Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Des recrues électriques

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Lun 25 Juin - 21:17
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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



Au premier ressenti, je me dis qu’il ne vaut mieux pas être claustrophobe.
Généralement, les installations militaires secrète sont couvertes d’un béton morne ou d’une toile de tente assez imposante. Du camouflage ou une solide installation. Mais là, c’est du métal solide à perte de vue. Tout en est composé : murs, poutres, plafonds, sol, portes. Et tout est fermé, pas une seule fenêtre, pas un courant d’air, strictement rien.

Certains soirs, ça m’arrivait de m’imaginer muté sur l’un de ces fameux bâtiments. Je me demandais comment je réagirai, comme j'appréhenderai ce nouvel environnement. Et maintenant que c’était le cas, j’étais loin de la réalité. Nous étions une bonne douzaine regroupé dans cette salle servant visiblement à l’arrivée par téléportation. Les gars souriaient, se regardaient en échangeant sur la toute première sensation de l’expérience.

La téléportation...sans le film de science fiction.
Cette vaste lumière blanche, pourtant peu aveuglante, qui remplace un environnement par un autre. Je me suis regardé les bras, les jambes, et tout était à sa place. C’était une technologie formidable, fantastique, et elle était à nous. Ca me faisait même oublier la seule intruse à mon bonheur ultime.

Penikett était dans la masse. Alors je préférais me faire discret pour l’instant en restant sur l’arrière du groupe. Je n’allais pas pouvoir me dissimuler bien longtemps et j’aurai forcément la réponse à ma question. Mais autant éviter de tenter le diable, là, maintenant que je pouvais observer les coursives.
Depuis l’une des portes ouvertes, une petite femme jeune apparut. Une gamine, ouais, on l’aurait cru fraîchement sortie des classes. Mais vu sa façon de bouger et le charisme qui émanait d’elle, je pense qu’elle avait dû voir de sacrés paysages.

« Bonjour tout le monde, votre attention. Je suis le sous-lieutenant Park, pilote à l’escadrille. Mais tout le monde m’appelle Blue. »

Elle regarda tout le monde, s’attardant un instant sur Chenoa en la trouvant tout aussi jeune qu’elle, puis reprit son discours :

« En attendant d’être reçu par votre supérieur, le chef d’escadrille Ross, je vais vous emmener au dortoir par affectation. Lester s’occupera du groupe Babord. Les Tribords, vous me suivez... »

Bon...c’est moi...et Penikett...
Merde, la voilà dans le même groupe. Si ça se trouve, je vais me retrouver avec elle et ça sera le début d’une merde pas possible. Enfin...j’ai pas peur d’elle. Et il est toujours possible qu’elle ne sache pas pour...mon passé. Mais je sais que ça va pas le faire...je suis quelqu’un d’autre et je suis prêt à affronter tous les risques...sauf celui-ci. C’est dingue...j’ai un foutu mauvais pressentiment.

Bon, je la suis comme un mouton.
Moi ça me plait, sérieux. J’ai trente berges et je suis aussi excité qu’une puce. J’ai l’impression de me trouver à une rentrée de classe lorsque l’on apprend et découvre l’endroit où on va évoluer. Je vois la chose exactement de la même manière. Nous sommes six au total, donc trois équipages de F-302, et je connais déjà deux têtes dans le lot : des mecs sympa. Ils sont déjà en train de déconner d’ailleurs.
On nous emmène dans le dortoir de l’escadrille tribord, un endroit plutôt sympa et convivial. Les lits sont en mezzanine, encastrés contre les murs, des tables au centre, un coin cafet avec une étrange cage. Au fond, des brises-vues qui dissimulent quelque chose, j’irai peut-être y jeter un oeil.

« En rang, je vous prie... »

Ok, là ça devient sérieux…
Les hommes se placent, le garde à vous en mode piquet se fait un peu naturellement même si la guide est du même grade. Et il y a un moment de tension. Une telle tension que je meure d’envie de dire une connerie, de rompre ce côté un peu trop protocolaire et froid.
Je sais que c’est con mais faire le cancre me donne sacrément envie à cet instant précis, sans vraiment de raison valable.

« Vous avez vos couchettes sur votre gauche. Sur le Dédale, nous les occupons par binôme pour ne pas nous mélanger en cas d’alerte. Je vais vous appeler par ordre d’affection d’équipage. Vous y déposerez vos effets personnels. »

La Blue en question consulte sa liste.
Elle donne l’air d’une étudiante celle-là, je me demande depuis combien de temps elle sert sur le Dédale. C’est une pilote en plus.

« Donc...en premier...Cliff Turner et Roy West. La couchette de droite. Au milieu, ce sera...Chenoa Penikett et... »

J’ai pas pu m’en empêcher. Me voilà à faire un cri de guerrier indien qui chante autour du feu. Je le voulais bien moins fort que ça mais, vu tous les regards qui se sont tournés sur mon “Hum-làlàlà Hum-làlàlà”, je me suis foiré comme un con. MERDE !!!!!
La Blue lève les yeux de son document et je crois que le sol s’effondre sous mes pieds quand elle déclare :

« Et Scott Greer... »

Là c’est tous les autres qui ricanent.
Instinctivement, mon regard dévie sur Penikett. Elle a pas changé depuis l’université, des traits plus construits c’est sûr, mais c’est la même en plus sérieuse. Je suis tellement dans la merde que j’en serre les dents en me demandant si elle va me reconnaître là...mais rien. Je regarde la pilote, elle est surement en train de me jauger. A l’USAF, l’élite des pilotes, au beau milieu d’un croiseur spatial : et je trouve le moyen d’en faire le con. C’est si débile que même mon guide ne comprend pas l’utilité de la moquerie.

« Un problème ?... »
« Ouais... » Que je m’entends dire à contre-coeur.

Ferme ta gueule, Scott. Ferme-là bien profondément.
Mais franchement, voler avec elle, je ne me vois pas le faire. Elle est trop proche de “l’historique” Joël Hicks. Bon sang, elle pourrait me griller alors que je suis à l’aube de la plus belle aventure de toute ma vie. Et les traits de son visage...on a beau faire, les Navajos, ça se ressemble sur certains côtés. Même les mimiques, la partie sauvage, ça doit être là en elle et c’est ce que je chassais à l’époque. J’en ai dégommé des tas comme elle, des nanas qui lui ressemblaient…
Merde quoi ! Dormir avec son petit corps au-dessus ? Bosser tous les jours avec elle ? Mais c’est quoi ce karma de merde ?!? Le bon dieu veut que je fasse un viol au beau milieu du dortoir et que je gueule un beau “AHA ! POISSON D’AVRIL ! EN FAIT, J’SUIS UN CRIMINEL REPENTI !!!!”.

Je peux pas la fermer, quitte à passer pour le gros sexiste des familles ! Je peux travailler avec elle, donner le change. Mais pas la laisser m’approcher. La complicité d’un binôme de chasse, c’est important pour le métier. Vous vous rendez compte du danger si elle me grille ? La laisser me côtoyer...comprendre que l’histoire de Scott Greer est bien trop plate pour être réelle ?

Et si ça revenait ? Bon sang, si l’envie de chasser le cul Navajo était plus forte que la voltige ?
C’est ça qui me motive. Je préfère être mal vu d’emblé que découvert. Penikett est une menace permanente si elle devient ma pilote. Et je suis un putain de danger criminel pour elle.
Ce n’est pourtant pas un manque de confiance en soi. Je ne suis plus Joël Hicks depuis longtemps. Mais c’est un constat flagrant. Je préfère encore passer pour un bâtard en disant :

« J’ai pas envie d’être la nounou d’une emplumée. Il y a moyen d’échanger avec quelqu’un d’autre ? »

Ca rit jaune à côté.
Un sorte de petit ricanement des collègues qui ne comprennent pas ma réaction. Ca n’aide pas à se sentir à l’aise et je sais que je le mérite bien, je regarde fixement Blue en essayant d’ignorer le regard de l’indienne qui doit se poser sur moi. Je dois dire que je me sens sale. Joël était la pire des ordures et auraient prit son pied sur le racisme. Mais c’était pas mon cas, pas le Scott que j’étais devenu. Voilà que je commençais à merveille mon intégration moi…

« C’est une farce, soldat ? » Fît Blue, très surprise.

Elle me fixa longuement en levant les sourcils puis ajouta :

« Binôme Penikett et Greer, couchette du centre. »
« Je déconne pas Blue, donne-moi quelqu’un d’autre. Je bosserai pas avec elle. »
« Soldat, vous allez vous conformer à votre affectation. »
« Ou sinon ? »

La tension venait d’atteindre son summum.
J’avais les poings serrés, la respiration lente mais régulière. Si le coup d’intimidation ne marche pas, il va falloir que je courbe le dos.
Il y avait une chance sur trois ! Une chance sur trois et je touche le gros lot !
La jeune se met à rire. A ce moment là, je sais que la sentence va tomber. On est peut-être du même grade mais elle fait simplement son boulot et c’est le chef d’escadrille qui va finir par bouger pour me meuler ma face…il va falloir que je cède.

« Soldat Greer...Scott, c’est ça ? »
« Ouais. »
« Le Dédale a sa propre tradition, sa méthode de fonctionnement. Si tu veux changer d’équipier, tu pourras toujours le demander au chef d’escadrille. Mais en attendant, tu devrais savoir que les sanctions touchent toujours le binôme responsable du manquement. Alors pour ton manque de respect, tu as gagné le droit d’aller chercher ton équipement sans aide...avec mademoiselle Penikett. »

Je sens le sang quitter mon visage.
Blue a l’air sérieuse. Mais c’est dégueulasse…

Chenoa n’a rien fait, elle a même pas sorti un mot et la voilà punie avec moi ? Qu’est-ce que c’est que cette escadrille de merde ?!?
Je secoue négativement la tête avec l’envie de protester mais je n’ai visiblement pas le temps. Elle m’arrête d’un signe de main, l’air goguenarde, comme si j’étais le péquenot du coin qui tentait d’entrer dans la cour des grands en montrant les trois poils naissant de son torse. Elle se marre d’une façon bien subtile : je suis grillé à mille lieux, mon “racisme” ne prend pas. Je le vois dans son regard, elle ne sait pas pourquoi je joue ce délire mais elle va me contraindre à faire exactement l’inverse. A communiquer avec Penikett au lieu de la fuir.

J’ai toujours pas envie de faire le type raisonnable. Mais ça me défrise encore plus de me dire qu’elle se fait sanctionner par ma faute. Coté réputation, je l’éclabousse direct alors qu’elle n’a même pas encore posé les valises. Je serais à sa place, j’aurai déjà les projets de meurtre qui germeraient.

« C’est moi le responsable...pas elle. »
« Il fallait y penser avant. Maintenant assume. » Son regard est plus dur, le ton devient pleinement protocolaire. C’est la fermeture des écoutilles... « Greer, Penikett, trouvez l’intendant général pour obtenir votre dotation pilote. Il s’appelle Albert Mauray. Je vais m’assurer que le Pôle-Com et le personnel ne vous aide pas. Et puisque vous avez votre entretien dans une heure, je vous conseille de faire vite...Le lieutenant Ross n’est pas un officier qui aime attendre. »


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Mar 26 Juin - 21:40
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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



C’était le fameux jour de la répartition des binômes. Chenoa allait connaître avec qui elle allait devoir bosser pour les mois à venir, et comme c’était là sa première affectation, elle était plutôt contente, voir impatiente, quoiqu’un peu stressée. Si ça ne tenait qu’à elle, elle aurait préféré être seule dans son appareil et gérer l’ensemble des données à sa façon, mais les F-302 étaient conçus pour avoir un pilote et un copilote. Le vaisseau était trop classieux et tendance pour faire la fine bouche, et elle avait hâte de retourner dans les cieux avec cet appareil. Cela faisait quelques jours maintenant qu’elle était affectée au Dédale, et avec les préparatifs, le départ, le voyage et tout le toutim, elle n’avait pas volé depuis quelque temps et ça lui fourmillait déjà dans les guiboles. Elle avait de la chance d’avoir comme passion son métier, bien que la chance, elle l’avait provoquée. Elle était même allée la chercher par la peau des fesses pour qu’elle ne la lâche pas en court de route.

L’effectif était réuni pour les affectations. La jeune femme était sur le devant du groupe, plutôt encline à se montrer qu’à se planquer. La personne en charge du dispatch arriva et comme tous les autres, l’amérindienne fit un salut respectueux comme il était de rigueur. Ensuite, elle fut entraînée dans le groupe Tribord. Tribord. L’Est. Ça lui allait bien, c’était un bon présage. L’excitation gagnait en amplitude. Ce n’était pas rien la première affectation ! Elle allait être dans une unité de combat opérationnelle et non plus coincée dans un centre de formation avec des recrues qu’elle ne reverrait peut-être pas selon leur destination finale. Là c’était du sérieux, c’était comme si elle prenait le job pour la première fois et qu’elle découvrait ses collègues, ses locaux, sa prochaine vie quoi.

Blue aligna tout le monde. C’était parti pour le spectacle. Seulement, Penikett était à milles lieux de penser que ça allait tourner au show merdique. Ce n’était pas évident de rester dans le moov de l’élève sérieuse. Elle avait envie d’étudier le décorum, de parier sur sa couchette, espérant se retrouver en haut et pas en bas… Bon, il y avait cinq mecs avec elle, donc elle allait devoir faire preuve de mixité. Cela ne la dérangeait pas outre mesure. Ça faisait maintenant presque quatre ans qu’elle était dans l’armée et c’était son quotidien désormais.

Blue leur donna quelques indications, expliquant qu’ils dormaient par binôme pour ne pas se mélanger en cas d’alerte. C’était une précaution un peu surfaite selon la jeune femme parce que quand même, il ne fallait pas être bien intelligent pour reconnaître son binôme dans le foutoir. Mais qu’importe, c’était une façon comme une autre de classer les gens, et puis ça permettrait de développer une forme de proximité avec son copilote, ce n’était pas un mal. Tant qu’il ne ronflait pas… Voilà, c’était à elle. Blue annonçait avec qui elle allait être quand quelqu’un, vite identifié, s’amusa à faire l’indien. Sérieux ? Même ici ? Les sourcils de la jeune femme s’arquèrent sous la surprise tandis que son visage assez neutre prenait des reliefs de contrariétés évidents. Elle inspira profondément en dévisageant le type, Greer apparemment, qui venait de faire le mariole.

Apparemment, il a un problème. Et quand il exprima son problème, elle était à deux doigts de lui rentrer dedans, mais Blue semblait ne pas se laisser faire. Elle lui demanda si c’était une farce. Non mais sérieusement ? Il venait de la traiter directement, sans vraiment plaisanter, et il ne se passait rien ? C’était quoi ce racisme de merde toléré et admis ? Elle était tentée d’intervenir mais cela allait ajouter de l’huile sur le feu. Seulement voilà, la situation empira quand elle se retrouva punie avec lui. Cette fois, c’était assez injuste, et elle ne l’entendait pas de cette oreille.

« Non mais attendez, sauf le respect que je vous dois, et qu’on ne me doit pas manifestement, c’est injuste. Le gars il aurait fait le singe si j’étais black, ce serait passé aussi ? C’est abusé ! Je ne suis pas d’accord. »

Franchement, ça la foutait hors d’elle. Entre les deux crétins qui se marraient comme des perroquets dès que l’autre ouvrait la bouche, et les allusions qui restaient en suspens, et qu’en plus, elle prenne la sauce alors qu’elle était visée, c’était dur à encaisser.

Blue la regarda avec une esquisse de sourire, confirmant bien que ce n’était pas juste et qu’elle compatissait...mais jusqu’à une certaine mesure.
« Il n’y a pas de racisme à bord et ça ne sera pas toléré. Vous aurez la possibilité de vous plaindre auprès de votre chef d’escadrille. En attendant...c’est le binôme qui morfle. Vive la tradition spatio-navale. » Elle lui fit un signe de tête. « Serrez les dents en attendant, sous-lieutenant Penikett. »

« Vive la tradition spatio-navale dans ce cas. Merci. », fit-elle sèchement. Manifestement, elle n’avait pas de temps à perdre puisque ce dernier lui était compté. Chenoa mit ses affaires sur sa couchette du haut et pris la porte. Cependant, elle l’attendait, son binôme.


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Mer 18 Juil - 18:50
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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



Là, je sais plus où me foutre.
J’ai l’impression d’être un gamin à qui ont a tiré l’oreille et l’assurance de la jeune fait froid dans le dos. Elle doit se gargariser et je me retrouve direct avec Penikett dans les pattes alors que je voulais l’esquiver. Quand je pose mon baluchon sur le lit, j’évite de la regarder jusqu’à ce que nous soyons sorti. Le sas se ferme dans mon dos et je regarde la coursive à droite puis à gauche. C’est un putain de labyrinthe. On ne sera pas à notre entretien dans une heure...le Dédale est immense.
Fatalement, je croise le regard de l’indienne. Elle m’attends au tournant ! Ca déclenche un nouveau malaise et je me pince les lèvres, le côté connard veut me remplacer mais je me fais violence. Je me frotte nerveusement les mains avant d’offrir à ma nouvelle collègue un demi-sourire défait.

« Hum. Bon. Regarde le bon côté...t’es la première de notre groupe à pouvoir visiter librement le croiseur. »

Même pas en rêve je retourne son ciboulot avec une réplique aussi nulle. Le problème, c’est que je n’ai rien d’autre au magasin. Blue m’a bien eu...on va devoir faire équipe pour être dans les temps. Je peux pas m’empêcher de la titiller un peu plus cela dit. C’est peut-être une ouverture pour tempérer un peu les choses non ?

« Si ça peut te rassurer...je sais pas faire le singe... »

Librement, Chenoa n’était pas sûre d’apprécier le qualificatif. Elle ne l’était pas, puisqu’elle devait se trainer ce boulet au pied. Et dire que ça allait être son copilote ! Mais ils allaient bien se marrer tous les deux, entre deux blagues racistes. Elle ne répondit pas, se contentant de le toiser avec un air meurtrier, cherchant la bonne réplique, qui vint toute seule alors qu’il reprennait ses propos :

« Ben écoute Adolfi, tu pourras t’entrainer avec tes potes Himmler et Goebels, ils avaient l’air de bien se poiler quand tu sortais toute ta merde. », fit-elle avec un rictus mauvais. Elle pourrait lui bouffer le nez pendant deux heures juste pour le faire chier, mais il fallait retrouver leur équipement, sans aide, dans un foutu labyrinthe.

Géniale la réplique.
Non, sérieux. Question répartie, c’est pas mal du tout et ça me tire le sourire. En plus, je suis certain que ça va l’énerver encore plus de me voir me bidonner. C’est quand même cool qu’elle ait du répondant, au moins ça prouve un peu plus qu’elle n’est pas là au hasard.
« Oh...pauvre petite squaw tristounette, tu ne veux pas mon épaule pour pleurer aussi ? »
Chenoa fit un “pfff” blasée en guise de réponse en secouant la tête d’un air dépité. Elle ne connaissait pas encore ce mec mais elle l’avait déjà dans le nez. En même temps, il ne faisait rien pour que ça se passe bien, pas même ne s’excusait-il. Il l’avait taclé gratuitement, et cela devait démontrer d’une haine raciale assez avancée, sinon pourquoi lui tomber dessus directement comme ça ?

C’est pas tout mais il faut avancer. Je choisis une direction au pif sans vraiment demander à ma pilote du moment.
« Sérieux Penikett. On peut bien s’entendre juste le temps de trouver ce foutu équipement et de demander à Ross de nous changer d’affectation non ? Ou alors on se tire les couettes dans le couloir d’à côté, comme tu veux... »

Chenoa prit l’autre direction, histoire de l’emmerder.
« C’est par là l’facho. », dit-elle sans rien ajouter de plus sur un ton tranquille. Elle cherchait juste à l’embêter maintenant. Elle ne comptait pas suivre sa direction, et s’il fallait, elle se débrouillerait toute seule. De toute façon, foutue pour foutue. Elle était curieuse de savoir s’il allait la suivre ou pas, histoire de voir s’il était réellement content de se débarrasser d’elle d’entrée de jeu ou pas. Après tout, elle aimerait bien savoir quel était le fond de son problème.
« Gnéééééé...c’par’là l’facho ! »

Question puéril, on fait pas mieux que moi.
Elle gagnera pas en se mesurant comme ça sur MON terrain. Mais en la voyant se barrer dans l’autre sens, je m’arrête un instant, d’abord content qu’elle se casse. Mais là je me mets à réfléchir. Visiblement elle ne m’a pas reconnu, c’est un bon point...et si on s’entraide pas pour trouver cette foutue intendance, je vais surtout cumuler les billes pour mon départ. Elle le sait la garce, Blue l’a forcé à encaisser la punition mais ce n’est que du vent pour elle. Chenoa est pas conne...enfin je crois. Elle sait bien que ça tient qu’à un mot : bizutage. Moi...c’est une autre histoire. Je vais finir par me faire lyncher si je deviens pas vite un peu plus malin.
Demi-tour rapido, je la rejoins à grand pas.
« Et comment tu sais que c’est par là ? C’est ton grand manitou qui te le chuchote à l’oreille ? Ou la “brise du vent chantant” qui “t’appelle” depuis ces aérations artificielles ? »
Je reste moqueur pour la forme. J’aimerai bien voir jusqu’où va sa répartie à l’indienne…


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Mer 18 Juil - 19:05
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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



Un sourire satisfait bariola le visage de la jeune femme. Tous les mêmes. Des grandes gueules de fachos qui n’ont rien dans le pantalon quand ça devient plus complexe que de proférer des idioties sur une personne simplement parce qu’elle est d’une couleur de peau différente. Elle secoua la tête en l’entendant débiter d’autres conneries. Elle avait du mal à comprendre comment monsieur tête de noeud était arrivé sur le Dédale, à ce poste.
« Non, nous avons un proverbe nous autres Navajos. », commença-t-elle. Elle se tourna de moitié vers lui pour le toiser et pour lui donner ce fameux proverbe mais il lui coupa la parole, fidèle à sa connerie.
« Qui a le cul qui gratte le soir, à le doigt qui pue le matin ? » Lançais-je souriant comme un gamin.
« Non ça c’est un proverbe de cours de récréation, là où tu as dû passer le plus clair de ton temps Adolfi. Bref, c’est par là. », dit-elle en mettant un coup de tête vers le couloir en question, et en l’empruntant dans la foulée.
« Tu es en train de t’abaisser à mon niveau, l’emplumée. Tu as rien de mieux au magasin ? »
Mauvais constat. La répartie est sympa mais c’est du gentillet. Je suis affublé d’un prénom de criminel de guerre, ironique quand on y pense non ?
« Il faut toujours que l’intelligence supérieure descende au niveau de celle en dessous, parce que l’inverse n’est pas vrai. », répliqua-t-elle du tac au tac. S’il voulait continuer à lui chercher des poux, elle était toute disposée à lui répondre pied à pied. Au coude suivant, elle prit à gauche. Ça lui disait vaguement quelque chose.
« Si c’est ça, ton fameux proverbe, on est pas rendu Penikett. »

J’avais tellement envie de lui demander si elle faisait autant la maline, il y une décennie, quand toute l’université de Denver voulait lui passer dessus suite à l’élégant surnom dont je l’avais gratifié. Je me sentais de moins en moins à l’aise, le connard avait une curieuse envie de faire surface en restant braqué sur son côté pète-cul “je te suis supérieure”. J’avais la réplique cinglante, parfaite, qui lui aurait fait passer cette petite assurance. Un bon coup de masse sur le sol pour ouvrir un gouffre sous ses pieds et lui rappeler que, moi aussi, je suis malin...mais pour faire des saloperies.
Mon regard s’arrêta sur l’une des salles dont le sas était ouvert. C’était une blanchisserie. Peut-être dans le thème de l’intendance mais ça ne me disait rien de bon, je n’avais vraiment pas l’impression d’être au bon endroit. Il y avait même des couloirs donnant sur des hublots d’observation et de grands vitrages.
« Ca se voit que tu es pas coco. Tu es en train de nous paumer !!! »
« Pas du tout. », répliqua-t-elle distraitement en observant son environnement. « Tant que je suis le proverbe, je ne suis pas perdue. », répondit-elle avec un sourire mutin. N’empêche, elle ne savait pas du tout où elle était, mais ça lui arracherait la gueule de l’avouer à Adolfi. Alors, autant rester concentrée, et le mener en bâteau avec son fameux proverbe dont elle ne lui avait pas encore révélée la teneur, histoire de le faire mariner un peu. Elle ne savait pas du tout ce qu’il voulait dire par “coco”, mais elle s’en foutait, ne souhaitant pas donner du grain à moudre à cet homme qui en profiterait pour se foutre de sa gueule un peu plus. Tant qu’elle avançait, elle avait des chances de croiser quelqu’un pour lui demander une direction. Donc, tant qu’elle pouvait avancer, elle n’était pas perdue. C’était aussi simple que ça, et si l’autre pensait le contraire, ça lui ferait travailler son ulcère, ce n’était pas son problème.

Ayé ! C’est parti l’esprit Amérindien ?
Tant que je suis le proverbe, je ne suis pas perdu ? Soit je suis con comme une buse, soit elle me prend pour une buse. Je sens déjà que je commence à monter dans le compte-tour. Elle se balade dans les coursives en mode impératrice alors qu’elle a le GPS qui arrête pas de lui gueuler de faire demi-tour. Ma montre, elle, elle nous gueule qu’on joue les touristes depuis dix bonnes minutes et qu’on ferait mieux de prendre les choses sérieusement.
« C’est ça ! Et moi la force est de mon côté. Je suis sûr que si tu rejoignais le côté obscur, ils seraient foutus de nous payer pour qu’on te récupère. »
C’est déjà assez. Il y en a pas un, quelque part, pour nous renseigner ?
On s’est tellement bien paumé que c’est désert question équipage...sauf la blanchisserie, il faut que j’y retourne.
« Arrête de faire ton illuminée, t’es plus dans ta réserve mais dans une boite de conserve géante ! »
Il faut avouer, je suis en train d’évacuer gratuitement ma frustration sur elle. Si Joël Hicks ne s’était pas simplement intéressé aux culs des Navajos, je crois bien que ça m’aurait plu de savoir pourquoi ils pensent comme ça. Penikett a pourtant l’air de connaître le monde civilisé tout autant que moi mais ça l’empêche pas de parler à énigme. J’ai quand même une pointe d’intérêt sur le principe qu’elle doit avoir en tête et c’est justement ça qui me dérange. Là, je suis en train de faire connaissance d’une certaine manière alors que je rêve de la dégager. Qu’on me file un foutu américain qui jure, qui crache, qui chique et qui crie “Vive Custer” quoi. Pas le dernier guide Cherokee en vogue.

Et dire qu’elle faisait exprès de parler de la sorte rien que pour le faire chier, et cela fonctionnait. Elle s’amusait beaucoup sur le moment, le laissant croire ce qu’il voulait sur sa façon de procéder. Elle était même tentée de lui répliquer qu’elle ne connaissait pas ce qu’était le côté obscur, histoire d’enfoncer le clou sur la pauvre indienne sortie tout droit de sa réserve et qui ne connaît rien au monde, mais il était tellement bavard qu’il enchaînait déjà, lui causant de sa réserve justement.
« Justement, ça me connait. Toi, tu as l’habitude du vaaaaste monde, tu es complètement paumé dans un endroit pareil. », répliqua-t-elle sur un ton aigri alors qu’il allait demander son chemin à la blanchisserie.

« Eh les mecs ! L’intendance est par où ? »

Les quelques gars qui sont en train d’évacuer le linge des grandes machines sourient en secouant négativement la tête. Putain, la consigne de Blue est déjà passée. On se trouve dans une sorte de porte avion spatial et tout l’équipage sait déjà qu’on doit galérer seul.

« Tu peux me dire au moins si je chauffe ou si je refroidis. J’ai la gonzesse d’à côté sur le point de chialouser ! »
« Ah ben tu vois, eux aussi ils connaissent le proverbe, c’est pour ça qu’ils ne veulent pas te répondre. Vous avez raison les gars, laissez le facho dans la merde, c’est sa tête qu’il joue. », ajouta Penikett à l’endroit des blanchisseurs, en reprenant sa route. De toute façon, il n’y avait que le hasard pour les guider maintenant, si personne ne voulait leur indiquer la route. Ils étaient biens punis.

Si je n’avais pas eu les yeux qui trainaient, je pense que le “pétasse” serait sorti facilement. C’est qu’elle se défendait la conne, j’avais du mal à délimiter mon terrain jusqu’à ce que je tire la carte Joker.
« Penikett ! » L’appelais-je soudainement.
« Quoi ? Tu as trouvé une boussole ? », répliqua la jeune femme sans se retourner. Elle n’avait pas envie de lui faire se plaisir, et elle s’en foutait de se taper l’affiche dans le couloir. Elle ajouta d’ailleurs : « Ah non je sais ! Tu as vu des signaux de fumée et tu penses que je vais pouvoir les interpréter ! C’est ton cerveau qui chauffe mec ! »
« Chenoa ! » M’écriai-je différement.
Merde quoi, elle va se retourner ou disparaître cette foutue emplumée abrutie ?!?
Cette fois, elle se retourna quand même en s’arrêtant : « Tu as perdu ton doudou ? » Elle ne lui épargnerait rien.
« Un : Va te faire foutre Penikett. Deux : Va te faire foutre !!! Et trois ! Il y a la putain de boussole, les signaux de fumée et le guide au même endroit !!! »
Elle marquait le point, j’avais les joues bien rouge et je crevais d’envie de l’abandonner comme une conne dans la coursive. D’ailleurs c’est ce que j’aurai dû faire, disparaître comme ça pour arriver le premier, et sans elle, avec mon pactage. J’étais en train de me demander pourquoi j’étais en train de jouer le jeu tout en me calmant. Bon, l’insulte c’était peut-être pas la meilleure idée mais si elle pouvait se reconcentrer deux minutes…
Il fallait qu’elle me rejoigne là, qu’elle voit par elle-même discrétos ce que j’étais en train de voir. Du coup je lui faisais un signe de tête discret l’invitant à revenir.

Au deuxième va te faire foutre, elle était tentée de reprendre son chemin et de le planter là, mais son “trois” interpella sa curiosité, surtout quand il le ponctua d’un petit signe de tête discret. Qu’est-ce qu’il avait vu encore ? Si c’était pour se foutre de sa gueule une nouvelle fois, elle allait lui en coller une. Aussi, tout en revenant vers lui, elle dit :
« C’est bien, tu commences à révéler ta vraie nature, tu es beaucoup moins poli maintenant. J’ai hâte d’en arriver au moment où tu vas m’en coller une. Quel schéma classique sérieux. Vous les fachos, vous tapez sur les femmes, mais j’aurai été un mec, tu ne te serai pas permis le quart de ce que tu as fais. Ça en dit long sur les gars de ton espèce. Mais vas y, suit ton schéma, moi je m’en cogne, c’est pas moi qui vais sauter de ce rafiot. J’sais même pas pourquoi je reviens vers toi, c’est vrai quoi, le proverbe dit bien que si tu suis l’homme blanc qui pue de la gueule, tu vas dans la mauvaise direction… Alors c’est po... »
Mais...mais qu’est-ce qu’elle foutait ?!?
« Tu la ferme deux minutes, ta grande gamelle oui ?!? Je suis sérieux là !!! »
Non là, on reprendrait plus tard. Je me rapprochais d’elle, tournant le dos à la blanchisserie où les manoeuvres continuaient leurs boulots.
« Le fond de la salle Chenoa, le monte charge, ils passent le linge au-dessus... »
Putain, on marche sur la tête ! Me voilà en train de chuchoter le plan comme un gamin, comme si c’était la voisine avec qui j’allais jouer à cache-cache.
« Et si on suivait le linge au lieu de s’emmerder ? Une mission infiltration ça te dit ? »
Faut dire que j’avais le côté gamin qui trépignait d’impatience. Ils laisseraient jamais deux recrues toute fraîche se balader dans les aires de service. Mais ce linge là, ça devait forcément retourner à l’intendance ou dans une réserve proche non ? Je crevais d’envie de leur passer sous le nez aux manutentionnaires, rien que pour le délire. Je suis pas agent secret mais, bon sang, on a juste à suivre le chemin.
« Enfin... » J’ai un léger sourire. « Si tu es capable de supporter mon odeur et fermer ta grande gueule... »

Chenoa observait la salle et le transit du linge. C’était qu’il pouvait servir à quelque chose ce demeuré quand il voulait. L’idée n’était vraiment pas bête. L’intendance devait bien recevoir et traiter le linge à dispatcher ensuite. Tout devait transiter par ce service, ou du moins, s’en approcher et peut-être qu’en suivant le linge, ils tomberaient sur un gars de l’intendance et il n’y aurait plus qu’à le suivre, si vraiment ils n’étaient pas au bon endroit.
Elle lui fit un sourire en retour, histoire de marquer le coup. Il avait bien entendu la teneur de son proverbe, et cela la faisait marrer.
« On sera dans de la lessive propre, ton odeur devrait être masquée. Et si tu ne me fais pas chier, y a aucune raison que je parle. », répliqua-t-elle en cherchant du regard un angle d’attaque pour la mission d’infiltration qui se préparait secrètement.
« De toute façon, il y a assez de draps pour te bâillonner. Après tout, les fachos comme moi, ça sait s’y prendre avec la gonz... »
« Chut, ta gueule, tu recommences à perdre ton temps à parler inutilement. Soit efficace, ça te réussit bien. », le coupa-t-elle.
« Ah parce que tu veux de l’efficacité hein ???... »

Je sais que c’est pas bon.
Je sais que je démarre au quart de tour et qu’il faut surtout pas que je fasse ça. Mais franchement, j’ai envie de lui en boucher un coin. Je sais même pas pourquoi. Je la repousse sur le côté et j’entre pour approcher de la machine la plus proche. La grande qui tourne avec un tas de linge à l’intérieur. Une chance, les émanations de vapeurs forment un brouillard qui me couvre un tant soit peu. Je passe derrière l’énorme machinerie et j’empoigne le câble d’alimentation avant de sortir mon couteau. Il faut tirer d’un coup sec pour entamer le gainage et créer un court circuit. C’est Joël qui faisait ça…
Il n’y avait pas mieux pour piquer la caisse d’un commerce. Je faisais péter les plombs, les caméras sautaient, et pendant que le gérant gueulait en vérifiant ses fusibles : tada !!!
Sauf que là, j’ai peut-être oublié que ce n’est pas un commerce mais un vaisseau. Il y a eu un énorme PANG !!!! qui a fait sauté la lumière...mais moi aussi dans le lot.

Pourtant le couteau est isolé mais là, je comprends pas. Les techniciens se posent quelques questions, ça s’agite, l’endroit est juste éclairé par la lumière de secours. C’est parfait pour aller se planquer jusqu’au monte-charge. Mais je dois dire que j’ai pas si bien réfléchis...parce qu’en me prenant ce coup de jus, je suis encore en train de me demander où est-ce que j’habite.

Chenoa trépignait d’impatience tout en se demandant ce qu’il foutait. Quand elle vit les plomb sauter et Greer passer au second plan derrière la machine, elle en vint à la conclusion que ce con venait de faire péter les plombs mais qu’il s’était pris un coup de jus en passant.
« Payes ton efficacité... », maugréa-t-elle en lorgnant du côté des techniciens. Elle sentait qu’il fallait se grouiller. La jeune femme se précipita dans la pièce, profita de la pénombre et de la vapeur pour emprunter le même chemin que lui, et arriva à sa hauteur :
« Hey Adolfi, t’es vivant ? », lui demanda-t-elle en se penchant un peu vers lui, dans un murmure à peine audible pour ne pas se faire griller.

A moitié sur le dos, le couteau fumant encore en main, je vois sa silhouette penchée au-dessus de moi. Je ne peux pas m’empêcher de lui répondre :
« Putain, t’étais pas un cauchemar en plus ! »
Un rictus s’alluma sur le visage de la jeune femme qui le toisait d’un air amusé :
« Et si, c’est Coyote qui joue avec toi. », et elle le laissa en plan pour chercher une planque dans les immenses panières de linge qui empruntaient les montes charge. La première venue et qui sentait bon fut la sienne, et elle se hissa dedans en basculant tête la première dans une myriade de… sous-vêtements masculin. Bon, heureusement, ils étaient propres…

« Salope... »
Dans le sens affectueux du terme non ?
Qu’est-ce qu’elle me raconte avec son coyote ?!?
Quand je la vois se barrer comme ça, l’insulte fuse plus pour moi que pour l’insulter directement. Je serre les dents pour me remettre debout. C’est que ça tangue maintenant, je pensais pas me prendre un coup de bourre pareil. Le temps que je range le couteau, je longe également en prenant le même chemin qu’elle et je la vois disparaître dans une panière sur roulette. La façon dont elle s’enfonce me fait marrer...jusqu’à ce que je vois un technicien arriver devant.
Non..non..non...mais il fait quoi lui ?!? Il pousse la panière ???? Mais pour où ???
LE SÉCHOIR ?!?

Je ne sais pas s’il la voit avec l’obscurité mais le séchoir, il l’amène jusqu’à ce gros truc avec le bras articulé pour la balancer dedans. L’éclairage est toujours éteint, les machines à laver sont raides...mais alors pourquoi ce truc tourne encore ???
Je sens bien le drame arriver...une Chenoa qui sort soudainement de sa panière et la sécurité qui débarque pour savoir ce qu’on fout...avant de voir que je porte un couteau...et que l’alimentation a été sectionnée derrière une machine...MERDE !!!

C’est excitant dans un sens. Je me vois bien aller me planquer vers un des paniers les plus proches du monte-charge, avec des vêtements secs, pour lui faire des grands coucous et un doigt d’honneur au passage. Mais ce qui me vient surtout en tête, c’est qu’elle est allée vérifier si j’étais vivant. Elle aurait pu se barrer d’emblé sans se demander si j’étais devenu une merguez humaine.
A pas de loups, j’essaie d’approcher au plus près. Au fond, sur la droite, la majorité des techniciens s’activent sur un tableau d’alimentation en usant de torches, ils semblent en communication avec l'ingénierie. Il n’y a que ce mec, forcément un connard qui fait du zèle pour bosser dans l’obscurité. Il faut que je l’occupe mais...comment ??? Je vais pas encore sortir mon couteau et…

Je me rends compte que la desserte qui se trouve à côté est chargé de lessive, de bidon métallique et d’autres trucs mystérieux. Je devrais réfléchir mais je n’ai plus le temps...je fous un bon coup de pied dedans pour le faire tomber et je me casse en vitesse vers le monte charge. Le boucan devrait suffire pour rameuter le bourreau de la lingerie non ?
Je me planque derrière quelques panières en regardant dans la direction du séchoir. Démerde-toi maintenant, Penikett, ou va rejoindre ton putain de Manitou dans le grand séchoir du Dédale !!

Ils sentaient bons certes, mais ils étaient surtout bien trempés. Chenoa en venait à la même conclusion que Greer concernant sa destination, quand elle sentit qu’on mettait en branle le panier dans lequel elle se trouvait. Elle allait passer au sèche linge, et elle préférait encore se faire démasquer que de finir cuite à l'étouffée dans une machine géante. Seulement, du boucan se fit entendre et sa progression s’arrêta subitement. Un type gueula sur la droite, avertissant les autres que la lessive s’était renversée. Il jurait, annonçant déjà une journée de merde avec toutes ces couilles en série. En plus, bonjour la chiotte à nettoyer… Ça allait mousser, et il allait falloir des tonnes d’eau pour l’évacuer.
L’indienne n’en demanda pas plus et elle s’extirpa de son panier pour retomber souplement sur ses jambes. Elle était grande, et pour le coup, ce n’était pas plus mal, car l’air de rien, les contenants étaient assez importants. Elle fila directement vers le monte charge, afin de prendre place dans un panier déjà chargé. Au moins, elle était sûre que lorsque le courant serait rétablie, elle prendrait la bonne direction. Elle avait jeté un coup d’oeil ici et là pour essayer d’apercevoir Scott, mais elle ne le vit point. Elle était pourtant persuadée qu’il était à l’origine du renversement accidentel de la lessive mais où est-ce qu’il s’était planqué ?
C’est là qu’une masse supplémentaire la rejoignit dans la même panière.
« Même pas en rêve je me fous la gueule dans les soutifs. Fait de la place Penikett !!! »
« Oh sérieux ? Tu es gay ? Merde alors. Ton côté facho, c’est pour qu’on ne te démasque pas ?! », fit-elle railleuse en se bougeant pour pas qu’il lui tombe dessus.
« Tu crois que je vais me risquer à les renifler ? Ca se trouve, ils partent pour la machine ceux-là ! »
C’était devenu soudainement très étroit. Elle était plus grande que je pensais l’indienne. Sa souplesse pour se barrer de la panière m’avait plutôt surpris mais en revanche elle était bigleuse.
« Range tes cannes merde ! Sinon je m’assois sur toi ! »
« J’fais ce que j’pe... »

ET PAFFFF !
L’éclairage revint avec plusieurs expressions soulagées de la part des techniciens. Là j’ai déjà finis de m’installer en essayant d’éviter les frontières personnelle de la piplette. J’en mène vraiment pas large et je me surprends à échanger un regard tendu avec elle. On va finalement nous monter ou pas ?!?
La réponse arrive très vite avec le déclenchement du monte-charge qui s’élève doucement, la loupiote orange éclairant l’endroit par rotation. Je finis par souffler, content d’avoir réussi ce coup...n’empêche...un vrai jeu de gamin.
Je recroise Penikett qui a joué le jeu et j’ai un sourire malicieux qui me vient. On va trouver l’intendant tout seul et, en prime, on s’est tapé notre délire d’infiltration. Le Dédale...ce bac à sable quoi !

La jeune femme n’en menait pas large, mais elle s’amusait bien. Dommage que cet empafé soit venu dans SON panier, sinon elle aurait gueulé un truc du genre : “il est là bas” en le désignant alors que son monte charge était en train de prendre la poudre d’escampette. Mais maintenant, si elle faisait ça, elle était bonne pour se faire attraper elle aussi.
Bref, l’essentiel était quand même de trouver l’intendance pour récupérer le matériel et de limiter la casse quant au retard qu’ils allaient forcément avoir, même s’ils avaient gagné du temps avec ce moyen. Rien ne garantissait cependant qu’ils allaient au bon endroit. La montée semblait interminable, et Chenoa regarda autour d’elle, dans ce panier pas si grand quand on était deux dedans. Elle prit un soutif au pif et le passa sur ses seins :
« T’en penses quoi ? Parait que les gays sont de bons conseils sur la mode. ». C’était de bonne guerre, non ?


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Recrues électriques

Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



Je crois bien que j’aurai joué le jeu. Je crois.
En faisant une voix bien stéréotypée, j’aurai balancé vaguement la main de manière efféminé en disant que le “terne réglementaire” mettait sa trogne d’indienne en valeur. Le genre à faire un petit coup de théâtre pour le délire. Mais en fait, je crois bien qu’elle est un peu trop proche de moi, là.
La dernière Navajo, je l’avais choppé au lassot à la façon cowboy et je l’avais saucissonné...au propre comme au figuré. Eh, je devrais pas y penser. C’était Hicks, pas moi. Mais là, le coup du soutif me fait bizarre, comme si j’avais soudainement un trait de parano en me disant qu’elle me provoquait, juste pour voir si j’étais bien fêlé.

Le temps que je me reprenne, je secoue négativement la tête à la recherche d’une connerie à lancer, ou une moquerie, quitte à faire diversion. Mais finalement, c’est le monte-charge qui me l’offre : il s’interrompt soudainement une fois arrivé dans une centrale...de tri !!
Une machine choppe notre panière en ayant rien à faire du poids et ont se retrouve soudainement dans un immense champ de vêtements avec différents tapis roulant et des bras robotisés qui font un tri direct.

« Heu...Chenoa ?!? »

Pourquoi ce bordel la fixe comme ça ?
Pourquoi y’en a un qui fait pareil avec moi ?
Là ça pue. Le bras robotisé arrache le soutif des mains de l’indienne tandis qu’un autre me choppe par le calbut et me soulève comme une plume.

« MERDE !!! AAAAHHHH ! »

Je me fais balancer dans un immense container. Là, une étrange machine rectangulaire bien bruyante avale une quantité considérable de vétements pour les ressortir tout fin, replié...ET REPASSE !! Je suis encore en train d’essayer de me dépêtrer de ces sables mouvants fait de tissus alors qu’un bras robotisé semble “adorer” la veste réglementaire de Penikett.

Même pas le temps de déconner, que le monte charge s’arrête. Enfin, l’espace d’une seconde, pas plus. Et voilà qu’elle se retrouvait sur un tapis roulant dont la première vocation semblait être celle d’opérer un tri des vêtements. Adieu le soutif, il s’envola des mains de Chenoa qui ne le tenait pas fermement, heureusement. Au moins, elle ne subit pas le même sort que Greer qui se retrouva expédier par un bras robotisé. Il devait y avoir un système de sécurité ou une connerie comme ça, non ? Ça n’allait pas s’en prendre à des humains ?! Si ?!
« Hey, mais casse toi ! », protesta-t-elle alors que le bras venait de lui attraper la manche et tirait dessus. Il foutait quoi ce con de robot ?? Sans trop laisser le loisir à l’appareil de lui retirer quoique ce fût, l’indienne balança un formidable coup de pied sur la partie latérale du bras qui se dévia de sa trajectoire sur son articulation mécanique. Aussitôt, une alarme se fit entendre, et l’ensemble de la chaîne de triage s’arrêta de fonctionner. Il y avait une anomalie de fonctionnement et cela nécessitait le contrôle par des techniciens. Jamais, de mémoire de robot, un linge s’était défendu !
« Faut qu’on se tire vite fait d’ici ! », fit-elle en se penchant pour lui tendre la main et le remonter vers le tapis roulant.

Franchement, j’aurai pas voulu être le mec qui aurait reçu un tel coup de pied dans les roustons. C’était à se demander si elle n’avait pas travailler le geste juste pour en emasculer quelques uns qui lui cherchaient des noises. La main qu’elle me tend m’impose un instant de réflexion, comme un mouvement d’arrêt, d’indécision. Je la regarde l’espace d’une seconde puis j’accepte sa main pour grimper sur ce foutu tapis roulant.
« On dirait que t’as l’habitude de poutrer du robot ! » M’écriais-je par dessus l’alarme. « C’est pas indien ça !!! »
« Je m’entraine sur les humains, c’est plus sport. », répliqua-t-elle du tac au tac.

Il faut trouver en vitesse la sortie mais, à peine passe-t-on la rambarde de sécurité surchargée des sigles du danger et d’interdiction de présence humaine, que l’alarme cesse et que le sas s’ouvre sur un homme chauve et trapu.
//Non. Je regarde et si c’est encore un problème de bourrage, je vous appelle. D’accord...d’accord...et...//
« Et dites donc... », fit Chenoa, un peu prise de court sur le coup mais qui se reprit rapidement en embrayant : « C’est normal que vos machines ne détectent pas une présence humaine ? Je trouve ça un peu dangereux. C’est limite du meurtre par négligence là. Vous allez avoir des comptes à rendre ! »
J’y crois pas !!!! Mais qu’est-ce qu’elle fout l’emplumée !!!
Ma main vole lui choper le col et je la tire contre moi pour l’empêcher d’aller plus loin.
« Heu ! Nan !!! Elle veut dire qu’on s’est juste perdu et qu’on cherche la sortie ! » Que je balance avec un regard qui lui crie “MAIS TA GUEULE PENIKETT OU LA SÉCURITÉ DÉBARQUE !!!”
L’homme avait les yeux ronds comme des billes, se demandant bien d’où ces deux là pouvait sortir puisque la seule entrée de service était celle qu’il venait d’emprunter.
« Mais...heu...vous êtes qui ? C’est vous qui avez fait sonner ?!? »
Chenoa rua un coup pour se défaire de Greer. A quoi il jouait sérieux. Elle avait la situation en main non ? « Oui c’est nous. On cherche l’intendance, et l’intendant, pour faire notre rapport. C’est par où ? ».
« C’est par où...je vous prie ? » Corrigea Scott en envoyant un coup de coude à sa collègue. Bon sang, si le mec appelait la sécurité, ils étaient morts. Un peu de pommade quoi.
L’homme restait toujours interdit. Il regarda le centre de tri, comprenant que le monte charge avait été le seul autre accès, puis il fixa autant Chenoa que Scott. L’homme répondit alors avec un fort scepticisme :
« L’intendant...c’est moi. Je m’appelle Albert Mauray. Mais...vous venez faire un quoi ? Rapport ? »
Bon là, ils étaient dans la merde, et Chenoa rentra la tête dans ses épaules en affichant une petite grimace. De tout les foutus membres d’équipages, il fallait qu’ils tombent directement sur l’intendant en lui racontant un crack monumental. « Blue nous envoie chercher notre matériel. »
« Et vous avez besoin de risquer vos vies dans le centre de triage pour ça ? Et...la coupure de courant en bas, c’était vous aussi ?!? »
Bon ça sentait mauvais, autant jouer carte sur table. Mon regard dérive sur Chenoa et je me dis que, quand même, les idées lumineuses de la sorte venaient essentiellement de moi. L’intendant, je le connais pas. Mais ça semble logique de se dire que ça doit être un putain de cerbère et qu’il bouffera l’emplumée en une bouchée s’il s’y mets. Bon, moi je me suis torpillé. Mais ce serait con qu’elle y passe avec moi quand même...
« Bon écoute mec, c’est de ma faute. »
« Ca serait bien de m’expliquer parce que je suis à deux doigts d’appeler la sécurité, là. »
Je vais me faire dessus, c’est clair. Il est plus que rouge sur son visage avec une expression un peu TROP tranquille. S’il explose, je donne pas cher de nous deux.
« L’emplu...la collègue que tu vois là, je l’ai foutu dans la merde et si on ne revient pas rapidement avec le matériel, elle va se virer par ma faute. Et vu qu’on ne veut pas nous aider...je l’ai embarqué sur le plus court chemin... »
Bon, un demi-mensonge, ça passe non ? L’intendant tourne son regard vers Chenoa, il doit surement chercher confirmation de sa part.

C’était tout à son honneur de prendre la part de responsabilité de ce fiasco. Finalement, sa première affectation serait la dernière, et elle n’allait même pas acquérir de l’expérience après ses classes. Elle était blasée, clairement. Chenoa se contenta d’hausser des épaules, avec une tête dépitée. « Et comme on vient d’arriver sur le Dédale, on ne savait pas que c’était dangereux dans le coin. On cherchait juste l’intendance. », plaida-t-elle.
Albert a toujours les joues rouges. Mais je sens que c’est le gars qui a le coeur sur la main. Des généreux comme lui, j’en ai connu qu’un dans mon existence et il a la même aura. C’est à se demander d’ailleurs comment il a pu arriver jusqu’à gérer l’intendance du Dédale sans se faire bouffer. En le voyant se détendre et enlever la main de son oreillette, je soupire et le remercie en même temps.
« C’est un bâtiment militaire, on ne prévoit pas que des bleus se promènent dans le triage au beau milieu du pic d’activité. Les bots ne voient que les vêtements, c’est pour ça que c’est marqué partout... » Lâcha-t-il doucement en montrant la myriade de sigle interdisant l’approche.
« Bon, venez avec moi. Mais si vous recommencez, ce coup-là, j’appelle la sécurité. C’est le Dédale ici, dans ce croiseur ça rigole pas ! »

Chenoa acquiesça, ne préférant pas faire la maline avec ce type, surtout qu’il venait de leur sauver la mise l’air de rien.

L’intendant nous guida dans de nouvelles coursives. En réalité, le centre de triage lui amenait tous les vêtements repassés et empaquetés. Au final, il ne lui restait plus qu’à le stocker dans une immense remise conçue pour la manutention de toutes ces masses de tissus. Il y avait là une organisation à faire peur et ça ressemblait étrangement à un stock de magasin. Au voyage, j’échangeais un dernier regard avec Penikett en me disant qu’on était tombé sur un ange. Parce qu’il n’avait même pas appelé. En somme, on était encore dans l’ombre, ce type nous connaissait pas et il nous couvrait ?!?
Albert parvint jusqu’à un bureau surchargé d’un tas de papiers et de feuilles volantes. L’ordinateur se trouvait repoussé dans un coin, recouvert d’une grande couche de poussière où quelqu’un avait inscrit, avec son doigt : “existe aussi en propre”.
« Il me faut vos tailles et mensurations pour la dotation. Qui commence ? »

Ils devaient être dans les temps, et c’était une bonne chose. Cela allait rattraper la punition dont elle avait écopé sans rien demander à personne. Elle était toujours assez contrariée, mais il fallait reconnaître que c’était bien redescendu depuis les quartiers de l’équipe tribord.
« Honneur aux dames. », fit-elle en poussant Greer dans le dos pour lui faire faire un pas en avant.

Je m’y attendais pas. Ce coup de traître quoi.
Forcément, en se pensant en sécurité, je me retrouve à faire ce fameux pas contre ma volonté et le visage d’Albert s’anime d’une grande expression amusée.
« Ah ben on voit bien qui tient la culotte ici, hein !! »
Avec sa tête malicieuse, il rigole en gratifiant Chenoa d’un clin d’oeil alors que je la fusille du regard. Ca va se payer ça ! Moi d’abords du coup, je donne mes mesures et l’intendant les notes sur une feuille volante avant de partir récupérer un pactage. Moi, je recule d’un pas et je regarde cruella :
« J’aurai dû te laisser dans le séchoir, l’emplumée... »

L’indienne était plutôt satisfaite de son coup et elle répondit au clin d’oeil de l’intendant par le même signe. Forcément, Greer l’avait mauvaise, et c’était là tout le but. « Et moi dans la presse, le facho. », répondit-elle du tac au tac.

Albert revint à ce moment précis avec un baluchon réglementaire qui devait faire sa taille. Mon regard s’écarquille en voyant la masse et j’en teste le poids avant de sourire. C’est là qu’on va voir si Penikett tient la route avec cette vingtaine de kilos sur les bras jusqu’au dortoir. D’ailleurs, encore faut-il le retrouver au retour.
« Allez, au tour de l’Alpha du ptit couple... »
Cette tirade me fait renifler bruyamment. On donne plus l’air de deux charognards prêt à se disputer un morceau de bidoche que d’un couple. Il doit le savoir et c’est pour ça qu’il se gargarise de façon bon enfant.
« Je vois que monsieur à l’oeil. », fit-elle en s’avançant vers lui pour lui donner ses mesures. Pas grand monde pouvait se gargariser de connaître ses mensurations, mais dans l’armée, le passage par le relookage et l’uniforme réglementaire avait fini d’ancrer ses mesures dans sa tête, aussi les ressortait-elle sans trop réfléchir. L’intendant suivit le même procédé que pour le copilote et il revint avec un baluchon tout aussi lourd que l’indienne réceptionna avec un petit “humph” désappointé. Il pesait un âne mort cet enfoiré !
« Le chemin le plus court vers les dortoirs, sans passer par le monte charge, c’est par où ? »
« C’est par où, “s’il vous plaît”... » Envoyais-je avec un coup d’épaule qui pourrait la déséquilibrer. « Navré Albert, elle porte la culotte mais elle est aussi aimable que les canassons de son trou paumé... »
« J’ai surtout mon brave petit gars de je ne sais quel bled paumé des Etats-Unis qui complète mes phrases pour moi, ça m’économise du temps. », ajouta-t-elle en opinant du chef, tout en faisant un pas de côté pour ajuster sa position alors qu’il venait de la pousser.
« Je suis surtout en train de t’apprendre la politesse Penikett. Merde, quoi, ça devrait être l’inverse ! T’es vraiment une sauvage... »
« Je colle au stéréotype, t’es content comme ça. », répliqua-t-elle avec vigueur en se tournant vers lui et en le toisant rudement.
J’ai eu le bon réflexe de me reculer, sinon elle était foutue de me mettre son sac dans la figure. La voilà qui repart, il faut que je note que le stéréotype la fait démarrer au quart de tour, c’est le bon déclencheur ça.
« Et on est reparti pour ton dialogue à rallonge ? Tu veux pas qu’on demande à Albert d’installer les chaises et la sono, je lance les invit et on fait un forum sur ton peuple de raté ?... »
« Vous entendez Albert, c’est à cause de ses propos de putain de suprémacistes blancs qu’on se retrouve dans votre bureau, parce que monsieur le cowboy se croit encore au FarWest et ça le fait clairement chier de se retrouver en binôme avec une Apache ou je ne sais à quelle tribu il m’associe. Du coup, je prends le tarif avec lui, alors que je suis la victime, et en plus je dois me coltiner ces propos de débiles profond. Franchement, j’sais pas qui l’a recruté celui-là, ma... »
« Et blablablabla... »
« Doucement...doucement... » fit Albert en rigolant. « Vous êtes binôme...c’est Ross votre responsable ?!? »
« Lui-même, mais on ne l’a pas rencontré encore. Heureusement, je vous le dis moi, que c’est moi la pilote, parce qu’il ne manquerait plus que ce taré ait les commandes du coucou. »
« Et ton sens de l’orientation pourri, tu en fais quoi ?!? Sans moi tu finirais dans un rocher. Je parie que tu confonds ta gauche de ta droite en vol ... »
« Et allez, dans deux minutes ça devient sexiste. »
« Pas possible, c’est toi le mec, t’as oublié ???... »
« Il me fatigue... », soupira la jeune femme qui commençait à trouver le package assez lourd dans ses bras.
« Et ben... » fit Albert avec une lueur presque sadique dans les yeux. « Ca va être drôle, vous deux, dans l’espace. C’est rare que Ross change ses affectations vous savez... »
« Attends, me dit pas que... »
« Définitif, en règle général... »

Putain. La douche froide.
Là je regarde l’indienne en silence en essayant de voir ce que ça aller donner. Elle et moi, dans le F-302, en exercice mission de façon définitive ? On va incendier le Dédale...

Chenoa le regarda elle aussi, puis elle se tourna vers Albert. « Je suis ravie de vous l’entendre dire. Je comptais confier au Lieutenant Ross que ce gars était fait pour moi. Manifestement, ça le fait chier, donc ça me va. ». Quel était le meilleur moyen pour changer la perception de quelqu’un sur une ethnie ou un groupe d’individu ? De le plonger dedans. Coyote était décidément une divinité assez ironique, quand ce n’était pas de l’humour douteux.
« Je suis sûr que tu mens, Albert... » Lançais-je, presque dévasté.
Je fais le con pour dégager Penikett et j’apprends que les affectations sont supposées être définitive. J’avais carrément l’envie de vomir, surtout en voyant l’intendant s’esclaffer en essayant de nous imaginer en vol pendant une mission. Je ne sais pas ce qu’il note sur ce papier depuis tout à l’heure mais ça ressemble de plus en plus à un plan.
« Bon allez, vous allez finir par vous entendre. Ca marche toujours et Ross est un très bon chef, vous verrez. Je vous ai fait ce plan, interdiction de passer dans les montes-charges !! »
Rien qu’à première vue, je me rends compte qu’on doit se rendre jusqu’à cette fameuse salle des anneaux pour descendre avant de revenir au dortoir. Il y a du chemin et il nous reste à peine un quart d’heure pour y aller.
« Il faut qu’on bouge. Merci Albert, c’est sympa de pas... »
« Oui ben ne dégommez plus mes bots et on oublie, d’accord ? »
« D’accord. », fit Chenoa avec un sourire pour l’intendant. Elle jubilait presque, intérieurement, de voir la tête défaite de son copilote. Manifestement, l’idée d’être avec elle le faisait chier au plus haut point, et elle se demandait si c’était vraiment une histoire de racisme.

Elle fit un signe de tête à Albert pour prendre congé. Elle ne pouvait pas lâcher son sac, sinon elle allait se le prendre sur les pieds, et se faire mal à essayer de le reprendre convenablement à bras. Autant qu’elle tienne le coup jusqu’aux téléporteurs. Du coup, le plan revenait à Greer. Qu’il fasse le copilote de base et qu’il la guide, comme ça il ne cancannera pas que son sens de l’orientation était à chier.
« Accélère, l’emplumée. Il reste six minutes... »

C’est lourd cette connerie.
Penikett m’en bouche un coin. Je suis en plein deuil de savoir qu’elle risque de rester mon pilote mais je dois reconnaître qu’elle est pas lâche. Avec cette merde sur les épaules, elle arrive à me suivre sans faire sa tête de conne. Étrangement, maintenant qu’on est sur la bonne route, on croise plus de monde. On finit par tomber sur les deux autres équipages de tribords, avec Blue, qui prennent la direction de chez Albert. Les mecs nous font des signes de pouces, genre il faut y aller, fonce mon gars. Ils sont goguenards ces batards. A tous les coups ils sortent de chez Ross et ils savent que Penikett et moi, c’est définitif.
Comment je vais faire...comment je vais gérer ça ?!?
Quand je vois sa réaction dès que je joue le raciste, imaginez si elle apprend ce que faisait Hicks aux siens ? Il faut que je repousse ça à plus tard.

« Tu te bouges oui ? On y est presque... »

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Jeu 19 Juil - 4:21
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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



La jeune femme ne disait rien, elle marchait plus vite, voilà tout. Le sac réglementaire sur le dos, plutôt que dans les bras, elle le supportait mieux, mais ce n’était pas une sinécure pour autant. Elle devait arriver à l’heure. Ils devaient arriver à l’heure. Les autres sortent de l’entretien manifestement, donc les binômes étaient fait. Ce serait comme ça et pas autrement. Qu’importe, elle n’était pas là pour enfiler des perles mais pour voler, et tant que ce connard faisait son job, c’était l’essentiel.

Parfait, ce sera tout. Bienvenue dans l’escadrille vous deux !

Adam afficha un grand sourire aux deux hommes, avant de se relever pour leur serrer la main. Deux équipages de fait, il n’en restait plus qu'un…. le plus terrible. A peine arrivés, ils avaient déjà réussi à faire parler d’eux. Blue lui avait rapporté le léger « incident » du dortoir. Ce Greer avait déjà tout l’air d’une tête brûlée, et le fait que son passé ait été passé au silence par l’administration de l’USAF n’aidait pas vraiment Ross à se mettre en confiance. Enfin… le Dédale manquait cruellement de pilotes depuis la mission meurtrière du mois dernier, et l’officier faisait confiance au SGC au niveau de la qualité de ses recrues. C’étaient les meilleurs, alors il pouvait bien supporter quelques écarts… si ceux ci ne se produisent pas trop souvent.

Il s’installa à nouveau dans sa chaise, tirant les dossiers de Greer et Penikett…. avant de relever la tête. Qu’est-ce que c’était que ce bordel dans la coursive ?

Sur les deux derniers mètres avant d’arriver la porte, la jeune femme poussa le vice à courir un coup et elle poussa la porte en première du bureau.
« Dépêche Greer, on va être en retard. », fit-elle en se tournant vers lui et en le disant assez fortement pour se faire entendre.
Et hop, le Greer, à pieds joints dans le piège ! Je m’entends répondre : « T’es la pro de lèche, Penikett, suceuse !!! »
Sauf que le bureau ouvert...c’est bien évidemment celui de Ross. Et il n’a pas de secrétaire l’officier, de toute évidence, ce qui fait que j’entre comme ça, sur ces propos bien insultants. J’ai senti un courant froid et électrique me parcourir le dos en rencontrant le regard du premier lieutenant et j’étais loin de faire le mariole. Quel con ! Mais quel con !!! Et Penikett, c’était son ultime vengeance non ?!? Ross les fixait, stylo en main et sourcil haussé, visiblement encore surpris par cette entrée des plus… fracassantes.

Le baluchon me glisse des bras et je m’écris, comme pour me rattraper, alors que je sais que c’est pleinement inutile :
« Sous-lieutenant Greer au rapport, mon lieutenant. »
Garde à vous impeccable, dos droit, salut bien fixé. Je reste avec ce couperet au-dessus de la tête, espérant que je serais quand même séparé de Penikett. Mais même si je me renferme au point de ne plus la voir, je suis presque sûr qu’elle se dit, dans sa tête, et de manière satisfaite, qui peut bien être la suceuse maintenant…
Je suis tellement mal barré...

Franchement, il n’y avait pas besoin de grand chose pour qu’il se déglingue comme un grand. Le problème, c’était que quand il le faisait, elle prenait avec lui. Alors pour le coup, elle espérait vraiment ne pas subir une sanction commune alors qu’elle se faisait insulter devant un officier. Entre les insultes racistes et les insultes sexistes, ce mec avait tout bon, et il allait se payer un billet retour pour la Terre en moins de temps qu’il le fallait pour le dire. Elle était tentée d’enfoncer le clou en se présentant comme le sous-lieutenant Penikett la suceuse, mais c’était vraiment déplacé, et elle n’avait pas spécialement envie de tomber là dedans. Elle avait trop donné par le passé pour accepter ce genre de chose. Il fallait tuer dans l’oeuf toute menace sur sa personne.
« Sous-lieutenant Penikett, au rapport mon Lieutenant. Et veuillez excuser les propos de mon binôme, je crois qu’il a un Gilles de la Tourette non diagnostiqué. », dit-elle sans regarder le copilote. Elle ne voulait pas prendre le tarif pour lui, et surtout, elle était à l’origine de son dérapage. Et puisqu’ils allaient bosser ensemble, autant arrondir les angles.

Adam passa son regard sur l’un… puis sur l’autre, vraisemblablement en train de se demander s’il devait les clouer au mur ou exploser de rire. Finalement, il choisit la solution pile entre les deux.

Hé bien, Blue n’avait pas hyperbolisé à votre sujet. Greer, évitez que ce genre de remarques fusent, à l’avenir. Repos.

Il laissa échapper un léger soupire, avant de leur indiquer les deux sièges face à lui. Récupérant le dossier de chacun, il les ouvrit sur la table face à lui, prenant garde à éviter que les deux fauteurs ne puissent pas observer le dossier de leur moitié.

Blue m’a informé que vous désiriez changer de binôme. Sachez tout d’abord que je ne n’accepte de faire cela que très rarement, voir jamais, sauf en cas de problème majeur. Sous-lieutenant Greer, quels sont les raisons qui me pousseraient à effectuer ce cas de force majeure ?

Il posa son regard sur le sous-officier, l’air calme et détendu.
Au moins je ne suis pas passé au pilori.
Je dois ça en partie à la clémence de l’officier mais aussi à l’emplumée. C’est à se demander à quoi elle joue ? Au lieu de m’enfoncer et se venger, la voilà pratiquement en train de me protéger. J’ai l’impression d’avoir affaire à une sorte de harley vaudou croisée avec double-face, le tout à la sauce indienne. Impensable.

Je le ferme bien profondément en acquiesçant simplement d’un signe de tête tout en m’installant. Le gars qui me fait face doit avoir mon âge, ou peut-être un peu plus...ils sont tous jeunes dans cette escadrille. Jeu de racisme mis à part, ça doit être plutôt sympa la vie à bord. Du moins c’est ce que je me dis.

Je commence à avoir de plus en plus le trac quand nous passons forcément au sujet qui fâche. Blue a bien fait ses leçons, elle a cafté direct à Papa et celui-ci préfère traîner en longueur, juste pour le plaisir, que de distribuer la fessée tout de suite. Avec son air neutre et officiel, je me sens déjà monter sans qu’on ai besoin de me pousser. Le fait qu’il m’ait confirmé qu’il ne changerait pas les affectations est suffisant pour me faire monter la mayonnaise. J’ai l’impression qu’il se fout de ma gueule dans un sous-air de “cours toujours, mais parle.”

Il pense faire quoi Tintin ? Je vais me mettre à trembler et lui livrer la confession du siècle ?
“Oh, excusez moi chef, pitiiiiiééééé ! J’veux rester à l’escadrille, ma nouvelle vie. Mais j’le confesse : la nana avec qui j’vais bosser, je passais ma jeunesse à violenter (et violer) ses semblables. J’y prenais mon pied d’ailleurs. Mais bref, c’est du passé hein ? Place à l’avenir. C’est oublié et j’suis sûr qu’on en rigolera bien avec Penikett, tiens ! Je lui raconterai mes histoires autour d’un pot !”
Il y a juste un truc que j’oublie au passage : Ce n’est pas leur problème. C’est le mien...

« Ces raisons ne regardent que moi... »

Tout dans la dentelle, comme d’habitude, quand les premiers mots sortent à chaud.
Il faut se faire une raison. La vie ne peut pas me faire un cadeau pareil sans que je ne sois contraint de jouer double-jeu. Avant, je n’ai jamais eu ce problème tout simplement parce que je n’avais jamais eu à bosser avec la représentation même de mes vices passés. Je me retrouvais dans une situation clairement inédite, de l’inconnu à l’état pur. Je ne crois véritablement pas au destin mais là, devant l’officier Ross, je me rends compte d’une chose : plus je vais repousser Chenoa, plus il voudra savoir pourquoi. Parce que, forcément, mes conneries ne figurent pas dans son dossier.
Ca va rapidement devenir suspect pour tout le monde et c’est à moi de régler le problème. Faire face à Ross ne me mets vraiment pas à l’aise, ça nourrit mon agressivité. Je me contiens pour ne pas éclater dans son bureau, histoire de faire diversion. Parce que j’ai quand même le regard de mon Némésis qui se trouve juste là, à côté.

Je ne me vois pas donner les vrais raisons. Donc je n’ai plus qu’à fermer mon clapet et coucher les oreilles. Quelque part, il fallait bien que ça me tombe dessus un jour. Le fait d’être un peu au pied du mur m’a fait pensé à Josh, ce qu’il en aurait dit de tout ça. Il m’aurait répondu que c’était normal d’avoir peur mais qu’il fallait réagir en Scott Greer. Et arrêter de regarder derrière.
C’était plus facile à se dire quand il n’y avait rien à perdre.

J’hausse les épaules, le visage contrit, avant de reprendre.

« J’ai Penikett dans le pif. Les Navajos et moi, ça n’a jamais fait la paire. Mais Blue m’a donné le temps de changer d’avis alors je me tiendrais. »

Chenoa ne bougeait pas d’un pouce. L’officier qui gérait l’escadrille avait déjà entendu parler d’eux, et à fortiori, d’elle, au travers des frasques de Greer, à qui la fatalité lui avait confié la garde. Et pour ça, elle ne serait pas payée plus… Franchement, elle était à milles lieues d’imaginer sa journée d’intégration de la sorte. Tout partait si bien et il avait fallu qu’elle tombe sur le connard de la bande. La vie était décidément injuste avec elle et elle se demandait jusqu’à quel âge elle allait devoir payer le fait d’être née dans une réserve et/ou d’avoir une paire de seins et rien qui pendouille entre les jambes.
« Surtout que je ne souhaite pas changer de coéquipier mon Lieutenant, si je puis me permettre. », ajouta la jeune femme à la suite de Scott non sans lui jeter un regard appuyé. Elle allait lui faire changer d’avis sur les Navajos et sur les amérindiens en général, et après ça, il fermerait sa grande gueule de kéké monstrueux et il respecterait les humains dans leur généralité et leur pluralité. Non mais !

C’est pas vrai, je suis en plein délire.
Penikett, foutue emplumée, mais qu’est ce que t’es en train de faire ?!?
J’ai joué le beauf, j’ai pris le risque d’aller jusqu’au racisme (ce qui n’est pas tout à fait en-dehors de ma nature) et je l’ai à peine dégoutée ?
Je n’ai pas peur de soutenir son regard alors que je sens le mien devenir mauvais. L’idée même de bosser de manière permanente me glace le sang. Je me sens fort comme un roc, je peux tout encaisser, mais ça c’est partie intégrante du top emmerdes. Il va falloir que je la joue fine à partir de maintenant, que j’arrondisse les angles.
Chenoa 1 - Scott 0 ? Ok, pas de soucis.
T’en fait pas, le match est loin d’être terminé. On verra si tu ne vas pas rapidement revenir voir le lieutenant pour demander un autre coco.
« Sauf votre respect, le sous-lieutenant Penikett ne sait pas dans quoi elle s’engage. Je me conformerais à votre choix, mon lieutenant...mais j’aurai été plus à l’aise avec un autre pilote. » Lançais-je de manière plus diplomate.
Autant insister une dernière fois.

Apollo observait tout ce petit cinéma depuis sa chaise, attentif, passant son regard de l’un à l’autre par intermittence. Même s’il avait failli réagir à la première réponse de Greer, la contre-attaque de Penikett lui avait arraché un léger sourire. Quelque chose au fond de lui lui disait que ces deux là iraient loin, malgré leur air un peu rebelle.

« Hé bien, je me range du côté de Penikett, pour cette fois. Peut-être arrivera-t-elle à vous faire apprécier les Navajos, sous-lieutenant ? Vous savez, cette escadrille est toujours pleine de surprises. »

Il afficha un large sourire vers Greer, guettant ses réactions.

« Je me présente, au fait. Lieutenant Adam Ross, alias Apollo. Je serai votre Chef d’Escadrille Générale, à bord du Dédale, CEG donc. Si vous avez le moindre problème, la moindre question, n’hésitez pas à venir me voir. Je suis toujours disponible pour les membres de l’escadrille. »

Il se redressa un peu sur sa chaise, refermant alors les dossiers, puis tira deux piles de documents de l’un de ses tiroirs, qu’il s’empressa de poser face à chacun d’entre eux.

« Bien, revenons aux informations principales. Dans ce dossier, vous trouverez tout le nécessaire à propos du Dédale, de l’escadrille, et des différentes instructions et procédures concernant le vol en F-302 à bord du Dédale. Je pense que vous devriez être au courant de la plupart des informations regroupées là-dedans, mais il est toujours intéressant de se rafraîchir la mémoire. »

Apollo s’installa à nouveau dans son fauteuil, les observant avec attention quelques secondes, avant de reprendre.

« Si je ne me trompe pas, aucun de vous deux n’a encore piloté de F-302 hors de l’atmosphère, c’est juste ? »

Un rictus suffisant s’installa sur les lèvres de la jeune femme alors qu’elle croisait de nouveau le regard de son copilote. Elle avait comme un air de victoire sur le visage et un de ses sourcils s’arqua pour lui envoyer un “et toc” silencieux. Elle reporta rapidement son attention sur le CEG qui achevait de se présenter en bonne et due forme.
« C’est noté, lieutenant Ross. », observa Chenoa. Au moins, l’officier se rendait accessible pour ses hommes, et c’était une bonne chose. Enfin un peu d’esprit militaire dans tout ce foutoir ! En tout cas, il avait un indicatif assez classe, et chargé d’histoire : Apollo. Pour sa part, la jeune femme n’avait pas encore eu l’occasion d’en acquérir un. Certes, son ailier de formation avait une fâcheuse tendance à donner du “peau rouge” pour la désigner, mais ça la faisait clairement chier d'écoper de ce genre de “surnom” de vol. Maintenant, elle avait le droit à l’emplumée, ce qui n’était pas forcément pour lui plaire d’avantage. Bref, elle espérait se faire un surnom un peu plus… cool ? Valorisant ? Personnalisé ? Elle n’en savait rien, mais tant que ce n’était pas raciste, cela lui allait bien.
L’indienne tira les documents à elle, sans les faire sortir du support du bureau pour le moment. Elle opinait du chef pour confirmer qu’elle connaissait certainement tout ce qu’il y avait là dedans, mais un peu de doc ne faisait pas de mal. Elle tapota sur le côté des feuilles pour bien les aligner et reporta son attention sur le jeune homme qui commandait l’escadrille. Elle ne lui donnait pas plus de trente ans. Il était jeune mine de rien.
« En ce qui me concerne, c’est juste. », acquiesça-t-elle. « Sauf sur simulateur. ». Mais il fallait reconnaître que les simulateurs ne rendaient pas hommages aux sensations réelles. A dire vrai, elle avait hâte de s’y essayer.

L’horrible sentence venait de me tomber sur le coin du nez.
J’avais gardé le maigre espoir que le chef me trouve un autre binôme, même si le choix semblait être fait dans sa tête, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il cède si rapidement aux beaux yeux de Chenoa en ajoutant la couche. Me faire aimer les Navajos, ce qu’il ne faut pas entendre !
Je les aime les femmes Navajos, mon pote. Peut-être même un peu trop. C’est bien pour ça qu’elle me pose un problème celle-là avec sa trogne de jeunette et son air supérieur que je me verrais bien effacer à coup de…hum...
Oublie Hicks, pourquoi est-ce que je me le répète autant…

Le coup du sourcil levé et de l’expression de victoire ne m’échappe pas. Comment ça pourrait d’ailleurs ? J’ai la haine au point que je pourrais en devenir misogyne. Penikett n’est pas contente de m’avoir pour copilote, normal d’ailleurs. Non, elle est simplement satisfaite de faire en sorte que je sois bien emmerdé par cette décision. Elle ne sait même pas pourquoi mais le fait est là : j’en voulais pas de l’emplumée, elle me choisit et le chef dit amen !!!

Une expression de douleur et de colère étire mon visage sans que je ne le veuille. C’est lui prouver que ça m’atteint et que je suis bien impuissant face à une décision dont je ne peux plus rien faire. Mais j’ai pas rendu le drapeau blanc, Penikett, tu vas vite regretter ton choix. Là, pour le moment, je ne sais pas ce que je peux faire pour te faire payer chèrement, et pas salement pour une fois, mais je vais trouver...patience.

Viens l’histoire du dossier dont le contenu me semble familier, j’ai déjà une table des matières hypothétique qui s’organise dans mon esprit. Puis enfin LA question, celle qui m’a autant motivé que Penikett, le seul point commun qu’on doit avoir tous les deux. Nous n’avons jamais piloté le F-302 hors atmosphère. Il parait que c’est une occasion unique. Ces places sur les croiseurs sont chères, nous sommes triés sur le volet pour avoir cette chance.
Se battre dans l’espace quoi. C’est un sentiment similaire que les premiers pilotes de la Grande Guerre ont dû ressentir, cette émotion de découverte, d’inédit, d’atteindre ce qui semblait inatteignable. En 1900, on prenait l’envol pour un rêve, un fantasme. En 2018, on en est rendu à rendre la science-fiction réelle. On ne projette pas encore des lasers en mode “piou piou”, non, on fait carrément mieux !!!

J’ai quand même un regard moins colérique sur Chenoa quand elle parle de simulateur. Le vol en F-302, c’est forcément une passion commune. Peut-être que j’arriverai à oublier temporairement la connasse qu’elle est si elle m’offre une bonne dose d’adrénaline une fois dans le vide.

« Simulateur pour moi aussi. » Que je m’entends dire.

Je fixe l’emplumée d’un regard fier et chargé de défi, avant de balancer avec certitude, comme si elle ne pouvait pas avoir un meilleur cumul :

« Cent vingt sept heures. »

Chenoa n’était pas loin du compte mais elle n’était pas au même chiffre que Greer. Du coup, quand elle croisa le regard du facho, avec cette lueur de fierté à la noix, et le défi latent sous-jacent, elle reporta son attention sur le chef d’escadrille sans rien ajouter et en ignorant totalement son binôme. Un léger petit rire de victoire monta, le genre à faire écho à son précédent “Et toc”...

Adam les observe en silence, les mains jointes devant ses lèvres, un léger sourire venant étirer ces dernières. L’esprit de compétition commençait à s’implanter, bien. Cela pourrait les souder ? Qui sait.

« Parfait. Vous allez pouvoir très rapidement tester les F-302 en phase de vol réel dans ce cas. Le sous-lieutenant Benett, alias Balafre, et moi-même seront en charge de votre formation. Balafre te donnera tous les trucs à savoir en matière de co-pilotage, Greer, quant à toi Penikett, ce sera moi qui te donnerai les bases pour le pilotage spatial. »

Il tira un dossier de son bureau, le faisant glisser jusqu’aux deux militaires. Il était marqué en grand “Affectation des nouveaux F-302”.

« Après les pertes du mois dernier, nous avons dû reformer notre flotte de F-302. Vous avez donc de la chance, vous piloterez un appareil tout juste sorti d’usine, flambant neuf. Signez juste ça, et vous êtes libres. Le Chef Tyrol vous attend dans le hanger tribord dans trente minutes, ne le faites pas trop patienter. Il vous présentera votre appareil, et vous pourrez vous familiariser avec ce dernier. Votre premier entraînement commence demain, rendez-vous à huit heures dans le hangar. Vous avez le reste de la journée de libre pour découvrir le vaisseau et les équipes. Sachez également que l’escadrille a prévu un petit accueil dans la salle de repos des pilotes à vingt-et-une heure, alors essayez d’être à l’heure, cette fois-ci. »

Il les gratifia d’un léger sourire amusé, avant de se relever pour les accompagner jusqu’à la sortie.

« Et bienvenue dans l’escadrille tribord à vous deux. »

On ne pouvait pas dire que la jeune femme appréhendait de se retrouver dans les conditions spatiales. Loin de là, elle n’avait qu’une hâte en fait, c’était d’y être. Elle voulait commencer les missions, les entraînements, bref, progresser pour se rendre pleinement opérationnel sur un vaisseau. En plus, elle avait la chance de se former avec le chef d’escadrille, qui ne devait pas être un perdreau de l’année. Elle allait pouvoir en apprendre un max d’un type qui devait avoir une certaine expérience qui pourrait l’envoyer tout droit dans les rangs des vétérans. Machinalement, la jeune femme signa la décharge, plutôt satisfaite de se voir attribuer un F-302 neuf. Ainsi, leur appareil commençait sa carrière en même temps qu’elle, et c’était juste parfait, sentimentalement parlant, tout comme symboliquement.
La suite des consignes arriva, et la perspective de découvrir ce nouvel appareil dans moins de trente minutes maintenant enchantait clairement la sous-lieutenant. Le reste de la journée serait passé à découvrir le Dédale, et elle comptait bien s’en familiariser le plus longtemps possible, bien que d’après ce qu’elle avait vu, le vaisseau était digne des labyrinthes que pouvait créer l’athénien mythologique qui avait donné son nom au croiseur. Il y avait ensuite le petit accueil de l’escadrille. Chenoa était plutôt satisfaite de la tournure que prenait la journée. Elle comptait laisser Greer après la présentation du F-302, pour vagabonder seule ensuite. Fallait pas abuser des bons fachos trop longtemps, déjà qu’elle allait se le coltiner en mission.
« Merci Lieutenant. », répondit-elle en inclinant la tête avec un sourire satisfait peint sur le visage. Elle ajouta : « Pour nous rendre au hangar tribord, doit-on compter sur la chance ou vous pouvez nous indiquer la direction ? ».


Sous-lieutenant Benett alias Balafre.
Si ça envoyait pas le pâté ce surnom ! J’étais certain que j’allais bien me marrer avec lui. Plus qu’avec Penikett en tout cas. Mais mine de rien, ça m’a fait quelque chose de signer le document qui attestait de notre affectation sur un F-302 flambant neuf. Non pas que j’étais bienheureux de foutre ma griffe à côté du truc arrondi, enroulé et léger de l’indienne. Pour un peu, elle me ferait presque croire qu’elle était féminine sous ses airs de sauvage.
J’ai pas eu de mal, en signant comme un bon mâle des familles, de mordre bien comme il faut sur son écriture pour que la ligne finale rature une partie de sa signature. Un petit message, sous forme d’accident de stylo, pour lui rappeler que j’étais là. Ouais, j’étais son copilote pour de bon et elle allait s’en mordre les doigts la fille.
Retirant la plume, je regardais d’un air bien satisfait la signature plus grande, plus virile, et bien mordillante sur celle de Chenoa. Ca c’était fait !!

Mais sérieux, un F-302 qui sortait de l’usine, les sièges devaient encore sentir le neuf, pas une rayure sur le tableau de bord, pas une ride sur le cuir. Ca devait être tellement cool que j’en trépignait intérieurement comme un gosse. Pareil pour connaître les techniciens qui s’en occuperaient. Et une fois fait...et bien j’hésitais...soit j’allais m'agripper à la pilote comme une moule sur un rocher rien que pour l’emmerder bien profondément. Un bon sabotage de sa première journée qui devait être mémorable...mais au final...ça gâcherait aussi la mienne. Et la possibilité de creuser la distance avec la Navajo était tellement plus intéressante que j’en étais convaincu à quatre-vingt dix pour cent.

La dernière question de Chenoa avait du sens, je ne pouvais pas dire le contraire. Mais ça m’excédait déjà sa façon de m’inclure dans son interrogation. Du genre : “on est tous les deux de gros ignorants et on ne peut pas se débrouiller seuls…tu nous tiens par la main, lieutenant ?”
Sérieux, on pourrait pas plutôt lui montrer qu’on était capable d’assurer ?
« Ouais, ben même s’il nous faisait un plan, on va se paumer lamentablement avec ton super sens de l’orientation ! Je suis sûr qu’il y a moins de risque d’y aller au pif que de te laisser guider ! Et au passage, la com, elle sert juste à faire des crêpes ! » Lançais-je, moqueur et ironique.
Tailler de l’indien, ça n’avait vraiment pas de prix. Je lui balançais mon sourire le plus provocant avant de lui prendre son sac d’un geste ferme mais pas trop agressif. Je le plaçais en équilibre sur mon épaule avant d’empoigner le mien de ma main libre. Je le trainerai dans la coursive celui-là.
Serviable le gentil Greer, non ? Il cherche à se faire pardonner en portant le sac de miss plume, c’est pas choupi tout ça ?
Si vous saviez...ahahaha, si vous saviez !!!
« Je te parie que sans l’indication du lieut, j’ai le temps d’aller déposer nos affaires et rencontrer le chef ingé...avant toi. »

Chenoa poussa un soupir audible quand elle le vit raturer sa belle signature. Elle n’en avait pas grand chose à faire, mais bon, elle voyait bien qu’il cherchait tous les prétextes possibles pour l’emmerder. Elle se demandait quand même si elle ne s’était pas tirée une balle dans le pied en acceptant de cohabiter avec ce type. Le pire, dans tout ça, ce n’était pas tant de partager le cockpit d’un F-302 avec lui, c’était de partager son dortoir, et même son coin couchette, puisqu’elle allait dormir au dessus ou en dessous de lui.
Et voilà, il sautait à nouveau sur une occasion. Elle ne pouvait pas ouvrir la bouche sans qu’il commente ce qu’elle disait. L’envie de lui faire un doigt d’honneur titilla fortement l’indienne, mais elle n’en fit rien, sachant se tenir devant l’officier. Néanmoins, elle posa son regard noir sur lui, tout en affichant une mine peu avenante. Du coup, il n’y avait rien que de la contrariété qui répondit à son sourire provocant. Et voilà qu’il prenait son sac maintenant. Non mais sérieusement !
« Ben écoute, fais comme tu veux. Pari tenu. Par contre t’es gentil, mais je garde mes affaires, je n’ai pas envie de dormir en tenue ce soir parce que tu seras encore en train de chercher ton chemin. ». Et pour accompagner le geste à la parole, elle tira sur la sangle de son barda pour récupérer son bien, attendant quelques indications de la part du lieutenant… du moins s’il allait lui en donner.



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« C’est toi qui choiz. »
Je ne suis que trop heureux de pouvoir lâcher son sac prématurément, histoire que les vingts kilos lui tombent sur le râble et casse son sourire de princesse.
« Pour une fois que je me montre magnanime, tu viendras pas te plaindre. »
Je m’éloigne en jouant les grands princes tout en saluant respectueusement le chef d’escadrille. Là, je plante Penikett et je retourne vers les quartiers. C’est une véritable libération de ne plus la sentir dans les environs et je me retrouve peu à peu. Le bon côté de retourner seul dans le dortoir, c’est que je peux choisir ma couchette sur notre lit en mezzanine. Les barreaux à grimper tous les soirs et descendre tous les matins : c’est pour elle. Ca lui fera les cannes, c’est pas sympa de ma part ça ?

Je fais le malin dans ma tête mais je ne suis pas aussi enjoué en réalité.
D’un geste las et résigné, j’envoie ma dotation sur la couchette du bas et je m’assois sur le bord de mon lit. Mes mains migrent en couverture de mon crâne, en mode penseur. Et pour penser, putain, je pense ! Je ressasse, je réfléchis. Qu’est-ce que j’aurai pu faire de mieux, comment j’aurai pu essayer de mieux m’en sortir ?

Penikett est ma pilote maintenant.
Elle a un petit quelque chose, ça se sent qu’elle n’est pas dans cette escadrille pour s’être tapé le commandant de la base. Je réservais cette bonne critique sexiste pour l’une de nos confrontations mais je dois bien reconnaître qu’elle a du coffre malgré mes efforts pour lui faire penser l’inverse. C’est bien ça le problème, je sais qu’elle craquera pas. Ou elle trouvera un moyen d’esquiver l’affaire.
Alors quoi ? J’ai plus qu’à accepter, me résoudre, perdre ?

Je me relève un peu vite, bouffé par la pression et la colère maintenant que je suis seul envers moi-même. J’en veux à mort à cette gonzesse d’avoir foutu les pieds dans cette unité. J’en veux à mort à la chance pour avoir foutu son nom à côté du mien. Et bon sang, j’en veux à mort à Ross quand je l’entends encore dans ma tête dire que je vais aimer cette contrainte.
Mais il faut que je me reprenne. Depuis mon arrivée dans ce rafiot, je me prends la tête comme une vierge à l’approche de la première fois. Entre les doutes, les probabilités et les cauchemars, me voilà transformé en vrai gonzesse.

Un bon coup de poing martelle violemment le mur entourant le lit encastré. Il raisonne fort, je me lâche sans retenue et je sens mes jointures grincer sous le choc. Ca fait mal, et ça fait du bien. Tant que j’envoie ça sur le métal et non sur Ross, ou sur Penikett, c’est l’essentiel. La suite du programme se fait instinctivement, je me rends dans les sanitaires les plus proche pour me passer un coup d’eau sur le visage et je réfléchis.

« Vite et bien, mon pote. Vite et bien... »

Je vois mon reflet dans le miroir, je me découvre une tête de tueur.
Ca se voit tellement que j’ai envie de faire mon massacre. Il faut que je me calme en vitesse. Je me replonge dans mes pensées et je retourne en arrière sans véritablement le vouloir. Comme un enquêteur qui essaie de démêler le bon du mauvais, je décortique tout ce qu’il s’est passé depuis mon arrivée. J’ai été trop impulsif, j’aurai dû coucher les oreilles et faire mon bon hypocrite. La petite aventure dans la blanchisserie me saute au visage un peu brutalement, ça me surprend, mais je m’intéresse à quelques éléments. On s’était quand même bien entendu pour finir cette petite mission punitive. Elle aurait pu tracer le chemin mais elle avait été partante pour prendre des risques. Elle avait été partante l’emplumée...pourquoi ? Pourquoi elle ne se contentait pas de me détester comme c’était attendu ?

« OK. Tu t’es grillé, et en plus elle reste. Maintenant c’est ta pilote, félicitation connard...excellent travail ! »

Je me regardais avec un air plus sévère encore.

« Bon, à partir de maintenant, tu gardes tes foutus scrupules en sourdine. Vérifie que ta braguette est bien fermée, quitte à y fourrer un cadenas de la taille d’un paillasson, et fait comme si c’était la plus classique des gonzesses. T’es là pour ton rêve d’avenir. »

Voilà, c’était dit. Et ça allait mieux.
Quoi ? Ca ne vous ai jamais arrivé de vous parler face à un miroir ?
Moi ça m’aide à relativiser, à recentrer les objectifs. Je vais faire ça, oublier l’indienne, voir en elle la collègue classique. Qui sait, peut-être qu’elle va merder et se faire virer ? Et si c’est pas le cas, je garde les distances. Et je vais m’habituer. Oui, c’est le bon plan…

Maintenant que l’affaire est réglée et la partie mélodrame qui m’a pris pendant des heures achevé, je me change rapido pour la tenue du bord et je me mets en route. Je croise quelques personnes qui m’aiguille et je multiplie les demandes histoire d’être sûr et certain de mon chemin. Quand je me retrouve dans le hangar tribord, majestueux de conception et d’architecture, j’ai un large sourire qui me vient en recherchant la silhouette de l’indienne. Elle n’est pas là...j’ai gagné...j’ai…


...merde...j’ai perdu ! Elle est là !
Elle se trouve devant deux types habillés en tenue orange fluo, des techniciens. Il y en a un qui lui propose un écouteur relié à sa vieille gameboy. Je l’entends faire son speech en m’approchant. Je sais pas trop s’il est vraiment sérieux ou si c’est une manière originale de draguer...ce truc...
« Et donc, si on te rajeunit, tu lui ressembles à mort. Surtout la version japonaise, ils l’ont vieilli. On te fait une coupe au bol et tu ressembles à Dora l’Exploratrice de la cartouche Adventure de 2009. »
« Tu devrais éviter de la harceler avec tes jeux vidéos ou je vais rapidement me retrouver avec une demande de remplacement te concernant. »
« Mais chef, c’est pas une blague. Regardez son visage, ça ressemble tellement... »
« Harry, tu t’enflammes... »
L’occasion était trop belle.
Sérieux, elle était même magnifique. Avec ça, je pourrais même faire oublier que j’avais perdu le pari. Alors que j’arrive dans le dos de Penikett, je lui pose ma main sur l’épaule comme si j’étais son meilleur ami pour m’exclamer, avec le clin d’oeil qui va bien :
« Et bien voilà !!! Toi qui cherchait ton surnom, tu es comblée : Dora ! »
Le technicien à l’origine de cette affaire a un grand sourire, il ne voit pas où est le soucis. Je lui tends la main d’un air bienveillant alors que je me gargarise intérieurement. Ce geste met fin au contact que j’avais sur l’indienne, si j’abusais, j’aurai pu dire que ça m’en brûlait les doigts.
« Scott Greer, je suis son copilote. Merci d’avoir enfin trouvé chaussure à la taille de Dora l’Explo. »
« Harry Welsh. Et bien...le plaisir est partagé. Dora donc ? » Fit-il en fixant Chenoa d’un air véritablement comblé. Il se voyait surement déjà se vanter auprès de ses collègues avoir participé au baptême de Penikett.
Le type à côté se pose une main sur la tempe, il est au bout de sa vie. C’est surement le chef de ce technicien et je parierai qu’il regrette de l’avoir dans son équipe. D’ailleurs, le voilà lancé. Il s’approche en proposant de nouveau son écouteur à Penikett.
« Tiens, Dora, il faut que tu connaisses ça ! C’est Blood Tempest, un jeu d’avion de chasse, ça me fait penser aux F-302. Et un score de trois milles six cents en plus ! J’ai pex un max !!! »

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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



Oh elle ne comptait pas se plaindre. Moins elle voyait sa tête de con finalement, mieux elle se portait. Elle voulait bien le faire chier et l’avoir comme copilote, mais il fallait aussi qu’elle se ménage des temps pour elle, et elle n’avait pas besoin d’un babysitter facho qui voulait lui trimballer ses affaires ici et là. Qui sait ce qu’il en aurait fait d’ailleurs ? Peut-être qu’elle ne les aurait pas revue. Elle le voyait bien en train de vendre ses strings sous le manteau juste pour la faire chier : « A vendre, string d'indienne en chaleur, la brave bête était en chaleur, ça sent l’hormone et la fesse, 10$ parce que ça ne vaut pas plus ». Non finalement, elle était mieux servie par elle-même. D’ailleurs, elle allait devoir faire attention à ce genre de crasse venant de sa part. Ce serait bas et mesquin, mais s’il la détestait vraiment parce qu’elle était une femme, et une peau rouge de surcroît, il ne se priverait pas de lui faire sentir à chaque fois que c’était possible, comme pour lui faire regretter son geste d’avoir confié au CEG qu’elle le voulait comme copilote.

Bref, il était parti, et Chenoa obtint une direction pour se rendre au hangar tribord. Elle s’y présenta avec son sac sur l’épaule puisqu’elle n’était pas repassée par les quartiers. En tout cas, il n’y avait pas de trace d’Adolfi dans le coin. Elle avait donc gagné sur ce coup là et elle ne manquerait pas de lui faire la remarque. Il pouvait y compter, surtout au regard de la manière dont il l’avait ramené. D’ailleurs, même s’il ne l’avait pas fait, elle lui ferait la remarque quand même, mais ça, il n’était pas obligé de le savoir.
Mais Chenoa n’était pas au bout de ses ennuis. Elle ne tarda pas à rencontrer le chef Tyrol et son acolyte, un technicien du nom d’Harry, qui semblait jouer sur une console portable. Ils se présentèrent, elle se présenta, et aussitôt, le geek bugua sur elle. Il lui affirma qu’elle ressemblait à Dora l’exploratrice, une héroïne apparemment, que l’indienne ne connaissait absolument pas. Bien entendu, quand le gars insista, ce fut le moment où Scott débarqua et qu’il entendit la comparaison. Vu le ton du bonhomme qui se faisait une joie maligne à reprendre le surnom, elle sentait le coup foireux associé à Dora l’Exploratrice. Elle lança un regard suspicieux à Greer alors qu’il se présentait.
L’affaire de son surnom était dans le sac pour les deux hommes, tandis que le chef Tyrol semblait au bout de sa vie effectivement. La jeune femme n’eut même pas le loisir de répliquer qu’Harry lui tendait un écouteur en l'appelant naturellement par son nouveau surnom, en lui parlant d’un jeu qu’elle ne connaissait pas, et d’un score qu’il avait “pex” un max.

« Je ne connais pas ce jeu, et je ne joue pas à ton pex un max... », fit-elle dubitative, mais d’un ton sérieux, avant d’ajouter alors qu’elle écartait l'oreillette que lui tendait Harry : « Cette Dora l’Exploratrice, elle a fait des grandes choses dans sa vie ? C’était une aventurière ? Elle est connue ? Ce serait peut-être un peu présomptueux de m’associer à elle alors que je commence ma carrière. Si on l’a appelée “l’exploratrice”, c’est certainement qu’elle a découvert des tas de terres... »
Après tout, dans sa culture, on associait un nom commun à un prénom pour parler des qualités de quelqu’un, ou de son caractère, de son tempérament, ou des grands faits de sa vie. Si cela semblait saugrenue pour Harry, Scott et Tyrol, la remarque qu’elle venait de faire ne l’était pas pour Chenoa.


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Renfort Dédale en juillet 2018



La déclaration de Chenoa jeta un froid sur le groupe, tous les regards se posant sur elle alors qu’ils se demandaient si c’était une blague très bien placée. Mais à l’évidence, elle était vraiment sérieuse. Le copilote affichait déjà un sourire presque cruel tandis que le technicien venait chercher son avant bras en employant un ton d’une extrême compassion :
« Il va falloir qu’on discute... »
« Plus tard Harry. Maintenant que notre équipage est là, nous allons pouvoir commencer. » Le sergent-chef leur fit signe de le suivre et ils allèrent tous ensemble le long des différents F-302 stationnés en épi dans cet immense hangar.
Greer rencontra les regards des quelques binômes qui avaient déjà eu leurs affectations mais surtout les nouveaux visages du reste de l’escadrille. Des chasseurs semblaient bien plus vieux que les autres, la coque marquée d’impacts et de brûlure malgré la peinture qui les recouvraient...des engins qui avaient du vécu.

Le chef Tyrol s’immobilisa devant un chasseur flambant neuf. Il avait encore l’étiquette d’identification de l’usine d’assemblage sur son cockpit.
« Voici votre F-302. Numéro de série N-147D, ne l’oubliez pas. »
Harry avait rangé gameboy et écouteurs en chemin. Il passa sous le nez de l’appareil pour atteindre son chariot de diagnostic. Habitué, il pianota assez rapidement sur le clavier en sélectionnant une commande et le chasseur prit soudainement vie. La verrière glissa avec une belle élégance, leur ouvrant son antre sous le regard émerveillé de Scott.
« Quelle bête ! » Souffla-t-il, impressionné.
Cela avait chassé quelque peu son animosité pour l’indienne. Il la fixa brièvement, de l’air de celui qui partage une passion commune et la même impatience de sortir avec dans l’espace.
« Je vais vous placer l’échelle... » Lança Harry tout en s'exécutant.
« Pour l’heure qui suit, le technicien adaptera les cabines de pilotage à vos mesures. Je vous demanderai d’être assez patient, ça peut parfois être assez ennuyeux. »
« Aucun souci pour moi sergent. Mais je tiendrai Penikett, elle serait foutue de percer le crâne d’un coup de tomahawk à notre bon vieux Harry pour un siège mal réglé... »
Greer ajouta à la boutade un coup d’épaule destiné à évacuer l’indienne sur le côté, ouvrant le passage pour grimper en premier à sa place de copilote. Il respira la bonne odeur du neuf et prit la tête d’un gamin le jour de noël.
« YESSSSSS ! Putain ! C’est mon F-302 !! »

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Renfort Dédale en juillet 2018

Chenoa n’était pas niaise. Elle voyait bien qu’il y avait un malaise, et elle se doutait qu’il y avait une référence culturelle qu’elle n’avait pas. Du coup, elle se demandait si tout cela était bien sérieux et si on ne se payait pas tête. Il n’y avait qu’à constater le sourire d’Adolfi pour se faire une idée. Son attention fut récupérée par le technicien qui venait de poser son bras sur son avant bras pour lui dire d’un air compatissant qu’il fallait discuter. Elle avait donc raté quelque chose.
« Ouais plus tard Harry. », ajouta Chenoa à la suite de Tyrol, avant de leur emboiter le pas vers leur F-302. Ils passèrent devant une myriade d’engins, dont certains portaient les stigmates de la guerre. Ils avaient du vécu, et une histoire, tout comme leurs équipage. D’ailleurs, en marchant, Chenoa croisa le regard de quelques membres qui discutaient eux aussi avec leur technicien, prêt des appareils. Elle fit quelques sourires et quelques inclinaisons de la tête pour saluer en passant, histoire de commencer à s’intégrer dans le groupe.

Enfin, Tyrol les arrêta devant un chasseur flambant neuf. Le truc sortait d’usine ! Numéro de série N-147D. Chenoa le répéta en boucle dans sa tête en contemplant le coucou. L’appareil prit vie sous les doigts d’Harry et la verrière se déploya. Bêtement, l’indienne la regarda monter, comme si elle en voyait un pour la première fois. Elle avait déjà volé dans cet appareil, mais celui-là était neuf, et ce serait le sien pour les mois et années à venir. Le troisième membre de l’équipage, tout simplement. Pour le coup, elle était d’accord avec Adolfi, et d’ailleurs, elle ne pensait plus vraiment à lui. Chenoa avait posé son sac près du train, et elle passait sa main paisiblement sur la carlingue pour en éprouver l’énergie.
Et forcément, son petit instant de faiblesse permit à Scott de foncer dans la brèche et de lui balancer une merde dans le dos. Elle se retrouva donc poussée sur le côté alors qu’il venait de causer au sergent sur son impatience imaginaire.
« Tu sais ce que c’est qu’un tomahawk le nazi ? Étonnant. ». Il ne devait pas parler du missile que les américains avaient baptisé comme ça, puisqu’il parlait bien de percer un crâne. Elle monta à sa suite dans la carlingue non sans jeter un regard appuyé à Tyrol en levant les sourcils, pour faire la plus mature des deux.
« C’est “notre” F-302 Greer. », fit-elle en inspirant un grand coup. Oui ça sentait bien le neuf. Il fallait qu’elle ramène son petit désodorisant de sa propre confection, senteur framboise rouge. Ses mains pianotèrent sur les instruments, telle une petite caresse amicale, et elle s’enfonça pleinement dans son siège en poussant un soupir satisfait.
« Moi c’est Chenoa, j’suis contente de faire ta connaissance. », dit-elle à l’adresse du chasseur en tapotant la carlingue.



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Renfort Dédale en juillet 2018



« Aha ! Ouais, c’est “notre” bébé, Penikett. » Railla Scott d’un air bien lourdaud. « Ca te défrise pas les plumes de devoir le légitimer avec un nazi ? »
Il ricana en se levant de son siège.
« Tu progresses vers la voie du drapeau rouge-blanc-noir, attention. »

Découvrir son F-302 le rendait encore plus joueur.
De l’endroit où il se tenait, il voyait ce qu’allait être sa vue pour les futures missions. Les jours, les mois, les années, et ça le faisait vibrer d’une totale excitation. Il avait hâte de faire sa première sortie, hâte de faire son premier combat. Voir ce que l’emplumée pouvait avoir dans les tripes et, se faisant, ce que le chasseur avait dans les tuyères.

Les deux bras croisés par dessus la vitre de séparation de leurs cabine, l’homme observa le contact particulier qui se faisait entre l’indienne et la machine. Il secoua négativement la tête en faisant une grimace. Mais qu’est-ce qu’elle foutait ? Est-ce qu’elle s’attendait à ce que le métal lui réponde ? Est-ce qu’elle aurait fait la même chose avec une bagnole ou une moto sur Terre ?
N’empêche, son geste n’était pourtant pas si ridicule. Ca montrait bien qu’ils avaient une passion commune, peut-être bien leur seul et unique terrain d’entente.

« Tu t’adresses à ce F-302 comme à ton canasson... » observa Greer en la voyant faire. « Tu comptes nous peindre tes symboles ésotériques ? »

Ce n’était pas une critique cette fois, même si le ton y était pour déguiser cette soudaine curiosité. Sincèrement, la première rencontre avec le F-302 dont l’on devient propriétaire : c’est un aboutissement. C’est la finalité d’un nombre conséquent d’heures de vol, d'entraînement, d’élitisme. Scott savait très bien ce que Chenoa ressentait puisque c’était également son cas. De l’exaltation, une forme de fierté personnelle, et il se surprit à caresser à son tour la carlingue, l’imitant comme pour voir s’il allait trouver un lien encore plus fort. Si quelque chose de nouveau allait venir.

Sa main termina la caresse sur le côté intérieur droit de sa cabine, là où il y avait une petite surface non occupée.
« Moi je vais installer une Winchester coupée ici, sur des crochets. Ça va claquer un max : Josh Randall, tu connais ? La série “Au nom de la Loi” ? »

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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018


Pour toute réponse, Scott pu voir le majeur de Chenoa se tendre au dessus de la verrière. Elle l’emmerdait profondément lui et ses réflexions à la con. Oui, ça l’embêtait de partager ce moment avec ce vaurien, mais elle n’allait pas non plus appartenir à son idéologie juste parce qu’elle partageait un cockpit avec ce type. Oh et puis en fait, elle avait quand même envie de répondre quelque chose, histoire de ne pas le laisser sur un geste :
« Je crois que ça me défrise moins que toi de le partager avec une indienne des Etats-Unis d’Amérique. Et ouais mon pote, je suis américaine comme toi, et même que je me reproduirai avec un blanc tout propre et qui gagnera beaucoup d’argent, et je mélangerai ma race avec la sienne pour faire de beaux petits métis qui iront chier sur tes bottes de nazi pour te monter que ta merde à la même couleur et la même odeur que la leur. »
On aurait pu croire qu’elle était en colère, ou en rogne, mais en fait, elle avait dit tout cela en contemplant l’intérieur de son vaisseau, sans animosité, juste sur le ton de la conversation, comme une pipelette.
« Ouais, tu feras moins ta maligne quand il t’en aura balancé une ou deux dans les narines et qu’il ira courir les “moins propres” que toi. »
« Waouh ! », fit-elle avec une exagération non feinte, rien que pour se moquer. « C’est la meilleure répartie que tu as eu de la journée ! ». Et elle se mit à rire quelque peu pour bien accentuer le fait qu’elle s’amusait de lui.

Chenoa était dans les mêmes dispositions que lui. Elle avait hâte de sortir dans l’espace, de faire ses premières missions, ses premiers vols opérationnels. Elle regrettait de ne pas le faire avec quelqu’un qu’elle appréciait vraiment, mais elle se disait que ce mec était dans la provoc pour une raison ou pour une autre, et quand il comprendrait que ce n’était pas en étant ingrat et raciste avec les autres qu’il obtiendrait à nouveau une branlette de sa maman, il arrêterait surement de faire la barbouze.

Alors qu’elle s’était évadée dans son monde en caressant sa future monture, et qu’elle s’adressait à elle en même temps, la voix désagréable de Scott se manifesta à ses oreilles. Elle était tentée de lui faire un nouveau doigt, doigt qu’il pouvait facilement voir depuis son siège. Mais elle se retint.

« Et pourquoi pas ? », fit-elle par pure provocation. « J’suis certaine que tu meurs d’envie de dessiner une belle blanche à gros seins sur la carlingue toi. », ajouta-t-elle. Harry devait halluciner, mais elle avait complètement oublié la présence du techos dans les environs. Ca se passait entre le F-302, Scott, et elle. L’équipage de trois qu’ils allaient faire, même si elle reconnaissait volontiers que sans technicien, ils ne voleraient pas.
« Tu me connais si mal, l’emplumée ! Je ne vais peindre qu’une citation : “CUSTER WAS HERE”. Avec la carabine, ce sera parfait ! »

Qu’est-ce qu’il racontait encore l’autre là ? Non seulement elle ne connaissait pas la référence, mais elle ne voyait pas l’intérêt de mettre une carabine dans son cockpit. Il devait déjà y avoir des armes réglementaires dedans.

« Qu’est-ce que tu racontes Adolfi ? C’est comme ça que tu appelles ton doudou ? Je te filerai une poupée Kachinka, tu verras, c’est chouette. »
« Alors reste dans ton ignorance, tu fais bien ! »
« Si tu le dis, ça m’est bien égal de ne pas connaître tes références. ». Pour sûr, il y allait avoir une une bonne ambiance dans ce F-302.



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Scott Greer & Chenoa Penikett

Renfort Dédale en juillet 2018



Une semaine s’était écoulée depuis cette rencontre pour le moins mouvementée.
Jusqu’à présent, Chenoa et Scott s’étaient soigneusement évités sauf pour ce qui concernait leur travail d’équipe. Vérification des instruments, réglages des différents postes cabine, plan de vol et préparatifs pour la toute première sortie en milieu spatial.

Il y avait beaucoup à faire et, même si les deux se supportaient pour pouvoir répondre à l’objectif commun et faire le boulot, il y avait toujours un moment précis où la fameuse remarque fusait. Une petite étincelle, tout juste suffisante, pour déclencher l’incendie.

Une semaine depuis leur rencontre et pas un jour ne s’était écoulé sans une chamaillerie. En revanche, Si Penikett s’était bien acclimatée à l’ensemble de l’escadrille, le copilote avait la fâcheuse tendance à faire bande à part, ce qui était plutôt mal vu. C’était véritablement inattendu mais il avait une meilleure affinité avec Blue qui faisait office de second de Ross. D’ailleurs, l’homme avait été plutôt étonné de sa patience et du fait qu’elle ne l’avait pas véritablement jugé sur ce premier jour.

La jeune femme avait bien essayé de gratter la couche de vernis pour percer le furoncle, se disant qu’il n’avait pas été sélectionné par erreur et que son aversion pour l’indienne cachait autre chose. Mais ça tenait du fantasme de penser que Scott se confierait. A l’issue de leur discussion, il avait juste promis de rester professionnel en toute circonstance.

Mais voilà, il suffisait que Penikett ramène son cul pour lui dire un truc ou se moquer (de bonne guerre vu ce qu’il lui casait par moment) et Scott recommençait à voir rouge. Pourtant, en sept jours, il avait commencé à trouver son rythme. Passé la surprise et la confusion, il s’était armé d’un beau sourire et de quelques blagues cons-cons pour balayer les malentendus qu’il avait créé. Il lui arrivait même parfois de se montrer agréable vis-à-vis de sa pilote quand le vent allait dans son sens.
Cela ne l’empêchait pas pour autant de lui pourrir la vie dès qu’elle avait le dos tourné.

Pas par la médisance, il n’était pas aussi petit.
Mais la fameuse tapette à souris planquée dans son tiroir de petite culotte, elle n’y avait pas échappé…

Le reste de l’escadrille avait déjà inclus leur rivalité quotidienne comme une norme et ils n’hésitaient pas pour les chambrer, tous les deux ensemble, mis dans le même sac, sur ce qu’ils donneraient en mission dans un F-302. Quelques binômes un peu trop confiant estimaient qu’ils feraient des cibles faciles avec une telle division. Mais étrangement, au lieu d’opter pour la haine, Scott fixait sa collègue dans ces moments là pour trouver chez elle l’écho du même sentiment. Une forme d’armistice temporaire pour relever le défi et leur prouver, qu’au boulot, ils allaient les renvoyer pleurer dans les jupons de Ross.

Quand la nouvelle tomba, Scott était en train de taper la partie de carte avec Blue et deux autres gars. Forcément, il avait fallu qu’un de ces abrutis l’invite à se joindre à eux et Greer n’avait pas pu s’empêcher de faire remarquer que les emplumés ne savaient pas jouer.
Ils étaient donc en train de se regarder en chien de faïence à savoir qui des deux serait le premier à plumer l’autre...quand Blue reçu le tableau de service des premiers envols. A part pour les plus expérimentés, tous les autres avaient retenu leur souffle.
Ils se seraient cru à une remise de diplôme sans connaître le résultat.

Chenoa et Scott sortiraient les premiers. C’était Blue et Balafre qui les accompagneraient.
Naturellement, le copilote fixa du regard sa collègue en essayant d’y découvrir une étincelle de peur. Mais non, il ne remarqua que de l’enthousiasme et de l’excitation. Rien que ça, ajouté à leur petite aventure pour récupérer le paquetage, lui avait forcé le respect.
Il continuerait de lui pourrir la vie, c’est sûr, mais il nourrissait un certain respect à son égard.

« On décolle à quelle heure du coup ? »
« Huit heures. »
« C’est trop tôt, chef. Penikett aura jamais assez de temps pour finir de se refaire la façade et se poser ses peintures d’emplumée. »
« Celui que j’ai vu trainer le plus longtemps en salle de bain, ce n’est pas Chenoa, mais toi. Huit heures et pas une minute de plus. »

L’homme haussa les épaules. Il récupéra son ordre de mission puis avisa Chenoa.
« Parfait. Il me reste douze heures pour te mettre la branlée au Poker. Alors, sauvage, tu vas les poser tes cartes ? Ou tu attends qu’elles tombent ? »

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Mar 11 Sep - 5:06
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Scott Greer & Chenoa Penikett

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Comment pouvait-elle refuser une partie de carte entre collègue ? Surtout quand Scott était à la table. Elle n’aimait pas spécialement le Poker, mais elle aimait bien faire chier son copilote. Donc, la balance du déplaisir était plutôt dans le camp de son collègue. D’un autre côté, ce genre de partie était aussi faite pour parfaire la cohésion de groupe, bien que les jeux d’argents pouvaient créer des dissensions. C’était d’ailleurs pour ça que ce n’était pas de l’argent réel qui était misé. Le Colonel Caldwell était clair là dessus.

La semaine qui s’était écoulée avait été riche en découverte mais désormais, l’indienne pouvait s’orienter à peu près dans le Dédale sans se perdre, et elle avait discuté avec tout le monde ou presque, du moins au niveau de l’escadrille. Elle s’intégrait plutôt bien, étant de nature franche et amicale, assez direct et plutôt amusante pour les autres. Les autres d’ailleurs, avaient parfaitement compris le petit jeu qu’elle entretenait avec Greer. Elle était persuadée qu’ils pensaient qu’ils allaient être de bien piètre performeur en vol, mais elle comptait bien leur démontrer le contraire, fut-ce seule comme une grande. Elle avait les manettes après-tout, même si elle savait qu’un bon F-302 était avant piloté par un équipage de deux personnes complémentaires, avec des responsabilités importantes de part et d’autre. Quelque chose lui faisait que sous ses airs de parfait connard raciste et reloud, Scott n’était pas mauvais dans son genre, et rien que son affectation ici visait à le prouver.

Tout ça pour dire qu’elle avait hâte de voir ce qu’il avait dans le ventre, et s’il allait encaisser comme elle savait le faire. Rien que pour ça, elle jubilait d’avance. Du coup, quand elle apprit que les vols étaient tombés et qu’elle allait sortir la première avec Blue et Balafre, elle ne se sentait plus. La partie de carte devenait sacrément intéressante, et quand elle croisa le regard de son coéquipier de fortune, elle y lu autant d’impatience que chez elle, et cela la rassura quelque peu.

« Et toc. », fit-elle à la suite de Blue qui venait de lui balancer une vanne dans les dents sur la salle de bain. Chenoa ne les regardait pas. Elle avait ses coudes sur la table, ses cheveux tombant sur son t-shirt blanc dans un contraste bien tranché, et elle tenait ses cartes devant ses yeux, à deux mains. Elle semblait réfléchir à son prochain coup, car c’était à elle. Elle tapotait les cartes avec ses doigts, doigts qui restaient encore douloureux de s’être coincés dans une tapette à souris.
« Patience ma belle, j’attends que Coyote me dise quoi poser. ». Elle le toisa par dessus son jeu, avant de reporter ses pupilles noires sur les cartes.
Elle savait que cela allait le faire démarrer au quart de tour. Une petite référence indienne, juste pour le plaisir, car elle n’attendait vraiment pas que le Décepteur que représentait l’animal Totem ne lui indique la suite du jeu. Quant au “ma belle”, c’était en référence au temps qu’il passait dans la salle de bain.

Elle descendit alors une carte sur la table qu’elle posa en la claquant de façon sonore. Un deux de coeur pour faire une double paires sur la table. Elle n’y connaissait pas grand chose, mais ce n’était pas trop mal non ?


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