Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)
L'exilée de Calahan 824245bouton512


RPG sur Stargate Atlantis
 

Mer 14 Nov - 19:57
Nelly Bricks
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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


« Tu es stressée ? »

Nelly lui souria sincèrement, quittant temporairement des yeux son plan de vol. Elle se savait à l’heure et sur une route optimale. Le jumper filait droit en direction du continent vers le terrain d'entraînement. Il était midi et elle avait dû quitter en trombe sa pause repas lorsqu’on l’avait appelé pour faire le transport. Pour conduire un de ses proches quelque part, elle était toujours prête, quel que soit l’heure. Ces moments lui plaisaient beaucoup. C’est pour ça qu’elle s’était entendue avec les collègues pour leur prendre gratis leur vacation quand il s’agissait d’amis. Tout le monde y gagnait.

C’était le grand jour pour le Capitaine Allen. Aujourd’hui, elle serait testée sur le terrain, placée en condition, pour son nouveau poste. La texane avait déjà fait ses preuves mais elle avait encore besoin d’apprendre le métier du commandement, d’obtenir les outils pour poursuivre son ascension vers les hautes sphères.

La petite hispanique adulait d’autant plus la texane.
Elle fouilla dans son regard, malicieuse, avant d’ajouter :

« Ce serait normal, tu sais ? »

Elle laissa le silence filer. Un certain malaise régnait depuis l’envol malgré le plaisir que lui procurait ces “retrouvailles” de circonstances. Nelly expliqua rapidement pourquoi.

« Moi je stresse pour toi. Calahan, es el diablo. Vraiment ! Même un wraith, il voudrait pas le manger tellement c’est un méchant homme. Il y a beaucoup de soldats qui reviennent avec la douleur en eux. Moi, j’ai été son jouet pendant trois heures. Punition. Je voulais juste faire une surprise à Papa mais la sécurité m’a attrapé. Il m’a fait mal ce type. J’ai pleuré...vraiment... »

Elle regardait droit devant elle.

« Du coup, j’ai le coeur qui pique, parce que tu y vas. J’ai peur pour toi...il va te faire du mal. Pourquoi on te laisse pas tranquille mi official Pedgy ? »

Son regard dévia une nouvelle fois. Son amie n’avait rien d’autre que son uniforme. On lui avait dit qu’elle serait mise à l’épreuve avec ce Capitaine particulier, l’heure et le lieu du rendez-vous. Mais rien d’autres. Juste le fait qu’elle n’avait pas besoin d’emporter d’équipements. C’était comme si elle avait été simplement “invitée” quelque part pour observer, apprendre, sans entraînement ni exercices d’ordre physique.
Nelly savait en son for intérieur que ça ne présageait rien de bon.

Pedge écoutait tranquillement Nelly. Comme toujours, elle était impeccable dans son uniforme bien repassé et propre, les rangers cirées et les plis respectés. Elle se sentait en forme, et elle était plutôt satisfaite de retourner sur le terrain pour reprendre les manoeuvres. Et surtout, elle avait à coeur de confirmer son grade par cette évaluation. Elle connaissait le Capitaine Calahan de réputation même si elle n’avait jamais eu le loisir de le côtoyer. Très sincèrement, elle était stressée, angoissée, et tendue. Ce n’était pas tant le tempéramment de l’officier qui provoquait cela chez elle, mais plutôt la perspective d’un échec.

« Parce qu’un militaire n’est jamais tranquille ? », répondit-elle du tac au tac à Nelly, après une longue période de mutisme pendant laquelle l’hispanique lui avait fait peur de ses doutes et de ses peurs, ainsi que de son stress. Afin de ne pas la laisser sur cette question de rhétorique, la texane ajouta :
« Je suis stressée aussi. Mais Calahan ne me fait pas peur. C’est un sergent instructeur en pire, mais ça reste un humain. J’ai juste peur de merder et ne pas être à la hauteur. ». Elle coula un regard vers Nelly, et d’ajouter pour conclure son petit laïus : « Je viens des forces spéciales, ça ne peut pas être pire. ».

Nelly laissa un sourire plaisant étirer ses lèvres.
Il n’y a pas si longtemps, c’était une sorte d’aveu que son amie ne se serait jamais permise de partager. Elle était comme ça à l’époque. Les doutes, les craintes, ça restait à l’intérieur. L’intimité du jumper aidait surement, effectivement. Mais c’était aussi une preuve de cohésion et de rapprochement que l’hispanique relevait. Pedge lui parlait, elle ne l’esquivait plus comme avant. Elles avaient fait un petit bout de chemin mine de rien…

Alors que le compte à rebours sur le plan de vol passait le cap des dix dernières minutes de voyage, Nelly pencha la tête sur le coté d’une façon un peu guillerette avant de lui chantonner :

« Es el diablo mi Pedgy. Il sait faire du mal. »

Et un mal toujours très ciblé.
Sur ses trois heures de calvaire, il lui avait fait copier de terribles phrases insultantes sur Isia des dizaines et des dizaines de fois. Et une fois fini, il l’avait forcé à mâcher et avaler la moindre feuille de punition manuscrite. Ca avait été le moins violent…

« Mais tu es forte. Il y a quelque chose dans ton coeur. Je t’envie beaucoup. Même quand tu as peur, tu ne recules pas. Je voudrais bien être comme toi. »

Nelly s’arrêta là.
Ce n’était pas le coup de brosse à reluire, elle le pensait vraiment. Sauf qu’elle connaissait également son amie. Il ne fallait pas s’étendre sur ces affirmations sans risquer qu’elle ne démente et se referme comme une huître. Bien sûr, son adulation avait tendance à magnifier certains traits.

La jeune femme pilota son jumper en silence sur les dix minutes suivantes. Elle jetait par moments quelques oeillades à son adresse sans en rajouter. Le lieu de rendez vous était un petit camp minuscule au milieu des bois. Le terrain avait été défriché en cercle pour ne laisser que quelques cabanes rudimentaires autour d’un mât central où flottait le drapeau Américain. Nelly s’y posa en douceur puis se leva de son siège sans avoir commandé l’ouverture de la porte arrière.

En réalité, elle profita de ne pas être vu pour étreindre Pedge par surprise dans le dos, l’enserrant doucement de ses bras pour joindre ses deux mains par-dessus ses abdos. Elle garda cette accolade une bonne dizaine de secondes, sa figure plaquée entre les deux omoplates de Pedge. Comme d’habitude, lorsqu’elle “volait” ces moments bon enfant et sans ambiguïté à la texane, elle sentait son corps se raidir brusquement. Avec l’expérience de ces câlins embusqués, elle avait acquis une sorte de “baromètre de raideur” qui lui permettait de calculer le temps de démonstration d’affection.
A un certain stade, lorsque la texane se raidissait jusqu’à la nuque, Nelly savait qu’elle réagirait négativement et elle se retirait alors. C’était en train d’arriver d”ailleurs. Juste avant de franchir le point de non retour, la jeune femme lui annonça gaiement :

« Quand tu reviens, je t’offre le fondant au chocolat. Et pas de chantilly, promesa !!! »

Pedge enfin libérée, la porte arrière s’ouvrit en lui laissant le champ libre.

« Bon courage, official mia ! »

Là-dehors, le camp était cerné par la forêt. L’état de délabrement des cabanes, dont certaines étaient effondrées, et le sol peu entretenu prouvait que personne n’était venu ici depuis longtemps. Seule la bannière étoilée flottant au gré du vent semblait être encore bien neuve et colorée. Le reste n’était que décrépitude, terne. C’était pourtant bien là que l’aspirante avait rendez-vous...sauf qu’il n’y avait pas âmes qui vive.

Nelly était déjà repartie. Son jumper ne s’entendait plus et l’absence de bruits naturels sauta assez rapidement aux oreilles de Pedge. Non pas qu’elle était spécialiste en la matière mais le silence le plus profond de cet endroit avait quelque chose de marquant en plus de cet aspect lugubre.

C’était dérangeant. Mais surtout très malsain.
En marchant un peu, les rangers de la texane chassèrent quelques nappes de feuilles mortes, d’humus, en laissant découvrir un sol stérile où pas un seul brin d’herbe n’avait poussé. Le sol était d’un noir d’encre et les semelles de la texane s’y enfonçaient aisément. Il ne semblait y avoir personne dans ce camp. Du moins, personne n’allait lui répondre. Pas âmes qui vivent. D’ailleurs, la jeune femme fit quelques découvertes supplémentaires qui n’étaient pas pour la rassurer. Le cadavre desséché et presque fossilisé d’une sorte de lapin se trouvait encore piégé dans un piège à loup. Les deux pinces l’avaient ouvert et quasiment coupé en deux. Aucun insectes ni asticots n’était venu faire le travail. C’est comme si une force de ténèbres était active en ces lieux.
“Es el diablo” lui avait dit Nelly.

La plupart des cabanes étaient vides. Mais Pedge finit par se faire surprendre en manquant de mettre les pieds dans un chausse trappe à l’ancienne. Quelqu’un avait vraisemblablement creusé un trou d’une trentaine de centimètres de profondeur. Trois tazeurs bidouillés se trouvaient plantés au fond, près à délivrer leurs charges dès la moindre pression sur leurs émetteurs.

Le farceur n’avait pas pris la peine de signaler son piège ou le découvrir après son départ. Un sacré cadeau de bienvenue visiblement dirigé pour empêcher l’accès à cet endroit. Il n’y avait pourtant rien d’intéressant là-dedans.
Pendant un petit moment, la texane tourna dans le campement abandonné sans trouver d’indices. Les anciens occupants semblaient avoir levé le camp depuis longtemps où s’être volatilisé sous l’effet d’une force inconnue. Elle n’avait pas de radio, aucun moyen de contact dans ce camp. Le mystère complet.

Arrivé à ce constat, elle sentit quelque chose d’étrange. Ses extrémités s’étaient engourdies, ses orteils et le bout de ses doigts fourmillaient en perdant progressivement de la sensibilité. A part ça, elle se sentait normale...mais malgré tout plus aussi bien qu’avant. Ses yeux clignèrent à plusieurs reprises puis elle éternua. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois.
C’était comme avoir fait les poussières après une trop longue période de fainéantise. En suspension dans l’air, ça piquait le nez et faisait éternuer.
A la cinquième, Pedge se rendit compte qu’elle n’était plus debout mais sur le cul. Comme si elle avait chuté et ne s’en était plus souvenu depuis. Sa mémoire à court terme ne lui relayait que l’incohérence de cette situation. Aucun souvenir ni explication. Elle se trouvait sur ce sol noir, dans une position qui suggérait qu’elle voulait se relever, mais elle éternua encore : six, sept, huit, neuf…

Des larmes embuèrent ses yeux et elle remarqua, en fixant la lisière de la forêt, qu’une émanation transparente se produisait depuis cette étrange terre. Comme le désert, d’un été sur le bitume, qui déformait l’horizon par ces émanations dansantes. C’était exactement la même chose. La jeune femme se trouvait au beau milieu d’une sorte de macération transparente qu’elle ne découvrait qu’à l’instant.

Pedge se sentait normale. Pourtant elle continuait d’éternuer et ses jambes ne lui répondaient plus quand elle y appliquait du poids. Elle ne pouvait plus se lever...c’est à ce moment là qu’elle comprit que ce sentiment de normalité...était tout à fait anormal vu la situation…
Quelque chose clochait dans son esprit. Il n’y avait tout simplement plus de sonnette d’alarme !!!!


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Mer 14 Nov - 20:14
Pedge Allen
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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Les sens en alerte, Pedge sentait que quelque chose n’allait pas dans cet endroit sordide. Et puis, comment est-ce que la végétation ne poussait pas sur un cercle bien délimité ? On aurait dit qu’il n’y avait aucune vie possible. C’était aberrant. Et pourquoi l’avoir déposé ici ? Elle aurait dû demander des informations à Nelly, savoir si d’autres personnes avaient été déposées ou non, connaître exactement les instructions qu’elle avait reçu la concernant… Au lieu de ça, elle était ici sans trop savoir ce qu’elle devait faire, sans personne pour l’accueillir, sans guide, sans rien, au beau milieu d’un village que même la nature avait abandonné. Si les planches qui constituaient les habitations avaient pu s’enfuir, elles l’auraient certainement faites elles aussi.

Pedge observa un moment le drapeau américain, qu’elle salua par habitude et par patriotisme. Puis finalement, ne voyant personne arriver, elle se décida à arpenter les alentours en quête d’indice. N’importe quoi qui pourrait la mettre sur la piste. Peut-être qu’elle était dans une course d’orientation ou quelque chose comme ça et qu’elle était sur le point de départ. Collecter des renseignements, et avancer. Elle avait déjà fait ça par le passé.
L’exploration des maisons commença. La sensation d’avoir Nelly dans son dos s’était éloignée d’elle maintenant, de même que ses paroles. Elle était toujours mal à l’aise avec tout ça, mais elle devait faire avec les individualités des gens. Elle ne voulait pas qu’on la change, alors elle ne pouvait pas vouloir que les autres changent pour elle. Dans la limite de leur personnalité bien entendu.

Elle délaissa le cadavre d’un lapin ouvert en deux que la nature ne souhaitait pas dévorer. Pas d’insectes, pas d’animaux, que la mort. Elle devrait peut-être s’en aller, sortir de là… Mais que pouvait-il vraiment lui arriver ? Elle se posait la question en prenant quelques précautions pendant la fouille, et elle fit bien car il manqua de peu qu’elle se fasse surprendre par un piège habilement posé. Enfin une trace quelconque d’épreuve, de vie humaine sciemment orienté pour la piéger elle.
Alors qu’elle tournait dans le camp, achevant un tour complet, la texane sentit ses extrémités, et notamment ses jambes, s’engourdir. La sensation était diffuse, mais suffisamment alarmante pour qu’elle commence à saisir le problème. Elle était sur une zone contaminée, ou quelque chose comme ça, sans combinaison NBC. Elle aurait dû venir à cette conclusion plus rapidement. Maintenant, ce qui avait tout tué dans ce large périmètre était en train de s’en prendre à elle. Elle se demandait de quel genre d’agent il s’agissait, mais avant toute chose, elle devait se tirer fissa de là ou au moins se protéger un temps soi peu. Mais comment se protéger d’une menace invisible qui semblait venir de nulle part ?
Elle tomba à genoux, puis sur le flanc, ses jambes ne souhaitant plus la soutenir. De là, elle vit les émanations qui s’échappaient du sol. La terre était imprégnée de la toxine qui s’en prenait à son système nerveux périphérique. Bientôt, ce seraient ses mains qui seraient engourdies, puis ses bras, puis le reste de son corps. Elle devait agir et sortir de là ! L’extrémité bien verte du périmètre était visible, mais elle n’était pas proche. Elle se souvenait avoir vu un masque à gaz dans l’une des cabanes abandonnées. Elle n’avait pas fait attention à ce dernier, ne vérifiant pas s’il était alimenté ou pas, mais à l’heure actuelle, il semblait être tout indiqué pour lui servir de salut. Qui plus est, il n’était pas là par hasard, et le sel de cette épreuve consistait surement à le récupérer pour se protéger de l’agent chimique qui s’échappait de ce sol.
Ni une ni deux, la texane rampa sur le sol, dans l’humus et la terre noire qui le composait, et de laquelle les émanations s’échappaient. Pedge n’était pas sereine à l’idée de barboter là dedans, en étant aussi proche du gaz qu’elle devait respirer pleinement en avançant. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise quand elle sentit mordre dans le gras de sa main une pointe, puis dans le même temps, dans ses jambes et son autre bras… Il y avait quelque chose dans la terre, comme du barbelé en quelque sorte, aux pointes émoussées mais suffisamment dardées pour lui lacérer les vêtements. Elle était en train de se déchirer les fringues en rampant, mais elle n’avait pas trop le choix. Bientôt, elle serait sur une plateforme en bois, celle de la cabane, et bientôt, elle aurait ce masque à gaz.

Et déjà, ça se profilait. Elle était en nage. Ramper était un exercice de style, qui demandait un effort au corps. A tout le corps. Dans le cas présent, les jambes de la texane ne réagissaient plus et elles traînaient derrière elle. En gros, elle devait se tirer rien qu’à la force des bras. Prise dans l’action, elle préférait ne pas penser au fait que la toxine était provisoire. Est-ce qu’elle allait finir en fauteuil ? Non, elle préférait se concentrer sur le masque à gaz.

Il était en vu, là haut, tout là haut, accroché au dossier la chaise. Elle pouvait se hisser et se mettre sur les fesses pour l’attraper, mais elle ne savait pas encore pour combien de temps elle en avait. Du coup, la solution la plus rapide revenait à faire venir le masque à elle et pour cela, rien de plus simple. Elle fit tomber la chaise pour aller le récupérer directement au sol. Elle avait besoin de respirer quelque chose de plus sain ! Quand la chaise bascula, une détonation se fit entendre et elle entendit clairement un impact sur le bois au dessus d’elle. Des gommes dures tombèrent sur sa tête sans vraiment de force étant donné qu’elles venaient de rebondir contre le mur. Pour un peu et c’était elle qui les prenait en pleine face. Elle constata qu’un fil cassé était relié au masque…

« Putain, alors c’est comme ça... », grogna-t-elle en faisant un dernier effort pour porter le masque sur son visage. Elle en vérifia d’abord les contours, pour qu’il n’y ait pas une saloperie de glissé dans la jointure.

La première gorgée d’air fut goulayante. Non pas que les émanations avaient une odeur, sans quoi elle s’en serait rendu compte, mais elle avait l’impression de respirer un air plus sain. Elle ne pouvait vraiment en être certain, mais rapidement, les fourmillements cessèrent et cela la rassura quelque peu. Elle s’adossa contre le mur de la cabane, ramassant les gommes autour d’elle. Cependant, ses jambes ne revenaient pas encore. Elle ne les sentait plus. La texane se les frictionna un bon coup, histoire de faire circuler le sang, mais comment savoir si la paralysie se faisait là ou tout le long de sa colonne ? Voir dans son cerveau ? Si les fourmillements s’arrêtaient, son cas ne devrait pas empirer. Est-ce que si elle attendait, elle irait mieux ?

L’endroit semblait piégé. Par deux fois elle n’était pas passée loin de la correctionnelle, et maintenant que le coup de marteau avait suffisamment fait entrer l’idée dans son crâne, elle restait sur ses gardes. Se traîner ne semblait pas être une bonne idée pour le moment, et elle était d’avis d’attendre de retrouver un peu de mobilité dans ses jambes pour tenter de se barrer de ce merdier. Il fallait qu’elle essaie de récupérer l’arme qui avait tiré les gommes. Avec un peu de bol, elle pourrait s’en servir pour se défendre le cas échéant. Elle pensait même aller fouiner du côté des tasers pour voir s’ils étaient utilisables. L’exercice, le test, elle ne savait pas trop comment l’appeler, n’était pas fair play du tout. Mais d’un autre côté, on lui demandait sans cesse de s’adapter. Alors elle le ferait. Elle avait signé pour en chier et pour subir des merdes dans ce genre là, mais quand même, ça commençait fort. Au moins, ça avait le mérite de la mettre dans un état d’esprit particulier. Elle sentait ressurgir ses réflexes acquis lors des stages commandos dans les forces spéciales, et elle aimait plutôt ce côté seule au monde et démerde toi pour vivre. Elle n’était pas une spécialiste de la survie dans la nature, mais elle ferait de son mieux. De toute façon, dans l’armée, on n’enseignait jamais vraiment autrement que par la pratique, et la découverte. Les bleubites se faisaient dépouiller et ils apprenaient quelque chose. Voilà l’esprit.


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Mer 14 Nov - 20:17
Steven Caldwell
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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


A présent, le seul environnement sonore qui entourait la texane était sa propre respiration. Elle entendait son souffle filer à travers les cartouches et une nouvelle bouffée d’air pur lui revenir. En attendant que ses jambes lui reviennent, son regard discerna les détails de la cabane. Les piliers moisis et abimés tenaient à peine la toiture trouée à certains endroits. Le soleil irradiait malgré tout, comme pour lui rappeler que la beauté existait encore en-dehors de ce cercle de moisissure. Par endroit, quelques impacts de balles se voyaient encore. Mais ils étaient anciens. Quelqu’un avait fait feu à balles réelles sur ce mur de bois.
C’était un nouveau mystère. Qui tirerait sur ces vieilles bâtisses si ce n’est pour s'entraîner ?

La réponse vint bientôt.
Alors que la texane ne sentait toujours pas d’amélioration concernant ses jambes paralysées, elle discerna au travers de sa respiration comme un sifflement ambiant. Il semblait monter, comme en hauteur dans le ciel, puis devenir de plus en plus bruyant. Le temps qu’elle fasse le rapprochement avec un obus de mortier, celui-ci éclata non loin de sa position. Un maigre nuage opaque se dessina, une forme fantomatique de plâtre qui éclata sans qu’elle ne puisse le voir.

Pedge savait que le premier tir servait toujours de réglages. Dans une minute, voir moins, ça allait être une averse !

Plus le temps de trainer. Tout semblait s’expliquer maintenant. Elle était sur un terrain d’exercice de tir, et elle parirait sa solde qu’on avait pas prévenu les connards qui allaient s’exercer qu’il y avait quelqu’un dans le coin. Pourquoi ne s’était-elle pas fait la remarque plus tôt ? Ce sol noirci, ces cabanes dégommées, c’était pourtant clair maintenant.
C’était un obus au plâtre, ce qui présentait nettement moins de risque qu’un vrai. Mais le prendre sur le coin du nez ne lui ferait pas du bien. Devait-elle rester à l’abri dans la cabane ? Le plâtre ne l’atteindrait pas, mais après ? S’ils se décidaient à voir ce que ça faisait avec un vrai, elle était faite. Et puis… Ca faisait certainement parti de l’exercice, et n’importe quel militaire parfaitement conditionné savait qu’il fallait se barrer dans ce genre de configuration. Elle se maudissait de ne pas avoir essayé de récupérer le fusil qui avait tiré la gomme, mais elle n’avait plus le temps maintenant. Ni une ni deux, genre trois secondes après l’éclat du premier obus, elle rampait dans la cabane, en sortait prestement pour reprendre son chemin de croix dans la fange et la boue. L’idée de ramper sur du métal enterré ne lui plaisait pas vraiment, mais heureusement, les vaccins étaient obligatoires dans l’armée et elle ne risquait pas de choper le tétanos. Mais quand même !! Elle était trop ignare dans le domaine pour se dire que dans une autre galaxie, peut-être que ce genre de maladie était différente et que son vaccin ne ferait rien.
Quoiqu’il en soit, elle se mit donc à ramper vers la lisière du cercle noir pour sortir de la zone.

Pas assez vite. Pas assez vite.
Les sifflements s’accentuèrent, se répétèrent, et ce fût un sacré déluge qui tomba sur la zone d’essai. La texane sentit le sol vibrer sous elle, ça sauta en rythme. Un, deux, trois à la fois. Puis tous en même temps. Les mecs qui s’entrainaient se lâchaient, ils voulaient raser tout ce foutu terrain. A moins que ce soit elle qui, prise dans la tourmente, avait l’impression de prendre une addition salée. Malgré le fait que ce soit des ogives d’entrainement, ça n’empêchait pas de voir des morceaux de bois, des mottes de terre noires et des débris voler dans tous les sens.


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Mer 14 Nov - 20:20
Pedge Allen
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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Pedge tentait bien d’accélérer le mouvement, mais elle était déjà à fond sans ses putains de jambes. Sans parler que les éclats et les impacts avaient tendance à la ralentir. Elle n’y voyait rien, ses oreilles bourdonnaient, et elle avait l’impression de recevoir des débris sur elle à chaque fois que ça pétait. Elle avait envie de gueuler dans sa radio d’arrêter le tir de barrage, mais elle n’en avait pas ! Putain, si elle choppait ces connards qui se faisaient plaisir sans avoir vérifier au préalable le terrain, ils allaient passer un sale quart d’heure !

Les explosions n’avaient pas l’air de se calmer.
Soudain, il y eut comme un déchirement, un fracas tonitruant qui couvrit temporairement le massacre des obus. Des morceaux de bois aussi gros que des mandarines ou des chaises lui volèrent au-dessus, recouvrant son dos de morceaux plus petits. Elle en avait plein les cheveux et le plâtre envahissait tout, se collant aux lunettes de son masque à gaz. Quand elle remarqua le fusil à canon scié gomme cogne rebondir à trois mètres d’elle après un bond prodigieux, elle comprit que sa cabane venait d’être soufflée. Un obus avait dû percer son toit et faire l’effet d’un pétard dans un placard : un gros badaboum.

Pedge se retourna, un peu hagarde pour constater que la cabane n’était plus qu’un amas de bois. Elle baragouina dans son masque quelque chose comme : « C’est vraiment au plâtre qu’ils tirent ? », puis elle rampa de plus belle, bien décidé à récupérer le fusil à canon scié.

Les détonations ralentirent. Ils devaient manquer de munitions ou cesser l’exercice. Voir les deux à la fois. Parfois, quelques obus détonnaient non loin en projetant des nappes de plâtres. Des morceaux entiers lui étaient jetés à la tronche comme si un garnement diabolique prenait son pied à la voir dans cet état, à vouloir l’écrabouiller comme une fourmie estropiée. Mais tandis que ces assauts se tarissaient, Pedge parvint enfin à la lisière qui faisait une pente assez raide. L’une des dernières détonations la déséquilibra et elle roula bien malgré elle tout le long de cette pente, ne parvenant pas à se raccrocher à quelque chose jusqu’à ce qu’une température bien plus froide ne la surprenne. Un petit ruisseau ! Elle venait de tomber dans un petit ruisseau. L’humidité et la vase nauséabonde imbibaient déjà son uniforme. L’eau menaçait d’entrer au travers de son masque à gaz et elle ne voyait plus rien avec le plâtre maintenant gorgé sur ses lunettes.

Là-haut, l’exercice prenait fin. Probablement pour quelques minutes avant une nouvelle salve. Elle pouvait entendre à travers cette ouverture dans la cime des arbres, comme au travers d’une brèche de verdure, les servants de mortiers faire des cris de cow-boys et prendre leur pied à l’exercice….surement totalement inconscient de sa présence.
Ses jambes, toujours, ne répondaient pas.

Pedge éjecta le masque à gaz pour s’éclaircir la vue. Hors du terrain d’exercice, les émanations ne devaient plus s’épendre alentours. Elle se redressa dans le ruisseau à la force des ses abdominaux et de ses bras. Heureusement que le ruisseau n’était pas profond… Mais maintenant, elle était enlisée dans de la vase puante. Avec peine, et en basculant sur le côté, elle se traina vers la berge pour se hisser au sec. Le fusil était toujours là. Elle se posa dos contre un tronc, écoutant les servants faire les cons plus loin. Elle était bien tentée d’aller pousser une gueulante là bas, mais pour ce faire, il lui fallait l’usage de ses jambes. Est-ce que cet usage reviendrait ? Elle commençait à avoir des doutes. Une chose était certaine, elle ne voulait pas se faire mutiler pour un grade, ni pour un exercice. Elle acceptait pas mal de sacrifice sur le terrain, et elle n’avait plus à le prouver, mais pour une connerie de test, il y avait des limites. Dos contre l’arbre, elle inspecta l’arme et elle constata qu’il y avait une gomme encore en place dans le deuxième tube. Elle avait un moyen de défense bien sommaire pour le coup, mais c’était déjà mieux que rien.

Le test en question n’avait ni queue ni tête.
Pourquoi descendre un capitaine aspirant sur un terrain d’exercice pour mortier ? Sans oublier l’effet de ce mystérieux gaz ?
Calahan avait une sacrée réputation mais c’était à se demander s’il ne voulait pas tout simplement la perte de la texane. En restant assise contre ce tronc, elle sentait l’odeur très désagréable de la vase dont elle était badigeonnée. A l’ombre et trempée, elle ne tarda pas à se retrouver frigorifiée. Ses extrémités semblaient répondre un peu mieux, une très subtile amélioration. Mais elle ne pouvait malheureusement pas compter récupérer l’usage de ses jambes à un très court terme.

Pedge se trouvait donc là, en danger d’hypothermie, à mobilité réduite. Sans information, ni briefing. Pas de moyen de contact. Elle n’avait pour seul outil que cet espèce de tromblon gomme-cogne avec une seule cartouche.
Il lui fallait un plan...

Bon, Pedge sentait que ça s’améliorait au niveau de ses pieds mais sans plus. Mais c’était toujours ça pour elle qui reprenait un peu espoir quant à une guérison possible. Effectivement, cela n’avait ni queue ni tête. Elle se demandait même si Nelly ne s’était pas plantée de lieu d'atterrissage et qu’elle l’avait droppé sur une mauvaise zone.
Le froid était le pire ennemi de l’homme. C’était lui qui faisait craquer les gens dans toutes les formations militaires de la planète. On n’y échappait pas. Il lui fallait du soleil, et surtout, de l’exercice. Elle comptait rejoindre les servants de mortiers, sans trop savoir à quelle distance ils étaient. Mais au moins, elle avait une direction, et un plan, parce que sans ça, elle se demandait bien ce qu’elle foutait là. En rampant, et en s’assurant que son fusil suivait avec elle, elle se mit donc en route, à la force des bras. Rien de tel pour se réchauffer.

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Mer 14 Nov - 20:21
Steven Caldwell
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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Les exercices de tirs reprirent.
C’était un bon signe. Tant que les servants s’employaient, il y aurait du monde là-bas. Et les toutes premières détonations, celles qui provenaient des tubes qui éjectaient ces obus, l’aideraient à se guider. Pedge y alla donc en rampant, un terrain accidenté qui lui demandait beaucoup de force. A vrai dire, vu la distance qu’elle avait à parcourir, le nivellement du sol, la jeune femme enchaîna sans cesse les montées et les descentes. Ce fût un véritable enfer. Ramper sans les jambes pendant un certains temps ça va. Mais l’épuisement ne tarda pas à pointer le bout de son nez, la contraignant à faire des pauses ou à ralentir l’allure.
Son hypothermie cessa. Se traîner comme ça la débarassa même de la vase. Mais l’épreuve qu’elle subissait était interminable. Avec le temps, Pedge pensait de plus en plus à une erreur de la part de Nelly.
Une heure plus tard, la dernière salve d’exercice fût tirée. La jeune femme entendait distinctement les éclats de voix et la joie un brin trop enfantine des servants qui semblaient avoir passé une bonne journée d’entrainement. A entendre le bruit, ils semblaient plier bagage et faire mouvement. Elle était sur la bonne voie mais elle n’était pas assez rapide pour les atteindre, elle le savait. Ses jambes lui répondaient un peu plus maintenant, elle parvenait à les plier pour s’aider à ramper. Mais une douleur assez violente crispait ses cuisses à chaques gestes, comme si elle subissait des crampes sans arrêt.

Pedge était tentée de crier mais elle ne savait pas s’ils l’entendraient. Elle ne savait pas trop quoi faire. Elle rampait dans une direction sans trop savoir si elle allait parvenir à temps pour les rejoindre. Elle savait qu’ils étaient loin, mais elle pensait y parvenir plus rapidement. C’était sans compter sur le terrain accidenté qui l’avait pas mal ralenti. Elle tenta bien de rejoindre l’endroit, malgré les douleurs et malgré l’épuisement, mais plus ça allait, et plus elle ralentissait. Le seul point bénéfique dans tout ça tenait du fait qu’elle n’avait plus froid. Mais elle était vraiment au bout de ses forces.
La texane se forçait à bouger les jambes pour les faire fonctionner un maximum, mais c’était comme si on lui enfonçait des poignards dans les cuisses. Néanmoins, elle ne lachait rien, même si elle avançait comme un escargot.

« Hé les gars ?!! », tenta-t-elle de crier. Mais elle avait la bouche pâteuse et cela ne portait pas des masses. Elle n’entendait plus rien, et quand elle arriva sur la zone supposée des tirs, à l’herbe foulée, il n’y avait plus personne.

C’était un petit campement tout à fait classique qui avait été monté là. L’unité avait replié ses tentes avant de partir, il ne restait de leur activité que des déchets en tout genre. La protection de l’environnement n’avait pas vraiment l’air de les intéresser. Autour du seul petit feu de camp, une boite de ration avait été abandonné. Renversée à l’envers, quelques petites conserves ouvertes trainaient autour avec des restes. Un quart de barre céréale qu’un type avait oublié de finir restait posé sur un morceau de tronc d’arbre abattu. Puis, plus loin, là où les réserves de mortiers se trouvaient, quelqu’un y avait oublié sa gourde.
Sinon, plus rien. Le calme, la mort. Les servants avaient filé en la laissant seule ici. Le vent se levait, les nuages absent laissaient un soleil de plomb s’abattre sur son dos. A ce moment, la texane était méconnaissable tant elle avait rampé dans le bois et la saleté. Si elle avait pu se redresser, elle remarquerait qu’elle se trouvait sur un petit plateau qui dominait un peu la forêt qui s’effilait en contrebas. Avec de bonnes jumelles, le champ de tir était parfaitement contrôlable...


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Mer 14 Nov - 20:21
Pedge Allen
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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Pedge prit le temps de reprendre son souffle. Elle bascula sur le dos pour regarder le ciel. Franchement, elle aurait aimé tomber sur les gars qui étaient là. Non seulement elle aurait pu pousser sa gueulante, mais elle aurait certainement trouvé un peu de soutien. Quand sa respiration redevint plus calme, elle se tourna pour observer les lieux. C’était le foutoir. Ces mecs n’étaient pas respectueux pour deux sous des endroits qu’ils fréquentaient. C’était forcément des américains. Elle servait dans une armée de porcs. En Afghanistan, c’était pareil. Une fois, elle était dans un campement avancé de la coalition, avec des “français”. Des légionnaires. Ca filait bien plus droit que chez eux, et le moindre couillon qui laissait une merde par terre se faisait ramasser la gueule. Ils avaient une devise, un truc comme “un légionnaire ne laisse jamais de trace”, mais elle ne s’en souvenait plus. Bref, ce corps d’armée fascinait pas mal de monde dans le milieu, tant il était original. La France était le seul pays à avoir ce type de régiment, et même si c’était un exemple d’intégration, la volonté derrière était bien moins morale. Ils préféraient que des étrangers meurent plutôt que ce soit des Français.
Enfin bref, avec leur connerie et leur bordel, Pedge se dégota un élément indispensable à la survie. Une gourde. Franchement, si un mec de sa section devait revenir d’un exercice sans sa gourde, il ferait ramasser tous les autres pour cette connerie. Vraiment, c’étaient des soldats de salon qu’ils avaient.
Elle récupéra aussi la barre de céréale qu’elle fourra dans sa poche intérieure. Inutile de manger maintenant. C’est là qu’elle vit le terrain d’exercice en contrebas alors qu’elle dévissait le bouchon de la gourde. Il était parfaitement visible.

« Ok... », fit-elle en réprimant un rire de gorge pas franchement affirmé. Avec un rictus de celle à qui on ne le fait pas, elle vida la gourde à côté d’elle en contemplant le terrain d’exercice. Ces enculés l’avaient parfaitement vu. Le liquide à l’apparence étrange s’écoula sur le sol...et une odieuse odeur d’urine monta jusqu’à ses narines.

Pedge secoua la tête, dégoutée. Elle ne balança pas la gourde, préférant la fermer et la conserver. Elle pourrait toujours essayer de la rincer pour l’utiliser ensuite. Elle se demandait quand même pourquoi elle était là. Si on avait vraiment voulu en finir avec elle, ça n’aurait pas été des obus au plâtre qu’elle aurait pris sur le coin du nez. Tout cela puait la mise en scène, à l’instar de cette gourde piégée. Une nouvelle fois, on essayait de faire en sorte qu’elle tombe dans le panneau, sauf qu’elle était dans le moov maintenant et qu’elle ne comptait pas se faire avoir si facilement. D’ailleurs, elle se débarrassa aussi de la barre de céréale entamée. Mesure de précaution.

Le temps passa un peu. Pedge se reposa et sentit ses muscles devenir de plus en plus douloureux. Un véritable incendie remontait maintenant de ses chevilles à ses cuisses. Mais il n’y avait plus ces soudains coups de poignards et ça répondait mieux. Ce n’était peut-être pas le palace mais dans quelques temps, elle pourrait enfin se mettre debout. Sa fouille continua, elle trouva finalement la ceinture US “oubliée” qui allait avec la gourde. Il y avait bien un holster pour neuf millimètres mais l’arme restait introuvable.
Quand la texane fût en mesure de se déplacer quasiment à quatre pattes, ses jambes ne lui permettant pas encore de supporter son poids, elle tomba sur un plan qui avait été dessiné avec un poignard encore planté dans le sol. C’était un plan tactique, un mouvement de troupe et un déploiement vers ce qui semblait être le seul point d’eau des environs. Excepté son fameux ruisseau.

Son regard fût attiré par un objet rond un peu plus loin.
Un casque militaire qui trainait au milieu de broussailles...

Pedge s’était équipée avec la ceinture. Tant que faire ce peut, elle ne laissait rien trainer. Ses jambes, ça allait mieux. Elle en avait marre de se trainer, mais un essai pour se remettre debout lui indiqua que ce n’était pas encore possible. Elle avait des crampes horribles, comme des fourmillements mais en plus forts et qui diffusaient une sensation de chaleur intenable. Elle avait les jambes lourdes en fait.
Elle boucla la gourde à sa ceinture avant de faire le tour du campement avec plus de minutie. Elle tomba sur le plan. Dans un premier temps, elle récupéra le poignard, n’en croyant pas sa veine. Puis elle étudia le plan. C’était un plan de zone élargit, assez vaste sur lequel était inscrit les mouvements de troupes. Pedge considéra que ces types étaient l’ennemi, puisqu’ils avaient voulu l’éliminer en la bombardant. Du coup, elle avait leur prochain déplacement, même si elle trouvait que c’était un peu facile. Ils allaient donc autour d’un point d’eau mais ils n’y allaient pas pour boire. Ils devaient se déployer pour l’encercler et pouvoir le bombarder au mortier. Il y avait un mouvement de troupe d’inscrit sur ce plan et il semblait plus que clair à Pedge qu’ils étaient la cible. Du coup, si l’ennemi était les types au mortier, les amis seraient peut-être ceux qui allaient être pris à partie. Elle devait vraiment attendre que ses jambes la porte mieux pour rallier le poste de tir au mortier et essayer de les surprendre. En attendant, elle étudia le plan, et elle se décida à rejoindre une des deux extrémités. Si elle neutralisait les servants d’un mortier, elle pourrait le retourner contre eux. Quelque chose comme ça.
Elle avisa le casque dans un buisson, et toujours en rampant, les coudes douloureux. Elle considéra le casque pour vérifier qu’il n’était pas piégé, et si tel n’était pas le cas, elle se l’approprirait.


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Mer 14 Nov - 20:26
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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Non, il n’avait pas l’air piégé.
Lorsque la texane le récupéra, elle remarqua cependant qu’une inscription avait été faite sur la terre. Elle y lu un simple et poétique : “Fuck U Biatch !”. Et l’instant d’après, elle se retrouva plus loin sur le sol, les oreilles sifflantes, les restes d’une détonation éclatant en écho dans les environs. Le casque n’était pas piégé mais quelqu’un avait dû poser une charge quelque part, quelque chose, impossible de savoir quoi. Ce qui était certain, c’est qu’elle venait de tomber dans le piège cette fois. Une explosion neutralisante l’avait soufflé un peu plus loin. Elle avait l’impression d’avoir le corps en vrac.

Allongée, le visage dans l’herbe, et tellement désorientée qu’elle avait l’impression d’être sur le pont d’un navire pris dans une tempête, elle n’entendit pas le militaire venir sur elle. Sa botte passa sous son flanc pour la retourner sur le dos et au milieu de sa désorientation, elle reconnut les traits d’un visage familier.

« Quel fils de pute ! » Fît Wakks dont l’une des mains étaient encore garnie du détonateur.

Le militaire soupira en regardant à l’horizon, se demandant s’il était surveillé. On ne lui avait pas dit qu’il s’agissait d’un visage connu qu’il prendrait en embuscade. La découverte était d’autant plus déplaisante qu’il s’agissait de l’officier avec qui il avait fait une mission il y a pas mal de temps. Un officier dont il gardait un bon souvenir pour le peu qu’il avait bossé avec. Mais le boulot, c’était le boulot.
Sans attendre, il s’agenouilla et choppa la texane sans ménagement pour l’attirer jusqu’au tronc du feu de camp où il l’adossa. Habitué à ce genre d’exercice, il lui ligota rapidement les mains vers l’avant avec un serflex. Il déplia ses jambes pour les aligner et placer un nouveau serflex sur ses chevilles. Fini la texane, c’était désormais sa prisonnière.

« T’aurait dû te douter qu’ils laisseraient un mec en arrière, Allen. » Maugréa-t-il.

Le timbre de la voix de Wakks laissait penser qu’il ne faisait pas tout ça de gaieté de coeur. Au contraire, il était parfaitement au courant qu’il participait activement à l’échec de son exercice et que son grade ne serait pas validé. Il avait entendu parler de sa promotion. Connaissant un peu Calahan, le reste du calcul se faisait rapidement.

Pedge revenait vraiment à elle. Outre les jambes qu’elle ne pouvait toujours pas bouger, elle avait, dans un réflexe semi-conscient, tout fait pour ne pas faciliter la tâche à Wakks alors qu’il l’entravait. Mais de guerre lasse, elle avait fini par se faire avoir, surtout qu’elle n’était pas vraiment dans la réalité. Mais ça allait mieux, et elle comprit parfaitement la phrase du soldat. Il ne la nomma pas par son grade, et ça plus le reste, lui firent comprendre qu’elle était l’ennemie. Elle venait de se faire chopper comme une bleue.
Mais qui pouvait lui en vouloir ? Elle n’était pas informée de la nature de l’exercice, elle sortait de quelques kilomètres à ramper à la force des bras et des épaules, et sa lucidité en avait pris un certain coup. Il était vrai qu’elle pensait qu’ils avaient tous levé le camp. En fait, tout était fait pour qu’elle se sente un minimum en sécurité avant de prendre le coup de batte dans la nuque pour l’achever. Ils étaient forts, elle ne leur enlevait pas ça. Mais à l’inverse, si elle avait eu tout le loisir de planifier ce genre de manoeuvre, elle aurait excellé elle aussi pour piéger les types.
Oui elle aurait pu se douter qu’ils laisseraient quelqu’un. Pourtant, tout était fait pour qu’elle pense le contraire. De toute façon, dans la configuration actuelle des choses, même en y allant tranquillement, elle se serait faite avoir. Elle n’avait plus l’usage de ses jambes, et elle ne pouvait pas progresser de façon sûre dans le périmètre.

Une fois certain des entraves, Normann rejoignit la texane en s’installant à ses cotés. Il n’était pas pressé et s’adossa également au tronc tout en farfouillant dans son gilet tactique.
Il retira son paquet de cigarette et en cala une entre ses lèvres. Il tapota son paquet pour qu’une nouvelle clope glisse, prête à être coincée, et la tendit en direction de sa prisonnière pour la lui proposer. Il la laissa s’en emparer de ses lèvres puis sortit son briquet pour les allumer. CLAC ! Le briquet se referma et il le rangea tranquillement.

Pedge avait attrapé la clope par réflexe, mais elle ne fumait toujours pas. Avec la vie qu’elle menait et les différentes épreuves qu’elle avait traversé, elle n’en revenait pas de ne pas avoir commencé.

La première bouffée fit un bien fou à Wakks. Ca faisait un petit moment qu’il était en exercice ici. Il sentait le fauve et la transpiration rance. Tout en portant une nouvelle fois la clope à ses lèvres, il leva le regard vers le ciel et songea au Dédale qui tournait en orbite là-haut. Qu’est-ce qu’il rêvait d’y retourner. Revoir ses amis, ses collègues, son unité d’abordage.

« Tu fais parler de toi, là-haut, capitaine. Paraît que t’as viré vampire pour pouvoir finir Normandie... » Nouvelle bouffée. Puis il souffla produisant un rond avec sa fumée. « T’imagine bien qu’il y a quelques couillons pour se moquer. J’ai même dû arrêter une techos qui s’est battue pour défendre ta réputation. Elle a failli se faire virer par le vieux d’ailleurs.»

« Qui était cette technicienne ? », demanda Pedge qui pariait sur Marta en son for intérieur. La jeune femme avait ajusté sa position, laissant la cigarette se consumer entre ses doigts sans qu’elle n’y touche réellement. Elle ne luttait pas, de toute façon, elle était faite comme un rat. Alors, elle reprenait des forces. Ses épaules étaient douloureuses, de même que ses coudes. Elle s’en foutait de ne ressembler à rien, elle en avait l’habitude.

« Une gonz avec un tatouage sur le crâne. Elle a rectifié le mec qui racontais que tu courais le braquemard wraith pendant la guerre... » Répondit-il tranquillement. « Trois dents en moins… »

« Ok. », fit simplement Pedge. « Tu en avais marre de la vie dans un croiseur ? », finit-elle par demander après un court silence.
« Je ne me lasse pas de la vie dans mon croiseur… » Répondit l’homme du tac au tac. « Je suis simplement puni.»
« Puni ? », demanda-t-elle curieuse.

Wakks secoua négativement la tête.
« Ouais, puni. » Maugréa-t-il tout en soufflant sa fumée. « Le jour où ton pote s’est fait défoncer en public, on m’a demandé de me préparer. Mais rien de plus, pas de briefing, juste de me rendre avec arme et équipement sur la plateforme de téléportation. L’instant d’après, j’étais dans ce trou à rat. Toujours pas de briefing. Que dale. Je reçois des missions de temps en temps… je fais la pute de Calahan. »

Le soldat renifla bruyamment. Il semblait s’être résolu de force, comme un exilé, ou un naufragé. Son regard se reporta de nouveau vers le ciel.
« J’ai perdu le compte... »

« J’suis certaine que tu as cherché ce qu’il t’arrive. Mais d’un autre côté, tu devrais te dire que tu fais ce pourquoi tu es formé. Ce n’est pas une punition, simplement une mission. Enfin… Je le verrai comme ça pour ma part. », fit Pedge en haussant des épaules. Elle ne voulait pas spécialement se mettre Wakks à dos, mais comme elle était plutôt franche, et puis maintenant, elle n’était plus la copine des soldats du rang, mais un officier. Fallait bien présenter les choses d’une certaine façon, présentation qu’elle avait toujours eu cela dit.
« Tssss... » Souffla-t-il d’un coup. Il avait le rire jaune. « Tu parles d’une mission. Tu feras moins la star quand tu seras entre les griffes de ce pervers... »

« Je ne fais pas la star en considérant que je fais mon métier Wakks. »
« Ouais. Le boulot, c’est le boulot. » Railla-t-il.
« C’est ça. », répondit-elle simplement.

Normann continua de fumer tranquillement.
Il pesait le pour et le contre, faisait des calculs dans son esprit. Quand il jeta sa cigarette, signe que la pause avait pris fin, il se campa sur ses jambes et se redressa en s’étirant. Son comportement trahissait alors une profonde hésitation.

« J’ai pour ordre de te livrer à Calahan. » Fit-il en regardant au loin, vers le champ de tir. « Je fais toujours mon boulot. Même si ce foutu vicelard sadique me sort par le nez. »
Sa main glissa sur son holster et Normann sortit son neuf millimètres. C’était l’heure de la fin. La fin de la manoeuvre pour Pedge qui serait surement renvoyée sur la cité, débriefée, et congédiée de la formation pour un temps. Son grade ne serait pas retiré bien sûr mais ce serait un échec cuisant dont le résultat la désservirait grandement. Comme la preuve d’une quelconque forme d’incompétence. Sans oublier son orgueil personnel. Wakks planta un regard d’acier sur elle, même si on pouvait encore y lire cette hésitation, puis il monta son arme en direction de sa poitrine avec la ferme intention de la flinguer. Il déclara mystérieusement et contre toute attente :

« La prochaine fois qu’on se croise, je te louperai pas. »

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Mer 14 Nov - 20:27
Pedge Allen
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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018

Pedge n’avait rien dit. S’il devait la livrer, qu’il le fasse. L’exercice était manifestement terminé, et elle n’était pas à la hauteur d’une tâche impossible. Grand bien lui fasse. Un simple capitaine Atlante avait eu raison de la grande Pedge Allen, celle que même une reine Wraith crainte dans toute la galaxie n’avait pas réussi à mettre à genoux. Peut-être qu’elle avait trop présumé de ses forces, qu’elle avait pris le melon, et qu’elle n’avait pas fait attention, sûre de son fait.

Wakks tira.
La jeune femme fut saisie d’une douleur fulgurante mais très courte. Quelque chose de différent qu’un tir incapacitant Wraith. Mais elle s’effondra tout aussi rapidement dans l’inconscience.

Le capitaine aspirant nageait entre deux eaux.
En suspension entre le sommeil et un état de conscience trop léger pour se rappeler de sa mission, elle prenait en main les commandes de son esprit pour faire le rêve de son choix. Que ce soit plaisant ou détestable, son subconscient, lié à un très léger conscient, choisissait le film à projeter sur la toile de son sommeil. Ca dura une bonne demi-heure avant qu’elle ne se rende compte qu’elle avait soif. Très soif. Quand Pedge ouvrit les yeux, elle se découvrit dans un trou de combat assez large, profond, et plutôt confortable. Elle était allongée sur un duvet réglementaire, le casque placé en-dessous formant un oreiller très spartiate. En surface, quelqu’un avait placé un lit de branchage pour la dissimuler. Sur une étagère de fortune en écorce de bois se trouvait une lampe torche qu’elle alluma facilement.

Une inspection rapide de l’endroit lui fit comprendre qu’elle se trouvait dans le trou de combat de Wakks. Nombre de ses affaires personnelles y étaient, comme son duvet sur lequel elle reposait. Son sac. Des vêtements de rechange encore trempés étendus sur un fil. Son nécessaire de toilette suspendu au-dessus de son quart en allu. Ce contenant servait de poids pour empêcher la glissade de quelques feuilles. Il semblait avoir écrit une lettre, le papier était abimé et la plume reposait encore sur une phrase inachevée en milieu de texte. Sur ce recoin qui devait lui servir de pièce de vie, quelques photos cornées, discrètes, de visages inconnus l’aidaient sûrement à se souvenir de moments agréables. Un sac plastique contenait un amas important de déchets. Notamment des produits sanitaires ou alimentaires consommés. Sans oublier les nombreux paquets de cigarettes vides. Il y avait d’ailleurs deux boites de rations bien entamées qui servaient de commode au quart militaire. Un rasoir usagé traînait dedans.

Non loin, une centrale de rechargement pour radio grésillait en alimentant deux batteries apparemment vide. Le câble électrique était enterré et devait probablement serpenter jusqu’à un petit panneau solaire planqué quelque part. Le genre très souple et facilement déployable sur le terrain. Pas loin du sac à déchets, quelques boites de cartouches pour MP5, et donc du 9 mm, étaient également entamées. L’insigne sur les boîtes informait de la qualité neutralisante de la munition.

La jeune femme était encore ligotée au niveau des pieds. Ses jambes répondaient bien même si quelques douleurs plus faibles persistaient. Elle pouvait marcher cette fois ! Elle se sentait affaiblie par la soif, le corps cassé par les diverses détonations qui l’avaient malmené et secoué. Mais ça allait dans l’ensemble. Wakks lui avait laissé tout son équipement, y compris le fusil à canon scié et la gourde souillée. Il ne lui avait rien enlevé. En cherchant un moyen de couper le serflex, elle trouva un morceau de papier cloué dans la terre par son propre poignard. On y avait dessiné à la hâte sa nouvelle position vis à vis du mouvement ennemi. Et pour toute signature :

Mes amitiés à Nelly. W.

Pedge avait pris un peu le temps pour faire le point sur sa situation. Elle sentait ses jambes, vigoureuses et vaillantes. Rien que cela lui faisait plaisir. Elle ne savait pas si elle était piégée, ou si elle avait été placé ici dans l’attente d’autre chose. La présence du poignard et l’absence de garde (du moins visible) lui laissait penser qu’on lui donnait une seconde chance, et que cette seconde chance venait de Wakks en personne. Il avait probablement désobéi à un ordre direct de son supérieur en faisant mine de ne pas l’avoir attrapé.
Pedge n’était pas trop d’accord sur le principe, mais considérant les choses de son point de vue, il lui semblait légitime d’avoir une seconde chance, surtout quand on avait commencé une épreuve sur les rotules, au sens littérale du terme.
Avec un grondement sourd à cause des courbatures de ses bras, elle se palpa le buste, là où Wakks avait tiré. C’était douloureux, mais sans plus. Elle connaissait ce genre de munition, mais de voir le soldat pointer son arme et tirer, cela lui avait fait drôle.
Elle était bien sur ce duvet, elle reprenait des forces. Ses affaires précaires semblaient être là, à l’attendre. Elle allait repartir dans la course. Elle se pencha vers le poignard et elle en profita pour se délier les jambes en coupant le serflex. Elle ramena le plan à elle, constatant que Wakks comptait les points.
Finalement, elle était en plein dans un exercice militaire, et cela l’amusait plus que sa trogne renfrognée ne le laissait paraître. Elle fit le tour du trou de l’homme du Dédale. Elle se demandait encore ce qu’il foutait là, sous les ordres d’un capitaine Atlante. Mais passons, maintenant c’était un ennemi et elle devait le traiter comme tel, surtout qu’il avait été très clair sur la suite.

Elle s’étira un peu, avant de passer aux choses sérieuses. Si Wakks était son ennemi, alors elle n’avait pas à faire de sentiment, et ce, même s’il n’avait pas rempli ses obligations pour lui laisser une seconde chance. C’était de bonne guerre comme qui disait. Souvent, un personnel pouvait survivre grâce à la bonté d’un de ses ravisseurs, et c’était tant pis pour ce dernier. Elle devait capitaliser là dessus. Son premier réflexe fut de débrancher les batteries qui étaient en charge. Elle le priverait d’un moyen de communication pour la suite. D’ailleurs, avec le poignard, elle sectionna le fil électrique derrière le poste de charge. Ensuite, elle roula le duvet, et le fourra dans le sac. Elle y glissa également le nécessaire de toilette, le quart en alu qui pourrait servir d’une façon ou d’une autre. Elle était roide dans ses mouvements, encore percluse des séquelles de la paralysie de ses jambes quelque peu douloureuses, sans parler des étourdissements consécutif aux explosions en tout genre. Elle soupçonnait Wakks de ne pas l’avoir transporté très proprement jusqu’à son trou, mais elle ne lui en voulait pas plus que ça. Il avait certainement fait de son mieux.

Elle ne savait pas quoi faire des boites de munition, aussi les prit-elle dans son sac sans autre forme de procès. On ne sait jamais. Elle ne pouvait pas faire plus. La soif la tiraillait et elle n’avait rien trouvé pour boire.
Pedge étudia donc le plan plus en détail, faisant fit de la petite provocation du soldat. Le plan ne semblait pas à l’échelle, mais manifestement, les soldats se départageaient en deux groupes pour entourer le point d’eau et bombarder une section qui se dirigeait vers celui-ci. Que faire ? Elle pouvait essayer de perturber les plans des servants en se rendant sur place, mais elle était clairement attendue par Wakks. Qui plus est, elle n’avait qu’un pauvre fusil boule gomme comme arme de défense, ce qui était dérisoire face à des armes automatiques. Elle se ferait défoncer trop rapidement.
Alors que faire oui ? Essayer de rejoindre la section avant qu’elle n’atteigne le point d’eau ? Piquer une radio et essayer de la contacter ? S’en prendre aux servants d’une des deux positions en espérant que Wakks ne l’attend pas en embuscade ?

Elle soupira. Tous les choix étaient mauvais et elle n’avait pas de matos. Bon déjà, elle se décida à remonter en surface avec prudence. La sentinelle du Dédale était spécialisée dans les embuscades et elle n’était peut-être pas loin, attendant que l’aspirante ne passe le bout de son nez. Elle progressait avec prudence, surtout pour sortir du trou. Elle ne vit rien d’autre que des arbres. Une idée lui vint cependant en tête… Si Wakks avait sa planque ici, qu’en était-il des autres ? Ils devaient avoir leur planque dans un périmètre proche non ? Ils formaient une section après tout, et ils devaient pouvoir se défendre ensemble. Pedge commença à fouiller un peu les environs en cherchant les zones qui semblaient retournées, ou usitées récemment. Avec un peu de chance, elle pourrait compléter sa panoplie.



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Le capitaine Allen fût bredouille.
Wakks semblait avoir choisi un coin bien à lui en dehors des dispositions de lignes. Cela signifiait qu’il opérait en solo, il n’était pas spécifiquement rattaché aux servants de mortiers. Tout ce que Pedge gagna à fouiller le secteur proche fût de découvrir l’emplacement de ses latrines. Elle n’obtint rien d’autre que ce que le pillage de son trou de combat lui avait permis. Ne sachant pas quel heure il était ni même son orientation précise, la jeune femme dû se diriger au jugé pour atteindre son nouvel objectif. Elle voyagea dans la profondeur de cette forêt vierge semi-tropicale en étant enfin en pleine possession de ses moyens. Hormi la soif, les courbatures et les douleurs, son corps commençait à chauffer un peu et elle était moins dérangée, les muscles moins raides.

Son trajet dura deux bonnes heures.
La fusillade qu’elle avait entendu dans le lointain s’était tû depuis longtemps maintenant et elle ne percevait que ses propres bruits de pas dans la végétation. Rien d’autre pour l’instant. Elle aurait pu tenter de monter dans certains de ces arbres mais ils n’étaient pas assez hauts et dominants pour lui permettre de faire le point.

Il arrivait parfois d’entendre un bruissement dans les fourrés. Souvent même. La vie dans la forêt foisonnait et il n’était pas rare qu’un animal apeuré ne s’échappe en faisant un vacarme bien déplaisant. Parfois, cela donnait l’impression qu’un Wakks bien planqué la suivait ou qu’il fonçait soudainement dans son dos, prêt à l’emprisonner pour de bon. Mais non, ce n’était que la faune locale. Il lui suffisait de s’arrêter pour localiser l’emplacement et voir ce mouvement dans les buissons s’éloigner et disparaître de sa vue.

Peu à peu, la jeune commença à percevoir du bruit “humain”. Des éclats de voix ténus, des discussions enflammées, des bruits de percussions de marteau. Les ennemis montaient probablement les tentes sur leur nouvel emplacement et se déployaient. Cette source sonore était la bienvenue, lui indiquant une erreur de route qui aurait bien pu la faire partir au-delà du secteur d’opération. En corrigeant son axe de progression, et en faisant attention, la jeune femme progressa sur des reliefs ascendants. Forcément, les types avaient dû investir une position surélevée ou un nouveau plateau. Le bruit se faisait de plus en plus fort. De plus en plus distinct. La végétation la dissimulait très bien mais elle remarqua très rapidement des branchages coupés et des feuilles arrachées, dispersées sur le sol. Son regard peu habitué, mais néanmoins exercé, s’arrêta sur un câble qui semblait partir d’une racine et disparaître, à l’opposé, sous un petit buisson. C’était prévu pour que quelqu’un se prenne les pieds dedans.

Une vingtaine de mètres plus loin, la végétation se trouvait moins dense. Elle s’éclaircissait et permettait de discerner du mouvement. Des uniformes verts olives qui allaient d’un point à l’autre. Un éclat de voix plus fort que les autres la renseigna sur le fait qu’elle venait bel et bien d’atteindre une plateforme de tir au mortier. Le type s’égosillait, surexcité, à l’idée de bombarder les victimes de Calahan avec “la nouvelle munition”.

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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018

Pedge s’était arrêtée devant le cable tendu. Elle observait son environnement, avant de se décider à remonter le filin pour voir à quoi il était relié. D’un côté, elle tomba sur un tronc d’arbre, mais de l’autre côté, il y avait une mine claymore qui en était rattachée. Derrière ce premier obstacle, elle pouvait discerner une sente qui partait vers la position des servants qu’elle discernait. Finalement, son séjour dans la boue et dans la fange avait au moins eu le mérite de la camoufler, même si ça ne devait pas être parfait parfait.
L’idéal aurait été de désarmer le piège au cas où elle aurait à fuir dans la précipitation. Malheureusement, elle n’avait aucune compétence en la matière et elle ne se sentait pas de couper simplement le fil. Il ne fallait pas être très intelligent pour savoir que c’était la tension du fil qui faisait en sorte que la claymore ne pète pas. Si elle changeait, ça faisait boom et toute l’escouade là haut saurait qu’ils avaient de la visite. La texane devenait parano. Il y avait fort à parier que l’endroit était bien défendu. Les servants s’attendaient à en découdre, et ils étaient bien entrainés pour défendre leur position. Rien de plus normal.

Elle se demandait bien ce qu’elle foutait là et si elle était vraiment sérieuse à vouloir se rapprocher de cette position alors qu’elle était seule, avec son tir gomme de merde. Qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir faire ? Les braquer et jouer sur la peur ? Elle ne ferait pas deux secondes. Idéalement, il lui faudrait neutraliser un homme isolé et récupérer son armement, mais pour le moment, la défense semblait passive par le biais de pièges. Elle n’excluait cependant pas une présence humaine qui veille sur les copains, ce qui serait là aussi logique.

Bon, quoiqu’il en soit, elle devait collecter de l’information. Elle n’avait rien comme instruction, alors elle faisait avec ce qu’elle avait et ça irait bien. Avec une prudence toute contrôlée, elle passa par dessus le cable et le laissa dans son dos. Elle comptait bien suivre un peu la sente, ne serait-ce que pour ne pas faire plus de bruit en prenant dans les fourrés qui n’étaient pas utilisés jusqu’alors. Avec méfiance, elle avança un peu pour découvrir qu’un réseau de fils s’étiraient là. Elle ne mit pas longtemps à repérer les grenades aux plâtres. Pour le coup, ce serait peut-être plus simple à utiliser à son avantage, ne serait-ce qu’un de ces explosifs. En fait non, c’était son jour de chance. A l’examen, les fils étaient retenus par les goupilles des grenades. Le déclenchement était simple : on se prenait dans le fil, ça tirait sur la goupille et ça finissait par péter. Le seul risque résidait dans le fait que ces connards avaient pu trafiquer la grenade en raccourcissant la mèche par exemple pour qu’elle pète vraiment rapidement, plus rapidement que de convention.
Du coup, même avec son couteau, elle pouvait au moins désarmer ça et récupérer les explosifs.

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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Le capitaine aspirant pouvait espérer récupérer quatre grenades au platre de cette façon mais elle n’avait pas de gilet tactique. En face, la lisière de la forêt devenait plus accessible une fois franchi ce couloir désamorcé. Comme pour l’ancienne zone de tir, l’herbe avait été piétinée, un feu de camp discret dressé sur un coin. Et au centre, dans une cuvette creusée à même le sol, un mortier avait été installé. Trois servants assuraient la couverture en continuant de creuser, se servant de la terre pour concevoir des parapets, tandis que le chef de l’unité observait le terrain en contrebas avec ses jumelles. Une pente assez raide tombait jusqu’à une forme d’enclave rocheuse. Le ruissellement des eaux de pluie avaient formé une sorte d’oasis à cet endroit, le seul point bien accessible d’eau potable des environs. Une fois les bordures de roches franchies, quiconque s’approchait devenait une cible facile et à découvert.

Pour finir, deux militaires armés de P-90 patrouillaient lentement en cercle. L’un dans un sens horaire et l’autre en anti-horaire. Bientôt, on amena deux caisses en bois qui contenaient les obus de mortiers. A la façon dont les servants les manipulaient, ils donnaient l’air d’avoir peur de leur contenu.
Le chef d’artillerie se retourna.

« Hé ! On a le signalement. On se prépare, ils approchent ! »

Les mêmes cris enfantins et surexcités montèrent à ce moment. Tandis que les deux gardes continuaient de surveiller le dispositif, un obus était lentement déchargé pour être prêt à tirer. Le chef d’artillerie aux jumelles donna quelques coordonnées et, tandis que des cris se faisaient entendre en écho, on ordonna soudainement de changer d’angle.

« Élément isolé, il est parfait celui-là ! FEU !!! »

L’obus était étrange. Outre sa douille classique et ses ailettes commune à toutes les ogives, sa tête était transparente et chargée de paillettes de métal. Des paillettes qui semblaient animées, bouger. Le premier tir eut lieu et rata sa cible à la déception du groupe. Mais la deuxième position de mortier qui avait pris la même cible leur vola la victime.

« EN PLEIN DANS SA NOUILLE !!!! OK LES GARS, ALLEZ. ON PILONNE CES ABRUTIS, GO ! »

Et l’armée américaine, dans toute sa splendeur, débuta l’avalanche terrible que Pedge avait connu dernièrement...

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Pedge ne pouvait pas faire grand chose pour les malheureux en bas. Pour le moment, elle devait analyser la situation et agir pour essayer de neutraliser ce mortier. Elle avait récupéré quatre grenades aux plâtres qu’elle avait fourré dans le sac qu’elle avait piqué à Wakks. Techniquement, si elle les attaquait avec ça, ils étaient censés se considérer comme sorti de l’exercice. Le problème restait qu’ils ne donneraient pas leurs armes comme un cadavre.
Bon, elle avait l’effet de surprise pour elle. Les types dans le trous étaient des cibles faciles si elle pouvait lancer sa grenade dedans, l’impact les “tuerait” tous. Par contre, le plus problématique restait les trois autres dont les deux sentinelles.
Avec le vacarme qu’ils faisaient, elle aurait vraiment l’avantage de la surprise.
Et après ? Elle allait certainement se faire tailler en pièce. Aucun manuel ne disait d’attaquer une position défendue seule à la Rambo. C’était du suicide, et une belle connerie…

Non franchement, elle ne pouvait pas y aller. Elle se sentait concernée par la section qui se faisait pilloner, mais après ? Elle ne savait même pas si elle devait les traiter en allié ou en ennemi. Elle partait du principe que c’était des alliés parce que ses ennemis à elle leurs tiraient dessus. Mais si ce n’était pas le cas ? Tout était fait pour lui faire tourner les méninges à fond dans cet exercice. Elle était propulsée là sans rien savoir, et quelque chose lui disait que la première chose à faire était de collecter du renseignement avant de faire la guerres en voulant défendre la veuve et l’orphelin. La section qui se faisait attaquer était en exercice elle aussi, et elle pouvait fort bien se démerder sans un super héros. Il fallait vraiment qu’elle arrête de se comporter de la sorte à vouloir sauver tout le monde, et faire confiance un peu aux autres.

Bien, maintenant elle connaissait la position de ce mortier et sa configuration, ainsi que le nombre d’hommes qui compose la section. Elle pouvait filer. Elle avait pas mal d’information. Plus ça allait, et plus elle se disait, alors qu’elle repartait discrètement dans les buissons et sous le couvert des arbres, en prenant garde à ne pas sentir de la sente qu’elle avait emprunté à l’aller, et à faire gaffe aux pièges éventuels, elle se disait donc qu’elle était propulsée dans une guerre entre deux factions, et qu’elle payait à être au milieu. Son commandement voulait certainement qu’elle récupère des informations sur les deux factions et qu’elle rende compte en bonne stratège. On ne lui demandait plus d’être un fantassin simple, mais un fantassin qui planifie, ordonne, place ses pions, et avance. Elle devait donc collecter des informations dans le cas d’une offensive sur ces troupes.

Le dilemme était de savoir si elle allait visiter la deuxième position de mortier, ou si elle s’approchait d’une section d’infanterie. Elle devait aussi prendre en compte que Wakks oeuvrait certainement en freelance dans les environs à surveiller ses petits copains. Comme elle n’avait pas d’arme à lui opposer à part quatre grenades, ce qui n’était pas digne d’une action infiltrée, elle devait à tout prix l’éviter pour ne pas se faire sortir définitivement du jeu. La position de l’autre mortier pouvait être intéressante, mais elle devait être similaire à celle de celui là. L’avantage qu’elle aurait à aller voir était de trouver les pièges. Mais bon, elle trouvait plus intéressant d’aller voir l’infanterie maintenant.

Du coup, elle entreprit de s’éloigner discrètement en direction du prochain objectif, à savoir le triangle sur la carte de Wakks. Elle avait les yeux qui fouillait la forêt, ainsi que le sol, elle avançait avec prudence, préférant perdre du temps que de tomber dans un chausse trape ou de faire trop de bruit, même si le bombardement des mortiers la couvrait pas mal.

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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


Le dispositif était bien formé.
A peine trente mètres en contrebas, une mitrailleuse M60 vidait copieusement sa bande de cartouches sur les embusqués. C’était une tactique très basique mais qui faisait ses preuves. Il suffisait de supprimer une troupe sous une pluie de balles pour les contraindre à se coucher, et donc s’immobiliser, puis le mortier les finissaient dans les règles. En plus du tireur, deux fantassins équipés de M16 standard participaient au feu.
Les balles neutralisantes ayant le même effet que les munitions traçantes, la texane découvrit sans mal une deuxième M60 un peu plus loin avec le même effectif. C’était donc ces fameux triangles sur le plan de Wakks, une embuscade aussi ingénieuse que perfide. La section était dans de sales draps.

Des cris montaient mais la jeune femme était incapable de savoir ce qui se disait. Depuis sa cachette, elle remarqua qu’un soldat de l’escouade embusqués avait été touché. Sur le bord de la rive, il râlait à la mort, visiblement blessé comme au cours d’une guerre. Cette image lui renvoya à de nombreux souvenirs de l’Opération Normandie et des horreurs dont elle avait été témoin. Tous ces hommes et ces femmes estropiés… il avait l’air d’avoir été touché de la même façon celui-là.

Soudain, une dizaine de balles perdues éclatèrent le sol à ses pieds. La mitrailleuse ennemie qu’elle observait subissait des représailles d’une M60 depuis la rive. L’escouade “alliée” s’était disposée en ligne pour pouvoir les retenir. Au moment où elle se demandait pourquoi il s’accrochait de la sorte, elle repéra l’usage de fumigènes qui ne tardèrent pas de noyer le blessé dans un écran.


Les embusqués tentaient de récupérer cet homme.
Soudain, un bruit de branche cassée monta dans son dos. Quelque chose de si lourd avait brisé les branchages au point qu’elle l’avait perçu malgré la bataille qui se jouait entre les deux M60 de ce flanc. Il y avait une présence dans son dos… elle le sentait distinctement !

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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018

Elle n’avait pas le temps de se formaliser sur ce qu’il se passait. Elle venait de pêcher des informations supplémentaires et elle devait maintenant lever le camp. Moins de temps elle restait dans les parages, mieux cela était pour sa couverture. En plus, Wakks devait certainement roder, et la présence qu’elle ressentie dans son dos le lui confirma. Avec précaution, elle se tourna pour chercher l’origine du bruit. Elle devait vraiment se planquer. Là aussi, elle était plutôt certaine de se farcir le soldat au corps à corps, mais le problème était de justement arriver au corps à corps sans se faire plomber entre temps. Qui plus est, une lutte aussi proche du camp de tir attirerait l’attention sur eux, et donc sur elle. Elle ne pouvait pas se permettre de se faire avoir de la sorte. Elle sentait bien que Wakks l’avait remise dans la partie parce qu’il estimait que les chances n’étaient pas en sa faveur, et surtout parce qu’elle ne semblait pas avoir saisi qu’il était l’ennemi. En lui donnant des informations qu’elle avait trouvé par elle-même, elle commençait à cerner vraiment l’objectif de sa mission. Du coup, elle ne devait pas se faire chopper.

Sans parler du fait qu’une balle neutralisante faisait quand même assez mal et qu’elle ne souhaitait pas en reprendre une !

Avec minutie, elle s’éloigna du camp de tir pour essayer de prendre le large. Elle ne savait pas si stratégiquement, elle faisait bien de ne pas aller inspecter les deux autres sites, mais de toute façon, elle n’était pas certaine qu’il y eut une grande originalité. Par contre, qu’est-ce qu’elle devait faire maintenant ? A qui rendre compte ? A quoi allait lui servir ces informations récoltées ? Pour le moment, elle espionnait, et elle fuyait le type du Dédale, mais pour aller où ? De temps en temps, elle écoutait pour voir si la poursuite était toujours là. Elle essayait vraiment de garder un profil bas, tout en utilisant la végétation pour se camoufler, quitte à rester sous un buisson un moment pour être certaine qu’elle n’était pas suivie. Elle avait soif, mais rien pour boire. Il lui semblait donc évident qu’elle devrait rejoindre le point d’eau pour s’abreuver, si elle ne trouvait rien d’autre. Elle évita une branche morte sur le sol, prenant garde où elle marchait. Outre ce genre d’obstacle bruyant, avec les feuilles mortes également, Pedge redoutait de tomber comme ce fut le cas quand elle rampait pour se barrer du champ d’exercice.

N’empêche, elle se demandait vraiment ce qu’était les munitions qu’ils avaient employé pour foudroyer le type en contrebas. Il semblait souffrir le martyr et cela ne plaisait pas vraiment à la texane. Pourquoi est-ce qu’ils avaient utilisé du plâtre sur elle dans ce cas ? Est-ce qu’elle aurait du rester sur place, se camoufler et essayer d’écouter les conversations et les ordres qu’ils allaient recevoir après l’assaut contre la section en contrebas ? Sans véritable objectif, elle ne savait pas quoi foutre, et cela l’agaçait au plus haut point.

Il fallait cependant prendre une décision. Elle ne pouvait rester là en territoire ennemi sans ne rien faire. Est-ce qu’elle piégeait la zone avec les quatre malheureuses grenades qu’elle avait soustrait au niveau du mortier ? Ce n’était pas la meilleure pour faire cela bien que faire un piège aussi basique n’avait rien de bien compliqué… Avec du matos approprié cela dit, et là, elle n’avait rien sous la main pour réaliser son projet. Elle laissa donc tomber. D’ailleurs, elle se demandait si elle n’avait pas fait une connerie en prenant les explosifs au plâtre. Elle avait certainement trahi sa présence, car quand les soldats iraient vérifier, ou quand ils lèveront le camp, ils se rendraient bien compte qu’il en manque quatre, et que par conséquent, ils avaient eu de la visite…
C’était fait maintenant, inutile de se morfondre. Il fallait avancer. Il semblait évident qu’on l’avait mise là pas par hasard. En prenant le temps de réfléchir deux minutes, sous une fougères qui dégoutait son humidité sur Pedge, il y avait des similitudes entre sa position et celle de l’escouade qui s’était faite attaquer : ils semblaient vouloir rejoindre le point d’eau, signe qu’ils en avaient besoin. Le mec qui courrait seul avait peut-être craqué son slip tant la soif le tenaillait. Donc, s’ils avaient soif, et elle aussi, l’objectif était commun, et les renseignements qu’elle avait collecté pourraient servir à reprendre l’avantage. Autre point commun : les soldats aux mortiers canardaient ces types là aussi, tout comme elle, donc l’ennemi était commun entre Pedge et les assoiffés. En les rejoignant, elle pourrait peut-être être utile à ce groupe, et c’était certainement le but de l’exercice. Après tout, elle était un officier maintenant, elle devait donc faire preuve de discernement et surtout, elle devait commander une section.

Bon, il lui semblait maintenant évident qu’elle devait s’approcher de ces types. Elle pourrait collecter de l’information sur leur compte, et elle aviserait ensuite. Après tout, elle l’avait fait pour la section ici présente, alors pourquoi pas pour l’autre. Elle serait plus prudente, voilà tout. Pedge se mit donc en chemin pour descendre de la position, et contourner le plan d’eau. Elle était tentée quand même de chercher un trou dans la végétation qui pourrait lui permettre de rincer et remplir sa gourde.


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L'exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018


La fusillade continuait sans interruption.
Le déplacement de la texane ne lui permettait plus de suivre la scène. Il lui fallut quelques minutes pour atteindre un flanc de cet oasis et découvrir que les assoiffés s’étaient repliés. Ca s’agitait du coté ennemi, les tirs étaient en train de cesser. Du mouvement peu discernable indiquait qu’ils étaient sûrement en train de rendre compte et de renforcer la position. En tout cas, dans ce trou de végétation, le capitaine aspirant ne pouvait que contempler cet eau sans pouvoir y accéder. C’était bien foutu, il fallait forcément se risquer à découvert pour une malheureuse gorgée d’eau. Combien avait péri de la sorte lors de guerres précédentes sur Terre ?

La présence qu’elle sentait dans son dos n’avait pas disparu. Il arrivait parfois qu’elle se réduise mais elle restait néanmoins présente. Problème, s’être arrêté pour constater l’inaccessibilité du plan d’eau venait de l’exposer dangereusement. Il y eut un froissement, des craquements sinistres. A croire que les branches mortes qu’elle avait évité sur le chemin se trouvait piétiné par quelqu’un d’autre. Mais c’était soudainement rapide. Beaucoup trop rapide pour un homme.

Sous l’effet de la surprise, Pedge ne vit pas cet animal jaillir brutalement d’entre les taillis pour lui sauter à la gorge. Le temps d’entendre cet aboiement agressif et c’était déjà trop tard. Elle se sentit être renversée sur le flanc, l’épaule pincée dans une mâchoire acérée qui augmenta sa pression. Ce fût si douloureux qu’elle en cria. L’animal, lui, grondait fortement en secouant sa tête et en mordant de plus en plus fort.
Le pelage, les grognements, les crocs, c’était un chien de combat ou un truc comme ça qu’on venait de lâcher sur elle. Il lui suffisait de lever ses mains en défense pour qu’il s’en prenne à ses avants bras, usant de son poids pour la maintenir plaquée contre le sol. Un chien d’attaque bien dressé en somme.
Sur le moment, impossible de savoir s’il l’avait blessé. Juste qu’elle avait mal et que cette saloperie ne voulait plus la lâcher. C’était à se demander s’il allait vraiment la tuer. Parfois, ses doigts palpaient les environs sans trouver de pierres, de bâtons ou même son arme à la cartouche unique. Non, cette fois, ce n’était que de la feuille, de la terre et de maigres racines.

Pedge sentait la pression atteindre son paroxysme.
Elle se trouvait dans une situation où elle doutait véritablement. Comment pouvait-on lâcher un chien de combat sur elle, la laisser dans cette situation où la gueule quitta son avant bras pour plonger en plein centre de sa poitrine et la faire hurler de douleur. Son uniforme craquait honteusement sous les assauts frénétique du chien. Il secouait sa tête comme un dingue, à croire qu’il comptait lui arracher un sein.
Calahan allait-il aussi loin ? C’était ça le test d’un capitaine aspirant ?


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L’exilée de Calahan // Chrono 23/07/2018

Il y eut dans sa colère comme quelque chose d’étranger, de profondément malsain. Un noyau de haine à l’état pur qui semblait pouvoir se libérer et qui venait “d’ailleurs”. Elle n’avait qu’à se laisser aller, juste un petit “oui”. En son for intérieur, elle ressentait comme une aversion sans limite pour cette créature qui ne lui apporterait rien. Une vie qui ne pouvait pas lui appartenir. Et ce qui ne deviendrait pas sien, et qui vivait encore, elle savait comment le supprimer. C’était si facile. En un claquement de doigt ce serait fait.
Il n’y avait que ce petit “oui” à faire dans sa tête...et cette bestiole fermerait sa grande gueule une fois pour toute !

Elle planta bien son couteau dans le ventre de l'animal mais cela ne changea pas grand chose, surtout qu'elle ne parvint qu'à l'entailler faiblement du fait de la violence de l'attaque. D'ailleurs son couteau s'échappa de ses mains. Elle était vraiment à poil pour se défendre maintenant. Et finalement, à force de se faire secouer dans tous les sens, au prix d’une douleur folle et d’une peur animale de celui qui se fait attaquer par un prédateur sauvage, le “oui” l’emporta et les barrières cédèrent. Sans réellement s’en rendre compte, la texane chercha la zone molle située sur le ventre de la créature, là où elle avait frappé de son couteau, à la jonction de ses côtes, au niveau de son ventre mou. Les doigts tendus, elle perça le derme de l’animal qui ne relachait pas sa pression sur sa poitrine. Il mordait une zone proéminente, et même si Pedge n’avait pas de gros seins, la prise était sensible.
Son bras s’enfonça dans le bide du loup, du chien, elle ne savait pas trop. Elle sentait le sang chaud qui entourait sa main et les différents organes de l’animal qui s’écartaient sur le passage de sa main.
Cette fois, il relacha sa proie, et il chercha à se tirer. Il sentait la fin venir, une fin sale et douloureuse. Déjà, il gueulait à son tour en de longs jappements qui auraient fendu le coeur de n’importe qui. Mais pas de Pedge en cet instant présent. Elle attrapa ce coeur chaud. Il battait quand ses doigts se refermèrent dessus. Maintenant, et bien maintenant, il se débattait pour pulser alors que la texane le maintenait simplement pour l’empêcher. Elle ne comptait pas lui broyer simplement pour le tuer, non, elle provoquait un infarctus artificiel.
L’animal avait cessé de crier. Il était certainement évanouie à cause de la douleur ou de la perte de sang, mais son coeur battait toujours. Jusqu’à ce qu’enfin il s’arrête.
Dans un grondement mauvais, Pedge libéra sa main de la chaleur du corps de l’animal, et elle le repoussa sur le côté. Elle était pleine de sang, et son corps reprenait des sensations normales. La douleur était belle et bien présente, surtout sur son sein droit qui avait salement dégusté.

Elle se posa quelques secondes contre un tronc d’arbre, reprenant son souffle. Elle ne réalisait pas qu’elle venait de se comporter comme son pire ennemi. Elle avait agit tellement naturellement que cela lui semblait parfaitement normal. C’était elle qui avait pris la décision de transpercer un corps, personne d’autre. Et pourtant, pourtant, elle sentait qu’elle avait répondu à un instinct primaire, non pas celui de la survie, un instinct de prédateur surpuissant qui l’avait contrainte à adopter cette stratégie. Elle s’en foutait pour le moment, elle était en vie, c’était tout ce qui comptait.

Avait-on vraiment lâché ce molosse sur elle ? Ou bien était-ce un animal errant ? Pedge se posait sincèrement la question. Ce qui l’étonnait le plus, c’était qu’elle n’était pas plus blessée que cela. En effet, elle ne saignait pas vraiment. Il n’y avait pas de trace de crocs profonds, ni de morsure comme un chien en ferait. Il s’était contenté de la secouer comme un chiffon, ce qui était déjà pas mal d’un point de vue de la douleur. Elle se palpa le sein. Il était douloureux, comme son bras d’ailleurs. Son bras était plein de sang, et elle allait devoir faire avec maintenant, puisqu’elle ne pouvait pas accéder à l’eau. Quelle plaie…

Pedge hésitait à récupérer des morceaux de viande sur l’animal, mais comment la conserver sans la consommer tout de suite ? Elle n’avait rien sur elle pour cela. Elle préféra laisser tomber cette idée. Péniblement, elle se releva. Sa vision chancela un peu, avant de se rétablir. Cette bestiole l’avait bien secouée. Il fallait qu’elle bouge, car elle se souvenait avoir hurlé. L’animal avait fait beaucoup de bruit lui aussi, et si quelqu’un était en train de la chercher, elle allait avoir des problèmes. Surtout quelqu’un comme Wakks. En tout cas, elle allait être plus attentive à la faune locale, car pour le coup, elle ne s’attendait pas à subir ce genre d’attaque, pensant que la seule menace dans le coin venait des hommes.

Un sifflement particulier monta à travers les bois. Quelqu’un tentait manifestement de rappeler un chien de combat qui ne reviendrait pas.
Il fallait se bouger !

END 14/11/2018

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