Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis


L'enfer by Calahan

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Elana Ravix

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le Jeu 22 Nov - 17:47

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Rita secoua Elana qui reprenait l’action, elle la força se relever et la française entendait les ordres hurlés par le sergent. Il fallait agir vite pour ne pas perdre Danny … elle se donna volontairement une baffe pour se remettre dans le bain, courant, avec Rita sur la zone la plus approprié du flanc droit et se mettre en position de tir. Les munitions allaient encore s'envoler comme le vent. L’adrénaline dans son corps chassait sa souffrance intérieure. S’était bête, mais elle repensait à la mission de sauvetage soi-disant, où elle s’était retrouvée kidnappé avec Liam. Elle avait été torturée et manqué de se faire violer par l’arrière par un fou furieux. Elle s’était sentie faible et impuissante malgré sa rage de vaincre. Dix pauvres jours et les soins prodigieux d’Atlantes pour soigner une corp meurtrie et un tour chez le psy pour la forme… elle s’en était bien remise, très vite au goût de Calahan qui l’avait inscrite à cet entraînement dans la foulé. À peine sur pied déjà sur le front. C’est ainsi la guerre mademoiselle. Cela ne la dérangeait pas, elle avait fait le nécessaire avec la docteure pour son esprit et étant du genre à vaincre sans merci, elle avait écopé comme traumatisme que des cauchemars. La psy lui avait dit qu’elle avait accepté le viol avant qu’il ne se réalise, l’acceptation aide à s’en sortir. Et oui, Elana avait accepté d’inévitable ne pouvant rien faire pour l’empêcher. Par chance cela n’avait pas aboutie, mais son esprit n’avait gardé qu’une chose dans sa tête : la haine et la rage de ne jamais se laisser faire. Une manière de dire qu’elle n’avait pas que subit mais qu’elle avait mordue pour se défendre. Quand on lutte et qu’on échoue, on a moins de regret que d’être passif. Du moins chez elle cela marchait ainsi. Enfin peut-être qu’elle aurait une crise un jour…

Alors elle allait lutter contre son propre corps qui n’en pouvait plus et souffrait de la soif. Elle allait lutter contre cet enfoiré de capitaine qui leur tendait un piège à seul point d’eau du coin accessible et cette putain d’eau ils allaient la boire ! Elle tira aux côté de Rita, les deux jeunes femmes se soutenaient se frôlant les épaules quand l’une tombait un peu.


‹c› Vanka


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Steven Caldwell

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le Mar 27 Nov - 19:22

Steven Caldwell
L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
••••








L’action combinée de ses soldats permit de réduire le feu de manière quasi-parfaite. Eversman et Will avaient plaqué le tireur au sol, retardant efficacement ses gestes pour recharger son arme. Hélas, le clic ignoble et saisissant de la M60 ne leur échappa pas. Le génie Canadien sorti son arme de poing pour la tendre à son binôme. La manoeuvre était simple : Matt envoyait son chargeur et le faisait durer pendant que Will rechargeait son P90 et inversement. Ainsi, un feu continu continuait de s’abattre sur la position ennemie.

C’était à peu près la même tactique du côté de Ravix. Elle avait attiré le feu sur elle par les rafales de son pistolet-mitrailleur. Il n’était pas rare que les balles neutralisantes éclatent le petit bosquet de terre qui lui servait de couverture. Pendant ce temps, l’italienne qui s’était quasiment plaquée contre son flanc assurait sa visée. Le calme qu’elle déployait au cours de cette fusillade était sidérant. C’était à croire qu’elle ignorait tout de ce qu’il se passait et qu’elle se trouvait dans un autre monde. Il avait quelque chose de reposant, presque d’agréable à manœuvrer avec quelqu’un d’aussi calme. Elana appréciait cet étrange sensation d’être si concentré qu’elle n’entendait plus rien autour, mise à part le bruit de ses balles filant dans les airs. Le temps était aussi lent, cette sensation, elle devait le reconnaître, elle l’appréciait.


Viser Danny avait été terrible pour Rita. Appuyer sur la détente était impossible.
Mais maintenant un feu de vengeance brûlait en elle. Son unique balle fit une sorte de chemin courbé et percuta le tireur en plein visage. Elana pu percevoir, malgré la distance, l’adversaire se renverser dans la douleur et la source lumineuse de ses tirs s’agiter en zigzag. Elle esquissa un sourire de satisfaction. « Tu feras moins le malin maintenant ! » grogna t’elle entre les dents. Mais un soldat proche prit très rapidement sa place et une nouvelle salve passa juste au-dessus de leur tête. Décidément, ils étaient combien là-bas ? Intérieurement, elle grogna contre cet entraînement qui semblait être plus difficile qu'un jeu beuger et mal foutu sans sauvegarde ! Dès qu'une victoire surgissait, il avait le boss version plus hard qui arrivait. Le but était de savoir leur niveau de résistance jusqu'à leurs morts ? Elle avait soif, enfin à cet instant elle ne le sentait plus, mais elle fatiguait et les picotements de l'acide gastrique se rappelait à chaque fois qu'elle déglutissait. Ça se trouve les autres aussi sont en entrainement, mais version attaquant, cela ne serait pas étonnant, ça expliquerait leur application et leurs acharnements. S'ils faisaient ça sous la contrainte, les tirs ne seraient pas si précis et il aurait une ouverture, genre une aide non ? En tout cas, elle ne pouvait pas concevoir qu'on fasse ce genre de choses volontairement, surtout avec les hurlements de souffrances en musique de fond de Danny. Sinon, bonjour l'ambiance dans l'unité « Hey tu te souviens quand je t'ai éclaté la gueule avec une frappe de mortier ? C'était trop drôle LOOL, ou quand j'ai lâché les clebs pour qu'il te bouffe le cul ! MDR ! » Moaui… pas crédible selon elle. Sinon l'esprit d'équipe en prendrait un coup dans le genou ainsi que les belles valeurs humaines.

Rita ne pouvait pas s’inquiéter tout de suite de Ravix. Même si son regard avait fait un très rapide détour dans sa direction, elle orienta sa lunette sur sa nouvelle cible et visa encore une fois le visage. Elle patienta, changea de méthode pour continuer de surprendre l’ennemi, et tira cette fois en même temps que la rafale de la Française.
SHPAKKK ! Celui-là aussi tomba. Il ne restait plus qu’un servant et la mitrailleuse qui leur faisait face se tairait pour de bon. C’était sans compter sur la réaction adverse qui dirigea immédiatement ses mortiers sur leur position.
« On tient le bon bout Rita ! » fanfarona un peu Elana qui était satisfaite de voir qu’elles reprennaient le dessus sur les attaquants. Les deux premiers obus tombèrent quasiment à côté de Danny, comme s’ils cherchaient à le faire souffrir davantage ou à supprimer tout ce qui allait s’aventurer dans l’écran de fumigène. Mais la correction fût apportée rapidement et le sifflement inquiétant monta, puis descendit, droit sur elles !

« RAVIX ! COUCHE T…. »

BAAAAHHHHHHHHHHHH

Le vacarme des tirs cessa sur cette position. Trop occupé, le binôme de Matt et celui de Tim ne se rendit compte de rien. Seule Izabel avait vu ce qu’il s’était passé et souffrait de ne pas pouvoir les rejoindre. Elle le voulait pourtant mais le sergent lui avait ordonné de rester derrière ce rocher.


Quand elle vit Elana bouger, complètement déboussolée, elle tenta de l’appeler en vain. La Française ne l’entendait pas, ses oreilles avaient souffert de l’onde de choc, tout comme elle, et un long et pénible sifflement occultait entièrement son ouïe… Elle n'avait rien vu venir et elle était hagarde …Où était-elle ? En tout cas, elle devait se relever avant de se faire attraper… ses yeux piquaient terriblement, au point que les ouvrir lui en était douloureux… et le peu qu'elle parvenue à cet instant, lui procurait une vision floue, comme un myope sans lunettes…Une véritable taupe aurait mieux vue qu'elle ! Volontairement, elle essaya de se palper pour voir si tout allait bien, son corps lui donnait la sensation d‘avoir été brisé en mille morceaux et son esprit lui soulignant qu'elle n'avait pas pris de colle pour réparer tout ça. Elle avait l'impression de n'être qu'une poupée de chiffon défrisée par l'éclat. Le temps de se rendre compte qu'elle n'avait plus son arme dans les mains, elle sentit quelque chose contre sa figure, comme des filaments…On lui avait jeté une toile d'araignée ? Ce n'est pas encore halloween ! Il lui fallut encore un peu de temps pour se rendre compte que l'ensemble de sa chevelure lui était revenu sur le pif. Elle était complètement décoiffée… signe qu'elle n'avait plus sa couronne elle aussi…


Où était son casque ? Celui-ci avait dû voler comme un bel oiseau et se fracasser quelque part, en tout cas, il ne serait plus utilisable… Sur l'instant, elle avait perdu ses repères et son esprit bien affaibli commença à lui jouer des tours. Elle ne se souvenait pas d'être partie pour "l'enfer Calahan", mais elle se croyait encore en mission dix jours plus tôt, avec le major Frei, Avalon et Sandon, dans la grande mission de sauvetage humanitaire qui méritait de rire à grand éclat ! Les victimes étaient toutes mortes violées et égorgées comme de vulgaires animaux ! Les victimes avaient été eux ! Et pour une fois, elle montrait un peu plus d'égocentrisme en affirmant qu'elle était la victime principale ! Après tout, ce n'était pas Natasha ou la majore qui avait eu le cul à l'air ! Ce même cul qui avait failli être forcé par un pénis malodorant d'un barbare qui avait encore suffisamment de vigueur pour se farcir de la "Ravix bien chaude", alors qu'il avait fourailler tout en village ! Lui, il aurait dû faire la PUB pour le viagra ! Pour foutre les boules à tous les mecs qui n'arrivent pas à re-bander une seconde fois après l'acte ! Bref ! Il était où ce connard ? Il voulait remettre ça et cette fois, lui enfoncer bien profond son bâton magique de pauvre type ? Elle l'attendait car cette fois, elle avait un fusil ! Tiens d'ailleurs il est où ? Et d'abord : IL EST OU CE GROS CONNARD ? Ce dit t‘elle en balayant la zone d'impact encore fumeuse…

Bref, elle se leva difficilement, ayant mal au derrière, mais elle fut rassurée de constater que tout son corps était passé sous une moissonneuse ! à quatre patte, elle toussa, cherchant à tâtons son fusil, au fur et à mesure que sa vision lui revenait comme l'esprit. Et c'est précisément au moment où elle dégagea sa vue qu'elle trouva son arme, dont la sangle était brisée, deux mètres sur sa droite. À côté, le fusil de Rita… Mmmm Rita, elle n'était pas avec elle sur la planète des violeurs ? Donc, elle était où… ? AH oui… !! Elle fit le point, secouant la tête pour chasser son moment d'égarement et se saisir du fusil de sa partenaire. Elle chercha ensuite la propriétaire du "petit fusil qui attendait sa maman"… et elle la trouva couchée sur le dos, les bras raidis à l’extrême et parcouru de spasmes limités tout près d’elle. Le visage de l’italienne était parsemé d’éclats métallique et il était tiré. A vrai dire...il était même horriblement tiré. C’était à croire qu’elle faisait un AVC. La jeune femme n’était plus reconnaissable et ses dents serrées informaient Elana de sa douleur. La caporale grimaça de peine mais surtout d’empathie… en s’approchant, elle l’entendit hurler. Elle hurlait comme Danny d’une douleur impensable (bon l’ouïe était donc revenue et elle s’en serait bien passé, si c’est pour entendre souffrire sa sœur d’arme !). Toute la face droite de son visage avait été touché et ça descendait jusqu’à sa gorge.

« El..a…na. » parvint-elle à articuler dans un appel de détresse saisissant. Un appel qui trouva écho chez la caporale, rampant près d'elle, pour lui prendre la main et essayer de retirer les éclats sur le visage de l'italienne. C'est en tenant de virer ces maudits bouts de métaux, qu'elle constata que ses trois derniers doigts droits subissaient d'horribles crampes continus…elle n'arrivait pas à coordonner ses mouvements… chacun de ses gestes lui arrachait des gémissements plaintifs, surtout quand elle forçait…. Alors, elle tenta de retirer le tout, avec seulement le pouce et l'index… Son autre main, était sur celle de Rita la serrant pour lui insuffler du courage. Elana parlait bien entendu, mais ses propos étaient incohérents et Rita n'entendait strictement rien. Sans se rendre compte, des larmes perlaient involontaires perlaient le long de ses joues, creusant des sillons humides sur la sécheresse de sa face. Ravix, luttait contre sa propre douleur et celle de son amie. Elle tremblait, son corps avait du mal à encaisser tous ces états qui s’empilaient, entre la fatigue, le manque de nourriture et surtout d'eau … et puis l'explosion n'arrangeait rien du tout.

Pendant ce temps, Tim et Ruth revenaient. Ils portaient tous les deux un Danny qui battait des jambes tant il souffrait en écho de l’italienne. Le sergent serra les dents sous l’effort et l’amena jusqu’au rocher. Izabel n’attendit pas son reste. Elle sauta immédiatement sur le tankiste et examina son visage, ainsi que ses mains.
« Presse-toi, il faut pas rester là ! »
« Trente secondes, chef ! » Assura t’elle en injectant une ampoule de morphine à son patient.
Le râle de Danny s’éteignit presque aussitôt. Une forme de sérénité gagna son regard mais son visage restait encore tiré sur cette forme inquiétante d’AVC. Tim regarda alors en direction de ses soldats et constata avec effroi la situation de Ravix.
« Ruth, avec moi, parée à tirer ! »
Il s’avança à couvert avec elle et pointa son P90 en direction des deux mitrailleuses qui reprenaient le feu. Le sergent gueula vers l’avant :
« EVERSMAN ! SANDOVAL ! SUR LA POSITION DE RAVIX ET AU TROT ! RAPATRIEZ-LES IMMÉDIATEMENT !!! »
Il envoya plusieurs longues rafales et parvint, avec ruth, à attirer le feu sur lui.
« EXÉCUTION, ALLEZ !!! »




••••

by Wiise

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Matt Eversman

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le Mar 27 Nov - 19:31

Matt Eversman

L'enfer by Calahan



Le clic fatidique fut aussitôt accueilli par un juron d’Eversman. Ce n’était pas le moment, ça l’était jamais de toute manière. ça l’était encore moins lorsqu’il y avait des coéquipiers exposés aux tirs et qui comptaient sur leur appui feu. Le mitrailleur ennemi avait été cloué au sol sous le tir de suppression mais là, il allait pouvoir sortir de son trou pour faire pleuvoir les balles sur l’escouade. Quelque chose lui toucha l’épaule attirant son attention. C’était la crosse d’un pistolet qui venait de le percuter et pour cause on le lui tendait pour qu’il s’en empare. Le message était clair : continuer l’appui feu avec ce qu’ils avaient en stock. La puissance de feu n’était plus la même mais peu importe il fallait maintenir ce mec hors de la M60. Le pistolet en main, Eversman ouvrit aussitôt le feu appuyant à bon rythme sur la gâchette. Le chargeur n’étant pas le même que celui de la mitrailleuse, il se retrouva bien vite à sec. Will prit aussitôt le relai pour arroser la position ennemie avec son P90 lui laissant ainsi le temps de recharger et de se positionner pour être prêt à prendre la suite pour garder un feu continu sur la position.

Ce n’était malheureusement pas suffisant. L’ennemi avait bien vite remarqué que la puissance n’était plus la même et commençait à remuer. Ce n’était pas bon. Eversman ralentit la cadence de tir pour tenter d’atteindre directement le servant de mitrailleuse, sans résultat. Il s’apprétait à reitérer son geste lorsque Will l’interpella attirant son attention sur les propos de Brass. Changement de position pour eux afin de rejoindre Ravix et les ramener.

« merde. Ils ont dû se faire avoir... » Déclara-t-il alors que le Canadien confirma la réception des autres. Les deux se mirent aussitôt en mouvement. Un peu trop rapidement pour Matt qui fut pris de vertiges une fois sur pieds. Ce n’était pas le moment, vraiment pas… L’esprit sembla le comprendre forçant le corps à se reprendre. Pour combien de temps, il n’en savait rien néanmoins le sol était redevenu stable. La M60 de Danny fut récupérée. Ils en avaient trop peu pour en abandonner une, même sans munitions pour le moment. La sangle fut passée au dessus de sa tête, il sentit aussitôt les épaules protester contre cette nouvelle friction l’obligeant à limiter les mouvements de l’arme lourde d’une main tenant le M9 de l’autre.

Atteindre Ravix, OK mais ça demandait de traverser les lignes de tir. Pas le choix, il fallait traverser et si possible sans se prendre une balle au passage. Agenouillés à couvert, les deux hommes prenaient quelques instants pour analyser l’environnement et essayer de trouver une solution.

« On rampe ou on sprinte ? »

La première solution fut choisie. Matt se plaqua au sol cherchant à ne faire qu’un avec celui-ci. ça lui rappelait étrangement les exercices où on devait ramper sous des barbelés et parfois sous les balles des instructeurs. Sauf que là tout était réel, bien réel même. Sûr que là les ordres étaient clairs de les toucher, pas de les frôler. Eversman passa devant, poussant sur ses cuisses et priant pendant la traversée pour ne pas être touché faisant de son mieux pour être le plus rapide possible. Il rampa un peu plus que nécessaire avant de se remettre sur pieds. Will était déjà debout, se plaçant à sa hauteur avant de le dépasser. Ravix n’était plus très loin, à quatre pattes penchée sur ce qui devait être un des leurs, touchés.

« Je m’occupe de Rita. »
« OK. » Répliqua-t-il aussitôt avant de se précipiter vers la Stroumph Grognon.

« Caporal ?! » Gueula-t-il pour attirer son attention tout en s’agenouillant à ses côtés passant une main dans son dos, les doigts agrippant aussitôt son gilet tactique. « On bouge de là. Tu te sens de marcher ? » Tout en lui parlant, Matt passa le bras gauche du Caporal autour de ses épaules pour qu’elle prenne appui sur lui. Il n’attendit pas sa réponse pour se redresser obligeant la jeune femme à suivre le mouvement. Ce fut laborieux, aussi bien pour elle que lui, à court de souffle.
Will, de son côté, s’occupait de Rita la déplaçant sans prendre de précaution ni douceur. Il fallait bouger, point barre.

Elana releva péniblement la tête vers l’aspirant… non, elle voulait pas bouger elle n’avait pas fini avec Rita…Et puis de toute façon, il ne semblait pas lui demander son avis et la soulevait sans ménagement. La tête lourde elle se laissa faire, essayant de forcer sur ses jambes qui lui lançaient d’affreux piques dans les chevilles.
« Je n’ai pas le choix … » souffla t’elle en réponse à Matt, pour se mettre en mouvement à son tour… elle avait l’impression que son corps était composé de verre brisé, la blessant à chaque pas ! Elle ne fit pas de chichi, prenant appuis sur les épaules cramoisie du “roi branlot.
« Non. Accroch... » répliqua-t-il. Les derniers mots furent stoppés, trop essoufflé pour parler et maintenir l’effort. La sangle qui lui martyrisait les épaules et voilà maintenant qu’elle aussi… serre les dents et avance Matt.

Elana perçut le mouvement de douleur du ranger et elle essaya de se caler autrement pour ne pas qu'il hurle à chaque pas. Mais cela lui était tout aussi difficile qu'à lui, elle avait l'impression d'être un chiffon remplis de morceaux de verre et ses doigts ne lui répondaient plus. Donc, elle essaya mais elle n'était pas très vaillante à le soulager totalement. De toute manière il fallait avancer qu'on soit apte ou non, les derniers efforts se devaient d'être pour se barrer d'ici.



@ pyphi(lia)

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Steven Caldwell

√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Mar 27 Nov - 22:32

Steven Caldwell
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Chronologie 23 juillet 2018
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Les deux camps ne se faisaient pas de cadeaux.
Le sergent Tim et Ruth Padilla envoyaient tout ce qu’ils avaient contre les lignes ennemies. Les obus de mortiers qui tombaient encore ciblaient l’ancienne position d’Eversman et de Will. Lorsqu’ils arrivèrent pour s’occuper des deux jeunes femmes, les rafales de M60 revinrent sur leur position et manquèrent de tous les atteindre. L’adversaire ne les lâchait pas. Il les harcelait de ses tirs.
Dans cette position avantageuse, ils en auraient sûrement fait autant. Il n’y avait pas de pitié dans un affrontement. Aucune !

Elana Ravix avait commis une erreur classique en tentant d’aider sa partenaire, une erreur qu’elle prit conscience que trop tard... Ne connaissant pas cette munition inconnue, elle avait songé que ces éclats métallique seraient comparables à des sortes de shrapnels. La simplicité de l’explosif qui propulse de la mitraille sous forme de corps étrangers. Et en conséquence qu’il fallait les retirer pour faire taire la souffrance. Mais ce n’était pas le cas.
Elle se rendit compte trop tard que les débris qu’elle était parvenue à chasser du visage de Rita se trouvaient maintenant bien planté dans ses phalanges. Le temps qu’Eversman arrive jusqu’à elle, Ravix avait perdu l’usage de ses mains. Sa dextérité n’existait plus… Elle sentait un engourdissement mais elle ne se rendait pas compte encore qu’elle ne pourrait plus utiliser ses mains après. Elle était trop occupée à courir avec l’aspirant pour s’en soucier dans l'immédiat.

« Rita ! Je suis là, je vais t’emmener ! » S’écria Will par-dessus le vacarme de la pétarade.
Il agrippa l’italienne par son gilet tactique. Il voulait la mettre debout pour ensuite la faire basculer sur son dos mais elle se débattit. Elle se débattit même ardemment en essayant de murmurer quelque chose. Will Sandoval se pencha pour porter son oreille à ses lèvres. Et il discerna alors :

« Mon fusil !...je t’en prie….mon fusil !....mon fusil ! »
Le canadien farfouilla du regard et trouva le fameux M1 à lunette juste à coté. Par chance, la bretelle n’avait pas été arrachée et il la passa autour de ses épaules pour embarquer l’arme. A la nouvelle tentative, Rita se débattit encore mais la défense se réduisit lorsqu’il la rassura. Il lui promettait de la ramener avec son arme, il en faisait la promesse. Les éclats des balles neutralisantes qui passèrent juste à côté de lui, menaçant d’avoir embarqué Ravix au passage, lui rappela l’urgence de la situation.
Will fit basculer Rita sur son dos et poussa un râle sous l’énorme effort qu’il eut à déployer.
« AH ! LA VACHE !!! »
« Suis pas...une...vache...connard ! »

Will ne pu s’empêcher d’exploser de rire en progressant. Un rire entrecoupé de ses plaintes d’efforts alors qu’il suivait Matt et Ravix. Le dos courbé, un pas après l’autre, il se demandait quelle bonne étoile veillait sur lui. Il n’était toujours pas touché et il priait. Oui, il priait, de tout son coeur, pour ne pas être touché une fois de plus. La balle de Ravix lui avait fait vachement mal. Plus mal que le loup, c’était dingue.

Finalement, les soldats qui transportaient les deux blessés passèrent la position de Tim.
« Ne vous arrêtez pas ! Repliez-vous tous vers cette crête ! »Ordonna-t-il.
C’était une petite position élevée avec un terrain très irrégulier. Parfait pour se couvrir des tirs de mortiers. L’escouade était salement amochée, il n’y avait personne pour prendre la pointe et sécuriser la manoeuvre dans le cas où ils seraient attendus là-haut. Si Matt et Will pouvaient amener les filles. Iza avait un mal fou à déplacer Danny. La sédation l’avait rendu terriblement mou et lent, si bien qu’il pesait de tout son poids sur les frêles épaules de la toubib.
« Merde... » grommela-t-il.
« Allez-y, chef. Je vais les occuper encore un peu... »
Tim savait que sans cette arrière garde, l’ennemi serait foutu de les assaillir en une violente contre attaque. Ruth ne ferait pas une terrible défense mais il n’avait plus qu’elle sous le coude. Il mourrait d’envie de l’envoyer en pointe pour la protéger. Mais si c’est lui qui se faisait neutraliser, Ravix était touchée, il ne resterait plus personne pour commander.
Tim ne voulait pas. C’était très exactement le type de choix qui le faisait culpabiliser profondément.
« Ruth... » fit le sergent en secouant négativement la tête.
« Ca va aller. Je serais juste derrière. »

Le sergent la regarda, le souffle fort, le coeur battant. Il ne voulait toujours pas. Le reste de la discussion se faisait de façon non verbal. Ruth Padilla essayait de le convaincre, un choix terrible. Parce que si Ruth ne parvenait pas à se retirer à temps, le reste de l’escouade ne pourrait pas redescendre pour venir la chercher. Son visage était déformé par la soif, l’épuisement, et surtout la peur. Elle était terrifiée mais la jeune femme se contrôlait, fonctionnait par des déductions intelligentes et sensées. Elle n’avait pas été lieutenant-colonel pour rien, ça se sentait.
Dire qu’elle avait tout abandonné pour être là...
« Allez ! » Insista-t-elle.
Les tirs d’obus reprirent. Ils étaient si proches que les deux soldats s’écrasèrent pour se protéger. Cela rappela une nouvelle fois l’urgence de la situation et Tim lui pressa l’épaule avant de s’en aller. Il lâcha une longue rafale avant de s’en aller au pas de course et de rattraper la distance avec ses hommes.

« Avancez ! Ne vous retournez pas ! Allez... »
Il alla jusqu’à Iza et prit le bras libre de Danny, la soulageant de ce poids monumental qu’elle peinait à soutenir. « Jusqu’à la crête. Tenez le coup...tenez... »
A ce point d’épuisement, le sergent ne savait même plus s’il encourageait ses hommes ou sa propre personne. Le terrain accidenté reprenait une pente assez raide et le sergent poussa ses gars en leur interdisant tout repos. Il les poussa dans leur dernier retranchement, les balles ayant cessé d’éclater autour d’eux. Et ils montèrent aussi difficilement que lentement jusqu’à une sorte de barricade de roche qui ferait un parfait couvert.
« Là-dedans ! Sautez là-dedans ! »

Ils déposèrent Danny. Will suivit juste après et le bruit d’une chute attira leur attention. Matt venait de s’effondrer net avec Elana. Son corps venait de lui dire merde.
« ‘TAIN ! » Avait poussé Elana quand elle roula au sol avec l’autre roi, imposant et rouge. La tête dans la terre elle cracha un peu de biome avant de tenter de se relever, mais son corps était à bout. Elle resta à terre…Il serait plus facile de ne rien faire... d’abandonner mais il était hors de question !
« Allez Tortank bouge-toi ! » avait-elle dit-dans une plainte aigrie et surtout hachée… elle avait l’impression que toute cette course avait été faite dans une autre vie, tout lui semblait loin et affreusement étranger. Elle se rendit compte à cet instant que ses mains ne répondaient plus… l’angoisse la prenait doucement… comment allait-elle faire ? Cela durerait combien de temps ? Elle allait être réformé ? Porter une couronne d’échec comme Matt ?...Non, il ne fallait pas penser à tout cela, il fallait se mettre à l’abri quitte à n’être qu’une larve qui tente de survivre ! Ainsi, elle grogna en rampant du mieux qu’elle put pour rejoindre les autres. Sur les coudes ! Elle était à bout de souffle et de force quand elle se glissa près des autres.

Tim jura en s’emparant du jeune homme avec l’aide de Will. Ils le tirèrent sans ménagement jusque dans le trou. L’endroit était défendable. On ne pouvait les attaquer que sur les flancs ou de front. Là-haut, ça devenait quasiment une montagne tellement ça montait. Ce n’était pas une si mauvaise position de repli...

Izabel avait la tête qui tournait mais elle ne flancha pas. Elle trouva un endroit qui ferait un bon appui et y traîna Danny. Elle y installa ensuite Eversman, Rita, puis s’empara de Ravix en insistant pour qu’elle les rejoigne. Là, elle pourrait s’occuper d’eux… Elana se laissa faire, mais elle eut un mal fou à se relever sur les deux jambes, elle s’affala comme une pierre aux côtés des autres personnes, ne prenant pas conscience qu’il manquait quelqu’un. C’est con, mais être immobile, était limite orgasmique !

Le sergent Brass, de son côté, était resté sur la barrière de roche en guettant le contrebas. Son regard éberlué fouillait frénétiquement les herbes, les broussailles, la moindre branche. Mais il ne la voyait pas. Il ne voyait pas Ruth.
« Dépêche...dépêche...dépêche... »
Mais elle n’apparaissait toujours pas. Le sergent ne pouvait pas se résoudre à l’idée d’avoir laissé quelqu’un sur le terrain mais il l’avait fait. Il avait sacrifié un pion pour préserver l’ensemble. Il le savait...elle ne reviendrait pas parce qu’elle avait été la cible de deux mortiers et de deux M60.

La vérité faisait mal.
La vérité faisait vraiment mal.
Brass ne désespérait pas. Mais avoir laisser Ruth derrière était le seul moyen de monter ces trois “blessés” jusqu’ici. Et alors ? Est-ce qu’elle était touchée ? Est-ce qu’elle était pleine de ces éclats bizarre, couchée dans un fossé, seule et abandonnée ?
Ou ces brutes l’avaient capturé et amener à ce tordu de Calahan pour qu’elle se fasse virer ? Qu’ils s’en mettent plein la vue et le pif de la souffrance, de ce que ça ferait à cette brave recrue de repartir sur Terre après avoir été remercié ?
Le visage de Tim se crispa. Il sentit une colère sourde et puissante l’investir. Il fallait être calme. Mais il ne voulait pas.
Il fallait se contrôler mais il ne voulait pas.

Il avait abandonné Ruth pour qu’elle serve de cible. De diversion. Sans ça, les mortiers les auraient alignés eux ! Et si quelqu’un devait s’en sentir responsable, c’était lui. Et il ne voulait pas non plus.
C’était plus facile de rejeter la faute sur l’italienne. Elle ! Elle ! Si elle avait tiré sur Danny, ils l’auraient ramené plus vite. Ils auraient décroché plus vite. Et ils seraient encore ensemble à cette heure !!!

Tim était à bout.
Le responsable c’était lui. Et responsable de quoi ? Il suffisait de regarder autour pour voir dans quel état ses choix avaient conduit l’équipe. Danny divaguait sous la sédation. Eversman n’arrivait plus à se lever. A le voir, il n’arrivait même plus à savoir où il habitait.

Durant ce moment de repos, ou plutôt d’angoisse Elana regardait ses mains inertes complètement paralysées…cela lui était difficile de faire bonne figure alors qu’on n’arrive plus à plier ses doigts… Elle avait envie de chialer, de céder mais elle ne se le permit pas. Pas encore.
« Merde.... » grogna t’elle en repoussa sa tête contre la paroi en respirant par la bouche.
« Hé ! Hé ! Du calme ! » Fit Sandoval en se portant à ses côtés.
Le jeune homme prit les mains de la Française entre les siennes et examina ses phalanges constellées de ces éclats étranges. C’est comme si de multiples crampes s’étaient déclenchées sur chacun de ses muscles. La douleur devait être importante.
« Je suis calme... » dit-elle doucement en se laissant faire mais laissant son regard au ciel. Cela la faisait profondement chier, et elle ne pouvait rien faire à cet instant, il fallait réfléchir et cela n’était pas son fort… elle devait prendre les choses par étape et pas s'énerver. Mais cela était plus facile à dire qu’à faire, elle n’arrivait pas à se concentrer son corps était faible, elle avait soif et puis maintenant elle avait peur tout simplement. Elle respirait se forçant à faire un exercice de méditation pour éviter de hurler et de se laisser aller à un éclat de voix. En fait, elle devait arrêter de penser sinon, elle allait perdre le peu de sang froid qui lui restait à cet instant. La présence de Will pouvait faire sauter le couvercle ou bien le sceller.

« Euh...ouais...t’as raison : merde... »
Le génie se mit à échaffauder plusieurs théories. Il n’était pas médecin mais il songeait de plus en plus à une technologie plus avancée que de vulgaires éclats. L’homme retira quelques outils de son gilet tactique et se mit à tester la façon dont les morceaux étaient plantés dans les chairs.
« Ravix, tu es maintenant mon cobaye ! »
« Profites je suis consentante… » dit-elle de son ton sans timbre, mais un fin rictus sur les lèvres. L’humour… la meilleure des soupapes avec le sarcasme au final. Même s’il n’avait pas “d'ingrédients” du second. Si Will avait des idées qu’il teste, car Rita en avait pleins la face tout comme Danny. Cela devait être encore pire pour eux.

Le sergent Brass céda brusquement.
Un entraînement...est-ce que s’en était vraiment un ? Ou juste un jeu de sadisme déformé à la faveur de Calahan ?
C’était tellement plus simple de tout jeter sur le dos de Rita. Qu’elle soit l’objet de toute sa haine et de sa frustration...
Ruth ne reviendrait pas. Il avait échoué, il avait encore vécu ce qu’il refusait de vivre. Il gagna l’italienne à grandes enjambées puis la choppa par son gilet tactique. Rien à cirer si elle était couchée avec cette allure agonisante. Rien à foutre de son visage déformé et de la crainte qu’il inspirait. Elle avait tenté de se dégager en vain et Tim la soulevait de moitié sous les cris surpris du groupe. Il la dominait de tout son long, et d’un poing, il la suspendait entre lui et le sol. Il hurla à pleins poumons, de toute sa haine et sa colère, en se vidant les tripes :

« JE T’AVAIS DIS DE TIRER ! DE TIRER !!!! »
« Pardon...pardon... » Murmura-t-elle à peine en réponse. Sa voix était cassée. Elle subissait de manière presque résignée. De la tristesse, tout le drame, se sentait dans le timbre chevrotant de sa voix. Si la soif ne les torturaient pas tous, asséchant au passage les canaux lacrymaux, l’italienne en aurait pleuré. Mais ça, Tim s’en moquait.
« CE N’EST PAS UNE DÉMOCRATIE ICI, QUAND JE DONNE UN ORDRE VOUS OBÉISSEZ ! »
« Chef !!!!! » Fit soudainement Iza d’un ton indignée en accrochant son bras. Elle tenta de lui faire lâcher prise mais il serrait beaucoup trop fort.
« Chef, lâchez-la ! Vous lui faites mal !!! »
« ...pardon... »
« VOUS OBÉISSEZ !!! » Hurla Tim à pleins poumons en regardant tout le reste du groupe. Il donnait l’air d’un fou furieux tant il était haineux.



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by Wiise

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Elana Ravix

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le Mer 28 Nov - 19:08

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Ouvrir les yeux ne fut pas guère plaisant. Il eut l’impression de se prendre au réveil une belle barre dans le front et il en résultait une belle migraine. Un gémissement mêlé d’un soupir fut lâché avant qu’une main ne vienne sur son visage frottant cette peau lâche. La fraîcheur des extrémités fut appréciée, il multiplia donc les frottements insistant notamment sur son front douloureux. La couronne était toujours en place, il fit céder le bandage pour s’en libérer. Le retour à la réalité ne fut pas immédiat lui demandant plusieurs minutes avant que son cerveau ne finisse par s’interroger sur ce qu’il fichait au sol. Les derniers souvenirs étaient morcellaires et réfléchir ne faisait qu’accentuer le mal de crâne, il préféra donc s’en passer et se contentait de ce qu’il pouvait observer.

Des corps allongés de chaque côté. Des soupirs, des gémissements. Pas mal d’agitation aussi avec une personne allant de l’un à l’autre puis des éclats de voix. L’un des corps fut soulevé par un mec qu’il lui gueula dessus. Tout ça n’était qu’à un bon mètre de Matt pourtant il dût réaliser un bel effort pour que les traits visuels ne s’affinent et qu’ils puissent reconnaître les acteurs de ce drame. Le Sergent qui perdait ses nerfs, les passant sur l’un d’entre eux. C’était Rita qui les essuyait malgré les protestations de l’infirmière du groupe.

« Sergent » Appela-t-il. Comme chacun, il essaya d’intervenir poussant sur ses mains pour tenter se remettre sur pieds. Les jambes se révélèrent flageolantes, dépourvues de forces et par conséquent incapable de soutenir son propre poids. Impuissant, il assista au triste spectacle et aux effets de la soif intense sur les organismes. Le Sergent perdait pied, victime de son état désastreux. Le silence retomba après cette scène surréaliste mais somme toute logique. Tim Brass restait un homme sous ses galons de chef d’escouade, lui aussi était dans un sale état.


N’arrivant pas faire lâcher Rita à Tim, la toubib entoura son visage de ses mains et le força à la regarder.
« C’est la soif ! Tim...c’est la soif...c’est la soif qui vous fait ça...c’est la soif...je vous en prie...lâchez-la maintenant. »
Le sergent reprit un peu ses esprits. Il considéra un instant le médecin de l’équipe puis l’italienne qu’il était encore en train de tenir par le gilet, comme un brute qui n’aurait pas hésité à frapper une femme au sol, puis il trouva son regard noyé de peine et de honte. Elle aussi avait compris que Ruth ne reviendrait pas. A vrai dire, tout le monde avait noté son absence.
« Allez...lâchez-la. » Fit-elle d’une voix plus douce.

Tim Brass s’en voulait.
Maintenant que l’écran de la haine n’occultait plus le reste de ses sentiments, il ne sut où se mettre tant il se sentait mal. Il finit par acquiescer, comme s’il s’agissait d’un simple ordre de médecin, d’une ordonnance à suivre, puis il reposa la jeune femme dont la visage s’était tordu de chagrin. Le sergent avait le regard un peu hagard, perdu. Il regarda ailleurs pour ne pas montrer son état de vulnérabilité et tenta de souffler. La longue expiration était entrecoupée de toute la nervosité et la douleur palpable. Izabel posa une main sur son épaule puis elle s’en retourna à ses patients.

Elana fut tout aussi surprise d'entendre Tim s'en prendre à Rita qui était juste à côté d'elle. Elle était choquée et surtout complètement à côté de la plaque. Si on commençait à s'engueuler cela allait être l'enfer … Calahan voulait surement ça. Déjà Iza était sur pied pour calmer le sergent et l'appel de Matt était suffisant aux yeux de la caporale pour qu’elle n’intervienne en plus. Elle irait parler avec lui après, pour l'aider, puisqu'il devait être à bout et ce n'est pas en multipliant les cris que cela allait arranger quelque chose. Surtout quand l'homme commençait à reprendre ses esprits. Elle avait cependant levé un regard vers son supérieur comprenant sa faiblesse à cet instant… et à la fois elle la désapprouvait. C'est bien pour cela qu'elle n'aimerait jamais être trop gradé pour ne pas à faire ce genre de choix et avoir ce genre de remords qui conduit à la colère. Tim avait du mérite. Et il était humain après tout.

Ruth avait donc disparue, la nouvelle lui lança un terrible coup dans l'estomac. Si ça tenait qu'à elle et surtout si elle avait un corps fonctionnel, elle aurait organisé une petite équipe pour la retrouver, mais là, personne n'avait de force ou de volonté pour s'échapper de leur logis. Et puis bon, cela ne sert à rien de faire des “si”...Entre ce qu’on aimerait et ce qu’on peut faire il y a un fossé. Il fallait donc attendre et espérer que Ruth se soit planquée, car il fallait garder de l'espoir sinon c'est le burn out !

La française, adossa son épaule contre l'italienne en soutiens, elle lui lança un regard qui se voulait réconfortant; alors que Will, de son côté, avait repris son travail. Il était resté silencieux tout du long, après qu’Elana lui eut raconté le transfert d’éclats du visage de Rita à ses doigts, il avait eu quelques pistes. Maintenant, avec un tournevis électrique, il posa l’extrémité sur quelques uns de ses éclats et la diode dans le manche s’alluma. C’était la preuve qu’un courant électrique continu était produit par ces choses et probablement la cause de cette paralysie. Elana posa le regard sur lui pendant qu’il bidouillait.

« Pas trop jaloux ? »
« Jaloux ? » Demanda-t-il avec un sourire malicieux.
« Pourquoi je serais jaloux ? Je suis en train de sauver la princesse en détresse de ses vilaines crampes. Et si elle est pas TREEEEEEES gentille en m’offrant le pot en revenant, je pourrais bien ne pas trouver de solutions... »

Elle esquissa un rictus amusé, dit comme cela, hors contexte cela pouvait faire la petite fille délicate qui a bobo aux doigts après avoir écrit en gros “LOVE” avec des paillettes. Elle ne savait pas pourquoi, elle avait ça en tête soudainement… peut-être à cause de sa petite cousine qui lui avait fait un beau dessin pour son départ. La petite avait à peine six ans et elle était heureuse de savoir dire “amour” en anglais. Elana avait encore ce dessin dans ses quartiers. Il était accroché dans la salle de bain, comme pour lui rappeler qu’elle était la “best meilleure panpan de l’army forever !” un beau franglais sans aucun sens d’une gamine amoureuse des cœurs. « Si tu fais bien ton travail le prince, tu auras même le droit aux olives ! »
« Le Canada se réserve aux multiples interprétations les plus intéressantes ! » Conclu-t-il en tentant de retirer les premiers éclats.
Elana baissa la tête vers lui pour le regarder sérieusement. Des olives ? Genre avec ça, il avait la possibilité de faire du graveleux ? Elle secoua la tête incrédule avant de rire, ce mec était vraiment surprenant. Enfin bon, elle espérait ne pas avoir dit un truc qui aurait dans la culture canadienne une image sexy ou sexuelle. Elle était quand même la spécialiste pour faire ce genre de bourde sans le savoir.
« La France se réserve le droit de mettre son véto »

‹c› Vanka


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Matt Eversman

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le Jeu 29 Nov - 17:13

Matt Eversman

L'enfer by Calahan



« Je prends la garde. » lâcha finalement Tim. « Izabel...fait ton possible. Il faudra qu’on bouge demain. »
« On ne pourra plus chef. »
L’homme regarda l’infirmière et le reste de son unité. Elle avait raison, ils étaient tous à bout. La seule source d’eau accessible était en contrebas, bien gardée par des éléments hostiles. Et physiquement, son escouade n’était plus capable de soutenir un combat. Tim retira son casque en se moquant d’être plus exposé et se comprima le visage. Il avait une migraine qui longeait son crâne jusqu’à la nuque.
Il fallait prendre de nouvelles décisions. Aussi dures soient-elles.
« Ok. Section...votre attention. Nous passons aux manoeuvres de survie... » Fît Tim d’un air las. « Je vous ordonne... »
Il secoua négativement la tête et reprit sur une autre formulation.
« Je vous demande de stocker vos urines dans un contenant. Izabel se chargera de la répartition selon l’état de chacun. »

Un silence mortel s’était installé parmi les hommes. Tim restait sérieux en leur montrant qu’il ne blaguait pas. Il acquiesça une nouvelle fois puis s’éloigna vers la barrière de roche pour monter la première garde. C’était aussi le seul moyen pour lui de s’isoler et d’essayer de se remettre de cette cruelle défaite. L’expression abattue, le P90 posé sur le rebord rocheux, Tim fixait le contrebas dans l’espoir fou de voir Ruth apparaître. Même blessée, même en rampant ou en appelant à l’aide.
Mais non…

Tout était désespérément vide et silencieux. D’ici, il voyait même encore un peu l’oasis inatteignable. Le crépuscule montait, c’était la fin de la journée. Peut-être que la fraîcheur finirait par venir et que de la rosée se poserait au petit matin. Mais vu l’aridité de l’endroit, il ne fallait pas rêver. Tim Brass croisa les bras par-dessus son P90 et y posa le menton. Il se rappela ce que Calahan lui avait dit lors de la dernière manoeuvre. Et s’il n’était plus en état de pleurer, ses efforts étaient tous mobilisés pour dissimuler les hoquets physique qui auraient pu le trahir.

Pedge Allen, de son côté, avait failli se perdre trois fois.
En faisant un grand contournement de la zone, elle était revenue sur la position de Tim en étant guidé par ses éclats de voix. Elle avait fini par les aborder sur la gauche et se rendre compte que seul le sergent faisait une garde de front. Ils n’étaient plus assez nombreux, en force opérationnelle, pour surveiller les flancs. Cachée derrière un relief rocheux et quelques arbres, elle pouvait les observer et voir combien ils étaient affaiblis.


------------------- MATT

Ils en étaient donc à récolter les urines pour avoir un peu d’eau. Ce n’était plus de l’entrainement mais de la survie. Il leur fallait de l’eau, c’était la seule disponible. Calahan les laisseraient-ils mourir de soif ? ou bien cesserait-il tout ça après le premier cas pour que le message passe auprès des autres ? Matt ne savait pas… Ce n’était plus un Sergent-Instructeur de plus, ce mec était un cinglé. Le chef de groupe prenait les mesures nécessaires pour assurer la survie du groupe, quitte à récolter les mictions de chacun.

Matt ne savait quoi dire, quoi faire. Il aurait voulu pouvoir se lever, pouvoir le relayer et prendre son tour de garde afin qu’il puisse souffler un peu. Son regard balaya l’assemblée accordant quelques instants à chacun. Tous avec des cernes dignes de zombies. Non pas tous, il en manquait une. Il réitéra la manœuvre pour être certain que la soif ne lui jouait pas des tours mais il manquait bien l’un des leurs. La nana du NID. Elle était peut-être partie sécuriser les alentours.

Les minutes s’égrenèrent et toujours rien. Si elle était partie sécuriser les alentours, elle aurait dû revenir à un moment donné mais rien. Iza finit par s’approcher de lui prenant ses constantes qui n’étaient pas excellentes.

« Où est Ruth ? » Lui demanda-t-il. Pas la peine de baisser la voix, elle était suffisamment faible pour ne pas aller loin.
« Elle n’est pas revenue. » Répondit-elle simplement.
Comme pour les autres, elle appliqua un linge humide pour essayer de compenser le problème. Il était en train de surchauffer et son corps ne produisait plus de sueur pour réguler. C’est un effort trop violent qui l’avait fait tomber dans les pommes, comme une mesure de sécurité pour qu’il cesse de forcer.
La gorge d’Iza s’était un peu serrée. C’était plus difficile de le dire ouvertement. Son regard bifurqua vers le chef du groupe qu’elle suspectait en pleins remords puis elle fixa de nouveau Eversman.
« Ne pose pas la question à Brass. Et ne fais pas de mouvements brusques, tu surchauffes. J’ai besoin d’un coup de main pour Danny, tu viens ? »
Matt accueillit la nouvelle avec un soupir avant d’opiner de la tête. Ne la voyant pas revenir rapidement, il avait forcément pensé au pire mais son esprit avait aussitôt écarté l’option pour préserver le peu d’espoir et de santé mentale qui lui restait. Morte, blessée, capturée… Dans tous les cas, inaccessible pour le moment. ça faisait chier… Même s’il ne la connaissait pas plus que ça et qu’il ne faisait partie de l’équipe que depuis peu, on finissait par s’accrocher aux membres de l’équipe. Ils subissaient tout ça ensemble et forcément des liens se créent même sans le vouloir. C’était Ruth mais ça aurait pu être Elana, Tim ou même lui...
« Oui. » Dit-il tout en se redressant pour basculer en position assise s’orientant vers Danny, attendant les directives de l’infirmière.

Le tankiste était complètement à l’ouest. Il semblait par moment alerte, voyant bien que l’infirmière venait s’occuper de lui. Mais à d’autres moments il semblait retomber dans l’inconscience. En l’auscultant, Izabel mit à jour diverses petites blessures causées par autre chose que les éclats métalliques. Eux, c’était Will qui s’en chargerait puisqu’il avait trouvé une faille. Mais le soldat semblait s’être fait mal en tombant sur le côté, il présentait certaines abrasions et des brûlures du fait de l’avoir traîné par moment sur ces rochers.
« Qu’est-ce...qu’est-ce qu’il s’est passé ? J’suis où là ??? »
« ça va aller, mec ! » Murmura l’aspirant tout en maintenant Danny sur le flanc.
« Pourquoi Leslie n’est pas là ! Où est Leslie ?!? »
Matt leva les yeux vers l’infirmière échangeant un bref regard avec elle, l’autre délirait complètement. S’énerver ne servait à rien, il lui fallait le rassurer. « Elle va revenir… Tu me parles d’elle ? » Le faire parler pour détourner son attention mais aussi égoïstement pour économiser un peu de salive.
« Elle aurait jamais dû me quitter...pas comme ça... »
« Evite Matt. » Conseilla la toubib. « Il est en plein délire. Il t’en voudra peut-être de l’avoir fait parler pendant une période de vulnérabilité. Tu m’aides ? »

Matt répondit positivement à la demande de l’infirmière attrapant la lampe qu’elle lui tendait d’une main alors que l’autre tapotait l’épaule du blessé. Se rendre utile, même pour un truc aussi simple, mine de rien ça aidait un peu. Ce qu’il mettait en lumière n’était guère joli, difficile à regarder. Ce n’était pas des plaies de guerre avec du sang, des tripes et des os à nu mais voir l’état désastreux de chacun n’était guère mieux. La soif faisait des ravages chez chacun d’eux. Chez Iza aussi… à plusieurs reprises, il la vit piquer légèrement du nez ou rechercher plusieurs fois la même chose, semblant quelque peu perdue.

L’infirmière du groupe n’était pas épargnée par la déshydratation. Elle aussi avait dû fournir de gros efforts pour cette marche mais aussi avec les différents événements leur tombant dessus ne lui laissant peu de temps libre. Or il était plus que nécessaire qu’elle soit en état. Elle comme le sous-officier du groupe. Ils étaient les maillons essentiels. Bien entendu chaque membre de l’escouade était important mais eux bien davantage car les maintenaient en vie et uni.

« Iza… Repose-toi » Dit-il d’une voix faiblarde, bien éloignée de l’habituelle tout en posant une main froide sur son avant-bras pour être sûr qu’elle entende bien le message.
« Non. Tout à l’heure. » Souffla-t-elle.
Elle regarda du coté de Will et d’Elana avant de poursuivre son travail auprès de Danny.
« Un toubib se repose quand il n’y a plus de soins à prodiguer. »
Izabel avait clairement prononcé la phrase d’un autre. Peut-être son mentor ou l’enseignant qui l’avait le plus marqué. En tout cas, elle fouilla dans son sac, sur la partie un peu plus personnelle avant de lui tendre son quart en aluminium.
« Tu te charges de la collecte coté homme ? »
Ainsi ils en étaient bien réduits à ça. Les ordres se transformaient en actes avec la remise du fameux récipient collecteur et c’était loin d’être anodin. Cela matérialisait le passage à l’acte et mine de rien, ça lui ficha un bon coup au moral. Le gamin insouciant et blagueur semblait bien loin à ce moment là avec son air de zombie décharné.
« On va vraiment aller jusque là ? » Ce n’était pas temps la récolte, c’était la suite qui était répugnante et difficilement envisageable pour toute personne saine mentalement.
« Matt... » fit-elle en secouant la tête. « Demain...demain quand tu vas te réveiller...tes jambes ne fonctionneront plus. Ton corps sera raide, tu auras mal à chacune de tes articulations. Et ta langue sera tellement enflée que tu auras du mal à te faire comprendre... »
L’infirmière cessa son boulot un instant. C’était tout aussi dur pour elle. Qui irait consommer les urines de tout le groupe ? Le pire, dans tout ça, c’est que c’était à elle de déterminer la dose pour chaque individu et s’assurer qu’ils le fassent.
« C’est l’enfer ici. Qui sait si...qui sait si ce type...il ne veut pas notre mort à tous ? »
Les perspectives étaient terrifiantes. Matt ne désirait pas les connaître et ne les souhaitait à personne d’autres. Que fallait-il faire ? Rester là à récolter l’urine et survivre précairement ou tenter de rejoindre la source d’eau quitte à y rester ? La deuxième idée lui plaisait davantage. Une mort rapide plutôt qu’une longue agonie entraînant la mort. Seulement il n’était pas seul, il était incapable de se remettre sur pieds et ce n’était pas à lui de choisir la marche à suivre. Ne restait donc que la première solution : survivre à l’enfer déployé par Calahan.
« Il veut surement la mienne… » Ce constat lui paraissait maintenant évident. L’officier avait fait en sorte de l’affaiblir davantage que les autres. Il avait beau être résistant, il ne pouvait lutter contre la soif et forcément son organisme serait le premier à défaillir. « Que j’y reste ou que j’abandonne. Dans tous les cas, il ne veut pas de moi. »
Une main fut tendue pour attraper le récipient tendu comme s’il choisit une autre voie à l’abandon ou à la mort, la survie en faisant au passage un beau geste du majeur à l’officier. Matt croisa le regard de l’infirmière essayant de lui offrir un de ses sourires malicieux, ou du moins ce que pouvait lui dessiner les traits de son visage. « Qu’il aille se faire voir... »

Sur le moment, Bowers n’avait rien dit. Elle se contentait d’observer le roi des branlots avec un regard interrogateur avant d’éclater de rire. La jeune femme secoua négativement la tête, se disant que la punchline finale faisait partie des plus nulles qu’elle n’avait jamais entendue. C’est sur cette constatation au demeurant bon enfant qu’elle se reprit pour répondre :
« Tu es toujours là. Faut pas se laisser abattre. Par contre, niveau phrase choc, tu as encore du boulot ! »
« C’est que le jour 1, je peux que progresser. » Répliqua-t-il, peu vexé par sa remarque.
« Tu es doué. Tu peux encore creuser, attention ! »
« Je suis le numéro 1 là dessus, pas de doutes. Je compte sur mes nouveaux profs pour m’aider. »
« Ouais mais attends qu’on ne soit plus attaché à toi si tu veux battre les records, le déchu !!! » Fit-elle sur un trait d’humour.

Elana en entendant ça soupira…elle se mordit la langue pour ne pas répliquer quelque chose de plus percutant. Elle préféra économiser sa salive que de la gâcher à répondre pareille connerie du pokémon dépressif. A la place, elle secoua un peu de l’épaule de Rita, qui n’avait toujours pas réagi à sa présence.



@ pyphi(lia)

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Elana Ravix

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le Jeu 29 Nov - 18:10

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


La collecte débuta du côté des mecs. Difficile dans ce genre d’endroit de préserver encore un peu d’intimité pour faire ça, chacun eut la bonté de tourner le regard pour ne pas accentuer la gêne. Ils risquaient de boire l’urine du groupe alors bon l’intimité était aussi un concept bien étrange maintenant. A peine quelques gouttes pour le Ranger, ce n’était pas ça qui risquait d’épancher la soif de chacun et d’une certaine manière il en était soulagé ne pouvant s’imaginer boire ce liquide. Le matériel rangé, le Ranger observa quelques instants Danny qui continuait de délirer s’interrogeant si lui aussi devait y passer. ça s'annonçait trop compliqué, il opta plutôt pour Will qui était à moins d’un mètre de lui et était toujours penché sur Elana.

« [color=darkcyan]Will ?/color] » Dit-il pour l'interpeller. L’attention obtenue, il put lui tendre le quart. « A toi... » Enonça-t-il après un moment d’hésitation. Que dire dans ce genre de moment ? L’humour ne lui vient pas. Ce mec, il ne le connaissait pas dix heures plus tôt et maintenant il lui demandait de pisser dans un récipient.

Sandoval avait réussi à trouver un moyen. Il avait retiré tous les éclats des mains de Ravix et s’évertuait maintenant à les frictionner entre les siennes, comme si elle avait froid, pour essayer de lui faire reprendre du contrôle. Ca aurait été bien aveugle de la part de la Française de ne pas voir qu’il profitait largement du contact physique. Il y avait ce coté où il essayait de la rassurer, lui promettant qu’elle retrouverait le contrôle de ses mains. Will lui racontait une histoire de son enfance, un peu similaire, où il avait eu la joyeuse idée de concourir à celui qui tiendrait le plus longtemps en empoignant la clôture éléctrique d’un enclos de chevaux.

Mais Elana est du genre aussi clairvoyante qu’une taupe, donc elle perçut ce geste comme une attention entre frère d’arme, tout comme elle avait été là pour Iza en la « câlinant ». L’histoire était bienvenue comme elle adorait qu’on lui en raconte. Et les gestes de Wil lui procuraient la sensation agréable de remettre du sang dans ses mains. Bon, elle en avait il est certain mais, la demoiselle avait l’impression de n’avoir plus rien dans les mimines depuis bien longtemps. Petit à petits sa dextérité revenait via de petits spasmes qui la faisait sourire, un rictus naturel et pas robotique, quelque chose de naturel et qui ne se voyait pas souvent sur elle. L’arrivé de Matt avec sa poche à pipi fit disparaître ce court moment « humain » de Ravix qui figea son regard sur le pauvre homme qui ne devait pas avoir trouvé mieux comme phase d’introduction pour la récolte de la pisse.

Will regarda d’un air surpris l’apparition soudaine de ce quart militaire quasi-plein et fixa ensuite Elana avait un grand sourire, le côté décalé de la situation le rendant soudainement très taquin.
« Oh ouais, merci mec !!! J’savais pas comment séduire Ravix en lui montrant ma grosse biroute ! »
Le canadien se redressa brusquement sur ses deux pieds et manqua de s’effondrer. Ca tournait vachement et il se raccrocha à Matt lui arrachant un gémissement, coup de soleil oblige. L’équilibre de retour, il empoigna la braguette de son pantalon et mima le plus merveilleux pervers qui s’apprêtait à offrir le spectacle de leur vie. Il se voulait très convainquant. Elana ouvrit de grand yeux avant de faire une moue un peu dubitative…en arquant un sourcil qui voulait dire « mais sérieux ? », elle allait ouvrir la bouche pour le tacler quand soudain...

« Je déconne !!! » Fit-il en éclatant de rire. Il prit le quart et s’éloigna. « Interdit de me mater les filles... »
« Non mais l’autre, il se prend pour Ryan Gosling quoi ?! » Répliqua le Ranger en le suivant du regard s’éloigner pour faire sa besogne espérant bien qu’il entendrait la remarque.
« Lui...j’aurai pu...lui tirer dessus... » parvint à articuler Rita.
« Sur Gosling ou sur l’imposant Will ? »
« D’mande à Ravix... »
Elana tourna immédiatement la tête vers l’italienne, contente de la voir à nouveau parmis eux, lui touchant doucement de ses “nouvelles mains” celle de la jeune femme tout en réalisant un sourire complice. Elle avait envie de lui retirer une nouvelle fois tous ces éclats métalliques , mais elle ne comptait pas se faire avoir une nouvelle fois.
« Bon Will, magne ta baguette ! Rita est revenue des anges pour t’avouer un truc ! » dit-elle, cela répondait largement à l’interrogation du « roi ».
« En tout cas, ton adolescence est coriace… » dit-elle doucement à Rita en référence aux boutons que lui faisait les éclats de métaliques. Ce qui voulait être un sourire complice étira le visage déformé de l’italienne. Elle enserra la main de Ravix et hocha la tête.

« Si tu savais, en Italie, c’est une pandémie... »
La jeune femme serra les dents sous le coup de la douleur naissante. Elle se mit à respirer plus fort, plus longuement et elle lâcha plus sérieusement :
« J’ai mal. Débarrasse moi de ça... »
« J’attend mon assistant. » dit-elle, c’était une question de temps avant que l'italienne boutonneuse soit à nouveau adulte. Mais elle s’agita soudainement et remua des jambes.
« Elana...Matt...mon fusil. Vous ne l’avez pas laissé ? Mon fusil... »
« On l’a ton vieux fusil. » répondit-il rapidement. En tant que tireur de précision, il connaissait l’attachement certain à son arme et c’est pourquoi il s’était empressé de lui répondre. La M60 de Danny était là, elle aussi, démunie de toute munition mais présente. « Quand tu seras en forme, tu iras à l’armurerie. Il parait qu’on a reçu des M110 » Le genre de cadeau de Noël avant l’heure avec le nouveau venu des fusils.
« J’m’en fous de tes M110... » Râla-t-elle étrangement. « Avec mon...M1...je te mets...la mine au tir !!! »
« Dans tes rêves, l’ancêtre. »
« J’vais effacer...ton sourire suffisant...de ta tronche...l’amerloc ! Elana !!! Mon...fusil...s’il te plait... »
« Tu en deviens capricieuse... » ajouta Elana en regardant L'italienne qui exigeait comme une enfant trop gâté son dernier “joujou”.
« Tu comprends...pas...C’est le...fusil...de mon arrière...grand père. Il a fait...la deuxième...guerre... »
« Tu t'entendais bien avec lui ? » demanda la française, le temps que Will finisse de vider sa vessie.
« Longue histoire... » murmura-t-elle. Sa main vint la tapoter alors qu’elle ajoutait : « Je te raconterai...en faisant...la popotte de l’unité. »

A cet instant, Will revint presque fier de lui : « Tiens Matt. » Fit Will en surgissant brutalement avec le quart quasiment à ras bord.
« Nan mais tu as bu une bière en douce toi ? » La surprise se lut sur le visage du Ranger ne s’attendant pas à une telle quantité de liquide. Lui et ses trois gouttes prenaient un bon coup côté égo.
« On t’a laissé le temps de pisser depuis le début de cette galère ? » Rétorqua-t-il avant de regarder les filles et de se dire que ça avait dû être pire pour elles.
Pas la peine d’entrer dans ce genre de débat stérile, Matt mania avec précaution le quart pour ne pas en mettre partout, surtout pas sur lui avant de le poser au sol. Il en signala la présence aux autres pour éviter tout mauvais geste. Tous n’étaient pas encore passés par là, il restait Brass et Danny.
« Envoie ton quart, Will. »
« Ca dépend. Ce sont les copines qui vont le baptiser ? »
« Plutôt Danny et le Sergent. »
Le canadien paru déçu de la réponse et donna son quart à contrecoeur.
Elana n’avait pas franchement hâte de boire, enfin un beau paradoxe puisqu’elle ne rêvait que de ça … mais engloutir la pisse de ses collègues … cela ne l’enchantait pas. Pourtant il le faudrait bien et surtout éviter de la vomir … le challenge allait être là, ne pas répandre le liquide par terre… Franchement, elle espérait qu’elle avait tellement soif que ça passerait comme une lettre à la poste.
« J’espère que vous avez mangé vos cinq fruits et légumes… » dit-elle.


‹c› Vanka


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Pedge Allen

√ Arrivée le : 09/11/2014
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le Jeu 29 Nov - 19:34

Pedge Allen
L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Ca avait été un véritable enfer que de rejoindre cette section. Maintenant que Pedge les considérait tous, planquée dans les buissons, à sa merci, elle se demandait bien si c’était là son véritable but. Ces types étaient en piteux états, et il ne semblait plus rien émaner d’eux à part de la résignation. S’ils devaient véritablement utiliser ses informations pour combattre les types d’en face, autant laisser tomber. Néanmoins, la texane ne savait pas quelle était la nature de sa mission, pas plus qu’elle ne savait si c’était bien eux qu’elle devait retrouver. Elle était là, et elle devait tenter de se rapprocher… À moins qu’elle ne devait collecter des informations encore une fois et donc, se tenir à distance du groupe. Cette immersion était en train de la rendre chèvre. En plus, elle avait soif, et ce n’était pas sa session de quelques heures à plat ventre dans la jungle qui l’avait hydraté malgré le bain de boue. Elle sentait d’ailleurs que ses épaules tiraient affreusement. Demain, elle serait une vieille à l’allumage.

Bref que faire ? Aller au devant de cette unité ? Ou les observer en toute discrétion ? Elle balaya les hommes et les femmes du regard, appréciait la certaine mixité qui régnait dans l’unité, quand forcément, son regard s’arrêta sur un Eversman en calbut avec une couronne sur la tête. Guère expressive, ses sourcils s’arquèrent néanmoins alors qu’elle était sur le point de lâcher un juron de surprise. Putain, mais qu’est-ce qu’il foutait là ? Et surtout, qu’est-ce qu’il foutait là dans cette tenue ? Ce mec avait vraiment un don pour se retrouver dans des situations foireuses.

Franchement, ça ne l’arrangeait pas d’avoir un rapport quelconque avec une unité dans laquelle traînait ce soldat. Elle n’avait pas spécialement peur de lui, mais ils avaient un passé commun qui n’arrangeait rien, et elle préférerait ne pas l’avoir dans les pattes. Il fallait croire que le destin en avait décidé autrement. Toujours est-il que ça faisait quelques minutes maintenant qu’elle s’était approchée en toute discrétion de cette unité, et personne ne l’avait encore calculé. Ils étaient vraiment au fond du trou, et ce n’était pas qu’une image littérale de leur position actuelle. Le trou dans lequel ils étaient représentait aussi la situation métaphorique dans laquelle ils se trouvait.

En quelques mots : ils étaient dans la merde, et y avait bien que les narines qui dépassaient de la fosse à purin.

Pedge hésitait toujours. Collecte d’information à distance ? Comme pour ceux d’en haut ? Ou rapprochement ? Comment savoir ? Rien n’était clair dans ce test. Entre la dépose de Nelly sur un terrain de jeu pour allumé du casque et fétichiste de mortier, le fait qu’elle n’ait aucune information, aucun plan, aucune directive, et qu’elle se retrouvait au milieu d’une partie entre deux bandes rivales, elle ne savait plus vraiment qu’elle était sa place. Cela ressemblait de près comme de loin à un parachutage en terre ennemie, sans qu’elle ne sache qui était les bons des méchants. Forcément, ceux là ne lui avaient pas tiré dessus au mortier ni à l’arme automatique, ne lui avait pas fait péter une mine au plâtre alors qu’elle récupérait un casque, forcément, ils étaient plus sympathiques que les autres en face. Et après ?

Elle devait prendre quelques précautions pour les approcher, et ce n’était pas parce qu’il y avait Eversman en costume épuré de superman qu’elle devait faire confiance tout de suite à ces types. Si elle se pointait comme une fleur, même en étant amorphe, ils pourraient la descendre. Elle reporta son regard sur le mec le plus proche d’elle. C’était lui qui commandait la troupe. Il n’avait pas la tête des grands jours, mais on sentait une certaine détermination chez lui. Il utilisait ses jumelles à intervalles réguliers pour sonder du côté du lac. Impossible de savoir ce qu’il cherchait. Certainement l’ennemi.
Elle attendit qu’il recommence à utiliser ses jumelles pour approcher. Elle n’était pas la plus rigoureuse en terme d’infiltration, mais au moins, ils avaient les mains occupées et l’esprit ailleurs, un laps de temps suffisant pour le surprendre un minimum.

Dans un murmure, alors qu’elle s’immobilisait dans un craquement de branches en tout genre, elle déclara :

« Sergent, identifiez-vous. »

Le propos ne pouvait pas plus le surprendre. Bien malgré lui, Tim poussa une plainte de surprise en se retournant, s’emmêlant les pinceaux entre le fait de jeter ses jumelles et aller s’emparer de son 9mm. Au final, il pointa la position supposée de cet appel mais ne monta pas son arme. Il la tenait simplement bien fermement en main. Son regard continuait d’être à la recherche du responsable quand il répondit de façon naturelle :

« Brass Tim, sous-officier de l’escouade Charlie. Manoeuvre Calahan. »
Sa respiration s’était un peu accélérée. Son regard allait d’un bord à l’autre de ce flanc à la recherche d’une quelconque unité bien armée qui leur sauterait dessus. Mais non, il ne voyait rien.
Tim se racla la gorge. Il avait du mal à s’exprimer tant ça lui brûlait. Volontairement, il se plaça un peu plus au centre pour casser la ligne de tir sur les autres. Ses équipiers ne pourraient pas faire feu, d’ailleurs il faisait signe de sa main libre de rester en place, mais la menace hypothétique ne pourrait s’attaquer qu’à lui en premier lieu.
« Qui êtes vous ? »

Pedge hésitait à répondre ou à continuer le questionnement. Elle avait une position avantageuse, mais elle ne durerait pas longtemps quand il s’apercevrait qu’elle était seule. Manifestement, il la cherchait du regard, et il ne tarderait pas à la trouver. Il protégeait ses hommes, ce qui était une bonne chose, quand on n’avait pas les responsabilités qu’il avait. Finalement, elle se décida à la jouer franc-jeu puisqu’il répondait :
« Capitaine aspirant Allen. Je suppose que je participe aussi à la manoeuvre. » Elle laissa une seconde, voir deux, filer, et elle ajouta : « Si vous me permettez, j’aimerai approcher pour discuter. »

Tim ne répondit pas sur le coup.
Il était tellement las et faible qu’il était près à laisser venir n’importe quel secours, renfort, n’importe quoi. Mais il regarda en arrière et se rappela de son unité. Si c’était un piège tordu de Calahan, ils allaient tous le payer très cher. Mais d’un autre côté...pourquoi n’envoyer qu’un homme alors que le dispositif d’embuscade avait à peine été malmené ? Et un officier qui plus est ?!?
« Dans ce cas, désarmez capitaine. J’en ferai autant… » Proposa-t-il en la cherchant toujours du regard. Il commençait à chauffer.

« Très bien. », fit Pedge qui calculait quand même une porte de sortie le cas échéant, bien qu’elle savait qu’elle se jetait dans la gueule du loup. Elle approcha, sortant du buisson. Elle devait faire peur dans l’état dans lequel elle était, mais au regard de leur tronche à tous, et de leur état général, elle n’avait rien à leur envier. Elle leva son arme à gomme à la verticale. « Arme à gomme, rien de bien folichon. », dit-elle de son ton neutre.

Tim la fixa longuement en restant silencieux. Plus que les mots, sa figure et son apparence avaient tendance à le convaincre sans même qu’elle ai commencé. Il n’avait pas l’impression que ceux qui leur avait tendu l’embuscade soit aussi affaibli et malmené. Pour un capitaine, il ne restait plus rien du côté clinquant du grade. L’uniforme était bien sale, signe qu’elle avait longuement vadrouillé. Sans oublier tout ce sang qui ne semblait pas venir d’elle. Quoique…
« Je serais d’autant plus rassuré si vous le posiez… » fit-il en amorçant le geste avec son 9mm.
Comme un miroir, il écartait son arme en la posant lentement sur le rebord rocheux. Et il irait jusqu’au bout si celle en face faisait de même.
Il finit par souffler, soulagé, puis demanda :
« Première fois chez Calahan je présume ?»

Elle accompagna le mouvement pour poser sa pétoire à gomme. Ceci fait, elle se redressa et répondit à sa question : « Vous présumez bien, ce qui ne semble pas être votre cas. », jugea-t-elle. Sinon il n’aurait pas posé cette question. C’était comme si son état lui avait sauté aux yeux en mode “toi ma cocotte tu as morflé à cause du vieux”.
« C’est ma cinquième manoeuvre… » Avoua Tim.
Il regarda dans son dos et fit un signe apaisant au reste de l’escouade. Pour ceux qui auraient eu la mauvaise idée de prendre les armes, ce n’était plus nécessaire maintenant.
« Est-ce que vous avez été pilonné ? Assoiffé ? Agressée ?» Questionna-t-il sérieusement.
« Et paralysée, entravée, presque humiliée. Je crois qu’on partage pas mal de points communs sur ce coup là sergent. », répondit-elle sans vouloir faire de l’humour, même si ça pouvait laisser penser que, étant donné qu’elle reprenait son énumération. Cinquième manoeuvre. Le type était un dur, à n’en point douter.
Tim souria franchement cette fois. Il s’avança de quelques pas pour lui tendre la main. Pas très protocolaire mais il serait encore plus bête de saluer militairement cette jeune femme s’ils étaient surveillés. Un sniper, un bon observateur, sait-on jamais.
« Bienvenue dans l’unité Capitaine…je pense que vous êtes arrivée à bon port. »
Pedge ne se formalisa pas de ce manque de protocole, pas sur le terrain. Elle lui serra la main avec poigne. C’était une façon comme une autre de se dire “bonjour et bienvenue” chez les galériens.
« J’aimerai le croire Sergent, mais je n’ai aucune information sur ce que je dois réellement faire et si je suis effectivement à bon port. Alors si vous en avez, je vous serai gré de m’en faire part. »
« Comme nous, Capitaine. Nous avons quitté la cité en jumper pour notre manoeuvre et avons essuyé des tirs nourris de DCA. De la munition d’entrainement. Nous étions attendu à l’arrivée. Aucun ordre ni briefing. Sur le terrain, nous avons mis la main sur une Intel stratégique, rejoint le camp où nous attendait le capitaine Calahan. »
Tim fît un signe en direction des “blessés”.
« Le mec à poil que vous voyez là se trouvait là-bas. Il nous a été attribué. Ordre de la mission : transporter l’intel jusqu’à la zone désignée. Mais c’était humainement infaisable et je mené la troupe dans la gueule du loup. C’est peu dire... »
Le sergent reprit son souffle. Essayant aussi de récupérer sa salive au passage. Puis il poursuivit son rapport. Pedge en avait profité pour couler un regard vers Eversman. Il ne lui était pas inconnu, forcément. Donc Calahan l’avait inclu dans la manoeuvre.
« Depuis le début, Calahan nous affame et nous assoiffe. Nous avons subi un assaut de chiens de combats et...vu l’état de l’unité...j’ai choisi de transgresser les ordres pour atteindre ce point d’eau. Sauf que nous n’étions pas seul. »
Cette partie là était encore plus difficile à décrire devant un officier. Il ne la connaissait pas, il pourrait s’en moquer. Mais c’était impossible. Sa voix était pleine de remords et c’est vraiment à contrecoeur qu’il faisait cet aveu en terminant son récit.
« Nous nous sommes repliés en catastrophe jusqu’ici. Le Capitaine ne sonnera pas la fin de la manoeuvre alors j’ai ordonné les mesures de survie. Je...j’ai perdu un homme sur le terrain. Ruth Padilla n’est pas revenue après avoir couvert notre retraite. »

Voilà, c’était dit. Le Capitaine aurait surement des questions mais elle connaissait l’essentiel et la raison de leur état. Tim avait la furieuse envie de demander la pareille mais il connaissait un peu Calahan. Si elle se retrouvait aussi assoiffée et amoindrie qu’eux : alors elle faisait partie de ce groupe. Elle allait surement prendre le relais, le commandement, et trouver des solutions plus stratégiques qu’un simple sergent.

« Je pense que...si vous y trouvez des similitudes...cela signifie que votre arrivée a été orchestré par Calahan. »

« Probablement oui. », fit Pedge en réfléchissant au récit, et aux circonstances dans lesquelles ils venaient de se rencontrer. Si c’était bel et bien le cas, c’était tordu, mais quand on remettait en perspective toute la manoeuvre, il n’y avait rien de bien normal dans tout ça.

« Il y a deux positions de mortiers bien défendus et deux positions de tir à la mitrailleuse lourde également. C’était un tir croisé bien ordonné, vous n’aviez aucune chance. », dit-elle en guise de constatation. Elle ne le blâmait pas, loin de là. « Est-ce que vous pensez que votre unité est capable de continuer l’exercice ? En toute franchise.», finit-elle par demander.

Tim entrouvrit la bouche. Il s’était d’abord demandé pourquoi cet officier ne les avait pas prévenu plus tôt avant de se forcer à plus de raison. Elle l’aurait fait si c’était possible. Mais vu la description, le sergent n’était même pas étonné. C’était du Calahan tout craché d’avoir monté une telle embuscade. Au final, la survie de cette unité tenait du miracle mais c’était bien loin de le soulager de la perte de Ruth. Il comprit à peine le côté un peu compatissant de la déclaration du Capitaine.

« En toute franchise... » copia Tim.
Il se décala pour regarder chacun de ses hommes avant de tourner de nouveau le dos.
« Cette décision ne nous appartient même plus Capitaine. Calahan ne nous rappatriera que lorsque l’on sera tous frappé d’incapacité et au bord de l'abîme. Si vous voulez, vous pourrez vous rapprocher de notre toubib, Izabel Bowers, pour en savoir plus. »

Cette réponse ne la satisfaisait pas le moins du monde. Elle toisa le sergent avant d’ajouter :
« Je ne vous demande pas ce que pense le Capitaine Calahan, mais ce que vous pensez vous de l’état de vos hommes ?», dit-elle avec plus d’intensité dans sa question. Elle avait la voix rauque à cause de la soif et des aventures de la journée. Elle avait presque sa réponse cela dit. Selon lui, l’exercice ne s’arrêterait que lorsqu’ils seraient au bord de l’abîme. Cela voulait certainement dire que ce n’était pas encore le cas et qu’ils avaient peut-être encore un peu de gaz sous la semelle pour faire le job. Mais elle voulait quelque chose de plus précis, elle voulait savoir si ce meneur estimait que ses hommes étaient encore aptes à avancer, ou s’ils ne feraient pas un pas de plus. Parce que pour aller chercher l’eau, il allait falloir se sortir les doigts du cul, et les cinq de préférence. Si c’était peine perdue, c’était inutile de commencer à faire des plans sur la comète pour abreuver tout le monde.
« Oh ? » Répondit-il simplement en comprenant qu’il avait été à côté de la plaque.
La soif sûrement. Malgré la lassitude de son regard, il reprit d’une voix sûre et certaine :
« Chacun des hommes et des femmes que vous voyez là ont tout misé dans l’espoir d’être sélectionné par Calahan. C’est le seul moyen “direct” d’entrer dans les équipes d’exploration. Ils risquent tous très gros. Et moi...je donnerai ma vie pour chacun d’entre eux. »
Il hocha frénétiquement la tête.
« Oui, nous irons jusqu’au bout mon Capitaine ! Nous n’avons pas dit notre dernier mot ! »
« Bien sergent. Allons faire les présentations dans ce cas.», fit Pedge qui était bien décidée maintenant à rencontrer le reste de l’équipe. Elle gardait en tête qu’il manquait quelqu’un. Mais la nuit était en train de tomber, et ça allait devenir compliqué de la retrouver.
« A vos ordres. »

‹c› Vanka

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Plus on se maîtrise soi même plus on maîtrise la réalité extérieure.
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Steven Caldwell

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le Lun 3 Déc - 10:45

Steven Caldwell
L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
••••






Tim prit les devants.
Il était méfiant, bien sûr, mais aussi lucide. Son unité ne pourrait pas déceler un traitre, il aurait fallu Ruth pour ça. Autant jouer son va-tout en faisant confiance aux éléments en sa disposition. C’était sa décision de sous-officier de léguer le commandement à cette jeune femme. Ça lui fendait un peu le coeur car il ne serait plus au centre de la protection des hommes. Mais d’un autre côté, il restait persuadé des avantages tactique que le capitaine allait apporter.

« Section. Voici le Capitaine aspirant Allen. » Déclara-t-il en se décalant.
Il permettait ainsi à tous de la voir.
«Pas de salut protocolaire par mesure de sécurité. Le Capitaine nous rejoint et va reprendre le commandement. Je vous demande de respecter son grade et son autorité comme il se doit. »
Mais il n’avait aucun doute sur le sujet. Le sergent avança un peu et débuta les présentations.
«Will Sandoval ici présent est notre spécialiste. Il nous vient du génie Canadien et s’est montré assez surprenant pour nous offrir des solutions alternatives.»
« Capitaine... » Salua-t-il poliment mais en restant assez suspicieux. Après avoir hoché la tête, il retourna auprès de Rita pour lui enlever les éclats.
«A ses cotés, le caporal Elana Ravix : mon second. Elle était parachutiste en France. Elle se charge de fermer la marche et veille sur les gars.»
Il passa au suivant. L’italienne à qui ont enlevait progressivement les éclats de son visage à la pince isolante.
«Rita Monciatti, tireuse de précision. Elle était dans...dans...euh...»
« Arditi Incursori ! » Précisa-t-elle malgré la douleur qui lui tordait les traits. Elle mettait un point d’honneur à le spécifier avec fierté. « Forces spéciales italienne, je ne te laisserai pas oublier, chef !! »
«Oui.» Fit-il avec un léger sourire.

Pedge était certaine de ne pas se souvenir des noms de chacun, mais elle essayait de faire un effort. Ça viendrait au fur et à mesure, elle ne s’inquiétait pas trop là dessus. Elle observa le type qui oeuvrait sur une femme allongée, et que le sergent lui présenta comme Sandoval. Un gars du génie, c’était intéressant. Elle le salua d’un signe de tête tout comme elle le fit pour Ravix, qui le secondait. Bien, il y avait une ligne de commandement, c’était excellent. Ravix prendrait la troisième place, en bon caporal, relayant le sergent au besoin sur l’ensemble de la section. Ils ne semblaient pas nombreux, ce serait donc un peu trop mais au moins, l’ensemble de la chaîne de commandement était respecté et c’était propre. Rien de tel qu’un capo pour gérer les hommes, un sous-off pour faire appliquer les décisions, et l’officier pour les donner.
Elle salua d’un signe de tête Monciatti, appréciant qu’elle soit des Forces Spéciales Italiennes. Les femmes dans le milieu étaient rares et elle avait raison de défendre son steak. Bon fallait dire que le nom à la mode romaine n’était pas simple à retenir pour des oreilles américaines et Pedge serait déjà incapable de le redire. Qu’importe. Elle soupçonnait que les éclats métalliques fichés sur sa tronche soient le résultats des explosions des obus de mortier qu’elle avait pu observer plus haut. Les types les maniaient avec précautions. En tout cas, ça semblait bien bordélique à virer.

Le sergent tourna la tête vers l’infirmière et se retourna aussitôt en se rendant compte qu’elle tentait de se dissimuler pour la petite commission. Gêné, il se racla la gorge et passa au suivant. Danny était conscient mais il ne posait qu’un regard neutre sur le capitaine sans avoir la moindre réaction. La taille de ses pupilles prouvait son état altéré par la sédation.
«Danny Blake, de la troisième division blindée. Il expérimente un nouveau modèle de blindé léger qui a été hybridé sur un MALP. Une nouvelle technologie avec un canon antichar et une mitrailleuse coaxiale. Malheureusement, nous n’avons pas pu atterrir avec.»
« Je rêve de revoir mon Divorce. » Marmonna-t-il davantage pour lui-même, la voix cassée. « Je vaut plus rien sans lui. »
«Il occupe le rôle de mitrailleur à la M240 en attendant.»
Le sergent poursuivit.
«Matt Eversman est un soldat déchu que Calahan semble avoir pris en grippe. Il l’a humilié et tenté de nous monter contre lui, en faire notre entrave. Il a été privé de tout ce qui fait de lui un soldat : uniforme, plaques. Pour l’instant, je ne lui donne pas d’arme sauf cas d’extrême urgence. Il doit être traité comme un “roi”, et ne jamais quitter sa couronne, ce sont les ordres...»

Tim continuait les présentations. Pedge salua le mec sédaté, se demandant bien ce qu’il avait. Mais les questions viendraient après, pour le moment, elle laissait le sergent présenter son unité. Elle posa un regard neutre sur Eversman, qu’elle salua d’un signe de tête à l’instar des autres. Ses yeux se fixèrent un moment sur la couronne. C’était bien humiliant, et elle n’était pas certaine qu’il mérite vraiment ça. D’un autre côté, tout, semblait-il, avait été essayé pour le faire cadrer au cadre de l’armée, mais rien ne semblait prendre. Peut-être qu’en le positionnant de la sorte en “roi”, il comprendrait enfin. Elle allait devoir l’intégrer dans l’unité, si ce n’était pas déjà fait.
Elle était contrariée de se retrouver avec lui encore une fois, mais on ne choisissait pas qui on allait commander. Alors, elle ferait avec, en essayant d’être impartiale entre les autres et lui. Ce ne serait peut-être pas une mince affaire.

Izabel était revenue, elle posa le quart en aluminium à côté d’un autre. Elle demanda à Ravix de s’y mettre alors que Rita reprenait un peu de couleur et le contrôle de son visage. Tim en profita pour la présenter.
«Izabel Bowers est notre médecin. Elle oeuvrait au service de santé du SGC à l’époque. Je pense qu’elle pourra vous faire un retour assez détaillé de l’état de santé des hommes.»

« Capitaine. Nous sommes en train de recueillir les urines pour les procédures de survie. Je compte associer la distribution à un cocktail d’anti douleur, un anti-vomitif et un anti-acide. Des gélules pour assister le travail rénal. Et nous devrions connaître un regain temporaire dans l’heure... »
A cause de la chaleur, elle retira son casque en découvrant le massacre de sa chevelure guillotinée. Elle s’en rendit compte par le biais du regard de la texane et replaça sa protection, visiblement très gênée. Elle enchaîna pour tenter de faire diversion.
« J’aurai aimé me présenter dans de meilleures circonstances mais...si vous avez une envie d’aller au petit coin...ça n’en sera que plus bénéfique pour le groupe. Et...j’aimerai aussi vous ausculter quand vous aurez du temps. »

Pedge restait toujours de marbre. Son nez s’était plissé quelques secondes à l’évocation des mesures prises. Elles étaient logiques, mais cela ne l’empêchait pas de trouver cela dégueulasse. Le cocktail de médicaments que la toubib allait foutre dans la pisse aiderait surement à faire passer la chose, mais Pedge ne s’imaginait pas encore boire de l’urine. Elle n’avait pas encore assez soif pour ça, mais elle savait qu’une personne vraiment assoiffée se jeterait sur le liquide sans rechigner. Il n’y avait rien de pire au monde que la soif.
« Je verrai ce que je peux faire Bowers. », fit Pedge. Elle irait surement se soulager dans un récipient pour participer. Par contre, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi c’était commun. Chacun devait boire l’urine des autres ? Et pas la sienne ? C’était vraiment sale, sauf pour quelques fétichistes des golden showers dont on était loin ici bas.

«Comment vont les autres ?»
« Le caporal a retrouvé l’usage de ses mains. Et Eversman peut de nouveau se déplacer. Ca commence à aller mieux pour Danny mais il ne sera pas en état avant demain matin à cause de la sédation... »
«Ok, merci Iza.»

L’infirmière salua d’un signe de tête avant de s’éloigner et récupérer le quart de Rita. Avec le caporal, elles l’aidèrent à se mettre debout pour rejoindre la zone un peu discrète. C’était immonde, il y avait trois quart rempli d’urines et ça commençait déjà à empester. Le sergent profita de ce moment à l’écart pour terminer les présentations.
«La portée disparue s’appelle Ruth Padilla, c’est un soldat assez atypique. Elle était lieutenant-colonel dans une branche du NID. Pour pouvoir nous rejoindre, elle a abandonné définitivement son grade. C’est une experte dans l’intelligence et la création de réseau de renseignement. Elle veut rejoindre les équipes d’exploration pour moderniser notre réseau sur Pégase. Ce n’est pas une stratège ni un soldat d’élite mais ses connaissances, et ses capacités d’analyse, sont très intéressantes. Elle aurait pu vous apporter beaucoup d’informations...»

Tim soupira. Il regrettait encore de l’avoir laissé derrière lui.
«Et moi...» dit-il finalement. «Moi j’étais sergent dans l’unité SG-10 sur la Voie Lactée. Rien de bien prestigieux, au contraire. On était surtout la poubelle des missions “d'après-exploration”. Apporter ce machin, sécuriser tel VIP, transporter des plis diplomatique...A force de concours et de candidatures, j’ai fini par obtenir cette place. Mais je ne ferais d’exploration sur Pégase que si j’obtiens la certification délivrée par l’officier instructeur….Calahan en l'occurrence...»
Le silence tomba un petit moment.
«Contrairement à tous ces soldats, je suis le plus expérimenté sur les manoeuvre du Capitaine. C’est pour cela que je peux vous assurer, sérieusement, qu’il ne nous aidera pas. Nous ne pouvons que nous sauver nous-même.»



••••

by Wiise

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Elana Ravix

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le Lun 3 Déc - 23:22

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Elana était en train de seconder Will dans sa “lourde” tâche de supporter (l’humour de Will) retirer les éclats métalliques du visage de Rita (et quel plaisir de retrouver sa dextérité, même si elle réceptionnait juste dans la coupelle les morceaux…), quand il eut une annonce. Elle tourna la tête, dans la direction de Tim, qui ramenait avec lui… une femme qui aimait un peu trop les bains de boue. Mais outre la plaisanterie, même sous ses airs affreusement sales et sa fatigue évidente d'une galopade toute aussi éreintante que la leur, Elana reconnue sans mal l'une des têtes légendaires de la cité. Il avait des soldats qui avaient marqué leurs noms sur l'expédition en lettres d'or, depuis leurs arrivés, comme le colonel Sheppard, le Major Lorne… et d'autre qui s'étaient démarqués au fil des ans, ou en étant un vétéran des deux guerres contre la reine Wraiths des ingénieurs. Que des grands noms figuraient maintenant sur les listes des survivants et des “incontournables”. Des grands hommes et femmes. Même si dans la liste, il avait "le roi des branlots", avec sa propre légende bien moins fascinante. Mais au contraire d'Allen, lui s'était démarqué non pas par sa capacité à briller mais à perdre sa lumière. Pourtant, quand on y regardait de plus près, il s‘était tapé deux guerres infernales, pour tout gâcher sur la fin, n'être qu'une honte, qui aujourd'hui vadrouille en calbut en manquant de brûler sous le soleil comme une écrevisse sur un barbecue. Franchement, en y repensant, Elana trouvait que c'était du gâchis.

Enfin, qu'importe, il n'est pas l'heure de comparer l'échec militaire avec la réussite. Allen, du moins le capitaine Allen était une figure, qu'elle n'avait jamais rencontrée mais qu'elle admirait. Elle appréciait sa détermination et le pragmatisme de ses rapports et puis bon, elle était un modèle, pour toutes les femmes grises de l'armée d'Atlantis. Une jeune femme qui avait commencé avec peu de garde, pour exploser en quelques années et obtenir le haut grade de capitaine, elle était un officier prometteur et voué à voir plus grand. Comme tout officier montant, on parlait beaucoup d'eux dans les vestiaires entre “soldat” et Elana espérait comme beaucoup, que le capitaine, ne finirait pas par perdre de son plumage comme d'autres… comme stagner à un grade a responsabilité sans rien faire de plus que commander brièvement. Ou de perdre tout crédibilité. Cela arrivait, il était difficile de toujours être en mouvement et de ne pas se reposer sur les lauriers du passé. Mais les temps changent et la venue d'un capitaine ici, vétéran qui plus est, était assez flippant et à la fois impressionnant.

Pourquoi flippant ? Cela voulait dire qu'Atlantis envoyait à la formation des élites des officiers haut placé dans la hiérarchie et plus seulement des soldats d’en bas. Donc qu'ils désiraient ne plus revivre la perte des têtes pensantes comme à Normandie. Qu'ils voulaient renforcer et raffermir un peu tout le monde, pour être véritablement une élite. Il devait avoir des enjeux, bien plus grands et plus importants dans les cerveaux des huiles, pour décider de n'épargner personne au “broyeur Calahan”. Pas même des vétérans qui ont prouvés leur valeur ! C’est dire, la surprise de voir Allen ici !

Et pourquoi impressionnant ? Puisque Elana, avait espéré un jour tomber dans l'équipe de la texane lors d'une mission. Elle était curieuse de voir comment une telle personnalité pouvait être sur le terrain de voir la vraie Pedge Allen, autrement que par les rapports (les quelqu’uns généraux dont elle avait le droit de consulter sans autorisation de grade) et les histoires des hommes. Bon, elle avait effectué une mission avec le major Frei, une autre grande tête de cette cité, mais cela n'était pas pareille, pour la parachutiste qui se reconnaissait plus dans les traits de l'officier américain que l'allemande, un peu plus bureaucrate que la première. Ou simplement, parce qu'on lui avait dit qu'Allen était du genre à bourriner qu'à mettre des blâmes plus vite que son ombre. Il était si facile, d'avoir une réputation ici, Frei s'était la froideur et les blâmes, Allen, l'étoile montante qui attirait autant d'éloge que de mépris des jaloux. Et comme elle, avait expérimenté la glace, Elana aurait aimée tâter de la “patate”. Enfin, qu'importe, elle était ravie de voir un pareil officier les rejoindre, cela lui procura une source d'espoir et de force vivifiante ! Le pouvoir d'un bon leadership et surtout d'un charisme fait beaucoup et si Tim n'avait pas été aussi charismatique justement, jamais un petit sergent comme lui aurait réussi à mener une équipe aussi éreintée jusqu'ici. Ils allaient faire un bon duo.

La venue de Pedge, était donc aussi, signe que Tim laissa sa casquette de boss, pour prendre la seconde place. Seconde, place, qu'elle lui laissait avec le plus grand soulagement. Étant quelqu'un qui voulait non pas bien faire, mais faire parfaitement, Elana, redoutait les responsabilités et donc le choix de se tromper et de l'échec. Au final, s'était bien pour ça qu'elle ne désirait pas monter très haut, elle ne se sentait pas capable à l'heure actuelle et vue son âge de commander qui que ce soit. Du moins, pas de la manière dont elle le désirait. Ainsi, léguer sa place, ne lui fit rien.

Quand Tim la présenta, Elana se releva du mieux, qu'elle put sentant sa tête tourner comme dans un manège. Mais, elle s'efforça d'être sur ses deux pieds, pas de salut militaire bien entendu, mais un simple signe de tête. Toujours sobre, elle hocha la tête avec la présentation de Tim, avant de se remettre à terre, la nausée la prenait et elle mit sa main vers sa bouche, pour retenir une remontée gastrique… Cela pouvait être perçu comme un acte de fayot, mais qu'importe, elle s'était levée en signe de respect et d'admiration pour les hauts faits de cette grande dame et non pour lui lécher le cul.

Chacun continua ses présentations et les bilans. Elana reprit son travail auprès de Will et Rita. Elle devait peut-être être la seule à ne pas montrer de la méfiance envers Pedge. Bon, en contre partie, elle avait été assez agressive auprès de Matt, chacun sa peine dirons-nous. Une peine à la hauteur de ses faits.



‹c› Vanka


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Pedge Allen

√ Arrivée le : 09/11/2014
√ Date de naissance : 29/09/1983
√ Nationalité : Américaine

√ Age : 36
√ Messages : 1631
√ Localisation : Atlantis

le Mar 4 Déc - 17:33

Pedge Allen
L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Pedge laissa Tim finir sa présentation, en concluant par lui. Il avait fait un rapide topo sur la portée disparue de l’unité. Cette dernière ne devait pas être éliminée, sauf si elle avait été capturé par l’ennemi. Les règles semblaient bizarres. Quand on était touché, on ne semblait pas out, et elle se demandait s’il en allait de même pour l’ennemi. Si c’était le cas, ce serait une brave merde, parce qu’ils ne seraient jamais tranquille. Ca ne semblait pas s’appliquer à l’unité ici présente, sinon la moitié serait déjà out. Ravix, considérée comme mutilée au niveau des mains par le mortier, Monciatti qui n’aurait plus de tête à présenter à sa famille, et ceux qui avaient mangé une balle d’exercice.
Le but manifeste de Calahan était de les pousser à survivre dans les pires conditions, cela semblait aller de soi. Peu importait les blessures, il fallait continuer à avancer sans se faire chopper par l’ennemi. Ils devaient se sauver eux-même, comme l’avait si bien dit le sergent.

« Ok, merci pour ce tour de table sergent. », fit Pedge pour conclure elle aussi les présentations de Tim. Elle toisa tout le monde, estimant qu’elle pouvait faire un brin de présentation elle aussi histoire de rentrer dans le groupe : « Je suis donc le Capitaine aspirant Allen, aspirant parce que je suis à l’essai suite à une promotion. On est donc tous là dans un but à peu près similaire, et tous volontaires. Je vous laisse procéder aux mesures de survie et ensuite on va discuter de nos possibilités à court terme. », fit-elle pour ne pas couper tout le monde dans sa lancée. Elle ajouta : « Et je veux bien un quart. » Ça la répugnait vraiment. Elle qui était si maniaque, si ordonnée, ça la révulsait vraiment. Mais quand il n’y avait pas le choix… Normalement, ils devraient pouvoir boire de l’eau à court terme, mais quand ?


‹c› Vanka

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Plus on se maîtrise soi même plus on maîtrise la réalité extérieure.
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Matt Eversman

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√ Arrivée le : 08/12/2012
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le Mar 4 Déc - 17:54

Matt Eversman

L'enfer by Calahan



L’annonce du Chef de Groupe interrompit Eversman dans ses étirements. Il les enchainait depuis quelques minutes de manière à soulager les diverses tensions qui malmenaient ses cuisses. Ce ne serait pas ça qui lui permettrait de retrouver l’efficacité de ses muscles mais si ça pouvait permettre de pouvoir se remettre sur pieds et d’être opérationnel quelques temps, c’était toujours ça de gagner. Il y avait quelqu’un derrière le Sergent, une silhouette au combien connue. Les sourcils se froncèrent alors que les syllabes de son nom de famille lui échappaient dans un murmure. Il crut tout d’abord à une hallucination, son esprit assoiffé lui jouant des tours mais Tim confirma bien l’identité de la nouvelle venue.

Il l’avait fui pendant le dernier mois ne cherchant jamais à rester dans une pièce où elle était ou elle arrivait et il fallait maintenant que Pedge Allen le retrouve dans ce trou paumé. Certes la mesure d’évitement n’était plus, Steven Caldwell ne pourrait l’attraper par la peau du cou et l’envoyer directement en cellules. Les reflexes ayant la vie dure, le Ranger semblait prêt à se remettre sur pieds pour s’éloigner. Encore fallait-il que ses jambes puissent le porter de nouveau ? ça semblait aller mieux mais il n’en serait sûr qu’après avoir tenté l’expérience.

Matt ne la quitta pas du regard. Il connaissait Pedge Allen, l’officier tout comme la femme qui se dissimulait derrière ce masque de boue. Il savait ce dont elle était capable. Leur relation avait beau évolué depuis leur première rencontre passant de texane lécheuse de bottes à sœur d’arme puis à âme sœur avant d’être finalement la Chef de l’escouade Normandie. Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, beaucoup de choses avaient aussi changé maintenant. Il n’était plus Sergent-Maître ni même membre de l’expédition, juste aspirant alors qu’elle avait été promue Capitaine. Il avait sombré alors qu’elle s’était révélée. Matt n’était pas ravi de la voir débarquer ici. D’une certaine manière, Pedge lui rappelait ses échecs. Il ne pourrait agir de la même manière avec elle présente, il lui faudrait redoubler de méfiance. Après c’était un renfort de choix. Fiable, costaud et qui saurait mener le groupe. C’était toujours mieux elle qu’une pleurnicheuse ou bien un capable de mettre du C4 sur une position de repli.

Les présentations débutèrent. Le regard du Ranger n’avait toujours pas dévié. Il redoutait les mots du chef sur sa personne tout comme la réaction de l’officier. Tim se contenta de faits omettant tout jugement, il en fut soulagé et répondit au signe de la tête d’Allen. Il vit son regard monter vers cette couronne. A ce moment précis, il aurait aimé l’attraper et la jeter le plus loin possible, voir peut être même l’enfiler sur la tête de Calahan mais se contenta de serrer les dents et attendre douloureusement que les secondes s’égrènent en baissant les yeux. Pedge Allen était maintenant avec eux, qu’il le veuille ou non, il devrait s’y faire. Un soupir s’échappa de ses lèvres comme s’il l’acceptait.

La mission reprenait, la collecte avec. Côté mec, il restait Danny et le Sergent. Concernant le premier, il n’était pas sûr que ce soit une bonne idée vu qu’il délirait et était toujours soumis à une belle dose de morphine. Il en toucherait deux mots à Iza mais avant l’un des derniers quartiers vides fut attrapé et il tenta de se remettre sur pieds se tenant à l’environnement avant de finalement lâcher ce qui lui servait d’appui.

« Cool.. » Lâcha-t-il dans un murmure, rassuré de retrouver un peu de mobilité. C’était au moins un bon point dans ce déluge de mauvaises nouvelles. Le Ranger tenta quelques pas gardant une main prête à aggriper ce qui lui tombait sous la main en cas de défaillance.

« Sergent ? » Annonça-t-il. Une fois l’attention du désormais second du groupe obtenue, il leva le récipient de manière à le rendre plus visible et eut une moue presque d’excuses. Lui aussi devait passer par ce moment gênant.

Ce capitaine lui laissait une bonne impression.
Tim pouvait encore s’estimer nouveau malgré ses quatre dernières manoeuvres avec Calahan. Hormi ce diable, il ne savait des autres officiers que des bruits qui circulaient sur eux, des noms. Etonnament, celui d’Allen n’en faisait pas partie et il ignorait complètement son historique. Concernant sa promotion, il se décida de ranger précieusement la question dans un coin de sa tête et d’attendre de pouvoir la cerner avant de se lancer dans ce genre de familiarité. Brass espérait simplement ne pas avoir récupéré le pendant féminin de Calahan.

Ses premières réactions étaient agréables à entendre. Allen participerait, elle maintenait les précédents ordres et évitait une ingérence directe. Le sergent trouvait qu’il avait encore beaucoup à lui dire mais l’intervention d’Eversman l’en empêcha. Ce n’était pas si mal en fin de compte, Tim ne voulait pas se planter et avait besoin de remettre un peu d’ordre dans son esprit. La soif ne le mettait vraiment pas au top de ses moyens et il considéra le quart que son subordonné déchu lui tendait.
Le sergent prit le contenant avec un hochement de tête en guise de remerciement.

« Merci Eversman. Capitaine, si vous me permettez... »

Tim s’éloigna en laissant Matt et Pedge seul à seul. Il ne savait pas qu’ils se connaissaient et, en même temps, il n’y réfléchissait absolument pas. Le sergent prit ses distances, comprenant au passage que personne n’avait dû s’occuper de Danny et il nota ça sur ses tâches supplémentaires.

Le Sergent parti remplir le quart, il ne restait plus que Pedge pour lui tenir compagnie. Ce n’était pas pour lui plaire. Le tête à tête s’imposerait. A un moment ou à un autre, il faudrait crever l’abcès. Pas sûr que maintenant soit le moment idéal. Elle venait à peine de rejoindre l’équipe et lui venait à peine d’encaisser la nouvelle et surtout l’intégrer. Pedge dans l’équipe, ça changeait pas mal de choses. C’était un officier mais aussi une personne qui le connaissait fort bien. C’était peut être ça qui l’effrayait le plus. Elle connaissait de quoi il était capable, du pire comme du meilleur. L’hésitation était là, la crainte aussi. Le regard du Ranger papillonnait entre le Néocapitaine et l’environnement comme s’il cherchait un échappatoire.

Pedge n’avait pas grand chose à raconter à Eversman. En réalité, elle préférait largement économiser sa salive, car elle avait déjà la bouche sèche. Ils ne s’étaient pas vraiment revus, si ce n’était en coup de vent, depuis la guerre. Elle observait toujours cette couronne, constatant que des mots étaient écrits dessus, comme celui de fraternisation, d’insubordination, et d’autres encore. Elle se mordit la lèvre inférieure, trouvant que c’était un peu trop pour le ranger, et que cela devenait limite personnel. Aussi préféra-t-elle observer autre chose. Elle n’aimait pas ce moment de flottement, et elle trouvait que la troupe ressemblait à tout sauf à un groupe en manoeuvre. Bref, elle était en train d’observer, histoire de se faire une idée réelle de ce dans quoi elle était tombée.

Les secondes s’égrènèrent, la suivante bien plus longue que la précédente. Le Ranger finit par soupirer ne sachant comme se sortir de cette situation. Il n’était pas d’humeur loquace, pas avec elle en tout cas. Le malaise était palpable. Nul doute qu’un regard tournait dans leur direction comprendrait qu’ils n’étaient pas de simples inconnus ? On aurait dit la réunion de deux ex qui s’évitaient pour ne pas déclencher quelque chose de déplaisant.

Pedge lâcha un soupir elle aussi. Elle avait autres choses à faire que d’attendre bêtement que les secondes passent et qu’on daigne s’intéresser à elle une nouvelle fois. En tant qu’officier, elle devait prendre sa place, et ce ne serait pas en restant en retrait. Elle était un peu larguée par la réception des militaires ici présents. Jamais elle n’aurait laissé en plan un officier de la sorte, sans se mettre au rapport ou sans demander des directives. Ça faisait un peu les mecs qui n’en avaient rien à foutre pour le coup. Soit ils étaient tous au bord d’une mort certaine tant ils avaient soifs, soit elle se taper encore la crème de la crème. Finalement, elle attrapa un quart, et elle se dirigea vers un coin pour contribuer aux mesures de survie.

La voir s’écarter sans dire mot le soulagea. La confrontation attendrait, ce n’était pas le bon moment. Aucun des deux ne l’avait senti et chacun était parti de son côté. Lui était parti retrouvé les blessés essayant de profiter des derniers moments de répit pour se reposer un peu.


Tim venait de terminer la sale affaire et revenait en direction du médecin de l’unité. Il s’approchait tout en la regardant étrangement, la trouvant comme “éteinte” et s’inquiéta rapidement pour elle. Izabel se tenait agenouillée devant les différents quart d’urine, les mains encore enfoncées dans son sac, mais elle regardait droit devant elle. Son regard était perdu, elle ne bougeait plus au point qu’on l’aurait cru morte. Sur le moment, Tim cessa d’avancer et l’observa. Il craignait que son état ne l’empêche de continuer son boulot et ils avaient tous désespérément besoin d’elle pour tenir.

Au début, il voyait quelque chose goûter depuis son visage. Il songea tout naturellement à quelques larmes silencieuses avant de se rappeler que c’était impossible. La soif était telle que les pleurs se faisaient sans la moindre humidité. D’ailleurs, c’était plus sombre et poisseux. Tim se décala un peu et son coeur fit un bond en découvrant que c’était du sang. Izabel saignait du nez et elle ne s’était rendue compte de rien.
Doucement, le sergent s’approcha et s’agenouilla à côté d’elle. Il posa le quart à côté des autres, la forçant à un retour à la réalité qui la fit sursauter.

« Hé... » fit doucement Tim en posant une main sur son épaule. « Tu tiens le coup ? »
« Oh...oui...chef. » Elle renifla puis se passa un revers de main. Bowers ne tarda pas à y découvrir son sang.
« C’est normal. »
« Tu es sûre ? »
« Oui. Oui, j’ai toujours été un peu sensible au niveau du nez. Ca va aller... »

Le sergent augmenta la pression de ses doigts sur son épaule pour lui transmettre sa compassion, ses encouragements, puis il se redressa pour aller s’occuper de Danny. Iza lui empoigna brusquement le pantalon pour l’empêcher de s’en aller.

« Vous avez promis ! »
« Je tiens toujours mes promesses, Izabel. Soit sans crainte. »

L’homme avait essayé d’adopter un ton confiant mais sa voix rauque ne s’y prêtait pas. Alors il lui sourit avec chaleur et sincérité. Le médecin acquiesça avec sa figure à moitié ensanglanté puis reprit son travail. Tim profita d’être dans son dos pour attirer l’attention de Ravix et de lui faire un signe. Il voulait qu’elle soit près d’elle, qu’elle la surveille et ne la laisse pas seule. Ce saignement était peut-être “normal”, il n’en restait pas moins inquiétant pour lui. Le visage de Rita était à nouveau Humain, un sourire franc sur les lèvres d’Elana et une tape sur l’épaule de l’Italienne et elle se leva, pour rejoindre Tim qui demandait sa présence. Son regard coula sur Allen, qui était partie faire sa contribution. Ravix était la suivante elle le savait que trop bien. Elle s’agenouilla vers Iza.


Pendant que Tim allait convaincre Danny de participer également, allant récupérer son quart dans ses affaires et l’aidant à s’acquitter de cet acte potentiellement humiliant, Izabel déposa son casque militaire sur le sol et à l’envers.
Elle tenta d’enlever la garniture en cuir mais ne parvint qu’à s’énerver davantage.

« Faut pas passer par là... »
Will avait suivi Elana et il avait été discret ! Il n’avait pas envie de rester dans son coin à ne rien faire et rien que l’idée d’apporter son aide pour retirer la garniture d’un casque lui allait. L’homme se sentait faible mais surtout inutile. Comme un nuage noir qui le suivait et qui occultait le fait qu’il avait rendu à Rita un visage humain, le soldat du génie se sentait mélancolique et triste. Sauf...quand il parlait plus spécifiquement avec Ravix. Il en voulait plus de cette interaction et, dans son humour, il passa une jambe par-dessus l’épaule de la Française agenouillée pour la dépasser. Une sorte de saute-mouton très maladroit et malvenu vu l’état de chacun.
Elana sursauta faiblement en voyant l’homme lui passer par-dessus. Elle avait serré les poings soudainement, comme pour se protéger de quelque chose. Prête à frapper. Mais son geste était retenu et elle lâcha très vite prise quand elle constata que c’était Will. Elle espérait que personne, n’avait vu ce geste de défense très rapide, personne ne savait que dix jours avant, elle était en enfer, un autre enfer, nue, torturée et avait violée par un barbare. Et elle en gardait une certaine appréhension du contact, enfin des surprises « par derrière » comme venait de faire Will. Elle ne dit rien de plus, serrant la mâchoire, pour chasser l’image de Gorah essayant de la forcer…

Sandoval ricana dans sa barbe et s’installa devant Elana, lui piquant sa place aux côtés d’Izabel. Cell-ci le laissa faire, elle s’était un peu écarter, comme pour calmer sa peur et reprendre pleinement le contrôle de son myocarde. Will prit le casque et passa les doigts entre les différentes lanières pour défaire l’attache.

« Ca me donne une idée. Je peux le garder ? »
« Tu veux t’en faire un collier ? »
« Mieux ! »
« Une bague de fiançailles pour Ravix ? »
Une quoi ? Elana coula un regard vers Will. Elle était bien la seule à n’avoir rien remarquée, pour ne pas changer. Et elle prit cela sur le fait que les gens décident de le charrier depuis le début car il dragouillait Rita et elle en début de manoeuvre. Elle ne disait rien, elle se leva doucement, pour réceptionner un quartier et faire sa contribution aussi.Ainsi, elle s’éloigna, laissant Will répondre.

La blague le sécha net.
Will passa son regard par-dessus son épaule pour voir la jeune femme et se sentit piquer un fard. Il arracha le cuir du casque et le plaça à l’envers. L’instant d’après, il s’était sauvé en maudissant son manque de répartie et d’être aussi lisible. L’homme ne se sentait pas capable d’assumer ouvertement que, oui, elle lui plaisait bien la gauloise chevaucheuse de sanglier. Même si parfois elle était pas des masses cohérente dans son comportement. Un brin tarée pour vouloir se friter avec un cochon sauvage...mais ça participait au charme particulier.
Non, non, il valait mieux s’enterrer dans le boulot. En revenant près de son sac tout en étudiant l’état du cuir et de son agencement, son esprit était en train de monter un plan, faisant intervenir différents outils et mécanique qu’il détenait dans son paquetage. L’homme finit par sourire et chercha Everman du regard.

« Hé ! Une couronne qui s’attache au menton comme un casque militaire, ça te dit ? »
Amusé par le nouveau petit défi qu’il s’imposait. Voyant là une bonne diversion tant à la soif qu’au malaise que lui avait imposé Izabel, le canadien fit un signe à Matt pour qu’il le rejoigne. Il était certain qu’il apprécierait de pouvoir se débarrasser de ces bandages qui lui donnaient l’air d’un échappé d’asile et qu’il serait bien content de pouvoir sangler la couronne comme un casque militaire.
« Et comment ! » Répliqua aussitôt le Ranger qui avait plus que hâte qu’une solution soit trouvée.
« Tu me files un coup de main ? »
« Oui » Dit-il avant de se mettre en mouvement afin de réduire la distance les séparant. « Je t’écoute. » Annonça-t-il tout en s’installant à ses côtés avant d’attaquer le bandage qui maintenait son trophée en place.
« Hé ! T’excites pas !!! » Fit-il amusé en ouvrant son sac et en déposant divers trousses d’outils et de produits. Il ouvrit l’une de ces petites sacoches pour en sortir des ciseaux et couper les bandages.
Will récupéra la couronne qu’il dégagea de la gaze puis l’observa. En mettant en évidence le morceau de cuir par-dessus, il fit quelques calculs puis se dit qu’il allait faire un truc de dingue. Tant qu’il y avait du temps à tuer, que ça lui permettait d’éviter de penser qu’il allait bientôt boire de l’urine, et qu’il pensait pas ça : banco !

« Ok. Tu vois cet élément central qui fait office d’amortisseur ? Je vais le mettre sur le dessus de ta couronne. Je vais couper le brelage qu’il y a autour et le réadapter à la taille sphérique. »

Sous son regard, Will s’exécuta rapidement en découpant le cuir en deux parties. Il prit le brelage qui finissait par la sangle de menton et la présenta autour de la couronne. Sa façon de procéder et son agilité démontrait son habileté technique. Will était dans son environnement et il prenait presque plaisir à inventer la première couronne qui se sanglait comme un casque. En gardant d’une main la position initiale, il prit un marqueur noir et plaça des repères tout autour du cercle. A chaque lanière de cuir coupée, il plaçait l’endroit où il devait être collé au métal.

Une fois fait, Sandoval donna le tout à son frère d’arme. Il retira de son matériel une ampoule en verre munie d’une pipette.
« T’as des mains de chirurgien ou tu trembles comme une mémé ? »
Attentif, Eversman était resté immobile et silencieux observant les différentes manipulations du génie. Il avait une vague idée de ce qu’il désirait faire mais ne voyait pas vraiment comment il allait y parvenir et chercha par conséquent à ne pas le déconcentrer. Il marqua néanmoins son étonnement lorsque ce dernier l’interrogea.
« Je suis plutôt doué de mes mains » Finit-il par déclarer avec un petit sourire ne précisant pas ses pensées.
Will tiqua en relevant ce sourire puis détourna le regard vers les filles de l’équipe. Il finit par hausser les épaules en murmurant :
« Ok...tant que tu touches pas à la Française, ça me va ! »
Il sourit à son tour.
« D’ailleurs. Tu sais comment ça se drague les camemberts toi ?!? »
« Crois moi. Oublie de suite les militaires. » Répliqua-t-il immédiatement. Fraterniser lui avait amené tant d’ennuis que c’était gravé au fer rouge chez lui maintenant : ne plus s’attacher à celles qui portent des plaques militaires.

Cette réponse l’avait saisi sur le moment.
Will chercha du regard le terme “fraternisation” qui figurait plusieurs fois sur la couronne et ne pu s’empêcher.
« Ca s’oublie facilement ? » Demanda-t-il sur le ton de la confidence.
Il était peut-être indiscret mais pas injurieux dans ses propos.
« Pas le choix de toute manière... » Finit-il par déclarer après une expiration un peu plus longue. Forcément des images lui revenaient en tête, plutôt plaisantes avant que la figure imposante de Caldwell ne s’impose faisant virer ces moments au cauchemar. « Oublie Ravix. ça vaut mieux pour toi et pour elle. » Conseilla-t-il tout en effectuant du regard un aller retour entre la française du groupe et son interlocuteur.

Sandoval attendait la suite.
Mais rien ne vint. Il plaça l’ampoule dans les mains d’Eversman tout en sifflant.
« Et ben. Quel bavard. »
Il lui envoya un coup de coude pour lui rappeler qu’il le chariait et décida de changer de sujet. Lui qui cherchait une forme de soutien, quelques conseils, venait de se casser les dents bien comme il faut. Après, le type était l’exemple même de ce qu’il risquait s’il se mettait à courir la Française. N’empêche, il ne parvenait pas à se faire à l’idée de laisser la collègue sans la dragouiller un peu. Le coup du Canada vs France l’avait bien fait marrer. Bref ! A réfléchir. Eversman aurait dû le refroidir plus que ça parce qu’il n’avait pas envie, dans le fond, de se cadrer à cette règle qu’il trouvait stupide. Même sans sortir avec une militaire de sa section, des collègues pouvaient être si proches que ça en reviendrait au même non ?

Will se racla la gorge puis montra l’ampoule du doigt.
« Bon...bon. La superglue, ça marchera pas avec les contraintes qu’on fera subir au cuir. Ca, c’est de la résine qui sèche et se solidifie au contact de l’air. Donc n’en mets pas sur toi. Colle chacune des lanières sur les repères en veillant bien à recouvrir l’ensemble. Moi je m’occupe du reste, ça te va ? »
« Ravix est incluse dans le reste ? » Après lui avoir adressé un regard amusé, le Ranger se mit au travail essayant de s’appliquer dans la tâche confiée.
« MAIS CARRÉMENT ! T’as pas vu son c... »
Will n’alla pas plus loin et regarda le plus discrètement possible par dessus son épaule. Il s’était attendu à ce qu’une main italienne lui frappe l’arrière du crâne avec violence mais non. Il était assis avec Matt en train de discuter nana et ils profitaient d’une certaine intimité. Tout en préparant l’autre partie du cuir, Will secoua la tête en signe d’approbation, comme s’il acceptait d’en livrer plus.
« Elle a un croupion d’enfer cette nana. Ouais, d’ailleurs, Calahan l’avait gaulé en train de s'entraîner en legging dans une salle truffée de mâles en sueur. Tu sais ce qu’il a fait ? »
Un sourire un peu benêt lui vint.
« Elle a passé les deux semaines suivantes en exercice militaire avec obligation de porter cette tenue. J’ai loupé ça Eversman. J’ai loupé ça !!! »
Tiens Ronchon n’était donc pas une militaire modèle, elle était capable de ne pas tout faire bien. Certes c’était exagéré. Un leggings était bien plus adapté à une activité sportive en salle qu’un treillis mais bon c’était du Calahan. « Tu m’as, moi, en calbut. ça te suffit pas ? » Répliqua-t-il amusé avant d'enchaîner avec autre chose. « Imagine ce que tu vas prendre s’il te voit tenter quelque chose avec. C’est pas en calbut que tu vas finir… À poil à observer le drapeau. »

« Mais si ça vaut le coup ? » Insista-t-il. « J’veux dire. Bon. Si jamais je prie le bon Dieu et qu’elle est à moi quoi. Sérieux, regarde. C’est la gonzesse fatale, assoiffée elle trouve encore le moyen de faire sa protectrice. Moi, j’ai la gueule gercée, les lèvres qui pètent et des envies de m’enfiler un océan. »
« Non mais tu es amoureux ou quoi ? » Les gestes furent stoppés pour croiser le regard du Canadien. « Tu prendras ton pied pendant un quart d’heure et tu en prendras pour des semaines de galère. Elle aussi… C’est toi qui voit. »
« J’peux pas être amoureux, j’la connais que depuis quelques heures !!! » Tenta-t-il maladroitement. Il haussa les épaules. « Je dis juste que c’est super frustrant de regarder ailleurs juste parce que c’est une militaire et moi aussi. »
« Je sais bien... » Il soupira de nouveau. L’envie de jeter un regard vers Pedge était là mais il s’évertua à ne pas céder.
Will marqua un temps de silence avant de relever un élément.
« Hé...t’as parlé de ton expérience perso là, non ? »
« Pourquoi tu crois que j’insiste, Andouille...Mais cherche pas, tu auras pas les noms. »
« “Les” noms. Ahaha...tu fais pas les conneries à moitié toi ! » Fît-il en riant. Il reprit son travail.
« Donc pour toi, ça valait pas le coup ? »
« C’était sympa. » Fit-il avec un sourire échangeant un regard complice avec lui. « Mais ça vaut pas le coup. Trop risqué. »
« Un risque excitant. Hé, tu sais que tu me convaincs pas du tout de lâcher l’affaire... »
C’était surtout pour le charrier, l’emmerder. Will était sur le point de finir ses raccords.
« Fais en sorte que les sangles soient adaptables. On sait jamais que tu la récupères. »
« Tant qu’on me dégrade pas en public pour un coup de kekette. POUAHHHHHHHHHHHHHH ! J’t’ai séché !! »
Will était fier de lui. Il en sautillait presque tout en présentant son morceau de cuir “amortisseur”.
« Tu as terminé ? »
« Presque. Il y a un type qui me déconcentre. » Quelques points de résine supplémentaires et le travail était achevé. Il vérifia qu’il n’avait rien oublié avant de le présenter au Canadien hilare. « Pourquoi un seul coup ? » Renchérit-il avec un sourire. ça faisait du bien de pouvoir échanger, de parler de tout ça librement.

Le génie Canadien trouvait que c’était du bon boulot.
Il entreprit de joindre les deux pièces de cuir dissociée avec du fil provenant de son équipement. Le genre bien solide, renforcé, qui lui permettait de faire correspondre l’amortisseur avec une hauteur donnée. Il répondit avec un large sourire, bien embarquée dans la déconne un peu charnelle.
« Ah nan. Moi je fais pas le clébard. La qualité tricolore, je suis sûr que c’est inégalable à la quantité fade. »
Et il insista bien sur le dernier mot histoire de l’accuser d’avoir des goûts fades. Nouvelle provocation bon enfant. Will plaça une ou deux fois la couronne sur la tête de Matt en l’enfonçant légèrement. Il vérifiait les sangles mais surtout sa façon d’unir les deux parties de cuir.
« Qui te dit que je n’ai pas fraternisé avec une française ? »
« Parce que tu m’aurais dit que ça valait le coup ! »
« Française, Canadienne… ça vaut pas la peine. » Hop un petit taquet pour son ami nord-américain.
« Parce que t’es un dépressif ! »
« J’ai dû écouter trop de Céline Dion. »

ET PAF !!!
Une claque derrière le crâne surpris Will au point qu’il en perdit la couronne. Ses tentatives maladroite pour la rattraper se soldèrent par un échec et il se retourna vers le coupable, craignant sur le moment d’avoir été entendu par une Ravix qui n’aurait pas apprécié. Mais c’était en réalité l’italienne qui le regardait calmement.
En réponse, Will ouvrit les bras comme s’il lui demandait silencieusement “MAIS QUOI ??? QU’EST CE QUE J’AI FAIS ???”
« Je suis persuadée que c’est mérité. » lui dit-elle amusée. Elle reprit son sérieux et regarda Matt. « On se réunit autour de la marmite à pipi pour l’épreuve ultime. Ne trainez pas. »
Will la regarda tourner le dos et s’éloigner. Il se massait encore l’arrière du crâne en faisant la grimace.
« N’empêche, ça vaut le coup ! » Lâcha-t-il, buté.
Il reprit la couronne et termina les quelques réglages avant de la tendre à son compagnon.
« Ok, essaie là comme un casque et dit-moi... »
En bon exécutant, le Ranger la mit en place faisant quelques mouvements pour mettre à l’épreuve les sangles. La couronne semblait bien en place. C’était du bon boulot et ça risquait de bien améliorer son confort. Une belle preuve de l’amitié naissante américano-canadienne.
« Merci, Will. » Cela lui valut une tape sur l’épaule.
« De rien. Prochaine étape : le philtre d’amour... » décona-t-il en réponse.
Il ramassa ses affaires pour les ranger, plutôt content de son travail. Il se redressa ensuite un peu trop vivement, la soif se rappelant à lui et manquant de la faire retomber sur les fesses. Will écarquilla les yeux et chercha son équilibre en battant des bras. Lorsqu’il fût stabilisé, il regarda Matt et déclara :
« Tant pis. Je bois ce qui se boit, point final. »
L’assurance n’était pas la même du côté de l’aspirant. Il aurait aimé être aussi décidé que le Canadien. Oui il fallait boire ce qu’ils avaient mais ce n’était pas aussi facile que ça. Il n’avait pas hâte d’y être et traîna davantage les pieds jusqu’au lieu de réunion appréhendant la suite.



@ pyphi(lia)

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Elana Ravix

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le Mer 5 Déc - 17:48

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


En parallèle, Izabel était en train de chercher dans son sac. Will partit, elle échangea un regard malicieux avec la Française, Elana avait secouée la tête indignée par cette fuite subite mais aussi amusée. Elle adorait le chahuter avec son attirance pour Ravix, ça se voyait comme le nez en plein milieu du visage. Hélas, ces petites récréations étaient de courtes durées et il fallait faire un travail détestable. En son for intérieur, Izabel remerciait Elana de ne pas avoir tourné les talons après lui avoir souhaité bon courage.

La toubib soupira en découvrant qu’elle avait oublié sa pâte mentholée et sortit de sous son gilet tactique un paquet de cigarette. Elle en brisa une pour s’enfoncer les morceaux de tabac dans le nez et faire le fameux effet “pince à linge” version nicotine sous les effluves d’urine. C’est avec un maigre sourire qu’elle proposa une cigarette supplémentaire à Ravix pour qu’elle puisse se protéger de la même façon.

Sur le coup Elana avait regardé d’un air étonné la manoeuvre de la toubib… elle allait refuser la cigarette pour lui dire qu’elle ne se noircissait pas les poumons quand elle trouva que l’idée n’était pas mauvaise sur le coup. Elle refit les mêmes gestes pour s’enfoncer les tampons de filtre dans les narines. En relevant le regard vers Izabel elle eut un petit rire, mélange de nervosité de fatigue et puis fallait avouer que ça donnait une sacrée tête…
« Tu fumes ? » sinon pourquoi, aurait-elle un paquet dans le fond de son sac ? A moins que ça soit par tradition “la dernière clope avant de mourir” …
« Non, je les mange. » Répondit-elle taquine.
« Et c’est bon ? » Lança Elana avec un faible rictus surement taquin, même si l’image de celui-ci n'était pas aussi parfait que celui d’Iza.
« Tu essaieras après les avoir retiré de ton nez. Allez...c’est parti... » Elana lui fit une moue en retroussant le bout de nez.
« Haut les coeurs...» Affirma Elana qui était plutôt positive. Du moins essayait de l’être pour ne pas se laisser abattre par la tâche des plus dégoûtante. Son but était de motiver chacun et aussi de garder de l’espoir, l’espoir elle l’avait retrouvée avec la présence de la capitaine qui l'intimidait soyons clair. Alors, elle se devait de redonner un peu foi à chacun. D’ailleurs, peu de personne lui avait adressé la parole, son geste de respect avait été passé inaperçu… mais soyons clair, personne n’allait venir au garde a-vous devant l’officier dans leur état et tout le monde avait une tâche à faire. Chacun savait ce qu’il faisait et Tim était le centre de communication envers le nouvel officier, il devaient s’entendre à deux avant que les soldats viennent prendre des ordres.

Le casque à l’envers était cerné de pierres pour ne pas se renverser. Bowers y versa consciencieusement les quarts les uns après les autres, mélangeant les urines tout en réprimant un air fortement dégouté. Avec un petit bâton, elle mélangeait doucement comme si elle était en train de vérifier une soupe en cours de cuisson.

« Tu viens de sacrifier ton casque… Tu comptes le remettre après tout ça ? » demanda Elana, cette question lui taraudait l’esprit depuis qu’elle l’ai vu laisser Will le désosser.
« Je m’en trouverai un autre. » Confia-t-elle.
« Tu prendras le miens sinon. » proposa t’elle.
« C’est gentil mais pense à toi. Moi je me mets à couvert et je me cache. Tim a été super clair là-dessus. Toi ce sera pas le cas. »
Elana ne répondit pas, mais elle lui fit une tape sur le bras, en hochant la tête. Elle penserait à son casque et donc à elle.

La jeune femme avait sorti tous les éléments nécessaire. Elle plongea une sorte de languette en papier qui se teinta d’une couleur précise. La concentration d’urée, et donc de déchets de l’organisme, y était importante. Trop pour elle. Il allait falloir tout mettre. Faisant un signe à Ravix, Iza versa les autres quarts qu’elle lui tendit. Y compris la participation récente du capitaine. Elle réitéra son test. C’était mieux mais il n’était toujours pas concluant.

« Elana. Tu veux bien prendre ces comprimés que tu vois là et me les réduire en poudre ? Je dois continuer de mélanger tout ça si on veut garder nos reins. »

L’odeur était infecte. Et elle était plutôt contente de ne pas connaître toutes les saveurs grâce aux filtres dans ses narines. Boire ça allait être une nouvelle épreuve car même si la soif était horrible… Elana devait quand même reconnaître que boire la pisse des autres et même de la sienne c’était quand même une étape assez douloureuse niveau égo humain. Comme, dans un couple, quand on commence à faire son affaire la porte ouverte et que la pudeur de la commission ne dérange plus les deux partenaires.
D’un hochement de tête, Elana exécuta le souhait d’Iza, prenant la crosse de son pistolet, qu’elle avait essuyé du mieux qu’elle put pour réduire en poudre les médicaments, disposé sur un film de protection transparent.

Bowers travailla comme ça un petit instant dans un silence gênant. Gêne qu’elle était seule à ressentir, pour Elana, c‘était une question de survie après tout, elle s’était faite à l’idée même si elle redoutait le moment de boire et puis le silence ne l’avait jamais dérangée. Elle avait envie de parler avec Elana, lui confier des petits trucs. Bref, échanger pour oublier la galère dans laquelle ils étaient et le fait qu’ils mourraient à petit feu de déshydratation.
Ne sachant quoi dire sur le moment, la jeune femme se rappela d’une expression que sa soeur lui disait souvent : “Dis-le comme ça vient”.
De toute façon, qu’est ce qu’elle risquait ?

« Plus jeune, je me croyais au top niveau. Je suis devenue médecin spécialisée prématurément. J’ai sauté des classes. J’adorais la concurrence avec les plus vieux de ma promo. Ma soeur bossait déjà en ce temps là. C’est elle qui m’a fait passer des concours sans me dire de quoi il s’agissait. »
Elle sourit, nostalgique.
« Tu ne le regretteras pas ! Elle me disait ça tout le temps. Quand j’ai été admise dans le Programme Porte des Étoiles, j’ai d’abords cru à un gros canular. Ma soeur est très farceuse alors j’ai eu des doutes. »
Izabel pouffa.
« J’ai ri au nez de l’officier référent, je lui ai dis qu’il était une buse en drague. Mais...tout était vrai. » Elle haussa les épaules. « Izabel Bowers. Médecin au service de santé du SGC. Ca claque non ? »
« Les titres, ça claque toujours. » affirma Elana.

Mais le sourire de la jeune femme s’était évanoui.

« J’ai vite déchanté. Au début, il y avait plein de trucs nouveau à apprendre. Des maladies impressionnantes que les soldats pouvaient ramener d’autres planètes. Je n’étais jamais fatiguée d’intégrer toujours plus...mais au final...mon boulot ne se limitait qu’à deux mots. »
Son regard bifurqua sur la Française. Izabel était triste mais essayait de le dissimuler. C’était difficile...
« Apte ou pas apte. » fit-elle d’une voix cassée.

Pourquoi se livrait-elle comme ça ?
Parce que cette militaire avait essayé de la protéger quand ses cheveux dépassaient ? Qu’elle avait été bien mignonne d’appeler ça des crins de licornes ? Ou parce qu’elle se rappelait d’un soldat lui ressemblant étrangement et qui avait perdu quatre dixième à chaque oeil. Une exploration sur une planète “miroir” qui reflétait une quantité phénoménale de lumière. L’aventurière avait ramené un de ses collègues suite à un accident malencontreux et elle avait perdu ses lunettes de protection au voyage, se brûlant la rétine.
Intraitable. Inopérable. Izabel s’en souvenait comme si c’était hier.
Elle tenta bien de jouer sur sa respiration pour se calmer mais elle avait du mal. Se confier à Elana, qui ressemblait étrangement à sa patiente, c’était comme une demande de pardon.

« Elle te ressemblait beaucoup tu sais ? J’ai brisé sa carrière et sa vie d’un simple coup de tampon sur son dossier. »

Comme à son habitude, Elana releva un peu le regard vers Iza tout en continuant sa tâche. Elle lui apportait une écoute attentive et totale. Elle ne savait pas pourquoi iza se confiait ainsi, mais cela lui fit plaisir, une marque de confiance à laquelle la française était très sensible sous ses grands airs de machine. Elle ne coupa nullement la doc dans son récit. Finalement les grands rêves avaient été décevants, un simple apte ou non… où était l’intérêt de faire de grande études pour sauver les gens et n’être qu’un simple médecin du travail ? Même ça avait l’air plus passionnant que ce qu’elle faisait au SGC. Apte ou pas apte, les mots qui soulageait et à la fois brisait. Les mots que les militaires désirent entendre et à la fois non pour le “non apte”. Et ces mots, allaient sûrement être prononcé à leur retour sur Atlantis. Et vu leur état, il pourrait y avoir des “non apte”. Cela révulsait Elana… tout gâcher sur une manœuvre de l’enfer… une forme d’injustice et de colère. Mais, ils en étaient pas encore là et ils verront à la fin.
La question d’Iza la prit de court, elle avait suivi des propos, mais en aucun cas, elle avait mentionné quelqu’un de spécifique, qui pourrait lui ressembler.
« Qui donc ? »
« Un soldat comme toi. Courageuse, forte, motivée. Mais son corps n’a pas pu suivre...j’ai dû la réformer. »

Elana hocha la tête… c'était une de ses peurs, que la limite de son corps brise sa carrière. Mais cette peur, tous les militaires l’avait.
« Tu sais se qu’elle est devenue ? »
« Ben...j’ai voulu me rapprocher d’elle. Je ne savais pas trop ce qui me prenait, peut-être le désir de me racheter. On a sympathisé pendant un temps, elle s’est retrouvée à l’administratif de l’Air Force. »
Elle haussa les épaules.
« Ca ne pouvait pas tenir. Ce n’est qu’avec le retrait que je comprends à quel point j’ai été naïve. J’étais son bourreau. »
Izabel soupira.
« Elle en a profité pour porter plainte à la police militaire et essayé de leur faire croire que je touchais des pots de vins pour faire passer ou refouler des candidats. J’ai été pas mal de temps ennuyé et ça s’accumulait avec pleins d’autres problèmes. »
Son regard monta sur la Française et elle ajouta :
« Quand ma soeur est partie, j’ai cru devenir folle. J’étais sur le point de retourner à la vie civile quand j’ai eu ma validation pour la candidature à l’unité Calahan. J’étais désespérée, je postulai sur n’importe quoi pouvant m’amener sur Atlantis... »
Elana était choquée par cette révélation… elle trouvait cela tellement abusé … porté plainte sur un mensonge, elle voulait se venger et cela était bien bas… Même si elle porte responsable la doc d’avoir brisé sa carrière, ce n'était pas une raison pour lui faire la même chose. Dans la vie, faut savoir juger justement et non entrainer les autres vers le bas, parce que vous, vous êtes malheureux. Quand à Iza, elle rigola.

« Je dois dire que j’ai été très séduite. Espérer décrocher une place dans une équipe d’exploration si j’ai la certification, c’est répondre à mon problème tout en étant avec ma soeur. » Izabel fixa son interlocutrice et tapota le métal de son bâton. Elle termina avec beaucoup d’humour :
« J’étais à mille lieues de penser qu’on m'enverrait touiller du pipi dans mon propre casque... »

Iza avait donc choisit de faire partie de cette folie. Encore une fois, Elana avait pensé qu’elle ne serait pas la seule « mutée » dans cette unité, mais plus le temps passait plus elle se demandait si les autres aussi, à l’instar de Ruth et d’Iza avait choisi la peste pour espérer être dans l’élite des expéditions. Un sacré choix, un courage qu’elle trouvait appréciable.
« Je te trouve courageuse Iza…Quand au pipi… je soupçonne Calahan d’avoir un faible pour la cuisine étrange et qu’il essaie de nous faire partager tout ça ! » elle pouffa un peu, entre le ragoût de crin de licorne et la bière à la pisse… hummmmm !
« Décidément ! » Lâcha-t-elle en ricanant. « Médecin cuisinière Bowers ! »
Elana ricana de son rire très discret et sobre avant de lancer sur un air conspirateur
« Tu me montreras tes talents avec de vrais ingrédients ! Pour le Top chef Atlante ! »
« Sur Atlantis...c’est promis. Je te présenterai ma soeur... »
Elana hocha la tête contente. c’est bête mais au moins ça donnait un autre objectif de ne rien lâcher. « Avec plaisir ! »


‹c› Vanka


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Pedge Allen

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√ Age : 36
√ Messages : 1631
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le Mer 5 Déc - 18:43

Pedge Allen
L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Après avoir fait un tour d’horizon et laissé le temps au capitaine aspirant de prendre ses marques, le sergent Brass s’était concentré sur la surveillance de l’oasis en contrebas. Une idée un peu folle continuait de lui serrer les tripes à l’idée que Ruth soit restée quelque part en bas. Que l’ennemi ne l’avait pas emprisonnée et qu’elle attendait simplement qu’il vienne la secourir. Avec la fatigue et la soif, il n’était pas rare que le sergent s’attarde sur un buisson ou le moindre mouvement suspect qui, en vérité, était totalement imaginaire.

Quand l’officier revint vers lui, Tim lui servit un sourire avenant et ouvrit le dialogue.
« Rien à signaler Capitaine. Mais étant donné votre infiltration couronnée de succès, je ne vais pas m’avancer. »
C’était un brin d’humour supposer voir si l’officier aspirant en avait également.

Pedge restait de marbre, comme à son habitude. Elle était retournée voir le sergent pour commencer à causer de la suite, et de ce qu’elle trouvait qui n’allait pas dans le groupe. Elle opina du chef, saisissant la remarque et l’humour qui l’accompagnait, même si elle n’en fit pas grand cas pour le coup.
« Effectivement. », répondit-elle, laconique, tout en laissant ses yeux se disperser aux alentours, comme si elle s’attendait à recevoir de la visite. Si elle était Calahan, elle aurait choisi ce moment pour les achever. Mais elle sentait que le Capitaine qui régissait la manoeuvre n’était pas du genre à bâcler son amusement en achevant une bête à terre. Il allait la forcer à creuser sa propre tombe avant.

« Iza devrait réussir à remonter les hommes pour un temps mais nos problèmes s’accumulent. Il nous reste un peu plus d’un chargeur de P90 chacun, une centaine de cartouches pour la M240 et nos armes de poings. Bref, nous n’avons presque plus rien... » Expliqua-t-il en restant calme.
« Quand nous avons sécurisé notre zone de dropage, nous avons mis la main sur une information vitale. Un inventaire d’armement qui disait : “12 AT4 et deux caisses de P90”. Calahan nous a ordonné de transporter cette information jusqu’à notre objectif. La mauvaise nouvelle, c’est que Ruth avait la carte sur elle. Dans le feu de l’action, je n’y avais pas songé. »

Quelle boulette.
Il avait laissé Padilla couvrir leur retraite alors qu’elle avait la carte, élément essentiel pour leur déplacement. Il fallait à tout prix la retrouver, la récupérer. Et il ne parlait pas du document cette fois.

La jeune femme intégrait les informations que lui donnait le sergent. Outre les troupes complètement déconfites, et au bout du rouleau, l’équipement venait à manquer également. Qui plus est, ils avaient perdus leur carte pour rallier l'objectif principal. C’était vraiment la bérézina et la jeune capitaine commençait à se sentir un peu dépassé par les évènements. Néanmoins, elle préférait ne rien laisser paraître, gardant son air confiant et sûre d’elle. Inutile d’affoler tout le monde en déclarant qu’ils étaient dans la merde et qu’ils n’avaient plus qu’à attendre que le boucher vienne les égorger.
« Ok, il faudra mettre en place une stratégie d’ouverture du feu pour économiser les munitions. Elle se basera sur mon commandement. Vous ferez passer l’ordre que personne ne tire sans ordre direct. Quant à la disparue… J’y réfléchissais, et je me disais qu’il faudrait prendre deux personnes encore vaillantes pour effectuer une petite reconnaissance aux derniers endroits où elle se trouvait. On aura au moins des indices sur sa disparition, ou on la retrouvera inanimée quelque part. De toute façon, si l’ennemi l’a récupéré… Je ne vous fais pas un dessin sur le fait que nous sommes exposés si tel est le cas. »
Outre le fait que cette femme avait la carte susceptible de les emmener jusqu’à la fin de cet enfer, Pedge estimait qu’elle ne pouvait pas laisser quelqu’un derrière. Ce n’était pas le modus operandi de l’armée américaine.

« Je comprends. » Répondit-il avec sérieux. « L’ordre sera transmis. J’aimerai me porter volontaire pour la reconnaissance. Je prendrai Will avec moi. »
« Ok ça me va. Vous êtes tous équipés de radio ? »
« Tous sauf Eversman. J’ai bien tenté de joindre Ruth mais je n’ai pas eu de réponses... »
« J’imagine. Il faudra que j’en récupère une pour pouvoir communiquer avec vous.»
« Danny est frappé d’incapacité. Je vous fournirai la sienne. » Proposa-t-il en retour.
« C’est parfait. Je vous laisse monter ça alors. »

Le sergent s’exécuta sur le champ. Il passa voir Ravix pour que l’ordre de tir soit relayé et que personne ne fasse feu sans instruction du Capitaine Allen. Elana passa le mot à tout le monde à l’instant même où elle reçut l’information. Puis il récupéra la radio de Danny pour la lui remettre.

« Vous avez un moment ? » Demanda-t-il finalement. « Si vous le permettez, je voudrai vous dire qui est Calahan. Je pense que ça pourrait vous être utile. »

Tim en était persuadé. Tout allait se jouer entre l’aspirant capitaine et le diable. Dans cette disposition, il n’y avait pas de petites informations. Le sergent vivait l’enfer pour la cinquième fois et il avait à coeur d’apporter à son officier une vue un peu plus précise de son “adversaire”.

« Calahan remplace le Capitaine Harris. Il a une vision extrême de la rigueur militaire. Dès qu’il a été en service, il s’est constitué une sorte “d’élite dans l’élite”. Quand il reçoit des recrues, même bien formées, il les pousse jusqu’aux dernières limites lors des manoeuvres. Sur son terrain, la morale, les règles, tout ça n’existe plus... »

Brass regarda brièvement dans ses jumelles, les coudes posés sur son couvert en pierre. Il quitta son observation, voyant qu’il n’y avait toujours pas de Ruth, puis il poursuivit.

« Ceux qu’il considère indigne de son unité, il les appelle “les branlos”. A l’extérieur, dans les différents services, sont rejetés ces hommes dans le rebut des branlos. C’est sa perception Capitaine. » Il fit une pause avant de reprendre. « Je n’ai pas participé à la dernière guerre mais il a perdu beaucoup de monde. Il renfloue activement sa compagnie avec des recrues de tous les horizons, toutes spécialités, comme cette unité. Il n’aura pas peur de les briser s’il peut en récupérer un ou deux bons dans le tas. »

Il l’avait déjà vécu.
Brass n’avait pas l’intention de verser dans le drame mais il tenait à lui faire comprendre jusqu’à quelle extrémité ce type pouvait aller. Il n’avait aucune limite pour se constituer la crème de la crème.

« Il me met souvent avec des équipes de bleus. Il sait que je m’attache, que je prends soin d’eux. Quand j’y pense, aucune manoeuvre ne s’est vraiment bien passée. »
Tim posa ses jumelles sur le rebord. Il ne regardait plus son officier, se plongeant un peu dans ses souvenirs.
« La dernière fois, j’étais à la tête d’une unité de cinq soldats. Des mecs sympas, avec leurs qualités et leurs défauts. Calahan nous a fait marcher jour et nuit jusqu’à ce qu’on soit mort de fatigue. Je me rappelle que l’un des gars avait mis sa rangers à l’envers pendant une pause, comme s’il voulait l’égouter. De ce qu’il en sortait, c’était du sang et des caillots. »
Le sergent secoua la tête.
« Nous n’avions pas de médecin, on a dû poursuivre la manoeuvre en le portant. Et un matin, sur un terrain plat, nous avons progressé vers notre objectif comme d’habitude. J’étais crevé, je ne surveillais plus trop...je me disais...qu’aprés tout...pourquoi nous attaquer ? Que ce n’était qu’une simple manoeuvre physique. Mais l’adversaire s’était embusqué...on est allé droit sur lui. Un simple tireur isolé sur notre flanc droit. Ca a été sans pitié : boum. »

Tim revoyait la scène comme si elle se reproduisait à nouveau. Il se rappelait avoir vu son collègue s’effondrer par terre. Sur le coup, il avait pensé qu’il s’était pris les pieds dans quelque chose, qu’il avait trébuché. C’est en voyant ses camarades répondre par des tirs nourris qu’il avait compris dans quel guêpier il venait d’amener son escouade.

« Quand j’ai compris ce qu’il se passait, j’ai essayé de réagir aussi vite que j’ai pu. Il y avait comme une ravine sur notre flanc gauche, un couvert parfait. Alors j’ai ordonné le repli sur cette zone. C’était logique...trop logique... »

Tim se racla la gorge. Il avait clairement les boules, il était même dégouté.
Il ne savait pas vraiment si son état de faiblesse par la soif était responsable de cet aveu mais il s’en tenait à son anecdote. Car c’est ce qui attendait Allen, il en était certain. S’il avait vécu ça, Calahan serait sûrement encore plus vicelard avec elle. Peut-être que Tim ne devait pas lui montrer que ça l’avait marqué. Mais c’était le cas...il regrettait de s’être contenté de la simplicité. L’escouade en avait payé le prix.
Le sergent reprit en essayant de rester pro.

« Les quatre autres ennemis nous attendaient précisément là. J’ai vu mes hommes foudroyés par ces balles neutralisantes sans même qu’ils ne puissent se défendre. Ils sont...tout simplement tombés. Comme ça. On aurait cru qu’ils étaient vraiment morts. »
Son regard se perdait dans le vague. L’adversaire ne lui avait pas tiré dessus, pour qu’il soit témoin de tout ça. C’était voulu.
« Calahan est sorti de sa cachette pour descendre sur moi. Banks n’était pas totalement inconscient, il bougeait encore. En chemin, il lui a collé une balle neutralisante en pleine tête sans même sourciller. Il est ensuite arrivé, m’a posé une main sur l’épaule... et m’a félicité...pour mon incompétence. »
Tim inspira pour juguler le stress.
« Banks a pu se recycler dans le pilotage de jumper. Geylam assure la sécurité du labo sur le continent. Mais...les deux autres, je suis sans nouvelles. Je pense qu’ils sont repartis sur Terre. »

Le silence retomba comme un couperet. Tim souffla.
« Je ne joue pas l’enfant, je ne pleure pas dans vos jupons chef. Mais je pense que cette anecdote définit bien Calahan. » Son regard bifurqua vers l’unité.
Izabel terminait son horrible préparation avec Ravix. Eversman essayait une nouvelle attache pour sa couronne issue de l’ingéniosité de Will. Une scène qui lui plaisait malgré la misère évidente de la situation. Même la tape de Rita sur le crâne du Canadien lui arracha un sourire.
« Ces soldats me tiennent plus à coeur encore...ce sont des bons, je ne veux pas les perdre. Ils ne savent pas ce qui les attend...alors je veux que ce soit différent pour vous. Cet officier va essayer de détruire la section. Et il veillera à ce que vous soyez témoin de votre échec, Capitaine Allen. »
Comme lui avait été témoin de son échec passé. Il n’était pas sûr de pouvoir véritablement tourner la page. En son for intérieur, il était effrayé à l’idée de perdre sa nouvelle section. Mais il ne le montrerait pas.

Pedge l’écoutait en silence. Il en avait du bagou pour quelqu’un qui avait soif. Quelque part, elle était satisfaite d’entendre son histoire, mais d’un autre côté, elle n’était pas certaine qu’il fallait perdre du temps avec ça. Finalement, elle était tombée pendant un temps mort, pendant lequel personne ne foutait plus rien si ce n’était subir dans son coin, à exercer une petite activité en toute autonomie. Ok, ils s’étaient occupés des blessés, et la toubib préparait le ti-punch de l’année. Le sergent montait une garde toute relative, et voilà.
On était réellement en territoire ennemi là ? Franchement, on aurait pas cru. Pedge était dure, elle arrivait comme un cheveux sur la soupe dans une unité déjà éprouvée, mais elle était aussi la figure de l’officier, de celle qui demanderait toujours plus pour qu’ils donnent tous le meilleur d’eux-même. Manque de chance pour eux, elle était aussi instructrice militaire, et elle n’était pas la plus tendre.

Quoiqu’il en soit, elle en avait appris plus sur le Capitaine Calahan, qu’elle ne connaissait pas spécialement, si ce n’était de réputation. Elle ne pouvait pas en vouloir à Brass de s’épancher sur le bonhomme et sur ce qu’il avait vécu à son service. L’officier semblait vraiment impitoyable dans son genre. Elle ne savait pas si c’était de la dureté légitime d’un instructeur vis-à-vis des troupes qu’il formait, et qu’il sélectionnait, ou si c’était du sadisme poussé à l’extrême. On disait souvent qu’on finissait par aimer son instructeur, même si on le craignait toute sa vie. Elle connaissait un mec dans les forces spéciales qui allait manger de temps en temps avec son instructeur de l’époque, et ce n’était jamais lui qui choisissait ce qu’il allait manger au restaurant. Il y avait cette relation qui s’était nouée, dans un respect commun, mais qui restait. Pedge avait trouvé l’anecdote amusante, et doublement intéressante.

Est-ce que le Capitaine Calahan allait manger avec des officiers qu’il avait sélectionné au début de leur carrière ? Eut égard au tableau dépeint par Brass, la texane avait de sérieux doutes. Néanmoins, elle gardait à l’esprit que les hommes du rang, et les sous off, ne comprenaient pas toujours les motivations intrinsèques des officiers qui voulaient avant tout que ces types là, une fois sur le terrain, exposé au feu ennemi, ne soient pas des lapins de deux jours.

Elle savait que la facilité ne serait pas la norme sur cette manoeuvre, et elle avait expérimenté la cruauté de Calahan à peine posé. Elle avait maintenant un second exemple à se mettre sous la dent. Un homme avertit en vaut deux.

« Merci pour votre retour d’expérience sergent. J’en tiendrai compte, et je suis certaine que vous vous montrerez un conseiller de qualité dans les moments critiques du fait de vos passes d’armes passées avec le Capitaine Calahan. », lui servit Pedge, qui le pensait réellement. Elle n’était pas assez conne pour mettre tout ce discours de côté et de se torcher avec.

Elle marqua une pause et ajouta :

« Bien maintenant que je sais un peu plus où j’ai mis les pieds, il va être temps de se bouger un peu. » Pedge regarda vers le groupe, avant de se retourner vers Brass. « Sergent, faites vous remplacer, ce n’est pas à vous de monter la garde. Postez moi quelqu’un qui surveille ce côté, et quelqu’un qui surveille l’arrière. Je vais aller voir la toubib pour faire en sorte qu’elle accélère sur la préparation. Fini le repos. ».

« A vos ordres. »

------------- ENVIRONNEMENT PEDGE/IZABEL

Tim fût réactif. Il quitta le capitaine et alla chercher Rita pour qu’elle le remplace à la surveillance. Il s’approcha ensuite d’Elana et l’aida à transporter les différents quart en alluminium. Le médecin avait quasiment terminé la distribution. Pour chacun des contenants, elle y avait placé les initiales au marqueur. Chacun avait son dosage contenant la médication. Le sergent emmena Elana avec lui pour effectuer cette distribution dégoûtante et en profita pour lui parler.

« Je vais partir à la recherche de Ruth, j’emmène Will. » Lui dit-il doucement. Il donna le quart à Eversman, lui demanda de recharger la M240 et de surveiller leur arrière avec. Il revint en direction de Rita.
« S’il m’arrive quelque chose, je veux que tu prennes ma place. Soit un bon second pour le Capitaine et, surtout, protège les gars. Compris ? »
Sur le coup Elana se dit qu’elle pourrait prendre la place de Will, elle se sentait la moins affectée depuis qu’elle avait retrouvé ses mains. Mais, elle ne dit rien, laissant Tim seul maître de son choix. Choix qu’elle comprenait, puisqu’en cas de disparition, elle était la seconde. Elle hocha la tête, tout en donnant un quart à Will justement, puis se rapprocha de son supérieur.

« Reçu. Fait attention à toi. » elle se força à lui faire un rictus, alors qu’elle n’était pas du genre à sourire à tout va. Elle le faisait pour lui marquer son appréciation et sa sincérité. Elle espérait qu’il retrouve Ruth, mais cela puait le piège, elle donna le dernier quart et prit le sien… Franchement cela n’avait pas l’air d’être une super boisson. Elle inspira fortement, elle hésita à remettre les tampons de filtre à cigarette, mais cela était bête … et puis merde, un peu de courage et de volonté ! Elle se mit à boire, forçant son cerveau à penser à quelque chose d’agréable comme une pina-colada… Elle finit par se boucher le nez pour accélérer la prise du liquide et éviter que l’odeur s’associe au goût infect. Plusieurs fois, elle eut des remontées, mais elle déglutie l’urine pour les faire passer. Une fois terminé elle eut une petite grimace, avant de reposer son quart. Elle lorgna sur Tim, attendant une dernière information et elle irait voir le capitaine après., pour les prochains ordres.

« Je compte sur toi Ravix. Je vais ramener notre disparue. »
« Je compte aussi sur toi ! » dit-elle avec un ton sérieux et un clin d’oeil amicale, pour lui donner courage. Tim décolla.

Du coté de Matt, le dégoût. C’était l’unique sentiment que lui inspirait ce quart rempli d’urine. L’odeur dégagée devrait suffire à ramener une personne inconsciente, voir même un mort tant cela piquait au nez. C’était épouvantable. Il n’y avait plus qu’à espérer que cela sente plus fort que cela ne puait. Il avait de gros doutes là dessus. Les secondes défilèrent, il ne pouvait le porter à ses lèvres. Il était bien rempli en plus… Dire qu’il n’avait réussi qu’à sortir quelques gouttes et il se retrouvait avec une bonne dose d’urine des autres. C’était encore pire d’y penser. Matt retardait l’échéance en observant de chaque côté voyant les mines déconfites, grimaçantes suite à l’ingestion. Cela ne l’aidait pas, bien au contraire. Allez il fallait le faire. Il fallait boire ça pour éviter de se retrouver dans l’état végétatif décrit par la médic. Pas question d’être rapatrié pour raisons médicales. Pas question d’abandonner maintenant ou même ce stage. Il lui fallait retrouver Atlantis et son honneur, quitte à boire ça. Se motiver en pensant à tout ce qu’il avait à perdre, ce fut la technique du Ranger pour finalement porter à ses lèvres et ingérer le liquide. C’était chaud et surtout immonde. Il tenta d’en avaler le plus possible, cul sec mais fut incapable d’aller au bout. Un violent relent le prit l’obligeant à recracher une partie de ce qu’il avait en bouche. Vite le chewing-gum fut mis en bouche, mâcher rapidement pour tenter de faire oublier cette odeur et ces relents de pisse. Le quart n’était pas vide mais il ne pouvait en ingérer davantage. ll ne supportait plus ce fumet lui rappelant ce qu’il venait de faire et versa le reste un peu plus loin.

Le Sergent lui donna de quoi s’occuper l’esprit en chargeant la mitrailleuse de Danny. Il avait aussi l’ordre de se déployer sur les arrières pour surveiller. La bande de cartouches fut mise en place, il s’assura du bon fonctionnement de l’arme avant de rejoindre la position désignée trouvant un rocher qui lui servirait d’appui et de couvert. La toubib s’attardait sur Pedge qui n’avait visiblement pas été épargné. L’équipe se séparait, deux partaient en éclaireurs. C’était une bonne chose, ça bougeait un peu.


‹c› Vanka

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Steven Caldwell

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le Sam 8 Déc - 16:00

Steven Caldwell
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Chronologie 23 juillet 2018
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Izabel termina d’engloutir le contenu de son quart cul sec. Dès qu’elle eut terminé, sa bouche se scella et elle ferma les yeux. Son visage s’était tiré, rougi par l’effort, et elle se fit violence pour ignorer le goût affreux. Quelques horribles hoquets gastrique montèrent mais le médecin tint bon et cela se calma peu à peu.

« Capitaine. » fit-elle poliment en lui tendant le quart qui lui était réservé. « Tenez, c’est le vôtre. »
Elle ajouta dans sa main libre un chewing gum à la pomme.
« C’est de la part de Rita... »
« Merci. », fit Pedge en prenant délicatement le contenant. L’envie de le foutre par terre était là, mais elle ne le fit pas. Ce serait puéril. Son nez se plissa.
« Pourquoi avoir mélangé les urines de tout le monde ? », présenté comme ça, c’était encore plus horrible.
« A cause de la toxicité de l’urée. » Répondit-elle en s’agenouillant pour finir de ranger son sac. « Les urines contiennent les déchets retraités de nos reins. Certains comme Matt ont eu une alimentation plus riche. Donc l’absorption n’aurait pas le même effet. Quelqu’un qui consomme ses propres fluides saturés ne pourra pas espérer tenir la demi-heure. »

Dans la pénombre du crépuscule bien entamé, Izabel ne cessait de fixer les rangers de la texane. Elle finit par sortir sa petite lampe de son gilet tactique, celui qui servait à tester les réflexes oculaires et elle contrôla le cuir de ses chaussures.
« Le mélange est moralement indigne. Mais médicalement parlant, cela permet de diluer et stabiliser le taux de toxicité du volume entier. Tout le monde sera à la même enseigne en terme de “réhydratation”... »
Elle touchait maintenant les lacets de ses doigts et les plaça sous le faisceau lumineux. Du sang frais…
Bowers se redressa un peu, surprise, puis éclaira le pantalon du Capitaine qui semblait un peu plus foncé sur le côté. Le halo migra progressivement jusqu’à ses genoux, particulièrement le droit dont l’uniforme était déchiré sur cette partie. Un trou de la taille d’une balle de golf et dont l’épiderme n’était pas visible malgré la lumière. Izabel y passa ses deux doigts pour écarter le tissu déchiqueté et fit la même constatation. Elle continuait de saigner…
« Capitaine Allen...vous...vous ne sentez rien ? »

L’explication médicale lui convenait parfaitement. S’il fallait en passer par là pour se réhydrater, alors soit. Pedge était complètement ignare en médecine et elle faisait confiance aux gens à qui c’était la spécialité. Par contre, elle ne comprenait pas trop ce que faisait la médic avec ses rangers, pas même avec son treillis.
« A part l’odeur de pisse, non je ne sens rien… Qu’est-ce que vous faites ? », demanda Pedge, un peu ronchon pour le coup. Elle n’avait pas spécialement envie d’avaler ce truc et le manège de la docteur ne l’amusait pas vraiment. Néanmoins, cela lui permettait de faire durer la montre vis-à-vis du nectar qu’on venait de lui servir.
« Vous êtes blessée. » Déclara Iza de but en blanc.
Elle fixa un coin à l’écart et fit un signe de tête dans la direction.
« Je voudrais vous ausculter. Il faut tomber le pantalon si vous ne voulez pas que je le découpe. »
« Bien. », fit-elle de façon raide. C’était le top départ. D’un coup sec, elle porta le quart à ses lèvres et elle le descendit d’une traite comme on descendait un mauvais médicament. Aussitôt, elle fourra le chewing gum dans sa bouche, alors qu’elle prenait une teinte pivoine suite aux violents remugles de l’odeur de pisse qui provoquaient des contractions dans son ventre. Sa trachée se contracta elle aussi, prête à expulser ce qu’elle venait de boire, mais le goût de la pomme vint rapidement prendre le dessus. Avec une mine dégoutée et la mâchoire complètement bloquée de dégoût, Pedge fit un signe de tête à la toubib pour se rendre dans un coin.

Bowers avait observé cette scène avec compassion. Elle regrettait presque d’avoir filé ce contenant d’urine à cet officer qu’elle ne connaissait pas. Mais c’était ça la survie, ils devaient être prêts à faire des actes affreux pour continuer la mission. L’eau était là-bas, sous couvert de mitrailleuses ennemies. C’était le pied du mur et elle regrettait. Les relents qu’elle avait elle-même l’horrifiait, lui rappelait sans cesse ce qu’elle venait d’avaler.
En attendant que le capitaine descende le pantalon, Izabel prit un chewing gum à son tour et ouvrit son sac. Tout y était ordonné et bien rangé. Sans perdre de temps, elle éclaira le genoux droit de Pedge et écarquilla les yeux en y découvrant un bon morceau de chair entaillé. L’angle droit que formait sa jambe pliée laissait paraître un entaille large comme le pouce dont le sang continuait d’y suinter en petite quantité. Mais c’était continu.
« Avez-vous chuté ou subi un choc sur ce genou ? » Demanda-t-elle en enfilant rapidement des gants.
Elle alluma sa lampe torche, diffusant une lumière un peu plus importante et invita l’officier à éclairer son genou.

Pedge s’était penchée pour regarder son genou. Maintenant qu’elle voyait la plaie, elle aurait dû sentir la douleur. Elle connaissait des cas de personnes qui étaient salement blessées et qui ne sentaient rien jusqu’à prendre conscience de la blessure et d’en souffrir. Mais là, ce n’était pas le cas. Elle ne sentait rien de spécial. « J’ai pas mal rampé, je me suis bagarrée avec un chien, ça peut-être beaucoup de choses. Par contre, je ne m’explique pas pourquoi je ne sens rien... ». Aussitôt, Pedge pensa à un héritage Wraith qui n’était pas encore détecté, ou une saloperie de ce genre là. Pourtant, elle avait morflé quand elle s’était battue avec le clébard dans la forêt… Alors quoi ? Vu le morceau de chair, elle aurait dû douiller à mort.
« Ce n’est pas normal. » Lâcha-t-elle en appliquant une compresse.
Elle s’empara de la main valide de sa patiente pour l’appliquer sur la gaze qui se teintait déjà d’hémoglobine puis elle fouilla dans ses affaires pour en retirer une seringue vide. Izabel pinça le capuchon entre ses dents puis planta l’aiguille deux centimètres au-dessus de la plaie. Son regard interrogatif monta sur le capitaine qui n’avait même pas réagi à la piqure. Son muscle aurait dû tressaillir mais il n’en était rien. Les piqûres supplémentaires montèrent jusqu’en haut de ses cuisses et ce n’est qu’en s’attaquant à son bassin qu’il y eut une réaction naturelle de retrait.
Le médecin était inquiet, même si elle tentait de ne rien laisser paraître. Le test sur la seconde jambe fût semblable.
« Vous n’avez plus aucune sensation dans vos jambes, capitaine... »

Pedge avait suivi les manipulations de la doctoresse sur sa jambe, jusqu’à ressentir la piqure sur son bassin. C’était sacrément flippant quand même. Elle percuta quand elle lui parla des sensations dans ses jambes. Etait-ce un effet secondaire de l’agent chimique qu’elle avait respiré sur la zone d'entraînement ? Elle ne voyait que ça comme explication… « Quand le Jumper m’a déposé, je me suis retrouvé sur un terrain d'entraînement de tir au mortier. Le sol était noir, et manifestement, il y avait un gaz qui s’évaporait. Ça m’a coupé les jambes, je ne les sentais plus et j’ai dû ramper pour me sortir de là. C’est certainement un effet secondaire. La sensibilité est revenue quelques heures plus tard. ».
« Elle est revenue...et maintenant vous l’avez de nouveau perdue ? » Demanda-t-elle. Cela semblait logique mais elle voulait confirmation par le ressenti de son patient.
« Euh. C’est à dire que je me suis limitée au fait que je pouvais marcher, ça me suffisait bien. Je n’ai pas fait attention si je les sentais plus que ça ou pas... », fit-elle, un peu dépassée par la tournure des évènements.
« Vous auriez dû contrôler plus attentivement votre état... »

Le médecin soupira.
Si elle détestait quelque chose, c’était bien les soldats qui prenaient leur corps bien entraînés pour des tanks. Une machine, même organique, ça s’entretenait.
« A mon affectation, j’ai été informé que certains sites d’entrainements étaient saturés d’agent P32. C’est un neuroparalysant tiré de plantes du site Alpha. L’agent le plus tolérable par l’organisme humain. Il induit une paralysie progressive allant des extrémités jusqu’à l’ensemble du corps selon la gravité. La récupération est très douloureuse... »
Izabel secoua négativement la tête.
« Votre insensibilité est anormale, chef. Vous avez déjà récupéré de l’effet de cet agent. Est-ce que vous vous souvenez avoir rampé dans un autre endroit étrange ? »
Tout en posant ses questions, le médecin déballait davantage de ses affaires. Si la texane avait eu dans l’idée d’accélérer le mouvement c’était raté. Son état était manifestement plus inquiétant qu’elle ne le pensait initialement et Izabel n’avait pas l’intention de bâcler le travail.

« Très douloureuse, je ne vous le fais pas dire. », confirma Pedge qui avait douillé avant de retrouver la sensibilité dans ses jambes… Ou du moins la motricité. Cela ne la rassurait pas de voir la toubib sortir toutes ses affaires et qu’elle s’attarde sur son cas. Elle se pensait tirée d’affaire avec cette merde qu’elle avait respiré. Si elle avait des séquelles irréversibles, ça allait chier en haut lieu. Cette fois, son humeur déjà bancale en prenait un sérieux coup. Elle machonnait le chewing gum qui commençait à ne plus avoir de goût.
« J’ai traversé la moitié de la forêt en rampant... », soupira-t-elle. Elle avait traversé plein d’endroit. Elle pouvait avoir rampé dans tout et n’importe quoi.

« Capitaine ? »
Le sergent Brass s’était approché. Il était gêné et regardait ailleurs pour conserver au mieux l’intimité des deux femmes.
« Will et moi sommes parés pour la reconnaissance. »
Le médecin profita de cet instant pour continuer son travail. Elle avait sorti une sorte de plaquette qu’elle posa au sol. Après avoir absorbé un peu de sang provenant de la plaie, elle versa une goutte après l’autre sur chaque ligne de la plaquette.



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by Wiise

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Pedge Allen

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le Jeu 13 Déc - 4:26

Pedge Allen
L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


« Bien. Procédez. On reste en contact radio. Pas de prise de risque inutiles et on reste à couvert. Signalez moi toutes choses suspectes. », fit Pedge tranquillement malgré son impatience toute relative de savoir ce qu’elle avait exactement.
« Reçu. »
Le sergent fit un signe au Canadien et ils s’en allèrent discrètement. Rita tapota l’épaule des deux hommes comme pour les encourager et se porta sur sa lunette pour les couvrir. Elana souhaita bon courage aussi au deux hommes, avant de se poster à un autre endroit pour faire la garde aussi. Deux paires d’yeux était le mieux. Izabel avait délaissé le genou du Capitaine pour son étrange test. Cela ressemblait à s’y méprendre à des tests de grossesse. Chaque ligne amenant à un signe de croix qui se formait au contact de son sang.
Mais à l’avant dernier test, un autre signe apparut. Izabel revérifia sur la case d’à côté puis éclaira sa plaquette. Elle hocha la tête.
« Vous vous êtes empoisonnée Capitaine. »
La jeune femme était sûre d’elle. Elle écarta la compresse et observa la blessure.
« L’humain lambda est bien protégé mais vous avez dû ramper sur une plante à poison lent avec votre plaie ouverte. J’ai confondu la chaleur de votre corps. Elle ne provient pas d’une surchauffe par déshydratation. Vous avez la fièvre... »
« Quand on pense que les choses ne peuvent pas être pires... », soupira Pedge. Il ne manquait vraiment plus que ça. C’était vraiment une manoeuvre à la con. « Est-ce que vous pouvez y faire quelque chose ou mon corps s’en charge déjà ? »

La dernière réplique du Capitaine désabusé manqua de la faire rire. Izabel se retint et se prépara à poser quelques points sur son genou. Elle avait la coupelle, le fil, l’aiguille. Il ne lui restait plus qu’à désinfecter la plaie pour intervention et stériliser ses outils.
« La fièvre indique que votre organisme combat le poison. Mais si vous avez perdu la sensibilité de vos jambes déjà fragilisées, je crains que ça ne soit pas suffisant. Je vais vous injecter un anti-venin à large spectre et, avant ça, vous faire une prise de sang. »
Bowers s’interrompit avant de préciser :
« Je ne sais pas comment ça fonctionne chef. Mais si c’est un entrainement, je vous recommande de faire un appel et d’envoyer le prélèvement pour analyse. Par sécurité pour votre santé... »

Est-ce que c’était seulement possible ? Pedge n’en savait fichtrement rien. Dans des conditions de manoeuvres normales, ça le serait. Mais là ? Elle avait cette radio maintenant, et après ? Aucun référent à contacter, aucune personne qui dirige la manoeuvre de près. De loin c’était autre chose, mais comment le contacter ?
« Vous me proposez sérieusement de passer un appel pour ma santé alors qu’on vient tous de boire notre pisse ? », fit Pedge aigrie. La toubib n’y pouvait rien, mais ça commençait à la gonfler, sans parler du fait qu’elle s’inquiétait pour ses jambes maintenant, et le reste de son organisme. Elle ne pouvait pas se permettre de chopper un truc qui lui laisserait des lésions. Elle poussa un profond soupir. Son mal de crâne n’allait pas en s’arrangeant pour le moment.
« Contentez vous de l’anti venin. Ca fera l’affaire. On a une mission à boucler, et plus vite ce sera fait, plus vite on pourra se faire soigner. ». C’était une question de fierté mal placée. Elle sentait qu’elle était détestable, mais elle s’en tapait un peu. L’inquiétude, la pression du temps, la pression de l’équipe complètement défaite, et tout le reste depuis qu’elle s’était posée sur le continent, tout cela commençait à lui peser sur les épaules, et elle avait besoin que ça bouge.

Izabel s’était interrompu dans ses gestes. Elle avait injecté un anesthésiant local tout autour de la plaie et elle s'apprêtait à couper le morceau de chair au scalpel lorsqu’elle avait entendu tout ça. Maintenant figée, la jeune femme tenta de discerner son regard, se demandant si elle n’était pas en train de tout lui mettre sur les épaules. Genre le messager qui prend le tarif pour la mauvaise nouvelle.
Si ce n’était ce qu’elle avait dans l’estomac, Bowers sentait l’aigreur lui monter à son tour et elle était tentée de lui demander qui était le médecin des deux. Elle avait perdu la sensation dans ses jambes ! C’était pas un signal d’alerte suffisament fort émis par son corps ?!?
Oui, ça tombait trés mal. Oui c’était la mauvaise nouvelle. Mais c’était le continent de Lantia. Comme pour la découverte du nouveau monde, même aujourd’hui, on en découvrait encore des saloperies et des maladies.

Izabel découpa le morceau de chair avec précision et rapidité. Elle le retira pour le faire tomber dans sa coupelle puis rapprocha les lèvres de la fente assombrie d’un sang dégoulinant pour débuter la pose des points.
« Vous êtes mon chef, d’accord. » admit-elle. « Mais vous êtes aussi ma patiente. Si votre fièvre n’a pas descendu d’ici demain matin, je fais cet appel à votre place. »
Le ton de Bowers n’était pas sans appel. Oh non, ça lui faisait peur de jouer les rebelles alors qu’elle était en train de miser une bonne part de sa carrière sur cette manoeuvre. Mais que devait-elle faire ? Écouter aveuglément un officier qui était prêt à aller jusqu’au bout en ignorant les risques ?
Avec sa pince à clamper, elle continuait la pause des fils. Ca se terminerait rapidement pour son genou. La plaie n’était pas belle, il fallait de la chirurgie basique. Mais ce n’était pas si grave.

« Si demain vous estimez que je dois passer cet appel, je prendrai mes responsabilités. C’est vous le médecin. », répliqua-t-elle du tac au tac en observant les manipulations de la toubib. C’était affreusement dérangeant de ne rien sentir alors qu’à la vue, ça devrait faire mal. C’était comme si elle était anesthésiée. Peut-être que cette plante pourrait servir par la suite en médecine opératoire. Elle espérait par cette dernière phrase, avoir replacé Izabel dans son rôle de médecin, qu’elle avait un peu malmené tout au long de cette consultation improvisée. Elle se rendait compte qu’elle n’était pas la plus ouverte d’esprit, et qu’elle était agacée, mais pour le moment, elle n’y pouvait rien, c’était comme ça.

« Le type qui est dans les vappes… je suis désolée j’ai perdu son nom, qu’est-ce qu’il a exactement ? », finit-elle par dire en quittant des yeux son genou.

La question tombait à pic.
Le malaise qui avait soudainement prit une place dérangeante entre la toubib et la patiente commençait à se réduire. De ses gestes habitués, Izabel terminait la petite opération et déposait un bandage bien placé sur ce genou fraichement recousu.

« Il s’appelle Danny Blake. »

Nouveau matériel, Izabel se prépara à lui faire une prise de sang. Elle voulait remonter la manche de son bras valide lorsqu’elle remarqua à quel point il était maculé de sang séché. Du sang qui ne semblait pas venir d’elle vu que son examen ne révélait pas de plaie à cet endroit. Iza fixa la texane d’un air inquiet, se demandant ce qu’elle avait vécu pour lui arriver dans un état pareil, puis elle releva la manche de son autre bras.

« Détresse hydrique. Il a fait une crise aiguë puis il a reçu ces étranges éclats en plein visage. Il souffrait tellement qu’il a failli m’étrangler de désespoir. J’ai dû le sédater à plus haute dose vu son état et son poids. »

Elle passa l’élastique et se prépara à piquer.

« Son état de déshydratation est si avancé que son organisme est plus lent à traiter la drogue. Il va rester dans un état végétatif jusqu’à demain. Je pourrai lui administrer un excitant mais je menacerai son coeur... »

« D’accord... », fit Pedge pensive. Elle regardait dans la direction de Blake, sans le voir. « On va le laisser dormir dans ce cas, inutile de menacer sa santé en effet. ». C’était une force vive en moins mais que faire de plus ? Pour le coup, elle devait se résoudre à utiliser les personnels encore disponibles.

Le temps passait.
Izabel faisait la prise de sang et se préparait à lui injecter l’anti-venin. Suivrait une rapide auscultation de ce qu’elle déclarerait après son combat avec le chien. Le temps semblait se rallonger, l’intervention médicale s’éterniser. Un mal nécessaire si la texane voulait rester opérationnelle. Pendant ce temps, elle recevait de fréquents rapports du sergent Brass qui descendait en direction de l’oasis. Ils avançaient bien et prudemment. Après avoir débuté la fouille de l’endroit où se trouvait surement Ruth, il changea rapidement de ton lorsqu’il ajouta :
//Chef ?//
Il murmura, presque effrayé.
//Mouvement ennemi ! Ils déplacent...une mitrailleuse...M60. Manoeuvre de flanc. Je crois que...//
Et soudain, des tirs lointains résonnèrent. La radio grésilla et la voix paniquée de Will Sandoval hurla :
//PATROUILLE !!! PATROUILLE SUR LA GAUCHE !!!//
Les échanges de tirs montèrent en puissance. Ca s’entendait autant dans le lointain, Rita essayant vainement de cibler les éclats lumineux qui se percevaient dans cette nuit maintenant bien sombre. Et ce qui se transmettait dans la radio de tous.
//RESTE PAS LA WILL, ON S’ARRACHE !!! REPLI ! AAAAAAHHHHH !//
//SERGENT ! PUTAIN SERGENT !!!!!//
De longues rafales montèrent.
//ILS SONT PARTOUT ! PAS DE VISU SUR RUTH, CAPITAINE ! CAPI….//

Les tirs cessèrent peu de temps après. Le silence revint en abattant sur le reste de l’unité un poids terrible. Rita serra les dents, le souffle brisé cette fois, et elle continua de fixer obstinément dans sa lunette en espérant trouver ses collègues. En vain…

Rita n’était pas la seule à essayer de voir dans la nuit des éclairs lumineux, signe d’un échange de balles. Pour cette manœuvre, aucune personne n’avait les lentilles de vision. Ils étaient sans aide artificielle pour combattre. Surement dans un but volontaire pour que chacun puisse réagir sans être dépendant d’une aide très appréciable. La caporale n’y voyait rien et son sang se glaça quand elle entendit les deux hommes et surtout Will complétement paniqué. Elle serra le poing, encore de l’impuissance et surtout Tim… Tim était surement tombé. *fait chier !*. Elle se leva d’un bon, regrettant tout de suite d’avoir été si énergique, puisque la tête lui tournait. Mais elle cacha cet état de fait en marchant directement sur son capitaine, pour s’arrêter devant elle.

« En attente de vos ordres capitaine. » pas besoin de lui dire, ce qu’elle pouvait conclure, elle avait entendu tout comme elle, que les hommes étaient tombés dans une embuscade et qu’ils allaient bouger vite avant que l’ennemi viennent leur faire un câlin avec la M60. Elle resta stoïque se demandant pour elle, comment ils allaient pouvoir déplacer Danny… pouvait-il le cacher avec de la végétation ? Ce n’était pas à elle de réfléchir de toute manière, ils avaient un super vétéran devant eux. *Bordel, Ruth, Will et Tim…On va finir la mission à deux ! si ça continue, ou pas du tout* se dit elle… Danny comptait moins, au vu de son état. Le pire serait d’essayer de récupérer les autres… Il faudrait renverser la situation, qu’ils ne soient plus les proies. Les prendre par surprise. Mais c’était facile à dire...

« Adoptez une position défensive. Je veux une personne à chaque point cardinal. Soyez prêt à décrocher à mon signal. Communiquez si vous avez un visuel. Si contact, je veux un tir un mort. Procédez ! », répondit Pedge froidement, dans un murmure pour limiter les sons.

Elle était agacée, et plus que contrariée. Cette manoeuvre était vraiment merdique. Comment putain ils avaient fait leur compte ?! Elle en voulait autant aux ennemis qu’aux deux hommes. Quelle merde. Ils n’étaient déjà pas nombreux, et bien usés, et deux de plus venaient de se faire chopper par les hommes du Capitaine Calahan. Pedge espérait sincèrement que ce type n’était pas en train de jubiler, parce qu’elle serait la première à proposer une manoeuvre pour ses hommes à lui, histoire de lui montrer qu’on pouvait être tout aussi compétent quand on avait les cartes dans les mains.

Elle rageait, et ce n’était pas bon. Elle devait garder la tête froide et ne pas sortir le marteau pour l’écraser sur tous les doigts de pieds des environs, comme au bon vieux temps quand elle n’était qu’un outil pour fracasser de l’ennemi. Elle n’était pas rambo. Elle était une vétérante qui s’était frottée à un esprit terriblement plus sadique que ce Capitaine, et qui avait triomphé, et ce n’était certainement pas en fonçant dans le tas comme un boeuf… Quoique, en Reine elle avait pu jouer des poings à armes égales avec l’autre salope… M’ouais bon là la situation était différente, et elle devait faire preuve de sang-froid et de maîtrise. Qu’est-ce qu’elle savait de plus maintenant ? Elle devait capitaliser sur les pertes, qu’elles ne soient pas inutiles.

Calahan avait fait bouger ses troupes. Rien de plus normal. Ils avaient bombardé la zone, puis ils envoyaient les nettoyeurs. C’était parfaitement prévisible. Le fait qu’ils n’aient pas trouvé la position de repli de l’escouade tenait certainement du miracle. Quoiqu’il en soit, ils étaient maintenant assez proche pour être bientôt au contact. A moins bien entendu qu’ils aient localisé précisément leur position et qu’ils étaient en train de se déployer en cercle tout autour d’eux. Autant dire que la partie était terminée si tel était le cas. Pedge ne pouvait pas risquer de nouveaux éclaireurs pour la bonne et simple raison qu’elle n’en avait pas plus sous le coude. La demande d’un appui aérien et d’une compagnie alliée sur zone serait logique, mais ça non plus, elle n’y avait pas le droit.

Qu’est-ce qu’elle savait de plus ??

Qu’ils étaient pas loin, et dans le secteur que Tim et Will avaient parcouru. Pedge n’avait pas d’arme, et elle alla s’approprier celle du type dans le coltard, Danny. Il utilisait ordinairement la M240 qu’occupait Matt. A sa ceinture, elle pu récupérer un neuf millimètre et deux chargeurs pleins. Elle se porta ensuite au niveau de Rita qui était placée dans la bonne direction des coups de feu lointain qu’on avait entendu.

Elana reçut les ordres et les transmit aux deux autres, Matt avait eu l’ordre de charger la M240 de Danny donc il avait de quoi canarder, le petit.Il restait le problème de la capitaine, elle n'avait vu aucune arme à feu sur elle… Calahan l'avait fait venir avec sa chatte et sa détermination ou quoi ? Franchement, quitte à donner un super capitaine autant l'armer non ? Non apparemment, ils étaient dans la merde et il allait bientôt falloir prendre les couteaux pour faire des arcs si ça continue ! Et en plus, ils se retrouvaient avec les deux seuls qui n'avaient pas d'équipement… mister tomate et miss vétérante. Franchement, même si elle avait de l'espoir, Elana se demandait comment ils allaient s'en sortir. Bref, elle comptait lui filer son arme de poing, quand elle vit que la capitaine avait fait son marché déjà. Parfait, elle rangea son arme avant de prendre la dernière position pour attendre l’ennemi, elle était allongée sur le sol, attentive à tous les mouvements… La nuit n’était pas avec eux. Enfin bon, un point positif, la “soupe à la pisse”, avait eu au moins le bénéfice de calmer le désert dans sa gorge … par contre, elle avait du mal à retirer ce goût affreux dans sa bouche.
Et elle se décida à contre cœur de fourrer la gomme à mâcher goût pomme dans sa bouche. Elle détestait les chewing gums et involontairement, elle repensa à Liam la vache… heureusement, il ne le saura jamais, sinon il allait la faire chier avec ça. Et elle ne parlait pas de la pisse.

‹c› Vanka

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Steven Caldwell

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le Ven 14 Déc - 10:43

Steven Caldwell
L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
••••






La pression montait de plus en plus.
Matt et Elana entendaient des mouvements dans les buissons lointains, laissant présager un encerclement bien organisé. L’adversaire n’était pas assez bête pour se déplacer à découvert. Ils avaient le temps pour eux donc ils ne se pressaient pas. Ils ne se gênaient pas, comme s’ils voulaient être bien entendu tout en restant difficilement visible. Que ce soit Matt ou Elana, il y aurait forcément du monde en face pour les attaquer. Et cela était un évidence… la nuit était bien le pire des moments pour les défenseurs… et ils étaient bien trop faibles au plus grand désarrois d’Elana.

Rita, de son côté, fit un signe au capitaine pour l’inviter à regarder dans sa lunette.
« Capitaine, en contrebas, deux cents mètres. »
Une lumière verte bien décelable était en train de se balader dans la nuit. Le mouvement d’oscillation laissait deviner qu’on avait attaché ce tube sur un uniforme qui bougeait. Si Allen avait encore le regard dans cette lunette, elle remarquerait l’apparition progressive d’une silhouette qui venait droit sur sa position.
Bien vite, le halo vert de la cyalume éclaira le visage dur de Wakks comme un diable. Il était en colère, s’approchait d’un pas rapide avec la mâchoire serrée. L’effet lumineux exacerbait son air agressif et, bien vite, sa voix tonitruante vola dans leur direction.

« ALLEN !!!! SORT ! » Hurla-t-il en poursuivant son approche.

Il s’arrêta en plein dégarni, les mains posées sur les hanches. Il ne portait pas son neuf millimètres à son holster de cuisse, le rangement était vide. Pas de fusil à pompe ni de MP5 dans les mains. Il s’était présenté sans armes.




••••

by Wiise

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Elana Ravix

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le Mar 18 Déc - 19:07

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


“Allen sort” et le “s’il te plait”, il l’a oublié en même temps que son papier Q pour se torcher le fesses ? … Bon, elle abusait intérieurement, ils étaient en manoeuvre avec des soldats qui jouaient aux ennemis… Elle pestait car elle devait bien déverser un peu de son irritation sur quelque chose. Non mais c’est qui encore cet allumé ? Elana ne le voyait pas, mais elle entendait bien le petit ver luisant qui pestait contre la capitaine. Il l’avait pris pour son chien ou quoi ? en mode ; viens là ! Franchement. Elana soupira, restant en position, dans l’attente des ordres de la capitaine qu’un homme comptait faire sortir sur un ordre aussi charmant.

Pedge observait l’approche de Wakks dans la lunette. Manifestement, ils étaient vraiment fait comme des rats. Ils ne s’en sortiraient pas sur ce coup là, ça semblait impossible. Même une troupe de légionnaires français ne tiendraient pas. Charge à eux de se défendre jusqu’au bout histoire d’opposer une résistance digne.
Avant de répondre à Wakks, elle murmura au groupe :
« Est-ce qu’il y a quelqu’un qui touche en explosif ici ? J’ai quatre grenades dans mon sac. On piège l’endroit et on essaye de s’éclipser discrètement en vendant chèrement notre peau. »
« Je suis dessus, mon Capitaine. » Finit-il par lâcher après avoir hésité quelques secondes. Personne ne s’était manifesté, il avait donc réagi et proposé ses services. La confirmation obtenue, l’aspirant attrapa la mitrailleuse et se mit en mouvement un peu trop vite ce qui le fit vaciller sur les pas suivants.
« Ok, faites attention car je leur ai pris sur un de leur piège. »

Quelle solution elle avait ? Il n’y avait aucun choix stratégique à faire maintenant. Il n’y en avait aucun depuis qu’elle était arrivée en fait. Même si elle n’avait pas envoyé les deux hommes en reconnaissance, le marteau serait venu frapper l’enclume à un moment ou à un autre, avant que l’équipe ne soit opérationnelle suite à son cocktail vitaminé. Elle murmura à Rita :
« A mon commandement, vous lui en collez une dans la tronche. ». Petite vengeance sur Wakks. Il semblait furax et quelque chose lui disait que c’était à cause de la merde qu’elle avait foutu dans son trou.
« A vos ordres. »

Puis, haussant le ton, elle lui répondit :

« WAKKS, BOUGE PLUS ! ON VA TE DESCENDRE SI TU AVANCES ! »
La négociation, si s’en était une, pouvait commencer.
« T’ES PAS EN POSITION DE FAIRE TA PETITE CHATTE ! CA VALAIT BIEN LA PEINE... » gueula-t-il en réponse.
« QU’EST CE QUE TU PROPOSES ? »
« ON FINIT D’ENCERCLER TA BANDE DE DEBILES ! VOUS AVEZ PLUS DE MUNITIONS, VOUS CREVEZ LA SOIF. ALORS RENDS-TOI... »
« Il me motive. Pile entre les yeux, chef... » murmura Rita.
« Mais quel trou du cul ce mec...» siffla Elana entre les dents. Il ne manquait pas d’air de dire ça ! Il est facile d’insulter quand on a les copains et surtout l'avantage. Lui en tout cas, il avait intérêt à pas boire un verre au bar. Il allait être mal reçu.

« Attendez. Je comprends que ce soit tentant. », fit Pedge dans le même murmure. Elle devait réagir avec esprit.
« Vous n’avez qu’un mot à dire. » Conclu-t-elle en maintenant sa cible en joue.
« CE SONT DE BONS ARGUMENTS WAKKS ! », gueula-t-elle pour jouer la montre. Elle n’avait pas spécialement le coffre pour gueuler comme ça longtemps, surtout qu’elle était juste huilée à la pisse. Mais elle avait besoin de réfléchir, de garder son sang-froid et de peser le pour et le contre, comme si elle était dans une situation réelle.
« TU SAIS CE QUE TU AS À FAIRE. ON ATTAQUE DANS DIX MINUTES. DÉCIDE-TOI ! »
Il se mit alors à reculer.

Un éclat lumineux gêna Matt le forçant à détourner le regard. Forcément cela attira son attention, il rechercha aussitôt la source scrutant attentivement l’environnement. Le signal lumineux se répéta, à deux reprises. Il venait du contrebas. Est-ce un piège ? Est-ce un appel ? Dans tous les cas, Matt ne pouvait garder ça pour lui et partagea l’information.
« J’ai un signal lumineux. A 11h. » Forcément, il fallait qu'il en parle pour que ce dernier disparaisse de nouveau le faisant presque douter de sa vision. Matt était pourtant sûr ce qu’il avait vu.

Et par chance pour l’aspirant, il n’était pas le seul à l’avoir vu. Du morse par signaux, Elana le connaissait, pour l’avoir appris durant les exercices sur le terrain de son ancienne affectation. Elle était bien contente que son instructeur les aient fait chier avec ça pendant des mois ! Mais la signification du message était “codé” ou lui échappait pour le moment, enfin qu’importe, elle se contenant de compléter de sa voix sans vie les propos de Matt, tout en secouant un peu ses neurones. Enfin, s‘était mieux de réfléchir sur ça, que sur les charmantes fréquentations du capitaine. Non, mais quelle tête à claque ce Wakks.
« “W R D Ok” … C’est la signification du signal. »



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Matt Eversman

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le Mer 19 Déc - 12:39

Matt Eversman

L'enfer by Calahan



« Will ? Ruth ? Mais le D ? » interpréta l’aspirant tout en gardant l’œil dans le viseur. Mine de rien, c’était plaisant de savoir que certaines étaient en vie, qu’ils avaient pu s’en sortir mais bientôt la méfiance prévaut. Comment avaient-ils pu en échapper ? Où était Tim ?

« Quelqu’un a une idée concernant le “D” ? », demanda Pedge à la ronde. Elle essaya de contacter Brass ou Will par radio mais rien ne se produisit. Pas de réponse. Bon… Le signal ne pouvait venir que d’eux, à moins que Wakks tente de les piéger d’une façon ou d’une autre. Ce n’était pas le dernier pour faire cela, comme elle avait pu le constater en se faisant prendre en récupérant le casque qu’elle avait sur la tête il y a quelques heures. Elana réfléchissait à la signification tout en étant sur le quivive.

En attendant, Pedge devait prendre une décision. S’ils résistaient, il était clair qu’ils allaient tous y passer. Est-ce que c’était le genre d’officier qu’elle voulait être ? Emmener ses hommes jusqu’à la mort par orgueil pour ne pas se faire prendre vivant ? Selon les ennemis, cette option est préférable parfois, mais là ? C’était une manoeuvre, et le commandement voulait savoir si elle était apte à avoir ce putain de grade ou pas. La mort ne donnait plus aucune option stratégique. La vie par contre… Devait-elle donc se rendre et compter sur les types qui étaient là à l’extérieur ? Brass, Will, et Ruth. Mais c’était qui ce “D” bordel… En tout cas, Will était un ingénieur du génie, et Ruth, de ce que lui avait dit le sergent, venait tout droit d’une agence intelligente de renseignement. Donc… Si on admettait que le sergent soit avec eux, ça faisait trois personnes susceptibles de mener une action contre leur assaillant. Mais il était impossible de se coordonner avec eux. Répondre en morse serait forcément capté par les militaires qui les entouraient, et ils en déduieraient que du monde se trouvait à l’extérieur du camp et ils commenceraient à ratisser.
Si Pedge se rendait, elle serait aux mains de l’ennemi avec le reste de l’équipe. Les trois à l’extérieur pourrait alors…

« Et si le “D” c’était Divorce la machine ? », fit Pedge prise d’une soudaine illumination alors qu’elle repassait les présentations dans sa tête pour établir une stratégie propre et censée.
« Et où est le Sergent ? » Réenchérit Matt n’ayant pas compris le rapprochement avec une quelconque machine. Pour lui, Le D correspondait à Danny or ce dernier était avec eux. Ce n’était donc pas ça mais quel rapport avec un Divorce ?

Elana n’était pas certaine que la signification soit bel et bien « Will, Ruth et Divorce ok ». Cela pouvait être un signal de l’ennemi, qui informe les autres troupes qu’ils avaient aussi quelque chose. Mais dans ce cas, pourquoi n'utilisent t’ils pas leurs radios ? à moins, que ça soit pour un faux signal et trompé l’équipe déjà bien souffrante. Une manière de les attirer dans un piège. En tout cas, si c’était les copains, il était agréable de les savoir en vie, mais Elana était du genre pragmatique et méfiante, elle ne pouvait pas se dire de but en blanc, que s’était les alliés. Cela serait un abus de confiance. Et l’erreur dans cette manœuvre coûtait chère et à cet instant ils ne pouvaient pas en faire une.

« Si le signal est bien allié. Il n’est pas avec eux. Sûrement aux mains de l’ennemi à cet instant. » mais quelle question conne franchement. L’évidence était là. Mais bon, elle garda pour elle ce genre de remarque. « S’ils ont récupéré le Divorce, il est possible de faire une attaque en étaux. » cette constation était autant pour elle que pour tout le monde, une manière de lancer la réflexion et de l’accélérer aussi, ils n’avaient que dix minutes avant de passer à la casserole.
« Capitaine, prenons nous le risque de leur répondre ? » ou même la folie de faire un abus de confiance, allait-elle dire. Mais, bon, il avait une prise de risque à prendre et s’était à l’officier de les mener à leur perte ou à leur fuite. Car pour la victoire, on repassera, il était seulement question de survie à cet instant.


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Pedge Allen

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le Mer 19 Déc - 13:17

Pedge Allen
L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018

Elana se chargea de répondre au Sergent Evers… Non, il ne l’était plus, et Pedge avait encore du mal à le réaliser pleinement. En tout cas, elle ne savait pas si elle renvoyait le même genre d’image que Ravix, mais le capitaine trouvait qu’elle parlait comme un robot, ou un télégraphe. Manquait plus que les “stops” entre les phrases et elle serait parfaite. La jeune femme n’était pas certaine que le “D” soit bien la machine du tankiste, mais elle ne voyait pas ce que ça pouvait être d’autre dans ces conditions, à moins qu’ils ne se soient trompés de lettre en morse. “D” se faisait “long point point” alors que “T” se faisait juste par un “long” signal. Peut-être que Ravix s’était trompée en décodant, ou que l’émetteur se soit gouré en envoyant. L’erreur humaine pouvait être des deux côtés.
« Négatif, pas de réponse à leur donner. Nous sommes encerclés, l’ennemi va très vite capter notre signal et il saura qu’on a des hommes à l’extérieur de notre campement. ». Elana hocha la tête simplement sans dire mot de plus.
S’ils avaient récupéré la machine, ils pouvaient espérer une contre attaque. Certes, ceux qui seraient entre le groupe de Will et le leur se feraient peut-être tailler en charpie, si tant est qu’ils arrivaient à les voir. Mais ceux qui étaient dans leur dos auraient vite fait de leur tomber dessus à bras raccourcis sans faire de détails.
La seule option que Pedge pouvait admettre en tant qu’officier désormais était de se rendre et de négocier avec l’ennemi pour leur vie. Peut-être que finalement il n’y avait pas d’issue, comme lors du coxage dans les formations commandos. Pas d’autres possibilités que d’être attrapé, et soumis à la question.
« Nous allons déposer les armes. Il faut savoir se rendre. », finit-elle par dire en se retournant vers le groupe. Il n’y avait pas d’autres alternatives.

Rita s’agita silencieusement.
Son regard s’écarquilla par un mélange de crainte et de surprise quand elle avait entendu cet avis. Personne n’y avait songé pour la simple et bonne raison que ça signerait l’échec de leur test. Dans la tête de l’italienne, c’était la porte de sortie, la fin de l’aventure. Où irait-elle après ? Que ferait-elle ? La garde devant la Porte des Étoiles comme d’autres ?
Elle devrait regarder partir ces braves soldats qui avaient été meilleurs, si ce n’est plus chanceux, en restant dans la salle d’embarquement ?

Rita Monciati, Forces Spéciales Italienne, qui finissait simple gardienne. Non...non. C’était inacceptable. C’était même un déshonneur. Les Italiens étaient reconnus pour être des sanguins. Chez la jeune femme, le respect de la hiérarchie prévalait. Mais ça ne l’empêchait pas de sentir son visage s’empourprer fortement. Elle ne voulait pas se rendre de cette façon, comme une lâche.

« Je peux encore me battre...on peut encore gagner. »
« Oui. Ne faites pas ça... » Intervint Bowers, le coeur battant.
« Cet homme est un sadique. Nous le paierons tous très cher. Je...je peux participer...me battre aussi. »
Izabel plus que les autres craignait de tomber de nouveau entre les griffes de ce malade. Sa respiration s’était accélérée, sa poitrine se levant et s’abaissant de façon plus visible alors qu’elle ajoutait, d’un ton très anxieux :
« Mes cheveux. C’est lui qui m’a fait ça. Tout mais pas ça...pas lui, Capitaine... »

Se rendre après avoir enduré une journée d’enfer et en être résolu à boire leur pisse ? ça avait un goût amer de” tout ça pour rien” pour l’aspirant. Tant d’efforts pour finalement lâcher les armes. Ce n’était pas à l’ennemi qu’il se rendait mais à Calahan. Ce type n’était pas à la hauteur de la perversion d’une reine Wraith. La méthode employée n’était pas la même mais les deux partager un point commun, celui de vouloir les briser. Eversman n’y était pas favorable n’ayant aucune envie de se retrouver entre les mains ennemis. Les autres semblaient partager l’envie de se battre jusqu’au bout et le faisaient savoir. Matt se contenta de quelques mouvements de tête de gauche à droite en croisant leurs regards avant de revenir vers ses cibles, la mitrailleuse toujours bien en main. Ce n’était pas à lui de faire un choix. Son point de vue avait été exprimé mais ce n’était pas à lui de prendre les décisions. Juste la fermer et obéir.

Elana n’était pas d’avis non plus à se rendre, puisque cela entraînerait sûrement la fin de la manœuvre et la fin pour plusieurs de l’aventure avec Calahan et des missions d’explorations. Il avait des enjeux pour chacun d’entre eux. Et se rendre était quelque chose de difficile pour la fierté. Et la caporale comprenait tous ses points de vue. Elle essayait de voir plus loin, étant seconde… pour voir les raisons de la capitaine, elle avait plus d’expérience des combats et des explorations qu’eux, et elle n’était pas capitaine pour rien. Et mise à part la complexité de la situation et le manque d’information ou le desespoire de ne pas savoir quoi faire… elle ne validait pas ce choix. mais Allen était capitaine et c’est elle qui prend les commandes, si elle décide de mettre fin à tout ça, alors elle mettra fin. Les bidasse non pas de mot a dire, sauf à accepter avec amertume. Elle soupira.

« Rita Iza calmez vous. » d’une manière rassurante. Elle tourna la tête vers Pedge hésitant un peu avant de demander « Mon capitaine, êtes-vous certaine de cet ordre ? » Il restait la fuite sinon ou de se laisser prendre pour leur mettre à l’envers dans leur camp. Elana espérait aussi la faire changer d’avis, ou qu’elle reconsidère autre chose.

Pedge s’attendait à ce genre de réactions de la part de l’équipe. Pourquoi ? Parce qu’ils en avaient tous chié comme des galériens pendant plus d’une journée et que se rendre serait vu comme un échec. Pourtant, il y avait des situations impossibles à gérer. Là, ils étaient en manoeuvre, c’était facile de faire les gros durs et d’aller au casse pipe en se disant que de toute façon, on ne mourrait pas pour de vrai (même si ceux qui avaient mangé de la mouture d’obus modifié semblaient morfler atrocement). Dans la vraie vie, dans une vraie mission, Pedge estimait qu’il valait mieux être capturé vivant et que mort.

Elle en avait bavé elle aussi, jusqu’à en boire un bol de pisse comme tous les autres. Elle n’avait pas envie de lâcher l’affaire, et de se rendre. Son côté bulldozer prenait le dessus, mais elle se devait de garder la tête froide et d’exploiter toutes les informations à sa disposition.
Brass avait signalé un mouvement de M60 sur leur flanc.
Il s’était fait cueillir comme un bleu dans l’obscurité, ce qui voulait dire que les mecs en face étaient équipés de lentilles ou lunettes IR.
Wakks avait dit qu’ils étaient encerclés. Donc ils avaient des ennemis tout autour d’eux, ce qui rendait une percée sacrément compliquée voir impossible.

En ce qui concerne le groupe, Pedge avait fait un tri également :
Ils avaient une M240 ce qui représentait une bonne puissance feu.
Les munitions commençaient à se faire rares.
Ils ne voyaient rien dans le noir et ne savaient pas où était l’ennemi.
Ils pouvaient résister un moment dans la cuvette en attendant de se faire tuer.
S’ils tentaient une percée par l’arrière, ils retarderaient juste l’échéance en perdant des éléments.
Chacun semblait spécialisé dans un domaine spécifique tandis qu’en face, il ne devait y avoir que des soldats de base. C’était une force, mais difficile de l’exploiter là comme ça.
Danny était toujours dans le coltard.
Matt était à poil.

Bref, mis bout à bout, il n’y avait pas quarante six solutions. Il y en avait deux : se rendre / se battre.

Se battre impliquait des pertes, voir l’extinction totale de l’unité.
Se rendre n’impliquait pas de perte et la possibilité de s’évader grâce aux éléments extérieurs et aux compétences variées de chacun. C’était le choix le plus logique pour la capitaine, qui ne demandait pourtant qu’à se fritter avec ces connards, juste pour le plaisir de faire bouffer la poussière à Wakks.

Pedge comprenait vraiment leur point de vue. Ils préféraient se battre que de subir les traitements ignobles de Calahan. C’était de la peur, rien de plus. Elle savait que s’ils se faisaient prendre, ce ne serait pas un moment de plaisir pour chacun des membres de l’unité ici présent. Mais ne valait-il mieux pas être vivant que mort ? Si la reine l’avait tuée plutôt que de s’amuser avec elle, elle ne serait plus ici. Ok, sur le coup, elle aurait préféré vingt milles fois être morte, mais après coup, cela n’en valait pas la peine.

« Je suis certaine de mon ordre caporal. Nous allons nous rendre. ». Pedge était grave, et elle ne déconnait pas. « Ecoutez, je comprends que vous rendre semble être la pire solution, mais c’est comme ça. Ne montrez rien, ne subissez pas. Vous devez bouffer cet obstacle. Si vous subissez, vous êtes morts. C’est facile à dire, mais c’est un fait. On est une équipe, et on s’en sortira ensemble. Vous avez tous des spécialités différentes, et dehors là quelque part, on a des mecs à nous qui pourront tenter quelque chose pour nous sortir du camp ennemi. »

Et avec un peu de chance, de coller une pastèque à Calahan en passant.
Pedge hésitait à demander à Eversman de piéger les vestes de quatre d’entre eux histoire de réserver une surprise à l’ennemi. Mais cela signifierait qu’ils feraient les kamikazes, et ce n’était pas une super bonne idée. A tout le moins ce serait jouissif sur le coup d’emporter un connard dans la mort fictive de la manoeuvre, mais si c’était la vraie vie, ce serait stupide. Du coup, elle se fit une raison pour ne pas laisser libre cours à ses pulsions primaires.

« Déposez vos armes au centre, en un tas unique. Ne gardez rien sur vous où vous allez le payer quand on va se faire attraper. Allez. ».

Elle montra l’exemple en déposant son arme au centre, ainsi que son fusil à gomme. Ils n’avaient plus qu’à faire de même avec les leurs. Matt suivit le mouvement général se délaissant de la mitrailleuse se retrouvant une fois de plus nu comme un ver. Cette décision ne lui plaisait pas, il préférait se battre jusqu’au bout mais il la ferma se contentant d’un signe négatif de la tête lorsqu’il croisa le regard de Pedge. Tout ça pour se retrouver aux mains de l’ennemi ? Ils auraient peut être dû y songer avant d’en venir à boire leur pisse car ça avait un goût de tout ça pour rien. Il soupira avant de s’asseoir avec les autres attendant que l’ennemi vienne les cueillir.


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Elana Ravix

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le Mar 1 Jan - 19:03

Elana Ravix
L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


La réponse était déplaisante, mais c'était ainsi, ils avaient un capitaine et elle faisait foi de loi ici. Elana, était toujours aussi impassible, elle se laissa glisser au fond du trou, pour déposer son P90 qu’elle désarma dans un geste fluide et vif à la fois, marquant sa contrariété. Puis elle fit de même avec son pistolet. Tout en jetant un regard à Iza et Rita dans l’espoir qu’elle se montre docile. Elana resta fixe non loin du capitaine, attendant la suite.

Puis Pedge s’approcha de la cuvette et gueula à l’attention de Wakks :

« HEY WAKKS. TON TROU ÉTAIT PLUS CONFORTABLE, ALORS ON SE REND ! ».
« ON PARLERA DE TON FAIR-PLAY PLUS TARD ! JE T’ENVOIE DES SERFLEXS. LIGOTE TES GARS ET M’ENTOURLOUPE PAS ! »

Là dehors, un nouveau cyalume s’alluma. Le cylindre jaune était attaché à un paquet de serflexs que l’on jeta en évidence sur un découvert. Du mouvement était visible soudainement, révélant quelques soldats en compagnie de Wakks qui pointaient leurs armes pour les attendre.

« NEGATIF WAKKS. FAUT TE SALIR LES MAINS AUSSI ! ».

Il n’y eut pas de réponse. Une dizaine de seconde s’écoulèrent avant qu’un sifflement ne signe l’approche d’un obus de mortier qui éclata bien loin de la cuvette où se trouvait Allen. A ce moment, Rita s’était raidi au point qu’elle s’apprêtait à faire feu sur Wakks. Contrairement aux autres, elle n’avait pas lâché son arme.

« DERNIÈRE SOMMATION ! »

Pedge restait de marbre. Cet enculé quoi. Il fallait vraiment tout lui faire. Finalement, elle se demandait si ce n’était pas une mauvaise idée de se rendre et s’il n’était pas mieux d’essayer de combattre ces pleutres. Mais bon… Elle n’avait pas mis les mortiers dans sa liste de “mauvaises choses” et il le lui rappelait bien. Un obus au milieu de la cuvette et ils seraient tous en train de se tordre de douleur comme des cafards gazés.
Elle remarqua que Rita n’avait pas lâché son arme.
« Monciatti, posez votre arme, c’est un ordre. ». Elle attendit la réaction de l’italienne avant de répondre à Wakks.
Elle était déboussolée, elle ne voulait clairement pas se rendre et comprenait mal la logique de son officier. Elle finit par quitter sa lunette et poser délicatement son fusil au sol, son regard mauvais demeurant en direction de Wakks qui se remettait à hurler.

« REGLE SUR TA POSITION, PARE AU PILONNAGE. JE ME RÉPÈTE PLUS ! »
« C’EST BON, JE VAIS FAIRE TON BOULOT ! », fit Pedge qui se leva pour s’exposer et montrer qu’elle coopérait. « Monciatti, allez chercher les serflexs et entravez vos coéquipiers. », fit-elle à l’adresse de l’italienne. Elle préférait la garder à l’oeil. Pedge était carrément contrariée de devoir faire ça, mais elle n’avait pas le choix.

« De quel côté êtes-vous ? » Lâcha-t-elle clairement vexée par l’ordre et la situation.
« Du côté de celle qui ne veut pas prendre un obus sur la gueule. Alors exécution. », siffla Pedge qui n’avait pas spécialement envie de se faire marcher sur les pieds.

Elana jeta un regard à la capitaine, la toisant longuement. Ah bon ? Elle est de ce genre d’officier elle ? Elle serra les dents, elle s’était trompé sur le capitaine, elle ne se salirait pas les mains, préférant envoyer les autres à sa place pour un travail qu’on lui demande de faire. Un officier de bureau, un bon officier qui reste planqué sans prendre un minimum de risque. Pas un officier de terrain. Surtout qu’elle ne serait pas pilonnée, cela ne se tiendrait pas du tout. Enfin qu’importe, elle garda cette constatation pour elle-même.

Rita fit un salut militaire détestable avant de lui tourner le dos. Les mains vides, elle descendit pour atteindre le découvert. Voir ces différents soldats en position, tous cagoulés à l’exception de Wakks, lui livra une bouffée de haine et elle s’interrompit en se demandant si elle allait vraiment obéir ou pas. Le type était là, le plus proche, avec son MP5 pendouillant à son gilet. Il la fixait d’un air peu accueillant, logique, mais elle crevait d’envie de le défoncer.
Son regard passa par-dessus son épaule. Il y avait Izabel et Elana là-haut, il fallait qu’elle y pense et qu’elle s’y accroche.
Rita ravala donc sa fierté et récupéra les serflexs avant de revenir vers le trou dans lequel ils étaient cachés. Ca lui faisait bizarre de le voir depuis cette position et c’est à contrecoeur qu’elle atteignit ses collègues pour leur placer les serflexs. Elle débuta par Elana puis s’approcha d’Izabel qui commençait à paniquer en silence, vu sa respiration forte et rapide. Elle était terrorisée à l’idée d’être de nouveau confrontée à Calahan.
« On va s’en tirer. » Lui dit-elle sans réel espoir.
Ce fut un peu plus compliqué pour Danny qui était encore trop dans les vapes pour comprendre pourquoi on le ligotait.

Quand ce fut le tour du Ranger, ce dernier tendit par réflexe ses avants bras pour lui faciliter la chose. Ce geste, il l’avait bien trop répété le mois précédent et avait espéré ne plus se retrouver avec des liens. Il faut croire que son passé revenait bien trop vite sauf que cette fois, il n’y était pour rien.
« Vas-y » Dit-il en croisant le regard de l’Italienne. Ce n’était pas à elle de faire ça, c’était à Allen. ça faisait partie de son rôle de soutenir les hommes. Certes elle avait son speech mais là c’était l’occasion pour distiller un mot à chacun, les rassurer pour certains. Le regard du Ranger dévia sur elle lorsque ses poignets furent liés, par réflexe il testa de suite l’emprise. Rita le quitta après lui avoir fait une tape compatissante sur l’épaule. Il fallait profiter des derniers moments de quiétude.

L’italienne s’approcha alors de Pedge. Elle avait le visage rouge, ça lui avait énormément coûté de sceller les poignets de ses collègues et on sentait qu’elle en voulait atrocement au capitaine. Tim lui manquait beaucoup en cet instant, tout comme Will et Ruth. Allen, pas beaucoup. Pas du tout même.
Elle se fixa simplement devant elle, la respiration lente, signe d’une grande nervosité. Et elle attendit de voir si l’officier allait lui tendre les mains pour recevoir les liens. Ce que fit Pedge en la toisant sans sourciller.

Rita n’alla pas jusqu’à serrer trop fort les liens même si ce n’est pas l’envie qui lui en manquait. Elle termina par sa personne en coinçant le plastique entre ses dents et en tirant. A partir de cet instant, tout le monde était attaché et il n’y avait plus le moindre espoir de reprendre le combat. L’italienne s’asseya sur le rebord de pierre en regardant en direction du lointain, là où il y avait eu le signal lumineux. Le silence et le vide absolu y régnait, elle se mettait à espérer qu’ils aillent bien. Elle en aurait pleuré de rage si elle avait pu mais elle se ferma de plus en plus.

Izabel, de son coté, s’était rapprochée de Ravix pour vérifier que les liens ne lui avait pas fait mal. C’était peu important mais elle tentait désespérément de fuir sa panique galopante en s’occupant l’esprit. Ravix avait le poignet affaibli par une blessure par compression et elle se mit à observer ses mains pour s’assurer que tout allait bien. Vu comme elle tremblait, la diversion lui était très insuffisante. En réponse à cet appel silencieux, Elana lui montrait son poignet du mieux qu’elle pu. Elle lui donna un coup d’épaule amicale, pour la calmer en lui chuchotant : « Ne pense pas à la suite Iza. Garde la tête haute, pour ne pas lui offrir ta peur. Tu es forte et c’est la seule chose qui doit voir. Que tu es une recrue qui va faire des explorations car tu es forte ! »
« J’aurai aimé être comme toi. » Répondit-elle avec très peu d’assurance. Elana lui fit un sourire et une tape amicale dans le dos.


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Steven Caldwell

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le Mer 2 Jan - 20:03

Steven Caldwell
L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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On leur demanda de quitter leur trou et d’avancer, laissant Danny en arrière. On les sépara très rapidement pour palper leurs poches et leurs uniformes. On fouilla leurs gilets, leurs sacs, on leurs retira leurs radio. Et bien entendu, les soldats ennemis verifièrent les serflexs.
Ces hommes étaient tous cagoulés, probablement pour garantir leur anonymat une fois que la manoeuvre prendrait fin et qu’il n’y ai pas de représailles.

Pedge Allen était en train d’être fouillée par l’un de ces soldats inconnus lorsqu’une voix monta tranquillement sur sa droite.
« Hé, capitaine ? »
PAK ! Une droite bien sentie la cueilli au moment où elle tourna la tête. Pile sur sa pommette qu’elle sentit cloquer et brûler instantanément. Wakks avait frappé de manière très sèche mais pas en y mettant toute sa force. Il ne comptait pas l'assommer mais lui distribuer un bourrepif bien humiliant.
« Pour ton fair-play. » Lâcha-t-il sèchement en s’éloignant sans la regarder.

Elana tourna la tête vers cette enflure sur patte qui se prenait de certaine liberté…Même s’il était dans le camp ennemi, il avait pas un “rôle” dans ce geste, c'était du pure sentimentalisme. Quelque chose qui allait au delà, qui n’était pas maîtrisé et en conséquence loin d’être professionnelle. En gros, ce mec était un trou du cul.
« Une bidasse qui frappe un officier, il faut vraiment que cette armée soit en déclin ... » dit-elle sans se soucier de savoir si on l’entendait ou non. Il avait un mépris si fort dans sa voix atone que cela n’était pas anodin.
Le type qui fouillait Elana eut une réaction instantanée en lui collant une grande baffe du plat de la main. Normann était en train de repartir, il bifurqua sur elle pour la fixer d'un air mauvais.

« T'aime bien jouer les héros ? Fait moi un commentaire ! »
La réaction d’Elana fut un rictus pour une fois moins mécanique, une machine qui vous offre son mépris le plus total.
« Il a déjà été fait. » répondit-elle se contractant pour recevoir une nouvelle baffe.
Wakks sur un sourire presque ravissant.
« Qui a la glue ??? »
« Moi ! »
« Colle-lui sa grande gueule. Lésine pas sur la quantité ! »
Avec le garde, Wakks la dit tomber dos au sol alors qu'un mec s'approchait avec de la glue industrielle. Elana pu entendre Iza hurler quelque chose mais au final, rien n'y fit, ils lui scellèrent les lèvres. Malgré qu’elle secouait la tête méchamment pour frapper l’homme d’un coup de boule. Il parvenu à le faire et elle soupira.
« Fait un commentaire ! » Rappela Wakks.
En réponse, elle lui lança un regard dédaigneux, ce mec était ce qu’elle décrivait au dessus et il le prouvait : un déclin pour cette armée, rien de plus rien de moins. Elle aurait put lui faire un fuck, mais cela n’était pas tant angré dans sa culture. Et le regard était suffisant pour voir à quel point il n'était qu’une larve sans valeur. Il fallait être sacrément con ou excité par la violence, pour passer cette étape. Un peu de pouvoir et hop, l’homme dévie. Cela était navrant.

Pedge avait encaissé sans ne rien dire. C’était le but de Wakks qu’elle se rebelle juste pour lui en coller une autre, et manifestement, Ravix n’avait pas compris leur stratagème. Ils allaient suffisamment morfler pour ne pas en prendre gratuitement dans la face juste en l’ouvrant pour montrer qu’on était une forte tête. C’était inutile. La vie distribuait déjà assez de droites comme ça sans qu’on ne lui demande rien. La capitaine n’eut même pas le temps d’intimer à son soldat de fermer sa grande gueule, que Wakks était déjà en train de lui coller les lèvres à la superglue. Ce type était vraiment un malade. Il était vraiment sérieux ?
« Hey Wakks, je suppose que tu assumeras devant une commission d’enquête si jamais ses lèvres restent lésées pour le restant de ses jours ? », dit-elle, plutôt inquiète de l’utilisation de ce produit sur des tissus humains. C’était quoi le délire là ? Des mutilations sur une manoeuvres ? Autant elle pouvait comprendre qu’elle mange une droite après les saloperies qu’elle avait fait en toute conscience dans son repaire de taupe, autant là elle ne comprenait pas l’utilisation de quelque chose de nocif pour la santé. Un simple baillon aurait largement suffit, et c’était une méthode largement éprouvée depuis que l’homme parle et qu’on a voulu le faire taire. C’était pour dire.

Wakks pensait en avoir fini avec eux. Lui qui quittait le dispositif pour faire un autre boulot s’interrompit, cessant sa progression, pour entamer ensuite un recul. Un pas, deux pas, trois pas. Il fit demi-tour pour revenir tranquillement devant la texane fermement tenue par les ennemis cagoulés. Normann n’était pas un enfant de coeur, il ne l’avait jamais été. Lui qui pensait avoir fait passer le message et, pourtant, les captifs continuaient de faire les fanfarons. Si l’autre péteuse avait fini la gueule engluée, c’était bien fait. Mérité même. Maintenant, un autre client se présentait.
Wakks secoua négativement la tête. Il ne s’attendait pas à ce que le capitaine soit aussi con que son sous-fifre. C’était à regretter de lui avoir laissé sa chance pour le sport.
« Fait un commentaire ! »
Pedge le toisa d'un air renfrogné. Elle haussa des sourcils et plissa les lèvres puis elle fit un petit geste dédaigneux de la tête avant de la secouer négativement. Elle était en train de se faire un ulcère mais finalement elle préféra la fermer. Elle l'avait prévenu et si ce mec était trop con pour recommencer ça n'en valait pas la peine. Il assumerait sa merde et son officier également quand tout cela aura dérapé trop loin. Les types qui prenaient des libertés pendant les exercices y en avaient toujours eu. Ce serait pas le dernier à qui ça monte à la tête.
« C’est mieux. »
Il quitta le capitaine pour s’adresser à tous.
« Vous êtes nos prisonniers. Et nous sommes ennemis. Le prochain qui joue le héros, je lui couds moi même la bouche. C’est clair ? »
Wakks fixa une dernière fois Allen, histoire de voir si elle comprenait bien le message.

Pedge était tentée de répondre quelque chose. Franchement, ça lui brûlait autant que sa pommette. C’était juste pour voir s’il allait vraiment lui coudre la bouche. La texane était une effrontée. Elle n’était pas du genre à la fermer quand il le fallait, surtout quand ça partait en couille comme ça. Ce n’était pas normal. Elle était certaine que ce con serait capable de coudre la bouche de quelqu’un. Après tout, il s’était fait péter la gueule avec une grenade sans sourciller. Elle avait pas mal de répliques cinglantes qui lui venaient, mais elle les gardait pour elle. Cela ne servait à rien de provoquer un chien enragé qui sentait la peur chez ses vis-à-vis et qui ne se sentait plus de les avoir à sa merci. C’était une sentiment de puissance bien détestable. Bref, elle s’obstina à regarder ailleurs, comme si elle ne le calculait pas.

Wakks sortit tranquillement une clope pour l’allumer. Il semblait satisfait du silence qui régnait maintenant et s’éloigna sans dire un mot de plus. Le médecin de l’escouade n’était pas bien du tout. Pourtant, le nouveau problème dont souffrait Elana la remit sur pieds. Comme toujours, s’occuper l’esprit lui permettait de ne pas se morfondre dans la panique.
« Elana. Ne force surtout pas. Ca va... » Elle se prit une claque derrière la tête. Comprenant le message, elle cessa de parler mais acquiesça, l’air sereine. Elle lui promettait mentalement de lui retirer tout ça et de lui rendre sa bouche. A l’infirmerie du SGC, les cas de soldats qui s’étaient collés à la glue n’étaient pas si habituel. Il lui semblait important de lui montrer que ça ne serait pas grave si elle ne s’énervait pas. En réponse Elana hocha la tête en plissant des yeux, comme pour lui dire qu’elle ne devait pas s'inquiéter.

Les soldats ennemis se réunirent au fur et à mesure que le danger avait disparu. La section était clairement encerclé et on les fit agenouiller comme des prisonniers jusqu’à ce qu’on leur ramène Tim Brass sur une civière. Certains effectuaient des patrouilles régulières, à la recherche des portés disparus, mais ils abandonnèrent au bout d’une demi-heure.

Wakks n’était pas celui qui menait la troupe. C’était l’un des cagoulés qui semblait en liaison radio directe avec Calahan et qui rendait compte. A l’issue, ils ordonnèrent aux prisonniers de se redresser et ils les guidèrent sur une marche longue de plusieurs heures. L’ennemi n’était pas tendre en leur imposant un rythme soutenu. Quand Tim s’éveilla, on lui laissa à peine le temps de reprendre ses esprits et on le contraignit à porter la civière avec Matt. Pour se faire, on leur avait délié les mains mais ils étaient étroitement surveillés. Danny reprenait parfois une lucidité mais il ne s’agitait pas, comprenant finalement sa position de prisonnier.
Quand il en eut l’occasion, Tim atteignit le capitaine pour tenter de lui murmurer discrètement :

« On était bien planqué sous un taillis. Ils sont venus droit sur nous comme si on était marqué. J’ai rien pu f... »

Il ne termina pas sa phrase quand une femme cagoulée lui colla son poing dans le nez, le faisant violemment claquer et saigner. Il en perdit sa prise, la civière tomba avec Danny, puis le reste de l’escorte s’excita comme si les prisonniers tentaient de s’échapper. Les armes pointés, les malmenant de toutes parts, c’est comme s’ils n’attendaient qu’une mauvaise réaction pour les mitrailler.


••••

by Wiise

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Matt Eversman

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Matt Eversman

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L’accoup soudain envoya Matt à l’avant, il n’eut pas le temps de lâcher la civière pour se protéger et s’étala de tout son long. Il lâcha un grognement quand le brancard le percuta. Allez hop quelques ecchymoses de plus ! à ce rythme là, le Stroumph ce serait lui. Il eut à peine le temps de comprendre ce qui venait de lui arriver qu’on l’attrapait par la peau du cou pour le remettre sur pieds sans la moindre douceur. Par réflexe, Matt chercha à s’en dégager d’un mouvement d’épaules. Les coups de rangers qu’il prit en réponse lui rappelait qu’il n’avait pas intérêt à faire le rebelle plus longtemps.

Pedge aurait bien aidé pour la civière, mais avec les mains dans le dos, elle ne pouvait rien faire. Quelque chose était également en train de la préoccuper au plus haut point. Ses jambes. Elle n’avait toujours pas de douleurs, mais surtout, elle sentait qu’un froid intérieur gagnait du terrain depuis ses guiboles pour remonter dans son bassin et son buste. L’empoisonnement se propageait. Le remède de la toubib ne semblait n’avoir aucun effet. Elle se surprit même à trembler, et pourtant, elle n’avait pas spécialement peur. Pour le moment, elle était obligée d’encaisser, se répétant inlassablement que ça allait. Elle se concentrait sur les propos de Tim, lesquels soutenaient qu’elle avait eu raison de se rendre. Il était inutile de résister, ils avaient l’avantage sur tous les plans stratégiques qu’ils pouvaient mettre en place. Moralité : Calahan voulait les capturer, elle se doutait un peu pourquoi. Une épreuve classique chez les commandos que Matt et Monciatti devaient connaître.

Elana était contente de revoir Tim au fond d’elle, mais elle aurait préféré le voir de l’autre côté avec ce qu’ils supposaient être Will et Ruth. Comme ils étaient absent. Voyant, qu’ils allaient se prendre des coups, elle ne pouvait pas parler, elle se contenta d’envoyer un regard à son supérieur, puis se mit en marche près d’Iza et Rita. Elle restait droite et fière comme toujours.

La marche ne s’arrêtait plus, c’était infernal. Au cours de la deuxième heure, l’escouade prisonnière sorti de l’environnement rocailleux et nivelés pour une petite plaine. Le vent y soufflait en continu, déplaisant, trop froid. Matt en souffrait plus que les autres par l’absence de ses vêtements et il éternua plusieurs fois. Un mauvais signe parce qu’il était pourtant en plein effort.
Heureusement, Danny récupéra de sa sédation et décida de quitter la civière de son propre chef. Il marcha avec le reste du groupe pour les soulager de son poids. C’était aussi un signe qu’ils approchaient de l’aurore vu ce qu’Izabel en avait dit.

Finalement, l’unité atteignit le camp dans un renfoncement de terrain. L’espace qui l’entourait le rendait très à découvert mais, d’un autre côté, ils verraient l’ennemi arriver de loin. Surtout qu’un soldat se trouvait sur une petite plate-forme en bois pour vigiler avec ses jumelles. Un autre, sur un renfort de sacs de sable, occupait une mitrailleuse bien placée. Les hautes herbes jumelées à des filets de camouflages rendaient ce camp bien dissimulé. Difficile à localiser. Sans ménagement, on les amena jusqu’au centre où on les fit tous aligner sauf Allen. Elle, on la plaça face à ses hommes et un type approcha avec une pince. Il la libéra étrangement de ses serflexs et s’en alla. Ils étaient tous là sauf Will et Ruth. Les regards étaient las, leurs visages trahissant la peur et l’épuisement. Une usure tant physique que mentale, sans oublier la soif qui revenait à vitesse grand V. Il y avait déjà des signes d’effondrement nerveux comme Izabel qui tremblait fortement des jambes. Rita avait la tête haute en signe de défi, pleine de fierté, comme si elle voulait se planquer derrière une force inébranlable. Tim, avec sa gueule pleine de sang caillé, regardait dans le vide comme s’il attendait sa fin. Danny semblait encore un peu à l’ouest. Il souriait béatement mais discrètement, trouvant sûrement du réconfort dans un souvenir sympa.

Sur la trentaine d’ennemis qui les encerclaient, certains se déployèrent pour monter naturellement la garde dans le camp. Quelques patrouilles par binômes et d’autres installés tout au long du rempart de sac de sable, ou plutôt de terre, qui délimitait les installations.
Les autres les surveillaient étroitement, sans scrupules, les armes en mains.

La tente principale s’ouvrit dans le dos d’Allen. Mais vu la plainte qu’Izabel lâcha avec un visage déconfit, c’était certain que Calahan approchait. Bien enfoncé dans son uniforme, avec son couvre-chef et son baudrier qui faisait peser le neuf millimètres à la ceinture, il approcha lentement en faisant claquer ses rangers.
Il passa devant Pedge pour fixer la ligne de captifs les uns après les autres. Il s’attarda sur Iza qui pleurait sans larmes, en pleine lutte pour dissimuler cette terreur tiré d’un travail intérieur de toutes ces heures de marche. Puis il s’arrêta sur Eversman, testant la couronne sur sa tête qui restait parfaitement en place avec le nouveau système. Calahan fit une moue d’approbation, comme s’il trouvait ça convenable.

Elana avait essayer faire jouer ses lèvres collées…Terrible erreur, il lui fallait de l’eau chaude et les trempée dedans, mais l’eau était une ressource rare… Alors tout du long de la marche elle l’avait fait, la fois où elle avait tiré un peu, du sang s’était écoulé d’une plaie.. Lui donnant un air de vampire qui venait de boire du sang frais. Elle avait lubrifié avec le peu de salive qui lui restait la zone pour essayer d'empêcher la colle de trop prendre. Cela avait un sale goût. Elle avait arrêter de tirer cela était bête. Elle devait attendre de toute manière. En tout cas, s’il devait se battre, elle se ferait un malin plaisir à briser la rotule de Wakk, ça lui apprendra à se prendre pour un apprenti tyran. En tout cas, ne pas parler ne lui fit pas grande, chose, elle ne parle pas tant que ça. Mais, cela allait être gênant pour la suite.

Elana n’était pas mécontente d’être arrivé dans le camp. Elle était éreintée et la soif lui chatouillait à nouveau la gorge. Bêtement, son cerveau se demandait si le groupe de militaire n’allait pas leur donner de l’eau pour qu’ils tiennent plus longtemps. Mais c’est un vœu pieux ! Elle avait beau déglutir, le goût infâme de la pisse, ne lui faisait plus rien, une petite migraine pointait son bout de nez et elle préférait ne pas envisager ce que Calahan allait leur faire. Bonne ou mauvaise solution, ils ne trouveraient le repos que dans quelques jours. En regardant l’activité du camp des cagoulés, elle se fit la remarque que ces soldats devaient peut-être des gens qui ont survécus aux manœuvres Calahan et qu’un jour, ils seront peut-être amenés à faire la même chose avec les futurs bleus. Cela ne lui plaisait guère, mais bon, n’est-ce pas un mal pour un bien ? Bonne question, qui mériterait réflexion devons-nous entraîner le mal pour renforcer les autres ? Il pourrait avoir un beau point Godwin là-dessus. Mais, comme elle n’appréciait pas toute cette polémique et drama autour de cette période de l’histoire de son pays et de son continent, elle préférait ne pas le mentionner.

Le gémissement d’Iza, lui prit aux tripes, l’infirmière était vraiment apeurée et elle ne pouvait pas s’empêcher de l’exprimer. Cela était humain après tout. Elana pour sa part était droite, d’un calme olympien, alors qu’au fond d’elle et comme tout à chacun, elle redoutait la dernière trouvaille du capitaine pour les faires capituler et les faires lécher le sol. La transpiration, était désagréable sur son serflexe, machinalement, elle joua avec ces mains, pour l’essuyer avant que cela ne soit qu’un inconfort se transformant en douleur.

La marche avait été exténuante. La soif était de nouveau bien là, la chaleur excessive avait cédé la place à la morsure du froid le faisant trembloter au niveau de ses extrémités et contracter les muscles pour tenter de s’en protéger. C’était un bien piètre mal au vu des quelques sévices subis par ses coéquipiers : Stroumph Grognon avait eu les lèvres collés, le Sergent le nez éclaté. Un gémissement s’échappa de ses lèvres lorsque les genoux écorchés percutèrent le sol une fois de plus. S’il avait encore un centimètre de peau entière à cet endroit à la fin des manoeuvres, ça tiendrait du miracle. Matt jeta un coup d’oeil à gauche et droite pour repérer ses voisins de supplice mais aussi remarquer la position d’Allen. Elle face à eux, à lui presque. La situation avait un étrange goût de déjà-vu. Certes il n’y avait pas de vaisseau mère mais Calahan pouvait être pris pour une reine Wraith au vue de sa gentillesse. Des scènes lui revinrent en tête : Allen avec la gorge perforée, la Reine le tenant en joue avec Pedge lui servant d’appui avant de le fusiller. Un garde vint lui enserrer de nouveau les poignets avec un serflex serrant un peu plus que nécessaire.

Le gémissement de sa voisine eut le mérite de le ramener à la réalité, lui faisant tourner la tête vers elle, la découvrant apeurée. La raison était facile à deviner : derrière l’officier s’amenait Calahan, hostile et menaçant. Il aurait voulu lui dire quelque chose de rassurant, qu’ils allaient s’en sortir.

« ça va aller. » Murmura-t-il d’une voix très faible avant de détourner la tête vers l’officier, suivant ses déplacements avant de finalement se résoudre à baisser les yeux et à observer un point fixe. Lorsque l’officier se ficha face à lui testant la couronne, Matt leva les yeux vers lui s’attendant à se prendre une remarque, une punition mais rien. Cela fit naître un peu d’espoir, d’assurance en lui. Ils étaient capables de la faire boucler à Calahan, de le bluffer et ça c’était un bon point. Que Will soit béni ! Machinalement, le Ranger leva les yeux vers les premières lueurs de l’aube espérant que son pote canadien avait pu voir ça. Il ne tâcherait pas de le lui raconter en tout cas. C’est avec cette lueur d’espoir qu’il reprit sa posture basse, passif.





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Pedge Allen

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le Ven 4 Jan - 4:43

Pedge Allen
L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018

Ils étaient enfin au bout du périple. Finalement, l’équipe tint bon et la marche s’effectua dans la souffrance silencieuse de la captivité. Pedge en vint à se dire qu’elle aurait dû les faire bouger directement plutôt d’attendre qu’ils se remettent, puisqu’ils étaient parvenus à marcher de longues heures. Elle n’avait pas été assez dur, et elle s’en voulu, parce que maintenant ils étaient dans cette situation catastrophique. Vivants certes, mais après ? Elle doutait de ses choix, ce qui était parfaitement légitime. Elle essayait d’adopter une vision d’officier, mais ce n’était pas dans sa reflexologie profonde parce qu’elle venait du terrain avant tout et qu’elle était habituée à suivre les ordres, pas à les donner. Cependant, si elle était là, c’était qu’elle l’avait méritée et qu’elle en avait les compétences. Alors, elle devait apprendre, et c’était aussi le but de ce stage.
Ils arrivèrent donc à un camp. La jeune femme restait de marbre, mais en son for intérieur, ce n’était pas l’extase. Elle n’en pouvait plus de marcher et elle se sentait de plus en plus fébrile. Elle avait cette sensation de froid dans tout le corps. Les tremblements étaient plus accentués et elle sentait ses mains s’entrechoquer dans son dos. Elle fermait les poings pour se contrôler un moment. Elle était épuisée, et elle sentait que ses os étaient sur le point de rompre d’un moment à l’autre. Ce n’était pas possible, elle le savait bien, mais la sensation était vraiment douloureuse et désagréable. Elle accusait vraiment le coup et elle se demandait clairement si elle ne devait pas demander une extraction médicale d’urgence pour ne pas avoir de séquelles par la suite.
Et c’était sans parler cette soif qui revenait maintenant sur le devant de la scène…
On l’aligna face à ses hommes et on défit ses entraves. C’était un peu foireux comme procédé, mais soit. Elle n’avait pas son mot à dire, étant dans la base ennemie. Les gars essayaient de faire bonne figure. C’était bien, ils ne montraient pas qu’il subissaient. Ils voulaient bouffer l’obstacle, le surmonter, c’était le bon état d’esprit.
Bon, le couinement de peur qui monta d’une des filles déplu fortement à Pedge. C’était foutu d’avance. Le taulier arrivait à peine que ça craquait déjà. Ok, il y avait certainement un passif entre ce groupe et Calahan, que Pedge découvrait pour la première fois, mais ce n’était pas une raison. C’étaient des militaires, des militaires ont un esprit combatif, et ne pleurnichent pas. La texane observait le bonhomme de dos qui l’avait volontairement ignoré. Elle avait les mains libres, et en deux secondes, elle pouvait lui craquer le cou. Elle était surveillée, mais à quel point ils seraient réactifs face à une intervention de ce genre ? Mais le bonhomme se retourna, mettant fin à des envies de rébellion chez Pedge.

Calahan revint alors vers Allen qu’il observa méticuleusement de la tête au pied. Comme un sergent sadique à la recherche du moindre faux pli, il détaillait tout son être en lui tournant autour comme un requin. Prêt à fondre, prêt à cogner.

« Capitaine ASPIRANT Allen. » fit-il comme une annonce, s’arrêtant devant elle dans une position défiante. « Je pensais qu’une petite arrogante de votre espèce choisirait de vendre chèrement sa peau. Je me suis fourvoyé en vous observant prendre ces bonnes décisions. »

Il la fixa comme si elle était devenue soudainement nauséabonde.

« Mais malgré votre potentiel, je sens que votre dernière mission à largement nourri votre melon. Je vais prendre plaisir à vous dégonfler les chevilles. C’est une petite bataille que vous avez gagné, Allen...mais pas la guerre. Loin de là. »

Le capitaine fit un quart de tour pour observer les captifs.

« Vous détenez une information qui m’intéresse. Je vais vous l’arracher par la force. Regardez donc vos hommes ! Cette piétaille décevante, qui ne vaut rien d’autre qu’un retour sur Terre... »

Il s’approcha si près de son visage qu’elle pouvait sentir la vieille odeur mentholée de son haleine.

« Je vais les broyer, les briser, les émietter sous vos yeux. Vous ne me révélerai rien d’intéressant, de véridique. Parce que vous vous croyez rodé à cet exercice, que vous souffrez d’un orgueil maladif, c’est bien. Je vais débuter par un petit exemple d’échauffement. Regardez bien Allen, admirez... »

Comme à son habitude, le visage de la texane n’exprimait rien. Elle ne regardait même le capitaine qui lui lançait quelques compliments. C’était du classique, rien que du classique. Elle était presque soulagée d’entendre qu’elle avait pris la bonne décision en rendant captive son équipe. Cela la déchargea d’un poids lié à la culpabilité. Ils allaient tous morflé par sa faute, mais c’était la volonté de l’exercice, et ça, ça changeait la donne. Pas que Pedge n’assumait pas ses actes, non loin de là, mais elle estimait qu’elle avait fait un choix tactique mûri et réfléchi, et qui était salué par un pair. Elle n’avait pas eu le choix que de se retrouver ici de toute manière, donc autant le faire vivant que mort, car mort, l’exercice était fini pour de bon. Ils avaient encore une chance, tous autant qu’ils étaient, et elle espérait qu’ils s’en rendraient compte.
Le coxage allait commencer. Ce ne serait pas une partie de plaisir, mais il fallait y passer pour devenir une troupe d’élite. La moralité de cette épreuve était discutable, mais la moralité on pouvait se la mettre au cul quand on était entre les mains de l’ennemi. Néanmoins, il y avait des limites à ne pas dépasser. L’élite américaine avait suivi un programme SERE, pour Survival, Evasion, Resistance and Escape, mais qu’en était-il des troupes étrangères ? Quoiqu’il en soit, ce programme avait dérapé à de multiples reprises, obligeant le Congrès à prendre des mesures pour en limiter les actions. Est-ce que Calahan était de la vieille école ? Rien qu’en voyant Wakks agir toute à l’heure, cela n’étonnerait pas Pedge, et elle redoutait un peu que ça aille trop loin. A elle de vigiler et de s’insurger si tel était le cas.
Normalement, le principe du coxage était de montrer leur limite aux élèves. Tout le monde parlait tôt ou tard. Le tout était de savoir quoi dire, comment, et de limiter la casse. Il fallait garder le contrôle de sa torture, psychologique ou physique. Et encaisser un maximum. Pedge ne répondit rien à Calahan, c’était inutile. Il cherchait à asseoir son empreinte psychologique sur le groupe, et ça glissait sur elle comme sur du papier. Mais cela ne semblait pas être le cas des volontaires du jours, qui affichaient tous ou presque une mine apeurée.

‹c› Vanka

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Plus on se maîtrise soi même plus on maîtrise la réalité extérieure.
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Steven Caldwell

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le Mar 8 Jan - 14:43

Steven Caldwell
L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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L’officier se retira pour longer de nouveau la ligne de captifs. Ils étaient tous apeurés, prêt à supporter la douleur, mais largement terrifiés par l’ingéniosité sadique de Calahan. Forcément, la rigidité feinte de Rita attira son attention et il vint lui faire face.

« Vous... »
« Rita Monciatti, Force Spéciale Italienne, Expédition d’Atlantis, Matricule 2906... »
« Inébranlable, soldat ? »
« Rita Monciatti, Force Spéciale Italienne, Expédition d’Atlantis... »
« Répondez à la question. »
« Rita Monciatti, Force Spéciale Italienne, Expédition d’Atlantis... »
Calahan eu un sourire étrange. Il fit signe à un soldat de faction qui s’éclipsa immédiatement.
« Donnez moi cette information. »
« Je...refuse...sale fils de... »
La Capitaine lui colla un coup de poing dans le foie qui l’empêcha de terminer sa phrase. Un terrible hoquet d’étouffement venu du fond de ses poumons fit sursauter tout le monde. La bouche grande ouverte, elle s’affaissa sur ses genoux en tentant de reprendre sa respiration. Le coup n’avait pas été puissant, simplement très bien placé.
« DEBOUT !!! »
« Rita...Monciatti...Force Spéciale Italienne, Expédition d’Atlantis...Matricule 2906... » Reprit-elle, se nourrissant de sa haine pour tenir.

Venant des Forces Spéciales, elle s’appuyait sur son entraînement particulier. Elle était certaine de pouvoir tenir toutes les sévices inimaginables. Rita se savait solide, terrorisée, mais certaine de sa résistance. Plus que tout, elle voulait cette place dans les équipes d’explorations et elle comptait le prouver. Sa détermination était telle que ça s’entendait dans la répétition de son nom et de son matricule.
Pourtant, lorsque le garde revint avec son M1 et du gel termite, il y eut un déclic qui brisa soudainement la certitude de son faciès. Rita Monciatti cligna des yeux, frappée de plein fouet par une soudaine vérité. Elle prit conscience d’une faiblesse qu’elle n’avait jamais relevé, qu’elle n’avait jamais suspecté chez elle. Une faiblesse que Calahan n’avait mis que très peu de temps à découvrir et à exploiter.

« Rita...Monciatti...Force...non...non, pas ça... »
« Vous allez me donner l’information. »
Le militaire cagoulé, très docile, glissait déjà du gel termite dans le canon, posant la crosse à terre pour que le fluide descende jusqu’au fond. Il en utilisa copieusement, bien plus que nécessaire, veillant à bien exposer les organes de tirs et les mécanismes les plus importants.
« ...non...pitié...mon fusil... »
Sa voix se réduisait, signe de son effondrement intérieur. Son regard horrifié fixait le massacre qui approchait à grand pas. Calahan avait récupéré le détonateur et leva la sécurité pour lui montrer qu’il ne rigolait pas. Il y prenait même plaisir, laissant son sous-fifre déposer le fusil sous le nez de Rita tandis qu’il exigeait une réponse immédiate. La figure de l’Italienne se brisa, elle tenta de chercher des excuses, de rappeler que c’était un entraînement. L’officier était sourd à toutes ces remarques et allait mettre sa menace à exécution. Car il allait obtenir cette information, ce n’était qu’une question de temps.
La pression et la douleur qu’il faisait subir à ce soldat solide intimidait les autres qui n’osaient pas intervenir. Ils supportaient de leurs côtés, fuyant de leurs regards, mais seulement parce qu’ils souffraient avec Rita.
« L’information... » Menaça une dernière fois Calahan.

Calahan avait annoncé la couleur… ils allaient tous être brisé… À force de toujours dire aux autres qu’ils ne sont que des moins que rien, cela en devenait lassant. Non, ils n’en étaient pas, sinon ils ne seraient pas ici. Et Elana se refusait à se laisser parler ainsi. Bon, elle ne luttait pas contre cet homme, où son seul but était de les abaisser, mais mentalement, elle se répétait dans sa tête pourquoi elle n’était pas un branlot. S’était pour tenir. Car il était certain que si on dit à un poisson qu’il ne sait pas nager toute sa vie, il se transforme en pierre. Le pire, là-dedans était cette lassitude, elle avait le don, pour se faire à l’idée des pires choses. Pour son viol, elle avait fini par accepter la terrible échéance, cela lui avait valu des cauchemars et un dégoût profond pour elle-même… chose qui se résolvait avec le Dr Walker. Et là, pour les sévices qu’allait faire Calahan, elle était aussi fataliste intérieurement. Mais, le problème avec cet homme c’est quand il s’attaque à quelqu’un, il s’attaque à tout le monde. L’équipe était soudée, enfin en majorité et ils souffraient pour ceux qui allaient s’en prendre pleins la gueule.
Rita était forte, mais le fusil fut choisi comme talon d’Achille… détruire une arme pour une information, c’était le jeu et la souffrance de l’italienne, raisonnait dans le cœur d’Elana, qui trouvait ça cruelle et bougrement efficace à la fois. Elle serra les dents, se refusant à voir le visage déconfit de Rita. ses pupilles allèrent sur le capitaine qui était là, pour accepter le petit jeu malsain, ou s’opposer à son homologue. Elana avait une attente envers cette femme, une attente qui justifierait l’admiration qu’elle avait ressenti en écoutant les récits des autres militaires et des quelques rapports qu’elle avait pu lire sur elle. Et cette attente était aussi dans la protection de son équipe. Le choix était difficile et dans tous les cas, elle serait jugée. C’est ça le pire quand on dirige, de toujours mécontenter quelqu’un.

Calahan jeta son dévolu sur sa voisine de droite, Rita. Cette dernière récita la procédure : s’identifier et ne pas céder. Enfin ça c’était dans les textes, une fois entre les mains ennemis tout changeait. Matt s’efforça de ne pas lui jeter de coup d’oeil gardant le regard vers ce point qu’il fixait depuis le début : un amoncellement de cailloux. Suffisant pour accrocher son regard et lui donner quelque chose à observer pour ne pas dévier et subir à son tour. La voix forte de Rita perdit en assurance, signe que Calahan venait d’actionner un des leviers capable de la faire basculer : son fusil. Cette fois, Matt ne put s’empêcher de lui jeter un coup d’oeil avant d’observer le traitement réservé à l’arme. Chaque soldat à son fusil, bien davantage pour les bons tireurs qui le connaissaient sur le bout de leur doigt et les avait souvent personnalisé à outrance. Là c’était d’autant plus difficile qu’il y avait une histoire personnel derrière. C’était dégueulasse, inhumain. Matt ferma les yeux quelques instants, serrant les dents pour ne pas répliquer et rester sagement en place. La détresse de l’italienne était des plus palpables mais elle ne devait pas craquer. C’était un fusil, certes précieux mais c’était un fusil. Si seulement elle déviait le regard, il pourrait lui envoyer un peu de courage.



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by Wiise

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