Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis


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le Ven 8 Mar - 15:02

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Scott Greer




Penigreer et la renaissance d'Eaglestar
Chronologie : Après le 5ème vol


Une nuit, c’était toujours mieux qu’un mois entier non ?
Après tout, Scott était devenu un foutu vétéran des barreaux. Il se demandait même s’il n’était pas le meilleur abonné des repris de justice dans ce secteur carcéral. Ses passages dans le bureau d’Harleen, la psy de la cité, représentait le seul divertissement si ce n’est les quelques clopes que lui permettait parfois le geôlier.

Il lui était arrivé de voir passer un ou deux mecs pour des conneries. Des insubordinations carabinées, manque de discrétion sur une vie de couple “interdite”. Ou encore un petit règlement de compte rapidement arbitré par la sécurité du Dédale.

Bref, quand Greer s’était présenté dans le secteur carcéral pour y passer la nuit, le geôlier n’avait même pas paru étonné. Il ne lui demanda même pas ce qu’il s’était passé et avait choppé son trousseau d’énormes clés style werstern en lui disant :
« Content de te revoir, Scott. »
« Salut tavernier. J’te prends la même piaule que d’habitude. »
« Tu as de la chance, les draps sortent tout juste de la blanchisserie. »
« Faut pas les laisser propre. Envoie-moi une gonzesse. Bonnet C si tu as en stock. »
« Je m’étonne que la ligue féministe du Dédale ne t’ai pas encore castrée. »
« J’ai un passe-droit, je satisfait leur représentante deux fois par semaine. »

Trêve de blague crado dégoulinante de machisme. Le garde referma la grille dans son dos et Scott s’allongea sur le lit sans retirer ses pompes. Un bras sous la tête, une main posée sur son torse, il repensa au recadrage final qui avait eu lieu après la sortie de Pénikett du bureau de Caldwell. Le vieux con lui avait bien fait comprendre qu’il misait son poste et qu’il ne le garderait pas bien longtemps s’il ne changeait pas de comportement. Ce qu’il avait subi le mois dernier ? Rien à cirer. Le mec était pas là pour la compassion, c’était couru d’avance.

En cherchant à se retourner, le copilote hasarda involontairement un regard par les barreaux dans le couloir. Il s’était quasiment attendu à voir Harleen avec sa tenue toujours top assise là, dos contre le mur, en train de lui décortiquer la cervelle pour savoir s’il était bien le connard qu’il prétendait être. Le mois avait été long mine de rien. Deux semaines assigné dans le dortoir à devenir dingue et voilà qu’il avait le droit à sa nuit derrière les barreaux.
Et comme si ça ne suffisait pas, la punition d’être privé de permissions venait s’y ajouter.

Il se fichait bien de doubler son service pour remettre le F-302 en état, il n’avait pas harcelé le chef Tyrol en espérant qu’il se charge de tout le boulot. Mais merde, le temps que l’engin soit de nouveau opérationnel, il ne verrait pas le soleil de si tôt. Il lui fallait descendre sur le continent.

Putain, il voulait picoler et se fumer un énorme cigare artisanal de chez eux. Quoi de plus normal après tout ça ?

Le sommeil finit heureusement par le surprendre mais il était agité. Scott ressassa sans arrêt sur des choses sans la moindre importance si bien qu’il prit toutes les positions imaginables, qu’il s’emmerda au point de fantasmer sur la visite inopinée du bonnet C. Et pourquoi pas d’Harleen, tiens, tant qu’à faire...
Mais enfin, après avoir tourné comme un lion en cage et avoir gagné une gueule de déterré, les lumières s’allumèrent finalement. Signe qu’il n’était plus très loin de sa liberté. Il fallait attendre encore un peu mais c’est là que les surprises commençaient. Caldwell avait veillé à ce qu’il soit libéré seulement un quart d’heure avant le début de son service. Sûrement pour le priver d’un passage au mess et d’une collation.

« Qu’il aille se faire déboiter chez les Athosiens tiens ! » Grommela-t-il en prenant la route du pont d’envol tribord. Il essayait au passage de rendre une petite jeunesse à sa tenue mais il se savait sentir la sueur.

Prendre le service à l’arrache sans douche ni café, il n’en fallait pas plus pour le mettre de mauvaise humeur. Les mains fourrées dans les poches et l’air mauvais, il parvint jusqu’au pont et s’arrêta sur l’énorme auréole calcinée que les équipes d’entretien n’avaient pas pu faire disparaître. C’était là que son F-302 avait fini de brûler pendant que les équipes anti-incendie essayait d’étouffer le foyer à l’intérieur même de la carcasse.
Greer soupira. Il se demandait comme c’était possible qu’EagleStar puisse être encore remis en état, vu tout ce qu’il avait prit dans sa face, mais ça lui faisait sacrément plaisir. Il se renseigna rapidement auprès des techos présent sur le pont et l’un d’eux lui expliqua l’affaire. La carcasse avait été descendue au niveau en-dessous, dans un hangar qui leur donnerait un peu plus d’espace pour bosser. Feignant, il se décida d’emprunter le monte-charge.

La vaste salle servait ordinairement à la manutention des munitions et du carburant pour refaire le plein d’un chasseur avant de le remonter sur son pont d’envol. Idem, des paravents métallique composaient des sortes de “box” d’entretien où les techniciens faisaient les réparations sur établi. C’est d’ailleurs près de celui qui était le plus abordable qu’il y devina la silhouette de Timber.

Pour ne pas rompre aux habitudes, Harry lui avait déjà sauté dessus pour lui faire tester un de ses jeux. Puisqu’elle était plongée sur l’essai de la cartouche qu’il lui avait présenté, et que c’était également une sacrée perche, le pauvre gars tentait tant bien que mal de pouvoir suivre sa tentative. Il s’était juché sur la pointe des pieds, sautillant même un peu parfois, pour lui donner ses conseils. C’était d’un ridicule...

« Oh, tiens, salut Scott. » fit-il, quasiment hypocrite vu son expression déçue.
« Salut Timber... »
Voilà de quoi couper le sifflet du technicien qui se sentit s’enfoncer un peu plus sur lui-même.
« Heu...je voulais que tu saches, j’ai rien fait contre toi durant l’enquête, malgré ce qu’on dit, tu sais... »
« T’as juste témoigné contre ma gueule en disant que j’avais agressé ma pilote. Merci mec ! »
« Nan mais. J’avais cru que... »
« Etape numéro un : Va te faire voir Harry. Etape deux : On est quitte. Etape trois : on oublie. Reçu ? »
Le technicien secoua négativement la tête et récupéra son jeu à la volée pour s’en aller.
Il l’avait visiblement bien vexé, plus que de raison, puisqu’il semblait avoir eu à coeur de résoudre cette affaire. Cela l’emmerda dans le fond. Parce qu’il ne pensait pas que le technicien était de bonne foi jusqu’à ce qu’il se décide de bouder.
« Harry... » S’écria-t-il.

Il ne se retourna pas.
Le copilote regretta aussitôt. Ce n’était pas malin de se le mettre à dos celui-là mais il avait quand même une sacrée amertume. Il avait entendu les rumeurs qui circulaient sur lui. Il avait été vu filant dans le bureau de Caldwell pour dénoncer le vilain Greer qui bouscule l’emplumée sans défense.
« Il oubliera, comme d’hab. » Se voulut-il confiant à l’adresse de sa collègue qui le regardait fixement.

Scott fronça des sourcils en se rendant compte de la montagne sous drap de protection qui devait probablement être la carcasse d’EagleStar. Mais il n’y avait pas que ça. Les techniciens étaient nombreux...toute l’équipe de nuit à vrai dire. Ils étaient tous là et en-dehors de leur plage d’activité habituelle.
« Hé. Me dit pas qu’ils se sont tous mobilisés gratos pour nous ? »
C’était une question dans le vent, il n’y croyait pas du tout. Pourtant, il y avait de quoi être perplexe. Ils étaient tous en cercle, les mines encores plus défaite que lui. Certains n’avaient du dormir qu’une demi-douzaine d’heures au mieux. Au vu de la situation exceptionnelle, ils entouraient une desserte sur laquelle une bonne odeur de café en émanait. Il y avait divers biscuits, des viennoiseries et de la brioche que le chef Tyrol avait mis à leur disposition pour les requinquer un peu. Ca lui donnait la furieuse envie d’aller se servir mais, par respect pour eux, il préféra rester là où il était.


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le Ven 8 Mar - 23:12

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Chenoa Penikett




Penigreer et la renaissance d'Eaglestar
Chronologie : Après le 5ème vol


Ça faisait longtemps que Chenoa n’avait pas passé une nuit sans son binôme en dessous d’elle. Longtemps oui et non, car la dernière fois ne remontait qu’à trois mois au final. Ça devenait une habitude pour lui de se retrouver au trou… Il n’empêche, elle ne l’avait jamais vraiment interrogé sur sa précédente détention, et le fait que le colonel Caldwell revienne à la charge sur son comportement agressif n’arrêtait pas de la tarauder.
Elle était en train de lui faire un lit en portefeuille avec l’aide d’Olivia, aka Vénus, et tandis que les deux femmes blaguaient en imaginant la gueule de Scott quand il essaierait de se glisser dans son lit, Chenoa cogitait également. Finalement, elle avait opté pour cette blague plutôt que de lui remplir son plumard de sel. Ce serait moins invasif quand même. Elle tapota sur l’oreiller une fois le lit bien fait. A dire vrai, elle avait essayé son lit quand il était en prison, histoire de savoir si elle avait eu le bon matelas sur les deux. Et effectivement, elle ne regrettait pas son choix d’être au dessus, c’était plus intimiste. En bas, elle avait l’impression que quelqu’un pouvait ouvrir le rideau à tout moment, ce n’était pas pareil. Et puis… Le matelas était franchement mieux ! Bref, c’était une anecdote qu’elle ne lui raconterait sans doute jamais, histoire de ne pas prendre de remarques sexistes ou de calembours basiques.

Les deux femmes se firent un clin d’oeil complice avant de rejoindre leur couche respective. Toute l’escadrille savait que demain, les deux bleubites iraient réparer leur propre appareil qu’ils avaient soigneusement démoli lors de leur excursion non autorisée. Ça jasait un peu, mais rien de vraiment méchant, et Chenoa se faisait un plaisir de mettre des bourrades amicales à celui ou celle qui venait la titiller d’un peu trop près, ou de façon trop lourde. L’escadrille conservait sa complicité bon enfant, et c’était là l’essentiel.

Le jour J, Chenoa était donc dans le hangar en question, attendant son binôme. Et forcément, Harry lui était tombé dessus avec un nouveau jeu à lui présenter. A force de lui faire essayer des trucs comme ça, elle commençait à y prendre goût, et elle devenait meilleure, même si elle ne pigeait pas toujours tout. En l’occurrence, il ne s’agissait là que d’un jeu de plateforme où il fallait faire évoluer un singe de la famille DK d’un bout à l’autre de la carte en récupérant si possible de la banane à foison. Elle était d’ailleurs en train de lui péter son score, quand Scott arriva.
« Ouais salut Scott... », baragouina-t-elle sans le calculer, concentrée sur son jeu. Elle ne prêta qu’une oreille distraite à la conversation entre le technicien et le copilote. Elle revint vraiment à la réalité, avec les mots qui faisaient sens dans son esprit, quand le jeu s'envola de ses mains. Elle protesta faiblement, avant de regarder Scott d’un air entendu.
« Trou du cul. », fit-elle en secouant la tête. Elle l’engueulerait bien, mais à quoi bon ? Le mal était fait. Il avait vexé leur technicien principal, alors qu’ils allaient certainement passer des semaines à faire des mains et des pieds pour remettre leur appareil en état de vol. Ce n’était pas malin, et Harry avait certainement eu raison de rapporter l’incident au vieux. Ce n’était pas fair play vis-à-vis de Scott, mais ça l’était vis-à-vis de Chenoa. Forcément, l’un le prenait mieux que l’autre, et c’était normal.

Scott capta que l’équipe de techos au complet était là. Chenoa sentit son regard briller et un sourire lui barra le visage. Elle acquiesça, un peu excitée.
« Tous là mec ! J’vais aller les voir, tu viens ? ». Elle trépignait d’impatience, et elle ne tarda pas à dire pourquoi elle dandinait du cul à l’idée de bosser avec eux : « Scott, mon gars, tu as en face de toi la team qui a construit le C-47 lors de l’opération Normandie ! UN PUTAIN DE C-47 !! Sur un champ de bataille. Ce sont des légendes. ». Elle lui colla une bourrade dans l’épaule du genre “tu as vu mec la crème !”, et elle fila vers le point de ralliement des techniciens sans trop attendre son comparse, laissant dans son sillage un parfum des iles, senteur noix de coco. Certainement son shampoing ou son gel douche, car forcément, elle avait eu le temps de se préparer, elle.

« Bonjour tout le monde. », lança-t-elle à la cantonade. Ils avaient des mines affreuses, et Chenoa soupçonnait qu’ils étaient là en plus de leur temps de service normal. Pourquoi ne les faisaient-ils pas travailler sur Eaglestar pendant leur temps de travail normal ? Tant pis si c’était la nuit, ou de façon décalée. Elle s’adapterait. « J’suis Chenoa, la principale responsable du désastre sur lequel on va bosser aujourd’hui... », dit-elle sans faire la fière, plutôt avec une forme d’humilité dans la voix. « J’suis contente d’avoir les meilleurs pour redonner vie à Eaglestar. »


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le Mer 27 Mar - 4:34

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Scott Greer




Penigreer et la renaissance d'Eaglestar
Chronologie : Après le 5ème vol


Trou du cul.
Ouais, peut-être, mais il l’avait bien mérité celui-là aussi.
Enfin...non. C’était une pensée arrogante pour s’enterrer la tête dans le sable et ne pas prendre en compte le petit remords sur lequel Chenoa savait appuyer. Scott songea qu’il aurait le temps d’essayer de se faire pardonner ou de trouver un terrain d’entente avec leurs mécano attitré.

L’excitation de Timber, son enthousiasme, était plutôt contagieuse. Ca faisait plaisir de la voir comme ça, il s’était écoulé un paquet de jours durant lesquels il avait craint que le remplaçant devienne son copilote définitif. Et pour les quatorze jours d’assignation, il n’avait pas eu l’occasion de la trouver aussi réjouie. C’en était presque nouveau pour lui et il suivit docilement en ayant du mal à croire qu’ils étaient bien là pour leur F-302.
Quand elle lui parla de leur coup d’éclat en montant un C-47 sur le champ de bataille, Scott botta d’abords en touche en ne voulant pas y croire. Mais il ne pouvait pas se détacher du regard de Timber qui semblait persuadée par cette version. Alors si elle y croyait, il y croirait aussi…
« Je croyais que c’était des rumeurs. » Dit-il finalement.

Sur le coup, le copilote ressentait la même excitation que sa partenaire. Il en oublia sa sale nuit, l’absence de douche et de petit déj pour accompagner son entrée fracassante d’un sourire. Il serra quelques mains, trouva les filles du groupe appétissantes (faut savoir profiter des belles vues) et écouta distraitement les échanges. Il se focalisait sur le chef Tyrol qui débarquait tout juste, la veste ouverte, à moitié dépenaillé par sa nuit blanche.

Les poètes avaient à peine eu le temps de se présenter et de chambrer le binôme qu’il était déjà l’heure du briefing.
« Sous-lieutenant Pénikett, sous-lieutenant Greer. » Fit-il poliment.
Bonne chose, il n’avait pas l’air rancunier pour la dernière fois où il l’avait chopé.
« Bonjour Chef. » Répondit-il hypocritement pour le brosser dans le sens du poil. Il ne pouvait pas s’empêcher de l’asticoter cela dit, raison pour laquelle il ajouta d’emblée : « Bien dormi ? »
« Ca ! » S’écria Franck. « Ca ne peut être que l'huître légendaire ! La moule de l'hôtel de Caldwell... »
Marta s’appuya sur l’épaule du technicien et le sonda de bas en haut.
« Carrément. Le premier à prendre un mois de taule pour agression et être encore sur le Dédale ! »
« Les nouvelles circulent vite... » Lâcha Scott, sentant la colère grimper rapidement. Le mot était lâché, agression, Chenoa allait forcément l’enregistrer.

Chenoa observait, en silence pour une fois. Elle avait salué le chef d’un signe de tête, et un profond soupir s’était échappé de sa bouche quand Scott le taquina. Ce type ne savait pas faire profil bas. Il venait de se prendre le chou avec un des techniciens, et maintenant, il enquiquinait leur chef. Ce n’était pas malin quand même.
N’empêche, ils n’avaient pas tort. N’importe quel militaire se serait fait exclure pour une agression, surtout quand on était sous les ordres du Colonel Caldwell. Cette remarque raviva le questionnement chez Chenoa, celui-là même qu’elle entretenait depuis la veille au soir.

« Qu’est-ce qui t’arrive, vilain, tu fais la gueule ? »
Franck lui tapota l’épaule. « T’as flingué le record, tu devrais pas... »
« Je crois que ce sont pas vos affaires les gars... » Coupa le copilote en se contenant.
« Hé !!! Arrêtez de le provoquer. On va faire une orpheline ! » Fit une jeune femme en s’approchant de Timber. Elle lui tendit la main. « Je m’appelle Kate. Et les deux malpolis, là, c’est Franck et Marta. » Chenoa lui serra la main en se présentant à son tour, même si elle l’avait déjà fait.
« Matty » Se présenta l’autre femme du groupe en rassurant Scott de sa voix. « Ces deux-là sont fait pour vous, vous allez rapidement vous en rendre compte. »
« PAS DU TOUT ! »
« Ouais, c’est vrai ça, on a qu’une seule tête de turc ! »
« MA sale pétasse perso. Au fait, on devrait lui faire payer son absence. On affiche sa gueule de techos dégueulasse sur la porte de ses quartiers ? T’en dis quoi ? »
Ils venaient de changer de sujet de but en blanc. Le duo un peu survolté s’éloigna aussitôt pour fomenter d’étrange plan de vengeance sur un Capitaine.
« Et dire qu’ils sont pas inquiétés. » Râla Scott.
Mais Chenoa ne pouvait l’entendre. L’autre partie du groupe était venu à sa rencontre pour se présenter. Greer décida de ne pas rester en retrait.
« Bonjour, je m’appelle Lipton. Si vous avez besoin d’outils ou d’une bonne coupe de cheveux, c’est moi qui gère. »
« Et pour les conceptions de pièces, vous viendrez avec moi. » Lâcha le type d’à côté. Il leur serra la main. « Eugène, je suis un peu le forgeron du Dédale. »
« Et le grand nounours qui ose pas vous approcher, c’est Peter. »
Le type les regardait de loin. Il soutenait sans mal le regard de Scott mais dès que Chenoa le fixa, il se mit à machouiller nerveusement son cigare et trouva un intérêt démesuré au contenu de la desserte.
« Qu’est-ce qu’il lui arrive, il est pédé ? »
« Simplement timide. » Répondit Lipton alors que tout le reste du groupe s’était retourné, pas très enchanté par la question du copilote. En réponse, il haussa les épaules, voulant leur montrer qu’il ne posait pas la question à mal.
« Et vous connaissez déjà Harry. » Conclu le coiffeur attitré de l’équipe.

Nouveau soupir de la part de l’amérindienne. Scott était vraiment le dernier des abrutis quand il s’y mettait, et le problème, c’est qu’il s’y mettait souvent. Chenoa était satisfaite de connaître tout le monde, même si elle savait qu’elle allait se gourrer dans les prénoms une fois de temps en temps, le temps de mémoriser les visages. Histoire de surfer sur la vague, la jeune femme allait faire diversion pour Scott en parlant du C-47 mais elle n’en eut pas le loisir.

« Lieutenant Greer. » Coupa soudainement Tyrol. « J’ai eu une discussion intéressante avec votre chef de service, le Premier Lieutenant Ross. »
« Hé, sergent, j’ai rien fait là. »
« Pas encore, mon lieutenant. Mais j’aimerai que ce soit clair entre vous et le reste de mon équipe. »
Il fit une pause sans décrocher de son regard. Celui de Greer c’était noirci.
« Pas de vagues où vous irez dans son bureau. »
« Et direction la taule, l'huître légendaire ! » S’écria Franck en ricanant.
Le sergent-chef le fusilla du regard, l’obligeant à se taire, puis revint observer Scott.
« Je suis venu ici pour réparer mon F-302. »
Son regard se tourna vers Chenoa et il corrigea distraitement.
« ...notre F-302... »
« Merci lieutenant, je suis content que l’on soit sur la même longueur d’onde. »
Il regarda le reste de son équipe.
« Allez les enfants, c’est l’heure. Tous au travail ! »
Les membres s’activèrent immédiatement. Ils savaient visiblement le poste qu’ils occupaient tous, laissant le binôme seul avec le chef. La grande bâche qui recouvrait la carcasse tomba et Greer écarquilla des yeux en découvrant le massacre.

Tout au long de la mission, il avait géré les dégâts et tenté de maintenir le chasseur en fonction. Mais c’était autre chose que de voir le résultat d’un point de vue extérieur. Chenoa et lui n’avaient pas eu accès durant l’enquête. Ils découvraient pour la première fois un engin tellement endommagé qu’il était difficile de croire que c’était EagleStar. La preuve, par l’horrible perforation de l’aile par un tir plasma, lui déchira le coeur. C’était bien leur chasseur...et il était en l’état d’épave. Tout l’arrière était explosé, la coque entière brûlée par la rentrée atmosphérique et les diverses sévices. Le nez était un peu aplati, son blindage arracha par endroit. Le Cerbère pendait mollement, seulement retenu par un dernier morceau de son pivot. Quant à la verrière, ils avaient visiblement été obligé de l’arracher en commandant l’expulsion par les boulons explosifs.

La restauration serait un chantier de titan, c’était obligatoire.
Accompagné de Timber, il s’approcha de l’appareil et posa sa main sur le blindage.
« Au moins, on l’a ramené dans son nid, pauvre piaf... »

Elle n’avait pas été visé par les propos du chef, signe que Scott était sur la sellette. Il y avait cette histoire d’agression, son insubordination dans le bureau du patron, et sa façon de se comporter. Tout cela devait jouer en sa défaveur. Il fallait qu’il corrige le tir sinon il allait être bon pour se faire renvoyer, et elle allait devoir se taper l’autre nanard de la dernière fois.
Chenoa regardait d’un air distrait le F-302. Son F-302. Enfin celui de Scott et d’elle. Il avait salement ramassé, mais vu ce qu’ils avaient pris, elle n’était pas surprise de le voir dans cet état.
« C’était un travail d’équipe. On l’a ramené, et il nous a ramené.. », dit-elle catégoriquement. Pour sa part, elle savait que c’était Eaglestar. Elle était aux commandes de son engin quand il avait subi tout ça, et elle sentait encore les vibrations, les chocs, les impacts, les grincements de la carlingue, tout ce que ses sens avaient pu lui rapporter des dégâts qu’avaient encaissé son oiseau des étoiles.
« Tu t’es occupé de nous, c’est à nous de nous occuper de toi. », fit-elle avec fierté en tapotant la carlingue noircie.
Scott ne pouvait qu’être d’accord, acquiesçant silencieusement.

« Les dégâts structuraux sont très importants. Mais la caisse est restée intacte... »
Scott caressa un instant le métal, laissant ses doigts dessiner les crevasses et les trous que des micros débris avaient fini par creuser. Il pinça des lèvres et, après avoir échangé un regard entendu avec sa pilote, il finit par tilter.
« La..caisse ? »
« Vulgairement parlant, c’est le châssis principal et l’agencement des principaux systèmes. S’ils ne sont pas trop atteint, tout le reste est réparable. »
« Mais il a brûlé de l’intérieur... »
« La caisse a un double habillage de trinium et de céramique. Les dégâts sont énormes mais le coeur de ce F-302 est resté sain. Ca ne sera pas un chantier aisé cela dit. »
« J’espère que t’aime gratter, le vilain, tu vas en bouffer du carbone ! »
« De la suie plein la gueule. » Renchérit Kate.
« Et les ampoules pleins les doigts... » Ajouta Lipton.
Le chef Tyrol tenta de les calmer.
Il se tourna ensuite vers eux et leur désigna l’aile perforée qui se faisait démonter.
« Vous allez commencer doucement. Poncez-moi l’ensemble du blindage pour retirer la crasse et nous dégager la zone de travail. »
« Votre ponceuse est ou ?... »

Il y eu un long silence et quelques échanges de sourires goguenards.
Harry, qui attendait sa vengeance depuis longtemps, vint jusqu’à lui et lui fourra du papier de verre entre les mains. Scott sentit son visage se décomposer. Il regarda l’énorme aile tribord, l’étendue du travail, puis la pile de papier abrasif.
« C’est une blague ! »
« Tu crois qu’on va user tous nos disques pour une simple aile ? » fit-il dans un air de victoire. Il regarda Chenoa et lui fit un clin d’oeil. « On continuera la partie durant ta pause. »
Elle aussi venait de récolter une bonne pile de papier de verre. Mais bien plus gentiment.
Encore une fois, Scott regarda l’immensité de la tâche et s’approcha, tout penaud, de l’échelle qui permettait d’accéder sur le dessus. Il s’interrompit devant pour fixer Chenoa du regard, presque blasé d’avance.


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le Mer 27 Mar - 15:37

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Chenoa Penikett




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Chronologie : Après le 5ème vol


La jeune femme était soulagée de savoir que l’intégrité même du chasseur était intacte. Ce n’était qu’un ravalement de façade qu’ils allaient faire. Passage par la chirurgie esthétique pour Eaglestar. A l’instar de Scott, elle reçue une quantité importante de papier de verre dans les mains, pour poncer l’aile. Elle trouvait ça abusé qu’ils n’aient pas d’outils pour, mais elle avait l’habitude : armée rimait avec système D. Souvent, on avait de la main d’oeuvre à la pelle, et elle pouvait faire tout aussi bien qu’un outil ou plusieurs outil, et en plus, c’était le même prix puisqu’ils étaient payés pour fermer leur gueule et exécuter.

« Et n’oubliez pas de bien faire les contours des rivets, on ne doit pas en louper un seul... » Conseilla le chef Tyrol en leur fournissant des gants de chantier.
« Reçu chef. », répondit-elle en coinçant les gants de chantier sous son aisselle. Elle se dirigea vers l’arrière de l’appareil, et posa son matériel par terre. Elle défit sa veste d’uniforme qu’elle laissa sur un établi suspendu à un étau. Sachant qu’elle allait chauffer pour réparer le chasseur, elle s’était dotée d’un débardeur noir réglementaire, laissant voir une partie de ses tatouages là où la peau n’était pas couverte, comme le ferait un t-shirt classique. On n’en voyait pas grand chose, mais on pouvait deviner que les quelques fragments visibles faisaient partis d’une fresque plus imposante. Scott ne les avait jamais vu. Il n’y avait que Liam sur la cité qui en avait eu une esquisse, par transparence.
Lui se trouvait derrière. En voyant faire Chenoa, il s’était dit que c’était une bonne idée et était en train de se débarrasser de sa veste lui aussi lorsqu’il se figea d’un coup en découvrant les indices.
« Wow wow wow !!! » S’écria-t-il façon WTF en laissant tomber gants et veste.
Il regarda un peu autour de lui pour vérifier qu’il n’était pas vu et il accrocha le dessus du débardeur de Timber, au niveau de sa nuque, et tira d’un coup pas trop violent pour en dégarnir un peu plus de chair.
« Bordel de cul de none ! T’as un tatouage de taularde géant sur le dos ?!? » Lâcha-t-il dans un élan de surprise, sans avoir pu vraiment découvrir le sens.
Il savait juste que c’était énorme et que c’était un foutu travail d’orfèvre.

Automatiquement, Chenoa passa son bras au dessus de son épaule pour tenter d’attraper la main de Scott et l’empêcher de la dépoiler, et elle se retourna l’air contrarié.
« Putain mais qu’est-ce que tu fous, t’es taré ou quoi ?! ». Elle le poussa au niveau du torse. « Y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi merde. T’es qui bordel pour faire ça ? ».
« Ola, hé... » fit-il, surpris, en levant les mains dans un signe d’apaisement. « Mais pourquoi tu gueules ?!? »

Elle en avait rien à foutre qu’il ait vu le tatouage, il y avait pire devant. Le fait qu’elle soit en débardeur laissait clairement voir le haut du crâne qui était dessiné sur son torse. Les cornes quant à elles étaient masqués par les bretelles de son vêtement. Mais pour le coup, elle était surtout en colère qu’il se ramène, dans son dos, et qu’il lui tire son vêtement comme ça sans demander la permission ou comme si elle était sa chose. Merde quoi, le type avait pris un mois pour agression, il en parlait pas, elle savait pas ce qu’il avait exactement foutu, tout le monde lui dit qu’il a du cul d’être encore là, il se refait jeter par le boss parce qu’il a eu une altercation avec elle devant le F-302, et qu’est-ce qu’il branle ce con ?? Il l’attrape par derrière pour lui tirer son débardeur !

Forcément, Scott eu la vue plongeante et il regarda immédiatement sa collègue avec les yeux pétillants. Elle avait le recto aussi !!!
La jeune femme le fusilla du regard. Pourquoi est-ce qu’elle gueule ?? Sans parler du fait que Chenoa n’était pas très tactile, la faute à son viol quand elle était jeune, elle avait toujours du mal quand un homme se ramenait derrière elle comme ça pour se montrer familier. Même si elle avait fait un gros travail sur elle-même, à grand renfort de tattoos et de joints, elle n’était pas claire avec sa sexualité ou tout ce qui pouvait s’en approcher de prêt comme de loin.

« Tu veux encore donner des images au vieux pour qu’il te foute dehors ou quoi ? Tu casses les couilles Cross merde. Putain de sans gêne quoi. », fit-elle en le doublant et en lui collant un coup d’épaule pour passer.
« T’es qu’une gamine, Pénikett. » Envoya-t-il en la suivant. « Donc toi, tu peux me travailler dans la cabine pour savoir qui je suis. Et moi, j’ai pas le droit d’être surpris en découvrant que t’es une putain d’oeuvre d’art vivante ?!? »
Il reprit en gagnant les barreaux à sa suite.
« Ca va, je t’ai pas déssapé ! Eh ! Eh, c’est quoi à l’avant ? C’est une tête diable, c’est ça ?? »
« Mais merde, tu ne peux pas demander au lieu de tirer sur mon vêtement comme ça ?? », dit-elle en se retournant brusquement.
« Promis, je t’envoie un recommandé avec accusé la prochaine fois. Mais qu’est-ce que t’as à me prendre la tête, là, comme ça ? T’as crue que je tirai ton vêtement avec ma bi.. »
« J’suis pas une chose, j’suis une femme, et tu as déjà pris de la taule pour agression, la dernière fois tu m’as limite décalqué pour un dessin, le colonel me cuisine pour savoir si tu es le dernier des enculés, je commence à me poser des questions Greer. Franchement, ça me dérange pas de te couvrir, t’es mon binôme, mais ça veut pas dire qu’on peut tout se permettre, et que je le ferai éternellement. »
Elle avait encore les paroles des autres dans les oreilles. Elle laissa filer deux secondes avant d’ajouter, d’une voix contrariée : « Et non, c’est un crâne de buffle. ». Forcément, de n’avoir jamais parlé de cet incident qui l’avait éloigné un mois de l’escadrille, ça finissait par cogiter sérieusement dans son petit crâne.

En face, Scott ne disait plus rien.
Il restait là, le papier de verre entre ses deux mains, comme le dernier des abrutis. Il était resté là à la regarder, paralysé par ce qu’elle venait de lui envoyer à la gueule. Ca l’avait séché sur le coup, si bien qu’il l’avait laissé causer jusqu’au bout en se demandant s’il avait bien entendu. Et c’était le cas.

Ils commençaient tout juste à se connaître tous les deux. Mais ils étaient revenus vivants du cinquième vol. Pour Greer, c’est ce qui comptait plus que tout le reste. Il ne s’attendait vraiment pas à ce qu’elle se mette à douter de lui. Pour les autres, il en avait rien à cirer, il pouvait même s’amuser à les faire cavaler comme des cons. Leur faire travailler leurs créativités.

Mais Chenoa c’était différent. C’était sa partenaire, son équipière, sa pilote. C’était dangereux de laisser ça végéter. Parce qu’une fois en pleine baston, il ne pouvait pas se permettre de la voir se méfier. Elle ne pouvait pas “se faire des idées”, comme elle disait, s’il se mettait à lui couper son ombilical ou s’il lui retirait un propulseur.

Greer avait noté que le vieux connard l’avait travaillé. Surement pour savoir s’il lui avait cassé le cul au détour d’une douche ou à l’abri d’un placard à balais peut-être. Ce putain de Caldwell s’y était mis comme les autres, merci la discrétion. Du coup, l’emplumée finissait par se faire retourner le ciboulot, penser que c’était effectivement une roulure.
Oui, il en avait été une, mais c’était fini, il avait une autre vie. Il avait tenté d’oublier Tesh Lays, abandonné tout désir de vengeance, grâce à l’aide d’Harleen et le seul but de remonter dans son chasseur. Et Dieu sait que ça avait valu la peine pour leur dernière mission.

La petite réplique à la fin, sur le crâne de buffle, c’était un moyen déguisé de tendre la main selon lui. Elle était comme ça l’indienne. Elle faisait confiance aux mauvaises personnes et en plus elle avait foi en eux. Scott était tenté d’ignorer le malaise et de s’enterrer dans une remarque bien glauque et sexiste. Le genre à commenter ce que doit donner la vue de ses tatouages quand elle se fait monter par l’arrière. Le genre de réplique parfaite pour faire diversion dans une connartitude travaillée.

Mais il était en face d’un vrai problème là. Sa partenaire demandait des réponses finalement. Pour qu’elle pète son câble et lui jette à la gueule qu’elle commençait à se méfier. Qu’elle réagisse comme ça pour lui avoir découvert 3,7 cm de peau en plus alors que la veille encore, il lui avait choppé le pied pour lui piquer ses chaussettes, c’est que ça ne pouvait plus rester secret.
Est-ce qu’elle ressassait à ce point là ?
« J’vais me fumer une sèche. Tu viens ? »
Il attendit la réponse une demi-seconde avant de se raviser et de s’éloigner. Il en avait rien à cirer au final. Qu’est-ce que c’était que ces conneries de paillettes et de licorne encore ? Le drama c’était pas pour lui. Il avait tiré sa peine d’un mois, fait une putain de mission, passé quatorze jours enfermé avec Pénikett sans lui déboiter les hanches.
C’était un bon signe, bordel. Ils étaient fait pour s’entendre et dépouiller la gueule des Wraiths !

Qu’est-ce qu’elle avait à venir le faire chier avec ses histoires ?
Greer ignora l’un des gars qui levait les mains pour lui demander silencieusement pourquoi il se barrait. Il sortit de la poche intérieure de sa veste son paquet de clopes abîmées et en cala une entre ses lèvres. Le copilote s’était abrité des regards dans une petite coursive et il tenta de faire fonctionner le fameux zippo qui n’enflammait jamais rien.

Il insista, s’énerva, compris que ça allait se faire encore moins vite. Puis finalement, il parvint à allumer sa clope tout en découvrant que Timber l’avait quand même suivi. Elle était courageuse et pas si caractérielle, c’était agréable par moment.
Il lui tendit silencieusement sa clope.
« Le calumet de la paix, ça s’fait encore chez toi non ? »

Chenoa voyait bien qu’elle avait touché dans le mille et qu’il était emmerdé. C’était sans doute pour ça qu’elle avait acquiescé pour le suivre fumer sa clope. Elle n’aimait pas rester sur une engueulade à moitié consommé, et puis s’il voulait discuter de tout ça, c’était peut-être le moment, même si elle aurait préféré qu’il le fasse pendant qu’ils bossaient sur leur avion.
Enfin qu’importe, c’était comme ça. Ils n’en avaient certainement pas pour longtemps, et puis de toute façon, ils n’avaient pas de date butoir pour rendre le chantier. La seule limite dans le temps était leur envie de voler de nouveau. Et franchement, Chenoa avait la bougeotte.
« Ouais, comme les scalps. », répondit-elle du tac au tac, en s’adossant à la coursive, et en prenant la clope. Elle s’était mise face à lui.
Scott ricana.
« T’es pas du genre à racler ton couteau sur le crâne d’un mec. J’suis safe ! »
Machinalement, il tapota son paquet contre sa main pour prendre une nouvelle clope et l’allumer. Il en dégusta la première bouffée et se sentit obligé de commencer les hostilités avec ce silence. Et ce regard sur lui...
« Je me suis fait sauter la gueule à la sacoche d’ox pour te tirer d’affaire. Et toi... »
Il la pointa de son doigt, les autres coinçant la clope.
« Toi t’es revenue me chercher au lieu de me laisser dans le vide. Alors pourquoi tu te mets à douter ? Pourquoi maintenant ? »
Chenoa laissait la clope se consumer sans tirer dessus. Ça ne lui disait rien, surtout que ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas fumé. D’ailleurs, quand elle le faisait, ce n’était pas vraiment du tabac. Le tabac, elle n’avait jamais trop accroché. Mais bon, c’était plus pour la symbolique que pour autre chose.
« Parce qu’on n’est pas tout le temps dans un F-302. Je ne doute pas, je te pose des questions. C’est pas moi qui t’ai laissé avec un premier de la classe pendant un mois en guise de copilote je te signale. Alors y a peut-être des raisons pour que je me pose des question. »

C’était un nul. Ca lui fit vraiment plaisir intérieurement, elle lui avouait à demi-mot qu’elle s’était emmerdée durant son absence.
« Donc je dois me justifier ? » Demanda-t-il lentement en la regardant. « Ca te rassurera peut-être encore moins de savoir pourquoi j’ai pris la pile... »
« J’en sais rien moi. Je sais pas quoi te dire, c’est juste qu’entre le Colonel et les deux autres là, ça fait beaucoup. ». Elle haussa des épaules. « C’est toi qui veut en discuter et qui me prend à part. Moi je gueulais un coup et voilà, parce que ce que tu as fait m’a gêné. »
« Les autres, j’leur pisse dessus ! » Trancha Scott. « Toi c’est différent. Je tiens pas à ce que tu te poses ces questions quand on sera en train de chasser ces chialouses de Wraiths. »
Il tira sur sa clope et lâcha finalement, la mâchoire serrée :
« Tu te rappelles de ce jour où je t’ai appelé ? »
« Genre mon avis compte plus. Pourquoi, parce qu’on est une équipe ? Tu as quand même voulu me claquer la gueule l’autre coup, alors que tu as déjà pris un mois pour une agression. Ca veut dire quoi ? », dit-elle sans répondre à sa dernière question.
« J’ai voulu quoi ? » Répéta le copilote. « Attends. T’as vraiment cru que j’allais t’en coller une ? »
« Tu étais super agressif. N’importe qui aurait cru qu’il allait en manger une. »
« J’étais en colère, tu m’as tourné le dos alors je t’ai fait descendre rapido de ton pti nuage, ouais ! »
Il confirmait, sans réelle agressivité, sachant bien que c’était une aigreur qui était restée chez elle.
« Mais faut vraiment que tu me prennes pour un nazi pour croire que je t’en aurai envoyé une pour une histoire d'emblème. Tu m’as jamais vu frapper quelqu’un que je sache ! »
Chenoa sentait que la colère revenait. Elle n’était pas vraiment partie en fait, elle l’avait suivi pour éclaircir les choses mais ça n’empêche qu’elle était encore furax. « Non, et encore heureux. Surtout sans bonnes raisons. » Elle soupira, éteignant la clope sur la carlingue. De toute façon, elle était presque arrivée à ses doigts. « Qu’est-ce que tu veux entendre ? Tout tourne pas autour de toi et c’est pas parce que tu veux quelque chose que tu l’as. »
« L’inverse est aussi vrai, Timber ! »
Il lourda sa clope à son tour, frustré.
« Et toi, tu veux entendre quoi, hm ? Si je suis vraiment coupable d’agression pour avoir tiré trente jours ? »
« Je ne te demande jamais rien, confond pas. Genre je te tourne le dos alors tu es agressif, tu te prends pour qui ? », dit-elle avec plus d’agressivité maintenant. C’était surtout cette partie là de son discours qui remettait de la sauce piquante sur le bordel.
« Si on s’embrouille, tu me tournes pas le dos, c’est tout ! » Lâcha Greer à son tour. « T’as qu’à assumer au lieu de te barrer comme une lâche. C’est pas une question de qui est qui. »
« Mais je fais ce que je veux, t’es pas mon père, ni mon frère, si j’ai envie de me barrer en te tournant le dos, tu fermes ta gueule et tu acceptes ce que je fais. Ca va pas plus loin que ça. T’as un problème sérieux. »
« Moi j’ai un problème ? Nan...TOI ! Toi t’as un putain de problème. Dans quel monde tu te casses sans qu’il t’arrive des bricoles ? »
Il secoua la tête, un élément lui revenant en tête.
« Et puis c’était quoi cette dégaine avec la main en l’air comme si j’allais passer à l’action ? T’as été une femme battue c’est ça ? »
« Tu sais quoi ? ». Chenoa avança d’un pas, fit un beau doigt d’honneur sous son nez, et elle lui tourna le dos sciemment en ajoutant : « Va te faire foutre. », dans l’idée de repartir vers le F-302. Il touchait la corde sensible, et elle préférait effectivement se barrer.

« Quoi ? C’est ça ? » fit-il finalement d’une petite voix, presque benet. La surprise prenait le pas sur la colère. « T’es pas sérieuse ! Tu te faisais def la gueule par un mec ? Je pouvais pas savoir... »

« Personne ne def la gueule de Timber tête de bite, fout toi ça dans le crâne putain. », dit-elle en se retournant. « On a un chasseur à réparer, et là, on brasse de l’air pour rien. »
« T’avais juste à le dire... » Insista Scott en levant une main. « Sérieux, j’aurai fait gaffe. Mais bon, je suis pas ton père ni ton frère. Ca roule...ouais, en fait non ! T’aurait quand même dû me le dire quand on était entre nous, en patrouille. »
« Mais te dire quoi ?? Dans quel monde tu vis ? Si j’étais une femme battue, alors tu me respecterais plus ? On marche sur la tête... ». Elle était presque dépitée pour le coup.
« Arrête de comprendre de travers ou retourne à l’université, putain...je sous-entends que je me serais excusé, merde. J’aurai rattrapé le coup ! Parce que tu pensais vraiment que j’allais t’en foutre une. »
Il s’énerva à son tour.
« Tu sais quoi ? Continue de tourner le dos pour fuir quand tu t’embrouilles, ok, je te retiens pas. J’essaie de te rassurer, te dire que je suis pas une roulure et tu me prétends l’inverse, on est même pas sur le bon sujet. Ok, je préfère voir ton putain de dos d’emplumée ! »
« Si je pensais que tu étais une roulure, je ne te côtoierai pas autant. Et merci pour la permission, encore une fois on fera comme tu veux hein. ».
Scott se passa une main sur le visage, gonflé de colère et de frustration sur le fait qu’ils n’arrivaient pas à se comprendre. Ou alors elle se foutait de sa gueule et elle le cherchait bien comme il faut. Pour voir s’il allait l’agresser ?
Ouais, non, trop tordu pour Penikett.
Greer joignit finalement ses mains et s’approcha.
« Fait-toi ton avis, je m’en cogne. Finalement j’ai pas besoin de te confier pourquoi t’as passé un mois avec un autre type dans ma cabine. Avec tes petits jugements à l’arrache, ça servira même pas. »
« T’façon, j’en ai rien à carrer, je l’apprendrai le prochain coup quand tu te feras virer. », balança-t-elle en fulminant, sans reculer.
« T’apprendras que dalle. Il y a personne ici qui sait ce qu’il s’est vraiment passé à part cette vieille buse qui se prend pour un officier de génie ! T’aura le droit qu’à des fantasmes du vilain connard Greer a qui ont a fait panpan culcul. Comme ces deux connards, là-bas, qui me jugent sans même savoir qui je suis. »
Il eut un sourire ironique et mauvais.
« Et toi t’es pareille. Ouais. Toi les ragots, tu les bois, tu te fourres le cul avec. La vérité ? Pour quoi faire, c’est tellement ennuyant. C’est tellement plus bandant de juger à l’arrache. »
Chenoa lui fit un pale sourire, et haussa des épaules. « De toute façon, tu n’as jamais eu d’estime pour moi depuis qu’on se connaît. Alors j’en ai un peu rien à foutre de ce que tu penses. Comme de ce que tu as fais. On fait bien notre travail, c’est tout ce qui compte. Et ça s’arrête là. ». Elle le toisa, avant de soupirer et de se diriger vers Eaglestar. Elle en avait gros sur la patate, mais elle essayait de ne pas le montrer.
« C’est ça, ouais. C’est pour ça que je me suis creusé la gueule comme un connard, quand j’étais en taule, pour te trouver un emblème qui te plairait. »
Il suivit en râlant.
« Quel perte de temps. J’aurai plutôt dû me torcher avec, tiens ! »
« Pareil pour moi. », lança-t-elle sans se retourner.

Furieuse, elle noua ses cheveux en une queue de cheval haute, pour qu’ils ne l’emmerdent pas et elle enfila ses gants, repris son papier de verre et se dirigea vers l’échelle. Elle n’avait pas protesté concernant le polissage à la main. C’était leur fardeau, voilà tout.

Installée sur l’aile, elle s’organisa pour avoir son papier de verre à portée de main.
Scott mit de la distance de son côté. Il vivait mal d’avoir tenté de communiquer et que ça se soit soldé par un échec. Il s’en était profondément voulu pour avoir lancé la tentative, fait un pas, alors qu’il aurait pu sagement rester dans son attitude de connard. Muni également de ses gants et du papier à poncer, il s’agenouilla sur la surface de l’aile et débuta le récurage en règle. A deux mains, comme un mousse sur le pont d’un navire, il frotta avec des mouvements amples.
Bien vite, la sueur finit par l’envahir et il se résolut à s’éponger régulièrement d’un revers de son bras. Mais ça volait partout cette saloperie, ça se foutait dans tous les coins et il savait que ça se mêlait à sa sueur pour lui donner une gueule de mineur de charbon. Face à l’ampleur de la tâche, ils allaient galérer longtemps avant de pouvoir décaper cette aile.

Timber avait glissé les feuilles dans son dos, au niveau de sa ceinture, à la jonction de ses reins et de ses callipyges. Elle était aussi en sueur, avec des traces noirâtres ici et là.
« Ça fait bizarre d’être là. », remarqua-t-elle plus pour elle-même que pour Scott, comme elle lui faisait la gueule. D’ailleurs, il l’ignora magnifiquement puisqu’il était dans ce même concours du plus beau sourire à l’envers.
Se sachant plus souple et plus légère que Greer, elle travaillait au bout de l’aile. C’était plus dur que ça en avait l’air, et elle était certaine que sans outil, le travail ne serait pas assez propre. Mais tant pis. S’ils voulaient la bizuter, tant mieux pour eux, ils devraient repasser derrière elle. Elle ferait au mieux pour que ce soit nickel, mais ne pouvant frotter aussi rapidement qu’une ponceuse à bande ou à disque, ce serait moins net.



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Penigreer et la renaissance d'Eaglestar Cc597010
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le Sam 10 Aoû - 21:45

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Scott Greer




Penigreer et la renaissance d'Eaglestar
Chronologie : Après le 5ème vol


Le temps fila encore et Scott s’arrêta plusieurs fois, une trentaine de secondes, les bras en feu et la respiration haletante. La crasse partait difficilement et il avait déjà utilisé la moitié de son papier de verre. Il s’interrompit lorsqu’il entendit une voix particulière.

« Hé bien… Vu l’état de votre appareil, je pense que vous auriez pu piloter avec plus de facilité un fer à repasser géant lesté au plomb. »

Comme surgi de nul part, le Premier Lieutenant Ross s’avançait dans le hangar, un grand cartable à dessins dans les mains, laissant échapper un long sifflement impressionné en détaillant le désastre. En terme d’engins abîmés, il n’avait pas vraiment son mot à dire, ramenant la plupart du temps son F-302 dans un état des plus déplorables au fil de ses missions. Pourtant, jamais il n’était arrivé à une destruction aussi impressionnante. C’était presque à se demander comment l’engin ne s’était pas disloqué de lui-même au cours de la rentrée dans l’atmosphère du duo comique.

Greer se redressa pour se mettre au garde à vous, presque à contrecoeur, sans répondre à la remarque sur l’état d’EagleStar.
Chenoa avait fait de même, avec un geste plus las qu’habituellement. Elle en chiait grave, mais elle ne montrait rien, même si elle était aussi noire que son débardeur.

Apollo s’approcha à grands pas de Tyrol, il vint lui serrer l’avant-bras en lui offrant un large sourire.
« Officier sur le pont, garde à vous ! » Avait-il ordonné juste avant.
« Tout se passe bien, Chef ? Vous tenez le coup avec Greer et Penickett ? »
Le chef répondit à son sourire et acquiesça.
« De vrais anges, mon lieutenant. J’ai botté des culs bien plus coriaces. »

Adam lança un regard moqueur vers le duo perché sur l’aile. Dans l’escadrille, c’était aujourd’hui un fait avéré que l’amérindienne et l’américain passaient leur temps à se crêper le chignon, de manière plus ou moins virulente. Bien que le Chef devait être habitué à ce genre d’énergumènes au vue des rigolos des plus compétents composant son équipe, deux de plus restaient un “fardeau” supplémentaire à supporter.

Déposant le cartable à dessins dans un coin, le CEG se glissa sous l’aile de l’appareil pour contempler de plus près les dégâts, passant délicatement sa main sur la carcasse carbonisée du chasseur avec le même soin et la même tendresse que l’on offrirait à une femme. Se mordant légèrement la langue, il laissa sa paume glisser tout le long du nez d’Eaglestar avec une légère moue inquiète, avant de finalement revenir vers les deux pilotes avec un air passablement impressionné.

Greer, de son côté, avait observé Timber en levant un peu les mains, de l’air de dire “Mais pourquoi il tripote NOTRE F-302, celui-là ?”. Cette dernière s’était contentée d’hausser des épaules, attendant de voir ce que le CEG voulait vraiment d’eux. Etait-il là pour les embêter, ou avait-il quelque chose à faire valoir ?

« Je rectifie, un fer à repasser lesté au plomb à côté de votre appareil, c’est de la rigolade à piloter. Je ne sais pas si je dois vous féliciter ou vous tirer les bretelles. Mais dans tous les cas, j’avoue que je suis impressionné. »
« Si ça peut nous permettre de repartir... » Grommela Scott. « L’espace me manque. Et Penikett aussi. »
« Chaque chose en son temps, Cross. Si vous voulez repartir, il va d’abord vous falloir un F-302 en état de voler. Mais croyez moi que de me passer d’un appareil ne me fait pas plus plaisir qu’à vous. »
Chenoa fit les gros yeux à Greer. Pourquoi diable est-ce qu’il fallait toujours qu’il dise ce qu’elle pensait aux autres, comme si elle ne pouvait pas le faire elle-même ? Est-ce que cela lui laissait penser qu’en évoquant sa pilote, ça donnait plus de poids à ce qu’il avait envie ? Encore une fois, on en revenait au fait que tout tournait autour de son nombril.
« Vous me donnez n’importe quoi, j’le pilote. », enchérit Chenoa. « Mais bientôt Lieutenant, vous aurez le plus beau F-302 de l’escadrille qui volera à vos côtés. Et ce sera Eaglestar. », se gargarisa-t-elle en tapotant la carlingue. Ouais, elle comptait bien lui donner une seconde jeunesse, et s’il fallait le customiser un peu, elle ne serait pas contre !

Adam offrit à Penickett un large sourire amusé. Revenant vers le cartable à dessins, il l’ouvrit en s’approchant d’un atelier vide, sortant quelques larges feuilles de papier pour les disposer convenablement à la vue de tous.

« L’escadrille a décidé de vous faire une surprise pour fêter votre cinquième vol. On dit que vous avez nommé votre appareil “Eaglestar”. C’est un bon nom, cela dit, il va vous falloir l’inscrire sur sa carrosserie toute neuve une fois qu’il sera retapé, au dessus de vos emblèmes. Tout le monde a mis la main à la patte pour vous proposer quelques jolies calligraphies d’Eaglestar, cela dit, vous pouvez toujours choisir de le faire vous-même. Ce ne sont que des propositions. »

S’écartant de l’établi, il leur laissa le champ libre pour observer les différents croquis proposés. Une petite dizaines d’ « Eaglestar » différents s’offraient à leur vue, et on reconnaissait chez certains la patte de leur créateur. Que ce soit les caractères fins et raffinés de Blue, se finissant en arabesques d’étoiles et de becs, ou encore le style plus carré et moderne de Papa, offrant un Eaglestar aux allures aérodynamiques et décoré d’une tête d’aigle angulaire vue de côté, tous avaient un style bien différent, mais prometteur. Même Pied-de-Biche, peu amateur de ce genre de choses habituellement, avait mis la main à la pâte et proposait un Eaglestar parcouru d’impact de balles et de lasers, et resserré entre deux gigantesques serres. Toute l’escadrille avait fourni un travail remarquable, et le nouveau duo n’avait que l’embarras du choix.
Scott n’en avait rien a taper de la calligraphie. Et ce n’était pas contre le boss de l’escadrille. Il trouvait sympa qu’il vienne leur faire ces propositions au lieu de venir les emmerder sur ce qui aurait dû être fait ou pas en mission. Mais vu la merde dans laquelle ils étaient et le loooooong chantier que représentait EagleStar, choisir un style n’était pas intéressant tant ça semblait loin, si loin dans l’avenir. Il descendit pour s’approcher et observer les propositions, se massant les bras recouvert de carbone.
L’escadrille avait fait ça pour eux ? Ils compatissaient pour les deux semaines d’assignation alors ?

« Sachez qu’il y a déjà des paris en cours sur le choix que vous pourriez faire. Cela dit, je ne dirai pas qui a misé sur quoi, ni combien, pour ne pas influencer votre verdict. Je peux juste vous dire que pour certains, il est question de cage et de fléchettes. »

Il les gratifia d’un nouveau sourire, venant s’appuyer contre l’atelier, les bras croisés, pour leur laisser le temps d’admirer toutes ces œuvres.
« Cette putain de cage. C’est une tradition détestable, chef ! » Avait-il envoyé en regardant les dessins.
C’est vrai que la dernière fois qu’il avait pensé piéger Timber, il s’était gourré de cible et il avait dû le payer. Un type lui avait balancé une fléchette pile entre les omoplates quand il était dans la cage, le dos tourné. Qu’est-ce que ça piquait cette merde quand c’était bien planté. Il n’avait même jamais su qui l’avait envoyé…
« Peut-être, mais elle a l’avantage de souvent remettre les idées en place. Croyez moi, j’y suis passé plus de fois que je ne peux le compter. »
Chenoa avait suivi le mouvement de Greer pour venir voir les dessins. Elle était admirative devant le boulot. C’était vraiment beau, et digne de se le faire graver sur la peau. Alors pourquoi pas sur la carlingue d’Eaglestar ? Après tout, c’était comme sa peau, non ? Il aurait une belle âme comme ça. Pour sa part, elle n’aimait pas le truc de la cage. C’était vraiment un truc d’abruti fini ce “jeu”. Un jour, il y en a un qui allait ramasser une fléchette dans l’oeil et tout le monde le regretterait. Du coup, aussi curieux que cela puisse paraître, elle ne pipait mot, préférant s’abîmer dans la contemplation des dessins. Les gants enlevés, le contraste entre ses avant bras dégueulasses et la peau naturelle de ses mains était maintenant flagrant. Elle était vraiment crade.

Scott aussi admirait les dessins.
Il ne releva pas l’état de saleté de Timber parce qu’il était exactement dans le même état. Le reste de l’équipe technique était retournée au travail, ils démontaient presque entièrement le bloc moteur en séparant toutes les pièces les unes des autres. La pause était vraiment salutaire et Greer prenait son temps. Finalement, l’intervention de Ross faisait un peu oublier la mésentente qu’il y avait entre les pilotes. Bon, bien sûr, le gars était rancunier sur les bords et il n’allait pas oublier ce qu’elle lui reprochait. Mais pour l’instant, il pouvait faire un choix en binôme. Problème, il devinait d’avance que ce qui faisait trop “cowboy” et moins “indien” ne plairait pas à la pilote.
« On pourrait pas faire un mélange de deux dessins ? » demanda-t-il finalement. « Moi je verrai bien celui-là pour le “Eagle”. »
Cross pointa le dessin de pied de biche, entourant d’un geste de la main la première syllabe recouverte d’impact de balles. Il s’orienta ensuite vers Timber.
« Comme ça, si le format te botte pas, tu choisis ce que tu veux pour le “Star” ? »
« Pas con de séparer en deux. », observa-t-elle. Elle était étonnée que Greer ne ramène pas tout à lui comme il le faisait d’habitude. Elle avait trop imaginé le mec en train de dire à Ross : c’est celui-là qu’on prend, sans la consulter. Du coup, sa proposition était assez sympathique. Il fallait qu’elle trouve quelque chose qui soit harmonieux avec son idée de départ.
« On a qu’à garder celui de Pied de Biche ouais. Au final, je ne vois pas comment améliorer le truc, et son dessin est déjà bien cool. », fit-elle en relevant le nez et en regardant les deux hommes. Elle haussa des épaules. Ça lui convenait parfaitement.
En revanche, Scott la regarda avec un air profondément étonné et intrigué.
« Attends ! T’essaie de me faire plaisir là ? Tu préfères pas un truc avec des plumes, des haches, dans ce genre là, pour ta moitié ? Ca fait plus “Custer” que “Crazy Horse”, nous faudrait les deux... »
« Parce que je suis amérindienne je dois obligatoirement choisir des trucs comme ça ? Tu rigoles j’espère ! », fit-elle. Elle était toujours encore vexée de leur précédente discussion, et le moindre prétexte était bon pour relancer les hostilités.

Scott se sentit prendre une lente et longue inspiration pour juguler la soudaine colère qui l’envahissait. Il tourna un regard presque étonné vers sa collègue, espérant y trouver une taquinerie à la sauce Timber, mais même pas. Une lumière s’alluma dans son esprit, celle de couleur rouge, et il claqua des bras contre ses hanches. Cette fois, il était désespéré.

« Putain mais c’est ton grand jeu du moment ? T’arranger pour que je tombe toujours à côté ?!?... »

Alors tourné dans sa direction, il joignit ses deux mains sur un signe de supplique religieux. Ce geste était tout à fait à l’image de sa pensée, sachant qu’il lâchait sa grande bombe, mais en étant bien contraint de le faire. Au diable la couche de miel, bonjour les orties !

« Penikett, est-ce que t’as tes règles ? » Il appuya le tout de son regard, jetant dans l’espace toute notion de respect ou de retenue cette fois. Rien à cirer, il posait la question sans la moindre gêne et il insistait pour avoir la réponse. Parce que là, c’était la seule hypothèse logique selon lui. « Nan parce que j’ai loupé le coche avec mon passage en taule, j’ai pas pu le déduire discrétos. Alors tu me donnes la date de ton cycle, histoire que je m’inquiète pas quand tu joues la chieuse frustrée éternellement insatisfaite. »

Il trouva le regard du lieutenant Ross, leur chef, et leva un doigt pour préciser avec précipitation :

« Ouais ouais, je sais chef ! Avec tout le respect que je dois à Timber. Mais là, j’suis pas magicien, hein, alors va falloir m’aiguiller un peu. »

Inconsciemment, elle savait que ça allait relancer les choses entre eux. Elle savait aussi qu’il n’en aurait rien à foutre que le lieut’ soit là ou non. Il n’avait pas sa langue dans sa poche et le respect, il n’y goûtait que très peu.
Un rictus amusé passa fugitivement sur les lèvres de la jeune femme. Qu’il évoque la possibilité qu’elle ait ses règles était nouveau, mais finalement, ce n’était pas si surprenant que ça. Maintenant, apprendre qu’il tenait un compte de ses cycles lui fit bizarre. Ce mec était foncièrement tordu, et même si elle cherchait à se convaincre qu’il blaguait, elle n’en était pas si sûre.
« Je suis réglée comme une horloge, donc si tu tenais vraiment le compte de mes cycles, tu saurais que non, je ne les ai pas. Ca t’arrangerait trop hein ? Incapable de te dire que le problème peut venir de toi Scott ? C’est dur hein. »
Elle pointa le dessin de Pied de Biche.
« Ce sera celui-là, et basta. », dit-elle en le tapotant avec vigueur. « Si c’est ok pour vous Lieutenant, j’aimerai reprendre mon boulot. C’est pas comme ci on avait un F-302 à décaper à la main à cause de l’autre là. », ajouta-t-elle en pointant Scott du menton.

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√ Arrivée le : 13/06/2018
√ Nationalité : Américaine

√ Gène : ATA
√ Messages : 130
√ Localisation : Entre le Dédale & Atlantis

le Mar 13 Aoû - 10:42

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Chenoa Penikett




Penigreer et la renaissance d'Eaglestar
Chronologie : Après le 5ème vol


-------- ADAM

Adam était resté là sur le côté, à les observer en silence, les bras croisés, écoutant et analysant leurs paroles sans dire un mot. C’était bien souvent la meilleure façon de découvrir entièrement ses pilotes pour connaître leur véritable personnalité. Pas de masque, pas d’attitude bridée par la présence militaire à leur côté. Seulement la pure et simple vérité des réactions de chacun. Et il n’avait pas été déçu avec ces deux là. Bien qu’au départ ils semblaient être parti sur un compromis, le choix conciliateur de Penikett avait coupé court aux discussions. Et finalement, Greer avait pris le dessus. Il savait pertinemment que les deux ne cessaient de se prendre le bec à la première occasion depuis leur arrivée, mais c’était peut-être l’une des premières fois où il avait eu l’occasion de les observer sur le fait. Quelque chose lui disait que cette dispute n’était que la continuité d’une précédente qu’ils n’avaient encore pas pu boucler. Ces deux-là étaient plus têtus l’un que l’autre, et aucun ne semblait réellement décidé à lâcher le morceau. Toujours plus de pics, de provocations, allant à la limite de l’acceptable sur un vaisseau militaire.

Apollo émit un fin sourire lorsqu’ils se tournèrent vers lui. Désormais, il en avait la certitude. Il ne s’était pas trompé en insistant pour que ces deux restent partenaires.

« Si ce choix vous convient, ce sera tout. Promettez moi simplement de ne pas vous entretuer à coup de blindage pendant les réparations, ou tout du moins de ne pas faire exploser le hangar. »

Il hocha légèrement la tête dans leur direction, comme pour leur indiquer qu’ils pouvaient y retourner. Cependant, avant que Greer ne s’éloigne, il vint lui poser rapidement une main sur l’épaule pour l’intercepter, se penchant vers lui pour lui souffler quelques mots.

« Ménagez la, Cross. Et surtout, ménagez-vous vous même. Plus vite vous vous entendrez, plus vite vous réparerez cette engin, et plus vite vous pourrez voler. Je ne pourrai pas toujours vous protéger des foudres du Colonel Caldwell. »

Il laissa son regard observer le soldat de haut en bas, avant de reposer son regard dans le sien.

« Si vous êtes encore ici, malgré votre récente peine en prison, c’est que Caldwell croit en vous. Je crois aussi en vous, Greer, malgré ce qui a pu se passer avec Penikett pendant votre dernière mission. Alors ne me décevez pas. »

Ces derniers mots avaient sonné plus comme un ordre qu’une demande dans la bouche de l’officier. Il le relâcha, venant rassembler ses croquis pour les ranger dans son cartable à dessin, puis s’avança à grands pas vers l’extérieur du hangar, hêlant au passage le Chef Tyrol.

« N’oubliez pas chef ! La PAC part dans une heure pour un exercice de tir ! »

-------- SCOTT

Il aurait bien voulu renvoyer chier sa collègue grassement. De préférence, avec l’une de ses remarques sexiste dont il avait le secret, mais le temps manqua. Il avait levé un doigt menaçant, la réponse prête à fuser, quand le patron avait décidé d’arbitrer tout ça. Il avait permis à Timber de se casser et de faire la gueule dans son coin.
Mais...NON !!! C’est pas comme ça qu’ils faisaient !!!

Et en plus, au moment où il allait ramasser les pots cassés, histoire d’entretenir l’ulcère de Chenoa, le type se trouva éclairé de le retenir pour lui dire quoi….quoi ?!?...QUOOOIIIIII ???
Automatiquement, le copilote sentit des colonnes de chaleur lui remonter jusqu’au crâne. Il crevait d’envie de le renvoyer chier avec ses petits conseils à la con mais se rappelait que c’était le chef qui se tenait devant lui.
Sauf que voilà, il en rajouta une couche en plus.
ET IL LUI TOURNAIT LE DOS !!!!

Trop tard ! Scott eut une réaction impulsive en lui arrachant la serviette à dessin pour commencer.
« Déjà, ça c’est à moi ! Si vous la connaissiez un minimum, vous sauriez qu’elle a pas vraiment choisi là... » fit-il en guise d’introduction. « Et ouais, putain, merci. MERCI CHEF ! Pour votre belle science et de m’avoir “protégé”...c’est vrai que je vous ai vu zoner dans le coin quand j’étais accusé à tort. »
Il avait mimé les guillemets de sa main valide.
« Toutes vos conneries là, avec le vieux con, à lui mettre toute cette merde dans le crâne, Timber est pas loin de me prendre pour un violeur maintenant. Alors ouais, MERCI, les mecs. Beau boulot ! »
Il évitait de se déchainer. Mais ce serait mentir de ne pas reconnaître qu’il était particulièrement acide et agressif. Scott était lancé, il lâchait son pavé dans la mare.
« Vous savez que dale ok ? Vous savez rien de ce qui s’est passé en bas. Vous savez pas ce que ça m’a coûté pour remonter sur ce putain de rafiot ! Et pour la mission, il s’est passé qu’un seul truc bordel. Un seul : J’ai sauvé le cul de Penikett et elle a sauvé le mien ! VOILÀ ! Alors, il est où le problème ? »
Il leva les bras, pour demander s’il voulait en ajouter. Comme s’il l’invitait à répliquer.

------ ADAM

Pendant tout le long de l’altercation, le Lieutenant était resté de marbre, fixant Scott droit dans les yeux sans sourciller, l’air soudainement dur et strict. Il écouta le copilote vider toute sa haine et sa rancoeur, cracher son venin sur le sol du hangar sous le regard médusé des quelques mécanos qui s’étaient soudainement tus, leurs regards fixés sur eux, comme dans l’attente du dénouement qui risquait d’être des plus tonitruants.

Mais Adam restait calme. Impassible, fixant son subordonné en silence en attendant que ce dernier termine de débiter son flot de paroles haineuses et rancunières. Lorsque finalement, le calme revint et que Cross semblait sûrement attendre une réplique tout aussi cinglante et haineuse, Ross se contenta d’hausser les sourcils vers lui, bras croisés contre son torse, toute la compassion et l’amabilité qui avait pu se lire sur son visage quelques minutes auparavant ayant totalement disparu.

« Sous-lieutenant Greer, vous avez terminé ? »

Il laissa quelques secondes s’écouler pour donner à l’homme le temps de répondre. Le silence s’était fait dans le hangar. Le temps semblait s’être totalement arrêté autour de cette conversation. Les ingénieurs encore au travail sur l’appareil avaient cessé leur action en plein vol, certains tenant encore leurs instruments en l’air, figés de stupéfaction. Apollo prit une grande inspiration, puis répondit, pointant un doigt accusateur vers Greer.

« Vous voulez savoir où est le problème Cross ? Le problème, c’est que depuis que vous êtes sur ce vaisseau, vous ne faites que vous attirer des emmerdes. Le problème, c’est que pendant la seule mission extérieure à risque, vous avez craqué et failli balancer votre pilote dans le vide, avant que vraisemblablement un petit bouton se tourne dans votre putain de cervelle et vous ramène à la réalité, en manquant de vous tuer vous même dans la manoeuvre au passage. Le problème Greer, c’est que malgré la confiance qu’on peut vous accorder, et le tout le doute que l’on peut élever contre les accusations qui vous sont faites, vous semblez essayer de continuer par tous les moyens de nous démontrer que non, vous n’êtes pas digne de confiance, ni de servir sous la bannière de l’expédition Atlantis. »

A mesure qu’il s’exprimait, sa voix s’était élevée de plus en plus, et ses traits s’étaient durcis à son tour par la colère. Il prit une courte inspiration, avant de plisser les yeux, baissant son doigt pour venir écarter les bras comme pour appuyer ses propos, sa voix reprenant un volume plus habituel, bien qu’elle se teinta d’une colère froide marquée :

« Mais apparement, Greer, vous semblez convaincu que je ne sais rien de ce qui peut se tramer ici. Alors allez y. Eclairez ma lanterne. Dites moi ce qu’il s’est passé dans votre tête, et expliquez moi pourquoi il semblerait que vous essayiez continuellement de vous faire virer de ce vaisseau. J’attends. »

Il baissa les bras le long de son corps, le fixant toujours, les sourcils relevés, comme pour l’inciter à répondre.

Scott rêvait de répliquer par une salade de phalanges. Il savait son visage bien rouge et le regard haineux. Mais il n’agissait pas. Il répondit avec une lenteur colérique.
« Ca y est, on a levé son petit masque “chef” ? Quel protecteur... »
Il secoua la tête.
« J’ai pas craqué. Timber et moi on s’est soutenu et on est revenu en vie pendant que vous étiez bien au chaud sous vos galons. A venir me juger après coup sur de l’audio et de la paperasse... »
« Dans ce cas, prouvez moi que j’ai tort, Cross, car jusqu’à maintenant, je n’ai rien vu qui pourrait me le montrer. »
« Trois darts abattu. Et une sale pute que j’ai pas flingué pour pouvoir garder mon poste. Avec la psy en prime. Ca vous suffit pas ? »
« Non, ça ne me suffira pas. Les prochaines semaines vont être décisives pour vous, Greer. Alors si vous avez terminé, je vous conseille de retourner travailler sur votre appareil, au lieu de vous donner en spectacle devant les seuls ingénieurs qui ont accepté de venir vous aider hors de leurs tours de service. »
« A vos ordres, lieutenant. J’me demande qui est le plus beau clown de nous deux. » Siffla-t-il tout en saluant militairement.
« [color=white]Je ne sais pas, mais je sais cependant qui ici est le CEG, et qui passe son temps sur la sellette. Rompez. [color] » Répondit-il sèchement en ne détachant pas son regard du sien.

Ross le regarda s’éloigner puis fit volte-face, semblant avoir rapidement repris constance en adressant un léger signe de la tête en direction du Chef Tyrol, avant de quitter le hangar.

Scott fulminait, il fit demi-tour les poings bien serrés, la serviette de dessin coincé sous son aisselle. Il se rendit en silence jusqu’à la desserte qui se trouvait à côté de l’aile puis il monta sur sa position pour reprendre son boulot. Il s’y employa avec la rage accumulée et un étrange sentiment d’injustice. Il s’était fait piégé mais il était coupable. Il n’avait pas ejecté sa partenaire mais il était coupable. C’est le raccourci qu’il se faisait de cette discussion et il préféra ressasser silencieusement en se fermant uniquement sur le grattage de coque.

------ CHENOA

Chenoa avait, comme tout le monde au demeurant, assistée à cet échange houleux. Elle se demandait vraiment ce qui ne tournait pas rond chez Scott et comment il était parvenu à obtenir ce poste en ayant un comportement aussi merdique. Il devait vraiment être bon pour que ça compense ce tempérament qui était tout sauf un reflet d’une instruction militaire bien cadrée. Il semblait incompris pour des raisons qui le regardaient, et dont il ne s’était pas ouvert à sa pilote, et peut-être qu’elle en était en partie responsable en n'arrêtant pas de le contredire, mais il fallait reconnaître qu’il était imbuvable en ce moment. En plus, ça la gonflait qu’il la mette toujours dans la boucle de ses problèmes, comme si elle était un faire valoir propre à justifier ce qu’ils avaient fait. Ils avaient merdé, et le fait qu’il veuille l’éjecter dans le vide ou non n’était qu’un détail dans toute cette histoire. La vérité, c’était qu’ils avaient merdé sur toute la ligne en ne respectant pas des protocoles qui étaient là pour de bonnes raisons, en se pensant plus malin que les autres.

Histoire de ne pas prendre une remarque cinglante qu’elle ne laisserait pas passer parce qu’elle était toujours fumasse, Chenoa conserva l’échelle dans son dos pour ne pas voir l’américain remonter pour reprendre sa place et ne pas risquer de croiser son regard. En réalité, elle venait de glisser ses écouteurs dans ses oreilles, et elle s’isola dans sa bulle musicale, jouant des bras et des mains pour gratter cette foutue aile avec un putain de papier de verre. Quand on lui avait fait miroiter la perspective de réparer son F-302, elle s’était fait des tas de film, et ce scénario là n’était pas au programme. Elle était amère de devoir se farcir le boulot comme une forçat tout ça parce que l’autre abruti n’avait pas su ravaler sa fierté mal placé. Des fois, elle ne le comprenait pas. Elle était à deux doigts d’envoyer péter le boulot et le papier de verre dans un accès de colère, et comprenant qu’elle se montait le bourrichon à cause de Scott encore une fois, elle augmenta le volume de sa musique en basculant sur sa playlist préférée, et elle s’absorba dans les notes de musique en chantonnant dans son coin. Et sans s’en rendre compte, elle retrouva un nouveau souffle pour gratter le carbone.

------ SCOTT

De retour auprès de l’échelle en esquivant soigneusement les regards de l’équipe technique, Scott grimpa et agita la pochette pour capter le regard de Timber.
« Bon écoute, j’ai repris ça pour que... »
Il s’interrompit en trouvant les écouteurs qui garnissaient ses oreilles. Le message passa plus vite que prévu. Même pas besoin de se demander si elle avait justement besoin de tranquillité, c’est surtout qu’elle ne voulait plus voir sa gueule dans les environs. Scott expira longuement et redescendit l’échelle pour aller poser les dessins dans un endroit plus ou moins tranquille. Lorsqu’il revint, il avait calé un morceau de sa clope éteinte entre ses lèvres et il entreprit de gratter sans s’occuper de Timber. Elle voulait la paix ? Elle allait l’avoir.

L’homme passa par tous les sentiments possibles et imaginable au cours de son travail d’apprenti techos. Il ne cessait de ressasser les paroles qu’il avait tenu au lieutenant et celles qu’il avait reçu en échange. Peut-être que le commun des pilotes songerait à aller s’épancher en excuse. Mais en réalité, Scott se voyait surtout lui casser la gueule en bonne règle. Il sentait une terrible bouffée de haine et d’injustice en lui. Se faire juger sachant que le type n’y était pas, savoir qu’il avait lu son dossier et qu’il avait très certainement pris connaissance des rapports d’enquête. Et il venait là, le chercher au milieu de tous.

Le type connaissait peut-être son boulot de CEG mais il ne savait pas ce que c’était que de se prendre un tuyau dans le cul et de fermer sa gueule juste après. Un long mois de taule…
La haine brûlait et il s’en servait pour gratter, gratter, gratter encore. Pas besoin de musique pour lui, le bruit du va et vient incessant du grattoir servait de guide sonore. Plus vite, plus fort, il s’y vida longuement les tripes jusqu’à ce que ses bras soient en feux. Parfois il s’arrêtait quelques minutes, descendant de l’échelle pour creuser l’écart avec la pilote et aller boire un verre. Il tournoyait alors ses membres endoloris dans le vide, se massait les genoux mâchés, puis il revenait à l’assaut du carbone en l’ignorant royalement.

Le problème, c’est qu’ils étaient en train de finir malgré tout.
La crasse et le brûlé reculait de plus en plus jusqu’à les placer l’un en face de l’autre pour les derniers carrés de merde à récurer. Alors comment ça allait se passer ? Est-ce qu’il devait laisser faire Timber et il serait un connard de sexiste ? Ou est-ce qu’il allait finir en lui passant entre les bras...histoire d’être un connard de sexiste qui la couve ?
Il s’en moquait. Et en même temps, pas tant que ça.
En feignant une vigueur renouvelée, il tapota l’avant bras de sa collègue pour lui faire comprendre qu’il allait finir. Il se moquait bien de savoir si ça lui plairait ou pas, il poursuivit son dernier sprint en sentant la sueur perler jusqu’au bout de son nez. Scott pensait, à ce moment là, en avoir fini pour de bon.

La mauvaise nouvelle vint quand on leur raconta qu’il fallait maintenant s’attaquer au dessous de l’aile. Scott songea qu’ils essayaient de le faire craquer puisque c’était la pire épreuve à leur imposer. Il avait déjà la gueule noire d’un mineur de fond, la merde ayant envahi ses fringues, ses oreilles et ses cheveux. Ca collait entre ses phalanges malgré les gants. Il pouvait sentir sa sueur coaguler tout ça, sur lui, entre ses oreilles, sous son froc, en faisant des croûtes dégueulasses. Maintenant on leur donnait des lunettes pour se protéger les yeux pendant qu’ils gratteraient les bras en l’air, au-dessus de leur tête.

---------- CHENOA

A l’instar de Greer, Penikett grattait à n’en plus savoir où elle en était. Heureusement, les traces de griffures sur la carlingue se voyaient bien, là où le papier de verre avait attaqué le carbone noirci. Elle avait l’impression que les morceaux de musique s’enchainaient, tandis qu’elle n’avançait pas. Pourtant, le boulot était en train de se faire, à la sueur de leur front, et à l’huile de coude. Elle changea plusieurs fois de position : sur les fesses, jambes écartées, à gratter avec le papier de verre dans l’axe possible entre ses deux cuisses ; allongée sur le ventre ; à la romaine sur le côté ; à une main, tantôt la droite, tantôt la gauche ; à genoux, les deux mains sur le papier de verre, à frotter l’aile comme le ferait une caricature japonaise en train de laver le sol à la main avec une serpillère. De loin la méthode la plus efficace et la plus physique.
Forcément, Scott n’avait pas pu louper ça. Il s’était mordu la langue, l’intérieur de la joue, s’était joué une chanson dans sa tête, une pub. En vain. La perche Pénikett en débardeur qui se bouge... A son prochain changement de position, il éclata de rire et s’exclama mentalement, dans sa tête : *** C’pas l’endroit pour réviser le Kamasutra Navajo ! Moi...j’dis ça, j’dis rien. Ca me dérange pas du tout ! ***
Chenoa ne l’entendit pas, et elle ne le vit pas plus, étant de dos à ce moment là. Ses épaules criaient grâces, mais elle les ignorait totalement, frottant encore et encore, effaçant d’un coup de papier de verre les gouttes de sueurs qui tombaient du bout de son nez sur l’aile. De temps en temps, elle s’autorisait à s’éponger le front, le cou, et les bras en allant boire un coup, laissant le chiffon dans un état aussi déplorable que celui du chasseur lui-même.
De temps en temps, elle jetait un coup d’oeil à Scott, mais elle se sentait soulagée qu’il n’essayait pas d’imposer une conversation avec elle. Elle était bien dans son monde de musiques entrainantes, et elle se trouvait plus productive. Elle chantonnait toujours, ne s’entendant pas spécialement, même si elle finissait par se taire en grattant. Petit à petit, au fil des minutes et des répétitifs, ils arrivèrent au bout de l’aile, se rejoignant vers le milieu. Si au départ, chacun avait un côté à traiter, bientôt, synchrone, ils se retrouvèrent au centre pour se disputer la zone à poncer. Chenoa ne polémiqua pas quand il lui fit comprendre qu’il s’en occupait, trop heureuse de se reposer un peu les bras. Elle était naze, et elle le regarda terminer la tâche, assise sur l’aile, les bras en appuis derrière elle, et les jambes pliées, la musique coupée depuis un certain temps maintenant.

Finalement, à la descente de l’échelle, quand on leur annonça qu’il fallait gratter le dessous de l’aile, Chenoa ne l’entendit pas de cette oreille.

« Ok, elle est où la ponceuse à bande ? », lança-t-elle à son interlocuteur. Non parce que gratter à plat, c’était une chose, gratter les bras en l’air, s’en était une autre. Elle ne pensait pas que la tâche soit plus aisée avec l’appareil, puisqu’il y aurait le poids de ce dernier à supporter, mais ça irait plus vite quand même, comparativement à le faire à la main.
« Quelle ponceuse ? » Demanda Franck en départageant deux paquets de papier de verre. « C’est à la mano, les couillus ! »
Chenoa rigola deux secondes avant de reprendre son sérieux, persuadée qu’il blaguait. « A la mano mes couilles oui, ça va prendre des lustres à avoir les bras en l’air. Aller, envoie la ponceuse. »
« Bah justement. T’as pas de couille. Et y’a pas de ponceuse pour vous. »
« T’es pas sérieux ? »
« Tu crois qu’on va bousiller le matériel pour gratter du blindage ? Le matos comme ça, c’est réservé pour les tâches complexe. Vous, vous êtes pas là pour refaire la peinture ou nettoyer les p’tites vitres. C’est du grattage, du grattage, du grattage. Ah...j’oubliais. Du grattage aussi ! »
Il ria à son tour et lui plaça la nouvelle pile de papier de verre dans les mains.

Chenoa les laissa tomber par terre.
« Tu me prends pour une conne ou quoi ? T’as jamais gratté un putain de volet dans le civil ? Ca se fait avec une PUTAIN DE PONCEUSE !! Tu sais l’appareil tout con qui fait tourner du papier de verre pour les surfaces planes ? Ben là, c’est une aile, c’est plat bordel ! On va pas l’abimer ton matos de merde ! »
Franck siffla.
« Eh ! Tu baisses d’un ton pilote ! Si t’es pas contente, tu vas voir Tyrol et tu boufferas double dose pour ton compte. »
Le technicien se rembrunit.
« On en a poncé des putains d’aile de F-302 et on savait fermer notre gueule. Là c’est ta merde, tu la nettoies. »
« Eh oh, calme ta joie mec. »
« Le taulard veut jouer les héros ? Je transmets juste les consignes moi. » Lâcha-t-il, moqueur.
« Laisse tomber Scott, tu vois pas que pour un coup que le techos du coin à du pouvoir, il le fait sentir ? Putain de branquignole. », lança-t-elle en se baissant pour ramasser le papier de verre et se barrer de là en colère.
« Ahaha ! Le branquignole a une bonne nouvelle pour toi ! » Fit-il en élevant la voix pour qu’elle l’entende. « Les F-302, ça vole sur DEUX ailes. »
« J’suis au courant, c’est moi la PILOTE ! », fit-elle s’en se retourner en levant un doigt d’honneur par dessus son épaule.

Ce ne serait pas la première fois qu’on verrait Chenoa se mettre en colère. Elle avait son petit caractère bien trempé, et même si elle montait en pression rapidement, elle redescendait tout aussi rapidement, et pour le coup, ça se ferait en grattant. Sérieusement, elle était tentée d’aller chourrer une ponceuse rien que pour faire chier, mais elle ne savait pas s’il y en avait sur batterie, ou si elles étaient filaires. Et surtout, elle savait encore moins où elles se trouvaient. Quel con ce mec sérieux ! Et dire qu’elle les trouvait cool… Elle comprenait le coup de l’aile, pour se venger de la connerie de Scott. Normal de faire payer le binôme, on est à l’armée ou on ne l’est pas. Mais la blague avait assez durée. Mais pas grave ! Elle allait la gratter cette aile, et elle leur montrerait que ce n’était pas Penikett qui avait baissé les bras. Le concours de bite était lancée, pas de soucis !

------------ SCOTT
Scott n’était pas un gringalet mais il paya cher. Très cher.
L’endurance de Timber le surprit. Elle était épuisée, ça se voyait, mais elle ne lâchait pas. Une résistance qui forçait le respect. Les heures filèrent, une nouvelle équipe remplaça la précédente. Et le temps s’allongea. Il parut long, extrêmement long, terriblement long.

Les biceps et les épaules douloureusement congestionnés, Scott s’arrêta dix minutes avant l’heure pour passer le balai. Il en tendit même un à Penikett, silencieusement et l’air de rien, pour la forcer à s’arrêter. Ils avaient terminé le plus gros mais il restait de multiples endroits à fignoler. C’était trop. Complétement naze, Scott ramassa l’amas très impressionnant de carbonne qu’ils avaient retiré de l’aile au milieu de morceaux déchirés de papier de verre.
Puis il se recula et se fit une constatation assez juste.

« On dirait que l’aile à rétrécit... » dit-il tout en se massant le bras.

Les derniers techniciens s’en allèrent en les saluant. Le copilote leur fit un signe de tête, n’ayant pas la force de lever les bras, puis il s’approcha de l’engin pour observer leur travaux. Eux aussi n’avaient pas chômé, le chasseur avait rapetissé. Ses plaques de blindage éventré autour de la propulsion ayant été découpé à la torche plasma, il l’avait ensuite entièrement déshabillé pour pouvoir retirer son bloc moteur. Une grue monstrueuse suspendue au plafond rappelait un peu les engins de levage des conteneurs des docks commerciaux. Ses larges chaînes suspendaient le propulseur double coeur. Les techniciens avaient défait les tuyères détruites, les métaux tordus et carbonisés traînant plus loin. Les différents fluides avaient été retiré et versés dans des tonneaux sécurisés.

En somme, avec tout le ventre désossé, il ne restait plus que la coque, l’ossature et le cockpit d’EagleStar. Tout le reste avait été sorti. Le piaf des étoiles s’était fait vider les boyaux comme une vulgaire truite et c’était impressionnant de voir tout l’amas complexe de technologie qui le composait. C’était même effarant...

Scott laissa sa main courir dessus. Il fixait les détails, les pièces brisées, percées, faussées par leur mésaventure. Il trouva même des débris qui avaient pénétré le blindage pour se ficher dans les durites et les organes du moteur. Bref, la pièce entière avait salement pris cher et il ne fallait pas être devin pour comprendre que les techniciens démonteraient les milliers de pièces. Ca n’en retirait pas, pour Scott, l’admiration qu’il tenait sur la fiabilité exceptionnelle des F-302. Quand on savait que les pièces de chasseurs partaient à la casse sans être rénovées dès le moindre pépin…

Silencieusement, Greer prit l’échelle et la poussa en direction du chasseur avec toute les peines du monde. Ses bras étaient en feu et il n’avait plus de force. Nada, ça répondait à peine. Il se ferma, ne sachant même pas si Timber était dans le coin, et il grimpa pour aller jusqu’au cockpit. Vu que la verrière était ouverte, il décida de se réfugier dans sa cabine copilote. Ses mains revinrent sur les manettes. Il retira la couche de crasse qui recouvrait son écran d’ordinateur de vol avec une certaine émotion et soupira.

« Il me manque...le piaf des étoiles... »

--------- CHENOA

La fierté mal placée de l’amérindienne l’emmena jusqu’au bout de l’aile… Mais elle paya le prix fort. Elle en avait vraiment chié. Conserver les bras en l’air était une chose, gratter en même temps en prenant soin de ne pas oublier de zone en était une autre. Et encore, il y avait eu des endroits où c’était tellement incrusté qu’il fallait insister lourdement, et c’était ce qui tuait le plus. L’air de rien, l’envergure d’un F-302 était importante et il y avait des mètres carrés à poncer.
Histoire de ne rien devoir aux techniciens, elle avait récupéré un long chiffon qu’elle avait passé autour de son nez et de sa bouche pour ne pas respirer les poussières, les lunettes empêchant qu’elles arrivent dans ses yeux.
Chenoa était au bout de sa vie à la fin de la journée. Elle était presque capable d’identifier au touché tous les muscles qui s’agençaient dans la zone située entre ses bras, son dos, et ses épaules. Sportive, elle savait que les courbatures seraient terribles 48 heures après, et elle appréhendait vraiment. Mais aurait-elle le temps de se poser pour les laisser sortir, ces courbatures ? Pas sûr. Surtout avec l’autre aile qui les attendait dès demain surement.

Passer le balai était presque un soulagement. Elle pouvait s’appuyer dessus, et surtout, elle avait les bras vers le bas, qui se soutenait sur un manche. Merde, ça faisait du bien ! Le pire dans tout ça, c’était qu’il y avait des endroits sur l’aile qui restaient dégueulasse, qu’ils auraient pu traiter d’emblée avec une ponceuse. Mais non… Au final, elle n’était plus en colère, le boulot était fait à la hauteur de leur moyen. Elle n’avait pas honte de dire qu’elle avait tout donné aujourd’hui, et le premier qui la taxé de feignasse allait prendre son poing dans la gueule, toute courbaturée qu’elle était. Bref, elle n’était pas mécontente de participer à la renaissance de son oiseau des étoiles, se dit-elle intérieurement, appuyée sur son balai tout en considérant le F-302 qui avait de multiples parties de démontées maintenant.

Scott la fixait depuis quelques minutes maintenant, le regard un peu fuyant par moment. Il avait également pris la pile du siècle et une idée commençait à grandir dans son esprit. C’était décalé...mais putain, que ça leur ferait du bien à tous les deux.
« J’ai une lotion décontractante dans mon paquetage. Tu m’aides, je t’aide... » fit-il néanmoins avec un certain malaise.
« C’est pas pour les tarlouzes les lotions décontractantes ? », répliqua la jeune femme d’un air las et amusé.
« Ok. Tout seul alors. Demain j’te poserai la question quand tu récureras le deuxième round. »
« Ah ouais… Scott Greer a perdu sa répartie en grattant une aile. Merde, faut que je le note quelque part. », ajouta-t-elle en faisant mine de chercher un papier dans ses poches.
« Ah ben si y’a que ça pour ton service, pas de soucis chérie. J’peux même te le reproposer avec massage du cul intégré. Ca va là ? Ou il te faut plus grivois ?!? »
Chenoa se marra et lui balança son balais en lançant : « J’t’ai vexé hein, tête de noeud, en découvrant ton petit côté efféminée. », le railla-t-elle de plus belle.
Un petit mouvement malhabile ne lui permit pas d’esquiver le balai qu’elle laissait tomber lentement sur lui. Il le repoussa rageusement en réponse puis soupira. C’était dur de l’entendre parler de ça, qu’il était efféminé, avec le drame qui avait été le sien le mois dernier. Il essaya de faire abstraction.
« Nan, j’assume ma part de féminité. C’est pas ton cas. Ta part de féminité, elle est INEXISTANTE ! »
Et il laissa également tomber son balais sur elle en ricanant comme un débile.
Chenoa le repoussa vers lui en rigolant : « Ouais ben passe le balai femme !! ». Elle avait pris une voix plus grave que celle qu’elle possédait d’habitude.
Il joua le jeu, poussé par l’ivresse de joie de cette journée de forçat enfin terminée.
« Hannn vi mon homme. » Lâcha Scott avec une voix exagérément efféminée. En voulant récupérer le balai, il lui tourna le dos pour se pencher en un parfait angle droit qui mettrait en valeur sa calandre arrière. Comme l’aurait fait, selon lui, une femme déjà bien allumée.
« Franchement, sur l’aile, t’étais trop chanmé avec tes muscles. J’peux toucher ?? » Ajouta-t-il en mauvais acteur. Il passa le balai dans son dos comme s'il refusait d’obéir tant qu'il n'aurait pas obtenu gain de cause.
Un échange de rôle.
« Ok, c’est bon. T’es de nouveau lourd. », balança-t-elle sans être vexée le moins du monde. C’était juste pour continuer à le casser tranquillement. sans rentrer dans son jeu réellement. Elle fut tentée de lui coller un coup de pied dans le cul quand il le tendit outrageusement, car un proverbe disait que tout cul tendu méritait son dû, mais elle n’entra pas dans une surenchère physique.

Les jours passèrent et ils ne se ressemblèrent pas. Chenoa et Scott fournirent un travail de titan sur la restauration de leur appareil, de leur oiseau des étoiles. L’équipe de technicien assurait le gros oeuvre, il fallait le reconnaître, mais les deux jeunes gens en apprirent bien plus que dans les cours théoriques sur la mécanique de cet engin, petit bijoux de technologie.
Il était temps que ça se termine quand même, car jour après jour, l’amérindienne ronflait de plus en plus fort la nuit, quand ce n’était pas pendant les rares petites siestes qu’elle arrivait à gratter par ci par là. Au bout de sa vie, elle préférait de loin dormir plutôt que de manger quelques morceaux, et quand elle se sentait pleinement reposée, c’est à dire un peu plus que d’habitude, elle avalait des quantités de nourritures astronomiques. En plus de ça, elle était insupportable. La fatigue jouait sur les nerfs, et le chantier ne semblait jamais avoir de fin, surtout quand il fallait procéder à des ajustements techniques assez complexe qui demandaient un savoir faire que les deux ne possédaient pas, du coup ils étaient relégués à des tâches subalternes ennuyantes, leur laissant le désagréable goût d’être à disposition des techos.

Est-ce que les relations entre Chenoa et les techniciens furent meilleures ? Ça dépendait des jours en fait. Il y avait des jours avec et des jours sans, mais dans le fond, l’équipe technique avait cerné rapidement cette grande gueule qui ne se laissait pas marcher sur les pieds, et certains petits malins s’amusaient à la faire partir au quart de tour de temps, comme si c’était devenu un sport, ou un hobbie. On ne citera pas de noms. Quant à la concernée, qui avait compris le petit jeu de pouvoir, ou de bizu, elle avait appris elle aussi à les connaître un peu mieux, même si ça ne l’empêchait pas de pousser des gueulantes quand ils se foutaient de sa gueule ou qu’ils ne voulaient pas partager du matériel plus adapté. De toute façon, elle était nature avec tout le monde, et si quelque chose ne lui plaisait pas, et bien, ça se savait.

Avec la fin du chantier, la perspective des vacances approchaient, et cela réjouissant de plus en plus la jeune femme. Néanmoins, ils ne pourraient pas voir la fin des réparations, partant avant que tout ne soit terminé, et de toute façon, les ajustements techniques et les finitions demandaient un savoir-faire que le pilote et le copilote ne possédait pas. Il y avait des tâches de sécurité et de vérifications trop importantes, trop précises et minutieuses pour deux novices. C’était un appareil conçu pour entrer et sortir de l’atmosphère, pour voler dans l’espace et résister à des dégâts importants, cela restait un petit bijoux d'orfèvrerie, de mathématiques appliquées, de physiques théoriques et pratiques, bref, c’était le reflet d’un savoir faire précis et pointu.

Ainsi, les deux camarades retrouveraient leur F-305 Eaglestar en pleine forme quand ils reviendraient de leurs vacances réglementaires.

Et Chenoa d’espérait en le laissant aux bons soins des techniciens : « J’espère qu’ils ne le feront pas piquer pendant notre absence ! »

[END 13.08.2019]



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