Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Jeu 22 Nov - 17:47
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Rita secoua Elana qui reprenait l’action, elle la força se relever et la française entendait les ordres hurlés par le sergent. Il fallait agir vite pour ne pas perdre Danny … elle se donna volontairement une baffe pour se remettre dans le bain, courant, avec Rita sur la zone la plus approprié du flanc droit et se mettre en position de tir. Les munitions allaient encore s'envoler comme le vent. L’adrénaline dans son corps chassait sa souffrance intérieure. S’était bête, mais elle repensait à la mission de sauvetage soi-disant, où elle s’était retrouvée kidnappé avec Liam. Elle avait été torturée et manqué de se faire violer par l’arrière par un fou furieux. Elle s’était sentie faible et impuissante malgré sa rage de vaincre. Dix pauvres jours et les soins prodigieux d’Atlantes pour soigner une corp meurtrie et un tour chez le psy pour la forme… elle s’en était bien remise, très vite au goût de Calahan qui l’avait inscrite à cet entraînement dans la foulé. À peine sur pied déjà sur le front. C’est ainsi la guerre mademoiselle. Cela ne la dérangeait pas, elle avait fait le nécessaire avec la docteure pour son esprit et étant du genre à vaincre sans merci, elle avait écopé comme traumatisme que des cauchemars. La psy lui avait dit qu’elle avait accepté le viol avant qu’il ne se réalise, l’acceptation aide à s’en sortir. Et oui, Elana avait accepté d’inévitable ne pouvant rien faire pour l’empêcher. Par chance cela n’avait pas aboutie, mais son esprit n’avait gardé qu’une chose dans sa tête : la haine et la rage de ne jamais se laisser faire. Une manière de dire qu’elle n’avait pas que subit mais qu’elle avait mordue pour se défendre. Quand on lutte et qu’on échoue, on a moins de regret que d’être passif. Du moins chez elle cela marchait ainsi. Enfin peut-être qu’elle aurait une crise un jour…

Alors elle allait lutter contre son propre corps qui n’en pouvait plus et souffrait de la soif. Elle allait lutter contre cet enfoiré de capitaine qui leur tendait un piège à seul point d’eau du coin accessible et cette putain d’eau ils allaient la boire ! Elle tira aux côté de Rita, les deux jeunes femmes se soutenaient se frôlant les épaules quand l’une tombait un peu.


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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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L’action combinée de ses soldats permit de réduire le feu de manière quasi-parfaite. Eversman et Will avaient plaqué le tireur au sol, retardant efficacement ses gestes pour recharger son arme. Hélas, le clic ignoble et saisissant de la M60 ne leur échappa pas. Le génie Canadien sorti son arme de poing pour la tendre à son binôme. La manoeuvre était simple : Matt envoyait son chargeur et le faisait durer pendant que Will rechargeait son P90 et inversement. Ainsi, un feu continu continuait de s’abattre sur la position ennemie.

C’était à peu près la même tactique du côté de Ravix. Elle avait attiré le feu sur elle par les rafales de son pistolet-mitrailleur. Il n’était pas rare que les balles neutralisantes éclatent le petit bosquet de terre qui lui servait de couverture. Pendant ce temps, l’italienne qui s’était quasiment plaquée contre son flanc assurait sa visée. Le calme qu’elle déployait au cours de cette fusillade était sidérant. C’était à croire qu’elle ignorait tout de ce qu’il se passait et qu’elle se trouvait dans un autre monde. Il avait quelque chose de reposant, presque d’agréable à manœuvrer avec quelqu’un d’aussi calme. Elana appréciait cet étrange sensation d’être si concentré qu’elle n’entendait plus rien autour, mise à part le bruit de ses balles filant dans les airs. Le temps était aussi lent, cette sensation, elle devait le reconnaître, elle l’appréciait.


Viser Danny avait été terrible pour Rita. Appuyer sur la détente était impossible.
Mais maintenant un feu de vengeance brûlait en elle. Son unique balle fit une sorte de chemin courbé et percuta le tireur en plein visage. Elana pu percevoir, malgré la distance, l’adversaire se renverser dans la douleur et la source lumineuse de ses tirs s’agiter en zigzag. Elle esquissa un sourire de satisfaction. « Tu feras moins le malin maintenant ! » grogna t’elle entre les dents. Mais un soldat proche prit très rapidement sa place et une nouvelle salve passa juste au-dessus de leur tête. Décidément, ils étaient combien là-bas ? Intérieurement, elle grogna contre cet entraînement qui semblait être plus difficile qu'un jeu beuger et mal foutu sans sauvegarde ! Dès qu'une victoire surgissait, il avait le boss version plus hard qui arrivait. Le but était de savoir leur niveau de résistance jusqu'à leurs morts ? Elle avait soif, enfin à cet instant elle ne le sentait plus, mais elle fatiguait et les picotements de l'acide gastrique se rappelait à chaque fois qu'elle déglutissait. Ça se trouve les autres aussi sont en entrainement, mais version attaquant, cela ne serait pas étonnant, ça expliquerait leur application et leurs acharnements. S'ils faisaient ça sous la contrainte, les tirs ne seraient pas si précis et il aurait une ouverture, genre une aide non ? En tout cas, elle ne pouvait pas concevoir qu'on fasse ce genre de choses volontairement, surtout avec les hurlements de souffrances en musique de fond de Danny. Sinon, bonjour l'ambiance dans l'unité « Hey tu te souviens quand je t'ai éclaté la gueule avec une frappe de mortier ? C'était trop drôle LOOL, ou quand j'ai lâché les clebs pour qu'il te bouffe le cul ! MDR ! » Moaui… pas crédible selon elle. Sinon l'esprit d'équipe en prendrait un coup dans le genou ainsi que les belles valeurs humaines.

Rita ne pouvait pas s’inquiéter tout de suite de Ravix. Même si son regard avait fait un très rapide détour dans sa direction, elle orienta sa lunette sur sa nouvelle cible et visa encore une fois le visage. Elle patienta, changea de méthode pour continuer de surprendre l’ennemi, et tira cette fois en même temps que la rafale de la Française.
SHPAKKK ! Celui-là aussi tomba. Il ne restait plus qu’un servant et la mitrailleuse qui leur faisait face se tairait pour de bon. C’était sans compter sur la réaction adverse qui dirigea immédiatement ses mortiers sur leur position.
« On tient le bon bout Rita ! » fanfarona un peu Elana qui était satisfaite de voir qu’elles reprennaient le dessus sur les attaquants. Les deux premiers obus tombèrent quasiment à côté de Danny, comme s’ils cherchaient à le faire souffrir davantage ou à supprimer tout ce qui allait s’aventurer dans l’écran de fumigène. Mais la correction fût apportée rapidement et le sifflement inquiétant monta, puis descendit, droit sur elles !

« RAVIX ! COUCHE T…. »

BAAAAHHHHHHHHHHHH

Le vacarme des tirs cessa sur cette position. Trop occupé, le binôme de Matt et celui de Tim ne se rendit compte de rien. Seule Izabel avait vu ce qu’il s’était passé et souffrait de ne pas pouvoir les rejoindre. Elle le voulait pourtant mais le sergent lui avait ordonné de rester derrière ce rocher.


Quand elle vit Elana bouger, complètement déboussolée, elle tenta de l’appeler en vain. La Française ne l’entendait pas, ses oreilles avaient souffert de l’onde de choc, tout comme elle, et un long et pénible sifflement occultait entièrement son ouïe… Elle n'avait rien vu venir et elle était hagarde …Où était-elle ? En tout cas, elle devait se relever avant de se faire attraper… ses yeux piquaient terriblement, au point que les ouvrir lui en était douloureux… et le peu qu'elle parvenue à cet instant, lui procurait une vision floue, comme un myope sans lunettes…Une véritable taupe aurait mieux vue qu'elle ! Volontairement, elle essaya de se palper pour voir si tout allait bien, son corps lui donnait la sensation d‘avoir été brisé en mille morceaux et son esprit lui soulignant qu'elle n'avait pas pris de colle pour réparer tout ça. Elle avait l'impression de n'être qu'une poupée de chiffon défrisée par l'éclat. Le temps de se rendre compte qu'elle n'avait plus son arme dans les mains, elle sentit quelque chose contre sa figure, comme des filaments…On lui avait jeté une toile d'araignée ? Ce n'est pas encore halloween ! Il lui fallut encore un peu de temps pour se rendre compte que l'ensemble de sa chevelure lui était revenu sur le pif. Elle était complètement décoiffée… signe qu'elle n'avait plus sa couronne elle aussi…


Où était son casque ? Celui-ci avait dû voler comme un bel oiseau et se fracasser quelque part, en tout cas, il ne serait plus utilisable… Sur l'instant, elle avait perdu ses repères et son esprit bien affaibli commença à lui jouer des tours. Elle ne se souvenait pas d'être partie pour "l'enfer Calahan", mais elle se croyait encore en mission dix jours plus tôt, avec le major Frei, Avalon et Sandon, dans la grande mission de sauvetage humanitaire qui méritait de rire à grand éclat ! Les victimes étaient toutes mortes violées et égorgées comme de vulgaires animaux ! Les victimes avaient été eux ! Et pour une fois, elle montrait un peu plus d'égocentrisme en affirmant qu'elle était la victime principale ! Après tout, ce n'était pas Natasha ou la majore qui avait eu le cul à l'air ! Ce même cul qui avait failli être forcé par un pénis malodorant d'un barbare qui avait encore suffisamment de vigueur pour se farcir de la "Ravix bien chaude", alors qu'il avait fourailler tout en village ! Lui, il aurait dû faire la PUB pour le viagra ! Pour foutre les boules à tous les mecs qui n'arrivent pas à re-bander une seconde fois après l'acte ! Bref ! Il était où ce connard ? Il voulait remettre ça et cette fois, lui enfoncer bien profond son bâton magique de pauvre type ? Elle l'attendait car cette fois, elle avait un fusil ! Tiens d'ailleurs il est où ? Et d'abord : IL EST OU CE GROS CONNARD ? Ce dit t‘elle en balayant la zone d'impact encore fumeuse…

Bref, elle se leva difficilement, ayant mal au derrière, mais elle fut rassurée de constater que tout son corps était passé sous une moissonneuse ! à quatre patte, elle toussa, cherchant à tâtons son fusil, au fur et à mesure que sa vision lui revenait comme l'esprit. Et c'est précisément au moment où elle dégagea sa vue qu'elle trouva son arme, dont la sangle était brisée, deux mètres sur sa droite. À côté, le fusil de Rita… Mmmm Rita, elle n'était pas avec elle sur la planète des violeurs ? Donc, elle était où… ? AH oui… !! Elle fit le point, secouant la tête pour chasser son moment d'égarement et se saisir du fusil de sa partenaire. Elle chercha ensuite la propriétaire du "petit fusil qui attendait sa maman"… et elle la trouva couchée sur le dos, les bras raidis à l’extrême et parcouru de spasmes limités tout près d’elle. Le visage de l’italienne était parsemé d’éclats métallique et il était tiré. A vrai dire...il était même horriblement tiré. C’était à croire qu’elle faisait un AVC. La jeune femme n’était plus reconnaissable et ses dents serrées informaient Elana de sa douleur. La caporale grimaça de peine mais surtout d’empathie… en s’approchant, elle l’entendit hurler. Elle hurlait comme Danny d’une douleur impensable (bon l’ouïe était donc revenue et elle s’en serait bien passé, si c’est pour entendre souffrire sa sœur d’arme !). Toute la face droite de son visage avait été touché et ça descendait jusqu’à sa gorge.

« El..a…na. » parvint-elle à articuler dans un appel de détresse saisissant. Un appel qui trouva écho chez la caporale, rampant près d'elle, pour lui prendre la main et essayer de retirer les éclats sur le visage de l'italienne. C'est en tenant de virer ces maudits bouts de métaux, qu'elle constata que ses trois derniers doigts droits subissaient d'horribles crampes continus…elle n'arrivait pas à coordonner ses mouvements… chacun de ses gestes lui arrachait des gémissements plaintifs, surtout quand elle forçait…. Alors, elle tenta de retirer le tout, avec seulement le pouce et l'index… Son autre main, était sur celle de Rita la serrant pour lui insuffler du courage. Elana parlait bien entendu, mais ses propos étaient incohérents et Rita n'entendait strictement rien. Sans se rendre compte, des larmes perlaient involontaires perlaient le long de ses joues, creusant des sillons humides sur la sécheresse de sa face. Ravix, luttait contre sa propre douleur et celle de son amie. Elle tremblait, son corps avait du mal à encaisser tous ces états qui s’empilaient, entre la fatigue, le manque de nourriture et surtout d'eau … et puis l'explosion n'arrangeait rien du tout.

Pendant ce temps, Tim et Ruth revenaient. Ils portaient tous les deux un Danny qui battait des jambes tant il souffrait en écho de l’italienne. Le sergent serra les dents sous l’effort et l’amena jusqu’au rocher. Izabel n’attendit pas son reste. Elle sauta immédiatement sur le tankiste et examina son visage, ainsi que ses mains.
« Presse-toi, il faut pas rester là ! »
« Trente secondes, chef ! » Assura t’elle en injectant une ampoule de morphine à son patient.
Le râle de Danny s’éteignit presque aussitôt. Une forme de sérénité gagna son regard mais son visage restait encore tiré sur cette forme inquiétante d’AVC. Tim regarda alors en direction de ses soldats et constata avec effroi la situation de Ravix.
« Ruth, avec moi, parée à tirer ! »
Il s’avança à couvert avec elle et pointa son P90 en direction des deux mitrailleuses qui reprenaient le feu. Le sergent gueula vers l’avant :
« EVERSMAN ! SANDOVAL ! SUR LA POSITION DE RAVIX ET AU TROT ! RAPATRIEZ-LES IMMÉDIATEMENT !!! »
Il envoya plusieurs longues rafales et parvint, avec ruth, à attirer le feu sur lui.
« EXÉCUTION, ALLEZ !!! »




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by Wiise
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Mar 27 Nov - 19:31
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L'enfer by Calahan



Le clic fatidique fut aussitôt accueilli par un juron d’Eversman. Ce n’était pas le moment, ça l’était jamais de toute manière. ça l’était encore moins lorsqu’il y avait des coéquipiers exposés aux tirs et qui comptaient sur leur appui feu. Le mitrailleur ennemi avait été cloué au sol sous le tir de suppression mais là, il allait pouvoir sortir de son trou pour faire pleuvoir les balles sur l’escouade. Quelque chose lui toucha l’épaule attirant son attention. C’était la crosse d’un pistolet qui venait de le percuter et pour cause on le lui tendait pour qu’il s’en empare. Le message était clair : continuer l’appui feu avec ce qu’ils avaient en stock. La puissance de feu n’était plus la même mais peu importe il fallait maintenir ce mec hors de la M60. Le pistolet en main, Eversman ouvrit aussitôt le feu appuyant à bon rythme sur la gâchette. Le chargeur n’étant pas le même que celui de la mitrailleuse, il se retrouva bien vite à sec. Will prit aussitôt le relai pour arroser la position ennemie avec son P90 lui laissant ainsi le temps de recharger et de se positionner pour être prêt à prendre la suite pour garder un feu continu sur la position.

Ce n’était malheureusement pas suffisant. L’ennemi avait bien vite remarqué que la puissance n’était plus la même et commençait à remuer. Ce n’était pas bon. Eversman ralentit la cadence de tir pour tenter d’atteindre directement le servant de mitrailleuse, sans résultat. Il s’apprétait à reitérer son geste lorsque Will l’interpella attirant son attention sur les propos de Brass. Changement de position pour eux afin de rejoindre Ravix et les ramener.

« merde. Ils ont dû se faire avoir... » Déclara-t-il alors que le Canadien confirma la réception des autres. Les deux se mirent aussitôt en mouvement. Un peu trop rapidement pour Matt qui fut pris de vertiges une fois sur pieds. Ce n’était pas le moment, vraiment pas… L’esprit sembla le comprendre forçant le corps à se reprendre. Pour combien de temps, il n’en savait rien néanmoins le sol était redevenu stable. La M60 de Danny fut récupérée. Ils en avaient trop peu pour en abandonner une, même sans munitions pour le moment. La sangle fut passée au dessus de sa tête, il sentit aussitôt les épaules protester contre cette nouvelle friction l’obligeant à limiter les mouvements de l’arme lourde d’une main tenant le M9 de l’autre.

Atteindre Ravix, OK mais ça demandait de traverser les lignes de tir. Pas le choix, il fallait traverser et si possible sans se prendre une balle au passage. Agenouillés à couvert, les deux hommes prenaient quelques instants pour analyser l’environnement et essayer de trouver une solution.

« On rampe ou on sprinte ? »

La première solution fut choisie. Matt se plaqua au sol cherchant à ne faire qu’un avec celui-ci. ça lui rappelait étrangement les exercices où on devait ramper sous des barbelés et parfois sous les balles des instructeurs. Sauf que là tout était réel, bien réel même. Sûr que là les ordres étaient clairs de les toucher, pas de les frôler. Eversman passa devant, poussant sur ses cuisses et priant pendant la traversée pour ne pas être touché faisant de son mieux pour être le plus rapide possible. Il rampa un peu plus que nécessaire avant de se remettre sur pieds. Will était déjà debout, se plaçant à sa hauteur avant de le dépasser. Ravix n’était plus très loin, à quatre pattes penchée sur ce qui devait être un des leurs, touchés.

« Je m’occupe de Rita. »
« OK. » Répliqua-t-il aussitôt avant de se précipiter vers la Stroumph Grognon.

« Caporal ?! » Gueula-t-il pour attirer son attention tout en s’agenouillant à ses côtés passant une main dans son dos, les doigts agrippant aussitôt son gilet tactique. « On bouge de là. Tu te sens de marcher ? » Tout en lui parlant, Matt passa le bras gauche du Caporal autour de ses épaules pour qu’elle prenne appui sur lui. Il n’attendit pas sa réponse pour se redresser obligeant la jeune femme à suivre le mouvement. Ce fut laborieux, aussi bien pour elle que lui, à court de souffle.
Will, de son côté, s’occupait de Rita la déplaçant sans prendre de précaution ni douceur. Il fallait bouger, point barre.

Elana releva péniblement la tête vers l’aspirant… non, elle voulait pas bouger elle n’avait pas fini avec Rita…Et puis de toute façon, il ne semblait pas lui demander son avis et la soulevait sans ménagement. La tête lourde elle se laissa faire, essayant de forcer sur ses jambes qui lui lançaient d’affreux piques dans les chevilles.
« Je n’ai pas le choix … » souffla t’elle en réponse à Matt, pour se mettre en mouvement à son tour… elle avait l’impression que son corps était composé de verre brisé, la blessant à chaque pas ! Elle ne fit pas de chichi, prenant appuis sur les épaules cramoisie du “roi branlot.
« Non. Accroch... » répliqua-t-il. Les derniers mots furent stoppés, trop essoufflé pour parler et maintenir l’effort. La sangle qui lui martyrisait les épaules et voilà maintenant qu’elle aussi… serre les dents et avance Matt.

Elana perçut le mouvement de douleur du ranger et elle essaya de se caler autrement pour ne pas qu'il hurle à chaque pas. Mais cela lui était tout aussi difficile qu'à lui, elle avait l'impression d'être un chiffon remplis de morceaux de verre et ses doigts ne lui répondaient plus. Donc, elle essaya mais elle n'était pas très vaillante à le soulager totalement. De toute manière il fallait avancer qu'on soit apte ou non, les derniers efforts se devaient d'être pour se barrer d'ici.



@ pyphi(lia)

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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Les deux camps ne se faisaient pas de cadeaux.
Le sergent Tim et Ruth Padilla envoyaient tout ce qu’ils avaient contre les lignes ennemies. Les obus de mortiers qui tombaient encore ciblaient l’ancienne position d’Eversman et de Will. Lorsqu’ils arrivèrent pour s’occuper des deux jeunes femmes, les rafales de M60 revinrent sur leur position et manquèrent de tous les atteindre. L’adversaire ne les lâchait pas. Il les harcelait de ses tirs.
Dans cette position avantageuse, ils en auraient sûrement fait autant. Il n’y avait pas de pitié dans un affrontement. Aucune !

Elana Ravix avait commis une erreur classique en tentant d’aider sa partenaire, une erreur qu’elle prit conscience que trop tard... Ne connaissant pas cette munition inconnue, elle avait songé que ces éclats métallique seraient comparables à des sortes de shrapnels. La simplicité de l’explosif qui propulse de la mitraille sous forme de corps étrangers. Et en conséquence qu’il fallait les retirer pour faire taire la souffrance. Mais ce n’était pas le cas.
Elle se rendit compte trop tard que les débris qu’elle était parvenue à chasser du visage de Rita se trouvaient maintenant bien planté dans ses phalanges. Le temps qu’Eversman arrive jusqu’à elle, Ravix avait perdu l’usage de ses mains. Sa dextérité n’existait plus… Elle sentait un engourdissement mais elle ne se rendait pas compte encore qu’elle ne pourrait plus utiliser ses mains après. Elle était trop occupée à courir avec l’aspirant pour s’en soucier dans l'immédiat.

« Rita ! Je suis là, je vais t’emmener ! » S’écria Will par-dessus le vacarme de la pétarade.
Il agrippa l’italienne par son gilet tactique. Il voulait la mettre debout pour ensuite la faire basculer sur son dos mais elle se débattit. Elle se débattit même ardemment en essayant de murmurer quelque chose. Will Sandoval se pencha pour porter son oreille à ses lèvres. Et il discerna alors :

« Mon fusil !...je t’en prie….mon fusil !....mon fusil ! »
Le canadien farfouilla du regard et trouva le fameux M1 à lunette juste à coté. Par chance, la bretelle n’avait pas été arrachée et il la passa autour de ses épaules pour embarquer l’arme. A la nouvelle tentative, Rita se débattit encore mais la défense se réduisit lorsqu’il la rassura. Il lui promettait de la ramener avec son arme, il en faisait la promesse. Les éclats des balles neutralisantes qui passèrent juste à côté de lui, menaçant d’avoir embarqué Ravix au passage, lui rappela l’urgence de la situation.
Will fit basculer Rita sur son dos et poussa un râle sous l’énorme effort qu’il eut à déployer.
« AH ! LA VACHE !!! »
« Suis pas...une...vache...connard ! »

Will ne pu s’empêcher d’exploser de rire en progressant. Un rire entrecoupé de ses plaintes d’efforts alors qu’il suivait Matt et Ravix. Le dos courbé, un pas après l’autre, il se demandait quelle bonne étoile veillait sur lui. Il n’était toujours pas touché et il priait. Oui, il priait, de tout son coeur, pour ne pas être touché une fois de plus. La balle de Ravix lui avait fait vachement mal. Plus mal que le loup, c’était dingue.

Finalement, les soldats qui transportaient les deux blessés passèrent la position de Tim.
« Ne vous arrêtez pas ! Repliez-vous tous vers cette crête ! »Ordonna-t-il.
C’était une petite position élevée avec un terrain très irrégulier. Parfait pour se couvrir des tirs de mortiers. L’escouade était salement amochée, il n’y avait personne pour prendre la pointe et sécuriser la manoeuvre dans le cas où ils seraient attendus là-haut. Si Matt et Will pouvaient amener les filles. Iza avait un mal fou à déplacer Danny. La sédation l’avait rendu terriblement mou et lent, si bien qu’il pesait de tout son poids sur les frêles épaules de la toubib.
« Merde... » grommela-t-il.
« Allez-y, chef. Je vais les occuper encore un peu... »
Tim savait que sans cette arrière garde, l’ennemi serait foutu de les assaillir en une violente contre attaque. Ruth ne ferait pas une terrible défense mais il n’avait plus qu’elle sous le coude. Il mourrait d’envie de l’envoyer en pointe pour la protéger. Mais si c’est lui qui se faisait neutraliser, Ravix était touchée, il ne resterait plus personne pour commander.
Tim ne voulait pas. C’était très exactement le type de choix qui le faisait culpabiliser profondément.
« Ruth... » fit le sergent en secouant négativement la tête.
« Ca va aller. Je serais juste derrière. »

Le sergent la regarda, le souffle fort, le coeur battant. Il ne voulait toujours pas. Le reste de la discussion se faisait de façon non verbal. Ruth Padilla essayait de le convaincre, un choix terrible. Parce que si Ruth ne parvenait pas à se retirer à temps, le reste de l’escouade ne pourrait pas redescendre pour venir la chercher. Son visage était déformé par la soif, l’épuisement, et surtout la peur. Elle était terrifiée mais la jeune femme se contrôlait, fonctionnait par des déductions intelligentes et sensées. Elle n’avait pas été lieutenant-colonel pour rien, ça se sentait.
Dire qu’elle avait tout abandonné pour être là...
« Allez ! » Insista-t-elle.
Les tirs d’obus reprirent. Ils étaient si proches que les deux soldats s’écrasèrent pour se protéger. Cela rappela une nouvelle fois l’urgence de la situation et Tim lui pressa l’épaule avant de s’en aller. Il lâcha une longue rafale avant de s’en aller au pas de course et de rattraper la distance avec ses hommes.

« Avancez ! Ne vous retournez pas ! Allez... »
Il alla jusqu’à Iza et prit le bras libre de Danny, la soulageant de ce poids monumental qu’elle peinait à soutenir. « Jusqu’à la crête. Tenez le coup...tenez... »
A ce point d’épuisement, le sergent ne savait même plus s’il encourageait ses hommes ou sa propre personne. Le terrain accidenté reprenait une pente assez raide et le sergent poussa ses gars en leur interdisant tout repos. Il les poussa dans leur dernier retranchement, les balles ayant cessé d’éclater autour d’eux. Et ils montèrent aussi difficilement que lentement jusqu’à une sorte de barricade de roche qui ferait un parfait couvert.
« Là-dedans ! Sautez là-dedans ! »

Ils déposèrent Danny. Will suivit juste après et le bruit d’une chute attira leur attention. Matt venait de s’effondrer net avec Elana. Son corps venait de lui dire merde.
« ‘TAIN ! » Avait poussé Elana quand elle roula au sol avec l’autre roi, imposant et rouge. La tête dans la terre elle cracha un peu de biome avant de tenter de se relever, mais son corps était à bout. Elle resta à terre…Il serait plus facile de ne rien faire... d’abandonner mais il était hors de question !
« Allez Tortank bouge-toi ! » avait-elle dit-dans une plainte aigrie et surtout hachée… elle avait l’impression que toute cette course avait été faite dans une autre vie, tout lui semblait loin et affreusement étranger. Elle se rendit compte à cet instant que ses mains ne répondaient plus… l’angoisse la prenait doucement… comment allait-elle faire ? Cela durerait combien de temps ? Elle allait être réformé ? Porter une couronne d’échec comme Matt ?...Non, il ne fallait pas penser à tout cela, il fallait se mettre à l’abri quitte à n’être qu’une larve qui tente de survivre ! Ainsi, elle grogna en rampant du mieux qu’elle put pour rejoindre les autres. Sur les coudes ! Elle était à bout de souffle et de force quand elle se glissa près des autres.

Tim jura en s’emparant du jeune homme avec l’aide de Will. Ils le tirèrent sans ménagement jusque dans le trou. L’endroit était défendable. On ne pouvait les attaquer que sur les flancs ou de front. Là-haut, ça devenait quasiment une montagne tellement ça montait. Ce n’était pas une si mauvaise position de repli...

Izabel avait la tête qui tournait mais elle ne flancha pas. Elle trouva un endroit qui ferait un bon appui et y traîna Danny. Elle y installa ensuite Eversman, Rita, puis s’empara de Ravix en insistant pour qu’elle les rejoigne. Là, elle pourrait s’occuper d’eux… Elana se laissa faire, mais elle eut un mal fou à se relever sur les deux jambes, elle s’affala comme une pierre aux côtés des autres personnes, ne prenant pas conscience qu’il manquait quelqu’un. C’est con, mais être immobile, était limite orgasmique !

Le sergent Brass, de son côté, était resté sur la barrière de roche en guettant le contrebas. Son regard éberlué fouillait frénétiquement les herbes, les broussailles, la moindre branche. Mais il ne la voyait pas. Il ne voyait pas Ruth.
« Dépêche...dépêche...dépêche... »
Mais elle n’apparaissait toujours pas. Le sergent ne pouvait pas se résoudre à l’idée d’avoir laissé quelqu’un sur le terrain mais il l’avait fait. Il avait sacrifié un pion pour préserver l’ensemble. Il le savait...elle ne reviendrait pas parce qu’elle avait été la cible de deux mortiers et de deux M60.

La vérité faisait mal.
La vérité faisait vraiment mal.
Brass ne désespérait pas. Mais avoir laisser Ruth derrière était le seul moyen de monter ces trois “blessés” jusqu’ici. Et alors ? Est-ce qu’elle était touchée ? Est-ce qu’elle était pleine de ces éclats bizarre, couchée dans un fossé, seule et abandonnée ?
Ou ces brutes l’avaient capturé et amener à ce tordu de Calahan pour qu’elle se fasse virer ? Qu’ils s’en mettent plein la vue et le pif de la souffrance, de ce que ça ferait à cette brave recrue de repartir sur Terre après avoir été remercié ?
Le visage de Tim se crispa. Il sentit une colère sourde et puissante l’investir. Il fallait être calme. Mais il ne voulait pas.
Il fallait se contrôler mais il ne voulait pas.

Il avait abandonné Ruth pour qu’elle serve de cible. De diversion. Sans ça, les mortiers les auraient alignés eux ! Et si quelqu’un devait s’en sentir responsable, c’était lui. Et il ne voulait pas non plus.
C’était plus facile de rejeter la faute sur l’italienne. Elle ! Elle ! Si elle avait tiré sur Danny, ils l’auraient ramené plus vite. Ils auraient décroché plus vite. Et ils seraient encore ensemble à cette heure !!!

Tim était à bout.
Le responsable c’était lui. Et responsable de quoi ? Il suffisait de regarder autour pour voir dans quel état ses choix avaient conduit l’équipe. Danny divaguait sous la sédation. Eversman n’arrivait plus à se lever. A le voir, il n’arrivait même plus à savoir où il habitait.

Durant ce moment de repos, ou plutôt d’angoisse Elana regardait ses mains inertes complètement paralysées…cela lui était difficile de faire bonne figure alors qu’on n’arrive plus à plier ses doigts… Elle avait envie de chialer, de céder mais elle ne se le permit pas. Pas encore.
« Merde.... » grogna t’elle en repoussa sa tête contre la paroi en respirant par la bouche.
« Hé ! Hé ! Du calme ! » Fit Sandoval en se portant à ses côtés.
Le jeune homme prit les mains de la Française entre les siennes et examina ses phalanges constellées de ces éclats étranges. C’est comme si de multiples crampes s’étaient déclenchées sur chacun de ses muscles. La douleur devait être importante.
« Je suis calme... » dit-elle doucement en se laissant faire mais laissant son regard au ciel. Cela la faisait profondement chier, et elle ne pouvait rien faire à cet instant, il fallait réfléchir et cela n’était pas son fort… elle devait prendre les choses par étape et pas s'énerver. Mais cela était plus facile à dire qu’à faire, elle n’arrivait pas à se concentrer son corps était faible, elle avait soif et puis maintenant elle avait peur tout simplement. Elle respirait se forçant à faire un exercice de méditation pour éviter de hurler et de se laisser aller à un éclat de voix. En fait, elle devait arrêter de penser sinon, elle allait perdre le peu de sang froid qui lui restait à cet instant. La présence de Will pouvait faire sauter le couvercle ou bien le sceller.

« Euh...ouais...t’as raison : merde... »
Le génie se mit à échaffauder plusieurs théories. Il n’était pas médecin mais il songeait de plus en plus à une technologie plus avancée que de vulgaires éclats. L’homme retira quelques outils de son gilet tactique et se mit à tester la façon dont les morceaux étaient plantés dans les chairs.
« Ravix, tu es maintenant mon cobaye ! »
« Profites je suis consentante… » dit-elle de son ton sans timbre, mais un fin rictus sur les lèvres. L’humour… la meilleure des soupapes avec le sarcasme au final. Même s’il n’avait pas “d'ingrédients” du second. Si Will avait des idées qu’il teste, car Rita en avait pleins la face tout comme Danny. Cela devait être encore pire pour eux.

Le sergent Brass céda brusquement.
Un entraînement...est-ce que s’en était vraiment un ? Ou juste un jeu de sadisme déformé à la faveur de Calahan ?
C’était tellement plus simple de tout jeter sur le dos de Rita. Qu’elle soit l’objet de toute sa haine et de sa frustration...
Ruth ne reviendrait pas. Il avait échoué, il avait encore vécu ce qu’il refusait de vivre. Il gagna l’italienne à grandes enjambées puis la choppa par son gilet tactique. Rien à cirer si elle était couchée avec cette allure agonisante. Rien à foutre de son visage déformé et de la crainte qu’il inspirait. Elle avait tenté de se dégager en vain et Tim la soulevait de moitié sous les cris surpris du groupe. Il la dominait de tout son long, et d’un poing, il la suspendait entre lui et le sol. Il hurla à pleins poumons, de toute sa haine et sa colère, en se vidant les tripes :

« JE T’AVAIS DIS DE TIRER ! DE TIRER !!!! »
« Pardon...pardon... » Murmura-t-elle à peine en réponse. Sa voix était cassée. Elle subissait de manière presque résignée. De la tristesse, tout le drame, se sentait dans le timbre chevrotant de sa voix. Si la soif ne les torturaient pas tous, asséchant au passage les canaux lacrymaux, l’italienne en aurait pleuré. Mais ça, Tim s’en moquait.
« CE N’EST PAS UNE DÉMOCRATIE ICI, QUAND JE DONNE UN ORDRE VOUS OBÉISSEZ ! »
« Chef !!!!! » Fit soudainement Iza d’un ton indignée en accrochant son bras. Elle tenta de lui faire lâcher prise mais il serrait beaucoup trop fort.
« Chef, lâchez-la ! Vous lui faites mal !!! »
« ...pardon... »
« VOUS OBÉISSEZ !!! » Hurla Tim à pleins poumons en regardant tout le reste du groupe. Il donnait l’air d’un fou furieux tant il était haineux.



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by Wiise

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Ouvrir les yeux ne fut pas guère plaisant. Il eut l’impression de se prendre au réveil une belle barre dans le front et il en résultait une belle migraine. Un gémissement mêlé d’un soupir fut lâché avant qu’une main ne vienne sur son visage frottant cette peau lâche. La fraîcheur des extrémités fut appréciée, il multiplia donc les frottements insistant notamment sur son front douloureux. La couronne était toujours en place, il fit céder le bandage pour s’en libérer. Le retour à la réalité ne fut pas immédiat lui demandant plusieurs minutes avant que son cerveau ne finisse par s’interroger sur ce qu’il fichait au sol. Les derniers souvenirs étaient morcellaires et réfléchir ne faisait qu’accentuer le mal de crâne, il préféra donc s’en passer et se contentait de ce qu’il pouvait observer.

Des corps allongés de chaque côté. Des soupirs, des gémissements. Pas mal d’agitation aussi avec une personne allant de l’un à l’autre puis des éclats de voix. L’un des corps fut soulevé par un mec qu’il lui gueula dessus. Tout ça n’était qu’à un bon mètre de Matt pourtant il dût réaliser un bel effort pour que les traits visuels ne s’affinent et qu’ils puissent reconnaître les acteurs de ce drame. Le Sergent qui perdait ses nerfs, les passant sur l’un d’entre eux. C’était Rita qui les essuyait malgré les protestations de l’infirmière du groupe.

« Sergent » Appela-t-il. Comme chacun, il essaya d’intervenir poussant sur ses mains pour tenter se remettre sur pieds. Les jambes se révélèrent flageolantes, dépourvues de forces et par conséquent incapable de soutenir son propre poids. Impuissant, il assista au triste spectacle et aux effets de la soif intense sur les organismes. Le Sergent perdait pied, victime de son état désastreux. Le silence retomba après cette scène surréaliste mais somme toute logique. Tim Brass restait un homme sous ses galons de chef d’escouade, lui aussi était dans un sale état.


N’arrivant pas faire lâcher Rita à Tim, la toubib entoura son visage de ses mains et le força à la regarder.
« C’est la soif ! Tim...c’est la soif...c’est la soif qui vous fait ça...c’est la soif...je vous en prie...lâchez-la maintenant. »
Le sergent reprit un peu ses esprits. Il considéra un instant le médecin de l’équipe puis l’italienne qu’il était encore en train de tenir par le gilet, comme un brute qui n’aurait pas hésité à frapper une femme au sol, puis il trouva son regard noyé de peine et de honte. Elle aussi avait compris que Ruth ne reviendrait pas. A vrai dire, tout le monde avait noté son absence.
« Allez...lâchez-la. » Fit-elle d’une voix plus douce.

Tim Brass s’en voulait.
Maintenant que l’écran de la haine n’occultait plus le reste de ses sentiments, il ne sut où se mettre tant il se sentait mal. Il finit par acquiescer, comme s’il s’agissait d’un simple ordre de médecin, d’une ordonnance à suivre, puis il reposa la jeune femme dont la visage s’était tordu de chagrin. Le sergent avait le regard un peu hagard, perdu. Il regarda ailleurs pour ne pas montrer son état de vulnérabilité et tenta de souffler. La longue expiration était entrecoupée de toute la nervosité et la douleur palpable. Izabel posa une main sur son épaule puis elle s’en retourna à ses patients.

Elana fut tout aussi surprise d'entendre Tim s'en prendre à Rita qui était juste à côté d'elle. Elle était choquée et surtout complètement à côté de la plaque. Si on commençait à s'engueuler cela allait être l'enfer … Calahan voulait surement ça. Déjà Iza était sur pied pour calmer le sergent et l'appel de Matt était suffisant aux yeux de la caporale pour qu’elle n’intervienne en plus. Elle irait parler avec lui après, pour l'aider, puisqu'il devait être à bout et ce n'est pas en multipliant les cris que cela allait arranger quelque chose. Surtout quand l'homme commençait à reprendre ses esprits. Elle avait cependant levé un regard vers son supérieur comprenant sa faiblesse à cet instant… et à la fois elle la désapprouvait. C'est bien pour cela qu'elle n'aimerait jamais être trop gradé pour ne pas à faire ce genre de choix et avoir ce genre de remords qui conduit à la colère. Tim avait du mérite. Et il était humain après tout.

Ruth avait donc disparue, la nouvelle lui lança un terrible coup dans l'estomac. Si ça tenait qu'à elle et surtout si elle avait un corps fonctionnel, elle aurait organisé une petite équipe pour la retrouver, mais là, personne n'avait de force ou de volonté pour s'échapper de leur logis. Et puis bon, cela ne sert à rien de faire des “si”...Entre ce qu’on aimerait et ce qu’on peut faire il y a un fossé. Il fallait donc attendre et espérer que Ruth se soit planquée, car il fallait garder de l'espoir sinon c'est le burn out !

La française, adossa son épaule contre l'italienne en soutiens, elle lui lança un regard qui se voulait réconfortant; alors que Will, de son côté, avait repris son travail. Il était resté silencieux tout du long, après qu’Elana lui eut raconté le transfert d’éclats du visage de Rita à ses doigts, il avait eu quelques pistes. Maintenant, avec un tournevis électrique, il posa l’extrémité sur quelques uns de ses éclats et la diode dans le manche s’alluma. C’était la preuve qu’un courant électrique continu était produit par ces choses et probablement la cause de cette paralysie. Elana posa le regard sur lui pendant qu’il bidouillait.

« Pas trop jaloux ? »
« Jaloux ? » Demanda-t-il avec un sourire malicieux.
« Pourquoi je serais jaloux ? Je suis en train de sauver la princesse en détresse de ses vilaines crampes. Et si elle est pas TREEEEEEES gentille en m’offrant le pot en revenant, je pourrais bien ne pas trouver de solutions... »

Elle esquissa un rictus amusé, dit comme cela, hors contexte cela pouvait faire la petite fille délicate qui a bobo aux doigts après avoir écrit en gros “LOVE” avec des paillettes. Elle ne savait pas pourquoi, elle avait ça en tête soudainement… peut-être à cause de sa petite cousine qui lui avait fait un beau dessin pour son départ. La petite avait à peine six ans et elle était heureuse de savoir dire “amour” en anglais. Elana avait encore ce dessin dans ses quartiers. Il était accroché dans la salle de bain, comme pour lui rappeler qu’elle était la “best meilleure panpan de l’army forever !” un beau franglais sans aucun sens d’une gamine amoureuse des cœurs. « Si tu fais bien ton travail le prince, tu auras même le droit aux olives ! »
« Le Canada se réserve aux multiples interprétations les plus intéressantes ! » Conclu-t-il en tentant de retirer les premiers éclats.
Elana baissa la tête vers lui pour le regarder sérieusement. Des olives ? Genre avec ça, il avait la possibilité de faire du graveleux ? Elle secoua la tête incrédule avant de rire, ce mec était vraiment surprenant. Enfin bon, elle espérait ne pas avoir dit un truc qui aurait dans la culture canadienne une image sexy ou sexuelle. Elle était quand même la spécialiste pour faire ce genre de bourde sans le savoir.
« La France se réserve le droit de mettre son véto »

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L'enfer by Calahan



« Je prends la garde. » lâcha finalement Tim. « Izabel...fait ton possible. Il faudra qu’on bouge demain. »
« On ne pourra plus chef. »
L’homme regarda l’infirmière et le reste de son unité. Elle avait raison, ils étaient tous à bout. La seule source d’eau accessible était en contrebas, bien gardée par des éléments hostiles. Et physiquement, son escouade n’était plus capable de soutenir un combat. Tim retira son casque en se moquant d’être plus exposé et se comprima le visage. Il avait une migraine qui longeait son crâne jusqu’à la nuque.
Il fallait prendre de nouvelles décisions. Aussi dures soient-elles.
« Ok. Section...votre attention. Nous passons aux manoeuvres de survie... » Fît Tim d’un air las. « Je vous ordonne... »
Il secoua négativement la tête et reprit sur une autre formulation.
« Je vous demande de stocker vos urines dans un contenant. Izabel se chargera de la répartition selon l’état de chacun. »

Un silence mortel s’était installé parmi les hommes. Tim restait sérieux en leur montrant qu’il ne blaguait pas. Il acquiesça une nouvelle fois puis s’éloigna vers la barrière de roche pour monter la première garde. C’était aussi le seul moyen pour lui de s’isoler et d’essayer de se remettre de cette cruelle défaite. L’expression abattue, le P90 posé sur le rebord rocheux, Tim fixait le contrebas dans l’espoir fou de voir Ruth apparaître. Même blessée, même en rampant ou en appelant à l’aide.
Mais non…

Tout était désespérément vide et silencieux. D’ici, il voyait même encore un peu l’oasis inatteignable. Le crépuscule montait, c’était la fin de la journée. Peut-être que la fraîcheur finirait par venir et que de la rosée se poserait au petit matin. Mais vu l’aridité de l’endroit, il ne fallait pas rêver. Tim Brass croisa les bras par-dessus son P90 et y posa le menton. Il se rappela ce que Calahan lui avait dit lors de la dernière manoeuvre. Et s’il n’était plus en état de pleurer, ses efforts étaient tous mobilisés pour dissimuler les hoquets physique qui auraient pu le trahir.

Pedge Allen, de son côté, avait failli se perdre trois fois.
En faisant un grand contournement de la zone, elle était revenue sur la position de Tim en étant guidé par ses éclats de voix. Elle avait fini par les aborder sur la gauche et se rendre compte que seul le sergent faisait une garde de front. Ils n’étaient plus assez nombreux, en force opérationnelle, pour surveiller les flancs. Cachée derrière un relief rocheux et quelques arbres, elle pouvait les observer et voir combien ils étaient affaiblis.


------------------- MATT

Ils en étaient donc à récolter les urines pour avoir un peu d’eau. Ce n’était plus de l’entrainement mais de la survie. Il leur fallait de l’eau, c’était la seule disponible. Calahan les laisseraient-ils mourir de soif ? ou bien cesserait-il tout ça après le premier cas pour que le message passe auprès des autres ? Matt ne savait pas… Ce n’était plus un Sergent-Instructeur de plus, ce mec était un cinglé. Le chef de groupe prenait les mesures nécessaires pour assurer la survie du groupe, quitte à récolter les mictions de chacun.

Matt ne savait quoi dire, quoi faire. Il aurait voulu pouvoir se lever, pouvoir le relayer et prendre son tour de garde afin qu’il puisse souffler un peu. Son regard balaya l’assemblée accordant quelques instants à chacun. Tous avec des cernes dignes de zombies. Non pas tous, il en manquait une. Il réitéra la manœuvre pour être certain que la soif ne lui jouait pas des tours mais il manquait bien l’un des leurs. La nana du NID. Elle était peut-être partie sécuriser les alentours.

Les minutes s’égrenèrent et toujours rien. Si elle était partie sécuriser les alentours, elle aurait dû revenir à un moment donné mais rien. Iza finit par s’approcher de lui prenant ses constantes qui n’étaient pas excellentes.

« Où est Ruth ? » Lui demanda-t-il. Pas la peine de baisser la voix, elle était suffisamment faible pour ne pas aller loin.
« Elle n’est pas revenue. » Répondit-elle simplement.
Comme pour les autres, elle appliqua un linge humide pour essayer de compenser le problème. Il était en train de surchauffer et son corps ne produisait plus de sueur pour réguler. C’est un effort trop violent qui l’avait fait tomber dans les pommes, comme une mesure de sécurité pour qu’il cesse de forcer.
La gorge d’Iza s’était un peu serrée. C’était plus difficile de le dire ouvertement. Son regard bifurqua vers le chef du groupe qu’elle suspectait en pleins remords puis elle fixa de nouveau Eversman.
« Ne pose pas la question à Brass. Et ne fais pas de mouvements brusques, tu surchauffes. J’ai besoin d’un coup de main pour Danny, tu viens ? »
Matt accueillit la nouvelle avec un soupir avant d’opiner de la tête. Ne la voyant pas revenir rapidement, il avait forcément pensé au pire mais son esprit avait aussitôt écarté l’option pour préserver le peu d’espoir et de santé mentale qui lui restait. Morte, blessée, capturée… Dans tous les cas, inaccessible pour le moment. ça faisait chier… Même s’il ne la connaissait pas plus que ça et qu’il ne faisait partie de l’équipe que depuis peu, on finissait par s’accrocher aux membres de l’équipe. Ils subissaient tout ça ensemble et forcément des liens se créent même sans le vouloir. C’était Ruth mais ça aurait pu être Elana, Tim ou même lui...
« Oui. » Dit-il tout en se redressant pour basculer en position assise s’orientant vers Danny, attendant les directives de l’infirmière.

Le tankiste était complètement à l’ouest. Il semblait par moment alerte, voyant bien que l’infirmière venait s’occuper de lui. Mais à d’autres moments il semblait retomber dans l’inconscience. En l’auscultant, Izabel mit à jour diverses petites blessures causées par autre chose que les éclats métalliques. Eux, c’était Will qui s’en chargerait puisqu’il avait trouvé une faille. Mais le soldat semblait s’être fait mal en tombant sur le côté, il présentait certaines abrasions et des brûlures du fait de l’avoir traîné par moment sur ces rochers.
« Qu’est-ce...qu’est-ce qu’il s’est passé ? J’suis où là ??? »
« ça va aller, mec ! » Murmura l’aspirant tout en maintenant Danny sur le flanc.
« Pourquoi Leslie n’est pas là ! Où est Leslie ?!? »
Matt leva les yeux vers l’infirmière échangeant un bref regard avec elle, l’autre délirait complètement. S’énerver ne servait à rien, il lui fallait le rassurer. « Elle va revenir… Tu me parles d’elle ? » Le faire parler pour détourner son attention mais aussi égoïstement pour économiser un peu de salive.
« Elle aurait jamais dû me quitter...pas comme ça... »
« Evite Matt. » Conseilla la toubib. « Il est en plein délire. Il t’en voudra peut-être de l’avoir fait parler pendant une période de vulnérabilité. Tu m’aides ? »

Matt répondit positivement à la demande de l’infirmière attrapant la lampe qu’elle lui tendait d’une main alors que l’autre tapotait l’épaule du blessé. Se rendre utile, même pour un truc aussi simple, mine de rien ça aidait un peu. Ce qu’il mettait en lumière n’était guère joli, difficile à regarder. Ce n’était pas des plaies de guerre avec du sang, des tripes et des os à nu mais voir l’état désastreux de chacun n’était guère mieux. La soif faisait des ravages chez chacun d’eux. Chez Iza aussi… à plusieurs reprises, il la vit piquer légèrement du nez ou rechercher plusieurs fois la même chose, semblant quelque peu perdue.

L’infirmière du groupe n’était pas épargnée par la déshydratation. Elle aussi avait dû fournir de gros efforts pour cette marche mais aussi avec les différents événements leur tombant dessus ne lui laissant peu de temps libre. Or il était plus que nécessaire qu’elle soit en état. Elle comme le sous-officier du groupe. Ils étaient les maillons essentiels. Bien entendu chaque membre de l’escouade était important mais eux bien davantage car les maintenaient en vie et uni.

« Iza… Repose-toi » Dit-il d’une voix faiblarde, bien éloignée de l’habituelle tout en posant une main froide sur son avant-bras pour être sûr qu’elle entende bien le message.
« Non. Tout à l’heure. » Souffla-t-elle.
Elle regarda du coté de Will et d’Elana avant de poursuivre son travail auprès de Danny.
« Un toubib se repose quand il n’y a plus de soins à prodiguer. »
Izabel avait clairement prononcé la phrase d’un autre. Peut-être son mentor ou l’enseignant qui l’avait le plus marqué. En tout cas, elle fouilla dans son sac, sur la partie un peu plus personnelle avant de lui tendre son quart en aluminium.
« Tu te charges de la collecte coté homme ? »
Ainsi ils en étaient bien réduits à ça. Les ordres se transformaient en actes avec la remise du fameux récipient collecteur et c’était loin d’être anodin. Cela matérialisait le passage à l’acte et mine de rien, ça lui ficha un bon coup au moral. Le gamin insouciant et blagueur semblait bien loin à ce moment là avec son air de zombie décharné.
« On va vraiment aller jusque là ? » Ce n’était pas temps la récolte, c’était la suite qui était répugnante et difficilement envisageable pour toute personne saine mentalement.
« Matt... » fit-elle en secouant la tête. « Demain...demain quand tu vas te réveiller...tes jambes ne fonctionneront plus. Ton corps sera raide, tu auras mal à chacune de tes articulations. Et ta langue sera tellement enflée que tu auras du mal à te faire comprendre... »
L’infirmière cessa son boulot un instant. C’était tout aussi dur pour elle. Qui irait consommer les urines de tout le groupe ? Le pire, dans tout ça, c’est que c’était à elle de déterminer la dose pour chaque individu et s’assurer qu’ils le fassent.
« C’est l’enfer ici. Qui sait si...qui sait si ce type...il ne veut pas notre mort à tous ? »
Les perspectives étaient terrifiantes. Matt ne désirait pas les connaître et ne les souhaitait à personne d’autres. Que fallait-il faire ? Rester là à récolter l’urine et survivre précairement ou tenter de rejoindre la source d’eau quitte à y rester ? La deuxième idée lui plaisait davantage. Une mort rapide plutôt qu’une longue agonie entraînant la mort. Seulement il n’était pas seul, il était incapable de se remettre sur pieds et ce n’était pas à lui de choisir la marche à suivre. Ne restait donc que la première solution : survivre à l’enfer déployé par Calahan.
« Il veut surement la mienne… » Ce constat lui paraissait maintenant évident. L’officier avait fait en sorte de l’affaiblir davantage que les autres. Il avait beau être résistant, il ne pouvait lutter contre la soif et forcément son organisme serait le premier à défaillir. « Que j’y reste ou que j’abandonne. Dans tous les cas, il ne veut pas de moi. »
Une main fut tendue pour attraper le récipient tendu comme s’il choisit une autre voie à l’abandon ou à la mort, la survie en faisant au passage un beau geste du majeur à l’officier. Matt croisa le regard de l’infirmière essayant de lui offrir un de ses sourires malicieux, ou du moins ce que pouvait lui dessiner les traits de son visage. « Qu’il aille se faire voir... »

Sur le moment, Bowers n’avait rien dit. Elle se contentait d’observer le roi des branlots avec un regard interrogateur avant d’éclater de rire. La jeune femme secoua négativement la tête, se disant que la punchline finale faisait partie des plus nulles qu’elle n’avait jamais entendue. C’est sur cette constatation au demeurant bon enfant qu’elle se reprit pour répondre :
« Tu es toujours là. Faut pas se laisser abattre. Par contre, niveau phrase choc, tu as encore du boulot ! »
« C’est que le jour 1, je peux que progresser. » Répliqua-t-il, peu vexé par sa remarque.
« Tu es doué. Tu peux encore creuser, attention ! »
« Je suis le numéro 1 là dessus, pas de doutes. Je compte sur mes nouveaux profs pour m’aider. »
« Ouais mais attends qu’on ne soit plus attaché à toi si tu veux battre les records, le déchu !!! » Fit-elle sur un trait d’humour.

Elana en entendant ça soupira…elle se mordit la langue pour ne pas répliquer quelque chose de plus percutant. Elle préféra économiser sa salive que de la gâcher à répondre pareille connerie du pokémon dépressif. A la place, elle secoua un peu de l’épaule de Rita, qui n’avait toujours pas réagi à sa présence.



@ pyphi(lia)

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


La collecte débuta du côté des mecs. Difficile dans ce genre d’endroit de préserver encore un peu d’intimité pour faire ça, chacun eut la bonté de tourner le regard pour ne pas accentuer la gêne. Ils risquaient de boire l’urine du groupe alors bon l’intimité était aussi un concept bien étrange maintenant. A peine quelques gouttes pour le Ranger, ce n’était pas ça qui risquait d’épancher la soif de chacun et d’une certaine manière il en était soulagé ne pouvant s’imaginer boire ce liquide. Le matériel rangé, le Ranger observa quelques instants Danny qui continuait de délirer s’interrogeant si lui aussi devait y passer. ça s'annonçait trop compliqué, il opta plutôt pour Will qui était à moins d’un mètre de lui et était toujours penché sur Elana.

« [color=darkcyan]Will ?/color] » Dit-il pour l'interpeller. L’attention obtenue, il put lui tendre le quart. « A toi... » Enonça-t-il après un moment d’hésitation. Que dire dans ce genre de moment ? L’humour ne lui vient pas. Ce mec, il ne le connaissait pas dix heures plus tôt et maintenant il lui demandait de pisser dans un récipient.

Sandoval avait réussi à trouver un moyen. Il avait retiré tous les éclats des mains de Ravix et s’évertuait maintenant à les frictionner entre les siennes, comme si elle avait froid, pour essayer de lui faire reprendre du contrôle. Ca aurait été bien aveugle de la part de la Française de ne pas voir qu’il profitait largement du contact physique. Il y avait ce coté où il essayait de la rassurer, lui promettant qu’elle retrouverait le contrôle de ses mains. Will lui racontait une histoire de son enfance, un peu similaire, où il avait eu la joyeuse idée de concourir à celui qui tiendrait le plus longtemps en empoignant la clôture éléctrique d’un enclos de chevaux.

Mais Elana est du genre aussi clairvoyante qu’une taupe, donc elle perçut ce geste comme une attention entre frère d’arme, tout comme elle avait été là pour Iza en la « câlinant ». L’histoire était bienvenue comme elle adorait qu’on lui en raconte. Et les gestes de Wil lui procuraient la sensation agréable de remettre du sang dans ses mains. Bon, elle en avait il est certain mais, la demoiselle avait l’impression de n’avoir plus rien dans les mimines depuis bien longtemps. Petit à petits sa dextérité revenait via de petits spasmes qui la faisait sourire, un rictus naturel et pas robotique, quelque chose de naturel et qui ne se voyait pas souvent sur elle. L’arrivé de Matt avec sa poche à pipi fit disparaître ce court moment « humain » de Ravix qui figea son regard sur le pauvre homme qui ne devait pas avoir trouvé mieux comme phase d’introduction pour la récolte de la pisse.

Will regarda d’un air surpris l’apparition soudaine de ce quart militaire quasi-plein et fixa ensuite Elana avait un grand sourire, le côté décalé de la situation le rendant soudainement très taquin.
« Oh ouais, merci mec !!! J’savais pas comment séduire Ravix en lui montrant ma grosse biroute ! »
Le canadien se redressa brusquement sur ses deux pieds et manqua de s’effondrer. Ca tournait vachement et il se raccrocha à Matt lui arrachant un gémissement, coup de soleil oblige. L’équilibre de retour, il empoigna la braguette de son pantalon et mima le plus merveilleux pervers qui s’apprêtait à offrir le spectacle de leur vie. Il se voulait très convainquant. Elana ouvrit de grand yeux avant de faire une moue un peu dubitative…en arquant un sourcil qui voulait dire « mais sérieux ? », elle allait ouvrir la bouche pour le tacler quand soudain...

« Je déconne !!! » Fit-il en éclatant de rire. Il prit le quart et s’éloigna. « Interdit de me mater les filles... »
« Non mais l’autre, il se prend pour Ryan Gosling quoi ?! » Répliqua le Ranger en le suivant du regard s’éloigner pour faire sa besogne espérant bien qu’il entendrait la remarque.
« Lui...j’aurai pu...lui tirer dessus... » parvint à articuler Rita.
« Sur Gosling ou sur l’imposant Will ? »
« D’mande à Ravix... »
Elana tourna immédiatement la tête vers l’italienne, contente de la voir à nouveau parmis eux, lui touchant doucement de ses “nouvelles mains” celle de la jeune femme tout en réalisant un sourire complice. Elle avait envie de lui retirer une nouvelle fois tous ces éclats métalliques , mais elle ne comptait pas se faire avoir une nouvelle fois.
« Bon Will, magne ta baguette ! Rita est revenue des anges pour t’avouer un truc ! » dit-elle, cela répondait largement à l’interrogation du « roi ».
« En tout cas, ton adolescence est coriace… » dit-elle doucement à Rita en référence aux boutons que lui faisait les éclats de métaliques. Ce qui voulait être un sourire complice étira le visage déformé de l’italienne. Elle enserra la main de Ravix et hocha la tête.

« Si tu savais, en Italie, c’est une pandémie... »
La jeune femme serra les dents sous le coup de la douleur naissante. Elle se mit à respirer plus fort, plus longuement et elle lâcha plus sérieusement :
« J’ai mal. Débarrasse moi de ça... »
« J’attend mon assistant. » dit-elle, c’était une question de temps avant que l'italienne boutonneuse soit à nouveau adulte. Mais elle s’agita soudainement et remua des jambes.
« Elana...Matt...mon fusil. Vous ne l’avez pas laissé ? Mon fusil... »
« On l’a ton vieux fusil. » répondit-il rapidement. En tant que tireur de précision, il connaissait l’attachement certain à son arme et c’est pourquoi il s’était empressé de lui répondre. La M60 de Danny était là, elle aussi, démunie de toute munition mais présente. « Quand tu seras en forme, tu iras à l’armurerie. Il parait qu’on a reçu des M110 » Le genre de cadeau de Noël avant l’heure avec le nouveau venu des fusils.
« J’m’en fous de tes M110... » Râla-t-elle étrangement. « Avec mon...M1...je te mets...la mine au tir !!! »
« Dans tes rêves, l’ancêtre. »
« J’vais effacer...ton sourire suffisant...de ta tronche...l’amerloc ! Elana !!! Mon...fusil...s’il te plait... »
« Tu en deviens capricieuse... » ajouta Elana en regardant L'italienne qui exigeait comme une enfant trop gâté son dernier “joujou”.
« Tu comprends...pas...C’est le...fusil...de mon arrière...grand père. Il a fait...la deuxième...guerre... »
« Tu t'entendais bien avec lui ? » demanda la française, le temps que Will finisse de vider sa vessie.
« Longue histoire... » murmura-t-elle. Sa main vint la tapoter alors qu’elle ajoutait : « Je te raconterai...en faisant...la popotte de l’unité. »

A cet instant, Will revint presque fier de lui : « Tiens Matt. » Fit Will en surgissant brutalement avec le quart quasiment à ras bord.
« Nan mais tu as bu une bière en douce toi ? » La surprise se lut sur le visage du Ranger ne s’attendant pas à une telle quantité de liquide. Lui et ses trois gouttes prenaient un bon coup côté égo.
« On t’a laissé le temps de pisser depuis le début de cette galère ? » Rétorqua-t-il avant de regarder les filles et de se dire que ça avait dû être pire pour elles.
Pas la peine d’entrer dans ce genre de débat stérile, Matt mania avec précaution le quart pour ne pas en mettre partout, surtout pas sur lui avant de le poser au sol. Il en signala la présence aux autres pour éviter tout mauvais geste. Tous n’étaient pas encore passés par là, il restait Brass et Danny.
« Envoie ton quart, Will. »
« Ca dépend. Ce sont les copines qui vont le baptiser ? »
« Plutôt Danny et le Sergent. »
Le canadien paru déçu de la réponse et donna son quart à contrecoeur.
Elana n’avait pas franchement hâte de boire, enfin un beau paradoxe puisqu’elle ne rêvait que de ça … mais engloutir la pisse de ses collègues … cela ne l’enchantait pas. Pourtant il le faudrait bien et surtout éviter de la vomir … le challenge allait être là, ne pas répandre le liquide par terre… Franchement, elle espérait qu’elle avait tellement soif que ça passerait comme une lettre à la poste.
« J’espère que vous avez mangé vos cinq fruits et légumes… » dit-elle.


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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Ca avait été un véritable enfer que de rejoindre cette section. Maintenant que Pedge les considérait tous, planquée dans les buissons, à sa merci, elle se demandait bien si c’était là son véritable but. Ces types étaient en piteux états, et il ne semblait plus rien émaner d’eux à part de la résignation. S’ils devaient véritablement utiliser ses informations pour combattre les types d’en face, autant laisser tomber. Néanmoins, la texane ne savait pas quelle était la nature de sa mission, pas plus qu’elle ne savait si c’était bien eux qu’elle devait retrouver. Elle était là, et elle devait tenter de se rapprocher… À moins qu’elle ne devait collecter des informations encore une fois et donc, se tenir à distance du groupe. Cette immersion était en train de la rendre chèvre. En plus, elle avait soif, et ce n’était pas sa session de quelques heures à plat ventre dans la jungle qui l’avait hydraté malgré le bain de boue. Elle sentait d’ailleurs que ses épaules tiraient affreusement. Demain, elle serait une vieille à l’allumage.

Bref que faire ? Aller au devant de cette unité ? Ou les observer en toute discrétion ? Elle balaya les hommes et les femmes du regard, appréciait la certaine mixité qui régnait dans l’unité, quand forcément, son regard s’arrêta sur un Eversman en calbut avec une couronne sur la tête. Guère expressive, ses sourcils s’arquèrent néanmoins alors qu’elle était sur le point de lâcher un juron de surprise. Putain, mais qu’est-ce qu’il foutait là ? Et surtout, qu’est-ce qu’il foutait là dans cette tenue ? Ce mec avait vraiment un don pour se retrouver dans des situations foireuses.

Franchement, ça ne l’arrangeait pas d’avoir un rapport quelconque avec une unité dans laquelle traînait ce soldat. Elle n’avait pas spécialement peur de lui, mais ils avaient un passé commun qui n’arrangeait rien, et elle préférerait ne pas l’avoir dans les pattes. Il fallait croire que le destin en avait décidé autrement. Toujours est-il que ça faisait quelques minutes maintenant qu’elle s’était approchée en toute discrétion de cette unité, et personne ne l’avait encore calculé. Ils étaient vraiment au fond du trou, et ce n’était pas qu’une image littérale de leur position actuelle. Le trou dans lequel ils étaient représentait aussi la situation métaphorique dans laquelle ils se trouvait.

En quelques mots : ils étaient dans la merde, et y avait bien que les narines qui dépassaient de la fosse à purin.

Pedge hésitait toujours. Collecte d’information à distance ? Comme pour ceux d’en haut ? Ou rapprochement ? Comment savoir ? Rien n’était clair dans ce test. Entre la dépose de Nelly sur un terrain de jeu pour allumé du casque et fétichiste de mortier, le fait qu’elle n’ait aucune information, aucun plan, aucune directive, et qu’elle se retrouvait au milieu d’une partie entre deux bandes rivales, elle ne savait plus vraiment qu’elle était sa place. Cela ressemblait de près comme de loin à un parachutage en terre ennemie, sans qu’elle ne sache qui était les bons des méchants. Forcément, ceux là ne lui avaient pas tiré dessus au mortier ni à l’arme automatique, ne lui avait pas fait péter une mine au plâtre alors qu’elle récupérait un casque, forcément, ils étaient plus sympathiques que les autres en face. Et après ?

Elle devait prendre quelques précautions pour les approcher, et ce n’était pas parce qu’il y avait Eversman en costume épuré de superman qu’elle devait faire confiance tout de suite à ces types. Si elle se pointait comme une fleur, même en étant amorphe, ils pourraient la descendre. Elle reporta son regard sur le mec le plus proche d’elle. C’était lui qui commandait la troupe. Il n’avait pas la tête des grands jours, mais on sentait une certaine détermination chez lui. Il utilisait ses jumelles à intervalles réguliers pour sonder du côté du lac. Impossible de savoir ce qu’il cherchait. Certainement l’ennemi.
Elle attendit qu’il recommence à utiliser ses jumelles pour approcher. Elle n’était pas la plus rigoureuse en terme d’infiltration, mais au moins, ils avaient les mains occupées et l’esprit ailleurs, un laps de temps suffisant pour le surprendre un minimum.

Dans un murmure, alors qu’elle s’immobilisait dans un craquement de branches en tout genre, elle déclara :

« Sergent, identifiez-vous. »

Le propos ne pouvait pas plus le surprendre. Bien malgré lui, Tim poussa une plainte de surprise en se retournant, s’emmêlant les pinceaux entre le fait de jeter ses jumelles et aller s’emparer de son 9mm. Au final, il pointa la position supposée de cet appel mais ne monta pas son arme. Il la tenait simplement bien fermement en main. Son regard continuait d’être à la recherche du responsable quand il répondit de façon naturelle :

« Brass Tim, sous-officier de l’escouade Charlie. Manoeuvre Calahan. »
Sa respiration s’était un peu accélérée. Son regard allait d’un bord à l’autre de ce flanc à la recherche d’une quelconque unité bien armée qui leur sauterait dessus. Mais non, il ne voyait rien.
Tim se racla la gorge. Il avait du mal à s’exprimer tant ça lui brûlait. Volontairement, il se plaça un peu plus au centre pour casser la ligne de tir sur les autres. Ses équipiers ne pourraient pas faire feu, d’ailleurs il faisait signe de sa main libre de rester en place, mais la menace hypothétique ne pourrait s’attaquer qu’à lui en premier lieu.
« Qui êtes vous ? »

Pedge hésitait à répondre ou à continuer le questionnement. Elle avait une position avantageuse, mais elle ne durerait pas longtemps quand il s’apercevrait qu’elle était seule. Manifestement, il la cherchait du regard, et il ne tarderait pas à la trouver. Il protégeait ses hommes, ce qui était une bonne chose, quand on n’avait pas les responsabilités qu’il avait. Finalement, elle se décida à la jouer franc-jeu puisqu’il répondait :
« Capitaine aspirant Allen. Je suppose que je participe aussi à la manoeuvre. » Elle laissa une seconde, voir deux, filer, et elle ajouta : « Si vous me permettez, j’aimerai approcher pour discuter. »

Tim ne répondit pas sur le coup.
Il était tellement las et faible qu’il était près à laisser venir n’importe quel secours, renfort, n’importe quoi. Mais il regarda en arrière et se rappela de son unité. Si c’était un piège tordu de Calahan, ils allaient tous le payer très cher. Mais d’un autre côté...pourquoi n’envoyer qu’un homme alors que le dispositif d’embuscade avait à peine été malmené ? Et un officier qui plus est ?!?
« Dans ce cas, désarmez capitaine. J’en ferai autant… » Proposa-t-il en la cherchant toujours du regard. Il commençait à chauffer.

« Très bien. », fit Pedge qui calculait quand même une porte de sortie le cas échéant, bien qu’elle savait qu’elle se jetait dans la gueule du loup. Elle approcha, sortant du buisson. Elle devait faire peur dans l’état dans lequel elle était, mais au regard de leur tronche à tous, et de leur état général, elle n’avait rien à leur envier. Elle leva son arme à gomme à la verticale. « Arme à gomme, rien de bien folichon. », dit-elle de son ton neutre.

Tim la fixa longuement en restant silencieux. Plus que les mots, sa figure et son apparence avaient tendance à le convaincre sans même qu’elle ai commencé. Il n’avait pas l’impression que ceux qui leur avait tendu l’embuscade soit aussi affaibli et malmené. Pour un capitaine, il ne restait plus rien du côté clinquant du grade. L’uniforme était bien sale, signe qu’elle avait longuement vadrouillé. Sans oublier tout ce sang qui ne semblait pas venir d’elle. Quoique…
« Je serais d’autant plus rassuré si vous le posiez… » fit-il en amorçant le geste avec son 9mm.
Comme un miroir, il écartait son arme en la posant lentement sur le rebord rocheux. Et il irait jusqu’au bout si celle en face faisait de même.
Il finit par souffler, soulagé, puis demanda :
« Première fois chez Calahan je présume ?»

Elle accompagna le mouvement pour poser sa pétoire à gomme. Ceci fait, elle se redressa et répondit à sa question : « Vous présumez bien, ce qui ne semble pas être votre cas. », jugea-t-elle. Sinon il n’aurait pas posé cette question. C’était comme si son état lui avait sauté aux yeux en mode “toi ma cocotte tu as morflé à cause du vieux”.
« C’est ma cinquième manoeuvre… » Avoua Tim.
Il regarda dans son dos et fit un signe apaisant au reste de l’escouade. Pour ceux qui auraient eu la mauvaise idée de prendre les armes, ce n’était plus nécessaire maintenant.
« Est-ce que vous avez été pilonné ? Assoiffé ? Agressée ?» Questionna-t-il sérieusement.
« Et paralysée, entravée, presque humiliée. Je crois qu’on partage pas mal de points communs sur ce coup là sergent. », répondit-elle sans vouloir faire de l’humour, même si ça pouvait laisser penser que, étant donné qu’elle reprenait son énumération. Cinquième manoeuvre. Le type était un dur, à n’en point douter.
Tim souria franchement cette fois. Il s’avança de quelques pas pour lui tendre la main. Pas très protocolaire mais il serait encore plus bête de saluer militairement cette jeune femme s’ils étaient surveillés. Un sniper, un bon observateur, sait-on jamais.
« Bienvenue dans l’unité Capitaine…je pense que vous êtes arrivée à bon port. »
Pedge ne se formalisa pas de ce manque de protocole, pas sur le terrain. Elle lui serra la main avec poigne. C’était une façon comme une autre de se dire “bonjour et bienvenue” chez les galériens.
« J’aimerai le croire Sergent, mais je n’ai aucune information sur ce que je dois réellement faire et si je suis effectivement à bon port. Alors si vous en avez, je vous serai gré de m’en faire part. »
« Comme nous, Capitaine. Nous avons quitté la cité en jumper pour notre manoeuvre et avons essuyé des tirs nourris de DCA. De la munition d’entrainement. Nous étions attendu à l’arrivée. Aucun ordre ni briefing. Sur le terrain, nous avons mis la main sur une Intel stratégique, rejoint le camp où nous attendait le capitaine Calahan. »
Tim fît un signe en direction des “blessés”.
« Le mec à poil que vous voyez là se trouvait là-bas. Il nous a été attribué. Ordre de la mission : transporter l’intel jusqu’à la zone désignée. Mais c’était humainement infaisable et je mené la troupe dans la gueule du loup. C’est peu dire... »
Le sergent reprit son souffle. Essayant aussi de récupérer sa salive au passage. Puis il poursuivit son rapport. Pedge en avait profité pour couler un regard vers Eversman. Il ne lui était pas inconnu, forcément. Donc Calahan l’avait inclu dans la manoeuvre.
« Depuis le début, Calahan nous affame et nous assoiffe. Nous avons subi un assaut de chiens de combats et...vu l’état de l’unité...j’ai choisi de transgresser les ordres pour atteindre ce point d’eau. Sauf que nous n’étions pas seul. »
Cette partie là était encore plus difficile à décrire devant un officier. Il ne la connaissait pas, il pourrait s’en moquer. Mais c’était impossible. Sa voix était pleine de remords et c’est vraiment à contrecoeur qu’il faisait cet aveu en terminant son récit.
« Nous nous sommes repliés en catastrophe jusqu’ici. Le Capitaine ne sonnera pas la fin de la manoeuvre alors j’ai ordonné les mesures de survie. Je...j’ai perdu un homme sur le terrain. Ruth Padilla n’est pas revenue après avoir couvert notre retraite. »

Voilà, c’était dit. Le Capitaine aurait surement des questions mais elle connaissait l’essentiel et la raison de leur état. Tim avait la furieuse envie de demander la pareille mais il connaissait un peu Calahan. Si elle se retrouvait aussi assoiffée et amoindrie qu’eux : alors elle faisait partie de ce groupe. Elle allait surement prendre le relais, le commandement, et trouver des solutions plus stratégiques qu’un simple sergent.

« Je pense que...si vous y trouvez des similitudes...cela signifie que votre arrivée a été orchestré par Calahan. »

« Probablement oui. », fit Pedge en réfléchissant au récit, et aux circonstances dans lesquelles ils venaient de se rencontrer. Si c’était bel et bien le cas, c’était tordu, mais quand on remettait en perspective toute la manoeuvre, il n’y avait rien de bien normal dans tout ça.

« Il y a deux positions de mortiers bien défendus et deux positions de tir à la mitrailleuse lourde également. C’était un tir croisé bien ordonné, vous n’aviez aucune chance. », dit-elle en guise de constatation. Elle ne le blâmait pas, loin de là. « Est-ce que vous pensez que votre unité est capable de continuer l’exercice ? En toute franchise.», finit-elle par demander.

Tim entrouvrit la bouche. Il s’était d’abord demandé pourquoi cet officier ne les avait pas prévenu plus tôt avant de se forcer à plus de raison. Elle l’aurait fait si c’était possible. Mais vu la description, le sergent n’était même pas étonné. C’était du Calahan tout craché d’avoir monté une telle embuscade. Au final, la survie de cette unité tenait du miracle mais c’était bien loin de le soulager de la perte de Ruth. Il comprit à peine le côté un peu compatissant de la déclaration du Capitaine.

« En toute franchise... » copia Tim.
Il se décala pour regarder chacun de ses hommes avant de tourner de nouveau le dos.
« Cette décision ne nous appartient même plus Capitaine. Calahan ne nous rappatriera que lorsque l’on sera tous frappé d’incapacité et au bord de l'abîme. Si vous voulez, vous pourrez vous rapprocher de notre toubib, Izabel Bowers, pour en savoir plus. »

Cette réponse ne la satisfaisait pas le moins du monde. Elle toisa le sergent avant d’ajouter :
« Je ne vous demande pas ce que pense le Capitaine Calahan, mais ce que vous pensez vous de l’état de vos hommes ?», dit-elle avec plus d’intensité dans sa question. Elle avait la voix rauque à cause de la soif et des aventures de la journée. Elle avait presque sa réponse cela dit. Selon lui, l’exercice ne s’arrêterait que lorsqu’ils seraient au bord de l’abîme. Cela voulait certainement dire que ce n’était pas encore le cas et qu’ils avaient peut-être encore un peu de gaz sous la semelle pour faire le job. Mais elle voulait quelque chose de plus précis, elle voulait savoir si ce meneur estimait que ses hommes étaient encore aptes à avancer, ou s’ils ne feraient pas un pas de plus. Parce que pour aller chercher l’eau, il allait falloir se sortir les doigts du cul, et les cinq de préférence. Si c’était peine perdue, c’était inutile de commencer à faire des plans sur la comète pour abreuver tout le monde.
« Oh ? » Répondit-il simplement en comprenant qu’il avait été à côté de la plaque.
La soif sûrement. Malgré la lassitude de son regard, il reprit d’une voix sûre et certaine :
« Chacun des hommes et des femmes que vous voyez là ont tout misé dans l’espoir d’être sélectionné par Calahan. C’est le seul moyen “direct” d’entrer dans les équipes d’exploration. Ils risquent tous très gros. Et moi...je donnerai ma vie pour chacun d’entre eux. »
Il hocha frénétiquement la tête.
« Oui, nous irons jusqu’au bout mon Capitaine ! Nous n’avons pas dit notre dernier mot ! »
« Bien sergent. Allons faire les présentations dans ce cas.», fit Pedge qui était bien décidée maintenant à rencontrer le reste de l’équipe. Elle gardait en tête qu’il manquait quelqu’un. Mais la nuit était en train de tomber, et ça allait devenir compliqué de la retrouver.
« A vos ordres. »

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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Tim prit les devants.
Il était méfiant, bien sûr, mais aussi lucide. Son unité ne pourrait pas déceler un traitre, il aurait fallu Ruth pour ça. Autant jouer son va-tout en faisant confiance aux éléments en sa disposition. C’était sa décision de sous-officier de léguer le commandement à cette jeune femme. Ça lui fendait un peu le coeur car il ne serait plus au centre de la protection des hommes. Mais d’un autre côté, il restait persuadé des avantages tactique que le capitaine allait apporter.

« Section. Voici le Capitaine aspirant Allen. » Déclara-t-il en se décalant.
Il permettait ainsi à tous de la voir.
«Pas de salut protocolaire par mesure de sécurité. Le Capitaine nous rejoint et va reprendre le commandement. Je vous demande de respecter son grade et son autorité comme il se doit. »
Mais il n’avait aucun doute sur le sujet. Le sergent avança un peu et débuta les présentations.
«Will Sandoval ici présent est notre spécialiste. Il nous vient du génie Canadien et s’est montré assez surprenant pour nous offrir des solutions alternatives.»
« Capitaine... » Salua-t-il poliment mais en restant assez suspicieux. Après avoir hoché la tête, il retourna auprès de Rita pour lui enlever les éclats.
«A ses cotés, le caporal Elana Ravix : mon second. Elle était parachutiste en France. Elle se charge de fermer la marche et veille sur les gars.»
Il passa au suivant. L’italienne à qui ont enlevait progressivement les éclats de son visage à la pince isolante.
«Rita Monciatti, tireuse de précision. Elle était dans...dans...euh...»
« Arditi Incursori ! » Précisa-t-elle malgré la douleur qui lui tordait les traits. Elle mettait un point d’honneur à le spécifier avec fierté. « Forces spéciales italienne, je ne te laisserai pas oublier, chef !! »
«Oui.» Fit-il avec un léger sourire.

Pedge était certaine de ne pas se souvenir des noms de chacun, mais elle essayait de faire un effort. Ça viendrait au fur et à mesure, elle ne s’inquiétait pas trop là dessus. Elle observa le type qui oeuvrait sur une femme allongée, et que le sergent lui présenta comme Sandoval. Un gars du génie, c’était intéressant. Elle le salua d’un signe de tête tout comme elle le fit pour Ravix, qui le secondait. Bien, il y avait une ligne de commandement, c’était excellent. Ravix prendrait la troisième place, en bon caporal, relayant le sergent au besoin sur l’ensemble de la section. Ils ne semblaient pas nombreux, ce serait donc un peu trop mais au moins, l’ensemble de la chaîne de commandement était respecté et c’était propre. Rien de tel qu’un capo pour gérer les hommes, un sous-off pour faire appliquer les décisions, et l’officier pour les donner.
Elle salua d’un signe de tête Monciatti, appréciant qu’elle soit des Forces Spéciales Italiennes. Les femmes dans le milieu étaient rares et elle avait raison de défendre son steak. Bon fallait dire que le nom à la mode romaine n’était pas simple à retenir pour des oreilles américaines et Pedge serait déjà incapable de le redire. Qu’importe. Elle soupçonnait que les éclats métalliques fichés sur sa tronche soient le résultats des explosions des obus de mortier qu’elle avait pu observer plus haut. Les types les maniaient avec précautions. En tout cas, ça semblait bien bordélique à virer.

Le sergent tourna la tête vers l’infirmière et se retourna aussitôt en se rendant compte qu’elle tentait de se dissimuler pour la petite commission. Gêné, il se racla la gorge et passa au suivant. Danny était conscient mais il ne posait qu’un regard neutre sur le capitaine sans avoir la moindre réaction. La taille de ses pupilles prouvait son état altéré par la sédation.
«Danny Blake, de la troisième division blindée. Il expérimente un nouveau modèle de blindé léger qui a été hybridé sur un MALP. Une nouvelle technologie avec un canon antichar et une mitrailleuse coaxiale. Malheureusement, nous n’avons pas pu atterrir avec.»
« Je rêve de revoir mon Divorce. » Marmonna-t-il davantage pour lui-même, la voix cassée. « Je vaut plus rien sans lui. »
«Il occupe le rôle de mitrailleur à la M240 en attendant.»
Le sergent poursuivit.
«Matt Eversman est un soldat déchu que Calahan semble avoir pris en grippe. Il l’a humilié et tenté de nous monter contre lui, en faire notre entrave. Il a été privé de tout ce qui fait de lui un soldat : uniforme, plaques. Pour l’instant, je ne lui donne pas d’arme sauf cas d’extrême urgence. Il doit être traité comme un “roi”, et ne jamais quitter sa couronne, ce sont les ordres...»

Tim continuait les présentations. Pedge salua le mec sédaté, se demandant bien ce qu’il avait. Mais les questions viendraient après, pour le moment, elle laissait le sergent présenter son unité. Elle posa un regard neutre sur Eversman, qu’elle salua d’un signe de tête à l’instar des autres. Ses yeux se fixèrent un moment sur la couronne. C’était bien humiliant, et elle n’était pas certaine qu’il mérite vraiment ça. D’un autre côté, tout, semblait-il, avait été essayé pour le faire cadrer au cadre de l’armée, mais rien ne semblait prendre. Peut-être qu’en le positionnant de la sorte en “roi”, il comprendrait enfin. Elle allait devoir l’intégrer dans l’unité, si ce n’était pas déjà fait.
Elle était contrariée de se retrouver avec lui encore une fois, mais on ne choisissait pas qui on allait commander. Alors, elle ferait avec, en essayant d’être impartiale entre les autres et lui. Ce ne serait peut-être pas une mince affaire.

Izabel était revenue, elle posa le quart en aluminium à côté d’un autre. Elle demanda à Ravix de s’y mettre alors que Rita reprenait un peu de couleur et le contrôle de son visage. Tim en profita pour la présenter.
«Izabel Bowers est notre médecin. Elle oeuvrait au service de santé du SGC à l’époque. Je pense qu’elle pourra vous faire un retour assez détaillé de l’état de santé des hommes.»

« Capitaine. Nous sommes en train de recueillir les urines pour les procédures de survie. Je compte associer la distribution à un cocktail d’anti douleur, un anti-vomitif et un anti-acide. Des gélules pour assister le travail rénal. Et nous devrions connaître un regain temporaire dans l’heure... »
A cause de la chaleur, elle retira son casque en découvrant le massacre de sa chevelure guillotinée. Elle s’en rendit compte par le biais du regard de la texane et replaça sa protection, visiblement très gênée. Elle enchaîna pour tenter de faire diversion.
« J’aurai aimé me présenter dans de meilleures circonstances mais...si vous avez une envie d’aller au petit coin...ça n’en sera que plus bénéfique pour le groupe. Et...j’aimerai aussi vous ausculter quand vous aurez du temps. »

Pedge restait toujours de marbre. Son nez s’était plissé quelques secondes à l’évocation des mesures prises. Elles étaient logiques, mais cela ne l’empêchait pas de trouver cela dégueulasse. Le cocktail de médicaments que la toubib allait foutre dans la pisse aiderait surement à faire passer la chose, mais Pedge ne s’imaginait pas encore boire de l’urine. Elle n’avait pas encore assez soif pour ça, mais elle savait qu’une personne vraiment assoiffée se jeterait sur le liquide sans rechigner. Il n’y avait rien de pire au monde que la soif.
« Je verrai ce que je peux faire Bowers. », fit Pedge. Elle irait surement se soulager dans un récipient pour participer. Par contre, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi c’était commun. Chacun devait boire l’urine des autres ? Et pas la sienne ? C’était vraiment sale, sauf pour quelques fétichistes des golden showers dont on était loin ici bas.

«Comment vont les autres ?»
« Le caporal a retrouvé l’usage de ses mains. Et Eversman peut de nouveau se déplacer. Ca commence à aller mieux pour Danny mais il ne sera pas en état avant demain matin à cause de la sédation... »
«Ok, merci Iza.»

L’infirmière salua d’un signe de tête avant de s’éloigner et récupérer le quart de Rita. Avec le caporal, elles l’aidèrent à se mettre debout pour rejoindre la zone un peu discrète. C’était immonde, il y avait trois quart rempli d’urines et ça commençait déjà à empester. Le sergent profita de ce moment à l’écart pour terminer les présentations.
«La portée disparue s’appelle Ruth Padilla, c’est un soldat assez atypique. Elle était lieutenant-colonel dans une branche du NID. Pour pouvoir nous rejoindre, elle a abandonné définitivement son grade. C’est une experte dans l’intelligence et la création de réseau de renseignement. Elle veut rejoindre les équipes d’exploration pour moderniser notre réseau sur Pégase. Ce n’est pas une stratège ni un soldat d’élite mais ses connaissances, et ses capacités d’analyse, sont très intéressantes. Elle aurait pu vous apporter beaucoup d’informations...»

Tim soupira. Il regrettait encore de l’avoir laissé derrière lui.
«Et moi...» dit-il finalement. «Moi j’étais sergent dans l’unité SG-10 sur la Voie Lactée. Rien de bien prestigieux, au contraire. On était surtout la poubelle des missions “d'après-exploration”. Apporter ce machin, sécuriser tel VIP, transporter des plis diplomatique...A force de concours et de candidatures, j’ai fini par obtenir cette place. Mais je ne ferais d’exploration sur Pégase que si j’obtiens la certification délivrée par l’officier instructeur….Calahan en l'occurrence...»
Le silence tomba un petit moment.
«Contrairement à tous ces soldats, je suis le plus expérimenté sur les manoeuvre du Capitaine. C’est pour cela que je peux vous assurer, sérieusement, qu’il ne nous aidera pas. Nous ne pouvons que nous sauver nous-même.»



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by Wiise

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Lun 3 Déc - 23:22
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Elana était en train de seconder Will dans sa “lourde” tâche de supporter (l’humour de Will) retirer les éclats métalliques du visage de Rita (et quel plaisir de retrouver sa dextérité, même si elle réceptionnait juste dans la coupelle les morceaux…), quand il eut une annonce. Elle tourna la tête, dans la direction de Tim, qui ramenait avec lui… une femme qui aimait un peu trop les bains de boue. Mais outre la plaisanterie, même sous ses airs affreusement sales et sa fatigue évidente d'une galopade toute aussi éreintante que la leur, Elana reconnue sans mal l'une des têtes légendaires de la cité. Il avait des soldats qui avaient marqué leurs noms sur l'expédition en lettres d'or, depuis leurs arrivés, comme le colonel Sheppard, le Major Lorne… et d'autre qui s'étaient démarqués au fil des ans, ou en étant un vétéran des deux guerres contre la reine Wraiths des ingénieurs. Que des grands noms figuraient maintenant sur les listes des survivants et des “incontournables”. Des grands hommes et femmes. Même si dans la liste, il avait "le roi des branlots", avec sa propre légende bien moins fascinante. Mais au contraire d'Allen, lui s'était démarqué non pas par sa capacité à briller mais à perdre sa lumière. Pourtant, quand on y regardait de plus près, il s‘était tapé deux guerres infernales, pour tout gâcher sur la fin, n'être qu'une honte, qui aujourd'hui vadrouille en calbut en manquant de brûler sous le soleil comme une écrevisse sur un barbecue. Franchement, en y repensant, Elana trouvait que c'était du gâchis.

Enfin, qu'importe, il n'est pas l'heure de comparer l'échec militaire avec la réussite. Allen, du moins le capitaine Allen était une figure, qu'elle n'avait jamais rencontrée mais qu'elle admirait. Elle appréciait sa détermination et le pragmatisme de ses rapports et puis bon, elle était un modèle, pour toutes les femmes grises de l'armée d'Atlantis. Une jeune femme qui avait commencé avec peu de garde, pour exploser en quelques années et obtenir le haut grade de capitaine, elle était un officier prometteur et voué à voir plus grand. Comme tout officier montant, on parlait beaucoup d'eux dans les vestiaires entre “soldat” et Elana espérait comme beaucoup, que le capitaine, ne finirait pas par perdre de son plumage comme d'autres… comme stagner à un grade a responsabilité sans rien faire de plus que commander brièvement. Ou de perdre tout crédibilité. Cela arrivait, il était difficile de toujours être en mouvement et de ne pas se reposer sur les lauriers du passé. Mais les temps changent et la venue d'un capitaine ici, vétéran qui plus est, était assez flippant et à la fois impressionnant.

Pourquoi flippant ? Cela voulait dire qu'Atlantis envoyait à la formation des élites des officiers haut placé dans la hiérarchie et plus seulement des soldats d’en bas. Donc qu'ils désiraient ne plus revivre la perte des têtes pensantes comme à Normandie. Qu'ils voulaient renforcer et raffermir un peu tout le monde, pour être véritablement une élite. Il devait avoir des enjeux, bien plus grands et plus importants dans les cerveaux des huiles, pour décider de n'épargner personne au “broyeur Calahan”. Pas même des vétérans qui ont prouvés leur valeur ! C’est dire, la surprise de voir Allen ici !

Et pourquoi impressionnant ? Puisque Elana, avait espéré un jour tomber dans l'équipe de la texane lors d'une mission. Elle était curieuse de voir comment une telle personnalité pouvait être sur le terrain de voir la vraie Pedge Allen, autrement que par les rapports (les quelqu’uns généraux dont elle avait le droit de consulter sans autorisation de grade) et les histoires des hommes. Bon, elle avait effectué une mission avec le major Frei, une autre grande tête de cette cité, mais cela n'était pas pareille, pour la parachutiste qui se reconnaissait plus dans les traits de l'officier américain que l'allemande, un peu plus bureaucrate que la première. Ou simplement, parce qu'on lui avait dit qu'Allen était du genre à bourriner qu'à mettre des blâmes plus vite que son ombre. Il était si facile, d'avoir une réputation ici, Frei s'était la froideur et les blâmes, Allen, l'étoile montante qui attirait autant d'éloge que de mépris des jaloux. Et comme elle, avait expérimenté la glace, Elana aurait aimée tâter de la “patate”. Enfin, qu'importe, elle était ravie de voir un pareil officier les rejoindre, cela lui procura une source d'espoir et de force vivifiante ! Le pouvoir d'un bon leadership et surtout d'un charisme fait beaucoup et si Tim n'avait pas été aussi charismatique justement, jamais un petit sergent comme lui aurait réussi à mener une équipe aussi éreintée jusqu'ici. Ils allaient faire un bon duo.

La venue de Pedge, était donc aussi, signe que Tim laissa sa casquette de boss, pour prendre la seconde place. Seconde, place, qu'elle lui laissait avec le plus grand soulagement. Étant quelqu'un qui voulait non pas bien faire, mais faire parfaitement, Elana, redoutait les responsabilités et donc le choix de se tromper et de l'échec. Au final, s'était bien pour ça qu'elle ne désirait pas monter très haut, elle ne se sentait pas capable à l'heure actuelle et vue son âge de commander qui que ce soit. Du moins, pas de la manière dont elle le désirait. Ainsi, léguer sa place, ne lui fit rien.

Quand Tim la présenta, Elana se releva du mieux, qu'elle put sentant sa tête tourner comme dans un manège. Mais, elle s'efforça d'être sur ses deux pieds, pas de salut militaire bien entendu, mais un simple signe de tête. Toujours sobre, elle hocha la tête avec la présentation de Tim, avant de se remettre à terre, la nausée la prenait et elle mit sa main vers sa bouche, pour retenir une remontée gastrique… Cela pouvait être perçu comme un acte de fayot, mais qu'importe, elle s'était levée en signe de respect et d'admiration pour les hauts faits de cette grande dame et non pour lui lécher le cul.

Chacun continua ses présentations et les bilans. Elana reprit son travail auprès de Will et Rita. Elle devait peut-être être la seule à ne pas montrer de la méfiance envers Pedge. Bon, en contre partie, elle avait été assez agressive auprès de Matt, chacun sa peine dirons-nous. Une peine à la hauteur de ses faits.



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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Pedge laissa Tim finir sa présentation, en concluant par lui. Il avait fait un rapide topo sur la portée disparue de l’unité. Cette dernière ne devait pas être éliminée, sauf si elle avait été capturé par l’ennemi. Les règles semblaient bizarres. Quand on était touché, on ne semblait pas out, et elle se demandait s’il en allait de même pour l’ennemi. Si c’était le cas, ce serait une brave merde, parce qu’ils ne seraient jamais tranquille. Ca ne semblait pas s’appliquer à l’unité ici présente, sinon la moitié serait déjà out. Ravix, considérée comme mutilée au niveau des mains par le mortier, Monciatti qui n’aurait plus de tête à présenter à sa famille, et ceux qui avaient mangé une balle d’exercice.
Le but manifeste de Calahan était de les pousser à survivre dans les pires conditions, cela semblait aller de soi. Peu importait les blessures, il fallait continuer à avancer sans se faire chopper par l’ennemi. Ils devaient se sauver eux-même, comme l’avait si bien dit le sergent.

« Ok, merci pour ce tour de table sergent. », fit Pedge pour conclure elle aussi les présentations de Tim. Elle toisa tout le monde, estimant qu’elle pouvait faire un brin de présentation elle aussi histoire de rentrer dans le groupe : « Je suis donc le Capitaine aspirant Allen, aspirant parce que je suis à l’essai suite à une promotion. On est donc tous là dans un but à peu près similaire, et tous volontaires. Je vous laisse procéder aux mesures de survie et ensuite on va discuter de nos possibilités à court terme. », fit-elle pour ne pas couper tout le monde dans sa lancée. Elle ajouta : « Et je veux bien un quart. » Ça la répugnait vraiment. Elle qui était si maniaque, si ordonnée, ça la révulsait vraiment. Mais quand il n’y avait pas le choix… Normalement, ils devraient pouvoir boire de l’eau à court terme, mais quand ?


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L'enfer by Calahan



L’annonce du Chef de Groupe interrompit Eversman dans ses étirements. Il les enchainait depuis quelques minutes de manière à soulager les diverses tensions qui malmenaient ses cuisses. Ce ne serait pas ça qui lui permettrait de retrouver l’efficacité de ses muscles mais si ça pouvait permettre de pouvoir se remettre sur pieds et d’être opérationnel quelques temps, c’était toujours ça de gagner. Il y avait quelqu’un derrière le Sergent, une silhouette au combien connue. Les sourcils se froncèrent alors que les syllabes de son nom de famille lui échappaient dans un murmure. Il crut tout d’abord à une hallucination, son esprit assoiffé lui jouant des tours mais Tim confirma bien l’identité de la nouvelle venue.

Il l’avait fui pendant le dernier mois ne cherchant jamais à rester dans une pièce où elle était ou elle arrivait et il fallait maintenant que Pedge Allen le retrouve dans ce trou paumé. Certes la mesure d’évitement n’était plus, Steven Caldwell ne pourrait l’attraper par la peau du cou et l’envoyer directement en cellules. Les reflexes ayant la vie dure, le Ranger semblait prêt à se remettre sur pieds pour s’éloigner. Encore fallait-il que ses jambes puissent le porter de nouveau ? ça semblait aller mieux mais il n’en serait sûr qu’après avoir tenté l’expérience.

Matt ne la quitta pas du regard. Il connaissait Pedge Allen, l’officier tout comme la femme qui se dissimulait derrière ce masque de boue. Il savait ce dont elle était capable. Leur relation avait beau évolué depuis leur première rencontre passant de texane lécheuse de bottes à sœur d’arme puis à âme sœur avant d’être finalement la Chef de l’escouade Normandie. Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, beaucoup de choses avaient aussi changé maintenant. Il n’était plus Sergent-Maître ni même membre de l’expédition, juste aspirant alors qu’elle avait été promue Capitaine. Il avait sombré alors qu’elle s’était révélée. Matt n’était pas ravi de la voir débarquer ici. D’une certaine manière, Pedge lui rappelait ses échecs. Il ne pourrait agir de la même manière avec elle présente, il lui faudrait redoubler de méfiance. Après c’était un renfort de choix. Fiable, costaud et qui saurait mener le groupe. C’était toujours mieux elle qu’une pleurnicheuse ou bien un capable de mettre du C4 sur une position de repli.

Les présentations débutèrent. Le regard du Ranger n’avait toujours pas dévié. Il redoutait les mots du chef sur sa personne tout comme la réaction de l’officier. Tim se contenta de faits omettant tout jugement, il en fut soulagé et répondit au signe de la tête d’Allen. Il vit son regard monter vers cette couronne. A ce moment précis, il aurait aimé l’attraper et la jeter le plus loin possible, voir peut être même l’enfiler sur la tête de Calahan mais se contenta de serrer les dents et attendre douloureusement que les secondes s’égrènent en baissant les yeux. Pedge Allen était maintenant avec eux, qu’il le veuille ou non, il devrait s’y faire. Un soupir s’échappa de ses lèvres comme s’il l’acceptait.

La mission reprenait, la collecte avec. Côté mec, il restait Danny et le Sergent. Concernant le premier, il n’était pas sûr que ce soit une bonne idée vu qu’il délirait et était toujours soumis à une belle dose de morphine. Il en toucherait deux mots à Iza mais avant l’un des derniers quartiers vides fut attrapé et il tenta de se remettre sur pieds se tenant à l’environnement avant de finalement lâcher ce qui lui servait d’appui.

« Cool.. » Lâcha-t-il dans un murmure, rassuré de retrouver un peu de mobilité. C’était au moins un bon point dans ce déluge de mauvaises nouvelles. Le Ranger tenta quelques pas gardant une main prête à aggriper ce qui lui tombait sous la main en cas de défaillance.

« Sergent ? » Annonça-t-il. Une fois l’attention du désormais second du groupe obtenue, il leva le récipient de manière à le rendre plus visible et eut une moue presque d’excuses. Lui aussi devait passer par ce moment gênant.

Ce capitaine lui laissait une bonne impression.
Tim pouvait encore s’estimer nouveau malgré ses quatre dernières manoeuvres avec Calahan. Hormi ce diable, il ne savait des autres officiers que des bruits qui circulaient sur eux, des noms. Etonnament, celui d’Allen n’en faisait pas partie et il ignorait complètement son historique. Concernant sa promotion, il se décida de ranger précieusement la question dans un coin de sa tête et d’attendre de pouvoir la cerner avant de se lancer dans ce genre de familiarité. Brass espérait simplement ne pas avoir récupéré le pendant féminin de Calahan.

Ses premières réactions étaient agréables à entendre. Allen participerait, elle maintenait les précédents ordres et évitait une ingérence directe. Le sergent trouvait qu’il avait encore beaucoup à lui dire mais l’intervention d’Eversman l’en empêcha. Ce n’était pas si mal en fin de compte, Tim ne voulait pas se planter et avait besoin de remettre un peu d’ordre dans son esprit. La soif ne le mettait vraiment pas au top de ses moyens et il considéra le quart que son subordonné déchu lui tendait.
Le sergent prit le contenant avec un hochement de tête en guise de remerciement.

« Merci Eversman. Capitaine, si vous me permettez... »

Tim s’éloigna en laissant Matt et Pedge seul à seul. Il ne savait pas qu’ils se connaissaient et, en même temps, il n’y réfléchissait absolument pas. Le sergent prit ses distances, comprenant au passage que personne n’avait dû s’occuper de Danny et il nota ça sur ses tâches supplémentaires.

Le Sergent parti remplir le quart, il ne restait plus que Pedge pour lui tenir compagnie. Ce n’était pas pour lui plaire. Le tête à tête s’imposerait. A un moment ou à un autre, il faudrait crever l’abcès. Pas sûr que maintenant soit le moment idéal. Elle venait à peine de rejoindre l’équipe et lui venait à peine d’encaisser la nouvelle et surtout l’intégrer. Pedge dans l’équipe, ça changeait pas mal de choses. C’était un officier mais aussi une personne qui le connaissait fort bien. C’était peut être ça qui l’effrayait le plus. Elle connaissait de quoi il était capable, du pire comme du meilleur. L’hésitation était là, la crainte aussi. Le regard du Ranger papillonnait entre le Néocapitaine et l’environnement comme s’il cherchait un échappatoire.

Pedge n’avait pas grand chose à raconter à Eversman. En réalité, elle préférait largement économiser sa salive, car elle avait déjà la bouche sèche. Ils ne s’étaient pas vraiment revus, si ce n’était en coup de vent, depuis la guerre. Elle observait toujours cette couronne, constatant que des mots étaient écrits dessus, comme celui de fraternisation, d’insubordination, et d’autres encore. Elle se mordit la lèvre inférieure, trouvant que c’était un peu trop pour le ranger, et que cela devenait limite personnel. Aussi préféra-t-elle observer autre chose. Elle n’aimait pas ce moment de flottement, et elle trouvait que la troupe ressemblait à tout sauf à un groupe en manoeuvre. Bref, elle était en train d’observer, histoire de se faire une idée réelle de ce dans quoi elle était tombée.

Les secondes s’égrènèrent, la suivante bien plus longue que la précédente. Le Ranger finit par soupirer ne sachant comme se sortir de cette situation. Il n’était pas d’humeur loquace, pas avec elle en tout cas. Le malaise était palpable. Nul doute qu’un regard tournait dans leur direction comprendrait qu’ils n’étaient pas de simples inconnus ? On aurait dit la réunion de deux ex qui s’évitaient pour ne pas déclencher quelque chose de déplaisant.

Pedge lâcha un soupir elle aussi. Elle avait autres choses à faire que d’attendre bêtement que les secondes passent et qu’on daigne s’intéresser à elle une nouvelle fois. En tant qu’officier, elle devait prendre sa place, et ce ne serait pas en restant en retrait. Elle était un peu larguée par la réception des militaires ici présents. Jamais elle n’aurait laissé en plan un officier de la sorte, sans se mettre au rapport ou sans demander des directives. Ça faisait un peu les mecs qui n’en avaient rien à foutre pour le coup. Soit ils étaient tous au bord d’une mort certaine tant ils avaient soifs, soit elle se taper encore la crème de la crème. Finalement, elle attrapa un quart, et elle se dirigea vers un coin pour contribuer aux mesures de survie.

La voir s’écarter sans dire mot le soulagea. La confrontation attendrait, ce n’était pas le bon moment. Aucun des deux ne l’avait senti et chacun était parti de son côté. Lui était parti retrouvé les blessés essayant de profiter des derniers moments de répit pour se reposer un peu.


Tim venait de terminer la sale affaire et revenait en direction du médecin de l’unité. Il s’approchait tout en la regardant étrangement, la trouvant comme “éteinte” et s’inquiéta rapidement pour elle. Izabel se tenait agenouillée devant les différents quart d’urine, les mains encore enfoncées dans son sac, mais elle regardait droit devant elle. Son regard était perdu, elle ne bougeait plus au point qu’on l’aurait cru morte. Sur le moment, Tim cessa d’avancer et l’observa. Il craignait que son état ne l’empêche de continuer son boulot et ils avaient tous désespérément besoin d’elle pour tenir.

Au début, il voyait quelque chose goûter depuis son visage. Il songea tout naturellement à quelques larmes silencieuses avant de se rappeler que c’était impossible. La soif était telle que les pleurs se faisaient sans la moindre humidité. D’ailleurs, c’était plus sombre et poisseux. Tim se décala un peu et son coeur fit un bond en découvrant que c’était du sang. Izabel saignait du nez et elle ne s’était rendue compte de rien.
Doucement, le sergent s’approcha et s’agenouilla à côté d’elle. Il posa le quart à côté des autres, la forçant à un retour à la réalité qui la fit sursauter.

« Hé... » fit doucement Tim en posant une main sur son épaule. « Tu tiens le coup ? »
« Oh...oui...chef. » Elle renifla puis se passa un revers de main. Bowers ne tarda pas à y découvrir son sang.
« C’est normal. »
« Tu es sûre ? »
« Oui. Oui, j’ai toujours été un peu sensible au niveau du nez. Ca va aller... »

Le sergent augmenta la pression de ses doigts sur son épaule pour lui transmettre sa compassion, ses encouragements, puis il se redressa pour aller s’occuper de Danny. Iza lui empoigna brusquement le pantalon pour l’empêcher de s’en aller.

« Vous avez promis ! »
« Je tiens toujours mes promesses, Izabel. Soit sans crainte. »

L’homme avait essayé d’adopter un ton confiant mais sa voix rauque ne s’y prêtait pas. Alors il lui sourit avec chaleur et sincérité. Le médecin acquiesça avec sa figure à moitié ensanglanté puis reprit son travail. Tim profita d’être dans son dos pour attirer l’attention de Ravix et de lui faire un signe. Il voulait qu’elle soit près d’elle, qu’elle la surveille et ne la laisse pas seule. Ce saignement était peut-être “normal”, il n’en restait pas moins inquiétant pour lui. Le visage de Rita était à nouveau Humain, un sourire franc sur les lèvres d’Elana et une tape sur l’épaule de l’Italienne et elle se leva, pour rejoindre Tim qui demandait sa présence. Son regard coula sur Allen, qui était partie faire sa contribution. Ravix était la suivante elle le savait que trop bien. Elle s’agenouilla vers Iza.


Pendant que Tim allait convaincre Danny de participer également, allant récupérer son quart dans ses affaires et l’aidant à s’acquitter de cet acte potentiellement humiliant, Izabel déposa son casque militaire sur le sol et à l’envers.
Elle tenta d’enlever la garniture en cuir mais ne parvint qu’à s’énerver davantage.

« Faut pas passer par là... »
Will avait suivi Elana et il avait été discret ! Il n’avait pas envie de rester dans son coin à ne rien faire et rien que l’idée d’apporter son aide pour retirer la garniture d’un casque lui allait. L’homme se sentait faible mais surtout inutile. Comme un nuage noir qui le suivait et qui occultait le fait qu’il avait rendu à Rita un visage humain, le soldat du génie se sentait mélancolique et triste. Sauf...quand il parlait plus spécifiquement avec Ravix. Il en voulait plus de cette interaction et, dans son humour, il passa une jambe par-dessus l’épaule de la Française agenouillée pour la dépasser. Une sorte de saute-mouton très maladroit et malvenu vu l’état de chacun.
Elana sursauta faiblement en voyant l’homme lui passer par-dessus. Elle avait serré les poings soudainement, comme pour se protéger de quelque chose. Prête à frapper. Mais son geste était retenu et elle lâcha très vite prise quand elle constata que c’était Will. Elle espérait que personne, n’avait vu ce geste de défense très rapide, personne ne savait que dix jours avant, elle était en enfer, un autre enfer, nue, torturée et avait violée par un barbare. Et elle en gardait une certaine appréhension du contact, enfin des surprises « par derrière » comme venait de faire Will. Elle ne dit rien de plus, serrant la mâchoire, pour chasser l’image de Gorah essayant de la forcer…

Sandoval ricana dans sa barbe et s’installa devant Elana, lui piquant sa place aux côtés d’Izabel. Cell-ci le laissa faire, elle s’était un peu écarter, comme pour calmer sa peur et reprendre pleinement le contrôle de son myocarde. Will prit le casque et passa les doigts entre les différentes lanières pour défaire l’attache.

« Ca me donne une idée. Je peux le garder ? »
« Tu veux t’en faire un collier ? »
« Mieux ! »
« Une bague de fiançailles pour Ravix ? »
Une quoi ? Elana coula un regard vers Will. Elle était bien la seule à n’avoir rien remarquée, pour ne pas changer. Et elle prit cela sur le fait que les gens décident de le charrier depuis le début car il dragouillait Rita et elle en début de manoeuvre. Elle ne disait rien, elle se leva doucement, pour réceptionner un quartier et faire sa contribution aussi.Ainsi, elle s’éloigna, laissant Will répondre.

La blague le sécha net.
Will passa son regard par-dessus son épaule pour voir la jeune femme et se sentit piquer un fard. Il arracha le cuir du casque et le plaça à l’envers. L’instant d’après, il s’était sauvé en maudissant son manque de répartie et d’être aussi lisible. L’homme ne se sentait pas capable d’assumer ouvertement que, oui, elle lui plaisait bien la gauloise chevaucheuse de sanglier. Même si parfois elle était pas des masses cohérente dans son comportement. Un brin tarée pour vouloir se friter avec un cochon sauvage...mais ça participait au charme particulier.
Non, non, il valait mieux s’enterrer dans le boulot. En revenant près de son sac tout en étudiant l’état du cuir et de son agencement, son esprit était en train de monter un plan, faisant intervenir différents outils et mécanique qu’il détenait dans son paquetage. L’homme finit par sourire et chercha Everman du regard.

« Hé ! Une couronne qui s’attache au menton comme un casque militaire, ça te dit ? »
Amusé par le nouveau petit défi qu’il s’imposait. Voyant là une bonne diversion tant à la soif qu’au malaise que lui avait imposé Izabel, le canadien fit un signe à Matt pour qu’il le rejoigne. Il était certain qu’il apprécierait de pouvoir se débarrasser de ces bandages qui lui donnaient l’air d’un échappé d’asile et qu’il serait bien content de pouvoir sangler la couronne comme un casque militaire.
« Et comment ! » Répliqua aussitôt le Ranger qui avait plus que hâte qu’une solution soit trouvée.
« Tu me files un coup de main ? »
« Oui » Dit-il avant de se mettre en mouvement afin de réduire la distance les séparant. « Je t’écoute. » Annonça-t-il tout en s’installant à ses côtés avant d’attaquer le bandage qui maintenait son trophée en place.
« Hé ! T’excites pas !!! » Fit-il amusé en ouvrant son sac et en déposant divers trousses d’outils et de produits. Il ouvrit l’une de ces petites sacoches pour en sortir des ciseaux et couper les bandages.
Will récupéra la couronne qu’il dégagea de la gaze puis l’observa. En mettant en évidence le morceau de cuir par-dessus, il fit quelques calculs puis se dit qu’il allait faire un truc de dingue. Tant qu’il y avait du temps à tuer, que ça lui permettait d’éviter de penser qu’il allait bientôt boire de l’urine, et qu’il pensait pas ça : banco !

« Ok. Tu vois cet élément central qui fait office d’amortisseur ? Je vais le mettre sur le dessus de ta couronne. Je vais couper le brelage qu’il y a autour et le réadapter à la taille sphérique. »

Sous son regard, Will s’exécuta rapidement en découpant le cuir en deux parties. Il prit le brelage qui finissait par la sangle de menton et la présenta autour de la couronne. Sa façon de procéder et son agilité démontrait son habileté technique. Will était dans son environnement et il prenait presque plaisir à inventer la première couronne qui se sanglait comme un casque. En gardant d’une main la position initiale, il prit un marqueur noir et plaça des repères tout autour du cercle. A chaque lanière de cuir coupée, il plaçait l’endroit où il devait être collé au métal.

Une fois fait, Sandoval donna le tout à son frère d’arme. Il retira de son matériel une ampoule en verre munie d’une pipette.
« T’as des mains de chirurgien ou tu trembles comme une mémé ? »
Attentif, Eversman était resté immobile et silencieux observant les différentes manipulations du génie. Il avait une vague idée de ce qu’il désirait faire mais ne voyait pas vraiment comment il allait y parvenir et chercha par conséquent à ne pas le déconcentrer. Il marqua néanmoins son étonnement lorsque ce dernier l’interrogea.
« Je suis plutôt doué de mes mains » Finit-il par déclarer avec un petit sourire ne précisant pas ses pensées.
Will tiqua en relevant ce sourire puis détourna le regard vers les filles de l’équipe. Il finit par hausser les épaules en murmurant :
« Ok...tant que tu touches pas à la Française, ça me va ! »
Il sourit à son tour.
« D’ailleurs. Tu sais comment ça se drague les camemberts toi ?!? »
« Crois moi. Oublie de suite les militaires. » Répliqua-t-il immédiatement. Fraterniser lui avait amené tant d’ennuis que c’était gravé au fer rouge chez lui maintenant : ne plus s’attacher à celles qui portent des plaques militaires.

Cette réponse l’avait saisi sur le moment.
Will chercha du regard le terme “fraternisation” qui figurait plusieurs fois sur la couronne et ne pu s’empêcher.
« Ca s’oublie facilement ? » Demanda-t-il sur le ton de la confidence.
Il était peut-être indiscret mais pas injurieux dans ses propos.
« Pas le choix de toute manière... » Finit-il par déclarer après une expiration un peu plus longue. Forcément des images lui revenaient en tête, plutôt plaisantes avant que la figure imposante de Caldwell ne s’impose faisant virer ces moments au cauchemar. « Oublie Ravix. ça vaut mieux pour toi et pour elle. » Conseilla-t-il tout en effectuant du regard un aller retour entre la française du groupe et son interlocuteur.

Sandoval attendait la suite.
Mais rien ne vint. Il plaça l’ampoule dans les mains d’Eversman tout en sifflant.
« Et ben. Quel bavard. »
Il lui envoya un coup de coude pour lui rappeler qu’il le chariait et décida de changer de sujet. Lui qui cherchait une forme de soutien, quelques conseils, venait de se casser les dents bien comme il faut. Après, le type était l’exemple même de ce qu’il risquait s’il se mettait à courir la Française. N’empêche, il ne parvenait pas à se faire à l’idée de laisser la collègue sans la dragouiller un peu. Le coup du Canada vs France l’avait bien fait marrer. Bref ! A réfléchir. Eversman aurait dû le refroidir plus que ça parce qu’il n’avait pas envie, dans le fond, de se cadrer à cette règle qu’il trouvait stupide. Même sans sortir avec une militaire de sa section, des collègues pouvaient être si proches que ça en reviendrait au même non ?

Will se racla la gorge puis montra l’ampoule du doigt.
« Bon...bon. La superglue, ça marchera pas avec les contraintes qu’on fera subir au cuir. Ca, c’est de la résine qui sèche et se solidifie au contact de l’air. Donc n’en mets pas sur toi. Colle chacune des lanières sur les repères en veillant bien à recouvrir l’ensemble. Moi je m’occupe du reste, ça te va ? »
« Ravix est incluse dans le reste ? » Après lui avoir adressé un regard amusé, le Ranger se mit au travail essayant de s’appliquer dans la tâche confiée.
« MAIS CARRÉMENT ! T’as pas vu son c... »
Will n’alla pas plus loin et regarda le plus discrètement possible par dessus son épaule. Il s’était attendu à ce qu’une main italienne lui frappe l’arrière du crâne avec violence mais non. Il était assis avec Matt en train de discuter nana et ils profitaient d’une certaine intimité. Tout en préparant l’autre partie du cuir, Will secoua la tête en signe d’approbation, comme s’il acceptait d’en livrer plus.
« Elle a un croupion d’enfer cette nana. Ouais, d’ailleurs, Calahan l’avait gaulé en train de s'entraîner en legging dans une salle truffée de mâles en sueur. Tu sais ce qu’il a fait ? »
Un sourire un peu benêt lui vint.
« Elle a passé les deux semaines suivantes en exercice militaire avec obligation de porter cette tenue. J’ai loupé ça Eversman. J’ai loupé ça !!! »
Tiens Ronchon n’était donc pas une militaire modèle, elle était capable de ne pas tout faire bien. Certes c’était exagéré. Un leggings était bien plus adapté à une activité sportive en salle qu’un treillis mais bon c’était du Calahan. « Tu m’as, moi, en calbut. ça te suffit pas ? » Répliqua-t-il amusé avant d'enchaîner avec autre chose. « Imagine ce que tu vas prendre s’il te voit tenter quelque chose avec. C’est pas en calbut que tu vas finir… À poil à observer le drapeau. »

« Mais si ça vaut le coup ? » Insista-t-il. « J’veux dire. Bon. Si jamais je prie le bon Dieu et qu’elle est à moi quoi. Sérieux, regarde. C’est la gonzesse fatale, assoiffée elle trouve encore le moyen de faire sa protectrice. Moi, j’ai la gueule gercée, les lèvres qui pètent et des envies de m’enfiler un océan. »
« Non mais tu es amoureux ou quoi ? » Les gestes furent stoppés pour croiser le regard du Canadien. « Tu prendras ton pied pendant un quart d’heure et tu en prendras pour des semaines de galère. Elle aussi… C’est toi qui voit. »
« J’peux pas être amoureux, j’la connais que depuis quelques heures !!! » Tenta-t-il maladroitement. Il haussa les épaules. « Je dis juste que c’est super frustrant de regarder ailleurs juste parce que c’est une militaire et moi aussi. »
« Je sais bien... » Il soupira de nouveau. L’envie de jeter un regard vers Pedge était là mais il s’évertua à ne pas céder.
Will marqua un temps de silence avant de relever un élément.
« Hé...t’as parlé de ton expérience perso là, non ? »
« Pourquoi tu crois que j’insiste, Andouille...Mais cherche pas, tu auras pas les noms. »
« “Les” noms. Ahaha...tu fais pas les conneries à moitié toi ! » Fît-il en riant. Il reprit son travail.
« Donc pour toi, ça valait pas le coup ? »
« C’était sympa. » Fit-il avec un sourire échangeant un regard complice avec lui. « Mais ça vaut pas le coup. Trop risqué. »
« Un risque excitant. Hé, tu sais que tu me convaincs pas du tout de lâcher l’affaire... »
C’était surtout pour le charrier, l’emmerder. Will était sur le point de finir ses raccords.
« Fais en sorte que les sangles soient adaptables. On sait jamais que tu la récupères. »
« Tant qu’on me dégrade pas en public pour un coup de kekette. POUAHHHHHHHHHHHHHH ! J’t’ai séché !! »
Will était fier de lui. Il en sautillait presque tout en présentant son morceau de cuir “amortisseur”.
« Tu as terminé ? »
« Presque. Il y a un type qui me déconcentre. » Quelques points de résine supplémentaires et le travail était achevé. Il vérifia qu’il n’avait rien oublié avant de le présenter au Canadien hilare. « Pourquoi un seul coup ? » Renchérit-il avec un sourire. ça faisait du bien de pouvoir échanger, de parler de tout ça librement.

Le génie Canadien trouvait que c’était du bon boulot.
Il entreprit de joindre les deux pièces de cuir dissociée avec du fil provenant de son équipement. Le genre bien solide, renforcé, qui lui permettait de faire correspondre l’amortisseur avec une hauteur donnée. Il répondit avec un large sourire, bien embarquée dans la déconne un peu charnelle.
« Ah nan. Moi je fais pas le clébard. La qualité tricolore, je suis sûr que c’est inégalable à la quantité fade. »
Et il insista bien sur le dernier mot histoire de l’accuser d’avoir des goûts fades. Nouvelle provocation bon enfant. Will plaça une ou deux fois la couronne sur la tête de Matt en l’enfonçant légèrement. Il vérifiait les sangles mais surtout sa façon d’unir les deux parties de cuir.
« Qui te dit que je n’ai pas fraternisé avec une française ? »
« Parce que tu m’aurais dit que ça valait le coup ! »
« Française, Canadienne… ça vaut pas la peine. » Hop un petit taquet pour son ami nord-américain.
« Parce que t’es un dépressif ! »
« J’ai dû écouter trop de Céline Dion. »

ET PAF !!!
Une claque derrière le crâne surpris Will au point qu’il en perdit la couronne. Ses tentatives maladroite pour la rattraper se soldèrent par un échec et il se retourna vers le coupable, craignant sur le moment d’avoir été entendu par une Ravix qui n’aurait pas apprécié. Mais c’était en réalité l’italienne qui le regardait calmement.
En réponse, Will ouvrit les bras comme s’il lui demandait silencieusement “MAIS QUOI ??? QU’EST CE QUE J’AI FAIS ???”
« Je suis persuadée que c’est mérité. » lui dit-elle amusée. Elle reprit son sérieux et regarda Matt. « On se réunit autour de la marmite à pipi pour l’épreuve ultime. Ne trainez pas. »
Will la regarda tourner le dos et s’éloigner. Il se massait encore l’arrière du crâne en faisant la grimace.
« N’empêche, ça vaut le coup ! » Lâcha-t-il, buté.
Il reprit la couronne et termina les quelques réglages avant de la tendre à son compagnon.
« Ok, essaie là comme un casque et dit-moi... »
En bon exécutant, le Ranger la mit en place faisant quelques mouvements pour mettre à l’épreuve les sangles. La couronne semblait bien en place. C’était du bon boulot et ça risquait de bien améliorer son confort. Une belle preuve de l’amitié naissante américano-canadienne.
« Merci, Will. » Cela lui valut une tape sur l’épaule.
« De rien. Prochaine étape : le philtre d’amour... » décona-t-il en réponse.
Il ramassa ses affaires pour les ranger, plutôt content de son travail. Il se redressa ensuite un peu trop vivement, la soif se rappelant à lui et manquant de la faire retomber sur les fesses. Will écarquilla les yeux et chercha son équilibre en battant des bras. Lorsqu’il fût stabilisé, il regarda Matt et déclara :
« Tant pis. Je bois ce qui se boit, point final. »
L’assurance n’était pas la même du côté de l’aspirant. Il aurait aimé être aussi décidé que le Canadien. Oui il fallait boire ce qu’ils avaient mais ce n’était pas aussi facile que ça. Il n’avait pas hâte d’y être et traîna davantage les pieds jusqu’au lieu de réunion appréhendant la suite.



@ pyphi(lia)

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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


En parallèle, Izabel était en train de chercher dans son sac. Will partit, elle échangea un regard malicieux avec la Française, Elana avait secouée la tête indignée par cette fuite subite mais aussi amusée. Elle adorait le chahuter avec son attirance pour Ravix, ça se voyait comme le nez en plein milieu du visage. Hélas, ces petites récréations étaient de courtes durées et il fallait faire un travail détestable. En son for intérieur, Izabel remerciait Elana de ne pas avoir tourné les talons après lui avoir souhaité bon courage.

La toubib soupira en découvrant qu’elle avait oublié sa pâte mentholée et sortit de sous son gilet tactique un paquet de cigarette. Elle en brisa une pour s’enfoncer les morceaux de tabac dans le nez et faire le fameux effet “pince à linge” version nicotine sous les effluves d’urine. C’est avec un maigre sourire qu’elle proposa une cigarette supplémentaire à Ravix pour qu’elle puisse se protéger de la même façon.

Sur le coup Elana avait regardé d’un air étonné la manoeuvre de la toubib… elle allait refuser la cigarette pour lui dire qu’elle ne se noircissait pas les poumons quand elle trouva que l’idée n’était pas mauvaise sur le coup. Elle refit les mêmes gestes pour s’enfoncer les tampons de filtre dans les narines. En relevant le regard vers Izabel elle eut un petit rire, mélange de nervosité de fatigue et puis fallait avouer que ça donnait une sacrée tête…
« Tu fumes ? » sinon pourquoi, aurait-elle un paquet dans le fond de son sac ? A moins que ça soit par tradition “la dernière clope avant de mourir” …
« Non, je les mange. » Répondit-elle taquine.
« Et c’est bon ? » Lança Elana avec un faible rictus surement taquin, même si l’image de celui-ci n'était pas aussi parfait que celui d’Iza.
« Tu essaieras après les avoir retiré de ton nez. Allez...c’est parti... » Elana lui fit une moue en retroussant le bout de nez.
« Haut les coeurs...» Affirma Elana qui était plutôt positive. Du moins essayait de l’être pour ne pas se laisser abattre par la tâche des plus dégoûtante. Son but était de motiver chacun et aussi de garder de l’espoir, l’espoir elle l’avait retrouvée avec la présence de la capitaine qui l'intimidait soyons clair. Alors, elle se devait de redonner un peu foi à chacun. D’ailleurs, peu de personne lui avait adressé la parole, son geste de respect avait été passé inaperçu… mais soyons clair, personne n’allait venir au garde a-vous devant l’officier dans leur état et tout le monde avait une tâche à faire. Chacun savait ce qu’il faisait et Tim était le centre de communication envers le nouvel officier, il devaient s’entendre à deux avant que les soldats viennent prendre des ordres.

Le casque à l’envers était cerné de pierres pour ne pas se renverser. Bowers y versa consciencieusement les quarts les uns après les autres, mélangeant les urines tout en réprimant un air fortement dégouté. Avec un petit bâton, elle mélangeait doucement comme si elle était en train de vérifier une soupe en cours de cuisson.

« Tu viens de sacrifier ton casque… Tu comptes le remettre après tout ça ? » demanda Elana, cette question lui taraudait l’esprit depuis qu’elle l’ai vu laisser Will le désosser.
« Je m’en trouverai un autre. » Confia-t-elle.
« Tu prendras le miens sinon. » proposa t’elle.
« C’est gentil mais pense à toi. Moi je me mets à couvert et je me cache. Tim a été super clair là-dessus. Toi ce sera pas le cas. »
Elana ne répondit pas, mais elle lui fit une tape sur le bras, en hochant la tête. Elle penserait à son casque et donc à elle.

La jeune femme avait sorti tous les éléments nécessaire. Elle plongea une sorte de languette en papier qui se teinta d’une couleur précise. La concentration d’urée, et donc de déchets de l’organisme, y était importante. Trop pour elle. Il allait falloir tout mettre. Faisant un signe à Ravix, Iza versa les autres quarts qu’elle lui tendit. Y compris la participation récente du capitaine. Elle réitéra son test. C’était mieux mais il n’était toujours pas concluant.

« Elana. Tu veux bien prendre ces comprimés que tu vois là et me les réduire en poudre ? Je dois continuer de mélanger tout ça si on veut garder nos reins. »

L’odeur était infecte. Et elle était plutôt contente de ne pas connaître toutes les saveurs grâce aux filtres dans ses narines. Boire ça allait être une nouvelle épreuve car même si la soif était horrible… Elana devait quand même reconnaître que boire la pisse des autres et même de la sienne c’était quand même une étape assez douloureuse niveau égo humain. Comme, dans un couple, quand on commence à faire son affaire la porte ouverte et que la pudeur de la commission ne dérange plus les deux partenaires.
D’un hochement de tête, Elana exécuta le souhait d’Iza, prenant la crosse de son pistolet, qu’elle avait essuyé du mieux qu’elle put pour réduire en poudre les médicaments, disposé sur un film de protection transparent.

Bowers travailla comme ça un petit instant dans un silence gênant. Gêne qu’elle était seule à ressentir, pour Elana, c‘était une question de survie après tout, elle s’était faite à l’idée même si elle redoutait le moment de boire et puis le silence ne l’avait jamais dérangée. Elle avait envie de parler avec Elana, lui confier des petits trucs. Bref, échanger pour oublier la galère dans laquelle ils étaient et le fait qu’ils mourraient à petit feu de déshydratation.
Ne sachant quoi dire sur le moment, la jeune femme se rappela d’une expression que sa soeur lui disait souvent : “Dis-le comme ça vient”.
De toute façon, qu’est ce qu’elle risquait ?

« Plus jeune, je me croyais au top niveau. Je suis devenue médecin spécialisée prématurément. J’ai sauté des classes. J’adorais la concurrence avec les plus vieux de ma promo. Ma soeur bossait déjà en ce temps là. C’est elle qui m’a fait passer des concours sans me dire de quoi il s’agissait. »
Elle sourit, nostalgique.
« Tu ne le regretteras pas ! Elle me disait ça tout le temps. Quand j’ai été admise dans le Programme Porte des Étoiles, j’ai d’abords cru à un gros canular. Ma soeur est très farceuse alors j’ai eu des doutes. »
Izabel pouffa.
« J’ai ri au nez de l’officier référent, je lui ai dis qu’il était une buse en drague. Mais...tout était vrai. » Elle haussa les épaules. « Izabel Bowers. Médecin au service de santé du SGC. Ca claque non ? »
« Les titres, ça claque toujours. » affirma Elana.

Mais le sourire de la jeune femme s’était évanoui.

« J’ai vite déchanté. Au début, il y avait plein de trucs nouveau à apprendre. Des maladies impressionnantes que les soldats pouvaient ramener d’autres planètes. Je n’étais jamais fatiguée d’intégrer toujours plus...mais au final...mon boulot ne se limitait qu’à deux mots. »
Son regard bifurqua sur la Française. Izabel était triste mais essayait de le dissimuler. C’était difficile...
« Apte ou pas apte. » fit-elle d’une voix cassée.

Pourquoi se livrait-elle comme ça ?
Parce que cette militaire avait essayé de la protéger quand ses cheveux dépassaient ? Qu’elle avait été bien mignonne d’appeler ça des crins de licornes ? Ou parce qu’elle se rappelait d’un soldat lui ressemblant étrangement et qui avait perdu quatre dixième à chaque oeil. Une exploration sur une planète “miroir” qui reflétait une quantité phénoménale de lumière. L’aventurière avait ramené un de ses collègues suite à un accident malencontreux et elle avait perdu ses lunettes de protection au voyage, se brûlant la rétine.
Intraitable. Inopérable. Izabel s’en souvenait comme si c’était hier.
Elle tenta bien de jouer sur sa respiration pour se calmer mais elle avait du mal. Se confier à Elana, qui ressemblait étrangement à sa patiente, c’était comme une demande de pardon.

« Elle te ressemblait beaucoup tu sais ? J’ai brisé sa carrière et sa vie d’un simple coup de tampon sur son dossier. »

Comme à son habitude, Elana releva un peu le regard vers Iza tout en continuant sa tâche. Elle lui apportait une écoute attentive et totale. Elle ne savait pas pourquoi iza se confiait ainsi, mais cela lui fit plaisir, une marque de confiance à laquelle la française était très sensible sous ses grands airs de machine. Elle ne coupa nullement la doc dans son récit. Finalement les grands rêves avaient été décevants, un simple apte ou non… où était l’intérêt de faire de grande études pour sauver les gens et n’être qu’un simple médecin du travail ? Même ça avait l’air plus passionnant que ce qu’elle faisait au SGC. Apte ou pas apte, les mots qui soulageait et à la fois brisait. Les mots que les militaires désirent entendre et à la fois non pour le “non apte”. Et ces mots, allaient sûrement être prononcé à leur retour sur Atlantis. Et vu leur état, il pourrait y avoir des “non apte”. Cela révulsait Elana… tout gâcher sur une manœuvre de l’enfer… une forme d’injustice et de colère. Mais, ils en étaient pas encore là et ils verront à la fin.
La question d’Iza la prit de court, elle avait suivi des propos, mais en aucun cas, elle avait mentionné quelqu’un de spécifique, qui pourrait lui ressembler.
« Qui donc ? »
« Un soldat comme toi. Courageuse, forte, motivée. Mais son corps n’a pas pu suivre...j’ai dû la réformer. »

Elana hocha la tête… c'était une de ses peurs, que la limite de son corps brise sa carrière. Mais cette peur, tous les militaires l’avait.
« Tu sais se qu’elle est devenue ? »
« Ben...j’ai voulu me rapprocher d’elle. Je ne savais pas trop ce qui me prenait, peut-être le désir de me racheter. On a sympathisé pendant un temps, elle s’est retrouvée à l’administratif de l’Air Force. »
Elle haussa les épaules.
« Ca ne pouvait pas tenir. Ce n’est qu’avec le retrait que je comprends à quel point j’ai été naïve. J’étais son bourreau. »
Izabel soupira.
« Elle en a profité pour porter plainte à la police militaire et essayé de leur faire croire que je touchais des pots de vins pour faire passer ou refouler des candidats. J’ai été pas mal de temps ennuyé et ça s’accumulait avec pleins d’autres problèmes. »
Son regard monta sur la Française et elle ajouta :
« Quand ma soeur est partie, j’ai cru devenir folle. J’étais sur le point de retourner à la vie civile quand j’ai eu ma validation pour la candidature à l’unité Calahan. J’étais désespérée, je postulai sur n’importe quoi pouvant m’amener sur Atlantis... »
Elana était choquée par cette révélation… elle trouvait cela tellement abusé … porté plainte sur un mensonge, elle voulait se venger et cela était bien bas… Même si elle porte responsable la doc d’avoir brisé sa carrière, ce n'était pas une raison pour lui faire la même chose. Dans la vie, faut savoir juger justement et non entrainer les autres vers le bas, parce que vous, vous êtes malheureux. Quand à Iza, elle rigola.

« Je dois dire que j’ai été très séduite. Espérer décrocher une place dans une équipe d’exploration si j’ai la certification, c’est répondre à mon problème tout en étant avec ma soeur. » Izabel fixa son interlocutrice et tapota le métal de son bâton. Elle termina avec beaucoup d’humour :
« J’étais à mille lieues de penser qu’on m'enverrait touiller du pipi dans mon propre casque... »

Iza avait donc choisit de faire partie de cette folie. Encore une fois, Elana avait pensé qu’elle ne serait pas la seule « mutée » dans cette unité, mais plus le temps passait plus elle se demandait si les autres aussi, à l’instar de Ruth et d’Iza avait choisi la peste pour espérer être dans l’élite des expéditions. Un sacré choix, un courage qu’elle trouvait appréciable.
« Je te trouve courageuse Iza…Quand au pipi… je soupçonne Calahan d’avoir un faible pour la cuisine étrange et qu’il essaie de nous faire partager tout ça ! » elle pouffa un peu, entre le ragoût de crin de licorne et la bière à la pisse… hummmmm !
« Décidément ! » Lâcha-t-elle en ricanant. « Médecin cuisinière Bowers ! »
Elana ricana de son rire très discret et sobre avant de lancer sur un air conspirateur
« Tu me montreras tes talents avec de vrais ingrédients ! Pour le Top chef Atlante ! »
« Sur Atlantis...c’est promis. Je te présenterai ma soeur... »
Elana hocha la tête contente. c’est bête mais au moins ça donnait un autre objectif de ne rien lâcher. « Avec plaisir ! »


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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Après avoir fait un tour d’horizon et laissé le temps au capitaine aspirant de prendre ses marques, le sergent Brass s’était concentré sur la surveillance de l’oasis en contrebas. Une idée un peu folle continuait de lui serrer les tripes à l’idée que Ruth soit restée quelque part en bas. Que l’ennemi ne l’avait pas emprisonnée et qu’elle attendait simplement qu’il vienne la secourir. Avec la fatigue et la soif, il n’était pas rare que le sergent s’attarde sur un buisson ou le moindre mouvement suspect qui, en vérité, était totalement imaginaire.

Quand l’officier revint vers lui, Tim lui servit un sourire avenant et ouvrit le dialogue.
« Rien à signaler Capitaine. Mais étant donné votre infiltration couronnée de succès, je ne vais pas m’avancer. »
C’était un brin d’humour supposer voir si l’officier aspirant en avait également.

Pedge restait de marbre, comme à son habitude. Elle était retournée voir le sergent pour commencer à causer de la suite, et de ce qu’elle trouvait qui n’allait pas dans le groupe. Elle opina du chef, saisissant la remarque et l’humour qui l’accompagnait, même si elle n’en fit pas grand cas pour le coup.
« Effectivement. », répondit-elle, laconique, tout en laissant ses yeux se disperser aux alentours, comme si elle s’attendait à recevoir de la visite. Si elle était Calahan, elle aurait choisi ce moment pour les achever. Mais elle sentait que le Capitaine qui régissait la manoeuvre n’était pas du genre à bâcler son amusement en achevant une bête à terre. Il allait la forcer à creuser sa propre tombe avant.

« Iza devrait réussir à remonter les hommes pour un temps mais nos problèmes s’accumulent. Il nous reste un peu plus d’un chargeur de P90 chacun, une centaine de cartouches pour la M240 et nos armes de poings. Bref, nous n’avons presque plus rien... » Expliqua-t-il en restant calme.
« Quand nous avons sécurisé notre zone de dropage, nous avons mis la main sur une information vitale. Un inventaire d’armement qui disait : “12 AT4 et deux caisses de P90”. Calahan nous a ordonné de transporter cette information jusqu’à notre objectif. La mauvaise nouvelle, c’est que Ruth avait la carte sur elle. Dans le feu de l’action, je n’y avais pas songé. »

Quelle boulette.
Il avait laissé Padilla couvrir leur retraite alors qu’elle avait la carte, élément essentiel pour leur déplacement. Il fallait à tout prix la retrouver, la récupérer. Et il ne parlait pas du document cette fois.

La jeune femme intégrait les informations que lui donnait le sergent. Outre les troupes complètement déconfites, et au bout du rouleau, l’équipement venait à manquer également. Qui plus est, ils avaient perdus leur carte pour rallier l'objectif principal. C’était vraiment la bérézina et la jeune capitaine commençait à se sentir un peu dépassé par les évènements. Néanmoins, elle préférait ne rien laisser paraître, gardant son air confiant et sûre d’elle. Inutile d’affoler tout le monde en déclarant qu’ils étaient dans la merde et qu’ils n’avaient plus qu’à attendre que le boucher vienne les égorger.
« Ok, il faudra mettre en place une stratégie d’ouverture du feu pour économiser les munitions. Elle se basera sur mon commandement. Vous ferez passer l’ordre que personne ne tire sans ordre direct. Quant à la disparue… J’y réfléchissais, et je me disais qu’il faudrait prendre deux personnes encore vaillantes pour effectuer une petite reconnaissance aux derniers endroits où elle se trouvait. On aura au moins des indices sur sa disparition, ou on la retrouvera inanimée quelque part. De toute façon, si l’ennemi l’a récupéré… Je ne vous fais pas un dessin sur le fait que nous sommes exposés si tel est le cas. »
Outre le fait que cette femme avait la carte susceptible de les emmener jusqu’à la fin de cet enfer, Pedge estimait qu’elle ne pouvait pas laisser quelqu’un derrière. Ce n’était pas le modus operandi de l’armée américaine.

« Je comprends. » Répondit-il avec sérieux. « L’ordre sera transmis. J’aimerai me porter volontaire pour la reconnaissance. Je prendrai Will avec moi. »
« Ok ça me va. Vous êtes tous équipés de radio ? »
« Tous sauf Eversman. J’ai bien tenté de joindre Ruth mais je n’ai pas eu de réponses... »
« J’imagine. Il faudra que j’en récupère une pour pouvoir communiquer avec vous.»
« Danny est frappé d’incapacité. Je vous fournirai la sienne. » Proposa-t-il en retour.
« C’est parfait. Je vous laisse monter ça alors. »

Le sergent s’exécuta sur le champ. Il passa voir Ravix pour que l’ordre de tir soit relayé et que personne ne fasse feu sans instruction du Capitaine Allen. Elana passa le mot à tout le monde à l’instant même où elle reçut l’information. Puis il récupéra la radio de Danny pour la lui remettre.

« Vous avez un moment ? » Demanda-t-il finalement. « Si vous le permettez, je voudrai vous dire qui est Calahan. Je pense que ça pourrait vous être utile. »

Tim en était persuadé. Tout allait se jouer entre l’aspirant capitaine et le diable. Dans cette disposition, il n’y avait pas de petites informations. Le sergent vivait l’enfer pour la cinquième fois et il avait à coeur d’apporter à son officier une vue un peu plus précise de son “adversaire”.

« Calahan remplace le Capitaine Harris. Il a une vision extrême de la rigueur militaire. Dès qu’il a été en service, il s’est constitué une sorte “d’élite dans l’élite”. Quand il reçoit des recrues, même bien formées, il les pousse jusqu’aux dernières limites lors des manoeuvres. Sur son terrain, la morale, les règles, tout ça n’existe plus... »

Brass regarda brièvement dans ses jumelles, les coudes posés sur son couvert en pierre. Il quitta son observation, voyant qu’il n’y avait toujours pas de Ruth, puis il poursuivit.

« Ceux qu’il considère indigne de son unité, il les appelle “les branlos”. A l’extérieur, dans les différents services, sont rejetés ces hommes dans le rebut des branlos. C’est sa perception Capitaine. » Il fit une pause avant de reprendre. « Je n’ai pas participé à la dernière guerre mais il a perdu beaucoup de monde. Il renfloue activement sa compagnie avec des recrues de tous les horizons, toutes spécialités, comme cette unité. Il n’aura pas peur de les briser s’il peut en récupérer un ou deux bons dans le tas. »

Il l’avait déjà vécu.
Brass n’avait pas l’intention de verser dans le drame mais il tenait à lui faire comprendre jusqu’à quelle extrémité ce type pouvait aller. Il n’avait aucune limite pour se constituer la crème de la crème.

« Il me met souvent avec des équipes de bleus. Il sait que je m’attache, que je prends soin d’eux. Quand j’y pense, aucune manoeuvre ne s’est vraiment bien passée. »
Tim posa ses jumelles sur le rebord. Il ne regardait plus son officier, se plongeant un peu dans ses souvenirs.
« La dernière fois, j’étais à la tête d’une unité de cinq soldats. Des mecs sympas, avec leurs qualités et leurs défauts. Calahan nous a fait marcher jour et nuit jusqu’à ce qu’on soit mort de fatigue. Je me rappelle que l’un des gars avait mis sa rangers à l’envers pendant une pause, comme s’il voulait l’égouter. De ce qu’il en sortait, c’était du sang et des caillots. »
Le sergent secoua la tête.
« Nous n’avions pas de médecin, on a dû poursuivre la manoeuvre en le portant. Et un matin, sur un terrain plat, nous avons progressé vers notre objectif comme d’habitude. J’étais crevé, je ne surveillais plus trop...je me disais...qu’aprés tout...pourquoi nous attaquer ? Que ce n’était qu’une simple manoeuvre physique. Mais l’adversaire s’était embusqué...on est allé droit sur lui. Un simple tireur isolé sur notre flanc droit. Ca a été sans pitié : boum. »

Tim revoyait la scène comme si elle se reproduisait à nouveau. Il se rappelait avoir vu son collègue s’effondrer par terre. Sur le coup, il avait pensé qu’il s’était pris les pieds dans quelque chose, qu’il avait trébuché. C’est en voyant ses camarades répondre par des tirs nourris qu’il avait compris dans quel guêpier il venait d’amener son escouade.

« Quand j’ai compris ce qu’il se passait, j’ai essayé de réagir aussi vite que j’ai pu. Il y avait comme une ravine sur notre flanc gauche, un couvert parfait. Alors j’ai ordonné le repli sur cette zone. C’était logique...trop logique... »

Tim se racla la gorge. Il avait clairement les boules, il était même dégouté.
Il ne savait pas vraiment si son état de faiblesse par la soif était responsable de cet aveu mais il s’en tenait à son anecdote. Car c’est ce qui attendait Allen, il en était certain. S’il avait vécu ça, Calahan serait sûrement encore plus vicelard avec elle. Peut-être que Tim ne devait pas lui montrer que ça l’avait marqué. Mais c’était le cas...il regrettait de s’être contenté de la simplicité. L’escouade en avait payé le prix.
Le sergent reprit en essayant de rester pro.

« Les quatre autres ennemis nous attendaient précisément là. J’ai vu mes hommes foudroyés par ces balles neutralisantes sans même qu’ils ne puissent se défendre. Ils sont...tout simplement tombés. Comme ça. On aurait cru qu’ils étaient vraiment morts. »
Son regard se perdait dans le vague. L’adversaire ne lui avait pas tiré dessus, pour qu’il soit témoin de tout ça. C’était voulu.
« Calahan est sorti de sa cachette pour descendre sur moi. Banks n’était pas totalement inconscient, il bougeait encore. En chemin, il lui a collé une balle neutralisante en pleine tête sans même sourciller. Il est ensuite arrivé, m’a posé une main sur l’épaule... et m’a félicité...pour mon incompétence. »
Tim inspira pour juguler le stress.
« Banks a pu se recycler dans le pilotage de jumper. Geylam assure la sécurité du labo sur le continent. Mais...les deux autres, je suis sans nouvelles. Je pense qu’ils sont repartis sur Terre. »

Le silence retomba comme un couperet. Tim souffla.
« Je ne joue pas l’enfant, je ne pleure pas dans vos jupons chef. Mais je pense que cette anecdote définit bien Calahan. » Son regard bifurqua vers l’unité.
Izabel terminait son horrible préparation avec Ravix. Eversman essayait une nouvelle attache pour sa couronne issue de l’ingéniosité de Will. Une scène qui lui plaisait malgré la misère évidente de la situation. Même la tape de Rita sur le crâne du Canadien lui arracha un sourire.
« Ces soldats me tiennent plus à coeur encore...ce sont des bons, je ne veux pas les perdre. Ils ne savent pas ce qui les attend...alors je veux que ce soit différent pour vous. Cet officier va essayer de détruire la section. Et il veillera à ce que vous soyez témoin de votre échec, Capitaine Allen. »
Comme lui avait été témoin de son échec passé. Il n’était pas sûr de pouvoir véritablement tourner la page. En son for intérieur, il était effrayé à l’idée de perdre sa nouvelle section. Mais il ne le montrerait pas.

Pedge l’écoutait en silence. Il en avait du bagou pour quelqu’un qui avait soif. Quelque part, elle était satisfaite d’entendre son histoire, mais d’un autre côté, elle n’était pas certaine qu’il fallait perdre du temps avec ça. Finalement, elle était tombée pendant un temps mort, pendant lequel personne ne foutait plus rien si ce n’était subir dans son coin, à exercer une petite activité en toute autonomie. Ok, ils s’étaient occupés des blessés, et la toubib préparait le ti-punch de l’année. Le sergent montait une garde toute relative, et voilà.
On était réellement en territoire ennemi là ? Franchement, on aurait pas cru. Pedge était dure, elle arrivait comme un cheveux sur la soupe dans une unité déjà éprouvée, mais elle était aussi la figure de l’officier, de celle qui demanderait toujours plus pour qu’ils donnent tous le meilleur d’eux-même. Manque de chance pour eux, elle était aussi instructrice militaire, et elle n’était pas la plus tendre.

Quoiqu’il en soit, elle en avait appris plus sur le Capitaine Calahan, qu’elle ne connaissait pas spécialement, si ce n’était de réputation. Elle ne pouvait pas en vouloir à Brass de s’épancher sur le bonhomme et sur ce qu’il avait vécu à son service. L’officier semblait vraiment impitoyable dans son genre. Elle ne savait pas si c’était de la dureté légitime d’un instructeur vis-à-vis des troupes qu’il formait, et qu’il sélectionnait, ou si c’était du sadisme poussé à l’extrême. On disait souvent qu’on finissait par aimer son instructeur, même si on le craignait toute sa vie. Elle connaissait un mec dans les forces spéciales qui allait manger de temps en temps avec son instructeur de l’époque, et ce n’était jamais lui qui choisissait ce qu’il allait manger au restaurant. Il y avait cette relation qui s’était nouée, dans un respect commun, mais qui restait. Pedge avait trouvé l’anecdote amusante, et doublement intéressante.

Est-ce que le Capitaine Calahan allait manger avec des officiers qu’il avait sélectionné au début de leur carrière ? Eut égard au tableau dépeint par Brass, la texane avait de sérieux doutes. Néanmoins, elle gardait à l’esprit que les hommes du rang, et les sous off, ne comprenaient pas toujours les motivations intrinsèques des officiers qui voulaient avant tout que ces types là, une fois sur le terrain, exposé au feu ennemi, ne soient pas des lapins de deux jours.

Elle savait que la facilité ne serait pas la norme sur cette manoeuvre, et elle avait expérimenté la cruauté de Calahan à peine posé. Elle avait maintenant un second exemple à se mettre sous la dent. Un homme avertit en vaut deux.

« Merci pour votre retour d’expérience sergent. J’en tiendrai compte, et je suis certaine que vous vous montrerez un conseiller de qualité dans les moments critiques du fait de vos passes d’armes passées avec le Capitaine Calahan. », lui servit Pedge, qui le pensait réellement. Elle n’était pas assez conne pour mettre tout ce discours de côté et de se torcher avec.

Elle marqua une pause et ajouta :

« Bien maintenant que je sais un peu plus où j’ai mis les pieds, il va être temps de se bouger un peu. » Pedge regarda vers le groupe, avant de se retourner vers Brass. « Sergent, faites vous remplacer, ce n’est pas à vous de monter la garde. Postez moi quelqu’un qui surveille ce côté, et quelqu’un qui surveille l’arrière. Je vais aller voir la toubib pour faire en sorte qu’elle accélère sur la préparation. Fini le repos. ».

« A vos ordres. »

------------- ENVIRONNEMENT PEDGE/IZABEL

Tim fût réactif. Il quitta le capitaine et alla chercher Rita pour qu’elle le remplace à la surveillance. Il s’approcha ensuite d’Elana et l’aida à transporter les différents quart en alluminium. Le médecin avait quasiment terminé la distribution. Pour chacun des contenants, elle y avait placé les initiales au marqueur. Chacun avait son dosage contenant la médication. Le sergent emmena Elana avec lui pour effectuer cette distribution dégoûtante et en profita pour lui parler.

« Je vais partir à la recherche de Ruth, j’emmène Will. » Lui dit-il doucement. Il donna le quart à Eversman, lui demanda de recharger la M240 et de surveiller leur arrière avec. Il revint en direction de Rita.
« S’il m’arrive quelque chose, je veux que tu prennes ma place. Soit un bon second pour le Capitaine et, surtout, protège les gars. Compris ? »
Sur le coup Elana se dit qu’elle pourrait prendre la place de Will, elle se sentait la moins affectée depuis qu’elle avait retrouvé ses mains. Mais, elle ne dit rien, laissant Tim seul maître de son choix. Choix qu’elle comprenait, puisqu’en cas de disparition, elle était la seconde. Elle hocha la tête, tout en donnant un quart à Will justement, puis se rapprocha de son supérieur.

« Reçu. Fait attention à toi. » elle se força à lui faire un rictus, alors qu’elle n’était pas du genre à sourire à tout va. Elle le faisait pour lui marquer son appréciation et sa sincérité. Elle espérait qu’il retrouve Ruth, mais cela puait le piège, elle donna le dernier quart et prit le sien… Franchement cela n’avait pas l’air d’être une super boisson. Elle inspira fortement, elle hésita à remettre les tampons de filtre à cigarette, mais cela était bête … et puis merde, un peu de courage et de volonté ! Elle se mit à boire, forçant son cerveau à penser à quelque chose d’agréable comme une pina-colada… Elle finit par se boucher le nez pour accélérer la prise du liquide et éviter que l’odeur s’associe au goût infect. Plusieurs fois, elle eut des remontées, mais elle déglutie l’urine pour les faire passer. Une fois terminé elle eut une petite grimace, avant de reposer son quart. Elle lorgna sur Tim, attendant une dernière information et elle irait voir le capitaine après., pour les prochains ordres.

« Je compte sur toi Ravix. Je vais ramener notre disparue. »
« Je compte aussi sur toi ! » dit-elle avec un ton sérieux et un clin d’oeil amicale, pour lui donner courage. Tim décolla.

Du coté de Matt, le dégoût. C’était l’unique sentiment que lui inspirait ce quart rempli d’urine. L’odeur dégagée devrait suffire à ramener une personne inconsciente, voir même un mort tant cela piquait au nez. C’était épouvantable. Il n’y avait plus qu’à espérer que cela sente plus fort que cela ne puait. Il avait de gros doutes là dessus. Les secondes défilèrent, il ne pouvait le porter à ses lèvres. Il était bien rempli en plus… Dire qu’il n’avait réussi qu’à sortir quelques gouttes et il se retrouvait avec une bonne dose d’urine des autres. C’était encore pire d’y penser. Matt retardait l’échéance en observant de chaque côté voyant les mines déconfites, grimaçantes suite à l’ingestion. Cela ne l’aidait pas, bien au contraire. Allez il fallait le faire. Il fallait boire ça pour éviter de se retrouver dans l’état végétatif décrit par la médic. Pas question d’être rapatrié pour raisons médicales. Pas question d’abandonner maintenant ou même ce stage. Il lui fallait retrouver Atlantis et son honneur, quitte à boire ça. Se motiver en pensant à tout ce qu’il avait à perdre, ce fut la technique du Ranger pour finalement porter à ses lèvres et ingérer le liquide. C’était chaud et surtout immonde. Il tenta d’en avaler le plus possible, cul sec mais fut incapable d’aller au bout. Un violent relent le prit l’obligeant à recracher une partie de ce qu’il avait en bouche. Vite le chewing-gum fut mis en bouche, mâcher rapidement pour tenter de faire oublier cette odeur et ces relents de pisse. Le quart n’était pas vide mais il ne pouvait en ingérer davantage. ll ne supportait plus ce fumet lui rappelant ce qu’il venait de faire et versa le reste un peu plus loin.

Le Sergent lui donna de quoi s’occuper l’esprit en chargeant la mitrailleuse de Danny. Il avait aussi l’ordre de se déployer sur les arrières pour surveiller. La bande de cartouches fut mise en place, il s’assura du bon fonctionnement de l’arme avant de rejoindre la position désignée trouvant un rocher qui lui servirait d’appui et de couvert. La toubib s’attardait sur Pedge qui n’avait visiblement pas été épargné. L’équipe se séparait, deux partaient en éclaireurs. C’était une bonne chose, ça bougeait un peu.


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Sam 8 Déc - 16:00
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L'enfer by Calahan
Chronologie 23 juillet 2018
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Izabel termina d’engloutir le contenu de son quart cul sec. Dès qu’elle eut terminé, sa bouche se scella et elle ferma les yeux. Son visage s’était tiré, rougi par l’effort, et elle se fit violence pour ignorer le goût affreux. Quelques horribles hoquets gastrique montèrent mais le médecin tint bon et cela se calma peu à peu.

« Capitaine. » fit-elle poliment en lui tendant le quart qui lui était réservé. « Tenez, c’est le vôtre. »
Elle ajouta dans sa main libre un chewing gum à la pomme.
« C’est de la part de Rita... »
« Merci. », fit Pedge en prenant délicatement le contenant. L’envie de le foutre par terre était là, mais elle ne le fit pas. Ce serait puéril. Son nez se plissa.
« Pourquoi avoir mélangé les urines de tout le monde ? », présenté comme ça, c’était encore plus horrible.
« A cause de la toxicité de l’urée. » Répondit-elle en s’agenouillant pour finir de ranger son sac. « Les urines contiennent les déchets retraités de nos reins. Certains comme Matt ont eu une alimentation plus riche. Donc l’absorption n’aurait pas le même effet. Quelqu’un qui consomme ses propres fluides saturés ne pourra pas espérer tenir la demi-heure. »

Dans la pénombre du crépuscule bien entamé, Izabel ne cessait de fixer les rangers de la texane. Elle finit par sortir sa petite lampe de son gilet tactique, celui qui servait à tester les réflexes oculaires et elle contrôla le cuir de ses chaussures.
« Le mélange est moralement indigne. Mais médicalement parlant, cela permet de diluer et stabiliser le taux de toxicité du volume entier. Tout le monde sera à la même enseigne en terme de “réhydratation”... »
Elle touchait maintenant les lacets de ses doigts et les plaça sous le faisceau lumineux. Du sang frais…
Bowers se redressa un peu, surprise, puis éclaira le pantalon du Capitaine qui semblait un peu plus foncé sur le côté. Le halo migra progressivement jusqu’à ses genoux, particulièrement le droit dont l’uniforme était déchiré sur cette partie. Un trou de la taille d’une balle de golf et dont l’épiderme n’était pas visible malgré la lumière. Izabel y passa ses deux doigts pour écarter le tissu déchiqueté et fit la même constatation. Elle continuait de saigner…
« Capitaine Allen...vous...vous ne sentez rien ? »

L’explication médicale lui convenait parfaitement. S’il fallait en passer par là pour se réhydrater, alors soit. Pedge était complètement ignare en médecine et elle faisait confiance aux gens à qui c’était la spécialité. Par contre, elle ne comprenait pas trop ce que faisait la médic avec ses rangers, pas même avec son treillis.
« A part l’odeur de pisse, non je ne sens rien… Qu’est-ce que vous faites ? », demanda Pedge, un peu ronchon pour le coup. Elle n’avait pas spécialement envie d’avaler ce truc et le manège de la docteur ne l’amusait pas vraiment. Néanmoins, cela lui permettait de faire durer la montre vis-à-vis du nectar qu’on venait de lui servir.
« Vous êtes blessée. » Déclara Iza de but en blanc.
Elle fixa un coin à l’écart et fit un signe de tête dans la direction.
« Je voudrais vous ausculter. Il faut tomber le pantalon si vous ne voulez pas que je le découpe. »
« Bien. », fit-elle de façon raide. C’était le top départ. D’un coup sec, elle porta le quart à ses lèvres et elle le descendit d’une traite comme on descendait un mauvais médicament. Aussitôt, elle fourra le chewing gum dans sa bouche, alors qu’elle prenait une teinte pivoine suite aux violents remugles de l’odeur de pisse qui provoquaient des contractions dans son ventre. Sa trachée se contracta elle aussi, prête à expulser ce qu’elle venait de boire, mais le goût de la pomme vint rapidement prendre le dessus. Avec une mine dégoutée et la mâchoire complètement bloquée de dégoût, Pedge fit un signe de tête à la toubib pour se rendre dans un coin.

Bowers avait observé cette scène avec compassion. Elle regrettait presque d’avoir filé ce contenant d’urine à cet officer qu’elle ne connaissait pas. Mais c’était ça la survie, ils devaient être prêts à faire des actes affreux pour continuer la mission. L’eau était là-bas, sous couvert de mitrailleuses ennemies. C’était le pied du mur et elle regrettait. Les relents qu’elle avait elle-même l’horrifiait, lui rappelait sans cesse ce qu’elle venait d’avaler.
En attendant que le capitaine descende le pantalon, Izabel prit un chewing gum à son tour et ouvrit son sac. Tout y était ordonné et bien rangé. Sans perdre de temps, elle éclaira le genoux droit de Pedge et écarquilla les yeux en y découvrant un bon morceau de chair entaillé. L’angle droit que formait sa jambe pliée laissait paraître un entaille large comme le pouce dont le sang continuait d’y suinter en petite quantité. Mais c’était continu.
« Avez-vous chuté ou subi un choc sur ce genou ? » Demanda-t-elle en enfilant rapidement des gants.
Elle alluma sa lampe torche, diffusant une lumière un peu plus importante et invita l’officier à éclairer son genou.

Pedge s’était penchée pour regarder son genou. Maintenant qu’elle voyait la plaie, elle aurait dû sentir la douleur. Elle connaissait des cas de personnes qui étaient salement blessées et qui ne sentaient rien jusqu’à prendre conscience de la blessure et d’en souffrir. Mais là, ce n’était pas le cas. Elle ne sentait rien de spécial. « J’ai pas mal rampé, je me suis bagarrée avec un chien, ça peut-être beaucoup de choses. Par contre, je ne m’explique pas pourquoi je ne sens rien... ». Aussitôt, Pedge pensa à un héritage Wraith qui n’était pas encore détecté, ou une saloperie de ce genre là. Pourtant, elle avait morflé quand elle s’était battue avec le clébard dans la forêt… Alors quoi ? Vu le morceau de chair, elle aurait dû douiller à mort.
« Ce n’est pas normal. » Lâcha-t-elle en appliquant une compresse.
Elle s’empara de la main valide de sa patiente pour l’appliquer sur la gaze qui se teintait déjà d’hémoglobine puis elle fouilla dans ses affaires pour en retirer une seringue vide. Izabel pinça le capuchon entre ses dents puis planta l’aiguille deux centimètres au-dessus de la plaie. Son regard interrogatif monta sur le capitaine qui n’avait même pas réagi à la piqure. Son muscle aurait dû tressaillir mais il n’en était rien. Les piqûres supplémentaires montèrent jusqu’en haut de ses cuisses et ce n’est qu’en s’attaquant à son bassin qu’il y eut une réaction naturelle de retrait.
Le médecin était inquiet, même si elle tentait de ne rien laisser paraître. Le test sur la seconde jambe fût semblable.
« Vous n’avez plus aucune sensation dans vos jambes, capitaine... »

Pedge avait suivi les manipulations de la doctoresse sur sa jambe, jusqu’à ressentir la piqure sur son bassin. C’était sacrément flippant quand même. Elle percuta quand elle lui parla des sensations dans ses jambes. Etait-ce un effet secondaire de l’agent chimique qu’elle avait respiré sur la zone d'entraînement ? Elle ne voyait que ça comme explication… « Quand le Jumper m’a déposé, je me suis retrouvé sur un terrain d'entraînement de tir au mortier. Le sol était noir, et manifestement, il y avait un gaz qui s’évaporait. Ça m’a coupé les jambes, je ne les sentais plus et j’ai dû ramper pour me sortir de là. C’est certainement un effet secondaire. La sensibilité est revenue quelques heures plus tard. ».
« Elle est revenue...et maintenant vous l’avez de nouveau perdue ? » Demanda-t-elle. Cela semblait logique mais elle voulait confirmation par le ressenti de son patient.
« Euh. C’est à dire que je me suis limitée au fait que je pouvais marcher, ça me suffisait bien. Je n’ai pas fait attention si je les sentais plus que ça ou pas... », fit-elle, un peu dépassée par la tournure des évènements.
« Vous auriez dû contrôler plus attentivement votre état... »

Le médecin soupira.
Si elle détestait quelque chose, c’était bien les soldats qui prenaient leur corps bien entraînés pour des tanks. Une machine, même organique, ça s’entretenait.
« A mon affectation, j’ai été informé que certains sites d’entrainements étaient saturés d’agent P32. C’est un neuroparalysant tiré de plantes du site Alpha. L’agent le plus tolérable par l’organisme humain. Il induit une paralysie progressive allant des extrémités jusqu’à l’ensemble du corps selon la gravité. La récupération est très douloureuse... »
Izabel secoua négativement la tête.
« Votre insensibilité est anormale, chef. Vous avez déjà récupéré de l’effet de cet agent. Est-ce que vous vous souvenez avoir rampé dans un autre endroit étrange ? »
Tout en posant ses questions, le médecin déballait davantage de ses affaires. Si la texane avait eu dans l’idée d’accélérer le mouvement c’était raté. Son état était manifestement plus inquiétant qu’elle ne le pensait initialement et Izabel n’avait pas l’intention de bâcler le travail.

« Très douloureuse, je ne vous le fais pas dire. », confirma Pedge qui avait douillé avant de retrouver la sensibilité dans ses jambes… Ou du moins la motricité. Cela ne la rassurait pas de voir la toubib sortir toutes ses affaires et qu’elle s’attarde sur son cas. Elle se pensait tirée d’affaire avec cette merde qu’elle avait respiré. Si elle avait des séquelles irréversibles, ça allait chier en haut lieu. Cette fois, son humeur déjà bancale en prenait un sérieux coup. Elle machonnait le chewing gum qui commençait à ne plus avoir de goût.
« J’ai traversé la moitié de la forêt en rampant... », soupira-t-elle. Elle avait traversé plein d’endroit. Elle pouvait avoir rampé dans tout et n’importe quoi.

« Capitaine ? »
Le sergent Brass s’était approché. Il était gêné et regardait ailleurs pour conserver au mieux l’intimité des deux femmes.
« Will et moi sommes parés pour la reconnaissance. »
Le médecin profita de cet instant pour continuer son travail. Elle avait sorti une sorte de plaquette qu’elle posa au sol. Après avoir absorbé un peu de sang provenant de la plaie, elle versa une goutte après l’autre sur chaque ligne de la plaquette.



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by Wiise

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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


« Bien. Procédez. On reste en contact radio. Pas de prise de risque inutiles et on reste à couvert. Signalez moi toutes choses suspectes. », fit Pedge tranquillement malgré son impatience toute relative de savoir ce qu’elle avait exactement.
« Reçu. »
Le sergent fit un signe au Canadien et ils s’en allèrent discrètement. Rita tapota l’épaule des deux hommes comme pour les encourager et se porta sur sa lunette pour les couvrir. Elana souhaita bon courage aussi au deux hommes, avant de se poster à un autre endroit pour faire la garde aussi. Deux paires d’yeux était le mieux. Izabel avait délaissé le genou du Capitaine pour son étrange test. Cela ressemblait à s’y méprendre à des tests de grossesse. Chaque ligne amenant à un signe de croix qui se formait au contact de son sang.
Mais à l’avant dernier test, un autre signe apparut. Izabel revérifia sur la case d’à côté puis éclaira sa plaquette. Elle hocha la tête.
« Vous vous êtes empoisonnée Capitaine. »
La jeune femme était sûre d’elle. Elle écarta la compresse et observa la blessure.
« L’humain lambda est bien protégé mais vous avez dû ramper sur une plante à poison lent avec votre plaie ouverte. J’ai confondu la chaleur de votre corps. Elle ne provient pas d’une surchauffe par déshydratation. Vous avez la fièvre... »
« Quand on pense que les choses ne peuvent pas être pires... », soupira Pedge. Il ne manquait vraiment plus que ça. C’était vraiment une manoeuvre à la con. « Est-ce que vous pouvez y faire quelque chose ou mon corps s’en charge déjà ? »

La dernière réplique du Capitaine désabusé manqua de la faire rire. Izabel se retint et se prépara à poser quelques points sur son genou. Elle avait la coupelle, le fil, l’aiguille. Il ne lui restait plus qu’à désinfecter la plaie pour intervention et stériliser ses outils.
« La fièvre indique que votre organisme combat le poison. Mais si vous avez perdu la sensibilité de vos jambes déjà fragilisées, je crains que ça ne soit pas suffisant. Je vais vous injecter un anti-venin à large spectre et, avant ça, vous faire une prise de sang. »
Bowers s’interrompit avant de préciser :
« Je ne sais pas comment ça fonctionne chef. Mais si c’est un entrainement, je vous recommande de faire un appel et d’envoyer le prélèvement pour analyse. Par sécurité pour votre santé... »

Est-ce que c’était seulement possible ? Pedge n’en savait fichtrement rien. Dans des conditions de manoeuvres normales, ça le serait. Mais là ? Elle avait cette radio maintenant, et après ? Aucun référent à contacter, aucune personne qui dirige la manoeuvre de près. De loin c’était autre chose, mais comment le contacter ?
« Vous me proposez sérieusement de passer un appel pour ma santé alors qu’on vient tous de boire notre pisse ? », fit Pedge aigrie. La toubib n’y pouvait rien, mais ça commençait à la gonfler, sans parler du fait qu’elle s’inquiétait pour ses jambes maintenant, et le reste de son organisme. Elle ne pouvait pas se permettre de chopper un truc qui lui laisserait des lésions. Elle poussa un profond soupir. Son mal de crâne n’allait pas en s’arrangeant pour le moment.
« Contentez vous de l’anti venin. Ca fera l’affaire. On a une mission à boucler, et plus vite ce sera fait, plus vite on pourra se faire soigner. ». C’était une question de fierté mal placée. Elle sentait qu’elle était détestable, mais elle s’en tapait un peu. L’inquiétude, la pression du temps, la pression de l’équipe complètement défaite, et tout le reste depuis qu’elle s’était posée sur le continent, tout cela commençait à lui peser sur les épaules, et elle avait besoin que ça bouge.

Izabel s’était interrompu dans ses gestes. Elle avait injecté un anesthésiant local tout autour de la plaie et elle s'apprêtait à couper le morceau de chair au scalpel lorsqu’elle avait entendu tout ça. Maintenant figée, la jeune femme tenta de discerner son regard, se demandant si elle n’était pas en train de tout lui mettre sur les épaules. Genre le messager qui prend le tarif pour la mauvaise nouvelle.
Si ce n’était ce qu’elle avait dans l’estomac, Bowers sentait l’aigreur lui monter à son tour et elle était tentée de lui demander qui était le médecin des deux. Elle avait perdu la sensation dans ses jambes ! C’était pas un signal d’alerte suffisament fort émis par son corps ?!?
Oui, ça tombait trés mal. Oui c’était la mauvaise nouvelle. Mais c’était le continent de Lantia. Comme pour la découverte du nouveau monde, même aujourd’hui, on en découvrait encore des saloperies et des maladies.

Izabel découpa le morceau de chair avec précision et rapidité. Elle le retira pour le faire tomber dans sa coupelle puis rapprocha les lèvres de la fente assombrie d’un sang dégoulinant pour débuter la pose des points.
« Vous êtes mon chef, d’accord. » admit-elle. « Mais vous êtes aussi ma patiente. Si votre fièvre n’a pas descendu d’ici demain matin, je fais cet appel à votre place. »
Le ton de Bowers n’était pas sans appel. Oh non, ça lui faisait peur de jouer les rebelles alors qu’elle était en train de miser une bonne part de sa carrière sur cette manoeuvre. Mais que devait-elle faire ? Écouter aveuglément un officier qui était prêt à aller jusqu’au bout en ignorant les risques ?
Avec sa pince à clamper, elle continuait la pause des fils. Ca se terminerait rapidement pour son genou. La plaie n’était pas belle, il fallait de la chirurgie basique. Mais ce n’était pas si grave.

« Si demain vous estimez que je dois passer cet appel, je prendrai mes responsabilités. C’est vous le médecin. », répliqua-t-elle du tac au tac en observant les manipulations de la toubib. C’était affreusement dérangeant de ne rien sentir alors qu’à la vue, ça devrait faire mal. C’était comme si elle était anesthésiée. Peut-être que cette plante pourrait servir par la suite en médecine opératoire. Elle espérait par cette dernière phrase, avoir replacé Izabel dans son rôle de médecin, qu’elle avait un peu malmené tout au long de cette consultation improvisée. Elle se rendait compte qu’elle n’était pas la plus ouverte d’esprit, et qu’elle était agacée, mais pour le moment, elle n’y pouvait rien, c’était comme ça.

« Le type qui est dans les vappes… je suis désolée j’ai perdu son nom, qu’est-ce qu’il a exactement ? », finit-elle par dire en quittant des yeux son genou.

La question tombait à pic.
Le malaise qui avait soudainement prit une place dérangeante entre la toubib et la patiente commençait à se réduire. De ses gestes habitués, Izabel terminait la petite opération et déposait un bandage bien placé sur ce genou fraichement recousu.

« Il s’appelle Danny Blake. »

Nouveau matériel, Izabel se prépara à lui faire une prise de sang. Elle voulait remonter la manche de son bras valide lorsqu’elle remarqua à quel point il était maculé de sang séché. Du sang qui ne semblait pas venir d’elle vu que son examen ne révélait pas de plaie à cet endroit. Iza fixa la texane d’un air inquiet, se demandant ce qu’elle avait vécu pour lui arriver dans un état pareil, puis elle releva la manche de son autre bras.

« Détresse hydrique. Il a fait une crise aiguë puis il a reçu ces étranges éclats en plein visage. Il souffrait tellement qu’il a failli m’étrangler de désespoir. J’ai dû le sédater à plus haute dose vu son état et son poids. »

Elle passa l’élastique et se prépara à piquer.

« Son état de déshydratation est si avancé que son organisme est plus lent à traiter la drogue. Il va rester dans un état végétatif jusqu’à demain. Je pourrai lui administrer un excitant mais je menacerai son coeur... »

« D’accord... », fit Pedge pensive. Elle regardait dans la direction de Blake, sans le voir. « On va le laisser dormir dans ce cas, inutile de menacer sa santé en effet. ». C’était une force vive en moins mais que faire de plus ? Pour le coup, elle devait se résoudre à utiliser les personnels encore disponibles.

Le temps passait.
Izabel faisait la prise de sang et se préparait à lui injecter l’anti-venin. Suivrait une rapide auscultation de ce qu’elle déclarerait après son combat avec le chien. Le temps semblait se rallonger, l’intervention médicale s’éterniser. Un mal nécessaire si la texane voulait rester opérationnelle. Pendant ce temps, elle recevait de fréquents rapports du sergent Brass qui descendait en direction de l’oasis. Ils avançaient bien et prudemment. Après avoir débuté la fouille de l’endroit où se trouvait surement Ruth, il changea rapidement de ton lorsqu’il ajouta :
//Chef ?//
Il murmura, presque effrayé.
//Mouvement ennemi ! Ils déplacent...une mitrailleuse...M60. Manoeuvre de flanc. Je crois que...//
Et soudain, des tirs lointains résonnèrent. La radio grésilla et la voix paniquée de Will Sandoval hurla :
//PATROUILLE !!! PATROUILLE SUR LA GAUCHE !!!//
Les échanges de tirs montèrent en puissance. Ca s’entendait autant dans le lointain, Rita essayant vainement de cibler les éclats lumineux qui se percevaient dans cette nuit maintenant bien sombre. Et ce qui se transmettait dans la radio de tous.
//RESTE PAS LA WILL, ON S’ARRACHE !!! REPLI ! AAAAAAHHHHH !//
//SERGENT ! PUTAIN SERGENT !!!!!//
De longues rafales montèrent.
//ILS SONT PARTOUT ! PAS DE VISU SUR RUTH, CAPITAINE ! CAPI….//

Les tirs cessèrent peu de temps après. Le silence revint en abattant sur le reste de l’unité un poids terrible. Rita serra les dents, le souffle brisé cette fois, et elle continua de fixer obstinément dans sa lunette en espérant trouver ses collègues. En vain…

Rita n’était pas la seule à essayer de voir dans la nuit des éclairs lumineux, signe d’un échange de balles. Pour cette manœuvre, aucune personne n’avait les lentilles de vision. Ils étaient sans aide artificielle pour combattre. Surement dans un but volontaire pour que chacun puisse réagir sans être dépendant d’une aide très appréciable. La caporale n’y voyait rien et son sang se glaça quand elle entendit les deux hommes et surtout Will complétement paniqué. Elle serra le poing, encore de l’impuissance et surtout Tim… Tim était surement tombé. *fait chier !*. Elle se leva d’un bon, regrettant tout de suite d’avoir été si énergique, puisque la tête lui tournait. Mais elle cacha cet état de fait en marchant directement sur son capitaine, pour s’arrêter devant elle.

« En attente de vos ordres capitaine. » pas besoin de lui dire, ce qu’elle pouvait conclure, elle avait entendu tout comme elle, que les hommes étaient tombés dans une embuscade et qu’ils allaient bouger vite avant que l’ennemi viennent leur faire un câlin avec la M60. Elle resta stoïque se demandant pour elle, comment ils allaient pouvoir déplacer Danny… pouvait-il le cacher avec de la végétation ? Ce n’était pas à elle de réfléchir de toute manière, ils avaient un super vétéran devant eux. *Bordel, Ruth, Will et Tim…On va finir la mission à deux ! si ça continue, ou pas du tout* se dit elle… Danny comptait moins, au vu de son état. Le pire serait d’essayer de récupérer les autres… Il faudrait renverser la situation, qu’ils ne soient plus les proies. Les prendre par surprise. Mais c’était facile à dire...

« Adoptez une position défensive. Je veux une personne à chaque point cardinal. Soyez prêt à décrocher à mon signal. Communiquez si vous avez un visuel. Si contact, je veux un tir un mort. Procédez ! », répondit Pedge froidement, dans un murmure pour limiter les sons.

Elle était agacée, et plus que contrariée. Cette manoeuvre était vraiment merdique. Comment putain ils avaient fait leur compte ?! Elle en voulait autant aux ennemis qu’aux deux hommes. Quelle merde. Ils n’étaient déjà pas nombreux, et bien usés, et deux de plus venaient de se faire chopper par les hommes du Capitaine Calahan. Pedge espérait sincèrement que ce type n’était pas en train de jubiler, parce qu’elle serait la première à proposer une manoeuvre pour ses hommes à lui, histoire de lui montrer qu’on pouvait être tout aussi compétent quand on avait les cartes dans les mains.

Elle rageait, et ce n’était pas bon. Elle devait garder la tête froide et ne pas sortir le marteau pour l’écraser sur tous les doigts de pieds des environs, comme au bon vieux temps quand elle n’était qu’un outil pour fracasser de l’ennemi. Elle n’était pas rambo. Elle était une vétérante qui s’était frottée à un esprit terriblement plus sadique que ce Capitaine, et qui avait triomphé, et ce n’était certainement pas en fonçant dans le tas comme un boeuf… Quoique, en Reine elle avait pu jouer des poings à armes égales avec l’autre salope… M’ouais bon là la situation était différente, et elle devait faire preuve de sang-froid et de maîtrise. Qu’est-ce qu’elle savait de plus maintenant ? Elle devait capitaliser sur les pertes, qu’elles ne soient pas inutiles.

Calahan avait fait bouger ses troupes. Rien de plus normal. Ils avaient bombardé la zone, puis ils envoyaient les nettoyeurs. C’était parfaitement prévisible. Le fait qu’ils n’aient pas trouvé la position de repli de l’escouade tenait certainement du miracle. Quoiqu’il en soit, ils étaient maintenant assez proche pour être bientôt au contact. A moins bien entendu qu’ils aient localisé précisément leur position et qu’ils étaient en train de se déployer en cercle tout autour d’eux. Autant dire que la partie était terminée si tel était le cas. Pedge ne pouvait pas risquer de nouveaux éclaireurs pour la bonne et simple raison qu’elle n’en avait pas plus sous le coude. La demande d’un appui aérien et d’une compagnie alliée sur zone serait logique, mais ça non plus, elle n’y avait pas le droit.

Qu’est-ce qu’elle savait de plus ??

Qu’ils étaient pas loin, et dans le secteur que Tim et Will avaient parcouru. Pedge n’avait pas d’arme, et elle alla s’approprier celle du type dans le coltard, Danny. Il utilisait ordinairement la M240 qu’occupait Matt. A sa ceinture, elle pu récupérer un neuf millimètre et deux chargeurs pleins. Elle se porta ensuite au niveau de Rita qui était placée dans la bonne direction des coups de feu lointain qu’on avait entendu.

Elana reçut les ordres et les transmit aux deux autres, Matt avait eu l’ordre de charger la M240 de Danny donc il avait de quoi canarder, le petit.Il restait le problème de la capitaine, elle n'avait vu aucune arme à feu sur elle… Calahan l'avait fait venir avec sa chatte et sa détermination ou quoi ? Franchement, quitte à donner un super capitaine autant l'armer non ? Non apparemment, ils étaient dans la merde et il allait bientôt falloir prendre les couteaux pour faire des arcs si ça continue ! Et en plus, ils se retrouvaient avec les deux seuls qui n'avaient pas d'équipement… mister tomate et miss vétérante. Franchement, même si elle avait de l'espoir, Elana se demandait comment ils allaient s'en sortir. Bref, elle comptait lui filer son arme de poing, quand elle vit que la capitaine avait fait son marché déjà. Parfait, elle rangea son arme avant de prendre la dernière position pour attendre l’ennemi, elle était allongée sur le sol, attentive à tous les mouvements… La nuit n’était pas avec eux. Enfin bon, un point positif, la “soupe à la pisse”, avait eu au moins le bénéfice de calmer le désert dans sa gorge … par contre, elle avait du mal à retirer ce goût affreux dans sa bouche.
Et elle se décida à contre cœur de fourrer la gomme à mâcher goût pomme dans sa bouche. Elle détestait les chewing gums et involontairement, elle repensa à Liam la vache… heureusement, il ne le saura jamais, sinon il allait la faire chier avec ça. Et elle ne parlait pas de la pisse.

‹c› Vanka

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