Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)
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RPG sur Stargate Atlantis
 

Ven 8 Mar - 13:28
Steven Caldwell
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


« Elle s’est encore barrée la belle aux bois dormants... »
« Un problème, Danny ? »
« Il se pourrait bien que ouais. »
Le sergent acquiesça tout en mangeant.
« Et bien partage nous ton avis, ne garde pas ça pour toi. »
« Mais oublie pas, si tu te fais griller, on te laisse crever tout seul sous les roues de ton Divorce. »
« Et qui pilotera la mise à mort ? »
« Elana. Elle a prit des cours de conduite. »
« Et en plus, elle t’a déjà def la gueule en une patate ! »
Le tankiste fit mine de regretter profondément de lui avoir montrer les commandes du blindé.
« J’en étais sûr, j’aurai pas dû ! »
« Ne t'inquiète pas l'élève n’a pas encore dépassé le maître... » répondit Elana avant de manger un bout de loup, finalement cela n’était pas si dérangeant qu’elle l’avait imaginé au début, personne ne s’en formalisait.
« Et sinon ? Tu as quoi sur le coeur ? »
« Y’a que notre princesse cul serrée fait de la magouille dans notre dos ! » Râla-t-il brusquement.
« Avec la version polie, Danny. Je te rappelle qu’on a un enfant parmi nous. »
Matt se fit automatiquement rabrouer par le reste de l’équipe. Le tankiste reprit.
« Elle a pioncé au lieu de prendre les quarts, elle nous explique même pas ce qu’est venu foutre le tas de merde volant qui est arrivé, elle se barre sous la tente avec le doc. Hé... »
Il fit un large geste avec sa cuillère, envoyant malencontreusement un filet de “sauce” (surtout de l’eau et de la graisse animale) sur le visage de Will qui ne put l’esquiver. Sans s’offusquer, il s’essuya tout en écoutant.
« Les gars, je croyais qu’on était une équipe ? Pourquoi la galonnée fait bande à part ? »
« Elle a sûrement ses raisons. »
« Ouais ben c’est vexant ! Elle pourrait l’ouvrir deux minutes pour faire autre chose que sa starlette...à croire qu’elle tire la bourre à Calahan ou qu’elle veut te faire fermer ta gueule, Tim. »
« Elle nous connait depuis moins d’une journée Danny. » Evoqua le sergent. « Et elle communiquera quand elle sera un peu plus à l’aise dans cette équipe. »
Il but une gorgée tout en appréciant la musique que le bot leur sortait depuis tout à l’heure. Il s’attendait presque à le voir venir quémander de la nourriture mais il préférait s’intéresser à tout ce qui était métallique. Il vit Ruth prendre un morceau de ferraille qu’elle avait récupéré et l’envoyer au loin. C’était vraiment comme un chien, le drone volant s’y était envolé à vitesse grand V pour ensuite venir lui rapporter.
« Je te rappelle que cette galonnée a du bagage, comme Matt. »
« Ok, on est foutu !!! »
« Avec Allen, je te confirme. » Répliqua-t-il avec un sourire malicieux aux lèvres.
« Seigneur, Matt, tu t’enfonces ! »
L’équipe ria encore une fois.
« Ne te prend pas la tête Danny pour le capitaine. Concentre toi sur des choses plus importantes. » conclut Elana qui trouvait cela parfaitement inutile de demander des comptes à un haut gradés qui sait sûrement mieux qu’eux ce qu’elle faisait.
« C’est important, Elana. Elle joue avec nos vies et nos avenirs je te rappelle ! »
Alors qu’ils continuaient de discuter et que Danny, malgré tout, continuait de ronger son frein, Will tapota l’épaule de Ravix. Il s’était installé à coté d’elle et retira de son quart un morceau étrange.
« T’as vu ce truc ? C’est bleu...ça se mange pas quand c’est bleu hein ? »
Elana tourna la tête vers lui… elle se demandait ce que c’était que cette chose… Elle tapota de sa fourchette l’étrange masse bleue pour l’analyser. Il s’agissait d’un morceau de racine que Rita avait dû récolter et couper. Effectivement, si elle avait su le faire bouillir, le légume avait une couleure affreusement bleue et tirant même sur le fluo. Ca ne donnait pas du tout envie de le consommer mais ce n’était pas là par hasard.
« C’est les légumes de l’espace. Rita a dû juger ça bon pour le mettre dedans. » Conclu-telle, même si bon, la couleur n’était pas avenante. Cependant, elle faisait confiance dans l’italienne pour manger ce qu’elle avait dans son assiette sans chercher à savoir si cela était bon ou non.

Un peu plus tard, le groupe entièrement réuni profita des quelques minutes avant l’heure H. Dès l’arrivée de la texane, le sujet avait changé de direction pour quelques petites anecdotes personnelles et des blagues. Un moment sympa que chacun n’avait pas vraiment envie de voir se terminer. Rita s’était un peu plus intéressée au drone maintenant qu’elle avait vu sa collègue jouer avec. Mais au lieu de lui envoyer le morceau de ferraille, elle restait assise à sa place en tentant de le garder dans les mains, Morfalou exerçant des tractions de plus en plus brutale. L’italienne ricanait, émerveillée par l’ingéniosité de cet engin et de l’intelligence artificielle qui rappelait véritablement le comportement d’un chien à part entière.
Mais au moment où elle cru que le bot allait tirer très fort, il alla dans le sens inverse pour lui ravir son casque. En le magnétisant sous son ventre, Morfalou s’éloigna avec Rita qui le poursuivit en s’écriant.
« MON CASQUE !!!! SALE TRAITRE ! »
Le groupe rigola de bon coeur mais un flash soudain coupa brusquement tout entrain. Ils se regardèrent tous en se demandant s’il y avait bien eu une téléportation, regardant autour d’eux sans trouver ce qui avait changé.
« Bougez pas... » Marmonna Tim en se redressant.
Une main sur son neuf millimètres, le sergent approcha du lieu suspect et sentit une odeur de pizza. Il se relâcha immédiatement et soupira.
« C’est ta livraison, Matt. »
Brass trouva la pizza disposée sur la pile de munitions piégée. Il récupéra la boite avec prudence et fit marche arrière. Quand il lui donna son repas, dégageant une odeur alléchante pour tous mais moins pour lui, Danny lui tapota l’épaule d’un air compatissant. Parce que tout le monde savait ce qu’il y avait dedans, à peu de choses près.

Quand Matt ouvrit la boite cartonnée, il trouva inscrit sur sa surface :
« Régalez-nous, mon brave petit soldat, n’omettez rien. Je surveille. »
Et avec s’y trouvait sous plastique un feuille de papier imprimée. Il y avait deux photos de caméra de vidéosurveillance du Dédale. Un cliché où il se voyait embrasser Pedge. L’autre où le soldat Stones toquait à ses quartiers.
Ignorant de tout cela, l’équipe était encore enjouée, préférant rire qu’en pleurer.
« C’est l’heure de l’histoire que papa me racontait quand j’étais petit ? » Blagua Will.
« C’est anecdotique Matt, fait ça comme un pansement qu’on arrache. »
Pedge n’était pas au fait de cette “tradition” et elle observait ça d’un air neutre. Elle se pencha vers Bowers pour lui demander :
« Qu’est-ce qu’il se passe ? »,
Par respect pour Matt, Izabel murmura discrètement :
« Matt a fait une réflexion à son colonel un jour, en lui demandant s’il ne voulait pas une pizza en prime. Depuis le début de la manoeuvre, à chaque repas, il force Matt à engloutir une pizza entière. »
Elle pinça des lèvres en supposant son état mental.
« Et en plus de ça, il lui donne un de ces manquements à nous révéler. S’il le fait pas, nous paierons tous. »
Izabel secoua la tête, dégoutée, et compatissante envers l’ancien Rangers.
« On dirait que Calahan ne le trouve pas assez humilié comme ça. Dans la boite, il y a le sujet qu’il doit nous décrire en entier. »
« Je vois... », observa Pedge tout simplement. Elle était clairement en train de méditer l’information, l’air absente.

Une pizza, une putain de livraison de pizza. Il n’en fallait pas davantage pour gâcher la journée du Rangers. Ce dernier avait sa tête des mauvais jours alors qu’il réceptionna la boite des mains de l’officier le remerciant d’un signe de la tête. Le fumet qui s’en dégageait était des plus alléchants. Qui n’aurait pas rêver de dévorer une pizza dans un moment pareil ? Ce n’était pas les quelques légumes et le morceau de viande cuisinés par Rita qui risquait de câler l’ogre sur pattes qu’il était. Pourtant là, il aurait donné beaucoup pour pouvoir donner ce met de rêve à un autre. Avec un soupir sonore, Eversman prit place sur l’un des rondins qui leur servait de banc avant d’ouvrir la boite y découvrant sa pizza préférée. Ça lui crevait le cœur et lui filait déjà l’envie de vomir. Pourquoi les aimait-il bien garni ? Pourquoi ce supplément de sauce barbecue ? Et ce mot de Calahan lui donnait des envies de meurtres. Cette manie qu’il avait de l’appeler ainsi. C’était humiliant et lui donnait envie de lui en mettre une et de lui gueuler qu’il n’était pas son garçon, ni même un gosse.

Matt ferma les yeux avant de prendre son visage entre les mains l’espace de quelques instants. Il n’avait pas le choix. Il lui fallait engloutir cette pizza et le plus rapidement possible. Chaque hésitation lui faisait perdre du temps et il n’en avait pas à revendre. Il se devait d’atteindre le point de rendez-vous pour Yin. Pas question d’être en retard. Il n’y avait pas de solutions, il devait manger cette pizza. C’est donc sans un regard vers les autres qu’il prit une part en main puis en bouche, le gruyère encore fondant créant des filaments. Mâcher et avaler le plus rapidement possible. Il n’y avait aucun plaisir là-dedans. Eversman gardait le regard rivé sur le met, n’ayant pas jeter un regard vers les autres depuis son arrivée. C’est en saisissant d’une nouvelle part qu’il aperçut la petite surprise dissimulée en dessous. Il interrompit son geste pour s’en saisir découvrant ainsi les deux clichés tirés des caméras de surveillance. Sûr que le rouge lui était monté aux joues et aux oreilles. Quel connard… Le pouce du Ranger passa sur le visage de Stone avant de descendre vers l’autre demoiselle qu’il embrassait sciemment. Révéler la fraternisation avec Stone n’était pas un vrai problème en revanche pour l’autre. Il n’était pas seul là-dessus et forcément son regard se riva sur Pedge Allen. Sûr qu’il aurait préféré garder cela secret, elle aussi certainement. Il attendit un signe de sa part pour en parler. Les photos furent posées, face contre terre pour ne rien dévoiler. Le temps des révélations était venu et il se mit à table gardant la tête basse.

« Ok, finissons-en. La nuit précédant l’Opération Normandie, j’ai brisé la loi de non-fraternisation à deux reprises. Avec cette soldate et avec… » Il marqua l’hésitation avant de se reprendre. « le Lieutenant Allen. ».

Nul doute que cela allait faire grand bruit parmi la section. Matt choisit de noyer sa gène dans la pizza en portant le nouveau morceau à ses lèvres.

Dès qu’il prononça le nom, une bonne moitié du groupe le prit si peu au sérieux qu’ils s’esclafèrent, en soulignant la folie qu’il avait de mettre l’officier dans la donne. Comme un grand provocateur qui prenait le risque de se cramer la tronche juste pour amuser la galerie. Mais Tim n’ayant pas réagi, les sourcils froncés et le visage fermé. Ruth regardant son quart en faisant mine de s’intéresser à son contenu vide, il y eut un soudain un malaise qui compensa ce rire par un silence terriblement gênant.
« Nan mais c’est une blague...toi ! Avec le Capi ?!? » S’écria Will, à la ramasse. Il arriva en dernier à la conclusion fatale en sentant son sourire s’ébrécher.
« J’ai l’air de rigoler ?! » Lâcha-t-il en lui envoyant un regard noir, le morceau de pizza en main.
« Heu...non... »
« Hé, Rocco ! Calme toi vite fait, c’est normal d’être étonné ! » Râla Rita en prenant la défense du Canadien. Elle aussi eut le droit à son regard noir mais Matt n’ajouta rien de plus.
« Quoi, t’as un problème en plus ? » Lâcha-t-elle, bien bouillante. « Espèce de cleps ! »
Impossible pour Eversman de rester sans réaction, il se redressa rapidement prêt à en découdre s’il le fallait. Rita prit ça pour une provocation et se leva à son tour. Elle le questionna du regard, comme s’il avait vraiment envie de danser avec elle.
« J’serai toi, je ferai coucouche panier. Tu commences, on va jusqu’au bout ! »
« Ferme la »
« Arrêtez tous les deux, vous êtes fous ?!? »
« Et au nom de quoi j’la fermerai ! Mais tu te prends pour qui avec tes regards là ! »
« Et toi ?! Tu te prends pour qui pour m’insulter ! »
« Tu respectes rien ni personne, connard ! Tu te vautres dans la merde et tu nous en fous tous une couche ! Et en plus tu te fais pas petit ? »
Elle leva les mains, lui faisant signe d’approcher.
« Ben viens te battre alors, si c’est tout ce que tu sais faire. Baiser et te battre. »
Tim avait filé sur eux. Il rattrapa Rita au vol et la fit reculer.
« Vous êtes cinglés ! Je vous donne l’ordre de vous calmer, tout de suite !!! »
Bowers s’occupait de faire écran à Matt.
« Arrêtez...ça va, arrêtez... » disait-elle tandis que tous les autres n’en revenait pas.
La part de pizza toujours en main, le poing libre d’Eversman ne cessait de se former puis de se délier comme s’il se tenait prêt à attaquer et qu’au dernier moment il décidait d’y renoncer. La lutte contre son impulsivité était âpre. Rita méritait une bonne droite. Elle n’avait pas le droit de lui parler ainsi, de le juger de la sorte...Matt fulminait, les pieds bien ancrés dans le sol et prêt à bondir sur sa proie.

Elana avait soupiré en voyant la pizza, le grand moment que tout le monde attendait dans le show Eversman, de quoi leur rappeler qu’il avait sacrément merdé dans sa carrière. Qu’allait-il leur avouer cette fois ? Et en toute franchise, Elana fut estomaqué quand elle entendit le nom de la capitaine. Elle fronça les sourcils, à bah bravo au final, ce n’est pas une super capitaine qu’on leur envoie, mais une sirène pour emmerder Matt. Elle venait à se demander sérieusement si le but n’était pas de faire une grande leçon à cet abrutit. Une leçon pour lui et lui seul, eux n’était que des pions qui seraient sacrifié pour sauver la grande cause perdu d’un soldat déchu ! Et en prime ternir l’image si flatteuse et héroïque d’un capitaine qui n’avait pas su tenir sa chatte. En plus avec l’autre … il était pas mal mais faut avoir envie de se faire radier pour coucher avec. Elle secoua la tête, ils n’avaient pas toute l’histoire après tout et pourquoi quelqu’un d’aussi talentueux que Pedge avait décidé de se tacher les ailes avec un soldat qui n’avait plus l’ambition d’être nommé pareillement. Elle soupira, une mascarade… oui une belle blague, tout était taché et violé au final. Elle n’appréciait pas que son idéal de capitaine soit bafoué par une réalité amère et dégueulasse… Elle eut pitié de Matt qui avait au final de plus en plus l’air d’une victime, une victime de ses démons et de bien d’autre chose. Et avant même qu’elle se lève pour manger ailleurs, Rita péta un câble et Tim intervenu plus vite qu’elle. Elle se leva pour prendre le bras de Rita et l'entraîner vers elle.

Danny se passa un main sur le visage, blasé et dépité.
« Mais c’est pas possible, cette putain de cour des miracles... »
« T’y mets pas Danny. »
« Ah mais si, justement ! » Fit le tankiste au visage rouge. « Parce que moi, mon avenir, il dépend de ces deux là ! Elle pouvait toujours faire la Sainte Nitouche la galonnée ! »
« Blake, la ferme ! »

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Sam 9 Mar - 14:38
Pedge Allen
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Pedge ne s’attendait pas à se faire impliquer là dedans, pourtant elle aurait dû le voir arriver. Mais elle était encore une jeune louve qu’on pouvait mordre impunément avant qu’elle ne comprenne qu’elle devait montrer les dents elle aussi. C’était un coup bas de la part d’un capitaine déjà en place et qui voyait certainement d’un mauvais oeil son arrivée au même grade. Une simple soldate qui en arrive là, oh mon Dieu... Pour elle, dévoiler ce genre de truc, ça revenait à mener une campagne de salissage sciemment menée, à l’instar de ce qu’on pouvait voir en politique dans son pays pendant les élections et après. La jeune femme s’était fermée comme une huître. C’était complètement personnel, et ça n’aurait jamais dû arriver sur le tapis, même pour faire ravaler sa fierté à Eversman.
Le pire dans tout ça, c’est que ça foutait la merde dans l’unité et qu’elle allait devoir y remettre de l’ordre avec Brass et Ravix, les deux gradés. Néanmoins, elle savait que son autorité et sa légitimité venait d’en prendre un coup, et un sérieux.
Elle se leva, car elle devait intervenir, même si l’envie de jeter l’éponge et de se barrer était forte. Mais ça, c’était à cause de la charge émotionnelle qui pesait sur ses épaules et qu’elle ne voulait pas assumer, comme toujours. Qu’importe, en se fermant et en se blindant, elle y survivrait. C’était pour ça aussi qu’elle redoutait les cours de théâtre, car elle savait qu’elle n’y arriverait pas. Mais pour le moment, il fallait traiter le problème le plus urgent, et c’était ici que ça se passait. Elle avança dans le cercle quelque peu disloqué avec une apparente neurtralité et un air atone à tout épreuve. La texane se positionna entre Rita et Matt. Elle s’occuperait de Blake ensuite.

« Le premier qui veut taper sur l’autre devra m’en mettre une aussi. Non seulement je vais vous la rendre, mais ensuite, je vous vire de cette manoeuvre avec mon pied dans le cul. », dit-elle froidement en lançant un regard à l’un et à l’autre.
« Nous sommes une unité, on lave notre linge sale entre nous, d’accord. C’est facile pour vous de juger et de condamner sur la base d’une information envoyée par l’ennemi qui a pour seul but de vous diviser. Bravo, je vous félicite. », fit Pedge en les regardant un par un en hochant lentement de la tête.
« Il vous suffit d’une photo sortie de son contexte pour mettre le feu aux poudres ? Beau raccourci de jugement humain rapide et expéditif. J’imagine que si les rôles étaient inversés, et que c’était vous sur cette photo, vous aimeriez vous expliquer, avant d’être jugé sur cette seule base. ».
Pedge ne regardait plus seulement les deux concernés par la bagarre, mais l’ensemble du groupe, espérant y remettre un peu de calme.
« Alors, tout le monde se calme, et tout le monde commence par aider le soldat Eversman à bouffer cette pizza de merde. ET je ne veux pas de DISCUSSION sur le fait que Calahan va vous le faire PAYER. Est-ce que c’est clair ? On est tous en train de payer l’addition déjà. », dit-elle en élevant la voix. Mais elle ne comptait pas s’arrêter là.
« Si l’un d’entre vous estime qu’il a suffisamment mangé pour se payer le luxe de refuser une part supplémentaire, alors c’est un trou du cul. Vous êtes en manoeuvre, vous êtes là pour être déstabilisé, persécuté, ramené plus bas que terre par votre officier instructeur, mais vous êtes dans une unité de survie, et la survie passe par la bouffe et l’eau. Et moi là, je vois de la nourriture. Je vois une unité. Une UNITÉ. On fonctionne comme une entité à plusieurs tête, mais on a le même corps. Si vous n’êtes même pas prêt à briser les règles pour survivre, à quoi est-ce que vous êtes bons ? Personne n’a besoin de types qui se laissent mourir de faim sciemment, pas même une unité d’élite. Alors considérez ça comme un ordre. En fait non, c’est un ordre. »
Elle laissa planer quelques secondes avant de conclure :
« Maintenant réglons cette affaire de photo. Raconte ton histoire Eversman, puisque c’est le but de ce cinéma pathétique. ». Elle se pencha pour attraper une part de la pizza de la honte, et elle commença à la manger en regardant le groupe. Si personne ne l’imitait dans la seconde, les têtes allaient tomber.

Elana soupira, elle n’était pas d’accord avec le discours de la capitaine sur la pizza qu’on devait aider soit disant à bouffer. Matt pouvait la manger sans que chacun y participe mais soit. Elle fut la seconde à prendre une part de pizza, prenant même ma plus grosse pour aller plus vite. Cette histoire de cul ternissait tout et cela ne servait que Calahan… franchement quelle idée avait eux ces deux jeunes gens pour se toucher ? Bref… elle attendait l’histoire, même si au fond d’elle elle s’en foutait clairement de cette histoire, la finalité était là. Fraternisation et une perte de légitimité pour Allen.

« MAIS JE M’EN FOUS DE VOS HISTOIRES DE CUL ! » Ragea l’italienne en ne parvenant pas à quitter l’entrave de Tim. « Il s’est occupé à rembarrer le mec qui l’a habillé il y a même pas dix minutes, stronzo ! »
« Mais c’est pas bientôt fini ? »
Le sergent poussa un râle tout en la soulevant, ses pieds battants dans le vide, et il la reposa à sa place, forçant sur son épaule pour qu’elle y reste.
« ASSIS ! ET JE VEUX PLUS T’ENTENDRE RITA ! »
Il lui piqua son fusil tout en grommelant :
« Confisqué ! »
Et telle une môme, elle frappa dans un caillou en voyant son arme favorite disparaître. Bowers s’installa à ses cotés dans l’espoir fou de la calmer.
« Rien à foutre des détails ! »
Il accepta un part de pizza que Will lui tendait.
« Ils se sont juste bien foutus de notre gueule ces deux là. Une unité ça communique ! »
Le tankiste porta la pizza mais ne la consomma finalement pas. Rendu comme au bout de sa réflexion, il ajouta d’un air complètement blasé :
« Moi je vote pour le retour de Brass... »
Will avait la bouche pleine. Il écarquilla les yeux, cessant de macher, et leva finalement la main pour voter du coté Brass, néanmoins apeuré. Rita suivit peu après.

Voyant ça Elana roula des yeux de plus belle… Elle commençait à être agacé par la tournure des événements… Oui clairement et les paroles de la capitaine n’avait servi à rien ! cela la désespérait intérieurement, ça puait la mutinerie et ils avaient pas besoin de ça ! Elle ne parlait pas beaucoup, elle avait envie de tous les claquer pour leur remettre les idées en place, même certains en avait plus besoin que d’autre...Finalement, elle décida de monter sur une bûche qui servait d’assise et pour la première fois du début de la manoeuvre elle leva le ton et c’était limite la voix d’un cimetière en colère qui se déversait, mais avec un flot calme et lent habituel.
« Bon ça suffit ! Nous avons un capitaine, un capitaine qui a certe fraternisé avec la honte des militaires Atlantes ! ET ALORS ? Je ne vais pas vous citer ses hauts faits vous les avez entendu ! Vous les connaissez et cela fait foi dans sa capacité à commander ! Ce n’est pas un coup de bite qui va la dégommer ! Elle est là, elle va faire comme NOUS tous ici ! C’est à dire son taff pour intégrer notre but : ne pas se faire jeter et faire des explorations ! Alors si vous ne voulez pas du capitaine, vous faites un traits sur votre objectif final ! On est une équipe, on doit apprendre à se faire confiance et cela est aussi valable pour notre officier ! C’est dans les deux sens ! Alors on arrête de s’emporter on sait tous que c’est le but de Calahan de nous noircirs et cela est fait clairement dans ce but ! BORDEL on est plus fort que cet officier ! Vous savez pourquoi ? Parceque sous nos airs différents, sous nos hontes, sous nos petits secrets, ont est une TEAM de choc qui a botter une fois le cul de Calahan ! Et on va le faire autant de fois que nécessaire ! » Elle montra chaque personne du doigt « J’ai foi en chacun d’entre vous ! Et nous devons TOUS nous faire confiance maintenant ! Montrer qu’il faut plus qu’un cliché de caméra et des histoires honteuses pour nous diviser ! » Elle descendit de son perchoir. « Maintenant, si vous voulez faire un vote parfaitement inutil qui s’apparente à une mutinerie, faite, mais décrochez vos écussons, puisque vous ne serez plus soldat d’Atlantis ni même soldat. Et dite à Calahan qu’il à gagner grâce à une pizza et un cliché de caméra ! » Elle en avait finit, jamais elle n’avait autant parlée. Elle jeta a regard à chaque personne gradé ou non. Il était l’heure de montrer s’ils étaient encore une équipe de et jouer carte sur table ! Le visage pincé on aurait dit une furette comme disait son père avec son nez fin et son regard franc. Si après ça, si après la capitaine, si après Tim personne ne réagissait, franchement… elle ne voyait pas pourquoi ils continuraient !

« Merci Ravix pour votre speach et vos jugements à l’emporte pièce, mais je pense que je n’ai pas besoin de vous pour me défendre. », lâcha Pedge glaciale. « Qu’on soit tous clair. Vous n’êtes pas dans une démocratie, dans un régime parlementaire, ou dans je ne sais quelle entreprise civile dans laquelle il y a un syndicat pour la ramener, ou pour vous embarquer dans de beaux discours. Vous êtes des militaires, vous êtes des troufions, et vous êtes là pour servir, et vous savez pourquoi ? Parce que vous vous êtes engagés volontairement. Alors c’est ballot, mais j’en vois trois qui sont là à critiquer Eversman et moi dans le même temps, mais qui ont presque déjà une couronne sur la tête avec gravé dessus insubordination et acte de rébellion. Continuez comme ça, l’écrémage va commencer et Calahan en sera très satisfait. On ne va pas faire mentir ses statistiques n’est-ce pas ? 100% de réussite, ce serait trop beau, non ? Parce que c’est pour ça que je suis là. 100% de réussite. Alors, faites moi mentir, donnez raison à ce type, et on n’en parle plus. »
Si Pedge détestait quelque chose, c’était bien ça. Les jugements de valeurs, l’insubordination, la remise en question de la hiérarchie. Elle ne comptait pas les laisser respirer. Elle se déplaça dans la formation, les toisant un à un. « Bref, Eversman et moi n’avons pas couché ensemble. Vous ne vouliez pas les détails, il n’y en a pas. Ce cliché est tiré d’un contexte où Eversman voulait une relation sexuelle avec moi avant l’opération Normandie, et j’ai refusé. Fin de l’histoire. Maintenant, vous pouvez continuer de le traiter comme un paria pour la moindre raison, pour le moindre regard de travers... », ses yeux se braquèrent à ce moment là sur Monciatti. Aussi sanguine, elle le relevait de façon défiante. «... mais le fait est que vous le jugez parce que quelqu’un à mis une couronne sur sa tête, ni plus ni moins. Vous pouvez aussi remettre en cause mon autorité, c’est votre droit, mais dans ce cas, je vous invite à vous séparer du reste de l’unité et je demande votre sortie de la manoeuvre et votre renvoi dans vos unités d’origines avec un blâme au cul pour non respect de la hiérarchie militaire. »
« C’est votre protégé, reçu ! » Siffla l’Italienne.
« Au même titre que vous. », répliqua-t-elle directement.

Toujours dans l’optique de leur coller la pression, Pedge s’avança et se campa devant Blake, le toisant dans les yeux, lui demandant à haute voix et de façon claire et audible : « Dites moi soldat, ça fait combien de temps que vous traînez votre cul dans l’armée ? », lui demanda-t-elle, toujours aussi glaciale, pour conclure en prenant quelqu’un directement à partie parmi les mutins.
« Suffisamment pour savoir qui j’ai en face de moi. » Maugréa-t-il en se redressant pour être à la même hauteur. « Vous parlez cohésion, communication, équipe. Vous êtes une menteuse. Y’a rien de tout ça chez vous. “Capitaine” »
« Pardon, je ne savais pas que je devais vous prendre par la main quand je suis arrivée dans cette équipe. Je vous invite à quitter la formation. », fit Pedge en mettant un coup de menton sur la droite pour désigner l’extrémité du camp. « On n’a pas besoin de pleureuses et de ballerines. Maintenant dégagez. C’est des gars comme vous qui font les types comme lui. Ca commence comme ça, et ça finit avec une courone sur la tête. Je ne vous laisserai pas vous gâcher une minute de plus, alors prenez la poudre d’escampette tout de suite et épargnez vous une humiliation plus cuisante. ».
Il laissa glisser un sourire insolent, provoquant presque.
« Vous savez faire la garce mais c’est tout. Brass est là pour nous, il nous a promis de nous ramener à “100%”. Vous, vous êtes là pour votre putain de grade. Sûr qu’il vous faut pas des pleureuses et des ballerines pour les petites ambitions perso. »
Il baissa la tête en soupirant. Il lâcha une info de but en blanc.
« Mon petit garçon à la leucémie. »
Le tankiste remonta son regard, un brin colérique, pour ajouter :
« Pour prétendre à la médecine extraterrestre, faut être dans une équipe d’explo. C’est ma seule chance. Je laisserai pas une bouffe-merde se mettre sur mon chemin, j’aurai ma validation avec l’aide d’un bon leader. »
« Le problème, soldat, c’est que vous n’avez que moi. », répondit Pedge qui se censura pour ne pas aller plus loin. « Alors je vous propose un truc, et croyez moi, c’est ça ou la porte. Fermez votre gueule, courbez l’échine, et laissez moi le temps de vous prouver que je vous mérite autant que vous, vous me méritez. Et peut-être que j’oublierai votre petit écart de conduite à deux dollars. »
« Vous êtes pas digne de confiance. »
Danny Blake s’arrêta là. Il la salua militairement et s’abaissa pour reprendre sa place. Il prit le carton de pizza que Will lui tendait timidement et le fit passer.

Pedge sentait une réplique acerbe lui monter dans la gorge, mais elle prit sur elle. C’était lui le plus faible. Il craquait, les nerfs lâchaient, et c’était juste un prétexte pour s’énerver. Peut-être que dans quelques temps, il reviendrait s’excuser, ou peut-être pas. Quoiqu’il en soit, elle estimait qu’elle ne pouvait pas le laisser dire des conneries sans le remettre à sa place, sinon c’était la porte ouverte à un foutoir sans nom. Déjà qu’on en était pas loin. Elle avait envie de tout bazarder. Elle n’avait rien à leur prouver. Sa carrière était déjà bien avancée, et elle pouvait très bien continuer sans eux. Pourtant, en acceptant sa charge d’officier, elle acceptait aussi de devenir une meneuse d’homme, et de ne plus suivre bêtement ce qu’on lui disait de faire. Son style ne plaisait pas ? Rien à foutre. Elle constatait seulement qu’il avait des couilles quand il s’agissait de lui rentrer dedans, mais quand il fallait se rebiffer contre Calahan, y avait qu’un encéphalogramme plat. Peut-être que c’était parce qu’elle avait une paire de nichons dans ce métier d’homme, mais ça, elle s’en foutait royalement.
« Ca nous fait un point commun. », répliqua-t-elle finalement en se détournant de lui. C’était pas le trouffion de merde qui allait avoir le dernier mot non plus. C’est bien, au moins, ce con lui avait mis suffisamment le feu pour qu’elle oublie ses engourdissements passager. Une bonne montée d’adrénaline en perspective.


C’était la merde… Il y en avait un qui devait apprécier la scène tant il avait semé le trouble dans l’unité. Il devait même se marrer en les voyant s’engueuler. Les lèvres pincées et sur ses appuis, Eversman se tenait prêt à lancer soit une floppée d’insultes ou même à aller régler ses comptes avec les autres. Eux se servaient de ce prétexte pour foutre la merde, pour le juger et elle au passage. Il avait merdé, il le savait et en payait les conséquences. Il ne manquait plus qu’une étincelle pour l’unité vole en éclats et que chacun ne règle ses comptes avec ses poings. La Grognon s’exprima. Tiens elle savait s’exprimer celle-là ? Au moins elle tenait tentait de faire ouvrir les yeux aux idiots d’en face… ça semblait peine perdue tant ils s’enfonçaient, Rita en premier. Matt dut se mordre la lèvre pour ne pas répliquer, les ongles étaient enfoncés dans la paume. Ne pas réagir, ne pas répliquer et surtout ne pas tout faire foirer maintenant…Ce fut bien difficile. Il avait sa fierté et se voir rabaisser de la sorte n’était nullement plaisant. Il n’était pas la merde qu’on tentait de décrire, il n’avait pas fait que merder dans sa carrière. Pedge prit la suite mettant les choses à plat tout en se plaçant comme officier. Les ordres n’avaient pas à être discutés, c’était elle la Chef que ça plaise ou pas. Ils formaient une unité qu’ils se supportent ou pas. Ceux qui avaient un problème avec ça étaient invités à se barrer. Pas lui. Il avait confiance en elle et surtout il ne lâcherait pas désirant retrouver Atlantis coûte que coûte. Têtu comme il l’était, rien ne le ferait changer d’objectif. Danny le faisait pour son fils, lui pour retrouver son poste…

La capitaine l’envoya bouler et commença sa ronde. La caporale ne dit rien, la laissait faire, mais en était pas moins irritée. La capitaine n’avait pas l’air d’avoir compris le véritable but de son discours et cela l’énerva autant que ça lé déçue. Voilà qu’Allen se vexait, elle ne remettait pas en doute ses capacité à se défendre loin de là, mais qu’importe ce qu’elle dirait à l’équipe, il était trop tard, avec une voix intérieure que ça soit la sienne ou celle de Tim pour soutenir cet officier en perdition était un poids non négligeable. Et cette aide venait d’être balayé sur un sentiment humainement légitime : la vexation et se sentir visé. Oui Elana avait parler de coup de bite et alors ? On se fichait bien de qu’avait fait cet officier avec Matt, il n’avait pas que des « jugements à l’emporte-pièce » mais bien autre chose concernant la valeur de leur cheffe et du pourquoi du comment il fallait se calmer. Mais tout cela balayer une nouvelle fois, par l’irritation d’être jugée. Mais que croyait-elle ? Que personne ne jugeait ? Que personne ne trouverait ça inamissible ? Que personne n’aurait des aigreurs d’estomac ? Elana était persuadé que si elle n’avait pas été visé, Allen aurait porté de même jugement sur la personne ayant fraternisé. Voir même pire vu le caractère droit et intransigeante de cette femme. Et la réaction de Rita prouvait que les paroles qui suivit de la leader étaient aussi utile que de pisser dans un violon. Elana ne savait pas qui était les « trois, » elle voyait Danny et Rita mais Will ? il n’avait pas fait grand-chose mise à part lever sa main en l’air. A moins qu’elle soit dedans, pour avoir ouvert sa gueule et prit la défense de la si charmante capitaine. Elana n’espérait pas que ça soit ça, car il avait clairement une injustice puisqu’elle ne se rebellaient pas vraiment à cet instant. Enfin le reste était tout aussi pathétique que l’histoire de base. Cela était pénible, dans les propos de la capitaine on y trouvait tout ce que pourquoi elle s’était vexée avant, des jugements, des insultes et une explication qui n’intéresse personne et qui en plus foutait Eversman dans la catégorie des gros pervers. S’il était jugé par les autres c’est bien pour ses actes qui foutait la honte à l’armée et pour sa couronne… quant à elle, elle était jugée par d’autres qui n’avait pas confiance dans son commandement et là était peut-être le problème. Pedge ne semblait pas rectifier le tir pour calmer le feu au contraire elle l’attisait encore plus.

Si Ravix n’avait pas été disciplinée depuis sa tendre enfance, elle aurait eu envie de se barrer de ce merdier, prendre du recul et attendre qu’ils règlent leur problème en adulte. Mais non, elle resta là serrant les dents et avalant sa frustration en plus d’avoir été piqué à vif par une personne estimable et qui s’enfonçait sans briller. Elle tourna le regard vers Tim pour chercher à voir ce qu’il pensait.

Quand la capitaine s’attaqua à Danny cela puait la vengeance, elle s’approchait doucement du stéréotype de Calahan qui devait se bidonner et à la fois soupirer de désarroi face à ça. Elle se desservait et Danny aussi. Elle avait sa part de pizza dans la main et quand ce fut la fin elle croqua dedans la finissant sans rien dire, marchant vers Tim tout en s’essuyant les mains. Que la capt’ soit butée et préfère monter son équipe contre elle, cela restait son problème, elle pouvait malheureusement ou non compté sur sa caporale pour tenir les rangs…Oui, elle lui avait montré juste avant ce soutien, mais qui semble être oubliée. Enfin qu’importe, cela partait en sucette cette histoire et il allait falloir travailler en interne. Comme s’ils avaient besoin de ça. elle allait parler avec Tim, quand une voix fracassa le silence.

« Sergent, mettez la section en ordre de marche s’il vous plaît. », dit-elle d’un ton las en se penchant pour récupérer son arme. Il était temps de les faire crapahuter, ça allait leur griller les neurones. Un soldat occupé est un soldat obéissant.
« A vos ordres. » fit-il en approchant des hommes.
« Sur ordre de l’officier, paré au mouvement. Allez, récupérez les affaires ! »
La majorité grinçaient des dents. La pizza fît son atterrissage dans le feu tandis qu’ils se redressaient tous et prenaient leurs sacs à dos. Danny monta sur son blindé, le visage fermé, et démarra l’engin. Discrètement, le sergent passa auprès d’Izabel et de Ruth pour leur demander de l’aide, histoire de calmer toutes ces tensions qui s’étaient installées. Il songeait à travailler à de l’intérieur.
« Ruth, je vous laisse ouvrir la marche. Ravix vous la fermez. », disposa Pedge.
« Reçu» Affirma Elana qui s’équipait en vitesse.
« A vos ordres. » fit la jeune femme en sortant sa carte de sa veste.

La texane chercha le robot du regard. Ce dernier ne s’était pas manifesté depuis un bon moment, et quelque chose lui disait qu’il n’était pas loin, et qu’il se mêlait de son os en métal à ronger, loin des affaires des humains. Elle le repéra à une toile de tente qui bougeait toute seule à quelques encablures de là.
« Morfalou ? Viens ici Morfalou ! », l’appela-t-elle.
La toile de tente se leva un peu. Les lentilles du drone lui donnaient un regard brillant dans la pénombre. Ses divers éléments mécanique s’étaient agencés sur une forme d’angoisse peinte. L’appareil la mirait de loin sans obéir.
« Aller Morfalou, c’est pas contre toi. », lui dit-elle d’un ton plus amical en tapant sur ses cuisses. Si elle ne ramenait pas la mascotte des techos, elle allait disparaître dans un tuyau d’évacuation d’air en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire.
Le pod quitta sa toile de tente en s’approchant lentement, il alla jusqu’à elle en se tenant à distance, imitant le comportement animal d’un compagnon intimidé. Il s’intéressa d’ailleurs aux autres membres de l’équipe dont il devinait la tension et, forcément, elle était transmissible. La chose vola alors de l’un à l’autre avec une certaine distance de sécurité, voulant se faire tout petit.
« La section est parée à la manoeuvre, Capitaine. » fit Brass.
« Ok, en avant. »

Un signe de la tête accueillit l’ordre de s’équiper. Matt ne consentit néanmoins à bouger qu’en voyant le clan des gueulards se mettre en mouvements eux aussi. Il préférait se méfier d’un coup bas ou d’une tentative désastreuse. L’agacement était toujours là. Matt tentait de le focaliser sur Calahan plutôt que sur les deux autres. C’était loin de bien fonctionner, les propos des deux lui revenant en tête. La sangle du P90 passée, il fit une rapide vérification du matériel histoire que tout soit bien en place et attaché comme il le fallait. A défaut d’un gilet tactique, il avait coincé deux chargeurs avec l’élastique de son boxer. C’était pas le mieux mais au moins ils étaient facilement accessibles et on ne risquait de lui voler.

N’ayant pas particulièrement envie de se retrouver en compagnie de Rita, Eversman se plaça en fin de colonne, juste devant Ravix. Il lui adressa un signe de tête tout en prenant position, au moins pouvait-il compter sur elle malgré le fait qu’elle le considère comme un moins que rien. C’était déjà ça. Ne retenir que le positif n’était pas dans ses habitudes, il devait apprendre à passer au-dessus. Il multiplia les soupirs ainsi que quelques mouvements du cou. Marcher permettrait de focaliser les pensées sur l’environnement, sur ses pas et son souffle.

Elana toisa le robot si étrange, ils allaient l’embarquer finalement ? Elle avait envie de demander à son supérieur l’utilité première de cet engin, mais se ravisa, après tout ils n’étaient que des troufions, alors à quoi bon réfléchir ? Elle attendit que chacun soit e place avant de prendre la marche en dernière. Matt passa devant elle cherchant sûrement à éviter le maximum de contact avec les autres. Elle eut de la peine pour lui, comment pouvait-il remonté dans l’estime de chacun si a chaque pizza on apprend des faits désagréables ? Le but était de le mettre en dépression ? Peut-être que Calahan allait réussir, briser un homme avec les autres c’est brillant. Et pour éviter la fêlure déjà bien importante, elle décida de prendre sur elle et sur l’avis peut reluisant qu’elle avait sur ses actions, pour faire le premier pas. Après tout, il était peut-être temps de donner une chance à cet homme qui depuis le début de la manœuvre essayait d’être un bon soldat et il l’avait montré.
Elle déposa une main sur son épaule tapotant doucement après la symphonie de soupirs.
« Ça ira… tout fini par passer. » dit-elle doucement avant de retirer sa main et regarder autour d’elle à l’affût.

Sentant un contact sur l’épaule, Eversman jeta un regard dans la direction du tapotement. Ce n’était pas un grand geste mais mine de rien, ça faisait plaisir. Surtout venant de Ravix qui n’était pas des plus aimables avec lui. Grognon se transformerait-elle ? Ou serait-elle malade ?
« Oui… » Lâcha-t-il sans y croire vraiment. Il tentait vraiment de garder le positif, de mettre de côté ce qui pouvait lui nuire mais c’était loin d’être aisé. Entre les paroles et l’attitude des autres, Calahan, Yin, il se devait d’être costaud pour ne pas tout envoyer en l’air. « Calahan arrivera bien un jour au fond de mon puit à conneries. » Ajouta-t-il en lui adressant un mince sourire.
« Il y est déjà et il est en train de déranger tout ce petit bordel. » dit-elle simplement. « Il va bien finir par se lasser, il a pleins d’autres jouets. »
« Tant qu’il est sur moi, il laisse les autres tranquille. » Matt était prêt à encaisser les remarques. Il en avait presque l’habitude maintenant même si ça n’empêchait pas d’y être insensibles, loin de là.
« C’est courageux. Mais Calahan il est pire qu’une nana, il est multitâche. »
« Tu sous-entends que c’est un trans, Caporal ? » Questionna-t-il, le sourire malicieux aux lèvres se tournant vers elle. Des images pas très nettes lui venaient en tête et ça risquait de lui filer des cauchemars.
Elana eut un faible rictus au coin des lèvres. « Je le vois bien avec des jupes le samedi soir... » joua t’elle.
« Il doit être mignon sans son képi. » Continua-t-il.
« Surtout avec une perruque blonde à frange. »
« Quelle horreur. » Lâcha-t-il alors que les images se matérialisaient dans son esprit.
Elana hocha la tête en ricana doucement. « Regarde ou tu mets tes pieds tu n’avances plus !. » dit-elle pour le focaliser sur le chemin et lui faire un tacle verbale.
« Oui, Caporal » Répliqua-t-il sur le même ton tout en détournant la tête. Fin de la récréation, il était temps de se concentrer de nouveau sur leur progression après ce petit moment d’égarement et de camaraderie. Mine de rien, Elana avait réussi à le sortir de ses pensées sombres. Ce n’était peut être que quelques minutes de gagner avant qu’elles ne reviennent mais c’était déjà précieux. De plus, elle lui avait montré son soutien et ça c’était beaucoup.

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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Une heure avant la fin de l'immunité déclaré par Calahan, le section Charlie prit la direction donnée par Ruth. Avec sa boussole et sa carte, elle donnait ses indications par radio à Danny, lequel ne pouvait pas l’entendre sans ça à cause du bruit que faisait le blindé en mouvement. Dans un silence morbide et caractéristique de la division qui s’était marquée dans l’unité, ils prirent une cadence soutenue et avancèrent en restant méfiant.

La montre de Tim bipa une heure plus tard et il signala à tout le monde la fin de la sécurité. Mais de toute façon, tout le monde était sur ses gardes et respectait les consignes de mouvement. Au cours de ce voyage, le sergent Brass passa d’un soldat à l’autre. En l’attirant légèrement à l’écart, le plus habituellement en arrière garde de colonne. Il opérait une petite distance de sécurité derrière Ravix et Eversman, il s’efforçait de ramasser les pots cassés.

Tout le monde y passa, même les moins concernés. Il discuta un peu plus longuement avec Will. Puis ce fût le tour de Danny, par radio, en essayant de comprendre son malaise. Il lui posa des questions sur son fils et tenta de lui rappeler, malgré tout, l’absolue nécessité de séparer le boulot des problèmes personnels. Il se faisait compréhensif, compatissant, tout en essayant de lui faire comprendre quelques faits intangibles, comme le respect du commandement. Brass se réservait Rita pour la fin car il comprenait mal comment elle avait pu perdre à ce point son sang-froid.

Ce n’était pas évident. Le soldat tenait à tout le monde, sans exception, et au travers de son professionnalisme il souffrait de voir que Calahan avait quasiment atteint son but. La réaction du Capitaine Aspirant avait bien aidé à aggraver l’affaire d’ailleurs. Elle avait imposé et signer sa politique qui se ferait rude et sans appel. Le moral n’était plus au beau fixe.

D’aucun des hommes ne trouvaient à redire au commandement d’Allen. Mais une réalité entachait terriblement sa légitimité et sa réaction naturelle d’officier, qui ne soucie guère des problèmes de scrupules et des petites divisions, avaient été pris en compte. Noté par tous. Comme s’ils savaient maintenant que celle-ci ne seraient pas là pour eux. Car c’était comme ça l’armée. La piétaille pouvait être remplacée, l’officier moins.

Le sergent Brass y voyait là son boulot. C’était à lui que revenait la charge de les souder, de leur faire oublier ces différences, et de continuer d’avancer. Il s’en était peut-être fallu de peu mais Charlie était encore entière. Il voulait qu’elle le reste. Après avoir discuté avec l’italienne, il récupéra avec elle la distance qui les séparait de Matt. Ils se trouvèrent tous côte à côte, Ravix n’étant évidemment pas exclue.

« Matt, Rita. » dit-il en les regardant tour à tour.

Le grand moment de moral approchait. Cela fit soupirer le Ranger. Il s’y était attendu même s’il n’avait pas forcément hâte de passer par là. C’était nécessaire mais pas très agréable à vivre. La marche lui avait permis de faire un peu le point, de repenser à toute cette scène, à l’attitude de la “Ritale” mais aussi sur sa propre réaction. Il ne comprenait pas vraiment qu’on puisse lui reprocher de connaître Allen. Ils faisaient partie de l’expédition depuis plusieurs années donc forcément, ils n’étaient pas des inconnus. Encore moins lorsqu’on avait connaissance de leur background respectif et lié par cette captivité.
Matt renforça l’emprise qu’il avait autour du P90 tournant la tête quelques instants vers Brass pour lui signaler son écoute.

L’italienne marchait en regardant droit devant elle, l’expression dure et figée.
« Peu importe le différend que vous avez. Je vous demande à tous les deux de cesser vos reproches. S’il y a une personne à blâmer, c’est Calahan. C’est lui qui travaille sur nos différences, nos divergences d’opinions, pour qu’on s’écharpe. »
Il les regarda encore une fois.
« Matt, t’es en train de retrouver ton boulot. Tu prouves à toute l’expédition que tu mérites ta place. Tu mérites déjà celle que tu as parmis nous. » Un peu de pommade, c’était toujours plaisant. C’était assez rare en ce moment, il fallait en profiter.
« Merci, Sergent » Répliqua-t-il en lui adressant un signe de la tête, reconnaissant.
Son regard alla dans le sens inverse.
« Et toi Rita, t’es un bon soldat. On a aussi besoin de toi, d’accord ? Je veux savoir si je peux compter sur vous deux... »
« Tant qu’il s’en prend pas à mes collègues ! »
« Il a rien contre Will, tu le sais bien. »
« Justement, je sais pas ! » Lâcha-t-elle sans agressivité. « Pour moi, c’est un ingrat. On se décarcasse pour lui et il oublie tout dès que ça chauffe pour lui. » Ces propos ne tombèrent pas dans l’oreille d’un sourd. Rita protégeait les siens en s’étant monté agressive en sortant les crocs. Il le comprenait, capable du même comportement. Néanmoins avait-il vraiment cet attitude ingrate si néfaste ? C’était possible et c’était peu reluisant. Il était un beau connard si c’était le cas. Il allait devoir y remédier, faire quelque chose. Eversman soupira de nouveau.
« Je veux savoir si vous pouvez travailler ensemble sans rester sur ces enfantillages. » Répéta Brass.
L’italienne ne disait rien, continuant d’avancer. Le sergent ne pu s’empêcher de ricaner en lui bourrant l’épaule. Il lui transmettait par ce geste non-verbal le coté si puéril de l’affaire. Et Rita ne pu s’empêcher de sourire à son tour face à cette vérité. Elana était là aussi, et ça l’aidait un peu à se remettre en question puisqu’elle était restée avec Matt.
« On la sent bien ta culture ritale ! Alors, tu en dis quoi ? Tu fais la gueule ou des efforts ? »
« Des efforts... » Lâcha-t-elle finalement, à contrecoeur.
La jeune femme agrippa l’épaule de Brass pour qu’il se décale un peu et elle se retrouva à côté d’Eversman. Ca lui coûtait visiblement et elle resta silencieuse quelques instants pour choisir ses mots.
« Je pense ce que j’ai dis. »
Elle regardait fixement devant elle, ne se laissant pas distraire par cette phase nécessaire au retour de la cohésion. « Mais je t’ai insulté, c’était gratuit...je m’excuse... »
Aller au delà de sa rancune, ne pas rester braqué sur les derniers propos de Rita et de sa réaction. ça demandait beaucoup au Ranger. Il avait pris l’habitude de rester rancunier et de faire payer à un moment où un autre. C’était plutôt nocif pour le petit groupe qu’ils étaient. Ils leur fallaient unir leur force contre Calahan.
Elle avait un effort, il devait en faire de même.
C’était loin d’être facile. La déglutition ne fut pas aisée. Eversman inspira avant de tourner la tête vers sa voisine et de finalement lâcher une main de fusil pour la tendre dans sa direction en signe d’apaisement.
« Je suis désolé aussi... » Bordel ça n’avait pas été facile de lâcher ces quelques mots.

Elana était resté aux cotés du petit groupe. Elle trouvait admirable le travail que faisait Brass et elle reconnaissait bien là, un véritable leader, un homme proche de ses hommes qui avait de l’or dans ses mains. Elle écoutait sans rien dire, elle n’avait pas sa place dans cette conversation, cela se jouait entre Matt et Rita et elle redoutait que ça pète. Mais la discussion et surtout le grand mot de la communication fait toujours des miracles. Et elle apprenait au contact de Tim, qui savait mettre les bons mots où il fallait. Se trouvant aux côté de l’italienne, elle lui donna un petit coup de main sur l’épaule, contente de voir qu’elle enterrait la hache de guerre d’une certaine manière. En tourna la tête vers la jeune femme elle lui fit un rictus sincère.
« Contente de voir que tout se lisse. » dit-elle pour marquer une réaction plus forte qu’un geste non verbale. Elle avait dit à Matt que tout passe… oui tout passe en effet.
« De vrais bons. » Commenta Brass, satisfait par la tournure de l’échange. « Merci les enfants, vous pouvez disposer. Matt, je prends ta place quelques minutes. »
C’était le signe qu’il voulait un moment d’intimité avec Ravix cette fois. Il aurait bien laissé les deux jeunes gens dans la confidence mais il savait que le caporal n’était pas vraiment du genre à s’étendre. Il attendit que Matt et Rita s’enfonce un peu plus dans la formation pour la regarder, de façon générale.
« Comment tu te sens, caporal ? »
Ah c’était donc son tour dans « la valls Brass ». Elle ne savait pas vraiment à quoi s‘attendre pour être franche. Elle préféra attendre et voir comment cela allait se dessiner avant de spéculer.
« Je vais bien. Merci de faire ce travail Tim. Tu es un bon leader. » elle se devait de lui dire ce qu’elle pensait, cela lui apparaissait comme important qu’il le sache. Et puis il n’était pas que bon leader mais une belle personne, pour faire tout cela avec une grande sincérité et une belle humanité qui forçait le respect.
Ce dernier eut un petit sourire en comprenant qu’elle l’avait observé en train de régler les différents.
« J’ai la meilleure place. » Avoua-t-il. « Je ne prends pas les décisions les plus merdiques et je prête l’épaule aux gars s’ils vont pas bien. »
Brass marqua une petite pause avant d’ajouter.
« Et s’il m’arrive quelque chose, ce sera à ton tour de t’en charger. Même si ce n’est pas vraiment ton terrain... »
Il n’avait pas tort sur les deux sujets : il était à la meilleure place de soutien et elle n’était pas la plus douée en relation humaine. C’est bien pour cela qu’elle ne voulait pas monter en grade actuellement, car elle avait peur de ne pas être à la hauteur que cela soit humainement parlant et surtout sur la responsabilité assez importante des décisions qui mèneront des hommes à la morts ou à la victoire.
« En effet. On a pas de cours de comportement humain à l’armée. Cela manque... » Elle lui fit un rictus, marquant une pointe d’ironie là dedans.
« Ben on a tous découvert que tu fais une superbe oratrice quand tu t’y mets. » La taquina-t-il. Il reprit un peu plus sérieusement : « Ca faisait un peu exception à tes habitudes. J’ai senti un ras-le-bol chez toi, tu m’en parles un peu ? »
Elle ne savait pas si elle devait le prendre bien ou non. Elle lui lança un regard pour voir s’il était sincère dans ses moqueries ou si c’était pour se foutre de sa gueule. Elle avait beaucoup trop parlé à ce moment-là.
« Ils m’ont agacé avec cette histoire. Que tout cela parte en couille à cause d’une histoire à laquelle on s’en fou… que la capitaine se justifie alors qu’elle n’a pas à le faire et que ça frôle la mutinerie pour des raisons aussi bête, ça m’a énervé. D’autant plus, que ça prouve à Calahan qu’on n’est pas futé et qu’il faut une boite à pizza avec la surprise du chef dedans pour faire voler notre belle cohésion. »
Tim ricana dans sa barbe et lui pressa l’épaule.
« C’est pas si simple, Elana. Il fait ça au meilleur moment en jouant sur les fatigues de chacun. » Le sergent fit un petit geste de la main dans la direction de l’équipe. « Il savait que Matt et Allen ne diraient peut-être rien. Il a gardé la cartouche en réserve. Oui, on s’en fout. Mais en même temps, ça aide pas à faire confiance. »
L’homme se tut un petit instant et il ajouta d’une voix moins assurée.
« Il m’a fait la même, en vérité... »
Oui ce n’est jamais simple les relations humaines et Calahan avait un don pour flairer les bons moments. Il fallait bien lui reconnaître ce talent « C’est certain… » Elle lui jeta un regard un peu surpris… il lui avait fait la même ? La même quoi ? Non pas lui ...« Il t’a dénoncé de fraternisation devant ton équipe ? »
« Non... » fit-il en souriant. « Il n’y a pas que la fraternisation qui peut faire voler une cohésion en éclat. »
Tim se colla un peu plus contre Ravix alors qu’ils marchaient pour murmurer :
« A l’époque, quand j’étais dans une équipe SG. J’ai paniqué et j’ai abandonné un homme sur le terrain. » Lâcha-t-il, pas du tout à l’aise. « Des erreurs, on en fait tous un jour...mais Calahan m’attendait. Il a fait des copies du rapport qui m’incriminait. Et il nous a bombardé de ces tracts en jumper pendant notre exercice. Cette preuve est tombée sur mon équipe comme une pluie d’emmerdes. J’ai pas pu rattraper la casse... »
Le contact de Tim déclencha sans qu’elle le désire une contraction musculaire et elle sera la mâchoire, cela était un simple réflexe qui se calma quand elle prit conscience de son corps tendu. Mais la révélation de Tim fut pire qu’une simple fraternisation, elle grimaça… bonjour la confiance, si elle avait eu cette information avant de le voir à l’œuvre… elle aurait été aussi méfiante que n’importe qui et il n’aurait pas eu sa confiance. Le fait qu’il lui raconte c’était quelque chose…« Pourquoi as-tu été obligé de l’abandonner ? »
« J’ai pas été obligé de l’abandonner. Je l’ai fait lâchement, tout simplement. » Corrigea-t-il en devinant que ça ne lui plaisait pas. « SG-10, il y avait rien de bien prestigieux tu sais. On faisait le suivi de travaux que les unités phare avait mis en route. On passait derrière en gros, on nettoyait la merde. »
Tim secoua négativement la tête.
« Mais ce jour là, mon équipe a cru bien faire en voulant récupérer un môme qui s’était égaré. On savait rien de la géographie, on a foutu les pieds là où il ne fallait pas. Une sorte de drogue en spore, boum, fermeture des rideaux. On a commencé à se jalouser et s’écharper pour un rien. »
Le sergent ne se confiait pas juste pour la confidence. Il voulait lui faire comprendre qu’une toute petite erreur pouvait suivre quelqu’un à vie et entacher l’image qu’on pouvait avoir de lui. Comme Matt et Allen par exemple.
Ah…. Cela était encore pire, encore il aurait été contraint… mais là. Mais avant de conclure elle attendit la suite… et elle était assez dérangeante, les pauvres hommes n’étaient plus dans leur état normaux… comment juger un homme qui n’était plus lui-même ?
« Ce n’était pas ton choix finalement. Tu n’étais plus toi-même. » conclut-elle. De toute façon, chaque erreur ou chaque écart bien mit en œuvre et théâtraliser pouvait détruire quelqu’un. Les nanas aux lycées qui font du nu et qui chiale après quand leur ex a fait diffuser cette photo de partout… une erreur et boum plus de vie.
« Si, justement. » Rectifia Tim pour ne pas laisser s’installer cette circonstance atténuante. « On avait toujours notre libre arbitre. Il s’appelait Waid. Quand les deux autres ont sorti les flingues pour régler leurs comptes, je me suis sauvé. Waid était touché à la jambe mais j’avais tellement la frousse que je l’ai laissé là. »
Brass marqua une pause. Il fixa Elana, en lui montrant bien qu’il avait accepté toute cette histoire et qu’il ne la vivait pas comme un traumatisme. Il leva la main pour faire un geste qui illustrait le caractère exceptionnel de sa confidence.
« C’était la seule tâche dans ma carrière. Je n’ai jamais eu ce comportement sur les autres missions. Mais Calahan a su l’utiliser tu vois. Tu aurais pensé quoi de moi s’il avait balancé ça à la place de la fraternisation ? »
Il lui fit un petit sourire entendu.
« Je serais toujours un bon leader à tes yeux ? »
« Encore une fois tu n'étais pas maîtres de tes émotions. Tu avais peur. Mais bon passons. » Que pouvait-on lui reprocher ? d’avoir eu peur et d’avoir fait le geste le plus vieux du monde ? La fuite ? Non cela était terriblement humain. « Sans les explications j’aurais été méfiante envers toi. Avec les explications je comprend ton geste. Mais là a cet instant cela ne change rien, tu prouves ta valeur depuis le début sur le terrain. » dit-elle avec sa franchise habituelle pour répondre à sa question. « Finalement, on vient à se confier des choses honteuses… Merci de ta confiance Sergent. »
« On est simplement dans la même galère. » Conclut Tim. « Du rameur au capitaine, si on prend la flotte : on coule. C’est ce que j’essaie d’expliquer aussi aux autres... »
Le sous-officier considéra Matt et Rita de loin.
« Je compte sur toi pour me les garder à l’oeil, d’accord ? »
« J’avais compris depuis longtemps papa. » dit-elle en lui bourrant l’épaule d’un air compatriote. « Oui. »
« Parfait. » Conclut Brass. « Et j’apprécie de te voir plus bavarde. Au travail... »
Elle hocha la tête amusée, même si elle n’était pas certaine de toujours être super bavarde.


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Jeu 21 Mar - 4:38
Pedge Allen
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Un peu plus tard, après s’être assuré que l’unité respectait bien la formation de déplacement, Tim migra en direction de l’officier. Izabel était sur le Divorce, traînant de plus en plus les pieds comparé aux autres. Il lui tapota la jambe et lui sourit de façon rassurante pour qu’elle cesse de culpabiliser de son répit.
Le drone suivait Allen comme son ombre, virevoltant parfois un peu autour d’eux. Quand quelque chose attirait son attention, il allait s’intéresser et “renifler”. Ce n’était pourtant pas un chien. Cette machine se comportait pourtant de la même façon, ça avait un côté fascinant. Et forcément, il se creusait déjà sa place dans l’équipe. Will lui envoyait parfois une tige de fer qu’il avait gardé avec lui et se planquait dès que l’officier regardait dans sa direction. Brass l’observa un petit moment puis se plaça aux côté du Capitaine Allen.
Etant donné le peu qu’il savait de la galonnée, il ne savait pas comment l’aborder. Il débuta par un simili de retour professionnel.

« J’ai remonté un peu les gars. Ca s’arrange. » Dit-il simplement.
Il surveilla un peu l’angle du virage que le groupe prenait et reprit tranquillement, vérifiant que les autres ne l’entendraient pas.
« Rita et Matt sont rivaux depuis le début. Et les autres, ils s’en fichent de ces histoires, surtout que l’info vient de Calahan. Alors j’ai creusé un peu, il apparaît que c’est surtout le fait d’avoir caché que vous vous connaissiez. »
Tim savait qu’elle lui retorquerait probablement que c’était personnel. Mais ce n’était pas une question de ça. C’était une question de correction envers le groupe, surtout pour son rôle d’officier.
« Les hommes ont besoin d’avoir confiance, chef. Je pense que c’est naturel. Votre… “discrétion”... Matt, le drone, la mystérieuse fiole, bref...c’est peut-être un peu trop. Les gars se demandent si vous ne les utilisez pas. Si vous n’êtes pas prête à tous les sacrifier pour un galon. Et je pense que c’est naturel, ça aussi. La piétaille, on la remplace facilement. »
Il marqua une pause pour conclure.
« Je tenais simplement à ce que vous le sachiez. »
Brass pensait avoir fait le nécessaire et il n’attendait pas de réponse de la part de l’officier. Ce n’était même pas un échange, c’était le simple transfert d’une information. Quelque part, et même si cette histoire restait, il ressentait un vif soulagement en apprenant que l’unité se fichait des histoires de fraternisation. Eux, comme n’importe qui d’autres, pouvaient être susceptibles d’y passer. Et il était de notoriété dans le groupe que Will avait un peu trop d’intérêt pour Elana. S’ils ne lui disaient rien, ce n’était pas pour vitrifier Matt par la suite.

Non. Les gars commençaient juste à avoir confiance envers l’officier, à avoir de l’espoir pour leur avenir, et ils apprenaient qu’ils s’étaient fait mener en bateau. Matt et Allen qui jouaient les inconnus. Ce n’était effectivement pas un geste qui nourrissait la confiance dans le groupe, au contraire.
Ces histoires prenaient une tendance trop personnelle à son goût. Et son retour pour Allen n’était peut-être pas très pro. Mais il n’était pas possible de chasser l’humain. Il semblait même que Calahan l’avait fait contre Ravix.

Mission accomplie. Lentement, le sergent marcha un peu moins vite pour reprendre une nouvelle place dans le groupe. Ruth était en train d’affirmer qu’ils étaient à l’heure sur leur plan de route et cela le fit sourire. Il ne semblait pas y avoir de menace dans l’immédiat.

Pedge avait écouté le sergent en silence. Elle trouvait qu’il faisait ce qu’il fallait pour redonner une certaine cohésion à l’équipe. Même si elle ne se mêlait pas de ce qu’il manigançait avec les uns et les autres, elle n’était pas née de la dernière pluie et elle savait qu’il arrondissait les angles. La texane n’était vraiment pas satisfaite de sa prestation. Elle savait qu’elle s’était montrée conne, odieuse, et certainement prétentieuse. D’un autre côté, elle n’avait pas les armes pour répondre autrement, surtout que les attaques étaient arrivées de plusieurs côtés à la fois et qu’elle s’était sentie débordée :
D’abord cette photo tirée d’un contexte, arrivée là pour foutre le bordel. L’agression la concernant avait été instantanée, et elle s’était repliée sur elle-même à la seconde même où elle avait compris. Puis le groupe qui s’enflamme vis-à-vis de Matt. Puis la défiance des uns et des autres à son endroit. L’agressivité de Rita avait fait écho chez elle, et elle avait répondu en étant encore plus agressive. Est-ce que c’était le genre d’officier qu’elle voulait être ? Est-ce qu’elle avait atteint sa limite ? Elle n’était pas spécialement une meneuse d’homme. A chaque fois qu’elle avait brillé dans sa carrière, c’était d’une façon anonyme, sans froufrous ni paillettes, et sans public. Ok, sur la dernière opération, elle était à la tête de l’armée Atlante contre Méda’Iyda. Mais avant ? Est-ce qu’elle était faite pour être une leader ? Si elle avait commencé en bas de l’échelle, c’était pour une raison non ? Elle ne voulait pas arriver dans cette forme de paradoxe où, parce qu’elle était bonne à sa place, on la faisait monter d’un étage, là où elle serait moins bonne finalement. C’était complètement con. Peut-être que le rôle de capitaine incluait une trop grande notion de management qu’elle n’arrivait pas à intégrer.
D’un autre côté, tout au long de sa carrière, elle avait toujours connu des officiers qui imposaient leur avis, et si elle n’était pas contente, elle mettait son cul au vent et elle fermait la gueule. Elle pliait l’échine, et elle exécutait, car c’était sa place. Pourquoi alors n’en serait-il pas de même pour ceux qu’elle commandait ? C’était quand même la base de l’armée : obéir aux ordres. Elle s’interrogeait du coup. Sa place de femme était-elle remise en question ? Elle espérait que non.

Elle ne se voyait pas justifier tout ce qu’elle faisait. Qu’elle se mette à l’écart pour des raisons médicales ne regardait qu’elle et le médecin. La troupe n’avait pas besoin de savoir. Quand ils avaient reçu les munitions, ils ne s’étaient pas demandé pourquoi ni comment ? Ils avaient rechargé leurs armes et ça n’allait pas plus loin. Alors pourquoi quand un robot se ramène, c’est différent ? Elle ne comprenait pas cette volonté de tout savoir, de tout expliquer. Elle avait toujours eu confiance en ses officiers, elle avait toujours tout donné pour l’armée, pour eux, pour les copains, pour l’unité, pour l’Amérique, et plus largement pour l’humanité. Était-elle niaise au point de ne jamais poser de questions ? De toujours faire ce qu’on lui disait de faire ? Sans chercher à savoir pourquoi, comment ?
Pedge était en pleine crise existentielle sur sa façon de procéder. Les propos de Brass, accueillit avec bienveillance au départ, ne faisait que la chambouler un peu plus maintenant qu’elle y réfléchissait. Au final, son introduction dans l’unité n’avait pas été faite de façon légitime par la hiérarchie. Elle était sortie de nul part d’entre les ombres, en se prenant pour l’aide providentielle, et comme celle qui allait se servir d’eux pour atteindre l’objectif. En les ramenant à leur place toute à l’heure, elle avait montré qu’elle ne s’encombrerait pas des faibles et des tocards, et qu’elle les laisserait sur le bord de la route sans hésiter si le besoin s’en faisait sentir. C’était complètement con. La Pedge Allen des bérets vert aurait tout donner pour son unité. Elle n’aurait laissé personne derrière, et elle avait toujours fonctionné comme ça. Alors pourquoi là est-ce qu’elle prenait le melon ? Parce qu’elle avait l’opportunité de virer les petits branleurs qui l’avaient toujours dégouté par le passé ? Ceux-la même qu’elle ne pouvait pas virer du fait de son rang ? Des types comme Blake qui n’hésitaient pas à mettre en avant un enfant malade pour justifier leur insubordination crasse et dégoûtante ?
Pedge savait aussi qu’elle était sur la défensive à cause de toute cette histoire avec Eversman. Qu’elle le veuille ou non, cette période de sa vie avait encore des conséquences aujourd’hui, la preuve en était qu’une photo revenait foutre la merde. Elle pensait avoir tiré des conclusions de tout ça. Elle pensait qu’elle devait adapter sa façon d’être avec ses subordonnés et ses collègues, et c’était sans doute ce qu’elle faisait à l’heure actuelle, mais est-ce qu’elle prenait le bon chemin ? Elle n’en savait fichtrement rien, et là où elle aurait dû trouver dans Calahan un espèce de mentor pour lui montrer le chemin, elle ne voyait en lui qu’un connard de première. Pourtant, elle s’était presque comportée comme lui toute à l’heure, et elle en était pas fière. Est-ce qu’un bon commandant est un commandant qu’on aime pas ? Elle était presque persuadée. Mais ça ne devait pas être que ça. Ça devait être une personne qu’on désire suivre malgré tout, qui fout les pétoches mais qui galvanise en même temps. C’était le type que t’avait pas envie de décevoir et devant qui tu avais envie de sortir les pecs pour montrer que tu le méritais. Mais pour cela, il fallait être inspirant.

Il y avait encore un peu de chemin pour méditer tout ça. Elle avait demandé une marche cadencée rapide, pour ne pas perdre de temps, et surtout, elle voulait occuper les hommes pour qu’ils n’aient pas le temps de réfléchir. Néanmoins, elle devait prendre quelques précautions, et elle se demandait si elle ne devait pas envoyer Morfalou faire office d’éclaireur. Elle hésitait entre lui faire décrire des cercles assez larges autour de la formation, ou de lui faire prendre de la hauteur pour qu’il voit arriver les menaces. La première option l’exposait, et s’il lui arrivait quelque chose, elle allait devoir se mettre sur les genoux du chef Tyrol pendant que Marta lui collerait une fessée cul nu. La deuxième option indiquerait leur présence supposée à l’ennemi, pour peu qu’ils le voient de loin.
Tant bien, une balle neutralisante ne lui ferait rien de bien mauvais. Et puis… Il fallait être un sacré tireur pour arriver à le toucher. Ce n’était pas un gros gabarit, toujours en mouvement, et qui ne se déplaçait pas de façon normale. Un sacré tireur, ou un sacré chanceux. Bref, pour le moment, elle préférait le garder près d’elle. C’était quand même un robot de nettoyage.
En tout cas, elle devait adopter une stratégie pour la suite vis-à-vis des hommes. Son principal défi n’était pas de remporter cette bataille avec Calahan, mais plutôt de trouver sa place comme officier. Et même si la mission était foirée, si elle parvenait à faire ça, ce serait déjà une belle victoire pour elle. Décidément, Normandie était bien loin, et tout cela, avec le recul, lui semblait plus simple. Comme quoi, tout était contextuel.


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Jeu 21 Mar - 19:37
Elana Ravix
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


A ce point de l’introspection d’Allen, le convoi atteignait une petite pente d’un relief rocailleux. En face, ça remontait assez sévèrement et un petit chemin de piste serpentait en de long zigzag pour permettre à l’homme d’atteindre le sommet de cette crête. Un lit de grande roche comme on pourrait le trouver non loin d’une carrière de pierre. Elle semblait pourtant naturelle. L’unité commençait donc tout juste à sortir de la plaine irrégulière dans laquelle ils avaient progressé, passant au travers d’un petit bosquet d’arbres malades et déplumés. En tête de pointe se trouvaient Ruth et Danny. La jeune femme sonda la pente vallonnée d’en face avec ses jumelles et étudia sa carte.

« Col stratégique à onze heures Capitaine. Deux kilomètres à découvert avant d’atteindre le flanc. Pas de contournement poss... »

SHPAAAAKKKK

Ruth Padilla s’arqua soudainement en poussant un cri et tomba à genou, portant une main à son flanc alors qu’elle se voutait comme un animal blessé.

« SNIPER !!!!! » Hurla Danny en inondant brutalement la zone estimée d’un tir de mitrailleuse coaxiale. L’unité se déploya immédiatement en se plaçant à couvert mais ils étaient pris de vitesse.
« EMBUSCADE ! A COUVERT !!!! »
Un nouvel impact sourd fit hurler Danny et il s’effondra, son canon partant vers le haut sous son erreur de commande, en envoyant un obus se perdre au loin. En atterrissant lourdement sur le sol, il chercha à se mettre à l’abri contre le flanc de son char mais se rendit compte de la position de Ruth. Elle était tombée en évidence, même le soleil l’illuminait comme une cible de choix et elle progressait trop lentement vers un creux dans le sol. Elle allait se faire abattre !

“Pas encore !” S’était dit Danny.

Il était le plus proche. Juste à quelques mètres d’elle. Alors il s’élança en gémissant, une main contre son épaule, pour aller lui choper la poignée dorsale de son gilet et la jeter dans ce couvert. Le nouveau projectile percuta son sac à dos et le fit râler. Cette fois c’est Ruth qui l’empoigna pour le faire tomber avec elle dans ce petit trou à peine sécurisant.

//Ruth et Danny a couvert...on saigne...je répète...ce n’est pas de la munition d’entrainement !//


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Jeu 21 Mar - 19:52
Matt Eversman
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Matt & Rita

Tim, de son côté, avait fait immédiatement un signe à Izabel pour qu’elle ne courre pas jusqu’au trou.
« Tout le monde à couvert ! Attendez les ordres du Capitaine ! »
Il se retourna en sentant que quelqu’un lui tapotait dans le dos.
« Sergent ! Il est forcément planqué dans ces rochers, là-bas... »
« Tu peux l’avoir ? »
« C’est un sniper...c’est de la triche... »
Rita était une tireuse de précision. Le type d’en face était mieux caché, mieux équipé et mieux formé. Tim insista :
« Danny et Ruth ont besoin d’aide. Est-ce que tu peux me flinguer ce type ?!? »
L’italienne se mordit les lèvres.
« Avec un bon observateur, peut-être. » Avoua-t-elle sans regarder Matt.
« Avec un tireur de précision, c’est sûr. » Lâcha-t-il se portant ainsi volontaire cherchant à croiser le regard de son éventuelle partenaire.
« Je lui filerai pas mon flingue ! » Rétorqua Rita avant de s’abaisser en entendant une balle passer très près.
« Garde ton fusil. Je te sers d’observateur. » Bien entendu, il aurait préféré être celui qui pressait la gâchette, il fallait ravaler sa fierté et prendre les bonnes décisions. Ce n’était pas avec son P90 qu’il allait pouvoir rivaliser avec la puissance d’un fusil sniper.
« Hé ! » Brass s’approcha d’eux. « Organisez-vous comme vous voulez. Mais dégommez-moi ce fumier. Je rends compte au Capitaine, attendez mon signal. »
L’italienne acquiesça et vit Tim se déporter.
« Will a un télémètre à lunette, ça fera ton affaire ? »
« On fera avec. » Ce n’était pas l’idéal mais il fallait faire avec les moyens du bord. Leur survie en dépendait, la survie de l’unité aussi.
« WILL » Gueula-t-il par dessus les tirs pour attirer l’attention du soldat du génie. « Envoie ton télémètre. »
« HEINNN ? » gueula-t-il à son tour.
« TON TÉLÉMÈTRE ! ENVOIE LE MOI ! »
Will ne répondit pas sur le coup. Il se défit de son sac à dos et récupéra la sacoche qui contenait l’outil. Le jeune homme se redressa, arma son bras pour lui envoyer l’engin.
« Prends en soi... »

SHPAAAAKKKK
« Aaaahhh ! »
Sandoval tomba à la renverse. Le télémètre était très proche mais en-dehors de toute couverture.
« Ca fait mal ! » gueula-t-il en se répliquant illico. « Je saigne ! »

La jeune femme hasarda un coup d’oeil par-dessus le tronc où elle était cachée avec Matt. Elle pointa du doigt un poste de tir potentiel et s’écrasa subitement en voyant une volée de bois lui éclater au visage.
« Sale enfoiré !!! » Cria-t-elle. « Faudrait qu’on arrive là-bas ! Cet énorme rocher, là, tu le vois ? »
Will touché, la moitié de l’unité avait déjà été touché. Eversman jurea à plusieurs reprises. L’envie de se faire cet enfoiré n’en était que décuplé. Quand on jouait, autant affronter les meilleurs, la victoire n’en était que meilleure et ce sniper avait l’air bon. A son tour de s’exposer le temps de jeter un coup d’oeil vers la position de tir. Ce n’était pas très loin, plutôt pas mal mais fort risqué à atteindre. Il s’empressa de se remettre à couvert, bien plaqué contre la paroi rocheuse. « Il nous faut une diversion. » Ils pouvaient être bons sprinteurs, si le sniper était doué comme il semblait l’être, ils se feraient abattre l’un après l’autre. Ce dernier se doutait qu’une riposte se préparait et bientôt aurait repéré la manoeuvre.
« Toi, tu fonces là-bas. Moi, je récupère le télémètre et je te rejoins. OK ? »
« On attends Tim ! » S’écria-t-elle en réponse. « Il nous a dit d’attendre ! »
« On attend la diversion surtout. » Sans ça, impossible de faire quoique ce soit. Le risque d’être touché était trop élevé.

« Iza ? Tu as un miroir dans ton sac médical ?! Il me le faut. »
« Heu...oui...oui... » fit-elle essoufflée. Elle s’activa pour lui donner ce miroir alors qu’elle était en proie à l’envie d’y aller. « Je vais aider Will... »
« Attends la diversion, Iza... » Dit-il tout en resserrant la sangle de son fusil pour qu’il ne gêne pas ses mouvements.
« Il a pas l’air bien. Couvre moi, j’ai juste besoin d’aller derrière ce tronc !!! »
« Non, Iza. C’est trop risqué. Bouge pas. » Répéta-t-il prêt à l’aggriper par le sac ou le gilet pour la garder à couvert.
Bowers se laissa faire à contrecoeur et contacta Will par radio, pour lui donner quelques conseils.
//Je vais bientôt venir Will, tient bon.//
//Je perds du sang...j’ai un trou dans la poitrine...merde...MERDE !!! Je vais crever ?//
//Tu es conscient, tout va bien. Ne t’en fait pas, c’est un exercice. Juste un exercice !// Le rassura-t-elle. //Je te promets que je vais venir.//




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Sam 23 Mar - 19:22
Elana Ravix
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


« Oh merde ! Oh merde, ça siffle !!!! Vous entendez ? » Gueula Will, paniqué.
« J’entends ! Reprend ta posture de combat, Will, et reste à couvert. »
Le sergent rampa à côté d’Elana, lui demandant de rester où elle était puisque sa position était parfaite, et il couru finalement jusqu’à rejoindre le couvert d’Allen. Une balle claqua en le manquant de très près.
« Capitaine ! » S’écria-t-il en glissant et manquant de bousculer le robot. « Ruth et Danny sont planqués à l’avant, Divorce HS pour l’instant. »
Il tenta de reprendre sa respiration et poursuivit.
« C’est un sniper qui nous isole. Rita et Matt pourront s’en occuper mais ils auront besoin de se déplacer. Ces sifflements... Calahan nous envoie les chiens. La dernière fois ils étaient une trentaine. »
La stratégie ennemie commençait à prendre forme. Le sniper les isolait et les empêchait de bouger s’ils ne tenaient pas à se faire tirer dessus comme des lapins. Et pendant ce temps, une trentaine de chiens de guerre montaient sur eux. Déjà, des aboiements lointains commençaient à se faire entendre.

Bien positionnée, Elana constatait que tout était allé très vite, pas le temps de s’inquiéter pour quelques personnes que déjà ça tombait… le stresse était présent, de vraies munitions, c’est quoi encore cette escarmouche de batard ? Il avait une certaine sécurité à ne pas se prendre du réel, même si les balles qu’elle avaient reçut près du lac étaient déjà suffisamment atroce et Danny pouvait largement en témoigner. Et puis pourquoi diable, il avait de vraie munition ? Ce n’est pas normal, Calahan était un connard ok, mais il n’était pas dingue au point de faire du réel dans un entraînement avec le risque de mort en prime… Et puis, entre l’anneau du capitaine et le fusil de Rita, à chaque fois, il n’avait pas détruit le vrai… et puis les cabots avaient des dents limées et les griffes aussi… tout était du fake… alors pourquoi là… ça dérogerait à la règle ?

//Ici Danny. Ruth a un trou dans le flanc mais ça saigne pas beaucoup. Moi c’est l’épaule. Je peux rejoindre le Divorce ! J’peux y arriver !//
//Ici Ruth, je confirme. On saigne mais c’est bénin. Capitaine, il se passe quelque chose. Cet assaut est illogique !//

C’était donc de cette façon que Calahan comptait leur faire perdre du temps. Le tireur embusqué était parfait pour clouer une colonne sur place, tandis qu’on envoyait des sbires faire le sale boulot. Le Capitaine savait que cela n’arrêterait pas totalement la progression de l’unité, mais ça lui laissait le temps de s’organiser derrière pour reconfigurer ses troupes sur le terrain, car Allen avait pris un chemin et il ne s’attendait pas à ce qu’elle l’emprunte. Le fait que les personnes touchées le soit vraiment était néanmoins surprenant. Quoiqu’il en soit, il fallait remettre les choses en perspective. Les munitions d'entraînements étaient certes destinées à causer le moins de dégât possible, mais une munition d’un tireur embusqué à longue portée, ça devait être sacrément bien propulsé. La vélocité de l’impact devait provoquer ces saignements.
L’unité était déjà en train de s’organiser pour s’offrir le moins possible. Pedge devait réagir vite, et compléter les ordres de Brass. D’ailleurs, ce dernier lui fit un état de la situation globale. La texane avait déjà eu maille à partir avec les chiens, et cela ne la rassurait pas plus que ça.
« Ok sergent !». Elle calculait à toute vitesse. Déjà, la section semblait prête à en découdre, montrant là quelques ressources bienvenues. Rita était coincée avec Matt à l’avant. Si Rita était une tireuse d’élite, Eversman était un tireur de précision. Les deux devraient sans doute parvenir à rendre la monnaie de sa pièce à cet enfoiré d’embusqué. Histoire de faire bouger Will qui semblait au bord de la panique, Pedge dit à Tim :

« Allez me chercher le mortier avec Sandoval ! Balancez un fumigène loin devant notre position en direction du tireur ennemi pour faire un écran tout en vous déplaçant vers le Divorce ! Matt et Rita se déplaceront de manière à pouvoir atteindre cet enculé dès que possible, et Blake pourra reprendre sa position sur le char, paré à tirer dans les clébards à la coaxiale !»
Elle marqua une pause et reprit, laissant le soin à Brass d’assimiler. « Aller, exécution !»
Elle laissa le soin au sergent de prendre Sandoval. De son côté, Pedge alpagua Ravix : « Caporal, organisez la défense du Divorce et des deux tireurs. On va bouffer du clébards !». Le Caporal avait Padilla sous le coude et Bowers. Concernant cette dernière, Pedge qui l’avait vu essayer de s’approcher de Sandoval, préféra s’approcher d’elle en position basse. « Doc, dès que possible, vous me jetez un oeil au bobo pour voir ce que c’est. Je pense que c’est de la munition de gros calibre d’où les trous à l’impact, mais ça reste de la munition d’entrainement.»
« Oui lieutenant... »
« Reçu capitaine » bouffer du chien, c’est dans ses cordes, après tout, elle avait bien découpé un cuissot plus tôt dans la journée pour le repas !


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Lun 25 Mar - 20:51
Steven Caldwell
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23/07/2018



« A vos ordres lieutenant ! »
Le sergent Brass activa immédiatement sa radio et transmis les ordres de façon concise.
//Danny, Ruth, écran de fumigène. Tu reprends le contrôle de ton blindé et Ruth rejoint Elana. Exécution !//
//Écran de fumi, bien reçu !//
//Matt et Rita, déplacement sous couvert, abattez le sniper ennemi.//
//Ici Ruth, deux grenades fumigènes. Trois...deux...un...dispersion !!!//

Aussitôt, le sergent quitta son couvert et rejoignit Will qu’il agrippa par l’épaule.
« Sandoval. Sandoval, tu vas bien ! Maintenant viens avec moi ! »
« Je saigne !!! »
« Tu perds trois gouttes de sang, c’est rien ! Colle-moi au cul, c’est un ordre ! »
Le sergent l’attira dans son sillage. Les deux hommes se courbèrent en entendant une balle siffler et claquer de manière brutale sur le sol. Le type tirait au jugé, une épaisse nappe de brouillard s’était levé devant eux.
« Allez Will ! Plus vite ! Plus vite ! »
Le sous-officier le brusquait un peu pour qu’il songe à autre chose que son trou dans la poitrine. Et ça fonctionna d’ailleurs. Embarqué par son supérieur, le canadien courru avec lui et s’affala derrière le MALP. Il ouvrit son coffre interne puis tira dans une plainte d’effort le mortier pour le tendre à Tim.
« La caisse, go go go ! »
Danny venait d’arriver sur son poste. Expérimenté, il orienta immédiatement sa tourelle pour présenter son blindage frontal vers le tireur et actionna la marche d’une des deux chenilles. L’autre restant immobile, l’engin fît une brusque rotation pour présenter son flanc et offrir une meilleure couverture.
//Ici Blake. Canon chargé, paré à tirer. Ligne de tir obstrué par fumigène !//
// Changement d’objectif Blake, défense contre les chiens avec la coaxiale ! //
//Reçu, déplacement !//

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Mar 2 Avr - 16:24
Elana Ravix
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23/07/2018


La jeune femme avait le coeur qui battait à cent à l’heure. Elle courut de toutes ses forces pour arriver le plus vite possible auprès du caporal et trouva son couvert. Bien que peu expérimenté sur les combats de terrain, étant davantage une intellectuelle, elle tenta tant bien que mal de glisser à côté de Ravix mais se foira et tomba comme une pierre.

« J’ai rien. » Lâcha-t-elle en commençant à peine à se redresser, alors que la caporale, allait justement lui demander comment elle allait après ce dérapage des plus disgracieux.

Padilla toucha machinalement son flanc et regarda sa main couverte d’une fine pellicule de sang, rien de véritablement grave. Un nouveau cracha tout près d’elles, les forçant à baisser la tête par réflexe. La militaire s’apprêtait à lui demander ses consignes, entendant les aboiements s’accentuer et devenir plus fort à mesure de leurs approche, lorsqu’un “Hé !!” attira son attention.
Juste devant, Izabel rampait en essayant de les atteindre. Les tirs au jugé l’avaient couché au sol et elle n’osait pas se redresser. Ruth quitta la couverture, à moitié courbée, et empoigna sa collègue pour lui faire gagner le couvert plus rapidement.
« Mon arme est chargée, caporale, je suis prête... »
« Moi aussi ! »
Elle prêta l’oreille et secoua la tête.
« Ils vont arriver très vite. Quelle formation doit-on adopter ? »
« Caporal ! En position, coax chargée, paré au feu ! » Gueula Danny alors que son blindé se mettait en position derrière elles.

Bon, c’était à elle de prendre une part de commandement, entre le combat et ça, elle devait bien reconnaître que ce qui la stressait le plus était bien cette partie. Elle avait pleine confiance dans les capacités de tout le monde au combat, même si Ruth n’est pas habile pour se déplacer… mais elle n’avait aucune confiance sur sa capacité de leader. Et elle devait assurer face à l’attaque imminente des chiens qui détalait la terre en les informant de leur passage avec leurs aboiements de l’enfer.

« On va leur faire un tir croisé… Iza éloigne toi dans le couvert des buissons à 20 mètres de moi. Ruth tu fais de même mais 20 mètres après Iza. Moi je reste ici, avec le divorce au-dessus pour le protéger si les chiens sautent. On les canardent ensemble pour les dérouter et en toucher sur plusieurs flancs. » Elle avala sa salive. « Danny tu tires dans le tas, essaie de viser le milieu pour toucher un max, nous on fauche les survivants. »


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Mer 3 Avr - 9:36
Matt Eversman
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L'enfer by Calahan




MATT ET RITA

« MATT ! COURS OU CRÈVE !!! » Cria Rita en s’élançant brusquement de son couvert.

C’était le moment. Elle fonça à toute allure vers la couverture dont ils avaient parlé pendant que l’ancien rangers partait chercher le télémètre. L’italienne manqua de se faire avoir au vol. La balle passa de si près qu’elle en fût déséquilibrée et s’écroula au sol, finissant les deux mètres qui la séparait du couvert en roulant sur elle-même. Elle perdit son casque dans la manoeuvre.

Le fumigène ne couvrait pas suffisamment de terrain, elle s’en rendait tout juste compte et déduisait que le sniper avait une bonne vue de ce côté du terrain. Peu importe la pointe de vitesse de Matt, s’il se ramenait, il allait se faire descendre. C’était logique, le sniper savait qu’il lui faudrait un observateur.

Le signal donné, Eversman ne chercha pas à comprendre et s’élança aussitôt de son couvert fonçant vers l’endroit désigné. Ce n’était qu’à quelques mètres et heureusement. L’arme solidement harnaché autour de son torse, il n’eut pas à s’en préoccupé. Une main avec le miroir alors que l’autre venait de se refermer autour du télémètre. Pas le temps pour admirer ce bijou de technologie ou même reprendre son souffle, il fallait rejoindre la position de tir.

Planquée derrière son gros rocher, l’italienne vit son collègue et rival apparaître. Comme dans un réflexe, comme instinctif, elle lui imposa le signe stop de ses mains, les yeux écarquillés. Et elle répéta une deuxième fois son geste pour être certaine qu’il le comprenne.
//Eversman...t’es attendu.// Lâcha-t-elle finalement sur son canal radio. Si on ajoute une fumi sur notre ligne de tir, ce petit bâtard va en profiter pour changer de poste...

Un poing fut levé dans l’axe du regard. Signe implicite imposant l’arrêt immédiat. Le geste fut renouvelé provoquant l’arrêt immédiat du militaire. Il rechercha aussitôt une position à couvert. Pas de grands rochers ou de végétation suffisante, les quelques roches suffiraient à lui offrir une barrière de protection. Du moins, il l’espérait. Eversman se pencha de manière à avoir un contact visuel avec Rita alors qu’elle transmettait, soulagé de voir qu’elle était bien parvenue sur site.
// Reçu. On oublie le fumi alors .// Répondit-il tout en jetant de vifs coups d’oeil sur l’environnement proche ainsi que l’éventuel position du tireur. // Je vais essayer de te filer sa position d’ici. //
Bon ça c’était l’idéal. Il n’était pas vraiment certain d’y parvenir. Tant qu’il y aurait cette fumée, il ne pouvait déterminer le lieu de tir précis et par conséquent sa distance. Temps que le fumigène était actif, il essaya de déterminer la position du tireur d’après les premières observations et ensuite il utilisa le miroir pour le repérer restant à couvert.

Pendant un temps, les tirs avaient cessé. Peut-être que le sniper était en train de recharger. Ou peut-être se concentrait-il. Mais brusquement, alors que le sifflement le prévenait à peine de l’arrivée d’une balle, le miroir éclata en morceaux dans sa main. Il était parvenu à toucher, à cette distance, la minuscule cible que représentait le miroir. A coup sûr, le tireur devait être fier de lui et sourire de l’effet qu’il produisait sur les deux jeunes gens.
//Merde. Il est talentueux en plus...// Commenta Rita en restant planquée derrière son rocher.

« Putain, l’enfoiré. » Jura Eversman tout en se plaquant le plus possible contre son couvert. S’il avait pu ne faire qu’un avec, il l’aurait fait tant il avait la trouille et le palpitant à fond. Les morceaux de verre brisé, désormais inutile, furent lâchés. Les mains refermaient autour de son fusil mitrailleur même s’il était inutile à cette distance. Ce type était doué, il n’avait pas besoin des constatations de la collègue pour en témoigner. Tirer à travers un épais fumet et atteindre ce petit point, ça donnait une idée du bonhomme en face. C’était peu rassurant même si ça décuplait l’envie de se le faire.

Le fusil bien serré contre elle, Rita turbinait à cent à l’heure pour tenter de trouver une solution. Pas de fumigène, pas moyen de l’atteindre. Et pourtant, sans Matt pour la guider en tant qu’observateur, elle ne pourrait rien faire. L’italienne avait déjà une petite idée qui germait dans son esprit mais elle ne voulait pas, elle s’y refusait intérieurement.

Pourtant, vu la situation, elle se rendit vite compte qu’elle n’avait pas le choix.
//Tu veux toujours me faire voir ton record de vitesse ?...// Lui demanda-t-elle d’une voix blanche.
// C’est quoi ton plan ?// Lui demanda-t-il en retour ne se voyant pas quitter son couvert sans se manger une balle. Si ce type savait atteindre un miroir dans la fumée alors un homme, c’était un peu un éléphant dans un couloir pour lui.
//A mon signal, tu fonces...trois...deux...un...//
L’italienne marqua un temps d’arrêt et au moment où elle hurla : //VAS-Y !// elle fit un pas de côté et se dévoila.
La réponse fut immédiate, rapide, brutale. Une balle percuta sa tête et l’envoya s’écraser durement dos sur le sol. La jeune femme poussa un gémissement en tentant de rouler sur le côté. Mais elle était sonnée. A l’endroit de l’impact se devinait déjà un orifice sanguinolent sur son front. Si la balle avait été réelle, Rita aurait eu un trou entre les yeux.

Pris au dépourvu par le déclenchement du décompte, Eversman n’eut d’autres choix que de se préparer pour se mettre en mouvements, essayant de se placer sur ses appuis avant de s'exécuter. Usain Bolt n’avait qu’à bien se tenir. Le regard rivé devant lui, il assista à l'exécution de la Ritale semblant voir son corps tomber au ralenti comme dans les films. Un juron s’échappa de ses lèvres.

« Merde, Rita.. »

Par réflexe, les jambes ralentirent leurs enjambées alors qu’il fallait au contraire accélérer pour ne pas être le prochain. La peur, l’instinct de survie le saisirent et lui firent parcourir les derniers mètres au plus vite se fichant à couvert d’une glissade. Rita était toujours consciente. Un miracle. il l'agrippa par la manche pour la tirer à l’abri avant de lui adresser quelques tapes sur la joue pour vérifier sa conscience.

« Rita ?! ça va ? »
« J’suis en pleine forme ! » Affirma-t-elle par pure fierté alors qu’elle peinait à garder les yeux ouverts.

La jeune femme se passa une main sur le front et y découvrit son propre sang. Elle savait qu’elle n’en mourrait pas mais ça faisait un mal de chien. Une balle en plein dans le pif, même avec de la munition d’entrainement, ça remuait. Rita retint un gémissement et ouvrit un peu plus grand les yeux pour voir son sauveur du moment. Encore un peu plus par fierté, et par rivalité, elle repoussa ses mains.

« On est bon ? On peut venger ma mort ? »
« Oui. » Répondit-il avec un sourire, rassuré de la voir prendre un peu la mouche en le repoussant. « C’était complètement con de ta part. Quoique tu t’es sacrifiée pour moi, c’est mignon ! » Ajouta-t-il tout en la lâchant définitivement et cherchant la meilleure position.
« A charge de revanche. Toi tu prendras une vraie balle pour sauver ma peau ! »

Elle récupéra rapidement son arme et se mit en position. Le sniper était passé à d’autres cibles parmis eux mais elle ne parvenait toujours pas à le localiser. Rita écarquilla les yeux en découvrant la crête d’en face dans sa lunette.
« On voit la même chose ? »
Au moins quatre soldats s’activaient sur le rebord du relief. Ils semblaient déposer des paquets dans le sol avant de les enfouir. La façon de se déplacer indiquaient bien qu’ils étaient pressés. Pendant ce temps, le sniper faisait tout son possible pour ralentir l’escouade Charlie. Les empêcher d’arriver jusqu’à ses potes qui faisaient on ne sait quoi...
« On dirait qu’ils piègent le chemin non ? » Demanda-t-il essayant d’agrandir le grossissement pour mieux voir. La pression d’un mauvais bouton fit apparaître de nombreuses données lui gâchant la vue et le faisant jurer.
« Ca servirait à quoi ? Ils font ça en public, ils cherchent pas à se cacher...et ils mettent quoi dans le sol, t’était Rangers non ? »
« Et toi, tu étais bien Italienne non ? » Répliqua-t-il coup sur coup tout en cogitant de son côté.
Elle ne quittait pas son regard de la lunette. A coup sûr, le sniper était en train de les chercher, il fallait garder profil bas.
« T’es à leur place, tu fais quoi pendant que ton pote empêche l’ennemi d’avancer ? »
« Je sabote la seule voie d’accès. » Il espérait sincèrement avoir tort.
« Quoi ? »
Elle le regarda ce coup-ci, comprenant la stratégie. S’il faisait ébouler toute cette pente en les privant de route, le Divorce n’irait nulle part. Et peut-être eux aussi.
L’italienne les regarda depuis sa lunette et pesta.
« Il faut avertir le capitaine ! »
Le sous-entendu fut compris : avertir le Capitaine. Pas de problème, Rita avait l’oeil rivé dans la lunette de visée. Lui se plaça de nouveau à couvert le temps d’activer la radio et délivrer son message.
// Eversman pour tous. Sabotage en cours en haut du sentier. Ils vont provoquer un éboulement..//
Nouvel appui sur le dispositif radio afin de stopper l’émission avant de se remettre en place, l’oeil rivé dans le télémètre.
« Si on les abat, il va connaître notre position. Faut le trouver cet enfoiré ! » Réfléchit-il à haute voix.

La réponse de Pedge arriva dix secondes après qu’Eversman ne la previenne. Il fallait qu’elle s’organise, qu’elle réfléchisse à un moyen d’empêcher ça. Ce serait catastrophique s’ils parvenaient à faire ébouler une partie de la colline sur le sentier. Soit ils étaient obligés de faire un détour monstre, ce qui était exclu, soit de laisser le divorce sur place. Pour un peu que ce soit vraiment bien et eux-même ne pourraient plus franchir l’obstacle non sans dépenser une énergie folle qu’ils n’avaient pas.
// Possible pour vous de nous donner une position ? //.
Dans le même temps, elle prenait à partie Brass et Sandoval qui se ramenaient avec le mortier.
« Préparez-vous à faire feu. ». Autant qu’ils prennent de l’avance et qu’ils chargent l’engin. Si Rita et Matt parvenaient à lui donner un semblant de position de ces artificiers, ils prendraient un obus de mortier sur la gueule, et ça devrait calmer tout le monde.
// À 11h près du rebord. 4 individus. // Annonça-t-il en retour. Il laissa un petit temps avant d’ajouter quelques mots. // Solution de tir possible pour nous mais on s’exposerait à une réplique du sniper adverse. En attente de l’ordre de tir. // Rita les avait dans sa visée, elle pouvait donc en abattre le plus possible mais leur position sera dévoilée et nul doute que le sniper adverse en profiterait. C’était néanmoins une possibilité pour le Chef d’équipe.
// Négatif. Vous restez sur la neutralisation du sniper adverse. //.





ENVIRONNEMENT

Izabel était bien loin de sa zone de confort. La stratégie et les conflits directs lui avaient toujours été étrangers. Bien sûr, la jeune femme avait rempli les prérequis à son poste et son adhésion à l’expédition d’Atlantis. Mais jusque là, ça avait toujours été très théorique, dans des salles de sports chauffées, en sécurité et entourée d’un tas de gros bras qui géraient ça à la bonne franquette. Peut-être une ou deux manoeuvres de quelques heures dans un campement, un bois, un champ en jachère. Voir même au pied de Cheyenne Mountain une fois.

Mais le médecin de l’unité n’avait encore jamais connu d’engagement de cette importance. Depuis le début de cette manoeuvre “à la Calahan”, elle s’était retrouvée propulsée dans un tel réalisme, qu’elle en oubliait régulièrement la notion d’instruction. Ses collègues aussi d’ailleurs. Bowers soignait leurs plaies, essayait de prendre soin d’eux, ils avaient besoin d’elle comme le Capitaine le disait. Mais surtout, ils avaient aussi besoin de son neuf millimètres dans ces moments de dangers.

La jeune femme savait se servir de son arme, elle n’était pas du genre à s’enfuir. Mais ça ne suffisait pas selon elle. Oui, elle avait tout simplement peur de les décevoir et elle tourna un regard inquiet à la recherche du couvert lorsqu’Elana le lui avait ordonné.
Ruth prit donc naturellement le relais. Alors que tout le monde se mettait en place et que Danny déclarait avoir le visuel sur les chiens d’attaque, Padilla agrippa l’avant bras du médecin pour l’attirer jusqu’à sa cachette. Elle accompagna son mouvement et sa mise en position tout en la rassurant.

« Je te promets que tout va bien se passer. » Affirma-t-elle tout en vérifiant son neuf millimètres et en lui remettant en main. « On a été surpris la première fois, maintenant on les attends : on va se venger ! »
« On va se venger... » Mima Izabel en suivant toutes les consignes non verbales de sa mise en position. Elle lui était reconnaissante.
« Tire lentement, prend le temps de viser. Et regarde Elana pour prendre exemple sur elle. Tu verras, Rita nous cuisineras du Louloup ce soir ! »
Et aussitôt, Ruth fila pour rejoindre sa position, faisant un petit signe à la volée au caporal pour lui annoncer que tout était bon. Etrangement, il s’écoula une bonne minute avant que les chiens de combat ne déboulent en nombre. Pour une fois, Charlie avait eu le temps de s’organiser et de se mettre en place pour former le comité d’accueil. Les fourrés qui favorisaient la planque et l’irrégularité du terrain se froissèrent, s’agitèrent soudainement. Les bestiaux jaillirent brutalement droit devant eux pour s’empaler sous les tirs puissant de la mitrailleuse coaxiale du Divorce. Les balles neutralisantes filèrent vers cet ennemi par procuration, plus un outil de Calahan qu’autre chose, et ce fût très rapidement le massacre. Pour la première vague seulement.

Forcément, les prochains chiens de combat furent naturellement beaucoup plus mobiles. Moins lancés dans la course, ils avancèrent avec agilité, sautant parfois par dessus les corps assommé des premières cibles. A droite, à gauche, bondissant, fuyant, revenant à la charge. Un véritable harcèlement qui ne tenait pas d’une stratégie humaine mais de celle des meutes en chasse. Les canidés profitaient qu’un des leurs soient ciblés pour attaquer soudainement. C’était comme dans un documentaire animalier, naturel, et probablement approfondi par les maître-chiens d’Atlantis pour mettre à profit leurs instincts de prédateur.
L’un d’entre eux finit par franchir la ligne de défense et sauter droit vers le Capitaine, l’atteignant par surprise à la hanche alors qu’elle aidait Tim et Will a calculer rapidement l’élévation pour le tir de mortier. Leur première ogive venait tout juste de partir...

Un autre, touché par plusieurs tirs conjugués, termina sa course en boulant Elana et en la faisant tomber sur le sol. Elle avait le temps de se reprendre mais elle pouvait entendre les grattements d’un chien opportuniste qui s’était directement tourné dans sa direction.





MATT

Pendant ce temps, un duel s’était rapidement déclenché dès que Matt avait découvert le sniper. Une simple erreur de manipulation du télémètre lui avait engagé l’optique infrarouge, lui permettant de découvrir la signature thermique du tireur, bien planqué sous une toile de camouflage sur lequel quelques rochers et gravats avaient contribués à son “invisibilité”. Rita échoua sur ses deux premiers tirs, les deux kilomètres de distance rendant ces tentatives très hasardeuses. Heureusement, l’ennemi connaissait également des difficultés puisqu’il était gêné par le soleil qu’il avait en pleine face.

« Raté. Quarante centimètre plus à droite et un poil plus haut. » Commenta-t-il l’oeil rivé dans le télémètre lui donnant ainsi les correctifs nécessaires pour atteindre le but. C’était loin d’être agréable pour elle et ne faisait qu’accentuer la pression sur ses épaules, il en avait bien conscience mais c’était son rôle dans le binôme. Attendre que l’Italienne réussisse son tour. Lui gueuler dessus ne servait à rien. Le troisième tir se faisait désirer. Il lui laissa quelques instants supplémentaires prenant son mal en patience. Toujours rien.

« Rita ? » Finit-il par la questionner levant l’oeil du viseur pour l’interroger du regard.

Pour son troisième tir, la jeune femme n’appuya pas sur la détente, comme si elle demeurait sourde aux conseils de Matt. Elle semblait être en proie à un terrible duel intérieur, un dilemme qui se jouait en elle en-dehors de cette bataille et qui n’avait pas lieu d’être. Le choix entre sa fierté et son boulot. Pour une Italienne, c’était très dur de se décider. Mais elle se fit violence.

Elle tourna à contrecoeur son visage vers l’ancien rangers pour qu’il découvre de lui-même la vérité, la déduction qu’il se ferait, en voyant que sa plaie sur le front saignait pas mal. Trop même. Parce que son sourcil bien imbibé ne faisant plus écran, le sang lui tombait directement dans l’oeil et l’aveuglait. Elle était largement handicapée pour faire un tir à longue distance. Eversman grimaça en découvrant le visage ensanglanté de sa partenaire. Le filet rouge était impressionnant. Il remonta celui-ci des yeux pour chercher la source des problèmes, l’impact de balle un peu plus tôt. Ce dernier aurait été mortel sur le terrain, lui faisant certainement exploser le crâne. Nul doute qu’elle ne pouvait réussir son tir avec une gêne pareille.

Sans un mot, parce qu’elle aurait été odieuse, elle déplaça la crosse de son arme dans sa direction pour qu’il effectue le tir à sa place. Le message était clair, à lui le rôle de tireur. Eversman demeura immobile l’observant modifier sa position afin de lui permettre de basculer de poste. Elle devait être sacrément diminuée pour en arriver là, pour offrir son fusil si précieux à quelqu’un qu’elle n’appréciait pas. Il aurait les boules à sa place. Ils devaient échanger les rôles. C’était logique, c’était militaire. Elle était gênée par sa petite hémoragie et elle ne pouvait pas faire peser le risque sur toute l’équipe juste parce qu’elle ne voulait pas que son rival touche à son flingue. Et surtout : qu’il réussisse le tir avec.

Le télémètre fut libéré pour qu’il puisse prendre en main le fusil. Il ressentait une pression non négligeable s’abattre soudainement sur ses épaules. Il y avait la réussite du tir, le fait que tout dépendait de lui mais aussi celle de Rita qui l’aurait trucidé un peu plus tôt s’il avait touché son arme et maintenant elle le lui offrait sur un plateau. C’était loin d’être une arme avec laquelle il avait l’habitude de tirer, il en ignorait les réglages propres au tireur et se devait de faire avec.

Rita serra les dents, son visage s’était empourpré par la colère. Alors elle détourna la tête pour venir chausser le télémètre et lui laisser le temps de s’installer. Une balle ennemie claqua sur le gros rocher à côté d’eux, à seulement trente centimètres de décalage.

« J’ai senti sur les tirs qu’il y a un vent de travers gauche. » fit-elle lentement. « Et il faut corriger d’un degré de plus sur la hauteur. »

L’oeil vissé dans la lunette et le doigt sur la gâchette, Matt s’évertua à se concentrer sur les mouvements de sa respiration. Il faisait abstraction de l’environnement local ne prenant en compte que les directives de Rita. C’était comme une petite voix qui passait au travers de la petite bulle dans laquelle il s’était enfermé et qui ne le gênait pas. Ainsi pu apercevoir la cible au télémètre, le Ranger savait ce qu’il devait rechercher et atteindre. Plus de 2000m. C’était un sacré tir à effectuer. Il n’était pas tireur d’élite mais de précision. Jamais il n avait effectué un tel tir… pas à telle distance. Rita était meilleure que lui pour l'exécution et n’y était pas parvenue. Il ne fallait pas y penser et rester concentré. Quand la cible fut verrouillée, Matt inspira avant de retenir son souffle de manière à ne pas être gêné. La gâchette fut pressée.

Raté. Un juron s’échappa de ses lèvres lui permettant d’évacuer cette frustration avant de se remettre en position de tir écoutant attentivement les correctifs de Rita pour les prendre en compte sur le prochain coup. Il fallait qu’il l’ait. Il se devait de l’avoir cet enfoiré. Pour l’équipe mais aussi pour lui… Le nouveau rituel de tir fut engagé et bientôt la gâchette fut de nouveau appuyée.





@ pyphi(lia)

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merci !                               couleur : darkcyan                                USS Dédale
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Mer 3 Avr - 11:43
Pedge Allen
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Du côté de Pedge, la jeune femme essayait d’ordonner ses troupes pour la confrontation inéluctable avec les chiens. Qui plus est, elle devait aider à calculer des coordonnées approximatives pour le tir de mortier. C’était plus ou moins calme jusqu’à ce que les premiers tirs résonnent dans l’air. Bien entendu, elle était attentive à son environnement, mais elle ne vit pas arriver le chien sur elle et qui passa le barrage défensif de l’équipe Charlie. C’était la merde. Rien que l’assaut des chiens aurait nécessité que toute l’équipe défende, mais l’ennemi avait ouvert sur plusieurs fronts et elle devait faire avec. Elle devait garder à l’esprit que Calahan essayait de lui faire perdre du temps, et qu’il se battait avec un effectif limité, pour la bonne et simple raison qu’elle l’avait pris de vitesse et qu’elle avait agit d’une façon tout à fait inattendue. Maintenant il essayait de rattraper le coup d’une façon ou d’une autre en envoyant les quelques troupes qu’il avait dans le coin dans la bataille.
C’était une chose de se faire plaquer par un homme ou une femme dans un combat au corps à corps. Mais s’en était une autre de se faire attraper par un animal. L’engagement était plus féroce, plus brutal, et vraiment plus hargneux.
L’animal l’avait atteinte à la jambe. Son poids conjugué à la force d’impact les avait fait rouler quelque peu sur le sol. Heureusement pour la capitaine, le molosse avait lâché sa proie dans la manoeuvre, et ils se relevèrent tous les deux rapidement pour se faire face. L’espace de quelques secondes qui semblèrent durer une éternité, les deux êtres se regardèrent dans le blanc des yeux. L’un toutes dents dehors, la bave dégoulinante de rage, l’autre, le souffle court et la bouche entrouverte, terrifiée à l’idée de se battre avec un animal. Elle était certaine de n’avoir aucune chance, c’est pourquoi elle essaya d’attraper son 9mm à sa ceinture. Ce fut elle qui bougea la première et le chien fonça dans le même intervalle. Alors que ses doigts se refermaient sur la crosse de son arme, l’animal la percuta. Il ne chercha pas à la mordre, mais à la frapper, comme ils avaient appris à le faire avec des muselières. Le choc fut rude à encaisser, et elle en lâcha son arme. Pedge n’avait pas le temps de rager sur le temps qu’elle perdait avec cet animal parce qu’elle était trop occupée à survivre. Chaque chose en son temps.

Le chien s’était réceptionné, et il avançait, menaçant, sur elle. L’espace d’un instant, elle se demanda s’il ne cherchait pas à l’éloigner du groupe pour l’isoler, comme un bon prédateur le ferait. Du coup, Pedge qui venait d’esquisser deux trois pas de recul, les mains devant en guise de protection et de supplique silencieuse pour qu’il ne lui saute pas dessus, s’arrêta de reculer. Arrivé à une certaine distance de l’humaine, le chien marqua l’arrêt lui aussi, comme s’il ne voulait pas franchir le dernier mètre. Clairement, il ne l’attaquait pas tant qu’elle n’était pas directement menaçante. Ce petit temps de répit fit prendre conscience à Pedge qu’elle perdait du temps avec cet animal. Elle devait voir l’attaque arriver et y faire face pour la contrer. Si elle tournait la tête quand le chien lui fonçait dessus, elle allait se faire bouffer. Cette fois, elle se positionna d’une façon plus basse, pour se mettre presque à hauteur de l’animal; Quand ce dernier interpréta ceci comme une menace et qu’il lui fonça dessus, Pedge fonça aussi pour casser la distance et le surprendre dans son bond. C’était un calcul pas si mauvais, mais un chien reste un animal rapide et efficace, et il anticipa cette distance réduite pour sauter plus tôt, ce qu’un humain n’aurait pas fait. Mais Pedge ne comptait pas se faire tamponer sans rien dire, et elle le receptionna avec un gros de savate dans le buste sous le museau pour le faire reculer dans l’autre sens. L’animal jappa, et roula dans la terre, tout comme la texane qui n’était pas assez basse encore pour ne pas subir le retour d’énergie. Mais voilà, elle venait de tomber près de son arme, et quand le chien qui s’était redressé rapidement, vit que l’humain était toujours sur le dos au sol, il lui fonça dessus avant de recevoir une balle neutralisante en pleine poire et de venir s’effondrer contre la jeune femme.



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Plus on se maîtrise soi même plus on maîtrise la réalité extérieure.
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Mer 10 Avr - 19:25
Elana Ravix
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Ça commençait à être critique, l'appel de Matt les prévenant d'une tentative de sabotage, renforçait la pression montante chez la française. Un éboulement… cela ne rigolait pas plus qu'au début. Et bêtement, elle venait à se demander comment cela pourrait devenir du « Fake » s'ils se prennent de la pierre sur la gueule. Elle gardait au fond de sa tête que tout cela était un entraînement, que normalement personne ne pourrait mourir… mais bordel ! Cela était tellement réaliste qu'ils donnaient tout ! manqueraient plus qu'ils se fassent ensevelir… cela n'était pas sa plus grande peur, mais celle d'être brûlée vivante comme une allumette, mais bon… quitte à choisir elle préférait éviter ce cas dramatique. Enfin bon, elle ne comptait pas baisser son investissement, surtout qu'elle se retrouvait à « commander » sa petite escouade de défense contre l'attaque canine. D'ailleurs, elle avait bien vu le regard inquiet du médecin qui devait cette fois « faire » des plaies au lieu de les soigner. En retour, elle lui lança un regard qu'elle essaya d'appuyer par le réconfort. Lui insuffler la force et la confiance, qui semblait lui manquer, mais encore une fois, elle ne savait pas si cela était bien efficace. Surement pas, comme Padilla prit le relai. Intérieurement, elle la remerciait de faire ça… son petit geste, fut accueillie avec un hochement de tête et un brin de sourire.

Elana était satisfaite que tout aille, bien, l’assaut allait arriver et il fallait à tout prit que toute l’équipe soit en pleine possession de ses moyens. En tout cas, elle venait à se demander si elle ne devait pas demander une formation en gestion humaine dès qu’ils rentreraient, car elle sentait qu’elle n’était pas vraiment à la hauteur et que cela pourrait se répéter à l’avenir… c’est en pensant à tout cela, qu’elle se fit la remarque que le temps passait affreusement peu…Puis les cabots arrivèrent… en masse… Franchement… Calahan les avaient trouvés où tous ses clébards ? Et ils les nourrissaient avec quoi ? Les vestiges des perdants ?

En tout cas, la première vague fut abattue avec facilitée.
« Bien joué ! On continue, on ne lâche rien ! » dit-elle un peu plus fort pour que chacun puisse l'entendre. Oui, il ne fallait rien lâcher… les prochains chiens verront bien que les premiers aient été abattus ainsi… les animaux ne sont pas si cons et surtout pas des prédateurs. De vulgaires moutons auraient continué à foncer sans rien dire de plus… des chiens-loups… il y a peu de chance… et cela lui donna raison. Les chiens étaient bien dressés pour le combat, le contraire, aurait été décevant venant du capitaine. Et cela devenu bien plus dur de ne pas en louper un seul… ils auraient été plusieurs cela aurait été plus aisé, or, il fallait faire avec. La stratégie d'harcèlement portait par moment ses fruits et commençait à prendre le pas, elle avait du mal à viser tous les clebs qu'elle voyait… cela était frustrant…



La frustration fut tout autre, quand elle se retrouva percuter avec force … elle pouvait sentir la puissance de l'animal agonisant dans son dernier baroud d'honneur. Et puis, elle n'était pas le genre d'humain carré et suffisamment lourd, pour encaisser sans bouger le poids d'un chien fait de muscle et d'os. Non, elle trébucha et se retrouva en arrière, où une balle s'échappa dans les airs sous la surprise. Sa tête tapa le sol, Elana remercia son casque d'être toujours aussi efficace. Elle galéra à s'extraire du corps de l'animal, allongé sur sa jambe gauche… il était lourd … l'empressement était là, comme l'angoisse montante quand elle entendit les grattements suivis de grognements d'un chien... Pas le choix, elle ne pouvait pas s'extraire rapidement et de toute manière, l'animal ne lui laissa même pas le temps qu'il lui sauta dessus sans aucune sommation. Cela lui rappelait l'événement plus tôt dans la journée. Pour se défendre des coups de gueule aux crocs limés, elle se servit de son P90 comme parade.

Les pattes lui martelèrent le torse, alors qu'elle essayait de repousser la tête de l'animal avec le corps de l'arme… cela était vain… elle décida de ruser, en se laissant retomber sur le dos, elle put prendre au dépourvu la bête et lui fila un coup de crosse dans la gueule. Ce qui eu le mérite de lui laisser quelques secondes, pour plaquer le cul de l'arme sous son aisselle, touchant le sol et de tirer au moment où l'animal comptait reprendre l'attaque … en plus d'être gros ils étaient résistants…

Le chien tomba et elle poussa avec son pied, libre pour se dégager comme elle put du premier. Elle en chiait et transpirait fortement… cette manœuvre allait lui faire prendre pas mal de masse musculaire…

Dès qu’elle fut libre, elle se repositionna, chassant des mèches de cheveux collés sur son visage… par la sueur, la bave animale et un peu de sang. Elle avait la poitrine en feux et se félicitait de n’être pas bien fournie à ce niveau… et pourtant le peu, qu’elle avait, suffisait à la faire souffrir sous les coups de pattes de chien.


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Mar 23 Avr - 20:24
Steven Caldwell
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Toute l’unité se trouvait engagée dans le combat.
La petite équipe réduite de Ravix retenait tant bien que mal les chiens de combat. Celui qui avait réussi à sauter sur le Capitaine avait été le seul en fin compte. Les autres reculaient sous la puissance de feu conjuguée des P-90 et de la coaxiale du Divorce. C’était une sacrée pétarade qui rendait la discussion quasi-impossible. Mais Charlie tenait le bon bout, l’ennemi ne parvenait pas à franchir la défense.
Du moins le pensait-il…

Izabel s’était rapidement retrouvée en difficulté. Peinant à charger son arme de poing, elle reculait de son couvert petit à petit, deux chiens de combat lui tournant autour pour attendre le bon moment. Ruth, qui peinait à tirer et crier en même temps, fit finalement un grand signe de sa main pour avertir le caporal Ravix. Leur médecin tombait dans le piège à pied joint. En reculant comme ça, elle se séparait peu à peu peu du groupe. Une fois isolée, elle ferait une cible facile et les chiens lui sauteraient dessus.

Elana qui s’était relevée, aperçut le geste de Ruth et s'élança vers Iza, pour tirer sur les chiens afin de les toucher dans le meilleur des cas ou de les éparpiller. Cela ne fut pas aisé au début, comme les bêtes se fixait l’objectif d’isoler au plus vite leur nouvelle proie… quelqu’un décidèrent de quand même s’intéresser à la caporale avant. Cela donnait une diversion, pour qu’Iza se rapproche en commence à tirer aussi sur les animaux, malgré ses tremblements. La conclusion arriva bien vite, les cabots furent rappelés pour les survivants. Elana, attrapa Iza par son gilet, pour la tirer vers elle et la rassurer d’un geste familier dans le dos puis l’emmena vers Ruth, pour qu’elle puisse reprendre sa position et elle, la sienne pour finir d'abattre les derniers chiens résistants.

Danny hurla sa colère avant de lâcha une longue rafale qui coucha deux ou trois fauves. La bagarre battait son plein. Du côté de Matt, un tir venait de tomber pile sous leur nez. Le fracas de la munition d’entrainement sur le sol leur avait envoyé une gerbe de terre et de poussière à la gueule. L’italienne essuya son oeil plein de sang et reprit son observation, se fermant entièrement au vacarme autour d’eux.

« T’occupe pas des autres. Concentre toi. Un brin plus haut. » Souffla-t-elle.

Mais que ce soit d’un côté ou de l’autre, personne ne vit la manoeuvre ennemie s’opérer. Le loup qui attaqua Allen les plaça sur un avantage certain. Wakks pouvait se targuer d’avoir été chanceux sur ce coup-là. Il venait d’être déposé par un jumper sous occultation dans leur dos. Muni de son MP5, il s’était approché sournoisement et profitait de la pétarade pour atteindre sa cible.
Il visa en premier Will en optant pour son taser. Le canadien se cabra immédiatement en hurlant avant de s’effondrer. Tim, qui ne s’était pas rendu compte, tenta de le relever. Mais il repéra soudainement les fils du taser et découvrit la présence de Wakks.

« Intrusion ! » Hurla-t-il en se lançant sur l’homme à mains nues.

Il savait qu’il n’aurait pas le temps de sortir son neuf millimètres. Et Norman ne pourrait pas lever son MP5 à temps non plus. Alors le sergent lui fonça dessus et l’attaqua. Plusieurs échanges qui n’atteignirent pas le spécialiste, forcément, puisqu’il était largement plus entrainé à ça. Tim n’était pas dans sa spécialité. Wakks était carrément dans la sienne.
Après avoir reçu plusieurs coups, se retrouvant très vite en difficulté, il appela le gradé à l’aide. Il savait que l’assaut actuel détournait la majorité des regards.

« Capitaine ! » S’écria-t-il une dernière fois.

Et il reçu un coup qui l’amena à genou. Wakks le termina rapidement puis le ceintura d’un baudrier à fermeture rapide. Là, il y accrocha une corde qui pendouillait depuis le ciel, s’accrocha à son tour, puis le jumper sous occultation les leva brusquement.

Le temps qu’Allen puisse se dégager de l’animal qui lui était tombé dessus, elle vit son sergent lui être arraché. Il s’envola littéralement, à la suite de Wakks, le feuillage des arbres proches se pliant sur les contours d’un jumper occulté. Will n’allait pas bien, il s’était accroché au tube du mortier qui n’avait pas servi en essayant de se redresser, gémissant de douleur.

Peu de temps après, les quelques chiens de combat survivants retournèrent sous l’appel de leur maître. Il y avait une masse impressionnante de canins assommés devant les militaires et le Divorce. Forcément, les walkyries laissèrent éclater leur joie, à mille lieux de comprendre le véritable but de la manoeuvre. Danny aussi se sentait fier. Il fût le premier à se détourner et sentir son visage se décomposer en découvrant qu’il en manquait un.

Du côté de Matt, il avait fini par vaincre son adversaire. Il avait pu s’occuper copieusement, et en toute sécurité, des quelques mecs qui piégeaient le sommet du versant. Dès qu’il en eut plombé un ou deux, les autres filèrent sans demander leur reste. C’était une belle victoire pour lui aussi, il avait empêché l’éboulement du versant sur le chemin.
Rita poussa un grand soupir de soulagement puis elle se retourna avant de faire la même constatation.

« Will !!! » S’écria-t-elle.

L’italienne fonça vers lui.

« J’ai...j’ai rien vu venir...j’suis désolé... » Parvint-il à articuler.

DU CÔTÉ DE PEDGE

Putain elle le savait qu’elle allait se faire avoir. D’une façon ou d’une autre, cette attaque devait lui coûter du temps et même si l’unité se défendait bien, l’ennemi parvint à ses fins. Elle était impuissante face à l’intrusion de Wakks dans l’arène, et elle ne put que constater, en se battant avec l’énergie du désespoir pour se dégager du molosse, que Tim se faisait enlever par le soldat adverse. Quel enculé ce Wakks ! Il était toujours dans le sales coups pour la faire chier !!
La capitaine parvint à se redresser au moment où les chiens repartaient. Elle regarda la Jumper occulté se diriger au dessus des arbres avec les deux hommes pendus au bout du filin qui les raccrochait à l’engin volant.
// À tous rapport de situation ! //, exigea-t-elle dans l’oreillette alors que le calme semblait revenir. Déjà, elle se rapprochait de Will, alerté par Rita. Il semblait vraiment mal en point.

DU CÔTÉ DE MATT

Voir cette balle toucher la cible la neutralisant était une sensation incroyable, presque semblable à une jouissance. Matt lâcha un juron puis un soupir, soulagé d’y être enfin parvenu. Même s’il croyait en lui, il avait douté de ses capacités. Forcément après le cumul des tirs ratés. Jamais il n’avait tiré si loin en mission. Le soulagement dépassait la fierté pour le moment, il ne réalisait pas encore ce qu’il venait d’accomplir. Il ne put néanmoins pas se permettre de se reposer sur ses lauriers, Rita lui rappelant les hommes en train de piéger le versant. Les célébrations attendraient, la lutte continuait. Les atteindre fut bien plus simple, les indications de l’Italienne étaient précises permettant de les trouver et d’adapter son tir en conséquence.

« Et de deux ! » Annonça-t-il fièrement avant de se reprendre la position de tir. Il n’eut pas le temps de reprendre ces petits rituels qui lui étaient propres et qui permettaient d’entrer dans une bulle pour chaque tir. Les artificiers prenaient la fuite signifiant la victoire des Atlantes.

« C’est ça, cassez-vous ! » Rugit-il, des plus satisfaits. Ayant l’oeil rigé dans la lunette depuis plusieurs minutes, Matt n’avait rien remarqué des événements autour d’eux. Il commençait tout juste à réaliser qu’il était parvenu à abattre l’autre sniper à une telle distance, un sourire commençait à égayer son visage. C’était dingue ! Complètement fou ! Délaissant le fusil, Eversman se redressa basculant à genoux lorsque Rita hurla après Will. Ce n’était pas un cri de rage mais plutôt de panique. Aussitôt, il se retourna apercevant l’Italienne filant vers l’homme, visiblement dans un mauvais état. Allen s’en approchait elle aussi tout en demandant un rapport de situation.

// Ici Eversman. Cibles abattues, zone sécurisée. // Répondit-il en se redressant. Le télémètre fut glissé à l’intérieur de sa veste de manière à le coincer avant de prendre le fusil de Rita en mains. Il se rapprocha du petit groupe tout en gardant les yeux rivés vers les alentours scrutant les crêtes à la recherche d’éventuels nouveaux tireurs.

Les réponses radios remontèrent aux oreilles de la texane très rapidement.

//Ici Danny, flanc gauche dégagé, Divorce ok.// fît celui-ci juste après Eversman.
//De Ruth et Iza, on confirme, secteur sécurisé.//
« Ici Ravix, secteur à 100% sécurisé » confirma la caporale qui avait le dernier flanc.

De son côté, l’italienne s’était beaucoup inquiétée pour son collègue canadien. Toujours prostré au sol, les dents serrées, il semblait manifestement souffrir d’une blessure qu’elle n’arrivait pas à trouver. La jeune femme chassa d’un revers de manche le sang qui lui couvrait la trombine suite à la balle qu’elle s’était prise en plein front et chercha frénétiquement sa radio.
//Iza ? Viens tout de suite !!! Will est touché ! Dépêche toi !
« J’ai rien vu venir. » Souffla-t-il encore une fois. « J’me fais encore victimiser, putain...encore ! »
« Ca va aller. Respire...respire... »
Rita dégagea son col et essaya de l’installer un peu mieux. L’appel auprès d’Iza semblait avoir mis les autres dans l'inquiétude puisqu’ils s’approchèrent tous de la position de mortier. Bowers les dépassa quasiment au pas de course, pressée, pour se porter à son chevet et écarter les mains de l’italienne sans agressivité.
« Je m’en occupe, Rita. »

Le médecin s’attela très vite à l’examiner en commençant curieusement par son flanc droit. Will poussa une plainte sourde dès qu’elle y appuya les mains et elle tenta de le calmer. Pendant ce temps, Danny avait cherché le sergent des yeux sans le trouver.
« Hé...mais où est Brass ?!? »
Le visage de Rita blanchit. Elle récupéra son M1 des bras de Matt tandis que son regard parcourait la lisière. Il n’était pas couché, inanimé quelque part, il n’était tout simplement plus là.
« Tim ?!? »
Rien, le sergent n’était plus là.
Les autres soldats regardèrent également autour d’eux avant d’en arriver à la conclusion déplaisante qu’ils l’avaient perdu. Le nom de “Calahan” vibrait salement dans les esprits de chacun.
« ENFOIRÉS ! » Cracha le tankiste en mettant un coup de poing rageux dans le blindage du MALP.

« Il n’a pas été prit par hasard... » nota Ruth, une main posée sur son flanc douloureux, alors que son regard allait vers la texane. Le jeune capitaine savait déjà que c’était pour briser son commandement et sa légitimité auprès de l’équipe.

Ca ne loupa pas.
Aussi sanguine qu’était l’italienne, elle rechargea son arme et témoigna sa frustration par la virulence avec laquelle elle fit claquer la culasse.
« Je pars le récupérer ! » Fit-elle avec une détermination très froide.
Elle se foutait de sa blessure, la sachant bénigne.
Danny acquiesça avec la même ardeur. L’idée d’aller à sa recherche sans même savoir comment il avait été enlevé ni dans quelle direction le dérangeait à peine. Cet homme était une source de stabilité et une garantie pour lui. Il avait confiance en lui et il se refusait de le laisser là où il était. Ni une ni deux, il grimpa sur son blindé tout en se coiffant de son casque.
« Moi aussi alors... »
« J’peux marcher. » Râla Will entre deux plaintes de douleur.
Le médecin de l’équipe appuya sur son torse pour l’obliger à se recoucher au sol, le regardant avec des yeux ronds.
« Non mais toi tu vas nulle part, ça va pas la tête ?!? »
Le médecin fixa Elana et lui fit comprendre de son regard qu’elle avait besoin d’un coup de main pour tempérer ses ardeurs. Le Canadien était inspiré par le même besoin de retrouver le sergent, comme pour Rita et Danny. Il ne se préoccupait pas de sa situation.
« J’ai vu leur cap, j’ai vu où ils sont partis. » Rajouta-t-il en refusant de se laisser faire. Il était en train de mettre Iza en difficulté. Elle tentait de le maintenir au sol tandis qu’il poussait sur ses abdominaux pour se redresser, le visage rouge et tordu, dans l’espoir d’être inclus dans le groupe.


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Lun 29 Avr - 20:33
Elana Ravix
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Tout comme Danny, Elana avait accouru et surtout remarquer l’absence du second leader de la formation. Son cœur prit quelques tours en plus, alors que l’évidence se profilait à l’horizon… plus de Tim… il avait été enlever et en conséquence, elle devait faire face à son remplacement et cela ne l’enchantait guère. Mais outre cet aspect égoïste, elle s’inquiétait pour lui. Allait-il servir d’otage ou même de monnaie d’échange ? Et qu’était-il arrivé à Will ? Avait-il subi l’attaque fantôme de ravisseur ? Un peu trop de question, qu’elle ne pouvait répondre, elle proposa son aide pour soutenir Iza qui la réclamait, alors que déjà, des soldats remontés comme des coucous comptait partir en vadrouille… Non mais, il allait falloir réfléchir un peu plus que de se laisser guider par leur pulsions primaires et d’envie de vengeance. Même si Tim était un élément important, ce n’est pas en partant bille ne tête que cela allait se régler… Le mec avait été enlevé avec brio, ce n’est pas un amateur ! Cela l’agaçait de voir ce genre de réaction... Elana, allait dire quelque chose pour calmer justement tout ça, mais la demande d’Iza fut plus présente et puis merde, il avait le gradé qui allait bien gérer ça, elle était là pour ça. Elana coula un regard à la texane, avant de se concentrer sur Will qui avait envie de se mettre en marche, en réponse elle le maintenue fermement...

L’italienne reprit son casque et se tourna vers sa collègue pour ajouter :
« Ruth. Tu as la carte... »

L’attention s’était porté sur l’ancienne galonnée qui se sentit soudainement très petite. Elle aussi était très désireuse d’aller récupérer le sergent Brass. Il était très apprécié et chacun d’eux serait prêt à aller en découdre pour le sortir des griffes de Calahan. Elle aussi en mourrait d’envie. Seulement, elle était témoin de ce qui pouvait être un début de rébellion en règle. Son regard surpris alla de la texane aux autres qui se préparaient à changer de route. Quelque chose en elle la faisait hésiter. Elle ne pouvait pas se joindre à l’équipe. Mais d’un autre côté, la sympathie qu’elle portait à Brass et au reste de l’équipe l’influençait.

L’italienne était consciente de sa connerie mais elle semblait s’en moquer éperdument. Elle passa un regard en biais vers l’officier sans se sentir gênée et s’approcha de Padilla.
« Ruth... » Insista-t-elle comme pour lui reposer la question.

L’état de Will était préoccupant. Néanmoins, Pedge était satisfaite de voir que la route n’était pas tombée et que le sniper était neutralisé, et que les chiens étaient repoussés. Ce qui l’emmerdait le plus, c’était la disparition de Brass. Cet enfoiré de Wakks était un beau fumier, mais elle devait reconnaître qu’il était efficace dans son genre.
Elle s’attendait à des réactions suite à la disparition de Tim, et cela ne loupa pas. Forcément, ils voulaient aller le chercher, et si elle avait dû donner des noms avant que cela se produise, Blake, Rita, et Will auraient figurés en bonne place dans le palmarès de ceux qui réagissent à chaud. Il n’y avait pas à chier, mais s’ils n’étaient pas gradés, ce n’était pas pour rien. On agit et on pense ensuite. Cette conviction était renforcée par l’attitude de Padilla, qui, ancienne Lieutenant Colonel, réagissait avec plus de mesure, et sentait peser le poids de l’officier sur ses épaules. D’ailleurs, elles échangèrent un regard, et Pedge voyait très bien dans quelle situation elle se trouvait, vis-à-vis de sa loyauté envers son équipe, et vis-à-vis du respect de la chaîne de commandement. Quand elle croisa le regard de Rita, elle n’y lu pas la même chose, loin s’en fallait.

Son oreillette s’était activée pendant ce temps. La voix de Calahan monta, un bruit de lutte se laissant entendre en arrière plan. Le sergent devait être encore en train de résister.
//Bien. J’ai hâte de connaître vos décisions, maintenant, aspirante. Rappelez vous que vous rendre chez les Natus serait TRÈS contre productif pour votre subordonné...//
Calahan ne lui laissa même pas le temps de remettre dans l’ordre de ses troupes qu’il venait se manifester. Pour autant, elle ne pouvait pas le laisser la déranger alors qu’ils se montaient tous la tête pour savoir par où partir. Hors de question de laisser faire, et de rentrer dans le jeu de l’autre escroc à l’autre bout de l’oreillette. Pedge avait pas mal réfléchi pendant la marche sur sa façon d’avoir traité le problème d’insubordination toute à l’heure, et elle sentait déjà ses vieux démons lui tirailler le bide. Elle était à deux doigts de faire preuve de cynisme et de les envoyer chier purement et simplement, ou d’être agressive verbalement, mais elle avait constaté que ça n’avait pas forcément était la bonne approche. Elle devait fédérer, et ça n’avait pas fonctionné. Le fait que Brass avait dû arrondir les angles de l’escouade ensuite ne lui avait pas plu, et pourtant elle savait qu’il avait eu raison de le faire car on frisait la mutinerie. Mais ce qu’elle n’acceptait pas, c’était d’en être à l’origine.

« Padilla, sortez la carte s’il vous plait et venez. ». Elle toisa la jeune femme, puis les autres : « Vous aussi. Bowers, occupez vous de Sandoval pour le moment. ». Pedge approcha du MALP modifié, et tapota sur la carlingue pour indiquer à Ruth de poser la carte.

La jeune femme s’exécuta. Elle gagna les quelques mètres qui les séparait tout en ouvrant sa poche pour en sortir le fameux document. Il était bourré de petites inscriptions, de checkpoints et de relevés qu’elle avait fait durant le chemin. La carte, dépliée, s’étala sur le blindé qui ronflait sourdement. Mais sous le nez des deux autres, les plus virulents, une forme d’incompréhension passive les avait gagné. Ils ne savaient pas trop ce que l’officier, l’image qu’ils en avaient en tout cas, était en train de faire. Danny se sentait bloqué par cette petite tactique et il éteignit la motricité du blindé, amenant un peu plus de calme pour l’échange. Il se tourna simplement pour observer la scène.

Pendant qu’Iza, avec l’aide d’Elana, parvenait plus ou moins à tenir Will. L’italienne regarda vers le bosquet, certaine que l’officier allait jouer une entourloupe subtile, mais elle passa finalement son M1 en bretelle tout en approchant. Will leur donna le cap qu’il avait observé. Un rapide calcul de la part de Ruth et elle traça au crayon à papier un cône représentant leur plan de vol possible. Il n’englobait pas le camp de base principal de Calahan.
« Ils ont surement une position avancée dans ce secteur. Ils n’ont pas l’air d’emporter le sergent dans leur camp principal. »
L’ancien officier détailla la carte et montra le chemin qui menait au camp Natus.
« Ca reste notre meilleure chance. En revanche, si on part à sa recherche... »
« On s’en fout de ça ! Tim est là-bas, on y va... »
« Rita. Je suis pas magicienne, on a pas d’intell sur ce coin. On ne sait pas combien ils sont... »
Ruth se tourna vers la texane.
« Capitaine, ce coin est un vrai brouillard. »
« Le Capitaine Calahan vient de me parler. Brass est certainement avec lui. », observa Pedge, pour voir ce que cette information pourrait susciter comme idée chez Padilla, tout en ignorant les suppliques de Rita.
Cela avait imposé un certain silence. Ruth était surprise, les yeux légèrement écarquillés.
« Vous pensez qu’il était dans ce jumper ? »
« Cela ne m’étonnerait pas vraiment. ». Après tout, si elle était en charge de coordonner un exercice de cette ampleur, Pedge utiliserait un Jumper occulté pour suivre le truc. Alors pourquoi pas Calahan. Ca expliquerait beaucoup de chose, comme le fait qu’il savait déjà par où ils partaient.
« Il s’est déplacé en personne. » Nota-t-elle. « Il doit manquer d’hommes s’il a utilisé son jumper “de commandement”. »
Elle avait marqué les guillemets d’un ton différent.
« Vous l’avez mis en mauvaise posture. »
« Le fait est que nous sommes partis dans une direction qu’il n’avait pas prévu. Du coup, il fait tout pour nous ralentir, et en venant en personne motiver Wakks à attraper Tim, et personne d’autre, il cherche simplement à sapper mon autorité et à voir l’équipe se disloquer. Ou que je perde mon temps à faire de la discipline pendant qu’il s’organise. Ceci établi, Ruth, comment avez vous procédé pour venir au camp nous sortir de notre captivité, avec Sandoval ? » Pedge essayait de faire en sorte que Ruth explique une stratégie d’approche de ce fameux camp, afin que les deux bourrins se mettent en tête qu’on ne partait pas foutre le feu à la jungle pour faire sortir le loup avec la chèvre. Il fallait un plan, une stratégie d’approche. Sinon, dans deux semaines on les retrouverait affamé en train de chercher Brass au petit bonheur la chance. En acceptant de perdre un peu de temps pour discuter de tout ça, elle espérait aussi leur montrer qu’elle ne laisserait pas Tim tomber, tout comme elle avait fait en sorte qu’ils retrouvent Padilla quand elle était portée disparu. Mais les deux têtes de noeuds avaient la mémoire sélective et ils voyaient à court terme. Elle était là pour voir plus loin, et elle entendait bien le rappeler, en adoptant une méthode moins agressive.
« On a suivi la colonne de loin. Mais là... »
« On doit bien avoir un moyen de le trouver ? » avait renchéri l’italienne, néanmoins plus calme.
« Un jumper sous occultation. Il peut être n’importe où. »
« Liaison...montante... » lâcha Will en serrant les dents.
Izabel avait dégagé son gilet tactique et lui avait levé son vêtement pour procéder. Son flanc était teinté d’une marbrure violacée inquiétante.
Pedge s’était tournée de trois quart vers le patient et le toubib, constatant avec effroi la tronche de sa peau. « Liaison montante ? »

Sandoval soufflait comme un boeuf en fermant les yeux. Il agrippa involontairement les cheveux de Ravix en voulant trouver refuge sur son épaule.

Elana ne disait pas grand-chose, elle se contentait d’écouter et d’observer ce que faisait son gradé, autant pour s’en abreuver que pour jauger de la suite. Elle était d’accord, qu’il fallait avant tout réfléchir avant d’agir, car sinon, cela les mènerait à leur perte. Déjà qu’il ne fallait pas grand-chose apparemment. Le jumper occulté était la meilleure stratégie avec ou sans hommes, elle n’était pas certaine que Calahan soit en si grande difficulté, la présence du vaisseau ne signifiait rien d’autre que son habileté tout prévoir et à être malin. Enfin qu’importe, il avait encore joué une carte de maitre confirmant que cette manœuvre était la plus difficile et la plus complète de toutes les corps armées confondu terrien.

Son regard se figea sur le torse de Will… bleuté, un énorme bleu immonde et inquiétant. Il mangeait pas mal… et elle venait à se demander s’il n’avait pas définitivement pété ses cotes maintenant. Elle eut une petite grimace en voyant ça… Puis soudainement, elle se fit attraper les cheveux et elle eut un mouvement de recul en repoussant Will avec force. Son cœur s’accéléra de plus belle, avec les images glauques du chef de barbare qui lui avait attrapé la queue de cheval pour mieux la foutre à quatre pattes et la forcer regarder le plafond pour accentuer sa cambrure … Elle secoua un peu la tête, pour se reprendre le plus vite possible, afin de ne pas interloqué tout le monde. Elle chopa la main de Will, pour qu’il se défoule sur celle-ci au lieu de sa tête. Son regard chassa autour d’elle, alors qu’au final, Bowers ne lui avait visiblement rien injecté. A l’inverse, elle planta une aiguille dont elle avait retiré le piston et un “pschhhh” se fit entendre. Will ressentit une grande vague de soulagement, même s’il souffrait encore, et il articula ensuite :
« Ils ont la liaison...montante...on peut la détourner... »
« Un terminal de connexion spécifique multi-ondes, radio, transfert numérique et satellites... » expliqua Ruth aux autres, ne voyant pas trop où il voulait en venir.
« Je peux le faire avec les codes...du capitaine Allen...je le détourne...au satellite. Recherche... »
Padilla baissa les yeux sur sa carte, ne comprenant visiblement pas. Elle était en train de se demander si la douleur ne rendait pas fou son collègue puis elle comprit soudainement.
« Et on fait le tri des sources d’émissions radio par secteur... »
Elle hocha la tête en se tournant vers Pedge.
« C’est jouable pour détecter la position de Calahan. Vous n’êtes visiblement que deux Capitaines dans la région. Si on le détecte dans ce cône de navigation... »
« Combien de temps ça prend ? », demanda-t-elle pragmatiquement.
« Ca ne dépend pas de moi... »
« Will ? »
« J’peux le faire...avec vos codes d’authentification...va falloir convaincre les Natus...C’est dans leur camp….AH MAIS ARRÊTE A LA FIN !!!! »
« Patience, j’ai presque fini. » Répondit l’infirmière avec une douceur proportionnelle à sa souffrance.

« Vous planez, sérieux ! Si on s’approche de ce putain de camp, le sergent est fait ! »
Rita soupira et tapa du pied contre la carlingue.
« Pourquoi vous demandez pas au Dédale Capitaine ? Vous êtes copain avec eux non ? »

Pedge était soulagée. C’était con, mais elle conservait l’idée d’aller chez les Natus, et Sandoval venait de lui donner un prétexte tout trouvé pour y aller. Bien entendu, ce ne serait pas facile à faire accepter par tout le monde, mais ce serait plus simple à amener dans la discussion, même si c’était une discussion qu’en apparence, car elle conservait le monopole de la décision.
« Le Dédale n’est pas à mon service. », répondit-elle sèchement. « Bref, nous avons un plan pour récupérer le sergent, alors on va s’y tenir. », finit-elle par ajouter. « Combien de temps pour arriver au fortin Natus ? », demanda Pedge à Ruth.
« Deux heures, peut-être trois. Nous avons bien avancé... »
« Et s’il foire ce plan ? »
« Alors, on vous écoute pour un meilleur plan soldat ? Puisque vous semblez être au fait de tout. », coupa Pedge plutôt froidement. Il commençait à la gonfler sérieusement une nouvelle fois.

« Ne me tentez pas. » Répondit-il avec la même froideur.
Danny retira lentement son casque. Il était en proie à une réflexion personnelle et il regardait le versant d’en face. Quelque chose semblait le faire hésiter, comme s’il détenait des informations importantes qui échappaient au capitaine. Le non-verbal de son visage témoignait d’une longue hésitation avant qu’il ne laisse tout simplement tomber.
« En fait. J’avais oublié que j’étais qu’une grande gueule. J’me tiens à ce rôle. »
« Danny ? »
Il se tourna et fuya brusquement son regard. Iza s’était redressée, plaçant Will en attente auprès d’Elana. Son visage s’était déformé sous l’effet d’une découverte étonnante pour elle. La jeune femme s’approcha un peu du groupe. Elle en fit le tour pour le chercher de son regard. Il s’était appuyé, les deux bras sur les organes de tirs, en essayant de rester serein. C’était loin d’être le cas. Le reste du corps tourné ailleurs dans un espoir de fuite.
« Alors...c’était toi ? »
Le tankiste fixa finalement sa collègue. Sa mâchoire tremblait de nervosité et il avait les joues rouges. Danny Blake luttait intérieurement. La simple présence du médecin semblait mettre à jour une pression qui le dévorait depuis pas mal de temps. Il baissa le nez, et finalement, il acquiesça. Izabel Bowers se montrait compatissante, englobée dans le même mystère qui se déroulait sous le nez du reste de l’équipe. Etant donné qu’il était sur le MALP, elle lui posa une main sur la jambe et essaya de le regonfler un peu.
Dans un premier temps, il s’enterra dans un mustisme profond. Mais la jeune femme avait ce don de transmettre de la chaleur humaine et de la bienveillance. Extérieurement, c’est comme si elle ne faisait que lui tirer une partie de son froc, comme un gamin appelerait sa mère pour avoir une confiserie pendant qu’elle discute avec la voisine. Mais du côté de Blake, c’était une collègue et une alliée qui s’inquiétait pour lui. Et qui partageait une partie du drame.
« Arrête...je vais le perdre sinon. »
« Si tu le fais, ton fils sera condamné. » Rectifia-t-elle. « Je suis sûre que tu le sais au fond de toi. On va trouver une solution, je te le promets... »
Le tankiste tremblait. Il en avait quasiment les larmes aux yeux.
« Iza... »
« On doit lui dire... »

Danny Blake soupira et accepta finalement de faire un choix intérieur. C’était mieux comme ça, forcément, même s’il avait été très tenté durant un temps. Il tourna son visage vers le reste du groupe, restant un peu plus longuement sur Matt en se disant qu’il pourrait porter sa couronne. Et il lâcha l’info, fixant spécifiquement Allen.
« Il m’a offert un marché. Vous contre mon fils... »
« Ma jumelle est dans son camp aussi...il m’a “conseillé” d’aider celui qui agirait... »
« Je croyais que j’étais seule... » fit Rita en regardant les concernés. « Moi je lui ai dis que je lui enfilerai le canon de mon arme dans le cul ! »
« Moi aussi, il m’a parlé... » Ajouta Will, incapable de rester sérieux. En bon pitre, il ajouta : « Il a dit qu’il s’en prendrait à Ravix, vu qu’j’l’aime bien. Mais bon, vu qu’il allait encore la foutre en leggings ça me dérange pas moi ! »
Danny sourit mollement mais ça le soulageait quand même un peu. Will pouvait pas s’empêcher de faire de l’humour même à un moment pareil. Il rajouta comme pour conclure :
« Le marché prend fin si on atteint le camp. »
« Raison de plus pour atteindre le campement Natus... » Lâcha un Eversman muet depuis de longues minutes. Ce dernier se tenait quelque peu en retrait du groupe gardant un oeil sur les alentours notamment cette crête à la recherche d’un éventuel guetteur toujours en place. Il avait prêté une oreille attentive aux différents propos de l’équipe jetant parfois un coup d’oeil vers eux se tenant prêt à intervenir s’il le fallait pour retenir un fuyard ou même un mauvais geste. Calahan les avait eu, une fois de plus. Le Sergent avait été enlevé, c’était le lien entre l’équipe et l’officier. C’était lui qui allait au charbon, qui essayait de faire en sorte que la mayonnaise prenne en prenant des pincettes avec chacun tout en rappelant le rôle de chacun à jouer. Même si c’était regrettable, il fallait avancer et surtout garder la tête froide. A Ravix de jouer le rôle de numéro 2, à eux de la fermer et obéir. Lui avait une confiance sans nom en Pedge Allen et se tenait par conséquent en dehors de ce débat. Pour une fois, il était dans le rôle du soldat qui la fermait et obéissait.

« Calahan a tenté de m’utiliser aussi. Il en a fait de même avec vous. Il ne veut pas que l’équipe atteigne ce campement. » Dit-il observant notamment les membres qui n’étaient pas au courant de ce marché. Il n’en avait pas parlé depuis ce fameux échange dans la tente. Il le gardait néanmoins secret pour le moment, ce n’était pas l’objet de l’échange. « Il doit avoir quelque chose à cacher là bas. Peut être Brass, Yin ou peut être autre chose… Le seul moyen de l’atteindre c’est en restant ensemble, en se serrant les coudes. Le Sergent l’a suffisamment répété et c’est certainement pour ça que Calahan l’a enlevé… » Le ton employé n’était pas plus élevé qu’à la normale, Eversman faisant en sorte de croiser le regard de chacun terminant par l’officier. « Peu importe ce que le Capitaine décidera, j’obéirais » Il lui adressa un signe de la tête avant de détourner le regard et s’éloigner de quelques pas pour reprendre la surveillance des lieux, le P-90 en main. Matt choisissait de ne pas participer aux différentes discussions n’y trouvant pas sa place. Il serait plus utile à les protéger, c’était ce qu’il faisait le mieux.

Elana était auprès de Will, toujours aussi peu bavarde elle écoutait ce qui se passait autour d’eux et surtout de ce mystère que faisait naître Iza en allant voir Danny… cela ne mit pas longtemps avant que les masques tombent et cela lui filait des aigreurs d’estomacs. Elle ne savait pas, si c’est le fait d’entendre son équipe qui avait reçu des « indications » de traîtrise qui lui foutait le plus le mal d’entre ou bien, la perversion magnifique de cet officier qui était un véritable maître (et ce qui la rendait malade était cette pointe d’admiration pour lui). En tout cas, pour rien au monde, elle aimerait être à la place d’Allen.

En tout cas, Will n’avait pas perdu son humour et elle lui lança un regard amusé…
« Cette menace terrifiante…il manque d’imagination pour l’humiliation. » grogna t’elle entre les dents, pour répondre au canadien et ces conneries.

En tout cas, elle se fit une remarque, elle était l’une des rares à ne pas avoir eu de chantages affectifs. Elle ignorait qui était cette Yin pour Matt et cela n’avait pas d’importance. Elle se demanda aussi par la même occasion, ce qu’avait réellement donné ce vieux briscard pour que les gens hésitent. Car ce n’est pas en tenant en otage quelques personnalité, durant une manœuvre « fake » que cela allait faire plier les gens. Enfin normalement, il fallait de lourds secrets ou même quelque chose de plus conséquent, pour que ça soit réel. Dans le cas de Danny, si la menace était de faire en sorte qu’il n’aurait jamais de traitement … cela frôlait l’abus de pouvoir et le manque d’humanité, c’est limite limite. Pour les autres, elle ignorait mais si c’est juste « tenir » quelqu’un… cela ne lui paraissait pas suffisant.

Elle releva la tête dans la direction du capitaine, seule maître à bord dans la décision. Pas besoin de faire comme Matt, de donner renouveler son obéissance et son soutien, elle l’avait déjà de la part de la caporale qui l’avait déjà dit.
« Iza, Will peut marcher où il va falloir qu’on le transporte ? » demanda t’elle prenant les devants, pour commencer à prévoir l’avancement jusqu’au camps Natus.

Pedge venait de prendre un coup de massue derrière le casque. Elle ne s’attendait pas à ces révélations, et elle accusait sérieusement le coup. C’était comme si son monde venait de s’écrouler autour d’elle. Ses idéaux, son commandement, sa façon d’exister, et ce qu’elle attendait des autres, un peu tout ce qui concernait l’armée. Elle en était dégoutée. Elle était dégoutée. Elle vacilla quelque peu, et cette fois, le poison n’y était pour rien, même si elle sentait le froid reprendre progressivement du terrain, signe qu’elle ne devrait pas tarder à prendre une autre dose d’antidote prochainement.
Néanmoins, le moment de faiblesse fut de très courte durée. Elle avait encaissé des choses dans sa vie. Les attentats du 11 septembre tout d’abord, une fracture de l’avant bras et des côtes cassées, puis une balle en mission qu’elle avait reçu dans la cuisse, un tibia cassé, des hémorragies internes, des fractures réduites à l’aide de nanotechnologie, un stress post traumatique, une séance de torture avec une sadique, des morts multiples, bref, que ce soit physiquement ou psychiquement, elle avait encaissé un nombre incalculable de choses qui l’avait façonnées. Mais dans toutes ces épreuves, du moins à partir de son incorporation dans l’armée, elle avait toujours eu les copains, les camarades, les frères d’armes, les officiers, tout ce petit monde était toujours avec elle.

Parce qu’elle faisait partie d’une grande famille, cette famille qui connait le feu ennemi et qui se sert les coudes quand c’est la merde. Cette famille qui vous soutient dans le mal, et qui vous porte dans le bon. Cette famille, capable de vous mettre des claques dans la gueule si nécessaire, pour recadrer un élément qui dévie, une famille qui ne laisse personne derrière, et enfin, une famille qui sait pardonner quand on y met les formes.

Mais là…. Elle était empoisonnée, en proie à une fatigue physique et psychique importante, son corps était malmené, et elle se battait pour que ces enculés arrivent au bout de cette mission pour qu’ils puissent concrétiser un projet de vie, voir un rêve, pour des jours meilleurs et une solde moins pire qu’à la normale, et qu’est-ce qu’elle ramasse dans la gueule ??? Un couteau dans le dos ! La famille ne fait pas ça…

Elle se rendit compte que les regards allaient sur elle. Elle avait la mâchoire bloquée par une fureur sourde et muette. Raide comme un piquet, elle ne savait pas quoi faire. Pour la première fois de sa putain de carrière, elle se sentait dépassée. Elle avait toujours avalé les obstacles, elle les bouffait même, s’aidant de ses dents longues et de son ambition démesurée. Mais là… Que faire quand on avait, non pas un ver, mais des vers dans la pomme ? Que faire ? Les abattres comme de chiens pour trahisons ? Ce temps là est révolu. Que faire ?? Si elle se projetait dans l’exercice, ils étaient livrés à eux-même, loin de toute aide, et ils devaient survivre ensemble pour réaliser la mission. Comment traiter ça ? Elle n’avait pas les réponses. Elle n’était pas formée à ça.
Il avait suffi de si peu à Calahan pour les retourner… Qu’est-ce qu’ils valaient au final ?

« Eversman, la couronne s’il te plaît. », fit Pedge en lui tendant la main. Elle était étrangement calme. Elle se percevait de loin, de très loin, comme si elle n’était pas dans son corps. Ce dernier s'exécuta s’approchant d’elle pour lui remettre son bien. Il ne savait pas bien ce qu’elle avait en tête, certainement un nouveau couronnement. Il était d’une certaine manière soulagée d’en être séparé et assuré sa confiance d’un nouveau geste de la tête avant de s’écarter.

Quand elle récupéra cette satanée couronne, elle fit le tour des regards, du moins, de ceux qui osaient encore la toiser. Elle allait la remettre à quelqu’un, c’était sûr.
Contre toute attente, elle la posa sur sa tête.

« Je suis l’officier, et je commande une section de branlots. Il est logique que j’en sois la reine. J’ai ce que je mérite manifestement. C’est ainsi. »
C’était injuste pour Eversman, Ravix, et Padilla, qui au final, étaient les plus cleans de tout ce merdier. Mais quand un élément du groupe merde, c’est le groupe qui prend, et le groupe ferme sa gueule.
« Vous savez, je suis passée par bons nombres d’expériences désastreuses. Je suis morte je ne sais pas combien de fois dans les mains d’une reine Wraith, j’ai tué ce type... », fit-elle en adressant un coup de menton à Matt… « j’ai sacrifié mon intégrité physique pour détruire une des plus grandes menaces de cette galaxie en devenant une copie de l’ennemi, et vous savez ce qui était immuable dans tout ça ? ». Elle laissa planer un nouveau silence. « C’était mon honneur, et mon amour de mon drapeau, ma fidélité dans l’armée, dans ma famille, dans cette expédition. J’ai absolument tout donné à mon métier. Ma vie de famille, mon avenir, ma personne. Je suis un instrument. Je suis un militaire. »

Elle sentait que ses émotions étaient dans sa gorge, mais elle se montrait ferme et forte. Jamais elle n’avait été jusqu’à s’ouvrir de la sorte à quelqu’un, et là, elle le faisait devant ses hommes, parce qu’elle considérait encore que c’était les siens.

« Dans cette manoeuvre, j’ai mis ma vie volontairement en danger pour vous emmener vers votre avenir. ». Le froid se faisait de plus en plus important dans ses membres inférieurs. « Je n’ai pas été parfaite, et oui, je suis “aspirante” Capitaine. J’apprends, j’évolue, j’essaie de m’élever. ». Elle haussa des épaules. « Mais vous ? Qu’est-ce que vous faites ? Vous pensez à votre gueule. A vos intérêts personnels. Désolé les gars, vous avez signé. Vous n’êtes plus Matt Eversman, vous n’êtes plus Elena Ravix, ou encore Rita Monciatti. Non, vous êtes des militaires, vous êtes le bras armés de l’USAF, vous êtes le bras armé de l’expédition, de l’humanité. »

Nouveau haussement d’épaule.

« Même si on s’est pris la gueule, je suis votre officier, j’avais confiance en vous, et au final, ça complote gentiment dans mon dos. Franchement, pour la plupart d’entre vous... », elle n’aimait pas inclure tout le monde puisque ce n’était pas ce qu’elle pensait de toutes les personnes ici présentes. « ... je ne voudrai pas de vous dans mon équipe de terrain. Vous n’êtes pas taillés pour ça. Vos intérêts personnels prédominent. C’est tout. Et encore là, nous sommes dans une manoeuvre, dans une manoeuvre fictive, où votre fusil, Monciatti, a été faussement détruit, où tout est faux à chaque fois, et vous vous laissez appâté par un chantage à la con ? Mais réveillez vous putain ! Réveillez-vous !!!! », hurla-t-elle à la fin de sa phrase. Elle était hors d’elle, et elle était vraiment à deux doigts de tout envoyer chier sur un coup de tête. La texane était impulsive, et cela se disputait à son pragmatisme habituel. « J’aurai honte à votre place, honte !!! » Elle les tua du regard.

« Tout le monde s’apprête à partir, et que ça saute. Et j’vous préviens, le premier qui rechigne, qui chie dans la colle, qui essaie encore une fois de me remettre en question, ou de comploter dans mon dos, il fait une croix sur sa carrière dans l’armée. Je le ferai dégager manu militari de cette manoeuvre, et de son affectation sur la mission ! Maintenant, en ordre de marche, c’est un ordre ! »

Un silence très lourd était brusquement retombé sur le sommet de cette crête. Ils se regardèrent un peu les uns des autres, plutôt surpris par cette soudaine tempête et le règlement de compte qui avait suivi. D’aucun ne dirait qu’ils s’étaient questionnés sur l’état de la jeune officier. Padilla avait le visage fermé, fixant cette scène à distance, en voyant le travail de Calahan porter ses fruits. Les différentes remarques qui éclataient avaient même forcé Will à se redresser en prenant lourdement appui sur Elana.

Au final, en ayant interdit tout dialogue, les soldats se retournèrent pour se préparer à faire mouvement, la tête basse. Mais Danny, lui, ne bougeait toujours pas. Il restait immobile, debout sur son blindé, en proie à une longue hésitation. Rita le fixa un instant, passant son M1 à l’épaule, se demandant s’il était aussi barge qu’elle, si ce n’est plus. Et c’était malheureusement le cas.
« Vous avez raison Capitaine... »
Il passa sa main sur sa tête pour se découvrir de la calotte de tankiste. Et il la laissa tomber sur le char. Il acquiesça, ne trouvant rien à redire, ou ne voulant surtout rien ajouter. Il se contenta simplement de la fixer accompagné d’une longue expiration avant de sauter de son blindé et de lui tourner le dos.
L’italienne en était abasourdi et, étrangement, elle en souriait.
« Tu te fous ta balle tout seul Danny... »
Elle le suivit dans sa marche, les deux croisant le chemin d’Eversman, sous les regards médusés du reste du groupe.
« Blake, Rita. Les ordres sont les suivants : en ordre de marche. » Lâcha un Eversman qui s’était figé en les voyant prendre la mauvaise direction. Il se doutait que les deux avaient bien entendu les directives d’Allen, il préférait néanmoins les répéter même si le ton employé était sec.
« Je sais Matt. » fit-il en s’attardant sur lui. « Je te dois des excuses mec. Finalement, j’suis pas mieux. »
Il lui tapota l’épaule avec l’intention de poursuivre sa route.
« J’ai jamais abandonné, moi. Jamais. » Dit-il cherchant à croiser son regard, à provoquer une réaction en lui.
Pendant ce temps, Rita s’était approchée de Will qui l’avait appelé.
« Hé. Héhé...vous me laissez pas ici hein ? Parce que j’ai voté...je vais me faire défourailler la gueule... »
« T’inquiète... » fit-elle en lui prêtant son épaule. Elle le supporta et l’aida à s’écarter un peu.
Danny hocha la tête en se mordant la lèvre.
« Je suivrai pas cet officier. Mais je vais l’accomplir cette mission. On va la réussir. »
Le tankiste lui fit un clin d’oeil et s’écarta.
« Prends soin de toi. »
« Tu ne vas rien accomplir du tout… Tu vas rentrer sur Terre et jamais traverser la porte des étoiles. Rentre dans le rang, Blake.. » Les derniers propos étaient une dernière demande de sa part espérant le ramener à la raison.
Le soldat renifla nerveusement.
« Je suis déjà viré, mec. »
Il alla rejoindre Rita et Will. L’infirmière essayait vainement de convaincre l’Italienne, refusant d’abandonner le génie qui méritait encore des soins selon elle. Le tankiste se ravisa à mi-chemin et lui lança un objet, comptant sur ses réflexes pour qu’il le rattrape.
« Le pied gauche pour démarrer. » fit-il en guise d’au revoir.
C’était la clé de démarrage du Divorce.
Le projectile fut attrapé. Les doigts furent dépliés lui permettant de découvrir la clé du blindé et ce fut loin de le réjouir. La colère était mêlée de déception. Matt ne pouvait pas comprendre qu’on se saborde ainsi. Si ce type en était à lui donner les clés de ce qu’il avait de plus précieux, c’était vraiment qu’il était à bout.
« Je conduirais pas ton truc. Je suis un fantassin... » Son regard dévia vers l’Italienne du groupe, une idée lui venant en tête. « et un putain de bon tireur. Laisse donc ton fusil, Rita. Il me sera bien plus utile qu’à toi. » C’était gratuit et destiné uniquement à la faire réagir.
« T’es plus utile à baiser ta radasse... » envoya-t-elle pour toute réponse.
Forcément Eversman tiqua avant de répliquer. « En attendant, j’ai réussi ce tir. Pas toi. Tireur d’élite, toi ? Mon cul. Ton Grand-Père aurait honte de toi. »
Elle ne répondit pas.
Le groupe était sur le point de quitter les lieux. Izabel, complètement affolée, ne cessait de tourner son regard entre le Capitaine et les mutins. Ses yeux écarquillés trahissaient l’horrible dilemme qu’elle vivait et un calcul se fit dans sa tête. Finalement, elle s’agenouilla pour ouvrir son sac. Elle retira la seringue qu’elle avait prévu pour le capitaine et, puisque Ravix était la plus proche, elle lui agrippa l’avant bras pour qu’elle réceptionne l’objet.
« Elana. Je peux pas le laisser sans soins. Je peux pas ! Prends-ça pour le Capitaine. Injection à dix-huit heures pile, dans sa cuisse droite. »
La jeune femme chaussa son sac, terrorisée, et ajouta avant de suivre les autres qui prenaient la route :
« Je suis désolée. »

Pedge s’attendait à ce genre de réaction. Quand la gangrène avait commencé à s’incruster, elle ne partait pas d’elle-même. Il fallait l’éjecter au couteau, s’amputer de la nécrose pour espérer retrouver un corps sain. Elle ne comprenait même pas comment ils étaient arrivés là. Une élite de branquignoles, qui, la fatigue aidant, n’étaient plus que des mutins. Et à l’armée, les mutins, leur place était au trou et en cours martiale. Ce n’était pas Eversman qui allait prétendre le contraire. Elle porta la main à son oreille, et sans un seul état d’âme, elle déclara :
// Capitaine Calahan ? Je sais que vous m’entendez. Monciatti, Blake, Bowers et Sandoval. Vous pouvez les rapatrier sur le Dédale. La manoeuvre est terminée pour eux. //
Elle s’attendait à ce que l’autre lui réponde un simple : “non”. Elle l’attendait tellement. Un simple non avec tout un tas de saloperie la concernant, sur son échec lamentable à commander, et sur tout le reste. Il avait taper dans le mille en faisant tout pour qu’il y ait une mutinerie. C’était pile dans sa zone d’intolérance ultime.
Bref, s’il ne voulait pas les sortir de la manoeuvre, que devait-elle faire ? Les laisser partir ? Ce serait avoir une autre forme d’ennemi dans la nature.

Pas de réponse. Il fallait s’y attendre. Ce fumier devait être en train de se branler en voyant tout le bordel qu’il avait provoqué. Cela énerva un peu plus Pedge. C’était une manoeuvre bordel, pas plus pas moins. Elle devait donc traiter le problème, et le fait est qu’elle ne pouvait pas laisser ces quatre là se promener dans la nature avec toutes leurs armes. Tant pis, Calahan avait probablement gagné, mais elle s’en foutait un peu. Elle n’allait pas s’écraser, pas maintenant.
Un coup de feu tonna dans l’air. La jeune femme tenait son arme de poing brandit vers le ciel.
« Lâchez vos armes, mains sur la tête, et à genoux ! »
« Padilla et Eversman, mettez Bowers, Blake, Monciatti et Sandoval aux arrêts. Ravix, mettez les en joues, ordre de tirer s’ils n’obtempèrent pas. » Inutile de préciser que c’était un ordre. Son arme s’était abaissée pour viser les déserteurs. Son doigt était sur la queue de détente de son 9mm et elle était prête à tirer. Elle revivait une situation qu’elle aurait préféré ne pas revivre. Braquer son arme sur des hommes de son camps, pour des raisons presques similaires.

Dès le premier coup de feu, les hommes avaient sursauté brusquement. D’instinct, Danny et Rita s’était retourné, armes en avant, mais sans faire feu. Ils n’avaient pas le doigt sur la queue de détente. Will pesait lourdement sur Izabel qui peinait à le déplacer. Alors ils firent bouclier de leur corps tout en espérant que l’officier n’aille pas plus loin. Ils continuaient de reculer. Protégeant le reste de leur petit groupe.
Ruth Padilla était hagarde. Elle n’avait pas levé son arme et continuait d’observer le désastre.
« Capitaine... » Lâcha-t-elle dans un besoin de calmer la situation. « Capitaine, ça va trop loin... »

La situation était étonnamment semblable pour Eversman. Il avait l’impression de revivre sa propre mise aux arrêts et c’était loin de lui plaire. Les lèvres étaient pincées alors qu’il réagissait aux ordres en levant le canon vers les déserteurs. Ils étaient allés trop loin et ne pouvaient être laissé en liberté. Pas maintenant. Quand on déconnait, on en subissait les conséquences. Il fallait assumer maintenant.
Le doigt avait mis quelques instants avant de se positionner sur la gâchette. Il se devait de se tenir prêt à tirer au cas où même s’il espérait secrètement ne pas devoir aller jusque là. Ils continuaient pourtant de fuir. Ce n’était pas bon ça…

« Stop ! Arrêtez ! » Gueula le Ranger en les tenant en joue se rapprochant d’eux pour ne pas se faire distancer.

Mais le bruit caractéristique d’un fumigène se fit entendre dans le dos de Danny et de Rita. Will laissa tomber sa grenade qui laissa paraître un panache grandissant de fumée blanche tandis que les deux soldats continuaient de reculer lentement sans tirer.

Quelle bande de cons ! Ils n’obtempéraient pas et usaient d’un fumigène. Pas besoin d’être un génie, ils allaient se faire la malle d’une seconde à l’autre. Matt continua d’avancer dans leur direction, les pas se faisant plus rapides pour ne pas les lâcher du regard et surtout être prêt à les rattraper s’il le fallait. Le canon demeurait levé, le doigt crispé sur le gâchette et Rita alignée dans le viseur.

« Déconnez pas les mecs. N’aggravez pas votre cas ! » C’était plus pour lui qu’eux. Il n’avait aucune envie d’ouvrir le feu sur eux mais se tenait prêt à le faire.


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L'enfer by Calahan - Page 4 2018_e10

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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


ELANA

Normalement, ils auraient dû reprendre la marche, Elana aurait eu une réponse pour savoir si oui ou non Will pouvait tenir sur ses quilles ou avoir besoin d’une béquille. Normalement…oui. Mais là, cela ne se passa pas comme d’habitude…mais alors pas du tout. Tout dérapa à une vitesse alarmante et édifiante. Elle ajouterai même de manière absolument dégoutante. Cela commença par le capitaine, surement lasse et à bout par ses différentes aventures et son état physique déplorable avec le poison… une grande femme comme ça, qui devait faire face, pour la première fois, peut-être, à autant d’insubordination… Enfin, c’est ce que se disait Elana au vu de sa réaction… Elle ne méritait surement pas ce genre de retour. Aucun officier ne méritait ça … même les plus mauvais. Puis les deux rebelles de la forêt qui s’affirme, pour embarquer d’autres personnes… Elana était abasourdi au point, qu’elle lâcha Will sans aucune résistance alors que celui-ci partait avec Rita sans même un regard des deux protagonistes… surtout que juste avant, il s’était agrippé à elle de toutes ses forces et si elle n’avait pas été canalisée par le discours (ou elle aurait préféré éviter d’être dans la généralité, mais cela était normal au final et elle n’en voulait pas à la capitaine) de la capitaine, elle aurait dû faire face à quelques démons intérieurs…

Le discours du capitaine était celui d’une femme qui en avait ras le cul, mais qui essayait de redonner encore quelques piques pour faire bouger les choses, ponctuant une finalité sur une menace bien sentie pour les ramener à la réalité. Normalement, cela aurait dû suffire…enfin cela lui aurait suffi si elle avait eu envie de chier dans les bottes de son officier…NOM de dieux… elle venait de leur promettre la fin de leur projet de vie ! Que pouvaient t’il espérer de plus à cet instant ? Tout foirer ? Pour de simple sentiment humain ? De simples impulsion sans raisonnement ? S’ils récupèrent Tim, il n’en serait que plus déçu. Voilà ce qu’il allait écoper, d’une démission, d’un contrat au carrefour du coin de leur pays et la déception d’un leader qui leur tenait à cœur… Et puis merde, ils sont en manœuvre ! Et fort heureusement, sinon ça aurait donné quoi ? Un échec cuisant en terre ennemi ! Ils sont là pour apprendre pas pour faire les kékés branlots ! (et la couronne sur la tête de la capitaine faisait un bel écho à tout ça) Ils avaient peut-être leurs raisons, mais elles ne seront jamais suffisantes pour justifier ce genre de comportement ! Qu’Allen ne sache pas y faire ok, cela s’entendait, qu’elle ne soit pas appréciée aussi… mais savaient t’ils qu’ils avaient en face d’eux ? Une femme du rang qui a su monter les échelons sans sucer un seul chibre ! Une femme qui ne sait pas encore comment commander comme un putain de capitaine ! Elle avait ses défauts, mais ses actes forçaient le respect et comprendre un peu l’autre permet de prendre sur soi. Et ils sont à l’armée non de dieux ! Depuis quand les soldats de bas rangs, ont leur mot à dire ? S’ils n’étaient pas d’accord pour foutre au placard leur libre arbitre est bien l’armée n’est pas fait pour eux. Le seul moment où ils doivent désobéir à un ordre c’est quand celui-ci est contre les valeurs humaines de la constitution du pays ! Du genre violer un môme !

Et puis… et puis cela donnait raisons à Calahan de dire que c’est une piètre équipe, il ne fallait pas grand-chose pour qu’elle s’effiloche et que ça parte à volo. Et cela était le plus douloureux, voir que les liens étaient aussi faibles qu’un fils de soie. Oubliaient-‘ils qu’il avait une leçon sous chaque action de Calahan ? Il avait montré en détruisant des objets factices qu’il ne fallait pas partir en mission avec quelque chose qui vous tient à cœur… cela était pareil avec les humains, il fallait réussir à prendre du recul, pour ne pas se laisser gagner par l’angoisse et la peur, les raisons qui pousse les humains à prendre les mauvais choix. Et puis bon : en réfléchissant, Calahan est le plus grand bluffeur de la cité, tout est fake, tout est là pour les mettre à l’épreuve et non pour les détruire au plus profond d’eux même. En réfléchissant bien, c’est en agissant correctement qu’on peut passer au-dessus de Calahan et de ses renseignements…

Le regard dans le vide, elle toisait Danny et Rita avec Will… une amère sensation de trahison était à cet instant en elle. Puisque cela en était clairement une, ce choix égoïste et irréfléchie de scinder la meute en deux… une mission suicide pour la fierté personnelle… Elle allait aboyer quand Iza lui donna le dernier coup de poing dans son petit édifice de meute. Celui de la famille, celui du petit cocon de soutien, où on se rend compte que ce qu’on pensait solide n’était qu’une illusion. Elle sentait ses efforts, ses affections et son admiration pour chacun d’eux se briser en éclat et cela faisait terriblement mal. Elle tremblait d’une main peu assurée sur son fusil… elle avait envie de vomir cela était de plus en plus prenant et elle ravala sa salive alors qu’Iza lui servait un lot de fausses excuses qui puait la bêtise et la lâcheté. Bien sur que si, elle pouvait laisser Will sans soin… elle pouvait prendre son putain de cerveau et tenter de raisonner tout le monde ! Elle était la plus empathie la plus respecté de tous !

« Bien sur que si tu peux… Tu peux choisir d’utiliser ton influence pour ne pas choisir ! » répondit-elle d’un ton tranchant tout en prenant la seringue pour la capitaine. Oui, ne pas choisir pour unifier... Elana était blessée, elle se sentait souillée et profondément déçu.
Izabel la regarda sans comprendre. Elle tourna son regard inquiet vers Will puis répondit :
« Dix huit heures ! Et deux pilules pour ses reins ! »
« Ne pars pas ! » dit-elle dans un rictus qui cachait mal la douleur.
« Elana, je ferai pareil pour toi...il fait une hémorragie, je peux pas... »
Elle s’écarta rapidement, de crainte qu’elle ne la retienne.

Mais, elle ne lui demanderait pas de faire ça pour elle, de gâcher son rêve pour la soigner… non Iza le ferait sans avis… Will allait donc « mourir »… Oui, même avec les soins d’Iza, comment pouvait-il encore tenir sur ses deux pieds ? Sachant qu’il allait se donner à fond en plus…Comment pourrait-il se battre pour sauver Tim ? Tim qui est surement dans un hypothétique camp bien gardé et qui pourrait se faire prendre qu’avec la force d’une équipe au complet…Une équipe soudée…La réussite de Calahan était belle…même les éléments les plus humains se barraient. Que faire ? Son regardait était sur ses quatre personnes… que ce passait-ils vraiment dans leurs têtes pour qu’ils désirent faire ça ? Une session, une dissolution, une trahison et de proclamer une mutinerie ? Était-ce si facile de retourner des humains ? Avaient-ils reçu des menaces si fortes et si réelles pour choisir de partir ? La trahison en manœuvre était un test, cela allait montrer que dans la vraie vie, ils pourraient mettre un doigt d’honneur à Atlantis pour des intérêts personnels. Et qui voudrait, de personne, capable de faire ça ? Personne. Cela serait hypocrite de la part des huiles soyons clair, de les juger, car tout le monde à des intérêts personnels au final… mais on demande au soldat de ne pas être soumis à tout ça… d’être humainement machine. D’être capable de sang-froid, même dans des situations alarmantes…Ils se tirent une balle dans le pied, une balle avec l’écrito « non retour ». Comme pour Eversman et toutes ses conneries, ils allaient les porter sur une couronne, sauf qu’Eversman avait eu un cul d’enfer d’avoir une énième chance… eux, elle n’était pas certaine qu’on leur redonne une chance, surtout après « Calahan »… C’est écœurant, car ils n’auraient pas les mêmes chances de se refaire, ou peut-être que si, mais en luttant contre des jugements et contre un Calahan qui va se gausser de cette nouvelle faille. Ils allaient s’en servir contre eux … Comme pour Tim, qui devait lutter contre son démon pour avoir abandonné quelqu’un en mission. Cela n’était pas à leur souhaiter. Enfin pour en revenir à Will… il n’était pas en capacité d’être une ressource pour une équipe commando suicide… Cela l’indigna encore plus. Elle était en colère contre eux ! Contre cette réaction impulsive (et elle pouvait parler tiens...) contre, ce manque de réflexion… La colère était forte, contre le déchirement de les voir quitter le « nid ». Elle ne comprenait pas. Elle ne connaissait pas toutes les raisons qui les poussaient à foutre le camp et cela la rendait folle intérieurement de voir, que tout partait en couille …

Non… elle ne comprenait pas… et sa colère, elle finissait par l’identifier clairement comme de la peur. Aussi dure soit-elle, aussi cruelle… elle avait peur de leur avenir et de ce qui se passerait pour eux et cela faisait écho avec son besoin de ne pas être abandonné. Pour cela qu’elle réfléchit en meute, en unité… tant que la meute survie, tout peut arriver, mais quand elle se brise, la meute perd le combat. Surtout quand, il avait des membres qu’elle appréciait (peut-être trop) partir ainsi. Elle avait besoin, de se sentir unis… là, c’est ce n’est plus le cas.

Les choses prenaient de l’ampleur comme une machine qui s’emballe, elle eut l’image d’une centrale nucléaire défaillante, où chaque minute qui passaient, entraineraient irrévocablement la perte et l’explosion. Le feu était bien présent et le dernier combustible de l’équipe de charbon venait d’être au complet… Iza était l’allumette qui déclencha la réaction de la capitaine. Que s’attendaient t’ils ? Que ce genre de femme, qui depuis le début montre qu’elle est aussi dure que de la roche, les laisse partir avec une bonne tape dans le dos ? Après qu’ils viennent de lui annoncer qu’ils avaient eu l’intention de la trahir ? Non, cela n’était pas le genre de ce capitaine qui se sentait (tout comme elle) dépassée et qui devait sauter sur le bout de sol non disloqué pour tenir droite. Et dans ce cas, la réaction était implacable, on retire les éléments gênants. Cela était dur à entendre, mais au moins, elle était une femme de parole, ce n’est pas comme si elle ne leur avait pas dit… Néanmoins, cela dérangea Elana, puisqu’il avait un autre moyen, celui de la discussion, même si cela allait encore leur faire perdre du temps. Elana trouvait ça affreusement chiant et contraignant les relations humaines en conflits, surtout que dans l’état actuel le moindre faux pas…est mortel. Elle ne savait pas comment gérer ça et Tim lui manquait cruellement, il aurait su quoi faire ou même quoi dire… mais là, c’est elle qui devait prendre le relais, qui devait trouver les mots justes, pour raisonner les fuyards et un officier qui en avait marre. Elle devait agir, avant que cela prenne une ampleur bien trop importante. Elle se souvient alors de son monologue autour du feu, quand tout le monde avait appris le baiser entre Matt et Pedge… elle trouvait qu’elle avait plutôt bien parlé, évoquant la confiance dans une équipe, celle envers un officier etc..., bref elle trouva que tout était bien formulé pour une fois… même si elle c’était fait rabrouer injustement par la capitaine par la suite. Mais qu’importe, elle était capable de tenter quelque chose de pas trop merdique pour ramener à elle, le reste de la meute. Car oui, à cet instant, dans les secondes avant le coup de feu, elle se disait qu’elle pourrait être un peu la colle pour lier deux morceaux d’un vase qui se casse. Cela était surement présomptueux, mais il lui était impossible de laisser partir quatre éléments de l’équipe…

Le coup de feu, la fit sursauter… son regard balaya les environs avant de constater avec effrois que la capitaine venait de tirer en l’air, dans une ultime tentative de soumettre les autres. Elana n’obéissait pas immédiatement, son regard alla sur le quatuor qui n’étaient pas en défense avec leur arme. Elle ne leva pas son fusil, ne pouvant les mettre en joue. Ils n’étaient pas assez coupables, sauf si l’impulsivité et la bêtise était un crime. Son cœur était en train de friser l’excès de vitesse et le dilem qu’elle ne pouvait résoudre dans sa tête de jeune soldat... oui cela allait trop loin… trop loin et ça puait le gouffre !

Eversman avait tenté la provocation, Allen l’intimidation, Padilla essayait de calmer tout le monde, mais elle était maintenant muette… qu’avait-il comme autre solution ? Lever le fusil et neutraliser tout le monde dans cette forêt ? De faire un tir au lapin où les deux camps s’affronte ? Cela serait quand même l’hymne à la connerie, et que valaient t’ils tous ? Pas grand-chose et ils ne mériteraient plus d’être sur Atlantis. Alors… alors, elle lâcha son fusil qu’elle jeta à terre, pour se précipiter dans le début de fumée, elle visa clairement Iza qui était le pilier de Will, en la prenant elle, elle savait qu’elle tiendrait l’élément vitale d’une équipe : son médecin et son influenceur. Qu’on le veuille ou non, Iza est la fille sympa, agréable que tout le monde aime et soutient, car elle est là pour tous et qu’elle est surtout aimé pour ses qualités humaines. Tout le monde, la vois comme la confidente et le petit soleil de l’équipe. Et puis, à cet instant, elle avait aussi Will qui lui pesait sur les épaules. Une pierre deux coups. Cependant, il avait deux gros problèmes : Rita et Danny qui faisaient bouclier de leur corps… si elle voulait Iza, elle devait passer devant eux… Hum pas facile...Elle chopa donc Rita, pour érailler le mouvement de recul de la première ligne. Le regard porté sur Danny puis l'italienne. De ce fait, elle attrapa tenant fermement le bras de Rita,elle s’était mise en avant, pour être la première exposée aux tirs. Ainsi, si la capitaine donne l’ordre de tirer, elle serait abattue avant eux …. en conséquence, elle prendra la responsabilité d’avoir tenté autre chose. Qu’elle conne d’agir ainsi… ce mettre en danger et pourtant, c’est bien par les actes qu’on peut connaître la valeur d’une personne. Elana voulait montrer l’attachement et un signe de “paix” dans ce début de conflit à fusil ouvert (faute de coeur).

« Maintenant ça suffit… On va tous prendre quelques minutes pour se calmer et réfléchir TOUS ensemble à cette situation. Nous sommes en crise et ce n’est pas le moment de faire bande à part. C’est dans ce genre de moment, qu’il faut se soutenir et essayer de se comprendre ! » dit-elle un peu fort, mais la voix un peu tremblante par la tension qui l’animait. Elle venait de désobéir à un ordre encore… elle ne valait rien en soldat, elle était à chier ! Elle ne valait pas mieux que tous les mots doux qu’avait Eversman sur la tête (enfin Allen maintenant), elle ne valait pas mieux que tous ses jugements durs, des jugements qui la guide vers la peur de tomber dans l’échec d’être une ratée… d’un manque de confiance qu’elle pouvait avoir en elle. Maintenant, elle sait qu’elle est nulle… Tim avait encore beaucoup à lui apprendre pour manœuvrer en tant que « second »… Mais, au moins, elle tentait quelque chose, elle essayait de se trouver un dédommagement, mais rien ne pouvait racheter son acte à ses yeux. Sauf peut-être la réussite de reformer l’équipe.

« Calahan a réussi à faire voler en éclat notre équipe en prenant Tim ! C’est à nous de montrer à Brass que nous sommes capables d’être soudé, avec ou sans lui !! Qu’il soit fier de son équipe ! Si chacun part, nous perdons tous... ensemble on a plus de chance de gagner ! » c’est plus dirigé vers le quatuor, pour leur faire entendre raison que vers la capitaine, même si Elana se doutait qu’elle allait mal prendre cette initiative. Mais, si tout cela continuait de sa manière à elle, l’équipe Charlie n’aurait plus lieu d’exister, les rêves des autres aussi, cette manœuvre et même son grade de capitaine… finalement tout le monde est perdant dans l’histoire. A cet instant, elle se fit la remarque, que c’est quand même un drame, qu’elle choisisse la diplomatie, alors qu’elle est la bourrine de service.... Et qu’elle avait du mal à s’exprimer de base. Elle redoutait que tout soit compris de travers, qu’elle ne soit pas clair dans ses intentions...


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Lun 29 Avr - 21:49
Matt Eversman
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La situation n’était déjà pas assez bordélique, il fallait maintenant que Ravix s’y mêle. Du coin de l’oeil, Eversman remarqua ses déplacements mais surtout le fait qu’elle avait ôté son arme. C’était loin d’être un geste anodin pour un militaire. Jamais ils ne devaient se séparer de l’arme qui leur était confiée. Là, le geste était des plus symboliques : Ravix jetait l’éponge et rejoignait le groupe de mutins devenant la cible prioritaire du Ranger durant son déplacement.
« Pedge ? » Gueula-t-il attendant un retour de sa part pour ouvrir le feu. Que ce soit sur elle ou sur les autres, Matt était prêt à leur tirer dessus. Cela ne l’enchantait pas mais il ne pouvait accepter leur comportement. S’ils abandonnaient maintenant pendant un entrainement, ils abandonneraient aussi une fois de l’autre côté de la porte. Aussi sympathiques qu’ils étaient, ils n’étaient pas fiables et donc pas digne d’une confiance aveugle Qu’auraient-ils fait sur ce croiseur wraith aux mains de cette reine sadique ? Cette manoeuvre, aussi difficile soit-elle, ce n’était pas grand chose comparé aux événements de mission.

Ravix se lança dans un discours d’union cherchant à les ramener à la raison, essayant de ramener une espèce de cohésion. Ce n’était plus le moment. Le beau discours, ce genre de propos qu’on attendait d’un Second, ce n’était pas maintenant qu’il fallait le sortir mais bien avant que la grenade ne soit dégoupillée. La fracture était trop profonde maintenant, les désaccords multiples et surtout la confiance était perdue de toute part. Raix et les autres étaient perdus à ses yeux, Padilla plutôt neutre hésitant entre les deux camps et Pedge et lui à tenter de préserver la mission initiale.

La texane poussa un profond soupir. Cette fois, elle était lasse. S’en était trop. Qu’est-ce qu’on pouvait faire avec une équipe pareille sérieusement ? Le mariage était consommé, et le divorce pointait le bout de son nez.
« Laisse tomber Matt. », fit-elle en rangeant son arme d’un geste sec dans son holster. « Continue comme ça et tu vas t’en sortir. » Au final, elle ne pouvait compter que sur lui, et sur elle-même, dans cette équipe de bras cassés. Entre Padilla qui répugnait à suivre l’ordre, et Ravix qui balançait jusqu’à son arme pour faire Dieu seul savait quoi d’impulsif encore, c’était la bérézina. A deux contre sept, c’était peine perdue. Personne n’avait envie de suivre les ordres, sauf le ranger. Comme quoi… Même les bourricots finissent par apprendre de leurs erreurs.
« Je ne sais pas ce que tu comptes faire, mais pour ma part, je me tire d’ici. »
Elle lui colla un tape amicale sur l’épaule en passant, avec un petit signe de tête encourageant, tandis qu’elle se dirigeait vers Padilla. Eversman était dans une situation délicate. Il n’était pas là par hasard. Il achetait sa rédemption. Que devait-il faire ? Pedge n’en savait fichtrement rien. Rester avec ces ploucs ? Se tirer de là ? Elle n’avait pas de réponse à lui donner. En ce qui la concernait, même si elle n’avait pas son grade, elle ne resterait pas plus longtemps ici. De toute façon, il n’y avait plus d’équipe à commander, et elle n’avait pas envie de passer plus de temps avec ces abrutis congénitaux qui n’avaient pas leur place dans une quelconque armée du monde.
« J’ai besoin de la centrale, merci. », demanda-t-elle à Ruth.
Elle récupéra le matériel de communication vers le Dédale. Elle ne comptait même pas s’adresser à Calahan, puisque de toute façon, il ne répondrait pas.

// Robin, ici TexMex, merci de me sortir de là. J’arrête la manoeuvre. //
Jamais elle ne s’était sentie aussi humiliée. Jamais. Elle prenait sur elle réellement pour ne rien laisser paraître, mais elle en avait gros sur la patate. Si elle avait imaginé ne serait-ce qu’une minute que ça se passerait comme ça… Qu’une équipe presque au complète lui rirait au nez, elle n’y aurait pas cru. Et pourtant, elle était là comme une conne à se faire renvoyer chez elle. L’humiliation était difficile à encaisser, et peu importe la manière dont elle allait s’y prendre, elle avait l’impression de fuir. Et ce n’était typiquement pas son genre, mais que faire ? Continuer avec Eversman ? A deux, c’était du suicide, et une connerie monumentale. Tant pis. Au final, ils avaient choisi de continuer seuls, qu’ils se démerdent, et bonne chance. Ça la faisait chier pour Matt qui allait devenir le pouilleux du coin, à nouveau, pour la simple raison qu’il avait suivi sa hiérarchie. Un comble quand même.

D’ailleurs, en sentant le poids de la couronne sur sa tête, elle l’escampa dans la cambrousse. C’était parfaitement ridicule. Elle n’avait pas à s’abaisser à leur niveau.


Le canon du fusil fut baissé tout comme la tête du militaire qui partageait la déception, la colère de l’officier. Il n’aurait pas parié sur une telle fin de manœuvre, pas sur une mutinerie des membres de l’équipe. C’était n’importe quoi. Les quelques encouragements de la couronnée avaient un goût amer. Oui, il s’en était tenu aux ordres et maintenant ? Que faire alors qu’Allen choisissait de quitter l’entrainement n’ayant plus d’équipe à commander ? Il se devait d’aller jusqu’au bout tout comme le Ranger se devait d’obéir à ses supérieurs or Allen le laissait sans directives. Il échangea quelques regards avec les mutins avant de finalement choisir de leur tourner le dos et de se rapprocher des deux autres assistant à l’appel radio vers le Dédale. C’était la fin pour elle, pour lui aussi d’une certaine manière.

« Si je ne finis pas la manœuvre, je peux dire adieu à Atlantis… » Lâcha-t-il ressentant le besoin de lui expliquer sa situation. « Je ne peux pas la réussir seul. Je ne peux pas la continuer avec eux. » Matt avait littéralement le cul entre deux chaises. La situation était des plus merdiques et pour une fois il n’en était pas responsable. Il venait d’être lâché par les coéquipiers, il espérait ne pas être lâcher par l’officier.

L’appel ayant été lancé, le Capitaine Allen disparut dans un grand halo de lumière avant qu’elle ne puisse lui répondre. Le silence morbide qui s’installa n’était dérangé que par le brouillard agonisant de la fumigène, ne laissant personne derrière. L’environnement prenait étrangement un ton désolé avec le divorce resté là et les rares soldats restés sur cette crête. Padilla s’approcha doucement d’Eversman tout en fixant l’endroit où se tenait le capitaine précédemment.
« Hé... » fit-elle en lui posant une main sur l’épaule. « C’est pas terminé. Laisse-lui le temps. »
La jeune femme regarda en direction du fumigène.
« [color=Salmon]Le caporal va devoir prendre la relève. Si elle est là.../color] »
Ruth ne pensait pas que cette division durerait. Elle avait en tête les effets des campagnes de salissage et avait actuellement un très bel exemple de ce que la guerre psychologique pouvait donner en cas de succès. Même en spécialiste, elle n’aurait pas pu récupérer tout le monde en le leur expliquant. Elana avait d’ailleurs tenté le coup en soulignant les points importants sans réussir à les convaincre. Dans une telle situation de tension, ce n’était pas si étonnant.
« Écoute... » fit-elle en désignant le silence. « Pas d’appel radio...pas de suspension...la manoeuvre continue Matt. C’est pas fini... »
Les soupirs étaient nombreux du côté d’Eversman, les jurons aussi. Pedge avait disparu le laissant là, comme un con. Matt venait de témoigner sa loyauté envers la hiérarchie, envers Pedge et résultat elle venait de le laisser tomber. Il avait envie de tout envoyer balader, de prendre son équipement et tout jeter au sol, d’abandonner à son tour. Il n’en était pas loin. Ruth tenta de le consoler, de lui apporter une solution. Ravix allait prendre les commandes ? Super… On parlait de la femme qui venait de jeter son arme pour copiner avec les mutins, celle qu’il était prêt à abattre quelques secondes auparavant. Il ne se voyait pas se placer sous ses ordres comme si de rien n’était, il ne se voyait pas marcher avec eux.

Un bruit de branchage attira l’attention de Ruth.
Elle se déplaça, une main posée sur son P90 mais sans le lever. La jeune femme découvrit avec un certain soulagement qu’Elana Ravix n’avait pas suivi les mutins. Elle était encore là.
« Elana ?... »
Elle marqua une pause, échangeant un regard avec Matt, en comprenant le cheminement de pensée qu’il devait avoir. La spécialiste tenta de le tempérer de son regard, lui faisant sous-entendre qu’ils devaient s’accorder.
Une pierre située à quelques centimètres du pied d’Eversman subit son courroux la projetant quelques mètres plus loin avant qu’il n’émette un nouveau juron. Il ne pouvait rester là, pas sagement en place. Il bouillait intérieurement, il lui fallait trouver une soupape rapidement avant que l’explosion n’ait lieu. Envoyer tout balader lui semblait une bonne solution, celle qui s’imposait. Eversman choisit de s’écarter de plusieurs mètres, prenant son crâne entre les mains respirant bruyamment tout en faisant quelques pas.


Ruth se pencha pour récupérer le P90 d’Elana. Elle vint dans sa direction pour le lui tendre sans afficher de préjugé. Son regard était allé vers Eversman et elle comprenait, vu l’historique et ce qu’elle savait de son passé, combien cette situation pouvait l’impacter.
Elle reprit à l’adresse d’Elana :
« Caporal...vous êtes le dernier grade opérationnel. Quels sont les ordres ? »

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Lun 29 Avr - 21:55
Elana Ravix
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


ELANA

Ils étaient partis, comme ça pouf… qu’importe son discours, qu’importe ce qu’elle aurait pu faire pour tenter d’être la colle. Cela n’avait pas marché. Cela n’aurait pas marché au final. La seule consolation était qu’elle avait au moins tenté quelque chose. Autant pour eux que pour sa conscience. Le regard dans le vide, le fumigène avait fait disparaître les silhouettes, qui ne s’étaient pas retourné Rita avait glissé entre ses mains, avaient-ils eu au moins une once de lucidité quand elle avait parlé ? Peut-être pas, cela était une tentative trop tardive.
Elle soupira, qu’elle ne soit pas écouté, cela allait le savait, elle n’est pas un leader et quand bien même, ils avaient refusé d’écouter une femme comme Pedge, alors elle, petite capo de 27 ans qui parle comme une machine, que pouvait-elle espérer franchement ? Rien du tout. Pas même un biscuit pour bonne conduite.

Elle entendit un bruit caractéristique, une téléportation… quelqu’un arrivait ou partait ? Elle verrait que très vite la surprise. D’un mouvement las, elle se tourna, shootant dans une branche par frustration et colère. L’équipe était terminée, ils n’allaient pas tarder à recevoir un appel radio de Calahan… mais celui-ci ne venait pas. Et il n’arrivera pas. Elle avait mal en plus d’avoir la sensation de l’échec et pire encore, celui d’être dépassé et solitaire, une part de la meute avait fuis. Fuis sans se retourner. La seule chose, dont elle était certaine et après avoir défié Pedge puis un peu elle avec sa tentative merdique, c’est que dans leur regard, ils n’avaient pas abandonné la « famille », celle des militaires. Il avait donc un espoir. Enfin fallait voir ce qu’il valait, un espoir qu’ils n’aient pas renié leur métier était une bonne chose, mais là c’est l’équipe qu’ils avaient scindé. Elle était dégoutée, comment cela avait-il put être aussi facile ? Le mental est bien la plus grande faiblesse de tous.

Elle devait gérer ses émotions, elle se prit quelques secondes, pour passer sa frustration et tout ce qu’elle avait ressenti avant sur cette branche. Elle n’était pas spécialement angoissé de retourner vers les autres, elle savait qu’elle allait se prendre un tir par la capitaine et elle aurait raison. Elle acceptait, son échec et sa désobéissance. Elle assumait les conséquences.

Cependant, elle n’aurait pas à faire face à son officier…celui-ci avait disparu, elle avait quitté le navire ou bien on l’avait forcée ? La première solution était la meilleure, qu’aurait-elle pu faire d’autre ? La déception et la situation était surement trop forte. Elle comprenait dans un sens et dans l’autre, elle trouvait ça inadmissible. Mais bon cela n’avait plus d’importance, si c’est bien au mauvais, elle était blasée. Elle pourrait être colère, elle l’était, mais cela retombait dans cette émotion plus placide et surement encore plus forte que de la simple colère. Tout était partie, la fin de Charlie et ce même Charlie qui a fait fuir un officier de qualité. Ils ne valait vraiment rien tous ensemble.

Le visage fermé, le regard de la caporale balayait maintenant le sol, pour retrouver son arme, qu’elle avait laissée à terre en signe de paix pour l’équipe de rebelle. Pour ne pas qu’elle se fasse tirer dessus… Mais ce fut la voix de Ruth qui l’obligea à détourner son regard délavé du sol. Il restait Matt et la spécialiste en renseignements, une équipe bien trop réduite pour espérer continuer ainsi. L’échange de regard entre Padilla et Eversman, elle ne l’avait pas loupé et la réaction du soldat énervé indiqua à Elana, qu’elle ne devait pas lui parler à cet instant. Elle ne le retenu donc pas. Sur le coup, elle se questionnait sur cette rage nouvelle, avant de comprendre, il avait dû la penser traitre aussi. Et puis, il jugeait comme tout le monde ici. Cela la faisait chier, mais au final, elle s’en foutait, toutes les situations avaient été tellement riche en émotions, qu’elle était noyée dans un océan. Alors, qu’il la déteste ou bien même qu’il la traite de grosse nulle. Ils l’étaient tous aujourd’hui. Tous à l’image de ce roi des branlots. Comme quoi, cela était une bonne claque dans la gueule. Une leçon amère qui serait bien difficile à intégrer. Elle qui au début se pensait être un bon soldat, elle voyait qu’elle était une sous merde.

Ainsi, elle marcha plus vers Ruth qui lui tendait son P90, elle le prit avec un hochement de tête de remerciement. Et c’est à ce moment, qu’elle prit conscience, qu’elle devait prendre le commandement. Cela lui fila des frissons d’angoisse, elle n’est pas faite pour ce genre de chose ! Elle est caporale, Ruth, ne voulait pas prendre la suite ? Non ça serait déplacé au final, elle devait se démerder. Prendre le commandement de quoi ? De deux âmes égarées et abandonnées par la hiérarchie et le reste de l’équipe ? Quelle prise de commandement merdique. Elle inspira et expira lentement, pour se calmer. Allaient-ils la suivre ? Elle était un piètre leader.

« On va faire un point. Sur le plan du capitaine et nos nouveaux éléments pour continuer cette mission. » Il lui fallait prendre connaissance des éléments auxquels elle ignorait depuis le début. Elle regarda Matt, puis se tourna vers Ruth. « On commence ensemble, Eversman nous rejoindra quand il se sentira mieux. » Elle savait qu’il l’entendrait, elle ne voulait pas l’exclure, mais elle lui laissait le temps de faire passer ce qu’il avait « d’humain ». Elle, aussi avait envie de frapper quelque chose, mais elle devait se calmer, de toute manière quelque chose avait été cassé et elle luttait bien, en étant à nouveau impassible. Si elle devait les guider, il fallait passer au-delà de ses peurs, ses sentiments et de son manque de confiance dans ses capacités à cet instant. Tant de remise en question, elle ne pensait pas en arriver là, en faisant une « simple » manœuvre.

Ruth ressentit un certain soulagement. Même si Matt témoignait de sa colère, il n’avait pas encore éclaté. Peut-être comprenait-il que ça n’apporterait rien de bon de surenchérir une situation catastrophique. Elle le regarda brièvement, bien d’accord avec Elana, avant de l’attirer vers le Divorce.
« Très bien... »
Elle déplia sa carte et fit un point mentalement. Elle calcula la situation, selectionna ses phrases et se lança dans le petit briefing.
« Si tu décides de poursuivre le plan du Capitaine, nous pourrions atteindre le territoire Natus avant la nuit. On a même mieux. Il nous suffira de pouvoir monter le Divorce sur le versant. »
Elle éleva volontairement la voix.
« Si le M LE de la team veut bien conduire. On s’installe tous sur le blindé et on y sera plus rapidement. Le problème, c’est que nous allons avoir beaucoup de difficulté à obtenir leur aide. Sans Allen et sa renommée auprès des Natus, il en reste plus qu’un pour les convaincre. »
Ruth regarda l’ancien Rangers.
« La diplomatie n’est déjà pas sa tasse de thé mais, en plus, il n’est pas en odeur de sainteté auprès d’eux. Matt reste tout de même notre seul moyen d’obtenir de l’aide. »

N’étant pas loin, les propos du briefing venaient jusqu’à lui. Eversman faisait pourtant tout pour y être hermétique. Il n’était déjà pas capable de savoir ce qu’il allait faire dans les prochaines minutes alors échanger sur la suite de la manoeuvre. Tout ça lui paraissait fou… Matt en était même à se demander si ce n’était pas une épreuve de plus de Calahan pour le tester. Il lui avait donné un peu d’espoir en lui amenant Pedge, une personne en qui il avait confiance, connue et après bim le coup de massue dans la nuque. Sans compter la désertion de l’équipe les laissant à trois pauvres types. ça paraissait complètement insensé, même irréalisable.

Ce cauchemar aurait bien une fin à un moment où un autre. A trois, on ne pouvait attendre des miracles. Ils se feraient abattre l’un après l’autre et hop fin de mission. Il n’y avait plus d’espoir de réussir cette mission impossible, juste d’en finir. C’est donc avec cette idée en tête qu’il accepta enfin de revenir vers eux. Quelques mois plus tôt, il serait resté sur ses premières idées, à bouder. C’était la solution de facilité, une méthode de gamin qu’il ne pouvait désormais plus se permettre. Il n’avait pas la tête des bons jours, le regard noir et la mâchoire serrée.
« La clé du Divorce. » Tendit-il en direction de la Caporal évitant soigneusement son regard. « Je serais plus utile en position de tir qu’à la conduite de ce truc. » Il avait conscience de son expérience technologique. A part une console de jeu, les compétences techniques étaient des plus limitées. Il préférait ne pas toucher ce truc.

Un petit sourire s’aligna sur le visage de Ruth. Cela voulait dire qu’il était prêt à les suivre. La jeune femme récupéra la clé pour la donner ensuite à Elana.
« Et j’ai aucune chance de convaincre les Natus. Encore moins lorsqu’ils sauront pour Yin, si ce n’est pas déjà fait. » Là, les deux misaient clairement sur le mauvais cheval. Padilla était au courant du marché le liant à Calahan, il ne comprenait pas comment elle pouvait fonder le moindre espoir là dessus.

« Matt... » fit-elle d’une voix sincère. « J’ai longuement étudié ce peuple. Je suis une spécialiste. »
Elle s’approcha de lui.
« Ils fonctionnent au mérite et à l’honneur. Ils voient un traître parce que tu n’oses pas leur faire face...c’est comme ça qu’ils le voient. »
Ruth marqua une pause. Elle décida d’aller plus loin.
« Tu sais en quoi consiste ton inscription au registre des tirailleurs ?... »
« Un truc du genre “Héros de la Magna”. » Fit-il entre guillemets, peu sûr de lui. « De toute manière, elle m’a été retiré donc on s’en fout. » Ajouta-t-il aussitôt avant qu’une main ne passe sur le visage. Un soupir suivit. Il devait se calmer, il le fallait avant qu’il n’aille trop loin.
« Arrête de faire l’enfant... » lui demanda-t-elle avec une pointe de lassitude. « Je me suis occupé de ton dossier. Les Natus t’ont vu détruire un blindé Wraith à l’avant de leur ligne avant de te faire capturer. Ils t’ont vu te débattre pour redevenir humain lors de la dernière bataille. »
Elle le fixait avec une certaine compassion.
« Je peux t’assurer que si c’est cet homme là qui leur parle. Si tu les confrontes en étant ce guerrier plein de courage avec ces victoires, ils nous ouvriront leurs portes. Par contre...si tu continues de te comporter comme un “traître”...oui, on se fera jeter. »
Volontairement, Padilla avait mimé les guillemets comme pour lui faire passer le message qu’elle ne le considérait pas comme ça. Elle ne cherchait pas spécialement à le convaincre mais à ce qu’il comprenne la différence. Il avait les moyens, au fond de ses tripes, de faire changer d’avis les Natus qui l’opposerait.

Ne pas se braquer, se calmer et écouter. Eversman se focalisait là dessus ce qui lui demandait pas mal de concentration. Ses démons étaient là, si proches, prêt à le faire exploser et le faire repartir dans des excès qui ne lui avaient jamais servis. Ruth le connaissait, elle parvenait à attirer son attention.
« Je ne suis pas un traître » Siffla-t-il entre les dents tout en continuant de l’écouter. Il ne parvenait pas à comprendre comment lui, le paria, allait pouvoir les convaincre. Oui, il avait été un héros pour ce peuple. Oui, il avait accompli de belles choses. Une sorte de modèle à suivre. Ce n’était plus le cas, plus du tout même.
« Tu oublies Yin. Elle est sur ce camp. Elle l’était. »
« Une jeune femme qui était auprès de toi pour soigner les trois balles que tu as pris dans le corps. Qui a pansé l’épaule d’Allen. Et elle a manifestement risqué sa carrière pour que tu te sentes mieux le jour où tu as reçu les menottes. » Déclara-t-elle, énumérant les faits sans préjugés. « Elle est prise en otage de Calahan. Comme le fils de Danny, la jumelle d’Iza. C’est pour ça qu’ils n’ont pas suivi le capitaine. »
Elle le pointa d’un doigt intéressé.
« Tu peux choisir Matt. Tu fuis les Natus pour suivre Danny ? Ou tu les affrontes pour leur ramener leur fille ? »
Ruth ouvrit les bras.
« Tu comptes pas la laisser tomber, si ? »

Ruth parlait juste et bien. Les propos faisaient mouches, touchant tantôt l’égo du jeune homme, des souvenirs particulièrement marquants et forcément cela ne le laissait pas indifférent. Peu à peu, il délaissa son attitude fermée pour observer l’ancienne gradée cherchant à croiser son regard. Nul doute qu’elle le connaissait très bien et qu’elle mettait ses connaissances à profit pour les utiliser à bon escient. Le regard du Ranger changeait, la volonté et la détermination revenaient peu à peu regonflés par les propos de Padilla. Oui, il avait envie de saborder les plans de Calahan mais il y avait aussi un hic comme en témoignait les lèvres qui demeuraient pincées, agitées de multiples mouvements. Il ne le lâcha pas de suite, c’était loin d’être facile à dire.
« J’ai déjà envoyé Yin à Calahan... » Il l’avait déjà laissé tomber mais peut être qu’ils y en avaient d’autres à sauver. Matt était pris de doutes, il n’était plus la tête de pioche qui fonçait tel un taureau.
« Oui ? » fit-elle comme si elle attendait la suite.
Ruth secoua la tête.
« La Porte des Étoiles est à l’autre bout de l’océan. Elle l’a pas franchi et elle n’est pas chez les Natus en train de se faire juger. Non, là, elle est sous bonne garde dans le camp adverse, morte de trouille, en se demandant quand est-ce que tu vas arriver... »
Elle lui secoua la manche.
« Tu comprends pas qu’on en a pas fini avec Calahan ? Tout ça, ça dépend de toi. Si tu veux te morfondre ou si tu comptes récupérer ta Natus. C’est toi qui te retient, pas les autres. »
Une nouvelle fois, Ruth allait droit au but. Il avait besoin d’entendre ces mots, de comprendre qu’il y avait encore un peu d’espoir là dedans, que tout n’était pas fichu. Padilla le galvanisait, le reboostait. C’était des plus nécessaires après les multiples coups durs et elle l’avait brillamment fait. Il finit par acquiescer de la tête tout en croisant son regard.
« OK… Allons-y. » Dit-il sans grand enthousiasme.

La spécialiste lui bourra l’épaule pour lui témoigner sa satisfaction.
« C’est pas fini ! »
Elle s’approcha ensuite d’Elana non sans attirer le Ranger dans son sillage.
« DONC ! Matt peut nous faire entrer chez les Natus. C’est soit ça, soit courir après Danny à l’aveuglette. Sans savoir où ils sont... »
Elle regarda la caporale :
« Tu décides quoi alors ? »


Elana comptait bien suivre le plan initial de la capitaine, avoir des renforts et prendre des vivres et surtout de l’eau ne serait pas du luxe pour continuer la mission. Elle ignorait qu’Allen avait eu une petite menace de la part du grand manitou, lui disant qu’il ne vaudrait mieux pas se rendre au campement Natus. Et quand bien même… Cela aurait-il changer la donne ? Vu leur état et le peu de personne qu’ils leur restent… son regard se leva sur le divorce, une partie de luge … pourquoi pas tant qu’ils arrivent en bon état et surtout que quelqu’un conduise ce truc. Au pire, elle le ferait Danny lui avait montré le fonctionnement. Il était d’ailleurs étonnant qu’il ait filé les clés à Matt et non pas à elle. Mais soit, de toute manière cela n’avait pas d’importance non plus. Et Ruth venait de lever le ton pour ramener Matt à eux, avec la petite pique sur le Divorce et la conduite. Quant à convaincre les Natus, elle avait émis ce doute aussi, pourquoi leur viendraient t’ils en aide après tout ? Chacun sa merde ? non ? Et surtout, elle se demandait depuis le début, comment pourraient t’ils les aider en se battant dans une manœuvre « fictive » où s’était une simulation très réaliste de guerre. Après bon, de ce qu’on lui avait rapporté, ils semblaient loyaux et surtout empreint à de nobles combats, et ils devaient bien s'entraîner eux aussi non ? Et puis pourquoi avoir besoin de renommé ? Cela marchait ainsi chez eux ? Il faut être dans les petits papiers pour avoir de l’aide ? bonjour la mentalité tient… Cela la surprenait, car elle n’avait pas cette image de ce peuple, dans un sens elle ne les connaissait que par des hauts faits, des histoires d’autres soldats et quelques rapports. Son regard alla sur Matt, qui était soi-disant leur seul espoir pour convaincre les Natus, mais il n’avait pas la bonne cote en ce moment… Rien n’allait bien aujourd’hui...Elana n’était pas vraiment d’accord qu’il est le seul espoir, mais elle ne dit rien, laissant Ruth finir, après tout elle semblait mieux connaître les Natus que tout le monde ici.
Le mouvement de Matt dans leur direction, fit tourner la tête de la caporale, qui réceptionna les clés et à son contraire elle le fixait directement. Il cherchait à éviter son regard pour une raison qu’elle ignorait. Il n’avait pas à avoir la tête basse.
« Merci »

Toujours silencieuse et réfléchie, elle comprenait un peu plus l’angoisse qu’avait dû recevoir certains caporaux lors de la mission Normandie, sans hiérarchie au-dessus… De toute façon, elle ne pouvait rien répondre que Ruth et Matt enchaînait dans un dialogue avec des parts obscures. Une certaine Yin, surement Natus … oui la Yin de la menace. C’est quoi cette histoire finalement ? Une amante qui l’avait soigné durant la guerre, ou une personne proche… en tout cas, elle a risqué sa carrière pour les beaux muscles de Matt, Matt qui était jadis un héro pour ces Natus. Comme quoi, il manque quelques mots positifs sur cette couronne maintenant disparue. Cela aurait des conséquences ? Surement, Calahan allait bien trouver une manière de les punir pour avoir « perdu » la couronne, ou qu’elle ait changé de tête. En tout cas, Ruth convaincus avec des mots efficaces de Matt de ne pas tout laisser tomber, enfin elle lui raviva la flamme. Elle admirait cet art oratoire, qu’elle n’avait pas et du regard elle la remercia.

« Bien. Matt, la nature de la menace que ta fait Calahan avec ta Natus c’était de quel ordre ? » elle voulait évaluer le potentielle du pouvoir que pouvait avoir ce capitaine et par la même occasion transposer sur les autres et comprendre au mieux leur désertions. « Je ne te demande pas les détails. » sous-entendu, si tu ne veux pas en parler, raconte les grandes lignes et baste. Elle regarda
« Chantage Affectif. » Finit-il par lâcher échangeant un regard avec Padilla avant de revenir l’officier. « Il voulait que je retarde l’équipe. Je l’ai envoyé balader et par conséquent j’ai sacrifié Yin, une Natus. Elle sera livrée à son peuple pour en subir les conséquences. » Les détails avaient été omis mais au moins la désormais Chef du groupe avait l’essentiel et une idée de la situation de chantage dans laquelle il s’était trouvé.

Elana le regarda un peu pensif, les détails n’était pas nécessaire, elle n’avait pas à savoir plus sur les liens affectif avec cette Natus et tout le reste. Cela appartenait à Matt et à lui seul. Même si elle ne savait pas se que cela signifiait vraiment de livrer (dans les conséquences) cette Natus à son peuple et la potentielle “connerie” qu’elle avait fait pour lui au prix de sa carrière. « Et Calahan peut faire ça ? Ruiner la vie d’une personne qui n’est pas Atlante et surtout risquer de foutre en l’air les relations Atlantes/Natus ? Juste pour une manoeuvre ? » elle pensait tout haut car depuis le début cela la turlupinait. Car ce qu’avait fait cette Yin, si les Natus ne le savent pas encore tant mieux pour elle, c’est leur problème… les atlantes n’ont pas a cafter.
« Il semblerait… » Déclara-t-il avec un soupir. « Elle ne le mérite pas... » Personne ne méritait d’être punie pour ce genre de fait. Elle avait néanmoins agi en connaissance de cause, il lui fallait donc assumer même si ça ne le laissait pas indifférent. Il avait choisi de la sacrifier par rapport à l’équipe. Et quelle équipe maintenant ?!!

Elana hocha la tête, elle était d’accord, enfin elle était d’accord qu’il n’avait pas à foutre en l’air l’avenir de cette femme, surtout pour arriver à des fins lors d’une simple manoeuvre. Et que chacun regarde ses pieds avant de regarder ceux des autres.
« Personnellement je trouve que c’est lui donner trop de pouvoir. Ce n’est qu’un “capitaine”. Il n’est pas le responsable militaire ni de la cité. S’il abuse de son pouvoir, il devra en répondre à la hiérarchie et aux directeurs. Je me demande si ce n’est pas du bluffs tout ça, comme pour la bague du capitaine Allen et le fusil de Rita. Enfin c’est mon avis. Merci Matt. »

« La menace n’est pas à prendre à la légère. Calahan est responsable d’un nombre impressionnant de démissions et de démobilisations. Briser la vie d’une Natus ne l’importe pas beaucoup si ça peut lui permettre de nous affiner. »
« Hum. Il joue quand même avec des billes qui vont lui exploser à la gueule. J’ai un peu de mal à comprendre jusqu’a où il peut allé vraiement, sans que ça tombe dans l'inadmissible et qu’il se fasse botter le cul par plus grand que lui. » Enfin, elle soumettait ses doutes. Elle regarda Matt, il avait fait un choix terrible et il pouvait se dire que le mot énorme égoïsme sur feu la couronne, était en train de s'estomper.
« Je ne crois pas que les risques que prend Calahan nous intéresse. Il peut bluffer...ou être sérieux. Nous devrions partir de ce principe pour ne pas nous faire surprendre... »
Elle ça l'intéressait pour tout autre chose, mais elle hocha la tête, il fallait passer à la suite et elle avait des éléments à donner, puisque juste avant Ruth lui avait demandé de choisir.

« Concernant, la suite, je sais conduire le Divorce, Danny m’a montré. Ça fera l’affaire pour rejoindre le camps Natus. Quant à les convaincre, le Capitaine espérait un soutien militaire ? Ou juste des ressource ? Pour ma part si nous avons déjà de quoi boire et mangé, ça sera une victoire. Si tu n’arrives pas à les convaincre Matt, ce n’est pas grave, ils ont dû établir un camp pas trop loin de ressources naturelles. » au pire, elle pourra l’épauler pour l’aider si besoin… même si elle était bien mauvaise en communication. Elle fit une pause. « Pour les autres, on va les laisser courir à leur plan. Ils ne peuvent pas être raisonné actuellement. Et on perdrait du temps à les pister pour rien. »
« Les Natus pourront nous apporter un soutien matériel incontestable. Nous pourrons nous y restaurer, nous reposer, peut-être ravitailler en munitions. » Elle regardait autant Matt qu’Elana. « Ils ont des patrouilles sur tout le secteur. Leurs informations tactiques nous serons inestimable. C’est sans compter les moyens logistique que nous pourrions réclamer : comme un jumper par exemple. »
Elana hocha la tête, cela allait être bien utlile, pour les informations tactiques sur le terrain.
« Ils ont des munitions paralysantes comme celles d’entrainement ? L’un de vous sait piloter ? » Elle avait envie de dire, que elle savait sauter d’un jumper pour le parachute mais … bon.
« Un jumper ET un pilote. » rectifia Ruth. « Les munitions, j’en doute. »
« D’accord, munitions ont oublie. » Elle toisa Matt « Tu te sens de jouer de tes charmes ? » dit-elle simplement, il avait un peu d’humour, pour redonner un peu de cohésion.
« On va essayer. » Dit-il en haussaut les épaules. Il n’était pas vraiment confiant concernant la réussite de sa mission. La diplomatie était loin d’être une de ses qualités, il était même nul en la matière mais bon il se devait d’essayer. Il n’avait pas le choix de toute manière, il fallait avancer.

« Bien. » Elle regarda dans le coffre du Divorce, il n’avait plus beaucoup d’eau, elle en tendit à chacun des deux soldats, pour qu’il se réhydrate avant de se mettre en route. « En avant. » Elle s’installa aux commandes… étrange de ne pas avoir Danny… cela allait être tout sauf super fluide ou même aussi bien mener que le spécialiste, mais bon, il fallait faire avec ou plutôt sans.


Petite pause fraîcheur avant de prendre la route. Un peu d’eau pour se remettre de ses émotions. Matt n’aurait pas craché sur une bonne bière bien fraîche. Son accoutrement tenait chaud et n’était pas des plus confortables. Il fallait en être privé pour comprendre l’utilité du treillis militaire qui était l’idéal pour ce genre de missions. Résistant et aéré, l’idéal !

« Je repars pas du camp Natus sans un treillis. » Déclara-t-il tout en montant sur l’engin recherchant une position stable où il pourrait se caler durant le trajet. Les blindés, ce n’était pas son truc. Il préférait user ses pieds plutôt que de monter sur ce véhicule. Si encore, il pouvait se reposer un peu ça aurait pu être sympa mais là il allait falloir demeurer vigilant, scruter les alentours et se tenir prêt autant à s'agripper qu’à ouvrir le feu ou même sauter de là. Loin d’être reposant comme programme. La sangle du P-90 fut resserrée de manière à le tenir bien en place sur la poitrine. Les sanctions tomberaient déjà pour ne pas avoir mangé la pizza ou même pour la perte de la couronne alors autant ajouter un treillis. Il n’était plus à ça prêt maintenant.

Elana ne dit rien, elle se demanda si cela n’était pas mettre encore plus d’huile sur le feu que nécessaire… Pourtant, l’uniforme selon Calahan était un acte de mérite. Matt avait été suffisamment méritant pour avoir un trellis ? Peut-être bien, mais cela n’était pas certain du point de vu de Calahan. Mais bon, il avait bien un vêtement sur le cul, un vêtement qui jusqu'alors lui était interdit. Et puis merde, il avait le droit d’avoir un vêtement correct après tout, au pire, elle prendrait sur elle, la sanction, de ne l’avoir pas empêcher de se mettre quelque chose. Et baste sujet clos. « Et de la crème après-solaire aussi. » Il devait encore chanté comme un rossignol vu ce qu’il avait eu la veille.
« Je trouverais bien quelqu’un pour m’en badigeonner. Elles vont se battre. » Répliqua-t-il, petit sourire aux lèvres avant de rajouter quelques mots. « Si quelqu’un a une casquette, je suis preneur ! » Avec ces quelques millimètres de cheveux, il préférait prévenir d’une future insolation. Celle de la veille lui suffisait largement.
Elana leva des yeux au ciel mais elle était amusé, au moins Matt repartait sur l'humour, ce qui était bon signe. « Fais gaffe de ne pas te retrouver une grande folle. » Elle n’avait que son casque « J’ai rien pour ta tête. Tu demanderas à ton fan club. »
« Ruth en fait partie. Elle sait tout de moi. »
Elana hocha la tête d’un mouvement lent, le fameux “ah oui…” Et lança un regard à Ruth, qui se voulait amusé sous ses airs monotones. Il ne perdait pas la mains ce mec pour se faire des “copines”, cela était de l’ironie.



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Matt Eversman
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L'enfer by Calahan



Le vacarme ambiant empêchant toute conversation, Eversman finit par toucher l’épaule de Padilla pour attirer son attention avant de toucher sa propre oreillette radio et lui indiquer le trois d’un geste de la main. N’étant pas née de la dernière pluie, elle comprendrait qu’il souhaitait échanger avec elle sur le canal trois. Il n’avait pas particulièrement envie qu’Elana assite à leur conversation. Elle devait de toute manière se concentrer sur la conduite.

// Merci pour tout à l’heure. // C’était la moindre des choses de la remercier pour la patience, le calme dont elle avait fait preuve pour le rallier à l’équipe. Nul doute que la spécialiste des renseignements était habile dans son rôle. Certains auraient pu choisir une méthode plus radicale, après tout il n’était qu’à l’essai mais pas elle. Pour ça, il lui était reconnaissant. Ravix ne l’avait pas brusqué non plus lui laissant le temps d’encaisser l’abandon d’Allen.

// Pourquoi ne pas avoir pris le commandement ? // Cette question le taraudait quelque peu. Il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour voir que Ravix n’était pas à son aise en temps que leader. Ruth avait tiré les ficelles, l’aidant pour prendre la main et pour assurer la suite de la mission. Ce n’était pas vraiment étonnant quand on avait connaissance de son ancien grade.

Ruth avait simplement répondu d’un signe de tête. Elle était plongée dans ses pensées et s’égarait largement sur beaucoup d’hypothèses. La jeune femme savait qu’il ne fallait pas, qu’elle devait rester alerte en cas d’embuscade, mais elle ne parvenait pas à empêcher son esprit de tourner. Elle buchait sans arrêt sur les divers éléments de la mutinerie, collectant tant les différences de chacun, les réactions qu’elle avait perçu et ce qui était à la source du malaise.

Bien qu’elle ne se voyait pas médiatrice, elle savait qu’un dialogue entre les deux groupes serait inéluctable. Seul problème, elle avait tenté de contacter Rita par la centrale sans obtenir de réponse. Elle avait donc insisté par la suite auprès d’Izabel, sachant bien qu’elle refuserait de rester muette dans le cas où quelqu’un avait besoin de soin. Mais là encore, personne ne répondait.

Il se passait quelque chose qui dépassait le simple cadre de la mutinerie. Ruth en était arrivé à se demander si les mutins avaient vraiment tout dit des pressions qu’ils enduraient et si Allen n’avait pas, finalement céder plus à l’épuisement qu’au stress. Elle prit le temps de réfléchir un peu à la question de Matt puis répondit avec sincérité.

//Parce que ce n’est pas ma place...//
Elle s’accrocha à la barre de soutien de la tourelle lorsqu’Elana passa dans un nid de poule assez profond. Elle était aussi douée à la conduite de cette engin qu’avec les relations sociales. Ce serait une bonne petite boutade à lui faire.
//Le grade ne fait pas tout. Si tu as besoin d’un officier en renseignement pour t’expliquer pourquoi le groupe s’est scindé et pourquoi je suis convaincue que c’est temporaire...c’est moi. Mais le terrain...je ne sais pas ce que c’est.//
Elle haussa les épaules.
//Tu as été très humble de ne pas défier l’autorité qui revenait à Ravix. Tu as su conserver ta place. Et bien moi c’est pareil, je n’échappe pas à cette règle...//
La dernière remarque de Padilla lui fit tourner la tête dans sa direction, fronçant les sourcils quelque peu surpris. C’était bien la première fois qu’on le qualifiait de humble et il y avait même un superlatif employé devant l’adjectif. Eversman se savait plutôt arrogant. Enfin lui ne l’interpellait pas ainsi, c’était plutôt de la taquinerie pour lui. Un moyen de s’amuser un peu de la situation. Bon il pouvait parfois remettre séchement les gens en place mais tout le monde aussi pouvait être sec. Bref Ruth semblait sincère et mine de rien ça le touchait. Le regard se posa de nouveau sur l’environnement proche, pourtant l’attention n’y était pas, les mots résonnant encore dans son esprit et il mit un certain temps avant de lui répondre.
// Je connais le terrain, moi mais j’ai plus le grade… Ravix était le meilleur compromis même si je doute de la réussite de cette opération. // Ce n’était pas des doutes, il était sûr que la manoeuvre ne pouvait être une réussite maintenant. Au moins il serait allé jusqu’au bout comme on le lui demandait. On ne pouvait lui reprocher d’avoir lâcher l’affaire. C’était ça d’être têtu et même tenace. On changeait difficilement d’avis or il voulait retrouver Atlantis.
Padilla croyait à la séparation temporaire de l’équipe. Lui ne voyait pas comment ils pouvaient se montrer de nouveau unis. Les différences étaient trop nombreuses au niveau de l’état d’esprit. Ils étaient perdus pour lui, il fallait passer à autre chose et avancer.
// Retour canal principal. // Finit-il par lui signaler attendant quelques secondes une éventuelle réponse avant de modifier le canal radio.
//Pas si vite rangers !// fit-elle en ricanant. //Pourquoi tu te mets à douter comme ça ?//
// C’était déjà pas facile avec l’équipe au complet alors là à trois... // Il fallait être réaliste. ça n’empêchait pas de poursuivre la mission mais il s’attendait à finir neutralisé ou blessé, plutôt que victorieux pour le moment. Ils attaquaient aussi la fin du deuxième jour, les heures de sommeil étaient comptées sur la main et les ressources énergétiques réduites.
//Ah oui ? On abandonne soldat ?// Le chambra-t-elle.
// Jamais. J’ai un poste à récupérer. // Répondit-il du tac au tac tout en lui jetant un coup d’oeil.
//Ok. Alors question. Est-ce que le Capitaine Allen est le genre à fuir le navire, elle, ou elle est comme toi ?//
// Comme moi. // Pedge n’avait pas gagné ses galons sagement sur les bancs d’école, plutôt en versant son sang pour son pays. Mine de rien, le fait qu’elle l’ait abandonné là lui fichait un beau taquet derrière le crâne. Il ne comprenait toujours pas son départ. Certes une bonne partie de l’équipe n’obéissait plus mais merde, il était là et Padilla aussi. Ravix il l’avait pensé traître à ce moment là.
//Et avec cet officier médaillé de la guerre de Normandie, un rangers toujours prêt à en découdre, tu trouves que cette mission est foutue toi ?//
// Le Capitaine n’est plus avec nous. // Répliqua-t-il ne voyant pas où elle voulait le mener.
//Matt, tu es une vraie tête de mule.// S’amusa-t-elle. //Je ne comprends pas comment quelqu’un d’aussi expérimenté que toi peut être aigri parce que Calahan a réussi sa guerre psychologique...//
Tête de mule, ça c’était un qualificatif qui lui correspondait. Humble, non. // Hey ! Je te permets pas, j’ai même pas boudé cette fois ! Enfin moins de cinq minutes, ça compte pas ! //
//Je suis une intellect.// Rétorqua Ruth. //Je tiens le compte dès la première seconde ! D’ailleurs...s’il te faut une raison pour bouder...//
Elle ouvrit son gilet tactique pour en retirer une forme large et ovale qu’elle y avait précédemment coincé. La couronne que Pedge avait jeté dans les bois, Ruth l’avait récupéré en sachant pertinemment que son frère d’arme aurait feint de ne pas l’avoir vu.
//C’est à toi.//
Elle lui tendit la couronne en lui tapotant le torse avec.
//On va éviter de donner des raisons de plus à Calahan, tu en dis quoi ?//
Qu’allait-elle lui sortir qui serait capable de le faire bouder ? Une nouvelle photo d’un de ses exploits ? Méfiant, Eversman scrutait ses mouvements et découvrit avec horreur cette fichue couronne. Les sourcils se froncèrent aussitôt, le regard devenant plus noir. Sûr qu’elle n’avait pas raté son effet.
// La couronne m’a été retiré par l’officier commandant et depuis portée disparue. // Il n’avait clairement pas l’intention de la remettre et lui tourna quelque peu le dos pour ne pas avoir cet objet dans son champ de vision.
//D’accord, le héros. Tu ne la portes pas.// fit-elle simplement en commençant à la ranger. //Demain, ou après demain, toute l’unité retournera au repos. Mais toi tu continueras ton instruction, tout seul, avec Calahan. Pas besoin de te faire un dessin quand il saura que tu as désobéi à un ordre direct...//
Elle mimait une innocence complète tout en essayant de lui faire comprendre ce qui lui pendait au nez.
Ruth marquait des points, même si ça ennuyait sérieusement le Ranger. Tout cela n’était que le commencement pour lui. Il n’en avait pas fini avec l’officier. // Je n’ai pas retiré de moi même cette couronne, je n’ai pas désobéi et cet objet est porté disparu. // Fit-il en se tournant vers elle, les lèvres pincées. Ruth étant maline, il espérait qu’elle comprenne de lâcher ce couvre-chef dans la nature. Si elle le ramenait jusqu’au camp, il était fait.
//Tu sais à quoi tu me fais penser ?// Blagua Ruth.
Elle le laissa hésiter quelques secondes avant d’ajouter d’un ton plein d’humour :
//Un petit garnement capricieux. Il a fait cramer la poubelle de maman en jouant avec les allumettes et maintenant il essaie de l’embrouiller pour esquiver la punition. Le nez dans la merde, tu soutiendrais que c’est de la rose avec un parfaite tête d’innocent...//
// Mais c’est une rose ! // Dit-il sur le ton de la conversation, un sourire plein de malice aux lèvres. Le silence reprit ses droits quelques secondes avant qu’il ne reprenne la parole. // Allez Ruth. S’il te plait. // Il aurait pu ajouter “lâche-la” mais cela ne lui semblait pas nécessaire. Ils savaient parfaitement ce qu’il désirait maintenant que cet objet avait surgi de nulle part. Matt risquait de passer les prochains jours à devoir la rechercher dans la broussailles mais là le confort de ses cervicales malmenées et son moral le poussaient à ne pas la retrouver de sitôt.
//D’accord...// fit-elle en refermant la fermeture de son gilet par-dessus la couronne. //Tu penseras à maman Ruth quand Calahan te fera manger de la boue ? ?//
// Promis. // Répondit-il avec un geste de la tête. Il aurait préféré que cette couronne ne soit pas sagement dissimulée sous cette veste mais plutôt éparpillée dans la nature. Là il y avait toujours le risque qu’elle soit retrouvée et bien trop à proximité. A moins que Ruth n’ait une autre idée pour s’en débarrasser ?
La jeune femme le fixa un moment, secouant la tête tout étant secoué par les chaos du chemin.
//Tu sais pas à quoi ça sert hein ?//
// J’imagine que ce n’est pas pour en faire un pot de fleurs… Et côté souvenirs, il y a mieux. //
//Donc c’est une croisade personnelle spécialement prévu pour te reconduire sur Terre ?//
// Je l’espère pas. //
//Fait marcher ta tête. Enlève le côté scandaleux pour diviser. Pourquoi il fait ça ?//
// Côté couvre-chef humiliant, c’est du haut niveau. ça rappelle bien les diverses conneries... //
//Oui c’est ça.// L’encouragea Ruth. //Mais le but ?//
// Non reproduction de ces actes. Amélioration du comportement... // Répondit-il mécaniquement.
Elle ricana.
//Je te perds là. Sujet, verbe, complément out !// Ruth fit un petit signe positif. //Mais oui, tu as trouvé. C’est pour que tu assumes tes actes. Qu’en cas de réintégration, tu ne colles pas ton poing dans la figure du prochain qui prononce le mot “traître” ou “nympho”.//
Rien qu’à l’évocation du mot traître, Eversman tiqua. Il tenta bien de le dissimuler en détournant la tête mais nul doute que l’experte l’aurait certainement vu. Il avait agi comme tel, qu’il le veuille ou non il l’avait fait. Pas le choix de l’assumer même si cela l’affectait grattant toujours cette plaie à vif. Au moins ne lui avait-il pas sauté à la gorge...Matt soupira avant de tourner de nouveau la tête dans sa direction.
// Pourquoi tu gardes ça ? // Demanda-t-il ne passant plus par quatre chemins.
//Parce que je sais que tu ferais tout pour t’en débarrasser.// Confia-t-elle doucement. //N’importe qui ferait pareil, moi la première. Mais ce serait une grave erreur. Ce n’est qu’un bout de féraille et tu ne la porteras plus le moment venu. Mais en attendant, avec ton caractère de cochon, ça peut très bien devenir ton billet pour la Terre.//
Elle secoua négativement la tête.
//En bon équipier, on se protège les uns des autres. Encore plus de nous-même.//
Les propos de Ruth étaient justes. Même si ça l’ennuyait profondément de l’admettre, elle avait raison. Elle voyait juste dans son jeu et l’avait percé à jour. Eversman ne répliqua pas se contenant d’un geste de la tête avant de détourner son attention. Il avait besoin de réfléchir un peu tout ça, en ressentant le besoin. Tant de sacrifices et le non port de cette fichue couronne pourrait tout saboter...Il ne se sentait pourtant pas capable de la remettre là maintenant. Pas après les événements des dernières minutes. Ce serait le taquet qui lui ferait flancher les genoux et il n’avait pas besoin de ça… L’information positive à retenir de tout ça : Ruth veillait sur lui, tout comme tout bon équipier devrait le faire.


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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


La conversation terminée, la jeune femme reprit le canal radio général et tapota la jambe d’Elana pour attirer son attention.
//Ca ne te dérange pas de parler en conduisant ?//

Décidément, c’est bien plus facile quand Danny conduisait…Mais il n’était plus là et dieu sait où encore. Elana ne préférait pas y penser actuellement, trop de sentiments qui formait un mauvais cocktail qu’elle ne voulait pas gérer à cet instant. En tout cas, elle devait quand même avouer un truc, elle adorait conduire cet engin et les sensations qui en découlaient. C’est une accro à l’adrénaline et c’est pour ça qu’elle avait fait parachutiste après tout. Se jeter dans le vide, s’ouvrir à un monde illimité, risquer de mourir à chaque instant et voir des choses magnifiques. La vue du ciel est la plus belle chose qu’elle a pu admirer et elle espère voir dans cette galaxie des paysages qui détrônerait le ciel. Les secousses de l’engin étaient aussi dues à sa conduite active, elle se pressait un peu, voulant arriver avant la nuit et ne pas se faire surprendre. Son regard était rivé sur le chemin et les alentours, appréhendant une chute de cabot. « Peur » un peu surfait puisque pour le moment tout était calme. Elle fut légèrement surprise par le contact de la main de Ruth sur sa jambe.

// Dis moi. // répondit-elle en réduisant quand même son allure pour ne pas faire de connerie.
//C’est peut-être personnel. Mais quand l’équipe s’est séparé et que tu as essayé d’agir, tu as filé droit sur Rita. Tu peux me dire pourquoi ?//
// Je voulais viser Iza mais je ne pouvais pas l’attraper. Je voulais les retenir, faire une dernière tentative avec de la diplomatie dernière chose qui n’avait pas vraiment été fait avant… mais trop tard. Je n’ai pas choisi le bon moment, je l’ai raté. // Elana répondait simplement, elle n’avait pas à le cacher. Elle soupira doucement, cela était quand même un bel échec. Mais elle n’en avait pas spécialement honte, elle avait essayé quelque chose, peut-être quand dans une autre réalité alternative cela aurait marché ? C’est Éric qui aimait dire ça, pour justifier que rien n’est gâché… dans cette autre réalité, il ne serait peut-être pas mort et elle pas ici.
//Tu penses qu’ils t’ont rejeté aussi ? Ou qu’ils ne voulaient pas t’écouter ?//
// Je ne peux rien affirmer sur ces deux points. Je sais juste qu’ils n’ont pas rejeté l’armée encore. Ils avaient encore la lueur. // et puis, si la réponse était oui à leur rejet d’elle ou même de l’avoir écouté, elle ne voulait pas le savoir, cela serait triste et décevant. Elle préférait se dire qu’ils avaient déjà décidé de partir. Sinon, que valait-elle ? Pas grand chose et elle se sentirait humainement parlant, “mal aimé” alors qu’elle les apprécie beaucoup et plus particulièrement Rita, Iza et Will.
//Ca dépassait la sympathie qu’ils ont pour toi tu sais ? Je pense qu’ils t’ont entendu. C’est juste que ce n’était pas le moment...//
// Tu essais de me remonter le moral Ruth ? //
//Je sais que ça te demande des efforts de te montrer sous ce jour. Je ne voudrai pas que ça te démotive.// Répondit-elle doucement. //Tu avais pas mal d’affinités avec Will, Iza et Rita. Je sais que ça doit t’attrister.//
// Oui, mais c’est ainsi. Pour le moment rien ne peux changer et on a une mission. // répondit Elana mécaniquement. Qu’importe ce qu’elle ressentait, ils avaient bien plus important qu’elle et ses tressaillement affectifs. Elle évita un rocher sur le sol en tournant à sa manière si “douce”. Elle espérait qu’ils n’avaient pas le mal des transports sinon, c’est balo pour leurs estomacs.
//En parlant de mission, j’ai l’intention de contacter le Dédale quand on sera arrivé au camp Natus. Il faudra avertir le Capitaine que nous avons réalisé son plan. Tu es l’unité commandant Charlie, tu t’en chargeras ?//
Elana eut un doute… pourquoi la capitaine ? Elle était partie, ce n’est pas pour rien, faisait-elle encore partie de cette manoeuvre ? Ruth avait des informations en plus. Si Allen était encore dans la place et que Ruth savait pourquoi, ne l’avait pas t’elle dit avant ?
// La capitaine a déclarée forfait. Pourquoi l'avertir de quelque chose qui ne la regarde plus ? A moins que tu en saches plus…Si c’est le cas, j’attends la suite.. //
//Le Capitaine était simplement excédée. Je crois en son retour.// Affirma Ruth. //En continuant de rendre compte, nous lui prouverons que l’unité Charlie existe encore. Et que nous continuons de nous battre contre Calahan.//
// Il est bien d’avoir quelqu’un d’optimiste dans l’équipe. Et pour te répondre, oui je m’en chargerai c’est mon rôle, même si actuellement j’en vois pas les bénéfices, je les verraient après. // répondit Elana, elle ne croyait en rien à cet instant, elle avançait comme elle l’a toujours fait. Si la capitaine revenait, cela serait bien, autant pour l’équipe que pour elle, ou même la capitaine elle même et son rang en suspens. Mais d’ici là, il fallait retrouver un semblant d’unité et il était un peu trop tôt pour se rassembler. Mais, cela ne mangeait pas de pain de recontacter la capitaine, pour le peu qu’elle ait des doutes ou une fierté à prouver cela pouvait la remettre dans le bain. Après, si elle revient, il faudra aussi, qu’elle prouve à son équipe l’officier qu’elle est. Comme cela avait fait défaut à plusieurs. Enfin, elle faisait confiance dans la sagesse de l’ancien officier qui en savait long. // Tu as analysé le comportement des autres avant la rupture ? // après tout Ruth était du NID, elle ne disait pas tout a, juste parcequ’elle souffrait d’une suffisance d'optimiste, autant utiliser .
//Hm-hm// fît-elle positivement. //Qu’est-ce que tu veux savoir ?//
// Fais-moi un compte rendu de tes conclusions // Elle voulait savoir un peu trop de choses pour être franche. Et un contre rendu avec le raisonnement de l’ancien gradé l'intéressait pour le confronter à ses propres pensées.
//Ce serait long.// Déclara Ruth pour toute réponse. //Tu aimes les gens qui parlent des dizaines de minutes sans respirer ?//
// Tu n’es pas bonne en apnée ? // Et oui, elle aime écouter les gens, ce n’est pas une bavarde et elle y trouve une forme de complémentarité à écouter les monologues. Surtout quand ils sont intéressant.
//Je manque de pratique.// Répondit-elle du tac au tac. //Mais je vais faire un effort. Et ce sera une bonne occasion de tester notre Ranger, voir s’il va abandonner honteusement cette fréquence !//
Ruth avait tourné un regard amusé dans sa direction.
// J’ai déjà abandonné... // Répliqua-t-il d’une voix lasse préférant se concentrer sur l’environnement local plutôt que sur leur discussion. Il devait déjà faire en sorte de ne pas trop se focaliser sur la discussion n’entendant qu’une sorte de musique, certains mots provoquaient un pic de son attention. L’envie de décaler légèrement l'oreillette lui était déjà venue à l’esprit ou de leur gueuler de changer de canal mais il n’en fit rien. Chacun sa place. A lui de la fermer et de surveiller les alentours, aux gradés de réfléchir.
//Quelle audace...//
Puis elle débuta : //Ils nous ont prit Tim parce qu’il était apte à calmer les tensions. Vous le savez déjà. Mais vous n’avez peut-être pas remarqué l’erreur d’interprétation qui s’est joué entre Danny et Allen. Quand il a révélé l’offre de Calahan visant à la “vendre” contre la vie de son fils, ce n’était pas pour le plaisir de lui révéler cette trahison. Ou bien le fait que nos amis ont attendu avant de lui dire la vérité...//
Elle marqua une pause, parfois bercée par les tremblements du Divorce, parfois gênée par les sursauts soudains.
//Danny a accepté de le dire, convaincu par Izabel, pour lui montrer qu’il ne le ferait pas. Mais c’était déjà trop pour notre Capitaine. Je présume qu’elle a dû croire que cette hésitation dans la troupe, pour lui révéler le double-jeu de l’ennemi, était assimilable à de la traitrise. Là où Danny avançait un geste de confiance, Allen y a vu un coup de poignard.//
C’était son analyse. Elle y avait longuement songé et elle revenait souvent au même résultat.
//Notre Capitaine est partisante de l’ordre qu’on ne discute pas. Et franchement, je ne pense pas que le moindre de nos camarades discuterait cette politique. Le seul problème, c’est que Calahan tient nos familles...//
Elle avança un doigt levé pour souligner la pensée qui devait forcer filer auprès de ses camarades.
//Et réfléchissez un peu. Oui, ça a tendance à être faux. Mais un risque, c’est un danger potentiel qui existe. Il y a toujours une probabilité que la menace soit mise à exécution.//
La jeune femme soupira.
//Il n’y a rien de pire que d’être tiraillé entre le boulot et le personnel. A ce stade, je spécule. Mais je pense sincèrement que la réaction de notre Capitaine est intervenu au pire moment. Parfait pour recadrer des troupes. Destructeur pour ceux qui avaient besoin d’être mis en confiance. Danny a dû se dire qu’Allen ne l’aiderait jamais dans ce qui le motive, qu’elle se fichait que son fils ne bénéficie jamais de ce traitement. Il allait au devant des ennuis en atteignant ce camp Natus. Peut-être plus que de s’éloigner d’Allen.//

Ruth continuait de réfléchir en même temps.
//Comment être une équipe soudée et solidaire en suivant un officier qui ignore les pressions que vous subissez ? Rita est très impulsive, c’était personnel contre le capitaine. Et Will...il était terrorisé à l’idée de se retrouver seul, blessé, face à la colère de l’officier. Je ne dis pas que ça les excuse. Je déduis surtout ce qui a motivé leur départ. Par contre, pour Izabel...je ne comprends pas.//

Elana n’était prête à écouter Ruth qui se plia gentiment à sa demande, après que Matt décroche ou non cela ne le concernerait que lui. C’est juste dommage s’il le fait, car il se priverait d’une analyse très intéressante. La française, réfléchissait en parallèle des réflexions de l’ex agent du NID, elle devait juste faire attention à ne pas se « décrocher » de la route et rester vigilante. En tout cas, cela lui éclaircissait quelques points et aspect, ouvrant les yeux sur d’autres éléments. Cela pouvait se résumer facilement : une mauvaise interprétation et donc une mauvaise communication. Le mal de l’homme avec le mal de dos. En tout cas, c’est assez intéressant d’avoir quelqu’un de la formation de Ruth dans l’équipe, Elana se demanda si elle regrettait son ancienne vie ou même un poste plus valorisant que soldat de terrain… peut-être qu’une fois la manoeuvre passée, elle aura le droit à quelques avantages et un poste plus en adéquation avec sa spécialité. En tout ca,s elle évolueras surement plus vite que tout le monde ici, laisser un lieutenant-colonel en simple bidasse c’est un peu gâché son potentiel.
// Elle est incapable de laisser quelqu’un dans le besoin. Will est blessé et apeuré. Pour ça qu’elle la rejoint, cela aurait été n’importe qui, qu’elle serait restée auprès du blessée. // répondit Elana suite à la dernière tirade de Ruth.
//Effectivement, ça correspond assez bien à son tempérament.// Reconnu-t-elle. //Pour finir mon petit exposé. J’ajoute que le Capitaine a été très affecté par cette séparation. Je ne sais pas si vous avez remarqué ses signes physique non verbaux avant qu’elle ne remette tout le monde en place. Et ceux qui ont suivi ensuite. L’épuisement n’est pas seule cause. Je suppose que, comme tout officier, ne pas pouvoir empêcher une mutinerie représente une grande humiliation.//
Elle haussa des épaules.
//Un gradé de sa trempe devait surement s’attendre à obtenir des soldats élitistes déjà formés. Et Calahan savait que des soldats discutant ses ordres contribueraient à sa déstabilisation.//
Non Elana n’a rien remarqué puisqu’elle n’avait pas son intention fixé sur les signes de la capitaine. Pour être franche, elle en avait eu même rien à cirer de ses micro expressions vut le bordel où ils étaient. Mais elle était d’accord avec la conclusion de Ruth, une mutinerie était une humiliation et pas seulement pour l'officier, mais pour l’armée en somme. Une couille dans un paté pas si bien arrangé que ça. Et heureusement que cela se produisait dans une manoeuvre … Quand au soldats bien formé elle avait ce droit d’être en attente de ça et tout le monde s’y attendait, enfin elle oui Elana Ravix s’attendait à ça et même auprès d’elle même.
// Conclusion : Calhan à gagner le second round. On est à égalité, il faut qu’on remporte le troisième. // affirma Elana, Matt était silencieux, il avait surement décroché, il ne semblait pas s'intéresser à tout ça… comme le bon soldat 1ere classe en somme. Pourtant il avait été gradé lui ? Comment tout cela pouvait lui passer au dessus de la tête ? Encore des mystères.
// Merci Ruth //
//Il n’y a pas de quoi. Tu as fais la conclusion pour Matt. Je repose ma langue maintenant.//
Elana hocha la tête, elle n’était pas certaine que Matt est encore “là” dans leur conversation. le Divorce se prit un nid de poule, l’engin secoua ses occupant avant de repartir à fond les roues. Elle avait hâte d’arriver dans le campement et se reposer un peu, surtout que le bruit du moteur commençait à lui peser.

Fin du bourdonnement sonore, place maintenant au bourdonnement mécanique. Quoique ce dernier, Matt n’eut pas trop le temps de l’apprécier avec la conduite brusque de Ravix. Il ne pouvait lui en vouloir, elle n’était pas spécialiste. Entre les accoups, les nids de poule et les vibrations, ils risquaient d’avoir le dos en compote à la fin du trajet. Les vacances, ce n’était décidément pas pour eux.
Ruth était partiellement dans le même état. Sa blessure bénigne qu’Iza n’avait eu le temps de traiter la faisait souffrir. Il arrivait parfois qu’elle se plaque le flanc de sa main valide pour l’observer ensuite. Elle s’y attendait à y découvrir du sang qui aurait entièrement imbibé cette partie de son uniforme.
En réalité, son flanc était devenu très sensible et le peu de courant d’air se ressentait à travers l’ouverture.

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Steven Caldwell
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Pendant une bonne heure encore, le Divorce et son équipage fila à vive allure en direction du territoire Natus. Ruth donnait des indications en temps réel, faisant une comparaison entre les constatations du terrain et sa carte. Elle se lâcha un peu plus pour jouer la voix d’un GPS à l’intention de Ravix, essayant de lui faire casser son air de robot. Le soleil tapait fort sur le blindage et la poussière les recouvraient petit à petit. Seul le blindé semblait irrémédiablement imbattable à cette usure en répondant aux commandes d’Elana.
Elle ne tarda pas à remarquer, tout de même, que certaines jauges faisaient la gueule. Il y en avait même deux qui commençaient à approcher de la zone rouge sans qu’elle n’en comprenne la signification.

L’unité survivante de Charlie trouva ensuite quelques structures de pierres. Ce qui semblait être de petits abris entièrement fait de roches et qui ressemblait clairement aux structures des Natus. Il n’y avait pas de doute qu’ils étaient parvenus au bon endroit. Le soleil commençait dangereusement à se retirer, signe que la fin de journée était aussi proche que leur objectif. Le Divorce s’enfonça dans le lit d’un ruisseau asséché, sans bordures, dont la couverture de galet était parfaite pour rouler. Le trio était en droit de se demander combien de temps encore il faudrait. Ruth avait insisté sur le fait que les alliés étaient au courant de leur approche puisqu’ils contrôlaient bien ce territoire. Les Natus allaient les intercepter avant qu’ils n’atteignent le fortin. Ce n’était qu’une question de temps.

En effet, le blindé parvint sur une petite route praticable qui serpentait aux travers de quelques forêts, abandonnant cet espèce de désert de rocaille et de poussière qui avait fait d’eux des sacs d’aspirateurs. Une détonation très soudaine éclata sur leur flanc droit au niveau d’un petit surplomb. Le vacarme et l’onde de choc était très caractéristique, suffisamment pour ramener certains souvenirs à l’ancien Rangers.
C’était une charge de démolition Natus qui venait de sauter. Pas trop loin, ni trop proche, juste ce qu’il fallait pour leur envoyer un avertissement en règle.

A cause des débris qui leur retombaient dessus, Elena fut bien obligée d’arrêter le Divorce pour qu’ils puissent s’abriter derrière son blindage. Les équipiers entendaient distinctement tous ces petits “Toc-toc-toc” des morceaux rebondissants sur le métal. Le temps que l’éclat cesse et que le bruit s’éloignant se meurt. Un brouillard de poussière se tordit sous l’effet des courants d’air. Il se dissipa peu à peu sous le vent, une silhouette se formant doucement au travers.

Ruth se redressa un peu pour observer l’environnement. Elle observa cet homme qui se mettait vraiment en évidence sur ce surplomb abimé par l’explosion, c’était volontaire. En plein dégarni, il se ferait abattre en un rien de temps mais sa stature transmettait un autre message. Un peu essoufflée par cette explosion surprise, et pas très rassurée, la jeune femme chaussa ses jumelles.

« Dorures caractéristiques sur les manches et les épaules. Armement de corps à corps. C’est un Meneur de Combat. Équivalent Colonel. »

Ruth quitta son observation et reprit sa position en couverture derrière le char. Songeuse, elle mettait en place les différentes pièces du puzzle et parvint à la bonne conclusion.

« Ca ne peut être que l’officier qui dirige le fortin. Notre façon d’arriver est inhabituelle pour eux, alors il est venu en personne. Et pas seul...regardez... »

Elle pointa du doigt la crête opposée, face à eux, qui donnait un avantage de hauteur. Quelques mouvements se dicernaient parfois de soldats bondissant d’un abri à l’autre en se mettant en position. L’officier était le seul à s’être placé à découvert de l’autre côté de ses hommes. Bien droit, la main sur le pommeau d’une épée qui cernait son flanc, il restait là à les observer comme une figure de proue.

« Matt. » Elle l’attira à lui. « Écoute. Ce Meneur se montre délibérément pour symboliser un acte de politesse. Cette façon de se tenir, c’est une invitation. Il discutera avec celui qui se présentera à lui. »

Ruth ne voulait pas lui foutre la pression. Mais à ce stade, il était la seule personne capable d’agir en ce sens.

« Je sais que la diplo, c’est pas ton truc. Mais on a besoin de toi. Ne lui manque pas de respect s’il te met face à tes échecs, il va tester ton honneur. N’oublie pas tout ce que je t’ai dis, tu es le vainqueur de la Magna...c’est cet homme là qui va s’adresser au Meneur. D’accord ? »

Elle lui pressa l’épaule.

« C’est ta chance de renouer avec les Natus, Matt. »



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Matt Eversman
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L'enfer by Calahan



La détonation surpris Elana tout comme l’équipe. Certes, elle s’attendait à être, un moment où un autre arrêté par une congrégation Natus, mais pas de cette manière. Elle se demanda même pourquoi, ils se font « agressés » de la sorte, en territoire allié, avant de se faire une remarque évidente : les Natus ne devaient pas avoir l’habitude que quelqu’un traverse « leur » territoire avec un engin pareil et surtout sans être annoncé. A ce demander ce qu’ils étaient en train de se dire à cet instant. Dans tous les cas, explosion = réaction. Elle freina l’engin qui dérrapa un peu sur les cailloux, pour leur faire signe de se réfugié derrière l’endroit évitant les éclats métalliques.
« On ne m’avait pas vanté ce genre d’accueil chez les Natus » dit-elle d’un air mitigé une fois contre la carlingue. Ruth qui juste avant essayait de la « déridé » y était un peu parvenu, même si cela n’était pas le plus flagrant sur son visage, Elana répondait toujours à l’humour, mais à sa manière. Il fallait quand même avouer que l’imitation du GPS de Ruth était assez hilarante et avait fait passer le temps entre deux secousses.

Enfin bon, point positif après une “cri” de bienvenu, les Natus ne voulaient par leur mort au vu du comportement de cet homme en terrain couvert signe d’ouverture comme le soulignait si bien l’ex-officier à Matt. les paroles finales de Ruth et sa manière de présenter, faisait penser à Elana: « la chance » de la vie d’Eversman, comme s’il jouait une nouvelle vie avec ce peuple… « Va y mon coco tu vas y arriver pour la chance de ta vie ! Tu vas raflé le gros lot et la petite dame ! ». Cela était ainsi dans la tête d’Elana qui avait l’impression que cela était peut-être un peu « trop ». Mais, ne pouvant pas juger sans les antécédents, elle ne pensa pas plus, un simple rictus était sur ses lèvres.

L’équipe s’enfonçait dans la gueule du Loup. L’animal, ou plutôt les Natus étaient au courant de leur présence et tôt ou tard, ils allaient leur tomber dessus. Cette pensée était loin d’être rassurante et impliquait de demeurer vigilant. Rester concentré était loin d’être une qualité du Ranger. Il manquait d’attention, incapable de ne pas piquer du nez lors d’un briefing ou d’un long discours. C’était donc là une petite torture de rester sagement assis à subir les mouvements du blindé tout en scrutant l’environnement. Avec ces vibrations, Matt ne savait plus trop comment se mettre pour que ce ne soit pas désagréable. Clairement, il n’était pas fait pour rester sagement assis.

Le blindé sinuait maintenant dans un lit de rivière, la forêt de chaque côté était un couvert idéal. C’était l’endroit parfait pour une embuscade et ce qui devait arriver, arriva. Une explosion soudaine eut lieu sur le flanc droit le faisant sursauter et manquant de peu de le déstabiliser du véhicule. S’il n’y avait pas de pierre à feu là dedans, Eversman était prêt à remettre immédiatement la couronne en place. Cela eut le mérite de l’éveiller, pas de demi-mesure et le palpitant à bloc. Il ne fallait pas rester là… Matt n’attendit pas que le blindé soit stoppé pour en sauter cherchant à s’abriter, aussitôt rejoint par les autres. Dépourvu de casque de protection, la main gauche s’y logea en guise de défense contre les projectiles alors que yeux étaient protégés dans la poussière dans le creux du coude. Le fusil d’assaut était fermement tenu de l’autre, prêt à riposter. Rester à couvert, attendre que l’orage passe avant de pouvoir répliquer.

« Il y a de la pierre à feu là dedans. ça doit être des Natus ! » Partagea-t-il avec le reste de l’équipe. En temps normal, il aurait affirmé qu’il s’agissait bien de Natus mais Calahan était passé par là et par conséquent la méfiance était de mise. Il n’était pas à une imitation près.

La poussière se dissipant, Eversman tenta un coup d’oeil essayant de repérer une éventuelle cible. Une silhouette se détâchait à l’avant mais ce n’était pas celle qui le préoccupait le plus. Le lieu de l’embuscade n’avait pas été choisi par hasard. Ils étaient à découverts ne pouvant compter que sur le véhicule comme couvert. Des ennemis étaient sûrement sur les flancs à attendre l’ordre d’assaut. Peut être d’autres en arrière pour les priver de retraite. Il fallait bouger de là et vite ! C’était à Ravix de leur trouver un lieu de repli, lui se positionna, prêt à ouvrir le feu maintenant que la vue leur était rendue. Ruth leur distillait de nombreuses informations. Bon au moins, ils avaient bien affaire à des Natus. C’était déjà un bon point ! Ils étaient venus pour eux.

Une main se posa sur l’épaule attirant forcément l’attention. Ruth l’entraina à couvert avant de le briefer sur la situation. Le grand moment approchait et c’était loin de l’enchanter. Il avait eu beau avoir cogité un peu le temps du trajet, il ne se sentait vraiment pas homme de la situation. Qu’on le challenge d’abattre un maximum de cible, OK. Aller cogner le plus costaud des mecs de l’unité, OK. mais être celui qui doit aller négocier, non vraiment pas. C’était vraiment miser sur le mauvais cheval. Eversman n’en menait pas large essayant d’intégrer les différentes informations transmises.

La pression était conséquente sur les épaules. Une main passa sur son crâne, le caressant faisant voler un peu de poussière avant de redescendre sur son visage. La nervosité était là malgré les quelques encouragements de Ruth. Il la gratifia d’un mince sourire avant de finalement baisser les yeux essayant de rassembler un peu ses pensées pendant une vingtaine de secondes.

« Ravix ? » Finit-il par déclarer attendant ainsi l’aval du Chef d’équipe cherchant à croiser son regard.
« On va venir avec toi. » Dit-elle d’un ton affirmatif.
Ce n’est pas juste pour tenir la main du ranger, non, elle voyait bien qu’il était aussi nerveux qu’une pucelle qui va voir le grand méchant loup. Il allait se faire bouffer s’il est aussi stressé. Ainsi, elle prit la décision de l'accompagner, ils n’avaient rien à protéger, le divorce était grand et surtout, la présence d’une équipe solide, pourrait rassurer Matt, dpu moins elle l'espérait. Il en avait besoin, d’avoir un rocher pour s’appuyer si le vent Natus souffle trop fort. Et puis, s’il vient à ne pas réussir sa négociation Ruth ou même elle pourrait compenser ses manques (même si soyons clair, elle n’était pas la meilleur dans ce domaine). Surtout que l’homme qui les attendait, n’était autre qu’un équivalent d’un colonel, il voudrait peut-être parler avec un gradé avant de parler avec un autre homme aussi héros soit-il. Elle n’en savait rien, mais autant prévenir tous les scénarios, même si la raison principal était le choix pour soutenir le ranger. Faire face ensemble voilà une belle idée. Même trois, ils restait une équipe, l’équipe Charlie et elle s'efforçait de garder cet esprit, malgré leur déboires.

Un signe de la tête appuya la décision de Ravix de venir avec lui. Un soupir fut lâché avant de se remettre sur pieds. Cette fois, c’était le moment d’affronter les Natus. Il l’appréhendait particulièrement. Eversman se détacha du véhicule se démarquant ainsi avant de lever les mains, les plaçant bien en évidence de manière à montrer qu’il ne devait être perçu comme une menace. Le Ranger avait choisi ne pas délaisser son équipement tactique, le P-90 pendant le long de la sangle. C’était le seul attribut qui l’identifiait vraiment en tant qu’atlante. Il ne pouvait compter sur l’uniforme, le sien était fait d’un bricolage de toile de tentes et couvertures. Chaque pas lui demandait un effort certain. La faim, la fatigue, les douleurs dorsales ne comptaient plus. Il ne cessait d’appréhender la suite, de se questionner sur les réactions des Natus, si Yin était là… L’esprit tournait à plein régime. Ce n’était pas bon. Il lui fallait se calmer et se concentrer. On comptait sur lui. L’échec n’était pas permis. Ce n’était pas le moment de déconner, de décevoir une fois de plus.

Le regard alternait entre ce meneur et les différents guerriers désormais visibles sur les flancs.


Meneur:
 




« Ola devant ! Je suis le Meneur Jelsok ! C’est terre concédée aux Natus que vous envahissez de votre maladresse ! Sans prévenir, sans appel, qui êtes-vous ? Connivents d’Athosiens ?!? »
Il s’approcha du trio sans hésitation, grignotant les quelques mètres pour ensuite se planter devant eux et les observer. Son regard alla sur Elana et Ruth sans laisser paraître une quelconque émotion. Mais une fois qu’il découvrit l’identité de l’ancien rangers, il ne le quitta plus. Son regard perçant planté dans celui de l’Atlante, il acquiesça en inspirant longuement.

« Les Trois me punissent à forcer rencontre d’un tel couard ! Est-ce voeu de suicide ou la bêtise qui vous mène ici-lieu ?!? »

Le premier échange avait fait naître un petit espoir de passer incognito avant que le boomerang ne lui revienne en pleine figure. Ne pas répliquer, ne pas perdre ses nerfs, faire bonne figure et prendre sur lui. Les consignes furent répétées avant qu’Eversman ne déglutisse et ne prenne la parole.
« Meneur Jelsok, voici le Caporal Ravix, chef de cette unité et le soldat Padilla. » Fit-il en les présentant d’un geste de la main. Se présenter semblait des plus inutiles, il n’allait pas lui faire l’affront de le faire.
« Nous sommes Atlantes et en pleine manoeuvre militaire, un exercice de situation. » Précisa-t-il en évitant le contact visuel direct avec son interlocuteur. La diplomatie, ce n’était pas vraiment son truc. Il reprenait des tournures de phrases qu’il avait pu entendre lors de missions.
« Veuillez excuser notre entrée. Nous avons pris la direction de vos terres afin de requérir votre aide. »

« Commencez par retenir votre regard de fuyard. Et dites-moi pourquoi Natus soutiendraient celui qui a brisé confiance et honneur pour la fange de sa propre bassesse. » Rétorqua-t-il en se moquant de la présence des autres. « La curiosité m’assaille, Eversman. Telle logique m’échappe. Vos mots appellent à notre bienveillance. Je ne l’ai pourtant point découverte chez vous, alors que vous vous attaquiez à reflet d’Allen, quand les nôtres se vidaient de leur sang non loin de vos bottes ! »
Il en était là de sa constatation, se faisant sûrement l’image de la pensée des autres Natus.
« Donc ! Qu’est-ce qui vous motive ? »

On va dire que les Natus n’y vont pas par quatre chemins. Malgré leur parlé assez surprenant, Elana n’avait aucun mal à comprendre que Matt était une grande déception pour ce peuple. Elle lui jeta un regard simple, aussi difficile soit cet exercice, il avait toute sa confiance et son soutiens. Et faire confiance à un homme « qui a perdu sa bienveillance » montre bien, qu’il a quand même changé ou qu’il peut mériter à nouveau le soutien de ses pairs. En tout cas, il s’employa depuis le début de cette manœuvre à essayer et c’est déjà bien. Enfin, elle disait ça, mais ça se trouve, elle va se prendre le revers de la couronne dans la gueule, puisque lutter contre sa nature et le plus grand des défis. Elle resta silencieuse, il n’avait que ça a faire.

Certains mots lui échappèrent néanmoins Matt n’avait aucun mal à comprendre ce qu’on lui reprochait. Ruth l’avait prévenu que ce serait loin d‘être facile. Il ne put s’empêcher un regard vers elle avant de revenir vers l’autre essayant de croiser son regard même s’il était incapable de le supporter plus de quelques instants. Ruth l’avait encouragé de son regard, espérant qu’il se souviendrait de ce qu’elle lui avait expliqué. Elle ne parlait pas, sachant que ça n’aiderait pas le cas du soldat.

« Comme vous avez pu le remarquer, je ne suis pas seul. Nous obéissons au plan défini par Pedge Allen qui était d’entrer en contact avec vous et de requérir votre aide ce que nous avons fait. Ne privez pas les autres pour une de mes conneries. » Qu’il ait la dent dure contre lui, c’était compréhensible mais pas contre les autres Atlantes.
« Qu’est-ce qui vous motive ? » Répéta plus sèchement le meneur.
La répétition de la question déstabilisa le Ranger qui resta quelques instants sans autre réaction qu’observer son interlocuteur les sourcils froncés ne comprenant pas ce qu’il désirait de lui. Les explications concernant leurs motivations ne semblaient pas suffisantes..
« Nous venons chercher de l'aide auprès de nos alliés.. » Finit-il par tenter, non sans hésitations.
« Le besoin. » Conclut-il.

Cette fois, il fixa les autres personnes, sondant leur état, avant d’en revenir au sujet de son intérêt. Elana soutient son regard, non pas par arrogance mais par respect et calme.
« Il m’est parvenu que les Natus attendaient depuis trop longtemps votre parole. Vous moquez les accusations qui pèsent sur vos épaules. Or, si vous foulez mon camp, je veux savoir qui vous êtes. »
« Et bien maintenant je suis là face à vous. Prêt pour répondre à vos questions et aux accusations de votre peuple, Meneur Jelsok. » Répondit-il du tac au tac.
« C’est en Magna, au conseil du Monarque, que vous auriez dû vous rendre depuis lors. » Nota l’homme. « Regardez-moi dans les yeux. »
Un léger “non” fut effectué de la tête quand à retourner sur Magna. Matt ne pouvait s’y résoudre pour le moment avant qu’il ne lève les yeux vers le Meneur. Soutenir son regard était loin d’être aisé pour lui. Jelsok, de son côté, le toisait de son regard noir et peu amène. Il s’y plongea, choppant Eversman par le col au moment où il avait l’intention de fuir de nouveau.
« Fixez-moi, l’Atlante. » Insista-t-il. « Irez-vous ? »
« Non... » Répondit-il la tête surélevée pour ne pas être gêné par cette pression. Il ne pouvait se résoudre à retourner là-bas. Ruth avait eu beau le convaincre de la beauté retrouvée de la planète, Matt ne voulait pas remettre un pied là-bas. Un bout de lui même était resté là bas, un peu de wraith était entré en lui à défaut et depuis les merdes s’étaient accumulées.
« Fort bien. » Répliqua-t-il en le relâchant. « Voilà tel héros de la Magna. Se portant sur ces terres en distribuant le déshonneur en offrande. »
« Meneur. » intervint finalement Ruth qui sentait le coup venir. « Permettez-moi de... »
« Silence ! C’est affaire entre nous. Le guerrier Eversman qui appelle à l’aide tout en foulant au pied la considération aux Natus. »
Il le fixa avec un certain dégoût.
« Il est heureux que vous ne soyez pas de natalité Natus, mon ami. Nous réglons la bassesse au fil de la lame par chez nous. »

Le meneur appela du signe de la main. Un homme sortit des taillis bien plus loin, parmi d’autres, et se rendit jusqu’à eux au pas de course. Il semblait être le second, ou un aide de camp, puisqu’un élément sur son uniforme le distinguait.
« Déplacement en ordre de colonne. Faites avertir le fort. »
Le Natus acquiesça et repartit au trot pour distribuer l’ordre.

Bon, Matt avait donc merdé, il ne savait pas mentir ? Elle ne se souvenait plus si ce mot figurait dans la liste des qualités du ranger. Mais bon, face à Natus sacrément remonté l’empoignant par le col (à ce geste, elle s’était tendu, pour se tenir prête à entré en combat si le Natus décidai de foutre la rouste de sa vie à Matt), il fallait mieux lui dire « oui » et aviser après. De toute manière entre se faire passer pour un dégonflé ou le déshonneur. Être lâche était peut-être « mieux ». Enfin bon, cela avait foiré comme il se doit. Et ça donnait raison à Matt qu’il n’était pas le mieux niveau diplomatie. Après, elle comprenait qu’il n’ait pas choisi le mensonge, elle aurait fait comme lui.
« Eversman n’est pas le seul à demander de l’aide. Nous sommes trois à venir vous voir. » précisa t’elle, en tenant sa chance, pour ramener l’intérêt du meneur sur une autre personne du groupe que le pauvre ranger démuni. Elle se demandait si les Natus allaient pas essayer de laver leur honneur avec un combat ou quelque chose dans ce goût.
« C’est pour cela que mes hommes ne vous reconduisent pas à notre frontière. » Lâcha-t-il. « Vous êtes les invités de la Magna. Mais celui-ci restera à la porte du fortin. »
Elana hocha la tête « Merci meneur Jelsok » elle jeta un regard à Matt, il va être comme les animaux de compagnie ou de transport dans les jeux de rôle : interdit en ville.
« Il n’est nulle besoin de remerciement à la normalité. Soyez avisé, les hommes n’aiment pas les couards. C’est à se demander ce que lui trouve la jeune Destya. »
Jelsok savait. Ca se voyait à son visage.
« Yin est là ? » Questionna-t-il aussitôt.
« Vous avez perdu le droit de vous adresser à moi. » Siffla le Meneur.

Eversman tiqua gardant les lèvres pincées se tournant aussitôt vers le Caporal afin que la Chef d’équipe obtienne réponse à sa place. C’était important pour lui, il lui fallait savoir.

Oh elle pouvait simplement le trouver mignon, ou avoir un sacré coup de reins ! Parfois, les femmes ne valent pas mieux que les hommes sur ce point. Mais Elana gardait bien cet avis pour elle, il serait malvenu de répondre cela à cet homme qui vouait sa vie à la fierté.



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Sam 4 Mai - 14:38
Elana Ravix
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Bon mise à part Matt qui était considéré comme le pestiféré du coin, ils avaient quand même réussit la négociation, enfin… les Natus étaient suffisamment aimables pour les aider. Ce qui n’est pas si mal, il fallait voir un peu de positif à cet instant… bon pour Matt il n’avait pas grand-chose, il pourrait au moins manger ce qu’on lui amènera. En tout cas, il n’avait plus le droit de s’adresser à quiconque de nationalité autre qu’Atlante. Un peu dur et bonjour l’humiliation… après, il avait vécu pire avec Calahan. Il ne devait pas s’en formaliser, surtout s’il ne voulait plus retourner sur Magna et donc voir des Natus.

Pas besoin à Matt de la regarder ainsi, elle comptait bien demander cette information au meneur durant la marche. Elle se disait que si elle devait reposer la question maintenant, elle allait se faire envoyer chier. Elle fit quelques pas, posant une main sur l’épaule du ranger, cela pouvait avoir plusieurs significations, de la compassion, un accord et surtout du soutiens. Elle fit un signe à son équipe, pour qu’ils s’éloignent en direction du divorce.
« Prend le divorce Matt, je vais discuter avec ce meneur. Reste en arrière de la colonne. Ruth tu es libre de marcher ou de chevaucher. » elle donna les clés à Matt, de toute façon, comme il était mal vu autant qu’il reste en arrière pour s’éviter les regards et les autres mots des Natus. Ruth informa qu’elle allait rester avec Matt.
« Oui, Caporal » Répondit-il sans grand enthousiasme récupérant les clés avant de détourner les talons.
« Je vais avec lui, chef. » Embraya Ruth rapidement. Elle le suivit. Elana hocha la tête, les laissant partir.

La discussion terminée, Elana rejoignit la colonne Natus où ce trouvait le meneur, elle espérait qu’il ne est pas du genre fermé à la discussion durant la marche.
« Cela vous dérange que nous parlons jusqu’au fortin ? » elle connaissait strictement rien à ce peuple, une pure novice à 100%. Elle avait déduit juste que l’honneur était la plus grande des vertus au vu de leur comportements. Elle était curieuse et elle devait avouer que de ses premières observations, il avait une certaine admiration à tirer de ses hommes et femmes si droits et nobles. Oui, la noblesse se dégageait d’eux, elle trouvait ça assez impressionnant de ressentir pleinement cette sensation. Cela n’était pas courant chez les terriens. Tout est dans l’attitude après tout. Et il avait quelque chose à tirer pour le commandement, peut-être des exemples ou bien même une manière de faire qui pourrait enrichir ses compétences dans ce milieu, ou même militaire. Elle était du genre à apprendre par l’observation, cela lui avait toujours servi, comme elle était pas très bonne pour la communication. L'observation et le mime permettait de s'approprier quelque chose qu’elle n’avait pas encore, a force elle l’avait en elle et pouvait en faire quelque chose lui appartenant. Cela avait été le cas, pour certaines expressions sur son visage morne. Même si cela est mécanique, elle y mettait beaucoup d’énergie, pour rendre ses expressions plus naturelles et vivantes. Elle s’emballait peut-être, mais qu’importe, il avait toujours quelque chose à apprendre pour s’enrichir personnellement.
Le meneur hocha la tête.

« L'engin sur lequel nous sommes venu, est un engin blindé hybride. Vous avez peut-être dû voir des ressemblants lors des deux guerres. Si ça intéresse vos hommes d’y jeter un oeil, vous pourrez. » une proposition franche et sans intérêt en dessous.
Le Meneur, néanmoins, ne le voyait pas de cet oeil.
Tandis que la colonne se formait d’une bonne vingtaine de soldats composé de tirailleurs et de duellistes sortis de leur cachette, l’officier sonda la jeune femme et répondit avec la même franchise.
« Allons donc ! Quelle bien mauvaise idée que de vouloir amadouer solide Meneur de Combat. A quelle grâce cherchez-vous acquérir de la sorte ? »
« Aucune, même si j’aimerais savoir si Yin est dans votre camps, mais là n’est pas le but de ma proposition. » Elle haussa les épaules, elle était pas de ce genre là. Même si elle pouvait comprendre qu’il se questionne.
« J’aurais été curieuse à votre place de voir un engin que je ne connais pas. »
« Cette caisse ferrée vivante n’est point attraction. Il y a plus important : le devoir, le service. » Répondit Jelsok en faisant un signe de main aux hommes de tête.
La colonne se mit en marche au pas cadencé. Fusil sur le dos, lance à l’épaule pour les femmes, les Natus prenaient la route du retour. Un peu à l’écart, l’officier examina ses hommes en vérifiant que personne ne sortait des habitudes. Il débuta ensuite sa marche aux côtés d’Elana, les mains croisées dans le dos.
« Que savez-vous de cette enfant, l’Atlante ? »
La technologie n’avait donc aucun attrait pour les Natus. Intéressant, les valeurs humaines prônent. Cela la fit légèrement sourire, elle ne savait pas trop si elle devait s’en ravir ou s’étonner de cette différence. Alors, elle la prit comme telle, comme une belle surprise qui faisait écho avec ses valeurs. Elle hocha la tête en signe d’accord, avant de toiser les alentours et voir où se trouvait Ruth et Matt niveau distance. Persuadé que Ruth allait remonté le moral de Matt.

« Pour être franche, pas grand chose. Je sais juste qu’elle a de l’importance pour un membre de mon équipe. » le mot “enfant” la fit tiquer un peu, qu’entendait-il par enfant ? Et surtout la tranche d’âge… manquerait plus que Matt ce soit épris d’une mineur ! Cela était peut-être une manière de parler, une femme plus jeune que ce meneur. Enfin pour revenir au sujet Matt/Yin et de leur relation, elle aurait peut-être dû creuser un peu auprès de Matt, mais cela avait-il vraiment de l’importance ? Non, elle ne tenait pas à savoir tout ce qui s’était passé entre eux. Le principal étant qu’elle était quelqu’un pour le ranger et que cette Yin avait foutue en l’air sa carrière pour ses beaux yeux et que les Natus n’étaient pas (encore) au courant de l’étendu de sa “traîtrise”. Voilà la seule chose qu’elle savait à propos de cette Yin. Au même moment, elle reçut un message radio en même temps. Hum les jauges avaient des significations, c’est clair, mais ce n’est pas aussi logique que sur une voiture et sans Danny… il allait falloir faire avec ce qu’ils avaient. C’est à dire pas grand chose. Cela avait coupé un peu l’échange avec le Natus, elle se reporta sur lui s’excusant. Le sujet changea, brièvement entre deux paroles, elle n’était pas une grande bavarde et ne savait pas comment revenir sur le sujet avec Yin. Elle creuserait au campement le sujet.


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Dim 5 Mai - 14:39
Matt Eversman
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MATT/RUTH

Déception. Colère. Humiliation.
Ce cocktail explosif se répandait très rapidement faisant des ravages en Eversman. La tête s’était baissée, le regard assombri alors que le jeune homme prenait conscience de la bonne baffe qu’il venait de recevoir de la part du leader Natus. Certes il avait conscience d’être un bien piètre diplomate mais c’était un bel échec critique. Une bien belle gifle reçut en pleine figure. ça faisait mal mais c’était surtout le cuisant de l’humiliation qui faisait des ravages. Le plus bas des instincts l’avait incité à un moment d’aller de l’avant, de montrer à ce Commandant qu’il n’était pas qu’un connard quitte à prendre les armes, les lames s’il le fallait mais l’esprit l’avait écarté, bien trop dangereux. ça n’aurait aucun impact positif, ni pour l’équipe et encore moins pour lui.

Ravix prit la relève essayant de limiter les dégâts. Eversman recula d’un pas afin de laisser la Chef dans la lumière et montrait ainsi qu’il la laissait reprendre les commandes. C’est d’une oreille peu attentive qu’il suivit la suite, l’esprit bien trop engagé par ce revers. Il nota néanmoins qu’il aurait le droit de rester à l’extérieur des fortifications. Cela n’avait rien de bien encourageant. Il ne valait donc rien de mieux qu’un chien aux yeux de ce mec, surement même qu’il le considérait comme un ennemi mais ne tenait même pas à l’enfermer dans une de ses geôles. ça devait être trop prestigieux pour lui. Ne pas se salir les mains avec lui. Calahan le traitait de pestiféré depuis le début, ça n’aurait donc pas dû l’affecter et pourtant, c’était un sacré bon taquet derrière la tête.

La motivation, l’estime de soi. C’était un sacré choc derrière le genou qui commençait sérieusement à flancher. Un de plus depuis le début de l’expédition sans oublier la faim, la soif et surtout la fatigue qui affaiblissait fortement l’organisme. Il fallait serrer les dents, baisser la tête et ronger son frein. ça commençait à faire beaucoup.

Ravix lui ordonna de s’occuper du Divorce à l’arrière-garde, il s’empressa de lui répondre positivement récupérant les clés avant de détourner les talons. La réponse de Ruth ne lui parvint pas, bien trop focalisé sur le fait de pouvoir s’éloigner de ce meneur, de cette forte source de contrariété. Un bon punching ball ne serait pas de trop dans ce genre de moment. Il se contenta de taper du poing sur le blindé, à part se faire mal ça n’eut aucun effet positif. Eversman soupira longuement.

Ruth tapota l’épaule de Matt sans forcément le fixer dans les yeux.
« Demi-défaite mais demi-victoire. On va pouvoir se reposer cette nuit, merci Matt. » lui dit-elle avec positivisme.
« Mouais... » Répondit-il sans entrain, peu convaincu qu’une victoire pouvait se cacher derrière tout ça.
« C’est jamais facile de se confronter à un comportement culturel différent. Tu as eu face à toi le responsable du fortin, ce n’est pas un petit poisson. Les Natus montent au mérite comme je t’ai dis. »
Elle grimpa au niveau de la tourelle et constata l’absence des clés. Elle lui tendit la main pour les recevoir, y agitant les doigts en signe d’appel.
« Tu t’es pas si mal démerdé. Il y a encore du travail mais ils t’ont pas laissé sur place, c’est bon signe. »
Ruth au poste de pilotage, cela l’arrangeait. Eversman n’avait aucune envie de piloter ce truc. Ce n’était pas son délire tout comme la diplomatie et vu l’effet de la dernière, il valait éviter qu’il prenne les commandes de ce truc. ça risquait de terminer en tas de ferrailles ou en bain de sang avec quelques Natus sous les roues. Les clés furent lancées avant qu’il ne s’installe sans un mot sur le flanc gauche de l’appareil.
Ruth le remercia d’un petit signe de tête. Elle peina à démarrer le Divorce, le moteur semblait vouloir se rebeller et elle nota les deux jauges dont les aiguilles frôlait le rouge. Au troisième essai, le blindé accepta de bouger en ronflant de manière inquiétante.
//Elana, ici Ruth. J’ai embarqué mon p’tit boudin néandertalien et j’intègre l’arrière garde. Le Divorce n’est pas en bon état. A toi ?//
// Je valide le surnom. Fait de ton mieux pour qu’il arrive au camp, on essaiera de voir ce qu’il cloche là bas. //.
//A vos ordres.//
Le surnom fut accueilli d’un regard noir mais il n’y eut rien de plus. L’envie de discuter, s’ouvrir à l’autre n’était plus là. L’envoyer comme diplomate était une vraie connerie et il n'aspirait qu’à une chose : que cette mission en finisse et vite si possible.




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Mer 22 Mai - 22:52
Steven Caldwell
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L'ENFER BY CALAHAN
23/07/2018


Natus et Atlantes prirent le chemin du fortin Natus.
Comme Ruth l’avait supposé, les hommes de Calahan ne s’étaient pas risqué sur ce territoire pour ne pas déclencher d’incidents diplomatique. Force est de constater, au long du chemin, que ces derniers s’étaient appropriés les terres concédées par Atlantis. Ils en avaient fait sortir les pierres du sol pour en concevoir des petits fortifications, des remparts entourant quelques avant-poste d'entraînement inhabités.

Parfois, la colonne passait devant des groupes de Natus en plein entrainement. Des duellistes, par exemple, s'entraînaient à envoyer leur lances sur des cibles selon différentes postures de combat. En courant, en sautant, en esquivant. Des combattantes plus expérimentées qui portaient les blessures des précédentes guerres dispensaient de précieux conseils, n’hésitant pas à manipuler les jeunes recrues pour montrer comment s’y prendre.

Les claquements sourds provenaient d’un champ de tir, là où les tirailleurs s’entrainaient à la charge, à piquer et à déclencher leur cartouche de pierre à feu. Des chariots en bois dirigés à bras d’hommes transportaient les munitions de ces éléments extérieurs au fort.

Au moment où la nuit tombait, les hommes plissant des yeux pour discerner suffisamment leur sentier, la vue s’ouvrit enfin sur une grande fortification en hauteur. Le fortin Natus était toujours à sa place, fait d’un enchevêtrement complexe de rocaille et d’une ligne de défense parfaitement bien érigée. Dès lors, des cris se firent entendre au loin, on les annonçait. Plusieurs des gardes de factions s’agitaient sur les remparts tandis que les lourdes portes s’ouvraient. Une duelliste accouru jusqu’à eux pour présenter plusieurs informations au Meneur. Celui-ci répondit et, immédiatement, la jeune femme fit le sens inverse à bride abattue.

Des torches s’allumèrent ici et là. Il y avait plusieurs soldats qui restaient au bord des murailles, visiblement en sous-vétements, droit et le menton levé, les mains dans le dos. Ils apprenaient à s’habituer à la température, aux modifications du temps et aux bourrasques de vents. Ils renforçaient leur corps dans une passivité travaillée et un immobilisme presque parfait. Un chef de groupe passait d’ailleurs, premier à donner l’exemple, en se penchant pour vérifier s’ils tremblaient ou non. Il ne tarissait pas de conseils et d’encouragements.

Finalement, toute l’unité passa à l’intérieur du cantonnement. Ruth eut du mal à garer le Divorce dont le moteur hoquetait. Lorsqu’elle cessa la manoeuvre, tout s'éteignit d’un coup, à croire que l’engin avait décidé de s’arrêter là pour y mourir. Le regard inquiet, elle l’examina quelques instants avant d’observer l’intérieur du camp. Les diverses maisonnettes de pierre de taille, un grand préau qui abritait les tables du réfectoire, et des dizaines de scènes de vie partout où se portait le regard.

Tous soldats. Mais également tous en famille.
C’était l’exemple d’une duelliste qui serrait dans ses bras son homme et lui portait de l’eau, dans une saine attention pour lui. Les autres qui lavaient le linge, préparaient le repas du soir, entretenaient leurs équipements. Quelques uns, à l’écart, qui rédigeaient leurs lettres à destination de personnes chères et éloignées.

Si Ruth et Elana était relativement bien accueillie par une gourde d’eau et une couverture qu’on leur posait sur les épaules. Les gardes en faction à la porte vinrent chercher Matt pour l’exclure. Dans leur regard se trouvait une forme de dégoût et de déception. Le Meneur Jelsok les appela pour leur donner l’ordre de lui fournir des vivres et de quoi se réchauffer. Il eut le droit à une boite de ration militaire d’Atlantis, de l’eau, et une couverture épaisse. Mais on l’amena que très rapidement au pied des remparts, là où il y avait peu d’abri, non loin de ceux qui s’entrainaient encore à subir le temps.

L’ancien officier s’approcha d’Elana. Elle se demandait comment elle pourrait faire pour convaincre le chef du camp de laisser leur collègue s’installer, se reposer, en-dehors des aléas du temps. Mais pile à ce moment-là, son regard s’arrêta sur une silhouette qui perçait le flux de Natus permissionaires. Un petit sourire étira involontairement ses lèvres en reconnaissant leur officier. Elle venait dans leur direction.
Ruth se raidit et se plaça automatiquement au garde à vous.

« Capitaine. » Salua-t-elle.



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