Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Mar 8 Jan - 17:06
Pedge Allen
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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018

Pedge était plus ou moins confiante vis-à-vis de Rita, et ça démarrait bien, même si elle trouvait curieux de répondre son nom, son prénom, son matricule et son armée d’appartenance. C’étaient déjà des informations susceptibles d’être utilisées. Enfin qu’importe dans le contexte actuel puisque tout le monde était censé d’être du même bord. Pour le moment, il n’y avait rien de spécial dans ce que demandait Calahan. Pedge trouvait ça juste sadique à souhait parce que ce connard connaissait l’information puisqu’il leur avait donné… Enfin, elle n’était pas certaine de ce point, ne sachant plus si c’était le cas ou pas dans les informations que lui avaient communiqué Brass.
Un coup de poing c’était quand même la base. Au moins, il n’y avait pas de superglue sur une muqueuse. Ravix allait déguster un max avec cette connerie. C’était une mutilation gratuite et qui n’aurait pas dû se produire pendant une manoeuvre. Wakks avait dérapé, du coup Pedge surveillait un peu le comportement de Calahan pour voir si ce serait son cas. Bon, il était en train de cuisiner Rita, et il commença à faire du chantage avec du gel termite et un fusil M1. Manifestement, il n’en fallait pas plus à l’italienne pour s’effondrer quelque peu. Pedge ne comprenait pas… C’était un fusil. Ok, elle évoquait un héritage familial, et une histoire liée à ce fusil, mais après ? C’était qu’un fusil bordel…

« Capitaine Calahan ? », fit Pedge. Personne ne semblait vouloir ouvrir sa gueule, pourtant ils étaient une équipe. Ils devaient jouer le teamplay pour emmerder l’ennemi.
« Capitaine Allen ? » Répondit à la suite l’officier sans se retourner. Il continuait de faire peser un regard mauvais sur sa victime. Le regard fou de Rita ne cessait d’alterner entre le fusil et le détonateur mais elle refusait visiblement de donner l’information.
« Vous comptez me répondre à la place de ce soldat ? »
« Pas du tout. Je voulais savoir si vous aviez donné carte blanche à vos soldats pour mutiler des élèves en manoeuvre ? », lança Pedge sur le ton de la conversation. Elle gardait ses mains le long de son flanc, pourtant elle sentait qu’elle tremblait et qu’elle avait froid. Si elle n’était pas aussi déshydratée, elle transpirerait certainement.

Un sourire mesquin illumina le visage du gradé qui se retourna. Le fait de ne plus faire face à l’escouade déclencha immédiatement les hostilités. Sur les deux extrémités, Tim et Danny s’étaient lancés. L’un visait le détonateur, l’autre voulait renverser l’officier. Un but quasiment commun sans s’être concerté. Malheureusement, le temps qu’ils ne donnent l’élan de l’impulsion, ils furent immédiatement matés par les gardes dans leur dos. Un violent croche pied pour Danny. Une prise commando autour du cou de Tim. Voyant les autres réagir et se ruer, le Ranger initia aussitôt le mouvement pour se remettre sur pieds. C’était trop tard ! S’il avait pu voir le signal deux secondes plus tôt, cela aurait pu provoquer un bon bazar mais là un violent coup de crosse entre les omoplates stoppa tout agissement le renvoyant en position agenouillée.

Elana n’avait pas spécialement bougé, même si son corps s’était tendu quand les deux mecs avaient décidé de s’élancer. Elle retenu son mouvement, pour la bonne est simple raison : qu’il fallait réfléchir. Elle avait bien le bon rôle de dire cela tient… Mais cela ne servait à rien d‘agir quand autour de vous les gardes vous matraquent la gueule. Il fallait agir oui, mais de manière efficace. Surtout que le danger le plus proche n’était pas le regard de Calahan qui de toute façon verrait l’action, ce n’est pas un jeu de Collard Maillard ! Son regard profita de la chahut pour visualiser et retenir la position des gardes. Pour l’instant, elle n’en voyait qu’une dizaine circulant dans le camp. Mais il devait y en avoir davantage. Avec les gardes derrière eux. Bon, ils étaient bien gardé autant rester sage pour le moment, ils étaient trop faible.

Calahan ne semblait pas surpris. Il en était presque amusé lorsqu’il se porta à sa hauteur.
« C’est ce que vous demandiez à votre bourreau l’an dernier ? Si c’était autorisé ? »
Pedge fut agréablement surprise de la tentative des deux hommes. Finalement, ça jouait quand même teamplay, ils attendaient le bon moment. Elle ne devait pas les juger trop rapidement. Agir sans réfléchir serait préjudiciable, et faire chier pour faire chier ne servait à rien. Autant qu’ils essaient de profiter d’une occasion comme là maintenant. Elle reporta son attention sur le capitaine, qui manifestement avait travaillé ses gammes en lui parlant d’une de ses expériences de vie dans le domaine des sévices corporels et psychiques.
« Ah…. Votre inspiration vient donc de là. C’est intéressant. », fit Pedge en opinant du chef. « Et donc, carte blanche ? », relança-t-elle.

Au lieu de répondre verbalement, l’officier Calahan appuya sur le bouton de son détonateur. Un flash lumineux se produisit très soudainement en faisant fondre l’arme et toute sa garniture sous un terrible cri de peine qui devait venir de Rita. Elle s’égosilla si fort et enragea a tel point que deux gardes lui sautèrent dessus pour la retenir.
« JE TE BUTERAI ORDURE !!! JE TE BUTERAI !!! »
« Leçon numéro un ! » fît tranquillement Calahan en tapotant le visage d’Allen avec l’antenne du détonateur. Il recula avec méfiance, tout de même, avant de considérer le groupe. Ils s’excitaient tous, leurs gardes respectifs les tenant et les molestant en cas de rébellion.
« LEÇON NUMÉRO UN ! » Hurla-t-il pour capter leur attention.
« Vous êtes humain. Les machines...n’existent que dans le fantasme militaire ! Vous avez tous quelque chose à perdre. Vous avez TOUS une faiblesse. »
Après avoir rangé le détonateur dans sa poche, l’officier passa ses mains sur son baudrier et les regarda.
« Celui qui ne reconnaît pas cette réalité est une bombe à retardement. NOUVEL EXEMPLE ! »
Son regard se détourna lentement vers l’aspirante.
« Votre officier ici présent aura le choix entre faire fondre ce métal précieux qui cercle son doigt. Ou bien vous offrir à tous un quart d’heure de matraquage. »
Il leur fit un sourire de sale gosse sadique.
« Quel meilleur exemple pour définir la carte blanche, n’est-ce pas ? Allen, c’est à vous. »
« Puis-je m’adresser à mes hommes, pour une petite leçon moi aussi ? », demanda Pedge, qui restait neutre. C’était un enculé, mais elle ne montrait rien, parce qu’elle ne voulait pas lui montrer une quelconque faille. Si on en montre une, l’ennemi va s’engouffrer dedans, qu’on coopère ou non, et la preuve était devant elle. Ce morceau calciné de fusil qui était le seul vestige du M1 de l’italienne. Elle n’avait franchement pas envie de donner sa bague, mais elle le ferait quand même, parce que ce n’était qu’un objet… Bon, pas que en réalité, c’était un objet chargé d’une symbolique particulière et qui avait un passé. Mais ce qu’il symbolisait, elle l’avait avant tout dans le coeur, et dans la tête, et on pouvait toujours faire un deuil d’un objet chargé sentimentalement auprès de l’être humain qui l’avait doté de ce pouvoir. Elle ne cherchait pas à se donner du temps, juste à rendre tout cela plus instructif que ça ne l’était.

« Prenez le risque. » Lâcha-t-il, lui faisant un signe de main comme si elle était libre de se déplacer devant les hommes.
Cela ne l’empêchait pas d’entendre du mouvement dans son dos. Les sbires de Calahan étaient méfiants, prêt à agir.
Oh, Pedge n’était pas conne au point de bouger. Elle était déjà face à eux, alors elle resta sur place. Matt leva les yeux vers elle, espérant un geste ou un mot qui lancerait le top-action se tenant prêt à agir. Il n’avait pas vu le signal la première fois, il ne le raterait pas la deuxième fois.
« Merci Capitaine. Je pense que vous le savez déjà, mais vous venez de constater que l’ennemi préfère torturer que dialoguer. Il avait la possibilité d’avoir l’information en discutant avec moi, mais il préfère faire un exemple. Il ne veut pas parler. Ne prenez pas cette torture simplement en subissant. Analysez ce qu’il se passe et ce qu’il fait.
», Pedge se tourna alors vers le Capitaine, et elle défit sa bague de son doigt pour la lui tendre.
« Vous allez détruire cet objet vous même, aspirant ! » Ordonna l’officier en faisant un geste de menton. Le type qui avait badigeonné le M1 était toujours là, il lui tendait le gel termite mais pas de détonateur. Un coup dans le dos de Pedge lui indiqua qu’on la pointait avec le canon d’une arme.
Pedge attrapa le gel termite. Elle avait toujours les mains qui tremblaient, mais elle n’allait pas reculer. Elle n’en revenait pas qu’elle allait détruire cet anneau. Elle jeta un regard à l’italienne. Ça leur ferait un point commun… Si Rita n’avait pas perdu son arme, peut-être qu’elle ne l’aurait pas fait, mais maintenant la donne avait changé. Si ce connard lui avait dit qu’ils avaient carte blanche, elle lui aurait donné l’information, mais il n’avait pas saisi sa chance. Alors, ça devenait presque un jeu pour elle, parce qu’elle avait une putain de fierté mal placée, ce qui la plongeait dans des spirales à emmerdes. La mine grave, elle traça un trait sur les pierres. Elle leva le regard vers Calahan :
« Je veux bien le détruire moi même mais je n’ai pas de détonateur. »
« Bien sûr. » fit-il simplement. « Montrez l’exemple aux hommes, aspirante. »
Pedge avait bien des idées pour se servir de la bague comme arme, mais ce n’était manifestement pas possible. Elle aurait pu la glisser dans un uniforme, même dans une poche, et menacer de la faire fondre, mais elle avait dû poser au sol l’objet pour avoir le détonateur. Elle était baisée. Elle plissa son nez, hésitant à appuyer, mais elle ne fit pas durer le suspens plus longtemps et elle cliqua un coup avant de balancer le détonateur sur Calahan. Elle ne regarda pas la bague partir en fumée, ses pensées allaient vers Isia à ce moment précis. Ce n’était pas elle qui fondait, mais un anneau. Un anneau qu’elle remplacerait par un autre s’il le fallait en continuant sa relation avec elle.

Elana regarda la destruction de l’anneau avec un soupir… elle ne bronchait pas restant fixe et attentive. Elle analysait comme l’avait demandé son capitaine qui venait de détruire un objet personnel et surement pleins de symbole pour le petit plaisir d’un pervers. Au fond, elle, elle trouvait ça quand même assez dégueulasse, car on touchait aux affaires personnelles pour un simple entraînement et s’était tout bonnement dégueulasse. Dans une véritable mission, il fallait choisir certes, mais là dans un entraînement, s’était proche …non c’était une forme de torture. Enfin bon, Allen avait le courage de ne pas s’attacher à un objet comme Rita qui hurlait encore. Un acte que prit Elana en exemple pour la capitaine qui montrait la voie à suivre. Ils seraient donc torturés et devrait abandonner leur « faiblesse » pour gagner. Enfin bon, Calahan avait dû préparer un dossier sur chacun, un petit dossier sur chaque actes et pseudos faiblesses qu’il explorait. Puisqu’il devait viser juste, par contre impossible de savoir si Allen était touchée. Admirable.

‹c› Vanka

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Plus on se maîtrise soi même plus on maîtrise la réalité extérieure.
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Mar 8 Jan - 17:21
Steven Caldwell
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L'enfer by Calahan
Chronologie 24 juillet 2018
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Calahan laissa l’engin glisser sur lui, comprenant la frustration vécu par le soldat. Mais non content de lui avoir fait détruire un symbole d’union, il progressa jusqu’aux restes de métaux fondu et les racla sous sa botte comme une cigarette que l’on éteint.

« LEÇON NUMÉRO 2 ! »

Il releva le nez pour les observer, ils étaient dégoûtés.

« Votre morale, l’éthique, vos convictions, votre honneur. Tout cela n’existe plus une fois sorti d’Atlantis. A chaque passage de la Porte, vous vous exposerez à des cultures, des drames, des sévices sans AUCUNE LIMITES. Peu importe la raison, peu importe la motivation. Une fois sous le pouvoir de l’ennemi, vous ne pouvez compter... »

Calahan s’arrêta pour se positionner à côté de l’aspirante.

« Que sur vous-même. Que sur le frère d’arme qui partage la mission, la douleur, à vos côtés. »

Son visage était rude, sévère, et il continuait en fixant chacun d’eux.

« Il n’y aura pas d’aide miraculeuse venue du ciel. Vos ressources et vos frères d’armes seront les seules clés de votre salut. Jusqu’à rejoindre la Porte, obtenir des renforts...ou tout simplement mourir. »

Une nouvelle fois, un sourire en coin plein de sadique le gagna. Il visa les effectifs qui avaient déjà vécu des missions difficiles pour souligner son enseignement.

« Eversman ! Ravix ! Le contestez-vous ?!? »

Les propos de Calahan faisaient écho en Eversman, aux souvenirs enfouis de cette mission sur la Magna et qui forcément remontaient. Ne comptez que sur soi et sur son coéquipier qui partageait ces moments horribles. Il ne pouvait que donner raison à l’officier : la morale, l’éthique ou même la convention de Genève, rien de cela ne s’appliquait une fois de l’autre côté de la Porte. Ils étaient livrés à eux-même. A l’écoute de son nom, l’Aspirant leva les yeux vers son interlocuteur, vers ce sourire qui semblait occuper l’ensemble de son visage et qui donnait envie de le lui faire disparaitre immédiatement.

« Non, mon Capitaine. » Répliqua-t-il, la soif lui déformant le ton de sa voix. iI aurait pu mentir mais à quoi bon ?! Il aurait subi davantage et cela n’avait pas de sens. Il jeta un coup d’oeil rapide vers Ravix, qui devait avoir subi elle aussi la torture. Cette dernière ne pouvant désormais plus s’exprimer normalement, mutilée.



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by Wiise

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Mer 9 Jan - 17:46
Elana Ravix
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Elana écoutait tout en restant comme toujours impassible. Son esprit avait déconnecté quand Rita avait hurlé, elle devait le reconnaître que c’était purement volontaire. Elle avait toujours eu cette faculté à retirer les câbles pour penser à autres chose quand cela lui déplaisait. Une manière d’autodéfense qu’elle avait utilisé durant son viol il y a dix jours. Comme pour accepter l’inévitable. Pour dire que de toute façon, elle ne pouvait pas se soustraire à ce genre de chose alors autant faire passer la pilule. Elle était lasse au fond d’elle. Elle avait soif et la bouche coulé avec le sang sécher sur son menton signifiait que s’ils devaient boire à un moment, elle ne pourrait pas. Ou qu’il faudrait lui décoller sa bouche et Elana n’a jamais été quelqu’un d’optimiste. Elle se voyait déjà forcer à être ouverte avec une lame d’un couteau de combat. En gros ça serait douloureux. Elle restait droite comme un I, quand Calahan reprit la parole dans son besoin de donner des leçons et dans un sens c'était ce qu’il faisait et eux ils étaient là pour ça. Leçon un : ne pas s’attacher à quoique ce soit ou pas l’emmener en mission comme le fusil si précieux de Rita ou cette bague que portait le capitaine et la deux étaient de compter sur personne d’autre que son propre cul et les partenaires dans la même merde que vous. Personne d’autre ne viendrait...

Elle ne s’attendait pas à être héler comme ça. Et à la fois, elle ne fut pas surprise, Calahan avait dû lire dans son dossier son rapport avec son feu frère d’arme Éric sur terre. Et son besoin de se sacrifier pour les autres. Mais surtout la mission avec le major Frei, où elle devait l’avouer, elle avait espéré un moment que les secours viennent… mais elle s’était résigné à se dire qu’elle devait se démerder seule avec Liam et elle avait tout fait pour se détacher et attendre que l’autre connard arrive pour utliser ses dernières forces et le défoncer pour fuir avec Liam… Oui, elle avait oublié Atlantis à ce moment là.
Mais qu’importe, s’était donc à son tour et elle était en binôme avec Matt. Au moins, ils avaient un point commun, elle le vit ainsi, il n’était peut-être pas si à jeter que ça ce mec. De toute façon, il était peut-être actuellement une honte, mais avant tout ça, il avait été choisi par Atlantis et c’était ce point qu’elle respectait, même s’il devait (re)faire ses preuves encore et encore pour que chacun et surtout elle, ait confiance en lui. Son regard se tourna sur le visage de Matt qui venait de répondre et lui lançait un regard. Elle lut quelques mots sur la couronne dont le mot « égoïste » qui l’avait le plus dérangé au final. Il ne devait peut-être pas l’être autant… Puis elle tourna la tête mécaniquement vers le capitaine en hochant la tête solennellement et surtout négativement.

« Bien ! »

Il marcha tranquillement jusqu’à la française. Il se donnait l’air d’un promeneur du dimanche, les mains jointes derrière le dos. Il déambula en faisant parfois crisser ses bottes sur ce que l’herbe ne colonisait pas encore. Finalement, il se planta devant elle pour l’observer. Son regard d’acier brilla alors qu’il la détaillait, elle, si droite comme un I, si sûre d’elle. Il claqua de la langue de manière sceptique et stoppa son observation sur l’amas de glue qui scellait ses lèvres.

« Dites-moi Ravix. Il paraît que vous êtes d’humeur joueuse lorsque l’on vous ligote. Est-ce vrai ? »

Elana le regarda dans les yeux, il avait déjà l’habitude puisqu’elle ne baissait pas souvent le regard. Même quand il l’apostrophe dans on bureau lui faisant la morale sur un certain legging. Fierté, arrogance ? Non, simplement droite. Elle se demandait comment il allait la manger et la question qu’il posa la surprit a l’intérieur, elle était d’humeur cynique avec la méchante envie de répondre un truc. Mais, elle le garda pour elle-même. Car ça ne servait à rien de répondre. À un connard de sous soldat comme Wakks oui, car il se prenait pour le roi du monde sans respecté grand-chose. Après peut-être qu’elle jugeait vite sur cet homme. Mais qu’importe-lui, elle l’avait pris en travers et c’est comme ça. Elle devait mesurer ses propos sur le coup. Reconnaître qu’elle avait jouer la maline oui c'était vrai et s’était décidément une constante en ce moment. Elle avait bien fait la maline avec les barbares ... Alors, elle hocha la tête en toute franchise, ne souhaitant pas mentir car sinon ça serait pire.

Calahan siffla. Il fît signe à un binôme en patrouille de s’approcher.
En attendant, il reprit.
« Est-ce que cela aurait apporté quelque chose de bénéfique à votre groupe ? »
Elana observa les deux hommes cagoulés qui s’approchait… ça sentait mauvais cette histoire. Puis elle regarda une nouvelle fois le capitaine en secouant la tête. Non ça n’avait rien apporté.
« Alors pourquoi ? » fit-il d’un air sombre et mesquin.
« Aviez-vous une raison valable autre que votre petit nombril ? Imposer votre pensée ? »
Il posait une question ouverte… alors qu’elle ne pouvait pas parler. Elle avait simplement parler c'était autant pour elle au final, que Wakks entende était juste un dommage collatéral elle se fichait de son avis à cet abruti en fait. Alors soit, elle lui répondrai, puisqu’elle pouvait toujours communiquer… mais cela allait être aussi difficile avec ses poignets soudés. Pas de signe… Son regard alla sur le sol… écrite un truc ? Cela serait fastidieux et inefficace. Alors, elle décida de faire simple, elle montra son ventre avec son pouce, le nombril pour être plus précise. Pour dire, que c'était elle et elle seule qui avait parler et qu’il pouvait en tirer la conclusion qu’il voulait au final. Elle ne pouvait pas faire plus. Bref, elle se montrait, puisque c’était au final un jugement venant d’elle et sans apport pour les autres.

Le capitaine la regarda faire le signe avec un air mauvais sans rebondir. Il comprenait le “c’est moi” mais n’y voyait pas une raison. Et encore moins une excuse. Les deux sbires s’étaient arrété et le capitaine se pencha de côté.
« Amenez le tankiste. » ordonna-t-il sèchement.
Ses yeux glissèrent sur la française jusqu’à ses rangers avant de remonter, son faciès dégageait une impression de dégoût. Au lieu d’annoncer tout de suite la sentence, il l’empoigna pas son gilet tactique et l’attira hors de la ligne pour la présenter au milieu de tous. Pile entre le Capitaine Allen et ses collègues soldats. En face, le duo de sbire et le garde de Danny le choppèrent malgré sa résistance. Ils l’obligèrent à venir se placer devant elle.
« Lâchez-moi !!! » Râlait-il avant qu’on le fasse tomber à genoux.
« LEÇON NUMÉRO TROIS ! L'ADAPTABILITÉ ! »
Il donna des consignes aux soldats qui, avec le garde de Ravix qui les rejoignit, formèrent un dispositif encerclant autant la para que le tankiste. Calahan, lui, s’était reculé un peu pour admirer le spectacle.
« Sous le pouvoir d’un ennemi, la dernière chose à faire est de le contrarier. Vous êtes des moutons, vous êtes des prisonniers conciliants, soumis, et faibles...EN APPARENCE. Et ce, jusqu’à ce que l’occasion se présente. »
Son regard rude se porta sur Elana.
« Le danger des petites effronteries n’est pas de recevoir ce que l’on est capable de supporter soi-même. Ces petits mondes tirés de films pour adolescentes boutonnées n’existent pas ici. Non...en agissant de la sorte, vous faites peser le risque sur vos collègues...en déclenchant l’imagination sadique de l’ennemi. »

Il fit un signe de tête.

« En joue. Détachez le caporal. »

Le dispositif se déclencha, trois P90 pointaient sur eux. Danny levait ses mains liés, la respiration tremblante, regardant autour de lui. Il ne comprenait toujours pas. Elana fût la seule à être débarrassée de ses liens, le garde qui les lui avait coupé reprit sa place avant de la pointer de son arme.

« Ravix ! Vous avez inutilement fait peser la menace sur les vôtres au cours de la captivité. Vous avez fait une victime...cet homme, là, devant vous. Vous allez l’abattre de vos poings, vous allez le rouer jusqu’à l’inconscience ! »
« QUOI ?!? MAIS MERDE ! C’EST UN ENTRAÎNEMENT ! » S’écria-t-il soudainement.
« Caporal Ravix ! » Rappela-t-il d’un ton sentencieux en ignorant Danny. « Vous allez abattre cet homme de vos poings. Ou bien je veillerai à ce que chacun de vos collègues y passent, ce qui signera la fin inéluctable de cette manoeuvre ! »
Danny regarda autour de lui avant de fixer la jeune femme, angoissé.
« Non...non attends... »

Passer à tabac l’un des leurs ? Le rouer de coups jusqu’à le rendre inconscient ? Non mais il était sérieux ce type ?! Eversman avait une furieuse envie de se lever et d’attraper un des soldats cagoulés qui lui tournait le dos. Il n’était qu’à un bon mètre. Il serait sur lui avant même qu’il n’ait le temps de réagir et là ce serait trop tard car le lien qui nouait ses poignets serait déjà autour de son cou. La scène se matérialisait parfaitement dans son esprit. Une pression suffisante entre les omoplates le ramena à la réalité, le faisant soupirer tout en jetant un regard derrière lui. Le simple geste suffit à recevoir la bouche du P90 sur le front, une tape humiliante qui lui transmettait un message. Le type cagoulé dans son dos l’avait à l’oeil. C’était comme si c’était lui, Matt Eversman, qui surveillait un mec. Il ne se laisserait pas embobiner, surtout avec ce que Calahan exigeait. Matt pouvait oublier toute tentative d’assaut avec cette surveillance étroite et reporta son attention devant lui, se refusant pour le moment à assister à la scène. Il avait eu déjà à le faire et ne souhaitait à personne de devoir en faire autant. Pour eux, il y avait eu une issue : sauver le perdant mais là il n’y avait rien. Juste du sadisme.

Pedge trouvait ça vraiment limite… Mais d’un autre côté, c’était une bonne façon de faire passer la leçon. En tout cas, elle se demandait ce qu’elle ferait dans cette situation. Elle n’était pas certaine de taper sur un copain. Pourtant, à l’instar de Matt, elle repensait à cette situation où elle avait dû se battre avec lui… C’était différent. Si elle gagnait, elle le sauvait, et si elle perdait, elle se sauvait. Les enjeux n’étaient pas les mêmes et à l’époque, ce n’était pas une manoeuvre. Enfin qu’importe, prendre des baignes était une composante du métier. Ce qui dérangeait l’aspirante, c’était qu’elle d’eusse le taper jusqu’à ce qu’il soit K.O. Cela était emmerdant. Qu’elle le frappe pour faire passer la leçon était une chose, mais l’obliger à lui faire perdre connaissance en était une autre. Calahan faisait peser la fin de la manoeuvre pour tous, du coup il devenait tentant de déroger à ses principes pour ne pas pénaliser le groupe. Il n’empêche que c’était trop.

Elana s’était laisser tracter sans rien dire de plus elle avait observé outre cette agitation sans rien dire ou réagir… Bon, elle l’avait énervé, pourtant elle avait répondu à sa question du mieux qu’elle put, elle n’allait pas lui faire des excuses en dansant la java si ? Son regard se posa sur Danny… quoi ? QUOI ? Elle devait le frapper avec ces poings jusqu’à qu’il tombe dans les pommes ? Mais c’est quoi cette idée stupide encore ? Elle jeta un regard à Calahan affreusement neutre, puis Danny… elle n’allait pas le frapper. Elle ne pouvait pas être le bourreau d’un membre de sa « meute ». Mais l’autre tomate qui portait la couronne de la honte elle hésitera et renoncerait à le frapper. Même Calahan au final, car pourquoi ? Ils étaient d’Atlantis, des membres « alliés »…(quoique Calahan elle n’était pas tout à fait sûre… sur le coup). Et Danny était de sa putain de meute merde ! Cela lui était difficile de n’être un bourreau, pourtant si cela avait été un autre humain sans appartenance au pégase elle n’aurait pas hésiter. Elle aurait frappé au plus juste. Mais là… Danny avait peur, il transpirait elle le sentait au fond d’elle, il était terrifié. Elle sera la mâchoire, elle s refusait de regarder quiconque d’autre que Danny a cet instant. Les autres gardes, elle le savait étaient pas con au point de se mettre trop près d’elle… elle ne pouvait pas en choper un, pour le prendre otage.

Et Calahan semblait bien la connaitre car il vociféra que si elle ne le faisait pas, tout le monde y passait. Et dans ce cas, Elana faisait toujours prévoir le groupe sur l’individus...Elle se mordait la langue si fort que le goût métallique fit irruption dans sa bouche, elle déglutie. Elle avait la rage au cœur. Une nouvelle fois, elle toisa Danny elle était affreusement dénuée de vie à cet instant, le sang glacée…

Elle fit rouler son poignet comme pour les détendre après l’étreinte qu’ils avaient subi. Non, elle tourna pas la tête vers les autres, ni même vers Allen. Elle s’approcha lugubrement vers Danny, avant de se pencher vers lui et de lui prendre de ses mains ses joues, comme pour orienter sa tête. Elle était à chier niveau communication… mais c’était un geste de pardon avant de se redresser brusquement. Elle allait frapper.

« Arrête...arrête putain. Fait...fait pas ça...fait pas ça, c’est...c’est un...c’est forcément un piège t’entends ? » Sa voix tremblait. Il finit par craquer. « FAIT PAS ÇA ESPÈCE DE TARÉE, MERDE !!!!!!!! »

Ta gueule, Danny… Se répétait le Ranger. Il pouvait comprendre la panique du Tankiste mais il ne faisait que rendre l’acte encore plus douloureux pour Ravix, pour eux aussi. Matt avait fini par s’abaisser sur ses chevilles et par baisser la tête, fermant les yeux pour ne pas assister à ça. S’il avait pu aussi ne pas entendre, il l’aurait fait. Au lieu de ça, le militaire se prit à penser à une chanson qu’il avait entendu avant de partir. La mélodie lui revenait, les paroles aussi. Il focalisa ses pensées dessus essayant de retrouver les mots exacts. Ne pas penser que pendant ce temps-là un des leurs se faisait tabasser. ça aurait pu être lui. Quelque chose l’aveugla soudainement le faisant relever la tête et ouvrir les yeux cherchant la source. Il n’y avait rien. Pas de point lumineux, pas même de quelconque lumière. La pression s’accentua dans le dos le forçant à l’immobilité. Avait-il rêvé ? Matt était pourtant sûr d’avoir été aveuglé et continua à jeter des regards à droite et à gauche. Les coups et gémissements ne l’atteignaient pas, il était dans sa bulle essayant d’être sûr de son ressenti. Il n’y avait qu’une chose qui pouvait procurer une telle sensation : un laser. Quelqu’un lui avait braqué un laser sur la tronche. Soit Calahan se fichait de sa tronche en ayant sa tête dans le viseur, soit il y avait du NID là dessous.

Le tankiste n’aidait pas vraiment en se gueulant de la sorte. Il aurait dû garder le silence. Néanmoins, Pedge comprenait sa motivation et son horreur face à cela. C’était une manoeuvre oui, il n’avait pas à subir de commotion ou quelque chose dans ce genre là. C’était trop. Pedge ne pouvait pas vraiment intervenir. Elle avait déjà essayé de savoir si ces connards avaient carte blanche, et elle avait plus ou moins eu sa réponse sans en être certaine. Ravix pouvait toujours refuser. Ils payeraient sans doute tous, mais après ? Ils étaient un collectif merde.

De tous Danny était peut-être le plus émotif et elle se demandait si Calahan ne le savait pas, comme s’il mettait le moins résistant devant elle… Il avait déjà craqué avec l’eau son besoin de se précipiter vers l’onde et là, de parler de piège… Oui, il en avait un et s’était pour elle, d’affronter ses propres démons. Elle était le bourreau, revivant à l’inverse ce qu’elle avait vécu dix jours plus tôt. Elle avait trouvé limite plus facile d’accepter cette chose que de lever la main sur quelqu’un. Elle pouvait refuser et c’était le reste qui y passe et Calahan ne bluffait pas, il le ferait qu’importe le prix. Il le ferait pour que la leçon rentre dans le crâne de chacun. Et elle ne pouvait pas se permettre que tous y passent, parce qu’elle a refusé de lever la main sur Danny. Et les supplications et autres paroles n’arrangeait rien, il allait la haïr elle le savait… Et cela lui fit quelque chose mine de rien. Celui-ci s’était relevé, pour se protéger de ses mains, ne lui facilitant pas la tâche. Mais, la zone qu’elle voulait viser était libre.

Elle lui lança un regard qui voulait dire désolé, et elle ne prévient pas quand son corps se contracta pour se détendre pour frapper, levant un premier point gauche pour qu’il se concentre là-dessus et abaisse sa garde enchaînant avec la véritable frappe de l’autre main sur la tempe. Son cerveau allait se secouer avec force dans sa boîte crânienne et il allait déconnecter comme une machine qu’on débranche d’un coup sec. Le geste était précis et
suffisamment fort pour causer le KO. Le but était de l’allonger avec un seul coup de poing. Pas de le fracasser, ne pas lui infliger une fracassage en règle et limiter la souffrance ... Comme certains autres militaires des forces spéciales elle avait reçu un entraînement de combat, visant perdre peu de temps possible pour neutraliser les autres. Elle aurait pu le stranguler mais Calahan avait dit “poing” et elle ne voulait pas prendre le risque de faire la maline une nouvelle fois et que les autres le paie. Encore, encore à cause d’elle. Et mettre fin à la manoeuvre dont certain avait misé leur carrière la dessus ! Elle ne pouvait permettre ça.

Danny s’effondra comme un sac de pomme de terre sous la cohue générale. Rita, Izabel, Tim, ils s’écrièrent en même temps parce qu’ils ne pouvaient pas supporter ça. Rita fût agrippée par la gorge et elle se débattit dans un geste de rage et de désespoir. Une sorte de gesticulation nerveuse où elle tentait de porter des coups sans réussir. Tim se retrouva encore une fois à mordre la poussière, les gardes s’étaient préparés.
« Danny. » Appela Tim dans une forme de détresse. Il soupira en se laissant relever.

Sous la consigne du Capitaine, les gardes encerclèrent Ravix pour lui rattacher ses poignets. Il approcha alors, posant à peine un regard sur la victime, pour venir à la rencontre de la française. Il ignora les suppliques de Bowers qui demandait “respectueusement” à accéder au blessé pour lui prodiguer des soins. Non, il en était sourd. A la place, il plaqua ses doigts contre la gorge de Ravix. Étant assez près, deux des quatre sbires la tenait par les épaules. Avec son air de pourriture, il lâcha un “hmm” dépité et agita son index sous son nez.

« Quel contrôle de soi Ravix. C’est...surprenant. » fit-il, bien loin de tout compliments. Le capitaine claqua des lèvres et posa son pied sur le ventre de Danny, l’humiliant dans un air de triomphe.
Tim râla, dégouté, alors qu’Izabel continuait de demander, expliquant combien ça pouvait être dangereux. Mais Calahan était toujours sourd.
« Ca ne vous fait rien de frapper vos camarades ? Vous vous regardez parfois dans un miroir soldat ? »
Il chercha son regard.
« Vous avez été violenté il y a dix jours seulement. Un miracle thérapeutique vous remet dans le circuit, ce n’est pas exceptionnel pour un humain ? Pas pour Elana Ravix, le soldat qui change de rôle plus vite que son ombre. » Une grande provocation. Indrick Calahan appuya davantage sur la victime en s’essuyant pratiquement les pieds sur lui. Il cherchait à la faire réagir, la faire craquer.
« Ce regard, ce comportement, vous vous croyez être un soldat exemplaire. Un soldat capable du plus grand sacrifice mais, voyez vous... »
Il pointa son doigt sur les autres.
« Ceux-là réagissent en humain, face à l’impuissance, l’horreur. VOUS, Ravix. Dites-moi ce que vous êtes ? »
Ses mains revinrent prendre son pouls.
« Vous ne me donnez pas l’impression d’être humaine... »

Pedge considérait le corps inerte de Danny sur le sol. Elle était consternée et à la fois impressionnée. Consternée parce qu’elle ne pensait pas que Ravix allait le frapper. Elle restait pro en ne montrant rien, mais l’aspirante avait trouvé cela trop facile à réaliser pour elle. Pas une émotion, rien. Est-ce que c’était l’image qu’elle renvoyait ? Elle se le demandait, et si tel était le cas, elle comprenait mieux pourquoi on l’appelait le glaçon ou la machine. Calahan faisait son petit speech pour l’atteindre psychologiquement. C’était normal, et la texane était en train de se dire qu’elle se laissait manipuler par les paroles du Capitaine en charge de la manoeuvre. Certes, Ravix avait le choix de ne pas le faire et de faire morfler toute la section, mais il fallait se mettre à sa place. Elle était au pied du mur parce qu’elle avait merdé avec Wakks en la ramenant et le capitaine était en train de faire passer une leçon. Elle n’avait pas le choix que de le faire, sinon elle condamnait toute l’équipe. L’intérêt d’un seul ne devait pas passer avant l’intérêt de tous. Qu’aurait-elle fait à sa place ? Elle n’en savait strictement rien. Une chose était certaine, elle ne l’aurait pas allongée du premier coup, malgré ses compétences en corps à corps avancées. Cette nana avait la force d’un boxeur avec un gabarit de mouette. Il ne fallait assurément pas l’emmerder.
En tant qu’instructrice, Pedge avait souvent vu des collègues à elle donner des surnoms à des élèves qui sortaient un peu du lot par une caractéristiques ou autres. Ayant peu d’imagination, la beret vert n’était jamais tombée dans ce travers là. Mais pour le coup, elle était bien tentée d’appeler Ravix “Cassusclé”. C’était l’image qu’elle avait en tête avec ce K.O. impeccable digne d’un boxeur poids lourds, surtout que le tankiste n’était pas une allumette quand même. Elle soupçonnait d’ailleurs le bonhomme de jouer la comédie histoire de, mais elle n’en était pas certaine. Bref, Elana n’était pas une situation où elle avait beaucoup de marge de manoeuvre. Elle avait fait ce que son ravisseur lui demandait, et voilà. Tous ou presque l’aurait fait, un peu comme ces gens qui, pour la science, ou pour un jeu télévisé, électrocutaient un autre humain, sous la pression de l’autorité et de la norme. Un peu comme les allemands qui avaient détruit tant de vie juive sous ce même prétexte. L’être humain en était capable, aussi fou que ça puisse paraître, et personne ne pouvait dire qu’il résisterait avant d’être confronté à la situation.
Calahan était vraiment un pourri. Non seulement il exigeait d’elle qu’elle fasse quelque chose d’abject et de moralement condamnable, mais en plus de ça, il venait la titiller une fois qu’elle l’avait fait. C’était vraiment un connard.

Pedge arqua un sourcil. Elle vit le mec du génie grimper sur la tour de guet et neutraliser le garde qui était en faction. Il enfila la cagoule dudit garde et prit sa place l’air de rien. Tout cela était allé très vite, et la jeune femme risqua un coup d’oeil à droite et à gauche pour vérifier que personne n’avait rien vu, tout en essayant de paraître tout à fait normal. Même si ce n’était pas le cas, avec ce qu’il venait de se passer pour Danny, personne ne remarquerait rien cela dit. En tout cas, Will avait bien géré son approche pour profiter de ce moment de flottement pour pénétrer la défense ennemie. Il y avait un ver dans la pomme, et elle devait gagner du temps pour trouver une faille et exploiter tout ça…. De toute façon, ils avaient certainement un peu de répit avant le prochain round, non ?

Elana avait mal à ses lèvres qu’elle avait tordue…Elle jeta un regard à Calahan si près d’elle et elle eut l’envie de lui coller un coup de boule, cela était très tentant à dire vrai. Mais complètement stupide. Les autres avaient gémi et continuaient… mais qu’ils se la ferment tous à la fin ! Ils savaient qu’ils n’auraient pas le droit de voir Danny ni même le droit à la parole. Cela l’irritait un peu, mais s’était à fond d’elle, la colère et la culpabilité d’avoir fait ça. Elle se foutait des baffes mentales, mais refusait de se laisser aller à la faiblesse devant cette ordure ! Elle avait « achevé » Danny d’un coup, ne voulant pas le faire souffrir plus. Il aurait un bleu et voilà.

Elle suivait du regard Calahan qui posait un pied triomphant sur Danny, comme un chasseur des plaines fier d’avoir abattu un lion…Une nouvelle aigreur d’estomac…une boule d’acide explosa dans son ventre… mais voilà, il n’en avait pas fini avec elle. Non, cela ne serait pas assez drôle, il lui rappelait sans aucun état d’âme son aventure désastreuse. Un coup bas, elle aurait préféré que personne ne sache, non que personne ne sache qu’elle dormait mal les nuits à cause de ça, qu’elle redoutait le contact encore plus qu’avant surtout avec un homme et qui plus ait qui se trouve derrière elle…. Les deux larbins la rendaient nerveuse à être dans son dos… Qu'à cause de ça, elle se déteste encore plus d’avoir accepté l’inévitable dans l’horreur… elle avait crié rager et frapper…Mais en vain. Mais qu’importe, personne n’avait le droit à une quelconque intimité ou secret avec cette fouine. Et il continua encore et encore… c'était quoi son but à la fin ? Qu’elle craque, qu’elle lui offre ses larmes ? Elle ne pouvait pas parler, elle ne pouvait rien dire… non rien dire de plus que d’écouter ce mec qui lui sortait quelques chose… quelque chose qu’elle savait au final. On lui avait déjà dit qu’elle était trop mécanique, qu’elle manquait d’humanité dans son faciès et pourtant… pourtant elle était humaine. Les autres le savaient, Iza le savait… Iza, elle jeta un regard vers sa meute…un fond de détresse dans le regard, qu’elle chassa, oui elle le chassa pour ne pas qu’il hurle et supplie plus… Son cœur battait encore plus fort et son regard était un iceberg de froideur. Pourtant une larme coula le long de son visage si dur… Cette larme la brûlait comme de la lave…Les joues rouges…. Non, elle n’était pas indifférente à toute ces conneries ! Mais que pouvait-elle faire ? Risquer la place des autres ?

Son corps s’était tendu à l’extrême et elle avait occulter les autres… les deux cerbères derrière elle, pouvait sentir son corps se raidir et puis se détendre soudainement en signe d’abandon dans une position de soumission les épaules basses et son regard sur le corps de l’officier dans le vide… n’avait-il pas parlé plus haut de mouton qui devait être docile avant de frapper ? Elle soupira d’un ton las…Détourna le regard…

Elle compta jusqu’à trois… puis, elle l’agrippa d’un geste brusque Calahan avant que les autres réagissent lui colla un coup de boule digne de ce nom, il avait un gémissement étouffé par son mutisme. Elle avait vu l’arme en holster mais il était scindé par cette boutonnière qui l’empêcherait de la prendre… Enfin qu’importe le coup était partie avec violence et elle fut plaquée direct au sol. Elle grognait de colère … putain, elle avait boulé un officier… elle ne valait pas mieux que Wakks. Mais qu’il aille se faire foutre lui aussi ! Cette position, lui rappelait de mauvais souvenir…. Et elle grogna de plus belle… en tout cas elle venait de dire à Calahan à sa manière qu’elle était humaine. Il l’avait poussé… il l’avait poussé à exprimer sa rage et sa colère… Elle qui était assez calme… eh bah voilà le carnage, avait-il eu la réaction qu’il attendait ? Ne voulait t’il pas un peu d’humanité après tout ? Il en avait carrément eu et elle avait surement fait une belle connerie. Mais les conneries c’est humain… et elle n’avait pas à se justifier après tout. Son souffle était fort et elle regrettait de ne pas pouvoir haleter de la bouche… cela était douloureux dans ses poumons qui réclamait de l’air. Mais en tout cas… elle avait encore fait une initiative personnelle avec son coup de boule. Elle s’était fait avoir par se qui la rendait humaine… Elle avait compris un peu tard la leçon du jour de Calahan. Mais cet écart pouvait être utiliser par le groupe, pour semer la zizanie. Elle l’espérait s’était peut-être le bon moment pour montrer qui ils étaient ! Et pas des soldats au rebuts.

« CONTRÔLEZ ! » Gueula Calahan, le cul sur l’herbe, au travers des mains jointes sur son visage.

Les soldats n’avaient pas attendu, ils avaient tous été réactif pour tenter d’interdire toute rébellion que les autres, une nouvelle fois, ne tardèrent pas à déclencher. Même le sbire dans le dos d’Allen l’attrapa pour la contrôler. Le Capitaine mis un moment à se remettre, son visage avait rougi et il appuyait sur sa narine. Le sang n’en sortait pas mais l’humidité dans son regard prouvait que ça l’avait bien brassé. Rien de cassé, à la déception de tous, mais bien visé de la part de Ravix.

« Relevez-la. » Maugréa-t-il en remettant son couvre-chef.

Il revint vers elle, moins près cette fois.

« Vous n’apprenez pas. Quand vous sortez de votre rôle de mouton pour frapper, c’est lorsque vous êtes SÛRE de prendre le dessus. Votre échec va faire peser sur le groupe une punition plus grande encore. »

Le capitaine la pointa du doigt, en colère.

« Si vous tenez à rester dans cette expédition, trouvez le juste milieu. Le contrôle ET l’humanité. Agissez pour tous, non pour vous seule. Apprenez. »

Il se passa un revers de main sur le nez, visiblement souffrant. Il acquiesça et poursuivit.

« Soldat Ravix. Je vous ai reproché votre intervention inutile et dangereuse pour le groupe. J’entame votre intégrité, je vous malmène. Et vous répétez immédiatement votre erreur en exposant les autres. » Il fit un signe de menton à l’adresse des gardes. « Paré à tirer ! »
Les hommes pointèrent de leurs armes chaque prisonnier. Ils étaient sur le point de neutraliser tout le monde.
« Voyez votre échec...une nouvelle fois par votre intervention mal calculée. Vous en prenez de la graine cette fois ?!? »

Elana le fixait, il ne répétait pas son approche au contraire d’elle qui avait répétée son erreur… Cela la tuait au fond, elle avait refoulé pas mal de spontanéité pour éviter ce genre de débordement et aujourd'hui elle avait lâché la sauce... et elle était presque déçu que les autres n’aient pas pu se saisir d’une occasion… Raté... Au moins l’armée Atlante était pas des rigolo. Elle fixait Calahan d’un air une nouvelle fois neutre… avec cette pointe de colère en elle, qui faisait trembler sa jambe droite, mélangé au stresse et à l’angoisse de voir les autres ce faire descendre comme des lapins. Le seul qui était tranquille était Danny inerte au sol. Elle hocha de la tête. Oui les mots “mal calculé” sont justes.

Tiens, Ravix savait cogner. Elle le prouva à deux reprises : Danny qui était de bon gabarit et Calahan. Ce coup de boule fut plaisant à regarder. Il aurait aimé pouvoir le faire lui même, ça en aurait été presque jouissif. Bien entendu, ça n’arrangea pas leur situation. Comme quoi Ravix n’était pas parfaite, elle aussi faisait des conneries et résultat ils allaient tous subir. Merci Grognon. Matt tâcherait de le lui rappeler si elle tentait de lui rappeler ses propres conneries.

Bon, cette fois ils allaient tous recevoir leur châtiment. Ils allaient prendre pour une connerie de merde.
« Capitaine ! », fit Pedge sans bouger de sa place. Elle était contente que ce crétin prenne un coup de boule, même si c’était un peu licencieux étant donné qu’il était l’officier de manoeuvre. Il était là pour les faire chier et les élèves n’avaient pas à répondre par la force physique. Ok, elle avait été tenté deux trois fois depuis qu’elle se trouvait là, mais elle s’était contrôlée, car c’était l’exercice. Ravix avait clairement déconné. Cette fille était impulsive en fait, sous ses airs neutres et atones. Elle se faisait taper sur les doigts pour une bêtise impulsive, et elle recommençait directement après. Cette fois Calahan allait lui faire passer le goût du pain. Elle devait tenter quelque chose.
Elle ne savait pas pourquoi elle avait interpellé Calahan. Pourquoi ? Parce qu’elle était l’officier et qu’elle devait faire quelque chose pour son groupe ? Peut-être oui. Ou peut-être qu’elle ne voulait pas finir fusillée, ce qui en temps normal était plutôt une réaction logique, non ?
« Capitaine Calahan, je vous demande la permission de sanctionner le caporal Ravix moi-même... ».
Elle espérait surprendre ce vieux briscard par cette demande. Elle sentait que cela plairait à son sadisme merdique et maladif. Elle était renforcée dans son idée de gagner du temps pour capitaliser sur l’infiltration en cours.

Le geste de l’officier s’interrompit.
Il demeura immobile un petit instant avant de regarder l’aspirant et d’acquiescer d’un signe de tête.
« Très bien Allen. Montrez-moi vos talents d’instructrice. Et surprenez-moi si vous ne voulez pas que ce soldat s’en retourne au rebut des branlots, une nouvelle couronne sur sa tête ! »
Il s’écarta de quelques pas pour lui laisser le terrain libre.

Pedge fit un pas en avant, tout en jetant un coup d’oeil à ses gardes. Elle avait la permission, mais elle ne souhaitait pas prendre un coup entre les omoplates pour la propulser sur le devant de la scène.
Elle approcha d’Elana en la toisant fixement. Elle procédait ainsi pour ne pas zyeuter du côté de la tour de guet, comme si cet endroit précis devait attirer ses prunelles. C’était con, car personne ne remarquerait rien, mais elle préférait se concentrer. C’était maintenant ou jamais qu’elle allait devoir créer un bazar suffisant pour essayer d’exploiter la faille. Cela allait être délicat car ils étaient quand même un paquet avec des foutus P-90.
« Ravix !! », fit-elle de façon autoritaire et en gueulant presque. Pedge regarda la jeune femme, puis elle poussa un profond soupir. « Je suis particulièrement déçue de cette initiative personnelle qui nous mets dans une situation délicate caporal. Tous vos collègues comptaient sur vous. ». Pour accompagner sa phrase, elle regarda les autres, et en passant, elle fit un clin d’oeil à Matt. Si ce trou du cul ne comprenait pas qu’il allait se passer quelque chose dans peu de temps, elle l’étranglerait elle-même. Un clin d’oeil d’Allen était forcément suspect. En réponse, Matt fronça les sourcils essayant d’en savoir davantage tout en se tenant prêt au cas où.
« Puisque vous avez décidez d’être la reine des branlots, je vous laisse avec votre roi ! ». Sur ce, Pedge la poussa fortement vers Eversman, quitte à la faire tomber par terre. Mains en avant, le Ranger se protégea tout en la stoppant.
« Quelle actrice pitoyable... » fit soudainement le capitaine en grinçant des dents. « Soyez plus réaliste !!! »
Pedge n’était déjà pas à l’aise à jouer la comédie, et l’intervention de Calahan n’aida pas vraiment. Ce n’était pas son truc le bluff. Elle était plutôt du genre prend ma main dans la gueule que de tergiverser. Elle piqua presque un fard, qui ne devait se voir que sur ses oreilles cela dit, étant donnée qu’elle était crade de chez crade. Elle préféra ne pas répondre et se concentrer sur Ravix.

Calahan se doutait-il de la présence de Will ? Ou comprenait-il simplement qu’elle essayait de donner le change ? Le gradé avait réduit la distance de quelques pas et s’empara de la texane. Grincheux, pas forcément fort, mais virulent et tumultueux, il la secoua comme un prunier en lui hurlant dans les oreilles :
« VOTRE BOURREAU EST UN SADIQUE ! DONNEZ LUI SA PART ! ACCAPAREZ L’ATTENTION !!! »
Ce faisant, il en donnait comme l’exemple, attirant son attention par un comportement inhabituel. Il la repoussa immédiatement en direction de Matt et Ravix.

Pedge était définitivement mal à l’aise. Elle venait de se faire secouer les puces par le Capitaine qui ne croyait pas du tout en son jeu d’actrice. Non elle n’était pas douée pour ça. Elle ne percuta pas les deux soldats, mais maintenant elle était dans le lot. Elle réajusta sa veste qui venait de se faire maltraiter, plus par fierté que par confort. Elle attrapa Ravix par la nuque, et elle la força à se mettre à genou, quitte à lui exercer une pression dans le creux des genoux si besoin pour la faire céder. Elle ne pourrait pas opposer de résistance avec les mains attachées de toute façon.
« Reste tranquille. Le groupe va se rappeler à toi. ».

Elana tentait de retrouver un calme intérieur, un calme qu’elle n’aurait jamais dû perdre, elle le savait bien. Elle ne se reconnaissait plus, elle n’était pas si impulsive d’habitude…. Jamais, elle avait été aussi conne au point de bouler un officier. Jamais ! Elle avait peut-être été un peu présomptueux de penser qu’elle aurait pu reprendre l'entraînement avec le vieux bouc aussi rapidement surtout après son viol. A cet instant, et parcequ’elle n’était pas en accord totale avec elle, même elle se posait cette question. Elle se disait faiblement, que c'était bien le but d’une manoeuvre de faire des erreurs pour apprendre. Surtout quand on est fortement affaiblie. Oui, mais elle n’aimait pas faire d’erreur et cela on ne pouvait pas lui reprocher de se juger encore plus sévèrement. Elle avait bon dos, d’avoir dit à Rita et Iza de se calmer plus tôt. Enfin bon, cela était fait, elle devait vivre avec sa honte et se marteler le crâne de ne plus recommencer. Et voilà, qu’elle était traité comme ce qu’elle méprisait le plus. Et cela était un cuisant échec pour la “machine”. Bien entendu, elle regrettait son geste, usée et malmené par une manoeuvre difficile et des antécédents de mission. Elle aurait du être plus forte, plus maître d’elle et elle n’avait pas réussi. Alors quand Pedge, proclama qu’elle désirait s’occuper d’elle, une sensation de brûlure l’inonda encore plus Elana qui ne se sentait pas à la hauteur de cette femme. Elle se sentait honteuse et véritablement nulle. Elle qui voulait dans un sens impressionner Pedge avait tout foiré et ne valait pas mieux que l’autre “roi”... manquait plus qu’elle ait une couronne elle aussi...Si cela lui arrive un jour, elle ne pourrait pas se regarder dans un miroire ou même demander à recommencer l’armée, elle aurait trop honte. La mention de la “reine des branlots” était assez efficace pour renforcer le couteau qu’elle s’était déjà enfoncé dans le coeur. Et elle commençait à en avoir marre d’être ramené à Eversman ! jamais, elle ne serait son équivalent féminin : JAMAIS !
Cependant, elle accepta sans peine la sanction, de toute façon, elle la méritait et cela permettait aussi aux autres de ne pas se prendre la rafale dans la poire. Elle ne tombait pas à terre, mais alla vers Matt avant que Calahan vienne mettre son grain de sel en engueulant le capitaine… la caporale plissa les yeux quand il mentionna : “accaparez l’attention”... s’était véritablement étrange comme phrase. Pourquoi disait-il ça à Allen ? Avait-il avait une autre leçon ? Cette phrase la fit penser à l’exemple d’agiter un plumeau devant un chat pour qu’il ne voit pas qu’on lui choure ses croquettes… Elana, resta figée, se refusant de mirer les autres gardes en cagoules ou mêmes le paysage. Quelque chose allait arriver ? Docilement, elle se laissa manipulée, sans résistance, tombant à genoux dès qu’elle sentit la pression, restant calme. Elle se mit à chantonner dans sa tête, pour retrouver un peu de sa “paix” intérieur, la phrase de la capitaine, lui apparaissait comme une sanction de groupe, une punition que le groupe allait lui faire subir. Elle se préparait à se faire frapper ou pire… Après tout, le “bourreau était un sadique”, il fallait une punition à la hauteur. Qu’elle fasse son oeuvre, cela ne changerait rien à l’avis qu’elle avait sur cette femme, au contraire, il faut savoir se salir les mains.

“Tu me dis que rien ne passe
Même au bout d’un moment
Qu’un jour c’est une impasse
Et derrière l’océan
Que l’on garde toujours la trace
D’un amour, d’un absent
Que tout refait surface”

Elle se répétait ça dans sa tête, une technique, qu’elle avait eu petite pour calmer sa colère et devenir si atone. Elle devenait revenir à l’essentiel, et faire fit des conséquences ou du passé. Son coeur s’apaissa doucement et surement. Elle agita ses doigts entre eux, les sentant s’engourdir, il avait serré fort l’autre gorille. Et bêtement, elle ne voulait pas perdre sa dextérité une nouvelle fois.

« Ok bien. Mettez vous tous en cercle autour d’elle. Que chacun se rappelle à elle. Manifestement, elle préfère jouer solo pour qu’on en pâtisse tous. ».
Ce n’était pas forcément vrai parce qu’elle avait quand même assommé le tankiste pour le bien du groupe. Mais bon, Calahan voulait du spectacle, elle allait lui en offrir. Quoi de mieux que de lui laisser la perspective de croire qu’ils allaient tous la bastonner pour lui faire payer ce coup de boule.
« C’est ça, ou chacun sort avec une balle dans le dos. ». Elle espérait que Calahan les laisse se mettre en cercle autour de la captive. D’un côté, ils ne présentaient pas vraiment une menace, étant donné qu’ils étaient attachés. Normalement, s’ils pouvaient se mettre en rond, les mecs qui les surveillaient devraient se mettre en cercle autour d’eux aussi, et s’approcher un peu. Ce serait pas mal.

Le capitaine se tenait un peu en retrait. Bien droit, les mains dans le dos, il examinait l’aspirante tenter faire de vains efforts de bluff. Il secoua négativement la tête, presque blasé par ce manque d’entrain, ce manque de jeu de rôle. Le retour général aurait été le même avec un panneau clignotant “Théâtre à deux sous ! HERE !”. Ca n’allait pas du tout, vraiment pas. Un ennemi ne pourrait que constater la tentative particulièrement maladroite. Ca allait un peu mieux que sa première scène mais c’était loin de suffir.

Même la réaction de Ravix lui semblait décalée puisqu’elle occupait maintenant un rôle pleinement soumis. Il n’y avait pas spécifiquement de bonnes ou de mauvaises réactions. Mais sur un terrain ennemi, le bourreau aurait séparé tout ce beau monde pour entrer dans le vif du sujet. Il ne prendrait pas la peine d’en observer davantage.

Calahan laissa néanmoins faire, observant ce qu’allait donner l’acte et les décisions de l’officier du groupe. D’un signe de la tête, il invita les gardes à braquer les prisonniers de leurs armes. Contrairement à ce que Pedge espérait, ils ne bougèrent pas, formant comme un peloton d'exécution de P-90 qui n’attendait qu’un ordre pour tirer.


Ravix avait vraiment déconné. Danny KO, ça ne suffisait pas. Il fallait davantage et bien entendu Calahan ne pouvait se salir les mains laissant le choix à Allen. Quoi de mieux que chacun d’entre eux ait un peu de son sang sur les mains ? ça commençait à prendre une mauvaise tournure cette affaire. Bientôt on leur demanderait de prendre une pierre et de la jeter sur le malheureux choisi. Tanpis s’il finit avec un oeil crevé ou un traumatisme irréversible. Il n’y avait plus d’éthique, plus de morale. Une balle dans le dos, ça lui semblait plus appréciable que de participer à ça mais il y avait eu ce clin d’oeil de Pedge. ça, ce n’était pas anodin. Matt osait croire qu’elle avait un plan, elle avait intérêt d’en avoir un. C’est avec des gestes lents qu’il se redressa histoire de ne pas prendre de court son gardien avant de rejoindre le fameux cercle autour de Ravix. Elle à genoux, eux autour. ça avait un côté lynchage très déplaisant. Même un prisonnier Genii ou wraith ne serait traité de la sorte alors faire ça avec un des leurs. Même Stroumph Grognon. Eversman comme les autres tournaient la tête vers l’aspirant Capitaine, espérant un autre geste révélateur qu’elle renouvela de nouveau.

Atteindre les gardes était impossible là maintenant. Ils étaient trop loin. Il fallait faire en sorte de les distraire ou de se rapprocher suffisamment. Attirer l’attention. ça, il pouvait s’en charger. C’était tout à fait dans ses cordes. Les mains étaient toujours liées ne lui laissant que peu de marche de manoeuvre mais c’était bien davantage que quand elles étaient dans le dos.
« Hey Ravix. » Lança-t-il pour attirer son attention mais aussi celles des autres. La victime était toute trouvée. « ou plutôt sa Majesté, la reine des branlots. » Sûr qu’elle n’allait pas apprécier. « Tu peux me regarder comme ça. Tu vaux pas mieux que moi. Frapper Danny, le cogner Lui. Tu savais forcément qu’on allait déguster pour tes conneries. Tu peux te les garder tous tes principes à la con.. » Tout en parlant, le jeune homme enclencha l’ouverture du dispositif maintenant en place sa couronne avant de la retirer. « Je te prête la couronne, tu en as bien plus besoin que moi. » Tout en parlant, il la disposa sur le crâne de celle-ci déclenchant les hostilités.


‹c› Vanka


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L'enfer by Calahan
Chronologie 24 juillet 2018
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Plan:
 

Une petite rafale de trois balles claqua brusquement dans l’air. Si vive, si rapide, que ceux qui cherchaient déjà l’origine du tir furent surpris par la chute brutale et inquiétante du guetteur sur le sol. Il ne bougeait plus, inconscient. Etait-ce lui qui avait tiré ? Avait-il repéré une menace ?
Nombre des soldats cagoulés dans le camp s’étaient retournés, effarés, mais prêt à réagir. Déjà, quelqu’uns des plus expérimentés se jetaient derrière les tentes pour se mettre à couvert. L’effet de surprise était total. Il impactait autant l’ennemi que l’escouade d’Allen. Mais surtout, à peine ce constat fait, un nouvel assaut ne leur laissa pas le temps de bien se rendre compte.

PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA-PA

Sur la ligne de gardes qui empêchaient toute rébellion, une pluie de balles neutralisantes les touchèrent de toutes parts. Trois malchanceux s’agitèrent dans tous les sens, secoués par chacun des tirs réussis, les faisant bouger comme des poupées jusqu’à ce qu’ils s’effondrent lourdement sur le sol. Quelques éléments de l’escouade Charlie découvrirent qu’ils n’étaient pas pris pour cible par le mitrailleur. Les balles passaient au-dessus d’eux pour neutraliser leurs gardes. Ce constat les fit crier d’une étrange forme de joie, la disparition de la frustration et de cette fameuse opportunité, ENFIN, pour reprendre leur liberté. L’exclamation non-verbale, par ces simples cris, qui traduisaient un “OH PUTAIN !! GO !!!!”. Les collègues qui entouraient Ravix réagirent immédiatement de façon disparate. Sans ordre, sans attendre davantage, ils se lancèrent tous sans exception sur leur propre cible.

Etrangement, les quatre gardes restant dans leur dos n’usèrent pas de leur P90. Ils lachèrent le pistolet-mitrailleur pour tenter d’armer les neufs millimètres. Rita s’attaqua à l’un deux, fonçant sur lui pour saisir le pistolet de ses deux mains et lui envoyer un coup de genou qui le fit crier de douleur. L’italienne savait qu’elle avait à faire à des militaires entrainés, le type n’allait pas se laisser aller. En équipière, elle balança le neuf millimètres armé en direction du groupe, histoire de leur fournir une arme fonctionnelle. Son mouvement de rotation s’arrêta au moment où son ennemi la bousculait soudainement en râlant. Il avait du mal à tenir debout mais, elle, avait toujours les mains liées.
Après s’être écroulée sur le sol et avoir esquivé habilement un coup de botte, elle se redressa avec le visage rougie par la colère. Bouffée par l’envie d’en découdre, motivée par la vengeance, elle se posta en position de combat. Ses mains liées restaient en avant comme pour former une garde de fortune.

« Tu veux danser avec moi ?!? » Siffla-t-elle d’une façon très menaçante.

Son adversaire lui répondit par un élégant sourire avant de se mettre à son tour en position. Un violent échange débuta très vite entre un ancien soldat des forces spéciales qui ne pouvait qu’utiliser ses jambes et un militaire d’Atlantis visiblement compétent. Le combat se montrait tout de suite très serré. Quelque chose entre les deux faisaient qu’ils n’y allaient pas de main morte.

Un peu à côté, Izabel se trouvait à genoux. Depuis le début, elle avait cherché à sortir ses ciseaux d’interventions depuis son gilet tactique. En ayant coincé minutieusement l’outil entre ses jambes, elle parvint à le tenir à l’envers et l’orienter sur ses serflexs. La jeune femme luttait pour réussir son geste malgré le manque très pénalisant de dextérité. Si elle y parvenait, elle pourrait aller à la rencontre de chacun de ses collègues pour leur retirer les entraves. Leur rendre à tous les mains libres !!!
La jeune femme baissait la tête au rythme des échanges, effrayée par la brutalité soudaine qui s’était déversée sur le secteur. Elle avait beaucoup de mal à se rendre compte de la situation et ne faisait qu’une fixette sur sa liberté.
***Je me libère, je les libère. Je me libère, je les libère.*** Ne cessait-elle de se dire pour garder la tête froide. Vu ses compétences de combat, permettre aux autres d’avoir les mains libres était la meilleure stratégie en son sens.
Jurant dans un murmure pressé, elle entamait sévèrement ses serflexs en trouvant ça trop long. Vraiment trop long. C’était vrai d’ailleurs.

Elle ne vit pas le garde l’approcher dans le dos et l’empoigner par la nuque. La surprise lui fit pousser un cri de panique tandis qu’elle sentait le canon d’un 9mm se poser sur sa tempe. Comme dans un vulgaire film de gangster, le type prenait l’infirmière en otage et il se servait d’elle comme d’un bouclier humain. Il avait l’intention d’empêcher celui qui lui ferait face d’agir, étant en position de force, et menaçant Izabel à ce point.
Pourtant, le type ne s’était pas rendu compte de l’acte du toubib. Il ne voyait pas les ciseaux, trop occupé à beugler à qui veut l’entendre qu’il abattrait “la gonz” s’ils se calmaient pas tout de suite. Alors la jeune femme serra les dents et cisalla frénétiquement son entrave en espérant qu’il cède bientôt.
« Du calme ! Du calme ! On peut s’arranger ! » S’écria-t-elle pour l’occuper un peu.
Elle sentait que ses liens étaient sur le point de céder.

Toujours dans ce même temps, en simultané, Tim s’était lancé contre l’un des deux gardes du côté opposé. Encore une fois, ceux-ci relachaient leur P90 et cherchaient à sortir les neufs millimètres pour les armer. Le sergent était trop engagé pour avoir une réflexion sur les deux secondes qu’il lui fallut avant d’entrer au corps à corps. Il n’avait pour objectif que la neutralisation physique de sa cible et il chercha naturellement à s’emparer de son P90. Un beau duel de force entre ces deux hommes s’engagea immédiatement, comme un terrible bras de fer où l’un tentait de passer le canon du pistolet mitrailleur sous le visage de l’autre.
Tim Brass, après des efforts démesurés, parvint à le menacer et appuya sur la gâchette. Un énorme “Clic” retentit et le surprit, ce qui permit à son ennemi de frapper. Ils tombèrent ensemble et se mirent à rouler sauvagement sur le sol. Le garde était parvenu à sortir son neuf millimètre mais Tim, dans de grandes plaintes d’efforts et en plein combat, retint cet arme qui claqua dans les airs et dangereusement près de l’équipe.
L’autre sbire, lui, avait tourné les talons. Il s’était approché au pas de course de la position de Will et lui envoyait une grenade. Le type rata son lancé et l’explosif au plâtre retomba sur le côté. Il sortait alors sa dernière grenade.

Et tandis que chacun des membres de l’escouade Charlie se battait sous le regard d’un Calahan parfaitement immobile et observateur, des cris retentirent à l’autre bout du camp. Un bruit mécanique devenait de plus en plus fort, ça ronflait, couinait, grinçait. Pas mal de neuf millimètres claquaient dans les airs mais cela semblait complètement dérisoire face à la machine qui passa soudainement par-dessus les défenses de sacs de sable en les écrasant.
Ruth Padilla, aux commandes du Divorce, fonça droit sur l’unité Charlie en ignorant complètement ces tirs. Bien protégée par le blindage frontal de ce blindé léger, elle roula à si vive allure qu’elle manqua de planter le canon de 75 dans le sol lorsqu’elle rebascula par-dessus les sacs de sable. La jeune femme poussa une plainte en se cramponnant, elle avait manqué de se faire balancer par-dessus le blindé. L’engin s’immobilisa quelques secondes en se dandinant d’avant en arrière puis elle reprit la progression. Le bout du canon passa sur les tentes qui se plièrent puis le corps massif du MALP amélioré roula par dessus. D’horribles craquements témoignèrent de la destruction du matériel alors que Ruth effectuait volontairement cette manoeuvre.
C’était un message ! Un message qui impacta le moral ennemi et offrit un souffle salvateur à l’escouade Charlie. Le Divorce était là et il leur roulait littéralement dessus ! La cavalerie venait d’arriver, l’unité d’Allen reprenait le pouvoir, la liberté, leur potentiel de combat !!!

Will ne pouvait pas contre-attaquer sur le type qui lui balançait des grenades. Il était entièrement absorbé par son besoin de retenir la majorité des effectifs du camp. Il empêchait les types planqués derrière les tentes de monter sur ses collègues encore aux prises avec les gardes. C’est pour ça que Ruth ne s’arrêta pas à leur hauteur et ne leur prêta pas main forte.

La jeune femme stabilisa le blindé en le présentant de flanc pour offrir un couvert et boucher la vue sur ses collègues puis elle sauta derrière. A l’abri, elle arma son P90, le plaça sur le tir au coup par coup, puis elle s’employa à retenir les ennemis qui tentaient un contournement. Se redressant et se rabaissant, l’oeil sur le viseur, elle entravait leur progression et parvint à en abattre deux.
C’est là que Danny entra en jeu. Visiblement désorienté, il était en train de ramper en direction de son char. Les sauveteurs n’avaient pas utilisé le canon, signe qu’ils ne savaient pas comment s’en servir. Mais Danny, lui, connaissait cet engin comme sa poche, c’était même sa raison d’être dans l’unité. Le regard obnubilé par son outil, il cherchait à l’atteindre le plus vite possible. S’il y arrivait, ce serait un massacre chez l’ennemi. C’est pour cela que les tirs de neuf millimètres provenant de la ligne de front ne tardèrent pas à atterrir tout autour de lui. On voulait rendormir Danny Blake avant qu’il ne soit cette menace irrépressible !

Pendant ce temps, l’action combinée de Will et Ruth avait coupé en deux les effectifs du camp. Ils retenaient le plus gros des forces pour permettre à l’unité de prendre le dessus.


••••

by Wiise

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Dim 20 Jan - 11:36
Pedge Allen
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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018

Du côté de Pedge Allen

Pedge devait trouver un moyen de faire signe à Will. La situation dérapait, et elle ne savait pas comment s’en sortir. L'action de Matt pour leur faire gagner quelques minutes et participer au spectacle était pas mal, mais il allait falloir la bastonner maintenant… Et très sincèrement, la texane n’y tenait pas. C’est alors que claqua dans l’air une rafale qui envoya le guetteur au pays des songes. Puis ce fut le bordel. Pedge était surprise par l’initiative, mais qu’à moitié, car elle savait que des troupes alliées avaient plus ou moins infiltré le camp. C’était le moment où jamais pour agir !

A l’instar de Rita, la jeune femme s’élança sur le garde le plus proche d’elle. Ce dernier était en train de courir vers la position de Will. Pedge arriva sur lui alors qu’il sortait une dernière grenade pour la lancer sur le mitrailleur. Elle le plaqua avec violence, roulant dans le sable avec lui. Elle termina à califourchon sur lui.
Ce dernier avait lâché son P-90 dans la bousculade. La militaire saisit l’arme à deux mains et se servant de la sangle et du fait que le soldat tenta de la récupérer, elle le tira à elle pour lui écraser son front en plein milieu de la cagoule. Elle entendit distinctement le type râler de douleur et la pression sur le pistolet mitrailleur s’amoindrir. Aussi retourna-t-elle l’arme vers son utilisateur et pressa-t-elle la détente pour le neutraliser. Sans succès car un déclic typique d’un chargeur vide se fit entendre. Pedge ne perdait que rarement le nord dans ce genre de situation, et elle attira le type une nouvelle fois vers elle pour lui coller un coup de coude rotatif sur le côté de la tête. Elle récupéra le flingue qu’il portait. Tout cela alla très vite car il n’y avait pas de temps à perdre.

Pedge resta accroupie près du mec à moitié groggy sur le sol. Il n’opposait plus vraiment de résistance. Il couina quelque chose comme un « neutralisé » plusieurs fois en se protégeant la tête, et la texane ne chercha pas plus loin le concernant. Néanmoins, elle fit passer l’info en gueulant :
« P90 non alimentés !! P90 non alimentés !! ». Elle était déjà en train de vérifier le chargeur de son neuf millimètres. Ce dernier était complet, ce qui était une très bonne chose.
Un coup d’oeil sur la situation lui indiqua que l’ennemi se remettait de la surprise. Mais le craquement sinistre d’une machine se fit entendre et soudainement, le Divorce, où l’engin que Pedge prit pour le Divorce, pointa le bout de son nez en roulant sur les sacs de sable pour se mettre en position. L’entrée était fracassante. Elle ne connaissait pas la femme sur la machine, mais elle estima que ça devait être la portée disparue. Toujours est-il que Pedge espérait que ce n’était pas une machine ennemie, sinon s’en était réellement fait de cette petite phase de rébellion.
Elle était maintenant légèrement excentrée par rapport aux autres puisqu’elle avait suivi le bonhomme qui s’en prenait à Will. Elle avisa la grenade du type qu’elle venait de neutraliser, qui avait roulé à deux pas de là, et elle la récupéra.
Elle voyait parfaitement la situation désormais. C’était parfait. Tim était au prise avec un type. Elle devait l’aider. Elle lança alors la grenade vers les tentes sur son flanc droit pour couvrir sa progression vers le sous-officier. Les types au niveau de ces tentes étaient déjà cloués sur place par les rafales du mitrailleur. La petite explosion éjecta du plâtre sur quelques hommes. Les autres qui avaient fui la poudre avaient été cueilli par la mitrailleuse. Elle devait remettre Brass dans la boucle de commandement car il allait falloir organiser la rébellion pour que ça ne s’essoufle pas, et l’objectif prioritaire devenait Danny qui devait rejoindre son engin à tout prix.
Elle courut vers le sergent, et sans faire plus de détails que ça, elle colla une balle dans le type avec qui il luttait depuis quelques minutes maintenant. Elle lui toucha l’épaule pour se signaler et gueula pour couvrir les tirs d’armes en tout genre :
« Brass !! Regarde s’il a un couteau et coupe tes liens. Prend Eversman et emmène moi Blake sur sa machine, grouille !! »
Elle lui tapota l’épaule plusieurs fois pour lui mettre la pression et elle fit un point sur la situation de chacun, toujours accroupie près du garde neutralisé pour ne pas faire une cible facile.

Au début, étonné par la chute soudaine de son adversaire, le sergent comprit rapidement en voyant son officier venir l’aider. Il se redressa tant bien que mal, un léger sourire naissant aux coins de se ses lèvres en devinant Will arroser tout le monde depuis sa mitrailleuse.

« A vos ordres ! » S’écria-t-il par automatisme.

La présence du Divorce offrant une couverture et l’action de Sandoval les laissait relativement à l’abri. Tim fouilla le gilet tactique du soldat inconscient pour y trouver un poignard de combat. Il appela son officier pour qu’elle l’aide à lui ôter les liens qu’il jeta avec une forme de frustration.
Il leva le nez encore une fois. Will provoqua les soldats qu’il avait fixé derrière les tentes en hurlant un « VENEZ !!!!! » qui trahissait son manque de sang-froid. La longue rafale inutile qu’il envoya ensuite le prouva.

« Sandoval tire n’importe comment, capitaine. Il va vite se retrouver à court... »
« ll faut en profiter dans ce cas. ». Pedge ne pensait pas nécessaire de rejoindre le mitrailleur fou. Il offrait une bonne diversion. L’essentiel de l’action devait conduire à utiliser de façon efficiente ce putain de char.

Voilà ! Il avait enfin récupéré l’arme de poing dans le holster ainsi que deux chargeurs. Armé, prêt à tirer, le sergent quitta son officier et progressa en direction de Danny.
Il s’apprêtait à appeler Eversman pour obtenir son aide mais Ruth semblait lui faire signe. Deux grenades au plâtre explosèrent subitement contre le blindage du divorce. Elle était en contact rapproché !

« TIENS BON !!! » Lui cria-t-il en atteignant la position de Danny.
Un militaire s’était approché pour essayé de l’avoir. Le sergent le mit tout de suite en joue et tira deux coups par deux coups. Il parvint à le neutraliser puis repartit. Le tankiste n’était plus très loin. Il fallait vraiment qu’il puisse se lever et atteindre sa machine.
« EVERSMAN !! AVEC MOI ! »


‹c› Vanka

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Lun 21 Jan - 20:12
Elana Ravix
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018


Du côté d’Elana Ravix

Alors que son calme revenant aussi placidement qu’un gros chat, Matt donna un peu de sa version. Elana leva un regard vers lui, se mordant la langue. Sur le coup, elle se demandait pourquoi il venait parler et mettre un accent sur quelque chose qui lui sortait par le nez : la comparaison bien trop humiliante avec ses hauts fait et avec lui clairement. Et en plus, il venait à lui coller sa putain de couronne sur la tête… décidément il n’y tenait pas vraiment à son cadeau fait avec haine et aversion par tonton Calahan. Et elle n’en voulait pas non plus. Qu’il la reprenne sa merde où aucun des mots ne pouvait la définir. Outre l’envie de lui dire de se faire voir et celle de savoir comment elle devait réagir pour faire perdre encore du temps, car là était le but, sinon pourquoi Allen aurait demandé un cercle et que mister perfect serait venu lui dire tout ça ?, elle hésitait fortement : soumission, ou s’énerver ? Il avait quand même un point fort chez lui : il savait agacer, peut être que cela pouvait être utile plus tard d’avoir un maître perturbateur. Mais passons, elle se refusa à s’irriter plus, cela était trop facile, trop simple et gratuit. Mais foutrement légitime après cette manœuvre infernale, la soif, la douleur et tout ce qui s’était passée. Et là n’était pas le but. Mais… elle n’était pas légère sa couronne quand même…

Mais bon, elle garda la tête froide, après tout Allen avait lancé la première pierre sur cette pique pour lui donner une punition de sa crue. La question suivante était de savoir si s’était le branlot qui allait devenir tyran ou bien bourreau. Mais, la question ne fut même pas posée, que les hostilités se déclenchèrent. A la bonne heure de l’action, de la vraie qui allait décharger la frustration de beaucoup dont la sienne.

Le chaos, rapidement et brusque s’installa, elle se releva, prestement ignorant le voile noir qui avait apparu sur ses yeux pendant quelques secondes. Même si elle avait bu une bonne ration de pisse chaude et malodorante, la déshydrations était toujours présente. Elle sentait son corps fourmilier de million d’aiguille dans ses articulations. Sensation déplaisante qui s’évanouie doucement quand l’adrénaline inonda son corps une nouvelle fois. Elle se redressa, pour se focaliser sur le garde le plus proche, celui qui tenait Iza… il allait falloir se la jouer malin avec ce mec qui la menaçait avec son pistolet. Il l’avait repéré et il la fixait quand elle avait fait tomber la couronne entre ses mains. Comme dit au dessus, elle était lourde comme couvre-chef… cela pouvait servir d’arme. Elana avait aperçu que la toubib était en train de cisailler ses liens, il fallait faire perdre du temps. Et elle n’avait plus la parole pour attirer son attention. Alors, elle se déplaçait sur le côté, tout en ne s’approchant pas pour l’obliger à la suivre du regard et pivoter. Elle se rendit compte qu’elle avait mal aux lèvres, il est incroyablement le nombre de mouvement qu’on peut faire à cette partie du visage. Cela l’élançait petit à petit.


Le bourreau continuait de gueuler en malmenant Izabel. Mais elle tint bon en continuant la découpe de ses liens le plus discrètement possible. La jeune femme avait accroché son regard sur celui de la Française et elle n’attendit plus que comme un signal. Au moment où il lui semblait en voir un, ses mains se désolidarisèrent enfin de l’attache et elle câla un coup de coude hasardeux qui fît quand même mouche. Sous l’action de la douleur, le type tira une balle qui frôla le médecin de si près qu’elle tomba sur le flanc, se protégeant les yeux, et le laissant sans bouclier humain.
Mais déjà, plié en deux, il remontait son flingue en direction d’Elana. Il aurait l’occasion de lui tirer dessus avant qu’elle ne l’atteigne. Bowers en fit la déduction en un instant, comme un instinct de conservation, une réaction réflexe qui l’envoya se redresser à la vitesse grand V pour lui chopper le bras. Et comme une gosse, elle tira de toutes ses forces pour dévier le canon.
Elle en récolta un coup de crosse dans le visage, l’envoyant tomber à la renverse mais offrant enfin cette fameuse opportunité à Ravix.

« Merde ! » Cria le type en remontant son arme dans le bon axe.
Et il allait encore jurer le pauvre gars, puisque Elana avait profité de l'initiative de sa partenaire, pour foncer sur l'homme et lui assener sur la tête un coup de couronne. Un bruit sourd de “bougn” se fit entendre alors qu'ils roulaient tout deux aux corps à corps, elle espérait bien prendre le dessus et le mettre KO… Mais, avoir les poings liés étaient une véritable sinécure, la transpiration, la crasse et le sang avaient formé une sorte de sueur désagréable sur ses liens qui frottaient à chacun de ses mouvements. Elle était fortement gênée et avait hâte de retirer cette merde plastique qui lui sciaient les veines. Mais qu'importe, sur le coup, elle avait qu'un objectif, qu'il ne se relève plus pour cette partie. Quand, elle avait levé la couronne, elle s'était demandé après coup… si elle n'avait pas tapé trop fort. Après tout, cet homme, était un compatriote, il faisait comme elle son boulot d'élève aspirant de Calahan et ce n'était pas parcequ'il était dans le camp inverse au siens, qu'elle devait le démolir comme si c'était un Urgal's… Alors, quand elle leva une nouvelle fois, la couronne, pour frapper avec le bord ferme de ses mains et de l'objet lourd, elle mesura le coup… Dans le but évident qu'il soit moins impactant mais pas non plus une caresse soyons clair… sauf quand on aime les torgnoles de bonhomme. Peut-être qu'il pourrait en profiter, mais à dire vrai, elle ne pensait pas qu'il ait perçu la nuance. Bref, elle se questionnait à cet instant mais elle n'avait pas le temps de pousser plus cette réflexion (qui méritait qu’on s’y attarde), elle prenait simplement en compte de ne pas déverser sa frustration et sa haine légitime sur ce pauvre gars qui faisait son taff. Surtout qu'elle pourrait le croiser au détour d'un verre au bar et sympathiser… enfin cela allait jeter un froid si la conversation dérive sur cet élément : « tiens tu te rappelles quand j't'ai défoncé le crâne avec la couronne de roi branlot ? C'était bien drôle, depuis tu as gros trou et tu es juste bon à touiller ta soupe ! » Bref, la couronne s'abattit à nouveau, alors qu’elle le chevauchait t’elle une walkyrie avec une bien étrange arme. Une arme pas très conventionnelle, mais faite par un instructeur.

Le militaire n’était pas très fort.
A vrai dire, il avait même été étonnamment faible pour résister à l’assaut d’Elana, comme s’il avait eu un temps d’hésitation qui ne collait pas vraiment avec la technicité du combat. Alors qu’il avait tenté de s’extraire en optant pour une tactique visant simplement à la repousser, le type cagoulé avait poussé des plaintes qui traduisait une forme de malaise. Il ne frappait pas de ses poings, c’était étonnant, il ne portait pas la main sur Ravix.

Au cours de la lutte qui suivit, il tira en l’air dans l’espoir de la faire lâcher prise. Le claquement sonore et très sec de l’arme intervint à côté de son oreille pour la distraire mais elle était tellement prise dans sa lutte qu’elle n’avait même pas tressailli. En voyant l’objet qui lui servait de masse le menacer à nouveau, l’homme monta ses mains en défense comme s’il craignait d’y laisser une bonne part de son visage. L’infirmière n’avait pas tardé à rappliquer pour participer et lui écarter cette maigre défense avant que ce coup ne plonge sur sa face. Un choc, il cria, mais il recommença à s’agiter et à se défendre.

Elana était étonnée de voir aucune résistance de la part de l’homme. Certes, il tentait de la repousser comme il le pouvait, mais en toute franchise, elle s’attendait à de la résistance, qu’il défende son bout de gras comme un soldat qui voulait jouer l’ennemi, mais non… Il la repoussait sans vouloir la toucher. Incrédule malgré son air renfrogné…Amplifiant ses pensées précédentes… la couronne allait frapper de nouveau…

Pris au pied du mur, au beau milieu de cette fusillade, l’homme craqua et parla d’une voix étonnamment familière pour la jeune Ravix.
« ELANA ! ARRÊTE PUTAIN ! C’EST MOI !!! C’EST MOI ! ARRÊTE... »
Le mouvement de la française stoppa net, puisqu’elle comptait le mettre KO, pour qu’il soit sage…. Elle reconnut néanmoins, une sonorité familière dans le cri, qui confirmait une drôle d’impression quand il avait parlé avant et puis gémit. Cette voix, ne lui était pas inconnue… Oula non…
Banks ? Elle ouvrit de grands yeux, reposant son regard sur les deux prunelles vertes de l’homme qui la toisait avec un air mitigé entre la peur et une forme de colère légitime. Elle n’avait guère fait attention au coup de feu, à dire vrai, elle avait le sang qui tapait dur dans ses tympans. Et elle se félicitait de n’avoir pas frappé réellement fort les tours d’avant…. Mais qu’est-ce qu’il foutait là ? N’avait-il pas été éjecté de l’enseignement Calahan ? Il avait fait une connerie pour se retrouver là ? D’habitude c’est récurer les chiottes avec la brosse à dent qui était de mise… Olalala…

Elle lâcha la couronne, qui roula en cercle vers Iza… Bon Banks était sous elle, mais il était ennemi et il ne fallait pas se laisser aller à la familiarité ou même à un abus de confiance, si Calahan a mit ici Banks… ce n’est pas parce qu’il a besoin d’homme ou pour peler les patates. Cela pouvait être égocentrique de penser que la présence de son ami, n’était pas anodine, voir un peu présomptueux, mais vu comment le capitaine était renseigné elle ne voulait exclure aucune idée farfelue ou non. Ils étaient là pour en chier et être testé dans toutes les conditions possible. Une élite ne se fait pas avec des petits entraînements simples de tir et de balade en forêt ! Il avait la condition mentale et Calahan semblait adorer travailler sur ce point. Faut dire que les militaires ne sont pas vraiment des cérébraux. Bref, elle agit pour le neutraliser en lui plaquant le bras qui tenait son arme. Il allait arrêter très vite de l’agiter et aussi parce qu’elle ne pouvait pas parler, pour l’informer de la lâcher. Elle était sur lui et le maîtrisait, tout en amorçant un geste de la tête vers la toubib pour qu’elle se magne à lui prendre son pistolet.

« Ok, ok...prends-le... » lâcha-t-il en laissant Izabel le déposséder.
Il fixait Elana. Malgré sa cagoule, son regard exprimait un air profondément navré.
« J’avais pas le choix... »
Bowers, de son côté, ne se sentait pas bien. Tout comme Elana, elle craignait un odieux subterfuge et son état faisait qu’elle était bien moins calme, bien moins patiente. A peine eût-elle récupérer l’arme qu’elle le pointa en direction de sa tête avec la ferme intention de tirer.

Elana le regarda, elle est mauvaise en expression non verbale et verbale de toute façon... et ne pas parler était véritablement chiant. Elle aurait bien aimé lui dire que ce n’était pas grave qu’elle ne lui en voulait pas. De toute façon, elle n’avait pas à en vouloir aux mecs ennemis, sauf à l’autre connard en herbe de Wakks à qui elle devait son silence… La soldate comptait lui donner un geste pour calmer son ami, quand en relevant le regard vers Iza, elle réagit immédiatement pour lui dire “non” en agitant les mains. Hors de question de tirer sur lui. Enfin, sur le coup, elle avait réagi ainsi… Et elle se demanda s’ils avaient le droit à des prisonniers ? Pour avoir toutes les infos sur les planques de Calahan et sur le reste....

Sans crier gare, Banks s’agita en poussant un cri. Il parvint à arracher l’arme d’une main agile à l’infirmière dont l’attention avait été détournée. Mais au lieu de tirer sur elle, il visa par dessus son épaule. Il s’était légèrement redressé, son autre main saisissant Bowers par le col pour la plaquer contre le sol tandis que son canon montait sur un cagoulé, là derrière, qui surgissait depuis le couvert de sac de sable. Banks tira deux coups et atteignit ce qui aurait été ordinairement son collègue. Il avait réussi à l’empêcher d’assomer l’une de ces deux femmes, il n’en revenait pas lui-même. Elana avait été surprise par ce mouvement et un court instant, elle avait juré un beau « merde » dans sa tête avec une pointe de colère. Mais non, Banks était Banks et il venait de se rallier à la bonne cause ! Pour sa plus grande satisfaction ! Mais tout se passa que trop vite et elle manqua de perdre l’équilibre quand celle-ci avait décidé de se relever, et il avait complètement oublié qu’il avait une française sur le corps. Enfin… elle n’était pas bien lourde la petite dame ce qui n’aide pas. Bref, elle se rattrapa sur son épaule de justesse avec ses mains liées. Alors que l’homme semblait vouloir faire un mouvement vers le haut.

En laissant le 9mm basculer, Banks qui se redressait un peu en découvrant soudainement que Ravix était resté à quatre pattes sur lui, remonta son regard dans sa direction.

« Ahaha, j’savais que j’te plaisais... » Déconna-t-il stupidement comme s’il avait été en train de partager un verre. Elana roula des yeux, en détournant le regard pour enchainer la suite, elle allait aussi se relever, plus aucune raison de chevaucher le pilote. Will allait être jaloux, cette pensée était vraiment sortie de son contexte et elle roula les yeux une nouvelle fois de sa propre connerie, elle avait pas l’esprit clair. Enfin si, mais elle pensait beaucoup. Et comme disait le Cap’ Dubois son ancien instructeur : “penser est l’ennemi du soldat, laisser ça aux mecs qui ont fait bac+5 pour vous gueuler dessus !”.

Izabel était encore en train de se redresser, honteuse de s’être faite désarmée. Elle le voyait en train de rendre l’arme à Ravix. Mais la scène était tellement décalée, tellement à mille lieux de cette fusillade qui tonnait dans tous les sens que ça ne loupa pas. Un des cagoulés qui n’avait visiblement pas apprécié la scène de sympathie lui envoya une balle en pleine tempe. Banks poussa une plainte soudaine et s’effondra illico. Deux tirs supplémentaires frolèrent le visage d’Elana de tellement près que la couleur rouge de l’ogive s’imprima sur sa rétine durant quelques secondes.
L’embusqué du sac de sable n’était pas tout seul. Son copain venait d’entrer en jeu. Peut-être à cause de la rage, ou bien un trop plein de frustration, Izabel empoigna une pierre qui trainait juste à côté et l’envoya de toutes ses forces en criant. L’adversaire, plutôt surpris, l’esquiva avec un geste parfaitement exercé, professionnel, avant de remonter son neuf millimètre pile sur elle.

Bon… il fallait se sortir les doigts des fesses et elles venaient de perdre leur nouvel allié. Elana marmonna un juron entre ses lèvres ce qui lui arracha une nouvelle douleur. Douleur… son nouveau prénom, vu comme elle avait toujours mal quelque part. Enfin, note a part, Banks allait se faire rôtir les jarrets par Calahan, puisqu’elle était certaine que l’officier avait vu ! Elle ne savait pas comment, il pouvait avoir des yeux de partout (et surtout là, où il vaudrait mieux pas qu’ils y soit (sans perversité bien entendu))…enfin Banks allait être bon, pour une punition… encore et encore pour elle. Décidément, elle devait peut-être envisager de lui prendre un fouet, s’il aimait se faire mal. En plus, son anniversaire était la semaine prochaine.

Bref, cela était très rapide dans sa tête et déjà elle était en mouvement pour se remettre droite alors que sa vision voyait rouge à cause d’une balle… et cela n’était pas une belle métaphore pour traduire de sa frustration, d’avoir un pilote mou sous elle. Cela la faisait clairement chier d’avoir perdu Banks qui n’aurait pas été de trop pour botter des cul… même s’il était meilleur avec des drones. Enfin bon, encore une énième frustration ! Elle se saisit de l’arme que son ami comptait lui rendre avant d’être lâchement abattue et elle ouvrit le feu, sur le mec qui était en train d‘ajuster son tir pour la neutraliser.
Elle le toucha en plein torse. Le type se révulsa et s’effondra soudainement en ayant tenté quelques balles au jugé. L’infirmière s’était recroquevillée en craignant en être la cible mais voir l’ennemi enfin à terre la rassura. Rien n’était fini pourtant.

« RAVIX !!!! CAPORAL !!!! » Tim lui faisait un grand geste de la main. Dès qu’il capta son attention, il hurla à pleins poumons : « AVEC RITA ! RAMENEZ ARMES ET MUNITIONS. ALLEZ !! »

Elana était soulagée d’avoir arrêté ce tireur et elle pensa “rageusement” ou du moins a sa manière très lisse « pour Banks connard ». Et elle finit de se remettre droite, quand elle entendit Tim hurler après elle. Elle hocha la tête, pour prendre les chargeurs de Banks et ce qu’il pouvait avoir sur lui d‘utile. Le pauvre bougre allait se réveiller dans un état des plus détestables, vu comment Will avait douiller. Elle ne perdit pas plus de temps, avant de se rapprocher d’Iza et de lui tendre ses bras chargés de munition et de l’arme afin qu’elle la délivre.



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Mar 22 Jan - 17:36
Matt Eversman
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Du côté de Matt Eversman

La couronne venait à peine d’être posée sur la tête de la nouvelle Reine, ce fut le bordel complet ! Des tirs pleuvaient sur les positions proches, des corps s’effondraient au sol et il y eut des cris, des gémissements. Le voilà maintenant plongé en pleine scène de guerre ou plutôt en plein embuscade. La soudainement des actions le laissèrent quelques instants sans véritable réaction jetant des coups d’œil dans tous les sens ne comprenant pas d’où venait les tirs, s’ils étaient alliés ou non. Peu importe, il fallait bouger et profiter de cette opportunité. On réfléchira après, place à l’action.

Un soldat tenait fermement son P90 le mettant en joue. Eversman s’apprêtait à charger sur cette cible, celle la plus proche, à savoir l’homme sur sa droite quand un objet passa dans son champ de vision. Un M9 qui tomba au sol à peine un mètre devant lui. L’occasion était trop belle pour la râter, Matt s’empressa de réduire la distance le séparant de l’arme, se jetant au plus vite dessus tandis que ses doigts se refermaient autour de la crosse. Les poignets liés n’étaient pas un inconvénient, bien au contraire, ils renforçaient son emprise sur l’arme le faisant gagner en stabilité. L’hostile cagoulé avait lâché son fusil-mitrailleur pour extraire son arme de poing, Matt s’empressa d’actionner la gâchette. Ce dernier s’écroula aussitôt, atteint par une munition d’entrainement.

Le Ranger n’avait pas en rester là, alignant déjà la cible suivante dans sa ligne de tir.
C’est là qu’il reçut un casque militaire dans le pif. L’autre n’était pas resté les bras ballants à regarder son collègue se faire neutraliser, il ne voulait pas du même sort. Lâchant un cri de combat assez sec qui témoignait de son envie d’en découdre, il avala le reste de la distance qui le séparait d’Eversman. Tête basse, main en accroche, il le percuta à la taille et lui souleva les jambes pour l’emmener à terre. Une lutte s’enclencha immédiatement, là où il semblait être à l’aise puisque c’est ce qu’il avait recherché. Le 9mm venait de tomber juste à côté de Matt. Mais là encore, son adversaire l’intégra dans sa stratégie d’attaque et le repoussa d’un geste de sa main avant de s’employer à gagner son cou.
« Rends-toi ! » Cria celui-ci.
L’ennemi cherchait à franchir la défense désespérée d’Eversman pour pouvoir lui appliquer une bonne vieille clé d’étranglement. Il comptait beaucoup sur les entraves du jeune homme qui ne lui permettait pas de le repousser.

Quelque chose de dur lui heurta le nez. Une onde douloureuse se répandit rapidement alors qu’il détournait la tête et montait les mains vers son visage dans un réflexe protecteur. Le nez, c’était l’un des points clés lors d’un combat car ça procurait un mal de chien et sonnait l’adversaire. Matt n’échappait pas à la règle et ne comprit que trop tard les intentions de son adversaire se retrouvant projeter au sol. Les avants-bras protégeaient le crâne d’une avalanche de coups. Eversman se tordillait dans tous les sens, donnant des coups de bassin ,de pieds pour tenter de déstabiliser l’adversaire et de lui faire quitter cette position dominante. Le 9mm s’échappa de ses doigts tombant juste à ses côtés.. Eversman quitta aussitôt sa posture défensive pour l’aggriper de nouveau mais ce dernier fut repoussé. Matt y assista impuissant, l’arme désormais hors de portée. Son avantage venait de battre de l’aile. Un juron fut lancé, interrompu par l’action imminente. L’autre cherchait à l’atteindre au niveau de la gorge cherchant le KO. Pas question.

« NON ! » Rugit l’Aspirant se débattant comme un beau diable pour ne pas perdre le dernier espace salvateur. La position de ses avant-bras ne lui permettait pas d’accéder à son cou mais laisser le reste sans protection. Les coups pleuvaient de tous côtés. L’adversaire chercha à le faire céder, d’une manière ou d’une autre. Rester là à encaisser était impossible. Le corps céderait à un moment. L’attaque était la meilleure des défenses. Il lui fallait reprendre l’ascendant. Le serflex n’arrangeait pas ses affaires. Le Ranger continuait de ruer, d’envoyer de violents coups de genoux dans le dos de son adversaire.

A force de se déplacer, son crâne finit par heurter quelque chose de dur. Matt réagit alors par instant levant les bras pour agripper cet objet jouant son destin sur ce coup du sort. Le soldat s’engouffra aussitôt dans le brèche l’attrapant par le cou coupant toute arrivée d’air tout en continuant ses coups cherchant le KO. Une droite bien placée sur le nez fit apparaître les premières étoiles dans son champ de vision. Les doigts tâtonnaient sur le sol cherchant désespérément cet objet. Il n’y avait rien. D’autres étoiles rejoignaient les premières. Ça devenait urgent. La panique n’était pas dans ce genre de moment. La raison fichait le camp. Il lui fallait de l’air et vite. C’est au moment où la vision commençait à se brouiller sérieusement que les doigts tombèrent enfin sur quelque chose de long et rigide. Ils l’aggripèrent aussitôt avant de l’abattre sur le crâne de l’adversaire. Plusieurs fois y laissant toutes les forces qu’il pouvait lui rester. Vu le bruit que ça faisait et les plaintes qui s’ensuivaient, le type avait dû salement morfler. Il fut bien contraint de l’abandonner.
Le temps que Matt se reprenne, il se rendit compte que le type était en train de ramper lentement vers le 9mm. Il l’empoigna et s’apprêtait à se retourner, encore bien sonné. Son cuir chevelu semblait fendu sur cinq bon centimètre et il saignait au travers de la brêche de sa cagoule.

L’air revenait dans les poumons. Inspirer faisait mal, expirer lui provoqua une quinte de toux le faisant basculer sur le flanc. Le saignement du nez était conséquent. Le répit ce n’était décidément pas pour lui et certainement pas un maître mot de cette mission. L’ennemi qu’il pensait KO ne l’était pas. Ce salaud était parvenu jusqu’à l’arme. Ça sentait le sapin pour Eversman. Il n’avait pas le temps de se ruer sur lui. L’autre aurait le temps de presser la gâchette bien avant qu’il ne puisse dévier le bras de sa trajectoire. Pas le temps de réfléchir, d’imaginer un autre plan. Matt fit ce qu’il avait toujours fait, il se releva et fonça dans le tas gueulant pour impressionner. La charge atteignit sa cible, les mains liées en avant pour détourner la trajectoire de tir. L’esprit décrocha, Matt cogna avec tout ce qu’il pouvait déversant toute sa colère, ses frustrations du jour sur ce pauvre type.
« Neutra...neutr...je...suis...j’suis neutralis...putain ! Arrête ! » Envoya le type en levant les mains en signe de reddition.
La pétarade avait toujours lieu autour du militaire. Il lui semblait entendre la voix de Tim Brass, non loin, qui l’appelait.

L’autre se rendait, il avait gagné. Cela ne l’empêcha pas de cogner une dernière fois contre la tête de ce type au visage ensanglanté. Ce type ne leur nuirait plus, plus maintenant. C’est avec le souffle court que Matt le délaissa n’ayant qu’une optique en tête : récupérer le pistolet.
« EVERSMAN !! AVEC MOI ! » gueula une voix au loin.
C’était le sergent Brass. Il lui fît un signe de bras et lui désigna le Divorce.
« Couvre Danny !!! Couvre-le ! »

A l’écoute de son nom, Eversman s’immobilisa et releva la tête balayant rapidement le chaos des alentours pour repérer son interlocuteur. Un bras fut levé. C’était Brass. Il lui ordonnait de couvrir Danny. Ce dernier fut repéré, en train de ramper pour rejoindre le blindé.
« OK, Sergent » Gueula-t-il en retour tout en déplaçant avec une démarche chancelante vers le fameux Divorce. Pas le temps d’admirer la carlingue, il s’empressa de se mettre à couvert. Ruth était là. Il s’empressa de l’imiter en ouvrant le feu sur les soldats cagoulés.
« GRENADE » Hurla-t-il après avoir repéré un objet projetait dans leur direction.
Padilla se plaça à couvert beaucoup trop tard. L’amas de plâtre qui se diffusa soudainement passa au-dessus de son couvert et la jeune femme hurla dans un mélange de douleur et de surprise. Elle s’adossa au blindé en essayant d’essuyer ses yeux. Elle était pleine de plâtre, ça l’avait aveuglé.

L’hurlement n’annonçait rien de bon. Matt découvrit le visage blanchâtre de sa partenaire et surtout ses mouvements équivoques pour se débarrasser du plâtre. Il ne pouvait lui porter assistance pour le moment même s’il se rapprocha d’elle pour récupérer son P90. Il avait besoin de cette puissance de feu.
« Reste à couvert. » lui ordonna-t-il tout en faisant ce qu’il pouvait pour lui rétirer son arme luttant avec cette fichue sangle.. Impossible pour lui d’assurer une bonne prise en main avec ce fichu serflex.
« J’veux me battre ! » Répondit-elle tout en crachant du plâtre.
Malgré sa vue altérée et l’environnement de combat, elle comprit rapidement qu’elle ne parviendrait plus à retenir l’ennemi dans cet état. Elle sortit son poignard de combat et coupa tant bien que mal les liens du nudiste.
« Quand ce sera fini...tu boucheras ce foutu trou dans ta culotte. Tu fais peur ! »
Elle eut un sourire mi-figue mi raison et lui donna son P90.
« Il reste vingt-six cartouches... »
« C’est un boxer, l’aveugle ! » Répliqua-t-il tout en se saisissant de l’arme.
« Tu as une couille qui dépasse et tu as perdu ta couronne ! »
Elle était plus sèche cette fois, lui faisant remarquer que tout le groupe paierait ce dernier détail.
« Putain ! » Ce n’était pas tant la tenue dépravée qui l’irritait mais surtout la perte de cette fichue décoration. Il le payerait. Cher, très certainement et ses coéquipiers aussi. Pas le temps d’imaginer la punition qui leur serait infligée et de toute manière il n’avait pas l’imagination malsaine du chef.
« Maintenant, fonce ! »
« Reçu. Et toi arrête de mater et remet toi ! » Pas le temps d’échanger davantage, le Ranger s’était mis en position de tir. L’oeil rivé dans la mire, Matt entra dans une espèce de bulle mentale. Occulté la soif, la faim et la fatigue, il avait bien l’intention d’utiliser au mieux les 26 munitions. Impossible d’atteindre 26 fois la cible, on lui demandait un tir de suppression. Il lui fallait donc au pire maintenir l’ennemi à couvert, au mieux les toucher.





@ pyphi(lia)

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Mar 22 Jan - 19:22
Steven Caldwell
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L'enfer by Calahan
Chronologie 24 juillet 2018
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Ruth luttait avec ses propres lunettes pour en retirer le plâtre. Sans ça, elle était aveugle.
Matt l’avait remplacé au pied levé et faisait durer ses vingts-six cartouches du mieux possible. Sous les ordres du Capitaine Allen, le sergent avait repris les troupes et assisté le retour de Danny Blake sur son char. Lorsqu’il l’atteignit et que sa main se posa sur le blindage, le tankiste sembla reprendre vie. Comme si sa raison d’exister était de retour et éclatait au beau milieu du camp, qu’il retrouvait une légitimité au sein de son équipe et voyait disparaître le boulet qu’il se sentait être devenu, le militaire devint soudainement léger et bondit par-dessus Matt Eversman, menaçant de lui marcher sur l’épaule pour pouvoir se jucher sur son siège de pilote.

Contrairement à Ruth, il était tellement habitué et à l’aise, puisque c’était son travail, que le Divorce s’anima entièrement sous son contrôle. Le MALP hybride gagna son alimentation complète et il rugit soudainement par-dessus les tirs d’Eversman. La tourelle pivota alors, imperturbable aux balles qui ricochaient et s’applatissaient sur son blindage de front. En conservant le corps du blindé immobile pour la couverture, c’est toute la partie supérieure, y compris le siège pilote, qui se mouvait en une rotation extrêmement plaisante. Le canon de 75 raccourci pointa les différentes tentes derrière lesquelles nombre de soldats s’étaient planqués. Dans une panique désorganisé, ils tentèrent de s’extraire au moment même où Danny faisait feu. Un terrible vacarme éclata, soufflant les tentes et les écrasant au sol dans un panache de plâtre et d’une onde de choc déroutante. Pas blessante mais aussi vive qu’un coup de vent soudain. Une bonne claque adressée aux cagoulés qui se mirent à tousser. Certains d’entre eux levèrent les mains pour s’éloigner du lieu du tir, quittant la zone en étant recouvert de la tête au pied de blanc. Mais d’autres continuaient de se battre. Ils se déployèrent sur une formation plus espacée pour réduire l’efficacité du char, chose que Blake se fichait bien vu le nombre d’ogives qu’il avait à sa disposition.
Le second tir fit tanguer le blindé derrière lequel les militaires s’étaient regroupés sur l’ordre de Tim.

« Tout le monde, chargé, paré à tirer ! »
Il vérifia son chargeur et arma son neuf millimètre.
« Rendez compte !!! »
« BOWERS, DEUX GRENADES, PARÉE ! »
« RUTH, NEUF MILLIMÈTRES, PARÉE ! »
« RITA, NEUF MILLIMÈTRES, PARÉE ! »
« EVERSMAN, P90, PARE ! » Gueula-t-il tout en se plaçant dans les meilleures dispositions pour ouvrir le feu. Plus besoin de suppression, il pouvait prendre le temps nécessaire pour les atteindre un par un. Il allait tous se les faire. Chacun payerait. Ils avaient beau fuir, il les aurait.

Elana était ravie d’avoir à nouveau les mains libres, mais elle n’avait guère la bouche dans le même état. Elle se contenta de lever son pistolet et de montrer son arme dans l’espoir que quelqu’un gueule pour elle.
« BOWERS, POUR ELANA, NEUF MILLIMÈTRES, PARÉE ! »
Elana hocha la tête en signe de remerciement envers sa toubib. En fouillant Banks, elle avait trouvé six chargeurs, trois de 9 millimètres et trois de P90, mais cette arme ne servait à rien, elle tirait à blanc et dans l’imaginaire. Donc, elle avait laissé cette arme factice. Gardant avec elle les deux chargeurs trouvés dans la ceinture de son ami pour son pistolet, puisque celui-ci était chargé. Elle fut un peu étonné d’entendre Eversman gueuler qu’il avait un P90 valide… elle lui jeta un regard avant de se reporter sur le devant de la scène.

Le premier projectile parti dans une belle détonation touchant l’homme cagoulé en haut du dos. Le premier d’une longue lignée. L’oeil vissé dans la mire de l’arme, Eversman ajustait son tir en inspirant un grand coup avant de retenir son souffle. La gâchette fut actionnée l’instant suivant. Il renouvela jusqu’au clic fatidique. Plus de munitions. Il jura rageant de ne pas pouvoir continuer.
« Chargeur. » Gueula-t-il aux autres exprimant son besoin.
« Faites passer ! » S’écria Ruth, réactive.
Un chargeur de P90 passa de mains en mains et lui fut tendu, aussitôt mis en place pour reprendre le tir au pigeon. Une nouvelle inspiration et c’était reparti. Matt n’avait aucune pitié pour ces hommes cagoulés. Une cagoule = une cible à abattre. Plus rien d’autre ne comptait.

« CAPITAINE ALLEN !!! » S’écria Tim pour couvrir le boucan de la pétarade et du tir de canon. « ESCOUADE CHARLIE ARMÉE ET PARÉE AU COMBAT !!! »

Qu’il était bon de renverser la tendance et de ressouder l’équipe ! Charlie allait faire un massacre du gang des cagoules, qui détaillaient à couvert grâce à l’action merveilleusement délicieuse de Danny. Il était dans son élément et avoir un blindé avec une arme novatrice était l’idée du siècle ! Elana n’attendit pas plus longtemps, pour faire un jeu vieux comme le monde : le tir aux lapins. A découvert cela était du pain béni, surtout pour ceux qui étaient des tireurs d’élite ou de précision. Pour sa part, elle se débrouillait bien, mais n’était pas dans les meilleures, cela viendrait avec le temps. En tout cas, elle visait et des corps tombaient que ça soit sous son feu ou bien sur celui des autres. L’heure de la « vengeance » avait sonné et il était grand temps de rendre hommage au proverbe du l'arroseur arrosé ! Cette équipe là, elle allait dépoter et Calahan devrait reconnaitre qu’ils ne sont pas des Branlots ! Même l’autre avec sa couronne… AH !… couronne qui avait roulé à terre quand elle avait sauté sur Banks. Bon, chaque chose dans son temps, pour cet objet qui aurait son moment de gloire bien après. Et puis, cette pensée partie aussi vite qu’elle était venue, puisqu’elle était occupée à bien autre chose que de se soucier de savoir où sont les affaires de sa majesté.


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by Wiise

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Jeu 24 Jan - 10:36
Pedge Allen
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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018

Du côté de Pedge Allen
Plan:
 

« CAPITAINE ALLEN ! ESCOUADE CHARLIE ARMÉE ET PARÉE AU COMBAT !!! » Avait hurlé le sergent après avoir organisé son équipe.

Il était certain que l’arrivée de Danny sur son engin changea la donne du tout au tout. Le tankiste maniait son appareil de destruction avec finesse pour faire des dégâts de bourrin dans les lignes ennemies. Les tentes étaient soufflées par les tirs du canon de 75mm, provoquant une débandade généralisée des cagoulés. L’engin permettait également d’offrir un couvert à l’escouade Charlie pour se prémunir des tirs. L’ennemi était en effet en train de s’organiser, la surprise passée, pour effectuer une contre attaque. C’était tout à fait normal et dans l’ordre des choses. L’officier avait rallié les autres pour continuer de commander. Pedge se plaçait au milieu des hommes, derrière le rempart d’acier qui faisait pleuvoir la mort. Elle avait glané un 9mm et deux chargeurs, et pour le moment, elle n’avait tiré que deux coups. Une arme de poing ne servait pas à grand chose en combat à distance, et elle préférait économiser ses munitions pour le moment.

Surtout, elle devait restée concentrée sur son rôle et sur son commandement, et pas sur l’engagement direct. Si elle se mettait à pétarader sur les ennemis, elle se focaliserait sur ses cibles et pas sur la situation globale du champ de bataille. Ce n’était déjà pas simple d’avoir une idée générale des circonstances actuelles alors si en plus elle se mettait dans l’idée de participer au balltrap, ils étaient dans la merde.

Brass jouait son rôle de sous-officier à merveille. Il était proche des hommes et s’occupait de les tenir actifs et prêt au combat.

« REÇU SERGENT !», beugla Pedge à son tour. Oui, ce mec faisait bien son job. Elle avait écouté le compte rendu des hommes, donné sous l’influence du sous-off. Elle gardait donc à l’esprit qu’ils avaient une puissance de feu limitée en terme d’équipement individuel. Heureusement qu’ils avaient le Divorce pour faire la différence. Elle ne donna pas de contre ordre sur le tir au lapin pour la bonne et simple raison que c’était ce qu’il fallait faire pour le moment, histoire de bien dérouter l’ennemi pour de bon.

Danny Blake était à l’écoute malgré un bombardement intensif du secteur des tentes. Plus une seule ne tenait debout, les maigres couvertures disparaissaient en laissant des cibles de choix pour Matt et Elana. Un véritable tir au pigeon s’orchestrait sous ses yeux comme l’application d’une vengeance depuis longtemps espérée par l’ensemble de son équipe. Cela intervenait au bon moment puisque Sandoval venait de cesser de tirer. Le jeune homme fouillait fébrilement sa position surélevée dans l’espoir de trouver une bande de munition supplémentaire.

Le Divorce était exploité à son plein potentiel malgré l’absence de sa mitrailleuse coaxiale. Pour le moment, Danny ne bougeait pas pour maintenir le couvert de ses collègues. Un système de chargement automatisé évacuait la douille d’obus après le tir tandis qu’un levier engageait une nouvelle munition depuis le coffre intérieur du MALP hybride.

Il tira une nouvelle fois, envoyant bouler les quelques soldats qui se repliaient au pas de course, évacuant la zone du bombardement en emportant avec eux des collègues désorientés. Quelques uns se désignaient neutralisé en levant leurs mains, ou pointant les armes en direction du sol, alors qu’il quittaient tranquillement la zone de tir, comme s’ils étaient entièrement différent à tout ça.
Mais rien n’était terminé. Ruth s’était penchée, recroquevillée, pour fermer son oreille au vacarme des échanges de tirs. Elle tentait de comprendre une communication qui lui parvenait malgré le fond de parasites et tous ces tirs. La jeune femme écarquilla les yeux puis décrocha la radio de son gilet tactique.

« Officier ! Officier, message prioritaire ! » S’écria-t-elle en tendant l’appareil dans sa direction.
L’équipe était très réactive. Comme pour le chargeur de Matt quelques minutes avant, la radio passa d’une main à l’autre jusqu’à ce que Tim s’en empare et la tende au capitaine Allen. C’était Will Sandoval qui n’attendait pas pour faire son rapport. Le timbre de sa voix indiquait qu’il était en train de paniquer. Visiblement à cours de munition et témoin de ce qu’il voyait depuis sa position en hauteur, il était broyé par la pression. Il hurlait presque dans la radio en espérant donner l’alerte à temps. Empêcher ses frères d’armes de se faire avoir.
// Je vois cinq fantassins ramper derrière les sacs de sable. Vous êtes flanqué sur votre gauche ! Je répète, vous êtes flanqué ! Attention !!! //
Le canadien eut à peine le temps de finir son message qu’une volée de tir percuta son couvert de sac de sable. Le soldat cria et se tassa comme il pu au fond de sa cachette en espérant éviter d’être exposé, et se faisant, Allen venait de perdre la vue sur le mouvement qu’il venait de déclarer. L’ennemi voulait l’empêcher de localiser précisément la tactique de contournement qui s’opérait sur son dispositif. Pour cela, ils procédaient à la neutralisation précise de Will...

Pedge restait mobile dans le petit périmètre que leur offrait le char pour se protéger. Elle passait d’un individu à l’autre pour zyeuter par dessus son épaule ou pour se faire une idée du champ de bataille. Une ligne de résistance s’était formée face au char, et le danger venait clairement de là maintenant. Le message radio de Sandoval n’était pas surprenant en soi. Elle s’attendait à des manoeuvres de contournement pour essayer de les prendre à revers. Il y avait plusieurs raisons à cela : la première raison, et non des moindres, résidait dans le fait qu’ils étaient tous packés derrière le char. Si l’ennemi parvenait à les contourner, il pourrait à son tour faire du tir au lapin sans qu’ils ne puissent se mettre réellement à couvert. Un coup d’oeil aux alentours lui avait clairement montré qu’ils ne pouvaient pas se permettre d’être pris entre deux feux, car à part le char, il n’y avait rien pour se planquer. La seconde raison était qu’un véhicule était souvent plus vulnérable sur l’arrière. Si les types qui s’étaient mis dans l’idée de les prendre par derrière avaient un suppositoire de type roquette antichar, ils allaient perdre le seul avantage réel qu’ils avaient, sans parler des dommages collatéraux que l’escouade allait subir.
Bref, l’information de Will était importante, et elle devenait prioritaire. Pedge devait faire bouger tout ça pour garder l’initiative.

// Merci pour l’info. Tiens bon. //, répondit Pedge dans la radio, avant de se tourner vers l’équipe. Il fallait être réactif.

« TANKISTE !! Feu sur la ligne de résistance à 9h ! Paré à bouger à 12h en direction de Sandoval !».
« A VOS ORDRES ! »
Déjà, Pedge voulait faire cesser les tirs de suppressions qui visaient leur copain en hauteur. Ils devenaient urgent de le garder opérationnel pour qu’ils puissent alimenter en informations tactiques l’escouade.
« BOWERS !! A mon commandement, paré à lancer tes deux grenades à cinq secondes d’intervalle derrière les sacs de sable à 6h !! RITA RUTH RAVIX ET EVERSMAN, tir de couverture en direction des sacs de sable pour couvrir Bowers. On reste économe et on ne tire que si on voit une tête dépasser !». Déjà le tankiste devait tirer sur la ligne de résistance principale.

Pedge laissa filer quelques secondes le temps que tout le monde se mette en place et se tienne près à bouger.

« Les gars !! On va suivre le mouvement du char vers l’avant, on reste dans son couvert ! On va mettre Will dans notre dos pour faire face au contournement, et garder les connards de là bas en visuel légèrement sur notre flanc !»

Normalement, ce genre de manoeuvre était connue de tout fantassin d’une armée de terre régulière. Néanmoins, elle préférait quand même rappeler les bases au cas où, ça ne mangeait pas de pain.

L’idée était simple. Avancer vers Will, opérer un demi tour du char pour faire face à l’ensemble des menaces et faire chanter ses obus pour éradiquer cette résistance. Ainsi, les hommes et les femmes à pied restaient sous le couvert de l’engin, en plaçant une zone accidentée dans leur dos. Will serait au dessus d’eux pour être leurs yeux et ce serait plus simple de se coordonner. Elle espérait que les deux grenades fassent mouche sur les embusqués histoire de n’avoir plus cette menace à gérer, mais dans le doute, elle se réservait le droit de demander à Danny de leur mettre une cartouche.

« BOWERS, action !!». Pedge laisse l’escouade opérer. Puis, alors que la première grenade claquée, et que la seconde était partie, elle tapa sur la carlingue du char, plus pour la forme que pour attirer l’attention du pilote, vu le raffut :
« BLAKE, en avant, FIXE LES EN AVANÇANT !! Escouade, on suit le mouvement !! En protection, tir de suppression si besoin ! RAVIX EVERSMAN vous surveillez du côté des embusqués en progressant. BRASS RUTH ET RITA vigilez la ligne de front !»

Focaliser sur les tirs, Eversman ne réagissait qu’à l’écoute de son nom ou du mot escouade qui lui faisait relever le nez de ses ennemis. Rita s’était rapproché de lui afin de le guider dans la manoeuvre posant une main sur l’épaule lui permettant ainsi de continuer de se concentrer sur ses tirs, elle s’occupant de l’environnement.

Toute l’escouade répondit immédiatement à ses instructions. Comme s’ils avaient longuement attendu qu’on leur apporte cette solution à appliquer, les militaires s’étaient organisés et suivaient ses consignes au fil de ses paroles. Naturellement, le médecin de l’équipe s’était porté à l’arrière du char tandis que les autres s’étaient répartis davantage à hauteur de son nez. Blake tira un dernier coup et décompta pour signaler le mouvement de son blindé, il fît attention à ce que la rotation de sa tourelle ne blesse personne et débuta le mouvement de position que lui avait ordonné le capitaine.
Tout allait bien. Tout se déroulait même à merveille. La ligne de front venait d’être cassée en deux par un nouveau tir d’obus. Et sur les deux grenades, une venait de glisser derrière les sacs de sable. La détonation en panache de plâtre avait fait gueuler au moins deux hommes. Ils avaient voulu se redresser, les mains levés, mais n’eurent pour réponses que des tirs jumelés.

Mais soudain, l’impression de vide intérieur qui n’avait pas quitté la texane depuis tout ce temps sembla détonner. Comme une étincelle, un court-circuit dans son esprit, quelque chose lui donna le sentiment d’une cassure en elle. La jeune femme ne se rendit pas compte qu’elle se trouvait prostrée, à quatre pattes, tandis que le Divorce et le reste de l’unité avait poursuivi la manoeuvre.
Il y eut des cris venant d’Izabel et de Rita. Elles semblaient l’appeler mais un écho difforme leur donnait des voix presque mécanique. C’était comme si elle avait eu la tête sous l’eau et qu’un home cinéma tentait de lui faire vivre un environnement de guerre. Il n’y avait rien de réel, comme une impression surréaliste d’être détachée de tout ça.

Pedge ne savait plus où elle était. C’était la première fois de sa vie que son corps ne lui répondait plus. Elle avait complètement occulté le poison qui circulait en elle en donnant ses ordres et depuis que l’action avait repris des couleurs en leur faveur. Mais ce dernier venait se rappeler à son bon souvenir de la bien pire des façons. Elle avait les jambes coupées, et son coeur battait de façon irrégulière. Elle devait pourtant suivre le mouvement… Mais elle n’y parvenait pas. Elle n’arrivait même pas à relever la tête vers les autres, c’était trop dur. Ses muscles refusaient de lui obéir. Elle prenait conscience d’un froid immense et de tremblements de plus en plus importants. C’était n’importe quoi.

« Aller Pedge… Lève toi… », grogna-t-elle. Malgré sa déshydratation flagrante, une goutte d’eau s’écoula le long de son arête nasale et vint s’écraser sur le sol. Les sons étaient carrément flippant, tellement qu’elle ne reconnaissait même pas ses propres murmures. Elle était engourdie de la tête aux pieds, la faisant planer dans une réalité fiévreuse et hallucinatoire, comme si elle expérimentait une sortie de corps. Elle se sentait lointaine en elle, comme si de la ouate lui bouchait les oreilles et la propulsait au plus profond de son être. Ses coudes étaient en train de fléchir progressivement malgré sa volonté clairement affichée de rester sur ses mains. Bientôt, elle allait mordre la poussière sans rien pouvoir y faire.

L’escouade parvint jusqu’à la position. Sur le moment, personne ne s’était rendu compte que leur supérieur était resté en arrière. Le sergent Brass s’occupait de maintenir la formation selon les ordres et il valida la bonne exécution des consignes. Ne pas avoir eu de retour ne l’inquiétait pas. Après tout ils étaient tous dans le feu, en train de reconquérir leur liberté. Mais Rita lui envoya des coups de coude douloureux dans les côtes, ce qui fit pencher le regard sur elle. Et comme un chemin d’indices, en allant de sa main tenue à une Iza surexcitée qui crevait d’envie de courir sous le feu ennemi : Brass se rendit compte de la situation.
« Il faut faire quelque chose, chef !!! »
« Elle va se faire flinguer ! »
« Du calme ! Du calme ! » Fît Brass, peu sûr de lui cette fois.
« C’est le poison. Je peux l’aider ! »
Bowers avait amorcé le geste pour foncer vers Allen. Heureusement, Rita l’avait empoigné et retenu rageusement. Les quelques balles qui passèrent à ce moment là prouvèrent qu’elle aurait été touché sur le champ.
« Mais tu vas rester là, oui ?!? »
La procédure voulait que les hommes traitent la menace et la neutralisent avant de porter secours à ceux resté sur le carreau. L’inverse mobiliserait des moyens qui appauvrirait la défense. C’était une consigne de base qui revêtait une valeur stratégique pour des grandes têtes. Mais le sergent ne voyait pas les choses comme ça. L’officier qui se retrouvait recroqueviller là-bas était leur commandant d’unité, leur seul bouclier contre Calahan. Elle était la seule à pouvoir le défier et lui résister en terme de stratégie opérationnelle. Tim, lui, ne pouvait qu’exécuter ce qu’on lui avait appris en temps que sergent pour limiter la casse.
Non seulement il n’était pas du genre à laisser quelqu’un à découvert, comme ça, mais en plus il considérait le capitaine comme partie intégrante de l’unité. D’un geste très sec, il empoigna l’accroche dorsale du gilet tactique d’Izabel pour lui interdire d’y aller. Son index lui désigna sa place, en sécurité derrière le blindé, puis il inspecta très brièvement ses hommes en montant un plan à la volée.

« Ok ! A mon ordre ! Tir de neutralisation sur tout ce qui dépasse. Soyez pas radin en munitions ! Eversman, Ravix, avec moi ! Au signal, on fonce récupérer le Capitaine. »
« OK, Sergent. » Gueula le Ranger après quelques instants de latence passés à lever le nez de son viseur pour remarquer la position prostrée d’Allen. Non mais elle ne pouvait pas suivre comme les autres. Il fallait toujours qu’elle se fasse remarquer celle-la. A croire que rien ne pouvait aller sur des roulettes pour eux, toujours une merde sur le chemin. « Je la prends. » Gueula-t-il aux deux autres tout en posant son P90 sur la carlingue du Divorce permettant ainsi à un autre de disposer d’une certaine puissance de feu. L’initiative serait peut être mal perçue mais il fallait agir et vite.

Elana se contenta d’un hochement de tête de toute façon, elle ne pouvait pas dire quoique ce soit. La position étrange de la capitaine l’inquiétait et si elle n’avait pas entendu l’échange entre Tim et Iza, elle se serait demandé pourquoi soudainement, la capitaine se mangeait le sol. Sans plus attendre, elle suivit sa majesté qui désirait prendre à sa charge l’officier. Sur le coup Elana lui lança un regard, se trouvant dans son dos et eu une petite grimace, il avait les épaules rouges et il allait (encore) chanter sa mère de manière aiguë s’il décide de transformer la texane en sac à patate. Ne pouvant pas parler et le sprinteur déjà à quelques foulées, elle lui laissa le plaisir maso. Et puis dans un sens, il devait bien mettre à profit tous ces muscles ! Autrement que pour faire bronzette ! Une fois, sur place, elle se mit en position de défense.

Il se positionna avec les autres et attendit qu’ils aient tous rechargés.
« TIR DE SUPPRESSION ! »
La pétarade repris en intensité.
« C’est à nous, allez ! »

Les derniers instants furent passés à échanger des regards avec Ravix, se tenant prêt à piquer un sprint. Au signal, Matt s’élança le plus rapidement possible gardant le regard rivé sur son objectif : Pedge Allen. Rien d’autre ne comptait. La protection était déléguée aux deux autres. Il fallait faire au plus vite.

« Allez Pedge. Debout ! » Lâcha-t-il par réflexe l’attrapant par l’arrière de de la veste, la tirant fortement pour la relever et ainsi passer la tête sous son autre bras lui servant d’appui. Il eut l’impression de la traîner plutôt que de la soutenir sur quelques pas. Malheureusement les jambes d’Allen semblaient incapables de la porter, il y remédia aussitôt en la hissant sur ses épaules. Ces dernières n’avaient pas été suffisamment maltraitées dans la journée avec les coups de soleil, les différentes frictions, il faisait y ajouter Allen. S’il avait encore un peu de peau qui n’était pas à vif, ce serait un miracle. Heureusement pour lui, Pedge Allen n’était pas des plus lourdes, même s’il ne l'avouera pas.Il verrouilla son emprise en aggripant sa main tout en s’empressant de réduire la distance jusqu’au blindé.

« Allez. Allez. Allez ! » Dit-il pour s’encourager.

Le nombre d’adversaire avait drastiquement diminué. Mais ce n’était pas des lapins de trois jours, le reste des effectifs savait comment réagir pour opposer une résistance efficace. Les unités adversaire s’étaient dispersés largement tout le long des sacs de sable qui délimitaient le camp. En récupérant les armes de leurs frères neutralisés, ils conservaient une quantité de munitions et une puissance de feu supérieure. Danny enrageait à essayer de les cibler mais, de toute évidence, ses obus au plâtre n’étaient pas assez performant pour transpercer la défense. Ca restait de la munition d’entrainement.

De ce fait, c’était une véritable pluie de balles qui couvraient de manière disparate le trio ramenant le Capitaine à l’abri. Izabel s’était détachée pour se porter à l’extrémité arrière du blindé, impatiente de pouvoir accéder à sa patiente. Elle faisait un geste de la main invitant Eversman à aller plus vite. C’était surtout un encouragement fait dans le feu de l’action. Elana Ravix et Tim Brass couvraient la progression difficile d’Eversman avec l’aide de leur 9mm. Efficacement, ils comptaient leurs munitions et parvenaient à en toucher un ou deux.

Dès que Matt atteignit le blindé, Bowers l’aida à reposer Allen et la positionner dos au blindage, en position assise. Le reste de l’unité avait repris sa position de combat et Ruth donna à Eversman son dernier chargeur de P90.

« Iza, fait vite ! »
« Un instant chef ! »
« L’ennemi s’organise, j’ai besoin du Capitaine ! »
« Minute ! » S’écria-t-elle, tendue.

La jeune femme colla son oreille contre le torse de Pedge. Elle n’avait pas le temps de sortir son stéthoscope, ni le temps de suivre méticuleusement le protocole.
« Elle bradycarde ! »
« Tu me parles chinois, doc, remets là sur pied ! »
Le sergent Brass s’agenouilla auprès d’elle. Il posa une main sur l’épaule de son officier et la secoua en espérant la ramener à la réalité. Mais en vain...
A ce moment là, Bowers avait encadré le visage d’Allen de ses mains et contrôlait ses yeux.
« Le capitaine a été empoisonné, son rythme cardiaque est trop bas. Elle est au bord de la syncope. »
Brass s’abaissa sous le coup d’une double détonation. Un groupe repartait à l’attaque à coup de grenade au plâtre. Blake était en difficulté. Après avoir vérifié que tout le monde allait bien, Tim imposa à son médecin de trouver une solution. Celle-ci accepta finalement mais à contrecoeur. Elle déposa son sac et fouilla frénétiquement à l’intérieur.
« Je dois lui faire une injection d’adrénaline. Il me faut de l’aide pour la tenir !!! »
« Ravix, avec moi ! »
Elana se tenait prête, tirant sur les petites têtes ou corps qu’elle pouvait avoir de sa position. Elle relâcha sa position de défense pour prêter main forte au sergent. Ca pétardait dans tous les sens. Depuis tout à l’heure, Will hurlait dans sa radio en parlant de dispositif étrange et de masque à gaz. Tim savait qu’il devait le prendre en compte mais sa priorité restait l’officier. Il faisait tout pour qu’elle revienne à l’action. Avec l’aide d’Elana, il appliqua une pression sur les épaules d’Allen. Son air fragile et ramollit le stupéfiait. Elle avait une apparence anémiée, moribonde, à peine consciente de son environnement.

« Dépêche !!! »
« J’arrive ! »
Elle avait sa seringue dans la main. De l’autre, elle avait écarté ce qu’elle pouvait de la veste d’Allen pour découvrir le centre de sa poitrine. Et sans attendre, de façon très brusque, elle lui planta la seringue droit dans le coeur. La réaction d’Allen fût instantanée et elle aurait fini sur les pieds si personne ne l’avait retenu. Elle donnait l’air d’être remonté à la surface après une trop longue apnée. Tandis qu’Iza contrôlait son pouls et son regard une nouvelle fois, le sergent Brass reprit la radio pour écouter les aboiements de Will entrecoupées de ses rafales de P90.
« Capitaine. Capitaine, réveillez-vous ! » lâcha Izabel en mettant quelques petites claques sur la joue de sa patiente.
Elle émergeait. Elle était en train de reprendre ses repères. « Ca va aller ! Vous avez fait un malaise. Tout va bien maintenant. » La rassura-t-elle d’une voix pro.
Une nouvelle explosion de grenade manqua d’emporter Danny. La masse de plâtre passa juste au-dessus de leurs têtes.
« On a besoin de vous. Allez ! »

C’était un mauvais film. Pedge voyait la scène de loin, avec les bruits complètement ralentis, donnant un air surréaliste à tout ce qui était en train de se passer. Elle voulut protester quand Eversman l’a chargea sur son épaule, mais elle était incapable du moindre bruit. C’était du moins l’impression qu’elle avait. Elle étouffait, elle peinait à respirer. Son coeur battait la chamade, et parfois, il semblait rater un battement.
Elle se voyait déposer contre la carlingue du char. C’est à peine si elle sentit l’acier dans son dos. Elle était vraiment loin, très loin. Des nausées se faisaient sentir, tiraillant son estomac, et c’était peut-être les seules phrases qu’elle arrivait à articuler dans tout ce bazar, lui donnant certainement des airs de démente :

« J’veux pas vomir doc… J’veux pas vomir... »

Soudain un choc dans sa poitrine qui lui arracha un “oh” de surprise. Elle venait de prendre une balle. C’était forcément ça. Puis soudain, ses poumons s’emplirent d’air brusquement. Son coeur reprit des tours normaux et elle inspira et expira brutalement en prenant des couleurs. Ses mains se refermèrent brutalement sur la seringue qui venait de la poignarder.
Les petites claques sur les joues terminèrent de la faire ressurgir à la réalité. Les bruits redevinrent normaux, le temps s'accélèra pour se remettre en vitesse normale. Elle avait l’impression d’être sortie de l’eau, que son corps reprenait contact avec la réalité et plus encore. Elle se sentait dopée comme jamais, l’esprit fluide et limpide.

« J’suis là, j’suis là. ». Elle était un peu désorientée, mais elle tenta de se relever. Il fallait qu’elle se fasse une nouvelle idée de la situation, et donner des ordres pour agir en conséquence. Il fallait qu’elle se remette en route !
« Faut qu’on bouge de là, maintenant ! » Beugla le Ranger alors que les éclats fusaient à quelques centimètres d’eux l’obligeant à se protéger derrière le blindage.
« Vous tenez la position ! » contra Tim aussi sec.
ça, Matt le voulait bien mais les secondes passant ils risquaient d’y passer tous un par un et finalement ne plus pouvoir tenir la position. Il avait beau se démener comme un lion, ouvrir le feu dès qu’il avait une fenêtre de tir, ça devenait de plus en plus complexe.

Tim s’approcha rapidement de la texane, laquelle était retenue par l’infirmière qui ne voulait pas qu’elle se prenne une balle.
« Capitaine, ça ne durera qu’une demi-heure. » Pedge opina du chef. Il y avait trop de stimuli d’un coup d’un seul et elle n’enregistrait pas. Une demi-heure d’elle ne savait pas trop quoi. Bref, elle s’en foutait pour le moment.
« Capitaine ! Will signale qu’il reste huit hostiles répartis derrières les sacs de sable, là-bas. Deux d’entre eux se sont approchés et nous canardent à coup de grenades. » S’exclama-t-il aussi clairement qu’il pu. Il pointa la position des sacs de sables dans leurs dos. « Là, il en reste plus que deux. Mais ils trimballent un truc bizarre et ils viennent de mettre des masques à gaz. Sandoval essaie de les fixer mais ça ne durera pas longtemps ! »
« DIX COUPS AU CANON ! DIX COUPS AU CANON ! » Cria Blake qui se prostra derrière son blindage. Les tirs ne cessaient pas de faire résonner le métal.
« Dernier chargeur ! » Ajouta Ruth.
« Tiens, prends le mien. Je suis bientôt à court aussi Capitaine. »
Elana montra son arme en montrant le chiffre deux et un signe de mort, disant qu’elle allait être à court aussi de son second chargeur.
« Chef. Ils vont nous tomber dessus, quels sont les ordres ? »

Pedge avait tenté de visualiser les choses au rapport de Brass. Pour le moment, ils faisaient la quille que tout le monde essayait de faire tomber. Les ennemis s’étaient répartis en arc de cercle devant eux, sauf deux groupes isolés dont un qui était en train de déployer quelque chose qui puait la merde à plein nez. Une arme chimique ou quelque chose comme ça, et cela lui rappela son expérience sur son premier lieu de villégiature.

« Sergent, soldats, on va charger les mecs qui sont en train de préparer j’ne sais quoi avec les masques. ».
La quille irait à eux. C’était le meilleur moyen pour casser la configuration en arc de cercle de l’ennemi. Sortir de l’axe, sortir du tir croisé, et aller sur la menace la plus délicate. S’ils étaient occupés à installer leur dispositif, ils seraient moins combatifs. Et s’ils se défendaient, cela retarderait la mise en place de leur plan. Tout bénéf donc.
« Et pour Will ? »
« Il continue de nous informer. Sa position est idéale pour ça, même s’il se fait canarder. Pour le moment, j’ai bon espoir que les tirs se concentrent sur nous.»
« Reçu ! »
Le sergent se mit à crier plus fort.
« PARE AU MOUVEMENT SOUS L’ORDRE DU CAPITAINE. TANKISTE, MARCHE ARRIÈRE AU SIGNAL. MATT ET RAVIX, FERMEZ LA MARCHE ! »
Il se pencha ensuite sur sa radio pour donner les ordres à Will.

Elana trouvait que la capitaine réagissait extrêmement vite malgré son état inquiétant juste avant. Le shoot d’adrénaline faisait son œuvre et Allen, ne perdait pas une minute de plus pour beugler ses ordres. Sur le coup la jeune femme était impressionné et il n’y a pas à dire Pedge était typiquement le genre de femme qu’on pouvait qualifier de badasse ! Il n’en fallait pas plus, pour donner encore plus la niaque à Ravix qui déjà était dans l’ombre de Tim pour s’élancer en dernière et récupérer Will qui hurlait des nouvelles peut réjouissante sur du gaz supposé. Elle fit des gestes de mains aux autres pour qu’ils se presse à prendre la formation.

Pedge réajusta la sangle de son casque. Elle se sentait oppressée, mais elle commençait à se sentir beaucoup mieux. Cette fois, elle ne comptait pas rester à quatre pattes comme une idiote pendant que les autres effectuaient la manoeuvre. Elle appréhendait quand même, et c’était normal.

« Aller les gars, GOGO !! », fit-elle en faisant un signe de la main vers la direction souhaitée. Elle comptait rester dans le paquet cette fois, ne pas s’exposer en sortant du lot, ou en prenant la dernière, voir la première place. Dans le paquet !

Danny exerça sa marche arrière de sorte qu’il obstruait la ligne de tir du plus gros du dispositif. A l’avant, Ruth, Rita et Tim avançaient en adoptant une position rapprochée du V inversé. Les armes en avant, ils progressèrent comme des pros, la marche refermée par Ravix et Eversman. Au moment où la pointe du groupe entra en contact de l’ennemi et donna l’assaut, un horrible craquement eu lieu dans leurs dos. Pour une raison inconnue, la tour sur laquelle s’était positionné Will pencha subitement et le soldat fut déséquilibré. Il se retint au rebord dans ce qui se voulait être un réflexe d’auto-conservation mais l’élan de son propre poids l’arracha. Le génie tomba au sol dans un bruit très sec et il poussa un long cri de douleur en se recevant à plat.
Là devant, Tim était en train de surpasser l’ennemi. Rita venait d’engager au corps à corps tandis que Ruth échangeait des tirs de neuf millimètres avec un hostile peinant à se replier. Ne restait avec Pedge que la toubib qui pointa Sandoval du doigt en criant. Matt et Elana se trouvaient le plus près de lui. Mais ils risquaient de s’exposer en quittant la couverture du blindé et d’être cueilli par les tirs.

Il fallait agir et vite. Pedge croisa le regard de l’officier instructeur qui se tenait là pépère en train de regarder “ses” enfants jouer à la guerre. Elle espérait qu’ils auraient une bonne limonade pour la fin de tout ce merdier ! En tout cas, il était hors de question pour la texane de laisser Will se faire rincer par l’ennemi sans réagir. Il y avait des situations où malheureusement, elle n’aurait rien pu faire. Mais là, il y avait un coup à tenter.
Elle attrapa Izabel par l’épaule, et la tourna vers Matt et Elana.
« Vous trois, allez me chercher Sandoval. Le blindé va vous couvrir ! »
« Reçu ! »
Elana hocha la tête à son tour. cela commençait à la gaver fortement d’être muette.
D’ailleurs, Pedge tenta d’attirer l’attention de Blake en gueulant :
« BLAKE, RECULE AVEC LES GARS JUSQU'À WILL !!»
« A VOS ORDRES ! SIX COUPS RESTANT ! »
« ON ÉCONOMISE, FAIT PLANER LA MENACE !! »
« OUI CHEF ! »
« Allez !! Ramenez-le bordel !! », fit-elle en les pressant physiquement.
Et avant que l’engin n’effectue la manoeuvre, elle se porta vers l’avant pour rejoindre le couvert des sacs de sable et participer au combat rapproché si besoin était. Mais le sous off et ses drôles de dames semblaient tenir la situation d’une main de maître, et Pedge faillit se vautrer sur l’engin que les servants essayaient de déployer avant leur arrivée. Elle se rattrapa en prenant appui sur les sacs de sable.

‹c› Vanka

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Jeu 24 Jan - 19:50
Matt Eversman
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L'enfer by Calahan



Ils allaient bouger. Enfin ! C’était une manoeuvre risquée mais ça l’était tout autant de rester là à attendre d’être touché. Les munitions s’épuisaient, il ne lui restait plus qu’un demi-chargeur pour le P90. Lorsque le signal fut donné, Eversman sortit de son couvert pour se mettre en position de tir et profiter de la diversion pour en abattre un. Raté, le tir passa à quelques centimètres de son oreille. Pas le temps de le retenter, le blindé ayant avancé, il se retrouvait maintenant à découvert et se devait de bouger. Matt beugla comme les autres, ça donnait un peu de courage, de forces dans les cuisses pour avancer. La trajectoire n’était pas rectiligne pour ne pas se faire tirer comme un lapin. La manoeuvre était une réussite jusqu’à un lourd craquement. Il s’interrompit dans un dérapage peu contrôlé. Tous, ennemis comme coéquipiers stoppèrent leurs gestes pour apercevoir la chute de la tour et de Will par la même occasion.

« Bordel, Will... » Lâcha-t-il imaginant les dégâts alors que l’instant d’après l’action reprenait son cours. Forcément Will était en tête. S’il s’en sortait sans égratignures sur ce coup là, ce type pouvait tenter sa chance avec Miss Grognon, il avait toutes ses chances. Quelle chute purée...
« Reçu. » Confirma-t-il à son tour. On laisse pas un mec derrière, même blessé ou mort et même si Matt aurait souhaité continuer la charge, il détourna aussitôt les talons prêt à y retourner. Les cuisses piquaient, le souffle était court et la bouche des plus sèches. Peu importe, il fallait aller le chercher et il irait. Le Divorce étant avec eux, il fallait s’y raccrocher pour atteindre la position.

« Iza, reste derrière la couverture du blindé. » Dit-il tout en l’attrapant par l’arrière de son gilet pour l’empêcher de partir en sprint et d’être vulnérable. Le trio progressa l'allure du blindé profitant de la couverture offerte. Une fois la zone atteinte, Matt délaissa la toubib du groupe pour se positionner vers l’avant du véhicule. il se plaça aussitôt en position de tir, couvrant cette zone et laissant le soin à Ravix de couvrir l’autre côté. Il fallait tout faire pour protéger la toubib et le blessé.

« Quelqu’un a un fumi ? » Gueula-t-il pour passer au dessus des tirs. Rien de mieux que fumée épaisse pour les dissimuler aux yeux de l’ennemi.

Toujours active et boosté à l’adrénaline et à l’effet « officier » Elana, était à fond, les bruits n’étaient qu’un murmure tellement ses oreilles bourdonnaient de son sang. La chute de Will avait été impressionnante et elle ne poussa pas plus loin la réflexion, tellement elle était concentrée sur ce qu’on lui demandait de faire, défendre et maintenant se mettre en mouvement. Voyant que Matt se plaçait d’un côté, elle prit naturellement l’autre, le véhicule était bouillant et bourré de poussière qui voltait autour d’eux en irritant les yeux. Elle éternua et cela était fortement étrange, puisqu’elle avait la bouche scellée. Affreusement désagréable et elle ronchonna dans sa barbe, tout en calant son coude en appuis sur la machine pour stabiliser ses tirs au pistolet. Sur le coup, elle avait l’impression de tirer dans le vide, avant de voir entre les volutes de poussière des tirs un peu moins fourni avant de redoubler, comme si les personnes avaient les boules… et elles allaient les avoirs ! Elana en était persuadée !
Ce fut à ce moment-là, que Matt demanda de la fourniture… elle ne pouvait pas lui répondre, donc elle fut tentée de grogner, mais avec le boucan autour d’eux cela était aussi utile que de proposer une glace à un vegan ! Donc, elle ne dit rien. Il comprendrait que pas de réponse = rien du tout ! Elle avait trouvé que des munitions et cette arme sur Banks.

Dès que le Divorce atteignit sa position en couvrant de son corps massif le soldat au sol, Izabel attendit que ses deux collègues se soient positionnées pour effectuer les quelques pas qui la séparait de Will. Elle s’agenouilla auprès de lui, très inquiète, en posant une main sur son dos. Il était avachi, la face contre le sol, en train de pousser des plaintes de douleur. Le médecin n’osa pas le retourner tout de suite, elle palpa ses cervicales et eut rapidement des doutes légitimes. Elle s’était entièrement refermée sur l’état du patient malgré le fait qu’Elana et Matt venait de devenir des cibles de choix.

La jeune femme déglutit et farfouilla autour du jeune homme. Elle trouva finalement la radio qu’elle activa péniblement.
//Capitaine, ici Bowers. L’état de santé de Sandoval est inquiétant, je dois l’immobiliser. Patient non transportable dans l’immédiat !//
La jeune femme s’écria en espérant que ses collègues puissent l’entendre.
« WILL VA PAS BIEN ! J’EN AI POUR UN MOMENT ! »
« QUOI ? » Gueula Eversman en retour. Il avait entendu qu’on avait essayé de lui dire quelque chose mais avait été incapable d’en comprendre le message. Il se mit donc à l’abri quelques instants le temps de jeter un regard vers elle.
Izabel parcouru les quelques mètres pour se porter à sa hauteur.
« Will n’est pas transportable. Je dois l’immobiliser, il me faut un peu de temps ! »
« OK » Fit-il avec un signe de la tête. ça n’était pas rassurant du tout mais Matt avait d’autres chats à fouetter pour le moment. Il fallait tenir ces sales types à distance le temps qu’il faudrait. ça ne serait pas de la tarte mais pas le choix.

Elana avait fini par entendre quand Iza s'était rapproché du roi sourd… faut qu'il arrête la branlette ! Elle lui aurait dit pour l'emmerder et faire baisser la pression durant ce tir continue… mais elle ne pouvait pas ! Cela augmenta sa frustration. Elle afficha une moue de travers… fait chier… il avait mal chuté et cet entraînement ressemblait de plus en plus à un allé simple vers l'infirmerie. Elle soupira, se reconcentrant sur les tirs ennemis… elle espérait qu'Iza arrive à faire bouger Will et qu'il n'avait rien de grave… un bel espoir. Fait chier ! Elle n'avait pas envie que le petit gai luron de l'équipe mette un terminus a cet entraînement de dingue ! Il n'avait pas de chance décidément.

Bowers repartit auprès du jeune homme qui continuait de gémir. Elle le sépara de son P90 et retira un chargeur de son gilet tactique.
« ELANA !!! » lui cria-t-elle en lui envoyant les objets au plus près.
La française tourna la tête et réceptionna un chargeur, mais l’arme tomba lourdement à quelques centimètres d’elle. Cela tombait bien, à cette distance, un P90 serait bien plus efficace que son pistolet. Elle changea rapidement d’arme, mettant dans son holster de cuisse le pistolet qui avait encore la moitié de son dernier chargeur. Elle leva un pouce vers la doc, pour la remercier et continua son tir. Ah ! Avec un fusil ça va tout de suite mieux !!

Enfin débarrassée de ce qui entourait son patient, elle lui posa une minerve minutieusement et palpa son dos avant de le retourner. Elle se pencha au-dessus de son visage pour l’entendre murmurer qu’il pouvait marcher, qu’il fallait juste qu’on l’aide à se relever.
« Respire Will. Ou est-ce que tu as mal ? »
Elle se pencha au-dessus de son oreille mais ne reçu qu’une réponse fragmentaire.

Pendant ce temps, le combat continuait de faire rage. Matt était aux prises avec un type qui utilisait magnifiquement son couvert tandis que Danny annonçait qu’il ne lui restait que trois coups. A un moment donné, une salve de tir le contraignit à se courber derrière son blindage frontal. C’est ce qui permis à l’adversaire de Matt de se redresser pour lui envoyer une grenade au plâtre. Un beau jet en cloche qui lui arrivait droit dessus.

Matt lâcha un juron en repérant le petit objet circulaire qui lui était destiné suivant sa trajectoire du regard. Le temps sembla s’arrêter quelques instants avant que la grenade ne tombe juste à côté. Un sacré lancer. Pas le temps de gueuler quoi que ce soit pour avertir les autres, Eversman se précipita pour la récupérer et la relancer. Pas le temps de viser, il fallait juste éloigner ce truc au plus vite.
« GRENADE » Dit-il tout se plaquant contre le blindé attendant l’explosion.
Elana ouvrit de grands yeux, quand elle sentit Matt se lever et hurler… machinalement elle se colla contre le blindage pour encaisser le choc de l’explosif… Elle avait chaud et la soif commençait à nouveau à l’irriter … Il fallait dégager rapidement du coin, elle avait la nette impression que les tirs étaient de plus en plus précis.

// Faites moi un topo rapidement. Il va falloir le bouger prochainement ! //, répondit Pedge qui observait la situation de loin sans trop pouvoir faire quoique ce soit. La capitaine était en train d’étudier le système pour voir ce qu’elle pouvait en tirer.

@ pyphi(lia)

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Jeu 24 Jan - 20:50
Steven Caldwell
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L'enfer by Calahan
Chronologie 24 juillet 2018
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Izabel Bowers ne répondit pas à son officier dans l’immédiat. Elle se chargeait d’immobiliser son collègue en se servant de son matériel en essayant d’ignorer au mieux la bataille qui se jouait du côté de Matt et Elana. Tous deux armés de P90 devaient retenir le reste des adversaires qui optaient pour une disposition en éventail. Plus difficile à cibler, plus facile pour eux de nourrir leur tirs, même avec de simples armes de poings.
Danny attendait souvent pour faire feu, il se voulait aussi calme que possible et ciblait l’ennemi dès qu’une opportunité se présentait. Arrivé au bout de ses munitions et sans mitrailleuse coaxiale, le tankiste en était réduit à déplacer son bouclier frontal sur la zone la plus concentrée en terme de tir. Tout le monde attendait Bowers, consciente de toute cette pression qui venait sur ses épaules.

Soudain, un cri, un hurlement venant du côté d’Elana. Elle eut tout juste le temps de mettre le type en joue et de tirer. Il s’effondra sur le sol avec sa grenade, celle-ci explosant la seconde d’après en le recouvrant de plâtre. Quelque chose semblait soudainement s’animer : le type disparut dans un flash lumineux. Le Dédale venait visiblement de le rapatrier, et seulement lui, à cause de cette fameuse grenade qui lui avait explosé à bout portant. Malgré le fait que ce soit une munition d’entrainement, ça restait néanmoins un explosif réduit encore capable de blessé.
Cela démontra deux éléments d’importance : le Dédale participait à cet exercice. Et les effectifs sous le commandement de Calahan étaient téléportés dès que leur santé était mise en péril.

Le reste de l’unité d’Allen s’étaient regroupés derrière les sacs de sable. Au début, ils avaient pris leur disposition pour fournir un appui-feu à leur camarade resté en avant. Mais étant donné le peu d’armes disponible et l’agencement ennemi, ils ne faisaient qu’attendre. Tim aidait son capitaine à mettre en place un système de dispersion de gazs. Celui-ci portait la mention P-31.
Les souvenirs du capitaine restaient assez vagues mais elle savait que son médecin avait déjà prononcé ce terme pendant son auscultation. Quand elle contacta la concernée, celle-ci lui appris que le P-31 était un dérivé plus “doux” de l’agent qui avait failli priver Allen de ses jambes : il ferait dormir n’importe qui à une bonne trentaine de mètres. Le sergent Brass constata dans le même temps qu’ils avaient le vent pour eux, c’était très exactement la raison de ce contournement ennemi. Ils voulaient les gazer.

Pedge Allen se retrouva rapidement confrontée à un nouveau dilemme. Matt et Elana commençaient à manquer de munitions, Danny venait de signaler son dernier obus et Bowers terminait à peine. L’ennemi commençait à reprendre du poil de la bête. Son redéploiement terminé, conscient que le Divorce était exposé et sans munitions, ils passèrent immédiatement à l’assaut. Il ne restait plus qu’une chose à faire : déclencher le gaz malgré la présence du reste de l’équipe.
Au moment où elle les alerta, Izabel venait de terminer. Le pauvre Will était sanglé de la tête au pied en plus de cette minerve.
« On peut le déplacer !!! »
« Montez-le sur le blindé !!! » S’écria Danny en retour.
« Reçu. Je suis à sec, Caporal. » Gueula Matt en retour. Le clic fatidique était arrivé, il n’avait plus de munitions et devenait inutile en défense.

La radio venait de changer de main. Celle que tenait le médecin de l’équipe laissa filer la voix de Tim. Il était angoissé.
// Attention les gars ! On doit envoyer le gaz, on a pas le choix ! Au top, retenez votre respiration et, PUTAIN, rappliquez vos culs ici !!!//

Vu le boucan autour, elle n’entendit pas le « clic clic » fatidique de l’arme de son collègue de galère se finir et tourner à vide. Et vu le poids de sa propre arme, elle se fit la remarque qu’elle n’allait pas tarder à tomber aussi en rade. Et cela ne serait pas bon signe. Les autres en face s’organisaient ils allaient venir les cueillir comme des fraises des bois… bon certes desséchées et fortement déshydratées mais ce n’est qu’un détail. D’un signe de main autoritaire et vif, elle montra Eversman et elle lui montra l’arrière avec son pouce en repliant le coude. En gros, qu’il se mette à couvert le mieux qu’il peut en attendant la suite. Et par chance Tim prit la parole, bon il était angoissé, mais étrangement Elana n’était pas surprise, il devait se mettre la rate au bouillon pour eux.

Bon ils allaient les gazer… elle ne regretta pas d’avoir fait de la plongée en masque et tubas à toutes les vacances d’été en famille… et de faire des concours à la con avec son cousin de celui qui restait le plus longtemps au fond, quitte à remonter en toussant avec les poumons en feu. Car là, il allait falloir tenir !

« Oh non, merde... » Jura-t-il tout en quittant sa position rejoignant au plus vite celle du blessé constatant son état proche d’une momie ou d’un prisonnier au choix. Dans quel état-t'es tu fichu, mec ?!!

Elana quitta sa position et tacla la tête d’Eversman en lui montrant sa bouche. Si elle avait parlé, elle lui aurait dit « langage » juste pour le faire chier. Son regard se porta ensuite sur Will correctement ficelé en saucisson.

« Prends le par les épaules. Pas de gestes brusques. » Demanda Iza.
« Je peux marcher... » Murmura Will avec une voix trop éteinte pour un type normal.
Eversman se déplaça au niveau de la tête du blessé, essayant d’être le plus délicat possible en passant ses mains sous les épaules agrippant fermement la veste. Il avait peur de faire un mauvais geste mais l’urgence de la situation le pressait dans ses gestes.
« Prêt à lever. » Déclara-t-il croisant le regard de l’infirmière attendant le signal..
« A trois...un...deux...trois... »
Et elle attendit que Matt le soulève en premier, prenant la majorité du poids, avant de lever les jambes de Will. Le patient poussa un gémissement et chercha instinctivement à se débattre.
« Laisse toi faire Will ! Laisse nous t’emmener ! »
« Purée, tu es trop lourd, mec. » Lâcha le Ranger. C’était une constatation, il galérait vraiment à le porter ainsi qu’une pique espérant que Will prenne la mouche afin de détourner son attention de la douleur. Elana tenta de les aider comme elle pouvait, s’efforçant de ne pas grimacer pour éviter de se déchirer les lèvres. Mais cela était vain, ils se démerdaient mieux a deux, alors elle alla couvrir la troupe.
// Attention, déclenchement. Top à venir !!!//

Danny quitta son siège et sa tourelle pour se poster sur l’arrière de son blindé. Heureusement, Elana occupait cette position pour les couvrir. La dizaine de militaires adverses étaient désormais bien visible. Armes en avant, à semi-découvert, progressant stratégiquement dans leur direction. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne les terrassent, c’était couru d’avance. Et ça expliquait aussi pourquoi le Capitaine avait donné l’ordre de déclencher la dispersion.
« Putain, on se magne, montez le ici ! Allez !!! » S’écria le Tankiste en tendant la main pour chopper l’une des sangles et aider Matt.

Dès que Will fût placé en travers sur l’arrière du Divorce, Danny se retourna et se replaça à son poste.
//TOP ! TOP !!! REVENEZ !!!//
« On se casse ! Accrochez-vous et laissez-vous traîner ! » S’écria le tankiste en faisant un mouvement très soudain avec son engin.
Comme pour tout blindé, ce MALP hybride avait des attaches qui permettait la pose d’outils, de cordages ou divers matériels. Les prises ne manquaient pas pour qui voulait s’y accrocher. Encore fallait-il accepter de se voir traîner lamentablement avec le reste du corps sur le sol. Izabel était parvenue à monter aux côtés de Will avec l’aide du Rangers. Elle s’allongea à ses côtés pour le forcer à retenir sa respiration. C’était à Matt et à Elana d’agir et en vitesse. Déjà, un étrange brouillard les enveloppait et fonçait en direction de leurs adversaires, portés par les vents.
« TENEZ ! » Gueula Danny en faisait une accélération très brutale.
Noyé dans la brume, le Divorce fît un demi-tour et s’élança soudainement. Sur terrain plat, le blindé pouvait monter jusqu’à trente kilomètres à l’heure. Peu importe la vitesse que Danny avait donné à sa monture au moment de s’enfuir, ce fût très difficile pour Matt et Elana de se retenir à leurs prises, manquant de peu d’en être arraché tandis que leurs jambes et le bas de leurs corps glissaient sur le sable.

Ce morceau de fibres, Eversman s’y aggripait comme il s’accrochait à cette expédition. De toutes ses forces et de toute son âme. C’était stupide et quelque peu suicidaire de se tenir ainsi au filet d’un blindé. Complètement con même en y pensant mais c’était le seul moyen qui s’offrait à eux pour s’échapper et ils s’y étaient agrippaient. La poussière et les projections le forcèrent à fermer les yeux. S’accrocher, ne pas respirer. Il n’y avait plus que ça qui comptait. Il n’avait pas fait tout ça pour rien. Il n’avait pas bu de la pisse pour lâcher maintenant. Peu importe les tensions, les accoups qui mettaient à mal les bras, les mains. Le boucan des roues qui tournaient à seulement quelques centimètres de son corps, les vibrations qu’il sentait remonter jusqu’à son torse. C’était une idée de cinglé...mais ils revenaient vers les autres. Il pouvait le sentir. L’effort était trop important, il dût céder d’un côté et inspira. Brièvement. C’était ça ou il lâchait.

Ce n’était pas facile de tenir sur l’engin… cela était complètement galère même. Les muscles des bras bandés, elle sentait qu’elle s’épuisait grandement … et ce qui la fit tenir, était la sensation grisante de cette cavalcade inattendue. Elle adorait cette sensation de vitesse et ce n’était pas pour rien qu’elle avait choisi d’être para. Sourire lui faisait mal aux lèvres… en tout cas, il avait toujours un point positif dans les merdes et en voilà un. En tout cas, les chahuts du sol, manquait à plusieurs reprises de la faire respirer et elle s’écopait d’un affreux point de coté qui lui tapait les côtes… elle se sentait aussi partir, son corps arrivait de plus en plus à ne limite, hurlant du repos et de l’air ! Elle se sentait mal et elle espérait ne pas avoir envie de vomir sur le coup… cela serait moche, très moche de se vomir dans la bouche et ravaler pour re vomir… l’horreur. En tout cas, elle tenue a cette fichue cordelette de fibre.

L’engin fonça droit vers le reste de l’équipe et ne s’arrêta pas. Quand il percuta le rempart de sac de sable, le brusque mouvement du blindé envoya bouler Will et Izabel au sol. Mais heureusement, hors de l’effet du gaz. Le médecin s’était tout de suite inquiété de l’état du génie. Le contrecoup manqua de planter le canon dans le sol et d’endommager le véhicule. Danny s’arrêta, le temps que ce mouvement de balancier ne s’arrête, puis il reprit plus lentement sa route pour se placer non loin du reste de l’équipe.
Ils étaient quasiment tous les uns à coté des autres, derrière le rempart, et ils ne s’étaient pas fait assommés par le gaz. Un sacré coup de dés !

Elana fut aussi projeté au sol et tomba lourdement sur le sol en roulant. Elle grogna de plus belle, se laissant quelques secondes contre la terre poussiéreuse. Comme beaucoup, elle en pouvait plus et elle avait besoin de s’en remettre avant de se mettre sur ses genoux. Sa main lui faisait mal… dû moins la paume…

« Eversman. »
Brass venait de l’atteindre.
« Ca va, lâche ce cordage, tu es à bon port ! » Ajouta celui-ci en ayant envie de rire. « Bien joué les gars. »
Eversman ne lâcha pas de suite. Il ouvrit d’abord les yeux remarquant la proximité directe d’une personne. Brass. Des regards furent jetés autour comme s’il avait besoin de verifier qu’il n’était plus en mouvements, brinquebalé dans tous les sens. C’est lentement qu’il relâcha sa prise avant de se placer à genoux. Il avait un peu l’impression d’avoir fait un tour dans une montagne russe de dingues ou à l’intérieur d’une machine à laver et d’en sortir un peu secoué. Sous la couche de crasse et de sable, Eversman affichait une mine pale. C’est tout aussi lentement et en s’aidant de la carlingue du blindé qu’il se remit sur pieds, les jambes flageolantes.

Rita et Ruth s’occupaient d’Elana, l’aider à se relever, la jeune femme s'essuyait le visage d’un revers de manche. Elle était assez contente de les voir approcher et de voir Ruth en “vie”, ils lui devait tout comme à Will une fière chandelle ! Et Elana se sentait encore plus frustrée de ne pas pouvoir lui parler. Dès qu’elle fut sur pied, elle tapota d’un geste complice la jeune femme (de sa main non blessée). Laquelle répondit à son geste avec le même élan de camaraderie.

Danny aidait Izabel à faire descendre Will. Sur la droite, Pedge.
Et là devant, sur ce qui restait du camp, un immense nuage dense. Les derniers opposants étaient invisibles, on ne pouvait que les entendre tousser dans un élan d’agonie. Ils étaient piégés et ne parvenaient pas à quitter l’air d’effet du gaz, tombant sur les genoux avant de s’endormir. C’était fini...comme ça, sur cette dernière action. L’équipe était entière. Blessée, abîmée, fatiguée, sans armes ni eau. Mais ils étaient tous là, entier, tandis que les autres tombaient comme des mouches.
Ils venaient de reprendre leur liberté et de mettre un terme au combat.

L’escouade Charlie ne savait pas vraiment comment réagir. C’était comme sortir d’un rêve ou se rendre compte qu’ils avaient effectivement tiré le bon numéro. Lorsque le silence revint et que le brouillard se dissipait en révélant tous leurs camarades cagoulés prostrés au sol, les recrues furent partagées. Rita, Ruth, Tim, fixaient ce spectacle désolant sans sentiments d’euphorie de victoire. Oui, ils avaient vaincu. Et pourtant, ça ne leur donnait pas envie d’éclater de joie. Loin de là. Au contraire d’eux Elana, se réjouissait intérieurement d’avoir lutter et que chacun dans cette équipe s’était donnés à fond et qu’ils étaient tous réunis pour voir un début de victoire. Il n’en fallait pas plus, pour qu’elle soit fière de faire équipe avec chacun d’entre eux et son regard balaya chaque personne, tous avaient une sale gueule et elle ne pouvait que s'inquiéter pour chaque soldats gradé ou non. Mais à cet instant, il avait une forme d’allégresse et de satisfaction d’avoir réussi à montrer une valeur et d’avoir passer un cap. Dans la douleur oui, mais progresser n’est pas toujours plaisant. Oui, elle était fière d’avoir des coéquipiers comme eux. Même l’autre branlot était pas si mal quand il sortait ses doigts des mots que sa couronne lui rappelait à chaque instant. Pourvu que ca dure et que cela ne soit pas une illusion mué par la survie.

Un soudain coup de sifflet monta longuement.
Calahan était toujours là. Il les avait suivi tout du long et il y avait eu tant d’actions qu’ils l’avaient presque oublié. Toujours aussi droit, à croire que tout ça était à mille lieux de sa vie, l’officier rangea le sifflet qui venait de marquer la fin de l’exercice.
« FIN DE L’EXERCICE ! » S’écria-t-il fortement.
Il appuya sur son oreillette pour passer une communication.
//Débutez l’évacuation. Amenez les jumpers, ne récupérez que les effectifs. Abandonnez tout le reste.//
Une confirmation lui vint puis son regard se porta sur le reste de l’équipe.
« Excellents résultats. » Conclut-il en s’approchant. « Beaucoup de lacunes à corriger chez chacun d’entres vous. Ce qui n’est guère étonnant. Mais une manoeuvre acceptable. »

Brass avait l’habitude. Il savait que le capitaine les attendait au tournant. Sans demander la permission du Capitaine Allen, il déclara :

« Section, en rang. Excepté Bowers. Exécution ! »
Comme les autres Elana suivit le mouvement en fermant la “marche” pour vérifier que tout le monde soit présent, sauf ceux qui ne pouvait se mettre debout comme ce pauvre Will… elle espérait qu’il puisse se relever. L’équipe avait besoin de lui et de ses blagues douteuses.

L’exercice ? Ce n’était qu’un putain d’exercice. Eversman avait presque oublié ça tant il s’était donné. Entraînements difficiles, guerres faciles. On le lui avait bien souvent répété. il fallait espérer que cela soit vrai tant il avait galéré. Assoiffé, affamé et lessivé physiquement. Matt rejoignit péniblement la ligne établie. Avec l’avant bras, il balaya le sable du visage insistant notamment sur le bas de son nez sanguinolent. Sable et sang séché. ça devait lui donner un sacré aspect. Calahan approchait. Le danger avançait et ça ne rassurait pas Eversman. Ok, ils avaient gagné mais il ne s’en réjouissait pas pour le moment. La méfiance revenait sentant le danger que lui inspirait ce type qu’il ne quittait pas du regard.

Le Capitaine se rendait directement vers Izabel et Will, sûrement pour s’informer de l’état du soldat. Au même moment, un bruit dans le ciel attira l’attention. Deux jumpers venaient de quitter le camouflage et ils se posaient lentement à côté du camp. Les adversaires cagoulés qui s’étaient éloignés en levant les mains ou en se déclarant neutralisés revinrent tranquillement, visiblement soulagé, en quête de leur collègues. Ils aidaient certains à se relever, les autres étaient littéralement portés jusqu’aux jumpers.
Calahan passa devant Matt sans le regarder mais il parla à la volée d’un ton menaçant :
« Vous êtes en train d’attirer mon attention, Eversman ! »
Entendre son nom prononcé par ce type suffit à lui dresser les quelques poils qu’il pouvait posséder, il quitta le contact visuel inspirant longuement avant de mettre les mains dans le dos tentant de faire meilleure figure.
L’officier cessa d’avancer et se retourna lentement, perfide et plus menaçant encore.
« Eversman ? Pouvez-vous mettre en marche ce petit cerveau atrophié ? »
Les sourcils se froncèrent. Eversman ne comprenait pas où le Capitaine essayait de le mener. Bêtement son regard passa sur lui même essayant de repérer un élément incohérent. La remarque de Ruth lui revint en tête, il inspecta aussitôt son boxer à la recherche d’un élément s’étant fait la malle ou à la vue mais rien. Il n’avait pas d’armes, pas de vêtements et ne comprenait pas ce qu’on lui reprochait.
« Ta couronne... » Essaya de lui murmurer Rita le plus discrètement possible.
Couronne ? Quelle couronne ? Cette remarque valut un regard à sa voisine essayant de comprendre ce qu’elle venait de lui dire. De quoi lui parlait-elle ? Il fallut plusieurs secondes avant que l’information ne trouve un écho en lui. Oui maintenant, ça paraissait évident. Machinalement, l’homme passa une main sur son crâne, désormais nu. Les ennuis n’étaient pas terminés, loin de là. Déclarer la perte ou le retrait de son haut ne servait à rien, autant chercher à réparer tout de suite.
« Autorisation de quitter la ligne et d’aller chercher ma couronne, mon Capitaine ? »
« Accordée. Et au pas de course, si vous tenez à ce que vos collègues conservent leurs rangers pour la suite de la manoeuvre ! »
« Oui, Monsieur. » Déclara-t-il avant de partir vers ce qui restait du camp faisant au plus vite. Où pouvait-elle être ? Il n’en avait strictement pas d’idée se rappelant de l’avoir enlevé dans l’optique de faire réagir Ravix. Elle devait être dans le coin. Personne n’aurait idée de la lui voler. Il se devait de faire vite jetant des regards dans tous les sens. Entre les corps des cagoulés, les neutralisés qui leur venaient en aide et les débris, c’était un vaste champ de bataille qui s’offrait à lui.

De quoi être vite découragé ! S’il n’y avait que lui à souffrir de son geste, il aurait certainement vite jeté l’éponge mais il y avait une équipe derrière. Il ne pouvait se permettre de se relâcher, le repos attendrait… Il n’était plus à quelques minutes ou heures près maintenant.
« Hey les mecs ! Quelqu’un a vu une couronne ? » Gueula-t-il aux cagoulés espérant un peu d’aide tout en se démenant, ne comptant pas ses efforts pour se précipiter vers le moindre éclat métallique ou objet circulaire à l’horizon.
« Je recherche une couronne. Vous n’auriez pas vu une couronne ? » Répéta-t-il à plusieurs reprises.
« C’est ça que tu cherches ? » Finit par lâcher un gars sur sa gauche. Ce dernier avait à la main un objet circulaire comportant quelques encoches mais aussi un système de fixation. Matt n’aurait jamais cru être aussi content de retrouver ce morceau de ferraille. Il balaya une des inscriptions “ Traître” de son pouce retirant les quelques impuretés qui en gênait la lecture. Oui, c’était bien elle. Il l’avait retrouvé et il n’y avait que ça qui comptait. Matt remercia le type avant de prendre le chemin du retour essayant de faire au plus vite. Cette petite montée de sable lui fit les cuisses. On descend de moitié ce qu’on a grimpé sur le pas précédent. Avancer, ne pas cogiter. Matt gardait l’équipe en ligne de mire.

Elana lui aurait bien dit le dernier endroit où elle l’avait vu… au sol quand elle l'avait lâché pour éviter de fracasser le crâne de Banks… d'ailleur il avait disparu, peut-être avait t’il été aussi téléporter par le Dédale ? En tout cas, les vieux loups de mers semblent agir en concert. Elle ne connaissait pas Caldwell, mais il avait une réputation toute aussi ferme et droite que l'instructeur. Bon, il semblait trop prit dans sa quête du graal, pour qu’il puisse voir qu’elle lui fasse un ou deux geste pour le guider. Donc elle laissa tombé, de toute manière il trouva une aide.

Le capitaine quitta la ligne pour se porter à la hauteur de Bowers avec qui il échangea quelques mots. Il la rabroua pour ne pas avoir pensé à apporter du matériel d’analyse Atlante, ce qui lui aurait permis de traiter Will beaucoup plus vite. C’est parce qu’elle ne savait pas s’il présentait des fractures qu’elle l’avait immobilisé de la sorte alors qu’un appareil d’auscultation Lantien aurait rapidement fait le travail. Déjà très diminuée et au bord du malaise, le médecin peinait à dissimuler les tremblements de peur que l’officier lui causait. Quand il s’approcha d’un pas supplémentaire, alors qu’elle était à genoux aux côtés de Will, elle avait levé une main en protection comme si elle avait craint un coup de pied. C’était de la matière en plus que Calahan allait exploiter sans gêne.
L’officier passa néanmoins un appel pour que le médecin de son groupe de récupération lui fournisse cet outil et lui permette de s’assurer de la santé de Sandoval. S’il présentait la moindre fractures, l’aventure s’achéverait pour lui. Calahan l’avait ordonné ouvertement, faisant peser un poids supplémentaire sur l’équipe qui ne tenait pas à perdre l’un des siens après tout ça. Et encore moins celui qui leur avait offert une si belle diversion.



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by Wiise

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Ven 25 Jan - 4:13
Pedge Allen
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L’enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018

L’instructeur revint alors lentement le long de la ligne pour les regarder, les uns après les autres.
« Rompez la formation. » Dit-il finalement.
Il s’approcha de l’aspirante.
« Eh bien ! Je constate que votre promotion ne tient pas du hasard, Allen. Moi qui vous pensais être l’heureuse gagnante du Loto Atlantis. Vous avez du potentiel et de la ressource, c’est indéniable. Mais vous l’utilisez mal ! »
Il rivait son regard dans le sien.
« Vous ne vous appropriez pas suffisamment cette équipe. En extérieur, ou dans le cas de la progression qui fût la votre, la logique suppose qu’il y a VOUS et DIEU APRÈS. C’est enregistré ? »
Pedge le toisait. Pour le coup, avec son shoot d’adrénaline, elle avait le regard bien plus ouvert que d’habitude. Elle sentait quand même le froid continuer de la parcourir sans qu’elle ne puisse réprimer quelques tremblements. Elle était tentée de rétorquer qu’elle se considérait au dessus de Dieu dans ce genre de situation, mais ce serait de l’arrogance crasse et elle préféra la boucler la dessus. Au lieu de cela, elle répondit à son instructeur sobrement :
« C’est enregistré Capitaine. ». Elle espérait qu’il allait développer son argumentation, car là, elle ne voyait pas comment elle aurait pu “s’approprier” l’équipe plus qu’actuellement, dans un temps aussi court, et en les ayant côtoyé librement moins de temps qu’en captivité.
« Vous n’êtes pas là pour “donner un coup de main”. Ces soldats sont les vôtres désormais. Donc votre politique, vos choix, vos ordres. Je vous veux plus active. »
L’intonation de sa voix lui faisait supposer que ce n’était pas suffisamment clair pour lui. Et manifestement, l’instructeur les surveillait tous comme s’il était omniscient. Il devait probablement user d’un moyen d’écoute avancé pour pouvoir les suivre comme ça.
Pedge trouvait ça injuste. Elle s’était donnée à fond en instaurant sa politique de commandement. Elle n’avait pas cherché le compromis ni la diplomatie. Quand elle avait demandé des précisions, c’était pour mieux ordonner ensuite. Néanmoins, elle comprenait qu’il enfonçait simplement le clou pour que ça rentre bien et elle opina du chef positivement. Message bien reçu. Mais il en remit une couche, et ça n’aurait pas été un bon officier instructeur s’il ne l’avait pas fait.
« Je ne veux plus vous voir hésiter entre votre rôle de stratège et l'exécutante que VOUS N’ÊTES PLUS ! » Il tapota le holster de son baudrier en cuir. « Voilà pourquoi vos subordonnés subiront mes foudres à chaque fois que vous serez en possession du moindre équipement militaire, à l’exception de votre poignard et d’une arme de poing. Vous devenez officier...OFFICIER ! Et donc, le commando Pedge Allen n’est plus. Est-ce clair pour vous ? »
« Non Capitaine, ce n’est pas clair pour moi. En quoi ma qualification d’officier m’empêche de porter une arme automatique ?», répliqua-t-elle. Automatiquement, la figure de Calahan devint plus rude et il s’apprêtait à faire pleuvoir la représaille. Elle ne cherchait pas la petite bête, mais si elle devait se référer à un exemple emblématique d’un officier, en l'occurrence, l’un des plus respectés et reconnus de la cité, ce dernier portait toujours une arme automatique. « Le colonel Sheppard en mission a toujours un P-90 par exemple, d’où le sens de ma question Capitaine.», ajouta-t-elle, non seulement pour préciser sa pensée, mais aussi pour chercher une réponse, et surtout, pour marquer le fait qu’elle ne voulait pas spécialement le contredire mais qu’elle était dans une situation à double entrée qui lui était inconfortable. Après tout, Pedge Allen était issue du rang, et elle avait encore beaucoup à apprendre, et si elle le faisait par l’observation depuis des années, en regardant les officiers qui avaient croisé sa route quand elle n’était qu’une exécutante, avec en ligne de mire la perspective qu’un jour peut-être, elle serait à leur place, elle n’avait jamais vraiment eu de cours théorique sur le sujet.
« ...et on voit ce que cela lui a rapporté. » Répliqua brusquement l’instructeur. « Tout comme lui, vous présentez des difficultés entre le donneur d’ordre et l’action. Sheppard n’est pas un bon exemple pour celui qui se présente comme l’esprit stratégique en mission. »
Il la pointa du doigt.
« Ici, vous êtes cet esprit. » Il pointa ensuite l’unité qui s’était un peu éloignée et s’occupait de Will. « ...et eux sont vos outils. Sans vous, je vais les broyer. »
Il essayait de lui faire passer une leçon même si, à voir son visage, il crevait d’envie de lui faire payer le fait de ne pas l’avoir apprise seule. Les mains dans le dos, la surplombant de son regard de hyène, il ajouta pour toute conclusion :
« En vous privant d’équipements, je vous contraint à demeurer dans votre rôle et à ne pas y déborder. Quand vous aurez compris la nécessité VITALE de ne pas vous exposer comme le fait la figure de proue de notre armée, alors vous reprendrez votre P-90. »
« J’ai saisi Capitaine. Je crois que je cerne votre façon de voir l’officier, et je la partage. », répliqua Pedge. Elle allait devoir lutter pour chasser le naturel. Se retrouver en compagnie de Sheppard pour casser du Mastodonte sur la Magna première du nom avait été un plaisir d’officier sans nom, et elle avait apprécié ce moment. Un moment qu’elle n’aurait pas pu partager avec quelqu’un d’autre formé par Calahan par exemple. Pedge considérait qu’elle ne devait pas oublier d’où elle venait et qui elle était. Elle ne serait jamais un officier planqué parmi ses hommes, elle serait toujours un officier de terrain pour une unité de terrain. Une unité tactique et commando. Elle devait être capable de reproduire ce qu’elle demandait à ses hommes, sinon elle n’aurait aucun crédit à leurs yeux.
Néanmoins, elle comprenait la façon de voir les choses de Calahan. Il ne lui demandait pas de rester comme une pleutre parmi ses hommes, mais d’adopter la bonne position et la bonne manière de faire pour rester le plus longtemps possible parmi ses hommes et continuer de diriger la mission. C’était à ça que servait un officier. Une armée sans tête pensante était une armée en péril, et ce n’était pas pour rien qu’une stratégie vieille comme le monde consistait à décapiter la tête pensante en premier pour foutre le boxon chez les hommes du rang.
« Vous faites bien. »
Il marqua une pause pour reprendre, changeant de sujet.
« Cet exercice a mis à jour une lacune désastreuse en terme de bluff. Ennemi ou non, vous devez savoir faire le jeu de votre interlocuteur en cours de mission. La sécurité, la santé, la survie de vos hommes peuvent en dépendre. Je n’avais qu’une hâte, au cours de votre tentative lamentable : abattre chacun de ces hommes pour vous motiver. »
Il secoua négativement la tête.
« Je vais vous faire inscrire au club de théâtre de la cité, aspirante. Vos résultats et vos attestations de présence seront nécessaire à la validation finale de votre grade. Croyez-moi, je vais soigneusement y veiller ! »
Pedge inspira. Au cours de théâtre ? Il était sérieux ? Elle détaillait les traits de vieux requin de cet homme. Ouais, il semblait on ne peut plus sérieux… Non mais il était taré… Elle ne s’imaginait pas du tout à un cours de théâtre… Ce n’était pas dans sa nature que de jouer des pièces ou de jouer tout cours… Elle était bien tentée de répondre par une blague pour souligner l’absurdité des propos du Capitaine, en lui laissant penser qu’elle ne le prenait pas au sérieux, mais ce ne serait pas pro ni même productif, surtout qu’elle voyait très bien qu’il ne plaisantait pas. Elle ne savait pas quoi répondre. Cela semblait tellement… con. Elle était d’accord sur le fait que quand on avait une faiblesse, il fallait la travailler pour la surpasser. Il fallait appuyer là où ça faisait mal et voilà. Mais là… du théâtre. Si sa famille avait été là en spectateur, ils se seraient bien foutus de sa gueule. Pedge se souvenait parfaitement des activités de fin d’année à l’école, avec les spectacles et tout ça. Elle jouait toujours les petits rôles qu’on voit très peu tellement c’était un piqué en terme de gestuelle et d’émotivité. Oh, elle forçait le trait, pour essayer de faire comme tout le monde, mais c’était tellement surjoué que c’était grillé et pas naturel.
« J’ai déjà hâte de commencer Capitaine. », ironisa-t-elle finalement en se fermant.
« C’est cela ! Brancardez, aspirante. Vous serez bien moins moqueuse lorsque vous serez sous ces projecteurs à miser votre grade ! » Répliqua-t-il brusquement. « D’après vous, combien de vos hommes auraient survécu si cela n’avait pas été un exercice ? »
« Je ne sais pas Capitaine. ». Franchement, elle s’était trouvée convaincante. Sa confiance en elle était-elle qu’elle aurait pu répondre zéro, mais elle savait que ce n’était pas la réponse qu’attendait Calahan, tout comme elle savait qu’il n’attendait pas qu’elle ne sache pas. « C’est difficile de se projeter pour le coup. Je ne me trouvais pas si mauvaise que ça. », ajouta-t-elle, honnêtement, en le toisant sans sourciller. « Maintenant, je sais que c’est une faiblesse et j’en aurai conscience si la situation doit se répéter. », conclu-t-elle comme si cela allait de soi. Finalement, elle ne semblait pas prendre vraiment au sérieux le fait qu’elle allait devoir prendre des cours de théâtre.
« Laissez moi vous éviter la peine de la réflexion. Vous aviez en face de vous un sadique retors et, excepté votre participation à l’instruction, vous avez été aussi convaincante qu’une buse. » Il plissa des yeux. « Atlantis compte sur vous pour remplir votre mission et ramener les hommes à la maison. Cela ne passe pas que par l’action brute mais aussi par un jeu de poker. C’est inévitable Allen, et vous feriez mieux d’y travailler. »
« Reçu. », répondit-elle simplement. Ce n’était pas son sujet de prédilection, du coup c’était la voie la plus rapide pour couper court.

L’officier la considéra silencieusement un petit moment puis il fit un tour d’horizon de son regard. Les soldats cagoulés portaient chacun un homme sur le dos et faisaient route vers les deux jumpers posés au sol à l’autre bout du camp. Quant au reste de Charlie, Tim Brass veillait au grain. Il avait demandé à Matt et Danny d’assister le médecin de l’équipe. Rita semblait veiller sur Elana. Ruth, elle, s’était éclipsée. La para l’avait vu profiter de la diversion qu’offrait Allen pour entrer dans la tente de Calahan, il ne s’en était pas rendu compte.
Bientôt, Wakks vint à leur hauteur. Excepté Calahan, c’était le seul à être à visage découvert. Il portait en bandoulière un fusil M1 à lunette, il ressemblait beaucoup à celui de Rita.
« L’évacuation se termine, capitaine... »
« Bien ! » Il reprit son observation de l’aspirante. « Votre action vous a permis de libérer le secteur. Vous êtes intouchable pour les six prochaines heures, nous nous replions. »
Calahan était sérieux. Il donnait cette seule et simple consigne. Et rien d’autre. L’officier instructeur n’allait pas lui préciser sa mission ni ce qu’il attendait d’elle. La déduction de Pedge faisait partie du jeu bizarre et de l’observation qu’il portait à son attention. Sans rien dire de plus, l’homme fit un quart de tour et quitta la jeune femme. Au passage, il récupéra le fusil et glissa à l’attention de son homme de main :
« Rendez-lui ses effets personnels. Détruisez les leurres. »
Wakks hocha la tête et le regarda repartir en direction de l’équipe. Une bonne part de lui était encore hostile à l’encontre de l’aspirante. Elle ignorait que l’instructeur suivait tout au point de l’avoir entendu gueuler que son trou de combat était plus confortable. Si Calahan avait pu émettre des doutes, il avait eu la preuve que Wakks l’avait trahi en refusant de lui remettre l’officier d’entrée de jeu. Heureusement, Normann était le genre de soldat prévoyant. Il avait rempli une part de sa mission consistant à ravir les objets de l’officier sans qu’elle ne se rendre compte.
Au début, Wakks ne savait pas vraiment de quoi ce sadique voulait parler. Mais après avoir amené la Belle au Bois Dormant dans son trou de combat, il avait remarqué l’alliance. Le soldat ne savait pas bien si Calahan était taré au point de pousser son enquête aussi loin. Mais il avait récupéré tout ce qu’il avait pu et commandé la transition au Dédale. Le synthétiseur ne pouvait pas faire meilleur travail de reproduction. Il n’avait alors plus qu’à replacer les faux.
La texane s’était faite enfumée et elle n’avait rien capté. Qui l’aurait pu ?

« Ce sont les vrais. » Confirma Wakks en ouvrant une poche de son gilet tactique.

Il en retira les plaques militaire d’Allen. Il les lui remit, de même que son anneau emballé dans un sachet de prélèvement, puis il attendit patiemment de recevoir les faux pour les détruire au gel termite.

« Tu m’as foutu dans la merde. » Lui dit-il avant de s’éloigner.
« C’est pas bien payé pour la baffe que tu m’as mise dans la gueule, soldat. », répliqua Pedge. Il lui répondit d’un sourire presque insolent.

Elle se concentra sur l’anneau. Elle avait bousillé un faux ? Manifestement, oui. Elle le considéra un moment dans la paume de sa main, l’air absente. Oui, ça lui faisait plaisir de la savoir intacte au final. Ce n’était pas tant parce qu’elle allait devoir se justifier auprès d’Isia de l’avoir détruite, mais c’était surtout l’aspect symbolique qu’elle représentait. Machinalement, elle l’accrocha à ses plaques, et elle repassa tout à son cou. Elle l’avait passé dans le petit maillage, celui qui tenait la seconde plaque. La taille du maillage n’était pas anodine, le fait qu’il soit plus petit permettait de le passer autour du gros orteil du pied pour la morgue.
Pedge était satisfaite. Elle avait pris ce putain de camp, et ses gars allaient pouvoir se poser un peu et reprendre des forces. Elle en aurait besoin elle aussi, surtout qu’elle se savait toujours empoisonnée et qu’elle allait devoir s’en ouvrir à Bowers. Elle fit le tour du propriétaire du regard. C’était Bagdad, mais c’était chez eux pour six heures.

A peine Wakks disparu pour faire fondre les répliques, le sergent Brass se présentait auprès du capitaine qu’il salua d’un signe de tête. C’était un mélange de reconnaissance pour les avoir sorti de là et aussi d’une façon de l’aborder.
« Capitaine ? » hasarda-t-il.
Il regarda dans la direction de Calahan.
« Il fait toujours ça quand un exercice prend fin. Jamais personne n’a réussi à le contenter véritablement. Peut-être une façon de nous pousser à exceller... » Commenta le soldat.
Pedge opina du chef en considérant le dos de Calahan qui s’éloignait puis elle se tourna vers Brass en poussant un soupire pour répondre : « Est-ce que vous avez déjà contenté un sergent instructeur sergent ? J’imagine que non, alors un capitaine instructeur... », dit-elle en laissant sa phrase en suspend. Un capitaine instructeur était là pour vous botter le cul tellement fort qu’une crise d'hémorroïdes aigues était une partie de plaisir à côté.
« Négatif... »
Son nez cassé siffait et lui donnait un ton presque burlesque. Il ignorait cela volontairement.
« L’état d’Iza m’inquiète beaucoup. Elle cumule les malaises. Avec votre autorisation, j’aimerai placer les hommes en bivouac et l’exempter de toute activité. Qu’elle se repose après avoir fait son tour de soin, vous voulez bien ? »
Comme toute personne saine d’esprit, Pedge ne pouvait s’empêcher de regarder ce pif déformé. Il devait douiller sévère. Elle avait déjà pris des coups dans le nez et ce n’était pas très agréable, pour ne pas dire carrément douloureux. Il faudrait qu’il fasse montrer ça à Bowers. Mais Bowers était la source d’inquiétude du sergent Brass.
« Bowers doit terminer de voir tout le monde, une fois ceci fait, elle s’en tiendra au suivi en se reposant. Les autres devront se relayer sur des tours de gardes. Nous sommes tranquilles pendant six heures, mais ce n’est pas pour autant que je vais prendre pour argent comptant les paroles du Capitaine et nous devons surveiller le périmètre. Ce serait dommage de sortir d’ici la fleur au fusil et de se faire prendre en embuscade au premier buisson qu’on croise à l’extérieur du camp. »

Le sergent tiqua un peu. Il avait espéré que l’officier permette à son équipe de se reposer entièrement, les hommes n’étaient plus en mesure de tenir un rythme de rotation selon lui. Allen le savait forcément et, pourtant, elle voulait tout de même les faire tourner. C’était une mauvaise nouvelle mais il comprenait. Le genre d’embuscade dont elle parlait était clairement du genre de Calahan.
« Bien Capitaine. Je parlerai aux hommes. » Affirma-t-il, presque à contrecoeur.
« J’ai aussi aperçu Ruth se faufiler dans la tente du Capitaine. J’ai l’impression qu’elle cherche à nous obtenir plus d’informations. Et... »
Il regarda Will qui commençait à se redresser.
« Ils ne sont pas revenu les mains vides. Ruth et Will ont fait une descente chez nos ennemis quand on nous ligotait. Nous avons quinze litres d’eau douce dans le coffre du Divorce. »
Brass était presque heureux d’en annoncer la nouvelle.
« Izabel assure qu’avec une procédure de réhydratation adaptée, nous nous éviterons de violents effets secondaires. Elle va procéder à une distribution sous peu. »
« C’est une bonne nouvelle. », confirma Pedge en hochant de la tête positivement et en imaginant une gorgée d’eau. « Il faut que les hommes respectent les consignes du doc pour la réhydratation, sinon on va au devant de problèmes plus conséquent. Je compte sur vous pour que la consigne passe et qu’elle soit respectée. Si vous en voyez un qui se gave à outrance, vous le placez aux arrêts provisoirement, pour son bien et celui de l’équipe. »
Le sergent n’était pas vraiment d’accord. Placer aux arrêts ? Avec quoi, qui, où ? Ils avaient tous souffert de la déshydratation. Ce serait probablement brutal et léserait la cohésion de traiter un soldat de la sorte, même pour son bien. Sur le coup, Tim crevait d’envie de lui dire qu’elle était peut-être extrême dans sa mesure de sécurité. Mais ils n’étaient pas dans une colonie de vacance et le sous-officier rangea dans un petit coin de sa tête le fait qu’il essaierait de leur parler avant d’agir. Un ordre était un ordre.
« A vos ordres. »
Il l’observa brièvement en se demandant comment elle pouvait tenir. Les gars étaient usés jusqu’à la corde et, même avec le shoot d’adrénaline, elle était la seule à ne pas être tentée par le repos complet. Le sergent soupira discrètement. Elle n’avait pas été celle qui avait pris le relais de Normandie en distribuant des couvertures et des chocolats chauds aux gars. Il valait mieux faire le tampon et respecter ses ordres tout en évitant aux hommes le faux-pas. Tim y veillerait.
Pedge toisa Brass pour qu’il assimile, et ajouta :
« Will Sandoval, comment va-t-il ? Il est opérationnel ? », s’enquit-elle, en ayant en mémoire la chute impressionnante dont il a été l’objet.
« Il a été bien secoué mais il est entier. Iza certifie qu’il peut reprendre du service. »
Pedge opina du chef, se promettant d’en toucher un mot à Iza quand même pour la forme. De toute façon, elle devait la voir également.
Tim marqua une pause avant d’ajouter.
« Je vais procéder. Avez-vous d’autres ordres, capitaine ? »

« Capitaine. Sergent. »
Il vit Matt arriver avec les quarts en allu, ils étaient remplis à moitié d’eau. Le Rangers leur fila également des pilules ainsi que les consignes du médecin. Brass le remercia puis le congédia. Il prit une gorgée et soupira d’aise...c’était si bon.
« J’y croyais plus. »
Pedge remercia Matt et s’enfila ses deux gellules plus une partie de l’eau, comptant bien vider son quart le plus lentement possible. C’était franchement agréable. Elle attendait que le soldat reparte pour ajouter à l’attention de Brass :
« Oui autre chose, essayez de lui trouver quelque chose à se mettre. »
« Bien sûr. »
C’était même naturel. Le sergent y pensait depuis un moment mais il ne l’avait pas fait à cause d’une raison précise.
« C’est Calahan qui lui a retiré son uniforme, Capitaine. L’habiller pourrait attirer ses foudres. » Ajouta-t-il sans chercher à refuser l’ordre donné.
« Profitez d’avoir un paratonnerre désormais. », répondit-elle du tac au tac.
Pour toute réponse, le sergent salua poliment son officier et la quitta pour réunir l’escouade. Il croisa Izabel avec qui il échangea quelques mots brièvement puis le médecin s’approcha du Capitaine.

« Chef...vous vous sentez comment ? »
« Sur mes deux jambes pour l’instant. Et vous ? ». Pedge la regardait fixement. Elle tenait compte des propos de Brass concernant sa faiblesse, et elle ne voulait pas la voir s’effondrer devant elle sans pouvoir réagir. Aussi, elle pouvait jauger elle-même de ce qu’elle avait encore dans les tripes pour tenir le coup, et se faire sa propre idée de qui était Bowers. Car pour le moment, les présentations avaient vraiment été trop rapides pour qu’elle capte les forces et les faiblesses de ses hommes.
« J’sais pas trop... » Avoua-t-elle.
Avec son visage défait, ses yeux mi-clos et ses épaules voutées, la jeune femme ne cherchait pas à mentir ni conserver les apparences. De prime abord, on aurait pu penser qu’elle cherchait à se plaindre, demander du repos et pouvoir couper un peu à tout ça. Son regard brillait peut-être même un peu de cette envie mais il y avait quelque chose de beaucoup plus important qui l’animait. L’altruisme, l’empathie, un moteur beaucoup plus puissant qui la portait encore. Elle posa son sac sur le sol, n’en pouvant plus de l’avoir sur le dos.
« Je voudrais vous ausculter, capitaine. Vous auriez une minute ? »
Elle tourna son regard vers Brass qui regroupait l’unité. Elle ne voyait plus Calahan, était-il parti ?
Habituellement, Izabel détestait examiner un homme sur le terrain devant le regard des autres. Elle le faisait lorsqu’il n’y avait pas les choix mais, plus ordinairement en temps de repos, elle les recevait dans une tente médicalisée et sur un lit picot. C’était, pour elle, un peu plus respectueux.
« Une tente a survécu au massacre. » Insinua-t-elle.
Elle devait jeter un oeil à son genou entre autre. Elle voyait mal le capitaine se défroquer gratis devant ses hommes.

« Par ici alors. ». Elle l’entraina vers la fameuse tente. Si c’était son tour de se faire examiner, alors elle n’y couperait pas. Son état de santé était préoccupant et son esprit moulinait dessus depuis toute à l’heure. Brass étant parti avec ses directives, elle pouvait souffler deux minutes pendant que la survie s’organisait et que le camp prenait forme.
C’était la tente du Capitaine. Quand Pedge poussa le battant, elle trouva Padilla dedans.
Elle était penchée sur une carte de la région. Manifestement, elle avait pillé les documents du Capitaine et cherchait vraisemblablement à localiser leur position vis à vis du reste du dispositif ennemi.
« Oh, capitaine. » fit-elle un peu surprise. « Vous avez de l’avance, je n’ai rien à vous mettre sous la dent pour le moment. »
« Bonjour Ruth... »
« Salut Iza. Je suis contente de te savoir entière. Vous avez besoin de quelque chose ? »
« D’un coin de tente pour une auscultation médicale. »
« Alors je déménage. » Répondit-elle du tac au tac en faisant un clin d’oeil à Iza.
L’ancienne du NID ramassa l’amas de paperasse qu’elle fourra dans un sac oublié là et elle s’apprêtait à quitter la tente. Dedans, on y trouvait un petit bureau de campagne pliable et un lit picot...ainsi qu’un engin qui allait attirer l’attention d’Allen. Si ce n’était pas fait, c’est Padilla qui se retourna pour lui dire :
« Ah. Capitaine. Je dois vous dire que j’ai trouvé cette centrale en état de marche. Comme celle que vous avez utilisé sur Normandie. Nous n’avons pas besoin d’un tel engin ici, je pense que c’est un message pour vous... »
Pedge considérait en effet la centrale radio. Elle se tourna vers la jeune femme, se demandant comment elle pouvait savoir qu’elle portait ça sur son dos pendant l’opération Normandie. Néanmoins, elle se contenta de répondre : « Je vais me pencher sur la question. Revenez me voir quand vous avez du nouveau concernant ces cartes, nous devons avoir une petite discussion toutes les deux. », dit-elle de sa voix morne à l’accent texan.
« C’est compris. A tout de suite. » Affirma-t-elle avant de quitter la tente. Pedge la suivit du regard le temps qu’elle disparaisse.
Izabel regarda un instant ces pans de toile qui se remettaient en place et elle déposa ensuite son sac sur le bureau. Elle l’ouvrit en grand puis elle positionna son stéthoscope sur ses oreilles.
« Ok...on va s’occuper du plus urgent. Je vais contrôler votre fréquence cardiaque, enlevez votre veste. »
« Ok. ». Pedge n’aimait pas aller chez le médecin, parce que souvent, on était obligé de la toucher pour l’ausculter. Normal quelque part non ? Le pire, ça restait le gynécologue. Mais bref, elle n’était pas là pour ça, et pour le coup, elle était plutôt soulagée de se sentir prise en charge. Son état l’inquiétait au plus haut point. Elle défit sa veste, sentant ses muscles fatigués se refroidir progressivement et tirer. Elle était raide.

‹c› Vanka

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Sam 26 Jan - 19:37
Matt Eversman
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L'enfer by Calahan



AUPARAVANT, DU CÔTÉ DE MATT EVERSMAN

« EH ! OH LA, DOUCEMENT ! » S’écria soudainement Brass en passant ses bras sous les aisselles de Bowers dans une réaction de réflexes.
La jeune femme reprit quasiment ses esprits dans le même temps, se redressant tout en levant une main tremblante.
« Ce n’est rien. Juste...juste une absence. Ce n’est rien. »
« Tu tournes de l’oeil Iza. Tu dois te reposer, il y a urgence. »
« Vous avez le nez cassé, Tim. Ca siffle et c’est mauvais signe. Je dois ausculter Matt. Je dois décoller les lèvres d’Elana. Le Capitaine...elle a... »
« Iza... »
« Je sais chef. Je sais ! » Se défendit-elle avec un brin d’agressivité.
La jeune femme était vraiment à bout, les yeux quasiment clos, le visage tiré comme lors d’un effort continu. Elle savait que Tim avait raison mais elle ne pouvait pas remettre les soins à plus tard. La jeune femme voulait l’en convaincre tandis qu’elle terminait les contrôles de Will.
« C’est mon boulot. Dès que j’ai fini, je me repose, c’est promis... »
Le sergent acquiesça à contrecoeur.
Avec son aide et celui de Matt, Izabel Bowers contrôlait la nuque et les vertèbres du supplicié. Il avait repris quelques couleurs et sa lucidité, même s’il donnait l’air d’avoir été passé à tabac.
« Vous...me laissez partir...maintenant ? »
Il retint difficilement un gémissement de douleur. Ses côtes lui faisaient un mal de chien.
« C’est que j’ai une paire de lèvres à décoller moi... »
« Bientôt, Will... »
« Ouais parce que...tu vois...j’entends plus Elana, ça me stresse. »
« Moi ça me fait des vacances. Quand elle ouvre le bec, c’est toute une aventure... » Ironisa Danny, comme si Elana avait été la plus bavarde du groupe.
Sandoval débuta un rire sincère avant d’être rattrapé par la douleur. Il migra son regard vers Eversman.
« Eh ! J’suis un héros maintenant...j’vous ai tous sauvé...tu crois que je pourrais demander à Ravix une tite récompen... »
Il n’eût pas l’occasion de terminer sa question qu’il se raidit brusquement en recevant un coup derrière le crâne de la part d’Iza.
« T’es sensée me soigner !!! » Se plaignit-il.
« Quel clown. Vous auriez dû le laisser là-bas... »
« Quelle chochotte surtout...Tu parles d’un héros. SuperChochotte, ça t’irait bien tiens !. » Répliqua Matt une main toujours à proximité de l’épaule du blessé, prêt à le maintenir en place si Iza l’exigeait.
« Quoi ?!? Répète un peu espèce de sale...aïe ! »
« Superchochotte. » Répéta-t-il avec son air malicieux tapotant doucement l’épaule de son collègue histoire de ne pas accentuer son mal. « On peut pas tous être des durs à cuir. » Continuait-il sur le même air.

L’apparition soudaine de Calahan força le groupe à se redresser brusquement, quasiment au garde à vous, avec la crainte habituelle d’une punition qui pouvait survenir à tout moment. Le sergent Brass fît un pas en avant, comme s’il espérait capter l’attention de l’officier en premier pour protéger les autres. Mais tandis qu’il apercevait le fusil M1 en bandoulière, l’instructeur le dépassa et alla directement à la rencontre d’Izabel. La jeune femme se redressa à son tour et se plaça au garde à vous. Dans son regard brillait cette terreur profonde de l’officier et de l’annulation de sa participation. Elle attendit avec beaucoup d’appréhension, se montant déjà des films. Couronne sur le crâne, Eversman se trouvait aux côtés du blessé. Il se trouvait à mi chemin entre un garde à vous et la position de repos hésitant visiblement entre les deux ne sachant comment se tenir avant d’opter pour la première position. On ne pourrait lui reprocher un marque de zèle. En revanche une absence et là, il trinquerait. Calahan avait un don certain pour lui filer les chocottes. Normal qu’il soit dans les petits papiers de Caldwell. Eversman se montrait par conséquent attentif et prêt à réagir.

A cet instant, Will semblait faire le mort, ce qui n’arrangeait pas ses affaires.
« Au rapport. »
« A vos ordres. Will est... »
« La recrue Sandoval. » Corrigea immédiatement le capitaine. « Vous tenez à le priver de vivres pour la journée ? »
« Négatif capitaine, je rectifie... »
Ce fou furieux la faisait trembler. Son regard était écarquillé par la crainte. Pour compenser, le sergent Brass s’était positionné à côté, comme pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas toute seule et qu’il n’y avait pas lieu d’avoir peur. Il s’agissait d’un officier qui l’avait humilié et quasiment scalpé en public. Brass comprenait que ce type lui file la frousse. Un peu plus motivée par ce geste, Bowers prit une inspiration et parla comme si elle avait eu affaire à un candidat classique au SGC.
« La recrue Sandoval va bien. Il présente plusieurs lésions bénignes dues à sa chute mais rien de compromettant à la poursuite de sa mission. »
« En êtes-vous certaine ? »
« Oui, mon capitaine. »
« Alors que fait-il encore attaché ? »
Bowers hésita. Elle regarda son patient, ainsi que son système pour l’immobiliser, et elle chercha maladroitement une excuse.
« Je...je terminai son examen à l’instant, mon capitaine. »

L’instructeur acquiesça tout en l’observant.
Il s’approcha d’un pas, faisant faire automatiquement reculer la jeune femme, puis il déclara d’une voix lente et chargée de menaces :
« J’ose croire que vous ne mentez pas, recrue Bowers. »
Elle mentait.
N’importe quel médecin aurait refusé de prendre des risques. Will présentait aussi quelques micro-fractures aux côtes. Mais avant que tous les autres n’arrivent, il lui avait supplié de ne pas le démobiliser. Cette manoeuvre était son billet pour les missions d’explorations comme pour tous les autres. Elle ne pouvait que comprendre et respecter ça, d’autant plus qu’il était revenu pour eux. Will et Ruth avaient récupéré le Divorce et il leur avait permis de se libérer.
Le sol vacillait sous les pieds du médecin mais elle refusa de flancher.
« Je dis la vérité. En ma qualité de médecin, je certifie que la recrue Sandoval peut reprendre le service après un peu de repos. »
« Vous verrez cela avec votre officier ! » Rétorqua Calahan avant de la contourner et partir en direction d’Elana et de Rita. Il fit en sorte d’avoir un échange en privé avec cette dernière.

Dès que la pression cessa, les jambes d’Iza cédèrent et elle manqua de s’effondrer. Elle se rattrapa in extremis à Eversman et c’est lui qui soutint son poids. Bowers était véritablement à bout et elle refusait encore de lâcher l’affaire.
« IZA ! » Dit-il tout en affirmant sa prise l’aidant à se maintenir sur pieds sans la lâcher pour autant. Déjà deux fois qu’elle perdait pieds en très peu de temps. C’était des plus préoccupants.
« Ca va...ça va... » Rappela-t-elle distraitement. « Aide moi à libérer Will. Tout doucement... »
« Matt. Je voudrai que tu veilles sur Iza jusqu’à nouvel ordre. » Fît Brass. Il lui tapa sur l’épaule comme pour marquer la mise en application de cet ordre et il rejoignit l’aspirante Allen pour organiser la suite.
« Oui, Sergent. » S’empressa-t-il de répondre.
« Psss...il est parti ? » Murmura le faux mort.
« Non... » Répondit-il peut être un peu plus sèchement qu’il n’aurait voulu au Héros du jour. Les sangles de Will enlevées, Iza ne serait pas pas plus tranquille, toujours à veiller sur lui même si l’état de Will était rassurant. Au moins lui obtenait-il encore quelques secondes de répit en le maintenant dans son cocon.
« On a besoin de toi, Iza. On a besoin de toi en forme alors faut que tu te ménages. Je peux t’aider, Iza. Dis moi quoi faire. » Dit-il d’une voix plus basse tout en croisant le regard de celle-ci. Il s’inquiétait vraiment pour elle.
« Je me reposerai après….après... » Souffla-t-elle.
Elle le fixa un instant avant d’hocher la tête.
« Je dois m’occuper des autres. Mais si tu veux vraiment m’aider... » Son regard s’était déporté vers le blindé. « Will m’a appris qu’ils nous avaient ramené de l’eau. Quinze litres dans des bidons...alors...prends les quarts et rince-les. »
« De l’eau ?! » Répéta-t-il sans vraiment y croire. Il avait suffit d'un peu de flotte pour lui faire revenir le sourire. C’était presque inespéré maintenant. C’est dingue comme s’imaginer avaler une gorgée d’eau pouvait lui procurer un tel espoir.
Izabel se redressa difficilement. Matt la soutint dans sa manœuvre s’assurant qu’elle tenait bien sûr ses jambes, stable avant de la relâcher lentement. Will venait de les quitter pour se rendre auprès de Ravix. Danny, lui, n’en revenait pas de la nouvelle. Il avait déjà ouvert la nacelle arrière de son véhicule et ouvrait la bouche en grand en voyant toute cette eau. Cela fit rire doucement le médecin qui farfouilla dans sa poche avant d’en sortir une boite de gélule au nom imprononçable.
Elle l’a donna à Matt qui la cala sur le flanc de son sous vêtement.
« Un demi-quart par personne. Pas plus ! Et surtout, buvez par petites gorgées. Tu te charges de la distribution, d’accord ? Tu donnes ce demi-quart à chaque personne avec deux gélules et cette consigne. »
« OK, Doc » Confirma-t-il.
Au moment où elle allait partir, elle se retourna pour insister, voyant que Danny était déjà en train de déboucher l’un des bidons en plastique.
« Hé, déconnez pas, je vous fais confiance ! »
Elle déglutit difficilement, très épuisé. Elle avait l’intention de se charger du nez de son sergent puisque Will semblait bien se débrouiller.
« Si vous ne faites pas ça, vous allez régurgiter l’eau, vous allez douiller. Alors prenez votre mal en patience et ne consommez pas plus, vu ? »
Son regard se posa sur Eversman pour être certaine qu’il allait appliquer la consigne à tous.
« Un demi quart par personne avec deux gélules. Boire par petites gorgées. » Répéta-t-il pour la rassurer quant à la compréhension du message. Izabel passa la bretelle de son sac et s’éloigna, toujours aussi difficilement. Il l’observa s’éloigner, s’assurant de sa démarche avant de se mettre en mouvement à son tour. Maintenant que l’adrénaline n’était plus et qu’il n’avait plus à courir dans tous les sens pour tenter d’échapper aux balles, il n’avait pas chaud. Sur le chemin, il frictionna un peu ses membres essayant de les réchauffer un peu. Danny venait de terminer de poser le dernier bidon au sol cherchant à l’ouvrir dans l’optique certaine de s’abreuver.
« Attends, Danny.. » Dit-il remarquant l’homme interrompre ses gestes. « Pas plus d’un demi quart par personne pour le moment. Ordre du Doc’. » Il lui laissa intégrer l’information qu’ils allaient boire, même si ce n’était pas dans l’immédiat avant de continuer.
« Ouais...ok... » Répondit-il à contrecoeur.
« Tu m’aides ? Tu rassembles les quarts, je les rinces et on les remplit. ça te va ? » Matt lui laissa l’initiative de choisir d’inverser ou non les situations. Il était aspirant, stagiaire en quelque sorte et ce n’était donc plus à lui de distribuer les rôles de chacun. ll proposait, l’autre acceptait ou l’envoyait chier. Cela n’arriva pas, Danny coopéra en lui filant son récipient avant de partir en quête des autres. Eversman s’improvisa cuistot du jour, s’asseyant pour prêter les petits plats du jour. Hors de question de s’agenouiller, les genoux n’en pouvaient plus. Il lâcha un soupir d’aise une fois les fesses au sol. ça faisait du bien de pouvoir se poser un peu, de ne plus craindre pour soi. Le repos, ce ne serait pas pour tout de suite. Il y avait l’eau avant et mine de rien, c’était déjà un sacré réconfort.

Le quart de Danny fut récupéré. La vache, ça puait la pisse ce truc. Le genre d’odeur forte qui te pique fortement et qui serait capable de te tirer une larme. Dire qu’il avait pu de l’urine...Il avait fait ce qu’il avait eu à faire pour survivre. C’était ce qu’il fallait se dire, se persuader même. De toute façon, c’était fait. Il ne pouvait rien en changer. Le récipient fut rincé essayant de gâcher le moins d’eau possible. Rien pour astiquer, même par un morceau de tissu qu’il aurait pu prendre sur son seul vêtement. Les autres quarts subirent le même traitement avant d’être alignés les uns à côté des autres. Les doigts rendus quelque peu humides par la manoeuvre, il ne put s’empêcher de les passer sur ses lèvres gercées. Cette impression de froid, d’humidité, de fraîcheur. Un plaisir. Non, il ne rêvait pas. Il allait véritablement pouvoir boire quelque chose. Avec précaution, il mania le bidon pour les remplir à moitié. Matt dût se faire violence pour ne pas dépasser la prescription du médecin ou même de ne pas se prendre une gorgée à la sortie du bidon.

Il était temps de se faire facteur ou plutôt distributeur de boissons pour ses collègues. Danny fut le premier à qui il tendit le fameux quart.
« Tiens, mec. A boire par petites gorgées et prends ça avec. Ordre du Doc’. » Les deux pilules furent ôté de leur emplacement avant de rejoindre la paume de main du militaire.
« Merde...j’ai l’impression d’avoir de l’or liquide entre les mains... »
« Profite ! » Lui adressa-t-il avec un sourire avant de se remettre sur pieds pour assurer la distribution auprès des autres. Il avait un peu l’impression d’être le père noël qui distribuait les cadeaux. C’était con, ce n’était que de l’eau et encore un récipient à moitié vide. Il fallait en être privé pour s’en rendre compte et partout où il allait, il y avait des sourires. Certains plus ou moins grands mais il y en avait, signe que l’espoir revenait et la motivation avec.

Chacun eut le plaisir de le voir arriver avec le bon nombre de quart. Il eut un sourire en voyant le Canadien, à peine remis, être auprès du Stroumph Grognon. Décidément, ce dernier ne lâchait pas l’affaire malgré ses avertissements. Il ne voyait pas vraiment ce qu’il pouvait lui trouver. Ok elle était sympa mais quel caractère ! Avant toute chose, elle était grise et Matt avait fait définitivement une croix dessus. Il l’avait trop chèrement payé pour renouveler l’erreur.

La distribution effectuée, le Ranger se trouva un coin à l’abri du vent. Il aurait bien allumé un feu histoire de trouver un peu de chaleur mais bon pour le moment, il allait apprécier cette eau. S’il avait été croyant, il aurait pu remercier Saint Machin au lieu de ça, il se félicita plutôt d’avoir tenu le coup. Ce n’était pas fini mais bordel c’était une belle victoire et cette eau en récompense. Ne manquait plus qu’une couverture polaire, un burger et un lit pour satisfaire ses besoins ! Un peu de repos, ça faisait du bien aussi. Se poser et ne pas avoir à craindre pour sa vie dans l’immédiat.





@ pyphi(lia)

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merci !                               couleur : darkcyan                               USS Dédale
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Lun 28 Jan - 21:09
Elana Ravix
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L'enfer by Calahan // Chrono 23/07/2018



AUPARAVANT, DU CÔTÉ D’ELANA RAVIX

« Tu peux pas t’en empêcher hein ? » fit l’italienne. Elana haussa les épaules, elle ignorait de quoi elle parlait exactement sur le coup, puisqu’il avait plusieurs solution. Mais oui sûrement, elle ne pouvait pas s'empêcher de faire quelque chose.
Rita l’avait conduite un peu à l’écart pour s’occuper de ses mains. En s'agrippant comme ça à une attache métallique du blindé, elle s’était entaillée les paumes. Izabel était absorbée par l’état de Will et elle ne pouvait pas être partout. Donc logiquement, l’italienne avait entrainé sa collègue et forcé à s'asseoir pour qu’elle puisse s’occuper un peu d’elle. Non seulement ça lui occupait l’esprit. Mais en plus elle pouvait faire le deuil de son fusil auprès d’une personne qui ne pourrait que l’écouter.
C’était sacrément égoïste et peut-être que Ravix en aurait rien à cirer.
Peut-être…

En réalité Elana n’en n’avait pas rien à cirer, non, elle était intéressé et présentait qu’on allait lui narrer une histoire et bon dieu qu’elle adorait quand on lui racontait des histoires. Un psy aurait surement dit, que c’est un résidu d’enfance et une manière de pallier son manque d’imagination. Mais qu’importe, Elana adorait ça et elle écoutait plus souvent qu’elle ne parlait de toute façon. Elle se laissa faire, attendant que Rita se lance… chose qui arriva que trés vite.

« Mon arrière grand-père, il a fait les deux guerres. La première. Et la seconde, où il a pris ce fusil des mains d’un Amerloc. »
Elle passa lentement la bande de gaze dans le creux de ses mains.
« On était dans le camp des Nazis au début. Je sais pas si tu es calée en histoire. Mais il a monté une lunette sur ce fusil et il en a flingué, des Ricains, avec cette arme de leur camp. Et puis... »
Elle pinça des lèvres.
« A force de jouer les snipers, les Alliés en ont eu marre. Ils ont tourné leurs batteries et ils l’ont pilonné sans retenue. Fabio Monciatti est devenu une légende ce jour-là. Il a survécu et il est retourné au camp en rampant. »
La jeune femme la fixa d’un regard pétillant.
« Tu veux la suite ? »
Elana roula des yeux et l'encouragea des mains ! Bah oui elle voulait la suite de cette partie historique de l'Italie et de cette famille surtout ! Après, elle ignore si les italiens sont plutôt bavards (oui ça c'est un fait) sur leur passé Nazi, mais en France c’est encore bien tabou, donc elle était surprise d’entendre Rita dire ça, avec une telle aisance.
Rita lui sourit en réaction à son enthousiasme.
« Ouais. T’as l’air de vouloir la suite. Tu devrais en profiter, celui qui m’a entendu causer aussi longtemps est déjà mort. »
Peut-être que ça la ferait marrer, peut-être pas. Elana eut un sourire qui lui arracha un grognement de douleur ! Quelle idée de la faire rire alors qu’elle avait les lèvres coller ? Elle lui jeta un regard morne avant de lui donner un coup sur le poignet pour le principe. Bon, ça commençait à la faire carrément chier d’être une carpe au sourire de l’ange !

« A la mort de Mussolini, les Italiens ont changé de camp. Mon arrière grand père ne s’est pas vraiment posé de questions. Il a tiré encore, c’est ce qu’on attendait de lui. La guerre s’est terminée ensuite mais il a toujours conservé ce vieux fusil. Il... »
Rita s’arrêta, elle tourna la tête vers les restes de cette arme et serra la mâchoire.
« Fabio l’a transmis par héritage. C’est mon frère qui aurait dû le recevoir mais il a été tué en mission. Il y avait une lettre avec : “J’ai tué plus d’Alliés que de soldats de l’Axe. Ne cherchez pas à équilibrer la mort que cette arme distribue. Suivez simplement l’histoire : celle des Monciatti.” »
L’italienne cessa de soigner les mains d’Elana. Elle baissa la tête.
« Je pensais suivre l’histoire en l’utilisant tout au long de ma carrière. Sans lui...je crois que je ne suis plus rien... »

Bon, en tout cas, son grand père ne s’encombrait pas de savoir qui était bon ou mauvais, il agissait en soldat. Cela ne voulait pas dire qu’il ne faisait pas des cauchemars ou qu’il avait des problèmes de conscience. Et le petit message qu’il avait laissé avec le fusil, était une preuve pour elle, qu’il ne devait pas bien être en accord avec sa conscience et qu’il désirait peut-être que ses petits enfants ne fassent pas comme lui. Elana aimait bien les histoires de famille comme ça. Il y a un côté beau et héritage. Par contre la conclusion de Rita lui déplut. Elle secoua la tête, regrettant d’être muette, elle était sacrément punie d’être muette mine de rien et elle n’aurait jamais crut que cela lui manquerait.
Elle décida de prendre la main de Rita et de lui tapoter du doigt le haut du torse. Elle n’était pas certaine de son mime, puisqu’elle n’était pas douée la dessus. Elle fit donc un fusil avec sa main et son bras et le fameux “pan” en mime puis secoua la tête et remontra Rita en croisant les mains en croix. En réalité elle voulait lui dire, qu’avec ou sans fusil elle était Rita Monciatti et elle soulignait de son doigt le nom de sa camarade sur son uniforme pour renforcer l’effet. Oui, on ne se définit par un objet mais par d’autre chose…
L’italienne eut du mal à comprendre. Elle finit par éclater de rire, tant la situation était ubuesque. Voir Ravix avec sa tête de coincée faire des mimes, c’était unique dans une vie. La jeune femme posa une main sur son épaule tout en répondant, taquine :
« Je crois que je vais devoir faire ton éducation en mimes... »
Elana soupira sans bruit, avant d’hausser les épaules et retenir un sourire contagieux pour ne pas avoir mal. Mais, elle hocha la tête en signe d’acceptation… elle sentait que cela allait être la pire soirée de sa vie niveau foutage de gueule si Rita lui apprend les mimes. Mais qu’importe au final, tant qu’elles rigoles.

Calahan débarqua peu de temps après. D’un simple signe de tête, il ordonna à Rita de le suivre. Ils s’éloignèrent ensemble. Elana essaya de donner un peu de courage par le regard à sa camarade qui partait avec l’officier instructeur. Désormais seule, Ravix vit le génie canadien quitter son médecin et venir vers elle en dodelinant. Il se tenait les côtes et souriant d’une façon presque gênée.
« Hé, ça devient vraiment une habitude de te sauver la peau...enfin les lèvres... »
Elana avait relevé le regard vers lui. Elle décida de se mettre sa hauteur et de lever en se retirant la poussière sur les fesses et les cuisses. Elle secoua légèrement la tête a cette remarque, avec une expiration un peu plus forte, signe qu’elle trouvait ça faiblement drôle mais surtout aussi maladroit que sa démarche. En fait, elle ne voyait pas le rapport avec ses lèvres, il lui avait sauvé deux fois la peau, mais pas du tout les lèvres. Bref tant pis. Cependant, la jeune femme ne se souciait guère au final de cette blague, elle était contente de le voir debout, signe qu’il était encore dans le même bateau. Il avait eu de la chance avec sa chute de n’avoir rien de casser au final.

Il leva un sourcil et vit que sa blague lourdingue n’avait pas fait mouche. Il ouvrit la poche de son gilet tactique.
« Ok, laisse tomber. B-A-BA du génie, c’est la glue pour faire tout et n’importe quoi. Donc, le deuxième B-A-BA... »
Il sourit tout en sortant une pipette de couleur bleue.
« Recette maison à base d’acétone, de citronnade et de composé de vaseline. Le sésame pour te faire retrouver la parole. Ca brûle et tu vas gercer, mais ça marche. T’es partante ? »

Oula… les mélanges chelou, elle n’aimait pas ! Elle regarda d’un air suspicieux ce flacon bleuté…Acétone dans sa tête ce n’est juste pas compatible avec ses lèvres… la citronnade … ouai elle aime le citron, mais qu’est ce que ça fout dans son composé ? Il avait confondu l’eau avec l’acétone et il s'était dit « pourquoi pas en faire un anti glue ? »… Et vaseline... De la vaseline ! Bordel ! Un peu de graisse avec de l’irritant ça donne toujours des bonnes choses… dans sa tête ce cocktail, sonnait comme un truc dangereux et elle n’était pas chaude d’être un cobaye. Et vu comme il venait de lui dire ça, on aurait dit qu’il venait de lui proposer une soirée dans un club échangiste SM !

Enfin bon, elle haussa les épaules et s’approcha de lui, mettant sa tête légèrement en arrière pour qu’il puisse faire son œuvre. Étant petite, il n’aurait pas de mal à prendre le dessus sans galérer et ne pas lui en mettre de partout sur le visage. En tout cas, elle se fit la remarque qu’elle était soit trop gentille soit trop naïve, puisqu’elle avait décidé de se laisse faire au moment même où il parlait de sa mixture. Et c’était bien parce que c’était un membre de sa « meute » sinon, cette personne aurait été envoyé chier. Enfin par confiance, elle acceptait beaucoup de chose, on pouvait abuser d’elle par un abus de confiance….et puis, si cela lui permet de reparler…

Will éclata de rire en la voyant se positionner.
« Tu me prends pour une perche ?!? »
Il s’installa en tailleur et tapota le croisement de ses jambes qui lui servirait d’oreiller ou d’appui, au choix.
« Allez, allonge-toi et câle ta tête là ! »
Elana le regarda de haut en bas… puis secoua la tête. Ah non pas les câlins ! Autant Iza ok, mais voilà, c’était Iza et elle tolérait un rapprochement comme ça avec la doc. Mais là, avec Will, dans cette position… elle n’était pas chaude du tout. Généralement, elle n’aime pas trop être aussi proche, même si dans le contexte de camaraderie sa pudeur, qui était plus un bouclier de défense, s’abaissait. Bref, elle se trouvait paradoxale comme nana sur ce point. Et puis bon, elle n’avait pas à s’expliquer, elle n’y tenait pas, point ! Alors, avant qu’il argumente, elle se laissa tomber sur le sol en tailleur et elle attendit, tout en levant la tête, son regard était un peu abrupte mais, il avait une lueur, celui de la chieuse qui embête quelqu’un. Et elle était têtue.
Cela semblait plaire au Canadien qui secoua la pipette.
« Tu crois que ce truc s’applique sur quelqu’un qui n’est pas allongé ? Pour détacher des doigts je dis pas. Mais des lèvres... »
Il haussa les épaules.
« Allez quoi. C’est pas sexuel ! T’es capable de faire la gauloise chevaucheuse de sanglier et deux jambes de Canadien te font peur ? »
Il avait fini sur un ton assez provocant en mode “t’es pas cap !”. Il secouait la pipette plusieurs fois.
« Le salut est à l’intérieur !!!! »

Elle lui fit une moue dubitative en relevant son regard bleu délavé sur lui…Mais c’est qu’il insistait en plus ! Et elle était affreusement frustré de ne pas lui répondre… Elle manqua de rire avec sa référence de jambes de canadien et elle mit immédiatement une main à sa bouche, dans le réflexe très humain de protection et réduire bêtement une douleur. Il avait presque réussi, car par soucis de défis, elle lui aurait fait l‘affront de le faire, mais non…Comme beaucoup, elle était casse cou et aimait relever des défis… mais non, là elle avait dit non. Et cela commençait à devenir un jeu, qui faisait baisser à nouveau la pression et augmenter la complicité entre les membres de la “meute”. Une nouvelle fois, elle grogna dans sa tête, car elle était tenté de lui dire qu’on obéit à son caporal et voilà. Mais cela aurait été bas et nul comme argument. Elle soupira, retirant sa veste et son casque pour déposer ce dernier a côté d’elle et mettre sa veste en boule sur le sol… elle lança un regard à Will en haussant les épaules, pour lui faire croire qu’elle avait dit oui… puis, elle s’allongea dessus, elle s’en servait comme un coussin. Elle dû retenir un rictus. Enfin bon, être allongée, lui donnait envie de dormir et son corps la remercia d’être en position de repos. Cela lui fit un immense bien, même si c’est sur un sol dur.

La silhouette de Will se dessina dans sa vue du ciel après quelques minutes.
« Je note que la France craint le Canada ! » Railla-t-il avant de s’agenouiller à ses cotés. Il prépara un tissu qui lui servait un peu à tout puis déboucha la pipette. Il commença par passer le chiffon sur ses lèvres avant de placer quelques petites gouttes.
« C’est marrant d’avoir un caporal sous son pouvoir. » Blagua-t-il en essayant d’imiter la voix de Calahan. « ”On vous entends plus, seriez-vous devenue soudainement docile ?!?” »
Les quelques gouttes ne semblaient pas faire de l’effet pour la jeune femme. Du côté de Sandoval, c’était une autre histoire. Néanmoins concentré sur elle, il appliquait son chiffon pour absorber et commencer à diluer la colle. Il réitéra l’opération à plusieurs reprises et les picotements commencèrent à lui monter aux lèvres.
« Eh, t’excite pas gauloise d’accord ? Même si tu sens tes lèvres s’ouvrir, tu ne les bouges surtout pas, d’acc ?? »

Attend qu’elle retrouve l’usage de la parole et le Canada va très vite voir que la France ne craint rien des grandes étendues de glaces de ce pays anciennement colonisé ! Elle se contracta involontairement, quand les gouttes touchèrent le torchon et que celui-ci fut appliqué sur ses lèvres… ouais, l’odeur était neutre, mais, elle s’imaginait déjà en train de cloquer et mettre de l’acétone sur ses lèvres… oui ça ne passe pas très bien a la douane française.
L’interprétation de Calahan la fit rire, et elle se força à rester impassible, Will n’était pas si bon que Liam pour les imitations mais il tenait quelque chose. Et pour cette prestation, il écopa d’un tacle sur la jambe ou la cuisse, qu’importe elle avait visé la première chose qui lui passait par la main.
Un « hum hum » se fit entendre pour confirmer qu’elle ne « s’excite pas » et qu’elle attend sagement. D’ailleurs son regard roula pour le principe. Il en profitait pour dire n’importe quoi. Elle avait de plus en plus hâte de retrouver la parole… qu’importe si ça brûle… c’est de l’acétone pas un Daiquiri, ce cocktail au citron et au rhum.

« T’as envie de me rembarrer, hein ?? » la taquina-t-il en faisant mine de ranger son torchon et de se raviser. Oh oui, elle avait sacrément envie et cela devait se sentir à pleins nez voir même se remarquer dans ses yeux.
Il reprit ensuite son travail, petit à petit. Quand ça se mettait à piquer atrocement, il essayait de calmer ça en épongeant et en se montrant aussi doux que possible. Il ne pouvait pas empêcher la rougeur de gagner son visage et de voir ses yeux qui piquaient.
« Désolé. » Murmura-t-il, sincère. « Iza aura surement un truc pour calmer ça. » Elana hocha la tête, oui, elle avait tout la magicienne licorne. Au pire, ça passera bien. Elle ne lui en voulait pas.
Puis au bout d’un petit moment, Ravix sentit comme un petit pincement et la fraîcheur de l’air gagna l’intérieur de sa bouche. Petit à petit, ses lèvres se décollaient et Sandoval afficha une mine réjouie.
« Eh ben voilà...ça a tout de suite une meilleure gueule. So sexy avec les croûtes de colle ! Tu déchires un max façon “retour de la kidnappée 2”. »
Il était sur le point de finir, rendu sur la commissure de chaque côté.
« Et….voilà….le retour de Super Ravix la gauloise. » Il leva son chiffon.
« Allez, chante moi ton petit air de diva ! »

C’était long… mais quand ont à hâte on trouve toujours le temps long. Et puis, ce n’était pas agréable du tout. Elle prit son mal en patience… et elle ne voulait même as avoir a quoi devait ressembler ses lèvres déjà bien malmenées par le manque d’eau et maintenant la glue et le cocktail de Will. Dès qu’il eut fini, elle se releva en position assise et s’esya une nouvelle fois les lèvres avec sa manche, avant de tourner le regard vers la canadien.
« Comme quoi, les anciennes colonies peuvent être encore utile pour la mode française ! » dit-il avec sa voix un peu éraillée. Will se marra tout en rangeant ses affaires. Il l’aida à se redresser. Elana toussota, en remettant sa veste.
« Merci Will. Tu te sens comment après ton saut de l’ange ? » oui, elle ne perdait pas le nord, après tout elle s’était inquiétée pour le héros du jour.
« Tu t’inquiètes pour moi ?!? Je vais plus me sentir là ! »
« Tu préfères que je t’engueule ? » dit-elle en relevant un sourcil.
Will ne répondit pas. Mais son faciès était tout aussi expressif que sa pensée à ce moment là.
***Ouais, tu dois être encore plus sex une fois en colère.***
Il hésita et regarda autour de lui.
Pour ne pas changer Elana ne savait pas comment interpréter tout ça, étant pas douée la dedans. Elle capta quand même une pensée qui devait être coquine et Will, se prit un coup, pour être ramené à la réalité.« Aïïïeuuuuuuuhhhh. »
Cela fit rire Elana
« La France est digne de confiance ? »
« Si c’est pour me dire que tu as fais pipi au lit a 8 ans… ne t'inquiète pas, ça restera “Charlie” ! » ah bah, elle se vengeait carrément !
« Oui. » dit-elle sérieusement, à la vitesse lumière elle était passé d’un sourire un peu cabotin (une esquisse) à son visage fermé et habituel.

Will était un peu gêné mais il lui faisait confiance.
« Iza m’a trouvé des micro-fractures sur trois côtes. Je suis un sacré chanceux d’après elle. Mais ça reste entre nous, ok ? Si le Cap Allen l’apprend, ou même Calahan, je me fais virer. Une autre chute comme ça et j’ai plus de torse. »

Elana l’écouta avec attention, elle eut une petite moue pensive, se disant qu’il aurait été plus préférable de jouer la sécurité. Mais, elle était que trop mal placée pour lui dire ça et a sa place elle aurait fait la même, elle aurait demandé à Iza de lui faire cette fleur. Elle laissa passer quelques secondes en hochant la tête. Elle se demanda s’il fallait le dire à Tim. Elle n’avait pas encore tranché même si la réponse se profilait pour être un « oui ».
« Ne joue plus au rigolo pour le reste de la mission. » dit-elle d’un ton affirmatif. Cela n’était pas anodin, elle voulait qu’il fasse doublement plus gaffe maintenant et qu’il mette de côté son état casse-cou pour son bien. Puis, elle s’avança pour chuchoter de manière complice. « Sinon il faudra taxer la glue de l’autre tête de con, pour te coller. Et je ne suis pas doué en puzzle. »
« Elana !!!! » Il se recula, le visage déformé par la surprise. Il la pointa du doigt. « Là t’as fait de l’humour hein ? T’as blagué avec moi ?!? »
Elle lui fit une moue de travers et un regard en arquant son sourcil gauche.
« Non, je ne fais jamais ça … de l’humour… c’est dégueulasse.... » oui elle se foutait de sa gueule.

« Caporal. Will » Déclara-t-il pour attirer l’attention des deux tourtereaux de l’équipe et ainsi ne pas les surprendre dans des propos qui ne les regardaient que tous les deux. Les directives furent données avant qu’il ne s’éloigne pour continuer sa tournée.

Will ricana. A ce moment là, Eversman vint avec deux quarts en allu. Il leur donna les consignes du médecin, visant à boire par petites gorgées et prendre deux pilules. Il savait que c’était de l’eau puisqu’il en avait ramené quinze litres. Il fit exprès de prendre les deux quarts pour en tendre un à sa comparse, lui laissant le plaisir de découvrir que c’était enfin ce précieux liquide recherché depuis si longtemps.
« Finalement, on se le boit notre verre ! » Fit-il avec un petit élan de victoire intérieure.

Elana se releva complètement quand Eversman arriva, tout en réceptionnant eau et pilule. Elle devait avouer qu’elle sentit une douce euphorie la prendre quand elle vit le liquide transparent dans le quart. « Merci. » dit-elle simplement avant de tourner la tête vers Will qui faisait de l’esprit et elle trinqua son quart contre le sien.
« A la tienne. » puis elle trempa ses lèvres la fraîcheur de l’eau était un délice sur ses lèvres endolorie et elle resta quelques secondes à les tremper avant de boire petite gorgée par gorgée avec les pilules.

Mais pas le temps de faire la papote plus longtemps, Calahan venait de « lâcher » Rita. Il lui avait tendu un fusil M1 à lunette, le même que l’italienne avait perdu. La jeune femme semblait honteuse de la discussion qu’elle avait eu avec l’instructeur. Elle aurait sûrement baissé les épaules s’il ne lui avait pas tendu cette arme. Les yeux ronds, elle le voyait s’éloigner pour s’approcher de Ravix. D’un geste habitué, elle tira la culasse et enleva les munition d’entrainement pour observer la chambre, comme si quelque chose de particulier s’y trouvait. Un signe distinctif en réalité.

Quand Monciatti comprit finalement que tout avait été une mise en scène et que c’était qu’une simple réplique qui avait fondu, ses jambes cédèrent et elle s’asseya sur le sol. Les bras autour de son fusil, elle le serra contre son coeur et y enfonça la tête pour dissimuler l’explosion émotionelle qui la déstabilisait. Son fusil, celui de Fabio Monciatti, connaitrait la suite de l’histoire. Calahan n’avait fait qu’exploiter une faille très grossière chez l’élite qu’elle était sensée être et lui avait inculqué une leçon simple : “On emmène que ce qu’on est prêt à sacrifier”.

Déjà, l’instructeur se dirigeait déjà vers eux et d’un pas qui accompagnait son regard et il la fixait. A temps pour lui parler alors qu’elle retrouvait sa voix.
« Timing parfait, c’est mon tour. » Elle fini son quart puis le redonner à Will. Elle se baissa pour reprendre son casque et lui dire en même temps : « Va voir Brass. » Puis, elle fit quelques pas en avant pour rejoindre Calahan.
Sur le moment, le Canadien ne savait pas si c’était une façon de lui dire de faire de l’air puisque Calahan approchait. Ou bien si elle voulait vraiment qu’elle indique son état au sergent. Il s’en voulait déjà de lui avoir fait la confidence puisqu’elle voulait maintenant qu’il se dénonce. Le dire à Brass, c’était le dire à Allen. Le jeune homme secoua négativement la tête mais il s’éloigna avec les deux quarts en lui murmurant un petit : « Bon courage... »

Elana lui jeta un petit regard, il n’avait manifestement pas compris, mais, elle n’irait pas le dire d’elle-même à Brass, cela devait venir de lui. Tim pouvait garder l’information, elle voulait juste qu’il se protège lui-même et que s’il ait un problème qu’au moins l’un de ses supérieurs (plus gradé qu’elle) le soutienne. Elle lui fit un geste de moulinette, signe qu’ils en reparlerait tout cela était discret et elle marcha vers Calahan, regrettant de devoir le voir lui, au lieu de s’expliquer sur son message à Will et venir voir Rita qui s’était effondré avec son fusil. Était-ce son fusil ? Ou une réplique parfaite ? Vu l’émotion, la réponse était évidente.



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Lun 28 Jan - 21:10
Elana Ravix
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Il passait de l’un à l’autre, toujours aussi droit, toujours aussi sévère.
Le bourreau avait disparu comme l’on tourne la page d’un livre. L’instructeur était de retour. Il s’était entretenu avec Pedge, Tim. Avec Rita qui semblait avoir honte d’elle, puis avec Matt. A la fin, son regard dur et plein de sévérité se posa sur Elana Ravix. Il fît route jusqu’à elle, parfaitement enfoncé dans son uniforme d’officier, les bottes claquant sur le sol. Ses mains en support de la taille, pouce coincé sous le baudrier, il marcha dans sa direction comme un prédateur certain d’avaler sa proie toute crue.
Si un gong avait pu exister, il sonnerait son trépas prochain. Du moins, c’était l’impression qu’il donnait en atteignant la hauteur de la jeune tout en laissant glisser son regard jusqu’au sien. Le capitaine avait l’air comme déçu, dégoûté. Comme si elle était nauséabonde et malodorante.

Sans dire un mot, il fit un pas sur le côté, puis un autre, et encore un autre, en lui tournant autour.
« Je me suis trompé sur votre compte, Ravix. » dit-il sèchement. « Vous m’avez fait perdre mon temps en croyant en votre potentiel de soldat...savez-vous pourquoi ? »
Son regard dur pénétra le sien au moment où il revenait pour lui faire face.
« Parlez ! »

Il était évident qu’il passe à chaque personne, pour continuer son petit manège. Elle ignorait ce qu’il avait pu dire au capitaine, Rita ou même Matt et elle ne désirait pas le savoir. Pour la simple raison que ça ne les regardait qu’eux et qu’elle était certaine que le but était de les démolir avec son éternelle double lame : démolition et reconstruction. Elle se questionna sur les pulsions sadiques, si cet homme prenait un plaisir à faire cela. Il fallait y trouver son compte sinon, on ne pouvait pas le faire aussi bien. Dans tous les cas, il posa son regard de prédateur aux petits yeux perçant, il lui faisait penser à un rapace. Peut-être même à un vautour avec son cou dégagé et ce nez crochu. Elle eut un petit frisson glacé, se disant qu’elle allait s’en prendre pour son grade et elle avait de la chance que celui-ci n’était pas très haut.

Comme toujours, elle gardait son aspect morne et son regard délavé se figea sur le visage de son supérieur, qui avait une petite rougeur sur le nez. Elle se mit au garde à vous, quand il arriva près d’elle pour l’entrainer à part. Et la symphonie commença et cela était presque du réchauffé. Le nombre de fois, où il lui dit qu’elle est décevante… elle commençait à ne plus rien ressentir sur ce genre de chose ou finir par le croire, elle ne savait pas à cet instant lequel était le plus fort. En tout cas, se détacher pour rester droite et ne pas montrer une faiblesse à cet homme qui allait lui bouffer le foie. Elle avait fait des erreurs et il allait lui dire à sa manière a quel point elle avait merdé.

Elle n’était pas la nana la plus futée du monde et lui pose une question, qui quel que soit sa réponse, allait être la mauvaise. Elle avait bien de raison de ne pas être parfaite. Mais, elle se demandait pourquoi, il réalisait cette manœuvre ou du moins avec ce genre d’introduction, surement pour piquer et révolter… Il poussait exprès à la faute, en plus de désirer voir si elle avait appris une leçon. Et elle ne devait pas se la ramener de trop, cela lui avait coûté quelques éléments auxquelles elle ne voulait pas forcément revenir dessus. Ses lèvres lui faisaient d’ailleurs un peu mal, cela lançait et la crème d’Iza bien épaisse lui donnait l’impression d’avoir de l’huile sur le feu de ses muqueuses. En tout cas, elle avait retrouvé son calme légendaire et son faciès de mort.
« Je n’ai pas répondu à vos attentes. J’aurais dû faire profil bas entre autres. » dit-elle simplement.
« Vous ne croyez pas si bien dire... »
Il s’approcha très près de son visage, décortiquant l’absence totale d’émotions sur son faciès. Il eut un petit grincement de dents.
« Vous aimez jouer la machine, Ravix ? »

Il avait un don, pour être déplaisant, elle n’aimait pas l’avoir si près d’elle et elle se figea davantage pour ne pas avoir un mouvement de recul. Elle ne désirait pas de contact ou d’intrusion dans sa bulle. Elle avait dû mal avec le contact volontaire mais elle prenait sur elle. Elle était un paradoxe sur ce point, elle acceptait le contact que de certaines personnes, en fait de ceux en qui elle avait confiance avec un lien d’affection. L’équipe Charlie qui la touche ne sera pas rejetée, mais une autre personne n’aurait pas ce plaisir. En réalité, cela était humain. Personne n’aime avoir le visage d’autrui aussi près, sauf pour un acte moins catholique.

Il n’allait pas la lâcher avec ça… elle ne jouait pas à un jeu, de la personne qui n’est pas foutue d’avoir des expressions. Si elle pouvait elle serait expressive, cela était foutrement handicapant pour tous les jours. Elle avait fait avec, avec le temps, mais elle enviait parfois, les personnes aux risettes faciles ou même qui se faisait comprendre comme une simple évidence d’un regard. Elle en était incapable. Et pourtant, elle s'entraînait longuement devant son miroir pour parfaire des émotions et les retranscrire, cela marchait parfois, mais généralement, cela était étrange, voir même « faux ».
« Je ne joue pas mon Capitaine. »
« AH ! » fit-il platement. « Donc...vous ÊTES une machine ? »
Drôle de conclusion se dit-elle. Elana devait avouer qu’elle n’était pas à l’aise, mais pouvait-on l’être avec cet officier ? Non. Non était la réponse la plus évidente.
« Non. » Elle ne développa pas, puisqu’elle sentait le terrain glisser sous ses rangers. Et puis ce n’est pas son genre.
« Non... » répéta calmement le capitaine en ne décrochant pas son regard du sien. Il voulait voir si elle allait finir par regarder le sol. « Non, vous êtes un être parfaitement constitué. Rappelez-moi ce que vous faisiez à plat ventre, il y a dix jours de cela, caporal ? »

Elle déglutie doucement et très très lentement, sentant son sang devenir affreusement froid. Elle n’avait pas pour réputation d‘avoir les mains froides, chose étant pour une femme, mais à cet instant, elle était persuadée que ses mains étaient aussi gelées que le pôle nord. Elle ne pouvait pas faire la naïve et dire qu’elle était en mission humanitaire. Humanitaire, rien que ce mot lui filait une aigreur d’estomac. Humanitaire son cul oui ! Un popotin qui avait manqué d’avoir la visite du grand méchant loup et sa cargaison de maladie intergalactique. Brrr… Rien que d’y repenser elle se sentait animé d’un étrange cocktail de sensation et elle ne voulait pas les identifier cela était bien trop déplaisant. Elle avait de l’humour et amèrement, elle sentie une petite voix dans sa tête répondre : « de l’archéologie ». Mais elle ne dit rien, elle savait que cette voix était celle de la colère et de la défense. L’officier allait sur un terrain douloureux. Elle inspira une fois, pour rester maitre d’elle-même.
« Je me faisais violer… mon capitaine. » lâchait t-elle avec une voix moins inanimé mais pas facile de savoir si s’était à cause du peu d’ouverture qu’elle avait mis dans sa réponse, niveau articulation ou bien parce qu’elle était moins dure, moins « machine ». Elle, elle savait que sa voix moins affirmée était a cause des souvenirs et de son mal être, son coeur avait prit quelques battements de plus.

Le Capitaine Calahan acquiesça lentement.
« Je veux savoir...ce qui vous donne le droit...de vous ignorer de la sorte. »
Il avait prononcé lentement ces mots. Il était encore plus rude, plus glacial.
« Dix jours, Ravix. Dix jours. » Il serra la mâchoire.
« Donnez-moi l’exemple d’une catégorie de personne reprenant son activité professionnelle après ce laps de temps. »

De s’ignorer ? Elle ne savait pas où il voulait en venir. Elle était en train de se demander si ce n’était pas dû à son manque d’intérêt pour les allusions sexuelles, mais cela était du grand n’importe quoi comme conclusion. Elle était peut-être atone, mais son cerveau carburait à cent à l’heure, se disant mille et une chose et elle sentait que cela dérivait dans le n’importe quoi. Elle n’aimait pas quand ses pensées devenaient un bordel monstrueux. Puisque généralement, elle trouvait qu’elle s’emportait dans des chemins auxquelles elle ne devait pas prendre. L’armée et le conditionnement sur le manque de pensée des soldats avait à la fois des miracles chez elle mais cela ne faisait pas tout taire. Elle aurait aimé parfois que ça soit le vide entre ses deux oreilles.

Finalement, le capitaine brisa tout cette cacophonie, pour spécifier ce qu’elle ne voulait pas comprendre. Oui dix jours, cela était rude, mais c’était ainsi, pourquoi voulait t’il revenir là-dessus. Il devrait être content d’avoir un soldat qui peut encaisser au lieu de chouiner ! Elle avait quelque chose de bénin a comparé d’autre ici et elle aurait surement pire. Et puis la psy avait dit ok.
« Je l’ignore. » dit-elle, elle avait bien une petite idée, mais elle ne voulait pas qui lui demande si elle était “sociomachin chose” ou tout bonnement une tarés avec un manque quelque part. Mais pourquoi redouter ? Car sur son dossier elle n’avait pas été diagnostiqué avec une maladie d’ordre mental. Non. C’était pour le principe de ne pas douter d’un fait ou bien tout bonnement que cela n’ait jamais agréable quand on vous dit que vous êtes un psychopathe.

« La psychopathie. Ou la nymphomanie. » Lui balança-t-il au visage sans la moindre retenue. « Dans laquelle de ces catégories vous situez-vous, soldat ? »

La nymphomanie…? Non mais elle qui est pas du tout intéressé par les rapports sexuels. Elle eut une moue contrariée. Qui s’évanouissait rapidement, quand elle prit conscience que ses lèvres lui étaient encore plus douloureuses, sentant un filet de sang couler entre ses plaies ouvertes. L’erreur fut de passer la langue, et le goût de la crème était certes neutre, mais cela donnait un goût pâteux en bouche.
« Aucune. » souffla t’elle. Elle n’était pas aidante niveau discussion soyons clair, mais elle était toujours ainsi. Elle répond point.
La gifle vola, la cueillant sur sa joue droite par effet de surprise.
Le capitaine ne répéta pas sa question, la fixant avec une colère latente et sourde.

Boum… elle resta figé sur le côté droit, il venait de lui en coller une. Et il ne pouvait pas le voir, mais son regard délavé était un peu plus sombre et elle se mordit la langue, pour contenir une vague de colère piquante dans son échine et une vague de peur parfaitement non contrôlé et inexplicable à cet instant pour elle. Elle ne se rendit pas compte, mais contracté et tendue comme elle était, elle avait coupé sa respiration. Puis au bout de longues secondes, elle reprit sa place, tournant sa tête doucement, mécaniquement comme dirait certain vers le capitaine. Il y avait des sentiments dans son regard, mais cela était un mélange d’humiliation et d’irritation de se prendre une gifle, mais il avait autre chose, que seule un très bon observateur pouvait percevoir. Celle du « bouclier » qui venait de se lever encore plus haut. Il serait vain, que son esprit ne redoute pas une autre action plus douloureuse et un enchaînement malsain. Même si la raison lui dictait, qu’il n’allait pas lui faire du mal comme le barbare, son corps avait réagi en défense se fichant bien de savoir si cet homme allait pas faire autre chose ! Alors, il se prépare à subir le même cheminement de torture, se tenir prêt au cas où. Comme quand elle avait sursauté quand Will l’avait enjambé par derrière, elle avait réagit instinctivement en se mettant sur la défense. Elana était ainsi à cet instant, quand elle reprenait la position de garde à vous. Si Calahan avait été une dame, la réaction aurait été surement autre. Mais, son geste était plus lent, comme si son propre corps, ne voulait pas mettre ses mains le long de ce corps, un corps qu’elle trouvait faible et dégoûtant… même encore aujourd'hui. Elle qui n’avait pas de problème avec ça, regrettait amèrement d’avoir une “minette”, ce sexe faible qu’on peut forcer comme ça avec un objet phallique, mais cela était dû au viol...

« Je ne suis ni psychopathe, ni nymphomane. Je n’ai pas été détecté comme ayant ces maladies mentales. Mon capitaine. » dit-elle entre les dents et cette fois involontairement, son corps se tenait prêt à éviter la prochaine attaque. Elle n’avait pas la bonne réponse, elle le savait que trop bien. Elle aurait pu être tenté de répondre l’un des deux, mais cela serait mentir et c’est purement et simplement débile et Elana ne mentait pas, sauf aux ennemis, comme elle avait fait avec l’autre idiot de barbare. Elle se rendit compte qu’elle ne se souvenait plus de son prénom.
« Vous avez peur ? » questionna-t-il directement.
Oui… oui elle sentait la peur au fond d’elle et cela la rendait dingue, elle n’avait pas avoir peur de lui ! Enfin si, mais pas pour les raisons que son corps fourmillait. Elle n’avait pas envie de lui dire oui. Mais entre l’envie et les valeurs… les valeurs prône pour cette femme bourré de principes depuis le berceau.
« Oui. » lâcha t’elle à contre coeur.

L’officier était satisfait. Enfin une ouverture, enfin une sincérité envers elle-même. Il hocha lentement la tête et poursuivit.
« Caporal, vous estimez-vous apte à l’exercice professionnel, après avoir subi des actes de tortures psychologique et physique, ainsi qu’un viol, sur une planète étrangère ? »

Elle ne répondit pas immédiatement, elle pesait le pour et le contre de sa réponse. Elle se sentait capable, mais elle sentait qu’il orientait ses réponses pour qu’elle dise non. Si elle disait non, cela serait la fin. Et cette idée lui déplaisait au plus haut point. Elle avait beau se poser la question, la retourner dans tous les sens, elle se sentait en capacité et reparler du viol et tout le reste, la remettait dans un air morose et elle n’en voulait pas. Elle avait l’impression que tout était à foutre en l’air.
« Je me sens apte. Et à la fois non. Je ne devrai pas être là et pourtant j’ai été déclaré apte. » Une confusion, voilà sa réponse, elle traduisait bien la vérité, elle savait qu’au fond vu les dommages reçut elle s'était remise trop tôt et qu’elle sursautait pour des choses bêtes. Mais, était-ce de l’égocentrisme ou un besoin autre qui dictait son sentiment, d’être « ok » ? Elle n’en savait rien, ce n’était pas son métier d’expliquer la complexité humaine. Elle était heureuse d’avoir eu son tampon, et elle faisait confiance à la psy pour lui avoir validé ça. Elle ne se doutait pas qu’elle avait fait un beau déni et qu’elle n’en avait pas conscience intérieurement. Qu’elle affirmait le non, parcequ’elle en conclut ça et que Calahan l’amenait sur ce chemin. Elle émit un soupir très faible, elle devait se rendre à l’évidence.
« Vous allez me faire monter dans un jumper pour Atlantis capitaine ? » son poignet trembla un peu.
Il ne semblait pas avoir capté la réponse, comme si le “oui et non” ne l’avait pas satisfait. Il réitéra sa question encore plus lentement.
« Caporal, vous estimez-vous apte...oui...ou non ? »
Elle ne savait pas quoi lui répondre, pour elle, elle avait répondu et elle ne savait pas du oui et du non, lequel était le mieux. Pour elle, elle était apte, mais la réponse était de toute évidence non. Elle se sentait le cul entre deux chaises avec des piques sur l’assise, rien de bien agréable.
« Oui….ou non....? »

Toujours aussi inconfortable, il l’obligeait à faire un choix, comme le choix de type de personne. Elle ne pouvait pas le prendre et cela lui rappelait certaines situations qu’on eut certains officiers français, de ne pas savoir laquelle des réponses étaient la bonne. Et elle se souvenait bien, qu’elle était bien contente de ne pas être à leur place. Trop de doute et cette obligation de choix, qu’importe si c’est bien ou non, il fallait assumer. Oui, elle pouvait assumer, mais n’allait-elle pas avoir de remords après tout ? Elle se condamnait en disant la réponse la plus logique. Elle ne voulait pas arrêter cette manœuvre, cela était un échec et elle savait que trop bien, qu’elle ne supportait pas l’échec de cette manière. Cela était un point de fierté, un point qui lui montrait qu’elle n’était pas à la hauteur. Elana était très dure avec elle-même, elle ne se laissait rien passer pour toujours atteindre ses objectifs et d’être un bon soldat, sa plus grande peur était de devenir comme Matt Eversman. De n’être qu’une honte à l’armée, elle préférait se tirer une balle que d’affronter une dégradation publique et de porter une couronne comportant tous les plus grands défauts que peut porter un soldat et un homme.

Elle voulait répondre oui, car elle se sentait prête à affronter et qu’elle ne s’estimait pas si fragilisée. Mais elle devait dire non. Pourtant, si elle dit non, il viendrait à lui demander pourquoi et elle ne savait même pas pourquoi, elle ne serait pas apte. Par logique ? Oui, par déduction.
« Non. » dit-elle, se mordant la langue. Non, si quelqu’un lui avait dit qu’il avait subi les mêmes sévices, elle aurait été stupéfaite de le voir sur pied si rapidement. Et pourtant, elle l’était, en apparence. Mais pourquoi la psy n’avait rien dit alors ? Elle ne voulait pas vraiment savoir en fait. Son esprit se prépara à la sanction de mettre fin à l’exercice… une forme d’amertume assez puissante lui retournait les tripes. Elle avait choisi la réponse la plus intelligente… et celle qui allait lui faire le plus mal.

Indrick Calahan cilla à peine.
Il la regarda longuement sans rien dire, la jaugeant quand à savoir si elle lui disait ça juste pour lui faire plaisir ou si elle était sincère. Enfin, l’émotion trahissait au travers de son visage. L’accumulation de ce qui se trouvait dans son déni mêlé à la crainte d’être démobilisée comme le supposait le protocole. La douleur, les signes du traumatisme, qui perçaient enfin le masque après ses assauts répétés.
« Voilà. » fit-il calmement en pointant le visage d’Elana de son index. « Voici le visage d’un militaire. »
Il fît un quart de tour pour se placer à ses côtés.
« Regardez-les. » Dit-il en faisant un coup de menton en direction de l’escouade Charlie. « Le soldat Bowers vous a-t-elle dissimulé son état après avoir perdu sa chevelure ? Le sergent a-t-il été indifférent à en avoir donné les ordres ? L’italienne était-elle impassible en perdant son arme ? Tout comme votre capitaine en sacrifiant un effet personnel doté d’une valeur ? »
Il marqua une pause.
« Tous ces soldats ont-ils eu le vide que vous vous êtes évertuée à me présenter ? »

Elle serra les dents, non tous montraient leurs ressentiments, pas elle. Elle ne montrait pas grand-chose, elle était du genre à tout garder pour la simple raison qu’elle avait été levée ainsi à vouloir être parfaite. Elle avait toujours préféré se faire passer pour la machine que pour l’émotif. Et c’est peut-être pour ça, qu’elle n’arrivait pas à l’être sur son visage alors qu’au fond elle ressentait des choses. Ce n’était pas forcément de la maîtrise mais une dissimulation. Elle se sentait mal et elle avait l’impression qu’elle allait pleurer, mais rien ne venait sur ses yeux affreusement secs. Même si la leçon était de laisser échapper les émotions fortes, elle avait du mal à se laisser aller, elle le savait, on ne change pas du jour au lendemain, mais elle prenait note dans sa tête. Se sentant ridicule d’avouer des difficultés émotionnelles sans savoir comment les exprimer.
Elle regarda l’équipe au loin lâchant un petit soupir pour évacuer la tension, elle avait l’impression d’avoir le corps en feu.
« Non… » souffla t-elle. mais, elle ne savait pas faire, qu’importe… oui qu’importe de savoir faire ou non. On lui a toujours dit que c’est en faisant qu’on apprend. Et intérieurement, elle n’était pas certaine de vouloir apprendre.
« Parce que ces soldats régulent les charges émotionnelles tirées des contraintes. Vous, Ravix, vous les accumulez, vous les enterrez. »
Il la fixa de son regard dur. Mais il n’était plus sévère cette fois.
« Ce faisant, pour des faits aussi graves dont vous avez été victime la semaine passée, vous êtes devenue une bombe à retardement pour vos collègues. Que vous le vouliez ou non, par votre déni, par votre illusion d'invincibilité, vous faites peser une menace sur la sécurité et la santé de l’escouade. Sans compter la vôtre... »
Il souligna l’argumentaire d’un geste de la main.
« Et c’est très exactement ce qu’Atlantis ne veut pas dans ses rangs. Vous saisissez ? Aucun soldat, je dis bien AUCUN, ne peut demeurer indemne après l’épreuve qui a été la vôtre. »
Il croisa de nouveau ses mains dans son dos et lui fit face.
« Je viens de vous contraindre à reconnaître votre état. Comptez-vous vous écarter de ce droit chemin ? »

Une illusion oui peut-être… après tout, ne devait-elle pas être inébranlable pour être un bon soldat, c’était sa manière de voir, trop d’émotion nuie, trop s’exprimer aussi. Il fallait un équilibre. Mais, elle avait aussi l’impression, qu’elle ne devait pas être la seule à faire cette erreur de garder tout pour soi. Mais, cela n’avait pas d’importance, le problème était elle et pas de savoir si d’autres avait le même. Son regard balayait toujours l’équipe avant de se porter sur Calahan. Il était horrible avec ses méthodes mais elles faisaient leurs preuves sur ce point. La méthode douce n’aurait pas marché avec elle.

Ce qui la marquait le plus était son impact sur les autres, elle avait trop tendance à minimiser son impact personnel, mais mettre en avant celui des hommes et des femmes de son équipe. Et c’est ça, qui la faisait réagir peut-être le plus à vouloir rectifier le tir.
« Non. » dit-elle sincèrement en laissant son regard trainer sur Iza, elle ne se rendait pas compte, qu’il y avait de la tristesse dans ses prunelles délavées. Et sa « non touffe » de cheveux. Le ton de Calahan était moins dur, la leçon était là et elle était reçue. Elle aurait bien ajouté pleins d’autres choses sur ses doutes et sa non-connaissance sur comment faire, mais elle ne dit rien, cela n’avait pas lieu d’être. Et elle se rendait compte, qu’elle n’avait pas la force de parler plus sur l’instant, il fallait digérer.
Ce faisant, le médecin de l’équipe avait capté le regard d’Elana et s’était brièvement inquiété de le voir expressive. C’était inhabituel. Naturellement, la jeune femme s’était redressée et avait fait quelques pas dans sa direction, se demandant si elle avait besoin d’elle.

« Vous commencez à comprendre. » Déclara le Capitaine en ayant relevé cet échange de regard. « Dites vous que cette armée ne recherche pas les champions de l’impassibilité. Elle recherche des soldats stables, capable de reconnaître leurs blessures. Et qui acceptent de se faire soigner. »

Il hocha la tête.

« Je vais vous avoir à l’oeil Ravix. Je vous surveillerai, même lorsque vous me penserez absent. Si je m'aperçois que vous reprenez vos mauvaises habitudes, vous montrez dans ce jumper pour de bon. Ce sera un aller simple. » Il sonda son regard, vérifiant qu’elle avait bien compris la chance qu’il lui offrait en contre-indication du règlement.
« Appliquez cette leçon sans tarder. Soignez-vous. Et que je ne revois jamais ce vide illusoire. M’avez-vous bien compris ? »

Elana avait regardé Iza, puis porta son regard sur Calahan, pour ne pas lui faire l’affront de ne pas l’écouter. Surtout qu’elle était attentive à chacun de ses propos et mouvement. Elle avait un doute sur le fait que tous les soldats acceptaient de soigner les plus terribles des blessures : celle de l’esprit. Mais soit, elle n’était pas dans le reste des soldats, elle était inscrite pour être dans une élite et elle ne pouvait pas se contenter d’être juste bonne, simple ou convenable. Elle devait apprendre encore et encore et elle était jeune avec tout le temps pour évoluer. Une chance, certains n’évoluent jamais.

Décidément, il avait souvent le regard sur elle…elle savait que trop bien, qu’il allait la fliquer et que même dans les coins les plus intimes, il aurait un œil… elle le savait que trop bien, pour l’avoir goûté au moins une fois. Elana s’attendait à ce qu’il la renvoie au jumper, mais…non, il lui donnait une nouvelle chance ? Elle resta quelques secondes à le regarder scrutant son visage comme pour attendre le contre ordre, mais il était véritablement sérieux. La surprise s’était lu, à sa manière, elle était loin d’être expressive mais il avait quelques chose, une émotion sincère. Elle ne savait pas sur l’instant si elle devait être contente qu’il outrepasse le règlement ou non. N’oublions pas qu’elle est pour les règles. Elle décida qu’elle devait se saisir de cette chance puisqu’elle avait l’occasion de mettre en pratique les leçons qu’il venait de lui dire dont une qui lui avait valu une baffe et à lui un coup de boule.

« Oui. » Elle hocha la tête en accord avec sa parole, avant d’ajouter modestement : « Merci. » qu’il en ait quelque chose à faire ou non, ne l’importait pas, ce qui l’importait était qu’elle lui témoigne d’une reconnaissance de son geste et de son humilité face à cette « chance ». Elle ne savait pas trop comment se soigner, elle devait bien le reconnaître, mais elle trouvera. La communication ? Oui sûrement. Une autre question, venait en tête, qu’arriverait-il de Banks ? Elle ne dit rien de plus.

« Rompez. » Répondit-il sans relever ses remerciements.
Ce n’était pas ce qu’il attendait mais l’application de ce qui demeurait, dans le fond, un ultimatum. Il préparait son premier piège, quant à savoir si le soldat en informerait autant le médecin de sa section que son officier de mission. Il laissa le caporal Ravix rejoindre l’escouade et la capitaine passa au suivant : Danny.



‹c› Vanka


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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


ELANA / IZA


Elana tentait de garder la tête haute, pour ne pas alarmer le reste de l’équipe, déjà elle sentait le regard de Will sur elle. Elle se retenu de tourner la tête, elle sentait son regard lutter contre une montée d’eau dans son regard et elle ne voulait pas lui donner une source d’inquiétude en plus. Elle ravala la boule dans sa gorge et marcha tout droit vers Iza. Elle ne pouvait pas expliquer pourquoi Iza était la plus apte à cet instant à lui apporter quelque chose qu’elle venait de perdre : sa confiance et elle se sentait mal. Mais, la toubib semblait la seule a cet instant à pouvoir l’aider à ne pas prendre toutes les briques de son mur sur la gueule. Et cela était surement du à sa trop grande empathie.

« Iza… tu devrais te reposer… » dit-elle en constatant la tête blanche de sa sœur d’arme. « Tu as bu au moins ? » Et oui, elle s’inquiétait aussi pour elle, de la voir se démener auprès de tout le monde sans relâche. En parlant un peu rapidement, elle sentait que le barrage était en train de céder et elle n’aimait pas cette sensation, pas du tout même. Cela était lié avec sa prise de conscience… de son viol. Même sa voix était moins assurée… comme si elle luttait pour faire bonne figure. Ou plutôt pâle figure.

Le médecin avait eu un petit sourire en la voyant s’inquiéter pour elle. Tout le monde lui disait la même chose. Ils ne comprenaient pas à quel point c’était important pour elle et à quel point c’était son devoir de veiller sur leur santé. Un médecin connaissait son pic d’activité justement quand les autres se reposaient. Il ne fallait pas se flouer : elle rêver effectivement de se poser une minute. Mais si elle s’asseyait, si elle s’arrêtait, ne serait-ce que pour souffler : elle ne repartirait pas. Elle s’effondrerait littéralement.
La jeune femme savait qu’elle cumulait les malaises. De ce qui était visible. Parce qu’elle souffrait aussi de désorientation et de défauts visuels. Mais il était hors de questions qu’elle s’arrête tant qu’elle ne se sera pas assurée du plus important pour chacun.

Izabel avait vu l’expression de la Française changer peu à peu après que Calahan l’eût frappé. Vécu de loin, par son regard, on aurait cru qu’il avait su lui lancer un maléfice qui avait révélé le fait qu’elle possédait un masque, un bouclier, un jeu d’acteur. Quelque chose comme ça. Il le lui avait arraché sauvagement dans un giclement de sang et de chair arraché, la laissant comme agonisante et à vif. Elle ne répondit pas à sa question alors qu’elle l’observait et comprenait avec une complète clairvoyance qu’elle était déstabilisée, qu’elle avait besoin d’elle.

« Viens... » Lui glissa-t-elle avec beaucoup de complicité en lui pinçant la manche. Et la jeune femme la suivi, prenant la non réponse, pour ce qu’elle était : une non réponse. Elle ne pouvait pas forcer sans ordre Iza de s'arrêter, mais si elle lui parlait, elle aurait dans un sens le “repos” de la toubib.

Bowers l’attira avec elle jusqu’au petite rempart de sac de sable où elle l’installa. Elle posa son sac et l’ausculta un petit peu. La position était voulu, elle orientait Elana pour qu’elle tourne le dos au reste de l’unité. Ils étaient suffisamment éloigné pour les confidences en plus, la jeune femme savait que quelque chose n’allait pas. Que Calahan avait fait plus que des reproches. Mais sans faire psychologie, elle savait qu’il ne fallait pas brusquer les choses.
La toubib passa son pouce sur les lèvres abimées de Ravix et fit la moue.
« Commençons par t’arranger ça... »
Ce n’était pas le plus urgent mais ça démontrait l’attention, le moment spécial Elana. Izabel sortit un tube de crème hydratante et se chaussa d’un gant chirurgical dans l’intention de lui placer la pommade. Elle commença à travailler rapidement et lui glissa un léger :
« Tu tiens le coup ?... »

Elana apprécia que son vis-à-vis, lui fasse tourner le dos aux autres, elle savait qu’elle allait à nouveau pleurer et elle ne pourrait pas lutter contre ça. Elle se laissa faire pour ses lèvres et attendit qu’elle finisse pour répondre. Elle n’aimait pas la sensation du baume mais qu’importe, il avait plus important.
« Oui, je tiens toujours et mécaniquement le coup… » dit-elle en tournant le regard pour la référence à la « machine ». « Tu
trouves que je fais inhumaine ?
» dit-elle, elle ne savait pas comment lui parler elle devait bien l’avouer. Alors parlé poser une question, pour amener le sujet semblait le mieux.
Izabel replaça ses affaires dans son sac puis se redressa pour aller s’assoir juste à coté d’elle. Elle était presque en contact d’épaule à épaule, pour lui offrir un peu de chaleur humaine. Maintenant elle était certaine que ça allait.
« Détachée... » Rectifia-t-elle pour rompre le côté péjoratif du qualificatif. « Will arrive assez bien à te faire réagir. Rita aussi, un petit peu. Et moi... »
Elle eut un petit rire navré.
« Il a fallu que je me fasse raser la tête pour que tu t’ouvres un peu. »
Son regard essaya de chercher le sien.
« Hey...on est devenue une équipe. On peut tous compter les uns sur les autres tu sais ? C’est jamais bon d’être aussi fermé. »

Elana se trouvait bête d’attendre une réponse à une question aussi dénuée de sens. Voulait-elle entendre une vérité que lui avait déjà dit Calahan ? Peut-être pas, mais en réalité elle devait avouer que si. Elle avait besoin de savoir l’avis, qu’avait d’autres personnes, des personnes qu’elle appréciait. L’avis des autres rentrait en compte quand elle décidait d’être au sein de cette « meute ». Oui Will arrivait bien et Rita aussi, faut dire que cela avait matché très rapidement entre eux. Quant à Iza Elana eut un sourire au coin des lèvres un peu fade. Elle ne savait pas trop si c’était à cause des cheveux ou bien avant… en faite c’est l’évènement de la coupe licorne qui avait poussé Elana à montré son intérêt pour la toubib.
« Oui, c’est ce qu’il m’a dit. » elle ne souhaitait pas rebondir sur le reste, elle n’avait pas à justifier son manque de démonstration. Ça, elle ne pouvait pas le changer aussi facilement.
« J’ai vu ton regard changer tout à l’heure. Qu’est-ce qu’il se passe Elana ?!? »

Elana baissa un peu plus la tête… ses mains qui s’était emmêlées entres elles, se mirent à se serrer comme deux amants qui ne voudraient jamais se lâcher… mais, il n’avait rien de passionnel la dedans, il avait juste la dureté et la souffrance dans les jointures blanches. Elle ne comprenait pas pourquoi, il avait été aussi facile de le dire à la psy, alors que là, elle sentait sa gorge l’étouffer et sa langue brûler.
« Il y a dix jours… j’ai… j’étais en mission « humanitaire »… on a découvert un campement de femme égorgées et violés et ce n’était pas l’œuvre des Wraiths… On était quatre et l’officier avait demandé qu’on se sépare en deux, un civil avec chaque militaires… on a été capturé par des barbares. » Elle eut un temps de pause… avant de lâcher dans un soupir froid « J’ai été torturée et violée. » son regard était fixé sur le sol avec une intensité morbide et une larme coula le long de son nez.

Izabel ouvrit des yeux ronds. Elle pencha son visage pour essayer de mieux voir l’expression de sa collègue mais elle la voyait pleurer. Elana Ravix l’insensible pleurait et elle se retenait. Ce n’était pas une blague…
Le réflexe manque de lui faire demander comment elle avait passé les contrôles pour se retrouver là, sur cette manoeuvre si difficile. Pas étonnant que Calahan lui soit tombé dessus…

Bowers pinça des lèvres et passa un bras autour de ses épaules, l’attirant à elle.
« Viens-là... » Lui dit-elle chaleureusement en l’attirant contre elle.
« Tu as dis...que ça faisait...dix jours ? »
Elle ajouta lentement.
« Est-ce que tu caches des blessures physique ? »

Elana se laissa faire doucement, son dos frissonna quand l’une des mains d’Iza toucha son épaule droite qui était encore sensible, malgré l’épaisseur de bandage qu’elle avait mis pour isoler sa blessure encore « fraîche » de flèche. Elle avait dupé pas mal de monde avec son air insensible… et même avec la crème réparatrice qui cicatrisaient que les tissus du dessus, ceux d’en dessous était encore douloureux et loin d’être reconstruit totalement.
« épaule droite. » dit-elle dans un soupir, alors quelle chassait des larmes du revers de sa main. Elle avait encore quelques bleus et marques de coups sur le corps, mais cela n’était qu’une histoire passée. Des traces bleuté ou jaunis qui ne faisait plus grand mal… Cependant, elle se disait qu’elle avait de la chance de n’avoir pas connu de pénétration, sinon, elle n’aurait pas pu marcher ...

Izabel Bowers vérifia chacune des blessures sur le corps de Ravix, ne se désintéressant de rien sauf, peut-être, de son intimité qui aurait mérité le secret d’une tente. Elle s’occupa d’elle en prenant son temps, devenant par son attention plus une amie qu’une simple collègue, échangeant quelques mots et ne parlant que de ce qu’Elana voulait bien lui confier. Les mots était dur a sortir et Elana n’était pas du genre bavarde, pourtant, elle se résout à confier quelques éléments importants à la doctoresse, notamment de la sensation étrange qui l’habitait pour palier ce “crime”. Cette sensation de se sentir coupable et à la fois étrange à ce qui vous arrive. Elana ne voulait aucune pitié de la part de quiconque, elle n’était pas certaine de vouloir qu’on l’écoute, mais elle savait qu’elle devait se laisser aller a quelque confidence pour soulager un peu ce poids et montré à elle même son humanité. Une petite voix, lui disait qu’elle ne devait pas remuer ça trop longtemps, qu’elle devait aller de l’avant que cela ne serait pas la chose la pire qu’elle vivrait. Que le monde tourne avec et sans elle, qu’elle avait une manœuvre à boucler. Et faire ses preuves. Le soutien d’Iza était appréciable et pendant ce court moment, Elana avait l’impression d’être véritablement humaine et non plus qu’une simple machine. Ce court moment, lui était salvateur et important même si à cet instant, elle ne savait pas trop quoi penser de tout ça.

Même si c’était à contre-coeur, le médecin prit la décision de lui donner des médicaments supplémentaire dont des anti-dépresseurs. Une telle affliction ne se réglait pas à coups de pillule mais cela léverait un petit poids sur son âme. C’était, songeait-elle, un minimum qu’elle pouvait lui offrir. Cependant, Elana refusa les antis dépresseurs, il était or de question qu’elle en prenne. Elle en avait jamais prit même pour certain moment difficile, elle s’estimait suffisamment forte pour lutter contre ses démons sans aide chimie. Et puis le mot antidépresseur lui faisait peur au fond d’elle. Une drogue et jamais elle ne se droguerait en mission et tout court, elle ne pouvait pas se contrôler et ce manque de contrôle lui était insupportable. Et aucune mot ou même arguments d’Iza ne la ferait changer d’avis sur ce point.

Après s’être assuré de son état émotionnel et lui avoir promis qu’elle prendrait soin d’elle, Izabel l’informa de son obligation de mettre l’officier commandant au courant. Donc le Capitaine Pedge Allen. Peut-être même Brass. Mais le secret serait gardé pour le reste de l’équipe, elle lui en faisait la garantie, tout comme celui de se proposer en tant que médecin traitant lorsqu’ils quitteraient la manoeuvre. Chose qu’Elana accepta sans hésitation, mais à la condition qu’elle aille le dire elle même a Brass.
Bowers resta avec elle jusqu’à ce qu’elle cesse de pleurer et lui rappela qu’ils étaient une famille, que tout le monde était là pour elle. La manoeuvre n’allait pas cesser de si tôt et il était de son devoir de la protéger des effets de son traumatisme. Spécifiquement ceux qu’elle ignorait de manière volontaire. La jeune femme hochait la tête essuyant son visage légèrement rougie par ses larmes. Elle prit quelques secondes pour se calmer et se leva avec la médecin du groupe, Brass les appelait pour le replis. Elle comptait bien le prendre à part juste après.

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Pedge Allen
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


DU CÔTÉ DE PEDGE, BIEN AVANT

Installées dans la tente de Calahan et profitant de la discrétion, le médecin Bowers ausculta la texane en prenant un peu plus son temps. Son visage était suffisamment expressif pour comprendre que ce qu’elle redoutait le plus s’était produit.
Cahalan lui foutait la trouille, c’était comme ça. Elle avait eu tellement à coeur de protéger Will et de flouer les apparences qu’elle en avait omis de lui parler de l’état de sa supérieur, son empoisonnement. Là, en examinant son rythme cardiaque, elle avait déjà plusieurs signaux inquiétant. La jeune femme s’était montrée plutôt avare en parole sur le moment, se concentrant sur sa tâche. De ses mains gantées, elle s’intéressa un peu plus au corps de la texane sondant ensuite les bras et ses mains, pour voir s’il n’y avait pas eu d’autres endroits par où le poison s’était insinué.
Finalement, elle réitéra le dernier test en s’emparant d’une aiguille sans tube. La dernière fois, elle avait testé ses cuisses qui ne répondaient plus à aucun stimuli. Là, elle découvrit le ventre de la texane et piqua dans ses abdominaux, non loin du nombril. Elle monta sur sa patiente un regard interrogateur.

Pedge suivait tous les mouvements de la doctoresse et son inquiétude grossissait au fur et à mesure qu’elle sentait que la toubib s’inquiétait. Elle prenait sur elle pour ne pas lui poser de question, mais le coup de l’aiguille dans le bide qui ne provoqua rien acheva de la garder dans son mutisme de patient lambda :

« Je ne sens rien… Suis-je en train de mourir de l’intérieur ? », demanda-t-elle d’une voix blanche. Après tout, y avait que les putains de cadavre qu’on pouvait malmener sans qu’ils ne sentent rien, non ??
« Non non ! » Répliqua rapidement l’infirmière pour la rassurer. « Vous n’êtes pas en si mauvais état, capitaine. Mais mon traitement n’est pas assez fort, le poison gagne du terrain. »
Izabel multiplia les tests pour découvrir que la zone de sensibilité avait reculé jusqu’au bas de sa poitrine. C’était rapide en plus !
« Je vais devoir vous refaire un prélèvement plus “neuf” et l’envoyer urgement en analyse. Ruth a bien parlé d’un moyen de communication tout à l’heure ? »
« En effet. La centrale là doit communiquer avec le Dédale. Passez moi le combiné, je vais tenter de communiquer le temps que vous fassiez votre prise de sang. ».
« D’accord. Ils disposent d’un laboratoire qui nous renseignera rapidement. » Confia-t-elle en amenant le sac à dos et en décrochant le combiné qu’elle tendit au Capitaine.
« Merci. ». La texane porta son oreille au combiné.
// Equipe Charlie au Dédale, est-ce que vous me recevez ? //, tenta-t-elle dans un premier temps. Étonnement, la réponse fut immédiate.
// Charlie, ici Robin. Opérateur du PôleCom. A vous ? //
// Salut Robin, c’est TexMex. //, fit Pedge amicalement.
// Ah ! Tex ! Content de vous savoir entière depuis la dernière com. Il me semblait reconnaître votre voix. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? //
// Je ne sais pas trop, j’ai trouvé cette centrale dans la tente du Capitaine Calahan. J’ai l’impression qu’elle nous est destinée. Vous pouvez m’en dire un peu plus ? //
// Je sais que le Dédale participe à une manoeuvre d'entraînement. J’ai reçu des consignes précises dans le cas d’un contact radio provenant de cette centrale. Mais je m’attendais pas à tomber sur vous. //
Robin marqua une pause avant de déclarer :
// Le donneur d’ordre est habilité à requérir un dépôt logistique. //
// Ok. //, fit Pedge méditative. // Est-ce qu’en dehors de ce dépôt logistique, je peux vous transmettre un échantillon de sang pour analyse ? // Il fallait encore qu’elle détermine avec exactitude ce qu’il entendait par dépot logistique tant cela était une notion vaste. Mais déjà, elle sentait que ce ne serait pas un luxe.
// Je me renseigne, stand by. //
Quelques secondes s’écoulèrent. Izabel était en train de terminer son prélèvement.
// Négatif TexMex, la transmission pour analyse vaut requête au Dédale. Si vous l’effectuez, vous aurez consommé votre allocation. //
// Ne quittez pas. //
« Si on envoie un échantillon, on ne pourra rien recevoir en retour. C’est vraiment nécessaire ? », demanda Pedge à Bowers.
« Chef, une toxine agit dans votre organisme et vous prive progressivement de sensibilité. Votre coeur réduit en rythme quand vous êtes dans l’action. J’ai besoin de savoir pour vous traiter...et ne serait-ce que pour déterminer la dangerosité de celui-ci... »
// Ici Robin, veuillez modifier pour le canal suivant : 15.51. //
Pedge la considéra un instant, puis reporta son attention sur le combiné.
// Je modifie. //, fit-elle en bidouillant la centrale.
// Canal 15.51. Ici Robin, vous êtes là TexMex ? //
// Je suis là. //
// C’est important pour vous ? //
// Je crois oui. C’est en rapport à mon état de santé pour être honnête, mais j’ai des scrupules à monopoliser un transfert juste pour ma petite personne. //
// D’autant plus que vous avez des alliés, là-haut, Tex. // Fît remarquer l’opérateur.
// En effet. //, fit-elle en affichant un petit sourire.
// Nous sommes sur le circuit technique. Moins de risques d’être écouté ici. J’ai peut-être une solution pour vous. Un peu de triche, ça vous dit ? //
// Je n’ai pas eu de consigne me disant de ne pas tricher, alors je vous écoute. //
// Je connais personnellement la laborantine. Et je vous sais proche des techniciens. Je me suis permis d’inviter un ami commun. Sergent-chef ? //
// Oui, je suis là. Bonjour Allen. // Fît la voix de Tyrol.
// Bonjour Tyrol. //, répondit Pedge. Elle espérait que tout ce petit monde n’aurait pas d’emmerdes pour outrepasser les consignes. D’un autre côté, si elle réfléchissait bien, elle utilisait ses relations pour avoir du bonus, ce qui n’était pas une chose mauvaise non plus.
// Si j’ai bien compris, il faudrait faire transiter discrètement un prélèvement et le donner à Mandy ? //
// C’est ça, chef. Je peux m’arranger pour tricher sur le transfert. Ce qu’on déposera au sol pour le capitaine fera revenir le prélèvement à la place. Comme un échange en simultané. //
// Je vois, il te faut quelqu’un sur place alors. Marta et Frank bossent deux niveaux en-dessous. Je vais les envoyer, ils seront parfaits pour ce job. //
// Ca pourrait être une solution oui. //, confirma la texane qui voyait deux nouvelles personnes se faire inclure dans la boucle.
// Pour les résultats, je pourrai m’arranger pour ouvrir une connexion avec Mandy. //
// Des risques de se faire prendre ? //
// Peut-être. Mais LaTour veut que Calahan se morde les doigts. J’ai carte blanche, chef. //
// Ok. S’il faut faire parvenir les résultats, j’ai peut-être une solution. Tu en dis quoi, Pedge ? //
// Ca me va bien. C’est ça où je sors de la manoeuvre. // Elle ne comptait pas pénaliser l’équipe avec son empoisonnement. Pourquoi n’en avait-elle pas parlé à Calahan ? Elle aurait dû le faire et pourtant, sur le coup, cela ne lui était pas venue en tête. Faut dire que quand on vous annonce que vous allez devoir faire du théâtre pour acquérir un grade alors qu’on est pas du tout fait pour ça et que ça fait appel à des tas de sentiments de réactances en soi, on zap un peu le reste.
D’ailleurs, elle en était limite à se demander si ça valait le coup de mettre sa santé en jeu dans la balance quand elle savait qu’elle allait se planter magistralement sur la comédie. C’était complètement con comme épreuve. Elle ne la passerait pas, elle en était sûre et certaine, et elle était là dans une manoeuvre qui finalement ne servirait à rien d’autre qu’à la diminuer. Elle aimait son corps, c’était son outil de travail, et là, elle ne le respectait pas. Le fait d’avouer qu’elle pouvait sortir de la manoeuvre pour raison médicale venait de le lui faire prendre conscience, et elle avait un petit coup de mou de ras le bol.
Elle jeta un coup d’oeil à Iza qui devait attendre de savoir ce qui allait se passer. Elle avait prêté une oreille attentive pour comprendre, rien qu’à ses réponses, qu’il y aurait une solution. Pedge ne pouvait pas les laisser tomber. Elle avait bien conscience qu’elle était un atout pour cette équipe, mais est-ce qu’elle devait les faire passer avant elle ? Elle soupira. Quand ça ne va pas, le fait de penser qu’on était le chef de la section aidait à se remettre à flot, pour conserver les apparences. Pedge se laissait le temps d’avoir les résultats. Si vraiment ils étaient trop mauvais, alors elle arrêterait, tant pis. Si la toubib pouvait y faire quelque chose, alors ce serait parfait.
S’ils étaient sur le terrain sur une planète étrangère et coupés de tout le monde, soit le médecin sauve l’officier et l’officier continue de commander, soit l’escouade enterre son officier mort d’un empoisonnement et ils se démerdent pour la suite. Si elle sortait de la manoeuvre, c’était qu’elle était fictivement morte de son intoxication.
// Tu ne sortiras pas de la manoeuvre. Les gars ne seront pas contre l’idée de te filer un coup de main, tu le sais bien. Robin, on va sur le “noeud” pour peaufiner les détails ? //
// Bonne idée. Tex, gardez cette centrale. Quand vous ferez votre requête “officielle” de ressource, déposez l’échantillon sur terrain plat. Que le donneur d’ordre se trouve à côté, muni de cette centrale. //

Le capitaine Allen aurait pu répondre mais elle fut soudainement prise d’une lassitude physique très brutale. C’était comme si une entité invisible venait de presser un bouton en elle pour mettre son corps en mode veille. Elle sentit ses forces se réduire progressivement comme si elle avait été une machine à qui on retirait les piles. L’expérience était tout aussi atypique que désagréable et Izabel eut une réaction immédiate en la prenant par les épaules. Le combiné faillit lui glisser des mains.
« Doucement….doucement... » Lui murmura Iza en la faisant allonger sur le lit de camp. « Ca y est, l’adrénaline ne fait plus effet. Respirez calmement chef. Détendez-vous. »
Elle prit son pouls et posa ensuite une main sur son front. Sa patiente était dévorée par la fièvre et, paradoxalement, elle crevait de froid vu ses tremblements. Ne trouvant pas de couverture, Bowers se sépara de sa veste sans hésiter. Elle retira son gilet tactique pour pouvoir s’exécuter et recouvrit l’officier du vêtement.
« Il va falloir penser à vous reposer maintenant, c’est important. »
Elle lui fit un sourire qui se voulait rassurant. Et qui le serait peut-être pour elle.
« Tout va bien se passer. »
Izabel savait que même avec des doutes, recevoir cette assurance de la part d’un médecin regonflait d’espoir. Si ça marchait pour les autres, pourquoi pas pour elle ? Bowers frictionna un peu le vêtement puis chercha dans son sac de quoi lui faire une nouvelle injection pour sa fièvre. Elle trouvait qu’elle lui faisait trop de piqûre en ce moment. Mais comme pour les autres, elle n’avait actuellement pas d’autres choix que de les doper en attendant qu’il puisse se reposer vraiment. Elle hésita à un ajouter un léger calmant mais son officier n’avait pas l’air de paniquer...elle se déciderait si elle résistait de trop. Maintenant, il fallait qu’elle examine son genou.

Pedge respirait amplement. Elle n’aimait pas du tout l’état dans lequel elle se trouvait, mais elle n’avait pas le choix que d’y faire face. Tout d’un coup, c’était moins facile de ne pas subir ce qui lui arrivait. Putain ce qu’il faisait froid. Quelqu’un avait ouvert la porte du congélo ou quoi ? Elle essayait de se contrôler pour ne pas claquer des dents, mais c’était peine perdue. Refuser la veste l’était tout autant. En attendant, la proximité et la douceur de la doctoresse lui faisait du bien. Elle était différente d’Isia dans son style. Isia lui manquait là maintenant, et c’était sans doute pour ça qu’elle pensait à elle soudainement. Elle tritura la bague en se repliant un peu sur elle-même comme pour conserver un peu de chaleur, alors que c’était clairement la chaleur qui la mettait dans cet état.
« Il faut… il faut que je vous dise... », commença Pedge. « enfin… il faut que vous demandiez à la centrale… qu’est-ce qu’on peut demander comme dépôt logistique. Je dois… y réfléchir. ».
Elle voulait chasser Isia de sa tête. Elle n’avait pas besoin de penser à elle pour le moment, surtout qu’avec la fièvre elle n’arrêtait pas de voir la tête d’Isia se fendre en deux et des tentacules en sortir, des tentacules en forme de sexe masculin.
Le produit que Bowers lui injecta dans les veines ne tarda pas à faire descendre la fièvre et déjà elle ne claquait plus des dents. Son genou n’était pas infecté mais la plaie n’était pas très belle à voir. Voir ce morceau de chair presque sanguinolent fit remonter les images des Morphéas dans sa tête, et elle préféra fermer les yeux un instant en appuyant son coude sur son autre jambe, deux doigts soutenant sa tête.
Juste fermer les yeux quelques instants...c’était la meilleure voie pour s’endormir et Izabel respecta un silence révérencieux pour favoriser sa chute. Allen avait besoin de repos, pas de réfléchir encore. La jeune femme rangea l’ordre dans un coin de son esprit, se disant qu’elle allait contacter le fameux robin pour lui dire que le capitaine était temporairement out, mais avant elle devait finir au niveau de son genou. Heureusement, il ne fallait pas refaire les points mais tout ce remue-ménage n’avait pas arrangé la plaie. Bowers fit de son mieux avant de prendre la centrale avec elle et de quitter la tente. Elle voulait rendre compte au sergent.


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Steven Caldwell
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


DU CÔTÉ DU RESTE DE L'ÉQUIPE, VINGT MINUTES APRÈS

« Rassemblement ! Allez les gars, un peu de nerf, on se regroupe... » fit le sergent.
Il fit un signe de main pour réunir tout le monde. Notamment Bowers et Ravix qui s’étaient tenus à l’écart. Les deux jeunes femmes finirent par se mettre aussi en marche, Elana essuyait son visage de sa manche a cet instant. Par chance, elle ne marquait pas et personne ne pourrait voir, sauf s’il la mate vraiment, qu’elle avait versé des larmes, mais à cet instant elle se fichait bien de savoir si certain l’ait vu chouiner.

Fin du repos. Eversman accueillit la nouvelle avec un soupir avant de se remettre sur pieds. Plutôt difficilement, il faut l’avouer. L’adrénaline ne coulant plus à flot, il ressentait les abus de la journée et son corps le lui faisait bien payer. Il grimaça sur les premiers pas avant de relayer tout ça loin dans son esprit. Son premier réflexe fut de mettre les mains en arrière en position de repos avant de finalement les croiser sur sa poitrine, essayant de se protéger un peu du froid.

Le sergent avait laissé un petit moment de pause à tout le monde, une bonne demi-heure. Il en avait profité pour échanger quelques mots avec Will, étant très content de le retrouver. Le sergent le débrieffa assez rapidement puis il attendit que son médecin soit là pour lui demander des nouvelles de l’officier qui n’était pas sorti de la tente de Calahan.
« Elle se repose, sergent. Elle en a besoin, elle est à bout. Je dois aussi voir votre nez pour... »
« Tout à l’heure, promis. »
Il tourna son regard sur le groupe qui formait un cercle autour de lui. Des putains de résistants anti-calahan, des warriors. Il souriait en voyant cette équipe toute dépareillée mais toujours là.
« Ok, voilà. J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. On commence par laquelle ? »
« Ben la mauvaise, évidemment ! »
« L’un de nous doit se sacrifier pour coucher avec Calahan ! » balança Danny.
Une part du groupe s’esclaffa.
« On sait que tu en rêves Danny... » confirma Elana qui avait ricaner aussi.

« Non. Blague à part les enfants, pas de bivouac. Nous nous reposerons par rotations, ordre du Capitaine Allen. »

Une volée de protestation monta immédiatement. Tim leva les mains pour les calmer.
« Comment elle veut qu’on assure si on se repose pas. Elle a pas galéré autant que nous ! »
Iza la regarda en souriant et l’italienne se rembrunit.
« Ok, c’est pas vrai. »
« Mais chef, franchement. On a pas fermé l’oeil. L’autre, elle est en train de ronfler peinarde sur son lit et elle nous ordonne de faire la garde ? Elle est gonflée la galonnée ! »
« Attends, eh, toi t’as roupillé ! »
« La sédation, ce n’est pas du repos Will. Et c’est moi qui ai fait dormir la galonnée ! Je t’interdis de... »

Pas de repos… Cela était mal reçu de la part d’Elana qui devait avouer qu’un petit somme ne serait pas du luxe, mais la cheffe devait avoir des raisons.Il allait fallait donc faire des tours de gardes pour optimiser un peu ? Elle attendait la suite.

Le ton monta encore sur les différents échanges, si bien que Brass fut encore obligé d’élever la voix.
« La ferme !!! »
Il soupira. Le sous officier détestait entrer dans ce genre de conflit où les hommes discutaient les ordres.
« Ecoutez les gars. » Il marqua une longue pause pour nourrir le suspens. Il lâcha finalement et avec sérieux. « Est-ce que quelqu’un veut se désigner pour coucher avec Calahan ? »
Tout le monde se marra, même lui. Il reprit aussitôt.
« Allen fait ce qu’il faut pour qu’on reste entier. Nous, on va faire notre boulot, et tout ira pour le mieux, ok ? »
Il acquiesça en les regardant.
« On est toujours là, on est entier. On va tourner par rotation, surveiller le périmètre, comme ça il n’y aura pas de comité d’accueil et personne aura besoin de se sacrifier pour le groupe. Vu ? »

Machoire serrée, Eversman ne pipa pas un mot. Les lèvres n’étaient pourtant pas scellées et ce n’était pas par respect hiérarchique qu’il ne l’ouvrait pas. Si Pedge Allen se permettait de dormir en un moment pareil, ce n’était pas bon. C’était un tank. Il était bien placé pour le savoir. Ce n’était pas bon. Bien entendu, il aurait préféré se trouver un coin tranquille pour dormir les dix prochaines heures. Il en avait besoin, le corps réclamait ce repos mais il devait faire avec. Tenir encore. Serrer les dents. Son regard s’était assombri mais il ne l’avait pas ouvert et répondit positivement d’un geste de la tête au questionnement du Chef.

Elana hocha la tête. Autant ne pas se faire cueillir bêtement alors qu’ils avaient autant galéré, elle regarda autour d'elle, donna un coup de coude a une ou deux grognement, pour assurer que le beau “la ferme by tim” soit respecté jusqu’au bout.
« Bien » Elle allait se proposer pour prendre le premier tour, mais attendit que Tim finisse de donner ses ordres. Il avait sûrement prévu la suite.

Le sergent souffla. Ils étaient tous crevés mais ça allait bientôt changer.
« Allez, prenez votre mal en patience. Je sais que c’est dur. Matt, avec Will et Ruth, fouillez-moi le camp. Retrouvez notre équipement et réunissez ce qu’ils ont laissé derrière eux. Tout ce qui peut nous servir, vous prenez. Vous vous reposerez juste après. Elana ? Je voudrai que tu partes faire un tour avec Danny sur le Divorce. »

« Oh yeah, baby ! » Déconna le tankiste. Il ajouta sérieusement. « Je peux monter la mitrailleuse que Will utilisait en coax ? Même s’il y a plus de munitions, ça foutra quand même un peu les foies. »
« Accordé. Prenez une radio et patrouillez sur une zone de trois cents mètres. Contact regulier. Revenez dans deux heures pour vous reposer. Emmenez un peu d’eau avec vous et débarquez le reste ici. »
« Bien, partons donc faire du manège. » dit-elle à Danny, qui ne semblait pas trop lui tenir rigueur de son coup de poing, enfin ils auraient le temps d’en parler ensemble sur le Divorce.

Tim marqua une pause.
« Rita ? Je voudrais t’avoir avec ton fusil sur ce mirador. Je te filerai mes jumelles. Le moindre ennui, tu le signales. Je te remplacerai après. Quant à toi, Iza, je veux que tu t’occupes de chacun de nous. Tu ne participes pas aux quarts. Repose-toi entre tes tournées, c’est un ordre. Le plus urgent en premier, le reste attendra. Les tours s’organiseront ordinairement dès qu’on aura rempli ces petites missions. Des questions ? »

Will leva la main.
« T’avais parlé d’une bonne nouvelle, non ? »
Tim souria puis acquiesça.
« Depuis que je vadrouille avec les recrues de Calahan, aucun groupe est resté entier aussi longtemps. Vous êtes pas banals les enfants, vous avez les tripes pour lui tenir tête. Alors lâchez rien. Gardez les yeux ouverts et restez optimistes. »
« Calahan est reparti la queue entre les jambes ! »
Danny la pointa du doigt pour faire comprendre qu’elle lui volait les mots de la bouche.
« C’est bien vrai ! » Assura Ruth.
« C’est parce que vous ne m’aviez pas avec vous. » Lâcha avec son sourire malicieux.
« Ah !!!! Ca nous manquait ça ! Le mec à poil depuis le début de l’aventure qui à encore la force de faire son malin. »
« Fayot ! » Balança le tankiste.
« Laisser tomber, il faut bien qu’il regonfle sa montgolfière. » répondit au tac o tac ELana qui ne manquait pas de rebondir sur la phrase de l'aspirant qui ne manquait pas d’air.

Tous les autres acquiescèrent rapidement, appréciant la petite victoire. Une petite volée de boutade, des petits rires sincères, rien que ça pour réchauffer les coeurs.
Tim était sincère, il les regardait tous.
« Je veux tous vous garder, ok ? On revient tous ensemble sur la cité et je vous paie le resto. »
« Vendu ! »
« Tu vas y laisser ta solde, patron !!! »
« Ouais, moi je mange comme quatre ! »
« Et moi comme six !! »
« Juste six ? Bande de petits joueurs, va. »
« Ouais les garçons, on va vous étriper ! »
« Vous êtes en minorité en plus. »
« Même pas vrai. Ravix c’est un mec en fait. » Réenchérit-il.
« On note que Matt s’y connait en garçons ! »
Elana eut un sourire à la proposition de Tim, elle adorait se rendre au restaurant et surtout pour ce genre d’occasion puis elle tourna le regard vers Matt avec le regard sombre, mais c’était juste pour le faire marcher. « Ne fait pas ton jaloux, pour la seule raison que j’en ai une plus grosse que la tienne. Chose pas bien difficile. »

Brass rigola avec eux et calma l’efferverscence d’un geste de la main.
« On vérifiera. Mais avant ça on a notre boulot à faire. Allez, c’est parti. S’il y a un souci, venez me voir. Pas de questions ? »
« Une, Chef » Dit-il tout en levant légèrement la main afin que Tim localise l’interlocuteur. « Deux même. Autorisation de faire un feu une fois de retour ? ça les caille, Boss. » Il laissa un petit temps avant de reprendre. « Et de donner cette fichue couronne à Will pour son magnifique plongeon. »
« Tu vas arrêter de vouloir refourguer ta couronne à n’importe qui ? Ravix, moi...ça suffit maintenant ! »
« Lassé de jouer le pestiféré surement. T’es toujours à poil, ça te rachètera pas soldat ! » Taquina Ruth.
« Ouais, puis on a tellement l’habitude de te voir avec. Sans ta couronne, ça ferait tâche ! »
« Qui vote pour que Matt garde sa super couronne ? » Renchérit l’infirmière.
Ils levèrent tous la main, dans la complicité et la malice.
« Non mais vous êtes sérieux ?! » Rala-t-il en les voyant tous ligués contre lui. C’était bon enfant même si ça l’ennuyait d’avoir toujours ce truc sur sa tête.
« Adjugé. Eversman conserve sa magnifique parure et il gagne le droit de faire du feu en prime. Autre doléance ? »
Signe négatif de la part du Ranger.
« Tu sais quand finit la manoeuvre concrètement ?» Pusiqu’il n’avait pas de date de fin sur leur convocation. Et Elana avait besoin de ça, pour voir à plus long terme. Puisque cette manoeuvre continuait après tout ça.
« Et bien... » Tim gimaça. « A la réussite ou à l’échec de la mission. Si on doit y mettre la semaine, il nous laissera végéter tout ce temps sur le continent. »
« D’accord, on a vu mieux en accueil de club med. » dit-elle pour faire un trait d’humour de son ton neutre.
Ca fonctionna, le sergent secoua la tête en souriant.
« Au travail les galériens ! » Fit-il en claquant une fois dans ses mains pour donner le go.

Mais avant de rejoindre Danny, Elana fit un signe de tête à Iza et entraîna Brass un peu plus loin, pour l’informer de la terrible nouvelle la concernant. Elle fut assez concise, elle n’était pas à l’aise de lui évoquer cela en pleine manoeuvre.
« J’ai été torturée et violée il y a dix jours. Calahan a joué la dessus pour me donner une leçon. Iza désirait que tu sois au courant ainsi que le capitaine. » Sans autre mot, elle quitta Tim, elle n’aimait pas cette sensation, Iza pourrait développer plus puisque le pauvre sergent n’avait que des brides d’informations. Elana était fourmillante de mal être et elle se dégoûtait à être contente de ne pas l’annoncer au capitaine qui allait surement se dire qu’elle n’avait rien à foutre là et qu’elle était irresponsable. Et surement bien d’autres mots pouvant être de beaux maux, qui allaient servir à Elana pour s’en mettre plein la gueule volontairement. Et elle détestait ça, se sentir faible et juger négativement pour son boulot.

Le sergent la regarda partir un instant puis il décida finalement de la suivre, refusant qu’elle lui tourne le dos aussi simplement. Il échangea avec elle des quelques informations qu’elle acceptait de lui donner. Avec Izabel, ce fût un petit peu plus tard, et il fit comprendre à Elana que l’escouade s’occuperait bien d’elle. Pour éviter qu’elle ne se sente mise au rencard, il lui donna quelque chose de plus à faire en terme de responsabilité et ne l’écarta pas de ses tâches dans l’immédiat. Il savait d’emblée qu’il devrait en parler au capitaine.


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Dim 17 Fév - 10:32
Matt Eversman
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L'enfer by Calahan



Will/Ruth et MATT


« Hep là ! Minute vous trois ! »

Tim les rejoignit, suivi par Izabel qui commençait à s’impatienter de ne toujours pas avoir accès à lui pour lui soigner son nez. La pauvre restait dans son sillage en espérant pouvoir trouver son attention alors qu’il naviguait d’un groupe à l’autre pour donner les petites précisions. Ca avait son petit côté humoristique.
Le sous-officier rejoignit le trio qui s'apprêtait à faire la fouille du campement.

« Matt, j’ai une autre nouvelle pour toi. Notre capitaine réfute la consigne de Calahan, tu peux enfin te couvrir. »
« AH ENFIN !!!! » S’écria Will, goguenard.
« Oui, enfin. J’en avais déjà marre de voir son boxer dégueu se dandiner sous mon nez. » Confia Ruth, taquine.
« Quoi, enfin ?!! C’est pourtant rare d’avoir un si beau corps d’Apollon à la vue.. » Ajouta-t-il à la suite des deux.
« Je préfère mater une femme. »
« Je préfère mater un autre soldat. »
Ils avaient parlé en même temps. Cela leur arracha un sourire commun.
« Certains payeraient cher pour un tel spectacle. Bandes d’ingrats. » Réenchérit-il avec un sourire aux lèvres.
« Tu me les présenteras que je rigole ! »
« Bref !!!!...ça m’étonnerait qu’on lui trouve un uniforme abandonné pile à sa taille. »
« Ca m’arrange bien. Malgré ce qu’en dit Allen, je voudrai que vous évitiez de lui trouver un uniforme. » Rectifia le sous-officier.
Il considéra le concerné.
« Si Calahan te l’a arraché, il vaut mieux éviter de le provoquer. Ce serait lui donner une excuse supplémentaire pour t’emmerder. Vous me trouvez une solution ? »

Le duo confirma. Tim leur souria et s’en alla juste après avoir envoyé une tape amicale à Eversman qui se cambra aussitôt essayant de fuir une nouvelle tape sur ses épaules déjà meurtries. Ca y est, le coup du militaire à poil prenait fin.
« Tim ! Votre nez !!! » S’offusqua Izabel en le suivant.
Le Canadien les regarda filer avant de prendre la parole.
« Bon on trouvera bien quelque chose à te mettre sur le dos. »
« Il va suer à mort si on utilise de la toile de tente. Alors...de la couverture ? Ca doit forcément trainer quelque part... »
« Ca me botte, ouais. Ca le réchauffera. Je peux lui faire un par-dessus en toile façon poncho, comme ça il pourra se protéger aussi des intempéries. Et ça soulagera un peu ses épaules. Mais je suis pas tailleur...j’ai juste de quoi couper et coller. »
« C’est mathématique, Will. Si je te dessine le plan de découpe... »
« Cool, moi je fais le reste... »
Le génie se tourna vers lui.
« Eh je te préviens, si tu te moques de mon boulot, je te laisse à poil ! » fit-il en déconnant.
« Si tu ne veux plus me voir à poil, tu n’as plus qu’à t’appliquer, mec. » Répondit-il du tac au tac. Eversman espérait qu’il n’aurait pas besoin des services de couture du Canadien. Il préférait nettement trouver un pantalon, un t shirt basique. Ce serait plus adapté aux différentes activités qu’un vêtement ample. Malheureusement pour lui, ce genre de vêtements ne se trouvait pas dans les arbres ni en pleine nature. Pas sûr non plus qu’il supporte quelque chose sur les épaules car cela générerait des frictions. Il lui faudrait faire avec ce qu’il trouverait et voir le côté positif : il n’aurait plus froid.
« Je me rends compte que ça fait trois fois que tu réponds comme ça. Tu marches à l’ultimatum Matt ? Fais ci sinon tu subiras ça ? »
« Euh. » Fit-il pris au dépourvu par la remarque de Ruth. « Peut-être. » Répondit-il essayant de se rappeler ce qu’il avait pu dire auparavant. Néanmoins autre chose le perturbait, le fait que Padilla avait dû sacrément scruter son comportement et ses dires. Pas très étonnant quand on savait qu’elle provenait d’une Agence Fédérale mais ça en était quand même perturbant.
« La première fois c’est sexy. » Mentit-elle pour nourrir son égo. « La seconde fois c’est drôle. La troisième...c’est carrément lourd ! »
« BIMMM ! C’est deux fois trop, mec. Je reste le héros de la bande ! »
ça, c’était fait. Matt en resta bouche bée de se faire moucher de la sorte par Ruth ne s’y attendant vraiment pas. Heureusement la réaction de Will le sortit de sa léthargie affichant un nouveau sourire.
« On va le sangler de nouveau le héros. On sera tranquille. » La répartie n’était pas terrible mais il n’avait rien trouvé d’autres. Pour sûr que le rouge lui était monté aux joues même si dissimulé par la rougeur dû au froid. « On se bouge ? »

« Après toi, le roi Calbut ! »
Ils débutèrent une fouille minutieuse du camp. Retrouver leur équipement fut beaucoup plus rapidement que prévu, c’était sous une tente effondrée. Les armes et peu de munitions qui restaient se trouvaient dans une caisse de métal, le reste des gilets posés par dessus. Ruth s’interrompit après avoir ouvert quelques amas de toiles écharpés par les souffles de grenades au plâtres.
« Les garçons ! » les appela-t-elle pour qu’il vienne la rejoindre.
Elle leur montra du doigt une caisse en bois dont le panneau était éventré. Au travers, on devinait le métal fourmillant de ces étranges obus qui avaient paralysé plusieurs membres du groupe. Bien enveloppé sur le côté se trouvait un mortier de calibre 60...visiblement abandonné.
« Vous croyez que c’est piégé ? » Demanda-t-elle sans avoir envie de lever ce couvercle.
« Tu vois un fil ou un dispositif quelconque ? » Questionna-t-il tout en la rejoignant s’accroupissant à ses côtés. Difficile de distinguer quelque chose de là où il était mais Ruth était bien mieux placée que lui.
« Non. Mais je tiens pas à essayer. »
Will donna une petite impulsion sur l’épaule de Ruth au moment où elle y approchait la main. Elle sursauta, accompagné du rire du canadien, fier de sa connerie.
« Nan mais sérieux, on les a quasi tous flingués. Vous croyez vraiment qu’ils auraient eu le temps de piéger ce truc ? »
« Je pense pas. » Dit-il rejoignant le point de vue du Canadien. « C’est toi, le Génie. Regarde un peu et si c’est bon pour toi j’ouvrirais. » Lui dit-il sérieusement. Will était en effet le mieux placé pour détecter le moindre dispositif. Si tel n’était pas le cas, Matt lui témoignait sa confiance en son jugement en se proposant comme volontaire.

Il n’y avait aucune bombe.
Le trio déplaça les équipements et retrouvèrent finalement l’ensemble de leurs effets personnels. Mais au lieu d’aller se reposer après avoir rempli la mission, Will et Ruth décidèrent de prendre sur leurs temps de repos pour faire une tenue convenable à Eversman. L’intellect du groupe prit les mesures du soldat avec une corde puis traça les plans de coupes sur une couverture militaire, ainsi qu’une toile de tente, pour délimiter mathématiquement le pourtour d’un pantalon et d’une veste.
Will apporta son expertise en découpant soignement les deux tissus et les collant avec certains de ses matériaux. Spécifiquement une sorte de colle qui ne craindrait que peu les intempéries et les mauvais traitements. Assis tous les trois sur un petit coin qu’ils s’étaient réservés, ils blaguèrent ensemble dans une ambiance bon enfant et conçurent la tenue. Ruth ordonna quelques petites retouches en faisant de nouvelle mesure, Matt réduit à faire quelques essayages que le reste du groupe ne tarda pas à moquer, des petits sifflements aguicheurs de la part de Rita montant parfois dans sa direction. Jamais Matt n’avait autant espéré enfiler un véritable treillis.
Ce fut long est assez laborieux, notamment pour former des passants de ceinture suffisamment solide. La petite surprise pour la patience de Matt, c’était de lui céder un holster de cuisse et une ceinture militaire qui refermerait ce pantalon de fortune. Une doublure de couverture en-dessous une protection en toile de tente. Le génie avait veillé à pratiquer de larges ouvertures sur les côtés de la veste pour forcer l’aération.

Même si ce n’était pas très confortable, Eversman eut son pantalon personnalisé, son holster de cuisse et de quoi coincer sa radio dans une poche de fortune à l’intérieur de sa veste. Will et Ruth étaient plutôt satisfait du résultat et commentèrent longtemps l’ouverture prochaine de leur chaîne de couture de luxe avant de le laisser enfin tranquille. Ce dernier les remercia avant de retrouver les autres auprès du feu. S’asseoir, s’emmitoufler dans une couverture et se poser. Purée que c’était bon !
Le sommeil et la soif les dissipa peu après, les amenant à d’autres intérêts.

« Hé mec ! » Fit Will en essayant de trouver une position favorable, emmitouflé sous sa couverture, pour dormir un peu.
« J’te trouve vachement courageux quand même. »
Il le regarda et hocha la tête pour lui montrer que c’était pas une blague cette fois.
« Tu t’es fait humilié devant toute l’armée. Maintenant tout le monde te connait comme le vilain canard. Et tu t’accroches encore. T’as des couilles mec, on peut pas te retirer ça... »
« Merci, Will. » Répliqua-t-il avec un sourire sincère aux lèvres. Les compliments étaient plutôt rares en ce moment et donc appréciés à leur juste valeur. « Je te dédicacerai ta création quand on aura fini avec tout ça. »
« Ca fait quoi d’explorer ? » Demanda-t-il sincèrement. « Nous on a tout misé pour avoir la chance de partir un jour. Mais toi tu sais ce que c’est. Alors ça fait quoi ? Ca fait quoi d’explorer ?!? »
« Explorer ? »Répéta-t-il. Eversman avait tendance à oublier que les compagnons de galère n’avaient jamais mis un pied sur une autre planète, peut être même jamais vu la Porte des étoiles en vrai. C’était son quotidien depuis maintenant une dizaine d’années. D’abord au SGC puis du côté de Pégase. Plus d’un mois qu’il n’avait mis un pied à l’extérieur, d’abord enfermé en cellules avant de finalement ne servir à rien sur la base. Juste bon à voir les autres s’équiper et partir en mission. Après un soupir bruyant, le Ranger modifia quelque peu sa position de manière à s’asseoir, toujours bien emmitouflé dans la couverture.
« C’est la meilleure partie du boulot, Will…Tu es peut être membre de l’expédition mais tant que tu n’as pas passé cette porte, tu n’as encore rien vu… Atlantis, le Dédale, c’est rien par rapport à ce qu’il y a derrière. » Le regard rêveur du militaire avait quitté Will fixant désormais les flammes dansantes « Même si parfois ça ressemble à l’enfer, tu découvres des trucs qui dépassent ton imagination. Y a jamais de routine. Un jour, tu te rends dans un village de Cowboy et le lendemain tu es pourchassé par une espèce de tyrannosaure… Quand ce n’est pas une bande de Genii qui veut ta peau. »
« C’est quand même sexy quand t’en parle. Et des nanas ? Y’a des nanas ? »
« C’est parti... » Soupira Ruth qui les écoutait, non loin.
« Pas de nanas, uniquement des mecs maquillés » Déclara-t-il avec un maximum de sérieux avant de finalement exploser de rire, incapable de se retenir davantage.
Ils rièrent à leur tour et Ruth ne tarda pas à renchérir.
« Tu te rends compte que ta déclaration peut fonctionner à l’inverse... »
Will chercha l’espace de quelques secondes, ne voyant pas vraiment cette idée “d’inverse” avant de comprendre soudainement. Matt et les “mecs maquillés”. Il pouffa.
« Je savais que sous ses airs de brutasse, Matt, il cachait une âme de donzelle ! »
« Qu’est ce que tu crois ?! Je pensais que Calahan allait craquer après m’avoir mis en boxer… Raté ! A croire qu’ils préfèrent les courbes du Canada. » Réénchérit-il jouant le jeu.
« C’est pas moi qu’il tenait par l’épaule comme si j’étais sa mome. Quand je pense qu’on t’a sauvé le pucelage pour toute cette ingratitude...on l’offre à sodo-Calahan, Ruth ? »
« Hum...j’hésite. On s’est beaucoup échiné pour faire ses vêtements. Ce serait du gâchis. »
« Mais t’es dans quel camp toi ?!? »
« Celui qui veut faire chanter le Canada ! On se soutient entre Américains. Tu comprends, on a à subir votre chanteuse à Vegas constamment. On en peut plus ! »
« Hin hin hin ! T’es tellement drôle que je me ferais livrer une pizza tiens !!! »
« Me parle pas de pizza... »
« Matt. » fit Ruth en voulant changer de sujet. « T’étais bien vu chez les Natus avant de déconner. Pourquoi tu n’y es jamais retourné ? »
Elle était curieuse de savoir, elle s’était souvent posé la question. Will la regarda mais ne fut pas surpris, après tout, vu son métier, elle savait pas mal de choses sur tout le monde.
« C’est sympa là-bas ? »
Un sujet plus sérieux fut mis sur la table, bien plus personnel aussi. L’envie première d’Eversman était de se renfrogner et ne répondre que ça ne regardait que lui. L’ancien Rangers aurait agi de la sorte en recherchant la fuite. Le nouveau soupira essayant de rassembler un peu ses pensées, de trouver la manière de lui répondre.
« Tu sais ce qu’il s’est passé là bas pour moi, Ruth ? » Il n’y avait pas d’agressivité dans sa voix, il avait juste besoin de savoir ce qu’elle connaissait sur ce sujet.
« Mon boulot consistait aussi à déterminer quand les traumatisés de guerre représentaient une menace. J’ai eu ton dossier, oui. » Avoua-t-elle. « Je ne te force pas, c’est personnel. Mais...je n’ai pas compris. Les Natus t’ont honoré de différents titres, ils t’ont été acté et envoyé. T’y est jamais retourné... »
« Quoi, c’est un héros là-bas ? »
Matt inspira de nouveau baissant quelque peu les yeux en direction de son avant bras qu’il massait inconsciemment sous la couverture. Il ignorait volontairement les propos de Will ne se considérant vraiment pas comme un héros.
« Tu me forces pas, Ruth… » Un peu mais il choisit de s’ouvrir « Je peux pas retourner là-bas. Je ne veux pas y retourner. » Avoua-t-il sans la regarder.
« Trop de mauvais souvenirs ? »
Elle ne lui parlerait jamais ouvertement de sa captivité. Mais malgré la guerre, les Natus avaient su proposer du bon. Certains des soldats y étaient retournés. Même d’autres militaire d’Atlantis avaient cru pouvoir profiter de l’Antre à l’oeil.
« J’ai vécu l’un des pires moments de ma vie là bas… Avec cette putain de cérémonie... » Lâcha-t-il amer s’efforçant d’occulter rapidement cet élément pour que ça ne le mine pas. « J’ai peur de recraquer là bas, oui… que ça rappelle trop de trucs. »
« Ça te soulagerait si je te disais ce qu’il en est ? »
Will avait comprit, il restait immobile en les écoutant et en se faisant petit pour ne pas gêner.
« Ce qu’il en est de ? » Questionna-t-il sans comprendre. « ça m’étonnerait qu’ils soient ravi de me revoir maintenant… »
Ruth ria un peu, juste un petit peu.
« C’est ton défaut Matt, tu cherches jamais à creuser. »
Elle se redressa un peu, gardant la couverture sur elle dont elle appréciait la chaleur et le regarda.
« Celui qui ose leur faire face pour leur prouver qu’ils ont tort est bien vu. Celui qui disparaît et baisse la tête prouve son déshonneur. »
Elle se recoucha.
« Il y a plus rien, là-bas, Matt. Il faut que tu comprennes ça, ils ont tout retiré. » Ruth assura sa position et ferma les yeux. « Le CODIR a jamais pu accéder à l’épave parce qu’ils l’ont fait fondre. Il ne reste rien d’autres que tes souvenirs. Et le carrefour Patriote ? Ils l’ont entièrement rebâti, c’était leur priorité. »
Elle bailla.
« Ne t’accroche pas à ça, il reste plus rien. »
Ruth maitrisait son sujet citant des éléments qu’on ne pouvait inventer. Elle était impressionnante. Pas étonnant qu’elle soit parvenue jusqu’à un grade pareil vu les capacités dont elle faisait preuve. Il tâchait de prendre en compte les remarques faites, Ruth tentait de l’aider ou du moins de lui faire ouvrir les yeux.
« Il en reste suffisamment dans mon crâne… J’ai déjà rechuté, Ruth. J’ai merdé sur la guerre suivante. »
« Tu prends trop les choses à coeur, tu ne creuses pas. » Répéta-t-elle, laissant sous entendre qu’elle avait un avis différent sur tout le drame de sa dégradation. Elle semblait au courant de ça aussi alors que c’était récent.
« Il faudra bien que tu oublies un jour. Pour repartir du bon pied. »
Elle marqua une pause, sa voix s’affaiblissait.
« Tu sais pourquoi les Natus t’ont mis dans leur registre des Héros de Guerre au moins ? »
« M’avaient dans leur registre » Rectifia-t-il tout en pliant les genoux avant de les enlacer.
« Tu creuses pas, c’est ce que je disais. » Elle ricana doucement. Il n’y avait pas d’agressivité dans ses propos ni de moqueries. Elle savait ce qu’elle pouvait partager avec lui. « C’est pas encore fait... »
« Creuse pour moi alors ! » Lâcha-t-il ne comprenant pas où elle voulait en venir.
De longues secondes passèrent sans qu’il n’obtienne de réponse, juste un souffle plus lent et profond. Ruth s’était endormie à ce point de la discussion, elle était sur le dos, maintenant la couverture sur elle, ayant été piégée par le fait d’avoir fermé les yeux. Will s’en rendit compte, comme Matt d’ailleurs, et il murmura quasi-silencieusement, comme craignant la colère de Matt.
« Respect... »
La réponse ne vint pas ce qui l’agaça. Un regard vers Ruth lui fit remarquer qu’elle s’était endormie. Il fut tenté de la réveiller pour obtenir le fin mot de cette histoire mais n’en fit rien se contentant de soupir. Il allait devoir prendre son mal en patience, gérer la frustration et c’était loin d’être son fort. Il devrait faire avec. Will eut au moins le mérite de lui détourner l’attention.
« Fais pas les mêmes conneries que moi, Will. Je supporterais pas de te voir en calbut. » Ajouta-t-il avec un fin sourire avant de se blottir dans la couverture. Les propos de Ruth lui revenaient en tête.
« J’sais pas. Hé, tu crois que j’pourrais faire comment pour attirer son attention. Une fleur, discretos, ça marcherait ? »
« Je suis loin d’avoir une vie sentimentale calme et stable et certainement pas de bon conseil là dessus. La nuit porte conseil… Tu auras peut être une illumination. » Fini la papote pour lui, Matt avait bien l’intention de profiter du maximum de temps de repos qu’il pouvait avoir et ferma les yeux.
« Ah ? » Lâcha-t-il simplement, presque déçu qu’il l’abandonne comme ça. « Alors bonne nuit... »



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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


DU CÔTÉ DE DANNY ET ELANA

Danny avait déchargé son blindé et s’apprêtait à partir pour la patrouille quand Elana la tête pleine de remontrance le rejoignit. Il échangea quelques mots avec Ravix, d’abord assez rude et rancunier, et il l’emmena à sa suite jusqu’à la première colline comme si c’était un boulet. Il se calma un peu après, en prenant une pause de dix minutes avec un demi-quart d’eau, et lui confia finalement avoir joué la comédie. Avoir fait le “fayot”, comme il disait, en espérant recevoir un faux coup. Sauf qu’elle l’avait bien remuée en visant sa tempe, d’ailleurs bien bleuie, et qu’il n’avait pas eu besoin de faire tant le mort.

Il lui reprochait de ne pas avoir songé à leur solidarité de groupe, au fait qu’il était bien naturel que la seule solution soit de jouer un jeu d’acteur. Que c’est ce que Calahan voulait. Et qu’elle n’avait pas eu confiance en lui pour faire la comédie.

Elana le laissa déblatérer tous ses reproches ne disant strictement rien, pour le laisser finir. Elle n’était pas en accord avec la grande majorité et elle aurait bien aimé s’épargner cette confrontation qui lui semblait bien superflue après sa discussion avec Calahan, mais elle s’y conforma. Quand il terminait une phase en attendant qu’elle daigne répondre, elle avait déjà réfléchie à ses propos, lui soulignant qu’il n’avait rien d’esprit d’équipe dans la comédie, qu’elle avait fait ce qui était à faire et qu’elle avait choisit de l’épargner de le tabasser en le mettant KO le plus efficacement possible. S’il n’était pas près à l’entendre, elle comprenait, ce n’était pas agréable de se faire mettre au tapis, mais en aucun cas, elle avait cherché à le nuire (et à son jeu d’acteur), mais à le protéger, là était toute la différence.

Mais il ne pouvait être aussi longtemps colérique avec tout ce qu’ils avaient vécu. Danny lui posa quelques questions, voulant surtout savoir ce qu’il s’était passé après avoir fondu son câble sur la source d’eau. Il se questionnait beaucoup sur le nouveau capitaine entre autre. Et il voulait aussi savoir comment Tim s’était retrouvé avec le nez en si mauvais état.

Elana lui donna sans mal les explications dont il avait besoin, ne cachant pas son profond respect pour la capitaine, vétérante et héroïne de beaucoup de mission même si elle estimait qu’ils avaient tous à apprendre à travailler avec elle.

Leur pause terminée, Danny trouva un nouveau poste d’observation pour vigiler aux jumelles. Il se tourna vers Ravix et, comme pour lui tendre la main et conclure la paix, il lui proposa un petit loisir.

« Je t’apprends à conduire le Divorce ? »

Elana accepta de bon cœur de faire la paix, cela la soulagea intérieurement et elle lui fit un sourire de tout ce qu’il y a de plus sincère dans ce bas monde. Puis, elle se retrouva aux commandes d’un divorce, s’amusant à manœuvrer cet engin, allant jusqu'à piquer de quelques piques d’humour Danny. Elle le remercia de lui confier « son bébé » et fut touchée par ce geste même si elle n’était pas démonstrative. Se voulant redevable, elle lui donna la recette d’un plat français de son choix et par chance ce fut un qu’elle connaissait : la blanquette de veau. Bien entendu l’homme désirait qu’elle cuisine ce genre de plat… et malgré ses piètres dons en cuisine, elle lui promit d’essayer de faire ça Leur patrouille fut donc une belle conclusion à ce tête à tête qui s’était annoncé un peu houleux au début.


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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


DU CÔTÉ DE PEDGE ALLEN, H-3.

Assise sur la chaise de camp orientée en direction du lit picot, lzabel avait pris son repos en voulant surveiller la récupération d’Allen. Elle était régulièrement passée auprès de chacun de ses collègues, finissant par convaincre Tim pour son nez. Elle le lui avait redressé en le faisant souffrir à contre coeur, si bien qu’il en avait pas dormi l’heure suivante. Le médecin de l’équipe était pleine d’empathie, elle n’était jamais suffisamment satisfaite de ses services, comme si elle les trouvait insuffisant. C’était une façon pour elle de viser toujours plus haut, toujours plus efficace, en profitant de ses maigres moyens pour apporter de la chaleur humaine. Elle participait beaucoup à regonfler les hommes, sa famille. Ca lui tenait à coeur.

Pendant que le Capitaine dormait, elle l’avait consciencieusement recouvert d’une couverture militaire retrouvée dans le camp. Will et Matt était venu la lui donner pour qu’elle en fasse bonne usage et, désormais, une douce chaleur abritante reposait sur l’officier dont les constantes, malheureusement, ne s’étaient pas améliorées. La faute au poison qui circulait toujours dans ses veines.

En restant assise, et épuisée à un tel point qu’elle trouvait sa position confortable, Izabel s’endormit longuement. Dans le silence révérencieux de cette tente, elle tenait encore entre les mains la photographie de sa soeur et de Carson. Elle l’avait longuement observé, y puisant de la motivation supplémentaire. Mais maintenant son visage était penché et sa respiration était plus longue, plus souple. Son cerveau se reposa aussi, en phase profonde, ce qui produisit une masse importante de rêves et cauchemars. En oscillant entre ces deux eaux, son stress et la pression de cette mission lui faisait expérimenter des situations incroyables.

A H-3, sa montre bipa et elle sursauta silencieusement. Le retour était douloureux, comme une détonation électrique qui lui envahissait le corps. Bowers éteignit son alarme tout en essayant de reprendre des repères, ses yeux cernés refusant de s’ouvrir pleinement. Elle récupéra son quart en allu et bu une petite gorgée pour tenter de se réveiller mais c’était peine perdue, elle préféra se lever et faire un tour.

Dehors, elle retrouva les quelques membres de l’équipe du premier quart. Mais elle s’étonna de voir Rita levée, ce n’était pas normal. Elle s’approcha d’elle, lui trouvant un air absent alors qu’elle piquait le feu de Matt avec son bâton. Mais au final, Bowers en découvrit la raison. L’italienne avait fait comme la dernière fois, elle avait cuisiné un plat qui, il fallait le reconnaître, donnait vraiment envie. En revenant, Danny et Elana lui avait apporté des légumes sauvages trouvés en cours de patrouille. Il y avait toujours ce morceau de cuisse de loup récupéré sur un cadavre.
C’était spartiate mais après tout ça, c’est si salvateur.

Izabel s’installa à ses cotés et profita de la chaleur du feu. Elle échangea quelques mots avec elle, plaisanta un peu, puis fit un bref petit tour pour vérifier que personne n’avait besoin d’elle. Comme Tim le lui avait ordonné, elle récupéra la centrale qui était restée hors de la tente de commandement. La jeune femme comptait retourner auprès de l’officier lorsqu’elle vit Rita l’intercepter avec un quart noirci par le feu.

« On partage, Bowers, pas de sacrifices. » Lui avait dit l’italienne avec un air taquin. Elle lui donna aussi un peu d’eau.

Le médecin ne se voyait pas vraiment faire le service au lit du capitaine mais elle mourrait sûrement de faim. Et c’est vrai qu’elle pensait déjà à lui laisser l’intégralité du quart. Le contenu n’avait pas spécialement une bonne odeur mais c’était un plat composé qui donnait vraiment envie, qui offrirait un bon regain. Un sourire réjoui et sincère récompensa Rita puis elle s’en alla dans la tente. Pedge avait changé de position entre temps, elle s’était retournée en s’emmitouflant dans sa couverture. Iza eut un petit sourire devant cette preuve qui rappelait le genre humain. Capitaine ou pas, elle était pareille que les autres.

Après avoir organisé un peu ses affaires, entre son sac médical, et la centrale qu’elle posa non loin, Bowers s’agenouilla et cala l’une de ses mains sur l’épaule de la jeune femme.
« Capitaine Allen... »
Elle la remua un peu. On l’eut cru une mère réveillant son enfant. On ne changerait pas la douceur d’Izabel et son esprit altruiste. Elle poursuivit.
« Nous sommes à H-3, il faut vous réveiller. »
Alors qu’elle se retournait, elle migra le dos de sa main sur son front. Le médecin laissa une expression satisfaite gagner son visage.
« Ah, voilà, c’est plus encourageant. » Dit-elle dans un murmure. Elle poursuivit doucement son examen sans brusquer l’officier dans son retour. L’insensibilité, néanmoins, terminait d’envahir son corps. Sans forcément la piquer alors qu’elle était en train d’émerger, ce qui serait assez déplacé, Iza découvrit que les réactions de l’officier n’intervenait qu’au niveau des épaules. Elle préféra ne pas le lui dire tout de suite.
Elle s’écarta finalement pour lui dire dans un murmure bienveillant : « Votre fièvre a un peu baissé. Vous voulez que je vous laisse un moment pour émerger ? »
L’odeur du plat chaud était déjà en train de se dégager dans l’air, c’était sur la table.

Le sommeil de Pedge n’avait pas été de tout repos, aussi paradoxal que cela pouvait être. La fièvre l’avait tiraillé un bon moment, lui faisant claquer des dents avec violence, perturbant certainement sa récupération. Elle qui ne rêvait pas habituellement n’avait pas arrêté. Elle ne se souvenait pas de tout, mais ils n’étaient pas du tout agréable. La encore, elle avait eu une phase de récupération assez aléatoire, mais on ne pouvait pas dire que quelques heures de repos ne soient pas bienvenues dans pareille circonstance.
La bouche pâteuse de la déshydratation concurençait son mal de crâne atroce. Ca tambourinait sévèrement dans son cabochon, mais ce n’était pas pour autant qu’elle avait oublié où elle était.
Elle n’était pas certaine d’avoir compris les quelques mots de la toubib alors qu’elle était en train de la réveiller. H-3 ? Il restait trois heures ? Elle avait donc dormi trois heures.
« Non… ça va. Ca va.», répéta Pedge en se redressant sur son séant. Instinctivement, elle resserra un peu la couverture sur ses épaules. Sa fièvre avait un peu baissé peut-être, mais elle avait froid. Elle avait vraiment la gueule des mauvais jours, version lendemain de biture et soirée à l’herbe : les cheveux éparses, le teint blême, ses yeux lourds soulignés par leur brillance peu coutumière, et des cernes à faire pâlir dracula, l’officier semblait dans le mal.

En plus de ça, elle était contrariée.

Trois heures putain. Elle avait dormi trois heures. Merde, quel exemple elle était pour ses hommes. Elle soupira en se grattant le front. Elle payerait cher pour le poser contre une surface froide, histoire de faire cesser ce tambourinement incessant qui lui vrillait les tempes, et qui s’insinuait derrière ses yeux. Pour un peu et les piques réguliers qui la prenait derrière ses globes oculaires lui arracheraient des larmes.
Bref, le mal était fait. Elle avait dormi, elle devait s’assurer que son repos ne soit pas perdu. L’odeur de bouffe lui retournait l’estomac, surtout avec cette migraine, mais elle savait qu’elle mangeait coûte que coûte parce qu’elle avait besoin de force.

« Bowers, vous pouvez demander à Padilla et Brass de venir s’il vous plaît ? », demanda-t-elle d’une voix éteinte.
« Oui, bien sûr. »
Elle inspira un grand coup par le nez, gonflant sa poitrine autant que faire ce peut, et elle posa ses pieds par terre. Elle ne sentait pas ses chaussures. D’ailleurs, elle nota également que ses mains étaient engourdies, et qu’elles ne sentaient pas le contact du support métallique qui délimitait une partie du lit picot dans lequel elle avait dormi et sur lequel elle s’appuyait. Plus droite, elle essayait d’en imposer plus qu’une mamie grabataire, métaphore qui semblait plutôt bien l’illustrer pour le moment. Elle sentait un froid intense la dévorer de l’intérieur, et si toute à l’heure il se limitait à son bas ventre et ses jambes, elle sentait qu’il avait pris ses aises dans tout son buste maintenant.
« On trouvera une solution, Capitaine. » fît le médecin qui devinait sa prise de conscience et culpabilisait de ne pas avoir pu lui offrir mieux.
Elle n’allait pas encore la piquer pour la doper, ce ne serait ni éthique ni favorable à son état de santé. Avant de s’en aller, elle pointa la centrale du doigt.
« J’ai fais ce que vous m’aviez demandé, j’ai pris contact avec un certain “Robin”. Vous pouvez visiblement demander un dépôt de ressource par catégorie. Des munitions, des vivres, des tenues, des soins. Bref, tout ce que vous souhaitez. Mais il a bien insisté que vous ne pouviez pas faire de mélange ni dresser une liste. Une catégorie. »
« Merci. »
La jeune femme la considéra en silence avant de la laisser. Dehors, elle alla à la rencontre du sergent Brass qui veillait à ce que tout le monde se repose. Après avoir longuement insisté, il avait contraint Rita à s’allonger et la recouvrait d’une couverture. Il posait une main sur son épaule tout en la rassurant et lui disant qu’elle réussirait à s’endormir.
Après qu’Izabel l’eut informé de son réveil, il lui demanda aimablement de prendre la suite pour s’occuper de l’italienne et faire un petit passage auprès des autres. Ca lui permettrait aussi d’avoir un peu d’intimité pour la conversation à venir avec Ruth. D’ailleurs, il fallait la réveiller. Il se voulut doux et amical mais la jeune femme sursauta comme à la sortie d’un cauchemar déstabilisant. Elle se prit la tête entre les mains et travailla sa respiration.
« Chef... » fit-elle finalement par respect.
« Je vois que Matt n’a pas un bon effet sur ton sommeil. »
Elle ria, la voix rouée par son éveil.
« Pas vous ? Le boxer trempé de sueur sous le nez une bonne partie de la mission, ça traumatiserait même les Wraiths. »
Ce fût à son tour de rire. Il tapota l’épaule de la jeune femme et l’aida à se redresser.
« Le capitaine me demande ? »
« C’est ça. Tu bois un peu avant ? »
Elle attrapa son sac et n’en passa qu’une bretelle.
« Pour vous faire plaisir, chef. Et seulement si vous buvez avec moi. » Lâcha-t-elle, frôlant la frontière de la gaminerie.
Le sergent acquiesça. Il se rendit devant les réserves de bidons, là où les soldats laissaient leurs quarts dont les niveaux d’eau étaient différents. C’était une règle qu’avait trouvé le sergent pour leur éviter l’excès. Pour espace la consommation et ne pas être contraint de procéder à “l’arrestation” imposé par Allen. C’était d’ailleurs un détail qu’il avait pris soin de ne pas leur révéler.
Après avoir bu un peu, appréciant le simple verre comme jamais, ils se rendirent ensemble jusqu’à la tente. Le sous-officier s’annonça avant d’entrer et fit passer la jeune femme devant lui. Elle se planta au centre, bien droite, et déposa son sac avant de la saluer militairement.
« Recrue Padilla au rapport, Capitaine. »
« Sergent Brass au rapport. » Enchaîna l’homme juste derrière.
« Repos. », poursuivi Pedge dans la foulée. Elle les invita à s’asseoir du regard. C’était curieux de se dire qu’ils étaient dans la tente de Calahan, mais au final, qu’importe.
« Sergent, qu’elle est la situation des hommes ? Des incidents ou autres ? » Question large, allant de l’hydratation, au repos, en passant par l’habillement de Matt, et la surveillance du périmètre.
Petit changement concernant Brass, Izabel avait mis la main sur lui. A présent, son nez était droit, recouvert d’une bande de sparadrap. La blessure était refermée par deux petits points bien placés. Il acquiesça et débuta sa réponse d’un ton bien moins nasillard.
« Les hommes vont bien, j’ai organisé leur repos par rotation. Toutes les consignes sont respectées et le Divorce patrouille régulièrement autour du camp sur trois cents mètres. Aucune activité suspecte. » Fit-il en se voulant concis. « La recrue Eversman est couvert. Nous avons également récupéré notre équipement et mis la main sur un mortier de calibre 60. Dix coups de ces obus spéciaux. »
Il marqua une pause avant de reprendre, veillant à ne pas bourrer le crâne de l’officier. Pour l’inventaire, il avait fait une petite liste qu’il énuméra.
« Nos munitions sont presque épuisées, moins d’un chargeur de P90 par tête. Vos trois grenades, un fumigène. Les armes de poing, c’est encore pire. Seul le fusil de précision défend efficacement le périmètre. Le Divorce n’a plus qu’un obus. »
Il se massa délicatement le nez, ça brûlait et chatouillait à la fois. Il posa son papier sur la table avant de poursuivre.
« Nous avons été économe en eau, il nous reste neuf litres et il n’y a pas eu de problèmes pour suivre les consignes de Bowers. En revanche nous manquons de vivres, d’équipements de bivouac, et de matériel de soin. »
Nouvelle pause avant de conclure.
« Et les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là... »
Pedge ne montrait rien d’autre qu’une fatigue maladive et las. Elle était satisfaite de savoir que les consignes d’hydratation étaient respectées, et que les tours de gardes étaient tenus. La trouvaille d’un mortier était un atout indéniable, cependant, l’état des munitions étaient préoccupants.
En tout cas, Brass avait meilleure mine avec le nez droit, même si le pansement lui donnait l’air d’un vieux baroudeur à la retraite qui se serait frotté de trop près à un jeune premier plein de vitalité.
« Continuez Sergent, je vous écoute. » Il n’avait pas besoin de la ménager. De toute façon, à force d’avoir à faire à des mauvaises nouvelles, la texane s’était résignée quant au fait que rien n’allait se passer comme sur des roulettes. Charge à elle de faire en sorte qu’ils tiennent au moins sur une roue jusqu’au bout.

Brass tourna son regard vers Ruth et lui fit un léger signe du menton. Elle eut la bonne interprétation et salua militairement Pedge, sans trop de zèle, avant de quitter la tente.
« Ce qui suit est resté confidentiel, l’escouade n’est pas au courant. Izabel m’a informé que le Caporal Ravix avait “triché”, en quelque sorte, pour participer à cette manoeuvre. Cette jeune femme est manifestement revenue d’une mission à l’issue catastrophique il y a seulement dix jours. Emprisonnée, torturée et victime d’une tentative de viol. »
Il soupira et posa ses mains sur ses hanches. C’était monnaie courante sur Atlantis en ce moment. Mais il suffisait de revenir quelques centaines d’années en arrière, lors de la colonisation du Nouveau Monde, pour faire un comparatif des chiffres concernant les populations locales. Ils n’étaient pas si loin du même sujet en fin de compte.
« Je ne sais pas comment elle s’est débrouillée pour passer les contrôles mais elle l’a fait. C’était presque naïf de sa part de penser que Calahan ne se pencherait pas sur cette affaire. Ravix a déclaré son état au médecin de l’unité peu après son entretien avec l’instructeur. Il semblerait qu’il ne l’ai pas démobilisé intentionnellement... »
La fin de sa déclaration était purement hypothétique. Mais il était près à parier que Calahan se servait d’Elana pour alourdir la pression à l’encontre d’Allen pour son commandement. Il lui évitait néanmoins ce commentaire.
« Je vois. », fit Pedge en prenant toute la mesure de cette déclaration. Elle s’attendait à entendre tout sauf ça, tout simplement parce qu’elle ne devait pas entendre ce genre de chose sur le terrain. Qu’est-ce qu’elle devait faire de cette information maintenant ? « Selon vous, est-ce qu’elle est stable émotionnellement ? Est-ce qu’elle a fait quelque chose de peu commun ? De suicidaire ? De vengeresque ? Vous l’avez côtoyé plus longtemps que moi Sergent, j’ai besoin d’un avis éclairé et honnête. »
Il apprécia qu’elle lui demande son avis. Il côtoyait la jeune femme depuis le lancement de la manoeuvre, certes, mais il ne la connaissait pas personnellement. Il avait un avis assez positif, si ce n’est qu’elle prenait parfois des petites initiatives contradictoire avec le commandement en place. Des petites répliques maladroites. Ou une oscillation entre le calme olympien et l’impulsivité. Mais à ce stade, c’était de la broutille, elle lui laissait une assez bonne impression. Mais peut-être parce qu’il aimait chacun des membres de sa nouvelle équipe et qu’il voulait les garder...
« A part s’en prendre à un cochon sauvage à mains nues...finir les lèvres collées après avoir défié celui qui dominait l’unité... » Commença-t-il de façon rhétorique avec une petite amertume.
« Entre nous... » Il se pinça le nez avec un visage contrit avant de reprendre. « J’ai déjà vu ça au SGC. C’est si dur d’accepter d’être envoyé sur la touche... »
Oui. Il était presque certain que c’était ça.
« Ravix est en plein déni chef, elle s’enterre la tête dans le sable pour se persuader qu’il ne s’est rien passé...je pense qu’elle a besoin de cette nouvelle famille, plus que jamais. Tant qu’elle bouge, tant qu’elle vit la mission, elle oublie tout ça. »
Il se rendit compte qu’il n’avait pas vraiment répondu à la question.
« Jusqu’à maintenant, elle n’a pas montré de signes vraiment inquiétants. Elle s’investit, elle suit bien les ordres. Je ne pourrai reprocher que son impassivité surjouée ou les petites remarques qu’elle fait de temps en temps mais on rentre dans le domaine personnel. C’est un bon élément. »
Il hésita.
« Je pense aussi que Calahan ne l’a pas laissé s’en tirer pour la bonne action du jour. Il se sert d’elle pour vous tester. Surement pour voir si vous allez privilégier le règlement ou le soutien d’un membre de votre unité. Après tout, il pousse le réalisme comme si nous étions vraiment loin de chez nous... »
« En effet, nous sommes loins de chez nous. Si nous sommes loin de chez nous, nous sommes obligés de gérer ce genre d’élément sur le terrain. Y a pas de règlements qui tiennent du coup. On se démerde avec les ennuis, et on continue d’avancer. Merci de m’avoir informé pour Ravix et pour votre retour, je compte sur vous pour la garder à l’oeil. Je ferai de même de mon côté. ». Pedge ne pouvait pas faire autrement. S’ils étaient dans une simulation sur une planète lointaine sans possibilité de retour vers Atlantis, elle devrait gérer le caporal Ravix et ses démons sur le terrain. Elle ne pouvait pas la mettre dans un coin en lui disant “pas bougé !” et la récupérer en partant. N’empêche, cette situation faisait écho à la sienne. Il y avait peu de chance que Calahan soit au courant de sa petite aventure avec Mister Tentacule le travelot, mais elle se sentait moins seule, aussi con que ça puisse paraître. Néanmoins, Ravix était certainement une bombe à retardement. C’était récent, elle était en plein déni, et quand ça allait péter, ça allait faire chier tout le monde, et mettre en péril la sécurité de l’équipe, et donc, foutre possiblement en l’air la mission. La texane ne devait pas laisser faire et elle devait essayer de voir les signes avants coureurs d’un craquage en règle. Elle espérait vraiment que Ravix resterait droit dans ses bottes, quitte à ce qu’elle chiale en rentrant, mais qu’elle serre les dents pendant la manoeuvre.

« Très bien. Izabel surveille sa santé mentale. Je lui ai demandé de trouver de quoi l’occuper un peu et j’ai briefé Will. Il a tendance à l’asticoter un peu. »
« Parfait, rien de tel que la camaraderie pour rester dans l’équipe. Bowers s’est reposée un peu ? »
Il fit la grimace.
« Très peu. Ca a été la croix et la bannière pour qu’elle accepte de se coucher. Je dirais une heure, une heure et demi. »
« C’est déjà ça. Je pense qu’il va être difficile de faire mieux. Et vous ? »
« J’attendais votre reprise, pour qu’il y toujours quelqu’un sur le terrain. Pour veiller à l’application des consignes. Quand nous en aurons fini, j’irai fermer les yeux quelques minutes. »
« Ok. Si vous deviez avoir un ravitaillement là tout de suite, d’un type de fourniture, vous direz qu’il nous manque quoi ? Après je vous laisse aller dormir, je dois discuter avec Padilla. »
Il acquiesça.
« On manque de tout mais surtout de munitions. Ce n’est pas leur camp de base, capitaine, ils nous ont presque rien laissé en partant. Si nous ne ravitaillons pas très vite en munition, et j’inclus le Divorce, nous serons incapable de résister à la prochaine rencontre avec les troupes adverses. Je suis certain qu’ils sont déjà opérationnel de leur coté. »
« J’en suis certaine aussi. », fit Pedge méditative. Elle se leva, chancella quelque peu, mais elle se rattrapa rapidement. Comme un réflexe, Tim s’était levé aussi et avait amorcé le geste pour la stabiliser. Il s’inquiéta. « Tout va bien. Je vous raccompagne, prenez deux heures de repos. On décolle à votre réveil. ». C’était moins que les six heures allouées par Calahan. Mais si ce vieux briscard pensait qu’elle allait se contenter de rester peinarde pendant six heures et qu’elle n’essaierait pas de le prendre de vitesse, il se foutait le doigt dans l’oeil. On ne capitalise pas sur un “don” d’un ennemi. On l’utilise, et on le courcircuite.
« A vos ordres. »

Le sergent ne pu s’empêcher de la regarder discrètement, voir si elle était vraiment capable de marcher, puis il se laissa reconduire à la sortie de la tente. Ruth s’était un peu éloignée, le temps qu’il se dise qu’il allait l’appeler, il entendit Eversman s’approcher.

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Dim 17 Fév - 17:35
Matt Eversman
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L'enfer by Calahan



DU CÔTÉ DE MATT EVERSMAN, H-3.

Son oreillette grésilla et la voix de l’instructeur se fît entendre.
//Monsieur Eversman. Ici Calahan. Ne signalez pas cet appel à vos collègues et écartez-vous pour converser.//
Personne d’autre n’avait réagi, signe que la transmission lui était parvenue sur un canal privé. Il était le seul à avoir entendu le message du capitaine.

La voix de Calahan. Cette voix lui fit soudainement relever la tête et observer les alentours. Sûr qu’elle avait dû lui faire louper un ou deux battements cardiaques sous le choc. Il n’avait pas vraiment le choix et obtempéra.
« Je vais pisser. » Signala au coéquipier le plus proche de manière à ne pas attirer l’attention avant de se remettre sur pieds et s’éloigner quelque peu.
// C’est fait, mon Capitaine. // Ce n’était pas de gaité de coeur qu’il le lui signala s’attendant au pire.
//Bien. Bien. Attendez une petite minute, mon garçon...//
Il avait sa voix sadique, du genre à lui faire découvrir son nouveau coup sordide. Le son qui lui parvenait à l’oreillette indiquait facilement que c’était un bloc radio que l’on passait d’une main à l’autre. Il y eut un petit échange de voix, au moins trois personnes. Un homme s’adressait à une femme qui se posait des questions et c’est à elle que l’on passa visiblement la radio.
//Heu...oui ? Quel est la nature de l’intervention ? Urgence médicale ?...//
//Non.// Répliqua-t-il d’une voix peu assurée ne comprenant pas le pourquoi de cet échange. // Qui êtes-vous ?//
//Yindie Destya, médicastre Natus. Je n’ai point l’habitude de discourir dans une boîte à voix. Qui êtes-vous ? En quoi puis-je aider ?//
Yindie. C’était Yin. Comment avait-il pu ne pas reconnaître sa voix ? Bon Matt ne s’attendait pas du tout à avoir à converser avec elle, là maintenant. C’était surréaliste. Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Les lèvres demeurèrent fermées, tout aussi immobile que le Ranger.
Quelques secondes de plus s’écoulèrent. L’interlocutrice au bout semblait également intriguée, indécise. Sa voix devint plus douce, plus personnelle.
//Matt ? Est-ce bien ta voix ?//
// C’est moi. // Confirma-t-il la main à proximité de l'oreillette comme prêt à stopper cette conversation. Entendre la voix de Yin faisait forcément remonter de bons souvenirs qui leur appartenaient. Il n’avait pas envie de les exposer et espérait qu’elle comprendrait avec sa précision. // Yin. On est pas seuls. //
//Ca je le sais !// Répondit-elle en rigolant, innocente. //Cette boite à voix n’est pas ma propriété. Est-ce que...est-ce que ça va ?//
// Oui.// Il ne comptait pas s’étendre sur les détails, surtout avec un Calahan à l’écoute. // Il y a du monde autour de toi ? //
//L’homme chauve est reparti. Il m’a dit de lui rendre cette chose. Matt, j’ai bien pauvre sentiment à l’instinct. Je sens que tu me mens...//
Sa voix était douce. Matt avait dû oublier qu’avant de devenir médicastre, et la meilleure élève d’Isia, elle avait été Candide.
// Que fais-tu là ?// Ne pas répondre à ses interrogations lui coûtait. Il ne doutait pas qu’elle s’inquiétait pour lui mais il était en manoeuvre, en mission presque et se devait de demeurer méfiant.
Il pu entendre son rire doux et gentil à l’autre bout.
//Tu me réponds, je te réponds...on résiste maintenant ?//
C’était forcément une référence à la dernière fois.
// Je résiste toujours. // Répliqua-t-il d’une voix un peu plus douce lui aussi. Lui parler faisait du bien.
//Hmmm...je n’ai de souvenir de toi que tes douces redditions. Allons, réponds-moi...//
// Prépare tes doigts de fée. Tu vas avoir du boulot. Par contre oublie la méthode Isia.// Manière de lui faire comprendre qu’il avait quelques blessures et qu’il n’était pas contre un retour sous ses doigts.
//Il n’y a de la méthode de ma maîtresse que si tu te rebelles, tu le sais.// Lui répondit-elle en riant. //Je m’occuperai de toi, Matt. Il me reste encore plusieurs de tes vêtures à te ravir.//
//Tu t’occupes toujours de moi. // Lâcha d’un ton plus chaleureux. Elle lui avait sauvé la mise, il ne l’avait pas oublié. Yin avait été là dans les moments difficiles. Elle l’était encore aujourd’hui même si c’était Calahan qui l’avait jeté sur sa route aujourd’hui. Il lâcha un petit rire imaginant la jeune femme avec son boxer sur les hanches.
// Tu ne risques pas de me voler celui-là en tout cas. // Troué et bricolé, il ne faisait pas rêver.
Yin lui répondit dans un élan agréable et d’un air assez tendancieux :
//Dans ce cas tu le paieras. Au prix fort...//
// Je prends le risque. //
//Et tu te refuseras encore si inutilement ?//
// Je pourrais être tenté de te céder plus facilement… Mais avoue que tu adores que je te résiste. //
//J’adore te sentir céder.// Reconnu-t-elle.
La jeune femme soupira.
//Je n’ai pu me rendre à toi pour soutien. Et tu n’as pas répondu à mes deux dernières missives. J’ai voeu de savoir : suis-je simple Candide en ton regard ?//
PAF. La petite bulle de bien-être dans laquelle il s’était enfermé venait brutalement d’exploser le ramenant à la réalité. // De quoi tu parles ? Quelles missives ? // Il omit volontairement de répondre à la suite de ses interrogations.
Yin rigola doucement.
//Tu fuis. Une obscure personnalité saisirait mes mots envoyés à ton attention ?// Elle reprit plus sérieusement. //Je sais que tu ne vois en ton intérêt que mes caresses et mes soins. Je veux savoir, de ta voix, si je ne me fourvoies pas.//
// Je n’ai pas reçu tes lettres. // Répliqua-t-il d’un ton dur avec une pointe d’agacement.
//Hm...soit.//
Elle sentait bien à l’intonation de sa voix la déduction qu’elle devait faire.
//Les dessous et les caresses ne peuvent être sujets éternels.// Lui dit-elle lentement. //Il est d’obligation dans la culture Natus la sincérité Matt. Sache-le, c’est important pour nous. Je m’en vais retourner soigner mes patients maintenant.//
// Attends. // Lâcha-t-il espérant de tout coeur qu’elle ne s’éloignerait pas de la radio sans l’écouter. Il ne savait pas réellement ce qu’il pouvait lui dire ce qu’il avait en tête. Il avait juste quelques idées floues, quelques impressions et sentiments aussi. // Tu es toujours là ?// Demanda-t-il d’une voix neutre, sans agacement cette fois.
Il y eut des grésillements durant quelques dizaines de secondes. Ce fut assez long. Il eut sa réponse ensuite.
//Monsieur Eversman...cette jeune femme a eu l’air d’apprécier la conversation.// Fit-il d’un ton tranchant et très ironique. //Un roméo en puissance, quelle prestation, je vous recommanderai bien au club de théâtre.//

Yin n’était plus là. Eversman avait loupé le coche lui laissant une amère sensation en bouche. Mains derrière le crâne, il fit les cents pas espérant qu’elle lui parle de nouveau et s’immobilisa lorsqu’une voix s’exprima de nouveau. Calahan. Ce fut la douche froide. Pas celle qui te mouille un peu les cheveux. Non, celle qui fait en sorte que tu sois trempé jusqu’aux os.
// Co..// Il ne retient que de justesse un juron lancé à voix basse sous la surprise n’amorçant que la première syllabe avant de soupirer. Ce n’était pas à cet homme qu’il en voulait à ce moment précis mais à lui pour avoir gâché ce moment, cette conversation et certainement d’avoir déçu et blessé Yin.

//Dites-moi. Brave soldat de l’US Air Force. Fier Rangers du 75ème. Vous êtes vous intéressé à la culture de ces gens ?// Il ajouta brusquement : //Enfin. Lorsque vous ne vous faisiez pas remarquer avec cette charmante créature pendant votre captivité...//
Allez hop je remue le couteau dans le plaie, j’appuie là où ça fait mal. Calahan a véritablement un don pour le sadisme. Un caillou à proximité subit la foudre de l’aspirant se retrouvant éjecté plus loin d’un bon coup de pied. Un nouveau soupir s’échappa. Il lui fallait se calmer, se reprendre et surtout rester aux aguets avec ce diable de Calahan. // Brièvement, Monsieur. // Les connaissances sur les Natus étaient brêves et se limitaient aux comportements observés, au déplacement effectué là bas ou aux conversations avec les locaux.
//Très bien, Eversman. Je vois que votre connaissance de la culture Natus ne se limite donc pas qu’au corps d’une infirmière. Vous connaissez leur principe relationnel n’est ce pas ?//
// Leur histoire de liens ? //
//Leur histoire d’honneur. A l’extrême inverse de ce que vous êtes.//

La remarque le fit tiquer. Forcément. C’était fait pour et elle était bien parvenue à son but. Les lèvres restèrent fermées attendant la prochaine remarque. Désagréable certainement. Il lui fallait encaisser, ravaler sa fierté et ne surtout pas broncher.
//Cette civilisation entre dans une catégorie que l’on appelle vulgairement une société “tenue par l’honneur”. Avec des codes comportementaux et des règles strictes. Contrairement à vous, Monsieur Eversman, j’ai pris grand soin de les étudier. Ce qui s’est avéré des plus enrichissants concernant votre cas et mademoiselle Destya. Savez de quoi il s’agit ?//
// Non, Monsieur.// Lâcha-t-il d’un ton amer. Il n’osait imaginer jusqu’où ce type était allé pour en apprendre sur lui.
//Quel discours, mon cher petit soldat. Quel argumentaire ! C’est à en perdre la voix !// Commenta le capitaine. //Je ne sais pas encore si votre exceptionnelle “docilité” doit me rendre admiratif ou dépité. Quoiqu’il en soit, c’est avec entrain que je vous apprends que dans la loi Natus, toute personne faisant preuve de proximité avec un être coupable de trahison vaut complicité de moralité.//
Le gradé attendit quelques secondes que l’idée fasse le tour dans la tête de Matt.
//Donc. Puisque vous étiez accusé et reconnu de trahison en tant de guerre le mois dernier, et que vous avez partagé votre couche avec Mademoiselle Destya, cette petite imprudente est coupable de collusion avec un traître.//
Matt ferait la déduction rapidement. Le capitaine tenait Yin, il avait le pouvoir de briser sa vie et sa carrière pour avoir été avec Matt le soir de son incarcération. Elle n’avait pas été inquiété tant que le secret n’était pas éventé. Mais maintenant, il suffisait que Calahan la dénonce à l’Etat Natus pour qu’elle soit accusée au même titre que lui. Et peut-être même pire : avoir sympathisé avec une personne reconnue de traîtrise.
Ce n’était peut-être rien sur Atlantis. Mais en terme de comportement et d’éthique, les Natus ne rigolaient pas...

Les pions avaient été savamment agencés par Calahan. Le piège se refermait maintenant et il comprenait à quel point il était dans la merde. Il s’était fait avoir. Il avait même plongé à pieds joints dans le piège. Ce mec le tenait. Il disposait d’un élément capable de faire pression sur lui : Yin. Eversman fulminait. La colère montait. Froide. Immobile depuis le début des révélations, il avait maintenant envie de d’hurler, de lui défoncer la tronche. L’autre devait jubiler. Il l’imaginait avec un sourire rayonnant. Cette pensée n’aida pas à le calmer. Une minute s’écoula avant qu’il ne prenne la parole.
// Yin ne vous a rien fait. //
//Tous les soldats qui comptaient sur vous au cours de l’Opération Normandie Y COMPRIS vos officiers...ne vous ont rien fait non plus. Savez-vous pourquoi il n’y a pas de criminalité dans la nation Natus ?//
// C’est moi le responsable. Pas elle. //
//Quel courage Eversman...le même que vous avez eu en vous conduisant comme un sergent. En brisant une alliance dans le moment le plus critique d’une guerre tripartie. C’est ce que vous disiez ensuite ? “C’est moi le responsable” ou “je neutralise la menace” ?//
Le capitaine ricana de sa propre intervention.
//Je vous entends souffler comme un boeuf, Eversman. Mais vous devriez pourtant me comprendre. Cette jeune femme est une menace pour l’entente entre Atlantis et les Natus en courant votre entrejambe. Il y a une menace, je la neutralise. Vous n’êtes pas ignorant de cette façon de procéder...//
Chaque mot blessait, l’atteignait. Il était incapable de demeurer impassible et ne pouvait que bénir les dieux Atlantes que ce connard ne soit pas face à lui. Il laissa passer quelques instants avant de répondre. // Cette façon de procéder n’a pas lieue d’être dans l’US Air Force, mon Capitaine. // Finit-il par lâcher. Ce fait d’armes lui avait coûté sa carrière militaire et restait suffisamment cuisant pour que la plaie demeure toujours bien ouverte et sensible.
//Vous êtes divertissant. L'hôpital qui se fout de la charité. Rappelez-moi qui a oeuvré de cette façon ?//
// Moi, Monsieur. Et j’en ai subi les conséquences.//
//Pas suffisamment. Je trouve que vous êtes parfait en traître, Eversman. Et puisque je suis magnanime, je vais vous laisser choisir.// Il fit une pause. Il allait imposer ses conditions...//Cette jeune femme ne se doute de rien, je n’ai pas encore déclaré son manquement à l’Etat Natus. Soit vous trahissez votre unité en veillant à ce qu’ils n’atteignent jamais leurs objectifs. Soit cette femme se verra limogé de tous ses droits et ses acquis. Sa vie ne sera plus qu’un champ de ruines.//

Cette fois le juron ne put être retenu. Eversman bouillonnait. Il avait envie de lui gueuler qu’il n’était pas un putain de traître, de lui exploser le tympan avec ce message avant de retirer l'oreillette radio pour ne plus entendre ce type déversait son venin. Rien de bon ne pouvait venir de lui. Ce connard le mettait au pied du mur. Il devait ruiner l’un des deux : Yin ou l’unité ? L’une des deux subirait de lourdes conséquences. Elle serait rejetée par son peuple, vivrait certainement en paria sur Atlantis vu qu’il ne resterait plus que ça. Il pourrait être tenté de choisir la première ne pouvant la laisser subir pour des faits dont il était le seul coupable. C’était comme envoyer à l'échafaud toute une famille pour un crime commis uniquement par le père sans que les autres soient au courant de son méfait. Dégueulasse. Immoral mais aussi dévastateur si le père assistait à l’effondrement de la famille. Une manière aussi de garder le peuple sagement dans les cordes. Il voyait ainsi la déchéance de Yin. Elle payerait pour l’avoir aidé, pour ses conneries.

Après un énième soupir, Matt ne put s’empêcher de jeter un coup d’oeil vers l’escouade. Choisir de les trahir eux. Tous des inconnus à l’exception d’Allen. Ce n’était que des soldats de passage, il ne combattrait certainement plus ensemble par la suite. Il ne leur devait rien mais pourtant sans eux, il ne serait certainement plus de cette manoeuvre. Il ne pouvait pas leur faire ça. Ce n’était pas sur ses bases qu’il désirait redémarrer. Il n’était pas un putain de traître comme on cherchait à le faire passer.

Comme si cela ne suffisait pas, le capitaine en rajouta une couche :
//Allons mon garçon. Le choix ne devrait pas être si difficile. Entre votre poste sur Atlantis...et un “trou” où vous avez l’habitude de plonger...//
// Je ne suis pas votre garçon...// Répliqua-t-il agacé par l’interruption de Calahan.
//Oh. On se rebelle ? Ce n’est pas très malin lorsque l’on se trouve du mauvais côté du fusil. Très bien, je vais choisir à votre place...//
// Je ne les trahirais pas, Monsieur.//
//Votre situation impose de trahir inéluctablement l’un ou l’autre. Il est encore plus dangereux de se bercer d’illusions. Mademoiselle Destya ou votre unité ?//
Le silence reprit ses droits quelques instants. Eversman ne voyait pas de solutions. Il n’y en avait certainement pas et ce connard le savait. Il serait rongé par la culpabilité dans tous les cas et ça lui plairait certainement. Il devait même adorer le mettre dans une telle posture. // Je ne trahirais pas mes coéquipiers, mon Capitaine. // Finit-il par lâcher le regard rivé vers les silhouettes qui se détachaient au loin. Il avait l’impression d’enfoncer une lame de poignard dans le dos de Yin. Elle avait toujours été là pour lui et il lui en était des plus gratifiants en ruinant sa vie. Elle payait pour lui être venue en aide, pour l’avoir sauver.

//Vous faites mon bonheur. Je suis certain que mademoiselle Destya sera enchantée de l’apprendre. De même que son enseignant, le Docteur Taylor-Laurence. Je vais néanmoins vous laisser le temps de la réflexion, s’il vous est possible de devenir humain. Si vos coéquipiers approchent de l’objectif, votre prostituée d’infirmière se verra bien accueillie par ses compatriotes venus procéder à son arrestation. Nous faisons comme ça ?//
// Nous atteindrons l’objectif. Eversman, terminé. // Lâcha-t-il avant de porter une main à l’oreille pour retirer le dispositif radio. Ça aussi, il risquait de le payer cher mais il n’en pouvait plus. Quelques échanges de plus auraient raison de lui. Il ne pouvait se permettre de craquer, de commettre l’erreur qui le renverrait sur Terre. Matt resta là encore quelques minutes à faire les cent pas se flagellant mentalement en imaginant la tournure de la situation de Yin, s’il avait fait le bon choix…Les jurons furent nombreux, les gestes d’agacements aussi. Un soupir plus important finit par le sortir de sa torpeur. La décision était prise. Il n’y avait plus de retour en arrière possible. La seule chose qu’il pouvait encore décider était d’en parler ou non. Ne pas le garder ça pour lui était un pied de nez aux ordres du chef. Calahan avait essayé de le recruter, il se devait de reporter l’affaire à son supérieur qui plus est était une personne de confiance.

Il n’était pas un putain de traître comme on tâchait de le faire croire. Ce n’était néanmoins pas si simple car cela impliquait de mettre en lumière une partie de sa vie privée mais aussi de dévoiler qu’entre celle qui partageait quelques nuits et l’unité constituée personnes inconnues, il avait fait son choix. Il serait jugé. Forcément. Matt pouvait prendre la parole pour partager l’histoire au groupe mais l’affaire était suffisamment humiliante pour éviter qu’elle ne soit diffusée pour le moment. C’est donc les joues rougies, l’air peu à l’aise qu’Eversman se rapprocha des deux.

« Capitaine, Sergent. » L’interpellation était faite pour les couper éventuellement dans une conversation auquelle il ne pourrait avoir accès et ainsi attirer l’attention sur sa personne. La flamboyante arrogance du Ranger n’était plus. Il n’en menait pas large devant les regards quelques peu étonnés de ses supérieurs.

« J’ai une information importante à vous communiquer. » Il avait toute confiance en Pedge Allen mais devait-il aussi en parler à Brass ? Pouvait-il placer une confiance suffisante en lui ? Tim Brass les avait maintenu en vie jusque là. L’hésitation devait se lire dans son regard qui ne lâchait pas le sous-officier continuant de s’interroger sur la suite à donner.

Pedge tenait encore le pan de la tente de Calahan pour laisser sortir Brass et faire entrer Padilla quand Matt déboula. Manifestement, il avait quelque chose d’important à dire. Elle espérait que ce n’était pas encore une histoire “à la Matt” ou quelque chose dans le genre, mais elle ne pouvait pas se permettre de le rembarrer non plus. Qui plus est, il semblait avoir pris sa place dans la section, et il avait salement morflé également. Il était totalement investi dans la manoeuvre.
« Venez. », fit-elle, en s’écartant pour laisser entrer Brass et Eversman dans la tente, le tout en accompagnant ses dires par un coup de tête vers l’intérieur. Tim, de son côté, sentait le coup fourré arriver droit sur eux. Une belle tuile étant donné ses expériences passée dans les manoeuvres. Il s’était étonné que Calahan ne leur mette pas une nouvelle embûche pile pendant leurs repos et il allait vite comprendre pourquoi.

« Le Capitaine Calahan vient de me contacter m’ordonnant de m’écarter du groupe afin de pouvoir échanger. Ce dernier m’a proposé un marché. »
« Trahir mon unité en faisant en sorte que nous n’atteignons pas notre objectif ou… trahir une médicastre Natus avec laquelle j’ai partagé quelques moments. » Pas la peine de leur faire un schéma, ils n’auraient pas de mal à imaginer ces actes réconfortants. Eversman n’en menait vraiment pas large. Maintenant qu’il était lancé, il lui fallait aller jusqu’au bout. Ce dernier inspira avant de reprendre. « Calahan a menacé de dévoiler nos relations aux autorités Natus ce qui la condamnerait pour trahison. » Ce dernier mot fut bien pénible à lâcher et blessait toujours autant l’amour propre du militaire. Être un traître à sa nation était l’une des pires condamnations. Il l’avait été et subissait les conséquences.

« Je ne vous trahirais pas. » Annonça t il en recherchant leur regard.



@ pyphi(lia)

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Pedge Allen
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Au moins, il n’y était pas allé par quatre chemins. Pedge le toisait sans sourciller. Calahan manoeuvrait dans son dos pour essayer de mettre en porte à faux les membres de son unité. D’abord Ravix, en la forçant à rester, et donc, en la forçant à reconnaître qu’elle n’allait peut-être pas bien, puis maintenant Eversman.
« Tu sembles bien catégorique. », finit-elle par dire, brisant le silence qu’elle avait laissé planer quelques secondes. « En faisant ça, tu condamnes donc cette fille ? », demanda-t-elle simplement.

Tim n’en revenait pas. L’instructeur avait clairement un otage pour faire pression sur Matt, et par extension, sur l’ensemble du groupe. Au moment où le Capitaine Allen l’interrogea, il se sentit obligé de lui couper pratiquement la parole pour intervenir.
« Sauf votre respect, Capitaine, je vous conseillerai de mettre Ruth dans la boucle. Ses connaissances du renseignement pourraient nous permettre de démêler le vrai du faux, y voir plus clair... »
« J’en conviens, mais pour le moment, la discussion se fait avec le soldat Eversman, sergent. ». Elle reporta son attention sur Eversman, comme si l’affaire était entendue. Ruth pourrait en effet causer avec eux, mais avant tout, elle voulait voir ce que Matt avait dans les tripes.
Ca piquait. Le sergent acquiesça et la boucla sur le champ, laissant le Capitaine reprendre.

Les mains dans le dos ne cessaient d’être triturées, un moyen de passer ses nerfs sur quelque chose que plutôt se mettre à faire les cents pas ou à oublier sa place. Ce n'était pas le moment de monter dans les tours.
« Oui, Capitaine. » La gorge fut serrée lorsqu’il lâcha cet aveu. « Yin peut très bien être livrée aux autorités sans que je ne sois averti. Elle est peut être déjà entre leurs mains. au moment où nous échangeons...ou peut être que cette sanction n’existe pas chez les Natus. » Matt ne maitrisait pas les actes de Calahan, il ne pouvait décider que des siens et encore… La marge de manoeuvre était des plus limités. Calahan le manipulait. Cette femme payait pour des faits qu’elle n’avait pas causé. Elle payait pour lui être venue en aide, pour l’avoir sauver et lui avoir apporté quelques soins. Il était le seul responsable de ces malheurs et cela le rongeait, continuant d’agiter une colère froide en lui.

« Je ne vous trahirais pas. » Répéta-t-il. C’était l’un des seuls éléments qu’il pouvait maîtriser. Le reste n’était que l’inconnu. « Nous devons atteindre l’objectif, Chef. » Que le sacrifice qu’il venait de faire n’était pas vain.

Pedge le toisa un moment. Il avait des défauts ce garçon et son principal défaut résidait dans le fait qu’il était buté. S’il avait décidé quelque chose, il s’y tenait, quitte à froisser tout le monde, comme une triple alliance par exemple. Sans le lâcher du regard, comme si elle le sondait, elle et son allure fatiguée de droguée en pleine descente aux enfers dans une crise de manque de merde, elle demanda à Brass :
« Ok Sergent, faites venir Padilla qu’on démêle tout ça. ». Pedge était une habituée des Natus, mais elle ne connaissait pas bien leurs coutumes et leur façon d’exprimer leur loi. Disons qu’elle s’était intéressée à des tas de choses chez eux, mais pas à ça.
« A vos ordres. »
Le sergent ne prit pas longtemps pour revenir avec la spécialiste. Elle entra à son tour dans la tente et sonda Matt, un sourire naissant sur le visage. Elle sentait qu’il y avait un problème et qu’il était concerné.

« Ruth, je n’ai pas eu l’occasion de te présenter au Capitaine, tu veux bien nous faire une courte présentation de ta spécialité ? »
« Oui... » Elle organisa ses pensées pour être concise. « Ruth Padilla, trente six ans, j’étais lieutenant-colonel dirigeant la branche du Renseignement Défensif de Pégase. Au NID. Je candidate pour un poste d’exploration afin de monter un réseau de renseignement pour le CODIR. »
« Tu t’y connais sur les Natus ? »
La jeune femme fronça les sourcils. Elle répondit après une petite hésitation :
« J’ai mené les analyses pré-diplomatiques, les enquêtes culturelle et les surveillances relationnelles. Je sais presque tout. Mais je suis tenue à un contrat de non-divulgation interne chef. »

Pedge considérait la jeune femme. Lieutenant Colonel ? Rien que ça ? Et elle avait tout claqué pour rejoindre une équipe d’exploration ? Merde, c’était quoi son problème ? Pedge trouvait ça grotesque, elle qui avait mis tant d’année à atteindre un grade qu’elle commençait à juger respectable. La texane ne connaissait pas son boulot, aussi ne pouvait-elle pas juger, mais si elle était gradée, elle aurait pu prendre la tête d’une unité d’exploration. Enfin qu’importe, elle revint dans la conversation pour se concentrer sur les informations.
« Vous n’avez pas besoin de divulguer grand chose, c’est juste une question culturelle. Est-ce qu’un ou une Natus qui aurait entretenue une relation sentimentale ou simplement sexuelle avec un traître serait susceptible d’être condamnée pour la même chose, même si elle n’était pas présente lors de la traîtrise ? Et que cette traîtrise n’implique qu’un acte de sabotage impulsif et complètement irréfléchi qui s’est formulé sur un instant donné en dehors de toute planification en amont qui serait susceptible d’avoir été connue par cette Natus ? Oui ou non ? », dit-elle, son regard allant de Brass à Ruth, en passant par Matt. Ce dernier serra les dents devant les explications d’Allen, c’était toujours aussi difficile d’entendre le mot traître qui lui était associé ainsi que cet acte avec Coleen. A peine quelques secondes et pourtant, il les regretterait toute sa vie.
Ruth la trouvait excédée, elle préféra ne pas développer.
« Oui. »
« Oui elle serait condamnée comme traître elle aussi ? », répéta Pedge qui préférait être certaine.
« Matt Eversman avait agi sous les yeux des Natus aussi, son acte est clairement identifié comme trahison. En s’ouvrant à un homme accusé de traîtrise, elle se rend coupable de collusion. Et chez les Natus, s’offrir à un traître, c’est être aussi un traître. »
« Eversman a été soigné après son arrestation par cette femme. ». Pedge se souvenait de cette Yin. « Est-ce que c’est un acte de collusion ? »
La jeune femme leva le regard, essayant de suivre la logique du Capitaine et finit par secouer négativement la tête.
« Les soins ont été demandé, c’est naturel de ne pas laisser quelqu’un dans cet état, surtout pour un médicastre. C’est la relation sexuelle qui a défini cette collusion qui est condamnable. »
Elle inspira.
« Ecoutez..la culture Natus est complexe. L’éthique, les lois et l’honneur sont intimement liés. C’est une monarchie méritocratique militariste. L’accès aux rangs élitiste se gagne au mérite de leurs actions. Plus ils correspondent à leurs idéaux, plus ils collectionnent les faits honorants, plus ils montent. Et à l’inverse, les écarts sont sanctionnés avec une sévérité presque acharnée. Ils ne connaissent pas les délits et les crimes. Ou pas longtemps.... »
Elle tourna son regard vers Eversman.
« Leur notion de valeur est poussé à l’extrême. Ils y consacrent leurs vies entière. Nous avons longuement examiné leur structure sociétale après la Première Guerre mais nous sommes encore loin d’avoir fait le tour. Ils mélangent une logique martiale et déontologique sur fond de religion. Les charges qui pèsent sur cette femme ne sont pas à prendre à la légère. »

« Je comprends ce que vous voulez dire, mais je ne comprends pas la logique. Ca veut dire que si j’ai couché avec un Natus et que ce dernier commet un acte répréhensible des mois plus tard, je serai associée à ça ? ». Pedge trouvait ça gros. Elle trouvait ça gros parce que ce n’était pas ce qu’elle voulait entendre, mais cela ne l’empêchait pas de vouloir savoir. Padilla, elle, savait comment ça fonctionnait. Elle savait ce qu’il s’était passé pour que les Natus en arrivent à ça, il allait bien falloir qu’elle soit au courant. Calahan n’hésiterait pas de toute façon alors...il fallait révéler ce qu’elle n’avait manifestement pas déduit.
« Non Capitaine. Votre Natus a commis une trahison, vous le soignez dans sa cellule. Mais sachant son acte, vous couchez avec lui, vous êtes devenue complice. »
La texane fixait Ruth. Elle venait manifestement de percuter. Quelques secondes filèrent avant qu’elle ne pousse un soupir. Elle se tourna vers Eversman :
« Putain Matt, t’a vraiment rien dans le crâne. Tes déjà au fond et tu creuses encore avec ta.... » Elle n’acheva pas sa phrase. Putain mais quel con. Et en cellule en plus ! La Natus était vraiment pas mieux. Qu’elle assume ses conneries maintenant, elle savait ce qu’elle faisait. Elle laissa l’opportunité à Matt de répondre à la lumière de ce que Padilla venait de dire.

Au fil des révélation de Padilla, Eversman avait perdu le peu de couleurs qu’il avait pu reprendre. La lèvre inférieure était mordue, chaque nouvelle annonce sur la culture Natus ne faisait que renforcer son emprise. A plusieurs reprises, la tête s’était baissée et les yeux clos quelques instants.
« Je voulais pas… C’est elle qui a insisté. » Répliqua-t-il en guise d’excuse à Pedge Allen. Il détourna la tête ayant bien conscience que la justification n’était pas correcte. Même s’il n'était pas l’initiative de l’action, ils l’avaient fait à deux. Matt ne comprenait pas l’insistance de Yin. C’était elle qui l’avait poussé dans ses retranchements, qui l’avait si allumé qu’il n’avait fini par céder.
Pedge lui lança un regard noir. Ouais, c’était elle qui l’avait fait bander et qui l’avait forcé à avoir un rapport sexuel. Et la plainte pour viol, elle arrivait quand dans l’histoire ? Elle lâcha un soupir. Décidément, il n’assumait toujours pas quand il faisait une connerie.
« Yin pouvait-elle ignorer cette règle ? » Demanda-t-il en se tournant vers Ruth, même s’il avait l’impression de connaître la réponse. Eversman ne comprenait pas pourquoi elle avait choisi de se mettre en porte à faux vis à vis de son peuple pour lui.
Ruth leva ses deux sourcils en entendant ce fameux “c’est pas moi, c’est elle”. Elle finit par secouer négativement la tête, alors que Pedge reportait son regard sur elle pour suivre sa réponse.
« La Natus savait ce qu’elle faisait. Si quelqu’un sait pourquoi elle a pris ce risque, c’est bien toi. »
« Quelle conne... » Lâcha-t-il dans un murmure baissant la tête ne parvenant pas à imaginer qu’elle s’était sacrifiée pour lui. Il inspira longuement avant de frotter ses mains sur son visage expirant en même temps.
« C’est la Natus qui m’a sauvé de l’hémorragie sur Magna, une candide devenue médicastre. » Forcément elle était importante à ses yeux. Il avait une dette envers elle et pourtant il allait devoir la lâcher dans la fosse aux lions, lui planter un bon couteau dans le dos. « [color=darkcyan]Pourquoi Calahan livrerait l’information maintenant aux Natus ?! Cela fait plus d’un mois qu’il possède l’information, il ne le fait que pour me faire chanter. Peut être qu’il ne fera rien.[color] » Finit-il par lâcher espérant de tout coeur que tout ça ne serait qu’un test de la loyauté nouvelle envers Atlantis.
« Je te l’ai déjà dit, Eversman. Il exploite nos faiblesses et nos écarts pour nous diviser, nous faire échouer. Il nous sait diminué alors il augmente la pression. » Rappela calmement Tim. « Calahan compte plus de recrues renvoyées sur Terre que n’importe quel autre instructeur, c’est pas la vie brisée d’une Natus qui va le priver de sommeil. »
« Destya peut effectivement tout perdre si Calahan apporte les preuves de sa trahison. Son droit d’exercer, son rang, ses possessions. Il est même probable que ce “déshonneur” marque le nom de sa famille et suive les prochaines générations. C’est dans leur culture mais nous avons une option. »
L’apport d’informations n’aidèrent pas Eversman à se sentir mieux. Il allait être le responsable de tous les malheurs de celle qui n’avait voulu que l’aider. Ce dernier tentait de maintenir la position de repos, les mains dans le dos et les doigts triturés dans tous les sens ayant le plus grand mal à rester en place.
Ruth donnait ses dernières informations à son officier, pour qu’elle ait tous les éléments en main.
« Pour que cette jeune femme soit arrêtée, il ne suffit pas de l’accuser ouvertement. C’est un inquisiteur assermenté qui examine les pièces. Si elles sont concluantes, le prévenu est démis de tous ses droits jusqu’à son jugement par le conseil du monarque. »
Elle illustra avec des mouvements de mains.
« Il doit donc obligatoirement lui présenter les preuves et un témoin pour valider la procédure. »
Elle leva un doigt avertissant.
« Je me dois aussi de vous avertir que les Natus ne plaisantent pas avec les fausses déclarations. Si Calahan en fait la menace, c’est qu’il détient véritablement ces preuves. L’inquisiteur est surement déjà en chemin si Matt a refusé ouvertement l’ultimatum. »
« Qu’est-ce qu’il pourrait avoir comme preuves ? On était qu’à deux dans cette ten... » Dit-il réfléchissant à haute voix avant de s’interrompre. Une pensée lui vint à l’esprit. Ils étaient seuls mais d’autres étaient autour, ils avaient forcément dû les entendre. C’était même certain. « Le témoignage d’un des gardes en faction ? » Lâcha-t-il en regardant vers Pedge.

« Et quoi ? Tu veux que maman leur demande de ne pas parler ? », lâcha-t-elle abruptement. Elle était agacée par cette conversation. Agacée par le comportement passé du soldat, agacée que cet enfoiré de Calahan joue là dessus, au risque de bousiller une vie pour une manoeuvre… Non, c’était du bluff encore une fois. Elle en était presque certaine. Ce vieux briscard avait une réputation de type horrible, prêt à tout briser pour casser du bleubite, prêt à tout raser pour faire chialer de la recrue, prêt à tout déglinguer pour renvoyer sur Terre les chialeuses. Et pourtant, elle avait sa bague autour du cou, tout comme Monciatti avait son fusil.
« Non je ne ferai pas ça, et surtout, je n’en ai pas tellement la possibilité à l’heure actuelle. ». Pedge était restée en retrait le temps des explications, histoire de mesurer toute l’étendue possible de ce que Ruth venait de dire. Elle toisait Matt.
« Donc, qu’on soit clair. Cette femme peut tout perdre, jusqu’à son foyer et sa place parmi les siens. Tu as une dette envers elle, dans le sens où elle t’a sauvé la vie. Ce n’est pas rien. Tu connais le moyen de la protéger, mais tu choisis de la sacrifier. Pourquoi ? »

Pedge faisait exprès de présenter les choses sous un angle que la morale ne pouvait pas accepter. Sacrifier quelqu’un qui avait sauvé votre vie faisait de vous un type ingrat, un gros batard qui n’avait aucun scrupule. C’était difficile à assumer, et Calahan avait joué à fond la dessus. La Capitaine aspirante ne faisait pas ça pour le plaisir. Elle voulait voir cette détermination de Matt à se tirer une balle dans son intégrité morale. D’un autre côté, s’il flanchait, et qu’il avouait être tiraillé, elle pouvait le comprendre. Elle même raserait toute la forêt pour ne pas laisser ce connard faire ça. C’était humain, profondément injuste pour qui avait des valeurs morales fortes. Néanmoins, en l’état actuel des explications de Ruth et de Matt, Pedge avait envie de dire que si cette Natus devait être jugée par ses pairs pour des actes qu’elle avait commis en toute connaissance de cause, ce ne serait pas volé pour elle. C’était facile de transgresser les règles, les lois, et les protocoles, ça l’était moins d’assumer ensuite quand il fallait passer par la case jugement. Matt était aussi en train de l’apprendre à ses dépends en se retrouvant ici en calbut après avoir été dégradé complètement. Il faisait bonne figure, il y mettait du sien et il se comportait comme un soldat. Seulement voilà, il était dans un processus où il devait épurer toute la merde qu’il trainait au cul, merde qu’il s’était constitué depuis un moment. Au moins, il ressortirait plus pur que la Vierge de cet enfer.

Pedge Allen saisit le manche du poignard que Calahan lui avait enfoncé le dos, retirant la lame de la plaie avant de l’enfoncer à plusieurs reprises. Une fois en place, elle n’hésita à tourner la lame histoire de bien blesser. C’est ainsi qu’Eversman perçut les propos du Capitaine. ça ravivait les plaies de présenter ainsi la situation. Il n’était pas débile, il avait bien saisi les conséquences de son choix. Le regard noir du Ranger n’annonçait rien de bon, tout comme sa mâchoire serrée. Il se serait bien enfermé dans le silence mais se devait de clarifier et confirmer ses propos.

« Un moyen de la protéger ? Je n’ai aucune garantie que Calahan ne la dénonce pas. Je n’ai pas confiance en lui et je ne suis pas un putain de traître à mon unité. » Répliqua-t-il en ne lâchant pas le regard d’Allen faisant quelques mouvements de main qui confirmèrent ses dires. C’était gonflé de sa part, lui qui avait été accusé de traîtrise un mois plus tôt. Même si cela avait été le cas, Eversman n’avait jamais changé sa ligne de conduite face aux autorités. Il avait agi contre Coleen afin de les protéger d’une menace et n’avait pas changé de ligne directrice depuis. Têtu. Il était en tort, il avait fini par le comprendre et à l’accepter.

« J’ignorais cette loi contrairement à Yin. . » ça lui faisait chier de la mettre face à ses responsabilités. Ce n’était vraiment pas son genre. Il n’était pas à enfoncer les gens, à les rappeler à l’ordre mais la Natus avait merdé. C’était elle qui avait insisté, elle qui avait voulu l’aider en le détendant un peu, en réduisant ses maux et voilà le résultat...Il ne lui apporterait rien de bien.
Eversman n’avait pas perdu l’espoir de pouvoir lui venir en aide à un moment ou un autre. S’il fallait pour cela se rendre à l’autre bout du continent, il irait. Peu importe le prix à payer pour la sortir de là, il payerait mais ce n’était pas à l’unité de payer pour ses conneries.

« A elle de prendre ses responsabilités donc. », observa-t-elle. Bon, elle était plutôt satisfaite de la réponse du ranger. Ca ne l’amusait pas de le titiller la dessus, mais elle devait aussi le remuer pour voir comment il réagirait. Il était du genre impulsif et pas très dans la retenue comme garçon, elle estimait qu’elle aurait vite vu s’il voulait enfumer son monde et en faire qu’à sa tête. Ca ne semblait pas être le cas.
« Très sincèrement, je ne pense pas qu’il ira la balancer de toute façon. Il essaie de te mettre la pression et d’appuyer là où ça fait mal en cherchant à te faire péter un cable. Tu réagis bien et tu as bien fait de nous en parler. On règle les problèmes ensemble, comme une unité. », ajouta-t-elle en lui faisant un signe de tête. Un peu de pommage ne faisait pas de mal.
« Vous voulez que je retire le dispositif radio afin que je ne sois plus contacté, mon Capitaine ?. »
« Négatif. S’il te parle de nouveau, tu me le passes. ». Ce serait une expérience amusante.
« Reçu » Confirma-t-il d’un signe de la tête avant d’expirer lentement, la pression diminuant lentement. Au moins avait-il l’appui de son chef d’unité, c’était déjà ça.
« Bien. Tout va bien sur le camp ? ». Autant profiter de la présence de Matt pour un petite check rapide des conditions, même si elle avait déjà eu un topo de Brass et d’Iza.
« RAS, Chef. » L’équipe se relayait afin que chacun puisse bénéficier du maximum de temps de repos. Pas de disputes, ni même de faits remarquables.
« Parfait, si pas plus, tu peux disposer. Je rassemblerai tout le monde à la fin de la phase de repos. »
Matt lui adressa un petit signe de la tête avant de faire de même avant de se retirer. Il s’apprétait à passer le pas de la tente lorsqu’il eut une lueur d’esprit.
« Juste une chose. J’en parle aux autres ou je garde ça entre nous ? . »
« Ca peut rester entre nous. Après si tu en parles, tu es libre de le faire. ».
« Reçu, Chef. » Fit-il avant de quitter le lieu.

Bien, une autre affaire de réglée. Elle se tourna vers Brass.
« Sergent, vous pouvez aller vous reposer maintenant. Je vais m’entretenir avec Padilla quelques minutes. »
« A vos ordres. »
Il salua rapidement et quitta la tente en laissant les deux femmes seules.

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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


« A nous deux. », fit Pedge. « Qu’est-ce que vous avez trouvé d’intéressant dans cette tente ? », dit-elle en embrassant du regard l’endroit.
La jeune femme la sonda deux petites secondes, se demandant dans quelle disposition elle était pour recevoir les informations. Elle entra entièrement et déposa son sac sur la table, en sortant divers documents.
« Des cartes de la région et du dispositif ennemi visant à nous égarer : de la désinformation tactique. » Déclara-t-elle en déployant la carte pour lui laisser le loisir de la parcourir.
« Mais j’ai découvert que le faussage de ces informations suit le même format que notre premier support, récupéré peu après notre atterrissage : c’est un code, capitaine. »
« Vous pensez que Calahan n’a pas modifié le code entre temps ? ».
« Ne prenez pas mon explication pour de la condescendance mais pour chaque porte il faut une clé. Et inversement. » Affirma la jeune femme en imageant.
Pedge sentirait probablement son passif d’officier. Les habitudes avaient la vie dure et, de façon distraite, Ruth se comportait davantage comme deux officiers de même rang discutant ensemble qu’une subordonnée qui fait son rapport. Quand elle s’en rendait compte, elle se rattrapait le plus souvent. Les rôles n’étaient pas inversés. Mais elle sentait l’habitude d’exposer les informations tactiques lui revenir comme un boomerang.
« Quand une structure se répète, il y a des similitudes. Ce qui nous fait passer tant d’années dans les hautes études du chiffre, c’est de relever au travers du format ces similitudes. Collecter les données, les interpréter, et y apposer une des nombreuses pratiques de décryptage comme celle-ci.. »
Elle sortit de son gilet tactique un petit calepin surchargé d’équations, d’inconnus, d’algorithme. Un charabia incompréhensible griffonné d’une écriture de médecin au crayon à papier.
« Si le code n’est pas élaboré, on peut le déchiffrer en quelques heures. Ca a été le cas pour ces intels. »

Pedge était mal placée pour juger quelqu’un sur une quelconque condescendance, elle qui l’était régulièrement. Si elle voyait en Ruth un officier, elle ne le montra pas, quoiqu’il en soit, elle voyait clairement quelqu’un qui savait de quoi il parlait et c’était foutrement agréable. Et rassurant. Elle ne voulait pas se faire baiser par Calahan en interprétant une carte faussée deux fois de la même façon à dessein.
La texane posa ses yeux fatigués sur le carnet. La présence de tous ces chiffres, de tous ces calculs, de ces équations, avaient eux aussi un côté rassurant, qui montrait tout le boulot que Padilla avait fait pour cracker le code. Ce n’était clairement pas une amatrice.
« Ok, vous me semblez sûre de vous, et ça me va. », fit Pedge au bout de quelques secondes, son regard se perdant désormais sur la carte. « Qu’est-ce que vous pouvez donc me dire sur tout ça ? »
« A première vue, le dispositif ennemi s’articule sur un patrouillage en dents de scie. Cinq groupes composent une ligne de défense mobile. Ils ont au centre leur base opérationnelle et un dépôt d’arrière ligne. »
Elle avait pointé du doigt les divers éléments que le Capitaine aurait déduit en étudiant la carte. Une disposition possible à désamorcer. C’était du classique.
« Maintenant... »
Padilla sorti du sac un calque roulé en tube qu’elle déploya par dessus la carte. Elle trouva de quoi faire tenir chaque coin. Avec des traçages et les résultats des calculs de son petit bloc note portés sur ce support transparent, les éléments de la carte prirent une toute autre apparence. Ils étaient tous décalés et la spécialiste avait ajouté les symboles de positions retranchées.
« Décryptés, ces mouvements ne sont plus des patrouilles mais des prises de positions tactiques. L’ennemi contrôle activement le territoire, il tient les trois voies de transport praticable, supportés par deux positions difficilement accessible. Je penche pour de l’appui feu. »
Effectivement, les deux groupes derrière pouvaient soutenir autant les positions retranchées que le camp principal ennemi. C’était une disposition dont l’élévation sur le terrain permettait un soutien et un accès rapide à chaque flanc du dispositif, une organisation défensive bien rodée. L’infanterie pourrait se déplacer très rapidement pour contrer les offensives. Si Allen était partie du principe que les informations initiale étaient justes, son unité se serait littéralement empalée dans la défense adverse.
Ruth était lancé donc elle poursuivait sa présentation.
« Ici, sur leurs arrières, ce n’est finalement pas un dépôt. Les coordonnées correspondent à notre objectif de mission. C’est l’endroit où nous devons livrer l’intel. Ce n’est pas tout... »
Sa main passa à l’opposé de la carte, là où leur camp était représenté. Le dessin du calque le situait bien loin en arrière, creusant un écart très important entre eux et l’ennemi. Ruth semblait avoir triangulé et tracé tous les derniers mouvements depuis le début de leur mission. Elle s’était renseignée auprès de ses collègues pour déterminer l’historique de leurs déplacements. Il était clair, sur le dessin, qu’on les avait amené dans le sens opposé.
« L’ennemi nous a éloigné intentionnellement, capitaine. Nous sommes dans un de leur relais bivouac. Vous devez savoir que tout le secteur est signalé désert calorifique. Les ressources naturelles y sont rares, c’est un terrain aride. Votre unité subira le phénomène d’attrition, c’est inévitable. »
La jeune femme s’arrêta là. Elle n’avait pas parlé d’un dernier amas de symboles et de tracés de triangulation sur le bord de la carte, presque en-dehors de leur secteur. Elle y avait désigné un périmètre avec des points d’interrogation.

Pedge regardait la carte et le calque. C’était vraiment ingénieux. Elle n’y connaissait strictement rien en brouillage de piste, mais elle devait reconnaître que Calahan avait fait en sorte que chaque spécialité de cette unité soit reconnue et utilisée. Pas d’élément inutile. Le beau jeu quoi.
Elle savait qu’elle serait tombée dans le panneau des cartes faussées, jusqu’à un certain point. Normalement, chaque soldat, du moins chaque officier, savait repérer sa position sur une carte à jour à l’aide du décor et d’une boussole. Au bout d’un moment, elle se serait rendue compte que tout ne collait pas comme ça devrait l’être dans la réalité. Néanmoins, elle se serait retrouvée comme une conne avec une carte falsifiée sans savoir la rendre authentique. Avec son calque, Padilla l’avait fait.
Les nouvelles n’étaient pas bonnes, même si maintenant, l’unité avait quelques renseignements d’ordres tactique. Le plus alarmant était de se retrouver dans cette zone aride qui n’allait pas les aider dans leur démarche pour mener à bien cette mission. Brass jugeait que le plus important était les munitions, et en bonne militaire qu’elle était, doublée d’une texane pure jus, Pedge pensait la même chose. Maintenant, elle commençait à se dire que s’ils crevaient la bouche ouverte dans ce désert, ce n’était pas de munition qu’ils auraient besoin. L’objectif à court terme était de rallier un endroit plus adapter à la survie de l’homme, et pour cela, il fallait de quoi le traverser. L’objectif plus lointain était d’avoir de quoi canarder les ennemis. Si elle prenait les choses dans l’ordre, alors elle devait prioriser les ressources nécessaires à leur survie.

« Nous avons mis une nuit pour rejoindre ce camp, grosso modo. Il ne nous faudra pas plus pour nous en extraire et retrouver un terrain moins aride. Ca me semble jouable avec les ressources dont nous disposons pour le moment, surtout que les hommes ont bu. », fit Pedge, tout en toisant Ruth. « Qu’en dites vous ? ». Pedge avait un peu tiqué quand Padilla avait dit “votre unité”, comme si elle ne se sentait pas incluse dedans. Mais elle se gardait ça sous le coude après cette discussion d’ordre tactique.
« Votre point de vue est le bon mais il souffre d’optimisme. Depuis notre atterrissage, nous avons été soumis à une absence de ressources naturelles. J’ai interrogé Matt sur son arrivée et Iza sur votre état de santé lors de notre rencontre. »
Elle feuilletait encore son calepin, cette fois ce n’était pas des chiffres mais des listes. Elle y avait trié les conditions subies et perçues par chacun. En faisant ça, elle décortiquait les objectifs personnels de Calahan.
« Si l’instructeur ne nous a pas donné de temps limite pour remplir l’objectif, c’est parce qu’il nous impose l’attrition par privation de ressources naturelles. Nous avons presque consommé la moitié de notre stock d’eau et nous devons nos estomacs remplis à Rita et son expérience du terrain. Mais ça ne durera pas. »
Elle désigna le dispositif.
« Eux sont bien ravitaillés. Et nous risquons de nous y écraser exsangues. »

« Sauf si on évite les positions retranchées de l’ennemi. Nous sommes une petite équipe, et nous ne sommes pas équipés pour de gros affrontements. J’ai quand même peine à croire que le continent ne renferme pas quelques ressources naturelles pour survivre, les Natus et les Athosiens y parviennent bien. Les forêts sont riches en gibier, il y a de l’eau, et des plantes. »
« Il y en a, bien sûr, mais c’est beaucoup plus rare dans cette région en particulier. »
Pedge cogitait. Si elle devait rejoindre ce dépôt, ce serait dans la discrétion la plus totale en évitant les combats. Le problème résidait dans le fait que l’ennemi savait qu’il devait chercher une escouade et la traquer. C’était ça la merde. S’ils étaient là incognito, ils auraient pu contourner tout ça tranquillement et réaliser l’objectif. Bref, elle devait peser le pour et le contre sur ce putain de ravitaillement.
Rien n’était simple.
« Qu’est-ce que c’est, ces points d’interrogations ? », ajouta Pedge, passant du coq à l’âne, mais pas dans sa tête. Elle suivait la carte pour voir comment contourner les dispositifs et prendre large, même si tout semblait verrouillé. Elle était prête à sortir des contours physiques de la carte si besoin et son regard s’était posé sur les signes de ponctuations.
« Une estimation de zone par triangulation. Je pense que nous ne sommes pas loin du fortin des Natus. »
Ruth illustra la zone qui dépassait nettement de la carte.
« J’ai fais ça de tête et mes souvenirs ne sont pas récents. Mais il semblerait, d’après ces divers repères atypique, que nous sommes proche de leur zone d’opération. Vivres, médicaments, eau, sécurité, des abris, des lits chauds, des vêtements, des intels, la liaison montante et peut-être même des munitions. »
Elle marqua une pause.
« Calahan ne s’attend pas à ce que je me souvienne des repères géographiques mais je suis certaine de ce que j’avance. Malgré tout...il ne sera peut-être pas aisé d’obtenir leur aide si vous comptez vous y rendre. Matt est perçu comme un renégat, et malgré votre relaxe, vous êtes à l’origine de la mort de leurs enfants. »

Aucun changement ne s’opéra sur les traits de Pedge. Elle devait vivre avec ça aussi. Elle était à l’origine d’un infanticide géant, qu’elle devait assumer. Seul un soupir plus profond et guère perceptible accueillit cette remarque. Avoir le fort Natus dans les environs était une bonne nouvelle. Elle était persuadée, malgré tout, qu’ils l’aideraient. Elle était une de ceux qui avaient participé aux deux guerres, elle était citée chez les Vertueuses, et elle avait un lien avec une des leurs. Sa fonction aiderait sans doute, mais elle préférait ne pas devoir invoquer un droit d’entrée et d’assistance en utilisant Namara comme prétexte… Sans parler du fait qu’ils n’apprécieraient peut-être pas.
Elle savait par contre qu’ils comprendraient son fardeau, et son choix tactique de ce jour funeste. Peut-être même qu’ils le partageraient avec elle. Certains ne devaient pas comprendre, comme partout. Non, elle assumerait, et elle obtiendrait une assistance de leur part. Calahan ne le verrait pas venir.

« Ce serait un coup de force Padilla, si vous avez vu juste. Je fais mon affaire des Natus pour obtenir de l’aide, si vous nous emmenez là bas. », fit Pedge en inclinant la tête, agréablement surprise.
« Il nous faudrait combien de temps pour rejoindre le fort ? Présence d’hostile dans la zone à votre avis ? ».

Sa demande de ravitaillement dépendrait de ces deux réponses.

« Je peux vous y emmener. »
Elle posa ses doigts et longea un tracé imaginaire en évitant plusieurs lignes parallèles.
« Nous pourrions y être avant la nuit. En nous relayant sur le Divorce pour maintenir le rythme, nous finirons par tomber sur une des patrouilles Natus en approchant. A partir de là, nous serons en sécurité. Calahan n’osera pas un incident diplomatique. »
Elle étudiait en même temps. Son regard acéré et habitué relevait les informations tandis que le plan se dessinait dans sa tête.
« Dès que Calahan va comprendre, il enverra un de ses jumpers disposer des forces en amont pour nous empêcher de les rejoindre. Je ne suis pas stratège mais ça me semble évident. Nous nous apprêtons à mettre une partie de son plan en échec. »
« Il y a de fortes chances qu’il essaie de nous empêcher d’arriver jusque là, en effet. », compléta Pedge en étudiant la carte. Néanmoins, elle s’était assurée plus ou moins que le camp n’était pas surveillé, et qu’il n’y avait pas d’ennemi en patrouille dans le coin. Cependant, il restait le facteur d’un tireur embusqué bien camouflé qui aurait pu échapper aux hommes pendant leur patrouille. Mais si on partait sur le principe que l’ennemi les pensait dans le camp pendant six heures et qu’ils allaient tiré droit vers l’objectif ensuite, en faisant quelques détours quand même, ils avaient l’avantage de pouvoir manger une bonne partie de la distance jusqu’au fortin Natus avant qu’il ne se dise : mais où ils sont ces cons ?
C’était jouable avec les ressources qu’ils avaient. Cependant, si Calahan mettait des troupes sur leur chemin, il leur faudrait de quoi leur opposer un feu nourri pour les rayer de l’équation. La nourriture et l’eau serait la récompense d’en arriver là. Qui plus est, avec l’appui du Divorce, ils pouvaient couvrir une distance avec assez de célérité, en relayant les hommes dessus.
« Ok, c’est donc notre prochain point de passage. Avant de vous pencher sur l’itinéraire adéquat, j’aimerai vous demander. », commença Pedge. « Comment ça s’est passé une fois que vous avez été séparé du groupe près du lac ? »

Ruth lui décrivit de manière concise sa tentative de fuite avant que son corps ne la lâche et qu’elle ne s’effondre dans un trou l’ayant couvert. Elle expliqua avoir tenté de communiquer sans y parvenir, sa radio ayant souffert. La jeune femme aurait ensuite rampé pour tenter de s’enfuir, contourner l’ennemi puis rejoindre le lieu de repli de Brass. Mais ce faisant, elle était tombée sur une petite grotte où le Divorce avait été caché. Il semblerait que l’ennemi s’en était emparé et prévoyait de l’utiliser contre eux s’ils décidaient de résister jusqu’à la fin.
En vint au moment où elle parvint à faire signe à Will, alors en pleine fuite suite à la chute de son sergent, et ils firent jonction avec le divorce pour se cacher. D’un commun accord, ils avaient décidé de ne pas employer leur radio, étant persuadé que l’ennemi surveillait leurs ondes. Ils signalèrent leur situation par laser puis, en découvrant la rédition de l’équipe, ils se trouvaient dans l’incapacité d’attaquer maintenant.
Padilla veilla à souligner l’ingéniosité et le courage de Will, étant à l’origine de l’idée de visiter le camp ennemi pendant qu’ils étaient occupés à les chercher et faire prisonnier le reste de la troupe. Malgré leurs états de faiblesse, ils transportèrent les bidons trouvés en réserve jusqu’au Divorce et restèrent à l’abri pour se ressourcer.
En mettant leur compétence en commun, ils trouvèrent le moyen de faire démarrer le Divorce et suivre la colonne à distance, suffisamment loin pour ne pas alerter du bruit, tout en se réhydratant. Ils atteignirent un bon point d’observation pour préparer la libération de leurs collègues et Sandoval oeuvra pour prendre le contrôle de la mitrailleuse en hauteur.

Tout cela, Ruth l’expliqua assez rapidement, s’arrêtant sur les détails lorsque le Capitaine le demandait. Elle termina sur leur décision commune d’attendre le dernier moment pour ouvrir le feu, afin de s’assurer de l’effet de surprise. Sachant que Padilla utilisait ses jumelles pour faire le compte des effectifs adverses et de leur armement. Dès l’ouverture du feu, elle venait avec l’engin pour offrir sa couverture et permettre à Danny d’en reprendre les commandes.

« Merci pour ce topo. », fit Pedge quand on en arriva à la fin. Au moins, elle savait ce qu’ils avaient fait pendant ce temps là et c’était bien agit. Bon ceci étant dit, il fallait maintenant avancer sur la suite de la mission. La décision d’aller au fortin Natus était prise pour Pedge. Elle était convaincue que ce serait un remède à pas mal de leurs maux. « Comment vous vivez le fait de faire partie de cette équipe ? Avec vos antécédents ? »
« Je ne regrette pas d’avoir abandonné mon grade si c’est la question, capitaine. » Répondit-elle franchement. « Je suis une intellect, j’ai débuté ma carrière en étant déjà officier et je n’ai expérimenté la fraternité martiale qu’au démarrage de cette manoeuvre. Je reconnais que j’ai du mal à m’y accommoder et prendre ma place de fantassin. »
Elle avait été lieutenant-colonel. Les saluts des militaires qui se levaient en traversant un couloir faisait parti du décors. Maintenant, elle était sur Atlantis, mais il n’y avait plus cette considération, cette grandeur dû au grade, et ça lui manquait parfois.
« Mais ça viendra. » Conclu-t-elle avec optimisme.
« Ça viendra oui. », assura Pedge avec hochement de tête plein de conviction. Elle avait fait l’inverse. Elle était partie trou duc et elle finissait avec les honneurs des grades. Elle comprenait parfaitement que ce n’était pas simple que de faire l’inverse et de repartir à zéro. Pedge le vivrait très mal si elle était à sa place.

« Pour être honnête, ça me fait bizarre de savoir que vous étiez lieutenant colonel et que je dois m’adresser à vous comme à un simple soldat. », avoua Pedge en la toisant. « Mais ça viendra. », reprit-elle, comme pour faire une note d’humour dont elle avait le secret, même si ce n’était pas flagrant de prime abord. Ruth le releva et sourit en réponse. « Allez, je vais vous laisser vous reposer et préparer l’itinéraire jusqu’au fortin Natus. », observa Pedge en guise de conclusion.
« A vos ordres. » fit-elle en repliant la carte.
Elle semblait hésitante en roulant le papier puis la regarda pour lui demander l’autorisation de parler librement.
L’officier opina du chef pour donner son accord.
« Je sais que vous avez suffisamment côtoyé des Natus pour connaître leur façon de penser. » fit-elle en guise d’introduction. « Mais ils n’ont pas monté votre statue dans leur pays juste pour l’esbrouffe. Je pense que vous devriez vous interroger sur la “renommée” d’honneur que vous avez chez eux… »
Elle mit sa phrase en suspend avant d’entrer dans le coeur du sujet.
« ...et comment ils pourraient réagir en apprenant que vous n’avez pas levé le doigt pour protéger une médicastre qui a passé de longues heures à soigner vos hommes sur Normandie. Elle est coupable...mais vous le serez aussi un peu par votre inaction. »

Pedge la toisa sans sourciller quelques secondes, méditant certainement les propos de la jeune femme en face d’elle. A dire vrai, elle avait réfléchi à la question, et d’aller au fortin Natus était une bonne chose, autant pour eux que pour l’affaire d’Eversman.
« Je comptais leur en parler une fois sur place. Je n’ai pas envie que ma relation avec les Natus souffre de quelques zones d’ombres et de magouilles à la con d’un Atlante qui s’amuse à vouloir faire chier une unité en manoeuvre en se servant de l’une des leurs. ». Qui connaissait Pedge savait qu’elle n’était pas du genre à se cacher derrière son petit doigt et à ne pas prendre ses responsabilités. En l'occurrence, Matt était son prisonnier, et si la Natus avait merdé avec lui, c’était sous son commandement à l’époque. Aucune raison qu’elle soit tranquille et qu’elle n’ait pas à répondre à ça. Qui plus est, elle estimait que cette jeune femme ne devait pas mériter une sanction pareille pour un abruti comme Eversman, et elle comptait bien le faire savoir. Autre bénéfice à aborder la question elle-même auprès des concernés : couper l’herbe sous le pied du Capitaine Calahan, et ôter un poids de culpabilité sur les épaules d’un de ses hommes.
« Bien Capitaine. » fit-elle en souriant, retournant ses documents.
« Calahan prépare ses manoeuvres longtemps à l’avance. Maintenant que vous êtes une résistance sérieuse, il jouera “toutes” ses cartes contre vous. »
Ruth avait veillé à nuancer le mot pour lui faire comprendre qu’elle ferait l’objet d’une campagne de salissage. Elle sentait cet officier perspicace, donc pas besoin de préciser le propos selon elle.
La texane acquiesça silencieusement.

Une fois seule, elle se tourna vers la centrale. Il était temps de faire un choix. Elle posa ses fesses sur le rebord du lit, et s’empara du combiné.
// TexMex à Robin ? //
//Tu lui as tellement tordu le bide qu’il est coincé aux chiottes. Y’a du monde autour de toi ?!? J’peux causer ?//
// Tu peux causer pétasse. //, lança Pedge avec un petit rictus dans le vide. Elle ne s’y attendrait pas.
//Tiens tiens !!! On prend du grade et on retire le balais qu’on a dans son cul, SALE PÉTASSE ???//
// Tu verras qu’en prenant du grade, on prend tellement plus qu’un balais dans le cul qu’on se fait à certaine chose plus étroite. Enfin… Si tu prends du grade un jour. A causer à des officiers comme ça j’en doute... //, lança-t-elle taquine, de sa voix morne et plate à l’accent prononcé. C’était con, mais ça lui permettait d’évacuer la pression un bon coup. Et on ne pouvait pas dire qu’elle n’en avait pas accumulé depuis toute à l’heure avec tout ce qui lui tombait sur la gueule.
//Moi, officier ? Non ! C’est réservé aux bouffe-merde dans ton genre ! Je vendrais jamais mon corps moi !// Répliqua Marta. On pouvait entendre Frank ricaner comme un idiot derrière elle.
//Bon, déjà, on règle les comptes. Tu seras contente de savoir que Kate et Peter se sont bien remis. Merci de t’être inquiétée de leur santé, bitch ! Ensuite, merci de pas avoir foutu les pieds chez nous sauf pour prendre les draps de ta cabine. On se sent à peine insulté. Voila. Nous on est en position, t’envoie quand tu veux.//
//Oublie pas de lui demander comment elle arrive à retourner le chef comme ça, il nous faut sa formule miracle.//
//Ouais, plus tard. Si tu te souviens de ce gros pervers d’Harry, alors tu sais aussi qu’on à la technicienne de labo dans la poche. On est allé la menacer, c’est bon, t’as la prio !//
// Parfait. Moi qui pensais que vous alliez perdre en efficacité sans moi, je suis contente d’entendre que vous avez suivi mon exemple. //, enchérit Pedge. Il n’empêche qu’elle était lasse. Ils marquaient un point sur les nouvelles et les visites. Mais d’un autre côté, ils n’étaient pas venus la voir non plus sur Atlantis. Alors balle au centre. Elle se garda bien de rebondir sur ces propos cependant, préférant capitaliser sur ce que Marta disait ensuite.
// Bref, blague à part, c’est à vous que je passe ma commande ? //
//Repasse sur la fréquence de Robin et passe ton appel. Nous on guette le dépôt, on est prêt. Chambers, terminé.//

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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


« Debout les enfants. H-2, c’est l’heure... »
Le sergent Brass passait de l’un à l’autre en les réveillant doucement. Il avait fait son appel radio pour faire revenir le Divorce qui, d’ailleurs, se voyait de loin. Il effectuait son retour tandis que la troupe était au fond du trou, refusant d’émerger du trop profond sommeil qu’ils avaient atteint.
« Matt, te rallonges pas. Debout, bouge un peu. » Lui conseilla-t-il en le voyant en plein dilemme, avec une force invisible le repoussant vers la chaleur de ses couvertures.
« Will, ça fait deux fois. Allez génie, on redémarre sa cervelle. »
« Mécanisme...grippé...irréparable... » Avait-il murmuré, les yeux clos, en se retournant de l’autre côté.
Le sergent allait rétorquer quelque chose, voulant insister sans le brusquer, lorsqu’il se sentit tiré en arrière. C’était Rita, les yeux mi-clos, encore dans le gaz, qui se penchait sur le Canadien comme indifférente aux valises impressionnantes de ses paupières. Elle humecta ses lèvres, soufflant comme celle qui s’était levée du mauvais pied, sauf que ce n’était qu’une façade. Maintenant agenouillée, elle fit un petit signe de tête à Elana, elle-même dans le mal total. Curieuse la caporale se mit près d’elle, les bras croisés, avec un rictus au coin des lèvres, elle suspectait la méga connerie et avait hâte de voir ça. Un message non-verbal pour attirer son attention et lui offrir le spectacle.

L’Italienne ne parla pas, elle se positionna au-dessus de Will, une jambe en contrepoids pour libérer ses deux mains qu’elle entoura en porte-voix autour de son oreille libre. Le Canadien s’était déjà rendormi. Quelques secondes s’écoulèrent, là où tout le monde se demandait ce que l’italienne faisait, puis elle lâcha brusquement une éructation si violente et sonore qu’on aurait jamais pu le suspecter venir d’une femme.

Will sursauta en gueulant, repoussant brutalement sa couverture et se retrouvant sur pieds alors qu’il chassait de ses mains l’odieuse sensation impressionnante qui courait son oreille meurtrie. Rita avait agi rapidement, s’en retournant auprès du feu sous l’hilarité générale, pour attiser les braises. Ce qui accentua les rires fût cette scène spontanée où, Will cherchant l’odieux coupable, porta naturellement son regard sur Tim pour l’accuser. Rita, elle, feignait la parfaite innocente. Elle se frottait distraitement les yeux tout en réunissant les quarts. Qui pourrait croire que ça venait d’elle après tout ? Elana l’avait suivit l’air de rien et lui avait fait un clin d’oeil en lui soufflant un “bien joué miss élégance !”
« C’était vraiment pas drôle, chef ! » Se plaignit-il sur la dernière crise de rire du groupe.
« La prochaine fois, tu te léveras au premier appel. » Lui dit-il en lui tapotant l’épaule.
Il fit un dernier petit tour, voyant le Divorce entrer dans le camp pour se stationner non loin, le moteur ronflant un peu de sa longue patrouille et des cliquetis de sa surchauffe contrôlée. Danny quitta son véhicule pour en faire le tour et s’assurer que son appareil était toujours en bon état. Il révéla sa manie en sortant un vieux chiffon de son uniforme pour astiquer le blindage, lui retirant les traces de poussières.
Le sergent le salua à la volée et vint s’installer à côté de Ravix, pour savoir si elle avait réussi à récupérer un peu. Comment elle allait. C’était une interrogation qui ne sous-entendait pas sa confession au médecin, plutôt le fait qu’il n’avait pas vraiment eu le temps d’échanger quelques mots avec elle. Elle lui répondit que cela allait, elle avait réussi à dormir un peu comme tout le monde et elle lui rendit la pareille en détournant la conversation sur lui que sur elle. Comme toujours. Elle finit par se lever voyant que Matt ressemblait enfin à quelque chose, elle passa vers lui : « Tu ressembles enfin à quelque chose… une vrai fashionita ! » En tout cas, les personnes qui lui avaient fait son costume d’homme avaient fait du bon travail, elle espérait que ça tienne son rôle et qu’il ne soit pas dénudé une nouvelle fois par Calahan.
« C’est sûr que mon corps d’athlète met bien la tenue en valeur. Je te la prêterai une fois terminée, Caporal. » Lui répondit-il.
Elana hocha la tête « J’ai hâte alors ! »

Au passage, Tim croisa le regard de Ruth. Elle était plongée sur sa carte et son petit bloc note, préparant leur plan de route. Il lui lança un petit caillou pour attirer son attention et la remercia d’avoir conçu une nouvelle tenue pour Matt. Maintenant qu’il était couvert, le Rangers ressemblait à un soldat d’OST du moyen-âge. Dépareillé mais bien là, et en bien meilleure position maintenant qu’il n’avait plus à se dandiner en boxer.

Izabel sortit de la tente en compagnie du capitaine peu de temps après, elles allaient dans leur direction. Le médecin déposa un échantillon de sang sur le sol arrivé à mi-chemin. L’ordre de logistique fût transmis au Dédale et la réaction fut particulièrement rapide. Quelques minutes après, un flash lumineux suivit le dépôt d’une pile de munitions très conséquente. Et comme convenu, l’échantillon avait disparu. Le sergent interpréta tout cela comme la fin de cette courte pause et tapota dans ses mains.

« C’est à nous ! » fit-il, encourageant et optimiste. « Rééquipez-vous, armes et munitions tout le monde, je passe en revue dans un quart d’heure. »

Le petit groupe cassa tranquillement le cercle qu’ils formaient autour du feu. Ruth assura les quarts que l’italienne avait posé dans les braises et fut la dernière à entourer le dépôt. Tim écarta Rita qui ne voyait pas le Divorce et Danny s’approcher de très près. Puis en silence, tout en se regardant, les hommes commencèrent à se rééquiper. D’abords doucement, en tâtonnant les boites de munitions, comme des débutants, puis un sentiment général de vindicte souffla en eux.
Ils se passèrent les chargeurs, des grenades aux plâtres, les fumigènes, se partageant des ressources si abondantes qu’ils abandonneraient forcément le reste sur le terrain. Ca se faisait d’une façon bonenfant, des petites boutades volant au hasard à droite et à gauche comme des missiles de trolls qui se croisaient. Mais les hommes n’avaient plus le sentiment d’être de simples recrues. Malgré le fait qu’ils étaient toujours fatigués, il n’y avait plus que la faim pour les tirailler et c’était déjà un grand soulagement. Ils étaient tous prêt à remettre le couvert et repartir au conflit. A l’assaut du sadisme de Calahan.

Rita coinça quelques chargeurs supplémentaire de M1 sur la sangle de son fusil. Elle le passa à l’épaule pour viser, vérifiant le réglage de sa mire. Izabel, de son côté, partagea quelques magasins de neuf millimètres avec Ravix et lui demanda discrètement un coup de main pour vérifier l’état de son arme de poing. N’étant pas la plus douée sur ce champ de compétence.
Enfin, Will en profita pour aider Matt à s’équiper. Etant donné qu’il n’avait pas de gilet tactique, il s’employa à accrocher les grenades qu’il s’était choisi par la cuillère sur sa ceinture, aux endroits où ça se baladerait le moins. Ce serait un peu plus compliqué pour lui de transporter des chargeurs de P90 donc Ruth et le canadien se proposèrent pour transporter des chargeurs supplémentaire pour lui.
Danny, de son côté, ouvrit une caisse bien large et lourde. Son regard brilla et il en retira un obus. Il fixa ses camarades, comme n’en revenant pas de rendre au Divorce son plein potentiel, et il prit soudainement la munition à plein bras pour lui faire un calin. Sans attendre, il monta sur son blindé pour engager le mécanisme de rechargement. Le vérin qui amenait l’ogive du coeur du Divorce pour charger le canon par le dessous apparu, vide, et Danny déposa sa munition dessus. Il actionna une commande et débuta le lent réapprovisionnement de son véhicule. Un peu d’aide ne serait pas de trop.

Tim passa de l’un à l’autre, veillant à ce qu’ils ne soient pas trop gourmand en terme d’encombrement. A la fin, en chargeant son propre P90, il s’approcha du capitaine. Il ouvrit sa veste pour en retirer une arme sale et boueuse qu’il avait coincé à l’intérieur. C’était le fameux canon-scié qu’elle avait transporté tout au long de sa galère. La pile ne contenait pas que des munitions mais aussi des armes. Les quelques fusils à pompe pouvaient être approvisionnés en cartouche gomme-cogne, également adaptable à ce modèle plus court.
Brass estimait que l’arme avait maintenant une petite histoire de galère avec la texane et, lorsqu’il l’avait retrouvé dans le camp, il s’était donné pour mission de la lui rendre.
« C’est à vous, je crois. » fit-il en souriant d’un air entendu.

Pedge examina l’arme. En effet, c’était le fusil qu’elle avait trouvé sur le camp d'entraînement. Elle opina du chef tout en l’accrochant à son gilet.
« Merci Sergent. », fit-elle en observant les troupes s’en mettre plein les fouilles. Avec ça, ils pourraient opposer une résistance un peu plus conséquente à l’ennemi.

Les garçons de l’unité se réunirent autour du blindé pour le charger un peu plus rapidement. En une quinzaine de minutes, celui-ci avait été ravitaillé. Son coffre interne contenait le nombre maximum d’obus au plâtre et ils stockèrent quelques bandes pour la mitrailleuse coaxiale, la M240, qu’ils furent ravis d’alimenter.
« Capitaine. Les effectifs sont réarmés et prêts. » fit Brass après son inspection. « Permission d’attribuer la dernière demi-heure au repas de l’unité ? »
Cela les aménerait ensuite à H-1, la durée avant le départ qu’Allen avait ordonné.
La jeune femme regardait la cohésion du groupe, la jugeant bonne. Rien de telle qu’une ration de balles à carrer dans un fusil pour faire la joie d’une section de combat. Oh, ils auraient été tout aussi satisfait de se mettre quelque chose sous la dent, mais ils auraient voulu faire la sieste ensuite. Puis franchement, si la quantité de nourriture qui était parvenue était aussi large que celle de munition, ils n’auraient pas pu tout manger.
« Accordé. Avant de partir, il faudra veiller à ce que le reste de munition soit piégé avec les explosifs qu’on n’aura pas embarqué. Histoire d’éviter que des petits malins ne passent dans notre dos. ». Propriété Pedge Allen, pas le droit d’y toucher.
« A vos ordres. »
« Capitaine !!!! » fit Iza, les yeux écarquillés.
Elle avait gardé la centrale radio depuis tout ce temps et avait le combiné dans les mains. Elle leur avait coupé la parole et lui tendit l’objet.
« Je crois que c’est important... »
« Donnez. », fit Pedge en prenant le combiné pour le porter à son oreille, l’air perplexe.
// Tex ? //
// Oui. //
// La sécurité est en train de faire une descente. Ils retournent le dortoir des poètes. //
// Je vois... //. Qu’est-ce qu’elle pouvait faire ou dire d’autre ? Ils s’étaient fait pincer manifestement.
// Le chef a eu le temps de s’organiser. Je vous transmets son message : “Prends en soin”. //
Il y eut un instant de silence avant qu’il ne reprenne.
// Fin de transmission, bonne chance à vous Tex. //
Pedge rendit le combiné à Iza. Elle ne comprenait pas le sens du message, et instinctivement, elle tourna son regard vers la pile de munition. De quoi devait-elle prendre soin ?

Pedge ne trouva pas.
Après s’être équipé, le groupe entoura le feux de camp. Encore une fois, Rita avait usé de ses connaissances pour faire un repas du reste de viande de loup. C’était loin d’être délicieux mais pas si mauvais. L’italienne, de son côté, avait grimpé sur la petite tour au centre du camp pour reprendre son observation. Elle s’écria quelques minutes plus tard, prenant tout le monde de court et dans l’urgence, un puissant :
« Contact à deux heures ! Engin volant en approche !!! »
Les soldats jetèrent négligement leurs quarts pour prendre les armes et organiser une défense, persuadé que le coup venait de Calahan. Mais la texane entendait un grésillement caractéristique. L’engin volant, elle le reconnaissait, c’était celui qui faisait la mascotte des techniciens.
« C’est quoi cette merde ?!? » S’écria Danny en pointant la coaxiale sur l’engin.
« Attendez ! », s’écria Pedge. La phrase transmise par Robin faisait sens dans sa petite tête de texane accroc aux armes et au défouraillement. Mais pas là. « Ne tirez pas les premiers ! Laissez venir. ». Elle s’était levée pour observer dans la direction indiquée.

Bien haut dans le ciel, le petit engin volant filait à grande vitesse dans leur direction. Il avait dû être déposé par une téléportation sur un autre secteur, pour une affaire différente. C’était le pod de l’équipe technique qui piqua droit sur eux. Tim prit le relais de son équipe, faisant un signe de main pour les calmer, puisqu’ils n’avaient jamais vu un tel engin. Il était unique, Pedge avait travaillé avec quelques temps.
Des scientifiques y avaient codé le comportement canin et c’était assez représentatif. Comme s’il était attiré comme un aimant par la chaleur humaine, il déboula sans la moindre retenue au milieu du groupe en allant de l’un à l’autre, les mirant, et finissant par éléctrifier les cheveux de Ruth. Laquelle s’écria en tentant de redresser sa coiffure soudainement raide.


« Capitaine ? » Demanda Brass, plutôt septique.
« Il s’agit de... » Pedge esquiva une embardée joyeuse du robot et termina sa phrase : « Morfalou, c’est l’animal de compagnie d’une des équipes techniques du Dédale. Y a rien à craindre, à part qu’il est un peu bourrin sur les bords. »
Le pod s’interrompit brusquement, ses lentilles mobiles reproduisant une forme de surprise. Puis il s’approcha lentement de Matt en fixant sa couronne de métal.
« Ah et… il aime ce qui est en métal aussi. », ajouta-t-elle sur un ton d’excuse, comme pour prévenir Matt de ce qui allait certainement se produire.
Et ça ne manqua pas, le curieux appareil vola au-dessus de sa tête et tenta de lui arracher son ornement en l’attirant par aimant.
« Capitaine. Est-ce que ça a un lien avec l’aide promise ? » Demanda Izabel, observant le Morfalou qui tournait autour de Matt comme un moucheron harceleur.
Pedge était certaine que si elle appelait le robot, il viendrait immédiatement la voir, mais c’était amusant de le voir tourner comme un con autour de Matt.
« Mince. Je vais devoir me séparer de ma couronne. » Lâcha d’un ton ironique gardant le drône à l’oeil

Elana, comme tout le monde était surprise de voir cet engin étrange doté d’une forme d’IA débarqué comme ça… elle avait abaissé son arme sous l’ordre de la capitaine et la première chose qu’elle se soufflait à elle-même « c’est quoi cette merde encore »… elle était clairement en train de se demander si c’était une bonne ou une mauvaise chose d’avoir ça, il pourrait servir d’éclaireur cependant.

« L’aide promise, c’est les munitions. », observa Pedge. Mais elle se doutait que le robot n’était pas là pour rien, surtout qu’il semblait avoir quelque chose à donner, situé en dessous de son corps.
« Aller, Morfalou, au pied. », exigea l’officier pour faire cesser le spectacle.
Le pod se retourna pour l’observer, sembla hésiter, puis s’approcha finalement dans le calme. L’émetteur qu’il avait entre les deux yeux s’activa pour modéliser un image éphémère de R. Downey. Un souvenir qui datait de plus d’un an et qui fit l’émerveillement d’une bonne moitié du groupe.
« On dirait que vous le connaissez bien... »
« Motivez votre remarque Sergent. », fit-elle en tournant son regard vers le concerné. C’était fait exprès pour le mettre mal à l’aise.
« Cette machine vous obéit au doigt et à l’oeil, simple constat mon capitaine. » Répondit-il avec une sorte de réserve, signe qu’il essayait de ne pas se braquer sur sa façon de le rembarrer. Il ne savait pas ce que ça pouvait être d’autre.
« Oui on se connait. ». Elle observa de nouveau le robot, et tenta d’attraper ce qu’il avait en dessous.
Provocant, comme à son habitude, d’un air de chien qui ne veut que jouer, il garda plusieurs fois une petite distance de retrait. Pedge pouvait se rendre compte que l’équipe technique avait fixé un petit boitier sous son ventre, comme lorsqu’il transportait la clé à molette, et qu’il espérait pouvoir attirer la texane dans un jeu.
Sauf que Pedge n’avait pas envie de passer pour une bille devant les autres. Elle avait sa fierté quand même, et surtout, ils n’étaient pas dans le même contexte que sur le Dédale. « Morfalou, donne, on ne s’amuse pas là ! » Elle tendit la main pour qu’il se ramène.
Le morfalou prit un air vexé et se laissa faire. Il quitta le boitier en métal et tourna le dos à la texane pour aller bouder plus loin, trouvant soudainement des débris de grenade de plâtre à se mettre sous la dent. Les regards médusés des soldats suivaient le curieux drone en activité, nettoyant lentement mais sûrement le campement.
A l’intérieur du boîtier se trouvait une fiole d’un liquide opaque inconnu. Il avait été enroulé dans une feuille sur laquelle des formules avaient été griffonné à la hâte ainsi qu’un rapport d’analyse. Intéressée, Izabel regarda par-dessus l’épaule de la texane.
« C’est...la formule d’une molécule. On dirait qu’ils l’ont fabriqué en laboratoire...je peux ? » Demanda-t-elle pour récupérer les documents.
« Venez. », fit-elle à l’adresse de la docteur. « Sergent, on part bientôt. ».
« Reçu, je termine les préparatifs de départ. »

Finalement pas d’éclaireur Elana haussa les épaules, une drôle de manière de livrer les colis. Elle rejoignit Rita sans rien dire de plus sur ce moment hors temps.

Pedge entraîna la toubib vers la tente de Calahan. Elles seraient certainement mieux là bas. Sur le chemin, elle siffla le chien pour qu’il vienne la voir. Il fila illico dans sa direction, son ventre bourré d’éclats qu’il avait magnétisé. Il ne portait pas son nom pour rien.
« Morfalou, retourne auprès du groupe et passe leur Sweet Home Alabama, et pas à fond, juste pour eux. ». Elle tapota la carlingue du pod. Un peu de musique pour se mettre du baume au coeur ne leur ferait pas de mal. Le drone lança une expression joyeuse et repartit en direction de l’escouade qui reprenait son repas, échangeant sur le mystérieux contenu de la fiole et l’arrivée de cet appareil.
Dès qu’ils furent dans la tente, le médecin examina les documents avec un certain enthousiasme.

« Vos résultats... » Fit Iza en s’emparant de la feuille d’analyse sur laquelle se trouvait une inondation de chiffres et de mots compliqués. Elle les parcourut avec une réelle aisance, habituée au charabia médical.
« Vous avez rampé sur un lit d’anacardiers. C’est une sorte de sumac vénéneux évolué de Pégase, une plante à poison... »
Le docteur soupira en se rendant compte de la situation.
« Vous n’avez vraiment pas eu de chance, Capitaine. Vous n’auriez eu à subir, au pire, qu’une dermatite. Mais vous êtes entré en contact avec une plaie ouverte, votre genou selon moi, d’où l’empoisonnement généralisé de votre système circulatoire...c’est ce qui implique cette insensibilité évolutive. »
Elle marqua une pause et fixa la texane qui semblait à bout de ce suspens. Elle posa un regard rassurant et ajouta, très confiante :
« C’est une bonne nouvelle, Capitaine. On sait enfin ce que vous avez, on sait donc comment vous soigner. Avec un anti-venin adapté, une formule neutralisante précise. »
Elle posa son regard sur la fiole.
« Productible dans des laboratoires de pointe...comme celui du Dédale... »
Pedge sentait un poids se retirer de ses épaules. Elle considérait la docteur avec une pointe de reconnaissance dans les yeux. Elle allait donc s’en tirer ? Bowers avait bien fait d’insister pour qu’elle fasse cette prise de sang. Elle avait joué de malchance il est vrai, mais elle aurait dû essayer d’avoir l’information plus vite au lieu d’attendre d’en arriver là. C’était jouer avec le feu, et surtout, avec sa vie.
« Sans ça, je vais mourir ? », demanda-t-elle finalement, comme pour valider son cheminement de pensée.
« Oui... » Avoua Izabel sur son ton de médecin. « Mais vous auriez présenté des symptômes beaucoup plus inquiétants qu’une bradycardie avec le temps. Si vous n’aviez pas joué de vos contacts, j’aurai fini par vous faire quitter cette manoeuvre. »
Elle fixa l’ampoule et eut un petit sourire.
« La cure n’est pas instantanée, il va falloir un peu de temps à votre corps pour se débarrasser du poison. Mais vous allez rester avec nous Capitaine, “hélas”... »
Petit boutade à la fin pour lui faire sentir que le lit d’infirmerie bien chaud et paisible ne lui serait pas accessible.
« Hélas. », répliqua Pedge en écho, alors qu’elle était déjà en train de retirer sa veste pour présenter son épaule. « Vous auriez eu le cran de me dire : “Capitaine, c’est fini pour vous, vous rentrez ?” Dommage, j’aurai bien aimé voir ça. », taquina Pedge pour rester sur la même longueur d’onde.
« J’aurai eu le cran de vous dire “qu’en tant que médecin en charge de votre santé, vous n’avez le droit de risquer votre vie que dans l’exercice de votre mission et pas en entraînement.” »
Elle jouait sur le même ton ironique alors qu’elle préparait de quoi lui faire l’injection.
« J’imagine qu’ensuite vous auriez surement refusé, suite à quoi j’aurai placé Tim dans une position délicate pour vous contraindre à prendre soin de vous... »
Izabel tapota du doigt sur la seringue puis piqua l’officier.
« Attendez vous à des engourdissements passagers et des inflammations. Prévenez-moi si ça vous entrave. Je vous ferai la dernière injection dans six heures. Un petit peu de repos sous une couverture, un repas consistant, et vous serez débarrassée de toute cette histoire. »
Bowers était contente de pouvoir lui dire que c’était enfin fini. La laborantine du Dédale avait bien bossé en synthétisant la formule neutralisante si vite. Elle était contente de voir que même s’il s’agissait d’un exercice, il y avait de la solidarité autour de la texane. Et donc du reste de l’unité. L’escouade Charlie n’était pas seule...
L’officier s’était laissé faire tranquillement, écoutant le scénario, certainement vrai, de la toubib.
« Pour le repas consistant, ce ne sera peut-être pas tout de suite. », observa Pedge. « Vous êtes un élément essentiel de cette unité Bowers, j’espère que vous en avez conscience. C’est pas parce que vous venez de me sauver la mise, mais vous apportez beaucoup. ».
« Merci Capitaine. » Dit-elle, touchée.
Elle retira ses gants chirurgicaux.
« J’apprécie votre retour, c’est un pas de plus pour ma validation. »
« En effet. », conclua-t-elle. Elle sentait quelques picotements dans l’extrémité de ses doigts, mais elle ne s’en formalisa pas. Elle avait besoin de marcher un peu pour faire circuler son sang.
« Si c’est ok pour vous, on peut retourner avec le reste du groupe. ».
« C’est ok pour moi. »

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