Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis


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√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Mer 19 Déc - 18:47

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Steven Caldwell
Soldat Clive



Service difficile aujourd’hui.
La cité réserve toujours des surprises, même pour le bidasse le plus en bas de l’échelle. Le soldat est comme un outil, il sert à une fonction précise. En l’employant pour un usage inadéquat, il s’use plus rapidement, de façon précoce...puis il brise.

Darren Clive venait de passer la porte de son dortoir. Il aurait bien voulu la claquer, rien que pour passer sa frustration du moment, mais ce n’était pas conçu comme ça. Ces Anciens, qu’ils étaient mous d’avoir conçu des ouvertures automatiques. Avec ce bruit particulier, électroniquement joyeux, elles se refermaient dans son dos.
Comme à chaque fois, il aimait bien traîner son regard et observer les lieux. Cet endroit ressemblait à s’y méprendre à une colocation. Une pièce principale assez grande pour le lieux de vie, une salle d’eau, des toilettes, puis quatre portes menant aux chambres personnelles. Dans cet immeuble éloigné de la tour centrale, tous les accès menaient à cette même configuration. C’était devenu un cantonnement militaire avec le temps.

Dans le coin, un peu au fond, il y avait ce vieux divan de fortune fabriqué par des Athosiens avec une peau de bête usée et rapiécée. Max était toujours assis à la même place. On considérait que plus personne ne pouvait s’y installer tant il avait fait le cuir à l’image de son derrière. Bien trop concentré sur son jeu vidéo (de la guerre, que c’est étonnant !), le type râlait et jurait sans se rendre compte de sa présence.

Le vacarme assourdissant d’une musique de métal ne provenait pas de l’écran mais de la chambre d’April. C’était si fort que ça filtrait depuis les portes coupes feu pour envahir la salle commune.

« Depuis longtemps ? » Demanda Clive avec un fin sourire.
« Ce matin. »

Clive ricana.
Le mur transmettait par écho les vibrations d’une partie de galipettes visiblement très passionné. April se conduisait comme un mec question relation, elle leur foutait la honte en terme de tableau de chasse. La musique, ce n’était plus vraiment pour cacher le boucan, plutôt comme la signature interdisant aux garçons de ne pas déranger.
Le soldat Clive secoua négativement la tête en approchant. Il enjamba les cannes tendues de son colocataire sur la table basse et s’empara d’un verre qui traînait sur une table. Il avait l’air d’avoir servi, raison pour laquelle il renifla dedans et valida son utilité par l’absence d’odeur nauséabonde. Il ouvrit le frigo.

« Tu devais pas faire ton service ? »
« Changement d’affectation. Je vadrouille cette nuit. Au moins j’aurai pas April dans les oreilles. »
« Je sais pas à quoi elle carbure mais j’aimerai la même chose. » Gromela Clive en secouant une brique de jus de fruit complètement vide. Il se rattrapa sur un fond de soda trop éventé pour avoir une bonne saveur.
« Et toi ? Journée cool ? »
« Comme d’hab. Un connard à supporter pendant des heures, une tarlouze qui fait son keuk en menaçant une réfugiée. Et cerise sur le gâteau, c’est elle qu’on a foutu en taule. »
« Elle est bonne ? »

Le soldat voulu l’assassiner du regard mais c’était peine perdue. Max, cet éternel adolescent, ne s’était même pas arrêté dans son jeu. Il était capable de faire deux choses à la fois, une vrai gonzesse. Clive passait autant de bons moments que de sacrés enguelades avec lui. Mais ça finissait toujours bien. Mine de rien, malgré les différences, ils formaient une sacrée équipe de bras cassée en comprenant April et Jim.
« Ouais, pas mal. » Abdiqua Clive.
« Ben va la sauver. Elle te sera peut-être reconnaissante. » Nuança-t-il, bien tendancieux.
« Le Grand Vizir m’est passé devant. A la blague en mode beau cul et noeud pap...comme d’hab quoi. »

Cette fois, Max ricana en adressant un regard provocant à son attention. Il savait qu’il n’appréciait pas trop l’Anglais du CODIR. Un pur jugement basé sur des impressions et le fait que sa gueule ne lui revenait pas. Clive tourna les talons et alla regarder ses notifications, ses mails, ce genre de chose coutumière qu’il aimait. Soudain, le mur trembla un peu plus fort et, malgré la musique qui entonnait l’air de Doom, les deux garçons se retournèrent en entendant un meuble se briser.

« Elle est en forme... »
« Dire que les gris ont pas le droit...putain, ça me débecte. »
« Va te venger sur une toubib. Les infirmières, c’est ouverture garantie. »
« Je préfère les administratives perso. » Envoya Max en reprenant sa partie après le “Game Over” que lui avait coûté la diversion April.

Clive aimait sans vraiment aimer ces allusions crues et bas de ceinture.
Mais c’était l’armée, le monde des bidasses de base. Du moins, c’était le cas pour la section de coloc dans laquelle Clive se trouvait. Ce n’était pas la première fois qu’il se surprenait à vouloir vivre une journée un peu plus intellectuelle même s’il ne supporterait pas la suffisance façon Lays. Ou bien le charisme surjoué d’Hoffman.
Bon, il en rajoutait, c’est vrai. Le mec savait jouer avec ce qu’il avait dans sa besace. N’empêche qu’il ne voudrait pas entrer dans son corps pendant une journée. Ou bien il lui apprendrait à se lâcher la bride autrement que par son humour de Monsieur Intouchable. Baaaaah !

En s’étant monté la tête tout seul, Clive décida de sortir sur le balcon pour prendre l’air...et accessoirement réduire son écoute forcée des performances impressionnantes d’April. La vue, ça lui avait toujours plu. Franchement, se dire qu’il habitait une cité de dix milles ans qui avait dormi sous la flotte. Que les mômes en entendaient parler sous forme de mythe, et le commun des mortels sur des films de super-héros : c’était quand même dingue.

Clive se remerciait comme il remerciait sa bonne étoile, la “mère destin”, comme il se le disait. D’ailleurs, il arrêta son regard sur un forme en contrebas qui s’était approché d’un tas d’oiseaux de berges. La cité leur apparaissait comme une île et la faune volante y faisait régulièrement escale. Clive se souvenait d’un concours stupide entre Max et Jim qui en avait flingué quelques uns pour en faire un barbecue. Ce que les naturalistes avaient pu gueuler cette fois là...les gars étaient passés à deux doigts de la correctionnelle…

Mais cette gonzesse avait une tenue bizarre. Et elle semblait étrangement familière.
Du genre curieux, le soldat s’attarda sur cette silhouette en se demandant ce qu’elle était en train de faire. Elle ne nourrissait pas les piafs et...et...attends...les piafs allaient vers elle ? Mais c’est quoi ce délire ?!?
Clive percuta rapidement. La gueule de la tenue, cette façon de se tenir et de bouger. C’était la VIP qu’il avait escorté et foutue en taule quelques heures avant. Clive avait repris sa patrouille classique et avait fini son quart sous les remontrances de son chef de secteur. Alors il l’avait carrément zappé.
Elle était libre ? Sans escorte ?

« OHHHH LA PRINCESSE !!! HEEEEEEE !!! »

Merde, elle ne devait pas l’entendre.
Clive fît un brusque demi-tour et ne prit pas garde aux jambes de son coloc. Un bel obstacle qui manqua de l’envoyer valser. L’homme se rattrapa in extremis, sous les râleries du type qui se voyait puni d’un nouveau “Game Over” puis Clive lui fila son verre en s’excusant.
« QUOI PUTAIN ?!? » Gueula Jim !
« J’ai une bonnasse à aller sauver. »

Max ne fit pas le lien. Il haussa simplement des épaules en portant le verre à ses lèvres et prenant une gorgée d’un soda qui n’en portait plus que le nom. Toujours impassible.
Darren Clive cavala dans les couloirs comme un fou furieux. Il voulait rejoindre la VIP avant qu’elle ne prenne le large. Il lui suffisait de quitter la digue pour l’un des bâtiments et il pouvait l’oublier. Un vrai Dédale dans le coin, on s’y perdait en un rien de temps.

Le soldat avait même zappé de remettre les boutons de sa veste. Il en sentait à peine la fraîcheur de la brise marine alors qu’il s’approchait rapidement de sa position en essayant de travailler à la volée une phrase d’accroche. Le “salut” classique ? Non…
“Hey, ça roule” ?....Nan, merde !!!
Heu…
Heu…
“On se s’rait pas croisé quelque part déjà ?”...Minable...minable mec…

Darren lui arrivait dans le dos. Il avait décidé de faire une blague stupide, s’apprêtant à lui demander si elle nourrissait les pigeons par la pensée, mais il fut aussitôt surpris par la surface glissante sur laquelle il venait de poser les rangers.
Et oui...qui dit faune volante dit aussi déjection au sol. Et avec l’eau, c’était une foutue patinoire qui lui fit glisser les semelles comme sur une plaque de verglas.

« MERDE !!!! » S’écria Clive en battant des bras.

Un film comique le truc. Il dansait littéralement sur ses pieds. Dès que l’un était chassé par l’élan de la glissade, l’autre revenait prendre un appui qui rippait aussitôt. Le manège dura dix longues secondes d’une prestation particulièrement malaisante jusqu’à ce qu’il se stabilise enfin et s’immobilise comme un illusionniste.
Le regard écarquillé, il restait là, fixant ses semelles, n’en croyant pas d’être resté debout. Un sourire victorieux naquit sur son visage et il fixa la réfugiée qu’il escortait quelques heures plus tôt avec un air de triomphe.

« T’as vu cette maîtrise de... »

ET BAM !!!! Dernière glissade qui l’envoya sur le cul.
Karma ou pas, ça y est, il l’avait pris sa taule. Surtout en colère contre lui-même, il fixa de nouveau la jeune femme et s’écria :

« Hé !!! J’parie que c’est vous avec votre pouvoir ! Viser les pieds, c’est tellement bas ! »

C’était une blague. Pas mieux comme accroche mais, au moins, il y avait de l’originalité. Il comptait lui tendre la main pour obtenir de l’aide. Pour le charisme façon Hoffman, on y repassera…

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√ Arrivée le : 23/07/2018
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le Mer 19 Déc - 18:56

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Emilia Zeïn’ Eidolas
Emilia Zeïn'Eidolas



Que d’émotions en ce jour ! Décidément, c’était l’ascenseur émotionnel en permanence en ce moment… Elle avait cru sa dernière heure venue lorsque ce wraith lui avait collé une droite et en fait… non. Puis elle s’était inquiétée de se réveiller chez un peuple inconnu avant de comprendre qu’elle était en sécurité jusqu’à ce que Lays l’attaque et qu’on la foute en prison parce qu’elle en avait un peu trop révélé sur elle-même. Emilia avait l’habitude, c’était toujours tout ou rien quand quelqu’un se confrontait à son pouvoir mais elle était relativement protégée en Gaëllie où les gens comme elle étaient vénérés. Au pire, ceux qui ne partageaient pas la religion d’Etat lui fichaient la paix.

En même temps, il était difficile de s’attaquer à elle quand elle était entourée de gros bras pour la protéger. C’était surement pour ça que l’assassin avait attendu qu’elle quitte Orzan pour l’attaquer dans sa petite cabane de fortune… son expédition était perdue au milieu de nulle part, les gardes peu nombreux… mais elle l’avait senti venir. C’était la première fois qu’elle ressentait quelque chose dans son sommeil. Le sentiment de danger l’avait réveillée et c’était grâce à ça qu’elle avait survécut à l’assassin, autrement il l’aurait égorgée dans son lit. Son pouvoir était-il en train de grandir ou attribuait-elle à son empathie quelque chose qui n’avait pas lieu d’être ? Peut-être qu’elle avait juste entendu le garde se battre devant sa porte, que c’était ça qui l’avait sorti du sommeil. Difficile à dire… Cet assassin était la raison pour laquelle elle avait tant tardé à rentrer et qu’elle hésitait encore à franchir la Porte. Si celui-ci ne lui ferait plus jamais de mal, la princesse savait que d’autres viendraient. L’organisation dont il faisait parti était réputée pour être tenace.

La jeune femme posa la main sur sa joue. Elle portait encore la trace du coup du wraith qui l’avait envoyé au tapis. En temps normal elle l’aurait senti venir de loin mais pas cette fois, il l’avait prise par surprise. De même, le bleu aurait dû s’effacer rapidement… plus rapidement que ça en tout cas. La privation de nourriture et de sommeil l’avait affaibli et affecté ses capacités. Les quelques jours passés ici n’avaient pas suffi pour récupérer, elle se sentait faible et fatiguée. Moins qu’à son arrivée cela dit, son organisme se remettait doucement du traumatisme. Elle espérait que son esprit en ferait rapidement autant, elle en avait assez de voir des wraiths à chaque fois qu’elle fermait les yeux.

Emilia s’étira en souriant. Cela faisait un bien fou de se retrouver en plein air, loin des soldats ! Et dire que c’était la première fois qu’elle mettait les pieds ici ! Un grand espace en extérieur où marcher, que du bonheur ! Bon, certes, elle aurait préféré mille fois se retrouver au milieu des arbres mais on ne pouvait pas tout avoir et elle ne risquait pas de remettre les pieds au jardin botanique avant un bon moment vu ce qui lui était arrivé plus tôt dans la journée. Un battement d’ailes attira soudain son attention et elle avisa un oiseau qui s’était posé une dizaine de mètres plus loin. Son sourire s’élargit et elle sentit la connexion s’opérer rapidement. Ca avait toujours été plus facile avec les animaux, leurs envies étaient tellement simples par rapport à celles des humains ! Les liens étaient moins agressifs pour elle, plus discrets, elle ne se sentait pas attaquée par leurs émotions. La blondinette avait remarqué que les liens étaient plus ou moins forts selon les animaux… elle pouvait capter très facilement les mammifères, un peu moins les oiseaux, pratiquement pas les poissons, quant aux insectes et végétaux, c’était le silence radio.
Relativement détendue par le calme des lieux et la présence de ce visiteur inattendue, la jeune femme se pencha et tandis doucement la main.

- Salut toi… lança-t-elle tranquillement. tu t’es échappé du jardin botanique ou tu es un résident local ?

La belle poursuivit la « discussion » un moment avec l’oiseau, prenant plaisir à lui parler même si c’était à sens unique, et la créature se rapprocha peu à peu. La connexion était toujours là, forte, l’animal ne ressentait aucun stress et voleta pour venir se poser sur son bras. La princesse sourit fièrement, elle n’avait pas perdue la main avec les bêtes ! Certaines mauvaises langues prétendaient que son don d’empathie y était pour quelque chose, qu’elle arrivait à apaiser les animaux. Elle n’y croyait pas, elle n’avait pas ce genre de pouvoir.

D’autres oiseaux s’étaient posés non loin d’elle, elle regretta de ne pas avoir de nourriture à leur donner. D’ailleurs, elle commençait à avoir faim elle aussi… mais c’était habituel. Il fallait dire que son organisme était très exigent en terme de nourriture, il brulait les calories… et vite.
Tout à coup, des mots hurlés raisonnèrent, la faisant sursauter. Le lien se brisa net, les oiseaux s’envolèrent, effrayés. Bons dieux, une fois de plus son pouvoir lui jouait des tours ! Elle n’avait pas senti venir ce type, pourtant l’attention de ce dernier était focalisé sur elle puisqu’il avait crié son titre. Se retournant, elle eut tout juste le temps d’aviser une silhouette perchée sur un balcon avant que cette dernière ne rentre précipitamment. Dire qu’elle s’était isolée ici pour fuir la curiosité des atlantes… à qui avait-elle affaire cette fois ? La blondinette hésita à quitter la digue et à aller se cacher dans la cité pour esquiver l’opportun avant de renoncer… elle avait suffisamment couru ces trois derniers cycles, elle était fatiguée de fuir. Elle pouvait bien gérer une personne pourvu que cette dernière ne soit pas comme Naalem…

Emilia reporta son regard sur l’horizon, puis, quelques minutes plus tard, sentit une nouvelle connexion s’établir. Cette fois elle avait sentit l’homme approcher. Se tournant pour étudier le nouvel arrivant, elle assista à sa démonstration d’équilibre avec des yeux ronds. Il s’agissait du soldat ! Quel était son nom déjà ? David ? Damien ? Non… Daren ! Daren… Clive, oui c’était ça ! Et bien… le fameux Daren s’étala sur les fesses de manière magistrale. Wow… c’était un spectacle… un peu triste. Le soldat tenta de dissimuler sa gêne en faisant de l’humour, il l’accusait de l’avoir poussé. Elle sut qu’il n’était pas sérieux, il était plus détendu… peut-être un peu trop détendu d’ailleurs. C’était quoi cette tenue ?

- Oh, non…

Daren sentit une force le pousser vers le sol et il se retrouva allongé par terre. La pression disparue aussitôt, ça n’avait pas été agressif mais trop rapide pour pouvoir le voir venir. La belle se rapprocha et s’arrêta au-dessus de lui. Elle baissa les yeux pour le regarder.

- Ca c’était moi, dit-elle avec un sourire moqueur.


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le Mer 19 Déc - 22:56

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Steven Caldwell
Soldat Daren Clive



Ce sourire le fit sourire.
Contagion mimétique, ouais. Sur le moment, il eut l’envie de la faire tomber pour ramener le statu quo. Princesse avait peut-être un pouvoir mais lui savait se battre et faire le petit croche-patte qui passe bien. Mais à vrai dire, il trouvait ça un peu trop vil et s’attardait une main sur sa veste, remarquant qu’elle était entrouverte.
La pression qu’il avait senti était vraiment bizarre. C’était comme si on lui avait posé une couverture d’air et qu’une pression avait pesé progressivement. Comme lorsque l’on porte un sac, un truc, et qu’on le serre bien fort contre soi pour qu’il ne tombe pas.
Bon, du coup, le croche-patte ne serait pas pour maintenant.

« O...kay... » fit-il doucement. « Je serais tenté de demander jusqu'où va ton pouvoir mais j’ai pas envie d’aller me baigner... »

Le tutoiement était gratuit, fourni avec le forfait glissade et spectacle d’équilibriste.
Darren se redressa et tenta de se relever en faisant attention à ses appuis. Il arqua un sourcil en se demandant soudainement pourquoi, Madame la Princesse, elle, n’était pas tombée ?!?

Emilia arqua un sourcil. C’était une manie ici de tutoyer les gens ? D’abord Naalem et puis lui. Il l’avait pourtant vouvoyé jusqu’à présent et puis là, tout à coup…

- Alors ne demandez pas, répondit-elle simplement.

Captait-elle un brin de jalousie ? Ou… de la frustration ? Pourquoi, qu’avait-elle bien pu faire ?

« Quelle bavarde ! » Commenta Clive en rigolant.
Il obtint un haussement d’épaules en guise de réponse.
« Je suis venu pour dire que j’étais navré. Pour ce traitement, c’était pas cool. Mais c’est le boulot, le protocole et tout. J’espère que vous...tu...vous. Enfin...que ça a pas été pris mal quoi. »
Ce n’était qu’un quart de vérité à vrai dire. Loin d’être la raison majeure de sa venue.

- Je ne dirai pas que j’ai apprécié l’expérience… mais je n’en veux pas aux exécutants. Apparemment les atlantes ne sont pas vraiment coutumiers de ce genre de phénomènes alors je comprends.
« Le coup de la botte était sensass, j’avoue ! » Répondit-il sincèrement.
Il eut un blanc sur le moment avant d’ajouter.
« Ca doit être génial de pouvoir bouger des trucs à la pensée non ? Dis...tu as déjà joué avec non ? Forcément ! »


Emilia Zeïn'Eidolas


Un coup « tu », un coup « vous »… le soldat ne savait pas sur quel pied danser avec elle. Ca collait bien cette excitation enfantine qu’elle captait au plus profond de lui et qu’il faisait alterner avec son côté méfiant et grave. L’homme et le gosse se disputaient sérieusement chez Daren, ça devait pas être simple dans sa tête.

- C’est pratique oui mais… comment ça jouer ?
« Jouer... » Ajouta-t-il, un peu décontenancé par la possibilité qu’elle ne sache pas de quoi il parlait. « S’amuser...faire le couillon...se marrer. Se poiler, trouver des conneries à faire et qui font rire... »
Il la sonda du regard, espérant qu’elle comprenne un peu plus ce qu’il sous-entendait.

- C’est bon j’ai compris, pas la peine de me donner tous les synonymes du mot « jouer », répondit-elle avec un léger rire. Évidemment qu’il m’arrive de m’amuser, je me demandais juste ce que vous aviez en tête.
« D’explorer les utilités les moins utiles de ton pouvoir ! » Lâcha-t-il d’une traite.
- Comme faire voler des bottes pour amuser les militaires ? répondit-elle du tac-o-tac.
« Mais carrément ! »
Il regarda autour de lui, comme s’il vérifiait que personne ne l’entendrait puis il s’approcha d’un air de confidence.
« On pourrait tester des tas de trucs marrant. D’abord le baseball. Puis le golf. Et ensuite le jeu du bibendum ! »

- Je ne sais pas de quoi il s’agit…

Il haussa les épaules. Il lui proposa avec un vif intérêt :
« Entre nous, t’as passé toute la durée de ma mission d’escorte à regarder de la verdure et de la plante. Si t’es fatiguée de ça, je te montre autre chose ! »

Emilia le regarda avec des yeux ronds.

- Fatiguée d’être dans la nature ? C’est possible ça ? J’étouffe dans votre cité, c’est pour ça que je vais au jardin botanique.
Ce fût au tour de Daren de la regarder avec des yeux ronds.
« T’es en train de me dire que tu pourrais passer tes journées à mater les brindilles d’herbe ?!? Et sans te lasser ??? »
- Bien sûr que non, comme si j’avais le temps de faire une chose pareille… j’ai juste besoin d’être entourée de plantes, c’est psychologique. Ou plutôt culturel. Bref… tout ça pour me proposer quelque chose donc ?


Soldat Daren Clive



« Ouais !!! Là où je t’emmène, c’est zéro plante, cent pour cent ferraille. Mais de la culture à en faire une overdose ! On va s’amuser avec ton pouvoir, je te fais rencontrer des gens et puis on mange ! Je te propose ce plan là vu que le Grand Vizir t’a laissé libre. Tu es partante ?!? »
Il avait posé la question avec une fébrilité presque enfantine. Les yeux grands ouverts, son esprit turbinait à fond sur les multiples usages dérivés de son pouvoir. Et pas uniquement pour sa trombine. Le but était qu’elle s’éclate également de son coté. Car elle avait déjà montré qu’elle avait de l’humour et qu’elle n’avait pas peur de faire voler les chaussures quand on lui demandait.
« Alors ? » Ajouta-t-il comme un gosse.

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√ Arrivée le : 23/07/2018
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le Mer 19 Déc - 23:00

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Emilia Zeïn’ Eidolas
Emilia Zeïn'Eidolas


- Le grand vizir… s’amuser avec mon pouvoir.

Un sourire naquit sur les lèvres de la blonde et s’agrandit jusqu’à se transformer en rire.

- C’est bien la première qu’on me la fait celle-là !

Le pouvoir était sacré en Gaëllie, les gens le considéraient avec respect, personne en dehors de ses proches n’avaient jamais osé lui faire une pareille proposition qui aurait pu être considéré comme de l’irrespect. Mais sortant de la bouche de cet homme qu’elle connaissait à peine et qui la traitait comme une bonne copine c’était juste… surréaliste. Elle le considéra un moment, l’observant avec curiosité.

- J’ai connu un homme prêt à tuer et me voilà maintenant en présence d’un petit garçon… combien de personnalités se cachent là-dedans ? demanda t-elle en le regardant, partagée entre amusement et perplexité.


Soldat Clive


« J’ai connu une réfugiée coincée et maniérée. Et j’essaie de connaître la petite fille ! Combien d’autres personnalités chez toi aussi ? »
Il souriait, taquin, avant de répondre avec beaucoup plus de sérieux.
« J’adore ce boulot. Et ça m’empêche pas de me marrer de temps en temps tu sais. Là, je ne suis plus au travail, je ne serais pas puni en t’invitant à partager. » Fit-il avec sympathie. « Comme ça tu pourras voir “combien d’autres personnalités se cachent là-dedans”. Moi, je te force pas... »

- Une réfugiée coincée…

Emilia secoua la tête sans trop savoir si elle devait rire ou être vexée.

- Tu ne sais vraiment pas qui je suis hein ?

Heureusement qu’elle n’était pas du genre susceptible parce qu’il n’y allait pas en douceur… elle avait finit par adopter le tutoiement elle aussi, pour se mettre au diapason.

- Bon… quel est ce lieu où tu souhaites m'emmener ? Et a qui veux tu me présenter ?
« Au gymnase. Je vais te présenter un outil super sympa qui s’appelle la batte de baseball. Bon...par contre...j’sens qu’on va devoir s’amuser dehors ! »
Il fît un signe de victoire en se retournant, bien content d’avoir convaincu la protégée devenue invitée, jusqu’à ce que sa dernière intervention le taraude. Il se voyait mal lui dire “au fait, t’es qui ?”. Donc il se posa longuement la question pour amener le sujet avant de lui tendre la main.
« J’l’ai déjà dit mais c’est mieux comme ça : Daren Clive. Je suis militaire sur la cité. Et toi ? »

- Emilia Alyssiara Zeïn Eidolas, princesse gaëllienne, première prétendante au trône d’Arcadie, Être d’Exception et guide spirituel des Gaëlliens. Scientifique, gestionnaire et diplomate à mes heures perdues… je passe les détails ou nous risquons d’en avoir pour un moment.

Ses yeux glissèrent sur le torse-nue de son interlocuteur et un nouveau sourire amusé se dessina sur ses lèvres alors qu’elle le sentait se décomposer.

- Intéressante cette tenue.

Ca se voyait qu’elle lui en bouchait un coin non ?
On allait déjà commencer par fermer la bouche, c’était un minimum. Puis travailler sur ce regard de veau perdu dans le vague en comprenant que le “Princesse” qu’il avait entendu à la fin de la surveillance n’était pas une blague. Voilà...bon...heu...ils avaient vraiment foutu une princesse machin extraterrestre en taule ?!?
Alors ça...ça...c’était une première. Surtout une princesse qui faisait voler les bottes et se baladait tranquille pour peser les piafs sur son bras.

Daren était bouche bée, si bien qu’il peinait vraiment à intégrer la suite de la présentation et qu’il buguait même sur l’allusion de son interlocutrice. Il suivit son regard jusqu’à sa tenue et il se rappela qu’il n’avait jamais reboutonné sa veste.
« Oh...euh... »
Il s’évertua à corriger cette tenue, manquant un bouton au passage qui décala tout le reste de son vêtement. Il se promit de régler la question plus tard, en feignant d’aller aux toilettes par exemple, puis se racla la gorge.
Vite, trouver quelque chose. Des excuses ? Non, trop tard. Et puis ça changerait strictement rien. Il n’allait pas faire des courbettes. Mais princesse de machin, quand même, ça jetait patate…
« Ben...Emi...t’as pas l’air de t’amuser souvent. » Constata-t-il de manière aussi familière que naturelle. « Mes respects hein...mais...tu viens quand même t’amuser, ok ? »


Emilia Zeïn'Eidolas



Encore et toujours ce même discours sur le jeu. Emilia se demanda si elle ne l’avait pas fait buguer avec sa présentation, il était clair qu’il était… décontenancé ? Non, le mot était faible. Il ne savait plus quoi dire, elle le sentait perdu. Apparemment, il ne savait vraiment pas qui elle était avant qu’elle se présente mais au lieu de rectifier le tir et prendre du recul il continuait son manège. « Emy »… seule sa famille la surnommait comme ça. Il réalisait à quel point il lui manquait de respect ? Mais… le soldat lui faisait presque de la peine.

- Ok pour le tutoiement mais doucement sur les surnoms… Bon, puisque je ne sais visiblement pas m’amuser sans toi, montre moi donc ce gymnase, dit-elle mi figue-mi raisin.
« D’accord. Comment je dois t’appeler alors ? » Demanda-t-il sans se braquer. Il prenait la route pour l’inviter à le suivre, marchant côte à côte, en se disant qu’il était peut-être invasif. Mais ce n’était que le début, le temps de jauger, et il saurait où se trouve les limites.
- Emilia zeïn… ça me semble bien pour un début.
Le prénom et la particule de noblesse associé… elle écartait d’office les titres du genre “madame” ou “votre altesse”, à l’évidence le soldat ne semblait pas tourner sur ce registre de politesse.

« Et bien, Emilia Zen, enchanté de vous rencontrer. S’il y a un truc qui vous plait pas, faut pas hésiter à le dire. On fonctionne comme ça ici... » Déclara posément Clive en ouvrant les bras, comme s’il montrait “les gars de base”.

Emilia acquiesça, néanmoins peu convaincue. Clive n’avait pas l’air d’être le genre de personne à adapter son comportement, il lui donnait plus l’impression d’être une belle tête brûlée impulsive. Cependant, elle l’avait vu en posture de soldat, sérieux, respectueux de la hiérarchie. Tous les atlantes étaient ils fait dans le même moule ou Daren était il une exception ? Devait-elle voir en son enthousiasme à son égard une réelle envie de son côté de se lier avec elle ? Qu’avait-elle bien pu faire pour susciter son intérêt ? La démonstration de son pouvoir, probablement, avait dû l’attirer comme un insecte avec la lumière. Quant à savoir si ledit intérêt se limitait à son pouvoir ou s’il était réellement désireux de faire connaissance avec la femme qui se cachait derrière, seul le temps le lui dirait.

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le Mer 19 Déc - 23:31

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Steven Caldwell
Soldat Daren Clive



Il déambula longuement en direction du fameux gymnase, saluant parfois quelques connaissances au voyage. Le silence devenant un peu pesant selon lui, il s’éclaircit la gorge pour se lancer dans un petit monologue, comme un guide. Après tout, elle était là aussi pour visiter un peu, voir comment ils vivaient, les pontes seraient pas mécontents s’il lui dressait un tableau juste de leurs habitudes non ?
« Cette cité avait besoin d’un bon coup de neuf mais on a su en faire un sacré petit nid. Ici, on a vraiment tout pour s’éclater. Pardon, je veux dire, pour “bien vivre”. On est comme une famille bien soudée... »
- Combien de temps a-t-elle été délaissée par les Sages ? … les lantiens. se reprit-elle. Elle profitait de la petite promenade pour jeter des regards curieux autour d’elle, ces zones ne lui étant pas accessibles avant aujourd’hui.
« T’as quel âge ?... » Demanda-t-il en laissant paraître un rapport obscur.
Emilia fit un rapide calcule en prenant en compte le système de temps des terriens qu’on lui avait détaillé.
- 31 ans.
« Alors... » fit-il songeur. Bien moins doué pour les calculs, il usa de ses doigts. « Trois...je retiens...je reprends... »
Un petit sourire triomphant ponctua la réponse. Il ne savait pas vraiment si l’information devait rester secrète. Il retenait simplement que la VIP avait été laissé libre malgré son pouvoir. Alors quelques infos historiques...
« Ils ont laissé la cité dormir trois cent vingt fois ton âge...à peu de choses près. »
- Presque dix-mille ans ?! C’est incroyable ! Répondit la belle, bouche bée.
« Dix milles ans dans l’océan. La cité est abîmée mais elle reste un vrai bijou. C’est incroyable, comme tu dis, je ne la quitterai jamais ! »
- Elle était immergée ?
« A plus de trois cent mètres de profondeur. J’en ai parlé une fois avec un mec qui a vu ça. Il me disait que c’était comme être dans un aquarium gigantesque. Depuis les baies vitrées, il voyait les poissons nager autour. »
- Ca devait être magique ! Mais les besoins en énergie pour maintenir les boucliers devaient être considérables...
« C’est toi la tête. » Rappela Clive.

Il était plutôt surpris que la princesse en sache autant, sur le fait qu’Atlantis était équipé de boucliers. Sans vraiment que ce soit de la méfiance, il trouvait qu’elle ferait mieux d’en discuter avec des scientifiques, des ingénieurs, plutôt qu’un bidasse qui risquait fort de lui raconter des conneries.

« Ca n’a pas sauvé les Lantiens. Mais c’est quand même un sacré héritage. Je crois qu’il y a quelques photographies et des vidéos dans la centrale. Je te montrerai si tu veux... »
- A moins que certaines salles seulement aient été préservées de l’eau. Avec un système bien hermétique… réfléchit-elle à voix haute en essayant de comprendre comment les terriens avaient pu débarquer sans s’asphyxier. Au moins, cela la confortait dans l’une de ses hypothèses : il était plus que probable qu’ils soient venus par la Porte autrement il leur aurait été difficile de pénétrer dans la cité. Elle plongea ses yeux dans ceux du militaire. Oui, j’aimerai voir ces photos. Vos concitoyens sont arrivés par la Porte la première fois n’est-ce pas ?
« Je sais pas ! » Répondit-il avec si peu d’efforts qu’il était clair que le message était surtout “je verrais si j’ai le droit de t’en parler”. « Je poserai la question au Grand Vizir tiens... »
-Menteur ! Dit la jeune femme avec un sourire amusé en réponse au « je ne sais pas » peu crédible. D’autres atlantes avaient également refusé de lui répondre mais elle finirait bien par obtenir la vérité à un moment ou un autre. Elle pouvait déjà se faire une idée en établissant des hypothèses à partir d’informations qu’elle glanait à droite et à gauche. Comme pour cette histoire de bouclier… était-elle dans le juste ou sa seconde théorie était elle la bonne ? La réaction émotionnelle du soldat tendait pour la première proposition. En même temps… il fallait au moins ça pour préserver une ville de la pression marine… bien que les bâtiments paraissaient incroyablement solides pour avoir survécu à dix-mille ans d’existence sans être habités.

Clive eut ce petit sourire de complicité. Bien sûr qu’il mentait, il faisait le tri entre ce qu’il pensait juste de lui révéler et là où ça entrait dans le secret militaire. Il songea qu’il lui faudrait appeler sheppard pour l’avertir. Lui demander jusqu’où devait s’arrêter les confidences. Fort heureusement, un bidasse n’avait pas accès aux grands secrets de la cité. Mais il restait les bases dont tous avaient été témoins.
Donc Daren se contenta de ce petit message non-verbal de discrétion tout en poursuivant sa route. Il salua d’un signe de tête un manutentionnaire qui passait avec un petit véhicule. Il traînait à sa suite une longue file de grands conteneurs sur roulettes. Tout le linge sale des immeubles attenants à envoyer à la blanchisserie.
« Eh, dugland, tu m’dois toujours trente biftons !!! » S’écria-t-il gaiement.
Clive tendit l’oreille en plaçant sa main en écoute.
« Quoi ???? » Demanda-t-il alors qu’il avait parfaitement entendu.
« Oublie pas de me les filer ce soir à la rencontre ! »

Le manutentionnaire disparut dans un virage lent donnant à l’extérieur.
Clive était plutôt content de rencontrer ces connaissances. Ca lui plaisait les petites habitudes de ce genre, les liens entre tous les copains, les types du technique, les têtes d’ampoules etc…
C’est souvent qu’il se baladait et faisait son petit tour. Tailler le bout de gras qu’il disait. C’était dommage qu’il ne puisse trouver quelqu’un pour profiter de ces petits moments tout à fait classique. Max préférait ses jeux. Et Jim...ben...C’était Jim.
Etant donné qu’April faisait la tournée des garçons à défaut des bars, il fallait reconnaître que partager cet errement des plus commun avec la princesse d’on-ne-sait-plus-quoi était une sacrée opportunité. Autant ne pas gâcher le délire…

Emilia écouta l’échange avec curiosité. Le collègue de Clive s’exprimait de la même manière que lui… peut-être que ce genre de comportement qui la choquait un peu était un truc typiquement populaire… il fallait dire qu’elle n’avait jamais vraiment fréquenté cette classe sociale, même en Gaëllie. Il lui était donc difficile de comparer.

Clive balaya un geste de bras qui laissait entendre que, bien évidemment, il lui rendrait son argent à la fameuse rencontre puis il poursuivit sa petite présentation. Il aimait bien faire le guide en fait. Pas pour n’importe qui mais il songeait qu’Emilia méritait d’avoir une bien meilleure image que celle laissée par son grand vomito le si bien nommé “Lays”.
Peut-être un désir de racheter un peu les actes du gus, oui, malgré le fait qu’il était bien loin de toute diplomatie adaptée pour une princesse. Cela dit, sans avoir besoin de sortir d’Harvard, la cité en elle-même et sa visite plus libre devrait lui plaire pas vrai ? Non ?

« C’est une ville immense. Aujourd’hui encore, on découvre des nouveautés. Tiens, le mec que t’as vu passé là. Un jour, il va dans ce qu’il pensait être une douche commune. Il se dit : “Bah y’a personne. Y’a de la lumière, de l’eau : je vais me laver”. »
Il secoua la main.
« L’erreur du type qui comprend pas que c’est une laverie géante. Et que la douche, c’est surtout un système de propreté automatisé. Le machin se déclenche et le choppe par les fringues. On l’a entendu gueuler le pauvre, je te dis pas, à croire qu’on le faisait passer au fer rouge. Donc tu nous vois foncer comme des fous furieux dans c’t’endroit pour voir notre Dédé national se faire stériliser par une machine.
Carrément ! Dans une sorte d’énorme passoire, à se faire savonner, frotter, presser comme un citron. Tu l’aurais vu, c’était à en mourrir de rire ! Plus il essayait de se sauver, plus le machin lui en remettait une couche.
»
En y repensant, Clive ricanna de bon coeur. Les gars de la sécurité et ceux venu prêter main forte étaient tordus de rire. Il fallait y être pour le voir sortir, complètement trempé, mais tellement propre qu’il en était immaculé.
« Sa tenue, sa trombine, et même ses cheveux. Tout était devenu blanc à cause de la programmation de la machine ! Il était là à râler sans se rendre compte qu’il était devenu aussi clair que ta mouette. Qu’est-ce qu’on a pu le charrier pendant toute l’année ! On le surnommait “l’albinos heureux” ! »
Il haussa les épaules. Il n’avait pas été blessé, heureusement !
Emilia écarquilla les yeux, partagée entre l’envie de rire et son empathie pour le pauvre bougre. Il avait dû déguster ! Une chance qu’il ait pu s’en sortir sans blessure grave.
- C’est son égo qui a du être douché, plaisanta t-elle.
« Oh, tu sais, c’est un sacré joyeux le Derek. S’il devait avoir la honte rien que pour ça, on l’aurait retrouvé pendu depuis longtemps. Il a toute une histoire de cagades dans ce genre le copain ! »
Il ria de bon coeur en se remémorant d’autres événements aussi drôle.
« Maintenant c’est lui qui fait la blanchisserie. Il a persévéré pour apprendre de la machine, et aujourd’hui, c’est le référent : celui qui s’y connaît le mieux sur ce système. Les techs ont un souci dessus, c’est lui qu’ils viennent voir... »
- Respect, c’est un homme courageux.
« Il l’est plus que moi. » Reconnu Clive.

Tout est bien qui finit bien en somme.
Daren humecta discrètement ses lèvres. Il était un peu gêné d’être aussi bavard. Mais dans une visite guidée et pour occuper l’invité, il faut bien causer. De toute façon, le soldat avait un schéma de pensée assez simple. C’était une princesse-machin-de-truc en face, si ça la saoulait, elle le lui ferait très vite comprendre. Au moins, ça évitait des gros blancs durant leur marche.

Finalement, une bonne dizaine de minutes et un voyage par téléporteur plus tard, Clive ouvrit les portes de l’imposant étage d’immeuble qui servait de gymnase. Son toit était voûté et s’élevait à une telle hauteur que personne n’avait réussi à atteindre son sommet avec une balle.
« C’était un observatoire pour l’espace, les étoiles, ce genre de choses. Il y avait tout un tas de machines et d’appareillages brisés. Tout était envahi par la flotte. »

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le Jeu 20 Déc - 0:40

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia prit note de l’information. Tiens donc, au moins une partie des salles de la cité avait été immergées alors ? Cela n’excluait pas la théorie du bouclier qui avait pu être concentré à un endroit précis… ni celle des salles hermétiques. Bon, au final elle n’était pas plus avancée sur ses questionnements.
Les yeux de la princesse balayèrent les lieux et s’arrétèrent sur les individus qui s’y trouvaient.

Soldat Clive



Une bonne vingtaine de personnes faisaient du sport à l’intérieur. Un dessinateur sur les gradins s’occupait d’immortaliser deux femmes qui s’entrainaient sur des barres fixes horizontales. L’une d’elle fit une figure parfaite et gagna quelques applaudissements. D’autres étaient juste là pour regarder, encourager, commenter gaiement les parties en cours. Il y avait même un lecteur, fortement plongé dans son roman, qui semblait n’être là que pour apprécier l’ambiance sonore.
« On répare avec ce que l’on trouve sur place. Nous avons de bons menuisiers, quelques architectes, des ingénieurs et des techniciens fantastiques. Grâce à eux et un sacré paquet de volontaires, nous avons construit ce gymnase. »
Clive était assez fier de le présenter. C’était une partie ridiculement représentative de tout ce que l’expédition avait fait depuis des années pour se réapproprier les lieux. Etant donné le fait qu’ils étaient encore dans l’entrée, le mur d’à côté qui faisait une séparation entre le sas et les gradins comportait plus d’une centaine de signatures. De loin, cela ressemblait à des tags et du vandalisme tant les écritures se chevauchaient, les couleurs changeante. Mais ce n’était pas le cas.
« L’inauguration. » Expliqua le soldat en s’approchant. « Nous avons tous signé ce jour là. Je sais pas comment ça se passe chez toi. Mais ici, on laisse notre trace. C’est comme une récompense personnelle pour tout ce qu’on a donné sur ce projet tu vois ? Regarde, tu as notre date ici, là ce sont les gars de mon cantonnement. Et moi, je suis là...juste ici. »
Il y avait cette petite pointe de fierté. Pas si mal placée. Il était simplement toujours là et il avait contribué en communauté pour cet endroit. Bien sûr, il y en avait beaucoup d’autres dans la cité et de bien meilleur ouvrage. Mais ce gymnase, c’était le leur…
Il fallait juste occulter le fait que, sur ces signatures, certaines appartenaient à des morts. De braves gars qui n’avaient pas pu survivre à l’aventure perpétuelle qu’était cette cité.

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- Tu as participé aux travaux ? demanda t-elle en étudiant les signatures avec curiosité. Comment c’était chez elle ? Très différent d’ici… Quand une personne de son rang avait besoin de quelque chose elle employait d’autres individus pour qu’ils le fassent à sa place. Il ne lui viendrait pas à l’esprit d’atrapper un marteau pour fabriquer elle même un meuble, de toute façon elle en serait bien incapable. Les trois années passées dans un temple dans sa jeunesse lui avaient toutefois permis de découvrir un autre mode de vie. Elle avait déjà mis les mains dans la terre et expérimenté la satisfaction de produire quelque chose de concret. Néanmoins, on était loin d’un projet aussi ambitieux que ce gymnase.

Soldat Clive


« Bien sûr !!! J’en ai sué avec les gars mais ça a de la gueule. J’ai surtout posé les lattes de bois pour le terrain de basket. »
- Tous les militaires ont ce genre de compétences manuelles ?
« Oh, pas forcément. Le but, c’est pas d’être calé dans le domaine. C’est d’être volontaire. Par exemple, t’aurais été là, on t’aurait demandé de nous aider à transporter le matériel. Ou coller les lattes avec moi. Ou bien participer à la déco, trouver des trucs sympa. La petite touche que tu as envie d’apporter en gros... »
Bon, c’est vrai qu’en se projetant de cette façon, il mettait clairement de côté le rang “princesse”. Dans ces moments là, il n’y avait pas de contremaître, c’était une communauté basée sur le volontariat. Tout le monde à la même enseigne…
- Ce n’est pas une démarche très courante dans mon milieu… mais je trouve cela louable.
Le soldat ricana sur le dernier mot. C’était d’un pompeux...il en était presque peiné pour elle.
« Ca veut dire que tu as jamais essayé personnellement ? Je veux dire, spontanément, de ton propre choix ? C’est très agréable pourtant. Bon, il y a bien quelques frictions avec quelques gars qui se mettent à commander les travaux. Mais dans l’ensemble, quand tout est terminé, on se fait un grand repas général pour se remercier. Il n’y a rien de mieux que cette auto-satisfaction... »
Il ouvrit les bras sur l’ensemble des installations.
« C’est que du bonheur de voir à quoi on a contribué alors que ce n’est pas dans le domaine habituel. Tu n’as pas eu d’expérience dans ce sens ?? »
- Rien de semblable… une princesse gaëllienne qui se salit les mains, ce serait du jamais vu… Elle devint songeuse en imaginant la tête que sa mère ferait si elle se mettait à construire des planchers avec les roturiers et la vision lui arracha un sourire.

Clive sourit à son tour puis attira Emilia d’un signe de tête pour l’inviter à s’enfoncer dans l’aménagement. De simples petites séparations en bois délimitaient les différentes aires. Ces séparations facilement enjambables étaient peintes par des artistes en herbe, des dessinateurs, des graveurs, des adeptes de la mosaïques ou du collage artistique. Sur des tatamis de fortune que des Athosiens avaient conçu sur mesure, quelques sportifs s’adonnaient au judo. Le “prof”, plus un mordu qu’un instructeur, faisait l’arbitre et cassait la tentative pour ajuster la position et offrir ses conseils.

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La blondinette avisa les judokas, observant leurs mouvements pendant quelques instants. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais manifesté d'intérêt pour les sports de combat. Pourquoi faire ? Elle était toujours encadrée par des gardes du corps payés pour risquer leur vie pour elle… mais les derniers évènements la poussaient à revoir ce jugement. Le soldat devant sa porte n’avait pas suffi à barrer la route à l’assassin et personne n’avait été là pour la protéger des wraiths. Il était peut-être temps d’engager un maitre d’arme pour apprendre à se défendre…

Soldat Clive


« Tu veux faire un essai ? » Demanda Clive en ayant remarqué son intérêt. « Robson est un gars super sympa, il peut t’enseigner une petite prise classique si tu veux. »
Emilia écarquilla les yeux. Il était sérieux ? Là, tout de suite ?

- Euh… je ne suis pas sûre de… je ne sais pas me battre, vraiment pas.

C’était ses connaissances en botanique et en chimie qui lui avaient sauvé la vie dans les divers affrontements contre les wraiths, ainsi que ses pouvoirs qu’elle avait utilisé le plus discrètement possible pour ne pas attirer l’attention de ses prédateurs, autrement ils auraient rappliqués en masse et elle aurait certainement fini exécutée pour de bon ou dans un laboratoire sordide… adieu la course, place à l’horreur.

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le Jeu 20 Déc - 0:49

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Steven Caldwell
Soldat Clive


Clive était amusé par l’incertitude de son invité. Il avait presque l’impression de la tenir au bord d’un précipice dont le saut ne serait pas dangereux et qu’il fallait l’aider à sauter le pas. C’était marrant.
« Faut un début à tout ! Et c’est pas un affrontement le judo, simplement de la lutte. Rob pourrait t’apprendre un truc utile. Tu me suis ? Ca fait pas mal, tu verras... »
Emilia regarda en direction des tatamis, hésitante. Là, elle sortait clairement de sa zone de confort et elle se sentait très mal à l’aise. Ils n’allaient pas la juger si elle allait là-bas ? Elle allait être ridicule… d’un autre côté, il lui faudrait bien en passer par là si elle voulait apprendre les bases de la self-défense un jour ou l’autre.

- D’accord…

Le “d’accord” était sacrément agréable à entendre. Quelque part, le soldat s’attendait à un refus. Quand on commence à côtoyer de l’élite, pas forcément sur Atlantis mais selon une forme de normalité, cette proposition pouvait même paraître indécente. La réflexion de Clive n’allait pas très loin, même s’il l’aurait voulu, mais il était très satisfait de voir qu’il se trompait. Que l’élitisme de classe, de société, ne correspondait pas à un standard commun à des peuples différents. Cette femme sortait des classiques et des préjugés qu’il avait en tête.
Plutôt guilleret et amusé, il invita Emilia à le suivre en direction des tatamis puis il attendit le bon moment pour appeler Robson. C’était un collègue, pas un militaire qui servait de fantassin, mais plus dans la partie logistique en armement.
« Tiens ! T’es accompagné à ce que je vois. »
« Oui. Emilia, en visite diplomatique sur Atlantis. Tu pourrais lui apprendre un ou deux trucs ? »
Forcément, le regard de Robson étincela immédiatement. On lui présentait un nouvel élève, il se sentait au paradis.
« Ah mais oui, bien sûr ! »

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L’avantage quand on se frottait à trois cycles solitaires de survie en nature, qu’on rampait dans la boue et qu’on s’écorchait toutes les parties de son corps pour atteindre des endroits inaccessibles et poser des pièges, c’est que notre égo en prenait un tel coup qu’on finissait par relativiser beaucoup de choses. Notamment le fait d’accepter d’expérimenter la lutte avec un roturier… ou de faire l’impasse sur l’absence de la particule après son nom quand un certain soldat oubliait les bonnes manières. Tout cela lui semblait tellement dérisoire maintenant… il allait cependant falloir qu’elle reprenne rapidement ses vieilles habitudes de noble conservatrice si elle voulait que son retour chez elle se passe sans heurt.

- Bonjour, dit-elle à son professeur de circonstance. Il avait l’air ravi par sa présence, c’était rassurant.
« Enchanté ! Je vais te trouver un cobaye pour t’exercer, tu verras, ça se passera bien ! »

L’homme regarda autour de lui et siffla très fort. Les deux jeunes femme qui s’entrainaient un peu plus loin cessèrent de lutter et vinrent vers lui en replaçant leurs kimonos. Pendant qu’il s’organisait en sélectionnant un cobaye volontaire, Clive récupéra une veste de kimono qu’il avait entrapperçu dans le sac de sport de Rob. Le vêtement était un peu grand mais ça ferait l’affaire.

« Le judo, c’est un art martial où il n’y a pas de percussions, pas de coups violents. » fît tranquillement Clive en lui présentant la veste pour qu’elle y passe les bras. « C’est de la lutte, un mélange de dextérité et de technique pour faire chuter l’adversaire au sol. C’est un art très utile pour se défaire d’une prise, malmener son ennemi sans le blesser, et s’extraire. »

La princesse considéra le vêtement en retenant une grimace. Il fallait vraiment qu’elle porte cette horreur ? Et bien oui… c’était ce qu’on attendait d’elle, comprit-elle en interprétant les sentiments des deux hommes. « Allez Emy, tu t’es nourrie de racines pendant des jours, tu peux bien mettre un vêtement aussi moche et potentiellement sale soit-il » songea-t-elle. Et elle entreprit de passer les bras dans les manches sans beaucoup d’enthousiasme. Elle qui était petite et menue, elle se sentait ridicule dans ce kimono beaucoup trop grand.

- Ca a l’air utile, répondit-elle à Clive.
« C’est un sport. Ca peut servir pour le combat mais aussi pour s’amuser. » Compléta le soldat sans remarquer le peu d’entrain d’Emilia.
En bon bidasse qui se respecte, il enserra la taille de la jeune femme de la ceinture sans lui demander son avis et noua le vêtement dans les règles de l’art. A ce moment là, Rob faisait un signe pour dire qu’il était prêt. Une brune qui faisait à peu près la même taille et du même gabarit l’attendait avec un fin sourire.
« Et voilà. A partir de maintenant, je suis spectateur. Va rejoindre Rob et ton adversaire...amuse-toi bien. »
C’était sincère. Le partage était toujours plaisant à vivre et il était plutôt confiant envers le passionné qui s’apprêtait à lui apprendre la prise la plus banale.
« Bien...bien...Emilia, je te présente ton mannequin de test. C’est Lucy. »
« Salut ! »
- Bonjour ! … je n’ai absolument aucune idée de ce que je suis censée faire.
« On va t’apprendre un Mae Dori. Regarde... » La brune s’approcha et empoigna solidement sa veste. « Là, je vais te faire tomber, prête ?!? »
- Euh… non ? Répondit la blondinette pas du tout rassurée.
Et sans attendre, l’adversaire exécuta sa prise en servant du poids d’Emilia. Parfaitement technique, sur une bonne rotation, elle l’envoya mordre le tatami sans pour autant user de violence. A la fin de son geste, elle l’avait retenu un peu par le vêtement pour que la réception soit moins brutale. La princesse se contracta par crainte de la chute mais cette dernière se fit sans violence et elle put se relever rapidement.
La façon de se faire décoller du sol avait dû la surprendre. Rob vint à sa hauteur et détailla rapidement :
« Voilà. C’est le coup qu’on va t’apprendre à faire. Il faut avoir une bonne technique, ce qui te permettra de faire ça sur tout le monde. Peu importe le poids, la taille, si tu l’exécutes bien : pas besoin de force... » Il lui tendit la main. « Prête à apprendre ? »
- Même lui ? demanda-t-elle malicieusement en montrant Clive. Moui, je suis prête à apprendre.
« Je note qu’il sera ton prochain cobaye ! » Répondit Robson, hilare.

Soldat Daren Clive



Après qu’elle se soit redressée, le passionné lui apprit à bien se positionner et à placer ses mains sur la veste de Lucy qui se laissait faire. En prenant son temps, en rabachant, étant très pédagogue, l’homme lui expliqua et lui fît même vivre la manoeuvre. Il lui démontra par la position de son corps, en temps réel, et en lui donnant des indications, ce qui faisait intervenir les lois de la physique en sa faveur. Sans avoir besoin d’une force conséquente, Emilia pouvait amener Lucy au sol de la même façon.

Bien sûr, les premiers essais ne furent pas du tout concluant. Mais tandis que Clive observait, avec une forte satisfaction, la princesse recevoir ce petit savoir ; Lucy comme Robson continuait de corriger les petites failles. Ils étaient certains qu’elle finirait par faire une prise quasi-parfaite dès qu’elle aurait saisi le truc. Et à ce moment-là, lorsqu’elle serait à l’aise, Rob pousserait Clive à les rejoindre. Pour son plus grand étonnement, Emilia finit par se prendre au jeu et écouta très attentivement les conseils que Robson lui donnait tout en s’efforçant de les mettre en pratique. Au bout d’un moment elle finit par s’approprier le geste et en ressentit de la fierté.
Cette réussite faisait la satisfaction de l'entraîneur et les applaudissements de Clive.
« Hé ! C’est une élève studieuse que tu m’as envoyé ! » fit-il en guise de compliments. Mais le sourire du soldat retomba comme un soufflet lorsqu’il ajouta : « Allez, viens là ! »
« Hein ? Pourquoi ? »
« Emilia a quelque chose à te dire ! » fit-il, énigmatique. Il se pencha alors discrètement vers la jeune femme pour lui murmurer : « Pratique éclair Emilia. N’oublie pas, la prise bien ferme au niveau des mains. Fait-le danser !! »

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le Jeu 20 Déc - 15:52

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Le soldat passa sur le tatami et fit un signe de tête à Rob, reconnaissant de lui avoir donné cette leçon. Il n’avait pas encore bien compris pourquoi il lui avait demandé de venir. Il se serait inquiété s’il avait eu un kimono sur le dos. Mais là...il se pensait hors de tout risque.
« Alors ? » fit-il à son adresse sans se méfier.

Des années d'entraînement pour dissimuler ses émotions ! Heureusement, sinon elle aurait éclaté de rire. La jeune femme se rapprocha de lui en prenant un air aguicheur pour le distraire, posa ses mains sur son torse et… le fit basculer par terre. Effectivement, la prise fonctionnait plutôt bien sur des gabarits plus grands, même si elle l’avait pris par surprise. Elle éclata de rire.

Qu’il était con !!!
MAIS QU’IL ÉTAIT CON !!!!!
Un petit air de dragouille et Clive avait eu l’impression de gagner le gros lot. Il était encore en train de se demander d’où lui venait une telle chance lorsqu’il se retrouva les quatre fers en l’air. Au début, il le prit mal. Le soldat se sentit atteint dans sa fierté, manipulé, sans oublier la déception d’avoir cru à...à quoi en fait ? A une princesse sortie de nulle part qui s’intéresserait à un soldat ?

Clive fit un travail sur lui. Mais il était surtout aidé par le rire contagieux d’Emilia qui ne tarda pas à faire écho.
« Bien joué, c’est bien joué ! » Reconnu-t-il en se redressant. Elle lui tandis la main pour l’aider à se relever avec un sourire navré, réalisant l’élan de déception et malaise qu’avait suscité son geste. Cela la poussa à s’interroger à nouveau sur la raison de l'intérêt que Daren lui portait…
L’homme accepta sa main pour se redresser. Il l’a remercia d’un signe de tête.
Clive serra la main de Robson, bon enfant, acceptant la blague. Et celui-ci salua Emilia en lui disant que la porte de ce gymnase lui serait toujours ouverte si elle avait envie d’en apprendre plus. La jeune femme le remercia et lui restitua le kimono.
Clive, de son côté, était encore en train de ronger son frein. Il dissimula le tout sous son humour :
« Donc, le prochain débile qui t’envoie une bille à la figure, tu lui fais ce coup-là ! »
- S’il s’agit de Naalem je lui ferai plutôt avaler la bille et je m’assurerai qu’elle ne ressorte pas par la voie naturelle, répliqua t-elle très sérieusement.
« Hé, franchement !!! »
Il baissa d’un ton et s’approcha plus près, lui murmurant :
« Sérieux...si tu as le pouvoir de faire voler des objets. Pourquoi tu ne lui as pas fait un tourniquet avec ses bouliches ?!? »
Il grimaça en s’entendant parler.
« Tu aurais pu faire de lui une gonzesse avant même qu’il ne jette sa bille à la con. Pourquoi tu ne l’as pas fait ? »

Au début, il avait voulu rire de l’affirmation d’Emilia. C’est sûr qu’elle pouvait être dangereuse si elle s’y mettait. Mais pour être franc, la question le taraudait depuis un petit moment. Ok, elle voulait garder son pouvoir secret. Et, Ok, c’était peut-être pas la meilleure idée quand on était dans un environnement inconnu.
Mais c’était Naalem. Ce boulet suffisant qui vient prétexter sa théorie et étaler sa science infuse en bon gros lourdaud. Personne ne lui en aurait vraiment voulu de lui faire monter la voix dans les aigus...

- Je peux arrêter un homme, pas une armée… je ne tenais pas vraiment à ce que toi ou ton collègue me tiriez dessus.

Et même si elle avait réussi à neutraliser les trois hommes à la fois, ce qui était peu probable, d’autres seraient venu…

- Il s’est quand même pris ma main dans la figure, dit elle en se rappelant de ce moment salvateur ou elle lui avait collé une gifle avant que les militaires interviennent.
« Et c’est tellement mérité... »
Il regarda un instant un peu plus loin, soupirant presque. Elle s’était sûrement fait des idées sur eux, des rustres ou un truc dans le genre.
« On t’aurait pas fait de mal, tu sais. Ok, nous sommes militaires, nous savons tuer. Mais...dans ce cas d’escorte, on aurait fait feu que si on n’avait pas le choix. Tu nous l’as laissé. »
Emilia secoua la tête peu convaincue.
- C’aurait été différent si j’avais riposté contre l’autre idiot. Je ne suis pas stupide, évidemment que je ne vous ai pas donné de prétexte pour faire de moi une cible vivante.

On ne la lui faisait pas à la princesse de Gaïla-machin-truc.
Elle n’avait pas dit qu’elle était diplomate aussi ? Sûr qu’elle devait avoir un détecteur de confiture dans la tête. Clive baissa un peu les épaules, se sentant désarmés face à bien plus entraîné que lui et décida de ne pas s’éterniser sur le sujet. A coup sûr, elle devait démolir des argumentaires avec aisance. C’était à se demander ce que ça donnait quand elle était en colère ? Froide et calme ? Ou un foutu volcan qui vaut mieux fuir avant de prendre la ramée ?!?

Le soldat l’invita silencieusement à reprendre la visite. Un peu plus loin, avec des filets de protection, deux équipes à effectifs réduit se disputaient sur du basket. La balle était si usée qu’elle rebondissait mal. Elle ne pouvait être remplacée faute de moyen mais les joueurs s’en accomodaient très bien. Un type en fauteuil roulant, une jambe dans le plâtre et un bandage sur la tête, les suivait et jouait dès qu’il recevait la balle. Hilare, les autres se mettaient sur les genoux pour s’handicaper et garder une notion fair-play.

« Quand on finit notre boulot, c’est un endroit sympa pour se défouler. Parfois, certains se font organisateurs et ils préparent des tournois qui durent des saisons entières. On fait des collectes parmis le public pour offrir des lots aux vainqueurs. »

Le type en fauteuil roulant força en poussant un cri mais son tir fit mouche. La balle roula tout le long du cercle, faisant peser la tension entre les deux camps, et elle tomba finalement dans le centre pour valider le point. Les gars ricanaient. Il y avait bien un ou deux mauvais perdants mais la frustration ne restait pas longtemps. Emilia jeta un coup d’oeil à ce qu’il lui montrait. Un jeu collectif avec un ballon à placer dans ce cercle en hauteur. Si le sport en lui même ne l’intéressa guère, le plaisir qui se dégageait des joueurs était agréâble à capter. Ces gens ne simulaient pas, ils se sentaient bien, même cet homme blessé...
En poursuivant son chemin, allant vers le fond de cette grande surface, Daren rencontra l’un de ses “amis” et alla le saluer à contrecoeur. Le type faisait du ping pong de table et il posa la raquette en le voyant arriver. C’était un type sympa et avenant...sauf quand il y avait une femme dans le coin. Là, le comportement devenait différent.

Soldat Clive


« Hey ! Clive !!! T’étais pas de garde ? »
« Ca s’est terminé plus tôt que prévu. » Répondit-il en lui serrant la main. « L'entraînement se passe comment ? »
« Je vais tous les plier pour le tournois. Ils vont pleurer !!! » S’écria le sportif, sûr de lui.
Il essuya son front perlant de sueur avec son avant bras puis pointa la jeune femme du doigt.
« T’as ramené de la chair fraîche ? »
« Ah, euh, ouais ! Emilia, une invitée du Vizir. »
Son ami oscilla de la tête façon “eh béé...joli morceau”. Clive fît mine de ne pas le voir, il était gêné mais faisait les présentations par politesse. Pour la bonne figure. Même s’il s’en serait joyeusement privé.
« Emilia, Stan. Stan, Emilia. »
Le sportif lui tendit la main, son regard aventureux se perdant néanmoins à l’endroit où ne se trouvait pas ses yeux. Il fit un petit signe de tête charmant, le genre à vouloir tenter le petit coup de charme.
« Enchanté Emilia. Tu veux jouer ? » Fit-il de façon bien avenante.

Cela déplu à Clive qui s’évertua à ne rien montrer. Il le connaissait bien le Stan. A coup sûr, le mec s’imaginait déjà monté sur la charmante dame en l’ébrouant sur sa table de ping-pong. Femme qui sourit à moitié sur ta planche ! Bon bon, ok, c’était pas un petit modèle l’Emilia. Fallait reconnaître. Mais...bon...pas touche ! Hein ? Ce serait con qu’elle capte le message et s’offusque.
Hé, et puis, il était là le premier non ?
Clive fourra ses mains dans les poches, l’air sombre, et attendit de voir en espérant secrètement garder le prime. Ah...les bouffeurs de gamelle, ce qu’il détestait ça...

L'intérêt que lui manifestait l’homme était on ne peut plus clair, pas besoin de pouvoir magique pour le sentir, en revanche elle était un peu plus surprise par la jalousie qui se dégageait de Clive. Il le cachait bien, mais pas assez pour que cela échappe à son empathie. Etonnant… avait-il peur qu’elle le délaisse ?

- La « chair fraîche » te remercie, Stan, mais elle n’a pas encore fini sa promenade avec Daren. Plus tard peut-être. répondit Emilia sans se démonter.

Elle avait l’habitude d’attirer l’attention des hommes… et des femmes (en Gaëllie on ne s’arrêtait pas sur ce genre de détail). Ca faisait parti du jeu, avec son pouvoir elle captait systématiquement ce genre d’intérêt même quand les gens essayaient de s’en cacher.
L’occasion était trop belle, impossible de ne pas sauter dessus.
Daren posa une main sur l’épaule d’Emilia et lui offrit un sourire narquois. Une grande satisfaction émanait de lui à l’idée de lui faire fermer son caquet de dragueur du dimanche.

Stan sentit le malaise s’installer et reprit poliment son tournois, laissant Clive récupérer le contrôle de sa visite guidée à son grand soulagement. Il cessa le contact avec la princesse et s’écarta tout en détaillant un peu plus :
« Stan bosse à l’administratif, il est statisticien. Le jeu s’appelle “Ping-Pong de table”. Ca consiste à envoyer la balle de l’autre côté du filet en lui faisant faire qu’un seul rebond. A ce moment-là, celui qui n’arrive pas à renvoyer la balle avec sa raquette, cet outil dans la main, ou qui rate son renvoi, perd. Ca se compte en nombre de points et en service... »
Une petite découverte de plus pour Emilia.
-Ca n’a pas l’air bien difficile, répondit la princesse en songeant que la télékinésie lui assurait de gagner la partie. Peut-être qu’elle avait interêt à défier Stan tout compte fait, lui qui semblait si sûr de lui...
« Ca demande de la dextérité et de bons réflexes. Et...les joueurs ne savent pas faire voler les bottes. Donc il n’y a pas “d’aide” tu vois... »
Un sourire narquois apparut sur les lèvres de la belle.
-Pas ma faute si vous êtes tous handicapés...
« Ah ouais ?!? Le pouvoir de la “triche”, ça fait pas tout “princesse” !! » Contre-attaqua le jeune homme en espérant la provoquer au même niveau.
-Ce n’est pas de la triche si Mère-Nature a fait de moi un être plus évolué que la moyenne !
« Ahaha ! Alors ça ! Ca reste à prouver !!! On en a vu des êtres “très” évolués qui se pensaient si “évolués”, que finalement, ils régressaient ! »

Ne pas embarquer une diplomate dans une joute verbale. Non, c’est vraiment pas malin. Mais en même temps, c’était tellement tentant de la tailler sur le premier sujet qui semblait enfin l’impacter un peu. Clive n’était pas agressif mais un brin trop joueur. Comme s’il voulait essayer de se brûler avec la flamme d’une bougie pour voir si ça faisait vraiment mal !
-Ah oui ? Du genre ?
« Du genre que tu gagneras pas forcément en faisant voler les bottes et en parlant aux pigeons, là ! »
-Je le répète, Daren, ton sens de la répartie est vraiment navrant ! Ce n’est pas comme ça que tu convaincras une jeune femme de porter un gilet champ de force tout moche ! se moqua t-elle en faisant mention à leur échange dans la prison.
« A en juger par ta tenue, le Grand Vizir lui-même n’a pas réussi à te faire porter ce gilet. Moi je t’ai fais entrer dans une taule sans que tu t’énerves ! Si c’est pas de la performance ça !!! » répondit-il au tac au tac, également moqueur.
Emilia sourit. Enfin une réplique digne de ce nom !
-Ca c’est parce que tu avais ton gros joujou dans les mains… moi aussi je peux effrayer des gens avec des armes. J’ai même réussi à faire sauter quelques wraiths avec des bombes artisanales, répliqua t-elle fièrement.
« Ah ! Parce que tu plagies Lays avec ses billes de môme ?!? » Attaqua-t-il.
- Oui… mais moi je réserve ça aux saloperies qui m’ont collé un traceur dans le dos.

Le sourire provocant du militaire qui attendait la répartie (et s’en délectait d’ailleurs) se défit progressivement jusqu’à lui donner un air neutre. La princesse s’était retrouvée avec un traceur dans le dos ?
Depuis que Ronon avait rejoint l’expédition, tout le monde savait à quoi ça servait. Le fait que les Wraiths entretenaient leurs arts du combat en traquant du “gibier”. Pour le sport, pour le divertissement, ils chassaient les êtres humains sur différents mondes. Ils les poussaient à rester dans la nature, à survivre, à les épuiser jusqu’à les vaincre puis les dévorer. Ceux qui avaient survécu jusque là étaient effectivement des êtres d’exceptions.
Du coup, Clive imaginait sans peine l’enfer qu’avait dû vivre son invitée.
Ce n’était vraiment pas une princesse stéréotypée cette nana.

« Je savais pas. Désolé... » fit-il avec sincérité.
Il était tenté de lui demander de se confier, de lui raconter comment elle avait vécu tout ça. Comment elle s’était tirée de ce guêpier. Mais finalement, Clive préféra ranger tout ça dans un coin de son esprit. Il se promettait de s’intéresser à son histoire s’il avait la chance de sympathiser davantage. En l’état, il était bien loin de pouvoir jouer le confident.
N’empêche. Même les coureurs les plus résistants finissaient en morceaux, ou avec un truc en moins. Un traumatisme, quelque chose. On n’échappait pas éternellement aux Wraiths et ça s’accompagnait d’un environnement infernal qui ne les avait pas laissé indemne. En tout cas, pas mal de bruits circulaient sur le comportement de Ronon vis à vis de son passé de coureur. Compatissant, il tapota l’avant bras de la jeune femme. Il ne savait pas combien de temps elle avait passé en tant que gibier. Mais personne ne méritait ça. Vraiment.

Emilia Zeïn'Eidolas


Emilia capta la succession de sentiments de son interlocuteur et réalisa avec étonnement qu’il n’était pas au courant. Elle le prenait visiblement au dépourvu.

- Je pensais que tu savais… dit-elle en se repassant mentalement les discussions qu’ils avaient pu avoir, son comportement insouciant avec elle… ça expliquait beaucoup de choses.
Clive secoua négativement la tête. Toujours muet.
« Je peux même pas imaginer ce qu’ils t’ont fait vivre. Mais je sais que c’est pas drôle et que tu es sacrément coriace pour être encore ici. Ca devait être secret ? »
Il aurait bien voulu lui dire qu’il connaissait de loin une ou deux victimes comme elle dans la cité mais il ne savait pas s’il avait vraiment le droit de lui donner l’info. Ce serait sûrement déjà fait avec Hoffman.
« Désolé. » Répéta-t-il davantage par gêne et compassion plutôt que d’une véritable excuse. « Le traceur a pu t’être retiré ? »

- Ne t’excuse pas, tu n’y es pour rien. Ca me fait mal de le dire mais c’est à Naalem Lays que je dois la vie. On s’est croisé par hasard au bon endroit au bon moment. J’avais réussi à démolir deux wraiths mais le troisième m’est tombé dessus et c’est l’autre guignol qui s’est interposé. Je lui ai donné un coup de main et c’est comme ça qu’il a été témoin de mes capacités. Enfin, il n’aurait sûrement rien capté si l’autre infirmier n’avait
pas paniqué en voyant une pierre bouger toute seule,
dit-elle en soupirant. Ensuite, je ne me souviens pas. Je me suis réveillée ici et on m’avait opéré.
« Non mais déjà qu’il est prétentieux comme pas permis, ce cul terreux, et en plus il sauve les princesses en détresse. » s’écria-t-il en riant.
Il haussa les épaules.
« Si tu as été opéré, tu n’as logiquement plus rien à craindre. Surtout en étant sur la cité d’Atlantis, c’est l’endroit le plus sécurisé de la galaxie. »
Il se voulait confiant. Sa main migra vers les différents sportifs.
« Et comme tu peux le voir, on est pas bien méchant. C’est juste le fait de voir des bidules voler qui surprend. Comme tu dis : on a pas l’habitude... »

Non, je n’ai plus à craindre de voir débarquer les wraiths c’est sûr. Et on m’a assuré que je ne risquais plus d’atterrir en prison ici non plus, répondit elle avec une grimace. Quelle chance !
« Ouais. Ca veut tout dire ça ! Le Grand Vizir veut te voir rester ? »
Clive s’ajouta mentalement : ***Ca veut surtout dire que je l’escorterai plus, c’est tout de suite moins cool.***

Les gouverneurs pensent qu’ils ont tout à gagner à conclure une alliance avec mon peuple et je partage leur avis. Je rentrerai bientôt à la maison pour essayer de concrétiser ça. Et au passage informer ma famille que je suis toujours vivante…
« Quelle chance ! » Félicita Clive en parfaite mauvaise foi.
Pour connaitre un peu plus la princesse, ça devenait foireux son affaire. Autant profiter encore plus de la visite guidée.

Emilia plissa des yeux et lui lança un regard pénétrant.

Et bien ? Je pourrai presque croire que l’annonce de mon départ ne te fait pas plaisir. C’est la perspective ne plus pouvoir me jeter en prison qui t’attriste ? demanda t-elle, taquine.

Il regarda ailleurs, soudainement mal à l’aise. Mais bon sang ! D’où elle tirait cette perspicacité celle-là. C’était vraiment une diplo surdouée ou elle avait d’autres pouvoirs ?!?
« Qui sait ! » Embraya-t-il en déployant des efforts démesurés pour cacher sa déception. Il y avait de ces fois où l’on rencontrait des gens très intéressants et où l’on découvrait que l’interaction était purement éphémère. En tout bien tout honneur, il y avait quand même de quoi avoir les boules.
« C’est pas tous les jours qu’on peut se vanter d’envoyer une princesse au gniouf et de lui faire la visite du proprio quelques heures plus tard. Et puis finalement, pouf, adios muchachos ! »
Emilia pouffa.

- Ca c’est parce que je suis une princesse très ouverte d’esprit.

Il fallait au moins ça pour aller se promener avec son geôlier quelques heures après être sortie de cellule. Surtout un geôlier aussi insolent qui n’avait aucun égard pour le rang social.

-Ce n’est pas un adieu. J’ai bien l’intention de convaincre le Conseil des Sept d’accepter cette alliance et de revenir ici pour étudier la cité des ancêtres aussi souvent que je le pourrai.
« Ah !...et ben...s’il te faut un guide hein... » fit-il en mettant la question du conseil des sept à la poubelle. C’était une proposition sans proposer hein ? En tout bien tout honneur et…
Bon ok, il faut passer le tour d’urgence là !


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le Ven 21 Déc - 16:52

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Steven Caldwell

Soldat Clive


Clive repartit.
Alors que le match de basket arrivait à la mi-temps, un grand coup de sifflet signant la pause, Daren se rendit dans la remise où discutait bon nombre de personnes. Il préféra ne pas forcer son invité à le suivre, lui laissant la liberté d’observer si elle avait envie. Il salua quelques connaissances, récupéra du matériel qu’il plaça dans un sac, puis il s’écarta ensuite. En revenant auprès de la princesse, le soldat regarda les différentes surface et en vit une, protégée par filet, qui pourrait faire l’affaire. L’espace était assez grand en plus. Ils pourraient tirer en direction du mur du fond, et pourquoi pas, toucher enfin ce fameux plafond…

« Vu que t’es miss nature. Tu préfères aller dehors ou...rester ici ? »

Il n’oubliait pas que l’usage de son aptitude pourrait lui valoir du public. Ce n’était pas très intelligent de lui proposer de rester dans le gymnase sachant qu’elle risquait d’être prise pour une attraction, une bête de foire. Mais d’un autre côté, Clive voulait lui laisser le choix pour qu’elle ne se sente pas “utilisée” pour ce même spectacle. Il voulait s’amuser, ok, mais à deux. Que ce soit une déconne réciproque, surtout pas à sens unique. Et puisqu’il ne savait rien de ce qu’était son peuple, ses coutumes, le niveau de “bichonnage” de son rang de princesse, il valait mieux lui laisser au moins le choix du terrain.
C’était surtout une proposition qui allait bien dans le contexte et qui se faisait sans sous-entendus.

Tout dépend ce que tu attends de moi.
« Tu vois ce plafond là-haut ? Personne n’a jamais réussi à y envoyer une balle. Cet outil, là... » il sortit sa batte de baseball. « ...sert à frapper les balles pour les envoyer le plus loin possible. Ou le plus haut.
Dans ce jeu, on se place l’un en face de l’autre. Quelqu’un envoie la balle bien fort et un autre tape dedans avec la batte.
»
Il se mordit la lèvre inférieure. Il trépignait carrément.
« Emilia...je veux que tu m’envoies cette balle de toutes tes forces. Eclate toi, arrache toi les tripes, gueule si tu veux. Mais envoie-moi ce truc à la tronche de toutes tes forces. Parce que lorsqu’on arrive à renvoyer le coup, la puissance d’envol de la balle est surmultipliée. Avec ton pouvoir, on peut carrément réussir ce défi. Tu le tentes avec moi ? Ca te dit ?!? »
C’était un truc de gamin. Un défi tout à fait incohérent et c’était d’ailleurs le principe : se défouler, déconner, balancer cette balle. Faire ce projet ensemble avec l’aide du pouvoir. Clive était dans cette position où il voulait partager cet humour enfantin dans le jeu sans forcément que ça tourne à l’exploitation du Don d’Emilia.
Il se dandinait d’un pied sur l’autre, faisant tournoyer sa batte, alors qu’il attendait une réponse avec un regard surexcité.
-Tu veux que je prenne ce bâton et que je frappe la balle avec pour l’envoyer dans le plafond ? répéta t-elle pour être sûre d’avoir bien compris.
« Ou l’inverse. Tu choisis ton rôle. »
-Je ne suis pas sûre d’avoir beaucoup de force dans les bras mais pourquoi pas. Ca a l’air marrant.
« SUPER !!! » S’écria-t-il. « Enfin je veux dire cool. Bref...tu as compris ! »

Daren lui tendit la batte. Mais au moment où elle allait s’en saisir, il annula son geste pour lui demander si elle connaissait bien la posture. Il était logique qu’elle ne le sache pas et il mima une frappe de taille qui semblait puissante. Mais le geste en restait relativement lent.
L’homme lui laissa ensuite l’outil exutoire puis se recula jusqu’à une bonne distance.
« FRAPPEUR A LA BATTE !!!!! »
Il arma son poing et leva la jambe.
« ATTENTION !!! »
Il s’écriait comme un gamin. On aurait un clown qui surjouait un tir qui allait être cataclysmique. Mais finalement, il envoya sa première balle sans trop de vitesse, en cloche, pour qu’Emilia puisse la réceptionner suffisamment bien. Il allait voir si elle avait le compas dans l’oeil.

Emilia ouvrit de grands yeux étonnés en entendant le soldat se mettre à hurler tout à coup. Mais qu’est-ce qui lui prenait ? Elle avait adopté la posture qu’il lui avait montré, pas très sûre d’elle. Il n’allait pas lui jeter cette balle dessus de toutes ses forces quand même ? Mais… non. La balle arriva tout de même… et se figea dans les airs, à distance raisonnable mais à porte de batte. Emilia avisa la balle, puis la batte, et mima le geste de frapper pour évaluer la portée. Bon… ça semblait faisable. La balle repartit dans les mains de Clive.

- Tu me la renvoie ?

Le soldat avait été sacrément surpris. Il récupéra la balle avec peu de réflexes, la faisant danser d’une main à l’autre avant de finalement pouvoir l’attraper. Il bugua sur sa question, se disant qu’elle devait surement trouver le jeu bien nul en l’état. Elle n’avait pas compris le principe et, maintenant, il avait intérêt à lui expliquer sans l’offusquer.
« Ok...ok ! C’est très bien ! » fit-il de façon encourageante. « Maintenant...oublie un peu tes manières...et bourrine moi cette balle ! Frappe de toutes tes forces dedans ! Peu importe où elle va aller, lache toi ! »
Il secoua la tête, très enthousiaste.
« Ok ?!? Prête ??? J’envoie !!! »
- Oui oui, envoies, répondit-elle.
Maintenant qu’elle avait expérimenté les gestes elle pouvait tester le véritable jeu.
« FRAPPEUR A LA BATTE !!!!! »
….
« ET FEU ! »
Ce coup-là, il envoya la balle plus franchement.

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√ Arrivée le : 23/07/2018
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le Ven 21 Déc - 16:57

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Emilia Zeïn’ Eidolas
Emilia Zeïn'Eidolas


Emilia se concentra sur la balle et frappa. Il y eu un « tac » et la balle partit plus loin. Bon, au moins elle avait fait mouche. Pour ce qui était de la force en revanche, c’était pas encore ça.

- Tes cris ça fait aussi parti du jeu ?
« Pas du tout ! » Répondit-il avec le sourire. « Ca défoule ! Tu devrais essayer ! Crier, ça donne plus de force. »
Il sortit une nouvelle balle de baseball.
« Bon, ce coup là j’y vais ! Dis toi que cette balle, c’est ton meilleur copain Naalem. Il vient droit pour te faire le baiser du siècle ! Laisse toi faire surtout... »
Un peu de provoc ne faisait pas de mal. Il avait été bien acide sur les derniers propos, pour sûr, histoire qu’elle fasse tout sauf se laisser cogner par une balle.
« ATTENTION ! »
- Quoi ?! Mais...
Elle vit la balle arriver, totalement déconcentrée par l’image atroce que venait de lui mettre l’autre idiot dans la tête. Ce n’est qu’au dernier moment qu’elle frappa par réflexe, ce qui lui évita de se manger la balle dans la tête.
- C’est malin... maugréa t-elle. Elle avait failli louper son coup.

Daren comprenait.
Il fit la grimace et quitta sa place pour venir à sa rencontre.
« Je veux te motiver ! » Expliqua-t-il gentiment. « Le baseball, c’est le plaisir de frapper dans cette balle comme un taré. Soit une furie Emilia, lâche toi, il y aura personne pour te juger. Y’a le Naalem qui t’a emmerdé, on t’a foutu en taule, et tu as le meilleur diplomate de cette cité pour te présenter la culture avec “toutes les formes”. »
Il avait donné la dernière indication en se présentant de la main comme le meilleur choix, la valeur sûre. Il ne pouvait pas s’empêcher de toujours faire un peu d’humour mais le message se voulait sincère.
« Tu as toutes les raisons de te défouler ! Vide ta tête de princesse scientifique super calée et tout. Et démoli cette balle en y mettant tout ton coeur. »
Il arqua les sourcils.
« Hommes comme femmes. On gueule un bon coup et shbaaaaaaaa. On l’envoie al patrès cette balle. C’est la beauté de ce jeu. BIM ! »
- Mais… ce n’est qu’une balle, répondit la belle, perplexe.
« C’est surtout un exutoire. Je te promets que quand tu auras passé tes nerfs dessus en jouant, non seulement tu te sentiras bien à la fin, mais en plus tu te seras bien amusée. C’est juste qu’il faut apprendre à lâcher l’affaire. Arrêter de se poser les questions. »
- Euh… D’accord… répondit-elle, en se remettant en position. Elle était complètement dépassée par l’enthousiasme de son voisin.

Et pour être enthousiaste, il l’était le Clive…
Le soldat retourna à sa position de départ pour reprendre une balle puis il fixa la jeune femme pour l’encourager. Il comprenait qu’une personne versé dans les bonnes manières, le savoir, la haute société, ne pouvait pas forcément voir le côté bien destressant d’un bon coup de batte. Une pépite d’or réservée pour le bas peuple surement. Mais ça le faisait bien marrer. Il était certain qu’elle allait pouvoir y trouver son compte. Après tout, la jeune femme avait été assez curieuse pour s’intéresser au Judo. Elle en était ressortie en ayant appris une petite technique. C’était pas un signe encourageant ça ?
« Allez...je veux un beau cri de rage et tu frappes. FRAPPE ! » S’écria-t-il en levant sa jambe, armant son bras. « ATTENTION ! »
ET BIM ! Il envoya la balle encore plus fort.

Il voulait vraiment qu’elle se déstresse ? Qu’elle évacue toutes les émotions négatives qui s’étaient profondément fichées dans son cœur ? Qu’elle frappe de toutes ses forces ?? Elle se revit dans ce vaisseau, les gens prisonniers, leur terreur mêlée à la sienne, les vampires qui tuaient… combien de fois était-elle morte là-haut ? A chaque fois qu’un wraith s’attaquait à quelqu’un près d’elle… La balle arriva et elle frappa de toutes ses forces. Pas un cri, juste un coup violent. Elle lâcha la batte sans même regarder où avait atterri la balle, fit demi-tour et s’éloigna à grandes enjambées. Il fallait qu’elle respire, elle se sentait nauséeuse. Y avait-il de l’air quelque part ? Un balcon ?

Soldat Clive


La balle vola, vola, vola...vola encore ?
Mais...mais ?!?
“Spoc”...elle raisonna là-haut au plafond. Clive fixa cet endroit en voyant la balle redescendre puis resta interdit. One shot la nana, elle avait pété le record. Est-ce que son pouvoir s’était manifesté ? Ou est-ce qu’elle y avait mis tellement de force qu’elle avait surpassé tous ceux qui avait relevé le défi.

Daren avait eu un début de sourire, prêt à la féliciter, mais la réalité fut tout autre. Vu la façon dont elle réagissait en abandonnant la batte sur le sol, il se disait qu’il avait peut-être merdé. Après tout, elle ne venait pas de lui dire quelques minutes plus tôt qu’elle ressortait d’une captivité imposée par les Wraith ?
Face à ce constat, Clive se sentit profondément honteux. Il n’avait pas du tout pris ça en compte lorsqu’il lui avait conseillé de se vider les tripes et il maudissait son manque de tact. Qu’est-ce que ça pouvait être d’autre sinon ? Un petit caprice de princesse ? Maintenant ?

Daren soupira en la voyant trouver refuge sur le balcon qui donnait de l’autre côté de la digue, une belle vue sur la mer. Il rangea tranquillement les balles et la batte, se disant que la partie était terminée, et en profita pour essayer de réfléchir cette fois. Qu’est-ce qui était le mieux ? Aller la voir ou la laisser respirer ?

Il opta finalement pour les deux en prenant le chemin. Les portes s’ouvrirent sur le balcon et il chercha la princesse du regard. Elle lui tournait le dos. Il s’approcha doucement, discret et vraiment gêné, puis se plaça à ses côtés sans lui parler. Histoire d’être là, de ne pas la snober, de respecter le fait qu’elle voulait peut-être avoir de l’air.
Le visage tiré par une grimace, il enfonça ses mains dans les poches. Il joua avec une balle de ping pong qui s’était perdue là du bout de son pied, d’un air distrait, en turbinant pour savoir comment présenter des excuses.

Daren ne voyait pas le mal.
Mais il n'était pas débile à ce point. Il promettait de l’amusement et sa comparse avait l’air de tout...sauf d’une invitée comblée.

« Tu veux que je te laisse ? » Demanda-t-il finalement en pinçant des lèvres.

Manquait plus qu’il se fasse virer.
Super, la bonne image. Mais il faisait ce qu’il pouvait quoi...à quoi elle avait pensé pour avoir cette réaction ? C’était...inquiétant. Enfin, lui ça l’inquiétait, surtout par compassion.
Putain de Wraiths...elle méritait pas ça.


Emilia Zeïn'Eidolas


Elle avait finalement trouvé un balcon qui lui donnait l’illusion d’être enfin à l’air libre, de pouvoir respirer. C’était psychologique mais ça faisait du bien de ne pas se sentir enfermée. Il était grand pourtant ce gymnase, mais ce souvenir était remonté et elle avait failli prendre ses jambes à son cou. Il fallait croire qu’elle n’avait pas encore évacué le réflexe de courir quand le danger était là, mais comment lutter contre un souvenir ?
Les coudes appuyés sur la rambarde, la tête dans les mains, elle tenta de s’isoler, juste un instant. Retrouver sa paix intérieure, son équilibre, ce que la médiation arrivait généralement à lui donner. C’était juste un souvenir bordel ! Alors pourquoi son cœur battait si vite ? Puis elle sentit une présence se rapprocher, gêne, inquiétude, compassion… elle soupira intérieurement. Elle était partie subitement et Daren allait vouloir savoir pourquoi.

- Ca va aller, accorde moi une minute, dit elle pour le rassurer car elle percevait son malaise.

Difficile de se concentrer sur soi-même quand on était parasité par les sentiments des autres.

Soldat Clive


« Il y a un petit réfectoire. L’escalier qu’on a prit pour venir, il faut le descendre d’un étage de plus. Je t’attendrai là...si ça te dit. » fît-il simplement.

Une minute, c’était vraiment trop court.
Clive avait déjà eu des moments où il voulait qu’on lui lâche la grappe. Avoir du monde qui lui sautait dessus, même par inquiétude, avait tendance à le mettre encore plus en boule. Bon. Il avait essayé une approche mais quelque chose n’allait pas. S’il y avait bien un truc qu’il avait appris, surtout avec April étonnamment, c’est qu’on n’est jamais la solution à tout. Il faut savoir attendre. Et surtout respecter, c’est pour ça qu’il ne s’accrochait pas à la jeune femme.

Daren hocha silencieusement la tête et tourna les talons pour la laisser en paix. Il espérait vraiment qu’elle allait se remettre de ce qui lui avait fait lâcher la batte. Il l’espérait vraiment car, dans le fond, tout ce qu’il voulait c’était lui faire découvrir la vie Atlante. En-dehors du boulot, la vie, le loisir, la camaraderie. Bref, ce qui rendait une vie attrayante au-delà du devoir.

Le soldat avait l'intention de l’attendre dans le réfectoire. Au moins il aurait une réponse avec le temps. Si elle se pointait, c’est qu’elle ne lui en voulait pas. S’il n’y avait personne dans l’heure : c’était le Game Over. Dans les deux cas, Daren se disait qu’il prendrait ça comme une leçon pour la prochaine fois.
Enfin… S’il y en avait une...

Emilia Zeïn'Eidolas


Le calme plat revint lorsque Clive s’éclipsa. Une part d’Emilia s’en voulut d’exposer ses faiblesses en public, une autre ressenti du soulagement au fait de se retrouver enfin seule. Elle prit une grande inspiration releva la tête et contempla la mer un moment. Qui aurait cru que taper dans une balle pouvait avoir ce genre d’effet ? Ce jeu était plutôt violent.
Recherchant l’apaisement, elle laissa son esprit vagabonder et écouta distraitement le bruit des vagues s’écrasant sur les murs de la cité. Il s’écoula ainsi une quinzaine de minutes qu’elle mit à profit pour reprendre le contrôle de ses émotions. Il n’était pas dans sa nature de se laisser dominer, le travail pour maîtriser son empathie lui avait apprit à rester calme et maîtresse d’elle-même en toutes circonstances. Il fallait au moins ça pour ne pas se laisser submerger par les émotions étrangères.

Lorsqu’elle se sentit plus calme, elle tenta de se rappeler ce que lui avait dit Daren. Un réfectoire, des escaliers… il fallait qu’elle le rejoigne avant qu’il ne se vexe. Le pauvre ne devait pas comprendre pourquoi elle s’était mise dans cet état. Elle entreprit donc de rejoindre le couloir, puis les escaliers et chercha l’endroit en question.

- Tu m’offre à boire ? demanda-t-elle en guise d’accroche lorsqu’elle l'aperçut enfin. Une manière légère de l’aborder.

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Steven Caldwell

Soldat Clive


A ce moment-là, le soldat était affalé sur la table, les épaules voûtées, chacune de ses mains sur une extrémité. Il avait froissé une serviette en boule et s’amusait à l’envoyer d’un endroit à l’autre par pichenettes de doigts. Comme un match de foot qui se disputait entre deux gardiens de but. L’intervention d’Emilia l’avait surpris sur ce moment de gaminerie et il vit la boulette rouler jusqu’à l’autre bord et tomber dans le vide.
***Hm...Cinq - deux.*** songea-t-il avant d’offrir un sourire franc à la jeune femme.
Elle avait l’air d’avoir repris des couleurs, c’était une bonne chose.

« Bien sûr que je t’offre à boire. » répondit-il en se levant.

Il préférait ne pas aborder le sujet de but en blanc. C’était peut-être lâche de faire comme si rien ne s’était passé mais, au final, c’était Emilia qui choisissait. Si elle n’avait pas envie d’en parler, il n’allait pas la forcer et remuer le couteau dans la plaie. Le coup de la batte de baseball n’était pas une bonne idée et il l’avait enregistré. Maintenant, il essayait autre chose.

« On ne peut pas faire une visite guidée sans s’arrêter à la petite coop du gymnase. » Déclara-t-il sérieusement en montrant le fond du réfectoire.

Il y avait un petit étalage minuscule occupé par un bénévole. Il discutait bon train avec quelques sportifs qui avaient fini leur entraînement. Dans son dos, une étagère avec bon nombre de produits en tout genre. Les moins chers venaient du marché Athosien et des productions locales. Les produits Terriens comme des sodas énergétiques, des barres, des confiseries et tout autres produits qui manquaient beaucoup...là...les prix s’envolaient.

Clive était assez content de l’y amener. Elle devait sûrement avoir un bon creux et la cantine se trouvait quand même assez loin. Pour aller à la flèche centrale sans faire un détour téléporteur : c’était vingt minutes de marche cash.

« Regarde pas les prix. Ce qui te botte, je te l’offre. »

C’était maladroit comme excuses mais le geste était là.
- Je n’ai aucune idée de la valeur de vos devises...
Et pour cause, on ne lui avait jamais parlé d’argent ici puisqu’elle était arrivée les poches vides. Alexander Hoffman avait veillé à pourvoir à ses besoins.
« Laisse tomber, j’te dis. Il y a plein de trucs intéressants à boire ou à manger si tu t’intéresses à notre culture. Tu n’as qu’à me demander et je te dirai ce que c’est. »
- D’accord, alors conseille-moi, dit-elle en avisant le comptoir et une poubelle dans un coin dont dépassait un sachet de bonbons vide.
Déjà, le bénévole qui passait son torchon comme sur un comptoir de bar demanda ce qu’il “servait à la ptite dame” d’un air jovial.
« Heu...heu... »

Il eut un étincelle de folie dans le regard.
« Je prend...un exemplaire de chaque ! »
Le vendeur le fixa étrangement.
« Donne moi un exemplaire de chaque. J’ai un cours à donner ! »

Clive récupéra chacun des produits dans ses bras. Il en déposa une large portion dans ceux d’Emilia puis s’empara du reste avant de retourner à sa table et de tout y faire tomber. Il alla régler sa note, suant soudainement sur le montant mais gardant un visage de marbre, puis il revint avec un fin sourire du môme qui va s’amuser.

- Ca fait beaucoup de choses, tu es sûr de vouloir acheter tout ça ? demanda t-elle en captant le malaise de Clive lorsqu’il retourna à la caisse. Elle ne connaissait pas la valeur des dollars, mais quelque chose lui fit dire que ça ne devait pas être donné.
« Pas du tout ! Mais je sais que ça va être un moment sympa ! »

Il lui fit un clin d’oeil et s’évertua à classer les différents produits entre sodas, barres chocolatées, confiseries etc…
Deux verres. Puis il s’installa en face d’elle.

« Si votre altesse Emilia Zen-je-sais-plus veut bien s’installer. Le cours de dégustation va bientôt commencer !!! » fit-il, enthousiaste.
Il se frotta les mains et ouvrit chaque sachet.
« Tu me fais penser à ma soeur, là. » Confia-t-il.
Emilia porte un regard intéressé sur la nourriture, puis sur son voisin. Elle avait définitivement renoncé à lui faire dire ses titres correctement, à quoi bon ?
- A ta soeur ?
« Ma soeur. Marilyn Clive. » Assura-t-il en étant content de la voir s’intéresser à tout ça. « Quand j’étais môme, mes parents partaient en week-end en nous laissant seuls à la maison avec un peu d’argent. “Achetez vous un repas équilibré” qu’ils nous disaient. Alors on faisait les enfants bien droits et bien sages. Et à peine disparus au coin de la rue, on filait s’acheter tout et n’importe quoi. »
Il lui montra l’étendue du butin sur la table.
« On faisait exactement comme ça, tu vois. Et on partageait en regardant des vidéos, des films. J’en ai eu des bons souvenirs avec elle. »

Emilia sourit, c’était un récit mignon. Elle songea à son frère, que pouvait-il bien faire en ce moment ? Avait-il souffert de sa mort présumée ? Leurs caractères étaient très différents mais ils partageaient une forme de complicité tous les deux. Il lui manquait… ses parents aussi.

- Elle n’est pas ici ?
« Hm. Non. Un jour, je la reverrai. » Dit-il simplement.

Un petit sursaut de battement lui pinça le coeur. Il n’allait pas tout casser en lui racontant qu’elle avait fait la fête une fois de trop durant ses études et qu’elle avait foncé droit sur un platane. Elle était morte sur le coup, sans souffrir, et elle reposait depuis dans le cimetière de sa ville natale. Clive soupira sur cet état de fait. Il se demandait ce qu’elle serait devenue si elle n’avait pas picolé, si elle se serait mariée, aurait eu des gamins. Si à quarante piges elle aurait continué d’essayer de lui piquer plus de Lion que de KitKat par pure gourmandise.
Bref, ce n’était pas une douleur vive ni un traumatisme. Une partie de lui était comme soulagée, ou plutôt satisfaite, de répéter l’expérience avec Emilia. Il répétait un schéma sympathique avec une princesse extraterrestre.
Cette vie, quoi !!! Plutôt finir cul de jatte que d’en changer.
Une lueur de compassion éclaira les yeux d’Emilia, donnant presque l’impression qu’elle comprenait. En réalité, elle ne savait rien du tout si ce n’était la tristesse qu’elle sentait émaner de son interlocuteur. Elle l’interprétait en se disant que l’homme vivait mal la séparation géographique, à moins qu’il n’y ait autre chose de plus grave derrière cette douleur.

Il débuta. Ouvrant l’emballage d’un Mars, il le coupa en deux puis lui en tendit un morceau.

« Alors, ça c’est une barre chocolatée avec du caramel. C’est très sucré, laisse-le fondre un peu dans ta bouche. »

- Vous déclinez vraiment le chocolat sous plein de forme différentes.
« C’est vrai. Le produit est très apprécié, je suis pas étonné que tu l’aies déjà goûté. Mais t’en fait pas, on passera à la fraise et à l’abricot tout à l’heure... » fit-il, chargé de promesses de bons goûts.
- Oui, un infirmier m’a fait goûté, euh… un kinder surprise. Et le gouverneur le chocolat chaud. Mais ça je ne connais pas... dit-elle en goûtant un morceau de Mars. … sucré. C’est bon !
« Je précise que ce que tu vois là, ce sont des collations. Ca ne sert pas de repas...même si certains en sont capables. »
Une satisfaction de gosse le gagna. Il était le mec qui lui avait fait découvrir le goût d’un Mars. Quelle victoire !!!
Clive lui donna un verre d’eau et lui conseilla de se rincer la bouche pour faire disparaître le goût. Ca se faisait surtout pour les dégustations d’alcool, lui expliquait-il, mais vu la valeur de ce qu’ils entamaient, il valait mieux que les essais ne biaisent pas le goût de chaque produit.
« Normalement c’est un pâtissier qui fait ça, le goût est plus doux et relevé. Le carré aux amandes. C’est très sucré aussi... »
Et le chausson au pomme, le palet à l’abricot, la petite tarte aux fraises.
Clive guettait à chaque fois la réaction non-verbale d’Emilia, se satisfaisant des divers signes que ça déclenchait chez elle. Il échangeait avec plaisir sur les comparaisons qu’elle en faisait avec son pays, son identité gustative.
Puis ils passèrent au soda. Daren avait hâte de lui faire tester le Dr Pepper. Il lui donna le liquide qui pétillait de ses bulles et préféra rester muet, un fin sourire malicieux demeurant sur le visage. Emilia fit une grimace en goûtant le liquide.

- C’est spécial...
Il ricana.
« Et ??? »
- Et… toi tu aimes ça ?.
« Non. Cette boisson est un soda énergétique, ça donne plus de vivacité. Mais c’est loin d’être thérapeutique. Moi...c’est ce soda-là ! »
Il ouvrit une canette de coca. Le “PSHHHH” résonna et il lui servit un verre en faisant monter exagérément la mousse pour faire travailler le petit effet.
« Le Coca ! C’est très apprécié, par beaucoup de monde ! »

La jeune femme eut un petit sourire. Daren avait l’air de s’amuser comme un petit fou.
- Vous aimez les choses très sucrées vous les terriens !
« Surtout quand on est enfant ! Après le goût change selon les expériences. » Confia-t-il. « Certains comme moi restent de grands enfants et continuent d’aimer les collations sucrées. D’autres préfèrent le salé, comme ces noix de cajou qu’on essaiera après. Et pour d’autres, ils préférent se contenter de repas très élaborés... »
Son regard s'agrandit.
« Tu as quel genre de goût dans ton pays Emilia ? Ce type de collation ou des plats élaborés ? »
- Cela dépend des régions et du niveau de vie de chacun… un diplomate étranger m’a fait remarquer une fois que nous avions la main lourde sur les épices.
Epice ? Piquant ? Ah ?
Il leva un doigt en s’écriant d’un « AHA !!!! »
Et il ouvrit l’un des sachets à l’aspect entièrement différents. Des petites rondelles tombèrent sur la table, du chorizo plutôt corsé. « Dis-moi si ça approche de ton témoignage !!! »

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le Ven 21 Déc - 17:39

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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La blondinette goutta et ne parut pas souffrir du goût très fort des différents produits. Elle réfléchit à la question de Clive.

- Mh… non, je ne reconnais pas la saveur mais c’est plutôt bon.

Elle fouilla dans sa poche et en retira la petite figurine de dragon qui venait du kinder bueno que Liam lui avait offert. Elle avait pris l’habitude de la garder toujours avec elle. L’objet n’avait aucune valeur pécuniaire mais elle s’y était attachée. Déjà parce qu’elle possédait très peu d’affaire ici, sur Atlantis, le peu de possession qu’elle avait étant resté sur la planète où elle était précédemment et le reste était en mauvais état, et ensuite parce que la figurine symbolisait la premier acte de gentillesse qu’elle recevait depuis le début de sa cavale.

- C’est un animal légendaire chez vous, non ?
« Hm ? Oh oui ! On appelle ça un dragon ! Il est souvent référencé sur des histoires mythique, sur fond de romance le plus souvent. »

- Nous avons des créatures similaires chez nous… mais elles n’ont rien de romantique.
Clive s’esclaffa.
« Ce sont pas les dragons qui sont romantiques !!! Généralement, ces saletés gardent des princesses enfermées dans des tours de châteaux abandonnés. Histoire d’attirer les guerriers tenus par leur devoir et l’honneur. Chez les Terriens, il est dit qu’un chevalier qui triomphe et libère la princesse de cette emprise gagne son éternel amour. Elle est là, la romance ! »
- Les princesses ne peuvent pas se délivrer toutes seules ? demanda Emilia, perplexe.

Soldat Clive


« Les princesses de nos histoires sont plongées dans un sommeil forcé. La version varie mais, en règle générale, c’est le premier baiser qui la réveille. Et la romance des deux beaux aventuriers commence. »

Il marqua un temps de pause.

« Merde quoi...tu as ces choses en vrai chez toi ? » Un sourire faussement cruel se dessina sur son visage. « Gaffe à ton petit minois du coup...sinon un paquet de monde risquera sa vie pour te libérer de la tour. »

- Oui, les drakonys vivent dans les régions volcaniques… il n’y a pas de princesse endormie là-bas, des fois qu’il te viendrait à l’esprit de vouloir escalader une tour pour que l’une d’elle succombe à ton charme, dit elle en s'esclaffant.
« Mais...est-ce que tu es sûre qu’il n’y a pas le moindre château dans cette région volcanique. Et puis sérieux, les princesses de Gaëllic valent bien d’y risquer sa vie. »
- J’en suis pas certaine, répondit-elle en riant. La conversation l’amusait beaucoup. Sauf si tu aimes le genre prétentieux et pompeux.
« Ben comme toi non ? C’est pas si horrible à vivre. » Enchaîna-t-il de façon bien vile et volontaire. « Bon, il y a encore du progrès à faire sur la communication mais je maintiens : ça doit être la classe de grimper la tour, démonter un drakolys, et sauver une princesse façon Gaëllic. »
Il prit une gorgée de coca avant d’ajouter :
« Si les princesses sont prétentieuses et pompeuses, les princes sont braves au moins ? »
Emilia éclata de rire.

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- Tu as une bien belle image de la noblesse. C’est mignon. Si j’étais en situation de détresse et que la récompense était un mariage, nul doute que certains débarquaient. Mais il le ferait par intérêt, pas pour mes beaux yeux.
Clive devait avouer qu’elle avait pas tort. Il était en train de lui raconter sa perception de la noblesse tiré de contes pour enfants et de dessins animés.
« C’était pareil chez nous pendant un temps. » Confirma-t-il presque à contrecoeur. « Ma belle image vient des contines et des mythes. On préfère croire à une aventure palpitante pour sauver une princesse plutôt qu’à un mariage arrangé pour le pouvoir, l’argent et tout un tas d’autres intrigues... »
Il secoua la tête.
« J’aimerai pas vivre à ta place princesse. A moins que tu aimes ce genre de jeu, ça ne doit pas être drôle tous les jours. »
Elle devait même jamais s’amuser, tiens...

Le regard d’Emilia se fit songeur. Il était rare qu’on la plaigne, d’ordinaire les gens l’enviait. C’était étrange.

- C’est ainsi, je m’accommode de mes responsabilités et… je retrouve foi en l’humanité en faisant parfois des rencontres désintéressées par toutes ces choses matérielles. Tu viendrais me sauver toi ? demanda t-elle taquine.

Soldat Clive


La dernière question manqua de l’étouffer alors qu’il consommait son coca. Il eut un hoquet qui le fit tousser assez salement en brisant largement le charisme qu’il aurait voulu donner à la suite. Une serviette plaquée contre la bouche pour tenter d’entraver sa toux, il en pleura presque tout en secouant la main. Emilia pinça les lèvres pour ne pas rire, elle ne s’attendait pas à un tel effet.
« Ah...ça pique... »
Il se reprit, presque hilare, puis fit la moue. La part un peu timide de dire à la princesse blonde de je-sais-plus-où qu’il grimperait bien une tour et combattre un dragon pour ravir son coeur. Et le côté viril se disputait clairement avec l’intimidation tirée de cette question.
« Bien sûr ! » Fit-il finalement en riant de cette façon bien piètre de lui répondre. « Bon, ça va être coton pour jouer des coudes avec tous tes supers guerriers qui s’y connaissent mieux que moi en draco-machin. Mais ça fait pas tout, carrément que je monte la tour. »
Il secoua négativement la tête, amusé.
« Hé, la motivation pour les beaux yeux, ça existe aussi. Il y en a même un qui voulait te donner des cours personnels de ping-pong ! »
Cette fois, la blondinette se mit à rire pour de bon.
- Lui, ce ne sont pas mes yeux qu’il convoite.

Clive était sur le point d’éclater de rire mais quelque chose le rendit perplexe. Lui, il le savait parce qu’il connaissait bien le type. Mais elle ??? Elle avait fait comment pour piger le truc d’emblé ? Ok, il y avait eu quelques signaux mais ce n’était pas un type de son peuple. C’était intriguant.
« Heu...comment tu le sais ?!? » Demanda-t-il en portant sa canette vide à ses lèvres. Il la reposa aussitôt et décida d’ouvrir un paquet de noix de cajou qu’il lui présenta. Le temps de la présentation était passé, la conversation était sympa mine de rien. Mais là, c’était presque bizarre. Elle était devin cette fille ?
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- Je ne sais pas… peut-être parce qu’il a louché sur ma poitrine ?
« Ben, tous les hommes ont le regard parfois baladeur... »
- Et c’en dit long… Elle soupira. Je repère facilement ces choses là Daren, les gens me courtisent à longueur de temps dans l’espoir d’obtenir quelques avantages…
« T’es heureuse dans ta vie ? »
Clive se mit une gifle mentalement. Il aurait dû le présenter moins abruptement.
« Heu...désolé. Je veux dire...avec le tableau que tu me peins depuis le début, ça a peut-être pas l’air de te convenir cette vie là...Je suis pas naïf, Emilia. Mais courtiser pour les avantages. Merde quoi, il y a pas que ça dans la vie. C’est fade, terne. »
Il haussa les épaules.
« En tout cas, il y a pas de ça ici. Y’en a bien un qui a tenté l’année dernière et il s’est fait salement casser les dents par le Grand Vizir. »

Emilia sourit mais ses yeux laissaient paraître davantage de tristesse et de lassitude que de joie.

- C’est ta faute, tu me rends beaucoup trop bavarde. Mais dis moi, lança t-elle en changeant brusquement de sujet. Les femmes sont donc considérées comme des êtres faibles dans votre culture ?

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le Ven 21 Déc - 17:52

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Steven Caldwell
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Daren capta ce regard et comprit instantanément. C’était un peu comme dans les grandes familles sur Terre. Certains aspiraient à des vocations personnelles qu’on leur privait. La vie était tracée sur un chemin défini, par le choix, il fallait le suivre. Mais ça, ça ne marche que lorsque l’on est sans issue. Là, cette nana avait Atlantis. Elle avait l’air de bien s’entendre avec le patron, elle avait du bagage et de quoi vendre, elle pourrait s’installer ici et dire aux marionnettiste sa façon de penser. Mais voilà, Clive fonctionnait encore sur ses préjugés et ce qu’il pensait savoir d’Emilia. Le regard était assez éloquent, surtout qu’elle était du genre à se contrôler depuis le début. Il ne valait mieux pas creuser, surtout quand il commençait à la voir changer de sujet, c’était vraiment le message pour le prévenir du terrain miné.

« Elles l’étaient ! » Confirma l’homme en poussant le paquet de noix de cajou dans sa direction. « Dans nos temps reculés, mais pas si anciens que ça, la femme était vraiment la bonne à tout faire. L’homme dirigeait tout, elle n’avait pas de pouvoir, elle subissait la contrainte de vivre sur les ressources de son mari. »
Clive secoua la tête.
« Il y a un peu plus de cent ans, elles entraient dans la catégorie dite du “sexe faible”. Il y a bien des variations dans les considérations sociales selon la culture, les habitudes, les régions. Mais dans le fond, les femmes ont longuement été bridé et étouffée dans des rôles de servantes. Je te parle même pas de ce que ça pouvait donner en temps de guerre. Mais... »
Il fit une pause pour faire monter un peu le suspens.
« Ces mêmes tragédies de guerre ont amené des évolutions sociales. Les femmes ont été peu à peu reconnues, elles ont gagné des droits au même titre que le mari, l’homme. Et maintenant, elles sont traitées en égale. »

Bon, ce n’était pas entièrement vrai.

« Encore une fois, ça dépend de la région. A certains endroits, rien n’a évolué. Et il existe encore quelques inégalités difficile à gommer. Mais tu peux voir ici le meilleur exemple de notre évolution. Les femmes et les hommes vivent sur un pied que nous voulons égalitaire. Pour les militaires, si je nous prends pour exemple, nous sommes dirigé par un homme et une femme. Autrefois, les guerrières n’existaient tout simplement pas. »

- Certains peuples sur Pégase ont aussi ce genre de mentalité. J’ai du mal à comprendre… dit-elle en piochant dans le sachet de noix de cajoux. Il n’y a pas ce genre de préjugé chez moi.
« Je suis pas assez calé pour te donner la réponse. Mais chez nous, ça vient de notre origine. L’homme partait chasser le gibier, il en ramenait pour nourrir sa famille. La femme restait pour porter l’enfant. Tout du long de notre histoire, ce cloisonnement est resté. Il s’est intensifié. Si bien que notre histoire est couverte d’inégalités envers la femme. Le seul problème, c’est que la reconnaissance nouvelle pourrait amener l’effet inverse tu vois ? Là, les femmes déclarent avoir le pouvoir. Et les hommes pourraient bien devenir le sexe faible moderne. »

Il fit une pause. Il ne voyait pas quoi ajouter.

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le Ven 21 Déc - 18:04

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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« Et c’est comment chez toi ? »
Homme ou femme, pas de différence. L’âme peut s’incarner aléatoirement dans un corps ou un autre, ce qui compte n’est pas tant le sexe mais ce qu’il y a dans la tête le coeur de la personne.
« Mais du coup. Les types qui veulent tes fess...hum...qui te courtisent pour les avantages...ils sont perçus comment ? La tête et le coeur doit pas être bien rempli... »
- Disons qu’il y a un décalage entre ce que la religion prône et ce qui se fait en pratique. Je suis intimement persuadée que le pouvoir corrompt les âmes. Les mariages arrangés sont choses courante dans la noblesse, c’est une norme sociale.
« Conviction partagée !!! »
A son tour d’être taquin.
« Et si on reste sur cette ligne...tu es corrompue, princesse ? »
Elle eut un léger sourire.
- Bien sûr. Mais… j’ai pris beaucoup de recul par rapport à tous ça. Je suis une Exception, de fait, je ne dois pas seulement rendre de compte qu’au cercle de privilégiés.
« Je comprends pas un mot de ce que tu me racontes. » dit-il en souriant. « Mais si tu veux mon avis, tu es loin d’une corrompue, de ce qui m’a été donné d’observer aujourd’hui. Même si je peux me tromper... »
- J’entretiens le système, cela suffit, dit-elle en versant de l’eau dans son verre. Si tu le souhaite, je peux te faire un cours de théologie accéléré pour que tu comprennes mon charabia.
« Tu ferais ça pour moi ??? » Blagua-t-il d’un air ahuri.
- Tu sais d’où me viennent mes pouvoirs ?
« Voyons si je ne suis pas si bête...je t’ai entendu parler Ancien. C’était des férus de l’Ascension. On raconte que ceux qui en étaient proches avaient des pouvoirs. »
Il écarquilla les yeux.
« TU VEUX FAIRE L’ASCENSION ?!? »
La jeune femme sursauta devant ce soudain excès de zèle et recula pour préserver ses oreilles.
Tu ne réalises que maintenant ?
Clive fît un signe de main aux quelques témoins qui s’étaient retournés. Il n’avait pas été discret sur le coup.

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« Ben un peu que je ne réalise que maintenant ! J’en sais un peu sur le sujet, comme les soldats qui sont là depuis un petit moment. C’est dans le meilleur des cas l’entreprise de toute une vie. Faut avoir un coeur pur, des pensées purs. Enfin que des trucs bien extrême et complètement inaccessible... »
– Et savoir grimper aux tours ? pouffa t-elle.
« La tour, je suis capable de la grimper. Se mettre dans un état comateux pour s’envoyer en l’air en forme d’énergie...on s’inscrit dans un projet un brin plus culotté ! » Fit-il dans le même humour.
Il hésita avant de demander.
« Mais...pourquoi ?!? T’es jeune, tu es pas malade. La croyance ok. Mais...l’ascension... »
– Et bien ?
« Ben ça m’emmerde. » Expliqua-t-il franchement. « C’est presque...du gâchis Emilia. Partir maintenant, a trente piges, la vie c’est une expérience. Et là...enfin...tu passeras pas ton ascension. »
Il secoua les mains.
« Enfin je veux dire ! Je pense qu’il te manque quelques infos. »
- Je te demande pardon ?! S’exclama la jeune femme, sidérée par la tournure que prenait la conversation.

Daren soupira et regarda ses mains. Il avait plus faim du tout.
« Désolé. Je m’exprime très mal. »
Il pinça des lèvres et regarda ailleurs.
« Je ne te connais pas c’est vrai. Et je voudrai pas te vexer, sincèrement mais... » Il secoua négativement la tête. « Tu ne sais pas jouer avec une batte de baseball et tu espères faire l’ascension...ça va pas marcher là... »
L’horreur. Il n’arrivait vraiment pas à dire ce qu’il pensait. C’était une mission qu’avait vécu Sheppard. Il était tombé sur une vérité qui avait fait un sacré tort au Anciens, ce qui expliquait pourquoi pas mal des leurs avaient échoué leur ascension. Daren s’en souvenait pour en avoir parlé avec lui. Mais le rapport, vu l’importance du lieu, avait été tenu secret. Il ne connaissait que l’histoire, la façon dont Sheppard avait vécu ça. Et là, il avait la très nette impression que cette jeune femme prenait la même voie sans terminus.
Une errance…

« Heu...on...on peut faire un tour ? Je voudrais te raconter une anecdote. »


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Lâchez un troupeau d’éléphants sur un champ de fleurs et vous obtiendrez le même résultat. En deux minutes chrono, Daren venait de piétiner ses croyances et lui avait craché au visage avec une telle condescendance ! C’était juste… gratuit. Emilia ne riait plus du tout, elle était en colère, très en colère. Mais pour qui se prenait-il ? Parce qu’elle ne savait pas jouer à son jeu terrien elle ne pouvait pas réaliser la quête de toute une vie ? Elle savait parfaitement qu’il lui restait un long chemin à parcourir avant d’y arriver mais entendre un étranger lui sortir qu’elle n’avait aucune chance en la jugeant sur quelques heures de conversation…
– Non. .

Elle se releva et rangea la chaise à sa place sous la table.

– Je rentre. Bonne soirée Daren. .

Courtoise, polie, et terriblement froide.
Elle lui tourna le dos et se dirigea à grand pas vers la sortie avant de dire ou faire quelque chose qu’elle risquait de regretter.


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« Emilia ! »

Oh non, elle allait pas se braquer comme ça !!!
Clive abandonna tout son fourbi sur la table et partit à la poursuite de la jeune femme.
« Tu comptes semer un mec prêt à grimper une tour Gaëllienne ? » Tenta-t-il dans un trait d’humour.

–Grimpes ta tour tu la trouvera vide, rétorqua la belle sans s’arrêter de marcher.

« Bien sûr qu’elle sera vide. T’es sur une cité flottante en train de te faire courser par un maladroit. Tu comptes aller où ? C’est une île de fer... »

–Ca ne te regarde pas ! Elle s’arrêta et fit volte-face. Comment oses-tu me juger ? Tu ne sais rien de moi ! Rien du tout !
« Olala...une vraie scène de ménage de couple Terrien. Calme-toi, s’il te plait. J’essaie d’arranger le coup, de te dire quelque chose d’important... » Fît-il calmement.
Bon, il savait déjà qu’il aurait le dessus. C’était même un peu navrant et petit. Elle ne savait faire qu’une prise de judo et lui était bien entraîné. Si seulement il pouvait ne pas en venir aux mains...
Pitié, qu’ils n’en viennent pas aux mains...

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-Oui c’est bien… lança t’elle ironique. Tu veux peut-être m’apprendre à jouer au ping pong ou un autre sport terrien pour je sois apte à faire l’ascension la semaine prochaine ? Elle secoua la tête, agacée.
Va cracher sur quelqu’un d’autre et fiche moi la paix !
S’exclama t-elle avant de tourner à nouveau les talons pour déguerpir.
En combien de temps pouvait-elle rejoindre son appartement ?

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Soldat Clive



Clive soupira.
Il la regardait s’éloigner en se disant que c’était vraiment trop con d’en finir comme ça. C’était un malentendu quoi. Elle espérait quoi la princesse ?!? Qu’il continue de la suivre et ramper comme un vers à ses pieds ? Quelle caractérielle. Incapable de se contrôler une fois en colère...zéro patience de…
Attend...se contrôler…

Un lumière fit tilt dans l’esprit du soldat.
Bon, vraiment pas étincelante ! C’est quitte ou double la tactique du bidasse. Mais franchement, il y avait un coup à jouer. L’air marin l’avait quand bien aidé la dernière fois. Alors...bon...ACTION !
Le type s’élança en courant. Il fonça comme un dératé dans sa direction en s’écriant, comme lorsqu’il avait lancé sa balle de baseball, le même « ATTENTION !!! ». Et il la choppa avec brutalité.
Désolé Emilia, mais pour la douceur on repassera, fallait pouvoir contrôler la cible avant de l’emmener en voyage. Clive s’empara d’elle, la tourna de force pour la jucher sur ses épaules comme un sac de patates. Les jambes devant, le reste de son corps sur son arrière. Elle allait faire quoi ? Lui mordre l’arrière train ?

« Du calme ! C’est pas une prise d’otage ! » Gémit-il en supportant ses gesticulations.
Il faisait ce qu’il pouvait pour éviter de lui dire qu’elle pesait bien plus lourd que le laissait supposer sa silhouette. Il prit la route inverse, essayant de garder un rôle le moins culpabilisant possible.
« Je t’emmène prendre l’air ! »
-Lâche moi tout de suite ! cria t-elle en le matraquant de coup de poings dans le dos.
« Aïe...le correspondant que vous tentez de joindre n’est...aïeuuuuu….n’est pas disponible. Laissez-lui un message... »
En guise de réponse, Emilia lui balança une demi douzaine de jurons en langue Sage.

« Je suis un soldat habitué au bourrepif. Et je vis avec une coloc qui jure comme un charretier. Désolé Emi, t’es pas suffisamment équipée, là ! »
Elle frappait fort n’empêche. Ca l’avait surpris sur le coup.
Le balcon le plus proche ?!? Vite, le balcon le plus proche !!!!
Ah oui ! Par là !

Clive avança et croisa une ou deux personnes. Il leur sourit, bien gêné, mais c’était heureusement quelques connaissances.
« Juste une crise de nerfs ! Ca va aller ! » Fit-il, faussement confiant.
Allez, courage. Encore ces escaliers et il verrait le bout du tunnel.
-A l’aide ! S’écria t-elle dans l’espoir que l’un des passants viendrait à son secours.
« Mais arrête... » fit-il blasé. « T’es au cantonnement ici. Je suis pas connu pour agresser des femmes, ils vont pas se faire des idées. Tu veux bien te calmer maintenant ? »
Il écopa d’un nouveau coup de poing suivi d’un “crétin”.
La montée des escaliers était rude. Mais au moins, Emilia avait le don de le motiver. Clive atteignit le balcon le plus proche et il passa les portes en veillant à ce que la tête de sa “prisonnière” ne se cogne pas. Il marcha sur le promontoire et tourna les talons pour se placer de côté, histoire que la princesse aie la vue sur la mer.

« On y est. Respire...calme toi... » Fit-il, reprenant son souffle doucement. Ses bras ceinturaient les deux jambes de la princesse et il attendait en espérant, en priant plutôt, qu’elle retrouve ses esprits.
« Allez, reprends-toi... »
Silence radio. Le sang montait à la tête d’Emilia, l’épaule de Daren lui rentrait dans les côtes… c’était tout à fait la position idéale pour se calmer, se dit-elle, exaspérée.

Il avait quand même un grain. Emilia n’avait plus qu’à pousser sa gueulante au bureau du Grand Vizir et il était paré pour le tour de grand huit. L’homme ne regrettait pas le geste cependant, elle avait vraiment un comportement puérile de petite fille en prenant la mouche comme ça.
« Je t’ai dis qu’on était dirigé par un homme et une femme. » Commença Daren sans la relâcher. « Il a découvert quelque chose sur l’ascension des Anciens. Un élément important que tu as pas l’air de connaître. »

La position n’était pas confortable pour lui non plus. Et il commençait à fatiguer mine de rien. Emilia avait arrêté de lui coller ses poings dans le dos mais il ne se sentait pas encore assez en confiance pour la relâcher.

« Je suis pas supposé te parler de ça. Mais au cours d’une mission, il est entré dans un dôme. C’était accidentel, il s’est retrouvé piégé. En réalité, c’était un sanctuaire conçu par les Anciens. Pour les humains, pour qu’ils prennent tout leurs temps pour suivre leurs pas. Mon chef a rencontré des réfugiés qui vivaient là, encore en vie grâce à une technologie temporelle. Ils étaient sur la voie des Anciens et n’arrivaient pas à faire leur ascension. Si tu te calmes pour te bon, je te dis ce qu’il y a découvert. Et pourquoi je réagi comme ça... »

Il fût obligé de soulever Emilia en appliquant un accoup pour assurer sa prise.

« Tu m’écoutes comme une princesse modèle. Et si ça te satisfait pas, cette fois je te laisse partir et tu me reverras plus. »

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le Ven 21 Déc - 20:12

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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Il obtient un soupire pour toute réponse. Evidemment, il avait piqué sa curiosité, mais son précédent discours lui restait toujours en travers de la gorge. Il l’avait blessée.
« Je sais que tu peux parler, tu m’as dis des trucs en Anciens. » Lâcha-t-il, avec trop peu d’humour. « Je pensais pas que tu le prendrais aussi mal mais tu as pas affaire à un diplomate ou au Grand Vizir. Moi jsuis un soldat, un combattant, d’accord ? Je suis nature, je dis les choses sans penser à mal. »
-Et tu ne réalise pas à quel point tu peux être blessant. Fais moi descendre, dit-elle très calmement.
« Je reconnais que j’ai un sacré travail à faire dessus. Tu viens de me l’apprendre. Bon, si je te lâche, tu m’écoutes ? »
-Tu me fais mal bons dieux ! Repose moi par terre !
« Ca va, ça va ! » lâcha-t-il en s'exécutant sur le champ.
Il se pencha pour qu’elle puisse reprendre ses appuis puis relâcha sa prise. Il resta figé devant elle, la regardant dans les yeux en espérant ne pas y lire trop de haine. Bon, et maintenant, il devait s’attendre à la gifle du siècle ou un truc dans le genre ?
Aussitôt les pieds par terre et l’équilibre retrouvée, la jeune femme entreprit de se masser les côtes. Après le coup de la bombe, maintenant on la portait comme un sac de farine. Quelle cité de tarés…
Elle lui lança un regard contrarié et s’accouda au balcon en veillant à se tenir à distance respectable de lui, des fois qu’il lui viendrait à nouveau l’idée loufoque de la jeter sur ses épaules.

– Je t’écoute. .


Soldat Clive



Sur le moment, Clive ne pu s’empêcher de sourire. Il ne l’avait pas remarqué sur le coup tant il était peu habitué. Mais...elle ne l’avait pas envoyé valdinguer avec son pouvoir !! Pourquoi elle ne l’avait pas utilisé pour se défendre et avoir la paix ?
Bon, plus tard. Là elle voulait ses réponses.
Le soldat s’écarta à son tour pour prendre la même position sur la rambarde et il débuta son explication :

« Je connais pas l’endroit. Le rapport est tenu secret pour protéger le sanctuaire des Wraiths. Mais j’ai pu en discuter avec mon chef. Un peuple y est entré, ils ont basé leur mode de vie sur une longue préparation pour faire l’Ascension, en vain. Lui, il a partagé un peu leur temps en espérant être sauvé. Pendant six mois, il les défendait d’une créature étrange. Matérielle et immatérielle à la fois, qui ne craignait aucune arme, qui le blessait à tous les coups.

Mon chef faisait face seul. Il finissait en morceaux, ensuite reconstitué par les pouvoirs de soin d’une petite fille. Mais à tous les coups, les autres se sauvaient, ils avaient peur. Le pire, c’est qu’ils étaient désespérés. Parce qu’avec le temps, la population s’était réduite à quelques dizaines d’individus. Et pas un n’avait réussi.
»

Clive acquiesça. Il se demandait si cette conversation qu’il avait eu autrefois ne tenait pas du destin. C’était peut-être comme un coup de pouce pour elle. A moins qu’elle ne sache déjà tout ça.

« A la fin de son sixième mois, les renforts ont enfin réussi à le retrouver. Il allait rentrer chez lui mais la bête est encore revenue. Il y a eu un combat assez violent qui ne menait à rien...jusqu’à ce que ces gens comprennent et sortent enfin de chez eux. Mon chef m’a dit qu’ils avaient tous fait l’ascension et détruit la bête. Le dernier à partir lui a expliqué pourquoi. »

Il s’avança un peu. Il ne voulait pas se faire prof. Juste lui livrer ce secret pour l’aider dans la tâche qui était la sienne.

« Emilia...la peur. Le doute. Le regret. Le moindre frein dans ta vie est comme une ancre qui t’empêchera de faire l’ascension. C’est comme ça que mon chef le voyait. Il me disait que pour espérer débuter dans cette voie, il fallait être dans une paix et une liberté extrême. »

Il crevait d’envie de lui dire qu’elle correspondait pas au profil en l’état. Elle semblait perturbée. Il ne la voyait même pas trouver un divertissement, la base la plus classique dans une vie. Mais vu sa réaction, il préférait s’abstenir et il ferma sa grande gamelle pour de bon, se tournant vers l’océan pour l’observer.


Emilia Zeïn'Eidolas




Emilia écouta attentivement le récit de Daren. Un sanctuaire Ancien… décidément, les terriens avaient l’art de trouver des perles ! Néanmoins la partie intéressante tournait autour de ce monstre, une sorte de… de quoi au juste ? Concrétisation de la peur de tous ces gens ? C’était possible, le Don pouvait nuire autant qu’il pouvait servir, faire apparaître des créatures n’étaient pas surréaliste. C’était une piste intéressante mais qui ne lui apprenait pas autant de chose que semblait le penser le soldat.

– Bien sûr, il suffit de voir comment nos émotions et notre état de santé influence notre pouvoir. C’est ça qui t’inquiète, que j’ai l’esprit agité ? .

« Que tu erres comme ces pauvres gens. » Lâcha-t-il. « Tu n’as pas d’ancres ? »

-Je la cherche encore… Il va me falloir du temps pour me reconstruire
après ce que j’ai vécu ces derniers cycles. Tu comprends ça ? Tu ne peux pas me juger par rapport à ce que tu vois aujourd’hui, ton regard est biaisé.
.
Il leva une main, chassant sa dernière remarque.
« Je te présente mes excuses. J’aurai pas dû dire ça. Mais...le coup de la batte où tu es partie prendre l’air...reconnais que ça ne confirme pas le témoignage... »
Il haussa les épaules.
« Je voulais pas que tu prennes ça comme un jugement gratuit. Je ne ferai même pas un centième de ta préparation. Navré... »

-Tu vois ce bleu sur ma joue ? demanda t-elle en le montrant du doigt. -Un wraith m’a assené un revers et j’ai dévalé une pente rocheuse. Quand je suis arrivée en bas je ne tenais même plus sur les pieds, j’étais fichue. C’était il quatre jours. Je porte encore leur marque sur le visage et tu t’étonnes que je ne sois pas actuellement en parfait état mental pour faire l’ascension… Elle soupira. L’Envol est le travail de toute une vie, je n’aspire pas à passer cette étape demain. Je ne suis pas prête.


Soldat Clive



Daren fît la moue.
Ouais, elle avait pas tort. Et au final ce n’était pas ses oignons toute cette affaire. Il avait la sale sensation de s’être un peu trop investi. Mais ce n’était pas inutile quand ça concernait des personnes intéressantes. C’est juste dommage qu’il n’aie pas eu plus tôt dans l’idée de fermer sa gueule. Oui, elle était blessée. C’est bien joli mais lui aussi avait vécu des sacrées aventures. Lui et ses colocs étaient revenus de Normandie. Et Jim, April, ils avaient même fait la Magna.
Bref, dans le creuset, entre la question de fierté et le fait de s’être fourvoyé en ayant voulu convaincre quelqu’un qui avait des arguments peu démontables, finalement, Clive songea qu’il avait misé sur le mauvais cheval. Il fourra ses mains dans ses poches, signe de stress, et tourna un regard sombre vers l’océan. C’était dur de ne pas réagir autrement. Il lui avait filé un tuyau qu’il pensait peser de l’or et elle lui répondait qu’il était percé.
Bahh !

« Reçu. C’est ton projet. »
Il renifla.
« Et maintenant…? »
- Comment s’appelle ton chef ?
« Sheppard. Mais les plaintes pour sévices à l’encontre des femmes s’adressent au CODIR, les gouverneurs comme tu dis, ils en sont friands en ce moment... »


Emilia Zeïn'Eidolas



- Ne sois pas ridicule, je ne veux pas te nuire. Tu as essayé de m’aider, même si tu l’a fait de manière maladroite. Je souhaite seulement entrer en contact avec ce Sheppard et lui demander une version plus détaillée de ton histoire. J’ai surement beaucoup à apprendre d’elle.
Il éclata de rire, très franchement, brutalement.
« Hé ! C’est gentil mais tu signes mon arrêt de mort là ! J’ai jamais eu l’autorisation de te parler d’un rapport classifié. »
Emilia soupira. Voilà qui n’arrangeait pas ses affaires.
- Bon… et bien je trouverai une manière de faire cracher le morceau à tes gouverneurs par un moyen détourné.
« Tu arriverais à les manipuler ? »
- Peut-être, tu m’as donné suffisamment d’éléments pour que je puisse tenter une approche.
« Bon... » fit-il dans un air de sentence. « On dirait que la journée prend fin. Encore désolé pour l’incident et...ben...bonne continuation. »
C’était la fin du voyage, il se sentait mal. La raison précise était noyée sous les différentes bavures et le fait qu’il avait soudainement l’impression d’avoir joué l’agent double. Bref, aujourd’hui, c’était le sandwich oeuf, jambon, fromage. Il avait aligné un bon paquet de conneries mais Emilia avait l’air honnête en disant qu’elle ne le vendrait pas aux directeurs du CODIR. C’est con parce qu’il avait prévu de lui présenter son équipe de bras cassés et de l’inviter à la rencontre. Mais là, vu son état, elle allait pas survivre à Max. Encore moins à Jim. Et pas du tout à April.
Daren soupira et fit un signe de tête avenant en guise de salut. Il se dirigeait vers la sortie.

- Restes.

Cela sonna comme un ordre… bon s’en était un. En même, c’était dans sa nature de commander, elle n’allait pas se refaire.

- Je vois à ton visage que tu es inquiet. Qu’est-ce qui se passe ?.
« La visite guidée prend fin. »
- C’est vraiment ça qui te préoccupe ? demanda t-elle en plongeant ses yeux dans les siens à la recherche de la vérité.

Soldat Clive


Un ordre ? Elle lui donnait un ordre ? C’était presque mignon la façon dont c’était tombé.
Le coup de l’inquisition oculaire, en revanche, il avait jamais su réussir le duel. Le regard d’Emilia semblait s’être électrifié et lui crever les globes au fer rouge. Etant donné que Clive n’était pas une victime, il sentait logiquement son regard s’assombrir bien malgré lui et il valait mieux le détourner que de le rendre agressif.
« Les directeurs ne se manipulent pas. Franchement, si tu crois pouvoir les faire cracher au bassinet, c’est qu’ils te donnent un os à ronger. Ils te font cavaler comme tu le fait avec moi. Et je vais avoir des problèmes. »
Il haussa des épaules.
« Mais j’assume. Je voulais te faire rencontrer les gars et t’inviter à la soirée. Mais vu la façon dont ça tourne, je suis pas certain que tu te divertisses. Alors je pense...qu’on va en rester là. »
Pas d'agressivité dans la voix. Peut-être peu de peine, c’était dommage mais c’était comme ça. Le début avait été super sympa, Daren prenait ce qu’il y avait à prendre. Mais pour ce qui était du reste, il se rappelerait bien de définir ce qui tient à coeur et de ne surtout pas aborder le sujet quand on ne le maîtrise pas. Ca lui servirait en somme.


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- Très bien, je garderai le secret si c’est ce que tu souhaites.

Dommage, elle aurait pu tellement apprendre… mais elle aimait bien Daren et il n’était pas question de susciter un mal être chez lui pour satisfaire sa propre curiosité.

- Tu as ma parole.

Quant à cette histoire de soirée, et bien, il semblait avoir prit sa décision.

Darren lui sourit.
« Je te crois Emilia. Bonne chance pour la suite. »
Il passa sa main devant le connecteur de la porte pour l’ouvrir et s’y engouffra. Il cherchait un dernier truc à dire, quelque chose, mais rien ne lui vint en tête. Il n’y avait que le néant absolu, comme s’il avait fait le tour, ça le ramenait à la fameuse soirée. Peut-être qu’elle en entendrait parler et qu’elle viendrait mais il ne fallait pas se faire d’illusion.
Clive se retourna, comme s’il faisait marche arrière, mais il l’avait déjà trop fait. Et franchement...Max, Jim, April...il lui faudrait de la patience…
Non...le soldat secoua la tête, comme s’il préférait laisser tomber, puis il s’en alla pour de bon ce coup là.

- Au revoir Daren.
Cela sonnait comme un adieu et elle eu un pincement au coeur.

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le Sam 22 Déc - 0:50

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Steven Caldwell
Soldat Clive



La journée passa jusqu’à ce que le soleil commence sa lente disparition crépusculaire. Quelqu’un vint à la rencontre de la jeune femme avec une lettre à son attention. Il avait eu du mal à la trouver. Le pli était soigné, relié avec un fin ruban rouge. Un peu plus et on y aurait rajouté le tampon de cire. Son nom apparaissait en entier.
La lettre était manuscrite, à la plume métal et à l’encre.

Lettre a écrit:“Mademoiselle Votre Altesse Emilia Zëin,
Invitée honorable de la cité d’Atlantis,

Bien plaisante fusse été la journée que nous partageâmes à la découverte de l’un et de l’autre, par ces différences culturelles et ces interactions des plus intéressantes. Je remercie votre bienveillance de s’être exprimée par votre intérêt. Je ne suis qu’un humble soldat de petite condition qui ambitionne à devenir votre éternel abonné.

L’autorité et l’expérience de la haute société ne vous étant guère étrangère, il semblait plus opportun de vous offrir la découverte d’un train de vie plus médiocre. Loué soit la générosité et la patience de votre Grâce, d’avoir participé à ces nombreuses activités.

J’ai fauté.
Je reconnais avoir porté à l’encontre de votre personne des mots peu honorants, et peu honorables, basé sur une méconnaissance totale de l’oeuvre qui est la vôtre et des vastes sacrifices consentis.
Je vous prie respectueusement de recevoir mes sincères excuses pour le comportement outrageant qui eusse pu vous atteindre dans votre intégrité. Il n’est nul jugement que je ne saurai émettre à ce que vous êtes et représentez. Si en votre considération demeure le grief de mon indélicatesse, de grâce, rappelez-vous les différences qui sont à la base de nos cultures.
Et combien nous gagnons à les explorer.

Ne voyez pas en ces verbes maniérés l’insulte adressé à votre rang. Il ne s’y trouve aucun exercice de mépris ni d’insolence. L’habitude est une dure naissante, elle ne peut se produire en une seule journée. Combattant ignorant des coutumes Gaëllienne, cette mésentente est apparue d’un odieux malentendu que j’enquête à lever.

Votre Altesse, je vous convie humblement à la soirée de la “rencontre”. Vous ne pourrez y trouver le respect de votre impérieuse existence, venant de guerriers Atlante désinformés, mais vous y rencontrerez par mes soins le savant qui étudia le sanctuaire.
Je fais voeu que les réponses qu’il puisse vous apporter soit le vaisseau de mon amendement.

Si en votre coeur, vous vous montrez magnanime, je fais espoir de vous voir apprécier cette offre comme les excuses les plus honnêtes qui puissent vous être adressées. Vous me trouverez là où nous nous sommes séparés. Puissiez-vous y apparaître avant les derniers rayons du soleil.

Au service de votre intérêt,
Daren Clive.”

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le Sam 22 Déc - 11:38

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Ils s’étaient séparés sur les coups de 17h d’une bien étrange manière. Après cela, Emilia avait rejoint ses appartements, peu désireuse de croiser la route d’un nouvel atlante un peu trop curieux. Elle avait envie de solitude pour pouvoir réfléchir car les proposés échangés avec Daren Clive l’avait ébranlée. Cette histoire de sanctuaire, de peur, et tout le reste… Les informations apportées ne l’avaient que peu surprise mais avaient eu le mérite de confirmer certains soupçons et de pointer du doigt quelque chose qu’elle tentait de se cacher.
La peur de rentrer.

Trois cycles à subir les wraiths plutôt que de courir chez elle. Les Gaëlliens auraient pu lui retirer le traceur en un rien de temps oui, mais c’était sans compter sur la Marche.
La vérité c’est qu’elle avait peur. Si un combat avait pris fin quand Isia Taylor Laurence lui avait retiré le traceur, un autre était sur le point de commencer. Et elle retardait son voyage par des tas de prétextes : volonté de récupérer physiquement, d’établir des liens diplomatiques, de découvrir la civilisation atlante… pourtant, elle crevait d’envie de revoir ses proches et de reprendre pied avec un environnement familier où elle se sentait chez elle. Ici elle était une étrangère, elle n’était pas à sa place.

Malgré l’absurdité de certains propos qu’il avait tenu, Daren Clive avait raison sur un point : il était temps d’affronter la situation. Elle avait réussi à poser les bases relationnelles avec les dirigeants atlantes qui attendaient maintenant après elle pour établir le dialogue avec son gouvernement. Il était temps de partir. Après-demain elle franchirait la Porte.
Emilia n’était pas fière de l’image qu’elle avait renvoyé cet après-midi. Cette soudaine panique, la fuite sur le balcon. Bon sang elle était une sang-pure Gaëllienne, elle ne fuyait pas les évènements elle les affrontait ! Mais non… pas aujourd’hui, pas pendant ce court laps de temps. Et Daren ne l’avait pas loupé.

Soupirant, elle décida de s’allonger et de se reposer un peu. Son retour allait être difficile autant reprendre des forces tant qu’elle le pouvait. La fatigue était présente en permanence, son corps avait du mal à récupérer de la course. Elle avait maigri, heureusement, pas assez pour ressembler à un squelette. La jeune femme imagina un instant sa couturière s’insurger : « Mais c’est quoi cette silhouette ! Il va falloir refaire toute ta garde-robe !! ». La vision la fit sourire, Edna avait toujours eu un caractère terrible mais elle l’adorait. Pas de doute qu’elle reprendrait du poids en rentrant chez elle, les domestiques du domaine à Sombrelune allaient y veiller. Tous ces visages qui faisaient partis de son quotidien lui manquaient terriblement.
Des coups sur la porte la firent sursauter. Elle se redressa, mal réveillée et alla ouvrir. Quelqu’un lui apportait une lettre, elle la récupéra, remercia le messager et retourna s’asseoir sur le lit en se demandant de quoi il pouvait bien s’agir. Sa montre lui indiqua qu’elle avait dormi un peu moins de deux heures et cela lui avait fait beaucoup de bien. Curieuse, la princesse ouvrit le courrier et écarquilla les yeux à mesure qu’elle parcourait le message.
C’était surréaliste.

Le style ne ressemblait pas à Daren. Non pas qu’elle l’ait déjà lu et elle était incapable d’identifier l’écriture, mais ce style, la tournure des phrases et les formulations de politesse… lui qui était si familier dans son parlé… le mot « Gaëllie » était même écrit correctement alors qu’il n’arrêtait pas de l’écorcher à l’oral ! Était-il vraiment l’auteur de cette lettre ? Et pourtant, elle faisait clairement allusion à des informations qu’ils avaient échangé un peu plus tôt. Étrange.

S’il était vraiment l’auteur, alors il avait fait un sacré effort de rédaction et de politesse. Cette lettre d’excuses était superbe. La princesse avait senti le mal-être du soldat au moment de leur séparation, mais elle ne s’était pas attendue à ce qu’il se remette à ce point en question. Était-il vraiment sincère ? Elle allait vite le savoir si elle décidait d’accepter ce rendez-vous…
Une soirée avec des soldats… aussi étonnant que cela puisse paraître, elle envisagea sérieusement la possibilité d’y aller. Encore une fois, elle sortait clairement de sa zone de confort mais Daren avait fait un énorme effort avec ce courrier et elle avait envie de lui rendre la pareille. Etonnamment, les quelques heures passées avec lui avant qu’ils n’abordent le sujet de l’ascension avaient été plutôt agréables. Il lui avait fait découvrir un monde bien différent du sien et elle voyait cela comme une expérience enrichissante.
La jeune femme jeta un coup d’œil par la fenêtre et nota qu’il restait encore un peu de temps avant que le soleil ne se couche. Elle décida donc de s’offrir dix minutes pour prendre une douche chaude avant de partir. Hélas, elle ne possédait ni maquillage ni accessoires de beauté et les seuls vêtements en état qu’elle possédait étaient ceux prêtés par les atlantes… qui avaient un goût très modéré pour la mode. Tant pis, elle serait naturelle ce soir comme elle l’avait été cet après-midi. Vivement qu’elle puisse rentrer chez elle pour pouvoir enfin retrouver une apparence digne de son rang !
Après avoir raccroché son pendentif de lapis arcus autour du cou, elle glissa la lettre dans la poche arrière de son pantalon, et se mit en route vers le point de rendez-vous où elle trouva le militaire. Jusqu’à la dernière minute elle s’était demandée s’il elle n’allait pas rencontrer quelqu’un d’autre tant le contenu de la lettre lui paraissait être en décalage avec la personnalité du soldat. Mais non, c’était bien lui.

– Alors comme ça tu donnes dans l’altesse et le vouvoiement maintenant ? dit-elle en pénétrant sur le balcon, la lettre à la main.

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le Sam 22 Déc - 20:03

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Steven Caldwell

Soldat Clive


Sur le moment, le soldat n’avait pas réagi, comme s’il faisait mine d’être trop accaparé pour ses pensées ; ou qu’il ne l’avait tout simplement pas entendu. Mais c’était si puéril qu’il trouva la force d’affronter le trac qui lui avait bouffer les entrailles tout au long de son attente. Il se retourna lentement, ne souriant pas puisqu’il était très tendu intérieurement. Son regard se perdit sur le plo qu’elle avait dans la main et il se mit à la recherche d’un alternative.

« Tu aurais préféré ? »
– Ce serait étrange maintenant.
Il lui souria cette fois. Son regard se détourna un peu, gêné, avant de lui dire la vérité.
« Dans ma culture, on montre ses efforts quand on veut recoller les morceaux. Ca prouve la sincérité de la démarche. Le message est bien de moi. Mais c’est un ami qui m’a beaucoup aidé pour l’adapter à l’adresse d’une princesse. »
Il pointa la missive du doigt.
« Tout seul, j’aurai pris le risque de t’insulter sans le vouloir. »
– J’apprécie le geste, répondit-elle simplement.
C’était impressionnant cette peur qu’elle sentait émaner de lui. Du tract, de l’angoisse… il avait dû sacrément cogiter ces deux dernières heures pour se retrouver dans un tel état. C’était curieux, ils se connaissaient à peine pourtant. Ce n’était pas comme si leur relation était très développée ni capitale pour l’un ou pour l’autre.
« Merci. Moi, j’apprécie que tu sois venue. J’ai...une question à te poser... »
C’était la majeure partie de la tension qui l’habitait. Il hésita un instant avant de lui demander :
« Tu serais capable de supporter des centaines de personnes comme moi ? Réuni dans un même endroit ? »


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– Des centaines de…

Elle ouvrit la bouche puis la referma. Elle s’était attendue à une soirée intime avec quelques amis à lui, pas à un énorme rassemblement. Est-ce qu’elle allait vraiment pouvoir le supporter ? Bien sûr, maintenant elle maîtrisait assez son empathie pour ne pas se laisser complètement submerger et fort heureusement où elle dépérirait à chaque rassemblement auquel elle était tenue de participer en tant que figure politique et religieuse, mais cela risquait d’être un moment réellement désagréable.

– Elle a l’air plutôt grande ta soirée…


Soldat Clive


L’expression qu’il capta chez Emilia ne le rassura pas. Il stressait un peu à ce sujet parce qu’il ne lui disait pas tout. C’était comme devoir annoncer une série de mauvaises nouvelles en tentant de trouver le moyen pour que ça passe mieux.
Dans son cas, ce n’était pas un mauvaise annonce à faire. C’était tout simplement de la convaincre à partager ce moment en sachant très bien qu’elle n’apprécierait sûrement pas le côté “bas étage” de la troupe.
« Tout le cantonnement se regroupe ce soir. Il y a pas mal de nouveaux, on fera la fête, un repas tous ensemble. Que des militaires. Tu...tu viens avec moi ? »
Il grimaça un peu, maladroit. Il n’avait même pas encore abordé le sujet un peu plus “compliqué”...

Emilia Zeïn'Eidolas


Amusez vous à expliquer à un soldat pourquoi vous craigniez de vous mêlez à la foule quand celui-ci n’était pas au courant de vos dons psychiques… si elle refusait, elle allait mettre à mal leur réconciliation et si elle acceptait c’était elle qui allait être mal. Il lui semblait qu’elle était perdante dans les deux cas. Ah misère !

– Tes copains soldats n’avaient pas l’air très ravis de me voir sortir de prison tout à l’heure. Alexander Hoffman a dû faire un communiqué cet après-midi pour parler de mes capacités. Je ne sais pas si je vais accueilli à bras ouverts là-bas…
« Heu... »

Soldat Clive


Il éclata d’un rire gêné. Pas moqueur mais géné. Il se passa une main derrière la tête puis décida de foncer dans le tas. Il avait déjà engagé ses excuses et il valait mieux être direct. Au moins, comme ça, il n’y aurait pas de coup fourré. Il espérait vraiment qu’elle accepte même si c’était dingue comme idée. Il ne se voyait pas lui mentir, ni même la manipuler. Clive se trouvait dans la même optique avant de parler d’ascension : lui faire partager son monde.
« En fait...c’est uniquement réservé aux militaires. Tu vas porter l’uniforme d’April et tu viendras avec nous. Tu passeras pour une nouvelle recrue et personne ne te reconnaîtra. »



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le Dim 23 Déc - 2:54

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Emilia Zeïn’ Eidolas
Emilia Zeïn'Eidolas



La jeune femme le regarda comme s’il était devenu fou et… ne manqua pas de lui dire.

– Tu es complètement dingue ! Je commence à peine à me faire accepter ici et tu me demandes d’usurper l’uniforme et d’infiltrer l’armée ? Et quand bien même, je ne serai jamais crédible, je ne connais rien de votre culture ni du comportement que doit avoir un soldat ! C’est de la folie Daren !

Soldat Clive


Voilà, c’est ce qu’il craignait.
La réponse lui fit l’effet d’une lame froide qui s’enfonça lentement en lui. Dans le malaise qui revenait puissance triple, il y avait ce petit côté bourru qui le tentait. Pourquoi ne pourrait-il pas s’énerver pour de bon et lui dire d’aller faire son expérience chez des “élites Atlante” qui ne connaissaient rien de la vie de l’humain lambda ? C’était bien une princesse tiens...
Mais Daren ne voulait pas réagir à l’impulsion. Il voulait réfléchir et prendre les choses à plat malgré le fait qu’il trouvait sa réaction un peu ingrate vu l’offre. C’était toujours très facile de se mettre en colère. S’il avait récupéré Emilia dans le couloir en la foutant sur son épaule pour la traîner jusqu’à ce balcon, ce n’était pas pour réagir de la même façon plus tard.
« Mais oui c’est dingue !!! Et c’est ça qui est cool ! »
Il s’approcha d’elle, laissant son enthousiasme habituel galoper.
« Essaie de voir ça sur un autre point de vue. Tu passes pour un soldat et tu seras avec moi, ainsi que les trois cinglés qui me servent de famille. On va t’aider, tu seras pas seule ! »
Clive montra l’immeuble d’à côté. Déjà, pas mal de monde s’y déplaçait ou attendait pas petits groupes épars.
« Tu passes la soirée avec nous, tu vis comme un soldat Atlante pendant quelques heures. Je te demande pas de braquer une banque là !! On va t’aider à passer inaperçu, à donner le change, et tout se passera bien. »
Clive se voulait confiant. Sincèrement, c’était une bouffe qui réunissait les gars du cantonnement. Qu’est-ce qu’elle risquait au pire ? Qu’on lui demande de partir ? Qu’on lui tapote sur les doigts parce qu’elle n’appartenait pas à cette cité et qu’elle n’avait pas de compte à rendre ? Elle avait tout à gagner.
« Franchement, tu ne risques rien Emilia. Mes amis m’ont convaincu de faire cette lettre parce qu’ils veulent aussi te voir, ils s’intéressent à toi, comme toi tu t’intéresse à nous. Qu’est ce que tu risques au pire ? Comme tu l’as dit, le Grand Vizir t’a laissé te ballader sans gardes. On te fera plus rien à part des blagues de mauvais goûts... »


Emilia Zeïn'Eidolas



Le décalage culturel était encore en train de parler et source d’une nouvelle tension naissante… décidément, arriveraient-ils jamais à se comprendre tous les deux ? Elle le sentait à la fois agacé par son refus et pas le moins du monde inquiet, contrairement à elle. Mais en ce qui la concernait, la situation n’avait rien de simple. Chez elle, chacun avait sa place dans la société et se faire passer pour ce qu’on l’on était pas était grave, très grave. Daren lui donnait l’impression que les choses étaient très différentes ici.

– Je ne sais pas… usurper une identité c’est grave… et passible de prison chez moi. Qu’arrivera-t-il si je suis démasquée ?
Daren posa ses mains sur ses épaules, comme s’il était véritablement navré et s’apprêtait à lui annoncer une sentence lourde de conséquence. Que ce serait horrible et pénible, douloureux. Tout ça à la fois même. Pour finalement prononcer d’un ton plat :
« Quelqu’un te dira de sortir parce que c’est paaaas bien. »
Il plaisantait. Et il espérait vraiment qu’elle le verrait comme ça.
« Personne ne le verra comme une usurpation. Une invitée gênante peut-être. Et si quelqu’un sera châtié pour ça, c’est moi. Personne d’autre... »
Il marqua une pause avant de murmurer :
« Tu voulais visiter non ? »

L’armée atlante avait un côté bien laxiste si elle laissait passer de telles choses mais Daren avait l’air convaincu de ce qu’il lui affirmait. Ca ne lui plaisait pas du tout cependant, ce qu’il lui demandait allait à l’encontre totale de son éducation.

– Parle moi de ce rassemblement.
Il se détacha d’elle pour aller s’adosser contre la rambarde.
« Il y a eu une guerre l’an dernier. On a perdu beaucoup des nôtres, les recrues sont venues très vite après. »
Il sourit.
« Tu vois, chez nous, on marche beaucoup à la solidarité. Là, on va tous ramener quelque chose à manger et on va faire un énorme banquet. On mangera tous ensemble. April, Jim et Max sont mes amis, ils t’entoureront. Tu verras, il y aura une ambiance super sympa. »
ll haussa les épaules instinctivement, avec une pointe d’angoisse revenant soudainement, alors qu’il ajoutait :
« Puis il y a le concours aussi. »
– Le concours ?
« Je te réserve la surprise... »

Soldat Clive


Pourquoi il ressentait de l’angoisse en parlant de ce concours ? Emilia pinça les lèvres. C’était un joli plan foireux tout ça… mais si elle refusait, elle sentait qu’il allait se braquer. Dans quoi était-il en train de l’embarquer ?

– Et quel genre de soldat je suis censée être ?
« Un soldat comme moi... »
– Et toi tu es quoi ?
« Et bien, un soldat au grade le plus bas... »
C’était la première fois, qu’en le disant comme ça, il se mettait à regretter son manque d’ambition. Il assumait néanmoins.
« Si on devait faire une comparaison entre deux extrémités. Il y aurait moi, en petit soldat. Et toi, loin de l’autre côté, en princesse. »
Il lui tendit la main.
« Et pour découvrir qui je suis, je t’invite à devenir comme moi pendant quelques heures. En changeant de tenue et en venant dîner avec mes amis, ma famille. Et avec moi... »
Emilia eut un sourire taquin.
Mais moi je ne suis pas une militaire. Quel est le plus haut grade militaire chez vous ? Et comment reconnaît on et s’adresse t-on à un gradé ?
C’était encourageant. Au moins elle souriait, c’était aussi un peu le but.
« Je t’avais parlé de Sheppard. C’est notre chef. Colonel est son grade. Il y a également des rangs inférieurs. »
Darren joua le jeu et se plaça au garde à vous.
« Nous les saluons ainsi. Quand ils estiment que c’est suffisant, ils déclarent : “repos”. »
Et l’homme défit sa garde pour se positionner en positionnant de repos, mains dans le dos.
« Nous reprenons ensuite une posture classique, personnelle, quand il s’en va. Tu veux une formation accélérée ? »
Bataille de taquinerie. Il avait posé la question avec un éclat dans le regard, un peu malicieux, à l’idée de lui apprendre à saluer un gradé.

La princesse observa le geste, tenta vaguement de le reproduire.

Oui… apprends-moi donc à saluer la hiérarchie, lança t-elle avec un léger sourire en coin. La situation ne manquait pas d’ironie. Décidément, ce soldat lui aurait tout fait faire aujourd’hui !
« Alors viens avec moi !!! »

Pour lui, cela valait comme un gros oui.
Toute l’hésitation, l’angoisse de cette requête plus que particulière, toutes ces émotions négative se levèrent comme une ancre pour laisser fondre la joie quasi enfantine du militaire qui se sentait pousser des ailes. Si Emilia n’avait pas été là à le regarder, il serait serait écrié d’un énorme « YEAHHHHH ! TROP D’LA BALLE !!!! ». Mais il l’aurait sûrement effrayé.
Clive lui agrippa l’avant bras pour l'entraîner à sa suite. Il déboula les escaliers pour prendre une direction complètement différente.
« Je t’emmène chez moi pour que tu prennes la tenue d’April. Ensuite je te fais ta formation militaire, SOLDAT ! »
Il était content. Vraiment content. Il espérait qu’elle apprécierait la soirée qui se profilait et qu’elle découvre ce que pouvait donner la camaraderie militaire chez les Atlantes. Parce que pour lui, de son point de vue, il n’y avait rien de plus fort et de plus plaisant à vivre.
Bien… monsieur. Olala, ça promettait d’être difficile. Cependant, Daren transpirait la joie… cela lui faisait donc tant plaisir de lui montrer son monde ?

La porte s’ouvrit sur la salle commune et, comme d’habitude, l’animation s’y trouvait. Max était toujours sur son sofa en train de martyriser une obscure armée sur l’un de ses jeux vidéos préférés. Il n’accorda même pas un regard dans leur direction, s’écriant à chaque moment tendu, se donnant des ordres à lui-même comme “T’ention au flanc droit !”, “Mais recharge merde !!!”, “Y z’arrivent !!! Feu à volonté !!!”, “Mahahaha, dans la gamelle !!! C’te con !”.

Et assis à la table surchargée de divers détritus de plats consommés et de cadavres de friandises, la seule place vraiment propre était occupé par un homme beaucoup plus mûr. Il était penché sur un classique d’Emile Zola avec des petites lunettes sur le nez. C’était Jim, le visage neutre, qui finissait sa page avant de saluer Darren d’un sourire aimable et d’observer la princesse pour qui il avait rédigé la lettre.
April ? Toujours aux abonnées absentes. Ou toujours enfermée dans sa piaule depuis laquelle Iron Man de Black Sabbath faisait vibrer les murs.
Ce n’était pas aussi assourdissant que ce matin, cela dit, mais elle s’en mettait plein les oreilles. Comme d’hab quoi.

Darren était content d’avoir l’occasion de faire les présentations...mais son regard tomba alors sur les détails et il percuta sur l’état précaire en terme d’hygiène. Il tira un siège pour le lui présenter, lui montrer qu’elle pouvait s’installer là, puis il ramassa les déchets d’un énorme geste de bras pour débarrasser la table.
Plutôt habitué, Jim leva son bouquin, ignorant ce qui tombait depuis les bras de son collègue puis se déchaussa de ses lunettes. L’action désespérée de Daren le fit sourire, il était amusé de le voir tenter de sauvegarder des apparences à l’égard de son invité.

« Vous devez être Emilia Zeïn…? »

La fin de sa phrase s’était terminée sur l’interrogatif, signe qu’il n’avait pas pu obtenir la suite de la part de Clive. Il se contentait de la fixer avec cet air accueillant en voulant se présenter, et lui souhaiter la bienvenue, avec un minimum de politesse. Tous les signes qui révélaient l’identité du rédacteur de la lettre d’excuse.


Emilia Zeïn'Eidolas


Emilia parcourut les lieux du regard et s’arrêtèrent sur un homme dans un fauteuil, puis sur le jeu vidéo sur lequel il était concentré. Un soldat qui jouait à la guerre, c’était un peu cliché non ? La musique raisonnait à fond derrière une porte close et la jeune femme y laisse trainer ses yeux quelques instants, savourant les notes qui raisonnaient. C’était bien rythmé et original mais renouer avec la musique après tout ce temps était un vrai plaisir, même si cela se faisait dans ces conditions. De son côté, Daren s’efforçait de remettre un peu d’ordre dans la pièce qui ressemblait à une vraie porcherie garçonnière. Elle s’efforça de ne pas donner l’impression de le remarquer pour ne pas le mettre mal à l’aise même s’il était clair que ce genre d’environnement était bien différent de ce qu’elle avait l’habitude de côtoyer.
Puis il y avait cet homme, posé, en train de lire… sans nul doute la figure paternelle de ce petit groupe. Elle sentit que les échanges seraient plus facile avec lui, il semblait plus mature.

-Soldate Emilia, paraît-il. Répondit-elle avec humour.
Jim se montra très réceptif. Son regard brilla alors qu’il répondait par une expression non-verbale assez amusée.
« Ce qualificatif est invariable, “Soldat” Emilia. » Lui expliqua-t-il. « J’en conclus donc que vous allez nous honorer de votre présence ? »
« Ouais, elle vient avec nous c’est trop c...enfin...je veux dire : c’est génial. »
Jim sourit une fois de plus, assez amusé par le petit jeu de Clive dont il perçait nettement les intentions, et son regard revint vers la princesse puisque la question lui était adressée.

Il semblerait puisque Daren m’a assuré que je ne risquais rien si j’étais découverte, dit-elle, en se focalisant sur les émotions du « papa soldat » pour vérifier que Clive lui avait bien dit la vérité.

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√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Dim 23 Déc - 3:53

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Steven Caldwell

Soldat Clive


Le concerné s’interrompit dans son rangement éclair pour la regarder, un peu peiné qu’elle ne le croit pas à l’évidence, puis il reprit. Il était en train de dessiner un carré de propreté autour du siège qui appartenait à la princesse. Jim, quant à lui, poussa ses lunettes et son livre tout en lui répondant :
« Le mécontentement des voisins, des reproches pour notre bon ami ici présent. Mais rien de grave pour vous. » Il s’approcha et lui tendit la main. « Je suis le soldat Jim, enchanté de faire votre connaissance. Derrière moi, en parfait impoli, se tient le soldat Max. »
« ’lut ! Un instant, j’lui def la gueule au boss et j’arrive ! »
Le joueur était tellement ancré dans ses moments d’action que les éclats lumineux, depuis la télévision, éclairait les traits durcis de son visage. Il donnait l’air de vivre pleinement son combat.
« Et derrière cette porte close, vous ferez bientôt la connaissance du soldat April. »
-Emilia zeïn’Eidolas, répondit-elle avant de tourner la tête à nouveau vers la télévision. Elle se rapprocha de Max. Simulation d'entraînement ou simple jeu vidéo ?
« Ben c’est pour s’passer les nerfs ! Tu fais pas une simu avec la vie illimité ! » Il ne lui avait pas accordé un record mais il fit un geste en direction de la deuxième manette. « Tu peux go coop si tu veux... »
« Une invitation à vous y essayer. » Traduisit Jim de loin.

Daren s’était déjà approché avec l’intention de lui expliquer les commandes. Déjà parce qu’il savait que Max ne s’emmerderait pas à le faire, quitte à la laisser galérer. Mais aussi parce que cette petite pointe de jalousie du “C’est MON invitée” le poussait à ne pas trop disparaître du tableau. Quelque chose lui disait que le franc parler de son ami risquait de causer des problèmes dès que sa vue serait passée des litres d’hémoglobines au visage d’Emilia. Du coup, Clive déroula la manette et la lui tendit, comme pour lui poser silencieusement la question : “jouer ou non”.

Emilia Zeïn'Eidolas



Les jeux-vidéo existaient dans son monde et ils étaient même plutôt appréciés. Généralement, ils étaient relativement immersifs grâce aux casques ou aux hologrammes. Cela dit, elle n’était pas une grande habituée de ces choses-là, elle ne jouait pas souvent et surtout pas à des jeux de guerre. Néanmoins, elle décida de prendre la manette rien que pour montrer à Clive qu’elle n’avait pas besoin de lui pour prendre l’initiative de « tester des choses de soldat ». Et oui, elle disait rarement non à un défi.

Clive s’installa à ses côtés. Il appuya sur deux touches amenant l’écran principal à faire apparaître un deuxième joueur. A ce moment là, Max s’amusa à démonter tous les ennemis qui se présentaient puisque le jeu prenait une attitude de rail shooteur, c’est à dire une avancée en équipe sur une direction déterminée.
Daren pouvait compter sur la couverture de son ami pour pouvoir lui expliquer les boutons, lui faire faire quelques essais. Après lui avoir fait pratiquer un peu la direction, la visée et le tir, il lui expliqua le bouton pour demander à l’avatar de se placer à couvert.
Il tapota ensuite l’épaule de Max et lui demanda de laisser les ennemis de droite à sa propriétaire. Emilia en l'occurrence. C’est de bien mauvaises grâce qu’il accepta.
« Et voilà...à toi !!! Tes ennemis viennent de droite ! »
Emilia manipula le joystick pour tenter de les apercevoir et appuya sur le bouton pour se planquer.
-C’est la première fois que je teste un jeu comme celui là.
« Ouais, j’te protège, t’inquiète ! »
Faisant pivoter la caméra, elle visa brièvement et toucha un ennemi dans la tête. En fin de compte le jeu n’avait pas l’air si difficile.

Au début, Max profitait de son expérience du jeu pour “protéger” la princesse. Comme le grand frère qui laisse les commandes à la petite soeur en sachant pertinemment qu’elle ne parviendrait jamais à le surpasser. Il y avait cette forme de souveraineté chez le soldat, une assurance presque arrogante. Le mode de jeu étant basé sur la survie par des vagues toujours plus nombreuses et difficiles, il faisait son cador, le joueur expérimenté. Mais au fil de la difficulté, il se rendit compte que la jeune femme se défendait bien. Même très bien. Il se battit de plus en plus durement, la pression et la colère le gagnant petit à petit face à sa dégringolade face aux meilleurs réflexes de sa partenaire de jeu. Si Emilia avait encore du mal à utiliser les contrôles, son appréhension de l’environnement et ses actions étaient bien mieux mené que Max.
Dans sa frustration d’être mené de la sorte par une nouvelle venue, il balança la manette de colère contre l’écran et hurla un :
« PUTAIN ! MERDE !!! » sur le ton de la défaite.
Il souffla, le visage encore rouge, puis fixa Clive avant d’ajouter calmement :
« Elle joue super bien ta poule. »

Face à cet excès de rage totalement disproportionné, Emilia se leva et reposa la manette à la place qu’elle occupait précédemment.

Merci pour la partie, dit-elle, polie mais guère enthousiaste.

Elle s’était bien amusée mais la réaction de l’autre lui fichait la trouille.
« C’est ça, ouais ! » Maugréa Max.
Il râla et se sauva en attrapant sa veste au passage. Le soldat bouillait d’une colère capricieuse et il s’en alla prendre l’air sans même les saluer. Il n’y avait eu aucune réaction de surprise venant des deux autres. Clive était même amusé par la situation.
« C’est un mauvais joueur qui n’aime pas être confronté à meilleur que lui. » fit Clive d’un ton complice. « Ce n’est pas la première fois, on va le retrouver au repas tout guilleret. Ce sera oublié. »
J’aurai dû brider mes réflexes, constata la jeune femme qui intellectualisait la situation.

Soldat Clive


Daren se releva, plutôt enjoué. La performance de la jeune femme l’avait époustouflé et il trouvait ça tout simplement génial. Une princesse qui met la mine à Max à un jeu de baston ! Qu’est-ce qu’il fallait de plus ? Sa dernière phrase le fit éclater de rire.
« Quoi ? Pour le laisser gagner ?!? » Il lui tapota l’épaule. « Crois-moi, tu lui as même rendu service ! Et puis t’es douée, c’est comme ça ! »

Un discret raclement de gorge venant de Jim attira son attention. Il lui montrait discrètement sa montre, signe qu’il fallait se presser pour ne pas être en retard. Daren acquiesça et entraîna la princesse à sa suite.
« Il faut qu’on te prépare ! »
Le seul problème, c’est qu’April n’était toujours pas sortie. Sa musique toujours à fond, rien n’avait changé de son côté. Le soldat alla à la porte close pour y frapper. Encore un peu plus fort. Puis plus fort. Et finalement, il y alla carrément à coup de pieds pour qu’elle l’entende enfin toquer. Clive cessa de marquer le fer de la crasse de ses semelles lorsque le battant s’ouvrit lentement en dévoilant une femme déterminée et peu avenante. La musique venait à l’instant de tripler de volume.
Une odeur démarra l’invasion de la salle commune. Du tabac qui avait macéré, de la sueur...et une odeur de sexe.

La concernée coinça une clope déjà bien entamée entre ses lèvres, façon mec qui broute un cigare, puis elle plaqua ses deux mains de chaque côté du chambranle de la porte, comme pour lui interdire l’entrée et l’intimider de sa proximité très...personnelle.
Tout dans son comportement se faisait dans une forme de provocation, ou de défi surtout, pour se faire respecter. Comme si elle imposait son comportement rebelle et particulier, n’accepter aucune correction.
Emilia serait la seule à sentir en elle une peur très ancienne. Beaucoup de lassitude, de fatigue, et de l’égarement. Pourtant, elle affichait une image de solidité à toute épreuve.
« Tu veux quoi ? »
« Emilia est là. Tu avais promis de lui prêter un uniforme... »

Son regard sombre, presque hostile, monta sur la princesse. Pour toute réponse, elle expulsa la nicotine contenu dans ses poumons par la bouche, produisant un nuage bien provocant en direction d’un Clive qui mettait beaucoup d’eau dans son vin. Lui ne la comprenait pas mais il l’acceptait comme elle était. L’homme ne bougeait pas d’un millimètre, préférant sourire à cette petite provoc comme s’il s’agissait d’une taquinerie, pour espérer obtenir le sésame. Car si elle refusait de donner l’uniforme, Emilia ne pourrait pas se fondre dans la masse et elle ne pourrait pas dîner avec lui.

April se retira lentement en se dandinant, un geste non verbal du genre “peut-être bien que oui, peut-être bien que non”. Après quelques secondes d’hésitation, elle disparut dans la profondeur de ses quartiers qui vomissaient toujours autant de mauvaise odeur puis elle lui donna un uniforme propre et bien repassé.

« Bastonne ma porte quand c’est l’heure d’y aller. »
« Ok... »
April regarda une nouvelle fois en direction d’Emilia puis elle disparut, avalée par la fermeture de sa porte automatisée. Clive souffla fortement, soulagé, puis il se retourna vers son invitée avec un sentiment de victoire.
« Elle est un peu spéciale mais pas de mauvaise compagnie. Tiens, c’est la tenue que tu dois porter. Elle est comme la mienne. »

Clive attendit alors, comme un parfait innocent, jusqu’à ce que Jim lui demande tout en lisant son bouquin :
« On se change comment quand on est pas de la famille ? »
« Oh ! Oui... »
Qu’il était bête.
Entre eux, ils se changeaient dans leur quartier ou en salle commune sans être véritablement pudique.

Enfin ! A part Jim.
Mais il voyait Emilia avec la tenue dans les mains. Où allait-elle se changer ?!?
Il voyait mal lui ouvrir les toilettes, surtout qu’il n’avait pas vérifié leurs état. Et Jim n’accepterait pas d’ouvrir ses quartiers donc il ne restait plus que les siens.
« Hm...euh...par ici... »
Il ouvrit les portes de sa chambre mitoyenne à celle d’April. La lumière s’alluma sur un espace plutôt réduit. Un lit, un bureau, un rangement. Clive avait essayé de le personnaliser un peu. A côté du poster d’un guitariste, une photographie sous verre montrait les colocataires. Ils apparaissaient plus solennellement sur le mur opposé, d’une taille plus grande, posant aux côtés du drapeau américain avec des Natus sur la planète Le Boc. L’entrée pulvérisée de la structure Wraith dans leurs dos. Il n’y avait pas forcément de sourire, le cliché semblait avoir été pris pour le souvenir, l’Histoire. Il s’y trouvait une bonne vingtaine de personnes posant pour la postérité mais les amis de Clive, et lui-même, se voyaient parfaitement dans la masse.

Sur la table de nuit, un porte photo en deux parties entre des parents grisonnants et la fameuse soeur âgé d’une quinzaine d’années. Le bureau servait surtout de poubelle vu le tas d’immondices, de vêtements usagés et de documents abandonnés qui s’y trouvaient. Une guitare avait pris la poussière contre le mur, pile entre le lit et le bureau.
Et il n’y avait rien d’autre. Peut-être quelques livres qui se battaient en duel et des vêtements civils. Mais rien d’autre.
« C’est chez moi ! » Fit-il distraitement en dissimulant un vieux caleçon sous une montagne de paperasse.
Il ramassa encore une ou deux affaires qu’il planqua dans son dos.
« Tu...tu peux te changer là. Et après, je te forme ! »
Il montra un petit renfoncement avec une porte plus petite encore.
« Il y a une salle d’eau, là, si tu veux... »

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√ Arrivée le : 23/07/2018
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le Dim 23 Déc - 18:23

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Emilia Zeïn’ Eidolas
Emilia Zeïn'Eidolas




Emilia réceptionna les vêtements et remercia April avant que cette dernière ne s’éclipse aussi rapidement qu’elle n’était apparue. Si la fille et la chambre sentait mauvais, Emilia n’ayant jamais apprécié l’odeur de tout ce qui se fumait, les habits qu’on lui avait confié sentait le propre. Ouf, elle n’aurait pas accepté d’enfiler un uniforme imprégné par la puanteur du tabac. S’en suivi le petit moment de gêne jusqu’à ce que Jim fasse discrètement remarquer à Clive qu’il avait intérêt à lui donner accès à une pièce s’il voulait qu’elle puisse se changer. Très pertinent, un point pour le « papa militaire ! ». Daren la fit donc entrer dans une chambre. Sa chambre au vu de sa manière de planquer certains vêtements. Et puis il y avait les photos… Emilia s’en approcha, curieuse. Une photo de famille… s’agissait-il de la fameuse sœur dont il lui avait parlé ? Elle semblait bien jeune au moment de la capture d’image. Et l’autre… la princesse fut interpellée par tous ces soldats réunis sur ce qui ressemblait à un champ de bataille, il s’en dégageait quelque chose de fort.

-Quand étais-ce ? demanda t-elle avant que Daren ne sorte.


Soldat Clive


Une sourde émotion s’empara de Daren quand il comprit qu’elle parlait de l’opération Normandie. Une guerre comme il n’en avait jamais vécu, à tel point qu’il s’estimait être un miraculé vu les pertes que l’armée avait subi. Cette fois, la spontanéité du soldat disparu. Il se demanda s’il pouvait lui en parler sans révéler un secret. Peut-être que le Grand Vizir ne voulait pas qu’elle sache qu’Atlantis livrait des combats.
Mais Emilia était très loin de toute stupidité. Elle allait bien voir que certains soldats avaient des uniformes différents qui transpiraient une culture à part. Elle verrait ceux qui étaient blessés. Ceux qui avaient le regard dans le vague ou ceux qui laissait paraître une profondeur. Le genre d’étape qui marque une vie.
Daren se souvint de ce qu’elle lui avait dit la dernière fois, juste avant qu’ils ne se quittent. Elle avait promis de ne pas aller voir Sheppard pour le préserver d’ennuis. Et jusque là, Clive n’avait pas été ennuyé. Dans son instinct, il savait qu’il pouvait lui faire confiance. Alors il s’approcha pour décrocher la photo du mur. Il la lui plaça entre les mains pour qu’elle puisse l’observer comme elle le voulait.

« Ca restera entre nous ? »
-Si tu le souhaite, oui.
Daren hocha la tête. Oui, il préférait que ça reste entre eux.
Il se surprit sur la pensée qu’il était seul avec une princesse dans sa propre piaule cradingue. Il avait tellement de mal à la cerner…
« Il y a un peu moins de quatre mois. » Lui expliqua-t-il. « On nous a embarqué et nous avons donné l’assaut sur une base Wraith. Une faction terriblement dangereuse qui préparait une armée. Elle était...spécialement conçue pour nous anéantir. Nous avons mené une attaque surprise mais ils étaient bien préparés. Bien équipés. Et surtout bien renseignés...ça a été infernal. »
Il regarda la photo.
« Beaucoup de mes amis sont morts là-bas. Mais j’ai pu revenir entier. Max, April, Jim. On s’est battu main dans la main et on est revenu. Cette photo a été prise le jour de notre victoire. »

Emilia Zeïn'Eidolas


La princesse écouta le résumé des événements dont il lui parlait. Quelque chose de probablement secret étant donné sa demande de garder cela pour elle et pourtant il parlait à cœur ouvert. Etonnant comme il s’ouvrait à elle alors qu’ils ne se connaissaient que depuis quelques heures mais… à bien y penser elle-même lui avait également livré des détails intimes sur elle. Peut-être que le fait qu’ils viennent tous deux de deux peuples différents facilitait les confidences. Daren avait un caractère bien trempé, elle le sentait transparaître à travers ses émotions, mais il savait également écouter et, la plupart du temps, ne pas juger. C’était un changement radical par rapport à sa propre planète. Sur Orzan, elle devait se montrer prudente pour éviter qu’une parole se retourne un jour contre elle, ici elle avait plus de latitude.

-Tu arrives à trouver le sommeil la nuit ?.

La jeune femme se représentait difficilement ce que pouvait vivre un humain dans une telle situation mais elle était liée à Daren à cet instant et elle savait ce que lui ressentait en ce moment.


Soldat Clive


Une première réaction dans ses yeux témoignait que non. On ne peut pas dormir sereinement quand on voit ses amis morts baignant dans les tripes et le sang. La putréfaction humaine, l’impression d’entrer dans une moulinette qui tue progressivement tout ce qui vous entoure. Mais il ne voulait pas entrer dans la pleurniche et une grande part de profession entrait en ligne de compte.
« C’est notre travail tu sais ? »
Il lui fit un petit sourire confiant.
« Un soldat au repos patrouille, l’arme à la main. Mais il signe aussi pour défendre sa maison, les intellects comme toi, le Grand Vizir. On sait que tout peut s’arrêter un beau jour. Des gars comme Max, Jim. Des femmes comme April. On les côtoie et on se dit qu’il ne pourrait jamais rien leur arriver. »
Il marqua une pause.
« Mais ça arrive... »
Clive ne savait pas vraiment pourquoi il se confiait comme ça. Il ne le dirait même pas à ses camarades de section. Mais il y avait un truc avec Emilia. Si c’était la princesse stéréotypée, il s’en serait bien gardé. Seulement, il commençait un peu à la connaitre même s’il avait beaucoup de mal à comprendre sa façon d’être. Il sentait bien cette prestance, ce charisme supérieur qui se diffusait malgré cette simplicité. Mais elle n’était pas là pour l’écraser, elle ne s’imposait pas, elle découvrait. C’est cet intérêt et le fait qu’il ne ressentait rien de mauvais en elle qui finissait de le convaincre.
« Le repas qu’on va faire, c’est un moment privilégié. Notre façon d’apprécier l’instant présent et notre fraternité. C’est aussi pour ça qu’on se bat, pour ces beaux moments. »
Il eut un sourire presque navré.
« Excuse-moi, je pense que l’armée de ton pays n’est pas très différente. Je te traite pas comme une ignarde. »


Emilia Zeïn'Eidolas



« Ca ne t’empêche pas d’éprouver des sentiments », faillit-elle rétorquer mais elle s’abstint, songeuse. C’était bien la première fois qu’elle se mettait à la place d’un soldat, qu’elle éprouvait de la tristesse et de l'intérêt pour leur condition. Triste à dire mais il fallait qu’elle ait elle-même frôlé la mort pour sortir de sa bulle de confort et se poser des questions. A quoi bon s’intéresser au bien-être des tarkis ? Les zeïns les voyait comme des outils et la société n’était pas prête de changer, que pouvait-elle bien y faire ?
Mais les choses avaient évolué. Non, pas les choses, c’était elle qui avait changé.
Et elle éprouvait du chagrin pour Daren et ses collègues. Naturellement, elle était influencée par la connexion entre eux et les sentiments du soldat mais elle savait faire la part des choses entre ses émotions et celles des autres.

– Je vis avec les privilégiés, les soldats sont là pour nous servir ils ne nous font pas part de leurs sentiments… ce soir, vous intégrez donc les renforts d’après-guerre ?
« Ca renforce nos liens. Nous multiplions ces soirées. Parce que lorsque nous repartirons nous battre, le copain d’à côté, c’est le seul sur qui ont peu compter. »

La jeune femme acquiesça, les yeux braqués sur la photo qu’elle tenait dans ses mains :

– Tu sais, j’ai bien réfléchi à ce que tu m’as dit tout à l’heure… Tu avais raison à propos de mes peurs, je ne peux les laisser me dominer. C’est pourquoi je pars après-demain.

L’annonce lui fit un pincement au coeur. Emilia était quelqu’un d’intéressant à connaître. Il fallait apprendre à le faire d’ailleurs. Essayer de comprendre sans réagir vivement, crûment, comme il avait pu le faire pour sa volonté d’ascension. Il se voyait mal lui dire qu’il ne voulait pas la voir partir tout de suite parce qu’il voulait savoir qui elle était plus en détail. Il valait mieux profiter de l’instant présent, comme il l’avait dit lui même.

« La soirée a interêt d’être réussie alors... » Fit-il avec un ton plus rude qu’il ne l’aurait voulu. Mauvaise conséquence de son désir de cacher ça.
« Tu...tu penses faire quoi ? »

La jeune femme se tourna pour raccrocher le cadre à sa place.

– Je vais me confronter à celui ou ceux qui ont placé un contrat sur ma tête.
« Seule ? »
Daren regarda ses chaussures, plongée dans une intense réflexion.
« Attends...le coup des Wraiths qui t’ont parchassé...tes ennemis sont impliqués là-dedans ? »

– Non, je ne vois pas comment…Je participais à des fouilles sur une planète étrangère la nuit de la sélection. Nous dormions dans un village non loin des ruines, un assassin s’est faufilé dans ma cabane après avoir tranché la gorge du garde devant ma porte… j’ai réussi à l’arrêter mais un dart est passé peu après.

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le Dim 23 Déc - 19:05

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Steven Caldwell

Soldat Clive


Clive mourrait d’envie de lui dire que les humains avaient déjà passé des pactes avec des Wraiths. Et vu ses capacités, ce n’était pas un assassin qui aurait pu l’arrêter. L’hypothèse qu’il ne soit qu’un petit divertissement le temps que ce dart sévisse lui semblait plus logique en terme martial. Mais ce n’était qu’une supposition qui lui était propre.
Daren ressentit de la peine pour Emilia. Il ne la connaissait pas bien mais il sentait qu’elle n’était pas une personne détestable, elle ne méritait pas ça. Ses propos lui revinrent en tête quand ils parlaient princesse en détresse et tour à escalader. Il y avait des jeux de pouvoirs, des pourris tireraient un bénéfice certain de sa mort.

« C’est très courageux. » Il parlait sincèrement. « Tu en as beaucoup pour avoir tenu tout ce temps. Mais...je me dis que tu ne devrais pas repartir comme ça, seule. Qui sait si tu n’y es pas attendue à ton prochain sommeil ? »

Il ne voulait pas lui faire peur. Ce n’était pas le but. D’ailleurs, sa volonté d’y retourner contribuait à la bonne image qu’il avait à son égard. Mais il y avait une limite entre le courage et la témérité. Des types qui tentaient de la faire tuer s’organiseraient sûrement sur des plans B en cas d’échec. Y pensait-elle ?

« Tu pourrais aussi rester ici...et revenir en force avec des personnes de confiance. » Hasarda-t-il. Craignant d’abuser en mettant les pieds dans le plat, il secoua négativement la tête et s’empressa d’ajouter : « Je comprends que tu veuilles rentrer chez toi. »

– Des personnes de confiance comme qui ? Je suis seule, ma propre famille ignore que je suis en vie, je me suis faite passer pour morte tout ce temps. Mon peuple aurait pu me retirer le traceur dès le début mais j’aurai été en position de vulnérabilité jusqu’à la fin de l’intervention. Des cycles ont passé maintenant, je pense pouvoir faire la traversée sans danger.

« Moi. » Répondit-il simplement. Il avait tout de même le compte-tour qui venait de monter d’un grand coup. Ce n’était pas habituel de se déclarer en protecteur de princesse, ça pouvait même paraître terriblement arrogant. Du coup, l’idée de la voir lui rire au nez lui déformait le visage d’appréhension. Mais pourquoi retourner dans un nid de vipères seule ? Le temps passe et la surprise de son retour pourrait être encore plus indigeste pour les commanditaires non ?
Daren savait qu’il mettait les pieds dans un terrain inconnu. Mais il était pratiquement sûr que le CODIR accepterait de protéger le retour d’un VIP sur son monde d’origine. Il l’avait déjà fait d’ailleurs…c’est cette seule idée qui le motivait pour développer. Sinon il aurait miré la couverture de son lit en se voyant y disparaître dessous.
Il n’en menait vraiment pas large.
« Moi et les gars, on pourrait veiller sur toi. Juste pour être sûr que ça se passe bien. Tu n’es plus seule maintenant... »

Emilia fut touchée par la spontanéité de la proposition. Cela venait du cœur, elle le sentait. Elle considéra quelques instants ce curieux soldat qui, quelques heures plus tôt, braquait une arme sur elle. A présent, c’était contre ses ennemis qu’il proposait de retourner son arme.

– Tu proposes de m’escorter jusqu’à chez moi ?

Clive se tordit les mains sans vraiment s’en rendre compte.

« Oui... » fit-il, stressé. « Il faudra l’accord de mes chefs. Mais je ne les vois pas refuser. »

Pourquoi stressait-il comme ça ? Emilia ne comprenait pas, avait-il peur qu’elle rit de sa proposition ?

– Et bien… je ne sais pas quoi dire. Cela me rassurerait d’être entourée si votre gouvernement le veut bien, oui.
« Super...génial... » fit-il, soudainement réjoui. « Bon...heu...ça passera mieux si c’est toi qui en fait la requête bien sûr. »

Quelqu’un donna brusquement un coup de pied dans la porte. Clive en sursauta.
« Eh là-dedans !!! Finissez vos p’tites affaires ! On attend plus que vous bordel ! »
Daren ricana et se recula.
« Bon...je crois que...je vais laisser te changer. » Il ouvrit sa porte en restant toujours face à Emilia. « Merci pou... »
Et il ne termina pas sa phrase. April venait de le sangler par une prise commando, blagueuse et bagarreuse, pour le faire disparaître de la vue et le maîtriser. Un bruit de bagarre s’entendit avec quelques ricanements. Toujours assis au même endroit, Jim les regardait tranquillement. Emilia sourit en voyant leur manège et referma la porte pour se changer. Qui aurait cru qu’elle porterait l'uniforme militaire un jour ? Elle avait presque envie de prendre une photo souvenir. Elle sortit quelques minutes plus tard métamorphosée.

– Je n’ai pas l’air trop ridicule ?
« Vous avez l’air du soldat Emilia... » Répondit poliment la figure paternelle.
Clive avait quasiment des étoiles dans les yeux. Il s’apprêtait à lui répondre lorsqu’April le bouscula sur le côté, sans ménagement, pour aller droit sur la princesse. Elle s’arrêta devant elle, la détaillant de la tête aux pieds, puis elle assura sa fermeture éclair avant de lui bourrer l’épaule.
« Ouais ça l’fait ! Pense à pas trop rouler du cul. »
– Je vais essayer, répondit-elle avec un fin sourire.
« L’écoute pas. T’es parfaite. » Assura Clive. Il se positionna sur sa droite puis héla Jim.
« Hé, tu nous fais ta voix de patriarche ? »
Amusé, le type accepta puis il déclara :
« A VOS RANGS, FIXE !!! »

Daren se mit immédiatement en position, son regard tourné vers Emilia pour voir si elle copiait bien la position. Cette dernière s’efforça de calquer le pas.
Pendant une petite dizaine de minutes, la petite équipe aida la princesse à faire un salut réglementaire et à se tenir au garde à vous. Il lui expliquèrent qu’il n’y avait pas de gradé pendant la rencontre mais qu’il n’était pas impossible que ça arrive. Darren ponctuait souvent de quelques explications utiles, des conseils, comme par exemple les plaques d’identification qu’il lui montra. Elle pourrait, selon lui, prétexter qu’elle les avait perdu en manoeuvre et qu’on était en train de les lui refaire.
Un petit plan en cas d’ultime recours visait à regarder l’un de ces trois soldats si elle avait un problème pour répondre à un officier, voir même un collègue soldat, et ils seraient tous là pour lui prêter main forte. Continuellement, Emilia ne discernait aucune attitude malveillante ni sentiments néfastes. Le plus souvent, les deux autres voulaient participer pour lui montrer leur monde. Ils étaient volontaires surtout par cohésion avec Daren. Il voulait lui faire vivre une soirée dans la peau d’un militaire Atlante donc, par camaraderie et par amusement, ils participaient à cette petite imposture.

« Et voilà. Paré, soldat Emilia ? » Fit-il, avec un brin d’excitation dans la voix.
– Qu’est-ce que vous ne me faites pas faire ! dit-elle en riant.
« C’est qu’le début chérie. C’est qu’le début ! » Balança April en approchant de l’entrée.
« Il y a encore plus à découvrir, soldat. Mais un dernier petit conseil : si vous êtes perdue pour une quelconque raison. Demandez à ce que l’on vous conduise au cantonnement D4. D’accord ? »
« Ca n’arrivera pas. » Lâcha Daren, très confiant. « Pas vrai, soldat Emilia ? »
– Ca va aller. Sous quelle identité dois-je me présenter ?
« Soldat Emilia, nouvelle recrue. La cité est très grande, on se perd super facilement. Donc personne ne se méfiera ! »
– Pas de nom de famille ?

Ah, elle avait raison là…
Darren se creusa la cervelle puis il eut un léger sourire.
« Emilia Clive ? »
– Pardon !?

April éclata de rire, en le pointant du doigt.
« Putain de Roméo, ça c’est du mariage éclair ! »
« T’as vu ça ?!? » Il ria à son tour avant de détailler son idée. « Ou alors ma soeur est nouvellement arrivée et ça sera plus légitime si tu demandes à me retrouver. »
« Hm...pas bête. »
–Hmm… pourquoi pas.
Elle n’était plus à un mensonge près.

Après s’être mis d’accord sur les derniers détails, expliquant au passage qu’ils seraient beaucoup dans la salle de réception et qu’elle ne devait pas paniquer, le petit groupe se mit en marche dans les couloirs. Pendant que Jim entamait la discussion avec une saine curiosité, se demandant ce qui plaisait le plus à une princesse dans une expérience culturelle de ce genre, April charriait Daren sur son mariage éclair. Cela le mettait dans l’embarras et il trouva le moyen de la calmer en lui donnant certaines de ses cigarettes.
Elle en alluma une tout de suite et fonça droit sur Max qui attendait à l’angle du couloir. Il leva les bras en signe de mécontentement, laissant l’impression qu’il les avait attendu longtemps, et il gueula de surprise quand April le choppa par la taille pour le soulever. Comme l’avait fait Clive pour retenir la princesse, April supporta son collègue et l’emmena sur son épaule alors qu’il ricanait. Il posa un coude en équerre pour supporter son menton et se laissa conduire tout en regardant la “nouvelle recrue”. Surtout son uniforme.
« On dirait qu’il a été fait pour toi... » Constata-t-il.
C’était un compliment. Il fit un bref salut militaire, se doutant qu’elle avait eu la petite formation avant de venir.

Au fil de la route, les couloirs furent de plus en plus animés. Les militaires se déplaçaient tous en direction de la salle commune par petits groupes selon les affinités. Certains d’eux étaient composés de soldats véritablement novices. D’autres avaient incorporé des unités comme ceux de Daren et semblaient très bien intégrés.
Il y avait de la joie et une humeur festive un peu partout. Pour quelques soldats, c’était également la première rencontre. Et finalement, au bout d’une dizaine de minutes de marche, April reposa son camarade. Elle était essoufflée mais ne voulait montrer aucun signe de fatigue. Elle nargua volontairement Max sur son terrible échec face à “la nouvelle” puis ils discutèrent tous un petit moment, le temps que la file d’attente qui s’était constituée n’avance.

Au bout, avant les grandes portes qui menaient dans la salle commune, un bénévole se tenait devant un pupitre. Il était penché sur un livre et une grande urne transparente se trouvait à ses côtés. Il y avait déjà un bon paquet de dollars et quelques autres devises.
« Bonjour. Cinq personnes... »
Le type inscrivit les noms, dont celui d’Emilia Clive, puis Jim donna cinq dollars. C’était le prix pour entrer, le dollar symbolique par tête. L’ensemble de cet argent allait servir plus tard, la jeune femme pouvait le sentir très clairement. Mais impossible de savoir pour quoi.

Alors qu’ils pouvaient enfin passer, April sautant sur les épaules de Max pour être emmenée. Darren s’était inquiété en observant son amie. Elle semblait étonnamment tendue alors que tout le monde autour rigolait, déconnait, faisait presque la fête…
Le soldat se rappela qu’elle n’était pas des leurs et que cette démonstration, ce regroupement, pouvait peut-être lui être intimidant. En plus, elle avait passé combien de temps, dehors, isolée, avec pour seule activité vivante des Wraiths affamés ?

« Hé. Ca va ? » lui murmura-t-il.

« Respire ma grande, le monde ne va pas t’engloutir », se répétait t-elle comme un mantra.
Emilia s’imagina un grand couloir avec des centaines de petites salles et dans chacune de ces salles, elle y enferma la « voix » de quelqu’un.

Première étape : se distancier des émotions étrangères.
Deuxième étape : faire le tri dans le brouhaha, séparer chacun des liens.
Troisième étape : repousser ces liens, les mettre dans des boîtes ou quelque chose du genre.
Quatrième étape : respirer, ne pas oublier de sourire car le reste du monde ne pouvait pas comprendre ce qu’elle était en train de vivre.

Une voix familière l’interpella et elle réalisa qu’elle avait fermé les yeux.

-Plait-il ?
« Tu vas bien ? »
-Oui oui j’ai un peu chaud, dit-elle en ponctuant sa phrase d’un sourire. Et toi, ça va ?
Cinquième étape : détourner l’attention.

Darren ne se méfiait pas. Il n’était pas assez observateur pour comprendre que quelque chose clochait, ou qu’Emilia était tout simplement bien loin de sa zone de confort. Il acquiesça.
« Niquel ! Tu verras, ça sera génial. »
L’homme ne voulait pas être envahissant mais il restait à ses côtés. Il se disait qu’elle était peut-être habituée au réception mais pas à l’effervescence générale chez ces militaires. Il resta donc silencieux mais prévenant, rigolant quand il vit Max foncer pour aller leur réserver les places.

A l’intérieur de cette grande salle, les tables s’étiraient en colonne jusqu’à des gradins. Sûrement une scène ou une ère pour se reproduire. Clive n’avait jamais vraiment compris à quoi cela pouvait servir pour des Anciens. Faisaient-ils également de la musique, du théâtre ? Quelque chose dans le genre ?

Max et April trouvèrent de la place au centre de l’une de ces grandes lignes. Pas mal de collègues y étaient déjà attablés, se partageant gaiement des vivres qu’ils avaient ramenés. Jim avait également pris quelque chose, ainsi que Daren. Vu la taille, il y aurait largement de quoi manger et pourquoi pas échanger avec les autres.
Bien poli, le patriarche du groupe invita Emilia à s’installer. Daren se plaça naturellement à côté d’elle.

Tout autour d’eux régnait une ambiance festive. Le banquet avait déjà commencé depuis un petit moment et certains esprits s’échaudaient déjà. Non loin de la princesse, un rude gaillard bien comique monta sur la table avec une bouteille contenant visiblement de l’alcool. Il avait un sacré coffre, couvrant la discussion d’un début de chant auquel tous les autres soldats se joignirent très rapidement.

Le chant du soldat:

La petite chansonnette se termina par une acclamation générale. Certains jetaient même leurs coiffes en l’air, d’autres sifflaient. Bref, tout ce petit monde était heureux de la soirée. Pendant ce temps, l’équipe sortait différents plats, des petites salades, des biscuits apéritifs. Tout pour faire un bon pique-nique.
« Alors, “soeurette”, as-tu déjà mangé ce que l’on appelle un sandwich. »
-Bien sûr, “frérot”, je ne suis pas une sauvage, dit-elle, fascinée par la chanson et les réactions qui venaient de suivre.
Elle sentait une sorte de grand élan général de plaisir et de bonne humeur, comme si tous ces liens convergeaient en ce moment même. Une seule et grande émotion.
« Question piège ! FAUT être un sauvage pour manger un sandwich ! » Envoya April de façon presque sadique en plaçant les verres en plastique.
« Premier cours de survie quand on veut manger sur le pouce. Un morceau de pain, tu l’ouvres...comme ceci...et tu y mets du beurre. Ca s’utilise sur beaucoup de chose. » Il liait la parole aux gestes tout en lui montrant.
« Tu prendre cette tranche de jambe. Une petite tranche de fromage...là...et quelques condiments, légumes, selon ta convenance. »
Fier de son travail (misérable aux yeux des autres), Clive referma le sandwich et le tendit à son invitée.


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le Dim 23 Déc - 19:45

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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April en profita pour versa du vin dans son verre sans lui parler de sa nature. Jim et Max tendirent rapidement les leurs. Tout autour, la discussion allait bon train. Daren s’appliqua à faire les sandwichs pour ses collègues puis une poche de chips fût ouverte en grand.
« Profite-en bien soldat. » Déclara Jim en jouant le petit jeu. « Ces produits là viennent exclusivement de chez nous, ils sont rares, alors il faut goûter. »
Emilia observa le contenu de son verre, puis le porta à son nez et le repoussa en grimaçant.
-Qu’est-ce que c’est ? Ca sent… fort.
« Une boisson faite par la fermentation de fruits. On appelle ça : l’alcool. C’est agréable à boire mais sans excès. »
« Bah goûte au lieu d’juger ! » Elle lui montra son verre et l’avala cul sec.
« Voilà l’exemple à éviter Emilia. Mais elle a raison, goûter ne peut qu’apporter à votre expérience. »
Emilia secoua doucement la tête.
-Navrée, je ne bois pas d’alcool, dit-elle en tendant son verre à April qui avait l’air de beaucoup apprécier la boisson.
« Quelle fêtarde ! » La taquina-t-elle avant de prendre son verre et de l’avaler cul sec à son tour. Elle serra les dents et souffla sous l’effet de la brûlure.

Soldat Clive


Darren comprenait.
Il connaissait quelques personnes qui avaient toujours refusé de boire une goutte. Même pour goûter. Ils avaient leurs raisons, parfois à cause de la santé, ou bien par simple conviction. Son regard se perdit un peu plus loin puis il sourit.
« Tu te rappelles de ma boisson ? Le coca ? Tu en veux un verre plutôt ? »
-Oui un verre de coca ce serait parfait.

En réponse, Daren lui tapota l’épaule, comme pour lui confirmer qu’elle l’aurait. Il se redressa et cria par dessus la mêlée.
« HE ! PAPASS !!! »
Un chauve au regard fou, qui donnait plus l’air d’un meurtrier faisant tache parmi les fêtards d’en face, le fixa avec une étrange lueur dans les yeux. Une grande neutralité émanait de lui mais une rémanence se cachait derrière : le plaisir de tuer. Pas les hommes...mais de supprimer du Wraiths. Le désir était si fort qu’il en restait diffus chez ce soldat même pendant les festivités. Emilia était la seule à le percevoir. Peut-être que les autres le savait mais personne ne s’inquiétait de cette soif de sang.
« ENVOIE LE COCA ! »
Le type fixa la bouteille et hésita un instant. Il se redressa lentement et se prépara à lui lancer l’objet. Déjà, Clive s’était mis en position, les mains jointes, pris dans cette environnement de fête. Seulement, son sourire naturel s’effaça lorsqu’il remarqua qu’un type avait récupéré la bouteille et posé une main sur l’épaule de Papass pour qu’il lui laisse la place. Quel que soit le soldat, Daren poussa un « Oh non !!! » plaintif.

Il était plus jeune celui-là. Et il avait une petite revanche à prendre.
« HE ! Hé ! Du calme ! Ne fait pas de mal à cette bouteille !!! » Déconna Clive en le pointant d’un doigt faussement menaçant.
Son interlocuteur rapatria la bouteille contre sa poitrine. Le geste était familier pour Emilia...son guide l’avait fait à plusieurs reprises en criant “Attention”. Comme...Du baseball. Mais avec la bouteille au lieu du ballon.
« Hadley ! T’es pas drôle ! Non...Non...NONNNN ! »
Un sourire narquois se dessina chez le type qui fit un lancer impressionnant. La bouteille de coca vola en cloche dans sa direction mais bien plus loin. Clive fut contraint de monter sur le banc puis la table tout en s’excusant. Il sauta pour rattrapa l’objet mais s’écroula lamentablement sur ses camarades qui râlèrent.
Tout le reste de l’assemblée, comprenant également Jim, Max et April, levèrent leur verres en saluant gaiement la prestation de Daren. Il se relevait, victorieux et hilare, la bouteille finalement sauvée du vilain lanceur.
« Tu me paieras ça !!! » Lui avait-il crié. Mais le farceur s’était déjà réinstallé.
Essoufflé, Clive revint à côté d’Emilia. Il s’était une nouvelle fois excusé en chemin mais personne ne lui en voulait. Il ouvrit le bouchon le plus lentement possible pour laisser échapper la pression puis lui versa un verre.
« Ce qu’il ne faut pas faire pour te servir du coca... » Plaisanta-t-il, moqueur.
Un vrai chevalier servant ! pouffa Emilia.
« T’as vu ça ? Ca vaut pas l’escalade d’une tour mais c’est un crime de laisser un verre vide... »
Mieux vaut affronter la bouteille de coca que le drakonys si tu veux mon avis !
« On en reparle quand tu auras bu plusieurs verres de ce breuvage. C’est sans alcool, je te rassure... »

La soirée représentait tout ce que l’on pouvait attendre des rassemblements populaires et des festivités organisées sur le moment. Partout où le regard d’Emilia se tournait pour observer, elle y trouvait très généralement des scènes de vies assez agréables basées sur la fraternité et la camaraderie. Les soldats s’échangeaient leurs vivres selon les goûts, les plus vieux chantaient de vieilles chansons grivoises, d’autres dansaient même. Quelques plaisantins s’envoyaient des morceaux de pains, jouaient les gamins en se tapotant les épaules et en feignant l'indifférence. Bref, de grands enfants qui n’hésitaient pas à se chahuter un peu.

Pendant deux bonnes heures, le repas allait bon train. Les hommes ne voyaient pas le temps filer, il y avait beaucoup de discussions, d’anecdotes, de blagues et de fous rires. Il arrivait parfois que quelques collègues viennent à la rencontre de Max, April ou Jim. Un bouquin corné d’un vieux texte que l’on offrait au paternel. Lequel s’en trouvait assez touché et ravi. Des clopes que l’on devait à la fille du groupe. Deux jeunes hommes qui venaient peaufiner les détails d’un concours de jeux vidéos qu’ils lanceraient le mois prochain.
L’animation générale montait et descendait. Quand de grands silences s’imposaient, il y avait quelqu’un pour monter sur l’une des tables et faire une annonce, raconter une blague, ou bien d’autres choses. De la même façon, quelqu’un avait annoncé le retour au service actif d’une liste de soldats blessés durant la guerre. Bon nombre de collègues levèrent joyeusement leurs verres en criant leur joie, bien heureux d’apprendre qu’ils reviendraient très rapidement parmi eux.

Puis finalement, une effervescence étrange se produisit sur la scène, quelques volontaires positionnant des tables, la jarre pleine de billets et une roue de pioche aléatoire. Indépendamment, un soldat monta sur une table et fit signe à tout le monde de se taire.
Il avait visiblement obtenu le droit d’utiliser sa radio sur des hauts-parleurs dissimulés dans la salle. Et il demanda gentiment le silence. Quelques boutades volaient parfois dans sa direction. Il y répondait en souriant, jouant le jeu. Des petites provocations guillerettes et gentilles s’échangeaient. Puis il se mit à chanter...une voix très belle et très mélodieuse. Une chanson qui racontait la vie d’un soldat entre son devoir de combattre et sa vie civile, sentimentale. Il l’avait écrite pour cette occasion, il s’était longuement entrainé, et il racontait son histoire personnelle.

Bien des hommes et des femmes s’en trouvaient touchés, y voyant là l’écho historique de leur propres vécus. Des murmures et des chuchotements persistaient mais la majorité de l’assemblée l’écoutait maintenant. Alors qu’il poursuivait son chant, il tendit naturellement la main en direction d’une jeune femme pour l’inviter à le rejoindre.
Elle était là, les mains sous le menton, à le considérer avec des étoiles dans les yeux. Cette jeune femme était clairement amoureuse et c’est surtout pour cette raison qu’elle accepta de défier le public pour la rejoindre. A présent debout sur la table devant lui, elle laissa paraître son embarras et se plongea dans son regard pour y puiser de la force. Son compagnon entonnait alors un refrain et lui tendait sa radio (servant de micro de fortune) pour qu’elle le seconde. Elle fit ainsi découvrir à son public une voix encore plus belle qui surprit tout le monde. Les soldats, ses collègues, la saluèrent d’un bel applaudissement. Des vivas et des huées très encourageante.

Elle pensait qu’il ne s’agissait que d’un petit échange de chant en public. Les yeux dans les yeux, le coeur battant, l’un et l’autre poursuivait cette mélodie douce et agréable. Puis le militaire se détacha pour reculer d’un pas, se mettre à genoux. Quelques uns gueulaient déjà en ayant compris. Mais la jeune femme avait cessé de chanter en ne parvenant pas à faire la déduction. Elle éclata d’un sanglot mêlant un impressionnant mélange de sentiments en le voyant finalement sortir de la poche intérieure de sa veste un petit boitier noir.
La chanson n’était plus. Elle avait prit fin sur cette exclamation de surprise et des pleurs instantané. Une nouvelle huée monta avec des applaudissements. Le prétendant attendait, nerveux, la décision de sa dulcinée. Elle était si touchée, si heureuse, qu’elle ne pu marquer son assentiment que par un hochement de tête frénétique, la main posée sur sa poitrine.
« VIVE LES MARIÉS !!! » Scanda April en levant son verre.
L’homme sortit la bague de son écrin et la glissa à la main de sa belle. Le baiser qu’ils échangèrent en public scella leur lien et toute le monde les applaudit. Max siffla bien fort alors que Darren applaudissait avec tous les autres.


Emilia Zeïn'Eidolas


C’était à peu près aussi assourdissant à l’extérieur qu’à « l’intérieur », se dit la princesse. L’émotion avait prit l’ensemble des gens à la gorge était c’était beau ! Emilia sourit en observant la belle déclaration en mariage, très romantique. C’était donc ainsi que l’on procédait ainsi, l’homme posait le genou à terre et offrait une bague à sa belle ? Intéressante coutume. Le chant faisait-il parti du lot ou étais-ce un bonus ? Elle avait apprécié cet intermède musical en tout cas, avant que le tonnerre d’applaudissement et les cris ne la rendent à moitié sourde.

La joie commune retomba comme un soufflet. Le nouveau marié vint rendre la “radio-micro” à l’organisateur, le pupitre avait été déplacé et se trouvait à côté de lui. Il annonça que le tournoi allait bientôt pouvoir commencer et rappela quelques règles. A l’intérieur du mécanisme de tirage au sort se trouvait les noms de tous les participants à ce repas. Ils allaient être appelé par duo afin de s’affronter au bras de fer. C’était pour cela qu’ils avaient disposés une table juste derrière lui.
Pas mal de monde était assez amusé par le concept et, après quelques petites informations supplémentaires qui se noyèrent dans les bavardages, les premiers noms sortirent. Il fallait le répéter plusieurs fois tant ils étaient distraits.
« Ca commence...tu devrais les observer pour voir comment ça fonctionne. » Lui souffla Clive dans la confidence.
Les deux soldats s’installèrent devant la table, l’un en face de l’autre, se joignant une main. L’organisateur vérifia la bonne prise puis donna le top départ du duel. Chacun encourageaient le militaire choisi. Ils scandaient leurs noms, geulaient, encourageaient. Le gagnant vit son nom repartir dans le tirage. Ce qui semblait être un médecin, un peu en retrait, vérifiait qu’ils allaient bien avant de les laisser repartir. L’esprit de compétition était bien présent mais cela se faisait dans un esprit bon enfant. L’organisateur blagua, commenta un peu le premier duel puis sortit les deux prochains noms.
« Il y a nos noms dans cette boule de tirage. Tu seras appelée aussi... »

Au début, Emilia regarda les hommes faire en songeant que cela ressemblait bien à ce qu’on l’imaginait d’un jeu de paysan alcoolisé, puis Clive lui expliqua qu’elle allait être appelé et elle fit la grimace.

-Je ne souhaite pas participer à ce jeu de…

« Barbares », s’apprétait-elle à dire mais elle s’abstint, songea que son voisin risquait de se vexer.

-Force, compléta t-elle. Sérieusement… ajouta-t-elle en levant le bras pour lui montrer la taille de ce dernier. En tant que cavalière, elle avait bien plus de muscle dans les jambes.
Clive soutenait son visage d’une main, le coude posé sur la table. Les propos d’Emilia le fit éclater de rire puis il s’approcha pour lui murmurer à l’oreille :
« Sauf si tu utilises ton “aide”... »
Il imageait leur dernière discussion à propos de son don, lorsqu’elle lui disait qu’elle n’y pouvait rien si elle leur était supérieure.
-Tu disais que c’était de la triche, répondit-elle en faisant la moue. Elle gardait bien en mémoire la réaction de l’autre avec son jeu vidéo.
« Nous sommes là pour nous amuser. Ce n’est pas un concours sérieux... » Il pointa la table du fond du doigt. Une gringalette était justement en train de défier un homme qui avait le bras aussi gros qu’une cuisse. La pauvre y mettait les deux mains sans pouvoir le faire bouger d’un pouce.
« C’est pour délirer. »

Emilia regarda le duel, pensive. Allait-elle vraiment s’abaisser à participer à ce genre de jeu puérile ?

Et après tout pourquoi pas ? Personne ne pouvait la juger ici, elle était là incognito. Qui pourrait bien aller raconter sur sa planète qu’elle s’était adonnée à ce genre d’activité avec une troupe de soldats ? Clive avait voulu qu’elle entre dans la peau de l’un des leurs, il ne devait pas être déçu. Du moins elle l’espérait, car elle faisait de gros efforts pour lui faire plaisir.
Elle pouvait toujours faire exprès de perdre le premier match pour sortir d’office du jeu.
Oui mais c’était sans compter sur son égo.

-Hmm… dit-elle en guise de réponse, pesant le pour et le contre. Son petit doigt lui soufflait que son premier adversaire allait avoir une drôle de surprise.
« Alleeeezzzzz. Ca ne peut pas te faire de mal ! » Insista le soldat, gai comme un gamin. « Et si tu veux on s'entraîne un peu. »
Il passa de l’autre côté de la table, ravissant la place d’April qui était partie voir plusieurs amies puis positionna son bras.

La princesse avisa le militaire qui positionna son bras pour la motiver à le rejoindre, se pencha légèrement en avant et donna une impulsion dans le bras de Clive pour qu’il touche la table sans qu’elle ait amorcé de geste. Elle lui lança un regard espiègle ponctué d’un petit sourire moqueur.

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Une ballade sans filtre 04510

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√ Arrivée le : 24/01/2017
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le Mar 25 Déc - 12:54

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Steven Caldwell

Soldat Clive


C’était tellement surprenant !
Daren regardait son bras plaqué contre la table, le regard rond, en sentant la pression quitter la surface de sa peau lentement. Il se massa l’avant-bras en découvrant cette étrange sensation. C’était un peu similaire à l’impulsion que l’on avait dans son lit lorsque, dans un cauchemar, on sautait dans du vide. Cet accoup soudain et brutal dans les jambes qui se faisait en quelques secondes seulement.
Rien ne pouvait approcher d’une telle expérience, l’homme ne pouvait en faire que des petites comparaisons.

Cela l’amusa beaucoup.
La malice d’Emilia le contamina et il rigola doucement à l’idée qu’elle puisse battre tout le monde rien que par l’esprit. En plus, elle en jouait la peste ! Elle feignait de le snober. Pourquoi utiliser son bras si elle pouvait tout simplement gagner par sa volonté ?
Cela l’amena à se questionner un peu plus. Cela semblait si facile pour elle, si pratique. Pourquoi est-ce qu’elle ne s’en servait pas plus souvent ? Et surtout…
Il profita de son attitude de conspiratrice pour adopter la même position et lui demander mystérieusement à couvert des oreilles indiscrètes :

« Pourquoi tu ne l’as pas fait ? »
-Pourquoi je n’ai pas fait quoi ?
« La petite balade sur mon épaule. Tu aurais pu te débarrasser de moi en un claquement de doigt quand il n’y avait plus de témoins... »

Après tout, cette force qu’elle avait appliqué sur son bras en était la preuve. Il y avait très certainement des limites mais Daren avait maintenant la preuve qu’il ne faisait pas le poids. Elle devait très certainement savoir se dégager.

-J’aurai pu me faire mal en essayant de me dépêtrer, répondit-elle penaude.
Ce n’était pas une guerrière, elle n’avait jamais vraiment eu à affronter ce genre de situation avant. Son pouvoir était comme une pierre brute, il fallait le tailler pour en tirer le meilleur, ce qui signifiait s'entraîner pour l’exploiter dans des situations spécifiques.

L’explication ne lui satisfaisait qu’à moitié mais il s’en accomodait très bien. Le soldat reprit ce même sourire de malice pour reposer sa main en position.
« On dirait que tu as besoin d'entraînement pour ne pas te blesser alors. Moitié bras, moitié aide. Tu fais l’essai ? »
-Je ne sais pas me battre… je peux bien te repousser de manière brute mais une manipulation plus habile demande de l'entraînement. C’est comme la lutte tout à l’heure, sans connaître les bons gestes je n’aurai jamais eu l’idée de m’y prendre de cette manière pour te faire tomber.
Elle posa son coude sur la table et joint sa main à la sienne.
« Je comprends. Et ça me ferait plaisir de t’apprendre. »
Il insinuait sur les deux sujets. Autant pour l’aider à apprendre à se battre qu’à entraîner son pouvoir.
Il commença à appliquer de la force contre sa main.
« Une technique classique. C’est de me laisser prendre le dessus. Mesure la résistance, donne l’air de souffrir. Genre l’effort ne suffit pas. »
Et il pressa de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle soit sur le point de perdre. Daren continua tout en parlant pas, sur le ton de la confidence.
« Tu sais bien flouer ton monde, tu l’as très bien fait avec moi. » Fit-il avec humour. « Là je prends confiance, je suis certain de gagner. C’est maintenant que tu appliques ton aide. Protège ton bras, et fait moi lutter jusqu’à ce que je fatigue...tu es prête ? »
Là il allait y aller à fond. Il ne voulait surtout pas la blesser alors il préférait attendre son signal.
-M’apprendre à combattre ? Ce serait… intéressant. Surtout si on y mêle mes capacités.
Emilia écouta les conseils et s’efforça de simuler. Ce ne fut pas trop difficile car elle n’utilisa ses talents qu’à la dernière minute, or, Daren avait bien plus de force qu’elle. Par ailleurs, elle se savait bonne comédienne quand elle le voulait bien.
Il força de plus en plus, jusqu’à ce que son moteur ne soit plus sa motivation envers Emilia mais son égo confronté au pouvoir. Alors il se donna entièrement, voulant même y placer des accoups, et il se fatigua inéluctablement. Daren se mettait à transpirer, il soufflait, mais il ne parvenait pas à franchir ce point à partir duquel le pouvoir d’Emilia opérait. S’il avait pu le faire, Clive aurait éclaté de rire. A la place, il poussait des plaintes étranges qui ne sortaient pas d’une quelconque vexation. Plus du type qui souffre physiquement, qui ne veut pas lâcher le morceau, et qui voudrait rire en même temps.
« Fatigue...bon moment...à toi... » Parvint-il à murmurer.
Le soldat prépara sa défense, se disant au fond de lui qu’il voulait au moins donner un peu de fil à retordre à son don.
Emilia le sentait s’épuiser et elle trouvait cela très drôle. Cela dit, elle-même se fatiguait lorsqu’elle ne sollicitait pas son esprit alors elle alternait entre sa force physique et son pouvoir. Qui aurait cru qu’un jeu de bourrins puisse finalement se révéler amusant ?
Lorsqu’elle entendit Daren lui donner le signal, elle adressa un clin d’œil à un groupe de militaires qui l’encourageait et retourna la situation à son avantage.
« AAaaaaahhhhhhhhhh ! Putainnnnnnnnnnn ! » Jura Daren juste avant de se faire achever.
Il éclata en se tenant le bras, n’en pouvant plus. Une série d’acclamations monta depuis les quelques supporters qu’Emilia avait déjà acquis à sa cause et Daren trouva ça très bien. C’était ce qu’il voulait, que la soirée passée avec eux lui construise de bons souvenirs qui sortaient de tout ce qu’elle avait expérimenté jusque là. Et pourquoi pas, au vu de sa vadrouille avec les Wraiths, être comme un remboursement en terme de joie de vivre sur la durée.
« Bien joué ! Très bien joué ! » Lui souffla-t-il en la félicitant sincèrement. « C’est exactement ce que tu dois faire. »

Le tournoi débuta lentement.
Les premiers supporters d’Emilia s’étaient approchés d’elle pour la féliciter et lui demander si elle s’était entrainée à ça auparavant. April avait débarqué par surprise. Lui arrivant dans le dos, elle passa sa jambe là où il y avait tout juste la place et se dandina pour expulser le voisin de la princesse. D’ailleurs, elle l’expulsa aussi à moitié pour se creuser sa place.
« Elle fait de l’haltérophilie la gonz ! Elle cache bien son jeu ! » leur expliqua-t-elle en leur donnant un os à ronger. Elle lui avait d’ailleurs fait un clin d’oeil complice en ajoutant : « Pas vrai ? »
-Tout à fait ! répondit Emilia sans avoir la moindre idée de ce dont il s’agissait.

Une bonne petite demi-heure plus tard, le nom “d’Emilia Clive” tomba et le hasard voulut qu’une énorme montagne de muscle soit son adversaire. Beaucoup de soldats s’esclaffèrent en se moquant gentiment de la princesse, ainsi que de Monsieur Muscle qui n’aurait pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais Clive comme les autres membres de l’unité étaient clairement pour elle et l’enjoignaient à se mesurer à ce type.
Jim, avec son air habituel, lui avait même dit que les muscles ne faisaient pas tout. De loin, Daren lui fit des signes, essayant de lui rappeler ses conseils pour dissimuler un tant soit peu l’utilisation de son Don et de ne pas trop se blesser au niveau du bras. Le duel débuta, elle fût surprise par cette force impressionnante, mais il fatigua pratiquement plus vite que Clive. Sa victoire souleva un vent de surprise et d’amusement parmis tous les convives qui se mirent à l’applaudir.

Emilia s’en retourna victorieuse auprès de ses amis. Clive était enjoué, il ne voulait pas relâcher l’attention et s’évertua à donner quelques correctifs pour maximiser son efficacité. Forcément, elle disputa plusieurs autres duels qui se conclurent également par des victoires. A force d’entendre les hommes taper des poings et des pieds en la scandant par le surnom :
« LA BROYEUSE ! LA BROYEUSE ! LA BROYEUSE !!! » ;
L’organisateur décida de changer les règles du jeu et commenta les différentes victoires en l’appelant à venir le rejoindre. L’assemblée l’applaudit tandis qu’on lui demandait de se présenter.



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