Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Mer 25 Juil - 0:00
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Deux-trois mois après l’Opération Normandie. 00h00.


Je suis assis. Je suis sur mon lit. Jusqu'ici, j'arrive à me repérer. J'ai mon cap. Oui, je sais très bien où on est. Je suis sur un vaisseau Wraith. Je suis en pleine navigation à son bord. Je suis condamné. On l'est tous. On est tous, sans exception, condamnés. Je suis dans une cellule. J'ai une main qui tremble. Je n'en ai même pas conscience. C'est ma main droite. Elle vient se poser sur ma cuisse. On dit pourtant, moi l'a déjà entendu, que la main du Diable c'est la gauche. Oui, notre siège Atlante, il est devenu Wraith. C'est Rodney. Il l'a déjà dit à Hansen sur le Normandie. Kay n'est pas un militaire. Mais Kay a raison. Hansen n’obéit pas à Kay. Mais ça n'empêche qu'il a raison. Le siège d'Atlantis est devenu un siège Wraith. Le navire est en train de chavirer.

J’ai le regard ouvert. J’ai les yeux ouverts. J’ai un regard inexpressif. Norvégien, est-ce que j’ai, de toute manière, un regard si expressif que ça ? Ça m’arrive. Ça se souvient qu’il y a eu tant d’ombres dans ce regard il y a un temps. Il y a combien de temps ? Le temps n’a aucune importance. Ça est intransigeant sur ça. Il est viking. Le temps pour ça, c’est un tabou. Chuuut. Il ne faut pas parler du temps avec ça. Il faut le laisser se lever. Il faut partir. Je, je ne peux pas abandonner le navire. Non ! Même s'il sombre. Je ne peux pas. Comme ça non. Je ne peux pas. Je dois rester. Je dois revenir. Mais, Mikkel, il dort. Je sens comme mes pieds nus dans l'eau. Moi je sens que ça. Je dois alors partir. Il le faut. En vrai, je suis sec. C’est dommage. Ce regard n’est pas si sombre. Il l’est. Il a des touches de clair. Vert ou bleu ? MIDORI. Osaka. Le temps d’une escale. AOI. AOZORA. Le ciel on le pointe tous du doigt non ? J’ai comme l’impression d’avoir autant 5 ans que 30 ans ou d’avoir 20 ans.

Je me lève de mon lit. Je suis en t-shirt noir et en short noir. Il parait que moi est quelque peu pudique. Il dort comme ça. Ça est à l’aise. Il l’est. La guerre ça ne lui fait pas peur. La guerre ça l’a marqué. Je me lève. Je marche, qu'à peine, dans ma chambre. Jusqu'à ma table de chevet. J’ouvre ma table de chevet. Elle s’ouvre sur une peluche d’écureuil. Ça appartient à ma petite sœur. Ça, c'est l’animal de ma sœur. Le mien c’est, c'est quoi déjà ? Je, je le sais. Je prends la peluche. Je la pose sur la table de chevet. « Bien mon colonel. » Je dis. « Compris mon colonel. » Je vois ma main en sang. Je tente de la retirer. Elle est retenue par la peluche. Je ne tremble pas. Je devrai. Je ne vois rien. Je n’ai que images. Je vois une matière organique. Elle se fond et se colle dans ma main. Comme une grenade fondue. Ça n’explose pas, les grenades ? Je laisse le tiroir ouvert. Où ça se croit-il ? Où suis-je moi ? J’évite les meubles. Ce n’est pas la première fois que j’y arrive quand c’est ça qui dirige mon cap. Ça, s’il fait peur ? Qui n’a pas peur de ça ?

Je marche vers la porte du jumper. Pour moi, c’est celle d’un jumper. Je ne cherche pas de logique. Il s'est fait dévorer par le vaisseau Wraith. Le jumper. Ici, il y a une cohérence, même si là-bas, personne ne me croirait. Ici elle existe. Ici c'est une réalité. Non, pas encore, pas encore un pliage de papier blanc qui vole dans le ciel et qui retombe par terre. Ça coupe. Ça tranche des têtes. Non ! J’entends un frisson. Comme du papier frotté. Il me faut sortir d'ici. Je pose ma main sur la porte. J’y cherche une poignée terrienne. C’est tout lisse. Il n’y a pas de poignée terrienne. Je recommence. Je tâtonne. Je gratte. Je m’active à le faire. Est-ce que je suis capable de perdre mon sang froid avec ça ? Moi presque toujours de sang-froid ? La porte, automatique, elle finit par s’ouvrir. Saleté de jumper. J’entends comme du papier qui se froisse derrière moi. Je dois partir. Il le faut. Allez ! Rompez soldat.

Je marche. Je déambule. Moi pense marcher. En vrai, je déambule. Je marche dans un couloir. Je me pense marcher comme un militaire. Je suis un militaire ! Hansen est militaire depuis son stage militaire. Hansen n’a jamais fait d’autres métiers. Il a toujours été militaire. Si ça le regrette ? Non ! Il n’a connu que ça. Il a toujours été première classe. Pourquoi il le regretterait ? Il n’a jamais monté une échelle. Où est l’échelle ? Il faut que j’évite les échelles. Il faut que je les évite. J’obéis aux échelles. Ça il veut éviter les échelles. Il sait qu'il peut tomber des échelles. Il a appris. Ce n'est pas la première fois qu'il navigue et qu'il est le pilote. Elle est par là. Je change de couloir alors. J’en prends un autre. Je m’éloigne des bureaux. Ça, il connait bien Atlantis. Peut-être même qu’il la connait mieux que moi. Même si elle est devenue Wraith, elle est restée Atlantis. Ça aime Atlantis. Il aime plonger dessus. Je sens de l'organique autour de moi. Les murs, ils me paraissent Wraith.

Ça évite alors les escaliers qui mènent aux bureaux. Il les regarde. Je les regarde. « Non. » Je dis, timide, vers les escaliers. Je dis comme endormi. Ça ne les a pas évités ? Mais pourquoi ? Moi qui le croyait. Moi qui lui faisais confiance. Pourquoi moi est-il en guerre avec ça ? Mais pourquoi ? Non. Ça ne doit pas s’énerver. Mikkel toujours de sang-froid. Oh, Mikkel est là ? Depuis quand ? Ça me rassure. J'suis pas rassuré lorsqu'il n'est plus là. Il n'a, pourtant, toujours pas réussi à se réveiller. Il pionce comme un loir. Sa sœur dit de lui, Mikkel, je ne sais pas pourquoi, il a tout pour faire peur, mais il ne parvient jamais à faire peur. A-t-elle raison ? Ça n'en est plus si sûr désormais. Il n'en est plus si sûr. Mikkel, pour cette nuit, il est parti. Il cherche. Tu te souviens, une fois, il a cherché comme ça les affaires perdues d'un confrère militaire. Je, je ne peux pas retourner la revoir. Ma sœur. Pas après tout ça. Non ! Je, je ne sais pas. C'est, c'est si triste. J’suis pourtant sûr qu'il connait Altantis comme sa poche. Je savais bien qu’il ne fallait pas lui faire confiance. Il veut continuer à marcher. Pourtant il s’est arrêté. Il veut comprendre. Il entend des choses. Il n’est pas fou. Hansen a déjà été examiné. Il n’a aucune folie. Il est juste ailleurs. Pas là. Je suis là mais pas là. Ça est là. Il est là et pas là en même temps. On n’est pas là. On dort. Il fait nuit. Il fait nuit noire. Il n’y a guère que lucioles atlantes. Ça n’a jamais eu peur du noir. Même gosse. Pourquoi ça aurait peur du noir ? Chez moi il fait noir l’hiver. Ça n'a peur de rien ! Chez moi, c’est où ? Je, je ne sais plus. « Chez les marins où tous les chats volent. »

Je suis devant la porte des étoiles. Je ne l'avais pas remarqué. J'viens de le remarquer. Je suis dos à l'échelle. L'échelle est énorme. Elle monte jusqu'au ciel. Ici il fait froid. Je me sens froid. C'est l'hiver. Il neige c'est sûr. C'est certain. J'ai ma main qui veut se lever et se tendre vers la porte. J'y parviens à peine. J'ai qu'un élan avec un pas vers l'avant. Puis je m'arrête. Non ! C'est horrible ! Je ne peux pas aller par là. Je ne peux pas retourner sur Terre. Que va penser ma sœur ? Elle va me dire que... Elle va... Elle va me dire que c'est Wraith ici. Que faire ? Si moi rester là et si porte des étoiles s’activer, moi pouf désintégré ! Je n’en ai pas conscience. Y’a le bouclier. Y’a l’ŒIL de toute façon. L’ŒIL qui regarde. Je me sens regardé. J’aime pas ça. Ça aime pas ça.

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Mikkel Hansen

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Jeu 26 Juil - 7:12
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En vadrouille
Mikkel Hansen & Chenoa Penikett
Chronologie Juillet 2018 - 23h15
Salle d'embarquement


Chenoa n’était pas sur le Dédale. Encore une fois, la jeune femme explorait la cité pendant ses permissions, pour se faire une idée de l’environnement qu’elle était amenée à défendre depuis l’espace, dans son F-302. Au-delà de ça, la curiosité qu’elle avait pour ce lieu ne cessait de croître avec le temps, et se sachant porteuse du gène ATA, qualifié vulgairement de gène des anciens, elle venait à penser que ses ancêtres Navajos avaient vécu dans ce monde par le passé, puisque tout ce qu’elle approchait comme objet y appartenant, s’activait pour elle. Si elle avait le gène, elle avait appartenu à ce monde, elle avait donc des ancêtres qui avaient vécu ici. CQFD. C’était à la fois perturbant, excitant, et déroutant. Sa mythologie avait du sens dans ce qu’elle voyait, et elle était certaine que les ancêtres, au travers de leur conte, narraient une existence passée ailleurs. Les Navajos disaient toujours qu’ils étaient actuellement dans le quatrième monde et qu’ils en avaient traversé trois. L’existence même de la Porte des Etoiles suffisait à créditer cet aspect là de la mythologie amérindienne de sa tribu. C’était fantastique.

L’indienne était donc là, plantée devant la Porte des Etoiles, étudiant de loin cet artefact ancien. Elle était tentée d’en faire le tour et de le toucher, mais elle n’osait pas, paralysée par le fait que c’était là une sorte de totem puissant qu’elle avait devant elle. Du coup, elle se contentait de l’admirer, et elle prenait un malin plaisir à voir la Porte s’activer et cracher son vortex pour mieux le ravaler. Ensuite, c’était une onde miroitante et chatoyante qui ne demandait qu’à être traversée pour changer de monde et d’endroit. Mais voilà, il était tard, et les activations seraient donc plus rares. La salle d’embarquement était en veille. Il y avait toujours, pas loin, des gardes prêts à intervenir en cas d’activation de la Porte, qu’elle soit désirée ou non, mais pour l’heure, c’était calme et paisible, et les lumières étaient au diapason de la nuit : sombre et tamisée.

La jeune femme n’avait pas pris le dernier saut de téléportation du Dédale pour rentrer dormir. Scott allait se poser des questions, et ça lui ferait bien les pieds. Elle comptait dormir ici, sur la cité, bien qu’elle n’avait pas de logement à proprement parlé. Ce n’était pas bien grave, habituée qu’elle était depuis toute petite à dormir à la dure, à la belle étoile. C’était cependant dommage qu’elle eût ratée la dernière navette vers le continent. Là-bas, elle aurait pu dormir sur la plage ou dans le sous-bois à proximité, loin d’un sol aussi dur que celui-là. D’ailleurs, elle commençait à avoir mal au cul et elle poussa un soupir. Elle se leva, comptant mettre fin à la contemplation de la Porte pour aller se trouver un coin où dormir. Quelqu’un lui avait parlé de la salle des écumes, dans laquelle il y aurait des divans, des sacs suspendus, et autres trucs cool où elle pourrait se nicher jusqu’au petit matin. On lui avait vendu le tout avec une vue magnifique, alors il lui tardait de trouver où cela se trouvait.

Réprimant un bâillement qu’elle masqua du plat de la main, elle en profita pour passer son membre derrière son dos, et de son autre main, elle tira sur son coude qui était à la verticale, s’étirant les triceps de son bras plié. Elle poussa un profond soupir de bienêtre avant de laisser retomber mollement ses mains le long de son flanc, en faisant rouler ses épaules pour continuer à s’étirer. Elle était roidie par son attente, et le sang dans ses jambes commençait à refluer vers le haut, si bien qu’elle avait des fourmis dans les talons. Chenoa n’avait aucune conscience de l’heure qu’il était. Elle avait laissé sa montre sur le Dédale et elle s’en portait que mieux. Elle se baissa pour ramasser sa veste d’uniforme qui lui servait de coussin, constatant avec dépit qu’elle était toute froissée. Elle la glissa sous son bras, préférant rester dans son t-shirt de l’équipe de basket du Dédale, avec son nom dans le dos et son numéro, le 4, numéro qu’elle avait bien évidemment choisi. Le quatre était, en effet, très symbolique dans la culture Navajo. Elle ne portait pas de débardeur de peur que l'on voit les immenses tatouages qui bariolaient son corps. Non qu'elle ne les assumait pas, bien au contraire, mais avec un copilote comme Scott Greer, il valait mieux ne pas trop s'exposer sous peine de se voir railler. C'était aussi une habitude qu'elle avait prise depuis l'université, sachant très bien que cela pouvait choquer, surtout dans le cursus un peu prout prout qu'elle suivait, même si les gens étaient vraiment brillants.

Alors qu’elle s’apprêtait à partir, un type se présenta dans la salle d’embarquement. Il ne la vit pas et manqua de la bousculer, mais il l’esquiva au dernier moment, comme s’il avait conscience de sa présence. Elle se fit cette réflexion car le bonhomme semblait dormir. Il avait les yeux ouverts, mais le faciès étrangement serein. La démarche était lente, mais affirmée, et il ne semblait pas vraiment être adapté au lieu, surtout à cette heure-ci.
« Excusez moi, je ne vous avez pas vu. », lança Chenoa en chuchotant, de peur de briser l’atmosphère relaxante de l’endroit. Le type ne répondit pas tout de suite, avant de sortir un :
« Bien mon colonel. Compris mon colonel. ».

L’indienne arqua un sourcil.

« Euh…. Je n’ai pas mes épaulettes, elles sont sur ma veste, mais je suis sous-lieutenant juste. Colonel ce n’est pas pour moi… », fit Chenoa en se grattant la tête, gênée et en sortant sa veste de dessous son bras pour lui monter. Mais elle n’eut guère de réaction. Le gars s’était arrêté mais il ne lui prêtait pas vraiment attention, son regard dans le lointain. Et voilà pas qu’il répond un tout simple : « Non. », d’un air timide.
Non quoi ? Non elle n’était pas sous-lieutenant ? Non elle n’était pas colonel ? Le protocole voudrait qu’il salut sa supérieure, mais Chenoa n’était pas très à cheval dessus et le comportement du type l’intriguait. Puis l'heure pour les mondanités militaires était passée. Curieuse et soucieuse, elle jeta un coup d’œil aux alentours. Est-ce qu’on essayait pas de lui faire une blague en lui envoyant ce mec qui faisait le comique ou autre ? Ce ne serait pas la première fois qu’on se foutrait de sa gueule, bien malheureusement, juste à cause de sa couleur de peau dénotant de ses origines ethniques. Elle en devenait parano et cela lui fit pousser un soupir.

Un rictus étira les lèvres de la brune quand il parla des chats qui volent chez les marins. Il suivait un délire personnel ou bien ? L’indienne recula d’un pas, et l’observa. Il était calme, assez placide, et il semblait respirer paisiblement. Ce type était en train de dormir.

« Tu es quelqu’un qui marche dans les rêves. », dit-elle en faisant aller son doigt tendu vers lui, comme si elle venait de trouver la solution du mystère. Elle ne connaissait rien au somnambulisme mais elle savait au moins une chose : il ne fallait pas les réveiller. Une nouvelle fois, la jeune femme chercha du regard quelqu’un dans les environs, qui pourrait l’aider à ramener ce gugus dans sa chambre, mais elle ne vit personne. Du coup, elle se focalisa de nouveau sur l’homme, mais il ne se trouvait plus devant elle ! Il venait de la contourner tranquillement et continuait de marcher aléatoirement. Quoiqu’il évitait les obstacles.

« Hey, tu vas où comme ça ?! Tu es en mission ? Tu cherches quelques choses ? », chuchota-t-elle à nouveau avec empressement. Cela donnait le sentiment qu’ils étaient en train de faire une connerie d’ado et qu’ils ne voulaient pas se faire choper.

Elle ne savait pas si elle allait obtenir des réponses ou si elle allait se prendre un vent, mais elle tentait sa chance. Souvent, les gens qui parlent dans leur sommeil répondent. C’était peut-être la même chose ici. Quoiqu’il en soit, elle lui barra le chemin. Il allait vers la Porte. Une nouvelle fois, il s’arrêta devant elle, qui avait croisé les bras en le toisant. Elle n’était pas petite, du haut de son mètre soixante quinze, mais il la dépassait largement. S’il voulait, il pouvait l’écarter d’un bras et continuer sa route. Elle ne sentait pas d’agressivité, mais elle restait méfiante. Coyote savait à quoi il rêvait ce marcheur onirique.

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Ven 10 Aoû - 15:35
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Euh…. Je n’ai pas mes épaulettes, elles sont sur ma veste, mais je suis sous-lieutenant juste. Colonel ce n’est pas pour moi… J’ai sa parole qui s'inscrit en ma mémoire. Je l’associe à cette voix que j’entends. Pourquoi ce n’est pas pour vous ? J’ai cette question qui se grave en moi. Je ne sais pas pourquoi. Comme si, si j’avais été ailleurs, dans sa réalité à elle, je n’aurai pas compris, parce qu’il manque une explication. C’est embêtant. Parce que, déjà que dans un rêve, plein de portes s'ouvraient, alors, si une interrogation de là-bas, de la réalité, restait incomplète, quelque chose clochait, et, dans la tête ça restait, ce truc qui clochait, comme en suspends, en attente de réponse. Normalement, tout ce qui se passe ici, là où je suis, c’est incomplet, mais c’est complet là-bas. Enfin je crois. Euh, où suis-je, si je suis ailleurs ?

Quoi ? La salle d’embarquement et à la porte des étoiles depuis le début ?! Mais alors ?! Cette grenade ? Ce doudou de sa sœur ? Cette porte de jumper ? Il était déjà parti ! Il était déjà ailleurs ! Ça se restructura comme soudain. Les images et les paroles n’étaient pas en phase. Le temps se déroulait d’une toute autre façon. Avec la silhouette à voix féminine, ça se refixait. Le temps se rapprochait de celui de la réalité à elle. Là-bas, c’est comment Mikkel ? Il ne savait plus, car, il dormait et dormait toujours. Car, parfois, on était fatigué. On était fatigué alors on dormait. Parfois on était fatigué et on ne dormait plus. Alors, on se levait mais on dormait quand même encore !

// Ici Sheppard, renfort pour secourir Natus… secourir Idène // grésillait la radio. Il avait traversé la fumée orange. Il avait percuté un originel. Bien sûr, il en avait pris plein la gueule. Tout s’accéléra. Comme, dans un film, en avance rapide. Sheppard, fumée orange, originel et Tairis en flamme. J’ai chaud. Je croyais, pourtant, que j’avais les pieds mouillés, comme dans un naufrage. J’ai une image. Là. Cette fois là où j’ai enfoncé mes doigts dans ce sbire de Wraith. Gamin, ma sœur, elle me demandait de lui raconter des histoires. J’étais rien mauvais. Alors, elle cessa de m'en demander. Ça m’faisait quand même quelque chose. J’me disais, merde, elle ne me demande plus rien. J’suis son grand frère. Et, elle ne me demande plus rien. Allez, demande-moi au moins un service à te rendre. Ouais un service. Après tout ça, j’pourrai plus aller sur Terre c’est sûr. Qu’est-ce que j'lui dirai ? Il y avait eu comme, beaucoup plus de brutalité, dans cette guerre, l'opération Normandie, plus de brutalité qu’il n'en avait connu par le passé, de ses anciennes opérations militaires. Y’avait alors, comme une couche de boue. Tiens, il se sentit entouré de boue soudain. De la boue, partout et partout et encore partout. Les murs, il lui parurent boueux. Et le sol aussi. Et, la porte des étoiles aussi, obstruée par de la boue en pagaille. Il se sentit entouré de boue et en boue. Les chats volent ici. Ceux qui ont le gène. Ils volent en jumper. Comme Grayson. « Grayson est un chat. » Mais non Mikkel ! Grayson est un atlante qui a le gène. Trop long comme dénomination. Trop long pour un rêve. Mais pourquoi j’essayais de reconstruire ? En raison de sa présence, de la présence de la silhouette à voix féminine ? Qui venait de là-bas ? « Mikkel un sans poil à balles. » Arwé l’appelait comme ça. Comment va Arwé ? Oh. Ça me rend triste. Est-ce parce que, j'ai dû lui dire au-revoir ? Oh non...

Tu es quelqu’un qui marche dans les rêves. Quoi ? Qui ? Euh ? Comment ? Quoi ? Oh, mais, ça doit être le Caporal. C’est lui qui déduisait sur ma frégate. Et ça ressemble à une déduction. « Ça me va Caporal, mais il n’y a plus de papier toilette. » J’ai plus de munitions. Traversant la fumée orange, je fais tomber mon chargeur de munitions de mon 9 mm qui tombe à terre, comme, dans un ralenti, comme si je me croyais dans un film, à moins que ça ne soit l’arme elle-même, désarmé par l’originel que je percute, qui tombe à terre. A moins que ça ne soit moi. Ça me rappelle cette blague. Cette blague débile de frégate. Putain Oven, tu fais chier ! T’as encore planqué le PQ ! Et toi, tu frappes rageur sur la porte du poing. Toc toc toc. Ou plutôt, boom boom boom. BIP BIP BIP. Un grenade ? Putain Oven ! Tu fais chier ! Et, ce con, il rigole à dire que, tu l’as dis, tu l’as dis mon vieux ! Ça fait chier ! A combien il l’a faite celle là ? Il finissait par balancer le rouleau, qui, de sa longueur, s’étendait sur ta gueule. Putain Oven, si je t’attrape, je te jette par-dessus bord ! Et là, tu la sens, la vengeance au seau d’eau, sur ta tronche alors que t’es sur le trône, hein Oven ? Oven trempé mais c’est le jeu. L’arroseur arrosé. J’suis comme ça. Œil pour Œil. Dent pour Dent. Est-ce que j’ai brûlé un ennemi pour venger ce Tairis en flamme ? Putain, on s’marrait bien en frégate. Mais dès qu’Oven est parti, c’était, c’était devenu lugubre. Oven, sérieux, il était norvégien ce con ? Ouais. Ouais bel et bien, et, ses blagues, elles étaient bien chiantes, comme ce vent bien relou et bien glacial qui te mords la tronche. Mais, que serait l'hiver, sans un peu de vent. C’était quoi déjà, son animal ?

« Corneille blanche. » C'était ça. Était-ce Corneille blanche, la silhouette avec lui ? Ça me ferait plaisir de le revoir. « Ca f’sait longtemps. Tu vas bien ? » Dit-il doux. J’avais l’image de son visage. Oven était un blond foncé, à la coupe toujours courte sur les côtés, rasée même, et plus longue sur le dessus, les cheveux plaqués vers l’arrière, en mode, j’suis trop beau gosse t'as vu. Je le battais au bras de fer. Il me battait en conquêtes féminines. Clairement. Forcément. On n'avait pas le même délire à ce sujet. Bref. Un plongeur plus agile que corpulent. Des yeux sombres. Geeky, lui, il avait des ch'veux courts un peu mi-longs, coiffés aussi avec du gel, même s’il s’en cachait un peu. Bordel y’avait que moi qui avait les cheveux longs en vrai sur cette frégate. Ça me rassure, je me souviens de tout ça. Corneille blanche, parce que, Oven était notre tireur, celui qui couvre tes fesses, quitte à sortir du rang, alors il filait au vent et dénotait. En vrai, ce gars, c'était notre vent. Dans les rêves, bien sûr, personne n’est mort, sauf si le cauchemar le décide. Alors, là où je suis, des morts peuvent revivre et des vivants peuvent mourir. C’est fou non ? Il n'y a qu'ici que ce genre de chose arrive. C’est peut-être pour ça que certains marchent dans les rêves ? Ça évita les obstacles. Ça avait déjà piloté Mikkel. Ça, il assurait ! Mais ça, il ne connaissait pas tous les obstacles du réel. Et puis, il fallait que le monde réel ne change pas. Et, le monde réel, il changeait ! Une caisse par ci, une caisse par là, qui, habituellement, n’avait rien à faire là. Mais, ça, il avançait avec prudence, comme, comme quelqu’un d'pas réveillé !

Hey, tu vas où comme ça ?! Tu es en mission ? Tu cherches quelques choses ? La silhouette chuchotante, parlait-elle à moi ? Ça, il ne répondit pas. Il continua de marcher alors que la silhouette, de son côté, continuait à lui parler, d'un voix chuchotante, d'une voix de femme. Peut-être que silhouette chuchotante s’adressait à moi ? Il ne connaissait pas cette voix. Ça, il ne la connaissait pas. Moi avait envie alors de se cacher derrière ça. Ça, il n’était pas le plus diplomatique. Il n’allait pas parler à silhouette. Ça, il était taciturne. Il était viking. Où ça va ? Mais moi ne savait pas ! Il n'arrivait plus à rien comprendre ! Il ne devait pas aller ici et puis pouf il était quand même là. Il contrôlait presque plus rien. Malheureusement, il ne contrôlait même pas grand chose. En mission ? Oui ! Oui il était en mission. Il cherchait. C’était Mikkel qui cherchait. Aidez-moi voix chuchotante ! Je suis perdu ! Aurait-elle dit, la petite voix si, toutefois, elle aurait existé. Mais, Mikkel, pas fou, il n'avait pas de petite voix dans la réalité de la jeune femme.

« Haut dans le ciel ? C’quoi c’te voix de femme ? Vot’e parasite ? » Mais non ! Mais non ! Ce n’est pas le Colonel Sheppard ! Pourquoi tu dis ça ?! Et tu ne parlerais jamais comme ça au Colonel ?! S’passe quoi dans ta tête là ?! C’est que, sa réalité, de la jeune femme, elle est si éloignée. J’avais comme un décalage. Mais on me bloquait ? On me bloquait là ?! La silhouette, qui était devant moi, elle me bloquait ! Mais, mais, mais je suis norvégien ! On ne bloque pas un norvégien comme ça ! J’avançais vers la silhouette. De pas, toujours, de plus en plus près, avec, un air guerrier. Parce que, quelque part, il sentait la silhouette croiser les bras. Il sentait la silhouette vouloir l’intimider. Enfin il interpréta ça comme ça. On n'intimide pas un norvégien ! Alors, réaction primaire, le somnambule voulait intimider aussi. De, toute sa carrure. Il était tout près de la jeune femme. Dans la réalité, je n’aurai jamais été aussi près, plus réservé. Je garde mes distances avec les autres. Et, jamais vraiment, je n’intimidais comme ça. La silhouette pouvait être un Wraith. Je suis norvégien ! J’ai peur de rien ! Sous lieutenant ? Pourquoi je pense à ce grade ? Je suis si décalé. Si décalé avec la réalité de la silhouette à voix féminine. Ça ne ressemblait pas à la voix de Lieute Allen. Lieute Allen ne prononçait pas autant de mots. Si. Si quand même. Parfois. Peut-être. Ouais mais non. Pas pareil. Elle avait un ton plus... moins... moins texan ! Oh ! Mikkel avait voyagé au Brésil ! Euh, pourquoi pensa-t-il au Brésil ?! Elle lui parut miliaire. Pourquoi ? J’en sais rien. Comme si elle m’avait dit un truc qui me faisait dire ça mais je ne pourrai pas redire sa parole. Trop endormi.

«J’suis pas un rônin. » Lui déclara-t-il d’un ton viking comme si on l’accusait d’en être un et qu’il répliquait pour s'en défendre. « Secourir Natus Idène. Mon animal, je l’ai perdu. » Dit-il calme, dans la force tranquille. Il voulait lui dire qu’il n’était pas un rônin ! Il s'était égaré pendant la bataille. Je devais confondre avec mon escale à Osaka et ce film que j’avais été voir avec Geeky. Mais, c’était l’image. Elle était appropriée. Rônin, le soldat sans ordres. Je ne sais plus comment on m’appelait moi. Comment m’appelait Corneille blanche. Je ne sais plus quel est mon animal. Celui de ma sœur, c’est l’écureuil. Ratatosk. La silhouette à voix de femme, elle modifie mon rêve. Ça le perturbait un peu. On ne tombe pas de haut si on monte marche par marche. Mais j’y crois plus. Car ici et maintenant, on est tous condamnés. Mikkel les vit soudain, Sheppard et Allen, comme dans un cauchemar. Les deux, au sol, sur le sable, le Colonel, de tous ses tissus et ses os comme s’il n’avait plus de peau. La Lieute, devenue Wraith de toute sa personne, avec, des cheveux rouges de sang, les pointes de cheveux se mêlant à une marre de sang, qui, de plus en plus, inondait la terre boueuse et la rougissait. Ça ne pouvait être qu’un cauchemar. Oui, je marche dans les rêves je crois. Les cauchemars aussi ces temps-ci.

« Au Valhalla. Yggdrasil est perdu. » Voilà où il pourrait peut-être retrouver le Colonel. Là où les grands guerriers allaient après la bataille. Peut-être même y croiserait-il Matt. Et tout plein d’autres. Rodney. Rodney, même si c'était un civil, il y méritait bien une petite place bien chaude. Mikkel partit alors pour le Valhalla, toujours, dans son t-shirt noir et short noir. Toujours, pieds nus. Il se détourna de la silhouette à voix de femme. Il reprit sa marche, enfin, sa déambulation. Sans, reprendre distance. Il fallait espérer que la jeune femme se soit décalée de l’homme sinon elle pourrait peut-être se prendre son épaule et son flanc de côté. Mais, en somnambule, il resterait en fin de compte doux, endormi, à la percuter s'il la percutait. Et, il s’arrêterait à la percuter, pour, se décaler, et reprendre chemin. Mikkel, il lui fallait se rendre au Valhalla. Maintenant ! Peut-être y croiserait-il Sheppard. Peut-être y croiserait-il les guerriers de Normandie. Il était peut-être encore temps. Silhouette chuchotante, à voix de femme, elle était en vie il semblerait, mais, elle était déjà condamnée aussi. Mais il restait le Valhalla. Les Wraiths ne pouvaient pas atteinte le Valhala. Si seulement, il existait, un endroit, non atteignable par les Wraiths ! Dans un rêve, oui, peut-être que ça existait. Mikkel, tu dérailles, tu mélanges avec ces histoires de mythologie nordique que ta sœur te racontait ! Au Valhalla, Mikkel s’apprêtait donc à aller. Confondait-il avec la mort ? Oui, mais il fallait se rassurer, car Mikkel ne pensait qu’à déambuler jusqu’au réfectoire d’Atlantis dans la réalité. Car, après une bonne guerre, quoi de bon qu’un bon repas au Valhalla en guise de repos !

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Mikkel Hansen

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Mikkel Hansen & Chenoa Penikett
Chronologie Juillet 2018 - 23h15
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Chenoa ne savait pas trop quoi penser de cet homme. Il semblait vraiment dormir. Quand il lui répondit que Grayson était un chat, la jeune femme arqua un sourcil, un peu perplexe. S’il le disait, il devait avoir raison. Elle ne connaissait personne de ce nom là, et puis, il appelait son animal de compagnie comme il le souhaitait. "Mikkel était un sans poil à balles" maintenant. Il divaguait complet. Ça ne voulait rien dire. D’un côté, comme elle commençait à comprendre qu’il était somnambule, cela ne l’étonnait pas vraiment. Le cerveau était dans son monde, tandis que le corps était ailleurs. Il n’y avait plus de connectivité entre le passé, le présent, et le futur, mais surtout, il n’y avait pas de lien entre le présent immédiat et ce qu’il vivait dans ses songes. Il marchait, il répondait laconiquement, souvent à côté, suivant un raisonnement de pensées que seul son cortex cérébral produisait.

« Oui et Chenoa est une indienne sans plumes. », marmona-t-elle avant de l’accuser d’être un type qui marchait dans les rêves.

Encore une fois, une réponse clairement déconnectée de ce qu’elle venait de dire lui fut servi. Chenoa était habituellement assez bavarde, parfois soulante même, mais là, elle ne savait pas trop quoi dire. Elle venait de passer du rang de Colonel à celui de Caporal, mais ce n’était pas encore le plus dérangeant de l’histoire, non. Le plus embêtant était qu’il n’y avait bientôt plus de papier toilette. Sans PQ, c’était la merde, et c’était le cas de le dire…

« Mais à quoi je pense ? Je m’en fous qu’il n’y ait pas de PQ moi, nous ne sommes mêmes pas dans les chiottes. », murmura-t-elle, en secouant la tête quelque peu, comme pour se remettre les idées en place. Elle reporta son attention sur le norvégien :
« Tu as besoin de PQ ? », demanda-t-elle quand même, en chuchotant un peu plus fort pour qu’il comprenne qu’elle s’adressait à lui. Elle savait qu’elle ne devait pas lui parler, qu’il répondrait n’importe quoi, mais c’était amusant. Le naturel revenait au galop, et voilà qu’elle commençait à ajouter : « J’espère que c’est pour aller aux toilettes et pas te faire un petit plaisir nocturne. Je vous connais vous les hommes avec vos barreaux nocturnes. Bon j’ai mon coéquipier, un certain Scott, lui il bande jamais, c’est pour ça qu’il est aigri et chiant. Il croit qu’en faisant le raciste, il camouflera ses problèmes d’entrejambe, mais on ne me la fait pas à moi. Le truc, c’est que je le laisse croire que je crois qu’il est raciste envers moi, histoire de ne pas le gêner plus que ça avec son impuissance. J’suis une bonne camarade non ? Et toi ça va de ce côté là ? Pas de problème pour le garde à vous ? »

D’ailleurs, elle descendit son regard sur l’avant de son short. S’il était bien disposé, elle le verrait tout de suite. Elle savait très bien qu’il n’était pas là pour ça, puisqu’il marchait dans un rêve, mais cela la fit ricaner bêtement. Et puis peut-être que son rêve pouvait se travestir d'érotisme... Enfin, les hommes avaient des érections nocturnes, et ça l’aurait bien faite rire si tel était le cas. Pauvre vieux.

Mais la pipelette fut séchée quand l’homme évoqua sa « Corneille Blanche ». Elle arrêta de rire et le toisa d’un air suspicieux. Quiconque aurait observé Chenoa à ce moment là l’aurait vu blêmir alors qu’il lui posait une question.
« Euh… », balbutia-t-elle, surprise. Ce n’était pas exactement la traduction littérale de son patronyme, mais presque, et cela l’avait surprise, surtout que le gaillard ressemblait plus à un Viking qu’à un amérindien.
« C’est pas exactement mon prénom, moi c’est Colombe Blanche, pas Corneille Blanche. Mais… je ne crois pas que nous nous sommes déjà vu... », fit l’américaine d’un air dubitatif. Elle oubliait clairement que ce type dormait, et c’est quand il se remit en marche sans la calculer qu’elle essaya de l’arrêter en lui demandant où il allait, et s’il était en mission.

« Haut dans le ciel ? C’quoi c’te voix de femme ? Vot’e parasite ? »
Mais qu’est-ce qu’il raconte ?? Chenoa perdait un peu patience, elle devait le reconnaître. Elle commençait même à fatiguer un peu, et elle avait l’impression de se heurter à un mur de… un mur de logique. Il n’y avait rien de logique… C’était amusant, et elle s’en amusait, mais c’était un peu déroutant aussi. Et puis, il y avait cette histoire de “Corneille Blanche”. Cela l’avait douché un peu et elle en revenait à croire qu’on lui faisait une blague pour se moquer de ses origines minoritaires aux USA.
Seulement voilà, il ne s’arrêta pas. Il força même le passage avec un air intimidant, comme si le fait qu’elle essaie de le bloquer était un acte agressif alors qu’elle voulait simplement qu’il ne se blesse pas, ou n’entre dans quelque chose en errant de la sorte.
Chenoa ne bougea pas. Elle décroisa ses bras et elle posa ses deux paumes de main sur le poitrail du militaire.

« Hey dis donc le sasquatch là. Ne me menace pas. ».

Elle n’était pas tranquille la Chenoa, mais elle ne se démontait pas. Comme sa question était complètement louche, elle n’y avait pas répondu. De toute façon, il répondait comme il voulait depuis toute à l’heure. Et en voilà une autre preuve, dans le fait qu’il répondait ne pas être un Ronin. Chenoa connaissait la signification culturelle de ce terme, mais elle ne voyait pas pourquoi il lui disait cela. En plus, elle avait l’impression qu’il essayait de se défendre, ou de se défaire d’une accusation qu’on avait formulé contre lui. L’indienne se disait qu’il devait être dans un songe aléatoire et qu’il était dans une phase guère appréciable pour lui.
« Nan t’es pas un ronin toi, tu es un Yéti. Et Idène ? C’est une Natus ou ton animal de compagnie ? Je ne comprends rien. » Chenoa soupira, et ajouta d’un ton un peu désemparé : « J’sais même pas pourquoi je te réponds ou que je te parle de façon censée. Franchement… Je suis au moins aussi débile, voir plus que toi à l’heure actuelle. »

Elle conservait ses mains sur le buste du militaire. Elle ne voulait pas le laisser passer, mais elle était prête à se sauver si jamais il voulait vraiment l’éjecter ou lui faire du mal. Ses réactions étaient imprévisibles, et elle en avait bien conscience.
D’ailleurs, il prononça une phrase, parlant d'Yggdrasil et du Valhalla. Chenoa connaissait aussi les références culturelles, mais sans plus. Elle arqua un sourcil. Elle pouvait bien le questionner à ce sujet, non ? Mais voilà, l’homme poussa, et quand il se rendit compte qu’il y avait une résistance (les mains de Chenoa qui firent plus de pression du coup), il recula d’un pas, tourna quelque peu, et esquiva l’indienne qui laissa ses mains retomber le long de son corps, avec un soupir qui accompagnait ses yeux qui montaient au ciel. Où est-ce qu’il allait comme ça ? Il était en train d’emprunter un couloir. Une nouvelle fois, la brune regarda autour d’elle et ne vit personne. Elle était donc responsable de la sécurité de cet homme, même s’il marchait dans les rêves. Du coup, elle se mit en branle elle aussi, marchant dans les pas du norvégien.

« Je te préviens, je ne fais pas le tour de la cité pour le plaisir, tu as intérêt à te diriger directement vers ta chambre ! Il est l’heure de dormir à l’horizontale, pas à la verticale sérieux. »

La jeune femme le suivait en lui parlant, en chuchotant rapidement. Ce marcheur était spécialement bizarre. D’un autre côté, elle ne se souvenait pas avoir déjà vu quelqu’un se déplacer en dormant. Il y avait bien un de ses copains à l’époque de la fac, qui causait en dormant, et de temps en temps, il roulait les couvertures ou essayait de fermer des portes d’armoire déjà fermées, mais jamais elle n’avait dû le suivre partout dans l'appartement. Elle regarda sa montre qui affichait 00h55. Elle poussa un nouveau soupir.

« Tu as dix minutes, ensuite je te couche n’importe où, parole de Penikett. »


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Mar 18 Sep - 0:36
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Une indienne sans plumes ? Chenoa ?
Pourquoi n’avait-elle pas de plumes, Chenoa ?

Elle murmura. Elle murmura que « nous » n’étaient même pas aux chiottes. C’était vrai. Mikkel, même dans le sommeil, ne se sentait pas aux chiottes. Et, à vrai dire, heureusement ! S’il avait besoin de PQ ?

« Non ». Répondit-il bizarrement juste et laconique.

Cela pouvait arriver qu'il répondre juste dans le sommeil. Car, il n’avait pas besoin de PQ là où il était, là, où, il rêvait. C’était illogique par rapport à ce que Mikkel avait pu dire auparavant, mais c’était logique dans ce qu’il se passait dans ses rêves. Il n’avait pas besoin de PQ dans ses rêves. Mikkel avait senti qu’on s’adressait à lui, à travers le sommeil. Pourtant, tout n'était qu'ombre. Mais, peu à peu, de petites lumières venaient. La voix chuchotante l’avait comme ciblé dans son verbe, l'avait comme, éclairé d'une lampe de poche. Elle espérait que, le PQ, ce n’était pas pour un plaisir nocturne. La voix de la jeune femme continua à s’agiter en des mots qui vinrent s’ajouter, et, s’enchainer. Cela fit penser à Mikkel, la mer, des vagues, des remues, un chant maritime, un manque de silence, des paroles en fond sonore, qui habitaient son rêve. Cela ne le dérangea pas. Le taciturne, aimait écouter, et, avait toujours aimé la mer, même, adorait la mer. De ses paroles, à l'indienne sans plumes, sortirent des mots plus que d’autres, dont un certain Scott, qui ne bandait jamais, raciste, l’inconscient de Mikkel capta-t-il et ne retint-il que ces mots là, avec, trop de nombreux mots, qui s’additionnaient, pour qu’il en retienne d'autres.
Bizarrement, comme si cela avait de l’importance pour l’homme qui rêvait mais encore dans ses valeurs, Mikkel, il se montra comme plus attentif à ce que la voix chuchotante lui confia qu'elle laissait croire à une autre voix chuchotante de son monde à elle que cette autre voix chuchotante était raciste envers la voix chuchotante qu'elle était elle pour ne pas heurter son impuissance. Pour Mikkel, ce monde lui parut si loin, si lointain, mais il voulut comme, soudain, le rejoindre.

« C’quoi l’intérêt ? Bah qu’ils parlent alors. Qu’ils crèvent l’abcès et qu’on en parle plus. » Dit-il ours.

Mikkel, ailleurs, mélangea la mésentente de Chenoa et Scott avec d’autres mésententes dont il avait pu être témoin. Tout, n'était que sensations, il ne pourrait dire alors lesquelles.

« Les quiproquos, c’est comme les grenades. Si ça s’dégoupille dans nos rangs, on n'est pas dans la merde tiens. Y’a pas d’place pour ça entre frères d’arme. S’ils le font pas pour eux, qu’ils le fassent au moins pour l’équipage. Ce s’rait pas du luxe. »

Mikkel répondit-il, abrupte, viking, d’une voix monocorde. Comme si, ce n’était pas lui, ou quelqu’un qu'il se refusait d’être, dans un autre monde où, dans une autre version de lui, il aurait du moins été plus doux, aurait, cherché à dire le même sens, mais avec plus de douceur. Mikkel avait cette tendance viscérale en lui qu’il ne comprenait pas toujours, à, sans cesse, chercher à agir et réagir pour que des frères d'armes s’entendent entre eux. Pourtant, c'était un solitaire bordel de merde ! Dans le monde à elle, il s'agaçait parfois à l'ouvrir sur ce genre de trucs. Mais bon ! On s'refaisait pas ! Si, le première classe, il savait qu'il parlait là de Chenoa et Scott, et donc, de deux officiers... Il parlait sans doute dans un contexte de frégate pour parler d’équipage.

L'indienne sans plumes lui demanda si ça allait, lui, de côté-là. De quel côté ? Un problème de garde à vous ?
Mais, de quoi la voix chuchotante pouvait-elle bien parler ? Le dormeur, rêvant d'un autre monde, avait déjà dû oublier le fil de l’histoire de son monde à elle, trop, éloigné du sien, mais comme, de moins en moins...

« Je le fais de moins en moins. »
Répondit-il sur le garde à vous avec calme, pas au même garde à vous que la voix chuchotante, mais, cela, il n’en avait pas conscience !

Le garde à vous, il le faisait de moins en moins depuis son arrivée sur Atlantis et depuis l’Opération Normandie. Cela signifiait-il qu’il avait moins de respect pour les grades de ses gradés ? Non. Mais, chaque jour, à l’Opération Normandie, ils se voyaient, tous, alors, c’était comme ne plus se dire bonjour dans un camping, à force de se voir, mais ça ne retirait pas le respect. A son retour, allait-il moins le faire ? Allait-il, par mégarde, perdre l’habitude, le première classe ? En tout cas, y’avait un truc qui avait changé, depuis l'Opération Normandie.

« Je brise tout ce que je touche. J’suis d’venu comme ça. J’ai changé d’animal. » Confia-t-il.

Le dormeur éveillé n’eut aucune pensée sexuelle et alors n'eut aucune pulsion n'anima ses parties. Il lui arrivait d’avoir une érection matinale à Mikkel. A vrai dire, il aimait bien le matin, pour faire la chose. Mikkel était du genre pudique. Pour autant, un pudique dévergondé, par un voyage au Brésil. Le norvégien ne put que s’ouvrir un peu, durant ce voyage, à ceux qui, par culture, étaient d'un naturel plus extraverti. Mikkel aimait bien se laisser porter par d'autres cultures. Mais, toujours, le norvégien revenait au galop, à la charge, viking, mais... mais quel était donc son animal déjà ? Lui, il ne revenait pas, son animal, comme s’il l’avait égaré, sur le bord d'une autoroute. C'était aussi cruel que ça. Il ne put que retrouver l’animal de son défunt ami. Corneille Blanche. De là, les rires de femme que Mikkel crut percevoir, cessèrent. C’était de là que le dormeur sentit d’ailleurs qu’il y eut des rires en entendant qu’il n’y en avait guère plus. L'indienne sans plumes répondit que ce n’était pas Corneille. Ce n'était pas lui. Ce n’était pas Corneille Blanche mais COLOMBE Blanche. Mince… Colombe...?

« Øven ? Tu t’es travesti ? A d’autres, 'fait pas style qu’on s’est pas déjà vu Jacobsen. » Il était devenu une fille ?
« Espèce d’idjit, j’te rappelle que tu es l’mari d’ma sœur et que t’as un gamin avec elle. Tu mériterais que j’te jette par-dessus bord par la peau du cul. » Dit-il abrupte.

Le sasquatch ? C’était son animal ? Hum, ça ne lui disait rien comme ça. La voix chuchotante confirma qu’il n’était pas un rônin. Mais, qu’il était un yéti. Un yéti ? Un, abominable, homme des neiges ? Oh, pour sûr, il venait d'un pays des neiges. Etait-il abominable ? Sauvage ? Oui, en vrai, il l'était. Dans un sens, ça le rassurait, Mikkel, de ne pas être un rônin. Il parut alors comme s'adoucir, et, comme, se désarmer, reprenant sa force tranquille. Il revint à une posture calme.

« Natus. » Répondit-il abrupte pour Idène en répétant le terme comme dans un écho.
Il ne répondit pas au reste des paroles de l'indienne sans plumes alors, comme s'il ne répéta que le terme, de ses paroles.

L'indienne, elle avait l’air d'avoir répondu quelque chose.
Elle s’interrogeait d’après son ton de voix. Elle avait l’air perdue.

Puis, Mikkel sentit une pression sur lui. Il ne perçut pas que c’était des mains, et, un être. Juste, qu'une pression, qu'il sentit. Alors, il s’y écarta. Mais, son corps, et, son inconscient, ils avaient sans doute senti une chaleur humaine, et donc, avaient pu, dans un coin de tête, se dire que, la voix chuchotante, avait peut-être une enveloppe charnelle, tout compte fait, dans le monde où il était. Était-elle dans son monde ou lui... lui, était-il entre deux mondes... ou dans un autre monde... ? Peu importait ! Il lui fallait rejoindre le Valhalla. Il avait pris d'ailleurs un couloir pour s'y rendre, à l’attablée des grands guerriers !

Il sentit voix chuchotante le suivre.

« Et ta boussole ? » Demanda-t-il militaire et abrupte.
« Tiens. Prends la mienne s’tu veux. »
Dit-il sur un ton calme, avec bienveillance.

Sur ces mots, il retira son t-shirt noir et le lança en direction de la voix. Il en avait fait une boule, au préalable, pour en faciliter, sans doute, sa réception. Ça devait être une boussole pour le somnambule… Après tout, il n’avait pas autre chose à donner… Il lui restait son short, mais bon, fort heureusement, le somnambule choisit le t-shirt ! Il semblerait que son cerveau, et son inconscient, se disait qu’entre son short et son t-shirt, à choisir entre les deux, il n’avait pas besoin de t-shirt. Mikkel, pudique, n'aurait jamais fait ça éveillé !

Dit-il alors ces mots, se remémorant que la voix chuchotante était perdue, son cerveau, à Mikkel, n’arrivant pas à formuler la question de si elle souhaitait une boussole ou lui donner conseil que de prendre une boussole pour s'y retrouver, et, ayant, dans la bienveillance, préféré lui donner la sienne. Enfin... en donnant un t-shirt... !

Dénudé de son torse, il découvrit une massive musculature, puissante, de sa carrure, imposante, carrée, qu’il avait toujours plus ou moins eu, homme qui avait été grand dès son adolescence, des muscles naturels, de bons pectoraux et de bons abdominaux, de bons biceps et même des triceps, des muscles qui s’étaient développés par le sport, par entrainements de nageur et entretiens en salle, pas par gonflette, avec des muscles saillants, bien visibles et marqués, d’un blond, peu poilu, favorisé aussi par la pratique de sports nautiques et de la plongée, avec le port de la combinaison, une peau habituée à porter de la matière collante, et, par du rasage, pratiqué par habitude de nageur de piscine et de mer. En bref, une musculature de nageur, qui n’avait pas vraiment à envier à un nageur olympique et à en rougir, et, de t’façon, Mikkel rougissait pas comme gars. De ses bras, on voyait une pilosité, bizarrement, peu présente, surtout par rapport à sa barbe fournie, des poils blonds, d’un blond nordique, d’autant plus blondis par le soleil, souvent au soleil de la mer, qui, même dans un pays froid, blondissait, sans aucune tatouage mais grains de beauté, un peu partout, encore une fois, le soleil de la mer qui les accentuait, des grains de beauté surtout visibles car un peu plus marqués que les autres au niveau des abdominaux, mais restant petits, comme, imitant la nature réservée du norvégien, réservée mais abrupte, et abruptes alors comme grains. De ses épaules carrées, et, tout aussi imposantes, sur l’épaule droite, il avait une cicatrice bien marquée, due à une balle, d’une clone de Pedge, mais aussi bien marquée à cause d’un éclatement de ses points de suture au passage et d’une cicatrisation alors assez viking du moins assez guerrière et primaire. Au poignet droit, il avait par ailleurs une très ancienne cicatrice, qui datait de ses débuts de nageur de combat, visible parce que, des cicatrices, ne poussaient plus les poils. Et, de manière générale, des cicatrices de guerre.

La fée sans plumes, elle le mit en garde, qu’elle ne ferait pas le tour de la Cité, qu’il avait intérêt, Mikkel, à aller dans sa chambre. Mais, sa chambre, dans son rêve, elle était condamnée, devenue Wraith. Il ne pouvait la rejoindre ! Ce serait comme, abandonner ! Il n’entendit pas le reste de ses paroles comme s’il censura l’activité de dormir. Le dormeur déjà endormi ne percuta pas, même s’il était comme éveillé, mais il n’en avait pas conscience de ça le dormeur.

Par le passé, Mikkel avait passé un examen après sa première crise de somnambulisme sur sa frégate chez un spécialiste du sommeil, un médecin norvégien reconnu. On l’avait fait dormir sous surveillance. En moyenne, disaient les spécialistes, une crise de somnambulisme, ça durait dans les 30 minutes, pour un somnambule lambda, et, souvent, c’était des activités mineures, mais dans certains cas, de rares cas, ça pouvait aller jusqu'à conduire une voiture, à exécuter des activités moins mineures. Mikkel, lui, il pouvait faire d'assez longues crises de somnambulisme, au-dessus du temps moyen du somnambule lambda, c’était ce qui était ressorti du diagnostic médical. Parole de Penikett ? Le timing annoncé, lui, ça lui faisait plutôt penser à un scientifique…

Mikkel s’arrêta net en mettant son bras en protection pour la voix chuchotante qu’il crut être Rodney pour l'arrêter et donc arrêter la voix chuchotante. Le geste parut militaire, interrompant une progression.

« Où ça ? »
Demanda-t-il à la personne qu’il croyait être McKay, l’emplacement de la bombe, puisque son timing venait d’être annoncé !
Mikkel ne percutait pas qu’on venait de lui dire qu’on pouvait le coucher n’importe où s’il ne respectait pas ses dix minutes. Il n’avait percuté qu’aux dix minutes qui restaient et qui se décomptaient... et donc... comme une bombe... pour le militaire...

« Quel type la bombe ? » Demanda-t-il, l’apprenti démineur.

Mais, aussitôt, Mikkel fut capté par un vide à sa gauche.

Il se rendit alors soudain dans ce vide qui n’était rien d’autre que l’entrée menant au Valhalla, enfin, au réfectoire de la Cité, et donc, une porte ouverte, sur le réfectoire, où, à cette heure-ci, il n'attirait pas foule et même personne...

Mikkel sentit comme, de plus en plus la présence de l'indienne, même s'il la prenait pour Rodney sur l'instant, qui, soudain, avait comme plus encore une enveloppe charnelle dans le cerveau du dormeur. C’était bizarre. C’était, impossible dans les rêves, que de ressentir ça, comme, un peu plus fort. Commença-t-il à cogiter, son cerveau. C’était comme si, alors, que Mikkel revenait d’un étage, dans les couches des rêves, dans le grand millefeuille des cauchemars, dans les toiles et le tissage, des rêves les plus profonds jusqu’aux moins profonds...

« Elle est ici ? » Demanda-t-il sur la bombe.
Mais bien sûr ! Elle ne pouvait qu’être ici ! Les Wraiths tentaient de piéger les guerriers de l’Opération Normandie !

« Allez, fais marcher ton truc, ton ordi là. Il est où ton ordi Rodney ? » Dit-il comme si une parole remontait du passé.
Durant l'Opération, c’était juste avant que Mikkel, sous les ordres de l’officier Allen, ne parte vers l’avant, poser du C4 sur une arme Wraith.

« Tu penses à ta jolie blonde Audryn ou quoi ? » Pour oublier ainsi son principal outil de travail, Mikkel, mélangeant tout, passé, présent, et, tissant même, comme un autre futur, une autre alternative… « Faut qu’on tire le Colonel Sheppard de là Rodney... Tu sais c'qu'on pourrait faire pour lui Rodney ? T'as un plan pour lui ? T'en as parlé hein, avec l'officier Allen ? La Lieute ? Allen ? » Aurait-il aimé questionner Rodney, mais, ne l’avait-il pas fait, ni ce soir là ni ce matin là... Alors, le faisait-il, ce soir, ici et maintenant. Dit-il alors, non pas sur le ton du reproche, mais sur le ton de la confidence, un brin militaire, assez militaire.

Mais il s’interrompit. « On est où... déjà... ? »
Demanda-t-il soudain, comme, dans un ton, plus éveillé.

Demanda-t-il car y’avait un truc ne collait pas. Tirer Sheppard de là… ? Mais d’où déjà ? Et ? Pour où ? Et, que foutait Øven là-d’dans... ? Il ne faisait pas partie du même monde que Sheppard… Si...? Pourquoi, soudain, Øven devenait Rodney ? Demanda-t-il alors, comme avec un peu plus de lucidité… Bien que Mikkel paraissait dormir encore....

Pourquoi le nom de Penikett... lui venait...?
Alors qu'il ne connaissait pas ce nom... ...

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Chronologie Juillet 2018 - 23h15
Salle d'embarquement


Chenoa, qui regardait attentivement l’homme, remarqua sans peine que l’intérêt du type était focalisé quand elle parlait. Il semblait plus attentif. Du coup, elle se demandait vraiment si elle devait lui parler ou si elle ne devait pas lui parler, surtout qu’il n’était pas le mec le plus logique dans le coin. En même temps, à cette heure-ci, entre les somnambules et les alcooliques, il ne fallait pas chercher le débat de fond sur la dernière réforme à la mode des administratifs. Encore qu’elle n’avait pas croisé beaucoup d’alcolos dans les environs… Cela aurait été étonnant sur une cité, dans une expédition de cet acabit. Elle ne s’attendait pas non plus à croiser un marcheur onirique cela dit… Elle comprenait son intérêt soudain. Quoi de plus normal ? Les aventures bandantes de Scott Greer étaient quand même sacrément prenantes ! Même dans son sommeil, ce mec devait se dire que le pauvre vieux n’avait pas de chance. Les mecs, pour ça, étaient presque tous solidaires dans le dos des femmes, même s’ils se moquaient ouvertement de ceux qui la conservait molle devant leur copine, histoire de bien montrer qu’eux n’étaient pas concernés par ce problème.

Elle ne s’attendait pas à ce genre de réponse bien tranchée qui contrastait fortement avec les propos du jeune homme barbu jusqu’à présent. Elle avait peut-être dit quelque chose qu’il ne fallait pas… Ou peut-être que les problèmes de Scott le touchaient. Au fond, il était peut-être de ceux qui n’y arrivait pas. Elle constatait d’ailleurs que tout était calme ici-bas, avant de remonter son regard sur le visage du bonhomme. Pouah, il en rajouta une couche, et il fallait reconnaître que ses propos n’étaient pas vide de sens.

« Et bien, on ne va pas dire que tu passes par quatre chemins pour balancer une vérité toi. », fit-elle en faisant une petite moue. Le pire, c’était qu’elle trollait aimablement Greer qui n’avait sans doute pas de problème érectile, bien qu’elle n’en savait rien. Elle dormait au-dessus de lui dans le lit superposé du dortoir, mais les rideaux empêchaient de voir. Et puis généralement, il était levé avant elle. Bref, de toute façon, elle s’en foutait pas mal de savoir s’il arrivait à bander ou non, et elle n’en revenait pas de s’attarder mentalement sur ce sujet. « Laisse tomber, quand j’ai quelque chose à lui dire, t’inquiète pas qu’il l’entend, et pas qu’un peu. Je faisais de l’humour… au détriment d’une autre personne, je le reconnais, ce n’est pas très sport de ma part… ».

Chenoa était plutôt quelqu’un de franc et quand elle avait envie de dire quelque chose, que ça plaise ou non, elle le disait. C’était bien une pilote pour ça. On largue la bombe et on voit les conséquences ensuite. C’était clairement électrique avec son copilote mais elle n’y pouvait rien. Il avait commencé, elle ne faisait que suivre sous peine de se faire bouffer par ce trou du cul. Heureusement que pendant les phases de pilotage, il était bon, sinon elle aurait vraiment touché le fond de la poisse. Sa vie était digne d’un bon conte à la Coyote, et elle commençait à se demander si ce n’était finalement pas son destin que de suivre des histoires similaires à cette figure de la mythologie amérindienne.

Il répondit à sa question sur sa faculté à être au garde à vous, comme s’il répondait aussi à ses questions mentales. Elle pensait qu’il allait passer à autre chose après l’avoir houspillé de la sorte, mais non. A moins bien sûr qu’il ne parlait d’autre chose, ce qui pouvait être vrai aussi, surtout quand on voyait la teneur du discours depuis toute à l’heure. Il enchaina en confiant qu’il brisait tout ce qu’il touchait et qu’il avait changé d’animal. Chenoa eu un petit sourire avant de déclarer, d’une voix qui se voulait rassurante : « Allons allons, j’vois bien que tu as l’air musclé, mais si tu arrives à te briser la queue, je te paye des cerises. ».

Elle ne connaissait pas spécialement les fractures du pénis ou autres joyeusetés de ce genre. Elle était tentée de lui filer des conseils pour se « reprendre » en main, dans la lignée de ses paroles rassurantes. Finalement, c’était tellement n’importe quoi qu’elle se lança. De toute façon, elle parlait à un mec endormi, et il n’y avait personne, elle pouvait bien lui donner quelques astuces pour s’astiquer le manche. Après tout, c’était le surnom des pilotes dans certaines armées, alors, elle devait en connaître un rayon, non ? A dire vrai, pas tant que ça. Elle n’avait pas eu beaucoup d’expérience, mais c’était facile d’ouvrir sa gueule et de faire style qu’on savait tout :

« Faut être délicat avec ton truc là. Ce n’est pas parce que c’est dur que ça doit être tripoté avec violence, sois plus doux, tu as l’air d’un gros nounours tout gentil, sauf quand tu balances des missiles verbaux, alors sert toi de ta douceur… Enfin, tu es peut-être un gros barge du cul et ton trip c’est peut-être d’y aller comme un bûcheron. C’est plaisant aussi, j’dis pas, mais c’est pas tout le temps agréable. M’enfin, apparemment t’es plutôt porté sur les animaux… Vu que tu veux en changer. Ca me dégoute un peu quand même… Même beaucoup. Pauvre bête quoi. ». Il ne venait pas de dire qu’il avait changé d’animal. En tout cas, Chenoa était une sacrée pipelette quand elle s’y mettait et elle suivait le cours de sa pensée sans l’inhibée. Elle ne l’aurait pas fait si le type avait été conscient et que la conversation aurait été naturel. Elle ne serait pas allée sur ce terrain là, mais là, c’était sacrément amusant.

Heureusement pour Mikkel, Chenoa percevait que dans son changement d’animal, ce n’était pas pour des raisons zoophiles qu’il amenait cela sur le sujet. Il était surement dans un autre rêve, et il parlait certainement de quelque chose qui se rapportait plus au totem, à la vision amérindienne des animaux, ou à une vision d’une autre culture. Elle trollait juste. Mais son petit jeu s’arrêta vite quand il l’appela Corneille Blanche. La douche froide, le sentiment du ridicule, du foutage de gueule. Mais il semblait bel et bien dormir, et Chenoa essaya de lui faire comprendre que ce n’était pas la traduction exacte de son nom. Mais manifestement, il la prenait pour quelqu’un d’autre. Un certain Oven, un nom comme ça.

« Non non je ne suis pas Oven, ou qui que soit ton beau frère, je n’ai pas d’enfant non plus. Ok ? Je suis Chenoa. CHE NO A. », fit-elle en détachant les syllabes. « Alors tu ne me jettes pas par dessus bord. De toute façon, on n’est pas sur un bateau d’abord. ». L’indienne se demandait bien à quoi il rêvait. Elle aimerait bien qu’il soit plus bavard, mais manifestement, il ne répondait que laconiquement et parfois de façon un peu rude. Ça collait bien avec le personnage. C’était bien un yéti pour ça.

Hum, donc Idène était une Natus. Chenoa n’en connaissait aucun, ou aucune. Cependant, il ne releva pas le reste de ses paroles, et c’était bien normal, puisqu’il dormait. Elle avait essayé de l’empêcher d’avancer en le retenant mais c’était compliqué. Il avait la bougeotte. Cependant, elle ne voulait pas passer le reste de la soirée à lui tenir compagnie tel une ombre à un zombie. Elle n’avait pas que ça à faire. Ou peut-être que si… Enfin qu’importe, ce marcheur dans les rêves étaient intéressant, et elle avait tendance à suivre l’aventure comme elle se présentait. Jusqu’où cela mènerait ? Voilà qu’il s’écartait et qu’il prenait la tangente dans un couloir. Chenoa lui laisse dix minutes avant de le coucher. C’était un bon compromis, non ?

Il devait être dans un nouveau monde car il lui parla de boussole. Elle n’était pas perdue, et elle n’en avait pas besoin, cependant, il lui proposa la sienne. Sauf que… Il enleva son t-shirt et le lui balança. Un peu surprise, l’indienne le pris en pleine tronche. Elle ne le laissa pas retomber, l’écartant de son visage avec ses mains.

« Ola doucement l’ami, si tu commences à faire de l’exhibition, moi je me commande un Mojito pour matter ça hein. », fit-elle en le suivant toujours. Forcément, les yeux de la jeune femme s’attardèrent sur le buste dénudé de cet homme qu’elle ne connaissait pas. Il était vraiment baraqué. Elle l’avait sentie quand elle l’avait empêché d’avancé dans le couloir, mais maintenant que la mécanique était à l’air libre, elle pouvait voir les muscles saillants rouler sous la peau. S’il voulait, il pouvait effectivement la lancer par dessus bord. Son frère était aussi musclé que lui. Cependant, il ne conservait pas de barbe, et ses cheveux étaient coiffés à la manière des indiens de la réserve. Sa peau blanche contrastait avec son short noir, et Chenoa ne pouvait qu’admirer ce corps sculptait. Qui ne le ferait pas sérieusement ? Même un mec pouvait être impressionné. Contrairement à sa tête, il était plutôt dépourvu de poil sur le torse et sur l’ensemble de son buste en général. Peut-être un petit duvet blond ici et là mais qui ne semblait pas être débordant de vitalité. Pour sûr il était carré, et Chenoa devait reconnaître que c’était rassurant chez un homme, même si pour le coup, elle n’était pas certaine d’oser s’opposer physiquement face à ce mastodonte de la nature. Sa peau était parcheminée de petits grains de beauté, et machinalement, elle essayait de voir s’il y avait une forme de symbolique dans la répartition de ses pigments plus sombres sur son derme. Elle aimait bien les pectoraux chez les hommes, surtout quand ils étaient bien dessinés et arrondies sur le bas. Ceux qui avaient tout sur les côtés, elle était pas trop fan. Mais là, c’était harmonieux, et bien entretenu. Bref de bref.

Cela devait être un militaire. De toute façon, elle le sentait dans sa posture, dans sa façon de parler, et elle avait presque la confirmation en voyant toutes les cicatrices de combat qu’il avait. Il en avait une plus récente, et plus importante à l’épaule. On aurait dit un impact de balle ou quelque chose comme ça, mais qui avait mal été soigné. Maintenant qu’il commençait à se dessaper il devenait urgent qu’il rejoigne sa chambre, pour ne pas s’exposer inutilement au regard. Le torse passait encore, mais s’il lui prenait l’envie d’enlever son short, ça allait commencer à devenir gênant, surtout pour les autres puisque lui ne se rendait pas compte. Mais peut-être que le réveil ne serait pas des plus agréables. Bref, il avait 10 minutes et elle lui donna sa parole qu’elle les tiendrait avant de le coucher.

Il s’arrêta et lui demanda où ça.
« Où ça quoi gringo ? », fit-elle en écho, du tac au tac. Elle cherchait toujours du regard un âme charitable pour l’aider. Mais toujours personne. Elle était vide cette cité sérieux ? Ou… peut-être que c’était elle qui était dans une sorte de rêve et qu’elle se faisait un délire toute seule. Si c’était le cas, et qu’elle le transformait en cochon, alors elle aurait sa réponse. Elle pensa à “cochon, cochon, cochon”, mais rien n’y fit. Au contraire, il lui parla de bombe… Chenoa était surprise, et perplexe.

« Comment ça quel type de bombe ? », répétait-elle un peu bêtement. Elle ne savait pas comment se comporter. Se taire ? Difficile pour une nana comme elle qui aimait trop parler. Mais que pouvait-elle dire de rationnel à ce mec qui venait de lui parler de bombe alors que ce n’était même pas le sujet de la conversation d’il y a deux minutes. Et voilà qu’il entrait dans le réfectoire du mess. Chenoa n’avait pas vu qu’ils avaient marché jusqu’ici. Il n’y avait pas plus de monde à cette heure avancée de la nuit.

« Si c’est moi la bombe, ouais elle est ici. », répondit Chenoa d’un air las, en poussant un soupir. Elle essayait de faire de l’humour, mais c’était peine perdue. Surtout que l’autre commençait à la prendre, non plus pour un certain Oven, mais pour Mckay, le scientifique réputé de la base. Franchement, c’était insultant de la prendre pour un petit mec rondouillard, nan ?

Elle le laissait parler. C’était du charabia. Il parlait de Sheppard, d’un lieutenant Allen, de Rodney, d’une bombe, d’un plan, d’un ordinateur, d’une jolie blonde qui s’appelle Audryn… Elle était paumée, sans les références. Sheppard elle connaissait. Qui ne connaissait pas le célèbre Colonel ? Mais pour le reste… Bon et si elle lui mettait des claques ? Ou un croche pied pour qu’il se vautre et se réveil ? Un truc comme ça. Il fallait qu’il se réveil… Chenoa le regardait, un peu dubitative, avec son t-shirt dans les mains...

Et enfin, enfin, il posa une question censée ! Est-ce qu’il était en train de se réveiller ? Est-ce qu’il venait de se réveiller. Chenoa afficha un beau sourire, fit quelques pas pour se placer face à lui, et elle embraya directement par :
« Nous sommes au mess, tu as déambulé depuis la salle d’embarquement jusqu’ici, tu semblais dormir, alors j’ai fais attention à ce qu’il ne t’arrive rien. Tu n’arrêtais pas de délirer, je ne sais pas à quoi tu rêvais mais pas à des trucs cochon, je te rassure, y avait rien à signaler de ce côté là. », fit-elle en haussant les sourcils et en montrant avec les yeux les niveaux plus bas, histoire de faire une métaphore visuelle. « Y a juste un moment, tu as pris ton t-shirt pour une boussole et tu me l’as passé. C’est pour ça que tu es torse nu, je n’ai strictement rien à voir là dedans, ok ? Ca va mieux ? Tu n’es pas trop perdu ? Tu veux que je te ramène dans ta chambre ? »

Le pauvre, s’il s’était effectivement réveillé, il venait de prendre un déluge de parole en directe. L’amérindienne semblait contente de le voir revenir à la raison, mais cela n’était dû qu’au ton plus éveillé qu’il avait pris et à sa question censée. Peut-être qu’il dormait toujours et qu’il continuait son délire sur la bombe ou qu’il était passé à un autre délire, et elle allait déchanter de le constater.

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S’il ne passait pas par quatre chemins pour balancer les choses ? S’il se laissait aller, oui, c’était le cas, et peut-être même, de plus en plus, et, sur certains sujets, c’était même certain. Ça dépendait du contexte. Il avait gardé un calme énorme lors de la détention de Matt. Mais, aussi, il avait été témoin d'assez de colère à son goût, celle de Matt, pour recourir à une froideur sèche. Ça devait être ça. Ça devait dépendre de l’émotion face à laquelle il était en présence. S’il n’y avait pas déjà de la colère, la froideur sèche pouvait davantage s’installer que la calme.

Mais, l’émotion, justement, de la voix chuchotante, n’avait été que celle de l’humour, flirtant avec la moquerie de peu, mais suffisamment que taquinante pour ne pas aller jusque-là. Car elle disait les choses, confia-t-elle, qu’il ne fallait pas s’inquiéter à ce sujet, qu’elle le reconnaissait, elle n’avait pas été sport dans l'histoire. Mais, de quelle réalité, était-elle en train de parler ? De quoi, déjà, parlait-elle ? « Le hockey sur glace ? » Interrogea-il mais comme dans le constat et comme dans la rhétorique et ne demandant en fin de compte que confirmation, avec, un ton monotone, à la mention du sport. En même temps, il sentit comme du brouillon, du brouillon là-dedans. « Bah faut sous-titrer alors. Pour les malentendants. » Dit-il tout aussi brouillon et complètement ailleurs dans son sommeil. Comme si, il voulait dire par là, qu’il fallait le préciser alors, que c’était une blague, un peu sur la mauvaise foi, sans doute, et, sans doute, repensant à ce film, qu’il vit à Osaka avec Geeky, une rediffusion des Sept Samouraïs, un film culte en noir et blanc, qu’ils avaient dû voir en VO sous-titrée anglais, et, Mikkel s’en souvenait bien, Geeky qui avait déjà vu le film, n’arrêtait pas de dire « là tu vas voir ». Il s’était dit que ça devait être son côté geek…

Briser la queue ? Des cerises ? A entendre le nom d’un fruit, ça devait comme activer, quelque chose, et, surtout, son inconscient et son instinct de préservation. « Non merci. » Répondit-il très brusque et rustre sur les cerises du tac au tac. Mikkel détestait les fruits. Il en avait même une phobie. Mais, des paroles rassurantes, suivirent, retentirent de la voix chuchotante, qui, quand bien même le menaçait, lui, le viking, de cerises, ne parut pas si menaçante que ça. Alors, Mikkel resta assez calme, bien que sur l’abrupte réserve, à la mention de fruits. Délicat ? Avec quoi ? Les cerises ? Jamais de la vie. Qu’il se serve de sa douceur ? Avec quoi ? Les cerises ? Non. Pas avec les fruits. Bûcheron ? Porté sur les animaux ? Dans, le cerveau de Mikkel, bientôt, il se crut dans une immense forêt, Yggdrasil, peut-être, avec son arbre énorme, qui, soudain, portait des cerises en ses branches, et, c’était comme alors, un vrai cauchemar. Heureusement, dans l’histoire, il y avait un bûcheron, qui, se mettait à couper l’arbre. Non ! Il ne fallait pas couper l’arbre du monde. Les animaux ? Oui, il y en avait bien, il y avait l’écureuil, Ratatosk, qui allait et venait sur l’arbre du monde, colportant mensonges du serpent à l’aigle, pour s’en protéger, le serpent, Nidhogg, qui rongeait les racines, l’aigle… Vidofnir. Que sa sœur disait, qu’on oubliait souvent son nom, mais, en même temps, parfois, ce dernier n’en portait pas. Et… il y avait d’autres animaux… des… cerfs…

« Cerf bleu. » Dit-il soudain un temps après ses paroles à la voix chuchotante. « C’était mon animal. » Cela lui revint soudain. Oui, ce n’était pas plus mal, que le bûcheron coupe cet arbre, ce maudit arbre, qui, de toute façon, n’avait plus de sens, tant les mondes, tous, s’effondraient, les uns par les autres, sous le joug des Wraiths. Coupe-donc, bûcheron. Vas-y donc. Il n’y avait - Il n’y avait plus d’animaux. La forêt, dévastée, pourrie, comme si, soudain, Mikkel vit, toutes les bêtes, ponctionnées, par les Wraiths, devenant soudain, des cadavres et encore des cadavres, Atlantes, Natus, tigres Tairis... une... fosse...

Yggdrasil... Était-ce Atlantis ? Prétendait-elle à ça ? L’arbre du monde… Elle et ses étendards de drapeaux, ses farandoles de drapeaux, de différents pays de la planète Terre… ? Et, terre d'asile, pour les autres peuples de la Galaxie Pégase ? A secourir tous les peuples opprimés des Wraiths ? Y compris, la faction Double-Lune, maudite par la main Wraith. Geeky avait demandé. « Pourquoi bleu ? » Oven lui avait répondu. « Casque bleu, ça t’parle ? » « Qu’est-ce que l’ONU vient faire là-dedans ? » Oven ça le faisait rire. Ça le faisait rire ce con. « Tout ça pour des missions internationales… » Dont une où Mikkel avait été réquisitionné pour des « amerlocs » comme disait Oven. C’était à cette occasion que Mikkel rencontra Mafi Agbo, et, à son retour, Mikkel avait été surnommé ainsi par Oven. Mikkel trouvait ce nom un peu absurde. Mais bon… Il appréciait bien Oven... Alors…

Mais elle n’était pas Oven. La voix chuchotante, elle était Chenoa. Elle s'appelait CHE NO A. Le prénom, il peinait à s’imprimer dans son esprit, parce qu’il ne le connaissait pas et n’avait jamais connu ce prénom, même d’une autre personne ayant une autre voix chuchotante. Mikkel ne voyait vraiment pas. Et, dans les rêves, on ne pouvait pas connaître d’autres choses hein ? De choses, nouvelles ? Sauf si, sauf si on faisait, de la prémonition ? Était-il en train de rêver d’un futur ? Un futur où il rencontrerait une certaine « Chenoa » ? Bizarre...

On n’était pas sur un bateau ? On était où alors hein ? Oh, même sur Yggdrsail, même sur Atlantis, il pouvait jeter par-dessus bord quelqu’un, dans l’océan, dans, l’infini des mondes, en dehors d’Yggdrasil, dans tous les océans, ce vide, cet infini, qui n’existait pas que dans la Galaxie, mais aussi sur chaque planète et leurs abysses, de sable ou d’eau, ses entrailles... dans l’infiniment petit... infiniment grand... à l'inverse de l'infiniment grand... infiniment petit.

Vingt mille lieues sous les mers

Il faisait, comme, plus froid. Était-ce parce qu’il avait retiré son t-shirt ? De toute manière, le norvégien ne frissonnait jamais, habitué par le grand froid, mais son corps sentait bien une légère différence de chaleur, sans qu’il ne puisse l’expliquer, car, persuadé lui, d’avoir donné une boussole à une voix chuchotante, qui, lui avait paru comme perdue, dans ses paroles. Un Mojito ?

« Alcool de p’tite nature. » Le genre d’alcool que prenait Geeky aussi loin que Mikkel s’en souvienne. Était-ce Geeky ? Gringo ? Ça, ça lui rappelait le Brésil. Ce n’était pas son ex quand même ? Luana ? Son ex hôtesse de l’air de la LATAM Airlines Brasil ? « Mon neveu veut faire l’armée de terre pas l’armée de l’air. Faut pas déconner. C’pas demain qu’un Hansen même Jacobsen volera dans le ciel. Frégates ou Tanks. C’comme ça chez les Hansen. » Il était vrai que l’oncle lui-même de Mikkel était dans la marine et qu’il y avait eu par ailleurs un Hansen dans l’armée de terre pilote de char. Il y avait eu d’autres Hansen dans la marine et l’armée de terre norvégienne, jamais de gros gradés. Mikkel avait du dégoût à dire ce qu’il venait de dire comme si ce discours avait trop d’emprunt à son oncle au goût, de plus en plus, amertume, de Mikkel, car Mikkel voulait s’assurer avant tout que la vocation de son neveu avait été de son fait et de son choix propre...

Si, c’était une bombe, ouais, elle était ici, la voix chuchotante lui répondit, et, pour sûr, dans le sommeil, Mikkel n’en capta pas la teneur humoristique, ayant confirmation donc, que la bombe était donc bel et bien ici, au Valhalla. De Geeky, il passa à McKay, une transition, assez logique, dans ses associations, car Geek avait été l’intelligent du groupe, sur son ancienne frégate, le mec des hautes technologies, qui utilisait des ordis, caméras, drones,… qui lui en apprit sur le minage...

Mais, l’heure tournant, et, côtoyant une voix, qui, de plus en plus, donnait comme l’impression, qu’elle avait une enveloppe charnelle, féminine, qui s’incarnait de corps, mais qui restait comme une fée, un peu, comme la fée dans Zelda, comme Geeky disait, la fée qui parle, petite lumière... Mikkel ne savait plus vraiment où il était… à en finir par s'imaginer coincé dans un jeu vidéo qu’aurait programmé Geeky… Mais, il y aurait eu, bien plus de japonaises, si cela avait été le cas, des japonaises avec des jupes et des chaussettes d’écolière. Mikkel eut comme l’impression de voir un bouton de console comme ces vieilles consoles où le bouton était un poussoir « ON-OFF ». Geek programmait sur son temps libre des jeux 2D sur SuperNes et, Mikkel, observateur, avait la chance ou la malchance, à voir, et à retenir les détails, et, des choses en revenaient, comme ce poussoir… ON... OFF...

Au mess ? Le mess. Mikkel revit le Sergent Graham. Qui, lui désignait le mess, dans toute cette forêt, cette forêt tropicale, construite par Primelys, et, McKay, alors, que Mikkel venait chercher, et, Audryn alors, toutes ces personnes, que Mikkel venait de citer, et, Arwé aussi, et, Matt, Matt relâché de la détention, et… et…ce stunner Wraith… remis par l’officier Allen... La Lieute...

Tu as déambulé depuis la salle d’embarquement jusqu’ici, tu semblais dormir, alors j’ai fais attention à ce qu’il ne t’arrive rien. Tu n’arrêtais pas de délirer, je ne sais pas à quoi tu rêvais mais pas à des trucs cochon, je te rassure, y avait rien à signaler de ce côté là.

Y a juste un moment, tu as pris ton t-shirt pour une boussole et tu me l’as passé. C’est pour ça que tu es torse nu, je n’ai strictement rien à voir là dedans, ok ? Ca va mieux ? Tu n’es pas trop perdu ? Tu veux que je te ramène dans ta chambre ?


Quelque chose le retenait dans les rêves. Peut-être, cette image de stunner Wraith, qu’il sentit porter sur lui, comme soudain. Peut-être que ça, ça l’empêchait de se réveiller. De, revenir dans la réalité, qu’il ne voudrait pas abîmer. Pourtant, il entendit, et, il se sentait, comme la tête dans les choux, comme, avec, cette idée noire, très noire, de stunner Wraith, comme si, la boucle se bouclait, et le rêve avec. Mais, vaseux, il le paraissait encore. Mikkel entendit Chenoa, mais se détourna de la voix chuchotante, sur un air, comme endormi encore. Il eut pourtant comme un regard presque éveillé et parut comme la voir presque. Il se détourna et fit quelque pas, plus assurés. Il se rendit aux plateaux repas - vides. Machinalement, puisqu’il était au mess, selon la voix chuchotante, il prit un plateau, et le posa sur les rails à plateaux…

Et puis, il se figea. Il l’aurait fait. Il aurait tiré sur Matt si cela avait été nécessaire…

« Matt ? » Tenta-t-il d’appeler. Appela-t-il comme s’il l’avait toujours fui depuis le départ et depuis le début de son rêve comme bouclant la boucle sur son rêve. Matt avait en plongée ce que Mikkel avait perdu à force de plonger et parce que c’était dans la nature de Mikkel de rester froid à tout. L’émerveillement. A voir, ce que les profondeurs de la mer offraient, comme, une méduse, qui passait par là, et, ses couleurs, la taquinant. Durant l’Opération Normandie, des Natus avaient surnommé Mikkel « Tendre cœur ». Tendre cœur ? Mikkel ne parvenait pas plus à comprendre pourquoi que « Cerf bleu ». Mikkel songea à Sytie et Elesdo. Sytie, dont il avait rejeté ses avances, sans émoi particulier, invoquant son jeune âge… Qui faisait ça… ?

Mikkel ne voulait pas revenir. Et, pourtant, une partie de lui, revenait bel et bien. Difficilement. Comme, ne voulant pas quitter le lit. Ces matins là, où, malgré une bonne nuit de sommeil, on se sentait toujours manquant de sommeil, même à son réveil. Parfois, dans les rêves, qu’on n’appréciait pas, on faisait tout pour tenter de s’en échapper, et, on s’en réveillait, dans la terreur, comme, finissant de fuir. De véritable, terreurs nocturnes. Mais, là, Mikkel ne voulait pas en revenir. Alors, il en revint, dans le calme au final, vaseux, et, dans des ombrages…

Soudain… Mikkel se réveilla. Il y avait comme une seconde de latence. Seconde durant laquelle, il se revit voir une jeune femme, l’assommer de paroles, pas qu’il la trouva assommante, mais ça en avait fait beaucoup trop, beaucoup trop pour son cerveau, pas encore tout à fait éveillé. Et, il s’aperçut là, comme avec distance, avec un plateau, sur le rail, devant des étagères vides, puisque ce n’était pas le service. Il avait, l’esprit lourd, la tête lourde, car, se sachant avoir eu une activité, se sachant n’avoir pas eu un sommeil reposant, mais, plutôt, épuisant…

Il resta taciturne. Et, revenant à lui, il reprit le plateau et le redéposa avec les autres, par réflexe disciplinaire. Tentant un peu, de se vider la tête, et, surtout, de s’acquitter de cette pensée, un peu obscure, qui l’habitait, sans savoir à quoi l’attribuer, ne se rappelant pas du stunner Wraith, mais, comme, se sentant, serpent en lui, avec, cette peau, cette mue, qu’on voulait se déchirer, qui, dans la mer ne se sentait plus. Pour sûr, Jörmungandr avait la classe, mais ça restait un putain de fils de Loki. Puis, il se souvint de la jeune femme. Mais vaguement. Comme si, il avait croisé un fantôme, quelqu’un qu’il avait rêvé. Alors, lorsqu’il se retourna, il n’était pas sûr de la revoir, mais, il la revit bien. Eh merde. Peu à peu, Mikkel réalisait que, il avait dû faire une crise… Il revit la jeune femme, et, surtout, observateur… il la regarda, réveillé, et vit un t-shirt qu’elle portait dans les mains, qui lui parut bien grand pour elle, qu’il regarda, puis, il la vit, et vit son grade militaire… de sous-lieutenant…

« Sous-Lieutenant. » Dit-il réveillé et sur un ton abrupt et militaire avec un début de geste de salut de la tête de respect face au grade. Un début seul, car un peu trop dans le sommeil pour en faire un geste mieux et bien prononcé. Il comprit alors. Il percuta. Il était dans le réfectoire. En pleine nuit. A moitié à poil, même s’il n’en avait pas encore trop bien conscience à fond les pâquerettes. Bref, il se savait avoir surement vadrouillé, dans une crise de somnambulisme, bien que sonné, dans les vapes, assommé, il n’était pas encore très sûr de tout ça, et, aussi, de savoir quel jour on était. Apparemment, il avait fait sa crise devant un officier. Génial...! Il l’avait déjà fait devant son Caporal de frégate mais devant un officier c’était une grande première. Il froissa les sourcils à la vue du t-shirt qu’elle avait en ses mains avant de reprendre une attitude plus neutre et sur la réserve. Il n’avait pas l’air con tiens. Bon, Mikkel avait grand sang froid pour ne pas s’en montrer gêner et n’en ressentit aucune gêne particulière. A chaque fois qu’il avait fait ce genre de crise, lorsqu’il se réveillait, il se retrouvait avec, en général, une personne qui venait de l’aider dans sa crise...

Il-il ne savait pas trop quoi dire. Il ne savait s’il avait fait de la merde. Et, pour autant, il avait comme l’impression qu’il avait déjà eu la réponse à ça… Il ne savait pas non plus s’il devait remercier son sous-lieutenant, voire, s'excuser auprès de son officier, qui avait surement dû en voir des vertes et des pas mures... Face au grade, il resta taciturne, attendant que son gradé prenne la parole... encore un peu à l'ouest.

Mikkel était... en phase de réveil…

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