Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Ven 23 Fév - 1:10
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Chronologie : lendemain de main froide : Mardi 05 Septembre 2017


Nelly était immobile, couchée sur le dos, la tête posée sur le matelas.
Elle avait retiré son oreiller pour le placer sur sa poitrine et le ceinturant de ses deux bras comme s’il s’agissait d’une bouée. La couverture remontait jusque là, elle était nu dans une toge classique de patiente hospitalisée. De manière amorphe, elle regardait le plafond et y trouvait des scènes issues de sa propre imagination. Elle n’arrêtait pas de repasser en boucle la mission “Main Froide” à la recherche du point de bascule, du geste ou de l’action qui lui avait valu ce déchaînement de violence.

Elle avait beau se dire qu’elle ne devait pas s'apitoyer sur son sort, qu’elle se confortait dans l’image de la faible victime qu’elle se refusait d’être, mais elle n’y parvenait pas. Elle n’arrêtait pas de se dire qu’elle n’aurait pas subit cette tentative de viol si elle était restée dans l’équipe de Sheppard. Qu’elle méritait ce qu’il lui était arrivé.

Elle n’avait pas conscience de toutes ses blessures. Elle s’était violemment débattue à l’infirmerie quand ils avaient essayé de la soigner. Pourtant Nelly savait qu’ils étaient là pour l’aider mais tout ce monde autour d’elle lui avait soudainement foutu une pétoche de dingue. Elle avait frappé dans tous les sens en suppliant Isia de la laisser mais après c’était le trou noir. Elle s’était réveillée dans cette chambre avec une perfusion, lavée et soignée, dans cette blouse qui ne la couvrait que trop peu.
Une partie d’elle les remerciait de ne pas lui avoir attaché les poignets comme une folledingue. Elle n’allait pas s’ouvrir le bras façon BatMattou, elle avait trop enduré pour en finir sur une effusion de sang chaud. Mais quand même, elle se sentait horriblement mal et seule.

Au pied de son lit se trouvait la plaquette qui faisait un rapport de ses blessures. Il s’y trouvait la commotion, une arcade sourcilière fendue, une pommette entaillée, une lèvre fendue, une molaire en moins, des hématomes de coups de poings, majoritairement au ventre.
Des bleus caractéristique d’une tentative de viol sur les bras et les cuisses.
Des entailles de bris de verre un peu partout (surtout le dos, fesses, arrière des jambes et voutes plantaires)
Sans oublier le morceau de verre qu’on lui avait trouvé planté entre deux orteils.

Sans cette perfusion, Nelly était certaine de mourir de douleur dans une agonie atroce. Elle espérait secrètement qu’Isia, si c’est bien elle qui s’occupait de son cas, n’allait pas être trop dure avec elle. D’ailleurs, la petite espagnole angoissait à l’idée de ce moment. Elle avait peur de l’effet qu’aurait son regard d’acier sur elle. Ce serait comme une lance qui viendrait se planter rageusement dans son coeur et s’y tournerait pleins de fois avant de l’arracher avec brutalité. C’est l’image qui lui venait tout le temps en tête sans qu’elle ne sache pourquoi.

Nelly sentait des larmes couler le long de ses joues. Elle avait envie d’éclater en sanglots comme c’était le cas tous les quart d’heures depuis qu’elle s’était réveillée mais elle se faisait violence pour ne pas se laisser aller. Les femmes traumatisées par ce type d’agression, elle en avait vue passer, surtout celles qui avaient subi les violences en Janvier dernier et qui avait fait le retour depuis le Dédale.
Nelly s’était promis qu’elle ne réagirait pas comme elle. Que ce soit par fierté ou pour l’image qu’on s’en faisait d’elle, pas question d’être la pauvre petite victime traumatisée qu’on renverrait sur Terre.
C’est étrange d’ailleurs. Elle n’avait pas peur des regards des autres quand elle faisait la gamine puérile et qu’elle accumulait toutes les conneries imaginables pour charrier son entourage. Mais le regard suite à cette mission, cet échec personnel qui resterait à jamais dans un coin de son être, ça la briserait. Surtout les regards de Sheppard, d’Isia et Pedge.
Elle ne savait vraiment pas pourquoi mais elle y portait une telle importance. Le premier parce qu’il était son supérieur et qu’elle voulait être un élément apprécié sur le terrain (l’idée étant bien différente d’une Nelly au repos). Et les deux autres, elle les adorait. Pedge et Isia. Elle les adorait mais sans qu’elle n’en sache la raison précise. Elle s’était attachée, tout simplement.
Mais le regard qu’elles pourraient avoir...seigneur…

Nelly ferma les yeux un instant et se passa une main sur le visage, chassant les gouttes qu’elle se refusait à appeler larmes, et elle essaya de chantonner l’un des airs des années cinquante qu’elle affectionnait. Elle en avait plein sur son portable, c’était l’époque de sa mère mais elle ne savait même pas si c’était les titres qu’elle écoutait. Mais voilà, Nelly devait surement être la dernière à les écouter quotidiennement et ça ne la dérangeait pas. Elle aimait même à se dire que le vilain Caldwell ne les connaissait pas ! Là, c’était Mr Sandman.
Sa voix était cassée, répondait mal et n’avait aucune stabilité. Mais ça lui faisait du bien, même si elle était capable de casser le miroir des toilettes. Au moins, les rires moqueurs et les cris qui la harcelaient depuis le début se fondaient dans la musique de son esprit. Son regard se perdit au travers de la fenêtre où il y avait un beau soleil et un ciel bleu. C’était comme si rien de tout ça ne s’était passé.

Mais tout prit fin quand la porte de sa chambre s’ouvrit lentement.
Nelly ferma les yeux avant de demander, la tête toujours orientée à l’opposé vers la fenêtre, d’un ton adulte et sérieux, ne voulant pas être comprise :

« ¿Has venido a cortarme el pecho ? »

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- Nelly & Isia -
CHRONOLOGIE : Mardi 05 Septembre 2017


Généralement, les retours de missions sont plus ou moins catastrophique tout dépend de l’ennemi en face. Après une Jessy en piteux état qu’Isia avait réceptionné dans son service, c’est une Nelly qui avait eue la chance de ne pas rester suffisamment longtemps pour ressembler à une épave humaine. La doctoresse n’était pas certaine que Jessy s’en remette mentalement, quoique… Peut-être que le nouveau lot de psy allait faire des miracles, mais avant tout c’est sur son physique. Elle avait été dévastée pour une femme coquette perdre sa beauté c’est comme lui enlever une part d’elle-même. Pas facile de se regarder dans le miroir après tout ça. Mais la médecine moderne lui redonnerait aspect humain, même si ce fut que synthétique.

Quant à Nelly, Isia devait avouer qu’elle avait une forme de chance dans son malheur et il serait vain, de dire qu’elle en avait rien à faire. Cela lui avait filé un coup, de la voir dans cet état. Et même si elle avait fait preuve d’aucune pitié pour lui planter une seringue pour l’endormir, puisqu’elle était en crise de panique, à tête reposée, elle sentait une amertume envers les primaires qui l’avaient mis dans cet état. Qu’importe la planète, les humains sont une sale race qui ne sait pas respecter grand-chose sauf leur stupide croyance. Comment, avaient-ils pu confondre Nelly avec une sorcière ? Une fée ou même un lutin fastidieux ok, mais là…

Après, Nelly était à l’armée, elle savait les risques et même sur le terrain malgré sa formation de Co-Pilote. Regrettait-elle le confort et la sécurité du dédale ? Même s’ils risquent leur vie ce n’est pas de la même manière que sur Atlantis.

Isia soupira une nouvelle fois, caressant la tête de Kalash, qu’elle gardait à cet instant. La présence de l’animal l’apaisait au plus haut point et elle était contente d’avoir pu l’avoir quelques heures. Le temps lui manquait comme celui de son ami. Vivement qu’ils arrivent à se faire une soirée peinarde entre « connards ». Alek n’allait pas tarder à récupérer son chien pour partir en mission ou autre. Dans un sens, cela l’arrangeait, son service allait être mouvementé et elle ne pourrait pas s’occuper de son chouchou. Voilà qu’ils se le partageait comme un enfant, une garde alterné. D’ailleurs, le militaire arriva et elle embrassa le chien avant de le rendre à son maître discutant brièvement avec lui.

Une fois l’animal rendu, elle marcha jusqu’à son bureau sortant une peluche en forme de colibri, qu’elle avait fait faire aux Athosiens, à cette June qu’Erin estimait tant pour ces vêtements magnifiques. La doctoresse l’avait fait pour l’anniversaire de Bricks : le 24 août. Elle avait loupé son anniversaire et comptait bien se rattraper en lui offrant un jour et ce jour-là était peut-être le meilleur. Une belle peluche de 20 centimètres assez girly, puisque constitué de nuance de rose dans un tissu d’une grande douceur avec une poche ventrale à fermeture éclair (caché par un rebord en tissus pour y cacher quelque chose. Isia y avait fourrée une boite de sucette mini.)

Elle espérait que cette peluche aide la petite espagnole dans sa convalescence psychique. Elle commençait à bien la connaitre et elle était sensible. Avec une certaine force de caractère qu’elle cachait sous ces airs de gamines, qui cachait sûrement un traumatisme latent. Isia regarda son horloge, c’est l’heure, outre la voir en tant que « papa » c’est aussi en tant que Docteur, puisqu’elle devait vérifier si elle avait été violée aussi. Le lieutenant Jacobs avait lâché cette information discrètement au service juste après… le regard lourd de sens. Isia savait les douleurs perpétuées par ce genre de pratique, pour l’avoir vécue et elle savait comment s’en sortir, même si elle en parlait jamais. Seul panda était au courant d’une part de son passé et celui-ci avait fait tuer son ancien bourreau. Elle n’en parlerait surement pas à Nelly, mais elle l’aiderait à remonter la pente si ce fut le cas.

La doctoresse marcha d’un pas ferme, jusqu’à la chambre, y frappant avant d’y pénétrer sans plus d’attente. La main tenant la peluche dans son dos. Elle s’avança vêtue de sa longue blouse, qui cachait une chemise bleu roi et un pantalon gris. Isia avait coiffé ses cheveux dans une queue de cheval.

La phrase en espagnol de la jeune femme la surprit, elle avait fait cette langue dans ces années bêtes de lycée et collège, mais elle ne s’en souvenait plus. L’espagnol ne lui servant a rien et puis bon, le lycée avait été un moment difficile où le genre d’inutilité de la LV, ne lui servait à rien. Le timbre sérieux faisait toujours bizarre à Isia qui avait l’habitude de la gamine puérile.

« Je ne comprends pas l’espagnol Nelly. » Dit-elle dans un soupir, en marchant vers elle.


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Ven 23 Fév - 1:21
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Nelly s’était ramassée sur elle-même dés qu’elle avait entendu la voix d’Isia. Elle croisa plus fermement les bras sur son oreiller alors qu’elle était sur le flanc, lui tournant maintenant le dos. Elle se mordait les lèvres pour ne pas pleurer. Ne pas être une victime, ne pas être une victime. Et son regard ! Son regard il va être comment ???
Nelly fermait les yeux très fort et murmura :

« Je ne veux pas qu’on me coupe le sein... »

Isia arqua un sourcil dubitatif… si elle n’avait pas lu son dossier et la mention top secret suite au cancer de la petite qui avait écopé d’un traitement novateur et expérimental, elle lui aurait dit qu’elle disait n’importe quoi. Mais, vu ce qu’elle avait subi, il était maintenant compréhensible qu’elle ait peur des seringues et de ce drame : qu’on lui coupe un sein.

Isia se rapprocha d’elle suffisamment près pour toucher de ses cuisses le rebord du lit et s’assit sur celui-ci d’un coin de fesse. Son regard était normal, pas de pitié ni même de compassion. Le regard normal de la doctoresse qui ne lui monterait jamais la moindre once de pitié et qui se comportait normalement avec elle. Comme si la vie continuait que le traumatisme ne serait que passé. Isia agissait toujours ainsi.
« ça tombe bien, parce que ce n’est pas prévu ! » Fit-elle avec un rictus au coin des lèvres amusée.
« Par contre… » Elle sortit sa main de derrière elle et lui déposa sur la poitrine le colibri rose. « Lui, il est d’accord pour qu’on lui coupe son étiquette d’instruction de lavage » Il en avait pas, mais ce fut pour la blague.


Non, Nelly ne voulait pas ouvrir les yeux. Pas encore, juste une petite minute. En plus, elle ne parle avec aucune compassion, elle devait être en colère ou...enfin…
C’était puéril mais elle voulait qu’on la laisse, être seule avec ses démons, jusqu’à ce qu’elle l’entende parler d’étiquette d’instruction de...lavage ? Il y avait aussi une petite pression très douce sur sa poitrine. S’en était trop, Nelly ne pouvait pas résister et elle ouvrit un oeil, l’orientant vers la source de cette douceur. Son deuxième oeil suivit l’écarquillement et la surprise qui se peignit sur son expression muette alors qu’elle considérait la peluche.
La petite espagnole approcha une main tremblante pour caresser la surface du bout des doigts avant de la prendre dans ses mains et d’aller chercher le visage d’Isia penché sur elle. Les traits du visage tiré, Nelly semblait lui demander si ce n’était pas une blague, si c’était vraiment pour elle. Parce qu’Isia qui lui donne une peluche, c’était la première fois qu’elle recevait physiquement une preuve d’attachement. Et ça, ça lui fit bondir le coeur.

« Pour...moi ? » Demanda-t-elle bêtement.
« Non pour le voisin ! » fit Isia en levant les yeux au ciel amusé.
« J’lui donnerai pas ! » Murmura-t-elle.

La gamine terrée sous la peine et la honte semblait refaire surface. Elle avait dit cela sans le ton puéril mais la phrase y était. La peluche lui avait atterri dans les mains, c’était à elle maintenant.

Le regard d’Isia était normal. Comme à chaque fois qu’elle finissait de la surprendre et qu’elle l’ignorait et/ou se calmait aux assauts surprises de ses calins de fillette. Les mains de Nelly avait entièrement quitté l’oreiller pour entourer l’animal en peluche alors qu’elle l’explorait de ses doigts, ayant un sourire au coin des lèvres, d’une satisfaction qui s’accomodait très mal à son traumatisme. Mais elle eut un tel beaume au coeur qu’elle approcha la peluche de son visage, la serrant contre elle comme une enfant tout en offrant tout sa gratitude du regard à Isia.
Elle était sur les fesses. Nelly n’aurait jamais pensé avoir le droit à cette attention de sa part un jour. C’était comme une preuve d’affection venant d’elle, le fait que l’amitié et l'attachement ne soit pas qu’à sens unique, mais il ne fallait pas s’enflammer non ?

« Merci Isia. »

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Ven 23 Fév - 1:27
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CHRONOLOGIE : Mardi 05 Septembre 2017


Isia lui fit un beau rictus ravi que ce présent lui fasse autant plaisir. Parfois, le geste est plus efficace que les paroles et n’étant pas doué pour ce genre de chose, Isia préférait passer par là. C’est bien plus parlant et dans un sens elle ne se mouillait pas à évoquer de longues phrases, qu’elle trouverait ridicules et stupides.
« De rien. Ouvre-lui le bidou, il y a une surprise. Même si ce n’est pas très bon pour les dents. Mais on s’en fou, c’est bon pour le moral. » Isia était une grande gourmande surtout de sucrerie, pour consommer une quantité impressionnante de café vanille et de carambar !

Nelly s'exécuta en silence.
Elle ouvrit lentement le ventre du colibri pour découvrir les friandises. Elle eut un pâle sourire émouvant en sortant l’une d’entre elles qu’elle porta à sa bouche, mordillant le cercle de sucre aromatisé tout en se disant qu’elle avait affaire à la partie ange d’Isia. C’est comme si le Papa avait pris vie, sauf qu’à l’instar de son véritable père, elle avait eu la visite d’Isia dans sa chambre avec une peluche et une surprise. Nelly prit conscience que c’était la première fois de sa vie qu’on la considérait de cette façon et ça lui fit bizarre. L’horrible période de son traitement contre le cancer, elle n’avait eu le droit qu’à un coup de fil de son paternel juste pour la forme, savoir si ça avait été. Pour lui, les Bricks étaient des increvables alors il ne s’en faisait pas trop. Et l’amour, chez les Bricks, c’était négligeable.

En se faisant ce constat, Nelly écarta la sucette de ses lèvres abimées et serra la mâchoire mais c’était trop. Bizarrement, il y eut comme un barrage qui cédait face à la certitude qu’elle n’était pas là seulement qu’en tant que médecin désintéressé mais également en tant qu’amie. Et c’est ce qui lui faisait tomber le poids de toute sa peine sur le coin du visage, le fait qu’elle se sentait avoir le droit d’être blessée et à l’agonie morale. Mais elle ne se voyait pas se jeter dans les bras d’Isia en criant pitié, d’autant plus qu’elle savait que ce n’était pas la tasse de thé de la chirurgienne.

Alors Nelly sanglota en silence en retenant les plaintes, sa main droite gardant la sucrerie comme une preuve infaillible de soutien, tandis que sa main gauche pinçait la manche de la doctoresse dans un besoin de contact de chaleur humaine.
Dans une voix cassée mais qu’elle contrôlait encore, elle avoua amèrement, sur un ton d’aveu sincère :
« J’ai merdé Isia... »

Isia l’observait en silence, elle ne disait rien, la douleur et la peine sont des choses qu’elle rejette chez elle et chez les autres généralement. Pourtant, elle savait être là, inébranlable et attendre que ses “proches” soulagent leurs larmes. Quand Erin avait été torturé sur paradize, elle avait été là, quand Blanche pleurait la mort de sœur, elle avait été là… Quand Panda avait déchargé sa haine et après ses aveux, elle avait fini par lui donner son épaule, pour qui lui donne la sienne de manière métaphorique, quand Pedge allait mal, sans le dire à tout le monde, elle était là, se comportant normalement avec elle recommençant leur attirance et leur gestes évocateur d’une affection qu’aucune des deux ne voulait s’avouer. Même Coralie avait eu le droit à un peu de soutien, certes bien moins car elles n’étaient pas proches, mais ce fut pas négligeable, venant de la grande Isia Taylor Laurence.

Au final, Isia était bien des choses, mais savait être là, pour ceux qui entraient dans son cercle si fermé. Elle était cruelle et sans pitié, exigeante et inaccessible. Mais une fois qu’on entre dans son jardin, on découvre que le dragon n’est pas aussi sans cœur que ça.
Nelly se mit à sangloter cherchant la manche de la doctoresse. Isia lui offrit au lieu d’un pauvre bout de tissu sa main froide. Elle ne disait rien, silencieuse en toisant la petite espagnole dévastée.
« En quoi ? » demanda-t’elle doucement. Souvent le choc passé les victimes d’acte horrible et pas seulement de viol, désirait parler. L’examen pouvait attendre un peu.


Et c’était le cas.
Nelly avait besoin de parler. Même si elle se savait en tort, même si elle risquait de se faire engueuler, même si elle sentait qu’elle ferait perdre du temps à la chirurgienne, la main finissait de la convaincre à lâcher ce qui devait impérativement sortir. Nelly agrippait doucement cette main en se nourrissant du contact, comme si cela lui avait longuement manqué, et elle ajouta dans une plainte qu’elle s’évertuait à réduire malgré la détresse :
« Tout ce que je voulais, c’était bien faire mon travail. Je voulais juste ne pas faire d’erreur...mais j’ai perdu la tablette... »
Elle inspira dans un hoquet.
« J’avais pas réalisé Isia. Je croyais que je pouvais rattraper l’erreur. J’ai été séparé du groupe et je n’ai pas pu revenir...et il m’est tombé dessus... »
Elle serra encore plus fort la mâchoire en clignant des yeux. Elle gardait chaleureusement la peluche contre elle avant d’oser monter son regard sur celui d’Isia.
« Il était trop fort. J’ai fait ce que j’ai pu, je te le jure. Mais il... »
Le reste de la phrase s’éteignit. Elle les revoyait en train de lui jeter les détritus, alors qu’elle était nue comme un vers.
« J’ai déconné ! »

Isia l’écouta, ne sachant pas toute l’histoire. Faut dire qu’elle ne lisait jamais les rapports militaire et John n’avait pas eu le temps de finir le sien, il avait dû repartir dans l’heure en mission après avoir ramené Nelly idem pour Pedge, Jacobs, Candom et Nilsson. Et la doctoresse ne s’y intéressait pas, sauf quand elle le devait. Le « il » devait être l’agresseur.
« Dis-toi que les erreurs arrivent à tout le monde, même si celle-ci fut dure comme conséquence. C’est passé, tu ne peux rien y changer. Sauf apprendre pour après. Ne te turlupine pas plus, concentre-toi sur le futur. » Dit-elle.


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Nelly était embarqué. Elle avait besoin de parler, elle avait besoin de dire à quelqu’un ce qu’elle avait vécu. Mais elle avait peur de se faire refouler alors elle regardait ailleurs, ignorant quasiment le conseil d’Isia d’aller de l’avant.
« Il m’a battu mais j’ai...je lui ai déchiré le nez avec mes dents...il me l’a fait payé. Il... »
Nelly éclata en sanglot mais elle se reprit, fixant brièvement Isia d’un air désolé.
« Il m’a mise toute nue devant ces gens horrible et ils m’ont jeté des détritus. J’ai hurlé, je les ai supplié mais ils m’écoutaient pas. Je pensais que Sheppard arriverait à temps mais c’était...c’était le chaos. »
Elle renifla bruyamment en s’essuyant de ses bras.
« Il y en a un qui m’a mise sur une table. Je n’arrivais pas à lui résister. Je hurlais mais personne ne venait, personne n’était là pour moi. Je ne sais plus...je crois que Pedge est venue... »

Non. Ca allait trop loin dans la confidence. La petite espagnole ne se souvenait plus de grand chose à partir de ce point si ce n’est qu’elle avait une frayeur qu’elle n’avait jamais connu. Qu’elle avait parlé à Pedge et Jacobs pendant un moment. Et qu’elle avait salué Sheppard. Le fond du problème revenait sur le même constat.

Nelly ne voulait pas être une victime pitoyable. C’était trop rude pour l’image, pour la crédibilité, pour l’honneur. C’était comme ça, dans sa nature, c’est ce qui la blessait le plus. Le fait que tout le monde dans la cité dirait que la gamine, elle s’était faite passé dessus par un porc, et que ça la dériderait un peu.
« Je veux pas être une victime...je veux pas...mais je sais pas comment faire... » Dit-elle dans une voix qui s’était réduite en un souffle.

Isia resta une nouvelle silencieuse, écoutant le discours de Nelly qui était lancée. Un fin sourire fier et sadique se fit sur ses lèvres à la mention du nez arraché ! Oui ça c’est bien ! Bien fait pour cette ordure qui ne méritait pas grand-chose sauf de souffrir éternellement ! Mais à la plus grande surprise d’Isia ce ne fut pas le protagoniste version Voldemort qui avait tenté de la violer…

Isia laissa quelques secondes s’écouler après la plainte de Nelly. Elle est déjà une victime, qu’elle le veuille ou non, c’est la perception qu’on en fait qui change le sens, pour l’égo.
« Il t’a violé ? » Demanda t’elle, en posant son autre main sur celle de Nelly qui lui tenait déjà la sienne.

« Je sais pas ! » Lâcha-t-elle dans un hoquet de détresse.
« J’arrête pas de me poser la question mais je ne sais pas ! J’avais si mal, il y avait comme une pression entre mes...je... »
Elle tenta de calmer sa respiration qui prenait des allures folles. Elle fixa le plafond, le visage rouge et contrit, comme si elle prévoyait de se faire violer une seconde fois.
« Il va falloir que tu...vérifies...je veux pas...mais je dois savoir... »

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Isia lui tapota la main doucement avec un faible sourire contraint. Elle ne savait pas, la pire des choses d’être dans l’incertitude.
« Je sais… Je suis aussi venue pour te faire cet examen Nelly. »
Elle retira ses mains en douceur, il fallait mieux le faire là, que de le reporter. Elle se releva, pour faire un pas vers la déserte de soins et prendre des gants en plastique, ainsi que le matériel gynécologique. Celui que les femmes détestent.

« Soit courageuse, ça ne durera pas longtemps… dit toi que tu es chez le gynécologue. » Elle attendit, qu’elle retira sa couverture, écarte les cuisses en allant vers le bord du lit. Isia ne souhaite pas la faire bouger plus que ça sur un siège avec des étriers pour soulever le bassin. Elle ferrait avec les moyens du bord.

Nelly souffla d’angoisse avant d’essayer de respirer plus normalement. Elle se crispa dès qu’elle sentit que la couverture glissait et elle s’empara du colibri pour le serrer contre elle. Ça faisait vraiment enfant mais c’était le symbole parfait du soutien. Dès que le plastique entra en contact, Nelly poussa une longue plainte mais n’ouvrit pas la bouche. Elle pleurait à moitié en se disant que c’était le pire moment de sa vie. Pire que d’avoir un cancer, pire de perdre ses pilotes, pire que d’étouffer dans l’espace.

Elle se laissa faire jusqu’au bout, la pression retombant en même temps que ce drap qui revenait ses pieds avec douceur. La petite espagnole tremblait comme une feuille en attendant le verdict, n’osant même pas regarder Isia en face.


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La chirurgienne fut rapide, le spéculum fut introduit correctement avec le lubrifiant qui allait avec. Il n’y avait pas grand-chose à voir et l’examen ne dura pas plus que nécessaire. Pour une fois, Isia se montra très très douce, voyant les bleus autour de ces cuisses.
Elle lui donna du papier pour s’essuyer et remit la couverture en place immédiatement.
« Aucune lésion ou trace. Cette ordure n’a pas eu le temps de te violer. Maman est arrivée au bon moment ! » Fit-elle avec un clin d’œil rassurant.

Nelly poussa un grand soupir de soulagement mêlé de ses tremblements et de son état de déprime. Un poids s’était pourtant levé de ses épaules et elle profita de cette temporaire dissipation pour retrouver un sentiment de normalité. Tentative de viol. TENTATIVE. Ca allait quand même un peu mieux quand on se disait ça. Juste un peu mieux.
La main de Nelly glissait pour se nettoyer sous le drap. Elle casa ensuite le papier un plus loin au bord du lit alors qu’elle remettait les pièces du puzzle. Isia avait raison, Pedge était intervenue à temps et lui avait évité un enfer.

« A ton avis, je la remercie avec un dessin ou calin ? » Fit-elle d’une voix petite et intimidée.

Elle ne savait pas comment elle pourrait décrire la reconnaissance qu’elle éprouvait à son égard par des mots. Elle avait intercepté et démonté le violeur avant l’irréparable. Le soulagement s’étiolait sous l’émotion générale d’avoir été agressée et humiliée. Mais elle avait l’impression d’aller déjà mieux, en terme de santé mentale, que lorsqu’elle était dans le doute.
« Isia...je peux te demander une faveur...s’il te plait ? »
Elle attendit qu’elle lui fasse signe avant de s'exécuter timidement. « Je veux plus être nue...je peux remettre mon uniforme ? »

Isia lui fit un petit rictus amusé et presque tendre en l’entendant lui demander ce qui était le mieux pour Pedge.
« Tu as qu’à lui faire un gâteau, ça changera des enfantillages. » Dit-il simplement, sachant que le texane n’était pas câlin, du moins pas les câlin avec Nelly tout doux et chaste. Quant au dessin, cela ne serait pas intéressant.
Concernant, les vêtements, Isia secoua la tête « Pour tes soins, c’est plus pratique d’être en chemise. Mais, je peux t’apporter des sous-vêtements. » Une culotte simple en coton qui laisserait l’accès à ces cuisses et aux restes sans gêner qui que ce soit.

Elle s’en était bien douté.
Nelly acquiesça tout en jouant de ses doigts sur le colibri. Elle s’enfonça dans le silence quelques instants avant de dire :
« Est-ce qu’ils sauront ? Tout ceux de la cité... »
« Non. Cette information t’appartient Nelly. ça sera sur ton dossier médicale mais dans la zone confidentielle, comme toutes les personnes qui ont été violé ou ont subi une tentative. Seul les témoins peuvent le savoir s’ils ont assisté à l’acte. Ce qui n’est pas le cas. » Elle lui sourit « Par contre, tu devras aller voir Sidney. Je suppose qu’il est le mieux placé pour te suivre, comme tu étais chez le vieux bougon avant. »
« Oui... » Fit Nelly avec un pâle sourire. « Le vilain méchant pas beau Caldwell. Mais Sidney, il est gentil lui... » Cela fit rire Isia qui était d’accord avec lui. Elle hocha la tête en accord.
« Oui, il est gentil l’Irlandais en costume anglais... »
Nelly hésita avant d’ajouter.
« Tu veux bien suivre mon dossier jusqu’au bout ? »
« C’est ce qui est prévu.»

Le silence retomba. Nelly jouait distraitement avec son animal en peluche, elle l’adorait carrément. La sucrerie serait bien attaquée quand elle serait seule mais pour le moment le bonbon restait de coté. La jeune femme songea qu’elle demanderait un ordinateur pour rédiger son rapport, même si elle était en convalescence, histoire que cette affaire soit pour de bon derrière elle. Impossible de savoir si Sheppard comptait lui faire son recadrage dans le lit d'hôpital ou pas. Elle se souvenait que BatMattou avait eu le droit au courrier du blâme alors qu’il se remettait à peine. Ca avait été rude, le même traitement lui était réservée ?
Nelly trouva le regard d’Isia qui le soutenait en silence. Malgré la situation, un tension nerveuse la prit et elle eut un sourire progressif sur ses lèvres. Même si l’éclat de son regard était terne, elle commençait à ressentir de nouveau cette joie volubile et cette énergie débordante, malgré le spectre de ténèbre encore bien présent.
« Ca te protégera pas de mes conneries... » Murmura-t-elle avec une nouvelle malice plutôt timide.

Isia lui sourit, oui elle aimait mieux entendre dire ça que pleurer : « J’espère bien ! »

Elle remercia encore une fois du regard Isia pour sa délicate attention. Cette peluche représentait beaucoup pour elle et ça l’aidait. Quelque chose la travaillait un peu néanmoins et elle n’osait pas le dire. Mais avant qu’Isia ne disparaisse, Nelly l’appela soudainement, attirant son attention et ayant du mal à lui faire comprendre ce qu’elle allait lui dire.

« Tu...tu es la première à être venue me soutenir au chevet...dans ma vie... »

Isia se retourna un peu étonnée qu’elle soit la première à faire ça… N’avait-elle pas de famille ou même d’amis ? C’est triste et pitoyable de là part de ses proches.
« Vraiment ? Eh bien fait un voeux, comme ont dit en France. »
Nelly chercha un instant dans sa tête avant d’avoir un éclair espiègle dans le regard. Elle ne souriait pas forcément mais elle prit le colibri en peluche à deux mains et elle énonça son voeu comme s’il s’agissait du génie de la lampe.
« Je veux que Papa et Maman soient heureux et s’aiment longtemps. Parce que ce sont des gens biens qui méritent ce bonheur... »
Puis Nelly fît une bise à sa peluche, dans un geste de tendresse, pour l’enlacer dans ses bras et s’enfoncer davantage dans son lit. Elle tombait d’épuisement, ses paupières bouillonnant depuis qu’elle avait pleuré. Elle savait qu’elle ne tiendrait plus très longtemps avant de s’endormir, surtout avec cette preuve d’affection dans les bras.

Isia roula des yeux au ciel. « Normalement on ne le dit pas tout haut.... » Elle agita une main pour la saluer, de toute façon, l’amour c’est une belle illusion comme beaucoup de choses. Quelque chose qu’on veut nous faire croire pour espérer sinon la vie serait trop moche ! Isia repartie dans son bureau finir quelques dossiers et ajouter certain élément a celui de Nelly. La jeune femme aurait le droit aux visites dès le lendemain.

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Et le colibri remontra



La nuit n’avait pas été aussi salvatrice qu’elle l’avait espéré. L’intervention d’Isia et sa petite attention avait été un baume au coeur mais elle devait surement se douter de ce qui l’attendait par la suite. C’était un véritable ascenseur émotionnel.
Au mieux, la jeune femme relativisait et se sentait plus solide. Au pire, elle sanglotait en se maudissant et se lamentant, la tête recouverte par sa couverture. Une infirmière venait souvent s’occuper d’elle et, pour éviter qu’on ne s’inquiète trop à son sujet, Nelly s’arrangeait pour ne pas être dévastée à ce moment-là. Mais voilà, la jeune femme avait un violent retour avec le temps et elle alternait sans arrêt entre les moments d’angoisse, de peurs, et d’une légère euphorie de la survivante. Souvent, elle se demandait si son état était normal ou si elle était définitivement traumatisée, réduite à n’être qu’une militaire qu’on renverrait sur Terre avant la vie civile.

Il faut dire qu’elle redoutait terriblement le moment où elle ferait face au colonel. Elle se faisait sans arrêt d’horribles scénarios où sa propre mésaventure passerait pour un épisode de sainteté en comparaison. Et ça en devenait parfois irréfléchi.
Ce qui la maintenait, c’était le colibri en peluche qu’elle gardait précieusement près d’elle et le fait qu’elle était parvenue à se faire apporter son uniforme en catimini. La petite espagnole en avait marre d’être dans une fine blouse ouverte dans le dos. Elle en avait marre qu’on s’inquiète pour ses cuisses, son sexe et sa dent cassée.

Isia allait surement être en colère en découvrant qu’elle lui avait désobéi.
Mais à chaque fois que Nelly bougeait dans cette tenue, elle avait l’impression qu’un simple courant d’air l’arracherait et qu’elle se retrouverait soudainement propulsée jusqu’à ce poteau où on l’avait humilié. Il y avait des moments où elle n’y pensait pas trop. Mais à d’autres, c’était tout bonnement horrible. Elle pouvait parfois sentir distinctement la pourriture des fruits et les déjections qu’on lui avait balancé comme s’ils étaient dans la pièce. Ou alors elle entendait les cris résonner dans son crâne quand elle étant dans le silence. Le pire pour la fin, bien sûr, c’est cette sensation sur son intimité, de pression de l’intrus qui aurait réussi son coup si Pedge n’était pas parvenu à temps.

A chaque fois, Nelly se nettoyait avec le gant et de l’eau savonneuse en espérant le chasser mais ça revenait fatalement quelques temps après. Elle n’avait cessé en se rendant compte des rougeurs d'inflammation qui avait envahi cette zone sensible. L’infirmière allait bientôt s’en rendre compte alors il fallait qu’elle prenne sur elle. Son uniforme et sa peluche, ce n’était pas trop demandé non ? Mais encore fallait-il pouvoir l’enfiler...
Assise sur le bord de son lit, Nelly tentait vainement de passer la dernière jambe dans son pantalon d’uniforme. Elle avait déjà mis le t-shirt et la veste, non sans difficulté. Le caleçon réglementaire était passé après dix longues minutes de bataille. Mais le pantalon, c’était une horrible galère.

Elle était encore sous morphine mais ça n’empêchait pas son corps de se rebeller. Pour l’heure, il lui était impossible de marcher convenablement alors lever la jambe, avec souplesse, pour faire passer le vêtement relevait du miracle. Au bout d’un moment, l’accident ultime eut lieu. Le pantalon glissa de ses doigts pour finir par terre, un seul de ses deux pieds enchâssés dedans.
L’humain lambda n’avait qu’à se baisser pour agripper le vêtement et le remonter. Mais Nelly ne pouvait tout simplement pas se baisser. Toujours assise sur le bord du lit avec les pieds au sol, elle se maintenait d’une main à la barre de sa perche à transfusion puis tendait l’autre main vers l’avant, dans l’espoir crédule de réussir à couvrir le mètre ennemi. Impossible...

Soudain, une activation de la porte d’entrée eut lieu. La petite espagnole s’agita et prit peur lorsqu’elle entendit sa porte s’ouvrir lentement, signe que quelqu’un venait lui rendre visite, sauf qu’il n’y avait rien de prévu. En une microseconde, elle fut terrifiée à l’idée de voir le prédicateur débouler avec son nez arraché et ses dents cassées. Mais c’était impossible et elle parvenait encore à se raisonner dans ce sens. Dans un geste de détresse, elle ramena la couverture sur ses cuisses parsemées de bleu et fixa le visiteur d’un air horrifié en découvrant de qui il s’agissait.
Contre l’avis du médecin, Nelly essayait de mettre son uniforme et prendre la tangeante. Et devinait qui débarquait pile à ce moment-là ?!? Le colonel Sheppard ! Il arrivait dans sa chambre comme si une alarme s’était soudainement allumée dans son esprit. Une alerte “anti-connerie” de Nelly.

La jeune femme déglutit et demeura donc figée sur cette position, la couverture fermement appuyée sur ses jambes, le haut d’uniforme fermé, le pantalon sur l’une des deux chevilles. Elle se sentit prise par un tremblement nerveux. Espérons qu’il n’aurait pas l’idée de fouiller la salle de bain, là où elle avait essayé de faire disparaître sa purée/saucisse qu’elle ne parvenait pas à avaler dans les sanitaires.
On a beau se moquer des petites natures qui ne mangent pas leur repas parce qu’elles sont traumatisées. Mais Nelly comprenait maintenant pourquoi. Ce n’était pas une question d’efforts mais de blocage. Dès qu’elle prenait une petite cuillère et qu’elle l’avalait : elle avait un immense sentiment de satiété. C’était comme vouloir se faire une collation juste après être sorti d’un banquet : son estomac hurlait stop. Même vide…

Le souci, c’est qu’on lui avait déjà fait la remarque deux fois et qu’elle avait peur qu’Isia vienne lui piquer le bras pour la nourrir autrement de force. Elle ne savait pas du tout comment réagirait le colonel et elle détestait déjà qu’il la surprenne de la sorte. Surtout que d’être jambe nues sous la couverture la déstabilisait déjà beaucoup.

**Isia, si tu m’entends, l’heure du décès, c’est treize heures vingt…**

Il n’y a rien de plus désagréable de faire un blâme à un soldat qui avait subi des dommages traumatisant et physique. Autant, une part de lui, disait d’être indulgent et de ne pas le faire à cause des conditions atténuante… Mais si elle n’avait pas été agressé elle aurait quand même eu ce fichu blâme. Surtout qu’au final, sa désobéissance à donner l’opportunité morbide au destin de déclencher la suite des évènements. Un retour de bâton sacrément amère pour une tablette.

Ainsi, marqué à vif sur son corps ou non, il fallait ce blâme, pour que ça marque l’esprit et qu’elle ne recommence plus ce genre de chose. Qui la mettait en danger et en porte à faux son supérieur. Nelly n’est pas une mauvaise graine, elle est originale et en mission, elle a su montrer au colonel, qu’elle savait être pro et faire son boulot. Un faux départ au début, ça peut arriver, tant que la trajectoire ne dévie pas sans cesse. Après tout, dans son dossier, elle avait été capitaine la petite… ce n’est pas rien, comme il est pas anodin de revenir au bas de l’échelle. C’est quand même particulier et il ne savait pas comment elle avait pu gérer ça. John, aurait eu du mal à continuer et obéir alors qu’il avait connu les sphères d’officiers.

Mais, il n’empêche le colonel, se sentait quand même sale. Une part du métier qu’il n’aimait pas du tout, son coté trop humain, se révoltait et l’insultait de sans cœur ou de pauvre débris ! le comparant à certaine tête connue de son passé. Des officiers durs et sans concept d’humanité. Tout ce qu’il rejetait et à quoi il ne voulait point ressembler.

Cependant, il ne se contenterait pas d’un simple mail, il allait lui expliquer et lui remettre en main propre son blâme afin de lui dire pourquoi elle en a un et ce qu’il attend d’elle. La sanction avait été validé et publié que trop rapidement à son goût. L’administration ne faiblit jamais. Et le colonel, savait que c’est aujourd’hui ou jamais pour en parler à Nelly, avant qu’elle ne regarde son ordinateur (surement fournit pour l’occuper durant sa convalescence à l’infirmerie). Il se sentait encore plus sale et devait trouver les mots, pour ne pas déclencher un effet encore plus négatif. Or, le simple mail serait dévastateur, la communication elle… positive. Il en était persuadé.

Alors, pas le temps de se reposer, il fallait retourner sur le front et faire face à sa saleté. Ainsi, John quitta son bureau, avec une pochette plastique grise contenant le papier de blâme au nom de Bricks et il prit quand même la délicatesse de s’arrêter prendre une fleur chez Marie. Il ne savait pas trop les goûts de son soldat et opta pour un truc qui serait à son image : flashy et kitchouille. Cette plante avait une fleur énorme, orné de pétales rose foncé et des feuilles extravagante. Oui, cela allait bien avec l’image volubile de la soldate. Après soyons clair la fleur n’a pas pour but de l’acheter, mais de lui montrer son soutien pour son retour dans les rangs. Chose qu’il aurait fait à n’importe qui. Lui rendre visite n’était pas seulement pour ce blâme, il voulait voir comment elle se portait.

Ainsi, il entra dans le hall et s’informa de la chambre de sa soldate, il fut guidé par la fidèle Katty, puisque Isia était déjà occupée ailleurs et n’avait pas que ça à faire. L’homme frappa à la porte avant d'entrer quelques secondes après, après avoir entendu un petit bruit étrange.
Il découvrit une Nelly presque apeurée dans son lit, avec une veste d’uniforme. N’avait-elle pas une chemise ? Les affreuses chemise médicale qui laisse voir le popotin ? Il était un peu étonné et cela se voyait dans son regard clair. Néanmoins, il décida de ne pas lui faire de remarque, pour le peu que ça soit Taylor Laurence qui lui avait autorisé de se couvrir. Lui-même n’aimait guère avoir ce type de vêtement.

« Bonjour Bricks. Comment vous allez ? » Il lui déposa la grande fleur sur sa table basse et resta près du lit, sans trop l’être. Elle avait un drôle de doudou en forme d’oiseau. Vraiment, elle avait une âme d’enfant, bien plus prononcé que lui.

Sur le moment, Nelly ne sut même pas quoi répondre, elle bloquait carrément sur la situation et elle détourna vivement du regard pour fixer un point invisible sur son lit. D’un geste tremblant et nerveux, elle écartait un peu plus le pan de couverture dans l’espoir de maximiser la surface couverte de ses jambes. Elle hasarda une oeillade furtive en direction de la plante puis retourna dans sa posture de soumission. Elle savait qu’ils allaient parler de la mission et elle ne le voulait pas.
C’est ce qui ne l’aidait pas à apprécier l’attention que lui portait gentiment le colonel. Du regard de Nelly, c’était comme s’il s’était acquitté d’une formalité, une façon en douceur de débarquer. Pourtant, le ton avenant et assez doux qu’il avait employé l’avait surpris. C’était à croire qu’il n’y avait même pas de ressentiment chez lui.

« Bonjour colonel... » Fit-elle d’une voix plate.

Elle pinça des lèvres et fit un bref salut militaire. Mais pas possible de le regarder dans les yeux, c’était trop demander pour l’instant. Son coeur battait lentement, la respiration aussi, comme si elle était en “suspension”, comme la petite seconde d’incertitude avant qu’on lui saute à la gorge...ou qu’on la laisse tranquille.

John toisa son soldat qui était complètement repliée sur elle-même. Cela lui faisait de la peine renforçant son sentiment d’être sale. Avait-elle peur de lui ? Cela lui faisait bizarre dans un sens. Elle ne réagit pas à la fleur, en fait elle réagit pas vraiment à grand-chose. Intérieurement, il n’était pas à l’aise et essayait de ne pas lui montrer.
« Et vous vous sentez comment soldat ? » insista-t’il un peu avec un rictus.

« Je ne sais pas colonel...je suis en vie. »
L’ambiance s’alourdissait et Nelly continuait de tirailler sur la couverture.Elle s’était raidi un peu plus. Il ne voyait pas qu’elle rêvait d’avoir ce pantalon sur les jambes, bien refermé autour de sa taille, bien en place, AVANT qu’il débarque dans sa chambre ?
C’était comme si elle sentait son regard passer au travers elle, au travers de cette couverture, pour voir la même chose que ces types qui l’avaient attaqué. Elle fuyait encore son regard, se demandant comme elle allait réussir son coup. Il fallait qu’elle finisse de mettre son uniforme et qu’elle se sauve de cette chambre, ne serait-ce que pour prendre un petit coup de soleil sur le visage, ou d’inspirer l’air chargé de l’odeur marine. Bref, les choses qui lui manquaient.

John soupira la voyant si fuyarde, son regard se baissa sur la couverture et il tiqua, voyant un pantalon et un pied à moitié dedans… Il releva le regard sur sa soldate. Il n’avait pas remarqué avant, faut dire, qu’il était pas trop du genre à mater la totalité de ces soldats, surtout dans un lit d’hôpital. Il se sentit un peu concon.
« Je vous laisse vous… Rhabillez-vous Bricks, je reviens dans dix minutes » Dit-il simplement avant de se tourner et faire marche arrière vers la porte.
« Je crois que... » Fit-elle avant qu’il était sur le point de disparaître.
« Il va me falloir un coup de main...colonel. »

John beuga un peu et son regard marquait clairement la surprise, faut dire que de base John Sheppard est un homme très expressif via ces prunelles qui oscillait entre le vert et le gris.
« Vous aider ? » Il avait mal entendu… après il avait déjà rhabiller des femmes, mais bon ce ne fut pas dans le même contexte. Rhabiller un soldat c’est autre chose. Bon, après il suffisait de prendre sur lui et de considère la chose comme martiale. Entre militaire, ils voient bien pire de leur anatomie. Mais bon, cette jeune femme avait été agressée, John ne savait pas si elle avait été violée ou non… et en tant qu’homme il était malvenue de faire ce geste non ? Après il n’avait rien de tendancieux.
Il se rapprocha, toisant le pantalon, qui était tombé, le ramassant en soupirant.
« Bien… dites-moi... »

Nelly n’avait pas vraiment le choix. Soit elle demandait à la personne présente dans la pièce, soit elle attendait gentiment qu’une infirmière la découvre avec le pantalon sur les chevilles et ne vienne donner l’alerte. Isia débarquerait avec des cheveux hérissés en super sayen et lui passerait le savon du siècle. Elle ne répondit pas au colonel, tendant simplement la main après qu’elle eut réussi à passer son deuxième pied dans le vêtement. Il suffisait alors qu’elle puisse l’attraper, chose que Sheppard pouvait l’aider à faire, rien de plus simple.

Sauf qu’une fois qu’elle reçut le tour de taille dans les mains, elle le chassa brusquement comme si elle avait craint qu’il lui saute dessus. Non pas qu’elle voyait en l’officier un futur violeur mais simplement un homme et c’était instinctif, comme une défense primaire, animale. Elle le regarda quand même avec gratitude, l’air presque désolé de réagir comme ça. Elle tirait le vêtement et le glissait jusqu’en haut, la couverture aidant à cacher le tout, elle attendit timidement que l’homme se retourne pour finir le travail.

Tenir sur ses jambes était difficile mais avec les allers retours qu’elle faisait aux toilettes, elle avait compris l’astuce. Elle se servit de sa perche à perfusion comme d’une béquille puis elle alla jusqu’au colonel avec une lenteur effrayante. Elle agrippa son épaule d’une main pour améliorer son équilibre pendant un temps puis prit la direction de la porte.
« Merci. »
Elle se sentait déjà beaucoup mieux dans son uniforme.

Bon elle ne lui donna pas d’indication, donc il fit ce qui était le plus logique, l’aider à enfiler ce maudit pantalon, en prenant des pincettes quand même. Il trouvait la situation déplacée et il n’était pas du tout dans son élément. Il redoutait le moment fatidique où d’un mouvement de rejet elle le rejetterai alors qu’il n’avait rien d’oppressant. Il faisait gaffe à la toucher le moins possible et pinçait le tissu pour ne pas l’effleurer. Les mains moites de mal être, il leva immédiatement les mains, quand elle le repoussa et recula de plusieurs pas, en signe de “je ne fais rien de plus”.

Puis l’homme se tourna presque immédiatement pour qu’elle finisse le travail elle-même. Il se demanda quand même, pourquoi elle avait son uniforme et surtout si c’est bien normal qu’elle l’enfile, il verra plus tard avec une infirmière. Il sursauta légèrement, quand elle lui toucha l’épaule presque sur la pointe des pieds, tellement elle était petite comparé a lui.
« De rien. Retournez sur votre lit, vous tenez à peine debout Bricks. » Il ne la toucha pas, mais vigila ces mouvements, pour la réceptionner si elle commence à tomber.

La petite espagnole ne l’écouta pas.
Elle assura le colibri qu’elle avait coincé dans sa veste, la tête ressortait comme si la peluche se trouvait dans une poche ventrale de kangourou. Pas question pour Nelly de partir sans. Retourner dans son lit...elle y passe des heures dans son lit et elle en devient dingue à entendre les cris dans le silence. Ce n’est pas du repos ça…
« Ils n’ont pas de soleil ici, mi coronel. » Fit-elle d’une petite voix douce en atteignant la porte.
Elle passa sa main devant le détecteur puis se pencha légèrement, jouant de son équilibre précaire, pour sonder le couloir. C’était à croire qu’elle cherchait à vérifier que les “géoliers” n’étaient pas présent. Elle fit quelques pas de ses pieds nus, puisque les chaussures étaient à mille lieux d’être accessible avec les sutures qu’elle avait sur les pieds, puis elle s’engagea discrétement dans le couloir.
Oui. Nelly était carrément en train de prendre la fuite sous le nez du colonel.
« Il n’y a pas de chocolat chaud non plus. Me faut les deux... »

John hallucinait… elle était en train de fuir l’infirmerie ? Sérieusement ? Elle n’avait pas l’air idiote avec sa perfusion qui la suivait. Il soupira… bon il devait lui donner un ordre ? Et lui foutre un second blâme pour désobéissance après ça ? Là ça commençait à le gonfler, il déposa son dossier sur la table de nuit, puis la rattrapa sans peine, se figea devant elle, les bras croisés et lui montra d’un doigt la porte.
« Demi tour soldat ! » Dit-il d’un air peu agréable et ferme. Il vallait mieux qu’elle ne fasse pas trop la maline. Il était très tenté de la porter et de la mettre sur le lit, mais avec son potentiel traumatisme, cela pouvait être vécu comme une agression.






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JohnSheppard

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Les deux mains serrées autour de la barre de la perche à perfusion, s’en servant pour tenir maladroitement, elle s’arrêta dès qu’elle le vit lui faire barrage. Elle monta son regard fatigué sur lui et elle remarqua sans peine la différence de comportement. La différence sur son visage, le regard dur, l’officier. Il lui filait la trouille quand il se conduisait comme ça. C’était pas comme d’autres qui roulaient des mécaniques juste pour dire qu’ils avaient du pouvoir avec le galon. Celui-là ne s’en servait pas pour ça. Il prouvait juste qu’il était sympa et avenant quand on le prenait pas pour un con. Par contre, lorsqu’il fallait prendre les responsabilités, c’était un mur, une montagne, un autre homme en somme. Nelly se rappela que le type qui lui ordonnait de faire demi-tour, c’était celui qui était à la tête de tous les militaires de la cité. On avait tendance à l’oublier. Elle tout du moins.
« Non... » Fit-elle d’une voix d’où se devinait la peur. « Je vous manque pas de respect chef...mais, cette chambre... ».
Elle secoua négativement la tête. « J’arrête pas de les entendre rire et hurler...ceux de la planète...quand il y a du silence...je n’arrête pas de les entendre... »
Elle commençait à le contourner. Elle était lassée, elle ne cherchait même pas à convaincre l’officier, il savait forcément qu’il n’avait qu’à lever le doigt pour qu’elle se retrouve dans ce lit et attachée de la tête au pied. Nelly ne continuait sa tentative que dans un profond dépit en faisant un constat amère :
« Du soleil et un chocolat chaud, ça fait de moi une rebelle... »

Humainement parlant ça le touchait, mais elle n’avait pas à quitter le lieu, où elle était le plus en sécurité et cette sécurité était aussi pour son propre bien. Elle voulait des choses simples, mais il ne pourrait pas l’emmener hors de sa maudite chambre où elle devait y rester encore quelque temps. Surtout pas, sans un avis médical. Alors il lui dit clairement, voyant bien qu’elle ne cherchait pas à faire de la provocation :
Il l’empêcha de le contourner.

« Je n’aimerai pas me répéter Bricks. » Dit-il d’une voix encore plus tranchante.

S’il elle obtempérait, il lui apportera son chocolat chaud. Quant au soleil, il avait une petite idée là-dessus. Mais, si ce ne fut point le cas, il appellerait le dragon qui habite ce lieu. Pour le moment, c’est entre militaire, il ne voulait pas qu’elle se prenne une première soufflante, alors qu’elle allait en avoir une seconde après. Il détestait quand il était en mode officier, du moins, aussi ferme, alors qu’il a une personne en détresse devant lui. Et il se fit la remarque que c’est seulement pour son bien à elle. Elle était trop faible et chancelante pour sortir. Et parfois, faut se protéger de soi même.

Nelly s’était arrété encore une fois, ou alors c’est l’homme qui interrompait simplement son geste tant elle était faible. La jeune femme regarda par-dessus l’épaule de l’officier la fin du couloir qui soulignait la liberté dont elle aspirait puis le fixa, lui, en train de lui refuser cet accès. Elle n’avait même pas envie de se battre, elle se sentait comme être un vulgaire mouton que le chien de berger ramenait sur le droit chemin.
Chancelante, elle entama son demi-tour pour rentrer dans la chambre. Se jurant qu’elle attendrait qu’il soit parti pour retenter sa chance. Elle avait su que Matt avait eu le droit de sortir avec des nounous. Alors pourquoi pas elle ? C’était injuste. Nelly savait que c’était faux, que son officier était réputé pour sa droiture, mais ça l’a soulageait de le détester, de se dire qu’il était parti pris et qu’il lui refusait ce qu’il aurait autorisé à Matt.
Un mensonge, une illusion qui lui permettait de détester celui était venu la chercher et qui l’avait porté sur son dos pour la ramener en sécurité dans la cité…

Elle ne lui répondit pas, laissant tomber son regard fatigué sur le sol alors qu’elle faisait le chemin inverse. Elle considéra son lit et réalisa qu’elle ne voulait pas être couchée comme une victime face à lui. Du moins, pas dans une aussi grande position de faiblesse même si son état ne laissait aucun doute. Elle avisa le fauteuil qui se trouvait à côté et marmonna :
« Permission de prendre le fauteuil ? »

Bon elle ne rechignait pas une seconde fois, tant mieux.
« Accordé, que si vous ne bougez pas, pendant que je m'absente quelques minutes. »

Nelly acquiesça en silence. Elle serra les dents tout en se laissant tomber lentement sur le siège. Elle n’avait pourtant pas mal avec la morphine mais plus rien ne marchait convenablement dans son corps. Ca tirait dans tous les sens, lui laissant percevoir l’existence de muscles qu’elle ne suspectait même pas. Elle ne savait ce que comptait faire le colonel. Mais de toutes façons, son déplacement l’avait éreinté et elle comprenait qu’elle n’aurait même pas atteint le bout du couloir dans cet état.
Il était confortable ce siège. Et ses yeux lui brûlaient. Elle ne se rendit pas compte que le sommeil la gagnait.

John disparut dès qu’elle hocha la tête. Il revenu cinq minutes après avec un gobelet de chocolat chaud bien fumant qui sentait bon le cacao. L’homme s’approcha de son soldat qui semblait somnoler… il pinça des lèvres, ce n’est pas le bon moment pour parler blâme. Aurait-il un moment ? Non, mais il faudrait bien le créer ce fichu moment.
« Tenez. » dit-il doucement, son ton de voix était à nouveau celui de “l’humain” et non de l’officier.

Nelly clignait encore des yeux en recevant le gobelet dans la main. Elle l’examina comme s’il était le fruit de son imagination puis rencontra le regard de l’officier.
« Merci colonel... »
Elle ne s’y attendait pas. Surtout après qu’il lui ai ordonné de rentrer dans une chambre pleine de cris. Mais ça ne s’était pas déclenché comme tout à l’heure. Pour l’instant il y avait le silence, le colonel, et son gobelet de chocolat chaud. Nelly le porta à ses lèvres et en englouti le tiers malgré le fait qu’il était brûlant. Elle ferma un instant les yeux, tout en ouvrant la bouche et poussant un soupir de contentement.
« J’ai l’impression que ça faisait une éternité... »

Il hocha la tête avec un simple sourire, se dirigeant vers le mur droit, près du lit de la jeune femme. La cité était dotée de sorte de mur occultant qui servait de volets. Généralement, les pièces de la zone médicale étaient closes, pour permettre aux patients de dormir n’importe quand et d’être tranquille sans dérangement extérieur et environnementale. La lumière se réglait avec une télécommande. L’officier, passa la main vers un cristal de contrôle et petit à petit, le verre devint transparent, laissant voir un ciel nuageux. Oui, le soleil en septembre n’est toujours pas au rendez-vous. Mais, il ne faisait pas pour autant moche au point de ne pas voir quelques rayons de soleil.
« Et le soleil… qui n’est pas très présent aujourd’hui… » Comme quoi parfois, il suffisait de demander pour avoir.

La petite espagnole fixa la nouvelle fenêtre avec des yeux ronds. Elle ignorait parfaitement l’existence de cette technologie et elle ne s’y était jamais particulièrement intéréssé. C’était à se demander si la fenêtre de ses quartiers était également équipé de la sorte. Une émotion d’apaisement la traversait alors qu’elle profitait de ces petites choses quotidienne qui se dégustent. Quand on passe sous un rouleau compresseur de haine extraterrestre, la plus basique des habitudes est bien plaisante à retrouver. Assise sur son fauteuil avec un peu de soleil, son gobelet de chocolat chaud, et son uniforme qui la recouvrait entièrement, c’était comme une renaissance et elle regretta un peu d’avoir haï le colonel un instant plus tôt.

Elle regarda la plante qui se trouvait sur sa table, la trouvant étrangement singulière, et garda le sourire jusqu’à ce qu’elle se rappelle de cette pochette grise qui se trouvait juste à côté. Elle soupira silencieusement, la pression et l’angoisse revenant au galop, avant de prendre une nouvelle gorgée. Sa main libre caressait distraitement la tête du colibri qui dépassait de sa veste.

« C’est mon avis d’expulsion ? » Demanda-t-elle finalement en pointant le document du menton.

John la toisait adossé vers la fenêtre, l’observant, elle semblait revenir de loin et il savait où elle était avant… Il restait silencieux, lui laissant le temps de profiter de deux choses toute bête avant de lui parler de sa sanction. Son regard allait sur cette étrange peluche plutot bien faite d’un oiseau tropical, un colibri ? Cela en avait tout l’air en tout cas. Nelly semblait affectionner cette peluche comme un enfant qui se console sur le doudou de son enfance qui chassait les montres.
Finalement, elle parla, l’homme se leva pour marcher vers la pochette et la prendre. Il revenu vers elle.
« Non pas du tout. J’espère ne jamais en faire. » Dit-il avec sincérité, déjà que les blâmes l’agaçait… « C’est votre blâme pour insubordination. Comprenez bien Bricks que ce n’est pas par gaité de cœur que je vous l’ai fait. S’il ne vous était pas arrivé tout ça, vous l’auriez eu quand même il est donc logique que je vous le donne. Cependant, je n’ai pas mis de sanction ou autre corvée à faire, un simple blâme administratif, puisque vous avez montré une volonté de vous racheter après. Ce blâme sert à vous sanctionner face à votre comportement et que cela ne se reproduise plus. » Le fait qu’il soit là, lui expliquant cet élément était déjà pas anodin, il affrontait le regard et le jugement de ses hommes.

Nelly eut un tic de déception. Elle s’attendait à pire, d’être renvoyée, c’est ce qui avait contribué à son altercation d’ailleurs. Le blâme était donc une punition bien moindre que ce qu’elle avait redouté. Mais malgré tout, ça ne faisait jamais plaisir, surtout qu’elle ne les cherchait pas volontairement ceux là. Le regard du colonel n’était pas chargé de mépris ou de remontrances, c’était très étrange d’ailleurs, comme s’il effectuait une tâche obligatoire qui lui incombait.

La petite espagnole soupira une nouvelle fois, plus discrétement, et baissa le nez pour regarder ses chaussures d’un air honteux. Elle continuait de tripoter distraitement sa peluche comme si elle lui donnait plus de courage.
« Je pensais qu’ils nous trouveraient à cause de cette tablette. Tout ce que je voulais...c’était réparer mon erreur... »
Elle avala le reste du chocolat mais il eut du mal à passer. Elle continua de fixer ses pieds.
« Je ne voulais décevoir personne pour ma première mission... »

John était encore persuadé que cette tablette aurait été vu comme un artefact des “sorcières” et aurait détruite celle-ci. Peut-être auraient t’ils chercher à trouver d’autre impies ? Peut-être bien, mais on ne peut plus refaire le monde avec les “si”, cela ne sert qu’à une seule chose : se torturer et John le savait que trop bien.
« Je sais. » Dit-il simplement aux deux phrases
« Vous avez racheté vos erreurs avec vos actes Bricks » il parlait bien évidemment de son retour et de son tir de couverture pour protéger les autres. Pouvait-on exiger la perfection à un co-pilote qui n’avait jamais mis le pied sur le terrain ?
« La première mission, n’est jamais parfaite. Surtout pour un pilote. »

« Je n’avais pas réalisé. » Elle secoua négativement la tête, le regard se perdant dans le vide à mesure que les souvenirs lui revenaient.
« Quand on est copilote, il faut savoir réagir dans l’instant. L’hésitation, pour une seule petite seconde, est une source de danger et une mort inéluctable. Mais...je n’étais pas dans mon cockpit. Et je n’étais pas en binôme. J’aurai dû demander...à Pedge...ou à vous... »
Elle fixa la pochette grise et acquiesça lentement.
« Au moins on ne me renverra pas sur Terre... »

« C’est en faisant des erreurs qu’on apprend. Vous pouvez toujours demander à des soldats expérimenté sur le terrain comme le lieutenant Allen, de vous faire un topo dessus » Il avait bien remarqué l'attachement des deux jeunes femmes. Enfin surtout celui de Nelly qui était quand plus que flagrant.
« Il est quand même rare de renvoyer sur terre. Il faut vraiment faire quelque chose de gros… »

« Comme s’engueuler avec son chef en pleine mission ? » Elle eut un tic de nervosité. « J’aimerai vous présenter mes excuses pour ça. Mais je refuse d’être une faible, colonel. »

John eut un petit rictus à sa phrase… « Depuis quand s’excuser est une marque de faiblesse soldat ? » Demanda John un peu étonné de l’alliance excuse et faiblesse. Justement, il fallait être fort et savoir se remettre en question pour s’excuser suite à un mauvais comportement. Les personnes restant dans leur convictions sans jamais avouer qu’ils ont merdé, ne sont que des imbéciles heureux.

« Je vous présente mes excuses alors. A cause de...tout ça...on a perdu du temps et vous avez été obligé de venir me chercher au lieu de secourir le reste de l’équipe... »
Elle hocha la tête, comme plongée dans une analyse personnelle.
« Je sais que Pedge entraîne les gens sur le continent...peut-être qu’elle acceptera de m’aider. Pour que je ne refasse pas d’erreurs. »

« Accepté soldat. » Fit John simplement, il était plutôt content que ça ne fasse point un scandale au final et qu’elle soit sur cette lancée. La petite fille était plus forte qu’on pouvait le penser. « C’est une très bonne idée. »

Le silence retomba de manière abrupt. Le regard de Nelly se perdait sur l’océan là-dehors, elle avait vraiment mal à la gorge en se disant que tout ça découlait d’une simple tablette qui avait glissé de son logement. Si ce n’était pas arrivé, elle n’aurait jamais subi tout ça. Mais on refait le monde entier avec des “si” non ? C’est ce qu’il fallait se dire.
Pour être franche, elle doutait fortement que Pedge accepterait de la prendre sous son aile, d’autant plus qu’il lui serait incapable de rester sérieuse deux minutes au sein de la cité une fois remise de ce malaise. Il fallait qu’elle se débrouille autrement mais ça ne coûtait rien de demander.

« Autre chose, chef ? »

John la regarda quelque instant… Puis secoua la tête. « Non, reposez vous soldat. » Dit-il simplement avant de la saluer et lui faire un rictus de “courage”. Puis disparut de la chambre, laissant Nelly tranquille.

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