Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Ven 20 Avr - 11:54
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Natasha se laissa tomber par terre, près d’un arbre dont elle chercha l’appui. Elle avait volontairement délaissé les bancs, désireuse de se trouver au plus près du sol et de la nature, bien qu’elle soit parfaitement contrôlée et régulée ici. Sur Terre, certain appelait ça « l’ancrage ». La technique consistait à se détournait pour quelques minutes des écrans, des technologies, de retirer ses chaussures, se relier à soi-même et avec la nature qui nous entourait en arrêtant de courir toujours plus vite à la recherche des logiques de performances modernes. D’ordinaire, Natasha aurait retiré ses chaussures pour profiter de la sensation des brins d’herbe sous ses orteils qu’elle adorait, mais aujourd’hui la jeune femme n’avait pas envie de rechercher le plaisir. Elle était revenue trois jours plus tôt de mission, une mission qui avait été un enchainement de désagréments pour finir en totale boucherie pour leurs ennemis. Le fait qu’elle ait joué un rôle dans ladite boucherie la rendait malade. C’était une question de survie pourtant, elle ne se faisait pas d’illusion sur les traitements que leur auraient infligés les geniis s’ils les avaient capturés, mais c’était une bien maigre consolation. Lorsqu’elle fermait les yeux c’était pour voir leurs cadavres déchiquetés, broyés par les explosions de drones, et les nains qui jouaient avec les membres coupés de manière si innocente que cela en devenait totalement malsain. Quand elle avait compris qu’elle ne pourrait échapper aux cauchemars, elle avait simplement cessé d’essayer de dormir.

Les autres n’avaient pas semblé affectés par cette horreur ou pas autant qu’elle. Etait-elle faible ? Avait-elle vraiment les tripes pour continuer à travailler dans cette cité si ce genre d’horreurs était une norme ici, que les autres pouvaient se relever et continuer à travailler comme si de rien était ? Elle qui avait traversé tant d’épreuves par le passé, qui se croyait forte, elle déchantait. Mais comment une simple vie dans un pays en paix sur Terre pouvait la préparer à affronter ça ?

Le premier soir, à leur retour, elle avait fini par frapper à la porte de John vers 22h pour se réfugier dans ses bras mais elle ne pouvait lui faire subir ses états d’âmes chaque nuit, aussi s’était-elle abstenue d’aller le retrouver le lendemain. Le colonel avait ses propres problèmes à gérer, il n’avait pas à supporter les siens.

Natasha avait passé sa vie à protéger les autres au détriment de son propre bien-être, cela avait forgé son caractère et fait d’elle une personne capable de se relever après les coups durs, celui-ci ne ferait pas exception. Du moins tentait-elle de s’en convaincre. C’était la raison pour laquelle elle avait accepté de se présenter au rendez-vous. Elle avait collaboré avec des psychologues, jadis, mais jamais en tant que patiente, elle avait toujours nourrit une peur de ce qui pourrait émerger si elle se faisait suivre… mieux valait que certaines choses restent profondément enterrées dans son passé. Mais le soignant qui avait vu son état psychologique à leur retour de mission ne lui avait pas vraiment laissé le choix. En tant que praticienne, elle avait suffisamment été formée pour savoir qu’il fallait parfois lâcher la bride et s’en remettre aux conseils du corps médical. Par ailleurs, le psychologue était soumis au secret médical, ce qui était plutôt agréable dans une cité à la population aussi réduite où les ragots allaient bon train. Ils s’étaient donnés rendez-vous au jardin botanique, le Patrick Sidney lui conseillant de choisir un lieu où elle se sentait bien. Le jardin avait le mérite d’être calme et peu fréquenté à certaines heures, il y faisait chaud et ensoleillé, il lui avait semblé que c’était un bon endroit pour sa première rencontre avec le croque-mitaine Sidney. Si elle s’était un jour imaginé franchir le pas et consulter un psychologue ! Les poules allaient avoir des dents, c’était certain ! Quoi que, ce ne serait même pas étonnant dans une galaxie aussi bizarre que Pégase.
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Dim 22 Avr - 1:38
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La dernière fois que Sidney avait pu voir de la verdure, c’était en se rendant sur le continent. Suite au rendez-vous convenu avec la jeune Avalon, il prenait conscience qu’il n’avait encore jamais pris de temps pour lui. Du véritable temps libre en fait, pour apprécier ce que la cité avait à offrir. L’homme avait pu apprécier la digue par temps clair et la vie qui animait l’endroit, les membres de l’expédition qui en profitaient pour se retrouver autour de différents loisirs. Mais c’était des plus limités, il avait eu une consultation ce jour-là.

Sidney ignorait l’existence d’un jardin botanique jusqu’à ce que sa nouvelle patiente l’y invite. Le psychologue avait hâte de le visiter et il trouvait que ce serait une très bonne façon d’intégrer l’univers de la jeune femme sans paraître trop intrusif. Comme toujours, il avait amené dans sa sacoche en cuir une copie du dossier de la kiné et il avait fait un travail de fond pour comprendre, dans un premier temps, le motif de sa demande de consultation et connaître ses antécédents. Elle avait la “chance”, si on puis dire ainsi, de faire partie des effectifs qui partaient en mission d’exploration. Mais il semblerait que la dernière avait été particulièrement choquante pour elle.

Sidney avait lu attentivement le rapport concernant la mission qui s’était déroulée sur cette fameuse montagne avec le peuple nain. Il en avait déjà discuté avec Alexander, autour de leur habituel duel d’échec, celui-ci requérant son avis d’expert sur la mentalité naine. Il était à souligner une différence très profonde, voir inverse, en terme de moralité. La cohérence du comportement semblait justement être une norme qu’ils ne voulaient pas adapter à leur société et tout était axé sur l’étrange, l'extravagant, au même titre d’une norme sociale terrestre qui nous paraissait légitime et acquis.

Sans en révéler le motif, Sidney s’était permis de contacter le colonel Sheppard pour avoir son ressenti et un retour de cette mission que le rapport ne traduisait pas forcément. Cette piste était, selon lui, la plus sérieuse en terme de source traumatique pour la jeune Avalon et le psychologue, sans être soumis au préjugé, préférait connaître son sujet avant d’ouvrir une consultation. Pour aider un patient, il est important de commencer à le connaître et d’apprendre son historique. C’est une base.

Ainsi, le vieil homme déambulait dans une part du jardin botanique en s’émerveillant du travail particulier qu’il avait fallu fournir pour l’entretenir. Il semblait évident que cet endroit n’existait pas durant les dix milles longues années de sommeil de la cité et Sidney avait été stupéfait d’apprendre, par l’intermédiaire du grand panneau à l’entrée, qu’il s’agissait en réalité d’un étage réhabilité par les ingénieurs et les botanistes. Le crash d’un dart lors du siège de la cité avait dévasté l’endroit et les Atlantes avaient su en faire une endroit magnifique.
Sidney suivait le petit chemin, un sourire ravi sur le visage, la veste tenue sur son épaule, alors qu’il s’arrêtait parfois pour lire les panneaux expliquant la nature et les caractéristiques des différentes plantes. Il se repéra plutôt bien et atteignit le lieux de rendez-vous. La jeune femme était déjà là, assise à même le sol, et Sidney lui offrit son sourire avant d’approcher.

« Bonjour, mademoiselle Avalon ? »

Il posa sa veste sur l’herbe avec un geste doux.

« Enchanté, je m’appelle Patrick Sidney. Permettez à mes vieux rhumatismes de se faire au mouvement, je vous saluerai ensuite... » Fit-il avec humour en se penchant pour s’installer à ses côtés.

Tout comme elle, il s’installa à même le sol pour partager sa façon d’apprécier l’environnement. L’homme avait gardé un certain écart pour éviter le sentiment d’intrusion. Une forme de conversation non-verbal débutait déjà, ni trop près ni trop loin, un juste milieu pour ne pas s’installer dans la zone d’intimité de la jeune femme tout en étant disponible pour elle.
Il lui tendit alors la main et ajouta d’un air sage :

« Je suis content que vous m’ayez fait découvrir cet endroit. Je vais le visiter un peu plus sérieusement durant mon temps libre...avez-vous participé à sa création ou son entretien ? »
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Lun 23 Avr - 13:47
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« Bonjour, mademoiselle Avalon ? »

Natasha ouvrit les yeux, étonnée de ne pas avoir entendu approcher l’homme. S’était-elle assoupie quelques minutes ? La personne qui lui faisait face avait un certain âge, son visage inspirait la sympathie et lui rappelait un médecin avec lequel elle avait travaillé jadis, en France. 

-Monsieur Sidney ?

Elle s’apprêtait à se lever pour se mettre à sa hauteur et le saluer mais suspendit son geste en le voyant déposer sa veste près d’elle dans l’intention de s’asseoir par terre.

-Enchanté, je m’appelle Patrick Sidney. Permettez à mes vieux rhumatismes de se faire au mouvement, je vous saluerai ensuite...

-Nous pouvons-nous installer sur un banc, répondit Natasha avec douceur.

Si le geste était louable, il n’était pas nécessaire qu’il se fasse mal pour elle alors qu’il y avait d’autres solutions. Mais c’était sans compter sur la ténacité de son interlocuteur qui s’installa au sol malgré sa proposition.

Natasha lui serra la main, légèrement anxieuse. Le psychologue n’était pas intrusif, bien au contraire, mais il n’en restait pas moins un praticien payé pour être là et elle était la patiente qui allait devoir accepter de céder du terrain en révélant certaines de ses faiblesses. Sa fatigue ne l’aidait pas à avoir les idées claires et elle se sentait sur la défensive, heureusement qu’elle savait enfiler un masque pour cacher ses émotions la plupart du temps. Mais c’était plus dur avec l’épuisement physique et nerveux.

« Je suis content que vous m’ayez fait découvrir cet endroit. Je vais le visiter un peu plus sérieusement durant mon temps libre...avez-vous participé à sa création ou son entretien ? »

La rouquine pensa à Marie qui s’était brusquement montrée belliqueuse avec elle lorsqu’elle avait commencé à se rapprocher de John et son visage la trahi avec une petite grimace. Leur liaison avait beau être secrète, ils renvoyaient tous les deux une image aux autres qui ne plaisait visiblement pas à la botaniste. Natasha n’aimait pas les conflits et elle n’allait certainement pas aller déranger Marie sur son propre terrain. De toute façon, elle avait peu de temps libre et elle n’avait jamais montré beaucoup d’intérêt pour l’entretien des plantes. Elle aimait leur présence mais ses connaissances sur le sujet étaient trop limitées.

-Non, je n’ai pas vraiment la main verte, répondit-elle avec un léger sourire, le masque étant de retour. Mais j’aime être entourée par les plantes. Et puis… un de mes amis vient souvent ici, dit-elle en balayant les arbres des yeux par réflexe. Il est fin, long de quelques mètres, une jolie couleur verte et c’est un sacré chanteur.

Elle marqua une légère pause, songeant que le psychologue ne comprenait peut-être rien à sa description.

-Vous n’avez peut-être pas entendu parler des serlianes ? Nous les avons découvertes dans une aile inexplorée de la cité qui servait de laboratoire à un Ancien il y a quelques temps. Moitié serpents, moitié végétaux, Emeryan est leur alpha, il vient ici parfois pour se laisser étudier par les scientifiques et apprendre de notre culture.
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Mar 8 Mai - 12:59
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En expert de la profession, Sidney cherchait toujours de nouvelles techniques d’approche. Pour lui, le plus important n’était pas de traiter le plus rapidement, ni le plus efficacement, un patient à court terme. C’était d’être invité dans son cercle, de gagner sa confiance par le mérite, afin que toutes les futures consultations se fassent sur des bases saines. C’était un travail d’ensemble. Patrick aimait s’investir auprès d’eux comme s’ils étaient unique, qu’ils n’étaient pas simplement un nom de dossier sagement rangé dans une étagère. Quand il ouvrait la chemise et en consultait les papiers, les informations, l’homme gardait toujours en tête qu’il y avait une vie derrière. Une vie qui avait besoin d’un coup de main.
Cela dit, l’homme avait souvent la même façon d’aborder son patient pour la première fois. C’est à dire sur son terrain, là où il se sentait le mieux, afin de déduire une première part de sa personnalité et de son comportement.

Pour Natasha, il s’intéressa à sa posture alors qu’elle répondait à ses premières questions. Il avait déjà remarqué son état d’épuisement, par des signes physique comme les cernes et un regard moins vif que la norme. Cela était imputable à des cauchemars nocturnes ou, simplement, le fait de ressasser du vécu choquant. C’était un premier point que nota le psychologue. Mais il s'attarda davantage sur sa position, sa façon de se tenir. Elle ne donnait pas l’air blasée ou résignée, son attitude et sa façon de répondre donnait l’air d’une ouverture malgré des réserves. C’était une excellente base pour engager le dialogue.
Il pouvait arriver que des individus ayant besoin de ses services parviennent à faire le premier pas. Mais une fois au pied du mur, c’était un bouclier d’hostilité qu’ils montaient autour d’eux. Le travail en était d’autant plus difficile.

Cela ne semblait pas être le cas du psychologue qui l’écouta attentivement alors qu’elle parlait d’un ami bien étonnant. Doucement, Sidney se détourna pour essayer d’observer le même endroit qu’elle puis il fît non de la tête. Les serlianes lui étaient en effet inconnue et, autant il était curieux d’en savoir plus sur les interactions qu’elle pouvait avoir avec cette espèce intelligente, autant cela revêtait à son regard un outil parfait pour ne pas amener tout de suite le sujet de son traumatisme.
Pour le terrain d’entente, rien de mieux que de s’intéresser à ce qui plait à son interlocuteur.

Sidney connaissait les schémas types d’espèces extraterrestre. Il était bien loin de toute réalité et il y avait du travail pour des générations de vies d’entomologistes. Mais il était généralement de coutume que la base d’une interaction entre deux espèces se fassent surtout par le non-verbal. Exactement de la même façon que ces signaux et ces repères que Sidney relevait chez Natasha et qui l’aiderait à adapter son approche.
De ce fait, si elle partageait une proximité avec une serliane, celle-ci ne devait probablement pas être indifférente à l’état de la kiné.

« Votre ami est-il venu vous voir récemment ? »
- Il était au bal de noël et nous nous sommes vu ici les jours suivants . Mais ça fait une bonne semaine que je ne suis pas venue, j’ai été débordée avec les préparatifs de l’expédition et après…

Elle se tut et haussa les épaules, le visage fermé. Après elle n’avait plus eut le coeur à aller faire la conversation à Emeryan pour échanger des banalités ou jouer de la musique. Dernièrement, elle avait prit l’habitude d’emmener sa guitare pour en faire profiter la serliane qui était particulièrement sensible aux sons et à la musique et qui “chantait” avec elle. Elle s’étonnait d’ailleurs de ne pas voir Emeryan, d’ordinaire il ne tardait jamais à se montrer lorsqu’elle venait. Mais il y avait le psychologue cette fois ci, la serliane était peut-être intimidée par ce visage inconnu.

- Je suis navrée, c’est la première fois que je consulte un psychologue et je ne suis vraiment pas à l’aise.

C’était une vérité qu’il valait mieux qu’elle partage car elle se doutait que cela transparaissait dans son comportement verbal et non verbal. Elle s’y connaissait suffisament en la matière pour savoir qu’elle se trahissait sans le vouloir alors autant assumer.

« Je trouve que vous vous débrouillez très bien. » Fit Sidney en souriant gentiment. « Essayez d’occulter un peu mon rôle et la raison de ma venue voulez vous ? Je ne suis pas ici pour vous ouvrir le coeur de force et “régler” votre situation. »

Elle acquiesça. Tout en parlant, Sidney fit passer sa main sur la surface de l’herbe, appréciant son contact. Il sourit à Natasha, comptant la convaincre de passer un peu sur ce sentiment de “consultation” qui rapportait à la maladie, à l’anormal, pour un environnement un peu plus sain : l’échange.

« Vous avez donc rencontré cette forme de vie étonnante lors d’une mission d’exploration visiblement. Etait-ce votre première mobilisation ? Comment avez-vous créé ce lien avec la serliane ? »

- La première fois que j’allais dans un endroit dangereux avec des militaires, oui. Nous avons pénétré sur le territoire de chasse des serlianes et l’une d’entre elles m’est tombée dessus et s’est enroulée autour de moi, j’ai eu la trouille de ma vie sachant à quel point ces créatures étaient venimeuses. Emeryan ne s’intéressait pas à moi, il mangeait, mais en essayant de me dégager j’ai attiré son attention et il s’est tourné vers moi. Alors… j’ai commencé à lui parler et il a imité mes sons. A partir de là on a essayé tout les deux de communiquer, aucun de nous deux ne comprenait rien à ce que l’autre racontait mais on avait comprit qu’un échange était possible. Un moment plus tard, on a été attaqué par des créatures et il s’est interposé pour me sauver. Plus tard encore nous avons rencontré l’ancien qui avait crée toute la faune et la flore des lieux et cet ancien a transmis la connaissance de notre langage à Emeryan. Vous pouvez lui faire la conversation maintenant, il vous comprend.

« Comment est-ce que vous qualifiriez vos liens avec cette créature ? » Ajouta Sidney, toujours intéressé.
- Euh… je crois qu’on peut parler d’amitié ? Répondit Natasha sans trop savoir quoi dire.

Sidney situait la position de la jeune femme lors de cette mission à l’aide de cette réponse. Peut-être ne voyait-elle pas là où il voulait en venir mais il ne tarda pas à poursuivre. Il regarda la nature alentour avant de reprendre sur un air de confidence.
« Vous étiez donc dans un endroit dangereux et en avez retiré quelque chose de positif au final, une amitié. Est-ce que l’exploration, dans son aspect général, vous attire Mademoiselle Avalon ? »
- Oui, je suis quelqu’un de curieux mais on ne peut pas vraiment dire que j’arrive à m’habituer au danger et au fait de voir mes collègues frôler la mort. C’est trop nouveau, peut-être qu’il me faut un temps d’adaptation, que j’arriverai à me détacher de tout ça.

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Ven 11 Mai - 15:25
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Ce n’était pas tant le danger qui la faisait souffrir mais plutôt les choix moraux qu’il avait fallu prendre à chaque fois : tuer Elijah et détruire une partie de l’écosystème qu’il avait fabriqué, rendant orphelines toutes les créatures intelligentes qu’il avait fait naître, parmi lesquelles son nouvel ami serliane ou laisser le lantien les assassiner et tenter d’exterminer les habitants de la cité… et plus récemment la tuerie sur la montagne. Il semblait pourtant facile de se dédouaner en se disant “c’était eux ou nous” mais Natasha ne pouvait s’empêcher de se demander “et s’il y avait eu une troisième option qui nous avait permit de tous survivre ?”. Les explorations ne pouvaient donc pas se faire gentiment, sans avoir à sortir les armes pour tirer sur tout ce qui bougeait ? Elle avait pourtant lu des tas de rapports ou tout s’était parfaitement bien passé.
Les autres avaient l’air de digérer les choses plus facilement qu’elle, repartait plus vite en mission alors le problème devait venir d’elle. Elle en était venue à penser que si elle voulait continuer les explorations il lui faudrait surmonter rapidement sa dernière expérience et s’endurcir. Mais quel était le mode d’emploi pour ne plus culpabiliser ou ressentir de la terreur en se confrontant à des dangers mortels ?

Sidney était agréablement satisfait de voir que la jeune femme lui ouvrait la porte à ce sujet. Ils allaient peut-être entrer entamer la source du problème beaucoup plus rapidement qu’il ne l’avait pensé mais, comme toujours, il fallait rester prudent. Faire un retour d’éléments potentiellement traumatisant serait une source de stress et d’inconfort. Il ne fallait pas que cet endroit reposant devienne pour Natasha le lieu d’un nouveau mauvais souvenir. Patrick l’écouta donc attentivement et partagea avec elle en usant d’un ton légèrement détaché. Comme s’ils étaient, par exemple, deux lecteurs de romans qui échangeaient leurs interprétation d’une situation. En l'occurrence, Sidney avait l’intention d’aider la kiné à voir les choses différemment.

« Pensez-vous que l’on peut véritablement s’y habituer ? » Demanda Sidney avec un léger sourire paternaliste. « Avez-vous déduit cela par le détachement que vous avez pu voir de certains de vos collègues, lors de telles situations ? »

La jeune femme acquiesça.

« Cela ne veut pas obligatoirement signifier qu’ils y sont immunisés. Au contraire, le danger et la crainte de perdre des membres d’équipe doit faire l’écho de vos propres sentiments. Sauf qu’ils ne le montrent pas. Pour garder une contenance ou rester dans une dimension professionnelle dans le chaos. Comment avez-vous vécu ces moments ? Voulez-vous en parler ? »

- Et le fait de tuer des gens, vous pensez qu’on peut s’y habituer ?   Demanda t-elle, déviant légèrement le sujet sans répondre à la précédente question.

Sidney pencha doucement la tête, relevant le premier problème qui torturait probablement l’esprit de la jeune femme.

« Est-ce la pensée qui vous brime, Natasha ? Vous vous sentez responsable de décès ? »

Natasha détourna les yeux avec l’impression qu’on lui enfonçait un couteau dans le coeur. C’était une chose de ressasser les évènements, s'en était une autre d'entendre cela formulé à voix haute.

- J’ai participé à un massacre, je suis responsable.

Au même titre que les autres, mais les autres avaient l’air de mieux le vivre. Elle repensait à la soldate rebelle qui paraissait même de bonne humeur sur le champ de bataille en foulant la terre ensanglantée et les nains qui agitaient des membres arrachés pour leur dire au revoir.
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Ven 11 Mai - 16:20
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Voilà, ils entraient dans le vif du sujet. L’impact était important chez la jeune femme et Sidney le sentait bien. Le détournement de ce regard indiquait clairement qu’elle commençait à être mal à l’aise et souhaitait fuir cette conversation. Il fallait oeuvrer autrement, ne pas insister sur cette lancée mais trouver un autre moyen.

« Peut-être pourriez-vous me raconter cette histoire comme si une tierce personne l’avait vécu à votre place ? Regardez ces branches et ces arbres, sans vous presser, sans vous forcer. Voulez-vous bien essayer ? »

Sidney avait déjà utilisé cet outil plusieurs fois. Il arrivait que les patients n’en trouvent pas l’utilité, trouvant ça lâche. Mais cet aspect de “séparation” permettaient à d’autre d’échapper à cette forme de responsabilité tout en racontant l’histoire traumatisante. En le proposant, Sidney avait souri tout en lui montrant ces arbres, là où elle regardait alors en parlant de la serliane : un élément favorable, positif, qu’elle avait obtenu malgré le danger.
- Je ne comprends pas. Vous voulez un récit à la troisième personne ?

« Oui. » Fit Sidney sûr de lui. « Il s’agit d’un outil qui aide à extérioriser avec un peu moins d’implication. Si vous ne vous sentez pas de me confier votre histoire, regardez ces arbres, et parlez d’une autre personne. Racontez cette histoire qui, l’espace de quelques minutes, ne vous concerne pas directement. »

Natasha afficha une expression peu convaincue, se demandant comment elle pouvait prendre tant de recul alors que l’histoire était si fraîche. Par ailleurs, l’idée de faire le récit intégral des évènements de vive voix à ce quasi-inconnu la rendait nerveuse. Mais il semblait convaincu que ça pouvait l’aider et c’était lui le praticien. Elle hésita un moment avant de se lancer, le visage fermé.

-Il y a quelques jours une équipe a été envoyé sur une planète pour explorer des ruines qui émettaient une source d’énergie. Les lieux devaient être inhabités mais c’était une erreur, à peine les explorateurs ont-il commencé à grimper qu’une voix s’est faite entendre à travers des enceintes et que le sol s’est effrondré. Ils se sont relevés, certains étaient légèrement blessés et une partie du matériel avait été endommagé pendant la chute, puis ils ont commencé à marcher dans les tunnels sous la montagne.

Elle frissonna en se rappelant de l’horreur que ça avait été pour elle de se retrouver piégé sous des tonnes de pierre dans une semi-pénombre.

« Je sais de par votre dossier que vous ne vous sentez pas bien dans les endroits exigus. Vous êtes également claustrophobe. Cela a contribué à une première agression courante de votre personne. Avez-vous pu soigner les blessés ? »
- L’obscurité totale me fait paniquer, rectifia t-elle. C’est pire dans les lieux fermés comme les grottes quand je ne sais pas où est la sortie parce que je n’ai aucun échappatoire. Les blessures étaient légères, à part Mike MCpherson qui s’était tapé la tête par terre mais je n’avais aucun moyen de vérifier la gravité du traumatisme. Rodney avait l’air de souffrir le martyre mais il avait seulement une entorse au poignet.

Natasha et lui en était naturellement revenu à la première personne, la jeune femme n’était visiblement pas à l’aise en narrant depuis un autre point de vue mais l’essentiel était fait : elle commençait à se livrer.

« Que s’est il passé ensuite ? »

Le psychologue continuait de vigiler son état. Restant préoccupé quand à la réaction qu’elle pourrait avoir en retournant dans ses pensées les plus pénibles. Là, ils ne faisaient qu’effleurer le problème.

- On a… ils ont reprit la route et ils ont finit par rencontrer un autochtone qui les a traité de tous les noms parce qu’ils avaient soit disant foulé les tunnels sacrés de son peuple où il les avaient lui-même fait tomber. Et en un rien de temps on… le groupe se retrouvaient à devoir fuir avec une horde de nains fou furieux et de robots tueurs qui leur courraient après. Puis Rodney a déverrouillé une porte et les nains ont cessé d’attaquer les explorateurs pour les acclamer. Apparemment, leur attaque n’avait pour seule visée que de les forcer à dégager ce passage qui conduisaient à l’ancienne forge des nains. Elle fit la main. - Quelle bande de tarés… marmonna t-elle.

Sidney connaissait une partie de la mission et surtout du comportement des nains. Ils détenaient une installation de production en état de marche et se révélaient être une excellente main d’oeuvre. Atlantis avait donc d’importantes motivations à leur égard en terme de diplomatie mais, comme Natasha l’avait défini en quelques mots, la notion même de diplomatie échappait à ce peuple.
Les quelques négociateurs revenaient toujours ivres, ou en colère, face à une difficulté croissante à s’entendre. Le psychologue, des xénosociologues et quelques autres spécialistes avaient tenté de comprendre pourquoi. Et la raison était plus simple qu’il n’y paraissait : ce comportement était un trait tout à fait naturel pour eux.

« Je suis au fait du comportement “particulier” de ce peuple. Le CODIR a toutes les peines du monde à se faire entendre. » Confirma Sidney avec un air entendu, validant malicieusement et dans un langage plus soutenu, le murmure de son interlocutrice.
- Conseillez leur les insultes. Les nains adorent ça, ils ont un côté masochiste. Dit-elle très sérieusement

« Je vais en prendre bonne note. Qu’est ce qui vous l’a le plus blessé ? Une vexation face à de l’injustice ? Voir ses collègues blessés par une motivation puérile et sans fondement de ces autochtones ? Ou une toute autre raison ? »

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Sam 12 Mai - 16:44
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- L’absurdité de la situation. La rapidité avec laquelle ils retournent leur veste : tantôt ils vont vous en coller une et vous insulter, puis un instant plus tard ils vous inviteront à faire la fête. Ils sont irrationnels et imprévisibles, ils n’ont aucune conscience de faire du mal aux autres et ils sont aussi comme ça entre eux, comme si la vie des leurs n’avait pas d’importance. L’un d’entre eux y passe ? Ils s’en fichent, ça les fait marrer.

Sidney songeait s’approcher du coeur du problème, ou un de ceux en particulier qui travaillait la jeune femme. De la première impression qu’il avait d’elle, il était évident qu’elle avait vécu une complète opposition de ses principes moraux. N’ayant pas de moyen de le formuler à la troisième personne, le psychologue prit le risque de l'énoncer directement :

« Attardons nous sur ce point...ce manque de morale vous a visiblement affecté. Est-ce parce que vous êtes altruiste ? Le bien-être de vos collègues ne semble pas uniquement en cause, il y a autre chose qui vous a travaillé à ce sujet ? »
- J’ai passé une journée pourrie enfermée dans une montagne sombre en compagnie d’un peuple de tarés versatiles, dit-elle sèchement. Et quand on était enfin sur le point de sortir enfin de tout ça, les geniis ont débarqué. John et Mcpherson sont allés risquer leur vie là-haut pendant qu’on était coincé en bas.

Quelques secondes s’écoulèrent dans le silence. Patrick ne prit pas contre lui l’intonation de ces propos, ce côté très sec. On aurait pu aisément penser que la jeune femme était excédé par l’incompréhension de son psychologue, ou le sentiment qu’il soit à côté de la plaque. Ce qui la forcerait à faire des aveux contraignants et pénibles pour être plus clair. Mais Sidney préférait se dire qu’elle était en train de décharger la frustration et la colère qui avait dû la ronger longuement. Un mal qu’elle avait dû garder ancré en elle sans trouver suffisamment de soutien auprès de confidents, s’il y en avait. Il lui ouvrait la porte en somme et, même si l’effet ne s’en ressentirait que plus tard, extérioriser ses ressentiments était un très bon début. Cette brave soignante lui avait offert beaucoup d’éléments sans véritablement s’en rendre compte. Du moins Sidney le supposait.

Si le peuple n’avait pas eu une telle immoralité et ces gestes à leur encontre, la mission se serait achevée plus vite, avant l’arrivée des Geniis. L’équipe serait repartie sans que Natasha ne soit contrainte de participer à une défense qui sortait du cadre de sa morale et de ses convictions. L’homme mit en place les pièces du puzzle, se remémorant les tous premiers propos, les plus vibrants, de Natasha par : “J’ai participé à un massacre, je suis responsable”.
La raison exacte et les moyens employés pour se tenir responsable à ce point lui échappait encore.
Mais il n’y avait pas que ça. Dans l’émotion, la vigilance à tendance à s’effriter et Patrick n’avait pas loupé le “John et McPherson”. C’était un nouvel élément très intéressant puisqu’elle en avait appelé un par le prénom, et en premier, puis l’autre par le nom de famille. Cela trahissait une attache émotionnelle particulière, un lien qui avait également son importance au cours de la mission. Un nouvel enjeu en somme.

« Vous parlez de John Sheppard je suppose. »

Natasha tiqua légèrement. Ah merde, elle avait appelé John par son prénom. C’était tellement naturel pour elle, elle n’appelait pas ses proches par leur nom de famille. Les soldats le faisaient ici, mais elle n’était pas un soldat et elle avait du mal avec cette habitude.

« Il a risqué sa vie à cause de l’immoralité de ce peuple, du temps qu’ils vous ont fait perdre, vous amenant à être exposé aux Geniis. » Patrick la gratifia d’un léger sourire. Il ne savait pas de quelle nature était la relation entre l’officier et la jeune femme. L’homme ne voulait pas le demander directement au risque d’être trop intrusif.

Natasha secoua la tête.

-Non, les nains ne sont pas responsables de l’attaque des geniis.
C’était une belle fourchette d’abrutis, mais elle ne pouvait pas leur imputer ça.
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Il posa sa question différemment : « Avez-vous eu peur pour lui ? Si vous aviez pu vous “débloquer”, qu’auriez-vous voulu faire ? Le rejoindre ? »
-Pour John ? Bien sûr que j’ai eu peur, c’est un ami, répondit-elle, décidant d’assumer le prénom qui lui avait échappé un peu plus tôt. Pour Mike Mcpherson aussi, je le connais moins mais il n’en reste pas moins un collègue. Et oui, je me suis proposée pour les accompagner au cas où l’un deux serait blessé. John a refusé, je n’ai pas insisté : je ne suis pas formée pour le champ de bataille, j’aurai surement été un poids. dit-elle avec un air détaché, analysant la situation avec du recul.
« Ou il était de sa responsabilité, en tant que chef de mission, de vous garder à l’abri de la plus grande menace ? » Présuma doucement Sidney à la suite de sa réflexion, essayant d’évaser l’hypothèse qu’elle pu devenir un poids.
-Certainement, répondit-elle en haussant les épaules.
Le fait de rester enfermée sous la montagne lui avait posé problème mais elle pensait chaque mot qu’elle prononçait : elle ignorait si elle aurait été capable de tirer sur quelqu’un, ce qui aurait fait d’elle une cible idéale pour les geniis et une gêne pour ses deux alliés.
Elle avait laissé tomber le « ils » puisque le psychologue lui posait des questions directement. C’était également plus facile pour lui. L’exercice avait surtout pour but d’aider à débuter l’entretien sur ces sujets délicats. Maintenant que Natasha était ouverte à ce dialogue, même émotionnellement compliqué pour ce retour de souvenir, il n’en avait plus grand besoin. Sidney cherchait à amener davantage de réflexion maintenant que sa patiente bénéficiait de ce recul. Beaucoup d’éléments inconfortables l’avaient malmené, une accumulation graduelle qui avait abouti à son état actuel. C’était une chance d’avoir une interlocutrice conciliante et à ce point ouverte au dialogue, le psychologue voulait donc l’amener sur plusieurs éléments qu’elle n’aurait peut-être pas songé.

« Comment avez-vous pris ce refus ? Cela vous a blessé ? »

Non... , dit-elle, le visage fermé. Elle faisait de son mieux pour collaborer avec le psychologue et raconter les choses, mais ces souvenirs lui donnaient la nausée. J’ai conscience de mes limites et j’ai confiance en l’expérience de John pour prendre les décisions les plus efficaces.

Sidney acquiesça lentement. Il n’allait pas insister mais se demandait si l’expression qu’elle venait d’avoir ne dissimulait pas autre chose. Il passa à une nouvelle question :

« D’accord...vous êtes donc restée à couvert. “Bloquée en bas” si je reprends vos termes. Qu’avez-vous fait ensuite ? »

Natasha prit quelques instants pour répondre. On arrivait en plein coeur du traumatisme et les mots commençaient à avoir du mal à franchir ses lèvres.
Sidney se voulut rassurant, il prononça d’une voix un peu moins forte :

« Prenez votre temps Natasha. »

La rouquine eut un sourire en coin ironique. Sans blague, il ne manquerait plus qu’il lui demande le contraire ! Puis elle se força au calme, comprenant que sa colère n’était pas réellement dirigée contre Sidney. Il était juste le pauvre type qui essayait de lui tirer les vers du nez, ce n’était pas lui qui l’avait foutu dans cette grotte et obligé à piloter l’appât pour le drone. Psychologue, quel boulot spécial quand même ! Se retrouver à encaisser la misère du monde…
Puisqu’il lui avait donné son aval, Natasha prit tout le temps qu’il lui fallait pour se recomposer un semblant de masque et le détachement nécessaire pour poursuivre son histoire.

Plusieurs nains avaient été gravement brulés et les autres avaient l’air de s’en foutre royalement. Le concept de médecine n’existe pas là-bas, on est en bonne santé ou on crève. Je suis intervenue. Je n’avais absolument pas les compétences pour gérer ça mais c’était ça ou les laisser se faire arroser de bière. J’ai aucune idée de ce qu’ils sont devenu, peut-être que j’ai empiré les choses en essayant de les aider ,

Sidney écarquilla légèrement les yeux en entendant la mention de la bière en guise de soin. Il nota surtout la valeur très altruiste qui habitait la jeune femme pour s’être investie auprès d’autochtones source de sa souffrance. Il était normal, dans sa position, de voir souvent le verre à moitié vide. Mais le psychologue connaissait chez certaines personnes, parmi le personnel soignant d’Atlantis, des attitudes bien moins bienfaitrices. L’acte de Natasha n’était pas anodin et il avait peut-être eu une bien meilleure issue qu’elle ne le pensait.

« Vous n’avez pas voulu prendre des nouvelles à ce sujet ? Qui sait si, au contraire, votre action n’a pas garanti leur survie et donné à ce peuple, malgré ces comportements détestables, l’envie de s’intéresser à la médecine ? »

Ces derniers jours, elle avait fui toute nouvelle concernant cet endroit. A vrai dire, elle n’avait même pas encore restitué son rapport. Elle ne voulait plus y penser même si cela parasitait ses pensées en permanence. C’était une fuite malsaine, une vaine tentative de se protéger.
Je n’ai pas eu de nouvelles, non, répondit-elle, éludant à moitié la question. Et oui, je suis convaincue que notre science les intéresse, ils me l’ont dit.

Si ses souvenirs étaient bon, ils avaient même invité les scientifiques de leur groupe à leur donner des cours… comme si elle allait remettre les pieds là-bas ! Mais le psychologue avait raison, peut-être que ça l’apaiserait un peu de savoir ce qu’étaient devenu les blessés qu’elle avait tenté de prendre en charge. Au moins elle saurait une bonne fois pour toute, que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises.

« Est-ce que vous avez envie de savoir ? » Demanda sérieusement Patrick.

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Natasha réfléchit sérieusement à la question avant d'acquiescer. Ca l’aiderait probablement à passer à autre chose.

Sidney avait accès constamment à ce dossier. Les nains détenaient une véritable usine de pièces détachées et Atlantis n’était pas prêt de lâcher le morceau. A l’image des propos qu’avait tenu Natasha, des propos très justes, le peuple était régulièrement un problème en lui-même. Mais Patrick était étonné que la soignante n’aie pas eu à sa connaissance la suite des événements. Il ne s’agissait pas d’informations classifiées et le psychologue était certain qu’Hoffman ne verrait pas d'inconvénients à ce qu’il les ai partagé avec la jeune femme.

« Lors des derniers échanges diplomatique, les nains ont réclamé un matériel similaire à celui que vous portiez. Il semblerait qu’un des autochtones vous ayant observé ai adopté vos gestes. Et qu’il avait l’intention de les répéter. Nous avons voulu en savoir plus. »

- Vraiment ?

Alors comme ça l’autre abruti qui lui réclamait des insultes l’avait observé pendant qu’elle s’affairait et avait retenu quelque chose ? Elle ne s’en serait pas doutée. Toutefois, connaissant un peu l’énergumène, elle préférait ne pas savoir de quelle manière il avait détourné sa technique pour l’adapter à la mode naine…

Sidney se garda de lui dire que, lorsque les diplomates avaient demandés des détails et connaître l’histoire, la simple technique d’apposer des bandages était jumelée avec un trempage en règle dans leur fameuse bière. Mais Natasha ignorait avoir laissé sa marque. Et qu’elle avait été bénéfique. Le psychologue n’y avait pas songé jusqu’à ce que le sujet vienne sur la table les concernant. D’ailleurs il ignorait totalement toute l’expérience qu’avait vécu Natasha avec cette pratique de soin “à la bière”. Et s’il n’était pas aussi proche d’Alexander, lui qui lui demandait conseil pour ses diplomates durant leur partie d’échecs, Sidney n’aurait jamais pu informer Natasha de cette suite. Pour une fois, le hasard faisait bien les choses et le psychologue était vraiment satisfait de pouvoir lui certifier qu’elle n’avait pas été uniquement une source de destruction. Mais bien autre chose. Et qu’elle l’ignorait depuis son retour.

« Dans cet océan d’incohérence, vous avez apporté de la stabilité et de la logique au sein de ce peuple. De par mes échanges avec Monsieur Hoffman, je sais que deux d’entres eux sont toujours vivants. Et ce n’est pas grâce à eux. »

- C’est bien... dit-elle modestement.

Deux d’entre eux avaient survécu…
Cette nouvelle fut comme un baume sur son coeur, elle n’aurait pas imaginé se soucier de la vie de ceux qui lui avaient pourris l’existence pendant toute la durée de sa mission, et pourtant… savoir qu’elle avait apporté un peu de bien dans ce chaos était un soulagement.

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Sidney eut un léger sourire à sa réaction. Il poursuivit.

« Quelque soit l’événement qui vous a amené à vous penser responsable d’un massacre, songez que vous ne pouvez pas tout contrôler...hormi la bienveillance que vous avez eu à leur égard. » Il haussa les épaules. « Dans quelques temps, quand vous irez mieux, peut-être aurez vous l’envie de revoir vos deux patients. Et vous rendre compte de ce que vous avez préservé en plus de leur vie. »

Sidney fit une pause, se rappelant de ce qu’elle lui avait conseillé.

« Même s’ils risquent de vous témoigner leur gratitude par une série d’insultes. » Ajouta-t-il ironiquement.

Natasha fit une grimace.

- Vous vous êtes déjà confronté à eux ?

Le sourire de Sidney s’était élargi et il hocha la tête.

« Lorsque les diplomates rentrent ivres, usés par les injures, excédés par des comportements qui défient la cohérence, il faut des hommes pour cerner cette culture particulière. » Il fît une pause avant de reconnaître son implication. « Le CODIR a requis mes services pour permettre aux diplomates d’adapter leurs discours. J’échange régulièrement sur ce dossier, et je me suis parfois rendu sur place, raison pour laquelle je suis en possession de ces informations. »

Le psychologue considérait qu’ils avaient très bien avancé. Il risquait de lâcher une bombe, d’entrer un peu trop rapidement dans le plus vif du traumatisme. Mais il n’avait pas l’intention de la mener en bateau. Surtout maintenant qu’il venait de lui dire qu’il participait activement aux suites de cette mission.

« J’ai su pour les Geniis. Est-ce que cela est lié ? »

Natasha ne répondit pas, détournant les yeux. Son expression était suffisamment éloquente pour répondre à la question de Sidney. La légèreté qu’elle avait ressenti s’en était allée, à nouveau remplacée par du plomb.
C’était une forme de confirmation. Sidney ne pouvait pas savoir qu’elle avait piloté une sonde pour marquer les renforts ennemis, il n’était pas devin et il n’avait pas eu accès à ces informations. Mais il avait su que cet assaut avait été repoussé grâce à l’emploi de drone Lantiens et de l’état lamentable du champ de bataille ensuite. Pourquoi ? Parce que les nains faisaient mal le ménage et qu’ils affectionnaient leur musée à bière. Dans lequel était conservé certaines dépouilles comme “trophée”.

« Vous sentez-vous la force de m’en parler ? »

Natasha maintient son regard rivé au sol, la gorge serrée.
Sidney comprit. Il angla sa question autrement, de façon moins abrupt.

« Vous aimez la vie, vous la protégez n’est ce pas ? Quelle importance a l’altruisme dans votre vie ? »

- C’est ce vers quoi devrait tendre l’humanité… dans un monde idéal.

Cette manière de pensée n’allait pas vraiment dans le sens du néo-libéralisme et donc, de la société occidentale mais bon, elle n’avait jamais été très conformiste dans sa manière d’être.

« Vous avez été longuement confrontée à l’anti-thèse de vos convictions et de cet idéal. Mais voyez-vous, en exerçant aux cotés de cette équipe, vous avez “diffusé” cet idéal autour de vous. Vous avez représenté une forme de bienveillance qui est allé jusqu’à toucher un peuple qui base sa communication sur l’injure et l’incohérence des actes. Ce n’est pas anodin. »

Sidney ne parlait pas comme s’il lui donnait la solution à son problème, loin de là. Rien ne peut véritablement donner raison, une quelconque légitimité, à un massacre. Mais Natasha devait prendre conscience qu’en intégrant une équipe d’exploration, elle n’était pas maîtresse de l’ensemble de son environnement. Et qu’elle apportait résolument plus de bien que de mal.

« Je suis certain que si je vous demandais ce que vous auriez pensé du résultat de cette assaut Genii contre les nains, vous auriez également réprimé la mort d’un peuple malgré le malaise qu’il vous a causé. En agissant de la sorte, vous avez été contrainte de sauvegarder la vie en détruisant une autre. Malveillante celle-ci. »

Natasha acquiesça. Jusque là, elle partageait l’avis du psychologue..
Patrick croisa ses mains, dans une gestuelle pour lui indiquer l’importance de ces propos.

« Je ne vous apporte pas une justification. Votre idéal l’exclut obligatoirement. Mais les personnes qui marchaient sur cette montagne étaient doués d’un idéal tout à fait inverse au vôtre, là où la vie n’a pour eux aucune valeur à leur yeux. Contrairement à leurs actes, votre présence dans cette équipe et votre interaction avec les peuplades apporte un espoir : c’est celui qu’un jour, à force de côtoyer des gens comme vous, les différentes communautés troquent les armes pour les bandages. »

Sidney haussa les épaules.

« Vous vous rendrez compte que ce que vous pouvez maîtriser, c’est la sauvegarde de la vie, celle qui a une nature bienveillante et une vocation à suivre un idéal altruiste. Et qu’il mérite d’être préservé par des jeunes gens aussi investi que vous l’êtes malgré ces drames. »

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Dim 17 Juin - 20:05
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-Vous pensez que le combat est nécessaire pour permettre aux peuples les plus pacifistes de survivre afin de construire un monde meilleur ? Tenta t-elle de reformuler, pour voir si elle avait bien compris l’idée de Sidney. Mais sommes nous meilleurs que les plus belliqueux si nous exterminons ceux qui ne partagent pas nos valeurs ? Elle s’accorda un instant de réflexion. J’ai entendu parler des geniis… ils n’auraient pas accepté des négociations, n’est-ce pas ?

Sidney acquiesça.

« Malheureusement non. Les Geniis prennent ce dont ils ont besoin par la force. Ils veulent l’installation des nains depuis un certains temps déjà et nos équipes sont déjà tombé dans des embuscades bien avant ça. Leur diplomatie se traduit par leurs balles. Excepté Atlantis, ils convoitent les moyens de destruction comme le C4, les roquettes et toute une série d’armes. Nous ne pouvons rien faire d’autre que nous défendre, hélas... »

Natasha étouffa un bâillement. Elle se sentait vidée, épuisée. A vrai dire, elle ne se souvenait pas de à quand remontait son dernier vrai repas. Depuis son retour de mission, elle se contentait de se forcer à grignoter une bricole par ci par là, juste assez pour tenir le coup. La conversation avait le psychologue lui avait fait du bien. Elle savait que son état d’esprit ne s’améliorerait pas instantanément, mais Sidney lui avait apporté un regard extérieur, une nouvelle manière de voir les choses. Il lui faudrait prendre le temps de ressasser la conversation, d’en intégrer les éléments.

-On ne leur a laissé aucune chance avec le drône. C’était une boucherie.
« Je vois que je vais vous laisser, vous semblez épuisé... » Fît doucement Sidney en se redressant lentement.
« Voulez-vous que nous nous retrouvions demain à la même heure ? Je serais enchanté de connaitre votre ami et la façon dont vous l’appelez. Et concernant notre échange, peut-être pourrons-nous prévoir une visite chez les nains dans un avenir proche ? »
L’homme lui offrit un grand sourire.
« Il est bien peu probable que vous soyez heureuse de la façon dont ils vous souhaiteraient la bienvenue mais vous pourriez croiser vos anciens patients et voir de vos yeux ce que vous avez apporté, qu’en dites-vous ? »

Natasha ne put dissimuler une grimace, il n’était pas question qu’elle remette les pieds là-bas de si tôt ! La simple idée de se retrouver à nouveau enfermée dans les entrailles de la montagne lui donnait la chair de poule.

- On verra… marmonna t-elle. D’accord pour demain.

Le temps était vite passé, au final tout cela ressemblait à une discussion on-ne-peut plus banale à peu de choses près qu’elle se faisait avec un inconnu qui lui posait tout un tas de questions. Le fait qu’il cherche à la revoir si rapidement laissait entendre qu’il y avait encore du travail mais elle était assez lucide pour savoir qu’elle avait intérêt à accepter. Même si elle n’avait pas été aisée, cette séance lui avait fait du bien. Natasha se releva à son tour pour dire au revoir à son interlocuteur et imagina une possible rencontre avec Emeryan. Pourquoi pas, ça pouvait être intéressant à observer.


[Rp terminé]

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