Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Le chaos et l'ordre - partie 2

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Dim 22 Avr - 21:23
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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Partie parallèle rp : Le Chaos et l'Ordre


Environnement


Nelly ne parvenait plus à trouver son souffle.
Son coeur battait beaucoup trop vite, il cognait sourdement dans sa poitrine comme pour lui rappeler qu’elle était en danger. Ses jambes battaient, elle se sentait pousser des ailes, et elle filait à toute allure à travers les coursives du croiseur. Il faisait sombre, il faisait froid, et Nelly poussait de grandes plaintes en essayant de distancer la créature. Son bras droit fortement plaqué contre son flanc, les débris de sa veste laissant à nu une plaie importante, elle ne sentait pourtant rien et continuait à courir comme une dératé.

Tout d’un coup elle s’arrêta, in extremis, ses pieds glissant pour mordiller le bord d’une nouvelle salle où un cable se trouvait tendu. Elle l’enjamba, découvrant d’un air paniqué l’énorme poutre qui l’attendait pour la prendre en étau. Il y avait des pièges dans tous les sens et elle ne pouvait même pas se permettre d’y aller doucement. Passant sur le côté, pour emprunter un nouveau couloir, un énorme rugissement monta soudainement non loin et la petite espagnole se sentit vibrer de peur. Le fond de son estomac s’était soudainement crispé en une terreur indescriptible alors qu’elle sentait tous ses poils s’hérisser.

Tremblante, perdue, paniquée, Nelly trouva refuge dans une salle qui servait de stockage. A l’intérieur...des uniformes Atlantes. Il y en avait une bonne centaine, de toutes les couleurs. Techniciens, soldats, médecins, même administratif. Ils y étaient tous !
La jeune femme n’arrivait même pas à calmer sa respiration alors qu’elle secouait négativement la tête, ne parvenant pas à intégrer l’information de cette découverte. Il y eut un autre rugissement, plus près, et Nelly poussa une plainte alors qu’elle s’enfonçait entre les présentoirs pour se dissimuler au milieu des vêtements. Elle prit son portable, activa la caméra, puis pointa l’entrée d’une main tremblante.

Au moins, si un membre de l’équipe trouvait l’objet, il obtiendrait peut-être quelques informations. La tête horrible du monstre passa à l’embrasure de la porte en sifflant comme un serpent. Sa respiration était forte, puissante, à l’image même de son horreur, et il entra tranquillement dans la réserve. Les mains de Nelly serraient fortement le portable mais elle continuait de trembler comme une feuille, faisant son maximum pour ne surtout pas se faire entendre. La chose avança un peu et se mit à renifler le sol...il s’y trouvait son sang. Quelques gouttes depuis le sillon qui se formait continuellement de son épaule meurtrie.

Nelly sut qu’il allait encore la repérer à cause de ça. La chose n’aimait pas son sang mais, en même temps, il ne cessait de la traquer par ce biais. Pourquoi ? Pourquoi elle en particulier ? Pourquoi continuer la chasse alors que cela avait le même effet qu’un acide pour lui ?
L’immonde tête se redressa pour la fixer : il venait de la trouver !!!


Mastodonte:
 


Le petite espagnole poussa un cri avant de s’armer de son MP5. D’une main, elle l’assura contre son épaule valide. Le fait qu’elle soit assise, dos contre le mur, derrière les rangées de vêtements, lui permettait d’assurer sa visée même si elle était plus qu’incertaine.
La créature ouvrit sa bouche couverte de dents. Celle qui s’était cassée dans l’épaule de Nelly lui donnait un air encore plus intimidant, comme si ce croc manquant prouvait qu’il était efficace dans le meurtre.

La petite militaire poussa un hurlement qui mêlait autant sa terreur, son angoisse et sa détresse. Elle appuya sur la détente.

PAM ! PAM-PAM-PAM ! PAPAPAM PAM !

Les éclairs de lumière éclairèrent son visage terrorisé à mesure des coups de feu. Pan ! L’un des balles pénétra sa gueule. La caméra avait filmé, c’est ce qu’elle souhaitait.
La chose siffla en sentant que les projectiles n’étaient pas uniquement composé de métal et une petite fumée blanche, s’ensuivant d’un grésillement caractéristique d’acide, le fit soudainement hurler de douleur. Le monstre cracha sa haine au visage de Nelly, découvrant toutes ses dents et l’immonde tentacule, avant de faire volte-face et de s’enfuir.

Perdue, isolée, le silence revint quelques secondes avant que la caméra ne s’abaisse sur un angle qui ne donnait rien d’intéressant à voir. Nelly pleurait, elle sanglotait silencieusement tout en lâchant des plaintes : elle avait de plus en plus mal. La morphine ne faisait plus effet.

« Je veux pas mourir ici... » Se fit-elle en reniflant.

Mais soudain, il y eut du bruit dans la pièce. Une sorte de souffle d’aspiration, quelque chose de bizarre, puis de l’animation sur le mur du fond. Déboussolée, Nelly se redressa tant bien que mal en pointant son MP5 de sa main valide, son bras blessé tenant toujours le portable qui filmait et elle pointa le grand tube organique qui s’illuminait d’une vive lumière. Là, un engin arriva jusqu’ici comme s’il entrait dans un terminus. Nelly le reconnut tout de suite comme le sarcophage des clones qui servaient à stocker l’armée. C’était exactement les mêmes qu’elle avait vu dans le complexe de Méda’Iyda. La jeune femme fut parcouru d’un violent spasme lorsque la lumière s’intensifia pour éclairer le visage d’une Pedge Allen endormie.

Non, pas ça. Pas encore !
Cette situation renvoya Nelly directement sur sa mission horrible avec Adam. Elle y avait tué un clone de Pedge et ça l’avait mis plus bas que terre. Ce n’était qu’une copie mais...c’était aussi Pedge. Et elle lui avait tiré dessus. Elle avait fait disparaître son corps pour ne garder qu’une mèche de cheveux qu’elle avait inhumé dans le plus grand secret sur le continent. Nelly ne voulait pas recommencer et elle se courba sous le poids de cette nouvelle pression psychologique.
Pourtant, elle ne pouvait pas laisser de clone se balader en liberté. Elle ne pouvait pas prendre ce risque et laisser la véritable Pedge découvrir l’atroce secret qui la torturait depuis que le CODIR lui avait fait juré la discrétion. La petite était loin de s’imaginer, à ce moment-là, qu’il s’agissait véritablement de Pedge Allen.

« Non, je peux pas... » Lâcha-t-elle finalement dans une plainte étranglée. « Je peux pas revivre ça ! »

Nelly baissa son arme et s’approcha du sarcophage, discernant l’état du clone, son aspect. Pedge portait la tenue d’Atlantis, elle était trempée et elle avait toujours son colt M4...mais...l’hispanique eut un doute. Elle ouvrit l’appareil, bien que difficilement, puis déchira le tissage organique avec son couteau, pile au niveau de la main. Elle respirait de plus en plus vite en refusant l’hypothèse mais cela se confirma : la bague...cette Pedge-là portait l’alliance d’origine Athosienne. La bague qui la liait à Isia était là, sur son doigt...

Nelly monta un regard étonné sur le visage endormi de son amie et s’efforça de rompre le tissage au plus vite.

« PEDGE ??? » S’écria-t-elle dans une soudaine panique.

Elle ne parvint pas à la retenir suffisamment. La texane tomba lourdement sur le sol et Nelly s’agenouilla immédiatement à ses cotés, portant instinctivement une main sur son épaule qui l’élançait maintenant atrocement. Elle sentait le corps étranger à l’intérieur, elle sentait que ça l’infectait, que ça l’empoisonnait à petit feu. Les multiples perforations qui marquaient la morsure du monstre sur son épaule sanguinolente s’accompagnaient d’une boursouflure extrêmement douloureuse. Une terrible inflammation. Il fallait qu’elle calme ça une nouvelle fois !
C’était devenu la priorité.
Retournant son amie, Nelly fouilla son gilet MOLLE pour en extraire son kit de soin et, notamment, y retirer les doses de morphine. Elle s’en injecta une tout de suite, poussant un long soupir sous son action, puis chercha la pouls de Pedge. Elle était en vie, elle était toujours là…SA Pedge Allen était toujours vivante. C’était un pur soulagement.

Mais soudain, le rugissement du monstre revint !
Nelly sursauta en criant, pointant l’entrée de son MP5 au canon tremblant...rien.
Il fallait faire vite. Sous l’effet de la drogue, Nelly ne sentait plus la douleur et tira Pedge jusqu’à une pile de vêtements. Elle la dissimula derrière en posture latérale de sécurité, plaça un jean d’uniforme sous son visage en guise d’oreiller, puis elle tira une table de présentoir pour obstruer la vue depuis l’entrée. Le rugissement monta une nouvelle fois...Nelly comprenait qu’il n’y avait qu’un seul moyen de préserver Pedge. De toute façon, ce monstre ne la voulait qu’elle...et son sang…pas la texane.

A genou, surplombant son visage, Nelly respirait fort tout en la regardant.
« Je ne veux pas que tu meures... » Murmura-t-elle avant d’avoir soudainement une idée.

La salle entière trembla sous l’action du monstre. Il avait défoncé une porte non loin, toujours pour la rechercher, il n’allait pas tarder à revenir sur ses pas. La militaire reprit son portable, se rendant compte qu’il était toujours en mode enregistrement, et elle se visa avec l’oeil de la caméra. Si elle voyait son visage ainsi dévasté, elle se serait passé de se filmer pour ne pas inquiéter davantage son amie. Elle saignait d’une entaille du cuir chevelu mais depuis l’angle de vue, on voyait surtout toute son épaule auréolée de l’empreinte de la mâchoire du monstre. Le tissu déchiré. Les crocs s’étaient profondément planté dans la chair à nue, laissant paraître des marques sombres et du sang qui continuait d’y suinter en petites rigoles. Nelly ne s’en rendait pas compte. De toute façon, elle était sûre qu’elle allait mourir. C’était sa dernière mission…donc un au revoir sincère s’imposait non ?
Elle prit sa dernière dose de morphine, se la plantant dans l’épaule hors caméra et abandonna la dose usagée sur place.

BADAM !

Il approchait !!!!
Nelly reprit le portable et dicta son message. Sa voix affaiblie et sa fébrilité témoignait surtout de son désir de dire les choses une bonne fois pour toutes avant de s’en aller. Le reste n’avait plus vraiment d’importance, avec deux doses de morphine, elle ne sentait plus rien, même plus la peur.

« Je te demande pardon...pour toutes les farces que je t’ai fait subir. J’ai jamais eu de famille Pedge, jamais !...tu peux le comprendre ça ? » Elle inspira douloureusement avant de finir.
« ...t’es ma grande soeur. J’ose pas te l’avouer. J’ai trop la trouille que tu te moques de moi, que tu me rejettes, que tu me renvoies à mon boulot comme tu l’as fait avant cet enfer...j’ai peur de ça. Alors je te fais des blagues idiotes juste pour que tu me regardes...voilà, c’est dit. »
La jeune femme secoua négativement la tête, se trouvant lamentable, d’un pathétique à vomir. Sursaut de lucidité ou altération par la drogue ? Elle cligna des yeux et se reprit :
« Survit ok ?...et ramène le portable à Sheppard, pour qu’il sache. Ce truc...il me veut et il est intuable...alors ne t’accroche pas Pedge. Ne le poursuit pas, c’est compris ?!? »

Nelly ne pouvait plus attendre. Si le monstre entrait dans la pièce, ce serait la boucherie. Ça grognait et grinçait à tout va dans le couloir. Il était sur le point de la retrouver, elle qui n’avait pas bougé de là.

Le portable bascula sur le réveil et Nelly le programma pour une sonnerie répétitive toutes les cinq minutes. Avec le ruban adhésif du kit de secours de Pedge, elle lui scotcha le téléphone dans la main pour qu’elle ne le perde pas, qu’elle comprenne qu’il n’était pas là sans raison. Il y avait la vidéo du monstre avant son aveu personnel. Le CODIR en aurait besoin, eux aussi, c’était déjà ça.

Il ne manquait plus que la discrétion...que le bruit n’attire pas le monstre s’il avait fini sa traque plus tôt…
Les écouteurs, oui ! Elle les lui passa dans les oreilles avant de brancher le câble au portable. Tout était prêt !!! Nelly s’interrompit une seconde. Dans le gaz, les yeux un peu hagard, elle l’observa avant de lui poser une main sur l’épaule, comme si c’était le dernier signe d’affection qu’elle pourrait se permettre. Voilà, c’était fini, elle posa une pile de t-shirt...finissant de la recouvrir. Et sauve qui peut !

Quand Nelly retourna dans le couloir, elle se retrouva nez à nez avec la créature. Elle termina son dernier chargeur, le peu de balles restantes ne le rendant que plus enragé, et la petite militaire reprit sa course effréné. Elle devait repousser l’échéance au plus tard. Laisser du temps à Pedge pour sauver sa peau.

Le calme retomba.
Dix minutes plus tard, la sonnerie s’activa et la musique avec laquelle Nelly se reveillait tous les matins, une musique qui faisait un paradoxe avec la situation, se mit à tourner en boucle dans les oreilles de Pedge...jusqu’à ce qu’elle se réveille enfin.
Elle trouverait un portable accroché dans la main, des écouteurs dans les oreilles, sous un amas de fringues et planquée par une table. Rien de plus normal en mission...



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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Qu’est-ce que c’était que cette musique entêtante ? Pedge émergea soudainement, consciente tout d’un coup qu’elle n’était pas dans son lit. Elle s’empêtra dans l’amas de fringues qui était sur elle, pensant que quelque chose d’autre, quelque chose de moins amical, de plus agressif, était en train de la recouvrir, et elle dû faire preuve d’un sang froid exemplaire pour parvenir à voir qu’il ne s’agissait que de vêtements et pas du cocon d’une araignée mutante par exemple ! Le souvenir était encore vif dans son esprit. Elle revoyait l’animal lui sauter à la figure, ses pattes la crocheter sans pitié et son abdomen qui se promenait devant son regard horrifié… Un frisson de dégoût et de peur la traversa toute entière. C’était comme si elle sentait des milliers d’araignées courir sur elle et l’envie de se gratter la démangea fortement.

Mais ce n’était que des vêtements. Elle s’en rendit compte au bout de quelques secondes à se débattre comme une dingue, jusqu’à ce que sa tête émerge entre deux jambes de pantalon. Ce n’était que des vêtements… Des vêtements qui étaient d’ailleurs très familiers. Mais outre cet aspect bizarre qui la calma directement, la sonnerie dans ses oreilles commençait à l’énerver, et dans sa panique liée au réveil, elle avait viré un écouteur, mais pas les deux. Elle extirpa le second de son oreille, perturbée par tout ça. Elle se souvenait parfaitement s’être faite attaquer par une araignée géante, avoir reçu un produit dans les narines et avoir sombré. Et là, elle se retrouvait dans une pile de vêtement, avec des écouteurs dans les oreilles, lesquels étaient reliés à un portable scotché dans sa main… C’était du délire.

ELLE RÊVAIT ! C’était ça ! Elle était en plein délire à cause de la substance qu’elle avait reçu en pleine poire !

Non, c’était trop réel. D’ailleurs, différentes douleurs dans ses membres lui indiquèrent clairement le caractère réel de son expérience actuelle. C’était con, mais toute cette mise en scène, ce portable, ces écouteurs, même cette musique, tout cela lui faisait penser à Nelly. Est-ce que c’était l’oeuvre de la petite hispanique ? Peut-être que si elle sortait de son placard, elle la trouverait autour d’un feu de camp en train de faire griller des chamallow, un couteau entre les dents, des peintures de guerres sur le visage, et du sang en guise de maquillage ? Du sang d’araignée naturellement. Elle trouverait une Nelly en mode Rambo, faisant une vendetta meurtrière dans le ventre du croiseur, comme une survivante cachée dans une salle connue d’elle seule, menant des actions de guérillas dans les entrailles du vaisseau ennemi.

C’était complètement con. Complètement saugrenue. Mais tentant d’y croire pour le simple espoir que cela représentait. Néanmoins, Pedge ne se laissa pas aller longtemps à ce genre de fantaisie. Elle doutait fortement que l’hispanique lui ait scotché le téléphone pour le plaisir. Si elle avait voulu la réveiller simplement, elle aurait mis les écouteurs dans ses oreilles, et le portable à côté d’elle pour qu’il fasse son oeuvre. Hors, ce dernier était clairement scotché à sa main, signe qu’il avait une importance autre.

« Bon, on se calme. Pas tout dans tous les sens. », s’imposa-t-elle en se mettant sur les genoux. Elle entreprit de défaire le scotch. A première vue, elle était toujours dans le croiseur ennemi. Pourtant, elle était entourée de vêtements qui étaient de facture atlante à première vue. Des uniformes pour le secteur administratif, d’autres pour le pôle médical, pour les factions militaires, les techos, les scientifiques à lunettes, bref, tout y était ! C’était quoi ce bordel ? Les Wraiths étaient devenus fétichistes des habits terriens ou quoi ? Elle imaginait trop Méda’Iyda défilant en uniforme avec un parterre de sbires et d’originels avec des panneaux permettant une notation de sa démonstration. Bien sûr, il n’y aurait que des dix, pour ne pas froisser miss égo surdimensionné.

Le scotch céda enfin, et son attention se reporta sur le téléphone. C’était bien le portable de Nelly. Il n’y avait qu’elle pour se trimballer avec un appareil qui affichait un fond d’écran pareil. Un double face version papa et maman. La moitié du visage d’Isia composait un côté, tandis que l’autre moitié était représentée par l’autre moitié du visage de Pedge, dans une parfaite symétrie. C’était un peu flippant quand même ! Le poisson rouge qui nageait tranquillement en dessous n’avait rien pour rassurer sur la santé mentale de la propriétaire du smartphone. Enfin, qu’importe, Pedge déverouilla l’écran, et tomba directement sur la vidéo enregistrée, comme s’il avait été verrouillé sur la galerie.

Elle la remonta de l’index vers le début, et elle découvrit une créature immonde. Puis des éclairs. Des coups de feu ! La créature ramassa des projectiles et battit en retraite. Pedge s’empressa de remettre à zéro et d’enfiler les écouteurs pour avoir le son. Elle entendit parfaitement les lamentations de Nelly quand le monstre sembla se fixer sur elle. Il ne semblait pas avoir d’yeux, mais il avait verrouillé son attention sur la jeune femme, qui répliqua par des tirs avant de la faire fuir. Mais qu’est-ce que c’était que cette créature de dingue encore ?? La vidéo se coupa avant de commencer sur un plan plus proche de Nelly. Elle semblait dans un sale état, mais ce n’était pas cela qui sauta aux yeux de Pedge dans un premier temps, mais plutôt son discour qui lui sauta aux oreilles.

La texane n’était déjà pas dans son assiette, mais les aveux de l’espagnole finirent de l’achever proprement. Cela alla trop vite pour qu’elle intègre l’ensemble des phrases de Nelly mais le sens y était. Elle n’osait pas la repasser en arrière, et sans trop s’en rendre compte, Pedge verrouilla l’écran. Elle avait le regard vide, duquel perla une larme qui roule mollement sur sa joue. D’un revers de main rageur, elle l’essuya, mais une seconde venait humidifier son regard. Elle ne voulait pas craquer maintenant. Elle renifla bruyamment, et ranger le portable dans une poche de son gilet, puis elle se redressa. Le monde vacilla, puis sa vision devint plus nette. Nelly était blessée, mais Nelly était vivante quand elle avait fait cette vidéo. Nelly ne voulait pas que Pedge la recherche, parce que Nelly s’était sacrifiée, non seulement pour celle qu’elle estimait comme sa soeur, mais aussi pour la mission.

Nelly n’en faisait qu’à sa tête.
Pedge aussi. Fallait bien partager un trait de caractère entre frangine non ?

« C’est moi l’officier Bricks, j’ai pas d’ordre à recevoir... », dit-elle pour se donner du courage et pour mettre un gros barrage sur le flot d’émotion qui avait débordé par le biais de ses yeux. Elle était au fond du trou. Mais elle devait remonter la pente. Faire face. C’était un peu sa devise.

Il fallait qu’elle la retrouve vite, car si elle en jugeait par les douilles de morphines usagées qui se trouvaient autour d’elle, l’hispanique s’était injectée une dose de cheval, et la douleur devait être terrible. Heureusement pour Pedge, elle ne s’était pas focalisée sur les images de la vidéos, préférant laisser son regard fuir le visage d’une Nelly qui lui faisait déjà des confidences à la retourner comme une crêpe. Alors si en plus elle avait dû la regarder… Ce n’était pas simple d’assumer des sentiments de ce genre pour quelqu’un qui passait son temps à les fuir. Ok, elle s’ouvrait de plus en plus avec le temps, surtout à cause d’une blonde. Mais l’ensemble des expériences qu’elle vivait depuis plus d’un an maintenant, l’obligeait à se comporter de façon plus humaine, bien malgré elle, car elles étaient trop riches humainement parlant pour occulter toutes les émotions, tous les sentiments qui les composaient.

Bref, elle devait la retrouver. Elle ne savait pas où était le reste de l’équipe. Peut-être étaient-ils eux aussi endormi quelque part… Donc, elle pouvait fort bien partir sur les traces de Nelly en espérant tomber sur Sheppard et le reste de la clique. Elle n’avait pas d’autre stratégie à faire valoir de toute façon. Elle était perdue dans le croiseur, perdue des autres… Que pouvait-elle faire d’autre que de prendre un chemin et le suivre ?




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Environnement



C’était une véritable errance dans des coursives vides.
Il ne résidait que la mort et le silence. Il y avait bien par moment le bruit de cette créature qui râlait, ou des gémissements qui pouvaient ressembler à ceux de Nelly, mais à chaque fois Pedge arrivait trop tard. Elle ne retrouvait généralement que de petites marques de maculation de sang venant de Nelly, sur le sol ou un coin de mur, elle continuait de saigner. Au voyage, Pedge avait bien failli se faire décapiter deux fois par des pièges aux entrées de sas visiblement confectionnés par des wraiths survivants et elle devait constamment être sur ses gardes. Certains de ces pièges étaient déjà enclenchés, signe que de potentielles victimes y étaient tombés mais pas de sang ni de corps.

L’agencement de croiseur avait tout pour désorienter. Les couloirs finissaient parfois en cul de sac, ou bien embranchaient sur une multitude d’issues possibles, des portes étaient grandes ouvertes, d’autres demandaient une activation manuelle. Il y en avait même qui demeuraient résolument fermée, suintant de l’eau gelée par son interstice. Certains secteurs étaient irrémédiablement éteint, d’autre semblaient en surtension. Mais partout, la déchéance, la ruine, la destruction et l’environnement malsain. Pedge était loin d’avoir fait le tour, elle avait à peine fait quelques couloirs sur la direction potentielle du monstre.

Mais au bout d’un moment, elle découvrit au centre d’une salle dévastée une petite lumière clignotante, caractéristique d’une lampe de canon. C’était une arme à feu qui avait surement été abandonné, celle de Nelly ? Le sol était sombre, couvert de racines organiques inertes, un très légère brume tombait des quatres coins de la salle pour retomber lentement jusqu’au sol et y former une nappe. D’ici, la texane ne pouvait pas savoir de quel type d’arme il s’agissait mais son chargeur semblait avoir été retiré, il était trainait juste à coté.


Pedge progressait avec prudence. Son Colt M4 était pointé dans le sens de sa direction, suivant son regard. Son doigt était posé sur la surface plane au dessus de la queue de détente, afin de ne pas la presser par accident en voyant quelqu’un ou quelque chose arriver sur elle. Ce serait un réflexe stupide et c’était comme ça qu’elle flinguerait Nelly accidentellement. Elle appliquait tous les codes de progression en milieu hostile et clos. Progression lente et douce, en essayant de ne pas trop faire de bruit et en contrôlant un maximum les angles avant de s’engager. C’était laborieux, et cela mettait ses nerfs en pelote, mais elle restait concentrée. Heureusement, ses lentilles assuraient le job et elle y voyait bien.

Elle ne savait plus où elle se trouvait. Elle serait incapable de retourner dans la salle où elle s’était réveillée. Peut-être qu’elle aurait dû faire des marques pour s’y retrouver et refaire le chemin en sens inverse, mais de toute façon, elle ne savait pas comment elle était arrivée là, donc cela ne servirait pas à grand chose que d’y retourner. Non, elle devait compter sur sa chance pour tomber sur le groupe, ou sur Nelly, et éviter au possible la créature qu’elle avait vu sur la vidéo.

Sa contenance et sa concentration lui évitèrent de se faire décapiter par des systèmes ingénieux posés ça et là par des Wraiths. Ce n’était pas de conception atlante, ce n’était donc pas l’oeuvre de Nelly. La créature devait être la cible de ces pièges, et malheureusement pour tout le monde, elle ne semblait pas en avoir quelque chose à foutre. Néanmoins, la présence de ces chausses trapes plutôt percutant obligeait Pedge à modérer encore plus son allure de peur de se faire avoir comme une bleue. Plusieurs fois elle avait du faire demi-tour en arrivant dans un cul de sac. Elle n’arrivait pas à déterminer la fonction de ces impasses, aussi se contentait-elle de rebrousser chemin et de prendre une autre direction quand elle arrivait de nouveau à un croisement. Des pièges étaient enclenchés, sans que rien ne se trouve autour. Tout cela était flippant…

Après avoir laissé une nouvelle porte par laquelle quelques suintements d’humidités glacées perlaient, Pedge arriva dans une salle un peu plus vaste. Sur le sol, des racines inertes tapissaient un plancher guère accueillant. Pourtant, elle était sûre que c’était une arme là, au milieu de la pièce, clignotant doucement par la lampe fixée sous le canon. Les racines disparaissaient dans une nappe de brume qui s’échappait des quatre coins de la pièce. Avec une prudence redoublée, et parce qu’elle devait en avoir le coeur net, Pedge s’avança. Elle devait savoir si c’était l’arme de Nelly… Son arme balayait la pièce à la recherche de menace en tout genre. Sa respiration était courte, la transpiration perlait sur son front, alors qu’elle ne sentait plus le froid de ses vêtements collant. Non, elle était prudente, concentrée à l’extrême.

C’était bien l’arme de Nelly...un MP5 avec une crosse raccourcie, une lampe et un chargeur simple. Elle privilégiait souvent le pointeur laser mais dans un endroit relativement clos et étroit, la lampe pouvait aider à aveugler l’adversaire d’en face pendant le tir. Pas de doute, c’était à elle. Le magasin qui se trouvait juste à côté était vide mais pas dénué d’indices. Au contraire, il était maculé de sang humain, forcément le sien. Mais pour que ce soit “à l’intérieur” de ce chargeur et qu’on y trouve des écailles de sang brûlé dans la chambre de l’arme, c’est que quelqu’un avait volontairement souillé les munitions avec.

Pedge ne savait pas que penser de ce qu’elle venait de trouver. C’était bien une arme atlante, et c’était bien l’arme de Nelly, qui en utilisait une différente des autres soldats. La faute à sa taille sans doute. La texane ne s’était jamais vraiment posée la question, et peut-être qu’elle était même allée jusqu’à penser que c’était là une nouvelle excentricité de l’hispanique, qui n’était pas à ça près. Comme elle avait mal jugé. Elle ne comprenait pas pourquoi le chargeur était maculé de sang, pourquoi est-ce qu’il y en avait dedans. Peut-être qu’au moment où elle le changeait pour en mettre un nouveau, elle s’était faite attraper et tailler en pièce ? Vue ce qu’elle avait pu observer de la créature, ce ne serait pas improbable, et du sang aurait giclé dans le chargeur… Sauf qu’il semblait coagulé, donc ça ne tenait pas.

Un bruit monta dans son dos. Quelque chose venait d’approcher tranquillement de la porte en marchant. Un souffle, un grognement tenu, le monstre venait de tourner dans le même couloir que Pedge et s’approchait jusqu’à elle.

Elle n’avait pas le temps de réfléchir plus longuement sur ce qu’elle venait de trouver. Ses poils de nuque se hérissèrent alors qu’elle entendait du bruit dans son dos. Elle se retourna. Hors de question d’essayer de fuir directement. Il fallait qu’elle fasse face…

Environnement


Le colosse ouvrit les bras en grand tout en ouvrant sa gueule pour présenter l’effroyable étendue de ses crocs, dont un cassé. Il semblait avoir repéré la jeune femme et lui fonça dessus comme une brute, de ses pas lourds. Le monstre agissait exactement de la même manière que les mastodontes qu’elle avait rencontré sur la Magna mais celui-ci était différent. Sa carrure était plus imposante, il est plus lourd et moins agile. Et il n’avait pas de cuirasse modelable sur le dos. Ses pattes griffues étaient néanmoins plus puissante et lorsqu’il monta à l’assaut de la texane en ignorant les balles qui crevaient pourtant sa peau de part en part, il l’empoigna brutalement d’une force qui aurait pu lui faire croire qu’elle n’aurait plus de bassin. En poursuivant l’élan, il accompagna son poing tenant la jeune femme jusqu’au mur, lui faisait subir un nouveau choc par plaquage alors qu’il approchait sa gueule comme un lion examinant sa proie avant de la dévorer.

Il n’avait pas d’yeux, il n’avait pas un odorat comparable aux chiens. Mais pourtant il se dirigeait très bien et il était de plus en plus préoccupé par…”les doigts” de Pedge. Oui, c’est ça, les doigts de Pedge...quand elle avait touché l’arme maculée de sang. Pourtant elle n’en avait pas sur les mains vu qu’il avait séché sous l’action de chauffe de l’arme mais la trace semblait lui être suffisante.

Il ouvrit sa gueule une nouvelle fois pour s’approcher du visage de la militaire en grondant, comme s’il était en train de la sonder, il s’intéressa d’autant plus à la griffure sur son cou, celle que lui avait fait Isia. Sortant une tentacule de sa gorge pour venir l’approcher comme une sonde, elle examinait la surface de cette parcelle d’épiderme en cicatrisation. Pedge pouvait découvrir, puisqu’il avait la gueule ouverte, des morceaux de tissus entre deux de ses dents, juste devant celle qui était cassée. Un morceau de veste Atlante, au niveau de l’épaule, avec le scratch d’Atlantis. Une petite dimension, un petit vêtement.
Autre élément. Nelly l’avait mis en fuite avec des munitions d’un calibre inférieur sur la vidéo et il y avait des marques à l’intérieur de la gueule du monstre, comme des brûlures, des cloques qui ne cicatrisaient pas. En contradiction totale, les orifices que les munitions plus performantes du fusil de Pedge se résorbaient déjà sous l’action d’une régénération comparable à celle des Wraiths. Nettement et facilement, sans signe de cloque ou de brûlure...

La liane se rétracta après l’avoir analysé puis le monstre ferma sa gueule. Il jeta littéralement la soldate pour l’envoyer contre le mur du fond, la faisant atterrir lourdement jusqu’au sol mais pas si loin de son M4. Puis le mastodonte se pencha sur l’arme de Nelly la poussant du bout de sa gueule dentée. Une nouvelle fois, la liane de sa gorge sorti et donna l’air de la sonder. Le mouvement soudaine indiqua qu’elle venait d’avoir ce qu’elle désirait. La sonde pointait alors une direction et le mastodonte suivit tranquillement, comme étant attiré par une piste invisible du petit poucet. La chose était empreinte d’une haine éternelle et elle débordait de violence. Tout dans ses gestes et ses actes l’indiquaient alors qu’elle s’éloignait dans un nouveau couloir du croiseur.



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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


C’était de la pure folie que de rester face à ce monstre. Pedge aurait dû s’en douter, mais elle ne voyait pas quoi faire d’autre que de tirer pour essayer de sauver sa peau. Si elle fuyait, il ne ferait qu’une bouchée d’elle. Et pourtant, même sans fuir, il ne fit qu’une bouchée d’elle. Sans trop comprendre comment, elle se retrouva collée contre le mur, plaquée au niveau du bassin qu’elle pensait alors cassé en milles morceaux. Pourtant, la douleur ne montait pas au cerveau, tandis qu’elle haletait comme un petit chien pour reprendre de l’air dans ses poumons qui ne voulaient plus s’ouvrir des suites du choc contre la paroi. Bien entendu, elle se débattit faiblement dans la poigne musclée du monstre, car s’en était bel et bien un. De près, c’était encore plus flagrant, et quand enfin elle parvint à reprendre sa respiration, l’odeur de l’animal lui agressa le nez. C’était immonde.

Bon cette fois, c’était la fin n’est-ce pas ? Elle allait se faire bouffer violemment par cette créature qui déjà approchait sa gueule à la dentition impressionnante. Elle avait l’image du T-Rex qui bouffe en deux temps le type dans Jurrasic Park, et elle devait reconnaître que bien que la mort devait arriver vite, c’était quand même sacrément dégradant que de se faire digérer par une bestiole pareille… Pourtant, malgré qu’elle n’avait pas d’yeux, elle semblait s’intéresser à ses mains, notamment celle qui avait tenu le chargeur de Nelly. Est-ce qu’elle était toujours en train de la traquer ? Puis il reporta son attention sur son visage. Cette saloperie prenait son temps. Elle voulait certainement sentir le coeur battre de sa proie avant de la bouffer. Et son coeur battait la chamade, surtout quand une tentacule s’extirpa de la gueule de l’animal pour venir lui lécher le cou…

Les yeux de Pedge se plissèrent de dégoût, et elle se crispa bien involontairement dans la patte du monstre, tout en essayant de se soustraire à cette léchouille des plus dégueulasse. Est-ce que c’était ça que ressentait une viande saignante dont on palpait la sauce de sa fourchette avant de la lécher, pour enfin la piquer et la manger ? C’était répugnant ! Son attention se focalisa, tandis que le monstre semblait suivre la griffe qu’elle avait dans le cou du bout de la langue (elle était sûre de mourir mais une pensée un peu dérisoire s’imposa à son esprit : et si elle allait lui refiler une saloperie ?) sur des morceaux de tissus coincés entre les dents de devant de la bestiole. Les restes d’un uniforme de petites tailles.

Pas de conclusions hâtives jeune Hobbit, dirait Sylvebarbe. Pedge s’était réveillée dans un tas d’uniforme, la bestiole avait très bien pu planter ses crocs dedans ou une connerie du genre. Nelly n’était surement pas dans l’estomac de ce truc répugnant ! Un détail attira son oeil avisé de militaire. Les impacts de son arme étaient déjà en train de se refermer, et pourtant, d’autres impacts plus petits subsistaient sous forme de cicatrices boursouflées et pas belles à voir, sous forme de cloques. Pourtant Nelly avait de plus petites munitions…

Alors que le déclic se faisait entre les différentes pièces du puzzle chez la texane, le monstre referma la mâchoire brutalement, et il l’expédia comme un vulgaire sac de patates contre un mur plus loin. Elle se réceptionna comme elle put, près de son arme. Dans un gémissement contrariée, Pedge se redressa péniblement sur les coudes, allongée de tout son long. Mais la créature n’en avait plus rien à faire d’elle. Elle était en train d’examiner l’arme, notamment le chargeur, et elle sembla détecter une piste. Oui, c’était ça. Elle suivait une piste pour chopper Nelly, en s’aidant de son sang et notamment, de son ADN qui séquençait un gène plutôt apprécié chez les Atlantes, mais dont elle était elle-même dépourvu. Isia l’avait également, et Isia l’avait griffé dans le cou… Tout s’expliquait. Cette créature était conçue pour buter du porteur de gène ATA. C’était sans doute pour ça qu’il ne fit pas de son quatre heure la texane. Certes, c’était un gabarit assez sec et plein de nerf, mais il y avait quand même du muscles pour faire de la bonne viande !

« Hey non… Reviens ! On n’en a pas fini nous deux ! », fit-elle en criant à moitié, à l’adresse de la créature haineuse qui s’enfilait déjà dans le couloir. Pedge se redressa péniblement, et elle tenta de partir à sa suite. Elle ne devait pas trouver Nelly ! Du coup, la créature ne marchant pas très vite l’air de rien, elle prépara son coup avec précision en marchant à sa suite. Elle prit une grenade de son gilet, l'inséra dans le tube sous son M4, ajusta son tir sur le dessus de la créature, et elle fit feu dès qu’elle eut pris un peu de distance pour ne pas subir de dommages collatéraux. Au grands maux les grands remèdes !

Environnement


Un gros badaboum largement amplifié par l’espace confiné de la coursive.
La créature s’étant retourné au cours du tir de la texane, il avait reçu la grenade en pleine figure et une éruption d’éclat organique avait signé la réussite avant qu’elle ne soit contrainte de se protéger du souffle qui était remonté jusqu’à elle. Pedge s’était écarté suffisamment mais il n’en fallait pas moins.

Un grand cri bestial mêlant la surprise à la douleur avait ponctué le fracas de la détonation. Maintenant, le monstre gisait sur le côté, allongé sur le flanc et poussant un long râle d’extinction. Ses membres cessèrent même de trembler sous les différents traumatisme et la douleur qu’il devait probablement ressentir. C’était la fin...mais était-il véritablement mort ? La grenade en pleine figure l’avait-elle réellement démoli ?

Malheureusement non.
Un souffle anima soudainement la carcasse qui trembla. Puis un second, un troisième. Et l’une des mains griffues se leva en l’air, refermant un poing rageur qui s’abattit avec brutalité sur le sol pour servir d’appui. Le monstre se redressait comme s’il avait simplement trébuché puis il se détourna pour faire entièrement face à la jeune femme, dévoilant sa face à moitié entamée. La blessure était telle qu’une bonne moitié de la gueule pendait sur le côté, les dents transformés en pendentif vibrant sous la haine renouvelée et suralimentée de la chose. La régénération était active, rapide, à croire que c’était une capacité tout droit inspirée de Wolwerine !

Mais pas le temps de réagir.
La créature poussa un puissant cri de rage et fonça directement sur elle avec une vitesse ahurissante. C’était une véritable montagne qui n’aspirait qu’à se venger et, avec l’élan, la chose fit un bond plutôt impressionnant pour son poids et sa taille. Elle fit son lourd et brutal atterrissage devant le nez de Pedge alors qu’elle avait balancé ses griffes en une taille imparable. Le gilet Molle ne résista pas et fut lacéré de part en part, l’équipement tombant aux pieds de la jeune femme prise au dépourvu. Elle était empêtrée, en combat rapproché bien plus tôt qu’elle n’aurait pu le penser. Et à peine avait-elle le temps d’esquiver une frappe qu’une seconde venait la balayer sur le flanc.

En quelques secondes, elle fut de nouveau agrippée et écrasée contre la paroi. Comme la dernière fois. Mais Pedge n’eut pas le temps de réagir que le mastodonte avait ouvert sa gueule devant son regard. Quelque chose fût brutalement éjecté. Avec une telle vélocité que le fluide lui colla aux yeux avant qu’elle ne puisse fermer les paupières, la réaction naturelle de clignement aggravant l’effet du produit. La jeune femme devint brutalement aveugle, sa vision devenue si trouble qu’elle ne distinguait plus rien tandis que le mastodonte ajustait sa prise en lui prenant les bras pour la plaquer bien fermement contre le mur et l’emprisonner.

La chose sifflait de haine et de colère.
Pedge paralysée, incapable de se décoller de la paroi avec ses deux bras prisonniers de l’ennemi, elle ne fut pas capable de voir arriver la liane-sonde qui lui servait de langue. Elle jaillit soudainement, avec une terrible violence, et lui impacta sa gorge alors exposée. Une douleur particulièrement vive assaillit la texane qui sentait l’intrusion d’un corps étranger, et vivant, qui se déployait. La douleur engloba toute sa gorge, se prolongeant jusqu’à sa nuque, ce qui déclencha par une sorte d’effet secondaire une migraine carabinée. C’était comme si on lui avait enfoncé un pic dans l’oeil à défaut de la gorge.

Son instinct lui fît sentir qu’on lui avait percé un trou à la base du cou, juste au dessus de la pliure naturelle qui faisait la séparation avec l’épaule droite, le corps étranger étant donc un peu de biais.

La pression qui entravait ses deux bras s’évanouit et la militaire retomba lourdement sur ses genoux, peinant à retrouver son souffle, ses mains se portant à sa gorge. Elle ne voyait toujours qu’un voile opaque et extrêmement trouble, même si les nuances de lumières commençaient à le percer. Mais surtout, elle se rendait compte qu’elle pouvait continuer à respirer. Pourtant il y avait bien quelque chose à cet endroit, là où ça lui avait fait le plus mal. Il y avait un corps étranger qui ressortait très bien, c’était de la taille d’un dés à coudre et c’était planté dans sa peau, sur une endroit tendre.

Un parasite, quelque chose de petit et gluant qui vivait, qui vibrait même.
Oui, c’est ça, ça vibrait mais pas de manière régulière. Si on ne prenait pas compte des mouvements succinct de la chose qui arrangeait sa place parasitaire en se nourrissant d’un peu de sang, les vibrations émises avaient une étonnante ressemblance avec du morse. C’est comme si elle recevait et émettait par ce signal…
Pedge ne pouvait pas voir, elle n’avait pas de miroir ni de surface réfléchissante dans le coin, mais elle sentait distinctement le parasite autant à l’aide de ses doigts que par les sensations sur son épiderme.

Quelques minutes plus tard, sa vue revint. En tentant de se déplacer, pour éviter de rester exposée dans ce couloir, elle trouva la trace d’une petite main ensanglantée sur un morceau de porte éventré. Nelly était passé par l’ouverture qui y avait été pratiquée et le sang encore frais indiquait que ça ne datait pas depuis très longtemps.

Si on oubliait l’architecture Wraith, on se serait cru sur la cité tant il y avait du matériel connu dans cette salle. Le crash avait mit l’endroit dans un sacré désordre mais il s’y trouvait une véritable armurerie. Des armes en quantité et très variée, des munitions, des gilets de protection classiques. Il y avait de tout. Dans un coin, il y avait même des bacs de rangements organiques où l’on trouvait des kits de soins prêt à l’emploi.
Sur un autre, la version Wraith d’un sachet en plastique contenant une barre à la matière inconnue. Le film était gluant et comparable à la texture d’un poisson au toucher. On y lisait dans un anglais parfait le terme “Nutriment pour humain”.

Les quelques bancs qui finissaient l’agencement de la salle avaient déjà été utilisé. Deux kits de soins y avaient été entamé et l’on retrouvait, mis à part une odeur déplaisante de brûlé, un briquet bic et des douilles vides. On les avait séparé de leurs ogives, qui trainaient nonchalamment sur le sol, et la poudre avait disparu. C’est ce qui pouvait surement expliquer l’odeur.
Quelques bandages souillés avec du sang frais et des douilles de morphines manquantes parmi ces kits usagés.
Mais surtout, pour finir, il y avait une petit coupelle qui contenait une flaque de sang limité. On l’avait abandonné là, les traces indiquant qu’on s’en était servi pour quelque chose d’autre que simplement recueillir du sang. Il était frais d’ailleurs.


Qu’elle ne fut pas sa satisfaction que de voir la grenade exploser la tronche de la bestiole. Mais Pedge était une militaire d’élite, entraînée et conditionnée pour les missions compliquées, et elle était déjà en train de planifier son prochain coup, car elle n’était pas certaine d’avoir éradiquer la menace. D’ailleurs, elle était déjà en train de reprendre sa respiration. La saloperie ! Un poing vint frapper le sol, et la créature se redressa promptement. Sa régénération avait commencé ! Sa face disloquée se ressoudait rapidement.

La texane déglutit péniblement. Sa trachée n’avait même pas fini son mouvement de déglutition que la créature venait d’effectuer un saut gigantesque pour atterrir lourdement devant elle. Et le coup de patte parti, lui lacérant le gilet MOLLE, l’éventrant comme s’il s’était s'agit d’une feuille d’aluminium. Le deuxième coup arriva, et elle essaya de réagir par réflexe pour ne pas encaisser, et elle parvint à le bloquer en sentant chaque os de son corps vibrer. Et sans trop savoir comment, elle se retrouva plaquée de nouveau contre une paroi. Elle poussa un gémissement de douleur. Les bras emprisonnés, elle ne pouvait rien faire que de constater une nouvelle fois que la gueule de la créature s’ouvrait. Cette fois, elle allait la bouffer pour terminer de se régénérer. Pedge espérait qu’elle avait fait gagner suffisamment de temps à Nelly et à l’équipe, mais sa pensée s’arrêta là quand un fluide percuta son visage, et notamment ses yeux grands ouverts.

Elle poussa un “non” de reflexe, et elle tirait sur ses bras pour s’essuyer les yeux, ni parvenant pas. Elle ne pouvait pas quitter son ennemi du regard, aussi tentait-elle de voir tandis que ça collait de plus en plus sur ses prunelles. C’était la panique et seule l’immobilisation forcée de la créature l’empêchait de se débattre avec fureur. Elle ne voyait plus rien ! Elle était aveugle ! Les formes étaient floues, et c’était de plus en plus opaque.

Et avant qu’elle ne puisse couiner, pleurer, raler, quelque chose percuta sa gorge avec violence, lui arrachant une plainte poussive tandis qu’elle se raidissait dans la poigne du monstre, la respiration bloquée, les muscles tétanisés. L’avait-elle transpercé ? Non… Quelque chose bougeait sur sa peau, quelque chose de vivant qui cherchait à rentrer…

« Ohhh putaaainnnn de merde… ENLEVE MOI ÇA !! », se mit-elle à hurler, prise d’une panique soudaine que même son sang froid légendaire ne parvenait pas à contenir. Il fallait la comprendre, plaquée contre un mur de la sorte, aveugle, avec quelque chose qui fouille sa gorge pour tenter d’y pénétrer ! La douleur fut soudainement insupportable, son oeil gauche aveugle n’était qu’une explosion de douleur carabinée. Il lui avait transpercé la tête cette fois, on y était. C’était intolérable. Quelque chose perçait un trou dans son cou, elle le sentait, elle le sentait…

Et soudainement, ses jambes se dérobèrent sous elle. La pression sur son torse s’évanouie, et ses genoux la réceptionnèrent. Ses mains aussi, mais elles ne restèrent pas longtemps en contact avec le sol, préférant remonter sur sa gorge. Elle ne voyait toujours rien, bien que les couleurs semblaient revenir. Elle tremblait. Ses doigts agités de spasmes se positionnèrent sur la boursouflure de son cou. C’était là, et il y avait quelque chose. Petit et gluant, de la taille d’une bille, quoique un peu plus gros. Elle en étudiait le contour du bout des doigts, priant intérieurement pour ne pas se faire mordre en prime. Ça vibrait, ça vivait… C’était horrible, elle ne voulait pas de ça sur elle, absolument pas ! C’était intolérable même !

Frénétiquement, Pedge se gratta jusqu’au sang la gorge, mais rien n’y fit, la créature ne voulait pas se retirer. Elle sentait que des racines étaient profondément enfoncées dans son épiderme, et même que ça passait en dessous. Elle essaya alors de l'écraser entre deux doigts, mais son aspect gluant n’était qu’une façade pour son enveloppe dure. Elle ne parvint qu’à se faire mal aux doigts et elle arrêta toute tentative pour l’écraser quand elle sentit que quelque chose refluait dans sa gorge, comme s’il expulsait du liquide. Les racines augmentèrent leur pression et cela acheva de la calmer sur l’étau qu’elle voulait faire avec ses doigts. Néanmoins, en touchant ce parasite, elle sentait qu’il vibrait de façon étrange, comme s’il communiquait… C’était tantôt régulier, tantôt non, mais le code semblait se réitérer. Qu’est-ce que c’était que cette merde ?!

Sa vue revenait progressivement, d’ailleurs elle se frotta les yeux, ne pouvait rien tirer du parasite pour le moment. Les couleurs revinrent, les contours finirent de s’arrondir pour redevenir normaux, et bientôt, elle pouvait voir ses mains distinctement. Sa vue était de nouveau opérationnelle, et un rapide tour d’horizon du couloir lui apprit qu’elle était seule. Plus de trace de la créature. N’empêche, cette petite pression dans son cou n’était pas pour lui plaire. Elle craignait que ce soit un ectoparasite qui venait de naître, ou une connerie comme ça, et que bientôt, il allait grossir en la vidant de son énergie. Elle se redressa, percluse de douleur. En avançant dans le couloir, elle découvrit une pièce marquée de la main de Nelly. La porte était éventrée, et elle se risqua à jeter un coup d’oeil dedans. Du bout des doigts, Pedge toucha la trace de main, et elle constata que le sang était frais. L’hispanique était passée par là il y a pas longtemps, mais Pedge l’avait raté. Le fait de se dire qu’elle l’avait loupé, et que par conséquent, la créature aussi, la consola néanmoins. En plus, elle avait dû lui faire gagner quelques secondes ou minutes en s’en prenant à la bestiole. Toujours ça de gagner.

La pièce était à la fois familière et non familière. C’était le reflet d’une armurerie terrienne, et notamment Atlante. Il y avait exactement le même matériel dans cet endroit que chez eux. Mais pourquoi ? Pedge se posait légitimement la question. Pourquoi diable y avait-il des uniformes de toutes sortes en quantité dans une pièce ? Pourquoi maintenant il y avait des armes ? Des kits de soin, des barres de céréales. Elle regardait tout ça, explorant pas à pas la pièce, découvrant tout ça de façon incrédule. Elle ne comprenait pas. Logiquement, elle observa les barres de céréales. Il devait y avoir la liste des ingrédients dessus, mais au lieu de ça, il y avait écrit “nutriment pour humain”... Les Wraiths étaient en train de copier leur équipement ? Mais pourquoi s’emmerder à faire des nutriments pour humains alors ?

Elle sentait que quelque chose n’était pas net dans cette histoire. Elle prit le téléphone de Nelly, qui par miracle ne s’était pas trouvé dans la ligne de déchirement des griffes du monstre, et elle prit des photos. Néanmoins, elle pouvait se refaire une beauté martiale avec tout ça. Elle défit le haut du gilet MOLLE qui restait, défit son débardeur et sa veste et elle se changea complètement. Elle compléta son équipement : grenade à main, flashbang, fumigène, munition pour le nouveau Colt M4 qu’elle arma comme elle l’aurait fait sur la cité. Tout était similaire. On y retrouvait tout. Elle le posa contre un banc, tout en armant un fusil à pompe, comptant embarquer un maximum d’armement pour se déplacer comme un tank. Sur le banc, une coupelle de sang attira son attention, ainsi que les douilles de munition vide, dépourvue de la poudre et séparée de l’ogive. Le sang de Nelly. Est-ce qu’elle s’en servait pour le glisser dans son chargeur ? Probablement. Mais l’usage des kits de soin, et notamment des sachets de poudre hémostatique lui firent dire qu’elle essayait de se soigner. Si elle avait complété ça avec de la poudre noir, c’était qu’elle cherchait à se cautériser… Et donc, par déduction, les plaies devaient être importantes. Nelly était maligne, et Pedge était plutôt fière, sans trop savoir pourquoi. Mais elle était surtout très inquiète. Si elle était vraiment bien blessée, elle ne tiendrait pas longtemps, surtout si elle utilisait son sang. Bon, d’un côté si le sang coulait de ses plaies, autant qu’il serve à quelque chose, mais quand même.

Une idée vint à la texane alors qu’elle considérait le fluide dans la coupelle. Elle trempa son index dans la tasse, et elle badigeonna consciencieusement le parasite. Mais rien ne se produisit.

Elle poussa un soupir en se posant sur le banc, dépitée.

« J’aurai essayé… Peut-être avec ça... » Elle prit une douille de morphine dans un sac de soin, identique à ceux sur Atlantis. C’était dingue quand même… Et c’était forcément des reproductions, un vol de cette ampleur ne serait pas passé inaperçu, surtout sur la cité. Elle planta la dose dans la bestiole, mais là aussi, rien ne changea. Rageusement, elle jeta la douille vide de l’autre côté de la pièce. Comment est-ce qu’elle allait parvenir à l’enlever ?

Elle se releva prestement et elle alla fouiller dans les sac médicalisés. Elle extirpa un petit miroir d’une poche et elle observa le parasite dedans. Ce n’était pas beau à voir. Une sorte de petite araignée, avec des pattes bien enfoncées dans sa peau boursouflée. Cela la fit frémir d’horreur. Il fallait vraiment qu’elle l’enlève. Alors, elle extirpa un scalpel de son emballage supposément stérile et elle s’accouda contre le banc, le petit miroir posé devant elle, contre une paroi. Elle tremblait, mais elle essayait de se concentrer. En se focalisant sur ses gestes, cette lame tranchante qui s’approche du corps noir de la créature plantée dans sa peau, elle calma ses nerfs, laissant place à une concentration extrême. Elle posa la lame sur une tentacule et elle commença à trancher doucement.

La douleur fut terrible. Si soudaine, et si puissante qu’elle en lacha le scalpel en poussant un gémissement. La créature s’agita légèrement, et la tentacule se régénéra à l’endroit même où elle avait entaillé. De la sueur perlait à nouveau sur son front sale. Tremblante à nouveau, Pedge reprit le scalpel, et cette fois, elle y alla d’une traite. Elle coupa une tentacule en poussant un cri de rage et de douleur, mais le parasite ne se laissait pas faire. Elle tomba sur le dos en se tenant la gorge. Elle avait tellement était brusque qu’elle s’était entaillée la chair en dessous, et elle saignait maintenant. Heureusement, elle n’avait pas touché d’artère ou de veine principale. Sa respiration était saccadée, et elle regardait le plafond qui tournait, qui tournait. Elle n’y arriverait pas comme ça. C’était trop douloureux. Elle tomberait dans les pommes très certainement. Elle se redressa, délaissant le bistouri pour s’accouder devant le miroir une nouvelle fois. Elle avait une sale gueule. Des cernes à faire pâlir un mort, un teint blême, mais les joues rouges de douleur. La sueur faisait coller ses mèches de cheveux sur son front maculé de crasse, et elle semblait avoir pris dix ans d’un coup.

Elle poussa un soupir. Elle était au bout. Vraiment. Elle craignait déjà de venir dans ce foutu croiseur, et elle avait bien fait de craindre. C’était la débandade depuis le début… Et maintenant, elle se retrouvait avec un parasite dans le cou, et elle ne savait absolument pas comment le défaire. Elle caressa le flingue qu’elle avait dans la main. Une texane digne de ce nom devrait pouvoir régler ce problème avec une arme à feu, non ? La main tremblante, elle posa le canon de l’arme sur le dé à coudre vibrant. Son doigt se posa sur la queue de détente. Elle tremblait de plus en plus, peinant à déglutir. Tout ce qu’elle allait arriver à faire, c’était de se tirer une balle dans la gorge et crever salement en agonisant des heures… Elle ferma les yeux, et dans un ultime tremblement, elle jeta l’arme de l’autre côté de la pièce.

« Putain... », fit-elle en se prenant la tête dans les mains. Elle respira plusieurs fois, avec toujours la paume des mains enfoncées dans ses orbites. Elle essayait de se refaire une contenance.
« Aller, ça ne fait rien à part vibrer. Tu peux vivre avec pour le moment. Tu peux chercher Nelly. Aller Pedge. », fit-elle pour s’encourager. Le sous-lieutenant releva son nez, puis se releva tout cours. Elle défit le chargeur du Colt M4 et fit glisser les 30 balles qu’il contenait. Tour à tour, et pour ne pas en perdre une miette, elle trempa les ogives dans la coupelle de sang fraîche. Ainsi, si elle ne versait pas le contenu dans la chambre, elle était économe. Elle fit la même chose avec un second chargeur avant que le sang ne vint à manquer. Elle passa en bandoulière des munitions pour le fusil à pompe, essaya un casque qu’elle chaussa sur sa tête, ajusta son gilet, remit un pistolet dans son holster, et elle quitta l’armurerie. La créature partait dans une direction avant qu’elle ne la shoote à la grenade. Alors, Pedge reprit la même direction.

Avec son collier vibrant qui n’avait rien d’un sextoy.




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly



Nelly était à bout. La morphine ne faisait plus effet et elle avait utilisé la dernière ampoule qu’elle avait embarqué avec elle. Sans connaissance médicale, elle jouait à l’apprentie sorcière en se faisant un nombre d’injection qui dépassait très largement le nombre que l’on conseillait “hors appui médical”. C’est à dire sans médecin pour dire si c’était faisable ou totalement suicidaire. Mais la petite espagnole sentait bien, au fond d’elle-même, qu’elle avait trop forcé sur le produit. Elle se savait tellement shootée qu’elle serait incapable d’aligner efficacement son ennemi et faire feu sur lui. C’est pour ça qu’elle ne s’était pas mieux armée dans cette étrange armurerie qui rappelait la cité.

Une dernière fois, elle planta difficilement la barre de fer dans l’interstice de la porte organique scellée. Après s’être assurée d’une bonne prise, elle exerça une force de sa main valide puis poussa de plus en plus. Une longue plainte ponctuait son effort désespéré alors que tout son corps se portait sur cette barre en levier dans l’espoir de pouvoir forcer l’ouverture. Hélas, la barre glissa et Nelly s’effondra en se tenant son épaule mortifiée. Elle poussa un long gémissement mêlant beaucoup de peine. Elle eut du mal à se redresser sur ses genoux et demeura prostrée dans cette position, presque méditative, en plaquant une main contre la plaie béante qui saignait encore.
Elle avait mal...si mal...c’était à peine concevable. Elle serrait les dents mais ça ne l’empêchait pas de pousser des plaintes et des souffles douloureux qui trahissaient son envie d’en finir. D’abandonner tout simplement.

Mortifiée, elle était parvenue à juguler sa perte de sang en se servant de poudre noire en plus d'un hémostatique. Là encore, c’était le coup de l’apprenti sorcière, et elle ne connaissait l’astuce que parce qu’elle avait entendu un soldat s’en vanter un jour sur le Dédale. Jamais elle ne pensait que le feu pouvait causer autant de mal.
Toutes ses plaies assez profondes causées par la morsure étaient cautérisées. Mais celle du dessus, là où elle sentait encore la dent du monstre logée dans ses chairs enflammées, ne se fermait jamais. Même avec l’hémostatique, même avec la cautérisation, quelque chose faisait qu’elle continuait de saigner et de s’affaiblir. Rien ne semblait pouvoir l’en empêcher.

Il n’y avait qu’une seule chose qui la tenait : l’idée que Pedge avait accepté son sort et soit allée avertir le colonel de l’existence de ce monstre. Il était si dangereux, si horrible, et il chassait les porteurs de gène ATA. Nelly savait qu’après elle, le colonel serait sur la liste du monstre. Il pourrait s’en préserver s’il était tenu au courant à temps. Et d’un autre côté, Pedge ne pourrait que mieux se défendre à ses côtés. Après tout, en équipe, ils avaient tué des mastodontes sur la Magna alors...
D’une pierre deux coups, vous voyez ?
Voilà...c’est ça qui tenait Nelly. Réussir une toute petite partie de sa mission...et réussir à protéger la texane, sa grande soeur...

La petite espagnole poussa un souffle et secoua la tête. Sa vue devenait flou par moment et son coeur battait bizarrement. Elle savait qu’elle avait perdu trop de sang, qu’elle saignait encore, mais elle ne savait plus quoi faire. Elle était à bout de force. C’est pour ça qu’elle resta posée là, à genoux, une main sur son épaule abîmée en songeant à ceux qu’elle laissait derrière elle. Pedge, Isia, Adam et les autres…
Mais il y avait une fin à tout de toute façon. Un nombre de mission définit pour chaque soldat. Celle était faite pour qu’elle y meurt ?

Soudain, un grand bruit, un rugissement du monstre l’arracha à sa dérive émotionnelle. Il avait encore retrouvé sa piste ! Bon sang, encore !!!
Nelly poussa un cri de douleur en se redressant, forçant de toutes ses forces sur des jambes qui se rebellaient par des tremblements. Énergie du désespoir ou folie, il lui restait encore une tentative, une toute dernière tentative…
Elle avait repéré un endroit où se trouvait un gros piège monté par les Wraiths. Une double porte ouverte avec un câble déclencheur relié à un système de mise à feu. Et de quoi diriez-vous ? UN PUTAIN DE FOUTU CHAR WRAITH !!
Oui, son canon pointait sur la porte, un peu de profil, prêt à exploser celui qui se prendrait les pieds dedans. Un canon plasma dans la tronche du monstre, ça le tuerait n’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

Incapable d’ouvrir le sas verrouillé, poussée par une peur farouche et viscérale venant de la nature même d’une proie traquée, la jeune femme s’élança dans les coursives en claudiquant. Elle avait un mal fou à garder son équilibre et le sol tanguait à chacun de ses pas. Pour ne pas bouger son épaule, elle plaquait son bras contre son ventre et coinçait ses doigts dans sa ceinture pour s’assurer l’interdiction du mouvement. La jeune femme parvint jusqu’au carrefour qui menait au sas puis elle avança jusqu’à ce que sa respiration se bloque soudainement.
Là, elle le sentait…dans son dos !

Nelly était terrifiée, elle avait une peur horrible, encore pire que sa précédente mission. Elle tremblait comme une feuille en refusant de faire volte-face, comme si cela allait déclencher sa mise à mort. Elle tourna lentement la tête et vit le mastodonte descendre de son perchoir. Il s’était collé au plafond en la laissant tout simplement venir. Il l’attendait...ce fumier l’attendait…
La petite militaire poussa un gémissement plaintif, le petit cri complètement involontaire et qui manquait de peu de s’assortir à une fuite urinaire. Il était là, descendant tranquillement pour ensuite se déployer de tout son long et montrer son énorme corps.
Sa gueule s’ouvrit et il poussa un cri de rage. Nelly ne demanda pas son reste et se retourna en courant. Plus vite, plus vite, toujours plus vite. Elle donnait tout ce qu’elle pouvait, tout ce qu’elle avait dans les tripes.

La jeune femme ne comprenait pas que les cris de terreur, les pleurs mêlés aux plaintes d’angoisse et d’une agonie à venir, venaient bel et bien d’elle. Elle n’avait plus qu’une fixation : atteindre le piège. Atteindre le piège avant qu’il ne l’atteigne elle.
La porte se dessina devant elle et l’hispanique sentit une terrible pression, celle du timing qui se faisait à la seconde, non, à la microseconde ! Le grondement dans son dos s’était transformé en râle et elle sentait la respiration fétide du monstre balayer sa peau, caresser sa nuque. Quand elle sauta au travers de l’entrée pour s’affaler dans un cri de douleur, les griffes de sa patte avait failli l’atteindre.

Nelly rampa comme elle pu. Elle ne gagna que deux mètres lorsque le mastodonte se prit les pieds dans le câble et qu’une véritable boule de plasma ne l’atteigne.

BADAM !!!!

Le souffle balança Nelly plus loin et elle porta les mains à ses oreilles, se mettant à hurler sous l’horrible sifflement caractéristique. Devenue sourde de l’environnement extérieur, elle ne sentait plus que son coeur battre irrégulièrement et le sang bouillonner horriblement dans ses tempes. A bout, au bord du malaise, Nelly se retourna sur le côté en s’appuyant sur un coude pour voir le mastodonte étendu sur le sol, l’air inerte, avec un gros trou fumant dans le corps. Plusieurs parties flambaient littéralement, une horrible odeur désagréable de poulet grillé montait. Et la paroi d’en face avait été percée.

Un sentiment de victoire gagna la jeune femme qui voulut reculer en rampant. Mais une plainte d’angoisse et d’incompréhension fila d’entre ses lèvres tremblantes quand elle comprit qu’elle n’y parvenait pas. Elle fixa alors sa jambe droite d’où ressortait deux éclats organique planté de part et d’autre. Un dans sa cuisse. Et l’autre lui perçait littéralement la cheville.

Nelly se laissa retomber sur le dos, essayant de reprendre son souffle comme elle le pouvait. Elle ne pouvait plus bouger, elle ne pouvait plus se lever. Mais maintenant que le monstre était mort, ses amis pourraient la retrouver et la sauver. C’était un rêve et dans sa semi-conscience elle crut même entendre la voix de Pedge qui l’appelait. Combien de temps était-elle resté là, à moitié consciente ?
Ses nerfs s’étaient relachés et elle ne parvenait plus à bouger, elle s’était enfoncée dans des songes qui tenaient véritablement du fantasme. Une équipe qui venait la sauver, l’emmener dans un brancard pour la rapatrier sur Atlantis. Et tous ses amis, présents pour elle, inquiets.
Oui. Présent parce qu’ils s’étaient inquiétés…

Seulement voilà, un râle qui n’avait rien d’humain remonta dans la salle. La terreur galopante de Nelly lui revint aussi rapidement que l’éclair et elle se redressa difficilement sur les coudes pour voir son cauchemar se réaliser. Le monstre ! Le monstre se relevait !!! Le trou dans son corps avait quasiment disparu et il tournait sa tête aveugle vers elle.

« NON….NON !!! » Céda soudainement Nelly.

Paniquée, elle tentait de reculer sur une seule jambe. Mais avec un bras en moins, elle ne faisait que gagner des centimètres sur un mastodonte qui, lui, avait quasiment fait peau neuve. Il grogna tout en l’atteignant et la dominant de toute sa hauteur. Comment la reine avait pu concevoir une telle horreur ?!? Comme la nature pouvait-elle même permettre une telle chose ?!?
Nelly perdit pied et se mit à le supplier. Elle le supplia comme si c’était un homme, un être doué d’empathie et de pitié. Mais ce n’était qu’une arme biologique, un monstre conçu pour traquer et détruire les porteurs de gènes ATA. Pour Méda’Iyda, pas de porteurs de gènes et la cité d’Atlantis se refuserait à ses habitants.

« NOOOOOOOOOOONN ! » Hurla-t-elle lorsque le mastodonte attaqua.

Mais il n’écouta pas.
Nelly se sentit pousser un cri d’agonie. L’incompréhension qui mêle la peur avec le bruit des crocs pénétrant la chair. Le 9mm qu’elle avait récupéré à l’armurerie et trempé de son sang s’était envolé et elle luttait de sa main libre pour atteindre son couteau. Elle fut traînée contre le sol puis sur la paroi alors qu’elle crachait de douleur sous la nouvelle morsure qui déchirait sa peau. Pendue contre ce mur, la jambe valide battant dans le vide, elle tira sa lame et la leva haut pour s’attaquer à cette tête de molosse qui ne la lâchait pas. Elle parvint à l’atteindre à trois reprises, son sang maculant la lame lui causant une très violente réaction. Mais voilà, elle n’était rien de plus qu’un jouet. Une souris pour le chat.

« A L’AIDE !!! »

L’énorme main du monstre se referma sur son arme à la quatrième attaque et une telle puissance s'exerçait que ça lui fit claquer les phalanges dans un cri qu’elle ne pensait pas être capable de pousser. Un cri sincère, un cri de son âme sur la fin. La morsure du monstre bien ancré en elle, il la traîna le long de la paroi sur un arc de cercle pour ensuite l’écraser par terre. La petite espagnole, dans un sursaut de lucidité et une toute dernière tentative, planta ses dents dans ce qui était à portée. Elle enfonça ses dents dans la matière visqueuse, de toutes ses forces, puis elle arracha un morceau de chair. De quoi enrager davantage le monstre qui cessa la profonde morsure, révélant un cercle de trou sanguinolent qui parcourait sa poitrine et son ventre.

« Aahh...ahhhhh l’ai...de...aahh. »

La main puissante du monstre l’attrapa pour la traîner jusqu’à cette mare d’eau issue d’une fuite progressive.
Nelly ne pouvait plus hurler. Elle tentait de lever le bras dans une tentative de défense mais c’était si mou, si doux, qu’on aurait cru qu’elle caressait son agresseur. Sa main brisée appuya inutilement sur ce qui la ceinturait et ce fut la dernière chose qu’elle vit. Un air satisfait du mastodonte, une émotion de joie et de victoire sur une créature qui n’avait pourtant rien d’humain. Puis le froid, l’eau, et le manque d’oxygène.

La créature garda Nelly sous l’eau tout en levant la tête vers le plafond, poussant son râle de victoire, alors que les bulles claquant à la surface se réduisaient de plus en plus.




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly



Si seulement il faisait GPS ce machin là. Il vibrait, elle le sentait clairement, mais il n’indiquait rien de particulier. Genre, si elle allait dans la mauvaise direction, il aurait pu lui envoyer une décharge, et dans la bonne direction une douce caresse vibratoire. Mais rien, il se contentait de bourdonner de temps en temps, avec la régularité d’un métronome, dans un langage comparable au morse, qu’elle essaya d’ailleurs de comparer, sans grand résultats autre que : C ; P ; A ; M… Sigle qui aurait peut-être dit quelque chose à quelqu’un comme Isia, mais pas à une américaine comme elle. Sigle qui de toute façon ne voulait rien dire, parce que le bidule qu’elle avait autour du cou ne parlait pas sa langue, si tant est si bien qu’il parlasse, et que par conséquent, son morse n’était pas du morse.

Elle suivait une direction sans trop savoir si c’était la bonne, mais une explosion subite, brutale, et terrible, lui indiqua qu’elle se dirigeait vers quelque chose qui avait décidé soit de mettre les grands moyens pour buter cette créature, soit que cette créature mettait les grands moyens pour buter ce quelque chose, soit que le croiseur était en train d’exploser, ce qui dans deux cas sur trois, n’arrangeait pas les affaires de Pedge. Mais quoi ce fut, il fallait qu’elle aille voir, car c’était le seul repère qu’elle avait jusqu’à présent d’une quelconque activité vivante dans les environs, si elle mettait de côté le parasite qu’elle avait autour du cou.

Alors qu’elle progressait avec une relative prudence dans les coursives, de crainte de tomber nez à nez avec la bestiole, elle entendit les cris de Nelly. Elle était toujours en vie ! Mais vue comme elle gueulait, plus pour longtemps ! Pedge abandonna toute prudence. De toute façon, si Nelly hurlait de la sorte, c’était que le monstre en avait après elle. Et cette saloperie, jusqu’à preuve du contraire, semblait être seule à tyranniser tout ce côté là du croiseur. Néanmoins, elle devait faire attention aux pièges posés ça et là par des défenseurs aux abonnés absents. Dommage, une alliance temporaire Wraith / Humain, ça aurait eut de la gueule à raconter au mess. Mais tous les pièges étaient déclenchés, et les cris de l’hispanique continuaient à résonner dans les airs, guidant d’ailleurs la texane vers sa position.

Pedge arriva dans une salle où se trouvait un char Wraith. Est-ce que c’était cet engin qui avait tiré ? N’empêche, elle pourrait se planquer dedans et shooter le Big Foot version vampire s’il se pointait, bien à l’abri du blindage, non ? Mais son regard fut attiré par le monstre en question et les cris étouffés d’une Nelly qui fut soudainement immergée alors que la créature poussait un cri de victoire. Si en plus elle avait de la satisfaction à être moche, alors on n’y pouvait plus grand chose.

Elle ne pouvait pas laisser l’hispanique mourir sous ses yeux. Pas comme ça, alors qu’elle avait la possibilité de faire quelque chose. Elle avait deux chargeurs de balles sanguinolentes à disposition, mais elle se les garda pour la suite. Elle ne pouvait pas envoyer d’explosif, de grenade par exemple, sans risquer de blesser Nelly dans l’histoire. Alors elle prit un flashbang, et elle la lança au niveau de la créature, directement sur elle. Elle ne semblait pas avoir d’yeux, mais peut-être que cela allait saturer son ouïe au moins. Pedge se protégea les pupilles et quand la déflagration sonore eut lieu, elle avança directement vers la créature, son pompe devant elle et à une distance qu’elle jugea respectable pour l’efficacité de la chevrotine, elle fit feu à plusieurs reprise en actionnant la poignée en dessous du canon.


Environnement



L’explosion de la flash bang n’eut pas l’effet escompté. Le temps que Pedge se couvre de l’effet de sa propre grenade, le monstre s’était retourné en poussant un grand feulement. Il avait les deux bras en l’air en signe de provocation, ou comme s’il acceptait le duel, ce qui sous-entendait qu’il venait de lacher Nelly.

La jeune femme avait réussi tant bien que mal à se glisser sur le rebord qui délimitait le sol et se traînait que trop difficilement pour ne pas retomber dans l’eau. Elle parvint à hisser son torse pour réduire cette menace mais, comme si son subconscient avait compris que le vital était accompli, le prochain mouvement de la jeune femme s’éteignit sur une pâle tentative de s’accrocher à quelque chose. Elle était complètement désemparée et visiblement trop blessée pour prendre conscience de son environnement. Du moins dans l’immédiat. Sa main se tendait vers son 9mm qui se trouvait à plusieurs mètres d’elle sans qu’elle ne comprenne pourquoi elle ne pouvait pas l’atteindre. Le vacarme causé par le fusil à pompe de Pedge ne la faisait même pas réagir.

Le gros calibre pulvérisait les chairs du monstre qui se mettait à hurler de rage. La texane parvint même à lui arracher un morceau au moment où le mastodonte fît un geste étrange, un signe de sa tête aveugle, et le parasite qui se trouvait sur sa gorge se gonfla soudainement en lui causant une terrible douleur. C’était comme avoir été soudainement touché par la foudre, un éclair violent et brutal qui partait de sa gorge comprimée jusqu’à l’intérieur de son crâne.


Dire qu’elle s’acharnait sur la bestiole était un doux euphémisme. Les sept cartouches du Spas-12 furent expulsées rapidement, déchirant les chairs du monstre. Au moins, cette saloperie arrêtait de s’en prendre à Nelly. Mais alors qu’elle allait recharger, le parasite sur son cou se gonfla subitement et une douleur la transperça de part en part. C’était atroce. Ça lui tombait dessus comme ça subitement, sans crier gare. C’était terriblement frustrant et injuste et sa vue se brouilla littéralement de larmes de douleur. Elle tomba à genoux en se tenant le cou et la tête en même temps, tout en poussant un cri de douleur à fendre le verre. Elle sentait que si elle ne criait pas, les veines de son crâne allaient exploser subitement.




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Environnement


Le mastodonte s’approcha d’un pas lourd et chargé de prédation. Sa poigne puissante fondit une nouvelle fois sur la militaire et il l’écrasa lourdement sur le sol, lui faisant valdinguer son fusil à pompe à côté, alors qu’il se penchait pour approcher sa gueule de la tête.
Il semblait la sonder une nouvelle fois mais, un soudain mouvement de recul semblait indiquer qu’il la reconnaissait. Qu’il la reconnaissait pour lui avoir planté ce parasite et que ce n’était pas la première fois qu’elle se mettait en travers de son chemin.

Sans raison apparente, le monstre relâcha Pedge et recula de quelques pas pour lui permettre de se relever. La douleur latente du parasite s’était soudainement envolée sur commande et le mastodonte n’y était pas étranger. Il se mit alors à lui tourner autour comme le ferait un tigre ou un lion. Ses blessures étaient encore en cours de régénération mais c’était presque terminé.

« Pedge...non... » faisait la voix faiblarde et terrorisée de Nelly qui venait de se rendre compte de sa présence. « Va...t’en... »

Mais avait-elle pu entendre ?
Le mastodonte termina ses petits tours par des gestes de ses bras puissants. Il acceptait le duel, comme un sport, comme un enjeu des plus basique, deux animaux prêt à s’affronter pour le petit morceau de viande hispanique. L’environ se chargeait d’un atmosphère d’appartenance bestial et complètement basé sur la confrontation de deux prédateurs. Comme si Pedge représentait la dangerosité de l’espèce humaine contre la dangerosité du Mastodonte. C’était un combat à mort qui allait débuter et le prix en était la survie ou non de Nelly.
La créature semblait se satisfaire de la situation, presque se gargariser, puis elle fondit soudainement sur elle en un cri brutal, les griffes en avant, ayant bien l’intention de lui faire subir un coup de bélier à assommer un boeuf.

Une nouvelle fois, Pedge fut écrasée sur le sol, entre la patte puissante du monstre, et la matière organique qui composait le plancher du croiseur. Heureusement, il n’y avait pas d’eau dans laquelle elle aurait pu se noyer, à l’instar de l’hispanique. La militaire n’avait pas le temps d’être dépitée de sa situation que déjà la gueule de la créature approchait de sa tête. Cela commençait à devenir une habitude, et cette fois, elle était certaine qu’il allait la tuer. Mais une nouvelle fois, il se recula, la laissant libre, sans réelle raison. Pourquoi ? Elle ne comprenait pas. Toute à l’heure, il cherchait à retrouver Nelly, et peut-être que poussé par l’urgence, il n’avait pas pris le temps de la tuer. Mais maintenant ? Elles étaient toutes les deux au même endroit, et il lui suffisait d’un coup de pattes pour la décapiter, ou d’un coup de gueule pour lui arracher la moitié de la boite crânienne et se repaître de son cerveau, s’il était un fin gourmet.

Mais non, elle lâchait prise, comme elle put le constater en sentant la pression diminuer sur son corps et qu’elle entendit les quelques pas sur le sol. La créature reculait. Oui, elle entendit tout cela car Pedge avait fermé les yeux. On ne lui faisait pas deux fois le coup du jet de foutre dans la gueule. Ce fut la première image qui lui vint en repensant à la scène, et finalement, elle préférait assouvir ce genre de fantasme chez un mec que de reproduire l’expérience avec cette créature et son truc collant, aveuglant et bien dégueu. Pourquoi est-ce qu’elle pensait à ce genre de chose alors qu’elle était sur le point de mourir ? Le cerveau faisait des caprices, allégeait la situation en pensant à des trucs ubuesques et sales. Plus étrange encore fut que la douleur du parasite s’était envolée avec le recul du mastodonte. A croire qu’il ne voulait pas lui faire de mal, ou qu’il cherchait quelque chose de spécifique.

Etait-elle son chien désormais ? Après tout, il ne la blessait pas vraiment, il lui mettait un collier, et il était violent quand elle était violente avec lui. Un peu comme le maître qui chercherait à affirmer sa place de maître dans la meute, et surpasserait le chien dans la douleur à infliger pour lui faire tenir sa place. Cette pensée, cette constatation même, mit en colère la texane qui ne supportait pas d’être reléguée à la place du larbin. Non, elle était elle-même une prédatrice, et ce n’était pas parce qu’elle avait la peau lisse et douce et non une sale gueule de merde qu’elle devait courber l’échine. Elle n’avait pas dit son dernier mot avec cette saloperie, qui allait regretter de la laisser essayer de vivre.

Pedge n’entendit pas Nelly. Son sang battait encore dans ses tempes et l’atmosphère sonore était limitée de par la douleur encore présente, non littéralement mais en pensée, sorte d’appréhension qu’elle revienne subitement, de son crane qui allait exploser. Et voilà que l’autre agitait ses bras, comme s’il s’échauffait, comme s’il la provoquait. Il voulait se battre à la loyale ? Il voulait vraiment un combat ? Il la prenait vraiment pour sa chienne ou quoi ? Pedge n’arrivait qu’à faire cette association d’idée, ce raccourci de pensée, et au moins, ça avait le mérite de l’énerver.

Plus le temps de réfléchir ! La créature annonça son attaque et elle fonça en un cri guttural et bestial, pour attraper la militaire et la défoncer littéralement en la percutant, toutes griffes dehors. Cette fois, c’était du combat instinctif. Le mastodonte était rapide, et elle ne pouvait compter que sur son coup d’œil pour anticiper et tenter d’opposer quelque chose quand c’était possible… Tout en économisant ses mouvements pour ne pas se carboniser tout de suite. Pedge sauta sur le côté pour éviter l’assaut et elle passa sous les griffes du mastodonte. Ce n’était pas la première fois qu’elle se confrontait à une création Wraith de cette ampleur, mais la dernière fois, elles ne se régénéraient pas aussi vite ces saloperies ! Ce Mastodonte là était différent, et non seulement il semblait plus puissant, mais en plus de ça, elle n’avait pas sa duelliste de choc pour l’aider, ni même Sheppard. Elle ne pouvait pas compter sur Nelly qui semblait avoir vraiment morflé. Elle espérait surtout que l’hispanique ne soit pas morte.

Mais pas le temps de penser à ce genre de détail. Pour le moment, elle avait un combat à mener, et elle devait se focaliser dessus sous peine de prendre le tarif en deux secondes. Le mastodonte et son envie de la soumettre devenait l’unique centre d’intérêt de son monde. Elle glissa sur le dos pour ne pas se coller son M4 dans le bide. Elle arma celui-ci d’ailleurs, et elle commença à arroser le flanc de la bestiole avec les balles spéciales BRICKS (Balles Rouge à Impacts Critiques pour Krakens Spéciaux) !

Elle ne vida pas son chargeur, usant d’un tir maitrisé d’une dizaine de balles envoyées en rafale de trois. Hors de question de gaspiller ne serait-ce qu’une balle BRICKS. Profitant que le mastodonte subisse la douleur du sang de l’hispanique, Pedge arma une grenade à fragmentation et elle la balança de toutes ses forces dans le moue du monstre tout en courant maintenant vers le tank Wraith pour ne pas se trouver dans le rayon d’impact de l’explosif… mais aussi pour entrainer le monstre loin de Nelly.

Environnement



La créature poussa un grand râle de colère en recevant les balles mais, curieusement, elles ne semblaient pas lui faire beaucoup de dégâts. Dans un mouvement de provocation de ses bras, le mastodonte semblait l’appeler à plus de violence. Comme s’il lui lançait des signes proches du “Allez, viens-là ! Bats-toi !”. Il perçu la grenade qui lui avait été envoyé comme un projectile et il y répondit immédiatement en frappant l’objet rond d’un violent mouvement de bras. L’explosif fut dévié par un revers sur le côté et il explosa, fort heureusement, suffisamment loin de Nelly. Le rayon de l’explosion s’était toutefois rapproché sous cette réponse et la carlingue du char bipied Wraiths raisonna sous la pluie d’éclats.

Le mastodonte hurla une nouvelle fois et se mit à charger directement sur la cachette de Pedge. Il leva les bras bien haut et les abattit sur le panneau de blindage frontal. La matière organique très rigide craqua de manière inquiétante et l’ennemi s’y acharna avec brutalité. En peu de temps, la grande plaque qui offrait une bonne couverture à Pedge déclara forfait et elle se plia petit à petit sous les chocs. Les coups de poing se voyait distinctement, déformant les parts les plus épaisses de la protection, jusqu’à ce qu’une faille ne se dessine.
Là, le mastodonte y planta ses griffes et écarta la défense qui craquela atrocement. La fente s’ouvrit de plus en plus sur la gueule du mastodonte qui hurla sa haine. Il leva l’une de ses pattes avec la ferme intention d’y cueillir la texane mais son mouvement s’arrêta à mi-chemin. Il se couvrit instinctivement le flanc, là où les plaies par balle BRICKS commençaient à faire effet. Du fluide noirâtre et nauséabond s’y écoulait. Le cri de rage se mua en douleur et la créature se détourna immédiatement sur le blindé et Pedge pour frapper, tentant de lui empêcher de reprendre l’initiative.



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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Elle avait un peu de répit, planquée là dessous. Le blindage ne tiendrait pas longtemps et ses prédictions se révèlerent juste. La créature laissa son empreinte dans le métal, puis plusieurs, jusqu’à le faire craquer. Les coups de massues étaient assourdissant et Pedge serrait les dents à chaque coup de poing. Mais au moins, elle pouvait souffler un peu, et surtout, préparer la suite. Elle était un peu déçue de voir que les balles ne lui avaient quasiment rien fait. Elle pensait vraiment qu’elle allait lui mettre une déculottée avec les munitions trempées dans le sang de Nelly. Elle plissa les lèvres alors qu’une fente zébrait la carlingue. Quelle chiotte… Mais de toute façon, elle ne pouvait pas rester cachée jusqu’au restant de ses jours. Elle devait trouver une solution pour le déglinguer une bonne fois pour toute. Mais la créature prit du recul, et elle se couvrit les flancs. Les impacts des projectiles BRICKS semblait supurer assez salement. Bien, c’était une bonne chose, car Pedge en avait encore en réserve.

Cela sembla plonger le mastodonte dans une rage folle, et il entreprit d’essayer d’attraper la texane tout en frappant le blinder. Elle était planquée à son maximum, et bientôt, quand le trou serait trop grand, il pourrait la cueillir comme une fleur. Mais elle avait déjà sa petite idée pour la suite. De voir sa gueule si proche, horriblement proche, avec toutes ses dents pointues qui ne demandaient qu’à la mordre, la jeune femme tenta sa chance. Elle allait lui faire gober une grenade par le gosier. Si avec ça elle ne lui arrachait pas une partie de la tête ! Il devait forcément y avoir un endroit dans ce corps qui déterminait la régénérescence des tissus. Il fallait qu’elle le pulvérise. Mais comment le localiser ?

Pedge grimaça et approcha son visage du trou, en montrant bien les dents, dans un air de défi total. Elle alla même jusqu’à grogner, laissant faire sa part animale. Elle prenait garde à ne pas trop s’avancer pour ne pas manger un coup de pattes, et la créature eut exactement la réaction qu’elle attendait. Elle passa sa tête dans le trou en essayant de l’écarter avec ses deux pattes et elle gueula sur Pedge toute sa rage et sa frustration, répondant ainsi à la provocation non verbale de la militaire. Cette dernière ne se fit pas prier pour balancer la grenade qu’elle tenait dégoupillée dans son dos, la tenant fermement dans la main pour ne pas laisser échapper le levier et qu’elle lui pète dans le dos. Ce serait vraiment con de crever comme ça, mais ça laisserait nettement moins de viande à son prédateur du moment. Elle balança de toutes ses forces, en visant la gorge déployée de l’animal. Le projectile frappa le fond de la bouche du mastodonte.

Pedge se rejeta en arrière, se tapissant sur le côté de la plaque arrachée du tank pour se préserver un maximum de l’explosion. Normalement, la chair de la bestiole réduirait drastiquement la vélocité des fragments de la grenade, mais certains pourraient rester dangereux. Ainsi, elle se protégeait totalement de la déflagration qui se produisit quelques secondes plus tard. Ca crépita sur la coque du tank, et elle ne chercha pas midi à quatorze heures, elle refit irruption par la fente créée par le mastodonte pour l’arroser de balle. Elle comptait bien finir son chargeur dessus !


Environnement



Le canon de son M4 fût brutalement empoigné par le mastodonte qui dévia la visée hors de sa gueule entièrement déchiré. Comme pour un humain classique, l’apparition d’un corps étranger dans sa gorge avait déclenché une réaction immédiate de rejet. Il avait eu une sorte de haut le coeur bestial avant de la recracher juste avant l’explosion. Cette proximité lui avait quasiment ouvert la face en deux, comme pour son dernier assaut avec le lance grenade. Une bonne part de son poitrail était couvert d’éclats lentement rejetés par la réaction corporelle de régénération. C’est ce qui l’avait sauvé d’ailleurs. Car avaler l’explosif aurait eu un effet catastrophique pour le mastodonte.

Celui-ci avait pourtant hurlé au moment de la détonation mais il s’en était vite remis pour empêcher la texane de lui mitrailler le corps de munitions autrement plus dangereuse. Voilà pourquoi, tenant l’arme de sa poigne puissante, il fixa la militaire dans une pleine provocation sauvage avant d’agir.

Il tira sur le M4 de toutes ses forces, emportant la jeune femme avec lui pour l’envoyer valdinguer au travers de la salle. La créature traduisait par ce geste impressionnant toute la frustration de voir sa rivale lui tenir tête à ce point. Il fonça sur elle, cherchant à ne surtout pas lui laisser le temps de répliquer, pour abattre un coup de griffes d’une telle violence que son casque s’ejecta dans les airs, percé de part en part.

Seulement voilà, la texane allait surement se rendre compte que le flanc de la créature s’était dessiné d’une toile noire et nécrosée. Il continuait de perdre du fluide et, si sa gueule abimée avait cessé de saigner, son architecture ne s’était pas du tout reconstituée. Son poitrail avait rejeté les éclats mais les plaies demeuraient ouvertes.

Le prochain assaut du mastodonte visa à lui arracher son M4. Il avait toujours énormément de force...mais moins qu’au moment où il avait fracassé le char.

Pedge ne s’attendait pas à autant de résistance de la part de l’animal. Elle pensait que son coup avec la grenade allait lui causer plus de dégât, surtout qu’elle espérait que par un réflexe inné, il n’avale le projectile. Hors, vu sa trogne ensanglantée, ce n’était pas le cas, mais cela ne l’empêcha pas d’enfoncer le clou en le mitraillant copieusement. D’ailleurs, le clic fatidique des munitions qui manquent se fit entendre et elle n’eut guère le temps de recharger que la bestiole empoignait son arme brutalement, comme pour la stopper dans son élan de l’achever. Il tira brutalement sur l’arme, et même si Pedge aurait voulu la lâcher – ce qui n’était pas le cas ici étant donné que c’était là sa seule chance de salut -, elle n’aurait pas pu car la sangle était reliée à son gilet tactique pour soulager ses bras.

Elle vola comme un fétu de paille emporté par une tornade. La réception fut brutale et pas du tout maitrisée. La jeune femme se laissa rouler sur le sol pour atténuer l’onde de choc. Elle ne savait plus trop où elle habitait, un peu désorientée par la chute. Mais il était déjà sur elle, et elle ne put rien faire pour éviter le coup de patte monumental qu’il envoyait vers son visage. Le casque vola, lacéré et la tête de Pedge bourdonna tandis qu’elle voyait des étoiles danser devant ses yeux. Elle était groggy, mais indemne, même si elle était quitte pour un bon traumatisme cérébral.

Dans une demi conscience qu’un boxeur pourrait observer après avoir pris un magnifique crochet du droit dans la mâchoire, Pedge constata que le flanc du mastodonte avait vraiment une sale gueule et qu’il ne se régénérait pas. Elle devait impérativement lui loger le dernier chargeur dans la bidoche pour tenter de le tuer une bonne fois pour toute. Les mains tremblantes, et la vision troublée, elle prit le chargeur sur son gilet et l’inséra difficilement dans le Colt M4. Mais l’animal n’avait pas envie de lui laisser son joujou, bien au contraire. Il avait compris que sa perte viendrait de là et il était bien décidé à séparer la jeune femme de son meilleur ami d’alors.

Il s’empara de l’arme, toujours retenue par la sangle et il tira dessus avec brutalité. Pedge comptait sur la résistance du gilet et de sa sangle et elle lâcha son arme pour prendre son couteau et larder les mains crochetées au fusil. La guêpe d’Austin avait encore son dard pour piquer, et elle ne se privait pas pour le faire, même si elle était secouée dans tous les sens.
Le mastodonte ignora ses assauts. D’une main il appuya contre son torse tandis qu’il tirait le fusil de l’autre. La pression fut terrible, atroce, et un craquement sinistre mit un terme à la résistance de la sangle. Un fusil dans sa griffe, tenu par le canon, il le rabattit avec violence sur elle, l’impactant au niveau de l’estomac. Le choc la rejeta en arrière et, tel un gorille survolté, le mastodonte abattit l’arme sur le sol, encore et encore, jusqu’à ce que ce ne soit plus qu’un amas de métal informe. Toujours dans ses hurlements de rage, il progressa ensuite sur la texane. Mais il se mit à chanceler une fois arrivé à mi-chemin et fixa son flanc entièrement noirci. Ils semblaient avoir atteint une certaine égalité mais le combat à mort était loin d’être terminé. Pedge avait souffert elle-aussi.
Le mastodonte râla une nouvelle fois, plus faiblement, et reprit sa route incertaine dans sa direction. Il leva les deux bras dans l’évidente intention de l’écraser à coups de poings.

Forcément, la sangle craqua. Elle aurait dû s’en douter mais elle pensait au moins que les coups de couteaux feraient quelque chose, mais rien. Il ne broncha même pas alors qu’elle le lardait de coup de couteau. N’empêche, en tirant comme un bœuf, il était en train de lui couper la respiration, sans parler que le gilet appuyait fortement sur ses côtes et que ça faisait un mal de chien ! Pour un peu et elle coupait elle-même la sangle !

Avec sa propre arme, il lui envoya un coup dans l’estomac à lui décrocher les boyaux. L’arme démolie, il revenait vers elle déjà. Il allait lui infliger le même traitement, c’était certain. Elle se releva péniblement en se tenant le ventre. Elle avait un mal de chien, c’était terrible. Le mastodonte semblait souffrir aussi des balles qu’elle avait tiré. Désormais, son arme ne lui serait plus d’aucun secours. Ça allait être un combat d’endurance, et pour cela, c’était elle la reine ! Elle était une chienne enragée, et elle ne l’avait pas encore tellement montrée à cette saloperie qui se pensait supérieur à elle. Il ne la dresserait pas parce qu’elle était indomptable.

Les traits tirés de douleur, elle se jeta sur le côté dans un effort surhumain et douloureux tandis que les poings de la bestiole retombaient lourdement à l’endroit même où elle se trouvait quelques secondes avant. Comment faire ? Comment le battre ? Rejoindre Nelly et maculer sa lame de sang ? C’était une idée. Elle devait aller vers elle.

Péniblement, elle recula vers l’hispanique, en gardant le mastodonte en ligne de mire. Elle ne voulait pas se faire surprendre en courant vers la militaire et en tournant le dos à l’animal Wraith. Elle ne pouvait pas utiliser de grenade à cette distance, ce serait trop risqué pour elle. Donc elle reculait, jouant sur l’impact meurtriers des balles BRICKS.

Le mastodonte se retourna. Il faiblissait à vue d’oeil, son râle n’était plus qu’un souffle rauque chargé de douleur. Cette créature avait elle un certain niveau de motivation, de moral au combat ? Peut-être qu’en voyant son trépas devenir une réalité concrète, elle se décida à cesser là le duel. De par son esprit, le mastodonte commanda au parasite pour lui déclencher la douleur qui la paralyserait, qui lui permettrait de gagner sans mal. Comme pour la première fois, Pedge fût pétrifiée par le parasite avant qu’elle ne puisse reculer suffisamment vers Nelly qui se trouvait toujours à moitié immergé dans le bassin.
Le parasite s’était gonflé dans sa gorge, répondant à l’ordre. Mais le crâne défait et traumatisé du mastodonte était couvert de plus en plus par la nécrose. Il eut soudain un brusque sursaut et porta ses griffes sur son crâne, se déchirant littéralement des morceaux de chairs, comme s’il tentait d’extirper le poison qui envahissait le siège de son intelligence bestiale. Cette action supprima entièrement l’effet du parasite qui s’assagit. Le monstre tentait vainement de reprendre le contrôle mais il n’y parvenait plus. Pedge sentait le parasite répondre à l’ordre et commencer à se gonfler sans même pouvoir finir le travail. La douleur allait et venait mais elle était gérable.

Le mastodonte râla de douleur en continuant de se déchirer, mettant maintenant des os à nu, et dans une dernière tentative de prendre l’avantage, sa langue-liane jaillit de sa gueule pour s’emparer de la jambe de la texane. Il tira d’un coup pour la faire tomber et, toujours affaissé sur ses genoux, il tenta de la tracter jusqu’à lui pour la tuer.

Ça il fallait s’y attendre, il n’allait pas jouer fair play juste pour les beaux yeux de Pedge. Elle sentait venir le coup du parasite, s’y préparant même mais la douleur était telle qu’il n’y avait rien à faire que de se plier en deux et gémir en espérant que ça passe. Et ça passa. Le mastodonte était en train de partir en lambeau, grâce aux balles BRICKS qui faisaient pleinement effet.
Elle ne put rien faire pour éviter la liane qui jaillit de sa gueule comme une flèche et elle se retrouva la cheville emprisonnée par cet organe gluant et dégueulasse. Il était en train de la trainer sur le dos par accoups, mais elle conservait toujours les dagues d’Isia, étant donné que son couteau s’était fait la malle en même temps que l’intégrité de son estomac quand elle avait ramassé le coup de crosse. Alors, consciencieusement, elle commença à découper comme un bon steak la liane, en se laissant glisser sur les fesses.
La langue-liane céda avec une étonnante facilité. D’un coup, avec une immonde perte de fluide qui tomba sur l’uniforme de la texane en s’agitant fébrilement. L’organe s’effondra sur le sol en traînant négligemment. Elle ne retourna même pas dans la gueule du monstre qui commençait à être parcouru de spasmes. Il frappa le sol de ses griffes mais Pedge était trop loin pour lui. Ses jambes ne le portaient plus, il ne parvenait pas à avancer.

Dans un dernier effort, le mastodonte grignota les derniers mètres en rampant et agrippa la même cheville d’une poigne beaucoup moins violente. Son souffle était empreint d’une détresse, d’une douleur puissante et handicapante. Le mastodonte était clairement sur la fin et il tentait une manoeuvre désespérée pour la tuer. En somme, l’attirer de ses mains, derniers morceaux encore en activité. Le monstre vomissait des caillots sanguin nécrosé, il s’étranglait dans les propres déchets de son corps empoisonné. Il arma son bras valide, ouvrant ses griffes en grand, et tenta une dernière attaque dans un cri indiquant bien qu’il n’y croyait même plus.

C’était la fin. Il était sur la fin. Elle avait gagné, ou presque. Il referma sa poigne griffue sur elle sans grande conviction, et elle parvint à retenir la force d’écrasement qu’il essayait d’y mettre. Elle l’avait laissé venir après que sa langue avait rompue d’une façon bien dégueulasse sur elle. D’une part parce qu’elle était HS et aussi parce qu’il l’était d’autant plus et que en le laissant venir, elle lui montrait qu’elle n’avait pas peur de lui. Question de fierté en somme. Sur les fesses, elle tint la main du mastodonte et elle arma son genou pour venir frapper du plat de sa ranger dans la tronche liquéfié du mastodonte. Ca fit un bruit pas très ragoutant alors que sa chaussure venait toucher l’os. Il partait complètement en choucroute garnie le bordel. C’était répugnant, mais elle continua de frapper avec sa godasse jusqu’à ce qu’elle sente les forces du mastodonte faiblir dans sa poigne. Elle frappait encore et encore jusqu’à transformer cette chair en purée, en bouillie, en gruau informe de gerbe et de vomissures infectes. C’était toute sa rage, sa haine, qui passaient dans ses coups répétés.

Soudainement, le parasite autour de son cou s’agita. Est-ce que, dans un dernier sursaut, ce monstre allait ordonner à son sous fifre de la tuer ? Elle lâcha la main du mastodonte qui retomba lourdement à côté d’elle et elle porta les siennes à son cou. Non, elle ne voulait pas mourir comme ça, pas comme ça, pas maintenant alors qu’elle venait de triompher. Il était en train de durcir, et l’image du film le Cartel lui revint en tête dans lequel un homme se retrouve avec un collier étrangleur impossible à arrêter et il se fait découper les doigts avant que son cou ne s’ouvre lui aussi jusqu’à le décapiter à moitié. Mais non, le parasite cessa de s’agiter. Il était dur, et finalement, il tomba dans les mains de la jeune femme qui le laissa choir sur le sol avec un mouvement de recul. Instinctivement, elle palpa son cou pour voir ce qu’il en était.

Elle avait gagné ? Oui, elle avait gagné !

Mais la joie fut de courte durée. Il y avait Nelly à sauver. La texane se releva, et elle partie en chancelant à moitié vers l’endroit où elle devait se trouver…




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly



Nelly naviguait dans la douleur et la semi-conscience. Elle ne savait pas si tous les bruits qu’elle entendait, tous ces hurlements, ces plaintes, tenaient du rêve ou de la réalité. Lorsqu’elle sentit une force la retourner sur le dos, une force qu’elle ne reconnaissait pas, elle eut un premier mouvement de panique en remuant trop légérement ses membres. Elle était extrêmement faible et ne pouvait même pas mettre ses mains devant son visage pour se défendre.

« Pitié... » avait-elle gémit en cherchant à s’enfuir sans pouvoir bouger.

Elle avait des mèches de cheveux collés dans les yeux. Son épaule en vrac continuait de saigner sur l’endroit ou la dent s’était cassée dans la plaie. Elle avait deux éclats dramatiquement planté dans la jambe droite. Sans oublier les crocs qui avait creusé des trous dans son ventre.

Mais tout ça. Toutes ces blessures, toute cette douleur, tout s’envola lorsqu’elle reconnu les contours de la texane, de son amie, qui se matérialisait comme si ses voeux les plus inavouables venaient d’être exaucés. Nelly ne se demandait pas s’il s’agissait d’un clone. Là, tout ce qu’elle voyait, c’est que son amie remplaçait la créature qui avait voulu sa peau.

Son corps fut parcouru d’une secousse uniquement tiré de l’émotion alors qu’elle soufflait dans un gémissement plaintif.

« Pedge...tu es venue... »

Et clairement, elle lui aurait sauté dans les bras si elle en avait eu la possibilité. Le soulagement l’avait envahi, comme si la présence de la texane était une promesse de sécurité. Qu’avec elle, plus aucune menace ne pèserait sur sa vie. Mais dans un même temps, le moral n’y était plus et elle se sentait si faible qu’elle avait le sentiment d’y passer.

« Est-ce...est-ce que je vais mourir ? » Souffla-t-elle, véritablement partagée entre la panique et le désir de ne pas paraître pitoyable en face d’elle.

Nelly ne connaissait pas son état, elle ne sentait plus rien si ce n’est la douleur diffuse et la présence du corps étranger dans son épaule.

Pedge observait Nelly. Elle était vraiment dans un triste état, et franchement sa question était légitime. Est-ce qu’elle allait mourir ? Elle n’en savait rien. Elle devait avoir perdu beaucoup de sang et les lésions semblaient importantes. « Je suis venue oui. Tu as oublié ton téléphone chez moi, il fallait que je te le ramène. », fit la texane sans répondre à la seconde question.

La réplique de Pedge eut l’avantage de faire sourire Nelly, dévoilant des dents teintées de son propre sang. L’intérieur de ses lèvres semblaient s’être fendues lors de sa défense contre le monstre et cela lui donnait un allure de diablesse qui contrastait avec sa situation.

« Normalement, ce sont les garçons qui font ce coup-là, soeurette...tu t’es plantée... » Répondit l’hispanique en rigolant de sa propre blague.
« Bah, j’suis un garçon quelque part. », fit-elle sans relever le terme soeurette qui la mettait terriblement mal à l’aise.

Mais dans la douleur qui se diffusait et revenait au grand galop, Nelly ne répondit pas. Elle sentit de nouveau le calvaire que lui causait son épaule non cicatrisée et son visage se crispa sous ce grand retour. Elle tourna mollement sa tête en direction de sa blessure puis revint planter un regard suppliant sur le visage de Pedge qui donnait l’air de flotter comme un ange malgré son air épuisé.

« Je t’en prie...retire le-moi, j’en peux plus. Retire le de mon épaule, je supporte plus...ça fait trop mal...retire-le... »

Tous les autres trous dans son épaule avaient cessé de saigner sauf celui-ci, à cause de la canine du mastodonte, qui semblait distiller un poison qui rendait impossible la cicatrisation. Pedge n’était pourtant pas chirurgienne. Mais Nelly se mit à la supplier en boucle, comme si elle avait toujours eu besoin de ce coup de main.

Pedge comprenait très bien de quoi elle parlait. Il ne fallait pas être médecin pour se dire que quelque chose dans son épaule, empêchait son sang de coaguler. C’était certainement un morceau du monstre. C’était curieux quand même. Ce mastodonte semblait chasser les porteurs de gène ATA et pourtant leur sang lui provoquait des lésions abominables, ce même sang que ses crocs empêchaient la coagulation, donc qui était susceptible de le toucher encore plus. Drôle de création de la reine ingénieur… Peut-être que celui-ci n’était pas au point. Pedge réprima un frisson en imaginant une version améliorée de cette merde… Mais pas le temps d’avoir peur, elle devait faire quelque chose pour Nelly.
« Je… Je ne suis pas équipée. Je n’ai rien pour aller dans la plaie à part ma dague, mais la lame est trop large. Il faudrait retourner dans la salle qui ressemble à l’armurerie. Avec les trousses de soins je pourrai peut-être... », fit Pedge à genoux au dessus de Nelly.
Le bras valide de l’hispanique s’envola pour aller agripper son col, interrompant de force son monologue, dans un geste mêlant le désespoir à la douleur. Elle était trop faible pour attirer la jeune femme plus près qu’elle ne l’était mais le geste était suffisamment clair. Elle se foutait du sac de soin ou de n’importe quel plan qui pouvait tourner dans la tête de la texane. Il fallait qu’elle l’aide maintenant. Elle en avait tant besoin...
« Hé ! La torture, tu sais ce que c’est frangine...alors m’abandonne pas là-dedans... » Ce sursaut lui tira un élan de douleur terrible qui morcela sa voix. Elle poussa un râle et reprit dès que ça passa quelque peu : « Je veux plus de cette saloperie dans mon épaule t’entends ?!? J’en veux plus !!! »
Son souffle était long et profond, trahissant la douleur qui ne la quittait pas. La morphine ne faisait plus effet et cette épaule lui faisait tellement mal qu’elle ne sentait même pas le reste de son corps en vrac. La tentative de noyade n’était pas la seule à lui avoir causé toute cette humidité. Une fièvre terrible la trempait de sueur et lui donnait un teint maladif. Nelly était véritablement dans un sale état. Lucide, mais pour combien de temps ?




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Pedge comprenait très bien en fait. Elle était passée par là, par l’envie que la douleur s’arrête, qu’on fasse tout pour l’arrêter. Mais que pouvait-elle faire en l’état actuel des choses ? Fouiller une plaie avec ses doigts sans trop savoir quoi chercher ? C’était trop fin pour qu’elle s’y risque, elle allait lui déchirer la chair, ou peut-être qu’elle n’arriverait à rien… Après, elle avait déjà vu un infirmier retirer une balle d’un bide d’un collègue qui hurlait la mort. Juste avec les doigts… Pouvait-elle faire ça ?
Nelly craquait complètement. Pedge savait que c’était la douleur qui parle, mais elle avait plus l’impression qu’elle faisait un caprice en fait. Elle associait encore son côté gamine et son envie impérieuse qu’elle fasse cela tout de suite. Mais c’était la douleur, ce n’était pas la faute de la jeune femme.
« Je ne t’abandonne pas Nelly. Je n’ai que mes doigts, tu veux que j’essaie comme ça ? C’est de la folie. »
« ENLEVE-MOI CA !!! » Râla Nelly beaucoup plus fort dans l’espoir que le message passe. Rien que la force qu’elle avait mis dans sa voix lui arracha un nouveau cri et elle se tordit de douleur en remuant vaguement les jambes.
« Arrête de...de parler et aide-moi ! La morphine, elle agit plus, AIDE-MOI !!! »

La pression du combat, la pression de perdre Nelly, la pression des blessures, du sang, de la douleur que l’hispanique lui manifestait en pleine face sans aucune retenue, tout cela venait frapper Pedge en plein qui commençait à se sentir dépassé par les évènements. Pour un peu, et sans son sang froid coutumier, elle se serait laissée aller à la panique. Les jérémiades de douleur de Nelly l’empêchaient de réfléchir, et avec poigne, elle attrapa le croc planté et elle essaya de le sortir de la plaie. Seulement voilà, c’était poisseux de sang, et ses doigts glissèrent une fois, deux fois, trois fois, et Pedge pesta, surtout qu’elle devait faire mal à sa comparse.
« Putain mais c’est pas possible ! », s’écria-t-elle en glissant une quatrième fois. Mais il était planté dans un os ce croc ou quoi ?! Les doigts tremblants d’une panique maintenant guère contrôlée, qui lui rappelait son impuissance sur cette planète enneigée où Aiolos se vidait de son sang, Pedge tira sur son débardeur pour le faire passer sous son gilet Molle et sous son uniforme, pour enrouler un bout autour du croc et s’en servir pour ne pas glisser. Là, la dent vint, d’une longueur d’un doigt. La plaie saignait beaucoup, et déjà Pedge, sourde à toutes exclamations de l’hispanique, versait de la poudre homéostatique dedans pour tenter d’endiguer l'hémorragie. Elle agissait avec méthode, sans trop savoir vraiment ce qu’elle devait faire exactement. Juste qu’il fallait verser cette poudre, bander pour comprimer la plaie et donc le saignement, serrer fort… Il fallait désinfecter aussi ! Aussitôt pensé, aussitôt fait. S’il le fallait, elle usait de son poids pour tenir Nelly si elle gesticulait. Elle ne l’écoutait pas, elle ne le voyait plus. Elle était concentrée sur ce qu’elle devait faire, et elle préférait se blinder pour ne pas se sentir défaillir.


Dès la première tentative, la pression que sentit Nelly exerça un nouveau seuil de douleur qu’elle ne soupçonnait pas. Elle pensait être au maximum mais cela n’avait été qu’une illusion. C’était comme si on lui avait prit le nerf de l’épaule avec une pince et qu’on le tirait doucement, dans un extrême sadisme, pour l’écarteler en le retirant depuis la plaie. Une douleur si vive, qui transperçait jusqu’à son esprit, ne parvenant pas à comprendre que ça pouvait aller encore plus loin. Sans même qu’elle ne le commande volontairement, sa main valide avait volé au secours de son épaule en tentant de chasser la main de Pedge. Mais elle fût écartée illico et la terreur s’empara de Nelly.
Pedge allait-elle véritablement l’aider ? Ou avait-elle découvert, et conclut, qu’elle était tout bonnement condamnée ? Sans arme à disposition, elle comptait l’achever en enfonçant encore plus le corps étrangers !!!

La raison avait prit la poudre d’escampette au profit de la terreur. Nelly remua faiblement des jambes, sa main cherchait encore à protéger la plaie.
« Pedge...Non...Non...Pitié !!!! » Lâcha-t-elle dans un couinement aigu et maladroit.
La deuxième tentative lui arracha un cri atroce de douleur. Elle ne pensait pas pouvoir hurler avec une telle force, une telle violence. Le sang s’était mis à bouillonner autour de la blessure alors que son amie s’acharnait à régler ça en vitesse.
« PEDGE… »
L’échec de la seconde tentative mua le cri en un long râle qui malmenait sa respiration. Sa vue s’était brouillée et elle secouait négativement la tête dans une supplique semi-silencieuse. Et à la troisième tentative, quand un petit morceau vint, un nouveau cri perça les tympans de la texane.
« ARRÊTE ! PITIÉ !!!! AHHHHHHHHHHHHHHHH ! »
Mais la quatrième était la bonne. Avec l’aide de son vêtement, elle parvenait à retirer ce croc profondément planté. Nelly avait si mal qu’elle secouait la tête dans tous les sens, comme si elle avait tenté d’échapper à son propre corps pour fuir la douleur. Elle balayait l’air de ses jambes et de ses bras, même depuis son épaule blessée, en poussant de longs cris qui s’enterraient parfois dans un effort vain de le retenir bouche fermée.
« NOOOOOOONNNNNN ! » Hurla-t-elle une dernière fois.
Elle avait prit une nouvelle inspiration en espérant fuir le dernier effort de Pedge. Sa main avait glissé sur le visage de la texane en maculant sa joue droite de sang frais puis l’hispanique s’immobilisa soudainement, les yeux révulsés d’un blanc démoniaque. Ses paupières tombèrent ensuite avec la chute dramatique de sa conscience. Le lieutenant avait maintenant le champ libre pour finir le travail, lui verser la poudre hémostatique et lui faire le pansement, même si le déplacement s’avérait être compliqué.

Pour Nelly, la perte de conscience n’avait même pas été vécu. C’était comme avoir émergé d’un sommeil sans aspect réparateur, ni même de confort ou de répit. Comme si le cerveau s’était reprogrammé après un bug et que l’image revenait, lui ramenant le visage de Pedge sans qu’elle ne puisse le reconnaître. Le souffle de Nelly était long et rauque, chargé d’une intense douleur qui se diffusait dans l’ensemble de son corps, l’épaule en étant le foyer. Elle cligna plusieurs fois des yeux, peinant à comprendre son environnement, ce qu’elle faisait là par terre, avec Walker Texas Môman qui avait une mine affreuse.

Une impression étrange lui venait, comme si on lui avait posé une question et qu’elle avait mis un moment avant de se rendre compte qu’elle lui était adressée. Déraillant complétement et ne parvenant pas à mettre de la place dans son esprit, elle ne trouva qu’un point de repère que son esprit jugeait légitime : un autre événement douloureux. Un même visage, avec des yeux différents, qu’elle ne pensait jamais revoir un jour. Mais il était pour là, comme pour lui demander des comptes, comme pour lui reprocher des actes passés.

« ...je voulais pas...te tuer...mais tu m’as obligé...C’est toi qui m’a obligé !!! »

Sa main valide alla faiblement en direction de ce visage, qui semblait bien trop loin d’elle, comme pour lui demander grâce. Le visage de Nelly se tirait dans une extrême confusion d’esprit et des larmes tirés autant de la peine que de la douleur. Elle ne savait plus où elle habitait, elle ne savait plus dans quel endroit elle était ni à quelle date. Son pansement s’était déjà teinté d’une grande auréole rouge.

« Je te demande pardon. Pardon Pedge. Ne te venge pas ! Ne me fait pas de mal !!! » Au travers de sa douleur, sa respiration saturée trahissait une crainte chevrotante qui montait de plus en plus. Sa main retomba, elle était véritablement à bout de force.
« Je voulais pas...te tuer. Je te...je te le jure !!! »

Maintenant qu’elle attendait que Nelly reprenne connaissance, et qu’elle avait vérifié qu’elle respirait et que son coeur battait, Pedge faisait le point. Heureusement qu’elle s’était blindée et qu’elle avait mis de côté sa conscience pendant qu’elle essayait d’enlever le croc, parce qu’elle n’aurait pas pu aller jusqu’au bout avec toutes les suppliques que Nelly avait proclamé pendant l’opération. Elle avait dû souffrir le martyre, et maintenant que le calme était revenu, elle les entendait à nouveau dans ses oreilles, sauf que cette fois, le sens se faisait. Ça n’avait pas été simple d’infliger cela à quelqu’un, et encore plus à sa frangine. Mais voilà, maintenant, elle était tirée d’affaire, du moins, en ce qui concernait cette dent de mastodonte.

Pedgre transpirait et un frisson glacé lui traversa le dos quand elle sentit ses vêtements coller à sa peau, ses cheveux coller à son front. Elle reprenait conscience petit à petit, des signaux que lui envoyaient son corps meurtris, et la douleur venait s’ajouter au froid. Elle avait mis tout cela de côté pendant l’intervention sur Nelly, et le combat avec le monstre, mais la phase de repos actuelle faisait retomber la pression, même si elles n’étaient toujours pas sorties de ce vaisseau immergé. Est-ce que les autres étaient quelque part ? Les cherchaient-ils ? Elle n’en savait fichtrement rien. Il fallait être méthodique, organiser un plan d’action. Soit, elle se mettait à la recherche de l’équipe, soit d’une sortie, soit elle restait sur place en espérant qu’ils tombent sur elles ou qu’une solution extérieure soit mise en place pour les récupérer. Comment décider sans informations ? C’était de l’instinct pur… Et elle n’aimait pas beaucoup ça, même si elle avait une franche tendance à le suivre.

Nelly revint à elle, complètement perdue. Alors qu’elle disait qu’elle ne voulait pas la tuer, Pedge attrapa la main valide de l’hispanique qui montait doucement vers son visage, et elle la serra dans la sienne en faisant retomber ce bras le long du corps de la jeune femme allongée. Elle la tint fermement, paume contre paume, dans un geste de réconfort et d’affection, pour lui montrer qu’elle était belle et bien là, à son chevet en quelque sorte. Elle s’excusa, la pria de ne pas se venger, et Pedge ne comprenait rien.

« Nelly, Nelly… Je suis là, je ne suis pas morte. Ca va aller. », fit-elle en exerçant une pression sur la main qu’elle tenait pour lui montrer toute la réalité de sa déclaration. La perte de sang devait la faire délirer. Histoire de s’assurer qu’elle n’avait pas de fièvre, mais aussi pour la réconforter un tant soit peu, Pedge posa son autre main sur le front de Nelly, en la considérant quelque peu. Elle découvrit qu’elle était bouillante.

Il fallait qu’elle la sorte de là rapidement. Elle avait trop morflé. Mais si elle s’échappait de ce vaisseau, par un moyen ou par un autre, elle devait laisser, par mesure de sécurité, une indication dans ce sens à Sheppard. Elle ne pouvait pas exclure qu’ils étaient en train de la chercher. Par conséquent, maintenant que sa décision de sortir Nelly de là le plus rapidement possible, était prise, elle devait laisser des indices au Colonel pour qu’il stoppe la recherche quand il tomberait dessus, afin de chercher à son tour une porte de sortie vers l’extérieur.

Pedge ne savait pas du tout à quelle profondeur ils étaient, et elle espérait qu’une apnée serait suffisante pour remonter rapidement à la surface. Sans quoi, elles étaient perdues. Ou alors, il fallait qu’elle trouve un moyen de garder de l’air disponible pendant la remontée. Une cloche ou quelque chose comme ça, dans laquelle elles pourraient respirer à tour de rôle, au moins une ou deux fois… C’était désespéré. Mais le cas de Nelly l’était tout autant. Encore fallait-il qu’elle puisse bouger, et qu’elle se calmasse.
« Nelly, concentre toi, est-ce que tu crois que tu peux marcher ? », demanda-t-elle pragmatiquement, espérant ramener le débat sur quelque chose de moins délirant, tout en lui montrant que non, elle ne voulait pas la tuer, puisqu’elle souhaitait l’aider.



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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Elle était rassurante.
Paumée au milieu de la confusion, en mélangeant passé et présent, Nelly ne se raccrochait qu’à cette sensation : la Pedge au-dessus d’elle était rassurante.

Une petite partie d’elle refusait de croire que la véritable Pedge aurait été capable de cet élan de compassion. Qu’elle se serait terrée derrière son masque d’officier et de femme fatale tout terrain. Mais une autre partie s’accrochait à cet espoir de manière désespérée. La main qui s’était mélée à la sienne diffusait quelque chose de réconfortant, de soulageant. Non pas pour la douleur mais pour son esprit. Voir son âme pourquoi pas.
Garder le secret de la mission Echo-Natus, avoir maintenu son amie à l’écart sous l’ordre du Codir, la côtoyer sans même pouvoir lui raconter, avait été l’une des pires épreuves qu’elle avait eu à vivre en terme de moralité.

Donc, sentir cette Pedge dans une disposition solidaire, la voir s’inquiéter pour son sort avait quelque chose d’inédit qui effaçait jusqu’à sa crainte galopante. Nelly ressera ses doigts pour ne pas perdre cette étreinte si précieuse et humaine. Sa respiration, demeurant malgré tout altérée, s’était assouplie et ne reflétait plus de panique.

« Tu n’es pas rien. Tu mérites d’avoir ta vie à toi. Je veux pas inhumer tes cheveux... » Souffla-t-elle en réponse.

Nelly cligna des yeux avant de les écarquiller. Tout se mêlait dans son esprit. Les frontières de la cohérence étaient passés depuis longtemps. Des idées complétement loufoque, sans le moindre fondement, encombraient sa raison. Elle songea, par exemple, que la douleur de son épaule était liée à une embuscade de poste de péage qu’elle n’avait pas su éviter sur la route. Ou bien que Pedge était assise de biais sur son âne, comme une comtesse, et qu’ils n’avaient pas pu faire le trajet assez vite.
Quelle logique dans tout ça ? Rien du tout. La fièvre la faisait délirer sur ces hypothèses qui lui semblaient tout aussi légitime que de la stratégie. Lorsque Pedge la ramena un peu en lui demandant si elle pouvait se déplacer, Nelly y répondit en essayant de passer son bras valide autour des épaules de la texane.

« Ils sont des centaines. Des milliers. Partout sur le flanc du ravin. Je ne veux pas rester là ! »

La petite hispanique poussa une plainte de douleur assez sourde en se redressant avec l’aide du lieutenant. Elle s’appuyait très lourdement sur elle, sa jambe abimée lardée des deux éclats étant immobilisée par des muscles qui s’étaient rigidifiés sous la douleur. Elle tenta de s’appuyer dessus mais manqua de s’effondrer en emportant la texane de son poids.

Nelly se stabilisa puis regarda les deux morceaux fichés dans sa jambe. Ce n’était pas beau à voir. Elle prit appui sur Pedge comme d’une béquille et sauta avec sa jambe valide, avançant à un rythme atrocement lent. Ca lui faisait mal à chaque mouvement mais, même si l’esprit n’était plus trop lucide, la fierté était encore présente. Et la petite espagnole ne voulait pas gratifier Pedge de ses plaintes, elle serrait les dents pour les retenir dans sa gorge.

« Adam doit nous attendre au F-302. » Murmura-t-elle avec tout le sérieux du monde. « Je l’ai vu sur le détecteur. Il est avec les autres...on pourra pas tous les emmener... »




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Le chaos et l'ordre - Partie 2 : Pedge & Nelly


Pedge ne comprenait rien à ce que racontait l’hispanique. Mais de quoi parlait-elle ? Elle était bouillante, la fièvre la faisait-elle délirer à ce point ? Il y avait toujours une part de vérité dans les délires, mais là, la texane n’avait rien à quoi se raccrocher. Rien qui ne la concerne en tout cas, et elle ne comprenait pas pourquoi Nelly voulait inhumer une de ses mèches de cheveux. Avait-elle entendu qu’elle voulait se les couper ? Ce n’était pas trop le genre de Pedge qui aimait sa tignasse plutôt longue. Couper court, à la garçonne, ne l’attirait pas du tout, malgré son comportement de garçon manqué qu’elle manifestait par moment.

Son comportement, son faciès, indiquait clairement qu’elle délirait, et Pedge opta pour la solution la plus simple, laisser couler. Aussi répondit-elle :
« Non non, on ne reste pas là, et tu n’auras pas à inhumer mes cheveux. Tu me fais un bad trip Nelly là. », fit-elle d’un ton sentencieux, en restant près d’elle alors qu’elle se redressait sur ses deux jambes. D’ailleurs, elle prêta bien volontier son épaule au bras de la jeune femme, restant courbée à moitié pour compenser la différence certaine de taille. Pour un peu et elles se cassaient la gueule toutes les deux, tant la jambe meurtrie de la blessée ne la supportait pas. Mais Pedge parvint à conserver l’équilibre pour elles deux, et elle stabilisa l’ensemble du duo par la force de son dos.

« Au F-302… ? », fit Pedge incrédule en regardant Nelly. « Par où ? » Si elle avait bel et bien un détecteur de signe de vie, alors elle pouvait savoir où était l’équipe, et autant se servir de son délire pour aller dans ce sens là et retrouver les autres. Mais ce n’était peut-être qu’une manifestation de sa fièvre. Elle devait garder cela à l’esprit tout en l’aidant à avancer, et alors qu’elle orientait sa stratégie de survie à court terme dans son esprit. Elle devait prendre une décision. Tenter de fuir ou tenter de retrouver les autres.

Nelly n’avait pas répondu, elle se pencha brutalement et fût prise d’un hoquet, manquant de vomir le contenu de son estomac. Il n’y eut qu’un filet de bile qui sortit et elle tenta de prendre son détecteur de signe de vie.
« Je voulais passer la porte pour lui dire qu’on pouvait pas tous les emmener...mais elle veut pas s’ouvrir... »
Le boitier s’anima sous le contact du gène ATA et Nelly leva l’écran à hauteur pour essayer de distinguer les informations, en vain. Elle écarquilla les yeux, cligna plusieurs fois, mais l’image restait flou.
« Je...je ne vois plus rien...c’est parce qu’il a volé mon esprit...et l’ordinateur de McKay. Je m’en souviens, il me l’a volé ! » Elle secoua négativement la tête, continuant d’évoluer très lentement avec la texane. « Là...il faut que tu regardes...que tu les trouves. On peut pas les emmener. »
Heureusement, la salle dans laquelle Nelly tentait d’entrer n’était pas loin. La porte se trouvait toujours là, close et non alimentée, avec les marques des tentatives d’effraction et la barre de fer dont l’hispanique s’était servi. Le détecteur fit un zoom sur les lieux, il y avait six signes de vie distinct et ils progressaient dans leur direction.

Instinctivement, Pedge s’était détournée quelque peu de Nelly, se contentant de faire le pilier pour qu’elle tente de dégueuler quelque chose. Si elle regardait, elle risquait d’avoir des sueurs froides, et déjà que son sang-froid n’avait envie que d’une chose, se faire la malle, elle préférait assurer le coup en regardant ailleurs, subissant les tressautement de l’hispanique par l’intermédiaire de l’appui qu’elle lui fournissait.
« Tentons de l’ouvrir ensemble alors. », fit Pedge d’une voix d’outre tombe, pâle comme un linge. Elles continuèrent leur chemin. Nelly constata qu’elle ne voyait plus rien au détecteur de signe de vie, mais elle semblait tout mélanger. Le sous-lieutenant commençait à se dire que ça allait être coton si elle déraillait autant. Mais il fallait faire avec, il était hors de question de la laisser en rade.

« On va les trouver, y a pas de raison. », dit-elle en écho à Nelly. Elle ne savait pas quoi dire d’autre. Si elle ne voyait plus rien au détecteur de signe de vie, c’était peut-être parce qu’ils étaient tous morts, ou qu’ils s’étaient tirés, tout simplement. Quelque part, elle préférait largement la seconde option, quitte à avoir été laissée derrière. Mais le détecteur semblait montrer six points de vie distinct, lesquels semblaient aller dans leur direction. Pedge préférait regarder elle-même par dessus l’épaule de Nelly, plutôt que de la laisser pleinement les guider, surtout qu’elle ne semblait pas elle-même dans ses propos incohérents.

La porte était là. La barre de fer également. Pedge installa doucement l’hispanique sur le côté de la porte, afin d’être libre d’essayer de l’ouvrir à son tour. Elle reprit donc la barre de fer. La méthode la plus simple était de faire levier entre les lèvres de la porte, et d’en écarter les deux côtés jointés entre eux. Ni une ni deux, la jeune femme passa sa barre de fer dans l’interstice, et elle poussa de toute ses forces sur le manche de fortune pour tenter d’écarter les vantaux. La barre ripa et elle glissa des mains de Pedge en tombant dans un bruit métallique sur le sol.

« C’est notre issue. Mais est-ce que le destin nous veut vivant ou mort ? Les cadavres, on a pas besoin de les ramener... » Continua de délirer Nelly dans son coin.

Pedge lui jeta un regard sombre. C’était d’un glauque ses histoires. Elle l’ignora, et calmement, elle récupéra son outil de fortune, pour recommencer son opération. une nouvelle fois, constatant qu’elle avait entamé un peu le joint. Une bonne chose, ainsi l’objet rentrait plus fortement dans l’interstice. Mais ça ripa une seconde fois, et ce coup-ci, elle y laissa un morceau de peau dans la chair de la paume. Pedge fit la grimace en se tenant le membre en couinant dans ses dents, mais elle ne laissa pas tomber l’affaire. Elle récupéra la barre de fer de sa main valide, puis à l’aide de ses deux mains, et tant pis pour le sang et la douleur, elle la planta plus sérieusement encore dans l’interstice et elle poussa. La barre de fer était bien bloquée cette fois, et soudainement, la porte s’écarta. Avec tout son poid portait sur la barre, Pedge bascula à la renverse sans rien pouvoir faire, et elle tomba lourdement sur le dos tandis que la barre de fer s’échappait sur le sol.

La porte était ouverte, et ni une ni deux, la texane se retourna sur le ventre, et elle disposa la barre en métal dans l’alignement des portes. Et elle avait bien fait, car arrivée au bout de leur ouverture, les deux côtés se refermaient. Ils étaient maintenant stoppés par la tige en métal, laissant une ouverture suffisante pour passer. La jeune femme poussa un soupir de satisfaction en restant allongée sur le ventre, reprenant son souffle.

Tout cela avait fait sursauter Nelly qui se pencha sur le côté, tombant volontairement sur le flanc, pour essayer d’approcher d’elle et grignoter la distance. Elle ne parvint qu’à aggriper dans un geste compatissant son mollet qu’elle tapota de la main. Nelly avait les yeux vitreux et mi-clos mais elle était toujours consciente. Un étrange air de soulagement et de gratitude la gagnait alors qu’elle essayait de percer le voile opaque de son regard pour observer son amie.
« Pedge, ça va ? J’ai pas de zat...tu me forceras pas à te tuer...alors...on va s’en sortir toutes les deux, ensemble... »
« Ça va… », maugréa Pedge en se redressant. Elle ne comprenait pas le délire de Nelly, mais alors vraiment pas. « Je n’ai pas envie de mourir, alors je ne te forcerai pas à me tuer Nelly, enlève toi ça de la tête. Pas d’inhumation, pas de meurtre, pas de suicide, on repart d’ici toutes les deux vivantes. », fit-elle en se remettant près d’elle.
« Ok...Ok... » Souffla-t-elle en se redressant avec elle. « On est plus très loin du F-302. C’est devant, juste devant... »
« Ok. », dit la texane en se redressant et en aidant Nelly en même temps. Il fallait avancer, vérifier la position de ces six points. Six points comme : Jacobs, Candom, le contrebandier, l’autre connasse, Sheppard, et… Et qui ? Merde, est-ce qu’ils n’allaient pas tomber sur une escouade Wraith plutôt ? Il fallait être prudente !

END 22.04.2018.




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