Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis


Steven Caldwell

√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Lun 17 Sep - 22:23

Steven Caldwell
Opération
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NORMANDIE
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Chronologie : JEUDI 17 MAI


Le courant.

Ce n’était que le troisième voyage de la texane dans cet environnement et, pourtant, elle s’y était bien acclimaté. Elle pouvait se laisser glisser tranquillement comme la première fois ou se déplacer librement dans cette immense constellation, là où chaque petites lumières représentaient une vie unique. A ce stade, il n’y avait rien de bien matériel mais Pedge n’avait qu’à “regarder” l’une de ces étincelles pour savoir ce qu’il en était. L’une d’elle représentait un Matt qui avait perdu son bras durant la guerre, il se demandait comme il allait se reconvertir tout en surveillant une Pedge si épuisée qu’elle craignait de mourir au beau milieu de son sommeil. Étant des Affranchis, elle s’était vidée pour sauver une de ses soeurs qui avait lâchement reçu un tir plasma dans le dos. La petite lumière qui la représentait vacillait, signe que sa vie ne tenait plus que par la force de son caractère. Le Matt en question veillait à son chevet, assuré que la Guerre ne se terminerait pas maintenant la concernant.

D’ailleurs, il sentit la présence de l’Authentique et ne s’en offusqua pas. Bien connectée dans le courant, elle sentit de sa part comme un salut respectueux qui échappait un peu au protocole. Ce clone ne faisait pas signe à son grade mais à la personne, à l’authentique qu’elle était. C’était très particulier. Comme si elle avait été prise en train de regarder par le trou de la serrure et que l’occupant de la chambre lui disait qu’elle pouvait passer la porte quand elle le voulait. Qu’elle n’était pas obligée de regarder “de loin”.

Même si elle n’était pas dans le siège et que Coleen avait servi de relais, son combat contre la reine l’avait paré d’une bonne expérience dans le courant. Pedge sentait maintenant qu’elle était plus à l’aise, comme si elle faisait du vélo sans les roulettes. C’était ce même sentiment de liberté, de nouvelle maîtrise et de puissance qui lui venait alors qu’elle naviguait sans contrainte dans le courant. Pas de limites, aucun obstacle. Dans cette immensité, sans forme matérielle, elle pouvait modéliser n’importe quoi, ou rejoindre la modélisation de n’importe qui, afin de discuter. Elle était libre, tout s’ouvrait, s’offrait. Ce sentiment grisant de toute puissance, d’impunité totale, avait de quoi tourner la tête, donner l’impression d’être une divinité. Il fallait faire attention, Coleen le lui avait dit, il était facile de s’y perdre.

La rébellion n’avait plus besoin de la rassurer cette fois. Ni de la guider. Elle ressentait une fraternité continue et un respect absolu. A chaque fois qu’elle trouvait une étincelle sur son voyage, elle était témoin de cette estime particulière à son égard. Cependant, et assez rapidement, Pedge se rendit compte qu’un vent de tristesse soufflait également parmi les clones. Une douleur latente et une incompréhension qu’ils partageaient tous : un reste déplaisant hérité de l’agression de Coleen dont ils avaient tous été témoin. Un arrière goût bien amer qui avait beaucoup de mal à passer.
La nuit leur avait surement porté conseil mais la rancoeur est tenace. Pedge découvrait qu’elle allait sûrement avoir plus de difficulté à les convaincre de relancer l’alliance.

C’est sans difficulté qu’elle trouva son repère habituel. Elle sentait que les deux chefs de la rébellion et Coleen s’y trouvaient. L’environnement se matérialisa dès qu’elle en eût la volonté, son corps idéal se formant selon ses propres critères alors qu’elle s’approchait de cette plage de Paradize. En revanche, une contrariété persistante avait rendu l’endroit bien moins accueillant. Une tempête tropicale arrosait la plage de trombes d’eau et Pedge se retrouva trempée en quelques dizaines de secondes à peine. Les nuages étaient si noirs et impressionnants qu’on se serait cru en pleine nuit. Les puissantes bourrasques de vents faisaient danser les palmiers et manquaient de l’embarquer. Il fallait s’abriter rapidement. Son bungalow était éclairé, signe qu’il y avait du monde à l’intérieur. D’ailleurs, la porte s’ouvrit, son éclairage dessinant la silhouette d’une jeune femme qui lui fit signe de se dépêcher.
En approchant, Pedge découvrit les contours de Coleen, son image spirituelle représentant avec exactitude ses traits dans la réalité. Hormis son casque qu’elle ne portait pas, elle avait sur le dos son gilet tactique avec son marquage “Coleen No-Fire” à l’avant et “USAF” à l’arrière. Ses cheveux étaient blancs et sa main Wraith dissimulée sous un gant qui remontait jusqu’à son avant-bras.
Fidèle à l’originale. Surement pour que Pedge la reconnaisse rapidement. Mais elle sentait qu’il y avait une autre raison plus personnelle. Enfouie au plus profond de son être.

Sa jumelle répéta le signe pour lui dire d’entrer rapidement. C’était véritablement hostile dehors et l’orage ne tarda pas à faire trembler les parois du bungalow. Une fois la porte franchie, la texane trouva un environnement familier et sécurisant, elle avait l’impression d’être chez elle, que c’était SON bungalow même si les chefs de la rébellion s’y trouvaient. Il y avait dans l’air la même impression de propriété que lorsqu’elle allait sur le continent. Sa jumelle referma la porte, une dernière bourrasque de vent s’engouffrant dans le bâtiment en y imposant une température désagréable, puis elle la salua d’un signe de tête bien connu. En silence, de cet air endormi. Elle avisa son authentique, voyant ses vêtements gorgé d’eau, avant de lui préciser :
« Tu n’es trempée que si tu veux bien le rester. »
Elle lui fit un signe de tête très simple et s’éloigna dans la pièce principale.

L’intérieur était un peu moins spartiate que le véritable bungalow de Pedge sur le continent. Certains objets de mobiliers et de décoration ne la bottait pas vraiment, signe qu’ils avaient dû être installés par le vieux Matt. Par contre, d’autres éléments représentaient clairement ce qu’elle aurait voulu y installer si elle en avait eu les moyens.
Le vieux Matt et la Reine Pedge se tenaient côte à côte sur le sofa, chacun une manette dans les mains, en train de disputer une partie de jeux vidéos. Le son joyeux de Mario Kart cassait véritablement l’ambiance générale et le sentiment néfaste qui faisait trembler le bungalow par moment. Entaillant aussi la cohérence au vu de ce qui se tramait dehors, dans le monde réel.

Visiblement, la Pedge Wraith avait réussi à passer devant son adversaire, le petit véhicule entamant le dernier tour en ne lésinant pas sur les peaux de bananes et les carapaces pour retarder le poursuivant. Mais bien plus habitué aux jeux vidéos, le vieux Matt se baladait littéralement sur sa partie de l’écran.
Coleen s’était installée sur une chaise, derrière eux, pour les regarder jouer. Il y avait un saladier de pop corn que seul le ranger semblait avoir entamé et quelques canettes de sodas écrasées qui semblaient également venir de lui.

Finalement, le fourbe attendit le tout dernier moment pour lancer son attaque. La Pedge Wraith avait la mâchoire serrée, le regard plissé, pleinement concentrée dans son action finale lorsque son véhicule fut percuté de plein fouet par une carapace. Le poursuivant qu’était Matt lui passa sous le nez, trouvant même le loisir de ralentir un peu à sa hauteur pour la narguer, puis passa la ligne pour lui ravir la première place sous le nez.
Il en riait en plus, le salaud, fier de son coup. Excédée, la Pedge prit une longue inspiration trahissant sa frustration et elle serra la manette dans ses mains. L’objet ne résista pas plus longtemps à la force Wraith et elle le réduisit en miettes sous le regard hilare du vieux Matt.

« Ouais, ça a jamais été prévu pour des mains Wraiths ces machins-là... » Reconnu-t-il en lui donnant sa propre manette.

Matt se redressa péniblement en grognant, comme un garnement qui refusait de lever son derrière du fauteuil, et il ouvrit le tiroir de la commode d’à côté, là où se trouvait rien de moins qu’une bonne vingtaine d’exemplaires de manettes de jeu. Toujours tourné de dos, il n’avait pas remarqué la présence de l’Authentique, déballant sa nouvelle manette. Il souriait, d’un air gentiment moqueur, en voyant son amie noter son nom au tableau des scores entre la vingtaine de “BatMattou”, “TheBestOfTheWorld”, “BigOne”, “ThisIsMattou”. Il n’y avait pas une seule “Pedge” noté quelque part sur l’écran des scores. Le Ranger n’avait même pas eu cette délicatesse, ce qui l’en rendait plus hilare encore.

Le vieux Matt savourait son moment de triomphe, s’approchant de la cheffe des Affranchis, voulant visiblement lui proposer la revanche lorsqu’il s’immobilisa soudainement. Il avait la conviction qu’une Pedge de plus se trouvait de son champ de vision périphérique. Et il ne l’avait pas senti approcher celle-là. L’homme se tourna lentement vers elle, fronçant un instant les sourcils, puis il fit la lumière dans son esprit. Le calcul était tellement simple qu’il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre, ce qui lui arracha un éclat de rire.

« Quelle bande de sales tricheuses !... » S’écria-t-il.

Il se tourna vers la Pedge Wraith.

« Toi, tu me défies jamais. C’est toujours moi qui t’emmerde pour qu’on se fasse une partie. »

Elle haussa des épaules en réponse, terminant l’enregistrement du score. Le vieux Matt pointa un doigt sur Coleen.

« Et toi, tu as organisé cette embuscade... »
« J’ai organisé l’embuscade. » Confirma la jeune femme.

Les bras ballants, le vieux Matt abdiqua. Il soupira de manière sonore avant de fixer l’Authentique Pedge d’un regard amusé.
« Tu vois où ça m'amène les conneries de mon frérot ? Maintenant je lutte en infériorité contre la mafia des Pedges...vous m’avez eu comme un bleu ! »

Il ricana tout en se déplaçant vers une glacière. Une fois n’est pas coutume, il sortit quelques bières qu’il distribua à la volée. D’abords à son amie qui l’attrapa au vol d’une main tant elle avait l’habitude de son jeu du “Réflexe !”. Coleen qui reposa tranquillement la bouteille sur la table à côté des deux autres qu’elle n’avait pas touché. Puis il se dirigea vers l'Authentique Pedge pour le lui tendre.
Pourquoi ne pas la balancer comme pour ses soeurs ? Et bien pour mieux mettre un taquet revanchard derrière le crâne de Coleen. D’abord surprise, elle le fixa d’un regard un peu sombre, puis elle lui fit une moue insolente qui avait l’air de dire “Cours toujours, je t’ai bien eu.”

La Pedge Wraith avait tout éteint.
Les choses sérieuses allaient commencer, raison pour laquelle elle quitta le sofa pour se rapprocher. Le vieux Matt avait bu une gorgée de sa bière fraiche puis il s’installa sur une chaise, s’attablant tout en fixant les trois jeunes femmes qu’il invita d’un signe de tête.
« Vous me cassez les doigts si je donne pas la bonne réponse, c’est ça ? » Ironisa-t-il.
Étant un gamer invétéré, la perte de ses doigts serait un véritable drame. Il blaguait surtout là-dessus. Cela le fit sourire mais il était bien conscient que l’Authentique ne venait pas pour parler score. Il avisa ses trois soeurs, autour de la table, puis acquiesça d’un air bien plus sérieux.
« Ok Allen...au pluriel. Je vous écoute. »


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Pedge Allen

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le Mar 18 Sep - 4:20

Pedge Allen
Pedge
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Décidément, le courant était une expérience assez plaisante à vivre. Pedge adorait ça, surtout qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait, cela se produisait. Elle n’était pas du genre à avoir ce qu’elle voulait, du moins, pas sans en chier pour y parvenir, car elle se donnait toujours les moyens, mais pour le coup, c’était assez grisant. Elle captait toujours les petites lueurs de vie ici et là, et elle pouvait même “zoomer” dessus pour observer à qui elle appartenait. Elle était vraiment une Déesse toute puissante.
Terre à terre, elle n’oubliait pas qui elle était néanmoins, et elle n’usait pas de ces pouvoirs pour rien, de peur de se perdre elle-même. L’essentiel était de trouver les leaders et Coleen.
Des clones qu’elle croisa, elle ne ressentit aucune animosité, au contraire, ils étaient plutôt bienveillant avec elle, et ils l’invitaient même à venir les voir pour de bon, et pas en rêve. Franchement, n’aurait-elle dû pas faire ça ? Se rendre dans leur campement et passer par Coleen ? Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Là, elle était en train de jouer à la plus fine avec une ruche… La démarche n’était pas franche.

Et ce n’était clairement pas le genre de la maison.

Enfin, maintenant qu’elle était là, autant aller jusqu’au bout du délire. Ils comprendraient au travers du courant qu’elle était sincère. Du moins l’espérait-elle. Cette alliance n’était pas vitale selon elle, mais était très importante pour le déroulé de cette guerre. Si les clones voulaient leur indépendance, il fallait qu’ils la gagnent, comme tous les peuples asservis par le passé.

Dans l’air flottait un relent de rancœur qu’elle ne peinait pas à identifier. Elle savait très bien la nature et la cause de cette dernière, et c’était comme si elle avait juste besoin de le sentir pour l’éprouver et le comprendre. Rien n’était comme dans la vie réelle ici. Tout était connecté et facile d’accès. Le courant était ouvert à la compréhension réciproque. Elle devrait donc parvenir à s’en sortir dans les négociations, bien qu’elle allait retrouver non pas un sentiment général pour en exprimer un autre, mais bien des êtres de chairs et de sang qui allaient lui opposer une franche résistance. A elle de savoir trouver les mots maintenant qu’elle était l’officier en charge de l’opération. Une chose était certaine, elle ne passerait pas dix ans à négocier, elle n’avait pas le temps pour ça.

Pedge se repéra rapidement dans le courant, et elle retrouva bientôt la plage avec son bungalow. Les lieux étaient balayés par un ouragan, ou quelque chose comme ça, et elle fut saucée en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Trempée jusqu’aux os, elle poussa la porte du baraquement pour se faufiler à l’intérieur, sans aucune discrétion au regard du barouf qu’il y avait à l’extérieur. Coleen l’encouragea à rentrer rapidement, ce qu’elle fit. La texane constata que sa jumelle avait gardé ses vêtements atlantes, un signe encourageant.

« Oui, je sais. », fit Pedge qui commençait à s’habituer au courant. A peine avait-elle prononcé cette phrase qu’elle se retrouvait dans des vêtements confortables. Elle était tentée de se faire grossir la poitrine pour voir ce que ça faisait d’avoir des plus gros seins, mais elle se retint de tomber dans ce genre de jeu puéril.

L’endroit ressemblait en partie à ce qu’elle souhaitait faire du bungalow sur le continent, à ceci près qu’il y avait des touches personnelles d’autres personnes. Ce n’était pas pour lui plaire forcément, mais elle devait se souvenir qu’elle n’était pas dans la réalité mais bien dans une construction mentale rassurante. Rien de plus, rien de moins. Les deux leaders étaient en train de disputer une partie de Mario Kart. Pedge n’était pas très douée pour les jeux vidéo, et cela se confirma quand son double affranchis se fit dégommer juste avant la ligne d’arrivée. La Pedge Wraith défonça la manette de frustration, une frustration que l’authentique aurait certainement partagée si elle avait été à sa place, elle qui déteste perdre, fusse à un jeu vidéo.

D’ailleurs, le tableau des scores indiquait clairement une domination du vieux Matt, et ce n’était pas étonnant. S’il tenait de son authentique à lui, il était le spécialiste de la manette. Il était certainement plus dextre avec ses joysticks qu’avec des tétons de femmes… Bref, au moins il devait se taper des branlettes pas trop mal s’il s’astiquait avec la dextérité d’un gamer. Pedge poussa un soupir devant ces pensées quelques peu répugnantes.

Finalement, alors qu’il savourait sa victoire, il se retrouva à constater qu’il y avait une personne de plus dans le bungalow. Pedge se demandait bien comment il avait fait pour rater son entrée dans le fracas de la tempête mais elle ne s’en formalisa pas. Il était certainement concentré sur la partie, et absorbé dans le jeu, il n’avait pas fait attention à son environnement. Au moins, les clones parvenaient à s’occuper quand même, malgré les affres de la guerre. Plusieurs soldats sur le camp seraient prêt à vendre leurs mères pour faire une partie de Mario Kart en ce moment-même pour se changer les idées.

L’authentique atlante le laissa se remettre de ses émotions, et elle pris la bière qu’il lui donnait sans lui lancer pour mieux mettre un taquet derrière la tête de Coleen, façon Gibbs dans NCIS. Cela amusa Pedge qui voyait dans l’âge de ce Matt là une forme de sagesse que le Matt de sa réalité à elle n’avait pas.
C’était une forme de respect et de fraternité que l’original n’avait pas tout le temps, même si on retrouvait des traits de l’authentique forcément, ne serait-ce que dans ce score inégalé à Mario Kart. Le vrai n’aurait pas laissé une chance à quiconque, même par pitié, ou même pour faire plaisir. La bière se transforma en coca bien frais dans la main de Pedge, et elle décapsula la canette en alu en s’installant à la table des négociations. Pour sûr, cette date et ce moment ne serait jamais dans les livres d’histoire comme l’avait pu être les précédents rendez-vous important de l’histoire de l’humanité.

Elle s’enfila une gorgée, presque tentée de pousser un soupir de contentement tellement cela faisait du bien. Elle ne releva pas la remarque ironique du ranger sur le fait de lui casser les doigts.

« Je n’irai pas par quatre chemins. Je pense que notre collaboration pourrait reprendre. Nous avons un objectif commun et ce serait une erreur de faire bande à part. »

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le Mar 18 Sep - 11:27

Steven Caldwell
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Chronologie : JEUDI 17 MAI


Tout le monde était en place.
Avec la fin du jeu entre le vieux Matt et la Pedge Wraith, une nouvelle sensation très dérangeante était en train de s’installer. Si on ne fiait pas à la disposition du bungalow, la texane était en train de ressentir le poids de centaines de regards se poser sur eux. Toute la ruche, parmi le personnel éveillé, avait détourné son attention sur cette fameuse table pour écouter attentivement ce qu’il adviendrait de leur avenir.

Quand elle s’exprima, Pedge sentit immédiatement que ses propos se propagèrent dans le courant comme une onde de choc dans un étang. Il alla jusqu’au bout de la Multitude et des Affranchis avant qu’une onde en retour ne donne un sentiment général, mitigé. Certains des clones avaient la fibre patriotique et des désirs de vengeances. D’autres essayaient de réfléchir autrement. Le vieux Matt et la cheffe des Affranchis intégraient ces résultats personnellement pour répondre. En quelque sorte, c’est comme si Pedge était en train de s’adresser en direct à toute l’armée de clones et qu’ils lui répondaient par l’intermédiaire de ses deux représentants.

Comme pour son arrivée, la jeune femme n’eût dans ce retour émotionnel aucune animosité ni malveillance à son égard. Ils respectaient tous sa position et ce qu’elle essayait de faire. Hélas, elle se rendit rapidement compte que pas mal de choses avaient changé et qu’ils avaient un point de vue assez différent. Le vieux Matt ne tarda pas à le formuler avec un ton avenant qui ne lui ressemblait pas. Il ne la brossait pas dans le sens du poil, bien conscient que ce serait inutile, mais il comprenait sa position. Ils étaient un atout pour la guerre...mais eux n’avait plus besoin de se battre.

« Nous avions un objectif commun. » Rectifia-t-il calmement.

Il se posa sa bière sur la table et la fit passer d’une main à l’autre. Pedge ne voulait pas passer par quatre chemins alors lui non plus. Contrairement à son authentique, il était responsable d’un sacré paquet de vies et il était connecté. Ajouté à cela la connection perpétuelle au courant et il avait un leadership bien différent que l’on pouvait trouver chez son jumeau. La contrainte de la situation.

« Nous n’avons pas cessé notre entente juste parce que mon frère est un idiot : voir une wraith en Coleen. La colère et la haine, ça se comprend, puisque nous sommes semblables. Mais le geste est impardonnable. » Il tapota du doigt sur la table. « C’était juste la goutte d’eau en fait. »
La cheffe des Affranchis prit le relais, entrant dans le sujet qui péchait réellement.
« Nous avions un accord qui n’a pas été respecté. Nous avons risqué nos vies pour apporter le vaccin, un grand nombre des nôtres sont morts pour protéger les otages. Nous avons fait notre part du marché...et nous avons été à deux doigts de perdre Coleen. »
« Matt et Alek n’auraient pas fait feu. » intervint la concernée. « Pedge ne les aurait pas laisser faire. »
« Oui. Mais ça montre bien que nous ne pouvons pas bosser ensemble. Matt et Alek ne sont que les exemples d’un problème plus vaste. » Son regard s’attarda sur la texane. « Comment pourras-tu tenir une armée investi d’à priori sur ce que nous sommes ? Quand tu seras en plein combat, tu auras autre chose à faire que le flic. »
« Les Affranchis ont confiance en toi. La Multitude aussi. Mais avec la disparition de Sheppard, les garanties s’effacent. Nous n’avons pas refusé d’être la chair à canon des Wraiths pour le devenir sous commandement Atlante. Nous n’attendrons pas que le CODIR décide de notre devenir. Et ils écouteront peu un lieutenant copié en centaines d’exemplaires, impliquée personnellement. La donne a changé, ma soeur...elle nous amène à faire cavalier seul. »
Il n’y avait pas un mot plus haut que l’autre. Le vieux Matt comme la Cheffe des Affranchis n’avaient pas pour but de matraquer Pedge, ils relayaient surtout le sentiment général. Pourtant, il y avait quelque chose d’autre. Quelque chose qui les avait amené à ne plus s’intéresser à la bataille contre la reine. Coleen prit la parole pour exposer la situation, livrer le pot aux roses.
« Ils vont partir, Pedge. Ils ont un moyen de quitter la planète avec tous nos semblables, les emmener loin d’ici, fonder une colonie libre. »
« C’est vrai. Dans une vingtaine d’heures à peu près, on fera nos valises. »

Pedge se sentirait surement concernée.
Entre rejoindre une alliance déjà fragilisée par des divisions internes d’une part ; et partir libre sur une planète de l’autre ; c’était un choix compliqué à faire pour quelqu’un qui représentait l’ensemble et avait le devoir de les protéger. Coleen était vouée à rester, elle en crevait d’envie et ça se sentait. Elle resterait auprès de Pedge, quitte à jouer le simple fantassin s’il le fallait. Mais tout le reste de l’armée était véritablement mitigée. Il n’y avait aucun lâche parmi eux, ils seraient tous prêt à reprendre les armes pour renverser Méda’Iyda. La texane pouvait le sentir. Tous les regards des clones scrutaient dans sa direction, des centaines de conscience suivant de près ce débat, ils attendaient son retour, sa vision des choses. Mais il leur fallait une raison valable.
Une raison que Matt et Alek avaient anéanti la veille.



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Pedge Allen

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le Mar 18 Sep - 16:35

Pedge Allen
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Chronologie : JEUDI 17 MAI


Il ne fallait pas qu’elle se braque. Elle détestait quand on allait pas dans son sens mais il s’agissait d’une négociation. Alors, elle devait composer avec. Elle devait faire comme si elle instruisait des troupes étrangères et soigner les susceptibilités de chacun. Ce n’était cependant pas évident, surtout avec ce qu’elle entendait. Pour elle, l’accord n’était pas caduque. Coleen n’avait rien, et elle ne se plaignait même pas. C’était juste une broutille de feu de camp, comme on pouvait en trouver dans tous les corps d’armées. Ils n’allaient pas lui faire croire que leur petite congrégation de rebelles était toute blanche et qu’ils n’avaient rien fait pour éliminer les vilains petits canards de leurs rangs.

Elle comprenait leur propos, mais c’était vraiment la réduire à un rôle de subalterne, surtout quand il fut question de Sheppard et de son simple rang de Lieutenant vis-à-vis du Codir, qui ne respecterait pas son avis de fait. Cela avait tendance à la mettre en colère, elle qui ne se prenait pas pour une merde, bien au contraire. Son arrogance en prenait un coup. Alors quand ils lui annoncèrent qu’ils se sauvaient la queue entre les jambes, la texane fut tentée de se lever, de les traiter de lâches et de s’en aller. Elle avait du mal à supporter ça.

Mais elle ne le fit pas, prenant une inspiration avant d’organiser ses pensées.

« J’entends ce que vous dites, et je comprends… presque. » Elle croisa les mains sur la table en s’installant un peu dans sa chaise.

Elle avait l’impression d’assister à une réunion entre les chefs de village afghans et les officiers de l’armée. Elle avait eu le plaisir d’y participer de temps en temps.

« Donc en gros, vous profitez de notre intervention pour vous sauver. Maintenant que vous estimez avoir payé le prix de la liberté, vous vous en allez. Si nous faisions pareil de notre côté ? Que croyez-vous qu’il va se passer ? La Reine va vous traquer dans toute la galaxie. Alors je suis flattée par votre confiance dans notre capacité à régler le problème, mais si on se foire, vous êtes les prochains. C’est dommage de passer à côté d’une occasion d’éradiquer la menace tout de suite. »

Elle marqua une pause et ajouta après une nouvelle inspiration :

« Vous n’êtes pas les seuls à avoir perdu des hommes et des femmes dans ce conflit. Vous savez j’ai fait arrêter deux personnes cette nuit parce qu’elles se sont tapées dessus. Alors, qu’est-ce que je devrai faire ? Partir parce que certains de mes hommes ne se tiennent pas ? Il y a des conséquences à leurs actes, et la plupart se tiennent à carreaux. »

Elle n’était pas certaine de ses arguments, et elle sentait qu’elle n’était pas vraiment ordonnée dans ses réflexions, mais elle ne pouvait pas proposer mieux.


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le Mar 18 Sep - 17:07

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Malgré ses pincettes, les propos de la texane eurent l’effet d’une bombe dans le courant. De faible intensité, heureusement, mais comme un pétard assez bruyant qui agita l’ensemble et le fit râler en réponse. La jeune femme ressentit clairement l’arrivée d’une vague de consternation et de dénis en retour. Les clones acceptant difficilement d’être jugé de lâches. La connexion étant majoritairement émotionnelle, elle fut assaillie d’un mélange de ces sentiments. Il y avait des Matt vexés, des Pedges qui se demandaient pourquoi elle balançait ça, d’autres encore qui mourrait d’envie de lui faire vivre leur horreurs personnelles. Car malgré la couche de vernis savamment déposée, c’était bien ce qu’elle était en train de leur dire. Elle insinuait qu’ils étaient lâches et opportunistes de son point de vue personnel, sans vraiment se mettre à leur place.

Le vieux Matt pencha la tête sur le côté. Un appel au calme traversa tout le courant et l’instant d'après, la cheffe des Affranchis fit la même chose. Le bouillonnement déplaisant qui entourait la table sans intention malveillante s’estompa. C’était comme si tous les spectateurs des gradins d’un stade s’étaient levés pour contester les paroles. Mais au lieu de cris, de sifflements ou de huées, c’était un retour de centaines de sentiments profonds et personnels. Un hola général qui s’était effacé rapidement à la demande des deux chefs.
Le calme revint et la militaire pouvait continuer de s’exprimer. La reine des Affranchis, néanmoins, avait haussé un sourcil. Une signature purement Pedgienne qui lui disait “Vexée ?”.

Ils l’écoutèrent jusqu’à la fin.
La délégation savait que la diplomatie n’était pas la tasse de thé de leur authentique. D’ailleurs, ils appréciaient sa retenue. Le but n’étant pas de savoir qui avait la plus longue sur le domaine pour sécher les autres et imposer sa loi. Pedge n’était pas là pour ça et le vieux Matt, lui, ne s’était pas installé à cette table dans le même but. C’était le bon côté de faire face à des clones même s’ils se différenciaient progressivement. Pas de volonté de bouffer l’autre. L’échange était sincère dans le courant, aucun piège.

Le Ranger laissa filer quelques secondes, un léger sourire au coin des lèvres en songeant à sa position délicate, puis il décala sa bière sur le côté de la table.

« Regarde Coleen. » lui demanda-t-il doucement. « Tu as fait un geste de foi en lui offrant ta vitalité au premier contact. Elle a un rôle, tu lui as donné ton deuxième prénom. »
Tout en parlant, le vieux Matt jouait machinalement avec la capsule de sa bière. Coleen, quand à elle, regardait sa jumelle dans les yeux, ne voulant rien montrer de ce que le Ranger était en train d’exposer. Mais il continua la mise en situation.
« D’une coquille vide conditionnée pour te détruire, la preuve vivante qu’on a volé ta vie. La voilà à tes côtés, prête à te suivre. Elle était là pour t’aider au combat. Et tu as été là quand elle sentait les siens agoniser sous le napalm. »
Le Ranger eut un sourire franc. Il n’avait rien du Matt habituel. C’en était un qui avait des responsabilités.
« Si je te la troquais pour une autre ? Tu accepterais ? Ou alors tu la considères comme unique, maître de sa vie ? »
Coleen soupira le plus silencieusement possible. La mise en situation était tout aussi déplaisante pour elle mais les deux représentants tentaient de faire passer un message. Ils n’allaient pas faire marche arrière. Ils savaient bien que Pedge ne voudrait pas d’un autre clone. Pas pour un sentiment d’attache personnelle - ou pas que pour ça - mais pour ce qui avait déjà été créé avec elle professionnellement parlant.
Il n’y avait pas de mensonge dans le courant. C’était impossible, Pedge étant en face d’une armée composée d’au moins une moitié d’elle-même. Ils savaient tous qu’elle avait suivi et qu’elle avait ressenti quelque chose. La cheffe des Affranchis poursuivit en pointant de manière non verbale cet état de fait.
« Nous sommes tous ensemble dans le courant. Et chacun des membres de notre communauté est perçu de la même manière. »
« Pour nous, tous les Matts et les Pedges sont unique au même titre que ton point de vue sur Coleen. Maintenant...essaie de te mettre dans cette position. » Il fît une pause avant de reprendre. « Coleen représente des centaines de vies unique et tu es choisie pour prendre la bonne décision. Tu as un joker en poche qui te permet de la préserver, de la protéger. Des Wraiths, comme des Atlantes. Et c’est maintenant. »
« Ou de reprendre les armes. Risquer de placer Coleen au contact de troupes dangereuse pour elle. Pour un combat qui n’est plus le nôtre. »


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Pedge Allen

√ Arrivée le : 09/11/2014
√ Date de naissance : 29/09/1983
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le Mar 18 Sep - 17:41

Pedge Allen
Pedge
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Allen


MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI


Pedge essayait de rester hermétique aux sentiments qui se dégageaient dans le courant. Ce n’était pas simple pour elle qui avait déjà du mal à reconnaître une existence pleine et entière à ses propres sensations internes. Là, elle devait gérer des émotions d’autres qui lui arrivaient en pleine figure, alors qu’habituellement, elle ne gérait que les siennes sans prendre en compte celles des autres. Mais elle devait faire abstraction. Ça faisait aussi partie du jeu des clones que de la matraquer pour faire passer leur message. Néanmoins, l’échange restait courtois et sincère, mais la texane sentait que ça piétinait. Elle sentait aussi qu’elle n’y arriverait pas, qu’elle n’arriverait pas à les faire changer d’avis ni à les faire revenir.
De son point de vue, ils avaient choisi le premier prétexte pour se tirer, et comme par hasard, à ce moment là, ils avaient une solution pour se barrer. C’était un peu facile. Quoiqu’il en soit, elle écoutait leur réponse. Le Matt et la Pedge étaient en harmonie, sur la même longueur d’onde, l’un complétant les réponses de l’autres. C’était normal puisqu’ils partageaient tout, dans le courant. Ils étaient uniques, sans vraiment l’être, quoiqu’ils en disent. Jamais ils ne fonctionneraient comme des humains, ils seraient toujours rattachés les uns aux autres par ce biais là.

Pedge baissa les yeux sur ses mains quelques secondes, écoutant et préparant sa réponse. Elle conservait une attention active pour construire ses arguments, et elle constata que ce n’était pas un exercice facile. Elle n’était pas vraiment taillée pour ça mais elle devait évoluer pour l’être. Après tout, si elle monte en grade, on lui demandera de mener des négociations de temps en temps, elle pouvait en être certaine.

« Donc… Si je comprends bien ce que vous me dites tous les deux, c’est que je perçois Coleen comme un individu unique, mais pas le reste de vos hommes ? »

Pedge poussa un soupir.

« Vous êtes tous uniques. Votre vie vaut celle des Atlantes et des Natus qui sont ici. Ils sont tous uniques eux aussi, au même titre que vous. La vie ne donne pas de joker les amis. Vous vous offrez qu’un moment de répit, et vous allez fuir la première guerre de votre vie, et par voie de conséquences, vous fuirez toutes les suivantes. Vous partez pour le moment, mais la galaxie n’est pas peuplée que de la ruche de cette reine. »

Elle posa son regard sur Matt, puis sur Pedge, puis sur Coleen.

« Coleen est importante pour moi parce que nous avons vécu des choses des ensembles, comme vous le savez. Maintenant, la mission passe avant tout. Vous l’avez dit, Sheppard n’est plus pour le moment. Je commande donc les troupes Atlantes. Dois-je repartir sur le Dédale et rentrer sur Atlantis pour sauver les prochains morts ? Non. Nous sommes là pour un boulot, et on fera ce boulot. Nous sommes entrainés, et on fera tout notre possible pour limiter les pertes. Mais c’est une putain de guerre. On perd des hommes et des femmes, c’est invariable. Qu’est-ce que vous croyez ? Que Sheppard n’était pas une vie unique ? Que Dagett, Chapam, State, et tant d’autres sont des gens remplaçables ? »

Elle citait quelques noms de soldats tombés pendant l’assaut. A entendre les clones, ils n’avaient rien branlé pendant tout ce bordel. C’étaient eux qui avait ramené le vaccin, c’était eux qui avait sauvé les âmes Natus, et donc, ils pouvaient se tirer fissa parce qu’ils avaient fait le taf. Mais non, le taf n’était pas fait.

« On a tous nos morts à pleurer. Alors ne venez pas me faire une leçon sur l’unicité d’une vie d’accord, j’en ai bien conscience. Je ne joue pas avec des pions. Ce sont des hommes et des femmes avec un passé et un avenir, et certain d’entres eux, avec mes décisions, n’auront plus d’avenir. J’accepte le prix à payer pour rendre ce coin de la galaxie un peu plus paisible. Si ma soeur ou ma mère étaient militaires et qu’elles servaient là dans le coin, je ne les protégerai pas plus que les autres. C’est le boulot, c’est la mission. On est toujours là, nous les atlantes, parce qu’on va jusqu’au bout. On cherche à nous détruire, à nous menace, très bien ! On répondra présent pour se défendre, parce que c’est notre droit d’exister, tout simplement, et qu’on se l’approprie et qu’on le défend. Les peuples qui ne se prennent pas en main ne sont que des esclaves de quelques hommes supérieurs. Ils méritent leur sort. Alors, je ne m’adresse pas à toi ou à toi... » , dit-elle en toisant le vieux Matt ou la Reine Pedge. « ... mais à ceux que vous représentez. En tant que personne unique, faites un choix unique, et si vous voulez nous rejoindre, vous êtes les bienvenues. Si vous voulez vous en aller, c’est votre choix aussi. Il y a un choix plus égoïste que l’autre, plus sûr, et il y a un choix qui demande peut-être le sacrifice ultime. En tant que clone de deux militaires, je pense que vous savez où est votre place. »

Pedge laissa filer quelques secondes pendant lesquelles elle faisait tourner sa canette de bière transformée en canette de coca, puis pour hydrater sa bouche, elle en avala une rasade. Elle n’avait pas l’habitude de parler autant, mais elle se trouvait pas trop mal. Elle laissait parler sa façon d’être et de vivre. Son elle le plus profond. Elle respectait trop la vie pour ne pas la considérer dans sa globalité. Elle savait que des gens allaient mourir aujourd’hui, quand ils donneraient l’assaut sur la forteresse de Meda’Iyda, mais c’était le prix à payer.
Franchement, ils pensaient vraiment que les atlantes auraient les moyens et les ressources pour les empêcher de partir par la suite ? S’ils avaient un plan de repli, ils pouvaient fort bien le mettre à exécution une fois la guerre terminée. Elle était déjà en sous-effectif de partout, alors elle n’avait pas les moyens de les emprisonner pour que le Codir décide de leur sort. De toute façon, elle ne le ferait pas. Ils n’étaient pas des ennemis, et ils l’avaient prouvé. Ils pouvaient être des alliés, ou de simple “gens” croisés dans la galaxie. A eux de voir.



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Steven Caldwell

√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Mar 18 Sep - 17:45

Steven Caldwell
Opération
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MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI



Les propos de la texane n’allèrent pas jusqu’au bout de la communauté.
Les Pedges étaient tentées de la rejoindre, titillées par cette provocation de leur fibre militaire, en retrouvant ce moi intérieur mais les Matts avaient bien du mal à accepter les propos. Ils enrageaient de la voir persister à les traiter de lâches et d’opportunistes quand ils songeaient non pas à une personne mais un ensemble.

La situation piétinait, elle semblait être au point mort. L’authentique Pedge exprimait des scrupules qu’ils avaient déjà en tournant le dos mais ils savaient également leur arguments fondés et légitimes. Tout comme eux, la texane se sentirait bloquée entre ce qu’elle avait besoin. Et ce que eux désiraient. Ils étaient piégés dans un dilemme et, pour l’instant, ils semblaient prendre une décision qu’elle détestait.

Peut-être qu’un diplomate quelconque se serait offusqué du ton employé, de ce petit électrochoc à la Pedgienne, mais tous la comprenait. Ils la comprenaient comme ils comprenaient leurs propre position.
Mais quelque chose changea soudainement. La cheffe des Affranchis fixa son partenaire qui s’était rembruni. Et il lui demanda juste à la fin de son argumentaire :

« En parlant d’égoïsme. Qu’est-ce que tu es en train de faire avec notre réseau éléctrique ?!? »

La masse s’était mise à bouillonner, soudainement angoissée à l’idée d’être privée de cette énergie. Pedge pouvait sentir certains clones proches remuer, dont Coleen, qui tentait difficilement d’être présente et de s’approcher du secteur dans le même temps. Ils semblaient répondre à quelque chose d’inquiétant, comme un danger, ou une crainte plus profonde qu’ils ne voulaient pas lui ouvrir directement.
Le vieux Matt la fixait, se faisait l’image du reste des siens, avec quelques tics d’anxiété.



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Pedge Allen

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le Mar 18 Sep - 17:56

Pedge Allen
Pedge
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MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI


Pedge ne pouvait pas faire beaucoup mieux que ça. Elle restait dans ses convictions et elle en faisait des arguments, ce qui n’était pas forcément bon pour la diplomatie. Seulement, elle n’était pas diplomate, mais militaire, alors elle causait comme une militaire. Tout simplement.

Elle fut prise au dépourvue quand Matt lui posa une question qui n’avait rien à voir avec ce qu’elle venait de dire. Elle n’avait eu que le retour de la “horde” mais celui des chefs. Le Matt s’était rembruni… Ah oui, l’électricité… Elle devait leur demander la permission de l’utiliser, et elle avait complètement zappé avoir eu cette discussion avec Rodney. Quelle conne !

« Ah oui l’électricité… Je suis désolée, et un peu confuse, je devais vous demander la permission de l’utiliser, seulement j’ai oublié, du coup Rodney a dû commencer à la dériver. », fit Pedge de son ton neutre. Elle n’était néanmoins pas à l’aise, surtout que la masse dans le courant s’était mise à bouillonner et qu’il y avait du mouvement. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Préparaient-ils quelque chose pour récupérer l’énergie ?

Sans le courant et cette connexion, la communauté n’aurait rien su de sa sincérité et de la spontanéité de sa réponse. C’était une erreur grossière dont les conséquences lui échappaient totalement. La masse était toujours en ébullition, comme si quelque chose se tramait. Ils savaient que la dérivation était en cours et c’était devenu dramatique, faisant réagir vivement les clones sans débordement. Ils conservaient malgré tout leur calme même s’ils avaient...peur...de perdre encore du monde.
Le vieux Matt formula rapidement l’explication tandis que Coleen s’était levée, immédiatement retenue par la cheffe des Affranchis qui refusait de la voir partir.
« Cette alimentation est tout juste suffisante pour alimenter les modules d’hibernation. Nous y avons mis nos frères et soeurs les plus grièvement blessés. » Il secoua négativement la tête. Il voulait lui sauter dessus, se laisser aller à l’impulsion de la colère et se vider les tripes sur elle. Lui demander comment elle pouvait se prendre des libertés, s’octroyer les lieux et des ressources qui ne lui appartenait pas. La part impulsive de Matt vibrait chez ce plus ancien mais lui comme Pedge savait que c’était erreur embarrassante, qu’elle ne pouvait pas savoir à quoi servait cette énergie. Le vieux Matt se retenait même si sa voix tremblait sur les derniers mots de crainte et de colère mêlée :
« Cette coupure de courant va les achever ! »
« Je peux y aller, essayer d’arrêter Rodney. » S’exclama Coleen.
« Non, tu as déjà pris trop de risque. Ils pourraient te tuer en l’absence de ton authentique. »
« J’ai dis ce que j’avais à vous dire, je vais me déconnecter et l’empêcher d’utiliser cette énergie. », fit Pedge en se levant. De toute façon, elle pouvait tourner les choses dans tous les sens possibles, elle ne dirait pas autre chose. Elle avait donné ses arguments et sa façon de voir les choses quant à leur retrait, elle ne pouvait guère offrir mieux pour l’heure. Elle ne pouvait pas donner de garantie vis-à-vis de son état-major, pas même vis-à-vis du Codir, sa parole ne valait rien. La seule chose qu’elle pouvait faire, c’était de les titiller sur leur envie d’en découdre et leur honneur. Des valeurs sûres chez les soldats généralement.
Elle avait posé ses graines, elle verrait si elles pousseraient, mais elle ne pouvait pas se prostituer non plus ou s’avancer.
Maintenant, elle devait empêcher Rodney de tuer quelques clones supplémentaires, ce qui ne lui déplairait peut-être pas, mais Pedge ne pouvait pas faire tout un prêche sur l’unicité de ces personnes pour ensuite les traiter en quantité négligeable. De toute façon, cela ne lui ressemblerait pas d’agir de la sorte.
« Quelque soit votre choix, je le respecterai, vous êtes libres après tout. », dit-elle avant de chercher les ressources au fond d’elle-même pour se dégager de l’attrait du courant.
« Nous nous concerterons. » Répondit simplement le vieux Matt avant de la laisser partir.

Pedge opina du chef et elle s’effaça, non sans un dernier regard à Coleen qu’elle agrémenta d’un clin d’oeil. Le genre de chose qu’elle aurait fait à sa petite soeur. Cette fois, elle s’était plus ou moins préparée au retour. La dernière expérience en la matière avait été horrible. Elle avait cru mourir tellement c’était douloureux. Mais la dernière fois, elle s’était battue contre la reine avec des ressources qu’elle ne pensait pas avoir, et peut-être que ça avait joué dans son état de santé. Cette fois, alors qu’elle revenait dans le monde réel, auprès de ses coéquipiers, elle n’avait pas de nausée, ou pas de douleur dans la cage thoracique. Le monde vacillait un peu, mais c’était parfaitement gérable.

« Rodney, arrêtez tout de suite de dériver l’électricité, on trouvera un autre moyen. Maintenant ! C’est une question de vie ou de mort ! », fit la texane avec plus de véhémence que d’habitude. Elle tenta bien de se lever, mais le monde tangua un peu plus que prévu. Du coup, ses fesses reprirent possession du fauteuil déchiré. Le scientifique allait surement mal le prendre, mais elle s’en tapait complètement.

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Steven Caldwell

√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Mar 18 Sep - 18:23

Steven Caldwell
Opération
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MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI



Le scientifique était loin d’être enchanté.
Il lui avait fallu réparer l’ensemble du réseau de câblage organique qui faisaient la base du terminal, se servant du gène de Matt comme d’un outil, et il était sur le point d’activer la dérivation quand l’officier intervint : comme par hasard. De son côté, le scientifique n’avait rien qui indiquait que cette énergie pouvait influer sur la vie et la mort. C’était des systèmes non vitaux d’environnements, le réseau d’aération, de température et d’éclairage. Pourquoi ce serait si dramatique de le couper pour ces quelques minutes ?

Il y avait de quoi le faire râler et de se poser des questions.
Matt et lui n’avaient plus de mission, l’enquête pour le pilote disparu se terminait comme ça. Le siège se mit à grésiller sous le derrière de la texane, la lumière bleuté particulière devint de plus en plus terne puis le tout s’éteignit subitement. Même l’araignée, qui reprenait sa place, devint lente et amorphe. Elle tenta de s’accrocher sur le côté de son logement mais n’eut visiblement plus assez de force, par manque d’énergie, et elle pendouilla lamentablement.

Au final, la mission se terminait beaucoup plus rapidement que prévu. Les Atlantes allaient retourner à leurs postes, voir au repos s’ils n’avaient rien à faire. Matt serait renvoyé en zone carcérale avant d’être téléporté sur le Dédale. Quant à Arwé et Mikkel, ils étaient occupés par plusieurs Natus leur demandant de l’aide pour un dernier hommage.

Pedge ne pouvait pas se permettre de perdre beaucoup de temps.
Ils étaient sur une partie de la guerre où les hommes du rangs se reposaient en attendant que le nouveau plan de bataille soit monté par leurs officiers et prêt à être exécuté. D’aucun de ceux qui se trouvaient au cantonnement ne se diraient préssés. Ils avaient tant à faire, autre que du repos, que ce sursis leur était bénéfique. Mais pour le lieutenant, la journée ne faisait que débuter, on l’attendait en zone de commandement.

De retour du complexe, la jeune femme fût accueillie par la fraîcheur de la forêt. La différence était frappante et de la vie continuait d’émerger petit à petit. La nature se réappropriait l’endroit progressivement mais elle s’étoffait également. Les plus petits insectes commençaient à fuir les plus gros. Ainsi, elle aperçut un petit animal à l’allure inconnue se faufiler entre les buissons avant de remonter se cacher dans un arbre. Sûrement un rongeur puisqu’il s’était emparé d’un fruit à coque qu’il ouvrit avec la pointe osseuse de son front. La forme de vie grignota tranquillement l’intérieur, beuguant soudainement en fixant le lieutenant et se demandant si c’était un prédateur...puis elle reprit finalement son repas. La créature faisait tomber des morceaux et des graines. Nul doute que le courant d’air allait surement en emporter quelques unes à l’extérieur pour poursuivre la colonisation.

Le rugissement d’un moteur attira alors son attention. Sur le seul chemin d’importance qui avait été pratiqué à la machette entre le coeur du cantonnement et l’extérieur, un camion de transport militaire émergea en glissant un peu. Ses roues patinaient sur les morceaux de bois écrasés et les flaques de boues qui s’étaient formées dans les ornières. Le Dédale avait dû commencer à déposer du matériel motorisé, il en avait stocké au cas où un transport rapide sans jumper serait nécessaire.

Le véhicule de transport de troupe passa devant la texane, le conducteur ne l’ayant pas remarqué en faisant jouer ses essuies-glaces, visiblement dérangé par l’accumulation de sève qui obstruait sa vitre. La remorque non bâchée était occupée par deux lignes d’une dizaine de soldats assis les uns en face des autres. Ils manquaient de place et tenaient tous quelque chose dans leurs bras. Des boîtes de bandes pour mitrailleuses, des M60, un mortier de calibre 12, et quelques lanceurs de type Javelins et Stingers.
Sur cette dizaine de secondes où le camion passa devant elle, Pedge put apercevoir les scènes typique de vie militaire, les hommes se donnant des cigarettes et les allumant. Ou l’un faisant écrire une lettre à l’autre dont la main tremblait moins. Il n’y avait qu’un seul militaire, à l’extrémité du camion, qui se tenait à l’arceau de bâchage pour rester debout. Le lieutenant Jacobs regardait les environs avec un mélange de scepticisme et d’admiration pour cette nature renouvelée. Elle avait le visage creusé par la fatigue et des cheveux tellements emmêlés qu’on aurait cru qu’elle était bouclée. Elle était là, sur l’arrière du camion en figure de proue, plongée dans ses pensées.

Son regard s’attarda sur la texane qu’elle reconnut un peu tardivement puis elle lui fit un salut militaire malgré les tressautements du camion. Elle n’arrêta pas le véhicule qui faisait route vers l’extérieur, surement jusqu’à son cordon de défense qui entourait le cantonnement. Elle avait profité du voyage pour déposer quelques rapports sous format papier à son aide de camp et avait organisé son ravitaillement en munition et en moyen défensif.

Dans un rugissement, le camion tourna dans le fond et passa dans des ornières beaucoup plus profonde au risque de s’ensabler. Il était parti.

La vie du camp s’était bien organisée, les soldats de toute nature confondues avaient formé des groupes éparses et s’entraidaient. Un tigre, par exemple, avait assisté deux hommes qui peinaient à lever un tronc d’arbre abattu. Ils n’avaient pas pu le soulever seuls et se mirent à ricaner en voyant le tigre imposant s’en charger à la force de sa gueule.
En passant près de la cantine, quelques Atlantes assez amochés donnaient un coup de main à des Natus estropiés pour la plonge, montant finalement quelques tables et chaise pour que le mess ce midi soit plus confortable. Il était évident que les trois quarts d’entre eux essayaient d’aider et refusaient de rester inertes dans leurs tentes.

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Les deux gardes de faction saluèrent sur son passage. La tente de commandement semblait bien plus animée tout d’un coup. Un brouhaha de discussions diverses s’élevait, accompagné d’une odeur alléchante de café bien chaud. Elle eut le temps d’en aviser l’assemblée, à l’intérieur, avant qu’on ne la remarque. Les couleurs différentes sautaient aux yeux. Le plus vif, l’orange fluo, avec les bandes jaunes, correspondaient à un uniforme qu’elle avait porté pendant deux semaines. La texane reconnut tout de suite le visage concentré du chef-mécanicien du Dédale. Il se trouvait du côté droit, devant le plan numérique sur trépied, en train de griffonner sur son bloc note. Eugène Rhoes, un collègue, se trouvait avec lui en train d’énumérer la liste du matériel. Marta se trouvait un peu en retrait, utilisant le combiné de la centrale pour discuter avec un opérateur du Dédale. Elle chassa d’un coup de main négligé le bot volant, Morphalou, qui servait de mascotte. Loin de se démonter, il lui tourna autour comme une mouche désagréable en lui agitant sa clé sous le nez.

Le trio faisait visiblement équipe avec un cartographe venu également du Dédale. Ils parlaient grues, chantier, piste de rocaille et le technicien dessinait toute une série d’emplacement par-dessus une image télescopique récente. On remarquait même l’oasis de verdure faire une grande tâche dans le désert et le cordon de sécurité qui l’entourait. Jacobs n’avait pas été avare en effort, ses soldats ayant creusé une série de trous de combat et quelques tranchées de fortune. Le cartographe utilisait des outils géométriques précis et un stabilo sur l’écran pour modéliser l’installation d’une série de matériel. C’était visiblement un gros projet pour que Tyrol soit descendu du Dédale. Jusque là, seul le bot avait remarqué sa présence et ses lentilles s’ouvraient en grand sous une forme de surprise. Peut-être la reconnaissait-il ?

En face, devant un double tableau classique couvert d’une carte papier, il y avait cinq sergents côte à côte en train de s’entretenir. L’un d’eux avait visiblement perdu un oeil. Un autre avait son bras coincé dans son gilet tactique, un grand vide remplaçant sa main gauche. James Graham et ses collègues étaient visiblement en train de préparer une stratégie, ils avaient posé des punaises sur un plan type d’architecture de la cité d’Atlantis, précisément sur ses secteurs vitaux. Plusieurs chemins avaient été dessiné en rouge, en noir et en bleu. Quelques uns semblaient assez sceptique tandis que d’autres essayaient de déduire de nouvelles voies.

Enfin, de l’autre côté de cette rangée de tables, légèrement à l’écart, Namara et Paresok avait été attiré dans l’examen d’un ordinateur portable. La Meneuse duelliste avait planté sa lance dans le sol sans se rendre compte du revêtement en plastique et elle avait prit l’objet dans ses deux mains, le tournant sous plusieurs angles et fronçant les sourcils en recevant la lumière de l’écran dans les yeux. Elle cherchait visiblement son utilité et appuya sur quelques boutons du clavier, les traits déformés par une saine curiosité. Elle tendit l’objet à Paresok. Lui avait un marteau de combat qu’il tenait en équilibre, la masse posée au sol. Il semblait avoir les yeux encore rouge et gonflés, signes de pleurs, mais il avait visiblement récupéré toute sa stature d’officier. Il appuya sans le savoir sur le bouton de l’alimentation puis, quand l’écran se mit en veille en se parant d’un noir absolu, ils se regardèrent en écarquillant les yeux. L’homme posa doucement l’appareil sur la table, le repoussant ensuite un peu de côté, cherchant visiblement à échapper à toute responsabilité de casse. Comme un enfant.

Il restait le trio mené par Albert. Il avait disposé un plateau avec une vingtaine de quart en alu et il versait du café dans chacun d’eux. Le type avait pour réputation d’avoir le coeur sur la main, de se plier en quatre, et même en temps de guerre il ne faisait pas défaut. Raison pour laquelle on trouvait aussi les petits gâteaux secs descendu du Dédale. Si le cliché de la servitude existait avec le plateau de thé et les biscuits, c’était des hommes comme lui qui l’avaient fondé. C’était trop mais il le faisait quand même, par bonté et générosité. En passant pour déposer le plateau sur la table, attirant de nouveau la curiosité de Namara, l’intendant demanda au tigre s’il n’avait pas besoin d’un seau d’eau. Pour qu’il puisse passer ne serait-ce que la tête et ses deux pattes de devant, les militaires avaient pratiqués une large fente sur ce côté de la tente. Le Tairis, malheureusement, ne pouvait rien faire passer de plus à cause de sa taille. Couché la tête sur ses pattes, il répondit négativement et poliment.

Namara profita de cette diversion pour piquer rapidement un quart de café. Elle s’était tournée vers Paresok pour dissimuler le fruit de son larcin et fit la grimace en découvrant l’odeur. Elle croisa le regard du Meneur pour lui partager sa perplexité, celui-ci secouant négativement la tête pour lui conseiller de ne pas prendre de risque. Mais la jeune femme haussa des épaules et amorça le mouvement. Elle s’apprêtait à porter le quart à ses lèvres quand elle croisa le regard de l’officier Allen et elle s’immobilisa, se demandant depuis combien de temps elle les observait.

Ils étaient tous réunis, l’intérieur de la tente très animée dans un brouhaha qui ne prit fin que lorsque l’aide de camp découvrit la présence de son officier. Il se raidit soudainement puis gueula par-dessus tout le monde :
« A VOS RANGS, FIXE !!! »
Un dernier boucan eut lieu, celui de tous les hommes qui cessaient leur travail et se déplaçaient sur un dernier mouvement pour se positionner au garde à vous. Les hommes du Dédale, les sergents, l’escouade de l’intendant. Namara et Paresok montraient leurs armes, signe d’un salut martial comparable chez les Natus, et le Tairis avait fait un signe de tête.

Il n’y avait plus qu’à…



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le Mer 19 Sep - 14:04

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Chronologie : JEUDI 17 MAI


La texane comprenait parfaitement que Rodney soit contrarié. Il avait bossé pour rien pendant qu’elle était dans le courant, et elle l’arrêtait au moment même où il allait pouvoir brancher tout ça et se servir de son travail. S’il faisait cela, il tuait des gens, et elle ne pouvait pas le laisser faire, fût-ce des clones. Ces derniers n’étaient pas remplaçables comme on se plaisait à le croire, certainement la faute à Star Wars et ses Stormtroopers. Les enfants maudits de Méda’Iyda avaient fait leur crise existentielle et maintenant, ils étaient des individus à part entière, libérés de l’oppression Wraith. Pedge espérait vraiment qu’ils reconsidéreraient leur défection et qu’ils continueraient de prendre leur vie en main comme des être uniques. N’importe quel peuple devait se soulever contre les Wraiths. Il y avait trop d’exemple de gens qui voulaient fuir et qui ne fuyaient jamais longtemps dans cette galaxie. La seule option possible était la résistance. Quoiqu’il existait une autre possibilité, mais les clones rebelles l’avaient déjà écartés : c’était la collaboration. Enfin qu’importe. Maintenant qu’elle était venue dans le courant passer son message, certainement de façon maladroite et guère diplomate, elle avait la satisfaction pour elle d’avoir essayé de faire au mieux pour rattraper la boulette de ses hommes. Du travail en plus, toujours et encore.

Elle n’avait donc pas le luxe d’attendre ici. Le fauteuil venait de s’éteindre, et puisqu’on ne pouvait pas toucher à l’alimentation électrique, alors leur présence ici était fortuite. Elle préférait se rendre dès lors à la tente de commandement afin de trouver une solution pour se rendre à l’endroit même où s’était repliée la reine.

La vie avait progressé de nouveau. Elle fila des consignes pour qu’on ramène Matt en cellule et qu’on prépare son transfert sur le Dédale, et elle laissa tout le monde vaquer à ses occupations une fois sur le camp. Il y avait un peu de chemin à faire du complexe jusqu’au camp, et la vie qui foisonnait maintenant n’aidait pas. Pedge s’arrêta quelques secondes pour considérer un animal qu’elle n’avait jamais vu, avant d’entendre le bruit familier d’un camion de transport de troupe. C’était un peu déconcertant d’entendre cela ici, mais au final, pas si ubuesque que ça. La texane remarqua qu’elle était sur une route tracée à la serpe et à la machette, et le camion peinait à avancer sur le terrain accidenté. Pourtant, il avançait quand même, son puissant moteur et ses roues appropriées faisant le boulot, en écrasant tout sur son passage et contribuant au maintien de la sente qui servait de chemin, voir de route. A l’arrière, une section complète était compartimentée. Ils étaient les uns sur les autres, avec leur matériel de guerre.

Pedge rendit son salut à Jacobs qui était à l’arrière du camion. Elle avait l’air fatiguée et la texane se fit la réflexion que l’image qu’elle devait renvoyer d’elle ne devait pas être mieux, à ceci prêt qu’elle était propre et nettoyée, contrairement à sa collègue. La jeune femme poursuivit donc sa route quand le rugissement du camion se fut éloigné. Elle traversa le chemin, évitant autant que faire se peut de marcher dans les ornières boueuses qui le jalonnaient. La vie au camp s’était étoffée. Les militaires de repos filaient un coup de main pour agrémenter l’endroit et le rendre vivable. Manifestement, tous cherchaient à s’occuper l’esprit et on retrouvait l’esprit d’un camp militaire de campagne, comme on pouvait le retrouver dans le désert en Afghanistan. Les patrouilles sur plusieurs jours étaient éprouvantes alors. Ils partaient en convoi de blindé, et la nuit venue, ils installaient les véhicules en carré défensif, et les tentes au centre, souvent au milieu de nulle part, avec une vue bien dégagée de chaque côté de la figure géométrique. Ils mangeaient des rations, et une vie de camp provisoire s’organisait.

L’officier poussa un soupir de contentement en voyant tout ça. C’était bien, ça participait à la cohésion de groupe.

Elle salua les deux hommes à l’entrée de la tente de commandement, et elle pénétra dans cette dernière. Le temps pour ses yeux de passer de la clarté du jour à l’obscurité éclairée de la tente, Pedge resta à l’entrée. Elle remarqua tout de suite Tyrol et sa combinaison orange fluo. Une combinaison qu’elle avait elle-même porté pendant un certain temps. Elle reconnu Eugène à ses côté, et plus loin, Marta et Morfalou. Pedge se demandait bien ce qu’ils faisaient tous là au lieu d’être sur le Dédale à réparer des avaries, avaries qui devaient être nombreuses et variées, demandant un sacré déploiement d’énergie pour être traitées. Elle en savait quelque chose. Morfalou semblait toujours aussi fidèle à lui même, ne prenant pas en compte le caractère professionnel de la situation. D’ailleurs, ce dernier semblait être le seul à avoir remisé la texane. Le trio continuait de discuter autour d’une carte récente du secteur sur laquelle Pedge pu observer les efforts de Jacobs en terme de sécurisation de l’accès à la ZA mais aussi les efforts de la nature pour reprendre ses droits. Un truc comme ça sur Terre ne ferait surement pas de mal pour devenir plus vert. Mais est-ce que la technologie devait supplanter la prise de conscience des uns et des autres ? Ce n’était pas sûr, mais c’était surtout un autre débat.

Au fond, il y avait cinq sergents, dont la moitié était estropié, en train de discuter stratégie sur une reproduction de la cité de Méda’Iyda. Ils disposaient des punaises ici et là pour mettre en exergue certaine chose, que Pedge ne tarderait pas à découvrir de toute façon.
Un à l’écart, Namara et Paresok étaient en train de trifouiller un ordinateur. Ce devait être la première fois qu’ils en voyaient un, et cela amusa Pedge de voir ces deux Natus tourner et retourner cet objet dans leurs mains sans parvenir à en saisir ne serait-ce que l’utilité. Quand l’écran termina de s’éteindre suite aux différentes manipulations aléatoires des deux jeunes gens, ils le reposèrent en pensant certainement qu’ils l’avaient cassé. Ils avaient le comportement d’enfants curieux qui pensaient dissimuler leur forfait, c’était d’autant plus humoristique. Un peu de légèreté ne faisait vraiment pas de mal.
Albert, l’intendant, étant en plein service de café et biscuit, se souciant même du bien être de l’énorme tigre, qui faisait d’autant plus énorme avec sa tête juste passée dans une fente pratiquée dans le côté de la tente. Namara attira l’attention de Pedge une nouvelle fois. Elle la vit prendre discrètement un quart de café pour goûter le bordel, et elle grimaça franchement devant l’odeur. La texane était curieuse de voir qu’elle allait être la réaction de la jeune femme quand elle allait avaler une gorgée, mais elle croisa son regard à ce moment là, tandis que Graham se rendait compte de sa présence.

Pedge fit un petit hochement de tête à Namara en avançant dans la tente.

« Repos. Reprenez. », déclara-t-elle d’une voix affirmée. C’était quand même quelque chose que d’avoir une tente complète qui réagit à sa présence. Elle n’était plus invisible, elle était maintenant la personne la plus importante du coin. Le respect lui faisait chaud au coeur, de même qu’elle avait l’impression de toucher du bout du doigt la consécration de sa carrière et de sa vie. Elle approcha de Tyrol et des techniciens. Il lui semblait qu’ils étaient les personnes à voir directement parce qu’ils n’étaient pas descendus du Dédale pour rien.

« Sergent Chef Tyrol, Marta, Eugène, quel bon vent vous amène sur le plancher des vaches ? »

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Steven Caldwell

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le Jeu 20 Sep - 10:12

Steven Caldwell
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Chronologie : JEUDI 17 MAI



L’assemblée reprit immédiatement ses activités. Chaque groupe ayant conscience que l’officier passerait de l’un à l’autre pour prendre les informations avant la réunion générale. Le sergent Graham avait fait un pas dans la direction de la texane pour débuter l’invasion de rapports - le bourrage de crâne obligatoire qui attendait tout officier, même Sheppard - mais se ravisa en la voyant aller vers le groupe de techniciens. Ils étaient tous assez content de la retrouver.

Tyrol avait souri, appréciant l’accueil de l’officier qui avait travaillé dans son équipe l’an dernier et qui avait partagé le voyage dans leur dortoir. Toujours très pro, il mettait de côté son appréciation personnelle pour réagir comme l’on pouvait s’attendre d’un subordonné, même s’il appartenait à un autre environnement. Du coup, il fit un salut militaire parfait avant d’acquiescer, témoignant de son non-verbal le plaisir de la revoir en vie et en bonne santé.
Eugène fut le premier à décrocher de son salut pour s’approcher et lui tendre la main, partagé entre le devoir de rigueur dans cet endroit de commandement, et la proximité particulière lié au passé de l’an dernier. Il lui fît un clin d’oeil en lui serrant la main, restant un peu surpris de voir qu’elle était à la tête du dispositif, puis ce fut Marta qui s’approcha avec un sourire presque dangereux sur le visage.

« Alors comme ça on continue dans la voie de la sardine, grosse pé... »
« HUM-HUM !!!! » Coupa bruyamment Gallen en posant un regard noir sur sa technicienne. Ce qui devait se terminer par “...tasse” se combina sur des notes différentes et maladroite pour donner un « tazeuhhh...oui...mes respects mon lieutenant. »

Le sergent chef Tyrol secoua négativement la tête, signe inquiétant qu’elle aurait le droit à son rappel à l’ordre une fois qu’ils seraient hors de la tente de commandement, ce qui n’empêchait pas la jeune femme de garder un air purement défiant. Le caractère fort et l’animosité qui, si elle était vrai au départ, était devenu pratiquement un petit jeu maintenant qu’elle la respectait effectivement. Mais dans la tente de commandement, c’était pratiquement du suicide...Marta quoi.
Il suffisait à la texane de le faire savoir à Caldwell et elle était faite.

« Bonjour lieutenant. Nous faisons tous les trois partie de l’équipe chargée de faire transiter l’armée jusqu’à la base ennemie. C’est un vrai casse-tête mais nous avons une solution de fortune. »

Il regarda brièvement la carte que le cartographe continuait de dessiner puis ajouta d’un air presque gêné :

« Cela dit...c’est si atypique que nous avons préféré vous faire part de notre idée en face à face. Eugène ? »

L’homme fit un signe de tête à son supérieur direct puis s’écarta un peu. Il espérait que la texane suivrait afin qu’ils puissent échanger sans que les oreilles ne se dirigent trop sur eux. Déjà parce qu’il n’avait jamais été très fan de la couche de vernis quand il connaissait un soldat qu’il appréciait. Ce qui l’amenait à vouloir tutoyer le lieutenant et ne pas donner cette scène en spectacle. Et aussi parce que le plan n’en était encore qu’en l’état de proposition. Quand elle le rejoignit un peu à l’écart, l’homme lui fit un sourire aimable et se pencha un peu pour murmurer à voix basse.

« Dis-voir, on peut parler comme d’hab ou tu préfères un échange officiel ? »


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Pedge Allen

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le Ven 21 Sep - 4:34

Pedge Allen
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Heureusement pour Marta, Tyrol lui avait fait changer de vocabulaire. Marta était typiquement le genre de militaire à ne pas savoir faire la part des choses, et c’était regrettable. Un peu comme Eversman, qui n’arrivait pas à différencier les moments persos des moments pros. Ça avait joué contre lui. Le plus regrettable dans l’histoire, c’était que Matt était Sergent Maître. Marta ne l’était pas, et elle avait la chance d’avoir un sous-off digne de ce nom en la qualité de Gallen. Pedge laissa donc couler, voyant bien que le sous officier en question allait prendre ses responsabilités et cueillir sa soldate après leur entrevue pour lui expliquer le fond de sa pensée. C’était suffisant, elle n’avait pas à perdre de temps avec ça. Elle était sûre que la viking ne comprendrait pas, et ce serait repartie pour une guerre froide à la con.

« Tu peux parler comme d’habitude. », lui confirma-t-elle, sans trop savoir si elle avait raison ou pas de le laisser s’exprimer normalement comme il le faisait avec elle sur le Dédale, surtout après que Marta avait failli fourcher méchamment. Quoiqu’il en soit, elle était étonnée de voir ces trois là et d’autant plus en apprenant qu’ils étaient là pour organiser le transport des troupes vers la cité de la reine wraith. Bref, elle avait hâte d’entendre ce qu’ils avaient à dire.

Environnement


« Avant, il faut que je te dise...on a eu deux blessés, Kate était piégée dans une section qui s’est effondrée et Peter l’a secouru. Pauvre gars, il a reçu une poutre sur le pif mais il a quand même pris le temps de nous ramener Kate. » Il se fit rassurant dans son expression. « Lipton nous a envoyé de leurs nouvelles. Visiblement, ils vont bien. Tous les deux. »
Eugène pensait que l’officier méritait de savoir, surtout qu’ils n’étaient plus en danger. Le technicien était un bon vivant assez sympathique, toujours le sourire sur le visage et la blague facile. Étrange, sûrement, pour un forgeron qui ne jurait jamais comme un charretier. Mais de toute l’équipe de nuit, c’était celui qui semblait le plus attaché à chaque membre du groupe. Il avait eu les boules de voir la jeune femme quitter leur équipe l’an dernier, comme les autres surement. Harry restant le plus émotif de la troupe quant à ce départ.

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Pedge n’avait pas eu le temps de penser à eux là haut, mais ils avaient dû morfler dans un combat spatial danteste. Ainsi donc, Kate était blessée, ainsi que Peter. Ce grand nounours n’avait pas résisté à l’appel de la femme en détresse, lui qui peinait tant à se comporter normalement en leur présence. Au moins, ce n’était pas pour une raison obscure qui le conduirait à les détester. Il était juste timide. La texane était soulagée d’entendre qu’ils allaient bien, et qu’ils étaient tirés d’affaire. Kate était importante pour Peter, elle le comprenait et l’aidait à prendre sur lui quand il devait traiter avec la gente féminine, mais elle était certaine qu’il aurait fait ça pour n’importe lequel du groupe des poètes.

« Merci de m’avoir donné des nouvelles. Je suis soulagée de savoir qu’ils vont bien. Ça n’a pas dû être simple là haut. », fit-elle, essayant de se mettre à leur place deux minutes. Elle qui avait passé deux semaines dans les réparations d’après combat, elle imaginait parfaitement le chantier qui attendait tout ces hommes. Ils n’étaient pas près de dormir. S’ils étaient là et pas sur le Dédale en train de traiter les avaries, c’était que le plan d'acheminement nécessitait leurs compétences, et que le colonel jugeait cela assez crédible pour prendre le risque de les envoyer. Il n’avait pas le luxe de se passer de leur service, mais il le faisait quand même.
« Pas vraiment...sans oublier les nuits blanches qui s’annoncent. » Avoua Eugène avec un mi-sourire.
« On verra si je suis en état de venir prêter main forte. », répondit-elle en opinant du chef. L’expérience ne lui déplairait pas, même si elle était éprouvante. Tout dépendrait de son état de santé au sortir de cette mission périlleuse.
« Comme au bon vieux temps... »

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Steven Caldwell

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le Dim 23 Sep - 21:11

Steven Caldwell
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Il enchaina :
« Alors, voilà la situation. On sèche sévèrement pour amener ton armée chez l’ennemi. On a d’abord pensé à envoyer un missile trafiqué pour parachuter une série de balises mais on s’est heurté à plusieurs problèmes : on signalera notre arrivée à l’ennemi, ça retient le Dédale en orbite et on épuise quasiment toutes les ressources énergétique pour le transfert. Alors j’ai eu une idée assez...spéciale... »
Il sortit une feuille soigneusement pliée en quatre de sa combinaison orange fluo et la tapota nerveusement sur l’une de ses mains. Le technicien se mordit la langue avant de se jeter à l’eau.
« Tu te souviens du moment que tu as passé avec moi à la forge ? Précisément pendant la pause quand je retapais un aileron d’avion ? »
« Je me souviens oui. », dit-elle sans vraiment rebondir, accrochée aux dires d’Eugène. Elle voulait connaître la solution qu’il souhaitait présenter.
« En fait, tous les deux ans, il y a le concours d'ingénierie des équipes techniques des DSC-304. Chacun présente devant le jury du Programme son projet mené à terme et le thème de cette année concernait la restauration. »
Son regard alla vers Tyrol. Le forgeron était assez tendu, il s’en rendit compte en sentant ses épaules rentrées et sa façon d’échapper au regard de la texane. C’était assez nouveau. Il se sentait forcé de tourner autour du pot, comme s’il présentait méthodiquement chaque arguments qui s’agenceraient comme les pièces d’un puzzle pour que le tableau final soit convainquant. Il lui tendit le document, il s’agissait d’un photographie imprimée d’un avion bimoteurs.

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« Quand il y a eu la crise, l’USAF a fermé plusieurs de ses bases aériennes et a voulu se débarrasser de ses antiquités. On a récupéré ce vieux C-47, un transporteur de troupes bimoteurs largement employé pour le parachutage durant la Seconde Guerre. Le Muséum n’en voulait pas, car trop abimé, ils allaient le ferrailler... »
« Bouffé par la rouille de l’aileron jusqu’aux pistons. » Commenta Marta qui l’avait rejoint pour le soutenir. Elle lui mit un coup d’épaule pour l’encourager et cette cohésion, lui rappelant la convivialité que Pedge avait partagé avec eux l’an dernier, lui retira une part de cette pression. « On en a lâché des larmes et de la sueur pour le récupérer, ce tas de ferrailles ! »
« C’est vrai, ça a été un sacré chantier. On y était depuis plus d’un an. »
« On comptait leur foutre la honte à ces pouilleux de l’Athéna. C’est bien beau de monter un coucou pour faire les malins, mais nous, on le fera carrément voler. J’imagine déjà la gueule de ces vieux cons ! » Marta croisa le regard de la texane et elle précisa, comme pour être sûre d’éviter le malentendu : « Le jury ! »
« On y a passé nos temps de pause avec les autres équipes du Dédale. Mais on l’a entièrement restauré. »
« Le C-47 peut voler...et devine quoi ? On l’a toujours en kit dans les soutes du Dédale. »
Tyrol, qui s’était tenu silencieux et à l’écart jusque là, intervint. L’idée était folle mais malgré tout réaliste.
« Tout est d’époque, restauré avec nos nouvelles technologies, même les parachutes. »
« Ce sont les vieilles toiles d’il y a soixante-dix ans mais on les a renforcé à la fibre de carbone. Du coup, ils sont de nouveau employables. »
« La pilote prévu initialement pour le faire voler le jour du concours est sur le Dédale. Donc pas de soucis de ce côté là. »
Marta désigna le plan que le cartographe travaillait toujours.
« Je suis encore en train de voir avec les gars. Mais on peut descendre les grues et le matériel. Le génie a trouvé un endroit pour nous faire une piste de décollage pas loin d’ici. On devrait pouvoir te monter le coucou en douze heures. »
« On aura besoin que McKay vérifie les infos de nos scientifiques. Mais d’après eux les conditions atmosphériques sont suffisantes et la cité ennemie aura beaucoup de mal à repérer la signature de vieux moteurs à énergie fossile. En comparaison à la puissance de propulsion d’un F-302, le C-47 serait presque furtif... »
« Alors ? Tu en penses quoi ? » Conclu Eugène sur cette question.

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Pedge Allen

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le Mar 25 Sep - 14:08

Pedge Allen
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Elle n’en avait un peu rien à foutre du concours d'ingénierie de l’USAF, mais elle prit sur elle pour conserver sa mine neutre et posée. Elle réceptionna le document et elle le regarda tranquillement, sans afficher la moindre émotion. Néanmoins, en voyant le vieil appareil qui était sur la photo, elle sentit le coup foireux arriver gros comme un camion de patate qui sort avec trois remorques de l’usine McCain. Eugène lui fit le petit historique, et Marta vint en renfort. La texane n’était pas une experte en communication, mais elle voyait bien que le forgeron tournait autour de pot, comme s’il avait peur d’annoncer la nouvelle. Elle était bien tentée de couper court et dire : donc on va y aller avec “ça”, mais l’intervention de Marta la conforta dans l’idée de laisser faire la cohésion de groupe. Groupe dont elle avait fait parti et dont elle connaissait le fonctionnement. Groupe avec qui elle avait passé quelques nuits pas plus tard que l’avant veille.
Mais voilà, ils continuaient de lui raconter comment ils l’avaient obtenu et leur projet avec. En temps normal, elle aurait peut-être participé à la discussion, mais là, elle était pressée par le temps. Elle n’avait pas le luxe de s’égarer en digressions. Néanmoins, elle comprenait qu’ils voulaient l'emmener sur le terrain tout en lui montrant qu’ils faisaient un sacrifice presque personnel en lui passant cet avion d’un autre temps.

En tout cas, Pedge devait reconnaître que l’idée ne manquait pas de mordant. C’était complètement ubuesque que d’imaginer utiliser un engin pareil alors qu’ils disposaient à l’heure actuelle de F-302, de croiseur stellaire, d’une cité ancienne à la technologie avancée, etc. Ils en étaient réduit à voler dans un avion plus vieux qu’elle, assez rudimentaire. Le comble dans tout ça, c’était que de par son ancienneté et son niveau technologique faible en matière de propulsion, il était plus furtif que tout le reste. Si c’était vraiment la seule solution, alors il fallait l’exploiter. Les mordus de reconstitution de la seconde guerre mondiale seraient ravis d'assister au spectacle d’un parachutage de l’époque.

« Si c’est la seule option qu’on a, il faut la tenter. J’suis un peu septique, je vous l’avoue. Un drone tout con et on est foutu dans ce genre d’appareil. ». Elle regarda la photo, elle aussi d’époque, de l’avion. Oui, là dedans ils n’auraient aucune chance face à un drone combiné Wraith Lantien. Mais si Méda’Iyda ne les voyait pas arriver, ça pouvait passer, sur un malentendu. « Organisez la logistique et tout le toutim, et faites moi savoir quand il est prêt à partir. », ajouta-t-elle à l’adresse des trois techniciens, en tendant la photo à Eugène pour qu’il la récupère. Quelque part, sauter de cette engin s’annonçait grisant. Pedge avait envie d’essayer aussi pour ce côté là. Ce ne serait pas un saut tactique tactique, mais ce serait un saut en parachute. Normandie portait bien son nom.

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Le trio de technicien n’ajouta rien de plus.
Tout était dit, c’était un plan dingue mais le dernier moyen de locomotion envisageable. La figure crispée de Marta laissait présager qu’elle avait envie de livrer le fond de sa pensée. Un enfantillage du genre “On t’offre un avion et t’es pas contente ?!? Ben démerde toi toute seule alors !”. Heureusement, le regard du sergent-chef avait suffit à la rappeler à l’ordre lorsqu’elle le croisa et elle préféra se détourner, comme si son attention était attirée par autre chose que le scepticisme bien légitime de la texane. Eugène avait simplement hoché la tête et Gallen prit rapidement le relais.
« Bien lieutenant, nous nous mettons au travail. »
Le chef tapota l’arrière du crâne de Marta de son doigt, comme pour lui ordonner de cesser de bouder, puis il se rapprocha du forgeron pour donner ses premières consignes. L’homme allait probablement chapoter l’ensemble du projet et rameuter de la main d’oeuvre supplémentaire.

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« Merci sergent. Et merci les gars. », fit-elle à l’attention de Marta et d’Eugène. Mine de rien, ils lui proposaient une solution viable à court terme, et ce n’était pas rien. Elle espérait juste que ce ne soit pas la seule proposition car tout le monde ne rentrerait pas dans un seul avion. Elle pensait aux tigres en particulier. Déjà, elle imaginait une attaque combinée par la terre et par l’air, mais il fallait que tout ce beau monde arrive à peu près en même temps. Les parachutistes chuteraient en mode commando pour neutraliser des objectifs vitaux pour l’ennemi afin de sécuriser un max l’avancée des troupes d’infanteries sur le terrain. Ces dernières seraient une sorte de diversion pour l’ennemi qui ne s’attendrait pas à avoir des actions coups de poings dans sa base. Une fois ses actions menées, l’attention du camp adverse serait partagée entre les moustiques dans sa chambre, et la nuée de fourmis qui arrivaient pour prendre possession de sa cuisine.

Bref, elle se projetait déjà, et elle avait hâte de mettre tout ça en place. Elle avait encore plus hâte d’expérimenter pour de bon le plan. C’était une chose de suivre des plans de bataille créés par d’autres, s’en était une autre d’en suivre un qui sortait en parti de son propre crâne. Elle avait l’impression d’être enfin dans son élément. Elle laissa le trio de technicien et se dirigea vers le sergent Graham. Prochaine étape.

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le Mer 26 Sep - 19:49

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Sergent James Graham


Machinalement, James s’était installé sur une chaise afin de prendre appui sur le plat de la table. C’était surtout une question de confort qui se devait contrebalancer son anxiété. Il se foutait la pression tout seul, comme un grand, parce qu’il voulait que son boulot soit parfait. Il se creusa les méninges, se pinçant le sourcil droit d’un tic nerveux tout en restant entièrement tourné vers sa feuille, les narines agressées par cette odeur de café.

Les techniciens lui avaient offert une diversion inattendue. James profitait largement de l’occasion pour préparer son rapport. Son bloc note en main, il se relisait et rédigeait sur une page vierge la liste de tous les sujets à traiter, au propre, essayant de ne rien oublier au passage. Il tira vers lui l’ordinateur que Paresok et Namara avaient manipulé et en détacha l’écran sous leur regard intrigué pour le placer en mode tablette. Tous les rapports des différentes équipes depuis le début de la guerre s’y trouvaient en copie.
Le sous-officier procéda à quelques vérifications et poursuivit pendant un certain temps. Il passa quelques appels radio, vérifiant plusieurs informations qu’il devait transiter.

Il sursauta soudainement en découvrant son officier à ses cotés.
« Oh, lieutenant...euh... »
Graham s’emmêlait les pinceaux, un peu surpris, et resta à mi-chemin entre sa position assise et l’idée de se relever par respect.

« Restez assis si vous le souhaitez sergent. », fit Pedge en tirant une chaise à elle.

De nouveau assis, le militaire comptait proposer l’un des cafés qui se trouvaient sur le plateau mais se ravisa. Il avait déjà apporté le dej et l’officier n’était pas du genre à se faire materner. Du moins, c’est bien ce qu’il avait entendu à son sujet et lui, de son côté, ne connaissait pas du tout les us et coutumes de l’aide de camp. Fidèle soutien ou profond larbin ?

Il préférait l’idée de soutien, c’est ce qui lui plaisait le plus.
Le militaire réorganisa un peu ses idées en se réinstallant puis il prit sa feuille proprement écrite.

« Il y a pas mal d’infos qui se sont accumulés depuis hier. Je vais essayer de vous condenser le tout. Pour commencer, ce que vous m’avez demandé... »

Il lui tendit la tablette dont l’écran affichait un rapport assez sommaire. Très simple même. La première page faisait la liste des effectifs disponibles. On y trouvait en deuxième page le détail et, pour la dernière partie, une masse de pages contenant la liste des noms, de leurs blessures, et de leur situation actuelle.
« Nous avons quarante deux militaires Atlante opérationnels, dont quatorze blessés légers. »

Graham ouvrit un dossier cartonné et fouina parmi les feuilles. Il retira cinq morceaux de papiers qui avaient visiblement été déchiré depuis un livre de poche. On trouvait à l’arrière l’image de la première et dernière de couverture. Des écritures différentes, même avec la même encre, semblaient contenir le même message à sa destination.

“Moi, Root Garner, fantassin de première classe, certifie par la présente être pleinement conscient et dûment informé de mon état de santé. En appelle à l’attention de l’officier commandant de l’opération, afin d’être maintenu en activité malgré des capacités martiales diminuées. Que cette déclaration fasse effet de décharge pour les autorités compétentes, qui ne sauraient être tenues responsables, de ce choix personnel et réfléchi.
A faire valoir à qui de droit.”


Les quatre autres documents étaient dans le même ton.

« Ces déclarations m’ont été envoyé par cinq soldats qui ne veulent pas être démobilisés. La plupart ont subi des blessures handicapantes et refusent de quitter leur unité. Surdité, mutilation, amputation. L’un d’eux est le sergent Yest que vous voyez là, il a perdu sa main gauche. »

Graham avait pointé du doigt l’un des sergents qui continuait d’organiser des itinéraires sur le plan technique de la cité.

« Ce qui porterait nos effectifs à quarante-sept...si vous acceptiez. »

Pedge Allen


En effet, Pedge ne voulait pas se faire materner. Elle n’aurait certainement pas mal pris le fait qu’il lui donne un café, mais elle s’en tira un quart sans demander à personne, comme une grande. Elle était issue du rang, ayant gravi les échelons par sa volonté, sa sueur et son dévouement au drapeau étoilés. Elle conservait certaines habitudes qui passeraient peut-être avec le temps. Le liquide noir lui fit du bien. Elle le buvait posément tout en écoutant le Sergent qui commençait son rapport. Il avait ordonné tout ça, comme la veille, et cela était grandement utile pour s’y retrouver. Il entama par le sujet le plus délicat, à savoir les pertes humaines et le restant de l’effectif.

Elle opina du chef, prenant en compte les chiffres, avant de réceptionner les feuillets sur lesquels étaient écrits les décharges. Elle les parcourue tour à tour, puis les posa sur la table en se passant une main sur le front.

« Je veux bien qu’ils participent aux tâches subalternes de logistiques, mais pas de combat. Ils seraient malheureusement un handicap pour leur section qui aura autre chose à faire que de prendre soin d’eux si ça tourne au vinaigre. », dit-elle catégorique.

C’était hors de question d’envoyer ces hommes au combat. Hors de question. Ils étaient mutilés, blessés de guerre important, et leur rôle était terminé maintenant. Elle voulait bien, parce qu’elle était militaire dans l’âme et qu’elle partagerait certainement ce sentiment tout comme eux, qu’ils participent à la logistique, qu’ils aident, mais pas qu’ils se battent. Ils constitueraient un handicap pour les autres, sans parler qu’ils seraient des cibles faciles. Qui plus est, malgré ses décharges, sa responsabilité était engagée. Ces mecs n’étaient peut-être plus suffisamment lucide, et rien ne lui disait que parmi ces cinq là, il n’y avait pas un suicidaire qui voulait profiter d’une action au feu pour se faire trucider. La perspective de vivre handicapé à vie pouvait mener à ce genre d’extrémité, surtout quand c’était récent. Bref, elle devait faire son rôle d’officier, et tout comme à l’instruction sur des épreuves éliminatoires, avoir les couilles de sortir un candidat blessé contre son gré, même si ça devait l’éliminer, et même si ce dernier assurait qu’il pouvait aller jusqu’au bout.

Sergent James Graham


« Nous avons du côté des Natus soixante trois soldats opérationnels. Et soixante sept tigres. Ces chiffres ne tiennent pas compte du dispositif de sécurité du lieutenant Jacobs. Trente neuf soldat réparti sur trois fronts, un tiers est blessé mais encore apte au combat. »

James avait déplacé les différentes pages du rapport de la tablette pour appuyer le topo. Il poursuivit :

« J’ai profité de cette réunion pour vous présenter les officiers et sous officiers encore en service. La chaîne de commandement a été durement touché par les contacts rapprochés. J’ai pris le temps de me pencher sur plusieurs témoignages. Il semblerait que l’ennemi profitait des mêlées pour localiser et abattre les gradés. » L’aide de camp secoua la tête. « La bataille dans l’usine de triage avait probablement pour but de neutraliser Sheppard. »

« Probablement oui. », répondit simplement Pedge, en ayant pris acte des chiffres concernant les Tairis et les Natus. C’était une stratégie classique que de couper les têtes pensantes et dirigeantes d’une armée. En tout cas, c’était une bonne initiative de lui présenter le restant embryonnaire de la chaîne de commandement restant.

« Les Natus ont eu plus de chance que nous. Leur deux Meneurs, Paresok et Namara, sont toujours en activité. Ils ont perdu quelques chefs de groupe qui ont été remplacé assez rapidement. Les chefs Tairis sont aussi indemne. »
« Ok. ». Elle savait Namara bien vivante, en effet.

Graham se retourna d’un quart, il pointa son doigt sur chaque membre du groupe. Certains continuaient de travailler et d’autres saluèrent à distance d’un signe de tête.
« De notre côté, nous n’avons plus que des sergents et quelques caporaux. Le borgne s’appelle Riders. Il était sur le point de passer son examen d’avancement de grade pour devenir sergent-maître avant la guerre. De gauche à droite, vous avez Ed Perry, Carl Ortega, Tamy Dunn, Franky Yest et moi-même. Cinq caporaux les seconde. »

« C’est plus que suffisant pour diriger quarante deux hommes Sergent. Des sections de dix hommes, c’est parfait dans la configuration actuelle. Par contre, le sergent Yest ne participera pas aux combats, je ne le compte pas. L’unité qui aura le plus d’hommes se verra attribuée un second Caporal. Je désignerai l’un d’entre eux comme Caporal Chef pour éviter les embrouilles. », ajouta-t-elle pour être certaine de bien se faire comprendre à propos du sergent Yest. Elle avait un doute sur le “borgne”. Devait-elle le retirer lui aussi ? Un sergent et un caporal pour dix hommes, c’était largement suffisant. Les sous-officiers avaient un rôle essentiel de liaison entre le commandement et les hommes. Ils étaient une pièce maîtresse du maillage hiérarchique. Sur Atlantis, Pedge trouvait qu’ils n’étaient pas assez considérés ou assez employés dans ce rôle là comme ça devrait l’être. Un sous-off est près de ses hommes, et il est là pour leur botter le cul à la manière de Tyrol quand ils chient dans la colle ou tirent au flanc.

Graham nota les consignes sur sa nouvelle feuille. Il nota la réorganisation des effectifs par groupe de dix hommes, prévoyant une présentation rapide des unités pour que son officier fasse son choix. Toutefois, lorsqu’elle parla du sergent Yest et de sa volonté de le retirer du service, la pointe du stylo s’arrêta de danser sur la feuille. L’aide de camp était mal à l’aise. Il hésita avant de lui annoncer :
« Heu...Yest...est l’un des hommes qui a demandé un entretien avec vous. Je suppose qu’il doit se douter de votre décision et qu’il voudrait s’expliquer. Est-ce que je le lui refuse avec ces motifs ? »
« Hum. », fit-elle pour se donner le temps de la réflexion. Pedge ne savait pas trop quoi faire. Elle était dans un rôle d’officier et de commandement, et normalement, elle devrait laisser un sous-off expliquer sa décision à Yest. Ce dernier était cependant lui aussi un sous-officier, techniquement, elle devait donc le recevoir en sa qualité d’officier et ne pas laisser un subordonné d’un grade équivalent au sien lui expliquer pourquoi il n’en serait pas. Cependant, cette décision n’arrangeait pas la texane qui estimait avoir autre chose à faire. « Je le recevrai quand nous aurons terminé. », finit-elle par dire. Elle devait aussi penser en tant qu’humain. Elle n’avait pas masse de temps, mais elle devait le prendre pour certaine chose.
« Reçu…. » répondit l’homme tout en rayant une mention sur sa liste.

Il avait eu dans l’envie de lui donner davantage d’informations. Comme le fait que l’unité de Yest avait été durement touchée, qu’il restait peu de survivants et que cela les avait d’autant plus rapproché. Graham avait eu le temps de discuter avec lui, il semblait tenir un raisonnement clair. Pas d’envie de massacre, son intérêt se portait ailleurs, à la protection de ses derniers collègues.
Yest semblait seulement vouloir rester avec eux, ne pas se faire éjecter tout en étant témoin du départ de ses collègues pour la prochaine bataille.

Tout ça, il le répéterait sûrement à la texane. Et si ça se trouve, elle avait déjà pris sa décision et comptait le lui dire en face. Il fallait se rendre à l’évidence, Allen n’était pas Sheppard. Depuis sa disparition, tous ceux qui se trouvaient dans la tente de commandement étaient encore en train de tâter le terrain, de jauger. Par défaut, une rigueur militaire plus stricte venait d’être restaurée. Ce n’était pas à l’ère Sheppard que tous auraient donné du “mon lieutenant” et des saluts militaires parfaits.

James n’avait pas forcément de regrets. Il faisait l’aide de camp grâce à cette opportunité et il avait tendance à penser qu’il faisait du bon travail jusque là. Pas de nostalgie ou de préférence pour un officier en particulier. Simplement, ce nouvel officier changeait un peu l’environnement. Politique différente, école différente.

« Alors...prochain point...le matériel. Nous avons de bons stocks en vivres et en eau, le CODIR avait tout prévu en double. En revanche, les munitions vont nous poser problèmes. » Graham fit apparaître un nouveau rapport sur la tablette que tenait Pedge. « Le pont aérien devait suppléer le Dédale dans l’apport constant de matériel mais la Porte a été détruite. Et sur le croiseur, un violent incendie a fait détonner deux des trois dépôts de munitions. »

Le sergent descendit de quelques pages.

« Ils nous ont descendu le reste et nous fournissent des équipements sur leur réserve personnelle. J’ai reçu l’inventaire ce matin, ce n’est pas mirobolant. Treize milles cartouches. Ca fait moins de quatre chargeurs de P90 par tête. Il nous reste à peine une cinquantaine de grenades. Vingt kilos de C4. Les armes de rechange sont limitées. Par contre, les charges d’effractions ont été peu utilisée donc nous en avons en quantité. » James marqua une pause avant de reprendre. « Malheureusement, le problème touche aussi les Natus, leur caisses se trouvaient dans les entrepôts qui ont brûlé. D’après les meneurs, ils ont de quoi tirer une cinquantaine de fois chacun. Il leur reste un canon de campagne avec neuf coups et une mitrailleuse à tube d’environ deux cents tirs. »

L’homme passa sur la fin du rapport.

« Nous récupérons actuellement le matériel laissé sur le précédent champ de bataille. Les hommes font le tri entre les munitions qui nous appartiennent et ceux employés par les clones. Mais ça ne renflouera pas abondamment notre stock. »

Il fît une pause.

« Je dois aussi vous informer que nous avons épuisé nos réserves de fourniture médicales. L’antenne de secours traite actuellement les cas les plus graves et donne la priorité aux hommes de Jacobs. Tous les autres sont maintenus en stase par l’entité qui a fait évoluer la nature. D’après ce que j’ai compris, nos médecins laissent une médicastre Natus employer le fer rouge pour réserver ce qui reste à notre prochain assaut. Il y en a encore sur le Dédale mais ils en ont besoin pour leurs blessés. »

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Pedge Allen

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le Mer 26 Sep - 19:52

Pedge Allen
Pedge
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Allen


MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI


Pedge Allen


Quand la logistique commençait à chier dans la colle, ce n’était jamais bon signe pour une opération de terrain. Une armée ne gagnait pas la guerre uniquement avec des hommes et des technologies. Elle gagnait une guerre avec une logistique solide qui permettait de tenir une campagne loin de chez elle. C’était un fait avéré depuis que l’homme est homme et qu’il a décidé de mettre sur la tronche de son voisin. L’officier était préoccupé par ces rapports alarmant sur les stocks en munitions et en armes, mais également sur ceux en fournitures médicales. En temps normal, elle ne se serait pas souciée de tout ça, utilisant l’arme qu’on lui donne avec les cartouches à cramer. Aujourd’hui, c’était différent parce qu’elle était à la tête de l’opération et que ce genre de responsabilité lui incombait.
Elle aurait aimé avoir ce genre de rapport plus précis hier soir afin de discuter le bout de gras avec les clones. Est-ce qu’elle aurait eu le temps cependant ? Rien n’était moins certain surtout avec l’intervention foireuse qu’elle avait demandé à Rodney et qui avait mis fin aux négociations fissa. Du coup, elle espérait que les rejetons rebelles de Méda’Iyda tournent casaque une nouvelle fois et qu’ils reviennent dans la course au bottage de cul de Reine Wraith. Ainsi, ils pourraient partager également leurs ressources, même si elles devaient être maigre de leur côté également.
Pedge ne comprenait pas qu’on ne mette pas la main, dans tous les complexes, sur des stocks de munitions et sur une armurerie Atlante comme sur le croiseur. Il y avait de tout dedans : munitions, armes de tout genre, kit médical, explosifs, etc.
« Le temps que la solution de transport se mette en place, envoyez deux équipes de deux personnes fouiller les complexes avec prudence. Il doit y avoir quelque part des salles qui ressemblent à notre armurerie sur Atlantis, supposées fournir l’équipement des clones. Continuez de faire ramasser leur équipement sur leur mort. Fouillez les gilets tactiques aussi. », dit-elle. Que pouvait-elle faire d’autre ? Elle ne savait pas si les clones seraient de la partie ou pas. Elle devait donc composer avec les moyens du bord. Envoyer quatre hommes pour fouiller les complexes était une bonne idée selon elle. Ces quatre là partiraient avec eux dans l’avion. Il fallait penser à acheminer les autres hommes.

Sergent James Graham


« Bien lieutenant. » Confirma Graham. Il reprit aussitôt lorsqu’elle fit référence aux stocks présents dans les complexes. « Oui. Il y a effectivement plusieurs dépôts bien fournis dans la base Wraith. Les équipes qui ont sécurisé le reste des installations hier les ont signalé. »

Le soldat s’empressa d’aller sur un autre document de la tablette, passant sur un plan qui avait été dessiné à main levée et photographié pour le rapport. Le groupe de soldats avait bien bossé. Leur aptitude au croquis était vraiment à revoir. On aurait cru l’oeuvre d’un adolescent qui tentait de trouver son chemin dans un jeu vidéo. Mais les dépôts de ravitaillements étaient tous signalés avec l’estimation approximative du nombre d’individus les protégeant.

« Seulement...ceux qui n’ont pas été vidé par les clones pendant leur retraite sont occupés par leurs soldats. Et puisque vous aviez demandé à ce qu’on ne les approche pas, ces ressources sont restés sous leur contrôle. Cela dit, nous avons la possibilité de les neutraliser pour s’en emparer : il nous reste des armes incapacitantes... »

« Négatif pour le moment. Je prendrai une décision plus tard. J’attends de savoir s’ils vont nous rejoindre ou pas. », fit Pedge. Elle était contrariée d’avoir le cul entre deux chaises. Si les clones ne venaient pas, elle devait s’emparer de ces armes. Ces laches n’en auraient pas besoin pour fuir. Néanmoins, elle leur donnait du temps, du temps qu’elle se laissait seule à en apprécier la durée. Elle s’était montrée ferme avec Graham histoire qu’il ne doute pas de sa directive. Il n’avait pas besoin de savoir les tenants et les aboutissants, simplement qu’il patiente.

Graham avait encore pas mal de choses à voir avec le lieutenant. Il reprit sa liste pour vérifier les points restants, mesurant leur importance, puis il enchaîna :

« La majorité des gradés et chefs de groupe vous ont fourni leurs rapports. Je les ai condensé dans votre tablette, ils attendent votre signature pour pouvoir être transféré sur le Dédale. Les documents iront au CODIR par la Porte des Étoiles si le croiseur survit... » L’homme précisa immédiatement : « Le colonel Caldwell compte quitter le secteur dans quelques heures pour intercepter les renforts ennemis sur leur coordonnées de rendez-vous. Il vous attend pour un entretien quand vous serez prête. »

Et ce n’était pas le plus urgent. James n’avait pas mis ça en tête de liste pour la simple raison qu’il estimait nécessaire que l’officier soit au courant de tout, de son côté du terrain, avant de parler au colonel.

« Bien. », répondit-elle simplement en hochant de la tête pour confirmer. Oui, elle devait s’entretenir avec le Colonel pour faire un point avant qu’il ne change de secteur. Elle avait l’impression qu’on lui enlevait une protection supplémentaire, mais elle devait faire avec.

« Parmi ces rapports, il y a celui de Jacobs. Du lieutenant Jacobs, pardon. Qui vous signale avoir abattu un dart ennemi cette nuit qui tentait de se faufiler en planant. Le pilote ennemi n’a pas survécu. Il semblerait qu’ils tentaient de faire un repérage. Le lieutenant a équipé ses unités de lanceurs Stinger ce matin et vous tiendra au courant de toute nouvelle tentative d’intru... »

Le sergent fût coupé par l’entrée un peu rapide d’un soldat dans la tente de commandement. C’était l’un des gardes qui contrôlait l’entrée. Il avisa un regard circulaire, cherchant visiblement quelqu’un, puis s’approcha rapidement de Pedge. L’homme ne salua pas, il se contenta de se placer de son côté libre et de se pencher à son oreille pour lui murmurer :

« Chef, on a arrêté un clone à votre image à l’entrée. Pas d’armes. Mais elle avait ça dans ses poches... »

Le garde n’avait pas utilisé sa radio parce qu’il ne voulait pas faire l’annonce à toute la tente de commandement. Il avait supposé que cela ne concernait que l’officier pour l’instant et que la discrétion était de mise. Il lui donna un morceau de carton issu d’une boite de cartouches. On y avait inscrit quelque chose sur son revers, deux écritures différentes.

“La Multitude rejoint le combat.”
“Les Affranchis rejoignent le combat.
Coleen parlera pour nous.”


Pedge Allen


Quelqu’un d’autre que Pedge aurait certainement attrapé Graham dans ses bras et l’aurait serré contre son torse en sautant de joie. Mais la texane esquissa un sourire tout simple. Elle était sacrément contente de voir que les clones, que les deux factions de clones rejoignent de nouveau le combat. Ouais, elle était même sacrément contente !

« Faites la venir et traitez la avec égard, c’est une alliée. », répondit Pedge, laissant le type s’en aller. « Les clones nous rejoignent, on va pouvoir discuter des dépôts recensés par les hommes.. », dit-elle à l’adresse de Graham.

L’univers comblait les vides. On lui enlevait la protection du Dédale, on lui rendait une pseudo armée. C’était impeccable. Elle en avait souri. Elle était satisfaite de voir que les atlantes tenaient toujours la zone même face à des intrusions de Dart. C’était du bon boulot de la part de Jacobs. Néanmoins, cette tentative pour éprouver leur défense voulait bien dire que la reine ne souhaitait pas en rester là.

« En attendant, y avait-il autre chose sergent ? En savez-vous plus sur l’offensive terrestre ? ». Pour Pedge, il semblait inconcevable qu’un parachutage ne se fasse pas de paire avec une progression terrestre, et elle voulait savoir si des objectifs ou des idées, voir les deux, avaient été arrêté.

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Steven Caldwell

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le Mer 26 Sep - 19:54

Steven Caldwell
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Chronologie : JEUDI 17 MAI



Sergent James Graham


Le visage de l’aide de camp s’était éclairé. C’était une très bonne nouvelle et le contentement de la texane faisait un meilleur écho chez le soldats qui semblait soulagé.
« Plus on est, mieux c’est ! » S’était-il permis en guise de commentaire.
Le garde s’était éclipsé en marmonnant un “A vos ordres”, vraisemblablement pressé d’aller dire à ses collègues de ne surtout pas déconner avec ce clone. Non pas qu’ils se seraient rendu coupable de certains actes contestables, le clone d’Allen aurait d’ailleurs répondu à toute agression, mais il fallait s’en assurer rapidement.

Du côté de Graham, le sergent était resté sur la bonne nouvelle. Il se projetait déjà sur les nouvelles applications, le renfort en effectifs, en munitions et produits médicaux. L’alliance avait du bon et c’était d’autant mieux qu’ils feraient front commun contre la reine. Il ne pouvait que gagner non ?

Le jeune homme dévia soudainement sur ses songes en imaginant ce que donnerait une société de clones libre à l’image d’Eversman et d’Allen. Il les voyait en train de copuler, se mélanger avec d’autres peuplades, avoir de nouvelles générations. C’est ce qu’ils demandaient non ? Vivre comme des êtres normaux, c’était la base de la vie humaine que d’assurer la descendance...
Quand même...des tas de Matt et de Pedge...ça faisait bizarre en y pensant. Le sergent observa un instant la texane, se disant qu’elle était pas si mal foutue et que ceux qui avaient eu, à un moment donné, l’envie d’une histoire avec elle risqueraient bien d’aller courir ses clones à la fin de la guerre. C’était même certain. L’exclusivité du modèle unique, c’était fini. Ils pouvaient se rabattre sur des copies. Pareil pour Eversman. Lui qui se faisait la réputation d’un coureur de jupons, ses jumeaux devaient faire un sacré concours de masse...

La prochaine question de l’officier le sortit brusquement de ses rêveries.
L’homme la regarda dans un premier temps en affichant un “quoi ?” parfaitement crétin sur le visage, vestige de ses pensées peu catholique, comme si elle avait lu en lui.

Pedge le toisa, et répéta sa question, voyant qu’il avait décroché. Elle lui pardonna sans mal ce petit écart de concentration, non seulement parce qu’elle était contente, mais surtout parce qu’elle comprenait que le sous-off était au bout de sa vie. Il avait passé une bonne nuit de merde quand elle avait pu dormir quelques heures, et il devait accuser le coup. « Je vous demandez si vous en saviez plus sur l’offensive terrestre sergent. »

Il se reprit immédiatement pour répondre.

« C’est la problématique la plus épineuse, lieutenant. » Affirma-t-il non sans avoir fait la moue. « Il nous faut déplacer toute l’armée dans un désert sur une distance supérieure à deux milles kilomètres. Nous n’avons plus de moyens aérien, mis à part le projet du chef Tyrol, et un déplacement par voie terrestre nous demanderait plusieurs jours. »

Ils avaient les camions dans la soute du Dédale et suffisamment de carburant. Le CODIR avait été très prévoyant mais ils n’auraient jamais pu deviner que le prochain objectif se trouverait si loin.

« Sans oublier que notre ligne de ravitaillement serait bien trop étirée, que l’ennemi nous verra venir et que les conditions climatique nous mettront HS bien avant de mettre un Wraith en joue. »

James soupira. Il détestait avouer l’échec mais c’était bel et bien le cas. Question transport, ils étaient lésés.

« Nous pourrions nous faire téléporter par le Dédale mais cela consommerait l’intégralité de ses réserves en énergie. Il doit aller se battre pour empêcher les vaisseaux de nous atteindre donc... » Il tapota ses doigts sur la table. « C’est la déch... »

Pedge Allen


Pedge plissa légèrement le nez de désappointement. Elle n’aimait pas vraiment la non solution de Graham sur l’offensive terrestre. Néanmoins, elle n’était pas de ces bureaucrates qui exigent l’impossible en tapant du poing sur la table en gueulant un “trouvez moi une solution !”. Manifestement, le Sergent avait considéré les choses dans toutes leurs dimensions. La jeune femme garda le silence quelques secondes, considérant les propos de son subordonné, le regard fixe sur un point dans la tente, la tablette toujours dans les mains. Elle était lasse, mais elle prenait sur elle, stimulée par l’ambiance de travail et les responsabilités.

Au fond, elle savait que cette offensive terrestre serait très compliquée à mettre en place. Plus de deux milles kilomètres à parcourir jusqu’à l’objectif demanderait vraiment beaucoup de temps dans des conditions inconnues. Hors, tous ici savaient qu’il ne fallait pas laisser autant de temps à un Wraith pour se refaire, d’autant plus quand ce wraith s’appelait Méda’Iyda.

« On dirait bien sergent. », déclara-t-elle finalement.

Sergent James Graham

Sur ce constat, le garde réapparut. Il ouvrait la route et se décala pour laisser passer Coleen. Elle ne portait ni gilet ni casque, surement parce qu’elle n’avait pas pu récupérer son matériel qu’un petit malin avait pris sur le champ de bataille comme souvenir. La jeune femme se trouvait donc nature, les cheveux blancs avec cette fameuse mèche rebelle et sa main Wraith. Tandis que James faisait une marche arrière monumentale sur ses précédentes pensées, trouvant “l’exotisme de l’aspect Wraith” comme un tue l’amour puissance mille. Non, il fallait vraiment avoir la dalle d’un cul d’Allen pour sauter sur son pendant Wraith…
Le reste du personnel se tût soudainement en la voyant débarquer.

Surtout du côté des membres du Dédale, pas du tout habitué à rencontrer un clone de la sorte. Marta avait tapoté vivement le bras d’Eugène qui s’était retourné, lâchant un audible : « Ben merde alors... ».
Seul Tyrol semblait prendre les choses assez bien, examinant le clone en se posant des questions, se demandant comment une telle prouesse technologique était possible et ce que ça voulait dire en terme de conscience vivante. Le sergent aurait voulu observer la scène un peu plus longtemps mais il savait que ses hommes participaient à un environnement plus pesant et gênant. Il leur fit un signe et les rappela au travail.

Coleen demeura tout à fait impassible.
Elle n’avait que Pedge et son aide de camp en ligne de mire. Maintenant libre de ne plus suivre le garde, elle fit quelques pas assurés en direction de la table et fit un salut militaire parfait à son authentique, pour la raison qu’elle devinerait facilement d’elle-même. Au cours de cette manoeuvre, Coleen afficha un léger sourire similaire à celui que l’authentique avait eu en apprenant leur retour. Elle était heureuse de pouvoir reprendre du service, d’occuper de nouveau sa fonction d’agent de liaison. Sa présence concrétisait le retour des clones dans la danse et la réussite de leur plan commun.
Pourtant, un petit malaise eut lieu lorsqu’elle découvrit la présence de Namara au fond de la tente. Coleen tiqua presque imperceptiblement et lui fit un léger signe de tête. L’identité génétique du lieutenant avait été copié le lendemain de la guerre de la Magna, tous les clones se rappelaient donc de cette fameuse soirée avec la Meneuse. Coleen avait quelque chose dans son regard qui laissait présager qu’elle se rappelait comme si elle l’avait vécu.

Elle ne savait pas quelle suite avait connu cette Natus la nuit dernière, bien sûr, mais elle ne pouvait s’empêcher d’avoir eu cette échange de regard avec elle, comme l’aurait fait une véritable Allen en somme. La Meneuse duelliste, de son côté, avait eu un regard dur et froid. Une expression qui s’approchait curieusement de ce que la texane avait pu voir lorsqu’elle était sous influence de l’insecto.
Étrange…on aurait cru qu’elle souffrait soudainement de quelque chose et qu’une complète indifférence l’aidait à s’en dissimuler.

Albert Meurlay s’approchait déjà avec un quart rempli de café, un sourire en biais sur le visage. L’homme était partagé entre sa générosité maladive et l’envie de fuir à toute jambe ce qu’il considérait comme une aberration de la cohérence. Il ne s’était pas attendu à une telle similitude entre les deux jeunes femmes et s’en trouvait particulièrement intimidé. Il lui donna silencieusement le quart et fit demi-tour assez hativement.
Coleen n’avait pas bu de café depuis...depuis jamais en réalité. Mais elle savait que ça lui manquait énormément et elle considéra le liquide avec envie. Elle déposa néanmoins son contenant sur la table le temps de connaître la réaction de son authentique.


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Pedge Allen

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le Mer 26 Sep - 20:24

Pedge Allen
Pedge
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MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI


La solution à cette offensive terrestre viendrait-elle des clones ? Un petit espoir germa dans la tête de la texane alors que ses yeux se posaient sur Coleen. Un silence religieux s’était installé dans la tente de commandement quand elle avait fait son apparition, et Pedge cru bon de prendre les devants pour ne pas laisser toute la clique dans l’ignorance.

« La rebellion revient nous prêter main forte. », dit-elle simplement, d’une voix parfaitement audible pour quiconque, étant donné les circonstances.

Les clones devaient avoir une solution pour se porter vers la base de la reine. Si tel n’était pas le cas, alors la mission se compliquait. Néanmoins, leur venue n’était pas sans bénéfice quand même. Ils avaient le contrôle des dépôts de munition et cela pouvait déjà se négocier. Tant pis s’ils n’avaient pas d’idée pour rejoindre la base. Peut-être que ce qu’ils voulaient utiliser pour se transporter Dieu savait où pourrait servir pour transporter le gros de l’armée ? Elle devrait poser la question à Coleen.

Elle capta l’échange de regard entre la clone et Namara. Cette dernière se renferma brusquement. Cela fit penser à la texane qu’elle n’avait pas interrogé la Natus sur son cauchemar éveillé provoqué par l’insecto sur le champ de bataille. Mais Pedge s’était endormie comme une masse pendant la séance de soin et depuis, les deux femmes n’avaient pas eu l’occasion de discuter un peu. Ce n’était que partie remise. En tout cas, elle comprenait que Coleen toise Namara. L’officier se souvenait de la date de création de ses doubles et par conséquent, les Pedge étaient formatées avec une vision grand angle du minou de cette Natus. Quoiqu’il en soit, l’authentique n’avait pas spécialement envie de partager cette femme avec ses doubles, et cela la dérangea au plus haut point. Un sentiment qu’elle n’avait pas souvent expérimenté par le passé et qui vint la troubler de façon conséquente. Son masque d’impassibilité ne s’en trouvait pas fissuré néanmoins, et elle se contenta de voir Coleen arriver vers elle pour la saluer de façon rigide et professionnelle. Elle aurait sans doute fait pareil si les circonstances avaient été inversées. Pedge rendit son salut à sa jumelle en hochant de la tête, comme pour lui montrer qu’elle appréciait de la voir.

« Vous avez fait le bon choix. » Ce qui en langage Allen voulait dire qu’elle était “contente” de la voir, et par extension, les autres membres de sa communauté. Naturellement, la texane s’était levée quand Coleen était arrivée, et elle l’invita à s’asseoir avec Graham et elle. Elle tombait à pic. Pedge commença un résumé des points essentiels, en soulignant donc le manque de munitions et de matos médical, ainsi que le problème de transport vers la base Wraith. Autant la mettre au parfum tout de suite. Comme depuis quelques heures maintenant, l’officier essayait de ne pas perdre de temps.

Coleen "No-Fire"



Coleen répondit par un simple hochement de tête.
Elles parlaient la même langue et il n’y avait pas besoin de mots pour savoir que c’était réciproque. Oui, les clones avaient fait le bon choix parce qu’elles avaient travaillé toutes les deux, ensemble, pour les convaincre. Non seulement parce que c’était dans leur nature de ne jamais lâcher le morceau mais également parce que Coleen tenait à rester. Mener la bataille jusqu’au bout.

La jeune femme n’insista pas du regard envers Namara. L’intervention de l’authentique était parfaite pour détourner l’attention et elle s’installa à ses côtés en ne résistant pas à l’appel du café qui agressait ses narines. Tout en avalant une gorgée de ce breuvage qu’elle n’avait techniquement jamais goûté, elle peina à dissimuler son soulagement tout en portant une oreille attentive au compte-rendu.

Coleen écouta sa jumelle jusqu’à la fin et elle sembla ensuite décrocher, le regard perdu dans le vague. Ce n’était qu’une apparence, elle le savait, puisqu’elle transmettait probablement les informations à tout le reste de la rébellion. Il n’y avait pas de doutes qu’ils étaient tous en train de se mobiliser pour reprendre du collier et qu’ils attendaient impatiemment les nouvelles de cette rencontre.
La jeune femme sortit de sa torpeur en clignant un peu des yeux, comme si on venait de la tirer de quelques pensées réveuses et porta son regard endormi sur le dossier de feuilles de Graham. Elle en retira une au hasard et la retourna puis accepta le stylo que celui-ci lui tendit.
Exactement comme Pedge, le contenu du message alla droit au but.

« - Partage en commun du matériel, accès libre aux dépôts.
- Matériel médical limité pour nous aussi.
- Pour transport, deux darts sous notre contrôle. 400 unités par tour. Problème : risque certain d’être détruit par les drones en approchant.
»

Pedge jeta un coup d’oeil à Graham après avoir lu. Elle s’assurait que lui aussi lisait bien les quelques mots de Coleen.
« Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour les dépôts Sergent. Veillez à partager les ressources médicales avec l’alliance également, au même titre qu’avec les Natus et Tairis. On fera au mieux. »
« Bien lieutenant, on fera un inventaire complet pour que ce soit équitable pour tous. » Affirma l’aide de camp en réponse.
Pedge observa une seconde de silence, tout en relisant la dernière phrase. Elle tapota sur le papier à cet endroit là : « Et si on dépose les troupes à une distance raisonnable de la cité… ? Pour une approche moins longue en somme. »
Coleen laissa filer un peu de temps, laissant visiblement les siens débattre la question. La réponse vint rapidement, toujours aussi synthétique.

« Portée des drones de plusieurs kilomètres, nous serions repérés sur l’approche à pied.
Bombardement inévitable au sol. L’idéal serait d’empêcher l’usage des drones.
»

« Hum… Alors voyons le problème autrement. Comme en 44, les para ouvrent la marche et neutralisent les objectifs sensibles. On s’attaque aux drones pour couvrir l’approche terrestre, et du coup, les darts pourront approcher ou laisser les troupes plus loin pour être hors de portée des darts ennemis. » , proposa Pedge.

Ce n’était pas une mauvaise idée.
C’était même un très bon plan si une petite équipe pouvait saboter les défenses avant l’offensive principale. Comme pour l’opération Overlord en Normandie avec les parachutistes. Malgré les nombreuses erreurs de dropage, les unités avaient pu se réorganiser et remplir la majorité des effectifs.
Coleen répondit.

« Bonne idée. Manoeuvre inattendue, l’effet de surprise peut marcher.
Les soldats accepteront d’être intégré dans des modules Wraiths pour transport ?
»

L’aide de camp, qui gardait un oeil très attentif aux écrits sur la feuille, pouffa légèrement avant de devancer la texane.
« C’est ça ou perdre la guerre... »
« Clones entraînés pour investir la cité et frapper. Nous saurons où passer durant l’assaut, guider les alliés. Qui est choisi pour sauter ? »

« Effectivement. Il y aura des réticences mais j’espère pouvoir convaincre tout le monde. », fit Pedge réaliste, avant de répondre à la seconde question de Coleen. « Quant au choix, pas encore. Je comptais caler tout ça prochainement. »
La jeune femme acquiesça. Elle reprit.
« Nous avons besoin d’énergie pour les modules de stases. Ou faire évacuer vingt six frères et soeurs en état critique. »
Dans le courant, le vieux Matt lui avait dit trente. Quatre des leurs avaient dû périr entre temps malgré l’hibernation forcée.
« Je ne sais pas si l’entité qui contrôle la nature voudra les prendre en charge… Elle a une dent contre les Wraiths... », fit la texane, en réfléchissant. Il faudrait surement prendre des renseignements là dessus pour voir si on pouvait faire un transfert de ces clones vers une stase végétale. Eux aussi avaient perdu des hommes et des femmes durant la nuit. C’était malheureusement inévitable.
Coleen n’aimait pas ce qu’elle entendait et ça se voyait. Comme l’authentique, elle n’aimait pas quand ça n’allait pas dans son sens et elle avait l’impression de faire face à un simple “Je sais pas”. Elle ajouta un “Et ?” lourd de sens sur sa feuille mais la texane ne pu réagir.
Le chef Tyrol s’était approché.
« Lieutenant, sergent...euh, madame... » Le chef ne savait pas comment s’adresser à cette alliée, il préféra aller droit au but. « J’ai l’estimation préliminaire du montage du C-47. Il nous faudra une dizaine d’heures. L’engin est monté sur de vieux moteurs qui n’excédent pas les trois cents kilomètres à l’heure, ce qui signifie qu’il faudra six heures de vol à vitesse maximum pour atteindre votre couloir de parachutage. Je peux descendre à cinq en boostant un peu le rendement mais ce serait prendre un risque, les moteurs n’ayant pas été conçu pour un usage au-delà de leur capacité initiale. »
« Je préfère jouer la carte de la sécurité, surtout avec un engin d’un autre âge, sans vouloir vous vexer sergent. », dit-elle en consultant sa montre et en griffonnant un truc sur son papier pour faire son calcul.
« On ne pourra pas vous le reprocher... » affirma Gallen en souriant. Il était justement satisfait de ne pas tirer sur la corde.
« Je dois aussi vous avertir d’un autre imprévu. Le C-47 a une autonomie de trois milles kilomètres. Donc ce sera un aller simple. Le pilote peut sauter avec vous ou tenter de se poser une fois ses réservoirs vide. C’est une décision qui vous revient car nous n’avons pas les moyens de compenser les milles kilomètres restants. »
« Je comprends. Si vous souhaitez que le pilote tente de se poser pour ne pas sacrifier votre appareil pour votre concours, je ne vous le reprocherai pas. ».
« Lieutenant...un concours face à cette guerre, c’est rien. » répondit le chef avec sincérité. « Quel intérêt si on le récupère en miettes ou entier tant qu’on parvienne à vaincre l’ennemi. Je pense parler au nom de l’équipe technique du Dédale en vous disant que cet engin n’est plus le nôtre...mais le vôtre. »
« On peut vaincre l’ennemi et peut-être le récupérer. Après c’est vous que ça regarde. Un peu d’optimisme ne fait pas de mal, et de vous à moi, un pilote qui sait qu’il va devoir prendre soin de sa bête de concours sera plus susceptible de me larguer en bon ordre au dessus de la zone cible. Non ? ». Pedge était un peu taquine dans son propos, sans l’intonation cependant. C’était aussi une façon de montrer à Tyrol qu’elle voulait prendre soin de ses intérêts, malgré les circonstances.

Le chef Tyrol hocha la tête. Elle avait réussi à lui arracher un sourire alors qu’il découvrait un peu tardivement le côté un peu déplacé du sujet. Il tenait à savoir dans quelle optique serait le pilote qui dirigerait l’engin, s’il fallait prévoir son saut et la disparition du C-47 ou non.
Son idée n’avait pas été de sous-entendre à l’officier de préserver ce matériel malgré la guerre et il était allé jusqu’à le formuler directement. Peut-être aurait-il dû s’en garder mais il travaillait dorénavant avec la texane comme il le faisait avec Caldwell : il n’omettait pas les détails.

« Très bien. » Répondit-il simplement avant de retourner auprès de ses techniciens.
Le sergent Graham profita de cet interruption pour s’adresser à Coleen. Le “Et ?” ne lui plaisait pas vraiment, comme une petite tâche sur le tableau qui pourrait mener à un malentendu. Le lieutenant était-elle capable de se disputer avec elle-même ? Ou ne pas être sur la même longueur d’onde selon les différents enjeux ?
« Avant d’aller établir l’inventaire du matériel que nous partagerons, je me propose pour tenter une approche auprès de l’entité et demander son aide pour que vos amis soient pris en charge... »
Il haussa les épaules.
« Nous avons dix heures devant nous, il faudra préparer les hommes, les équiper, les briefer...ce sera faisable du côté des clones ? »
Coleen acquiesça, sûre d’elle. Elle détailla sur le papier le fait que les darts seraient bientôt prêt à l’emploi et que l’armée des rebelles s’était déjà en partie réorganisé. Tout commençait à se décanter petit à petit. C’est naturellement que chacun des éléments de la tente de commandement s’installèrent au fur et à mesure des questions, de la préparation minutieuse du prochain assaut.

Le regroupement de sergent avaient délimité des zones de dropage, des points d’accès et ciblé les points stratégique de la cité. Mais ils ne pourraient pas tout faire : Pedge devrait choisir qui devait aller où. Si elle préférait concentrer les équipes sur le même objectif ou les dispatcher sur plusieurs endroits. La réunion dura un bon moment. James notait activement toutes les informations qui s’échangeaient entre les différentes parties, terminant de poser sur le papier le premier jet d’un plan de bataille. Il le résuma ensuite à voix haute :

« Alors. Nous avons 47 soldats Atlantes, 63 Natus et 67 tigres. A cela s’ajoute 122 clones. Au total : trois cents unités en état de combattre. Nous avons une dizaine d’heures pour nous rééquiper et nous réorganiser. »

Il zieuta l’officier Allen.

« Nous disposons d’un C-47 avec une capacité d’emport de 28 hommes très exactement, moins si vous affectez de l’équipement encombrant. Il vous faudra organiser cette force de frappe, la répartition des effectifs, leurs objectifs, et choisir les heureux élus parmi l’alliance. »

Il fit une pause avant de passer au point suivant de ses écrits.

« Nous nous approchons donc d’un saut tactique de nuit pour désemparer la base ennemie de ses moyens anti-aérien. Les deux darts de nos alliés chargeront le plus gros de nos forces et voleront en retrait avant de les déposer à cinq cents mètres des points d’accès stratégique. »

James tapota son crayon.

« Il nous reste à savoir si les darts doivent attendre votre signal ou procéder à ce plan indépendamment en respectant un horaire fixe ? »

« Un signal est aléatoire. Si le parachutage échoue, il faut quand même essayer de mener à bout la mission. Deux heures trente après le saut, les darts devront se présenter. », répondit la texane. Elle n’était pas sûre d’elle, mais cela semblait être la meilleure solution. C’était monnaie courante dans les forces spéciales. L’objectif devait être atteint dans un temps imparti avant qu’autre chose ne se passe. C’était la routine quoi.
« Donc nos forces seraient déposées à l’aube. Pouvons-nous effectuer la manoeuvre dos au soleil pour aveugler nos adversaires ? »
« Oui, excellente idée. », confirma Pedge. Elle n’avait pas besoin de donner son accord pour ce genre de chose tactique à son sens, mais puisqu’il lui demandait, elle confirmait.

« D’après nos alliés, les darts peuvent transporter tout le monde. Ils veilleront ensuite à poursuivre ces allers et retours pour déposer matériel et munitions, assurant notre ligne logistique. Le problème, c’est que les clones ne pourront pas répondre par radio. Les communications passeront par le courant par le biais d’unités sélectionnées pour ça ? »
« Il faudrait convenir d’un code basique pour communiquer, au moins pour les choses simples. Qu’en pensez-vous ? ». C’était un problème de taille. La jeune femme ne savait pas trop comment le résoudre autrement que par la mise en place d’un code rapide. Même si les communications passent par le courant, ce serait à sens unique et le but n’était pas de fort des clones des larbins et des exécutants.

James était plutôt d’accord. Il fallait un minimum de communication.

« Rodney pourrait nous aider à installer un programme vocal et le configurer ? Les pilotes pourront sélectionner une réponse qui sera envoyée sur la radio du requérant d’après une liste. La base : “reçu”, “négatif”, “en approche” etc…? »
« Si c’est possible, alors ce serait pas mal. Ca nous aiderait grandement. Je vous laisserai voir avec lui. ». Pedge évoluait déjà. Elle déléguait, ce qui était moins visible la veille au soir où elle voulait tout gérer.
« Bien lieutenant, je rendrai compte. »
Le sergent passa au point suivant.
« Enfin, pour nos objectifs, j’ai récupéré un exemplaire de l’ordre de mission de Sheppard. Nous en avons rempli deux : le complexe est sous notre contrôle. Et nous l’avons privé de sa ressource énergétique. »
Il fît la moue.
« En revanche, deux modules contenant les otages Natus sont encore entre les mains de l’ennemi. Et nous savons dorénavant part le rapport de Rodney, suite à la réussite d’un piratage, qu’ils ont muni ces modules de système de formatage. Deux des lieutenants de la Reine détiennent cette capacité : L’officier de son armée et celui de sa recherche... »
James tiqua.
« D’après ce que j’ai lu, ils détiennent une sorte de clé pour le déclencher. Si ça chauffe de trop, ils risqueraient de mettre à mort les otages... »

La jeune femme pris le temps de réfléchir à cette dernière donnée. Elle ne pouvait pas ne pas la prendre en compte sous prétexte que les Natus étaient dans des modules de stases et que leur disparition ne serait pas visible. Ce peuple avait déjà payé un lourd tribu et s’ils pouvaient lui ramener quelques uns des siens, ce serait une véritable victoire. Il fallait penser en terme de prise d’otage.
« Cette clé… Elle est informatique ou c’est une clé comme une clé de maison, qu’ils insèrent dans les modules pour les formater ? ». Il lui fallait plus d’info.
« Il me semble que c’est un outil mécanique qui sert de déclencheur. »
« Dans ce cas, il faut soit éloigner les modules, soit éloigner les deux wraiths des modules. Je pense qu’il faudra adapter sur le terrain selon la situation, et gérer ça à la manière d’otage détenu et pouvant être exécuté à tout moment. Il me faudra une équipe qui soit composé de mec qui sont capables de gérer ce genre de problème. ». Difficile de prévoir quoique ce soit pour le moment, sans savoir où se trouve les lieutenants de Meda’Iyda à l’heure actuelle, pour planifier un assaut en règle de leur position afin de sauver les otages. Il allait falloir être flexible, reconnaître le terrain, évaluer la situation sur zone, et prendre des décisions tactiques dans le sens de la sauvegarde des Natus. Normalement, ils avaient la crème sur Atlantis, il devait bien y avoir quelques personnes ayant fait des exercices de libération d’otage dans des zones de conflits parmi les soldats. Pedge était de ceux là, mais elle ne pouvait pas se couper en quatre.
« Certains de nos hommes sont qualifiés ou ont fait des stages en ce sens. Le Dédale possède également une équipe d’abordage spécialisé dans ce type de manoeuvre... »
C’était une proposition pour l’un ou l’autre. Peut-être que Caldwell accepterait de prêter certains de ses soldats.
« Il reste deux autres objectifs. Abattre la reine et mettre la main sur le contenu de son unité centrale. Si on sait tout d’elle, il lui sera impossible de nous échapper le cas échéant. »

Coleen leva son stylo pour attirer l’attention et inscrivit une note sur sa feuille avant de la tendre à sa jumelle.

« Les rebelles rappelent le message urgent à destination de l’Authentique Eversman. A propos d’une orbe. Les informations se sont perdues avec la mort des messagers, c’était vital. »

Matt lui avait parlé de cette chose. C’était complètement sortie de la tête de Pedge. Seulement, que faire de ça ? La jeune femme n’avait eut qu’une explication sommaire de la chose, et elle ne savait pas du tout ce que c’était et où cela se situait… Il allait falloir un coup de bol monstrueux pour tomber sur cet objet qui semblait fortement intéresser les wraiths.
« Cette orbe doit se situer dans un point névralgique de la cité…. », fit observer Pedge en réfléchissant. Elle sentait que McKay allait avoir du boulot encore pour gérer plein de problèmes à la fois, mais c’était dans ces moments là qu’il était au top.

« Pour finir, nous savons que la reine à un double plan. Soit elle utilise le reste de son énergie pour un bombardement massif de drones, soit elle opte pour la fuite par voie hyperspatiale en faisant décoller sa cité. Dans le même temps, le Dédale et l’Hypa - un vaisseau allié - vont intercepter le reste de la flotte des Ingénieurs. Ils ne devraient pas pouvoir nous atteindre si tout se passe bien mais on peut aussi oublier le soutien du Dédale... »

Pedge commençait à voir se dessiner le plan d’action. Les parachutistes devraient agir vite pour neutraliser les défenses aériennes : les drones. S’ils y parvenaient, alors les darts pouvaient commencer leur rotation. En privant la reine de ses drones, ils vont la forcer à prendre la fuite. Une fois les drones détruit, les équipes devraient se répartir les tâches : neutraliser les commandes d’hyperespace de la cité ; récupérer les données de l’ordinateur centrale ; neutraliser les deux commandants possédant la clé de formatage ; retrouver l’orbe ; et tuer la reine. Elle ne devait pas oublier qu’il fallait aussi retrouver le pilote de F-302 supposé encore vivant.

Présenté comme ça, le plan semblait assez simple. Mais c’était loin d’être le cas, car la résistance en face sera rude.

Elle ne pouvait pas laisser Rodney s’occuper de tout cela. Pas mal de ces tâches rentraient dans son champ de compétence, mais en bon militaire qu’elle était, elle préférait assurer le coup “physiquement”. En gros, elle pensait que le scientifique serait capable de désactiver la propulsion de la cité, mais elle serait plus rassurée si un pain de C4 y mettait carrément un terme. Qui plus est, elle ne pouvait pas utiliser le docteur pour tout à la fois, c’était humainement impossible pour lui que de jouer sur tous les fronts.

« On fera sans le Dédale. », fit Pedge en toisant Graham. Puis elle ajouta en consultant ses propres notes :

« Bien, nous allons embarquer 28 personnes dans le C-47. Ils formeront des équipes de sept personnes. » Soit quatre équipes. « Il faut sélectionner des mecs qui ont déjà chuté. Vingt homme. Chaque équipe aura deux clones avec eux pour les guider. » Cinq atlantes, deux clones. Pedge ne voulait pas embarquer de Tairis ni même de Natus, lesquels n’avaient jamais pratiqué de saut tactique, sans parler que pour les premiers, la carlingue de l’avion ne serait pas suffisante pour en accueillir ne serait-ce qu’un.
« Objectif numéro un de toutes les équipes : détruire le hangar à drones. Une fois la mission effectuée, deux options : Option une : Nous sommes dans le bon timing et les renforts arrivent.
Dans ce cas, deux équipes font route vers la salle des générateurs. Les renforts devront les rejoindre sur ce point névralgique de la cité pour l’empêcher de décoller.
L’équipe du docteur McKay devra trouver un point d’entrée dans l’ordinateur central de la reine et récupérer les données. Charge à lui de trouver des informations sur l’orbe et une localisation du pilote.
L’autre équipe se met en recherche des commandants Wraiths pour les empêcher de formater les Natus. Cet objectif sera aussi prioritaire pour les équipes de renforts qui ne complètent pas l’assaut sur la salle des générateurs.
La reine est l’objectif ultra prioritaire. Si quiconque l’aperçoit ou la voie, qu’il communique sa position et attende les ordres.
Si les renforts ou une équipe de para trouve l’orbe, qu’ils communiquent et attendent les ordres.
»

Pedge leva un second doigt.

« Option deux : nous sommes en avance sur l’arrivée des renforts. Les trois équipes convergent vers la salle des générateurs tandis que l’équipe de McKay trouve un point d’accès aux données. Même objectif que dans l’option une.
Quand les renforts sont sur place, on reprend le plan de l’option une. On se disperse et on check les objectifs un à un comme réparti.
Des questions ? Des suggestions ? Je n’ai peut-être pas pensé à tout.
»

Les différents représentants se regardèrent entre eux.
Il était évident que ce n’était pas la joie côté Natus, ni même du coté Tairis.
Le Meneur Paresok fût le premier à prendre la parole pour aborder ce sujet.

« Nous ne sommes pas convié parmi les vôtres par vos raisons. Mais le Natus n’est pas un couard, il sait sauter au vide quand c’est nécessité. »
« C’est vrai. Vos groupes devraient contenir au moins un combattant Natus pour le contact direct. »

Assis sur leurs sièges, côte à côte, les deux Meneurs ne se montraient pas agressifs. Mais ils prenaient assez mal de se voir refouler par manque d’expérience. La texane avait peut-être oublié que la guerre de la Magna avait vu pas mal des leurs se sacrifier en sautant dans le vide, juste dans l’espoir de faire sauter leur charge sur les darts en approche. Et ils ne comptaient pas s’étendre en arguments.

Paresok avait son air sévère, prêt à en découdre et ne céder que si la raison était véritablement valable. Namara, elle, était partagée en son for intérieur. Peut-être parce qu’elle connaissait la texane plus intimement et qu’elle savait qu’il s’agissait d’un tactique Atlante. Les clones pouvaient s’y adapter facilement, les Atlantes y étaient habitués. Les Natus pourraient sauter dans le vide mais seraient ensuite en terrain inconnu.
A cette table, elle était surtout la Meneuse des duellistes et non l’amante. Elle tenait également à ce que des Natus soient là pour les soutenir en cas de corps à corps. C’est ce que devait refléter son regard qui soutenait le sien et ne se décalait nullement sur celui de Coleen.

« J’imagine qu’il en va de même pour les Tairis. Trois des leurs sont toujours portés disparus. Nous pourrions en emmener un en l’intégrant dans un module de stase de dart ? »

Pedge regarda tour à tour les trois protagonistes, signe qu’elle réfléchissait à leurs propositions, qui étaient plus des demandes sous-jacente qu’autre chose. Elle comprenait que les Natus voulaient être de la partie, et elle comprenait aussi le sens de la diplomatie de Graham. Cela l’agaça au plus haut point. Elle avait décidé d’une façon de procédé et ça venait chicaner sur ses plates bandes. Mais bon, ils formaient une alliance et ils étaient quand même à prendre en compte. Elle, l’américaine, ne devait pas se sentir supérieure, même si c’était un peu le cas. De son point de vue, c’était une question d’expérience, de savoir-faire, pas d’égo. Bon peut-être un peu d’égo, mais c’était comme ça. Elle se tourna dans la direction du technicien en chef pour le héler :

« Sergent Chef Tyrol ? » Le temps qu’il arrive, elle se retourna vers Graham, Namara, et Paresok. « Si on peut prendre un Tairis dans un module de stase de dart, pourquoi ne pas prendre plus de Natus et de Tairis ? ».
« Pour une question de masse et d’énergie... »
Il leva un doigt comme pour demander un temps mort et se mit à fouiller fébrilement dans un dossier qu’il n’avait visiblement pas classer, les reliquats de rapports moins importants qu’il avait mis de coté. De longues secondes s’écoulèrent durant lesquelles les différents intervenants de fixèrent d’un air interrogatif. Gallen était arrivé entre temps. James tira la bonne feuille qu’il présenta au lieutenant.
« Ce rapport nous vient de notre escouade du génie. Avec l’aide de quelques scientifiques, ils ont branché le module contenant les Natus à notre source d’énergie. D’après eux, plus le stockage est important, plus la consommation augmente. »
Dans ce bloc de ligne rédigé à la hâte sans ponctuation ni paragraphe, l’aide de camp posa son stylo sur la partie la plus intéressante. Le module était stable mais ils avaient été contraint de le brancher sur un générateur à naquada.
« Apparemment, un module peut contenir un peu d’énergie d’avance pour avoir une durée de vie en-dehors de son alimentation. Il va nous falloir jouer entre le temps de vol et la masse contenue dans le module que nous utiliserons. Vu celle d’un Tairis, je doute que nous puissions nous permettre plus de personnel. Et mis à part les générateurs au naquada, nous n’avons pas d’autre source déplaçable... »
« Je vous fais confiance sur la technique et le pourquoi du comment, l’explication qu’un seul Tairis pouvait rentrer m’aurait suffit. », fit Pedge avec un petit hochement de tête, non pour blâmer Graham d’avoir détaillé, mais juste pour lui faire comprendre que la technologie et elle, il fallait faire simple.

Ils étaient encore en train de se connaître. James de s’adapter à sa façon de bosser et il acquiesça silencieusement tout en notant sa prochaine règle : ne pas développer sauf si l’officier le demande...

Une fois le sergent-chef à leur hauteur, Pedge lui demanda simplement : « Je voulais savoir, quel est le mode de parachutage ? Le déclenchement est automatique en sortie de carlingue ? Ou les parachutes sont à déclenchement manuel ? ». Elle avait un doute là dessus, pensant que tout le monde était relié à un filin qui déclenchait le parachute quand ils sortaient de l’avion. Mais comme c’était un vieux coucou et que même les toiles étaient d’époques, cela allait changer d’un saut tactique actuel au niveau du matériel.
« Un déclenchement automatique en sortie. La longe fixée à un fil d’ariane arrive en butée et tire votre parachute en ouverture lorsque vous tombez dans le vide... »
« Hum d’accord. », fit Pedge en consultant Namara du regard, puis Paresok. « Vous avez conscience que c’est un saut dangereux, qui demande une certaine forme de maîtrise ? Le but ce n’est pas de s’écraser mais d’arriver opérationnel en bas pour mener la mission à bien. ». Il y avait une différence entre avoir le courage de se suicider pour la cause et sauter en sécurité par le biais d’un entraînement et de compétences acquises par la répétition. Le but était clairement d’emmener du monde au sol pour neutraliser les objectifs. Pas de neutraliser les objectifs par la force d’impact d’un corps tombé du ciel.

« Nous parlons avec raison. » Répondit Paresok avec assurance. « Je peux vous présenter nos meilleurs hommes. »
« Et femmes... » Compléta Namara.

Pedge laissa filer un silence où elle toisa tour à tour une nouvelle fois les deux meneurs Natus. Finalement, elle croisa les mains : « Une équipe aura un Tairis avec elle, et chaque équipe sera dotée de deux clones, deux Natus, et trois Atlantes. Est-ce que cela convient à tout le monde ? », demanda-t-elle pour la forme.
Ils acquiescèrent tous, satisfaits.
Graham attira leur attention.
« Puisque ce stick de largage sera directement en contact avec l’ennemi, je vous préconiserai d’équiper tout le monde de nos gilets de protection, Natus compris. Et de fournir une radio à tous les membres avec une formation en accéléré. »
Il tiqua sur une dernière pensée. Il se projetait et proposa une solution à l’officier :
« Des appels radios simultanés sur les ondes vont surement vous poser problème. Un homme muni d’une centrale ferait bien l’affaire. »
« Effectivement, un atlante aura une centrale. », confirma-t-elle. Il fallait penser à tout, surtout avec des alliés qui ne maitrisaient pas toutes les technologies. Ca faisait aussi partie de la beauté de la chose. Au moins, il y aurait une véritable coalition qui bosserait vraiment ensemble. « Concernant l’équipement, on fera un point toute à l’heure. » Il fallait réfléchir à ce qu’ils allaient emmener.
« A vos ordres. »
Le silence retomba, chacun se regardant dans le blanc des yeux.
« Nous avons traité tous les points importants, mon lieutenant. Je pense que nous pouvez en rester là et préparer nos troupes. »
« Faisons cela. Vous pouvez disposer. Merci à tous. », fit Pedge en se levant. Y avait du boulot encore.

La totalité des représentants se redressèrent et quittèrent la table pour aller rendre compte.
Paresok et Namara s’éloignèrent, la duelliste n’adressant qu’un regard très furtif à la texane avant de s’éclipser. Graham resta attablé, réorganisant ses notes et listant tous ses nouveaux objectifs, les tâches à remplir. Coleen, de son côté, se laissa aller en prenant un nouveau café, proposé par Albert qui semblait très curieux par sa condition de clone.
Le plan était dressé, il ne leur restait plus qu’à le préparer et dégrossir les contours, régler les derniers problèmes.


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Nelly Bricks
Pedge
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MJ28 : Opération Normandie
Chronologie : JEUDI 17 MAI


Un peu plus tard...
Le génie descendit du Dédale et se concerta avec les éléments de l’armée au sol pour préparer le terrain. Usant d’explosifs spécialisés, les hommes parvinrent à aplanir et concevoir une piste d'atterrissage en moins de trois heures. C’était un nouveau record dont ils pouvaient être fier et se targuer, le Dédale déposant bien rapidement les grues et les engins de levage en préparation du chantier.

Sous la supervision du chef Tyrol, l’équipe de nuit se mobilisa et débuta les travaux. Les morceaux démontés du C-47 furent tous contrôlés puis son ossature assemblée. Pendant que les éléments du génie parcouraient les kilomètres de pistes pour gommer les irréductibles reliefs et nids de poule, l’équipe technique s'évertua à tenir les délais. Une bonne moitié du C-47 se matérialisa rapidement.

Les membres ne se permettaient pas de pauses. Juste pour boire un peu, s’entraider sur différentes tâches, avant de retourner à leur travail personnel. Ils ne s’arrêtèrent qu’à un seul moment.

Carwood Lipton vérifiait les verrières et leur supports lorsqu’il se redressa, un sourire naissant sur le visage, avec une certaine émotion. A la suite, Frank, Matty, Eugène et Harry Welsh formèrent une petite troupe devant les deux uniformes que le Dédale venait de déposer.
Un moment personnel et émouvant puisque Peter et Katleen avait eu le droit de quitter exceptionnellement l’infirmerie. Le gros nounours était toujours fidèle à lui-même, avare en parole, la figure dissimulée par un impressionnant bandage qui ne laissait paraître que son regard intimidé et une partie de sa mâchoire.

Kate, elle, se déplaçait en béquille, sa jambe gauche intégralement retenue par une attelle qui la parcourait d’un bout à l’autre. L’ensemble de l’équipe de nuit était enfin réunie. Donald et Marta avaient quitté l’ossature et, chose inattendue, c’est celle-ci qui prit la convalescente dans ses bras.
« Tu nous as tous fait peur. »
Kate rigola et partagea cette étreinte avant d’aller chercher celle de Matty. Les équipiers allèrent chacun de leur signe de bienvenue, entre tendes accolades, des tapes sur l’épaule et quelques bises. Peter eût le droit à cette même attention.

Un peu à l’écart, le chef Tyrol observa la scène en silence. Il était à la fois soulagé et ému de voir son équipe toujours complète malgré les pertes sur le Dédale. Plusieurs membres d’équipage se trouvaient dans les morgues dont trois techniciens des autres équipes. Mais les siens étaient toujours là. Il savait que Kate et Peter préféraient être ici, auprès des leurs, au lieu de rester enfermé à l’infirmerie à entendre les gémissements des agonisants.
D’ailleurs, la jeune estropiée regarda en direction de son sergent et lui fit un signe de pouce, le regard humide. Elle était heureuse d’avoir eu l’autorisation de les rejoindre. Son image disparut dans le flot de sympathie qui l’entourait avec les gars qui prévoyaient déjà la façon dont ils féteraient son courage, ainsi que celui de Peter.

Les mains sur les hanches, le sergent-chef laissa un grand sourire illuminer son visage. C’était bien des scènes comme ça qui le poussaient à continuer son rôle, à ne jamais baisser les bras. Cela faisait des années qu’il vivait avec eux. Une famille professionnelle en somme.
Son regard se détourna, un bruit régulier attirant son attention sur le côté. Une jeep approchait depuis la route qui avait été tracé. Le véhicule venait de sortir de l’oasis de verdure et passait d’une dune à l’autre, montant et redescendant, en suivant le tracé des premiers voyages déjà réalisés. Reprenant son air professionnel, il examina ce véhicule en portant une main en visière et remarqua que le conducteur n’était pas seul.
« Retournez à vos postes. Nous avons de la visite... »
Ses soldats s’éxécutèrent avec le sourire et la bonne humeur. Tyrol les galvanisa en frappant dans ses mains.
« Récréation terminée les enfants, allez, on se dépêche. Marta, Lipton. Plus vite. »
Son regard se posa sur les deux blessés. Ils le regardaient avec un air interrogatif en attendant ses ordres.
« Placez-vous sur les contrôles des grues. Pas d’efforts physique, compris ? »
Kate ricana tout en lui faisant comprendre qu’elle ne jouerait pas la folle puis elle mit une tape au nounours pour l’attirer dans son sillage. Ils prirent rapidement place sur une grue qui soutenait un moteur Pratt & Whitney R-1830-92. Il était d’époque, entièrement restauré, en attente d’être fixé à l’aile droite qui n’avait pas encore été entièrement monté.
Le chantier avançait plutôt bien.

La jeep était conduite par Graham.
L’aide de camp se dirigea rapidement jusqu’au C-47, contournant la carcasse et passant lentement entre les différents morceaux de la carlingue pour atteindre le sergent. Sans son uniforme orange fluo, le décorum ressemblait vraiment à l’époque de 39-45. Il se gara non loin puis éteignit le moteur, attendant le retour du lieutenant et veillant aux communications radio qui lui était destiné.
Le chef avisa la texane puis se mit au garde à vous à son approche.
« Bienvenue sur la piste de décollage, lieutenant. Nous sommes dans les délais. »

Pedge Allen


Accrochée à l’arceau de la jeep, Pedge se laissait conduire. La dernière fois qu’elle était montée dans ce genre d’engin, Hamilton et Eversman s’étaient démerdés pour l’en faire descendre de façon abrupte en lui pétant les côtes. La faute au terrain et aux conditions de conduite, mais il n’empêche que ces deux connards semblaient content d’eux sur le coup. Encore un truc à mettre à leur crédit. Elle était contente de ne plus avoir à traiter avec ces deux là. C’était devenu n’importe quoi, et leur comportement n’avait rien de professionnel. Elle ressassait, et c’était bien normal. L’avantage d’avoir un orgueil important et une fierté personnelle qui allait au delà de son cul, c’était qu’elle ne se remettait pas en question sur cette décision, et elle ne se disait pas “qu’est-ce qu’aurait fait Sheppard”. Non, c’était elle la boss, la patronne, l’officier en charge, elle assumait ses décisions, et elle avait montré qu’elle était capable d’entendre ce que disait ses subordonnés pour adapter les choses.

Graham l'entraîna sur le champ de construction du C-47. La piste semblait opérationnelle ou pas loin de l’être et le monstre d’acier semblait en voie de construction. Pedge n’y connaissait vraiment rien à tout ça et elle se laissait porter. Elle débarqua de la Jeep en arrivant près de Tyrol.

« Tout ce passe pour le mieux sergent chef ? », demanda-t-elle en se tournant vers les engins et autres grues qui participaient au remontage. Elle avisa que plusieurs personnes de l’équipe technique était à pied d’oeuvre. Eux qui bossaient la nuit, ils devaient être décalés avec la journée bien ensoleillée.

Quelque uns d’entre eux la saluèrent de loin ou sur leur passage. La petite liberté de Marta avait déjà fait le tour de l’équipe, l’amusant le plus souvent. Mais le chef Tyrol avait pris soin de les avertir : il leur était interdit de se comporter de façon personnelle. La fraternité ne restait que dans le dortoir et ils n’y étaient plus. Les équipiers avaient tous compris le message, sans qu’il n’y ai besoin de les menacer de sanctions. Cela n’empêchait pas les regards de sympathie et, bien entendu, celui bien goguenard de Marta.
« Nous serons prêt à temps. Si vous me le permettez, je souhaiterai vous montrer le système de parachutage. »
« Je vous suis. », fit Pedge qui adressa de petits signes de tête quand elle croisait le regard d’un de ses anciens coéquipiers du secteur technique du Dédale. Elle comprenait leurs motivations à lui faire signe et ce qu’elle représentait pour eux. Elle partageait quelque chose avec cette unité qu’elle ne partageait pas avec les autres sections, et elle ne pouvait pas l’effacer ou se cacher uniquement derrière son grade ou sa fonction toute nouvelle.

Le chef se tourna pour chercher du regard le technicien qu’il prendrait pour l’essai. Ils étaient tous occupés à leurs différentes tâches et rencontra le regard d’Harry Welsh qui s’était approché de lui-même des parachutes. Il avait le regard brillant d’espoir et le sergent soupira silencieusement avant de lui faire un signe positif. Le type laissa échapper un “yes” de contentement avant de se mettre le parachute sur le dos. Il s’approcha rapidement du duo de gradés et les suivit jusqu’à l’intérieur de l’engin. Les banquettes se trouvaient de chaque côté de la paroi et un fil d’ariane se trouvait en suspension d’un bout à l’autre.
« Les vieux parachutes de saut n’ont jamais été conçu pour “diriger” la descente. Les manoeuvres aéroportées étaient encore en l’état de test à cette époque et l’on ne connaissait pas encore les doctrines de sauts tactiques. »
Il fît signe à Harry de se retourner mais celui-ci avait été envouté par les mains de la texane. Allez savoir pourquoi il avait le regard planté sur sa fameuse bague.
« Harry ! Exécution ! »
L’homme secoua la tête et bafouilla quelques excuses en se retournant. Pedge, trop prise dans la contemplation de l’intérieur de l’appareil, ne remarqua pas le trouble du bonhomme, surtout qu’elle était maintenant habituée à la porter, sa fameuse bague.
« Quand vous aurez le signal par l'intermédiaire de cette lumière rouge, vous devrez faire signe à vos hommes de se lever en direction de la portière, ils seront en ligne. »
Harry s’éxécuta en se plaçant devant eux.
« Chaque parachutiste place son crochet sur le fil d’ariane et il vérifie que le parachute du soldat en face de lui est solidement harnaché. »
Le mannequin vivant plaça son crochet puis avança en direction de la portière.
« Quand la lumière sera au vert, vous sauterez. Le fil d’ariane retiendra le câble. En sautant dans le vide, votre parachute sera immédiatement déployé. »
« Du basique. », fit Pedge en opinant du chef. Le fonctionnement était similaire à l’heure actuelle, même si les parachutes étaient plus malléables. « On devrait s’en sortir. », fit-elle avec un hochement de tête positif et un regard confiant pour Tyrol.
« GERONIMOOOO ! » Envoya soudainement Harry en sautant.
La hauteur entre la portière et le sol n’étant pas suffisante, il savait qu’il ne déclencherait pas son parachute. Son pied ripa lorsqu’il tenta de faire le malin et il s’écrasa à plat ventre en poussant une plainte. Quelques rires s’élevèrent autour de lui. Tyrol secoua négativement la tête.
« Allen te prendra jamais dans son stick, cherche pas ! » Bouta Malarkins en passant avec plusieurs cartons dans les mains.
« Allez, ça suffit. Merci pour cette belle prestation, Harry. »
Il lui détacha son crochet.
« Ca a été un plaisir. » Fit l’homme en se redressant. « Sergent, lieutenant. »
Harry s’éclipsa rapidement en maugréant dans sa barbe, se reprochant surement d’avoir glissé et offert ce spectacle misérable.
Pedge était restée de marbre comme toujours, mais le spectacle navrant avait failli la faire rire. Le cri de guerre et l’échec total du technicien avaient un effet comique assez important. Elle lui fit un petit signe de tête encourageant quand il se releva pour s’en aller… Que faire de plus ? Un raclement de gorge navré ?
Le sergent reprit rapidement le fil.
« Tous vos soldats porteront également un parachute ventral standard. Ce faisant, l’essentiel de l’équipement se trouvera à l’avant de leurs corps ou relié à un câble le long de leurs jambes. J’essaie de trouver une solution pour éviter leur encombrement à l'atterrissage, j’imagine que vous avez besoin que vos hommes soient très réactifs... »
« En effet, mais normalement les chuteurs ont l’habitude d’avoir l’équipement relié par un cable Ca ne devrait pas poser de soucis pour le temps de réaction... ».
« Très bien lieutenant. Le montage des moteurs et leurs tests seront les plus long à réaliser. Mais comme vous pouvez le constater, le corps même du C-47 est quasiment près. Le pilote a demandé à vous voir, il est apparemment embarrassé pour ce qui concerne le décollage. »
« Allons le voir dans ce cas, bien que je ne sais pas si je pourrai l’aider concernant le décollage…. », fit-elle dubitative.

Gallen désigna le cockpit d’un signe de tête et se déplaça avec le lieutenant. Mais en route, il fût appelé par Lipton qui semblait avoir un gros problème.
« Excusez-moi lieutenant, je reviens rapidement. »
Il n’y avait pas de porte. Le cockpit était à la vue et une paire de jambe barrait la route en passant d’un siège à l’autre.
« Je vous en prie. », fit-elle en le laissant passer puis en reprenant sa route, pour se rendre jusqu’à cette fameuse porte traversée par la fameuse paire de jambes.

Normandie 4.1a : Négociation en famille 2-b-do10





« C’est bizarre quand tu respires du gaz et que ça te rend gaga, tu entends des voix sympas. J’sais pas pour toi Tyrol, mais moi j’ai l’impression d’entendre mi Pedgy. J’suis sûre qu’elle sera deux fois plus sérieuse maintenant qu’elle... »

La tête de Nelly venait d'apparaître alors qu’elle se penchait, visiblement pour s’adresser au chef Tyrol. Elle avait les yeux ronds comme des soucoupes et garda la bouche entrouverte. Ses mains s’arrêtèrent de travailler, elle reliait les câbles électriques et les témoins qu’elle remontait petit à petit dans le cockpit.

« En fait... » Dit-elle après avoir cligné les yeux. « Je fais aussi une hallu de mi Pedgy. Tu vas me dire que tu m’aimes ?!? »

Pedge ne s’attendait pas à trouver Nelly dans le cockpit de l’appareil. Elle ne savait pas que c’était elle la pilote d’ailleurs, mais manifestement, c’était bel et bien le cas. Elle arqua les sourcils de surprise. « Euh…. Non. », fit-elle un peu prise au dépourvu sur le coup. Elle servit une réponse réflexe.
Un grand sourire bariola le visage de l’hispanique.
« T’es pas une hallu alors !!! »
Elle retira ses jambes pour laisser la place de droite libre et la tapota d’une main.
« Viens, mi official, s’assoir sur un cuir vieux de soixante dix ans, ça a pas de prix. »

La jeune femme acquiesça, et elle vint poser son derrière sur ce cuir plus vieux qu’elle. Il était bien moelleux encore. « Pas certaine d’avoir le cuir aussi reluisant à cet âge là. », blagua Pedge, qui pour le coup ne s’était pas formalisé du manque de protocole de Nelly. C’était bien de retrouver un visage familier dans tout ce merdier.
L’hispanique ricana tout en continuant son travail. Elle plaça la jauge d’altitude dans son logement et le vissa rapidement avant de s’occuper de nouveaux branchements. Elle adorait ce moment et cet endroit. Le cockpit ne sentait pas que le cuir mais aussi l’histoire, un peu de sa jeunesse, et voir la texane dans ce moment d’intimité était en train de concevoir un souvenir fort. Elle aimait bien ça.
« Je suis contente de te voir. J’ai su pour el coronel gentil. C’est moche... »
Elle grimaça un peu, regardant derrière elle pour voir si personne ne les écoutait puis ajouta d’une voix plus petite :
« Tu vas bien ? »

Oui il y avait clairement une atmosphère dans cet endroit particulier. Une atmosphère chargée d’histoire. Même si ce n’était pas quelque chose qu’elle partageait volontiers, Pedge aimait bien l’Histoire. Quoiqu’il en soit, elle se contenta de fixer l’ensemble des branchements qui se trouvaient face à elle, posée sur son vieux cuir.
« Hmm, c’est moche. », confirma-t-elle. Pour sa part, la texane avait bon espoir de le revoir vivant. Mais elle gardait ça pour elle de peur de se porter la poisse. « Bien bien, merci. Et toi ? Je pensais que tu n’étais pas dans le coup ? », demanda-t-elle simplement.
Nelly s’arrêta de bosser un instant et eut un peu plus de mal à soutenir le regard du lieutenant sur le coup. Même si elle partageait une forme assez profonde d’amitié, elle la connaissait suffisamment pour savoir que la vérité ne lui plairait pas.
« Je...je suis montée illégalement... » lâcha-t-elle en déglutissant.
Elle haussa les épaules en reprenant son travail.
« Je me suis fait arrété et j’ai cru que j’étais finie moi. Couic la Nelly. Terminado ! En plus, c’est Sheppard qui a tout de suite été averti. Il m’a laissé une chance d’aider pour établir votre approche sur la ZA. Mais après...tout est parti en vrille... »
« Tout est parti en vrille ? », questionna Pedge qui n’avait pas d’avis vraiment tranché sur la présence de Nelly ou pas dans ce foutoir.

L’hispanique la regarda un instant. Elle se rappelait que c’était pour elle, pour son escadrille, Apollo, qu’elle avait risqué sa carrière. Elle avait vraiment cru que le colonel allait l’enfermer jusqu’à la fin de l’opération et la renvoyer sur Terre. Mais elle ne pouvait pas rester en arrière. Pas après tout ce qu’elle avait vécu.
« Mi coronel voulait que je reste dans le Dédale. J’avais promis en plus. Mais l’escadrille a eu besoin de moi. »
Le côté malicieux de Nelly ne résista pas plus longtemps et ressorti comme un raz de marée.
« J’ai piloté une barge de récupération. Une vraie péniche ce truc. Et je me suis perdu dans le gaz avec ma tête nucléaire abîmée, complètement égarée. J’ai quand même retrouvé mon chemin, il y a mon mélange qui s’est modifié, du coup j’ai posé la bombe tout en voyant des licornes galoper dans l’espace. C’était TROP bien !!! »
Elle ricana un peu avant de conclure, plus sérieusement.
« On a fait sauté des renforts ennemis. Je devais rester à l’infirmerie mais je suis la seule à savoir bien piloter ce vieux coucou. Mon père m’emmenait en ballade avec quand j’étais jeune. C’est bien la seule chose qu’il ai fait pour moi...donc... »
Nelly la regarda avec un sourire léger.
« Je suis ton pilote, Pedge. »

Pedge l’écouta sans rien dire. Effectivement, là haut, dans l’espace, le combat devait faire rage autant qu’ici et Nelly avait manifestement eu son moment de gloire et ses péripéties à elle. Elle gardait cette joie de vivre malgré tout. C’était rafraîchissant, ce petit accent espagnol et sa façon d’être.
« Le mien m’emmenait en 4x4, c’est pas la même chose. », fit Pedge en poussant un soupir.
« Ca te manque ? »
« Pas spécialement, ça puait la dedans. », répondit-elle. Puis elle détailla le cockpit. « Qu’est-ce qui cloche avec le décollage ? »
« Moi. » Confia Nelly en soupirant.
Elle fit une pause de quelques secondes avant de préciser.
« Si on m’a pas pris, c’est parce que je peux plus lever les bras. J’ai pas beaucoup de force. »
Nelly lâcha ce qu’elle faisait pour lui montrer le résultat. La créature lui avait percé l’épaule à la mission précédente. Elle se remettait à peine d’un état de santé particulièrement fragile. Un mois, ce n’était pas suffisant. Elle leva son bras, comme si elle tentait de se signaler à sa maîtresse d’école. Mais son geste s’éteignit arrivé à hauteur d’épaule.
La jeune femme secoua négativement la tête. C’était quand même sacrément ironique. Elle avait foutu le camp de sa chambre d’Atlantis et de sa rééducation incomplète. Elle avait fait fi des médecins et soutenu mordicus qu’elle avait pas besoin de lever les bras pour piloter un jumper. Maintenant, elle se retrouvait dans le cockpit d’un C-47 à manche mécanique...Sheppard avait eu tellement raison…
« Je peux piloter mais il faut tirer le manche pour le décollage. J’ai besoin d’un copilote pour m’aider. Au moins pour l’ascension. Après ça ira...et...si ça pouvait être discret... »
« Et si ça ne va pas ensuite ? Comment on fait ? », demanda Pedge assez pragmatique. Devait-elle compter sur quelqu’un qui ne pouvait pas assurer réellement ? Il y avait quand même plusieurs personnes qui allaient monter dans cet appareil. Le minimum qu’elle pouvait attendre, c’était une certaine forme de fiabilité, tant de l’avion que du pilote.
« Hm-hm, non. Le C-47 est un camion benne au sol. Mais quand on sera dans les airs, on le pilote avec un doigt. C’est pas pour rien qu’on l’utilise encore de nos jours. Ce joujou est une pantoufle... » Assura sérieusement Nelly.
Elle le regarda avec un léger sourire.
« Hey, je risquerai quand même pas la vie des copains juste pour jouer à l’avion avec môman. Si je n’étais pas capable, je serais pas venue. »
Nelly semblait se retenir. Elle se mordilla la lèvre avant de céder et de lâcher avec malice.
« Si...je serais venue pour mettre tout plein de banderoles et mettre une fleur à chacun de vos fusils, c’est vrai... »
Pedge la regarda sans sourciller. Elle devait avoir confiance sinon elle ne monterait pas dans ce foutu avion et personne d’autre. Nelly semblait sérieuse, elle devait le reconnaître. Elle ne releva pas la dernière phrase de l’hispanique : « Et s’il faut manoeuvrer un peu physiquement pour éviter quoique ce soit ou quelque chose dans le genre ? »
« Comment je peux t’expliquer… » fit-elle en se creusant la cervelle. « Si...le vélo !!! »
Elle se tourna franchement pour lui faire face et s’exprima en usant de gestes.
« Ce coucou, il est comme le vélo. Si tu essaies de tourner sans prendre d’élan, tu tombes. C’est dur de tenir en équilibre, il me faut plus de force. Il me faut quelqu’un pour m’aider. Mais quand tu prends de l’élan et de la vitesse, tu peux te déplacer beaucoup plus facilement non ? Tu peux tourner, faire tout plein de cabrioles, parce que le vélo est plus agile quand il est lancé. »
Elle se tût avant de regarder le cockpit, le tapotant de sa main.
« Lui, à terre, il est très pataud. Il lui faut de l’élan comme le vélo. Après ce n’est plus une question de force car il répond très bien dans les airs... »

L’hispanique n’arrivait pas à rester pleinement sérieuse. Pas parce qu’elle voulait jouer ou malmener un peu son amie de ses blagues. Non, elles étaient toutes les deux en mission. Mais elle était si contente de la voir, soulagée de la savoir en vie, qu’elle sentait une forme d’exaltation qu’elle peinait à retenir. Son visage était animé, son regard enjoué. Elle se sentit étinceler lorsqu’elle eut une idée.
Elle posa sa main sur l’avant-bras de la texane comme si elle venait d’inventer la roue et s’exclama :

« Teniente mia, je sais ! On doit faire un vol d’essai pour voir si tout fonctionne bien... » Elle la regarda de haut en bas, comme si c’était évident. « Viens avec moi ! »

Le sourire de Nelly s’étira un peu plus.

« Le Dédale pourra nous téléporter s’il y a un problème, c’est sans danger. Tu piloteras avec moi. Comme ça tu verras de toi-même que je ne mens pas. Ce sera ta preuve !!! »

Elle se mordit une nouvelle fois la lèvre avant de glisser d’un ton de confidence :

« Et ça te destressera peut-être un peu... »

« Qu’est-ce que tu racontes Nelly ? Il n’est même pas prêt encore, Tyrol m’a dit qu’il serait prêt à temps, ça m’étonnerait que ce soit déjà le cas. », fit Pedge qui ne se laissa pas entraîner. Au contraire, elle ajouta : « J’ai bien compris ton explication, j’étais rassurée, par contre, le coup du “Le Dédale pourra nous téléporter”, ça me rassure encore moins. Il va pouvoir faire la mission ce tas de boulons ou pas ? C’est tout ce que je veux savoir, et s’il faut que je tire le manche avec toi je le ferai mais c’est tout. J’ai autre chose à gérer. », fit-elle impatiente. Elle n’avait pas de temps à perdre en gaminerie ou en pitrerie. En plus, vue la gueule de la piste, elle n’était pas certaine que l’engin se pose sans dégâts ensuite.

Nelly entrouvrit la bouche, ayant une furieuse envie de se justifier. Elle voulait lui rappeler qu’ils feraient un vol d’essai juste après le montage pour s’assurer que l’avion était capable de remplir sa mission. Qu’elle pourrait venir pour se rendre compte de ses yeux de sa capacité à remplir elle-aussi sa tâche. Mais la texane n’était pas parvenue à cette déduction et elle semblait même...fermée.
Sur le moment, la petite espagnole eut l’envie de lui dire qu’elle jouait son officier. Qu’elle devait penser à se détendre. Mais non seulement elle respectait profondément son grade. Mais elle savait aussi qu’elle devait avoir une foutue pression en remplaçant le colonel, en portant l’opération à bout de bras. Qui dit pression chez Pedge dit qu’elle ne montre rien. A part être plus ferme dans ses propos peut-être.

Nelly sentait que ça lui pinçait le coeur.
Ca la touchait même plus qu’elle ne l’aurait pensé. Pour des amies qui se retrouvaient, elle était un peu déçue de ne pas pouvoir la soulager plus que ça. De ne pas trouver les bons mots ou de n’avoir pas su la convaincre. Un peu comme lorsque Pedge s’était prise une balle dans l’épaule et qu’elle l’avait traîné dans le mess. Lui tomber dessus à la piscine et la faire saigner du nez n’était vraiment pas prévu dans le programme. Lui mettre de la chantilly dessus, là, c’était pour blaguer. Echec cuisant.
Il y avait toujours ce ravin entre elles qui persistait malgré ses efforts pour le combler. L’hispanique la voyait comme une grande soeur. La perception pro restait. Mais quand quelqu’un vient vous chercher et vous tire des griffes d’un monstre qui vous terrorise, qui vous noie. Comment ne pas s’attacher davantage ?
Arriverait-elle un jour à adapter ses mots ?

« Nous pouvons tous les deux exécuter notre mission, lieutenant. » Affirma Nelly d’une voix inhabituellement sérieuse.

Elle pinça les lèvres et reprit son travail, trouvant dans le montage des jauges une bonne excuse pour fuir son regard. Sur le moment, elle avait eu envie de lui faire une demande très particulière. Professionnelle et personnelle à la fois. De lui demander quelque chose qui lui tenait vraiment à coeur. Et très sérieusement pour une fois.
Mais le “j’ai autre chose à gérer” l’avait largement vacciné. Ce n’était pas le bon moment visiblement et Pedge voulait aller à l’essentiel. Ne pas s’attarder. Donc...il fallait reporter.
Un malaise venait de s’installer. Habituellement, Nelly aurait comblé ça de son sourire et de quelques blagues. Mais il y avait ce risque bien présent d’être mal interprété. Pedge n’était pas Pedge. C’était le lieutenant Allen. Autant ne pas déconner...

« Bien, c’est tout ce que j’attends. Merci pour tout Nelly. », fit Pedge qui avait bien noté le changement de comportement de Bricks. Elle ne pouvait pas trop être dans la diplomatie à l’heure actuelle. En réalité, elle se sentait dépassée par les évènements, et le poids de la responsabilité de la mission était en train de lui peser sérieusement sur la conscience. Elle n’était d’ordinaire pas très patiente, mais là, elle l’était moins. Néanmoins, elle n’avait pas la possibilité de s’épancher sur les états-d’âmes de chacun. Elle avait déjà été plus que familière avec Nelly dans ce petit intermède. Elle se sentait seule. Elle avait vraiment envie de retrouver le confort des bras d’Isia, ou la proximité de Namara. Néanmoins, la belle blonde atlante revenait sans cesse dans son esprit, ne serait-ce que par les derniers mots qu’elle avait prononcé avant qu’elles ne se quittent, et mine de rien, elle les ressassait, sans trop savoir quelle position adopter face à ça.

Elle retourna à l’arrière et si plus personne n’avait besoin d’elle ici, elle irait faire un point sur son équipement, histoire de se retrouver dans une position qu’elle maitrisait parfaitement.



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