Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)


RPG sur Stargate Atlantis
 

Sombrelune, la cité royale cachée sous la montagne [Clive, partie 1)

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Sam 2 Mar - 18:36
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas


Un air vif les fouetta aussitôt qu’ils eurent traversés la Porte. De l’autre côté, l’hiver laissait doucement la place au printemps mais la température était encore fraîche. Un grand soleil éclairait un ciel bleu rosé tirant sur le violet. En levant les yeux on pouvait apercevoir Mayla, l’une des deux lunes d’Orzan, à moitié transparente et bien plus grosse que le satellite gravitant autour de la Terre.

La Porte se trouvait au centre d’une prairie. Son accès avait été aménagé pour faciliter la circulation de véhicules de transport. De fait, on y trouvait une rampe ainsi qu’une route qui se perdait dans la forêt un peu plus loin. Un esprit inventif aurait pu facilement imaginer qu’un artiste avait pu se perdre là et balancer de grands coups de peintures dans les arbres tant la nature était colorée. De ci et là se trouvaient tantôt des arbustes aux feuilles rouges flamboyantes, tantôt des plantes vertes plus classiques aux fleurs multicolores. Mais ce qui sautait le plus aux yeux étaient le feuillage bleu électrique des arbres qui ne semblait souffrir que modérément du froid. Des bourgeons commençaient à apparaître de ci et là. Un œil particulièrement vigilent pourrait apercevoir des protecteurs dissimulés dans les arbres et les végétaux. Leurs tenues ainsi que leurs armes étaient parfaitement adaptées pour se fondre dans leur environnement.
Moins discrets, d’autres protecteurs encadraient la Porte. Ceux là, bien visibles, étaient mis en évidence pour dissuader les voyageurs qui seraient tentés de forcer le passage. Par ailleurs, ils attiraient l’attention sur eux, renforçant ainsi l’effet de surprise des hommes et femmes postées dans leurs cachettes.

Emilia avisa les lieux avec un sourire. Étrange sentiment, c’était comme si elle n’était jamais partie et en même temps, elle avait l’impression de revenir de très loin… Cet endroit elle commençait à bien le connaître entre ses voyages diplomatiques sur les autres planètes et les fouilles archéologiques. Elle avait même mémorisé le nom et le visage de certains protecteurs alors qu’elle n’accordait généralement aucune importance aux soldats, c’était dire !
Bien entendu, aucune arme n’étaient pointées sur eux. Elle sentit à travers les connexions émotionnelles la stupéfaction des militaires du Protectorat présents et songea qu’elle allait devoir s’habituer à ce genre de réactions. Aux yeux de tous elle était morte et sa « résurrection » n’allait pas manquer de faire jaser. Il allait falloir la jouer habilement pour ne pas perdre totalement le contrôle sur les rumeurs… elle pourrait peut-être exploiter ces dernières à son avantage. Elle ne sentit aucune intention hostile, ce qui la rassura. Personne ne lui voulait du mal parmi les individus présents. Darren suscitait un peu de curiosité : un étranger qui escortait une revenante ce n’était pas commode. Tous les gaëlliens, y compris la commandante Yärdinn et la reine, portaient ce qui semblait être un parfait mélange de technologie imbriqué dans un bracelet enroulé de leur poignet et d’une partie de leur avant-bras. Celui de Suëna zeïn’ Eidolas était toutefois plus travaillé et bien plus esthétique, tandis que ceux des militaires étaient plus rudimentaires et fonctionnels.

Soldat Clive


En sortant, Clive écarquilla les yeux.
Mais ce n’était pas pour le paysage ni pour la Gaëllie. Pour l’instant, il ne voyait rien de tout ça. Il ne l’avait jamais dit à Emilia et il ne le dirait jamais : c’était son premier voyage par la Porte des Étoiles. Il avait eu à coeur de conserver les apparences, ne voulant pas se montrer hésitant au passage de la Porte après avoir tant insisté pour l’accompagner. Mais l’expérience était si atypique et unique qu’il lui fallut quelques secondes pour récupérer. Le Dédale l’avait emmené sur Atlantis. Les jumpers sur le continent. Il s’était même rendu dans le laboratoire sous-marin une fois. Mais la Porte, ça y est, et il venait de le faire en bonne compagnie.

Sa planète avait de la gueule, c’était peu dire. Le temps hivernal était pas si désagréable, ce n’était pas comme un froid humide qui s’infiltrait au travers de tout l’uniforme. Et contrairement à la Terre, la Gaëllie n’avait pas l’air de vouloir faire dans le morne et le lugubre. Clive était simple dans son observation, il commença juste par la Porte qui s'éteignait dans son dos et il salua naïvement les gardes de la main façon “Hey ! La forme ?”. Mais après, c’était un véritable papillonnage. La flore environnante, le ciel, la lune, même l’odeur. Il découvrait tout autour de lui ce qui était le plus anodin pour les autres. Darren était devenu un explorateur pour cette mission et il comprenait alors pourquoi les places étaient si chers.
La découverte de tout un monde, d’une autre culture, rien qu’à cet instant, offrait des sentiments peu communs. Le militaire releva sa casquette pour s’attarder sur la lune qu’il observa. Il aurait bien demandé à son amie lequel c’était des deux. Mais la maman Eidolas était dans le coin et il préférait être prudent, ne pas les offusquer par son ignorance.

Clive suivit tranquillement le groupe. Ses deux mains se refermaient sur son fusil à pompe pour y prendre appui, le dissimulant de moitié, sur une posture qui n’avait rien de méfiante. Darren était prudent mais pas méfiant pour autant, Emilia avait l’air sereine, en sécurité. Et si elle se sentait en sécurité, alors c’est tout ce qui comptait. Au cours de son observation, le militaire cru voir un mouvement fugitif dans le bois, au fond. Mais il mit ça sur le compte de son papillonnage et de la découverte, ne pensant pas que des soldats y étaient camouflés efficacement.

Darren resta un peu en retrait vis à vis d’Emilia, de la reine et de la commandante. Il était encore en train de se répéter mentalement qui était qui, le nom, la particule, pour réviser sa leçon. Mais au passage, il ne pouvait se laisser aller à la satisfaction qu’Emilia était enfin chez elle et qu’elle pourrait reprendre le cours de sa vie. Une piqûre au coeur, forcément, puisqu’il aimait bien déconner avec elle sans se préoccuper de la couche de miel. Mais là il allait bientôt connaître son monde à elle, c’était un juste retour.

« Votre planète est une merveille. » Se permit-il de complimenter sans cibler quelqu’un en particulier.

Emilia se tourna légèrement pour lui sourire, flattée par le compliment qu’elle savait sincère.

– Et ce n’est que le début.

Une petite lumière se fit dans son esprit en constatant qu’il était le seul homme du gratin. Tous les autres composaient l’escorte militaire. Les responsabilités semblaient davantage attribué aux femmes, cette “parité” l’amusa. Au fond de ses tripes, une impatience de gamin scandait mentalement un provoquant “Ah ouais ? Ah ouais ?!?”. Mais il se retenait, n’affichant que ce sourire de satisfaction à la découverte d’un Nouveau Monde.


Emilia Zeïn'Eidolas


Aura pris la tête du groupe et les invita à la suivre. Une centaine de mètres plus loin, la végétation s’éclaircissait pour laisser place à un immense talus couvert d’herbe et de végétaux. En s’approchant et en regardant attentivement, on devinait à l’intérieur, des portes et des fenêtres parfaitement invisibles depuis le ciel. Le camouflage était une seconde nature chez les gaëlliens. Des millénaires de perfectionnement en la matière leur avait permis d’obtenir un très bon niveau dans ce domaine. Avant d’établir un Pacte avec les wraiths, leur civilisation avait très longtemps compté sur ses capacités à se fondre dans son environnement pour échapper aux prédateurs du ciel. Aujourd’hui encore, malgré l’absence de danger, de nombreux gaëlliens continuaient à vivre dans des villages cachés et prenaient d’immenses précautions pour demeurer invisibles malgré le développement de leur technologie. Il fallait rivaliser d’inventivité pour vivre caché sans se priver de confort.

Le groupe fut invité à entrer dans le bâtiment et Darren et Emilia furent cordialement invités à procéder à des analyses médicales pour s’assurer qu’ils étaient en bonne santé. Aura shay’ Yärdinn s’était montré intraitable sur la question, les atlantes devaient se soumettre à ces tests pour pouvoir pénétrer sur le territoire gaëlliens. Darren eut ainsi droit à une prise de sang et de ses empruntes pour lui constituer une carte de visite et le ficher dans la base de données, ainsi il pourrait circuler librement sans être ennuyé par les forces de l’ordre.
Il n’y eut guère de relève et séquençage ADN selon les accords établis avec le CODIR. Ainsi, Darren n’aurait guère le droit d’accéder au Refuge, ces immenses souterrains secrets qui sillonnaient la planète et qui avaient pour fonction d’abriter la population en cas d’attaque. Les scientifiques y menaient également certaines recherches que l’Empire voulait cacher aux wraiths.

L’intelligence artificielle qui protégeait les lieux abattait à vue ceux qui tentaient de pénétrer dans le Refuge sans y être autorisé. D’ordinaire, le Protectorat séquençait l’ADN des étrangers alliés et leur donnait le niveau d’accréditation minimum pour qu’ils puissent accéder à certaines zones du Refuge afin qu’ils puissent également profiter de la protection si les démons bombardaient la surface. Certaines zones du refuge étaient plus sûres que d’autres car renforcées par du lapis arcus, certaines abritaient des bunkers et des vivres, d’autres nécessitaient des accréditations particulières… Seul le gouvernement savait réellement ce qui se passait dans certains secteurs des tréfonds et des tas de rumeurs circulaient sur des expériences bizarres qui pourraient y être menées à l’instar de la zone 51 sur Terre.

Soldat Clive


Au début, Clive s’était dit que l’énorme butte devait avoir une valeur culturelle ou religieuse. Que ça avait un lien avec l’Envol et qu’il fallait monter au sommet, faire une preuve de respect ou un quelconque signe de passage avant d’entrer dans le vif du sujet. Il n’était pas du genre à s’extasier de la verdure mais il aimait particulièrement le côté respect de la nature. Il n’y avait pas de grosses traces d’ornières d’un camion bâché, un panneau publicitaire où la tête d’Emilia apparaîtrait avec une récompense à qui retrouverait son corps. Pas de gros buildings ni de technologies de camouflage rutilantes tirés des racontars de soldats.
Il s’y attendait pourtant. Mais en fin de compte, ce qu’il prenait pour des décos et des offrandes à la butte devinrent des portes et des fenêtres. Le building, il était sous la couche de verdure.
« Dingue ! » Commenta Clive à voix basse pour lui-même.
Il voyait déjà les réactions de ses camarades. Jim demanderait surement, juste par curiosité, si les plantes étaient rares ou commune sur cet amoncellement. Pendant que Max serait en train de les cueillir comme un lourdaud pour les offrir à April, sachant bien combien elle détestait ça.

Quelqu’un proposa d’entrer mais le soldat était tellement pris dans son observation qu’il ne sut pas vraiment qui avait parlé. Pas la reine, c’est certain, elle avait quand même un standing à faire paraitre. Mais qui ?
Clive les laissa faire juste un instant et marcha sur l’irrégularité de la végétation pour porter son regard sur une fenêtre. Il croisa le regard étonné d’un type, surement un médecin, un chercheur ou quelque chose comme ça. Un peu gêné, il lui fit un signe de main, le genre à dire “T’inquiète, je disparais.” puis il rejoignit fissa la troupe pour entrer à leur suite.

La visite médicale obligatoire, c’était aussi un concept chez eux. Clive laissa la commandante s’exprimer, la laissant volontairement lui démontrer à quel point elle pesait dans le milieu, puis il répondit en haussant les épaules :
« Votre Monde, vos règles, Shay’Yardin. »
Il avait bien prononcé ? Il espérait en tout cas, ne serait-ce que pour soigner son petit effet.
Aura ricana en entendant sa réflexion. Celui là avait bien appris sa leçon, quelque chose lui soufflait que la princesse n’était pas étrangère à ses bonnes manières. Les occasions d’être appelée par son nom était rare depuis qu’elle avait accédé à son poste de commandement.

– Quel est votre grade et votre fonction, soldat ?
« Soldat de première Classe Darren Clive. Faisant fonction de garde et escorte. » Répondit-il simplement.
La commandante avait un sacré charisme. C’était l’effronterie planquée de Clive sous la couche de diplomatie qui lui évitait de se faire bouffer par cette impression. Les meneurs avaient souvent cette sorte d’aura autour d’eux, ce qui donnait envie de les suivre, et ce qui faisait un peu frémir quand l’attention tombait sur soi. Un peu nerveusement, et sans le vouloir, le militaire tapota ses doigts sur la surface de son fusil. Il s’en servait encore comme support sans le prendre à pleines mains. C’était un petit geste distrait.
« Je sers d’exemple standard. » Fit-il pour tester l’humour de la commandante. Shay, c’était bien la particule d’un noble non ? S’il faisait une comparaison avec la Terre, il faisait face à une duchesse ou un truc dans le genre. Ne pas aller trop loin dans le test dans ce cas...
– Votre peuple vous a choisi pour être le premier à entrer en terres gaëlliennes et suivre de près un être exceptionnel. Il me semble que cela fait effectivement de vous un exemple mais pas dans le sens que vous l’entendez.
La nervosité monta d’un cran. Sa capacité de déduction était limité, surtout en étant en terre inconnue. Loin de son environnement de confort et face à la commandante, il n’arrivait pas à déduire si elle le complimentait. Ou si, au contraire, elle le snobait.
« Pour moi c’est un honneur. J’ai eu l’opportunité de côtoyer un être d’exception et je ne peux qu’avoir un bel aperçu de la civilisation que je vais bientôt découvrir. »
Bon. On botte un peu en touche Clive, ne pas demander bêtement ce qu’elle entend. Et complimenter un peu. C’était d’autant plus sincère que Darren comprenait vraiment la chance qu’il avait d’être le premier à visiter la Gaëllie. Au passage, il avait insinué avoir commencé à connaître Emilia mais il regrettait presque déjà, se disant que ce n’était pas un sujet à se vanter.
– En effet, première classe. Escorter une Exception est une chance que beaucoup vous envieront. Gardez le bien à l’esprit, le prévint-elle. C’était une manière subtile de l’avertir qu’il pourrait susciter des jalousies et qu’il avait intérêt à se montrer prudent s’il affichait un peu trop son amitié avec la princesse.
« Je suis bon élève. » Mentit-il. « Merci pour le conseil, commandante. »
Il avait été un cancre lors de sa scolarité. Mais il allait faire un putain d’effort ici. La jalousie des autres ne lui faisait pas peur. Au contraire, ça le faisait même marrer intérieurement cette faiblesse d’âme. Juste qu’il espérait ne pas faire d’erreur, on ne le louperait pas. Et probablement que la commandante parlait d’elle aussi. Elle l’aurait à l’oeil le visiteur égaré.
–Bien, dit-elle en le gratifiant d’un léger sourire. Je crois que vous êtes attendu, conclu t-elle en lui montrant d’un signe de tête la porte qui menait à l’infirmerie.

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Ven 8 Mar - 14:57
Steven Caldwell
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Soldat Clive


« Des prétendants, déjà ?!? » Ne put-il s’empêcher de dire pour déconner. Il salua la commandante d’un signe de tête et s’avança. Il eut un petit temps d’arrêt cependant en découvrant l’épée qu’elle avait dans le dos. Ca se voyait bien pourtant mais il ne l’avait pas remarqué. Est-ce que c’était aussi tranchant que ça en donnait l’air ?!? Et est-ce qu’ils se battaient à la lame de la même façon que sur Terre.
Encore tant de questions et de sujets d’intérêts. Il se rendait compte qu’il ferait pâle figure avec sa vraie-fausse strangulation au cours de l’unique entraînement avec Emilia. Surtout si elle se trouvait un maître d’arme digne de la commandante. Ca se sentait qu’elle n’avait pas l’assurance juste pour le paraître et le prestige. Ca l’intéressait tout ça...vraiment.

Le militaire entra en remerciant la personne qui lui désignait l’endroit, ce qui n’était pas vraiment dans ses habitudes. Emilia pourrait surement s’en étonner ou voir qu’il faisait des efforts d’emblée. Déjà que le CODIR avait accepté de le laisser s’y rendre, il avait intérêt d’y laisser une bonne image. Juste avant d’entrer, le jeune homme avisa un regard en direction de son amie. Ca lui plaisait pas des masses de ne plus l’avoir en vue mais, comme il se l’était déjà dit, le but n’était pas de s’y coller comme une ventouse. Il s’avança après une petite hésitation, dissimulant une légère angoisse tiré de l’inconnu.

Les types à l’intérieur était...propre. Autant ça semblait logique en croisant le commun des mortels, autant là ils tiraient clairement la bourre au Monsieur Propre. Darren eut clairement l’impression d’avoir en face de lui les pros de l’hygiène personnelle, si bien qu’il était un peu intimidé en se sentant moins bien “miroitant”. Les peintures lui sauta aussi aux yeux. Lui qui pensait que c’était reservé qu’aux militaires, comme une sorte de camouflage, ça avait l’air aussi culturel.
Franchement, Clive n’aimait pas la culture générale. Il lisait rarement, sauf quand on lui offrait un bouquin comme celui qu’Emilia pour noël. Mais en découvrant toutes ces petites choses, il avait des milliers de questions qui lui venaient en tête. Il se promit de les poser à la princesse quand elle aurait un moment à lui accorder, bien conscient qu’elle ne revenait pas chez elle pour prendre des vacances.

Distraitement, Clive s’installa et déboucla son gilet tactique. Il posa son arme sur la table d’auscultation, juste à sa droite, puis obtempéra sur leur consigne...sauf quand l’un d’eux voulut lui écarter son fusil. Il posa une main lourde dessus pour interdire le geste et leva ses deux sourcils, un petit sourire excité sur les lèvres.
« Je déprime quand je m’en sépare. C’est grave, docteur ?!? »
C’est le syndrome du soldat. Vous dormez avec vos armes et nous avec nos bandages, répondit le médecin faussement blasé. L’homme avait la quarantaine, des cheveux bruns légèrement bouclés. Comme tout le personnel soignant il portait un uniforme et des marques de peinture bleues sur le visage. Il ne s’agissait effectivement pas de camouflage mais d’une habitude. Quand on commençait à travailler avec les protecteurs on adoptait vite leurs coutumes, c’était un monde à part.
Le soldat sourit. Ouais, celui-là avait de l’humour. Ce serait un bon candidat pour les premières questions mais il ne voulait pas griller les étapes.
« Je suis content de voir qu’on se comprend. Je m’appelle Clive, vous voulez que je retire la veste ? »
Vous pouvez m’appeler Joakim. Oui retirez veste et t-shirt, que nous jetions un coup d’oeil.
« Joakim, enchanté. » Dit-il en retirant ses affaires. Le fusil, il restait là où il était, spécialement à côté de lui. Pour le reste ça allait.
Le coup de la prise de sang l’avait un peu surpris mais il n’avait pas le gène ATA, c’était bien la seule chose qui l’aurait inquiété. Si les Gaëlliens voulaient se rendre compte de quelque chose sur les analyses, c’était surement qu’il avait trop bien mangé la veille vu le taux de triglycérides. Darren se laissa faire docilement, observant leur matériel et leur façon de procéder. Joakim fit quelques manipulations avec des machines qui ressemblaient à celles de la Terre pour certaines et d’autres qui n’avait pas grand chose à voir. Ce faisant, il pris le pouls du jeune homme puis analysa l’échantillon sanguin qu’il lui avait prit.
Hmm… pas de gêne FL… c’est assez courant chez les étrangers. Nous pourrons arranger cela si vous le souhaitez, dit-il amicalement. Il semblait vraiment désireux de l’aider sans toutefois lui mettre de pression. Pour les gaëlliens, posséder le gène des anciens était un droit légitime.
« Merci, c’est sympa. Dites, c’est Joakim comment ? Shay’quelque chose ? »
Oh non, je ne suis pas noble, répondit le médecin avec un léger rire. Joakim Zerus.
Le médecin manipulait des machines dont les écrans étaient orientées de telle sorte que Darren ne pouvait voir ce qu’il s’y passait. Clive, néanmoins, évita de faire le curieux. Il se faisait l’hypothèse que les toubibs en profiterait pour étudier un peu ce qu’il représentait, ses gènes, de la même façon que le service de santé d’Atlantis s’était permis pendant les soins d’Emilia. Juste retour des choses à son avis.
« Ok, Joakim Zerus, vous pouvez juste me dire ce que représentent vos peintures ? »
Clive s’était permis. Il avait tourné la phrase longuement dans sa tête pour la monter de manière aussi poli. Évitant un désastreux : “C’est quoi le bleu sur ton visage”.
– Ah, les peintures du Protectorat ! A la base les soldats se badigeonnaient de peinture pour se fondre dans le décors mais avec le temps elles sont devenues le symbole du corps d’armée. Ca fait toujours son petit effet avec les étrangers.
Clive rigola.
« Attendez de voir les miennes, on comparera... »
– Elles sont bien cachées alors... répondit le médecin en cherchant du regard les fameuses marques.
« Avant de partir au combat... » Rectifia Darren. « Nous, on les mets juste avant la bast...le combat. »
– Ah oui bien sûr, je comprends.

Il fit quelques pas pour retourner près de lui et glissa ses mains sur le dos de Darren puis ses côtes pour palper rapidement et voir si tout était normal.
– Vous êtes chatouilleux ?
« A cet endroit, plus vraiment... » Répondit-il en faisant la grimace.
Il en avait oublié la large cicatrice qui couvrait une bonne part de son dos, un cadeau d’un Wraith qui lui avait déchargé sa lance durant une attaque sur la cité. Son gilet tactique avait fondu au travers de l’uniforme. Le soldat soupira en espérant que le médecin Gaëllien ne s’y attarde pas trop. Ce n’était pas un très bon souvenir, même s’il vivait bien avec. Il ne voulait juste pas que ça s’intéresse de trop sur la sale gueule de sa brûlure cicatrisée.
– Vous m’avez l’air en bonne forme, répondit le médecin sans s’attarder sur les cicatrices. Il en voyait beaucoup d’autres vu le poste qu’il occupait et il connaissait assez bien les soldats pour savoir qu’il valait parfois mieux ne rien demander.
« Je fais la connaissance des Gaëlliens. Un peu, que je suis en forme ! » Lâcha-t-il, enjoué.

Mais lorsque vint le moment de la piqûre mystère, la main de Darren revint se poser sur le canon. Il battit brièvement des pieds comme un gosse et déclara avec humour :
« C’est pour me rendre beau, fort et riche ? »
– On va laisser ça aux zeïns, répondit Joakim sur le même ton d’humour. C’est un cocktail de vaccins. Quand on est pas coutumier d’un monde, le moindre virus anodin peut nous tuer. On essaie de protéger nos visiteurs en prévenant ce genre de “désagréments”.
« Donc si je perds mon nez et mes deux oreilles après avoir éternué, c’est à vous que j’dois me plaindre. C’est noté ! » Railla-t-il en retirant la main de son arme. « Je comprends la procédure, on a la même chez nous. »
Voilà, tout à fait. Heureusement, on est plutôt doué avec la chirurgie esthétique. La princesse donne dans la bionique d’ailleurs, elle sera bien placée pour vous conseiller si vos bras se mettent à tomber.
« La quoi ? »
Mmmh… comment expliquer ça… le terme biomécanique vous parle peut-être d’avantage ? C’est une science très neuve mais qui donne déjà d’excellents résultats.
« Je crois comprendre. Les prothèses intelligente, des sortes d’implants ou de pièces détachés pour Gaëlliens ? »
Oui voilà, tout à fait.
Clive répondit par un frêle sourire tant ça le plongeait dans la réflexion. Il sentit à peine l’injection se faire alors que son esprit dérivait sur la dame. Emilia...elle avait inventé ces trucs ? Ou elle les commercialisait ?
Ca alors. Il se rendait compte un peu naïvement qu’il était loin de faire le tour de la personnalité de son amie. Le jeune homme savait déjà qu’il avait affaire à une tête, elle était pas banale comme nana. Mais là c’était une petite surprise supplémentaire. Elle cachait bien son jeu mine de rien. Il faudrait qu’il lui pose la question si elle était disposée à en parler à un moment. La visite achevée, le médecin prit une photo de Darren et le laissa partir.

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Sam 9 Mar - 16:36
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas



Emilia eut également droit à sa propre visite médicale dans une autre pièce. Sans grande surprise, elle découvrit qu’elle n’était pas malade malgré les conditions de vie épouvantables de ces derniers mois. En revanche elle avait perdu beaucoup de poids et sa tension était plus forte que d’habitude, ce qui lui faisait atteindre des records. Ca aurait pu être alarmant pour un humain normal mais la princesse n’était pas tout à fait comme les autres sur le plan physiologique. Elle ressortit de là et rejoint sa mère qui était au téléphone… comme d’habitude. Son bracelet renvoyait l’appel vers une petite oreillette nichée au creux de son oreille de telle sorte que l’on aurait pu croire qu’elle parlait seule si l’on n’était pas coutumié de ce genre de technologie. Contrairement à tous les autres, Emilia ne possédait pas de tel instrument pour une raison simple : l’essentiel de son équipement était resté dans sa cabane puisque la sélection avait eu lieu en pleine nuit… elle ne le portait pas sur elle à ce moment-là. La jeune femme attendit donc patiemment la sortie de Darren pour qu’ils puissent rejoindre le transporteur et décoller pour Sombrelune.

Soldat Clive


Darren sortit en ajustant les bretelles de son sac puis en repassant la lanière de son arme autour de ses épaules. En changeant cette façon de la porter, il passait d’une arme visible à la poitrine à une arme moins visible sur le flanc. Il n’avait pas envie de donner l’air de cowboy même s’il avait quelque peu fait comprendre à Joakim qu’il ne valait mieux pas l’embourber. Clive ne se disait pas qu’il allait se faire respecter dans toute une civilisation bien hiérarchisée mais il voulait aussi se protéger un peu. Du coup, quand il termina sa petite installation en regardant autour de lui, il fût assez content de rencontrer le regard d’Emilia. Malgré le retour chez elle, les retrouvailles, et peut-être la pression que ça engendrait : elle lui gardait du temps et de l’attention. C’en était presque mignon.
« Bon pour le service. » Fit-il en se tapotant le torse.
Il s’approcha et découvrit la mère Eidolas en pleine conversation avec un fantôme. Il se fit la déduction assez rapidement qu’ils disposaient d’une sorte de kit main libre très élaboré et observa, tout comme la princesse auparavant, la démarche et l’occupation de cette dernière. Darren avisa un regard circulaire, vérifiant qu’il pourrait se permettre un petit commentaire sans se donner en spectacle, puis il glissa à la jeune femme à voix basse :
« Hé, la femme d’affaire est à bloc ! »
-Elle ne s'arrête jamais… soupira t-elle. Tu es prêt ?
« Paré à vous suivre, votre Altesse. » Répondit-il avec un petit sourire en coin. Il avait des tas de questions se bousculant dans sa tête mais chaque chose en son temps. Il appréciait aussi de la voir de retour dans son élément. Elle lui semblait comme sereine, c’était agréable. « J’ai hâte. »
Mais avec ce petit moment de suspension, Darren tiqua un peu sur la réponse de son amie. Elle avait soupiré un peu, c’était assez marqué pour le relever malgré la subtilité. Il se demanda si ça ne lui manquait pas de voir sa mère aussi occupée, si elle ne voulait pas plus d’attention mais s’était résignée à apprécier que ce qu’elle lui accordait. Là, c’était zone privée le sujet, sûrement la pente savonneuse où il ne valait mieux pas s’aventurer. En restant tout aussi enjoué et ragaillardi par les prochaines découvertes qui s’annonçaient, le jeune homme gardait ça dans un coin de son esprit.

Emilia Zeïn'Eidolas



Pendant son attente, Emilia avait eu le temps d’observer les allers et retours des personnes, leur comportement. Elle avait ainsi vu la commandante s’enfermer dans une pièce avec Kaël pendant un bon moment, puis ressortir pour échanger à voix basse avec sa mère pendant que l’autre protecteur sortait du bâtiment, probablement pour retourner à son poste. Puis les femmes s’étaient séparées, sa mère était retournée à son téléphone et Darren avait finit par sortir de sa longue visite. Alors que le jeune homme lui parlait, le médecin sortit de son cabinet pour se diriger vers le bureau de la commandante. Elle reporta finalement son attention sur Darren qui s’enthousiasmait de sa visite, il semblait aussi heureux de découvrir son monde que de lui montrer le sien.

- Un peu de patience, la commandante va bientôt donner son aval et nous pourrons y aller. Tu te souviens de ce que j’ai dis à propos de Sombrelune ? Si tu as des questions c’est le moment de les poser.

La jeune femme savait que Darren se contenait, qu’il se sentait intimidé par la présence écrasante des deux femmes de pouvoir qu’il connaissait à peine. Elle appréciait sa retenue, jusqu’à présent il n’avait commis aucun impair, mais il devait être perdu dans cette culture étrangère. Ils avaient peu de temps mais elle pouvait répondre à une ou deux questions.

Soldat Clive


Est-ce que les gens étaient sympa parce qu’il était l’invité ou ils étaient toujours comme ça ? Le toubib, Joakim, passa pour aller dans un bureau. L’espace d’un instant, Clive se demanda s’il n’allait pas le balancer pour son petit jeu de méfiance mais il se rappela que c’était négligeable. La question d’Emilia manqua de le prendre de court. Quand son cerveau se connecta sur le moteur de recherche en tapant sombrelune, il recevait le message “Cette page n’est pas disponible, veuillez essayer ultérieurement”. Le soldat se sentit soudainement très con de ne pas se souvenir de l’endroit qu’il allait visiter, surtout qu’il se souvenait TRÈS BIEN qu’Emilia en avait fait une description quand il l’avait interrogé à la réunion.

« Heu…. »
Son regard s’en alla sur les environs avant de revenir sur la princesse. Il débuta par la déduction la plus stupide du siècle.
« C’est chez toi... »
Il se mit ensuite une belle baffe pour essayer de récupérer le coup.
« L’une des deux capitales ? »

– La capitale politique oui. Les grands Maisons y ont toutes un domaine. Sombrelune a été bâti dans une chaîne de montagnes… j’espère que tu n’es pas claustrophobe.
« Mais c’est génial ! Les habitations sont à l’intérieur j’imagine ! Comme pour ce centre d’accueil pour invité ? »
– Mhh… oui et non… tu verras c’est très particulier.
« J’ai hâte. » Trépigna-t-il en pinçant la fermeture de son gilet tactique nerveusement. « Est-ce qu’il y a une consigne précise ? Me prévenir de ne pas faire quelque chose par exemple ? » Demanda-t-il finalement avec un petit sourire.
L’antre de tout le gratin, rien que ça...il préférait passer pour un pignouf en prenant les devants.
– Comporte toi comme tu l’as fait jusqu’à présent et tout devrait bien se passer.
« J’y veillerai. »

La porte du bureau de la commandante s’ouvrit et Aura se dirigea droit vers Darren pour lui tendre une carte plastifiée et magnétique sur laquelle figurait une photo d’identité avec le nom du soldat et son origine. Les forces de l’ordre pourraient, en la bipant, avoir accès au reste du dossier s’ils le souhaitaient. Clive la prit poliment et la détailla en laissant un sourire goguenard envahir son visage.
« Mon Dieu, qu’il est laid celui-là ! »

- Vous êtes désormais libre de circuler sur Orzan. Votre carte a une validité d’une semaine, si vous souhaitez rester plus longtemps il faudra que l’une des dames Eidolas nous contacte pour que nous procédions à une mise à jour.
« Merci, Shay’Yardin mais je ne vais pas abuser de l’hospitalité des Eido...Zeïn. »
Il se mordit la lèvre et rangea sa carte dans la poche avant de son gilet tactique, feignant l’indifférence.

La commandante le regarda d’un air blasé et Emilia failli lever les yeux au ciel. Chassez le naturel et il revenait au galop.

- Merci, commandante, dit Emilia.

La cheffe militaire acquiesça sobrement.

- Bon retour chez vous, altesse. Je vais vous raccompagner jusqu’à votre transporteur.

Pour une commandante, elle donnait l’air plus accueillante et vivante que les pitbulls qu’il avait pu apercevoir de loin durant sa carrière militaire. Il s’interrogea assez naturellement sur le fait que la dame semblait contente d’avoir retrouvé Emilia vivante, une émotion palpable. Pour être la “gardienne” de la Porte...non… “DES” portes, s’il se souvient bien, c’est qu’elle devait surement côtoyer plus spécifiquement cette famille. En tout cas, Emilia lui avait dit qu’elle avait voyagé plusieurs fois pour ses recherches. Y avait-il une amitié qui s’était tissée au fil du temps ? Ca le rendait curieux.
Docile, il resta là en attendant de suivre le mouvement et de découvrir ce fameux transport. Il pariait sur une sorte d’avion...

Emilia Zeïn'Eidolas


Le groupe se mit en marche. Ils sortirent du bâtiment et parcoururent un petite distance avant d’arriver à une ère d’atterrissage sur laquelle était installé un joli petit avion ouvert qui attendait patiemment son chargement humain. A ses pieds attendaient tranquillement deux hommes, le pilote et le copilote en tenue de militaires. Ils s’inclinèrent devant les dames sans dissimuler la stupéfaction que représentait la vue d’une princesse supposée morte et saluèrent de manière martiale la commandante une fois le calme revenu. Des adieux courtois s’échangèrent avec Aura qui s’éclipsa peu après, pressée de retourner à son travail. Clive s’était permis de lui faire une reproduction hasardeuse de leur salut militaire, pensant bien faire, dans une démarche de respect. La reine pénétra la première dans le véhicule, puis Emilia adressa un sourire encourageant à Darren avant de monter à sa suite. Il avait le regard qui trainait un peu dessus et il n’était pas spécialement rassuré. L’inconnu, ça faisait toujours un peu peur. Le reste des soldats s’engouffrèrent derrière eux une fois que l’atlante eut grimpé. L’intérieur avait des airs de jet privé : fauteuils et canapés en cuir blancs, table pour manger, écran… La reine s’installa sur un fauteuil, Emilia s’assit sur le canapé en face et invita Darren d’un geste à prendre place à côté d’elle. Il était bien sûr toujours gêné mais le geste de la princesse le partagea brusquement entre le cran supplémentaire et une ironie guillerette de faire face à la reine. Ca faisait vraiment bizarre. Darren acquiesça et s’installa sur le bord du canapé. Il avait ramené l’arme suspendue entre ses jambes pour ne pas abimer le cuir. Ce luxe…
L’escorte militaire se répartit sur des sièges plus loin, les pilotes s’éclipsèrent et l’appareil se mit en branle. Quelques instants plus tard il décollait.

- Le magistère nous rendra visite au domaine cet après-midi pour prendre acte de ton retour.
- Vraiment ?

Le magistère incarnait la plus haute autorité judiciaire à Sombrelune. Le genre de personnage qui ne se déplaçait normalement pas à la demande des gens… même celle de sa mère. Cette dernière avait dû se montrer particulièrement persuasive, comme toujours. Elle commençait à comprendre les coups de fil qu’elle passait un peu plus tôt. Pragmatique et efficace, deux mots parfaits pour résumer Suëna. Une fois passée l’étape du magistère, Emilia serait déclarée officiellement « vivante » et retrouverait les pleins droits sur ses possessions et son titre. Clive écouta, intéressé, en reléguant à plus tard la définition du Magister. De toute façon, s’il continuait de suivre la princesse, il allait forcément le rencontrer.

- Il n’est pas question de te laisser te promener en ville tant que l’Empire ne t’aura pas reconnue comme étant vivante.
- Vous craignez pour ma sécurité ?

Clic ! Ca y est, le mot était lâché, ça venait de faire pression sur le bouton “on” de l’aspect militaire de Clive. Il prêta une oreille encore plus investie.

- Tes détracteurs pourraient sauter sur l’occasion pour s’attaquer à toi. Tu seras vulnérable aussi longtemps que l’administration te considérera morte.

« Détracteur »… un joli terme pour parler de la Marche sans la mentionner directement. Tout comme Emilia, Suëna se méfiait des oreilles indiscrètes, elle ne tenait pas à rependre des rumeurs.
Le jeune homme inspira. Il avait eu une soudaine montée tentatrice. La reine, la princesse, le luxe, tout cet environnement participait à sa concentration pour ne pas faire d’impair. Il savait en avoir déjà fait un juste pour avoir fourché sur la particule de noblesse. Mais là, il aurait bien tapoté son foutu fusil à pompe avant de raconter à la reine que le premier qui tentait un truc pas net goûterait au plomb Atlante. Il comprenait encore mieux pourquoi Emilia n’avait pas voulu du D-4 dans son ensemble. Max aurait démarré au quart de tour et April aurait fait un cours instantané de dissection de bourses…
Clive opta pour le silence mais il n’était pas moins concentré et observateur. Peut-être devenu un brin trop sérieux sur son faciès. Il nota qu’il devrait se montrer prudent, pour la protection d’Emilia, jusqu’à ce que la procédure avec le Magister soit terminée. Cela dit, c’était le domaine de cette famille, il devait y avoir un système de sécurité d’enfer. Sans compter le fait que tous les soldats Gaëlliens qu’il avait croisé jusque là assuraient un max.

- Il va de soi que tu feras un effort vestimentaire pour le magistere. J’ai demandé à Edna de nous rejoindre au domaine.
- Les vêtements atlantes ne vous sieds guère madame ? demanda Emilia d’un air ironique.
Ce sourire le contamina. C’est vrai que les fringues Atlantes mettaient l’accent sur la fonctionnalité. L’esthétique partait directement à la poubelle.

Emilia comprenait parfaitement l’exigence de sa mère. Les gens allaient se poser des questions à propos de son retour miraculeux et elle devait renvoyer une image positive d’elle, celle d’une femme forte, charismatique… bref, vendre du rêve pour mieux manipuler les foules. Son quotidien.
La reine leva les yeux au ciel en réaction à sa question. Le soldat ricana intérieurement. Il y avait une petite alchimie bien visible derrière ce jeu de protocole. Le coté famille se sentait bien.

- Et si notre « invité » veut également profiter des talents d’Edna…
- La styliste de la Maison Eidolas, précisa Emilia à ce pauvre Darren qui ne devait pas comprendre grand-chose. Elle espéra qu’il ne se sentirait pas trop insulté par le sous-entendu.
« Ah... » fit-il, enthousiaste de l’apprendre.
La première réaction, c’était l’élan patriotique. Il avait son uniforme Atlante, il ne le quitterait pas. Mais juste après, il se rappela avoir habillé la princesse de la sorte pour la forcer à l’imposture, ce serait tellement amusant d’inverser les rôles. Mais juste avant, il voulait retenter un trait d’humour, juste pour le beau jeu. Pourvu que ça ne soit pas maladroit…
« Je vexerais Edna en conservant mon gilet par-dessus son magnifique travail ? »
- Je le crains… Edna est pire qu’un drakonys quand il s’agit de mode, plaisanta Emilia en faisant une grimace.
« Oula. Je ne vais pas lui faire l’affront alors. Ce sera avec plaisir... » Répondit-il avec humour et terminant sur une notre plus sérieuse.

Emilia lui sourit. La reine hocha la tête d’un air satisfait.
- Bien. J’ai du travail qui m’attends, annonça Suëna en se levant pour aller s’installer plus loin sur une table.

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Lun 11 Mar - 21:54
Steven Caldwell
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Soldat Clive


Ca le rassura de voir la mère Eidolas s’écarter. L’avoir en plein viseur juste en face avait le don de le stresser, d’autant plus qu’il se surveillait pour ne pas déconner. Quand une certaine distance de sécurité s’installa, le militaire souffla longuement mais discrètement avant de sourire. Il murmura d’un coin de lèvres :
« Hé...j’ai pas encore déclenché une guerre entre nos peuples...c’est bon signe nan ? »

- Bravo, murmura également Emilia.
« J’ai tellement de questions. » Fit-il en continuant les messes basses. « Aura, c’est ton amie non ? Elle avait l’air sacrément contente de te revoir sous le côté commandante badass ! »
- Nous l’avons été avant qu’elle ne soit promu à ce poste.

De la musique s’éleva soudain de l’avion, un son qui ressemblait de très près à du piano. Un coup d’oeil apprit à Emilia que sa mère était à l’origine de la manipulation. Elle devait certainement estimer que le silence mettait tout le monde mal à l’aise et la mélodie avait le mérite de couvrir les chuchotements.
Darren leva le nez et se marra cette fois. C’était tout aussi sympa que le cheveux dans la soupe “ok les gars, j’ai compris, je vous donne l’intimité de la discussion”. L’air était pas mal mais il préférait la discussion.
« Vous l’avez été, c’est terminé ? L’amitié n’est pas possible entre une Shay et un Zeïn ou c’est une histoire de géographie ? »
- Le commandant des protecteurs se doit d’être impartial et ne favoriser aucune Maison. Nous avons fait le choix de prendre de la distance pour que personne ne puisse lui faire de reproche.

Un soldat se rapprocha de la reine et ils échangèrent à voix basse. Il la prévenait qu’il avait prit les mesures nécessaires pour que leur arrivée se fasse dans les meilleures conditions de sécurité possible. Après un rapide échange sur la nature de ces mesures, le soldat regagna sa place et la reine se replongea dans son travail.
Méfiant, le soldat suivit du regard son équivalent aller s’adresser à la reine et ses mains gagnèrent un peu son fusil l’air de rien. L’avion, c’était aussi un moment prisé pour le terrorisme sur Terre. Pas forcément en vol. Mais le décollage et l'atterrissage, c’était des moments parfaits pour shooter le véhicule. Et pendant l’envol, c’était un ver dans le fruit, généralement le seul à porter une arme.
Clive ne répondit pas tout de suite, concentré sur l’idée qu’il peut-être...mais alors “peut-être”...un peu trop nerveux. Le zèle tue la profession, il fallait qu’il se calme là.
« Un sacrifice pour le boulot, je connais ça. Elle te manque ? »
Il fit la grimace.
« Question maladroite ? »
Emilia haussa les épaules.
- Comme tu l’as dit, les responsabilités nécessitent parfois des sacrifices. J’ai l’habitude.
« Je comprends. » Il regarda brièvement dehors avant de reprendre. « Et pour le Magister, ça va se passer comment ? »
- -l va venir constater que je suis toujours vivante, me faire passer des tests peut-être pour prouver mon identité… je ne sais pas trop. C’est une figure influente, ç’aurait dû être à moi d’aller à sa rencontre mais ma mère ne fait rien comme les autres.
« Un magister est supérieur à un Zeïn alors ? » Demanda-t-il intéressé.
- Non, c’est un zeïn mais il m’est inférieur par le rang. Il n’en reste pas moins un homme fort occupé qui n’a pas le temps de traiter les cas un par un…
« Qu’est-ce que ta mère lui a proposé pour le convaincre de se déplacer ? »
- Je l’ignore… peut-être rien. Peut-être qu’il est seulement curieux d’avoir le privilège de faire parti des premiers à voir l’Être d’Exception qui a “ressuscité”. Mon retour va faire beaucoup de bruit.
« Du bruit... » nota-t-il. « Des festivités ? »
- Oui peut-être que certains feront la fête… mais je pensais plus à des rumeurs. Tu sais ce que je représente pour le peuple sur le plan religieux. J’ai survécut aux démons et à leur sélection, je ressurgit des cycles plus tard alors que tous me pensent morte… cela va renforcer la ferveur de certains. Et en agacer d’autres, conclut-elle en faisant mention à la Marche.
« J’imagine...tout le monde n’aura pas le sourire facile en te voyant revenir. » Fit-il dans une pure rhétorique. « Sombrelune, toutes les familles ont leur terrain là-bas. Nos lascards aussi ? »
- Si je savais où habitaient mes ennemis je ne serai pas tranquillement en train de discuter sur ce canapé.

Et bim, capitaine Obvious, maître de l’évidence. Cela le fit sourire et il secoua la tête en se disant qu’il ne valait mieux pas développer ce qu’il avait insinué. Ce serait très étonnant que La Marche n’ait pas un repaire, un QG planqué, un squat, quelque part dans cette capitale politique. Un endroit à partir duquel il pourrait opérer si la menace était là.
« Bien, votre altesse. » Fit-il, amusé.
- Ils ont mené leur attaque au nez et à la barbe du Protectorat. Au moins un de leur agent est passé… la seule chose dont je suis sûre c’est qu’ils sont très bien organisés.
« Ce qui implique le soutien du famille ou d’une faction bien installée ? Une police va mener l’enquête ou tu vas les poursuivre toi-même ? » Renchérit-il avec un peu d’humour.
- Oui... je suspecte le fait qu’ils soient appuyés par des personnes influentes. La police va mener l’enquête… et moi aussi. Je possède des armes que la police n’a pas.
« Et le dernier cri en matière d’implants. » Ajouta-t-il, presque fier de pouvoir poser l’info. « Ca doit faire quelques jaloux en plus. »
Il se rappelait en avoir parlé un peu pendant la symphonie, les raisons qui motivaient sa disparition étaient multiples.
Emilia lui lança un regard surpris. D’où tenait-il cette information ? Elle ne lui avait jamais parlé de ses activités professionnelles et économiques. Mais elle se reprit rapidement et répondit sans se démonter, avec un brin de moquerie :

- S’il n’y avait que les implants !
« Ce serait triste de s’arrêter à ça. » fit-il en feignant une conviction totale. « Je suis sûr que tu es curieuse de savoir quels sont les opportunistes qui ont lancé des affaires pile au moment de ta disparition. Même légèrement avant... »
- Précisément. Et je compte bien mettre la main sur la liste de toutes les personnes qui ont traversé la Porte ces derniers cycles. J’y trouverait peut-être un visage familier...
« Ou une entité redondante sous forme d’un fameux symbole déjà vu. »
Il hocha la tête.
« Je me ferai une joie de t’aider si tu as envie. »
Sa mission principale restait sa protection, il le lui avait promis et il ne comptait pas se disperser en chemin. Clive ne se sentait pas en vacance, loin de là, mais s’il pouvait prêter une paire de main supplémentaire, pourquoi pas.
La jeune femme hocha la tête.
- La Floraison va être l’occasion de regarder droit dans les yeux de nombreux zeïns… cet évènement va être… intéressant.
Clive rigola un peu plus naturellement, il se détendait.
« Ohohoho….nan... » Il écarquilla les yeux, l’air interrogatif. « A coup de radar ?!? »
La jeune femme tiqua.
- De radar ?
« Ce truc bizarre que tu as. Comme toujours avoir une longueur d’avance. Rarement surprise. Tu as un radar dans la tête. Euh….un déte... »
Il se rendit compte qu’il avait élevé la voix. Il se reprit et baissa le volume d’urgence.
« Comme un détecteur, un machin comme ça... » Il regarda brièvement du côté de la reine et ajouta discrètement mais surexcité dans le fond :
« Tu vas aller voir lequel te regarde avec ses petits yeux d’ange innocent, c’est ça ?!? »

- Un détecteur hein… et un détecteur de quoi au juste ? demanda la princesse en mimant un air amusé. Mais intérieurement, elle était en train de se demander si elle avait interêt à mentir ou à dire la vérité. Darren était en train d’élaborer des théories qui n’étaient pas si loin de la réalité… si elle voulait le baratiner elle allait devoir s’y prendre maintenant.
« Ahaha, tu me pousses à la devinette hein ? J’ai eu le temps de réfléchir la nuit dernière. Tu es...perspicace...mais niveau top plus ! Je veux dire... »
Il abdiqua.
« Mais comment ça se fait que je me sois pas pris une taule avec les quelques... » Personne ne regardait ? Bon. « Les quelques conneries que j’ai faites. Il y a des tas de trucs où tu as l’air de le capter d’avance, comme si tu sentais les choses. »
Une petite lumière éclaira son regard. Celui d’Emilia, en revanche, était devenu méfiant. Clive ne se rendait pas compte, il était embarqué dans son analyse personnelle sans même savoir où il allait. C’était un mélange d’impression personnelles et de constatations impulsives sans la moindre preuve.
« Que j’suis con...tu es...hé... » Un petit sourire lui vint. « T’es pas forcée de savoir seulement faire voler les bottes. Tu fais dans la divination aussi ?!? »
Emilia écarquilla les yeux avant de se prendre un bon gros fou rire. C’était pas possible d’être à la fois aussi proche de la vérité… et autant à côté de la plaque ! Elle s’était attendue à un « télépathe » car c’était quelque chose de plus facile à concevoir que l’empathie, bien plus abstraite. Mais certainement pas à sa proposition. Quelques paires d’yeux curieux se posèrent sur eux, puis finirent par se désintéresser et retournèrent à leurs occupations.
« Ben...oui... » insista Darren d’une voix mourante en la voyant hilare. Il ne savait pas s’il avait réussi la blague du siècle, ce qui lui ferait plaisir d’être à l’origine de son rire et de son sourire.
Ou si elle était tout bonnement en train de se foutre de sa gueule. Ce qui était nettement moins agréable. Il ne s’était pas senti dérangé par les regards a ce moment-là. Il levait ses deux mains un peu au-dessus de ses jambes pour illustrer son incompréhension et l’attente hasardeuse d’une réponse.

- Je laisse ce talent à l’autre abruti.
« L’autre abruti ? » Est-ce qu’elle parlait de lui ?
Non, quand même pas. Qui ça...N - A - A - L - E - M.
Il ricana à son tour, essayant de ne pas être trop voyant pour les autres.

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Mar 12 Mar - 15:12
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Emilia Zeïn'Eidolas



Elle reprit plus sérieusement lorsqu’elle parvint à s’arrêter de rire.

- As-tu fait part de tes observations à ton gouvernement ?

Le sourire de Clive se cassa petit à petit.
« T’es en train de me dire que je suis dans le vrai ? » Demanda-t-il, un brin amusé.
- Non, je ne prédis pas l’avenir.
« Ah. Dommage...tu m’aurais dis la bonne aventure. Richesse et bonheur prochainement ! »
Il lâcha un reste de son rire et répondit à la question d’origine.
« Je t’ai pas servi de guide pour leur faire un rapport de tous tes faits et gestes. Je garde mes commentaires pour moi. Enfin...jusqu’à maintenant. »
Dans un élan d’excitation, il se replaça sur le canapé, se décalant de côté.
« Mais je suis sûr qu’il y a un truc ! »
- Et… s’il y avait “un truc”, tu n’envisagerai pas le fait de le rapporter à tes supérieurs ?
« Pourquoi ? » Fit-il le plus simplement du monde. Il retrouvait la complicité et la petite nostalgie du moment dans l’intonation de sa voix en développant. « Je t’ai déguisé et fait fuir la police militaire. On a fait une belle petite mission d’infiltration. Ca ne fait pas de moi le meilleur candidat pour rapporter les petits trucs de mes amis, tu sais. »
- C’est une chose de boire et de faire des bras de fer pendant une soirée et s’en est une autre de jouer avec des forces supérieures que beaucoup ne comprennent pas. Ce n’est pas une critique, mais tu es un soldat et les soldats obéissent aux ordres et protègent leur patrie. J’ai juste besoin d’être sûre...

Soldat Clive


Le sujet avait pris de l’importance. L’allure un peu détendue que donnait l’excitation du jeune homme cessa au moment où elle lui parlait franchement, comme à coeur ouvert. Du moins, c’était l’impression qu’il en avait sur l’instant. Clive se redressa un peu pour l’écouter, tendant l’oreille pour ne pas perdre une bribe de parole au travers de la musique qui leur servait d’écran sonore. Il pinça un peu des lèvres, comprenant à quel point elle avait raison. En échangeant les rôles, il aurait surement eu des doutes lui aussi.
« Je ne vois pas l'intérêt de raconter les secrets de mes amis à mes patrons. » Insista Clive en cherchant comment il pourrait lui prouver qu’il était sincère. « C’est possible, c’est vrai. Mais pour que je leur en parle, il faudrait que ça menace les vies qui se trouvent sur cette cité. Il faut que ce soit grave et menaçant. »
Il lui fit une moue mi-figue mi-raison.
« C’est vraiment hors sujet te concernant. Et je pensais que tu avais confiance en moi. »
Il y avait cette petite pointe de vexation mais ce n’était pas violent. Il se mettait un peu à sa place, ce n’était pas évident. Après tout, elle ne connaissait aucun être comparable. Elle était seule avec son pouvoir de faire voltiger les bottes et ce radar qui prenait de plus en plus le chemin d’une révélation.
Il secoua finalement la tête, prenant un ton étonnement distant pour se remettre dans le contexte du respect envers la princesse. Ils n’étaient pas seuls dans cet avion, il ne fallait pas l’oublier.
« Excusez-moi, je n’aurai pas dû poser la question, votre altesse. »
« Oh Darren, si tu savais à quel point je n’ai confiance en personne… », songea Emilia. Les humains étaient trop instables pour qu’on puisse leur accorder une confiance aveugle, surtout quand cela concernait des secrets d’Etat. Ils se connaissaient depuis quelques jours à peine et c’était un étranger, autant de choses qui renforçait la méfiance qu’elle éprouvait. Elle s’était confiée à lui sur des sujets très personnels mais ces informations ne pouvaient pas la compromettre auprès des atlantes. Là c’était différent, on parlait d’un pouvoir puissant qui lui permettait pratiquement d’entrer dans la tête des gens.

-Tu es vexé, affirma t-elle.

Sans déconner, il se remettait à la vouvoyer tout à coup ? C’était sa manière de bouder ?

« Nan ! » Mentit-il.
Il ne parvint pas à garder son regard dans le sien, le défi était perdu d’avance.
« Un chouilla alors... »
Clive se sentait con sur le moment. Il tenta de botter en touche en faisant la conclusion.
« C’est humain. Et je voulais pas t’embêter avec ça, navré. C’est ta vie privée, j’ai pas à y mettre les pattes. »

- Menteur, glissa t-elle avec un léger sourire en coin et des yeux amusés. Darren était quelqu’un de curieux qui n’avait jamais hésité à lui poser des questions personnelles. Pour elle ce n’était que partie remise, il reviendrait à la charge tôt ou tard.
« Toi d’abord ! » Contra-t-il avec le même sourire. « Attention hein ! Sinon la fin du voyage se fait à l’épaule... »
- Sois sage mon grand, ou c’est toi qui va finir sur l’épaule de mes gardes-du-corps !
Darren répondit d’une grimace pour la narguer.
« C’est moi le garde du corps. »
- Jaloux ! répliqua t-elle, moqueuse.

Emilia Zeïn'Eidolas


Des paysages défilaient à l’extérieur et une bonne heure et demi s’écoula avant que le transporteur ne se mette à survoler une zone montagneuse. Un moment plus tard, il commença à perdre de l’altitude et se dirigea droit sur une paroi rocheuse… qui s’ouvrit pour lui permettre de pénétrer dans une vaste salle d’embarquement souterraine. La paroi se referma derrière eux, la montagne venait de les engloutir. L’engin se posa, la porte s’ouvrit, ils pouvaient sortir.

Une fois descendu du transporteur, le groupe fut accueilli par des hommes et des femmes en armes. Certains portaient des uniformes en tout point similaires à ceux de l’escorte de la reine, d’autres, représentant l’autorité du Conseil et de la Triarche, se distinguaient par une autre tenue. Les couleurs n’étaient pas si différentes mais il y avait des distinctions entre la forme des vêtements, les blasons et les décorations accrochées. Emilia ne s’était jamais intéressée à l’histoire des différents corps d’armée et la symboliques des médailles et autres trucs de militaires mais elle savait au moins distinguer et rattacher chaque uniforme à son autorité. Chaque royaume avait son armée, à laquelle venait s’ajouter celle de la Triarche et chacune de ces armées se déclinait en de nombreux corps de spécialisations…

C’était donc des arcadiens et des soldats de l’armée régulière qui s’étaient déployés pour sécuriser le périmètre. En effet, le chef de la sécurité n’avait pas mentit en disant à la reine d’Arcadie qu’il avait pris les mesures nécessaires. C’était l’avantage d’être une Exception, toutes les armées sans distinction avaient l’obligation de vous protéger si vous en faisiez la demande… le problème c’est qu’officiellement, Emilia était morte. C’était la raison pour laquelle sa mère voulait déclarer son retour au plus vite, pendant ce laps de temps elle ne bénéficiait plus de la protection de son statut.

Des commentaires à voix basse et des regards stupéfaits furent échangés alors que la princesse débarquait. Emilia avait l’habitude d’être au centre de l’attention mais ces élans de surprise et tous les sentiments qu’ils engendraient commençaient à la fatiguer. Elle avait envie de crier : «et oui les gars ! Je suis vivante !! ».
Lorsqu’il descendit, Darren put remarquer qu’il se trouvait enfoui dans les entrailles de la terre. La lumière présente était artificielle et éclairait les parois qui, selon l’angle de vue, formaient des arcs en ciel. De ci et là, les murs brillaient comme s’ils étaient piquetés d’étoiles… une manifestation classique de la présence de lapis arcus. Les lieux étaient suffisamment spacieux pour accueillir un certain nombre de transporteurs et il était clair que cet endroit servait de zone de départ et d’atterrissage. Le groupe et son escorte renforcée traversa l’aeroport pour se diriger vers la zone de transition où des individus contrôlaient les passages. Alors qu’ils approchaient de la sortie, un hologramme s’activa soudainement à l’approche des personnes.

- Bienvenue à Sombrelune ! S’exclama une femme. Jeune, belle, avenante, elle avait tous les critères pour mettre en confiance. L’hologramme donna son nom, Lorraine, puis indiqua la date, l’heure et la température des lieux avant d’expliquer qu’elle avait été programmée pour renseigner les personnes et qu’elle se tenait à leur disposition pour répondre à leurs questions.

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