Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
http://www.atlantisinsurrection.com/t387-personnages-vacants


Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)
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RPG sur Stargate Atlantis
 

Lun 28 Jan - 20:47
Isia Taylor Laurence
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Taxis Jumper
feat Nelly Bricks // 28/01/2019
On a beau aimer son métier, mais parfois il y a des obligations, qui sonne comme une torture aux oreilles de certain. Et pour le cas, d’Isia était de faire la tournée sur le continent. Encore s’était sympa de se rendre auprès des Natus, qui étaient resté sur cette partie alloué, mais pour les Athosiens… en toute franchise, Isia avait bien envie qu’ils se démerde avec les maladies hivernales ! Aller les vacciner était une corvée qu’elle aurait bien refilé à Dale par exemple, où au nouveau chirurgien Mark, qui semblait aimé autant les hommes qu’elle, le Nutella c’est dire ! Enfin, elle avait tenté, mais mister arc en ciel était en opération et quant à Dale… bah Dale s’était blessé comme un glandue. Enfin, non, elle ne devait pas dire ça, mais son beau chirurgien neurologue était partie en mission et comme il avait deux pieds gauches, il s’était pris une flèche dans l’épaule par des indigènes accueillant comme tout. Cela lui rappela sans hésitation Ovidae, comme quoi, il en avait partout des sales indiens cul nu tireurs de flèches ! Bref, elle se retrouvait donc seule à assurer cette difficile tâche ! Et quant à Carson, il lui était poussé une soudaine affirmation, depuis qu’il était courtisé avec insistance par deux nanas. Enfin bon, il était surtout en repos et Isia ne pouvait pas toujours abuser…

En voyant Katy, sa fidèle infirmière en cheffe, elle hésita une nouvelle fois à l’envoyé seule, faire les vaccinations, au moins chez les idiots du village et elle, irait s’amuser avec Yin. Mais non, Katy avait une sale tête, la tête qu’on les personnes, quand on n’a pas fermé l’oeil de la nuit avec le bonus mouchoir et migraine. En gros, Katy était venue lui apporter son arrêt maladie, elle avait chopé une gastro pégasienne. Décidément… tout le monde a quelque chose, mais c’est les joies du temps moins chaud ! Les gens sont toujours faibles en hiver et c’est bien pour cela qu’elle s’enfilait des litres de jus d’orange pressé le matin ! Bon… bon voilà bravo, elle n’était pas d’humeur ! Si c’est ainsi, elle irait seule, comme ça, elle n’aura personne pour lui dire “non il ne faut pas dire ça à une mourante… ou non, il ne faut pas dire que la guérisseuse Athosienne est la dernière des idiotes et qu’elle aurait dû être bouffé par un Wraith car au moins elle aurait servi à quelqu’un…” Oui ce genre de chose. Bref.

La belle blonde incendiaire, jeta un dernier regard au panier vide de Kalash, ce putain de chien lui manquait atrocement etsi son imbécile de maître n’avait pas jouer au petit soldat rebel, il serait encore là ! Bon, elle devait se calmer. Un peu de bonne humeur ne lui ferait pas de mal ! Rien n’allait ! Et … OH joie ! La dernière équipe de bleusaille de Calahan fraîchement arrivé du Dédale venait de rentrer et vu leur tronche, ils avaient vu le cul de satan en 3D !!
Défoncé Calahan avant de partir lui ferait le plus grand bien, même s’il la traite encore de la plus grande gorge profonde de toute la cité ! Enfin dans les faits il était quand même plus élégant, il avait cette qualité le père fouettard ! il savait dire des choses sans être vulgaire du genre “qu’elle était la petite vertue la plus exemplaire”. Une belle manière de parler. Qu’importe ! Qu’on lui file un scalpel !

Elle devait se calmer… mais vu la tête des pauvres bougres, elle espérait que Calahan montre son bout de nez pour qu’elle lui fasse un contrôle de la prostate !


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Lun 28 Jan - 20:55
Nelly Bricks
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Taxis Jumper
feat Nelly Bricks // 28/01/2019
Cette fois c’était le grand jour !
Nelly faisait le forcing depuis des semaines pour être sur la liste des pilotes. Ces places très chères et prisées pour faire le taxi personnel de quelques personnalités importantes et très utiles. Depuis longtemps, la petite espagnole cherchait à tomber pile sur le service de déplacement médical. Elle ne savait pas vraiment si une consigne circulait pour l’écarter. Son attachement pour le docteur Taylor Laurence était bien connu, de même que ses multiples infractions à l’infirmerie pour lui faire des farces ou témoigner de son sentimentalisme.

Le seul problème, c’est que ça la décrédibilisait énormément.
Logique quelque part. On ne donnerait pas un jumper et un pilote à un médecin en tournée si celui-ci ne songeait pas boulot. Or, Nelly était prête à tout pour passer ce moment avec Isia. Elle était très enthousiaste à la voir bosser, et...et pourquoi pas l’assister d’ailleurs ?!?

Cela faisait des semaines. Peut-être même plus. Un projet qui ne semblait pas voir le jour au point qu’elle avait fini par l’oublier. D’ailleurs, elle ne pensait pas croiser Isia avant un sacré moment. Nelly s’était trouvée affectée à un transport personnel de médecin mais, sur le moment, elle ne s’attendait pas du tout à ce que ce soit elle.
Jusqu’à ce qu’on lui annonce.

Le superviseur des transports, le chef de Nelly en quelque sorte, lui avait fait comprendre qu’elle avait intérêt d’être pro. Mais vu ses élans de joie et le fait qu’elle avait niché la tête du gradé sur sa poitrine pour lui faire un gros câlin (sans vraiment se rendre compte de ce que c’était pour cet homme), ce n’était pas vraiment gagné.

Bricks était heureuse, véritablement heureuse. Elle ne voulait pas foirer cette mission, ce moment qu’elle passerait avec la toubib qu’elle appréciait tant. Elle prépara ses affaires et monta quelques projets avec plus de passion et de minutie. Elle nettoya son jumper de fond en comble, y vérifia tout son matériel, dissimula ses propres sacs contenant quelques surprises. Puis après avoir décidé de laisser sa vahiné à tête d’Isia en évidence sur son tableau de bord, la jeune femme patienta. Elle tourna comme un lion en cage, vérifia sa montre une fois, deux fois, trois fois…


Puis elle eut une idée. Pas forcément une belle idée. Ni une mauvaise. Mais une idée !!!
Nelly fit le tour de son jumper, allant vers son nez pour s’en servir d’appui, puis elle grimpa dessus. La jeune femme atteignit le toit sur lequel elle rampa pour ne pas être visible depuis les accès. Et elle patienta alors, là, en guettant l’entrée en se malmenant la lèvre inférieure. Isia allait trouver un jumper vide, sans pilote, et si elle était assez douée : Nelly viendrait sur ses arrières en mode ninja.

SURPRISE !!!
Ça c’était de l’idée !


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Dim 10 Fév - 12:48
Isia Taylor Laurence
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Taxis Jumper
feat Nelly Bricks // 28/01/2019
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Bon, Calahan n’accompagnait pas sa troupe de vaillant soldats. Dommage, elle ne pouvait pas faire passer sa frustration, sa colère et toute sorte de chose qu’elle avait envie de passer sur sa jolie petite tête de pervers ! Et puis, elle devait faire sa corvée du jour. Et ce n’était pas de gaité de coeur, qu’elle prit son sac médicale, le vérifiant pour la seconde fois… Finalement, elle ajouta un peu plus de vaccin contre la grippe que prévu, pourquoi ? Car généralement, il avait toujours, l’un de ces affreux mômes Athosiens qui mettaient leur vilaines mains là où ils ne devraient pas et il lui manquait toujours quelque chose après. Bien entendu, elle avait été tenté de demander aux démineurs et autres experts en explosifs et piège, de lui faire une trappe ou une sorte de piège à loup, pour môme avec supplément explosion. mais bizarrement, on l’avait regardé bizarrement avant de rire pensant qu’elle rigolait. Oui, elle était cynique, mais n'empêche que ça serait une bonne idée… Non ça serait con, mais ça fait du bien d’y penser.

Enfin, bon, elle partit enfilé son uniforme d'intervention, noir aux bandes jaunes, prenant un pull jaune… le poussin du jour ce nomme Isia… Et la veste chaude qui allait avec. Elle n’aimait pas plus cet uniforme, mais, elle devait reconnaître, qu’elle n’avait aucun scrupule à le salir. C’est ainsi, qu’elle se rendit avec le sac à dos bien lourd vers la baie des jumpers… Autrement dit la station de “Taxi jumper”. Elle espérait qu’elle allait avoir un pilote sympa et pas gonflant, mais elle n’avait jamais rencontré de pilote gonflant au final. Que ça soit Banks, Farawella, Lorne, Sheppard, Ford ou Bricks, tous étaient sympa. Bon certain plus ou moins collant ou lourd… Bref, à croire que pour être pilote faut être gentil. Et pour une fois, elle n’avait pas de nounou grise, donc elle était contente d’être en petit comité. Et un pilote n’irait pas lui faire de morale donc elle était aussi libre qu’un colibri dans un champs de fleur.

En arrivant devant le jumper, il n’avait personne devant… bon le pilote était surement à l’intérieur en train de faire ses réglages ou une partie de démineur !
Cependant, en pénétrant dans l’habitacle, il n’avait personne… le jumper était tout bonnement vide. *C’est quoi ce bordel encore ?*
Peut-être que le pilote était partie aux toilettes ? Cela est humain après tout, surprenant car c’est bien la première fois, qu’elle a un pilote non présent quand elle arrive… La doctoresse fouilla du regard, en quête d’indice sur où était passé son coéquipier du jour… quand une petite vahiné au déhanché d’enfer attira son attention… cela l’aurait fait rire ou même elle en aurait eut rien a faire, si cette petite figurine, n’avait pas comme tronche sa propre photo. Surprise, elle déposa son sac sur le siège du co-pilote et prit la statuette, pour l’observer… Elle avait écopé de l’amoureux fana ? Cela la fit sourire quand même, trouvant ça à la fois flippant et marrant.

« CALINNNNNNNN !!!! » S’écria une voix dans son dos.
Nelly se colla contre le dos d’Isia et la ceintura. Et lui piégea les bras, joignant ses mains au niveau de son nombril, alors qu’elle posait sa joue entre les omoplates de la belle.
« Tu as les cheveux qui sentent bons ! »

Isia sursauta manquant de lâcher la statuette. Nelly… Nelly venait de lui foutre la peur de sa vie en se précipitant comme une enfant. Oui, comme d'habitude soyons clair ! Elle esquissa un petite rire nerveux et plutôt contente au final. Il n’y avait pas de mec fan d’elle dans ce jumper, juste une petite soldate un peu trop éprise.
« Tu m‘as foutue une frousse d’enfer ! » Dit-elle se laissant faire, elle savait que quand Nelly décidait de faire un câlin et qu’elle était déjà accroché à vous, il était impossible de la faire lâcher, pire qu’une moule sur un rocher en pleine tempête ! Et puis, cela ne la dérangeait pas à cet instant, elle avait besoin d‘un peu de bonne humeur et qui était la mieux placée pour ça ? Le réponse était dans son dos !
« J’en conclue que la vahinée t’appartient ? Tu as la même avec Pedge dessus ? » Elle leva sa main pour lui montrer.

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Nelly nicha un peu plus profondément son visage contre le dos de son amie, appréciant l’étreinte. Maintenant que les infirmières lui faisaient la guerre pour l’empêcher de venir voir Isia, cela faisait un bon moment qu’elle n’avait pas pu la prendre dans ses bras. Sous le masque de la gaieté, le plaisir, le fait qu’elle lui avait manqué. Le fait qu’elle n’avait pas pu lui parler de son accident avec le morphéa, pouvoir en discuter entre victimes. Mais n’y pensons pas, profitons.
« Si ! Tu m’as manqué, Papa !!! Je voulais en faire une comme mi Pedgy mais, elle, elle rigolera pas. Elle boudera ! Donc j’ose pas. »
Elle détacha sa tête de ses omoplates pour regarder la vahiné et son super déhanché.
« En plus, elle est pas aussi souple du bassin ! »
Un peu à contrecoeur, Nelly cessa son étreinte et laissa Isia se retourner. Elle la trouvait bien, plutôt en forme. C’était vraiment super de la revoir, elle était vraiment heureuse et presque émotive.
« Je te la donne si tu veux ! Ce sera ton colibri à toi, d’accord ? »

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Isia eut un rire, il n’y avait pas plus sincère et franc amour que celui de Nelly, elle avait du mal à se dire qu’elle était censée être adulte, dans sa tête Isia la voyait comme une gamine. une des rares gamine avec qui elle avait put se lier. Depuis son accident avec le morphéa, elle savourait un peu plus la douceur et la tendresse des autres se rendant sûrement compte qu’elle en avait besoin comme tout humain. Et son coeur avait saigné et elle souffrait encore du départ du dernier des connards. Mais c'était son ami. Alors, elle savourait.
« Tu prendras un totem haïtien cela ira bien. » Cela la fit penser à un animée qu’elle avait vu il y a longtemps, sur une vahinée et un petite totem, c’était une animation de huits minutes,mais très douce et amusante.
« Non, ça ferait égocentrique de m’avoir sur mon bureau. J’ai un miroir déjà. » dit-elle par humour, et autant que Nelly la garde, c’est une manière d’être ensemble au final et Isia y trouva certe un truc un peu étrange voir même gênant d’avoir un objet avec sa trogne dessus, mais à la fois cela était touchant. Il y avait bien que Nelly qui arrivait à lui faire dire que ce genre de niaiserie était “sympa”.

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La petite espagnole donnait l’air de “boire” les paroles d’Isia tant elle était heureuse. Le regard pétillant, un éternel sourire extensible, les mains croisées et malmenées de celle qui se fait violence pour ne pas courir dans tous les sens. Bref, Nelly était contente et ça se voyait. Elle récupéra la vahiné pour la recoller sur son tableau de bord en sautillant, comme une hyper active, avant de s’installer sur le siège pilote. A ce moment, tout l’habitacle s’alluma et un plan de vol s’afficha. Le démarrage standard en somme.

« Promesa, je ne ferais pas de bétises. Mais je suis contente, si contente. Je voulais bien aller te voir mais les gargouilles ne voulaient plus me laisser passer. Alors je commençais à déprimer moi, tu sais, je me voyais même t’envoyer une lettre sérieuse. »
Elle la fixa d’un air navré.
« Une lettre SÉRIEUSE !!!! Tu imagines ?!? Alors quand j’ai su que j’étais avec toi...même le loto, j’en voudrai pas. Je suis avec MI ISIA !!!! »

Nelly se fit violence pour cesser de parler. Elle haussa des épaules avant de reprendre d’un air très attendrie :
« Como estas Isia a mi ?»

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Isia trouvait toujours ça fascinant de voir l’appareil réagir simplement, alors qu'aucun bouton n’avait été pressé. La belle blonde, retira son sac pour le mettre sur le siège en arrière et prendre place sur son assise copilote. Elle aimait bien les vols en jumper surtout les paysage vu d’en haut avec le grand panorama du pare prise XXL. Elle tourna la tête vers Nelly, les gargouilles ? Hum, elle devait sûrement parler de Katty, elle n’était pas au courant que la petite infirmière ait prit ce genre d’initiative, mais cela ne la surprenait pas, Katty était ainsi, toujours dans la prévention et elle devait eu en avoir marre de réparer ou nettoyer les passages de Nelly. Et cela expliquait surement pourquoi isia n’avait pas vu Nelly depuis un moment dans son bureau. Elle avait mit cela sur leur manque de temps et surtout sur les traumatismes légitimes de mai. Enfin il en avait eu des choses depuis quelques mois et la fin d’année n’était jamais paisible.

Isia ne retient pas son rire, une lettre sérieuse ? Ce mot n’existait pas dans la vocabulaire de l’espagnol, bon dans un sens,elle ne l’avait jamais vu sérieuse Nelly, enfin si une fois, mais cela était quand même rare.
« Dommage, j’aurais bien aimé voir ce que ça donne une lettre sans rose ni paillette. » dit-elle taquine. « Je suis énervé mais ça va là. Franchement Nelly, on va faire des trucs chiants, vacciner des Athosiens ! Pff quelle plaie ! J’ai essayé de refiler ça à quelqu'un d'autre mais personne n’est dispo… et puis le pompom… THE pompom sans la cerise et sans gâteau, c’est le dernier arrivage de soldats détruit par l’autre ordure de Calahan. J’aurais tellement aimé qu’il pointe son museau de furet ! Histoire de lui faire la révision grand luxe senior ! » Oui, quand elle est agacée, Isia parle d’un coup et elle se lache, bon généralement, elle ne mâche pas ses mots, mais là sur le coup, elle assommait direct Nelly de tout cela.


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Lun 11 Fév - 16:07
Nelly Bricks
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Taxis Jumper
feat Nelly Bricks // 28/01/2019
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Intérieurement, Nelly nota.
Elle avait envie de faire plaisir à Isia et de passer un bon moment avec elle. Selon sa propre règle, Nelly était une professionnelle sérieuse quand elle était en mission. Les gamineries et la déconnade restaient confinés à Atlantis, comme un terrain de jeu, ou bien la chasse à l’attention des autres. Du coup, le docteur allait très rapidement voir quel comportement elle avait pendant le vol.
Mais mis à part tout ça, Isia venait de lui donner une idée assez sympa. Nelly la rangea dans une petite case de son esprit. Elle écouta docilement son amie, appréciant l’intonation de sa voix, sa façon de se confier. Elle adorait par dessus tout ce petit coté sadique et mesquin dans l’envie de sévir, la façon dont ça se ferait. Après tout, au début de leur rencontre, Isia avait été à deux doigts de la sédater. Elle l’avait prise pour une folle.
Un petit sourire muet dessinait les lèvres de Nelly jusqu’à ce que le sujet porte sur Calahan. Là, sa belle expression tendre et appréciable s’effondra littéralement à la mention de ce nom.

Comme une réaction instinctive de préservation, la petite hispanique fuya le regard de son amie pour regarder son plan de vol. Une fausse excuse pour éviter de lui montrer le malaise qui la prenait soudainement. Peut-être qu’elle ne verrait pas non plus qu’elle frissonnait. En punition de sa dernière farce à l’infirmerie, elle avait passé trois heures avec ce fou furieux. Les trois heures les plus horribles qu’elle eut à passer sous le contrôle d’un officier.

« Tu ne devrais pas t’approcher. » fit-elle sérieusement en baissant les yeux. « Cet homme, es el diablo. Vraiment. Il m’a fait du mal, il sait comment toucher dans le coeur, casser ce qui te tient le plus. Il te fera du mal si tu t’approches trop... »

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Isia était expressive, c’est bien une chose qu’on ne pouvait lui reprocher. Et ainsi, elle parlait aussi avec ses mains et la mention de Calahan avait été accentué avec un poing fermé comme si elle l’étranglait. Oui, la passion toujours et encore. Son regard azuré s’était porté sur Nelly qui avait au début de son discours un visage très avenant et joyeux, mais le mot terrifiant de Calahan l’avait éteinte. C’est quand même dingue que ce mec arrive à filer des palpitations de peur à tout le monde, rien qu’avec son patronyme ! Genre comme Voldemort ! Bientôt on ne pourra plus dire Calahan sans que quelqu’un vous reprenne en disant « on ne doit pas dire son nom ».
Isia tirait une moue désapprobatrice et elle s’énerva intérieurement encore plus contre l’officier, qui avait dû se régaler avec la guimauve qu’était Nelly ! Tss quel connard. Elle le voyait bien avec son rictus suffisant, tourner autour d’elle comme un vautour qui attend que le buffle rende son dernier souffle, lui filant des coup de bec pour s’assurer qu’elle périsse que plus vite. Cette image, lui donnait des envies de violence intérieure et elle se fit un malin plaisir à imaginer une conséquence pour calmer sa bouffé de colère. Tss Nelly quoi ! C’était facile de s'attaquer à quelqu’un d'aussi gentil et émotif ! Mais Isia nota qu’elle semblait avoir encore plus peur de lui que du grand méchant Caldwell.
« Je l’ai menacé de le castrer déjà. Je n’ai pas peur de cette enflure en herbe. » dit-elle farouchement.
« Le castrer ? » Avait-elle répété de façon dubitative.
Elle leva le regard, plongée dans une simulation où Isia aurait mis sa menace à exécution. La blonde aurait ses si beaux cheveux tâchés de sang, des traces de ses propres doigts sur sa joue et son front. Les dents serrés, le regard dur et professionnel, les mains serraient en plein travail dans l’entrejambe d’un capitaine inerte.
« Ahhhh... » fit-elle en frissonnant. « Dark Isia, elle fait peur ! »
« Oui, le castrer, je suis comme ça moi ! J’aime le bowling ! » dit-elle d’un petit air grognard frôlant le rire, puisqu’elle se contenait de pas exploser tellement sa blague était nulle. Finalement, elle rigola à la mention du dark Isia, cela lui allait bien !
« Je suis après tout ton père Nelly ! » dit-elle en mettant une main sur son poing et en soufflant fort, pour imiter le célèbre grand méchant d’une trilogie SF qui avait marqué toute une génération.
« Je suis contente de ne pas être un garçon….quand je fâche papa, je risque juste la piqûre ! » Isia ricana de plus belle avant de se racler la gorge avant de dire d’un ton sérieux : « Tu veux en parler colibri ? » demanda t’elle, après tout Isia était réputé pour son manque de cœur, mais avec ses amies, elle n’était jamais en panne de ce genre d’attention.

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La jeune femme prit une plaquette sur lequel se trouvait son ordre de service et la liste des positions géographique à rejoindre pour la tournée d’Isia. Une façon d’essayer de fuir la conversation car le souvenir était vraiment douloureux. Pas traumatisant. Mais douloureux. Elle fit mine d’ignorer le reste de sa question mais avec le silence gênant qui s’était installé, Nelly finit par abdiquer. Elle tapota sa liste sur les tuiles puis fixa Isia. La doctoresse la regardait toujours, en amie, sérieuse. Elle lui avait vraiment manqué.
« Ben...il aime bien humilier, tu sais. Il m’a dit des horreurs, comme si j’étais très incompétente. Il m’a fait manger les cocottes en papier que j’avais fait pour toi. Et puis...il m’a mis debout sur une table...et il m’a dit pleins de mensonges...que tu me détestais...que Môman me virerait. Il n’arrêtait pas de me tourner autour et...il m’a jeté des choses. »

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Isia marqua un temps d’arrêt écoutant Nelly. C’est quoi ce mec sérieux ? Il faudrait le filmer et avoir des preuves car ça se nomme du harcèlement ça ! Et le harcèlement est punissable, même aux Etats-Unis ! Après, elle ne devait pas oublier qu’ils étaient militaires et généralement à l’armée, ils ne vivent pas que des choses sympas. C’est plutôt l’inverse. Mais bon Isia réagissait en tant que civile elle se fichait de l’armée et de son besoin de remettre dans les rangs les gens à coup de bâton dans le foie ! Et puis lui faire manger des cocottes en papier ! Il avait pensé à l’occlusion intestinale ? Non, il ne pensait pas à ce genre de chose ce brave homme. Bon, là, elle abusait ce n’était pas si courant les occlusions chez les humains, mais bon… mais bon quand même ! Et lui dire des mensonges de ce genre, le mec était bien renseigné et il devait assouvir ses besoins sadique. Elle garda un visage calme, même si au fond d’elle, il y avait encore des envies de meurtres. Un jour cela allait arriver une disparition en mer, ou en mission… enfin il devait pas beaucoup bouger son cul sur le terrain lui. Bref, elle gardait une contenance, même si son regard bleu était voilé de colère par moment. Une colère froide.

« Il t’a jeté quoi ? » Elle se retenu de dire “son humanité”, “sa dignité” … mais cela aurait été profondément cynique et elle n’avait pas à offrir ça à Nelly qui était émotive.

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Elle ne répondit pas sur le moment, le regard rivé au travers de son cockpit, comme si elle pilotait son jumper. Mais il n’y avait strictement rien à voir à par un plan de vol qui ne bougeait pas. Il y avait un combat intérieur qui se disputait en elle. Le fait de ne pas montrer de faiblesse, étant militaire, et copilote. Nelly en avait eu des moments durs. Mais ce type savait jouer, il était bien renseigné. Il savait où attaquer, ce n’était pas par hasard que Nelly le considérait comme un diable.
Peut-être que dans d’autres circonstances, la petite hispanique aurait supporté comme tout militaire se doit. Mais là, seule avec Isia, avec ce regard froid mais pourtant amical. Son “Papa” comme elle s’aimait à le dire, les défenses s’égrenaient.
Nelly expira en essayant d’être discrète mais le tremblement qui l’avait empreint montrait à quel point elle était fébrile. C’était horrible d’avoir une telle envie de pleurer et de lutter de toutes ses forces pour que ça reste dedans.
« Main froide... ».
Deux mots, elle n’avait pu articuler que ça. Si elle donnait plus, elle aurait fondu en larmes. Parce qu’on ne se remet jamais vraiment d’être ligoté au pilori devant un peuple qui veut votre mort. Qui vous croit possédée et qui vous mets à nu, vous traîne à la laisse comme un vulgaire chien. Et surtout...surtout...tout ce qu’ils lui avaient envoyés à la figure. Toute cette haine et ce mépris.

Calahan était bien renseigné.
Il lui avait jeté quelques légumes, de la terre, des éléments qui lui rappeleraient ce qu’elle avait vécu l’an dernier. Ce que Nelly pensait enterré lui était revenu en pleine face. Sauf qu’au lieu de n’être que l’unique victime, Calahan avait cumulé ça avec des contrevérités. Il était étonnant que Nelly puisse le confier à Isia. Peut-être parce qu’elle savait qu’elle trouverait plus de soutien contrairement à une Pedge qui serait restée dans son rôle d’officier.
Bref. Nelly avait laissé Isia comprendre de quoi il s’agissait. Elle avait reçu le rapport complet pour suivre sa santé depuis ce jour là.

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Isia resta silencieuse quelques minutes, mains froide… elle avait eu accès à son dossier et elle avait suivi le cas de Nelly après cette expérience traumatisante. Elle avant manqué un viol aussi, même si l’humiliation reste dans un sens le viol de quelque chose, faute d’un sexe. Isia, savait ce que cela faisait d’être bafoué dans son intimité. Et elle comprenait que trop bien la détresse de Nelly. Elle lui posa une main réconfortante (même si sa main était comme toujours froide) lui frottant le bras en signe de soutien. Elle était horrifié que cet homme ait fouillé le dossier de Nelly dans le seul but d’y trouver une faille. Il aurait fait un bon espion… non un bon bourreau, c’est ce qu’il était après tout, il était payé pour briser des hommes et des femmes. Elle ne comprenait toujours pas ce qu’il foutait sur ce genre d’expédition, il y avait des choses qui lui échappait et a dire vrai, elle ne voulait pas savoir. Parfois, il était bon d’avoir un petit confort intellectuel et de ne pas connaître les stratégies et autres arrangements politiques qui file d’autres écoeurements.
« Dit toi qu’un jour chaque connard connaît sa punition. » Elle repensait à son ancien professeur de français, celui qui avait abusé d’elle. la justice l’avait fait payé ses actes et panda l’avait radié définitivement. La dernière option était radicale mais Isia n’avait pas pleurer ou regretter cette vie en moins, elle avait été soulagée que cet homme en liberté, ne puisse plus toucher quiconque, car on sait bien qu’un pédophile ne guérit pas. Ce n’est pas une maladie qu’on peut endiguer avec des médicaments… avec l'espoir qu’ils aiment les femmes majeurs, non… Il y a des pulsions qu’on ne peut guérir car c’est qu’une question de moralité après tout. Elle lança un regard de soutien à Nelly continuant à lui frotter le bras avant de le retirer, pour ne pas empiéter de trop dans son espace personnelle. En tout cas, il était bien qu’elle puisse se confier malgré tout.

« Promets-moi de ne pas t’accrocher. Il sait faire mal, il sait où te frapper... » Insista Nelly avec un mi-sourire.
« Non, je suis pas quelqu’un de loyal, mais chaotique Nelly. Si un jour ça me prend de lui en mettre pleins la figure durant un contrôle de routine. Je le ferais. Et je penses qu’il le sait très bien et qu’il demandera à avoir un médecin moins instable pour éviter de se retrouver avec une sondes quelque part. Il n’est pas le seul à savoir où ça fait mal. » Elle faisait la fière, car elle l’était ainsi, cela était dangereux, comme jouer avec elle après tout. Mais, elle resterait pro dans un sens, elle pouvait abuser sur le nombre d’examen, ou le menacer mais elle resterait avant tout pro, pour vérifier que cet homme n’a rien d’un point de vu santé. Après, le sédater avec une forte dose pour qu’il ait mal à la tête ou même lui donner un ordonance pour une coloscopie c’est envisageable et parfaitement légale. Elle savait où était la limite. Et Calahan devait savoir aussi où était la limite qu’on lui avait donné dans l’humiliation et le harcèlement de ses soldats.

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L’hispanique acquiesça à contrecoeur. Elle ne s’y était pas frotté et, tant que ça ne serait pas fait, son amie serait toujours aussi butée. Nelly soupira. Finalement, ce n’était vraiment pas le jour pour les confidences. Elle voulait profiter de ce moment avec Isia, elle voulait profiter de sa présence, rattraper le temps perdu. La jeune femme consulta sa montre pour se rendre compte qu’elle avait dix minutes de retard sur le plan de vol. Son regard bifurqua pour se poser sur Dark Isia et ses promesses et elle sentit le sourire lui revenir.
« Merci... »
C’était simple comme reconnaissance mais très profond. C’est rare d’avoir des amis prêt à écouter, généralement c’est à sens unique. Nelly comptait ses véritables soutiens sur les doigts d’une main. En essayant de chasser son stress et sa peine, elle appuya sur quelques touches des tuiles pour régler le plan de vol sur une nouvelle heure puis elle reprit sa plaquette.
« Pour la corvée... » fit-elle amusée. « Je peux venir t’aider ? Ce sera moins pire et...j’apprendrai ! »
Son visage bloqué en mode sourire, elle haussa des sourcils pour lui demander ce qu’elle en pensait. Pendant ce temps, le jumper se mettait en marche et le bruit caractéristique prenait en intensité.
« Si tu dis oui, je te fais des montagnes russes de fête foraine. Promesa ! »

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Isia lui fit un beau sourire dont elle était la seule à avoir le secret. Il était sincère et agréable. Elle avisa la montre de Nelly se demandant si elles étaient en retard ou non. Cela ne l’importait guère, égoïstement, elle préférait parler avec Nelly que de piquer de l’athosien. Et puis bon Nelly changeait une heure c’est qu’elles étaient à la bourre.
« Ils n’ont pas de montres. Alors qu’on soit en retard ou non ne changera rien au fait qu’ils vont avoir une piqure dans le gras du bide. » Puis elle écouta la demande de Nelly, après tout ? Pourquoi pas ! Elle n’avait pas d’infirmière avec elle cette fois, faute de Katty elle ne voulait personne d’autre…Et si Nelly voulait avoir par l’occasion quelques notions de premiers soins, pourquoi pas, ça ne pourrait que lui servir pour le terrain. La promesse des montagnes russes lui plu encore plus ! Elle avait adoré quand Adam lui avait fait faire des tours avec son F-302… bon le jumper était moins sensationnel apparemment, mais bon, elle adorait quand son bidou se chamaille avec le reste de ses organes et que son cœur explose d’adrénaline ! Elle lança un regard pétillant à Nelly.

« Chouette ! Je prends donc l’option montagne russe pour ce vol ! » on aurait dit une gamine surexcité sur le coup.

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L’oeillade complice de Nelly accompagna le geste. Elle quitta son siège pour se pencher sur Isia et l’aider à passer les sangles, lui laissant comprendre que ça allait déménager. Il fallait que ce soit assez serré mais sans l’étouffer. Bref, juste ce qu’il faut. Bien sûr, elle en profita pour lui coller une bise sur le front avant de s’installer sur son siège pilote. A partir du moment où elle posa les mains sur les commandes, le jumper prit son intensité de croisière et il s’éleva de quelques centimètres.
//Ici Nelly, Jumper 6, transport médical. J’ai qui au contrôle aérien ?//
//Jumper 6, ici Thomas. Mes salutations Nelly.//
//Salut Thomas, je décolle pour mission de transport. Tu verras des trucs bizarre sur ton écran, tu t’inquiètes pas.//
//Heu...des trucs...bizarre ?//
//Je vais quitter le plan de vol initial pour faire joujou avec le jumper, oui. Du monde sur les altitudes basse et moyennes du secteur Est ?//
//Non personne. Le terrain est dégagé, amuse-toi bien. Et si tu coules, j’ai rien vu...//

Nelly ricana sur la boutade.
Elle quitta le pont d’envol des jumpers et s’éloigna doucement. Avec un virage serré, elle débuta une longue et lente courbe qui donnait une très belle vue sur la cité. Elle adorait l’observer depuis le ciel, voir ces petites formes qui déambulaient sur les digues. Après le deuxième tour, la jeune femme fila au-dessus de l’océan et vérifia une dernière fois ses instruments. Elle se mordait la lèvres inférieure, impatiente de faire profiter son amie de la voltige.

« Prête ? »

Progressivement, Nelly réduisit l’efficacité du système d’inertie. La poussée du jumper apparu comme par magie et donna peu à peu l’impression d’être dans un avion. Tout allait bien au début, comme un vol classique pour faire un beau voyage, puis l’hispanique mit les gazs. D’un avion lourd et pataud, la sensation progressive prenait les teintes d’un avion de chasse puissant. Elle venait de placer Isia dans le wagon fou d’une nouvelle attraction qui promettait les plus grandes folies.
Nelly regarda une dernière fois Isia, comme pour s’assurer qu’elle était toujours excitée et volontaire, puis elle commença en douceur. Le jumper s’inclina plus haut, plus haut, toujours plus haut, puis elle monta sur une parfaite verticale. Arrivé sur une masse nuageuse, elle leur mis soudainement la tête en bas. Au début, aucun problème, l’inhibiteur permettait de supprimer tout effet de gravité. Un système technologique que Nelly supprima à son tour. Les cheveux d’Isia pendirent soudainement dans le sens inverse, le poids de tout son corps brutalement attiré vers le plafond. Les sangles la retenaient fermement à son siège. Cette fois, elles étaient vraiment dans un avion de chasse qui se déplaçait sur le dos. Nelly alla de plus en plus vite, perçant l’irrégularité esthétique des nuages.

C’était beau. Comme si les deux jeunes femmes volaient sur une nappe de brouillard éternelle. Si la verrière n’était pas là, Isia aurait pu toucher ces nuages de ses mains. Nelly rigola gaiement, appréciant fortement ce moment, avant de vriller pour entamer une descente très brusque. Elle chuta en piqué, comme lors des montagnes russe pile avant le moment T du grand frisson. Elle descendit, descendit, descendit. La friction de l’air faisait trembler la coque à tel point qu’on pouvait le comparer à une attraction sur Terre, une vibration presque similaire. L’océan se rapprochait de plus en plus, grossissait à une vitesse ahurissante, puis elle plaça son jumper sur un moteur en poussée intermittente. Le tête à queue en chute libre, la tasse, mais pas si violent.
Concentrée malgré tout, la jeune femme contrôlait sa spirale et son altitude. Elle appuya sur quelques tuiles pour se préparer, des informations de vol apparaissant très ponctuellement sur la verrière qu’elle laissait libre, puis elle laissa son engin s’approcher dangereusement des flots. Elle poussait parfois des cris de joie, comme si elle était dans ce même wagon avec Isia, sauf qu’elle ne se lachait pas entièrement. Elle restait prudente, professionnelle.
Au dernier moment, elle redressa le jumper pour faire un rase-motte qui perça les vagues, arrosant la verrière d’écume tandis qu’elle réduisait la vitesse. Elle mima des esquives, tantôt à droite, tantôt à gauche, jouant avec l’eau mouvante comme une gosse qui prenait ça pour des obstacles. Elle reprit tranquillement de l’altitude, faisant quelques embardées joyeuses, puis une fois un rythme de croisière acquis, elle fixa Isia avec un grand sourire enjoué.

« Voilà ! Terminado l’apéritif. On passe aux choses sérieuses, amiga ? »


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feat Nelly Bricks // 28/01/2019

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Une vive excitation prit la doctoresse qui avait grande hâte de voir l'effet de ces montages russes. Elle s'attacha avec l'aide de Nelly fermement, ne voulant pas risquer quoique ce soit. En tout cas, le colibri mit la gomme et Isia comprit l'utilité des sangles, si peu utilisées habituellement. Ses cheveux non attachés volaient dans l'habitacle comme ses rires et son regard émerveillé. Oui, si elle n'avait pas embrassé la carrière médicale, elle aurait sans aucun doute aimé faire pilote. Elle s'éclatait comme une dingue, levant les bras dans l'hilarité ou poussant quelques exclamations alors que son cœur se contractait et rebondissait dans sa poitrine. Elle adorait littéralement et à cet instant, elle se sentait plus vivante que jamais.

Quand l'appareil se stabilisa pour une vitesse de croisière, Isia toussa un peu, elle avait avalé de la salive de travers et l'œil brillant, elle était survoltée. Elle prit quelques minutes pour se remettre de tout ça, constatant que durant toutes les cabrioles Nelly avait été quelqu'un de professionnel, bien loin de la simple gamine qu'elle offrait habituellement.

« Merci ! Franchement ! c’était Top ! » Et c'était très sincère, elle la remerciait de cette folie et d’avoir pris cette initiative. « J’adore… Adam m’avait fait faire un tour dans son F-302 s’était pas mal… mais j’aime mieux le jumper. » Une manière de dire qu’elle avait préférée largement Nelly. Mais cela s’était toujours le cas.
« Oui, maintenant on va faire un jeu de fléchette ! » affirma Isia, qui n’avait pas des masses envie de voir la tronche des paysans du continent, mais cet aparté l’avait mis définitivement de bonne humeur.

Le jumper reprenait doucement le vecteur d’approche du camp Athosien. La jeune femme laissait Isia se reprendre en ayant une légère angoisse dans le creux de l’estomac, se demandant longuement comment elle avait trouvé la petite cabriole. L’inhibiteur d’inertie et les autres systèmes reprirent leurs bons fonctionnements, faisant cesser toute sensation de vitesse et de gravité. C’était fini et, pour sa part, beaucoup trop court.
Quand elle entendit sa belle amie partager son bonheur, et surtout la préférer au F-302 d’Apollo, Nelly eut un sourire ému en se disant qu’elle avait réussi. Elle était très contente d’avoir eu ce moment spécial avec Isia.
« Apollo va être jaloux. » Dit-elle avec malice.
« Carrément ! Mais bon, il avait qu'à me demander en mariage ! » dit Isia en rigolant de plus belle de sa belle bêtise.
« Nannnnnnnnn…. » s’écria Nelly en exagérant son indignation. « Et Walker Texas Môman ?!? »
« Je n’ai pas dit que j'accepterai. » dit-elle taquine.

Nelly ricana. Elle voyait ce pauvre Apollo se ramasser la veste du siècle, le genou à terre, et voir Isia foncer sur Pedge. Franchement, en homme sur son trente et un, comment lutter quand la concurrence est de l’autre bord ? Ça avait un coté assez tordant. Nelly avait bien envie d’envoyer une boutade et faire une allusion sur la bague qui cernait son annulaire. Mais puisqu’elle y avait un projet spécial, elle ne voulait surtout pas vendre la mèche.

Isia soupira regardant la baie devant elle : « C’est quand même magique le paysage quand on est dans les cieux… »

A l’horizon, le continent se profilait en gagnant sur l’océan. Isia parlait alors du paysage magique des cieux. Elle avait tellement raison et si tort à la fois. Nelly n’aimait pas trop partager son jardin secret, son côté un peu égoïste sur des endroits qu’elle voulait être seule à connaître. Mais si partager un peu de ces expériences lui permettait d’avoir une Isia plus ouverte et avenante, plus amie que docteur, alors elle voulait bien faire un effort.
« Si tu ne escarificado pas d’Athosiens, je te montrerai quelque chose d’incroyable. Mais c’est secret… » Elle tourna son regard vers elle et lui fit un clin d’oeil entendu. Elle était très sérieuse, toujours aussi enjouée, mais la gamine n’était plus là. Elle était restée sur Atlantis à les attendre. C’est en adulte que Nelly lui faisait comprendre qu’il ne fallait surtout pas qu’elle en parle. « D’accord ? »

Parfois Isia comprenait pas toujours les mots espagnols de Nelly (l’espagnol étant bien loin dans son cursus scolaire) , mais dans le contexte d’une phrase elle devinait parfaitement. Ne pas scarifier des Athosiens ? Mais quelle est bonne comme idée vraiment !
« Tu m’achètes Nelly ! C’est mal la corruption ! Mais ça va dépendre si on ne croise pas l’affreuse sorcière sans neurone ! »
« Hm ? Quién es ? »
« La guérisseuse des Athosiens. Une sorte de marabout avec des potions à vous filer la gastro ! »

L’inertie absorbée, le jumper allait bien plus vite maintenant. Nelly ne tarda pas à survoler rapidement le continent, se décalant par sécurité au passage d’une nuée d’animaux volants. D’étranges oiseaux qui ne semblaient pas avoir suivi le flux migratoire. Pas question d’en tuer quelques-uns en leur rentrant dedans.

« Je suis sûre qu’elle dit qu’elle connaît la médecine mieux que toi. Ce sera un beau spectacle, c’est sûr ! Mais tu ne sais pas ce que tu perds. »
Elle haussa les sourcils.
« Un lugar aún más mágico, fantástico, asombroso. » fit-elle exprès pour la perdre, révéler l’endroit sans qu’elle n’en comprenne la signification. Dans un sourire d’une petite douceur sadique, elle rigola en la voyant perplexe et fit le signe de la fermeture éclair sur sa bouche.

Pour se venger Isia se mit à parler en français : « Oh oui, un beau endroit plein de fées, de licorne et d’ourse ailés ! »
Nelly ouvrit de grands yeux et tenta de dire quelque chose dans la même langue.
« Pahing ahau gaucolat !!! »
Une nouvelle fois, Isia parla en Français et cela entraîna quelques minutes d’échanges Franco/espagnol sans queue ni tête. Il n’était pas rare que la pilote éclate de rire en tentant de répéter les phrases en Français d’Isia. Un terrible massacre !

Elle jeta un regard amusé à Nelly avant de parler une nouvelle fois en anglais :
« Oui c’est une grognasse cette femme! »
« On le verra très vite, mi Isia. » assura l’hispanique en penchant le jumper sur le côté.
Elle entama un virage très large lui permettant de faire le tour du camp Athosien. Elles étaient arrivées...le boulot d’Isia allait commencer…

Le sourire d’Isia resta même en voyant le camp, la seule chose qu’elle aimait bien dans ce campement, qui était maintenant plus un village en dur que de simples tentes depuis le temps… était l’immense marché Athosiens remplis de victuailles et d’autres objets ou vêtements. Pour les lyonnais, c’était le “La part dieu” version artisanat. Le jumper se posa, au lieu précis, où toutes les navettes atterrissaient, à l’extérieur du village, mais à quelques minutes de la première ruelle de la grande place. Isia retira ses sangles, puis se leva, marchant vers le sas arrière, attendant que Nelly ouvre la porte. Malheureusement, le jumper médical était attendu et elle ne pouvait pas respirer le bon air frais de cette matinée, plutôt ensoleillée, que déjà… la tête ridée et aux long cheveux blanc de la guérisseuse se montra. *Tu ne pouvais pas crever avec l'hiver toi ?* pensa méchamment Isia qui lui offrit à peine un regard, balayant celui-ci pour se poser sur le visage du chef Athosien, qui lui faisait l’honneur (ou pas) de sa présence.

« Bonjour Docteur, j’ai organisé une file d’attente pour la vaccination du premier groupe. »
Isia devait reconnaître que c'était bien, la dizaine d’Athosiens qu’elle devait piquer seraient au moins groupé. Mais, comme souvent il aurait une dizaine d’autres qui profiteraient de sa présence pour lui montrer leur blessures ou leurs symptômes, faut dire que ce n’est pas avec l’autre poire, qu’ils vont guérir ! Isia réajusta ses bretelles de sac et hocha la tête.

« Parfait, je ne perdrais pas de temps dans ce cas. Je dois aussi voir le campement natus. »
Il avait eu des différends entre les deux peuples et si le leader ne laissa rien paraître la guérisseuse, quand à elle fit une moue des plus détestable.
« La guerre ne semble pas les avoir affaiblis, les Athosiens ont plus besoin de soins que des “guerriers”. » dit-elle avec mépris.
« Il est vrai, faut dire qu’ils ont un médecin réellement efficace...EUX. » répondit du tac o tac, la doctoresse sans même lui lancer un quelconque regard et sans attendre, elle se mit en marche, coupant toute initiative de paroles à la vieille dame qui râla dans un jargon méconnu et auquel isia en avait rien a faire. Et puis que pouvait-elle savoir de la guerre cette folle ? Aucun Athosiens n’avaient prêté main forte aux Atlantes sauf peut-être ceux qui vivent sur la cité pour se battre. Le reste était bien au chaud ici. Alors, qu’elle ferme sa gueule la pie.

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En voulant participer, la petite hispanique avait récupéré l’un des sacs que portaient Isia. Elle le prit à l’épaule et resta silencieuse pour ne pas interférer. En faisant régulièrement les voyages, Nelly côtoyait autant les Athosiens que les Natus. Elle avait une préférence pour ces derniers même si le marché Athosien la faisait toujours rêver. L’espagnole pouvait y rester des heures à baver sur les différents produits exotiques.

Bref, un peu en retrait dans le dos d’Isia, la pilote écouta les différentes interventions et eut une horrible envie d’éclater de rire. Son amie ne mâchait pas ses mots, c’était étonnant à quel point ça ne l’inquiétait pas. Ce genre de comportement finit généralement dans le bureau d’un chef. C’est comme Isia se dégageait de tout ça pour n’être que son propre directeur et choisir selon ses envies.
Du coup, quand la blonde snoba magistralement celle qui devait être la guérisseuse, Nelly compléta sa réaction par un grand sourire avenant qui soulignait le “ET TOC” avant de partir dans son sillage.

« El coton tige effiloché, elle aime pas les Natus ? Ils lui ont fait quoi ? » Demanda-t-elle par curiosité tout en se plaçant à ses côtés.

Isia marchait vers la direction du sorte de “bouiboui” de la guérisseuse où il y avait déjà une queue. Elle ralentis le pas, pour que Nelly puisse la rejoindre, elle était gentille de l’aider à transporter les malettes et la blonde appréciait le geste.
« Je pense qu’elle leur en veut toujours d’avoir “piétiner” sur leur zone de chasse… enfin comme s’ils avaient besoin de chasser alors qu’ils font de l’élevage. Et puis bon je ne serais pas étonnée que ça soit simplement du racisme mué par de la jalousie. » Isia haussa les épaules, commençant à installer son “cabinet” portatif, composé des mallettes et deux tabouret pliants pour prendre place dessus.
En repensant à cette rivalité, Isia se demandait aussi, si ce n’était pas tout bonnement la réaction d’un enfant unique qui a du mal à accepter le petit frère ou la petite sœur. Après tout sur le continent, il avait que les Athosiens et maintenant une petite partie était colonisé par des Natus, ce n’était pas rien que « papa Atlantis » donne un peu de terre à un autre peuple. Les Athosiens, n’étaient donc plus les petits chouchou.

« Ah. » fit-elle simplement en se demandant comment la rivalité pouvait être gratuite.
En suivant docilement Isia, Nelly lui tendit sa mallette puis remonta ses manches.
« Papa Al Capone, j’suis ta nina de main ! Tu dis, je fais ! » Fit-elle enjouée.
En se retournant, elle croisa le regard de ceux qui attendaient patiemment et s’en retourna fixer Isia en étant plus si certaine de vouloir jouer les docteurs. Ils avaient pas tous l’air très finauds...

Isia lui fit un rictus agréable, pour le moment elle resta debout et fit un geste au premier Athosien qui était une femme d’un âge plutôt avancé mais avec des yeux bleu husky simplement magnifique, elle devait être une femme très belle dans sa jeunesse puisqu’elle était tout aussi gracieuse et jolie à son âge, malgré le temps qui avait fané son visage. Isia la reconnaissait, il s‘agissait de June, la créatrice de vêtement et grande copine d’Erin.

« June ! Contente de te voir ! Vaccin ou soins ? » demanda joyeusement Isia comme si elle vendait du poisson. C’est bien l’une des rares Athosiens à avoir du mérite, car elle fait des vêtements d’enfer !
« Bonjour Isia. Les deux. Mon grand âge me fait souffrire et j’en deviens maladroite, je me suis ouverte en travaillant. » June regarda Nelly et la salua avec un sourire empreint de bonté. Elle prit place sur le tabouret, levant sa belle robe ivoire, pour laisse entrevoir un bandages primaire déjà rougie. Isia eut une petite moue devant ce travail bâclé, qui portait la signature d’une sorcière… Elle retira le tout découvrant une plaie longue et profonde. il fallait recoudre sans aucun doute et surtout désinfecter énormément.

« Nina del mano ! Je vais te montrer comment recoudre sans fil ! » Isia sortit des strapes, elle les preferaient tellement au fil standard… qu’elle les utilisaient tout le temps. Elle déposa la boîte à côté d’elle, avant de prendre du désinfectant qu’elle applica sur la jambe de Juna qui restait impassible malgré le fait que ça devait la piquer sévèrement.

Nelly resta silencieuse, très dubitative.
Son amie n’avait pas dit qu’elle détestait les Athosiens ? Vu la tête qu’elle avait tiré avant de partir sur les montagnes russes, elle ne s’attendait pas du tout à ce que le premier patient soit quasiment accueilli comme un ami. En chassant la petite pointe de jalousie que Nelly sentit dans son coeur, elle fît un grand sourire à la vieille dame et ne pu s’empêcher un petit commentaire joyeux.
« Hola...ça a pas l’air très bon pour la santé comme travail. Vous vendez des coupes-coupes ? Ou...des rasoirs pour hommes ? Ou...quelque chose de...coupant...vous faites quoi ? »

A la vue de la blessure, Nelly réprima un frisson et fit la grimace. Elle remarqua dans le même temps que cette dame était plutôt bien habillée par rapport aux autres. Un poste à responsabilité alors ? Ou elle était plus “riche” ?

« C’est dommage, ça tache le joli habit que vous avez... »

June lui fit un sourire bienveillant « Oh non, rien de dangereux, je fais des vêtements … pour femme. » Dit-elle avec ce même rictus des plus agréable.
Isia hocha la tête « Les belles robes que portent les femmes de bons goûts viennent de chez elle. » Et c’est bien pour cet unique talent qu’Isia “appréciait” June. Bon après la femme était gentille et ne se plaignait jamais. La doctoresse avait fini le côté désinfectant et commençait à ouvrire la boîte de straps, pour en prendre un et le défaire de son films plastique. Elle commença à expliquer à Nelly, qu’il fallait placer le premier bout au plus près de la blessure souvent la partie basse puis mettre le second sur la haute après avoir rapproché la chair. June ne semblait rien dire, d’être le cobaye d’une militaire. Elle se laissait faire sans rien dire et elle savait qu’il valait mieux se taire avec Isia. Après tout, elle était venue se faire soigner par la doctoresse en toute connaissance de cause.



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Mar 2 Avr - 16:31
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Taxis Jumper
feat Nelly Bricks // 28/01/2019

La copilote avait été surprise de connaître son métier. C’était super intéressant parce qu’elle cherchait justement un bon tailleur pour faire faire certains ajustements. Elle s’apprêtait à renchérir immédiatement, lui demander si elle était libre pour de menus travaux, mais Isia débuta son travail.

C’est bien sage et silencieuse que l’hispanique regarda le docteur s’exercer. Ses gestes étaient précis, fluide, professionnel. Isia s’executait comme si elle soignait ce type de blessure après des milliers de fois, et pourtant, vu son intérêt, comme pour la première fois. Pas de négligence en somme. Pas de légèreté tiré du côté un peu rébarbatif de l’affaire.
Bricks avait déjà passé un peu de temps avec Pedge, ou avait pu apprécier ce qu’elle était directement en mission, mais l’occasion avec Isia ne s’était jamais présenté. La jeune femme en était si enthousiaste et heureuse qu’elle occultait littéralement la présence de June, sauf peut-être de sa cuisse, pour admirer le travail.

Effectivement, l’adulation naturelle qu’elle vouait à Taylor-Laurence, au même titre qu’Allen, lui remplissait les yeux d’étoiles. La regarder soigner cette vieille dame, l’entendre donner la leçon sur un ton pédagogue, c’était comme observer un maître en oeuvre d’art qui acceptait de partager un peu son savoir à qui l’observait.
Le sourire de Nelly ne se tarissait plus et, souhaitant à ce point ne pas faillir, elle ne répondait que par des signes de tête et des “Hm-Hm” positifs.

Une fois terminé, Nelly ne pu s’empêcher d’y aller de son commentaire.
« C’était génial... » fit-elle comme en ressortant du visionnage d’un reportage médical. « Je reviens ! »
Elle vit que June s’en allait pour laisser sa place au prochain. Bricks hésita mais elle s’élança brutalement, quittant son tabouret pour aller sautiller et rattraper la concernée. Manque de chance, elle se prit les pieds dans le tabouret du patient, s’étala de tout son long, et se redressa bien rapidement le visage rougi par la honte.
Au moins, ça avait eu le mérite d’attirer l’attention de June.

« Euh...enfin, euh...June, c’est ça ? Vous pourriez m’aider ?!? C’est que j’ai un pantalon militaire super sympa mais je nage dedans, je voudrai bien le faire raccourcir à ma taille. Et...il y a une blouse de docteur, elle me sert de pull de nuit, je l’ai troué sans faire exprès. Vous pourriez la raccommoder ? Et...UNE ROBE DE MARIAGE ! Vous savez ce que c’est ? On peut vous en commander une ? J’en aurai besoin pour quelqu’un que j’aime beaucoup mais c’est une timide... »

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Isia avait lancé un regard amusé à Nelly qui s’émerveillait d’une chose des plus simple. Elle avait l’impression, qu’elle pourrait bailler que ça serait la chose la plus génial que connaisse la petite espagnole plantureuse. En réponse, elle lui fit un simple rictus, libérant June qui semblait satisfaite d’avoir été soignée par un vrai médecin, bien entendu ce compliment s’était dans la tête d’Isia même si le ton chaleureux de l’Athosienne ne trahissait nullement sa reconnaissance.
Enfin, le prochain patient allait prendre la place de la couturière et Isia avait soudainement hâte que le passage chez les “débilos”, soient rapide. Mais Nelly se leva d’un geste brusque manquant de s’étaler comme une merde. Isia, ouvrit de grand eux, pour l’aider à se relever et renonça immédiatement, quand elle entendit le mot interdit « robe de mariage ». Elle avait encore en travers la commande du morphéa, commande qu’elle avait réduit en morceau sous la rage. Elle se détourna de Nelly, pour remettre le tabouret droit d’un geste brusque et faire signe au prochain patient de se dépêcher. C’était un homme, un jeune homme dans la fleur de l’âge qui bavait littéralement sur la doctoresse. Isia n’y porta aucune attention, le visage fermé, elle lui fit son vaccin sans plus attendre et attendit le suivant. Elle ignorait pourquoi Nelly parlait de robe de mariage et si cela lui était destinée avec Pedge mais Isia ne voulait pas lui poser la question, cela allait la mettre en pétard elle savait.

« Bien entendu je peux te faire ça. pour la robe de mariage, tu devras me dire se que tu désires selon ta culture, les nôtres sont surement bien différentes des vôtres » Elle lui fit un beau rictus « Et la taille et les dimensions de ton amie aussi, comme cela ne semble pas être pour toi. »

Isia tira encore plus la gueule, elle ne la sentait pas cette histoire de mariage et elle faisait un effort surhumain pour ignorer cette conversation. Mais, elle n’y arrivait pas et elle sentait qu’elle allait envoyer chier Nelly ou l’agresser, surement injustement. Ou pas...

« Super ! J'amènerai une image pour vous montrer !! Et pour la taille... » Nelly pinça des lèvres, malicieuse, puis dévia son regard en direction d’Isia. « Comme elle je dirai... »
June regarda Isia quelques minutes d’un air de professionnelle et hocha la tête avant de saluer Nelly. Isia piqua une troisèmee personne, avant de retirer ses gants d’un geste lent et sauvage à la fois. Puis, elle se releva pour choper le bras de Nelly sans aucune douceur.
« Hé !!!! » S’écria-t-elle, très étonnée.

La comparaison avec sa propre taille, était le point de trop. Elle était peut-être parano là dessus, mais vu l’amour de Nelly pour son “papa et sa maman” et l'allusion dans ple jumper, il ne fallait point être McKay pour faire une quelconques connexions. Et sous l’étonnement des Athosiens, Isia leur vociféra : « Nous revenons ! Vous attendrez notre retour ! » personne n’osa dire plus, elle avait rugit comme une lionne. Puis, elle entraina Nelly, vers le mur d’une maison la plus proche, pour la lâcher contre le regard sombre. Elles étaient à l’abri d’oreilles indiscrètes.

Nelly était restée docile, plus inquiète concernant Isia que pour sa propre sécurité. Agitée dans tous les sens comme ça, elle écarquillait les yeux mais ne disait rien.
« Tu as deux minutes pour m’expliquer ton délire sur la robe de mariée ! » Elle n’était pas agréable, un torrent de glace aurait été plus appréciable.
« Mais...qu’est-ce qui te prend ? » Demanda-t-elle, dénuée de joie et d’humour, ne comprenant pas. « Isia ? Pourquoi tu... »
« Je t’ai posé une question Nelly ! » dit-elle agressivement, avant de se redresser pour calmer quelque chose en elle qui en réalité l’angoissait, ce n’était que de la colère pour justifier de la peur au final.Au fond de son esprit, elle se disait de se calmer que Nelly n’y était pour rien dans cette commande…
« Je t’ai fais quelque chose de mal ? » Fit-elle sans répondre à la question.
Elle tira sur son uniforme pour le remettre à l’endroit puis elle quitta cette position où elle se sentait dominée par la chirurgienne. Elle se plaça de côté, pour un face à face équitable. Nelly regardait la chirurgienne avec autant d’inquiétude que de crainte. Généralement, elle ne perdait pas ses moyens comme ça...
Isia pinça les lèvres, elle avait du mal quand on ne lui répondait pas. Cela lui donnait envie d’être plus violente, enfin elle ne s’expliquait pas cette envie soudaine. Elle fulminait et elle devait soit avoir une réponse qui la calmerait, soit se calmer et là… elle avait du mal.
« Bien. Puisque tu ne veux pas me répondre, rejoint le jumper, je n’ai pas besoin de toi, pour piquer des consanguins ! » Dit-elle en se tournant, brusquement.
« Mais qu’est-ce qui te prend ? Pourquoi tu te mets en colère contre moi parce que je commande une robe ? »
Isia s'arrêta serrant les poing. Elle tourna la tête vers Nelly.
« Pour qui est cette robe Nelly ? » elle espérait presque qu’elle lui dise que c’est une commande pour Erin ! Ou même pour l’autre conne de l'administratif là… la gestionnaire qui était aussi sèche qu’un papier de verre et qui portait une bague, d’un pauvre gars qui avait eut l’idée étrange de l’aimer.

« Ben pour toi, cette question ! » Lâcha-t-elle en ne voyant pas le mal. Et c’était clairement ça. Nelly cherchait souvent son amie avec ses farces, il n’était pas rare de frôler la course poursuite avec une Isia armée d’une seringue. Mais c’était toujours resté bon enfant. Dans la blague. On y repensait en rigolant, en commentant. Là, cette réaction agressive ne l’intimidait pas tant son inquiétude restait au premier plan. Tout de même...réagir comme ça pour une robe de mariage...qu’est-ce qui lui prenait soudainement ? Souvent, Isia s’énervait en menaçant de la sédater, de se servir de sa peur des piqures pour la faire fuir. Elle ne s’énervait pas en crispant ses mains comme ça. Comme si elle allait la frapper pour une raison obscure.

Nelly n’avait pas peur de son amie. Elle sentait que quelque chose n’allait pas du tout, qu’elle marchait sur des oeufs. Mais ça faisait partie de l’amitié, justement, de s’inquiéter quand ça n’allait pas. Nelly était vraiment troublée par sa réaction. Si bien qu’elle n’en souriait pas et avait ce côté sérieux que bien peu expérimentait chez elle. C’était tellement inattendu, surtout que tout se passait bien avant, que ça lui faisait penser à la fois où Pedge l’avait quasiment jeté contre un mur. Nelly était peinée d’être à l’origine de cette colère chez Isia, de sentir ce terrible malaise naître entre elles-deux.
Tout se passait bien. Ca devait être une superbe journée. Pourquoi le mot “robe” avait pu déclencher cette réaction ?
La petite hispanique posa une main sur son bras, se voulant rassurante, lui montrer qu’elle voulait comprendre. Elle lui demanda d’une voix douce et sincère :
« Mi Isia...no me odies. Parle-moi... »


Pour elle ? Isia la foudroya du regard, pour elle ? Non mais elle est cinglée ! Une robe de mariée ! Et puis quoi encore une couronne de fleur ? Elle soufflait assez fort, pour se calmer, car elle avait cruellement envie de lâcher son venin. Et la seule chose pour laquelle elle ne se laissait pas aller dans ce genre de chose était que Nelly était une amie. Et aussi paradoxale que cela puisse être Isia avait des barrières et des principes pour les gens qui font partie de sa vie. Cela aurait été quelqu’un sans le prestigieux titre d’ami, elle l’aurait assassiné sur place avec sa verbe acerbe et cinglante. Hors là non. Elle sentit les souvenirs de la commande, son regard étonné, mélangé de peur, d’angoisse, de colère et de tristesse… cette robe était magnifique, si elle avait choisi de se marier, sans aucun doute qu’elle aurait pris ce type de robe, pour ne pas dire exactement celle-ci. Sa gorge se serra en mémoire aux baisers sulfureux et douloureux du morphéa qui se mettait à jour et qui en plus lui divulguait à chacun de ses pas, ses émotions. De cette nuit avec Pedge, de ce viol… la réaction de son amante… de leur larmes…Isia soupira.

« Retire toi cette idée de robe, sinon elle finira en confetti. » dit-elle sombrement, essayant de lutter contre une montée justifiée de larmes, qui venait d’avorter. Elle allait partir sans rien dire de plus, le cœur froid. Quand soudainement, elle s‘arrêta pour regarder Nelly qui avait encore sa main sur son bras.
« Pourquoi tu veux me faire une robe de mariée ? Pourquoi tu veux qu’on se marie… arrête avec tes conneries… » dit-elle doucement, comme un souffle de souffrance. Le mariage était quelque chose à laquelle elle avait renoncé, non pas à cause de son orientation sexuelle ou de sa relation avec une autre femme. Mais, le jour où elle avait assisté au mariage de l’être qu’elle avait aimé profondément, cet être ne s’était pas marié avec elle non… mais avec une autre personne, après l’avoir humilié publiquement. La pire des manières d’apprendre qu’on rompre et d'inviter sa future ex à son mariage non ? Machinalement, elle faisait tourner la bague de son doigt.

Nelly avait encore du mal à comprendre. Heureusement, il y avait des signes assez fort dans ses gestes. Elle avait déjà le coeur qui battait fort pour être la cause de toute cette affaire. Mais là, voir l’humidité dans le regard d’Isia lui mit une énorme claque. Nelly...Nelly était sur le point de faire pleurer quelqu’un ?!?
« Mais...parce que je suis ton amie... » dit-elle simplement. Elle s’approcha un peu pour s’expliquer. « Tu le feras jamais toi, tu oseras pas franchir le pas. Moi je vois bien comment vous vous regardez toutes les deux. Le jeu, c’est l’excusa pour faire l’aveugle. »
Elle pinça ses lèvres, chagrinée.
« Je suis ton amie. » Rappela-t-elle. « Ca fait deux ans maintenant. Tu n’es plus sur Terre. Deux ans sur Atlantis, faut que tu bouges docteur. Sinon tu vas passer à côté de très belles choses. Ici, quand c’est trop tard, c’est fini : Sin repechaje ! Alors je t’aide en te poussant un peu aux fesses, en blaguant. »
Heureusement qu’elles étaient entre quatre yeux, elle n’aurait jamais pu être aussi sérieuse avec du public. Ce malaise était atroce et elle ne pensait pas qu’Isia souffrait sur ce sujet. Elle l’aurait renvoyé avec de bonnes boutades plutôt. Mais de là à en souffrir…
« Je ne veux pas te faire du mal, au contraire. »

Isia avait chasser très vite son humidité dans son regard. Elle était encore sensible sur le sujet, elle ne se le permettait pas. Elle n’avait pas à pleurer, elle n’avait pas à être faible. Elle devait retourner voir un psy ? Non, elle en avait suffisamment vu, elle ne voulait pas rester là, à attendre que le temps passe et raconter des choses auxquelles elle ne voulait pas parler. Cela était étrange de voir Nelly adulte, de la voir sérieuse et aussi… mature. Le sujet s‘y prêtait comme la réaction d‘Isia qui ne laissait place à aucune gaminerie.

Un sourire cynique se dessina sur les lèvres d’Isia, deux ans… ce n’était pas deux ans de relation commune. S’était avant tout une relation de sex friend, d’amante qui s‘entende très bien et voilà. Il n’y avait pas eu de relation amoureuse au début, cela était récent tout jeune. Et deux ans ? Cela faisait si longtemps ? Alors cette idée de mariage du morphéa devait venir de Nelly, la créature aussi déplaisante soit elle cherchait juste à être heureuse au final. Mais, ça… ça, ça ne rend pas une Isia heureuse ça la fout en boule. Peut-être qu’il avait autre chose dans ce besoin de mariage du morphéa, elle ne pouvait pas savoir après tout. Et elle ne voulait clairement pas le savoir. Elle n’avait pas à passer le pas, pour se marier avec Pedge ! Elles étaient très bien ainsi ! Un engagement et puis quoi encore ! Isia n’était pas la femme de Pedge, elle était la femme de personne et elles le savaient toutes les deux.
« Alors arrête avec ton histoire de mariage ! » dit-elle sèchement, pour se mettre cette fois en marche. Mariage… vraiment, s’était déjà suffisamment difficile a géré d’avoir de vraie sentiments (et à nouveau) pour quelqu’un !

« Tu veux bien arrêter de me tourner le dos, si ? » Fit-elle, assez agacée.
Elle s’approcha.
« D’accord. J’arrête ! »
C’était sincère. Elle tapota du doigt sur son coeur.
« Je ne fantasme pas à vous faire marier toutes les deux.» Fit-elle en souriant. « Mais je suis copilote, je me bats comme Pedgy. Je vois les gens partir. On est pas éternel. Je t’invite à profiter tant que tu peux mais je ne vais pas te forcer. Je te le dis juste, parce que je suis ton amie et que ça me peine para ti : tu regretteras. Tu ne profites pas, c’est dommage. »

Isia ne tourna que la tête au début avant de lui faire face. Nelly continua à parler…. Être marié ou non, ne changeait strictement rien, cela ne change rien à ce qui se passe à l’intérieur de soi. Le mariage n’est qu’une illusion et une manière de partager ensemble les factures. Rien de plus rien de moins. Elle n’avait pas besoin de ça, pour avoir des sentiments et malheureusement, elle ne pouvait pas les refouler, s’était ainsi. Elle n’avait pas de besoin d’union autre que charnelle et des moments simples à deux. Elle n’avait pas besoin d’une autre bague, elle n’avait pas besoin de robe et de contrat. Cela était dans le convention sociale dans les fantasmes de petites filles qui rêve de prince charmant. Isia n’avait pas ce genre de désirs, sauf pour les autres. Elle ne voulait pas de mariage. Et ça, peut-être que Nelly ne comprenait pas. Non, elle ne comprenait pas, que le but d’une vie n’était pas de se marier et d’avoir des enfants. Le mariage ne protègerait pas Pedge de ce qui se passera de l’autre côté, elle ne la protégera pas de la mort et de la souffrance. Ce n’est qu’une belle illusion.

« On peut profiter sans mariage, c’est bien un rêve d’enfant ça !
» dit-elle froidement. « Tout le monde ne rêve pas de robe et d’un “Oui” solennel qui fera de vous la seule et unique, Nelly. Je ne suis pas fidèle et Pedge non plus, le mariage n’est pas pour nous et j’en ai pas envie. Ce n’est pas une fin en soi. »

Cette fois, la petite hispanique eut du mal à retenir son rire. Pas qu’elle se moquait de la déclaration de la Française mais plutôt que le discours tendait surtout à tenter de la rassurer elle-même. Nelly leva les sourcils, compatissante et presque attendrie pour elle.

« Si ! La bague au doigt vingt quatre heures sur vingt quatre et les larmes aux yeux quand on te parle mariage : c’est juste pour effrayer les mouches !» Lâcha-t-elle avec humour. Elle reprit sérieusement : « J’ai une mauvaise nouvelle pour toi, amiga : t’es accroc !!! Finito les oeillères de cheval, bonjourno le rêve d’enfant ! C’est bête, t’es pile dedans...en fait…»

Nelly vérifia qu’il n’y avait pas d'oreilles indiscrètes avant de se pencher et de poursuivre, comme pour essayer de la comprendre :

« Tu attends que ce soit Pedgy qui demande, c’est ça ?»

Non mais TOUT LE MONDE rêvait de rencontrer le prince ou la princesse charmante. De filer le grand amour et de pouvoir vivre heureux. C’était la base. Le discours d’Isia qui semblait se contenter, dans le fond, que d’une relation à l’arrachée était bien incohérent quand on savait qu’aucune des deux ne quittait la bague. Pas envie...tu parles !

Isia lui lança un regard dédaigneux. Pedge ne lui demandera jamais sa main et elle n’en voulait surtout pas. Tssss, Nelly s’accrochait encore à cette idée stupide. La conversation était donc finie sur ce point-là. Et elle lui fit comprendre d’un mouvement digne d’une reine.
« Il est incroyable comment tu peux vivre dans un rêve. On a encore du travail. » Puis elle marcha, vers la colonne d’Athosien, qu’elle devait soit vacciner soit soigner. Rien que les voir et cette conversation débile, lui donnait envie de repartir sur la cité. Tss un mariage, Nelly avait intérêt à ne plus jamais en reparler. Elle se sentait fatigué. Son cerveau était toujours sur le découpage de la robe et l’amertume qu’elle avait ressentie. Nelly qui remet une couche sur une blessure sans s’en rendre compte était le pompon.

« N’empêche que je le vis bien, moi ! » Lâcha l’hispanique en prenant un chemin différent. « Je te laisse respirer, mi Isia. Je vais annuler ma commande ! »

« Moi aussi. » répondit par fierté Isia. De toute façon Nelly ne pouvait pas savoir pourquoi cela l’avait foutue en colère. De toute manière si elle compte mener à bien cette commande, cette robe finirait comme la première.

Nelly attendit d’avoir atteint un regroupement de tentes et de cabanes rudimentaires, comme un quartier un peu reculé, pour aller se chercher un endroit plus discret. Après avoir jeté un petit coup d’oeil à gauche puis à droite, un râle très brusque de frustration s’échappa de sa gorge alors qu’elle frappait un caillou de son pied.

« ¿Por qué elegí un loco? Ella lo arruina todo! ¡En lugar de divertirse, ella se levanta y se enfada ! » Déversa-t-elle comme une pipelette.

La jeune femme fit de nombreux aller et retour en se vidant, un doigt accusateur levé vers le haut à défaut de pouvoir pointer Isia. Elle s’exclamait comme si la Française était en face d’elle, muette, en train de recevoir ses quatres vérités. Finalement, le regard de Nelly rencontra celui d’un adolescent avec son chien, un sceau à la main, qui s’était figé à l’entrée de cette “ruelle” en l’observant d’un air surpris.

« ¿Qué planeta está aquí? ¿Llorar cuando hablamos de matrimonio y sentimiento? Ella se ve muy feliz, eso es seguro! » Lui fit-elle, agacée. « Ella es mi amiga, ¿entendido? Mi amiga ! Amigos, se ayudan, se aman, hacen regalos. »

L’ado avait le regard rond comme des billes, il ne réagissait pas. Comme à son image, le chien penchait la tête sur un côté en se demandant de quoi elle parlait. Mais Nelly ne s’arrêtait pas. Elle s’approcha du jeune.

« Para nada ! No ! Isia es mala, reacciona mal y no me dice nada. Además, ella está orgullosa! Conmigo !!! Conmigo !!! »
« ‘savez...moi j’suis que garçon d’écurie... » Répondit-il finalement.

Nelly soupira fortement et le quitta.
Elle s’était à peine calmée en regagnant le jumper et se disait qu’elle devait s’occuper l’esprit, penser à autre chose. Régulièrement, au cours de ses services, l’espagnole profitait des petits moments de pause pour faire des transactions pour le compte de ceux restés sur la cité. Ce n’était pas du marché noir. Peut-être que d’autres pilotes en profitaient pour se faire de la marge, gagner de l’argent ou des biens sur les échanges qui passaient par eux, mais Nelly n’aimait pas du tout cette idée. La démarche devait rester généreuse. Elle rendait service pour sa part. Des requérants sur la cité voulaient quelque chose au marché ? Ils lui laissaient de quoi échanger ou payer l’objet et elle leur ramenait ça.
Ils n’étaient pas forcément redevables. C’était pour leur rendre un service, comme eux pourrait lui rendre à leur tour dans leur spécialité.

Du coup, la jeune femme récupéra l’un des sacs qu’elle avait placé dans les filets et l’enfila par une bretelle. Son état d’esprit et sa peine rémanente cessa dès qu’elle entra dans cette masse bouillonnante qui circulait dans le marché. Le sourire lui revint très rapidement alors qu’elle lorgnait les nombreux étalages. Que ce soit pour chiner, pour faire les échanges prévus sur sa liste ou tout simplement pour le plaisir des yeux. C’était l’un de ses moments préférés quand elle déposait du monde chez les Athosiens. C’était impressionnant le choix qu’ils proposaient en terme d’artisanat. En plus, elle ne s’attendait pas vraiment à tomber sur June qui présentait à un villageois une blouse apparemment très robuste pour le travail. Sur un échange d’étoffes contre vêtements qu’elle fit avec elle, Nelly discuta et donna encore plus de détails pour la robe de mariée. Elle régla avec elle les modalité du paiement.

Nelly avait ce petit côté diablesse où, plus on voulait lui faire cesser quelque chose, plus elle persistait dans son entreprise. Là, non seulement elle n’allait pas annuler la commande, mais en plus elle ferait en sorte que la robe soit encore plus belle pour qu’Isia regrette bien sa destruction. Enjouée, elle se fichait bien de savoir si June déduisait que le vêtement était vraiment prévu pour la Française. De toute façon, la vieille dame n’était pas née de la dernière pluie. Vu les détails, elle ne pouvait que penser à Isia. Nelly ne le cachait pas non plus. La robe serait entièrement adaptée à sa morphologie et elle voulait que l’art de June s’exprime jusqu’à l’exception.
Pour ce faire, l’espagnole lui avait expliqué ce que signifiait l’expression “carte blanche”. Qu’elle mette tout le temps qu’elle souhaite pour ce chef d’oeuvre. Et que le coût ne serait pas un problème.

Pendant les deux heures suivante, Nelly navigua dans la foule et exerça les différentes transactions. Elle ramena tout ça dans le jumper et l’attacha consciencieusement dans les filets pour que ça ne se balade pas dans l’habitacle. La bonne humeur était revenue et elle comptait profiter du temps qui lui restait. Assise sur son siège pilote, les pieds sur un appui de son tableau de bord, elle écoutait son MP3 tranquillement en fredonnant l’air gaiement.
C’était Ray Charles - Georgia on my mind. Une petite appréhension insidieuse restait au fond de ses tripes avec la certitude qu’Isia reviendrait et continuerait de la snober. La petite espagnole essayait de passer outre pour s’amuser même si, dans le fond, elle regrettait ce début de journée. Une part d’elle profitait de la pause, l’autre était angoissée.




☾ anesidora

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