Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Le cinquième vol

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Le cinquième vol

Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



Scott avait eu un certain empressement. Il s’était senti rajeunir jusqu’à devenir un vrai gamin la veille de noël. Pas celui que lui offrait son paternel à coup de trique, non. Celui qu’il s’offrait lui-même. Son enfance était loin d’être jouasse mais il y avait bien pire et le gaillard s’en était accommodé à sa façon. Pas de noël chez les Hicks (son ancien nom) ? Pas grave, il le ferait dans le secret.

Tout au long de l’année, Scott économisait pour s’offrir son propre cadeau. Il l'empaquetait même dans un paquet cadeau et attendait le lendemain matin, très tôt quand son paternel cuvait encore, pour le déballer sous un semblant de sapin qu’il avait constitué dans le coin de sa chambre.
Même si, avec l’âge, son intérêt avait évolué et qu’il s’offrait des cadeaux plus chers, ou largement plus osés, c’était devenu dans sa nature de se faire plaisir lui-même. Et de ne pas compter sur les autres. Ce faisant, il avait perdu l’authenticité du geste et n’avait jamais connu ce qu’on ressentait en “recevant” un présent.

Bien sûr, il y avait déjà eu quelques âmes généreuses et désintéressées pour lui offrir une boite de chocolat ou lui souhaiter un joyeux anniversaire. Mais le principe même de l’offrande était tout à fait inexploré, un simple soupçon de ce que ça pouvait représenter pour les autres.

Le cinquième vol, pour la tradition des F-302, ce n’était pas n’importe lequel. Les pilotes avaient reçu leurs noms de code depuis très peu de temps et ils devaient choisir pour l’autre un emblème à faire peindre sur la carlingue. Cela permettait de cimenter la cohésion du binôme au-delà des divisions internes et des ressentiments. En somme, le copilote faisait peindre un symbole de son choix représentant son pilote sous sa verrière. Et le pilote, lui, le faisait pour son copilote. Le cinquième vol devait donc se faire avec ces nouvelles peintures, cette double identité.

Pour une fois, Greer avait su mettre de cotés ses ressentiments à l’encontre de sa pilote. Quand Blue lui avait demandé de fournir un croquis et de ne pas être insultant, lui rappelant bien que l'emblème serait définitif, il avait accepté de prendre les choses sérieusement et il avait pris le soin de réfléchir. La nature “rentre-dedans” de Chenoa n’avait échappé à personne et, le jour où il l’avait traité de “bucheronne sauvage à poils longs”, le reste de l’escadrille avait commencé à murmurer un “Timber”. Cri caractéristique des bûcherons et apparemment issus d’un jeu vidéo.

Et c’est vrai que la jeune femme avait un sacré caractère. Brut de décoffrage dans ses moments et ayant de quoi rivaliser avec les mecs bien virils, le surnom de Timber semblait lui aller comme un gant. Et puisque cela venait du reste de l’escadrille...le baptême s’était imposé un peu naturellement.
Scott ne serait pas allé à dire qu’il voulait lui faire plaisir. Il ne manquait pas une occasion pour l’emmerder et lui faire regretter de l’avoir choisi comme copilote. Mais le symbole peint sur le F-302, ce n’était pas n’importe quoi. C’était quelque chose d’important, qui touchait leur passion commune, la seule chose qui les plaçait sur un terrain d’entente. On ne rigolait pas avec la tradition.

Après avoir posé les bonnes questions, Scott s’était rapproché d’un membre d’équipage qui assurait plutôt bien question dessin. C’était même un putain d’artiste et il l’avait convaincu de s’investir à fond dans le croquis en échange d’une bonne bouteille. A ce moment là, il ne savait pas encore à quel point il était impossible de faire entrer de l’alcool dans le Dédale…
Ils avaient passé un bon paquet de temps ensemble pour trouver le bon dessin. Faire plusieurs essais. Le croquis qu’il avait fourni à Blue avait de la gueule. C’était un coyote aux traits féminins, avec un regard défiant, prêt à rentrer dans le tas. L’animal avait été humanisé pour pouvoir tenir dans ses mains une hache de bûcheron. Le geste était amorcé par dessus l’épaule, prêt à abattre l’outil avec force et précision. Un attrapeur de rêve volait dans ce mouvement, rattaché à l’extrémité du manche.
Le tout devait représenter autant le caractère de Chenoa que ses convictions. Greer était plutôt content du résultat et se disait, malgré son aversion pour elle, qu’il ne s’était pas foutu de sa gueule.
Le copilote avait donc hâte de voir ce symbole peint sur la carlingue. La réaction de Chenoa lui importait peu. Pas parce qu’il s’en fichait, vu l’investissement que ça lui avait demandé, mais parce qu’il savait très bien qu’elle ne lui montrerait aucune satisfaction. Donc, le plus important, c’était de le voir matérialisé sur le blindage à côté du symbole qu’elle aurait choisi pour lui.

L’homme avait cette petite appréhension de la découverte, cette excitation du moment clé où, en s’approchant du bon côté de son chasseur, il s’attendait à trouver les emblèmes. Seulement, son sourire s’effondra quand son regard rencontra le vide absolu. RIEN ! QUE DALLE ! NADA !!!
Grondant dans sa barbe, Scott vérifia qu’il ne s’était pas trompé de coté. Puis il s’assura qu’il s’agissait bien de son F-302. Mais c’était bien le cas. Il se rendit d’un pas un peu trop rapide vers le peintre qui s’occupait d’un binôme de bâbord, les deux collègues fixant le chef d’oeuvre d’un rempart de château fort. Pour Scott, c’était cet abruti qui les avait oublié, qui n’avait pas fait le boulot. Mais ce qu’il découvrit alors le laissa pantois.

« J’ai pas pu mec, ta collègue a pas donné de croquis. »
« T’as fumé, personne part le cinquième vol sans emblème. Elle l’a forcément fait. »
« Et si, vous. Fallait être plus réactif. Je vais pas peindre qu’un seul symbole sur deux. Faut être raccord les gars... »

C’était une foutue douche froide.
Greer sentit tout de suite la moutarde lui monter au nez, si ce n’est le compte-tour déjà en zone rouge, et son esprit carbura à mille à l’heure. Il se ficha bien de l’expression du peintre ou des deux gars qui secouaient négativement la tête. Puisque, n’étant pas capable de fournir les croquis pour partir sur un cinquième vol en respectant la tradition, ils prouvaient à l’ensemble du croiseur être rien de moins que des incapables. Merci Pénikett !

Le copilote fulmina. Il fulmina sévère.
Est-ce qu’elle avait bâclé le travail parce qu’elle ne voyait pas l’importance du délire ? Ou est-ce que c’était pour se venger de l’avoir emmerdé ? C’était un acte de tradition là, c’était le boulot, ça avait une valeur professionnelle reconnue par toute l’équipe. Il avait mis ses griefs de côté pour faire le nécessaire. C’était une bonne occasion de lâcher l’affaire pour une fois et elle envoyait tout ça au trou ?!?
Greer se sentait piégé. Il savait qu’il aurait pu se barrer pour se calmer et revenir plus diplomate un peu plus tard. Mais pas là, ils décollaient ensemble dans un quart d’heure. D’ailleurs, la voilà qui se ramenait, comme une fleur, l’air de rien. Sa façon de ramener sa poire de manière innocente l’acheva pour de bon.

« TIMBER !!!! » S’écria-t-il rageusement. « T’as pas envoyé ton croquis ?!? »

Il se planta devant elle, sentant des colonnes de chaleur l’envahir.

« Bordel de merde ! ON VA PARTIR SANS EMBLÈMES ! Tu vas me faire croire qu’on t’as pas appris ce que ça veut dire à l’école de pilotage ?!? »

Greer l’avait vraiment mauvaise et ça se voyait.

« C’est toi, l’emplumée ! C’est toi la foutue indienne qui me saoule avec tous tes délires à la con ; et t’es pas foutue de suivre UNE coutume de l’escadrille ? Tu sais même pas faire ton travail ?!? »

La dernière remarque avait été tellement gratuite, visant volontairement à la malmener, à la secouer. Scott se savait mauvais quand il était en colère. Mais il se retenait encore moins du fait qu’il avait fait un effort qui n’avait eu aucun retour. Il songeait fort à cette devise imposée qu’il lui avait balancé à la Fac : “Penikett, chasseuse de chibres”. Ce montage qu’il avait fait de ses mains pour salir son honneur quand il n’était encore qu’un pourri qui trouvait sa satisfaction dans la misère des gens. Il crevait d’envie de lui ressortir ça, de la clouer littéralement sur place. De lui montrer que si elle le prenait comme ça, il pouvait recommencer à faire la grosse ordure.

Mais ce n’était que de la colère. Il n’était pas réfléchi et, fort heureusement, on lui avait appris le sang-froid dans ce boulot. Il n’aurait jamais atteint l’un des meilleurs postes sans ça. Mais dans cette circonstance, il était volontairement mauvais et il savait où frapper l’indienne en plein coeur : son travail.

« Tu avais qu’un truc à faire Timber ! Un seul truc que tu pouvais bacler en plus. Et tu te dis pilote alors que tu n’es qu’une foutue figurante. Un clown ! »


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Le cinquième vol

Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



L’indienne s’était figée alors que son copilote lui tombait sur le râble tandis qu’elle arrivait pour prendre part à la mission. Le cinquième vol. Il n’était pas anodin non plus celui-là, même si une forme de routine s’installait progressivement. En tout cas, Greer n’était pas un mauvais copilote dans le ciel et dans l’espace, à défaut d’être un bon camarade quand ils étaient sur le Dédale. Elle ne s’attendait cependant pas à se prendre un déluge de la sorte sur le coin de la figure, surtout à froid comme ça et sans coup de semonce. D’habitude, quand il voulait la faire chier, elle le voyait plus ou moins arriver. Mais là… D’ailleurs, ce n’était pas de la méchanceté gentille, bête et conne, qu’elle avait coutume de subir chez lui. Là, c’était de la colère, blessante et mesquine, et elle monta dans les tours tout aussi rapidement.
Elle essayait bien de répliquer un truc mais il était lancé, et il venait de la prendre au dépourvu. Du coup, elle en fut rendu à pouvoir répondre au fait qu’elle était un clown.

« Tu sais quoi, va chier Greer. Si t’étais pas le dernier des connards de néo-nazi de merde, tu l’aurais ton putain d'emblème ! »

C’était vrai quoi. Il était le premier à la faire chier sur ses origines et la preuve était encore flagrante là maintenant. Il l’attaquait sur le fait qu’elle était amérindienne et que cette qualité aurait dû lui faire comprendre le sens des traditions. Ou pire, il l’attaquait sur son professionnalisme et sur sa qualité de pilote. C’était un peu facile et gratuit et cela la fit vriller également. Elle lui posa un doigt sur le torse, puis elle fit quelques petites pression en continuant de parler. Elle le regardait franchement dans les yeux et elle était manifestement en colère elle aussi, la tête légèrement penchée :

« Non Penikett, on ne peut pas peindre Hitler en train de saluer à la mode du troisième Reich sur votre carlingue. Non on ne dessinera pas un homme avec une capirote du Ku Kux Klan non plus. Pas plus que la tête à Mussolini ou Franco même si personne ne sait à quoi ils ressemblent. Mais vous avez perdu la tête ou quoi ? », fit-elle en imitant une autre voix plus grave et plus arrondie, pour indiquer que c’était là la réponse qu’on lui avait donné à ses idées. En réalité, elle n’avait pas eu d’autres idées, et du coup, elle séchait un peu, d’où le fait qu’elle n’avait pas transmis de dessin à faire peindre. Elle pensait que celui de Scott serait déjà sur la carlingue mais manifestement, ce n’était pas le cas. Elle était vexée comme un pou. Tant par ce qu’il venait de lui dire, que par le fait qu’ils allaient décoller à “nu”.

« Si tu me montrais autre chose, et si tu montrais autre chose à l’équipage que tes conneries à mon égard, ben peut-être qu’il y aurait quelque chose qui te caractérise là dessus. Sauf que là, y a rien, et ça te représente bien tiens ! RIEN ! Mais si tu veux, je demande au peintre de faire une belle grosse merde sous ta verrière ?! »

Elle poussa du plat de la main, et elle tenta le passage vers son appareil. C’était super tiens. Elle était dans de parfaite disposition pour piloter maintenant. Bien énervée, bien furax, bien blessée, et bien contrariée. Car oui, cela la faisait profondément chier de ne pas avoir d’emblème sur la carlingue. C’était la tradition merde. Avant que Scott ne réponde, elle avisa d’ailleurs le peintre sur la gauche. Lui et les deux équipiers du F302 qu’il venait de peindre, étaient en train de les regarder se prendre le bec. Fidèle à elle-même, et n’ayant pas peur de taper un scandale en public, elle le prit à parti :

« C’est bon, on a une idée : un clown pour moi, et n’hésite pas à lui foutre des plumes hein, et dessine une bite ou une merde pour lui, ce que tu sais faire le mieux, je m’en tape et colle lui un chapeau de cowboy sur la tête pour lui rappeler d'où il vient ! »

Elle jura en Navajo un truc comme : “bande de sales cons de merde”. Si un officier était dans le coin, elle allait passer un mauvais moment mais elle n'était pas dans ce genre de considérations. Elle s’en voulait de ne pas avoir eu d’idée pour Cross. Mais qu’est-ce qu’il lui offrait à part son animosité constante ? Ok, cela semblait être un jeu pour lui, et ça le devenait pour elle. Une sorte de rituel entre les deux qui se cherchaient des noises, mais cela empêchait son côté créatif de voir la part spirituel de ce type. C’était comme s’il n’était qu’une putain de façade d’emmerdement qui cachait le reste de sa vraie personnalité. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien trouver sérieux ? C’était lui le clown, dans son rôle à deux dollars là ! Elle était vraiment furax !



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Mission de vol, début septembre



Il n’avait pas dit un mot, encaissant silencieusement alors que son visage se déformait sous l’aggravation de sa colère. Il savait qu’il était en train de virer rouge tomate, que son regard se faisait meurtrier, qu’il avait le coin de la lèvre qui se soulevait d’un tic nerveux comme un foutu cleps prêt à lui arracher la tronche.

Le copilote ne savait pas vraiment ce qui l’irritait le plus. Le fait que Chenoa se soit limitée à le voir comme un raciste et déposer un croquis en la matière sans chercher davantage. Ou bien le fait qu’elle ne se sentait pas fautive en rejetant la faute sur lui. C’était un travail qu’elle devait réaliser. Lui avait joué le jeu, s’y était mis sérieusement, pas elle.

Le contact de son doigt contre sa poitrine, puis sa main qui visa à l’écarter un peu plus tard, eu l’effet d’une bombe en lui. Ca lui brûlait la peau à travers les vêtements. Jusque là il avait toujours veillé à ne pas avoir de contact direct avec sa pilote et il sentit brusquement ses démons se matérialiser dans les environs. Comme une résurgence d’un penchant prédateur qui ne demandait qu’à être libre. Scott savait comment il pourrait s’y prendre pour l’agresser. Il savait comment il pourrait lui tendre l’embuscade, qu’elle ne le voit pas venir lâchement pour que sa résistance ne serve qu’à nourrir davantage sa position dominante.
Elle ne savait pas qui il était. Et sa part sombre et criminelle se gargarisait à l’idée de la tête qu’elle ferait en le découvrant. Des cris et des plaintes qu’elle pousserait dans son impuissance. Il voulait lui faire payer chèrement d’ouvrir sa grande gamelle et de faire sa star.

Deux choses le séparaient de cette folie : son poste de copilote et sa promesse faite à Bradford, son sauveur de l’époque.

Scott se laissa dépasser tout en serrant les dents, regardant le sol avec une mine à faire peur. Il ne ferait jamais ça. Il ne recommencerait jamais, c’était du passé, c’était Hicks. Pas Greer. Mais hors de question de se laisser faire, surtout en la voyant lui tourner le dos après avoir fait son petit spectacle en public. Scott savait que s’il laissait faire, Chenoa prendrait la confiance et trouverait sur l’issue de cette confrontation la solution ultime. Et, bordel, la fierté entrait également en compte.

« Approche pas tes pinceaux de la carlingue toi. »

Le doigt menaçant et le regard haineux avait suffi à faire lever les mains du technicien qui, de base, s’était approché pour rigoler. Le binôme et le reste des personnes présentes étaient mortes de rire. Pas lui. Scott fît volte-face et vit sa pilote qui posait les pieds sur les premiers barreaux de l’échelle pour rejoindre son cockpit. Elle lui tournait le dos et elle avait laché un truc dans sa langue, forcément une insulte, putain !!!!
Ni une ni deux, Scott l’a choppa par la ceinture et lui refit descendre illico sur le plancher des vaches. L’expression “prendre par le colbac” n’avait jamais été si bien représenté et il attendit qu’elle se retourne pour lui répondre.
Ses mains l’avaient laché dès qu’elle avait atteint le sol. C’était un jeu dangereux qu’il ne voulait pas entretenir, surtout de manière physique, raison pour laquelle il gardait ensuite les mains bien le long de son corps. Il ne la brutaliserait pas, il était Greer, pas Hicks. Mais bon sang, qu’est-ce que ça chauffait dans son esprit.

« DONC ! T’es en train de me raconter que t’as proposé des symboles de discrimination dans un bâtiment de l’USAF, en espérant qu’ils allaient les accepter, parce que Pocahontas a eu la flemme d’aller chercher plus loin ?!? De se creuser la tête ? »

Greer secoua négativement la tête, dégoûté.

« C’était ton boulot de trouver quelque chose. LE TRAVAIL ! Pas un règlement de compte personnel. Moi j’ai joué le jeu, pas toi. » Il passa sur l’échelle. « T’as merdé et en plus TU ASSUMES PAS. Va te faire voir, Timber. Va te faire voir !!! »

Il avait articulé les derniers mots pour qu’elle les intègre bien avant qu’il ne monte, lui tournant le dos à son tour pour bien lui faire sentir ce que donnait ce mode de communication. La pression redescendait un peu. Trop peu même. Il était à deux doigts d’exploser. Tout ça pour une peinture à la con.
Non mais elle était sérieuse ?!? Elle avait proposé des symboles d’idéaux racistes. Aucun effort, rien.


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Elle ne s’attendait vraiment pas à ce qu’il l’attrape alors qu’elle montait les barreaux de l’échelle pour rejoindre le cockpit. Vraiment pas. Elle les redescendit plus vite que prévue, et elle se retourna. Franchement, elle était à deux doigts, mais véritablement deux doigts, de le baffer, et elle se mordit la lèvre inférieure de rage pour ne pas exploser, surtout que ce connard adoptait une posture non agressive. Elle le laissa cracher sa contrariété, sans répondre, toujours un peu choquée de s’être faite attraper pour se faire descendre. Elle restait interdite. Cela lui rappelait de très mauvais souvenirs. Très mauvais. Elle ne pensait pas qu’un contact physique un peu rude comme ça lui fasse remonter autant d’aigreur, de peur et de rage.

Elle était une putain de victime ou quoi ?

La jeune femme inspira, l’écoutant à moitié. Elle ne le regardait pas directement, fixant un point sur la droite mais elle l’avait dans sa vision périphérique, et elle gardait une main en hauteur, ouverte, au niveau de son menton. Il avait certainement raison sur le fond. Elle n’avait pas joué le jeu, ou plutôt, elle n’avait pas fait son travail. Pour elle, c’était un plus, quelque chose d’esthétique mais de pas essentiel. Pourtant, elle était la première à décorer les choses, son corps en était la preuve. Ouais, elle n’avait pas été sport, et elle sentait que Greer était plus déçu de constater qu’elle n’avait pas trouvé d’idée que par le fait de voler sans couleur à eux.

Elle ferma sa gueule alors qu’il montait dans l’appareil. Elle était fortement contrariée, elle aurait pu gueuler elle aussi et lui rentrer dans le lard, mais à quoi bon ? Elle tremblait de frustration et de colère, et certainement de peur encore un peu. Elle laissa filer quelques secondes après qu’il eut disparu dans le cockpit pour monter à son tour. Elle était à deux doigts de laisser passer la mission et de se porter pâle, mais elle n’était pas du genre à s’enfuir. Rien de tel qu’une petite virée en privée pour discuter.

Sans le regarder, elle s’installa dans son siège et commença à passer le harnachement et son casque. Elle se plongeait dans les vérifications d’usages. Ça lui changeait les idées et ça lui permettait de se calmer. Vivement le départ.




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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

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La colère, c’est toujours merdique.

Arrivé au summum, quand on se sent sur le point d’exploser et de faire n’importe quoi, juste pour que l’autre en face entende raison, il n’y a plus rien de réfléchi. Scott était fermé, le visage dur comme du bois. Il sentait la chaleur irradier le haut de ses tempes et le sang bouillonner dans son corps. La dernière fois qu’il s’était mis dans un état similaire, il s’était jeté sur le mec avec sa tige de billard. Un revers propre et net, envoyé à la façon d’un club de golf, pile dans le nez. Dans cet angle incertain et particulier, et avec la force employée, les cartilages lui étaient remontés à l’intérieur du pif. Le pilier de bar avait passé deux semaines à l’hosto pour une stupide histoire de drogue. Et lui n’avait jamais été inquiété.

Scott ne savait pas pourquoi il faisait ce parallèle, il n’utilisait plus ses poings. Et malgré ses doutes, la tempête à l’intérieur de lui ; malgré la part criminelle qui rêvait de détruire la pilote : il ne ferait jamais plus une telle chose. La haine, la baston, la violence, il avait tiré un trait dessus. Et l’Etat lui avait offert une nouvelle chance.
C’était tout simplement fini, terminé.

Mais le copilote n’aurait jamais pensé pouvoir s’emporter à ce point, comme un trop plein qui finissait par se déverser verbalement.

Tandis qu’il suivait ses procédures de vérification et activait ses systèmes, Scott retrouva peu à peu les repères sécurisant de sa cabine. C’était sa place, son “identité” dans l’USAF, sa valeur. Ici, c’était un type qui avait réussi l’impossible en devenant un excellent copilote de l’avion de chasse dernier cri. Et ce faisant, il redescendit petit à petit dans les tours.

//Tous systèmes ok, démarrage propulsion principale : mode veille. En attente feu vert du contrôle-mission.// Lâcha-t-il dans sa radio dans un ton qui se voulait neutre.

Qui se voulait seulement.
La rancune et la colère y était encore bien présente. Mais il ferait son boulot.
Là-dehors, les techniciens s’écartaient pour libérer la piste d’envol après avoir retiré l’échelle. Les lampes orange se mirent à tourner en signalant l’ouverture du sas, l’alarme sonore filtrant à peine à travers la verrière, et le bouclier d’atmosphère grésilla avant de laisser la vue sur les étoiles. Un vide constellé et magnifique qui les appelait, Chenoa et lui.
//Contrôle-mission a confirmé, autorisation de décoller. Propulsion contrôlée, paré partout.//

Voilà, c’était à elle de jouer. Le moteur s’était déclenché, puissant et imposant, faisant remonter des vibrations particulièrement excitante dans tout l’habitacle. Le décollage allait se faire de manière brusque par catapultage, c’était l’un de ses moments préférés.

Quand le contrecoup de l’accélération eut lieu, il remarqua la vitesse supplémentaire qu’y mettait sa pilote. Il avait beau la détester sur certains points, ils aimaient tous les deux la vitesse, être écrasé dans le siège au moment du départ. Cette impression d’être vivant, de voler, d’être seuls dans le vide pour naviguer au travers des dangers de l’espace.
Scott regarda le Dédale disparaître de son champ de vision puis observa l’espace tout autour de lui. Voilà...voilà pourquoi il était censé s’entendre avec sa pilote et se tenir. Ce moment-là, qui ne faisait que commencer, valait tout son pesant d’or.

Il y avait un reste d’amertume et de rancune, bien sûr, mais c’était difficile d’y rester. Parce qu’ils vivaient de nouveau leur passion commune. C’était à croire que le Scott et la Chenoa qui s’étaient joyeusement étripés sur le pont d’envol tribord y étaient restés, leur meilleure partie décollant seule dans le coucou.
Du moins, c’est ce que ressentait tout de suite le copilote.

Et c’est là qu’il déchanta.
Il traça la route qu’il envoya sur l’ordinateur de vol de Chenoa sans lui parler, il se contenterait du minimum. Peut-être pour s’effacer un peu. Peut-être pour l’effacer aussi.
Mais maintenant qu’il prenait peu à peu de recul avec le temps, en silence dans ce vide spatial, il se rendit compte qu’il n’avait pas été réglo. S’en prendre à son professionnalisme, c’était le coup en dessous la ceinture. Il le savait qu’elle avait dû se battre durant toute sa formation pour s’imposer. Déjà parce qu’elle était une femme et que le sexisme perdurait malgré tout dans les classes élitistes. Parce qu’elle avait ce comportement innocent et décalé, par moment, qui ne méritait pas ce mépris. Et aussi parce que, pour prouver sans arrêt qu’elle méritait sa place, elle avait passé sa vie à affiner ses compétences pour être l’une des meilleures.

Dans tout ça, la rabaisser verbalement au même rang qu’un pilote de canadair, c’était tout simplement humiliant. Et Scott n’avait eu aucun scrupule à l’attaquer sur ce sujet. Timber était une grande fille avec un caractère solide, ok, mais Greer savait qu’à sa place, il aurait buté le mec qui s’était permis cette liberté.

Et une autre chose commençait à le tarauder sérieusement.
Il avait remarqué cette main levée quand il l’avait ramené au plancher des vaches de force. Monsieur tout le monde n’aurait pas capté le délire. Mais Scott avait été un pourri qui s’en prenait aux femmes. Il savait qu’il devait se méfier d’une main positionnée dans ce genre s’il voulait garder son visage ou ses yeux. Les ongles, on ne s’en méfiait jamais assez.
Il n’irait pas jusqu’à dire qu’il avait foutu la trouille à sa pilote. Il était encore en train d’apprendre à la connaître et, malgré tout, ce n’était pas le genre de la maison. En revanche, elle s’était sentie menacée pour avoir ce genre de geste. Un coup prêt à partir, juste là, à mi-chemin entre le poing serré et les griffes sorties.

Est-ce qu’il avait donné l’air si violent ?
Ou est-ce qu’il venait de lui rappeler quelque chose ?

Scott commençait à regretter d’avoir tenu ces propos.
Pour un type qui parlait boulot, et donc sang-froid, il n’avait pas été pro. Il aurait dû être plus diplomate mais c’était toujours facile de se dire ça après coup.
Son écran signala l’approche de leur secteur de patrouille. Une petite alarme venait de clignoter, ils franchissaient leur dernier checkpoint.
//Début de la patrouille dans quatre minutes. Je t’ai tracé plusieurs chemins, j’envoie sur ton ordinateur de vol. Le nuage de gaz doit être contrôlé aussi...//

Tout ça elle le savait.
C’était une tentative bien maladroite de reprendre le dialogue, ne serait-ce que purement professionnel.


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Mission de vol, début septembre



L'indienne n'était pas dans son assiette. Elle ruminait sévère sur plusieurs points : l'attitude de Greer ; les proportions que cela avait pris ; les propos de son copilote ; sa propre attitude face à lui. Elle pianotait machinalement ses instruments pour préparer l'envol, la boule au ventre. Pour un peu et elle lachait quelques larmes bien malgré elle, mais elle ravalait tout ça en laissant l'habitude faire. Envolée l'excitation de partir en virée. Elle avait juste envie d'avoir la paix et de rester loin de son binôme. Pourtant, elle le savait, c'était en prenant la route ou l'air qu'elle se sentait le mieux et l'aigreur finirait par tomber après quelques minutes de vol. Sur Terre elle aurait pris sa moto, une grosse cylindrée italienne et elle aurait taillée la route. Peut être qu'elle aurait rejoint un aérodrome pour louer un coucou et voler un peu. Elle faisait souvent ça quand elle était en colère. Elle claquait la porte à en faire tomber les cadres et elle se barrait faire une virée.

Mais c'était sûrement différent aujourd'hui, dans le sens où elle avait l'objet de son énervement dans le dos. Elle ne pouvait pas vraiment être seule. Le protocole interdisait de couper les communications avec son copilote, du coup, ils pouvaient se parler même si manifestement, l'un comme l'autre s'en tenait au minimum.

Franchement, elle aurait du le baffer ce connard. Ou bien lui mettre son pied dans les roubignoles pour l'avoir touché. Il lui avait fait peur. Il semblait tellement en rogne qu'elle avait imaginé une seconde qu'il allait la frapper. Et après ? Pourquoi est-ce qu'elle avait eu peur comme ça ? Parce que c'était un homme et qu'il l'avait surprise ? Cela lui avait rappelé de mauvais souvenirs liés à son enfance. Jamais elle n'avait été confronté à une autre forme de violence par la suite, si ce n'était celle verbale, et le harcèlement sur son amour des bites à la fac. Pendant les classes pour être pilote, elle avait bien subit quelques cours de self défense et de sport de combat, mais c'était encadré et contrôlé, dans un cadre bien défini. Ce n'était pas pareil. Cela voulait donc dire une chose : elle était plus traumatisée qu'elle ne voulait bien le croire depuis des années et cette histoire n'était pas encore tout à fait derrière elle. Ne le serait elle jamais ? Elle devait vivre avec parce que trois connards le lui avaient imposé. C'était comme ça. Elle ne pourrait jamais vraiment l'enfouir. La preuve aujourd'hui en bas de cette échelle où une peur animale lui avait vrillé les tripes.

// Tous systèmes ok ici aussi. //

Elle fit écho à ce qu'il venait de dire. Pas plus, pas moins. Elle ruminait trop ses propos. Ok il n'avait pas tort sur le fait qu'elle n'avait pas fait son job vis à vis de la peinture, mais pour le reste… elle estimait être bonne dans son domaine et ne pas avoir volé sa place. Elle était bien classée en sortie d'académie militaire et elle n'aurait pas eu ce job sans ça. Alors qu'il aille se faire mettre lui et sa façon de la percevoir. Elle regrettait vraiment d'avoir accepté de voler avec lui. Chenoa savait que de toute façon elle n'aurait pas eu le choix parce que Ross n'avait pas semblé enclin à les séparer mais peut-être que si elle avait insisté en même temps que Scott, elle n'en serait pas là aujourd'hui. Pourquoi diable fallait il qu'elle se frappe des environnements toujours hostiles à son égard ? D'abord son enfance où elle était une proie. Puis son adolescence dans un milieu assez marginal (de loin une des meilleure partie de sa vie quand même), puis son entrée dans l'âge adulte, quand elle était étudiante où des personnes faisaient circuler des fausses images grossières sur sa personne. Et enfin, l'armée, avec ce connard de Mitchell qui n'arrêtait pas de lui mettre des bâtons dans les roues. Pourquoi tous ces gens en avaient après elle ? Elle n'avait jamais rien fait de plus ou de moins que les autres filles… alors pourquoi le destin s'acharnait il autant ?

// Reçu. Décollage dans 3, 2, 1. //

Arrivée au bout du compte à rebours, elle autorisa le catapultage et elle mit directement les gazs quand le F-302 dégagea de la baie d'envol. Elle bourra littéralement dans le tas comme elle aimait le faire, et peut-être un peu plus encore. Le chasseur répondait toujours à ses attentes et elle ne se lassait pas de se faire coller au siège.

Le plan de vol s'activa sur son écran. Habituellement, Scott aurait accompagné ça d'une petite boutade ou autre. Il était toujours plus “normal” après un décollage. Comme s'il était grisé par la sensation. C'était du moins comme ça qu'elle le percevait. Ce n'était peut-être qu'une déformation faite au travers de son prisme personnelle de jouissance après ce moment fort. Elle ne dit rien, se contentant d'orienter le F-302 vers le bon secteur de patrouille. De toute façon, elle avait juste envie d'assurer le minimum syndical.

Il essaya de communiquer un peu maladroitement en lui présentant les différents chemins et aussi en lui précisant qu'elle devait vérifier le nuage de gaz. Elle aimait bien entendre les voix déformée par le masque à oxygène. C'était toujours une tonalité bien définie.
Quoiqu'il en soit, elle était au courant de tout ça. Elle savait que c'était une façon de renouer la conversation. Peut être qu'il se sentait con, peut être qu'il s'inquiétait de ne pas l'entendre causer, ou peut-être qu'il voulait lui mettre une seconde pile pour la forme. Peut être aussi qu'en disant ces banalités, il soulignait le fait qu'il devait repasser derrière elle puisqu'elle n'était pas foutue de faire son boulot correctement. Ça allait parfaitement avec les propos blessant qu'il avait tenu.

// J'ai étudié le plan de vol moi aussi. // Lâcha-t-elle d'un ton sec.

Elle poussa un soupir dans son casque. Il n'avait pas eu ce ton critique ou méchant. Il essayait juste de faire la conversation. Elle devait arrêter de se braquer. Ils bossaient ensemble, autant que cela se passe bien. Mais s'il pensait qu'elle allait s'excuser pour un foutu dessin, il se mettait le doigt dans l'oeil, aussi importante était la tradition.

// Hey Cross. T'es superstitieux ? Tu crois en qui ? //

Après tout, pourquoi s'était il autant énervé si ce n'était pas par crainte superstitieuse ? Parce qu'elle avait proposé de le représenter en Adolf ? Le pire c'est qu'elle avait juste dit ça à Blue pour blaguer en se plaignant qu'elle n'avait pas d'autres traits caractéristiques à faire valoir. Elle savait très bien que ça ne passerait pas… et puis au fond, il se donnait un genre cet abruti, rien de plus.



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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



Voler à bord du meilleur chasseur est déjà une belle aventure.
Si Scott avait essayé de remonter le temps pour se dire qu’il vivrait sur un croiseur de combat et ferait le copilote d’une indienne, le jeune lui aurait ri au nez avant de lui demander de la lui “présenter”. C’est vraiment étrange de voir à quel point on peut changer en quelques années, de passer d’un bout à l’autre d’un éventail.
Cette nouvelle existence ne lui déplaisait pas. Et depuis qu’il avait eu un aperçu des compétences de Chenoa, il n’était pas contre de s’envoler avec elle. Il ne l’avouerait jamais ouvertement, bien sûr, mais elle était bien la seule à bourriner son décollage par pur plaisir. Un plaisir qu’il partageait inévitablement.

Quelque part, c’est pour ça qu’il balisait autant et qu’il se montrait que sous une dégaine de raciste.
Parce qu’il ne voulait pas qu’on découvre son passé, des faits dont il s’était rendu coupable mais qu’il avait payé envers la société. S’il n’avait rien eu à perdre, il s’en moquerait certainement. Mais voler dans ce F-302, filer dans le grand vide spatial en étant entouré de ces étoiles, ça n’avait rien de comparable. Ca méritait d’être protégé.

Quand sa pilote lui rappela qu’elle connaissait le plan de vol, Scott l’interpréta comme un refus de converser. Il ne s’attendait pas à des excuses de sa part et il préférait crever que d’en formuler lui-même. Là, elle voulait surtout être seule et il respectait ça, même si ça le faisait soupirer. Ce n’était pas avec ce comportement puéril qu’ils allaient avancer mais, d’un autre côté, la responsabilité était surtout la sienne. Il aurait dû s’éloigner et attendre que ça se tasse.
Et sa façon de le renvoyer au minima de l’interaction professionnelle venait de lui confirmer qu’il l’avait blessé, dans son égo si ce n’était pas sur ses capacités de pilote. Il s’en voulait un peu. Comme sentiment, ce n’était pas habituel chez lui. Vraiment pas.

Greer se rembrunit, toujours maussade, puis décala son visage pour regarder l’extérieur. Le nuage de gaz grandissait à vue d’oeil et différents amas stellaire de différentes formes offraient un tableaux de couleur et de constellation sacrément beau à voir. On peut dire ce qu’on veut, les artistes sur Terre faisaient pâle figure face à la beauté spatiale. Personne ne pouvait le voir à l’oeil nu, même pas les astronautes dans l’espace interplanétaire, à seulement quelques kilomètres du plancher des vaches. Ce plaisir unique leur était réservé à eux seuls, pilote de F-302, et c’était tout aussi beau que flatteur.

Le copilote respectait un silence révérencieux. Il contrôlait régulièrement ses instruments et son ordinateur de vol mais l’essentiel du boulot revenait à Chenoa. L’homme pouvait en profiter pour s’isoler, profiter de l’occasion pour se perdre dans cette contemplation, se laisser bercer par sa respiration dans son masque à oxygène.
Il ne sortit de ses pensées qu’en entendant sa collègue ajouter quelque chose. Scott fronça les sourcils en décortiquant l’intonation, le propos, cherchant encore sa colère ou ses reproches. Mais cela le surprit de se rendre compte que ce n’était qu’une simple question.
Cela le surprit...mais ça l’effraya aussi. Conséquence de sa réaction stupide, Chenoa faisait l’effort de chercher à le connaître, ou du moins, de poser une question en rapport avec cette affaire, à apprendre quelque chose de lui. On était loin de l’approche fraternelle. Mais cette question prouvait qu’elle gambergeait sur cette altercation, qu’elle cherchait à comprendre. C’était bien la première fois qu’elle faisait ça et la réaction de Scott fut immédiate et négative :

//Je crois en rien...//

Encore un beau “va te faire voir” dont il avait le secret. Mais il ne laissa même pas filer une petite seconde qu’il se ravisa immédiatement, comme s’il reprenait la suite d’un phrase après une pause. Il avait essayé de lui tendre la main, Chenoa faisait pareil, ce n’était vraiment pas le moment de la baffer pour le plaisir de la mesquinerie.

//...si, je crois en quelqu’un. Il s’appelait Bradford.//

Une alarme sonna dans son esprit. Danger.
Scott regarda son ordinateur de vol, comme pour s’assurer que ça ne venait pas de là, puis il reprit. Il avait peur, au fond de lui, de livrer cette information. Surtout que Bradford était à l’origine de son changement de vie et qu’il avait été la personne la plus valeureuse et la plus impliquée qu’il n'eût jamais connu.
Greer ne savait pas pourquoi il prenait ce risque. Pourquoi est-ce qu’il se confierait ? C’était comme payer un tribut, une minuscule part de lui, pour essayer de faire la paix…

Et pourquoi faire la paix ?
Parce que Scott savait pertinemment que si Josh avait été là, il aurait été déçu de son geste, de cette prise de gueule. Il aurait été fier, quelque part, de le voir côtoyer professionnellement une amérindienne et atterré de ce qui en résultait ensuite.
Scott lui devait bien ça, au moins par respect pour cet homme, et aussi par respect pour la pilote qu’était Chenoa. C’était pas du sentimentalisme, loin de là. Il aurait tellement préféré s’en tenir à cette négation, la croix, rien, comme il l’avait baptisé dans l’escadrille. Elle n’avait pas tort finalement. Il se fermait tellement qu’ils l’avaient tous appelé “Cross”.
Scott était une impasse à chaque fois qu’on essayait d’apprendre quelque chose de lui.
Ordinairement, il servait les salades qu’on lui avait enseigné au Programme de Protection des Témoins. Mais le hasard lui avait imposé un élément phare du passé : Penikett. Qui ne se serait pas planqué derrière cette hostilité et ces aprioris ? D’autant plus que si Scott “détestait” les indiennes...c’est bien parce que dans le passé...ça avait été clairement son type.

//Je crois en lui...// lâcha Greer en espérant que ça s’arrêterait là.

Dire que c’était à elle qu’il confiait cette première info...le monde tournait à l’envers.

// Bradford…. C’est qui ? Un catcheur ? //. Ok, c’était petit de rabaisser le type en qui il croit à un catcheur, mais comme elle boudait encore un peu, c’était facile et rapide. Sans parler que ça lui balançait un truc du genre : “toi tu crois en un athlète factice”. Ca pouvait en dire long sur quelqu’un. Bref, elle avait un peu fait la salope sur le coup, surtout que Greer semblait se confier un peu.
//Hé ! C’était un flic...quelqu’un de bien. Un peu de respect.// Répliqua soudainement Greer, un brin trop râleur.

Il soupira en secouant négativement la tête et s’enterra dans le silence.
Ce type avait poursuivi les Hicks tout au long de sa carrière. Et au lieu de le balancer en taule, là où les gangs lui seraient passés dessus. Du genre violeur violé. Il lui avait offert une nouvelle vie : c’était son héritage avant un départ à la retraite mérité.
N’empêche, il lui manquait tellement ce flic. Il avait été le seul à s’attarder sur son cas, à ne pas le prendre pour le criminel qu’il était, et lui apprendre que le monde ne se limitait pas à une hiérarchisation du crime dans un troupeau de brebis. Le fait de parler de lui plaça le copilote dans l’embarras. Il aurait tout donné pour le revoir une dernière fois, lui expliquer sa situation, et lui demander quel était la meilleure solution. Parce qu’il ne fallait pas se leurrer. Il avait le couperet au-dessus de la tête.
Braford était la seule personne, de toute sa vie, à lui avoir enseigné quelque chose de bon.


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Mar 11 Sep - 5:07
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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



// Désolé, je ne voulais pas te vexer… encore. // dit-elle dans la foulée, ne pouvant s’empêcher de faire une allusion encore une fois à leur prise de bec. N’empêche, c’était étonnant comme réponse. Pourquoi un flic ? Pourquoi croirait-il en lui et pas en quelqu’un d’autre. Il devait être spécial pour Greer. Peut-être un début de réponse pour son totem à dessiner sur la carlingue ?
// Pourquoi un flic ? Pourquoi lui ? Tu ne parles jamais de ton passé, tu fais chier aussi. //, ajouta-t-elle sur un ton de reproche qui n’en était pas vraiment un. Plutôt une constatation.
//Je suis un collègue, pas un pote...// Répondit-il du tac au tac.
En fait, il ne savait pas comment expliquer autrement qu’il ne s’ouvrirait pas davantage. Ca lui semblait le plus évident de compartimenter. Mais maintenant qu’il était lancé, autant peser soigneusement ce qu’il acceptait de partager.
//Il m’a sauvé, il était là au pire moment. C’est grâce à lui si je suis dans ce siège. Il a pris sa retraite en s’isolant sur une île, je ne l’ai jamais revu.//
// Et tu aimerais le revoir ? Si t’as besoin d’une “collègue” qui sait piloter, je te parachute au dessus de son île. //, fit-elle en accentuant le mot “collègue”. La jeune femme orienta le F-302 pour contourner un amas de roche en mouvement qui se détachait paresseusement du nuage de gaz. Elle faisait la parlote mais elle n’en gardait pas moins un oeil partout, autant sur ses instruments que sur la verrière.

D’ailleurs, Scott activa le radar anti-collision pour vérifier la présence des amas stellaire et pinga sur le hub de Chenoa les plus grandes menaces. C’était un parcours de santé jusque là et un terrain assez favorable à la discussion. Etrange d’ailleurs, c’était la première fois qu’ils échangeaient sans se friter et ça avait quelque chose de presque dérangeant.
//Ca marche pas comme ça, Timber.// Avoua-t-il, une pointe de regret dans la voix.
Il ne savait pas bien comment il devait prendre la dernière réplique. Pas de manière négative en tout cas. Mais elle venait de lui rappeler combien il aurait aimé retrouver Josh. Lui raconter ce qu’il avait fait durant tout ce temps, lui prouver que ses efforts n’avaient pas été vains. Ou surement, un jour, lui rendre visite avec Chenoa pour lui faire comprendre que tout avait changé.
Mais est-ce que ce jour là viendrait vraiment ? Et est-ce qu’il serait - ne serait-ce qu’envisageable - qu’il lie une amitié sincère avec une Amérindienne s’en avoir envie de lui passer dessus à la moindre prise de bec ?

La jeune femme haussa des épaules dans son cockpit tout en regardant à l’extérieur les différents amas que Cross avait pingué. C’était réellement impressionnant que de passer aussi près de roche en lévitation dans le vide absolu.
// Ben si ça marche comme ça. Tu y vas, tu vois, et tu es fixé. //
Il n’y avait pas que sa conduite qui était directe, mais c’était une facette récurrente de sa personnalité.
Scott fronça les sourcils, il contrôla son écran à deux reprises avant d’envoyer une nouvelle trajectoire.
//Si seulement c’était si simple. Il s’est isolé sur cette île pour avoir la paix. Tu me donnes envie d’essayer, arrête de me tenter !//
// Et après ? C’est pas de lui dont il est question, mais de toi. //, répondit-elle en prenant une courbe vraiment serrée pour changer sa trajectoire. Elle aurait pu faire plus souple, mais il ne fallait pas déconner non plus.
Scott lâcha une exclamation sous l’effet des G. Comme dans une fête foraine, c’était un mordu des parcs d’attractions et plus encore de voltige...enfin...sauf quand cette garce s’amusait à lui faire tourner de l’oeil et lui prouver qu’elle était plus résistante que lui. Ca, bon sang, il en faisait presque un complexe ! C’est elle qui devrait se sentir mal...mais elle était pilote.

Scott secoua la tête. Il fallait qu’il change de sujet, ça le dérangeait de plus en plus. Voilà maintenant qu’elle lui conseillait de penser à sa poire en priorité. A croire que ça l’importait de l’aider à trouver une solution à ce problème. Parce qu’elle l’avait bien senti que Bradford lui manquait. Et c’était vrai, il lui manquait sacrément. Pour le peu de temps qu’ils avaient passé ensemble, il s’était montré être le père qu’il n’avait jamais eu. Et qu’il aurait dû avoir.
//Et toi...tu crois en Coyote...// Se risqua-t-il à dire.
Il avait bien fallu s’y intéresser, elle avait prononcé ça la première fois qu’ils avaient erré dans les coursives du Dédale. Et depuis, c’était récurrent, ça valait quelque chose pour elle c’était certain. D’où son choix d'emblème, une coyote armé d’une hache.
//C’est un catcheur ?// Termina-t-il, un peu moqueur.

Chenoa observa un moment de silence avant de répondre :
// Oui il peut être un catcheur. Coyote est un décepteur dans ma mythologie. C’est un Dieu qui façonne le monde. Il prend beaucoup de formes possibles. Il est capable de capturer un homme, de prendre son apparence, et d’aller faire l’amour à sa femme, tu vois ? C’est un rigolo. Mais on le reconnait à son odeur. Il sent souvent l’urine. Faut toujours se méfier des personnes qui sentent l’urine, c’est probablement Coyote qui veut te jouer un mauvais tour. Donc oui, s’il voulait, il pourrait prendre l’apparence d’un catcheur, si ça sert son but. Les catcheurs sont des acteurs, Coyote aussi. Je suis sûre qu’il a déjà fait du catch. C’est amusant à imaginer. //
On ne l’arrêtait plus… Sauf que soudainement :
// Et sinon, ta couleur préférée, c’est laquelle ? //



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Ven 28 Sep - 21:43
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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



Sur le moment, le copilote eut envie d’éclater de rire. Qu’est-ce que c’était que cette histoire à la con ? Un farceur mythologique qui foutait la merde dans la vie des gens ? Scott ne savait pas s’il devait vraiment s’en moquer ou non. Après tout, il était en train de voler avec une navajo aux commandes. Si ce n’était pas ironique vu son histoire personnelle…
Il préféra écouter, faire l’effort de suivre ce qu’elle lui expliquait à ce sujet. Chenoa avait vraiment l’air d’y croire au point qu’elle était repartie dans son monologue infernal. Pour un peu, Scott aurait eu l’impression d’avoir branché sa fréquence sur “Radio Timber, le numéro un du blabla indien”. et avoir cassé le bouton off au passage. Pas moyen d’en placer une dans ces moments là, il fallait être présent physiquement, en face d’elle, pour trouver un moyen de l’éteindre temporairement. Et encore…

On aurait dit qu’elle prenait cette première ouverture comme acquis, qu’elle s’y engouffrait, ayant le droit de gratter et de creuser davantage. Elle comptait avoir quoi au final ? Tout savoir de sa vie ? Scott savait que des binômes d’avion de chasse tissaient parfois des liens si étroits que l’un ne s’en sortait plus sans l’autre. Il s’était toujours dit qu’il réussirait à placer les barrières avant ça, loin de se douter que son partenaire serait une femme et indienne en plus de ça.

Greer se referma comme une huître avant de lui balancer, sans colère ni haine cette fois :
//Le rouge, le blanc et le noir. Ca te revient pas ? Tu comptais le faire peindre sous ma verrière...//
// J’aurai du me douter que le rouge et le noir étaient en trop. //, répliqua-t-elle du tac au tac.
Scott fit une grimace de mauvaise grâce. Il recommençait à avoir envie de lui dire d’aller se faire voir mais il se contenait.
//Le blanc alors. Laisse tomber.//
Deux nouvelles alarmes successives passèrent sur son écran. Scott se replaça sur son siège pour étudier ça, trouvant curieux les informations qui lui parvenaient.
// On progresse… Un flic blanc. J’ai presque un dessin dans la tête là. //, dit-elle un peu sarcastique.
//Je te jure que si tu te sers de Bradford pour te moquer de moi, ça va pas le faire..// Balança-t-il d’un ton menaçant. //C’était un mec bien et il était à mille lieux de tes délires de persécution.//
Sur le coup, Chenoa se serait bien retournée pour le regarder d’un drôle d’air. Ses délires de persécution ?? Qu’est-ce qu’il racontait encore sérieux…
// Quoi ?? Mais qu’est-ce que tu racontes sérieux ? D’où est-ce que je l’ai mis dans mes pseudos délires de persécution ? Tu m’expliques ? Et ça veut dire quoi ? Que ce qu’on va dessiner sur la carlingue, c’est pour se moquer de la gueule de l’autre ? J’avais pas compris ça moi... //
//Il protégeait les amérindiens. C’était ça son boulot.//
Le mot de trop. Il aurait pas dû le dire, il le savait. Mais comment est-ce qu’elle pouvait ne serait-ce que s’amuser, insinuer, quelque chose avec son terme de “flic blanc” ?!?
Est-ce qu’il avait mal compris ? Est-ce qu’il était complètement à côté de la plaque ? Elle parlait d’un flic et son mentor était bien le seul qui pouvait être concerné. Alors quel message il fallait tirer de “blanc” et de ce ton moqueur ?
//Tu insinues quoi avec ton “flic blanc” et ton air ironique ? Tu te sers de ce en quoi je crois, en lui, pour te moquer ? Que tout ce qui tourne autour de moi est axé là-dessus ? Je t’interdis de faire une allusion de ce genre sur Bradford, surtout lui. Et merde, tiens ! J’aurais dû fermer ma gueule ! Ca m’apprendra. //
Ouais, ça lui apprendra d’avoir cru pouvoir s’ouvrir un peu, histoire de faire la paix avec Penikett. Ils n’étaient pas capable de s’entendre durablement. Ce n’était pas le contenu en soi mais le ton employé, comme s’il suffisait qu’un flic soit blanc pour qu’il soit partial. Et là c’était Josh qu’il voyait en entendant cette phrase. Le petit outrage sous-jacent surprise. C’est comme ça que Scott le prenait et se servir de ce qu’il lui avait raconté pour ce semblant de moquerie lui faisait perdre les pédales. Pourquoi lui avoir dit sa fonction ? Elle allait surement se dire que s’il protégeait les Amérindiens, il les protégeait aussi de lui ?
Non, elle savait que dalle, il n’y aurait que des suppositions et ils étaient seuls dans l’espace. Elle pouvait rêver pour avoir la moindre information supplémentaire. C’était déjà beaucoup trop et en-dehors de ce qu’il acceptait de confier. Mais ce qui touchait à Josh, c’était sacré. Peut-être qu’il avait voulu qu’elle sache à quel point il était important pour qu’elle ne se risque pas dans un terrain aussi dangereux. De toute façon, elle ne pourrait que divaguer et spéculer pour faire un lien entre lui et le boulot de Josh. Rien ne l’empêchait, à partir de là, de jouer du pipeau jusqu’au bout.

**Bon sang, Bradford, si seulement tu étais là. Si seulement tu pouvais m’aider une dernière fois, que j’arrête d’avoir le cul entre deux chaises !** Songea-t-il alors qu’il affinait ses outils de détection sur le mystère qui se profilait de plus en plus dans ce nuage de gaz.


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Dim 30 Sep - 11:18
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La réponse de Cross sur la fonction de flic de Bradford fit réfléchir la jeune femme. Il avait sauvé la vie de Greer et il lui avait dit que c’était grâce à lui qu’il était dans ce siège. Pourquoi donc ? Parce qu’il était flic lui aussi et que dans une affaire, son coéquipier ou collègue lui avait sauvé les miches. Est-ce que c’était parce qu’il avait donc côtoyé beaucoup d’amérindiens qu’il était comme ça avec elle ? En avait-il eu marre de voir le peuple de Chenoa se soumettre au dogme des blancs ? En avait-il des aigreurs ? Ou est-ce qu’il était de l’autre côté ? Peut-être que, au regard de son comportement clairement hostile avec elle (et pas avec d’autres personnes qui sont typées d’une origine différente), il était de ceux qui faisaient du mal aux indiens d’Amérique et que ce flic lui avait fait passer le goût du pain (ou de l’indien) ? Non, cette dernière hypothèse était tirée par les cheveux et guère plausible. Si ce type était un criminel, il ne serait pas devenu copilote d’un chasseur dernière génération, et encore moins dans ce programme top secret.

Bref, c’étaient des pistes à explorer et Chenoa se les mettait de côté alors qu’elle poussait un soupir clairement audible dans son casque. Il prenait décidément bien la mouche aujourd’hui. Habituellement, il était toujours là à se moquer d’elle, à la faire chier, à la titiller et là, il se vexait comme un pou pour un rien, surtout qu’elle n’avait pas cherché à se moquer de son bon Bradford.

// Sérieux Cross… Trouve toi une bonne femme ou un bonhomme, je m’en tape, mais fais toi purger, tu es vraiment aigri aujourd’hui... //

Ce n’était pas très classe comme remarque, mais c’était Chenoa. Elle balançait ce qu’elle pensait comme ça sans trop réfléchir. Néanmoins, elle ne le laissa pas qu’avec ce conseil, car elle ajouta :

// Et pour ton information, je ne me moquais pas de ton coéquipier, mais de ton manque de loquacité. Tu es vraiment une tête de con sérieux ! Je disais que j’avais un “flic blanc” parce que finalement, ce sont les seules informations que tu m’as donné. Ça n’a rien à voir avec le fait qu’il soit blanc ou flic. Putain, mais va te faire branler, ou prend ta main mec, ça te fera baisser les hormones. Et on parle des bonnes femmes sérieux... //

Elle poussa un nouveau soupir, carrément agacée maintenant. Elle s’était dit qu’elle allait répondre tranquillement, mais il la faisait chier avec ses remarques de merde. Ok, son Bradford chéri était son idole ou elle ne savait quoi, elle ne se moquerait pas, mais il ne fallait pas non plus tomber dans la passion religieuse merde. Chenoa était contente de savoir quelques trucs en plus sur son copilote, mais si ça devait à chaque fois être la guerre pour en apprendre d’avantage, et se le voir reprocher ensuite, qu’il aille se faire foutre lui et sa croix.

L’indienne n’avait pas placé le mot “coéquipier” par hasard dans sa phrase. Elle n’était pas une grande manipulatrice, mais c’était une façon de vérifier une hypothèse ou pas. Tout dépendrait de ce qu’il allait répondre, et peut-être qu’il passerait à côté de l’information - et elle en déduirait ce qu’elle voulait - et qu’il resterait focalisé sur l’aspect branlette de son propos. Bref, elle verrait bien.




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Sam 27 Oct - 10:45
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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

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Une grimace étira le visage de Scott.
Il y a pas à dire, la concernant, il ne serait jamais inquiété par un comportement hypocrite. C’était bien dans son caractère de lui dire d’aller se soulager et qu’il ressemblait à une femme trop hormonée. Chenoa bourrait dans le tas, c’était à se demander comment elle n’avait pas fini avec un dossier aussi épais qu’un annuaire téléphonique sur des cas d’insubordination. Le copilote maugréa et grogna dans son casque, continuant de manipuler les outils de détection du chasseur.
//Ouais, ok, tu te gares sur le bas côté et on règle ça sur la banquette arrière.// Répondit-il avec un ton railleur.

Tout dans la finesse. Il fallait croire qu’ils parlaient la même langue.
Elle avait pensé que Bradford était son coéquipier, elle faisait littéralement fausse route et ça lui enleva un poids de la poitrine. Au moins elle n’en apprendrait pas plus et ce n’était pas le plus important de l’affaire. Alors si elle se fourvoyait, Scott gambergerait d’autant moins. Il n’avait pas l’intention d’aller plus loin dans cet échange, surtout qu’il n’était pas si constructif au final. Scott avait appris ce qu’était enfin cette histoire de coyote et il avait livré, plus par maladresse que par volonté, quelques informations personnelles. Maintenant, il restait à savoir si elle allait les garder pour elle ou si l’équipe s’en trouverait informée dès qu’ils poseraient un train d'atterrissage sur le pont tribord.

Scott, donc, en était resté là.
Sa dernière allusion servirait de conclusion à la conversation et il n’écouta pas ce qu’elle lui répondait dans le casque. Surement une de ses fameuses réparties dont elle avait le secret mais le copilote était en train d’examiner les derniers résultats. Une alarme en rouge se matérialisa sur le compte rendu issu de son ordinateur et il la coupa directement, sans même se préoccuper du contenu, pour annoncer d’une voix plus importante et dénuée de tout mépris :

//Pilote, alerte détection. Deux tiers par tribord avant, quinze degrés. Réduire la vitesse à cent cinquante.//

Le copilote entra la mise à jour de coordonnées de vol, murmurant un //Yess...// avant de reprendre.

//Timber, ce nuage de gaz n’est pas naturel. Aucun puit de gravité ne le garde en l’état. Mes instruments s’affolent, le nuage aurait dû se dissoudre dans le vide spatial mais ce n’est pas le cas. Une anomalie inconnue en est à l’origine.//

Tout en parlant, Scott passait d’un écran à l’autre pour faire les déductions qui s’imposaient. Il cala son radar sur une masse qu’il afficha sur le hub de son pilote ainsi que la nouvelle trajectoire.

//Dans une strate profonde de cet amas, si on compte pas les roches, il y a un unique corps solide. J’ai des relevés contradictoire sur sa nature. On peut s’y rendre en huit minutes mais ça sera pas un trajet agréable. Multiples obstacles dont une gorge d’étranglement rocailleuse. Et ce n’est qu’un début.//

Les débris stellaires se compactaient parfois pour donner de véritables ravins spatiaux dont les parois se mouvaient, risquant de broyer et déchirer un F-302 imprudent. Scott se rappela les ordres qu’ils avaient reçu avant le départ. Le blabla hyper soporifique et bien dégoulinant du “vous êtes novices, ce sont vos premières sorties en solo, ne prenez SURTOUT PAS de risques !!!”

Scott se souvenait de cette lueur qu’il avait vu dans le regard de Chenoa. Il avait eu la même : celle des têtes brulées. Si on se met à craindre les dangers de l’espace, autant ne pas faire de chasse en F-302 du tout. Qu’ils aillent se faire grutier sur Terre. Logiquement, ils seraient censés prendre ces relevés et retourner auprès du Dédale pour livrer les informations. Ross et Blue étudieraient ça et donneraient l’ordre d’enquêter à une autre équipe plus expérimenté. Ils les priveraient de LEUR découverte.

Scott aurait parié cher que Timber se faisait le même cheminement de pensées. Ils s’emmerdaient depuis leur premier vol. Ils s’autorisaient de la voltige par moment et Greer n’était pas le dernier à la provoquer pour l’amener à pousser la propulsion. Mais depuis lors, leur armements n’avaient jamais fonctionné et ils n’avaient jamais partagé un combat. Les découvertes ? Zéro !
La balade en espace était un véritable plaisir mais ça commençait clairement à manquer de piquant.
Bien sûr, à leur cinquième sortie, ils n’avaient pas encore assez d’expérience en combat spatiaux. Et alors ?!?
C’est en les couvant de cette façon qu’ils allaient évoluer ?!?

//On est sensé faire demi-tour pour transmettre notre rapport. Qu’est-ce que t’en dis toi ?//

Il laissa filer quelques secondes, certain qu’elle était partagée entre ces deux choix. Ca n’allait pas être facile pour elle, la route qu’elle allait devoir emprunter n’était pas simple, c’était un défi de navigation en soit et ce n’était qu’un début avant d’atteindre l’anomalie. Mais quel secret cet amas pouvait renfermer ? N’était-ce pas pour ça qu’ils étaient là ?
Mais une chose devait être certaine, ils allaient prendre la décision à deux. Ils avaient intérêt à être en bonne cohésion s’ils ne voulaient pas finir aplati contre une roche stellaire. Scott était un casse-cou, il adorait le danger, ça le shootait d’adrénaline. Est-ce que c’était aussi le cas de sa pilote ?
Scott la tenta sciemment. Il ajouta d’une voix plus agréable, se surprenant lui même, chargé d’une excitation impossible à dissimuler :

//Allez Chenoa. On est venu pour l’aventure...//


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Lun 29 Oct - 15:35
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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



// P’tain les mecs et leur banquette arrière... Vous croyez que c’est agréable pour nous sérieux ? On est pas des stars du X à se contorsionner sur demande hein ! //

Chenoa avait décidément réponse à tout. Scott ne répondit pas sur la suite, et elle prit son silence pour un aveu. C’était donc un ancien flic et il était devenu copilote. C’était sans doute pour ça qu’il n’était pas pilote, et qu’il était plus âgé qu’elle. Il avait eu un métier avant celui-là, alors qu’elle, elle avait fait que des études dans ce sens pour avoir ce job. Du coup, elle se trouva un peu conne. A tout les coups, l’île déserte était une métaphore. S’il devait sa vie à ce Bradford, c’était que ce dernier était peut-être mort à sa place en le sauvant. Il n’était plus de ce monde… N’empêche, ça ne ressemblait pas à Greer d’être aussi fleur bleu et sensible pour s’exprimer par une si belle allégorie. Elle comprenait néanmoins sa violence dans l’idée de le défendre. Elle devait respecter cela. Son histoire de banquette arrière était une façon de se protéger, et de la replacer dans un contexte plus direct, comme il en avait l’habitude. Mais maintenant, elle savait que c’était un grand sensible capable de poésie. C’était aussi pour cela qu’elle n’avait pas relevé plus loin et qu’elle avait rebondi sur ses propos en restant figée sur l’histoire de la banquette, afin de ne pas le déranger plus que ça.

De toute façon, il n’eut guère le temps de répondre qu’il annonçait une alerte détection. Automatiquement, la jeune femme contrôla ses instruments et lorgna par la verrière. Plus mobile, elle regardait aux alentours.
// Reçu, vitesse réduite à cent cinquante. Nouveau vecteur de direction par trois quart tribord avant. Je contourne. //

Cela l’éloignait un peu du nuage, qui d’ailleurs, monopolisait l’attention de Cross. Elle n’était pas une experte en spatio physique, mais elle connaissait les bases quand même. Quoiqu’il en soit, elle ne répondait pas à son copilote, le laissant parler et exprimer ce qu’il voyait via ses écrans et instruments. Elle regardait l’immense nuage qui devait cacher bien des dangers, tandis que Scott en arrivait à la conclusion qu’il y avait quelque chose au centre de ce dernier, qu’il n’arrivait pas à identifier.

Une petite envie commença à s’immiscer en elle. Le genre d’envie qui commence doucement et qui devient vite impétueuse et incontrôlable. Elle avait envie d’aller voir de plus prêt ce dont il retournait. Elle restait silencieuse. Huit minutes, c’était à la fois rapide et très long, surtout si les conditions de vols étaient chaotiques, comme cela semblait être le cas. Ses nerfs allaient être mis à rude épreuve, et son sens du pilotage également… Mais est-ce qu’elle n’avait pas signé pour ça ? Tout comme Scott, elle se faisait chier. Passé les premières heures de vols et les premiers catapultages, l’excitation était bien moindre, même si elle restait toujours présente. Elle avait hâte de commencer les manoeuvres et les combats fictifs histoire de voir autre chose.
Attention, elle ne crachait pas sur son métier, et elle ne s’ennuyait pas ferme. Elle avait bien conscience de voir des choses extraordinaires et de piloter un engin d’exception, mais elle avait justement envie de pousser ce fameux engin dans ses retranchements. Ça manquait de peps, ça manquait de piquant, ça manquait d’adrénaline.

Scott ne l’aidait pas du tout. Il semblait la supplier d’y aller. Comme si elle en avait vraiment besoin tient… Et en plus le mec prenait une voix plus suave pour la convaincre. Ce type était un tordu.

// On est censé respecter la procédure Cross. //, répondit-elle d’une façon morne. Avant d’ajouter : // J’veux bien aller voir mais... // Si Greer ne la connaissait pas suffisamment pour savoir si c’était le genre d’aventure dans laquelle elle voulait bien se lancer, en faisant fi du protocole, il devait certainement la connaître maintenant pour savoir que ce “mais” n’était pas anodin. // J’accepte que si tu me dis pourquoi tu me détestes. C’est à cause d’une ancienne copine amérindienne que tu as eu et qui t’a fait du mal ? Par rapport à ton ancien boulot ? Ton coéquipier est mort pour toi à cause d’un indien d’amérique ?? // Et voilà, Chenoa dans toute sa splendeur. Finalement, elle ne pouvait pas s’empêcher d’y revenir, de faire la pie curieuse, de vouloir savoir, de causer, et elle avait senti dans les supplications silencieuses de Greer et dans le ton de sa voix, qu’elle avait une ouverture.





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Sam 3 Nov - 11:48
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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

Mission de vol, début septembre



Le copilote serra les dents.
Il pensait l’avoir échappé belle en terminant sur cette boutade. L’alerte détection, c’était le gong supposer clore le sujet pour de bon et les amener sur un autre terrain. Mais devenez quoi ? Elle revenait à la charge !!! C’est dingue ça, on lui laissait une rognure d’ongle et elle voulait bouffer le bras. Elle était tenace mais ça aurait été mieux si ce n’était pas orienté sur son passé.

Scott eut un pincement au coeur quand elle posa ces questions. Pourquoi exactement, il ne sut pas le dire et c’était d’autant plus dérangeant pour lui.
Depuis leur rencontre, il avait fait tout son possible pour creuser un fossé entre eux et éviter qu’elle ne s’intéresse à lui. Il réussissait bien jusqu’à cette fameuse altercation. Un petit effort de communication et il se faisait littéralement envahir de questions. Chenoa était en train de le bouffer. Mais bon sang, il ne s’était pas montré hostile pour devenir une énigme et une source d’intérêt.

Qu’est-ce qu’elle espérait dans le fond ? Qu’il se livre entièrement et qu’elle n’aie plus rien à apprendre de lui lorsqu’ils poseraient le F-302 ? Quel était son projet ? C’était quoi son intérêt dans tout ce merdier ?

**Oh mais je ne te déteste pas, tu sais. Au contraire, les amérindiennes, et les navajos en particulier, c’est tellement mon type que j’en chassais leurs vagins dans la savane. Et tu veux que je te dise ? Ben t’as les même cheveux que la dernière à mon tableau de chasse. La même finesse, de grain de peau, et tout.
Tu fais juste me rappeler tout le temps, par ta simple présence, que je tenais les gonzesses de ton genre par la force du chibre et du couteau.
Cool non ? On continue d’en discuter ? Tu veux des détails plus croustillants ?
T’as une bonne odeur tu sais. Je pensais pas que ça deviendrait un calvaire de te voir monter cette putain d’échelle du lit superposé chaque soir !**


Scott ferma les yeux avec force jusqu’à ce que ça en devienne douloureux.
Les questions de sa pilote étaient dégoulinantes de curiosité, d’une innocence qui le marquait régulièrement, comme dans ses parties de carte ou ses interrogations sur des points de cultures pourtant courante. C’est ça, une forme d’innocence et de bienveillance un peu naïve, quand elle ne jouait pas son bûcheron rentre-dedans. Elle était à mille lieux de savoir que son passé le tourmentait juste parce qu’elle le représentait entièrement.
Penikett était la source de remords et de scrupules qui le tourmentaient par moments. Et à la vérité, il était terrifié à l’idée que ce soit elle qui découvre un jour le pot aux roses.

Parfois, Greer avait l’impression d’en faire trop, que d’autres individus auraient enterré ça sous une indifférence impénétrable. Mais le fait d’avoir changé de vie et, surtout, avoir aimé les principes enseignés par Bradford et par l’USAF, ça entrait souvent en conflit avec son historique.

Scott rouvrit les yeux. Non, elle ne saura pas, elle n’obtiendra rien de plus.
Tout en soupirant, il inscrivit une nouvelle entrée dans l’ordinateur de vol et dessina la route pour rentrer au Dédale. Il ne parla même pas, envoyant les infos sur le hub de sa pilote tout en gagnant la certitude qu’il était bel et bien dans la merde. Timber était trop curieuse et même les coups de gueule d’importance ne suffisaient pas à la faire reculer.

Non seulement ça.
Mais elle avait une sale influence aussi. Elle était capable de lui foutre des idées saugrenues en tête. Retrouver Josh et lui rendre visite un jour, quand il serait de quartier libre, pour lui montrer que son acte de foi avait été récompensé. Et pourquoi pas avec Penikett s’ils devenaient amis, ce qu’il n’espérait vraiment pas, mais qui finirait de certifier qu’au moins un des Hicks s’en était tiré grâce à lui. Et qu’au lieu de fuir les réserves comme la peste, il s’était lié d’amitié avec une de leurs représentantes.
Quelle idée stupide...

//Ok, on rentre// fit-il calmement.
// On rentre ? Alors qu’on a l’arche perdue à huit minutes ? T’es sérieux ?? //
//Tu veux me faire chanter. L’état ne négocie jamais avec les terroristes...donc...on rentre...//

Il s’était permis le trait d’humour mais il restait plutôt sec en ajoutant :

//Tu en demandes trop.//
// J’aurai essayé... //, fit-elle en orientant le F-302 sur le nouveau tracé de Cross pour le retour Dédale.

Scott déchanta en voyant le coucou s’en aller. Il ne s’attendait pas vraiment à ce que la pilote place plus d’importance dans ses questions que dans sa curiosité. C’était encore plus inquiétant. Silencieusement, il secoua négativement la tête et s’enfonça dans un profond mutisme. L’aventure serait pour une autre fois, peut-être aurait-il réussi à se faire détester suffisamment pour qu’elle arrête de poser ces foutues questions d’ici là.

Chenoa laissa filer quelques secondes, sans rien dire, avant de déclarer : // Copilote ? C’est quand tu veux pour me tracer une foutue route dans ce nuage. Ou je continue de suivre ton itinéraire de planqué ? // Elle donna quelques secousses dans le manche pour faire onduler le F-302, afin de montrer son impatience.
Une façon de dire que le coup de bluff n’avait pas marché. Elle s’améliorait n’empêche. La Penikett arrêtait de faire de belles suites en couleur sur ses cartes quand elle le voulait finalement. Toujours en silence, Scott se plongea sur ses écrans puis dessina une nouvelle trajectoire. Le plus sûr aurait été de contourner par un flanc pour revenir de l’autre côté mais il détecta un phénomène dans l’amas de gaz que l’on retrouvait dans l’atmosphère. Le trou d’air qui faisait faire la chute libre de plusieurs centaines de mètres d’un coup.
Dans l’espace, cela se traduisait par une brusque et très soudaine accélération. Space Mountain version réaliste.

Le copilote ricana dans sa barbe puis impliqua ces trous dans la nouvelle trajectoire. Timber allait devoir faire très attention aux débris qu’elle croiserait en chemin, ça risquait même de mettre ses talents de pilote au défi, mais il serait là pour l’assister dans la détection et les manoeuvres dilatoires.
//A vos ordres...// Répondit-il sur un ton faussement dominé.
Et il envoya le tracé sur l’ordinateur de Chenoa, comprenant les symboles désignant ces fameux trous par lesquels il comptait la faire passer.
//Va pour l’itinéraire du brave alors. A moins que tu aies les foies, la pie curieuse.//


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Sam 3 Nov - 21:56
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Scott "Cross" Greer & Chenoa "Timber" Penikett

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La pilote ne répondit rien. A peine la route tracée sur son HUB, et à peine Scott avait-il finit sa phrase qu’elle inclina le F-302 en direction du nuage pour foncer dessus. Elle ne le fit pas de façon souple à dessein, juste pour emmerder Cross qui pensait qu’elle avait peur. Elle pivota le F-302 pour mettre les ailes à la verticale et elle fit une poussée sur le plafonnier pour effectuer un lacet serré effectuant là une manoeuvre basique de pilotage, à savoir une conjugaison de commande du manche et du plafonnier. La dynamique du truc était plus accès sur la propulsion que sur la portance de l’air, puisque dans l’espace, ils naviguaient finalement dans le vide. Le nuage de gaz allait leur procurer une sorte d’atmosphère qui allait jouer sur les sensations de pilotage. Il fallait donc s’adapter en permanence, un peu comme une voiture qui alternait entre route sèche et route verglacée. Cela plaisait fortement à Chenoa qui ressentait bien plus de chose que dans un avion de chasse normal, confiné à rester dans l’air.

// Et boom, nous voilà dans l’axe. //, ajouta-t-elle à l’adresse de Cross. Elle respirait plus fort, signe qu’elle venait de lutter contre les “g” qu’elle avait provoqué dans son lacet serré au roulis perpendiculaire. Elle diminua néanmoins la vitesse d’approche pour se laisser un peu de marge vis-à-vis des pièges que pouvaient receler l’amas gazeux. La prise de risque ne sous-entendait pas d’être inconscient, surtout dans leur métier.

Elle suivait l’itinéraire que lui avait donné Scott, naviguant tant aux instruments qu’à la vue. Elle avait une confiance aveugle dans son copilote et dans les indications de son HUB. Les sensations étaient bonnes, et pour le moment, le F-302 ne subissait pas vraiment de pression extérieure. Jusqu’au premier trou d’air provoqué par l’amas gazeux que Cross lui avait mis en surbrillance. Manifestement, il voulait qu’elle les emprunte. Sensation de montagne russe imminente.

La jeune femme s’ajusta dans son siège, bien maintenue par les sangles et elle resta ferme sur ses commandes. L’appareil fut soudainement happé vers le bas, effectuant une dégringolade de plusieurs mètres qui affola les instruments un bref instant. La sensation dans le ventre fut terrible, comme lorsqu’en voiture on arrive en haut d’une bute et qu’on redescend brusquement derrière. Chenoa joua sur le tangage et elle piqua du nez pour accompagner la chute avant de se stabiliser à l’horizontale pour continuer sa route. Une alerte collision se manifesta alors sur son écran intégré, qu’elle n’identifia pas visuellement à cause du gaz. Il fallait se fier aux instruments et aux capteurs externes du F-302, ce qu’elle n’hésitait pas à faire ; après tout, Eaglestar était le troisième membre d’équipage, et ils communiquaient de la sorte avec eux.

Et soudainement, l’amas de roche tournoyant lentement apparut dans la verrière. Il était immense, probablement de la taille d’un building. Il n’était pas une menace réelle, mais il ne fallait pas se le payer dans le brouillard. Raisonnablement, Chenoa adopta une trajectoire d’évitement, préférant prendre un peu de distance avec le corps céleste plutôt que de le froler au risque de ramasser un éclat qui se détacherait d’une façon ou d’une autre. Cependant, elle ne prit pas suffisamment de distance pour pouvoir glisser et slalomer entre les excroissances qui le parcouraient. C’était risqué. Mais terriblement amusant !

Le F-302 virevoltait d’un bord à l’autre, évitant d’abord un pic gigantesque qui s’élevait à la surface de l’amas, puis une énorme montagne. Elle évita même quelques roches qui gravitaient autour de ce géant, et finalement, elle le laissa dans le vent en prenant un autre trou d’air qui les éloigna définitivement, mais qui les rapprochait davantage de leur objectif inconnu. Cela faisait presque trois minutes qu’ils étaient là dedans, et finalement, ce n’était pas si chaotique que ça, si on acceptait de se faire secouer un peu. La jeune femme était concentrée à l’extrême. Elle se forçait à cligner des yeux pour ne pas se provoquer une sécheresse oculaire, et elle restait mobile dans son siège au niveau de sa nuque pour ne pas s’ankyloser à force d’attention soutenue. Mais plus ils s’enfonçaient dans l’amas de gaz, et plus ça commençait à secouer dans tous les sens.

Soudainement, une déflagration sur leur droite souffla le F-302 vers bâbord, collant Chenoa sur le flanc tribord de la carlingue malgré le sanglage. Elle maintenait le cap, mais la déflagration envoya quelques projectiles mal venu. A force de roulis et de manoeuvre d’évitement qui leur fit passer la tête tantôt à l’envers, tantôt à l’endroit, de la droite vers la gauche et vice versa, le haut du bas commençait à ne plus se différencier pour eux et le système d’inertie fonctionnait à plein régime pour leur maintenir cette sensation. Il commençait à faire chaud. La tension était maximale, et la pilote respirait profondément par le ventre pour maintenir un degré de calme latent afin de préserver son sang froid. Elle se sentait moite dans sa combinaison. Pour le moment elle n’avait pas froid, mais elle se gardait le droit de monter la température de sa cabine si jamais ça devait venir.

// Alors Cross, on va devoir changer ton casque parce que tu as vomi dedans ? //, blagua-t-elle d’une voix plus blanche que d’habitude. Manifestement, elle s’était faite une frayeur sur la déflagration et elle cherchait par l’humour à faire redescendre la pression.

Mais pas une seule seconde elle ne s’était dit qu’ils avaient fait une brave connerie en se lançant dans cet amas gazier. Pas une seule seconde. Non, elle était là pour ça, et l’aventure commençait à prendre du sens.



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