Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)
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RPG sur Stargate Atlantis
 

Penigreer et la renaissance d'Eaglestar

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Ven 8 Mar - 15:02
Scott Greer
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Penigreer et la renaissance d'Eaglestar
Chronologie : Après le 5ème vol


Une nuit, c’était toujours mieux qu’un mois entier non ?
Après tout, Scott était devenu un foutu vétéran des barreaux. Il se demandait même s’il n’était pas le meilleur abonné des repris de justice dans ce secteur carcéral. Ses passages dans le bureau d’Harleen, la psy de la cité, représentait le seul divertissement si ce n’est les quelques clopes que lui permettait parfois le geôlier.

Il lui était arrivé de voir passer un ou deux mecs pour des conneries. Des insubordinations carabinées, manque de discrétion sur une vie de couple “interdite”. Ou encore un petit règlement de compte rapidement arbitré par la sécurité du Dédale.

Bref, quand Greer s’était présenté dans le secteur carcéral pour y passer la nuit, le geôlier n’avait même pas paru étonné. Il ne lui demanda même pas ce qu’il s’était passé et avait choppé son trousseau d’énormes clés style werstern en lui disant :
« Content de te revoir, Scott. »
« Salut tavernier. J’te prends la même piaule que d’habitude. »
« Tu as de la chance, les draps sortent tout juste de la blanchisserie. »
« Faut pas les laisser propre. Envoie-moi une gonzesse. Bonnet C si tu as en stock. »
« Je m’étonne que la ligue féministe du Dédale ne t’ai pas encore castrée. »
« J’ai un passe-droit, je satisfait leur représentante deux fois par semaine. »

Trêve de blague crado dégoulinante de machisme. Le garde referma la grille dans son dos et Scott s’allongea sur le lit sans retirer ses pompes. Un bras sous la tête, une main posée sur son torse, il repensa au recadrage final qui avait eu lieu après la sortie de Pénikett du bureau de Caldwell. Le vieux con lui avait bien fait comprendre qu’il misait son poste et qu’il ne le garderait pas bien longtemps s’il ne changeait pas de comportement. Ce qu’il avait subi le mois dernier ? Rien à cirer. Le mec était pas là pour la compassion, c’était couru d’avance.

En cherchant à se retourner, le copilote hasarda involontairement un regard par les barreaux dans le couloir. Il s’était quasiment attendu à voir Harleen avec sa tenue toujours top assise là, dos contre le mur, en train de lui décortiquer la cervelle pour savoir s’il était bien le connard qu’il prétendait être. Le mois avait été long mine de rien. Deux semaines assigné dans le dortoir à devenir dingue et voilà qu’il avait le droit à sa nuit derrière les barreaux.
Et comme si ça ne suffisait pas, la punition d’être privé de permissions venait s’y ajouter.

Il se fichait bien de doubler son service pour remettre le F-302 en état, il n’avait pas harcelé le chef Tyrol en espérant qu’il se charge de tout le boulot. Mais merde, le temps que l’engin soit de nouveau opérationnel, il ne verrait pas le soleil de si tôt. Il lui fallait descendre sur le continent.

Putain, il voulait picoler et se fumer un énorme cigare artisanal de chez eux. Quoi de plus normal après tout ça ?

Le sommeil finit heureusement par le surprendre mais il était agité. Scott ressassa sans arrêt sur des choses sans la moindre importance si bien qu’il prit toutes les positions imaginables, qu’il s’emmerda au point de fantasmer sur la visite inopinée du bonnet C. Et pourquoi pas d’Harleen, tiens, tant qu’à faire...
Mais enfin, après avoir tourné comme un lion en cage et avoir gagné une gueule de déterré, les lumières s’allumèrent finalement. Signe qu’il n’était plus très loin de sa liberté. Il fallait attendre encore un peu mais c’est là que les surprises commençaient. Caldwell avait veillé à ce qu’il soit libéré seulement un quart d’heure avant le début de son service. Sûrement pour le priver d’un passage au mess et d’une collation.

« Qu’il aille se faire déboiter chez les Athosiens tiens ! » Grommela-t-il en prenant la route du pont d’envol tribord. Il essayait au passage de rendre une petite jeunesse à sa tenue mais il se savait sentir la sueur.

Prendre le service à l’arrache sans douche ni café, il n’en fallait pas plus pour le mettre de mauvaise humeur. Les mains fourrées dans les poches et l’air mauvais, il parvint jusqu’au pont et s’arrêta sur l’énorme auréole calcinée que les équipes d’entretien n’avaient pas pu faire disparaître. C’était là que son F-302 avait fini de brûler pendant que les équipes anti-incendie essayait d’étouffer le foyer à l’intérieur même de la carcasse.
Greer soupira. Il se demandait comme c’était possible qu’EagleStar puisse être encore remis en état, vu tout ce qu’il avait prit dans sa face, mais ça lui faisait sacrément plaisir. Il se renseigna rapidement auprès des techos présent sur le pont et l’un d’eux lui expliqua l’affaire. La carcasse avait été descendue au niveau en-dessous, dans un hangar qui leur donnerait un peu plus d’espace pour bosser. Feignant, il se décida d’emprunter le monte-charge.

La vaste salle servait ordinairement à la manutention des munitions et du carburant pour refaire le plein d’un chasseur avant de le remonter sur son pont d’envol. Idem, des paravents métallique composaient des sortes de “box” d’entretien où les techniciens faisaient les réparations sur établi. C’est d’ailleurs près de celui qui était le plus abordable qu’il y devina la silhouette de Timber.

Pour ne pas rompre aux habitudes, Harry lui avait déjà sauté dessus pour lui faire tester un de ses jeux. Puisqu’elle était plongée sur l’essai de la cartouche qu’il lui avait présenté, et que c’était également une sacrée perche, le pauvre gars tentait tant bien que mal de pouvoir suivre sa tentative. Il s’était juché sur la pointe des pieds, sautillant même un peu parfois, pour lui donner ses conseils. C’était d’un ridicule...

« Oh, tiens, salut Scott. » fit-il, quasiment hypocrite vu son expression déçue.
« Salut Timber... »
Voilà de quoi couper le sifflet du technicien qui se sentit s’enfoncer un peu plus sur lui-même.
« Heu...je voulais que tu saches, j’ai rien fait contre toi durant l’enquête, malgré ce qu’on dit, tu sais... »
« T’as juste témoigné contre ma gueule en disant que j’avais agressé ma pilote. Merci mec ! »
« Nan mais. J’avais cru que... »
« Etape numéro un : Va te faire voir Harry. Etape deux : On est quitte. Etape trois : on oublie. Reçu ? »
Le technicien secoua négativement la tête et récupéra son jeu à la volée pour s’en aller.
Il l’avait visiblement bien vexé, plus que de raison, puisqu’il semblait avoir eu à coeur de résoudre cette affaire. Cela l’emmerda dans le fond. Parce qu’il ne pensait pas que le technicien était de bonne foi jusqu’à ce qu’il se décide de bouder.
« Harry... » S’écria-t-il.

Il ne se retourna pas.
Le copilote regretta aussitôt. Ce n’était pas malin de se le mettre à dos celui-là mais il avait quand même une sacrée amertume. Il avait entendu les rumeurs qui circulaient sur lui. Il avait été vu filant dans le bureau de Caldwell pour dénoncer le vilain Greer qui bouscule l’emplumée sans défense.
« Il oubliera, comme d’hab. » Se voulut-il confiant à l’adresse de sa collègue qui le regardait fixement.

Scott fronça des sourcils en se rendant compte de la montagne sous drap de protection qui devait probablement être la carcasse d’EagleStar. Mais il n’y avait pas que ça. Les techniciens étaient nombreux...toute l’équipe de nuit à vrai dire. Ils étaient tous là et en-dehors de leur plage d’activité habituelle.
« Hé. Me dit pas qu’ils se sont tous mobilisés gratos pour nous ? »
C’était une question dans le vent, il n’y croyait pas du tout. Pourtant, il y avait de quoi être perplexe. Ils étaient tous en cercle, les mines encores plus défaite que lui. Certains n’avaient du dormir qu’une demi-douzaine d’heures au mieux. Au vu de la situation exceptionnelle, ils entouraient une desserte sur laquelle une bonne odeur de café en émanait. Il y avait divers biscuits, des viennoiseries et de la brioche que le chef Tyrol avait mis à leur disposition pour les requinquer un peu. Ca lui donnait la furieuse envie d’aller se servir mais, par respect pour eux, il préféra rester là où il était.


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Ven 8 Mar - 23:12
Chenoa Penikett
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Chronologie : Après le 5ème vol


Ça faisait longtemps que Chenoa n’avait pas passé une nuit sans son binôme en dessous d’elle. Longtemps oui et non, car la dernière fois ne remontait qu’à trois mois au final. Ça devenait une habitude pour lui de se retrouver au trou… Il n’empêche, elle ne l’avait jamais vraiment interrogé sur sa précédente détention, et le fait que le colonel Caldwell revienne à la charge sur son comportement agressif n’arrêtait pas de la tarauder.
Elle était en train de lui faire un lit en portefeuille avec l’aide d’Olivia, aka Vénus, et tandis que les deux femmes blaguaient en imaginant la gueule de Scott quand il essaierait de se glisser dans son lit, Chenoa cogitait également. Finalement, elle avait opté pour cette blague plutôt que de lui remplir son plumard de sel. Ce serait moins invasif quand même. Elle tapota sur l’oreiller une fois le lit bien fait. A dire vrai, elle avait essayé son lit quand il était en prison, histoire de savoir si elle avait eu le bon matelas sur les deux. Et effectivement, elle ne regrettait pas son choix d’être au dessus, c’était plus intimiste. En bas, elle avait l’impression que quelqu’un pouvait ouvrir le rideau à tout moment, ce n’était pas pareil. Et puis… Le matelas était franchement mieux ! Bref, c’était une anecdote qu’elle ne lui raconterait sans doute jamais, histoire de ne pas prendre de remarques sexistes ou de calembours basiques.

Les deux femmes se firent un clin d’oeil complice avant de rejoindre leur couche respective. Toute l’escadrille savait que demain, les deux bleubites iraient réparer leur propre appareil qu’ils avaient soigneusement démoli lors de leur excursion non autorisée. Ça jasait un peu, mais rien de vraiment méchant, et Chenoa se faisait un plaisir de mettre des bourrades amicales à celui ou celle qui venait la titiller d’un peu trop près, ou de façon trop lourde. L’escadrille conservait sa complicité bon enfant, et c’était là l’essentiel.

Le jour J, Chenoa était donc dans le hangar en question, attendant son binôme. Et forcément, Harry lui était tombé dessus avec un nouveau jeu à lui présenter. A force de lui faire essayer des trucs comme ça, elle commençait à y prendre goût, et elle devenait meilleure, même si elle ne pigeait pas toujours tout. En l’occurrence, il ne s’agissait là que d’un jeu de plateforme où il fallait faire évoluer un singe de la famille DK d’un bout à l’autre de la carte en récupérant si possible de la banane à foison. Elle était d’ailleurs en train de lui péter son score, quand Scott arriva.
« Ouais salut Scott... », baragouina-t-elle sans le calculer, concentrée sur son jeu. Elle ne prêta qu’une oreille distraite à la conversation entre le technicien et le copilote. Elle revint vraiment à la réalité, avec les mots qui faisaient sens dans son esprit, quand le jeu s'envola de ses mains. Elle protesta faiblement, avant de regarder Scott d’un air entendu.
« Trou du cul. », fit-elle en secouant la tête. Elle l’engueulerait bien, mais à quoi bon ? Le mal était fait. Il avait vexé leur technicien principal, alors qu’ils allaient certainement passer des semaines à faire des mains et des pieds pour remettre leur appareil en état de vol. Ce n’était pas malin, et Harry avait certainement eu raison de rapporter l’incident au vieux. Ce n’était pas fair play vis-à-vis de Scott, mais ça l’était vis-à-vis de Chenoa. Forcément, l’un le prenait mieux que l’autre, et c’était normal.

Scott capta que l’équipe de techos au complet était là. Chenoa sentit son regard briller et un sourire lui barra le visage. Elle acquiesça, un peu excitée.
« Tous là mec ! J’vais aller les voir, tu viens ? ». Elle trépignait d’impatience, et elle ne tarda pas à dire pourquoi elle dandinait du cul à l’idée de bosser avec eux : « Scott, mon gars, tu as en face de toi la team qui a construit le C-47 lors de l’opération Normandie ! UN PUTAIN DE C-47 !! Sur un champ de bataille. Ce sont des légendes. ». Elle lui colla une bourrade dans l’épaule du genre “tu as vu mec la crème !”, et elle fila vers le point de ralliement des techniciens sans trop attendre son comparse, laissant dans son sillage un parfum des iles, senteur noix de coco. Certainement son shampoing ou son gel douche, car forcément, elle avait eu le temps de se préparer, elle.

« Bonjour tout le monde. », lança-t-elle à la cantonade. Ils avaient des mines affreuses, et Chenoa soupçonnait qu’ils étaient là en plus de leur temps de service normal. Pourquoi ne les faisaient-ils pas travailler sur Eaglestar pendant leur temps de travail normal ? Tant pis si c’était la nuit, ou de façon décalée. Elle s’adapterait. « J’suis Chenoa, la principale responsable du désastre sur lequel on va bosser aujourd’hui... », dit-elle sans faire la fière, plutôt avec une forme d’humilité dans la voix. « J’suis contente d’avoir les meilleurs pour redonner vie à Eaglestar. »


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Mer 27 Mar - 4:34
Scott Greer
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Chronologie : Après le 5ème vol


Trou du cul.
Ouais, peut-être, mais il l’avait bien mérité celui-là aussi.
Enfin...non. C’était une pensée arrogante pour s’enterrer la tête dans le sable et ne pas prendre en compte le petit remords sur lequel Chenoa savait appuyer. Scott songea qu’il aurait le temps d’essayer de se faire pardonner ou de trouver un terrain d’entente avec leurs mécano attitré.

L’excitation de Timber, son enthousiasme, était plutôt contagieuse. Ca faisait plaisir de la voir comme ça, il s’était écoulé un paquet de jours durant lesquels il avait craint que le remplaçant devienne son copilote définitif. Et pour les quatorze jours d’assignation, il n’avait pas eu l’occasion de la trouver aussi réjouie. C’en était presque nouveau pour lui et il suivit docilement en ayant du mal à croire qu’ils étaient bien là pour leur F-302.
Quand elle lui parla de leur coup d’éclat en montant un C-47 sur le champ de bataille, Scott botta d’abords en touche en ne voulant pas y croire. Mais il ne pouvait pas se détacher du regard de Timber qui semblait persuadée par cette version. Alors si elle y croyait, il y croirait aussi…
« Je croyais que c’était des rumeurs. » Dit-il finalement.

Sur le coup, le copilote ressentait la même excitation que sa partenaire. Il en oublia sa sale nuit, l’absence de douche et de petit déj pour accompagner son entrée fracassante d’un sourire. Il serra quelques mains, trouva les filles du groupe appétissantes (faut savoir profiter des belles vues) et écouta distraitement les échanges. Il se focalisait sur le chef Tyrol qui débarquait tout juste, la veste ouverte, à moitié dépenaillé par sa nuit blanche.

Les poètes avaient à peine eu le temps de se présenter et de chambrer le binôme qu’il était déjà l’heure du briefing.
« Sous-lieutenant Pénikett, sous-lieutenant Greer. » Fit-il poliment.
Bonne chose, il n’avait pas l’air rancunier pour la dernière fois où il l’avait chopé.
« Bonjour Chef. » Répondit-il hypocritement pour le brosser dans le sens du poil. Il ne pouvait pas s’empêcher de l’asticoter cela dit, raison pour laquelle il ajouta d’emblée : « Bien dormi ? »
« Ca ! » S’écria Franck. « Ca ne peut être que l'huître légendaire ! La moule de l'hôtel de Caldwell... »
Marta s’appuya sur l’épaule du technicien et le sonda de bas en haut.
« Carrément. Le premier à prendre un mois de taule pour agression et être encore sur le Dédale ! »
« Les nouvelles circulent vite... » Lâcha Scott, sentant la colère grimper rapidement. Le mot était lâché, agression, Chenoa allait forcément l’enregistrer.

Chenoa observait, en silence pour une fois. Elle avait salué le chef d’un signe de tête, et un profond soupir s’était échappé de sa bouche quand Scott le taquina. Ce type ne savait pas faire profil bas. Il venait de se prendre le chou avec un des techniciens, et maintenant, il enquiquinait leur chef. Ce n’était pas malin quand même.
N’empêche, ils n’avaient pas tort. N’importe quel militaire se serait fait exclure pour une agression, surtout quand on était sous les ordres du Colonel Caldwell. Cette remarque raviva le questionnement chez Chenoa, celui-là même qu’elle entretenait depuis la veille au soir.

« Qu’est-ce qui t’arrive, vilain, tu fais la gueule ? »
Franck lui tapota l’épaule. « T’as flingué le record, tu devrais pas... »
« Je crois que ce sont pas vos affaires les gars... » Coupa le copilote en se contenant.
« Hé !!! Arrêtez de le provoquer. On va faire une orpheline ! » Fit une jeune femme en s’approchant de Timber. Elle lui tendit la main. « Je m’appelle Kate. Et les deux malpolis, là, c’est Franck et Marta. » Chenoa lui serra la main en se présentant à son tour, même si elle l’avait déjà fait.
« Matty » Se présenta l’autre femme du groupe en rassurant Scott de sa voix. « Ces deux-là sont fait pour vous, vous allez rapidement vous en rendre compte. »
« PAS DU TOUT ! »
« Ouais, c’est vrai ça, on a qu’une seule tête de turc ! »
« MA sale pétasse perso. Au fait, on devrait lui faire payer son absence. On affiche sa gueule de techos dégueulasse sur la porte de ses quartiers ? T’en dis quoi ? »
Ils venaient de changer de sujet de but en blanc. Le duo un peu survolté s’éloigna aussitôt pour fomenter d’étrange plan de vengeance sur un Capitaine.
« Et dire qu’ils sont pas inquiétés. » Râla Scott.
Mais Chenoa ne pouvait l’entendre. L’autre partie du groupe était venu à sa rencontre pour se présenter. Greer décida de ne pas rester en retrait.
« Bonjour, je m’appelle Lipton. Si vous avez besoin d’outils ou d’une bonne coupe de cheveux, c’est moi qui gère. »
« Et pour les conceptions de pièces, vous viendrez avec moi. » Lâcha le type d’à côté. Il leur serra la main. « Eugène, je suis un peu le forgeron du Dédale. »
« Et le grand nounours qui ose pas vous approcher, c’est Peter. »
Le type les regardait de loin. Il soutenait sans mal le regard de Scott mais dès que Chenoa le fixa, il se mit à machouiller nerveusement son cigare et trouva un intérêt démesuré au contenu de la desserte.
« Qu’est-ce qu’il lui arrive, il est pédé ? »
« Simplement timide. » Répondit Lipton alors que tout le reste du groupe s’était retourné, pas très enchanté par la question du copilote. En réponse, il haussa les épaules, voulant leur montrer qu’il ne posait pas la question à mal.
« Et vous connaissez déjà Harry. » Conclu le coiffeur attitré de l’équipe.

Nouveau soupir de la part de l’amérindienne. Scott était vraiment le dernier des abrutis quand il s’y mettait, et le problème, c’est qu’il s’y mettait souvent. Chenoa était satisfaite de connaître tout le monde, même si elle savait qu’elle allait se gourrer dans les prénoms une fois de temps en temps, le temps de mémoriser les visages. Histoire de surfer sur la vague, la jeune femme allait faire diversion pour Scott en parlant du C-47 mais elle n’en eut pas le loisir.

« Lieutenant Greer. » Coupa soudainement Tyrol. « J’ai eu une discussion intéressante avec votre chef de service, le Premier Lieutenant Ross. »
« Hé, sergent, j’ai rien fait là. »
« Pas encore, mon lieutenant. Mais j’aimerai que ce soit clair entre vous et le reste de mon équipe. »
Il fit une pause sans décrocher de son regard. Celui de Greer c’était noirci.
« Pas de vagues où vous irez dans son bureau. »
« Et direction la taule, l'huître légendaire ! » S’écria Franck en ricanant.
Le sergent-chef le fusilla du regard, l’obligeant à se taire, puis revint observer Scott.
« Je suis venu ici pour réparer mon F-302. »
Son regard se tourna vers Chenoa et il corrigea distraitement.
« ...notre F-302... »
« Merci lieutenant, je suis content que l’on soit sur la même longueur d’onde. »
Il regarda le reste de son équipe.
« Allez les enfants, c’est l’heure. Tous au travail ! »
Les membres s’activèrent immédiatement. Ils savaient visiblement le poste qu’ils occupaient tous, laissant le binôme seul avec le chef. La grande bâche qui recouvrait la carcasse tomba et Greer écarquilla des yeux en découvrant le massacre.

Tout au long de la mission, il avait géré les dégâts et tenté de maintenir le chasseur en fonction. Mais c’était autre chose que de voir le résultat d’un point de vue extérieur. Chenoa et lui n’avaient pas eu accès durant l’enquête. Ils découvraient pour la première fois un engin tellement endommagé qu’il était difficile de croire que c’était EagleStar. La preuve, par l’horrible perforation de l’aile par un tir plasma, lui déchira le coeur. C’était bien leur chasseur...et il était en l’état d’épave. Tout l’arrière était explosé, la coque entière brûlée par la rentrée atmosphérique et les diverses sévices. Le nez était un peu aplati, son blindage arracha par endroit. Le Cerbère pendait mollement, seulement retenu par un dernier morceau de son pivot. Quant à la verrière, ils avaient visiblement été obligé de l’arracher en commandant l’expulsion par les boulons explosifs.

La restauration serait un chantier de titan, c’était obligatoire.
Accompagné de Timber, il s’approcha de l’appareil et posa sa main sur le blindage.
« Au moins, on l’a ramené dans son nid, pauvre piaf... »

Elle n’avait pas été visé par les propos du chef, signe que Scott était sur la sellette. Il y avait cette histoire d’agression, son insubordination dans le bureau du patron, et sa façon de se comporter. Tout cela devait jouer en sa défaveur. Il fallait qu’il corrige le tir sinon il allait être bon pour se faire renvoyer, et elle allait devoir se taper l’autre nanard de la dernière fois.
Chenoa regardait d’un air distrait le F-302. Son F-302. Enfin celui de Scott et d’elle. Il avait salement ramassé, mais vu ce qu’ils avaient pris, elle n’était pas surprise de le voir dans cet état.
« C’était un travail d’équipe. On l’a ramené, et il nous a ramené.. », dit-elle catégoriquement. Pour sa part, elle savait que c’était Eaglestar. Elle était aux commandes de son engin quand il avait subi tout ça, et elle sentait encore les vibrations, les chocs, les impacts, les grincements de la carlingue, tout ce que ses sens avaient pu lui rapporter des dégâts qu’avaient encaissé son oiseau des étoiles.
« Tu t’es occupé de nous, c’est à nous de nous occuper de toi. », fit-elle avec fierté en tapotant la carlingue noircie.
Scott ne pouvait qu’être d’accord, acquiesçant silencieusement.

« Les dégâts structuraux sont très importants. Mais la caisse est restée intacte... »
Scott caressa un instant le métal, laissant ses doigts dessiner les crevasses et les trous que des micros débris avaient fini par creuser. Il pinça des lèvres et, après avoir échangé un regard entendu avec sa pilote, il finit par tilter.
« La..caisse ? »
« Vulgairement parlant, c’est le châssis principal et l’agencement des principaux systèmes. S’ils ne sont pas trop atteint, tout le reste est réparable. »
« Mais il a brûlé de l’intérieur... »
« La caisse a un double habillage de trinium et de céramique. Les dégâts sont énormes mais le coeur de ce F-302 est resté sain. Ca ne sera pas un chantier aisé cela dit. »
« J’espère que t’aime gratter, le vilain, tu vas en bouffer du carbone ! »
« De la suie plein la gueule. » Renchérit Kate.
« Et les ampoules pleins les doigts... » Ajouta Lipton.
Le chef Tyrol tenta de les calmer.
Il se tourna ensuite vers eux et leur désigna l’aile perforée qui se faisait démonter.
« Vous allez commencer doucement. Poncez-moi l’ensemble du blindage pour retirer la crasse et nous dégager la zone de travail. »
« Votre ponceuse est ou ?... »

Il y eu un long silence et quelques échanges de sourires goguenards.
Harry, qui attendait sa vengeance depuis longtemps, vint jusqu’à lui et lui fourra du papier de verre entre les mains. Scott sentit son visage se décomposer. Il regarda l’énorme aile tribord, l’étendue du travail, puis la pile de papier abrasif.
« C’est une blague ! »
« Tu crois qu’on va user tous nos disques pour une simple aile ? » fit-il dans un air de victoire. Il regarda Chenoa et lui fit un clin d’oeil. « On continuera la partie durant ta pause. »
Elle aussi venait de récolter une bonne pile de papier de verre. Mais bien plus gentiment.
Encore une fois, Scott regarda l’immensité de la tâche et s’approcha, tout penaud, de l’échelle qui permettait d’accéder sur le dessus. Il s’interrompit devant pour fixer Chenoa du regard, presque blasé d’avance.


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Mer 27 Mar - 15:37
Chenoa Penikett
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Chronologie : Après le 5ème vol


La jeune femme était soulagée de savoir que l’intégrité même du chasseur était intacte. Ce n’était qu’un ravalement de façade qu’ils allaient faire. Passage par la chirurgie esthétique pour Eaglestar. A l’instar de Scott, elle reçue une quantité importante de papier de verre dans les mains, pour poncer l’aile. Elle trouvait ça abusé qu’ils n’aient pas d’outils pour, mais elle avait l’habitude : armée rimait avec système D. Souvent, on avait de la main d’oeuvre à la pelle, et elle pouvait faire tout aussi bien qu’un outil ou plusieurs outil, et en plus, c’était le même prix puisqu’ils étaient payés pour fermer leur gueule et exécuter.

« Et n’oubliez pas de bien faire les contours des rivets, on ne doit pas en louper un seul... » Conseilla le chef Tyrol en leur fournissant des gants de chantier.
« Reçu chef. », répondit-elle en coinçant les gants de chantier sous son aisselle. Elle se dirigea vers l’arrière de l’appareil, et posa son matériel par terre. Elle défit sa veste d’uniforme qu’elle laissa sur un établi suspendu à un étau. Sachant qu’elle allait chauffer pour réparer le chasseur, elle s’était dotée d’un débardeur noir réglementaire, laissant voir une partie de ses tatouages là où la peau n’était pas couverte, comme le ferait un t-shirt classique. On n’en voyait pas grand chose, mais on pouvait deviner que les quelques fragments visibles faisaient partis d’une fresque plus imposante. Scott ne les avait jamais vu. Il n’y avait que Liam sur la cité qui en avait eu une esquisse, par transparence.
Lui se trouvait derrière. En voyant faire Chenoa, il s’était dit que c’était une bonne idée et était en train de se débarrasser de sa veste lui aussi lorsqu’il se figea d’un coup en découvrant les indices.
« Wow wow wow !!! » S’écria-t-il façon WTF en laissant tomber gants et veste.
Il regarda un peu autour de lui pour vérifier qu’il n’était pas vu et il accrocha le dessus du débardeur de Timber, au niveau de sa nuque, et tira d’un coup pas trop violent pour en dégarnir un peu plus de chair.
« Bordel de cul de none ! T’as un tatouage de taularde géant sur le dos ?!? » Lâcha-t-il dans un élan de surprise, sans avoir pu vraiment découvrir le sens.
Il savait juste que c’était énorme et que c’était un foutu travail d’orfèvre.

Automatiquement, Chenoa passa son bras au dessus de son épaule pour tenter d’attraper la main de Scott et l’empêcher de la dépoiler, et elle se retourna l’air contrarié.
« Putain mais qu’est-ce que tu fous, t’es taré ou quoi ?! ». Elle le poussa au niveau du torse. « Y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi merde. T’es qui bordel pour faire ça ? ».
« Ola, hé... » fit-il, surpris, en levant les mains dans un signe d’apaisement. « Mais pourquoi tu gueules ?!? »

Elle en avait rien à foutre qu’il ait vu le tatouage, il y avait pire devant. Le fait qu’elle soit en débardeur laissait clairement voir le haut du crâne qui était dessiné sur son torse. Les cornes quant à elles étaient masqués par les bretelles de son vêtement. Mais pour le coup, elle était surtout en colère qu’il se ramène, dans son dos, et qu’il lui tire son vêtement comme ça sans demander la permission ou comme si elle était sa chose. Merde quoi, le type avait pris un mois pour agression, il en parlait pas, elle savait pas ce qu’il avait exactement foutu, tout le monde lui dit qu’il a du cul d’être encore là, il se refait jeter par le boss parce qu’il a eu une altercation avec elle devant le F-302, et qu’est-ce qu’il branle ce con ?? Il l’attrape par derrière pour lui tirer son débardeur !

Forcément, Scott eu la vue plongeante et il regarda immédiatement sa collègue avec les yeux pétillants. Elle avait le recto aussi !!!
La jeune femme le fusilla du regard. Pourquoi est-ce qu’elle gueule ?? Sans parler du fait que Chenoa n’était pas très tactile, la faute à son viol quand elle était jeune, elle avait toujours du mal quand un homme se ramenait derrière elle comme ça pour se montrer familier. Même si elle avait fait un gros travail sur elle-même, à grand renfort de tattoos et de joints, elle n’était pas claire avec sa sexualité ou tout ce qui pouvait s’en approcher de prêt comme de loin.

« Tu veux encore donner des images au vieux pour qu’il te foute dehors ou quoi ? Tu casses les couilles Cross merde. Putain de sans gêne quoi. », fit-elle en le doublant et en lui collant un coup d’épaule pour passer.
« T’es qu’une gamine, Pénikett. » Envoya-t-il en la suivant. « Donc toi, tu peux me travailler dans la cabine pour savoir qui je suis. Et moi, j’ai pas le droit d’être surpris en découvrant que t’es une putain d’oeuvre d’art vivante ?!? »
Il reprit en gagnant les barreaux à sa suite.
« Ca va, je t’ai pas déssapé ! Eh ! Eh, c’est quoi à l’avant ? C’est une tête diable, c’est ça ?? »
« Mais merde, tu ne peux pas demander au lieu de tirer sur mon vêtement comme ça ?? », dit-elle en se retournant brusquement.
« Promis, je t’envoie un recommandé avec accusé la prochaine fois. Mais qu’est-ce que t’as à me prendre la tête, là, comme ça ? T’as crue que je tirai ton vêtement avec ma bi.. »
« J’suis pas une chose, j’suis une femme, et tu as déjà pris de la taule pour agression, la dernière fois tu m’as limite décalqué pour un dessin, le colonel me cuisine pour savoir si tu es le dernier des enculés, je commence à me poser des questions Greer. Franchement, ça me dérange pas de te couvrir, t’es mon binôme, mais ça veut pas dire qu’on peut tout se permettre, et que je le ferai éternellement. »
Elle avait encore les paroles des autres dans les oreilles. Elle laissa filer deux secondes avant d’ajouter, d’une voix contrariée : « Et non, c’est un crâne de buffle. ». Forcément, de n’avoir jamais parlé de cet incident qui l’avait éloigné un mois de l’escadrille, ça finissait par cogiter sérieusement dans son petit crâne.

En face, Scott ne disait plus rien.
Il restait là, le papier de verre entre ses deux mains, comme le dernier des abrutis. Il était resté là à la regarder, paralysé par ce qu’elle venait de lui envoyer à la gueule. Ca l’avait séché sur le coup, si bien qu’il l’avait laissé causer jusqu’au bout en se demandant s’il avait bien entendu. Et c’était le cas.

Ils commençaient tout juste à se connaître tous les deux. Mais ils étaient revenus vivants du cinquième vol. Pour Greer, c’est ce qui comptait plus que tout le reste. Il ne s’attendait vraiment pas à ce qu’elle se mette à douter de lui. Pour les autres, il en avait rien à cirer, il pouvait même s’amuser à les faire cavaler comme des cons. Leur faire travailler leurs créativités.

Mais Chenoa c’était différent. C’était sa partenaire, son équipière, sa pilote. C’était dangereux de laisser ça végéter. Parce qu’une fois en pleine baston, il ne pouvait pas se permettre de la voir se méfier. Elle ne pouvait pas “se faire des idées”, comme elle disait, s’il se mettait à lui couper son ombilical ou s’il lui retirait un propulseur.

Greer avait noté que le vieux connard l’avait travaillé. Surement pour savoir s’il lui avait cassé le cul au détour d’une douche ou à l’abri d’un placard à balais peut-être. Ce putain de Caldwell s’y était mis comme les autres, merci la discrétion. Du coup, l’emplumée finissait par se faire retourner le ciboulot, penser que c’était effectivement une roulure.
Oui, il en avait été une, mais c’était fini, il avait une autre vie. Il avait tenté d’oublier Tesh Lays, abandonné tout désir de vengeance, grâce à l’aide d’Harleen et le seul but de remonter dans son chasseur. Et Dieu sait que ça avait valu la peine pour leur dernière mission.

La petite réplique à la fin, sur le crâne de buffle, c’était un moyen déguisé de tendre la main selon lui. Elle était comme ça l’indienne. Elle faisait confiance aux mauvaises personnes et en plus elle avait foi en eux. Scott était tenté d’ignorer le malaise et de s’enterrer dans une remarque bien glauque et sexiste. Le genre à commenter ce que doit donner la vue de ses tatouages quand elle se fait monter par l’arrière. Le genre de réplique parfaite pour faire diversion dans une connartitude travaillée.

Mais il était en face d’un vrai problème là. Sa partenaire demandait des réponses finalement. Pour qu’elle pète son câble et lui jette à la gueule qu’elle commençait à se méfier. Qu’elle réagisse comme ça pour lui avoir découvert 3,7 cm de peau en plus alors que la veille encore, il lui avait choppé le pied pour lui piquer ses chaussettes, c’est que ça ne pouvait plus rester secret.
Est-ce qu’elle ressassait à ce point là ?
« J’vais me fumer une sèche. Tu viens ? »
Il attendit la réponse une demi-seconde avant de se raviser et de s’éloigner. Il en avait rien à cirer au final. Qu’est-ce que c’était que ces conneries de paillettes et de licorne encore ? Le drama c’était pas pour lui. Il avait tiré sa peine d’un mois, fait une putain de mission, passé quatorze jours enfermé avec Pénikett sans lui déboiter les hanches.
C’était un bon signe, bordel. Ils étaient fait pour s’entendre et dépouiller la gueule des Wraiths !

Qu’est-ce qu’elle avait à venir le faire chier avec ses histoires ?
Greer ignora l’un des gars qui levait les mains pour lui demander silencieusement pourquoi il se barrait. Il sortit de la poche intérieure de sa veste son paquet de clopes abîmées et en cala une entre ses lèvres. Le copilote s’était abrité des regards dans une petite coursive et il tenta de faire fonctionner le fameux zippo qui n’enflammait jamais rien.

Il insista, s’énerva, compris que ça allait se faire encore moins vite. Puis finalement, il parvint à allumer sa clope tout en découvrant que Timber l’avait quand même suivi. Elle était courageuse et pas si caractérielle, c’était agréable par moment.
Il lui tendit silencieusement sa clope.
« Le calumet de la paix, ça s’fait encore chez toi non ? »

Chenoa voyait bien qu’elle avait touché dans le mille et qu’il était emmerdé. C’était sans doute pour ça qu’elle avait acquiescé pour le suivre fumer sa clope. Elle n’aimait pas rester sur une engueulade à moitié consommé, et puis s’il voulait discuter de tout ça, c’était peut-être le moment, même si elle aurait préféré qu’il le fasse pendant qu’ils bossaient sur leur avion.
Enfin qu’importe, c’était comme ça. Ils n’en avaient certainement pas pour longtemps, et puis de toute façon, ils n’avaient pas de date butoir pour rendre le chantier. La seule limite dans le temps était leur envie de voler de nouveau. Et franchement, Chenoa avait la bougeotte.
« Ouais, comme les scalps. », répondit-elle du tac au tac, en s’adossant à la coursive, et en prenant la clope. Elle s’était mise face à lui.
Scott ricana.
« T’es pas du genre à racler ton couteau sur le crâne d’un mec. J’suis safe ! »
Machinalement, il tapota son paquet contre sa main pour prendre une nouvelle clope et l’allumer. Il en dégusta la première bouffée et se sentit obligé de commencer les hostilités avec ce silence. Et ce regard sur lui...
« Je me suis fait sauter la gueule à la sacoche d’ox pour te tirer d’affaire. Et toi... »
Il la pointa de son doigt, les autres coinçant la clope.
« Toi t’es revenue me chercher au lieu de me laisser dans le vide. Alors pourquoi tu te mets à douter ? Pourquoi maintenant ? »
Chenoa laissait la clope se consumer sans tirer dessus. Ça ne lui disait rien, surtout que ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas fumé. D’ailleurs, quand elle le faisait, ce n’était pas vraiment du tabac. Le tabac, elle n’avait jamais trop accroché. Mais bon, c’était plus pour la symbolique que pour autre chose.
« Parce qu’on n’est pas tout le temps dans un F-302. Je ne doute pas, je te pose des questions. C’est pas moi qui t’ai laissé avec un premier de la classe pendant un mois en guise de copilote je te signale. Alors y a peut-être des raisons pour que je me pose des question. »

C’était un nul. Ca lui fit vraiment plaisir intérieurement, elle lui avouait à demi-mot qu’elle s’était emmerdée durant son absence.
« Donc je dois me justifier ? » Demanda-t-il lentement en la regardant. « Ca te rassurera peut-être encore moins de savoir pourquoi j’ai pris la pile... »
« J’en sais rien moi. Je sais pas quoi te dire, c’est juste qu’entre le Colonel et les deux autres là, ça fait beaucoup. ». Elle haussa des épaules. « C’est toi qui veut en discuter et qui me prend à part. Moi je gueulais un coup et voilà, parce que ce que tu as fait m’a gêné. »
« Les autres, j’leur pisse dessus ! » Trancha Scott. « Toi c’est différent. Je tiens pas à ce que tu te poses ces questions quand on sera en train de chasser ces chialouses de Wraiths. »
Il tira sur sa clope et lâcha finalement, la mâchoire serrée :
« Tu te rappelles de ce jour où je t’ai appelé ? »
« Genre mon avis compte plus. Pourquoi, parce qu’on est une équipe ? Tu as quand même voulu me claquer la gueule l’autre coup, alors que tu as déjà pris un mois pour une agression. Ca veut dire quoi ? », dit-elle sans répondre à sa dernière question.
« J’ai voulu quoi ? » Répéta le copilote. « Attends. T’as vraiment cru que j’allais t’en coller une ? »
« Tu étais super agressif. N’importe qui aurait cru qu’il allait en manger une. »
« J’étais en colère, tu m’as tourné le dos alors je t’ai fait descendre rapido de ton pti nuage, ouais ! »
Il confirmait, sans réelle agressivité, sachant bien que c’était une aigreur qui était restée chez elle.
« Mais faut vraiment que tu me prennes pour un nazi pour croire que je t’en aurai envoyé une pour une histoire d'emblème. Tu m’as jamais vu frapper quelqu’un que je sache ! »
Chenoa sentait que la colère revenait. Elle n’était pas vraiment partie en fait, elle l’avait suivi pour éclaircir les choses mais ça n’empêche qu’elle était encore furax. « Non, et encore heureux. Surtout sans bonnes raisons. » Elle soupira, éteignant la clope sur la carlingue. De toute façon, elle était presque arrivée à ses doigts. « Qu’est-ce que tu veux entendre ? Tout tourne pas autour de toi et c’est pas parce que tu veux quelque chose que tu l’as. »
« L’inverse est aussi vrai, Timber ! »
Il lourda sa clope à son tour, frustré.
« Et toi, tu veux entendre quoi, hm ? Si je suis vraiment coupable d’agression pour avoir tiré trente jours ? »
« Je ne te demande jamais rien, confond pas. Genre je te tourne le dos alors tu es agressif, tu te prends pour qui ? », dit-elle avec plus d’agressivité maintenant. C’était surtout cette partie là de son discours qui remettait de la sauce piquante sur le bordel.
« Si on s’embrouille, tu me tournes pas le dos, c’est tout ! » Lâcha Greer à son tour. « T’as qu’à assumer au lieu de te barrer comme une lâche. C’est pas une question de qui est qui. »
« Mais je fais ce que je veux, t’es pas mon père, ni mon frère, si j’ai envie de me barrer en te tournant le dos, tu fermes ta gueule et tu acceptes ce que je fais. Ca va pas plus loin que ça. T’as un problème sérieux. »
« Moi j’ai un problème ? Nan...TOI ! Toi t’as un putain de problème. Dans quel monde tu te casses sans qu’il t’arrive des bricoles ? »
Il secoua la tête, un élément lui revenant en tête.
« Et puis c’était quoi cette dégaine avec la main en l’air comme si j’allais passer à l’action ? T’as été une femme battue c’est ça ? »
« Tu sais quoi ? ». Chenoa avança d’un pas, fit un beau doigt d’honneur sous son nez, et elle lui tourna le dos sciemment en ajoutant : « Va te faire foutre. », dans l’idée de repartir vers le F-302. Il touchait la corde sensible, et elle préférait effectivement se barrer.

« Quoi ? C’est ça ? » fit-il finalement d’une petite voix, presque benet. La surprise prenait le pas sur la colère. « T’es pas sérieuse ! Tu te faisais def la gueule par un mec ? Je pouvais pas savoir... »

« Personne ne def la gueule de Timber tête de bite, fout toi ça dans le crâne putain. », dit-elle en se retournant. « On a un chasseur à réparer, et là, on brasse de l’air pour rien. »
« T’avais juste à le dire... » Insista Scott en levant une main. « Sérieux, j’aurai fait gaffe. Mais bon, je suis pas ton père ni ton frère. Ca roule...ouais, en fait non ! T’aurait quand même dû me le dire quand on était entre nous, en patrouille. »
« Mais te dire quoi ?? Dans quel monde tu vis ? Si j’étais une femme battue, alors tu me respecterais plus ? On marche sur la tête... ». Elle était presque dépitée pour le coup.
« Arrête de comprendre de travers ou retourne à l’université, putain...je sous-entends que je me serais excusé, merde. J’aurai rattrapé le coup ! Parce que tu pensais vraiment que j’allais t’en foutre une. »
Il s’énerva à son tour.
« Tu sais quoi ? Continue de tourner le dos pour fuir quand tu t’embrouilles, ok, je te retiens pas. J’essaie de te rassurer, te dire que je suis pas une roulure et tu me prétends l’inverse, on est même pas sur le bon sujet. Ok, je préfère voir ton putain de dos d’emplumée ! »
« Si je pensais que tu étais une roulure, je ne te côtoierai pas autant. Et merci pour la permission, encore une fois on fera comme tu veux hein. ».
Scott se passa une main sur le visage, gonflé de colère et de frustration sur le fait qu’ils n’arrivaient pas à se comprendre. Ou alors elle se foutait de sa gueule et elle le cherchait bien comme il faut. Pour voir s’il allait l’agresser ?
Ouais, non, trop tordu pour Penikett.
Greer joignit finalement ses mains et s’approcha.
« Fait-toi ton avis, je m’en cogne. Finalement j’ai pas besoin de te confier pourquoi t’as passé un mois avec un autre type dans ma cabine. Avec tes petits jugements à l’arrache, ça servira même pas. »
« T’façon, j’en ai rien à carrer, je l’apprendrai le prochain coup quand tu te feras virer. », balança-t-elle en fulminant, sans reculer.
« T’apprendras que dalle. Il y a personne ici qui sait ce qu’il s’est vraiment passé à part cette vieille buse qui se prend pour un officier de génie ! T’aura le droit qu’à des fantasmes du vilain connard Greer a qui ont a fait panpan culcul. Comme ces deux connards, là-bas, qui me jugent sans même savoir qui je suis. »
Il eut un sourire ironique et mauvais.
« Et toi t’es pareille. Ouais. Toi les ragots, tu les bois, tu te fourres le cul avec. La vérité ? Pour quoi faire, c’est tellement ennuyant. C’est tellement plus bandant de juger à l’arrache. »
Chenoa lui fit un pale sourire, et haussa des épaules. « De toute façon, tu n’as jamais eu d’estime pour moi depuis qu’on se connaît. Alors j’en ai un peu rien à foutre de ce que tu penses. Comme de ce que tu as fais. On fait bien notre travail, c’est tout ce qui compte. Et ça s’arrête là. ». Elle le toisa, avant de soupirer et de se diriger vers Eaglestar. Elle en avait gros sur la patate, mais elle essayait de ne pas le montrer.
« C’est ça, ouais. C’est pour ça que je me suis creusé la gueule comme un connard, quand j’étais en taule, pour te trouver un emblème qui te plairait. »
Il suivit en râlant.
« Quel perte de temps. J’aurai plutôt dû me torcher avec, tiens ! »
« Pareil pour moi. », lança-t-elle sans se retourner.

Furieuse, elle noua ses cheveux en une queue de cheval haute, pour qu’ils ne l’emmerdent pas et elle enfila ses gants, repris son papier de verre et se dirigea vers l’échelle. Elle n’avait pas protesté concernant le polissage à la main. C’était leur fardeau, voilà tout.

Installée sur l’aile, elle s’organisa pour avoir son papier de verre à portée de main.
Scott mit de la distance de son côté. Il vivait mal d’avoir tenté de communiquer et que ça se soit soldé par un échec. Il s’en était profondément voulu pour avoir lancé la tentative, fait un pas, alors qu’il aurait pu sagement rester dans son attitude de connard. Muni également de ses gants et du papier à poncer, il s’agenouilla sur la surface de l’aile et débuta le récurage en règle. A deux mains, comme un mousse sur le pont d’un navire, il frotta avec des mouvements amples.
Bien vite, la sueur finit par l’envahir et il se résolut à s’éponger régulièrement d’un revers de son bras. Mais ça volait partout cette saloperie, ça se foutait dans tous les coins et il savait que ça se mêlait à sa sueur pour lui donner une gueule de mineur de charbon. Face à l’ampleur de la tâche, ils allaient galérer longtemps avant de pouvoir décaper cette aile.

Timber avait glissé les feuilles dans son dos, au niveau de sa ceinture, à la jonction de ses reins et de ses callipyges. Elle était aussi en sueur, avec des traces noirâtres ici et là.
« Ça fait bizarre d’être là. », remarqua-t-elle plus pour elle-même que pour Scott, comme elle lui faisait la gueule. D’ailleurs, il l’ignora magnifiquement puisqu’il était dans ce même concours du plus beau sourire à l’envers.
Se sachant plus souple et plus légère que Greer, elle travaillait au bout de l’aile. C’était plus dur que ça en avait l’air, et elle était certaine que sans outil, le travail ne serait pas assez propre. Mais tant pis. S’ils voulaient la bizuter, tant mieux pour eux, ils devraient repasser derrière elle. Elle ferait au mieux pour que ce soit nickel, mais ne pouvant frotter aussi rapidement qu’une ponceuse à bande ou à disque, ce serait moins net.



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