Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)
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RPG sur Stargate Atlantis
 

Prolongations avec une princesse

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Mar 1 Jan - 23:28
Steven Caldwell
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Suite du RP Une ballade sans filtre


Soldat Clive



La patrouille de cette journée ne fût pas comme d’habitude.
Tout simplement parce que la nuit n’avait pas été habituelle et qu’elle laissait quelque chose de différent au sein du soldat. Il était moins vigilant, plus distrait, et surtout plus enjoué. Heureusement, ce matin là, il découvrit sur le planning de rotation qu’il patrouillait avec Jim. Non seulement il pouvait apprécier sa discrétion mais il pouvait aussi lui demander des nouvelles d’April.

La sacrée rebelle avait passé son temps en cellule pour dégriser et elle attendait sa sanction avant de pouvoir être réintégré au service. Daren se promit d’aller lui rendre visite, surtout qu’il avait à coeur de pouvoir la remercier directement pour son aide. Emilia avait été extrait du cordon de sécurité grâce à son incroyable capacité à foutre le merdier. Il n’avait fallu que d’une pichenette de sa part pour que tout explose.

Contrairement à d’habitude, Clive trouva le temps atrocement long. A chaque fois qu’il essayait de se concentrer dans son travail, ses pensées dérivaient inéluctablement vers la princesse. Non pas que sa belle nuit l’avait rendu follement amoureux. Mais ça avait été un moment très agréable. L’un des meilleurs qu’il avait eu l’occasion d’apprécier.
Daren pensait d’ailleurs que ça s’arrêterait là. Pour un bidasse, il était tout de même assez logique pour comprendre qu’une personne de son rang ne continuerait pas de fricoter avec lui. Pourtant, elle l’avait surpris, une fois de plus, en lui demandant ce service. Il se reverrait finalement.

Pas si naïf, il savait qu’il était en train de nourrir les intérêts de cette invitée d’Atlantis. Sa requête n’avait pas pour but de revoir un sombre militaire d’escorte sorti de nulle part. Mais plutôt de lui fournir plus d’informations que ne l’aurait fait les diplomates du CODIR, des intellects plus méfiants et surtout maître du contrôle de l’interaction. Mais voilà, outre ces caresses nocturnes bien sympas qui ne resteront qu’en l’état de souvenir, Daren y trouvait son compte.
Il passerait du temps avec une personne intéressante et qui s’intéressait à son mode de vie. Au final, c’était comme un échange de bon procédé.

Comme il l’avait redouté, préparer les affaires et passer voir April le mit en retard. Il avait pressé le pas pour rejoindre le gymnase qu’il lui avait fait découvrir, un sac assez imposant sur le dos, et tentait de faire en sorte de ne pas arriver comme un cheveux sur la soupe. Il y avait en lui cette légère appréhension que quelques malins l’accoste et ne lui volent finalement la vedette, lui présentant des découvertes plus intéressantes et réfléchies.

En sueur, pratiquement essoufflé, Clive atteignit le gymnase et se mit en quête d’Emilia. Il ressentait cette hâte d’échanger et de lui apprendre quelques trucs sympas. Pourtant, s’il reconnaissait des visages familiers, celui de la jeune femme n’y était pas. Daren consulta sa montre, vérifia qu’il ne s’était pas trompé de gymnase (comme si cela était possible…) puis se mit à tourner en rond en ressassant ses souvenirs. Se serait-il trompé d’heures pour le rendez-vous ? Avait-elle eu un empêchement ? C’était la meilleure hypothèse n’est ce pas ?!?
Il était en train de déposer son sac sur les premiers sièges des gradins, en commençant à se faire à l’idée qu’elle ne viendrait peut-être pas, lorsqu’il la vit déboucher à l’entrée. Une princesse en retard...quelle surprise finalement…
Daren n’alla pas à sa rencontre. Il préféra rester là où il était, capter son regard, voir comme elle réagirait. Forcément, son humour revenait au grand galop et il avait envie de déconner. Ça le démangeait même. Le soldat préparait une phrase bien plate et naïve en guise de bienvenue...Et avec le sourire, s’il vous plaît !

« On aime se faire désirer, princesse ? »

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Mer 2 Jan - 0:12
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas



– Tu imagines le temps qu’il faut pour descendre une tour au nez et à la barbe du chevali… euh, du drakonys ?! s’exclama t-elle avec humour.

Sa rencontre avec le docteur Taylor Laurence avait pris beaucoup plus de temps que prévu, il fallait bien avouer qu’elle avait eu du mal à décrocher. Une conversation scientifique était tellement agréable ! Elle avait mangé sur le pouce et tenait un fruit dans la main très semblable à la pomme qu’elle n’avait pas encore eu le temps d’avaler. La jeune femme n’avait pas couru bien entendu mais elle n’avait pas traîné pour autant.

Le regard du militaire brilla.
« Quelle dextérité ! Un bon timing finalement, je n’en doutais pas Emy.. » Manque d’attention, il se rattrapa aussitôt de sa familiarité. « ...lia. Pardon. »
Il lui sourit et l’invita à s’installer alors qu’elle lui adressait une légère grimace l’air de dire « gaffe, je t’ai à l’œil ! ». Il lui répondit d’un air espiègle. Ouais, c’est vrai, il cherchait les coups. Il avait envie de s’amuser. Le jeune homme voyait bien le fruit dans sa main et se demandait si elle avait vraiment déjeuner.
« Ta journée s’est bien passée ? » S’enquit-il en vérifiant l’intérieur du sac, se préparant à sortir une tablette.
Il attendait encore de savoir si elle voulait la paix ou pas. La réponse à sa question lui dirait si elle était dans de bonnes dispositions.
– Oh oui, j’ai écopé d’un surnom. Jean Grey, ça te parle ?
« Non. » Avoua-t-il, presque gêné. Il fit néanmoins fonctionner sa cervelle. « Mais vu la quantité hallucinante que les patrons ingurgitent en terme de Marvel, je me risquerai à dire que c’est un nom de super héros. Ce serait approchant d’ailleurs avec ce que tu es. »
Il sourit.
« Une super héroïne avec des pouvoirs. C’est ça ? »
– C’est mon charisme naturel qui te fait faire le lien ? plaisanta t-elle en regardant ses vêtements avec une grimace. Ces derniers mois, elle était tout sauf charismatique, et les habits atlantes ne l’aidaient pas vraiment à se mettre en valeur.
« Oui. » Répondit-il honnêtement. « On a un dicton chez nous qui dit que l’habit ne fait pas le moine. »
Il secoua la tête. C’était en partie ce qui le séduisait chez elle, ce qui le poussait à s’intéresser, à échanger, à lui montrer son monde.
« T’as un truc toi. Et ce n’est pas qu’applatir les bras de gorille. On dirait que tu comprends les choses, tu sais comment prendre les gens... »
Daren s’était longuement posé la question pendant sa patrouille. Pour une princesse, elle percutait quand même vachement.
« Une super héroïne quoi. Comme une débutante qui se découvre, qui découvre les autres. Tu vas aller super loin Emilia, tu en donnes l’air... »

Wow… beaucoup trop de compliments.
Et puis il avait flairé quelque chose. Zut, elle pensait pourtant avoir été discrète. Il semblait prendre son pouvoir pour une bonne capacité d’observation mais il risquait de déchanter quand il saurait la vérité. Peu de gens appréciaient que l’on puisse pénétrer leur intimité et cela nourrissait un sentiment de méfiance et de gêne. A la longue certains s’y faisaient, d’autres pas.

– Tiens, tu crois en moi aujourd’hui ? demanda t’elle, taquine, en référence au laïus qu’il lui avait fait la veille sur l’improbabilité qu’elle réussisse à faire l’Envol.
« J’ai eu un peu plus de temps pour te connaître... »
Bon, ce n’était pas le plus délicat, surtout qu’il faisait aussi référence à la nuit passée. Daren ne voulait pas trop entrer dans la conversation de l'Ascension. Du moins, ce qui concernait directement Emilia. Il continuait à trouver que c’était du gâchis à son âge. Mais il se savait buté et ça ne l’aidait pas à changer d’avis sur le sujet. En revanche, tout le reste n’avait cessé de l’étonner.
Accepter de partager la soirée des militaires même si elle n’avait pas l’air bien par moments. Faire la connaissance de l’escouade D4. S’enfuir du cordon de sécurité comme des gamins. Voilà, c’était ça la vie bon sang !!!
Dans un sens, il croyait davantage en elle parce qu’elle s’était révélée en aventurière. Elle n’avait pas peur de faire des expériences. La réponse sous-entendue était un oui, même s’il aurait bien aimé la charrier davantage. Impossible de se retenir plus longtemps.
« Et puis je ne peux que positiver... »

Il profita d’un petit instant de flottement pour sortir une tablette de son sac et lui placer doucement entre les mains.
« Tiens, c’est pour toi... »

Ah, un outil technologique ! Elle avait eu l’occasion d’en manipuler à certaines occasions, notamment à son réveil lorsque le docteur Taylor Laurence avait tenté de la convaincre qu’elle n’était pas porteuse du gène des anciens (la bonne blague !). La jeune femme s’en empara et lui jeta un regard interrogateur.

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Mer 2 Jan - 0:18
Steven Caldwell
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Soldat Clive


« Tu vois ce bouton sur le côté ? Appuie une fois dessus... »
Une petite surprise que Clive lui avait concocté et qu’il mourrait d’envie de lui faire partager. En allant chercher les photographies de la cité sous les profondeurs, il avait pu discuter un peu avec les administratifs et en apprendre plus sur les accès. Il ne s’y était jamais intéressé jusqu’à ce qu’il veuille faire plaisir à cette princesse. C’était humain. Et jusqu’à présent, le soldat n’avait pas encore l’impression de faire le toutou fier de ramener un os bien brillant à sa maîtresse.

Il avait découvert une pépite. Les employés étaient sacrément serviables sur le coup : ils lui avaient dégoté la vidéo d’un des tout premiers explorateurs lors de l’éveil de la cité dans les profondeurs marine. L’enregistrement ne révélant que peu de visages et des zones publiques ; avec des baies vitrées séparant du vide, et toute cette eau miroitante les méninges ; il était déclassifié et facilement accessible au public.

Daren avait récupéré toutes les photographies qui ne demandaient pas des accès restreints. Donc des clichés d’endroits peu stratégique. Emilia ne verrait jamais la salle des générateurs, du fauteuil des Anciens ou du hangar de drones par exemple. Mais il y avait cette vidéo et de quoi se mettre sous la dent.
Du moins l'espérait-il.
Emilia regarda les photos avec des yeux brillants d’intérêts. Les clichés étaient magnifiques, elle aurait donné très cher pour pouvoir assister à ça.

– L’eau aurait dû ravager les bâtiments… 350 mètres de pression, c’est insensé… dit-elle à mi-voix, pensive. Elle leva les yeux vers son voisin. Sauf si… la cité était protégée par un champ de force ? Hasarda t-elle dans l’espoir de grappiller une réponse à la question qu’elle se posait depuis un moment. Allez quoi ! Daren lui avait dit que certaines zones avait été immergée mais tout de même, des bâtiments qui survivaient dix mille ans à 350 mètres de pression sans protection… c’était impensable. Ou alors le niveau technologique des Anciens était à des années lumières au dessus de ce qu’elle imaginait.
« Tout ne se règle pas à coup de champ de force. » Répondit-il dans un demi-mensonge. Il avait envie de lui dire mais l’histoire du bouclier d’Atlantis était vitale. La consigne avait été adressé pour tous : on ne parlait pas de cette protection. C’était un secret d’ordre militaire. Il y avait une limite à ce que Daren était prêt à lui partager sans risquer d’entrer dans la trahison.

Emilia Zeïn'Eidolas


Une lueur compréhensive passa dans le regard d’Emilia alors qu’elle sentait le soudain renfermement de Daren. Il était tiraillé, mal à l’aise.
Elle avait donc probablement tapé dans le mille.
En apparence pourtant, il paraissait toujours détendu, un vrai comédien ! Elle avait l’information qu’elle voulait et ne souhaitait pas lui attirer de problème, elle mit donc fin à son interrogatoire prématurément et s’efforça de le rassurer.

– Probablement… si les Ancêtres ont forgé des murs aussi solides, je
veux leur recette !


Soldat Clive


« Moi aussi... » Ajouta Daren, peu convaincu.
C’était une tête cette nana. Estimer la profondeur, la force appliquée par la pression de l’eau sur les immeubles de cette cité. C’était à se demander où elle avait étudié et sur quoi. Il se promit de lui poser la question mais pas maintenant. Il avait une dernière petite chose à lui faire découvrir. Cette photo qui n’en était pas une.
L’image chargée de parasites indiquait une sortie de l’horizon des événements. Elle était figée, c’était une vidéo restant sur pause.
« Maintenant appuie une fois sur l’image, tu vas voir... »
Il était content malgré son malaise persistant. Il allait devoir joindre le CODIR pour savoir ce qu’il était en droit de lui révéler. Clive n’aurait pas cru mais ça devenait sérieux. Il garda bonne figure et se gava de cette air curieux, interrogateur, qui modifiait les traits d’Emilia. C’était marrant. Lui aussi avait envie de visionner ce morceau d’histoire du coup. Il avait fallu rencontrer cette jeune femme pour s’y intéresser davantage...
– De quoi s’agit-il ? demanda t-elle en appuyant.
« Regarde... » Insista Daren en la laissant découvrir.

Emilia observa les premiers pas des atlantes dans la cité, les meubles étaient encore recouverts par un voile protecteur, le caméraman descendait des étages et finissait par découvrir une baie vitrée qui donnait sur les profondeurs marines. Magnifique ! Daren lui offrait l’incroyable opportunité de vivre ces instants d’émotions et elle lui en était sincèrement reconnaissante. Un détail toutefois retint son attention : tous ces atlantes se trouvaient dans la salle de la Porte au tout début, leurs affaires entreposées de ci et là…
Ils avaient donc débarqué par la Porte !
La princesse sourit intérieurement en vérifiant l’une de ses hypothèses. Les atlantes possédaient donc la connaissance pour traverser les galaxies avec la Porte des Sages ! Incroyable !

Clive était souriant.
Il récupéra la tablette lentement, la retirant d’entre les mains d’Emilia comme pour lui dire “c’est fini”. Mais se voulant plus délicat, il préféra terminer sur une dernière information.
« C’était il y a très longtemps. »
– Un battement de cil étant donné l’âge de cette cité.
Elle lui rendit l’appareil à contre-coeur.
Son esprit moulinait un peu. Il avait envie d’en savoir plus sur elle, ses motivations. Bien sûr, la cité d’Atlantis et les Anciens en intéressaient plus d’un. Mais elle, elle était vraiment accroc. Il ne fallait pas la lâcher dans la base de données sinon il ne la récupérerait pas jusqu’à ce qu’elle devienne un flash d’appareil photo.
« Je peux te poser une question ?... »
Il lui laissa un instant. Clive espérait qu’elle lui répondrait franchement.
« Pourquoi ça t’intéresse autant tout ça ? J’ai bien compris pour l’ascension. Mais sinon ? »

Emilia hésita. Voilà un sujet qu’elle n’abordait que rarement et pour cause, elle ne pouvait se permettre de montrer des signes de faiblesse là d’où elle venait. Pas auprès du grand public du moins. Expliquer le pourquoi elle cherchait désespérément à remonter aux origines, à comprendre l’ancienne civilisation, reviendrait à crier haut et fort ses incertitudes, à montrer sa vulnérabilité.

– Je… c’est très personnel.
Clive regarda tous ceux qui s’entrainaient, comme s’il n’existait pas sur ces gradins.

« Je comprends. » Il sourit. Elle n’avait pas l’air à l’aise, comme s’il était en train de l’emmener sur une pente glissante. Marcherait-il sur des oeufs ?
Dans un élan de complicité qu’il voulait conserver avec elle, il se pencha pour lui donner un petit coup d’épaule. Un peu comme elle, lorsqu’elle l’avait bousculé en apprenant pourquoi la police militaire avait fait ces contrôles la veille.
« Tu te rappelles de l’ancre ? »
Son regard se posa sur elle. Un peu du genre confiant sans être exagérément trop sûr. C’était personnel. Oui. Comme l’était leur petit moment de la nuit dernière. Emilia ne s’en vanterait pas, lui n’irait pas le crier sur tous les toits. Il y avait déjà une relation de confiance entre eux. Même si elle était limitée.
Daren ne serait jamais un confident. Il ne fallait pas rêver. Mais elle y avait quand même à gagner en se livrant.
« Je suis pas ton psy Emilia. Juste un soldat. Mais je suis certain que ça pourrait t’aider de me dire pourquoi tu t’es lancée dans un projet pareil... »
Il regarda droit devant lui.
« L’ascension. Et l’intérêt que tu as quand tu vois de simples photos, une vidéo...ce n’est pas un petit truc banal. »

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Mer 2 Jan - 0:24
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas


Un silence s’installa pendant un moment, un temps nécessaire à la réflexion qui s’engagea dans l’esprit de la princesse. Curieuse cette relation qui s’était tissée entre eux, ils n’étaient pas amis, ils se connaissaient à peine et pourtant ils échangeaient l’un et l’autre sur des sujets aussi banals qu’intimes.

– J’essaie de comprendre qui je suis, finit-elle par avouer.

Il avait peut-être raison, parler pouvait l’aider.
Lui pensait que c’était très intéressant et assez révélateur. Beaucoup d’hommes cherchaient à se trouver, à trouver un but à son existence. Une raison logique et légitime à leur expérience de vie. Clive savait que ça lui était déjà arrivé. Mais elle, ça semblait comme différent. Beaucoup plus légitime comme démarche.

« Tu es unique en ton genre ? C’est ça ? » Hasarda Clive qui voulait vraiment comprendre ce qu’elle disait. C’était un début de confidence et vu son hésitation, le sujet était épineux. Il ne voulait vraiment pas tout faire foirer comme la dernière fois.

Emilia leva la main droite pour attirer l’œil de Daren sur le tatouage qui y apparaissait : un cercle en spirale, une paire d’aile de part et d’autre de ce dernier et une inscription en ancien langage.

Nos croyances…

Elle montra le cercle :

Les cycles d’existences, l’âme qui se réincarne encore et encore jusqu’à trouver le chemin de la divinité. L’ascension comme vous l’appelez. Nous lui donnons le nom « d’Envol », dit-elle en désignant les ailes qui symbolisait l’ultime transformation. Ainsi, une âme qui commence à montrer des signes de transformation se rapproche de cet état de divinité, elle est supérieure aux autres, plus sage, plus forte.

Elle marqua une pause pour laisser Daren digérer ces informations avant de reprendre :

J’ai témoigné les premiers signes à quatre ans, je ne suis pas passée par la case « normale ». Mon peuple me voit comme une demi-déesse, l’élite comme un instrument politique, et moi… moi je ne sais pas qui je suis.

Soldat Clive


Le militaire se questionna brièvement. Il n’était pas sûr d’avoir vu ce tatouage sur elle ou il ne l’avait pas remarqué. Les terriens avaient tellement l’habitude de se graver des images sur la peau pour se “personnaliser” qu’il ne s’était pas douté que celui d’Emilia pouvait avoir une signification précise. Le fait qu’elle accepte de se livrer le surpris sur le moment. Pas dans le mauvais sens, il s’en sentait même flatté. Mais il ne s’attendait pas à ce qu’elle accepte aussi facilement, c’était...agréable.
Cette surprise passée, il se concentra sur ses explications. Il ne voulait pas la faire répéter une deuxième fois. Son esprit collecta les informations les plus importantes : premiers signes à quatre ans, demi-déesse pour les uns, instruments de politique pour les autres.

S’il n’était pas aussi à l’écoute, le jeune homme aurait livré un soupir de compassion. Il n’avait que sa culture comme point de comparaison. Mais déjà que la politique d’une part ou la religion de l’autre, n’étaient pas un parcours de santé...les deux en même temps, il n’osait l’imaginer. Cela le ramena à ce moment où il lui avait dit, au même endroit, qu’elle n’avait pas l’air d’être vraiment libre d’elle-même. Elle avait eu cet étrange sourire et il ne savait plus si elle avait éludé son interprétation.
Mais c’était sûr maintenant. Son histoire n’était pas pavé que de luxe, de cuillère d’argent dans la bouche et de caprices comblés. Pas étonnant qu’elle donnait l’air du princesse en-dehors des préjugés.

Daren Clive l’écouta jusqu’au bout. Quand il sentait que son regard appuyait trop sur les épaules de la jeune femme, il regardait ailleurs. Emilia était paumée, c’était une vérité assez crue. Comme lui était un outil en tant que soldat, elle l’était pas les croyances et la politique.
Il voulait dire quelque chose pour la rassurer mais il se retint. Le coup foireux de la franchise sur sa volonté d’ascension, c’était déjà suffisant. Il comprenait un peu mieux sa connerie en plus ! La fille chercher une troisième voie hors des sentiers qu’on lui contraint et le garde d’un jour lui dit que ça marchera pas. Pas étonnant qu’elle se barrait, énervée…

« On dirait que tu ne crois pas à l’image que ton peuple cherche à te donner. » Dit-il avec prudence.
J’ai une vision bien plus critique des situations et des humains que la plupart des individus.
« Tu penses que les Anciens auront la “vraie” réponse vu qu’ils ont fait ce chemin avant toi ? »
La jeune femme acquiesça.
Comprendre le passé m’aidera à avoir une vision plus claire de mon avenir.

Clive hocha lentement la tête.

« Donc...pas d’équivalents... » Il soupira. « Il y a des moments où tu dois te sentir bien seule, je me trompe ? »
-Je ne suis pas à plaindre, des milliers de personnes donneraient n’importe
quoi pour être à ma place.

« On ne parle pas des milliers de personnes qui savent pas ce tu vis... » enchaîna-t-il.
Il avait le ton doux, il était sincère. Mais ça le mettait aussi un peu mal à l’aise, craignant qu’elle le prenne mal. Comme un type condescendant. Seulement, c’était facile d’aspirer et de “vénérer” un idéal. Mais visiblement, personne ne vivait la même chose qu’elle. Peut-être qu’il y avait de bons côtés. Il y en avait forcément. Mais personne ne pouvait vraiment la comprendre.
Clive n’avait pas de point de comparaison. Il avait l’impression d’être dans le potage, c’est pourquoi il se fiait un peu plus à son instinct. Elle...elle n’y croyait pas à ces racontards. Pas de demi-déesse. Pas de politicienne supérieure. Emilia avait foi sur une autre explication et elle se cherchait elle-même.
Donc...elle était égarée…

C’était une déduction un peu simpliste. Et peut-être même un jugement.
Mais le soldat était navré de percevoir cette réalité. La princesse pouvait s’éclater comme elle voulait. Si elle se sentait supérieure à l’homme, si ses aptitudes, ses compétences, ses convictions, allaient au-delà de la masse. Elle faisait un voyage en solo.
Est-ce que son fan club serait toujours prêt à la suivre s’ils comprenaient ça ?
Bénédiction ou malédiction dans le fond ?
« Est-ce que tu te sens seule, isolée ? » lui demanda-t-il dans un murmure. Histoire que les oreilles ne trainent pas trop.
- Est-ce que tu me plains ? demanda t-elle, un peu surprise.
Elle captait ses émotions mais elle n’était pas habituée à avoir de pareils retours des gens à qui elle parlait. Probablement le décalage culturel, les atlantes semblaient penser bien différemment des gaëlliens.
Sur le coup, Daren fronça des sourcils en se demandant comment elle faisait. Etait-il si lisible que ça ? Ou ses questions trop orientées ?
« Oui. » Admit-il après un petit temps d’hésitation.
Il se malmena les phalanges distraitement.
« Bon, j’ai pas vraiment envie de t’emmener sur mon épaule cette fois. » Lui confia-t-il avec humour. Signe qu’il allait encore lui faire part de sa pensée. Ca ne lui avait pas vraiment réussi la dernière fois. « Mais...c’est l’impression que ta confidence me donne. J’en suis navré pour toi. »
-Je n’ai pas l’habitude d’entendre ça… et je n’ai pas l’intention de retourner sur ton épaule, dit-elle avec une moue boudeuse. A propos, qu’est-ce qu’un “psy” ?
« Hmm...sujet trop perso, c’est ça ? » fit Clive en souriant devant cette pirouette magnifique. Une belle esquive de la question.
-Quoi donc, le “psy” ?
« Ma question restée sans réponse, sur ce que tu penses toi, de ta situation. » Il ne pu s’empêcher de rire. « Merde, t’es douée pour l’esquive Emilia, je reconnais. Ca glisse tellement bien dans la conversation, hop, oublié. »
La princesse lui répondit par un sourire en coin.
-Naturellement que je suis douée, je suis une princesse “exceptionnelle” ! plaisanta t-elle.
Daren prit ça pour un oui. Ca faisait un moment qu’elle aurait nié et qu’elle lui aurait rabattu le caquet en le voyant insister. L’homme eut un petit élan de compassion pour elle en ayant cette confirmation par “omission”. Il reprit à son tour. C’était comme ça que ça fonctionnait. Elle répondait, il répondait. Et inversement. Chacun y trouvait son compte…
« Les psys. Généralement on ne les aime pas trop. » Confia-t-il avec un sourire entendu. Il en avait fait l’expérience plusieurs fois, ils étaient très doués sur la cité. « Des docteurs spécialisés dans la mécanique de l’esprit humain. On appelle ça la psychologie : la science du comportement de l’homme. »
Il chercha à détailler.
« Quand ça ne va pas, tu fais quelque chose pour aller mieux. Et des fois ce n’est plus suffisant. Tu n’arrives plus à t’en sortir. Heu...voit ça comme un bocal qui se remplit d’eau, tu te noies et tu ne sais plus comment le vider. Ce type là t’aide à t’en rappeler et à vider tout ça. »
-Ah, des analystes !
Elle fit une grimace.
« Des analystes... » Répéta le soldat, pensif. « Oui. Ca ressemble bien. Ils arrivent à voir ce qu’on cherche à leur cacher ? »

Emilia Zeïn'Eidolas



Emilia pouffa de rire. C’était plus fort qu’elle. Plusieurs analystes s’étaient cassés les dents sur son cas. Ils avaient bien tenté de l’aider dans ses jeunes années et avaient tous fui en courant. Ces messieurs dames n’appréciaient pas d’être analysés plus efficacement qu’eux-mêmes ne pouvaient le faire avec elle. Il fallait dire qu’elle n’était pas tendre à l’époque, son empathie était trop neuve, ses nerfs étaient à bout en permanence.

-Oui oui… c’est cela.
Daren ria par contagion avec elle, le regard interrogateur. Il savait que ce n’était pas que pour ça.
« Et ben quoi ? Ils n’ont pas su t’arracher tes vilains secrets de princesse exceptionnelle ?!? »
– Je suis trop complexe pour ces gens… on ne se comprend pas, dit-elle sans prétention. Aucun humain ne pouvait se targuer de comprendre sa vision du monde tant son empathie avait marqué sa vie.
« Je suis trop simple pour ces gens. » Blagua-t-il par mimétisme. « Ils comprennent mon problème dés que je rentre ! »
Emilia sourit.
– Menteur.
« C’est vrai. Je n’ai AUCUN problème ! »
– Moi non plus, je suis parfaitement saine d’esprit, dit elle en se fichant de lui. Comme si c’était possible avec les expériences traumatisantes qu’ils avaient vécu !
Daren la bouscula un peu par chamaillerie, riant avec elle.
« Ok ok. Donc...ton rêve, c’est de trouver des tas de trucs sur les Anciens. C’est ça ? »
– Si je pouvais rencontrer un Sage qui a fait son Envol… j’aurai tellement de questions à lui poser !

Darren eut comme un petit sursaut cardiaque. Son sourire s’effaça un peu et il répondit presque mystérieusement :
« Ils sont plutôt avares en réponse, tu sais. »
– Alexander Hoffman prétend qu’ils n’ont guère le droit de prendre contact avec nous…
« Leur politique de non intervention. Je n’en sais pas beaucoup sur le sujet. Juste que celui qui fait son ascension doit le faire seul, sans l’aide de ceux qui sont déjà passé. »
Il fit une pause. Assez longue.
Daren s’était penché en arrière, les mains le retenant de chaque côté, alors qu’il perdait son regard sur une équipe de basquet. Le type au pied cassé tentait le coup avec des béquilles ce coup là. Il prenait parfois ses appuis sur son plâtre. Il aimait le risque pour l’amour du sport avec les copains.
Clive pinça des lèvres. Il allait vraiment devoir filer au CODIR.
« Mais il y en a un encore en vie... »
– Comment ça ? Ils sont tous immortels non ?
« Il y en a un encore en vie...physiquement...dans cette galaxie. » Corrigea Clive. Il détourna son regard sur elle, sérieusement. « Je sais qu’il y a une Ancienne qui vit sur une planète….sous forme humaine...aussi réelle que toi et moi. Y’en a une, Emilia. »
La jeune femme se figea, l’information avait du mal à se frayer un chemin jusqu’à son cerveau.
– Une ancienne… qui a pratiqué l'ascension ?
« Oui. » Poursuivit Clive, en comprenant qu’il devait lui en boucher un coin. Seulement, il ne fallait pas qu’elle se fasse de faux espoirs. Le CODIR n’avait jamais pu avoir de longue discussion avec. Mais Emilia avait le droit de tenter sa chance. C’est bien ce qu’elle lui avait dit...elle rêvait de converser avec un Sage…
« Je sais que cette Ancienne est revenue de l’Ascension. Elle protège une planète sanctuaire. Les Wraiths n’ont jamais réussi à la démolir paraît-il. Le peuple qui y est n’aurait jamais eu leur visite...Tu veux parler à un Sage, c’est ça ? C’en est une ! »

Emilia.exe a cessé de fonctionner.
Tentative de redémarrage.
Mise à jour.
…Une Sage, sur une planète accessible !!!!
Le fruit que la princesse tenait et qu’elle n’avait pas encore touché glissa de sa main et roula par terre. Puis elle se rappela que la dernière fois, il lui avait aussi parlé d’un sanctuaire pour ensuite lui annoncer qu’elle ne pourrait pas y mettre les pieds.

– Ca aussi… c’est classé secret défense par tes employeurs ?

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Mer 2 Jan - 0:36
Steven Caldwell
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Clive suivit le fruit qui roula jusqu’au bord des tatamis. Etant donné que Sheppard avait eu une relation avec cette entité et que tout s’était arrêté mystérieusement, il y avait fort à parier que oui. Bon sang...était-il en train de livrer Atlantis à cause d’un coup de kekette d’un soir ?
Clive repris son sang-froid. Le CODIR l’avait libéré de la taule et ils attendaient aprés elle. Ce n’était pas si secret si on savait s’y prendre habilement. Et Emilia, elle n’en manquait pas d'habileté diplomatique.
« Je pense... » Avoua-t-il. « Mais tu peux savoir depuis longtemps qu’un monde n’a jamais été visité par les Wraiths à cause d’une entité qui détruit tout sur son passage. Et que la légende raconte que c’est une Ancienne qui les tiendrait à l’écart. »
Un maigre sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait l’impression d’être un foutu conspirateur. Il avait des motivations saines, c’est ce qui le faisait continuer en murmurant.
« Une princesse exceptionnelle, aussi douée pour l’esquive. Belle qui plus est. N’aura aucun mal à trouver confirmation auprès du Colonel Sheppard...celui qui a rencontré et côtoyé cette Ancienne. Et qui connaît l’emplacement de sa planète. »
C’était peut-être sa clé, la prochaine étape de ses recherches, de sa quête.
Daren se redressa pour aller récupérer le fruit, laissant le temps à la princesse d’intégrer l’information et de déterminer si c’était un mensonge ou non. Le soldat avait parlé sincèrement, quasiment à coeur ouvert. Il souffla sur le fruit et l’épousseta un peu tout en revenant silencieusement. Il s’approcha lentement et lui replaça entre les mains.
« Comme ça...tu te sentiras peut-être moins seule. » Conclut-il avec un sourire franc.

C’était trop beau pour être vrai, et pourtant Daren était sincère. Elle ne l’avait pas fait exprès, mais il semblait que sa confession un peu plus tôt ait débloqué cela. Atlantis était déjà un gros morceau en soi, mais ce dont le militaire lui parlait c’était le niveau au-dessus.
Emue, la jeune femme se leva et s’approcha de Daren pour le serrer fort dans ses bras. Elle avait la gorge trop nouée pour s’exprimer mais elle espéra que son geste pourrait traduire ses sentiments.
Il avait levé les bras, surpris, comme s’il avait crié silencieusement un “ola...oh...doucement…”. Mais la surprise passée et la chaleur humaine se répandant en lui, il referma ses bras autour d’elle.
Il pouvait sentir parfaitement cet élan de gratitude et apprécier cette étreinte à sa juste valeur. Il aurait pu avoir des scrupules à ce moment, se questionner sur la moral de cet acte vis à vis de son devoir de soldat. Mais son esprit relégua tout ça en arrière plan.

Clive ne savait pas bien pourquoi il lui avait révélé cette information aussi spontanément. Il savait juste, au fond de lui, qu’elle le méritait. Et quelque part, cela lui permettait aussi de donner un sens à ce qu’il faisait ici. En son for intérieur, il sentait que cette jeune princesse méritait d’être aidée, même s’il continuait de trouver que l’ascension n’était pas une évolution mais un suicide programmé.

Tout cela pour, au final, se dire qu’il ne regrettait pas la fuite si s’en était une. Emilia lui avait sauté dans les bras et ça n’avait pas été surjoué. Il avait intérêt d’apprécier ces quelques secondes.
Le soldat tapota le dos de la jeune femme.
« Hé...tu es en train de me donner l’habitude là. » fit-il avec humour.

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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La belle savoura ces quelques instants de paix. Il lui semblait qu’une lumière éclairait désormais son chemin d’une manière un peu plus vive, une lueur dans les ténèbres qui lui redonnait du courage après les épreuves qu’elle avait traversé et qu’elle s’apprêtait encore à affronter. Atlantis était déjà une trouvaille très prometteuse, mais ce dont Daren lui parlait c’était la concrétisation d’une vie de recherches.

Elle mit fin à l’étreinte et lança un petit sourire gêné à Daren après qu’il ait repris la parole. Il avait raison, elle s’était laissée débordée par l’émotion. L'existence solitaire qu’elle avait mené ces derniers cycles la poussait peut-être à rechercher ce genre de contact. A trop vivre dans la peur et l’isolement, on finissait par développer des manques : ce besoin d’être rassuré, écoutée, cette recherche de chaleur humaine… Moins de vingt-quatre heures avaient suffi pour qu’il parvienne à se faire apprécier d’elle, un vrai record. Mais c’était précisément la raison pour laquelle elle ne devait pas jouer avec les émotions du soldat, même si c’était involontaire de sa part.

– Comment s’appelle cette Ancienne ? Et ce Sheppard, quel genre de personne est-ce ? Son nom revient de manière systématique quand tu parles des Anciens.
« Hmm...Athar mais...je ne suis pas sûr. »
Il n’avait pas été au centre de cette affaire à l’époque et les rumeurs laissaient peu de place à la vérité.
« Sheppard est notre chef militaire. Plus qu’un leader, c’est quelqu’un qui sait s’occuper de nous. Au lieu de rester cantonné à la cité, il explore avec les gars et il fait des rencontres. »
Il ne lui disait pas tout.
Comme le fait qu’il avait une aisance presque détestable dans l’usage du gène des Anciens, qu’il avait une bonne stratégie de terrain et...qu’il devait bien avoir quelques gamins à lui, illégitimes, qui parcouraient la galaxie.
« C’est une personnalité très humaine, pas naïve, sur qui ont peu compter. C’est un homme très respecté et si on ne le trahit pas, il peut être un allié très valeureux. Souvent, lorsqu’il y a eu une expérience avec les Anciens, il n’est jamais bien loin. Sauf s’il est concerné lui-même. »
Il marqua une pause.
« C’est forcément ta prochaine étape Emilia. »

Le portrait que Daren dépeignait de ce Sheppard était élogieux, voir carrément héroïque. Cela donnait effectivement envie de le rencontrer. Daren devait enjoliver au moins un peu les choses mais sa description montrait à quel point il respectait son chef. Ce qui était étrange en revanche, c’était qu’il s’était fermement opposé à ce qu’elle aille à la rencontre du colonel la veille et qu’il la poussait dans sa direction aujourd’hui. Les choses n’avaient pas évolué pourtant, le soldat risquait toujours de se compromettre auprès de sa hiérarchie si elle y allait franco. Elle se demanda donc ce qui avait changé du côté de Daren…
Une nuit dans ses bras.
Le militaire était-il ce genre d’homme à changer brusquement de comportement avec une femme qui lui plaisait ? Peut-être, mais si lui avait oublié les risques qu’il encourrait, elle, gardait bien en mémoire la promesse qu’elle lui avait faite la veille juste après leur dispute.

- Non, je te compromettrais si je vais voir cet homme. C’est vers le CODIR que je dois me tourner dans un premier temps… ou bien demander après un historien peut-être… il me serait plus aisé de justifier ma démarche auprès de ces personnes qu’auprès du colonel dont je suis censée tout ignorer de ses activités. N’ais crainte Daren, cela prendra le temps qu’il faudra mais j’obtiendrai gain de cause sans déroger à ma promesse.

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Mer 2 Jan - 2:17
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Sur le moment, Darren ne savait pas ce qu’elle en pensait.
Il partait du principe que sa prochaine étape se ferait sous le couvert d’excuses pour donner le change. Avoir passer la nuit avec elle ne pouvait qu’avoir modifié son comportement naturel à son égard, il trouvait ça humain, légitime presque. Le militaire percevait le ravin qui les séparait dans leur façon de penser mais il ne savait pas encore comment elle voyait sa confidence.
Lorsqu’elle s’exprima, il trouva qu’un malentendu était en train de naître. Il n’était pas question de le compromettre si elle trouvait d’autres explications pour sa démarche. Si elle disait qu’elle tirait ça de connaissances personnelles, et non de lui, ça devrait marcher non ?

Mais Emilia était tellement plus expérimentée en terme de diplomatie, de relationnel, qu’il sentit que sa version serait vouée à l’échec face à des cadors comme Hoffman ou Steele. La princesse connaissait ce monde là mieux que lui et c’est bien pour ça qu’elle le rassurait sur le devenir des infos qu’il lui avait donné.
Pris dans ce sens, Clive fût agréablement surpris de cette volonté à le protéger. Non pas qu’il en avait douté. Mais son acte s’inscrivait dans la continuité, dans la promesse, du respect de cet échange. Il lui donnait des informations qui lui permettrait d’avancer, de progresser, et elle lui confirmait qu’il n’aurait pas à le regretter.
Oui. Il y avait un petit malentendu selon lui. Mais il apprécia d’autant plus ce qu’elle était en train de lui dire. Surtout que c’était sincère, spontané.

On pouvait s’attendre à ce qu’elle révèle son vrai visage une fois qu’il aurait livré tout ce qu’il possédait. Ce comportement se trouvait partout, surtout dans les hautes sphères, alors pourquoi pas là ? Une fois exploité et arrivé au bout du rouleau, elle l’aurait jeté et révélé son indiscrétion. C’est serait presque naturel et cela correspondrait à une image de princesse. Le préjugé, comme d’habitude...

Et comme d’habitude, Emilia y échappait encore, se révélant bien plus humble que cette étiquette.
Planté devant elle à la base des gradins, plus rien ne semblait exister alentour. Que ce soit le match de basket qui se disputait, les sportifs supplémentaires qui venaient de rentrer ou bien ceux qui s’échauffaient non loin : Darren ne percevait pas leur présence.
Sur ces quelques secondes, il s’était fermé sur Emilia dont il détaillait le visage, un léger sourire à la voir joyeuse.
Le militaire ne savait pas vraiment pourquoi il s’investissait autant pour elle. Le sentimentalisme ne lui semblait pas être la bonne explication compte tenu du fait qu’il ne se connaissait que depuis vingt-quatre heures et qu’il y avait cette règle de non-engagement qui lui convenait tout aussi bien. Il y en avait peut-être un peu, c’est vrai, mais ce n’était pas sa motivation première.

Il n’allait pas nier l’affection qu’il nourrissait à son égard, ce serait puéril, mais le fait qu’il voulait la voir avancer dans sa quête comptait tout autant. Après les horreurs vues lors de l’Opération Normandie, sans vouloir exagérer, ce serait finalement un contrecoup positif. De participer au projet de quelqu’un de bien de manière altruiste, généreuse, mais s’il en retirait aussi beaucoup de moments plaisants.

« Merci. J’ai confiance en toi, je suis serein. » répondit-il simplement. « Tu me tiendras au courant de tes progrès ? »

Emilia lui retourna un sourire bienveillant et acquiesça. En effet, il était serein… il était si rare que les paroles d’un être humain soient en phase avec ses sentiments, c’était agréable à voir. Le tenir au courant, oui, pourquoi pas. Elle allait devoir la jouer finement pour manipuler le gouvernement atlante mais elle savait que Daren ne la trahirait pas, ils avaient maintenant tout intérêt à se protéger mutuellement ou ils risquaient de se compromettre : lui car il révélait des secrets à une étrangère, elle car elle s’apprêtait à leur vendre un mensonge.

Le regard de Daren se tourna vers les tatamis.
« Ok...tu veux faire quoi de ton aprèm ? Une nouvelle visite guidée ou une première leçon d’auto-défense ? »
Il ajouta avec une légère hésitation :
« A moins que tu aies autre chose à faire ? »

- Hm, non, je n’ai pas de rendez-vous cet après-midi. Elle marqua une pause et fit une moue rêveuse. Je vais finir par y prendre goût, tout ce temps libre... C’était pour le moins exceptionnel et elle savait parfaitement que la situation allait se renverser dès le lendemain. Autant savourer ses derniers instants de tranquillité avec une âme bienveillante.
« Tu peux. » Fît Darren, amusé. Il savait très bien qu’Emilia ne le ferait jamais. « Il suffit de te faire réfugiée politique et tu resteras parmi nous. »
- Et abandonner tout ce que je suis en train de construire ? lança t-elle avec un sourire moqueur. Ce serait mal me connaître.
« Oh, mais t’es parfaitement du genre à abandonner. » Charria-t-il en mettant ses mains dans les poches, faisant mine d’être sûr de sa connerie. « On sent que t’as pas l’âme très courageuse Emilia. »
- mhh… Elle fit mine de regarder un public imaginaire et prit un air faussement hautain. Dix coups de fouet pour le manant irrespectueux ! Qui dit mieux ?
Clive éclata de rire.
« Non, ça ne marche pas. » se risqua-t-il. « T’es pas du genre à punir comme ça. »
Mais il pouvait se tromper. Qui sait si Emilia n’était pas contrainte à jouer ce jeu de princesse terrible dans la punition.
« T’es du genre à l’écoute non ? Les manants et les roturiers, tu ne les séches pas d’emblée. Ou je fais exception ici ? »

-J’évite le contact, cela règle le problème.

C’était une demi vérité mais elle n’avait aucune envie d’entrer dans le détail. Les rencontres avec le peuple se faisait constamment, et ses réactions devaient s’adapter au public qui l’entourait… il lui fallait parfois donner le change quitte à s’écarter de ses valeurs mais la plupart du temps elle feignait l’indifférence par soucis de facilité.
La politique était un jeu de manipulation qui se voulait cruel.

« Je comprends. » Reconnu honnêtement le militaire. « Je suis bien content que tu te sois intéressée. Alors...cours de combat ou visite guidée ? »

-Et pourquoi pas les deux ? proposa-t-elle en croquant dans son fruit avec une délicatesse qui aurait pu faire rire certains.
« Va pour les deux. » répondit Clive en l’observant. Une idée lui vint soudainement, une façon de conclure la soirée si elle restait avec lui. Elle lui donnait envie de rire avec ses manières raffinées.

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Mer 2 Jan - 2:53
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Il lui aurait difficile de renier son appartenance à la haute société tant cela transparaissait dans ses gestes, son maintien…

– Je n’avais jamais ressenti le besoin d’apprendre à me défendre jusqu’à présent, mes facultés intellectuelles m’ont toujours suffit pour naviguer en eaux troubles et je pouvais compter sur l’armée pour me protéger. Certains ont modifié les règles du jeu et je vais donc m’adapter pour rester dans la partie.
« La première chose que l’on apprend à une personnalité comme toi, c’est de savoir se protéger de l’ennemi. Avant ce qui concerne la neutralisation, le contact, là où l’égo intervient, tout ça. » il haussa les épaules. « Repousser l’attaque de quelqu’un pour s’extraire. Est-ce que ça t’intéresse de commencer par là ? »
– Pourquoi pas ? Mais seras-tu assez inventif pour inclure mon pouvoir dans ta leçon ?
Il lui répondit d’un petit sourire et d’un :
« A ton avis ? »
– ...mh, oui, tout compte fait je ne m’inquiète absolument pas concernant ton imagination.

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Malicieux, Daren lui fit un petit clin d’oeil et lui tendit la main pour l’inviter à le rejoindre. Il l’emmena fièrement avec lui jusqu’au niveau des tatamis où il se déchaussa. Elle termina de manger son fruit et en fit autant.
« T’auras pas besoin de mettre de veste ce coup-là. »
Il était content de pouvoir lui donner des cours. Lui montrer comment les Atlantes se défendaient, la base d’une réaction en cas d’attaque. Tout au long de sa patrouille, il avait réfléchi sur sa requête, le moyen de mêler son pouvoir à l’auto-défense. Clive y voyait des moyens infinis, si bien qu’il avait bourré son sac de tout un tas d’objets de la vie quotidienne. Il avait préparé ce moment avec une sorte de fébrilité dont il n’avait pas l’habitude. Le cours serait sérieux bien entendu...mais il allait aussi s’éclater comme un fou. Un penchant chargé d’humour et puéril qu’il comptait bien lui faire partager.

Le militaire atteignit le centre du tatami et vida son sac en jetant les objets. Des revues, des bibelots, une matraque en mousse. Un petit oreiller, un morceau de couverture, une corde, un radio réveil et le sac lui-même. Une fois tout ça répandu au sol, l’homme observa la répartition d’un regard circulaire puis fixa la jeune femme.

« Le cours de Madame est avancé... » lui dit-il, un peu moqueur.
Une nouvelle fois, par le signe de sa main, il l’invita à le rejoindre au centre du tatami. Ils allaient commencer. Emilia le rejoint donc et l’une de ses chaussures la suivit en voletant non loin d’elle. Avec le même sourire moqueur que Daren arborait sur son visage, elle fit s’agiter la chaussure à un mètre du soldat.

– Tu l’aimais bien cette chaussure hier...
« Pas que la chaussure... » Répondit-il, le regard brillant. Il était distrait par la chaussure qu’il tenta d’attraper. « Elle est à moi !!!!!! » s’écria-t-il soudainement comme un gosse.
La chaussure bondit en arrière.

Clive se donnait en spectacle comme un chien fou qui voulait attraper la balle. Sauf que là, en l’occurence, il s’agissait d’une chaussure volante. Le soldat fonça en essayant plusieurs fois de s’en saisir, comprenant dans le même temps la dextérité qu’Emilia pouvait appliquer à l’objet en lévitation. Et soudain...ce qui était un jeu un brin trop puéril et passionné...se transforma brusquement en une agression.
« A MOI J’AI DIS !!! » Avait crié Clive, avec violence, en sortant un couteau de l’arrière de sa veste.
Armé en pic à glace, il l’orienta sur la jeune femme, la prenant par surprise. Il l’attaqua sans ménagement et visa son épaule d’un coup rapide. La lame étincelait...comme une vraie.

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La jeune femme sentit le changement d’intention en même temps qu’elle le vit amorcer son mouvement. Avec des yeux arrondis par la surprise, elle eut le réflexe de reculer et focalisa toute son attention sur le couteau qu’elle tenta d’arracher de la main de Daren et de faire partir sur le côté par la force de sa pensée. La chaussure tomba au sol dès lors que l’homme était passé à l’attaque, les priorités d’Emilia avait changé. Dès qu’il sentit cette résistance, le soldat lâcha son arme et lui sauta dessus pour l’emporter jusqu’au sol.

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Mer 2 Jan - 3:04
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S’il avait toujours été sans violence jusqu’à présent, Clive n’était plus le plaisantin mais le soldat qui n’eût aucun scrupule à la ménager de la sorte. Même lors de la dispute, en la plaçant sur son épaule, il avait été “doux” dans la tentative. Mais là, Daren ne se retenait pas en la faisant tomber lourdement sur le sol. Il appliqua son poids sur sa poitrine pour l’empêcher de se redresser, que ses bras ne l’atteigne pas. Ce n’était pas des gestes militaire, plus celui d’une brute. Il se pencha finalement pour lui enserrer la gorge de ses mains mais la pression s’arrêta sur une norme presque “polie” vu la situation.

« Tout le monde panique...toujours. » lui dit-il dans un souffle. « Mais il y a toujours une issue...à toi ! »

Et effectivement la princesse, malmenée et impuissante, angoissait. Ses sentiments oscillaient entre peur et agacement. Crainte car une part de son inconscient la renvoyait à son dernier combat contre les wraiths qui s'étaient fort mal terminé pour elle, frustration car elle ne supportait pas cette position d'infériorité. Fort heureusement, les sentiments du soldat la rassurait : même s'il ne faisait pas preuve de douceur et qu'elle avait mal, elle savait qu'il ne voulait pas réellement lui nuire. L'entraînement avait commencé et le soldat semblait prendre cela très au sérieux.
Emilia grimaça et chercha le couteau du regard malgré sa position inconfortable. Lorsqu'elle l'aperçu, elle tandis son esprit vers lui et le fit voler jusqu'à eux. Il se posa contre la gorge de Daren.

« Bien ! C’est bien !!! » S’était réjouit l’homme en découvrant le couteau sous sa gorge.

Mis à part les plaintes et soupirs tirés de l’effort lorsque l’on était écrasé par un autre, Emilia ne se débattait pas hors du contexte. Il n’y avait pas de soudaine vexation sur fond d'ego ni de colère parce qu’il lui faisait mal, qu’il l’avait surprise. C’était une volonté de participer au delà de la contrainte et cela rassura un peu plus le soldat qui se sentit en confiance. Il libéra une de ses mains pour la pointer sur sa propre carotide.

« L’endroit vital d’un homme est là. De chaque côté, ici et là, c’est une artère importante qui irrigue le cerveau. Tu la tranches, le type tombe en trente secondes. » Il ne s’était pas écarté, continuant de la tenir à sa merci. « Dès que tu plantes la lame, où que ce soit, tu la fais glisser jusqu’à un de ces deux points. Toujours Emilia, toujours. Pour être sûre du résultat. »

Il remit sa main sur la gorge de la princesse pour reproduire la tentative de strangulation.

« C’est un couteau d’entrainement. Essaie ! Si la lame se rétracte pas, c’est que tu n’appuies pas assez fort. » Il acquiesça confiant. « Vas-y franchement ! »
Et elle obéit, plantant le couteau sans la moindre hésitation. Elle l'avait déjà fait dans le dos d'un assassin… la perspective de tuer un inconnu dans un cas de légitime défense ne la perturbait guère. Puisqu'il était rétractable, elle ne s'inquiétait pas de blesser Daren avec.
- Intéressante cette position… s'efforça t-elle de plaisanter pour cacher le fait qu'elle détestait être dans ce genre de posture vulnérable.
Clive sentit la lame se rétracter et racler jusqu’à sa carotide. Sa petite remarque le fit sourire, il se baissa un peu plus d’un air amusé, comme s’il allait l’embrasser puisqu’en position de force. Et il lui murmura :
« Petite menteuse ! »
-Tu y prends beaucoup trop de plaisir… grimaça t-elle.
« Je suis sur mon terrain... » Ironisa-t-il du tac au tac.
-Non, tu es sur moi nuance.
« C’est ce que je disais. »
Une petite provocation pour l’emmerder. Ca le faisait marrer l’idée qu’elle ne puisse le repousser tout de suite, autant en profiter.
Elle le regarda, estomaquée.
-Mais dis donc ! S'écria t-elle en gesticulant pour le repousser.

Clive rigola. Il renforça sa position et adopta un air pleinement supérieur, voyant si elle allait insister. Il finit par lui dire :
« Ca t’emmerde hein ? C’est une autre leçon Emilia. Ne laisse jamais l'ego te conduire. Ne te fatigue pas à te mettre en colère. Tu auras tout le temps “après” pour y penser. »
Elle lui répondit par une moue contrariée.
« Tu te souviens de Papass ? Ce qu’il t’a fait ? C’est le même principe. Si tu dois finir en-dessous quelqu’un pour gagner, alors soumets-toi. Il n’y a pas d’image quand tu te défends. La priorité ultime, c’est ta survie et rien d’autre. Compris ? »
- Oui mais l'honneur… elle s’interrompit, réfléchissant un instant. Il n'y avait pas eu d'honneur quand elle avait planté un couteau dans le dos de l'assassin. - Non… Tu as probablement raison.

Entendre la jeune femme lui parler d’honneur le fit sourire. Cette naïveté avait quelque chose de beau. C’était dangereux pour elle si elle s’y cramponnait mais, en même temps, c’était dans la continuité de ce qu’elle était. Il en était en partie stupéfait et laissa paraître un air charmé.
« L’honneur est en toi. Mais dans un combat, c’est l’un ou l’autre. Ton ennemi, lui, n’en aura jamais. »
Clive était sérieux.
« La priorité ULTIME, c’est ta survie. Répète-le... »

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Mer 2 Jan - 3:45
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas


- Hmm…

Elle tourna la tête pour visualiser sa chaussure qui traînait plus loin et l'envoya valser sur Daren.

- Et pan… ma survie.

Le soldat n’avait pas lâché sa prise mais il s’en était fallu de peu. La face droite de son visage était rouge et son regard brilla des larmes du contre-coup qu’il venait de recevoir.

« Répète-le... » Insista-t-il.

Daren venait de remarquer quelque chose. Emilia présentait une énorme faiblesse dans l’exploitation de son pouvoir : elle regardait l’objet juste avant. Il se demandait si c’était par égo qu’elle refusait de répéter à la lettre la phrase qu’il lui avait dit, sa priorité. Il n’était pas le meilleur des pédagogues mais sa démarche était sincère. Le jour où quelqu’un allait l’agresser, le plus souvent, ça se terminait sur cette position de vulnérabilité. La lutte au sol lui semblait le plus important pour une première leçon.
Aussi, si elle avait l’intention de lui renvoyer sa botte à la gueule (et Dieu sait que ça l’avait quand même bien secoué), il lui couvrait les yeux d’une main dès qu’elle détournerait le visage. Il verrait comment elle allait réagir...son autre main accentuerait légèrement la pression sur sa gorge.

-Je n'hésiterai pas à planter un couteau dans le dos d'un assassin ! C'est bon comme ça ?
« Répète bon sang !!!!... »
-Priorité à ma survie, soupira t-elle agacée.

Clive ignorait volontairement son soupir.
Ce n’était pas évident pour elle. Une princesse qui souhaitait apprendre un peu après lui et qui se trouvait ensuite couchée sur le dos, le mec monté sur elle, avec les mains jointes sur sa gorge depuis cinq foutues minutes. Il la trouvait même très patiente. Le seul hic, c’est que son élan de fierté n’allait pas l’aider à apprendre si elle ne voulait pas intégrer ce qu’il lui disait.
Lui faire répéter cette phrase, ce n’était pas pour se donner un genre de professeur ou de maître Shaolin à la con. C’était...comme un héritage. Son instructeur le lui avait fait répéter des centaines de fois, si bien qu’au combat, un jour où il avait vécu un sentiment de danger imminent, il s’en était souvenu. Il l’avait entendu raisonner dans son crâne et il s’était sorti les doigts pour faire le nécessaire. Mettre au rencard les questions de scrupules et de moyens. Juste pour vivre bon sang. Si Emilia devait se mettre à le détester pour ça, elle le détesterait...tant que ça entrait dans son crâne de princesse.

« Je vais pas te lâcher, petite caractérielle ! A la lettre : “Ma priorité ultime, c’est ma survie”. »
-Assez j'ai compris ! Ne me manque pas de respect.
« Tu joues de ton égo, miss. Tu t’entêtes... »
- Toi aussi tu t’entêtes.
Il craignait d’abuser. Le soldat l’aurait bien brusqué un peu plus, tout en lui demandant si son prochain agresseur écouterait ses jérémiades sur sa qualité de princesse. Rien de ce qu’elle était ne pourrait la protéger, bien au contraire. Il voulait vraiment lui faire comprendre ça mais elle était fermée. Du moins, il avait cette impression.
« Une noble dame ne s’abaisse pas à jouer le jeu de celui qui la tiens hein ? Tu crois que tu vas gagner comme ça ? En lui jetant ta belle condition au visage ? »
Clive lui sourit.
« J’ai pas besoin d’insister. Le jour où ça va recommencer, tu t’en rappeleras. »

Il avait confiance sur ce fait. Là, il était en train de s’attarder. Et plus il prenait de temps en dominant, plus il sentait que son amie perdrait patience. Le militaire décida de passer à la manoeuvre suivante et Emilia en ressentit du soulagement.
Il se pencha, comme la dernière fois, en frôlant ses frontières personnelles. Il lui murmura tout en tapotant son arête nasale.
« Celui qui s’approche aussi près, tu vises là, pile entre les deux yeux ! Ne prends pas une grande inspiration, tu étouffes. Il faut serrer les dents et donner un coup sec en avant. BIM ! »
- Un coup sec… avec quoi ?
« Cette partie de ton front. » lui expliqua-t-il en dessinant la zone précise. « Ailleurs, tu te feras plus mal que ton ennemi. Sinon, un objet solide, mais tu dois bien viser. A toi... »
- Comment je fais ça si tu m'étrangles ?
« Y’a une faiblesse, là, à la pliure de mes coudes. Tu mets un coup sec avec tes deux mains, comme un couperet, et tu relèves la tête juste après. Essaie... »
Et elle essaya… mais ce ne fut guère convaincant, aussi réitéra t-elle jusqu'à en avoir assez et exploiter son pouvoir sur les zones de faiblesse qu'il lui avait montré avant de tenter un coup de tête un peu léger de peur de se faire mal.

Mais peu habituée à l’exercice, elle frappa avec une belle efficacité. Entre son pouvoir et le geste bien orchestré, Darren qui appliquait plus de force pour que l’étreinte soit réaliste reçu le coup de tête comme il se doit. Il poussa un cri de douleur vif et bref, tombant brutalement sur le côté en se tenant le visage. Une douleur familière l’irradia, ainsi que de la colère, un sentiment d’humiliation, puis une forme particulière de satisfaction noyé dans ce flot bouillonnant.
« Bien...joué... » murmura-t-il entre deux souffles douloureux.
Il avait envie de pleurer tant ses yeux lui piquaient, c’était exactement le coup à faire et il en rigolait presque. Curieux mélange entre ça et la douleur.
« C’est très bien. En plus...ça...ça aveugle. »
Il se redressa avec un mi-sourire. Il se passait la main sur la trombine, la chaleur lui faisait parfois croire qu’il saignait. Mais il était content, vraiment content. Emilia apprenait vite. Elle se contrôlait malgré la frustration et la colère évidente qu’il avait sentit chez elle. C’était de bonne guerre.

La jeune femme fit la grimace, d'abord parce que la douleur de Daren rayonna dans son esprit et lui fit mal jusqu'à ce qu'elle repousse le lien, ensuite parce qu'elle s'en voulut d'avoir frappé si fort. Elle avait pourtant cru y aller doucement…

- Navrée.
L'homme avait l'air content néanmoins, il était peut être un peu maso.
« Tu peux faire pareil si un agresseur te colle contre un mur. »
-D'accord, dit elle en tentant d'en profiter pour se relever.

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Steven Caldwell
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Soldat Clive



Le professeur en herbe lui tendit la main pour l’aider à se redresser. Il lui tapota l’épaule comme un maître fier de son élève.
« Et t’excuse pas, je le méritais. » lâcha-t-il, malicieux. « Dis, ton aptitude. Tu peux attraper n’importe quoi avec ? »
-Comment ça “atrapper” ?
« Bon, ne l’essaie pas sur moi ok ? Mais le prochain qui essaie de te faire la peau. Humain ou Wraith. Tu te concentres à mort sur l’un de ses yeux. Et tu le fait gicler de l’orbite. »
C’est bien glauque mais tellement efficace selon lui.
« Qu’importe la force du type, je suis sûr qu’il va te lâcher. »

Emilia lui lança un regard horrifié.
-C'est… dégoûtant !
Mais pas stupide. Elle n'avait jamais eu l'esprit assez tordu pour imaginer une chose pareille. Aurait-elle le cran de le faire un jour si un agresseur tentait une approche frontale ? Elle aurait interêt à prendre un recul considérable vis à vis de son empathie et de sa connexion avec l’ennemi si elle ne voulait pas hurler avec lui.
« Mais oui, c’est dégoûtant ! » Assura-t-il, hilare. « Et super efficace aussi. Il faut que je fasse ton éducation de film d’horreur... »
- Tu es un amateur de gore ?
Mimant un intérêt particulier pour la conversation, la jeune femme fit un pas en arrière l’air de rien en écoutant la réponse de Daren… puis lui sauta littéralement dessus dans l’espoir de le plaquer par terre. Attaque surprise !
« Pas forcément, c’est juste que tu as l’air trop tendre et il faudrait que je te...héééééé !!! »
Il ne s’attendait pas à ce coup bas, vraiment pas. Si ça n’avait pas été de ses compétences de soldat, d’en avoir fait son boulot, Emilia aurait pu le ridiculiser en le mettant au sol. Hors, après avoir repoussé ses mains et supporté le poids de son assaut, il fît le tour d’un pas souple et exercé. C’était les heures d'entraînements qui faisaient la différence, surtout ça. Prise à la gorge par clé de serrage commando, il tira en arrière pour faire basculer son centre de gravité et qu’elle repose quasiment sur lui.
« Ah, tu fais ta traîtresse, princesse ?!? » fit-il avec humour. « Une prise pareille, y’a que ton pouvoir pour te sauver. A toi de jouer ! »
Avec une adresse tout à fait impressionnante, le soldat la neutralisa et se glissa dans son dos pour la plaquer contre son torse. Elle se retrouva enserré dans ses bras, la gorge fermement retenue par une prise solide. Ouch… mais elle l’avait bien cherché cette fois. En tout cas, Daren l’impressionnait. S’il était clairement dépassé quand elle parlait de science, il connaissait son affaire en matière de manipulation physique.

– Tout ça pour me faire un câlin, Daren ? plaisanta t-elle.

Il ria.
En l’ayant placé de la sorte, la seule façon qu’elle avait de ne pas s’étouffer davantage, c’était de suivre l’équilibre précaire qu’il donnait par la position. Contrôle de la victime. Plus elle se débattait, plus elle participait au serrage qui s’appliquait autour de son cou. Le soldat imagina aussitôt, à cause de sa réplique, les quelques prises qu’il aurait pu lui faire subir pour un câlin autrement plus torride. C’était dangereux de s’égarer comme ça, il relégua cette idée tout au fond de sa tête pour rester lucide. Mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire. Il pouvait sentir les micromouvements de ses muscles jouant contre les siens alors qu’il veillait à ce qu’elle ne puisse se dégager de ses mains. Son regard demeurait posé sur les objets au sol. A tout les coups, elle allait lui en envoyer l’un d’eux. La godasse dans la tronche lui avait bien servi de leçon.
« Un câlin poli. » Répondit-il de la même façon.

Un sourire étira les lèvres de la belle. Si elle ne pouvait cerner les pensées précises de son voisin, elle en devinait les contours à travers certaines de ses émotions. La jeune femme se demanda s’il était en train de se remémorer la nuit qu’il venait de passer ensemble.

– Bien entendu…

Il disait qu’il n’y avait pas de solution pour se défaire d’une telle prise, hormis ses pouvoirs et elle se devait de trouver la solution par elle-même. Elle lui avait déjà envoyé certains objets au visage, aussi décida t-elle de procéder autrement et s’efforça de faire brusquement pression sur ses bras avec la force de son esprit pour essayer de le faire céder et s’échapper.
Cela eut pour raison d'accroître dangereusement la pression contre sa gorge en réponse. Comme un duel quant à savoir qui allait faire céder l’autre en premier. Le soldat aimait à contrecoeur le sentiment de puissance que c’était en train de lui donner. C’était grisant et il s’évertuait à rester pro. Quelque part, heureusement qu’ils n’étaient pas dans une chambre parce que ces jeux de mains pourraient bien déraper.
« Si je serre fort, tu perds conscience en trente secondes chrono. Pas mon bras Emilia. Cherche ma main qui verrouille, trouve le pouce, c’est la faiblesse... et tu le retournes. »
– … veux pas te faire mal... articula t-elle avec une grimace. Cette pression sur sa gorge était très désagréable et elle ne pouvait nier le trouble que lui procuraient les émotions de son voisin.
« J’suis pas ton ami...j’suis le fumier qui veut te buter. » Lâcha-t-il brusquement en augmentant soudainement la pression.
Il savait qu’il allait lui couper la respiration par surprise et, peut-être, la faire paniquer. Mais Clive avait à coeur de lui faire comprendre combien tout ça, tous les bons sentiments, les scrupules, les idées reçues, ne comptaient pas une fois dans une lutte. Quand elle serait prise à la gorge, ce serait par un type capable de l’approcher. Soit par la force comme un Wraith, un mec calé pour l’infiltration, ou pourquoi pas quelqu’un de confiance ?
L'entraînement devait parfois se faire dans la douleur. Pourquoi ? Parce qu’un petit échange en bon copains qui n’osent pas se faire de mal, ça ne servait strictement à rien. Le jour venu, quand il faudrait appliquer tout ça, il ne faudra pas y répondre avec la force que l’on avait vis à vis du copain.
La mort dans l’âme, parce qu’il l’aimait bien cette princesse mine de rien, il comprima sa trachée en essayant de doser la force. Qu’elle sente venir cette sensation terrible de l’inconscience progressive, le sang n’irriguant plus le cerveau. Le rythme cardiaque qui augmente pourtant, mais la vue qui s’assombrit, le voile étrange qui recouvre la peau et cet appel d’air avec la bouche ouverte qui ne capte plus rien.
Au début, elle prenait cela pour un jeu. Elle le savait sérieux avec cet entraînement mais ils échangeaient des plaisanteries et elle s’attendait à ce qu’il lui apprenne en douceur. Après tout elle était une novice en la matière. Puis il commença à serrer et elle sentit le sang s’agglutiner dans sa tête et le souffle lui manquer. Il était sérieux, il y allait pour de bon ?!
Paniquée, la jeune femme se mit à gigoter pour tenter de se défaire et tira sur les bras de son agresseur avant d’y planter les ongles.
« C’est normal d’avoir peur... » lui souffla-t-il à l’oreille tout en maintenant sa prise. « Ma main. Mon pouce. Allez, tu peux le faire. Concentre-toi ! Sauve ta peau ! »

Il n’allait quand même aller au bout de son acte ? Qu’avait-il dit, l’inconscience au bout de trente secondes ? Mais quel genre de taré allait étrangler sérieusement quelqu’un pour une toute première leçon ?! Elle se sentait totalement impuissante, coincée dans les bras du soldat, la situation lui échappait et elle commençait à avoir peur. Une peur réelle, insidieuse, qui ne l’aidait pas à garder les idées claires malgré les chuchotements de son agresseur. Il devait bien sentir ses ongles pénétrer sa chair mais il ne cillait pas, c’était sûrement bien peu de chose en comparaison avec ce qu’il avait dû vivre sur le front.
Que devait-elle faire avec les pouces déjà ? Tirer ?
Elle s’efforça de visualiser la zone concernée, pas simple vu comment étaient placées les mains, et tira d’un coup sec avec son esprit sans trop comprendre l'intérêt du geste, il ne le lui avait pas expliqué. Mais c’était ce que Daren voulait.

« aaaahhhHAAAAAAAAA...PUTAIN !!!! » Hurla-t-il dans la douleur.
Le pouce, c’était le point faible. En le tirant en arrière avec une pression pareille, non seulement il douillait, mais en plus de ça il avait le choix entre rompre la prise ou entendre son articulation casser. Elle avait réussi, elle avait réussi son coup. Clive ouvrit les bras dans l’espoir de voir la pression disparaître et il laissa la princesse glisser de son emprise. Sur le moment, il ne se rendit pas compte dans quel état il venait de la mettre. Le militaire fixa son pouce recouvert de son autre main, tremblotant, en se demandant s’il n’était pas cassé. Il ricana, plus par douleur que par plaisir, puis son regard se porta sur la jeune femme.
Elle s’était éloignée et elle toussait. Un brusque sentiment de remords l’envahit à ce moment là, alors qu’il lisait la douleur dont il avait été responsable sur son visage. Naturellement, il fit quelques pas dans sa direction et la vit s’écarter, comme si elle voulait conserver cette sécurité. Il voulait pourtant la rassurer, lui dire que c’était terminé, qu’il ne recommencerait plus.
Elle le prenait vraiment pour un agresseur là ?!?
« Emilia... » fit-il maladroitement. Il craignait le pire et gardait une main tendue vers elle.
Ouais...maladroit, il l’avait été vachement. Il avait senti la panique venir en elle, l’effroi et surement l’incompréhension de l’acte. Elle n’était pas une militaire en instruction, il avait tendance à l’oublier et l’idée qu’elle coupe les ponts se fit dans sa tête. Elle avait confiance en lui, ils avaient passé une excellente nuit, et il s’investissait trop dans ce qu’il voulait lui apprendre.
« Je suis désolé. »
Il était sincère. Mais il le referait s’il le fallait.
Maintenant qu’elle avait expérimenté ça, elle saurait réagir la fois où ça se représenterait. Clive ne voulait pas se conduire en rustre, ni en formateur à la science infuse, juste qu’elle ai cet outil, cette défense, si quelqu’un l’étranglait par l’arrière. Le militaire ne se voyait pas lui exposer ça, essayer de se justifier d’un coup, comme ça. Il allait se mélanger les pinceaux, en être incohérent. Et elle saurait lui faire fermer sa gueule, c’était certain. Alors il s’abaissa pour se mettre à genoux sur le tatami, en position de repos. Il la ferma et attendit simplement qu’elle reprenne son souffle, dans l’espoir qu’elle ne lui tournerait pas le dos pour se barrer. Au pire, si elle le faisait, il estimait lui avoir appris le plus vital pour se défendre en cas d’agression. Le couteau et les étranglements.
Clive resta assis à sa position, les mains posées sur les genoux, en la guettant avec une petite angoisse. Il crevait d’envie de s’épancher en excuses, en explications, mais il sentait que ce n’était pas ça qui allait le racheter. Alors il valait mieux attendre sa réaction...

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– Menteur, rétorqua t-elle.

Il y avait une part de vérité dans ce qu’il lui disait, elle captait sa culpabilité… mais aussi sa détermination. Quelque chose lui donnait l’impression qu’il ne regrettait qu’à moitié son geste et ça ne la mettait pas du tout en confiance. Plus que de la colère, c’était de la méfiance et du reproche qui transparaissait dans son regard.

Elle avait pris de la distance aussitôt qu’elle était parvenue à se dégager de sa prise, elle ne lui faisait plus confiance. N’allait-il pas à nouveau tenter quelque chose contre elle si elle le laisser s’approcher ? Bons dieux, elle lui avait demandé une simple initiation. Elle s’était attendue à ce qu’il lui montre quelques gestes, en douceur, mais certainement pas à ce qu’il aille aussi loin sans la prévenir. C’était à peine s’il lui avait expliqué comment procéder pour se défendre avant de refermer sa poigne sur sa gorge ! C’était ça sa notion de la pédagogie ?

Soldat Clive


« D’accord, j’suis un menteur. » Dit-il doucement. « Il faut vivre le truc pour savoir y résister. Ce que tu viens de faire...ça marche aussi pour les armes. »
Il ne bougeait pas.
A vrai dire, il avait senti à l’intonation de sa voix qu’elle n’avait plus confiance. Ou du moins, il n’y avait plus ce petit truc qu’ils partageaient. Clive s’en voulait de ne pas être un peu plus souple, plus malin sur le sujet. Mais c’était un militaire, le bas du moule et de la mouture. Il faisait simplement de son mieux. Il avait beau se le répéter, histoire de se rassurer, ça ne l’aidait pas du tout. Darren, le pro du drama, on y repassera.
« Emilia... » il se redressa doucement. « Maintenant tu sais ce que c’est. Maintenant tu sais comment réagir. C’est comme ça qu’on apprend...c’est pas en blaguant. Pas dans un bouquin. »
Darren haussa les épaules, géné. Bien sûr qu’il voulait récupérer le coup. Mais il ne s’avança pas.
« En un seul cours, tu as appris le plus important. Prise à l’avant, arrière. Dégagement. Contrer les armes, ça se fait pareil, le coup du pouce. Et...comme tu l’as vécu...le jour où ça arrive pour de vrai. Tu seras prête. »

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Le sang recommençait à circuler librement dans son visage et elle glissa rapidement une main sur sa joue pour balayer les dernières traces laissées par ses yeux larmoyants. Daren justifiait son parti prit et elle n’était pas assez bête pour ne pas le comprendre mais elle n’appréciait guère sa démarche et elle redoutait qu’il décide de réitérer sans la prévenir. Apparemment c’était son truc : rien de tel qu’une simulation d’agression sans prévenir pour lui faire rentrer des choses dans le crâne de force.

– Je n’apprécie pas ta manière de faire.
« Je l’ai aussi vécu, j’sais ce que ça fait. » Reconnu-t-il. Il parlait calmement sans élever la voix. Sans vraiment le vouloir, il fit un pas en avant. « Je recommencerai plus. J’imagine que...le cours est terminé. »
Le militaire se pencha et attrapa le sac pour commencer à ranger les affaires.
« Je dois te dire quelque chose d’important... »
Il laissa le suspens s’installer avant de déclarer d’un coup, dans l’humour :
« Merci de pas m’avoir fait gicler l’oeil !!! »
Il espérait un peu que la scène se dessinerait dans son esprit et pourquoi pas, soyons fou, la faire rire un peu pour qu’elle oublie cette dure épreuve.
L’image s’imposa dans son esprit et elle eut une grimace dégoûtée.
– J’ai beaucoup de défauts mais je ne suis pas sadique.
Elle marqua une pause et lui lança un regard dur.
– Et je ne suis pas un soldat, tâche de t’en rappeler.
Ses chaussures lévitèrent jusqu’à elle et se posèrent à ses pieds sans qu’elle amorce de geste pour se rapprocher de Daren, elle n’était pas encore prête à faire le pas.
« Je l’oublie pas. »
Il pinça des lèvres.
« J’ai beaucoup de défauts mais je ne fais pas de mal aux personnes qui comptent pour moi. C’était la seule fois. Tu me crois si je le promets ? »

– Tu es sincère ? demanda-t-elle, très sérieusement.
Elle n’avait pas envie de plaisanter.
Quelques jours plus tôt à peine, elle avait fait face à un agresseur d’un autre genre et il s’en était fallu d’un cheveu qu’elle ne se fasse dévorer vive. Si elle s’efforçait de ne rien en laisser paraitre il suffisait d’un rien pour que son esprit le lui rappelle et que son corps s’active. Quelques instants plus tôt, elle s’était faite violence pour ne pas prendre ses jambes à son cou et planter Daren sur son tatami. Elle savait pourtant bien qu’il n’en voulait pas à sa vie mais elle ne pouvait pas s’empêcher de ressentir de la peur.
Il acquiesça silencieusement.

Soldat Clive


Clive, dans sa bêtise, avait oublié les mésaventures de son amie avec le Wraith. A ce moment encore il ne se rendait pas compte. Il relevait simplement qu’elle était prête à lui faire confiance, comme si elle faisait l’effort de lui tendre la main. Il ne voulait pas louper cette chance, ne pas se foirer comme les dernières fois. Non pas que ce serait une hantise. Mais vraiment, ce serait une honte de perdre Emilia sur ce tatami pour en avoir fait trop. Clive se disait qu’un simple oui serait presque idiot, débile. Alors il bougea en levant ses mains, pour les mettre en évidence. Le sac retomba sur le sol.
« Ok. Je m’approche doucement, pas de coups fourrés. Et je viens tranquillement jusqu’à toi... »
Il voyait bien que son regard était méfiant. Mais ça ne servait à rien de rester avec cette distance de sécurité à se regarder dans le blanc des yeux. Alors Darren continua de progresser jusqu’à elle sans se faire brusque, simplement, en passant les bottes qui ne lévitaient plus. Il s’approcha de plus en plus près et s’arrêta un petit instant.
« Là. Maintenant...je te prends dans mes bras... »

Il s'exécuta doucement, assez lentement, avec l’espoir de compenser ce qu’il avait fait avant.
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La jeune femme se tendit lorsqu’il s’approcha et eu un léger mouvement de recul à son contact. Elle se figea et le laissa faire, sentant bien que l’orage était passé. Daren était sincère, il cherchait réparation. Quant à elle, elle devait impérativement séparer l’image du soldat et celle associée à ses expériences passées, il n’était pas responsable de ses traumatismes. Cela dit, il méritait quand même son poing dans la gueule pour s’y être pris de la pire des manières possible sur ce tatami, mais c’était une autre histoire. Elle posa son front sur son épaule et se força à respirer calmement.
– Plus jamais ça sans me prévenir…
« C'était un sale coup bas. Je sais que je t'ai fait peur. »
Il la serra plus chaleureusement contre lui.
« Je te le promets. Je ne te ferai plus jamais de mal. »

Quelques secondes passèrent et la jeune femme se détendit doucement dans ses bras, acceptant peu à peu de renouer avec son contact. Fort heureusement, son empathie aidait beaucoup à son apaisement en lui permettant de lire directement dans le cœur de Daren. Il s’emploierait à ne pas reproduire son erreur elle en était convaincue.

– Sinon… paf l’oeil...

« Paf Darren le borgne ! » Compléta-t-il en plaisantant. Il se détacha un peu. « Tu veux faire un tour sur le balcon, respirer un peu ? »
Il lui sourit.
« Je te le propose sans course poursuite dans le couloir et chevauche d’épaule ! »
– Hmm… oui j’ai comme un air de déjà vu... ironisa t-elle.
Clive grimaça. Ils prenaient la même route qu’hier.
« Tu veux une lettre de ma main, ce coup là ? »
– Une lettre par jour, je vais pouvoir en faire un recueil.
« Ca te fera des souvenirs ! » Il lui massa le bras.
L’accolade lui avait fait du bien mine de rien, la sentir souffler et expulser toute cette méfiance, sentir renaître la confiance mutuelle. C’était plaisant. Il s’écarta complétement, un peu à contrecoeur, mais n’en montra rien.
– Je préfère les actes aux paroles, répondit-elle pour lui faire comprendre qu’il avait intérêt à tenir sa promesse.
Il acquiesça.
« Dans ce cas...tu aimes le poisson ? »
– Euh... commença t-elle en cherchant brusquement le rapport avec leur précédente conversation. Tu parles de nourriture ?
L’air malin, un sourire sur le coin des lèvres, il appréciait la voir mouliner comme ça, la voir découvrir. Il savait comment lui faire oublier la mauvaise aventure et il en jouait, en plaisantait.
« Les voir. Les manger. » Précisa-t-il de façon énigmatique.
– Les aquariums égayent une pièce. Et oui, j’apprécie leur chair. Pourquoi ?

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Soldat Clive



Clive ne lui répondit pas. Il gardait ce petit sourire malicieux qui en disait long alors que son esprit échaffaudait un plan en plusieurs parties. Ca allait être sympa pour se faire pardonner, même s’il l’était déjà visiblement.
« Tu le sauras en me suivant. » Lâcha-t-il, taquin.
Clive et Emilia quittèrent le gymnase un quart d’heure plus tard.
Le militaire n’en revenait pas d’avoir réussi à sauver la mise. Il n’était pas si naïf cela dit. De son passé, il avait toujours été gaffeur et spécialiste du pavé dans la mare. Déjà la veille, avec son franc parlé au sujet de l’ascension. Puis là avec son désir de lui apprendre un peu trop passionnément à se défendre. C’était à croire qu’à chaque fois qu’il tenait le bon bout, en lui faisant découvrir les friandises, en lui offrant une info éthiquement discutable : il se faisait un honneur de tout démolir par un bon coup de bull parfaitement adapté.
Sauf que là...Emilia restait.

Alors qu’il la guidait tranquillement le long des coursives vers une destination inconnue, il discuta avec elle. Il parla de tout et de rien, de sa matinée. Mais surtout de ce qu’elle aimerait faire en premier en rentrant chez elle, ce genre de petite chose réconfortante. Sa couleur préférée, celle qui était symbolique de sa quête des Anciens. Bref, il s’intéressait à ses goûts, juste comme ça, durant le voyage.

Daren apprit ainsi qu’elle avait tenté dans la matinée de se rapprocher du pôle médical et scientifique pour mieux appréhender leur niveau et envisager des échanges de connaissances poussés dans le domaine qui pourraient contribuer à faire évoluer leurs deux civilisations. Dès qu’elle aborda des détails plus techniques, Emilia réalisa qu’elle était en train de le perdre et recadra la conversation vers quelque chose de plus abordable pour une personne non formée au domaine. Il apprit également que la couleur préférée de la princesse était le vert printemps car il symbolisait la renaissance de la nature après la fonte des premières neiges. Son peuple était très attaché à la terre nourricière et à ce qu’elle produisait et il avait tendance à introduire les plantes partout où il le pouvait, y compris dans les villes et à l’intérieur des maisons. Les Gaëlliens avait un profond respect pour Mère-Nature et, de fait, pour les disciplines scientifiques qui permettaient d’en comprendre les règles. Elle retrouva un peu le sourire en pensant à son peuple qu’elle s’apprêtait à retrouver, cela lui faisait du bien de parler de lui. Ce n’était plus un rêve désormais, elle était sur le point de rentrer à la maison ! La jeune femme expliqua également au soldat que le blanc et le doré étaient hautement symboliques, que les gaëlliens associaient ces couleurs à la spiritualité et donc aux Êtres d’Exceptions comme elle. Darren l’écouta attentivement, notant mentalement la symbolique des couleurs dans le cas où ça pourrait lui servir un jour.

Il se surprit ensuite à se demander distraitement si sa conciliance venait de son espèce à part. Le fait d’avoir cette forme de supériorité d’évolution lui permettait-elle de ne pas s’offusquer durablement comme l’avait fait ses anciennes partenaires légitimement rancunières ?

Clive ne savait pas. Mais il commençait à avoir des doutes. Emilia n’était vraiment pas banale comme bonne femme. Et il ne faisait pas référence à son rang social, au fait qu’elle était issue d’une culture Pégasienne complètement différente. Non, il y avait un truc qui faisait qu’ils étaient sur la même longueur d’onde. Il avait voulu la prendre dans ses bras pour lui montrer combien il était désolé, même s’il ne regrettait pas de lui avoir fait vivre ce moment dur, et ça avait marché. Contre toute attente, elle avait accepté le contact. Et le pire, c’est que c’était sincère de son côté aussi.
Non. Elle n’était vraiment pas banale…

Le militaire fît un crochet dans les quartiers du D4 pour déposer les affaires. La musique infernale qui faisait résonner les murs des chambres mitoyennes indiquait clairement qu’April était revenue. Max devait sûrement récupérer de sa patrouille nocturne en dormant avec ses boules quiès et Jim travaillait. Personne à saluer donc.
Par politesse, Darren lui proposa l’usage de la salle d’eau si elle voulait se prendre une douche. Ou même se passer un petit coup d’eau sur le visage. La lutte les avait tout de même fait suer, il suspectait Emilia d’avoir été épuisée par cet entraînement un peu trop vif, et qu’elle voudrait surement se sentir un peu plus propre. Elle accepta la proposition qui lui permit de s’isoler un moment pour repenser à tête reposée à ce qui venait de se produire et prendre un peu de recul. Le souvenir de l'entraînement était encore bien présent dans sa tête et elle savait qu’il lui faudrait un peu de temps pour sortir de sa réserve et se sentir à nouveau pleinement détendue en présence du soldat.

L’homme resta avare en détail.
Il gardait sous silence l’endroit qu’il voulait montrer à la princesse et progressa avec elle vers le centre de la cité. Au passage, il salua plusieurs personnes, racontant quelques anecdotes sympa sur leur travail ou ce qui les avait démarquer socialement l’espace d’une soirée. Ils se rendirent ensemble jusqu’à un téléporteur qui les fit descendre dans le sous-sol de la cité. Pendant une vingtaine de minutes, il emmena Emilia dans des coursives, manqua de se perdre plusieurs fois. Mais avec l’aide des quelques techniciens croisés au hasard et des quelques indications, ils parvinrent dans un lieu très peu animé. Une patrouille de soldat les avait arrêté pour demander ce qu’ils faisaient là. Mais Clive avait échangé avec eux et il n’y avait visiblement aucun souci.
Enfin, après toutes ces pérégrinations, le militaire atteignit un petit hangar sans ouverture ni hublot. Il restait clos. Au centre, un cercle rouge et un étrange sol parcouru de bordures. Et en retrait, une chaise classique sur laquelle on avait laissé un ordinateur portable allumé. Clive trépignait d’impatience et vérifia le code numérique qui validait l’endroit. C’était bien là, il ne s’était pas trompé.
« Génial...génial... » murmura-t-il.
Il passa sa main sur le capteur Atlante contre le mur et les lumières se réduisirent comme dans une salle de cinéma. Tout était prêt et ils étaient seuls. Clive ne pouvait rêver mieux !
Après avoir vérifié quelques commandes sur l’ordinateur portable à disposition qui était relié à des cristaux contre le mur, Darren monta son regard brillant sur la princesse puis il lui tendit la main pour qu’elle lui donne la sienne. Elle le regarda avec une certaine curiosité, se demandant où elle se trouvait et ce qu’il comptait faire, puis finit par lui confier sa main, non sans ressentir un pincement au coeur. Elle n’était pas totalement rassurée, Daren était quelqu’un d'excentrique quand il s’agissait de lui proposer des activités et il refusait de lui expliquer ce qu’il avait en tête.

Une fois fait, il appuya sur la touche de l’ordinateur, déclenchant le lancement de la procédure. La double porte qui leur avait permis d’entrer se referma lourdement sur eux puis un étrange bruit caractéristique de la technologie Atlante prit de l’intensité.

Le militaire attira la jeune femme dans son sillage en la tenant toujours par la main, histoire qu’elle ne se sauve pas de peur, afin qu’elle demeure avec lui au milieu de ce cercle. Il comptait sur la confiance qu’elle avait en lui et se montrait confiant, impatient même. Les bordures se redressèrent lentement pour former des arceaux qui les cernaient petit à petit, comme une cage. Emilia allait surement trouver cette structure familière, c’était comme la cellule d’isolement dans laquelle elle avait été enfermé la veille.

L’espace de quelques secondes, Clive eut envie de lui révéler le pot aux roses, de crainte qu’elle panique. Mais il voulait qu’elle apprécie la surprise à sa juste valeur et il était avec elle, il la tenait par la main pour qu’elle sente bien qu’il ne la lâcherait pas. Les arceaux s’étaient rejoint, soudés, ils se trouvaient maintenant dans une cage à oiseaux qui grésilla et modélisa un bouclier tout autour d’eux. Exactement comme dans la cellule de confinement. Une ouverture se matérialisa puis la nasse descendit dans une nouvelle salle. Un claquement brusque les surprit et quatre voies d’eaux simultanée les noyèrent en quelques secondes. Dans leur bulle sécurisée, à bonne température, avec oxygène, il n’y avait rien à craindre. Clive raffermit sa prise pour le lui faire comprendre. Emilia écarquilla les yeux mais l’absence d’inquiétude de son voisin lui permirent de ne pas paniquer. Apparemment tout cela était normal.
« N’aie pas peur. Ca va être génial, tu vas voir ! Tu me fais confiance hein ? » Le rassura-t-elle.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda t-elle, plus curieuse que craintive. Un champ de force les protégeaient de l’extérieur, le même genre que celui de sa cellule… et probablement que celui qui avait protégé la ville de dix millénaires passés sous l’eau.
« Patience... »

A cause des remous, ils ne voyaient plus rien maintenant. Ils pouvaient juste sentir leur bulle de sécurité être déplacée par des systèmes mystérieux. Puis, soudainement, Emilia et lui furent éjecté à l’extérieur de la cité, en plein coeur de l’océan, alors relié par un simple fil d’ariane. Ils descendirent comme s’ils étaient dans une bulle d’oxygène géante, transparente, à une profondeur où la lumière du jour éclairait encore très bien les environs.

« Hé ? Si jamais ça va pas, tu me le dis et on remonte en vitesse. »
–Nous sommes sortis de la cité ?
La jeune femme paraissait très calme mais elle cogitait pour comprendre ce qui était en train de se passer et la fonction de l’appareil dans lequel ils se trouvaient.
« Oui, on plonge... »
Au début, il n’y avait rien d’autre que de l’eau. Il suffisait de lever les yeux pour voir le morceau de la digue flottant à la surface, se rendre compte combien la cité pouvait être immense et massive. Le fil d’ariane suivait la descente abyssale de leur nasse sécurisée. Puis, finalement, un petit accoup leur indiqua qu’il avait cessé de descendre. Un petit hologramme apparut sous leur nez, écrit en Ancien, et Clive appuya à un endroit précis. Il connaissait cet endroit, ce système et comment l’activer pour avoir escorté le scientifique qui avait longuement étudié cette technologie. C’était une cellule d’étude sous-marine. Pour l’exploration et le relevé des espèces marines environnante. Evidemment, il s’agissait d’une technologie Sage… Emilia en eut confirmation dès l’instant où elle vit apparaître l’hologramme qu’elle était parfaitement capable de déchiffrer.

Dès que le militaire activa les commandes de ce fameux hologramme, des vibrations émergèrent de leur globe. Comme un signal, qui s’entendait parfois à l’oreille, ou que l’on ressentait désagréablement dans sa poitrine.
Tout du long, Clive n’avait pas lâché la main de la jeune femme. On pouvait rapidement paniquer là-dedans mais le système était sûr. Ils ne se noieraient pas.
« C’est pour bientôt... » Lui murmura-t-il.
Le signal acoustique se répéta pendant quelques minutes, plus que de raison. Déjà, des bancs de poissons s’étaient déplacés dans leur direction et cernaient la bulle transparente. Ils semblaient attirés, comme envoutés. Si le bouclier n’avait pas été là, il aurait suffi de tendre la main pour les toucher. La faune marine proche était maintenant visible, tournoyant lentement et indifféremment autour d’eux. Des espèces par centaines, de toutes les tailles. De toutes les couleurs. Plus le temps avançait et plus la variété les entourant s’étoffait. Les rayons du soleil qui pénétraient les eaux faisaient ressortir toutes ces couleurs exotiques qu’il était si bon d’observer.

L’océan entier était l’aquarium. Clive regarda son amie et se demanda si elle allait trouver ça aussi attractif que lui. C’était très calme ici, loin de tout, loin des problèmes et de l’agitation humaine. Il s’y trouvait comme une paix oubliée, un silence délicieux. Une sérénité et une grâce qui n’existait pas là-haut. Clive se demandait d’ailleurs pourquoi il n’y était pas allé plus souvent. Peut-être parce que, jusque là, il n’avait eu personne avec qui partager l’expérience.
Pris dans le courant marin, la bulle ne descendait plus mais s’éloignait doucement d’Atlantis. Les bancs s’écartèrent sur des animaux plus grands. Des méduses, d’étranges poissons très longs, ce qu’on aurait pu qualifier de requins sans mâchoire. Parfois, certains s’aventuraient très près, suffisamment pour entrer en contact avec le bouclier qui grésillait et les chassaient. La princesse souriait, elle avait lâché la main de Daren pour se rapprocher des parois invisibles et observer la faunes sous-marine. C’était une vision fabuleuse !

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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– Vous avez une manière bien singulière de faire de la plongée, plaisanta t-elle.

Le sourire d’Emilia le gagna par contagion. Il faisait carton plein, elle était embarquée dans la contemplation et la laissa tranquille.
Partout où se portait le regard, la beauté de la nature sans intervention humaine se découvrait. Parfois, quelques petits poissons curieux allaient jusqu’à hauteur de leur visages avant de partir lentement. Certaines espèces, inimaginables, surprenaient par leurs ingéniosités d’évolution. Comme un poisson-toupie qui progressait en tournant sur lui-même. Un autre présentait des nageoires en hélice, évoluant comme un hélicoptère dans l’eau.
Un autre, plus grand, lâchait un étrange gaz qui le faisait filer comme une torpille…

La comparaison fit rire Darren qui se trouvait embarqué comme un gosse. Parfois, de sa main libre, il pointait une espèce pour qu’Emilia le voit aussi. Il partageait son émerveillement avec elle, la beauté de cette nature et ce qu’apportait la découverte de toutes ces espèces.

– C’est un joli retournement de situation... dit-elle après quelques minutes. Hier tu m'enfermait dans un champ de force et aujourd’hui tu t’y piège avec moi.
« Et oui. Tu as vu cette prise de risque ? » Plaisanta-t-il en souriant.

Quelle chance elle avait de profiter d’une vision aussi incroyable ! Les Ancêtres avaient vraiment l’art de faire des inventions incroyables ! Permettre une observation de la faune et de la flore sous-marine sans avoir à se mouiller c’était ingénieux. Ainsi, les chercheurs pouvaient prendre autant de notes qu’ils le voulaient pendant leur visite sous-marine.
Elle se demanda ce qu’on ressentait en méditant dans un tel environnement. C’était vraiment propice au calme et à l’apaisement.

Celui là, dit-elle en pointant un gros poisson qui avait l’air affreusement contrarié tant ses traits étaient marqués. Il ressemble à ton ami après que je l’ai battu à son jeu vidéo.
Darren éclata de rire.
« Tu cernes tellement bien les gens ! » il secoua négativement la tête avant d’ajouter avec malice : « Mais comment tu fais ? C’est un rite chamanique ? Une potion magique ? »
Elle lui répondit par un sourire mystérieux. Il adorait ça.
« Ahhhh...je gratte à la porte d’un grand secret ? »
Elle eut un léger rire avant de se détourner pour admirer les animaux de l’autre côté.

Soldat Clive


Ca lui plut encore plus. Encore un nouvel élément à découvrir chez elle. Ca avait l’air important, ou très secret.
Son regard parcourait la diversité des espèces. Il ne trouvait pas encore de poisson qu’il pourrait comparer à Emilia mais en vit un qui se déplaçait en produisant des ondes, des échos, comme les murs de la chambre de sa collègue.
« J’ai trouvé April !!! Celui-là...ouais...ça pourrait être Jim. Et toi... »
Il chercha longuement, ne trouvant pas de choix suffisamment attrayant jusqu’à ce qu’il découvre un poisson discret, à l’écart. Comme une sorte de caméléon fascinant dont les écailles se voilaient d’une nuance d’arc en ciel lorsqu’il prenait un certain angle avant de retourner sur sa couleur de camouflage.
« Ah...je te tiens, Emilia ! »
Et il pointa son doigt dans sa direction.

– Oh, il a des airs de murs composés de lapis arcus… pourquoi celui là ?
« Hmmm….essaie de deviner. » Lui proposa-t-il avec un sourire complice. « Pourquoi lui... »
– Il… est discret, il se camoufle.
« Et en même temps, il luit...il fascine...comme toi. » Compléta Clive. « Pas comme une curiosité ni une bête de foire, hein...mais comme un être que l’on gagne à observer, à comprendre. »

Elle le considéra avec un léger sourire, réfléchissant à ses remarques. C’était donc ainsi qu’il la percevait ?
– Tu aimes la lumière ? demanda-t-elle en retirant son pendentif et en enroulant la chaîne autour de sa main pour tenir la fiole dans sa paume. Elle en retira la gaine en cuir qui l’encerclait, aussitôt une vive lumière s’en dégagea, pas aveuglante mais assez forte pour éclairer l’habitacle.
Darren la suivit avec un regard curieux, il avait penché la tête légèrement sur le côté en se demandant ce que pouvait bien être son pendentif. Logiquement, quelque chose qui lui tenait à coeur, comme la photo d’une famille ou bien un symbole important. Mais il ne s’attendait pas à ce que soit une véritable lumière. Et...elle était magnifique. Franchement, elle était vraiment belle et intrigante.
A mesure que son regard témoignait de son émerveillement, il notait la qualité très déroutante de cet éclat. Ca ne semblait pas être artificiel comme une vulgaire lampe LED. Mais...comme un rayon de soleil dans un ciel dégagé, une lumière dans le genre qui avait été capturé dans son pendentif. C’était vraiment impressionnant et le militaire ne pu s’empêcher d’ouvrir la bouche sur un “woooaaaaa” presque muet. Son regard fût attiré par les bancs de poissons qui s’étaient naturellement déplacés vers la source de lumière et il éclata de rire.
« Hey !!! Emilia Zeïn, la dame aux poissons !!! Mais comment tu fais ça ?!? »
Clive, emerveillé, s’approcha comme une moustique attiré par l’éclat. Il leva ses deux mains en forme de coupe, mimant le pourtour du halo lumineux avec un sourire de gamin, puis il essaya de détailler l’intérieur de la fiole.
« Il y a quelque chose dedans...on dirait...de la poudre. » il ria. « C’est ton élixir de beauté ? »

Emilia Zeïn'Eidolas


Emilia afficha un sourire et bougea la main pour voir si les poissons suivaient. Ainsi la faune marine de cette planète était attirée par la lumière du lapis arcus ? Elle posa les yeux sur son compagnon.
– C’est seulement de la poudre raffinée de lapis arcus. Sous cette forme… un éclairage naturel et écologique disons.
« Trop fort ! » S’exclama-t-il en faisant bouger la fiole dans la main d’Emilia avec le bout de son index. « On a quelque chose dans le genre. On appelle ça le cyalume mais c’est plus...militaire disons. Ca dure combien de temps ? »
– De nombreuses générations en profiteront avant que son éclat ne s’altère.
« C’est dingue ! »
Il détourna son regard vers les poissons.
« En tout cas, tu viens d’te faire un sacré paquet de copains là ! »
– Oui ils ont l’air sensible à la lumière…
Clive voulait en revenir à cette précieuse lumière.
« Alors...c’est un héritage, c’est ça ? Qu’est-ce que ça représente pour toi ? »

– Oh non... c’est un simple outil. J’emporte toujours une fiole quand je pars en expédition, c’est pratique. J’ai presque tout perdu à cause de la sélection, cette babiole est l’une des dernières choses que j’ai pu conserver de chez moi.

Une « babiole » qui avait une belle valeur monétaire cela dit, mais c’était une broutille étant donné sa fortune personnelle. D’autant qu’elle était propriétaire d’une mine et qu’elle en produisait.

« Je dois arrêter de regarder les films de Max, moi. » Murmura Clive pour lui-même. Il la regarda dans les yeux en souriant et lui referma la main par dessus sa fiole. « Elle doit avoir encore plus de valeur maintenant, si elle t’a suivi dans toutes ces étapes... »

– Oui c’est vrai… étrange comme l’on peut accorder de la valeur à des objets dans certaines circonstances alors que nous nous intéressons à peine à eux d’ordinaire.

Elle pensa notamment à cette petite figurine de dragon qu’elle faisait parfois suivre dans sa poche. Un objet qui symbolisait une main tendue, un geste d’amitié.
Elle démêla la chaîne pour la défaire de sa main et posa la fiole et sa gaine dans celle de Daren.

– Je t’en fais cadeau.

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Le militaire en resta pantois.
Il braqua ses yeux ronds sur Emilia avant de se pencher sur la fiole qui irradiait entre ses mains fermées.
« Mais...euh... »
Il la fixa de nouveau. Elle lui en bouchait un coin.
« Emilia...c’est trop... »
– Tu seras le nouvel ami des poissons… quelle chance tu as ! Tous les atlantes vont te jalouser, se moqua-t-elle gentiment.
« Ou j’aurai un souvenir de plus d’Emilia, la sirène qui voulait descendre de sa tour. » Argua-t-il en sortant ses plaques militaires.
Il comptait les relier au même endroit, ça lui serait forcément utile. Fini les cyalumes.
Le militaire faisait des efforts pour ne pas paraître trop emballé par le cadeau, ne préférant pas se faire d’idée. Mais pour être honnête, c’était bien la première que quelqu’un lui faisait un cadeau aussi spontané. C’en était presque déstabilisant.

– Qu’est-ce que c’est une « sirène » ? demanda -t-elle en remarquant la vague d’émotion que son cadeau avait provoqué. Elle ne s’était pas attendue à autant d’enthousiasme, l’objet n’avait pas tant de valeur que ça… quoi qu’il était unique sur Atlantis. Mais apparemment son geste avait fait un heureux.

C’était sorti tout seul.
Le militaire cessa tout mouvement en se demandant comment il pourrait lui expliquer vu le rapprochement qu’elle pourrait en faire. Un peu gêné il lui sourit et organisa ses idées pour répondre :
« Créature mythique de chez nous. Comme pour ta figurine de dragon. »
Clive termina d’attacher le petit pendentif à ses plaques. Il le trouvait vraiment sympa ce cadeau.
« Une sirène, c’est une femme avec le bas du corps qui se termine en queue de poisson. » Il capta son regard et ria. « Ouais pas très ragoûtant décrit comme ça. En fait, dans les légendes, elles peuplent le fond des mers. Et elles ne sont pas si cool. »
Il se pencha pour regarder le fond de l’océan. C’était si abyssal que le sol ne se distinguait pas. Que de l’eau à perte de vue…
« Nos ancêtres naviguaient sur des bateaux en bois à la surface des eaux. Durant les tempêtes, ou lors de calme plat, ils pouvaient entendre les chants de ces femmes. Des trucs tellement beaux que s’en était envoutant. »
Clive se sentit un peu mal à l’aise. Ce n’était pas pour la définition complète qu’il avait considéré son amie comme une sirène, il avait intérêt de le spécifier.
« Généralement, elles abordent un navire pour hypnotiser les marins de leur beauté, de leurs chants. Et...une fois en leur pouvoir, elles les noient. »

Emilia écarquilla les yeux en écoutant la conclusion de la description. Ces créatures avaient l’air à la fois superbes et redoutables mais elle avait du mal à établir un rapport avec elle. La princesse nota toutefois la comparaison avec son apparence et en fut flattée.

– Dois je prendre cette comparaison comme… un compliment ? demanda t-elle, hésitante. Les sirènes n’avaient pas l’air d’êtres des créatures très sympathiques... La suite logique serait donc que je te chante un air pour tenter de te noyer ensuite ? demanda t-elle malicieusement.

« Oui. C’est un compliment. » Confirma Darren en souriant.
Elle avait une façon tellement polie de faire les déductions.
« Tu es bien loin d’être inintéressante. J’écoute le chant de la sirène. Mais faut pas la suivre. »
Le soldat lui fit un petit clin d’oeil. Ca s’apparentait un peu à sa tirade de la veille “Un nuit, pas d’engagement”. Lui c’était ça : “écouter le chant des sirènes, ne pas les suivre”.

–Il me semble que tu t’es pourtant enfermé avec elle dans les profondeurs de l’océan, le taquina t-elle en rentrant dans son jeu.
« C’est paradoxal, oui. Mais je n’ai qu’à appuyer sur un bouton pour nous faire remonter. » Répondit-il en blaguant. Il amorça même le geste pour voir si elle le retiendrait.
–Mais tu ne le fera pas, dit-elle sans esquisser le moindre mouvement.
Juste pour la provoquer, ou peut-être parce qu’il voulait la surprendre, le militaire eut envie de les faire remonter. Mais ce serait m’être fin à ce petit moment plaisant et il préféra ne pas tenter le diable. Tout de même...il était si facile de le sonder ?
« Tu as l’air de m’avoir bien cerné, Emilia. »
Sa main retomba et il lui demanda alors :
« Tu sais chanter ? »
–Je me débrouille, répondit-elle modestement. Mon père est un musicien émérite, il m’a transmis son amour de la musique.
Clive acquiesça silencieusement. Il regarda les poissons qui continuaient de se déplacer autour d’eux avec harmonie.
« Tu me montres ? »
–A capella ? La jeune femme fit la moue, réfléchissant à la demande. Chanter au coeur de l’océan, cela avait quelque chose de magique.
« Tu crains d’effrayer les poissons ? » La taquina-t-il.

Même si elle devait procéder sans échauffement et après tant de temps et même si elle le faisait sans instrument, pourquoi pas ? Elle se demanda ce qu’elle pouvait bien chanter, puis pensa à cette belle balade très populaire dans son pays, qui mettait en lumière l’histoire de Mayla et Laffinor. La chanson était facile à adapter sans instrument et Darren avait vaguement entendu parler de cette légende. Alors elle se mit à chanter, tranquillement, sans forcer, d’une voix claire et juste, puis reprit peu à peu de l’assurance au fil de la mélodie et mit un peu plus de puissance. C’était agréable de renouer avec la musique, cela lui avait manqué.

Clive était le seul public, il l’encourageait progressivement du regard et ne finit que par boire ces paroles, cette chanson, qu’il trouvait super sympa. Avec l’assurance, la chanteuse détonnait dans cette bulle d’oxygène. C’était comme magique et le sourire du militaire s’élargit davantage lorsqu’il remarqua qu’il y avait plus de poissons du côté de la princesse que du sien. Etaient-ils attirés par les ondes qui se propageaient contre le champ de force ? Est-ce que ça passait la protection ? Est-ce que les poissons étaient charmés par ces vibrations ?

Darren n’en savait rien mais il trouvait ça très amusant.
Et il trouvait chez son amie une chanteuse formidable. Au début, il n’avait pas compris la référence. Mais avec les refrains, son visage s’éclaira et il acquiesça comme pour lui dire “Ok, c’est ce que tu m’avais raconté”.
Tout en essayant de suivre, comme un badaud perdu qui ne voulait pas salir le couloir en retirant ses pompes, Darren répéta le refrain dans un murmure. Puis il essaya doucement de suivre Emilia en chantant avec elle, lui qui était à un bien piètre niveau.

La jeune femme apprécia la tentative de son voisin et répété plusieurs fois le refrain pour lui permettre d’intégrer les paroles et de la suivre. Cette fois, ils avaient inversé les rôles c’était elle qui le guidait dans son monde. Darren qui s’était imaginé qu’elle n’avait aucun loisir découvrait enfin l’un de ses passe-temps. Au bout d’un moment, elle cessa le chant en douceur.
– C’est un lieu étonnant pour chanter… mais cela ne manque pas de
charme. Nous pouvons peut-être vraiment parler de sirène maintenant,
plaisanta-t-elle.
« Oui...ça confirme. » Reprit-il.

Clive avait encore la chanson qui lui tournait dans la tête. Elle était plutôt sympa, ce serait un souvenir de plus. Lui qui n’avait jamais été très bon pour se rappeler de numéro de téléphone, qui ne pouvait ressortir qu’une musique que par son air en la fredonnant, il découvrait qu’il pouvait intégrer une série de paroles s’il s’intéressait un peu plus. Pour celle-là, la musique d’Emilia, il serait capable de la ressortir.

« Alors c’est ce que tu fais ? Quand tu n’es pas dans ta quête, dans ton devoir de princesse, tu chantes ? » Il fixait l’océan, continuait d’en profiter un petit peu. « Qu’est-ce que tu fais d’autres, si ce n’est pas indiscret ? »

– Tu parles de mes loisirs, quand je ne travaille pas ?
« Oui. » Lâcha-t-il en se mettant dos au champ de force pour la regarder, elle. « Je t’ai jamais posé la question... »
– Non, tu avais décrété que je n’en avais aucun, répondit-elle avec un sourire un brin moqueur.
« Ca, c’est pour ma face ! »
Il sourit.
« Je me suis déjà trompé deux fois sur ton compte... »

Son sourire s’élargit un peu plus, contente qu’il réalise. Darren semblait être quelqu’un de bien mais il était un brin impulsif. Elle laissa passer quelques secondes avant de répondre :

– Et bien… je ne fais pas que chanter, je joue d’un instrument aussi. J’aime lire, méditer, apprendre de nouvelles choses… et puis il y a mon âme-sœur...
« Ah ? Quelqu’un qui t’attend au pays ? » Demanda-t-il avec une petite pique de jalousie qu’il s’empressa bien vite de dissimuler sous le tapis.
– Oui, et je sens qu’il va me faire payer ma longue absence…
Dit-elle, parfaitement consciente du sous-entendu qu’elle laissait planer et de ce que ressentait Daren. Pour un simple « ami d’un soir », elle le trouvait plutôt bien engagé sur le plan émotionnel.
– Les nifgars sont des êtres têtus mais une fois domestiqué ils sont
fidèle pour la vie,
ajouta-t-elle pour briser l’ambiguïté.

Le militaire écoutait passivement, en pleine réflexion. Il était sûr que les mots n’étaient pas choisi au hasard et son regard monta vers le haut à mesure qu’il décortiquait les propos. Le léger sourire qu’il avait en la considérant taquine finit par s'agrandir lorsqu’il fit un parallèle.
« Une monture ? »
Il ricana.
« Un animal de compagnie ? »

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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La jeune femme acquiesça.
– Un ami. Une monture volante, pour ainsi dire. Les nifgars sont des oiseaux gigantesques. Ils peuvent soulever jusqu’à deux adultes.
« Les balades doivent être magiques. » Convint Clive.
– C’est indescriptible. Je me sens libre quand je vole.
Il s’interrogea quelques secondes en se demandant si l’incertitude qui s’était profilée n’avait pas été un piège. Histoire de voir s’il n’aurait pas été jaloux d’un homme l’attendant chez elle. Quoi de plus normal après tout. Mais le militaire savait qu’il avait par moment ces petits pics de sentiments humains. Il s’attachait malgré tout. Parce qu’Emilia était une personnalité intéressante, parce qu’il voulait plus comme n’importe quel personne. Mais paradoxalement, en sachant que ce fameux compte à rebours finirait fatalement par arriver à zéro. Il assumerait le moment venu. Ecouter le chant de la sirène, ne pas la suivre. Ce n’était pas anodin comme tirade chez lui, c’était une règle. Le seul truc important, c’était de savoir mettre ça de côté pour profiter du temps et de ces sujets.
« Il bat un drakonys à la course ? » Lui demanda-t-il avec humour.
– Euuuuuuh... je préfère laisser les draconys à leurs volcans, grimaça-t-elle.
« Tu n’as jamais essayé ? »
– Tu plaisantes ? Les draconys sont des grands prédateurs très dangereux
qui vivent dans des zones pratiquement irrespirables pour les humains. A moins
d’avoir des tendances suicidaires tu ne vas pas te frotter à eux.

« Ok ! Ok ! » Répondit-il, tout sourire, en levant les mains en signe de reddition. « N’empêche, personne ne sait alors... »
– Et tu as envie d’essayer ?

Soldat Clive


« Non, non, non... » s’empressa-t-il de dire en voyant son air. Mais il y avait ce truc qui faisait qu’ils étaient sur la même longueur d’onde. Elle savait qu’il mentait juste pour ne pas la froisser. La jeune femme le regarda avec une moue qui voulait dire “c’est ça, prend moi une idiote”.
« Si ! » Admit-il juste après. « Ça serait drôlement fandard. Mais faudrait trouver un système pour respirer, que le Nifgars soit bien entraîné et ai aussi un truc pour respirer. Et surtout, que ça ne menace la vie que du tordu qui essaie ça. Ouais...ce serait dingue... »
Il hochait la tête, l’esprit un peu dans les nuages, en essayant d’imaginer ce que ça pourrait donner. Il se demandait pourquoi il n’y avait pas eu un taré, une tête brûlée, un arriviste désireux de notoriété, pour tenter ce coup là. Pour sûr qu’April serait la première à s’incrire à une aventure pareille.
Emilia secoua doucement la tête avant de lever les yeux au ciel. Soit il n’avait pas conscience de ce à quoi il voulait se frotter soit il était dénué de tout instinct de survie.
– Parfait, tu n’as plus qu’à domestiquer un nifgar et à apprendre à esquiver les jets de flammes.

Il sentait qu’il la titillait sur ce sujet. Il avait envie de la charrier, de déconner.
« J’ai le droit ?!? » demanda-t-il, plein d’espoir, comme s’il se voyait déjà aller dans son pays domestiquer l’un de ces grands oiseaux.
– Avec beaucoup d’argent oui. Ces animaux ne courrent pas la rue. Et presque autant de patience pour établir une relation de confiance avec ton nifgar… surtout si tu aspires à aller défier des cracheurs de feu.
« Je suis sûr que j’y arriverai. »
Il était aussi enthousiaste qu’un gamin, c’était sa fibre qui le faisait trépigner. Non mais imaginez le délire ! Chevaucher un animal volant qui a été élevé à la confiance, aller taquiner le drakonys, et revenir entier. La bestiole ne serait plus du tout vue comme un prédateur. Ou le taré qui y serait allé serait le premier de l’histoire de leur peuple à l’avoir fait. C’était comme poser le pied la première fois sur la Lune et s’appeler Armstrong au lieu de Clive.
« Et à part l’argent, on fait comment pour se trouver un Nifgar ? »
Il dodelina d’un pied sur l’autre.

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– Si une alliance se fait entre ton peuple et le mien, et si tu possèdes la somme nécessaire, je pourrai te mettre en relation avec un éleveur, répondit-elle, un peu sceptique. Apparemment il était vraiment sérieux… c’était le fait de chevaucher une monture volante qui l’attirait tant ou la perspective d’approcher un drakonys ?
« Oh allez. Personne n’a jamais eu l’idée Emilia ? Jamais personne ? »
– Je l’ignore Darren… pas à ma connaissance.
« Si une alliance se fait, je me pencherai sur votre système monétaire... » La taquina-t-il. « Ouais. Darren Clive, premier Atlante à avoir tiré la bourre à un drakonys ! »
– Ou à s’être fait dévorer...
« Ou brûlé vif avec son Nifgar. Enfin...lui, j’espère qu’il s’en tirera. »
Il secoua la tête.
« Tu ne vois pas l’excitation du défi ? »
– Non, j’admet que cela m’échappe.
« Pourtant tu devrais le comprendre. » Expliqua Clive tout en s’approchant. « Toi, si tu réussis, tu seras la première Gaëllienne à avoir faire l’asc...l’Envol, non ? »
Il sourit.
« Ben moi, le petit troufion de base, je pourrai bien être le premier type à avoir remporté un défi aussi fou que l’Envol : faire la course avec le plus gros prédateur du pays... »

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Emilia fronça les sourcils, essayant de voir là où il voulait en venir avec ses comparaisons douteuses.
– Si je réussi… l’Envol ? Non, je ne serai pas la première gaëllienne. Tu compares ton suicide programmé à l’ascension ? C’est une étrange parallèle…
Darren mourrait d’envie de lui demander si l’ascension n’était pas également un suicide programmé. Ils seraient tous les deux dans le même bateau. Mais...non...il avait trop ramé pour récupérer ses conneries. Le militaire préféra ne pas lui dire ça et détourner le sujet. Peut-être ne le verrait-elle pas, non ?
« Quelqu’un d’autre avant toi à réussi l’Envol ? »
– Bien sûr. Les Anciens se sont installés sur Orzan il y a des millénaires, peut-être une dizaine si leur arrivée est corrélée avec leur départ d’Atlantis ou plus encore si cela est antérieur. La Gaëllie est la lointaine héritière de l’association de ces Sages et des peuplades orzaniennes qui ont évolué en faisant de la spiritualité de ces Anciens le cœur de leur culture. Il serait bien prétentieux de prétendre que je suis la première à avoir atteint ce niveau d’évolution, répondit-elle avec un léger rire.
« D’accord... » fît Clive en riant avec elle mais de manière un peu plus sadique. « Et donc, le dernier Envol remonte à quand d’après toi ? »
– Soixante-six ans, en Gaëllie.

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« Ca fait longtemps... »
Et pas si longtemps à la fois. A vrai dire, Clive était étonné que des personnes aient récemment atteint le bout du chemin. D’après lui, la voie de l’ascension était tellement difficile que la majorité des candidats mourraient avant d’y parvenir. Si le militaire se permettait ce commentaire, c’est parce qu’il essayait de faire une déduction simple : si Emilia cherchait ailleurs que dans son peuple le chemin pour l’Ascension, c’est qu’il devait y avoir un problème. Peut-être que ça faisait un moment, pour eux en tout cas, qu’il n’y avait plus d’ascension. C’était une façon de souligner ce point tout en la taquinant un peu.
Emilia s’apprêtait à répondre que ce n’était pas si long au regard de l’espérance de vie de ses semblables lorsque soudain, un brusque acoup manqua de les faire tomber. Darrenl accrocha le bras de la princesse plus par soucis pour sa sécurité que pour la sienne. Qu’elle ne tombe pas sur le séant, question de politesse et de galanterie peut-être, mais aussi parce qu’il avait oublié de lui dire que la bulle d’observation était minuté.

« Ca remonte automatiquement au bout d’un certain temps. » Confirma Darren.
– Oh... répondit-elle, déçue. Elle avait prit goût à sa petite visite sous-marine.
Il remontait à contrecoeur. Il s’amusait bien là, au milieu de l’océan, à discuter avec son amie. Tandis que le câble les ramenait lentement en direction d‘un hangar interne de la digue, l’homme reprit avec malice. Le genre un peu lourdaud qui apprécie insister juste pour emmerder un peu.
« Ok. Donc je bats un draconys et tu fais l’ascension juste après. L’inverse serait con, j’aurai plus personne pour me vanter... » Lâcha-t-il tout sourire.
– Et pourquoi tu ne ferai pas plutôt l’ascension avec moi ? Immortalité, connaissance, pouvoir… cela ne t’attire pas ?
Il avait ouvert de grands yeux et Clive manqua bien de s’étouffer tant ça lui semblait énorme.
« QUOI ????? » Demanda-t-il en explosant de rire. « L’ascension ? Mais... »
Il rigola encore un peu, même s’il savait qu’elle ne riait pas, elle.
« Immortalité, connaissance, pouvoir “inutilisable” si j’ai bien compris...et... » Il lui sourit sincèrement. « On s’amuse quand ? »
– C’est la suite logique de toute existence mortelle… qui sait comment les dieux s’amusent ? Difficile de savoir comment des êtres si évolués peuvent penser.
« Tu as raison...donc l’Envol, c’est devenir un Dieu ? Hm....ok. Je veux bien partager ta quête. Je serai...le futur Dieu des Défis ! Et toi ? Tu seras la Déesse de quoi ? »
Emilia pouffa.
– Je serai la déesse de la raison, celle qui t’empêchera d’aller taquiner les Drakonys. Ou bien… j’irai peut-être en chevaucher un avec toi.
« Nannnnn...tu es trop sérieuse pour partager ma folie ! » S’exclama-t-il dans un premier temps. Mais tandis qu’ils approchaient de plus en plus de la digue, Clive ne pu s’empêcher d’imaginer ça. Darren et Emilia, les deux premiers à avoir battu le prédateur des Gaëlliens. Et juste après, BIM, l’ascension. Ca c’était un projet de dingue ! Un projet grandiose !
« T’auras pas le cran. » Ajouta-t-il par provocation.
– Qu’est-ce qui m’en empêcherait si je suis immortelle ? Certainement pas la peur de me faire dévorer !
« Tu crois qu’on peut faire ça quand on devient Dieu ? »
Son regard brilla d’une folle intensité.
« Parce que, dans ce cas, la déesse de la raison et le dieu du défi s’en iront chevaucher un Draconys ! Carrément !!!! On va les dompter les cracheurs de flammèches ! T’en dis quoi ??? »
– Qui sait ? Les voies de Nibel sont impénétrables pour nous autres mortels… mais si c’est possible… on y va !
Clive se tourna pour lui faire face et lui tendit la main.
« On fait l’ascension et on se chevauche le plus grand prédateur de ton monde. Ca marche ! Tu le promets !!! »

C’était étrange mais cette conversation très anodine réchauffait le cœur de la princesse. Les chances de Darren de réussir son Envol étaient encore plus faibles que les siennes mais le fait de se projeter ainsi, en imaginant des plans aussi loufoques, lui donnait envie de voir un tel avenir se réaliser.

– C’est promis ! … Nous devrions convenir d’un signe pour communiquer discrètement si l’un d’entre nous rejoint Nibel avant l’autre ! Pourquoi pas…

La jeune femme attrapa la main de Daren et y traça un symbole du bout du doigt.

– Comme ça ?

Par mimétisme, le soldat prit la main d’Emilia pour tracer le même signe. Il la questionna du regard pour voir s’il l’avait bien fait. Elle acquiesça.
« Ce sera le signe de notre pacte. » dit-il comme une sentence, mais avec amusement. « J’ajoute une clause...si l’un de nous deux ne monte pas, l’autre promet de tenter la chevauchée de Draconys, rien que pour sa mémoire. Tu en dis quoi, Déesse de la raison ? »
– J’en dis que tu essais de te défiler pour l’ascension ! Petit malin !
« Carrément pas ! J’ai peut-être un wagon de retard sur toi, mais je serai le premier à faire l’ascension ! » Fit-il en lui donnant une tape, plaisantin. « Je t’afficherai ce signe tellement partout que tu en auras la haine ! »
Il reprit sérieusement.
« Le défi est sympa. Je te suis. Mais si un ne réussit pas, l’autre termine le projet... »
Un sourire vint éclairer le visage d’Emilia.
– Alors je te prends au mot. C’est vrai, j’ai de l’avance mais je peux te faire profiter de mes lumières pour te faire avancer plus vite...

Ils venaient d’entrer dans le hangar. L’eau était en train de se retirer en laissant paraître la structure Lantienne. Le champ de force lâcha puis les arceaux se rétractèrent lentement.

« Merci, je ferai ça sérieusement, c’est promis ! »
Il regarda tout autour de lui.
« Bon...on dirait qu’on a suffisamment vu de poissons... »
Emilia fit la moue. Quel dommage, elle serait bien restée un peu plus longtemps en bas.
– Il semblerait.
Clive avisa sa montre.
« Tu te lasses de moi ? »
– Et toi ?
Ah non non, elle n’allait pas s’en tirer comme ça la princesse…
« Qui réponds en premier ? »
– J’ai faim.... éluda t-elle. Il fallait dire qu’elle était capable d’engloutir deux à trois fois ce que mangeait un homme de bonne taille. Il fallait bien alimenter son organisme qui carburait à fond… Ce n’était pas pour rien si son pouvoir l’avait lâché le jour de l’affrontement avec les wraiths, son corps n’arrivait plus à compenser le manque de nourriture et cela se répercutait, entre autre, sur un dysfonctionnement au niveau de ses capacités. Pouvoir, régénération physique...
Clive avait déjà monté le projet de l’inviter à dîner. Mais il voulait faire ça stratégiquement pour éviter qu’elle pense qu’il en demanderait trop, ou que c’était orienté, prévu pour recevoir quelque chose en échange. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle soit la première à lui tendre cette opportunité, c’est ce qui le fit sourire comme un gosse trop gâté.
Il s’approcha un peu d’elle pour lui dire juste après, comme si c’était un échange de tac au tac.
« En te reposant ? Ou un exemple de ce qu’est une soirée romantique Atlante ? »
Au choix. Il avait une idée pour l’un et pour l’autre.
Bien sûr, l’autre était vachement plus intéressant...

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia marqua un temps d’hésitation avant de répondre. Si le terme “romantique” avait le même sens ici que chez elle… elle pensait pourtant avoir fait comprendre à Darren qu’elle n’était pas intéressée par ce genre de chose.
– Qu’est-ce que tu entends par là ?.
« Je te montre comment, dans notre culture, on passe une soirée en tête à tête. Comment on fait chez nous... »
Il sourit.
« C’est pas une invitation à chauffer les draps, si c’est ce qui t'inquiète. »
– En fait, la dimension romantique me dérange plus que la partie draps.
Il plissa des yeux.
« La dimension romantique, c’est quoi chez toi ? »
– Du sentimentalisme…
La jeune femme commençait à se demander si le mot avait le même sens ici. Le romantisme était normalement rattachée aux relations amoureuses, non ?
« Ben oui, c’est ça ! » Fit Clive en haussant les épaules. « Mais ce n’est pas une déclaration d’amour, je te montre juste comment les Atlantes sortent ensemble. Si ça t’intéresse, il y a pas d’engagements. »
Lui aussi se demandait comme ça fonctionnait dans son pays. Il se demandait si ce n’était pas une histoire à l’ancienne avec des traditions et des façons de courtiser. Il n’avait en vue que la simplicité d’aller se faire un restau avec une belle femme.
– Je ne comprends pas… pourquoi faire ? Tu veux faire semblant ? demanda Emilia, perplexe.
Soldat Clive


« Pour...heu... »
Sa voix s’éteignit, il sentait que l’affaire tournait au vinaigre. Mais pire que ça, la question de la princesse lui donnait soudainement le sentiment d’être débile. Il ne l’invitait pas à se transformer en escort girl, il voulait lui montrer comment deux jeunes gens s’invitaient au resto, passaient une soirée sympa. Bref, comment un couple sortait à la sauce Atlante juste pour lui montrer comment ça se faisait hors des habitudes de princesse.
Le mur qui semblait s’être soudainement érigé entre sa description et l'interprétation d’Emilia le frustra un peu. Il n’avait pas du tout envie de repartir à l’attaque pour une expérience qu’elle ne comprenait même pas. Il préféra faire marche arrière.
« Laisse tomber. Je t’invite au resto comme si t’étais ma frangine, t’es partante ? »
Un sourire se dessina sur les lèvres de la belle et elle acquiesça. Voilà une proposition qui lui convenait d’avantage.
– Tu invites Emilia Clive ?
« Je serais un affreux frangin de te laisser affamée, tu crois pas ? »
Dit-il, goguenard. « Surtout que je connais de bons endroits pour se faire péter la brioche ! »
– Merveilleux ! Cela fait du bien de renouer avec de vrais repas ! s’exclama t-elle enthousiaste en pensant à toutes ces choses sans saveur qu’elle s’était contrainte à ingurgiter pour survivre pendant sa course.
« Ok. Je dois m’absenter une petite heure pour régler deux trois détails et réserver notre place. Tu veux que je te raccompagne à tes quartiers ou tu veux voir les gars du D4 ? »
– Je ne vais pas envahir l’espace de tes collègues. Je vais rentrer et méditer un peu en t’attendant.
Un peu de calme avant l’affrontement du lendemain ne pourrait pas lui faire de mal.
« Hm...t’es sûre ? » S’inquiéta Clive qui ne voyait pas tout à fait le bienfait. « Je viendrais frapper à tes quartiers, ça te va ? »
– Oui c’est parfait.

Clive était content.
Tout se passait bien et il songeait déjà à la façon de finir la soirée. Emilia la princesse serait Emilia Clive dans une heure, ok. Il savait qu’il aurait une table au restau ce soir étant donné qu’ils étaient en semaine. Ne restait plus qu’à peaufiner quelques détails et, surtout, passer voir quelqu’un du CODIR pour obtenir des informations, voir des consignes.
Darren Clive accompagna son amie jusqu’à ses quartiers en lui posant des questions sur la voie de l’ascension. Il avait promis qu’il tenterait le coup, rien que par défi, et il n’allait pas s’y mettre à la légère. Après tout, même s’il continuait de penser que c’était horrible, il était prêt à concourir la princesse et lui tracer quelques signes sous le nez rien que pour la chambrer. Clive lui demandait donc en quoi consistait la recherche de soi, de la paix intérieure, et de la base la plus simple pour débuter cette entreprise.
Quand il atteignit ses quartiers, ils n’avaient fait qu’effleurer le sujet tant cela semblait complexe et important. Le militaire était étonné à tort, l’Envol était le travail d’une vie, ça ne se faisait pas en quelques jours sur des petites étapes gribouillées sur un vulgaire bloc note. Il lui promis d’aborder de nouveau le sujet une fois à table, puisqu’il savait que ça lui plaisait de partager ses expériences, puis il fila rapidement.

Tout au long de cette fameuse heure, le militaire se questionna sur l’influence qu’elle pouvait avoir sur lui. Et à l’inverse, celle qu’il avait pu avoir sur cette jeune femme. Ce serait ridicule de se dire que c’était à sens unique. En tout cas, lorsqu’il passa dans ses quartiers pour prendre une douche et changer de tenue, il fit une halte sur son bureau surchargé en bazar et il recopia le signe sur un papier pour ne jamais l’oublier. Il fut aussi tenté de réécrire le chant de la princesse sirène mais le temps commençait à lui faire défaut, surtout que Max et April avait cessé de se chamailler pour le travailler.
Un véritable interrogatoire de police…

Clive les quitta sous des encouragements “à ne pas dormir dans ses quartiers personnels cette nuit”. Il préféra les ignorer même s’il devait reconnaître que ce serait pas si mal. Il était la bonne heure pour se rendre au restaurant. Darren se sentait bien. Une petite lueur d’appréhension et de tristesse avait commencé à naître : c’était l’évidence qu’Emilia ne serait plus là demain et que le compte à rebours serait à zéro. Mais il avait cette volonté en lui pour ne pas faire une fixette sur cette réalité. Il le savait depuis longtemps et même Emilia le lui avait fait comprendre. Elle retournerait chez elle, ce serait terminé. Mais il restait encore une soirée. Une soirée qu’il n’allait pas foirer.

A l’heure, pour une fois, Darren vint toquer aux quartiers de la jeune femme puis il la guida le long des couloirs pour se rendre au niveau trois. En-dessous des quartiers du personnel, pour rejoindre un grand restaurant. Il y avait déjà plusieurs couples et des bandes d’amis qui attendaient d’être pris en charge. Darren en profita pour lui montrer les différents “types” de sorties qui s’effectuaient dans ce restaurant. Entre le diner de couple, la bande de potes, etc...

« Ce genre de structure existe chez toi ? » Lui demanda-t-il finalement alors que le réceptionniste vérifiait sa réservation sur une liste. Elle avait été établie au nom de Darren et Emilia Clive, un petit clin d’oeil pour elle.

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– Des restaurants ? Oui, bien sûr, répondit-elle en faisant un sourire à des soldats qui l’avait reconnu.
Elle se sentait apaisée et détendue. L’après-midi avait été agréable et sa petite heure de méditation lui avait fait du bien. La soirée promettait d’être sympathique. Enfin… si Darren ne lâchait pas l’une de ses bombes dont il avait le secret.
Le serveur vint les installer et leur proposer un vin. Darren était presque fier de dire qu’ils ne buvaient pas d’alcool, signe qu’il s’était souvenu de la réponse d’Emilia lorsque April avait voulu l’initier. A la place, il reçu la carte et se fit un plaisir de détailler les différentes boissons sans alcools proposées en guise d'apéritifs. Seulement si elle butait sur quelque chose d’inconnu, car Clive se disait qu’elle n’apprécierait pas d’être maternée.
« Tu en prends plusieurs ok ? Pour goûter !!! » lui proposa-t-il en la voyant hésiter.
Emilia sourit. D’un naturel curieux, la perspective de découvrir de nouvelles saveurs lui plaisait beaucoup.
– Oui, pourquoi pas. Tu veux me conseiller quelque chose ?

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Steven Caldwell
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« Déjà, je te prends ces trois là ! C’est un minimum !!! » Fit Clive en lui pointant les images. « Ensuite, tu choisis les autres. Et tu as pas intérêt à te mesurer sinon je te les prends TOUS !!!! »
Il lui expliqua avec entrain les différents composants de fruits qu’elle ne semblait pas connaître et attendit de pied ferme le serveur qui allait avoir besoin d’un plateau.
Comme la veille, Darren semblait se faire un devoir de lui faire goûter à tout un tas de choses et cela lui convenait parfaitement. Elle sourit à sa remarque et se plongea dans la liste pour choisir.

Là où d’autres tables passaient de l'apéritif à l’entrée en un temps modeste, la table de Clive et d’Emilia se surchargea des différentes boissons qu’ils avaient choisi. Ils allaient passer la soirée entière à tester les saveurs. Faire découvrir à la princesse, et par la même, redécouvrir lui même des goûts auxquels il s’était détourné à l’époque. Le regard interloqué du serveur qui faisait les allers et retours en voyant leur table envahis par les cocktails faisait marrer Darren. Pour faire les choses bien, il avait demandé de l’eau pour que son amie se rince la bouche quand elle commençait à perdre le palet. Un peu comme pour les dégustations de vins.

A un moment au cours de ces découvertes, Clive prit une rondelle de citron encore pleine qu’il avait chassé de son verre et la tendit à Emilia.
« Une fois terminé, la coutume, c’est de mâcher ce fruit ! » Lui mentit-il honteusement. « Vas-y franco. Tu le prends et tu le maches énergiquement ! »
– Vraiment ? demanda Emilia qui sentait l’entourloupe. Darren préparait quelque chose, il y avait ce brin d’excitation et d’amusement en lui, signe avant-coureur classique d’une plaisanterie. On partage alors !
« Pas de soucis... »
Maline ! Maline !!!!
Mais si elle croyait qu’elle allait l’avoir comme ça ! C’était un moment qu’il partageait avec sa soeur, il ne l’avait jamais refait depuis. Quand ils partaient manger quelque part, il se faisait ce petit concours en prenant chacun une rondelle et en se fixant dans les yeux. Il y en avait toujours un pour céder en premier. Souhaitant relever le défi tout en espérant qu’il n’ait pas perdu la main, Clive découpa la tranche de citron en deux puis en tendit un morceau à Emilia. Il prit sa part en même temps qu’elle, comme un miroir, refusant de se donner exemple en premier. C’était ensemble…ou pas du tout.
L’acidité lui envahit instantanément la bouche, lui piqua les lèvres et bientôt le gosier. Mais qu’importe, il avait les yeux rivés sur ceux d’Emilia, comme avec sa soeur, pour guetter sa réaction et se régaler. Prudente, la jeune femme goûta le fruit du bout des lèvres et comprit à l’instant la nature de la plaisanterie. C’était acide !!
– Vous avez d’étranges coutumes ! dit-elle en repoussant le fruit.
Clive frappa sur la table dans un élan de frustration et d’amusement.
« Emiliaaaaaa ! Mais c’est pas vrai ! Comment on fait pour te surprendre ?!? » Demanda-t-il en riant, bon enfant.
Il pleurait à moitié maintenant.
« C’est pas une coutume. C’est une plaisanterie, je le faisais souvent avec ma soeur ! »
Emilia prit un air faussement navré. S’il voulait lui faire des blagues de ce genre il allait rencontrer quelques difficultés.
– Tu lui faisais avaler des choses indigestes ?
« Non ! » Répliqua-t-il, faussement outré. « On se défiait pour rire. On prenait chacun une rondelle de citron et on se regardait dans les yeux fixement, comme ça. Le premier à lâcher était une “chouineuse”. »
Il ajouta, par un beau mensonge qui se voulait préserver sa virilité :
« Elle ne m’a jamais battu... »
Il marqua un petit temps de silence avant de faire un signe de menton en direction du morceau de citron qu’elle avait repoussé.
« Alors...chère princesse “ma soeur”. Êtes-vous une chouineuse ??? »
– C’est un défi ? demanda t-elle avec un sourire en coin.
Darren farfouilla un peu et trouva un nouveau morceau de citron sur un cocktail qui n’avait pas encore été consommé. Il agita son morceau sous les yeux d’Emilia avec un regard provoquant.
« Carrément ! »
–Darren Clive, le premier soldat à avoir jamais osé parler de moi comme une « chouineuse »…
La blondinette avala une gorgée de cocktail avant de se saisir d’un morceau citron et de le mettre dans sa bouche. Elle grimaça d’abord, frissonna, mais ne voulant pas perdre la face elle le mâcha et l’avala avant de regarder Darren d’un air provocateur.
Le militaire ouvrit de grand yeux et finit par éclater de rire.
« Ok. T’es forte. Mais j’ai pas dis mon dernier mot ! »

Après ce petit moment de provoc, Clive termina avec elle la tournée des cocktails puis demanda la carte des entrées, des plats, pour entrer dans le vif du sujet. Peu protocolaire, il récupéra sa chaise qui, lourde comme elle était, racla lamentablement sur le sol en faisant tourner tous les regards dans sa direction. Les collègues soldats qui se trouvaient là rigolèrent de bon coeur tandis que d’autres trouvaient le geste de très mauvais goût. Mais le jeune homme s’en fichait éperdument alors qu’il prenait place juste à côté de la princesse pour répondre à ses questions.
Il se permit de décrire avec un peu plus de profondeur les plats quand elle le lui demandait, se calant à son désir d’en savoir plus. Pour entretenir la lancée, il laissait la jeune femme parcourir la liste et attendait ses questions. Certains termes étaient si évident pour désigner la composition qu’Emilia était en droit de se questionner à leur sujet.
Que ce soit les entrées ou les plats, il lui demanda la même chose : pas de mesures. En voulant jouer son homme, il lui promit de finir tout ce qui resterait. Il ne savait pas qu’elle avait un appétit qui rivalisait dangereusement avec le sien, si ce n’est pire. Emilia joua le jeu, peu habituée au fait de partager son verre ou son assiette avec quelqu’un mais cela semblait être quelque chose de normal pour son voisin (probablement un truc de pauv… de gens du peuple). Cela avait un côté rafraîchissant, elle se sentait comme monsieur et madame tout le monde et cela lui plaisait bien. Ce soir, elle n’était pas une princesse, juste une touriste un peu curieuse.

Darren étant pris dans son jeu, comme s’il considérait Emilia comme sa soeur ou une simple pote, il ne prenait pas garde de ses propos. Avec sa petite lueur de folie, il prit plaisir à commander avec Emilia pas loin de trois de trois et six plats. La table ne serait pas assez grande pour eux, si bien que le type tira une nouvelle table sur le côté au grand plaisir de Clive qui trouvait ça amusant.

Priorité à la jeune femme, il la laissa essayer et choisir en premier, lui conseillant simplement de prendre les plats les plus relevés à la fin. Il avait bien sûr commandé ce qui lui plaisait de son côté et commençait à s’y attaquer avec une certaine gourmandise. Quand il le pouvait et qu’il avait l’information, il lui parlait des endroits où les produits étaient récoltés. Sur le continent en majorité, dans le jardin botanique au niveau des serres, ou bien par des échanges commerciaux dont il n’avait aucun détail. C’était intéressant d’explorer les goûts d’Emilia, de voir ce qui lui plaisait le plus, si les plats en sauce la gênait ou pas, si elle trempait son pain et finissait jusqu’à la dernière trace dans son assiette. Ou si elle était du genre à croiser les couverts sur des restes qui lui disait que peu de choses. Elle lui demanda si certains de ces produits étaient originaires de la Terre et comment ils produisaient le chocolat qui, avouons le, était l’un des aliments qui avait le plus retenu son attention depuis son arrivée sur Atlantis. Darren lui répondit sans hésiter cette fois. Tant qu’il ne révélait pas d’informations importantes concernant la Terre, ça allait. Il se permit de lui détailler très exactement la plante qui donnait ce produit : la fève de cacao. Les termes techniques et les systèmes complexes entre le transport, le raffinage, les entreprises qui les déclinaient en divers friandises : toutes ces informations juraient fortement sur le niveau intellectuel de Clive. En interprétant son regard, il lui avoua avoir été le gagnant du salon du chocolat étant jeune, ce qui l’amena à lui apprendre ce que c’était.

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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–Alors vous ne produisez pas vous importez ? demanda t-elle, fortement intéressée.
« Le cacaotier, c’est comme ça qu’on appelle l’arbre, ne vit que sur une terre et des conditions climatiques particulières. Une terre qui ne nous appartiennent pas. On peut toujours recréer les conditions mais, forcément, ce n’est pas naturel. Ca perd en saveur. Il y a une valeur sur ce produit et nous l’échangeons contre d’autres valeurs. Ou des devises. C’est pour ça que ce que tu as goûté hier était presque “rare”. On le transporte jusqu’ici. »

–Quel dommage... répondit Emilia qui avait nourri l’espoir de commercer pour acheter ce produit en quantité, voir d’apprendre à produire les ressources premières nécessaires à sa fabrication.

« Ca va, tu te régales ? » S’enquit-il en était étonné de son appétit. Il rajouta, souriant : « Ca ne vaut pas le mess, hein ? »

– C’est un vrai plaisir de renouer avec une nourriture digne de ce nom ! s’exclama t-elle très enthousiaste.
Elle se régalait. Bien sûr, elle n’appréciait pas tout ce qu’elle mangeait mais les choses étaient plutôt bonnes dans l’ensemble et en quantité largement suffisante pour combler son appétit d’ogre. Elle était ravie.

Soldat Clive


« Hm. Je te raconte une anecdote du D4 ? » Fit-il après avoir terminé l’une de ses assiettes. Il fit glisser la suivante devant lui et se frotta les mains.
– Je t’écoute.
« A l’anniversaire de Jim, on est venu là. On était à la table, là-bas, au fond. Max et April étaient survoltés, de vrais diables. Ils avaient commandé l’assiette de grillades, un assortiments de brochettes un peu comme celles que tu as mangé là. »
Il avait pointé les brochettes vides qui trainaient sur la table d’à côté.
« Alors bien sûr. Jim, lui, il se tient. Tu le vois comme ça, là, avec son couteau et sa fourchette, le dos bien droit, apprécier le restau pour son anniv. Et nos deux couillons mangent comme des sagouins avec les mains. Ils se regardent, fixement, et j’ai compris. »
Clive ricana.
« Le temps que Jim mange tranquillement, les deux autres s’étaient défiés du regard sans se parler. C’était à celui qui mangerait le plus vite ! »
Il associait son anecdote au geste, aux mimiques.
« Tu connais Max quand il relève un défi, hein ? Il veut rien lâcher. Et April, elle veut lui montrer qu’elle a plus de cou...hum...plus de virilité que lui. »
Clive secoua la tête, il vivait la scène.
« Et ben ils ont dit au serveur de faire venir des assiettes jusqu’à ce qu’ils disent stop. Ils ont mangé, mangé, mangé. Une pile d’assiettes énorme ! Au moins cinq ou six fois que ce que tu vois là. Et devine quoi... »
Il joua de suspens.
« Jim termine son premier plat. Il se rend compte de cette masse d’assiettes et demande la même chose au serveur. Atterré, le type nous dit qu’on aura plus de brochettes. Max et April avaient vidé la cuisine. Ils avaient pillé le garde manger !!! »
Clive était mort de rire. Il revoyait cette scène, la figure du type décomposé.
« C’est moins drôle quand on le raconte. Mais imagine ce serveur, le mec qui ne comprend pas comment on a pu manger tout ça, obligé de nous dire qu’il n’a plus produit en stock. Jim, le pauvre, qui ne toucherait même pas à une brochette. Les amis qui avaient tout raflé...Qu’est-ce qu’on a pu en rire... »
– Comment Jim a t-il pu passer à côté de cela ? Elle se représentait bien la scène et cela ne l’étonnait pas du tout maintenant qu’elle connaissait les deux énergumènes. Max a t-il perdu ? A t-il fait voler les assiettes pour se venger ?
Il éclata de rire.
« Bien vu, Emilia ! C’est ça ! »
Clive pointa l’arrière salle du menton.
« Ils préparent les plats là-bas. Jim est un mec...raffiné, par rapport à nous. Je pense que c’est le seul type qui pourrait bien se conduire si tu invitais le D4 à une de tes réceptions. Et puisqu’il est poli, il attendait d’avoir fini son assiette avant d’en commander une autre...mais trop tard. »
Ca le faisait encore sourire. Le pauvre, c’était son anniversaire en plus.
« Max a perdu, oui. Il l’a eu tellement mauvaise qu’il a débarrassé la table d’un geste de bras, comme ça ! » Il mima le geste qui aurait tout envoyé au sol. « Et il se redresse ensuite pour intimider April qui réagit au quart de tour et lui colle un pain dans le pif. Ca l’a scotché sur son siège. »
Bon, cette partie était moins drôle puisque ça c’était vachement engueulé par la suite.
« Au final, pour se faire pardonner d’avoir tout jeté, Max a aidé au nettoyage des couverts à la fin du service. Et April, pour se faire pardonner du coup de poing, est restée avec lui pour essuyer tout ça. Jim...ben...lui aussi est resté. Je croyais que l’ambiance était cassée, qu’il nous en voudrait. Mais il nous a dit qu’il ne voyait pas son anniversaire autrement qu’avec ce genre de souvenir atypique. »
Son sourire ne le quittait pas. Il fixait Emilia avec une forme de plaisir. Il appréciait beaucoup son escouade, sa famille. Ils avaient tous un grain à leur façon mais c’était les siens.
« Moi je serpillais. On a pris une photo souvenir en tablier et costume dans l’arrière salle. Il l’a encadré, je sais que c’est dans ses quartiers. »

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Une vraie bande de bourrins ! Pensa t-elle, mais elle se retint de donner son avis sur le récit qu’il venait de lui faire car elle sentait le plaisir et tout l’amour qu’il portait à ces gens. Il affectionnait ce souvenir et il chérissait les personnes qui y étaient associées.
Elle ignorait néanmoins si elle serait capable de tolérer ce genre de comportement à sa table. Darren était un brin excentrique mais il savait doser son tempérament, contrairement à April et Max. La première dissimulait sa souffrance sous un masque de virulence et d’extravagance, après ce que Darren lui avait expliqué sur les rapports hommes-femmes, Emilia se demandait si elle ne subissait pas ce sexisme à travers son métier. Quant au deuxième… Emilia ne comprenait tout simplement pas ses excès de violence. Ils n’avaient pas mauvais fond tous les deux mais… ils étaient trop différent de ce que connaissait la princesse.

–L’important c’est que votre « papa » garde un bon souvenir de sa soirée d’anniversaire.

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Lun 7 Jan - 16:56
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Soldat Clive



« Je l’adore. Je me demande souvent ce qu’il fait là, son ancien boulot n’avait rien à voir... » Il la regarda et lui partagea l’énigme qui le taraudait depuis longtemps. « C’était un professeur, tu le crois ça ? Un professeur de lettre...qu’est-ce qu’il lui est passé par la tête pour partager sa vie avec des inadaptés comme nous ? »
–Quelle est son histoire ?
« Je sais pas grand chose. Il est très discret sur son histoire. »
Clive se creusa la cervelle.
« En fait, il était pas là quand je suis arrivé. Il était dans une autre section. Pendant une guerre où on a perdu beaucoup de monde, il nous a été muté au D4. Je crois qu’il avait quelqu’un de sa famille parmi ceux qui sont décédés. Mais...à chaque fois qu’on essaie de savoir quelque chose sur lui, il dit que seul le présent l’intéresse. »
–Comment un enseignant en arrive à s'enrôler dans l’armée ? Étrange reconversion.

Un large sourire le gagna.
« Hé ! Tu saurais le faire parler toi ! Avec ta facilité à comprendre les gens... »
– Tu me demande de lui soutirer ses secrets ?
La princesse se demandait ce que Darren avait conclu à propos de cette “faculté à comprendre les gens”. Ce n’était pas la première fois qu’il lui faisait une réflexion à son propos. Malgré sa prudence, des choses lui échappaient et mettaient la puce à l’oreille du soldat. Restait à savoir s’il attribuait ça à une faculté naturelle d’observation ou à un super pouvoir.
« Comment tu y vas ! » S’exclama-t-il, moqueur. « Savoir s’il va bien ! C’est un vrai mystère ce type. Tu as vu cette lettre qu’il a écrite pour moi...et toi ? Il aurait pu faire diplomate ! »
– Il a reçu une éducation oui.
Darren s’esclaffa.
« Tu vas dire “pas comme toi” ? »
Emilia tiqua en réalisant l’interprétation que son voisin faisait de sa dernière phrase.
– Ce n’est pas ce que j’ai dis. Mais il dégage une maturité et un calme qui sied, comme tu l’a fait remarquer, à un diplomate. Je ne le connais pas assez pour dire s’il serait doué dans ce domaine mais il a un côté apaisant. Tant mieux, il faut au moins cela pour cadrer tes deux camarades.
« Je ne peux pas te contredire. Je ne sais pas comment on ferait s’il n’était pas là. Il a évité à April tellement d’emmerdes ! Et il encourage tout le temps Max pour passer ses concours, il l’aide à étudier. »
–Peut-être qu’il cherche à compenser une perte… un enfant ou un petit frère... hasarda t-elle. La jeune femme n’avait pas suffisamment parlé à Jim pour se faire une vraie idée du personnage.
« Ca le ferait. Tu l’as dis toi-même, c’est comme notre père à tous. Y’a toujours un moment où on se chamaille, qu’on se crêpe la figure. Mais avec lui jamais. »
C’est drôle comme il suffisait de parler d’un sujet parfaitement courant pour se rendre compte de la valeur de certaines choses. Il avait les membres du D4 sous le nez tous les soirs et il n’avait jamais remarqué à quel point il s’était attaché à eux. Que ce soit Jim, Max ou April, il ne les voyait pas disparaître un jour. Comme si ce bonheur de base serait assuré et imperturbable. Pourtant ce n’était pas gagné avec la mission Normandie. Il y avait eu tant de morts.
Tandis que le serveur débarrassait les nombreuses assiettes, demandant poliment à Emilia si elle avait terminé celle qui se trouvait devant elle, le regard de Darren s’égara un peu plus au fond du restaurant. Un flash, qui avait capté son attention, au-dessus de l’épaule de la princesse. Son regard s’égaya encore plus lorsqu’il eut confirmation. Il y avait bien un photographe qui passait durant la soirée pour prendre des souvenirs. C’était une riche idée ça !!!
« Hé ! Un souvenir, ça te dit ? » Coupa-t-il soudainement.
– Un souvenir ?
« Tiens, regarde derrière toi... »
Un groupe de potes s’étaient rassemblés. Certains faisaient les fameux signes de la victoire, d’autre les oreilles de lapins. Il y en avait un qui tirait la langue et un autre qui fermait les yeux volontairement.
« Le gars là-bas, il capte l’image avec un appareil photo. »
Clive sourit.
« T’en penses quoi ? On prend un souvenir de notre “étude” de la culture Atlante ? Là ils rigolent mais on peut aussi être sérieux dessus... »
– Oh, oui pourquoi pas.

Clive fit un signe pour attirer le photographe dès que ce fût possible. Il lui demanda de les prendre en photo et il se leva pour se placer devant la table, invitant la jeune femme à se tenir à ses côtés. Malicieux, il tenta de récupérer discrètement un glaçon qui se trouvait dans le seau d’une desserte de champagne et le fit glisser dans sa main. Tout en feignant l’innocence parfaite, il prit la pose avec Emilia et attendit le moment fatidique pour lui coller le glaçant sur la nuque, à travers ses cheveux. Il espérait capter par la photo, et au déclenchement de celle-ci, l’expression de surprise et outrée qu’il devinait d’avance.
La jeune femme sursauta et poussa un cri étouffé, celui là elle ne l’avait pas vu venir elle était trop concentrée sur le photographe.
– Espèce de… rahh!
« J’ai réussi !!!!!!! » S’écria-t-il, heureux. Il se tourna vers le photographe. « Dis moi que c’est dans la boîte !! »
Emilia pinça les lèvres et le poussa.
– C’était traître !
Il la poussa comme pour contre-attaquer.
« C’était Clive !! » s’écria-t-il victorieux.
Il lui montra le glaçon qu’il rejeta dans l’assiette derrière eux.
« Maintenant on peut faire une photo sérieuse. »
Et il fit un signe au photographe pour dire qu’il était prêt.
– Je note… ne jamais baisser ma garde avec toi.
Elle se remit en position… en s’écartant un peu de lui, méfiante. Et automatiquement, Clive pinça le bas de sa veste pour la remettre automatiquement à côté de lui.
« Allez !!! Princesse, tu ne vas quand même pas me bouder maintenant ? »
– Si je veux d’abord ! Répondit elle en essayant de sourire à l’appareil photo.
Clive sourit à son tour et...clac !!! Le cliché avait été pris.
Le photographe était amusé de leur façon de se chamailler, il leur annonça que le cliché serait prêt et les attendrait au comptoir, au moment de régler la note. Le militaire se mit alors à consulter sa montre et pressa mystérieusement Emilia pour passer aux découvertes des desserts. Il insista sur le besoin de découvrir la glace à la fraise. Forcément, elle eut le droit à la célèbre blague de la chantilly sur la tronche. Darren lui expliqua comment ils étaient fait, dans quelles autres circonstances ils mangeaient ces desserts. Emilia commençait à caler après tout ce qu’ils avaient ingurgité. C’était la première fois qu’elle se sentait rassasiée (et même plus) sur Atlantis.
– Merci de contribuer à ma reprise de poids, s'esclaffa t-elle.
Elle avait bien fondu à cause de son régime forcé, beaucoup trop à son goût. Cela ne lui ferait pas de mal de reprendre quelques kilos.
« C’est un plaisir. Et tu vas t’embellir ! »

Embarqué dans la discussion et la grande variété de choux, de pâtisseries, de galettes et les trois quarts de la carte, il lui raconta ce qu’était Noël ou le nouvel an, la façon dont ils fêtaient ça. Avec ces plats. Emilia se montra particulièrement intéressée par cette fête et le personnage qu’il lui dépeignait, le “Père-Noel”. Mais malgré tout, Clive continuait de fixer sa montre quelques fois. Il ne voulait pas rater l’heure et il se fit un peu plus pressant sur la fin.
« Tu te lasses de moi ? » Lui demanda-t-il dans un double dialogue qui la renverrait au moment où ils étaient revenu de la nasse sous-marine. C’était sa façon de lui demander si elle acceptait de poursuivre la soirée avec lui, il avait une idée en tête, la raison de son intérêt soudain pour l’heure.
– Tu es attendu ? demanda t-elle en posant les yeux sur la montre de Darren qu’il regardait avec insistance depuis un moment.
« Nous sommes attendu... » Corrigea-t-il avec cette même expression d’énigme qu’il avait eu avant de l’emmener faire un tour au coeur de l’océan.
–Par qui ?
Est-ce que le D-4 avait prévu une nouvelle soirée ? Elle n’était pas sûre d’être capable de pouvoir enchaîner deux grosses soirées comme celle de la veille.
« J’ai une surprise pour toi. Tu me fais confiance ? »
– Je ne sais pas… tu es bien sûr d’avoir jeté tous les glaçons que tu cachais ?
Clive ria.
« Je te laisse me fouiller pour vérifier ? »

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Lun 7 Jan - 17:20
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas


– oh... elle lui lança un regard intéressé. Sa dernière pseudo “fouille” de la veille s’était terminée avec des vêtements qui volaient à travers la pièce. Attention, je serai tentée de te prendre au mot.
« Pas le droit au pouvoir !! » Ajouta-t-il à la volée.
Il était tenté de lui dire qu’il ne se laisserait pas faire, pour le beau jeu, mais il craignait de lui rappeler son indélicatesse lors de l'entraînement.
– Pff… bon… d’accord, pas de télékinésie, répondit-elle subtilement. Mais cela ne l’empêcherai pas d’utiliser son empathie !
Cette “surprise” ne consiste pas à enfiler un costume de militaire et de fuir ensuite la police des armées ?
Mais comment elle fait ?? Se dit Clive alors qu’il rigolait de bon coeur.
« Une mission d’infiltration. On ne fuit pas, on s’introduit. Aucun risque. »
Emilia écarquilla les yeux. Ah non, il n’allait pas recommencer !
– Quoi, encore ? C’est un fantasme chez toi de me faire me déguiser et de me placer dans des situations impossibles ? demanda t-elle mi-figue mi-raison.
« Oh, non. Un fantasme ça pourrait être...une princesse très séduisante dans cette tenue de militaire que tu portais hier et les poissons pour seuls témoins. » Murmura-t-il.
– Oh… il faut trouver une princesse sexy alors... plaisanta t-elle. Elle se pencha et murmura sur le ton de la confidence. Je peux te présenter à quelques nobles qui ont de très “bons arguments” si tu me suis en Gaëllie, dit-elle d’un air taquin.
« C’est très gentil mais je risquerai d’être déçu. » Contra Clive en se donnant un air pédant.
Emilia éclata de rire.
– Ah oui ? Et quel genre de partenaire aimerais-tu avoir ?
« C’est dur de se contenter du nobliau aux bons arguments après avoir connu une future chevaucheuse de Drakonys. »
Elle lui répondit par un sourire, flattée.
Darren lui sourit en retour.
« Tu ne le regretteras pas. Et il ne t’arrivera rien, c’est promis. »
– C’est le discours que tu m’a tenu hier et nous avons failli nous faire prendre...
« Mais on s’est pas fait prendre. »
– Et nous courrons les mêmes risques cette fois ?
« Moins. Si on se fait prendre, on nous demandera simplement de sortir. » Il marqua un silence. « Je suis sûr que t’es tentée ! Allez... »

Soldat Clive


A force d’insister, Clive finit par avoir gain de cause. Il était satisfait d’avoir fait céder la jeune femme et termina rapidement le dessert avec elle. Le militaire lui conseilla néanmoins, du mieux qu’il le pu pour ne pas paraître trop grossier, d’avoir la vessie vide. La fameuse surprise allait durer le reste de la soirée et il n’y aurait pas de sanitaires dans leur mission d’infiltration. Surtout avec tous ces cocktails et ces desserts.

Darren profita donc de son absence aux sanitaires pour régler la note et lui éviter de comprendre qu’aussi sympa était cette soirée, le soldat allait le sentir passer sur sa solde. Mais il ne regrettait rien et il n’était pas comme le type qui flambait ses billets pour avoir la nana dans son plumard le soir venu. C’était un moment plus pur et appréciable, celui d’avoir fait partager à une princesse d’un autre pays des moments de vies qui deviendraient ensuite de beaux souvenirs.

Darren l’attendait à la sortie du restaurant, les photographies en main. L’expression de surprise d’Emilia était sincère, spontanée, captée sur le moment alors qu’il se voyait, lui, goguenard. On le voyait en train d’appliquer le glaçon et elle réagir à son contact. C’était génial. Quand il croisa son regard alors qu’elle revenait vers lui, le soldat tourna les photographies pour qu’elle puisse les admirer.
« L’une est à toi, l’autre à moi...tu choisis ? »
Emilia prit quelques instants pour regarder les photos : l’une était amusante, l’autre sérieuse mais les deux dégageaient quelque chose de sympathique.
– Laquelle préfères-tu ?
« Hm... » Il réfléchissait.
Il aurait bien pris la photo de déconnade mais, justement, Emilia allait rentrer et jouer les princesses sérieuses, inébranlables. Clive avait ce petit sourire malicieux alors qu’il séparait les photos et lui laissa celle où il lui avait collé le glaçon.
« Tu te rappelleras de ma folie, comme ça... »
– Le glaçon dans la nuque... dit-elle avec un sourire en coin.
Cela lui convenait, cette photo illustrait à merveille la relation farfelue qu’elle partageait avec Darren.

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Mar 8 Jan - 22:56
Steven Caldwell
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Soldat Clive



Il était temps. Le militaire accompagna la jeune femme jusqu’à ses quartiers pour déposer les photos et lui laisser le temps de se préparer un peu. Ils prirent ensuite le chemin.
Le plaisantin qu’était Clive devint un peu plus sérieux à mesure qu’il entraînait Emilia à l’écart de la flèche centrale d’Atlantis. Il prit des chemins détournés, évitant les téléporteurs, pour sortir dehors. Déjà, la nuit était bien avancée et les lumières de la cité concurrençaient les étoiles du ciel. La route que le jeune homme empruntait n’était clairement pas celui d’un couple en ballade. Il y avait peu de mondes, si ce n’est quelques patrouilles de soldats qui passaient parfois en les saluant. Darren était un petit peu angoissé, pas par ce qu’il s’apprétait à faire, mais parce qu’il avait menti à un membre du CODIR. Il se remémorait sa rencontre durant l’heure pendant laquelle il s’était séparé d’Emilia.
Il avait foncé aux bureaux des administratifs.

Il se souvenait…

****FLASHBACK****


« Heu...bonjour. Je voudrais m’entretenir avec un membre du CODIR, c’est important. »
« Le motif de votre requête, s’il vous plaît ? » Demanda la secrétaire.
Mal à l’aise, Darren regarda autour de lui avant de répondre.
« Dites que c’est l’ancien gardien d’une invitée, Darren Clive, et elle c’est Emilia, c’est à son sujet que je viens... »
« Je transmets, veuillez attendre là. » fit-elle en pointant l’un des bancs.
Le soldat acquiesça et attendit longuement de voir qui s’occuperait de sa requête. Il espérait déranger personne et trouvait le temps horriblement lent.

Au bout d’une vingtaine de minutes interminables, la secrétaire revint vers le soldat pour l’inviter à le suivre.
« Madame Steele va vous recevoir. ». Elle ne s’excusa nullement du temps qu’avait pris la demande, ni ne chercha à y apporter une justification. Elle n’avait pas spécialement de sympathie pour la caste des “gris” qui représentaient que le menu fretin. Elle tapa à la porte de la dirigeante et s’effaça pour laisser entrer Daren, avant de s’éclipser.
Docile, le militaire suivit sans faire de remarques.

Erin était en train de “ranger” son bureau, rassemblant une tonne de papiers qu’elle fourra dans un angle pour ne pas se gêner. Elle afficha un sourire désabusé à l’endroit de Clive, et repassa une mèche de cheveux derrière son oreille avant de le saluer :

« Soldat Clive, que puis-je pour vous ? »
« Madame Steele, heu... »
Sans savoir pourquoi, il était rassuré d’avoir affaire à elle. Il resta dans l’entrée et ferma la porte dans son dos.
« Je ne vous dérangerai pas longtemps. J’suis le soldat qui faisait de l’escorte à votre invité. Emilia Zeïn... »
Il se rendit compte qu’il avait oublié le reste du nom.
« Eidolas. Cette escorte se passe-t-elle bien ? », voulu savoir Erin, en l’invitant d’un signe à s’approcher pour s’asseoir s’il le désirait.
« Oh, oui, pas mal... » Reconnu-t-il en s’approchant mais sans s’assoir. « Elle s’intéresse beaucoup, j’lui ai montré un peu de notre vie courante ces deux derniers jours. »
« Je suis ravie de l’apprendre. Vous allez au delà de vos prérogatives et ce n’est pas un mal. », dit-elle tranquillement en le toisant, ses doigts pianotant sur l’accoudoir de son siège de bureau.
« C’est pas du travail... » corrigea Clive un peu brièvement, ce qui entraina un petit hochement de tête de la part de la directrice. « Au début, je me suis dis que j’allais racheter la mauvaise image foutue par Lays. Mais ça a évolué, on passe un bon moment, je lui montre pas mal de choses sur la cité. C’est plus du loisir maintenant. »
Il fit la grimace. Le militaire était beaucoup plus nerveux qu’il ne l’aurait songé au début.
« Et je ne sais pas ce que je dois cacher... »
« Pour le moment, nous ne savons pas vraiment s’il y aura une alliance entre nos deux peuples. Evitez tout ce qui est trop terrien pour elle, tout ce qui concerne nos armements et données sensibles. Si c’est de la connaissance sur des sujets vastes, je ne vois pas de limites à vous donner. »
« C’est pas si simple Madame. Heu... »
Il avait du mal à trouver une manière de le dire. Mais il fallait que ça sorte alors il ferait comme d’habitude, il le dirait comme ça vient.
« Elle est pas conne...désolé du terme. »
Darren s’installa sur le siège.
« Je lui ai montré les photos d’Atlantis sous la mer, les clichés simples et la vidéo en libre circulation. Donc pas d’éléments sensibles...sauf qu’elle était sur le point de déduire pour le bouclier... »
Darren secoua négativement la tête. A ce moment là, il avait l’impression de se dénoncer pour trahison ou d’avouer qu’il n’était pas assez malin pour éluder la question.
« Je reste évasif mais je peux pas empêcher les déductions qu’elle se fait. Pareil pour notre présence ici et notre monde natal. »
« Je comprends votre dilemme Darren. », fit-elle en lui adressant un sourire. Il était amusant dans sa façon d’être et dans la gêne qui émanait de lui. Elle ne comptait pas le manger tout cru ou l’humilier, loin de là, mais elle sentait que la démarche était sincère. Elle s’humidifia la bouche, se réajusta et entreprit de lui donner une réponse tout en réfléchissant à la problématique :
« Vous ne pouvez pas empêcher quelqu’un de réfléchir. Elle déduira toujours quelque chose de ce qu’elle voit, c’est normal. Vous n’avez pas à vous en faire pour ça. Si nous voulions que tout reste secret, il aurait fallu la garder en cellule avant de la réexpédier sur sa planète ou ailleurs. C’est certain que ça change des peuples moins… moins évolués sur un plan technologique que nous avons pu rencontrer et nous n’y pouvons pas grand chose. », tenta-t-elle de le rassurer.
« C’est une chose de savoir que la cité est dotée d’un bouclier, s’en est une autre de savoir comment il fonctionne et où se trouve son alimentation par exemple. Qu’on soit terrien n’échappe pas à beaucoup de pégasien à qui on offre une place sur cette cité. Ce sont nos origines et tout respire un air de notre bonne vieille planète bleue ici. Ce sont des déductions logiques, mais pas critiques. Si maintenant vous me dites qu’elle connaît parfaitement l’architecture d’un générateur à Naquada alors qu’elle en a juste vu un en passant, je commencerai à me poser des questions oui. »

Clive eut un grand sourire quand elle passa à ce moment. Il n’oserait jamais faire une telle chose. Montrer la salle des générateurs, parler des E2PZ ou des générateurs à Naquada. Le hangar à drones, le fauteuil des Anciens. Tout ça tenait du secret militaire, c’était si naturel qu’il préférait mourir plutôt que d’en parler.
Les propos de Mademoiselle Steele l’avaient beaucoup rassuré. Il savait maintenant où se trouvait la limite et il prévoyait la suite de sa soirée en s’adaptant.

« Merci pour vos conseils, Madame. Vous l’ignorez peut-être mais Emilia est particulièrement attiré par l’Histoire des Anciens et tout ce qui touche à l’Ascension. Ca pourrait surement avoir une valeur dans votre diplomatie. Vos échanges. »
Il ignorait si le CODIR était déjà au courant de ça. Il ne comptait pas lui dire qu’il lui avait parlé du Sanctuaire et de la planète où se trouvait l’Ancienne. Emilia avait juré de ne pas éventer l’origine de son information.

C’était une information utile en effet. Tout était bon à prendre pour de futures échanges diplomatiques et Erin acquiesça positivement à cette mention. C’était un brave gars que Clive, du moins le laissait-il paraître. On n’arrivait pas souvent à la berner, et elle doutait fortement que son mal être soit joué. Quoiqu’il en soit, l’information était bienvenue.
« Je vais en tenir compte. », dit-elle en lui adressant un nouveau sourire. Puis d’ajouter : « Est-ce qu’elle a visité la chambre des hologrammes ? Je suis certaine que cela lui plairait. »
« Négatif. J’étais en train de me motiver pour vous en demander l’accès. » Avoua-t-il finalement en souriant.
Erin rigola un peu et répondit du tac au tac : « Je vous épargne cela. »
« Merci, Madame Steele. »
Il était heureux comme un gosse.
« Je dois dire que pour une princesse étrangère, elle est très ouverte aux expériences de vie du personnel. Nous l’avons fait participer à un repas commun et elle a rencontré mon unité au cantonnement. Est-ce que vous voudrez un rapport de ce qu’il lui a été présenté ou ce n’est pas nécessaire ? »
« Pas spécialement non. C’est une bonne idée de lui faire voir la cité et les atlantes en la plongeant dans la vie quotidienne des hommes et des femmes qui travaillent ici. » Elle marqua une pause alors qu’une information lui revenait en mémoire. Elle s’arrêta de pianoter sur son accoudoir : « D’ailleurs, à ce propos, j’ai eu vent de quelques… débordements. J’espère que la Princesse n’était pas impliquée. »
« Pas du tout. » Fit-il en fuyant son regard. Il savait qu’il était grillé en agissant comme ça.
Erin, elle, ne le lâchait pas vraiment du regard. C’était naturel chez elle, mais encore plus dans les moments comme ça où elle mettait en difficulté quelqu’un. Elle le laissa développer en n’ajoutant rien d’autre que du silence à la conversation.
Clive céda :
« En fait...nous l’avons extrait avant que ça ne se dégrade. Avec les gars, on l’a fait passer pour une militaire, pour qu’elle vive un pique-nique avec nous. »
Il s’empressa d’ajouter :
« Elle n’a eu aucun problème. C’est juste qu’on voulait lui éviter le contrôle de la PM. »
« Et pourquoi ? »
Darren se sentait mal. Il se réajusta dans son siège.
« La rencontre, c’est qu’entre militaires. Je lui ai filé un uniforme pour qu’elle vienne avec nous. Y’a rien de mal, c’est pour échanger cette soirée avec elle. Mais si la PM se rendait compte que la frangine de Darren Clive n’existait pas...elle aurait pu être ennuyée. Pas question... »
« Je vous invite à réfléchir au fait qu’elle aurait pu être ennuyée en effet. Je crois que la Princesse Eidolas a déjà vu suffisamment la zone carcérale pour risquer d’y retourner une fois. Je vous demande donc de faire en sorte de ne plus la mettre dans une position délicate, même si je comprends la motivation qui vous a motivé à l’inclure dans votre petite rencontre inter armée dirons-nous. »
Clive aurait voulu lui dire qu’il ne s’y attendait pas. Que si les chefaillons les avaient pas attendu en embuscade avec les éthylotests comme du vulgaire bétail à traiter, tout cela ne serait pas arrivé. Mais c’était réduire la réflexion à son minimum et il pinça des lèvres en regardant ses godasses, comme le gamin qu’il était, risquant de se faire gronder par maman Steele.
« Oui, ça ne se reproduira pas. » Assura-t-il sans vraiment en être sûr. Il prévoyait une entrée par effraction pour clôturer la soirée mais il n’y aurait pas de garde. Les propos de la directrice ne tombaient pas dans l’oreille d’un sourd, si bien qu’il n’était plus bien sûr maintenant.
« Je n’en doute pas, et je vous fais confiance à ce propos. Il y a tellement à voir sans prendre de risques inutiles... », soupira-t-elle avant de lui adresser un sourire. Elle se leva. « Souhaitiez-vous m’entretenir d’autre chose ? », demanda-t-elle par politesse, car son non verbal indiquait clairement qu’ils arrivaient au bout du temps qu’elle consentait à lui donner pour aujourd’hui.
Clive se creusa la tête.
« Non, je pense que c’est tout. »
Il se redressa pour la saluer, l’entretien touchait à sa fin.
« Merci pour vos conseils, Madame. »
« Je vous en prie. Merci de prendre soin de nos invités soldat. », lui répondit Erin en l’accompagnant vers la sortie.

****FIN DE FLASHBACK****


Ca ne se reproduira pas…
Il prenait un gros risque, un si gros risque. Mais ça valait le coup.
Emilia ne finirait pas en cellule pour la simple raison qu’il n’y avait pas de militaire là où ils allaient. Et qu’elle n’avait pas besoin de jouer un rôle. Il suffisait simplement d’être discret. Darren était lancé, c’était trop tard pour faire demi-tour. Il gagna un escalier de service qui donnait dans un couloir, à l’intérieur de ce fameux immeuble, et la mission d’infiltration commença. Surexcité, Clive agrippa la main de la princesse pour l’entrainer à sa suite et passer dans une salle à accès multiple. Il y avait pas mal d’animations, des gens se préparaient et s’habillaient. Mais il ne fallait pas être vu.
Parfois, Clive s’arrêtait soudainement et emportait la jeune femme avec lui pour se planquer dans une pièce. Du mouvement se faisait puis il repartait aussitôt. Il était confiant, ce n’était pas des militaires en face. Simplement des Atlantes en costumes cravates désarmés. Il fallait juste qu’ils ne les voient pas. Emilia le suivait, peu rassurée devant ce cinéma qu’il lui faisait… agir dans l’ombre, se déguiser, cela sortait clairement de ses habitudes. C’était d’autant plus fort qu’elle n’était pas sur sa planète, qu’elle connaissait à peine ce peuple et qu’il lui était très difficile pour ne pas dire impossible d’anticiper les réactions.

Progressivement, Clive gagna les niveaux supérieurs et les gaines d’accès techniques. Il fouilla dans un panneau, une cachette particulière, pour en retirer une sacoche militaire qu’il passa en bandoulière.
« Merci April ! » Dit-il tout en reprenant le chemin. « Allez...là c’est le plus dur maintenant. Toujours avec moi ? »
Il lui fit un sourire rassurant et lui tendit la main.
– Qu’est-ce qui nous attend ? murmura t-elle.
« Mieux que les poissons ! » Souffla-t-il en réponse.

Darren ne lui laissa pas plus de temps. Ils étaient allés trop loin pour rebrousser chemin maintenant. Il cala sa main dans la sienne pour être certain qu’elle le suivrait et que sa position serait toujours proche, une façon qu’elle ne traîne pas et ne se fasse pas découvrir. A force de monter, Clive et la princesse atteignirent un très vaste espace qui donnait l’air d’un gouffre. Elle allait enfin avoir sa réponse. Car si elle regardait en bas, elle verrait les immenses rideaux ouverts d’une salle de théâtre. Des centaines de sièges et de pupitres avec quelques personnes qui terminaient les installations. Le binômes d’aventuriers du soir se trouvaient très haut, à la hauteur des éclairages. Souple comme s’il était en train d’exercer une vraie mission d’infiltration, il courba le dos et entraîna Emilia le long du garde-fou. Un technicien se trouvait là, en train de vérifier le positionnement de l’un des projecteurs. Le militaire se retourna pour regarder son amie et se coller un index sur la bouche, lui intimant le silence. Il l’agrippa de nouveau pour l’orienter, de sorte qu’ils passèrent lentement mais sûrement dans le dos du type pour poursuivre leur chemin.
Le technicien ne vit que du feu. Il se retourna vers sa caisse à outils mais, devant une telle source de lumière, Clive et elle lui fila sous le nez.

Le jeune homme ajusta sa sacoche en bandoulière puis ouvrit la grille d’un garde fou qui donnait accès à une échelle horizontale. Elle partait de leur position en survolant la scène pour se rendre à l’autre bout, au-dessus des gradins, jusqu’à des balcons richement décorés. Surement la place VIP.
Clive espérait que la princesse ne soit pas sujette aux vertiges. Il la fit passer devant lui en silence et lui montra comment procéder. Les barres du garde-fou toujours dans les mains et un pied après l’autre sur chaque barreaux.
« Surtout, regarde pas en bas. Droit devant toi. » Lui conseilla-t-il dans un murmure.
Et il l’invita à avancer. A aller d’un bord à l’autre de ce qu’était ce précipice d’un impressionnant amphithéâtre tout neuf, encore fermé au public. Emilia évoluait avec aisance, sans crainte du vide. Même si elle n’était pas assurée, une vie de chevauchée avec un nifgar lui avait apprit à se défier du vide depuis longtemps. Darren regarda souvent derrière lui pour vérifier que personne ne les avait repéré. Il évolua plus lentement, veillant à ce que ses propres pas ne contribuent pas à un mouvement de balancier sur l’échelle suspendue. Quand la princesse fût pratiquement au bout, Clive émit un petit “pssss” pour attirer son attention et il lui fit signe de s’arrêter.
En-dessous se trouvait le toit des salles de balcons. Il s’agenouilla, prit les barreaux puis se suspendit pour atteindre la surface qu’il testa de son poids. Un grand sourire du type qui réussit son coup, il leva la tête et tendit les bras dans sa direction. Pour qu’elle le rejoigne.
– Les soldats n’ont pas le droit d’assister à des spectacles ? murmura Emilia une fois que le soldat l’eut rejoindre. Elle ne comprenait pas pourquoi ils avaient dû faire tout ce travail de furtivité pour se faufiler jusqu’ici.
« C’est tout neuf. Ca ouvrira la semaine prochaine en grande pompe ! » Répondit-il en approchant d’une trappe.
Il vérifia qu’il n’y avait personne en dessous.
« Ils s'entraînent pour l’inauguration. En attendant, personne n’a le droit d’entrer. »
Clive lui sourit.
« Mais on dirait bien qu’une princesse va en profiter avant l’heure. Viens ! »

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Mar 8 Jan - 23:06
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas


Il sauta à l’intérieur du balcon. Il ne savait plus combien de temps ils leur avait fallu pour réaménager cet endroit pour un orchestre symphonique. Très longtemps, il savait que pas mal de gens attendaient fébrilement l’ouverture. Mais sincèrement, sans l’aide d’April qui lui avait donné quelques infos soutirés d’un musicien pendant ses parties de jambes en l’air, il n’aurait jamais réussi ce coup là.
Le balcon était super sympa, les sièges s’y trouvaient, tout était neuf. Heureux d’avoir réussi, Clive fit un simili de révérence pour lui présenter son siège. Il l’invita à s’installer, lui donnant une vue parfaite sur la scène en contrebas. Plusieurs groupes discutaient, impossible de savoir ce qu’ils se disaient.
« Avec l’éclairage, ils ne nous verront pas ! » Lui assura-t-il en prenant sa place. « Tu m’as dis que tu aimais la musique non ? »
La jeune femme acquiesça et reporta son regard sur la scène et les mouvements des personnes. Elle allait avoir le plaisir de découvrir le genre de musique qu’écoutaient les atlantes lorsqu’ils se rendaient dans des salles de concert.
Il fixa sa montre puis la regarda tout en souriant.
« Pile à l’heure, ça va commencer. »
Et effectivement, un organisateur cria pour annoncer le début de la répétition. Les lumières s’amenuirent doucement comme dans une salle de cinéma puis, répondant à une chorégraphie très strictes, les musiciens sortirent ensemble pour prendre leurs places. Le chef d’orchestre mima son salut comme si la salle était pleine puis se prépara à lancer un concerto de Beethoven.
Cuivre, bois, tous les instruments et les amoureux de la musique, de la cité d’Atlantis, réunis au même endroit. Sur leur trente et un pour répéter leur oeuvre, une symphonie qu’ils livraient au CODIR la semaine prochaine en remerciement de ces longs efforts pour réaffecter cet immeuble, à l’époque en ruine. Clive ne se sentait pas fautif, il était fier de lui offrir cette occasion et de découvrir du Beethoven. Emilia écoutait, sourire aux lèvres. Darren lui offrait un joli cadeau d’au revoir en lui permettant de profiter de ce spectacle.

Quand le concert gagna en intensité, le jeune homme ouvrit la fameuse sacoche et en ressortit une bouteille. Il la déposa au sol et déballa les deux quarts militaire en allu de l’épaisse couche de tissu. Une petite attention d’April qui lui avait préparé le bagage en veillant à ce que ça reste silencieux. C’est dans cette même optique de discrétion que Clive ouvrit la bouteille, le plus silencieusement possible, avant de remplir les deux quarts de cidre.
Il lui en tendit un et lui murmura :
« Ce n’est “presque pas” de l’alcool. »
– “Presque pas ?” demanda t-elle un brin sceptique.
« Désolé princesse, je ne pouvais pas demander à April de nous préparer une boisson pour enfants. » Plaisanta celui-ci en portant son quart à ses lèvres.
Emilia fit la moue.
– Juste une gorgée alors, dit-elle trempant ses lèvres dans le breuvage par politesse. La belle évitait l’alcool comme la peste depuis le jour où une mauvaise cuite lui avait fait perdre le contrôle de ses pouvoirs.

Elle se laissa porter par la musique. Ce n’était pas un genre très habituel pour les gaëlliens mais c’était agréable à écouter. Les terriens comptaient de très bons musiciens dans leurs rangs.

– Mon père était un réfugié étranger. Il est arrivé en Gaëllie sans argent, il n’avait que ses instruments et son talent… en quelques années il a gagné en célébrité et a commencé à se produire auprès des grandes familles. Il s’était fait un nom. C’est comme ça qu’il a rencontré ma mère.
« Une histoire d’amour comme dans mes contes ? Ou plus…”tactique” ? »
– Ils ont eu une liaison et puis c’est devenu sérieux… j’ignore s’il y avait une tour cela dit, dit-elle avec un sourire. Mes grands-parents se sont bien sûr opposé à leur histoire… du coup ma mère l’a épousé.
« Elle est courageuse pour leur avoir tenu tête. Je me demande qui a hérité de ça... » Fit-il faussement perplexe.
Emilia lui répondit par un grand sourire. Elle avait toujours adoré l’histoire de ses parents et la réaction de sa mère adoptive.
- Son peuple la surnomme la Main de Fer tu sais. Elle est du genre têtue. Mais intelligente aussi. Au final elle a quand même hérité de la couronne tout en choisissant son partenaire de vie.
« C’est une force. Enfin, je le vois comme ça. Têtue en public, intelligente, et capable de vivre bien avec l’homme qu’elle a choisi. » Il acquiesça. « Ouais, ça c’est un beau conte à raconter ! Ta mère t’en parlait pour que tu t’endormes le soir ? »
- Mon père en est très fier, s'esclaffa t-elle. Il dit qu’il a hérité de la femme la plus têtue d’Arcadie et qu’il est content que sa musique adoucisse les moeurs. Il est vrai qu’elle n’est pas toujours facile à vivre… c’est une reine, elle est habituée à se faire obéir.
« Et ton père arrive à lui rappeler qu’elle est aussi une femme qui mérite des moments en-dehors de sa couronne, c’est ça ? »
- Oui. Il sait s’y prendre avec elle. Et lui tenir tête aussi.
« Est-ce qu’il la transporte parfois sur son épaule ? » Lâcha-t-il en riant.
Emilia marqua une pause et ouvrit des yeux ronds en comparant la situation de ses parents à la leur. Merde alors...

- Dans l’intimité peut-être ? Hasarda t-elle en imaginant la scène. Sa mère, la puissante reine d’Arcadie, perchée sur l’épaule d’un homme… c’était comique.
Elle reprit doucement son sérieux.
- C’est un autre monde là-bas, très différent de ce à quoi tu es habitué. Est-ce que tu souhaites toujours m’y accompagner ?

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Mar 8 Jan - 23:09
Steven Caldwell
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Soldat Clive


« Bien sûr. »
Il avait eu envie de lui dire que, justement, les moments comme ce transport d’épaule pouvait faire un bien fou à des personnes trop enfermées dans le protocole. Il était persuadé, et cela ne tenait qu’à lui, que les parents d’Emilia avait déjà dû avoir des comportements ou faire certaines choses qui sortaient du moule. Pourquoi ?
Parce qu’ils avaient besoin de vivre. Darren ne regrettait déjà pas son aventure de deux jours avec Emilia. Là, il le regrettait encore moins.
« Je peux te mentir en te disant que ça ne me fait pas peur. »
Il lui sourit.
« Ou te dire que je suis un soldat Atlante, qui compte escorter une amie en sécurité jusqu’à chez elle, en découvrant un monde tout à fait différent. »
Clive leva son verre.
« Les rôles seront inversés, cette fois. Ce sera à toi de faire la maline. »
- Il n’y a pas que du mauvais tu sais… mais les jours qui vont suivre mon retour risquent d’être longs et pénibles pour une escorte étrangère. Je vais avoir quelques milliers de coups de fil à passer et des tonnes de dossiers à lire pour reprendre le contrôle de ce qui m'appartient.
« Je serais là pour toi Emilia. » Fit-il sérieusement. « C’est pas pour s’amuser. Si je dois passer mes journées à te regarder bosser, je ne m’en plaindrai pas...au contraire. Je t’ai promis de t’aider et je ferai ça comme un pro. »

Emilia posa une main sur le bras de son voisin et le considéra avec un air reconnaissant. Son soutien comptait pour elle, c’était rassurant de savoir qu’elle pouvait compter sur un allié ici, au-delà des considérations politiques. Le codir la protégeait mais leur action n’était pas totalement désintéressée.

–Il y aura une réunion demain matin, ouverte aux atlantes avec autorisation du CODIR. J’y exposerai les bases à connaitre au sujet de mon peuple en vue de la prise de contact qui aura lieu peu après. Ce sera l’occasion de te porter volontaire… je n’ai pas eu l’occasion de recroiser ton gouvernement pour leur parler de ta proposition.
« Je viendrai à la réunion. Je demanderai à pouvoir t’accompagner. » Assura Clive. Il se remit à sourire. « Par contre il faudra me briefer. Que je ne me retrouve pas enfermé et jeté en pâture aux Drakonys pour avoir osé parler à sa délicate seigneurie. »
– Oui ce serait gênant, sourit-elle. Que veux-tu savoir ?
« Logiquement, quand on aura passé la Porte, je te traiterai comme la princesse que tu es. Va falloir m’apprendre les courbettes. Pour toi comme pour ta famille, ta cour, ne pas faire un horrible scandale au beau milieu de ton retour. »
Il se resservit un verre et en proposa à Emilia, même s’il savait qu’elle refuserait. Il avait raison.
« Mais. Je voudrais surtout que tu me dises qui va t’entourer. Est-ce qu’il y aura des personnes potentiellement dangereuse ou pas. »
– Je vais aborder toutes ces choses demain mais je peux te faire un premier point ce soir… Pour commencer, le vouvoiement sera de mise, toujours. En public du moins, dans la sphère privée c’est une autre histoire.
« Vous verrez que je peux y arriver votre...altesse ? »
La jeune femme aquiesça avec un sourire.
– Oui c’est très bien, “votre altesse” ou “ma dame” pour t’adresser à moi. Pour les monarques : “Majesté”, “ma dame”, “Excellence” ou “Concilière”. Si tu veux te montrer familier mais polie envers moi, le prénom assortie de la particule “Zeïn”.
« Emilia Zeïn. Si jamais je te parle en privé mais qu’on risque d’être entendu ? Ca évite la casse ? »
– Oui tout à fait. Tu croiseras trois types d’individus si je puis dire : les tarkis, les shayens et les zeïns. Les tarkis c’est le peuple, les shayens sont les nobles, les zeïns sont les nobles appartenant aux familles royales. Tu peux identifier le rang d’une personne à son nom. Par exemple… Darren Clive, c’est un nom de tarki. Darren shay’ Clive, c’est un nom de noble, il y a une particule. Et Darren zeïn Clive… et bien cela voudrait dire que tu appartiens à une 8ème famille royale inconnue au bataillon, plaisanta Emilia.
« Je montrais un orchestre des meilleurs musiciens de la Gaëllie pour gagner le coeur de la princesse Emilia Zeïn’Eidolas » Fit-il par surenchère.
Elle lui jeta un étrange regard en se demandant jusqu’à quel point il était sérieux.
Mais il avait bien compris la leçon.
« Tarkis : peuple. Shayens, c’est ceux que tu voulais me présenter. Les nobles. Et Zeïn, comme mon amie, la famille royale. » Il acquiesça. « Je m’attends à être traité comme un indésirable. Je serais sous les ordres de tout le monde ou que de toi ? »
– Tu seras mon invité, pas un domestique. Les nobles te prendront certainement de haut, c’est vrai, mais tu n’auras pas à te plier à leurs caprices. Enfin… je te déconseille de contrarier ma mère bien sûr…
« Je me tiendrais, t’as pas à t’en faire. » Promis-il.
Surtout qu’il en savait un peu plus sur la reine maintenant. Qu’il s’agisse des liens avec Atlantis que de la relation qu’aurait Emilia en retrouvant sa mère, il n’avait pas l’intention de briller par son manque de tact. Il ne serait pas dans son élément, la diplomatie et les bonnes manières n’était pas son délire. Mais Clive avait confiance en son discernement. Une fois là-bas, il saurait faire attention. Et puis il avait l’habitude de se faire rabaisser du fait de ses classes militaires. Ce n’était pas un jeu de politique et de hautes-sphères qui lui ferait perdre patience.
« Je me posais une question. Mais je voudrai pas te brusquer... »
Il la regarda en se disant qu’il ne fallait pas aller trop loin et tracer des plans sur la comète. Mais ça l’aiderait à se préparer.
« Tu pourrais porter quelque chose qui me permettrait de te retrouver si nous étions séparé ? »
– Un système de géolocalisation ?
« Trop évolué, j’imagine que les tiens s’en rendront compte très vite. Je pensais plus à un marqueur, qui émet un signal, que je pourrai suivre pour te retrouver. »
Il marqua un silence.
« Il nous faudrait un système si jamais le type qui a placé un contrat sur toi est plus proche que tu ne le pensais. »
Emilia réfléchit quelques instants. La perspective d’être tracée ne lui plaisait qu’à moitié mais si cela pouvait aider son garde du corps à la protéger cela méritait réflexion.
– C’est envisageable.
« Je te forcerai pas. » Ajouta rapidement Clive. « Ca ne fait pas plaisir de se faire tracer, je comprendrai. »
– Tant que je peux retirer l’objet quand bon me semble… j’ai donné avec les traceurs sous-cutanés.
Clive eut un petit sourire compatissant. Ce fut à son tour de lui poser une main sur l’épaule pour la masser doucement. Il savait que ce genre de drame resterait même avec ces beaux moments pour compenser. Le sentiment devait être horrible lorsque l’on se savait pourchassé et suivi par un émetteur implanté dans son propre corps. La détresse, le sentiment d’injustice. Celui de devoir toujours être sur ses gardes avec l’idée qu’il y aura fatalement une fin. Un Wraith. Qui viendra finir le travail après tant de résistance.
« On ne fait pas encore dans la traite d’humains. Je pensais à un simple bracelet émetteur. Un clip et hop ! Envolé ! »
Emilia hocha la tête de bas en haut. Elle détestait la pitié qu’elle captait chez son interlocuteur aussi décida t-elle de changer rapidement de sujet.
– Demain, je prendrai contact avec la commandante en charge de la sécurité des Portes. Tu pourras facilement l’identifier à la couleur de ses yeux très particulière…
« Des Portes ? Vous avez plusieurs bases ? »
– C’est une information que je ne suis pas habilité à partager, répondit-elle en se giflant mentalement pour son erreur. Sa langue avait fourché.
« C’est une information que tu n’as pas à partager avec un péquenot d’Atlante plutôt ! » Rectifia-t-il en s’esclaffant. « Je comprends. Cette commandante doit avoir un travail important. Et elle doit être digne de confiance. Sans parler de secrets, tu veux bien me dire si tu étais dans l’un de ces terrains quand tu as été attaqué ? »
Ce n’était pas une histoire de “pequenot” mais de sureté nationale. Tant qu’ils n’étaient pas alliés, elle se devait de limiter les informations qui pouvaient remonter jusqu’aux oreilles du gouvernement atlantes. Cela dit, Darren parut comprendre sans qu’elle ait à se justifier.

– Non, nous étions en exploration pour étudier des ruines lantiennes.
« Tu accepterais de me dire ce qu’il s’est passé ? » Hasarda le militaire.
Emilia était sortie des endroits sécurisés, c’était effectivement un bon moment pour l’attaquer et vouloir sa mort. Mais il se demandait encore comment ça s’était produit. Il voyait mal quelqu’un comme Emilia partir en exploration avec des personnes indignes de sa confiance...
– Le jour nous étudions les ruines, les nuits nous dormions au village. Les autochtones étaient peu évolués sur le plan technologique mais sympathiques, nous leur avions offert un dédommagement conséquent pour qu’ils nous accueillent dans de bonnes conditions. Une nuit, je me suis réveillée avec le sentiment que quelque chose clochait. J’ai attrapé un couteau et je suis allée me cacher derrière la porte de ma cabane… un homme est rentré silencieusement, j’ai compris qu’il ne venait pas pour me conter fleurette. J’ai frappé dans son dos.
Clive l’écoutait avec intensité, il essayait d’être avec elle dans cette pièce. Il voulait comprendre...

– Dehors, le garde-du-corps qui surveillait ma porte était mort, égorgé.
« Ton garde devait être doué non ? Je veux dire qu’il fallait un professionnel pour qu’il se fasse avoir comme ça. Le type qui est entré dans ta chambre, est-ce qu’il t’a semblé à l’aise dans son approche ? Il respirait tranquillement ? Il donnait l’air de savoir ce qu’il faisait ? »
– Oui, je suis entourée par des personnes compétentes… l’assassin était discret, il maîtrisait son art. J’ai réussi à identifier un tatouage sur son bras avant que les darts ne frappent. Peu de gens se rappellent à quoi il correspond… c’est un symbole d’un autre temps.
« Un symbole Gaëllien ? Ou des Anciens qui vous ont rejoint dans des temps reculés ? » Demanda-t-il en tâtonnant.
– Oh non, rien à voir avec les Anciens. Une organisation illégale, une sorte de guilde d’assassins. La Marche était puissante jadis mais elle était supposé avoir décliné avec la fin de la guerre quand elle a été interdite. C’était il a près d’un siècle.
« Et comme ça on ne peut pas remonter au client... » Déduisit Clive. « Dis, ça va te paraitre stupide comme question. Mais qu’est ce que ça rapporte aux six autres familles de te voir mourir ? Ta mère n’aura plus d’héritière. A qui ça peut profiter ? »
– Les mobiles ne manquent pas. Dans ma propre famille, certains peuvent convoiter ma place ou préférer que mon frère hérite de la couronne. Il est jeune, plus influençable. Les groupuscules religieux peuvent me prendre pour cible car je représente un symbole fort. Je suis également bien implantée dans certains marchés économiques, se débarrasser de moi faciliterait le développement de certains… ça ouvre beaucoup de possibilités.
Darren n’avait pas en vue toute cette partie de la vie d’Emilia. Elle n’était pas princesse juste pour le titre, elle était effectivement à la tête d’un empire à multiple facette.
« C’était ta première exploration ? »
– Non, il m’arrive de rejoindre les chercheurs de temps à autre quand je m’intéresse à l’objet d’étude.
Le militaire n’alla pas plus loin dans ses questions. Il se forçait à rester à sa place, ce n’était pas un enquêteur de police, même ça lui aurait plu de retrouver le tordu qui avait placé un contrat sur la tête d’Emilia. En son for intérieur, il se demandait s’il n’y avait pas eu un élément déclencheur. Les excuses pour la supprimer ne manquaient pas et elle s’éloignait déjà de sa sécurité. Alors pourquoi maintenant et pas plus tôt. Qu’est-ce qui avait changé pour que ces illustres inconnus se décident à franchir le pas ?
Tout cela le rendait perplexe. Ce qui était sûr, selon lui, c’est que si c’était raison était particulière et plus importantes que les excuses de pouvoirs, d’ambitions et de pognons, alors la princesse allait encore avoir quelques sueurs même en revenant chez elle. Logiquement, la voir revenir allait remuer et mettre un bon coup de pieds dans la fourmilière.
« Aussi longtemps que je te servirai de garde du corps, je ferai en sorte que tu puisses dormir sur tes deux oreilles. » Lui confia-t-il sincèrement. Il laissa quelques secondes s’écouler avant qu’une petite lumière se fasse dans son esprit. « Tu vas essayer de les retrouver, c’est ça ? »
– Je vais les démolir, répondit-elle.
C’était ambitieux, prétentieux même, mais elle comptait bien rendre la monnaie de leur pièce à ces enfoirés.
– La Marche est réputée pour aller au bout de ses contrats. Je dois trouver le ou les commanditaires pour tout arrêter.
« Hm...je sens comme une volonté d’entêtée pour aller jusqu’au bout... » Il secoua la tête, touché par son audace. « Ouais. ON va les démolir ! » Ajouta Clive en souriant. De l’aide ne lui serait pas de trop, il en était sûr.
– Ton gouvernement te laissera rester, quoi, quelques jours ? Je doute que l’enquête avance beaucoup mais j’apprécie ton soutien.
Il eut cette petite aigreur de celui qui ne veut pas reconnaître cette vérité. Sûr que le CODIR ne le laisserait pas rester plus longtemps, sauf s’il y a quelque chose à la clé. Et même s’il lui proposait qu’elle l’appelle quand il serait l’heure de foncer dans le tas, chose que le D4 serait des plus enthousiastes, Emilia possédait ses propres troupes.
« Qui sait... » Ironisa-t-il pour s’amuser. « Peut-être qu’un Atlante complétement ignorant pourrait boucler la recherche en quelques jours... »
Le sérieux revint. Là, en bas, le concert était en train de se terminer. Ca se voyait avec les quelques musiciens qui commençaient à quitter la scène.
« Tu es très courageuse, j’admire ça... »

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