Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Dim 5 Aoû - 17:17
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


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Le capitaine Calahan dirige une compagnie à effectif réduit de 74 soldats (soit 10 escouades de 7 hommes et quatre officiers composant l’organe hiérarchique). Après le décès d’une bonne partie de ses soldats durant la guerre, plusieurs recrues dont Ravix venait de poser le pied sur la cité.

La capitaine procéda à un long remaniement de ses troupes. Le fonctionnement était assez exceptionnel car, en remplaçant le Capitaine Harris coupable de trahison l’an dernier, Calahan avait changé pas mal de son organisation. Ainsi, la compagnie C des militaires de la cité s’organisait comme une armée propre, unie avec affectation permanente. En revanche, le tableau de service faisait qu’en-dehors de toute mission particulière ou d'entraînements, ils étaient tous répartis selon les besoins de la cité.

C’est comme ça que, par exemple, le soldat Ravix avait fait sa première mission avec le Major Frei. Elle pourrait être appelée pour de futures missions ou de la garde.

Mais le capitaine était l’officier le plus détesté de toute la cité pour une raison précise : il était ignoble. D’aucun de ses soldats n’iraient le critiquer sur ce qu’ils leurs avaient fait subir. Car leur entraînement étant bien plus poussé que les autres, ils étaient plus solides, plus dur à briser. Et c’était très important pour leur boulot.
La haine demeurait malgré tout.

Indrick Calahan ne laissait personne se reposer sur ses lauriers. Chaque session d'entraînement, il prenait une seule section avec lui et il procédait à un roulement. Le sergent Tim Brass, un ancien de SG-10, avait passé l’année sous son commandement. Il était un peu trop humains par moment, un peu trop proche des hommes. C’est pour ça que le capitaine l’avait affecté à une toute nouvelle section de recrues.

Le sergent savait à peu près ce qui les attendait et il redoutait déjà ce moment. La manoeuvre militaire allait durer trois jours. Trois jours d’un véritable enfer.
Le rendez-vous était prévu dans la baie des jumpers et la majorité des soldats étaient en avance.

« Essayons de cacher ça... » fit Ruth.

Cette grande femme à l’air de fouine avec ses lunettes ajustait la coiffure du médecin de l’escouade. Les mèches rose et violettes ressortaient et elle essayait d’assurer un chignon strict pour le faire disparaître à l’arrière de son casque de combat.

« Est-ce qu’il est aussi terrible qu’on le dit ? » Lui demanda-t-elle en se laissant faire.
Will Sandoval, le plus fin de la troupe, était en train d’assurer la besace qu’il avait sur le flanc. Il se trouvait près du jumper qui se préparait pour les emmener et il accosta le sergent pour lui dire :
« Vous le connaissez, vous, sergent. C’est vrai ce qu’on raconte ? Il a fait boire sa propre pisse à un mec parce qu’il avait picolé en service ? »
« Des histoires, il y en a assez pour écrire un bouquin. » Répondit-il en grinçant des dents. Il le regarda de bas en haut. « T’es paré ? »
« Ouais chef. »
« Parait que quand une section revient, il y en a toujours qui finissent à l’infirmerie. Y’a Isia, une toubib de la cité, qui en a tellement marre de revoir les soldats dans un tel état, qu’elle est venue dans son bureau avec un scalpel pour lui couper les couilles. Tu le crois ça ? »
« Pfouuuuu ! » fit Danny Blake en sortant du jumper. Il avait fini d’installer le Godzilla à l’intérieur. « Tu parles d’Isia Taylor Laurence ?!? Cette nana est complètement fumée. J’ai entendu cette histoire, il paraît qu’il a fallu quatre gardes pour l’arrêter. Une tornade cette gonz... »

Le grand jour était arrivé, l'entraînement du tyran. Elana ravix avait entendu pas mal de rumeur aux sujets de ces petites sauteries en forêt. Cela ne l'inquiétait pas plus que cela, puisqu'elle avait fait l'armée pour en chier et non pour être dans une colonie de vacances. Néanmoins, elle redoutait quand même l'homme qui l'avait pris en grippe depuis qu'elle avait fait du sport en legging. Passez quelques jours à s'entraîner en legging avant de partir en mission avec le major Frei était mine de rien... une sacré humiliation. Ainsi, elle était restée tout le temps en uniforme, s'autorisant plus aucuns habits civil autre que son pyjama dans ces quartiers. De toute manière, elle n'en avait pas beaucoup sur Atlantis, les vêtements protocolaires de l'armée lui convenaient bien.

Ainsi, elle arriva dans la baie des jumpers en avance comme la majorité des représentants de sa future galère. Les cheveux tressés pour ne pas être gênée par leur longueur, elle était déjà en uniforme, un sac à la main contenant ses affaires et elle n'était que très peu maquillée, elle ne s'était mis qu'un baume à lèvre légèrement rosé, où on ne voyait que peu la différence avec la carnation de sa bouche. De toute façon, cela allait partir en forêt donc autant ne rien prendre. Mécaniquement son regard balaya l'endroit saluant d'un signe de tête les personnes qui croisait son regard.

Les différents soldats cessèrent de s’occuper pour la regarder avec un léger sourire. Le sergent se détacha pour aller jusqu’à elle.
« C’est toi Ravix ? »
« Oui c’est bien moi. » affirma t’elle de son ton morne, l’homme la salua d’une bonne poignée de main, qu’elle lui rendit avec une fermetée surprenante.
« Je suis le sergent Tim Brass. Tu peux m’appeler par mon prénom. Bienvenue dans l’escouade des bleus. »
Machinalement le regard de la jeune femme, parcouru une nouvelle fois les personnes présentes. Les “Bleus” … cela devait être encore du Calahan, mais bon, ils étaient certains que peu ici étaient vétérans certe, mais novices… enfin bon qu’importe, elle ne releva pas ce petit sobriquet.
« D'accord Tim. Pour ma part qu’importe, nom ou prénom je répond bien sagement aux deux. » avait-elle dit avec un petit rictus au coin signe d’un humour assez piquant. En tout cas, il semblait agréable, de toute façon, ils allaient vivre l’enfer donc ça rapproche.

Il l’attira dans son sillage où elle le suivit sans rien dire de plus. Dans le même temps, une autre femme entra dans la baie en s’excusant pour son retard. Elle ramenait avec elle un énorme chariot qui servait à l'armurerie et fit un signe au sous-off pour dire qu’elle avait fait le boulot. Tim, satisfait, fit un signe de bras pour que tous se rassemblent.

« Bon, je vois que tout le monde est là. Vous êtes tous nouveau ici. On se présente ? »
Il les regarda avant de débuter.
« Sergent Brass, j’étais à SG-10 avant d’entrer dans ce bourbier. Toi ? »
« Izabel Bowers, 12e compagnie de campagne médicale. Vous pouvez m’appeler Iza. »
Les regards se déplacèrent. Le plus fin à la besace prit la parole :
« Je viens du génie Canadien. Appelez-moi Will. »
Naturellement, les présentations suivirent.
« Danny Blake. Je suis de la 3e division blindé. »
« Des blindés ? Tu charries ? »
L’homme tapota son casque spécial pilotage.
« J’ai l’air de blaguer ? Ils veulent tester un nouveau concept là-haut. On a le godzilla 4 qui vient de sortir de l'ingénierie. Il est petit mais c’est un blindé léger...donc me voilà. »
Elana haussa les sourcils… elle ne savait pas trop comment cet homme allait s’y prendre et à quoi ressemblait cette nouvelle version du Godzilla… cela était original soyons clair. La guerre de mai, avait dû déclencher de nouvelles innovations.
« Bon ok. Et toi, t’es une italienne ? »
La jeune femme fit un grand sourire.
« Rita, Arditi Incursori. Force Spéciale. » fit-elle avec un accent craquant.
« Et c’est quoi, ça ? »
Le tankiste venait de pointer son arme. C’était un vieux garand M1 de la seconde guerre mondiale avec une lunette montée dessus. Elana regarda l‘arme avec un simple sourire neutre, mais elle trouvait le goût de la jeune femme pour l’Antiquité assez symbolique. Ce n’est pas rien de vouloir combattre avec d’ancien modèle, il doit avoir une belle histoire dessous. Elle avait hâte de l’entendre et peut-être que cette Rita leur en dirait plus devant le feu de camp de ce soir.
« Arme de collection. Je combats avec. »
« Bien, il en reste deux. » Coupa le sergent en regardant Ravix et Ruth.
« Qui se lance ? »
Ce fût donc Ravix qui sans aucune once d’hésitation se présenta de a voix particulière.
« Caporal Elana Ravix. Infanterie française, 1er régiment des chasseurs parachutistes » Elle ne pensait pas que cela disent quoique ce soit aux autres, qui étaient tous américains ou de nationalités autres que française (et vu son accent très prononcée tout le monde avait deviné son pays). Mais qu’importe, il y a une forme de superbe pour son régiment et même si elle avait un air neutre intérieurement cela lui procurait une boule de fierté assez plaisante. Pour le moment elle remarqua qu’elle était la seule à avoir un peu de galons avec le sergent… pourtant elle était certaine de ne pas être la plus âgée, bien au contraire...

Elle fit d’ailleurs sa petite impression.
« Tu seras mon bras droit Elana. » fit Tim. Elana hocha une nouvelle fois la tête, elle ne pensait pas être bras droit pour cet entraînement, généralement, elle ne l’était jamais, qui veut d’un simple caporal après tout ? Et puis, elle ne chercha pas vraiment à se mettre en avant pour obtenir des responsabilités, elle les évitait. La française estimait qu’elle avait atteint le rang le plus élevé (ou passer sous-officier maximum) qu’elle n’aurait durant toute sa carrière au-delà, cela demandait des actions et des responsabilités qu’elle ne voulait pas assumer. Elle était une des rares à ne pas espérer un déroulement de carrière dans les grades. Ainsi, être bras droit ne l’enchantait guère mais elle ferait avec sans rien dire. De toute façon, elle ne pouvait pas contester (et elle ne l’aurait pas fait), Tim avait déjà tourné la tête vers la grande fouine à lunettes. Celle qui avait aidé la toubib à dissimuler sa coiffure.
« Bon et toi ? Tu parles pas des masses... »
« Seulement quand je suis obligée... » Répondit-elle avec un sourire.
« Je m’appelle Ruth... »
« T’étais où avant ? »

La jeune femme se mordit la lèvre inférieure et regarda ses camarades à tour de rôle avant de secouer négativement la tête. Elle trouva le regard neutre de Ravix qui attendait qu’elle daigne passer le cap tout en restant silencieuse écoutant les arguments des autres. Immédiatement, les quatre autres soldats parlèrent tous en même temps, y allant chacun de son argument pour qu’elle lâche le morceau. Un soudain ras de marée qui fit davantage sourire la militaire. Le sergent s’égosilla, levant les bras pour produire un geste qui se voulait réduire le niveau sonore.
« PAS TOUS EN MÊME TEMPS !!! » Râla-t-il finalement.
Il regarda Ruth.
« T’es sûr que tu ne veux pas nous dire ? »
Elle soupira et joua de sa rangers sur le sol avant de déclarer, au grand étonnement de tous :
« J’étais au NID... »
Un calme plat envahit subitement la baie. Ravix la toisait de son air particulier, avant d’observer la réaction des autres. Le NID avait écopé d’une bien triste réputation ...
« Ben merde alors... »
« Mais...ils sont pas officiers au NID ? »
Ruth haussa les épaules avec un sourire gêné et se décala de trois quarts.
« Peu importe. Quelqu’un à quelque chose contre le NID ici ? »
« A part qu’ils ont été méchamment infiltré par les Goa’ulds ? » fit l’italienne avec un air malicieux. « Même moi je le sais. »
« Aucun cela n’a pas d’importance maintenant que nous sommes sur Atlantis » Affirma Ravix sans aucun état d’âme, si elle était ici c’est pour une raison point.
« Moi je m’en fiche. Et puis de toute façon, on peut demander : t’es un goa’uld, Ruth ? » Lâcha la toubib en lui mettant un coup de coude. Cela fit rire plusieurs soldat donc le caporal.
« Nannn ! Me cherchez pas avec ça ! » Fit-elle par répondre en riant.
« Je suis spécialiste du renseignement, particulièrement sur la conception des réseaux d’espionnage en territoire extérieur... »
« Donc...toi tu sais qui est Calahan. »
« Je répondrais pas à... »

Une nouvelle fois, une grande montée de propos se mélangea au point de les rendre incompréhensibles. Toujours aussi stoïque Elana attendait la fin des débats tout en écoutant chacun y mettre du siens. Personne ne rejetaient Ruth pour son ancienne affectation, loin de là, mais dans une angoisse inexplicable, elle avait soutenu le regard de son sergent. Celui-ci calma tout de suite la bande mais ajouta avec sincérité :
« Je te forcerai pas, Padilla. Mais j’aimerai bien savoir aussi comment ce tordu à pu arriver ici. »
« Comme tout le monde ici » compléta la jeune femme.

Elle hésita longuement. Ce n’est que lorsque tout le monde lui promit de garder le secret qu’elle céda enfin, rouge comme une tomate.
« Ok ok... » fit elle en levant les deux mains en signe de reddition. « Calahan, il était au Département de la Sécurité Mondiale... »
« Tu charries !... » fit Danny avec les yeux ronds.
« Mais...c’est pas le truc où il y a des cadors du programme ? Genre Hammond, O’neill ? »
Naturellement, toute l’unité avait entouré Ruth pour connaître la suite de l’histoire. Elle hocha la tête avant de reprendre :
« Calahan, c’est un peu le paradoxe de l’armée. D’un côté, c’est le plus performant des instructeurs. Il a le plus faible taux de soldats perdus sur le terrain et une bonne expérience des escouades multi-nationalités. Mais d’un autre, il détient le record de plaintes pour harcèlement et discrimination sexiste. Il se traîne un paquet de casseroles et de rumeurs, sur des crimes de guerre notamment, et des enquêtes mystérieusement inachevées. » Elle fit silence, en même temps qu’un poids semblait s’abattre sur tout le monde. « Je suis pas certaine pour la suite. Mais il parait que le CODIR et Sheppard aurait fait barrage quand il est venu remplacer Harris. Mais ils ont pas réussi... »
« A se demander d’où il tire ses soutiens... » fit l’italienne.
Machinalement Elana essaya de chercher aussi, comme beaucoup, cet avait t’il le bras suffisamment long ou même des dossiers ? Elle avait entendu parler d’Harris mais elle avait un doute. Elle trouvait ça incroyable que les gens comme le CODIR et le colonel, n’ait pas réussi à faire barrage à cet homme… il devait avoir de sacré cadavre dans le placard.
« Harris, c’est l’officier à l’origine des viols de 2017 ? »
La toubib fut la première à lui répondre :
« Celui-là même. Parait que c’est un goa’uld infiltré qui orchestrait tout. »
« Il y a pas mal de rumeurs. Mais on raconte que ces drames laissent des cicatrices encore aujourd’hui, des malentendus et des altercations. »
« J’aime pas spéculer. Mais si ça se trouve, c’est sûrement l’argument principal qui a fait passé Calahan malgré ses casseroles. Ils ne veulent plus que leur armée soit tachée par des histoires comme ça... »
« Surtout si les “violeurs” venaient de l’armée, ça se comprend...sauf qu’on paie les pots cassés maintenant. La blase quoi... »
« On est chez les civils faut pas oublier que nous sommes que des gros bourrins contre des gens “civilisés” » dit-elle avec une pointe d'amertume.
« Hum... » fit Rita, curieuse. « Tu as eu des antécédents avec ces bons vivants ? »
« Ouai. Ils ont gâché plusieurs missions ou mit en péril leur réussite. Ils sont bien sympa dans le personnel, mais pour le professionnel c'est une catastrophe quand on doit manoeuvrer... » On ne pouvait pas lui enlever sa franchise, un peu tranchante mais bon, on s’y fait.
« On évitera de faire de toi la nounou dans ce cas... » Il lui fit un sourire puis acquiesça. Ravix confirma d’une signe de tête. Elle détestait faire la nounou pour un groupe de civile, mais bon...
« Bon, ça explique un tas de choses. Merci pour les infos, Ruth... »
Le sergent Tim s’écarta un moment, visiblement plongé dans ses réflexions, puis il se retourna pour regarder les recrues avec un regard bienveillant.
« Peu importe. On survivra tous à ce pourri. »
Il leur fit un sourire puis s’approcha de la desserte que Rita avait ramené avec elle.
« Section, approchez. »
Il attendit que tout le monde l’entoure et ouvrit le chariot.
« Bien. Si on vous a dit de venir sans vos munitions, c’est parce que vous en embarquez des spéciales. Celles-ci ressemblent en tous points à nos munitions standard sauf que... »
Le sergent retira une balle d’un chargeur de neuf millimètres pour leur montrer. La tête de l’ogive était d’un rouge lancinant comme une cigarette sous l’inspiration du fumeur.
« Qui reconnaît ce truc ? »
Will, le génie canadien, leva la main. Il répondit dès que le sergent l’en autorisa :
« Ce sont des munitions d'entraînement du SGC. Pour les premiers affrontements en condition de terrain. »
« Bien vu. Iza, les effets ? »
« Hmm...c’était dans ma formation de base, je ne me souviens plus vraiment. Si mes souvenirs sont bons, c’est un quart d’heure de sommeil. Son impact est différent d’un blast incapacitant Wraith, il ne déconnecte pas les synapses mais surcharge le système nerveux en cas de cumul, d’où le “désagrément”. »
« Le désagrément ? » Fit Danny.
La toubib le regarda et eut un léger sourire, ne lui répondant pas. Puisqu’il insistait du regard, Ruth se pencha à son épaule pour lui dire, ironique :
« Si tu en prends une de trop, tu fais ton pipi au lit comme quand tu étais petit... » Le reste de l’équipe s’esclaffa.
« Calahan nous gratifie même d’un retour en enfance ! Quel homme de bien ! » lança cyniquement la caporale. Elle n’avait pas hâte d'expérimenter ces balles… après bon, il y a de forte chance que chacun d’en deux se pisse dessus ne serait-ce qu’un jour face à un wraith ou même à des créatures effrayantes de cette galaxie. Qui ne serait pas en train de vider sa vessie face à un Alien comme dans le film ?
Quelques recrues rigolèrent de sa boutade.
« Il te plait, alors, ce vieux ronchon ?!? » Railla l’italienne en lui mettant un coup d’épaule.

‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
••••





Soudainement, le jumper se mit en route. Les moteurs chauffaient et il allait bientôt partir. Le sergent donna ses ordres, replaçant son casque sur la tête.
« Ok. On est sur le départ. Ravix, veille à ce que tous les gars se soient équipés de ces munitions. Vérification rapide armes et équipements. Et tu me les embarque dans la conserve. »
Il lui fit un signe de pouce amical puis fit demi-tour pour entrer dans le jumper et aller voir le pilote.

La jeune femme hocha la tête, elle aida à charger les quelques caisses, s’équipant des munitions, prenant toujours un chargeur en rab à cause de sa parano de n’avoir jamais assez de munition au combat, puis vérifiai que chaque soldat ait prit ses “balles pipi”. La jeune femme parlait peu ou très directement, ainsi, elle demandait d’un simple “Tes munitions ?” Attendant que la personne lui montre avant de passer au suivants sans sourcilier.

Danny semblait être le plus réticent à moins qu’il veuille faire la blague à la jeune caporale, mais à la place de lui montrer ses balles il lui montra sa réserve de chewing gum… Il devait avoir tous les parfums existant que pouvait avoir la cité vu sa ramette complète allant de la l'indétrônable menthe aux fruits de la passion... Il ne le savait pas, mais Elana avait en horreur les gommes à mâcher depuis que Liam Sandon ruminait comme une vache laitière ! Et qu’il y prenait un malin plaisir à la chercher avec ça. Elle releva les yeux vers lui, les fixant sur ces prunelles sombres avant d’avoir un fin rictus neutre.
« C’est gentil de pas vouloir rendre les copains incontinent Blake. » Avec son air fermé, on aurait pu penser qu’elle n’était pas sujette à l’humour, la petite lueur pétillante dans son regard montrait qu’elle était en pleins dedans.
« Je suis un gentleman ! » répondit-il avec un clin d’oeil, qui amusa intérieurement la jeune femme.
Il insista de son geste pour qu’elle se serve puis pinça son vêtement pour l’attirer au centre de la nacelle, là où se trouvait son Godzilla solidement arrimé. Faute de lui prendre une gomme, elle se laissa entraîner sans aucune résistance.

L’engin était un MALP d’exploration conditionné pour le combat. Cette fois-ci, les ingénieurs l’avaient dotés de chenilles très malléables, ce qui permettait d'accéder à des terrains accidentés.
« Le dernier bijou de l’union ingénieurs-scientifiques de la cité, je te présente le “ Divorce”. »
Le divorce ? Ravix lui lança un regard le toisant longuement avant de répondre d’un ton morne.
« Au moins, il est sans illusion lui ! » Elle trouva le nom parfait ! quoi de mieux qu’un gros engin pour briser des vies comme pouvait le faire le divorce qui mettait un point à une histoire belle ou moche.

Danny était fier de lui présenter l’engin. Ce nom avait même été peint avec une calligraphie très poétique sur le large bouclier frontal. Iza et Ruth furent intriguées et se levèrent pour examiner le MALP. Ca les avait fait rire, demandant à Danny s’il était vraiment sérieux d’appeler son petit blindé comme ça. Il hocha la tête, tout sourire.

Recouvert d’un habillage supplémentaire conçu pour résister à l’assaut du plasma, il semblait muni de quelques systèmes avancés. Il expliqua rapidement en s’appuyant sur le long tube du canon, le tapotant avec fierté. La jeune femme suivait de ses doigts fins les courbes de la machine appréciant son côté doublement résistant contre leur nouveaux ennemi… enfin “nouveaux” pour elle. Un rictus carnassier était sur ses lèvres en pensant aux dommages qu’allait faire le “Divorce”.

« Les grands pontes se sont dit que le réemploi de forces blindées pourraient faire la différence en cas d’affrontement direct, quand les manoeuvres commando échouent. Pour permettre le retrait des gars si le Dédale est pas là par exemple. Enfin...il y a plein d’emploi possible. Mon “Divorce” doit aboutir !!! »
L’homme était content, il usait des jeux de mots avec beaucoup d’entrain. Ravix releva la tête vers lui, elle notait tout ces petits jeux et lui répondait d’une manière non verbale le laissant parler de sa passion. Elle a toujours adoré écouter les gens passionné, elle y trouve une dynamique qu’elle n’éprouve pas. Elle n’a pas de grande passion et elle trouve ça fascinant cette énergie qu’on les gens amoureux d’autre chose que d’un humain.
« Canon de 75. Coaxiale M240 de 7.62. Blindage de front avec légère couverture énergétique. Alimentation par deux piles au naquada. C’est une perle ce truc. » Que des doux mots aux oreilles de la caporale qui trouvait un grand intérêt à ce Divorce.

Will, qui avait fait le tour, posa ses mains sur les épaules respectives de l’italienne et d’Elana. Cette dernière se tendit un peu, mais accepta rapidement le contact étant d’un militaire.
« Alors, z’en dites quoi les filles ? On vous emmène en virée dans notre bolide de luxe ?!? »
« Oui, mais prend tes munitions et tu auras le droit de tâter du contrat ! » affirma Ravix, attendant qu’il s’exécute enfin sur le sujet de base.
Will arma son sourire le plus craquant et lui répondit :
« On pourra discuter des termes autour d’un verre après la mission ? »
Les filles se regardèrent à la façon “et ça est, c’est reparti…”. Un regard dépité de la part de ces deux femmes se posa sur lui tandis qu’il s’accoudait sur le canon du Divorce.
Ravix le toisa, n’ayant pas remarquer les regards des autres filles et quand bien même elle n’en aurait rien interprété de plus.
« Si tu es convaincant sur le terrain... » Elle lui fit un simple rictus (n'ayant rien contre un verre entre militaire, avec toute l’équipe même) avant de porter son regard sur Danny, « Blake, tes munitions ? » Will se frotta les mains comme s’il venait de remporter le rencard du siècle. Il profita qu’Elana se soit tournée vers le tankiste pour égarer son regard dangereusement bas, trouvant que l’uniforme lui allait tout aussi bien que son leggings dans lequel elle avait été contrainte de bosser un sacré moment. Rita remarqua son petit jeu, et surtout l’impunité totale avec laquelle il gorgeait son regard des courbes de sa collègue, et elle lui envoya un taquet parfaitement bien dosé à l’arrière du crâne. Un bon “CLAC” résonna en le faisant tressauter de surprise. A ce moment là, la porte de la soute arrière commença à se fermer. Le jumper se préparait à l’envol et le sergent échangeait de derniers mots avant de revenir auprès de son escouade.

« Allez. On a une demi-heure de route avant de commencer nos manoeuvres. Le pilote dit que le capitaine est déjà là-bas. Ravix, tout est prêt ? »
La caporal avait tourné la tête vers son supérieur avant de le reporter sur Danny, tapant du pied attendant qu’il daigne lui donner sa vérification. Son regard était insistant. Mais lui fut insistant. Il passa ses deux bras par dessus le canon du Divorce, le premier sur l’ouverture de la caisse à munition de la coaxiale, et l’autre lui tendant la gomme à mâcher. Le sourire en coin, il souffla d’un air provocant et bon enfant :
« Tic tac, Ravix. »
Mais la caporale resta de marbre, elle n’en voulait pas de ces gommes à mâcher. Et elle resta droite inflexible. « Dépêche toi. » Toujours d’une voix morne mais plus ferme, elle augmenta le rythme de son pied pour faire le “tic tac”.
Blake siffla en rangeant sa gomme.
« On dirait bien que j’ai trouvé la limite de ton humour, caporal. »
Le militaire tira le clapet de la boite de munitions, révélant une bande aux pointes rougeoyantes. Il ouvrit ensuite le rangement d’obus, ils étaient différents, conçus pour l’exercice.
Cela convenu à Elana qui hocha la tête satisfaite, se tournant ensuite vers le sergent.
« Oui tout est prêt sergent. » Puis reporta son regard bleu délavé sur Blake « Maintenant je peux faire preuve d’humour en ruminant comme une vache. » Il allait falloir s’y faire, elle fait passer le pro avant, elle n’aimait juste pas perdre de temps dans des chamailleries qui pouvaient se faire après. Elle était pourtant réceptive à ce genre de chose, mais pas quand il avait un ordre et que ça faisait perdre du temps. Le sourire de Danny s'agrandit et il lui fila la gomme à mâcher qu’elle mit dans sa bouche. Cela lui en coûtait un peu car elle avait encore l’image de Liam la vache pas du tout laitière en tête mais qu’importe elle posa ses fesses à côté de Rita. Tim s’avança. Dans son dos, on voyait déjà l’océan se profiler après la disparition de la tour centrale. L’homme s’appuya sur le blindé, cherchant ses mots, puis débuta un petit discours pour préparer ses troupes. Tout le monde s’était installé sur les banquettes.

« Je pense que vous le découvrirez par vous même une fois en bas. Mais dites-vous une chose : Calahan fera tout pour vous briser. Que ce soit physiquement ou moralement, il relèvera vos faiblesses, même intimes, et les exploitera pour vous atteindre. »

Il regarda chacun de ses soldats. Ils étaient tous expérimentés sur leur poste précédent...et pourtant tellement novice à la fois. Son regard était empreint d’une petite forme de tristesse qu’il contenait pour lui. Le sergent ne voulait pas les inquiéter outres mesures mais il ne voulait pas non plus qu’ils s’avancent naïvement sur ce premier entraînement. Il trouva le regard sûre et neutre de Ravix, qui se doutait bien que Calahan n’avait pas prévu des fleurs pour eux, mais les épines. Elle restait confiante, ne voulant pas s'angoisser outre mesure, elle allait lui montrer a ce vieux hêtre qu’il en faut plus pour la briser !

« Il est très fort pour ça. Il y a toujours une recrue qui craque et qui finit au “rebut des branlos”, comme il aime le dire. »
L’homme haussa les épaules. “Rebut des branlos”... la honte suprême pour Ravix… ça elle l’avait bien entendu durant sa punition legging. Elle eut une pensée pour son pilote favoris qui avait souhaité une bonne chance pour l’enfer avant.
« Ce qu’il y a, c’est que moi je vous aime bien. Vous tous là. Ce serait cool que de voir une escouade entière lui tenir tête et revenir à la maison en entier. Mais c’est un travail sur soi. »
« Je suis prête ! » Affirma Rita, un large sourire sur le visage. Elle avait l’air d’attendre les embûches, le feu dans le sang, prête à se battre et à les surmonter. Le sergent Brass la calma immédiatement d’un doigt levé en l’air.
« Du calme, SuperGirl. C’est toujours facile de dire ça quand on est en forme. Mais pour fatiguer un homme, et une femme, Calahan sait y faire. »
Il avança son poing en une forme de “un pour tous ?”, se moquant du côté risible que cela pouvait donner.
« Vous en dites quoi ? On lui fout la pile à notre officier ? »
Rita ne pouvait pas se retenir. Bouffée par l’excitation et le voyage vers ce nouvel inconnu, elle posa son poing contre celui du sergent et lui répéta, yeux dans les yeux, avec un air très défiant :
« Je suis prête ! »
Will se leva et fit de même, rapidement suivi par Blake, Izabel et Ruth. Ravix fut donc la dernière à se lever et à checker avec force avec les autres. Elle adorait ce genre d’énergie galvanisante et qui soudent bien plus les hommes et les femmes qu’une soirée amicale ! Et l’autre vieux il devait le savoir ça, que c’est dans la merde qu’on s’allie véritablement et non quand tout va bien !
« C’est qui qui va être l'officier au rebut ? » dit-elle avec la même fermeté que son poing.

C’est CA-LA-HAN avait fait le cri à l’unisson des soldats en levant leurs poings. Le moral était au beau fixe et les hommes reprirent leurs places. Le sergent allait retourner dans la cabine de pilotage lorsque Danny se redressa pour dire, au dernier moment :
« Au fait, sergent, tu ferais pas ce discours à tous les mecs qui tombent sous ta main par hasard ? »
La blague fit rire l’ensemble de l’équipe. Iza en profita pour imiter Tim qui répétait son petit effet devant la glace et cela donna lieu à plusieurs petites boutades qui firent rire le concerné lui même. Pendant la demi-heure en question, ils discutèrent de tout et de rien, cherchant surtout à apprendre à se connaitre en profitant du moment de répit.
Généralement Ravix n’était peu bavarde, elle écoutait les autres simplement ou tranchait dans le vif avec l’une de ses phrase cinglante et amusante. Elle toisa Rita qui était sa compagne de banquette, comme l’autre côté il n’avait pas de place pour quelqu’un d’autre, surement au plus grand malheur de Will qui faisait son numéro de tombeur en se vantant d’une anecdote où il était le brave dindon qui s’était fait mettre un lapin !
En tournant ses pupilles vers Rita elle vit surtout une mèche violette et rose tomber sur le côté du casque d’Izabel. Elle se pencha vers Rita pour parler doucement en direction de la médecin.
« Range tes crins la licorne... »

La toubib la regarda avec un air d’incompréhension dans un premier temps puis elle fit soudainement le lien. Se débarrassant un instant de son casque, elle révéla ces couleurs dont certaines étaient délavés par endroit. La jeune femme se refit le chignon en le serrant bien fort.
« Ma soeur a fêté ses trente six ans hier. C’était sensé partir au lavage. » fit-elle avec une bonne nostalgie. « Elle est opératrice radiologue sous les ordres du docteur Beckett. »
Elle replaça ensuite son casque sur sa tête puis, tout sourire, fit un droite gauche à Elana pour tester la disparition de ces fameux crins de licorne. Celle-ci hocha la tête lui confirmant qu’il n’y avait plus rien de visible. « Sympa d’avoir sa famille ici. » commenta-t’elle simplement.
« Ca serait encore mieux si on courrait pas toutes les deux après le même mec ! » lui répondit-elle en ricanant.
Elle ouvrit la poche de sa veste en passant sous son gilet pour retira une photographie plastifiée. Izabel et sa grande soeur cernaient un docteur Beckett qui ne savait plus où se mettre. Dans leur délire, elles lui avaient fait une bise sur chaque joue avec l’oeil étincelant en direction de la caméra.
Elle tendit le cliché à Rita qui l’observa, rigolant sincèrement avant de le passer à Elana. Celle-ci regarda la photo d’un air un peu mitigé, ne sachant pas quoi penser de ce cliché, qui devait être fort gênant pour le docteur, responsable de son secteur. Elle n’aimerait pas être à sa place et il avait l’air un peu trop bon pour faire une remarque. Elle lui rendit le cliché. Il avait un côté comique mine de rien, mais triste… se battre pour le même homme c’est débile pour Ravix qui lâchait l’affaire quand il avait quelqu’un d’autre sur le coup et généralement, elle ne se battait pas, les histoires d’amour ce n’est pas pour elle…au moins ça reste en famille.
« Et aucune de vous deux n’a tenté sa chance déjà ? »
« Ca, c’est top secret ! » fit-elle mystérieusement. Elana n'insista pas, laissant la jeune femme dans son jardin secret.

Le chemin du jumper se fit dans une ambiance bon enfant. Le ciel était assez nuageux, rendant la visibilité assez désastreuse. Le sergent Brass se trouvait sur le siège du copilote, regardant d’un air distrait les voluptes dansantes sur la verrière. Il était stressé, de plus en plus, à l’approche du continent. Il jouait machinalement avec son alliance, se demandant sans arrêt si sa nouvelle escouade allait tenir. Il n’avait pas menti à ce sujet, il les trouvait tous sympa, ça changeait. Généralement, il y en avait toujours un dans le lot pour se croire au-dessus de la masse ou péter plus haut que son cul. Mais là, ils se tenaient tous. Même Rita avec son accent italien et son côté un peu sanguin restait modeste dans le fond.
Pour une fois que tout ce beau monde semblait s’entendre d’emblé sans pépin, il se surprenait à les vouloir pour lui. D’en être le chef de manière permanente.

Mais pour ça, il fallait déjà survivre au premier entraînement.

Au travers de ce brouillard céleste, il y eut des flashs de lumières lointains, des flashs bleus qui crépitaient comme un orage de surface. Le pilote et le sergent se regardèrent l’espace de quelques secondes, perplexe, avant qu’une soudaine rafale de tir antiaérien les frôle.

« BORDEL DE MERDE !!! » Hurla Tim en même temps que le jumper faisait une soudaine embardée. « Qu’est-ce que c’était ?!? »
Le pilote regarda, silencieux et très angoissé, ces différents tirs filer autour de son appareil avant d’ouvrir la bouche, outré :
« Ce sont des canons de défense magnétique ! Des canons comme sur la cité !!! »
« Putain, il est complètement fêlé ! »

Quelques projectiles ricochèrent dans la carelingue. La pression monta en flèche à l’intérieur, les soldats se regardant tout en se demandant si c’était réellement un exercice.
Ravix sursauta en entendant son chef hurler et se cramponna à sa banquette, alors que Rita venait de lui tomber sur les genoux, l’italienne essayait de se relever mais les soubresauts de l’appareil la laissa cloué sur les jambes de la caporale.
« Au moins on est dans le bain... » lâcha laconiquement Elana, qui aidait Rita à se relever.
« Il soigne son petit effet ! Je le déteste déjà » Répliqua-t-elle.

« Ils nous mitraillent au projectile d’entrainement. » Nota le pilote en voyant quelques tirs percuter la verrière.
« Si on en prend trop, il va nous déclarer mort avant même qu’on pose le pied à terre. »
« On va descendre. Va falloir jouer serré, dis-leur de s’accrocher. »
Le sergent se retourna, s’accrochant au montant du sas. En prenant de la vitesse, le système d’inertie fut moins efficace et les tressautements de l’appareil commençaient déjà à se faire sentir.
« Les gars ! On est accueilli par de la DCA ! Accrochez-vous, ça va secouer un peu ! »

Ils étaient déjà tous bien accroché, Will n’était pas à l’aise mais trouvait le moyens de faire un peu d’humour, ce qui n’était pas plus mal.
« Les filles, si vous avez peur “PapaWilly” est là pour vous servir de rocher ! »
« Quand on sera près de la mer on avisera pour faire les moules accrochés sur un rocher ! » Répliqua immédiatement Elana, qui était en alarme dans son cerveaux même si son visage restait neutre. Elle s’attendait à un impact imminent avec le sol…
« On en reparlera si on survit à ce manège. »


••••

by Wiise


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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


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Le jumper plongea soudainement. Le sergent se rattrapa in extremis sur le Divorce puis grimpa en direction du siège du cockpit. Il écarquilla les yeux en découvrant le site d'atterrissage. Le terrain était constitué d’une grande plaine vallonnée et cernée par une forêt. Trois canons bien situés étaient en train de tirer dans la direction du jumper qui louvoyait sans cesse, le pilote maîtrisant bien son engin. Ca restait néanmoins un sacré rodéo. Sur l’approche, les balles traçantes d’une mitrailleuse s’ajoutèrent au canon, forçant le jumper à s’éloigner au risque de prendre un trop grand nombre d’impact que Calahan, sans nul doute, décomptait à la jumelle.

« Tim. Si je me pose, on redécollera pas... »
Le sergent serra les dents, ce comité d’accueil était une première. Calahan devait être inspiré et c’était loin de le rassurer. Il énuméra les différentes informations à voix basse puis prit sa décision. Il donna l’ordre au pilote de les descendre en rase-motte...sans s’arrêter…
« Ecoutez ! Le site est sous le feu, il y des forces hostiles qui nous attendent et le jumper ne pourra pas se poser. Il va falloir sauter ! Préparez-vous ! »
« MAIS!!!! CHEF ! ET LE DIVORCE ? » S’alarma Danny.
« Démonte la coax et embarque-là ! »
Blake jura tout en se jetant sur son blindé. Il avait seulement quelques minutes pour démonter la mitrailleuse, ce qui n’était pas si long, mais il devait surtout prendre une bande de cartouches en plus et la visser sur ses épaules.
Les filles et Will s’étaient levés, vérifiant que tout l’équipement était bien attaché.
Le pilote baissa alors la porte arrière, révélant l’océan qui filait à toute allure et les projectiles perdus. Il fallait bien s’accrocher, l’équilibre était devenu précaire à cause de toutes les embardées et il n’était pas rare d’entendre quelqu’un crier par la surprise.
« Ca commence très bien ! J’aurai dû faire para, tiens !!! » S’écria Ruth, très angoissée.
« Tu feras comme moi et ça se passera bien Ruth » affirma la caporale qui se voulait rassurante face à l’angoisse de sa camarade. Elle aussi était plutôt tendue, mais elle gérait très bien ce genre de chose, peut-être parce que tout cela lui glissait dessus comme de l’eau sur des plumes de canard ? Peut-être, en tout cas, elle prit une grande respiration pour se concentrer et ne pas se laisser gagner par le stress des autres.

Danny parvint à récupérer le tout au moment où le sergent émergea de la cabine de pilotage. Il s'apprêtait à donner ses ordres lorsqu’une alarme sonore très inquiétante résonna dans l’habitacle. Le jumper eut un mouvement extrêmement brutal qui déséquilibra Ruth. Elle hurla vivement, un cri de panique ponctuel et très sincère, lorsqu’elle perdit son équilibre et chuta dans le vide…

« OH NON ! RUTHHHHHHH ! » hurla la toubib.
Elle s’élança jusqu’au bord de la porte mais fut retenue par Will et Rita qui ne voulaient pas qu’elle prenne plus de risque.
« Arrêtez l'entraînement ! Il y a un accident !!!! Un accident ! CHEF !!! »
Mais il n’eut pas le temps de répondre. Le pilote hurla d’une voix bien plus forte.
« On a piraté mes commandes de vol ! Sautez !!!! Sautez bordel !!! »
« Sautez ! Sautez allez !!! » Suivit immédiatement le sergent.
Il prit la toubib par son sac à dos. pour la pousser un peu
« Chef ! Ruth est... »
« Plus tard !!! Saute Iza ! Saute tout de suite !!! »
Mais la doc semblait refuser l’obstacle ! Elana, attacha ces armes solidement, et sans prévenir, elle attrapa les hanche de la doc, pour chuter dans le vide avec elle. Suivit des autres. Le corps de la caporale se mit en boule pour amortir le sol tout en tenant la jeune femme, pour que ça soit elle qui se prenne le plus dur : le sol et non Iza.

Le jumper tournait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre comme un hélicoptère sur le point de se crasher. Heureusement, il était relativement proche du sol et même si les militaires eurent un atterrissage bien douloureux, personne ne se blessa.
Un relief de verdure, une butte assez épaisse avec une pente qui descendait vers le rivage, leur offrait un couvert suffisant. Mais un mitrailleur à la position inconnue se mit à les arroser copieusement tandis que le jumper semblait enfin reprendre un semblant de contrôle. Le pilote, complètement paniqué, fit demi-tour et se carapata en direction de la cité.

Elana releva la tête vers le jumper, le pilote s’en souviendrait de cette aventure et refuserait d’escorter la prochaine garnison de Calahan ! Ce mec est quand même dingue ! Mais au moins ça prépare au terrain, durant la guerre de mai, il avait eu des jumpers canardés de la sorte… ils étaient prêt maintenant ! Et malgré la folie de l’homme, Ravix trouvait que c'était une bonne idée. Et sans même attendre l’ordre de son sergent, la jeune femme était déjà avec son arme en main, en train de balayer l’endroit prête à se défendre, accroupie, pour se protéger des tirs ennemis, elle était à couvert en contrebas avec la doc. Parachuté ou lourdée comme une grosse merde, elle avait eu l’habitude durant ces entrainements d’être réactif rapidement après un saut !

« En position ! » S’écria Brass par-dessus la pétarade. Il sortit un miroir de sa poche et se redressa un tout petit peu pour contrôler le champ de bataille. Il trouva finalement la mitrailleuse.
« C’est une M240. Soixante mètres sur nos deux heures, entre les arbres...Ravix, Will, vous prenez position et vous me canardez ce fumier ! Faites lui réduire son tir. Rita ! »
« Ok, Will bouge tes fesses vers moi ! Contrebas avec les buissons vert fluo ! » Il était temps de faire un plan, pour le prendre de revers et le neutraliser rapidement ce tireur fou ! Et oui les buissons avaient une sale couleur chimique ! pourtant ils étaient véritables !

Le sergent rampa rampa jusqu’à Rita.
« Le tir de précision, ça te connait hein ? »
« Oui ! J’aurai un bon angle si je vais par là-bas, sergent ! »
« Alors soit prudente. Et bouge seulement lors des tirs de couverture. » Il se retourna de nouveau. « Danny, je compte sur toi ! Pas une balle sur Rita. »
« Pas une balle sur Rita !!! » Confirma-t-il en se décalant, cherchant à installer sa mitrailleuse.

Le sergent fit un signe de pouce puis rampa jusqu’à Iza et Ravix (qui en le voyant ramper était déjà partis pour rejoindre Will un peu plus haut et discuter avec lui). Elles étaient placées à couvert en contrebas… mais la doc était un peu plus en avant en essayant vainement d’appeler Ruth à la radio. Les larmes lui coulaient le longs des joues, elle ne comprenait pas pourquoi l'entraînement n’avait pas été suspendu.
« J’ai rien sergent...rien du tout ! Elle ne répond pas !! »
« Est-ce que tu sais où est-ce qu’elle est tombée ? »
« Sur la rive, là, plus bas ! » S’écria-t-elle en pointant l’endroit du doigt.
« Écoute, calme toi. J’ai besoin de toi avec l’esprit concentré. On va y aller tous les deux. On va récupérer Ruth et revenir ici. »
Elle acquiesça, loin d’être rassurée. L’événement lui avait filé un sacré coup et le sergent lui massa l’épaule. Il activa ensuite sa radio :
//Elana. Je ne suis pas loin de la position de Ruth. Je vais la chercher avec la doc. Une fois le mitrailleur dégommé, tu établis une position retranchée. Si je suis pas de retour dans la demi-heure, considère-nous abattu et prends les rennes, reçu ?!?// »
// Reçu. Mais tu as intérêt à revenir, je n’ai pas envie de passer sergent. Moi je bourrine je fais pas dans le management comme disent les civils ! //

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


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Elana ne reçu pas de réponse de la part de son sergent.
Comme il était convenu, elle s’était placée en position pour déranger le tireur. Danny positionna sa mitrailleuse et effectua de longues salves de tirs. Rita se mit à courir de toutes ses forces, à moitié courbée, en tenant son fusil d’une main. Au début, elle longea le relief sans être inquiétée par des tirs de représailles. Mais le mitrailleur s’était rendu compte de la manoeuvre et il essaya de lever un peu la tête pour adapter son angle. Il était difficile aux uns comme à l’autre de s’affronter efficacement dans cette pente. Les balles spéciales incapacitantes avaient la même couleur, elle filaient en laissant de grandes trainées rouges et percutèrent le sol près de Rita. Beaucoup trop près même.
Danny la vit disparaître dans un couvert en chutant, comme si elle s’était écroulée.

« RITA !!! » S’écria-t-il soudainement.

Le mitrailleur serra la mâchoire et renvoya une nouvelle salve bien coûteuse en munitions en guise de réponse colérique. Un sifflement caractéristique monta alors...d’abords assez faible...puis de plus en plus fort. C’est Will qui réagit en premier. Il avait cru que c’était une machination, un haut parleur qui diffusait ce bruit pour les désorienter. Mais lorsqu’il vit la petite traînée noirâtre se dessiner dans le ciel et retomber en forme de cloche, il hurla soudainement dans sa radio :

//MORTIER !!!! A COUVERT !!!//

Du mortier ? Ravix leva les yeux au ciel à son tour avant qu’ils ne s’écartent gros comme des soucoupes ! Ils allaient être complètement canarder avec des armes anti personnel ! C’est juste dingue, mais au moins… au moins dans leurs malheurs ils seront prêts pour une vraie guerre… mais sur cette galaxie cela allait leur servir ?

Il y eu une explosion qui fit vibrer le sol. Danny se recroquevilla, contraint de se planquer derrière son relief de terre. Étrangement, ce n’était pas si violent. Pas aussi puissant que l’on pouvait attendre d’un obus de mortier. Le mitrailleur adverse reprit l’initiative et vida ses munitions sur leurs positions, risquant à tout moment de les atteindre. Ravix et ses collègues étaient contraint de se planquer en attendant la fin de la tempête. La jeune femme avait roulée à terre dans une belle galipettes dans les buissons un peu plus bas. Tout en essayant de se mettre correctement en position afin d’avoir en visu à travers les branche la mitrailleuse. Cela était approximatif soyon clair… mais au moins, elle pouvait tirer entre deux vibrations. Elle ne voyait pas les deux autres aussi, mais qu’importe sur le coup,il fallait se protéger et faire réduire le tir malgré la nouvelle surprise, de toute façon pas le choix, ils étaient fixés, il fallait tout miser sur Rita...si elle était encore consciente.

Will rampa jusqu’à leur position. Il était si gringalet que Danny le tira jusqu’à lui comme un sac de patates afin de le tirer de ce mauvais pas. Deux nouvelles détonations eurent lieu.

« Putain mais il est sérieux ?!? Du mortier ????? »
« C’est pas une munition anti-personnelle ça !!! »
« T’en sais quoi, t’es armurier ?!? »

Will se détacha de lui et passa sur le flanc. Il lui demanda de le couvrir malgré ce tir de mitrailleuse soutenu puis il se découvrit soudainement sous les cris de tous. De sa main, il avait attrapé l’étrange poudre blanche qui s’était répartie à l’impact du mortier et se recoucha in extrémis. Quelques balles l’avaient frôlé de vraiment près.

« T’es complètement taré, tu le sais ça ? »

Sandoval ne répondit pas.
Il regardait ses doigts tachés de cette poudre blanche et le porta à son nez.

« C’est du plâtre ! Ils s’en servaient pour s'entraîner durant l’entre-deux guerres. Si tu as des amas de plâtre sur ton uniforme, ça veut dire que tu as été touché... »

Cette constatation Ravix la découvrait plus tard, quand un mortier s'éclata pas loin de son buisson retapisant les feuilles… Elle n’avait rien sur elle, mais son abri avait eu quelques taches blanches…

Rita avait atteint son but, elle avait discrètement grimpé l’un de ces grands arbres et s’était appuyée sur une branche pour avoir un angle de tir parfait. Elle préférait ne pas griller les étapes, prenant son temps pour assurer sa visée. Une fois certaine de son avantage, elle activa sa radio :

//Ici Rita. Je l’ai dans la lunette. C’est pas Calahan, prête à faire feu...//
// Ne traîne pas ! // Répondit Ravix qui tirait à travers les branches. Il fallait le faire maintenant sinon ils perdaient complètement, entre les mortiers et la mitrailleuse tout cela commençait à être un peu tendu.

L’italienne tira pile dans le casque et le fit voler. Cela lui tira un sourire lorsqu’elle découvrit que le soldat paniquait, il se redressa tout en mitraillant allègrement dans la direction de Ravix puis commença à courir. Rita lui visa le dos, pile entre les omoplates, et vit sa munition le percuter durement. L’ennemi s’effondra sur le sol par-dessus sa mitrailleuse. La jeune femme, plutôt satisfaite d’elle, s'apprêtait à signaler la neutralisation du tireur lorsqu’elle vit le nuage d’un fumigène orange se former.
Pendant ce temps, le mortier continuait de faire feu, faisant pleuvoir le plâtre un coup après l’autre de manière aléatoire cette fois.

//Cible neutralisée. Il y a une fumi orange un peu plus haut, à trente mètres sur votre gauche, azimut 87...//

Et en effet une colonne de fumée couleur chatoyante s’élevait sur leur gauche. Ravix avait tourné la tête dans cette direction sentant le sol trembler, puisque le mortier continuait son labeur mais de manière moins précise. Avait-il un lien ? Ils devaient se caler sur les tirs de la mitrailleuse et maintenant qu’elle n’était plus opérationnelle, les lancements de l’arme anti personnel étaient moins bien calés ? Peut-être bien, en tout cas, la jeune femme se demandait quel soldat avait été volontaire pour jouer ce genre de rôle à moins qu’ils y soient forcés. Genre une punition à la sauce Calahan ? Cela ne serait pas étonnant vu le personnage.

Le signal orange pouvait avoir plusieurs significations mais à l’armée il n’avait pas tortillé, il avait une zone qui demandait leur attention mais celle-ci n’était pas safe. Cela pouvait être de la parano mais la prudence de la jeune femme venait à se demander si ce n’était pas un piège tout simplement. Si cette fumée n’était pas celui du camp « ennemi » et qu’en s’y rendant ils seraient pris en tenaille et descendu “virtuellement”. Mais dans un sens, peut-être avait-il un camp allié, qu’ils n’étaient pas les seuls à partir ? Que s’était un indice sur leur mission et non juste : survivre ensemble ! Hum… elle ne commandait pas encore, ils devaient tenir une position retranchée selon l’ordre de son supérieur, elle cherchait du regard les autres mais pour le moment elle ne les voyaient pas. Bon, ce n’est pas à elle de décider et ça permet de voir si le sous off est toujours en “vie”. Et elle l'espérait, elle ne voulait pas prendre la main.

// Sergent, ici Ravix. Fumigène Orange sur notre position gauche azimut 87. Doit-on s’y rendre ou on vous attend ? // Elle se demandait si le sergent avait récupéré l’apprentie supergirl… elle l’espérait pour cela qu’elle ne m’était pas de nuance dans ces propos. Il reviendrait avec Ruth et la Doc point.

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Sam 29 Sep - 19:18
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« Arrête !!!! »
Le sergent avait retenu son toubib par sa poignée dorsale et l’avait renvoyée derrière lui dans un contrecoup assez brutal. Elle poussa une plainte de surprise en se sentant jetée contre la pierre comme une malpropre et interrogea son chef d’escouade d’un air sombre. L’homme, quant à lui, faisait barrage de tout son corps pour l’empêcher de sortir de cette micro-falaise qui faisait la séparation entre la plage et la zone de droppage.
« Bowers. Je t’interdis de te placer à découvert, tu m’entends ? Ce n’est pas toi qui va au blessé, c’est le blessé qui vient à toi. »
« Mais...sergent... »
« Ne marchande pas Iza. Tu es importante. L’histoire militaire est bourrée de toubib au grand coeur qui ont fini flingué parce qu’ils couraient auprès d’un blessé en plein dégarni. »
La jeune femme secoua négativement la tête. Elle ne voulait pas accepter cette réalité et entama un mouvement pour dépasser le sergent. L’homme la repoussa une nouvelle fois.
« Si on te perd, il y a plus personne pour entretenir la santé des hommes. Calahan attend que ça...arrête tes conneries. »
« L’exercice est fini. Il y a eu un accident, on perd du temps, il faut secourir... »
« L’exercice commence ! » Corrigea Tim en la tenant fermement par le bras. La toubib râla de douleur en posant un regard effaré sur son chef, se demandant s’il était bien quelqu’un de violent vu sa réaction. Mais le sergent avait simplement peur de la perdre bêtement. Il savait qu’elle devait être excellente dans son métier...mais elle était si naïve.

Le corps de Ruth Padilla reposait quasiment au milieu de la plage. Elle était sur le flanc, quasiment en position latérale de sécurité, complètement inconsciente. C’était le piège parfait pour plomber le toubib de l’équipe.
« Je te demande de me faire confiance, d’accord ? »
Iza le regarda fixement, partagée entre sa fierté personnelle, l’envie de lui désobéir pour son côté altruiste, et son devoir professionnel. Elle avait déjà accouru auprès de soldats souffrants qui l’appelaient à l’aide mais il fallait que ça change. C’est justement ce que l’ennemi attendait, d’avoir un médecin sur la ligne de mire.
« Fais moi confiance. » Assura-t-il une dernière fois.

La jeune femme acquiesça à contre coeur. Le sergent en fût rassuré et il relâcha son avant bras. Il se tourna alors de nouveau pour examiner la position de Ruth puis sortit ses jumelles, fixant les différents postes de tir envisageable.
« Voilà ce qu’on va faire. Je vais envoyer une fumi pour nous couvrir, sort ton flingue et vide ton chargeur à mon signal. »
« Mais...sur qui ? »
« N’importe où. Tant que tu restes à couvert. »

Tim Brass n’en était pas à son premier entraînement. Il était prêt à parier qu’un tireur se servait de Ruth comme appât. Le problème étant qu’il était bien planqué, il ne voyait strictement rien depuis ses jumelles. Rapidement, il s’empara d’une fumigène blanche puis la dégoupilla. Il s’employa à l’envoyer jusqu’à sa collègue inconsciente puis attendit son déclenchement. Le sergent tarda même volontairement puis il s’élança soudainement.
Iza se mit à respirer de plus en plus fort. Voir le chef disparaître comme ça, comme dans un banc de brouillard, ou comme s’il avait été un fantôme, lui faisait vraiment bizarre. Alors accroupie derrière son rocher, elle avait appuyé ses avants bras dessus, le flingue pointé dans cette direction, la tête baissée.
Et soudainement, des tirs ! Des billes rouges qui volaient d’elle ne savait où pour tomber sur le nuage blanc.

« FEU !!! » entendit Izabel.

Sans attendre, elle appuya sur la queue de détente, envoyant deux balles par deux balles. Elle serra les dents en tentant d’estimer la position du tireur et faisait de son mieux pour couvrir le sergent. Elle ne comprenait pas pourquoi il prenait le risque à sa place, elle ne comprenait pas pourquoi, malgré cette embuscade, elle n’avait pas le droit d’y aller au lieu de le laisser se mettre en danger comme ça. Mais Iza Bowers respectait son chef de peloton. Elle vida son neuf millimètres en respectant les consignes, veillant à se mettre le moins à découvert possible. L’homme apparut enfin à travers la nappe blanche qui commençait tout juste à se dissiper.

« Chef, plus vite !!! »

Tim portait Ruth de ses deux bras et il reculait. Mais elle était si grande que ses pieds trainaient sur le sol. Sur le chemin, il lui faisait faire deux profonds sillons dans le sable et, lorsqu’il atteignit la couverture, il se plaça derrière en jetant littéralement la jeune femme. Il s’en était fallu de peu qu’il s’effondre avec elle. Et il s’en était fallu de peu qu’il se fasse avoir par le tireur aussi.

Iza n’avait pas attendu plus longtemps. Essoufflée, le regard écarquillé, elle ausculta rapidement sa collègue tout en parcourant son corps de ses mains. Elle regarda les jambes, les bras, son torse puis la retourna pour regarder au niveau de son dos. Ses doigts entourèrent une orifice blanchâtre qui semblait dessiner les contours d’un impact. La première idée de la toubib fût de penser qu’elle avait été neutralisée dans l’eau. Elle ne savait pas pourquoi mais sa confiance envers l’armée d’Atlantis venait de chuter au plus bas. Elle se pencha sur le visage pour en sentir le souffle.

« Balle neutralisante ! Juste touchée à l’épaule. Elle va bien !!! »

Mais Tim ne l’avait pas entendu, il était en train de tirer vers son ennemi avec son fusil d’assaut. Respectant la consigne, accroupie pour ne pas être exposée, elle cogna les jambes de son chef d’un coup de coude et réitéra l’information.
Dans le même temps, Ravix venait de les informer par radio.
// Sergent, ici Ravix. Fumigène Orange sur notre position gauche azimut 87. Doit-on s’y rendre ou on vous attend ? //
Cela le mit un peu plus en colère. Calahan était décidément le dernier des fumiers.
Il répondit :
//C’est comme ça qu’il désigne notre prochaine étape, c’est une intel (renseignement de mission à collecter) sensible qu’il faut récupérer...et c’est à compte à rebours.// Il se mit à couvert et fixa Ruth, tapotant sa joue sans trop de violence, elle ne réagissait pas. //Envoie Will le récupérer sous couverture de Rita et Danny. J’ai besoin de toi ici, on s’est fait fixé par un tireur isolé.//

Elana regarda la fumée une dernière fois, ce fut donc un nouvel indice important pour la mission. Décidément c’est une façon cavalière de donner des renseignements et heureusement que Tim était « vétéran » dans ce genre d’exercice.
// Reçu // répondit-elle au sergent avant de passer sur le canal des autres // Will, il faut que tu récupères l’intel de la fumée orange, Ruth et Danny couvrez le. //.
//Rita ! R-I-T-A. Reçu...// corrigea l’italienne à la radio.
Les prénoms qui se ressemblent… n’ont jamais été les copains de Ravix elle râle pour elle même. // Rita désolé ! // dit-elle se disant qu’il fallait qu’elle trouve un moyen mnémotechnique pour se souvenir sans faire une connerie. Après Rita ça va avec Italia … Bon voilà, elle allait penser à Italia.
Elle se tortilla dans son buisson, pour orienter son arme vers la zone de la plage qui était derrière son dos.

Une balle rouge percuta la roche à quelques centimètres du visage de Tim, qui se recula un peu plus en jurant sur la mère de ce brave soldat et reprit son échange.
//Je vais faire une sortie. Loge-moi ce salopard et descend-le, compris ?!?//
// Montre moi tes talents de lapin ! // répondit Ravix qui scrutait les zones de caches en hauteur, le reflet d’une arme allait surement apparaitre pour tirer sur un sergent en pleine course. Elle orienta son corps, essayant d’être le moins gênée possible pour viser le mec. Elle ne voulait pas lui laisser le temps de réagir quand elle commencera à l'arroser.

Le sergent se tourna vers sa toubib.
« Iza. Tu restes bien planquée avec Ruth. Si je me fais avoir, tu veilles à rester à couvert et tu attends que Ravix te tire de là... »
« Chef... »
« C’est un ordre ! »

Tim s’agenouilla au plus près de son couvert. Il passa son M4 par-dessus sans sortir la tête et tira quelques cartouches, histoire d’attirer l’attention de son ennemi. Maintenant qu’il l’avait, il s’apprétait à faire la course la plus rapide de sa vie.
//Elana, en position ? Tu me donnes le go.//
Le sergent attendit, la tension à son comble. Il respirait très fort, pratiquement convaincu que le voyage s’arrêterait pour lui. Mais ce tireur isolé contrôlait sur sa ligne de tir le seul passage qui permettait à l’équipe de se réunir. Le caporal devait réussir son coup, quitte à y laisser ses munitions. Une fois la menace neutralisée, ils pourraient enfin de se rejoindre.
//Dépêche avant que je change d’avis !// Râla-t-il une dernière fois.
// En position sergent // lâcha Ravix qui estimait qu’elle était dans une posture confortable et suffisamment bien pour couvrir du regard les zones potentielles où se trouvait l'ennemi. Il est évident que pour atteindre la plage, il fallait se mettre en surplomb de celle-ci… la falaise était le meilleur compromis ou une position dans la forêt mais cela demandait d’être un bon sniper et dans les arbres c’est difficile… pour ne pas dire que c’est super gênant en réalité. Bref, il n’avait pas quarante mille solutions pour faire du tir au Tim des sables. Soit au poste de tir, soit juste après … et quitte à être tranquille Ravix se serait mit après les arbres pour être bien planqué et avoir une vue totale sur la plage.

//Soit pas économe. A trois...TROIS !!!//
Tim poussa un cri soudain dans sa radio et se mit à courir de toutes ses forces. Les deux premières balles le frolèrent de près mais il zigzagua ensuite, rendant fou le tireur qui avait du mal à l’aligner avec cette distance. Malgré les mouvements amples de son fusil qui dansait sous ses grandes enjambées, le sergent fit feu à quelques reprises et alla jusqu’au bout du chemin, arrivé alors à bout de souffle.

//ELANA !// S’écria-t-il au comble de l’angoisse, sentant un violent impact contre sa cuisse.

Il avait dit à trois… il allait falloir lui apprendre à compter à ce brave homme mine de rien. Mais ce genre de détail allait être réglé plus tard. Un fin rictus se figea sur les lèvres d’Elana. Elle zieutait la falaise, jusqu’à voir le reflet d’une arme qui semblait galérer à plomber sa cible. C'était le moment et elle fixa le reflet d’argent pour envoyer plusieurs salves de tir qu’elle réajustait pour être certain de l’avoir. “Le premier pour situer le second pour ajuster et le troisième pour faire mouche !” Lui avait dit un instructeur, mais elle n’avait pas de sniper… et de toute façon cela ne changeait rien à ses tirs en cloche avec son P90 passé en mode automatique et non un par coup. Et puis bon, ce n’est pas une tireuse d’élite, donc elle lui envoya la sauce by Ravix et elle était bonne cuisinière dans ce domaine : le bourrinage. Elle vida un chargeur, l’éclat disparu…
« Si là, je ne t’ai pas eu mon salopard ! Je vais me faire tanner le cul par les orties ! » grogna-t’elle.

Tim s’effondra les genoux au sol et se recroquevilla tant il était à bout de souffle. Il lança de longues plaintes en se demandant comment il avait pu réussir ce coup et fixa la colline verdoyante de forêt, là où s’était tenu le tireur un peu plus tôt. Il n’y avait plus de tir. Là, il était immobile, et on ne lui tirait plus dessus.
//Bien joué, para...// souffla-t-il difficilement.
« À votre service sergent ! » Elana eu une once d’inquiétude assez contrôlé sur l’état du sergent, elle ne pouvait pas vraiment le voir de là où elle était… mais il avait dû se prendre une balle ou simplement qu’il était essoufflé. Bref elle avait hâte de réunir l’équipe pour voir si tout le monde allait bien. en tout cas, ils n’étaient plus bombardés par le mortier à plâtre.

Tim fallait se faire violence pour se remettre sur ses jambes, surtout que sa cuisse lui donnait une impression véritablement bizarre, ne sachant pas vraiment s’il avait été touché par une balle ou si un de ces muscles lui avait rappelé de s'entraîner un peu plus avant d’abuser. Bref. Tim reprit la route de la petite falaise pour retrouver Iza, son fusil entre les mains. Au voyage, il demanda à son bras droit de rester en position et de couvrir leur progression.

Bien vite, le sergent retrouva une toubib médusée et il dû la rassurer d’un geste de la main avant qu’il ne s’occupe de Ruth. A deux, lui prenant chacun un bras, ils la trainèrent très lentement en direction de la zone de droppage. Les tirs de mortiers avaient cessé, un silence devenu inhabituel reprit ses droits.
Puisque le sergent avait les mains occupées, il gueula son ordre en atteignant la pente de verdure :
« REGROUPEMENT ! »
Elana sortie de son buisson quand elle entendit l’appel, elle chercha le sergent qui était sur la pente en train de soulever Ruth, elle mit son arme dans son dos et couru les aider à transporter le corps.

Will et Danny arrivèrent peu de temps après, rejoignent naturellement le chef de peloton. Ravix en profita pour détailler chaque personne, tout le monde semblait aller bien. L’homme déposa Ruth au sol derrière une bonne position couverte puis réitéra son ordre par radio. Au bout de trois minutes, l’équipe s’était retrouvée. Will se mit à ricaner :
« Premier revers pour notre futur branlot ! »
« Fête pas victoire trop vite, c’était l’amuse gueule. Tout le monde va bien ? Rita, Elana ? »
« Oui ça va » fit la caporale toujours aussi neutre. L’amuse gueule avait été stressant et secouant, mais ils s’en sortaient tous bien… bon sauf Ruth qui dormait.
Le regard de Tim allait de l’un à l’autre. Tout le monde avait confirmé.
« On va attendre que notre belle aux bois dormant se réveille. Faites votre point munitions et établissez le périmètre de sécurité. Ravix, tu restes avec moi. » la jeune femme hocha la tête, vérifiant quand même ces munitions, elle avait vidé son chargeur il lui en restait que deux sur trois. Heureusement qu’elle avait prit un en rab.
Will venait de donner une pochette en plastique au chef, c’était ce qu’il avait récupéré du fumigène orange.
« Tu as pas eu trop de mal à le récupérer ? » Lui demanda-t-il avant qu’il s’en aille.
« C’était piégé par une grenade au plâtre. Heureusement que Danny a vu le fil sinon on était tous les deux éliminés. »
« C’est du beau travail, Will. Va. » Conclu Tim d’un air sympathique.
Elena lui lança un regard et leva un pouce en l’air en signe qu’ils avaient tous deux gérés comme des chefs. Elle chercha du regard Rita qui avait dû les couvrir et lui fit un rictus. Elle se forçait à faire ce genre de salut plus marqué pour renforcer la cohésion et montrer aux autres ce qu’elle pensait vraiment : qu’elle était contente qu’ils soient tous encore là et qu’ils aient bien gérer tout simplement.

Tim fit un signe de main, invitant la caporale à se rapprocher de lui, chose qu’elle fit naturellement. L’homme ouvrit rapidement la pochette plastique et déplia une carte du secteur. Un croix au feutre noir désignait leur position et, bien plus loin, un cercle semblait représenter le lieu de rendez-vous. Le lendemain à midi dernier kara. Le sergent soupira en faisant un calcul de tête, ça allait être vraiment limite. Ravix ouvrit de grand yeux… la distance semblait énorme et midi était une date très limite. Ils avaient intérêt à ne pas perdre de temps. Elle avait l’impression d’être dans un escape game version plus hard. Une heure et pas plus… là c’est midi et pas plus point.
« Il fait toujours ça ? Il prend une équipe de bleu avec un leader plus expérimenté ? »
« Pas mal de ses soldats ont péri durant la guerre, il est en train de refaire son unité. » Expliqua Tim en observant la carte. « Moi...c’est un peu différent. Je sympathise avec les gars et il aime pas ça. Il me l’avait dit...j’allais me retrouver dans une position de chef d’équipe. Soit je prends mes responsabilités...soit je suis viré chez les branlos... »
Elana le regarda longuement… elle en conclut qu’il ne devait pas aimer commander plus que ça. Et elle espérait qu’elle ne se retrouverait pas dans cette situation. Mais dans un sens, il était normal de sympathiser avec les autres équipiers, c’est la base de l’armée. Elle posa une main sur l’épaule de Tim pendant exactement 3 secondes pour lui dire qu’elle comprenait.
« Il ne veut pas qu’il ait des amitié entre soldat ? »
« Il ne veut pas d’une amitié entre le chef et les soldats. La responsabilité, ça poussa à faire des choix différents...incompris. Ce sera ma croix... »
« Je vois » conclut-elle. Elle n’aimerait vraiment pas être à sa place. Après il n’était que sergent, mais comme toutes personne qui commence à prendre du grade, il devait évoluer. Certains ne sont pas bon au commandement d’autres le sont… Et si Calahan puni de cette manière Tim c’est qu’il devait voir en lui autre chose qu’un simple sergent.

Pendant que Tim analysait la meilleure route à emprunter, il lui avait laissé le reste de la poche plastifiée. Une enveloppe se trouvait à l’intérieur avec une lettre en papier. Quelqu’un avait écrit de sa main une phrase très simple : douze AT4 et deux caisses de P90.

Au moins ils avaient des armes… mais il fallait les trouver. Elle montra le papier silencieusement à Tim, avant de héler Will et Danny.
« Sur la zone, il n’y avait pas une caisse ? Un renforcement du sol étrange, le sol meuble comme si on avait creusé ? » elle ne pensait pas mais au cas où, elle préférait s’assurer… En plus le jumper s’était barré avec le reste de l’équipement donc bon… a moins, qu’il se soit virtuellement crashé avec le matos. Elle se demanda s’ils ne pouvaient pas y retourner, comme le piège avait été désamorcé… mais à voir, il serait étonnant qu’il faille faire une chasse au trésor. Et à la fois, elle trouvait ça trop simple de trouver une caisse avec le message.
Le sergent Brass regarda le papier avant de fixer Ravix d’un air peiné.
« Ce n’est pas du matériel à récupérer Elana...c’est une information secrète... » Elana le toisa déçue… elle soupira. Il fallait que ça soit clair pour elle. Dans sa tête elle pensait véritablement à des armes et cela lui avait procuré une once d’espoir qu’il ne manque pas de munitions, mais aussi… les AT4 auraient été signe d’un gros combat.
« J’aurais préféré qu’il nous donne une information secrète plus marquante » Comme la cache secrète pour accéder à la cité… un truc plus important que des caches d’arme. Là ça aurait été clair pour Elana.
« Le contenu n’est pas le plus intéressant pour lui... »
Tim tiqua et regarda ailleurs en soupirant fortement. Il avait déjà vécu une petite partie de cet entraînement. Trois des quatres recrues avaient démissionné.
« Il va tout faire pour nous l’arracher. Qu’on lui donne verbalement cette information... »
« La torture n’est donc pas exclue » dit-elle avec sa voix morne.
« Tu le crois capable de torturer ses propres soldats ?... »
Elle haussa les épaules « Il trafique un jumper qui les oblige à sauter, il les bombardes aux plâtres, il les mets dans des conditions de guerre… je ne vois pas pourquoi il aurait une once de remord à pousser le vice, jusqu'à de la torture pour qu’on soit définitivement roder sur le terrain. Il y a plusieurs rapports relatant de torture sur cette galaxie. Personne n’est préparé à vivre ça et la souffrance entraîne la perte d'information vitale pour la cité. Après ça peut être avec un appareil virtuel. Ou nous faire peur là-dessus, du chantage... Pleins d’option. Je n’exclue rien le concernant. Par contre, je ne sais pas comment il justifiait ce genre de chose auprès des autorités d’Atlantis. Et c’est peut-être ce détail qui l'empêche d’aller trop loin. Après ce n’est qu'une hypothèse, d’une des manières qu’il peut avoir pour nous soutirer l’information.» Elle avait exposé le fond de sa pensée et son questionnement. Si on veut arracher l’information à quelqu’un il n’y a pas beaucoup de solution : la torture physique ou mentale, voir le chantage avec les coéquipiers.

« Pour les mêmes raisons que tu viens d’évoquer je suppose... »
Il regarda Iza qui faisait mine de s’occuper de sa patiente. Elle avait laissé traîner son oreille pour savoir ce qu’il en était, abasourdie d’apprendre cette éventualité. Danny et Will se rapprochèrent, eux aussi intrigués. Cette fois, ils étaient tous dans le même bain, plus besoin de faire des cachotteries. Elana hocha la tête de toute façon ils verront bien à qu’elle sauce ils vont être mangé. Cela pouvait être étrange, mais elle prenait cette éventualité avec un recul impressionnant, comme si elle s’en foutait, alors que non. Elle s’estimait suffisamment forte pour vivre l’enfer. Une affirmation qui serait peut-être sa perte. Mais ça l’aidait à rester froide dans sa tête.
« Il attendra de nous avoir épuisé. Que nous soyons à bout, minés par des contrariétés, qu’on soit divisés. Et quand on sera le plus vulnérable il nous attaquera à ce moment là... »
« Je ne me laisserai pas faire ! » fit Rita qui les avait rejoints.
« Moi non plus... »
« Il nous sous-estime. Toi aussi chef. On tiendra. »
« On est une équipe on sera fort tous ensemble ! » conclut Elana, si chacun se soutient il aura plus de difficulté à les faires flancher.

Tim eut un léger sourire. Le genre qui apprécie une telle vigueur de la part de soldats qui n’ont jamais connu Calahan. Il ouvrit la bouche mais ne prononça aucun mot, son attention soudainement tournée vers Ruth qui semblait émerger. Elle commença à se débattre, complétement déboussolée, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse le médecin de l’équipe puis les autres. Son uniforme étant trempé, la première chose qu’elle déclara, encore groggy, fut :
« Est-ce que j’ai fais pipi culotte ? »
Toute l’escouade explosa de rire. Tous furent soulagés de la voir reprendre conscience et, malgré les gestes d’interdiction de la doc, ils y allèrent tous de leurs petites tapes sur l’épaule et d’une bienvenue chaleureuse. Ruth, néanmoins, était encore en train de regarder tout autour d’elle en essayant de reprendre des repères.
« J’me sens pas bien... »
« Ca va passer. Ton système nerveux a été malmené, reste allongée encore un peu. »
« Je...j’ai vu des gens... »
« Quoi ? »
Ruth balbutiait, dans sa désorientation, accrochant l’avant bras du sergent de sa main.
« Dans l’eau...il y avait des gens dans l’eau...j’ai cru que je me noyais...j’ai reçu de l’oxygène... »
« Des plongeurs ?!? »
La jeune femme acquiesça mollement.
« Ils m’ont aidé. Je suis arrivée sur la plage et là...j’ai eu...je crois que je me suis fais... »
« Ils t’ont tiré dessus avec le neutralisant, Ruth. Ils se sont servi de toi comme appât pour essayer de m’avoir. Moi et le chef. »
Elle tourna un regard angoissé dans sa direction.
« Désolée, chef...j’ai merdé. J’aurai pas dû m’approcher... »
Tim secoua négativement la tête et s’approcha en posant une main sur son épaule.
« Tu n’as pas à t’excuser. Je suis content de te retrouver. » Il exerça une pression comme pour insister sur ce fait. « Repose-toi un peu et écoute les conseils de la doc, ok ? »

Padilla hocha silencieusement la tête. Iza, de son côté, avait sorti sa gourde pour lui donner à boire, lui changer les idées. La militaire avait surement dû croire qu’elle mourrait, entraînée par son équipement jusqu’au fond de l’océan. La mer, ce n’était pas une simple piscine, les courants et le poids du matériel rendait le lieux tout bonnement meurtrier.

« Iza. Remets-la sur pied. Prend le temps qu’il faut, j’ai besoin qu’elle soit opérationnelle pour une longue marche. »
« Donne moi vingt minutes... »
« Tu les as. » Il se retourna alors pour faire face au reste de l’équipe. « On va en profiter pour jouer les vautours. Elana, tu prends Rita et Will avec toi. Allez me trouver ce tireur isolé dans les bois et récupérez son équipement. Danny, tu viens avec moi, on va aller voir notre fameux mitrailleur. Iza, tu restes à couvert. Le moindre danger, tu le signales. Tout le monde est partant ? »
« Oui »

‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Elana remit son P90 devant elle, pour commencer à marcher vers la forêt et la zone où elle avait vu l’éclat d’argent. Comme toujours elle était sur ses gardes, observant l’environnement… la forêt était assez calme, même si le calme ne voulait pas dire silence, des chants d’oiseaux et des gratouillement d’autre mammifères à la recherche de nourriture donnaient le fond sonore.

« Il y avait des plongeurs... »
« Elle a pas été éliminé. C’était pas prévu qu’elle tombe... »
« Il fait dans la sécurité, maintenant, le capitaine ? »
« Normal, il expliquerait comment au colonel, qu’il a perdu durant une session d'entraînement un soldat ? Déjà qu’il n’était pas le bienvenue, ils doivent attendre une erreur de sa part pour le flanquer dehors. » Encore une déduction peut-être fausse, mais elle voyait ça ainsi avec les éléments qu’avait donnés Ruth sur Calahan.
« On parle du colonel et du CODIR. S’ils pouvaient le virer, ce serait déjà fait, non ?... »
« Il faut une faute pour ça non ? On vire pas les gens parceque leur têtes nous plait pas. »

Will et Rita regardèrent la caporale avant de se fixer. Ils trouvaient qu’elle avait raison sur le coup. Peut-être que l’officier n’avait pas suffisament merdé pour donner les billes au CODIR et au colonel pour le virer du programme. Will semblait assez d’accord en acquiesçant tandis que Rita reprenait sa route.

Le silence retomba un peu. l’Italienne, qui se trouvait un peu plus en avant, s’était agenouillée. Dans une forêt, il y avait beaucoup plus de bruit. Des craquements, l’activité de petits animaux, des tas de signaux qui pourraient faire croire à une présence humaine. Là, en l’occurence, c’était un buisson qui bougeait en face d’eux en grinçant.
Naturellement, Sandoval se tourna pour protéger le flanc gauche, fronçant les sourcils. Mais rien… Elle n’était pas la seule à avoir réagis, Elana avait tournée son arme au même moment sur la droite fixant le buisson avec un affront particulier.
Soudain, quelques oiseaux s’envolèrent en râlant de ce buisson, surprenant l’italienne qui faillit bien y mettre une balle. Elle s’immobilisa un instant puis soupira. La route pouvait reprendre.

« Hé, les filles...Brass, vous le connaissez ? » Will fit la grimace.
« Enfin je veux dire...vous savez s’il est bien... »
« S’il est quoi ? Vide ton sac si tu as un truc à nous dire... »

Rita était tournée de trois quart, posant sur lui un regard noir qui pesa sur ses épaules. Le génie canadien se rapetissa un peu alors qu’elle reprenait sa posture en pointe. Elle détestait qu’on parle d’un gradé quand il avait le dos tourné. C’était une loi naturelle, impossible d’y échapper, mais ça l’irritait tellement.
« Je veux pas foutre la merde les filles, je vous jure. Mais...vous ne trouvez pas ça bizarre ? Brass, ce n’est pas un nouveau. Il est là depuis un petit moment déjà. »
« Et ? »
« Et qui nous dit qu’il est pas à la solde de Calahan ? Qu’il est pas là pour nous fliquer, ou donner notre progression ? Le capitaine peut pas nous suivre aussi facilement, il lui faut quelqu’un sur place... »

Cette fois, Rita se retourna franchement avec un regard meurtrier.
« Hé ! Tu te prends pour qui ! Ce mec là, il serait venu juste pour jouer le traitre ?!? Tu racontes de la merde Sandoval !!! Tu vas nous diviser avec tes conneries ! »
« Mais...c’est pas mon but... »

En toute franchise Elana commençait à trouver ce genre de suspicion un peu tiré par les cheveux. Et elle s’en foutait clairement si Brass était ou non à la solde de Calahan. Il devait faire comme tout le monde : avec le boss point. Et quand bien même il était un espion ? cela changeait quoi ? Ils étaient tous dans le même camp et eux ils étaient à l’épreuve ! Donc on s’en tamponne de savoir si oui ou non, Brass est une belle taupe ou un pauvre gars comme eux.
Cependant, celui-ci lui avait dit qu’il était là, tout bonnement parce qu’il était puni par sa trop grande bonté et son attouchement aux hommes. Ce genre de propos échangé entre eux deux, n’avait pas à être répété sans le principale concerné.
« Calmez-vous. » dit-elle sèchement, en parcourant la forêt du regard. « Il est dans la même merde que nous. » dit-elle une nouvelle fois affirmative de sa voix morne et sans concession.

Rita répondit d’un bref signe qui se voulait être un salut militaire et elle reprit le chemin, passant entre les broussailles le plus silencieusement possible. Chercher le soldat, c’était comme l’aiguille dans la meule de foin. C’est Will qui découvrit le bon endroit. Il avisa Ravix, attirant son attention d’un signe de la main pour lui montrer un arbre d’où pendait une corde.
Tout de suite, l’équipe se rendit sur place pour sécuriser les lieux. L’arbre était plus grand que les autres, un poste de tir idéal. Mais il n’y avait plus personne.
Naturellement, le spécialiste s’approcha de l’équipement abandonné. Il observa l’état de la corde et découvrit le baudrier en bout de ligne.
« Les sangles sont bien serrées, le diamètre étroit. Peut-être une femme...ou... »
« Hé, regardez... »
Rita attira leur attention au pied de l’arbre. Il y avait des douilles mais aussi du sang encore frais.
« On lui a fait mal. C’est pas trop gros comme trace. J’espère qu’on ne l’aura pas salement amoché... »
« Et son équipement, ses armes ? Rien...juste le baudrier rattaché à l’arbre... »


••••

by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


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« Il y a quelque chose dans l’arbre ? » demanda Ravix, qui essayait de voir le haut de celui-ci, les armes pouvaient encore s’y trouver…Elle soupira avisant le baudrier assez étroits.
« ça peut être un enfant aussi. Je ne crois pas qu’on ait des nains dans nos effectifs. » après tout, les Athosiens pouvaient être dans la danse aussi, cela ne serait pas surprenant même si c’est un peu étonnant venant de colonel. Pourquoi il irait faire chier les Athosiens ? Ou les Natus ? Non eux ils avaient autre chose à faire que de tirer sur des bleusailles Atlantes.
« Je ne vois pas d’armes. Personne. Le type est tombé. »
« Et pourquoi laisser son baudrier alors qu’on peut se détacher plus facile, d’un seul mouvement, par le clip ?... »
Rita était sceptique elle aussi. Des enfants, elle n’y pensait pas. Et elle voyait mal un tordu comme Calahan confier des armes, même neutralisante, à une population locale.
« Dis. Ce diamètre, ça correspondrait à un tour de cuisse avec une sangle déjà serrée ? »
« Euh...oui...mais dans ce cas là, il n’aurait pas pu se retirer de ce baudrier... »

La blondinette se frottait le menton quelques minutes, oui le baudrier avait été attachée surement en sécurité à une cuisse et en se prenant un tir, la personne avait dû se cogner la tête et tombé inconsciente. Mais pourquoi diable… elle avait disparue, comme par magie.
« L’un de vous sait si on a un croiseur en orbite ? Il a dû être téléporté à bord. » Après il restait le dart Wraith, mais
Elana ne pensait pas que les Atlantes aient ce genre de vaisseaux en stock même
si cela serait foutrement réaliste comme entraînement sur le coup ! Après tout, ils se battent
contre des vilains tout moche qui suce avec leur main la vie !
L’italienne hocha la tête.
« Il y a toujours un croiseur en orbite. A part pour les missions spéciales, je veux dire. Depuis l’attaque sur Atlantis au début, il parait que les dirigeants ont fait un sorte qu’un vaisseau soit toujours là pour aider. »
« Ah ? J’ai pas eu la même version moi...mais le Dédale est là-haut, j’ai vu quelques membres de leur équipage au mess hier... »
« Dans ce cas, je ne serais pas surprise que notre fantôme ait simplement fait un signe au colonel Caldwell. » Elle ne rebondit pas sur la version que devait avoir Will, qu’importe tant qu’il avait un des croiseurs cela donnait de la sécurité en plus. « On fini de fouiller la zone » dit-elle en commençant à faire le tour, pour voir s’il n’avait pas d’autre indice, tout en gardant un oeil sur la cimes des arbres.

CLAC !

Un bruit bien familier, une impression étrange sous le pied, comme un bouton, se faisait sentir. Elana venait de marcher sur quelque chose.
Pendant ce temps là, ses deux autres collègues se cherchaient des noises sur la version actuelle, se préparant à fouiller également le secteur. Il était maintenant certain que le Dédale filait un coup de main lors de cet exercice. Mais en revanche, personne ne s’était méfié que les environs auraient pu être miné.

La jeune femme s'immobilisa, ne voulant pas retirer son pied, pour le peu que ça soit à poussoir ce truc… Son regard balaya les environs se maudissant de n’avoir pas fait passer un démineur avant elle ! Bordel, comment perdre connement l'entraînement ! Elle fulminait à l’intérieur d'elle, avant de lâcher un : « Eh les amoureux, j’ai marché sur une mine ! Faite gaffe où vous mettez vos pieds ! » Son ton était moins montre que d’habitude un peu agacé mais contre elle même… merde quelle conne !
« Ouais... » fit Will en ricanant. « Et moi j’suis la femme de Calahan. Hé, vous croyez qu’il a quelqu’un ce sadique ? »
Rita, de son coté, s’était immobilisée en regardant sa collègue, se demandant si elle blaguait ou pas. C’était dit si spontanément que c’était difficile à croire sur le moment. La zone était sécurisée et ils n’avaient rien déclenché en venant. Et d’ailleurs, pourquoi miner le bord de l’arbre alors que ça aurait dû être fait plus loin ?
« Je ne déconne pas ! » affirma Ravix toujours immobile, mais elle se demanda un instant si Calahan avait quelqu’un… surement pas, il devait être vieux garçon, trop chiant a vivre ! « Will c’est toi le spécialiste donc amène prudemment tes fesses ! »
« Hein ?!? Mais j’suis pas un démineur moi ! Tu m’as pris pour le génie de la lam... »
Il ne poursuivit pas plus, coupé dans sa phrase par un bon taquet sur le casque que Rita lui envoya. Elle s’était approchée de lui puis le fixait alors dans les yeux. Le spécialiste la regarda, incrédule, et elle répondit alors :
« Tu préfères nettoyer tout l’uniforme de ton capo avec la langue alors ? » fit-elle avec un mi-sourire. « Le plâtre, c’est pas bon pour les gencives. Tu sauves la fille ou tu fais le soumis. Tu préfères quoi ? »
« T’es complètement barge, toi. »
« J’suis italienne, nuance !!! » Elle avait souri franchement cette fois.
« Les Italiens adore les langues... » grogna Ravix, qui venait de s’imaginer entrain de se faire lécher l'uniforme par Will… ça c’est de la punition affreusement dégueulasse !
« Et comment tu sais ça ?!? » Questionna Rita d’une voix chargée de sous-entendu. Elle en profitait pour essayer de lui changer les idées, qu’elle évite de penser que la charge non mortelle de la mine représentait en réalité sa carrière chez Calahan.
Comment elle savait ça ? mais elle n’en savait rien du tout la caporale qui soupira roulant des yeux. « Vous faites que parler alors vous devez l’avoir musclée » renchérit Elana sans aucun filtre particulier. Au moins, cela lui changeait un peu les idées.

L’italienne ricana et passa devant Will, se campant bien sur ses pieds, avançant très lentement. Elle n’hésitait pas à repousser de son pied quelques feuillages au passage et vérifier que le chemin était sûr. Elle finit par trouver un autre bouton déclencheur à seulement quelques pas de Ravix.
Will n’était vraiment pas rassuré, il en suait même. Mais il suivit Rita jusqu’à son but et s’agenouilla devant la ranger immobilisée. L’italienne, pendant ce temps, surveillait les environs. Il ne manquerait plus qu’une attaque pour compléter le tableau.
« Bon, ok...surtout ne bouge pas ton pied... » Fit Sandoval de manière presque stupide alors qu’il dégageait le feuillage.
« Je suis la meilleure pour un deux trois soleil... » répondit Ravix sur le ton sans vie habituel, elle ne bougeait pas du tout, elle semblait d’un calme olympiens, mais intérieurement elle frémissait d’un mélange assez dilué de colère et de peur. Après tout elle ne savait pas ce qui allait leur péter à la gueule ! Enfin surtout à la sienne.
« C’est bien, parce que là, je pense plus à ma gueule d’ange qu’à ton pied, tu vois ? »

La radio grésilla à ce moment précis.
//Ici Brass, on est de retour. Le mitrailleur a disparu. Qu’en est-il de votre coté ? Vous me recevez ?//
// On joue au démineur. J’ai marché sur un bouton et Will cherche une solution. Pour le moment tout va bien // Répondit ravix d’un air naturel assez perturbant. Comme si tout était normal. Mais la fréquence de ce qu’on pourrait nommer des blagues ou un peu de légèreté malgré son ton tranchant, était un signe très discret de son contrôle et contre son angoisse montante et la pression qu’elle se mettait pour être parfaite.
//Tout va bien ? Bon...on vous rejoint.//
Elana ne répondit pas au message radio immédiatement, elle regarda autour d’elle avant d’activer sa radio.
// Restez à bonne distance quand même. // Il serait dommage que toute la troupe saute avec elle. Elana sentait que le capitaine allait lui faire remarquer cette erreur et qu’il s’en servirait contre elle un jour ou l’autre.
//C’est moi qui donne les ordres, caporal.// Répondit immédiatement Brass. //Ne t’agites pas, nous arrivons//
Elana tiqua quelque seconde… bah oui c’est lui qui donne les ordres alors bon quoi ? Pourquoi il devait la réprimander soudainement ? Elle venait juste de l’informer de rester quand même à bonne distance rien de plus rien de moins, car il serait idiot que toute l’équipe y passe si Will échoue. Elle ne cherchait pas à lui prendre sa place… elle n’en voulait pas ! Cela irrita a peine trois secondes avant que ça glisse sur ses plumes de canard.
// Reçut // dit-elle sans aucune émotion.

Will avait fini de creuser une petite tranchée sur le pourtour de la mine pour pouvoir l’examiner. Il ne saurait jamais comment la désamorcer, ce n’était pas du tout sa spécialité, mais il l’étudia, regarda sa composition technique. Il nota le bouton à pression sur lequel la ranger demeurait et la taille du disque enterré dans le sol. Pleinement concentré, il tira sa baïonnette pour tester la résistance de la semelle comprimée entre ce déclencheur et le poids de Ravix. Une idée germa rapidement dans son esprit.

« Tu pèses combien ? »

Il avait posé la question sérieusement mais il ajouta très rapidement, en levant la main pour apporter cette mention :

« Sans le côté “J’veux être une nana parfaite, je triche de dix kilos”...sinon on mangera du plâtre...me faut le poids EXACT ! »

Qu’est-ce qu’il lui chante avec sa nana parfaite qui est incapable de lui répondre sur son vrai poids ? Elle lui lança un regard décontenancé par cette dernière phrase… après tout, il y a bien des femmes obsédées par leur poids c’est vrai. Enfin elle, elle est obsédée par pas grand-chose mise à part être une bonne militaire, un bon soldat qui fait son rôle sans se faire remarquer.
« 56 kilos. » répondit-elle de sa voix sans vie. Elle n’avait
que peu de filtre et elle disait généralement se qu’elle pense ou elle se la fermait dans le cas contraire. Heureusement que sa visite médicale était récente car sinon, elle ne monte jamais sur la balance.

« Que de l’os et du muscle hein ? Et toi Rita ? »
« J’ai pas de seins donc oui.» répondit mornement Elana. Vu son quota de sport et son activité physique, il n’y avait pas de place pour la graisse chez elle. Et sa mère n’était pas bien pourvu de mamelons et elle en avait héritée.
Will parut gêné par cette réponse un peu crue. Il se tourna vers l’italienne pour lui rappeler sa question.
La jeune femme soupira. Elle, en revanche, n’avait pas spécifiquement envie de communiquer le chiffre exact.
« Plus. »
« Plus de combien ? »
« Suffisamment. »
L’italienne passa son arme en bretelle et s’approcha du spécialiste. Elle avait deviné ce qu’il allait faire mais elle ne savait pas encore pourquoi.
« Tu comptes faire comment pour transférer mon poids ? »
« Par levier. Je veux que tu lui tiennes la jambe pour qu’elle ne bouge pas... »
Elana ne réagis pas, elle hochai la tête toisant sa collègue féminine. Les débats sur les poids des femmes étaient ridicule mine de rien.

L’italienne hocha la tête et s'exécuta. Enlaçant fermement la jambe de Ravix dans ses bras, elle y porta son poids et veilla à ce que son pied reste bien posé contre le bouton pressoir de la mine. Ce faisant, elle se retrouvait avec la figure collée contre la cuisse du caporal qui était stoïque et se contractait immédiatement. Elle n'aimait pas qu’on la touche, mais bon elle outrepassait la sensation puisque que Rita était un membre de la “meute” donc elle tolérait le rapprochement.

Le soldat du génie défit rapidement son sac à dos pour l’ouvrir, il y avait tout un attirail particulier à l’intérieur. Des charges explosives pour le terrassage, des outils, des cordes, et tout un matériel assez conséquent pour sa spécialité. L’homme s’arma d’une massette et il prit sa baïonnette dans l’autre main. La pointe de la lame se glissa subtilement entre le déclencheur et la semelle de Ravix. Il comptait l’utiliser comme un burin ou une pointerolle. Un coup de masse puissant et bien fait, PAN, sur le manche. Une seul coup bien exécuté ferait glisser la lame pour appliquer la pression.
Will était sur le point de s’éxécuter, il avait amorcé le mouvement de son bras lorsqu’il s’immobilisa. Une lueur venait d’investir son regard et il posa ses outils au sol.
« Une minute les filles. »
Le spécialiste fouilla fébrilement dans les poches de son pantalon et en retira victorieusement un petit appareil photo. Il avait un sourire goguenard en l’allumant et en braquant l’objectif sur elles.
« WILL ! » S’écria l’Italienne, atterrée.
« Une terminator française qui se fait ploter la cuisse par une italienne canon. Sérieux Rita, ce serait criminel de ne pas l’immortaliser ! »
« Arrête de te comporter comme un ado excité de l’asticot et fait ton boulot ! »
Elana soupira, Will était vraiment le mec qui avait l’esprit en bas et qui montait que pour son travail. Elle laissa échapper un long soupir.
« Laisse tombé Rita, c’est le seul moyen qu’il a pour que sa nouille soit lustrée ! » dit-elle de son ton habituel, mais un rictus au coin des lèvres en toisant Will farouchement.
« Si tu penses me vexer avec si peu... »
« Je peux faire pire si tu veux. » dit-elle avec un air amusé. Elana aimait bien baché de temps à autre, ça renforce l’esprit d’équipe et à l’armée faut du répondant.
« Ah ouais ? Alors pourquoi tu te retiens ??? » Demanda-t-il avec un air de défi.
« Tu dois être maso pour demander à être vexer... » dit-elle simplement en lança un regard à Rita.

Will prit néanmoins sa photographie non sans avoir demandé aux filles de sourire, il afficha un sourire niais et enfantin tandis que Rita jurait en italien et que Ravix lui faisait un “fuck” du doigt. Le canadien n’en était que plus heureux encore, c’était sa petite vengeance pour le taquet derrière le crâne et avoir dit qu’il ferait le soumis. Là, Sandoval se remboursait avec cette scène qui lui semblait agréable. Du moins de son point de vue d’homme. Si la mine était véritable, il n’y aurait pas penser. Mais là, à part manger du plâtre…
Will récupéra la massette et la baïonnette. Il répéta la manoeuvre et impacta le manche d’un coup très vif et rapide. La lame était passé sous la semelle de Ravix et le poignard se trouvait bloqué à l’horizontale.

« Bon, Elana, ne bouge surtout pas. Toi, Rita, tu vas te relever et poser ton pied au plus près du sien, sur le manche de la baïonnette. Évite de couvrir la mine avec ta semelle. »

Encore passablement énervée, l’italienne acquiesça silencieusement et défit son étreinte. Ravix ne moufta pas, comme si elle attendait la suite et s’était le cas elle n’avait rien à dire de plus. Elle s'exécuta doucement, sans geste brusque, puis s’appuya lourdement sur le poignard qui pinça le déclencheur contre le sol.
Will inspecta son dispositif, vérifiant que le poids de la collègue avait bien pris le relais puis il fit signe à Ravix.

« C’est bon, tu peux te retirer. J’ai de la place pour bosser maintenant. »

Elena ne se fit pas prier, elle retira son pied avec une pointe de soulagement qui se vit sur son visage si imperméable. Elle était contente de ne plus avoir cette bombe sous la semelle. Maintenant il fallait la désamorcer avant que le plâtre les marque et les renvoient de l'entraînement. Étrangement, sur le coup, elle le trouvait certes réaliste, mais pas aussi sadique et pervers que ce qu’on lui avait dit. Combien de soldat étaient morts comme ça ? Sûrement beaucoup trop et il est intéressant de tomber dans ce piège au moins une fois en entrainement pour ne pas se faire avoir par la suite. Cependant, on ne peut pas être tranquille trop longtemps sous peine de s’endormir car soudainement : il y eut un craquement de broussailles, comme si quelqu’un écrasait des brindilles en cherchant à les approcher. Rita reprit son arme, ses mouvements faisant vibrer sa jambe sous le nez de Will qui se jeta dessus, comme elle l’avait fait pour Ravix avant, afin d’éviter toute glissade. Rita n’en menait pas large, son regard se posa sur son collègue qui se trouvait également la tronche plaquée contre sa cuisse et elle eut l’envie de le renvoyer balader d’un bon coup de genou. Mais il y avait cette menace qui s’approchait et ce n’était pas par là que le reste de l’équipe était supposée revenir. Il aurait prévenu d’ailleurs.
C’était forcément quelqu’un d’autre.

Le pied sur cette foutue mine, Rita pointa son fusil dans la direction de ce bruit, essayant de calmer sa respiration. Elle échangea un regard avec sa collègue qui avait pivotée aussi arme pointée vers les fourées, sur un fond d’angoisse, en sachant très bien qu’elle faisait une cible en or ainsi positionnée.
« Will...ça devient urgent là. »

Elana se mit à contourner le buisson le plus silencieusement possible pour éviter d’attirer l’attention, puis rangea son arme pour sauter précipitamment dans les fourrés. L’amas de végétation était assez concentré ici pour cacher un homme, pourquoi pas, ou autre chose. Il y eut un bruit strident et très aigu, une masse sombre assez épaisse voulu s’échapper au moment où Ravix avait amorcé son mouvement, l’impactant fortement au niveau du torse. La jeune femme sentit un pelage rêche sous ses doigts et un souffle fétide lui couvrir le visage. Sous le coup de la surprise, Ravix se ramassa au sol avec la chose sans savoir ce que c’était. Elle entendit l’italienne crier mais impossible d’en déduire le message dans le feu de l’action.

UN putain de sanglier ! Le souffle coupé a cause du choc, elle essaya néanmoins d’immobiliser la chose avec un coup de poing ferme sur ce qu’elle pensait être la nuque, pour regarder si s’était un sanglier ou non. Une idée lui parvenue… il fallait bien mangé ce soir non ? Et les rations de survies n’aurons qu’un meilleur goût avec du gibier ! L'adrénaline coulait à flot dans son esprit et qu'est qu'elle adorait ça nom d’un chien !
Le coup ripa sur le pelage de l’animal qui hurla d’autant plus fort.

HOUIIIIIIRCCC HOUIIIIIIIIIIIIIRC !

Avec un puissant et soudain élan, il renversa la jeune femme et partit au trot avant qu’une détonation soudaine ne le fasse hurler une nouvelle fois à travers les fourrées. Il venait de déclencher une mine au plâtre et franchissait désormais les buissons en s’écriant, laissant un véritable sillon de poudre sur son chemin.

« Elana Ravix, la gauloise qui chassait le cochon sauvage dans la forêt Athosienne... » Commenta Will en s’approchant pour l’aider à se relever. « Tu voulais le bouffer ou quoi ? »

Elana tomba sur le cul abasourdie et une moue contrariée… Oui les sangliers de pégase sont bien aussi farouches que les français ! Elle râla de plus belle, la gueule pleine de terre avant de voir Will la charrier. Elle lui tendit sa main pour se tracter avec force sur ses pieds. Elle aimait bien le surnom la gauloise, cela lui allait bien, une bonne bourrine !
« Tu as vu la gueule de nos rations de survie ? Même un SDF affamé n’en voudrait pas ! » Elle retira un peu de terre de son uniforme. « Tu as pu finir ton taff ? »

Will Sandoval s’interrompit dans son geste. Sa main retomba lentement le long de son flanc alors qu’il la regardait curieusement. De ce fait, il abandonnait tout de suite l’idée de l’aider à se relever alors qu’il fronçait les sourcils, comme s’il recevait la surprise d’un comportement inattendu. Il lui avait fait une remarque sérieuse et elle croyait qu’il faisait de l’humour ? Vraiment ?
Et Rita, dans tout ça, qui vient de troquer sa place avec elle ? Rien à cirer ? C’est mieux d’aller faire mumuse avec les cochons sauvages ?

« Là, t’es vraiment pas cool capo. C’est le mythe qui s’effondre. » Avoua Will en reculant un peu. « Franchement tu te sens pas gênée ? Tout va bien ? »

Le canadien n’était pas du genre à entrer au conflit, ça se voyait d’ailleurs sur ses expressions et les propos pas entièrement assumés qui venaient de lui sortir. Dans son dos, Rita avait toujours son arme braquée, inquiète à l’idée que cet animal puisse servir de diversion. Sa jambe commençait à trembler à cause de l’inconfort et elle déclara d’une petite voix :
« Laisse-la jouer, Will. Reviens m’aider, je tiens plus. »

Le spécialiste quitta Ravix en marquant le geste d’un soupir. Il pensait s’être fourvoyé à son sujet et regrettait de lui avoir porté de l’intérêt. Il pensait trouver sous cette apparence inexpressif une militaire proche et solidaire. Mais là...ça avait tout l’air d’être l’inverse.

Elana le regarda étrangement elle aussi. Et une lueur de surprise se fit dans son regard si peu expressif. Elle ne comprenait pas du tout le comportement de Will. Elle soupira se disant qu’encore une fois, il avait eu un comportement mal interprété et s’était toujours les siens. Elle ne rejetait nullement la faute à Will, elle savait qu’elle n’avait pas l’apparence et le décodage facile. Elle se releva restant silencieuse en secouant un peu la terre sur ses vêtements. Il n’empêche, qu’elle avait cru à un ennemi et ce cochon aurait très bien pu foncer sur l’italienne la percutant. De base s’était pour les protéger eux et là il venait à lui dire clairement qu’elle en avait rien à faire. Ça lui apprendra à répondre par l’humour.
N’étant pas douée en communication, elle réfléchissait tout en les rejoignant à sa phrase, cela allait faire déconnecté pour ne pas changer mais bon. Elle ne voulait pas rester sur de fausses interprétations.
« Il y a problème d’interprétation. Je ne suis pas bonne en communication. Je ne comprends pas pourquoi tu réagis comme ça, mais ce n’est pas grave tu ne seras pas le premier à me trouver étrange… ni même le dernier….» Soupir cela la dérangeait sinon elle n’aurait pas réagi et elle l'aurait ignorée… enfin elle espérait au fond qu’il comprenne et qu’il ne s’emporte pas. Sinon… bah sinon voilà, elle assumait son étrangéité. c’est bien pour éviter ça, qu’elle préfère ne pas parler. « Il avait un danger j’y suis allé pour protéger …...c'était un sanglier qui aurait put charger Rita qui était à ma place, donc j’ai voulu l’assomer et qu’il évite de déclencher d’autre piège par la même occasion mais cela était présomptueux, je sais. J’ai cru que tu faisais de l’humour et au lieu d’être inerte j’ai trouvé une phrase humoristique, je n’aurais pas dû. Je ne sais pas ce que tu t’es imaginé, mais quand je t’ai demandé où tu en étais pour ton travail de déminage, s’était pour savoir si avant de venir me voir tu avais fini avec Rita qui était plus urgente que moi… » dit-elle sur le même ton, elle le regarda puis Rita. Qu’on pense ce qu’on veut d’elle quand on est un civil elle s’en fiche bien, mais elle avait une trop haute estime des membres militaires pour qu’ils se fourvoient et qu’ils s’imaginent des choses étranges à son propos. Et puis bon, elle fait passer les autres avant elle… toujours. Enfin elle espérait qu’elle s’était bien fait comprendre… quelle plaie d’être nulle sur ce point quand même.
« Ouais, bon, si tu veux. » Fît Will qui bottait clairement en touche. Il ne tenait pas à s’étendre et argumenter là-dessus.

En revanche, Rita qui avait toujours son pied sur la mine, soupira et regarda le caporal pour faire la traduction.
« Il dit que tu es barge de te mesurer à une bestiole comme ça. Barge dans le mauvais sens... »
« C’est vrai quoi !!! » Lâcha-t-il soudainement, suivant l’encouragement de l’italienne. « Tu crois que j’suis un rambo avec mon pétard à deux balles ? T’es la seule pour me protéger et sortir Rita de ce merdier. Et qu’est ce qu’on voit ? Caporal Gauloise qui tire la bourre avec un sanglier. UN SANGLIER.. »
Will ne criait pas. Il regrettait même déjà d’avoir livré le fond de sa pensée.
« Ces machins, ils se prennent des bagnoles sur les départementales, ils se promènent dans la pampa après avoir défoncé des parechocs au calme. Et toi tu sautes dessus au lieu de t’écarter. On faisait quoi si tu te faisais encorner ? Avec une italienne minée et une Caporale sur le tas ? »
« Et c’est là que Will rajoute qu’il a eu peur pour toi en plus d’avoir eu peur pour moi... »
« Non mais un sanglier ! Du calibre 12 de fusil de chasse qui t’arrache l’épaule, ça les arrête à peine. T’as sauté dessus avec les poings. »
« Héhéhé...donc, tu as eu peur pour Ravix... »

Rita était presque goguenarde. Elle posa un regard enjouée sur le canadien, profitant de l’environnement un peu oppressant. Lui qui sentait les regards de ces deux femmes qui voulaient connaître une vérité.
Will grommela en haussant des épaules. Refusant de confirmer verbalement. Cela avait eu pour effet d’aggrandir le sourire de la jeune femme qui toisa Ravix en haussant les sourcils. Le genre de message qui lui disait : “Tu fais de l’effet au rambo au pétard à deux balles ma grande…”

Ravix avait bien envie de lui dire qu’elle n’avait aucun problème avec le fait qu’elle se fasse encornée tant qu’eux, soit hors de danger. Mais elle s'abstenue de ce genre de commentaire se disant que cela serait de toute façon mal interprété. Elle laissa les deux échanger simplement. Mais, elle avait une écoute très attentive essayant d’apprendre quelque chose qui lui échappait. Elle esquissa un rictus simple sur le sous-entendu non verbal de Rita charriant un Will qui refusait d’assumer qu’il avait eu peur. Elle devait avouer qu’elle n’avait pas été très futée sur le coup, se mettre en danger bêtement contre une force de la nature. Mais bon, c’est passé, le sanglier s’était fait pété le pelage sans eux. Mine de rien, cela la touchait au fond, jamais elle ne demande la réciprocité dans ses échanges ou ses actes et elle devait avouer que cela avait un côté agréable de savoir qu’on puisse s’inquiéter un peu pour elle.

« Conclusion on a eu tous peur pour quelqu’un. Je ne referai plus la gauloise. » Elle fit un rictus de paix à Will, mais il avait une forme d’appréhension (elle tâtonnait et n'était pas à l’aise soyons clair) là-dedans qui contrastait avec son ton mécanique, mais qui affirmait qu’elle ne répondait pas de manière “je m’en bats les babouche” bien au contraire. Merci le regard sur le coup. Bon au moins les choses semblait se tasser et c’était grâce à la bonne communication de l’italienne qui était vraiment “douée en langue”. Elana lui jeta un regard accompagné d’un hochement de tête reconnaissant avant de dévier celui-ci sur la mine et elle se rapprocha pour proposer son soutien pour qu’elle reste d’aplomb sur la mine. Le Canadien acquiesça et lui fit signe de tenir la jambe de la collègue.

« Ouais ben t’as intérêt. Parce que sinon, si tu te fais trouer le derrière, je te cautérise à coup de chalumeau et tu feras moins la fière ! » Rétorqua Will qui avait reprit un peu d’humour.
« Ca sent comment un cul de gauloise passé au chalumeau ? » Ajouta Rita en fixant Ravix qui esquissa un petit rictus.
« Le cochon. »

Rita lui répondit en se pinçant le nez, comme si ça sentait mauvais puis ajouta sourire franc.Très vite, des appels résonnèrent. Le sergent Brass émergea des fourrées avec Danny Blake. Tous les deux étaient extrêmement vigilant, marquant les emplacements des mines sur leur chemin tandis que les filles suivaient en vérifiant consciemment l’endroit où leur collègues posaient les pieds.

Tim s’approcha du trio.
« Tout va bien les enfants ? Je pensais vous retrouver couvert de plâtre. »
« Un cochon s’est foutu sur une mine. J’ai bien cru que j’allais tomber à mon tour. Will...dis-moi que tu as une solution. Je veux pas être disqualifiée...pas comme ça. »
« Ca va aller, tu seras bientôt libre. J’ai de la place pour bosser maintenant... »

Le sergent ordonna rapidement l’établissement d’un périmètre de sécurité. Quand il apprit que Ravix avait reçu le cochon sur la poire avant la détonation, il lui demanda de se faire examiner pas Bowers, juste au cas où. Celle-ci obéit sans rien dire, elle avait des bleus mais rien de bien grave sauf une égratignure sur la nuque. De son côté, Will prit deux grands colliers de serrage qu’il fit passer d’un bord à l’autre de la mine. Très lentement, sans se montrer brusque, jusqu’à passer par-dessus la lame de la baïonnette. Il sera ensuite de plus en plus fort, préférant l’usage d’un tournevis manuel, forçant jusqu’à ce que la pression écrase davantage le déclencheur et remplace le propre poids de l’italienne.
« Voilà, tu peux enlever ton pied, je lui ai mis deux fois plus de poids... »
Rita hésita un instant, son regard allant du spécialiste au chef d’équipe. Elle conservait une petite angoisse à l’idée que ce plan échoue ou que la mine soit défectueuse et ne la blesse. Tim se fit confiant et Rita dégagea son pied. Une vague de soulagement la traversa, éclairant son visage de bons sentiments. Sans crier gare, elle entoura la nuque du Canadien de la main pour lui déposer un baiser bruyant sur le haut de son casque.

« T’es mon joker, mec... » fit-elle reconnaissante.
Will ricana un peu, fier de lui, en rangeant ses affaires.

Ravix esquissa un rictus et s’approcha de l’italienne, elle ne l’avait pas fait avant, pour une raison simple : le cochon et surtout qu’elle remercie après quand tout est calme et non dans l’action angoissante ou un “merci” n’a que peu de valeur.
« Merci » dit-il, même si sa voix était monocorde il avait un regard sincère qui traduisait qu’elle ne faisait pas ça pour être bien vu, au contraire.
« T’aurait fait pareil j’imagine. » Murmura-t-elle avec une certaine complicité. « Enfin...quand tu n’es pas en train de chevaucher du cochon. » Oui elle aurait fait pareille sans aucune hésitation pour le danger. Elle hocha la tête confirmant sa première phrase, avant de regarder Rita d’un air complice aussi, cette référence lui fit penser à un jeu. « Avant de partir sur Atlantis, il avait un jeu sur téléphone, clash of clan, les gars en était dingue. Il avait des chevaucheurs de cochon comme unité de guerre. »
« Et tu crois que ce jeu a pas fait fureur en Italie. On t’appelera comme ça maintenant “Gauloise, la chevaucheuse de cochon !”. »

Iza, Ruth, Danny, Ravix tous affichèrent leur contentement et remercièrent d’un petit geste le génie canadien. Il avait fait fort malgré la perte d’une baïonnette. Rita était sauve d’une certaine façon, cela avait resserré les liens. Le sergent reprit très rapidement pour reconcentrer ses troupes.
« Ok, nos oiseaux se sont envolés et on a plus rien à faire ici. Notre boulot est pas terminé. Ruth, tu m’as bien aidé à nous situer, je te confie la carte. Tu te sens d’attaque pour nous guider ? »
« Oui, bien sûr. » Répondit-elle avec enthousiasme.
« Alors on te suit. Déplacement en colonne. Ravix, tu fermes la marche. En avant, atteignons ce camp avant midi. »

La caporale, attendit que chacun se mette en colonne et ferma la marche. Elle chassa quelques branches de sa queue de cheval, remettant le casque qu’elle avait retiré pour se recoiffer et éviter les mèches folles. Son regard s’attardera sur les pièges et retenu un soupir, elle avait failli s’éjecter de la mission et ses deux compatriotes en prime en marchant sur cette mine. Les dangers son véritablement de partout et il allait redoubler d’effort. La suite ne s’annonçait pas meilleur. Elle avait hâte d’être au campement, pour souffler un peu et permettre à chacun de se remettre des émotions. Et aussi, il faut qu’elle soit un peu meilleur en communication…mais pouvait-on lutter contre cet aspect étrange de sa personnalité ? elle ne savait pas vraiment. Elle a toujours été ainsi et elle savait que socialement elle avait du mal, cela la pesait mais bon, elle trouvait que depuis un an, elle arrivait à être plus expressive peut-être qu’a force elle serait normale.


‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan



PENDANT CE TEMPS, DU CÔTÉ D’EVERSMAN

Dans le jumper qui filait au-dessus de l’océan, un silence de mort régnait.
Il n’y avait que deux personnes qui ne se parlaient pas, ou très peu, et rien d’autre à l’intérieur que le matériel habituel pour le vol. Pas de sacs, pas de gilets tactiques, pas d’armes. L’ex-ranger était assis sur le siège copilote à contempler l’océan tandis que Nelly, aux commandes, lui jetait des coups d’oeils intimidés. Il venait de passer une semaine sur la cité en tant que civil, n’ayant strictement rien à faire. Matt voyait ses camarades partir pour le travail, il les voyait aller s'entraîner, il voyait les rescapés de la guerre se remettre lentement et recommencer à sortir.

La vie, en somme, reprenait son activité comme si le conflit n’avait jamais eu lieu. Bien sûr, on trouvait des traces des dégâts causés par les Morphéas un peu partout dans la cité. On entendait régulièrement les faits de guerre circuler dans les coursives. Et on entendait aussi le récit du premier soldat dégradé en public pour l’exemple de toute l’histoire du contingent d’Atlantis.

Lorsque Matt avait fait face aux membres du CODIR, c’est Caldwell, présent à ce moment-là, qui lui avait tendu la paperasse inhérente à son nouveau contrat. De très nombreux détails avaient été ajouté, toutes les conditions qu’il devait remplir pour retourner à un poste de première classe. Tout ce que lui avait promis le colonel Caldwell, en fin de compte, se trouvait aligné sur ces papiers. Si Matt manquait à une seule de ses règles, l’aventure se finirait définitivement pour lui.

Si son trajet se faisait sous un air encore plus morose, c’est parce que Caldwell avait sélectionné personnellement son instructeur pour refaire ses classes. Le Capitaine Indrick Calahan, la bête noire d’Atlantis, un Curtis version pourriture extrême, serait à la charge de son enseignement. Le type avait remplacé le Capitaine Harris et s’était constitué une élite dans l’élite. Les types qui échouaient à la sélection en sortaient cassés pour un petit moment, les autres étaient des valeurs sûres empruntables pour les missions d’explorations. C’était, tout du moins, les bruits qui couraient sur ce gradé chargés de casseroles et d’histoire sombre.

Caldwell n’avait pas été tendre. A croire qu’il n’avait pas changé d’avis sur lui ou que son idée ne s’était pas assouplie après ces quelques semaines.
« J’ai expressément donné l’ordre au Capitaine Calahan de vous mater. Ce n’est un mystère pour personne et encore moins pour le CODIR. Ne recherchez donc pas de recours parmis la hiérarchie. Vous passez ou vous partez. » Avait-il dit sur un ton sentencieux et sans appel.

Maintenant, il se dirigeait à toute vitesse pour son premier jour d’instruction. Il n’avait rien d’autre que son uniforme, le reste de ses effets personnels, de quelconque affaires lui avaient été interdit. Encore une fois, Nelly hasarda un regard dans sa direction.

« Je devrais m’avouer battue... » fit-elle avec son petit accent espagnol, l’air taquin. « Mais moi j’étais Capitaine quand j’ai tout cassé alors...je reste prem’s au classement. Par contre, toi, c’était de l’art. J’avoue. »

Elle lui fit un clin d’oeil complice.
La jeune espagnole n’avait pas parlé pour remuer le couteau dans la plaie. Elle essayait vainement de le faire positiver sur sa situation, sur le fait que sa seconde chance l’attendait sur le continent. Mais la pression devait surement être au rendez-vous et s'accroître avec l’approche inexorable de cette terre à l’horizon.

« Tu vas réussir, j’en suis sûre. »

Elle ne l’était pas pour être franche.
Pour la punir, on l’avait envoyé quelques heures avec cet officier. Elle avait été prise la main dans le sac par les infirmières, en train de forcer le vestiaire d’Isia, pour le remplir de cocotte en papier pleine de couleurs fluos fantaisistes. Les pliages contenaient tous la même série de messages au milieu de démonstrations affectives envahissantes : “Je me remets vite” ; “J’me marie avec Walker Texas Môman” ; “J’donne un tit frère à Nelly”, “D’ailleurs je l’adopte : Nelly Taylor-Laurence, ça l’fait hein ? Pas vrai ?!?” “Non, Nelly, j’préfère gober la langue de Môman planquée dans le placard à balai, c’est tout !”.

L’hispanique en était ressortie en pleurant.
En pleurant en tant que militaire et non en jeux d’enfant. Elle n’était pas croyante mais, de par sa culture, elle avait tendance à penser qu’il avait le diable en lui. Rien que d’approcher le campement lui faisait peur, l’idée même de croiser cet homme fou, alors Matt…

Nelly finit par se poser en douceur. Elle abaissa la porte arrière puis souhaita sincèrement bon courage à son ancien collègue. Elle redécolla assez vite en laissant l’aspirant au milieu d’un petit campement apparemment désert. Le vent soufflait sur cet agencement de petites cabanes de fortune et d’une tente un peu plus grande. Au centre, comme s’il eut s’agit d’un casernement, le drapeau Américain flottait dans l’air, attaché à un mât solide. Juste en-dessous suivait un drapeau à l’effigie de l’expédition d’Atlantis. Il était presque midi, le soleil commençait à bien cogner sur ce terrain très exposé.

Soudain, un bruit de plastique attira son attention. Il était là, en face, ayant écarté la bâche d’entrée de la grande tente. Indrick Calahan, avec son regard de hyène, le toisait de loin. Il attendit de voir s’il se mettait au garde à vous, ne cessant de le jauger de bas en haut avec une moue de dégoût et un dédain bien affiché. Calmement, inexorablement, il s’approcha avec les mains croisées dans le dos. Juste avant, il avait assuré son couvre-chef d’officier, ce qui renforçait l’image sadique de sa trogne déjà bien représentative.




Sans rien dire, sans ordonner le repos, il lui tourna autour comme un officier qui se baladait dans son QG et avait trouvé sur son chemin une curiosité sans savoir quoi en faire. Il revint devant le nez de l’aspirant, le zieutant une dernière fois avant d’accepter à contrecoeur sa présence.
« Ainsi, c’est vous... » fit-il platement, dangereusement. « C’est encore plus décevant à vous voir de près. Les Wraiths ne mangent pas n’importe quoi, semble-t-il, ils se sont malheureusement passés des déchets vivants. »
La remarque avait volé comme ça.
Le plus dérangeant était le ton employé, comme un constat naturel, véritable, qui n’avait même pas pour but de le tailler. Non, on aurait cru que le Capitaine témoignait d’une vérité crue mais bien réelle. Qu’il y croyait vraiment. L’officier détacha ses mains pour agripper la veste, comme pour l’inspecter, et il la relâcha subitement en se frottant les pouces...comme s’il venait de salir ses doigts.
« Hm...dites-moi. Qui vous a permis de porter cet uniforme ? »
C’était quoi cette question qui le prit au dépourvu ? Il ne sut que répondre. C’était l'uniforme réglementaire pour les entraînements. Son port lui était désormais permis et cela depuis la signature de son nouveau contrat.
« Les membres du CODIR, mon Capitaine. » Répondit-il d’une voix peu assurée.

Calahan n’avait écouté que d’une demi-oreille. Il recommença à lui tourner autour, l’évaluant, le jaugeant, comme un animal de foire. Après un silence gênant, il répondit de façon calme et parfaitement cruelle :

« Le port de l’uniforme se mérite, mon garçon. Vous souillez celui-ci par votre simple existence. Retirez-le sur le champs. »

L’officier se fixa devant lui. Il ne comptait pas le laisser aller dans l’une des cabanes ou la tente. Aucun change n’était visible, à croire qu’il voulait qu’il se mette en caleçon devant lui. Le Capitaine ne semblait pas inquiété à cette idée, il semblait même se moquer éperdument du résultat qu'entraînait cet ordre. Il se planta de nouveau devant lui, droit comme un piquet, dans une pleine allure d’officier qui attendait que l’aspirant s'exécute.

« Et bien ? Qu’attendez-vous ? »
« Tout de suite, mon Capitaine. »
Ne pas réfléchir et obéir. Ne pas chercher à comprendre ou même à discuter. Eversman ne cessait de se répéter ses mots dans la tête. C’est ainsi qu’il opina de la tête avant de s'exécuter débutant son effeuillage vestimentaire par la veste. Il fit de son mieux pour aller au plus vite, pour ne pas faire trainer la chose. L’uniforme n’avait pas été jeté au sol, les vêtements étaient pliés et empilés l’un au dessus de l’autre. C’est donc en boxer, plaques d’identification au cou et avec les rangers aux pieds que Matt lui faisait désormais face. Le repos n’ayant pas été ordonné, le militaire reprit la position initiale de garde à vous ce qui mettait davantage en avant les mouvements rapides de son torse témoignant de son état de stress.

Le Capitaine le regarda longuement, complètement indifférent aux signes de stress. Il récupéra l’uniforme qu’il épousseta, comme s’il cherchait à chasser des souillures qui l’avaient rendu impropre au port.
« J’ai eu l’immense honneur de visionner le plaidoyer de sa Sainteté Eversman. De l’art, du très Grand Art, c’est stupéfiant même. Je me demande ce qu’à bien pu vous trouver le CODIR et le colonel Caldwell pour vous offrir cette dernière chance... »
Il s’approcha au plus près, provoquant, acide et mauvais.
« Je compte bien le découvrir, aspirant. Mettre à jour votre vrai visage. Croyez-moi quand je vous dis que je n’ai pas mon pareil pour briser du branlot. »
Son visage se décala en direction du mât, levant les yeux vers le drapeau.
« Voyez-vous cette bannière étoilée ? Celle que vous avez honteusement trahie... »
Il attendit que Matt confirme, ce qu’il fit en opinant de la tête, avant de reprendre :
« Surveillez-la bien. Il ne faudrait pas qu’elle s’envole... »

Le Capitaine se recula alors, ne lui ayant toujours pas permis le repos. Il emporta au passage les plaques militaire d’Eversman qu’il arracha d’un coup très sec avant de s’éloigner, avec l’uniforme, jusqu’à sa tente.
« Leçon numéro un : LA PATIENCE ! »
Et il disparut à l’intérieur.

Tout ce qui faisait de Matt lui avait été retiré. Les chaussures étaient les mêmes pour les civils, nul doute qu’il aurait dû s’en séparer si cela avait le contraire. C’était loin d’être plaisant à vivre, il lui fallait encaisser et ne rien dire. Juste observer ce drapeau qui lui faire face un peu sur sa droite ce qui l’obligeait à tourner la tête. Il ne risquait pas de s’envoler. C’était débile. C’était un moyen de le tester, de montrer à l’officier qui était le chef ici. C’était ça les classes… Il ne pouvait que se résoudre à obéir gardant cette posture du garde à vous qui était loin d’être idéale. Les muscles demeuraient contractés.

La patience n’avait jamais été le fort d’Eversman. Il était d’une impatience certaine et disposait d’une forte impulsivité. Nul doute que l’exercice n’avait pas été choisi par hasard. Ce Capitaine avait reçu pour ordre de le mater, Caldwell avait été bien clair avec lui là dessus. Il n’était pas ici en colonie de vacances, il le savait fort bien. Les rumeurs sur l’instructeur n’étaient pas des plus rassurants. Désormais au pied du mur, Matt n’avait pas le choix. Il se devait d’encaisser, d’enterrer ses mauvaises habitudes qui l’avaient desservies pour repartir sur des fondations saines. Ce ne serait pas facile, même très laborieux mais il se devait de tenir. Il ne laisserait pas Caldwell le renvoyer sur Terre, il voulait récupérer son poste plus que tout. Il n’était pas un civil mais un putain de Ranger.

N’ayant rien à faire, forcément il commença à ruminer. Encore… Il avait l’impression d’avoir passé les dernières semaines à se torturer l’esprit. Les propos de Caldwell lui revinrent, les mots durs de Calahan aussi. Matt soupira essayant de penser à autre chose, une chanson qu’il appréciait par exemple tout en faisant quelques mouvements pour assouplir sa nuque. Le temps ne passait pas, les minutes semblaient infinies. La suivante plus longue que la précédente. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, cela n’arrangeait rien. Il ne savait plus depuis combien de temps il était là et n’osait même pas imaginer combien de temps il allait rester encore. L’autre devait être en train de roupiller sous cette tente, bien au frais. Une bière bien fraiche apparut dans son esprit, une piscine aussi… Il aurait donné beaucoup pour un transat ou même tout simplement pour pouvoir quitter cette position de merde.

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


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DEUX HEURES PLUS TARD.


La peau du Ranger était en feu.
Il transpirait à grosses gouttes en demeurant autant que possible dans cette position de garde à vous. Il n’y avait plus aucune activité, comme s’il avait été laissé seul et abandonné par Calahan dans ce camp désert. Aucun mouvement ne se devinait au travers de la tente mais, pourtant, il semblait acquis qu’il était surveillé de près. L’absence d’information et cette immobilisme constant lui firent perdre la notion du temps. Il avait eu l’impression d’y passer son après midi et, pourtant, le soleil était encore bien haut dans le ciel. L’absence de coup de vent rendait l’atmosphère insupportable pour quelqu’un qui restait immobile.
Elana agrippa le bras de Will qui en pouvait plus, le soutenant tout en le poussant à mettre un pied l’un devant l’autre. Elle le soutenait pour les quelques mètres restant à faire. Elle-même était lessivée, elle avait chaud, elle avait transpiré et sa peau était rougie par l’effort et la chaleur. Elle avait l’impression d‘avoir les pieds en feu, maudissant les rangers et son équipement qui pesait le poids d’un âne mort !
« Courage on est bientôt arrivé ! » dit-elle fermement mais en tapotant le bras du soldat.
Will ne répondit que par une quinte de toux. Il avait les poumons en feu et la bouche entrouverte. Un simple râle confirma qu’il ne lâcherait pas.

Soudain, Matt entendit l’écho d’un éclat de voix. Sur le coup, il pouvait se demander s’il ne prenait pas son désir d’activité quelconque pour une réalité. Mais rapidement, l’écho se fit de plus en plus précis et il remarqua très clairement un martèlement de rangers non loin.
« On y est ! Un dernier effort ! » fit une voix essoufflée. « Elana, empêche Will de s’arrêter, on est à deux pas. »
L’instant d’après, une petite escouade de sept soldats débarqua dans la cour depuis la lisière de la forêt. Ils étaient à bout de souffle et s’arrêtèrent non loin de l’ancien Rangers en lâchant sac et arme. C’était le sergent Brass et son équipe, Matt ne connaissait aucun d’entre eux mais pouvait se douter qu’ils s’agissaient de recrues.

Les mains en appui sur les genoux, courbé en deux, Tim tenta de reprendre une respiration normale en examinant son unité. Will était tombé à genoux, le visage rougi levé vers le ciel. Iza avait titubé vers lui pour vérifier qu’il ne ferait pas un malaise. Elana était près d’eux deux, elle reprenait son souffle plié sur ses genoux en chassant de la sueur de son front. Danny, lui, s’était séparé de sa mitrailleuse en jurant. Il maudissait son poids infernal et ne rêvait que de le troquer pour un simple neuf millimètres. Pour le moment, personne ne s’était vraiment préoccupé du type à poil qui fixait le drapeau américain, ils étaient trop épuisés pour ça. La carte était bonne mais la destination faussée. Le temps que Ruth se rende compte de la supercherie, l’escouade s’était éloignée au lieu de s’approcher. Ils avaient tenté depuis lors de combler le retard sans succès. Il était un peu plus de quatorze heures et l’équipe de Tim était dans un sale état. Ils dégoulinaient de sueurs, défroqués, sans eau et sans avoir mangé depuis ce matin.
Avec cette activité, ils avaient tous les crocs.
« Beau boulot. Ne vous laissez pas attendrir. » Souffla le sergent Brass en se redressant.

A ce moment, Danny s’était figé. Il pointa du doigt la position de Matt et toute l’unité le regarda avec autant de curiosité que d’inquiétude. Will se redressa même rapidement sur les pieds, comme s’il avait craint une embuscade.
« Chef, un type à poil qui matte un drapeau, ça me rend soucieux. » Fit le tankiste en reprenant sa mitrailleuse.
« Attends, je me rappelle de ce type Danny. Le rassemblement général pour la dégradation... »
L’homme s’approcha de quelques pas en compagnie de Ruth. Will, juste derrière, avait élevé la voix en prenant son parti.
« Ah ouais ! C’est vrai qu’il lui ressemble. Enfin, là, sans fringues... »
« Ne vous approchez pas. » Ordonna soudainement Tim. Il agrippa Danny et Ruth pour les faire reculer. Il ajouta ensuite à l’adresse de cette dernière.
« Tu es sûre ? Le mec a été radié, c’est plus un soldat. »
« Certaine. Je le reconnais, j’ai une bonne mémoire... »
Le sergent dévia son regard vers son second, Ravix, avec une certaine appréhension. Si ce type était ici, avec Calahan pas loin, ce n’était vraiment pas bon. D’ailleurs, Rita tapota le bras d’Elana avant de lui glisser :
« Il bouge pas d’un poil ce mec. Calahan a sûrement dû lui coller un pain de C4 dans le cul. »

Elana, comme tout le monde avait levé la tête vers le mec près du drapeau. Déjà en le voyant elle avait froncé les sourcils, découvrant une punition que semblait adorer Calahan : mettre les gens à poil. A tous les coups il lui avait fait retirer son uniforme. Comment elle le savait ? car elle aussi avait dû le retirer et se trimballer pendant plusieurs semaine en legging, car un uniforme se mérite. Elle n’avait jamais été aussi heureuse d’enfiler son vêtements réglementaire et elle en avait même éprouvé une certaine fierté à le revertier c’est dire… c’est dire à quel point Calahan avait de la force. Mais cette tête… oui, cela lui disait quelque chose, cela l’avait marqué et elle n’eut pas le temps de chercher dans sa mémoire pour savoir pourquoi, elle ressentait un vif dégoût en voyant ce pauvre gars… Ruth parlait de l’autre imbécile qui avait été radié et oui s’était bien lui. Qu’escequ’il foutait là lui ? Calahan l’avait pris pour leur montrer à quoi ils ressembleraient s’ils échouent ? Histoire de les narguer et de jouer avec leur nerf usée par la marche ? Elle croisa le regard de Tim, celui-ci put voir que le bleu délavé était devenu aussi tranchant qu’une lame confirma qu’elle aussi l’avait reconnue et que cela lui déplaisait fortement. Mâchoire serrée elle allait répondre quand Rita, dans sa bonne humeur fit de l’humour ce qui dénoua la bouche de la caporale, elle esquissa un rictus mais il disparut très vite (même si l’humour avait fait mouche) . Ce mec n’avait rien à faire ici et sa présence était un danger pour la “meute”.
« J’espère qu’on aura pas à désamorcer ça… l’activité déminage était tout à l’heure. »

Enfin de l’animation. Enfin autre chose à observer que ce fichu drapeau. Une équipe de militaires venant visiblement de terminer un entraînement rude. Il ne les lâcha pas, les suivant du coin de l’œil. Quelques bribes de conversation lui venaient aux oreilles. Elles étaient guère plaisantes. Ce n’était pas ainsi qu’on aimait entendre parler de soi. Cela lui confirma qu’ils ne se connaissaient pas s’il n’en savait pas davantage sur lui. Peut être que Calahan allait se montrer avec cette animation ? Et peut être qu’il s’agirait de la fin de ce calvaire ? Matt l’espérait de tout cœur.

Brass avait l’esprit qui turbinait à fond. Il n’était vraiment pas serein, surtout que sa nudité portait la signature de Calahan. C’était tout à fait son style de foutre un mec à poil sous le soleil, surtout si celui-ci avait merdé. Restait à savoir ce qu’il foutait là et où se trouvait le capitaine.
« Chef ? »
« Oui Iza ? »
« Permission de m’approcher ? Il a pas l’air en forme. Je voudrais l’ausculter. »
Tim hésita. Il pesa le pour et le contre, persuadé que de s’approcher de cet inconnu pourrait bien porter préjudice à son équipe. Mais il n’allait pas non plus rester à l’écart à le regarder comme un couillon. Il lui fallait des réponses.
« Ok. Suis moi. » Il attira l’attention de Ravix d’un geste de la main. « Hé, Elana. Veille à ce que les gars se refassent une beauté. Le Capitaine ne tardera pas. »

La caporale hocha la tête, levant la main pour rapatrier avec elle le reste de l’équipe. Elle avait la gorge sèche et elle espérait bien trouver un peu d’eau. Ais le camp en était dépourvue … quel plaie.
« Reposez- vous. Je vais essayer de voir dans les tentes s’il y a de l’eau. » elle était crevée aussi, mais bon, il fallait un peu d’eau pour apaiser le feux dans leur gorge… et il ne restait que les tentes, mais avant de fouiller dedans, elle décida de faire un tour pour vérifier s’il n’avait pas des bidons planqués. Son pas était un peu plus vif.
Personne ne se proposa pour la suivre, ayant reçu ses propos comme un ordre ce qui était plus ou moins le cas, elle ne désirait pas être accompagnée, ils avaient suffisamment bavé comme ça..

Une fois fait, le sergent s’approcha de Matt et l’interpella lorsqu’il ne resta que quelques mètres. Il avait son arme dans les mains et restait de trois quarts, par pure méfiance.
« Hey, toi. Calahan est passé par là, c’est ça ? » Il n’attendit pas sa réponse pour ajouter : « Tu bouges pas. La doc va vérifier un truc. ». Matt opina du chef confirmant ses propos.
Un petit signe de tête et Bowers avança vers lui pour regarder sa peau de plus près. Elle soupira.
« Il est là depuis des heures chef. Il va avoir de sales coups de soleils... »
« Tu peux faire quelque chose pour lui ? »
« J’ai de l’écran total, de quoi traiter les endroits les plus exposés... »
« Ok, vas-y. J’ai l’impression qu’il va rester un moment en slibard ce mec. »
Tim baissa son arme et se positionna devant Matt. Dans son dos, l’infirmière ouvrit son sac pour prendre son tube de crème et en poser sur ses épaules. Elles étaient bien rouges, signe de brûlures qui se termineraient dans le meilleurs des cas en pelures. Sinon en cloques. Brass veilla à ce qu’il ne fasse pas de bêtises lorsque son infirmière commença le travail puis il entama les présentations.
« Je suis le sergent Brass. Escouade Charlie de l’unité Calahan, en manoeuvre. Celle qui s’occupe de toi c’est Izabel Bowers. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ? »
Cette sensation de froid sur les épaules fut des plus appréciables. Le badigeonnage de la zone nettement moins tant la peau était désormais sensible.
« Matt Eversman, Sergent. Le Capitaine Calahan m’a ordonné ne pas quitter ma position et de surveiller le drapeau. »
« Eversman... »
Tim avait répété le nom beaucoup plus fort. Il tourna le regard vers Ruth qui, au loin, confirma d’un signe de tête qu’il s’agissait bien de lui. Une façon de ne pas lui demander en face et de ne pas lui remuer le couteau dans la plaie. Le sergent pinça des lèvres et reprit à voix basse.
« Ca, c’est qu’un apéritif, tu le sais ? »
« Oui, Sergent. » Repondit-il sur le même ton, conscient qu’il n’était qu’au début de ses ennuis.

Le chef de l’escouade hocha la tête. Il ouvrit la bouche pour demander à Izabel de se presser lorsqu’il entendit le battement du plastique, signe que quelqu’un sortait de la tente à côté. Brass reconnut sans aucun mal la silhouette de Calahan et son coeur manqua un battement. Sa respiration s’était même arrêtée l’espace d’un instant avec la crainte que lui imposait cette homme, surtout avec le couperet qu’il avait au-dessus de la tête.
« Merde... » murmura-t-il avant de faire un quart de tour. « SECTION, A VOS RANGS FIXE !!! »

Elana revenu sur ses pas, au pas de course pour se mettre en ligne avec le reste de l’équipe. Le grand manitou était là et il allait faire son cirque habituel. Outre leur retard ils étaient tous fatigué, du pain béni. Le reste de son unité se plaça en ligne au garde à vous, en face d’eux et d’Eversman. Tim tapota dans ses mains, pressant Izabel à aller rejoindre la ligne. Elle n’avait eu le temps que de s’occuper des épaules de Matt mais c’était le plus important. Elle se débarrassa de ses gants, ajusta son casque et repassa les bretelles de son sac avant de rejoindre la troupe. Le sergent, lui, recula pour se placer devant son unité et se raidir également au garde à vous.

Calahan était resté silencieux. Il avait attendu que ses recrues s’éxécutent d’elles-même avant de se déplacer. Au voyage, il passa un bras autour des épaules de Matt pour l’attirer et l’emmener avec lui. A croire qu’il se comportait comme un bon pote “bras dessus bras dessous”. De son autre main, il portait un grand morceau de tissu masquant visiblement un objet circulaire. Il l’emmena avec lui jusqu’à atteindre Tim et son escouade. Elana fixa son capitaine, sentant une pression dans sa cage thoracique, voilà qui touche sa victime… elle se demandait ce qui était dans ce bout de tissus… elle espérait que ce n’était pas des menottes et qu’une personne serait chargé d’être lié à ce déchet militaire. Elle le sentait gros comme une patate la protection rapprochée… comme s’ils n’avaient pas déjà suffisamment à faire pour en plus faire la nounou. Elle se faisait des films, mais avec Calahan il ne prend rien au hasard et la présence de cet homme était une nouvelle souffrance en perspective.

Calahan devait être de retour. Il le déduit de l’attitude de la section, lui ne pouvait se permettre un coup d’œil pour le vérifier. Il demeura en position. Une main se posa sur ses épaules, Matt se raidit aussitôt la peau étant sensible à cet endroit tout endétournant la tête en direction de l’agresseur qui n’était autre que le Chef, prêt à répliquer.
« Mon Capitaine ? » lâcha-t-il. La surprise puis l’incompréhension se lut sur les traits de son visage. Il se laissa néanmoins faire.
« Vous ai-je donné l’autorisation d’ouvrir la bouche ? » Lui envoya-t-il brusquement d’une voix pleine de menaces. Il répliqua par un signe négatif de la tête.

Le Capitaine se tourna alors vers son escouade et les observa en silence pendant quelques secondes. Il se désolidarisa de Matt, cessa de cerner ses épaules de cette manière inquiétante et passa brièvement en revue les hommes.
« Vous avez deux heures de retard. » fit-il à l’adresse de Brass.
« Aucune excuse mon capitaine... »

Bien sûr, Tim avait des tas d’excuses légitimes. A commencer par la carte volontairement faussé qui avait pour but de les perdre. C’était signé Calahan ça aussi. Mais s’il avait pu s’en rendre compte plus tôt, s’il avait veillé à vérifier le boulot de Ruth comme un sous-officier devait le faire, alors il n’aurait pas à rendre compte de la sorte. La seule façon de limiter la casse...c’était simplement de ne pas argumenter.
Calahan acquiesça silencieusement, c’était intimidant. Tim était le seul à avoir suivi plusieurs entraînements avec lui. Tous les autres étaient nouveaux. Ils allaient vivre pour la première fois une manoeuvre façon Calahan.

Le Capitaine reparti à hauteur de Matt et lui tourna autour. Il fit une déclaration dans le même temps :
« Soldats ! Nous avons l’inégalable honneur d’avoir avec nous une personnalité de grand renom. Un VIP comme il est rare d’en croiser sur Atlantis. » Il passa sous le nez de Matt sans le regarder. « Un homme qui égale de par ses oeuvres les icônes de la cité, qui concurrence le CODIR et votre supérieur ultime : le Colonel Sheppard. »
Le gradé s’arrêta pour toiser les soldats.
« Je vous présente Matt Eversman, le ROI des branlots ! Le meilleur, le prince, toutes catégories confondues, des manquements militaires. De tout ce qui peut révulser un officier. Sa présence est une bénédiction. N’est-ce pas ? »
Le Capitaine ne plaisantait pas. Il guettait la moindre réaction, s’attendait à la moindre remarque, la moindre défense. Il tourna son regard mauvais et sadique en direction de Matt à la recherche, là aussi, d’une réaction.

Ce dernier avait la mâchoire serrée. Il s’efforçait de regarder droit devant se focalisant sur un détail sordide dans l’uniforme de la personne qui lui faisait face. Il devait passer outre l’humiliation, prendre sur lui et ne pas en tenir compte. Il tentait tant bien que mal de s’y tenir. Ne l’écoute pas, Matt. Laisse glisser… se répétait-Il.

Une bénédiction ? Ravix serra la mâchoire, ils allaient se le taper le petit prodige de l’armée américaine ! Il avait quoi en tête le vieux con ? Ils allaient devoir obéir aux ordres d’un homme qui avait perdue toute intégrité et galons au sein de l’armée ? L’empêcher de se prendre les bombes aux plâtres ? Devoir faire équipe avec lui ? Lui jeter des tomates ? Qu’il en finisse, cela devenait ridicule.

Le Capitaine poussa une plainte de dégoût, comme vexé de ne pas avoir eu la bonne excuse pour faire payer Matt, lui qui n’avait pas ouvert la bouche. Une fois encore, le regard de hyène sonda l’aspirant nu de la tête au pied. Il ajouta :
« Les branlots, le rebus des faux-patriotes, des soldats qui n’en ont que le nom. Les faibles de l’esprit, du coeur. Qui ne savent que parader et tirer au flanc. Celui-là en est le roi par sa magnifique prestation. Une performance qu’il convient de saluer comme il se doit... »

Calahan termina sa phrase en se plaçant sur un flanc de Matt. Il porta le grand morceau d’étoffe à hauteur et en écarta lentement les pans pour dévoiler un cercle de métal forgé. Dessus avait été gravé des tas de mots, tous péjoratifs. Comme déshonneur, arrogance, fierté, insubordination, trahison. Tous les termes qui feraient le cauchemar d’un militaire, la majorité volontairement axé sur ce qui avait été reproché au soldat. Mais bon nombre de ses termes se retrouvaient par des synonymes qui surchargeaient ce qui n’était rien d’autre...qu’une couronne.
Sans trop de démonstrations théâtrales, Calahan couronna Matt sous le regard de l’escouade.

Le petit spectacle manqua d’achever la meilleure volonté du Ranger. Il ne pouvait rester impassible à une telle humiliation baissant la tête. Là, l’officier venait de toucher son ego et sa fierté, de les blesser. S’il s’écoutait, il attrapait l’objet et s’en servait comme freebee ou peut être pour en assomer l’officier. Dans tous les cas, il ne le gardait certainement pas. L’intérieur des joues fut fortement mordu, les ongles enfoncés dans les chairs de ses paumes pour ne pas réagir et commettre l’irréparable. Ce renfermement n’était pas bon. Contenir les émotions n’était pas chose à faire, il lui fallait évacuer cette pression avant qu’elle ne soit trop forte. Les quelques secondes furent occultés, Matt s’évertuant à penser à autre chose.

Comme beaucoup Elana ouvrit de grand yeux de stupeur… bon une belle humiliation d’un homme couronné pour ses fautes… il avait de quoi pleurer. Mais elle ne ressentait aucune empathie pour cet homme, il méritait son sort (il n’avait qu’à pas joué au con et vu le nombre de chefs d'accusation qu’il avait reçu il pouvait s’estimer heureux d’être sur cette terre là et non elle a des milliards d’années lumières), même si un simple retour sur terre aurait suffit. Pourquoi il est ici ? Les huiles comptaient le remettre dans le droit chemin ? Ou simplement le brisé pour qu’il se pende dans un mois ? Le mettre avec Calahan c’est quand même non-assistance en personne en danger.

Le Capitaine fixa ensuite le sergent Brass, comme éberlué par son inaction, puis ajouta :
« Sergent ?!? Avez-vous perdu votre sens de la déduction en traversant cette forêt ?!? »
« Non, mon Capitaine. » Répondit-il, la mâchoire serrée.
Le sous-officier prit sur lui pour tourner la tête sur le côté et déclarer d’une voix sans appel.
« A mon commandement, soldats...genoux à terre, posture de soumission, tête basse. »
Il respirait fort, atterré par cette obligation d’entailler l’intégrité de l’ensemble de ses soldats par ce premier acte. Et dire que ce n’était qu’un début…
« Procédez. »

Izabel, Ruth, Danny, Will, Rita et lui s’agenouillèrent en baissant la tête, comme pour reproduire la posture de soumission couramment évoqué dans les vidéos traitant du moyen-âge. Le sous-officier espérait vraiment que Ravix aurait suivi le mouvement. En parlant d’elle, la mâchoire de la caporale se sera encore plus ainsi que ses poings. Ils devaient s’agenouiller devant cet homme ? Cela la révoltait à l’intérieur tout en étant surprise...elle beuga un peu sur cette demande. Qu’il soit humilié est un fait, mais eux… eux ils n’avaient rien fait pour faire ça. A moins qu’il lui faisait payer leur retard ? Deux heures de retard donc allégeance au roi des branlots ? Cela était tout bonnement inadmissible et fortement dérangeant. La question que se demandait Ravix était de savoir si sa “seigneurie” allait rester avec eux, si elle allait faire la suite de l'entraînement avec son équipe. S’ils allaient devoir se le farcir ! Et cela en avait tout l’air ! Son regard dévia sur chaque soldat qui commençait à plier le genou… cela l'énerva encore plus de voir les siens être abaissé de la sorte… de fier soldat à genou comme des paysans face à un roi. Calahan était vraiment d’une perversité incroyable.

Elana n’était pas encore arrivée quand la fameuse cérémonie s’était déroulée. Mais elle avait été filmé et retransmit au nouveau (à confirmer par papi). Surement pour montrer l’exemple. Elle se souvenait maintenant très bien de cette projection dans une salle noire de monde et de lumière, elle était au fond avec Banks, elle était resté silencieuse et elle avait eu envie de se barrer, se barrer car elle était dégoutée que dans l’armée d’Atlantis il est pareil cas d’école ! Cela était aberrant ! Elle n’avait eu nullement envie de voir cet homme se faire retirer ses galons, il ne méritait plus le regard de ses soit disant frères et sœurs. Ni même cette cérémonie qui rappelait à tous à quel point on tient à ces galons si durement gagnés. Aussi coupable qu’il était, il avait un côté attristant, ce côté voyeurisme d’être jugé par l’ensemble de ses coéquipiers, de voir les regards s’assombrir et se sentir trahie. Il devait être estimé de quelques soldats non ? Que pensaient-ils ? Elle avait détesté ce moment, inconsciemment elle s’était imaginée à sa place et elle aurait été morte de honte. Il était un paria, un branlot comme disait Calahan. Il devait retourner sur terre et finir sa triste vie dans l’humiliation d’avoir gâché la chance de sa vie ! Mais non… les huiles avaient décidées de lui donner une chance, une foutue chance ! Sur le coup Elana s’était demandée qui il avait sucé pour avoir ce cadeau. Et qu’il devait être sacrément doué le bougre ! Et s’il allait être à la hauteur de cette “confiance”. A moins que ça ne soit que pour le mettre en dépression… ça ça serait dégueulasse.

Son regard alla sur Tim, elle plia le genou pour obéir, même si elle sentait son corps trembler de rage face à cette situation. Elle était la dernière à mettre la rotule sur la terre...une minute d'écart avec le dernier, le temps qu’elle reprenne ses esprits face à cette demande aberrante. Tellement court et à la fois trop long pour l’autre pervers qui allait surement remarqué ça. Elle se calma se disant qu’elle obéissait à Tim et non à une excentricité de Calahan. Mettre plié le genou lui coûtait bien plus qu’elle ne l’aurait cru. Et avant de baisser la tête, elle lança un regard sombre à Matt. Ce mec était un danger pour son équipe et elle ne tolérait pas qu’on menace les siens. Il avait intérêt à se tenir à carreau sinon l’enfer lui sera qu’une douce mélodie quand elle lui passera dessus. Se rendait-il compte que sa simple présence, son simple choix d’avoir été un rebelle arrogant et présomptueux et cette nouvelle chance, allait condamnés d’autres personnes ? Calahan était un gros con. Oui le dieu des connards même. Mais il dirigeait une équipe d’élite et on n’est pas toujours mutés chez lui comme elle l’ait été.

Ruth… elle était dans les renseignements, Ravix pensait qu’il n’y avait que des officiers dans cette branche (et cela était compréhensible), pourtant elle ne portait plus de grande pompeux d’officier. Elana ne connaissait pas son passé, mais Ruth avait très bien put renoncer à ses galons pour être ici. Un sacré sacrifice et si c’est le cas, s’en ait encore plus dégueulasse pour elle d’être au même niveau que le délinquant d’Atlantis. Et lui, il n’avait plus rien, même plus d’estime et il était ici. Il allait souffrir mais cela n’avait pas d’importance tout le monde prend cher… mais le problème était qu’il était dans une équipe censé devenir une élite et lui était tout sauf une fine fleur, une légende mais dans le mauvais sens, il n’était même pas un bon soldat. Cela voulait dire quoi ? Que Calahan avait si peu confiance en eux, qui leur file dans les pattes l’échec suprême de l’armée ? C’est un message ? Pourquoi, il la ramener ici… pour avoir un petit souffre de douleur à poil ? Il est en manque ? Elle n’en savait rien. bien sûr elle aurait pu se dire que ce pauvre gars était dans le même camps…mais non, elle n’avait pas de peine d’empathie et encore moins de pitié pour lui. Enfin elle verra se qu’il donne s’ils doivent faire équipe avec. Chacun avait droit à une seconde chance… mais qu’il fasse ses preuves car il partait de loin et Elana n’en avait pas un bon avis. Pourtant, elle juge peu, mais quand il s'agit de bafouer le corps militaire de cette manière, elle avait déjà établie un avis sur cet homme. Elle détestait les égoïstes surtout ceux qui se torche le cul avec la « famille ». Elle essaya de se détendre, toisant son genou soupirant, cela ne servait à rien de s’énerver. Il allait être brisé et il serait dans la même merde qu’eux. et enduis de tout cela, on a tous la même odeur : celle de la peur.



‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Calahan en profita pour fixer Matt avec un demi-sourire sournois, comme s’il était fier de lui avoir offert ce pouvoir, un pouvoir de roi des branlots…

« Monsieur Eversman. Un discours de la part de votre Sainteté est de rigueur n’est ce pas ? »

Et il allait dire quoi le petite prodige ? Il n’avait rien à dire sauf s’excuser d’être encore ici, dans sa galaxie. Elana attendait … ils n’avaient que ça à faire attendre dans cette position déplaisante. Elle se demandait ce que pensait les autres et elle dévia son regard sur Rita à côté d’elle à droite puis Will a sa gauche.

Les termes employés n’avaient rien d’élogieux ne faisant que renforcer l’humiliation du Ranger. Il se sentait honteux, humilié, blessé dans son âme et dans sa fierté mais ne pouvait rien y faire. Il ne devait surtout rien y faire. Cogner ce type ne servirait à rien. Les lèvres étaient pincées, ce n’était pourtant pas une floppée d’insultes qu’il retenait. Il devait se faire violence pour rester là, pour en rien dire et de se faire violence. Ce n’était pas dans ses habitudes, ça ne l’était plus. Les secondes semblèrent des heures, il ressentait le regard de l’officier mais aussi des autres sur lui. La pression était déjà bien forte sur ses épaules. L’épée de damoclès de Caldwell était là, toujours là… Un mot, un geste mauvais de sa part et c’était la fin. Matt ravala sa fierté, il se contenta d’un signe négatif de la tête gardant la tête basse.

« Je vous trouve bien peu bavard. Vous n’étiez pas plus sûr de vous durant la guerre ? Durant Magna ? Devant vos officiers ? » Le capitaine ne le lâchait pas du regard. « Où se trouve donc votre superbe ?!? »
Les remarques firent mouche. Calahan savait appuyer là où cela faisait mal, nul doute qu’il devait connaître son dossier de long en large. Matt releva quelque peu les yeux vers lui mais demeura silencieux.
« Allez, parlez jeune homme. Je veux vérifier que le soleil n’a pas atrophié votre langue. Savez-vous ce que je suis en train de faire de votre personne ? »
« Non, mon Capitaine » Finit par lâcher à voix basse, l’ordre lui étant donné de parler. Il s’était exécuté mais ce n’était pas de gaité de coeur.
« Eh bien ! Je constate que l’observation constante de notre chère bannière étoilée ne vous a pas rendu plus intelligent. Je me vois donc contraint de vous donner la réponse. Pour cela, vos amis ici-présent seront privés de trois heures supplémentaires d’accès à l’eau. »
Les punitions étaient collectives, chacun payant pour les fautes individuelles. C’était la norme. ça ne faisait que renforcer la culpabilité du fautif. Il avait merdé, qu’on le punisse lui, pas les autres...Matt n’osa pas un regard vers les autres. A cette annonce Ravix l’eu encore plus mauvaise, ils avaient tous affreusement soif et il fallait qu’il s’hydrate avant de flancher avec ce soleil de plomb.

Le Capitaine regarda sa couronne puis la section avant de déclarer :
« Je vous fais vivre par des exemples plus marquants les magnifiques traits de votre personnalité, de toutes les valeurs dont vous avez gratifié votre entourage. Vous vous êtes conduit en arrogant, je leur fait vivre votre arrogance. Vous êtes aussi un égoïste, je leur ferai vivre votre égoïsme. Cela vous plait ? »
« Non, mon Capitaine. »
« Non ?!? » fit-il faussement effaré. « Alors pourquoi ne pas vous être posé cette question AVANT votre sentence ? »
« Je… Je ne m’étais pas rendu compte de la déviance de mon comportement, mon Capitaine »
« Soyez sans craintes, Eversman. » Confia-t-il avec un regard dédaigneux. « Cette section va avoir le loisir d’expérimenter longuement vos déviances, je vais y veiller... »
Matt croisa le regard de l’officier quelques instants comme s’il le suppliait de ne pas faire ça avant de lever les yeux vers les autres. Il était désolé qu’ils aient à subir ça. Qu’il soit désolé n’avait aucune valeur, Elana savait très bien que le but était le sadisme de Calahan, Matt avait beau se complaire en excuses, ils subiront chacun de ses faux pas. Ils étaient condamné à subir les “déviances” d’un homme déchu. Elana sera les poings elle n’avait pas signée pour expérimenter la médiocrité d’une personne. Les huiles avaient donné un nouveau jouet à Calahan et il n’était pas un enfant très doux...

Les membres de l’équipe s’était tous exécuté sans broncher. Ils craignaient tous la suite des événements, surtout depuis qu’il avait signalé leur retard. Ils ne connaissaient pourtant pas le capitaine mais ils savaient combien il pouvait être dangereux lorsqu’il commençait à parler de cette manière. Les regards baissés, les soldats attendirent l’ordre pour se redresser et se replacer au garde à vous.

Calahan quitta l’aspirant pour les passer en revue. C’était moche et égoïste mais Matt fut soulagé de ne plus être sous les projecteurs lâchant un soupir tout en gardant la tête basse. Quelques secondes de répit. En prédateur, avec la dégaine d’une pourriture déjà en manque de sadisme, il parcourait les tenues de son regard. Il s’arrêta devant Ravix en faisant racler ses bottes et accrocha le bas de sa veste de ses doigts, un peu au niveau de son flanc, et lui présenta ensuite sous le nez les traces de plâtre qu’il venait de recueillir. Il était d’un silence mortel, une promesse qu’elle allait le payer chèrement, mais rien ne lui tomba dessus...À son plus grand étonnement, elle se demandait où elle avait chopé ses traces, peut être dans sa lutte avec le sanglier ? Ou durant les explosion sur le sol ? Qu’importe, elle n’avait pas vu ce détail sinon elle l’aurait retirer prestement. Le Capitaine alla jusqu’au bout de la ligne et leur passa ensuite dans le dos, toujours en silence et les mains croisées, mais s’arrêta brusquement au niveau de Bowers. Il s’approcha un peu et tira de ses doigts une petite mèche rose qui s’était échappé de sous son casque.

« Tiens, tiens, tiens. Qu’avons-nous là ? » Siffla dangereusement Calahan.

Izabel cessa soudainement de respirer. Son visage était resté figé vers l’avant mais ses yeux s’étaient déportés sur le côté, comme si elle avait tenté de fixer l’officier. Une expression d’angoisse intense se lut sur sa figure alors qu’il se positionnait devant elle et ajoutait avec un signe de menton :
« Et si vous m’enleviez votre casque, soldat ? Que je puisse admirer ça de plus près ? »
Quiconque aurait regardé dans sa direction aurait vu des tremblements soudain la parcourir. C’était involontaire mais Izabel avait soudainement senti le sol se dérober sous ses pieds en comprenant qu’il avait découvert ses couleurs. Elle n’avait pas réussi à les retirer, c’était un accident, juste un accident. Et elle savait que l’officier n’attendait que ce genre de chose. Qu’allait-il lui faire subir ?
Mal, elle savait qu’elle allait avoir mal. Très mal. Cet homme savait faire souffrir en touchant le point sensible, celui capable de vous réduire en bouillie. Comme n’importe quelle victime qui se sait ciblée, la jeune femme demeura stoïque avant de prononcer d’une voix chevrotante :
« Mon Capitaine...je...permettez-moi...m’expliquer...je... »
« SILENCE !!!! » Rugit-il brutalement. « Vous allez ôter votre casque, c’est un ordre ! »
Le visage de l’infirmière se tordit de douleur. Elle faisait des efforts désespérés pour ne pas pleurer, ses yeux humides n’avaient pourtant pas échappé au Capitaine qui s’en moquait éperdument. Iza se sentait piégée et elle avança des mains tremblantes jusqu’à son casque pour découvrir ses cheveux aux mèches colorées. Le regard de l’officier s’illumina de façon malsaine et il hocha imperceptiblement la tête.
« La fantaisie vous rend “belle”. C’est ce que vous recherchez dans cette armée, n’est-ce pas ? »
« Non...je...je m’excuse... »
« Vous voulez attirer l’attention soldat ? Être plus femme que militaire peut-être ? »
« Monsieur...je n’ai pas pu...je... »
« SERGENT BRASS ! »
« Capitaine ? »
« Dois-je conclure que vous cautionnez les manquements à l’image réglementaire du soldat ? »
« Négatif, mon capitaine. »

Calahan avait hurlé en maintenant son visage près de celui de sa victime. Celle-ci mobilisait toutes ses ressources pour ne pas trembler mais il était maintenant très clair que cet homme lui filait une trouille bleue. Elle ne savait pas ce qui allait lui arriver et elle regrettait de ne pas avoir eu l’occasion de s’expliquer. Si seulement on ne lui avait pas menti. Si seulement ces couleurs étaient bien temporaires...si seulement… Elana s’était tendue en entendant le capitaine gueuler… sa première pensée quand il s’était approché de la toubib était un « non non les mèches licornes »… il les avait vus ! et personne n’avait fait gaffe à ce détail, tout éreinté pour se soucier de quelques mèches de cheveux.

L’officier se retira pour aller défier le sergent. Celui-ci déglutit, il savait qu’il allait en être tenu pour responsable et qu’il allait le payer à la façon Calahan. C’est à dire que ce n’était pas lui qui allait payer la note pour avoir manqué à l’aspect des soldats qui lui étaient confiés. C’était Bowers qui serait la cible de tout.
Les mots de l’officier furent tranchants, sans appel.
« Mettez ce soldat en règle immédiatement ou vous partagerez votre voyage retour avec le roi branlot. »
Tim acquiesça. Non seulement il ne voulait pas être viré mais il savait que s’il jouait au plus fin en acceptant que cette menace soit exécutée, Calahan trouverait quelqu’un d’autre pour faire le boulot. Il l’avait dit à son équipe, il n’avait pas gardé cette réalité secrète : il était trop près des hommes et il avait tendance à choisir l’humain plutôt que le devoir. Il avait bien vu ces mèches et il aurait dû agir avant. Maintenant, cette pauvre femme allait payer le prix fort.
« Je vous ordonne de me ramener ces cochonneries. »
Brass salua le capitaine puis quitta sa position pour s’approcher d’elle. Quand elle lu dans son regard qu’il n’allait pas la protéger, ou du moins pas comme elle l’entendait, Izabel se cru abandonnée et céda. Elle commença à reculer.
« Non, Tim...s’il vous plaît... »
« Soldat, conservez votre position. Silence. » Déclara le sergent d’une voix hachée. Il lui coûtait tant d’agir de la sorte.

Le regard de Tim se porta sur l’équipement accessible de l’infirmière et il repéra ses ciseaux d’intervention. Quand il s’en empara, le visage ravagé par la culpabilité, Bowers trembla de tous ses membres.
« Non, non. Pas mes cheveux, je vous en prie, ne faites pas ça... »
« Tenez-là. » Ordonna-t-il à Danny et Rita.
Forcément, les hommes hésitèrent, les yeux ronds comme des billes.
« Allez, tenez-là. »

Bowers n’en pouvait plus. Ses jambes cédèrent et ses deux collègues la portèrent quasiment de force. Danny avait le visage rouge, les yeux baissés, tandis que Rita massait discrétement son dos de sa main valide pour lui faire comprendre que ça allait bien se passer, qu’il ne fallait pas qu’elle réagisse comme ça pour des cheveux. Mais la situation était horrible, elle en aurait pleuré elle aussi. Elle aurait supplié. Les cheveux d’une femme, c’est une bonne part de la féminité. C’était odieux et Calahan s’en délectait.
En comprenant que sa collègue allait résister, Tim chercha du soutien dans le regard de Ravix et lui fit un signe de tête pour qu’elle vienne l’aider. Il prit le casque de la jeune femme et le retourna pour s’en servir de réceptacle.

La mâchoire toujours autant vissée, la caporale, soutenue le regard de Tim. Il n’avait pas le choix, il devait couper les cheveux d’Iza… quitte à se faire détester, mais valait mieux quelques mèches en moins que de subir autre chose. Même si elle devait avouer qu’elle comprenait, cela lui ferait un choc de couper ses long cheveux blond… même si au final elle n’y tenait pas tant que ça. Ainsi, elle hocha la tête en direction de Tim, pour lui donner un peu de soutiens et de courage dans cette terrible décision. Elle s’avança de quelques pas, posant un bras réconfortant sur la jeune femme, lui frottant avec une douceur assez étonnante venant d’elle. Oui, elle compatissait et elle essayait de la calmer. En passant vers Tim elle lui souffla dans un murmure : « Essai de faire un truc potable quand même… que ça soit rattrapable par le coiffeur.»

« Un instant ! » fit le capitaine en levant la main de façon autoritaire. Tout le monde leva le regard ou le tourna dans sa direction.

Allait-il leur demander d’arrêter ? Y avait-il une limite à sa cruauté ? Non...chez Calahan, ça n’existait pas. Le sergent ne se retourna même pas pour regarder l’officier, il avait simplement cessé d’approcher les ciseaux des cheveux de sa collègue en priant de toute son âme. Mais ce n’était pas suffisant.
Le capitaine fixa Eversman avec un sourire étrange et déclara d’une voix presque enjouée :
« Cette infirmière s’est bien occupée de notre Roi des Branlots. Pourquoi ne pas vous improviser coiffeur pour lui rendre la pareille ? »
L’officier maintenait son regard dans celui de l’ancien Rangers. L’incompréhension se lisait dans le regard du militaire ? C'était bien là, la première fois qu’on lui demandait des conseils coiffure et il n’était certainement pas la bonne personne pour ça.
« Vous pouvez bien lui rendre ce service n’est-ce pas ? Débarrassez-la de la moindre couleur non naturelle, c’est entendu ? » La bouche s’entrouvrit, il ne savait même pas ce qu’il allait lui dire mais fut interrompu par les cris de l’infirmière.
« NON, non. J’arrête... » Hurla Bowers. « Je démissionne. JE DÉMISSIONNE !!! JE DÉMISSIONNE !!! »
Elana porta son attention sur elle, essayant de la calmer, si elle venait à donner autant de bille à ce pervers, elle allait en baver encore plus. Non, elle ne pouvait pas démissionner pour des cheveux ! Elana lui achèterai une perruque si elle veut, mais pas ça. « Calme toi Iza… » chuchota t’elle.
L’infirmière répondit par une longue plainte de peine à moitié étouffée.

Un rictus carnassier tordit le visage du bourreau. Il s’approcha des quelques pas qui le séparaient de l’infirmière mais fut interrompu par le sergent Brass. Il venait de se placer entre eux, faisant barrage de son corps pour se pencher et murmurer une longue phrase à l’oreille de sa toubib. Dévastée, la jeune femme hocha plusieurs fois de la tête en pleurant et la baissa ensuite d’un air complètement résigné. Tim lui massa l’épaule, comme s’il lui promettait la chose secrète qu’il lui avait murmuré puis il se tourna vers l’officier. Il avait peur. Pas de la suite. Tout simplement peur de la perdre. Il échouait encore à ce que Calahan voulait faire de lui.
« Mon Capitaine, je m’oppose à cette déclaration. Le soldat Bowers n’a formulé aucun souhait de démission. »
« Ah oui ? Je serais le sujet d’hallucinations auditive ? » Il contourna le sergent et s’agenouilla pour rajouter avec une forme de haine dans la voix :
« Voulez-vous rejoindre les branlots ? »

Izabel sanglotait, elle était toujours retenue à genoux par Danny et Rita qui n’en pouvaient plus, également abattu. Elana était avec eux, aussi regardant longuement Iza, se demandant ce qu’avait pu dire Tim pour qu’elle calme sa peur et qu’elle fasse place à l’inévitable. Mais quelque chose avait changé en elle et sa tête fit un signe de négation assez clair. Elle ne répondit pas verbalement.
Le capitaine se redressa puis donna l’ordre à Eversman de commencer la découpe. Le coeur lourd, le visage cassé par la culpabilité, Tim lui tendit les ciseaux avant de remplacer Danny qui semblait sur le point d’exploser. Il ne fallait surtout pas qu’il aggrave les choses.
« Perd pas de temps Eversman. » Lui ordonna-t-il, le regard sombre.
Elana retenue une moue de dégoût… déjà que Tim doivent couper les cheveux d’Iza était une chose, une forme d’injustice, mais que ça soit l’ex soldat cela ne faisait que renforcer la peine. Si elle restait auprès d’Iza s’était pour elle, pour qu’elle sache qu’elle n’était pas seule et qu’elle serait soutenue avec ou sans cheveux licorne. Ravix se redressa posant une main sur l’épaule de la jeune femme, alors que Tim prenait la place de Danny, d'ailleur elle lui jeta un regard qui se voulait apaisant, (même si bon, elle était mauvaise communicante). Il ne fallait surtout pas qu’il explose et qu’il se révolte, ce n’était qu’un apéritif là… le pire était à venir.
« Et applique toi un minima » souffla d’un air tranchant Ravix en complément de la phrase de Tim.

C’était bien là, la première fois que le Ranger allait couper les cheveux d’une personne. Son expérience de coiffure se limitait au passage de la tondeuse sur quelques têtes masculines. Bien court sur les côtés. Autant dire que ça s’annonçait catastrophique. Il était désolé pour elle, désolé d’être forcé à le faire mais il n’avait pas le choix. C’était d’autant plus difficile que celle-ci était venue l’aider et maintenant il devenait son bourreau. Matt ferait de son mieux, il lui devait bien ça. Il hocha la tête aux différentes instructions des autres. L’ordre fut exécuté, fébrilement au départ puis Il tâcha d’être le plus rapide possible, de couper le moins possible même si déjà de nombreuses mèches colorées remplissaient le casque mais surtout de ne rien laisser de coloré. Pas question de laisser un mobile à Calahan pour l’humilier davantage. Lorsqu’il eut terminé, il vérifia qu’il n’y avait plus de crin de licorne passant sa main sur le crâne de celle-ci avant de finalement lui effleurer la base du cou plus longtemps que nécessaire époussetant quelques mèches cherchant à lui témoigner son soutien. L’ordre ayant été exécuté, il tendit l'ustensile en direction du sous-officier avant de se décaler d’un pas pour permettre la vérification par l’officier.

Personne n’avait vraiment pu savoir ce qu’il s’était passé dans le coeur et l’esprit de Bowers. Elle tenait beaucoup à ses cheveux mais, confrontée au risque, ce n’était pas une si grande perte. Ce qui l’avait le plus meurtri avait été ce cocktail détonnant de réalité difficile à encaisser. En premier lieu, ses crins de licorne, ainsi joliment prénommé par Ravix, représentait l’anniversaire qu’elle avait fêté et ce petit concours de drague entre soeurs sur ce beau docteur. Sa grande soeur, trente six ans, elle avait beau essayer d’y songer, le raclement de ses propres ciseaux sur son crâne la faisait gémir.

Elle se voyait devoir continuer de s'entraîner, vivre, faire face, voir Carson avec la tête les cheveux raccourcis et troués.
Et le regard de Tim. Elle l’aimait bien ce sergent, il était très humain. Elle en avait vu se prendre pour des cadors, d’autres user du grade pour draguer les gonzesses (il y avait même un homo qui essayait de convertir un hétéro qu’il avait dans son viseur). D’autres sergents plutôts sympas mais très lunatique.

Lui, il les avait prévenu pendant le vol. Il n’avait pas refusé son besoin d’aller sauver Ruth, il la lui avait même amené en la portant sur son dos.
Et...c’est cet homme là qui avait pris les ciseaux avant que le type à poil ne le remplace.

Dans le coeur d’Izabel, et malgré le fait qu’elle savait bien que Calahan était vraiment le coupable, c’était un véritable champ de ruine. Comme une atroce désillusion où le chef en qui ont avait confiance, l’impression de sécurité pour l’avenir, tout ça, s’évanouissaient d’un coup.

Les signes de ses collègues parvenaient à peine à la rassurer, elle n’en sentait qu’une moitié à peine. Le reste qui la traumatisait, c’était ce foutu bruit de ciseaux qui ne cessait de scinder ses mèches, les désolidariser de son cuir chevelu. Izabel était une militaire, une infirmière de combat...mais elle n’aurait jamais pensé vivre aussi douloureusement la perte de ses cheveux.

Lorsque le manège cessa enfin et que l’aspirant s’écarta, Bowers interpréta cela comme la fin de son calvaire. Elle s’effondra dans des sanglots silencieux, les hoquets étant seuls source de bruit et un automatisme l’amena à chercher du réconfort. Sans vraiment savoir pourquoi, elle gagna à quatre pattes les quelques centimètres qui la séparait d’Elana Ravix et entoura sa jambe droite de ses deux bras. Elle s’y cramponna avec force, sa poitrine vibrante de chagrin se transmettant dans ses muscles pour remonter ses cuisses. Rita s’était agenouillée et posait une main sur l’épaule de sa collègue, elle respectait son état.
Le contact fit fourmilier le corps d’Elana qui s’abaissa à son tour, pour réconforter la jeune femme. Matt n’était véritablement pas doué avec ses mains. Elle avait les cheveux tellement court qu’un coup de tondeuse aurait été plus réussi. Mais bon, pour retirer toutes les mèches colorées il fallait au moins ça. Cela n’était pas agréable, mais elle avait la chance d’avoir un beau visage, elle gardait une certaine beauté. Il est impressionnant de voir, que les cheveux construisent un visage, le rendant méconnaissable selon la coupe. Et là Iza était complètement différente. Le cœur de Ravix était lourd, elle ne le montrait pas, non, elle était toujours aussi apathique et pourtant, elle soutenait sa collègue dans sa peine avec ce geste de la main dans son dos. La frottant. Dans la communication non verbale de sa détresse, l’infirmière semblait récupérer un petit peu.

Peut-être que d’autres n’en aurait rien eu à faire de perdre ses cheveux. Mais voilà, ce n’était pas simplement une affaire de cheveux. Pour une question de mèches dépassant du casque, l’infirmière prévenante et bienveillante venait de subir une humiliation complètement injuste.

La gorge serrée, le sergent Brass récupéra le casque chargé des cheveux de son soldat et le donna au capitaine avant de le saluer. Celui-ci opina du chef avant de changer complétement de sujet. Il n’avait aucun scrupule. Ce qui venait de se dérouler lui semblait aussi naturel que d’aller chez le coiffeur.
« Vos hommes ont-ils besoin de se restaurer, sergent ? »
« Affirmatif. Nous avons besoin de vivres et d’eau. »
« Vous n’aurez pas une goutte d’eau avant la fin de cette journée, remerciez votre roi pour sa perspicacité. » Trancha Calahan. « Quand aux vivres, je vous laisse dix minutes, pas une de plus. »
Tim était forgé à cet exercice. Tous les militaires le connaissait un jour dans une forêt, un champ ou même en milieu urbain. C’était la collecte par tous les soldats d’éléments comestibles pendant un temps imparti. Lorsqu’ils se retrouvaient, ils faisaient tout cuire dans la même gamelle en alluminium puis ils prenaient chacun une bouchée.
Cela ne nourrissait pas mais chacun apportait sa petite contribution pour essayer de nourrir les autres. Dans son cas, plus il y aurait de monde dans cette forêt et plus le repas serait riche...pour le peu qu’il le serait.
Impossible d’emmener Izabel, elle était trop affectée et quelqu’un devait rester avec elle. Deux personnes en moins. Son regard alla donc à la rencontre d’Eversman avec sa couronne de manquement.
« L’aspirant fait-il partie de mon escouade ? » Demanda-t-il avec un ton véritablement contraint.
« Certes. Mais ménagez-le. Ce brave homme a tendance à se plaindre lorsque l’adversité lui est inconfortable. Et s’il se plaint, vous paierez. »
Forcément, le regard de Brass changea. Il détestait Calahan au plus profond de son être mais il ne parlait jamais pour ne rien dire. Il y avait toujours un sens ou un message à déduire. Là, c’est que ce type était du genre chochotte en mission. Ou du moins qu’il avait tendance à se plaindre. Tim devait garder son équipe soudé avec ses forces et ses faiblesses. Mais il savait qu’il aurait du mal à se retenir si le type ne se comportait pas comme un soldat d’Atlantis, ce qu’il avait déjà prouvé, visiblement, en étant radié publiquement.

En attendant les propos de Calahan, qui confirmait ses pensées plus tôt, elle leva le regard vers Matt. Son regard d’acier aussi tranchant qu’une lame aiguisée. Elle se leva, laissant Iza continuer à s’accrocher à elle comme une moule à son rocher. Elana pouvait être le roc de son équipe, cela était son rôle. Mais elle n’aimait pas la marée et les vagues de violence qui essayait d’égratigner ses mollusques à elle ! Elle était proche du nouvel aspirant et le ton qu’elle employait était à l’image de son regard, elle prit néanmoins la précaution que seule Matt pouvait entendre et non le capitaine. Rien ne traduisait dans sa gestuelle, aussi immobile qu’une statue de marbre.
« Je te conseille de trouver le courage et l’état militaire qui ton fait défaut jusqu’à présent. Du moins, le temps que finisse cet entraînement. » il avait une menace là-dedans, s’il échouait ou s’il par ses plaintes ou ses actions, il entraînait l’équipe au plus bas et qu’à cause de ça, il ait des nouveaux “branlots”, Matt le paierai cher, très cher.
« Ca va comme ça, caporal, il a saisi. » Fit le sergent qui s’était approché, Elana avisa le sergent de son air morne. Elle ajouta :
« Fais tes preuves ou démissionne. » conclut t’elle sèchement avant de plier les genoux, pour aider Iza à se lever et à se mettre sur ses deux pieds.
« Je démissionnerais pas... » souffla-t- il avant de suivre le sous officier. S’il avait voulu lâcher, il l’aurait fait suite à l’entretien avec le Colonel. Il n’aurait pas subi tout ça pour rien. Maintenant il était résolu à aller jusqu’au bout.
En réponse Elana hocha la tête sèchement, la réponse lui convenait bien, il devait maintenant faire ses preuves.

L’infirmière suivit le mouvement en changeant son accroche. Ses mains s’étaient emparés du gilet tactique de Ravix comme si elle avait peur de la perdre et de ne plus être sous cette protection relative. En sentant la présence de Matt, elle s’était soudainement raidie et écrasée un peu plus contre son caporal. Elana la soutenue davantage en réponse.
« Je suis désolé » Murmura-t-il à l’infirmière s’écartant pour ne pas lui imposer davantage sa présence. Ça ne lui rendrait pas ses cheveux, c’était sur mais bon au moins il lui aurait dit. Elana lui jeta un petit regard avant de se désintéresser de lui.

Quand Calahan consulta sa montre, le sergent comprit qu’il s’agissait d’un top départ. Il s’empressa donc de regrouper son équipe, invitant Matt d’un signe de tête, pour former l’attroupement autour d’Iza qui s’était légèrement calmée.
« Bien, mission de collecte, nous avons neuf minutes. Je pars avec le nouveau. Danny, Rita, vous prenez l’est. Will et Ruth, l’ouest. Privilégiez les baies, oubliez les champignons et ne ramenez pas d’eau. Surtout, surtout, ne soyez pas en retard les enfants. C’est compris ? »
Ils acquiescèrent. Son regard alla ensuite à la rencontre de Ravix.
« Je te confie Iza. Ne la laisse pas sombrer. » Fît-il doucement.
« Reçu »


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by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


aide couleur:
 

DU COTE IZA RAVIX


Elana serait bien allé faire la collecte, mais s’occuper d’Iza lui convenait tout autant. Elle ne savait pas, ce qu’ils pourraient trouver à proximité en si peu de temps. Mais passons. Elle entraîna Iza un peu plus loin, satisfaite que Tim prenne avec lui l’aspirant, elle ne voulait pas l’avoir dans les pattes pour le moment. Elle devait faire le point sur tout cela. L’injustice la travaillait et elle ne devait pas s’autoriser à prendre en grippe cet homme directement. Mais tant qu’il est une menace pour ‘l’équipe, elle aurait du mal à se dépêtrer de son instinct de chien de garde. Par contre, s’il venait à être en danger elle le sauvera sans hésiter une seule fois. Là était le paradoxe de son caractère, même si elle n’appréciait pas quelqu’un elle lui accorderait autant d’importance qu’une autre, il reste une « vie » après tout. Après, elle n’avait pas d’appréciation sur l’homme, elle avait cependant un jugement sur ses actes et il était là pour se racheter. Elle avait toujours un doute sur les rédemptions, on voyait bien des criminel retomber dans leur démons… alors un militaire paria ? Qui avait fait acte de trahison de guerre ? Pouvait-on lui faire pleinement confiance ? Il allait ramer pour redorer son image et elle ne voulait pas être à sa place. Elle chassa de son esprit Matt avant de se concentrer pleinement sur Iza.

« Ma tante disait qu’on reconnaît qu’une femme est vraiment belle, quand elle a perdu ses attributs. Même si ta coupe est à revoir tu n’as pas perdu ta beauté. » elle ne savait pas si cela aiderait Iza…
« Je méritais pas ça ! Ce type, c’est le diable. Il est ignoble ! » répondit-elle dans un reniflement. « J’arrive pas à me calmer, je tremble. Je présente les signes d’un...d’un état de choc. »
Oui, elle ne me méritait pas, personne ne le méritait. Elana lui prit la main pour la rassurer. « Non ce n’est qu’un homme. Un Wraith est bien pire. » Elle en avait pas encore vu, mais Calahan semblait être un agneaux à côté de ces vampires. Elle la regarda, oui cela semblait bien être le cas, un état de choc. Et elle ne savait pas du tout comment réagir ou faire. Alors, qu’elle garda le silence avec une petite moue au travers de sa bouche tout en tapotant la main de sa coéquipière.
« Je...veux pas...le savoir... »
Elana hocha la tête personne ne veut et pourtant ils sont tous amenés à en rencontrer un, un jour. Elle ne répondit pas, parler de Wraith n’était pas le bon moment.

L’infirmière essayait de se reprendre mais cela lui semblait insurmontable. Elle voulait tout abandonner, rentrer chez elle. Ne plus sentir ces courants d’airs sur le sommet de son crâne. Mais non, elle était toujours dans cet enfer. Sa perception terre à terre était largement entamé par les tremblements traumatiques que Ravix sentait sans mal contre son corps. Mais Izabel ne voulait pas rester un poids.
« Je...je dois me traiter...si je ne veux pas être un poids. Tu m’aides ? » Demanda-t-elle dans une quasi-supplique.
« Bien entendu. tu veux que je fasses quoi ? » Iza lui brisait le coeur par sa détresse, mais au moins elle avait encore du courage pour surmonter tout ça. Et ça, c’est une véritable force, qu’elle admirait.
La jeune femme respirait fort. Elle pointa un endroit à l’écart pour que Ravix l’aide à s’y rendre. La caporale l’agrippa, pour la soulever, la portant presque par moment. Elle ne se ménageait pas et elle rêvait d’une fontaine d’eau a cet instant. Ses jambes tremblaient tellement qu’elle eut besoin de son aide pour s'asseoir sans s’effondrer.
« Tu vas...me faire une...une injection. »
Elle acquiesça en déposant son sac. Elle avait la tremblote et elle suait à grosses gouttes. Difficilement, elle l’ouvrit et selectionna deux ampoules qu’elle déposa sur le bord du tissu. Elle y ajouta ensuite une paire de gants chirurgicaux et une seringue emballée.
« Je peux pas le faire. Je vais me louper. Commence par...par mettre les gants... »
Une injection ? Soit, elle n’avait jamais fait ça et elle n’était pas réputée pour sa douceur. Elle se saisit des gants qu’elle enfila sans attendre déballant la seringue, Elana suivit les autres indications, remplissant la seringue en respectant le dosage des deux ampoules.
« Un sédatif...léger. Et un décontractant musculaire, une faible dose. » Expliqua Bowers en se séparant de sa veste.
« Tu vas être opérationnelle ? Il ne faut pas que je te fasses un garrot ? Par contre, je ne suis pas douce… navré si je te fais mal. »
« Un peu désorientée mais...ça ira...je serais plus apte qu’en...qu’en état de choc... » Elle lui présenta son épaule. « Le garrot c’est...pour les prises...de sang. Là, tu plantes dans les chairs...appuie sur le piston...et masse ensuite lentement. »
Izabel reprit son souffle. Il semblait que son état actuel ne s’améliorerait pas sans cette injection.
« L’effet sera...rapide. »

Elana la regarda puis la seringue, elle espérait que Calahan ne trouve pas dans son air un peu hagard une nouvelle manière de la torturer. Elana réfléchit quelques secondes avant de planter la seringue directement, essayant d‘être douce mais cela était une illusion, elle n’est pas non plus douée pour ça. Une fois fait, elle retira les gants et la seringue pour les enrouler dans le tissu avec les autres déchets. Les ampoules encore pleines furent rangées rapidement dans les logements. Elana lui jeta un regard pour évaluer le changement sur l’infirmière.

Elle s’était calée contre elle, comme à la recherche de chaleur humaine tandis qu’elle émettait des plaintes étouffées. Bowers ferma les yeux sous l’effet immédiate de la médication et ses tremblements s’estompèrent peu à peu. L’infirmière ne parlait pas, elle ne regardait pas sa collègue. Mais rien que par les signaux non verbaux, la caporale pouvait s’apercevoir de l’amélioration de son état. Sa respiration fût moins fragmentée, un peu plus lente et profonde. Ce qui rassura Ravix qui la laissa se caler à sa mesure sur elle. loin d'être tactile habituellement, elle tolérait et acceptait le contact qu’avec des militaires. Elle lui apporta la chaleur dont elle avait besoin. En tout cas, en peu de temps, les liens se resserre et se forge, dans l’adversité on devient plus fort.
« Maintenant...il ne faut pas que je m’endorme. Aide-moi... » Lui souffla-t-elle.
« Pourquoi tu t’es engagée sur atlantis ? » demanda Ravix, un sujet qui allait la tenir éveillé.
Izabel ne bougeait pas. Elle se sentait en sécurité coincée entre les bras de la consoeur au visage le plus rude de l’équipe. Lorsqu’elle posa la question, une lueur s’alluma dans le regard de l’infirmière.
« Anastazie... »
« Qui c’est ? » ça pour une réponse complètement surprenante sans était une...
« Ma grande soeur. On a toujours tout fait ensemble... »
Izabel souffla, son rythme cardiaque se stabilisait, son esprit était fixé sur un bon souvenir. C’est donc assez naturellement que sa voix prit une teinte d’émotion et de profonds sentiments. L’infirmière avait ressorti sa photo, celle où elles embrassaient chacune une joue d’un Carson rouge tomate. Elana reconnue immédiatement la photo.
« Elle était radiologue à l’infirmerie du SGC. Moi, simple infirmière...au suivi de santé des recrues. » Izabel soupira. « Quand elle est partie, j’ai cru qu’une part de moi mourrait. Alors...quand j’ai su que des places s’ouvraient...mon chef m’a aidé pour la candidature. Je... »
Elle monta un regard sur sa collègue, se détachant un peu.
« Je voulais faire de grandes choses...comme elle...mais surtout je ne voulais pas être séparée de ma grande soeur... »
Elle rangea sa photo.
« Enfantin, stupide, dit comme ça. Mais ma grande soeur, c’est tout ce que j’ai... »

Elana était fille unique, elle aurait aimé avoir quelqu’un aussi...mais déjà que sa mère daigne faire un enfant était un exploit alors un second… alors ce besoin, ce manque elle l’avait retrouvé à l’armée et même si Eric n’était qu’un homme comme tout les autres, il avait été son frère d’arme et elle l’aurait suivi à l’autre bout de la terre de son vivant, parcequ’elle avait un lien avec lui. Son monde, une part du siens du moins était mort quand il avait rendu son dernier souffle.

« Ce n’est stupide. On fait tous des choix. Au moins tu es avec quelqu’un que tu aimes et qui t’aime. Vous vous soutenez c’est le principal. »
« Je me rends compte qu’il y en a d’autres. Tu t’occupes de moi... » Fit-elle.


‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan



DU COTE MATT TIM


Quatre minutes plus tard, le sergent Brass s’était enfoncé dans la forêt en compagnie de l’aspirant. Il s’était tenu silencieux sur le chemin jusqu’à être certain de ne pas être écouté. Le reste de son équipe était partie et il se mit à fouiller les différents buissons. Il y avait des mûres sauvage, très peu, mais encore comestible qu’il cueillit pour le placer dans son casque.
« J’imagine que c’est ta première fois avec Calahan, c’est ça ? »
Il trouva confirmation dans son regard avant de continuer.
« Moi, c’est ma quatrième. Je suis le seul expérimenté par ses tactiques sordides. Ravix a été muté. Mais tous les autres sont des volontaires qui ont parié gros. »
Brass allait mettre les choses au clair avec lui. Matt n’y couperait pas. C’était même normal.
« Les places sont chères pour avoir la chance de partir en exploration. Il y a les militaires qui font les tours de gardes sur la cité et ceux qui vont à l’aventure. Le seul moyen d’avoir cette opportunité : c’est de faire partie des meilleurs. Donc d’intégrer la troupe de Calahan. »
Le sergent prit la dernière baie et alla un peu plus loin.
« Ces recrues risquent gros. Je trouve que c’est une belle équipe : la mienne. Et je veux la garder avec tous ses effectifs. Si je veux réussir, je vais avoir besoin de tout le monde à 100%. Surtout toi. »
Il se tourna pour affronter son regard.
« Ca va être facile pour personne. Et tu vas prendre le tarif. Mais voilà : toi tu as déjà eu ta chance. Maintenant les miens méritent d’avoir la leur. Je peux compter sur toi ? »
« Je compte pas laisser passer ma chance, Sergent. » Il préférait être clair avec le sous officier, il était là lui aussi pour repartir en mission.
Brass acquiesça lentement.
« Rappelle toi que tout ce que tu feras de travers, c’est mon équipe qui le paiera au prix fort. Je protégerai les miens quoi qu’il arrive, on se comprend ? »
Calahan l’avait déjà prouvé en les privant d’eau pour une de ses erreurs. L’officier ne lui ferait aucun cadeau, il en avait vite pris conscience. C’était eux contre lui et parfois lui avec eux comme en ce moment. « Oui, Sergent. » Il n’y avait rien de plus à récolter dans le coin. Rien en tout cas qui lui paraissait comestible.
« Merde, c’est déjà l’heure. » Nota le sergent en regardant sa montre. « Ramasse le petit bois, je sens que les collègue ne penseront pas au nécessaire pour le feu de camp. »
« OK. » Il se pencha aussitôt pour récupérer les branches les plus sèches. « Il faut s'attendre à quoi pour la suite, Sergent ? » L’enfer. On le lui avait déjà promis mais autant avoir une petite idée pour anticiper un peu.
« Je ne sais pas. » Avoua-t-il. « Il change toujours de scénario. Peut-être qu’il va essayer de nous monter les uns contre les autres. Il a déjà relevé les faiblesses de la moitié du groupe. Quand il aura l’autre moitié...les choses sérieuses vont commencer. Il nous détruira... »
Tim soupira.
« Aucune section n’a jamais pu lui résister. Mais je refuse de perdre celle-là. Cette fois, je ne le permettrait pas. »

Le Chef de section semblait tenir à son escouade et à chacun de ses membres. D’une certaine manière, ce dernier lui rappelait quelque peu Sheppard a toujours prendre soin des autres. Matt aurait presque envie de lui parler comme à un pote mais cela l’avait déjà fortement desservi. Avec Pedge. Avec Sheppard. Pas de troisième fois. Matt l’écouta tout en retirant cette fichue couronne pour retirer la sueur de son front. Il perlait littéralement et ce changement de température brusque avec la forêt n’avait pas arrangé la chose. Un peu de fraîcheur faisait du bien. Il ne jeta pas un regard à son chapeau, il ne valait mieux pas et le remit avec dégoût. Avant de repartir, il lui agrippa néanmoins Le Bras l’espace de quelques instants de manière à attirer son attention avant de relâcher.

« Merci pour tout à l’heure, Sergent. Tu étais pas obligé mais tu l’as quand même fais. » il aurait pu aussi le laisser là à cramer au soleil ou lui parler comme une merde en le dénigrant. Une manière de lui montrer qu’il avait remarqué ses gestes.

Tim le fixa un instant. Il avait presque de la tristesse dans la voix quand il répondit :
« J’espère que tu sauras t’en souvenir quand Calahan t’aura foutu au pied du mur. »


@ pyphi(lia)

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