Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Dim 5 Aoû - 17:17
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


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Le capitaine Calahan dirige une compagnie à effectif réduit de 74 soldats (soit 10 escouades de 7 hommes et quatre officiers composant l’organe hiérarchique). Après le décès d’une bonne partie de ses soldats durant la guerre, plusieurs recrues dont Ravix venait de poser le pied sur la cité.

La capitaine procéda à un long remaniement de ses troupes. Le fonctionnement était assez exceptionnel car, en remplaçant le Capitaine Harris coupable de trahison l’an dernier, Calahan avait changé pas mal de son organisation. Ainsi, la compagnie C des militaires de la cité s’organisait comme une armée propre, unie avec affectation permanente. En revanche, le tableau de service faisait qu’en-dehors de toute mission particulière ou d'entraînements, ils étaient tous répartis selon les besoins de la cité.

C’est comme ça que, par exemple, le soldat Ravix avait fait sa première mission avec le Major Frei. Elle pourrait être appelée pour de futures missions ou de la garde.

Mais le capitaine était l’officier le plus détesté de toute la cité pour une raison précise : il était ignoble. D’aucun de ses soldats n’iraient le critiquer sur ce qu’ils leurs avaient fait subir. Car leur entraînement étant bien plus poussé que les autres, ils étaient plus solides, plus dur à briser. Et c’était très important pour leur boulot.
La haine demeurait malgré tout.

Indrick Calahan ne laissait personne se reposer sur ses lauriers. Chaque session d'entraînement, il prenait une seule section avec lui et il procédait à un roulement. Le sergent Tim Brass, un ancien de SG-10, avait passé l’année sous son commandement. Il était un peu trop humains par moment, un peu trop proche des hommes. C’est pour ça que le capitaine l’avait affecté à une toute nouvelle section de recrues.

Le sergent savait à peu près ce qui les attendait et il redoutait déjà ce moment. La manoeuvre militaire allait durer trois jours. Trois jours d’un véritable enfer.
Le rendez-vous était prévu dans la baie des jumpers et la majorité des soldats étaient en avance.

« Essayons de cacher ça... » fit Ruth.

Cette grande femme à l’air de fouine avec ses lunettes ajustait la coiffure du médecin de l’escouade. Les mèches rose et violettes ressortaient et elle essayait d’assurer un chignon strict pour le faire disparaître à l’arrière de son casque de combat.

« Est-ce qu’il est aussi terrible qu’on le dit ? » Lui demanda-t-elle en se laissant faire.
Will Sandoval, le plus fin de la troupe, était en train d’assurer la besace qu’il avait sur le flanc. Il se trouvait près du jumper qui se préparait pour les emmener et il accosta le sergent pour lui dire :
« Vous le connaissez, vous, sergent. C’est vrai ce qu’on raconte ? Il a fait boire sa propre pisse à un mec parce qu’il avait picolé en service ? »
« Des histoires, il y en a assez pour écrire un bouquin. » Répondit-il en grinçant des dents. Il le regarda de bas en haut. « T’es paré ? »
« Ouais chef. »
« Parait que quand une section revient, il y en a toujours qui finissent à l’infirmerie. Y’a Isia, une toubib de la cité, qui en a tellement marre de revoir les soldats dans un tel état, qu’elle est venue dans son bureau avec un scalpel pour lui couper les couilles. Tu le crois ça ? »
« Pfouuuuu ! » fit Danny Blake en sortant du jumper. Il avait fini d’installer le Godzilla à l’intérieur. « Tu parles d’Isia Taylor Laurence ?!? Cette nana est complètement fumée. J’ai entendu cette histoire, il paraît qu’il a fallu quatre gardes pour l’arrêter. Une tornade cette gonz... »

Le grand jour était arrivé, l'entraînement du tyran. Elana ravix avait entendu pas mal de rumeur aux sujets de ces petites sauteries en forêt. Cela ne l'inquiétait pas plus que cela, puisqu'elle avait fait l'armée pour en chier et non pour être dans une colonie de vacances. Néanmoins, elle redoutait quand même l'homme qui l'avait pris en grippe depuis qu'elle avait fait du sport en legging. Passez quelques jours à s'entraîner en legging avant de partir en mission avec le major Frei était mine de rien... une sacré humiliation. Ainsi, elle était restée tout le temps en uniforme, s'autorisant plus aucuns habits civil autre que son pyjama dans ces quartiers. De toute manière, elle n'en avait pas beaucoup sur Atlantis, les vêtements protocolaires de l'armée lui convenaient bien.

Ainsi, elle arriva dans la baie des jumpers en avance comme la majorité des représentants de sa future galère. Les cheveux tressés pour ne pas être gênée par leur longueur, elle était déjà en uniforme, un sac à la main contenant ses affaires et elle n'était que très peu maquillée, elle ne s'était mis qu'un baume à lèvre légèrement rosé, où on ne voyait que peu la différence avec la carnation de sa bouche. De toute façon, cela allait partir en forêt donc autant ne rien prendre. Mécaniquement son regard balaya l'endroit saluant d'un signe de tête les personnes qui croisait son regard.

Les différents soldats cessèrent de s’occuper pour la regarder avec un léger sourire. Le sergent se détacha pour aller jusqu’à elle.
« C’est toi Ravix ? »
« Oui c’est bien moi. » affirma t’elle de son ton morne, l’homme la salua d’une bonne poignée de main, qu’elle lui rendit avec une fermetée surprenante.
« Je suis le sergent Tim Brass. Tu peux m’appeler par mon prénom. Bienvenue dans l’escouade des bleus. »
Machinalement le regard de la jeune femme, parcouru une nouvelle fois les personnes présentes. Les “Bleus” … cela devait être encore du Calahan, mais bon, ils étaient certains que peu ici étaient vétérans certe, mais novices… enfin bon qu’importe, elle ne releva pas ce petit sobriquet.
« D'accord Tim. Pour ma part qu’importe, nom ou prénom je répond bien sagement aux deux. » avait-elle dit avec un petit rictus au coin signe d’un humour assez piquant. En tout cas, il semblait agréable, de toute façon, ils allaient vivre l’enfer donc ça rapproche.

Il l’attira dans son sillage où elle le suivit sans rien dire de plus. Dans le même temps, une autre femme entra dans la baie en s’excusant pour son retard. Elle ramenait avec elle un énorme chariot qui servait à l'armurerie et fit un signe au sous-off pour dire qu’elle avait fait le boulot. Tim, satisfait, fit un signe de bras pour que tous se rassemblent.

« Bon, je vois que tout le monde est là. Vous êtes tous nouveau ici. On se présente ? »
Il les regarda avant de débuter.
« Sergent Brass, j’étais à SG-10 avant d’entrer dans ce bourbier. Toi ? »
« Izabel Bowers, 12e compagnie de campagne médicale. Vous pouvez m’appeler Iza. »
Les regards se déplacèrent. Le plus fin à la besace prit la parole :
« Je viens du génie Canadien. Appelez-moi Will. »
Naturellement, les présentations suivirent.
« Danny Blake. Je suis de la 3e division blindé. »
« Des blindés ? Tu charries ? »
L’homme tapota son casque spécial pilotage.
« J’ai l’air de blaguer ? Ils veulent tester un nouveau concept là-haut. On a le godzilla 4 qui vient de sortir de l'ingénierie. Il est petit mais c’est un blindé léger...donc me voilà. »
Elana haussa les sourcils… elle ne savait pas trop comment cet homme allait s’y prendre et à quoi ressemblait cette nouvelle version du Godzilla… cela était original soyons clair. La guerre de mai, avait dû déclencher de nouvelles innovations.
« Bon ok. Et toi, t’es une italienne ? »
La jeune femme fit un grand sourire.
« Rita, Arditi Incursori. Force Spéciale. » fit-elle avec un accent craquant.
« Et c’est quoi, ça ? »
Le tankiste venait de pointer son arme. C’était un vieux garand M1 de la seconde guerre mondiale avec une lunette montée dessus. Elana regarda l‘arme avec un simple sourire neutre, mais elle trouvait le goût de la jeune femme pour l’Antiquité assez symbolique. Ce n’est pas rien de vouloir combattre avec d’ancien modèle, il doit avoir une belle histoire dessous. Elle avait hâte de l’entendre et peut-être que cette Rita leur en dirait plus devant le feu de camp de ce soir.
« Arme de collection. Je combats avec. »
« Bien, il en reste deux. » Coupa le sergent en regardant Ravix et Ruth.
« Qui se lance ? »
Ce fût donc Ravix qui sans aucune once d’hésitation se présenta de a voix particulière.
« Caporal Elana Ravix. Infanterie française, 1er régiment des chasseurs parachutistes » Elle ne pensait pas que cela disent quoique ce soit aux autres, qui étaient tous américains ou de nationalités autres que française (et vu son accent très prononcée tout le monde avait deviné son pays). Mais qu’importe, il y a une forme de superbe pour son régiment et même si elle avait un air neutre intérieurement cela lui procurait une boule de fierté assez plaisante. Pour le moment elle remarqua qu’elle était la seule à avoir un peu de galons avec le sergent… pourtant elle était certaine de ne pas être la plus âgée, bien au contraire...

Elle fit d’ailleurs sa petite impression.
« Tu seras mon bras droit Elana. » fit Tim. Elana hocha une nouvelle fois la tête, elle ne pensait pas être bras droit pour cet entraînement, généralement, elle ne l’était jamais, qui veut d’un simple caporal après tout ? Et puis, elle ne chercha pas vraiment à se mettre en avant pour obtenir des responsabilités, elle les évitait. La française estimait qu’elle avait atteint le rang le plus élevé (ou passer sous-officier maximum) qu’elle n’aurait durant toute sa carrière au-delà, cela demandait des actions et des responsabilités qu’elle ne voulait pas assumer. Elle était une des rares à ne pas espérer un déroulement de carrière dans les grades. Ainsi, être bras droit ne l’enchantait guère mais elle ferait avec sans rien dire. De toute façon, elle ne pouvait pas contester (et elle ne l’aurait pas fait), Tim avait déjà tourné la tête vers la grande fouine à lunettes. Celle qui avait aidé la toubib à dissimuler sa coiffure.
« Bon et toi ? Tu parles pas des masses... »
« Seulement quand je suis obligée... » Répondit-elle avec un sourire.
« Je m’appelle Ruth... »
« T’étais où avant ? »

La jeune femme se mordit la lèvre inférieure et regarda ses camarades à tour de rôle avant de secouer négativement la tête. Elle trouva le regard neutre de Ravix qui attendait qu’elle daigne passer le cap tout en restant silencieuse écoutant les arguments des autres. Immédiatement, les quatre autres soldats parlèrent tous en même temps, y allant chacun de son argument pour qu’elle lâche le morceau. Un soudain ras de marée qui fit davantage sourire la militaire. Le sergent s’égosilla, levant les bras pour produire un geste qui se voulait réduire le niveau sonore.
« PAS TOUS EN MÊME TEMPS !!! » Râla-t-il finalement.
Il regarda Ruth.
« T’es sûr que tu ne veux pas nous dire ? »
Elle soupira et joua de sa rangers sur le sol avant de déclarer, au grand étonnement de tous :
« J’étais au NID... »
Un calme plat envahit subitement la baie. Ravix la toisait de son air particulier, avant d’observer la réaction des autres. Le NID avait écopé d’une bien triste réputation ...
« Ben merde alors... »
« Mais...ils sont pas officiers au NID ? »
Ruth haussa les épaules avec un sourire gêné et se décala de trois quarts.
« Peu importe. Quelqu’un à quelque chose contre le NID ici ? »
« A part qu’ils ont été méchamment infiltré par les Goa’ulds ? » fit l’italienne avec un air malicieux. « Même moi je le sais. »
« Aucun cela n’a pas d’importance maintenant que nous sommes sur Atlantis » Affirma Ravix sans aucun état d’âme, si elle était ici c’est pour une raison point.
« Moi je m’en fiche. Et puis de toute façon, on peut demander : t’es un goa’uld, Ruth ? » Lâcha la toubib en lui mettant un coup de coude. Cela fit rire plusieurs soldat donc le caporal.
« Nannn ! Me cherchez pas avec ça ! » Fit-elle par répondre en riant.
« Je suis spécialiste du renseignement, particulièrement sur la conception des réseaux d’espionnage en territoire extérieur... »
« Donc...toi tu sais qui est Calahan. »
« Je répondrais pas à... »

Une nouvelle fois, une grande montée de propos se mélangea au point de les rendre incompréhensibles. Toujours aussi stoïque Elana attendait la fin des débats tout en écoutant chacun y mettre du siens. Personne ne rejetaient Ruth pour son ancienne affectation, loin de là, mais dans une angoisse inexplicable, elle avait soutenu le regard de son sergent. Celui-ci calma tout de suite la bande mais ajouta avec sincérité :
« Je te forcerai pas, Padilla. Mais j’aimerai bien savoir aussi comment ce tordu à pu arriver ici. »
« Comme tout le monde ici » compléta la jeune femme.

Elle hésita longuement. Ce n’est que lorsque tout le monde lui promit de garder le secret qu’elle céda enfin, rouge comme une tomate.
« Ok ok... » fit elle en levant les deux mains en signe de reddition. « Calahan, il était au Département de la Sécurité Mondiale... »
« Tu charries !... » fit Danny avec les yeux ronds.
« Mais...c’est pas le truc où il y a des cadors du programme ? Genre Hammond, O’neill ? »
Naturellement, toute l’unité avait entouré Ruth pour connaître la suite de l’histoire. Elle hocha la tête avant de reprendre :
« Calahan, c’est un peu le paradoxe de l’armée. D’un côté, c’est le plus performant des instructeurs. Il a le plus faible taux de soldats perdus sur le terrain et une bonne expérience des escouades multi-nationalités. Mais d’un autre, il détient le record de plaintes pour harcèlement et discrimination sexiste. Il se traîne un paquet de casseroles et de rumeurs, sur des crimes de guerre notamment, et des enquêtes mystérieusement inachevées. » Elle fit silence, en même temps qu’un poids semblait s’abattre sur tout le monde. « Je suis pas certaine pour la suite. Mais il parait que le CODIR et Sheppard aurait fait barrage quand il est venu remplacer Harris. Mais ils ont pas réussi... »
« A se demander d’où il tire ses soutiens... » fit l’italienne.
Machinalement Elana essaya de chercher aussi, comme beaucoup, cet avait t’il le bras suffisamment long ou même des dossiers ? Elle avait entendu parler d’Harris mais elle avait un doute. Elle trouvait ça incroyable que les gens comme le CODIR et le colonel, n’ait pas réussi à faire barrage à cet homme… il devait avoir de sacré cadavre dans le placard.
« Harris, c’est l’officier à l’origine des viols de 2017 ? »
La toubib fut la première à lui répondre :
« Celui-là même. Parait que c’est un goa’uld infiltré qui orchestrait tout. »
« Il y a pas mal de rumeurs. Mais on raconte que ces drames laissent des cicatrices encore aujourd’hui, des malentendus et des altercations. »
« J’aime pas spéculer. Mais si ça se trouve, c’est sûrement l’argument principal qui a fait passé Calahan malgré ses casseroles. Ils ne veulent plus que leur armée soit tachée par des histoires comme ça... »
« Surtout si les “violeurs” venaient de l’armée, ça se comprend...sauf qu’on paie les pots cassés maintenant. La blase quoi... »
« On est chez les civils faut pas oublier que nous sommes que des gros bourrins contre des gens “civilisés” » dit-elle avec une pointe d'amertume.
« Hum... » fit Rita, curieuse. « Tu as eu des antécédents avec ces bons vivants ? »
« Ouai. Ils ont gâché plusieurs missions ou mit en péril leur réussite. Ils sont bien sympa dans le personnel, mais pour le professionnel c'est une catastrophe quand on doit manoeuvrer... » On ne pouvait pas lui enlever sa franchise, un peu tranchante mais bon, on s’y fait.
« On évitera de faire de toi la nounou dans ce cas... » Il lui fit un sourire puis acquiesça. Ravix confirma d’une signe de tête. Elle détestait faire la nounou pour un groupe de civile, mais bon...
« Bon, ça explique un tas de choses. Merci pour les infos, Ruth... »
Le sergent Tim s’écarta un moment, visiblement plongé dans ses réflexions, puis il se retourna pour regarder les recrues avec un regard bienveillant.
« Peu importe. On survivra tous à ce pourri. »
Il leur fit un sourire puis s’approcha de la desserte que Rita avait ramené avec elle.
« Section, approchez. »
Il attendit que tout le monde l’entoure et ouvrit le chariot.
« Bien. Si on vous a dit de venir sans vos munitions, c’est parce que vous en embarquez des spéciales. Celles-ci ressemblent en tous points à nos munitions standard sauf que... »
Le sergent retira une balle d’un chargeur de neuf millimètres pour leur montrer. La tête de l’ogive était d’un rouge lancinant comme une cigarette sous l’inspiration du fumeur.
« Qui reconnaît ce truc ? »
Will, le génie canadien, leva la main. Il répondit dès que le sergent l’en autorisa :
« Ce sont des munitions d'entraînement du SGC. Pour les premiers affrontements en condition de terrain. »
« Bien vu. Iza, les effets ? »
« Hmm...c’était dans ma formation de base, je ne me souviens plus vraiment. Si mes souvenirs sont bons, c’est un quart d’heure de sommeil. Son impact est différent d’un blast incapacitant Wraith, il ne déconnecte pas les synapses mais surcharge le système nerveux en cas de cumul, d’où le “désagrément”. »
« Le désagrément ? » Fit Danny.
La toubib le regarda et eut un léger sourire, ne lui répondant pas. Puisqu’il insistait du regard, Ruth se pencha à son épaule pour lui dire, ironique :
« Si tu en prends une de trop, tu fais ton pipi au lit comme quand tu étais petit... » Le reste de l’équipe s’esclaffa.
« Calahan nous gratifie même d’un retour en enfance ! Quel homme de bien ! » lança cyniquement la caporale. Elle n’avait pas hâte d'expérimenter ces balles… après bon, il y a de forte chance que chacun d’en deux se pisse dessus ne serait-ce qu’un jour face à un wraith ou même à des créatures effrayantes de cette galaxie. Qui ne serait pas en train de vider sa vessie face à un Alien comme dans le film ?
Quelques recrues rigolèrent de sa boutade.
« Il te plait, alors, ce vieux ronchon ?!? » Railla l’italienne en lui mettant un coup d’épaule.

‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
••••






Soudainement, le jumper se mit en route. Les moteurs chauffaient et il allait bientôt partir. Le sergent donna ses ordres, replaçant son casque sur la tête.
« Ok. On est sur le départ. Ravix, veille à ce que tous les gars se soient équipés de ces munitions. Vérification rapide armes et équipements. Et tu me les embarque dans la conserve. »
Il lui fit un signe de pouce amical puis fit demi-tour pour entrer dans le jumper et aller voir le pilote.

La jeune femme hocha la tête, elle aida à charger les quelques caisses, s’équipant des munitions, prenant toujours un chargeur en rab à cause de sa parano de n’avoir jamais assez de munition au combat, puis vérifiai que chaque soldat ait prit ses “balles pipi”. La jeune femme parlait peu ou très directement, ainsi, elle demandait d’un simple “Tes munitions ?” Attendant que la personne lui montre avant de passer au suivants sans sourcilier.

Danny semblait être le plus réticent à moins qu’il veuille faire la blague à la jeune caporale, mais à la place de lui montrer ses balles il lui montra sa réserve de chewing gum… Il devait avoir tous les parfums existant que pouvait avoir la cité vu sa ramette complète allant de la l'indétrônable menthe aux fruits de la passion... Il ne le savait pas, mais Elana avait en horreur les gommes à mâcher depuis que Liam Sandon ruminait comme une vache laitière ! Et qu’il y prenait un malin plaisir à la chercher avec ça. Elle releva les yeux vers lui, les fixant sur ces prunelles sombres avant d’avoir un fin rictus neutre.
« C’est gentil de pas vouloir rendre les copains incontinent Blake. » Avec son air fermé, on aurait pu penser qu’elle n’était pas sujette à l’humour, la petite lueur pétillante dans son regard montrait qu’elle était en pleins dedans.
« Je suis un gentleman ! » répondit-il avec un clin d’oeil, qui amusa intérieurement la jeune femme.
Il insista de son geste pour qu’elle se serve puis pinça son vêtement pour l’attirer au centre de la nacelle, là où se trouvait son Godzilla solidement arrimé. Faute de lui prendre une gomme, elle se laissa entraîner sans aucune résistance.

L’engin était un MALP d’exploration conditionné pour le combat. Cette fois-ci, les ingénieurs l’avaient dotés de chenilles très malléables, ce qui permettait d'accéder à des terrains accidentés.
« Le dernier bijou de l’union ingénieurs-scientifiques de la cité, je te présente le “ Divorce”. »
Le divorce ? Ravix lui lança un regard le toisant longuement avant de répondre d’un ton morne.
« Au moins, il est sans illusion lui ! » Elle trouva le nom parfait ! quoi de mieux qu’un gros engin pour briser des vies comme pouvait le faire le divorce qui mettait un point à une histoire belle ou moche.

Danny était fier de lui présenter l’engin. Ce nom avait même été peint avec une calligraphie très poétique sur le large bouclier frontal. Iza et Ruth furent intriguées et se levèrent pour examiner le MALP. Ca les avait fait rire, demandant à Danny s’il était vraiment sérieux d’appeler son petit blindé comme ça. Il hocha la tête, tout sourire.

Recouvert d’un habillage supplémentaire conçu pour résister à l’assaut du plasma, il semblait muni de quelques systèmes avancés. Il expliqua rapidement en s’appuyant sur le long tube du canon, le tapotant avec fierté. La jeune femme suivait de ses doigts fins les courbes de la machine appréciant son côté doublement résistant contre leur nouveaux ennemi… enfin “nouveaux” pour elle. Un rictus carnassier était sur ses lèvres en pensant aux dommages qu’allait faire le “Divorce”.

« Les grands pontes se sont dit que le réemploi de forces blindées pourraient faire la différence en cas d’affrontement direct, quand les manoeuvres commando échouent. Pour permettre le retrait des gars si le Dédale est pas là par exemple. Enfin...il y a plein d’emploi possible. Mon “Divorce” doit aboutir !!! »
L’homme était content, il usait des jeux de mots avec beaucoup d’entrain. Ravix releva la tête vers lui, elle notait tout ces petits jeux et lui répondait d’une manière non verbale le laissant parler de sa passion. Elle a toujours adoré écouter les gens passionné, elle y trouve une dynamique qu’elle n’éprouve pas. Elle n’a pas de grande passion et elle trouve ça fascinant cette énergie qu’on les gens amoureux d’autre chose que d’un humain.
« Canon de 75. Coaxiale M240 de 7.62. Blindage de front avec légère couverture énergétique. Alimentation par deux piles au naquada. C’est une perle ce truc. » Que des doux mots aux oreilles de la caporale qui trouvait un grand intérêt à ce Divorce.

Will, qui avait fait le tour, posa ses mains sur les épaules respectives de l’italienne et d’Elana. Cette dernière se tendit un peu, mais accepta rapidement le contact étant d’un militaire.
« Alors, z’en dites quoi les filles ? On vous emmène en virée dans notre bolide de luxe ?!? »
« Oui, mais prend tes munitions et tu auras le droit de tâter du contrat ! » affirma Ravix, attendant qu’il s’exécute enfin sur le sujet de base.
Will arma son sourire le plus craquant et lui répondit :
« On pourra discuter des termes autour d’un verre après la mission ? »
Les filles se regardèrent à la façon “et ça est, c’est reparti…”. Un regard dépité de la part de ces deux femmes se posa sur lui tandis qu’il s’accoudait sur le canon du Divorce.
Ravix le toisa, n’ayant pas remarquer les regards des autres filles et quand bien même elle n’en aurait rien interprété de plus.
« Si tu es convaincant sur le terrain... » Elle lui fit un simple rictus (n'ayant rien contre un verre entre militaire, avec toute l’équipe même) avant de porter son regard sur Danny, « Blake, tes munitions ? » Will se frotta les mains comme s’il venait de remporter le rencard du siècle. Il profita qu’Elana se soit tournée vers le tankiste pour égarer son regard dangereusement bas, trouvant que l’uniforme lui allait tout aussi bien que son leggings dans lequel elle avait été contrainte de bosser un sacré moment. Rita remarqua son petit jeu, et surtout l’impunité totale avec laquelle il gorgeait son regard des courbes de sa collègue, et elle lui envoya un taquet parfaitement bien dosé à l’arrière du crâne. Un bon “CLAC” résonna en le faisant tressauter de surprise. A ce moment là, la porte de la soute arrière commença à se fermer. Le jumper se préparait à l’envol et le sergent échangeait de derniers mots avant de revenir auprès de son escouade.

« Allez. On a une demi-heure de route avant de commencer nos manoeuvres. Le pilote dit que le capitaine est déjà là-bas. Ravix, tout est prêt ? »
La caporal avait tourné la tête vers son supérieur avant de le reporter sur Danny, tapant du pied attendant qu’il daigne lui donner sa vérification. Son regard était insistant. Mais lui fut insistant. Il passa ses deux bras par dessus le canon du Divorce, le premier sur l’ouverture de la caisse à munition de la coaxiale, et l’autre lui tendant la gomme à mâcher. Le sourire en coin, il souffla d’un air provocant et bon enfant :
« Tic tac, Ravix. »
Mais la caporale resta de marbre, elle n’en voulait pas de ces gommes à mâcher. Et elle resta droite inflexible. « Dépêche toi. » Toujours d’une voix morne mais plus ferme, elle augmenta le rythme de son pied pour faire le “tic tac”.
Blake siffla en rangeant sa gomme.
« On dirait bien que j’ai trouvé la limite de ton humour, caporal. »
Le militaire tira le clapet de la boite de munitions, révélant une bande aux pointes rougeoyantes. Il ouvrit ensuite le rangement d’obus, ils étaient différents, conçus pour l’exercice.
Cela convenu à Elana qui hocha la tête satisfaite, se tournant ensuite vers le sergent.
« Oui tout est prêt sergent. » Puis reporta son regard bleu délavé sur Blake « Maintenant je peux faire preuve d’humour en ruminant comme une vache. » Il allait falloir s’y faire, elle fait passer le pro avant, elle n’aimait juste pas perdre de temps dans des chamailleries qui pouvaient se faire après. Elle était pourtant réceptive à ce genre de chose, mais pas quand il avait un ordre et que ça faisait perdre du temps. Le sourire de Danny s'agrandit et il lui fila la gomme à mâcher qu’elle mit dans sa bouche. Cela lui en coûtait un peu car elle avait encore l’image de Liam la vache pas du tout laitière en tête mais qu’importe elle posa ses fesses à côté de Rita. Tim s’avança. Dans son dos, on voyait déjà l’océan se profiler après la disparition de la tour centrale. L’homme s’appuya sur le blindé, cherchant ses mots, puis débuta un petit discours pour préparer ses troupes. Tout le monde s’était installé sur les banquettes.

« Je pense que vous le découvrirez par vous même une fois en bas. Mais dites-vous une chose : Calahan fera tout pour vous briser. Que ce soit physiquement ou moralement, il relèvera vos faiblesses, même intimes, et les exploitera pour vous atteindre. »

Il regarda chacun de ses soldats. Ils étaient tous expérimentés sur leur poste précédent...et pourtant tellement novice à la fois. Son regard était empreint d’une petite forme de tristesse qu’il contenait pour lui. Le sergent ne voulait pas les inquiéter outres mesures mais il ne voulait pas non plus qu’ils s’avancent naïvement sur ce premier entraînement. Il trouva le regard sûre et neutre de Ravix, qui se doutait bien que Calahan n’avait pas prévu des fleurs pour eux, mais les épines. Elle restait confiante, ne voulant pas s'angoisser outre mesure, elle allait lui montrer a ce vieux hêtre qu’il en faut plus pour la briser !

« Il est très fort pour ça. Il y a toujours une recrue qui craque et qui finit au “rebut des branlos”, comme il aime le dire. »
L’homme haussa les épaules. “Rebut des branlos”... la honte suprême pour Ravix… ça elle l’avait bien entendu durant sa punition legging. Elle eut une pensée pour son pilote favoris qui avait souhaité une bonne chance pour l’enfer avant.
« Ce qu’il y a, c’est que moi je vous aime bien. Vous tous là. Ce serait cool que de voir une escouade entière lui tenir tête et revenir à la maison en entier. Mais c’est un travail sur soi. »
« Je suis prête ! » Affirma Rita, un large sourire sur le visage. Elle avait l’air d’attendre les embûches, le feu dans le sang, prête à se battre et à les surmonter. Le sergent Brass la calma immédiatement d’un doigt levé en l’air.
« Du calme, SuperGirl. C’est toujours facile de dire ça quand on est en forme. Mais pour fatiguer un homme, et une femme, Calahan sait y faire. »
Il avança son poing en une forme de “un pour tous ?”, se moquant du côté risible que cela pouvait donner.
« Vous en dites quoi ? On lui fout la pile à notre officier ? »
Rita ne pouvait pas se retenir. Bouffée par l’excitation et le voyage vers ce nouvel inconnu, elle posa son poing contre celui du sergent et lui répéta, yeux dans les yeux, avec un air très défiant :
« Je suis prête ! »
Will se leva et fit de même, rapidement suivi par Blake, Izabel et Ruth. Ravix fut donc la dernière à se lever et à checker avec force avec les autres. Elle adorait ce genre d’énergie galvanisante et qui soudent bien plus les hommes et les femmes qu’une soirée amicale ! Et l’autre vieux il devait le savoir ça, que c’est dans la merde qu’on s’allie véritablement et non quand tout va bien !
« C’est qui qui va être l'officier au rebut ? » dit-elle avec la même fermeté que son poing.

C’est CA-LA-HAN avait fait le cri à l’unisson des soldats en levant leurs poings. Le moral était au beau fixe et les hommes reprirent leurs places. Le sergent allait retourner dans la cabine de pilotage lorsque Danny se redressa pour dire, au dernier moment :
« Au fait, sergent, tu ferais pas ce discours à tous les mecs qui tombent sous ta main par hasard ? »
La blague fit rire l’ensemble de l’équipe. Iza en profita pour imiter Tim qui répétait son petit effet devant la glace et cela donna lieu à plusieurs petites boutades qui firent rire le concerné lui même. Pendant la demi-heure en question, ils discutèrent de tout et de rien, cherchant surtout à apprendre à se connaitre en profitant du moment de répit.
Généralement Ravix n’était peu bavarde, elle écoutait les autres simplement ou tranchait dans le vif avec l’une de ses phrase cinglante et amusante. Elle toisa Rita qui était sa compagne de banquette, comme l’autre côté il n’avait pas de place pour quelqu’un d’autre, surement au plus grand malheur de Will qui faisait son numéro de tombeur en se vantant d’une anecdote où il était le brave dindon qui s’était fait mettre un lapin !
En tournant ses pupilles vers Rita elle vit surtout une mèche violette et rose tomber sur le côté du casque d’Izabel. Elle se pencha vers Rita pour parler doucement en direction de la médecin.
« Range tes crins la licorne... »

La toubib la regarda avec un air d’incompréhension dans un premier temps puis elle fit soudainement le lien. Se débarrassant un instant de son casque, elle révéla ces couleurs dont certaines étaient délavés par endroit. La jeune femme se refit le chignon en le serrant bien fort.
« Ma soeur a fêté ses trente six ans hier. C’était sensé partir au lavage. » fit-elle avec une bonne nostalgie. « Elle est opératrice radiologue sous les ordres du docteur Beckett. »
Elle replaça ensuite son casque sur sa tête puis, tout sourire, fit un droite gauche à Elana pour tester la disparition de ces fameux crins de licorne. Celle-ci hocha la tête lui confirmant qu’il n’y avait plus rien de visible. « Sympa d’avoir sa famille ici. » commenta-t’elle simplement.
« Ca serait encore mieux si on courrait pas toutes les deux après le même mec ! » lui répondit-elle en ricanant.
Elle ouvrit la poche de sa veste en passant sous son gilet pour retira une photographie plastifiée. Izabel et sa grande soeur cernaient un docteur Beckett qui ne savait plus où se mettre. Dans leur délire, elles lui avaient fait une bise sur chaque joue avec l’oeil étincelant en direction de la caméra.
Elle tendit le cliché à Rita qui l’observa, rigolant sincèrement avant de le passer à Elana. Celle-ci regarda la photo d’un air un peu mitigé, ne sachant pas quoi penser de ce cliché, qui devait être fort gênant pour le docteur, responsable de son secteur. Elle n’aimerait pas être à sa place et il avait l’air un peu trop bon pour faire une remarque. Elle lui rendit le cliché. Il avait un côté comique mine de rien, mais triste… se battre pour le même homme c’est débile pour Ravix qui lâchait l’affaire quand il avait quelqu’un d’autre sur le coup et généralement, elle ne se battait pas, les histoires d’amour ce n’est pas pour elle…au moins ça reste en famille.
« Et aucune de vous deux n’a tenté sa chance déjà ? »
« Ca, c’est top secret ! » fit-elle mystérieusement. Elana n'insista pas, laissant la jeune femme dans son jardin secret.

Le chemin du jumper se fit dans une ambiance bon enfant. Le ciel était assez nuageux, rendant la visibilité assez désastreuse. Le sergent Brass se trouvait sur le siège du copilote, regardant d’un air distrait les voluptes dansantes sur la verrière. Il était stressé, de plus en plus, à l’approche du continent. Il jouait machinalement avec son alliance, se demandant sans arrêt si sa nouvelle escouade allait tenir. Il n’avait pas menti à ce sujet, il les trouvait tous sympa, ça changeait. Généralement, il y en avait toujours un dans le lot pour se croire au-dessus de la masse ou péter plus haut que son cul. Mais là, ils se tenaient tous. Même Rita avec son accent italien et son côté un peu sanguin restait modeste dans le fond.
Pour une fois que tout ce beau monde semblait s’entendre d’emblé sans pépin, il se surprenait à les vouloir pour lui. D’en être le chef de manière permanente.

Mais pour ça, il fallait déjà survivre au premier entraînement.

Au travers de ce brouillard céleste, il y eut des flashs de lumières lointains, des flashs bleus qui crépitaient comme un orage de surface. Le pilote et le sergent se regardèrent l’espace de quelques secondes, perplexe, avant qu’une soudaine rafale de tir antiaérien les frôle.

« BORDEL DE MERDE !!! » Hurla Tim en même temps que le jumper faisait une soudaine embardée. « Qu’est-ce que c’était ?!? »
Le pilote regarda, silencieux et très angoissé, ces différents tirs filer autour de son appareil avant d’ouvrir la bouche, outré :
« Ce sont des canons de défense magnétique ! Des canons comme sur la cité !!! »
« Putain, il est complètement fêlé ! »

Quelques projectiles ricochèrent dans la carelingue. La pression monta en flèche à l’intérieur, les soldats se regardant tout en se demandant si c’était réellement un exercice.
Ravix sursauta en entendant son chef hurler et se cramponna à sa banquette, alors que Rita venait de lui tomber sur les genoux, l’italienne essayait de se relever mais les soubresauts de l’appareil la laissa cloué sur les jambes de la caporale.
« Au moins on est dans le bain... » lâcha laconiquement Elana, qui aidait Rita à se relever.
« Il soigne son petit effet ! Je le déteste déjà » Répliqua-t-elle.

« Ils nous mitraillent au projectile d’entrainement. » Nota le pilote en voyant quelques tirs percuter la verrière.
« Si on en prend trop, il va nous déclarer mort avant même qu’on pose le pied à terre. »
« On va descendre. Va falloir jouer serré, dis-leur de s’accrocher. »
Le sergent se retourna, s’accrochant au montant du sas. En prenant de la vitesse, le système d’inertie fut moins efficace et les tressautements de l’appareil commençaient déjà à se faire sentir.
« Les gars ! On est accueilli par de la DCA ! Accrochez-vous, ça va secouer un peu ! »

Ils étaient déjà tous bien accroché, Will n’était pas à l’aise mais trouvait le moyens de faire un peu d’humour, ce qui n’était pas plus mal.
« Les filles, si vous avez peur “PapaWilly” est là pour vous servir de rocher ! »
« Quand on sera près de la mer on avisera pour faire les moules accrochés sur un rocher ! » Répliqua immédiatement Elana, qui était en alarme dans son cerveaux même si son visage restait neutre. Elle s’attendait à un impact imminent avec le sol…
« On en reparlera si on survit à ce manège. »


••••

by Wiise


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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



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Le jumper plongea soudainement. Le sergent se rattrapa in extremis sur le Divorce puis grimpa en direction du siège du cockpit. Il écarquilla les yeux en découvrant le site d'atterrissage. Le terrain était constitué d’une grande plaine vallonnée et cernée par une forêt. Trois canons bien situés étaient en train de tirer dans la direction du jumper qui louvoyait sans cesse, le pilote maîtrisant bien son engin. Ca restait néanmoins un sacré rodéo. Sur l’approche, les balles traçantes d’une mitrailleuse s’ajoutèrent au canon, forçant le jumper à s’éloigner au risque de prendre un trop grand nombre d’impact que Calahan, sans nul doute, décomptait à la jumelle.

« Tim. Si je me pose, on redécollera pas... »
Le sergent serra les dents, ce comité d’accueil était une première. Calahan devait être inspiré et c’était loin de le rassurer. Il énuméra les différentes informations à voix basse puis prit sa décision. Il donna l’ordre au pilote de les descendre en rase-motte...sans s’arrêter…
« Ecoutez ! Le site est sous le feu, il y des forces hostiles qui nous attendent et le jumper ne pourra pas se poser. Il va falloir sauter ! Préparez-vous ! »
« MAIS!!!! CHEF ! ET LE DIVORCE ? » S’alarma Danny.
« Démonte la coax et embarque-là ! »
Blake jura tout en se jetant sur son blindé. Il avait seulement quelques minutes pour démonter la mitrailleuse, ce qui n’était pas si long, mais il devait surtout prendre une bande de cartouches en plus et la visser sur ses épaules.
Les filles et Will s’étaient levés, vérifiant que tout l’équipement était bien attaché.
Le pilote baissa alors la porte arrière, révélant l’océan qui filait à toute allure et les projectiles perdus. Il fallait bien s’accrocher, l’équilibre était devenu précaire à cause de toutes les embardées et il n’était pas rare d’entendre quelqu’un crier par la surprise.
« Ca commence très bien ! J’aurai dû faire para, tiens !!! » S’écria Ruth, très angoissée.
« Tu feras comme moi et ça se passera bien Ruth » affirma la caporale qui se voulait rassurante face à l’angoisse de sa camarade. Elle aussi était plutôt tendue, mais elle gérait très bien ce genre de chose, peut-être parce que tout cela lui glissait dessus comme de l’eau sur des plumes de canard ? Peut-être, en tout cas, elle prit une grande respiration pour se concentrer et ne pas se laisser gagner par le stress des autres.

Danny parvint à récupérer le tout au moment où le sergent émergea de la cabine de pilotage. Il s'apprêtait à donner ses ordres lorsqu’une alarme sonore très inquiétante résonna dans l’habitacle. Le jumper eut un mouvement extrêmement brutal qui déséquilibra Ruth. Elle hurla vivement, un cri de panique ponctuel et très sincère, lorsqu’elle perdit son équilibre et chuta dans le vide…

« OH NON ! RUTHHHHHHH ! » hurla la toubib.
Elle s’élança jusqu’au bord de la porte mais fut retenue par Will et Rita qui ne voulaient pas qu’elle prenne plus de risque.
« Arrêtez l'entraînement ! Il y a un accident !!!! Un accident ! CHEF !!! »
Mais il n’eut pas le temps de répondre. Le pilote hurla d’une voix bien plus forte.
« On a piraté mes commandes de vol ! Sautez !!!! Sautez bordel !!! »
« Sautez ! Sautez allez !!! » Suivit immédiatement le sergent.
Il prit la toubib par son sac à dos. pour la pousser un peu
« Chef ! Ruth est... »
« Plus tard !!! Saute Iza ! Saute tout de suite !!! »
Mais la doc semblait refuser l’obstacle ! Elana, attacha ces armes solidement, et sans prévenir, elle attrapa les hanche de la doc, pour chuter dans le vide avec elle. Suivit des autres. Le corps de la caporale se mit en boule pour amortir le sol tout en tenant la jeune femme, pour que ça soit elle qui se prenne le plus dur : le sol et non Iza.

Le jumper tournait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre comme un hélicoptère sur le point de se crasher. Heureusement, il était relativement proche du sol et même si les militaires eurent un atterrissage bien douloureux, personne ne se blessa.
Un relief de verdure, une butte assez épaisse avec une pente qui descendait vers le rivage, leur offrait un couvert suffisant. Mais un mitrailleur à la position inconnue se mit à les arroser copieusement tandis que le jumper semblait enfin reprendre un semblant de contrôle. Le pilote, complètement paniqué, fit demi-tour et se carapata en direction de la cité.

Elana releva la tête vers le jumper, le pilote s’en souviendrait de cette aventure et refuserait d’escorter la prochaine garnison de Calahan ! Ce mec est quand même dingue ! Mais au moins ça prépare au terrain, durant la guerre de mai, il avait eu des jumpers canardés de la sorte… ils étaient prêt maintenant ! Et malgré la folie de l’homme, Ravix trouvait que c'était une bonne idée. Et sans même attendre l’ordre de son sergent, la jeune femme était déjà avec son arme en main, en train de balayer l’endroit prête à se défendre, accroupie, pour se protéger des tirs ennemis, elle était à couvert en contrebas avec la doc. Parachuté ou lourdée comme une grosse merde, elle avait eu l’habitude durant ces entrainements d’être réactif rapidement après un saut !

« En position ! » S’écria Brass par-dessus la pétarade. Il sortit un miroir de sa poche et se redressa un tout petit peu pour contrôler le champ de bataille. Il trouva finalement la mitrailleuse.
« C’est une M240. Soixante mètres sur nos deux heures, entre les arbres...Ravix, Will, vous prenez position et vous me canardez ce fumier ! Faites lui réduire son tir. Rita ! »
« Ok, Will bouge tes fesses vers moi ! Contrebas avec les buissons vert fluo ! » Il était temps de faire un plan, pour le prendre de revers et le neutraliser rapidement ce tireur fou ! Et oui les buissons avaient une sale couleur chimique ! pourtant ils étaient véritables !

Le sergent rampa rampa jusqu’à Rita.
« Le tir de précision, ça te connait hein ? »
« Oui ! J’aurai un bon angle si je vais par là-bas, sergent ! »
« Alors soit prudente. Et bouge seulement lors des tirs de couverture. » Il se retourna de nouveau. « Danny, je compte sur toi ! Pas une balle sur Rita. »
« Pas une balle sur Rita !!! » Confirma-t-il en se décalant, cherchant à installer sa mitrailleuse.

Le sergent fit un signe de pouce puis rampa jusqu’à Iza et Ravix (qui en le voyant ramper était déjà partis pour rejoindre Will un peu plus haut et discuter avec lui). Elles étaient placées à couvert en contrebas… mais la doc était un peu plus en avant en essayant vainement d’appeler Ruth à la radio. Les larmes lui coulaient le longs des joues, elle ne comprenait pas pourquoi l'entraînement n’avait pas été suspendu.
« J’ai rien sergent...rien du tout ! Elle ne répond pas !! »
« Est-ce que tu sais où est-ce qu’elle est tombée ? »
« Sur la rive, là, plus bas ! » S’écria-t-elle en pointant l’endroit du doigt.
« Écoute, calme toi. J’ai besoin de toi avec l’esprit concentré. On va y aller tous les deux. On va récupérer Ruth et revenir ici. »
Elle acquiesça, loin d’être rassurée. L’événement lui avait filé un sacré coup et le sergent lui massa l’épaule. Il activa ensuite sa radio :
//Elana. Je ne suis pas loin de la position de Ruth. Je vais la chercher avec la doc. Une fois le mitrailleur dégommé, tu établis une position retranchée. Si je suis pas de retour dans la demi-heure, considère-nous abattu et prends les rennes, reçu ?!?// »
// Reçu. Mais tu as intérêt à revenir, je n’ai pas envie de passer sergent. Moi je bourrine je fais pas dans le management comme disent les civils ! //

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



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Elana ne reçu pas de réponse de la part de son sergent.
Comme il était convenu, elle s’était placée en position pour déranger le tireur. Danny positionna sa mitrailleuse et effectua de longues salves de tirs. Rita se mit à courir de toutes ses forces, à moitié courbée, en tenant son fusil d’une main. Au début, elle longea le relief sans être inquiétée par des tirs de représailles. Mais le mitrailleur s’était rendu compte de la manoeuvre et il essaya de lever un peu la tête pour adapter son angle. Il était difficile aux uns comme à l’autre de s’affronter efficacement dans cette pente. Les balles spéciales incapacitantes avaient la même couleur, elle filaient en laissant de grandes trainées rouges et percutèrent le sol près de Rita. Beaucoup trop près même.
Danny la vit disparaître dans un couvert en chutant, comme si elle s’était écroulée.

« RITA !!! » S’écria-t-il soudainement.

Le mitrailleur serra la mâchoire et renvoya une nouvelle salve bien coûteuse en munitions en guise de réponse colérique. Un sifflement caractéristique monta alors...d’abords assez faible...puis de plus en plus fort. C’est Will qui réagit en premier. Il avait cru que c’était une machination, un haut parleur qui diffusait ce bruit pour les désorienter. Mais lorsqu’il vit la petite traînée noirâtre se dessiner dans le ciel et retomber en forme de cloche, il hurla soudainement dans sa radio :

//MORTIER !!!! A COUVERT !!!//

Du mortier ? Ravix leva les yeux au ciel à son tour avant qu’ils ne s’écartent gros comme des soucoupes ! Ils allaient être complètement canarder avec des armes anti personnel ! C’est juste dingue, mais au moins… au moins dans leurs malheurs ils seront prêts pour une vraie guerre… mais sur cette galaxie cela allait leur servir ?

Il y eu une explosion qui fit vibrer le sol. Danny se recroquevilla, contraint de se planquer derrière son relief de terre. Étrangement, ce n’était pas si violent. Pas aussi puissant que l’on pouvait attendre d’un obus de mortier. Le mitrailleur adverse reprit l’initiative et vida ses munitions sur leurs positions, risquant à tout moment de les atteindre. Ravix et ses collègues étaient contraint de se planquer en attendant la fin de la tempête. La jeune femme avait roulée à terre dans une belle galipettes dans les buissons un peu plus bas. Tout en essayant de se mettre correctement en position afin d’avoir en visu à travers les branche la mitrailleuse. Cela était approximatif soyon clair… mais au moins, elle pouvait tirer entre deux vibrations. Elle ne voyait pas les deux autres aussi, mais qu’importe sur le coup,il fallait se protéger et faire réduire le tir malgré la nouvelle surprise, de toute façon pas le choix, ils étaient fixés, il fallait tout miser sur Rita...si elle était encore consciente.

Will rampa jusqu’à leur position. Il était si gringalet que Danny le tira jusqu’à lui comme un sac de patates afin de le tirer de ce mauvais pas. Deux nouvelles détonations eurent lieu.

« Putain mais il est sérieux ?!? Du mortier ????? »
« C’est pas une munition anti-personnelle ça !!! »
« T’en sais quoi, t’es armurier ?!? »

Will se détacha de lui et passa sur le flanc. Il lui demanda de le couvrir malgré ce tir de mitrailleuse soutenu puis il se découvrit soudainement sous les cris de tous. De sa main, il avait attrapé l’étrange poudre blanche qui s’était répartie à l’impact du mortier et se recoucha in extrémis. Quelques balles l’avaient frôlé de vraiment près.

« T’es complètement taré, tu le sais ça ? »

Sandoval ne répondit pas.
Il regardait ses doigts tachés de cette poudre blanche et le porta à son nez.

« C’est du plâtre ! Ils s’en servaient pour s'entraîner durant l’entre-deux guerres. Si tu as des amas de plâtre sur ton uniforme, ça veut dire que tu as été touché... »

Cette constatation Ravix la découvrait plus tard, quand un mortier s'éclata pas loin de son buisson retapisant les feuilles… Elle n’avait rien sur elle, mais son abri avait eu quelques taches blanches…

Rita avait atteint son but, elle avait discrètement grimpé l’un de ces grands arbres et s’était appuyée sur une branche pour avoir un angle de tir parfait. Elle préférait ne pas griller les étapes, prenant son temps pour assurer sa visée. Une fois certaine de son avantage, elle activa sa radio :

//Ici Rita. Je l’ai dans la lunette. C’est pas Calahan, prête à faire feu...//
// Ne traîne pas ! // Répondit Ravix qui tirait à travers les branches. Il fallait le faire maintenant sinon ils perdaient complètement, entre les mortiers et la mitrailleuse tout cela commençait à être un peu tendu.

L’italienne tira pile dans le casque et le fit voler. Cela lui tira un sourire lorsqu’elle découvrit que le soldat paniquait, il se redressa tout en mitraillant allègrement dans la direction de Ravix puis commença à courir. Rita lui visa le dos, pile entre les omoplates, et vit sa munition le percuter durement. L’ennemi s’effondra sur le sol par-dessus sa mitrailleuse. La jeune femme, plutôt satisfaite d’elle, s'apprêtait à signaler la neutralisation du tireur lorsqu’elle vit le nuage d’un fumigène orange se former.
Pendant ce temps, le mortier continuait de faire feu, faisant pleuvoir le plâtre un coup après l’autre de manière aléatoire cette fois.

//Cible neutralisée. Il y a une fumi orange un peu plus haut, à trente mètres sur votre gauche, azimut 87...//

Et en effet une colonne de fumée couleur chatoyante s’élevait sur leur gauche. Ravix avait tourné la tête dans cette direction sentant le sol trembler, puisque le mortier continuait son labeur mais de manière moins précise. Avait-il un lien ? Ils devaient se caler sur les tirs de la mitrailleuse et maintenant qu’elle n’était plus opérationnelle, les lancements de l’arme anti personnel étaient moins bien calés ? Peut-être bien, en tout cas, la jeune femme se demandait quel soldat avait été volontaire pour jouer ce genre de rôle à moins qu’ils y soient forcés. Genre une punition à la sauce Calahan ? Cela ne serait pas étonnant vu le personnage.

Le signal orange pouvait avoir plusieurs significations mais à l’armée il n’avait pas tortillé, il avait une zone qui demandait leur attention mais celle-ci n’était pas safe. Cela pouvait être de la parano mais la prudence de la jeune femme venait à se demander si ce n’était pas un piège tout simplement. Si cette fumée n’était pas celui du camp « ennemi » et qu’en s’y rendant ils seraient pris en tenaille et descendu “virtuellement”. Mais dans un sens, peut-être avait-il un camp allié, qu’ils n’étaient pas les seuls à partir ? Que s’était un indice sur leur mission et non juste : survivre ensemble ! Hum… elle ne commandait pas encore, ils devaient tenir une position retranchée selon l’ordre de son supérieur, elle cherchait du regard les autres mais pour le moment elle ne les voyaient pas. Bon, ce n’est pas à elle de décider et ça permet de voir si le sous off est toujours en “vie”. Et elle l'espérait, elle ne voulait pas prendre la main.

// Sergent, ici Ravix. Fumigène Orange sur notre position gauche azimut 87. Doit-on s’y rendre ou on vous attend ? // Elle se demandait si le sergent avait récupéré l’apprentie supergirl… elle l’espérait pour cela qu’elle ne m’était pas de nuance dans ces propos. Il reviendrait avec Ruth et la Doc point.

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Sam 29 Sep - 19:18
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« Arrête !!!! »
Le sergent avait retenu son toubib par sa poignée dorsale et l’avait renvoyée derrière lui dans un contrecoup assez brutal. Elle poussa une plainte de surprise en se sentant jetée contre la pierre comme une malpropre et interrogea son chef d’escouade d’un air sombre. L’homme, quant à lui, faisait barrage de tout son corps pour l’empêcher de sortir de cette micro-falaise qui faisait la séparation entre la plage et la zone de droppage.
« Bowers. Je t’interdis de te placer à découvert, tu m’entends ? Ce n’est pas toi qui va au blessé, c’est le blessé qui vient à toi. »
« Mais...sergent... »
« Ne marchande pas Iza. Tu es importante. L’histoire militaire est bourrée de toubib au grand coeur qui ont fini flingué parce qu’ils couraient auprès d’un blessé en plein dégarni. »
La jeune femme secoua négativement la tête. Elle ne voulait pas accepter cette réalité et entama un mouvement pour dépasser le sergent. L’homme la repoussa une nouvelle fois.
« Si on te perd, il y a plus personne pour entretenir la santé des hommes. Calahan attend que ça...arrête tes conneries. »
« L’exercice est fini. Il y a eu un accident, on perd du temps, il faut secourir... »
« L’exercice commence ! » Corrigea Tim en la tenant fermement par le bras. La toubib râla de douleur en posant un regard effaré sur son chef, se demandant s’il était bien quelqu’un de violent vu sa réaction. Mais le sergent avait simplement peur de la perdre bêtement. Il savait qu’elle devait être excellente dans son métier...mais elle était si naïve.

Le corps de Ruth Padilla reposait quasiment au milieu de la plage. Elle était sur le flanc, quasiment en position latérale de sécurité, complètement inconsciente. C’était le piège parfait pour plomber le toubib de l’équipe.
« Je te demande de me faire confiance, d’accord ? »
Iza le regarda fixement, partagée entre sa fierté personnelle, l’envie de lui désobéir pour son côté altruiste, et son devoir professionnel. Elle avait déjà accouru auprès de soldats souffrants qui l’appelaient à l’aide mais il fallait que ça change. C’est justement ce que l’ennemi attendait, d’avoir un médecin sur la ligne de mire.
« Fais moi confiance. » Assura-t-il une dernière fois.

La jeune femme acquiesça à contre coeur. Le sergent en fût rassuré et il relâcha son avant bras. Il se tourna alors de nouveau pour examiner la position de Ruth puis sortit ses jumelles, fixant les différents postes de tir envisageable.
« Voilà ce qu’on va faire. Je vais envoyer une fumi pour nous couvrir, sort ton flingue et vide ton chargeur à mon signal. »
« Mais...sur qui ? »
« N’importe où. Tant que tu restes à couvert. »

Tim Brass n’en était pas à son premier entraînement. Il était prêt à parier qu’un tireur se servait de Ruth comme appât. Le problème étant qu’il était bien planqué, il ne voyait strictement rien depuis ses jumelles. Rapidement, il s’empara d’une fumigène blanche puis la dégoupilla. Il s’employa à l’envoyer jusqu’à sa collègue inconsciente puis attendit son déclenchement. Le sergent tarda même volontairement puis il s’élança soudainement.
Iza se mit à respirer de plus en plus fort. Voir le chef disparaître comme ça, comme dans un banc de brouillard, ou comme s’il avait été un fantôme, lui faisait vraiment bizarre. Alors accroupie derrière son rocher, elle avait appuyé ses avants bras dessus, le flingue pointé dans cette direction, la tête baissée.
Et soudainement, des tirs ! Des billes rouges qui volaient d’elle ne savait où pour tomber sur le nuage blanc.

« FEU !!! » entendit Izabel.

Sans attendre, elle appuya sur la queue de détente, envoyant deux balles par deux balles. Elle serra les dents en tentant d’estimer la position du tireur et faisait de son mieux pour couvrir le sergent. Elle ne comprenait pas pourquoi il prenait le risque à sa place, elle ne comprenait pas pourquoi, malgré cette embuscade, elle n’avait pas le droit d’y aller au lieu de le laisser se mettre en danger comme ça. Mais Iza Bowers respectait son chef de peloton. Elle vida son neuf millimètres en respectant les consignes, veillant à se mettre le moins à découvert possible. L’homme apparut enfin à travers la nappe blanche qui commençait tout juste à se dissiper.

« Chef, plus vite !!! »

Tim portait Ruth de ses deux bras et il reculait. Mais elle était si grande que ses pieds trainaient sur le sol. Sur le chemin, il lui faisait faire deux profonds sillons dans le sable et, lorsqu’il atteignit la couverture, il se plaça derrière en jetant littéralement la jeune femme. Il s’en était fallu de peu qu’il s’effondre avec elle. Et il s’en était fallu de peu qu’il se fasse avoir par le tireur aussi.

Iza n’avait pas attendu plus longtemps. Essoufflée, le regard écarquillé, elle ausculta rapidement sa collègue tout en parcourant son corps de ses mains. Elle regarda les jambes, les bras, son torse puis la retourna pour regarder au niveau de son dos. Ses doigts entourèrent une orifice blanchâtre qui semblait dessiner les contours d’un impact. La première idée de la toubib fût de penser qu’elle avait été neutralisée dans l’eau. Elle ne savait pas pourquoi mais sa confiance envers l’armée d’Atlantis venait de chuter au plus bas. Elle se pencha sur le visage pour en sentir le souffle.

« Balle neutralisante ! Juste touchée à l’épaule. Elle va bien !!! »

Mais Tim ne l’avait pas entendu, il était en train de tirer vers son ennemi avec son fusil d’assaut. Respectant la consigne, accroupie pour ne pas être exposée, elle cogna les jambes de son chef d’un coup de coude et réitéra l’information.
Dans le même temps, Ravix venait de les informer par radio.
// Sergent, ici Ravix. Fumigène Orange sur notre position gauche azimut 87. Doit-on s’y rendre ou on vous attend ? //
Cela le mit un peu plus en colère. Calahan était décidément le dernier des fumiers.
Il répondit :
//C’est comme ça qu’il désigne notre prochaine étape, c’est une intel (renseignement de mission à collecter) sensible qu’il faut récupérer...et c’est à compte à rebours.// Il se mit à couvert et fixa Ruth, tapotant sa joue sans trop de violence, elle ne réagissait pas. //Envoie Will le récupérer sous couverture de Rita et Danny. J’ai besoin de toi ici, on s’est fait fixé par un tireur isolé.//

Elana regarda la fumée une dernière fois, ce fut donc un nouvel indice important pour la mission. Décidément c’est une façon cavalière de donner des renseignements et heureusement que Tim était « vétéran » dans ce genre d’exercice.
// Reçu // répondit-elle au sergent avant de passer sur le canal des autres // Will, il faut que tu récupères l’intel de la fumée orange, Ruth et Danny couvrez le. //.
//Rita ! R-I-T-A. Reçu...// corrigea l’italienne à la radio.
Les prénoms qui se ressemblent… n’ont jamais été les copains de Ravix elle râle pour elle même. // Rita désolé ! // dit-elle se disant qu’il fallait qu’elle trouve un moyen mnémotechnique pour se souvenir sans faire une connerie. Après Rita ça va avec Italia … Bon voilà, elle allait penser à Italia.
Elle se tortilla dans son buisson, pour orienter son arme vers la zone de la plage qui était derrière son dos.

Une balle rouge percuta la roche à quelques centimètres du visage de Tim, qui se recula un peu plus en jurant sur la mère de ce brave soldat et reprit son échange.
//Je vais faire une sortie. Loge-moi ce salopard et descend-le, compris ?!?//
// Montre moi tes talents de lapin ! // répondit Ravix qui scrutait les zones de caches en hauteur, le reflet d’une arme allait surement apparaitre pour tirer sur un sergent en pleine course. Elle orienta son corps, essayant d’être le moins gênée possible pour viser le mec. Elle ne voulait pas lui laisser le temps de réagir quand elle commencera à l'arroser.

Le sergent se tourna vers sa toubib.
« Iza. Tu restes bien planquée avec Ruth. Si je me fais avoir, tu veilles à rester à couvert et tu attends que Ravix te tire de là... »
« Chef... »
« C’est un ordre ! »

Tim s’agenouilla au plus près de son couvert. Il passa son M4 par-dessus sans sortir la tête et tira quelques cartouches, histoire d’attirer l’attention de son ennemi. Maintenant qu’il l’avait, il s’apprétait à faire la course la plus rapide de sa vie.
//Elana, en position ? Tu me donnes le go.//
Le sergent attendit, la tension à son comble. Il respirait très fort, pratiquement convaincu que le voyage s’arrêterait pour lui. Mais ce tireur isolé contrôlait sur sa ligne de tir le seul passage qui permettait à l’équipe de se réunir. Le caporal devait réussir son coup, quitte à y laisser ses munitions. Une fois la menace neutralisée, ils pourraient enfin de se rejoindre.
//Dépêche avant que je change d’avis !// Râla-t-il une dernière fois.
// En position sergent // lâcha Ravix qui estimait qu’elle était dans une posture confortable et suffisamment bien pour couvrir du regard les zones potentielles où se trouvait l'ennemi. Il est évident que pour atteindre la plage, il fallait se mettre en surplomb de celle-ci… la falaise était le meilleur compromis ou une position dans la forêt mais cela demandait d’être un bon sniper et dans les arbres c’est difficile… pour ne pas dire que c’est super gênant en réalité. Bref, il n’avait pas quarante mille solutions pour faire du tir au Tim des sables. Soit au poste de tir, soit juste après … et quitte à être tranquille Ravix se serait mit après les arbres pour être bien planqué et avoir une vue totale sur la plage.

//Soit pas économe. A trois...TROIS !!!//
Tim poussa un cri soudain dans sa radio et se mit à courir de toutes ses forces. Les deux premières balles le frolèrent de près mais il zigzagua ensuite, rendant fou le tireur qui avait du mal à l’aligner avec cette distance. Malgré les mouvements amples de son fusil qui dansait sous ses grandes enjambées, le sergent fit feu à quelques reprises et alla jusqu’au bout du chemin, arrivé alors à bout de souffle.

//ELANA !// S’écria-t-il au comble de l’angoisse, sentant un violent impact contre sa cuisse.

Il avait dit à trois… il allait falloir lui apprendre à compter à ce brave homme mine de rien. Mais ce genre de détail allait être réglé plus tard. Un fin rictus se figea sur les lèvres d’Elana. Elle zieutait la falaise, jusqu’à voir le reflet d’une arme qui semblait galérer à plomber sa cible. C'était le moment et elle fixa le reflet d’argent pour envoyer plusieurs salves de tir qu’elle réajustait pour être certain de l’avoir. “Le premier pour situer le second pour ajuster et le troisième pour faire mouche !” Lui avait dit un instructeur, mais elle n’avait pas de sniper… et de toute façon cela ne changeait rien à ses tirs en cloche avec son P90 passé en mode automatique et non un par coup. Et puis bon, ce n’est pas une tireuse d’élite, donc elle lui envoya la sauce by Ravix et elle était bonne cuisinière dans ce domaine : le bourrinage. Elle vida un chargeur, l’éclat disparu…
« Si là, je ne t’ai pas eu mon salopard ! Je vais me faire tanner le cul par les orties ! » grogna-t’elle.

Tim s’effondra les genoux au sol et se recroquevilla tant il était à bout de souffle. Il lança de longues plaintes en se demandant comment il avait pu réussir ce coup et fixa la colline verdoyante de forêt, là où s’était tenu le tireur un peu plus tôt. Il n’y avait plus de tir. Là, il était immobile, et on ne lui tirait plus dessus.
//Bien joué, para...// souffla-t-il difficilement.
« À votre service sergent ! » Elana eu une once d’inquiétude assez contrôlé sur l’état du sergent, elle ne pouvait pas vraiment le voir de là où elle était… mais il avait dû se prendre une balle ou simplement qu’il était essoufflé. Bref elle avait hâte de réunir l’équipe pour voir si tout le monde allait bien. en tout cas, ils n’étaient plus bombardés par le mortier à plâtre.

Tim fallait se faire violence pour se remettre sur ses jambes, surtout que sa cuisse lui donnait une impression véritablement bizarre, ne sachant pas vraiment s’il avait été touché par une balle ou si un de ces muscles lui avait rappelé de s'entraîner un peu plus avant d’abuser. Bref. Tim reprit la route de la petite falaise pour retrouver Iza, son fusil entre les mains. Au voyage, il demanda à son bras droit de rester en position et de couvrir leur progression.

Bien vite, le sergent retrouva une toubib médusée et il dû la rassurer d’un geste de la main avant qu’il ne s’occupe de Ruth. A deux, lui prenant chacun un bras, ils la trainèrent très lentement en direction de la zone de droppage. Les tirs de mortiers avaient cessé, un silence devenu inhabituel reprit ses droits.
Puisque le sergent avait les mains occupées, il gueula son ordre en atteignant la pente de verdure :
« REGROUPEMENT ! »
Elana sortie de son buisson quand elle entendit l’appel, elle chercha le sergent qui était sur la pente en train de soulever Ruth, elle mit son arme dans son dos et couru les aider à transporter le corps.

Will et Danny arrivèrent peu de temps après, rejoignent naturellement le chef de peloton. Ravix en profita pour détailler chaque personne, tout le monde semblait aller bien. L’homme déposa Ruth au sol derrière une bonne position couverte puis réitéra son ordre par radio. Au bout de trois minutes, l’équipe s’était retrouvée. Will se mit à ricaner :
« Premier revers pour notre futur branlot ! »
« Fête pas victoire trop vite, c’était l’amuse gueule. Tout le monde va bien ? Rita, Elana ? »
« Oui ça va » fit la caporale toujours aussi neutre. L’amuse gueule avait été stressant et secouant, mais ils s’en sortaient tous bien… bon sauf Ruth qui dormait.
Le regard de Tim allait de l’un à l’autre. Tout le monde avait confirmé.
« On va attendre que notre belle aux bois dormant se réveille. Faites votre point munitions et établissez le périmètre de sécurité. Ravix, tu restes avec moi. » la jeune femme hocha la tête, vérifiant quand même ces munitions, elle avait vidé son chargeur il lui en restait que deux sur trois. Heureusement qu’elle avait prit un en rab.
Will venait de donner une pochette en plastique au chef, c’était ce qu’il avait récupéré du fumigène orange.
« Tu as pas eu trop de mal à le récupérer ? » Lui demanda-t-il avant qu’il s’en aille.
« C’était piégé par une grenade au plâtre. Heureusement que Danny a vu le fil sinon on était tous les deux éliminés. »
« C’est du beau travail, Will. Va. » Conclu Tim d’un air sympathique.
Elena lui lança un regard et leva un pouce en l’air en signe qu’ils avaient tous deux gérés comme des chefs. Elle chercha du regard Rita qui avait dû les couvrir et lui fit un rictus. Elle se forçait à faire ce genre de salut plus marqué pour renforcer la cohésion et montrer aux autres ce qu’elle pensait vraiment : qu’elle était contente qu’ils soient tous encore là et qu’ils aient bien gérer tout simplement.

Tim fit un signe de main, invitant la caporale à se rapprocher de lui, chose qu’elle fit naturellement. L’homme ouvrit rapidement la pochette plastique et déplia une carte du secteur. Un croix au feutre noir désignait leur position et, bien plus loin, un cercle semblait représenter le lieu de rendez-vous. Le lendemain à midi dernier kara. Le sergent soupira en faisant un calcul de tête, ça allait être vraiment limite. Ravix ouvrit de grand yeux… la distance semblait énorme et midi était une date très limite. Ils avaient intérêt à ne pas perdre de temps. Elle avait l’impression d’être dans un escape game version plus hard. Une heure et pas plus… là c’est midi et pas plus point.
« Il fait toujours ça ? Il prend une équipe de bleu avec un leader plus expérimenté ? »
« Pas mal de ses soldats ont péri durant la guerre, il est en train de refaire son unité. » Expliqua Tim en observant la carte. « Moi...c’est un peu différent. Je sympathise avec les gars et il aime pas ça. Il me l’avait dit...j’allais me retrouver dans une position de chef d’équipe. Soit je prends mes responsabilités...soit je suis viré chez les branlos... »
Elana le regarda longuement… elle en conclut qu’il ne devait pas aimer commander plus que ça. Et elle espérait qu’elle ne se retrouverait pas dans cette situation. Mais dans un sens, il était normal de sympathiser avec les autres équipiers, c’est la base de l’armée. Elle posa une main sur l’épaule de Tim pendant exactement 3 secondes pour lui dire qu’elle comprenait.
« Il ne veut pas qu’il ait des amitié entre soldat ? »
« Il ne veut pas d’une amitié entre le chef et les soldats. La responsabilité, ça poussa à faire des choix différents...incompris. Ce sera ma croix... »
« Je vois » conclut-elle. Elle n’aimerait vraiment pas être à sa place. Après il n’était que sergent, mais comme toutes personne qui commence à prendre du grade, il devait évoluer. Certains ne sont pas bon au commandement d’autres le sont… Et si Calahan puni de cette manière Tim c’est qu’il devait voir en lui autre chose qu’un simple sergent.

Pendant que Tim analysait la meilleure route à emprunter, il lui avait laissé le reste de la poche plastifiée. Une enveloppe se trouvait à l’intérieur avec une lettre en papier. Quelqu’un avait écrit de sa main une phrase très simple : douze AT4 et deux caisses de P90.

Au moins ils avaient des armes… mais il fallait les trouver. Elle montra le papier silencieusement à Tim, avant de héler Will et Danny.
« Sur la zone, il n’y avait pas une caisse ? Un renforcement du sol étrange, le sol meuble comme si on avait creusé ? » elle ne pensait pas mais au cas où, elle préférait s’assurer… En plus le jumper s’était barré avec le reste de l’équipement donc bon… a moins, qu’il se soit virtuellement crashé avec le matos. Elle se demanda s’ils ne pouvaient pas y retourner, comme le piège avait été désamorcé… mais à voir, il serait étonnant qu’il faille faire une chasse au trésor. Et à la fois, elle trouvait ça trop simple de trouver une caisse avec le message.
Le sergent Brass regarda le papier avant de fixer Ravix d’un air peiné.
« Ce n’est pas du matériel à récupérer Elana...c’est une information secrète... » Elana le toisa déçue… elle soupira. Il fallait que ça soit clair pour elle. Dans sa tête elle pensait véritablement à des armes et cela lui avait procuré une once d’espoir qu’il ne manque pas de munitions, mais aussi… les AT4 auraient été signe d’un gros combat.
« J’aurais préféré qu’il nous donne une information secrète plus marquante » Comme la cache secrète pour accéder à la cité… un truc plus important que des caches d’arme. Là ça aurait été clair pour Elana.
« Le contenu n’est pas le plus intéressant pour lui... »
Tim tiqua et regarda ailleurs en soupirant fortement. Il avait déjà vécu une petite partie de cet entraînement. Trois des quatres recrues avaient démissionné.
« Il va tout faire pour nous l’arracher. Qu’on lui donne verbalement cette information... »
« La torture n’est donc pas exclue » dit-elle avec sa voix morne.
« Tu le crois capable de torturer ses propres soldats ?... »
Elle haussa les épaules « Il trafique un jumper qui les oblige à sauter, il les bombardes aux plâtres, il les mets dans des conditions de guerre… je ne vois pas pourquoi il aurait une once de remord à pousser le vice, jusqu'à de la torture pour qu’on soit définitivement roder sur le terrain. Il y a plusieurs rapports relatant de torture sur cette galaxie. Personne n’est préparé à vivre ça et la souffrance entraîne la perte d'information vitale pour la cité. Après ça peut être avec un appareil virtuel. Ou nous faire peur là-dessus, du chantage... Pleins d’option. Je n’exclue rien le concernant. Par contre, je ne sais pas comment il justifiait ce genre de chose auprès des autorités d’Atlantis. Et c’est peut-être ce détail qui l'empêche d’aller trop loin. Après ce n’est qu'une hypothèse, d’une des manières qu’il peut avoir pour nous soutirer l’information.» Elle avait exposé le fond de sa pensée et son questionnement. Si on veut arracher l’information à quelqu’un il n’y a pas beaucoup de solution : la torture physique ou mentale, voir le chantage avec les coéquipiers.

« Pour les mêmes raisons que tu viens d’évoquer je suppose... »
Il regarda Iza qui faisait mine de s’occuper de sa patiente. Elle avait laissé traîner son oreille pour savoir ce qu’il en était, abasourdie d’apprendre cette éventualité. Danny et Will se rapprochèrent, eux aussi intrigués. Cette fois, ils étaient tous dans le même bain, plus besoin de faire des cachotteries. Elana hocha la tête de toute façon ils verront bien à qu’elle sauce ils vont être mangé. Cela pouvait être étrange, mais elle prenait cette éventualité avec un recul impressionnant, comme si elle s’en foutait, alors que non. Elle s’estimait suffisamment forte pour vivre l’enfer. Une affirmation qui serait peut-être sa perte. Mais ça l’aidait à rester froide dans sa tête.
« Il attendra de nous avoir épuisé. Que nous soyons à bout, minés par des contrariétés, qu’on soit divisés. Et quand on sera le plus vulnérable il nous attaquera à ce moment là... »
« Je ne me laisserai pas faire ! » fit Rita qui les avait rejoints.
« Moi non plus... »
« Il nous sous-estime. Toi aussi chef. On tiendra. »
« On est une équipe on sera fort tous ensemble ! » conclut Elana, si chacun se soutient il aura plus de difficulté à les faires flancher.

Tim eut un léger sourire. Le genre qui apprécie une telle vigueur de la part de soldats qui n’ont jamais connu Calahan. Il ouvrit la bouche mais ne prononça aucun mot, son attention soudainement tournée vers Ruth qui semblait émerger. Elle commença à se débattre, complétement déboussolée, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse le médecin de l’équipe puis les autres. Son uniforme étant trempé, la première chose qu’elle déclara, encore groggy, fut :
« Est-ce que j’ai fais pipi culotte ? »
Toute l’escouade explosa de rire. Tous furent soulagés de la voir reprendre conscience et, malgré les gestes d’interdiction de la doc, ils y allèrent tous de leurs petites tapes sur l’épaule et d’une bienvenue chaleureuse. Ruth, néanmoins, était encore en train de regarder tout autour d’elle en essayant de reprendre des repères.
« J’me sens pas bien... »
« Ca va passer. Ton système nerveux a été malmené, reste allongée encore un peu. »
« Je...j’ai vu des gens... »
« Quoi ? »
Ruth balbutiait, dans sa désorientation, accrochant l’avant bras du sergent de sa main.
« Dans l’eau...il y avait des gens dans l’eau...j’ai cru que je me noyais...j’ai reçu de l’oxygène... »
« Des plongeurs ?!? »
La jeune femme acquiesça mollement.
« Ils m’ont aidé. Je suis arrivée sur la plage et là...j’ai eu...je crois que je me suis fais... »
« Ils t’ont tiré dessus avec le neutralisant, Ruth. Ils se sont servi de toi comme appât pour essayer de m’avoir. Moi et le chef. »
Elle tourna un regard angoissé dans sa direction.
« Désolée, chef...j’ai merdé. J’aurai pas dû m’approcher... »
Tim secoua négativement la tête et s’approcha en posant une main sur son épaule.
« Tu n’as pas à t’excuser. Je suis content de te retrouver. » Il exerça une pression comme pour insister sur ce fait. « Repose-toi un peu et écoute les conseils de la doc, ok ? »

Padilla hocha silencieusement la tête. Iza, de son côté, avait sorti sa gourde pour lui donner à boire, lui changer les idées. La militaire avait surement dû croire qu’elle mourrait, entraînée par son équipement jusqu’au fond de l’océan. La mer, ce n’était pas une simple piscine, les courants et le poids du matériel rendait le lieux tout bonnement meurtrier.

« Iza. Remets-la sur pied. Prend le temps qu’il faut, j’ai besoin qu’elle soit opérationnelle pour une longue marche. »
« Donne moi vingt minutes... »
« Tu les as. » Il se retourna alors pour faire face au reste de l’équipe. « On va en profiter pour jouer les vautours. Elana, tu prends Rita et Will avec toi. Allez me trouver ce tireur isolé dans les bois et récupérez son équipement. Danny, tu viens avec moi, on va aller voir notre fameux mitrailleur. Iza, tu restes à couvert. Le moindre danger, tu le signales. Tout le monde est partant ? »
« Oui »

‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Elana remit son P90 devant elle, pour commencer à marcher vers la forêt et la zone où elle avait vu l’éclat d’argent. Comme toujours elle était sur ses gardes, observant l’environnement… la forêt était assez calme, même si le calme ne voulait pas dire silence, des chants d’oiseaux et des gratouillement d’autre mammifères à la recherche de nourriture donnaient le fond sonore.

« Il y avait des plongeurs... »
« Elle a pas été éliminé. C’était pas prévu qu’elle tombe... »
« Il fait dans la sécurité, maintenant, le capitaine ? »
« Normal, il expliquerait comment au colonel, qu’il a perdu durant une session d'entraînement un soldat ? Déjà qu’il n’était pas le bienvenue, ils doivent attendre une erreur de sa part pour le flanquer dehors. » Encore une déduction peut-être fausse, mais elle voyait ça ainsi avec les éléments qu’avait donnés Ruth sur Calahan.
« On parle du colonel et du CODIR. S’ils pouvaient le virer, ce serait déjà fait, non ?... »
« Il faut une faute pour ça non ? On vire pas les gens parceque leur têtes nous plait pas. »

Will et Rita regardèrent la caporale avant de se fixer. Ils trouvaient qu’elle avait raison sur le coup. Peut-être que l’officier n’avait pas suffisament merdé pour donner les billes au CODIR et au colonel pour le virer du programme. Will semblait assez d’accord en acquiesçant tandis que Rita reprenait sa route.

Le silence retomba un peu. l’Italienne, qui se trouvait un peu plus en avant, s’était agenouillée. Dans une forêt, il y avait beaucoup plus de bruit. Des craquements, l’activité de petits animaux, des tas de signaux qui pourraient faire croire à une présence humaine. Là, en l’occurence, c’était un buisson qui bougeait en face d’eux en grinçant.
Naturellement, Sandoval se tourna pour protéger le flanc gauche, fronçant les sourcils. Mais rien… Elle n’était pas la seule à avoir réagis, Elana avait tournée son arme au même moment sur la droite fixant le buisson avec un affront particulier.
Soudain, quelques oiseaux s’envolèrent en râlant de ce buisson, surprenant l’italienne qui faillit bien y mettre une balle. Elle s’immobilisa un instant puis soupira. La route pouvait reprendre.

« Hé, les filles...Brass, vous le connaissez ? » Will fit la grimace.
« Enfin je veux dire...vous savez s’il est bien... »
« S’il est quoi ? Vide ton sac si tu as un truc à nous dire... »

Rita était tournée de trois quart, posant sur lui un regard noir qui pesa sur ses épaules. Le génie canadien se rapetissa un peu alors qu’elle reprenait sa posture en pointe. Elle détestait qu’on parle d’un gradé quand il avait le dos tourné. C’était une loi naturelle, impossible d’y échapper, mais ça l’irritait tellement.
« Je veux pas foutre la merde les filles, je vous jure. Mais...vous ne trouvez pas ça bizarre ? Brass, ce n’est pas un nouveau. Il est là depuis un petit moment déjà. »
« Et ? »
« Et qui nous dit qu’il est pas à la solde de Calahan ? Qu’il est pas là pour nous fliquer, ou donner notre progression ? Le capitaine peut pas nous suivre aussi facilement, il lui faut quelqu’un sur place... »

Cette fois, Rita se retourna franchement avec un regard meurtrier.
« Hé ! Tu te prends pour qui ! Ce mec là, il serait venu juste pour jouer le traitre ?!? Tu racontes de la merde Sandoval !!! Tu vas nous diviser avec tes conneries ! »
« Mais...c’est pas mon but... »

En toute franchise Elana commençait à trouver ce genre de suspicion un peu tiré par les cheveux. Et elle s’en foutait clairement si Brass était ou non à la solde de Calahan. Il devait faire comme tout le monde : avec le boss point. Et quand bien même il était un espion ? cela changeait quoi ? Ils étaient tous dans le même camp et eux ils étaient à l’épreuve ! Donc on s’en tamponne de savoir si oui ou non, Brass est une belle taupe ou un pauvre gars comme eux.
Cependant, celui-ci lui avait dit qu’il était là, tout bonnement parce qu’il était puni par sa trop grande bonté et son attouchement aux hommes. Ce genre de propos échangé entre eux deux, n’avait pas à être répété sans le principale concerné.
« Calmez-vous. » dit-elle sèchement, en parcourant la forêt du regard. « Il est dans la même merde que nous. » dit-elle une nouvelle fois affirmative de sa voix morne et sans concession.

Rita répondit d’un bref signe qui se voulait être un salut militaire et elle reprit le chemin, passant entre les broussailles le plus silencieusement possible. Chercher le soldat, c’était comme l’aiguille dans la meule de foin. C’est Will qui découvrit le bon endroit. Il avisa Ravix, attirant son attention d’un signe de la main pour lui montrer un arbre d’où pendait une corde.
Tout de suite, l’équipe se rendit sur place pour sécuriser les lieux. L’arbre était plus grand que les autres, un poste de tir idéal. Mais il n’y avait plus personne.
Naturellement, le spécialiste s’approcha de l’équipement abandonné. Il observa l’état de la corde et découvrit le baudrier en bout de ligne.
« Les sangles sont bien serrées, le diamètre étroit. Peut-être une femme...ou... »
« Hé, regardez... »
Rita attira leur attention au pied de l’arbre. Il y avait des douilles mais aussi du sang encore frais.
« On lui a fait mal. C’est pas trop gros comme trace. J’espère qu’on ne l’aura pas salement amoché... »
« Et son équipement, ses armes ? Rien...juste le baudrier rattaché à l’arbre... »


••••

by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



aide couleur:
 

« Il y a quelque chose dans l’arbre ? » demanda Ravix, qui essayait de voir le haut de celui-ci, les armes pouvaient encore s’y trouver…Elle soupira avisant le baudrier assez étroits.
« ça peut être un enfant aussi. Je ne crois pas qu’on ait des nains dans nos effectifs. » après tout, les Athosiens pouvaient être dans la danse aussi, cela ne serait pas surprenant même si c’est un peu étonnant venant de colonel. Pourquoi il irait faire chier les Athosiens ? Ou les Natus ? Non eux ils avaient autre chose à faire que de tirer sur des bleusailles Atlantes.
« Je ne vois pas d’armes. Personne. Le type est tombé. »
« Et pourquoi laisser son baudrier alors qu’on peut se détacher plus facile, d’un seul mouvement, par le clip ?... »
Rita était sceptique elle aussi. Des enfants, elle n’y pensait pas. Et elle voyait mal un tordu comme Calahan confier des armes, même neutralisante, à une population locale.
« Dis. Ce diamètre, ça correspondrait à un tour de cuisse avec une sangle déjà serrée ? »
« Euh...oui...mais dans ce cas là, il n’aurait pas pu se retirer de ce baudrier... »

La blondinette se frottait le menton quelques minutes, oui le baudrier avait été attachée surement en sécurité à une cuisse et en se prenant un tir, la personne avait dû se cogner la tête et tombé inconsciente. Mais pourquoi diable… elle avait disparue, comme par magie.
« L’un de vous sait si on a un croiseur en orbite ? Il a dû être téléporté à bord. » Après il restait le dart Wraith, mais
Elana ne pensait pas que les Atlantes aient ce genre de vaisseaux en stock même
si cela serait foutrement réaliste comme entraînement sur le coup ! Après tout, ils se battent
contre des vilains tout moche qui suce avec leur main la vie !
L’italienne hocha la tête.
« Il y a toujours un croiseur en orbite. A part pour les missions spéciales, je veux dire. Depuis l’attaque sur Atlantis au début, il parait que les dirigeants ont fait un sorte qu’un vaisseau soit toujours là pour aider. »
« Ah ? J’ai pas eu la même version moi...mais le Dédale est là-haut, j’ai vu quelques membres de leur équipage au mess hier... »
« Dans ce cas, je ne serais pas surprise que notre fantôme ait simplement fait un signe au colonel Caldwell. » Elle ne rebondit pas sur la version que devait avoir Will, qu’importe tant qu’il avait un des croiseurs cela donnait de la sécurité en plus. « On fini de fouiller la zone » dit-elle en commençant à faire le tour, pour voir s’il n’avait pas d’autre indice, tout en gardant un oeil sur la cimes des arbres.

CLAC !

Un bruit bien familier, une impression étrange sous le pied, comme un bouton, se faisait sentir. Elana venait de marcher sur quelque chose.
Pendant ce temps là, ses deux autres collègues se cherchaient des noises sur la version actuelle, se préparant à fouiller également le secteur. Il était maintenant certain que le Dédale filait un coup de main lors de cet exercice. Mais en revanche, personne ne s’était méfié que les environs auraient pu être miné.

La jeune femme s'immobilisa, ne voulant pas retirer son pied, pour le peu que ça soit à poussoir ce truc… Son regard balaya les environs se maudissant de n’avoir pas fait passer un démineur avant elle ! Bordel, comment perdre connement l'entraînement ! Elle fulminait à l’intérieur d'elle, avant de lâcher un : « Eh les amoureux, j’ai marché sur une mine ! Faite gaffe où vous mettez vos pieds ! » Son ton était moins montre que d’habitude un peu agacé mais contre elle même… merde quelle conne !
« Ouais... » fit Will en ricanant. « Et moi j’suis la femme de Calahan. Hé, vous croyez qu’il a quelqu’un ce sadique ? »
Rita, de son coté, s’était immobilisée en regardant sa collègue, se demandant si elle blaguait ou pas. C’était dit si spontanément que c’était difficile à croire sur le moment. La zone était sécurisée et ils n’avaient rien déclenché en venant. Et d’ailleurs, pourquoi miner le bord de l’arbre alors que ça aurait dû être fait plus loin ?
« Je ne déconne pas ! » affirma Ravix toujours immobile, mais elle se demanda un instant si Calahan avait quelqu’un… surement pas, il devait être vieux garçon, trop chiant a vivre ! « Will c’est toi le spécialiste donc amène prudemment tes fesses ! »
« Hein ?!? Mais j’suis pas un démineur moi ! Tu m’as pris pour le génie de la lam... »
Il ne poursuivit pas plus, coupé dans sa phrase par un bon taquet sur le casque que Rita lui envoya. Elle s’était approchée de lui puis le fixait alors dans les yeux. Le spécialiste la regarda, incrédule, et elle répondit alors :
« Tu préfères nettoyer tout l’uniforme de ton capo avec la langue alors ? » fit-elle avec un mi-sourire. « Le plâtre, c’est pas bon pour les gencives. Tu sauves la fille ou tu fais le soumis. Tu préfères quoi ? »
« T’es complètement barge, toi. »
« J’suis italienne, nuance !!! » Elle avait souri franchement cette fois.
« Les Italiens adore les langues... » grogna Ravix, qui venait de s’imaginer entrain de se faire lécher l'uniforme par Will… ça c’est de la punition affreusement dégueulasse !
« Et comment tu sais ça ?!? » Questionna Rita d’une voix chargée de sous-entendu. Elle en profitait pour essayer de lui changer les idées, qu’elle évite de penser que la charge non mortelle de la mine représentait en réalité sa carrière chez Calahan.
Comment elle savait ça ? mais elle n’en savait rien du tout la caporale qui soupira roulant des yeux. « Vous faites que parler alors vous devez l’avoir musclée » renchérit Elana sans aucun filtre particulier. Au moins, cela lui changeait un peu les idées.

L’italienne ricana et passa devant Will, se campant bien sur ses pieds, avançant très lentement. Elle n’hésitait pas à repousser de son pied quelques feuillages au passage et vérifier que le chemin était sûr. Elle finit par trouver un autre bouton déclencheur à seulement quelques pas de Ravix.
Will n’était vraiment pas rassuré, il en suait même. Mais il suivit Rita jusqu’à son but et s’agenouilla devant la ranger immobilisée. L’italienne, pendant ce temps, surveillait les environs. Il ne manquerait plus qu’une attaque pour compléter le tableau.
« Bon, ok...surtout ne bouge pas ton pied... » Fit Sandoval de manière presque stupide alors qu’il dégageait le feuillage.
« Je suis la meilleure pour un deux trois soleil... » répondit Ravix sur le ton sans vie habituel, elle ne bougeait pas du tout, elle semblait d’un calme olympiens, mais intérieurement elle frémissait d’un mélange assez dilué de colère et de peur. Après tout elle ne savait pas ce qui allait leur péter à la gueule ! Enfin surtout à la sienne.
« C’est bien, parce que là, je pense plus à ma gueule d’ange qu’à ton pied, tu vois ? »

La radio grésilla à ce moment précis.
//Ici Brass, on est de retour. Le mitrailleur a disparu. Qu’en est-il de votre coté ? Vous me recevez ?//
// On joue au démineur. J’ai marché sur un bouton et Will cherche une solution. Pour le moment tout va bien // Répondit ravix d’un air naturel assez perturbant. Comme si tout était normal. Mais la fréquence de ce qu’on pourrait nommer des blagues ou un peu de légèreté malgré son ton tranchant, était un signe très discret de son contrôle et contre son angoisse montante et la pression qu’elle se mettait pour être parfaite.
//Tout va bien ? Bon...on vous rejoint.//
Elana ne répondit pas au message radio immédiatement, elle regarda autour d’elle avant d’activer sa radio.
// Restez à bonne distance quand même. // Il serait dommage que toute la troupe saute avec elle. Elana sentait que le capitaine allait lui faire remarquer cette erreur et qu’il s’en servirait contre elle un jour ou l’autre.
//C’est moi qui donne les ordres, caporal.// Répondit immédiatement Brass. //Ne t’agites pas, nous arrivons//
Elana tiqua quelque seconde… bah oui c’est lui qui donne les ordres alors bon quoi ? Pourquoi il devait la réprimander soudainement ? Elle venait juste de l’informer de rester quand même à bonne distance rien de plus rien de moins, car il serait idiot que toute l’équipe y passe si Will échoue. Elle ne cherchait pas à lui prendre sa place… elle n’en voulait pas ! Cela irrita a peine trois secondes avant que ça glisse sur ses plumes de canard.
// Reçut // dit-elle sans aucune émotion.

Will avait fini de creuser une petite tranchée sur le pourtour de la mine pour pouvoir l’examiner. Il ne saurait jamais comment la désamorcer, ce n’était pas du tout sa spécialité, mais il l’étudia, regarda sa composition technique. Il nota le bouton à pression sur lequel la ranger demeurait et la taille du disque enterré dans le sol. Pleinement concentré, il tira sa baïonnette pour tester la résistance de la semelle comprimée entre ce déclencheur et le poids de Ravix. Une idée germa rapidement dans son esprit.

« Tu pèses combien ? »

Il avait posé la question sérieusement mais il ajouta très rapidement, en levant la main pour apporter cette mention :

« Sans le côté “J’veux être une nana parfaite, je triche de dix kilos”...sinon on mangera du plâtre...me faut le poids EXACT ! »

Qu’est-ce qu’il lui chante avec sa nana parfaite qui est incapable de lui répondre sur son vrai poids ? Elle lui lança un regard décontenancé par cette dernière phrase… après tout, il y a bien des femmes obsédées par leur poids c’est vrai. Enfin elle, elle est obsédée par pas grand-chose mise à part être une bonne militaire, un bon soldat qui fait son rôle sans se faire remarquer.
« 56 kilos. » répondit-elle de sa voix sans vie. Elle n’avait
que peu de filtre et elle disait généralement se qu’elle pense ou elle se la fermait dans le cas contraire. Heureusement que sa visite médicale était récente car sinon, elle ne monte jamais sur la balance.

« Que de l’os et du muscle hein ? Et toi Rita ? »
« J’ai pas de seins donc oui.» répondit mornement Elana. Vu son quota de sport et son activité physique, il n’y avait pas de place pour la graisse chez elle. Et sa mère n’était pas bien pourvu de mamelons et elle en avait héritée.
Will parut gêné par cette réponse un peu crue. Il se tourna vers l’italienne pour lui rappeler sa question.
La jeune femme soupira. Elle, en revanche, n’avait pas spécifiquement envie de communiquer le chiffre exact.
« Plus. »
« Plus de combien ? »
« Suffisamment. »
L’italienne passa son arme en bretelle et s’approcha du spécialiste. Elle avait deviné ce qu’il allait faire mais elle ne savait pas encore pourquoi.
« Tu comptes faire comment pour transférer mon poids ? »
« Par levier. Je veux que tu lui tiennes la jambe pour qu’elle ne bouge pas... »
Elana ne réagis pas, elle hochai la tête toisant sa collègue féminine. Les débats sur les poids des femmes étaient ridicule mine de rien.

L’italienne hocha la tête et s'exécuta. Enlaçant fermement la jambe de Ravix dans ses bras, elle y porta son poids et veilla à ce que son pied reste bien posé contre le bouton pressoir de la mine. Ce faisant, elle se retrouvait avec la figure collée contre la cuisse du caporal qui était stoïque et se contractait immédiatement. Elle n'aimait pas qu’on la touche, mais bon elle outrepassait la sensation puisque que Rita était un membre de la “meute” donc elle tolérait le rapprochement.

Le soldat du génie défit rapidement son sac à dos pour l’ouvrir, il y avait tout un attirail particulier à l’intérieur. Des charges explosives pour le terrassage, des outils, des cordes, et tout un matériel assez conséquent pour sa spécialité. L’homme s’arma d’une massette et il prit sa baïonnette dans l’autre main. La pointe de la lame se glissa subtilement entre le déclencheur et la semelle de Ravix. Il comptait l’utiliser comme un burin ou une pointerolle. Un coup de masse puissant et bien fait, PAN, sur le manche. Une seul coup bien exécuté ferait glisser la lame pour appliquer la pression.
Will était sur le point de s’éxécuter, il avait amorcé le mouvement de son bras lorsqu’il s’immobilisa. Une lueur venait d’investir son regard et il posa ses outils au sol.
« Une minute les filles. »
Le spécialiste fouilla fébrilement dans les poches de son pantalon et en retira victorieusement un petit appareil photo. Il avait un sourire goguenard en l’allumant et en braquant l’objectif sur elles.
« WILL ! » S’écria l’Italienne, atterrée.
« Une terminator française qui se fait ploter la cuisse par une italienne canon. Sérieux Rita, ce serait criminel de ne pas l’immortaliser ! »
« Arrête de te comporter comme un ado excité de l’asticot et fait ton boulot ! »
Elana soupira, Will était vraiment le mec qui avait l’esprit en bas et qui montait que pour son travail. Elle laissa échapper un long soupir.
« Laisse tombé Rita, c’est le seul moyen qu’il a pour que sa nouille soit lustrée ! » dit-elle de son ton habituel, mais un rictus au coin des lèvres en toisant Will farouchement.
« Si tu penses me vexer avec si peu... »
« Je peux faire pire si tu veux. » dit-elle avec un air amusé. Elana aimait bien baché de temps à autre, ça renforce l’esprit d’équipe et à l’armée faut du répondant.
« Ah ouais ? Alors pourquoi tu te retiens ??? » Demanda-t-il avec un air de défi.
« Tu dois être maso pour demander à être vexer... » dit-elle simplement en lança un regard à Rita.

Will prit néanmoins sa photographie non sans avoir demandé aux filles de sourire, il afficha un sourire niais et enfantin tandis que Rita jurait en italien et que Ravix lui faisait un “fuck” du doigt. Le canadien n’en était que plus heureux encore, c’était sa petite vengeance pour le taquet derrière le crâne et avoir dit qu’il ferait le soumis. Là, Sandoval se remboursait avec cette scène qui lui semblait agréable. Du moins de son point de vue d’homme. Si la mine était véritable, il n’y aurait pas penser. Mais là, à part manger du plâtre…
Will récupéra la massette et la baïonnette. Il répéta la manoeuvre et impacta le manche d’un coup très vif et rapide. La lame était passé sous la semelle de Ravix et le poignard se trouvait bloqué à l’horizontale.

« Bon, Elana, ne bouge surtout pas. Toi, Rita, tu vas te relever et poser ton pied au plus près du sien, sur le manche de la baïonnette. Évite de couvrir la mine avec ta semelle. »

Encore passablement énervée, l’italienne acquiesça silencieusement et défit son étreinte. Ravix ne moufta pas, comme si elle attendait la suite et s’était le cas elle n’avait rien à dire de plus. Elle s'exécuta doucement, sans geste brusque, puis s’appuya lourdement sur le poignard qui pinça le déclencheur contre le sol.
Will inspecta son dispositif, vérifiant que le poids de la collègue avait bien pris le relais puis il fit signe à Ravix.

« C’est bon, tu peux te retirer. J’ai de la place pour bosser maintenant. »

Elena ne se fit pas prier, elle retira son pied avec une pointe de soulagement qui se vit sur son visage si imperméable. Elle était contente de ne plus avoir cette bombe sous la semelle. Maintenant il fallait la désamorcer avant que le plâtre les marque et les renvoient de l'entraînement. Étrangement, sur le coup, elle le trouvait certes réaliste, mais pas aussi sadique et pervers que ce qu’on lui avait dit. Combien de soldat étaient morts comme ça ? Sûrement beaucoup trop et il est intéressant de tomber dans ce piège au moins une fois en entrainement pour ne pas se faire avoir par la suite. Cependant, on ne peut pas être tranquille trop longtemps sous peine de s’endormir car soudainement : il y eut un craquement de broussailles, comme si quelqu’un écrasait des brindilles en cherchant à les approcher. Rita reprit son arme, ses mouvements faisant vibrer sa jambe sous le nez de Will qui se jeta dessus, comme elle l’avait fait pour Ravix avant, afin d’éviter toute glissade. Rita n’en menait pas large, son regard se posa sur son collègue qui se trouvait également la tronche plaquée contre sa cuisse et elle eut l’envie de le renvoyer balader d’un bon coup de genou. Mais il y avait cette menace qui s’approchait et ce n’était pas par là que le reste de l’équipe était supposée revenir. Il aurait prévenu d’ailleurs.
C’était forcément quelqu’un d’autre.

Le pied sur cette foutue mine, Rita pointa son fusil dans la direction de ce bruit, essayant de calmer sa respiration. Elle échangea un regard avec sa collègue qui avait pivotée aussi arme pointée vers les fourées, sur un fond d’angoisse, en sachant très bien qu’elle faisait une cible en or ainsi positionnée.
« Will...ça devient urgent là. »

Elana se mit à contourner le buisson le plus silencieusement possible pour éviter d’attirer l’attention, puis rangea son arme pour sauter précipitamment dans les fourrés. L’amas de végétation était assez concentré ici pour cacher un homme, pourquoi pas, ou autre chose. Il y eut un bruit strident et très aigu, une masse sombre assez épaisse voulu s’échapper au moment où Ravix avait amorcé son mouvement, l’impactant fortement au niveau du torse. La jeune femme sentit un pelage rêche sous ses doigts et un souffle fétide lui couvrir le visage. Sous le coup de la surprise, Ravix se ramassa au sol avec la chose sans savoir ce que c’était. Elle entendit l’italienne crier mais impossible d’en déduire le message dans le feu de l’action.

UN putain de sanglier ! Le souffle coupé a cause du choc, elle essaya néanmoins d’immobiliser la chose avec un coup de poing ferme sur ce qu’elle pensait être la nuque, pour regarder si s’était un sanglier ou non. Une idée lui parvenue… il fallait bien mangé ce soir non ? Et les rations de survies n’aurons qu’un meilleur goût avec du gibier ! L'adrénaline coulait à flot dans son esprit et qu'est qu'elle adorait ça nom d’un chien !
Le coup ripa sur le pelage de l’animal qui hurla d’autant plus fort.

HOUIIIIIIRCCC HOUIIIIIIIIIIIIIRC !

Avec un puissant et soudain élan, il renversa la jeune femme et partit au trot avant qu’une détonation soudaine ne le fasse hurler une nouvelle fois à travers les fourrées. Il venait de déclencher une mine au plâtre et franchissait désormais les buissons en s’écriant, laissant un véritable sillon de poudre sur son chemin.

« Elana Ravix, la gauloise qui chassait le cochon sauvage dans la forêt Athosienne... » Commenta Will en s’approchant pour l’aider à se relever. « Tu voulais le bouffer ou quoi ? »

Elana tomba sur le cul abasourdie et une moue contrariée… Oui les sangliers de pégase sont bien aussi farouches que les français ! Elle râla de plus belle, la gueule pleine de terre avant de voir Will la charrier. Elle lui tendit sa main pour se tracter avec force sur ses pieds. Elle aimait bien le surnom la gauloise, cela lui allait bien, une bonne bourrine !
« Tu as vu la gueule de nos rations de survie ? Même un SDF affamé n’en voudrait pas ! » Elle retira un peu de terre de son uniforme. « Tu as pu finir ton taff ? »

Will Sandoval s’interrompit dans son geste. Sa main retomba lentement le long de son flanc alors qu’il la regardait curieusement. De ce fait, il abandonnait tout de suite l’idée de l’aider à se relever alors qu’il fronçait les sourcils, comme s’il recevait la surprise d’un comportement inattendu. Il lui avait fait une remarque sérieuse et elle croyait qu’il faisait de l’humour ? Vraiment ?
Et Rita, dans tout ça, qui vient de troquer sa place avec elle ? Rien à cirer ? C’est mieux d’aller faire mumuse avec les cochons sauvages ?

« Là, t’es vraiment pas cool capo. C’est le mythe qui s’effondre. » Avoua Will en reculant un peu. « Franchement tu te sens pas gênée ? Tout va bien ? »

Le canadien n’était pas du genre à entrer au conflit, ça se voyait d’ailleurs sur ses expressions et les propos pas entièrement assumés qui venaient de lui sortir. Dans son dos, Rita avait toujours son arme braquée, inquiète à l’idée que cet animal puisse servir de diversion. Sa jambe commençait à trembler à cause de l’inconfort et elle déclara d’une petite voix :
« Laisse-la jouer, Will. Reviens m’aider, je tiens plus. »

Le spécialiste quitta Ravix en marquant le geste d’un soupir. Il pensait s’être fourvoyé à son sujet et regrettait de lui avoir porté de l’intérêt. Il pensait trouver sous cette apparence inexpressif une militaire proche et solidaire. Mais là...ça avait tout l’air d’être l’inverse.

Elana le regarda étrangement elle aussi. Et une lueur de surprise se fit dans son regard si peu expressif. Elle ne comprenait pas du tout le comportement de Will. Elle soupira se disant qu’encore une fois, il avait eu un comportement mal interprété et s’était toujours les siens. Elle ne rejetait nullement la faute à Will, elle savait qu’elle n’avait pas l’apparence et le décodage facile. Elle se releva restant silencieuse en secouant un peu la terre sur ses vêtements. Il n’empêche, qu’elle avait cru à un ennemi et ce cochon aurait très bien pu foncer sur l’italienne la percutant. De base s’était pour les protéger eux et là il venait à lui dire clairement qu’elle en avait rien à faire. Ça lui apprendra à répondre par l’humour.
N’étant pas douée en communication, elle réfléchissait tout en les rejoignant à sa phrase, cela allait faire déconnecté pour ne pas changer mais bon. Elle ne voulait pas rester sur de fausses interprétations.
« Il y a problème d’interprétation. Je ne suis pas bonne en communication. Je ne comprends pas pourquoi tu réagis comme ça, mais ce n’est pas grave tu ne seras pas le premier à me trouver étrange… ni même le dernier….» Soupir cela la dérangeait sinon elle n’aurait pas réagi et elle l'aurait ignorée… enfin elle espérait au fond qu’il comprenne et qu’il ne s’emporte pas. Sinon… bah sinon voilà, elle assumait son étrangéité. c’est bien pour éviter ça, qu’elle préfère ne pas parler. « Il avait un danger j’y suis allé pour protéger …...c'était un sanglier qui aurait put charger Rita qui était à ma place, donc j’ai voulu l’assomer et qu’il évite de déclencher d’autre piège par la même occasion mais cela était présomptueux, je sais. J’ai cru que tu faisais de l’humour et au lieu d’être inerte j’ai trouvé une phrase humoristique, je n’aurais pas dû. Je ne sais pas ce que tu t’es imaginé, mais quand je t’ai demandé où tu en étais pour ton travail de déminage, s’était pour savoir si avant de venir me voir tu avais fini avec Rita qui était plus urgente que moi… » dit-elle sur le même ton, elle le regarda puis Rita. Qu’on pense ce qu’on veut d’elle quand on est un civil elle s’en fiche bien, mais elle avait une trop haute estime des membres militaires pour qu’ils se fourvoient et qu’ils s’imaginent des choses étranges à son propos. Et puis bon, elle fait passer les autres avant elle… toujours. Enfin elle espérait qu’elle s’était bien fait comprendre… quelle plaie d’être nulle sur ce point quand même.
« Ouais, bon, si tu veux. » Fît Will qui bottait clairement en touche. Il ne tenait pas à s’étendre et argumenter là-dessus.

En revanche, Rita qui avait toujours son pied sur la mine, soupira et regarda le caporal pour faire la traduction.
« Il dit que tu es barge de te mesurer à une bestiole comme ça. Barge dans le mauvais sens... »
« C’est vrai quoi !!! » Lâcha-t-il soudainement, suivant l’encouragement de l’italienne. « Tu crois que j’suis un rambo avec mon pétard à deux balles ? T’es la seule pour me protéger et sortir Rita de ce merdier. Et qu’est ce qu’on voit ? Caporal Gauloise qui tire la bourre avec un sanglier. UN SANGLIER.. »
Will ne criait pas. Il regrettait même déjà d’avoir livré le fond de sa pensée.
« Ces machins, ils se prennent des bagnoles sur les départementales, ils se promènent dans la pampa après avoir défoncé des parechocs au calme. Et toi tu sautes dessus au lieu de t’écarter. On faisait quoi si tu te faisais encorner ? Avec une italienne minée et une Caporale sur le tas ? »
« Et c’est là que Will rajoute qu’il a eu peur pour toi en plus d’avoir eu peur pour moi... »
« Non mais un sanglier ! Du calibre 12 de fusil de chasse qui t’arrache l’épaule, ça les arrête à peine. T’as sauté dessus avec les poings. »
« Héhéhé...donc, tu as eu peur pour Ravix... »

Rita était presque goguenarde. Elle posa un regard enjouée sur le canadien, profitant de l’environnement un peu oppressant. Lui qui sentait les regards de ces deux femmes qui voulaient connaître une vérité.
Will grommela en haussant des épaules. Refusant de confirmer verbalement. Cela avait eu pour effet d’aggrandir le sourire de la jeune femme qui toisa Ravix en haussant les sourcils. Le genre de message qui lui disait : “Tu fais de l’effet au rambo au pétard à deux balles ma grande…”

Ravix avait bien envie de lui dire qu’elle n’avait aucun problème avec le fait qu’elle se fasse encornée tant qu’eux, soit hors de danger. Mais elle s'abstenue de ce genre de commentaire se disant que cela serait de toute façon mal interprété. Elle laissa les deux échanger simplement. Mais, elle avait une écoute très attentive essayant d’apprendre quelque chose qui lui échappait. Elle esquissa un rictus simple sur le sous-entendu non verbal de Rita charriant un Will qui refusait d’assumer qu’il avait eu peur. Elle devait avouer qu’elle n’avait pas été très futée sur le coup, se mettre en danger bêtement contre une force de la nature. Mais bon, c’est passé, le sanglier s’était fait pété le pelage sans eux. Mine de rien, cela la touchait au fond, jamais elle ne demande la réciprocité dans ses échanges ou ses actes et elle devait avouer que cela avait un côté agréable de savoir qu’on puisse s’inquiéter un peu pour elle.

« Conclusion on a eu tous peur pour quelqu’un. Je ne referai plus la gauloise. » Elle fit un rictus de paix à Will, mais il avait une forme d’appréhension (elle tâtonnait et n'était pas à l’aise soyons clair) là-dedans qui contrastait avec son ton mécanique, mais qui affirmait qu’elle ne répondait pas de manière “je m’en bats les babouche” bien au contraire. Merci le regard sur le coup. Bon au moins les choses semblait se tasser et c’était grâce à la bonne communication de l’italienne qui était vraiment “douée en langue”. Elana lui jeta un regard accompagné d’un hochement de tête reconnaissant avant de dévier celui-ci sur la mine et elle se rapprocha pour proposer son soutien pour qu’elle reste d’aplomb sur la mine. Le Canadien acquiesça et lui fit signe de tenir la jambe de la collègue.

« Ouais ben t’as intérêt. Parce que sinon, si tu te fais trouer le derrière, je te cautérise à coup de chalumeau et tu feras moins la fière ! » Rétorqua Will qui avait reprit un peu d’humour.
« Ca sent comment un cul de gauloise passé au chalumeau ? » Ajouta Rita en fixant Ravix qui esquissa un petit rictus.
« Le cochon. »

Rita lui répondit en se pinçant le nez, comme si ça sentait mauvais puis ajouta sourire franc.Très vite, des appels résonnèrent. Le sergent Brass émergea des fourrées avec Danny Blake. Tous les deux étaient extrêmement vigilant, marquant les emplacements des mines sur leur chemin tandis que les filles suivaient en vérifiant consciemment l’endroit où leur collègues posaient les pieds.

Tim s’approcha du trio.
« Tout va bien les enfants ? Je pensais vous retrouver couvert de plâtre. »
« Un cochon s’est foutu sur une mine. J’ai bien cru que j’allais tomber à mon tour. Will...dis-moi que tu as une solution. Je veux pas être disqualifiée...pas comme ça. »
« Ca va aller, tu seras bientôt libre. J’ai de la place pour bosser maintenant... »

Le sergent ordonna rapidement l’établissement d’un périmètre de sécurité. Quand il apprit que Ravix avait reçu le cochon sur la poire avant la détonation, il lui demanda de se faire examiner pas Bowers, juste au cas où. Celle-ci obéit sans rien dire, elle avait des bleus mais rien de bien grave sauf une égratignure sur la nuque. De son côté, Will prit deux grands colliers de serrage qu’il fit passer d’un bord à l’autre de la mine. Très lentement, sans se montrer brusque, jusqu’à passer par-dessus la lame de la baïonnette. Il sera ensuite de plus en plus fort, préférant l’usage d’un tournevis manuel, forçant jusqu’à ce que la pression écrase davantage le déclencheur et remplace le propre poids de l’italienne.
« Voilà, tu peux enlever ton pied, je lui ai mis deux fois plus de poids... »
Rita hésita un instant, son regard allant du spécialiste au chef d’équipe. Elle conservait une petite angoisse à l’idée que ce plan échoue ou que la mine soit défectueuse et ne la blesse. Tim se fit confiant et Rita dégagea son pied. Une vague de soulagement la traversa, éclairant son visage de bons sentiments. Sans crier gare, elle entoura la nuque du Canadien de la main pour lui déposer un baiser bruyant sur le haut de son casque.

« T’es mon joker, mec... » fit-elle reconnaissante.
Will ricana un peu, fier de lui, en rangeant ses affaires.

Ravix esquissa un rictus et s’approcha de l’italienne, elle ne l’avait pas fait avant, pour une raison simple : le cochon et surtout qu’elle remercie après quand tout est calme et non dans l’action angoissante ou un “merci” n’a que peu de valeur.
« Merci » dit-il, même si sa voix était monocorde il avait un regard sincère qui traduisait qu’elle ne faisait pas ça pour être bien vu, au contraire.
« T’aurait fait pareil j’imagine. » Murmura-t-elle avec une certaine complicité. « Enfin...quand tu n’es pas en train de chevaucher du cochon. » Oui elle aurait fait pareille sans aucune hésitation pour le danger. Elle hocha la tête confirmant sa première phrase, avant de regarder Rita d’un air complice aussi, cette référence lui fit penser à un jeu. « Avant de partir sur Atlantis, il avait un jeu sur téléphone, clash of clan, les gars en était dingue. Il avait des chevaucheurs de cochon comme unité de guerre. »
« Et tu crois que ce jeu a pas fait fureur en Italie. On t’appelera comme ça maintenant “Gauloise, la chevaucheuse de cochon !”. »

Iza, Ruth, Danny, Ravix tous affichèrent leur contentement et remercièrent d’un petit geste le génie canadien. Il avait fait fort malgré la perte d’une baïonnette. Rita était sauve d’une certaine façon, cela avait resserré les liens. Le sergent reprit très rapidement pour reconcentrer ses troupes.
« Ok, nos oiseaux se sont envolés et on a plus rien à faire ici. Notre boulot est pas terminé. Ruth, tu m’as bien aidé à nous situer, je te confie la carte. Tu te sens d’attaque pour nous guider ? »
« Oui, bien sûr. » Répondit-elle avec enthousiasme.
« Alors on te suit. Déplacement en colonne. Ravix, tu fermes la marche. En avant, atteignons ce camp avant midi. »

La caporale, attendit que chacun se mette en colonne et ferma la marche. Elle chassa quelques branches de sa queue de cheval, remettant le casque qu’elle avait retiré pour se recoiffer et éviter les mèches folles. Son regard s’attardera sur les pièges et retenu un soupir, elle avait failli s’éjecter de la mission et ses deux compatriotes en prime en marchant sur cette mine. Les dangers son véritablement de partout et il allait redoubler d’effort. La suite ne s’annonçait pas meilleur. Elle avait hâte d’être au campement, pour souffler un peu et permettre à chacun de se remettre des émotions. Et aussi, il faut qu’elle soit un peu meilleur en communication…mais pouvait-on lutter contre cet aspect étrange de sa personnalité ? elle ne savait pas vraiment. Elle a toujours été ainsi et elle savait que socialement elle avait du mal, cela la pesait mais bon, elle trouvait que depuis un an, elle arrivait à être plus expressive peut-être qu’a force elle serait normale.


‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan



PENDANT CE TEMPS, DU CÔTÉ D’EVERSMAN

Dans le jumper qui filait au-dessus de l’océan, un silence de mort régnait.
Il n’y avait que deux personnes qui ne se parlaient pas, ou très peu, et rien d’autre à l’intérieur que le matériel habituel pour le vol. Pas de sacs, pas de gilets tactiques, pas d’armes. L’ex-ranger était assis sur le siège copilote à contempler l’océan tandis que Nelly, aux commandes, lui jetait des coups d’oeils intimidés. Il venait de passer une semaine sur la cité en tant que civil, n’ayant strictement rien à faire. Matt voyait ses camarades partir pour le travail, il les voyait aller s'entraîner, il voyait les rescapés de la guerre se remettre lentement et recommencer à sortir.

La vie, en somme, reprenait son activité comme si le conflit n’avait jamais eu lieu. Bien sûr, on trouvait des traces des dégâts causés par les Morphéas un peu partout dans la cité. On entendait régulièrement les faits de guerre circuler dans les coursives. Et on entendait aussi le récit du premier soldat dégradé en public pour l’exemple de toute l’histoire du contingent d’Atlantis.

Lorsque Matt avait fait face aux membres du CODIR, c’est Caldwell, présent à ce moment-là, qui lui avait tendu la paperasse inhérente à son nouveau contrat. De très nombreux détails avaient été ajouté, toutes les conditions qu’il devait remplir pour retourner à un poste de première classe. Tout ce que lui avait promis le colonel Caldwell, en fin de compte, se trouvait aligné sur ces papiers. Si Matt manquait à une seule de ses règles, l’aventure se finirait définitivement pour lui.

Si son trajet se faisait sous un air encore plus morose, c’est parce que Caldwell avait sélectionné personnellement son instructeur pour refaire ses classes. Le Capitaine Indrick Calahan, la bête noire d’Atlantis, un Curtis version pourriture extrême, serait à la charge de son enseignement. Le type avait remplacé le Capitaine Harris et s’était constitué une élite dans l’élite. Les types qui échouaient à la sélection en sortaient cassés pour un petit moment, les autres étaient des valeurs sûres empruntables pour les missions d’explorations. C’était, tout du moins, les bruits qui couraient sur ce gradé chargés de casseroles et d’histoire sombre.

Caldwell n’avait pas été tendre. A croire qu’il n’avait pas changé d’avis sur lui ou que son idée ne s’était pas assouplie après ces quelques semaines.
« J’ai expressément donné l’ordre au Capitaine Calahan de vous mater. Ce n’est un mystère pour personne et encore moins pour le CODIR. Ne recherchez donc pas de recours parmis la hiérarchie. Vous passez ou vous partez. » Avait-il dit sur un ton sentencieux et sans appel.

Maintenant, il se dirigeait à toute vitesse pour son premier jour d’instruction. Il n’avait rien d’autre que son uniforme, le reste de ses effets personnels, de quelconque affaires lui avaient été interdit. Encore une fois, Nelly hasarda un regard dans sa direction.

« Je devrais m’avouer battue... » fit-elle avec son petit accent espagnol, l’air taquin. « Mais moi j’étais Capitaine quand j’ai tout cassé alors...je reste prem’s au classement. Par contre, toi, c’était de l’art. J’avoue. »

Elle lui fit un clin d’oeil complice.
La jeune espagnole n’avait pas parlé pour remuer le couteau dans la plaie. Elle essayait vainement de le faire positiver sur sa situation, sur le fait que sa seconde chance l’attendait sur le continent. Mais la pression devait surement être au rendez-vous et s'accroître avec l’approche inexorable de cette terre à l’horizon.

« Tu vas réussir, j’en suis sûre. »

Elle ne l’était pas pour être franche.
Pour la punir, on l’avait envoyé quelques heures avec cet officier. Elle avait été prise la main dans le sac par les infirmières, en train de forcer le vestiaire d’Isia, pour le remplir de cocotte en papier pleine de couleurs fluos fantaisistes. Les pliages contenaient tous la même série de messages au milieu de démonstrations affectives envahissantes : “Je me remets vite” ; “J’me marie avec Walker Texas Môman” ; “J’donne un tit frère à Nelly”, “D’ailleurs je l’adopte : Nelly Taylor-Laurence, ça l’fait hein ? Pas vrai ?!?” “Non, Nelly, j’préfère gober la langue de Môman planquée dans le placard à balai, c’est tout !”.

L’hispanique en était ressortie en pleurant.
En pleurant en tant que militaire et non en jeux d’enfant. Elle n’était pas croyante mais, de par sa culture, elle avait tendance à penser qu’il avait le diable en lui. Rien que d’approcher le campement lui faisait peur, l’idée même de croiser cet homme fou, alors Matt…

Nelly finit par se poser en douceur. Elle abaissa la porte arrière puis souhaita sincèrement bon courage à son ancien collègue. Elle redécolla assez vite en laissant l’aspirant au milieu d’un petit campement apparemment désert. Le vent soufflait sur cet agencement de petites cabanes de fortune et d’une tente un peu plus grande. Au centre, comme s’il eut s’agit d’un casernement, le drapeau Américain flottait dans l’air, attaché à un mât solide. Juste en-dessous suivait un drapeau à l’effigie de l’expédition d’Atlantis. Il était presque midi, le soleil commençait à bien cogner sur ce terrain très exposé.

Soudain, un bruit de plastique attira son attention. Il était là, en face, ayant écarté la bâche d’entrée de la grande tente. Indrick Calahan, avec son regard de hyène, le toisait de loin. Il attendit de voir s’il se mettait au garde à vous, ne cessant de le jauger de bas en haut avec une moue de dégoût et un dédain bien affiché. Calmement, inexorablement, il s’approcha avec les mains croisées dans le dos. Juste avant, il avait assuré son couvre-chef d’officier, ce qui renforçait l’image sadique de sa trogne déjà bien représentative.




Sans rien dire, sans ordonner le repos, il lui tourna autour comme un officier qui se baladait dans son QG et avait trouvé sur son chemin une curiosité sans savoir quoi en faire. Il revint devant le nez de l’aspirant, le zieutant une dernière fois avant d’accepter à contrecoeur sa présence.
« Ainsi, c’est vous... » fit-il platement, dangereusement. « C’est encore plus décevant à vous voir de près. Les Wraiths ne mangent pas n’importe quoi, semble-t-il, ils se sont malheureusement passés des déchets vivants. »
La remarque avait volé comme ça.
Le plus dérangeant était le ton employé, comme un constat naturel, véritable, qui n’avait même pas pour but de le tailler. Non, on aurait cru que le Capitaine témoignait d’une vérité crue mais bien réelle. Qu’il y croyait vraiment. L’officier détacha ses mains pour agripper la veste, comme pour l’inspecter, et il la relâcha subitement en se frottant les pouces...comme s’il venait de salir ses doigts.
« Hm...dites-moi. Qui vous a permis de porter cet uniforme ? »
C’était quoi cette question qui le prit au dépourvu ? Il ne sut que répondre. C’était l'uniforme réglementaire pour les entraînements. Son port lui était désormais permis et cela depuis la signature de son nouveau contrat.
« Les membres du CODIR, mon Capitaine. » Répondit-il d’une voix peu assurée.

Calahan n’avait écouté que d’une demi-oreille. Il recommença à lui tourner autour, l’évaluant, le jaugeant, comme un animal de foire. Après un silence gênant, il répondit de façon calme et parfaitement cruelle :

« Le port de l’uniforme se mérite, mon garçon. Vous souillez celui-ci par votre simple existence. Retirez-le sur le champs. »

L’officier se fixa devant lui. Il ne comptait pas le laisser aller dans l’une des cabanes ou la tente. Aucun change n’était visible, à croire qu’il voulait qu’il se mette en caleçon devant lui. Le Capitaine ne semblait pas inquiété à cette idée, il semblait même se moquer éperdument du résultat qu'entraînait cet ordre. Il se planta de nouveau devant lui, droit comme un piquet, dans une pleine allure d’officier qui attendait que l’aspirant s'exécute.

« Et bien ? Qu’attendez-vous ? »
« Tout de suite, mon Capitaine. »
Ne pas réfléchir et obéir. Ne pas chercher à comprendre ou même à discuter. Eversman ne cessait de se répéter ses mots dans la tête. C’est ainsi qu’il opina de la tête avant de s'exécuter débutant son effeuillage vestimentaire par la veste. Il fit de son mieux pour aller au plus vite, pour ne pas faire trainer la chose. L’uniforme n’avait pas été jeté au sol, les vêtements étaient pliés et empilés l’un au dessus de l’autre. C’est donc en boxer, plaques d’identification au cou et avec les rangers aux pieds que Matt lui faisait désormais face. Le repos n’ayant pas été ordonné, le militaire reprit la position initiale de garde à vous ce qui mettait davantage en avant les mouvements rapides de son torse témoignant de son état de stress.

Le Capitaine le regarda longuement, complètement indifférent aux signes de stress. Il récupéra l’uniforme qu’il épousseta, comme s’il cherchait à chasser des souillures qui l’avaient rendu impropre au port.
« J’ai eu l’immense honneur de visionner le plaidoyer de sa Sainteté Eversman. De l’art, du très Grand Art, c’est stupéfiant même. Je me demande ce qu’à bien pu vous trouver le CODIR et le colonel Caldwell pour vous offrir cette dernière chance... »
Il s’approcha au plus près, provoquant, acide et mauvais.
« Je compte bien le découvrir, aspirant. Mettre à jour votre vrai visage. Croyez-moi quand je vous dis que je n’ai pas mon pareil pour briser du branlot. »
Son visage se décala en direction du mât, levant les yeux vers le drapeau.
« Voyez-vous cette bannière étoilée ? Celle que vous avez honteusement trahie... »
Il attendit que Matt confirme, ce qu’il fit en opinant de la tête, avant de reprendre :
« Surveillez-la bien. Il ne faudrait pas qu’elle s’envole... »

Le Capitaine se recula alors, ne lui ayant toujours pas permis le repos. Il emporta au passage les plaques militaire d’Eversman qu’il arracha d’un coup très sec avant de s’éloigner, avec l’uniforme, jusqu’à sa tente.
« Leçon numéro un : LA PATIENCE ! »
Et il disparut à l’intérieur.

Tout ce qui faisait de Matt lui avait été retiré. Les chaussures étaient les mêmes pour les civils, nul doute qu’il aurait dû s’en séparer si cela avait le contraire. C’était loin d’être plaisant à vivre, il lui fallait encaisser et ne rien dire. Juste observer ce drapeau qui lui faire face un peu sur sa droite ce qui l’obligeait à tourner la tête. Il ne risquait pas de s’envoler. C’était débile. C’était un moyen de le tester, de montrer à l’officier qui était le chef ici. C’était ça les classes… Il ne pouvait que se résoudre à obéir gardant cette posture du garde à vous qui était loin d’être idéale. Les muscles demeuraient contractés.

La patience n’avait jamais été le fort d’Eversman. Il était d’une impatience certaine et disposait d’une forte impulsivité. Nul doute que l’exercice n’avait pas été choisi par hasard. Ce Capitaine avait reçu pour ordre de le mater, Caldwell avait été bien clair avec lui là dessus. Il n’était pas ici en colonie de vacances, il le savait fort bien. Les rumeurs sur l’instructeur n’étaient pas des plus rassurants. Désormais au pied du mur, Matt n’avait pas le choix. Il se devait d’encaisser, d’enterrer ses mauvaises habitudes qui l’avaient desservies pour repartir sur des fondations saines. Ce ne serait pas facile, même très laborieux mais il se devait de tenir. Il ne laisserait pas Caldwell le renvoyer sur Terre, il voulait récupérer son poste plus que tout. Il n’était pas un civil mais un putain de Ranger.

N’ayant rien à faire, forcément il commença à ruminer. Encore… Il avait l’impression d’avoir passé les dernières semaines à se torturer l’esprit. Les propos de Caldwell lui revinrent, les mots durs de Calahan aussi. Matt soupira essayant de penser à autre chose, une chanson qu’il appréciait par exemple tout en faisant quelques mouvements pour assouplir sa nuque. Le temps ne passait pas, les minutes semblaient infinies. La suivante plus longue que la précédente. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, cela n’arrangeait rien. Il ne savait plus depuis combien de temps il était là et n’osait même pas imaginer combien de temps il allait rester encore. L’autre devait être en train de roupiller sous cette tente, bien au frais. Une bière bien fraiche apparut dans son esprit, une piscine aussi… Il aurait donné beaucoup pour un transat ou même tout simplement pour pouvoir quitter cette position de merde.

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



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DEUX HEURES PLUS TARD.


La peau du Ranger était en feu.
Il transpirait à grosses gouttes en demeurant autant que possible dans cette position de garde à vous. Il n’y avait plus aucune activité, comme s’il avait été laissé seul et abandonné par Calahan dans ce camp désert. Aucun mouvement ne se devinait au travers de la tente mais, pourtant, il semblait acquis qu’il était surveillé de près. L’absence d’information et cette immobilisme constant lui firent perdre la notion du temps. Il avait eu l’impression d’y passer son après midi et, pourtant, le soleil était encore bien haut dans le ciel. L’absence de coup de vent rendait l’atmosphère insupportable pour quelqu’un qui restait immobile.
Elana agrippa le bras de Will qui en pouvait plus, le soutenant tout en le poussant à mettre un pied l’un devant l’autre. Elle le soutenait pour les quelques mètres restant à faire. Elle-même était lessivée, elle avait chaud, elle avait transpiré et sa peau était rougie par l’effort et la chaleur. Elle avait l’impression d‘avoir les pieds en feu, maudissant les rangers et son équipement qui pesait le poids d’un âne mort !
« Courage on est bientôt arrivé ! » dit-elle fermement mais en tapotant le bras du soldat.
Will ne répondit que par une quinte de toux. Il avait les poumons en feu et la bouche entrouverte. Un simple râle confirma qu’il ne lâcherait pas.

Soudain, Matt entendit l’écho d’un éclat de voix. Sur le coup, il pouvait se demander s’il ne prenait pas son désir d’activité quelconque pour une réalité. Mais rapidement, l’écho se fit de plus en plus précis et il remarqua très clairement un martèlement de rangers non loin.
« On y est ! Un dernier effort ! » fit une voix essoufflée. « Elana, empêche Will de s’arrêter, on est à deux pas. »
L’instant d’après, une petite escouade de sept soldats débarqua dans la cour depuis la lisière de la forêt. Ils étaient à bout de souffle et s’arrêtèrent non loin de l’ancien Rangers en lâchant sac et arme. C’était le sergent Brass et son équipe, Matt ne connaissait aucun d’entre eux mais pouvait se douter qu’ils s’agissaient de recrues.

Les mains en appui sur les genoux, courbé en deux, Tim tenta de reprendre une respiration normale en examinant son unité. Will était tombé à genoux, le visage rougi levé vers le ciel. Iza avait titubé vers lui pour vérifier qu’il ne ferait pas un malaise. Elana était près d’eux deux, elle reprenait son souffle plié sur ses genoux en chassant de la sueur de son front. Danny, lui, s’était séparé de sa mitrailleuse en jurant. Il maudissait son poids infernal et ne rêvait que de le troquer pour un simple neuf millimètres. Pour le moment, personne ne s’était vraiment préoccupé du type à poil qui fixait le drapeau américain, ils étaient trop épuisés pour ça. La carte était bonne mais la destination faussée. Le temps que Ruth se rende compte de la supercherie, l’escouade s’était éloignée au lieu de s’approcher. Ils avaient tenté depuis lors de combler le retard sans succès. Il était un peu plus de quatorze heures et l’équipe de Tim était dans un sale état. Ils dégoulinaient de sueurs, défroqués, sans eau et sans avoir mangé depuis ce matin.
Avec cette activité, ils avaient tous les crocs.
« Beau boulot. Ne vous laissez pas attendrir. » Souffla le sergent Brass en se redressant.

A ce moment, Danny s’était figé. Il pointa du doigt la position de Matt et toute l’unité le regarda avec autant de curiosité que d’inquiétude. Will se redressa même rapidement sur les pieds, comme s’il avait craint une embuscade.
« Chef, un type à poil qui matte un drapeau, ça me rend soucieux. » Fit le tankiste en reprenant sa mitrailleuse.
« Attends, je me rappelle de ce type Danny. Le rassemblement général pour la dégradation... »
L’homme s’approcha de quelques pas en compagnie de Ruth. Will, juste derrière, avait élevé la voix en prenant son parti.
« Ah ouais ! C’est vrai qu’il lui ressemble. Enfin, là, sans fringues... »
« Ne vous approchez pas. » Ordonna soudainement Tim. Il agrippa Danny et Ruth pour les faire reculer. Il ajouta ensuite à l’adresse de cette dernière.
« Tu es sûre ? Le mec a été radié, c’est plus un soldat. »
« Certaine. Je le reconnais, j’ai une bonne mémoire... »
Le sergent dévia son regard vers son second, Ravix, avec une certaine appréhension. Si ce type était ici, avec Calahan pas loin, ce n’était vraiment pas bon. D’ailleurs, Rita tapota le bras d’Elana avant de lui glisser :
« Il bouge pas d’un poil ce mec. Calahan a sûrement dû lui coller un pain de C4 dans le cul. »

Elana, comme tout le monde avait levé la tête vers le mec près du drapeau. Déjà en le voyant elle avait froncé les sourcils, découvrant une punition que semblait adorer Calahan : mettre les gens à poil. A tous les coups il lui avait fait retirer son uniforme. Comment elle le savait ? car elle aussi avait dû le retirer et se trimballer pendant plusieurs semaine en legging, car un uniforme se mérite. Elle n’avait jamais été aussi heureuse d’enfiler son vêtements réglementaire et elle en avait même éprouvé une certaine fierté à le revertier c’est dire… c’est dire à quel point Calahan avait de la force. Mais cette tête… oui, cela lui disait quelque chose, cela l’avait marqué et elle n’eut pas le temps de chercher dans sa mémoire pour savoir pourquoi, elle ressentait un vif dégoût en voyant ce pauvre gars… Ruth parlait de l’autre imbécile qui avait été radié et oui s’était bien lui. Qu’escequ’il foutait là lui ? Calahan l’avait pris pour leur montrer à quoi ils ressembleraient s’ils échouent ? Histoire de les narguer et de jouer avec leur nerf usée par la marche ? Elle croisa le regard de Tim, celui-ci put voir que le bleu délavé était devenu aussi tranchant qu’une lame confirma qu’elle aussi l’avait reconnue et que cela lui déplaisait fortement. Mâchoire serrée elle allait répondre quand Rita, dans sa bonne humeur fit de l’humour ce qui dénoua la bouche de la caporale, elle esquissa un rictus mais il disparut très vite (même si l’humour avait fait mouche) . Ce mec n’avait rien à faire ici et sa présence était un danger pour la “meute”.
« J’espère qu’on aura pas à désamorcer ça… l’activité déminage était tout à l’heure. »

Enfin de l’animation. Enfin autre chose à observer que ce fichu drapeau. Une équipe de militaires venant visiblement de terminer un entraînement rude. Il ne les lâcha pas, les suivant du coin de l’œil. Quelques bribes de conversation lui venaient aux oreilles. Elles étaient guère plaisantes. Ce n’était pas ainsi qu’on aimait entendre parler de soi. Cela lui confirma qu’ils ne se connaissaient pas s’il n’en savait pas davantage sur lui. Peut être que Calahan allait se montrer avec cette animation ? Et peut être qu’il s’agirait de la fin de ce calvaire ? Matt l’espérait de tout cœur.

Brass avait l’esprit qui turbinait à fond. Il n’était vraiment pas serein, surtout que sa nudité portait la signature de Calahan. C’était tout à fait son style de foutre un mec à poil sous le soleil, surtout si celui-ci avait merdé. Restait à savoir ce qu’il foutait là et où se trouvait le capitaine.
« Chef ? »
« Oui Iza ? »
« Permission de m’approcher ? Il a pas l’air en forme. Je voudrais l’ausculter. »
Tim hésita. Il pesa le pour et le contre, persuadé que de s’approcher de cet inconnu pourrait bien porter préjudice à son équipe. Mais il n’allait pas non plus rester à l’écart à le regarder comme un couillon. Il lui fallait des réponses.
« Ok. Suis moi. » Il attira l’attention de Ravix d’un geste de la main. « Hé, Elana. Veille à ce que les gars se refassent une beauté. Le Capitaine ne tardera pas. »

La caporale hocha la tête, levant la main pour rapatrier avec elle le reste de l’équipe. Elle avait la gorge sèche et elle espérait bien trouver un peu d’eau. Ais le camp en était dépourvue … quel plaie.
« Reposez- vous. Je vais essayer de voir dans les tentes s’il y a de l’eau. » elle était crevée aussi, mais bon, il fallait un peu d’eau pour apaiser le feux dans leur gorge… et il ne restait que les tentes, mais avant de fouiller dedans, elle décida de faire un tour pour vérifier s’il n’avait pas des bidons planqués. Son pas était un peu plus vif.
Personne ne se proposa pour la suivre, ayant reçu ses propos comme un ordre ce qui était plus ou moins le cas, elle ne désirait pas être accompagnée, ils avaient suffisamment bavé comme ça..

Une fois fait, le sergent s’approcha de Matt et l’interpella lorsqu’il ne resta que quelques mètres. Il avait son arme dans les mains et restait de trois quarts, par pure méfiance.
« Hey, toi. Calahan est passé par là, c’est ça ? » Il n’attendit pas sa réponse pour ajouter : « Tu bouges pas. La doc va vérifier un truc. ». Matt opina du chef confirmant ses propos.
Un petit signe de tête et Bowers avança vers lui pour regarder sa peau de plus près. Elle soupira.
« Il est là depuis des heures chef. Il va avoir de sales coups de soleils... »
« Tu peux faire quelque chose pour lui ? »
« J’ai de l’écran total, de quoi traiter les endroits les plus exposés... »
« Ok, vas-y. J’ai l’impression qu’il va rester un moment en slibard ce mec. »
Tim baissa son arme et se positionna devant Matt. Dans son dos, l’infirmière ouvrit son sac pour prendre son tube de crème et en poser sur ses épaules. Elles étaient bien rouges, signe de brûlures qui se termineraient dans le meilleurs des cas en pelures. Sinon en cloques. Brass veilla à ce qu’il ne fasse pas de bêtises lorsque son infirmière commença le travail puis il entama les présentations.
« Je suis le sergent Brass. Escouade Charlie de l’unité Calahan, en manoeuvre. Celle qui s’occupe de toi c’est Izabel Bowers. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ? »
Cette sensation de froid sur les épaules fut des plus appréciables. Le badigeonnage de la zone nettement moins tant la peau était désormais sensible.
« Matt Eversman, Sergent. Le Capitaine Calahan m’a ordonné ne pas quitter ma position et de surveiller le drapeau. »
« Eversman... »
Tim avait répété le nom beaucoup plus fort. Il tourna le regard vers Ruth qui, au loin, confirma d’un signe de tête qu’il s’agissait bien de lui. Une façon de ne pas lui demander en face et de ne pas lui remuer le couteau dans la plaie. Le sergent pinça des lèvres et reprit à voix basse.
« Ca, c’est qu’un apéritif, tu le sais ? »
« Oui, Sergent. » Repondit-il sur le même ton, conscient qu’il n’était qu’au début de ses ennuis.

Le chef de l’escouade hocha la tête. Il ouvrit la bouche pour demander à Izabel de se presser lorsqu’il entendit le battement du plastique, signe que quelqu’un sortait de la tente à côté. Brass reconnut sans aucun mal la silhouette de Calahan et son coeur manqua un battement. Sa respiration s’était même arrêtée l’espace d’un instant avec la crainte que lui imposait cette homme, surtout avec le couperet qu’il avait au-dessus de la tête.
« Merde... » murmura-t-il avant de faire un quart de tour. « SECTION, A VOS RANGS FIXE !!! »

Elana revenu sur ses pas, au pas de course pour se mettre en ligne avec le reste de l’équipe. Le grand manitou était là et il allait faire son cirque habituel. Outre leur retard ils étaient tous fatigué, du pain béni. Le reste de son unité se plaça en ligne au garde à vous, en face d’eux et d’Eversman. Tim tapota dans ses mains, pressant Izabel à aller rejoindre la ligne. Elle n’avait eu le temps que de s’occuper des épaules de Matt mais c’était le plus important. Elle se débarrassa de ses gants, ajusta son casque et repassa les bretelles de son sac avant de rejoindre la troupe. Le sergent, lui, recula pour se placer devant son unité et se raidir également au garde à vous.

Calahan était resté silencieux. Il avait attendu que ses recrues s’éxécutent d’elles-même avant de se déplacer. Au voyage, il passa un bras autour des épaules de Matt pour l’attirer et l’emmener avec lui. A croire qu’il se comportait comme un bon pote “bras dessus bras dessous”. De son autre main, il portait un grand morceau de tissu masquant visiblement un objet circulaire. Il l’emmena avec lui jusqu’à atteindre Tim et son escouade. Elana fixa son capitaine, sentant une pression dans sa cage thoracique, voilà qui touche sa victime… elle se demandait ce qui était dans ce bout de tissus… elle espérait que ce n’était pas des menottes et qu’une personne serait chargé d’être lié à ce déchet militaire. Elle le sentait gros comme une patate la protection rapprochée… comme s’ils n’avaient pas déjà suffisamment à faire pour en plus faire la nounou. Elle se faisait des films, mais avec Calahan il ne prend rien au hasard et la présence de cet homme était une nouvelle souffrance en perspective.

Calahan devait être de retour. Il le déduit de l’attitude de la section, lui ne pouvait se permettre un coup d’œil pour le vérifier. Il demeura en position. Une main se posa sur ses épaules, Matt se raidit aussitôt la peau étant sensible à cet endroit tout endétournant la tête en direction de l’agresseur qui n’était autre que le Chef, prêt à répliquer.
« Mon Capitaine ? » lâcha-t-il. La surprise puis l’incompréhension se lut sur les traits de son visage. Il se laissa néanmoins faire.
« Vous ai-je donné l’autorisation d’ouvrir la bouche ? » Lui envoya-t-il brusquement d’une voix pleine de menaces. Il répliqua par un signe négatif de la tête.

Le Capitaine se tourna alors vers son escouade et les observa en silence pendant quelques secondes. Il se désolidarisa de Matt, cessa de cerner ses épaules de cette manière inquiétante et passa brièvement en revue les hommes.
« Vous avez deux heures de retard. » fit-il à l’adresse de Brass.
« Aucune excuse mon capitaine... »

Bien sûr, Tim avait des tas d’excuses légitimes. A commencer par la carte volontairement faussé qui avait pour but de les perdre. C’était signé Calahan ça aussi. Mais s’il avait pu s’en rendre compte plus tôt, s’il avait veillé à vérifier le boulot de Ruth comme un sous-officier devait le faire, alors il n’aurait pas à rendre compte de la sorte. La seule façon de limiter la casse...c’était simplement de ne pas argumenter.
Calahan acquiesça silencieusement, c’était intimidant. Tim était le seul à avoir suivi plusieurs entraînements avec lui. Tous les autres étaient nouveaux. Ils allaient vivre pour la première fois une manoeuvre façon Calahan.

Le Capitaine reparti à hauteur de Matt et lui tourna autour. Il fit une déclaration dans le même temps :
« Soldats ! Nous avons l’inégalable honneur d’avoir avec nous une personnalité de grand renom. Un VIP comme il est rare d’en croiser sur Atlantis. » Il passa sous le nez de Matt sans le regarder. « Un homme qui égale de par ses oeuvres les icônes de la cité, qui concurrence le CODIR et votre supérieur ultime : le Colonel Sheppard. »
Le gradé s’arrêta pour toiser les soldats.
« Je vous présente Matt Eversman, le ROI des branlots ! Le meilleur, le prince, toutes catégories confondues, des manquements militaires. De tout ce qui peut révulser un officier. Sa présence est une bénédiction. N’est-ce pas ? »
Le Capitaine ne plaisantait pas. Il guettait la moindre réaction, s’attendait à la moindre remarque, la moindre défense. Il tourna son regard mauvais et sadique en direction de Matt à la recherche, là aussi, d’une réaction.

Ce dernier avait la mâchoire serrée. Il s’efforçait de regarder droit devant se focalisant sur un détail sordide dans l’uniforme de la personne qui lui faisait face. Il devait passer outre l’humiliation, prendre sur lui et ne pas en tenir compte. Il tentait tant bien que mal de s’y tenir. Ne l’écoute pas, Matt. Laisse glisser… se répétait-Il.

Une bénédiction ? Ravix serra la mâchoire, ils allaient se le taper le petit prodige de l’armée américaine ! Il avait quoi en tête le vieux con ? Ils allaient devoir obéir aux ordres d’un homme qui avait perdue toute intégrité et galons au sein de l’armée ? L’empêcher de se prendre les bombes aux plâtres ? Devoir faire équipe avec lui ? Lui jeter des tomates ? Qu’il en finisse, cela devenait ridicule.

Le Capitaine poussa une plainte de dégoût, comme vexé de ne pas avoir eu la bonne excuse pour faire payer Matt, lui qui n’avait pas ouvert la bouche. Une fois encore, le regard de hyène sonda l’aspirant nu de la tête au pied. Il ajouta :
« Les branlots, le rebus des faux-patriotes, des soldats qui n’en ont que le nom. Les faibles de l’esprit, du coeur. Qui ne savent que parader et tirer au flanc. Celui-là en est le roi par sa magnifique prestation. Une performance qu’il convient de saluer comme il se doit... »

Calahan termina sa phrase en se plaçant sur un flanc de Matt. Il porta le grand morceau d’étoffe à hauteur et en écarta lentement les pans pour dévoiler un cercle de métal forgé. Dessus avait été gravé des tas de mots, tous péjoratifs. Comme déshonneur, arrogance, fierté, insubordination, trahison. Tous les termes qui feraient le cauchemar d’un militaire, la majorité volontairement axé sur ce qui avait été reproché au soldat. Mais bon nombre de ses termes se retrouvaient par des synonymes qui surchargeaient ce qui n’était rien d’autre...qu’une couronne.
Sans trop de démonstrations théâtrales, Calahan couronna Matt sous le regard de l’escouade.

Le petit spectacle manqua d’achever la meilleure volonté du Ranger. Il ne pouvait rester impassible à une telle humiliation baissant la tête. Là, l’officier venait de toucher son ego et sa fierté, de les blesser. S’il s’écoutait, il attrapait l’objet et s’en servait comme freebee ou peut être pour en assomer l’officier. Dans tous les cas, il ne le gardait certainement pas. L’intérieur des joues fut fortement mordu, les ongles enfoncés dans les chairs de ses paumes pour ne pas réagir et commettre l’irréparable. Ce renfermement n’était pas bon. Contenir les émotions n’était pas chose à faire, il lui fallait évacuer cette pression avant qu’elle ne soit trop forte. Les quelques secondes furent occultés, Matt s’évertuant à penser à autre chose.

Comme beaucoup Elana ouvrit de grand yeux de stupeur… bon une belle humiliation d’un homme couronné pour ses fautes… il avait de quoi pleurer. Mais elle ne ressentait aucune empathie pour cet homme, il méritait son sort (il n’avait qu’à pas joué au con et vu le nombre de chefs d'accusation qu’il avait reçu il pouvait s’estimer heureux d’être sur cette terre là et non elle a des milliards d’années lumières), même si un simple retour sur terre aurait suffit. Pourquoi il est ici ? Les huiles comptaient le remettre dans le droit chemin ? Ou simplement le brisé pour qu’il se pende dans un mois ? Le mettre avec Calahan c’est quand même non-assistance en personne en danger.

Le Capitaine fixa ensuite le sergent Brass, comme éberlué par son inaction, puis ajouta :
« Sergent ?!? Avez-vous perdu votre sens de la déduction en traversant cette forêt ?!? »
« Non, mon Capitaine. » Répondit-il, la mâchoire serrée.
Le sous-officier prit sur lui pour tourner la tête sur le côté et déclarer d’une voix sans appel.
« A mon commandement, soldats...genoux à terre, posture de soumission, tête basse. »
Il respirait fort, atterré par cette obligation d’entailler l’intégrité de l’ensemble de ses soldats par ce premier acte. Et dire que ce n’était qu’un début…
« Procédez. »

Izabel, Ruth, Danny, Will, Rita et lui s’agenouillèrent en baissant la tête, comme pour reproduire la posture de soumission couramment évoqué dans les vidéos traitant du moyen-âge. Le sous-officier espérait vraiment que Ravix aurait suivi le mouvement. En parlant d’elle, la mâchoire de la caporale se sera encore plus ainsi que ses poings. Ils devaient s’agenouiller devant cet homme ? Cela la révoltait à l’intérieur tout en étant surprise...elle beuga un peu sur cette demande. Qu’il soit humilié est un fait, mais eux… eux ils n’avaient rien fait pour faire ça. A moins qu’il lui faisait payer leur retard ? Deux heures de retard donc allégeance au roi des branlots ? Cela était tout bonnement inadmissible et fortement dérangeant. La question que se demandait Ravix était de savoir si sa “seigneurie” allait rester avec eux, si elle allait faire la suite de l'entraînement avec son équipe. S’ils allaient devoir se le farcir ! Et cela en avait tout l’air ! Son regard dévia sur chaque soldat qui commençait à plier le genou… cela l'énerva encore plus de voir les siens être abaissé de la sorte… de fier soldat à genou comme des paysans face à un roi. Calahan était vraiment d’une perversité incroyable.

Elana n’était pas encore arrivée quand la fameuse cérémonie s’était déroulée. Mais elle avait été filmé et retransmit au nouveau (à confirmer par papi). Surement pour montrer l’exemple. Elle se souvenait maintenant très bien de cette projection dans une salle noire de monde et de lumière, elle était au fond avec Banks, elle était resté silencieuse et elle avait eu envie de se barrer, se barrer car elle était dégoutée que dans l’armée d’Atlantis il est pareil cas d’école ! Cela était aberrant ! Elle n’avait eu nullement envie de voir cet homme se faire retirer ses galons, il ne méritait plus le regard de ses soit disant frères et sœurs. Ni même cette cérémonie qui rappelait à tous à quel point on tient à ces galons si durement gagnés. Aussi coupable qu’il était, il avait un côté attristant, ce côté voyeurisme d’être jugé par l’ensemble de ses coéquipiers, de voir les regards s’assombrir et se sentir trahie. Il devait être estimé de quelques soldats non ? Que pensaient-ils ? Elle avait détesté ce moment, inconsciemment elle s’était imaginée à sa place et elle aurait été morte de honte. Il était un paria, un branlot comme disait Calahan. Il devait retourner sur terre et finir sa triste vie dans l’humiliation d’avoir gâché la chance de sa vie ! Mais non… les huiles avaient décidées de lui donner une chance, une foutue chance ! Sur le coup Elana s’était demandée qui il avait sucé pour avoir ce cadeau. Et qu’il devait être sacrément doué le bougre ! Et s’il allait être à la hauteur de cette “confiance”. A moins que ça ne soit que pour le mettre en dépression… ça ça serait dégueulasse.

Son regard alla sur Tim, elle plia le genou pour obéir, même si elle sentait son corps trembler de rage face à cette situation. Elle était la dernière à mettre la rotule sur la terre...une minute d'écart avec le dernier, le temps qu’elle reprenne ses esprits face à cette demande aberrante. Tellement court et à la fois trop long pour l’autre pervers qui allait surement remarqué ça. Elle se calma se disant qu’elle obéissait à Tim et non à une excentricité de Calahan. Mettre plié le genou lui coûtait bien plus qu’elle ne l’aurait cru. Et avant de baisser la tête, elle lança un regard sombre à Matt. Ce mec était un danger pour son équipe et elle ne tolérait pas qu’on menace les siens. Il avait intérêt à se tenir à carreau sinon l’enfer lui sera qu’une douce mélodie quand elle lui passera dessus. Se rendait-il compte que sa simple présence, son simple choix d’avoir été un rebelle arrogant et présomptueux et cette nouvelle chance, allait condamnés d’autres personnes ? Calahan était un gros con. Oui le dieu des connards même. Mais il dirigeait une équipe d’élite et on n’est pas toujours mutés chez lui comme elle l’ait été.

Ruth… elle était dans les renseignements, Ravix pensait qu’il n’y avait que des officiers dans cette branche (et cela était compréhensible), pourtant elle ne portait plus de grande pompeux d’officier. Elana ne connaissait pas son passé, mais Ruth avait très bien put renoncer à ses galons pour être ici. Un sacré sacrifice et si c’est le cas, s’en ait encore plus dégueulasse pour elle d’être au même niveau que le délinquant d’Atlantis. Et lui, il n’avait plus rien, même plus d’estime et il était ici. Il allait souffrir mais cela n’avait pas d’importance tout le monde prend cher… mais le problème était qu’il était dans une équipe censé devenir une élite et lui était tout sauf une fine fleur, une légende mais dans le mauvais sens, il n’était même pas un bon soldat. Cela voulait dire quoi ? Que Calahan avait si peu confiance en eux, qui leur file dans les pattes l’échec suprême de l’armée ? C’est un message ? Pourquoi, il la ramener ici… pour avoir un petit souffre de douleur à poil ? Il est en manque ? Elle n’en savait rien. bien sûr elle aurait pu se dire que ce pauvre gars était dans le même camps…mais non, elle n’avait pas de peine d’empathie et encore moins de pitié pour lui. Enfin elle verra se qu’il donne s’ils doivent faire équipe avec. Chacun avait droit à une seconde chance… mais qu’il fasse ses preuves car il partait de loin et Elana n’en avait pas un bon avis. Pourtant, elle juge peu, mais quand il s'agit de bafouer le corps militaire de cette manière, elle avait déjà établie un avis sur cet homme. Elle détestait les égoïstes surtout ceux qui se torche le cul avec la « famille ». Elle essaya de se détendre, toisant son genou soupirant, cela ne servait à rien de s’énerver. Il allait être brisé et il serait dans la même merde qu’eux. et enduis de tout cela, on a tous la même odeur : celle de la peur.



‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Calahan en profita pour fixer Matt avec un demi-sourire sournois, comme s’il était fier de lui avoir offert ce pouvoir, un pouvoir de roi des branlots…

« Monsieur Eversman. Un discours de la part de votre Sainteté est de rigueur n’est ce pas ? »

Et il allait dire quoi le petite prodige ? Il n’avait rien à dire sauf s’excuser d’être encore ici, dans sa galaxie. Elana attendait … ils n’avaient que ça à faire attendre dans cette position déplaisante. Elle se demandait ce que pensait les autres et elle dévia son regard sur Rita à côté d’elle à droite puis Will a sa gauche.

Les termes employés n’avaient rien d’élogieux ne faisant que renforcer l’humiliation du Ranger. Il se sentait honteux, humilié, blessé dans son âme et dans sa fierté mais ne pouvait rien y faire. Il ne devait surtout rien y faire. Cogner ce type ne servirait à rien. Les lèvres étaient pincées, ce n’était pourtant pas une floppée d’insultes qu’il retenait. Il devait se faire violence pour rester là, pour en rien dire et de se faire violence. Ce n’était pas dans ses habitudes, ça ne l’était plus. Les secondes semblèrent des heures, il ressentait le regard de l’officier mais aussi des autres sur lui. La pression était déjà bien forte sur ses épaules. L’épée de damoclès de Caldwell était là, toujours là… Un mot, un geste mauvais de sa part et c’était la fin. Matt ravala sa fierté, il se contenta d’un signe négatif de la tête gardant la tête basse.

« Je vous trouve bien peu bavard. Vous n’étiez pas plus sûr de vous durant la guerre ? Durant Magna ? Devant vos officiers ? » Le capitaine ne le lâchait pas du regard. « Où se trouve donc votre superbe ?!? »
Les remarques firent mouche. Calahan savait appuyer là où cela faisait mal, nul doute qu’il devait connaître son dossier de long en large. Matt releva quelque peu les yeux vers lui mais demeura silencieux.
« Allez, parlez jeune homme. Je veux vérifier que le soleil n’a pas atrophié votre langue. Savez-vous ce que je suis en train de faire de votre personne ? »
« Non, mon Capitaine » Finit par lâcher à voix basse, l’ordre lui étant donné de parler. Il s’était exécuté mais ce n’était pas de gaité de coeur.
« Eh bien ! Je constate que l’observation constante de notre chère bannière étoilée ne vous a pas rendu plus intelligent. Je me vois donc contraint de vous donner la réponse. Pour cela, vos amis ici-présent seront privés de trois heures supplémentaires d’accès à l’eau. »
Les punitions étaient collectives, chacun payant pour les fautes individuelles. C’était la norme. ça ne faisait que renforcer la culpabilité du fautif. Il avait merdé, qu’on le punisse lui, pas les autres...Matt n’osa pas un regard vers les autres. A cette annonce Ravix l’eu encore plus mauvaise, ils avaient tous affreusement soif et il fallait qu’il s’hydrate avant de flancher avec ce soleil de plomb.

Le Capitaine regarda sa couronne puis la section avant de déclarer :
« Je vous fais vivre par des exemples plus marquants les magnifiques traits de votre personnalité, de toutes les valeurs dont vous avez gratifié votre entourage. Vous vous êtes conduit en arrogant, je leur fait vivre votre arrogance. Vous êtes aussi un égoïste, je leur ferai vivre votre égoïsme. Cela vous plait ? »
« Non, mon Capitaine. »
« Non ?!? » fit-il faussement effaré. « Alors pourquoi ne pas vous être posé cette question AVANT votre sentence ? »
« Je… Je ne m’étais pas rendu compte de la déviance de mon comportement, mon Capitaine »
« Soyez sans craintes, Eversman. » Confia-t-il avec un regard dédaigneux. « Cette section va avoir le loisir d’expérimenter longuement vos déviances, je vais y veiller... »
Matt croisa le regard de l’officier quelques instants comme s’il le suppliait de ne pas faire ça avant de lever les yeux vers les autres. Il était désolé qu’ils aient à subir ça. Qu’il soit désolé n’avait aucune valeur, Elana savait très bien que le but était le sadisme de Calahan, Matt avait beau se complaire en excuses, ils subiront chacun de ses faux pas. Ils étaient condamné à subir les “déviances” d’un homme déchu. Elana sera les poings elle n’avait pas signée pour expérimenter la médiocrité d’une personne. Les huiles avaient donné un nouveau jouet à Calahan et il n’était pas un enfant très doux...

Les membres de l’équipe s’était tous exécuté sans broncher. Ils craignaient tous la suite des événements, surtout depuis qu’il avait signalé leur retard. Ils ne connaissaient pourtant pas le capitaine mais ils savaient combien il pouvait être dangereux lorsqu’il commençait à parler de cette manière. Les regards baissés, les soldats attendirent l’ordre pour se redresser et se replacer au garde à vous.

Calahan quitta l’aspirant pour les passer en revue. C’était moche et égoïste mais Matt fut soulagé de ne plus être sous les projecteurs lâchant un soupir tout en gardant la tête basse. Quelques secondes de répit. En prédateur, avec la dégaine d’une pourriture déjà en manque de sadisme, il parcourait les tenues de son regard. Il s’arrêta devant Ravix en faisant racler ses bottes et accrocha le bas de sa veste de ses doigts, un peu au niveau de son flanc, et lui présenta ensuite sous le nez les traces de plâtre qu’il venait de recueillir. Il était d’un silence mortel, une promesse qu’elle allait le payer chèrement, mais rien ne lui tomba dessus...À son plus grand étonnement, elle se demandait où elle avait chopé ses traces, peut être dans sa lutte avec le sanglier ? Ou durant les explosion sur le sol ? Qu’importe, elle n’avait pas vu ce détail sinon elle l’aurait retirer prestement. Le Capitaine alla jusqu’au bout de la ligne et leur passa ensuite dans le dos, toujours en silence et les mains croisées, mais s’arrêta brusquement au niveau de Bowers. Il s’approcha un peu et tira de ses doigts une petite mèche rose qui s’était échappé de sous son casque.

« Tiens, tiens, tiens. Qu’avons-nous là ? » Siffla dangereusement Calahan.

Izabel cessa soudainement de respirer. Son visage était resté figé vers l’avant mais ses yeux s’étaient déportés sur le côté, comme si elle avait tenté de fixer l’officier. Une expression d’angoisse intense se lut sur sa figure alors qu’il se positionnait devant elle et ajoutait avec un signe de menton :
« Et si vous m’enleviez votre casque, soldat ? Que je puisse admirer ça de plus près ? »
Quiconque aurait regardé dans sa direction aurait vu des tremblements soudain la parcourir. C’était involontaire mais Izabel avait soudainement senti le sol se dérober sous ses pieds en comprenant qu’il avait découvert ses couleurs. Elle n’avait pas réussi à les retirer, c’était un accident, juste un accident. Et elle savait que l’officier n’attendait que ce genre de chose. Qu’allait-il lui faire subir ?
Mal, elle savait qu’elle allait avoir mal. Très mal. Cet homme savait faire souffrir en touchant le point sensible, celui capable de vous réduire en bouillie. Comme n’importe quelle victime qui se sait ciblée, la jeune femme demeura stoïque avant de prononcer d’une voix chevrotante :
« Mon Capitaine...je...permettez-moi...m’expliquer...je... »
« SILENCE !!!! » Rugit-il brutalement. « Vous allez ôter votre casque, c’est un ordre ! »
Le visage de l’infirmière se tordit de douleur. Elle faisait des efforts désespérés pour ne pas pleurer, ses yeux humides n’avaient pourtant pas échappé au Capitaine qui s’en moquait éperdument. Iza se sentait piégée et elle avança des mains tremblantes jusqu’à son casque pour découvrir ses cheveux aux mèches colorées. Le regard de l’officier s’illumina de façon malsaine et il hocha imperceptiblement la tête.
« La fantaisie vous rend “belle”. C’est ce que vous recherchez dans cette armée, n’est-ce pas ? »
« Non...je...je m’excuse... »
« Vous voulez attirer l’attention soldat ? Être plus femme que militaire peut-être ? »
« Monsieur...je n’ai pas pu...je... »
« SERGENT BRASS ! »
« Capitaine ? »
« Dois-je conclure que vous cautionnez les manquements à l’image réglementaire du soldat ? »
« Négatif, mon capitaine. »

Calahan avait hurlé en maintenant son visage près de celui de sa victime. Celle-ci mobilisait toutes ses ressources pour ne pas trembler mais il était maintenant très clair que cet homme lui filait une trouille bleue. Elle ne savait pas ce qui allait lui arriver et elle regrettait de ne pas avoir eu l’occasion de s’expliquer. Si seulement on ne lui avait pas menti. Si seulement ces couleurs étaient bien temporaires...si seulement… Elana s’était tendue en entendant le capitaine gueuler… sa première pensée quand il s’était approché de la toubib était un « non non les mèches licornes »… il les avait vus ! et personne n’avait fait gaffe à ce détail, tout éreinté pour se soucier de quelques mèches de cheveux.

L’officier se retira pour aller défier le sergent. Celui-ci déglutit, il savait qu’il allait en être tenu pour responsable et qu’il allait le payer à la façon Calahan. C’est à dire que ce n’était pas lui qui allait payer la note pour avoir manqué à l’aspect des soldats qui lui étaient confiés. C’était Bowers qui serait la cible de tout.
Les mots de l’officier furent tranchants, sans appel.
« Mettez ce soldat en règle immédiatement ou vous partagerez votre voyage retour avec le roi branlot. »
Tim acquiesça. Non seulement il ne voulait pas être viré mais il savait que s’il jouait au plus fin en acceptant que cette menace soit exécutée, Calahan trouverait quelqu’un d’autre pour faire le boulot. Il l’avait dit à son équipe, il n’avait pas gardé cette réalité secrète : il était trop près des hommes et il avait tendance à choisir l’humain plutôt que le devoir. Il avait bien vu ces mèches et il aurait dû agir avant. Maintenant, cette pauvre femme allait payer le prix fort.
« Je vous ordonne de me ramener ces cochonneries. »
Brass salua le capitaine puis quitta sa position pour s’approcher d’elle. Quand elle lu dans son regard qu’il n’allait pas la protéger, ou du moins pas comme elle l’entendait, Izabel se cru abandonnée et céda. Elle commença à reculer.
« Non, Tim...s’il vous plaît... »
« Soldat, conservez votre position. Silence. » Déclara le sergent d’une voix hachée. Il lui coûtait tant d’agir de la sorte.

Le regard de Tim se porta sur l’équipement accessible de l’infirmière et il repéra ses ciseaux d’intervention. Quand il s’en empara, le visage ravagé par la culpabilité, Bowers trembla de tous ses membres.
« Non, non. Pas mes cheveux, je vous en prie, ne faites pas ça... »
« Tenez-là. » Ordonna-t-il à Danny et Rita.
Forcément, les hommes hésitèrent, les yeux ronds comme des billes.
« Allez, tenez-là. »

Bowers n’en pouvait plus. Ses jambes cédèrent et ses deux collègues la portèrent quasiment de force. Danny avait le visage rouge, les yeux baissés, tandis que Rita massait discrétement son dos de sa main valide pour lui faire comprendre que ça allait bien se passer, qu’il ne fallait pas qu’elle réagisse comme ça pour des cheveux. Mais la situation était horrible, elle en aurait pleuré elle aussi. Elle aurait supplié. Les cheveux d’une femme, c’est une bonne part de la féminité. C’était odieux et Calahan s’en délectait.
En comprenant que sa collègue allait résister, Tim chercha du soutien dans le regard de Ravix et lui fit un signe de tête pour qu’elle vienne l’aider. Il prit le casque de la jeune femme et le retourna pour s’en servir de réceptacle.

La mâchoire toujours autant vissée, la caporale, soutenue le regard de Tim. Il n’avait pas le choix, il devait couper les cheveux d’Iza… quitte à se faire détester, mais valait mieux quelques mèches en moins que de subir autre chose. Même si elle devait avouer qu’elle comprenait, cela lui ferait un choc de couper ses long cheveux blond… même si au final elle n’y tenait pas tant que ça. Ainsi, elle hocha la tête en direction de Tim, pour lui donner un peu de soutiens et de courage dans cette terrible décision. Elle s’avança de quelques pas, posant un bras réconfortant sur la jeune femme, lui frottant avec une douceur assez étonnante venant d’elle. Oui, elle compatissait et elle essayait de la calmer. En passant vers Tim elle lui souffla dans un murmure : « Essai de faire un truc potable quand même… que ça soit rattrapable par le coiffeur.»

« Un instant ! » fit le capitaine en levant la main de façon autoritaire. Tout le monde leva le regard ou le tourna dans sa direction.

Allait-il leur demander d’arrêter ? Y avait-il une limite à sa cruauté ? Non...chez Calahan, ça n’existait pas. Le sergent ne se retourna même pas pour regarder l’officier, il avait simplement cessé d’approcher les ciseaux des cheveux de sa collègue en priant de toute son âme. Mais ce n’était pas suffisant.
Le capitaine fixa Eversman avec un sourire étrange et déclara d’une voix presque enjouée :
« Cette infirmière s’est bien occupée de notre Roi des Branlots. Pourquoi ne pas vous improviser coiffeur pour lui rendre la pareille ? »
L’officier maintenait son regard dans celui de l’ancien Rangers. L’incompréhension se lisait dans le regard du militaire ? C'était bien là, la première fois qu’on lui demandait des conseils coiffure et il n’était certainement pas la bonne personne pour ça.
« Vous pouvez bien lui rendre ce service n’est-ce pas ? Débarrassez-la de la moindre couleur non naturelle, c’est entendu ? » La bouche s’entrouvrit, il ne savait même pas ce qu’il allait lui dire mais fut interrompu par les cris de l’infirmière.
« NON, non. J’arrête... » Hurla Bowers. « Je démissionne. JE DÉMISSIONNE !!! JE DÉMISSIONNE !!! »
Elana porta son attention sur elle, essayant de la calmer, si elle venait à donner autant de bille à ce pervers, elle allait en baver encore plus. Non, elle ne pouvait pas démissionner pour des cheveux ! Elana lui achèterai une perruque si elle veut, mais pas ça. « Calme toi Iza… » chuchota t’elle.
L’infirmière répondit par une longue plainte de peine à moitié étouffée.

Un rictus carnassier tordit le visage du bourreau. Il s’approcha des quelques pas qui le séparaient de l’infirmière mais fut interrompu par le sergent Brass. Il venait de se placer entre eux, faisant barrage de son corps pour se pencher et murmurer une longue phrase à l’oreille de sa toubib. Dévastée, la jeune femme hocha plusieurs fois de la tête en pleurant et la baissa ensuite d’un air complètement résigné. Tim lui massa l’épaule, comme s’il lui promettait la chose secrète qu’il lui avait murmuré puis il se tourna vers l’officier. Il avait peur. Pas de la suite. Tout simplement peur de la perdre. Il échouait encore à ce que Calahan voulait faire de lui.
« Mon Capitaine, je m’oppose à cette déclaration. Le soldat Bowers n’a formulé aucun souhait de démission. »
« Ah oui ? Je serais le sujet d’hallucinations auditive ? » Il contourna le sergent et s’agenouilla pour rajouter avec une forme de haine dans la voix :
« Voulez-vous rejoindre les branlots ? »

Izabel sanglotait, elle était toujours retenue à genoux par Danny et Rita qui n’en pouvaient plus, également abattu. Elana était avec eux, aussi regardant longuement Iza, se demandant ce qu’avait pu dire Tim pour qu’elle calme sa peur et qu’elle fasse place à l’inévitable. Mais quelque chose avait changé en elle et sa tête fit un signe de négation assez clair. Elle ne répondit pas verbalement.
Le capitaine se redressa puis donna l’ordre à Eversman de commencer la découpe. Le coeur lourd, le visage cassé par la culpabilité, Tim lui tendit les ciseaux avant de remplacer Danny qui semblait sur le point d’exploser. Il ne fallait surtout pas qu’il aggrave les choses.
« Perd pas de temps Eversman. » Lui ordonna-t-il, le regard sombre.
Elana retenue une moue de dégoût… déjà que Tim doivent couper les cheveux d’Iza était une chose, une forme d’injustice, mais que ça soit l’ex soldat cela ne faisait que renforcer la peine. Si elle restait auprès d’Iza s’était pour elle, pour qu’elle sache qu’elle n’était pas seule et qu’elle serait soutenue avec ou sans cheveux licorne. Ravix se redressa posant une main sur l’épaule de la jeune femme, alors que Tim prenait la place de Danny, d'ailleur elle lui jeta un regard qui se voulait apaisant, (même si bon, elle était mauvaise communicante). Il ne fallait surtout pas qu’il explose et qu’il se révolte, ce n’était qu’un apéritif là… le pire était à venir.
« Et applique toi un minima » souffla d’un air tranchant Ravix en complément de la phrase de Tim.

C’était bien là, la première fois que le Ranger allait couper les cheveux d’une personne. Son expérience de coiffure se limitait au passage de la tondeuse sur quelques têtes masculines. Bien court sur les côtés. Autant dire que ça s’annonçait catastrophique. Il était désolé pour elle, désolé d’être forcé à le faire mais il n’avait pas le choix. C’était d’autant plus difficile que celle-ci était venue l’aider et maintenant il devenait son bourreau. Matt ferait de son mieux, il lui devait bien ça. Il hocha la tête aux différentes instructions des autres. L’ordre fut exécuté, fébrilement au départ puis Il tâcha d’être le plus rapide possible, de couper le moins possible même si déjà de nombreuses mèches colorées remplissaient le casque mais surtout de ne rien laisser de coloré. Pas question de laisser un mobile à Calahan pour l’humilier davantage. Lorsqu’il eut terminé, il vérifia qu’il n’y avait plus de crin de licorne passant sa main sur le crâne de celle-ci avant de finalement lui effleurer la base du cou plus longtemps que nécessaire époussetant quelques mèches cherchant à lui témoigner son soutien. L’ordre ayant été exécuté, il tendit l'ustensile en direction du sous-officier avant de se décaler d’un pas pour permettre la vérification par l’officier.

Personne n’avait vraiment pu savoir ce qu’il s’était passé dans le coeur et l’esprit de Bowers. Elle tenait beaucoup à ses cheveux mais, confrontée au risque, ce n’était pas une si grande perte. Ce qui l’avait le plus meurtri avait été ce cocktail détonnant de réalité difficile à encaisser. En premier lieu, ses crins de licorne, ainsi joliment prénommé par Ravix, représentait l’anniversaire qu’elle avait fêté et ce petit concours de drague entre soeurs sur ce beau docteur. Sa grande soeur, trente six ans, elle avait beau essayer d’y songer, le raclement de ses propres ciseaux sur son crâne la faisait gémir.

Elle se voyait devoir continuer de s'entraîner, vivre, faire face, voir Carson avec la tête les cheveux raccourcis et troués.
Et le regard de Tim. Elle l’aimait bien ce sergent, il était très humain. Elle en avait vu se prendre pour des cadors, d’autres user du grade pour draguer les gonzesses (il y avait même un homo qui essayait de convertir un hétéro qu’il avait dans son viseur). D’autres sergents plutôts sympas mais très lunatique.

Lui, il les avait prévenu pendant le vol. Il n’avait pas refusé son besoin d’aller sauver Ruth, il la lui avait même amené en la portant sur son dos.
Et...c’est cet homme là qui avait pris les ciseaux avant que le type à poil ne le remplace.

Dans le coeur d’Izabel, et malgré le fait qu’elle savait bien que Calahan était vraiment le coupable, c’était un véritable champ de ruine. Comme une atroce désillusion où le chef en qui ont avait confiance, l’impression de sécurité pour l’avenir, tout ça, s’évanouissaient d’un coup.

Les signes de ses collègues parvenaient à peine à la rassurer, elle n’en sentait qu’une moitié à peine. Le reste qui la traumatisait, c’était ce foutu bruit de ciseaux qui ne cessait de scinder ses mèches, les désolidariser de son cuir chevelu. Izabel était une militaire, une infirmière de combat...mais elle n’aurait jamais pensé vivre aussi douloureusement la perte de ses cheveux.

Lorsque le manège cessa enfin et que l’aspirant s’écarta, Bowers interpréta cela comme la fin de son calvaire. Elle s’effondra dans des sanglots silencieux, les hoquets étant seuls source de bruit et un automatisme l’amena à chercher du réconfort. Sans vraiment savoir pourquoi, elle gagna à quatre pattes les quelques centimètres qui la séparait d’Elana Ravix et entoura sa jambe droite de ses deux bras. Elle s’y cramponna avec force, sa poitrine vibrante de chagrin se transmettant dans ses muscles pour remonter ses cuisses. Rita s’était agenouillée et posait une main sur l’épaule de sa collègue, elle respectait son état.
Le contact fit fourmilier le corps d’Elana qui s’abaissa à son tour, pour réconforter la jeune femme. Matt n’était véritablement pas doué avec ses mains. Elle avait les cheveux tellement court qu’un coup de tondeuse aurait été plus réussi. Mais bon, pour retirer toutes les mèches colorées il fallait au moins ça. Cela n’était pas agréable, mais elle avait la chance d’avoir un beau visage, elle gardait une certaine beauté. Il est impressionnant de voir, que les cheveux construisent un visage, le rendant méconnaissable selon la coupe. Et là Iza était complètement différente. Le cœur de Ravix était lourd, elle ne le montrait pas, non, elle était toujours aussi apathique et pourtant, elle soutenait sa collègue dans sa peine avec ce geste de la main dans son dos. La frottant. Dans la communication non verbale de sa détresse, l’infirmière semblait récupérer un petit peu.

Peut-être que d’autres n’en aurait rien eu à faire de perdre ses cheveux. Mais voilà, ce n’était pas simplement une affaire de cheveux. Pour une question de mèches dépassant du casque, l’infirmière prévenante et bienveillante venait de subir une humiliation complètement injuste.

La gorge serrée, le sergent Brass récupéra le casque chargé des cheveux de son soldat et le donna au capitaine avant de le saluer. Celui-ci opina du chef avant de changer complétement de sujet. Il n’avait aucun scrupule. Ce qui venait de se dérouler lui semblait aussi naturel que d’aller chez le coiffeur.
« Vos hommes ont-ils besoin de se restaurer, sergent ? »
« Affirmatif. Nous avons besoin de vivres et d’eau. »
« Vous n’aurez pas une goutte d’eau avant la fin de cette journée, remerciez votre roi pour sa perspicacité. » Trancha Calahan. « Quand aux vivres, je vous laisse dix minutes, pas une de plus. »
Tim était forgé à cet exercice. Tous les militaires le connaissait un jour dans une forêt, un champ ou même en milieu urbain. C’était la collecte par tous les soldats d’éléments comestibles pendant un temps imparti. Lorsqu’ils se retrouvaient, ils faisaient tout cuire dans la même gamelle en alluminium puis ils prenaient chacun une bouchée.
Cela ne nourrissait pas mais chacun apportait sa petite contribution pour essayer de nourrir les autres. Dans son cas, plus il y aurait de monde dans cette forêt et plus le repas serait riche...pour le peu qu’il le serait.
Impossible d’emmener Izabel, elle était trop affectée et quelqu’un devait rester avec elle. Deux personnes en moins. Son regard alla donc à la rencontre d’Eversman avec sa couronne de manquement.
« L’aspirant fait-il partie de mon escouade ? » Demanda-t-il avec un ton véritablement contraint.
« Certes. Mais ménagez-le. Ce brave homme a tendance à se plaindre lorsque l’adversité lui est inconfortable. Et s’il se plaint, vous paierez. »
Forcément, le regard de Brass changea. Il détestait Calahan au plus profond de son être mais il ne parlait jamais pour ne rien dire. Il y avait toujours un sens ou un message à déduire. Là, c’est que ce type était du genre chochotte en mission. Ou du moins qu’il avait tendance à se plaindre. Tim devait garder son équipe soudé avec ses forces et ses faiblesses. Mais il savait qu’il aurait du mal à se retenir si le type ne se comportait pas comme un soldat d’Atlantis, ce qu’il avait déjà prouvé, visiblement, en étant radié publiquement.

En attendant les propos de Calahan, qui confirmait ses pensées plus tôt, elle leva le regard vers Matt. Son regard d’acier aussi tranchant qu’une lame aiguisée. Elle se leva, laissant Iza continuer à s’accrocher à elle comme une moule à son rocher. Elana pouvait être le roc de son équipe, cela était son rôle. Mais elle n’aimait pas la marée et les vagues de violence qui essayait d’égratigner ses mollusques à elle ! Elle était proche du nouvel aspirant et le ton qu’elle employait était à l’image de son regard, elle prit néanmoins la précaution que seule Matt pouvait entendre et non le capitaine. Rien ne traduisait dans sa gestuelle, aussi immobile qu’une statue de marbre.
« Je te conseille de trouver le courage et l’état militaire qui ton fait défaut jusqu’à présent. Du moins, le temps que finisse cet entraînement. » il avait une menace là-dedans, s’il échouait ou s’il par ses plaintes ou ses actions, il entraînait l’équipe au plus bas et qu’à cause de ça, il ait des nouveaux “branlots”, Matt le paierai cher, très cher.
« Ca va comme ça, caporal, il a saisi. » Fit le sergent qui s’était approché, Elana avisa le sergent de son air morne. Elle ajouta :
« Fais tes preuves ou démissionne. » conclut t’elle sèchement avant de plier les genoux, pour aider Iza à se lever et à se mettre sur ses deux pieds.
« Je démissionnerais pas... » souffla-t- il avant de suivre le sous officier. S’il avait voulu lâcher, il l’aurait fait suite à l’entretien avec le Colonel. Il n’aurait pas subi tout ça pour rien. Maintenant il était résolu à aller jusqu’au bout.
En réponse Elana hocha la tête sèchement, la réponse lui convenait bien, il devait maintenant faire ses preuves.

L’infirmière suivit le mouvement en changeant son accroche. Ses mains s’étaient emparés du gilet tactique de Ravix comme si elle avait peur de la perdre et de ne plus être sous cette protection relative. En sentant la présence de Matt, elle s’était soudainement raidie et écrasée un peu plus contre son caporal. Elana la soutenue davantage en réponse.
« Je suis désolé » Murmura-t-il à l’infirmière s’écartant pour ne pas lui imposer davantage sa présence. Ça ne lui rendrait pas ses cheveux, c’était sur mais bon au moins il lui aurait dit. Elana lui jeta un petit regard avant de se désintéresser de lui.

Quand Calahan consulta sa montre, le sergent comprit qu’il s’agissait d’un top départ. Il s’empressa donc de regrouper son équipe, invitant Matt d’un signe de tête, pour former l’attroupement autour d’Iza qui s’était légèrement calmée.
« Bien, mission de collecte, nous avons neuf minutes. Je pars avec le nouveau. Danny, Rita, vous prenez l’est. Will et Ruth, l’ouest. Privilégiez les baies, oubliez les champignons et ne ramenez pas d’eau. Surtout, surtout, ne soyez pas en retard les enfants. C’est compris ? »
Ils acquiescèrent. Son regard alla ensuite à la rencontre de Ravix.
« Je te confie Iza. Ne la laisse pas sombrer. » Fît-il doucement.
« Reçu »


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by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



aide couleur:
 

DU COTE IZA RAVIX


Elana serait bien allé faire la collecte, mais s’occuper d’Iza lui convenait tout autant. Elle ne savait pas, ce qu’ils pourraient trouver à proximité en si peu de temps. Mais passons. Elle entraîna Iza un peu plus loin, satisfaite que Tim prenne avec lui l’aspirant, elle ne voulait pas l’avoir dans les pattes pour le moment. Elle devait faire le point sur tout cela. L’injustice la travaillait et elle ne devait pas s’autoriser à prendre en grippe cet homme directement. Mais tant qu’il est une menace pour ‘l’équipe, elle aurait du mal à se dépêtrer de son instinct de chien de garde. Par contre, s’il venait à être en danger elle le sauvera sans hésiter une seule fois. Là était le paradoxe de son caractère, même si elle n’appréciait pas quelqu’un elle lui accorderait autant d’importance qu’une autre, il reste une « vie » après tout. Après, elle n’avait pas d’appréciation sur l’homme, elle avait cependant un jugement sur ses actes et il était là pour se racheter. Elle avait toujours un doute sur les rédemptions, on voyait bien des criminel retomber dans leur démons… alors un militaire paria ? Qui avait fait acte de trahison de guerre ? Pouvait-on lui faire pleinement confiance ? Il allait ramer pour redorer son image et elle ne voulait pas être à sa place. Elle chassa de son esprit Matt avant de se concentrer pleinement sur Iza.

« Ma tante disait qu’on reconnaît qu’une femme est vraiment belle, quand elle a perdu ses attributs. Même si ta coupe est à revoir tu n’as pas perdu ta beauté. » elle ne savait pas si cela aiderait Iza…
« Je méritais pas ça ! Ce type, c’est le diable. Il est ignoble ! » répondit-elle dans un reniflement. « J’arrive pas à me calmer, je tremble. Je présente les signes d’un...d’un état de choc. »
Oui, elle ne me méritait pas, personne ne le méritait. Elana lui prit la main pour la rassurer. « Non ce n’est qu’un homme. Un Wraith est bien pire. » Elle en avait pas encore vu, mais Calahan semblait être un agneaux à côté de ces vampires. Elle la regarda, oui cela semblait bien être le cas, un état de choc. Et elle ne savait pas du tout comment réagir ou faire. Alors, qu’elle garda le silence avec une petite moue au travers de sa bouche tout en tapotant la main de sa coéquipière.
« Je...veux pas...le savoir... »
Elana hocha la tête personne ne veut et pourtant ils sont tous amenés à en rencontrer un, un jour. Elle ne répondit pas, parler de Wraith n’était pas le bon moment.

L’infirmière essayait de se reprendre mais cela lui semblait insurmontable. Elle voulait tout abandonner, rentrer chez elle. Ne plus sentir ces courants d’airs sur le sommet de son crâne. Mais non, elle était toujours dans cet enfer. Sa perception terre à terre était largement entamé par les tremblements traumatiques que Ravix sentait sans mal contre son corps. Mais Izabel ne voulait pas rester un poids.
« Je...je dois me traiter...si je ne veux pas être un poids. Tu m’aides ? » Demanda-t-elle dans une quasi-supplique.
« Bien entendu. tu veux que je fasses quoi ? » Iza lui brisait le coeur par sa détresse, mais au moins elle avait encore du courage pour surmonter tout ça. Et ça, c’est une véritable force, qu’elle admirait.
La jeune femme respirait fort. Elle pointa un endroit à l’écart pour que Ravix l’aide à s’y rendre. La caporale l’agrippa, pour la soulever, la portant presque par moment. Elle ne se ménageait pas et elle rêvait d’une fontaine d’eau a cet instant. Ses jambes tremblaient tellement qu’elle eut besoin de son aide pour s'asseoir sans s’effondrer.
« Tu vas...me faire une...une injection. »
Elle acquiesça en déposant son sac. Elle avait la tremblote et elle suait à grosses gouttes. Difficilement, elle l’ouvrit et selectionna deux ampoules qu’elle déposa sur le bord du tissu. Elle y ajouta ensuite une paire de gants chirurgicaux et une seringue emballée.
« Je peux pas le faire. Je vais me louper. Commence par...par mettre les gants... »
Une injection ? Soit, elle n’avait jamais fait ça et elle n’était pas réputée pour sa douceur. Elle se saisit des gants qu’elle enfila sans attendre déballant la seringue, Elana suivit les autres indications, remplissant la seringue en respectant le dosage des deux ampoules.
« Un sédatif...léger. Et un décontractant musculaire, une faible dose. » Expliqua Bowers en se séparant de sa veste.
« Tu vas être opérationnelle ? Il ne faut pas que je te fasses un garrot ? Par contre, je ne suis pas douce… navré si je te fais mal. »
« Un peu désorientée mais...ça ira...je serais plus apte qu’en...qu’en état de choc... » Elle lui présenta son épaule. « Le garrot c’est...pour les prises...de sang. Là, tu plantes dans les chairs...appuie sur le piston...et masse ensuite lentement. »
Izabel reprit son souffle. Il semblait que son état actuel ne s’améliorerait pas sans cette injection.
« L’effet sera...rapide. »

Elana la regarda puis la seringue, elle espérait que Calahan ne trouve pas dans son air un peu hagard une nouvelle manière de la torturer. Elana réfléchit quelques secondes avant de planter la seringue directement, essayant d‘être douce mais cela était une illusion, elle n’est pas non plus douée pour ça. Une fois fait, elle retira les gants et la seringue pour les enrouler dans le tissu avec les autres déchets. Les ampoules encore pleines furent rangées rapidement dans les logements. Elana lui jeta un regard pour évaluer le changement sur l’infirmière.

Elle s’était calée contre elle, comme à la recherche de chaleur humaine tandis qu’elle émettait des plaintes étouffées. Bowers ferma les yeux sous l’effet immédiate de la médication et ses tremblements s’estompèrent peu à peu. L’infirmière ne parlait pas, elle ne regardait pas sa collègue. Mais rien que par les signaux non verbaux, la caporale pouvait s’apercevoir de l’amélioration de son état. Sa respiration fût moins fragmentée, un peu plus lente et profonde. Ce qui rassura Ravix qui la laissa se caler à sa mesure sur elle. loin d'être tactile habituellement, elle tolérait et acceptait le contact qu’avec des militaires. Elle lui apporta la chaleur dont elle avait besoin. En tout cas, en peu de temps, les liens se resserre et se forge, dans l’adversité on devient plus fort.
« Maintenant...il ne faut pas que je m’endorme. Aide-moi... » Lui souffla-t-elle.
« Pourquoi tu t’es engagée sur atlantis ? » demanda Ravix, un sujet qui allait la tenir éveillé.
Izabel ne bougeait pas. Elle se sentait en sécurité coincée entre les bras de la consoeur au visage le plus rude de l’équipe. Lorsqu’elle posa la question, une lueur s’alluma dans le regard de l’infirmière.
« Anastazie... »
« Qui c’est ? » ça pour une réponse complètement surprenante sans était une...
« Ma grande soeur. On a toujours tout fait ensemble... »
Izabel souffla, son rythme cardiaque se stabilisait, son esprit était fixé sur un bon souvenir. C’est donc assez naturellement que sa voix prit une teinte d’émotion et de profonds sentiments. L’infirmière avait ressorti sa photo, celle où elles embrassaient chacune une joue d’un Carson rouge tomate. Elana reconnue immédiatement la photo.
« Elle était radiologue à l’infirmerie du SGC. Moi, médecin...au suivi de santé des recrues. » Izabel soupira. « Quand elle est partie, j’ai cru qu’une part de moi mourrait. Alors...quand j’ai su que des places s’ouvraient...mon chef m’a aidé pour la candidature. Je... »
Elle monta un regard sur sa collègue, se détachant un peu.
« Je voulais faire de grandes choses...comme elle...mais surtout je ne voulais pas être séparée de ma grande soeur... »
Elle rangea sa photo.
« Enfantin, stupide, dit comme ça. Mais ma grande soeur, c’est tout ce que j’ai... »

Elana était fille unique, elle aurait aimé avoir quelqu’un aussi...mais déjà que sa mère daigne faire un enfant était un exploit alors un second… alors ce besoin, ce manque elle l’avait retrouvé à l’armée et même si Eric n’était qu’un homme comme tout les autres, il avait été son frère d’arme et elle l’aurait suivi à l’autre bout de la terre de son vivant, parcequ’elle avait un lien avec lui. Son monde, une part du siens du moins était mort quand il avait rendu son dernier souffle.

« Ce n’est stupide. On fait tous des choix. Au moins tu es avec quelqu’un que tu aimes et qui t’aime. Vous vous soutenez c’est le principal. »
« Je me rends compte qu’il y en a d’autres. Tu t’occupes de moi... » Fit-elle.


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L'enfer by Calahan



DU COTE MATT TIM


Quatre minutes plus tard, le sergent Brass s’était enfoncé dans la forêt en compagnie de l’aspirant. Il s’était tenu silencieux sur le chemin jusqu’à être certain de ne pas être écouté. Le reste de son équipe était partie et il se mit à fouiller les différents buissons. Il y avait des mûres sauvage, très peu, mais encore comestible qu’il cueillit pour le placer dans son casque.
« J’imagine que c’est ta première fois avec Calahan, c’est ça ? »
Il trouva confirmation dans son regard avant de continuer.
« Moi, c’est ma quatrième. Je suis le seul expérimenté par ses tactiques sordides. Ravix a été muté. Mais tous les autres sont des volontaires qui ont parié gros. »
Brass allait mettre les choses au clair avec lui. Matt n’y couperait pas. C’était même normal.
« Les places sont chères pour avoir la chance de partir en exploration. Il y a les militaires qui font les tours de gardes sur la cité et ceux qui vont à l’aventure. Le seul moyen d’avoir cette opportunité : c’est de faire partie des meilleurs. Donc d’intégrer la troupe de Calahan. »
Le sergent prit la dernière baie et alla un peu plus loin.
« Ces recrues risquent gros. Je trouve que c’est une belle équipe : la mienne. Et je veux la garder avec tous ses effectifs. Si je veux réussir, je vais avoir besoin de tout le monde à 100%. Surtout toi. »
Il se tourna pour affronter son regard.
« Ca va être facile pour personne. Et tu vas prendre le tarif. Mais voilà : toi tu as déjà eu ta chance. Maintenant les miens méritent d’avoir la leur. Je peux compter sur toi ? »
« Je compte pas laisser passer ma chance, Sergent. » Il préférait être clair avec le sous officier, il était là lui aussi pour repartir en mission.
Brass acquiesça lentement.
« Rappelle toi que tout ce que tu feras de travers, c’est mon équipe qui le paiera au prix fort. Je protégerai les miens quoi qu’il arrive, on se comprend ? »
Calahan l’avait déjà prouvé en les privant d’eau pour une de ses erreurs. L’officier ne lui ferait aucun cadeau, il en avait vite pris conscience. C’était eux contre lui et parfois lui avec eux comme en ce moment. « Oui, Sergent. » Il n’y avait rien de plus à récolter dans le coin. Rien en tout cas qui lui paraissait comestible.
« Merde, c’est déjà l’heure. » Nota le sergent en regardant sa montre. « Ramasse le petit bois, je sens que les collègue ne penseront pas au nécessaire pour le feu de camp. »
« OK. » Il se pencha aussitôt pour récupérer les branches les plus sèches. « Il faut s'attendre à quoi pour la suite, Sergent ? » L’enfer. On le lui avait déjà promis mais autant avoir une petite idée pour anticiper un peu.
« Je ne sais pas. » Avoua-t-il. « Il change toujours de scénario. Peut-être qu’il va essayer de nous monter les uns contre les autres. Il a déjà relevé les faiblesses de la moitié du groupe. Quand il aura l’autre moitié...les choses sérieuses vont commencer. Il nous détruira... »
Tim soupira.
« Aucune section n’a jamais pu lui résister. Mais je refuse de perdre celle-là. Cette fois, je ne le permettrait pas. »

Le Chef de section semblait tenir à son escouade et à chacun de ses membres. D’une certaine manière, ce dernier lui rappelait quelque peu Sheppard a toujours prendre soin des autres. Matt aurait presque envie de lui parler comme à un pote mais cela l’avait déjà fortement desservi. Avec Pedge. Avec Sheppard. Pas de troisième fois. Matt l’écouta tout en retirant cette fichue couronne pour retirer la sueur de son front. Il perlait littéralement et ce changement de température brusque avec la forêt n’avait pas arrangé la chose. Un peu de fraîcheur faisait du bien. Il ne jeta pas un regard à son chapeau, il ne valait mieux pas et le remit avec dégoût. Avant de repartir, il lui agrippa néanmoins Le Bras l’espace de quelques instants de manière à attirer son attention avant de relâcher.

« Merci pour tout à l’heure, Sergent. Tu étais pas obligé mais tu l’as quand même fais. » il aurait pu aussi le laisser là à cramer au soleil ou lui parler comme une merde en le dénigrant. Une manière de lui montrer qu’il avait remarqué ses gestes.

Tim le fixa un instant. Il avait presque de la tristesse dans la voix quand il répondit :
« J’espère que tu sauras t’en souvenir quand Calahan t’aura foutu au pied du mur. »


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Dim 21 Oct - 15:32
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



aide couleur:
 

Oui elle s’occupait d’elle, comme elle s’occuperait de n’importe qui dans l’équipe. Elana lui fit un rictus tout en s'apprêtant à répondre quand elle vit deux silhouettes émerger de la forêt. Ils étaient de retour. Cela lui paraît affreusement rapide et long à la fin. Mais ils avaient qu’une dizaine de minutes … Elana s’attendait à voir les mains vide de chacun.

Danny et Rita revinrent les premiers quasiment au pas de course. Ils avaient craint de ne pas être à l’heure. La chasse n’avait pas été très bonne, un écureuil mort n’avait pas encore été infecté de mouche. L’italienne avait insisté sur l’apport en protéine, s’opposant au tankiste qui voulait revenir bredouille. Sans activité aussi rude, n’importe qui tenait des jours sans manger. Mais ils étaient tous à bout, déjà, et il fallait vraiment de quoi se nourrir. Rita portait donc le cadavre malodorant lorsque Danny vint s’agenouiller près de Ravix et Izabel. Il posa une main sur son épaule et lui fît un sourire peiné.

« Je veux pas t’emmerder Iza mais... »
Il sortit de sa poche un vieux bandana taché par le cambouis. Le tankiste s’essuyait toujours les mains et le visage avec. C’était loin d’être hygiénique mais il le proposait quand même.
« Je n’ai rien de mieux pour toi... »
L’infirmière eut un léger sourire. Son regard était devenu las et son visage terne. Mais il n’y avait plus de signes de son état de choc et, si elle semblait un peu molle, son entrain semblait avoir repris le dessus.
« D’accord... » fit-elle avec un mi-sourire. « Plutôt bikeuse que collabo des boches. »
N’étant pas Français et ses connaissances trop limités sur ce qu’avaient subi les femmes qui s’étaient liées aux Allemands durant la Seconde Guerre, le tankiste ne comprit pas bien. Et Elana ne compris pas immédiatement avant que ça fasse tilte quelques minutes après avec le rapport des femmes tondues. Mais avec l’aide de Ravix, il lui passa le bandana autour de la tête pour recouvrir le désastre.
« Voilà, tu es notre bikeuse toubib maintenant... »
L’intention était gentille et il fallait le reconnaître aussi étrange qu’était ce bandana taché, il avait le mérite de donner un nouvel aspect moins humiliant à la jeune femme. Elle hocha la tête vers le tankiste le remerciant de son soutien pour Iza.
En tout cas, Elana était contente de voir l’infirmière plus “active” enfin pas en état de choc.
« Vous avez pu trouver quelque chose ? » demanda t’elle à Danny tout en cherchant du regard Rita.

L’homme grimaça en réponse. Cela suffit pour que la militaire comprenne.
Il tourna son regard vers l’italienne qui s’était placée un peu à l’écart pour ne pas les choquer en dépeçant l’animal mais, surement par mégarde, elle s’était maculé un peu de sang sur un coin du front. La jeune femme transpirait alors qu’elle usait de sa baïonnette : un outil bien peu précis pour ce genre de tâche. Elle sentit ces paires d’yeux se poser sur ses épaules et elle détourna naturellement son visage vers eux. Ses gestes trahissaient une habitude très répétitive. De ses doigts ensanglantés, elle extirpa un morceau de chair qu’elle renifla avant de le déposer dans la gamelle en aluminium. Danny poussa une expression dégoûtée.
« Quelle tarée, ouais...ça la gênerait pas de bouffer un morceau de viande faisandé et couverts de larves putain ! Regardez-là, elle a l’air dans son élément... »

Le regard de Ravix se posa sur Rita, elle ne trouvait pas ça spécialement dégoûtant à l’instar de son collègue qui affirmait clairement qu’elle était barje. Aux yeux de la française, il fallait bien survivre et sans nourriture toute ressource étaient bonne, tant qu’elles ne rendent pas malade. Elle ne comprenait pas pourquoi le tankiste était autant réfractaire. N’avait-il jamais eu d'entraînement en pleine nature avec deux pattes de fruits et son slip ? Peut-être bien.
« Et ? Tu es végétarien Danny ? » demanda Elana en détournant le regard vers lui.
« C’est ça, fous toi de ma gueule, miss capo...ça se voit que tu as pas encore connu la dysenterie. Quand tu te chies dessus juste en éternuant... » Lui annonça-t-il avec stress. Il semblait l’avoir bien vécu.
« Je me foutais pas de ta gueule mister “Dystank” » dit-elle en réponse avec un peu d’humour pour le calmer, elle l’avisa se disant qu’il avait dû connaître cette maladie qui donne pas envie, pire qu’une indigestion ! Danny ne répondit que par une grimace en retour.

Rita ne pouvait pas entendre ce qui se disait sur elle mais elle pensait le deviner. Son léger sourire s’accompagna d’un petit clin d’oeil moqueur à l’adresse du tankiste qui semblait plus fébrile à l’idée de recycler un cadavre d'écureuil découvert en pleine nature. Cela amusa Elana qui fit un clin d'oeil à l’italienne cuisto. Petit à petit, elle dépeça entièrement l’animal et recueillit le peu de chair viable pour le repas.

Ruth et Will vinrent directement à sa rencontre. Ils avaient été un petit peu plus chanceux. L’un avait dans sa main une pomme de terre sauvage et l’autre ce qui semblait être des herbes aromatiques. Tandis que l’Italienne s’occupait de la peau de l’écureuil, ses deux collègues nettoyèrent le légume de la terre en se servant de leur salive et de leur manche. Ils l’avaient coupé en deux pour se partager la tasse.

« J’ai toujours détesté ce jeu de merde... » Confia Danny.
« Ne t’en fait pas... » fit Izabel en tentant de le rassurer.
« Pense au repas qu’on va se faire quand on rentrera » cela donnait plus de courage pour la suite … la nourriture était une valeur sûre.

Iza s’aida de l’appui que lui offrait Elana pour se redresser sur ses jambes. Les yeux grands ouverts, les bras un peu flottants, elle testa son équilibre et confirma d’un signe de tête qu’elle pouvait se déplacer. Le tankiste avait suivi cette progression en positionnant ses bras comme s’il prévoyait de la rattraper en cas de chute. Elana quand à elle, la regardait faire comme une maman fière de voir que sa fille marche enfin. Ravie de voir qu’elle pouvait être à nouveau en équilibre Elana, lui frotta le bras avec un sourire qui se voulait sincère avant de se diriger vers Rita.

Bowers passa une main timide sur son bandana, presque rassurée de ne pas sentir les trous à travers le tissu, puis elle reprit ensuite avec un peu d’humour :
« Ta toubib bikeuse t’offrira des pilules anti-parasitaires... »
Danny rigola et suivit les deux femmes jusqu’à la position de l’italienne. Le sergent Brass et Eversman étaient revenus, s’occupant d’allumer le feu.

«Hum… j’ai toujours adoré la cuisine italienne » affirma Ravix avec une œillade un peu plus lumineuse pour marquer son humour. Elle était devant Rita, dans le but de la taquiner sur cet écureuil qui faisait grand bruit.
« Tu regretteras ma recette dans pas longtemps, tu verras. » Répliqua-t-elle, taquine.
« Si je vomie, tu feras double dose de pompes. » affirma Elana avant de lui faire un clin d’oeil pour marquer son humour.
« Calahinette, tu n’oserais pas. » fit-elle par surenchère.
Elana lui lança un regard à la fois étonné et faiblement courroucée.
« Ne dis a personne que c’est mon beau père ! » dit-elle avant de sourire, prenant bien ce surnom qui pourrait être une insulte vu comme la “bonté” de cet homme. Rita éclata de rire cette fois. Elle imaginait difficilement ce que pourrait donner le fils de Calahan dans la vie courante et, encore pire, un croisement entre celui-ci et Elana.

L’attention de tous les membres de l’équipe se portaient sur ce repas de fortune, la soif les torturant honteusement. Puisqu’il n’y avait pas d’eau pour faire bouillir les légumes et la viande (Rita s’esclaffant en entendant Will proposer naïvement leur salive cumulée) Izabel profita de cette occasion pour pincer la manche et attirer l’attention d’Elana.
« Merci d’avoir veillé sur moi. J’apprécie... »
« De rien, c’est normal. On est tous là pour en baver mais se soutenir est la base. » dit-elle, même si elle n’avait pas été obligée de faire tout cela. Elle l’avait fait point, elle était ainsi Ravix, elle ne pouvait pas expliquer le pourquoi mais cela lui aurait été inimaginable de ne pas le faire. Et au final, elle aimait bien toute cette équipe, chaque moment passé avec eux, semblait être plus fort. Iza commençait à prendre de la place dans ses affections comme chacun d'entre eux petit à petit.

Iza s’approcha ensuite d’Eversman et du sergent Brass. Ce dernier avait le regard brillant d’une joie assez expressive. Il était content de la voir aller mieux mais, en même temps, il n’était pas né de la dernière pluie. La jeune femme ne lui mentit pas en affirmant s’être dopée pour tenir le coup. Tim accepta l’information. Au passage, il fit un signe de pouce pour remercier Elana de son boulot, qui d'habitude lui rendit un signe de tête. Puis il demanda à l’infirmière de ne pas trop faire d’efforts le temps de récupérer. Le temps qu’il allume le feu, Iza s’approcha de l’aspirant. Elle était plus tendue, comme si une part d’elle continuait d’avoir peur de ce type, mais elle trouva la force de lui dire :

« Je ne t’en veux pas, je sais que t’étais obligé... »

Mais elle ne prononça rien d’autre, préférant aller s’installer entre ses camarades qui profitaient de l’absence ponctuelle de Calahan pour déconner. Quelques petits surnoms moqueur commençaient à voler entre Danny et Rita qui se chambraient en surenchère. L’italienne était “la vampire” et le tankiste “le timoré”. Quand Will voulu participer, le fameux fameux “Gauloise” de Ravix vola dans l’air et tous voulurent connaître l’histoire. Les différents témoignages vinrent fatalement sur le tapis et tous chambrèrent gentiment la para de son “altercation” avec le cochon sauvage. Brass rigolait aussi en n’en croyant pas ses oreilles. Même Elana qui était peu expressive avait quelques rires de temps à autres ou des rictus, allant parfois jusqu'à sortir de belle petite bombes à son tour. Elle adorait ce genre d’ambiance alors que chacun allait vivre l’horreur avec l’autre taré.

Dès lors, le sujet dévia un peu et l’équipe commença à se demander comment ils allaient baptiser leur chef. Brass éclata de rire, très gêné, en leur disant qu’il ne voulait pas être au centre de cet intérêt, craignant les surnoms fantaisistes qui pourraient lui tomber dessus.
Elana proposa le “saint bernard” comme il était toujours là, à s'inquiéter des autres, sauver les victimes non pas de la montagne mais de Calahan. En réponse, Brass se couvrit immédiatement les oreilles tandis que le reste de l’équipe répétait ce nouveau surnom en boucle, essayant de l’intégrer dans son esprit de force. Ils étaient hilares.

Danny avait de la graisse animale dans son paquetage, ordinairement utilisé pour graisser le pivot de l’armement de son blindé. Même si le produit n’était pas destiné à la cuisine, il en plaça à l’intérieur de la gamelle pour que les quelques morceaux puissent cuir convenablement. C’était toujours mieux que de la salive. Surprenament, une bonne petite odeur s’en dégagea. Le repas serait frugal et Elana espérait qu’ils auraient l'occasion de chasser le soir sinon ils n’allaient pas tenir avec rien dans le ventre. Cela participa à la bonne humeur qui se répandait dans le groupe et qui contrebalançait un peu le drame humain qu’imposait le Capitaine. Alors qu’on demandait à Elana de fournir son propre témoignage de sa lutte contre le cochon, son point de vue de Gauloise, le sergent Brass veilla à ce qu’Eversman ne reste pas en retrait. Qu’il s’installe avec eux autour du feu.

Le feu allumé, Eversman jeta des regards dans tous les sens à la recherche du Sadique du coin. Il s’attendait presque à le voir lui ordonner de surveiller de nouveau le drapeau mais il ne vit pas dans son champ de vision. Sous l’insistance du sergent, il prit place autour du foyer prenant garde de laisser une distance avec l’infirmière et l’autre jeune femme qui ne la quittait pas. Cette dernière s'était montrée plus à agressive que les autres à son encontre. Logique, elle semblait protéger la toubib du groupe même s’il avait noté un petit quelque chose de plus, une certaine hostilité qui l’incitait à ne pas aller vers elle. Il prit quelques instants pour l’observer avant de passer un peu de temps sur chacun des membres.

Oublier Calahan pendant quelques minutes était déjà une victoire en soi. Et ce moment était plus que nécessaire pour solidifier les liens du groupe.

« C’est mon côté Obélix. » dit-elle pour laisser la fibre humoristique dans la ligne de mire. Les autres avaient bien raconté son exploit stupide de s’être jeter sur la bête. Et elle n’était pas à l’aise d’être le centre de l’attention comme ça et surement que ce genre de chose devait se voir dans la manière qu’elle avait de tordre ses mains. Il n’empêche que si ce sanglier avait daigné être moins fort, ils auraient pu le manger … mais bon tant pis, il fallait se contenter de ce maigre repas. Will commença a faire tourner le repas pour que chacun se serve.

Tiens la Stroumph grognon était pourvu d’humour. Ce n’était pas grand chose mais c’était un bon point aux yeux du Ranger. Ça sentait plutôt bon, ça donnerait presque envie d’y goûter. L’ogre sur pattes qu’était Matt n’aurait pas hésité à y planter une cuillère. Cette fois il déclinerait. A regret.

« Gardez pour vous, j’ai mangé y'a pas longtemps… » A peine plus de trois heures depuis son dernier repas qui avait été plutôt costaud histoire d’avoir de quoi tenir bon. L’activité n’avait pas été des plus folles non plus. Pas de quoi justifier une nécessaire prise de repas. Il n’aurait pas dit non en revanche à un peu d’eau. La bouche était déjà bien sèche. Il s’imaginait sous une bonne douche tiède. Le rêve… Il devait ressembler à une espèce d’écrevisse ou à un vacancier imprudent qui avait passé sa journée à faire la crêpe sur sa serviette négligeant la crème. Il aurait un bronzage au top après tout ça. C’était ce qu’il fallait en retirer. L’oublier rapidement pour être prêt à affronter la suite.

Elana leva les yeux vers l’apprenti hochant la tête, un bon point pour lui et pris l’assiette pour le tendre à Iza qui avait bien besoin de quelques forces. Elle redoutait qu’elle se fasse prendre par Calahan comme elle s’était droguée. Pour sa part, elle continua à faire passer les repas, sans se servir, elle prendrait ce qui reste.

« Au fait, on nous a présenté notre nouveau roi, mais celui-ci ne connaît pas sa garde » un constat qu’elle venait de se faire soudainement, tout le monde connaissait Matt au final, mais lui. Il était en train d’être assis au milieu de personne qu’il ne connaissait ni d’Eve été encore moins d’Adam. Elle y avait mis une formulation qui se voulait humoristique, mais son visage s’était à nouveau fermé et de manière involontaire. Il allait falloir plus de temps et des preuves pour que ça aille mieux avec lui. Cela était humain après tout. Elle avait toujours ce doute que cet homme allait leur lâcher dans les pattes voir même revenir à sa première nature. Ce genre de sanction n’est pas rien et on ne change pas les hommes, on ne fait que se voiler la face. Même s’il semblait y mettre un peu de bonne volonté, il allait devoir autant refaire ses classes que retrouver de la confiance de ses paires. Elle avait dit “garde” et non sbires ou même serfs pour ne pas être méprisante et être dans l’humour, il valait mieux en rire de cette couronne ridicule que d’en pleurer, il aura tellement d’autres raison de chailler sur cet entraînement.

« Caporale Elana Ravix, Parachutiste de l’armée française. » commença t’elle pour initier le mouvement. Matt la gratifia d’un signe de tête et d’un léger sourire pour l’effort qu’elle consentait à faire pour faire connaissance.



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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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« L’armée Française existe ? »
Les quelques rires qui restaient en suspension dans l’air se changèrent tous de suite en des plaintes étouffées. La section entière se raidit, Iza baissant soudainement des yeux pour éviter la silhouette horrifique qui se tenait dans le dos de Ravix. Calahan venait d'apparaître, il s’était approché en profitant largement de leur dissipation pour faire une apparition sournoise. Ce simple propos avait sonné chez l’officier comme un aveu de rejet, que le caporal préférait l’armée Française à l’armée Atlante. Du moins, c’est de cette façon qu’il déforma les propos en entrant dans le groupe pour faire face à la concernée.

Dans la “connarditude” il avait un don qui se nomme “ être là toujours au mauvais moment pour faire chier les autres”et Calahan en bon tyran l’avait bien entendu. Elana retenue un soupire, tellement s‘était prévisible que le vieux bouc décide de venir en catimini les voire à l’affût d’une phrase qu’il pourrait exploiter pour les torturer. Si ça, ce n’était pas de la perversion ! Elle mangeait son casque ! La caporale, tourna la tête sans peur vers le capitaine qui se mettait déjà de face au groupe. Oui, l’armée française existe et c’est la meilleure armée du monde, bien loin des tirs aux flancs de l’armée américaine avait-elle presque envie de dire dans un élan patriotique et surtout un peu trop conditionné par sa propre mère qui était littéralement fière de son drapeau trois couleur. Cela avait valu une grosse engueulade et beaucoup de larme de cette officier quand elle avait appris que sa fille, son unique enfant qui suis ses nobles pas, partait pour une autre base à l’autre bout de la planète sous le drapeau de l’oncle SAM. Cela l’avait rendue malade et pendant un mois enter elle n’avait pas adressé un seul mot à Elana. Avant de sa raviser et d’estimer que c’était une chance de représenter ses couleurs auprès des rois du monde qui devait apprendre la discipline (après tous les militaires “branlots” qui font les choux gras des rumeurs sont tous américains). Mais bon Elana n’avait pas à justifier ou même à répondre au capitaine qui de toute façon avait prévu son monologue de sadique. Elle ne pouvait pas lui dire qu’elle mettait en avant sa patrie pour que chacun parle de sa spécialité et encourager un échange sur les pays et les différents corps d’armée. Ils étaient tous ici passionné de leur travail et fière d’être ici. Mais bon, Calahan en bon vicieux avait d’autres idées en tête, alors Elana ne pipa mot le suivant du regard de son air morne.

« Il vous suffit d’un peu de confort pour faire ma déception, Ravix. Pour la peine, vos camarades perdent trois heures de plus d’accès à l’eau. Soyez rassurée, je ne vous aurais pas offert en épousailles au Roi des Branlots. »

Eh bim trois heures sans eau… elle frotta ses mains entre elles, muée par l’irritation et surtout la peine d’infliger ça aux autres. Encore une fois, elle regrettait d’avoir ouvert sa gueule. En plus, s’était pile au moment où elle lançait une ouverture à Matt. A croire que le capitaine faisait tout pour que le garçon soit détestable. Et cette histoire d’épousailles, cela lui passa au-dessus et elle resta dans son mutisme.

Il fixa Matt Eversman avec une figure chargée de dégoût.
« Oui, vous iriez parfaitement bien ensemble. C’est une chance que notre armée...l’armée D’ATLANTIS...celle de la bannière Américaine et de l’USAF, ne permette pas les rapprochements entre soldats. »
Bien sûr, son regard avait été insistant sur Matt, un petit message pour lui dire qu’il était au courant de ça aussi. Elana lorgna un peu sur Matt… il avait une pique dans la phrase mais elle ignorait clairement le contenue de l’anecdote et elle ne voulait surtout pas le savoir. Cela la dépita intérieurement d’entendre Calhan lui sortir qu’elle irait bien avec Eversman, cela voulait dire qu’elle n’était pas mieux que lui sur le coup. Mais bon, passons, ignorer penser à autre chose et pas se creuser la tête c’est le mieux. Faire la limande sans cervelle qui laisse tout passer. De toute façon tout passe et rien ne reste. Enfin sauf à un endroit. Le rouge sembla monter aux oreilles du Ranger et cette fois le soleil n’y était pour rien. Il baissa la tête, bien conscient des sous-entendus de l’officier. Il n’avait pas encore raté une occasion de le rabaisser, de lui rappeler ses manquements et il ne doutait pas que ce n’était que le début. Calahan n’allait pas le rater ni cesser de lui rappeler ses erreurs. Il fallait encaisser, serrer les dents.

Alors que le Capitaine se penchait pour récupérer la gamelle qui circulait, un jumper arriva pour se poser au centre du camps. Le pilote Banks, très gêné, vint à leur rencontre avec une barquette en carton...celle que l’on reconnaîtrait sans mal pour être utilisée par tous les pizzaiolos sur Terre.
« Heu...je...mon capitaine. Heu...une...commande. Pour...le...le Roi Branlot. »

Calahan désigna l’aspirant et le pilote vint lui apporter la pizza avec beaucoup d’effarement. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait ici et pourquoi il devait déposer une pizza avec ce nom. Mais Banks avait été sous les ordres de Calahan avant de céder et de se faire virer. Il tendit silencieusement le carton à Matt, insistant d’un regard compatissant à l’égard de Ravix qui lui rendit son regard avant de se sauver en vitesse. Comme tout les autres Elana ne comprenaient pas ce qui se passait ici… pourquoi une pizza ? Et elle ne put s’empêcher de se faire remarquer qu’heureusement que les jumpers ne consomment pas de pétrole sinon ça reviendrait à cher la livraison.

Le Capitaine se plaça à côté de l’aspirant avec un sourire cruel.
« Bon appétit fiston. N’en laissez aucune miette à vos camarades si vous tenez à ce qu’ils puissent boire cette nuit. »
La menace était claire. Tournant entre ses mains la gamelle qui dégageait malgré tout une bonne odeur, il passa sa main libre dans sa poche et déposa à l’intérieur une grosse poignée des cheveux colorés d’Iza. Il le mélangea bien au reste de la nourriture avant de le tendre à Brass, dépité, tandis qu’il ajoutait fier de lui :
« Ma participation à votre repas. Je me sens magnanime aujourd’hui. »
« Reçu mon Capitaine. »
Le sergent avait compris le second message. Pendant que Matt serait contraint de dévorer une pizza qui le déshydraterait peut-être plus que les autres, les poussant à trouver de l’eau pour éviter de mettre sa santé en danger ; eux, de leurs côtés, devraient finir le contenu de la gamelle avec les cheveux de Bowers. Silencieusement, muni de sa cuillère, le sergent dessina sept parts immondes. La dernière était la seule à ne pas contenir de cheveux, elle était adressée à Izabel.

Le sergent ne le déclara pas. Il espérait que les membres de sa section allaient tous avaler ces morceaux de cheveux aromatisés sans sourciller. Et laisser la part saine à l’infirmière qui luttait pour ne pas pleurer de nouveau. Tim avala difficilement sa part, hoquetant pour réprimer les tentatives de son corps pour le faire vomir, puis il passa la gamelle à son unité. Elana regarda sa maigre portion de nourriture gâché par les cheveux d’Iza… c’était une blague de très mauvais goût et sans intérêt. Ils n’apprenaient rien dans cette technique et cela lui serra la gorge. Et pourquoi l’aspirant avait une pizza ? Il allait lui demander de la manger sur une main en pendue ? Ou s’était juste pour renforcer l’image qu’il devait être détester ?

Quand à Calahan, il continuait de sourire. Celui-ci ne s’abaissa que lorsqu’il riva un regard assassin sur Matt, qui n’avait toujours pas commencé. Il s’approcha d’un pas menaçant, son regard devenu meurtrier.

Matt n’avait pas esquissé le moindre mouvement depuis qu’on lui avait mis cette boîte dans les mains. Se faire livrer une pizza sur un campement était certainement un rêve de pas mal de militaires pourtant ça s’apparentait plus à un très mauvais cadeau empoisonné à ce moment précis. Le fumet qui s’en dégageait réveillait l’ogre qui sommeillait en lui réveillant de bas instincts. Enfin peut être que sa pizza n’était pas non plus quelque chose de très appétissant. Lorsqu’il ouvrit la boite, il eut la bonne surprise de découvrir qu’il n’y avait aucun ingrédient étrange voir même dégueulasse. C’était sa préférée. Rien ne manquait. Même pas le supplément de sauce BBQ. Un juron indaudible s’échappa de ses lèvres. Lui, il avait une délicieuse pizza alors que les autres avaient un très frugal repas avec en prime des cheveux. C’était injuste. sa côte auprès de ses coéquipiers ne risquait pas de monter après ça. Calahan semblait tout faire pour qu’il soit haï des autres.

« Je suis certain que votre repas vous rappelle une anecdote très fameuse. » Déclara Calahan d’un voix forte. « C’est le meilleur moment pour la partager au coin d’un feu ! »
« Je… Je peux pas faire ça, Mon Capitaine… Les autres.. » Dit-il d’une petite voix levant les yeux vers le Capitaine. « Donnez leur plutôt cette pizza, Monsieur. Ils la méritent davantage... » Tenta-t-il désespérément.
« Soldat Bowers !!! »
« Capitaine ?... » fit-elle d’une voix faible et craintive.
« Si la sédation ne vous a pas rendu inapte, voulez-vous bien nous dire combien de temps cette équipe tiendra sans eau ? »
«Nous...nous présenterons les signes de détresse hydrique demain matin...et nous serons physiquement paralysé demain midi. La mort viendra quelques heures plus tard... »
Le capitaine détourna son regard vers l’ancien Rangers, comme si cette réponse lui était destinée et qu’il devait faire la corrélation entre ça et une privation d’eau complète que l’équipe subirait.
« Nous vous écoutons. Et n’oubliez pas de parler la bouche pleine. »

La tentative fut soldée par un échec. Ce n’était pas par plaisir qu’il devait manger cette pizza mais bien par contrainte. Même ça on lui enlevait… Nul doute que cette pizza ne serait plus sa préférée. Il ne désirait pas savoir si Calahan était prêt à risquer la vie de ses hommes et préféra céder. Le Rangers leva un vague coup d’oeil auprès de l’infirmière avant de prendre en main une part encore chaude et de croquer dedans.
« LA BOUCHE PLEINE !!! » Matt s’empressa d’en enfourner davantage. Elana le regardait fixement, elle était complètement atterrée au fond d’elle…

« Mon Capitaine, vous permettez ? » Demanda Brass en faisant un signe vers Eversman. Calahan sembla hésiter un instant avant d’acquiescer.
Le sergent soupira et s’approcha en déclarant d’un ton très sec.
« Quand ton Capitaine ordonne, tu lui obéis. Plus tu perds du temps, plus les gars en prennent pour leurs grades. Là, ton boulot, c’est de livrer ton anecdote. Alors nous fait pas attendre, reçu ? »
Derrière ce discours punitif, le sergent espérait qu’il se rappelerait de leur petite conversation dans la forêt et qu’il comprendrait que ses scrupules devaient partir rapidement au rencard. Parce qu’il voulait à tout prix éviter de voir ses hommes mourir de soif parce qu’il n’osait pas.



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by Wiise


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L'enfer by Calahan



Avec tout ça, Matt en avait oublié l’anecdote, la pizza focalisant toute son attention. Il n’avait pas le choix. Nul doute que son estime auprès des autres allait encore baissé après ca. C’était voulu, il n’en doutait pas. Quel connard ce type. C’est donc sans un regard vers les autres qu’il se mît à table. « Mmm. ai...deMMdé à Mmpard s’il vouchMMait pas une piMMa » C’était presque incompréhensible, il en avait bien conscience. Il enfournait les morceaux de pizza, ni trouvant aucun plaisir. Il fallait juste mâcher et avaler le plus rapidement possible pour que ça prenne fin au plus vite. « Je… Moulais pas MMMtendre »
« Répète, tu as demandé à qui ? » Fit patiemment le sergent. Le message devait être compris par tous. « Reprends une part et réessaie. Tu as demandé à qui de faire quoi ? »
La remarque valut au sous-officier un regard noir du Rangers, il croyait peut être qu’il ne faisait pas déjà un effort. Entre mâcher, parler, respirer et avaler, il faisait ce qu’il pouvait. « ColoMMel … Sheppard… Je lui ai...Mit… demandé ch’il Mmvoulait pas… pizza. » Tenta-t-il en adoptant un flot de paroles plus calme pour tenter d’être plus compréhensible.
Brass hocha la tête. Tout le monde était silencieux, Calahan continuait de rôder en attendant le faux pas.
« Tu as demandé si Sheppard ne voulait pas une pizza. Ok, ok. Pourquoi t’as dit ça ? Reprends une part, et essaie de nous le dire. »
Matt acquiesça d’un signe de tête. Il soupira avant d’attaquer une nouvelle part. ce n’était vraiment pas ainsi qu’il désirait manger une pizza, là c’était à le dégoûter de ça pendant un très long moment. Il n’y avait strictement aucun plaisir. Pour peu, ça lui filerait presque la nausée. « Il cha demandé Md’attenchmre... Chje voulais pas. »
« Tu devais attendre et tu ne voulais pas obéir ? » fît le sergent sur le fil pour être certain.
Nouvel hochement de confirmation de la tête. Le Ranger dégluttit difficilement cette fois avant d’attraper une autre part. Il n’avait plus faim à se goinfrer de la sorte. il prit une nouvelle inspiration avant d’en engouffrer un bon morceau. « CheMard a ordoMMmé d’attendre. CHe voulais profiter de ma poMmition pour … » Il reprit sa respiration comme il put avant de reprendre « harceler l’ennemi… et Chai répondu MCha. »
« Ok, ça ira. Reprends le repas normalement. » Ordonna Tim sans sous-entendu. Il se redressa pour déclarer fortement : « Eversman a déclaré par insubordination si Sheppard ne voulait pas une pizza sur des raisons de volonté personnelle. Mon Capitaine, anecdote transmise à l’unité. »
Calahan demeura silencieux. Il acquiesça comme s’il ne savait pas comment trouver une faille chez Tim et se retira en déclarant :
« Vous vous conduisez finalement comme un chef d’unité. Parfait. Veillez donc à ce que notre ami ne laisse pas la moindre miette. Et venez me faire votre rapport une fois le repas terminé. »
« A vos ordres. »

---------------

Elana cligna des yeux avant de porter son attention sur sa gamelle. Le mec là, il a dit un colonel s’il ne voulait pas une pizza alors qu’il ne voulait pas obéir ? Elle ne savait pas si elle devait être désespérer pour son cas ou bien se dire qu’il était bien bête. Heureusement que le colonel semble plus conciliant, il aurait dit ça à l’autre fouine qui rôde il serait en train de nourrir les plantes du jardin botanique. Mais c’est quoi cette tache sérieux ? Il allait réussir à se contenir ? Elle se demandait sérieusement si le jeune homme allait véritablement se tenir durant l'entraînement puisque Calahan attend que ça. Elle émit un faible soupire quand Calahan disparu dans le camp…

Définitivement cette pizza était la pire qu’il ait dévorée… Lui qui était un ogre, sentait les signes de satiété alors qu’il lui restait encore quelques parts à avaler. ça ne lui était jamais arrivé. Jamais. Surtout pour de la sainte pizza !! Il aurait pu vendre père et mère pour cette précieuse nourriture mais là il aurait donné beaucoup pour s’en séparer. Du temps aurait été nécessaire pour permettre à son corps d’ingérer autant de gras en si peu de temps mais il n’en disposait pas. C’était déjà suffisamment cruel pour les autres, il se devait d’en finir le plus rapidement possible. Un peu d’eau ou de soda aurait aidé pour faire passer tout ça. Il n’y en avait pas, il fallait faire avec. Bouchée après bouchée, la nouvelle étant un peu plus difficile que la précédente, il finit par l’avaler dans son ensemble avant de veiller à ne rien laisser dans la boîte raclant les bords avec ses ongles. Il ne doutait pas que Calahan la passerait en revue pour être certain qu’il n’ait rien laissé.

« Pizza terminée, Sergent » déclara-t-il gardant les yeux baissés avant qu’un relent ne se fasse ressentir et fut dissimulé. Matt tendit la boite vers celui-ci afin qu’il vérifie qu’il n’y avait plus rien. La main gauche vint se positionner sur son ventre désormais légèrement gonflé qu’il massa comme si cela pouvait l’aider à digérer tout ça. Il était des plus repus et en avait même mal au ventre. Si Calahan lui demandait d’effectuer un effort dans l’immédiat, il était certain d’aller rendre un peu plus loin. Si la pizza avait pu calmer les envies de l’ogre, elle n’avait pas épongé sa soif, bien au contraire ne faisant que l’accentuer.

Le sergent vérifia le carton, surtout l’intérieur, afin qu’il ne laisse pas une miette filer. C’était très exactement le genre de chose que Calahan pourrait contrôler avant de leur mettre la misère. Tim acquiesça et referma l’objet avant de le poser à côté de lui. Il s’accroupissait pour retourner dans le cercle des galériens.

Danny avait eu le plus de mal à avaler sa part. Il avait regardé les autres, puisant du courage dans leurs regards, avant de s'exécuter. Bien évidemment, il fut également pris de haut le coeur et se plaqua une main sur la bouche. Son corps produisait des bruits de régurgitation sourd et inquiétant jusqu’à ce qu’il ferme les yeux. Le calme vint peu après, il suait comme s’il venait de courir un marathon.

«Je vous demande pardon... » lança timidement l’infirmière en suivant la gamelle que Will récolta. «Si j’avais su... »
Le canadien était assis juste à côté d’elle. Il lui donna un coup d’épaule guilleret avant de prendre une boulette de viande entre ses doigts. La masse de cheveux qu’il enroula autour donna un aspect repoussant et il le regarda comme s’il s’agissait d’une agréable friandise.
« Pourquoi tu t’excuses miss ? Regarde ! Nous sommes les premiers êtres des deux galaxies à déguster du crin de licorne à la viande... »
Et il mit la boulette dans sa bouche en poussant un “Hmmmmmm” d’extase. Son jeu était poussé, un sacré comique, puisque son visage témoignait d’une satisfaction hors norme.
« Quelle délice... » Murmura-t-il.
Il passa la gamelle à Ruth avant de sauter littéralement sur l’infirmière. Il arrêta son mouvement avant, bien entendu, mais déclara avec humour :
« Donne moi de l’arc en ciel ! JE VEUX PLUS !!!!!!! »
Le comique du groupe fit éclater de rire quelques autres. Ruth entra dans le jeu en donnant un coup d’épaule taquin à son tour, puisqu’elle se trouvait sur son autre côté, et leva sa boulette dont les cheveux pendaient...puis la plaça lentement en bouche avant d’imiter son camarade et de faire un clin d’oeil.
« Hmmmm….tous liés par le pouvoir du crin de licorne. »
Il y eut encore des rires et la gamelle migra vers Rita qui tenta d’avaler les cheveux à la façon italienne, comme s’il s’agissait de spaghettis.

Sur le moment, l’infirmière avait ressenti une terrible piqûre de douleur, suite à l’humiliation et la gêne que tout cela imposait. Mais voir les visages drôles de ses camarades, qui osaient blaguer sur les cheveux qu’elle avait perdu, lui faisait pouffer de rire à contrecoeur. Ses yeux trahissaient la peine mais son visage et son émotion étaient fortement attirés par ces clowns.
Rita était contente de voir qu’il ne restait qu’une part saine pour sa collègue et celle de Ravix. Elle passa le contenant au caporal avec un grand sourire, histoire qu’elle prenne le reste et que l’infirmière se retrouve avec la surprise de voir une part niquelle.
« Tous liés, pas vrai ? »
« Comme la promesse qu’on s’est tous faite au début » affirma Ravix qui rappelait au souvenir de chacun avant qu’ils embarque pour ce continent de merde ! Elle donna un coup d’épaule à Iza, confirmant le “ne t’excuse pas” que beaucoup lui disait par la voix ou même les geste, puis elle commença à manger son repas, la gorge en feu. Cela était littéralement horrible…plusieurs fois elle eut des haut de cœur, mais elle essayait d’avaler de force, toussant quand les cheveux se coinçait. Une vraie plaie et le goût n’était pas fameux mais alors pas de masses ! ça manquait de sel et de beaucoup d’autres choses pour masquer le goût de la viande passée. Elana voulait aussi s’excuser pour le “armée française” mais elle ne savait pas comment le formuler et tous savait que ce n’était pas volontaire. Relancer sur le tapis les présentations n’étaient pas le moment et elle préféra se taire pour ne pas que Calahan réapparaisse et les priver une nouvelles fois de la précieuses eau dont ils avaient tant besoin.

Matt osa un regard vers les autres qui avaient dû se contenter d’une portion avec des cheveux. Le truc immonde. Il ne désirait vraiment pas être à leur place, il dévia d’ailleurs le regard dès que l’un enfourna la mixture dans sa bouche. Quand il y avait un cheveu dans le plat, c’était immonde alors la, Ça lui filait la nausée rien que d’imaginer. C’était sadique, ça devait certainement dépassé le cadre de l’instruction mais Eversman n’allait pas se plaindre. Ce serait s attirer davantage d’ennuis et il en avait déjà suffisamment. Certains parvinrent à tourner la situation en loufoque pour que la pilule passe mieux. C’était le mieux à faire mais il fallait aussi avoir le moral pour y parvenir. Costauds les mecs… Matt était en train de prendre une leçon de leur part.


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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



aide couleur:
 

Danny était en train de décrocher des cheveux d’entre ses dents, les ravalant aussitôt comme il le pouvait malgré sa bouche sèche. Ca gênait beaucoup de monde, les fils se collaient sur le palais, contre les joues, passaient sous la langue entre les gencives. Le tankiste fît claquer sa langue contre ses dents comme s’il venait d’achever un repas copieux, ajoutant au spectacle général avant de fixer Eversman.

« Hé, le “pestiféré”. » Fit-il en mimant les guillemets de ses doigts. « Moi je suis de la 3e division blindée, je m’appelle Danny Blake. Et je suis AMERICAIN ! »

Même s’il ne s’agissait pas d’une nationalité extérieure, tout le monde lui lança le fameux “Schhhhhhhhttt” de crainte que le capitaine ne sorte de sa tente pour tous les réprimander. Le tankiste ricana, goguenard, avant de fixer Rita avec provocation.
« Toi ! »
La jeune femme se mordit la lèvre inférieure, un mi-sourire trahissant sa volonté de braver l’interdit, puis elle fixa Matt en déclarant d’une voix modérée mais pas si basse :
« Arditi Incursori, Forces Spéciales Italienne. Je suis Rita Monciatti. »
Cette fois, c’est Tim qui fît “chut” en faisant les yeux ronds, ne s’attendant visiblement pas à ce niveau vocal. Il se tourna vers la tente, rassuré à l’idée que rien ne bougeait, puis il soupira.
« T’es stressé patron ?!? » Nargua Will. Il fixa également Matt. « Will Sandoval, génie canadien. Accessoirement, je sauve les culs de Ritals et des Franchouzes des mines aux plâtres. »
Rita se pencha soudainement pour essayer de lui mettre une claque derrière la tête mais rata son coup. Sa tentative le plaça en bonne position pour un nouvelle assaut. Ravix y parvint, récoltant un remerciement non verbal de la part de sa collègue italienne, elle lui en foutrait des “Franchouzes”

« Il manque qui ? » fît Tim en parcourant le groupe du regard. Il s’attarda sur la plus grande qui semblait vouloir soudainement se faire toute petite. Comme toujours, elle ne voulait pas se présenter. « Allez Ruth. »
Elle secoua négativement la tête, génée. Le sergent donna un coup de coude à Eversman avant de répéter gentiment : « Allez Ruth. »

C’était étrange à la vitesse à laquelle le Ranger avait dû se faire à sa nouvelle condition réagissant quand on l’interpella par un surnom équivoque : pestiféré. Un homme avec lesquelles on prenait des mesures pour le tenir éloigné des autres. Pourtant il était là parmi eux, personne ne l’avait encore repoussé. Les manquements commençaient à être connu mais ils étaient là. Les présentations s’enchainèrent, chacun prenant la peine ou plutôt le risque d’indiquer son bataillon d’origine. Une manière de montrer qu’il n’avait pas peur de Calahan, d’être aussi solidaire avec le Stroumph Grognon qui les avait pourtant tous puni. Une semblait faire sa timide : la dénommée Ruth. Elle ne voulait pas, il n’allait pas la forcer.

« Évite les coups de coude dans le ventre si tu veux éviter que je vomisse sur tes rangers, Sergent… » Dit-il avec un léger sourire envers le sous-officier.
« Ce que tu rejettes, tu devras le manger de nouveau. C’est ton problème... » Répondit-il en essayant d’emprunter, discrètement, la voix de Calahan.
« Pas cette voix... » Fit-il en massant d’une main son visage. Laissons le vieux faire la sieste loin d’eux, qu’il s’étouffe dans son sommeil et les laisse en paix.
Le public réclamant de nouveau que la dernière inconnue se dévoile, quitte à réitérer les coups de coude, il avait tout intérêt à ce qu’elle se mette à table pour que cela cesse.
« Allez Ruth » Finit-il par lâcher entraîné par les autres. Il n’y avait pas l'enthousiasme des autres. « Je te fais gagner quelques secondes… Je fais partie du projet Atlantis depuis le début. Je viens du 75th Rangers. Maintenant à toi, Ruth. » ça lui semblait important de se présenter à son tour. Calahan l’avait fait pour lui, le désignant Roi pour toutes ses conneries mais il avait dans une certaine mesure besoin de montrer qu’il n’était pas que ça.
La bonne ambiance revenait, elle semblait pour le moment toujours revenir… mais mister aspirant avait décidé de se prendre au jeu … Et la première a dégainé était Ravix et son franc parlé aussi tranchant que son regard.
« Quel roi généreux Ruth. Tu as le droit à quelques secondes …» dit-elle en regardant la jeune femme, elle l’encouragea du regard.

Ruth regarda ses chaussures.
Elle avait déjà eu du mal avant mais, là, avec tous ces regards insistants : c’était pire. Pourtant ils le savaient déjà mais ce n’était pas évident. Finalement, Izabel ajouta avec une voix et un regard de chat en détresse :
« Allez...s’il te plait Ruth. Dis-nous encore... »
« Mais tu es ignoble !!!!! » S’écria-t’elle en éclatant de rire. Face à cette demande, elle ne pouvait que céder. L’infirmière lui fit un petit clin d’oeil avant d’ajouter avec timidité :
« Non. C’est le pouvoir des crins de licorne ! »
L’équipe ria de bon coeur et Ruth leva ses mains en signe de reddition. Elle ne regarda pas Matt en déclarant :
« Ruth Padilla, du NID. Centre des réseaux d’intelligence inter-civilisations. »
« AH NAN NAN NAN !!!! » Fit Will.
« La suite ! La suite ! La suite ! » Compléta Danny en battant des pieds.

Ruth était devenue rouge tomate. Elle secoua une nouvelle fois la tête alors que ses collègues l’invitaient par diverses remarques à obtenir la suite. Une information qu’elle leur avait caché et qu’ils voulaient tous connaître ce soir.
« Personne ne t’oblige Ruth. » Fit Tim avec un sourire sympathique. Il posa la main sur l’épaule de Matt avant de le pointer de son autre main. « Mais nous avons avec nous le meilleur outil pour relativiser. Il y a pire que de nous livrer ton ancien grade. »
Toute l’équipe la siffla pour l’encourager. Ceux qui bossaient pour le NID, surtout dans ces services, étaient des officiers. Padilla avait dû abandonner les galons pour avoir une chance de rejoindre Atlantis par la plus petite porte et ça travaillait beaucoup les autres. La jeune femme ne savait plus où se mettre, un sourire intimidé ne décrochant pas de son visage.
« Ok, ok...mais vous devinez. Sens anti-horaire, on commence par Matt. »
« Capitaine ? » Tenta-t-il tout en notant qu’on venait de le nommer par son prénom depuis la première fois depuis son arrivée ici.
Ruth secoua négativement la tête. Le regard brillant, Izabel lui demanda si c’était plus haut et Ruth, les bras entourant ses jambes, se contenta de hausser des épaules. Elle ne donnerait pas d’indication supplémentaire et hocha du menton en direction du suivant. Ils eurent faux sur les grades inférieurs jusqu’à arriver à Ravix.
« Lieutenant-colonel ?»
Un grand sourire illumina le visage de la jeune femme et elle acquiesça. L’équipe en fût choquée, ne pensant pas à ce qu’elle soit si élevée dans l’organe de commandement.
« Ah oui quand même... » Lâcha le Ranger qui relativisait aussitôt sur la perte de ses galons.
Pour une des rares fois, les traits d’Elana se figèrent dans une véritable expression de surprise. non pas d’avoir deviné juste mais que Ruth ait renoncé à ce grade pour revenir première classe…
« Pourquoi tu as fait ce choix ? » demanda t’elle étonnée qu’un officier aussi haut gradé face ça, elle aurait put devenir la seconde la cité en mutant dans le corps standard de la cité (et dire à Calahan que c’est un gros pervers par la même occasion et qu’il se la ferme en bonus). Elle lança un regard a Tim, ils avaient bien l’air malin avec leur grade de sous-off à côté d’elle.

Ruth décroisa ses mains pour enserrer sa poitrine dans une posture instinctive de défense. Elle se frictionna un peu les épaules. Si l’équipe ne lui avait pas autant plu, elle aurait refusé de parler, d’autant plus que l’information pouvait circuler sur la cité. Un officier qui revient à la base du soldat, c’est un peu comme un criminel qui retourne en taule. Les autres peuvent lui faire la vie dure. Mais ici, avec Calahan, c’était un enfer qui rendait effectivement l’information plus anecdotique qu’autre chose. Ruth espérait juste que ses collègues n’allaient pas la percevoir autrement maintenant.
« J’étais la numéro deux du central intelligence. » Expliqua-t-elle. Elle soupira, son corps tremblant sous le coup de l’émotion. « Ce boulot était sympa jusqu’à ce que nous soyons infiltré par les goa’ulds. Ils nous ont couvert de honte et d’une tache indélébile, un héritage de déshonneur, qui n’est jamais partie. »
Elle fixa ses collègues tours à tours. Elle déglutit avant de se livrer davantage. Tout le monde l’écoutait.
« Le numéro un, mon patron, en était un. Quand j’ai pris son poste, j’ai fais ce que je pouvais mais...ça n’a pas suffit. Tous les jours, j’étais conspuée comme une criminelle. Fouillée et quasiment mise à nue à l’entrée de Cheyenne Mountain. Dans les couloirs, on m’injuriait. J’étais...j’étais... »
« Tu ne parles que si tu as envies, Ruth. On ne te jugera pas. »

La jeune femme renifla. Elle avait du mal à rester normale. Sa voix s’était investie de tremblement mais elle ne pleurait pas. Simplement, de par son regard, elle semblait revivre les événements. Sa façon de se tenir, de parler, l’intonation, avait lentement dérivé en laissant pressentir le chef qu’elle avait été autrefois.
« J’étais la pute à goa’ulds... » Fit-elle simplement. Elle regarda précisément Tim. « C’était tous les jours comme ça. Et bien sûr, c’était toujours dans le dos, dans les “on-dit”. Rien de véritablement punissable. Le pire dans tout ça, c’est que le SGC prévoyait l’officialisation de mon poste en numéro un. »

Ruth ria jaune.
« Le bon côté, quand on est aussi haut dans l’intelligence, c’est qu’on a accès à tous. Je suivais les rapports. Les aventures des guerriers, des soldats d’Atlantis qui partaient explorer au péril de leur propres vies. »
Son regard s’était serti d’étoiles. Elle avisa Matt.
« Je te connais toi. Ton nom revenait souvent dans les coups fourrés ou les actes préjudiciables. »
Automatiquement, Matt se prit une volée de boutades. Will emprunta une voix mexicaine pour dire “El ségnoré dé la conéridé !!!”.

Jusqu’à la dérive sur sa personne, Eversman avait écouté attentivement les propos de la n°2 du NID. Il en fallait pour raconter son histoire, pour ne pas omettre certains éléments. Après tout ils ne se connaissaient pas plus que ça et pourtant elle se livrait à eux partageant de douloureux moments. « Non mais j’ai fait d’autres trucs hein. Si si des trucs biens des fois... » Répliqua-t-il tout en se protégeant d'éventuels nouveaux coups de coudes.

Elana ne disait rien, elle écoutait attentivement Ruth la trouvant bien plus courageuse que n’importe qui à l’heure actuelle. Être trainée de la sorte a cause de l’infiltration d’alien alors qu’elle n’y était pour rien et qu’elle en était même impuissante… elle trouvait ça révoltant. Les humains sont vraiment horribles entre eux. Elle donna un regard de remerciement à Ruth qui avait le courage de s’être ouverte à eux… Elana se demandait si le capitaine tirait une certaine jouissance à avoir un ancien officier sous lui… mais elle ne voulait pas savoir. Il y a des choses qu’on ne veut pas savoir. La dérive sur Matt eut le mérite de faire rire un peu l’équipe sauf elle, qui resta calme, elle ne trouvai rien de valorisant à ce qu’il soit connus pour ses conneries et non pour ses actes héroïques.
« Ce qui est dommage c’est que ce n’est pas ça qui a construit ta légende. » dit-elle d’un air neutre. Et elle le pensait, être connue pour être le dernier des emmerdeurs ou célèbre pour ses conneries, il n’avait rien de glorieux et ça occulte les choses bien qu’il avait pu faire.

« Je pourrais t’en montrer une autre de légende... » Répliqua-t-il aussitôt croisant le regard d’Elana, un léger sourire aux lèvres. « ou pas finalement. »
Elana soutiens son regard sans ciller de son air morne, elle ne savait pas ce qu’il sous entendait, mais qu’importe cela lui passait au dessus. « Que de la gueule. »
« Tu as vu ma tenue ?! » Dit-il se prenant au jeu désignant son seul vêtement.
Elle le regarda de haut en bas avant de hausser les épaules « Tu veux mon legging ? » Les autres savait mais pas lui. Enfin peut-être pas, après tout voir un militaire se traîner pendant des semaines et des semaines en legging car elle n’a pas le droit à l'uniforme, ça ne passe inaperçu.
« Non mais franchement. Pourquoi j’étais pas dans l’unité quand tu as cavalé pendant tout ce temps en Leggings. Y’a plein de mecs qui disent que tu as...heu...que... »
Tous les regards s’étaient déportés sur lui. Will les fixa à son tour avant de lever les mains.
« Quoi ?!? Le sujet dérive, moi je sauve les meubles. Je préfère parler du...heu...hum...de Ravix plutôt que de la légende de Matt ! Pas vrai ? »
La dernière question avait été adressée à Danny qui, forcément, était bien obligé d’acquiescer au grand dam des collègues.
Elana tourna la tête mécaniquement vers lui… elle avait toujours du mal avec les sous-entendus sexuels mais bon. Tant pis, elle ne tenait à voir la “légende” de personne. Quoique elle serait bien curieuse de voir s’il tient longtemps en caleçon dans la forêt tiens ! Mais qu’il ne compte pas sur elle pour lui trouver des feuilles de palmier.
« Que j’ai fait quoi ? » demanda t’elle de son air tranchant, sans se formaliser des autres paroles de Will qui était habituels, il avait l’air d’avoir flashé sur son leggings lui… allez savoir pourquoi....
« Nan rien ! » S’écrasa soudainement le canadien avant de regarder ailleurs. Elana roula des yeux en tendant sa main vers lui, oui elle parlait d’une tacle derrière la tête comme il semblait aimer ça, surtout de Rita. « Bon viens dans ce cas. »
« Nan rien ! » Insista celui-ci. Faisant rire les autres même Elana qui rangea sa main avant de regarder Ruth.

« Hey ! J’aimerai bien voir la fin du film moi ! » Fît Izabel.
« Will et Ravix vont visiblement se marier et espérons qu’ils n’auront pas d’enfants…! » Il renchérit avec un sourire malicieux.
Elana répondit directement, ce marier, mais il a trop d’imagination cet aspirant ! « Je ne fraternise pas. » Et cela n’était pas pour Matt, car mise à part les propos de l’autre pervers qui sous entend une myriade de chose à la minutes et fausses en plus. Elle n’avait pas eu en “oreille” propre que Matt avait été accusé de fraternisation.
« Ca suffit les malpolis ! Vous vous taillerez plus tard, je vous rappelle qu’on veut la fin de l’histoire. » Fit Brass en mode “jeux de mains, jeux de vilains”.
Paf le bon tacle derrière le crâne pour lui rappeler sa relation avec Pedge, elle l’avait pas loupé mais c’était de bonne guerre même si forcément ce n’était guère plaisant pour lui. Matt hocha la tête suite aux propos du sous officier confirmant qu’il n’ajouterait plus rien sur le sujet.
« Ruth…lieutenant-colonel quoi...tu ne pouvais pas viser un autre poste ? »
« Si, j’ai essayé sur un... » fit-elle timidement.
« Sur la cité ? Tu visais quel boulot ? »
Le regard de Ruth dévia lentement en direction de la tente, là où se trouvait Calahan. Le sergent s'apprêtait à lui dire que le capitaine ne l’entendrait pas et qu’elle n’avait rien à craindre jusqu’à ce que la lumière se fasse dans son esprit. Le groupe fit le même constat peu à peu, des expressions étonnées se lisant sur leurs visages.
Ravix suivit le regard de Ruth vers la tente de l’autre bouc. Elle resta quelques secondes à toiser cette tente immaculée avant de tourner le regard vers la concernée. Tout le monde commençait à avoir les lumières qui s’allumaient aux bons étages et Elana eu une petite moue.
« Tu n’étais pas assez sadique pour le poste. » dit-elle de but en blanc. Attendant que Ruth réagisse à sa boutade. Si elle avait postulé au poste du capitaine, il avait bel et bien le bras long pour qu’on le préfère lui à elle… ou qu’ils n’aient plus confiance du tout en ces capacités ce qui serait … injuste.

De la méfiance s’installa plutôt du côté de Matt, si la jeune femme avait postulé pour un tel poste nul doute qu’elle devait posséder les capacités nécessaires et le tempérament qui allait avec, ce que Ravix doutait. Si cette femme avait vraiment été la numéro 2 du NID, elle pouvait très bien leur cacher un tout autre caractère. Il en fallait de la poigne pour mener un tel groupe tout comme il fallait une grande force de caractère pour accepter une telle dégradation. A côté, la sienne passait presque pour une simple glissade.

« Je ne suis qu’une intellectuelle... » leur expliqua-t-elle doucement. « Lieutenant colonel par mon expertise, mes diplômes, mon expérience du NID. Mais pas stratège. Pas commando. Pas expérimentée sur les explorations extra-planétaires... »

Elle eut un léger sourire en fixant Elana.

« Je n’ai pas mon pareil pour tout ce qui concerne la collecte des renseignements. Je peux te dire à quoi te sert ce masque d’impassibilité... » elle se tourna ensuite vers Tim. « Ou pourquoi tu ne veux pas perdre ta nouvelle équipe... »
Vers Will.
« Qui tu préfères intimement entre Rita ou Elana... »
Et Matt :
« Et la véritable raison qui t’a conduit à nous rejoindre malgré la disgrâce... » Ce qui lui valut un froncement de sourcils du Ranger, méfiant désormais.

Elana soutient son regard quelque instant avant de le détourner en regardant chaque personne qu’elle désignait. Cela l’intriguait, les autres ont le choix, mais la conversation prenait un tournant un peu trop intéressant pour la jeune femme.
« Et donc ? Tu en as conclus quoi ? » Et s’était une manière pour jauger des capacité dont elle se vantait. Elana marchait avec des faits.

« Pas en public, tu n'apprécierais pas. Je le dirai tout à l’heure. »
Elle n’apprécierait pas ? La bonne blague tiens. Oui surement durant deux minutes puis après ça glisserai comme toujours. Elana hocha la tête, elle était piquée par la curiosité et elle ne manquerait pas de demander à Ruth. Ruth entoura de nouveau ses genoux de ses mains pour contempler le petit feu de camp mourant.

« Il leur fallait quelqu’un capable de vous armer pour vos futures missions. Pas une pro de la paperasse et de l’indic...c’est comme ça que vous avez hérité de Calahan... »
« On fait une pétition ! Padilla présidente ! »
« Putain, carrément ! On est sept et demi pour faire disparaître ce vieux tromblon. Ca serait pas dur ! »
Elana ne réagis pas, si s’était aussi facile de faire disparaitre Calahan, ça se serait et des gens comme le CODIR ou les huiles l'auraient fait depuis longtemps et non une troupe de non gradé et un ancien officier du NID.
« Peu importe. Je ne voulais pas que de l’instruction. Je voulais aussi explorer avec vous. Être celle qui rédige le rapport et non celle qui le lit. Le SGC ne voulait pas me laisser partir mais ils ont fini par me poser un ultimatum : garder ma vie de gradée et devenir la tête du NID. Ou bien retomber recrue de base et prendre un remplacement de poste parmis les unités du futur instructeur. »

Elle les fixa tous avec un petit sourire malicieux.

« Je sais pas encore si je dois regretter...mais je reconnais que le pouvoir du crin de licorne fait largement pencher la balance du côté positif ! »
« Qu’importe ce n’est pas le moment de te demander si tu vas avoir des regrets. Au moins, tu vas vivres quelques chose de plus palpitant que de gratter du papier. Gradé ou non, tu as les capacité de remonter dans la hiérarchie et de changer en prime de métier. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Alors bienvenue chez les Licornes. » fit Elana.

La jeune femme lui fit un clin d’oeil complice. Oui, elle y avait pensé. Les concours interne se faisaient, d’autant plus que l’expédition avait besoin d’officiers déjà expérimenté sur le terrain de Pégase et non de la Voie Lactée. Il y avait un coup à jouer, d’autant plus qu’elle était rare dans le domaine de l’intelligence. Ca ne serait pas facile mais une fois bien implantée dans les missions d’exploration, elle pourrait commencer à remonter dans les échelons. Il ne fallait pas se flouer, la jeune femme ne retrouverait jamais un équivalent. Mais si elle atteignait celui de lieutenant, elle serait plutôt satisfaite.



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L'enfer by Calahan



Le groupe poursuivit les présentations. L’absence de Calahan avait permis à la bonne humeur de revenir et de s’installer parmi le groupe. Seulement, ils étaient tous affamés et assoiffés, surtout Matt qui avait passé le plus clair de son temps au soleil. Sans oublier sa pizza bien grasse qu’il venait d’engloutir.
La tente s’ouvrit de nouveau sur l’officier qui mira l’équipe de son air de Hyène avant d’ajuster son couvre-chef. Le sergent comprit que le répit venait de prendre fin à cet instant précis et il se redressa vivement tout en déclarant d’une voix impérieuse :
« Section. En ligne, garde à vous ! »

L’équipe s’activa et veilla à ce que la ligne soit parfaite. Ils usaient naturellement des repères enseignés durant leur classe en se servant de leurs bras pour parfaire la distance et l’alignement. Le temps que le capitaine les rejoigne, ils étaient tous prêts. Le gradé passa de l’un à l’autre, comme s’il effectuait une revue, distillant lentement auprès d’eux une forte appréhension et le risque qu’un élément leur soit reprochés. Silencieux, mauvais, sadique, il les mirait les uns après les autres, cherchant même la faiblesse dans le regard d’Izabel depuis sa mésaventure. Mais rien…

« Soldats. Vous êtes en possession d’une information vitale pour l’avenir de notre expédition. Une information que vous avez collectée lors de votre premier affrontement. Vous confirmez, sergent ? »
« Affirmatif mon capitaine. »
« Il se trouve que vous êtes attendu pour délivrer ce renseignement. Votre carte ! »
Le sergent acquiesça avant de faire signe à Ruth de la lui apporter. Le capitaine avait sorti un marqueur pour entourer la position d’un geste rapide. Il rendit le document avant de s’éloigner.
« Vingt heures, ce soir. »
« Mon capitaine. Il y a plus de trente kilomètres... »
L’officier se retourna et se rapprocha d’un air défiant. Il attendait justement qu’on lui tende le bâton.
« Qualifiez-vous cet objectif impossible à réaliser ? »
« Non mon capitaine...des consignes particulières ? »
« Rien que vous ne sauriez déduire vous même, sergent. N’oubliez pas vos précédents entraînements et ce qu’il en coûtera à vos soldats de ne pas suivre le mouvement. »
Un sourire mauvais étira ses lèvres et il tourna un regard sombre sur eux.
« Vous allez vous y rendre et être à l’heure. Marche ou crève ! Suis-je assez clair ? »
« Très clair mon capitaine. » Souffla le sous-officier.

A voir son visage, il était clairement impossible d’atteindre le lieu de rendez vous à trente kilomètres. Peut-être sur terrain plat mais pas sur une route accidentée, ce qui les attendait à coup sûr. Tim salua le capitaine à contre-coeur avant de se concentrer sur sa tâche. Il s’approcha de son équipe et leur fit un signe pour se réunir autour de lui. Calahan, quant à lui, repartit dans sa tente.

« Ok...ok...Ruth, trouve moi le chemin le plus praticable vis à vis de cette carte. »
« C’est...merde, c’est loin ! On doit faire tout ça et arriver pour vingt heures ?!? »
« Tu l’as entendu. Il vaut mieux réussir ce coup d’éclat. »
« Mais Tim... »
Le sergent Brass fixa ses collègues avant de reporter son attention sur Ruth.
« Calcule la route au pas de course, comme si on avait le feu au cul, on a pas le choix. »
« D’accord...ici...on peut passer par ce sentier et couper ensuite à travers. Il y a une forte élévation puis une pente continue. Mais vu ce qu’il y a autour, c’est le plus envisageable. »
« Reçu. Ok, écoutez-moi tout le monde. On va transporter notre info jusqu’au lieu de rendez vous. Ruth, je te veux en tête de peloton pour nous guider. Danny en second, Rita, moi. Sur nos arrières : Will, Matt. Elana fermera la marche. Préparez vous, nous partons tout de suite. »
Il frappa dans ses mains pour les presser et les faire monter en pression. Il n’y avait pas une minute à perdre. Avant que Matt et Elana ne s’éloignent, il attira leur attention, de toute manièreElana vennait de se matérialiser vers Ruth, penchée sur la carte où elle lui soufflait : « Essaie de nous faire passer un point d’eau, sur le chemin, sinon on ne va jamais tenir. » dit-elle en lui tapotant l’épaule avant de pivoter vers Tim.
« Je vais voir ce que je peux faire. » Répondit-elle. Elana la remercia du regard.
Calahan avait encore donner un objectif impossible, pour une raison qui lui appartenait, Elana y voyait une manière de les briser encore plus et de les affaiblir physiquement et mentalement.

« Eversman, je ne serais pas étonné qu’on soit surveillé. Je veux que tu conserves cette fichue couronne sur ta tête tout le temps. Veille-y comme si c’était l’intell en transit. Je ne te fournis pas d’arme pour l’instant.
Elana, je te charge de surveiller les gars. Celui qui commence trop à faiblir, tu lui retires son barda et tu fais équipe avec Matt pour le transporter. On changera régulièrement à tour de rôle pour décharger chacun d’entre nous sur une courte période.
»
Elana tourna la tête vers Matt qui était pour le moment le plus “frais” comme il venait de s’empiffrer de pizza et qu’il n’avait pas eu le reste avant. Le problème étant qu’il était rouge comme une tomate et le contact des équipements sur sa peau allait le faire chanter aiguë. Au final, la nouvelle mule serait aussi handicapée qu’eux.

Tous les autres s’activaient. Tim éleva la voix pour donner ses dernières instructions. Il passa son arme principale en bretelle et sortit son neuf millimètres qu’il arma.
« Déplacement en colonne. Privilégiez les armes secondaires. Tout le monde est prêt ? »
Elana fit de même, vérifiant son équipement et visant son casque sur sa tête. Elle alla vers Tim pour lui poser quelques questions.
« Pour tenir, il va falloir ouvrir l’œil et choper la moindre denrée au passage. Sinon personne ne tiendra au rythme à laquelle on va courir. »

Tim était en train d’ajuster les bretelles de son sac. Il la regarda étrangement, se demandant si elle n’était pas en train de se mélanger les pinceaux et de vouloir diriger à sa place. C’était la deuxième fois qu’elle s’adressait à lui de cette façon étonnante. Toutes les bonnes idées étaient à prendre, bien sûr, mais il n’aimait pas trop la façon dont elle les proposait. Qui semblait laisser peu de place à la proposition pour l’affirmation simple. Il sentait que ce serait utile de poser les barrières.
« Oui, on le fera si l’occasion se présente. Mais pour l’instant la nourriture est bien le dernier de nos soucis. » Répondit-il calmement. Il reprit avec un ton légèrement plus dur afin d’ajouter : « Et la prochaine fois que tu insères une étape supplémentaire dans le parcours, tu m’en parles avant. Qu’on soit bien en accord pour ne pas se contredire auprès des gars. Celui qui dirige cette équipe, c’est moi. Tu es contre ce point ? »
Il valait mieux que les choses soient claires maintenant. Après la course, ils seraient tous à bout et à fleur de peau. Le moment serait passé. Tim ne doutait pas du soutien et des bonnes idées que pourraient apporter Ravix. Mais il n’appréciait pas l’idée d’avoir donné l’ordre à Ruth de maximiser leur parcours quand Elana venait rajouter une consigne derrière.

Pourquoi lui lançait-il ce regard ? Elle avait une pustule sur le nez ? Machinalement, elle se le frotta, ne voyant rien d'autre qu'un peu de grasse issus de la terre et de la saleté agglomérée avec sa transpiration. Elle se contenta d'hocher la tête pour la nourriture, elle n'était pas de cet avis, mais ils pouvaient se passer de manger pendant une journée c'est vrai. Mais elle redoutait que la fatigue, le stress et la future marche n'entame que trop sacrément l'énergie déjà bien consommé des hommes. Mais, elle garda pour elle ce constat. Ils verront bien s'il quelque uns montrent des signes de faiblesses avec un malaise. Cela faisait mère poule. Elle devait arrêter de trop protéger, ils sont grands et résistants. Son cheminement de pensée fut brisé par les phrases de Tim, elle reporta son regard qui avait dérivé machinalement sur les autres pendant qu'elle évaluait leur niveau de « santé » et s'il elle en voyait des plus affaiblie que d'autre. Elle ne s'attendait pas à cette phrase venant de Tim, elle s'était encore mal exprimée pour ne pas changer ? Elle s'était pris la liberté pour l'eau pour compléter son chef, il lui avait demandé d'être sa seconde, responsabilité qu'elle se serait bien passée d'avoir et en conséquence elle essayait d'être le troisième bras de Tim pour soutenir l'équipe et aussi le leader. En aucun cas, elle voulait sa place.

« Non sergent. » puis elle le toisa quelques secondes de son regard tranchant. « Je me suis encore mal exprimé ? » fit elle avec une petite moue.
Le sergent acquiesça. Il répondit calmement et à voix basse, histoire que les autres ne profitent pas du spectacle :
« Je ne veux pas d'ambiguïté caporal. Tu sais aussi bien que moi ce qui se serait passé si Calahan avait été à ma place à t’écouter. Prends le temps nécessaire pour bien formuler tes propos et ne sort pas de tes attributions. Tu auras tout le temps de prendre les décisions à ma place quand je me serais fait neutraliser. Ca va comme ça ? »
Elle hocha une nouvelle fois la tête, bon elle avait semble-t-il prit sa place…Super la reine des bourdes…enfin qu’importe, elle nota ça dans son esprit elle note, il allait falloir qu’elle fasse gaffe, elle ne voulait pas d’histoire dans ce genre. Parfois, elle devrait mieux la fermer. « Je t’ai dit que je n’en voulais pas de ta place, donc reste si possible sur tes deux jambes. » dit-il sincèrement tout en parlant à voix basse avec une tentative d’humour pour calmer l’état potentiellement vexé que pouvait avoir Tim en s’imaginant des choses, sur une ambitions qu’elle n’avait pas. Et elle avait nuancé avec le « si possible ». Après on apprend pas à une brute la douceur…
Le sergent lui tapota l’épaule, signe qu’il était d’accord et n’allait pas perdre plus de temps sur le sujet.

L’objectif était à 30 km et ils avaient moins de six heures pour l’atteindre ? Forcément Eversman tiqua… ça annonçait de longues heures pénibles de marche mais C’était possible dans les faits si bien sur le terrain n’était pas des difficiles. Après tout, ils étaient des militaires et étaient censés posséder une très bonne condition physique. Matt ignorait ce que les autres avaient déjà dans les jambes. Ils avaient certainement dû déjà en baver. Il ne pouvait se considérer comme fatigué. Lourd avec cette pizza dans le ventre et déjà pas mal assoiffé. C’était ça qui risquait de poser problème. L’eau, la température élevée et la forte luminosité… ça faisait beaucoup de facteurs négatifs pour lui et il fallait ajouter la faim, le matériel pour les autres. Matt avait à coeur de ne pas être un boulet pour le groupe, de montrer qu’il n’était pas qu’une merde mais bien un soldat qui avait les capacités pour être sur cette base et en plus pour avoir une deuxième chance. Matt garda pour lui ses doutes tentant de les enfouir loin en lui. Ce serait difficile mais il était gonflé à bloc.

Le Sergent du groupe donnait déjà ses directives avant de le prendre à part avec Grognon. La couronne, il n’avait pas pensé à l’enlever mais maintenant qu’il y réfléchissait ça risquait d’être pas mal encombrant, d’être peu stable sur son crâne lors de la course et il vaudrait mieux ne pas la perdre...Et en plus pas d’armes. Chouette il n’aurait donc que sa bite et son couteau pour se défendre. Ah non pas de couteau donc bah que son entrejambe. Top !

« Compris, Sergent. » Dit-il en acquiesçant à ses propos. Il attendit la fin des instructions pour la Stroumphette Grognon et son retour avant de se mettre en mouvement tout en se tournant vers elle. « Tu aurais une casquette ? Histoire que je cale ça ! » Il indiqua d’un mouvement de main sa couronne. Avoir un couvre tête lui éviterait l’insolation aussi.

Elle le regarda tranquillement, et le s’il te plait c’est en option comme sa dignité ou quoi ? Elle roula des yeux avant de s’avancer sans rien dire vers des feuilles de palmier sur le chemin, elle en prit deux, elle perça la première avec la seconde et noua les tiges entres elles pour que la “casquette” tienne un minimum, tout en marchant, cela ne prit pas longtemps de faire un ouvrage aussi simple et précaire ! Et voilà un couvre-chef pour le roi. Elle lui tendit sans émotion. C'était le must du chapeau là ! Fait avec amour et expertise.
« Si Calahan t’a foutu à poil, c’est pour une raison. Si tu possèdes un objet qui fait partie de l’équipement l’équipe sera une nouvelle fois punie. » Elle le savait que trop bien, puisqu’elle en avait eu aussi l’amer expérience avec son legging.
Elle n’avait pas tort même s’il ne doutait pas que Calahan trouverait une quelquonque raison pour le punir. Si ce n’était pas la casquette, ce serait son allure générale ou le fait qu’il n’ait pas répondu assez vite… Il se retint de faire remarquer qu’il n’était pas le seul responsable des punitions. Râler ne servait à rien car ne ferait rien avancer. C’est dubitatif qu’Eversman prit en main le couvre-chef précaire l’observant quelques instants. Il doutait de l’objet, de son utilité et de sa solidité en plus de l’allure que ça allait lui donner. Il la remercia mais ne l’utilisa pas et s’en sépara dès qu’il fut certain qu’elle n’observait pas dans la direction.

« Si on s’arrête près d’un point d’eau, badigeonne toi de boue, ça te protégera de tes prochaines brûlures et des parasites qui vont te trouver appétissant. » Toujours aussi neutre, elle se mit en marche sans attendre plus longtemps la réponse de Matt. Ce dernier eut très envie de lui répondre “oui, maman”, cela lui brûlait le bout des lèvres de le retenir mais il le fit. Après tout, Grognon proposait une solution dans le but de l’aider même si bon le materner... Il valait mieux ravaler sa fierté, se contenir tant qu’il le pouvait encore. Eversman lâcha un soupir sonore avant de finalement libérer quelques mots.
« Reçu, Caporal. »

Elana hocha simplement la tête avant de se concentrer sur l’environnement autour d’elle. Elle avait affreusement soif et parler commençait à lui irriter la gorge. Cependant au bout de quelques minutes, Matt avait oublié qu’elle était derrière lui quand il s’était débarrassé de son cadeau. Elle finit par remarquer qu’il n’avait toujours pas sa coiffe dernière innovation de la jungle et qu’il ne l’avait même plus en main. Elle leva les yeux au ciel, se disant que son chapeau n’avait pas dû plaire à sa majesté ! Il se croyait où ? Dans un défilé ? Après tout s’il souffre d’insolation ce soir, elle n’ira pas lui tenir la main pendant qu’il vomi ! Il allait faire son difficile pour la boue aussi ? Enfin maintenant, elle ne ferait plus acte de bonté en lui refilant quelque chose pour l’aider si c’est pour qu’il bazarde juste après… Enfin elle dit ça, mais elle ne pourrait s’y tenir car elle allait l’aider comme n’importe qui dans cette équipe. Aussi peu aimant de ses pliages végétal qu’il soit. Parfois la loyauté lui jouait de gros dilem. Elle voulait bien faire des efforts avec ce déchet de l’armé qui souhaite se racheter une conduite, mais quand même… c’est dans les deux sens. Enfin qu’importe, après tout celui qui est emmerder avec le soleil c’est lui. Alors elle ne pipa mot.



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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Ils étaient sur le départ.
Le sergent Brass vérifia qu’il n’oubliait rien derrière eux et il fit un large geste de la main en s’écriant :
« Section, en avant ! A petites foulées !!! »
Comme ordonné, l’équipe se déplaça en colonne en courant à un rythme réduit. Pas trop vite, juste à peine au-dessus une marche normale. Ruth prit les devants, elle était la seule à ne tenir aucune arme en main. Ses outils : la boussole et la carte. Ils partirent tous ensemble en descendant un sentier, déjà malmené par la soif qui brûlait leurs gorges. Pour Matt, la pizza engloutie bien trop vite commença déjà à remonter. Il ne fallut pas plus d’un bon kilomètre avant qu’elle ne passe pour de bon. La gorge le brûlait de plus belle après ça. Il multiplia les crachats ce qui ne fit qu’accentuer sa soif.

Le parcours que suivait Ruth était optimal. Le capitaine comptait sur cet effort, il n’avait pas choisi le camp et le lieu de rendez vous au hasard. Le chemin était accidenté, parfois couvert d’un lits de cailloux, des fois envahi par la végétation.

Dire qu’il fallait passer le plus clair de la journée à sillonner une petite portion du continent dans cet état. C’était quasiment de la folie. Le soleil tapait fort, il n’y avait pas le moindre nuage ni brise de vent. La chaleur de l’astre ricochait des parois rocheuses escarpées ici et là en donnant l’impression d’entrer dans un four. Mais ils étaient bels et bien partis pour cet enfer.
Le sergent Brass les motivait régulièrement. Comme prévu, dès qu’un soldat commença à fatiguer et à traîner l’allure, Ravix l’intercepta pour le pousser plus en avant et finir par le débarasser de son barda. C’est Danny qui céda le premier, sa mitrailleuse M60 étant sacrément lourde à transporter en plus des deux bandes de cartouches pesant lourdement sur ses épaules. Il refusa de quitter ses munitions et son arme principale, n’acceptant que l’abandon de son sac à dos.

« Courage ! » Leur répétait souvent Tim. Tim lui- même n’était pas certain de son affaire. Il était résolument sceptique quand à leur capacité à remplir l’objectif et il espérait que Ruth leur annoncerait de bonnes nouvelles en pointant régulièrement leurs positions.

« Je le prends. » Souffla le Ranger en tendant la main pour récupérer le sac du coéquipier. Lui n’avait rien à porter, il pouvait bien le prendre plutôt que de la charger. Il regretta aussitôt son geste lorsqu’il ressentit les premières frictions avec ses épaules brûlées. Non seulement ça mais il sentit brusquement un courant d’air frais et un sentiment de liberté tout autour du sommet de sa tête…
Elana donna à Danny une bonne tape amicale, acceptant qu’il ne veuille pas donner plus, elle admirait le courage et la volonté. Mais, s’il commençait à avoir trop de mal elle ne lui laisserait pas le choix. Elle repartie en arrière, laissant le sac au petit nouveau, la gorge si sèche que même respirer lui brûlait les poumons. Machinalement, elle essayait de produire de la salive pour s’hydrater le gosier… la sueur qui perlait sur son front rafraichissait a peine son corps et elle quitta sa veste pour la nouer autour de sa taille. Et c’est en tournant la tête sur Matt qu’elle remarqua qu’il lui manquait quelque chose…

« Tu as perdu ta couronne. » hoqueta t’elle entre deux respiration. Ce soir, elle allait dormir aussi rapidement qu’un homme mort ! Elle avait les rotules en feu avec ce terrain de merde. Heureusement qu’elle courait tout les jours, mais la course sur terrain plat n’a rien à voir avec un cross de l’enfer !
« Quoi ? » Gueula-t-il tout en portant une main sur son crâne, désespérément vide. « Merde ! » Jura-t-il tout en s’immobilisant regardant rapidement aux alentours. D’un revers de bras, il balaya son visage essayant de retirer la sueur qui perlait tout se lançant à la recherche du précieux. Elana soupira regardant derrière elle, avec la végétation, il pouvait l’avoir perdu n’importe quand… une vrai plaie ! Il allait leur faire perdre du temps ...Et voilà, où allait allait être la prochaine restriction d’eau ! Une tête trop petite pour une couronne ! Elle le poussa sur son épaule pour qu’il continue en attendant que Tim décide de la situation. Elle mit sa main à son oreille pour contacter le chef, elle ne se sentait pas de gueuler elle avait trop mal à la gorge.

// Sergent, le roi a perdu sa couronne //
« STOP STOP STOP ! » S’écria immédiatement le gradé en levant son poing levé. Ce qu’il ne fallait surtout pas faire pour les plus affaiblis. Izabel tomba littéralement à genoux, se positionnant à quatre pattes pour cracher ses poumons tandis que Danny claudiquait difficilement pour combler la légère distance.
Will, qui avait entendu et semblait plus endurant, rejoignit immédiatement Elana et Matt.
« Je l’avais encore y a cinq minutes. Bordel… J’ai dû la perdre quand j’ai pris le sac ! » Les mains sur le crâne, le souffle court, Eversman se maudissait tout autant qu’il haïssait Calahan pour ce truc à la con.
« Ok, on panique pas ! » S’écria Tim, le souffle rauque.
Il avait également du mal à parler tant sa gorge le brûlait. L’homme avisa un regard circulaire avant de reprendre :
« Danny, tu restes avec Iza. Veille sur elle et récupérez ! Tous les autres, formez une battue. Prenez Matt pour repère et progressez en sens inverse. Rapide mais précis, reçu ?!? »

Elana jeta un regard à Iza qui venait de s’écrouler… elle se pinça les lèvres avant de jauger Will qui suait à grosse goutte comme des bœufs. Ils étaient encore loin du point de rendez-vous et déjà il en avait deux à terre, il fallait vraiment trouver une solution. De toute façon, l’objectif n’était pas possible, ils allaient se prendre une nouvelle punition…Comme beaucoup, elle rêvait d’un orage, mais le ciel était d’un bleu limpide. Elle n’eut pas le temps de faire quelques pas dans la direction de l’infirmière, que Tim ordonna une battue. Elle se plaça entre deux personnes, pour quadriller la zone, entre Rita et Will plus spécifiquement commençant vers les buissons les plus proches. Franchement, elle hésitait à prendre une liane et lui en faire un collier de cette couronne !

Retourner en arrière, descendre ce qu’ils avaient durement montés. ça le bouffait ! Eversman s’en voulait, il ne comprenait pas comment elle avait pu se faire la malle sans qu’il ne le sente. Ils n’avaient pas de temps à perdre et pourtant il parvenait à y arriver. Matt s’en voulait, ça le bouffait à l’intérieur et forcément le rendait moins efficace et concentré. A force de regarder à droite, à gauche, l’appui sous son pied droit se déroba l’entrainant quelques mètres plus bas dans une belle glissade. A quatre pattes, le poids du sac lui massacrant les épaules, il eut la surprise de voir un éclat métallique un peu plus loin.
« Elle est là bas. » Lâcha-t-il à bout de souffle.

« Quel boulet… » souffa Elana entre les dents … elle regarda Matt un peu plus bas, le voyant difficilement avec les buissons épineux du coin. Il avait fini par en trouver de la boue ! Elle retenu un soupire, commençant à le rejoindre en prenant gaffe à là, où elle mettait ses pieds, pour ne pas “bouletiser” avec Matt qui avait apparemment aperçut sa couronne. Elle devait être lourde non ? Comment avait-il fait pour qu’elle tombe...A moins qu’elle soit creuse ? Dans un métal léger ? Ou trop grande ou pas à sa taille, ça n’aide pas au final… La liane autour de son crâne à demi chauve ne serait pas du luxe ! Bref. Calahan et ses idée farfelues !
« Eh...savez quoi...j’ai...j’ai d’la super glue ultra...forte...dans mon sac... » Il fixa son caporal avec un sourire presque sadique. « Il tient à ses cheveux le nouveau ?? »
Elana esquissa un rictus conspirateur à cette mention avec presque un air carnassier sans s’en rendre compte. « Il en a déjà pas beaucoup… »
« Il t’en restera assez pour sa bouche ? » Blagua l’italienne. Elana lui lança un regard amusé.
« Allons-y avant qu’il troue son caleçon ! » maugréa t-elle. Faut dire qu’elle avait oublié que l’autre pignouf était à poil quand même… Dans une jungle ! Cela allait être marrant avec les branches épineuses et tout ce joyeux bordel qu’est la nature ! Heureusement qu’il avait au moins les rangers le robinson !

Will et Rita ricannèrent en coeur et descendirent prudemment cette pente abrupte pour rejoindre Eversman. La remise sur pieds fut rapide grâce à leurs aide. D’ailleurs, l’italienne se pencha pour récupérer la couronne et la tendre aimablement au Roi des Branlots qui faisait grise mine. Tim et Danny étaient restés en haut de cette pente, tournés vers l’emplace du reste de l’équipe. Matt les remercia tous les deux d’un geste de la tête, bien trop essoufflé pour lâcher quelques mots supplémentaires.


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by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



aide couleur:
 


Ravix, Matt, Will et Rita se trouvaient donc en contrebas. Ils avaient réussi à récupérer cette fichue couronne et, en fin de compte, le retard n’était pas si dramatique que ça. À tous les coups, Ruth allait considérer cet arrêt comme une pause. Ils allaient devoir courir plus longtemps mais le retard serait surement réduit sur la feuille de route. Le sourire qu’avait l’italienne, peut-être la première fois qu’elle se montrait aimable envers Matt, s’était agrandi quand Will avait proposé de boulonner la couronne sur son crâne. Et même si Ravix restait stoïque elle n’en pensait pas moins.
Mais l’instant d’après, la jeune femme italienne fût emportée sur le côté en poussant un terrible cri de surprise. Sa voix s’était déformée en une supplique paniquée tandis que ses mains se refermaient sur la bête duveteuse qui venait de lui agripper le col de son gilet tactique. Une sorte de loup. Un foutu mastoc chargé de muscles d’au moins cinquante kilos qui pesait de tout son poids sur elle et qui la secouait dans tous les sens.

À peine Elana eut-elle le temps de comprendre qu’ils subissaient une attaque en règle qu’elle se sentait impactée dans le dos. Un choc d’une terrible brutalité qui l’envoya dans les bras de Matt à son plus grand désarroi, l’emportant à son tour dans une chute douloureuse, tandis qu’une deuxième bestiole tentait de lui ouvrir le dos. Il l’avait chopé par le sac et se mit à la secouer dans d’odieux grondements effrayants. Ses pattes lui martelaient le bas du dos. Les crocs déchiraient déjà le tissu, Elana bloqué par ce poids. Matt écrasé en sandwich contre le sol et eux. La jeune femme grommela en français. Son coeur prit quelques pulsations de plus mué par l'adrénaline du combat. Manquait plus que ça ! Une attaque surprise par un bulldozer de la nature et se retrouver cloué au sol enfin au torse du branlot ! De quoi ravir Calahan qui leur avait promis des vœux de mariage ! Les coutures étaient en train de faire un bruit horrible et son arme s’imprimait dans son dos. Oh ça la pétait d’un coup ! Elle chopa son couteau à sa cuisse n’aillant rien à faire si elle effleure la peau de l’autre boulet a couronne.
« SALOPERIES ! SALOPERIES DE MERDE !!! » Hurla un Will paniqué qui matraqua la bestiole de son arme. Les assauts de Will, permettait de réduire la pression du loup et Elana en profita pour armer sa main et taper en relevant le bras à l’horizontale pour toucher le corps. Déjà elle sentait le pelage doux de l’animal.

Le loup aboya d’une agressivité multipliée. Il abandonna Ravix qui en profita pour rouler sur le côté en libérant Matt la crêpe et elle se releva prestement. Le loup quant à lui sauta dessus Will brusquement. Les plaintes de détresse mêlées de Matt et d’autres cessèrent pour que ceux de Will s’élèvent sur un chapelet de jurons. Mais le cri qu’il lâcha alors, bien plus puissant, plus spontané et inquiétant, venait de prouver le fait qu’il était blessé. Le monstre venait de lui chopper l’avant-bras droit et l’on entendait clairement son tissu craquer sous les terribles assauts. Elana attrapa son pistolet de l’autre main, elle avait perdu sa lame dans le corps de l’animal quand il s’était retiré de son dos… elle arma son arme pour tirer sur ce… un loup ? Sérieusement ? Il ne manquait pas d’air ici ! Et bonjour les hormones ! Le fait d’avoir perdu son couteau, lui avait fait un tantinet mal au poignet à cause des secousses et des soubresauts du canin… Elle leva donc son arme en serrant les dents. Tout en se rapprochant pour que les balles spéciales fassent plus d’impact sur la peau de l’animal imposant. Concentrée, elle n’avait pas la précision d’un tireur d’élite, mais vu la taille, les balles touchaient la cible, mais jamais au même endroit.... C'était prévu au programme ça ? Attaque de bête sauvage ! Calahan les avait amenés ici volontairement ? Ils étaient sur leur territoire ? Ou c’était son oeuvre ? Elle avait du mal à le savoir si sadique et user de pauvres bêtes ou de prendre le risque de faire tuer ses soldats. Le CODIR ne le permettrait pas… en tout cas, elle l'espérait, sinon ce n’est pas humain du tout !

Au-dessus de leurs têtes, les P-90 s’étaient mis à claquer. On aurait pu croire que les collègues tentaient de leur faire peur par la détonation des cartouches. Mais lorsque la mitrailleuse envoya de longues rafales, signe que quelque chose allait mal, un simple coup d’oeil permis de voir une scène surréaliste. Là-bas, à travers les buissons et les arbres, sur le versant opposé du relief, descendaient une trentaine de ces bestioles. Elles sprintaient droit sur leur position en rugissant. Les gueules ouvertes, la bave et la rage de les dévorer. Certaines tombaient sous les tirs des soldats mais les autres engloutissait la distance trop rapidement.

« ELANAAAAAAAA ! MATTTTTTTT ! » Hurla Rita d’une terrible voix de détresse. Elana ne tourna pas la tête concentrée sur ses tirs, mais elle sera la mâchoire frustrée de ne pas l’aider, elle en venait à prier que Matt face quelque chose, qu’il chope n’importe quoi pour assommer la bête quitte à faire son kéké en rute a mains nue ! Elle ne voyait rien et elle ne pouvait pas se détourner de sa cible.

Si quelques balles touchèrent ce monstre en laissant des signes très visible d’incapacité, ses mouvements brutaux finirent par placer Will dans la trajectoire de l’un de ses tirs. Il poussa un dernier cri de surprise avant de s’affaisser et de s’immobiliser. La créature ne donna même pas l’air de réfléchir. Elle fonça comme un bus sur la française et la renversa dans des aboiements presque agonisants, cherchant à atteindre son arme de sa gueule. Il voulait la lui arracher tout en l’écrasant de tout son poids. Se retrouvant en mauvaise posture elle mit ses deux mains sur l’arme pour la viser et tirer dans la gueule du loup, tout en repliant ses jambes sur son ventre pour se protéger, mais cela n’était pas d’une grande efficacité elle sentait les griffes rondes de l’animal lui lacérer les flancs. Mais ça ne crève jamais ce truc ! Elle se souvenu que les balles n'étaient pas mortelles ! Mais quand même elles piquaient des hérissons ! Elle ne poussait que peu de cri sauf des grognement et des plaintes sourdes à la suite des actions désagréable de l’animal et son visage était tordue par l’effort et la rage. Il y a des choses qu’on ne peut pas avouer à tête reposée… comme ce goût pour l’adrénaline, ce goût pour la baston et la guerre. C’est l’addiction du soldat quand il participe aux “guerres”, il l’a au plus profond de lui peur et il redoute chaque escarmouche, mais à la fois, il les attend avec un délice presque morbide d’être en action et de libérer une part inavouable d’animalité. Elana était comme beaucoup, elle ne le dira jamais, mais durant ce combat, elle sentait une part d’elle “revivre” et apprécier malgré l’horreur l’action. Parfois, elle se demandait si elle n’était pas timbrée.

La créature semblait plus faible à mesure que le temps passait. Fatalement, le 9mm de Ravix émit le clic fatidique. C’était à croire qu’un Dieu répondant aux ordres du Capitaine faisait en sorte que tout se passe mal. La gueule de la créature se referma finalement sur le poignet de la Française, la faisant crier cette fois tant la douleur la surprit. Un étau puissant, incroyablement puissant. Elle aurait pu croire que son poignet venait d’être fracturé sous cette pression. Mais elle avait encore son pistolet en main.
« Putain de merde d'enculé de ta …. MERDE !» feula-t’elle sous les picotement affreux de son poignet.

Le loup se cabra et les griffes de ses pattes avant montèrent. L’une lui tomba directement sur la tronche tandis que l’autre s’était perdue sur le côté, surement à la recherche de sa gorge. Là encore, la jeune femme sentit distinctement les griffes. Mais peut-être à cause du feu de l’action, elle n’eût pas mal. Et peut-être que sous cette même action, elle semblait immortelle car elle ne fut pas assommée sur le coup et sa rage augmenta d’un cran. Jamais un putain de chien ne lui avait résisté autant ! Ils ne sont pas normaux ! En France les loups ont peur des hommes et attaquent que les gens isolé et faibles et non toute une cohorte d’humain qui leur font voler des balles au-dessus des oreilles ! Et pis ils ne sont pas en hiver il doit avoir des proies dans le coin ?...
Le loup était encore en train de s’affaiblir. Ses mouvements étaient toujours violents mais sa respiration chaotique. Il faiblissait. Il faiblissait VRAIMENT !

Elle sentait sa faiblesse et elle en profita elle remonta avec autant de violence que lui son genou gauche dans les côtes de l’animal pour lui couper le souffle. Son pistolet avait échoué à terre et son P90 dans son dos ne pouvait être saisie pour lui servir de gourdin. Et vu le nombre de pierres qui lui perforent l’arrière-train, elle s’en saisit d’une avec fermenté pour marteler la tête ou la gueule, bref la première chose qui ressemblait à une tête de loup avec autant de rage. Il allait crever avant elle ! Une double attaque qu’elle espérait qui marcherait.

Dans cette lutte sans merci, la bête planta sa gueule sur son gilet tactique et força encore. De ce qui lui restait, il poussait sans arrêt, l’entrainant petit à petit vers la pente qui donnait en contrebas de façon plus rude. Elle était entraînée malgré sa résistance, voyant bien que l’animal était empêtré dans son baroud d’honneur sans comprendre lui-même le danger fatal qu’il leur faisait courir à tous les deux. À chaque coup de pierre sur le museau et la gueule, le loup hurlait. Il rugissait, râlait, se plaignait comme Elana. Son pelage s’ouvrit, son derme céda, c’est du sang qui giclait au rythme de la frappe, tachant le visage de la Française qui sentait sa victoire proche.
Arrivé à moins d’un mètre du point de pivot qui la ferait chuter, les derniers mouvements du loup s’éteignit. La créature poussa un dernier long soupir en se couchant sur elle, comme s’il lui demandait pardon, comme s’il regrettait chacun de ses actes. Puis il se détendit, ses pattes tombant sur les côtés. La pupille du loup restait rivée sur le visage de son ennemie, clignant une dernière fois.

Puis il n’y eût plus rien d’autre que le vide.
Le loup venait de mourir pour de bon…

Ce dernier geste lui fit quelque chose, elle venait de le tuer certes, pour se défendre mais ce genre d’action lui fendit le cœur. Cela était purement stupide, projeter des sentiments humains sur un animal enragé, car là était le problème, ils l’étaient véritablement, n’importe quelle autre bestiole aurait déjà fuis, pour s’éviter des blessures trop importantes qu’ils ne pourraient soigner. Cela n’était à rien n’y comprendre. Elle soupira, le torse surcharger par ce poids impressionnant. Toujours animé par le combat, elle se tortilla, se débattant, pour se défaire de la bête et reculer sur le cul, loin du point de chute, repoussant la créature du pied pour s’écarter en totalité. Elle soufflait fort d'épuisement et elle avait affreusement chaud et soif. Elle s’essuya brièvement le visage plein de sang, se relevant chaotiquement, sur les mains, après s’être tournée et courir à moitié à terre vers Will. (il serait plus judicieux qu’elle s’écrasait sur les genoux à terre vers le corps de son coéquipier). Elle le secouait, il était au sol, dans le feu de l’action il s’était pris une balle… et ça l’avait séché ! Alors que le loup plein et que dalle ! Cela était impensable.

« Will DEBOUT ! » tout en secouant Will, elle laissa son regard scruter à la recherche de Rita… leur loup était mort.



‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan



Pendant ce temps, la main valide de Rita se leva bien haut, munie de sa baïonnette. Mais avant qu’elle ne puisse frapper fort, la gueule du loup quitta son col pour se refermer sur son poignet. Elle hurla une nouvelle fois. La jeune femme céda à la panique, martelant de son poing libre et de ses pieds. Elle était terrifiée. Elle avait l’impression que l'entraînement n’était qu’un piège. Qu’elle allait véritablement mourir. Son instinct de survie prit le dessus et son ennemi en prenait plein la tronche. Malheureusement il continuait de la secouer dans tous les sens. La baïonnette traînait par terre, elle ne parvenait pas à la récupérer.

« Pousse-toi de là. » Avait rugit le Ranger, lors de son entrave, tout en la repoussant de manière à l’écarter de lui. Les bretelles du sanc furent ôtées dans un geste rapide avant qu’il ne roule sur le côté se libérant des entraves. Il n’avait rien, pas d'armes ni même la moindre protection. Il était focalisé sur le combat désespéré de Rita, la bête venait de lui faire lâcher la baïonnette. Ni une, ni deux, Matt s’empressa de réduire la distance jusqu’au précieux objet. Les doigts enserrèrent à peine le manche de l’arme que le loup aboya d’autant plus fort, allant lui pincer le poignet dans un affreux grondement avant de se jeter de nouveau sur Rita. Il l’attrapa par le genou, la faisant crier de nouveau, et se mit à la tirer pour l’éloigner d’eux. Il l’emportait !

« FEU À VOLONTÉ ! » Hurlait la voix de Tim en tentant de passer au-dessus la pétarade. « PRIORITÉ DE TIRS : PROTECTION DE L'ÉQUIPE EN CONTREBAS. SOUTIEN A PROXIMITÉ ! FAITES MOI UN PUTAIN DE BARRAGE DE BALLES ! JE NE VEUX PAS VOIR UNE DE CES CHOSES PASSER ! »

Là-haut, toutes les armes se mirent à claquer en même temps. Un fantastique ballet de tirs et de rafales qui s’entremélaient. Un mur d’acier et de feu, expression de la volonté martiale des fantassins. Sur le versant opposé, la meute s’écroulait petit à petit. Comme des dominos, les choses s’affaissaient les unes après les autres. Plus un loup approchait d’Elana et de Matt, plus il était ciblé. Imaginez l’éclat, le vacarme, que produisait une M60, de plusieurs P90 et d’un 9 mm conjugué juste quelques mètres au-dessus de leur tête.

La pression était à son comble. C’était inexplicable, incroyable. Il fallait se battre et sauver les siens.
C'ÉTAIT TOUT SIMPLEMENT UNE PUTAIN DE GUERRE !!!

La morsure le fit lâcher l’arme blanche qui retomba au sol. De nombreux jurons s’échappèrent de ses lèvres alors qu’il prenait son poignet en main l’enserrant par réflexe. Devant lui, Rita s'agrippait à tout ce qu’elle pouvait pour ne pas être emmené par le loup. Il ne fallait pas qu’il réussisse à l’emporter.

« IL EMMÈNE RITA ! » Gueula-t-il pour alerter les autres tout en se mettant en mouvement. Il se devait de l’aider, il ne pouvait la laisser se faire dévorer. La baïonnette fut attrapée de nouveau avant qu’il ne réduise la distance le séparant de Rita et là il l'agrippa fermement par l’une des bretelles de son gilet tactique tirant fortement dans le sens inverse.

« L CHE-LA ! »

Le loup s'exécuta étrangement, ouvrant sa gueule pour la placer devant la figure de Matt dans un terrible rugissement. Sa gueule claqua à quelques centimètres de son nez avant qu’il ne s’élance dans le but de le renverser. Devant la menace imminente, Eversman se laissa tomber en arrière plaçant la lame aiguisée et pointue en avant de manière à se protéger et si possible empaler la bête. La main gauche quitta Rita pour se placer au culot de l’arme pour gagner en puissance.

Il y eut un claquement sec et un grand cri. Quelque chose de poisseux et de chaud venait d’envahir tout le torse du ranger. La contre attaque ne se fit pas attendre. La patte griffue le giffla d’une grande force. L’élan lui fit sentir que quelque chose s’était décroché de sa tête et, cette fois, il entendit le tintement métallique de la couronne. Elle était là, en train de rouler, comme si elle avait pris peur du loup et tentait de se barrer. Elle descendit davantage en contrebas tandis que Matt tentait encore de tenir ce monstre qui pressait encore plus fort. Ses deux mains se trouvaient maintenant dans une part du poitrail. La gueule claquait encore et encore, gagnant du terrain sur son visage. Il pouvait sentir ce souffle chaud et chaotique le chercher.

Mais alors qu’il lui semblait impossible de tenir plus longtemps, Rita se dessina au-dessus du monstre. Elle était essoufflée, décoiffée, à bout. Elle peinait à tenir debout, en appui sur une seule jambe, lorsqu’elle pointa son 9mm et chercha à lui coller quelques balles. Mais elle hésitait, consciente que Matt était dans sa ligne de tir. Il y avait trop de risques. Les dernières forces étaient jetées pour repousser l’affreux. S’il lâchait, ils étaient fichus tous les deux. Il grogna tout en exécutant un mouvement de poignet sentant la résistance des chairs alors qu’il cherchait à tourner la lame dans la plaie pour la rendre béante et en finir. Il avait affronté les clones, les wraiths, Caldwell… Ce n’était pas un putain de loup mutant qui aurait sa peau !

Sous le choc, le loup se cabra en rugissement encore plus fort. Il recouvrit Matt de tout son corps, sécurisant la ligne de tir de Rita qui vida entièrement son chargeur sur la chose en hurlant à pleins poumons. Elle ne se doutait pas que c’était de trop. Dans un ultime sursaut, la créature s’effondra sur le Ranger en le recouvrant totalement. Rita s’affaissa en même temps sur ses genoux, cherchant désespérément un nouveau chargeur de neuf millimètres alors que sa respiration s’emballait. Elle était un peu perdue, se mélangeant les pinceaux entre le rechargement de son arme et son approche difficile pour aider Matt à se retirer de ce poids mort.
Les cinquantes kilos venaient de lui tomber dessus sur le torse, le manche de l’arme s’enfonçant dans son ventre lui coupant toute respiration. La bouche ouverte, il essayait de reprendre un souffle, d’inspirer de nouveau de l’air mais rien ne semblait entrer. Le loup fut secoué de mouvements vifs sous les impacts ce qui n'arrangera pas la situation de Matt. Ce dernier tenta désespérément de le repousser.

Rita n’attendit pas très longtemps. Elle conjugua ses efforts avec Matt pour pouvoir l’aider à se sortir de là. Le Ranger roula sur le côté avant de basculer à quatre pattes. Libéré du poids, l’air revint aussitôt lui déclenchant une violente quinte de toux. Dès qu’elle n’eut plus aucun effort à fournir, l’italienne tomba sur le cul et pointa brusquement un nouveau loup qui venait d'apparaître. La créature venait de bondir juste devant eux, grondant, grognant, mais il n’attaquait pas. Il restait là à tenter de les intimider tandis qu’un bruit de sifflet se laissait entendre entre les derniers tirs mourants des défenseurs. Elana avait également eu son nouvel ennemi qui s’était approché d’un Will inerte, comme s’il avait eu l’intention de l’emporter. Il se tenait là à guetter le moindre mouvement de défense pour lui sauter à la gorge. Mais là aussi, plus de mouvements.

Le sifflet monta encore plus fort, venu de l’autre versant d’un point inconnu. Puis une série de grondements venant des quelques survivants que représentait la meute. Ils s’en allèrent tous en même temps, les abandonnant là avec les cadavres des leurs.
Le silence revint très rapidement. Trop rapidement même. C’était à croire qu’ils avaient halluciné et qu’il n’y avait jamais rien vu de tout ça.

Au-dessus de leurs têtes, Tim et le reste de l’équipe restait immobile. Les yeux hagards, le souffle court, les armes encore bien fumantes, ils scrutaient le versant en se demandant si c’était vraiment bien terminé. Le sergent déglutit et déchargea son P90 pour remplacer son chargeur.

« Elana...au rapport ! »

Will ne bougeait toujours pas… Elana prit conscience, que s’était réellement de sa faute en tirant sur le loup, une balle avait touché Will. S’il avait eu de vraie balle, elle l’aurait peut-être tué involontairement. Elle soupira, le mettant dans une position plus confortable sur le dos, en lui retirant son sac et son arme qu’elle déposa à côté, vérifiant ses blessures. Le poignet n’était pas en sang… juste deux traces de crocs. Elle trouvait ça étrange ces loups… Elle se releva, de toute manière il allait falloir attendre que Will se réveille. Elle comptait rejoindre Rita quand Tim l’interpella d’en haut.

« Loups neutralisé, j’ai touché Will durant la bataille » les coups de sifflets était signe qu’il avait un maître et elle n’aimait pas les conclusions à laquelle elle commençait à arriver. Et pourquoi le dernier loup semblait hésiter ? Parceque deux de ses camarades étaient morts ? Véritablement mort de surcroît ? Surement. Le coup du loup, qu’elle avait tué son « pardon » lui retournait encore les tripes. Elle avait du mal à tuer des animaux, puisqu’elle les jugeait innocent dans un sens. Et si on les dressait pour attaquer ? Cela ne ferait que de son acte quelque chose de plus horrible. Elle dégrafa son sac, pour voir les dégâts et le laisser prêt de Will, le temps qu’elle récupère non loin son arme et la recharge.
« Je descends. »

Si le loup avait attaqué, Matt n’aurait rien pu faire pour l’en empêcher. Une main sur son torse dégoulinant et poisseux, Eversman se remettait tant bien que mal ne parvenant pas à retrouver un souffle régulier. Les rictus étaient nombreux à parcourir son visage. Il avait un mal de chien et chaque cycle de respiration n’arrangeait rien. Il finit néanmoins par tourner la tête vers Rita, toujours le cul au sol et l’air hagard. Plutôt pâle aussi. Ce n’était pas bon. La lèvre inférieure fut mordue le temps de se remettre à genoux et de se rapprocher d’elle.
« Hey Rita ! ça va ? » Demanda-t-il en aggripant une main à son gilet tactique la sentant vacillante.
« Je...j’ai senti ses crocs dans ma gorge...je vais mourir ? »
De la main libre, il exerça une pression suffisante sur sa joue pour lui faire tourner la tête et visualiser l’éventuelle blessure. Il y avait bien les impacts des crocs, on les voyait nettement mais pas l’afflux sanguin qui aurait dû aller avec. Normalement, il y aurait dû avoir du sang de partout. La gorge aurait dû être déchiquetée et pourtant. Les doigts passèrent sur les dessins laissés, appuyant quelque peu dessus comme pour être sur de ce qu’il voyait.
« Non…Non, je crois pas » Déclara-t-il d’une petite voix comme s’il n’y croyait pas vraiment. « Tu saignes à peine. Il… Il a rien touché. »
Rita ne le croyait pas elle-même. Elle reprit quelques couleurs mais agrippa Matt par les épaules, ce qui le fit gémir, avant de s’écrier :
« Te fout pas de ma gueule ! Je l’ai senti sur mon cou !!! »
« Tu as l’empreinte de sa gueule mais y a rien. Regarde ! » Il lui mit sa main devant les yeux mais elle était recouverte de sang poisseux. « Mauvais exemple… Tu n’es pas blessée, à peine deux-trois trous comme si tu étais touchée par un vampire. On dirait que… que ce truc n’avait pas de quoi te tuer. » Tout en réfléchissant à haute voix, Matt fut pris d’un doute concernant la bête. Son regard se déporta sur le corps qui gisait à deux pas d’eux. « Faut que je vérifie un truc. » Et si ce truc ne possédait pas de quoi les tuer ? S’il était dépourvu de crocs mortels ? Un seul moyen de le savoir : ouvrir la gueule du loup ce qu’il fit avec des gestes lents comme s’il ne désirait pas réveiller la créature.

Le Ranger ne trouva rien. Les quelques crocs qui restaient, les plus impressionnants, avaient été limé pour former des bouts arrondis et peu dangereux. Les pattes étaient, à l’identique, munies de griffes imposantes mais plates. Elles étaient même recouverte d’une étrange résine qui semblait les rendre inefficace. Ces loups avaient été dressé pour s’attaquer à eux, répondant aux coups de sifflets, mais ils n’avaient strictement rien pour les blesser mortellement.
Ils auraient passé un sale quart d’heure. Au risque d’être couvert de larges ecchymoses et des fringues déchirées. Mais dans le fond...tout ça...ça n’avait été que du bluff...

« Oh l’enfoiré... » Lâcha Matt comprenant qu’il ne s’agissait que d’une épreuve de Calahan. Il fallait être sacrément retord pour imaginer ça. C’était rassurant d’un côté car non mortel mais de l’autre côté complément flippant tant l’imagination machiavélique du mec était sans limite. Le Ranger en resta sur les fesses laissant Rita mener ses propres investigations et parvenir aux mêmes fins. C’est en prenant son crâne entre ses mains qu’il réalisa la nouvelle perte. Un soupir d’exaspération lui échappa. Il commençait à en avoir plus que marre de cette couronne…

Elana s’était rapprochée d’eux, tout en écoutant les exclamations de Matt qui arrivait à l’évidence d’un piège. Le pire dans tout cela c’est que ce mec avait dressé des animaux sauvages pour les attaquer prenant le risque de tuer ses pauvres bêtes. Cela l’écœurait encore plus. Sur terre et en France cela se nomme de la cruauté animale. Et si Calahan était dans le coup, elle se demandait quelles punitions allaient-ils écopé, pour la mort de deux loups et la neutralisation de Will. De plus, Matt avait touché une arme ? La baïonnette non loin ? Elle n’avait pas vu l’action. Elana posa une main rassurante sur Rita, pour calmer sa panique à propos de sa gorge. Elle-même avait mal à plusieurs endroits mais elle n’était pas véritablement blessé et le sang sur son visage de guerrière était celui de l’animal déchu.

Toujours essoufflée, et visiblement consciente que sa panique n’avait pas lieu d’être en fin de compte, l’Italienne zieuta Matt. Alors qu’elle se massait la gorge en n’en revenant toujours pas d’être en vie, elle fixa le sommet de son crâne et secoua négativement la tête.
« Cette fois, compte pas sur moi espèce de Jonah ! »
« Jonah ? » Répéta-t-il tournant la tête vers elle.
« Jonah. Dans la bible. Tu sais même pas ça ? »
Elle soupira.
« Il était matelot et a offensé le Seigneur. En voguant avec les siens, il leur a porté la guigne. Ils ont tous fini dans le chaudron du mal parce qu’il ne s’était pas dénoncé. »
Elle le fixa. Son visage s’était un peu éclairé.
« Tu me portes la poisse ! Je t’aiderai pas, Jonah !!! »
La parallèle avec lui était vite fait. Il soupira à son tour. « Et sans moi, tu serais plus là… Ravi de t’avoir aidé. » Finit-il par lâcher sans lui jeter un autre regard. Après un énième soupir, le Ranger finit par se remettre sur pieds essayant de repérer cette fichue couronne.
« Quel susceptible ! » Nota la jeune femme en se redressant à son tour. « Si tu sais même pas trouver la blague, on peut plus rien pour toi... »
Matt s’immobilisa. « Je me fous de ta blague. Ce qui m’importe c’est de retrouver cette fichue couronne, de retrouver les autres et d’atteindre ce fichu point de rendez-vous. Maintenant, tu m’aides, on repart plus vite et Calahan fermera sa gueule ou tu me laisses chercher seul, on perd encore plus de temps et Calahan sera ravi de nous pourrir un peu plus. C’est toi qui voit ! » impossible de lâcher tout ça en une fois tant la salive était manquante et le souffle court. Une manière pour lui d’évacuer toute cette pression, de ne pas penser davantage à ce qui venait d’arriver, ne pas ruminer et d’avancer. Eversman ne ménageait pas ses efforts fouillant les fourrés aux alentours.

Elana était resté silencieuse, mais proche de Rita, elle avait mal à la gorge et évitait de faire des efforts pour parler, mais la suite la laisse stupéfaite… elle avait du mal entendre…. Ah non, mais pour qui se prenait ce freluquet ? Il n’avait pas d’humour et en plus il était con sérieusement. Elle soupira et son visage déjà bien neutre était fermé à double tour et la soufflante à laquelle elle pensait serait terrible. Mâchoire serré elle feula d’un ton tranchant :

« Tu baisses d’un ton soldat ! » Elle allait lui dire que sa couronne il se démerderait pour la chercher tout seul si c’est ainsi ! Mais elle se rappela les paroles de Tim sur la position hiérarchique et ce n’était pas à elle de lui souffler dans les bronches. Elle leva le regard vers le sergent, qui avait tout entendu lui aussi. Elle fit reculer Rita du bras, pour laisser place à Tim.

Tiens Grognon était de retour, Matt lui accorda un regard inspectant d’un coup d’œil son intégrité notamment cette abondance de sang avant de retourner à ses recherches. Il ne comptait de toute manière pas renchérir et ne souhaitait pas perdre davantage de temps.

Il se foutait de sa gueule ? Il ne répondait même pas ? Mais c’est quoi ce soldat d’opérette qu’ils ont ? Ah oui, c’est vrai, il avait un problème avec la hiérarchie et pas qu’avec apparemment. Elle ne comprenait pas vraiment sa réaction, même s’il devait angoisser pour sa couronne, cela n’est pas une raison pour de un mal parler et faire l’enfant en boudan. Elana l’observa d’un oeil torve, il commençait à marquer un peu trop de point négatif et il allait devoir se ressaisir le garçon. Heureusement, qu’il avait bougé son cul pour aider Rita. Tim allait s’en charger, car il avait quelques notions à réapprendre ce mec. Elle se concentra sur Rita, tout en levant le nez pour voir où étaient Ruth, Iza et Danny.


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Le sergent Brass fit un signe à Izabel, l’autorisant à faire son travail. Elle alla auprès de Rita dont le regard s’était fortement noirci et lui demanda de la suivre, histoire qu’elle puisse l’avoir sous la main en même temps que Will. L’italienne s’éxécuta à contrecoeur. C’est autant le geste de Ravix que de l’infirmière qui l’avait convaincue. Elle avait été sur le point de lui balancer une vacherie bien sentie histoire de le faire descendre de son beau cheval.
Elana observa Iza qui semblait indemne de blessure, cela la rassura.

Tim, qui avait rejoint le groupe et regardé Matt s’éloigner en silence à la recherche de sa couronne, fît un petit signe de menton en direction du caporal.
« Pas trop de casse ? »
La question s’appliquait à elle, personnellement. La jeune femme se rapprocha du sergent, l'observant aussi.
« Non ça va. Il en aurait eu plus, si les loups étaient réellement menaçants. Le roi a découvert qu’ils avaient les crocs limé et les griffes aussi. Seule contribution positive pour le moment. » Une manière de lui dire, qu’elle commençait à avoir des doutes sur ce mec et qu’elle n’appréciait pas son comportement. « Et de votre côté ? »

« T’en fait pas pour Matt. Nous ça va. Le périmètre est sûr pour l’instant. Tu as Ruth aux jumelles et Danny sur la mitrailleuse. Assiste Izabel dans son travail, veille à ce qu’elle vous ausculte tous, toi compris. Et une fois fait, je veux le point sur ce qu’il nous reste en munitions. Reçu ? »
« Bien. Tant mieux.» elle hocha la tête « Reçu .» toujours aussi économe en mot.
Il l’a remercia d’un petit signe de tête avant de se rendre en direction de Matt. Il s’interrompit brusquement avant de faire volte-face et de lui dire avec le sourire :
« Tu es finalement tombée sur de la bouffe en cours de route caporal. Je te laisse gérer notre dîner. »

Elle eut un simple rictus, oui le loup allait faire du rotis… mais manger de la viande crue… emballer dans du tissus ils auront un repa,s même si elle n’était pas certaine que ça soit bien bon à manger le canin. Cela pouvait en dégoûter plusieurs.
« Ouais. On va manger chinois » dit-elle avant que Tim parte.
« Tu nous fera connaître tes talents de cuisinière dans ce cas... »
Eh bien… ils allaient tous mourir ce soir : la cause ? Indigestion ! Elle n’était pas une grande cuisinière, elle ne savait même pas faire des pâtes au beurre sans qu’elles soient trop cuites...

« Caporal ? » Demanda Bowers en quittant son casque et dévoilant le massacre de son crâne nu. L’infirmière venait de terminer l’examen de Will. Elle l’avait placé en position latérale de sécurité en attendant qu’il se réveille. Il n’y avait malheureusement pas grand chose à faire de plus, ses blessures étaient bénignes. En suivant les priorités qu’elle s’était fixée, la jeune femme s’occupait maintenant de Rita. Elana se tourna vers elle, avec un signe de tête pour lui demander ce qu’il y avait. « Il me faut un coup de main pour Rita. De la lumière et lui écarter son col pour que je l’examine... »
« J’arrive. »
« Je vais bien... » Maugréa Rita avec une voix douce. Elle était assise et demeurait néanmoins docile aux premiers gestes de l’infirmière.
« C’est moi qui décide si tu vas bien ou si tu es une princesse ritale en détresse... » La taquina-t-elle en retour.

Elana repris son sac qui était dans un état relatif, mais il tenait et ne se déversait pas de son contenue. Le matériel militaire est de bonne qualité. Elle jeta un regard à Will avant de fouiller dans son sac pour prendre une lampe de poche et s’approcher de la princesse esmeralda et lui tirer doucement son col en allumant la lampe sur sa nuque.
« Hum… toi tu es encore allé faire des bisous en cachette avec Jacobs » dit-elle en référence au loup garou dans Twilight.
« Et pas que des bisous, tu peux me croire... » Elana se força à faire un rictus qui traduisait sa pensée : coquine. En espérant que ça serait compréhensible. Elle avait tellement mal à la gorge c'était une horreur ! Le message fut reçu.

« Les filles !!! » S’indigna l’infirmière en faisant une grimace.
Elle contrôlait doucement l’aspect de la blessure avec ses gants chirurgicaux. Elle avait ouvert son sac en grand pour pouvoir accéder à ses produits. La jeune femme prit son temps pour lui appliquer une pommade cicatrisante. Il n’y avait rien de grave concernant cette blessure et elle en était réellement soulagée. En revanche, elle termina son soin en sortant une seringue qui rendit Rita bien moins enjouée.
« Eh... »
« La gueule d’une bestiole, c’est une vraie boite de Petri. Je dois limiter vos risques d’infection. Tu choisis, grignoteuse de Jacobs, l’épaule ou la fesse... »
« L’épaule !!! » Grogna-t-elle. « J’ai encore besoin de marcher. »
« Quelle confiance ! Si tu lèves la main sur moi, Ravix t'assomme avant.... »
Et elle piqua. L’italienne poussa une plainte étouffée, posant une regard étincelant sur ce qui devenait peu à peu son amie en se disant qu’elle avait fait exprès de lui faire mal. Juste pour se faire passer pour une infirmière peu consciencieuse. Cela fit sourire Elana qui tapota l’autre épaule de l’italienne en la libérant. Rita s’éloigna en se massant pour venir se réinstaller auprès de Will. L’homme était toujours inconscient.

De son côté, Iza profita d’avoir encore le piston en main pour retirer la pointe et y insérer une nouvelle aiguille. Elle se servit dans l’ampoule et éjecta un peu de fluide avant de regarder Ravix.
« Et toi caporal, l’épaule ou Jacobs ? »
« Qu’importe. Tu as des lingettes pour le sang sur ma figure aussi ? » car bon, elle était devenue un véritable chef indien avec sa couleur rouge coagulé.
« Hm...ça peut se trouver. » Répondit-elle en faisant mine de chercher dans son sac. Mais au dernier moment, elle entoura la cuisse d’Elana de son bras valide et, tout en se penchant, lui planta la seringue dans la fesse.
Elana sursauta de surprise ne s’y attendant mais alors pas du tout, elle laissa échappé un petit « aie » avant de froncer le regard vers Iza qui semblait se marrer de cette aventure.
« Mais ! »
« Gardons l’épaule pour ton loup garou. » Fit-elle avec humour. ce qui fit rire doucement Ravix.
Elle déposa aussitôt sa seringue de coté pour prendre un peu de gazes et du liquide physiologique supposé l’aider à se nettoyer. L’italienne avait poussé une exclamation de surprise. Elle qui restait assise auprès du Canadien lui tapota le torse, le regard ahuri, tout en s’écriant :
« Alors là, j’en connais un qui regrettera longtemps de ne pas s’être réveillé plus tôt. Quand je vais lui raconter ça... » Elana lorgna Will et hocha la tête fortement amusé, oui il allait faire un scandale à coup sûr ! En tout cas Iza était taquine.
« Ne lui brise pas le coeur ... » dit-elle d’une voix hachée par la soif, tout en se frottant un peu le popotin.
« A vos ordres mon caporal... » Termina Rita avec un bref salut militaire.
Un léger ricanement de Bowers servit de réponse. Elle était joueuse mais elle n’oubliait pas non plus son travail. En poursuivant l’auscultation de Ravix, elle tomba sur son poignet dont la couleur l'inquiéta beaucoup. C’était l’articulation qui l’avait fait hurler malgré elle au cours de l’assaut. Des marques violacées et brunes se discernaient déjà d’un côté et de l’autre. Son visage pourtant enjoué se défit pour un air purement professionnel et elle exerça de délicates pressions pour faire bouger sa main dans un sens et l’autre.
« Est-ce que tu ressens de la douleur ? »
« Oui » Elle toisa son poignet qui était plutôt moche et maintenant qu’elle n’était plus dans le feu de l’action, elle commençait a avoir mal. Super...elle redoutait l’entorse mais pour le moment son poignet était mobile et elle serrait les dents pour ne pas gémir quand Iza touchait.

L’infirmière sentit les tressaillements de sa comparse et soupira silencieusement. Non, ce n’était vraiment pas beau à voir. Ce loup avait dû lui compresser l’articulation avec une telle force qu’elle avait bien failli être broyé. N’ayant pas d’outils d’examen Lantien, Izabel resta dans les classiques et sortit une bande de contention.

« D’accord. Je vais t’éviter l'attelle pour le moment. Au possible, n’encaisse pas le recul de ton arme sur ce poignet et dis-moi si jamais ça te fait un coup de jus quand tu bouges ton poignet. »

Elana ne répondit que d’un hochement de tête. Son visage avait été débarbouiller en prime. Elle reprenait un air humain. Iza prit son temps pour lui bander le poignet. L'élasticité particulière du tissu épousa bien son articulation et l’infirmière démontra son expérience, trouvant le juste milieu parfait de la pression appliquée. Ni trop ample, ni trop serré. Elle sortit de son sac un pilulier particulier qui présentait divers médicaments. Elle en récupéra deux gélules qu’elle lui donna.
« C’est un anti-douleur. Et ça, un anti-inflammatoire. Dans le meilleur des cas c’est une entorse mais...j’ai un doute. Tu as peut-être quelque chose de cassé, ta main ne fait plus une amplitude complète. Surtout ne force pas, je viendrai contrôler régulièrement...d’accord ? »

Elana espérait de tout cœur qu’elle n’avait pas l’un des nombreux petits os de son poignet brisés… remarque elle devrait douiller plus que ça si c’était le cas ? Hum… elle se laissa faire, notant dans sa tête les consignes d’Iza, elle ne voulait prendre que peu de risque pour son poignet couleur ciel.
« D’accord merci ma licorne ! »
« Hm...ta licorne a été scalpé. » Fit-elle avec une pointe de peine dans la voix. Elle avait un petit instant de rechute en se passant maladroitement une main sur le crâne. Son long soupir, plutôt un souffle, dissimula un début de chagrin avant qu’elle ne lui sourit franchement en faisant diversion : « J’aime bien le surnom cela dit. Tu crois que je pourrais séduire Carson avec ? »
Elana regarda le crâne sans forme de l’infirmière. Les licornes ne se définissent pas que par leur chevelure allait-elle lui dire mais Iza fit une diversion qui convenue parfaitement à la soldate qui lui rendit son rictus essayant de refaire le même par sincérité.
« Je ne connais pas ses goûts. Mais rien que par ta personnalité tu réussiras. » cela ne faisait pas longtemps oui, mais les événements aussi fort permette de voir les gens tel qu’ils sont réellement sans faux semblant ou hypocrisie et Iza semblait être une belle personne. Bowers n’en était vraiment pas sûre. Elle poussa doucement Ravix de sa main comme si elle lui demandait d’arrêter de la brosser dans le sens du poil avec un sourire gêné. Il y avait de la gratitude dans le geste, une proximité naissante. Elana haussa les épaules doucement avec un rictus au coin, elle ne cherchait pas à la flatter elle disait ce qu’elle pensait. La flatterie était bien une chose qu'elle ne savait pas faire.

« On va faire un bilan sur nos munitions. Pour ma part il me reste un chargeur de pistolet et deux de P90. »
« Même situation qu’avant l’assaut. Je n’ai pas tiré un coup de feu... »
« Heu...j’ai encore cinq balles pour mon neuf millimètres. Et deux autres complets. »
« J’ai bouffé pas mal ! » Fît Danny depuis sa position en hauteur. Il parlait fort pour qu’elle puisse l’entendre, n’utilisant pas sa radio. « À peu près quarante cartouches sur ma M60. Il me reste une bande complète aussi. »
« J’ai été plus économe. Deux chargeurs de P90. Je n’ai pas touché à mon arme de poing. » Compléta Ruth en n’ayant pas quitté ses jumelles.

Elana alla fouiller au même moment Will pour voir ce qu’il lui restait, en gros mise a part Will et Rita tout le monde avait consommé la moitié de leur munition. Ils devraient faire plus attention pour le reste de l'entraînement...Sinon, ils auraient du mal avec les futurs ennemis !

En attendant, la découpe du loup décédé allait être pénible avec sa main droite. Elle se tourna vers Rita « Vous m’aidez à prendre de la viande pour ce soir ? Ou manger chinois vous écœure ? » finit elle sur une pointe d’humour. Elle aurait bien besoin d’un peu d’aide pour soulager son poignet quand elles découperont le steak de loup.
« On raconte que les Français sont de bons chasseurs... » fit Rita pour essayer de la forcer. L’italienne quitta Will à contrecoeur et s’installa à côté du loup. Elle l’avait frappé du bout de sa rangers une ou deux fois juste pour être certaine.
« Tu sais comment on dépèce une bête ou je t’offre une leçon accélérée ?... »
[color=DarkMagenta]« Je t'écoute professeur /color]» renchérit Elana, qui avait quelques bases rudimentaire, comme retirer les intestins, de la simple logique.
L’italienne lui sourit et tira son poignard avant de s’approcher de la carcasse. Elle tailla l’animal pour récupérer sa peau, déclarant qu’elle serait utile, puis elle s’attaqua à défaire une patte entière avec sa cuisse. Durant toute l’étape, elle échangea ses connaissances avec la française et lui précisa les erreurs à ne surtout pas commettre.

Elana était très attentive, notant dans un coin de sa tête, que personne n’avait formuler un écœurement particulier envers l’animal et le futur ragoût de ce soir. Elle était peut-être la seule à cet instant à faire le parallèle avec le chien. Autant, elle pouvait manger tout et n’importe quoi, mais il avait toujours quelques choses, qui la dérangeait avec la consommation d'animaux de compagnie. Le loup ressemblait au chien certes, et elle repensait encore à son regard comme un pardon. Au moins sa mort servirait à la survie de d’autre et dans sa tête elle se disait “pardon accepté”. Mais elle ne savait pas pourquoi cela la taraudait autant. Elle finit par laisser couler se disant que le combat était tellement incroyable et que l’exploitation de loups de combat surréaliste que le dérangement de ce dressage devait se répercuter à cet instant.



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Le sergent descendit la pente courte mais très raide qui menait encore un peu en-dessous. Cet endroit était vraiment accidenté et la couronne avait pu rouler jusqu’à cette masse de végétation, là où la recrue farfouillait. En silence, Tim participa à la recherche et se fit violence pour essayer d’organiser ses idées de façon impartiale. Ne pas foncer dans le tas ou balancer un truc qui pourrait le braquer d’emblé. Ce qu’il avait entendu ne lui avait pas plu également mais il avait le devoir de garder les hommes soudés. Gommer la division.
Il finit par mettre la main sur cette fameuse couronne de fer. Les gravures lui sautaient aux yeux, tout les griefs que l’armée avait pu lui faire.

Profitant de cet écart avec le reste des hommes, le sergent lui tendit l’ornement avant de lui demander simplement :
« Tu peux t’expliquer ? »
Il regarda brièvement en direction de Rita, comme pour préciser à quel sujet il faisait référence.

Matt ne ménageait pas sa peine, farfouillant dans les moindres buissons pour essayer de retrouver cette fichue couronne. La tâche s’annonçait titanesque tant l’espace était vaste et les recoins multiples. Il n’avait pas le choix et se devait de la trouver, autant ne pas cogiter et se mettre au travail. ça l’empêchait de cogiter. Une voix masculine l’interpella, Tim avait mis la main sur son précieux. La fin des recherches pour lui, il en soupira d’aise avant de rejoindre la position du sous-officier tendant la main pour la récupérer. On aurait dit un indien en tenue de guerre avec tout ce sang poisseux sur son torse.

« Merci, Sergent. » Les doigts se posèrent autour de l’arceau métallique, les faisant glisser sur les différentes inscriptions sans y jeter un coup d’oeil. Il releva en revanche le regard dans la même direction que lui pour connaître l’objet des explications.
« Pour le loup ? » Questionna-t-il sans arrière pensée ne cherchant pas à jouer au plus malin.
« Ton comportement. » Précisa le sergent en attendant patiemment.
Les sourcils se froncèrent montrant qu’il recherchait ce qu’on pouvait bien lui reprocher. Il effectua un nouvel aller retour visuel avec la position un peu plus haute espérant que cela l’aiderait. Il n’allait pas lui reprocher d’avoir usé d’une arme pour sauver l’italienne du groupe ? Ou cette histoire de blague pourrie ? Le truc qui avait fait réagir Grognon. Sûr que c’était même ça. Il l’aurait parié. Matt ne se rappelait plus précisément ce qu’il avait pu dire, ni même qu’elle était cette blague s’étant focalisé de suite sur autre chose. Il prit sur lui pour tenter de regrouper ses souvenirs. « J’ai porté secours à Rita. Ensuite je suis parti à la recherche de ça. » L’objet fut levé de quelques centimètres. « J’ai dû mal parlé à Rita. C’est ça, Sergent ? »

Brass le fixa longuement en se demandant s’il essayait vraiment de fuir ses actes. Pas très graves au demeurant. Ou s’il ne voyait vraiment pas le mal. Son visage se ferma davantage et il acquiesça lentement avant de lui expliquer d’une voix calme et diplomate :

« On est tous sur les dents, Eversman. On est malmené, épuisé, pourchassé. Et on crève la soif. La dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’un militaire en disgrâce qui prend de haut mes collègues. Et qui favorise la division quand on devrait, à l’inverse, travailler à maintenir le groupe uni. Tu comprends ? »
Il poursuivit, toujours avec une voix calme mais nette. Ce n’était pas l’homme qui lui avait parlé la première fois dans ce bois mais un autre.
« Pour commencer, tu vas gérer ton agressivité autrement. Modère tes propos. Ce n’est pas le groupe qui s’adapte à toi. C’est toi qui travaille ton tempérament pour cadrer au groupe. »
Il pointa un doigt dans sa direction, le genre qui l’alertait d’une menace s’il n’avait pas l’intention de prendre en considération sa mise en garde.
« Je ne veux plus t’entendre t’adresser comme ça à Rita. Je t’interdis formellement de t’imposer à elle comme tu l’as fait. Elle est peut-être qu’une recrue mais elle porte ses plaques et son uniforme, elle. Évite d’oublier ce que ça signifie. »
L’annulaire se rajouta à l’index qui le menaçait, comme si Brass comptait ses exigences.
« Je t’interdis aussi de tourner le dos à un gradé. Même si c’est un caporal. C’était peut-être une liberté que tu avais dans ton unité, je ne sais pas. Mais dans la mienne, je ne te laisserai pas faire la loi. Ravix te parle, tu réponds et tu te comportes comme il se doit. »
Brass n’usait pas d’agressivité, il développait posément les choses. Pour que Matt comprenne ce qu’il ne voyait pas. Mais ce que Tim, de son point de vue, avait perçu de son côté. Sa voix cassée par une gorge desséchée rendait sa mise en garde bien moins impressionnante mais le contenu restait le même. Il profita de s’être lancé dans ce monologue pour le finir et bien lui faire comprendre la situation.
« Notre misère, elle commence juste. Je t’ai demandé de jouer le jeu dans la forêt. Je me montre diplomate avec toi. Mais si tu poses un problème à mon unité, si tu me tiens tête, si tu menaces les hommes qui comptent sur moi pour pouvoir avoir la chance de partir en explo, j’hésiterai pas un instant. J’appelle Calahan pour te dénoncer et l’aventure s’achève pour toi. Là je reste diplomate. Mais sérieux, si tu commences comme ça dès la première baston, je ne vais pas le rester... »

Pour le Caporal, Matt pouvait plaider coupable. Les propos avaient été entendus mais il s’était contenté de la boucler et de poursuivre les recherches. Pour lui, il avait d’une certaine manière mis en application ce qu’elle demandait. Il aurait dû montrer qu’il avait saisi le message en adoptant une autre attitude, même quelques instants. Les mauvaises habitudes avaient la dent dure, surtout pour quelqu’un qui les avait appliqué pendant plusieurs années. Il le reconnut en opinant de la tête. Le constat sur l’absence de plaques ou d’uniformes le fit tiquer montrant bien qu’il touchait un point sensible, qu’il appuyait bien dessus histoire de bien le lui faire sentir. La suite fut tout autre, Eversman n’avait pas l’impression d’avoir mal agi. Il avait peut être élevé la voix mais il ne se rememorait pas avoir user d’insultes ou même de menaces.

« Sergent… je. » Débuta-t-il, peu à l’aise et ne sachant comment démarrer ses propos ou plutôt comment les exprimer de la meilleure des façons. Il se redressa quelque peu, basculant les mains en arrière pour prendre une position plus convenable lorsqu’on s’adressait à un supérieur. « Je ne pensais pas m’être mal adressée à Rita, du moins l’avoir menacé… Je voulais juste récupérer cette couronne au plus vite, perdre le moins de temps possible.. » Le Ranger n’avait pas cherché à nuir au groupe, au contraire. Il avait voulu agir au plus vite pour ne pas les retarder. Et voilà maintenant que lui se met à le menacer pour protéger son équipe. Et il avait fait quoi ? Peut être pensait-il qu’il avait partagé un bout avec les loups plutôt que d’agir en se portant à l’aide de Rita ? Matt comprenait les reproches mais il n’avait pas agi comme le pire des connards comme on tentait de le lui faire comprendre.
« Je ne parle pas de menace mais d’attitude ! » Le coupa directement le sergent. « Et il n’y a rien qui justifie ce que j’ai entendu. J’étais deux mètres au-dessus de ta tête, Eversman. »
Des reproches. Toujours des reproches. Eversman les accueillit en pinçant les lèvres. Ce n’était jamais agréable. On ne pouvait s’y habituer.Il avait tenté de se justifier. Un soldat la ferme et obéit à ses supérieurs. Peu importe si c’est juste ou non. Ça, il avait le plus grand mal à l appliquer. Il fallait que ça rentre dans son crâne...Eversman soupira avant de baisser la tête quelques instants et finalement croiser le regard de son interlocuteur. « Je suis désolé Sergent. Cela ne se reproduira plus. » ce n’était pas de gaieté de cœur qu’il lâchait ces mots. Ils étaient d’autant plus importants qu’il nécessitait un effort certain du Ranger, assoiffé.

Sur ces derniers mots, Tim ricana avant de secouer la tête.
« Non, tu ne l’est pas. Sinon tu ne serais pas ici avec cette couronne sur ta tête. Mais peu importe. Je veux que tu sois une force dans cette équipe, pas une entrave. Comprends simplement que tu me trouveras sur ton chemin si tu recommences. Vu ? »
« Oui, Sergent. » Confirma-t-il appréciant que le sous-officier termine par quelque chose de positif. Il le remettait en place, le mettait en garde mais lui montrait d’une certaine manière qu’il comptait sur lui, même ne serait-ce qu’un petit peu. Ce n’était pas grand chose mais ça comptait pour le jeune homme et donnait davantage envie de se faire attention.
« Bien. On va trouver un moyen pour que ton fardeau ne se sauve plus. En attendant, je veux que tu te fasses ausculter par Iza. Et la prochaine fois que tu as une connerie à balancer, ça reste mental. Allons-y. »
Matt confirma d’un signe de tête avant de le suivre.




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Le sergent Brass remonta en compagnie d’Eversman et de sa couronne. Il laissa le jeune homme le quitter, le voyant s’installer un peu plus loin à l’ombre avant de s’approcher de Ravix et d’écouter son rapport. Le fait que l’unité venait d’épuiser un peu moins de la moitié des munitions n’était pas une bonne nouvelle en son sens. Et encore moins le fait que ces loups avaient été envoyé par Calahan. L’escouade venait de neutraliser une bonne part de la meute mais ça ne durerait pas. Ils se réveilleraient, se releveraient, et les assailleraient de nouveau. Dans le fond, le capitaine sadique n’avait qu’à attendre et donne un coup de sifflet supplémentaire pour les affaiblir davantage. Cette tactique de harcèlement faisait partie du B.A-BA.
« Ok, bon boulot. » Il ne jeta pas un oeil à la cuisse de loup qui venait d’être embarquée. « Verrouille le périmètre avec Danny et Ruth, prends Rita avec toi. » la Caporale hocha la tête avant de faire demi tour d’un air mécanique pour faire signe aux trois soldats.

Ensuite, le regard de TIM se porta ensuite vers l’infirmière qui crachait le peu de salive qui lui restait pour tenter d'humidifier un morceau de chiffon. Elle l’appliqua sur le front de Will qui semblait comme délirant, toujours plongé dans l’inconscience. Il s’approcha doucement et interrogea Izabel du regard.
« Déshydratation avancée. »
« Comme nous tous, j’imagine. » Nota le sergent en regardant sa troupe bien affaiblie.
Le silence était gênant. Bowers le rompit malgré une très forte hésitation.
« Chef. On ne va pas y arriver. Il nous faut de l’eau...ça devient urgent. »
« Je croyais qu’un humain pouvait tenir deux jours sans... »
« Un humain au repos chef. Nous sommes trop actifs, trop exposés au soleil... »
Tim soupira. Il s’écarta de quelques pas en se passant une main sur le visage puis revint. Il murmura pour que le reste de l’équipe ne l’entende pas.
« Combien de temps ? »
« Quatre heures. Peut-être cinq... »
« Et ensuite ? »
Izabel regarda ses collègues avec un air peiné. Elle répondit également en murmurant.
« Malaise, irritabilité, trouble de l’espace et de l’équilibre, vomissements... »
« Ca va Iza, j’ai saisi. »
Le sergent avait déjà expérimenté la soif dans son ancienne unité. Mais ils avaient du matériel, de quoi tenir. Il leur avait fallu beaucoup plus longtemps pour que cela ne devienne un problème. C’était difficile de ne pas se sentir responsable, d’être celui qui ne savait pas comment faire pour assurer l’approvisionnement malgré le grade. Tim comprit trop tard que la course dans ces reliefs rocailleux était similaire à un exercice sous canicule. Le soleil se répercutait sur ces grandes roches, sur ces lits de galets. Malgré les arbres, ce n’était rien de plus qu’un four.
Calahan leur avait donné un objectif impossible à réaliser. Il le savait parfaitement, surtout au vu des conditions du terrain. Brass faisait des efforts pour ne pas culpabiliser mais il s’était fait avoir comme un bleu. Au lieu de nourrir un doute légitime et de préserver les forces de l’équipe, il avait épuisé tout le monde inutilement. Juste dans l’espoir de réussir l’impossible.
Il devait se ressaisir rapidement.

Bowers porta son regard en direction du Roi déchu.
« Je commence à m’inquiéter pour Eversman. Il fait bonne figure mais son état est surement plus préoccupant que le nôtre... »
« Ausculte-le. Je vais tâcher de nous trouver une solution. On lâche rien, compris Iza ? »
« Bien sûr, chef ! »
L’infirmière était rassurée d’une certaine manière. Le sergent l’avait écouté, il lui promettait une solution. Même s’il était dans un enfer sans nom, avec trop peu d’espoir de voir une amélioration, le simple fait de l’entendre dire ça la regonflait un peu. Elle passa une main sur le front du Canadien, essayant de la calmer un peu de son contact avec de récupérer son sac et approcher d’Eversman. Elle s’agenouilla.
« Hé ! Comment ça va ? »

En se posant à l’ombre, Matt avait exclu de suite la position allongée. Il aurait été capable de s'endormir dans les deux minutes vu la fatigue ressentie. En appui, les bras tendus, Eversman essayait de profiter des quelques minutes de calme pour tenter de calmer un peu son rythme respiratoire et cardiaque et éxécuter quelques étirements pour relâcher les muscles de ses jambes qui semblaient accuser le coup. Difficile de vraiment se reposer, il fallait toujours se tenir prêt à se remettre sur pieds dans la secondes avec ce fou de Calahan. ça, il l’avait bien vite appris. Il s’attendait à ce que ce soit difficile, que rien ne le lui soit épargné mais pas à se retrouver à un état de soif extrême comme il le ressentait en ce moment. Il lui fallait encaisser les uppercuts, laisser couler quand il le fallait et d’autres prendrent en compte les remarques. C’était loin d’être évident pour lui. D’un geste pensif, il tenta bien d’essuyer un peu les traces rouges sur son abdomen, le loup lui avait littéralement saigné dessus mais il ne fit que l’étaler davantage. Pas d’eau pour se nettoyer, ni même assez de salive pour l’utiliser. Tanpis, il faudrait attendre. La main fut essuyée brièvement sur la végétation à porter.

Physiquement ce n’était pas la vraiment la joie. Les épaules manifestaient leur mauvais traitement mais c’était secondaire par rapport à l’état global du corps. La soif le tenaillait, comme chacun d’entre eux. L’un des membres semblait plus affecté que les autres, gisant au sol, inconscient. Le Ranger n’était pas du genre à se plaindre, ni même à réclamer des soins même quand les plaies étaient moches. Il avait tendance à serrer les dents quitte à se montrer quelque peu négligent de ce côté. Ce n’était pas bon, on survivait rarement lorsque l’infection arrivait. De toute manière, le Sergent lui avait ordonné de se faire ausculter donc il n’avait pas le choix et devrait requérir l’assistance d’Iza quand elle le pourrait. Cette dernière vint vers à sa rencontre et s’inquiéta de son état.

« ça va. » Répliqua-t-il d’une voix plus faible qu’il ne l’aurait voulu. Rien que prononcer ces quelques mots semblèrent lui arracher la gorge desséchée. Ce n’était pas la forme des grands jours, il n’allait pas lui mentir mais d’autres étaient dans une pire situation que la sienne.

Le regard d’Iza parcourut ses épaules en premier. Il avait déjà commencé à peler là où les lanières du sac l’avait frotté. Le rouge était maintenant bien présent et elle suspectait une brûlure un peu plus grave. Seulement, quelque chose attira ensuite son attention. Elle découvrit que l’ancien Ranger ne suait presque pas après ce combat. Elle plaqua sa main contre son torse, une lente caresse, comme si elle cherchait à l’essuyer de quelque chose. Elle fronça les sourcils.
« Il faut que je vérifie quelque chose. » Fit-elle simplement en ouvrant son sac.
Le geste fut scrupté du regard. Matt pensa tout d’abord qu’elle allait lui faire remarquer les mouvements rapides de sa cage thoracique mais cela semblait tout autre chose. Cela n’était pas pour le rassurer, il releva les yeux vers elle cherchant à croiser son regard pour obtenir davantage de réponses.

La jeune femme retira son casque puis fouilla dans son gilet tactique. Elle en retira un micropistolet à température qu’elle plaça à l’oreille du jeune homme. Un bip inquiétant monta très vite puis elle chassa quelques saletés de son visage avant de tester ses joues, les environs de ses tempes et sa nuque avec les doigts.
« Est-ce que tu as eu des déformations visuelles ? Des mouvements que tu as cru percevoir, le sol qui bouge, ou des nuances de couleurs ? »

Ce bip, ce n'était pas bon. Il ne fallait pas être doctorant pour le savoir. Chaque vérification entrainait de nouveaux bips sonores, signe d’une température excessive. Il avait chaud, c’était certain. Il avait mis ça sur le compte des efforts effectués depuis quelques heures maintenant, de ses coups de soleil et des épaules lésées qui dégageaient une chaleur certaine mais au vue des questions, il y avait autre chose.
Matt ne put s’empêcher de scruter l’environnement proche comme pour vérifier que tout allait bien de ce côté-là avant de donner sa réponse. « Non » . Pas de couleur anormale ou de déformations. Pas de coloration étrange pour Iza. Il aurait dû en être rassuré mais ce n’était pas vraiment le cas. On demandait rarement ça par plaisir. C’était certainement un aperçu du programme pour les prochaines heures voir minutes s’il reprenait la course.

« J’ai des crampes, Doc. » Finit-il par lâcher ne sachant pas vraiment si c’était important pour elle. Le parcours ascendant n’avait pas été une partie de plaisir, sollicitant fortement les cuisses. Il possédait pourtant une bonne constitution, tout comme les membres de l’escouade. Matt n’était pas vraiment sujet aux crampes, il en avait même très rarement et ne doutait pas que le manque d’eau devait y être pour quelque chose. Après tout, on insistait toujours beaucoup sur l’hydratation avant et après effort, là il n’y avait rien de ça et l’effort était des plus intenses depuis maintenant plusieurs heures d’affilées.
« Des crampes... » Nota Bowers en retour.

Sans attendre la permission, elle palpa l’abdomen du soldat et sonda son foie. Outre la douleur désagréable imputable à la pression qu’elle exerçait, la jeune femme ne trouva rien.
« Tourne-toi un peu. » Lui demanda-t-elle ensuite.
Ses doigts glissèrent le long de sa colonne vertébrale et elle passa sur ses lombaires. Au début, ses quelques pressions n’eurent aucun effet. Mais elle atteignit alors une zone étonnamment plus sensible qui surprit Eversman d’une douleur assez vive. Le simple élan instinctif visant à y échapper donna confirmation à Iza qui soupira.
« Tes reins fonctionnent mal. Ton métabolisme a assimilé une pizza alors que tu subis une déshydratation avancée. »
Tout en lui expliquant le problème, Bowers retira de son sac sa bouteille de liquide physiologique et arrosa abondamment de la gaze.
« Les toxines et les déchets que ces organes ne filtrent plus se sont accumulés dans ton sang. Ils se fixent sur les tissus musculaires et déclenchent à terme des crampes chroniques. »
La jeune femme appliqua le liquide sur le front du soldat avant de badigeonner son visage puis de s’occuper de sa nuque.
« Ca va empirer. En plus, tu as cessé de suer, ta régulation thermique ne se fait plus. »
Que des bonnes nouvelles. Iza fouilla longuement dans son pilulier qui faisait toute une façade de son sac et en retira un comprimé. Elle le plaça dans sa main.
« A avaler d’un coup. Tu risques d’avoir le tournis quelques temps. Si tu tombes, signale-toi sans attendre. Ca marche ? »
Un signe de tête confirma les directives du médecin de la bande. Le cachet fut mis en bouche mais l’avaler ne fut pas une mince affaire. Pas d’eau pour aider et très peu de salive. La tête fut levée haute, cela ne servait peut être à rien mais le comprimé finit par prendre le bon chemin.
« Merci, Iza » La remercier, c’était la moindre chose qu’il voulait faire. Bon elle aurait pu venir avec des bonnes nouvelles mais Noël était encore loin, dommage. Cette fois, il n’y avait de quoi se réjouir. Tout allait empirer, c’était une question d’heures ou peut être même de minutes pour les prochaines crampes. Il l’avait déduit comme un grand néanmoins qu’Iza le lui confirme n’était pas très engageant. Il lui fallait se reposer, retarder l’échéance au maximum.
« Dernière chose, Doc. Tu… aurais une solution pour qu’elle... » Il désigna d’un mouvement de main la couronne juste à ses côtés « ...ne se fasse la malle encore une fois. »

Iza récupéra l’objet métallique et le regarda. Elle ne savait pas vraiment si elle l’examinait pour trouver une solution ou pour y lire tous les manquements qui s’y trouvaient gravés. Elle buta un peu sur certains de ces termes, notamment le “égoïsme” qui se répétait au moins trois fois.
Le regard las de la toubib se tourna vers Will. Il n’allait pas pouvoir trouver une solution dans l’immédiat. C’était dommage car, même si Eversman était dans la même galère, elle ressentait par moment un élan de méfiance en son égard.
« Il faudra demander à Sandoval, il te trouvera une solution convenable. » répondit-elle en lui vissant l’ornement sur le crâne.
Elle retira de son gilet tactique un bandage qu’elle passa d’un côté à l’autre pour venir passer sous son menton et inversement. Après plusieurs voyages, la bande finissait par faire un effet “sangle” qui maintenait la couronne comme si c’était un casque militaire. La toubib fit un noeud soigneux à portée de main pour que le soldat puisse le défaire et veilla à ce que ça ne l’irrite pas.
« Voilà. En attendant, il faudra te contenter de ça. »




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by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


De son côté Elana avait regrouper Danny, Ruth et Rita pour sécuriser le périmètre le temps que chacun se remette de l’attaque, se fasse soigner et revienne parmi eux. La jeune femme avait lancé un regard au corps encore allongé de Will, se sentant coupable de son état. Même si dans le feu de l’action, elle n’aurait rien pu faire pour dévier la balle. Elle lui parlerait à son éveil. Etrangement la zone était à nouveau calme, comme s’il n’avait rien eu. Les oiseaux recommençaient à chanter et la soif revenait au premier plan. Elle économisait ses paroles, sentant sa gorge être sèche au point qu’elle n’était pas certaine que son organe soit encore viable. Quand elle avait dépecé le loup avec l’italienne, un instant, elle s’était demandé si boire son sang ne serait pas une manière de s’hydrater et de tenir un peu. Mais l’idée lui avait retourné l’estomac. Et surtout que cela était assez glauque sur le coup. Elle profita d’un peu de végétation non toxique, pour s’essuyer les mains… l’eau manquait et en tout point. Une fois la zone verrouillée, elle se permit un « bon boulot » à chacun et revenir vers le centre pour en informer Tim. Laissant les trois soldats en positions pour faire le guet. Une fois son rapport fait, elle prit une place pour surveiller les alentours à l’instar de ses compagnons. Elle n'était pas loin de là où se trouvait Will.

Le réveil de Will Sandoval fût difficile. La déshydratation lui avait déclenché une migraine fulgurante et il semblait encore plus amoindri. Les guetteurs s’approchèrent naturellement, la zone était à nouveau calme, ils pouvaient se permettre de se rapprocher des autres, mais tous gardaient un oeil vigilant sur la zone. Manquerait plus qu’une nouvelle attaque les achève. Elana posa un genou à terre pour poser une main sur le migraineux du jour, son état était lamentable, et la soif n’était personne. Elle se sentie encore plus responsable.

« Excuse-moi » dit-elle simplement, en lui tapotant l’épaule avant de se relever. Le jeune homme ne lui répondit pas sur le coup. Ravix sentit sa tête tourner un peu, donc elle se reprit sa position, le temps que ça passe. Elle n’avait plus de salive en bouche et cela était infernal. Comme beaucoup, elle se demandait si Tim allait les faire courir encore…plus la soif inondait son cerveau plus elle commençait à se dire qu’elle ne serait pas capable de courir encore et cela était le cas de beaucoup. Un simple coup d’œil lui permettait de voir l’état de plus en plus préoccupant des autres. Et en toisant Matt, elle avait presque de la peine pour lui, étant en calbar dans la nature soumis à plus d’agression qu’eux en vêtement. De toute façon qu’il s’agisse de Matt, d’Elana ou de n’importe quel autre membre du groupe : la soif devenait un problème véritablement dramatique. L’unité n’était pas simplement en manque d’eau. Elle atteignait peu à peu un état de détresse qui mit Tim au pied du mur.

Avec l’aide de Ruth, le sergent trouva sur la carte le seul point d’eau de la région. Une enclave rocheuse faisait descendre les eaux pluviales dans un sorte de cratère causé par une érosion perpétuelle. Dans ce désert de rocaille et de chaleur émise de tous sens, cet endroit avait des allures d’oasis vital. Tim savait que la mission était d’ores et déjà impossible à accomplir en l’état. Sans eau, ils n’iraient pas plus loin et il savait que Calahan n’était pas du genre à leur donner un coup de pouce. Bien au contraire. Sur le terrain, personne ne descendrait miraculeusement du ciel pour étancher leur soif.

« Section. » Fit-il pour attirer leur attention, enlevant son casque en l’observant de manière distraite. « Nous ne serons pas au lieu de rendez-vous ce soir. Nous le paierons très cher. » Il fixa ses collègues les uns après les autres. Son visage avait l’air grave, ses traits tirés. Elana restait stoïque, oui ils le paieraient, mais ils n’auraient pas réussi, cela lui apparaissait comme une évidence, les loups, n’étaient pas fait pour le hasard, ils étaient là pour agrandir leur retard déjà bien conséquent. Elle ne savait pas ce que Calahan allait leur prévoir, surement une restriction d’eau avec une autre activité bien sympa. Mais… quand quel état eux, allaient ti’ls se trouver ? Quand elle voyait tout le monde ici, elle ne pouvait qu’ajouter un état bien plus grave à chacun. Ils allaient arriver au point de rendez-vous sur les rotules ou à moitié mort comme des zombies. Enfin si tout le monde arrive au point soyons clair. Eversman leva à son tour la tête vers le chef d’escouade. Atteindre ce fichu point était impossible. ça l’était dès le départ, ça l’était encore plus maintenant vu l’état de la section. ça lui ficha néanmoins un coup au moral après tous les efforts déployés dans la journée. Presque tout ça pour rien. La punition serait lourde. Peut être ne pourraient-ils pas se reposer, manger ou même boire avant un moment ? Il n’osait pas imaginer ce dont le Capitaine pouvait être capable. De toute manière, il n’avait pas le choix, il devait s’accrocher pour récupérer son poste.

« J’ai pris la décision de nous dérouter sur le point d’eau le plus proche. En marchant, nous y serons peu avant la tombée de la nuit. »
Tim soupira. Il y avait pas mal de chemin encore. Ils allaient tous en souffrir, même à la marche. Le plan désignait des reliefs accidentés, des flancs de colline, des vallées profondes, des gorges. Le tout sur un lit de galets et sous couvert d’une végétation dense, sans pour autant être à l’abri de ce soleil de plomb. Une décision qu’appouvait Elana, le point d’eau était peut-être leur seul chance de ne pas sombrer et tomber à terre. Pour un entraînement, cela était réaliste et très difficile, allaient t’ils tous réussir ? Oui, à cet instant elle n'avait aucun doute. Même l’autre nudiste, pouvait faire ça. Après tout il était un soldat entraîné avant, pas qu’un arrogant. Donc physiquement il en était capable comme tout à chacun. Et puis, il avait vadrouiller sur pégase que cela lui serve !
« La manoeuvre va être éreintante. Mais à l’issue, on pourra enfin se désaltérer et se remettre de tout ça. » Il replaça son casque sur sa tête. « Je sais que vous êtes tous à bout. Je vous demande de tenir jusqu’à ce soir, entendu ? »
Elana affirma un “oui”, suivit par tous les autres. La perspective d’un point d’eau fit aussitôt germer de belles images en Matt : pouvoir s’abreuver à volonté, s’en passer un peu sur le visage ou même tout simplement plonger à l’intérieur. Cela donnait de la force et l’envie de reprendre la route pour atteindre ce petit paradis. La remise sur pieds fut laborieuse, le sol sembla ne plus être très stable pendant quelques secondes avant que tout n’aille mieux.

Tim vérifia que le groupe restait uni et il ordonna la marche. Cette fois, pas de course. Les hommes reprirent leur position initiale et Ruth prit la tête pour guider le groupe. Ce fût alors un périple terriblement long et usant. Au cours de cet après-midi, l’escouade passa différents reliefs et marcha longuement sans jamais avoir cette fameuse source en vue. Parfois, Tim se demandait si son signalement sur la carte n’avait pas été rajouté par Calahan pour les perdre. Mais Ruth insistait, persistait à croire en son existence. Et Tim, dans le fond, n’avait pas vraiment le choix.

Il voyait chez ses frères d’armes la privation faire des ravages. Les cernes qui se creusaient jusqu’à leur donner l’air de junkies en manque. Les lèvres qui se gerçaient fatalement. La façon qu’ils avaient d’happer l’air en espérant y recycler une quelconque humidité. Régulièrement, la colonne de l’escouade était difforme et malmenée par des gestes mal coordonnés. Rita, par exemple, mit un moment à se rendre compte qu’elle traînait son fusil sur le sol par la bretelle. Will ne marchait qu’en entrouvrant un oeil, le second désormais clos. Danny tombait parfois sur un genou en se demandant comment il était arrivé là. L’attention du Ranger était à un niveau critiquement bas, il suffisait d’une surface glissante, , d’un caillou un peu plus haut que les autres pour que son pied ne butte et ne l'entraîne au sol sur le pas suivant. Il allait sortir de là écorché de partout et bleu comme un stroumph - enfin un zombie bonhomme bleu, pas un grognon. Le temps ne passait pas. Chaque pas le rapprochait un peu plus de la source d’eau. C’était l’une de ses uniques pensées, celle qui le faisait tenir et avancer. C’est sans bientôt comprendre comment il avait pu en arriver là qu’il finit par ouvrir les yeux, dans les fougères. Iza l’empêcha de sombrer de nouveau en appuyant fortement sur l’ongle du doigt générant une vive douleur. On l’aida à se remettre sur pieds, tout tournait autour de lui. Il ferma les yeux quelques instants, les mains sur les cuisses. ça n’allait pas mais ça n’allait pas pour personne. Il fallait avancer coûte que coûte. Ceux qui étaient sur une phase ascendante aidaient les autres et réciproquement quand cela s’inversait.

Et alors que Matt faisait un malaise suite à son état plus avancé, Elana sentit son coeur être sujet à un désordre de rythme. L’instant d’après, le contenu de son maigre repas à base de cheveux se répandit au sol, elle avait prit soin de se décaler, en queue de peloton, elle vomissait dans les fougères les plus proche. Son corps émit de très violent hoquets même quand elle n’avait plus rien à évacuer. Sans salive, elle sentit sa gorge la brûler au point d’avoir du mal à parler. Vomir alors qu’on manque d’eau était absolument horrible. La jeune femme avait des larmes qui coulaient involontairement sur les joues. Comme toute personne qui vomie surtout à répétition, ce phénomène se déclenche. Cela lui rappelait les gastro, petite elle était très sujette à ce genre de fait au point que vomir en était devenu une habitude… Bon cette habitude s’était éteinte avec l’adolescence ou semblait-il elle était plus résistante à cette maladie qui lui avait pourrie chaque hiver ! C’est une raison pour laquelle elle haïs cette saison. Cela lui rappelle trop ce genre de souvenir et cette fatalité de n’avoir pas de chance avec ce virus. Quand enfin tout se termina, elle sentit une vague de soulagement, précédé d’une inquiétude, pourquoi vomissait-elle ?

Pour chacun de ces exemples, la troupe s’arrêta et les soldats se serraient les coudes. Il était désormais acquis pour tout le monde que le Capitaine les avait volontairement amené à cet état pour savoir comment ils réagiraient. Et personne, même au plus mal, ne voulait lui faire le plaisir d’observer la division. Izabel, plus que tous les autres, venaient au chevet de chacun d’entre eux. Son liquide physiologique n’étant pas potable, elle s’en servait à ces moments pour humidifier le visage et la nuque de ses collègues, leur murmurant des encouragements et des mots réconfortants. Même si elle n’y croyait pas elle-même, ça regonflait quand même un peu. Et les liens ne pouvaient que se souder davantage.

Le soleil déclinait lorsque l’escouade effectuait sa dernière ascension. Ils atteignirent un relief rocheux, une pente assez raide parsemée de petites crêtes et de surplomb. Ils eurent beaucoup de mal à les descendre sans chuter, surtout avec cet épuisement extrême. Elana sentait le sol tourner sous ses pieds. Eversman avait les jambes lourdes et les bras ankylosés. Il était vraiment temps que ça se termine.
Et enfin, au moment où plus personne ne croyait à cette oasis, elle apparut soudainement sous leurs yeux. Un petit morceau de plaine, bien plat, s’arrêtait subitement pour une pente assez raide mais courte. Comme un miroir, la colline d’en face remontait sur le même type de terrain. Le tout formait donc comme une espèce d’entonnoir plongeant où se trouvait, à même pas une cinquantaine de mètres en descente, un très bel oasis de fraîcheur.
La liberté ! L’eau ! La fin de la soif !
Elle était là, juste là !!!

Ruth lâcha sa carte et tomba sur ses genoux, on aurait cru qu’elle priait. Izabel avait bien tenté de la rejoindre mais elle s’effondra à son tour et progressa à quatre pattes jusqu’à elle, elle lui agrippa la veste avant de l’enlacer dans ses bras.
« Merci Ruth. Merci... »
Tim se tenait à leurs côtés, le reste de l’équipe s’arrêtait, complètement défait par cette expérience difficile. Il sortit ses jumelles pour contrôler l’accès à ce point d’eau. C’est à ce moment-là qu’il sentit du mouvement. Danny s’était élancé, cherchant à aller boire immédiatement.
« Danny ! Danny arrête !!! » S’écria-t-il en parvenant à lui accrocher la manche.
« DEGAGE !!! »

Le soldat n’avait eu qu’un revers à faire pour rejeter son supérieur sur le côté. En repartant, il lâcha sa mitrailleuse, retirant même son casque dans la course avant de descendre comme un dératé. La voix d’outre-tombe et sa réaction excessive montrait bien qu’il n’était pas dans un état normal. Il avait cédé en voyant cette énorme nappe d’eau et faisait fi du moindre danger pour la rejoindre. Iza s’était étalée sur le sol en tentant de l’attraper mais l’assoiffé était déjà trop loin.

Quel soulagement… la marche avait été tellement atroce qu’Elana ressentait les relents acides dans sa bouche, des relents qui n’avait pas cesser de la brûler et elle rêvait à cet instant de les apaiser avec cette eau clair et parfaite… Un soupire lasse, elle resta figée sur cette eau contemplative et soulager. La fatigue était devenu une seconde amie et elle avait l’impression de n’avoir plus aucune force, jusqu’au moment où l’image de cette eau, lui redonnait un nouveau souffle. Ils avaient bien fait de continuer le chemin, de croire à l’existence de cette source d’eau. Tout comme Izabel, Elana était reconnaissante à l’ancienne officier de ses efforts pour les avoir mener au plus court, même si le chemin ressemblait au chemin de croix… La main de la française avait attraper la manche de la veste de Rita qui se tenait près d’elle. Un geste, innocent et surtout inconscient traduisant son soulagement et le lissage d’une unité au profil d’une grande. Il n’y avait pas de Will, Danny, Tim ou Rita etc… non, il avait une escouade souder et vaillante. Même si elle avait encore un boulet à leur cheville, petit à petit le visage rougi et le caleçon foncé de Matt faisait partie du décor et plus encore de l’équipe. Mais … cette eau tentatrice pouvait rendre fou et c’est là que Danny vrilla avec force et violence sous le regard étonné d’Elana qui était, cette vision lui était improbable... Non il n’était pas temps de craquer même si cela était tellement humain et normal ! C’est un peu tard qu’elle s’était elle aussi lancée pour essayer d’attraper la veste ou bien même le gilet MOLLE de l’homme… sa main se referma sur rien, sur le vide, alors que Danny partait comme un lièvre.

« DANNY ! NON ! REVIENS! » Elle aurait peut-être fait quelques pas de plus, si Iza encore à terre ne lui avait pas immobilier les rangers. Eversman n’en fit rien, il était tombé à genoux comme les autres en atteignant ce nouveau point.
Les seules fois où il s’était senti aussi faible physiquement, une Reine Wraith s’amusait avec lui tel un chat avec une souris. Pas de vampires sadiques ici, juste un capitaine sadique… Là, il ne sentait capable de rien. Pas même de se relever, ni même de tendre la main pour attraper son coéquipier ou plutôt ce qui devait être lui car il ne percevait qu’une forme courant à grandes enjambées. Bouche entrouverte, la vue brouillée et le coeur battant très rapidement, Matt sentait les signes avant-coureurs d’un nouveau malaise le gagner mais impossible pour lui de prévenir quiconque.

Il slalomait entre les quelques rochers et les arbres, il y serait presque. Tim s’écria de façon craintive, inquiet pour cette prise de risque inconsidéré. Et si l’oasis était empoisonnée ? Et s’ils étaient attendus ?!? Et s’il perdait Danny !!!

« Rita ! Neutralise-le !!! »

Ni une ni deux, l’italienne se positionna et posa son regard dans sa lunette. Son doigt alla sur la gâchette mais rien ne se passa. Le sergent la regarda, éberlué, en découvrant le combat intérieur dont elle faisait l’objet. Elle avait envie de voir si cette oasis était potable. Mais surtout, elle ne voulait pas tirer une balle neutralisante sur son frère d’arme. Sa respiration s’était accélérée, sa mâchoire crispée, mais le tir ne venait pas.
« RITA !!! »

Elle secoua négativement la tête, rejetant l’ordre. Son doigt quitta la gâchette et elle dissimula son visage contre son fusil alors qu’une plainte de douleur montait. Elle était à bout et elle flanchait. Elana la regarda comprenant qu’il était dur de faire ce geste, elle regarda son arme, se disant que si Rita n’y arrivait pas, elle le ferait à sa place...mais impossible de s'approcher de l’italienne… puisque soudainement, le sifflement caractéristique d’obus de mortier le terrorisa, ses poils s’hérissèrent instantanément alors qu’il gueulait.
« Merde ! A couvert ! A couvert, vite !!! »

Quelqu’un bouscula le Ranger l’empêchant de sombrer et le ramenant alors la réalité percevant les hurlements du Sergent. Il ne réfléchit pas et eut tout juste le temps de se coucher au sol, les mains sur le crâne priant pour ne pas être touché. Une explosion fit trembler le sol, rapidement suivi par une seconde. Mais ils n’avaient pas été la cible. Les deux obus n’avaient pas détonné sur leur position. C’est le cri de douleur de Danny qui le stupéfia. Un tir croisé l’avait emporté et il était maintenant sur le dos, le visage rougi et parsemé d’éclats métallique. La douleur était telle qu’il en hurlait à pleine gorge. Le pauvre homme remuait des bras et des pieds, essayant de chasser cette crise d’une quelconque manière mais en vain. On aurait cru qu’il avait été touché par un véritable obus.
« À L’AIDE !!!!! AIDEZ-MOI !!! » Hurla-t-il avec une telle sincérité dans sa douleur que tout le monde en fut atteint.
Mais qu’est-ce qu’il y avait dans ces obus mortiers ?!? Pourquoi n’y avait-il pas de plâtre cette fois ???

La seconde d’après, deux mitrailleuses de M60 crachèrent de longues rafales dans leur direction depuis la rive opposée. Ils étaient bel et bien attendu : UNE EMBUSCADE ! C'ÉTAIT UNE FOUTUE EMBUSCADE !

Les longues rafales avaient pour but de les clouer au sol pendant que les mortiers finissaient le travail : une tactique de base là encore. Le sergent Brass savait qu’ils n’étaient pas de taille à vaincre ce dispositif. Il devait y avoir une quinzaine de soldats ennemis en face, au bas mot. Eux étaient affaiblis par la soif, ils tireraient moins juste, et ils n’avaient aucun soutien.

L’horreur… cet obus était une punition, Ravix ne voyait que ça ! Le supplice de tantale était en place ! Les hurlements de Danny, les tirs et surtout l’eau qui brisait les derniers espoirs de beaucoup dont le siens. Elle avait l’impression à cet instant que les forces lui manqueraient… comment allaient-ils sauver Danny sans se prendre sur le coin du nez une nouvelle charge ! Ils n’avaient pas le droit de boire ! ils allaient donc encore errer dans les sentiers comme des âmes perdues ! cela lui fila un coup, surement bien plus violent qu’un coup de poing dans la gueule. Personne ne tiendrait sans eau ! Ni même à une seconde punition. Elana avait de grand yeux, elle était figée comme une tétanie pourtant elle n’avait pas peur. C’était le point de l’impuissance qui la fit beuger.

Pas besoin de se poser la question plus longtemps, Tim devait se replier le plus vite possible. Mais voilà, pas question d’abandonner Danny. Il ne pouvait pas le laisser là, sur le bord de l’oasis, en train de râler et d’agoniser sous le coup de cette munition inconnue.

Alors que toute l’équipe était couchée au sol, prise à partie par les mitrailleuses et ciblée par les mortiers, Tim prit sa décision. Ils repartiraient tous ensemble...ou ils finiraient dans le même état.
Il se redressa juste suffisamment pour chausser ses jumelles et discerner les mitrailleuses. Elles étaient parfaitement visibles, les balles neutralisantes faisaient le même effet visuel que des balles traçantes. Sur cette rive opposée, ils avaient disposé leurs M60 sur les flancs. Une à droite et une à gauche. C’était son plus gros problème pour le moment. S’il voulait récupérer Danny, il fallait réduire leur action.


« RITA, RAVIX, SUR LE FLANC DROIT ! CANARDEZ LEUR MITRAILLEUSE ET CONTENEZ LEUR TIRS !!! »

Il se baissa en sentant une rafale éclater à quelques mètres de lui seulement.

« EVERSMAN !!! » gueula-t-il par dessus la fusillade. Une nouvelle explosion de mortier l’obligea à se coucher encore plus sur le sol. Il ne savait pas qu’on pouvait s’écraser à ce point là. Sa tête se releva juste assez pour chercher l’ancien Rangers.
« EVERSMAN, A LA 240. » Fit-il en montrant la mitrailleuse de Danny. « AVEC WILL, FLANC GAUCHE, TIR DE SUPPRESSION SUR LA MITRAILLEUSE D’EN FACE !!! »

BAAAAMMMMMM

Un mortier envoya des éclats et des mottes de terre sur tout le monde. Le sergent se protégea puis se mit à ramper pour rejoindre la position de Ruth et d’Iza. Il fit un signe à l’infirmière pour qu’elle aille se cacher derrière un rocher qu’il lui indiqua et tapota son casque avant de lui rappeler, toujours en gueulant, de ne surtout pas se redresser. Il chopa ensuite Padilla par l’épaule et se pencha à son oreille.
« TU AS DES FUMIS ? »
« ON VA Y PASSER CHEF, ON DOIT SE REPLIER !!! »
Brass lui cogna le casque en réponse.
« EST-CE QUE TU AS DES FUMIS ?!? »
« DANS MON SAC... » Répondit-elle finalement.

Tim lui donna des ordres précis pour envoyer les fumigènes sur Danny à son signal. Le pauvre soldat continuait de râler comme si ce mortier l’avait privé d’une jambe ou d’un bras. Les tirs devenaient de plus en plus précis et la tension était à son comble. A gauche, il y avait un duel de mitrailleuse entre la M240 de Matt et les M60 de l’ennemi. A droite, Elana devait occuper l’ennemi tandis que Rita les dégommait au fusil de précision. Dans peu de temps, le sergent ordonnerait un tir de suppression pour réduire le feu ennemi et aller chercher le tankiste. Il patienta à contrecœur, la respiration chaotique et le regard devenu fou, cherchant depuis ses jumelles l’instant fatidique où ils allaient devoir recharger. Lorsque l’une des deux M60 cessa de tirer, la cible de Matt à priori, il s’écria comme si la vie de tous en dépendait :

« TIR DE BARRAGE !!!! VIDEZ MOI VOS MUNITIONS, FEU !!!! »

Dans le même temps, Ruth envoyait ses fumigènes sur l’agonisant.



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L'enfer by Calahan



Les explosions. Les tirs de mitrailleuses. Le sol qui tremblait. Les hurlements. En trois secondes, l’équipe venait de passer de la découverte du paradis à l’enfer d’une guerre effroyable. Cela eut le mérite d’ancrer Matt dans la réalité en lui donnant autre chose à penser. La soif et ses conséquences étaient toujours là. Un shoot d’adrénaline venait d’être délivré permettant de passer outre les souffrances drastiques, de se découvrir de nouvelles forces mentales et physiques pour affronter le danger imminent. Eversman s’était déplacé pour trouver un meilleur couvert. Les hurlements du blessé passaient outre les explosions, c’est dire dans l’état dans lequel il devait se trouver. De là où il était, le jeune homme n’avait pas de visuel sur le blessé. Ils ne pouvaient pas le laisser là tout comme ils ne pouvaient pas se replier maintenant si près du but. Pas question de l’abandonner, pas question de repartir sans eau non plus.

Brass gueula les ordres.

« OUI, SERGENT » Gueula-t-il en retour. Matt ne chercha pas à réfléchir à autre chose, à contredire et se mit de suite à exécuter les ordres en tâchant de repérer cette mitrailleuse. Elle était à quelques mètres, déposée au sol et bien entendu il n’y avait aucune protection autour. Super… Pourquoi fallait-il que rien ne soit simple ? Que le sort s’acharne sur eux. Il n’y avait pas dix mille solutions pour récupérer l’arme : courir à découvert et prier pour ne pas être touché. Un décompte mental s’effectua. Dès qu’il fut terminé, le Ranger s’effraya de sa position se lançant dans un sprint avec pour seul objectif la M60.

Les balles fusèrent aussitôt dans sa direction ricochant sur les rochers aux alentours, juste devant ses pas ou à quelques centimètres de ses oreilles. L’arme aggripée du bout des doigts, il effectua aussitôt un plongeon pour se mettre à l’abri. Quelques mouvement pour s’adosser au rocher le plus proche se plaçant ainsi à couvert tenant fermement l’arme lourde entre les mains. Will le rejoignit sur sa position.

« Je te suis. » Il reçut une tape sur l’épaule avant que celui-ci se mette en mouvements. Matt suivit aussitôt se focalisant uniquement sur la silhouette de celui-ci qu’il garda en ligne de mire. Les deux finirent par s’allonger au sol, dans une position relativement à couvert et avec un angle certain. Les gestes étaient mécaniques, induits par des années d’expérience et la mise en place effective fut rapide. Les pieds de la mitrailleuse furent développés de manière à gagner en stabilité avant qu’Eversman ne se mette en place tenant fermement l’arme en main. Lourde, puissante et peu maniable. C’était loin d’être son arme de prédilection. Habituellement on lui demandait de tirer peu mais juste. Là, on attendait un feu nourri, chose qu’il ne pouvait offrir sous peine d’être à sec trop rapidement. Il s’évertua donc à relâcher la gâchette toutes les deux-trois secondes se contentant de rafales sur la position ennemie. C’était M60 contre M60. Eux contre les ennemis.

Avec le vacarme de l’arme, Eversman n’entendait rien. Les bourdonnements émergeaient quand il cessait de tirer quelques instants. Will se chargeait de lui transmettre les informations notamment le tir de suppression annonçant qu’ils allaient certainement bouger pour aller chercher Danny. Ni une, ni deux, la gâchette fut appuyée sans temps mort.


@ pyphi(lia)

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