Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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RPG sur Stargate Atlantis
 

Mar 25 Sep - 21:25
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Le 25 mai 2018



En janvier 2017, le sergent Allen et le sergent Eversman comparaissaient pour une multitude de chefs d’accusation dans le bureau temporaire de Caldwell au niveau dix.

Dans ce bureau classique, les deux soldats avaient été filmé puis jugé par session extraordinaire. Cela signifiait que par les circonstances très particulières et la situation de l’époque, le colonel étant dernier officier commandant, il recevait l’accréditation exceptionnelle pour se faire à la fois juge et bourreau.

Le SGC ne donnait que rarement cette autorisation et la confrontation était de nouveau étudié par les pairs une fois parvenu sur Terre. Les officiels avaient pris actes des manquements des deux soldats et le colonel avait averti Eversman lors de son départ. Il l’avait prévenu qu’il le surveillerait étroitement et ne manquerait pas de s’occuper personnellement de son cas à la moindre récidive.
Et des récidives, il y en avait eu...jusqu’à ce bouquet final.

Le jeudi 17 mai en début de soirée, Matt Eversman était transféré à bord du Dédale. L’équipage faisait une escale sur la planète la plus proche disposant d’une Porte afin de faire transiter les blessés les plus grave et les prisonniers. Le CODIR fût immédiatement informé de la trahison de Matt et on l’incarcera sans le moindre confort. On ne lui donna aucune autre information et il n’eut le droit qu’à quelques pauses par jours pour se dégourdir les jambes.
Le reste du temps ne servait qu’à ressasser. A ressasser longuement ses actes.

Durant cette semaine, le soldat fût à peine informé du résultat final de l’Opération Normandie et les visites lui furent refusées. Force était de constater qu’il était véritablement considéré comme un traître et que Caldwell était derrière ces consignes strictes. Pour lui, le sergent n’avait plus aucun droit et ne faisait plus partie de l’armée. Il ne méritait ni confort, ni traitement de faveur. Simplement celui que l’on réservait aux prisonniers de guerre lambda.

Deux jours avant la date finale, le 23 mai, le gardien lui tendit une enveloppe que l’homme reconnaîtrait sans mal pour l’avoir reçu un an et demi avant. Le contenu était sensiblement le même, sauf qu’il n’y avait plus qu’un seul chef d’accusation et pas des moindres.

Remis en main propre a écrit:
Sergent-maître Eversman,

Vous êtes sommé de vous présenter au bureau temporaire du Colonel Caldwell Steven, responsable par intérim du contingent militaire d’Atlantis, en zone de commandement au niveau 10.

L’enquête diligentée par le service de sécurité du Dédale, de son service d’expertise médico-légale, conjointement aux effectifs de la Police Militaire d’Atlantis, a été rendu et étudié par les autorités compétentes.

Votre audition aura lieu le vendredi 25 mai 2018 à quinze heures pour répondre à l’acte d’accusation suivant :

- Acte de trahison en temps de guerre

Suite à la gravité de cette accusation, le colonel Caldwell est accrédité par l'État-Major du programme Porte des Étoiles pour parvenir au jugement de vos actes, par session extraordinaire, et établir les peines encourues. L’échange sera filmé puis enregistré pour transmission aux autorités supérieures.

La présente convocation est obligatoire. Aucun retard ni manquement au comportement ne seront tolérés.
Le présent document vous dispense de toutes autres activités durant l’audition.

Le 25 mai à 14 heures 45, l’officier se trouvait dans le même bureau à l’intérieur duquel Eversman avait été jugé la première fois. C’était volontaire, pour une piqûre de rappel à la consigne qu’il n’avait pas respecté. Le colonel n’était pas un homme que l’on flouait. Un an et demi plus tard, Eversman avait peut-être oublié la mise en garde mais ce n’était pas le cas du gradé qui l’attendait de pied ferme.
Cette fameuse porte au niveau dix allait surement lui rafraîchir la mémoire et Caldwell comptait là-dessus. Il avait soigneusement travaillé le prévenu à distance. Lui transmettre la convocation 48 heures avant faisait partie du plan pour que le stress le dévore.
C’était sadique mais particulièrement utile. Matt serait à point pour décortiquer ses actes et ce qui l’avait mené à de tels agissements au beau milieu d’une guerre.

Confortablement installé derrière ce même bureau, il continuait d’examiner les différentes pièces de deux dossiers particulièrement chargés. L’un concernait les états de service du sergent, l’autre le compte-rendu de l’enquête qui avait été mené avec minutie. Malgré les ressentiments et la colère qu’éprouvait le colonel à l’encontre d’Eversman, il mettait un point d’honneur à maintenir un comportement impartial.

Bien entendu, ce soldat aurait un tout autre décors en face de lui pour le travailler. Une neutralité ne servirait qu’à l’encourager et se conforter dans ses mauvaises décisions. L’important était de résoudre l’un des pires actes répréhensibles de l’USAF. L’insubordination était une chose mais la rébellion en était une autre. Surtout en temps de guerre. Il en avait surement pris conscience mais son historique laissait présumer qu’il était incurable. Le colonel Sheppard n’était plus là pour le protéger cette fois et Caldwell allait le replacer dans le contexte élitiste d’une branche secrète appelée SGC.

Fin prêt, Steven avisa la petite horloge qui indiquait 14H58.
C’était la même heure que l’année dernière. Sauf que cette fois, le sergent comparaissait seul.
Le colonel referma les dossiers et fixa l’entrée. Il était temps...

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Black Ranger Down



Voilà maintenant un peu plus d’une semaine qu’Eversman arpentait les quelques mètres carrés de sa cellule. Le confort avait été réduit au minimum. Pas de consoles de jeu portable, de mp3 ou même de télévision. Quelques magazines peoples lui tenaient compagnie. Il n'avait aucune idée de qui pouvait être ces quelques vedettes présentées dans les pages avec leur nouveau copain ou même leurs derniers exploits festifs. Cela ne l’intéressait pas. Il s’en fichait même mais les jours passants il avait fini par y trouver là un moyen pour ne pas ruminer au moins pendant les quelques minutes nécessaires pour achever un des journaux.

Les quelques pauses journalières étaient salvatrices, nécessaires même pour qu’il ne retombe dans les profondeurs noires qu’il avait pu connaître un an plus tôt. Il s’efforçait de profiter de chaque minute au grand air admirant la beauté déchainée de l’océan, la vue d’Atlantis, de ce ciel étoilé et appréciant la brise marine. Une personne se devait d’en être privée pour les apprécier à leur juste valeur. Le militaire mettait aussi à profit ces moments pour entretenir son état physique enchainant les exercices avec les dispositifs présents. S’entrainer permettait de garder un certain moral. Il y avait une part de plaisir après l’effort, un moment hors du temps où les pensées le laissaient tranquille. On dormait aussi mieux après s’être dépensé.

Le reste du temps était passé à ressasser. Encore et encore… Sur le lit, dans un coin de la pièce et dans n’importe quelle position. C’est bien là la seule chose qui lui restait à faire. Essayer de comprendre comment il avait pu en arriver là. Tant d’efforts consentis cette année pour se remettre physiquement et surtout mentalement pour finalement terminer enfermé entre ces quatre murs. C’était difficile à accepter, brutal même. Il n’y avait pas que son comportement, il y avait aussi celui des autres. Certains lui avaient apportés leur soutien comme Mckay, Hansen. Allen avait mis les points sur les i avec lui à l’aide d’une batte de baseball l’amenant à la reconsidérer. La disparition de Sheppard… Ça aussi le travaillait pas mal. De longues heures de remise en cause étaient nécessaires pour faire le point.

La solitude pesait aussi. Les visites étaient interdites, il en avait été informé dès son arrivée sur les lieux. Il avait bien eu quelques news de l’opération Normandie. C’était très bref, il avait juste connaissance du résultat, pas de son déroulement ou même de l’état du contingent Atlante. Il aurait pu questionner le personnel de garde pour en apprendre davantage comme l’état de certains mais ne le fit pas, ne dépassant pas les prérogatives reçues. Les rares discussions qu’il pouvait avoir été de brefs échanges avec les gardiens ainsi qu’avec un soignant venu vérifier à plusieurs reprises l’état de cicatrisation des plaies.

Une des pensées qui le faisait tenir était le fait qu’il était encore sur Atlantis. Ce n’était pas le cas d’Alek qui ne faisait plus partie de l’expédition. Lui était là, présent sur cette Cité des Anciens. Pour combien de temps, il l’ignorait. Tout comme il ignorait le nombre de jours qu’il avait déjà passé dans cette pièce ayant perdu toute notion de temps.

La convocation finit par tomber. Froide, cassante. Les mots étaient là, inscrits à l’encre noire : il se devait de répondre un acte de trahison en temps de guerre. Certainement l’un des faits les plus graves pour un militaire. C’était difficile de lire ça, de devoir répondre à une telle accusation. Cela l’énervait autant que l’affliger. Il n’avait pas l’impression d’être un traitre. Il n’en était pas un ! ça irritait le militaire tout autant que l’homme. Même si en réfléchissait davantage il ne pouvait qu’admettre que son geste avait eu de désastreuses conséquences, son comportement aussi… Cette lettre mit fin à l’attente donnant une date, une heure à laquelle il serait fixé sur son sort et débuta aussi un nouveau cycle de réflexion. L’épée de Damoclès était là, proche de son crâne. Prête à s’abattre sur sa carrière, sur sa vie. Pas question de vivre un moment aussi désastreux que lors de l’affrontement avec Pedge Allen, ce Matt là n’était plus. Il lui fallait s’y préparer, ne pas négliger les détails comme sa tenue, sa présentation mais aussi à sa défense. Ressasser encore et encore jusqu’en avoir mal à la tête, à ne plus dormir. Les deux jours semblèrent passer à une vitesse folle.


25 mai 2018 – 14h50

C’est avec les mains liées par un serflex dans le dos que le Ranger parcourut les dernières marches menant au lieu de rendez-vous. Il n’était pas seul, deux gardes l’accompagnaient pour être certain qu’il ne fasse pas défaut au Colonel Caldwell. Ce n’était pas l’intention du militaire. Ce rendez-vous était capital, il allait y jouer sa carrière et par conséquent une bonne partie de sa vie. Il se devait de répondre à un acte de trahison en temps de guerre. Ce n’était pas rien. Si l’époque avait été différente, il aurait pu être abattu dans l’immédiat ou fusillé le lendemain à l’aube sans le moindre jugement. En plus des causes, être là de nouveau faisait forcément ressurgir de mauvais souvenirs. Le teint était plus pâle qu’à l’habituel, la peur lui nouait le ventre comme rarement, les mains étaient moites et le rythme cardiaque déjà bien élevé alors qu’il n’avait pas encore franchi la porte du bureau. Il n’osait d’ailleurs pas y jeter le moindre coup d’œil gardant les yeux baissés inspectant visuellement sa tenue.

Il n’y avait pas le moindre pli sur l’uniforme d’Atlantis qu’il avait revêtu. Les rangers avaient été cirés. Les logos de l’expédition ainsi que de son pays trônait fièrement en place, l’insigne des Ranger juste en dessous ainsi que celui de tireur de précision. Les quelques poils de barbe avaient disparu, la pointe des cheveux était encore humide d’une douche récente. Il était des plus présentables et il y avait veillé ne souhaitant pas renouveler les erreurs du passé. L’inspection visuelle terminée, Eversman mit à profit les quelques conseils distillés par le Docteur Sidney orientant ses pensées vers des moments agréables comme pouvait l’être cette baignade sur Paradize avec Nelly, ce moment sous la tente avec Yin. Il pouvait presque ressentir ce mouvement sur ses hanches. C’était difficile de ne pas céder à la pression, la réalité le ramenait souvent mais il tâchait de s’y replonger.

« Matt. C’est l’heure. » La voix du garde le tira de ses pensées. Rien n’avait changé, il se devait toujours d’affronter son destin.

« OK. » C’est donc avec deux minutes d’avance sur l’heure prévue que le garde frappa à deux reprises à la porte annonçant ainsi leur venue. Le signal d’entrer fut entendu, il prit une bonne inspiration avant de pénétrer à l’intérieur du bureau, aussitôt suivi par les geôliers. Caldwell était là. Il ne pouvait le manquer. Son cœur sembla louper un battement alors qu’il s’efforçait de le quitter du regard pour regarder droit devant lui, se redressant pour apparaître le plus présentable possible à défaut de pouvoir se mettre au garde à vous.

« Sergent Maître Matt Eversman. Présent pour l’audition, mon Colonel. » Tenta-t-il de prononcer d’une voix la plus claire possible.

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Mar 25 Sep - 21:28
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Le 25 mai 2018



L’officier resta dans sa chaise en observant le comportement du prévenu.
Il se souvenait parfaitement de la dernière fois où cet homme avait comparu, le bras dans le plâtre, le nez plongé dans l’écriture de son rapport lorsque sa collègue se justifiait. Pas mal d’éléments lui sautaient aux yeux, comme cette tenue parfaite de rigueur, qui contrastait clairement avec les petites habitudes du rebelle. Ce faisant, il envoyait le message qu’il avait fait l’effort de se présenter en respectant le protocole. Un point positif que le colonel ne releva pas vraiment puisqu’ils savaient tous les deux que le Rangers avait un sacré couperet au-dessus de la tête.

Le colonel détestait les fortes têtes. Et il détestait encore plus ceux qui avait été prévenu et se moquait de cette seconde chance. Sheppard avait déjà eu des ennuis en le couvrant et se montrant indulgent, Caldwell l’avait prévenu. Et maintenant…? John allait-il encore devoir répondre de son laxisme ? Justifier auprès de l’Etat-Major la raison pour laquelle il ne l’avait pas renvoyé plus tôt ?

Même si Caldwell détestait sa politique, cette “nouvelle école” qui voyait des personnalités comme Eversman prendre des aises détestables, l’officier ne lui souhaitait pas sa perte pour des sentiments nobles. Le problème, c’est qu’il existera toujours un Eversman pour en profiter.
C’est dans cet état d’esprit que le colonel était, prêt à faire son travail avec une sévérité exemplaire. Ce n’était pas un officier jeune sensible au pitrerie du sergent comme Sheppard. C’était un officier qui allait lui remettre les idées en place. Son regard rude se déplaça pour accrocher celui du garde.

« Libérez-le et veuillez disposer, messieurs. »

Le Rangers eut les mains libre et le colonel lui désigna le siège d’en face. Le temps que les gardes se retirent, il avait ouvert un épais dossier devant lui et récupérait une télécommande. La caméra sur trépied dans son dos, et qui fixait Matt de son oeil noir, s’activa avec un témoin rouge lumineux.

« Je crois qu’il n’est pas nécessaire de vous expliquer, vous êtes un habitué. » Il croisa les mains par-dessus le dossier et riva son regard dans le sien. « Reconnaissez-vous ce bureau ? Vous souvenez-vous de ce que nous nous sommes dit ? Ma mise en garde ? »

Le ton était donné. Sec et cassant. Matt ne s’était pas attendu à autre chose de la part du Maître du Dédale sachant pertinemment qu’il n’était pas ici pour un moment de plaisir. Il se contenta de s’asseoir, de garder les mains bien à plat sur les cuisses et de demeurer le plus droit possible. Il avait le plus grand mal à soutenir le regard de son interlocuteur, levant parfois les yeux vers lui pour lui répondre avant de les baisser peu après. La caméra n’en parlons pas, il n’y jeta même pas un oeil. L’oeil de lynx de Caldwell lui suffisait. Amplement.
« Oui, mon Colonel. » Mentir ne servait à rien. Jouer au plus malin non plus. Personne ne pouvait oublier une entrevue avec Caldwell. « Vous m’avez prévenu que vous surveillerez attentivement mes faits et gestes et que vous vous occuperiez de moi si récidive. » Malgré les avertissements, la prophétie avait donc fini par se réaliser.
« Et vous m’avez pris pour un clown, soldat. Comme vous le faites avec tous vos officiers. » Ajouta Caldwell, défiant.

La bouche s’entrouvrit, prêt à lui répondre par la négative mais rien ne passa le bord de ses lèvres. Il n’avait certes pas cherché à lui donner raison mais ne pouvait nier qu’il se retrouvait de nouveau en très fâcheuse situation et ça par sa faute.
« Non, mon Colonel. » Finit-il par répondre.
« Donc. Je me trompe ? » Il leva un sourcil. « Nous allons faire la lumière sur toute cette affaire. »

L’officier prit ses lunettes et présenta le dossier devant lui. Les états de service du rangers, il faisait passer les pages jusqu’à atteindre celles concernant les sanctions pour s’arrêter sur l’annotation d’un blâme.
« Nous allons faire un saut dans le temps. L’an dernier vous avez été mobilisé pour intervenir sur une planète, La Magna, afin d’interrompre une opération de sélection de grande envergure. Vous y êtes revenu blessé et amoindri, raison pour laquelle vous avez été peu inquiété jusqu’à présent. »
Caldwell releva le nez pour spécifier : « Jusqu’à maintenant, devrais-je dire. Vous avez fait l’objet d’un blâme pour insubordination. »

Le colonel prit la feuille afin de la lui mettre sous le nez. La preuve d’une première récidive. Il en prit une copie pour la lire à voix haute et le confronter aux faits.

« Voici les faits rapportés par le Major Frei. Je cite : “Au cours de cette mission, le sergent-maître Eversman s'est fait remarquer par son comportement irascible et irrespectueux de la hiérarchie. Ses tendances à l'impulsivité l'ont conduit à manquer ouvertement et verbalement de respect à l'encontre du colonel Sheppard et à dénier son autorité, ce devant les hommes du colonel mais également nos alliés Natus, portant ainsi atteinte à son commandement.” »

Caldwell s'interrompit et laissa de longues secondes s’écouler avant de le regarder fixement. Son visage se durcit et sa voix se fit plus sèche :

« Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? »

La lecture se fit au même rythme que la récitation du Colonel Caldwell. Ce n’était pas une découverte, il connaissait ce papier pour l’avoir déjà lu mais il évoquait des faits dont il était incapable de se rappeler. Matt tenta bien de faire un effort pour essayer de se remémorer à quel moment il avait pu déraper, ce qu’il avait pu dire ou faire mais rien ne revient. Cela risquait d’être compliqué de se défendre sans souvenirs. Il réitéra ses efforts ayant de suite quelques flashs de l’opération mais rien concernant la scène.

« Je ne me souviens pas de ce moment, mon Colonel. Uniquement de la réception du blâme à l’infirmerie. » Un coup de marteau supplémentaire qui l’avait davantage enfoncé. Ce n’était certes pas celui qui l’avait achevé mais il faisait partie du tout qui y avait contribué. «Néanmoins si le Major Frei l’a rapporté, j’ai dû faire preuve de ce comportement. » Frei n’était pas connu pour inventer des scènes. Certes elle avait le blâme un peu trop facile mais Matt n’était pas dupe, il était tout à fait capable de déraper. Il ne le nia pas.
« Votre amnésie est commode vous ne trouvez pas ? » Lâcha Caldwell. « Le colonel Sheppard se souvient très bien de ce moment. Et le Major Frei. Votre officier commandant vous a détaché auprès d’un contingent allié pour tenir un carrefour, vous aviez pour ordre d’organiser la défense avec le Meneur. »
Il avait insisté sciemment. L’aveu par simple hypothèse était bien trop facile, il comptait le forcer à intégrer la gravité de ses actes pour les comparer aux prochains manquements. L’officier continuait de le fixer en l’attente d’une réponse.

Croyait-il qu’il mentait ? Certainement au ton de sa voix. Cela ne plut pas au Ranger mais il s’évertua à essayer de ne pas montrer son irritation. Cela ne servait à rien à part aggraver sa situation et il n’avait pas besoin de ça. Il est suffisamment grand pour se mettre tout seul dans la merde. Eversman essaya de nouveau de se souvenir de ce moment précis mais rien ne lui revenait pas, rien qui ne semblait attacher à ce nouveau moment de rébellion. Matt se contenta d’un signe négatif de la tête. Il n’avait rien à ajouter ne pouvant rien apporter d’utile.
En réponse, le commandant hocha la tête d’un air grave avant de lui montrer quatre de ses doigts.

« Mai 2017. Vous avez récidivé seulement quatre mois plus tard. »

Maître de son environnement, Steven employait un ton et un regard inquisiteur, comme l’an dernier. Laisser l’impression que le jugement était déjà fait, la décision déjà prise, faire croire que le matraquage en règle était tout simplement gratuit pour le pousser dans ses retranchements. Et à terme, avoir la version réelle, pas la déposition édulcorée. Caldwell savait travailler là-dessus sans réels scrupules. Il en savait Sheppard incapable.

« Vous m’avez rendu curieux Eversman. J’ai suivi toutes vos futures missions et ai trouvé quelques éléments inquiétants. Souffrez-vous d’amnésie concernant votre mission sur Eternal ? Que s’est-il passé là-bas ? »

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Comment oublier Eternal ? La mission qui s’était bien déroulée jusqu’à l’arrivée des wraiths. Là toutes les heures passées avec Sidney, tout le travail effectué pour reprendre pied et se relever avaient été anéanti en une poignée de secondes. « J’ai… » L’hésitation ne dura pas avant qu’il ne reprenne. « J’ai perdu pied avec les wraiths et j’ai blessé mes coéquipiers là-bas.» Kara avait failli y rester par ses conneries. Personne n’en avait réchappé sans son petit morceau d’éclat. Matt ne chercha pas à se dédouaner, il était coupable sur ce coup-là. « J’ai repris aussitôt contact avec le Dr Sidney pour reprendre la thérapie..» Tenta-t-il pour montrer qu’il avait pris conscience du problème et cherchait à le résoudre.
« Développez ! » Ordonna l’officier. « Et avant tout, n’oubliez pas que vous êtes filmé, pour transmission à l’Etat-Major. Et qu’il y avait parmi vous une certaine Bricks qui a fait partie de mon équipage. »
Le colonel lui laissa le temps de faire la déduction avant d’ajouter, jouant pleinement son rôle inquisiteur :
« Il n’a pas été très difficile de lui tirer les vers du nez. Maintenant, je veux savoir ce que vous avez fait là-bas, par votre témoignage... »

Bricks, Ailios, Allen… Tous avaient été touché par sa bêtise mais il avait eu le malheur de toucher un membre de l’équipage du Dédale. Forcément, Caldwell y régissait davantage. Ce n’était pas plaisant d’évoquer ces faits dont il était loin d’être fier. Il était toujours plus facile de raconter des moments glorieux plutôt que des échecs ou des moments de faiblesse. Les doigts crispés sur ses cuisses, Matt se mit à table. Il n’avait pas le choix.
« Nous sommes parvenus au temple après s’être fait attaqué sur le chemin. Nous avons suivi la foule. Un rocher a été placé nous piégeant sur une corniche pour servir de nourriture aux dieux à savoir des wraiths. Les événements de la Magna me sont revenus en tête et j’ai paniqué… Tout plutôt que de retomber entre leurs mains, d’être torturé de nouveau…Le Sous Lieutenant Allen m’a sorti de cette mauvaise passe. Un peu plus tard, j’ai de nouveau paniqué et dégoupillé deux grenades pour anéantir un Originel qui nous bloquait le passage. Mes coéquipiers ont été touché par des éclats. J’ai perdu pied, mon Colonel. » Raconta-t-il croisant peu le regard de son supérieur. « J’en ai de suite fait part au Docteur Sidney à mon retour qui a confirmé ma rechute. J’ai par la suite été démobilisé afin de pouvoir profiter de la TNS à bord de votre vaisseau, mon Colonel. »
« Je vois... » Quelques secondes pesantes...« Et qu’y avait-il sur cette corniche, entre votre arme et les wraiths ? »
La réponse ne vint pas de suite, bien trop difficile à lâcher. Matt ferma les yeux quelques instants avant de prendre une inspiration certaine. « des locaux, mon Colonel. »
« Des locaux. » Répéta Caldwell en confirmant. « Vous avez ouvert le feu sur des indigènes désarmés qui se sont placés entre vous et les Wraiths. Acte de leur croyance. C’est ce qu’il s’est passé ? »
« Oui, mon Colonel. » Répondit-il d’une voix au ton plus faible. C’est encore plus dur de se l’entendre signifier de la sorte. C’est pourtant là la vérité. Le sang de ses innocents était sur ses mains. Il finit par baisser les yeux.
« Et ensuite, vous dégoupillez des grenades au risque de blesser les vôtres. Bravo soldat. »

Le colonel connaissait les conditions d’engagement. En travaillant Bricks pour la faire parler, il avait eu les détails, le fait qu’ils étaient au pied du mur sur la corniche, la présence d’un dart, l’absence d’équipements pour se défendre une fois en sortant de l’eau. Des circonstances atténuantes que l’officier gommait volontairement, comme le fait qu’il s’était confié à Sidney et avait accepté la TNS. Il avait son rôle à occuper.
Le commandant du Dédale ramena les feuilles dans le dossier et les claqua avant de les ranger doucement.

« Nouvelle récidive, sept mois plus tard. »

Le dossier changea. La couverture indiquait en gros “Enquête”, un amas de feuille, de rapports, de photographies et d’examens s’y trouvaient.

« Après l’application de la TNS, vous n’étiez plus supposer connaître de problèmes avec les Wraiths. Vous avez donc été mobilisé pour l’opération Normandie et téléporté à bord. Avant l’engagement au combat, vous avez fait l’objet d’un signalement pour intrusion au carré des officiers par la vidéosurveillance. »

Le colonel sortit la tablette de sous l’amas de dossier et mis en route une vidéo qui le montrait en train d’approcher des quartiers du lieutenant Allen. Regardant autour de lui avant de frapper, discuter, et finalement embrasser l’officier avant d’aller dans ses quartiers. La vidéo accéléra automatiquement pour amener à quelques minutes plus tard où l’officier s’élançait dans le couloir, comme en fuite, avant d’être rapidement rattrapé par le rangers qui l’amena dans une salle commune.

« La surveillance autour des officiers a été renforcé suite à la menace d’infiltration des Morphéas. Vous n’y aviez pas pensé ? » Caldwell venait d’atteindre une froideur extrême. Un regard meurtrier se posa sur lui. « Comment expliquez-vous ça, Monsieur Eversman ??? »

Non. Pas ça… Matt sut de suite ce qu’on allait lui reprocher : sa visite à Pedge Allen et par conséquent le fait d’avoir franchi la ligne de non-fraternisation. Il était grillé, mort et ne voyait là aucune échappatoire, aucune parole qui pourrait le sortir de là. Forcément cela se reflétait sur ses réactions. Une main vint se poser sur son front le massant de quelques mouvements lents avant de descendre le long de son arête nasale avant de revenir à sa place, signe d’une nervosité importante chez lui. Le rythme cardiaque avait augmenté suivi par l’accélération des mouvements respiratoires. La moiteur de ses mains s’accentua. Le visionnage de la bande de surveillance n’aida pas son mal-être. On pouvait clairement avoir l’impression d’une fuite d’Allen pour ne pas subir ses envies, peut être aussi une relation non consentie. Matt ne savait plus où se mettre, il aurait aimé ne faire qu’un avec ce siège, voir s’échapper de cette pièce pour mettre la plus grande distance entre lui et Caldwell.

« Je… Je l’ai pas violé mon Colonel. » L’assurance du Grand Eversman avait volé en éclats là, il n’en menait vraiment plus large. « Je suis venu la voir pour… » Impossible pour lui de soutenir le regard de l’officier, ni même celui de la caméra et surtout pas poser son regard sur cette tablette. Il opta plutôt pour un morceau du bureau. « Nos chances de sortir vivants de Normandie étaient infimes…. Je voulais… Je voulais le faire avec elle avant d’y rester. » Le rouge lui montait aux joues d’évoquer des envies pareilles. Il allait certainement passer pour un pervers aux yeux de tous. Un homme qui ne pensait qu’au sexe plutôt qu’à sa mission. C’était débile de ne pas avoir pensé aux caméras. Le geste était débile de toute manière. « Nous n’avons rien fait. ça lui semblait important de le préciser, comme si cela pouvait le sauver. Pourtant il ne se faisait pas d’illusions avec ces nouveaux faits. Matt était venu dans l’intention d’obtenir une relation et donc de fraterniser.. « Allen n’allait pas bien… Je ne pouvais pas la laisser ainsi, pas dans cet état… Elle a pris la fuite et je l’ai poursuivi dans les coursives. Je crois l’avoir entraîné dans ce qui devait être un quartier d’officiers où nous avons discuté. » Enfin ils s’étaient surtout engueulés dans ses souvenirs. Il lui restait en souvenir une menace de dénoncer qu’elle n’était pas prête auprès de Sheppard si elle ne se reprenait pas.


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Le 25 mai 2018



Caldwell utilisa son arme habituelle : le silence.
Un silence de mort, stérile, bien plus intimidant et punitif que des paroles. Son regard acier ne quittait pas le soldat, il le perçait, s’insinuait, cherchant à braquer ces orbites fuyantes. D’un simple geste, il fit glisser la tablette pour qu’elle reste sous ses yeux, qu’il observe son acte en face et l’assume.
L’homme n’avait pas de doutes quant au fait que le ranger ne serait pas allé jusqu’au viol. Et il en avait d’ailleurs discuté avec Allen entre quatre yeux pour connaître son affaire et savoir si l’homme lui mentait ou non. Mais ce qu’il entendait néanmoins le révoltait.

« En janvier 2017, vous avez affirmé n’avoir qu’un intérêt professionnel envers ce lieutenant. Réfutant les accusations du lieutenant Mayers qui vous soupçonnait de ce que nous voyons maintenant sur cette vidéo. »
Il appuya sur la tablette pour relancer la vidéo, veillant à placer l’écran sous son nez.
« Vous êtes un menteur Eversman. Un charlatan. Regardez ! » Déclara le colonel avec une extrême assurance. « L’officier Allen était dans un état correct AVANT votre intervention. Vous vous introduisez dans le pont des officiers, vous portez la main sur votre supérieure directe sous caméra, et vous avez l’audace de prétendre l’avoir poursuivi pour ? »
Il secoua la tête, l’air interrogatif.
« Pour que ce soldat plus exemplaire que vous aille mieux ? Pour vous racheter ? Pour continuer vos petites cabrioles dans mon bâtiment à deux jours de la manoeuvre de combat la plus importante et la plus risquée de l’expédition ? »
L’officier tapota la table d’un doigt inquisiteur.
« Comptez-vous me dire que vous aviez des intentions bienveillantes, soldat ? »

Le silence n’aida pas à retrouver un peu de calme, bien au contraire. Le regard perçant de Caldwell était sur lui, il n’avait pas besoin de relever la tête pour le deviner. On aurait dit un enfant mis au pied du mur par le directeur pour un fait qu’il savait grave. Il se devait d’assumer, se montrer responsable d’un acte punissable par la loi militaire. La vidéo redémarra juste sous son nez. Il en détourna la tête pour ne pas avoir à les visionner de nouveau.
« Je n’ai pas menti, mon Colonel… Je ne ressentais rien pour Allen la dernière fois. Tout a changé lors de notre capture l’été dernier. Les tortures que nous avons subi…» Finit-il par confesser sans le regarder. Les mains avaient fini par se rejoindre afin d’être malaxé pour tenter d’être une échappatoire à la pression. C’était peine perdue. Matt modifia sa position sur le siège. Ce n’était guère mieux. Il était toujours aussi mal à l’aise. « J’ai développé des sentiments pour elle à notre retour… Il n’en était rien de son côté. » Avouer un râteau cuisant à son officier supérieur, ça c’était fait. Il l’avait encore à travers de la gorge celui-là tant il y avait cru avant de finalement se faire une raison. «Nous en sommes restés aux relations entre frères d’arme. Enfin jusqu’à là où j’ai voulu aller plus loin ce soir là…» Il aurait mieux fait de se prendre la cuite du siècle ce soir là. Il n’aurait jamais cru que cela lui retomberait sur le coin du nez avec la violence d’un crochet digne de Mohamed Ali.

Bien sûr que Caldwell n’avait pas remarqué qu’Allen n’allait pas bien. Lui-même n’était pas au courant avant de lui rendre visite.
«Le Lt Allen maîtrise très bien les apparences. Personne ne la connait comme je la connais…» C’était peut être fort arrogant de sa part de se croire capable de la percer à jour. Elle n’allait néanmoins pas bien ce jour là, bien trop préoccupée par les clones. Pas capable d’occulter le fait qu’ils étaient eux. Argumenter sur l’état d’Allen ne servait à rien, il n’était pas là pour ça, ni pour l’enfoncer. Ce n’était pas son audition mais bien la sienne. «J’ai voulu passer outre la loi de non fraternisation, mon Colonel. Je le reconnais. Mais je n’ai pas causé de mal au Lt Allen, je n’ai pas levé la main sur elle ou l’ait forcé à quoique ce soit. »

« Êtes-vous médecin, sergent ? Psychologue peut-être ? »
L’homme secoua la tête, dépité.
« Je constate que vous vous donnez une importance que vous n’avez pas. Vous n’avez pas non plus pensé au fait que j’allais vous faire surveiller depuis cette...fantaisie. »
Il fit un signe de menton en direction de la tablette.
« Veuillez passer à la vidéo suivante et entamer sa lecture je vous prie. »

Il n’y avait rien à faire. Eversman avait l’impression de s’enfoncer seconde après seconde. Il n’y avait pas d’échappatoire possible. Ce n’était pas une exécution auquelle il avait le droit mais plutôt à une séance de pugilat destiné à mettre en lumière tous ses mauvais choix. Et pourtant son acte de rébellion n’avait pas encore été abordé… Matt ne savait plus comment s’en sortir, plus quoi répondre. Il n’y avait rien à justifier. Pas d’arguments plausibles pour expliquer son comportement. C’est avec un doigt fébrile qu’il activa la lecture de la vidéo. Alex Stones se présentant à ses quartiers. D’une pression, il stoppa la vidéo. La suite, ils la connaissaient tous les deux. A croire que chacun venait chercher un peu de réconfort, un peu de chaleur humaine avant d’affronter l’horreur. Matt soupira longuement ne cherchant pas à s’expliquer. La preuve de fraternisation, il l’avait là...

« Vous vous êtes retrouvé pour une partie de carte je présume ? »
« C’est ça....» Répondit-il avant de soupirer de nouveau.
« Donc vous ne verrez aucun inconvénient à ce que je convoque cette jeune femme immédiatement pour me fournir sa version. Elle sera sans aucun doute similaire à la vôtre... »
« A quoi bon, mon Colonel ? Vous vouliez votre preuve de fraternisation, vous l’avez. Laissez la tranquille. Elle comme Allen. »
« Surveillez vos propos soldat. » Répondit-il d’un ton très sec. « VOUS êtes responsable de leur désagrément. Il est l’heure d’assumer, comportez-vous comme il se doit. »
Il monta sur lui un regard noir.
« Alors, cette partie de carte ? »
Matt avait très envie de l’envoyer balader en lui parlant d’une partie très intéressante. Jouer l’arrogance l’avait fortement desservi ces dernières années, le retour de bâton était souvent d’autant plus violent. Il s'efforça de mordre sa lèvre inférieure pour retenir les quelques propos disgracieux qu’il pouvait avoir envie de lâcher tout en détournant la tête. La jambe était agitée nerveusement. Il lui fallait se calmer avant de commettre l’irréparable, même si à ses yeux, il était déjà fichu.

Le colonel pencha à son tour la tête, cherchant à accrocher le regard du prévenu.
« Que se passe-t’il sergent ? Vous commencez à bouillir ? »
Il insista dans sa recherche.
« Vous ne voulez pas montrer à cette caméra votre véritable visage ? Votre impulsivité ? La manière dont vous vous comportez réellement face à un officier supérieur ? Parlez... »

Ne pouvait-il pas le laisser tranquille ? Lui accorder quelques instants de répit ? C’était visiblement trop demandé à Steven Caldwell. Officier supérieur ou non, ce dernier récolta un regard noir. Si celui-ci possédait le pouvoir de tuer, nul doute que Caldwell serait déjà au sol. Tous les témoins de nervosité viraient au rouge chez lui. Ce n’était pas bon. Il en avait bien conscience et tentait d’user des stratégèmes de soulagement. Impossible de les appliquer correctement avec ce sale type. Il fit de son mieux pour prendre sur lui, pour ne pas lui envoyer la tablette dans la figure dans l’immédiat. Calmer sa respiration, penser à autre chose qu’à cette pièce et ce type qui ne désirait que l’enfoncer davantage.
« Faut croire que je n’étais pas le seul à vouloir le faire une dernière fois avant de mourir, mon Colonel...» Finit-il par lâcher, un peu plus calme mais toujours nerveux. Les mouvements rapides de sa jambe en témoignaient.
« A défaut d’un lieutenant, vous prenez les restes... »
« C’est pas une question de grade...» Répliqua-t-il aussitôt fronçant les sourcils devant la remarque de l’officier.
« Et la morale ? Le respect de nos règles les plus élémentaires ? »
« On allait mourir, mon Colonel. On pensait tous ne pas revenir de Normandie. Beaucoup n’en sont pas revenus. »
« Beaucoup de “bons” soldats, exact... » L’officier se redressa sur son siège. « Donc pour vous, ce constat vous dédouane ? Vous ouvre des droits personnels ? Un soldat n’est-il pas justement entrainé pour aller au feu ? »
Eversman tiqua sur l’usage de l’adjectif. Forcément. Il ne doutait pas que l’officier l’aurait sacrifié pour pouvoir sauver la vie d’autres au dossier militaire beaucoup moins fourni. Il ne répliqua pas là dessus le gardant pour lui. « Normandie n’était pas une mission comme une autre.. Nous sommes préparés pour la guerre mais ce n’était pas ça. C’était un charnier. Je n’ai pas d’excuses concernant mes agissements. J’ai enfreint la règle. »
« C’est devenu une habitude chez vous. » Constata l’officier.

Steven consulta l’horloge puis rédigea quelques mots sur l’une de ses feuilles.
« Vous avez cinq minutes pour vous remettre les idées en place. Nous aborderons vos manquements lors de l’opération. Disposez. »

Pendant que le colonel faisait son compte-rendu préliminaire et faisait la liste des manquements avérés, le sergent pu quitter la pièce et se retrouver dans le couloir. Un garde était présent, plutôt discret, et le surveillait d’un oeil presque lassé. Ca faisait une bonne heure que Matt passait à l’interrogatoire et il n’avait que cinq minutes pour respirer. Le retour l’angoisserait surement d’autant plus.
Ces minutes s’envolèrent beaucoup trop vite, comme des feuilles au vent. Il revint à sa place pour faire face à ce mur de sévérité. La télécommande en main, il relança l’enregistrement et termina quelques annotations avant de déclarer :

« A présent, nous sommes le mercredi 16 mai 2018 et vous avez débarqué à terre. Le combat est acharné et vous êtes mobilisé, lors de la seconde phase, à l’assaut de l’entrepôt principal de l’ennemi. A la suite d’un pilonnage massif, vous avez progressé et avez été piégé par une mine antipersonnelle. Avec l’aide de combattants Natus, vous tenez votre position et reprenez votre progression en direction d’un boyau de tranchée. Nous ne pouvons retenir à votre encontre certains choix discutables concernant ces clones. Un blindé ennemi devait être ensuite détruit. »

Caldwell sortit une nouvelle feuille, c’était un rapport.

« En manque de moyens adaptés, le colonel a pris la décision de geler votre progression en l’attente de ravitaillement. J’ai eu le loisir d’entendre un témoignage très intéressant à votre sujet. Voulez-vous bien détailler le commentaire que vous avez fait au colonel Sheppard à ce moment ? »

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Le contexte resitué, Eversman aurait parié que le Colonel allait le reprendre au moment où il avait défié l’autorité. Il l’avait fait à une reprise sur le coup de l’énervement et cela ne manqua pas. Pan dans les dents. « Je ne voulais pas patienter et profiter de notre position pour harceler l’ennemi...»
« Vous faites vos propres règles maintenant ? » Lâcha Caldwell vivement. « Je ne veux pas de vos raisons vaseuses. Vous allez regarder la caméra et répéter à haute voix les propos que vous avez tenu au responsable militaire de cette cité. »
« Ces propos sont ici hors contexte et lancés sous le joue de la colère, mon Colonel. » Ici, il n’y avait pas tous ses tirs, ses hurlements plaintifs, l’adrénaline.... Tout ce qui voulait faire une situation de guerre.
« Pour qui vous prenez vous ? » Demanda Caldwell en se redressant. Il le toisa fixement, sans signe d’agression physique, mais se pencha dans sa direction. « Le colonel Sheppard est votre officier supérieur, vous lui devez votre respect et votre obéissance. Un devoir inconditionnel qui s’apprend dans notre armée et que vous n’avez pas à discuter. »
Son doigt se posa sur la table.
« Pensez-vous que l’officier commandant de toute cette bataille pourrait se permettre vos petites lubies ? Qu’il soit contraint de supporter votre mal-être ? Que ce soit le cas de mon équipage lorsqu’il brûle dans les coursives de mon croiseur ? »
Le colonel resta debout tout en le regardant.
« Il n’y a pas d’histoire de contexte, soldat. De tous ceux qui se sont battus dans ce désert, vous êtes bien le seul à vous adresser à un colonel de l’USAF comme vous le faites. Je suis, semble-t-il, la seule exception d’un respect surjoué. »
L’homme se décala pour laisser le champ de la caméra.
« Alors vous allez répéter les propos que vous avez tenu à votre officier, au beau milieu de la bataille, et face à l’ennemi. »
Il ajouta, simplement pour enfoncer le clou : « Cela devrait être plus facile face à une caméra. Je vous l’ordonne. »

Chaque phrase était une droite bien envoyée par le Colonel. Eversman n’y resta pas insensible ne parvenant pas à garder un faciès de marque. Chaque coup était reçu avec la violence qu’il méritait, encaissé avant de faire place au suivant. L’entretien venait de reprendre, Matt était déjà envoyé dans les cordes. Il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui même. l’envie de rester silencieux lui vint en tête pour ne pas répéter les propos. C’est après tout lancer un bâton pour se faire marre de nouveau mais désobéir à un ordre direct résumait à se tirer une balle dans le pied. Quoique dans l’autre pied, le premier avait déjà été mis à mal au début de l’entretien avec sa fraternisation.
Les secondes s’égrenèrent avant finalement qu’il ne s’exprime. « N’importe quoi… tu veux pas une pizza.... » Il n’y avait pas d’arrogance dans son ton, plutôt pas mal de gêne. Il baissa aussitôt les yeux, peu fier de lui.
« Plus fort ! Je ne vous ai pas entendu... »
La remarque du Colonel lui valut un regard noir avant qu’il ne réitère ses mots.

Il était toujours debout.
Quelques secondes d’un silence toujours aussi gênant s’installèrent avant qu’il ne quitte son bureau pour faire le tour et atteindre le mis en cause. Steven n’avait pas peur de ces oeillades noires. Il était seul responsable de ses actes et il payait aujourd’hui pour près d’un an et demi de libertés qu’il n’avait pas. Caldwell se pencha, qu’il le sente tout près, avant de déclarer d’une voix lente :

« Insubordination en temps de guerre, Eversman. Vous l’avez fait face à un homme qui a protégé votre carrière en 2013, puis en 2015. Qui a manqué de peu d’être discrédité auprès de l’Etat Major du Programme Porte des Étoiles pour avoir défendu votre cause. »

Il attendit qu’il intègre l’information avant d’ajouter :

« C’est ça votre reconnaissance pour l’homme qui dirige tout le contingent militaire d’Atlantis ? »

La présence de Caldwell n’aida pas. Il le savait et en jouait certainement. Les mots employés étaient là pour le faire réagir, le faire réfléchir un peu mais aussi réaliser ses conneries. Le Colonel Sheppard était bien davantage qu’un officier supérieur à ses yeux, c’était un de ses meilleurs amis sur cette base et là… Il prenait conscience de ne pas avoir eu la bonne attitude envers lui, de lui avoir presque craché à la gueule. Ce n’était pas ce qu’il avait voulu, ce n’était pas ce qu’il représentait pour lui. Matt ne sut quoi répliquer levant les yeux vers l’officier qui lui faisait face. Perdu après ce matraquage en règle.

« Vous n’avez rien à dire ? Vous préférez écouter ? »

Il se redressa pour lui passer dans le dos et regarder la caméra.

« D’après les rapports, le colonel Sheppard était atteint d’un parasitage entamant sa constitution. Il était amoindri, dans une forme d’agonie, et il a continué de se battre sur le terrain. Jusqu’au bout. Il ne pouvait pas compter sur vous. Juste espérer que vous n’alliez pas plus loin dans vos manquements. Vous révolutionnez la définition de l’ingratitude, vous le savez ? »

Caldwell acquiesça.

« Après cet événement, vous avez été envoyé en mission avec le docteur McKay. Quel était votre objectif ? »

L’avoir face à lui générait une pression supplémentaire, ça l’était pourtant bien davantage de l’avoir dans le dos. Il n’avait aucune idée de ce qu’il faisait là, certainement rien de plus que l’observer mais ça suffisait pour générer de la nervosité supplémentaire. Il se savait scruté, passé au crible. Lui ne pouvait se permettre de l’avoir en visu, il se retenait de lui jeter de furtifs coups d’oeil gardant la tête semi-baissée. Caldwell résuma la situation du Colonel Sheppard tout en le dénigrant au passage. C’était faux. Matt en était persuadé. La mâchoire serrée, l’attitude plus fermée pour ne pas laisser les propos l’atteindre. Le pilote comptait sur lui, il lui avait même fait promettre de l’abattre si la situation allait trop loin. Il n’avait pas pu tenir sa promesse car pas présent au moment où il le fallait mais il comptait sur lui. ça il en était certain. Du moins, il aimait à le croire. Sans lui laisser espérer la moindre accalmie pour se défendre, Caldwell enchaîna passant à autre chose avec une nouvelle question. Le gros du problème approchait, il le voyait venir et se redressa quelque peu sur son siège avant de prendre la parole.

« Escorter le Docteur McKay jusqu’au siphon. » On ne pouvait lui reprocher de ne pas avoir accompli sa mission. Certes il avait dû appeler à l’aide une équipe supplémentaire après être tombé dans un piège de la Reine mais c’était indépendant de leur volonté. De toute manière, il n’aurait pas pu défendre la salle sans les renforts. Mais l’objectif était là, le siphon avait été atteint et McKay en était sorti indemne.



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Jugement par session extraordinaire.

Le 25 mai 2018



« Afin de remplir cette mission, vous avez été nommé à la tête d’une escouade composée de cinq hommes. Le docteur McKay, le soldat Hamilton, le soldat Christenson, vous...et le soldat Reinho que vous suspectiez inapte. »
L’officier se déplaça de côté pour chercher le regard de son interlocuteur.
« Votre supérieur hiérarchique a autorisé la jonction du soldat Grimes Reinho à votre escouade. Ce qui ne vous plaisait pas. Voulez-vous bien répéter la remarque que vous avez tenu à votre officier en réponse à l’ordre donné ? »

« Reinho était le seul survivant de sa section. Mon inquiétude concernant son état mental était légitime. » Justifia le militaire.
« Elle était effectivement légitime. Maintenant, répondez à la question soldat. Qu’avez-vous répondu à votre officier commandant lorsque celui-ci a pris la décision de maintenir cet homme dans votre équipe ? »
Un soupir accueillit la nouvelle sollicitation avant qu’il ne se décide à faire l’effort mental de se plonger dans ses souvenirs. Rien ne lui vint précisément. Pas de formule blessante ou pique qu’il avait pu envoyer aux deux officiers.
« Je ne me souviens plus, mon Colonel. Sûrement de le prendre avec eux. »
« Le colonel Sheppard se souvient très bien de vos propos. La première fois ne vous a visiblement pas suffi pour réitérer peu de temps après. Je cite : “Sérieusement ? Prends-le dans ton équipe.” »

Une nouvelle feuille qui avait été sortie. Le colonel avait tout consigné dans son rapport. C’était écrit noir sur blanc. Et encore une fois, cette preuve glissa sous son nez pour qu’il en soit pleinement conscient.

« Vous décrétez qu’il n’y a pas à attendre pour la destruction d’un blindé, vous répondez à votre officier. Vous décrétez que vous ne voulez pas d’un homme, votre officier ne va pas dans votre sens, vous répondez. » Caldwell alla se réinstaller. « Le monde tourne autour de votre petit nombril n’est-ce pas ? Vous rappelez-vous seulement de la chaîne de commandement ? »

« J’ai beau avoir émis ces paroles, je n’ai pas désobéi. Je suis resté à mon poste en attendant les instructions la première fois et j’ai pris Reinho avec moi. » Matt se sentit obligé de clarifier la situation pour ne pas passer pour le dernier des cons.
« L’USAF vous est très reconnaissante d’avoir bien voulu obéir. » Ironisa Caldwell. « Vous déclarez donc ouvertement qu’il est légitime pour vous, en votre qualité de sergent-maître, de répondre de la sorte à ce colonel. Vous confirmez ? »
« Non, mon Colonel. Je n’aurais pas dû lui répondre de la sorte. » il ne pouvait répondre autre chose.
« Pourtant cela n’a pas l’air de vous déranger. Pourquoi ne pas vous adresser à moi de la même façon ? Parce que vous serez visionné par l’Etat-Major ? Que votre poste est sur la sellette ? »

Pourquoi ? Car il pouvait se le permettre avec Sheppard, chose qu’il ne le pouvait pas avec Caldwell. La raison était toute trouvée. Rester encore à trouver une réponse à formuler à l’officier et c’était loin d’être évident.
« Je...» Balbutia-t-il ne sachant que répondre.
« Le Colonel Sheppard est un ami… et peut être que… par conséquent je me montre plus familier avec lui.. » Il n’était pas très fier de son comportement.

« Un ami ? Vraiment ? » Tacla soudainement Caldwell. « Je vais faire une exception et passer sur votre manque flagrant de professionnalisme. Nous allons nous attarder sur cet aveu. »
Il le fixa longuement.
« Pour vous, le colonel Sheppard, l’homme que vous gratifiez de votre mépris et de votre insolence constante...est un ami. Vos propos à son égard, qui biaise son commandement, le décrédibilise devant ses hommes et des alliés extérieurs est un ami. »
L’homme acquiesça, amer. Il avait la nette impression que ce soldat se moquait de lui.
« Je sais que Sheppard vous a demandé de le supprimer au cas où il viendrait à manquer à son intégrité, du fait de son affliction. Il me semble qu’un ami aurait tout fait pour le protéger. Le soigner, le sortir de là. L’attente la plus naturelle qui soit. »
Il tapota l’épais dossier d’enquête.
« De tout ce que je vois et qu’il m’a été donné d’entendre, rien ne s’approche de près à de l’amitié chez vous, Eversman. Vous n’avez même pas pris la peine de connaître l’état de santé cet homme à son retour. Ce n’est pas de l’amitié. C’est autre chose, bien plus détestable. »
Caldwell le fixa droit dans les yeux, le regard assassin, avant de conclure :
« C’est du profit. L’exploitation de sa clémence à votre bénéfice personnel. Le tout bien déguisé sous des déclarations édulcorées. Ce sont vos actes qui le prouvent. »

« C’est faux.» Matt ne pouvait laisser cet homme le traîner dans la boue, le faire passer pour quelqu’un qu’il n’était pas.
« La vérité fait mal n’est-ce pas ? Que croyez-vous qu’un officier de l'État-Major songera en voyant votre dossier et en écoutant votre “touchant” plaidoyer ? »
Il secoua négativement la tête.
« Réfléchissez convenablement pour une fois et dites-moi si le comportement que vous avez eu envers le colonel, au cours de cette opération, est celui que l’on peut apprécier d’un “ami” ? »
Et il ne parlait même pas de l’omniprésence du devoir professionnel, de respecter le grade et les ordres. Le colonel n’acceptait pas la facilité et l’aisance avec laquelle ce soldat se prétendait ami. Une belle façon de trouver l’excuse de son comportement, comme si celui-ci trouvait un bel écho parmi le jury qui attendait cette vidéo sur Terre.

« Croyez vous que le Colonel Sheppard a demandé à tout le monde de le supprimer si cela dégénérait ? Il aurait pu n’en parler qu’à son second de mission et pourtant il m’en a fait la demande. Pourquoi moi s’il n’avait pas confiance en moi ? » Le ton employé dépassait la normale témoignant de l’irritation du militaire.
« Parce qu’il vous a manifestement attribué une importance que vous ne méritez pas. » Lâcha-t-il d’un ton sec.
« L’officier est aussi humain. Que cela aurait pu être un appel à l’aide : celui d’un ami ayant besoin de votre soutien, de votre attention, ne vous a même pas effleuré l’esprit. D’ailleurs, j’imagine qu’en bon ami que vous êtes, vous auriez mis à mort la figure de proue du contingent militaire d’Atlantis sans scrupules n’est-ce pas ? Après tout, il vous l’a demandé en tant que faveur personnelle. Il n’y a pas besoin de conscience morale, dans ce cas là, pour presser la détente... »
Caldwell se réajusta sur son siège. Il ne savait pas de quelle façon il pouvait en rire intérieurement.
« Vous êtes affligeant. Arguer d’intentions bienveillantes lorsque l’intégralité de vos actes vont à l’inverse. Vous n’êtes clairement pas un homme à qui l’on peut confier sa vie. Vous n’avez pas honte ? Vous dormez sur vos deux oreilles ? »

Les paroles de Caldwell étaient dures, destinées à blesser et elles y arrivaient fort bien. Les lèvres pincées du Ranger semblaient retenir un flot d’insultes, de propos vindicatifs pour lui faire comprendre le contraire. Les mains étaient crispées, les yeux étaient fixés sur sa cible, les jambes légèrement fléchies pour être parées à tout mouvement. Tout dans son attitude était hostile. Nul doute qu’il faisait de vrais efforts pour se contenir, pour éviter de répliquer. Caldwell avait touché l’homme derrière le militaire. L’amitié était essentielle pour lui. Il était capable de beaucoup pour les personnes qu’il considérait comme proche. On ne pouvait lui reprocher ça. On ne pouvait pas. Qui était ce type pour arguer de conclusions pareilles ? Un mec planqué dans son vaisseau, bien assis dans son fauteuil pendant que les autres prenaient des risques ? Jamais ils n’avaient combattu ensemble, comment pouvait-il émettre des jugements pareils ? Il n’aurait pas abattu Sheppard sans être certain qu’il n’y ait pas d’autres solutions… Il n’était pas un assassin, pas le sale type que Caldwell essayait de décrire.

« Je ne suis pas le monstre que vous décrivez...» Finit-il par lâcher d’un ton froid après avoir laissé un petit silence indispensable pour ne pas lui jeter une vacherie. « Mais de toute manière, ce que je suis vraiment, ce que j’aurais fait avec Sheppard importe peu. Vous avez déjà votre avis sur ma personne, mon Colonel. » Manière de lui faire comprendre que peu importe ce qu’il dirait ou faisait, ce serait sa version qui prévalait. Dans tous les cas, il aurait tort face à lui.

« Et d’où vient cet avis d’après vous ? »
Il referma le dossier de ses états de service pour le lui présenter sous le nez, sa taille bien fournie. Il jeta la masse de papier qui claqua sur le bureau pour glisser sous son nez.
« A votre tour dans ce cas. Consultez votre dossier. Faites-moi le tri pour m’en sortir les preuves de vos soit-disant comportements bienveillants et de vos actes désintéressés. Trouvez-moi ce qui corrobore vos déclarations et qui infirme la déduction que je tire “partialement” de toute cette affaire. »
L’officier insista en montrant le dossier.
« Depuis 2013, il devrait bien y avoir un misérable bout de papier pour racheter l’intégralité de vos cinq années de comportements répréhensibles. C’est comme ça que vous fonctionnez Eversman, non ? »

Ce pinaillage n’était pas constructif dans le fond.
Habituellement, le colonel ne se serait jamais attardé sur cette partie plus “privée” et qui déviait de cet environnement. L’officier s’en serait tenu aux faits purs et durs, c’était déjà bien suffisant et difficile à défendre pour le prévenu. Le tout prenait effectivement des airs de jugement personnel mais la faiblesse d’Eversman était bien visible. Steven l’amenait dans cette perte de temps pour qu’il montre durant cet entretien les réactions de défense qu’il optait sur le terrain, même à moindre mesure.
Comment, étant malmené, face à ses démons, il cherchait et imposait sa vision du service, de l’armée. Tous ces éléments que les supérieurs hiérarchiques noteraient au revisionnage de la vidéo.

« Dites-moi quel bon soldat vous faites en le prouvant avec ce dossier. Nous n’en avons même pas fini... »

L’épais dossier fut repoussé en direction du Gradé. Ce n’était pas un acte de grandeur de la part du Colonel de lui sa chance de prouver ses états de service. Il connaissait par coeur le dossier, avait dû l’éplucher pour noter les éléments remarquables et ainsi prévoir son approche. Il ne disposait pas du même temps. L’envie de se plonger à l’intérieur n’y était pas non plus.

« J’ai intégré cette expédition à son commencement. Si j’étais le si piètre soldat que vous vous acharnez à décrire, croyez-vous, mon Colonel, qu’on m’aurait gardé ici ? J’ai commis des erreurs. Je n’ai pas toujours eu le comportement adéquat mais j’ai accompli de nombreuses missions pour cette Cité. J’ai combattu, versé mon sang pour cette expédition. J’ai progressé en tant qu’homme et soldat en devenant tireur de précision. Je ne suis pas resté à la base à me tourner les pouces et à enchaîner les conneries pendant que les autres se battaient.»
Aucune preuve donc. Des paroles, encore.
« Mettons les choses au clair, Eversman. On ne vous a pas gardé pour une ressource indispensable qui couvre vos petites fantaisies. Vous êtes resté grâce à l’indulgence du colonel Sheppard. Vous êtes resté lorsque j’ai employé une approche pédagogique à votre égard et vous êtes resté parce que le CODIR vous a offert une chance à l’aide de ce traitement de la TNS... »
Il reprit le dossier.
« Vous êtes le champion de la mauvaise foi. Vous vous attribuez des mérites que vous n’avez pas et êtes incapable de me fournir des preuves lorsque je vous les demande. Oui, soldat, vous vous êtes battus et vous avez participé à la guerre comme tous les autres. Et à l’inverse de ces militaires méritants vous enchaînez les conneries. Non content de vous extraire des responsabilités de vos actes, vous ne suivez que vos propres règles, vos propres considérations. Nous entrons dans un dialogue de sourd. »

Caldwell ouvrit son tiroir pour prendre un nouveau dossier. Il était plus fin et portait le code couleur du recrutement.

« Les places sont chères sur Atlantis et j’ai ici un sergent au comportement irréprochable. Il ferait un parfait remplaçant. Vos réactions et votre défense au cours de cette comparution ne font qu’apporter une motivation supplémentaire. Car vous ne savez que parler ou fuir. Assumer ne fait pas partie de votre personnalité visiblement, sauf lorsque vous êtes au pied du mur. »

L’officier rangea son dossier.

« Mon “acharnement” se base sur des faits avérés, des manquements inscrits noir sur blanc. Des pièces jointes et des preuves. Tous ces éléments dont vous détournez le regard lorsque je vous les place sous le nez. »
« Je n’ai pas réfuté les faits ni mes agissements. Oui j’ai fraternisé… Oui j’ai répondu à Sheppard mais je ne suis pas une personne qui n’a fait que des conneries pendant six ans. »
« Vous pensez que les centaines de soldats qui composent ce contingent militaire se comportent comme vous ? » Steven se pencha. « J’aimerai savoir si vous trouvez tous vos antécédents acceptables pour un officier et la branche top secrète de l’USAF qui se veut élitiste...est-ce normal, pour vous, d’en être arrivé là ? »

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Mar 25 Sep - 21:36
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Matt aurait aimé répondre positivement à la question mais il ne le pouvait pas. Son comportement et les multiples remarques n’étaient pas acceptables. Lui même n’aurait pas supporté la même chose chez d’autres. Il n’était pas aux commandes et c’était une bonne chose. Steven Caldwell savait comment le prendre pour lui mettre le nez face à ses échecs, l’y confronter. Un très bel orateur. Retort, sadique mais des plus efficaces aux joutes verbales.
«Non…» Quelques instants s’écoulèrent. «mon Colonel.» ça lui faisait mal d’approuver les propos de son supérieur mais il ne pouvait en être autrement. L’autre devait certainement jubiler, sabrer presque le champagne et certainement fier comme un coq. Il ne le sut pas évitant son regard.

Le colonel demeura inexpressif.
Il n’y avait pas de fierté, il faisait son travail en confrontant le Rangers une bonne fois pour toute à la réalité. Mais il n’était pas ignorant du drame interne que vivait probablement le soldat puisque le pire était encore à venir.
« C’est regrettable que vous n’y pensiez pas avant d’agir. » Conclut-il.
L’homme fit quelques annotations dans le silence et réorganisa ses différents dossiers. Il repoussa sur le côté les états de service du rangers pour reprendre celui de l’enquête, passant sur le bloc de feuille le plus imposant.
« En votre qualité de sergent-maître, vous avez mené votre escouade en direction de votre objectif en suivant le plan manuscrit d’une certaine Coleen. Il s’agit d’un agent de liaison légitimé par le colonel Sheppard et le lieutenant Allen pour concrétiser une alliance. Les clones se sont avérés être investis d’un libre arbitre et la rébellion d’une partie des effectifs ennemis a fait l’objet d’une rencontre. »
Le colonel passait d’une page à l’autre.
« Malgré les doutes et réticences légitimes liées à la situation, vos supérieurs hiérarchiques ont décidé d’apporter leur confiance et de maintenir cette alliance pour faire front commun. Vous avez donc suivi un plan fourni d’après les indications de cet agent de liaison et avez atteint une salle non répertorié. »
Il fît une pause avant de reprendre.
« Du fait d’environnement méconnu, vous avez autorisé le départ en éclaireur du soldat Hamilton qui a alors disparu. Vous n’avez pas eu le temps de vous lancer à son secours, alors attaqué par une arme organique méconnue, ce qui est décrit dans les rapports comme un parasite qui s’est introduit dans la gorge dans le but de vous étouffer. »

L’officier cessa son récit pour passer sur une autre catégorie du dossier.
« Ces affirmations seront par la suite corrélées par le contenu de la base de données de l’ennemi, ces créatures faisant partie d’un dispositif anti-intrusion. »
Le rapport principal avait été rédigé par le soldat Christenson et confirmé par le témoignage verbal de Grimes avant son retour sur Terre.
« Votre unité a été très sévèrement touchée et seule l’ultime tentative du docteur McKay vous a préservé de la mort. Les parasites étant sensible à la percussion d’une grenade à dispersion de gène ATA. Vous avez lancé un appel à l’aide, veillant à signaler l’agent de liaison comme traître. »
Caldwell rechercha le rapport de Sheppard et d’Allen.
« Il s’avère, d’après les informations recoupées de différents rapports, que vous avez été mentalement approché par cet agent de liaison. Vous l’avez tenu pour responsable de cette embuscade. Est-ce exact ? »
« Oui, mon Colonel. J’ai ressenti sa présence lorsque j’étais au sol, elle cherchait à pénétrer dans mon esprit. J’ai alors pensé qu’elle cherchait à y dérober des informations stratégiques après nous avoir amené dans un piège mortel. »
« Des informations stratégiques ? » Fît Caldwell en levant un sourcil. « Votre hypothèse se tiendrait si vous étiez lieutenant ou colonel. Voir même le scientifique de l’unité. Mais un sergent ne peut pas apporter grand chose d’un point de vue tactique. »
Il passa une page de son dossier.
« Vous étiez à l’agonie et avez cherché à vous préserver. Rien à dire à cela. Mais vous avez donc suspecté que le non-signalement de cet endroit représentait un acte de trahison d’un agent potentiellement double, c’est cela ? »
« Le non-signalement, la présence de pièges mortels, la disparition d’un des nôtres ainsi que sa soudaine apparition dans mon crâne… ça faisait beaucoup de coïncidences, mon Colonel. »
« Le rapport du colonel Sheppard et du lieutenant Allen révèle que vous étiez si affaibli que vous n’avez pu que désigner l’agent de liaison comme traître sans pouvoir apporter de précision. La décision a été prise de dépouiller le dispositif défensif de Sheppard pour vous allouer une équipe d’intervention en renfort. Exceptionnellement munie d’une radio officier, le caporal Kim Jones a réuni une petite équipe et a investigué votre secteur en escortant le docteur McAlister pour soutien médical. »
Nouvelle page de tournée.
« Une incidence paradoxale très spécifique, expliquée dans le rapport de McKay, indique vous étiez piégé dans cette salle et n’avez eu d’autres choix que de vous séparer. Vous avez alors fait la rencontre d’une entité inconnue. »
« Grimes et Christenson avaient pour ordre d’escorter Mckay et de retrouver le disparu. Je suis resté avec le chien d’Hamilton, incapable d’effectuer la traversée avec les autres. L’entité, qui plus tard était présente sur le campement, m’est alors apparue, Monsieur. Une sorte d’esprit de la nature. » Confirma-t-il.
« Nous l’avons interrogé dans le cadre de cette enquête. Cette créature vous aurait remis vos hommes, grièvement blessé, sous votre demande. Leur état de santé critique et la détérioration inquiétante de cette salle vous a amené à requérir son aide une fois de plus. Le docteur McKay semble avoir été plus diplomate que vous pour parvenir à un accord. »
Le colonel ne lui reprochait pas son manque de diplomatie même si c’était une composante importante de leur mission.
« L’entité vous à tous guéri et vous avez repris la route pour déboucher à la suite du plan, après la salle non répertoriée. Vous vous êtes préparé au combat, les communications étaient restaurées puisque vous avez fait appel à la ZA. Avez-vous fait votre rapport à votre officier supérieur ? »
« Non, Monsieur. » Maintenant que le Colonel le mettait en évidence, cela lui paraissait évident. « Il me semble avoir tenté de rentrer en contact avec l’équipe de secours afin d’obtenir du matériel supplémentaire pour sécuriser votre position. Je l’ai avertis de notre état et de notre position. J’ai pensé qu’elle avait effectué le relai. »
Caldwell cessa d’écrire.
« Avez-vous spécifiquement ordonné au caporal Jones de transmettre votre situation à votre hiérarchie ? »
« Non, Monsieur. Je n’avais pas de nouvelles de mon côté, je les pensais hors d’atteinte radio. » Une erreur de sa part, il s’en rendait compte maintenant. « Je suis rentré en contact radio avec les opérateurs du téléporteur pour demander davantage de matériel. Je ne me souviens plus du nom du sous-officier en charge… J’ai omis de tenter de communiquer avec l’autre équipe. »
« Stop. » Lâcha l’officier en posant son stylo. « Eversman. Qui était responsable de cette mission d’investigation et des unités engagées. Qui était le plus haut gradé ? »
« Moi, mon Colonel.» Répondit-il aussitôt. « J’étais trop focalisé sur la mission qui m’était confié à savoir défendre la position que j’ai oublié de faire mon rapport à mon supérieur hiérarchique.»
« Quels que soient vos décisions et les conséquences pour les soldats placés sous votre autorité. Votre équipe comme l’unité de secours. Vous étiez le responsable de cette mission et le plus haut gradé. C’est à vous que revenait la tâche de rendre compte de votre progression. »
Cela n’avait pas été fait…
« Dès le démarrage des activités du docteur McKay, votre dispositif a fait l’objet d’un importante assaut de l’ennemi. Vous avez tenu votre position en sous-effectif jusqu’à l’arrivée du Caporal Jones et de ses hommes. Le combat a été continu, vous amenant à un corps à corps lorsque l’adversaire atteignit votre dernière ligne de défense. »
Cadwell rechercha une nouvelle feuille et la consulta un instant avant d’ajouter.
« La déclaration du médecin allié lors de votre incarcération fait état d’entailles profondes et d’éclats de natures diverses. De nombreux hématomes consécutifs à vos échanges armés. Dans quelle position vous trouviez-vous à l’issue de cette bataille ? Etiez-vous dans la capacité d’exercer votre commandement et suivre la procédure de fin de mission ? »
« Un peu secoué par le combat et la perte de l’équipe de Jones mais je pense apte à poursuivre la mission. »
« Avez-vous tenté de joindre un supérieur hiérarchique pour signaler votre fin de mission ? Avez-vous récupéré les plaques des soldats décédés ? »
Eversman prit quelques instants pour essayer de se remémorer ses faits et gestes. Il avait l’impression que tout était un peu mêlé, comme s’il avait été dans un état second pendant quelques minutes. Une espèce de moment de flottement où la tension était retombée et le cerveau déconnecté pour se préserver. « Je ne sais plus, mon Colonel. Je suis allé voir chacun des participants pour me rendre compte de leur état mais je ne sais plus pour les plaques. Nous avons ensuite reçu l’ordre de revenir au plus vite pour une blessée grave sur la position de Sheppard. »
« La réponse est non. Vous n’avez récupéré aucune plaque et avez quitté le secteur sans rendre compte. » Affirma le colonel. « Quant à cet ordre de réquisition médicale, il vous était destiné. Vous aviez donc pour tâche d’escorter le docteur McAlister et le reste de votre unité en passant par un chemin détourné. Exact ? »
Mine de rien, cela l’affligea de ne pas avoir récupéré les plaques. C’était bien là le travail ingrat du gradé de les récupérer sur les dépouilles des membres tombés au combat et il n’avait même pas eu cette décence pour eux. « Nous avons suivi le seul membre rescapé de l’équipe du Caporal Jones. »
« Dylan Dempley. J’ai ici son rapport qui vous décrit, vous et le soldat Hamilton, comme progressivement irascible au fil de votre progression. Afin de pouvoir atteindre le secteur en contrebas, vous êtes descendu en rappel. Et c’est là que vous explosez... »

Il fixa son regard dans le sien, cherchant à le soutenir et l’empêcher de fuir.
LE moment approchait. Bientôt il devrait justifier son acte et son comportement. Il y cogitait depuis maintenant plus d’une semaine. La tension monta. La position sur la chaise fut modifiée n’y laissant que son postérieur comme s’il se tenait prêt à se lever le plus vite possible.




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Le 25 mai 2018



« Situons votre environnement. Avec Hamilton vous mettez le pied à terre. La bataille principale de ce secteur couvre le sol de plus de trois cents corps, toutes armées confondues. De nombreux blessés et agonisants gisent autour de vous. L’alliance des clones rebelles se rapproche. Au centre, se trouvent les survivants de l’unité de Sheppard dont l’agent de liaison. Tous les témoignages vont dans le même sens... »
Son regard se durcit.
« Vous vous seriez élancé contre la dénommée Coleen et l’aurait renversé sous les regards de l’alliance, de votre supérieure hiérarchique, et de tous les membres alliés de notre armée. Ceci avant de porter des coups de poings tout en déclarant à haute voix : “Sale traitre !”. »
Le colonel sortit une feuille du dossier d’enquête. Matt la reconnaîtrait sans mal puisqu’il s’agissait de la déposition signée de sa main.
« Je ne m’étendrais pas sur le comportement plus hostile encore de votre camarade qui, rappelons-le, se trouvait être sous votre responsabilité. Je lis dans votre rapport que aviez dans le but de “Neutraliser la menace”. »
L’homme reposa la feuille tout en secouant la tête, dépité. « Neutraliser la menace, à mains nues, devant tout le monde. Vous avez longuement insisté sur ce fait, vous avez maintenant l’occasion de vous expliquer et j’ose croire que vous aurez des arguments cohérents pour un tel acte. »

C’était le moment, celui des explications des actes et des raisons qui l’avaient poussé à agir de la sorte. Il avait eu le temps de ressasser les émotions ressenties, de repenser et de rejouer la scène mentalement. Un officier avait pris sa déposition à bord du Dédale, il n’avait pas menti essayant d’être le plus honnête possible. Pedge Allen ne lui avait pas accordé ce temps pour les explications, pour connaître sa version des faits. Elle avait d’autres chats à fouetter et une guerre à gérer. Il le comprenait maintenant. C’était maintenant que tout se jouait.
« Quand j’ai revu la dénommée Coleen sur le champ de bataille, debout juste à côté du Lieutenant Allen, je n’ai pensé qu’à neutraliser la menace qu’elle représentait. Une traitresse…Un agent double qui nous avait mené dans un piège mortel, de récupérer des données… et qui peut être attendait son moment pour faire de même avec l’autre équipe. Nous n’avions aucune nouvelle de l’équipe de Sheppard depuis ma transmission radio. Je les pensais même morts, mené eux aussi dans un piège… Je ne pouvais pas la laisser là, je devais intervenir… le plus rapidement possible. Je me suis rué sur elle afin de la mettre au sol et la neutraliser.. » Rien que d’y repenser, les émotions semblaient s’emparer de nouveau de lui.
« Je n’ai pas eu l’intention de nuire à l’alliance, ni même au commandement du Lieutenant Allen. Je n’ai cherché qu’à neutraliser la menace qu’elle représentait à mes yeux pour l’Opération. » Il lui semblait important de le répéter. C’était en soldat qu’il agit en cherchant à protéger la mission, ses membres. C’était ce qu’on lui demandait : protéger les autres et neutraliser les menaces quand elles étaient identifiées. Coleen en était une pour l’intégralité de son équipe. Même Mckay était parvenu au même raisonnement.

« Je n’ai pas agi de la bonne manière. Je le reconnais, mon Colonel. J’aurais dû échanger avec le Lieutenant Allen lui faire part de mes doutes et ne pas prendre à partie Coleen, en plus devant les alliés. C’était débile de ma part… »
« Vous êtes un héros. »
Steven ne pouvait pas être plus glacial et meurtrier.
« Très clairvoyant qui plus est. Après l’insubordination, vous protégez vos officiers d’erreurs tactiques que vous êtes seul à percevoir. C’est bien ce que vous prétendez ? »
Les secondes s’écoulèrent, son regard toujours planté dans le sien.
« Est-ce que vous êtes habilité à “neutraliser” les menaces que vous déterminez par votre propre vécu ? Et sans aucune preuve pour l’attester ? »
Eversman était d’autant plus incurable qu’il avait prononcé tout ça en étant filmé. Les officiels seraient attérés.
« Un colonel vous a donné cet ordre ? Un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant vous a donné cet ordre ? Sous quelle autorité avez-vous agi ? »

« Je... » Balbutia-t-il, toujours aussi chahuté par les répliques cinglantes du Colonel. Il avait l’art de lui envoyer un uppercut à chaque fois qu’il prenait la parole tout en le narguant ensuite d’un petit sourire presque provocateur.
« Nous avions toutes les raisons de l’identifier comme menace, mon Colonel. » Tenta-t-il d’une voix marqué par l’absence de certitude. ça ne plairait pas, c’était certain.
« Nous ? Ou vous seul ?!? »
« Nous. Les membres de mon équipe. » Hamilton l’avait suivi, Mckay avait tenté de prendre leur défense.
« Je vous le répète pour la dernière fois, soldat. Qui vous a donné cet ordre et étiez-vous habilité à vous soustraire à l’autorité de votre officier pour agir de votre propre chef ? »
« J’ai pris l’initiative de neutraliser ce que je pensais être une menace, de protéger mes coéquipiers. »

Le colonel resta de marbre.
Il sonda le sergent en le regardant lentement avant de lui poser la question d’une voix parfaitement neutre.
« Est-ce que vous réalisez la portée de vos propos ? Ce qu’ils signifient pour un officier ? »
« Que j’ai agi en électron libre sans prendre la peine de consulter mes supérieurs hiérarchiques… Mon Colonel, on parlait de menace vitale. Si l’entité ne nous avait pas soigné, toute mon équipe aurait été décimée. » Répondit-il avec l’impression de correspondre avec un mur de règles et de lois militaires qui n’essayait pas un seul moment de comprendre.
« Même en comparution, vous insistez sur vos accusations. La déduction personnelle, propre à vos sentiments, qui vous ont mené à agir de la sorte. Vous vous êtes soustrait à l’autorité de votre supérieur. Pour suivre une conclusion vaseuse qui ne s’appuie sur aucune preuve. Simplement le choc que vous avez subi. »
Caldwell était passé sur les dernières pages du rapport d’enquête. Il en dégrapha deux pour le tendre au militaire.
« En revanche, ces preuves-là, indiquent que l’agent de liaison n’avait pas agi par traîtrise et n’avait aucun connaissance de cet endroit. Une vérité dont vous n’aviez pas connaissance. Faut-il en déduire que vous devez être tenu au courant de tous les tenants et aboutissants ? Que vous êtes important au point d’être au centre des enjeux décisionnels de vos officiers ? »
« Non, Monsieur… Je n’ai pas cette prétention-là, je n’étais pas le responsable de cette Opération. » Il n’était qu’un pion parmi toute cette immense opération. Il allait là où on lui demandait et ne participait à l’élaboration de la stratégie, il l’appliquait. « J’ai fait remonter l’information de traîtrise dès que j’ai pu… Je n’ai pas eu de retour là dessus, cela n’a fait que renforcer notre crainte concernant l’autre équipe et les agissements de Coleen. » C’est osé de sa part de parler de manque de communication après ce que le Colonel lui avait mis devant les yeux. « J’aurais dû prendre des nouvelles, communiquer davantage avec mes supérieurs. »

Steven l’avait laissé parlé jusqu’au bout. Plus il avançait dans ses explications, plus il avait cette certitude. Son visage se troquait peu à peu pour celui d’un requin qui allait l’engloutir. Il n’y avait rien de plus détestable que ce qu’il entendait à cet instant précis. Lorsque le Ranger termina son plaidoyer, l’officier leva un doigt en l’air.
« Un. Je vous interdis formellement de parler au nom de votre équipe. Vous avez agi de votre propre chef, ainsi qu’Hamilton. Vous deux, seuls. Alors n’incluez pas les équipiers qui se sont comportés convenablement. »
Le jumeau monta rapidement.
« Deux. Vos supérieurs n’ont pas à s’assurer que vous receviez le message dans l’espoir que Monsieur le Sergent Maître Matt Eversman ne monte pas sur ses grands chevaux. »
Un autre.
« Et pour finir. Vous n’avez pas à vous investir d’un devoir qui ne vous incombe pas. On ne vous demande pas de sauver vos officiers. On ne vous demande pas de sauver cette guerre. On ne vous demande pas de vous soustraire à l’autorité parce Monsieur Eversman n’a pas eu l’information en temps voulu. On ne vous demande pas de “neutraliser la menace”. Personne, je dis bien PERSONNE, ne vous a formulé cet ordre. »
Il se pencha sur son bureau, comme pour lui donner l’impression de l’envahir de cette vérité.
« Ce qui est demandé à un Sergent-Maître, c’est d’obéir et de respecter ses supérieurs. Vous n’êtes pas un chevalier qui vole au secours de la veuve et de l’orphelin. Est-ce que vous avez bien compris ce que je vous dis ? »

« Je suis soldat de l´US Air Force. En cas de menace, je me dois d’agir… Tous les éléments étaient réunis pour la considérer comme tel.» répliqua-t-il sur le même ton.
« Vous êtes un soldat de l’US Air Force. En cas de menace, vous vous adressez à votre officier supérieur. Et ensuite, si vous ne pouvez compter que sur vous-même, et avec des faits avérés, pas votre “clairvoyance irréfutable”, vous agissez de votre propre chef. »

Le silence retomba.
Dur, cassant, glauque. Caldwell soupira en secouant la tête.
« Vous insistez sur votre élan de bienveillance mais vous vous êtes clairement perdu entre vos sentiments personnels et votre devoir. Il y a des règles très strictes, des leçons qui vous ont été inculqué lors de votre instruction. Que vous avez soit oubliés, soit exagérés. »
L’officier fit un geste de main en direction de ses états de service.
« Pensez-vous vraiment que les membres de la cour martiale, qui étudieront cette comparution, seront touchées par votre plaidoyer sans fondement et vous relaxeront ? Est-ce que vous avez conscience que vos antécédents d’insubordination - ainsi que les avances que vous avez fait à l’officier Allen - seront probablement mis en corrélation avec votre agression de l’agent de liaison ? »
« Vous voulez dire que j’aurais agi par jalousie ?» Demanda-t-il des plus sceptiques.
« Un officier de la cour martiale qui regardera cette vidéo, et aura ce dossier entre les mains, aura bien plus tendance à croire que vous avez passé vos nerfs sur cette “copie”. Suite à ce rejet, sans oublier votre comportement caractériel et impulsif. Entre ça ou votre déclaration de bienveillance. Sur quelle déduction vont-ils se porter à votre avis ? »

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« Mon Colonel, la jalousie n’a rien à voir là dedans..J’aurais agi de la sorte si le clone avait eu une autre apparence. .»
« Vous avez développé des sentiments interdits depuis un an. Vous avez risqué votre carrière en vous introduisant dans le carré des officiers. Pour faire des avances, tout ce qu’il y a de plus interdit, qui ont été rejeté. Votre passif témoigne d’un état d’instabilité. Vous êtes impulsif et colérique. Vous êtes tombés dans une embuscade dont les informations éventées venaient d’un clone ressemblant à l’officier. Et vous l’avez agressé sans hésitation. Quelqu’un qui ne vous connaît pas n’ira pas plus loin dans l’étude de votre dossier. »
La bouche s’entrouvrit, prête à délivrer un flot de paroles mais rien n’en sortit. Matt ne sut que dire pour se sortir de cette nouvelle accusation. Il assumait la plupart de ses conneries mais là on lui ajoutait qu’il avait agi sous l’étiquette de la jalousie. « C’est faux, mon Colonel. Vous le savez très bien… Je...» Il ne savait que dire pour se justifier. Ce n’était pas de l’agressivité dans le ton de sa voix, il semblait presque rechercher de l’aide.
« Vous avez hurlé, vous vous êtes longuement débattu en intimant l’ordre au soldat Hansen de vous relâcher. L’officier Allen a été contrainte de sortir son arme pour maîtriser cette situation critique. » Il fit une pause avant de désigner la caméra. « Vous êtes filmé depuis le début de votre comparution et vous confortez l’hypothèse d’un investissement personnel en gommant votre profession. »
Il le sonda avant d’ajouter :
« Vous avez été rejeté. Puis vous avez été trahi par une copie. Vous avez aussi mis trois balles dans le corps d’un même clone qui n’avait pas les mains sur son arme mais dans votre direction. Le jury penche toujours pour les scénarios les plus retors, Monsieur Eversman. Répéter inlassablement vos bonnes motivations ne vous couvrent pas de cette possibilité. »
« « Clone à l’apparence wraith et disposant d’un orifice de ponction. .» Justifia-t-il aussitôt.
« Ne débatez pas sur le sujet. Vous n’avez pas à justifier ce choix, vous étiez en situation de combat. Je mets surtout en perspective le cheminement que prendra très certainement mes pairs et je veux que vous preniez conscience de l’image que vous donnez. »
« Je ne suis pas ce type là, mon Colonel.» Répéta-t-il une fois de plus ne sachant plus comment faire pour justifier que la jalousie n’avait été le moteur de ses actions.
« C’est probable. Mais malheureusement, votre passif ne joue pas en votre faveur. Je ne suis pas le plus doué à ce jeu-là. Vous saviez que vos agissements ont été perpétré devant ce qu’il restait du colonel Sheppard ? Votre ami qui vous tient à coeur. Et qui a disparu en laissant une partie de son uniforme à quelques mètres du lieu de l’agression ? Vous êtes-vous enquit de son état ? »
« Non....» Matt tenta de se remémorer la scène. Les différents protagonistes étaient à peu là, un cercle s’était formé autour d’eux mais il n’avait aucun souvenir d’uniforme ou quoique ce soit appartenant à Sheppard. « J’ai appris sa disparition par le Sergent Graham lors de ma mise aux arrêts.»
« Je tenais à ce que vous sachiez que l’agent de liaison auquel vous vous êtes attaqué avait encore en main le remède, arrivé malheureusement trop tard pour sauver le colonel. Et que l’officier Allen que vous avez failli décrédibiliser devant tous les représentants de notre armée, alliance comprise, venait à peine de récupérer ses plaques. Cela n’a pas d’importance pour cette comparution. Mais j’espère que cela vous fera réfléchir à ce que vous avez fait, vous qui insistez sur votre devoir fraternel. »
A quoi bon lui fournir cette information ? Pour le faire culpabiliser davantage, lui ouvrir les yeux sur le fait qu’eux aussi avaient souffert et avaient eu leur lot de pertes. Coleen n’était pas une traitre, Hansen le lui avait appris bien plus tard. Elle avait tenté de le sauver mais c’était déjà trop tard. Matt baissa les yeux tout en soupirant, passant une main sur son front moite avant qu’elle ne descende sur son visage avant d’effectuer le chemin en sens inverse.

Le colonel l’observa, lui laissant le temps d’intégrer la réalité. Il reprit un instant après, par un ton calme et froid.
« Votre acte s’est déroulé sous les regards de tous. Les Natus qui vous ont élevé au rang de héros. Les Tairis. Tous vos collègues encore en vie. Et les clones qui vivaient avec l’agent de liaison cet assaut. L’alliance a été rompu et c’est votre officier qui l’a récupéré in extremis. »
Il fit une pause avant de conclure :
« Sous les yeux de tous, en temps de guerre. Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin sur le sort réservé à ce type de soldat il y a cinquante ans. »

C’était fini.
Tous les points avaient été traité et enregistré.
« Sergent-Maître Everman. Votre comparution arrive à son terme. Avez-vous une déclaration à faire ? »
« Oui, mon Colonel.» Il attendit l’aval de son supérieur avant de prendre la parole relevant peu à peu le regard envers la caméra. Ce n’était pas pour les membres de l’état major, il le faisait pour bien d’autres personnes qui se reconnaitront. « Je suis désolé d’avoir déçu ceux qui croyaient en moi et j’espère qu’ils sauront me pardonner un jour...» Il prit une inspiration certaine comme essayant d’affronter leur regard avant de finalement se tourner vers le Colonel lui signifiant d’un léger mouvement de tête qu’il n’avait plus rien à rajouter.
« Vous avez cinq minutes. A l’issue de quoi je prononcerai la sentence sous réserve de la validation de l'État Major du Programme Porte des Étoiles. Disposez. »

Ces cinq minutes furent probablement les plus longues que le Ranger n’eut jamais connu. Un silence de mort, le plus glacial qu’il vécut, s’installa devant cette porte. Un compte à rebours qui torturait l’âme du militaire, le laissant envisagé tous les scénarios les plus noirs. Finalement, il reçu le signal pour entrer.

L’attente avait été insupportable pour le Ranger. Les cent pas avaient été effectué avec tantôt les mains sur le crânes, les yeux levés au ciel et tantôt le visage entre les mains. Si un dieu Atlantis ou même terrien, ce dernier avait été prié pour minimiser les dégâts. Eversman n’avait aucune idée des sanctions à venir. Il les imaginait des plus lourdes pour en faire un exemple. Montrer qu’on ne peut défier l’autorité sans en subir les conséquences. En même temps, il avait aussi conscience que les faits reprochés étaient loin d’être futiles. C’était l’horreur. Quand on l’appela à l’intérieur du bureau, la panique n’était plus très loin. Déjà qu’il n’était pas bien en arrivant alors là… Le visage était blême, les mains des plus moites et le rythme cardiaque fort élevé. Il lui fallut quelques secondes avant d’effectuer les quelques pas qui le séparait de la pièce et surtout une grande inspiration pour se donner le courage d’affronter son destin. Les doigts placés dans le dos étaient triturés, incapables de rester en place alors qu’il faisait face au Colonel, debout face à lui. La position adoptée dissimulait les mouvements de ses mains agitées mais certainement pas ceux de sa cage thoracique. Garde les pieds immobiles, lève la tête, se répétait-Il. Il n’y avait plus d’assurance, de supériorité chez lui. Tout indiquait qu’il était angoissé par la prochaine annonce et faisait du mieux qu’il pouvait pour se contenir.




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Le 25 mai 2018



« Sergent-Maître Eversman. Suite à votre audition, il apparaît que vous n’avez apporté aucune preuve atténuante si ce n’est une forte volonté d’avoir voulu soutenir vos coéquipiers, menés par vos sentiments personnels. Vous vous êtes rendu coupable de nombreux manquements depuis votre dernier passage en cours martiale. En premier lieu, une insubordination manifeste à l’encontre d’un colonel de l’USAF faisant autorité suprême du contingent militaire d’Atlantis, en temps de guerre, et en présence d’alliés. »

Il avait fait une liste qu’il suivait, usant d’un ton protocolaire et carré.

« Vous avez manqué à l’éthique des missions d’explorations en abattant des indigènes et mettant en danger la vie de vos équipiers, soumis à un état de panique incontrôlé. »

Ligne suivante.

« Vous avez violé la loi de non-fraternisation entre militaires en période d’engagement opérationnel. Vous vous êtes également introduit illégalement dans le carré des officiers, fait des avances à votre supérieure directe, et avez employé d’une entrave physique lors de son retrait, posant ainsi la base d’un harcèlement à connotation sexuelle. »

Nouvelle ligne.

« Vous avez défailli en votre qualité de sous-officier en plusieurs circonstances. Notamment par négligence dans le contrôle et le soutien de vos subordonnés. »

Le doigt du colonel s’arrêta sur la dernière ligne.

« Enfin, vous vous êtes soustrait à l’autorité de votre supérieure pour répondre à des objectifs personnels et défiant l’ensemble du protocole militaire. De par la situation, votre acte a porté préjudice à l’ensemble des troupes mobilisées, ce qui vaut circonstances aggravante. La dernière charge retenue à votre encontre est la rébellion en temps de guerre. »

Le colonel Caldwell repoussa la feuille et se leva de son siège pour faire face au prévenu. Il poursuivit d’un ton sentencieux et sans appel.

« Eût égard de vos antécédents et de vos nombreuses récidives. Comprenant les mises en garde qui ont été ignoré, votre état de santé ne saurait vous relaxer des charges retenues. Sous réserve de validation de l'État-Major du Programme Porte des Étoiles, je vous informe que vous représentez la somme de tout ce que nous ne voulons pas dans cette armée. »
C’était l’heure…
« Votre incarcération se poursuivra jusqu’au 1e juin. Date à laquelle vous serez présenté à un rassemblement général de tout le contingent militaire d’Atlantis. Vous y serez publiquement dégradé et radié des forces armées pour que tous se rappellent ce qu’il en coûte de défier l’autorité et agir selon ses propres lois. »

Caldwell ne sourcillait pas en prononçant ce drame.
« Votre retour sur Terre se fera par le biais du Dédale puis vous serez débarqué sur la base de la Montagne Cheyenne pour votre retour à la vie civile. »
Steven joua de cet instant de silence avant de compléter.
« Une autre voie s’offre à vous. Puisque vous persistez sur vos saines intentions, je vous laisse une dernière chance de repêchage. Vous aurez la possibilité de demeurer sur Atlantis pour refaire l’intégralité de vos classes militaires sous la supervision d’un instructeur. Tout manquement ou insubordination constatée lors de cette instruction fera office d’élimination directe. A l’issue, vous pourrez prétendre à un poste militaire de première classe suivant les conditions suivantes : »
Il se racla la gorge.
« Votre nouveau contrat sera établi sous les effectifs du Dédale, faisant de ma personne votre supérieur hiérarchique. Vos futurs rapports me seront adressés et je serais habilité à vous débarquer à terre dès le moindre accrochage avec les éléments qui partageront votre quotidien. A cela s’ajoute une interdiction juridique d’approcher le lieutenant Allen en-dehors du cadre professionnel. Ainsi qu’une interdiction d'interactions personnelles avec le colonel Sheppard en-dehors du cadre professionnel. La violation de l’une de ses mises en demeure vaudra votre mise en détention immédiate. »
L’officier se tût, considérant l’ex-sergent.
« Si vous êtes le soldat bienveillant que vous avez défendu face à cette caméra, vous récupérerez votre uniforme par la sueur de votre front. En retravaillant votre comportement. En reprenant les règles militaires qui vous ont fait défaut dernièrement. Vous vous battrez pour prouver votre valeur et vous récupérerez vos galons par les voies de concours habituelles. »
Il ajouta :
« Si vous êtes ce valeureux soldat, vous parviendrez à retrouver votre condition avec le temps. En revanche, si nos soupçons sont fondés, vous ne tiendrez pas cette mise à l’épreuve et quitterez le Programme sans avoir lavé votre honneur. Je vous laisse le temps de considérer ces deux possibilités et faire votre choix. »

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Mar 25 Sep - 21:40
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Black Ranger Down




Les manquements et accusations furent énoncés l’un après l’autre. Chacun semblait aussi douloureux qu’une bonne droite en plein visage et il y en eut tant… Matt en perdit le compte. Quelque peu abasourdi par leur nombre, il ne pensait vraiment pas avoir autant de choses à se reprocher. Ce n’était plus un fait qui lui était reproché mais plus de cinq ou six gestes, actes qu’il n’avait pas exécuté de la bonne manière. Cela faisait beaucoup, beaucoup trop pour un Sergent Maître des Etats-Unis.
L'enchaînement rapide des coups semblait couplé à une douche glacée. Matt s’efforçait de ne pas bouger, de ne pas prendre les jambes à son cou mais il aurait été bien incapable de faire le moindre pas tant il tombait de son piédestal. La chute finit par prendre fin à l’énonciation de la sentence.
L’atterrissage fut violent mais pas autant que les uppercuts des sanctions. Ceux-là étaient destinés à faire mal, à désarçonner et envoyer KO l’adversaire. Dégradé et radié de l’armée, renvoyé sur Terre pour retourner à l’état civil… Cela le laissait sans voix alors que la première punition venait à peine de cheminer à l’intérieur de son crâne y infligeant de profondes blessures.

Matt n’avait pas esquissé la moindre réaction. Pas le moindre rictus ou même geste corporel. Le regard était toujours rivé sur l’officier supérieur mais il était à des années lumières de ce bureau. Le petit monde du Ranger qu’il s’était efforcé de bâtir année après année sur Atlantis s’effondrait littéralement. Tout était balayé par une tempête couplée à un tsunami dévastateur qui arrachait tout pour ne laisser ensuite qu’une terre dévastée avec des débris en tous sens. Des immeubles au nom d’Allen, Sheppard, Sergent-Maître, Armée, Atlantis volaient en éclats avant de s’effondrer. D’autres prenaient littéralement feu. Ce calme, il n’y aurait pas encore droit. Là il était en plein ouragan. Immobile affrontant des éléments qui le frôlaient, le blessaient au plus profond de son être. Rien ne l’arrêta. Rien. Matt dût faire un effort qui lui paraissait presque surhumain pour s’accrocher au fil de la conversation, ne pas le perdre et y rester bien attaché.

Caldwell lui proposait un choix. Retourner à la vie civile après avoir assisté à la destruction de son propre monde ou bien rester à essayer de rebâtir quelque chose sur des fondations plus saines. La lucidité du Ranger ayant fini par succomber, il ne se rendit même pas compte que le Colonel avait cessé de parler. La tête était désormais baissée. Les lèvres étaient pincées mais pas comme elles pouvaient l’être. Elles ne retenaient plus un flot d’insultes ou de remarques acerbes, elle semblait plutôt contenir l’émotion qui l’envahissait peu à peu au fur et à mesure qu’il prenait conscience des multiples pertes. Le grade n’avait jamais été important pour lui, sa séparation lui faisait pourtant un mal fou. C’était comme s’il devait gommer des heures de souffrance, de moments délicats sur le terrain ou plutôt qu’on les lui arrachait brutalement. Sheppard et Allen semblaient aussi s’éloigner, lui tournant le dos alors qu’il semblait leur hurler de rester auprès de lui. On était très loin du Sergent arrogant. Les tacles l’avaient fauché lui faisant plier un premier genou au sol, le deuxième était agité de tremblements. Il vacillait et n’allait pas tarder à lâcher s’il ne se reprenait pas. Le KO était proche. Un mot, une remarque…

« Avez-vous compris, soldat ? »

La voix du Commandant de vaisseau le sortit de sa léthargie lui faisant lever les yeux vers lui. Il aurait pu être développé un sentiment d’animosité envers cet homme, il n’y avait pourtant pas de trace d’agressivité chez lui. On le sentait surtout touché et pas mal perdu aussi. Qu’avait-il compris ? Qu’il n’était plus rien sur cette base, que tout venait de voler en éclats comme ça en quelques mots. Un moment un peu plus loin qu’un claquement de doigts, plus court qu’une douche et hop ses années de service balayées, presque effacées. Le choc était rude, très rude même.

« Soldat Eversman. Je vous ai posé une question. Est-ce que vous avez compris la sentence prononcée à votre encontre ? »

Soldat Eversman ? Vraiment ? Les sourcils furent froncés en guide de réaction, comme s’il intégrait l’idée de ne réellement plus posséder son grade de Sergent Maître. Tout ça était bien réel, pas un affreux cauchemar. Il inspira longuement avant de prendre la parole. « Oui. Je crois mon Colonel.»
L’officier se tourna vers son bureau pour ramasser le dossier personnel d’Eversman et le lui tendit.
« Je crois que cela vous appartient. Vous retournez en cellule avec. »
Eversman ne chercha pas à réfléchir, il frisait déjà la migraine avec le nombre important d’informations à intégrer. Chacune impacterait sa vie actuelle dans des mesures importantes. L’épais dossier fut récupéré. Son regard s’arrêta sur la couverture de celui-ci, son nom y figurait en grand mais à côté la dénomination de son grade y avait été barré. Machinalement un doigt passa sur le trait comme s’il pensait que ce n’était qu’un poil qui était posé dessus. Il était bien définitif. Matt attendit un mot, un geste signifiant la fin de l’entretien.

« Je vous laisse vingt-quatre heures pour réfléchir à tout ceci et prendre la décision qu’il convient pour votre avenir. Vous pouvez disposer. »

Un signe de tête plus tard, le Ranger tourna les talons retrouvant ses gardiens à l’extérieur du bureau. Le trio se remit en route exécutant le même trajet qu’à aller mais dans l’autre sens cette fois. Personne ne dit mot. La soirée risquait de s’annoncer longue et morose pour l’ex Sergent.



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CONSÉQUENCES!




  • Mise aux arrêts le jeudi 17 mai en fin d’après-midi suite à l’agression d’un agent allié devant son supérieur hiérarchique et les membres de l’alliance.
  • Retrait de la guerre le vendredi 18 mai en début de soirée, téléporté sur le Dédale.
  • En fin de soirée, retour par la Porte des Etoiles sur la cité avec les blessés graves et incarcération avec confort minimum (pas de visites)
    Période de captivité sans informations liées à la guerre. Courtes pauses pour se défouler, jour et nuit en prison, pas de restauration au réfectoire.

  • Audition avec le Colonel Caldwell le vendredi 25 mai sur Atlantis.

  • Sentence :

    Coupable des chefs d’accusations suivants : Insubordination avec récidive, Négligence, Intrusion, Rébellion.
    Captivité conduite jusqu’au 1e juin 2018.
    Le 1e Juin, rassemblement général du contingent militaire d’Atlantis pour dégradation et radiation de l’armée en public. Pour l’exemple et à titre d’avertissement général.
    (Optionnel) Retour à la vie civile, renvoyé sur Terre par le Dédale.

  • Mise à l’épreuve :

    Retour à zéro. L’aspirant devra refaire l’intégralité de ses classes militaires sous la supervision du Capitaine Calahan. Sera considéré comme civil jusqu’à sa nomination. (plus de port d’armes, restriction de zones)
    La récupération d’un poste militaire s’adjoint automatiquement du grade de première classe. Conservation du titre de Rangers. Affectation permanente aux effectifs du Dédale, sous la supervision directe du colonel Caldwell. (Mi octobre 2018)
    Le soldat se soumettra à une interdiction d’approcher le lieutenant Allen en-dehors de l’exercice de la profession. La concernée est seule habilitée à lever la présente interdiction.
    Le soldat se soumettra à une interdiction d’approcher le colonel Sheppard en-dehors de l’exercice de la profession. Le concerné est seul habilité à lever la présente interdiction.
    Toute infraction de n’importe quel ordre que ce soit. Tout report de comportement rebelle ou d’insubordination. Le non respect des interdictions. Entraînera de facto une incarcération immédiate et une radiation définitive de l’USAF, Programme Porte des Étoiles.




FIN DU RP LE 25/09/2108

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