuite le long de la verrière. Adam serra les dents, corrigeant la trajectoire pour ne pas se faire emporter par la première vague annonciatrice du chaos.
Nelly le suivit d’un regard ahuri avant de reporter son attention sur l’écran de contrôle qui grésillait tant il était empli de spot. Jouant des filtres sur la détection, la jeune femme fit le tri tout en expirant lentement pour retenir sa panique. Elle envoya les informations vitales au pilote.

« Alerte première vague ! Par haut-babord, vecteur 2-18, je ping sur ton hub ! »

L’hologramme sur la verrière d’Apollo envoyait les informations en direct et un cadre rouge entoura une infime partie des rochers qui, pourtant, semblaient bouger dans le mauvais sens. Mais Adam était expérimenté et il savait que ces énormes blocs seraient sur eux dans moins de douze secondes. Il ne pouvait pas simplement se permettre d’esquiver à l’instinct comme s’il conduisait une voiture sans frein, c’était la facilité ça. Dans le chasseur, on y ajoutait le roulis, le lacet et le tangage, un véritable mouvement en 3D qui nécessitait la lecture d’informations précise en plus d’une parfaite maitrise de pilotage. Il n’y avait qu’une seule échappatoire : la fuite, pour se dégager du rouleau avant que la vague ne s’abatte sur eux. Le pilote resserra ses doigts sur les commandes, contrôlant du mieux qu’il le pouvait cette sensation de terreur qui tentait de pénétrer son esprit, faisant appel à son sang-froid légendaire pour se concentrer afin d’analyser la situation et se sortir de ce pétrin.

« Traçage première voie. »
Nelly lâcha un cri de surprise lorsque le F-302 fût sauvagement secoué par un nouvel impact qui faillit leur faire faire un tête à queue. Adam laissa échapper un juron, tandis qu’il ajustait les propulseurs pour reprendre les commandes du roulage, regardant la voie tracée par la copilote.
« AHHHH….le...le blindage a tenu. Pilote, nouvelle alerte, phénomène du rouleau dans notre dos. Voie dilatoire sur le hub, vecteur risqué, je ping les obstacles mortels ! »

Des immeubles. Des foutus immeubles de pierre et c’était le meilleur chemin.
Deux détonnèrent et s’éventrèrent sous le choc d’autres débris venus de nulle part, une nouvelle fois, les plus petits morceaux ricochèrent sur la carlingue alors qu’Adam prenait ses décisions. Les restes se séparaient lentement en obstruant en partie la première voie de fuite.

« Voie dilatoire affichée... » Une alarme raisonna dans l’habitacle. « CONTACT ROULEAU ARRIÈRE ! »

Plus le temps de réfléchir. Adam poussa à fond ses réacteurs, qui accélèrent malheureusement plus lentement que les F-302 normaux auxquels il était habitué. Il avait presque oublié ce détail ! Son hub s’affolait tandis que les alertes arrivaient de partout pour indiquer le rouleau qui s’effondrait à quelques mètres à peine derrière le chasseur, se faisant secouer dans tous les sens par des petits débris qui tentaient de le happer. Ross fonça droit sur la trajectoire donnée par Nelly, serrant les dents en voyant les rochers géants en train de se disloquer sur son passage. C’était plus que serré là… Il plongea soudainement pour échapper à un gros rocher empli de gaz ne demandant qu’à exploser, remontant tout aussi sec pour frôler un nouveau débris gigantesque. Désormais, il volait en rase-motte au dessus de ce dernier, tandis que le rouleau, hargneux, continuait de tenter de les rattraper.

« Besoin d’un point de sortie, maintenant ! On y est pr… ET MER... »

Le juron fut étouffé par l’inertie soudaine provoquée par le redressement violent de l’appareil pour esquiver une gigantesque montagne qui venait d'apparaître à la surface de l’astéroïde. Le blindage émit un bruit désagréable, tandis que l’appareil eut un sursaut soudain dans sa trajectoire qu’Adam s’empressa de corriger, signe que la carlingue venait de frôler la roche. Une seconde trop tard, et ils étaient pulvérisés contre le débris. Ils devaient sortir de ce merdier, et vite !

« Oh non ! » S’écria Nelly. « Soute endommagée ! Le dispositif Cerbère est HS !!! »

Quelle horreur, ce qui leur permettrait de prendre les clichés, de surveiller, collecter les informations, tout ce système déployable ne répondait plus. L’alarme clignotait sur l’écran de contrôle des avaries de Nelly mais elle ne pouvait pas s’attarder dessus, Adam non plus d’ailleurs. La situation était vraiment critique, ils n’avaient jamais, mais vraiment jamais, navigué dans une tempête à deux rouleaux.
C’était déjà une chance qu’ils ne s’étaient pas fait avoir mais les débris continuaient de pleuvoir dans tous les sens. D’ailleurs, lorsqu’Apollo fit une nouvelle esquive, la paroi d’un obstacle cracha soudainement une gerbe d’éclat sur eux sous l’impulsion d’une éruption de gaz.

Dans les tremblements de l’appareil et du cockpit, la vue autour d’eux n’était que chaos et anarchie. Une ruine de rochers s’entrechoquant et se percutant comme des billes de flippers. Une destruction continue et perpétuelle. Cette tempête s’étalait jusqu’à perte de vue et ils étaient plongés à l’intérieur, coupé de tout. Nelly continua de faire ses recherches sur son écran radar, peinant à filtrer tous les échos. Il y en avait tant qu’elle recherchait davantage les zones de vides que les dangers immédiats. C’est à ce moment là qu’elle eut une vue plus clair de leur situation.

« Apollo. Compte rendu détecteur : une demi-heure de route sur tracé optimal. Le radar anti-collision devient fou, nous sommes cernés ! »

Une barre rocheuse s’écrasa sur le nez du F-302 et se coupa en deux sur son passage. Le chasseur tenait le coup. Une demi-heure de route minimum, ils n’auraient pas mieux. Les doigts de Nelly se posaient sur les différentes cartes que ses instruments lui concevaient en temps réel. Elle savait qu’elle ne devait pas se tromper d'interprétation, son pilote comptait sur elle pour trouver une zone un peu plus calme, il ne tiendrait pas éternellement dans ce secteur. Son regard s’écarquilla quand son doigt se posa sur une zone d’ombre, elle fit rapidement une recherche précise sur le secteur, orientant les capteurs pour obtenir ce dont elle cherchait.

« Ca y est ! Ca y est !!! » S’écria Nelly dans les oreilles d’Apollo. « Deux zones de vide localisé : un amas gaziers à haute pression et un siphon gravitationnel ! Affichage sur ton hub ! »

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Une vraie folie.
Pour échapper aux deux rouleaux, il ne restait plus qu’à risquer le F-302 dans un brouillard de gaz dense, forçant Apollo à piloter aux instruments. Ou alors naviguer dans une zone d’attraction qui pouvait les faire dévier et tomber dans un puit de gravité dont ils ne sortiraient jamais.
Là, c’était apollo qui décidait quel obstacle il allait affronter. Nelly déglutit en attendant que sa voix tranche dans la radio. Elle avait peur, une frousse énorme, pire que ce qu’elle avait connu autrefois. C’était vraiment une mission suicide de se jeter là-dedans…

Le pilote n’avait pas le temps de réfléchir. Il devait prendre la bonne décision. La zone gazeuse était dangereuse, mais prendre le risque d’être broyé par un puit de gravité l’était encore plus. Il modifia sa trajectoire pour suivre le chemin tracé par Nelly.

« On passe par l’amas gazier. »

Le F-302 glissait à toute vitesse dans le chaos rocheux environnant, des débris percutant par intermittence la carlingue, faisant faire des bonds sur leurs sièges aux deux passagers à chaque fois. Le rouleau était tenace, les collant de près, et Adam devait garder toute sa concentration pour garder la trajectoire en évitant les débris. Ils y étaient presque, presque… Un pic de glace apparut soudainement sur le HUB du pilote, et ce dernier tira sur les commandes de toutes ses forces pour l’esquiver de justesse… Et pénétrer dans le brouillard gazeux. Il poussa un léger soupir de soulagement, les rouleaux, s’évanouissant sur une autre trajectoire, les ayant lâché pour de bon cette fois. Mais ils n’étaient pas tirés d’affaire ! Désormais, il s’agissait de progresser en se fiant uniquement à ses instruments.

« Le gaz a l’air d’interférer avec les commandes de vol. Tu pourrais essayer d’améliorer ça ? »

En effet, en rentrant dans le nuage, Adam se rendit soudainement compte de la perte de mouvements et de propulsion de son engin. Enfin, au moins les débris rocheux étaient moins nombreux par ici… Le lieutenant gardait son attention sur ses instruments, se fiant aux instructions de vol transmises par Nelly.

Pile-poil était affairée sur les équipements de détection du chasseur, veillant à lui ouvrir une voie optimale. Lorsque son pilote l’informa de la brusque différence, elle bascula sur le résultat des sondes et secoua négativement la tête.

« Négatif Apollo. Pression excessive de vingt kilos au centimètres carré sur le fuselage. On évolue dans une purée de gaz et ça n’a pas l’air de s’arranger. Je... »

Nelly s’interrompit soudainement lorsqu’une alarme s’activa sur son radar. De nouvelles informations lui parvenaient. Son coeur manqua un battement alors qu’elle s’empressait d’ajouter :

« Alerte détection : tempête électrique ! Les gaz forment un mouvement de convection, arcs à haute tension droit devant ! »

Il ne manquait plus que ça… Adam releva les yeux pour observer au travers de son cockpit. Il apercevait, à travers l’épaisse couche de gaz, des petits flashs bleutés par intermittence. Il allait devoir la jouer fine… Le chasseur ne résisterait pas à un impact électrique trop puissant. Cela ferait griller ses instruments… Voir ses occupants. Ross gardait les yeux fixés sur son ordinateur de navigation, les pics d’énergie environnants s’affichant dessus. Là, un premier… Il effectua un tonneau aussi sec que possible en direction de la gauche, tandis qu’un gigantesque arc électrique fendit le nuage de gaz, illuminant l’intérieur du cockpit d’une lumière vive et violente. Ok, rester concentré… Deuxième pic ! Cette fois-ci, Adam plongea pendant trois secondes, avant de redresser vivement, l’éclair passant juste au dessus d’eux, manquant de leur brûler la rétine. Cela devenait de plus en plus tendu, d’autant plus qu’il ne pouvait plus voler qu’aux instruments. Ils devaient se dépêcher de sortir de ce guêpier. Troisième pic ! Trop proche, trop proche ! Le F-302 effectua une manoeuvre d’urgence, redressant en vrille, l’éclair manquant de venir lécher l’aile droite de l’appareil.
A chacune des cabrioles, Nelly était certaine que cette fois “c’était la bonne”, qu’elle y resterait pour de bon. Elle s’efforçait de ne pas avoir la réaction la plus naturelle du monde que fermer les yeux, contrainte de poursuivre son travail de détection et de cartographie. Si elle ne faisait plus ce travail en amont, Apollo serait livré à une navigation à l’instinct, ce qui était tout simplement meurtrier vu le terrain dans lequel ils évoluaient. A la dernière secousse, Nelly lacha un plainte qui trahissait un début de panique mais elle se fit violence.

« C’était tout juste cette fois... »
« Promets-moi de ne plus jamais refaire ça !!! » Répondit-elle, la respiration haletante.

Adam restait concentré sur ses relevés, mais rapidement, les pics d’énergie semblaient s’éloigner. Ils avaient réussi ! Maintenant, il ne restait plus qu’à quitter ce foutu nuage de gaz, qui mettait à mal leurs mouvements et leurs réacteurs. Ils eurent le droit à une navigation plus calme pendant une bonne quinzaine de minutes. C’était comme côtoyer le paradis après avoir passé plusieurs semaines en enfer, Nelly avait le sentiment qu’elle y était piégée depuis une eternité et que cela ne finirait jamais...jamais plus...jusqu’à ce moment miraculeux où le F-302 évoluait avec une étrange sérénité. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait de vouloir parler avec son pilote de manière plus personnelle, d’échanger tout et n’importe quoi, du moment que cela pouvait la soulager de toute cette pression.
Mais avec l’expérience, la copilote savait bien que la dissipation était le plus grand piège dans lequel on pouvait tomber. Il fallait rester concentré, surtout pendant ces moments de calme où n’importe quoi pouvait survenir. La jeune femme profita de ce moment d'accalmie pour faire un compte-rendu.

« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle...le dispositif Cerbère fonctionne toujours. Mais le système qui le déploie est complètement détruit : la trappe du fuselage a du prendre un sale coup. »

Nelly soupira.

« On a perdu plus de carburant que prévu, environ vingt pour cent, et la centrale électrique présente des dysfonctionnements. Les système de vol sont restés sain... »

Soudainement, le F-302 fut secoué de toute part, partant en vrille, en direction d’une gigantesque paroi rocheuse. Une force invisible venait de soudainement percuter le chasseur pour l’envoyer valser comme une boule de billard. Nelly ne comprenait pas les différentes informations qu’elle recevait sur son écran et elle vit cette immense paroi rocheuse leur arriver dessus.

« APOLLO !!! » S’écria Nelly dans la radio.

Adam serra les commandes, reprenant le contrôle du chasseur juste à temps, manquant de le faire s’écraser contre la paroi à quelques secondes près. Il ne manquait plus que ça…
La copilote se penchait exclusivement sur la détection, basculant sur les différents capteurs d’une main tremblante. Elle avait l’expérience, elle était douée dans ce boulot, elle ne cessait de s’en servir pour se rassurer. Allez, Nelly, réfléchis vite et bien. Réfléchis vite et bien. Un F-302 qui se fait envoyer bouler. Réfléchis...

« Je l’ai ! »

La jeune femme écarquilla les yeux en comprenant enfin les données. Il lui avait manqué un élément de taille pour donner une logique à tout ce bazar. Le chasseur avait été touché par une vague de gaz dont la concentration était bien plus forte que l’amas gazier en lui même. C’était comme avoir reçu de plein fouet la vague d’un océan sans s’y être préparé. Là, c’était le même principe, une impulsion soudaine de gaz composait cette vague et repoussait tous les corps étrangers en direction du météore. Lui faisait clairement office de falaise...et le F-302 débutait une horrible bagarre contre un puissant ressac.

« C’est l’effondrement d’une géante gazeuse, Apollo. Je ne l’avais pas repéré ! Elle cause des éruptions cyclique dans notre direction... »

Des éruptions gazeuses. Ross mit l’appareil face au point d’origine du précédent assaut, ayant un mauvais pressentiment… Et il vit juste. Une seconde vague vint les frapper, manquant une nouvelle fois de les broyer contre la roche. Des éruptions cycliques. Ils étaient maintenant pris dans ce manège meurtrier, sans possibilité de s’échapper ! A moins de… De réussir à traverser cette barrière gazeuse de force.

« Prépare toi à me donner toute la poussée possible à mon signal ! »

Nelly s’activa tout de suite. Passant sur les commandes de gestion automatisée, elle augmenta volontairement le rapport d’alimentation des réacteurs pour les pousser au maximum. C’était une solution dangereuse mais qui les avaient souvent sorti de pétrin. Le pilote gardait les yeux focalisés sur son ordinateur de navigation, attendant la prochaine vague, qui ne se fit pas prier très longtemps. Une nouvelle fois, le F-302 fut maltraité comme une simple poupée de chiffon.

« Maintenant ! »

Le F-302 vrombissa sous le son des réacteurs poussés à leur maximum, tentant de résister à cette vague. Le combat de titan s’engagea, le petit vaisseau tentant de résister autant qu’il le pouvait. Allez… Il y était presque… Presque.... Non !

Manquant de puissance, le F-302 fut soudainement repoussé avec une violence inouïe par la vague, secoué dans tous les sens droit en direction de la paroi rocheuse. Adam laissa échapper un léger cri de surprise, tentant de reprendre le contrôle de la bête. Mais trop tard, malheureusement. Le chasseur vint percuter la roche, offrant une jolie rayure en plein milieu de la verrière. Nelly poussa un cri en voyant cette énorme marque se dessiner. Elle batailla pour que l’ordinateur de bord modélise la pulsion, sa dimension et sa puissance, pour qu’ils puissent trouver une issue. Mais mis à part le fait de traverser cet obstacle de force, il n’y avait pas d’autres solutions. L’américain jura à voix basse dans sa radio, remettant son appareil en position pour éviter d’être broyé par la prochaine vague. Il devait trouver un moyen d’obtenir plus de poussée, et vite… Il fit mentalement la liste des dispositifs présents à bord du F-302 modifié, tandis que la quatrième vague venait les frapper, manquant une nouvelle fois de les faire s’écraser contre la roche. Et si… Oui… C’était dangereux, mais il n’y avait pas vraiment d’autre solution.

« Nelly, prépare toi à activer les propulseurs atmosphériques lorsque je t’en donnerai l’ordre. Et je sais ce que tu vas me dire. On va les bousiller si on fait ça, mais on a pas vraiment d’autre solution. »

C’était de la folie. De la pure folie !!!

« Vingt secondes ! » Répondit-elle d’une voix tremblante.

La jeune femme passa sur les organes de contrôles et entra son code de sécurité pour faire sauter les protocoles de l’ordinateur de bord. Elle éteignit volontairement les sondes qui vérifaient l’environnement extérieur avant l’allumage des réacteurs atmosphériques pour qu’ils ne posent pas de problème puis elle mit le système en chauffe.

Le réacteur allait consommer du gaz, plutôt que de l’oxygène, et ça, il n’allait sûrement pas vraiment apprécier. Mais c’était la seule solution envisageable. Ils trouveraient bien un moyen de réparer la propulsion plus tard. Ross attendit la prochaine vague en silence, concentré. Elle arriva rapidement, plus volumineuse que les autres, dangereuse, prête à les engloutir.

« Allez, maintenant, donne moi tout ce que tu as ! »

Nelly avait eu le doigt penché au-dessus de l’écran tactile depuis le début. Son regard s’était perdu sur la photo et elle eut quelques regrets avant d’entendre la voix d’Apollo. Cette fois-ci, elle ferma les yeux en déclenchant manuellement l’activation des réacteurs atmosphériques.
Le bruit empli soudainement le cockpit, un bruit inhabituel cela dit. Tout un tas d’alarmes clignotaient déjà sur l’ordinateur de Nelly. Mais au lieu de faire une extinction d’urgence, elle engagea la procédure d’extraction planétaire, cette poussée maximale permettant au chasseur d’atteindre une très haute altitude avant de passer sur la propulsion subluminique. Le F-302 fit un bond en avant très brutal, surboosté, traversant la vague à toute vitesse dans un bruit assourdissant, avant de percer le mur de gaz. Ils avaient réussi !

« Vite, coupe les moteurs atmosphériques ! Coupe, coupe ! »

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C’était trop tard.
L’alarme générale clignotait sur l’écran, l'organigramme des sous-systèmes s’illuminant de tous les cotés. Nelly eut juste le temps d’ouvrir la bouche sans même prononcer un mot que le drame eut lieu. Les couleurs inquiétantes sous son regard impuissant avaient témoigné d’une cascade de défaillances catastrophique : pompes des moteurs emballés, régulateurs défaillants, alimentation carburant bloquée en surrégime, échappement obstrué. La pression s’était accumulée à une vitesse trop rapide dans ces moteurs conçus pour les environnements en atmosphère. Le refroidissement ne parvenant pas à réduire le dégagement de chaleur, la dilatation des organes internes avaient laissé échappé les fluides...

Et tout explosa !
VLAAAAAAAAA !!!!!
Le F-302 se prit dans un tête à queue endiablé, ne cessant de tournoyer de plus en plus vite, tandis qu’une alarme sonore éclatait dans leur radio. Une alarme qui ne présageait rien de bon et qui trouva écho dans la voix de Nelly. Elle s’exprima avec certitude, de manière apeurée, mais maitre de son self-contrôle.

« Incendie dans le bloc moteur !!! Je réagis ! »

Mais pas facile de se concentrer sur son écran quand une rotation endiablée vous colle contre un côté de la verrière. L’alarme ne cessait de hurler tandis que l’on voyait des morceaux du F-302 et des gazs s’en échapper avant de percuter le nez de l’appareil lorsqu’il faisait son nouveau demi-tour. Adam allait surement reconnaitre un morceau du réacteur atmosphérique.

« Moteur atmosphérique général HS. L’assistance droite est en feu. Assistance gauche hors contrôle, c’est lui qui nous fait tourner ! »

Adam ne pouvait rien faire. Il tentait vainement de tirer sur les commandes, mais sans succés. Son appareil ne lui répondait plus et la toupie de plus en plus rapide prenait le pas sur le système d’inertie. Les deux pilotes subissaient de plus en plus de G au risque de s’évanouir. Le pilote ne pouvait que subir, incapable d’agir pour le moment, le coeur battant à cent à l’heure tandis que la désagréable impression de lourdeur envahissait son corps. C’est la raison pour laquelle Nelly s’acharnait à son poste, son coeur tambourinant comme jamais, alors qu’elle gérait les problèmes en un temps records. Pas le choix, c’était par priorité.
La commande d’arrêt d’urgence du bloc moteur en entier ne répondant pas, elle passa sur la gestion de l’alimentation en carburant. Le réseau se dessina sur son ordinateur et elle isola, d’un geste expert, la section de l’assistance gauche pour la priver du carburant qui l’affolait. Le F-302 cessa de prendre de la vitesse mais le mal était fait, son mouvement de toupie perdurait forcément avec le vide spatial. De ce fait, la jeune femme revint sur les commandes principales et elle commanda le déclenchement de l’extincteur du bloc moteur. Le bruit emplit brutalement le cockpit tandis que la mousse envahissait tous les compartiments de la propulsion.
Puis en dernier, Nelly reprit le contrôle de la propulsion subluminique. A cause de la mousse, elle ne déclencha pas tout de suite l’allumage. Elle envoya la purge par les gazs de d'echappement puis s’évertua à rétablir le réseau d’alimentation sur ce seul moteur.

« Avarie stabilisée ! » S’écria-t-elle d’une voix encore tendue. « Tu récupères la propulsion dans trois, deux, un... »

Et zéro : le déclenchement de l’alarme anti-collision.
Le radar était complètement déboussolé avec cette vrille en toupie. Il avait mis un moment à se réinitialiser et capter l’approche d’un obstacle poussé par les éruptions gazeuse plus faible sur ce secteur. C’était un objet non identifié énorme, impressionnant. Il arrivait droit sur eux et Nelly s’écria une nouvelle fois, transmettant sur l’ordinateur de vol d’Apollo :

« Contact de proximité ! Obstacle sur l’avant quinze degrés ! Alerte collision ! »

Mais pas forcément besoin de baisser le nez sur son écran. La masse était si énorme, si dantesque, que son ombre fantomatique se dessinait déjà au travers du brouillard de gaz. Il se précisa rapidement, prenant les contours et la forme d’un vaisseau éventré. Puis finalement, les détails jetèrent à leur regard la carcasse d’un croiseur Wraith coupé en trois. A l’envers, et torsadé, sa coque était ouverte de tous les côtés, laissant paraître ses structures internes et un imposant champ de débris l’accompagnant, dont des cadavres dansant de Wraiths et de Darts.
Il était tout simplement impossible d’esquiver cet immense écran. Adam aurait à peine le temps de faire cesser la toupie qu’il ferait face à cette montagne. C’était le diable, avec son ironie du sort, qui venait de leur envoyer cette mauvaise surprise. Ce n’était pas possible autrement.
Le croiseur en puzzle leur fonçait droit dessus…

Cette fois-ci, Adam avait du mal à garder son calme. Il tira sur les commandes violemment pour calmer la vrille, la mâchoire serrée par les G. Le mouvement de rotation du F-302 diminua rapidement, mais le radar de collision se mettait à émettre un bruit de plus en plus rapide et puissant. Et, finalement, lorsque le pilote réussit à reprendre le contrôle de son appareil, l’ombre gigantesque du croiseur éventré était déjà au-dessus d’eux. Aucun moyen de l’esquiver désormais.

« Manoeuvre d’évitement ! J’ai besoin d’un chemin à travers les débris ! »
« Modélisation ! Quarante secondes !!! »

Ross comptait passer directement à travers le vaisseau scindé en trois. C’était fou, dangereux, irréfléchi, mais c’était également la seule solution. Il effectua une rotation soudaine avec le chasseur, de façon à diminuer sa vitesse d’approche, et se retrouva très rapidement à faire du rase-motte au niveau de la coque du croiseur Wraith. Partout autour de lui, les cadavres, les Dards explosés, les débris spatiaux tentaient de venir éventrer la carlingue du F-302. Adam était forcé de malmener son pauvre appareil ainsi que sa copilote, exécutant en un temps record diverses manoeuvres afin d’éviter de se faire toucher par ce véritable champ de mine spatial.

« Modélisation effectuée ! »

L’ordinateur de vol d’Apollo reçut les résultats. Cela aurait été évidemment trop facile que les différents morceaux qui composaient le croiseur soient en suspension statique...non...il fallait aussi qu’ils tournent sur des axes différents en s’entrechoquant. Ouvrant et fermant sans arrêt des voies sous son nez. C’était tout à fait chaotique. Nelly ayant fait son boulot, c’était maintenant au pilote de faire valoir son expertise. C’était une épreuve des dieux vu les conditions de vol et ces gros morceaux qui s’écrasaient les uns aux autres. Par moment, des décompressions atmosphériques de compartiments encore sains détonnait violemment, leur projetant du gaz et des corps déjà morts. Un sbire s’écrasa d’ailleurs sur le nez de l’appareil en laissant une trace blanchâtre par-dessus l’énorme rayure de la verrière. Comme un moustique….

C’est alors que deux tirs de plasma le frôlèrent de si près que la lueur bleue faillit l’aveugler. Des tirs de darts qui venaient de son dos et qui le passaient en allant exploser sur un morceau de blindage organique Wraith.

« Apollo ! Hostile à six heures, position inconnue ! Le radar est brouillé par les débris, je n’arrive pas à l’isoler ! »
« J’ai vu ! Bordel, c’était vraiment pas le moment ! »

Le F-302 trembla brutalement en recevant un tir. Fort heureusement, le blindage absorba une bonne partie de l’énergie et le reste fila dans le vide spatial.

« Impact sans conséquence ! » Fit Nelly, pleinement concentrée sur son écran. Elle passa d’une liste de contrôle à l’autre et eut une soudaine expression de surprise en remarquant l’information. « Apollo ! Les contremesures sont toujours HS mais...le canon...son système escamotable est juste déconnecté. Je peux essayer de nous récupérer notre arme principale !!! »
« Vas y, fais le ! S’il s’enfuie, ils s’empressera d’avertir sa base ! »

Immédiatement après avoir dit cela, Apollo fit exécuter une vrille à son appareil afin d’esquiver d’éventuels nouveaux tirs. Ce fût une véritable danse sous fond de jeu du chat et de la souris. Le pilote devait veiller à rester mobile, se faire de lui une cible très difficile à atteindre, en jouant sans arrêt des obstacles environnant et du chemin. Le dart ne le lâchait pas d’une semelle, il était en position de force sur son sillage, comme pour tout combat de chasse, et il ne cessait d’adapter son allure et son pilotage pour maintenir cet avantage. Rien que là-dessus, Apollo pouvait estimer qu’il n’avait pas à faire à un pilote classique. Plus un originel qu’un sbire. Mais visiblement, il préférait tuer Adam avant d’aller donner l’alerte.
Le lieutenant pouvait se soulager de cette maigre nouvelle. Vu le chaos à l’extérieur, le dart ne pourrait les vendre qu’en sortant de l’amas gazier et ce n’était pas gagné. L’appareil grimpa subitement, tandis qu’un énorme débris de dart éventré passait juste devant la verrière du chasseur.

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Les tirs du dart le frôlait de prés. De beaucoup trop près, c’était vraiment limite et Nelly ne donnait toujours pas le signal, l’armement était toujours au rouge. Ce n’était pas le moment de craquer ! Adam ouvrit grand son canal radio, et hurla à plein poumons :

« Nelly, rebranche moi ce canon et donne moi une trajectoire avant que je ne m’arrange pour te coller de corvée de toilettes sur tout Atlantis pendant les cinq prochaines années ! »

Cela ne l’aida pas.
Mais vraiment pas du tout.
Nelly pianotait sur son écran en gérant les différentes avaries pour reprendre le contrôle de ce foutu canon. La seule chose qui l’en empêchait, c’était la panne du système escamotable. L’armement, lui, était prêt. Mais entre le défaut d’alimentation en énergie et un échec de commande du système informatique, il lui fallait trouver de nouvelles solutions. Le contrôle des dégâts géré par un copilote, c’est surtout une histoire de bidouille et de rafistolage. L’intelligence artificielle a ses limites et un bon copilote surpassait très régulièrement d’ingéniosité pour gérer ces avaries.
C’est d’une petite voix que Nelly lui répondit, quasiment au bord des larmes, alors qu’elle voyait dans sa vision périphérique ce chant de débris malmené par des blasts de darts.

« Oui...bientôt... »

Le ton était très hasardeux. Adam prit une grande inspiration, tentant de regagner au mieux son sang-froid, tout en effectuant à des rythmes effrénés des manoeuvres d’évitement. C’était deux types d’actions qui n’allait pas, mais alors vraiment pas ensemble.

Elle envoya sur l’écran de contrôle du pilote une manoeuvre dilatoire que l’ordinateur venait de calculer et retourna sur le problème du canon. Elle essaya encore et encore d’entrer la commande mais le même message ne cessait de se répéter : “Erreur”.

« Concentre toi Pile-Poil, j’ai confiance en toi, sors nous de là ! »
« D’accord...d’accord... » Fit sa voix cassée.

Immédiatement, Adam se mit sur le trajet dessiné sur son écran de contrôle, lui permettant le temps de quelques secondes d’échapper aux tirs et aux débris. Le calme relatif aida aussi Nelly, le dart semblait devoir prendre une autre route avant de tomber de nouveau dans leur sillage et ces quelques secondes d’accalmie l’aida à y voir plus clair. L’idée lui tomba dessus soudainement, dés qu’elle retrouva un peu plus son calme, et elle prit conscience que la commande informatique était erronée parce qu’elle avait maintenu le blocage de certains système en lançant le réacteur atmosphérique. Pour être sûre qu’il n’y ai pas d’accident en terme informatique au moment de l’accélération, elle avait veillé à neutraliser les commandes d’engagement des armes.
QUELLE CONNE !!!! C’était sa précédente bidouille qui l’empêchait de réparer le système.
Ni une ni deux, la jeune femme répara l’impair tout en se remémorant les paroles d’Apollo. Oui, il avait confiance en elle tout comme elle avait confiance en lui. Il allait les sortir de cet enfer. Il la raménerait à la maison et cette mission ne sera plus qu’un lointain souvenir pénible.

Nelly récupéra enfin le contrôle de cette commande informatique erronée puis elle traita le défaut d’alimentation. Le mécanisme escamotable de nouveau sous tension, le témoin passa du rouge au vert et un sentiment très brutal envahit la copilote. Une sensation mêlant la victoire à l’espoir, une sorte de cocktail détonant qu’elle avait longtemps oublié.

« Armement rétabli !!! J’engage le canon ! »

Au moment où le voyant indiqua la sortie de l’arme, Adam, ayant repris un semblant de sang-froid, se mit à compter à voix basse.

« Un...Deux.... Trois... »

Une nouvelle salve de tirs les frôla, mais cette fois-ci, le pilote resta impassible, concentré, virant de cap pour se diriger vers un débris spatial plus volumineux que les autres.

« Quatre...Cinq...SIX ! »

Il tira à fond sur ses commandes, les envoyant lui et sa copilote s’enfoncer profondément dans leurs sièges, tandis que le F-302 effectuait un violent redressement pour venir voler quasiment collé au débris. Immédiatement après cela, Adam coupa subitement sa poussée, effectuant un demi-tour à 180° degrés avec son appareil, tandis que l’inertie continuait de l’emporter. Là, il ralluma les moteurs à fond, se retrouvant plaqué contre le fauteuil, au moment même où sa cible sortit à l’orée du débris spatial.

« Je te tiens enflure ! »

Il appuya sur la gachette, alignant son viseur droit sur sa cible. La volée de projectile fila avec son bruit caractéristique remontant à l’intérieur du cockpit, les éclats lumineux du déclenchement de l’arme l’éclairant par saccade. Le dart qui lui faisait face s’agita soudainement dans un mouvement qui trahit entièrement la surprise du pilote adverse et il vira sur le coté, recevant quelques projectiles dans aile droite. Des morceaux se décrochèrent et un échappement de gaz démontra qu’il avait fait mouche. Cette fois, les rôles s’inversaient et l’ennemi, pris de court, chercha à se réfugier dans le même panache de débris dans lequel avait évolué Apollo juste avant. Mais, maintenant qu’il avait l’avantage, le pilote ne comptait pas le lâcher de si tôt.

« Oh non... » Fit Nelly, n’en croyant pas ses yeux. « Apollo, nouveau contact. Echo lointain, c’est un dart qui se dirige...vers la bordure de l’amas gazier ! »

Pas de doute ! Celui-là cherchait à les ralentir tandis qu’un autre s’empressait d’aller alerter ses copains. S’ils passaient l’amas gazier, la mission serait un échec cuisant et leur mort une horrible certitude.

« Calcul : Interception possible ! Fenêtre de trois minutes pour rattrapage ! »

Le pilote écrasa sa détente, arrosant son premier adversaire d’une volée de tirs dans le but de l’achever pour de bon. Il tentait de gagner du terrain par sa vitesse, afin de rendre la visée plus facile, mais avec tous ces débris, c’était plus que chaotique. Comme Apollo s’était démené pour le fuir, son ennemi faisait de même. Il dansait dans une course poursuite endiablée au sein de la carcasse, autour, et en travers.

« Deux minutes ! » Fit Nelly d’un air alarmant.

Il fallait changer de tactique. Il stoppa les tirs quelques secondes, mettant son adversaire en confiance, cherchant le bon moment. Attendre… Attendre… Là ! Adam envoya une volée de tirs, cette fois non en direction du chasseur, mais bien en direction de l’imposant débris qui approchait à toute vitesse. Un morceau se détacha avec une explosion effrayante, venant couper la route du Dart, tandis qu’Adam s’empressait de dégager pour ne pas se retrouver lui-même broyé. Au même moment, un nouveau cadavre de Wraith vint percuter la verrière, se démembrant en l’espace d’un quart de secondes contre le blindage.
Le dart vira trop tard. Là encore, la soudaine agitation incertaine témoignait de la surprise de son pilote qui n’avait pas prévu cette possibilité. Tout le flanc du chasseur fut broyé par l’impact, le propulsant dans un choc dans la direction d’un autre bloc où il ricocha avec la même violence. Le nez de l’appareil brisé, le moteur visiblement en feu, il fît des tonneaux tout en se dirigeant à une allure folle contre le plus gros morceau du croiseur. Dix secondes plus tard, une boule lumineuse et une gerbe d’éclats témoigna de la fin de ce coriace adversaire.

« Woohoo ! Et de un ! »
« CRÊVE !!!!!!! » Avait hurlé en même temps la jeune femme en expulsant toute sa pression. Elle poussa une longue plainte de soulagement avant de reprendre, le coeur malmené. « Félicitation pilote ! Route optimale tracée. Il va falloir jouer du manche pour être dans les délais. Interception dans une minute et quarante secondes ! »

Le pilote se cala sur la trajectoire indiquée, se rendant rapidement compte que cette dernière demandait de littéralement passer collé à l’un des trois morceaux de coque principaux. Pas vraiment le choix… Adam poussa les réacteurs à fond, enchaînant quelques vrilles et tonneaux en esquivant les débris et corps se trouvant sur son passage, le chasseur se rapprochant à une vitesse impressionnante du croiseur déformé. L’ombre d’un morceau de réacteur du croiseur passa au dessus de leur tête, tel un rapace impatient de les dévorer. Non, pas cette fois ! Le F-302 plongea subitement, avant de redresser, se retrouvant en rase-motte au dessus de la coque du troisième morceau du croiseur. Partout, les cadavres balancés dans le vide spatial occupaient l’espace, et il était difficile de tous les esquiver. Un d’entre eux d’ailleurs vint percuter l’aile droite du chasseur, la couvrant d’une traînée blanchâtre peu ragoûtante, manquant de le faire partir en vrille. Au bout d’une dizaine de secondes, Ross redressa alors subitement le nez de son appareil, quittant la surface du croiseur en direction de la bordure de l’amas gazier. Ils avaient réussi ! Ils étaient sortis de ce foutu merdier !

« Etat de la cible ? »`
« Vitesse défaillante. Il vient de faire demi-tour, nous avons été repéré ! Contact dans trente secondes !!! »

L’ennemi avait dû comprendre qu’il serait prit de vitesse. Il voulait surement tenter le combat mais quelque chose clochait. Il n’utilisait une trajectoire optimale et très linéaire, faisant de lui une cible très peu mobile mais dont la vitesse ne cessait d’augmenter. Lorsque le vol du F-302 se décala légèrement de sa trajectoire et que celle du dart s’anglait exactement de la même manière, Nelly lâcha sous la surprise :

« UN KAMIKAZE ! »
« Et m…. Accroche toi ! »

Le F-302 effectua un demi-tour serré, plaquant ses occupants dans leurs fauteuils, mettant cette fois le Dart dans sa queue. Adam poussa les réacteurs à leur maximum, une nouvelle fois, tentant d’atteindre une vitesse maximale.Le dart en question comprit qu’il ne parviendrait pas à la collision et se mit à tirer de manière frénétique, espérant jouer du temps pour les détruire. Adam faisait tournoyer le F-302 sur lui-même, esquivant au mieux les tirs répétés de son adversaire, le regard fixé sur sa vitesse. Il y était presque… Maintenant !

« Coupe la propulsion ! »

Tout en disant cela, il effectua un virage serré pour se retrouver face à son adversaire. Le réacteur étant coupé, l’inertie continuait de les amener dans la même direction que leur adversaire. Les tirs du Dart fusaient partout autour de la carlingue du chasseur commando, et à son tour, Adam ouvrit le feu sur son adversaire, l’alignant dans sa ligne de mire.
Une boule de feu, réaction toute simple d’une attaque nette et précise. Le danger venait de disparaître soudainement, comme ça, comme si c’était une vaste blague. Nelly ouvrit grand la bouche, la respiration lente mais profonde, regardant pour la première fois autour d’elle à travers la verrière sale et abimée d’un air hagard.

« Secteur sécurisé ? » Balbutia-t-elle.

Elle lança un contrôle radar avant de se répondre, sur le même ton :
« Secteur sécurisé. Tous les hostiles sont neutralisés, pas d’émission repérée...on est toujours dans la course... »

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Mar 13 Mar - 8:50
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Nelly poussa une longue expiration en se ramassant sur elle même. Plus de débris, plus de rochers, pas d’arcs électriques ou d’éruptions de gazs. Et plus de darts. Ils étaient au calme...il étaient enfin dans un environnement plus calme…
Pile-poil eut un très violent contrecoup et se mit à pleurer silencieusement en considérant la photographie, tous ces gens qu’elle aimait bien et qui se trouvaient dans la cité, si loin d’ici, si loin de ce calvaire. Il y avait eu beaucoup d’émotions lors de ce combat, lors de ces obstacles, et la jeune femme essayait de faire en sorte que cela ne s’entende pas à la radio. Elle renifla bruyamment, ennuyée de ne pas pouvoir essuyé ses larmes à cause de son casque, puis activa sa radio.

« Tu as de l’or dans les mains Apollo... »

Pendant quelques minutes, Pile-poil s’affaira plus consciencieusement sur la gestion des dégâts. Maintenant qu’il n’y avait plus d’urgence, elle faisait un rapport précis à son pilote.

« L’intégrité du blindage est entamé mais ça tient encore. Nous avons définitivement perdu le dispositif Cerbère, le réacteur atmosphérique et l’assistance droite. Le gauche fonctionne encore, il pourra nous aider à atterrir mais pas à décoller... »

Les problèmes ne faisaient que commencer. Ils ne pouvaient plus effectuer le repérage et s’ils se posaient sur la surface de la planète, ils ne pourraient plus repartir par les moyens classique. Il faudrait trouver une autre solution…

« Nous avons eu quelques fuites de carburant. C’est réglé mais nous ne sommes plus qu’à cinquante deux pourcent de notre autonomie. La soute principale doit être inspectée, je pense que l’avarie est essentiellement mécanique. On ne pourra rien faire tant qu’on aura pas atterri. Et pour finir... »

Les lumières du cockpit vacillèrent.

« Des variations dans la centrale électrique. Le réseau d’alimentation a été endommagé, nous fonctionnons aux deux tiers de ses capacités. »

Le constat réalisé, c’était à Adam de décider s’il comptait laisser tomber ou continuer la mission. Il était toujours possible de trouver des solutions une fois sur place. C’était dangereux, bancal, aléatoire. Mais pas plus que la base même de cette mission suicide. Nelly était prête à continuer pour donner un sens à tout ce qu’ils venaient de subir. C’était une première malgré toutes ses expériences de vol. L’endroit était invivable. Le pilote prit quelques secondes pour réfléchir, observant chacune de ses jauges avec attention. Ils étaient allés trop loin pour faire demi-tour.

« On continue. On a franchi trop d’obstacles pour s’arrêter maintenant, et beaucoup de gens comptent sur nous. Tu tiens le coup de ton côté ? »
« Je...je sais pas... » Répondit-elle avec un maigre sourire. « Je me suis dit plein de fois que je ne retournerai pas sur Atlantis... »

Adam laissa planer le silence quelques secondes, pensif, avant de rallumer sa radio.

« Rappelle moi, comment faisait ta chanson déjà ?... Un truc du genre : Can I rock it, can I knock it… »
Nelly eut un rire peiné.
« Nan...tu ne me feras pas chanter dans ton F-302 ! »
« Can I lick it... Can I kick it… »
Il le faisait exprès. Il savait qu’il suffisait de balancer l’étincelle pour déclencher la folie de Nelly. Cette petite folie, l’excitation de la gaminerie, commençait à lui revenir avec force. Le fait qu’elle soit seule dans ce cockpit avec Adam, le militaire lui tournant le dos, ne faisait que l’encourager dans ce sens. Nelly se mordit la lèvre inférieure avec force avant de céder brutalement et de pousser un cri dans sa radio, vif et puissant, de quoi surprendre le lieutenant, qui réagit immédiatement en sursautant. Son regard pleinement malicieux se posait sur lui, heureuse d’avoir réussi son coup, alors qu’elle débutait sa chanson de la même manière, comme ce cri, en balançant gaiement :

« Can I lick it ? Can I kick it ? Can I top it ? You make me hazy, you drive me crazy ! »

Adam laissa échapper un long rire dans la radio, avant de se calmer doucement, se concentrant de nouveau sur son HUB, à l'affut du moindre signe inhabituel.
Pendant quelques minutes encore, le F-302 navigua dans l’amas gazier en se rapprochant de sa frontière. Les contours de la planète commençaient à apparaître au travers du brouillard et son atmosphère de tempête se voyait d’ici. Des bouillonnements de nuages bruns et orange, par endroit chargés d’électricité, qui ne cessaient de se mêler dans des ondes aléatoires et anarchique.

« Apollo !!! STOP !!! CONTREPOUSSÉE ! » S’écria soudainement Nelly. « Arrête toi tout de suite !!!! »

Le pilote ne prit même pas le temps de réfléchir. Il coupa les moteurs arrière, et activa la contrepoussée pour stopper son appareil.

« Qu’est-ce que c’est que ce truc... »

Le chasseur cessa d’avancer en atteignant un objet non identifié. Sa forme et sa couleur laissait pleinement entendre qu’il était de nature Wraith mais c’était de l’inédit. On aurait cru qu’il s’agissait d’une pieuvre brune et bleue, déployée dans une position géosynchrone avec la planète. Ses tentacules étaient dirigées en plusieurs trajectoires et des dispositifs à l’intérieur se laissaient deviner, alors en mouvement, comme une machinerie organique en fonction.

« J’en capte partout...il...il y en a vraiment partout... »

Nelly n’en croyait pas ses yeux. Le radar libéré de l’emprise de l’amas gazier, maintenant qu’ils se trouvaient à la frontière, permettait de détecter ces objets.

« Ils entourent la planète de manière régulière, comme un filet. Ces choses produisent une émission/reception, comme un système de laser, c’est... »
Elle soupira.
« C’est un système de repérage Adam...comme pour les bases radars sur le pacifique...c’est un filet de détection anti-intrusion... »

Adam analysait rapidement les données qu’il recevait de la part de sa copilote. C’était colossal… Il y en avait partout. Combien de temps les Wraiths avaient-ils pris pour développer et mettre en place ce système gigantesque ? Difficile de le dire.

« Tu ne vois aucun passage possible ? Une brèche, une irrégularité, n’importe quoi ? »
« Ca fonctionne comme le système de détection marin...tout ce qui passe est capté par ces appareils. On aura beau tout éteindre...on va être forcément signalé. »

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Mer 14 Mar - 13:30
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Adam prit le temps de réfléchir quelques secondes, cherchant une solution à ce problème.

« Caldwell a bien parlé d’un pic d’énergie violent de douze secondes toutes les vingt heures non ? Peut-être qu’on pourrait se faufiler à ce moment là. Un dégagement d’une telle quantité d’énergie, ça va forcément faire s’affoler leurs détecteurs… Et nous, on en profitera pour se faufiler. Après ça, on aura vingt heures avant l’ouverture suivante, ce qui nous laissera le temps de tenter des réparations et de prendre des clichés. Qu’est-ce que tu en penses ? »

La jeune femme fronça des sourcils, réfléchissant au rythme de sa proposition. Effectivement, il y avait cette histoire d’émission soudaine d’énergie que la tempête planétaire ne dissimulait plus. Le Dédale l’avait repéré de très loin. Et puisque la mission avait été calé pour une reconnaissance optimale, ils étaient censé se dissimuler dans la tempête pour photographier les installations au calme, dans son oeil.
Nelly fît tout de suite une comparaison entre le briefing et l’horloge atomique permettant de se situer sur la fenêtre d’émission. Pour une fois, le sort ne s’acharnait pas...ils étaient en avance !

« La fenêtre est prévue dans une heure. Je peux nous placer en veille tout en surveillant l’incidence. L’impact sur notre éléctronique devrait être limitée, par contre...le cerbère ne sortira plus. On ne peut plus prendre ni clichés, ni relevé... »

Son coeur manqua un battement lorsqu’elle se rappela d’un fait important.

« Mais il nous reste les caméras de nos casques...l’enregistrement dans nos boites noires avec les communications radio...et on a des zats. »

Adam déglutit difficilement, comprenant soudainement ce qu’elle proposait de faire. Il avait un très mauvais souvenir du dernier contact au corps à corps qu’il avait eu avec les Wraiths… Autant pour lui que pour le major Frei. Mais une nouvelle fois… Ils étaient dans une impasse, et c’était la seule échappatoire possible.

« Dans tous les cas, on ne pourra pas ressortir de l’attraction planétaire sans réacteur atmosphérique… Ce qui ne laisse que deux solutions. Soit on arrive à réparer sur place, soit… Il faudra essayer de voler un Dart. »

Apollo n’avait encore jamais piloté de Dart. Enfin, c’était peut-être l’occasion ?...

« Apollo. » Fit Nelly, songeuse. « Si on vole un dart, ils sauront qu’on s’est infiltré... »
« Alors il ne reste qu’une seule solution. Tu penses pouvoir réussir à réparer les avaries ? »
« Le réacteur atmosphérique est en morceau. Il nous aurait fallu Tyrol...mais... » Elle fit silence alors qu’elle plaçait le vaisseau en mode veille. « Mais on a d’autres moteurs... »
« Tu veux… Tu veux parler du générateur d’hyper-propulsion ? »
« Je...je sais, c’est dingue. Il faudra que je casse les sécurités et qu’on fasse le bond en pleine tempête...tu connais le ratio d’échec...quarante pour cent... »
Elle expira longuement.
« Je n’ai pas envie Apollo...franchement. Mais on a déjà tant fait et...déjà qu’on prévoie de s’infiltrer dans cette foutue base...le retour avec le bond est si loin qu’on s’y intéressera le moment venu...non ? »
« Oui… Tu sais Nelly, si tu souhaitais rester au vaisseau, je comprendrais, vraiment. Après tout, c’est moi qui t’ai fait rejoindre cette mission. »
Nelly ria nerveusement.
« J’ai même pas cherché à refuser alors que je crevais de trouille. Tu sais pourquoi ? »
« Non ? »
« Vous avez tous souffert sur la Magna...Karola, Pedge, Matt, toi. Et les autres...moi je suis resté au chaud dans la cité. Et puis...j’ai quitté le Dédale sur une défaite...je me mens à moi-même mais...si je réussissais cette mission... »
Pile-poil eut du mal à formuler le reste de sa phrase.
« Peut-être que Julie serait contente de voir que je ne suis pas partie n’importe comment... » Elle haussa les épaules. « Je me suis dis qu’en plus de recoller les morceaux. Ce que j’avais perdu avec elle, je le retrouverai peut-être avec toi... »
« Je suis sûr que de là où elle est, elle doit être très fière de toi. »

Il disait cela d’une voix douce et rassurante, comme un grand frère à l'égard de sa petite soeur.

« J’ai pas réussi Adam... » Avoua-t-elle la gorge serrée, entrant visiblement sur un autre sujet.

« De quoi parles-tu ? »
« Grand Veilleur...elle était encore consciente quand on était à la dérive. Elle paniquait, elle me demandait de ne pas la laisser tomber. Je lui ai placé les rustines, j’ai mis les réserves mais... »
Sa gorge lui faisait mal, elle renifla avant de faire son aveu.
« Après son opération, je lui ai proposé de retourner avec elle sur Terre. Ce...ce fumier de...de Caldwell a refusé. Il voulait pas que je quitte mon poste...et je l’ai jamais revu. » Nelly s’empressa de retenir un sanglot. « Je l’ai laisser tomber Adam. Valkyrie s’est retrouvée toute seule quand elle avait besoin de soutien, quand elle avait besoin de moi. Et je l’ai laisser tomber...maintenant elle est morte... »
« Tu ne l’as pas laissé tomber. Tu as fait de ton mieux, jusqu’au bout, et elle le savait parfaitement. Mais, ce qu’elle ne voudrait certainement pas, ce serait de te voir baisser les bras maintenant. Tu ne crois pas ? »
Elle hocha la tête, ne se rendant pas compte qu’Apollo ne verrait rien.
« Je me souviens de tous les moments qu’on a passé ensemble. Mais son visage commence à m’échapper. Ca...ça me fait peur... »

Les dernières lumières du cockpit étaient éteintes. Ordinateur de vol, systèmes de vie, alimentation, tout était éteint sauf les radios et le système de détection. Ils continuaient de respirer dans leurs combinaison et le seul éclairage provenait maintenant de la planète en tempête.

« Je pensais échapper à tout ça en allant sur Atlantis mais...c’était illusoire... »
« On ne peut jamais éternellement échapper à ses vieux démons… Crois moi, j’en sais quelque chose. » Il laissa un court silence planer, avant de reprendre. « Mais maintenant, aujourd’hui, on a une chance de réparer tout ce qui est arrivé sur Magna. On a une chance de pouvoir sauver les hommes et les femmes Natus qui se sont fait enlever. On a une chance de pouvoir venger nos camarades du Dédale tombés dans une embuscade tendue par ces sales lâches de Wraiths. Alors, on ne va pas la rater. »
« On ne va pas la rater. » Fit Nelly en écho à sa volonté.

Les binômes des F-302 étaient comme ça, très soudés.
Malgré les risques sérieux de finir en morceaux une fois franchi les boucliers du Dédale, le pilote et le copilote étaient toujours sur la même longueur d’onde, une pleine et entière cohésion. Le risque, ils le connaissaient bien et ils vivaient avec. Les décisions pouvaient parfois déboucher sur la mort, c’était le cas lorsque Nelly et Valkyrie avait couvert Apollo avant de se prendre ce débris qui avait coupé le F-302 en trois. Mais c’était tout simplement comme ça.
Dans le silence presque morbide du chasseur devenu statique devant la pieuvre, la jeune femme se remémora les propos d’Apollo, trouvant qu’il avait raison et souriant même en se rappelant qu’elle avait chanté quelques minutes plus tôt. C’est un sentiment très dur que de se savoir perdu dans le vide sidéral, entouré d’ennemi, avec son seul binôme comme soutien. Ils ne pouvaient que compter l’un sur l’autre. Et ils s’étaient mis d’accord sur le plan le plus tordu qu’ils n’avaient jamais imaginé : infiltrer la base ennemie puisque le cerbère était HS.
Pendant une bonne demi-heure, Adam resta silencieux, rêvassant. Il pensait à ses gars, sur le Dédale, à Isia, à Caldwell… A Karola aussi. Il avait, maintenant qu’il y repensait, beaucoup de souvenirs avec la Major. Et pourtant… Pourtant, cela faisait maintenant tellement longtemps qu’il ne l’avait pas revu. Se souvenait elle encore de lui parfois ? Allez savoir… Il se rappelait encore en train de l’étrangler sur Magna, pour chasser ce foutu insecte suceur d’énergie. Cette sensation horrible, ce choc… Il cligna plusieurs fois des yeux, chassant ces pensées morbides, tachant de faire le vide dans son esprit pour se concentrer sur la mission.
De son côté, Nelly se perdit dans la contemplation des mouvements cyclonique de la tempête planétaire. Elle y trouvait quelque chose d’hypnotisant, presque apaisant, alors qu’elle se laissait aller à échaffauder ses prochains plans pour son retour sur Atlantis. Elle se mit en tête de rendre le faux mariage entre Pedge et Isia concret, rien que pour la tête qu’elles feraient. Elle voulait aussi déposer un colis surprise de lingerie fine à Alex Stones, vu qu’elle s’évertuait à vouloir être mec. Et puis piéger le casier de Matt avec de la mousse à raser aussi !

Elle souriait de toutes ces farces en préparation lorsqu’une petite alarme s’activa sur l’écran pourtant en veille. Elle s’y pencha et découvrit que les détecteurs signalaient l’approche de l’oeil du cyclone sur la position supposée de la base.
« C’est l’heure. » Fit Nelly d’un air grave en relançant les systèmes du F-302. « Estimation de la poussée dans deux minutes... »
Ses doigts glissèrent sur l’écran tactile, affichant les différents relevés du vaisseau. Rien n’avait changé, pas d’avaries surprise.
« Ok. Si on passe, il me faudra trois minutes pour déterminer la fenêtre de rentrée atmosphérique. N’oublie pas qu’il ne nous reste plus que l’assistance gauche pour nous poser en un morceau et qu’on sera en pleine tempête. »
« Bien reçu, j’attends le feu vert. »

L’oeil du cyclone était bien visible sur la planète, il approchait lentement en laissant entrevoir un sol complètement stérile et désertique. Il y avait une base Wraith ici mais elle ne se voyait pas. Nelly eut la crainte soudaine qu’ils se soient trompés d’endroit mais elle se rattrapa rapidement. Ils avaient rencontré des Wraiths et un véritable enfer : c’était bien l’endroit.
Soudain, les relevés s’affolèrent, témoignant d’une gigantesque activité énergétique. Le deuxième contrôle focalisé sur les détecteurs Wraiths indiquaient, effectivement, qu’ils étaient malmenés par cette émission soudaine. C’était un défaut de taille mais l’ennemi ne s’attendait probablement pas à ce qu’un appareil si petit ai réussi à se glisser aussi près de leur base.
« Défaillance confirmée, plus que neuf secondes...huit...sept...six... »
Adam enclencha les propulseurs au maximum. Le F-302 fit un brutal bond en avant, filant à une vitesse vertigineuse droit entre les tentacules gigantesques de cette anomalie spatiale. Ce n’était pas le moment de se rater. Il n’y eu aucune réaction au moment de les franchir, l’engin venait de passer inaperçu et ils pouvaient maintenant approcher de la planète pour préparer la descente en atmosphère. Seulement, les détails des conditions météo étaient déjà en train de se révéler malgré la distance : vent violent, activité électrique par endroit. Un nouveau coin de paradis pour tenter un atterrissage avec pour seule poussée un compensateur.
Adam allait voir ses talents mis à rude épreuve et, encore une fois, il n’avait pas d’autre choix que de plonger dans cette tempête pour se dissimuler de la base ennemie. La respiration de Nelly s’était accélérée. Voir Adam piloter le F-302 en position de rentrée lui donnait un air imperturbable, comme s’il était pleinement volontaire pour aller à la mort, sans la moindre inquiétude. Nelly secoua la tête en sentant une comparaison étrange : celle du bloc opératoire. Ce moment que l’on a tous vécu lorsque le brancardier vient vous chercher pour vous faire entrer dans le bloc, la dernière étape avant de vous endormir d’un sommeil artificiel qui pourrait très bien ne plus finir. Nelly, comme n’importe qui, avait commencé à sentir la terreur l’envahir, elle avait demandé un instant, juste un instant de plus, à cet homme qui avait continué son chemin de manière imperturbable.
Là, c’était quasiment la même sensation. Ils étaient restés au calme un peu plus d’une heure après l’enfer et ils y retournaient avec une véritable pression.
« Deux fenêtres localisées. La première est risquée mais on sera en bordure de tempête pour faire un repérage visuel de la base. Le second est plus souple mais on finira sans informations et dans une zone orageuse. Affichage sur écran... »

Adam demeurait impassible, concentré, ayant déjà effectué ce genre de manoeuvre d’urgence des dizaines de fois. Cela restait désagréable à vivre, mais au moins, il commençait à avoir le coup de main. Il avait coupé les propulseurs, et s’était mis en position de planeur de façon à ralentir sa chute, aidé du mieux qu’il le pouvait des réacteurs de compensation. Il serrait les dents, tendu, son regard rivé sur l’altimètre.

« On prend la première voie. Evitons de sa fourrer dans ce guêpier sans plus d’informations. »

Nelly ajusta les informations pour la procédure. Le HUB d’Adam afficha alors un couloir duquel il ne devait surtout pas dévier sous peine de rebondir hors de l’atmosphère à cause d’un angle trop plat. Ou bien de tout simplement griller sous l’effet pyrotechnique à cause d’un angle trop étroit.
Le F-302 glissait dans ce couloir avant que la haute atmosphère ne commence à faire courir des fourmillements tout le long de la carcasse. Des vibrations qui se sentaient clairement et qui gagnaient de plus en plus en intensité. Adam tentait de corriger du mieux qu’il le pouvait chaque petit soubresaut qui menaçait de le réduire en charpie en moins d’une seconde. Ses commandes tremblaient sous ses mains, mais il tenait bon, ajustant à chaque moment son angle d’approche, les yeux rivés sur le couloir modélisé qui défilait à une vitesse vertigineuse.

« ETA ? »
« Descente douze minutes. Survol quatre minutes. Atterissage deux minutes. »

Le nez du F-302 commença à rougir sous l’effet de la friction de l’atmosphère. Une boule de flamme se forma tandis qu’un effrayant bruit de chalumeau était en train d’envahir l’habitacle puis le F-302 tout entier se transforma en étoile filante dans l’atmosphère.

« Mise en sécurité de la propulsion subluminique confirmé. Activation du compensateur gauche dans trois...deux...un... »

Une déflagration caractéristique de la remise en route du propulseur s’entendit clairement. Mais puisque le réacteur atmosphérique était détruit et le stabilisateur droit en panne, l’engin se déporta brutalement sur le coté gauche en mordant dangereusement la limite du couloir. Une intense chaleur commençait à les envahir. Adam laissa échapper un soudain cri de surprise, avant de donner un violent accoup sur ses commandes de vols pour déporter l’appareil sur la droite et reprendre sa trajectoire, compensant la perte de son stabilisateur droit du mieux qu’il le pouvait. Douze minutes dans cet enfer…

Le peu de luminosité que permettait encore l’effet pyrotechnique disparut lorsque le chasseur s’enfonça dans l'épaisse masse de nuage orageuse. La tempête avait soulevé un composé intégrale de grain de sable et de poussière qui cliquetait sur la verrière comme une pluie fine et continue. Les bourrasques brutales et violentes des vents cycloniques sifflaient contre la carlingue secouée de toutes parts et il était de plus en plus difficile de voir devant soit. Nelly s’acharnait sur ses systèmes pour donner un maximum de chance au pilote. Elle déploya les volets des ailes pour déclencher l’effet d’aérodynamisme, que le F-302 passe surtout sur une optique de vol en atmosphère maintenant qu’il s’y trouvait bien enfoncé. Mais la majorité des mesures qui permettait le vol aux instruments étaient erronés. Les sondes devenaient folles dans ce maelstrom de sable bouillonnant. Des grands trous d’airs faisait soudainement chuté le chasseur comme dans une horrible attraction du diable avant que des courants cyclonique du tourbillon ne le remonte.
Malgré les efforts du pilote, ils avaient dévié de leur trajectoire.

« Les outils de vol s’agitent. Je ne sais pas où on est, l’altimètre n’arrête pas de donner des mesures contradictoires. »

La visibilité se dégagea un instant pour laisser paraître les flancs d’une tornade d’une dimension impressionnante. Des éclairs jaillissaient régulièrement des parties les plus sombres alors que des vents partaient dans diverses direction, le rejoignant généralement.

« C’est là-bas...il faut trouver un moyen de rester dans cette masse cyclonique, dans ce juste milieu. La base ennemie devrait être juste derrière, dans l’oeil calme. »

« Bien compris. Trouve moi la trajectoire la plus sûre pour éviter ces décharges électriques. On va faire un passage rapide, histoire d’avoir une idée générale de l’agencement de la base. »

Le F-302 redressa légèrement, s’approchant de la tornade gigantesque, bringuebalé dans tous les sens de ce capharnaüm tempétueux. Pendant une fraction de seconde, Adam se demanda comment il allait pouvoir réussir à atterrir avec des instruments de navigation fous. Il allait sûrement devoir improviser… mais cela devenait une habitude quand on était un pilote de F-302. Il gardait l’œil sur son objectif, attendant le tracé de sa coéquipière.
Nelly trouva une voie entre plusieurs colonnes électriques. Elle le laissa choisir sur trois chemin différents à partir de ce point puis rechercha une solution pour compenser les instruments défaillants. Le chasseur était de plus en plus malmené jusqu’à ce qu’il perce enfin l’écran du cyclone. Il y avait, dans cette frontière entre calme et chaos que le pilote devait côtoyer, une infime place pour évoluer. Et sous le contrôle d’Apollo, Nelly eut enfin une vue sur le secteur calme de cette tempête.

Au début, elle fut frappée de surprise en ne découvrant qu’une étendue désertique. Il n’y avait que des dunes de sables à perte de vue avec différentes couleurs allant du jaune au brun. Le tout était balafré d’un profond ravin dont on le pouvait voir le fond d’ici, comme un sillon profond. Mais c’est en le suivant du regard qu’elle apperçu la structure.
Poussant une plainte sous le coup du stress, la petite espagnole passa les mains sous son siège pour en retirer une petite sacoche. Elle contenait un équipement minimum en cas d'atterrissage ou de crash dans un environnement étranger. Il y avait aussi des jumelles avec plusieurs modes de vues.

« Tiens bon Apollo : repérage en cours ! »

C’est ce qu’il faisait. Il ne prenait même pas la peine de regarder en contrebas, il ne se concentrait que sur son vecteur d’approche. Ca y est, elle avait les jumelles entre les mains et elle les posa sur sa visière, au niveau des yeux. Ces outils étaient justement conçu pour être utilisé même équipé d’une combinaison. Nelly fit un premier zoom, peinant à stabiliser sa vue puisque le chasseur bougeait dans tous les sens. Mais elle finit par le repérer, là, tout près du ravin.
Il y avait un bloc d’organique Wraith dans lequel était enchâssé un croiseur au repos. Plusieurs conduites menaient à des installations positionnées un peu plus loin sur des distances régulières.
La petite espagnole activa le laser des jumelles, priant pour que ce vieux système fonctionne. C’était un mode qui permettait de pointer la position à la vue et de le cartographier sur le système GPS embarqué des combinaisons. De cette façon là, ils pourraient aller dans la structure et retourner au chasseur sans se perdre.

« Je l’ai !!! Mon dieu, ça a l’air immense. Plusieurs bâtiments sont visible, au moins cinq, et un croiseur posé sur une sorte de spatioport. »

« Ah, une balade de santé en somme… l’un de ces bâtiments doit servir de prison pour les Natus. Ou de laboratoire. Ou... les deux à la fois. »

Elle s’assura de la prise de position avec le laser une deuxième fois puis ajouta :

« Position repérée. Plus qu’à se poser Apollo. » Elle passa sur ses différents écrans, laissant les jumelles et la sacoche sur ses jambes, puis se rappela d’un cas d’école. Une bidouille qu’elle avait déjà faite mais surtout pour le loisir. « J’ai peut-être un moyen de mesurer l’altitude pour notre atterrissage...en bricolant un sonar à écho. Est-ce que ça t’aidera ?? »

« Un peu comme les navires cuirassés de la seconde guerre pour détecter les mines ? Mmmh, ça pourrait être très utile, oui. Fais comme tu peux ! Je vais te donner un peu de temps. »

Adam vira dans la position indiquée sur son ordinateur de vol, réduisant sa vitesse au maximum grâce à son seul propulseur. Son regard était fixé à travers le cockpit du vaisseau, cherchant à distinguer la moindre silhouette dans cette fichue tempête pouvant indiquer que le sol était proche. Il espérait que le sonar fonctionne… car sinon, l’atterrissage risquait d’être brutal.

« J'exécute ! » Fit Nelly en faisant une nouvelle fois un contournement des règles de sécurité.

Basculant sur différents petits systèmes du F-302, elle modifia l’usage d’origine de plusieurs organes, notamment en ce qui concernait la communication puis elle entra quelques lignes de codes basique. C’était vraiment un petit programme très simple qui ne demandait pas de compétences en programmation. Juste savoir accéder à la commande principale et se rappeler du code qu’il fallait insérer. C’était un petit délire qu’elle avait fait avec de jeune collègue à la base secrète des F-302, lors de son instruction.
La communication envoyait une onde sonar en direction du sol, à un angle permettant un retour, puis l’ordinateur l’analysait sur le système en s’associant au protocole anti-collision. Le retour se composait d’une image chargée de neige et de parasite. Mais lorsqu’un relief plus élevé se dessinait, comme une montagne, une crête, un ravin, quoi que ce soit : c’était une zone d’ombre sans parasites. Un ping sonor comparable aux sous-marins tonnait également dans les radios. Il lui avait fallu trois bonnes minutes pour réaliser l’opération.

« Détournement réalisé, nous perdons le radar anti-collision. Transfert de l’imagerie sur ton HUB. » Elle avisa son écran général et ajouta, après avoir repéré les jauges du seul propulseur, elle s’écria : « Alerte avarie : extinction progressive du propulseur. Nous perdons la poussée. J’ai annulé les protocoles de sécurité pour faire tenir le stabilisateur plus longtemps mais il va finir par brûler. Estimation...quatre minutes avant privation de la propulsion... »
Nelly inspira longuement, agrippant les sangles de son harnais de sécurité alors qu’elle voyait toute la masse de tempête l’entourer. Elle était ballottée comme si elle se trouvait sur des montagnes russes et elle essayer de ne pas trop se faire malmener. Elle avait fait tout ce qu’elle pouvait pour Apollo et son travail s’arrêtait là. Il n’y avait strictement plus rien à faire de son coté à part espérer et prier.
Sentant la peur la dévorer, la petite espagnole ferma les yeux pour la première fois et déclara dans sa radio, d’une voix tremblante mais douce : « Bonne chance Apollo... »
La façon dont il allait les poser et les dégâts qui en découleraient représentait un enjeu très particulier. C’était tout simplement la différence entre rester piéger sur la planète ou s’assurer d’un ticket de sortie s’ils revenaient vivants de l’infiltration.
« Sauve-nous. » Ajouta-t-elle sans ouvrir les yeux.

Les nerfs d’Apollo étaient tendus à se rompre. Le F-302 effectuait désormais une quasi chute libre, tempérée par l’unique stabilisateur qui les faisait tourner sur eux même. Le compte à rebours d’avarie s’affichait désormais sur son HUB, les secondes dégringolant à une vitesse folle. C’était de la folie de se poser dans des conditions comme celles-ci ! Le sonar improvisé n’indiquait toujours rien, mais ils continuaient pourtant de descendre. Plus qu’une minute. Bordel, il devait bien se trouver quelque part ce foutu sol ! Soudain, un vent violent percuta le chasseur, qui manqua de peu de se retourner sous la violence de l’impact. Adam reprit le contrôle inextremis de son appareil, le redressant, avant d’écarquiller les yeux en voyant son sonar.

« CONTACT SOL ! »

Il donna un coup de propulseur violent pour éviter qu’ils ne s’écrasent, sortant au passage les trains d’atterrissage. Il se retrouva collé au plus profond de son siège, tandis que des grains de sable surchauffés venaient s’écraser contre le cockpit du vaisseau.

BONK

La carlingue toucha violemment le sol. Aussitôt, des alarmes se mirent à retentir. Mais ce n’était pas fini ! Le F-302 avait rebondi sur le sol, et décrivait maintenant une cloche dans les airs. Apollo activa son stabilisateur pour ralentir leur vitesse un peu plus, juste avant que ce dernier ne décide de rendre l’âme.

VRRSSSSH.

Toute la carlingue trembla quelques secondes, puis finalement, l’appareil s’immobilisa en partie enfoncé dans un sol sablonneux. Adam resta quelques secondes à fixer son cockpit, le souffle court, le cœur battant à cent à l’heure. Ils avaient réussi ?

« T...Tout va bien derrière ? Tu n’es pas blessée ? Rapport de l’état du vaisseau. »

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Nelly avait les bras croisés, les mains crispées dans son harnais, les yeux fermés. Elle essayait de reprendre son souffle. Son coeur la martyrisait et elle avait l’impression qu’il allait lui déchirer la poitrine. Elle souffla longuement pour essayer de se reprendre et balbutia dans sa radio :
« A...attends... »
Une longue inspiration, une longue expiration, ça commençait à aller un peu mieux. C’était complètement dingue, complètement fou. C’était à se demander comment le F-302 pouvait encore rester en un seul morceau. Ils étaient immobiles, sur la terre ferme pour une fois, protégé par la verrière abimée sur laquelle ricochait tout une pluie de sable sous cette violente tempête. Nelly ouvrit les yeux et se perdit un instant dans la contemplation de cet enfer. Comment les Wraiths avaient pu s’installer dans un endroit pareil ? N’avaient-ils pas subi de pertes pour créer ces installations ?
La jeune femme considéra l’éclairage défaillant du cockpit. Les différentes lumières perdaient en intensité avant de revenir à la normale, des étincelles jaillissant par moment des blocs de contrôles qui composaient l’ordinateur de bord.
« Je vais bien. » Répondit-elle en se penchant sur les avaries.
Son écran clignotait de tous les côtés, la liste des pannes ne cessaient de s’aggrandir, si bien qu’elle se demandait ce qui fonctionnait encore. « Mais ce n’est pas le cas de notre coucou...il est vraiment dans un sale état... »

Nelly secoua négativement la tête puis se résigna. Elle leva le capot d’une série de déclencheurs sous les ordinateurs et les actionna.
« Je lance les groupes de secours. Je te fais un retour... »

Les groupes de secours. Des systèmes de détresse temporaire qui ne feraient que repousser l’échéance fatale du F-302. Le chasseur était clairement à l’agonie et elle avait besoin de savoir combien de temps s’écoulerait avant la fin inéluctable des différents systémes. Le protocole se lança immédiatement quand Nelly termina d’appuyer sur les contacteurs.
« Pile à naquada activée. Autonomie électrique : douze heures. La centrale fonctionne à trente pourcent, on aura pas mieux. » Elle appuya sur son écran pour la prochaine étape. « Joint atmosphérique ok. Joint carburant inefficace. Il y a une fuite en zone confinée. Calcul...quatre heures avant la panne sèche, moins en cas d’utilisation maximale : une heure. »
Etape suivante. « Ton ordinateur de vol est endommagé, tu passes sur le circuit secondaire. Il se reboot, dix minutes. »
Etape suivante. « Les capteurs indiquent une intégrité structurelle à quarante pour cent. Beaucoup de dégâts sur le blindage. »
Et enfin, le plus important : « Propulsion ? » Nelly fit silence, le temps de bien interpréter les résultats. « Propulsion subluminique à soixante dix pour cent. Le système de bond hyperspatial fonctionne ! »
La jeune femme poussa un soupir de soulagement.
« On a notre billet de sortie, Apollo... »

Adam laissa à son tour échapper un profond soupir de soulagement, avant de réfléchir à tout cela. Dans quatre heures, ils seront à sec… il ne fallait donc pas perdre de temps. Ils ne devraient pas rester plus de deux heures dans la base, afin d’être certains d’avoir une marge de manœuvre niveau carburant, sachant que - Adam vérifia sa montre - ils n’avaient mis qu’une heure pour arriver sur zone. Bon… une chose à la fois.

« On va s’en sortir… avant toute chose, je veux que tu calcules la trajectoire, les coordonnées, et le temps du saut qui sera nécessaire pour sortir de la, et que tu les enregistres dans l’ordinateur de bord. Je veux qu’on soit prêts à effectuer le bond dès que nous serons de retour. »
« Reçu... »

Au cas où nous serions pourchassés. Le pilote ne l’avait pas dit tout haut, mais il le pensait fortement. Il se pencha pour attraper dans un compartiment les deux zats. Alors ils allaient le faire. Infiltrer une base Wraith pour prendre des images, puis se carapater avant d’être repérés. Un… jeu d’enfants, pas vrai ?... Adam déglutit difficilement, avant de prendre quelques secondes pour reprendre son calme. Ils pouvaient le faire. Ils devaient le faire. Trop de personnes comptaient sur eux pour qu’ils échouent.
Nelly prépara les coordonnées de saut pendant ce temps. C’était un exercice courant mais très loin d’être simple puisqu’il n’était pas destiné à être exécuté. Et elle, de son côté, avait encore moins été formé à jouer à la version F-302 de la roulette russe. La jeune femme était experte dans son domaine, elle connaissait le système par coeur, dont ses failles, et pouvait contourner les sécurités pour faire la simulation. Dans leur cas, il fallait jouer entre leur position sur la planète lorsqu’ils partiraient, le point d’émergence qui ne devait pas être trop loin et la fourchette d’erreur acceptable par le système d’engagement.
Un bon quart d’heure plus tard, la copilote confirma la commande et assura qu’elle avait revérifier les coordonnées trois fois. C’était un calcul optimal qui leur permettait une marge d’erreur catastrophique à seulement “trente deux pourcent” au lieu des quarante. De la folie...

« J’ouvre le cockpit, tu es prête ? »
« Pas du tout... » Elle prit une longue inspiration avant d’ajouter : « Allons-y ! »

Le déclencheur libéra la pression qui maintenait la verrière. Celle-ci glissa lentement en arrière tout en grinçant lamentablement à cause des nombreuses sévices qu’elle avait déjà subi. Le souffle brutal de la tempête s'engouffra avec une extrême violence, faisant virevolter du sable dans toute la cabine. Il fallait sortir en vitesse pour éviter des dégâts. Nelly déploya donc la petite échelle métallique souple qui se déroula alors de son coté. Un système pas très sûr mais bien utile en l’absence du pont d’embarquement classique. Descendre ne fût pas une chose facile.
Tout en se protégeant d’une main, la petite espagnole évolua pour faire un tour d’inspection du chasseur. Le blindage avait effectivement beaucoup souffert, sa protection craquelée par endroit laissant apparaitre l’agencement interne de sa structure. L’impact du tir plasma qu’ils avaient reçu se voyait également, la couche métallique avait fondu et laissait paraître une grande difformité.
La tempête était violente mais Nelly se couvrait par le profil de l’appareil, elle activa la lampe petite lampe d’épaule et examina le nez de l’appareil dans l’espoir de comprendre pourquoi le Cerbère ne répondait plus. Elle déchanta rapidement en découvrant la trappe tordue et entrouverte. Un énorme pic de roche s’était enfoncé pile en travers de l’interstice de la trappe escamotable, démolissant tout l’intérieur. L’ordinateur lui avait indiqué que le dispositif était en état mais pas son système de déploiement. A voir les différents morceaux qui pendouillaient et s’agitaient au vents violents, c’était une tout autre histoire.
La jeune femme soupira, elle fît le tour de l’appareil se dévoilant aux bourrasques qui lui jetaient du sable sans arrêt. Elle était petite et légère au point qu’elle avait souvent l’impression qu’une rafale plus puissante la ferait voler. Les deux mains en avants, Nelly se protégeait tout en progressant le long de l’aile, découvrant une faille qui courrait tout le long du flanc. Elle était limitée mais les traces plus sombres qui s’étiraient tout du long témoignaient de cette fameuse fuite de carburant. Son regard descendit le long de la carlingue et elle trouva le minuscule filet de la fuite incolmatable. Le liquide perlait en un rythme irrégulier, perturbé par le vent.

« Le coucou est en sale état... »

Elle était certaine qu’Adam faisait la même constatation de son côté. Et c’était bien le cas. Le pilote se demandait comment diable il avait réussi à atterrir avec un engin dans cet état. Lui aussi commençait à se dire que tout cela était de la pure folie.
Le clou du spectacle, c’était l’arrière du chasseur, complètement éventré. Une grande partie du bloc moteur du réacteur atmosphérique avait disparu et plusieurs éléments interne se retrouvaient brûlés, arrachés, et plantés au travers des parois des propulseurs d’assistance. Le gauche, celui qui avait suffisamment fonctionné pour leur permettre de se poser, lâchait une fumée opaque et douteuse qui se dispersait au contact des vents.

Pendant quelques secondes, Nelly eut un pénible sentiment de solitude, de perdition. Elle s’était échoué sur ce caillou inhospitalier, loin de chez elle et de ses amis. La pensée pour Isia et Pedge, le petit détour sur Sheppard, Alex Stones, et quelques autres personnes, ne fût pas de trop pour elle. Peut-être qu’elle aurait eu le temps de verser une larme, sous le coup des nerfs qui se relachaient brusquement, si Adam n’était pas revenu à sa hauteur pour lui tendre l’un des deux zats.
Il était silencieux, ce n’était pas forcément bon signe.

Il était forcément sujet au doute, tout comme elle. Mais le fait d’avoir son binôme auprès de soi offrait un faux sentiment d’assurance. Ils pouvaient compter l’un sur l’autre, assurés qu’après toutes ces péripéties, ils ne pourraient PAS échouer. Et c’était ce qui permettait à Adam de tenir. Ce qui allaient leur permettre à tous deux de tenir. L’espoir. Le sens du devoir.

« Ok...ok... » Lui dit-elle en hochant la tête. « On trouve un moyen d’entrer. On récupère des informations, n’importe quoi. Et on se sauve d’ici ! »

Elle acquiesça encore une fois avant de se détourner, avançant son avant bras sous son regard pour examiner les informations sur l’écran souple. La position de la structure Wraith s’y trouvait toujours, avec suffisamment d’indication pour ne pas se perdre.

Pendant une bonne vingtaine de minutes, Adam et Nelly luttèrent contre la tempête pour approcher de la base ennemie. Ils ne cessaient de monter et dévaler de grandes dunes sans jamais appercevoir la silhouette de l’installation. A chaque moment, ils étaient en droit de se demander si le GPS fonctionnait vraiment et s’ils ne s’étaient tout simplement pas perdu à jamais dans cette tempête du diable. On y voyait pas plus loin que le bout de son nez, les radios étaient chargées de parasites et il fallait constamment se battre contre le déséquilibre et le terrain hostile.
Nelly était très essoufflée, ça faisait un moment qu’elle songeait à demander une pause à Adam. Mais leur temps était compté, le F-302 se vidait doucement mais surement de son essence. Ce temps était des plus précieux. Adam aussi avait du mal à lutter contre la tempête. Fort heureusement, ses séances de course quotidiennes lui permettaient de tenir le cap, bien qu’il s’inquiétait tout de même pour Nelly.

Mais soudainement, comme ça d’un coup, une grande paroi dure et plate se dessina pile devant eux. La dune l’avait en partie recouverte et ils avaient gravi la pente pour se retrouver finalement sur le toit de l’installation. C’est celle que Nelly avait pointé au laser : la plus grande, celle qui semblait être principale. Sans s’en rendre compte, ils se trouvaient en son sommet et ils dominaient maintenant les environs.
Ni une ni deux, Nelly s’allongea et rampa doucement jusqu’au bord, rapidement talonnée par Adam. Là, elle trouva en contrebas l’immense croiseur, en majorité ensablé, sur ce qui semblait être une aire d’atterissage. L’un de ses flancs était enchassé dans la structure, ce qui les empêcherait d’entrer par cette voie. Mais un peu plus bas, il y avait du mouvement. Des caisses Wraiths sortaient visiblement à l’extérieur sur un système d’acheminement automatique les amenant dans les entrailles de la base.

Nelly écarquilla un instant les yeux avant de se tourner vers Apollo, l’interrogeant du regard.
« Tu en penses quoi ?... »

Adam plissait les yeux, s’assurant avant toute chose que sa caméra embarquée était bien activée. Ils étaient en train de décharger quelque chose du croiseur, mais quoi exactement ? Ce n’était pas bon signe

« Je pense que ce que contiennent ces caisses doit être pas mal important pour les Wraiths. Tu crois qu’on devrait aller y jeter un coup d’oeil ? »

Aussitôt, Apollo se mit à observer le périmètre, à la recherche de la moindre trace de Wraith en patrouille.

« Oui, ça pourrait nous aider à entrer. On tente ? »

« Oui, on y va. Je passe devant. »

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Le lieutenant se redressa, avançant accroupi pour lentement descendre la pente. Nelly le suivit de près et ils dévalèrent la pente, couvert par la tempête. Un grand rail organique reliait la base du croiseur pour s’enfoncer au travers de l’installation. De lourdes caisses semblaient être déchargées de son ventre, surement un grand entrepôt où l’on percevait difficilement des silhouettes Wraiths en action, pour ensuite longer ce rail de manière automatique. Nelly n’était pas du tout rassurée, elle regardait avec adam ces conteneurs filer à la chaîne au travers d’une étrange toile d’araignée transparente qui faisait office de couverture à la tempête. Ni une ni deux, Apollo se pendit à l’une de ses caisses et s’y accrocha, se faisant amener lentement avec elle en direction du mur. Il avait accompagné l’action d’un geste à Nelly pour s’en faire l’exemple.

La petite espagnole prit son élan et l’imita deux caisses après, se laissant également guider. Elle soutenait le regard de son pilote d’un air craintif et ne cessait de se demander s’il n’y aurait pas un comité d’accueil à l’arrivée. Ou alors si cette toile n’allait pas tout simplement les détecter et donner l’alarme.
Finalement, ils passèrent sans encombre et débouchèrent dans une immense aire de dépôt. Cela faisait du bien de ne plus être malmené par ces bourrasques de sable. Mais ils se trouvaient maintenant dans le complexe bien éclairé. L’architecture organique était semblable à celle que l’on pouvait trouver dans les vaisseaux ruches. Mais c’était tout de même immense. Là, ils étaient suspendus au-dessus d’un gigantesque entrepôts où des milliers de caisses étaient stockées de manière ordonnées. L’accumulation formait des labyrinthe entier et ce n’était visiblement pas suffisant vu le ravitaillement du croiseur.

Adam décida de sauter sur l’un des murs de caisses avant qu’ils n’aillent trop loin dans le complexe. Il fût suffisamment galant pour aider Nelly à descendre lorsqu’elle arriva puis ils jouèrent les pro d’escalade pour descendre jusqu’au sol. La petite espagnole tira le mouchard de sa combinaison et le tube devint vert au contact de l’environnement extérieur...il y avait de l’oxygène. Pas question d’ôter les casques cela dit.

« Bon...on est entré...et maintenant ? »

Adam lança un coup d'œil inquiet sur les caisses. Maintenant qu'ils étaient là, autant vérifier...

« Ouvrons ces caisses. La caméra enregistre bien ? »

Nelly était désorientée. Elle se demandait s’il fallait tenter d’ouvrir l’un des conteneurs ou trouver une porte pour sortir un peu plus loin. Elle tourna un regard interrogateur sur le lieutenant.
À couvert derrière cet empilement de contener, la situation semblait relativement sécurisée. Nelly mit quelques secondes à comprendre qu’Adam lui parlait, elle était complètement absorbée par ses pensées, ses questions, trouvant soudainement étrange que les Wraiths déposent autant de caisses plutôt que de les charger.

« Heu...oui ! Ca enregistre ! » Répondit-elle distraitement après avoir consulté le petit écran sur son avant-bras.

Nelly avisa la forme générale de celle qu’ils avaient sous les yeux. Peut-être que ça s’ouvrait par le dessus mais c’était comme un énorme cocon rectangulaire. Il faisait deux mètres de long sur un de large. Des boursouflures servaient à fixer les crochets d’attelage sur la rame organique qu’ils avaient empruntés. Mais mis à part la viscosité immonde et désagréable de cette chose, elle se demandait comment on pouvait l’ouvrir. Plissant de nez malgré le fait qu’elle ne sentait pas l’odeur, la petite espagnole se mit à tâter timidement la surface, comme si elle craignait de se brûler les doigts, avant d’examiner de plus près l’appareil.

« Il doit bien y avoir un déclencheur, un bouton, quelque chose...tu t’y connais en déco Wraiths toi ? »

Adam semblait soucieux, observant les caisses avec attention. Il y avait quelque chose de bizarre dans tout ça. Quelque chose qui sentait franchement mauvais. Peu à peu, les pièces du puzzle commençaient à s'assembler dans son esprit.

Attends une seconde.... Ces caisses... Tu vois leur forme, leur taille ?

Il passa la main lentement tout le long du conteneur, les sourcils froncés, un horrible sentiment de malaise commençant à se former au sein de son corps.

On dirait.... La taille idéale pour y stocker un être humain.

Il releva les yeux vers sa partenaire, le visage toujours aussi soucieux. Les wraiths préparaient un garde-manger.

« Les Natus ?!? » Ponctua Nelly dans un hoquet de surprise.

Soudainement, la main d’Adam accrocha quelque chose et un déclic sonore eut lieu. La surface s’ouvrit lentement comme un livre, les panneaux se déployant de part et d’autres pour laisser apparaître une masse gélatineuse informe, de couleur blanche opaque, tout aussi repoussant qu’incompréhensible. Il semblait que cette masse bougeait, tout en produisant un gargouillis nauséeux, avec une partie qui semblait battre comme sur un rythme cardiaque. Mais ce n’était que de la gélatine...en surface tout du moins.
Nelly déglutit tout en regardant Adam. Sa respiration s’était accelérée, elle avait une frousse abominable et son instinct lui criait de se sauver. Mais elle n’osait pas en faire part à son partenaire. Elle savait qu’elle filmait tout ça, que le CODIR avait besoin de ces informations, mais elle ne voulait plus rester ici plus longtemps.

« Apollo... » Gémit-elle, refusant l’idée de plonger les mains là-dedans.

Le pilote déglutit, ayant eu un mouvement de recul. C'était à lui de le faire. Il n'y avait aucun retour en arrière possible. Il approcha lentement ses mains de la surface, hésitant, tentant d'enfoncer lentement ses doigts dans cette immondice, retenant un haut-le-coeur.
Nelly fit la grimace en le voyant faire. Adam enfonça pleinement les mains dans cette mélasse qui ne se refusait pas à lui. Sa combinaison le protégeait suffisamment bien et il sentit bientôt, sous ses doigts, les contours d’un crâne puis d’un visage. Adam agrippa la chose pour la tirer d’un coup sec et en avoir le coeur net. Une tête émergea alors de la soupe visqueuse, une tête connue qui arracha un cri de surprise à Nelly, un cri mélant la peur, la peine et un début de panique.
Un visage doux et rude à la fois, un regard sérieux et neutre, les cheveux court, coupé à la brosse en mode militaire. Une tête d'éternel enfant qui ne veut pas grandir, un garçon bien fait et immobile.
La personne qu’Adam tenait entre ses mains. La personne qu’il venait de sortir de la cuve.

C’était Matt Eversman…

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Adam laissa échapper un juron de surprise, le relâchant d'un coup, reculant de quelques mètres pour tenter de se calmer. Matt ?! Ce n'était pas possible ! Non.... Impossible.... Le pilote tentait de se résonner, réfléchissant à toutes les possibilités. Et si l'Eversman d'Atlantis était un espion ?! Et si... Oh non.... Une autre idée était en train de se dessiner dans son esprit....

« Nelly.... Ouvre une autre caisse... »

Nelly avait le visage tiré, rouge, elle était au bord des larmes. Le Matt que tenait Adam entre ses bras venait de replonger dans la soupe visqueuse et, comme si cela avait été considéré comme un simple contrôle, les parois se refermèrent lentement en emprisonnant de nouveau la pauvre victime. La jeune femme se faisait des tas d’hypothèses, elle se montait des films entiers, secouant négativement la tête, particulièrement choquée par ce qu’elle voyait. Elle échangea un regard empreint de panique à son frère d’arme, refusant dans un premier temps d’ouvrir l’une de ces horribles caisses. Mais elle voyait bien qu’il n’était pas bien, lui non plus, et qu’il avait déjà fait sa part du boulot.
Nelly se reprit en prenant une grande inspiration puis elle s’approcha de la caisse juste à gauche. Maintenant qu’elle avait vu où Adam avait fouillé, il ne fut pas difficile de l’ouvrir. C’était la même scène, une substance blanchâtre et visqueuse, un gargouilli, un lent battement cardiaque. La petite espagnole fixa Adam quelques secondes, espérant capter du courage dans son regard, puis elle s’agenouilla pour faire pareil. Nelly plongea ses mains en poussant une plainte étouffée, cherchant de ses mains pour rencontrer une nouvelle silhouette. Elle ne voulait pas la remonter, elle ne voulait pas voir, mais en trouvant les épaules, Nelly poussa une expiration courte et maladive avant de s’éxécuter.

Le visage était neutre, plutôt fermé. Une expression du genre sévère mais naturel, un regard endormi, un chignon très strict avec une mèche rebelle que la soupe lui plaquait à la joue. Il n’y avait qu’une seule personne comme ça sur Atlantis. Et l’exacte réplique étant entre ses mains !
Nelly poussa un nouveau cri et relâcha la trouvaille, la laissant retomber mollement là-dedans et se refaire enfermer par le panneau, alors qu’elle se prenait la tête entre les mains.

« C’est pas possible ! C’est pas possible ! Je lui ai dis au revoir sur la cité !!! J’ai mis un pot de confiture de...de fraise dans son casier ! Avec un post-it hello kitty pour déconner. Ça peut pas...C’est...C’est pas Pedge là-dedans ! Oh, seigneur, Adam !!! »

Adam s'approcha d'elle, tout aussi paniqué qu'elle, mais tentant tant bien que mal de garder son calme. Il la saisit par les épaules, la serrant contre elle quelques secondes, se voulant rassuré.

« Nelly.... Nelly.... Calme toi. Il y a forcément une explication. Ce n'est pas eux. Ce ne peut pas être eux. D'accord ? D'accord ? »
« Oui...oui... » Fit-elle d’une petite voix alors qu’elle tentait de reprendre sa respiration.

Il la relâcha lentement, prenant une grande inspiration, tournant son regard vers les autres caisses. Il devait en avoir le cœur net.

« Surveille les lieux, ok ? Il faut que j'inspecte encore quelques caisses... Pour être certain... »

Nelly acquiesça et se déplaça pour faire le guet. Il commençait à y avoir du bruit pas loin et cette menace prenait le pas sur ce qui la choquait grandement.
Adam s'approcha d'une troisième caisse, le cœur tambourinant, menaçant de se rompre. Une nouvelle fois, il activa le mécanisme, fixant la gelée immonde quelques secondes. Il devait savoir. Il plongea ses mains dans le liquide, ressortant le corps se trouvant à l'intérieur....
Matt Everman...encore...ayant exactement la même tête, la même allure, le même regard que l’autre. Il y avait un Matt de plus dans la caisse suivante. Puis encore une Pedge. Le schéma semblait se répéter indéfiniment.
L'intuition d'Adam se confirmait peu à peu. Des clones. Les wraiths avaient créé.... Des clones. La solution ultime pour ne jamais manquer de nourriture. C'était horrible. Tout simplement horrible. Avec cette technologie, ces enfoirés allaient pouvoir asseoir leur domination sans aucun soucis. Adam revint vers Nelly, encore abasourdi par ce qu'il venait de voir.

« Ils.... Ils sont en train de cloner des Pedge et des Eversman... Tu te souviens dans le rapport ? Ils avaient été capturés par les Wraiths.... Peut-être ont ils récupéré leur ADN ?... Tout cela n'annonce vraiment rien de bon.... »
« Oh non !!!!! »

Nelly fit brusquement volte-face, agrippant Apollo par le col sans la moindre explication et l’entrainant avec lui. Elle avait l’air effrayée alors qu’elle se courbait et essayait de se trouver une cachette.

« Ils viennent ici !!! Ils viennent droit sur nous ! »

Elle avisa l’espace entre deux monticules de caisses, trouvant qu’elle était assez petite pour s’y glisser avec sa combinaison. Mais pas adam, il était plus grand, plus costaud. Il ne pourrait pas se planquer efficacement. Il devait trouver un autre endroit...a moins que…

« Cache toi ! » S’écria Nelly dans un souffle en activant l’ouverture d’une caisse. « Cache toi, vite !!! »

Adam ne prit même pas la peine de réfléchir. Il lui faisait entièrement confiance. Il sauta droit dans la caisse, grimaçant fortement en sentant le contact avec la gelée immonde.... Puis.... Avec le corps qu'elle contenait. Il ferma les yeux, tentant de contrôler sa respiration, tandis que sa main se glissait à toute allure vers son Zat, l'activant. Pas bouger. Pas faire de bruit.
Il sentait les bras de cette.... Chose.... Contre sa combinaison. Il devait rester calme. Ne pas paniquer. Il le sentait tout contre lui, comme prêt à le retenir et le noyer dans cette cache. Pas bouger. Rester calme. Calme.... Calme…

Nelly se planqua immédiatement derrière de colonne de caisses, à proximité de celle d’Adam, et elle ne bougea plus. Aussi bête que ça pouvait être, elle cessa même de respirer alors qu’un groupe de sbire passait dans leur allée pour se rendre à une destination inconnue. Mais le tout dernier était un originel et il s’immobilisa soudainement, levant légèrement le nez comme s’il avait senti quelque chose. Entre les interstices que faisaient les caisses, Nelly le voyait plutôt bien. Donc lui aussi pourrait la voir. Mais c’était surtout un autre sens, comme s’il captait la présence d’une proie. Il était là, en train de tourner la tête, comme s’il sondait les environs par un pouvoir inconnu. L’expression de Nelly s’était décomposée en un rictus d’horreur alors qu’il regardait le sol et découvrait quelques traces de fluide visqueux. Il grogna puis approcha doucement d’une caisse, faisant marche arrière, avant de revenir la position de Nelly. L’originel activa celle qu’il pensait être responsable de cette fuite et en tira le corps, comme s’il comptait découvrir un traitre, et s’immobilisa en n’y voyait qu’un Matt inerte.
L’ennemi gronda de nouveau. Il lâcha le captif et approcha doucement d’une nouvelle caisse...celle dans laquelle Adam était planquée.

Peu à peu, le pilote reprenait son calme. Cela s'approchait de lui.... Il devait.... Rah non.... Il bougea doucement dans la caisse, de façon à se retrouver sous le corps qui l'accompagnait. Il fallait espérer que cela marche.... Sinon.... Adam remonta doucement son zat, le serrant contre son torse à deux mains.

Sinon, il était mort.

Le panneau s’ouvrit et une main d’originel plongea brutalement dans la soupe. Le Matt fut extripé sauvagement avant d’y être replongé avec la même force. Pas de mauvaise surprise, pas de découverte, leur discrétion venait d’être sauvée. Nelly souffla brusquement dans sa radio, comme si elle avait été en apnée jusqu’à la limite du malaise, et elle récupéra doucement en plaquant une main contre son coeur tandis que l’originel s’éloignait en secouant son bras souillé.
//Tu as dû être agent secret dans une autre vie...// Murmura-t-elle ironiquement dans une soudaine euphorie victorieuse. //Je te fais sortir de là, attends...//

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Adam ne bougeait plus. Il ne parlait plus. Il ne respirait même plus. Il laissa simplement s'échapper une sorte de très légère plainte dans la radio, tandis qu'il se dégageait du corps le recouvrant. Son cœur battait tellement vide que sa tête se mettait désormais à tourner.

Nelly s’inquiéta brusquement de ce silence. Elle n’avait pas entendu la petite plainte dans sa radio et elle ouvrit fébrilement la caisse pour essayer d’aller plus vite. Cette fois-ci, elle ne fit pas grand cas de plonger ses mains dans la mélasse, farfouillant en espérant trouver son frère d’arme.
//Adam ??? Adam, réponds-moi !!!//
Elle en sortit Matt puis pesta, le retournant sur le côté pour continuer de fouiller, trouvant finalement une nouvelle silhouette qui eut une réaction au contact de ses doigts. Nelly tira de toutes ses forces pour lui permettre d’émerger et elle distingua le casque de son ami, complètement recouvert de mélasse, ce qui lui arracha un rire nerveux.
D’un geste tremblant, elle entreprit d’essuyer sa verrière d’un coup d’avant bras, lui libérant enfin la vue alors qu’elle tentait un trait d’humour.

« Apollo, le premier homosexuel à avoir copulé avec un clone, encore tout frais, dans son emballage... »

Adam ne réagit pas au début, avant de se mettre à avoir un rire nerveux, se crispant conte la paroi de la caisse pour en sortir à toute vitesse.

« Tu riras moins.... Lorsque je vais t'enfermer avec une des Pedge... »

Il contrôla rapidement sa respiration haletante, regardant autour de lui à toute vitesse.

« Faut qu'on déguerpisse d'ici, et vite. »

Et à peine avait-il prononcé ces mots. A peine avait il reposé le pied par terre qu’un soudain déséquilibre du sol failli l’envoyer bouler sur Nelly. Un rectangle parfait semblait s’être dessiné dans le sol brumeux, témoignant du fait qu’il n’était pas véritablement dans un entrepôt mais dans un monte charge ! Toute la surface du stoc était en train de descendre à la surprise générale. Tandis qu’un plafond était en train de se reformer là-haut, surement pour redéposer un certain nombre de caisses, Nelly et Adam se retrouvèrement bloqués dans cet endroit sans portes ni ouvertures. La jeune femme avait le coeur qui recommençait à monter dans les tours et elle poussa une plainte en découvrant des dizaines de lianes organique...non...DES CENTAINES !!!...en train de se mouvoir depuis le sol et les parois. Nelly recula en pointant son zat, pensant qu’elle allait se faire attaquer, mais elle découvrit alors que ces tentacules s’enroulaient autour des caisses pour les agencer. Elles les positionnaient peu à peu en file indienne, debout, sur une sorte de tapis roulant organique qui les faisaient passer dans une nouvelle zone.

Les deux pilotes étaient faits comme des rats.
S’ils ne voulaient pas finir en cadavre desséché ici, découvert par les Wraiths, ils avaient intérêts à suivre les sarcophages. Sans oublier qu’ils devaient encore découvrir pourquoi les Wraiths avaient cloné tant de Pedge et de Matt mais pas des Natus. La petite espagnole déglutit en croisant le regard de son confrère. Ca se passait de commentaires, ils devaient y aller. Elle évolua donc en se positionnant derrière l’une des caisses, s’accrochant à Apollo pour ne pas tomber lorsqu’elle grimpa sur le tapis roulant, puis la chose les emmena avec les caisses dans la nouvelle zone…
Une zone immense…
Une zone dantesque…

« Dios mio... » Murmura Nelly.

C’était comme un couloir immense, comme si on avait aménagé un ravin. Il y avait un autre tapis roulant sur le bord opposé et on y voyait le retour de nouveaux sarcophages transparents, éclairés, où se trouvaient des Matts et des Pedges, yeux ouverts, complètement immobiles, armés jusqu’aux dents et couvert de l’uniforme d’Atlantis. Mais pas que…
Souvent, on trouvait ces mêmes binomes ayant un uniforme qu’Adam reconnaitrait sans difficulté...celui des Natus...avec la réplique de leurs fusils…

« Mais...mais... »

Donc, à l’opposé de leur position, sur ce tapis roulant, de nombreuses lianes organiques caputraient les sarcophages en retour pour les disposer dans des logements prévus à cet effet contre le flanc de cette sorte de ravin. Un témoin lumineux s’allumait à chaque fois qu’un emplacement était occupé. C’est donc naturellement que Nelly progressa au bord du tapis roulant pour baisser le nez et découvrir...une nuée de lumière tapissant le flanc de ravin jusqu’à un fond ténébreux.

« Ce n’est pas de la nourriture...c’est...une armée ??? Mais pourquoi ??? »

Adam était tout aussi abasourdi que sa comparse d'infortune. Il était terrifié. Pour une des rares fois de sa vie, il était pétrifié par la peur.

« Je... Je ne sais pas... Et s'ils se servaient de tout ça pour... Nous combattre ? Tu tirerais sur une Pedge toi ? Et un Matt ? »

Nelly avait serré le poignet d’Adam comme dans une recherche de réconfort ou pour le rassurer dans le même temps. Il y en avait des centaines, si ce n’est quelques milliers, et ce tapis roulant continuait d’amener toujours plus de sarcophages.

« Non... » Balbutia-t-elle en réponse. « Matt est un ranger expérimenté et un excellent tireur... Pedge est un commando d’élite des forces spéciales...mon dieu...s’ils étaient envoyés contre nous... »

Adam écarquilla les yeux, se rendant compte soudainement de l'horrible vérité.

« On ne peut pas laisser faire ça... On doit trouver un moyen de stopper ce processus.... »

Il regarda dans la direction ou les emmenait le tapis roulant. Ou allaient-ils finir ?

« On ne peut pas. » Lâcha-t-elle en poussant un profond soupir. « Souviens-toi de ce qu’ils nous ont dit. Si on se fait griller, s’il y a la moindre trace d’intervention Atlante, la reine va déménager tout ça et on pourra plus intervenir... »

Nelly secoua la tête, blanche comme un linge.

« Il faut qu’on sache pourquoi elle fait ça, comment. Et on ramène tout ça au CODIR. Qu’ils envoient le Dédale, l’Athéna, toute l’artillerie de la galaxie sur cette usine du diable ! »

Adam hocha simplement la tête. Toute action de leur part allait tout simplement mettre à l’échec leur mission de reconnaissance. Là, ils rameneraient beaucoup plus que des clichés depuis un F-302 volant dans une tempête. L’hypothèse que les Natus soient dupliqués ici pour servir de monnaie devenait complètement caduque. La reine avait apparemment une autre idée, cette installation servait à autre chose qu’à produire de la nourriture, et la menace était bien plus grande que ne pouvait le suspecter Atlantis.
Mais soudain, un claquement eut lieu. Un bruit très caractéristique, un vacarme qui rappelait les entraînements au tirs durant les instructions, comme si une vingtaine de personnes tiraient avec des armes à feu. Et vu le bruit que cela faisait, on devinait rapidement qu’il s’agissait de P90.

Le tapis roulant déboucha alors dans une nouvelle salle où le sarcophage fut soudainement entravé par des lianes et suspendu au plafond. Il semblait qu’une certaine énergie était transmise au caisson, comme un brutal courant électrique qui se chargeait. Étonnamment, le bruit était comparable à un défibrillateur. Il se déclencha deux fois avant que le sarcophage ne s’ouvre et vomisse soudainement son contenu sur le sol. Le Matt Eversman tomba douloureusement, tandis que les deux pilotes se retrouvaient témoins impuissants de cela, et de nouvelles lianes l’emprisonnèrent alors qu’il peinait à reprendre ses esprits.
Nelly découvrit un relief organique qui semblait surplomber différentes salles. Ils n’étaient plus dans une architecture traditionnelle Wraiths mais plus dans un agencement d’open space à fonctions multiples. Ce relief grimpait comme une gaine jusqu’au plafond avec des rebords suffisant pour se planquer, ce qui suffisait à Nelly pour tirer la manche de la combinaison d’Apollo et l’attirer à sa suite. Planquée avec lui, elle s’apprétait à lui demander ce que pouvait bien subir le clone de Matt jusqu’à ce qu’une étrange chose organique ne se détache du haut plafond pour descendre jusqu’à lui. On aurait dit une sorte de mygale visqueuse et repoussante, dont les pattes se fixèrent soudainement autour de sa tête comme un prédateur qui voulait l’ensemencer. Un peu comme le film d’horreur alien. Il y eut deux flashs de lumière, ce qui fit hurler le Matt de douleur. Mais puisqu’il était pris par la tête et suspendu par les lianes qui le tenaient à la taille, le pauvre homme gesticula brutalement des jambes et des bras sans même pouvoir se défendre.
Et là...là...des dizaines de flashs se succédèrent de plus en plus rapidement. Nelly se recouvrit le visage de ses mains, voulant échapper à tout ça, alors qu’elle entendait d’horribles cris de douleurs provenant de ce Matt. Mais tout comme Adam, elle ne pouvait pas dévier sa caméra de l’horrible réalité. Pour la mission...

La réfraction de ces flashs imprimaient dans les parois des scènes de vies du véritable Matt. Comme un appareil photo qui traduisait des expériences personnelles, des souvenirs. Mais c’était faux. Les scènes étaient montées de toutes pièces. Il s’agissait de souvenirs où Matt souffrait d’horribles tortures infligées par le colonel Sheppard, par des membres du Codir. Il y avait Hoffman qui lui tournait autour, comme s’il usait de ses compétences de dirigeant pour le réduire, l'amoindrir de ses propos. Des images complètement fausses où on le battait, où on le traînait au sein d’une foule en délire qui le conspuait et l’humiliait. Ces scènes étaient inacceptables, elles étaient tout bonnement immondes et malsaine. Il y avait même des souvenirs où Pedge semblait être torturée sous ses yeux. Avec des actes ignobles et inhumains que les mots ne suffisaient pas à traduire. Et quand ce n’était pas elle, c’était son tour. Mais toujours par des membres d’Atlantis...voir même des Natus...mais jamais des Wraiths.

La mygale se décrocha de son visage et les lianes redéposèrent délicatement la victime sur le sol. Il était nu, recroquevillé et en état de choc. Entendre Matt pleurer en réalité, quand on le connaissait sur la cité, c’était quelque chose de perturbant qui atteignait en plein coeur. Si bien que Nelly avait envie de se jeter à ses côtés pour le rassurer, tout lui expliquer, lui dire que ce qu’il avait vu était faux. Mais il y eut du bruit et la porte organique s’ouvrit sur un originel à l’avant bras taché...celui qui avait failli trouver Adam dans le caisson !
Il invita d’un signe de tête le ranger à le suivre et celui-ci se redressa pour s'exécuter, une forme de haine peinte sur le visage.

« Je...je comprends pas... »

Adam fit signe à Nelly de ne pas faire de bruit d'une main, fixant la scène, attendant la suite. Ils ne devaient surtout pas être repérés. Tout comme elle, il se sentait profondément bouleversé par ce qu'il voyait. Mais ils devaient enregistrer tout ce qu'il se passait. Toute l'horrible vérité.

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La jeune femme acquiesça mais elle respirait à peine. Elle ne voulait pas en voir plus, elle ne voulait pas aller plus loin. Les Wraiths étaient cruels, elle le savait bien. Mais là ça défiait véritablement toute logique. Nelly ne s’activa que pour suivre Adam qui se déplaçait discrétement sur un nouveau couvert. Ils surplombaient l’une des multiples salles d’open space, là où s’agitaient beaucoup de clones devant des originels.
Nelly retrouva le clone en question puisqu’il était le seul à être nu. L’originel l’amena jusqu’à une table où se trouvait des vêtements Atlante ainsi qu’un équipement complet. P90, couteau, radio, pain de C4, un véritable arsenal. Nelly en était encore à se demander comment ils avaient eu ce matériel, s’il avait été volé ou dupliqué. Quoi qu’il en soit, le clone de Matt s’habilla entièrement puis arma son P90. L’originel l’amena jusqu’à un sorte de champ de tir où un hologramme se matérialisa. L’image d’Alexander Hoffman apparut et le clone fît feu sans la moindre hésitation. Woosley y passa, Erin Steele aussi. Puis vint le tour de Sheppard, l’air suppliant, une sorte de voix faussée sensée le représenter suppliant sa clémence. Le clone le termina au neuf millimètres avec un sourire sadique et ravi puis le silence retomba. Déjà, on amenait dans certaines salles de nouveaux sujets que la mygale venait de traiter.

Pourtant, Nelly trouva soudainement un Matt qui semblait agité. Il n’osait pas tirer, comme en proie à un doute intérieur, comme s’il se méfiait de ses propres souvenirs. L’originel qui s’occupait de lui pointa un doigt vers les cibles mais ce Matt-là retourna son arme contre l’originel...une arme qui s’enraya fatalement. La coïncidence était trop forte pour songer au hasard. L’arme devait surement être faite pour ne pas tirer sur les Wraiths.
L’originel l’agrippa par la gorge et le jeta dans une annexe où patientaient des dizaines de sbires. Ils étaient épuisés et tenaient à peine debout. Donc, littéralement affamés, et bien organisés qu’ils étaient : celui en tête de file dévora le clone défectueux sans la moindre pitié. Il emmena le cadavre momifié et l’arme sur son retour tandis que la file indienne s’avançait et qu’une Pedge estropiée venait d’être jetée.
Les originels retournaient alors prendre un nouveau sujet.
Il y avait une sélection...ceux qui tiraient sans la moindre retenue étaient réapprovisionnés en munitions puis replacés dans les nouveaux sarcophages. Ceux qui étaient rangés avec le témoin lumineux…
Mais parfois, quelque uns semblaient être emmener ailleurs, dans une nouvelle zone qu’ils ne pouvaient pas voir d’ici. Les meilleurs, les plus violents, les plus sadiques…

Petit à petit, Adam commençait à faire preuve d'un calme glaçant, prenant du recul avec tout cela. Il devait rester concentrer. Il continua d'entraîner Nelly, voulant découvrir ce qu'il se passait plus loin.
« Je...je peux pas...Apollo... »
Le pilote s'immobilisa, se retournant vers sa copilote.

« Nelly... Ils ont besoin de ces images... Si on veut empêcher tout cela, il faut que l'on en sache un maximum... Il va falloir prendre sur nous. »
« Je sais. Laisse-moi juste reprendre mon souffle, s’il te plait, juste un instant... »

Nelly avait une forme d’hyperventilation. Elle supportait mal tout ce qu’elle voyait et le vide d’Apollo la mettait en colère intérieurement. Pourtant, elle le connaissait bien, elle savait que c’était un moyen de se protéger, de se rendre hermétique à tout ça face à la nécessité de poursuivre la mission. Mais la petite espagnole n’était pas capable d’atteindre ce point. C’était son problème, le sentiment, ça l’avait toujours été. Voir tous ces clones, même si elle savait que ce n’était ni le vrai Matt ni la vraie Pedge, la faisait souffrir. Parce qu’ils mourraient, parce qu’ils étaient manipulés. Parce qu’en temps que clones, on leur avait tout simplement volé la vie et le libre arbitre.

Nelly pressa le bras d’Adam pour lui demander quelques secondes de plus et elle se fit violence pour récupérer du self contrôle. Il fallait qu’elle cesse d’être aussi désorienté. Le lieutenant avait raison, il fallait à tout prix en savoir plus. Alors elle finit par hocher la tête, retrouvant une certaine lucidité, puis elle évolua avec Adam pour progresser jusqu’à la prochaine zone. Il n’y avait pas d’accès et pendant dix minutes, les pilotes se sentirent complètement piégés. Mais en levant le nez, ils découvrirent une aération organique, un tube qui donnait l’air d’une immense artère sanguine. Mais ils ne pouvaient l’atteindre qu’en s’aidant à la courte échelle. Nelly insista pour qu’Adam lui monte sur les épaules et puisse ensuite la soulever, l’inverse lui semblant tout à fait irréalisable compte tenu de sa force. Essoufflée par l’effort qu’elle eut à produire pour supporter le poids du pilote, la petite espagnole atteignit la gaine à ses cotés et évolua longuement avec lui en rampant.

Rapidement, ils tombèrent sur un immense champ de cuves où les sélectionnés étaient déshabillés puis plongés. Des tuyaux organiques venant de la salle suivante alimentaient ces bassins génétiques et, depuis leur hauteur, Adam et Nelly voyait parfaitement bien les différentes étapes de ces cuves. Les sélectionnés étaient peu à peu métamorphosés en Wraiths. Comme sur la Magna, les histoires qui avaient fait le tour concernant Matt et sa transformation, exactement le même type de détails.

Il fallait avancer, il fallait en découvrir plus.
Alors le binôme poursuivit sa progression et bifurqua à l’endroit où il semblait y avoir la sortie des clones transformés en Wraiths. Et là, l’interstice de leur gaine donna sur une véritable ruche d’abeilles. Des milliers d’ouvertures donnaient sur des cocons où de nouveaux clones semblaient être créé. La consommation énergétique devait être magistrale, démente, et il y avait plus regroupement de ces auréoles. La reine semblait adapter la stratégie qui avait vaincu les anciens en l’appliquant sur les clones Wraiths.

« Des Matts et des Pedges, avec leur compétences, transformés en Wraiths...une armée supplémentaire...Pourquoi la reine à besoin de tout ça ? On résistera jamais... »

Mais il y avait encore ces étranges tuyaux qui tombaient du plafond et qui alimentaient tant les cuves que les immeubles de clonages. Il ne transféraient pas d’énergie alors qu’est-ce que ça pouvait bien être ?
La gaine faisait un croisement et s’élevait également en hauteur. Les pilotes avaient la possibilité d’aller voir ça mais Nelly ne semblait visiblement pas savoir comment monter.

Adam suivait les tuyaux des yeux, attentif.

« On devrait aller voir ça.... Tu te sens prête ? »
« Oui, allons-y... »

Adam lui montra comment grimper en se servant de ses jambes et de son dos comme levier. L’escalade fût longue, pénible et particulièrement éprouvante. Les jambes de Nelly se mirent à trembler violemment sous l’épuisement lorsque son collègue trouva enfin une sorte d’ouverture pour passer. Il s’agissait d’une sorte de membrane qui se déchirait facilement et qui leur permettrait de passer. Adam était en éclaireur et il sauta pour tomber au sol trois mètres plus bas, le zat dans les mains. La salle était spacieuse mais pas aussi dantesque que ce qu’ils avaient pu observer jusque là. Nelly eut besoin d’aide pour descendre mais elle fut rapide et elle activa aussi son zat en inspectant les lieux. Il y avait très peu de lumière, l’éclairage était tamisé et il y avait plusieurs bruit de gouttes à gouttes. Beaucoup de piliers s’étalaient dans la salle de manière régulière et des tables les entouraient. Il y avait des ossements recouverts de gélatine dans des vêtements que l’on ne reconnaissait pas. Une forme d’acidité semblait les avoir rongé au point qu’ils étaient méconnaissables.

Nelly vérifia une nouvelle fois que sa caméra fonctionnait et évolua silencieusement aux côtés d’Adam, regardant les tables tout en se demandant ce qu’il s’était passé ici. La surface était couverte de trous d’évacuation et le liquide s’écoulait ensuite à la base du pilier, là où les tuyaux tombaient ensuite pour approvisionner bassins et ruches. Mais Nelly continuait de se poser des questions. Des gens avaient trouvé la mort ici, c’était évident, mais comment ce liquide était produit et d’où venait-il si ce n’était de ces victimes ?

Soudain, quelque chose murmura sur la gauche d’Adam. Une petite voix de femme qui semblait chantonner un air de comptine pour enfant dans une émotion vibrante de détresse et d’agonie. Forcément, Adam et Nelly se dirigèrent prudemment vers le chant, trouvant rapidement la table sur laquelle une silhouette se dessinait encore. Elle semblait être la dernière de toute la série à être encore vivante. Nelly hésita un petit instant mais elle prit le risque d’activer la torche se trouvant sur le sommet de son casque, éclairant d’un grand faisceau une forme humaine à moitié consommée.

La femme avait les mains collées au-dessus de sa tête, entravées par une sorte de collage très résistant, et elle était intégralement recouverte de fines tentacules organiques qui parcouraient son corps avec des petits bruits de succion. Les choses semblaient la dévorer lentement et sûrement en liquéfiant son corps de manière stratégique. Adossée au pilier, assise sur la table, du fluide s’écoulait régulièrement à travers la grille pour alimenter les conduites qu’Adam et Nelly avait vu un niveau plus bas.
La victime ne saignait pas mais l’intérieur de son anatomie était pleinement exposée. Par exemple, ses jambes n’avaient presque plus de muscles et on distinguait clairement les fémurs parfaitement nettoyés. Les petites tentacules carnivores s’infiltraient en-dessous pour finir quelques tendons qui suitaient le même liquide opaque.
La jeune femme avait la cage thoracique ouverte, les poumons se gonflant au rythme de sa respiration beaucoup trop lente pour quelqu’un de lucide. Son coeur battait normalement et on le voyait lui aussi à travers le sternum. C’était comme se retrouver face à la réplique vivante d’un squelette anatomique d’une université. Mais là, la femme était encore vivante. Ses viscères étaient en parties répandues et les lianes carnivores faisaient le tri, les déliant lentement pour aller s'enrouler autour et commencer leur horrible travail.

Pour une raison encore mystérieuse, la seule partie du corps qui n’avait pas encore été consommée était son visage. Les poumons et le coeur étaient intacts, visiblement pour garder la victime vivante le plus longtemps possible. Et quelque chose devait bien la renforcer pour ne pas mourir de ces horribles mutilations. Mais son visage était simplement encadré de liane lui plaquant la tête contre le colonne.
La pauvre avait dû voir ses jambes disparaître, ainsi que ses intestins lui tomber dessus. C’était un cauchemar et Nelly resta horrifiée, la bouche entrouverte, sa lampe continuant d’éclairer tous les détails tandis que la victime relevait légèrement les yeux d’un air absent. Elle était dans un état second, comme droguée, mais elle eut un moment de lucidité et laissa un bref sourire illuminer son visage alors qu’elle prononçait lentement :

« Loué soit les Trois. Tu as répondu à ma prière Adam...j’ai tant rêvé de ce jour, tant supplié... »

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Adam manqua de défaillir, son zat tombant de sa main alors qu’il venait s’agenouiller au bord de la table, les larmes au yeux. Non. Pas elle. Pourquoi fallait il que ce soit elle ?

La femme qui se trouvait face à eux. C’était Enyore, la femme qu’il avait sauvé lors de la bataille. Il tenta de dire quelque chose, mais sa gorge tremblante ne laissa échappa qu’une profonde plainte désolante. Comment avaient pu lui faire ça ?... petit à petit, il sentait des larmes couler le long de son visage. C’était trop. Il finissait peu à peu par craquer.

Il baissa la tête quelques secondes, tentant de calmer sa respiration saccadé. Finalement, il redressa les yeux, et, d’une voix totalement cassée, il parvint simplement à articuler :

« Pourquoi ?... »

Nelly se rapprocha d’Adam et ramassa son arme.
Elle le regarda silencieusement, découvrant la peine et douleur qui peignait son visage et qui l’avait soudainement impacté en reconnaissant cette femme. C’était une Natus et il s’était battu là-bas, il la connaissait, il s’était attaché. La petite espagnole se rendait compte de tout ça en le voyant réagir. Combien de temps avait-il espéré pouvoir libérer les captifs et celle-ci par la même occasion ? Dans quelle circonstance avait-il sympathisé ?

L’hispanique laissa courir son regard sur le corps ravagé de la captive avec ses organes à nu et dévoré : elle était foutue. Elle posa une main sur l’épaule d’Adam pour essayer de le soutenir en vain.
Sa petite voix d’outre-tombe répondit, elle était vaseuse, comme entre deux réalités. Elle semblait chercher dans sa mémoire alors qu’elle demeurait dans cette posture entièrement soumise aux tentacules carnassières.
« On nous avait dit que nous serions en sécurité. On nous l’avait dit... » Elle monta son regard las sur Apollo. « Je pensais à toi...je me demandais quel homme tu pouvais être pour tant de bonté, d’humanité en ton coeur. J’étais avec les autres...et Liud, mon fils... »
Elle cligna des yeux, comme si elle s’en rappelait pour la première fois.
« Par les Trois. Liud... » Elle poussa une plainte. « J’étais avec lui, je le serrais contre mon coeur. Et là...là...les pointes volantes son arrivée...avec ce bruit horrible. Les gens hurlaient, ils couraient, ils priaient... »
Enyore écarquilla les yeux, elle commençait à retrouver les détails.
« J’ai vu une étrange couleur venir, une toile transparente qui mangeait les gens, elle est allée droit sur moi et puis... »

En parlant, la Natus reprenait conscience de son environnement, de sa position, de l’horreur qu’elle vivait. C’est comme si cette odieuse réalité lui avait échappé un instant ou que son esprit l’avait volontairement occulté pour préserver sa santé mentale. Enyore tira sur les liens mais ses mains étaient carrément fusionnées au piliers. Elle poussa une plainte d’horreur quand son regard se baissa sur ce qu’il restait de ses jambes et ses viscères stratégiquement exposée au monstre qui la dévorait.
« Liud...ils me l’ont prit. Ils triaient les Natus, les séparaient des enfants. Et les dévoreurs...ils les ont emmené ailleurs... »
Adam lança un regard désemparé vers Nelly, avant de se redresser doucement, tremblant. Son regard ne pouvait se détacher cependant trop longtemps de cette scène d'horreur. Il parvint cependant à articuler quelques mots.

« Ou ça.... Ou les ont-ils amenés ? »
« Ils parlaient. La reine avait grand projet et attention pour eux...Je ne sais pas... »
Enyore regarda faiblement les tables autour d’elle.
« On avait peur quand on voyait...ils pleuraient, ils suppliaient. Mais le dévoreur ricanait. Les Trois ne nous entendent pas ici...et ils ont donné obscurité...pour qu’on ne se voit plus...fondre...dévoré... »
La jeune femme lâcha une plainte plus forte.
« Pitié...j’ai peur Adam...j’ai peur ! »

Adam eu le réflexe de vouloir poser sa main contre la sienne... Avant d'avoir un léger mouvement en se rappelant de l'état de ladite main. Il commença à paniquer, ne sachant plus trop quoi faire, avant que son regard se pose sur son arme... Puis sur Nelly.
Elle secoua négativement la tête.
« Le zat donnera l’alerte... » Répondit-elle dans un souffle de peur.
La jeune femme regarda Enyore et son état plus que lamentable. Mission ou pas, elle ne souhaitait à personne de finir dans cet état. La Natus commençait à prendre pleinement conscience et son instinct de survie faisait qu’elle tremblait et pleurait.
« Tu ne vas pas me laisser comme ça hein ? » Fit-elle d’une petite voix.
Cela acheva de convaincre Nelly. Elle baissa la tête, comme si un poids horrible l’opressait, puis elle finit par acquiescer. Adam aurait l’aide qu’il méritait. Enyore aurait sa liberté. Elle ne croyait pas à ce qu’elle s’apprétait de faire. Nelly souffla avant de s’approcher sur le flanc de la table et d’approcher sa main pour emprisonner les narines et la bouche de la victime. Mais celle-ci se défendit un instant avant de dire :
« Tu...tu t’occuperas de Liud, tu veilleras sur lui, tu m’en fais serment ? »
Adam, les larmes aux yeux, se contenta d'acquiescer lentement, n'arrivant pas à dire un seul mot de plus.

« Je pars en paix alors... »
Son regard passa sur Nelly et elle acquiesça avant de fixer Adam avec insistance. D’une voix plus assurée et plus martiale, dans un sursaut d’honneur et de volonté, elle récita doucement :
« Par les Trois Valeureux qui libérèrent nos ancêtres...Puissiez-vous accueillir les âmes des courageux sacrifiés dans la grandeur que nous recherchames de notre vivant. Que leurs sorts ne soient pas vains, comme le furent ceux qui nous ont alors précédé. »
Quelques larmes glissèrent et le célèbre « Tairius ! » s’éleva avant que Nelly lui obstrue bouche et narines de sa main gantée. Bien sûr, l’instinct de conservation agissant jusqu’au bout, Enyore avait retenu sa respiration mais elle continuait de regarder Adam comme pour trouver le courage dont elle avait besoin. Pendant trente longues secondes, elle l’avait fixé ainsi, passant de gratitude à moments de panique, puis à une forme de sérénité.
Et soudainement, son visage se mit à trembler, comme si elle refusait de mourir, comme si ce qu’elle avait demandé était retiré, qu’elle n’était plus d’accord. Nelly se mit à pleurer tout en sentant les tressautements furieux d’Enyore sous sa main et elle baissa la tête dans l’espoir d’échapper à ce qu’elle était en train de faire.
Elle tuait une Natus de sang-froid. Elle l’étouffait sans la moindre pitié jusqu’à la mort.

« Je suis désolée ! Si désolée !!! » S’écria Nelly dans un éclat de pleurs.

Les tremblements du visage d’Enyore atteignirent un paroxysme alors que son regard paniqué restait sur Adam en un “pourquoi ???”. Un horrible râle ponctua sa dernière douleur et le coeur que l’on voyait au travers des poumons s’arrêta alors. Son coeur qui battait si vite et si brutalement...cessa d’un coup. Les poumons ne bougaient plus sous les vaines tentatives, et plus aucun muscles ne tresaillaient.
Les lianes continuaient leurs travail de manière imperturbable. On n’entendait plus que dans ce silence morbide les respirations altérées et paniquées des deux pilotes. Nelly enleva doucement sa main et brisée par l’émotion, par le choc psychologique, elle s’effondra au pied de la table en plongeant sa tête entre ses jambes. Elle se fit violence pour retenir ses sanglots mais elle n’y parvint pas. Son dos se secoua sous les pleurs qui l’envahirent alors qu’elle martellait le sol de ses mains.

Enyore était morte...son visage crispé continuait de fixer Adam. Mais il n’y avait plus rien. Plus d’émotions. Un vide indéfinissable.

Elle était partie...

Adam était resté paralysé par la terreur tout le long de cette scène, le visage recouvert de larmes, incapable ne serait-ce que de bouger un seul muscle. Et lorsque ce fut fini.... Il se laissa glisser à côté de Nelly, fixant le vide, les yeux écarquillés. Pendant près d'une longue minute, il demeura ainsi, tremblant, plongé dans ses sombres pensées. Il finit par redresser très légèrement la tête, la tournant vers Nelly, se pinçant les lèvres.

« Il faut.... Il faut qu'on sorte d'ici... »
« Je veux plus rester ici...je veux rentrer à la maison ! »

Là c’était trop d’horreurs.
Beaucoup trop. Il fallait qu’ils se sauvent en vitesse et qu’ils repartent sur Atlantis, que le CODIR apprennent que cela dépassait tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Les Natus sur ces tables avaient servi de matériel génétique pour les cuves en-dessous et les énormes ruches de clonage. Il fallait qu’ils se tirent de là bon sang. Les Atlantes devaient savoir !!!
C’est ce qui donna à Nelly la force de se relever et d’aider Adam à sa suite.

« Cassons-nous Apollo. On en a vu assez !!! » Fit-elle d’un air résolu.

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Il y avait une porte dans la salle du fond.
Elle s’ouvrit soudainement en dévoilant deux silhouettes dans le contre éclairage. D’ailleurs, la lumière revint brutalement et eut un effet éblouissant sur les deux pilotes. Mais là, c’était le pire qui pouvait leur arriver. Même pas le temps de se cacher, les deux Wraiths se trouvaient en face d’eux à l’encadrure de la porte organique. Une alarme avait dû sonner quelque part. Ou ils avaient été au courant de la mort de la dernière victime Natus.
Nelly activa son zat et le pointa sur eux. Mais elle fut incapable de tirer, étant de nouveau percutée par un soudain sentiment étrange, celui de la familiarité. Là, en face, il y avait Pedge et Matt en uniforme Atlante.

« Oh non... » Souffla-t-elle.

Le duo penchait la tête silencieusement, comme pour se demander ce que ces deux combinaisons de pilotes animées foutaient là, puis Matt fit un signe de tête à Pedge qui referma la porte dans leurs dos. Ils avancèrent alors d’un air intrigué et Nelly recula d’un pas avant de se retrouver le bassin collé à la table. Elle se voyait déjà à la place d’Enyore, la mission étant un échec. Mais c’était Pedge qui venait sur elle, le pire des épreuves qu’elle pouvait subir, tandis que Matt approchait d’Adam.

« N’APPROCHE PAS !!! » Cracha rageusement Nelly en pointant son arme d’une main terriblement tremblante.

Mais Pedge et Matt, ces deux-là, n’étaient pas en Wraiths. Sauf les yeux, les pupilles qui avaient changé, mais le reste était comme les originaux. Les mêmes réactions, les mêmes mimiques. La mèche rebelle de Pedge qui lui descendait sur les yeux, avec son chignon super strict et son air de terminator. Elle était pareille et ça déstabilisait Nelly qui tremblait de plus en plus. Alors que Matt restait à distance d’Adam en le regardant, Pedge tendit la main droite et l’avança, frôlant de ses doigts le Zat.

« NAN ! ARRÊTE ! ARRÊTE !!!!!! NE ME FAIT PAS DE MAL !!!! » Hurla Nelly en donnant des accoups avec le zat comme pour réitérer la menace.

Ils ne parlaient pas.
Mais les armes ne leur faisaient ni chaud ni froid. Ils semblaient n’avoir aucune expression sur le visage. Pas d’air agressif, pas d’air accueillant. Matt s’approcha alors d’Adam et tendit sa main droite, paume vers le bas, comme pour lui demander son arme.
Le pilote resta pétrifié devant cette scène, divers sentiments se battant au sein de son corps, chacun cherchant à prendre le dessus. La peur. La pitié. L'intérêt. Mais finalement.... Finalement, lorsque Matt leva la main, ce fut celui qu'il redoutait le plus qu'il prit le dessus. La colère. La haine, l'envie de vengeance pour ce à quoi il venait d'assister.

« Va te faire foutre, saloperie. »

Il leva soudainement son arme, avant de tirer. Puis de tirer une nouvelle fois. Et encore une autre…

Matt avait fini en poussière, son corps s’étant dissipé et volatilisé.
On aurait pu penser que cela allait faire réagir Pedge, qu’elle se mettrait à attaquer, mais elle eut un sourire satisfait. Elle fixa un instant Nelly avant de se mettre exactement à la même place, là où se trouvait Matt peu de temps avant, et d’inviter le pilote du regard à faire exactement la même chose. Elle avait même l’air impatiente.

A coté, Nelly ne bougeait plus, ne parvenant pas à trouver une explication plausible à cette situation. Son regard paniqué se tourna vers Adam, se demandant s’il allait aussi la tuer de sang-froid. La mort d’Enyore l’avait il perturbé au point qu’il veuille se venger de tous ceux qui se présenteraient sous son arme ? Ils risquaient d’être découvert s’ils laissaient Pedge vivante. Mais aussi bête que soit le sentiment au fond des tripes de Nelly...c’était Pedge…

Adam avait le regard sombre. Il gardait son arme pointée sur Pedge. Il ne tremblait plus. Seul un sentiment de froid intense s'échappait de lui. Il articula finalement, au bout de quelques secondes, d'une voix solide et agressive.

« Qu'est-ce que tu es ? »
« Adam...tu ne vas pas... »

La Pedge en question restait muette. Elle pencha la tête sur le côté en marquant une hésitation quant à lui répondre. Elle voulait l’obliger à tirer pour qu’elle meurt comme Matt mais peut-être se contenterait-il de la paralysie ?
Doucement, le clone de Pedge se décala avec un léger sourire et approcha de la table où Enyore reposait. Elle leva son index et le plongea dans la soupe visqueuse, profitant qu’elle soit peu étendue pour dessiner le dernier signe de l’adresse d’Atlantis, son dernier chevron.

« Tu n'es pas Pedge. Tu es un clone. Une copie, créée à partir de cadavres de gens de valeur. »

Sa voix était glaçante, directe. Il gardait son arme pointée vers elle, la fixant, prêt à tirer.
Mais la jeune femme n’était vraiment pas intimidée. On ne peut pas contraindre et menacer quelqu’un qui semble vouloir y passer. Elle leva les yeux au ciel avant de réfléchir un instant et d’inscrire à côté une mention propre à l’histoire militaire, pas forcément américaine, mais qui allait définir pleinement ce qu’elle était.
Son index traça l'abréviation “F.F.L”.
Adam fronça les sourcils quelques secondes, hésitant. F.F.L. était l'abréviation des Forces Françaises Libres. De ce qu'il avait retenu des livres sur l'aviation de son père, il s'agissait de français menant la lutte contre les allemands lors de la seconde guerre mondiale. Des résistants... Mais.... Quoi ?

« Qu'est-ce que tu essaies de nous dire ? Que tu es différente des autres ? Tu crois vraiment qu'on va gober ça ? On a vu ce qu'il advenait de ceux qui allaient contre le système. Ils étaient dévorés. Qu'est-ce qui nous prouve que tu n'es pas juste là pour gagner du temps, en attendant que les Wraiths arrivent ? »

Sa voix était emplie de conviction. Nelly allait tôt ou tard devoir s'interposer, avant qu'il ne craque.
Pedge eut un sourire narquois et s’avança, positionnant son front à hauteur du zat, elle n’avait visiblement pas l’intention d’aller plus loin dans ses explications. Elle était incapable de parler et elle n’était pas là pour convaincre Adam. Elle était là pour avoir la chance de mourir.

« Adam... » Fit Nelly, le regard écarquillé. « Adam...ne la tue pas... »

Adam resta immobile quelques secondes, avant de pousser un cri rageur, décrochant une droite au niveau de l'oreille droite de Pedge. Il recula, marchant quelques pas, tentant de regagner son calme.

Nelly se porta sur le clone de Pedge, regardant si elle n’était pas trop blessée, le coup semblait l’avoir déboussolée et elle était à genoux sur le sol. Son regard revint ensuite vers Adam. Elle savait que ce n’était pas la vrai Pedge, sincèrement, elle le savait. Mais au fond d’elle, elle sentait qu’elle n’était pas mauvaise, qu’il y avait quelque chose d’autre.
« Adam...reprends-toi... »
Elle se redressa et s’approcha lentement de lui.
« Je suis désolé pour…elle...vraiment...j’ai vu que tu l’aimais beaucoup... »
Nelly soupira et affichait une compassion mélée de sincérité.
« Mais regarde. C’est une victime ce clone. On ne lui a pas demandé son avis...et il n’y a toujours pas de Wraiths qui nous sautent dessus. On est pas découvert, on entend pas d’alarme...et si... »
Le petite espagnole tourna son regard vers Pedge qui restait assise, plaquant une main contre son oreille.
« Et si la reine s’était plantée ? S’il y avait bien une résistance ? »

Adam prit une grande inspiration, avant de souffler profondément. Il se tourna vers Nelly, le regard encore un peu dur, presque dégouté.

« J'espère que tu as raison.... Je l'espère sincèrement. »

Il s'approcha du clone, gardant son arme au niveau de sa hanche, l'observant quelques secondes, avant de finalement prendre la parole.

« Combien êtes vous dans ton cas ? »

Nelly restait près de son pilote, ayant également son arme en main. Pedge se redressa, sa tempe saignant un peu, et elle lui tourna lentement le dos avant de s’approcher de la porte et de l’ouvrir. Elle regarda dans le couloir à l’extérieur puis, s’assurant qu’il y avait personne, elle fit un signe de tête.
Apollo lança un vague regard vers Nelly, avant de venir emboîter le pas à Pedge, méfiant, serrant son zat contre lui. L’hispanique avait posé sa main sur le dos du pilote d’un air compatissant. Il ne pouvait même pas faire son deuil et la raison le privait de toute vengeance dans l’immédiat.

Le clone de Pedge les mena tout le long de plusieurs couloirs. Elle s’arrêtait parfois, leur faisant signe de rester dans le contour d’un couloir afin qu’elle vérifie l’absence de Wraiths, puis elle continua de les guider pendant une quinzaine de minutes. Ils pouvaient entendre le boucan en-dessous du tri effectué par les Wraiths.
Au bout d’un moment, Adam et Nelly furent surpris par un binôme de clone qui apparurent dans leurs dos. Mais ils demeurèrent immobiles, passif, avec le même air que ceux qui les avaient trouvé la première fois. Pedge atteignit une porte puis elle passa la main devant le capteur Wraith, dévoilant une sorte de dortoir où se trouvaient une quinzaine de clones. Tous par binomes, ils fixaient avec intérêt Nelly et Adam.
Le clone de Pedge entra à l’intérieur comme si elle était chez elle et s’installa sur un banc, fixant ses camarades sans dire un mot. Dans leurs dos, le binôme venait de repartir, ils n’étaient pas contraint d’entrer.

« On dirait qu’ils se parlent par télépathie...comme les Wraiths...mais ils ne nous agressent toujours pas... » Nota doucement Nelly.

Elle regarda Adam, se demandant s’il comptait faire un massacre de tous ces clones ou essayer d’en savoir davantage.

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Jeu 15 Mar - 13:34
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Adam resta figé quelques secondes, les observant un à un, la gorge nouée. Il hésitait. Il hésitait réellement. Mais il devait rester concentrer.

Pourquoi est-ce que vous ne vous êtes pas fait prendre ? Et pourquoi vous battez vous contre eux, tandis que les autres les suivent ?

La pedge sur le banc fit un signe de tête et les autres s’animèrent. Pendant qu’on les tiraient pour fermer la porte du dortoir, quelques clones déplaçaient un lit à trois étages pour découvrir une fausse plaque murale organique. Derrière se trouvait quelque chose...une gravure...l’image d’un souvenir commun. Le tableau gravé à même la paroi organique représentait la salle de briefing de la cité. Le point de vue donnait sur une équipe, celle qui partait au combat pour la Magna Caverneum, avec les visages des différentes personnes. On y trouvait aussi Adam, assis devant son café, comme cela avait été le cas le jour du briefing. Sheppard avait des fioles dans les mains, la bouche ouverte, donnant visiblement ses ordres. Ce souvenir là, il n’était pas trafiqué, c’était une image réelle de la vie militaire juste avant la guerre sur la Magna. Et c’était un souvenir tiré du véritable Matt, de la véritable Pedge, qui contredisait carrément toutes les manipulations mentales que ce groupe là avait subi.
Les clones s’étaient massés devant cette image. Les premiers la touchèrent comme s’ils voulaient l’imprimer en eux tandis que les autres, derrière, posaient les mains sur les épaules comme pour faire un lien, une attache.
Ces clones savaient qu’ils étaient manipulés.

Adam en resta bouche-bée. Il s'approcha de la gravure pour l'observer de plus près. C'était réel. Il avait eu tort. Il se tourna vers les clones, un sentiment de remord subit l'envahissant en repensant au Matt qu'il avait fait disparaître quelques minutes plus tôt.

Il.... Il faut qu'on sorte d'ici. Mais nous reviendrons. Pouvez vous nous promettre de nous aider, ce jour-là ?

Pedge secoua négativement la tête. Elle tendit lentement la main et prit le zat de Nelly. La petite espagnole poussa une plainte de réprobation mais elle n’avait pas la force de refuser, aussi délirant soit le risque. Mais elle n’y parvenait pas. Cette scène, elle comprenait la même chose qu’Adam même si elle n’y était pas. Ca lui crevait le coeur de découvrir que ces clones étaient perdus.

Pedge garda le zat éteint, rétracté, mais elle posa un main sur sa poitrine pour se désigner. Et elle pointa, de l’autre, le zat sur Adam, faisant mine de tirer.

Les clones regardaient tous silencieusement les deux pilotes. Pedge les avait désigné dans un geste, eux tous, puis elle avait posé une main sur l’épaule d’Adam avait de montrer le zat. Elle lui avait fait signe que lorsqu'ils reviendraient, ils s'entretueraient forcément.
Le pilote se contenta de très légèrement opiner, avant de récupérer le zat, se tournant vers Nelly.

Il nous reste.... Une dernière chose à savoir.

Il se tourna vers les clones, et plus particulièrement la Pedge.

Pourquoi créer une armée à forme humaine ? Quel est le but de tout cela, au final ? Et surtout... pourquoi enlèvent-ils les enfants ?

Nelly était d’accord.
Elle récupéra son arme et reprit son observation des clones. La question était celle qui trottait dans son esprit depuis le début et ils pourraient y répondre, elle en était certaine. La Pedge porte parole perdit son regard dans le vide, comme si elle était déconnectée de la réalité, puis elle revint soudainement en clignant des yeux. Elle se tourna vers ses confrères et tous acquiescèrent, visiblement d’accord avec elle. Mais Pedge ne parlait toujours pas.

Tous les clones se mirent en route après avoir dissimulé le souvenir. Partant par binôme, surement de la façon dont ils avaient été créé ou si un lien étrange existait, ils se répartirent dans les couloirs et disparurent les uns après les autres. Il ne restait plus que Pedge qui se mit à les guider, voulant apparemment leur montrer quelque chose. Ils empruntèrent un téléporteur puis passèrent dans des couloirs en s’arrêtant de plus en plus souvent. Leur guide s’abaissait même parfois pour être discrète. N’ayant pas le droit d’être ici.

Des patrouilles de sbires passaient régulièrement et c’est Pedge qui leur faisait signe pour passer, quand le moment était le mieux indiqué pour traverser sans se faire remarquer. Elle était comme douée d’une forme d’omniscience, sachant parfois à l’avance l’approche de certaines patrouilles. Sans son aide, Nelly et Adam auraient été repéré depuis longtemps. Mais ils finirent par atteindre une salle circulaire entièrement fermée. Deux binômes étaient déjà là, prêt à l’ouvrir, mais il semblait y avoir un problème. Pedge s’approcha d’eux et semblait discuter, par télépathie, avant de revenir et de soupirer. Elle fit le chiffre “deux” de ses doigts puis pointa le zat d’adam, avant de détourner sa main en direction de la pièce circulaire.

Adam opina doucement, serrant un peu plus le zat. Deux cibles. Il n'allait pas les manquer, cette fois. Il s'approcha de la porte, se mettant sur le côté de celle-ci, attendant que Nelly se mette à son tour en position. Il prit une grande inspiration, avant de lui faire un léger signe de la tête, et passa sa main sur la commande d'ouverture. Aussitôt, il fit volte-face, se mettant dans l'encadrement de la porte.

Il vit deux silhouettes, et ne prit pas le temps de plus réfléchir. Il tira plusieurs fois sur celle se trouvant la plus proche de lui, avec hargne et colère. Un original.
Nelly était accroupie sur son côté, tirant à son tour tout veillant à toucher sa cible, les Wraiths n’eurent pas le temps de réagir qu’ils avaient disparu, écopant même de plus de tirs que nécessaire. Ils disparurent comme pour Matt avant eux, vaporisé dans l’air. Pedge leur fit ensuite signe d’entrer dans la salle, les autres semblaient faire le guet dans les différents couloirs, l’air particulièrement nerveux. Pedge n’était pas bien elle non plus.

Nelly agrippa la manche d’Adam pour l’inviter à la suivre et il pénétrèrent dans cette salle. Elle était divisée en trois branches distinctes, recouvertes d’hologrammes en tout genre, et d’images sur des terminaux de données.
« Dios mio...alucinaciones ! » S’écria-t-elle d’un air grave.
Devant chaque branches de cette salle se trouvait une adresse de Porte des Étoiles en surbrillance, affiché à l’entrée, comme dans un musée. L’hologramme volant affichait paisiblement les symboles de la Porte d’Atlantis, celle du site Alpha, et celle de la Magna Caverneum.

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Adam s’était naturellement avancé au milieu. Il entrait dans la branche dédiée à la cité d’Atlantis. Les murs étaient recouvert de diverses informations en tout genre. Par exemple, une inscription CODIR présentait en dessous les représentations en images réelle d’Alexander Hoffman, d’Erin Steele et de Richard Woosley. Il y avait ensuite la partie militaire avec le Colonel Sheppard et le Major Frei. Sans oublier toutes les têtes importantes de la cité, que ce soit la part médicale, technique, scientifique. Les Wraiths étaient informés.

De l’autre côté du mur, il y avait une présentation des différents armements avec une estimation de leurs stocks militaire, les munitions, les explosifs. Un chiffre supposé des forces militaires en présence et du nombre de civils. Ils n’étaient plus très loin du bon compte.

Et en arrivant au centre, on tombait sur une maquette complète de la cité d’Atlantis avec divers textes écrit en Wraiths. Une table de stratégie centrale représentait pas mal d’image mais un symbole vert clignotait au-dessus. Comme en l’attente d’une autorisation.
Le pilote n'était pas vraiment très rassuré face à toutes ces données. Ces Wraiths en savaient beaucoup trop sur eux. D'une main hésitante, il approcha son doigt du symbole, trop curieux de savoir ce qu'il s'y cachait, et désireux de rapporter un maximum d'informations au CODIR.

L’activation démarra une simulation visuelle. L’éclairage s’estompa et une scène entière se matérialisa sur les murs, retraçant un point de vue depuis la salle de contrôle d’Atlantis. La porte s’activait et le bouclier de protection était levé. Mais soudainement, elle tombait en laissant la voie libre à une dizaine de mastodonte qui massacraient alors tout le monde. La tête de pont formée, les clones de Matt et Pedge passaient par régiment entier. Ils attaquaient et oeuvraient avec de la stratégie et de la tactique pour prendre le contrôle de chaque zone de la cité. Venait ensuite la véritable armée de Méda’Iyda, composée de peu de sbires et d’encore moins d’originels, pour prendre le contrôle total de la cité.

La scène s’estompa sur les estimations des manoeuvres stratégique qui aurait lieu pour l’attaque. Mais il était clair qu’Adam venait de visionner le plan de bataille conçu contre la cité. Ils avaient un moyen de faire tomber le bouclier qui protégeait la porte…

Nelly apparut soudainement, blanc comme un linge, lui secouant l’épaule. Elle revenait de l’aile du site Alpha.
« Ils savent pour les Tairis !!! Il y a des images d’eux ! Il y a un plan presque complet de la base ! Comment ils peuvent savoir ?!? » S’écria-t-elle affolée.
« Ils comptent les bombarder avec un truc organique, je sais pas ce que c’est, un machin qui va les infecter et tous les tuer. Ils passeront une armée de clones par la porte pour investir la base enterrée du site Alpha aussi !!! »

« Je sais, ils comptent faire la même chose avec Atlantis. Surtout, reste calme, d'accord ? Il faut enregistrer tout ça pour le CODIR... Il nous reste une aile à visiter. »

Il se tourna vers la dernière aile. Celle de la Magna.
Là encore, ils étaient bien informés. Ils avaient l’image du Meneur Paresok et de la Batailleuse Vida. Ils savaient même où est-ce que se trouvait son poste de commandement. La simulation montra des enfants Natus qui rentraient chez eux, libérés par deux clones de Pedge et Matt sans attrait Wraiths. Ravis et heureux, les enfants se mêlaient aux familles, dispersant un agent pathogène inconnu. Une sorte de parasite qui allait tous les atteindre et les affaiblir. Peu de temps après, la Porte de la Magna s’ouvrait pour lacher plusieurs vagues de binômes transformés en Wraiths. Viendrait ensuite une violente infestation d’ectoparasites et puis, en dernier temps, une dernière arme qui se placerait sur leur réseau minier de pierre à feu. Elle détonnerait en suivant tous les filons et aboutirait à l’explosion générale et catastrophique de toute la Magna..

« Ils vont...ils vont attaquer les trois planètes en même temps ? » Demanda Nelly effarée. « Mais comment peuvent-ils en savoir autant ? »

Adam observait la scène avec effroi. Désormais, il savait ce qu’ils comptaient faire des enfants Natus... Le CODIR allait devoir se dépêcher d’agir. Il ne comptait pas laisser les Wraiths mener à bien leur plan... et désormais, il avait une promesse à tenir.

« La mémoire des clones ? Ou peut-être des infiltrés parmi nous ? Dans tous les cas, ça ne présage rien de bon. »

Il revint vers la pièce centrale, posant son regard sur Pedge. Ils en savaient assez désormais.

« Il faut qu’on sorte d’ici. Est-ce que vous connaissez un passage par lequel nous pourrions sortir discrètement ? »

Il se mettait désormais à se faire aider par des clones destinés à les exterminer à la base. Quelque chose lui disait qu’il allait certainement se prendre une rossée en revenant sur Atlantis.

Une nouvelle fois, le clone de Pedge semblait s’éteindre, basculant dans une réalité dans laquelle Nelly et Adam ne pouvait pas la suivre. De par son lien particulier, qui lui faisait passer de sa parole et la rendait désespérément muette, elle se connecta à ses frères et soeurs pour définir l’endroit le moins exposé, le moins fréquenté par les patrouilles Wraiths. Ses jumeaux et jumelles faisaient office de guet sur des secteurs avancés pour lui permettre de s’organiser, de protéger le secret de la présence des deux pilotes. Pedge revint à elle en ayant une route toute tracée et elle guida ses protégés le long des couloirs organiques. Ils passèrent au travers d’un dépôt bourré de blindés Wraiths, ceux qui avaient fait tant de dégâts sur les infrastructures de la Magna, sans oublier ces immenses cocons qui devaient contenir des Mastodontes en sommeil.
Parfois, ils croisaient des binômes qui surveillaient les croisements et qui saluaient avec émotions le petite groupe, comme pour leur dire au revoir. Finalement, après avoir utilisé un téléporteur et être descendu de quelques niveaux, Pedge pénétra dans un salle où l’odeur semblait être repoussante : de la décomposition.
Elle se connecta à un terminal et déclencha l’ouverture d’une immense trappe. Le sol se divisa lentement en deux, révélant un immense charnier de cadavres momifiés et desséchés, pour la plupart dévorés par les Wraiths.

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Des Matts et des Pedges par dizaines. Par centaines. Par milliers.
Une fosse commune où tous les cadavres étaient jetés sans le moindre respect. Toutes ces vies fabriquées artificiellement, toutes ces victimes. Au moins, la combinaison hermétique des pilotes avaient permis de leur éviter l’odeur. Mais ils allaient devoir sauter là-dedans pour quitter le bâtiment. Marcher sur les cadavres jusqu’à l’issue. Adam observa la fosse commune avec une certaine horreur devinant facilement qu’il s’agissait bien de leur point de sortie. Quelle horreur… Pendant quelques secondes, il eut presque un sentiment de pitié envers les clones, mais sa raison reprit rapidement le dessus. C’étaient des armes. Rien de plus que des… armes. Pedge eut un temps d’arrêt en considérant les dépouilles de tous ses jumeaux. L’étendue de cette horreur cruelle et inhumaine. Une émotion étrangement compatissante s’était peinte sur son visage et elle avait eu les larmes aux yeux en étant soumise à la réalité de son sort. Le clone savait qu’il n’était pas le soldat qu’il représentait. Pedge n’était pas Pedge. Pedge l’imposteur était vouée à la haine et la destruction. Servir de chair à canon pour le Wraith. Sans son souvenir, elle serait également comme les autres.

Nelly avait remarqué cette expression de peine.
Elle avait beau se faire violence, elle ne parvenait pas à intégrer l’idée qu’elle avait à faire à un simple clone dénaturé. Peut-être qu’un regard extérieur à tout ça l’aurait trouvé complètement débile de compatir comme ça. De s’attacher à cette manière. Mais il fallait être confronté à la situation, sur le terrain, pour le comprendre. Adam tenait sa distance à l’aide de sa haine et sa colère. Mais Nelly était quelqu’un de très sensible, trop peut-être, qui s’attachait aisément. C’était bête, elle le savait bien, mais elle tenait à ce clone qui l’avait aidé. Sans elle, les pilotes auraient été pris depuis bien longtemps et ils n’auraient jamais appris l’horrible plan de bataille de la reine.
Cet imposteur de Pedge, elle leur avait tout simplement offert l’espoir. Une chance d’empêcher le massacre.

C’est pour cela que Nelly eut un temps d’arrêt en voyant que celle-ci ne les suivait plus. Elle ne comptait pas sauter dans le charnier et la petite espagnole fit demi-tour pour la considérer d’un regard craintif. Elle voulait lui faire une promesse, lui dire qu’elle pourrait vivre autrement, la récompenser pour son aide en quelque sorte. Mais elle ne pouvait pas parler au nom de la cité et du CODIR. Et elle avait bien fait comprendre à Adam que les clones se battraient contre eux à leurs retours, peut-être parce qu’ils n’avaient aucun moyen de se révolter “physiquement” contre les Wraiths. Après tout, ils avaient demandé aux deux pilotes d’attaquer ceux de la salle aux hologrammes.

« Pedge... » Souffla-t-elle douloureusement. « Non. »

Elle sentait le drame arriver. Son instinct le lui hurlait, la faisait vibrer d’une angoisse grandissante. Le clone avait un sourire serein, comme si elle parvenait à un accomplissement ultime. Elle s’approcha de la petite espagnole et lui agrippa le poignet, celui qui tenait le zat, pour le faire monter à hauteur de son visage. Nelly comprit le message et secoua négativement la tête alors qu’un coup de marteau lui pulvérisait la cage thoracique. Elle se sentait incapable de faire une telle chose, elle ne le voulait pas. Adam observait la scène, silencieux, compréhensif. C’était plus une libération qu’autre chose que demandait la clone. Pedge était pourtant très expressive de son regard et elle essayait de la convaincre. Ses doigts glissèrent le long du zat pour aller chercher le bouton de son activation. Le bruit caractéristique marqua le déploiement de l’arme et Pedge abaissa lentement sa main en acquiesçant. Le zat était prêt à faire feu.
Nelly se mit à trembler. Elle secouait négativement la tête en même temps que son rythme cardiaque qui prenait une allure folle. Pedge le voyait et ce refus probable lui fit également monter les larmes aux yeux. Une larme s’échappa sur sa joue alors qu’elle lui faisait signe de tirer, sûre d’elle. C’était la première fois que Nelly voyait son amie, fusse une simple copie, montrer cette détresse. A ce moment précis, un gigantesque sentiment de pitié envahit soudainement le corps d’Apollo. Les clones… Les clones ressentaient… Des sentiments… Elle insista encore et encore mais Nelly ne parvenait pas à presser la détente jusqu’au bout. Elle sanglotait aussi, en proie à une intense lutte intérieure. Alors Pedge l’agrippa sauvagement et la secoua brutalement, se montrant ensuite des mains en un ”Regarde ce que je suis, merde !. Le clone ne parlait pas. Et pourtant ses gestes étaient clairement suffisant. Expressif. Elle voulait la mort. Elle les avait aidé dans l’espoir qu’ils la lui offre plus tard. Se suicider était peut-être impossible, surement à cause de son conditionnement mental. Cette arme était son seul ticket pour sortir de cet enfer et cela brisait Nelly.

« S’il te plait, non...tu es...une soeur... »

Mais Pedge la supplia du regard. De ses yeux aux pupilles de Wraiths. Nelly mélangeait tout, elle devenait dingue, déboussolée, à hésiter là où ses confrères militaires auraient agi sans le moindre scrupule, limite avec un plaisir malsain. Pendant quelques secondes, Adam hésita à agir à la place de Nelly. Même si cela restait un meurtre de sang-froid… Quelque chose en lui faisait en sorte que cela ne l’aurait pas dérangé. Il prit soudainement conscience de cela. Qu’était il devenu ? Un assassin ? Un monstre ? Il secoua doucement la tête. Non. C’était des clones. Des clones. Formés à partir de… Non, ne pas y penser. C’était à Nelly de le faire, pas à lui. Il la connaissait suffisamment pour savoir, aussi horrible qu’était cette réalité, qu’elle souffrirait de ne pas avoir eu la force d’accomplir cette dernière volonté. Contre toute attente, et pour son bien, il fallait que ce devoir lui revienne.
Pedge continuait de faire remonter l’arme de Nelly sur elle à chaque fois qu’elle s’abaissait, brisée par cette pression. A court d’arguments non verbaux, elle finit par lui mettre une claque pour l’énerver, la brusquer, la pousser à bout. Elle en mit encore une autre, puis une autre, mélangeant la fausse haine à des pleurs silencieux de détresse. La main d’Adam passa sur son zat quelques secondes, prêt à agir si cela dégénérait. Nelly se vouta sous la soudaine pression, les épaules basses, sanglotant face à cette horreur. Elle n’en pouvait plus, elle voulait que tout s’arrête. Ses émotions cessèrent de la retenir lorsqu’un soudain déclic eut lieu... Et son doigt pressa la détente une fois...puis avant qu’elle ne puisse retrouver la raison, elle tira la seconde fois. Elle avait eu un souffle bestial, mauvais, comme si une ordure avait prit sa place pour agir d’une colère immense et démoniaque.

Le clone s’agita dans tous les sens sous l’effet des rayons. Pedge se révulsa dramatiquement avant de s’effondrer, le regard ouvert et vide, complétement inerte. La petite espagnole ne sentit pas ses genoux lui faire défaut, l’amenant à tomber à ses côtés, aux côtés d’une Pedge pour qui elle avait tant d’affection. Tout se mélangeait dans sa tête et elle ferma les yeux, crispant sa mâchoire à s’en faire grincer des dents, le tout pour ne pas hurler sa peine. Mais c’était trop dur, trop immonde. Même la bouche fermée, Nelly poussa un terrible hurlement ténu pour évacuer toute sa peine et sa détresse alors qu’elle se penchait sur le corps. Psychologiquement, elle était à bout. Adam restait muré dans son silence, sous le choc devant la scène qu’il venait de se passer. Les Wraiths… finiraient par payer. Payer pour tout ça. C’était de la torture cette mission, une horrible torture. Et Nelly en voulait au monde entier, au Wraiths tout autant au CODIR, à Sheppard, pour lui avoir fait vivre ça. Pourtant elle ne pouvait pas s’éterniser, elle ne pouvait pas faire le deuil d’un vulgaire clone. Mais vous savez quoi ? C’était trop tard, Nelly s’y était attaché. Elle était comme ça, c’était dans sa nature, son défaut. Elle s’en voulait amèrement pour l’avoir tué sous la pression au lieu de lui proposer un moyen de s’en sortir. Elle s’en voulait pour être faible de la sorte.

La respiration haletante, les sanglots étouffés en des étranglements peu humains, elle se força à reprendre le dessus. Elle était militaire, elle était en mission. Et c’était la guerre depuis l’époque de la Magna. Nelly posa son arme et prit une poignée de cheveux qu’elle arracha d’un coup sec, son visage se crispant sous le sentiment de profanation. L’action pouvait paraître sordide d’un point de vue extérieur mais Nelly parvenait à reprendre pied avec un nouvel objectif personnel. Elle enroula la petite poignée de cheveux et l’enferma précieusement dans sa poche. Elle prit délicatement les mains du clone pour les croiser et rendre à la dépouille toute le respect qu’elle méritait pour son aide.

Là, Nelly força sur ses jambes pour se remettre debout et elle pointa de nouveau son arme pour un troisième tir. Elle hésita longuement sous l’émotion puis, finalement, après avoir longuement lutté, elle fit disparaître le corps pour de bon. Elle avait fermé les yeux avant de presser la détente.

« J’en peux plus...j’en peux plus... » Gémit-elle avant de rejoindre Adam et de chercher du soutien auprès de son frère d’arme. Elle lui agrippa le bras et plongea sa tête contre son épaule. « Apollo...s’il te plait, j’en peux plus, ramène-nous ! »

Le pilote la serra doucement contre lui quelques secondes, compatissant, lui tapotant doucement le dos.

« On s’en va. »

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Il la poussa légèrement, l’emmenant vers le bord pour l’inviter à sauter en premier dans l’immense charnier qui les attendait en contrebas. Nelly se laissa guider comme une poupée désarticulée. Elle n’avait plus la volonté de se battre et elle se disait qu’elle ne pouvait pas mourrir maintenant, comme ça, pas après tout ce qu’elle avait vu et vécu ici. Elle poussa un soupir avant de sauter et de se vautrer dans la pile de cadavre en un cri. La jeune femme se redressa tout en portant une main sur sa poche, vérifiant qu’elle n’avait pas perdu le contenu, puis elle attendit Apollo en occultant le fait qu’elle marchait sur des copies de ses camarades. Le pilote prit son élan, et sauta à son tour, tombant lourdement sur la pile de cadavres desséchés, sur le dos, sa combinaison émit un bruit désagréable qu’il ne prit pas la peine de relever. Il se releva rapidement, évitant de regarder vers le sol.

La fosse était gigantesque, elle partait sous les fondations de cette base et courait au loin, formant une montagne dantesque de momies. Cela faisait des mois que les Wraiths constituaient leur armée et ils n’y avait là que l’activité d’un seul bâtiment sur les cinq repérés. Nelly s’accrocha à son pilote pour assurer son équilibre sur le lit de dépouille. Elle faisait tout son possible pour penser à autre chose alors qu’elle s’enfonçait plus loin avec son camarade. Ses pieds faisaient craquer les ossements, elle s’embourbait souvent dans des flaques de fluides, des sables mouvants fait de cadavres. L’endroit ne semblait pas avoir été construit par l’ennemi, c’était surtout une immense caverne dardée de plusieurs ouvertures sur l’extérieur. Des puits de lumières jetaient des faisceaux sur l’amas informe comme si un régisseur de spectacle, forcément celui du diable, pointait les éclairages dessus. Il suffisait de regarder ces crevasses pour voir l’éternelle tempête s’acharner au-dessus d’eux.
Tandis que le binôme était à la recherche de la sortie, Nelly passa dans un état second et se mit à chanter pour échapper à cette nouvelle épreuve. Imaginez-vous devoir fuir d’un endroit sordide en marchant sur des cadavres desséchés à l’image de vos amis ? Y avait-il moyen de conserver un esprit sain devant une telle abomination ?
La voix cassée de Nelly chantonnait à la radio.

« Can I lick it ? Can I kick it ? »

Elle pressa le bras d’Apollo, l’invitant à s’évader avec elle.

« Can I kick it ? Can I top it ? »

Adam, pâle comme un mort, se mit à marmonner la suite de la chanson dans sa radio. Peu à peu, à mesure qu’ils avançaient et que le pilote fixait le mur du fond, sa voix prenait en volume, jusqu’à ce qu’au final, il se retrouve à chanter à plein poumons, s’imaginant à n’importe quel endroit sauf celui-ci. A chaque fois, Nelly le provoquait davantage, essayant de chanter encore plus fort que lui. Elle le poussait dans ce duel ridicule, l’attirant dans son délire malicieux et optimiste, en occultant tout ce qui se trouvait autour d’eux. Par moment elle le bousculait légèrement en répétant ce qu’il venait de chanter ou en corrigeant les fautes éhontées qui sortaient de sa bouche. Pendant un petit moment, la pression avait disparu de son corps et elle avait l’impression d’être la petite soeur du frangin qu’on accompagnait en ballade.

La caverne se réduisant de plus en plus, les parois se rapprochant d’eux, les pilotes finirent par découvrir une grande brèche dans la roche. Du sable de la tempête s’y engoufrait à chaque bourrasque et faisait chanceler l’intensité de la lumière. Nelly passa en première, progressant de profil tout en forçant, Adam suivant de près. Il ne fallait surtout pas avoir peur des espaces réduits, la faille courait sur plusieurs dizaines de mètres et la traverser demanda beaucoup d’efforts. Mais au final, après tous ces sacrifices, Nelly et Adam retrouvèrent le désert de sable sous la tempête éternelle. Ils venaient de quitter la base ennemie pour de bon, ils étaient libres, hors de portée ! Un énorme sentiment de réussite et de sécurité monta rapidement chez l’hispanique, se mélangeant à la peine et l’aigreur qui restait autant en elle que chez Adam. Tous les deux y avaient perdu. Enyore et le clone de Pedge.

Nelly activa son écran sur son avant-bras et chercha l’emplacement du F-302. Pas de surprise de ce côté-là, le signal était fort et clair malgré la tempête, ils n’étaient pas perdu. Nelly se fit guide et continua à chantonner dans son micro, elle commençait à reprendre des couleurs, à redevenir plus lucide, plus vivante. Rien ne pourrait la soulager de ce qu’ils avaient vu dans cet enfer, elle était certaine d’en avoir des cauchemars pour un sacré bout de temps. Mais avec cette opportunité réelle de rejoindre le coucou, un vent d’espoir soufflait de nouveau en elle. Les deux meurtres qu’elle avait été obligé de commettre, il faudrait qu’elle en parle, elle songeait en premier à Sidney. Mais elle se sentirait plus à l’aise avec quelqu’un qu’elle aimait, quelqu’un qui pourrait la comprendre. Isia...elle était rude sur ce genre de chose...mais elle serait là. Seulement, aurait-elle le droit d’en parler ?
Et Adam, comment allait-il gérer tout ça ? Il n’en avait aucune idée. Mais la seule chose qui lui tourmentait l’esprit pour le moment… C’est le désir de revenir sur cette planète avec une armée pour tout faire exploser pour de bon. Cela dit… Caldwell allait sûrement lui demander de passer quelques temps sur Atlantis, le temps de se remettre complètement. Au moins allait il revoir Isia et Frei ?

Encore une fois, le voyage du retour ne fût pas un parcours de santé. Le F-302 commençait déjà à devenir une dune de sable lorsque les pilotes l’atteignirent et Nelly fut la première à agripper sa petite échelle pour trouver refuge dans le cockpit. Elle y retrouva ses repères, ses habitudes, et elle eut le sentiment de reprendre vie. Un grand soulagement l’habitait alors qu’elle troquait le test radio habituel par un :

« Can I kick it ? Can I top it ? » Elle ricana lentement, d’une voix lasse et épuisée. « Dès que je rentre, je mets cette musique à fond dans mes quartiers... »

Adam s’installa à son tour, serrant les commandes entre ses mains, poussant un profond soupir de soulagement. Ce cockpit était comme un cocon pour lui. Une seconde maison. La fermeture de la verrière permit enfin de faire cesser l’agression de la tempête, un calme oublié revint en force dans l’appareil qui s’anima progressivement. La projection de vol par hyperespace était toujours programmé et, comme l’avait indiqué ses estimations, la fuite de carburant les avait privé d’une bonne part de leur autonomie. La centrale électrique endommagée fit vaciller l’éclairage ambiant mais le coucou se réveilla lentement et se mit en chauffe.

Adam testa ses commandes, les moteurs du F-302 se mettant à rugir même s’ils ne s’enclencheraient qu’en milieu spatial. Les autres étaient définitivement morts. Cela dit, le lancement faisait monter une douce mélodie aux oreilles du pilote. Il poussa un peu plus sur le manche, même si cela ne servait à rien, et apprécia la réponse de l’appareil, la résistance, l'hydraulique encore actif. Adam attendit le lancement de la trajectoire programmée, préparant le bond fatidique.

L’angoisse revenait en force à mesure que les doigts de Nelly courraient sur l’ordinateur de vol. Elle fit une dernière vérification rapide et reçut le signal d’alarme concernant la procédure sur le point d’être appliquée. Il y avait quarante pour cent d’échec à partir en hyperespace dans un milieu atmosphérique. A ne faire qu’en cas d’absolue nécessité, en faisant sauter les sécurités au passage, c’est ce qu’on leur avait rabaché en formation. Et là, c’était bien le cas.

« Voilà...Voilà... » Souffla-t-elle, terminant la procédure d’activation.

Le bruit caractéristique du chargement monta, éprouvant de nouveau les nerfs de la jeune femme. Le F-302 accumulait sa puissance et prenait de plus en plus d’intensité. Elle soufflait fort dans le micro, sa peur d’y laisser la peau maintenant la trahissant de plus en plus. La petite espagnole sentit sa mâchoire trembler involontairement tandis qu’un message en vert confirmait la situation du propulseur. Le sifflement caractéristique du chargement venait d’atteindre son paroxysme et le F-302 était maintenant parcouru d’un tremblement continu.
Nelly poussa une plainte puis balbutia d’une voix fragile :

« Hypernavigateur chargé...Apollo...ça a été un honneur. »

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Le pilote ne répondit pas, concentré au maximum. Il venait de retrouver son environnement naturel. Désormais, il était paré à tout, même à effectuer cette manoeuvre démente, tant que cela lui permettait de quitter cette planète. Le pilote releva la protection couvrant le déclencheur manuel de l’hypernavigateur, passant son doigts ganté sur ce dernier, déglutissant difficilement. C’était le moment fatidique. C’était maintenant… Ou jamais. Apollo retint sa respiration, le regard fixé sur l’ordinateur de vol, puis, d’un coup sec, enclencha le saut spatial.

La fenêtre de toile blanche s’ouvrit immédiatement, sans le moindre accroc. Mais puisque le F-302 était posé sur le sol sans propulsion, il fut de lui même arraché de la gravité, distordant ses trains d'atterrissage, alors qu’il était absorbé la tête à l’envers dans le vortex. Le tube de lueur bleue et blanche, magnifique et chatoyante, s’écoulait alors comme un gage de sécurité. Les vents violents avaient fini de battre du sable contre la carlingue et un silence apaisant avant prit possession de l’habitacle. Il ne restait plus que le vrombissement de l'hyper navigateur et des quelques alarmes ténues.
Ce fut en réalité les dix secondes de calme que Nelly n’avait jamais autant apprécié dans son cockpit. Elle se trouvait dans l'antichambre du destin, comme si ce diable narquois avait eu trop de travail pour la torturer et qu’il l’avait placé là en attente ces dix foutues secondes. Le regard de Nelly s’était portée sur la photographie et elle la décrocha pour la fourrer dans sa poche, là où se trouvait la large mèche de cheveux. Le diable avait terminé son affaire, il l’invitait dans son bureau pour la suite des festivités.
Là, le tunnel d’hypernavigation vacilla dangereusement de couleur, se ternissant brutalement. Les parois de couleur tendaient à se déchirer tandis qu’un son très inquiétant de crépitement se faisait entendre dans le dossier du siège du pilote. Derrière, il y avait la complexité des cristaux qui géraient ce moteur hyper puissant. La petite espagnole eut un simple pic dans le coeur lorsqu’elle comprit qu’ils avaient échoué, qu’ils étaient tombés dans les quarante pour cent, et il n’y eu aucun rattrapage pour eux. Un claquement sourd mit fin au crépitement et un éclat soudain ouvrit le sommet du tiroir à cristaux comme un chou fleur. Ce fût une explosion brutale, magistrale, dardée d’étincelle jaune, bleue et rouge, qui pulvérisaient alors un panache de cristaux en confettis. Réduit à mitraille, ils impactèrent la verrière avec une extrême brutalité. Celle-ci était déjà bien abîmée, horriblement malmenée par le voyage à l’aller, et le verre céda à cet ultime assaut.

SCHHHHBAAAAAAM

Nelly poussa un cri de stupeur en voyant son pilote se raidir tandis que le logement métallique derrière son siège fondait littéralement en se ramassant. Le F-302 fit une violente embardée qui pulvérisa le tunnel de navigation, une alarme assourdissante témoignant de la décompression dramatique d’atmosphère à bord et de l’avarie du navigateur.

« APOLLO !!!!! » Hurla Nelly d’une voix horrifiée.

Le chasseur se mit en vrille et fit une toupie de plus en plus rapide. La force centrifuge soudaine lui arracha un cri de douleur tandis qu’elle voyait un blanc immaculé faire paradoxe à l’environnement spatial habituel. L’ordinateur de vol était complètement perdu. Il avait été également endommagé et grésillait en affichant de nombreux messages d’erreurs. L’hispanique était de retour dans l’enfer des chasseurs, elle poussait des plaintes d’efforts et de colère en essayant d’atteindre les boutons des commandes de détresse. L’élan de toupie était tellement violent que leurs corps subissait une force G dramatiquement grandissante. Ils allaient bientôt s’évanouir s’ils ne faisaient rien. Nelly cria encore et encore, forçant sur ses jambes, ses bras et ses épaules. Adam ne lâchait plus les commandes, le visage tordu par la douleur et la pression que son corps subissait. Nelly parvint à activer le circuit de détresse de son ordinateur de vol et il se reboota en quatorze secondes. Là, une avalanche d’informations recouvrirent l’écran reconstitué. Malgré le malaise qui commençait à la gagner, la copilote peinant de plus en plus à respirer, elle sélectionna la sonde de vol et écarquilla les yeux en apprenant enfin l’horrible réalité.

« ALERTE PILOTE ! ATTRACTION CATASTROPHIQUE EN ATMOSPHÈRE ! »

La jeune femme enclencha la propulsion subliminique mais rien ne se passa. Une nouvelle alarme l’informa d’une défaillance interne d’allumage. Elle jura en espagnol tout en cherchant le problème parmi les relevés.

Pendant ce temps, le F-302 était inexorablement attiré par l’attraction d’une géante glacée dans laquelle il avait accidentellement émergé. Avec les défauts de blindage du chasseur et ses nombreux dégâts, la friction atmosphérique lui faisait faire la toupie tandis que la chute augmentait exponentiellement sa vitesse. C’était l’un des types de cas de crash les plus répandus parmi les pilotes de F-302. Le binôme mourrait généralement écrasé contre leur verrière à cause de la force centrifuge avant le crash final. On ne retrouvait généralement d’eux que de la soupe contenue dans les combinaisons. Adam avait lentement l’impression que ses jambes lui rentraient dans les côtes, que son estomac allait ressortir par ses lèvres, et que sa tête allait exploser tel un ballon de baudruche trop plein.

« NELLY, LA PROPULSION ! J’AI BESOIN DE LA PROPULSION ! »

Son ordre se suivit par un long grognement de douleur, tandis que ses doigts crispés refusaient de lâcher les commandes. Pas question d’y rester comme ça, pas après tout ça ! Nelly devait rendre la propulsion à Adam avant qu’ils n’atteignent une couche atmosphérique trop dense. Les moteurs classique ayant lâché, ce serait un échec et mat irrécupérable.

La vision de Nelly commençait à s’assombrir et elle avait du mal à entendre. Elle savait qu’Adam lui ordonnait quelque chose à la radio mais sa tête bouillonnait d’une accumulation de sang, ses oreilles bourdonnant très fort. Nelly écarquilla les yeux, essayant d’échapper à la confusion qui la gagnait de plus en plus. Elle mit un instant à comprendre qu’elle avait déjà accéder au rapport de diagnostique des allumeurs et elle avait mit le doigt sur une défaillance électrique. L’avarie avait perturbé le système de contrôle des dégâts qui redirigeait à tort toute l’énergie sur le système d’adaption de l’hyper-propulsion, devenu totalement inutile.

De cette façon, elle se rendit également compte que son malaise naissant provenait de ce même manque d’énergie. Le système d’absorbtion inertiel était à son minimum et, sans les mesures de sécurité intégrées, la technologie aurait laché. Ils se seraient instantanément fait écrasé dans leurs sièges.
La petite espagnole poussa une plainte. Elle avait l’impression que son coeur allait lui sortir de la poitrine tant il battait de plus en plus fort. La façon dont Adam raidissait continuellement son dos indiquait qu’il était également en piteux état. Alors la jeune femme prit la décision d’alimenter le système d'absorption avant la propulsion. La force écrasante se réduisit brutalement, malgré le maintien de la vitesse en toupie, et un soulagement soudain s’empara d’elle. Adam prit une grande inspiration, ses poumons se décompressant tout d’un coup, en sueur et haletant, ayant du mal à reprendre son souffle. Cela devait certainement être dû au soudain changement de G.
Le doigt de Nelly courru alors à la dérivation d’énergie sur les allumeurs et elle reprit la séquence de démarrage. La propulsion subluminique hoqueta sous l’influence de l’atmosphère gagna en densité. Il lui fallu s’y reprendre à deux fois, injuriant sa machine à trois reprises, avant qu’elle ne daigne démarrer.

« Propulsion restaurée !!!!!! » S’écria-t-elle alors, les yeux gonflés, vomissant de la bile dans son casque au beau milieu de sa phrase.

« On se tire de là ! J’ai besoin de coordonnées ! »

Immédiatement, les moteurs crachèrent toute leur puissance, tandis qu’Adam reprenait le contrôle de l’appareil pour l’éloigner de cette foutu géante gazeuse.

« Vecteur d’extraction ! » Répondit-elle tout de suite.

Un hoquet de surprise la surpris alors qu’elle voyait du givre se former en temps réel sur la verrière, prenant peu à peu du terrain sur l’intérieur du cockpit en passant par la fissure. Elle vit même la glace se former et s’attaquer à la combinaison de son pilote alors que les différents éléments de pilote se couvraient à leur tour.

« DIOS MIO ! Pas ça ! On gèle ! Adam, tu gèles !!!! Sauve-nous d’ici !!! »

« Bordel de... »

Adam commençait peu à peu à paniquer, tandis qu’il voyait la fine pellicule glaciale se former sur sa combinaison. Oubliant le peu de carburant qu’il lui restait, il enclencha les moteurs à leur maximum, le souffle court, ne souhaitant qu’une seule chose, c’était de s’éloigner de cette maudite géante. Il s’agitait continuellement, empêchant le givre de se former en couche trop épaisse qui risquerait d’entraver ses mouvements.

Nelly n’était pas en meilleure posture. La séparation entre les deux cabines la protégeait du gel mais il ne fallait pas oublier que la cuirasse du F-302 était félée, c’était une information à ne surtout pas négliger et Nelly avait eu le nez fin d’aller vérifier la gestion des systèmes internes. Le carburant était littéralement en train de geler dans les durites pourtant conçues contre les rudes conditions spatiales. Même la température de l’huile et l’indicateur de viscosité s’affolait sur les relevés. Le fluide de refroidissement n’indiquait plus rien, il avait littéralement disparu des capteurs.
Nelly s’acharna alors à augmenter la température interne de son coucou. Elle prit le risque d’utiliser énormément d’énergie, causant des surtensions qui faisaient danser l’éclairage d’Adam, le faisant clignoter et grésiller comme un sapin de noël en fin de vie. Heureusement, à pousser ses moteurs comme un dingue, la production énergétique était maximale, la température interne commença à monter petit à petit et le danger de l’avarie généralisée s’écarta.

Hélas, une petite alarme indiquait une température négative extrêmement basse. Sans déconner, moins deux cents treize degrés ?!!!!!? Et le chauffage interne de la cabine qui était déjà au maximum. L’ordinateur de vol indiquait qu’il y en avait encore pour trois minutes avant de sortir de l’atmosphère gelé. Nelly craignit brutalement pour son ami, elle l’appela plusieurs avant de crier plus fort.

« Apollo ! Bon sang, tient le coup !!! On va y arriver ! »

Adam ne répondit pas. Le froid commençait rapidement à pénétrer sa combinaison, le faisant suffoquer, ses muscles s’engourdissant tandis qu’il tenait le cap du mieux qu’il le pouvait. Par moment, un voile noir passait devant ses yeux, qu’il chassait à toute vitesse, concentré sur son écran de vol, qu’il devait régulièrement nettoyer d’une main tremblante pour retirer la couche de givre. Pendant quelques secondes, l’idée qu’il allait y rester lui traversa l’esprit. Le froid engourdissait son corps, son cerveau…. Son âme. Il l’emportait lentement avec lui, vers les tréfonds obscurs de l’espace.
Les secondes s’égrenaient beaucoup trop lentement. Nelly enrageait de ne rien pouvoir faire de plus. Elle cherchait sans arrêt. Des procédures, des bidouilles, quoi que ce soit. Mais rien ! Le coucou était vraiment dans un état lamentable et le maintien de la propulsion tenait quasiment du miracle avec des circuits à moitiés gelés. Le seul bon point, c’est que la fuite en zone confiné avait cessé jusqu’à ce que la température fasse fondre le bouchon.
Finalement, la température se mit à remonter lentement à l’intérieur de la cabine. En s’écartant de l’atmosphère extrême, le système prenait l’avantage.

« Apollo ! Ca revient ! Tiens bon, tu y arrives ! »

Mais c’était trop tard. Le pilote suffoquait de plus en plus, peinait à reprendre sa respiration, les muscles crispés par le froid. Ce n’était pas possible…. Il y avait…. Autre chose…. Son regard glissa lentement sur le petit compteur indiquant l’oxygène restant dans sa combinaison. Il était dans le rouge. Sa cartouche d’oxygène était fissurée.

Dans un geste tremblant, hésitant, Adam pianota sur son ordinateur de bord, luttant pour ne pas s’évanouir, pour ne pas abandonner. Il devait accomplir une dernière chose. Il ne devait pas…. Partir…. Comme cela….

Son écran s’illumina, alors que le message s’afficha. “Contrôles du pilotage dévié au siège copilote”. Un maigre sourire s’afficha sur son visage, invisible, caché par une épaisse couche de glace. Il avait accompli sa mission. Il avait… Réussi…

« Je suis désolé…. Nelly... »

Il se laissa glisser dans la si plaisante obscurité de l’espace. Il était…. Paisible...

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« ADAM ?!? » Gémit-elle de manière sourde en voyant le message s’afficher sur son écran.

Elle secoua la tête, n’arrivant pas y croire, ne voulant surtout pas être confrontée à sa malédiction, son horrible malédiction. Tous les souvenirs horrible de ses deuils lui revinrent au visage comme des gifles monumentales ! Fowderry, Tomson, Fornell !!! Ses pilotes, ses frères et soeurs qui étaient partit sans elle. Ils étaient morts, ils s’étaient sacrifiés, et elle vivait encore...seule ! Et maintenant...maintenant...Apollo ? Son dernier frère ? Son mentor et chef d’escadrille ?!?

« ADAM !!!! » Hurla-t-elle comme une furie en délire.

Elle éclata immédiatement en pleurs, engageant l’ouverture manuelle de la verrière mais rien ne se passa. Elle frottait la verrière séparatrice de sa cabine à celle de son ami sans parvenir à y distinguer quoi que ce soit. La jeune femme secouait frénétiquement la tête, comme si elle se pensait en position de force pour interdire le départ du pilote.

« Apollo ! Tu vas pas me laisser ! Tu peux pas ! Tu peux pas m’abandonner ! » Elle poussa un râle en cognant la vitre. « Apollo ! Tu avais fait une promesse, tu as pas le droit ! »

Elle s’affaissa sur elle-même alors que le chasseur continuait tout droit à défaut d’être commandé manuellement.

« Pitié...je veux pas...je veux pas revivre ça ! »

Nelly n’y voyait plus rien tant elle s’en voulait, qu’elle en pleurait. La silhouette d’Adam ne bougeait plus. Mais elle ne pouvait pas continuer comme ça, sans lui, en pilotant simplement l’engin avec son cadavre à l’avant. Nelly prit soudainement conscience que si la verrière ne s’était pas rétractée en manuel, c’est parce qu’ils continuaient de voler à vitesse maximale. La jeune femme reprit alors les commandes pour exercer une contre poussée, veillant à être en-dehors de la zone d’attraction de la géante, puis elle parvint enfin à faire retirer la verrière qui se rebella.
Elle était maintenant dehors, en lévitation dans l’espace, utilisant le cablâge d’urgence pour ne pas être décrochée et séparée accidentellement de son engin. L’hispanique mettait toute sa volonté pour essayer de se calmer, de reprendre une attitude assurée et professionnelle, mais là c’était trop. Elle revivait exactement l’enfer qui avait couté la vie à Julie Fornell, son ancienne pilote. Estropiée, elle s’était suicidée une fois sur Terre et Nelly n’avait jamais pu s’y recueillir.

Agitée de tremblement nerveux, elle parvint jusqu’à la cabine de pilotage et se positionna au-dessus de lui, l’appelant encore mais plus calmement. Elle passa la main sur sa visière et vit son visage endormi, presque paisible. Il était bleu, atrocement bleu. Mais voilà, Adam bougea des paupières. C’était petit, presque imperceptible, mais il était là !
Un cri ponctua sa surprise, l’espoir de le retrouver, et elle se mit tout de suite en quête du problème. La couleur atroce de son visage n’était pas du à la température, elle le savait, alors elle inspecta les organes de sa combinaison et découvrit sa cartouche entièrement fissurée. Un regard rapidement en direction de son témoin indiquait qu’il n’avait plus d’oxygène et qu’il étouffait lentement dans son dioxyde de carbone.

« Je...je t’interdis de partir ! Je t’interdis de mourir !!! »

Nelly récupéra la sacoche prévue aux urgences, horrifiée quant à l’horrible similitude avec sa mauvaise expérience de l’agonie de Julie. Elle prit la première cartouche qui lui glissa des mains et s’envola dans le vide. La seconde resta mais, lorsque la copilote extirpa celle d’Adam de son logement, la fêlure se propagea pour la couper net dans le filtage, comme une clé qui se brisait pile sur la surface de la serrure.

« Je refuse. Je vais y arriver ! J’y arriverai ! » Se répétait-elle comme une folle en cherchant dans la cabine, passant la tête entre les jambes gelées du pilote. Là, elle trouva la longe d’alimentation en oxygène et la brancha directement dans le casque d’Adam.

Elle appuya ensuite sur l’écran du pilote et trouva l’accès à la réserve atmosphérique. L’activation, heureusement, était d’une extrême facilité. L’air s’engouffra dans le casque d’Apollo et son visage s’anima soudainement d’une sérénité plus prononcée. Il récupérait de bonnes couleurs, déjà, et ses bras flottaient mollement dans le vide de l’espace alors qu’une buée régulière se fixait au fond de sa visière.

Nelly demeura silencieuse, abattue par un soudain sentiment de réussite et d’assurance. Il respirait, Adam respirait, un peu rapidement mais il respirait. Nelly en était encore à sangloter tandis qu’elle reprenait la sacoche et montait jusqu’à la verrière rétractée du cockpit. Pendant une longue demi-heure, elle posa des rustines sur la fissure. Ordinairement conçu pour les combinaisons, la réparation ne supporterait jamais le retour de la pression interne de la cabine du pilote. Mais la petite avait une autre idée. Elle se servait surtout de la caractéristique d’isolement du produit pour pouvoir augmenter la température.

Une fois qu’elle y parvint, elle revint lentement en apesanteur jusqu’au lieutenant et posa ses mains sur son casque, en un mélange de caresse fraternelle et d’espoir fou. Elle considéra quelques secondes l’immensité de l’univers qui la perdait dans le grand tout, qui la noyait dans la solitude la plus terrible, pui elle fixa la caméra de casque d’Adam. Après avoir dégluti, elle annonça d’une voix tremblante :

« Je suis Nelly Bricks. Nous sommes en perdition sur un secteur inconnu et mon pilote est inconscient. Rapportez nos dépouilles au peuple connu du nom “d’Atlante”. L’avenir de la galaxie est en jeu. »

Sa respiration était malmenée. Ils étaient égarés de toute façon et le F-302 était en fin de vie. Les chances d’être secourus de leurs vivants étaient universellement ridicule.

« Isia... » Elle réprima la violente crispation de son visage. « Il faudra que tu t’occupes des obsèques. Dit à Pedge que je la considère comme ma grande soeur, et que je l’adore, je lui ai jamais avoué sérieusement. »

Elle garda son regard sur la caméra du casque.

« Tu me manqueras. Je t’adore aussi alors...prends soin de toi, tu es quelqu’un de bien. »

Nelly récupéra les bras d’Apollo pour les croiser, qu’il ne soit pas blessé lors de la fermeture de la verrière, puis elle revint sur sa place de copilote. La première étape consistait à fermer l’endroit puis d’adapter une température réchauffante mais non violente dans la cabine du pilote. Nelly fit alors une poussée complète sur un vecteur dégagé. Elle eut la confirmation qu’ils étaient perdu et incapable de retrouver le chemin, l’hyper navigation les ayant rejeté trop loin du tunnel initial.

La jeune femme fit cesser la poussée lorsqu’elle fut optimale puis veilla à se réserver le peu de carburant qui restait dans des zones sans fuites. L’approvisionnement en oxygène d’Adam ne défaillait pas et il était maintenant dans une température convenable. Il y avait de l’eau partout autour de lui.

Le F-302 entama alors une très longue dérive de trois heures durant laquelle Nelly demeura immobile, songeant à tout et à rien à la fois, allant d’intenses moments d’angoisse et de panique à des sérénités morbides. Elle ne savait pas, à ce moment là, que la balise de détresse s’était activé automatiquement et que son écran de contrôle à l’agonie ne l’en informait pas.
L’éclairage électrique était aussi moribond et faiblissant que sa volonté. Il finit par s’éteindre via le système de sécurité lorsque les batteries tombèrent en-dessous des trente pour cent. Sans propulsion active, il n’y avait plus d’énergie. Ça faisait longtemps que la pile à naquada avait rendu l’âme.

Tout s'éteignit...mais ils étaient encore en vie.

….

….

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….

Un souffle rauque, brutal, empli soudainement la radio du F-302. Adam, paniqué, s’accrochait à son siège, reprenant sa respiration par grande bouffée d’air, le coeur prêt à se rompre, les membres engourdis. Sa vision était trouble, et il avait la vague impression que sa tête était sur le point d’imploser. Il tapota à tâtons, se rendant rapidement compte de l’endroit où il se trouvait. Il était… En vie ? Il entrouvrit les lèvres, mais seule une légère plainte s’en échappa. Tout était tellement confus.

« N…. Nelly ?... »

Elle avait fini par osciller entre les songes et la conscience. La copilote se remémorait ses bons moments sur la cité, les revivant, échafaudant par moment des fantasmes de reconnaissance affective auprès de ses amies...jusqu’à ce que la respiration d’Adam, qu’elle pensait issue de cauchemars ou de rêves, se muent en une voix. Il prononça son nom, ce qui lui fit l’effet d’un coup de tonnerre la réveillant d’un coup, les yeux bien grand.

« Adam !!!! »

Elle eut un profond soupir de soulagement.

« Dieu merci, tu es resté avec moi...Je...tu es branché sur l'ombilical de secours. »

Nelly fut parcouru d’un rire emprunt d’un profond soulagement. Voilà maintenant qu’elle en pleurerait de joie.

« Tu n’es pas devenu un Mug, pilote. On est toujours là...tu me reçois...tout va bien... »

« Moins vite…. Moins vite…. Ma tête…. Ca tourne... »

Adam grimaçait, appuyant sa main contre son casque, dans le vain espoir de faire cesser les horribles maux de tête. Il retrouvait peu à peu sa vision, bien que malheureusement, il soit plongé dans l’obscurité totale.

« Ou en sommes nous ?... »

Nelly tenta de retrouver son calme. Elle eut un sourire joyeux en l’entendant se plaindre, signe qu’il allait bien, qu’il avait les idées claires. Nelly ne vivait pas l’agonie de Julie une nouvelle fois.

« Égaré...le coucou meurt. »

« Des nouvelles du Dédale ? »

Le pilote laissa son regard s’échapper vers les confins de l’espace, à travers sa verrière, pensif. Quelle était la chance pour qu’ils soient retrouvés ?

« Rien... »
Nelly soupira tout en tremblant.
« Tu es resté inconscient trois heures et demi...Adam, tu m’as fait si peur ! Recommence pas ça, jamais ! » Lui confia-t-elle d’une petite voix sans trace de reproches.

« Trois h…. Mmmh…. Je vais essayer.. »

Il laissa échapper une longue quinte de toux, avant de reporter son attention sur son tableau de bord, éteint.

Pendant l’heure qui suivit, Adam reprit petit à petit ses esprits. Il souffrait d’une violente hypothermie malgré le chauffage de sa cabine et avait une migraine impressionnante. Il reprit le contrôle de son chasseur après avoir pris connaissance des dernières ressources qui leur restait à disposition. Effectivement, ils étaient perdu dans l’espace et l’ordinateur de bord n’était pas suffisant pour calculer leur degrés d’égarement. Il était impossible de savoir où est-ce qu’ils étaient par rapport au Dédale.

Nelly et lui étaient en train d’essayer d’estimer leur durée de survie dans l’espace, d’après leurs vivres, pour tenter de maximiser leur autonomie. Mais une ombre se dessina lentement à travers la verrière du cockpit, dissimulant l’éclat de l’astre voisin qui les éclairait depuis un certain temps. Une grande forme sombre et morcelé de couleur verte se dessinait clairement devant le soleil, prenant toute la place en se montrant menaçant. Il venait de sortir d’hyper-espace et croisait non loin du chasseur actif. Ses caractéristiques ne laissaient pas de doutes, c’était un croiseur de Méda’Iyda. Ils savaient maintenant qu’ils n’étaient pas si perdu. En réalité, ils erraient dans le secteur de patrouille qui protégeait l’approche du complexe. Car c’était l’un des endroits où leurs vaisseaux ravitailleurs faisaient des bonds sécurisés.

L’engin n’avait pas encore laché ses darts pour sa défense et il s’approchait lentement, comme un monstre, un ogre curieux, dans leur direction. Ils les avaient forcément découvert (surtout avec la balise que les pilotes ignoraient l’activité) pour s’approcher de la sorte, pour virer de cette façon, et puisque le chasseur avait un profil trop petit pour sa détection directe, l’ennemi réduisait la distance pour l’analyse.
C’était le danger qu’ils avaient tant redouté, être intercepté par l’ennemi. S’il les découvraient, le croiseur allait forcément lancer un signal d’alarme à Méda’Iyda. La mission échouerait horriblement.

Nelly avait la figure décomposée. Mais elle était au pied du mur, tout comme Adam, il ne restait qu’une chose à faire quand un prédateur vous croit faible.

« Il n’y a plus de carburant dans la citerne... » Prononça-t-elle doucement. « Si je l’éjecte d’urgence, on perd le blindage ventral...et les deux AMX...qu’on peut déclencher en différé... »

Nelly eut un violent frisson de terreur. Même pas en rêve les pilotes se lançaient seuls contre un croiseur. Et encore moins celui d’une faction si dangereuse.

« Si on les téléguides...avec des cibles stratégiques... »

Adam déglutit difficilement, une nouvelle fois. Un chasseur contre un croiseur. De la folie. Et encore une fois, l’unique solution.

« On y va. Prépare toi à l’éjecter, on n’a plus beaucoup de temps. »

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Nelly s’empressa d’engager les réserves. Le F-302 s’animait sur ses toutes dernières forces. Sur ce qui lui restait d’ordinateur, elle commanda l’éjection d’urgence de la citerne. Puisque le système de la soute escamotable était détruit, le système de détresse alimenta les boulons explosifs. La détonation soudainement arracherait le blindage ventral pour éjecter la citerne. Et puisque les missiles étaient à coté, ils seraient également expulsé.

La petite femme veilla à ce que les sécurités, censées rendre les armes inertes, ne s’engage pas. Et surtout, qu’elles communiquent en radio commande avec leurs cabines. Le message clignotait en rouge sur l’écran, comme s’ils allaient s’autodétruire avec la manoeuvre. Mais Nelly s’en moquait. Maintenant, c’était tout ou rien. Et elle était avec Apollo, elle n’était pas seule. Ils mourraient ensemble en tentant de préserver les données quelques minutes de plus.
« Merci d’être revenu Apollo. Prête à exécuter la manoeuvre ! »

Apollo fixait le croiseur avec anxiété. Tout ou rien.

« Maintenant ! Communications et réacteurs ! »

L’éclat brutal secoua le F-302 avec intensité. Le chasseur fut propulsé sur son flanc par l’éjection brutale de son blindage et de la citerne. Mais les deux missiles AMX s’activèrent subitement et filèrent droit sur le croiseur. Ils parcoururent la distance pendant deux minutes durant lesquels l’ennemi découvrit le piège. Il lança ses darts beaucoup trop tard et les deux pilotes, concentrés sur leurs cibles, abattirent les missiles droit sur les précieux systèmes du croiseur.

Un missile AMX est une charge nucléaire spécialisée, enrichie au naquada, dotée d’un système d’hyper navigation sécurisé. Son unité de vol central esquive au possible les flottes adverse et calcule de lui même l’activation du système. Grâce au micro-bond, le missile franchit les boucliers et détonne violemment contre le blindage, sa tête étant renforcée au trinium pour une pénétration optimale. Dans le cas de ces deux missiles programmés pour la guerre contre les Wraiths, le bond se faisait juste avant le blindage pour que la charge détonne au plein centre de la zone ciblée.

Donc, en parvenant à téléguider le missile sur son vecteur optimal, les charges disparurent soudainement et le croiseur se gonfla brutalement en deux endroits. Une énorme gerbe de lumière, une boule de flamme immense, fit une éruption sur ce que fut la chambre de communication Wraith et sa propulsion. Adam poussa un grand cri de victoire dans la radio, profitant du spectacle chaotique face à lui.
La carcasse du croiseur se nimba de flammes et d’une série de décompression explosive qui le laissèrent complètement désemparé, lui faisant faire des tours sur lui même. Mais voilà, les flottes de darts avaient été laché et une trentaine filaient droit sur eux avec la ferme intention de se venger.

Les cris de victoire mélé d’Adam et Nelly s’éteignirent à la découverte de cette menace meurtrière. Les deux pilotes engagèrent les dernières ressources, poussant leur propulsion défaillante dans le rouge, dans l’espoir de maintenir une distance de sécurité avec l’ennemi. Mais les darts en bien meilleure condition et plus performants gagnèrent du terrain.

« Ils arrivent ! Ils arrivent ! » Hurla Nelly paniquée.

Adam faisait de son mieux mais il ne pouvait pas combattre trente darts. Il ne pouvait que fuir, le plus longtemps possible, dans l’espoir vain et fou de recevoir de l’aide. Il fallait encore rajouter à cela son engourdissement latent, autant physique que mental, que lui causait l’hypothermie, et qui l’empêchait de voler de manière optimale. Le croiseur s’était déjà remis et, même s’il ne pouvait plus communiquer, il se déplaçait tant bien que mal sur une trajectoire d’interception. Les boules de blasts Wraiths commencèrent à pleuvoir et Apollo se fit mobile, difficile à toucher, voyant ses jauges de carburant s’appauvrir drastiquement. Il zigzaguait du mieux qu’il le pouvait, l’adrénaline venant compenser les pertes physiques, dans un dernier sursaut d’énergie, hargneux de s’accrocher à la vie. Puis, au moment où il n’y croyait plus, au moment où un tir venait d’emporter une partie de leur aile gauche, seize flashs blancs très brutaux l’aveuglèrent tandis que sa radio crépitaient.

//302, A L’ASSAUT !!!!! //

Le seize chasseurs du Dédale venaient soudainement d’émerger de l’hyper-espace. Ils avaient frôlé Adam de si près qu’il avait pu en sentir une vibration par un retour de débris. Et comme des rapaces, comme des foutus vautours, des putains de chiens de guerre, les pilotes du Dédale interceptèrent l’ennemi dans un mélange brutal et explosif !!!

// WOUHOUHOU ! Toujours à l’heure Patron ! //
// A l’abri chef. On ne pouvait pas se résoudre à abandonner un si bon CEG. Moi qui pensait pouvoir récupérer mon trône... //

La formation Wraith se désagréagea et la bataille prit des proportions impressionnantes. Ils ne se faisaient pas de cadeaux, s’arrosant copieusement. Un nouveau flash, plus grand, plus puissant, et le majestueux Dédale fit son apparition en retrait, pour éviter d’écraser ses pilotes sur son bouclier.

Les canons électromagnétiques se mirent immédiatement en branle et une pluie de feu s’abattit en cordon sur le croiseur qui virait trop lentement. Ils tournaient ses armes vers le bouclier suralimenté du DSC-304 impassible. Sous la supervision de Caldwell, les canons ciblaient plateformes d’envols, propulseurs de manoeuvre et brèches de coque. C’était le plus beau spectacle qu’ils eurent de toute leur vie, leur offrant un moment d’une telle euphorie qu’ils en criaient, en pleuraient, poursuivant leurs chemin pour aller se mettre sous la protection du Dédale, bien au chaud sous son ventre.

Le croiseur prenait sa revanche sur la défaite qui les avait vu si affaibli, si anéanti, après la perte des Natus.

Dans la radio, on entendait Patron, le bras droit d’Apollo, diriger ses troupes pour interdire tout accès à leur F-302 devenu tétraplégique. Les réacteurs venaient de mourir et les ressources de détresse étaient presque toutes épuisées. Mais peu importe, la bataille continuait, les Wraiths prenaient une dérouillée monumentale et les collègues étaient si violents, si rapide, que les darts n’arrivaient même pas à prendre leurs arrières.
Dès que l’un d’eux prenait l’avantage, un chasseur Atlante le pulvérisait en miette, lancé à fond.

Et puis, avec une étonnante facilité, comme la récompense ultime pour une justice dont on ne croyait plus, le croiseur Wraith se bariola d’une multitude d’explosions secondaires. Il détonna soudainement en un immense champ de débris et les darts tentèrent de fuir inutilement. Patron ordonna l’assaut. Les F-302 les poursuivaient littéralement, le Dédale engageant sa propulsion pour se mêler à la vengeance sans pitié. L’ennemi fût complètement éradiqué, jusqu’à ce qu’il n’y ai plus la moindre trace énergétique de sa présence.

Ca y est, Nelly avait laché ses commandes, elle ne travaillait plus, elle n’était plus copilote. C’était la spectatrice heureuse qui appréciait l’explosion d’émotions diverses et variées qui l’inondait en même temps qu’Adam. Une petite escadre de trois F-302 revinrent jusqu’à eux et ils s’approchèrent très près, présentant leurs flancs, tandis que les occupants se penchaient pour les voir.
Des visages connus, qui lui souriaient, qui lui montraient le bonheur de les revoir en vie. Nelly en pleurait mais de joie cette fois. Et bon dieu. BON DIEU. Que ça faisait du bien ! Que ça faisait du bien retrouver les siens, son entourage, les gens qui se sont inquiétés ! Nelly posa une main sur sa verrière pour leur témoigner ses sentiments. Pied-de-biche, Sexy-Girl, Papa, Rocher, Mariole, tout le monde. Ils étaient là ! Ils venaient à tour de rôle les voir, leur faire signe. Ils lui souriaient, les félicitaient. Apollo ne cessait de se faire chambrer par ses hommes, ses pilotes, heureux de le revoir.

//On dirait que tu as abimé ton beau vaisseau, Apollo !// Fît joyeusement Blue.
//Sa sénilité ça, c’est pas bon de vieillir. On va le surnommer “Grabataire” maintenant !// Commenta Malboro.
//Continuez de rire, en attendant, j’ai réussi à mettre un croiseur hors service avec deux missiles !//
Nelly ria de bon coeur. Ca lui avait manqué tout ça.
« On a réussi...on a réussi Adam, j’y crois pas...on les a eu ! »

Adam poussa un long soupir de soulagement, s’affalant dans son siège, sa tête recommençant à tourner. Oui… Ils avaient réussi. Ils s’en étaient tirés. Apollo cligna lentement des yeux, sa vision redevenant peu à peu trouble. Ils étaient de retour à la maison.

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Jeu 15 Mar - 13:42
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La situation maintenant stabilisée, le bouclier du Dédale se baissa. Les chasseurs patrouillaient frénétiquement à la recherche de possibles fuyards mais la détonation du croiseur avaient balayé le reste de ces lâches. Pendant qu’on demandait à Nelly d’éteindre sa balise de détresse, Adam était en communication directe avec le colonel. L’officier apprit que les combinaisons, les caméras des casques et les boîtes noires contenaient des informations vitales pour l’avenir de la guerre.

Une barge de récupération sorti de la baie tribord et se fixa sur la carcasse dévastée de leur chasseur pour les ramener. Lentement, Adam se laissa bercer par le bruit de sas du Dédale, ses vertiges reprenant de plus belle. Ils avaient bien mérité de se reposer un peu… Pas vrai ? Jamais l’intérieur du Dédale ne leur avait autant manqué. La soute se pressurisa puis les techniciens de Tyrol affluèrent tous jusqu’à eux. L’échelle fût placée tant bien que mal, le F-302 sans train d’atterrissage étant couché sur son flanc estropié. Le retrait de la verrière craqua avec un terrible grincement alors que la petite espagnole se redressait. Finalement, puisque l’échelle était inutilisable, les techniciens déployèrent le trampoline. Adam laissa Nelly y aller en premier puis vint son tour, se laissant tomber lourdement du cockpit, à moitié dans les vapes.

Les médecins étaient déjà là mais l’hispanique refusa leur approche, trouvant refuge dans les bras d’Apollo pour l’étreindre avec toute la reconnaissance qu’elle pouvait lui offrir. Il avait été toujours là, il l’avait ramené vivante à la maison. L’officier avait tenu sa parole et Nelly ne cessait de le remercier, son casque impactant le sien. Adam souriait doucement, encore allongé sur le trampoline. Tout était terminé. Ils avaient réussi. Lentement, il ferma ses paupières, se laissant retomber dans le coma. Ils avaient… Réussi. Ordre de Caldwell oblige, les deux pilotes furent placés sur brancard et amenés à l’infirmerie.
La jeune femme se sentait vidée. Ses nerfs se relâchant, elle ressentit un tel épuisement que sa fierté n’entrait même plus en ligne de compte. Nelly était allongée et se laissait emmener sans la moindre résistance, plaquant sa main sur la poche qui contenait les cheveux. Elle entendait l’équipage crier, hurler, lui faisant craindre l’arrivée d’un danger, d’une armada ennemie. Mais en fait, ils étaient heureux, l’allégresse de la victoire avait gagné tout le monde. L’équipage du Dédale s’était vengé, ils avaient rendu la monnaie à la faction des ingénieurs. Cela couvait depuis longtemps et tout le monde se permettait d’exposer sa joie, s’enlaçant d’accolades au même titre qu’Adam et Nelly plus tôt.

Seuls les brancardiers restaient imperturbables.
A l’infirmerie, on leur fit ôter les combinaisons et Nelly s’agita, refusant de se séparer de la sienne lorsque les scientifiques voulurent s’en emparer. Rebelle, elle l’enroula et la plaqua contre son corps, hurlant contre le personnel de la sécurité qui désirait intervenir de force. La situation dégénèra lorsque, au pied du mur, Nelly prit son zat, malgré tout fermé, pour interdire toute approche. Le personnel de la sécurité ne chercha pas plus loin et recula, le personnel soignant demeurant immobile dans la crainte de déclencher les hostilités. Le maître à bord fût averti et décida d’intervenir lui-même, comprenant bien qu’il n’y avait pas de volonté réelle d’agresser l’équipage. Adam, sur son brancard, demeurait paisible, les yeux fermés, le sourire aux lèvres, tel un enfant satisfait, bien loin des agitations se passant autour de lui, son esprit dérivant à des années-lumières de la scène, laissant son corps inerte, teinté d’une très légère couleur bleutée, ses lèvres ayant viré à une couleur noirâtre désagréable.

Caldwell apparut alors. Son air sévère et l’expression de son visage firent blêmir Nelly qui ferma les yeux et serra la combinaison encore plus fort contre elle. Mais voyant bien dans quel état lui était revenu ses pilotes, dans quel état était le F-302, l’officier s’agenouilla pour être à sa hauteur.

« On ne vous enlèvera rien, jeune femme. Qu’est-ce que vous voulez ? Que voulez-vous que l’on fasse ? » Avait-il dit posément.
Nelly sortit les cheveux puis l’enveloppa dans son poing pour le serrer contre son coeur, rejetant la combinaison d’un coup de pied. Se détournant de l’officier pour écarter sa prise, elle lui supplia dans une longue complainte :
« Ne me l’enlevez pas. Pitié monsieur. Je ne veux pas le perdre, je ne le veux pas. Je vous en prie ! »
« Alors gardez-le Bricks. Je veux simplement votre arme, pour que tout aille bien. Vous êtes en sécurité ici, plus rien ne peut vous menacer.. »

La petite espagnole ne résista pas lorsqu’il lui retira doucement le zat pour le remettre à un garde. L’infirmerie s’occupa bien des pilotes, effectuant plusieurs prélèvements et envoyant Adam au caisson hyperbar pour lui réoxygéner l’organisme. Nelly décida de le suivre et resta assise sur un siège, à ses côtés, en gardant cette poignée de cheveux contre le coeur. Deux gardes restaient toujours présent mais discrets. Le colonel décida de ne pas les débriefer. Au lieu de ça, il ordonna la récupération et la conversion sur format audio/vidéo de l’ensemble des sources. Son second prit le commandement pour rapatrier les F-302 puis le Dédale reparti en direction de la Porte des Étoiles la plus proche.

Pendant une heure, Caldwell visionna en accéléré les vidéos, découvrant l’étendue de l’horreur et de l’ingéniosité de Méda’Iyda. Il se surprit plusieurs fois à se sentir touché des épreuves subis par ses hommes, que ce soit la découverte du lieutenant Ross d’une amie à l’agonie, que de la petite Bricks face au clone. Il comprit d’où venait les cheveux et décida de mettre cette affaire temporairement de côté. Sous son ordre, un technicien digne de confiance fut chargé de faire des copies et de condenser le tout en un dossier complet pour le CODIR. Un message fut envoyé pour avertir Atlantis que la mission avait été un succès total mais que la réalité du danger que représentait Méda’Iyda était bien au-delà des estimations initiales.

Peu avant le retour sur Altantis, Caldwell revint dans l’infirmerie, rejoignant Nelly dans la salle du caisson hyperbar. Adam s’était assoupi et il dormait profondément. Le colonel en profita pour faire sortir les gardes puis discuta longuement avec elle. Posément. Il demeurait neutre, directif, mais n’insistait pas, ne la brusquait pas sur le devoir militaire ou le respect du galon. Il cherchait une confirmation, la raison pour laquelle elle avait arraché cette mèche de cheveux.

Brisée, la jeune femme lui raconta que cette Pedge avait eu du libre arbitre. Qu’elle avait pris la décision de leur fournir toutes ces informations et qu’elle leur avait permis de s’en aller, de se sauver. Cette Pedge là était bonne, avait la même valeur que le véritable lieutenant qui se trouvait dans la cité, et Nelly lui était profondément reconnaissante. Elle l’avait tué, fait disparaître à coup de Zat. Et ce faisant, elle n’arrivait pas à se laver du sentiment d’avoir commis un crime odieux, comme si elle avait mit fin à la vie de la véritable Pedge. Visiblement dévasté et choquée par cet élément en particulier, elle s’était faite une promesse : ce qui restait du clone dans cette mèche de cheveux méritait une sépulture décente. Cette Pedge méritait de reposer dans un bel endroit, sur le continent, en anonyme pour l’aide qu’elle leur avait apporté. Dans la détresse qui l’avait caractérisé de n’être qu’une arme, Nelly trouvait juste et honorable de lui offrir le repos à l’endroit qu’elle participait à sauver. C’était de la justice.

Caldwell comprit. Il lui fit la promesse de présenter sa requête au CODIR et de l’appuyer si elle permettait aux scientifiques d’en garder une maigre partie, qu’ils puissent séquencer l’ADN du clone à la recherche d’une faille ou de renseignement sur les techniques de clonage de Méda’Iyda. La perspective de voir son voeu le plus cher réalisé lui donna l’envie d’accepter mais l’officier lui laissa le choix, lui donnant un délai pour sa réponse.

Le lendemain matin, Adam se réveilla sur le lit d’infirmerie, Nelly demeurait sur celui d’à côté. Sidney lisait tranquillement l’un de ses romans tandis que l’on découvrait sur la table un monticule de ballons et d’offrandes en tout genre. C’était un énorme “bon retour parmis nous” que tout le Dédale leur criait joyeusement.

La mission Echo-Natus marquerait à jamais leurs esprits. Adam était encore trop faible pour reprendre les vols, mais sa rancoeur, elle, était toujours bien présente. Le jour où l’attaque aurait lieu, il s’assurerait d’être bien présent, en première ligne, pour faire payer les Wraiths. Mais en attendant… Caldwell comptait l’envoyer quelques semaines sur Atlantis, afin de prendre du repos et de s’en remettre psychologiquement. Le pilote n’avait pas protesté. Il savait au fond de lui qu’il en avait besoin. Et Nelly n’avait plus que dans l’idée de rejoindre le continent...et de revoir son entourage pour les serrer dans ses bras. Qu’elles ne sachent pas ce qui lui avait coûté de revenir...et combien leur douce ignorance gagnait à être préservée de l’enfer…

Cet enfer si lointain et proche à la fois.

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All great things are simple, and many can be expressed in single words : Freedom, Justice, Honor, Duty, Mercy, Hope.

Winston Churchill


DC : Mike Femens

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