Atlantis Insurrection
"Personne ne demande à devenir un Héros, sauf que parfois ça finit comme ça..."

Et si ce Héros, c'était toi ? Tu es l'un des meilleurs dans ton domaine (Biologiste, Chirurgien, Infirmier, Diplomate, Démineur, Maître chien...) et on te propose de participer à l'expédition la plus fabuleuse mais aussi la plus dangereuse : l'expédition Atlantis.
Auras tu le cran de rejoindre Atlantis pour découvrir ses mystères et affronter les dangers de cette galaxie ?

Tu peux aussi incarner les personnages importants de la série (Ronon, Zalenka, Lorne, Teyla....) Bon niveau RP demandé.
On recherche de nombreux personnages inventés.
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Si tu te sens capable de franchir ce pas, tu es des nôtres ! Clique sur l'image ;-)
Survivre avant tout... 824245bouton512


RPG sur Stargate Atlantis
 

Dim 14 Avr - 19:21
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso



Survivre avant tout...

D
e longues heures s’écoulèrent dans la salle du dispositif.

Galvanisé par les capacités d’Emilia, les équipes travaillèrent d’arrache-pied. Les pièces avaient été livré depuis la Porte des Étoiles, les Gaëlliens réparaient activement leurs machines de substitution et les Atlantes, de leur côté, s’acharnaient sur les cristaux Lantien. Étonnamment, tous les imprévus trouvaient des solutions rapides et efficaces face à cette solidarité pleinement scientifique. Les Gaëlliens avaient trouvé leurs équivalent et inversement.

Sarya, Emilia, et le spécialiste de la machine : Preston. Un trio de choc aux commandes.

Ils concrétisaient l’entente du projet visant à faire fonctionner le dispositif. En s’appuyant sur les rapports de Carson, avec le suivi continu de l’état de Darren comparé à celui de Rodney à l’époque, une horloge en compte à rebours avait été mise en place.
D’aucun des hommes présents dans cette pièce ne se sentait peu concerné par le défi qu’il fallait réaliser.

Mais les bonnes nouvelles ne pouvaient se succéder sans qu’une panne cruelle soit révélée au cours d’un test. L’échec critique. Le grain de sable qui venait enrayer et défaire une telle oeuvre pharaonique.
La bobine qui émettait le rayon était détruite. Elle avait émit sa dernière salve sur Emilia et Darren pour la dernière fois avant de rendre l’âme. Irréparable.
La tuile intervenait alors que la communauté atteignait ses objectifs de temps.
Sans attendre, les savants s’étaient mis en quête d’une pièce artisanale de remplacement. Ils refusaient de se décourager, rendu aussi loin dans leurs efforts, et si près du but. En se basant sur l’étude du système d’origine, ils prévoyaient l’élaboration d’un rechange que les Gaëlliens étaient en mesure de produire. Et dont les Atlantes possédaient les ressources brutes.

Hélas, nouveau problème, la conception demandait une quantité d’heures qui verrait la mort inéluctable de Darren et un pied dans la tombe pour Emilia. La situation leur imposait de trouver une alternative moins coûteuse et les scientifiques s’y arrachaient les cheveux. Aucun composant dans la cité ne permettait cette mise en oeuvre. La pièce était beaucoup trop spécifique pour pouvoir faire un prototype à base de cristaux piqués ici et là. C’était si complexe...

“Toute la cité ?” Songea Preston. “Non.”

Le chef de l’équipe côté Atlante prit congés des deux jeunes femmes, prétextant qu’il avait besoin de vérifier ses informations avant de déclarer avoir trouver la solution. Pendant une bonne heure supplémentaire, elles furent sans nouvelles de lui. Le CODIR s’était réunis en présence des militaires afin de calculer la possibilité stratégique d’une mission. Ils avaient fini au pied du mur tant les éléments jouaient en leurs défaveur.

Lorsque Preston revint, il détenait une tablette et était accompagné du Major Lorn, ainsi que du directeur Woosley.
Une proposition complètement folle. Mais une chance de pouvoir obtenir une pièce détachée employable. Au vu des risques, la situation ne pouvait plus concerner les Atlantes mais directement la princesse. Elle seule.
En bon diplomate, Richard Woosley lui demanda un entretien et l’attira dans une petite salle attenante pour conserver la discrétion. Emilia pouvait, bien entendu, embarquer Sarya si elle le décidait. Le Major Lorn brancha l’écran et afficha les plans architecturaux d’un niveau reculé et très profond dans la cité.

« Madame, je vous présente cette documentation interne qui vient de notre base de données. » fit le Major. « Sur la digue Sud, au niveau moins cinq, nous y avions découvert un complexe blindé et sécurisé dans lequel nous n’avons jamais pu mettre les pieds. C’était leur vieux terrain d’essai concernant le prototypage Lantien... »

Le militaire présenta la situation en faisant défiler d’anciennes images de l’époque.

« Comme différents modèles de jumpers, d’armements. Les essais précurseurs de leurs cellules d’énergie. Bref. Ils construisaient et développaient les innovations potentiellement dangereuses là-bas. Mais la cité a souffert du temps et d'inondations. »

Une série de relevés beaucoup plus récents, dont les analyses étaient effectués quotidiennement, prouvaient qu’une onde spécifique avait rendu la zone sinistrée pour des siècles. Selon eux, l’une des machines expérimentales avait dû s’enclencher accidentellement et s’emballer, contaminant tout le complexe dont la structure interne élaborée empêchait toute dissémination.

« Cette zone est mortelle pour l’humain Lambda. C’est comme passer dans un four à micro-ondes. Ca nous ferait rôtir de l’intérieur... nous savons depuis longtemps quel est ce type de radiation. Mais on ne sait pas s’en protéger. Docteur Preston ? »

Le scientifique avait lui-même mené l’équipe de recherche et s’employa à leur faire un résumé concis mais précis de ses travaux. En s’appuyant de preuves scientifiques qu’il leur présenta depuis sa tablette, il expliqua à la princesse que leurs moyens techniques étaient insuffisants pour établir des protections matérielles.

En revanche, en recherchant des moyens biologique, ils avaient été particulièrement surpris de découvrir que les caractéristiques physiologique du corps de McKay, alors mû par le rayonnement d'ascension, faisait office d’immunité. Il avait été trop tard pour pouvoir effectuer des tests à l’échelle humaine puisque le scientifique était revenu à l’état humain depuis bien longtemps.

Mais en présentant ces travaux et en étudiant les possibilités qui s’offraient à eux, le savant retrouva les tests en laboratoire pratiqué à partir du sang de Rodney, alors sur le point de faire l’ascension. L’échantillon avait passé douze heures en zone sinistrée avant de subir ses premières dégradations. La preuve, quelque part, que la princesse Eidolas était taillée pour s’y rendre.

« Nous pouvons sérieusement estimer que vous soyez biologiquement capable d’endurer l’environnement du complexe, madame. » fit Lorn en guise de conclusion. « Et le première classe retenu en cellule aussi. »

C’était complètement dingue de penser que la jeune femme accepterait de partir à l’inconnu. Et probablement avec son agresseur. Mais le jeu en valait visiblement la chandelle. Le Major avait présenté un dernier document, le meilleur pour la fin. C’était un registre de stock qui précisait que le prototype de la machine à ascension s’y trouvait.
Elle n’était peut-être pas fonctionnelle ni calibrée. Trop encombrante à déplacer et surement trop longue à programmer. Mais l’émetteur de rayon s’y trouvait forcément…la bobine...
Une pièce détachée pour deux vies sauvées…

« Mademoiselle Zeïn Eidolas ! » reprit lentement Woosley, très sérieux. « Le CODIR s’est positionné contre l’idée de vous envoyer dans la gueule du loup. Néanmoins, au vu des circonstances très délicates et de notre nouvelle alliance, nous tenions à ce que vous ayez accès à ces informations. »
Il retira ses lunettes et entreprit de les nettoyer nerveusement.
« Il s’agit de vos vies et, bien malheureusement, nous ne pouvons vous accompagner. C’est donc à vous, et à vous seule, de décider de l’usage de ces données. »

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Dim 14 Avr - 20:04
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...

E
milia avait suivi l’exposé avec un calme et un intérêt vif, gravant sans le vouloir chaque photo, chaque détail des plans qu’on lui montrait dans sa mémoire. A la fin de la présentation, elle attrapa les dossiers pour les examiner, s'attardant sur les données scientifiques et notamment celles qui attestaient de sa capacité à survivre dans un environnement théoriquement mortel pour tous les autres.

– Douze heures et après les radiations deviennent dangereuses ?

La princesse croisa le regard de la scientifique gaëllienne qui venait de prendre la parole. Sarya semblait mitigée.

– Les objets là-bas sont-ils touchés par les radiations ? Sont-ils contaminés ? interrogea Emilia.
« Oui. Nos dispositifs de décontamination sont néanmoins efficaces. Le docteur Preston peut vous fournir nos procédures. D’autant plus que les échantillons sont revenus sains de leurs traitements. »
« Mon équipe peut être en mesure de monter les douches décontaminantes à chaque points d’accès du complexe. » Assura Lorn en retour. « Et nous pourrons vous fournir des dosimètres pour calculer votre taux de contamination. S’il y a le moindre problème, vous décampez sous la douche.. »

-Avez-vous une idée du lieu précis où se trouve l’objet que nous recherchons ? Un plan ?
« A cause des dégradations que je vous ai évoqué, les capteurs ne sont pas actifs. Nous ne disposons que de ce plan de coupe et du registre. Il doit tout de même y avoir un terminal hors réseau qui pourrait vous renseigner. »
« Avec les compétences de Madame Sarya ici présente, nous pourrions calibrer rapidement un détecteur. Le dispositif d’élévation est si particulier que vous pourriez suivre sa signature... » Ajouta Preston.
Emilia consulta sa seconde du regard et celle-ci acquiesça pour lui indiquer qu’elle était bien en mesure de calibrer le fameux détecteur. Il ne lui en fallut pas plus pour prendre sa décision.

– Très bien, j’irai. Seule. Darren n’est pas en état d’entreprendre un tel voyage et je n’ai pas besoin de lui. Laissez le se reposer, je ramènerai la pièce.
– C’est un plan risqué votre altesse, votre organisme et celui de Rodney Mckay ne sont pas parfaitement similaires...
– Il faudra bien que ça fonctionne.
« Vu la situation, mesdames, il ne peut y avoir que des risques. » Intervint le Major. « Et je ne saurai que trop vous conseiller d’être accompagnée du première classe Clive. Le Docteur Beckett m’a assuré qu’une dose élevée de bêta-bloquant le gardera lucide. Et je peux...vous offrir une garantie. »
Deux prunelles noisettes se plantèrent dans les yeux de Lorn dans l’attente qu’il en dise davantage.
– Permettez moi de vous rappeler qu’il tenait à peine sur ses jambes il y à peine quelques heures.
« C’est un soldat. » Répliqua Lorn sans agressivité. « Beckett va nous le remettre sur pied le temps qu’il faudra et il fera sa mission. »
Le regard du Major dévia vers la princesse.
« C’est bien la dernière personne que je vous proposerai pour cette mission dangereuse, vu ce qu’il s’est passé il y a peu. Mais c’est également le seul sur la liste. Parmi notre matériel, nous détenons des colliers de neutralisation. Ils délivrent une charge brutale qui empêche toute action. La télécommande se décline en de multiple façon, bracelet, monté sur l’arme...si vous vous sentez en danger, vous appuyez sur le bouton, et Clive sera incapable de tenir debout. »
« Aussi détestable qu’efficace. » Commenta Woosley. « Je souligne le fait que nous n’avons aucune vue directe dans ce complexe. Et que ce registre fait état d’armements expérimentaux abandonnés. Votre départ en solitaire serait un risque plus grand que la présence du soldat en mon sens... »
– Le complexe risque de m’attaquer ?
« Aucune idée. » fit le Major. « C’est une zone de stockage et un terrain d’essai. Ca peut tout aussi bien être une zone fantôme qu’un fourbis de machines détraquées. »
– C’est rassurant, rétorqua la princesse qui campait malgré tout sur sa décision. Elle comptait bien descendre dans cet endroit, aussi dangereux soit-il.
– Nous pouvons peut-être envisagé l’éventualité de faire venir une autre Exception. Tobias shay’, par exemple, c’est un ancien soldat expérimenté. Peut-être…
– Nous n’avons pas le temps, répliqua Emilia en coupant court. Soit… si vous estimez que la présence du soldat Clive est indispensable…
« Je veillerai à ce que tout soit bien clair. » fit-il en guise de réponse.
« Mademoiselle Zeïn Eidolas, nous vous fournirons de l’équipement de protection adapté. »
– J’ai besoin que l’on me montre comment extraire la pièce sans l’endommager.
« Bien sûr. » Répondit Preston. « Un outil est nécessaire pour désengager la bobine. Je laisserai un exemplaire à chacun d’entre vous ainsi qu’un boîtier de transport pour protéger la pièce. Je vous montrerai. »
– Très bien, ne perdons pas de temps alors.
« Bien. Major Lorn, joignez le docteur Beckett et faites préparer le soldat Clive. Fournissez le matériel de protection standard à Madame Eidolas. Preston, vous et madame Sarya, veuillez préparer les outils d’extraction et formez notre alliée à la manipulation. Quant à moi... »
Son regard se tourna vers Emilia.
« Il serait avisé que j’informe votre reine de la situation. »
Emilia rit jaune.
–Bon courage à vous. Je vous serai reconnaissant d’attendre que je sois partie pour le faire, ajouta t-elle avec une légère grimace. Je ne voudrai pas que cette mission soit avortée prématurément.
« Les tensions diplomatique ne me sont pas étrangères. » fît remarquer le directeur. « Je prends bonne note de votre conseil, je le suivais. »
Il fixa l’assemblé pour savoir s’il y avait des questions. Manifestement non, alors il donna le top départ.

Les équipes se formèrent immédiatement. Le docteur Preston se rapprocha de Sarya afin de préparer le matériel tandis que le Major Lorn prenait le chemin de la cellule de détention. Woosley quitta la salle de réunion en débutant un appel radio directement à l’attention des deux autres directeurs afin de leur rendre compte.
Puisqu’ils n’avaient pas besoin d’Emilia dans l’immédiat, on lui conseilla de se restaurer et de se reposer un peu. Sarya l’appelerait afin de présenter, avec son homologue, l’outil de démontage ainsi que le détecteur de signature.

L’organisation se fit assez rapidement.
Quarante minutes plus tard, la jeune femme était formée pour récupérer la pièce détachée. Les scientifiques avaient veillé à lui transmettre toutes les informations du complexe, celles qui avaient été utilisé par le briefing. Elles furent transférées sur son hollow alors qu’elle se rendait à l’armurerie pour recevoir du matériel des mains même de Lorn. Un gilet tactique conçu pour absorber un certain nombre de tirs, de quoi transporter son matériel et la fameuse télécommande qui lui garantissait l’obéissance du soldat Clive.

Le Major prit le temps de répondre à toutes ses questions et de l’entrainer un peu à l’usage de ce nouveau matériel. Il ne refusa pas sa demande d’être armée d’un stunner Wraith et lui proposa un rangement convenable, là où ça lui semblerait le mieux.
L’officier et les quelques soldats d’escorte amenèrent la princesse dans les coursives, tout au long du chemin pour rejoindre le téléporteur le plus proche. Une quinzaine de minutes plus tard, ils furent en approche d’une énorme porte blindée, type vaisseau spatial, sur un couloir beaucoup plus grand. L’éclairage vacillait, les murs étaient tachés d’anciennes inondations et une forte odeur d’humidité régnait.

Devant ce sas, un grand barnum avait été installé. Baché sur les côtés et muni d’un système de douche, c’était le sas de décontamination paré pour leur sortie. Sarya et le docteur Preston étaient présent. Et plus loin, à l’écart, se trouvait Darren Clive, équipé de la tête aux pieds, recevant de la main de Carson ses dernières injections de bêta-bloquants. S’il avait remarqué l’approche de son amie, il faisait semblant de le pas l’avoir vu, repoussant leur retrouvaille bien trop prématurée le plus possible.

Le soldat remercia longuement Carson. Il s’approcha ensuite de Jim qui l’avait accompagné et lui serra la main. Entre leurs paumes se trouvaient une enveloppe qu’il ne tarda pas à glisser discrètement dans sa poche. Probablement les dernières volontés de Clive. Celui-ci ajusta les bretelles de son sac à dos, passant distraitement une main sur le collier de chien qui faisait le contour de sa gorge, puis vérifia son armement. Il disposait à peu près du même matériel que lors de sa visite sur Orzan sauf qu’il avait pris quelques munitions en plus.

Les différents acteurs de cette mission suicide étant là, ils s’organisaient et échangeaient de derniers mots avec Emilia. Ca lui permettait de souffler, de prier. Il vérifiait toutes les deux minutes le bon fonctionnement de son bouclier de contention puis se remettait à l’étude du plans des lieux. Lorn l’avait briefé et ils s’étaient entretenus entre quatre yeux. Ce n’était pas que sa chance de survivre mais également celle d’Emilia. Il avait une mission à terminer en somme.

Fatalement, la princesse fut bien forcée de le rejoindre à côté du sas. Le jeune homme regardait ses chaussures, les joues rougis par la honte, puis il tenta un salut intimidé.
« J’ai été briefé. Et...j’ai l’esprit clair. » lui annonça-t-il. « Tu as...des consignes ? »
Tâchons d’être efficaces, répondit simplement la jeune femme en vérifiant une énième fois que son stunner était bien en place.
« Ca me va. Je passe en tête... »

Avec les risques de contamination, la petite foule de savants et divers spécialistes abandonnèrent le couloir, laissant Darren et Emilia côte à côte. La pression montait d’un cran, ils faisaient face à l’inconnu et à une aventure qui pouvait tout aussi bien se terminer dramatiquement. Quelqu’un commanda l’ouverture. L’éclairage se réduisit au profit de lampes clignotantes et d’une sirène d’alarme. Les deux battants, fusionnés depuis le dernier test, gémirent lamentablement en se scindant. Un odieux grincement de métal qui accompagna le recul lent et inexorable des portes.

C’était le territoire du diable, s’il en eût existé un pour les Lantiens. Ce grand couloir d’accès n’avait pas été foulé régulièrement, aucun entretien depuis dix milles ans. Les plantes crevées, les déchets et le massacre des inondations successives rendaient parfaitement un aspect “Doom”. L’éclairage clignotait et un courant d’air monta jusqu’à eux, transportant un voile dans lequel se devinait un colori vert fluo discret en contre jour.
Darren sentit sa nature de soldat lui revenir. C’était comme retrouver des repères sécurisants et une zone de confort. Même s’il était mourant, une part de lui éprouvait beaucoup de reconnaissance pour ceux qui lui avaient fait confiance une dernière fois. Ou qui s’étaient contraint de faire confiance. Car Darren ne voyait pas de plus belle mort qu’en se battant sur le terrain.

D’un geste qui trahissait son expérience, il alluma la lampe torche montée sur son fusil à pompe et s’avança de deux bons mètres. Il balaya l’intérieur lentement, du bas jusqu’en haut. Rien. Et il n’avait pas non plus l’impression de se liquéfier de l’intérieur. Il ne subissait pas l’influence de la contamination. Darren hasarda un coup d’oeil au-dessus de son épaule.
« On y va ? »
– Digne de l’antre du Zätaar, murmura la princesse en parcourant le couloir du regard, peu rassurée. C’était glauque à souhait.
Clive continuait doucement de progresser.
« Zätaar ? »
– Une entité maléfique de notre folklore, répondit-elle en avançant… ou plutôt en slalomant entre les décombres.
« Ben là, on va saluer celle du folklore Lant... »
Darren s’interrompit en remarquant qu’Emilia prenait de l’avance sur lui. Il accélera le pas et lui barra la route de son bras valide.
« Jamais devant moi. » fit-il sérieusement. Il espérait ne pas la froisser. « Si on rencontre une menace, il faut que je puisse tirer. Tu te souviens de ce que je t’ai appris ? »
– Je te laisse passer devant… pas pour que tu me serves de bouclier humain mais seulement parce que tu es meilleur tireur, rétorqua t-elle en acceptant de le laisser reprendre du terrain..

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Dim 14 Avr - 20:07
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso



Survivre avant tout...

D
arren sentit ces propos passer en lui comme une lame. Comme s’ils n’étaient plus amis. Juste deux personnes piégées et vouées à faire équipe pour sauver leurs vies. Le jeune homme déglutit et la fixa :
« Ok. On doit fixer nos règles avant d’aller plus loin. » Lâcha-t-il, sur la défensive. « On ne sait pas où on met les pieds et c’est dangereux. Si quelqu’un doit y passer c’est pas toi. Je montes pas dans mes grands airs, princesse, ce sont les ordres. Tu joueras le jeu ? »
– Certainement pas. Pour qui crois-tu que j’ai accepté de mettre les pieds ici ? lança t-elle en plantant ses yeux dans les siens. Rien de tout ça n’aura de sens si tu meurs ici.
Darren secoua lentement la tête.
« Tu es là pour récupérer tes pouvoirs... »
– Oui, répondit-elle catégoriquement tout en se demandant s’il pensait vraiment qu’il s’agissait de l’unique raison. Après tout ce qu’elle avait fait pour le sortir de ce pétrin...
« Ta survie est ma priorité. C’est l’ordre. Je vais m’arranger pour que tu puisses les récupérer. »
Sa voix avait prit un ton étrange, comme un mélange de compréhension et de promesse. Il se retourna pour fixer la porte d’en face. C’était par là-bas. Le jeune homme ne demanda pas son reste et s’y dirigea lentement. Il parvint jusqu’au bout du couloir, là où se trouvait d’étranges machines de manutention, visiblement prévu pour porter de grandes charges et abandonné là. Darren s’agenouilla en remarqua quelque chose de plus récent et différent. Du bout de son fusil, il poussa la nappe de poussière et découvrit d’anciens systèmes de mesure.
« C’est là que Preston a du faire son test. »
Ca semblait logique. Il n’avait pas pu s’enfoncer bien loin dans le complexe et cette autre porte bien lourde, en face, représentait sûrement la dernière défense avant qu’ils n’entrent dans le vif du sujet. Darren progressa jusqu’à la commande puis il attendit que son amie lui fasse signe avant de l’activer. Encore une fois, le métal grinça à leur faire tomber les oreilles. Mais à peine dix secondes plus tard, le retrait des deux battants s’interrompit dans un vacarme assourdissant. Le mécanisme semblait avoir lâché, une stalactite régulière de poussière tombait depuis le chambranle. Les deux panneaux vibraient sous l'écartèlement devenu insuffisant.
Clive jeta un coup d’oeil à l’intérieur et soupira. Il allait falloir se contorsionner pour glisser à l’intérieur.
« On y va... » dit-il en se plaçant de profil.
Rentrer le ventre, éviter de trop respirer, Darren joua son anguille et força pour pouvoir passer. Seulement, il sursauta en entendant un craquement sinistre à l’intérieur même du chambranle. L’accès ne parvenait pas à s’ouvrir, il allait faire marche arrière et se fermer...sur Emilia ! La jeune femme se précipita à travers la porte pour s’y faufiler et manqua de justesse de se faire écraser par les battants. Un morceau de sa tunique en revanche se retrouva fermement emprisonné dans le métal. La princesse soupira.

– Ca m’apprendra à rester derrière... ronchonna t-elle en dégainant le couteau en lapis arcus qu’elle emportait partout avec elle pour tenter de découper son haut et se décoincer.
« On ne pouvait pas savoir... » Commenta Darren en testant la commande d’ouverture de la porte. Peut-être qu’en essayant de nouveau, elle s’ouvrirait suffisamment sur quelques centimètres pour permettre à la princesse d’éviter le massacre vestimentaire. Mais visiblement, l’accès s’était refermé sur eux pour de bon, ils allaient devoir trouver une autre sortie plus tard.
« Les portes ne répondent plus. » Lui dit-il tout en s’approchant.
Il la regarda faire sans oser lui demander si elle avait besoin d’aide. Son regard la questionnait néanmoins dans ce sens.
–Je n’avais pas remarqué... lança t-elle sur un ton ironique en massacrant son vêtement à coup de couteau. Heureusement il tranchait bien. Mais cet incident avait le don de la mettre de mauvaise humeur. Déjà que cette mission ne l’enchantait pas… elle l’aimait bien cette tunique !
Une fois libérée (et sans l’aide de Darren), elle promena sa frontale pour regarder où elle avait atterri.
– J’espère que les autres portes fonctionnent mieux ou nous allons manquer de temps et d’habits à découper.
« Ils seront à peine surpris de nous voir revenir en slip. » Lâcha-t-il en souriant alors qu’il explorait les lieux de sa lampe. Ils étaient maintenant dans une zone de transit. Des caisses en métal ressemblant étonnamment aux coques de jumpers s’étalaient devant une machine trop longtemps endormie. Une grue Lantienne formait un épouvantail de malheur tant elle était recouverte de poussière et de crasse. Darren passa la bretelle de son fusil à pompe et sortit son arme de poing. Il entreprit de fouiller la cabine de la grue, n’y trouvant évidemment rien. Sauf, peut-être, un cristal posé sur la surface de commande.
Le jeune homme se laissa glisser jusqu’en bas et revint auprès d’Emilia en lui montrant sa trouvaille.
« Hé. C’était en évidence... »
– Quoi donc ?
« Ce cristal. Il était pas fiché dans la console. C’était posé dessus, comme si c’était pour le prochain visiteur... »
– Quel serait son usage ? La porte ?
« La prochaine porte, oui. Ou alors c’est un message...on devrait continuer à fouiller un peu. »
– J’ignorais que les lantiens étaient du genre à abandonner les leurs, s’étonna Emilia en découvrant un corps… ou plutôt un tas d’ossement, à moitié piégé sous la carcasse d’une coque de machine volante.
« Ils ne les abandonnent pas... » Souffla Darren en s’approchant de la dépouille. « Sauf quand c’est vraiment trop dangereux pour eux. »
Il s’abaissa. A genou, il poussa le vêtement du bout de son canon et farfouilla un peu. En dégageant quelques côtes, il se rendit compte qu’elles étaient biseautées...comme toutes brisées d’un unique coup sec. Il en prit une pour en observer la pointe effilée et décala son regard vers la jeune femme.
« C’est charmant... »
-Ses côtes ont l’air d’avoir été broyées par quelque chose de très lourd… peut-être la même chose qui a déformé le haut de cet appareil, remarqua Emilia en regardant le jumper qui écrasait les jambes du lantien décédé et qui semblait avoir été embouti par quelque chose de particulièrement puissant. Elle parcourut les environs du regard à la recherche de l’objet coupable… en vain. Si un objet était tombé, nous le verrions au sol près d’ici… qu’est-ce qui a bien pu provoquer ça ? demanda la jeune femme d’un air perplexe.
« On en sait encore assez peu sur notre cité. » Confia Darren en cherchant avec elle le coupable invisible. « C’était il y a dix milles ans au bas mot. Qui sait ce qui a bien pu se passer ici... »
-Quoi que ce soit, j’espère que ce n’est plus en état de fonction.
La jeune femme poursuivit son étude des lieux et finit par découvrir la porte suivante, bloquant un instant sur l’inscription en lantien effacé que l’on pouvait apercevoir.


Indice:
 


– On dirait que la prochaine étape est la zone de quarantaine, lança t-elle à Darren. Je ne vois pas d’autre porte.
« Une zone de quarantaine ? Ici ? » Demanda-t-il avec méfiance.
Le soldat s’approcha de la porte et posa la main dessus. Il chercha de son regard et finit par trouver la commande d’ouverture dans un clapet dissimulé sur le côté. Il l’ouvrit, son ventre présentant deux cristaux alimentés en énergie. Le port du milieu était vide, quelqu’un l’avait retiré.
Darren sentait que c’était une mauvaise idée. Mais pas le choix ce coup-là, ils étaient enfermés. Personne ne pourrait venir les chercher, ils devaient se débrouiller seuls. Darren sortit le fameux cristal de sa poche puis interrogea Emilia du regard. Peut-être que ça déclencherait une série de misère. Si quelqu’un avait prit la peine de peindre ça comme un avertissement, ce n’était pas pour rien…

– Nous pouvons peut-être contourner cet espace par là, dit Emilia en montrant les grilles d’aération. Se promener en zone de quarantaine lantienne ne la rassurait pas plus que Darren. Elle était bien placée pour savoir que dans les bonnes conditions, les virus pouvaient survivre très longtemps.
Le jeune homme sentit son visage reprendre quelques couleurs et il s’avança vers l’endroit que la princesse lui avait désigné. C’était en hauteur mais pas impossible à atteindre.
« Ca devrait le faire si tu montes sur mes épaules. On tente le coup ?!? »

– Oui… faisons ainsi. Répondit Emilia en grimaçant intérieurement. Après avoir découpé sa tunique, elle s’apprêtait à ramper dans un conduit crasseux qui n’avait pas connu de ménage depuis dix-mille ans. Chouette. Tout de même… je ne comprends pas ce qu’une zone de quarantaine fait ici, à côté d’un entrepôt de fabrication de machines… D’autant qu’il faut absolument le traverser pour accéder au reste du complexe.
« Ca a été peint Emy. » fit remarquer le soldat en se plaçant à genou, face au mur. Il appuya la paroi de ses mains et s’apprêtait à soutenir le poids de son amie. « Il s’est passé quelque chose et ils ont tout bouclé avant de se barrer...en abandonnant les cadavres sur le chemin. Prête ? »
-Raison de plus pour ne surtout pas ouvrir la pièce alors, répondit-elle en prenant appui sur les épaules de Darren pour se hisser et essayer d’arracher la grille en métal.
Elle bloqua un instant en apercevant les ossements d'une main et d'un avant-bras coincés dans les ailettes, ainsi que réparti dans la gaine et eut un brusque mouvement de recul en poussant un cri.
« Doucement, doucement !!! » S’écria Darren en tentant de rétablir l’équilibre. Mais il était loin d’avoir fait funambule le Clive et il sentit la jeune femme être complètement déséquilibrée. Dans une réflexe, il essaya de l’agripper dans sa chute, histoire de la protéger. Mais le résultat ne changeait pas, ils finirent tous les deux au sol.
« Eh ! » S’écria-t-il en s’agenouillant. Il se porta immédiatement à sa hauteur. « Qu’est-ce qu’il y a ? »
-Y a un cadavre là-dedans !! S’écria t-elle d’un air effaré en fixant son regard sur le conduit.

Darren écarquilla les yeux. Il tourna son regard vers la fameuse grille et se redressa lentement.
« Tu sais dans quel sens il est orienté ? Il essayait d’entrer ou de se barrer ? »
Le jeune homme se rendit compte qu’il laissait son amie allongée dans la poussière. Il régla ça immédiatement en lui tendant la main. Elle s’en saisit pour se relever.
« Tu t’es pas fait mal, ça va ? »
- Il est orienté vers nous… il n’y a plus rien, que des os, dit-elle en éludant la dernière question de Darren. A part son égo qui n’avait pas apprécié la chute, elle se portait bien. - Je ne crois pas avoir vu de vêtement… Il faut qu’on aille voir de plus près. Si les os portent des traces de morsures par exemple...

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Dim 14 Avr - 20:08
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

C
a commençait bien. Deux cadavres Lantien moisis de dix mille ans retrouvé en cinq minutes. Darren hésitait à la laisser remonter sur cette grille. Il détenait un bon pain de C4 et il se demandait si tenter de faire sauter la porte en panne ne valait pas le coup. Le seul problème, c’est qu’il n’était pas sûr que ça suffise. Sans oublier qu’ils n’avaient pas le choix. Cette mission n’était pas une option s’il voulait survivre. Il leur fallait cette foutue bobine.
Le jeune homme lui fit un petit signe de tête et se replaça en position. La grille ne résista pas très longtemps entre les doigts de la princesse et il la vit s’écrouler non loin de lui.

« Alors ? » Fit-il avec impatience.
- Est-ce que l’intelligence artificielle de cette cité brûle l’intérieur des conduits lorsqu’elle détecte des menaces ?
« Négatif, elle gère un système autonome de quarantaine. Elle enferme les menaces et ne laisse passer que ceux qui peuvent la régler. Pourquoi ? »
- Ce Sage a brûlé… j’ignore s’il était mort ou vif. Les traces de brûlures sont localisées dans le réduit. Ce qui a provoqué ça savait exactement où frapper.
« Ok ! Donc...soit on risque notre peau en passant une porte avec un méga-avertissement. Soit on passe par la gaine en saluant le type qui s’est foiré là il y a dix milles ans. Tu as une préférence très chère ? » S’amusa Darren avec nervosité.
- Le réduit me semble moins risqué que la salle mise en quarantaine... répondit Emilia avec une grimace dégoûtée. Le système n’allait pas essayer de la carboniser si elle s’aventurait là-dedans… hein ?
« Je peux pas te faire monter en dernière sans me balader à reculons. Il va falloir que t’y aille en première. Prends ton arme. » La conseilla-t-il.
– Oui…
La jeune femme tacha de tirer un maximum d’os pour les balancer dans la pièce afin de libérer un passage. Cela l’inquiétait déjà suffisament de s’aventurer là-dedans, inutile de faire un câlin à un cadavre calciné en prime. Attrapant son stunner d’une main, elle entreprit ensuite de se glisser la tête la première dans le réduit et se mit à ramper en avant avec beaucoup de précaution. Le conduit grinçait et se tordait, ce qui lui arrachait de temps à autre une grimace d’inquiétude.

Le militaire s’écarta de la paroi pour voir son amie progresser à l’intérieur. Le mur, pendant l’instruction militaire, c’était la bête noire de tous les soldats. Mais aujourd’hui, Darren remerciait son instructeur de lui avoir appris à grimper aussi haut à coup de pompe dans le derrière. Comme on lui avait enseigné, il prit un élan assez conséquent, posa son pied sur le mur et accrocha le rebord de la ventilation. A partir du moment où le premier coude passait, le plus gros du travail était fait. Il fallait pouvoir se hisser par la force seule des épaules et résister à la douleur du torse raclant tout le long du rebord.
Darren progressa alors en queue de peloton, veillant à ce que son fusil à pompe reste bien accroché à lui. Pas question de l’oublier dans un coin, ce n’est pas ici qu’il pourrait se retourner pour le chopper. Les deux aventuriers progressèrent sur quelques dizaines de mètres, les essouflant peu à peu tant cela demandait d’effort. Le conduit était très réduit et il fallait bouger avec des mouvements extrêmement réduits.

Puis, soudainement, le soldat entendit un énorme “CLAC” dans le conduit. Emilia venait de s’immobiliser.
« Eh ? »
“CLAC”.
Encore ! Et plus bruyant cette fois. La paroi sous le ventre de la jeune femme s’affaissa un peu plus. Elle pouvait sentir le métal se tordre lentement, son immobilisme ne changeant rien à l’affaire. Un couinement, un grincement aigu, et une fissure devint une lézarde, puis une crevasse. Elle s’ouvrait de plus en plus sur la longueur, dessinant un précipice grandissant entre les mains et les jambes de la jeune femme.

Une bonne dizaine de mètres en dessous, des ravines étranges d’une lave verte fluo pétillait sur des morceaux de coursives noyées. Le faisceau de sa frontale se perdait dans le lointain, révélant parfois les morceaux d’architecture ayant survécu à cette corrosion. Est-ce que c’était de l’acide ? Un fluide toxique qui s’était répandu un peu partout ?

L’ouverture menaçait à tout moment d’y faire plonger Emilia la tête la première. Les fissures se multiplièrent en étoiles sous son nez, gagnant les points d’appui de ses mains. Le métal avait déjà pris la forme de ses doigts et de ses phalanges. Elle s’enfonçait comme dans du beurre. Mais ce naufrage inexorable lui offrit un nouveau point de vue qui révéla un sac de noeud à quelques mètres en contrebas. Un enchevêtrement de câbles défectueux. Les murs proches s’étaient éviscérés sous l’effet de ce poison vert et ces lignes s’étaient emmêlées, formant comme une sorte d’échelle de corde horizontale.
“CLAC”.
Elle était sur le point de tomber.

– Par les dieux, non… souffla t-elle en réalisant qu’elle était sur le point de tomber et qu’elle ne pouvait rien faire pour l’empêcher. Par ailleurs, ce qu’elle voyait se dessiner à mesure que le métal se déformait pour s’éventrer la terrorisa. Quelque soit cette chose verte qui avait envahi les lieux en contrebas, c’était assez corrosif pour que ses vapeurs aient abîmé le métal. Si la chute ne la tuait pas, la substance le ferait sans aucun doute. C’est alors qu’elle repéra des câbles plus loin. Trop loin pour qu’elle les saisisse. Sans compter qu’elle n’avait plus ses pouvoirs pour la porter ou les attirer à elle.
-Le sol se déchire ! s’écria t-elle pour prévenir Darren qui n’avait guère de visibilité à l’arrière.

Puis soudain le conduit s’éventra pour de bon et Emilia tomba en glissant la tête la première. Elle tendis les bras par réflexe pour s’accrocher à ce qu’elle pouvait et entra en contact avec les câbles quelques mètres plus bas. Ses mains se refermèrent dessus le plus fermement possible et elle se mit à se balancer violemment dans la pièce en tentant de se stabiliser tout en poussant un cri de terreur.
« BON SANG ! EMILIAAA ! »

Darren manqua à son tour de tomber tête la première en s’approchant du bord. Sa main droite arracha un morceau de métal aussi mou que du caramel et il se récupéra in extremis. Avisant un regard en-dessous, il ressentit un brusque soulagement en se rendant compte qu’elle n’avait pas fait le grand plongeon. Mais elle paniquait, elle hurlait.

« EMILIA ! DU CALME ! MOINS DE GESTES BRUSQUES ! » Gueula-t-il en remarquant distinctement les câbles se détendre sous ses gestes et la jeune femme s’abaisser de plus en plus vers l’acide.
« HEEE ! REGARDE MOI !!! »

Le balancement avait finit par s’atténuer et les hurlements de la jeune femme avec. Elle poussa un nouveau cri pour se donner de la force et agrippa plus efficacement les câbles… mais elle perdait de la hauteur.

– Je glisse !!!

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Survivre avant tout... 04510
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Dim 14 Avr - 20:09
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...


« Ecoute moi ! Ca va aller !! La jambe droite, monte-là ! Prends appui sur le noeud ! »
La princesse s’efforça de s’exécuter en gesticulant tant bien que mal.
« Voilà ! Comme ça ! C’est juste une corde avec des noeuds ! Y’a rien en dessous. Une corde avec des noeuds. Tes deux pieds dessus ! »
– Une foutue corde avec de l’acide !!!
« Une putain de corde que tu lâcheras pas ! » Rétorqua le soldat, d’un cri encourageant. « T’es une Eidolas ! »
Darren faisait son maximum pour garder une voix calme et claire. Il lui transmettait quelques conseils tirés de sa formation militaire. Quand elle parviendrait à prendre appui sur un noeud, le pinçant de ses deux pieds, elle pourrait enfin y porter son poids et elle n’aurait plus à se tenir par la force des bras. Le soldat avait déjà remarqué que les murs étaient tous très abîmés. Il y avait des prises dans tous les sens, il avait décidé de descendre en escalade pour l’atteindre. Mais avant ça, elle devait à tout prix se stabiliser.
« T’y est presque. Monte toi sur un noeud. Je viens te chercher ! »
Emilia tenta de mettre le pied sur un cable et poussa un cri étouffé en le sentant céder sous son poids. Par chance, elle reprit rapidement son équilibre et parvint à atteindre le fameux nœud dont Darren lui parlait.
– L’escalade était une activité beaucoup plus agréable dans mes souvenirs ! S’écria t-elle en serrant les dents pour ne pas lâcher prise. Ce qu’elle racontait n’avait pas d'intérêt mais entendre le son de sa voix la rassurait.
« On en a des murs entiers là-haut ! » Répondit Darren alors qu’il trouvait ses premières prises et parvenaient à se hisser contre le mur. Il débuta sa descente en vérifiant chacun de ses appuis avant d’en passer à un autre. « Avec d’énormes tatamis en dessous ! Tu sais ce que c’est des tatamis ?!? »
– Qu’est-ce que c’est ?
« Des matelas ÉNORMES !!!! Comme ceux où on était quand je t’ai entraîné. Mais en plus gros. Des matelas ÉNORMES et BIEN REMBOURRÉS. Et tu sais quoi ? April et Max se tirent la bourre ! Ils essaient toujours de savoir qui chutera le plus haut. Parce que tu te fais pas mal là-dessus !!! »

Darren l’occupait autant que faire se peut. Il s’attendait à ce qu’elle lui gueule soudainement l’ordre de se grouiller mais il ne devait pas prendre de risques s’il tenait à l’aider. Il était quasiment arrivé.
– Parfait, j’en veux deux douzaines alors ! S’exclama t-elle en tentant de poursuivre son ascension pour se rapprocher de son interlocuteur.
« Je te les aménerai moi-même ! » Promit-il. « On les testera ! »
Encore un peu. Ils creusaient l’écart l’un et l’autre. En remarquant que la princesse avait trouvé le moyen d’avoir de nouveaux appuis et qu’elle ne s’attendait pas à être simplement sauvée, Darren éclata de rire et poursuivit sa descente. C’était une sacrée. Elle était pas du genre à attendre les secours. Elle partait les chercher si ça allait pas assez vite à son goût.
Quand Darren et elle furent à la même hauteur, le jeune homme chercha un endroit bénéficiant de suffisamment d’appuis en terme de largeur. Il se positionna correctement, ne se tenant que d’une main à un amas cableux si épais qu’il ne céderait pas.
« Ok, la pro de l’escalade ! Tu te sens de faire un petit saut ? » Plaisanta-t-il en lui tendant sa main valide pour la réceptionner.
Il allait falloir qu’elle prenne un peu d’élan.
– Non. ...ah, pardon, c’était une question ? lança t-elle ironique tout en jaugeant la distance qui la séparait de son voisin. Pourquoi fallait t-elle qu’elle soit privée de sa télékinésie à un moment pareil ? Je ne le sens pas du tout...
« Moi non plus. » Confia le soldat. Il lui renvoya son ironie avec un large sourire. « Je reviens te chercher pour le dîner ? »
– C’est une idée ça...
Elle posa les yeux vers le bas, observant quelques instant la mer d’acide avant de reporter son attention sur la bonne hauteur, analysant chaque fil, chaque détail du mur, la position de Darren... son cerveau calcula ses chances, lui suggérant de se balancer en prenant plutôt appui sur tel ou tel élément et dans telle direction… elle prit une grande inspiration et se jeta à l’eau. Ou presque.

La pression qu’avait Emilia faisait écho dans le regard de Darren. Suspendu par son seul lien, il gardait sa main valide dans sa direction, prêt à l’agripper si jamais ça tournait mal. Il encouragea la princesse à prendre son temps, ne surtout pas se presser si ses premiers élans se passaient mal. Et lorsqu’elle sauta, Darren replia son bras sur elle dans un violent réflexe de conservation. Il sentit que le coup lui avait été rude mais elle tenait sur les appuis qu’elle avait sélectionné. Le contrecoup qui aurait pu l’arracher du mur s’était dispersé dans en partie dans l’étreinte de Clive qui se relâcha brusquement.
« J’te tiens !!! J’te tiens !!! »
Elle se tenait elle-même en réalité. Mais maintenant, la vie de son amie était bien moins en danger que sur cette corde pourrie. Il la questionna de son regard, vérifiant qu’elle allait bien, qu’elle n’était pas blessée. Mais la jeune femme se débrouillait comme une grande. C’était la preuve en pratique de ce qui l’avait tenue en vie lorsqu’elle se faisait courser par les Wraiths autrefois. C’était...épatant.
« Moi Tarzan, toi Jane. » Lui souffla-t-il tout en lui tapotant le dos en signe de satisfaction. « Un autre film que je te montrerai. Et sans bagarre... »
– Oui, sans bagarre… répondit-elle le souffle court alors que ses yeux cherchaient une issue de secours pour les sortir de cette galère.
Clive aussi cherchait. Il finit par faire un signe de tête en direction d’une passerelle coupée en trois. Elle avait fondue par endroit, les gardes fous ressemblaient à des scoubidous qui pendaient mollement vers le bain d’acide. Mais il s’y trouvait une porte close avec des fondations visiblement solide. S’ils parvenaient à l’atteindre, ce serait le billet de sortie de cette épreuve olympique.
« Là-bas ? »
– Soyons fous... soupira la jeune femme qui se demandait si elle allait arriver là-haut indemne. De l’escalade sans protection sur fond de mer acide… plutôt exotique comme activité !
Profitant d’être relativement stable, elle se saisit de son détecteur de radioactivité en limitant le plus possible les gestes brusques et ouvrit des yeux ronds en voyant le chiffre indiqué.
– Il faut qu’on sorte d’ici et vite !

L’expression de son visage avait suffi à le convaincre et à ne pas poser de questions. Darren hocha la tête, estimant rapidement la distance, puis il donna ses consignes.
« Je pèse plus lourd. Essaie d’utiliser les mêmes prises que moi au possible. Je passe devant...t’es d’accord ? »
– Oui, dit-elle en rangeant l’appareil dans sa poche. Pour une fois elle n’avait aucune envie de chipoter sur les ordres.
« Ok. Go ! »
Le soldat débuta la lente ascension en direction de l’objectif. Il commença par reprendre les mêmes prises qui lui avaient permis de descendre. Cela ne l’empêchait pas de les tester une nouvelle fois. Ne pas se presser, même si c’était urgent de s’écarter de cet endroit, prudence et précision. Clive grimpa, vérifiant tantôt son chemin, tantôt la progression d’Emilia. Elle lui en bouchait un coin. Dans son passé, avec son boulot, il avait connu toute sorte de gens, même ceux qui avaient eu une formation militaire et se sentaient capable d’agir aussi. Mais ils ne lui arrivait pas à la cheville. Emilia restait calme, concentrée, appliquée. Darren n’avait pas besoin de la rassurer sur chaque prise, de lui faire une leçon d’escalade, ni de vérifier qu’elle ne fasse pas d’erreur critique. Non, c’était du pain béni.

Franchir la gaine avait été difficile à cause de sa forme qui coupaient les appuis, comme une corniche trop molle pour s’y tenir. Darren aida son amie à passer ce cap et poursuivit. Il sentait néanmoins qu’une forme de condensation s’était faite sur lui. Des gouttelettes s’étaient fixées sur le champ de force et fumaient. Un coup d’oeil pour Emilia, qui se trouvait à côté, lui fit comprendre le danger. La jeune femme serrait les dents et tâchait de poursuivre son ascension en faisant fi des brûlures qu’elle ressentait sur toutes les parties de son corps où la peau était dégagée. Elle se mit à tousser et s’agrippa un peu plus sur sa prise pour éviter de tomber. Sa tête commençait à tourner, c’était plus qu’inquiétant étant donné sa situation.
« Merde...Emilia. Ton visage, tes mains...on dirait des coups de soleil... » lui annonça-t-il tout en continuant l’ascension. Ils n’étaient plus très loin maintenant. Heureusement parce qu’il se sentait faiblir de plus en plus.
– Ca brule, répondit-elle avec une grimace. Je me sens mal.
Ca lui serra le coeur. Pour qu’elle l’avoue c’est que ce n’était pas une impression hypocondriaque.
« Tiens bon ! Je pourrai m’occuper de toi là-haut ! Regarde, il ne reste que quelques mètres... »

Darren savait que ce “Que” était vraiment démoralisant. Il espérait que l’approche de la ligne d’arrivée maintiendrait la princesse dans cet esprit de ténacité qu’elle témoignait depuis le début. Le soldat culpabilisait un peu d’être à l’avant. Il se disait qu’il serait incapable d’attraper Emilia en cas de chute. Mais d’un autre côté, une chute les enverraient tous les deux faire “plouf”.
« Allez...trois mètres !!! » l’encouragea-t-il.
Darren soufflait comme un buffle maintenant. Il s’interrompit quelques secondes, le temps de réunir ses forces, puis il se donna une impulsion pour agripper le bord de la passerelle. Sa main s’enfonça dans le treillis de fer comme si c’était de la confiture. Mais heureusement, il y avait les fondations en-dessous, bien plus résistantes, qui lui permirent de concrétiser son appui. Le soldat se hissa difficilement, prenant place sur la plateforme survivante, puis il s'agenouilla pour lui tendre sa main.
« C’est la ligne d’arrivée ! » lui scanda-t-il joyeusement en agitant sa main. « T’es sur la fin !!! »

La jeune femme posa son front contre le mur et prit quelques secondes pour respirer avant de se remettre à tousser. A l’évidence, ils étaient peut-être « vaccinés » contre la radioactivité mais certainement pas contre les vapeurs toxiques de ce produit vert qui commençait à attaquer ses poumons… Elle se mit à prier dans un murmure tout en reprenant son ascension. Soudain, son pied glissa et elle se rattrapa de justesse à une prise avec sa main gauche. Son cœur tambourinait comme un fou dans sa poitrine. A nouveau, la princesse prit une grande inspiration même si le souffle commençait à lui manquer et se remit à grimper tout en se remettant à prier. Elle ne se projetait plus, se contentant d’attraper une prise après l’autre comme elles venaient sans réfléchir. Puis elle aperçut le bras tendu de Darren et tenta d’attraper sa main.

Elle était proche, si proche !!!
Le jeune homme avait une vue d’horreur, apocalyptique, de son amie avec le visage rouge. Un point d’observation parfait du moindre trait de souffrance, de ses efforts physique et de sa résistance, tandis que ce bouillon vert continuait de vouloir l’attirer comme un aimant. Leurs mains étaient proches. Elle la tendait, Darren se contorsionnait. Et à force, ils grignotèrent les derniers centimètres. Au premier essai, il n’eut que le bout de ses doigts. Au second, c’était la paume de sa main.

Alors au troisième, Clive donna une impulsion et lui choppa le poignet. Il tira alors de toutes ses forces. Ses pieds bien en appui sur les fondations, il s’empara de l’avant bras d’Emilia et l’attira sans ménagement, l’urgence les privant du moindre confort, du moindre détail de douceur, pour qu’elle le rejoigne. Ce fut chose faite avec les dernières poussées qu’elle appliqua de son côté. Le jeune homme l’attira avec lui pour qu’elle se pose dos au mur, agenouillé sur ce qu’il restait de cette passerelle.

Darren posa une main sur son épaule dans un geste de compassion puis il la quitta aussitôt pour s’attaquer à cette fichue porte. L’acide avait entièrement bouffé le connecteur. Il n’y avait même plus de cristaux là-dedans. Au début, il paniqua à l’idée d’être piégé ici. Mais son esprit lui imposa immédiatement une image en guise de solution. Son couteau de combat !!! Il le prit en main et tenta de le faire passer dans la rainure. De sa main valide, il poussait de tout son poids, gémissant, tortillant en tout sens. Et la pointe finit par se frayer un chemin.

Clive frappa sur le pommeau avec l’énergie du désespoir. Il en gueula même pour forcer cette lame à entrer, jusqu’à en faire un levier de fortune. A flanc, il posa sa rangers contre le bord opposé, les mains en accroche sur l’autre battant. Puis il tira. Il y donna toutes ses tripes, encouragé par les grincements de la porte qui finit par se rendre.
La sortie, ils l’avaient enfin.
La jeune femme se traina de l’autre côté à quatre pattes, cherchant désespérément de l’air pur. Les lieux étaient sombres, poussiéreux, lugubres… un long couloir qui s’étendait bien au delà de ce que la lumière de sa frontale dévoilait. Elle se laissa tomber quelques mètres plus loin et toussa pour tenter d’évacuer les vapeurs toxiques. Avaient-ils pensé à emporter de l’eau ?

Darren n’était pas mieux loti. Ses poumons sifflaient comme s’il avait de l’asthme. C’en était encore plus flagrant alors qu’il poussait les panneaux de la porte dans le sens opposé pour la refermer. Les dents serrés, couvert de sueur, il poussait et poussait encore. Il cru qu’il n’y arriverait pas tant il se fatiguait là-dessus. Mais il sentit parfaitement le changement d’air lorsque la porte se scella sous son action.
Le soldat resta appuyé contre la paroi un moment, récupérant son souffle tout en s’appuyant sur ses genoux, le corps plié en deux. Il se passa une main sur le visage en sentant le bouclier grésiller encore un peu, signe que l’acidité faisait encore son effet, puis sa pensée se tourna vers son amie. Comme son regard d’ailleurs. Il était à la fois heureux qu’ils s’en soient sortis. Et profondément inquiet.

« Emilia ! » L’appela-t-il en la situant grâce à sa frontale.

Il avala les quelques mètres d’un pas rapide et s’agenouilla à ses cotés.
« Hé !!! »
Le militaire s’équipa de sa lampe pour placer le faisceau sur son visage. Rouge, attaqué par l’acidité. Il contrôla ses mains pour y découvrir le même mal.
« J’ai un spray décontaminant. » lui dit-il doucement. « Ou de l’eau radioactive, si tu veux qu’on garde l’atout pour plus tard. »
– Pour décontaminer quoi ? demanda la belle qui se concentrait sur sa respiration sifflante. C’était un son curieux, elle ne se souvenait pas l’avoir déjà produit, même à l’époque où elle détalait comme un lapin devant les wraiths.
« On a ça...dans nos kits de secours...ça rétablit aussi...le PH. »
Il ouvrait la poche de son gilet tactique, se préparant à le sortir.
– Pour nous deux ? l’interrogea Emilia d’une voix rauque. Elle était peut-être abimée mais elle ne perdait pas le nord, Darren aussi avait subit les vapeurs.

Le militaire sourit, amusé par cette perspicacité que l’acide n’avait même pas réussi à entamer. Il plaça la petite bonbonne de spray entre ses mains, lui laissant découvrir la taille relativement réduite.
« Je porte le bouclier. J’ai pas été touché comme toi. » tenta-t-il pour la rassurer.
– D’accord… céda t-elle. Je crois que j’ai aussi quelque chose de ce genre dans l’une mes poches si besoin… comment ça fonctionne ?
Darren avait soudainement compris qu’on lui avait donné un gilet standardisé. Elle portait également un kit de secours avec la base des équipements...dont un spray décontaminant. Le soldat acquiesça, il était bien content de savoir qu’elle avait ce matériel elle aussi.
« C’est un spray. Tu appuies sur ce bouton pour répandre le liquide sur toi. Ta peau en premier, les vêtements après. »
Il prit sa main droite et lui montra.
« Comme ça, regarde ! »
Un exemple précis, des petites impulsions économes, le produit stabilisant se mélangeant à l’acide pour le neutraliser.
Le jeune homme l’observa un peu. C’était déstabilisant. Il y a quelques heures encore, il devenait fou et lui causait une commotion. Maintenant, il l’aidait à se débarrasser de l’effet corrosif qui la recouvrait. C’était sa chance selon lui. Peut-être la seule qui lui permettait d’approcher son amie par la force des événements.
« Tu veux jouer la grande fille ou tu me laisses m’occuper de toi ? » lui demanda-t-il avec humour.

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Dim 14 Avr - 20:09
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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P
our toute réponse, la demoiselle lui tandis son autre main pour qu’il poursuive son action bienfaitrice. Ce produit était salvateur et elle appréciait que quelqu’un soit en état de lui venir en aide.
– Merci, souffla t-elle.
Elle ne le remerciait pas uniquement pour le fait d’étaler du produit sur sa peau mais pour tout ce qu’il avait fait pour la sortir du pétrin un peu plus tôt. Sans lui, elle n’était pas sûre qu’elle aurait réussi à se hisser jusque là.
« T’es très courageuse. » Affirma Darren sans forcément la flatter.
Il appliqua la solution sur son autre main puis s’aventura sur les autres parcelles de peau, le cou, la nuque. Le jeune homme attendit qu’elle ferme les yeux pour que son visage puisse enfin cesser de brûler. Le reste serait plus rapide, plus général : les vêtements.

Le militaire s’exécuta en silence. Son coeur battait moins vite à mesure qu’il n’avait plus à fournir d’efforts. Donc sa respiration suivait en étant de moins en moins altérée. Quand il eut terminé, il se laissa glissé dos contre le mur et s’agenouilla, demeurant en face d’elle. Il avait besoin de se reposer et de récupérer de l’émotion.
Il ne l’avouerait pas. Mais il avait eu peur de la perdre. Ca lui avait prit l’estomac plus qu’il n’aurait pu l’imaginer.
Emilia sortit l’appareil de mesure et soupira de soulagement en voyant le taux de radiation bien plus bas que dans l’autre salle. Elle jeta un oeil à son hollow et comprit qu’elle ne pourrait plus tirer grand chose de son appareil tant il avait souffert des vapeurs. Cela dit, il indiquait toujours l’heure. Cette salle leur avait fait perdre un temps précieux.

– Il va falloir repartir, dit-elle à contre-coeur. Elle aurait aimé s’accorder plus de temps de repos, ils l’avaient bien mérité tous les deux. Mais les atlantes avaient été formels : ils ne devaient pas rester plus de douze heures dans le complexe au risque de commencer à ressentir les effets des radiations.

En réponse, il récupéra son fusil à pompe et activa la lampe. Toujours assis, dos contre le mur, Darren balaya ce long couloir sans pouvoir en distinguer la fin.
« Au moins on nous facilite la tâche. »
Lui non plus ne voulait pas aller plus loin. C’était déjà bien assez d’emmerdes comme ça. Un lac d’acide...comment un tel truc pouvait exister dans le coeur de la digue sud ? Comment ça se faisait que ça n’avait pas percé le fond depuis le temps ?
Sur ces interrogations, le soldat se releva péniblement et aida Emilia si elle en avait besoin. Il fixait ce couloir sans fin avec méfiance.
Quelques premiers pas seulement et il s’arrêta. Darren fit un petit demi-tour pour la regarder.
« Heu...et ton arme ? »
– Tombée dans l’acide... répondit-elle avec une moue fautive. Il me reste un couteau.

Non. Pas question…
Darren déboucla son holster de cuisse avec son neuf millimètres et ses deux chargeurs. Il le lui tendit. Lors de sa visite en Gaëllie, il en lui avait installé un pour qu’elle sache ce que ça faisait. Il ne comptait pas lui tripoter les hanches ce coup-là.
« Et une arme de poing. » Rectifia-t-il avec un petit sourire.
La jeune femme lui adressa un petit sourire reconnaissant et entreprit d’accrocher le holster de l’arme à feu à la place de celui du stunner avant de glisser les chargeurs dans l’une de ses poches.

Impossible de ne pas lui répondre d’un petit clin d’oeil complice.
C’était comme au bon vieux temps, avec ce lien particulier qu’ils partageaient ensemble dans une forme d’exclusivité. Darren n’avait pas besoin de lui faire signe, il affermit sa prise autour de son fusil à pompe et se mit en position. Ensemble, ils progressèrent dans le long couloir. Au début, Clive se demandait à quoi pouvait servir une coursive si longue sans la moindre porte. Mais le manque d’éclairage ne lui avait pas permis d'apercevoir les contours d’un nombre importants de hublots. De quoi pouvoir observer l’intérieur de chambre de stockage pour élément dangereux. Il ne le comprit qu’en découvrant l’une de ces verrières brisées au volet arraché et tordu.

Au fil de leur progression, ils tombèrent sur quelques cadavres supplémentaires. Entier cette fois mais toujours sans vêtement et calciné au point que les ossements étaient niquel. Quelques mètres plus loin, les bottes d’Emilia écrasèrent des morceaux de cristaux répandus sur le sol. Darren sécurisa les lieux puis s’agenouilla pour les examiner avec elle. Il découvrit non loin une arme de facture Lantienne complètement détruite. Le soldat n’eut qu’à lever sa lampe sur le mur. Il s’y approcha, hésita, et passa finalement sa main pour balayer la poussière. Ce faisant, il révéla plus d’une trentaine d’impact de surchauffe. Des tirs à énergie qui avaient abîmé le métal de cette paroi.
« On dirait qu’il y a eu une sacrée bagarre ici... »
Mais toujours aucune trace de ce qui a pu tuer toutes ces personnes...
« On va devoir res... »
Le visage de Darren se défit aussitôt et il tomba sur ses deux genoux, les bras ballants. Le regard perdu, il entendit à peine sa montre émettre l’alarme de la fin du compte à rebours. Sa paupière droite tomba et il se posa les mains sur la tête.
Darren ?! lança Emilia en faisant un pas vers lui avant de se figer en se rappelant de ce qui était arrivé la dernière fois qu’elle avait voulu lui porter secours. Faiblissait-il à cause des vapeurs toxiques ou à cause du pouvoir ?
Complètement fermé quant à son environnement extérieur, Darren s’empara de l’une de ses seringues d’une main tremblante. Il désactiva fébrilement son bouclier de contention pour pouvoir se faire l’injection. Mais les émotions d’Emilia lui vinrent brusquement comme un raz de marée et il se retrouva assis à terre, pris d’une migraine fulgurante.
« Ca va...ça va... » Répéta le jeune homme comme un désaxé alors qu’il tatonnait le sol pour essayer de retrouver sa seringue.
Elle est là... indiqua la jeune femme en mettant l’objet en lumière avec sa frontale. Elle n’osait pas approcher de peur de subir à nouveau la fureur du soldat.

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Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...

L
es gestes désordonnés, il se fit violence pour récupérer son injection. La mâchoire serrée et ses traits tirés témoignaient d’une souffrance, c’était lié à son empathie. Le bouclier le protégeait efficacement mais il devait l’interrompre le temps de reprendre le traitement. Seulement, la connexion se faisait inévitablement avec la jeune femme. Il pouvait sentir ce manque de confiance lui brûler la peau. Sa peur, dont il était l’artiste créateur, lui fracturer le coeur en des morceaux qu’un diable piétinait en riant grassement. Darren ne comptait pas sur son aide, il agita ses doigts qui chassèrent l’objet encore plus loin et il se résolut à abandonner.
Il en avait deux autres dans son gilet. Donc le soldat retenta sa chance et parvint à retirer le capuchon de l’aiguille. Alors qu’il s’effondrait sur le flanc, offrant un bien médiocre spectacle à son amie, il se planta l’aiguille sans la cuisse sans ménagement et actionna le piston. Il ne tarda pas pour réactiver son champ de force, ce qui le fit geindre d’un soulagement pleinement perceptible.
Il resta là pendant deux minutes, récupérant peu à peu sa lucidité.
La jeune femme le contourna pour aller ramasser la seringue et finit par la lui tendre prudemment lorsqu’elle estima que l’orage était passé et le risque minime. Clive la récupéra tout en la remerciant d’un signe de tête. La première chose qu’il fit, après avoir rangé son traitement, fut de régler sa montre avec une marge plus sérieuse. Il ne pouvait pas se permettre de jouer à ce point sur la limite d’action du traitement, surtout s’il était au combat ou en pleine escalade au-dessus d’un lac d’acide.
« Ca se reproduira pas ! » Promit-il en récupérant son fusil à pompe.
La belle lui répondit par un simple hochement de tête. Si les précédents événements lui avaient fait oublier un court instant qu’elle voyageait aux côtés d’un homme qui avait tenté de la tuer, cette courte pause venait de lui rafraîchir les idées et lui rappeler qu’elle ne pouvait se fier totalement à lui.

La mission avait tout de même un bon côté. Ca lui évitait de se sentir honteux d’avoir rampé comme une larve dans la poussière sous son nez. Clive n’était pas spécialement porté sur la fierté mais, comme tout le monde, il y tenait un minimum.

Les équipiers reprirent le chemin juste après. Ils évoluèrent en s’enfonçant dans les entrailles du complexe et passèrent des portes beaucoup moins lourdes. Peu alimentée, voir pas du tout, il n’était pas rare que Darren se fasse videur de boite pour pratiquer l’accès.
Le jeune homme pensait que ce dédale ne s’arrêterait pas. Il avait perdu depuis un petit moment déjà son sens de l’orientation et il ne savait pas où ils allaient. Parce qu’il était le militaire et parce qu’il ne voulait pas inquiéter son amie, Darren cherchait à faire bonne figure en passant les sas avec une forme de détermination. Régulièrement, les couloirs se divisaient en intersections. Toujours trois chemins praticables et il prenait toujours tout droit. Dans sa tête, Emilia dressait un plan relativement exact des lieux et une carte se complétait à mesure de leur progression. Son hypermnésie avait le mérite de leur service en pareille situation. Cela dit, elle regrettait ses facultés d’empathie qui aurait pu la prévenir de toute présence humaine ou animale dans les environs… sans elle, elle se sentait aveugle et extrêmement vulnérable. N’importe quoi pouvait les atteindre dans cette pénombre et ils ne pourraient pas le voir venir. Sa respiration était toujours sifflante et sa peau la brûlait, même si le produit de Darren l’avait considérablement soulagée. Elle espérait que ses poumons n’avaient pas été affectés de manière définitive par les vapeurs toxiques. Sa progression se faisait avec prudence et elle observait le sol avec une attention toute particulière de peur de repasser à travers. Sa première expérience lui avait servit de leçon, elle n’avait aucune envie de réitérer.

Comment fonctionne le système d’alimentation de cette cité ? Tu penses qu’il y a un générateur quelque part qui pourrait nous permettre de remettre de la lumière ? demanda la jeune femme à voix basse de peur de réveiller elle ne savait trop quel démon en parlant trop fort. Peut-être celui qui avait carbonisé toutes ces personnes...

Darren ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt. C’était un sujet sensible ça ! Sacrément même ! Parler de l’E2PZ, est-ce que c’était une bonne idée ?
Bien sûr, vu leur état et leur situation, il pourrait s’en moquer et lui livrer les infos sans sourciller. Mais s’ils s’en sortaient ? Emilia, et peut-être la Gaëllie, saurait que la cité fonctionnait sur un coeur, une base unique qui alimentait tout le reste ?
Tout en marchant, il se sentit pris entre deux feux. La princesse lui avait déjà livré des secrets qu’il ne devait pas répéter à ses supérieurs. Il avait tenu sa parole. Alors il fallait bien pouvoir équilibrer un peu les choses non ?

« Tu tiendras la même promesse que j’ai faite pour ton empathie ? » lui demanda-t-il finalement.
La princesse l’observa quelques instants avant d'acquiescer. C’était un sujet à ce point secret ? Il y avait urgence vitale de toute façon, elle ne pouvait pas se permettre de chipoter.
« On a une pile de très grande puissance. On appelle ça un E2PZ. Tout le monde le convoite et on sait pas les produire. A partir d’un endroit clé dans la cité, ça alimente tout le reste grâce à un immense réseau de distribution. La cité est tellement gourmande qu’on a été obligé d’apporter nos moyens de production pour éviter de trop tirer sur notre E2PZ. Mais on lui arrive pas à la cheville. Et on est souvent emmerdé d’ailleurs. Donc là...si ça ne s’est pas activé naturellement sur notre passage, je suis pas sûr qu’on puisse allumer quoi que ce soit. »

Une angoisse limitée mais certaine commençait à monter en lui avec le temps qui passait. Ils étaient toujours perdu, sans issue de secours, et il se doutait que leur aventure pourrait se finir de façon bien cruelle. L’un contre l’autre, dos contre un mur, liquéfiés par les fortes radiations. Atlantis comme la Gaëllie abandonneraient leurs cadavre ici à cause des manques de moyens pour passer les radiations.
C’était une optique très défaitiste mais crédible. Tout en marchant, le jeune homme fixa la princesse en se disant qu’elle avait peut-être eu la même pensée. Mais il fallait s’accrocher et continuer. Ils n’avaient pas le choix.

Encore une fois, Darren et Emilia croisèrent des cadavres fossilisés. Au début, il essayait de les étudier, de les observer, pour obtenir plus d’informations sur ce qui les avait tué. Mais après dix milles ans, le moindre geste les transformaient en poussière. C’était bien trop dégradé. Il avait abandonné pour les suivants.
Cela faisait toujours une impression bizarre à Emilia de voir les êtres Sages de son passé, hissés au rang de demi-dieux par son peuple, ceux qui avaient apporté la connaissance il y a plus de 10 000 ans de ça, qui avaient permis à la Gaëllie d’exister et d’atteindre ce niveau de technologie… réduits à l’état de squelette. C’était comme un mythe qui se brisait. Non pas qu’elle ait pensé ce peuple sacré immortel mais les voir gisant ainsi, suite à elle ne savait trop quel accident qui avait mal tourné, c’était se rendre compte à quel point ils étaient vulnérables, au même titre que n’importe quel humain. Cette nouvelle réalité qui s’imposait à elle la mettait mal à l’aise. Tout le monde avait besoin de héros à admirer… les siens avaient beaucoup perdu de leur superbe en quelques heures.

Cette fois, le couloir se termina finalement sur une porte classique. C’était la fin du voyage rectiligne et ils allaient découvrir ce qu’il se trouvait derrière. Darren était en nage, il pensait que la température avait augmenté mais conservait des doutes à cause de l’effet de l’acide. Après avoir rejeté temporairement ce problème dans la case “À sortir quand on s’emmerde”, le militaire ouvrit une nouvelle fois cette porte par la force de ses bras. Il avait les épaules en feu, les muscles tremblotants de fatigue, mais il refusait de laisser paraître sa faiblesse.
Il se reposerait dans son lit d’infirmerie après avoir été soigné. C’était ça le deal.

L’ouverture pratiquée entre les deux battants laissèrent filer un halo vert fluo qui le surpris. Au début, Clive s’imaginait qu’il avait ouvert la boîte de Pandore. Que cette porte retenait cette étrange lave visqueuse qui se déverserait soudainement sur eux, les noyant dans un tel taux de radioactivité qu’ils en mourraient en quelques minutes.
Mais rien…
Emilia avait eu un geste de recul, s’imaginant le même genre de scénario.
Il y passa la tête pour découvrir cet hangar immense. Véritablement immense. Il aurait peut-être même pu accueillir le Dédale selon lui.
« Je crois qu’on est arrivé... » Dit-il en zieutant sa partenaire. « C’est immense là-dedans. »
Pas d’acide vert ?
« Non. » S’étonna-t-il. « Ca circule dans des tuyaux transparents on dirait... »

Darren passa en premier par l’ouverture, rentrant le ventre et forçant un peu. Il avait tout le temps cette petite inquiétude de voir ces panneaux se refermer pile quand il était au milieu. Une fois de l’autre côté, il repéra les différentes sources lumineuses verte fluo puis s’approcha du garde-fou. Ils se trouvaient sur un niveau supérieur qui surplombait un dispositif inconnu. Le soldat restait silencieux, perplexe, alors que ses mains partaient à la recherche d’une torche chimique.

Il percuta l’embout qui s’enflamma aussitôt d’un rouge sang. Il passa l’objet au-dessus du garde fou et le lâcha. Devenu repère, la boule de lumière rouge dégringola de nombreux mètres avant de percuter des barres de métal, des tuyaux qui s’entremélaient, des cuves, des réservoirs en tout genre. Des escaliers et des échafaudages d’accès. L’agencement de cette chose rappelait étrangement l’aspect d’une raffinerie de pétrole. Sauf qu’au lieu de voir des nappes de mazout souiller les différentes valves et postes de contrôles, c’était ce fameux liquide vert fluo.

Le claquement de la torche arrivée au plus bas leur revint par un écho distant. Quelques chaînes laissées à l’abandon tintèrent doucement, prise dans un mouvement de balancier donné par l’objet. Cet endroit ferait un parfait terrain de paintball...mais aussi un parfait terrain pour une embuscade.
Darren n’oubliait pas le fait qu’ils n’avaient toujours pas trouvé la menace responsable de tous ces cadavres. Mais si la lave verte venait de là, s’ils étaient arrivés au coeur du complexe, alors le danger était encore plus présent.

« Regarde. On peut descendre par là. » fit Darren en pointant la passerelle qui descendait en colimaçon.

Quelle peut bien être la nature de cet endroit ? S’étonna Emilia en observant les environs avec appréhension. La lave verte et elle n’étaient plus vraiment copine depuis que cette dernière avait tenté de l’avaler tout cru en faisant fondre le métal sous son corps.
« Je me pose la même question...mais on va le découvrir. »
Il n’avait jamais vu de complexe de terrain d’essai Lantien. C’était la première fois qu’il observait un endroit comme celui-ci. La cité continuait de renfermer des tas de surprises...
« Une fois en bas, on progressera en formation défensive, comme je t’ai appris dans le champ de fleurs en Gaëllie...d’accord ? »
Il ne voulait pas l’inquiéter inutilement. Mais d’un autre côté, Emilia était pas bête, c’était un terrain étranger. Il valait mieux rester prudent.
D’accord...
De toute façon elle comptait bien prendre son temps pour tester ses appuis avant de se lancer dans une visite découverte.
« Tu as un signal dans ta boîte à miracle ? »
La jeune femme sortit son radar à radioactivité pour tester les environs. Les radiations étaient dans les normes. Ces espèces de circuits d’alimentation dans lesquels serpentait le fameux acide radioactif semblaient conçu pour retenir la contamination. Comme s’ils étaient plombés en quelque sorte.

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Dim 14 Avr - 20:15
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...

B
izarre comme endroit.
Rien d’anormal.
Darren ne reconnaissait rien du tout. Rien qui ne puisse lui laisser penser que c’était des Lantiens qui avaient construit ce truc. C’était si grossier, si froid et lugubre. Les types avaient su construire une cité mythique capable de flotter, de se poser au fond de la mer, et d’aller dans l’espace. Avec un aspect futuriste même après dix mille ans de sommeil sous l’océan.

Là, c’était vraiment aux antipodes de leurs habitudes. Le soldat n’était pas un habitué et il voyait bien un spécialiste lui mettre sous le nez tous les petits détails qui contrediraient sa supposition. Mais là, tout de même, fallait avouer que c’était vraiment inhabituel.

Il monta son regard un peu plus haut pour essayer de calculer l’immensité de ce complexe. Toutes ces machines endormies depuis si longtemps, ces grues et ces plates-formes qui donnaient l’air d’être indispensable. Malgré la pénombre, il lui semblait que ces aires de chaques côtés, trois à droite et trois à gauche, semblaient être prévues pour présenter les fameux prototypes. Et un aiguillage amenait les suivants commandés à distance. Ca expliquerait sans doute pourquoi ils avaient pu voir tous ces hublots sans accès de service. C’était un stockage immense…vraiment immense.
Mais c’était loin de répondre à la première question.
-On dirait une sorte… d’usine.

Darren et Emilia parvinrent jusqu’en bas. Ils pénétrèrent dans étrange Dédale dont le fonctionnement était véritablement mystérieux. Des tubes dans tous les sens, des échangeurs, des blocs chargés de cristaux, des petits postes de contrôles et ventilations. Le soldat évoluait doucement, passant dans un couloir étriqué dont ces fameuses conduites délimitaient la forme. La jeune femme était bien contente d’être escortée par un homme d’armée tout compte fait. Dire qu’elle avait failli argumenter pour venir seule ! Elle n’était pas couarde pourtant, mais cet endroit avait de quoi faire peur au plus courageux des humains.

Néanmoins, l’endroit était vraiment glauque. Le danger semblait être garanti dans ce dispositif. Emilia, dans son dos, fût au première loge pour voir un point rouge se poser sur l’épaule de Darren. Le temps qu’elle s’en aperçoive, ce laser bougea lentement pour grimper et aller rechercher avec une impressionnante exactitude sa tempe. Il s’adaptait aux mouvements du soldat pour maintenir une visée précise.
Puis un bruit de chargement énergétique monta soudainement...

-Darren !!! s’écria Emilia avec effroi en voyant le trait. Puis il y a eu le bruit caractéristique d’un problème à venir. Son cerveau analysa la situation en un instant et son corps réagit au quart de tour. Elle bondit en avant et se jeta sur l’homme de toute ses forces pour l’éloigner de ce laser qui n’avait rien de rassurant. Au mieux, elle lui sauvait la vie, au pire il s’agissait d’une fausse alerte. Mais il valait mieux pécher par excès de prudence dans ces cas là.

Dans l’élan que lui donna la princesse, son “KeuuuhAAAAAHHH” disparut sous le bruit d’un impact très violent qui fit danser une flopée d’étincelles. Le soldat reprit très rapidement ses appuis, tournant son fusil à pompe vers l’endroit qu’il suspectait être menaçant. De sa main valide, il s’assura que la jeune femme était bien derrière lui et il se courba, attendant de voir. Son regard exercé s’arrêta sur les dégâts. Les tuyaux et différents éléments de ce dispositif s’étaient ouvert sur un cercle parfait chauffé au rouge. Une lueur orangée très vive délimitait une surface d’un vide complet.
Un tir à énergie qui lui aurait troué la boîte crânienne comme ce truc.

Le jeune homme déglutit. Sans la réactivité d’Emilia il était mort.
Il la regarda un petit instant, peinant à y croire, puis s’approcha prudemment de l’origine du tir. C’était un mécanisme qui avait été clairement bidouillé, qui ne faisait pas partie du dispositif d’origine. A base de cristaux, de câblage et de divers éléments. Autant ce laser qu’un boîtier mobile et d’un émetteur à la même couleur orangée : il était parfaitement clair que ce piège avait été posé là volontairement.
Est-ce que c’était là depuis dix mille ans ? Ou est-ce que c’était plus récent ?

« Merci... » Lui dit-il avec une sincère reconnaissance.
-C’était moins une ! lança Emilia avec un air effaré en observant le dispositif. Si elle avait eu d’abord peur que le boitier ne tire à nouveau, elle réalisa rapidement que l’objet était à usage unique. Une épaisse nappe de poussière le recouvrait et menaçait de gripper son système.

Il reprit son chemin.
Darren était loin d’être rassuré mais il s’inquiétait encore plus. Le fait que l’endroit soit piégé mettait clairement en danger la princesse. Dans son esprit, elle était beaucoup plus importante et ne devait pas se faire avoir. Il ne faisait pas de distinction entre une déformation professionnelle et l’attachement qu’il avait pour elle. Emilia Eidolas devait survivre, point.
Car vu ce petit piège bien batard. Une série d’autres les attendaient dans ce labyrinthe.

Le jeune homme, d’ailleurs, en trouva un en progressant. Tous les sens en alerte, il s’interrompit et pencha sa tête sur le coté. Il voyait un renfoncement qui lui semblait parfait pour ce genre de petite politesse et il vit juste. Un de ces boîtiers similaires s’y trouvait.
Ni une ni deux, il fit signe silencieusement à Emilia de s’agenouiller et de rester silencieuse. La jeune femme obéit, inquiète. Une chance qu’il ait détecté le piège cette fois ci. Combien du genre avaient été placé dans la zone ? Par qui ? Pourquoi ?!
Clive se colla dos aux différents tuyaux et les longea non sans éprouver quelques craintes. Il assura ses pas, progressant petit à petit, puis il retira de son gilet tactique un miroir pour faire un test. Il en prenait toujours un sur lui pour pouvoir guetter depuis les angles de couloirs sans y risquer la tête.

Un gars lui avait fabriqué ça à partir d’une perche à selfie. Darren la déploya puis l’avança doucement. Il en profitait pour pour voir le piège, s’il s’y trouvait une faille ou un connecteur pour le désactiver. A peine eut-il le temps de commencer à s’y intéresser que le tir unique se déclencha. L’instant d’après, le soldat se retrouva avec sa petite perche à selfie au bout fumant et orangé. A l’identique, la paroi de tuyau d’en face venait de se faire trouer.
Le regard du jeune homme demeura sur ce qu’il restait de son miroir atomisé, vaporisé, inexistant. Juste l’extrémité devenue une braise émettant un “fschhhhhh” fumant. Il ne put s’empêcher de le décaler vers son amie.

« T’aurait pas quelques pièces d’équipements à sacrifier par hasard ? » Lâcha-t-il, son expression première se muant sur un sourire de gamin. « Parce que...c’est quand même vachement cool !!! »
“Cool” ? Sérieusement ? demanda la princesse en le regardant comme s’il était dingue. Ils n’avaient visiblement pas la même notion de ce qui était amusant. Je peux toujours continuer à découper des morceaux de ma tunique. Fichue pour fichue, maugréa t-elle.
« Ah...et...elle est dure à trouver cette tenue ? » demanda-t-il en découvrant qu’elle y portait de l’intérêt. Après tout, elle n’était pas en uniforme, c’était des affaires personnelles avec potentiellement une valeur sentimentale.
Peu importe, répondit Emilia qui avait de toute façon fait le deuil de son vêtement à leur entrée dans le complexe.

Jouer avec des pétards le faisait toujours démarrer au quart de tour. Maintenant qu’il savait qu’un rien qui bougeait servait de cible pour un seul tir, il avait bien envie de déclencher tous les pièges qu’ils rencontreraient pour s’assurer de pas se faire avoir au prochain passage. Il restait tout de même un minimum sérieux. S’ils venaient à être séparé, il serait plutôt malin qu’Emilia sache aussi comment déclencher les festivités. Son enfantillage avait néanmoins une motivation un peu plus mature.

« Hé ! Tu veux essayer ? Pour t’entrainer un peu ? »
-Tu en as repéré un autre ?
« Juste en face, là, sur la gauche. Tu vois cette lumière derrière le vert fluo ? C’est pas la même. »
Clive lui pointait du doigt ce petit laser bien planqué et sourit.
« C’est qu’ils sont malins les petits saligauds. Je me demande qui ils cherchaient à écarter comme ça... »
-Moi j’aimerai savoir qui est ce “il” qui a truffé les lieux de pièges mortels. Lantiens ou leur ennemi ?
« C’est composé de cristaux et de trucs Lantiens. C’est pas mon terrain mais je pencherai plus pour eux vu qu’ils ont le gène...non ? »
-Il faut le gêne pour manipuler les cristaux ?
« Généralement oui. C’est pour éviter que les Wraiths volent la technologie. »
-Je vois.
« Tu l’ignorais, c’est ça ? »
-Je sais que certaines de leurs technologies fonctionnent avec le gène. Mais la mécanique lantienne n’est pas ma spécialité, je ne l’ai jamais décortiquée au point d’aller en étudier attentivement les cristaux.

Pour lui aussi, ce n’était pas sa spécialité. Darren préféra ne pas donner davantage de détails dont il doutait lui même de la véracité. Ca ne changeait pas le fait qu’il appréciait beaucoup sa présence. S’il y avait bien quelqu’un capable de comprendre ça et de trouver une solution, même par déduction, c’était elle. Darren lui tendit ce qu’il restait de sa perche pour qu’elle y accroche quelque chose, une façon de changer de sujet.
« Il faut qu’on déclenche ces pièges pour éviter qu’on retombe dedans plus tard. On sait jamais. Surtout colle toi bien contre la paroi pour ne rien laisser dépasser de toi. On essaie ? »
-Soit, répondit sobrement Emilia en déchirant un petit morceau d'étoffe pour l’accrocher à la perche avant de déclencher le mécanisme en faisant preuve de toute la prudence dont elle était capable. J’espère qu’il n’y en a pas des centaines ou je vais finir complètement nue, plaisanta t-elle avec son air blasé et ironique habituel.

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Dim 14 Avr - 20:19
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
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Survivre avant tout...

D
arren ria avant de s’étrangler par le contre-coup du tir qui lui envoya une bonne volée d’étincelles à la figure. Il n’en garda pas moins son sourire alors qu’il reprenait son fusil à pompe en main pour avancer.
« Ca me dérange pas moi. » Confia-t-il avec la même ironie, complice. « Mais bon, c’est quand même un peu cradingue comme endroit. Ca me fait penser à un jeu qu’il faut impérativement que je t’apprenne ! »
-Un jeu de survie ?
« Heu...non. » Il s’interrompit alors que sa réflexion pointait le côté un peu stupide de son imagination galopante. Il se pencha un peu de côté en ajoutant : « Un jeu où tu mises tes fringues. Le jour où tu seras d’humeur joueuse. C’est sympa. »
-Laisse moi deviner, il s’accompagne de beaucoup d’alcool c’est ça ?
« Oh ! Pas forcément ! Ca dépend de la circonstance. Si c’est en groupe, qu’on fait la fête, ouais. Après dans la sphère intime c’est plus pour délirer, avec un jeu de cartes par exemple. Histoire de déconner en dessapant l’autre. »

Darren s’arrêtait régulièrement en pensant trouver un nouveau piège mais ça avait l’air de se calmer. Le couloir se terminait sur un espace beaucoup plus grand, rectangulaire, où la majorité des tuyaux laissaient place à une sorte de salle de contrôle. Deux ordinateurs Lantiens avec des claviers en cristaux non alimentés se distinguaient difficilement sous la poussière. Mais les différents câblages d’aspect futuristes convergeaient tous vers ces marches en promontoire. Une sorte d’estrade surélevée qui permettait d’avoir une vue générale du dispositif.

En s’y rendant, le jeune homme observa longuement les lieux tout en les sécurisant.
« C’est plutôt calme ici, Emy. Par contre... »
Darren fixa l’environnement maintenant qu’il se trouvait au centre de cette immense machine. Ca avait vraiment une tête familière, ça lui rappelait quelque chose qu’il avait déjà vu dans la cité. Il laissa la princesse accéder aux ordinateurs. A son contact, les dalles de cristaux tentèrent de s’éveiller. Elles s’allumèrent difficilement et grésillèrent comme si une diode mourante essayait encore de rendre à l’ordinateur ses beaux jours. Il n’y avait clairement pas assez d’énergie mais...ça réagissait...et Emilia n’y était pas étrangère.

Cette réaction moribonde éclaira néanmoins des symboles Lantiens sur la tranche de l’ordinateur, quatre pour être précis, qui donnaient bien l’air de donner la réponse…
« Tu sais ce que ça dit ? » Lâcha-t-il, curieux.
-E2PZ, décrypta Emilia qui s’approcha pour étudier le dispositif. Elle avait bien eu l’occasion d’approcher un E2PZ dans sa vie, l’un des secrets les mieux gardés et jalousés de son peuple, mais celui ci n’avait rien en commun avec l’autre. Il était gigantesque ! -J’ai l’impression qu’il va falloir le rebrancher si nous voulons en tirer quelque chose.
La jeune femme examina le schéma apparu à l’écran et les indications qu’il lui donnait. Ca risquait de s’annoncer sportif mais cela lui semblait réalisable avec l’aide de Darren.
-Tu peux m’aider ?

Un E2PZ, ça ?
C’était une blague ?
Mais d’un autre coté, si on retirait la gueule “raffinerie” avec tous ces tuyaux pour remplacer la déco par des cristaux...ça y ressemblait mine de rien. Darren s’était senti rapidement largué, il ne comprenait pas un seul mot de ce qui passait sur l’écran à peine allumé. La toile était terne, grisâtre, les symboles lantiens se fondaient quasiment dans les plaques de poussières. Mais ce n’était pas ça qui allait décourager son amie. L’idée de tripoter ce dispositif ne lui plaisait pas vraiment mais il ne voyait pas ce qu’ils pourraient faire de plus.
Un complexe sans énergie, ils auraient bien du mal à trouver ce qu’ils étaient venu chercher.

« C’est ton terrain. » Constata-t-il. « Bien sûr, tu veux que je fasse quoi ? »
-Suivre les instructions. Tu vas faire les branchements dans l’ordre que je te donnerai. Là-bas, lui indiqua t-elle du doigt.
« Cool. » fit-il simplement en notant le changement d’intonation. Ca l’amusait un peu. Il voulait rester optimiste malgré la situation dans laquelle ils se débattaient. « Je te vois sous ton air de cheffe d’entreprise, c’est mignon. » Ironisa Darren tout en allant vers l’endroit qu’elle lui avait indiqué.
-Je fais de mon mieux compte tenu de la situation, répondit-elle.

Le militaire se retourna. Elle était tendue, il le savait. Plusieurs fois, en marchant, il avait remarqué la tension et l’angoisse qui pouvait lui étreindre les tripes. Darren avait tellement eu l’habitude de la côtoyer dans une environnement de sécurité qu’il ne se méfiait pas spécialement de sa situation, comment elle vivait tout ça. Après tout, Emilia avait suffisamment pris cher avec les Wraiths qui la coursaient à l’époque.

Et voilà que pour un accident, elle se retrouvait dans une zone condamnée, inconnue et pleine de danger. Darren avait peur lui aussi mais il était taillé pour la gérer, l’enterrer, et ressortir vivant de l’adversité. Le fait que leur vie soit minutée par l’irradiation, mais aussi par la dégradation progressive de leurs corps, n’y changeait pas grand chose au final.
Mais Darren comprenait. Autant par expérience de son job que par ce qu’il savait de cette princesse pleine de bravoure.

Là, elle se concentrait, elle s’enterrait dans son rôle et son boulot, ne lui laissant pas le temps de la rassurer et de percer l'abcès. Parce que, malgré tout, il y avait cette sale trace d’ombre sur le tableau qui ne voulait toujours pas partir. Ils n’auraient pas l’occasion d’en parler parce que ça ne serait jamais “le moment”. Clive savait qu’il le prendrait malgré tout.

« Emilia ! » Lâcha-t-il pour qu’elle lève le nez de son clavier. Deux prunelles châtaignes se posèrent sur lui.
Il posa un regard qu’il souhaitait compatissant et encourageant dans sa direction.
« On va s’en tirer tu sais ? On va franchir toutes ces étapes, passer tous ces fichus pièges, et on rentrera chez nous. Tout se passera bien. »
Ce n’était pas une question. Une garantie sous fond de promesse.
Elle reviendrait chez elle, il fallait vraiment qu’elle le comprenne. Qu’elle ne se laisse pas envahir par l’aspect lugubre et inéluctable de ce fichu complexe sans vie depuis dix milles ans.
Naturellement, répondit la jeune femme qui n’avait aucune envie d’étaler ses peurs à l’instant. Ils n’avaient pas le temps pour ça, il fallait avancer s’ils voulaient avoir une chance de quitter ce complexe entier et avec la pièce qu’ils convoitaient. Elle baissa les yeux pour couper court à la conversation.

Darren ne demanda pas son reste. Il se sentait un peu rejeté avec sa compassion mais ça le fit sourire au final. Il se reconcentra sur son objectif. C’était sur plusieurs niveaux, histoire de rendre les choses plus faciles. Après avoir passé son fusil à pompe à la hanche, le soldat grimpa les quelques barreaux et se porta sur le branchement en question. C’était plus simple qu’il n’y paraissait. Pour celui-là, tout du moins, puisqu’il s’agissait d’un simple raccord. Comme une prise électrique dont les fiches étaient faites de cristaux.

« Ok ! J’ai trouvé ! » S’écria-t-il en agitant le cordon.

Il vérifia la façon de le positionner, histoire de ne pas tout foutre en l’air d’entrée de jeu, puis il l’engagea dans son réceptacle. Immédiatement, un grondement mécanique monta dans toute la structure. Darren se demandait si c’était vraiment lui ou Emilia qui venait de commander cette mise en route. Quoi qu’il en soit, l’agencement de tuyaux qui les entouraient vibrèrent brusquement, éjectant de la poussière par effet de vibration. Le vert fluo de l’espèce d’acide s’anima, poussé par la pression dans divers endroits. Tout commençait à reprendre vie.
-Cette substance corrosive… on dirait une sorte de carburant.
« J’ai jamais entendu parler de ça dans les E2PZ. C’est surement un ancien système qu’ils ont abandonné... »
- Il faut croire vu la dangerosité du liquide... Ce n’est pas surprenant qu’ils aient cherché à améliorer le système.

A chaque fois qu’Emilia lui donnait une indication, le soldat s’y pressait en essayant de respecter le temps imparti. Mais ce fût bien vite très compliqué. Il cherchait déjà les échelles d’accès pour se rendre d’un niveau à l’autre. Mais en plus, les connecteurs n’étaient pas tous de la même taille. Il s’était retrouvé avec une sorte de caisson de cristaux dans les bras devant une fiche pas plus grande qu’une prise électrique.
Le délai fût dépassé et toute la machinerie s’étrangla brusquement. Le vacarme de la mise en route descendit lentement comme la fin de la sirène d’alarme qui gueulait les premiers mercredis du mois.
Les choses se passaient bien. Trop bien hélas, car soudain tout disjoncta. Emilia leva les yeux vers Darren avec une moue accusatrice.

« Hé ! Comment tu veux que je fasse entrer un truc pareil !!! » S’énerva le jeune homme pour se défendre de l’échec. Il posa sur le garde-fou le gros bloc garni de tout un tas de cristaux. « Les branchements correspondent pas ! »

Tu veux que je vienne jeter un oeil ?
« Nan ! Jsuis un grand garçon, j’arrive encore à différencier les tailles. » Rétorqua Darren, passablement agacé. Il regarda un peu plus loin sur les différents niveaux puis comprit finalement. Par endroit, ça avait été sciemment interverti.
« Tu sais où se trouve les autres points de connexions ? »
-Un instant, répondit Emilia en cherchant les informations sur l’ordinateur. Elle lui transmit ce qu’elle trouva.

Darren avait vu juste.
Les petits malins s’étaient amusés à intervertir les branchements pour retarder un redémarrage. Le jeune homme commençait à trouver ça vraiment inquiétant. En allant d’un point à l’autre pour faire les échanges et placer les raccords aux bons endroits, sans les brancher, il déclara à la volée :
« Les pièges, maintenant ça, ils tenaient vraiment pas à ce que leur ennemi allume ce truc. »
Mais ils n’avaient pas le choix. Darren revint sur la toute première position puis lui fit un signe de pouce pour dire qu’il était prêt.
-Tu penses que nous faisons une erreur en rallumant ?
La tête du soldat revint par-dessus le garde-fou.
« Ben, les Anciens étaient vraiment pas les genres de mecs à poser des pièges. Ils s’appuyaient tellement sur leur technologie qu’ils n’avaient pas spécialement d’armées, d’hommes d’actions. C’était des savants pour la plupart. »
Il s’appuya sur la barre.
« Un truc marchait pas ? Il mettait une mention à la con. Genre “en panne” puis ils éteignaient tout pour passer à autre chose. Là, on se retrouve avec des Anciens qui posent des pièges et essaient de faire en sorte qu’on allume pas ce vieux tromblon... »
Arrivé à ce constat, il acquiesça sérieusement.
« Je pense que c’est une erreur de le rallumer oui. Mais si on le fait pas, on est fini. On mourra bras dans les bras dans ce tombeau tout dégueulasse et poussiéreux. »
Il avait fait son petit trait d’humour. C’est qu’il en était fier le Darren.
« Entre nous, je trouve qu’on peut faire mieux que ça...comme aller chevaucher des Drakonys. T’en penses quoi ? »
- Jet d’acide ou de flamme… j’hésite, les deux sont bien tentant, répondit-elle du tac-o-tac. Elle prit quelques instants pour réfléchir aux paroles de Darren. -Tu crois que le danger est encore présent après 10 000 ans ? Si l’ennemi était organique, à moins qu’il ne s’agisse d’un dieu je ne vois pas comment il aurait pu survivre. Si c’est mécanique et intelligent en revanche…
« On passerait des jours à faire des hypothèses qu’on tomberait quand même à côté tu sais. »
Un sourire bariola son visage.
« J’connais une militaire, elle était partie avec un groupe explorer une aile où la nature avait proliféré en vase clos pendant dix milles ans. Ben finalement, c’était un ancien qui avait transféré sa conscience dans les plantes vu qu’elles se renouvelaient. Il avait pas pu faire l’ascension. »
Il haussa les épaules.
« La légende dit qu’ils se sont tous barrés quand la cité était endormie. Mais en fin de compte, ça a été une vraie débâcle. Pas mal d’Anciens sont restés derrière à se débrouiller comme ils pouvaient. Donc c’est pas impossible qu’on en rencontre un assez malveillant non ? Mais quoi qu’on déclenche, on veillera à ce que ça ne menace pas la cité. Ça te va comme plan ? »

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Dim 14 Avr - 20:19
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...

-N
ous deux contre un Sage immortel maléfique ? Voilà qui sonne comme le titre d’un grand récit héroïque ! plaisanta t-elle. Mais le fait de mettre un semblant de visage sur la menace ennemie la revigorait. Surtout s’il s’agissait d’un Ancien. Y aurait-il eu une sorte de guerre civile qui les auraient opposé les uns aux autres ? Une menace piégée quelque part depuis dix millénaires ? Peut-être que le Zätaar en personne se trouvait quelque part dans ce complexe… après tout, les légendes prenaient bien naissance quelque part.
Elle divaguait.

« MAIS CARRÉMENT ! Avec Emilia Eidolas, l’Exception qui combat le Mal dans toute la galaxie ! Et le tréééééés séduisant Darren Clive, le meilleur fantassin de toute l’expédition ! »

-Le meilleur fantassin souhaite t-il activer l’E2PZ alors ?
« Comment ne pas résister à la création du récit héroïque ! Je suis prêt, quand tu veux !!! »
- Allons y alors.

Nouveau démarrage.
La plomberie du coin vibra et grinça au cours de la nouvelle tentative. Darren se demandait comment tout ça pouvait tenir tant ça semblait vétuste. Un prototype ok. Mais le machin avait vieilli ici pendant dix milles ans avec de l’acide vert fluo dans les veines. Le soldat n’avait pas le temps pour reconnaître que les Anciens étaient vraiment ingénieux. Surtout dans la durabilité de leurs affaires. Maintenant qu’il avait en tête les différents accès, le jeune homme fonça sur le parcours pour faire les différents branchements dans les laps de temps donnés par Emilia.

C’était loin d’être simple de son coté aussi puisqu’elle devait traduire les inscriptions de l’ordinateur, déduire le fonctionnement et les commandes que l’on attendait d’elle, puis transmettre les informations avant que tout ne s’emballe.

Cette fois, le duo parvint jusqu’au bout. Darren ne prit pas la peine de descendre pour remonter en face. Il s’élança et sauta littéralement sur la passerelle d’en face, loin d’adopter un geste fluide, et il parvint jusqu’au raccord qu’il plaça...sans que celui-ci ne s’active cette fois. Le coeur du militaire manqua un tour, il était embarqué dans tout ce boucan de chargement, à croire que tout allait exploser s’il ne finissait pas son boulot. Mais visiblement, ça ne fonctionnait pas. Le jeune homme eut la réaction naturelle de débrancher et rebrancher le câble...en vain.

« Hé...Emilia !!! » Gueula-t-il.
Elle ne l’entendait pas à cause du bruit. Il passa immédiatement sur sa radio.
//Ca fonctionne pas. J’l’ai branché mais aucune réaction, tu reçois ?!?//
- // Il y a un problème. Une grosse baisse de pression dans les circuits. Ca doit fuir quelque part. //

Darren se redressa. Une fuite ?
La première chose qui lui venait en tête, c’était ces pièges qui avaient foré de gros trous dans les tuyaux et qu’il avait fait déclencher comme un gros demeuré. Le soldat se déplaça au long des passerelles pour atteindre celle qui dominait l’endroit par lequel il était venu et écarquilla les yeux.
//Ah oui...heu...je confirme...c’est pas une petite fuite...// Lâcha-t-il à la radio un peu penaud.
Les circuits d’alimentation touchés par les pièges ne disposaient pas de fermeture automatique apparemment. Ca pissait dans tous les sens de l’acide fumant qui dévorait les autres tuyau et formait une...nappe de lave ? Un truc similaire par-dessus lequel ils avaient fait de l’escalade.
Darren se sentit perdu, déboussolé, il ne savait pas comment résoudre l’affaire. D’autant plus que le liquide prenait de l’importance en s’accumulant et qu’il commençait à se diriger vers Emilia. Elle qui était la seule à pouvoir lui trouver une solution…
//Ca coule dans tous les sens là où les pièges se sont déclenchés. Et ça ruisselle droit sur toi Emy. Il faut que tu nous trouves une solution !//
Une secousse très inquiétante brutalisa l’ensemble de l’installation. Darren récupéra son équilibre in extremis en se raccrochant à un pilier. Il fixa l’acide en contrebas et se recula. La princesse aussi avait failli s’écrouler. Une alarme sonore monta soudainement et elle vit l’une des jauges sur son écran franchir un cap, se matérialiser en rouge, tandis qu’un avertissement de surcharge venait s’y ajouter. Des fois qu’elle n’aurait pas saisi le problème.
//Rapidement si possible. Ca commence à sentir mauvais...//

- // La seule solution serait de refermer les conduites manuellement. C’est un très mauvais plan, mieux vaut trouver une issue de secours et quitter les lieux tout de suite.// répondit-elle en surveillant la progression du liquide vert qui se déversait non loin de sa position.
//Et ? On laisse ce machin se vider les tripes dans le complexe ?!? Elles sont où ces fameuses conduites ?//
- // En amont de chaque piège. Comment comptes-tu t’y prendre avec le liquide qui se déverse, hein?! //

Darren soupira. Elle avait raison, le sol ça n’existait plus. Sauf s’il avait envie de s’y dissoudre dans un bain à remous sifflant. D’ici, il voyait déjà l’une des fuites. Son regard parcouru le tuyau percé et il rechercha la valve sans la trouver. Mais elle devait être quelque part là bas. Le jeune homme ne savait pas comme s’y rendre mais il finit par poser le pied sur une des conduites en face de lui, en-dehors du garde-fou, et il y testa son poids.

//Et merde...// Maugréa-t-il en ne voulant absolument pas se lancer. Mais il n’avait pas le choix. Pas de courage quand il n’y a pas de peur, il s’en souvenait…
//Moi Tarzan, toi Jane...// lui dit-il pour toute réponse.
Et il quitta la passerelle pour ramper sur les conduites avec une lenteur effarante, manquant de perdre l’équilibre à cause des secousses et des irrégularités. Pire qu’un parcours du combattant, il naviguait d’une conduite à l’autre, s’approchant de celle qu’il voyait pour enfin discerner la valve. C’était surtout une sorte de levier de fermeture. L’objet l’attendait, il était juste en dessous de lui.
Darren descendit, se suspendant aux barreaux et à toutes les prises qu’il pouvait trouver. Et finalement, il plaça son poids sur un seul pied pour abattre l’autre sur le levier. Un coup, deux coups, trois, quatre. Et finalement, il céda sous l’impact pour tomber en position de fermeture. Les quelques tuyaux qui vomissaient de l’acide cessèrent peu de temps après.
//Emilia ? Tu as senti une différence ?//
- // Il semblerait que tu ais réussi. Tu n’es pas blessé ? //
//Non...je continue...// répondit-il d’une voix blanche.
- // Fais attention à toi… sinon je vais devoir grimper à ton secours, // plaisanta t-elle.

Elle s’efforça de faire fi de son inquiétude pour tenter de trouver une solution informatique. L’ordinateur venait de lancer une alerte : l’acide était en train de ronger le sol et allait finir par s’attaquer au câblage, il fallait prendre des mesures en urgence. La machine lui proposait trois commandes dont une aux caractères parfaitement illisibles. Quand aux deux autres, elle n’avait aucune idée de ce que cela risquait de provoquer compte tenu de l’état des installations. Alors c’était un peu comme jouer à la roulette russe, elle n’avait plus qu’à appuyer au hasard en espérant ne pas se tirer une balle dans la tête… ou dans celle de son ami.

Le dispositif répondit immédiatement.
Dans un bourdonnement sonore, le plancher déjà attaqué se mobilisa pour produire une pente de chaque côté du promontoire. C’était un peu à l’image d’une pyramide dont Emilia se trouvait au sommet. L’acide s’écoula rapidement, notamment avec des sortes de gouttières d’éjection qui collectaient le reliquat pour l’acheminer ailleurs.

Assez rapidement, la princesse retrouva le métal Lantien qui avait fait des cloques sous l’action du liquide corrosif. Tout danger était enfin écarté et l’ordinateur semblait fonctionner correctement. Il afficha les progrès de Darren, lequel s’était attaqué à la dernière fuite. Le câblage de la dernière section s’anima automatiquement.

Comme un vieux moteur à la retraite que l’on parvient à démarrer, le vacarme du chargement s’accompagna d’une mise en route très particulière. Les quatre parois d’enchevètrements de tuyaux bougèrent comme une entité métallique. Un mouvement qui les affina et qui vit des bras hérissés de cristaux pointer aux quatre coins cardinaux.

Une multitude d’éclairs crépitaient alors sur chacun de ces extrémités avant qu’un éclat brutal ne secoue vivement toute la pièce. Emilia fut soufflée par une onde de choc qui la contraignit à se protéger tandis qu’au-dessus de sa tête, à une bonne hauteur, une bulle informe s’était agrégée. Brumeuse, sombre comme l’univers, chargé de ténèbres et de pénombre, l’énergie en émanait.
Un sous-espace...comme les E2PZ. Cette machine venait d’en concevoir un et captait dorénavant son énergie pour alimenter le complexe. La jeune femme poussa un cri de victoire. Elle avait réussi !!

Le son était maintenant devenu beaucoup plus doux. Comme un ronronnement, un grésillement continu comme on pouvait en distinguer sur le Dédale.
L’éclairage s’alluma d’un coup, claquant comme un bouchon de champagne et illuminant des parcelles spécifiques comme dans une ville. Celle de l’installation de l’E2PZ en premier puis les autres, petit à petit.

« Tu vas bien ? »

Darren déboucha du couloir en sautillant pour éviter les cloques les plus importe, de crainte qu’il ne s’y enfonce comme dans des sables mouvants. Le soldat allait à sa rencontre avec un visage creusé et l’air inquiet. Il ne souriait pas cette fois, la tête un peu tournée de côté, une paupière plus lourde que l’autre.
-Oui tout est sous contrôle !
« Bien joué l’experte ! Tu devrais en parler à McKay, il va être jaloux d’apprendre que t’as démarré ce truc. »
- Pas mal hein ! S’exclama t-elle en prenant un air faussement arrogant avant pencher la tête pour observer son ami. Quelque chose lui semblait étrange dans son comportement.
- Et toi… est-ce que ça va ?
Clive vit sa méfiance et voulu compenser d’un grand sourire qui jurait avec son regard angoissé.
« Oui, bien sûr !!! »
Il l’avait maintenant rejoint et il lui tapota l’épaule tout en fixant le sous-espace qui flottait au-dessus de leur tête.
« Personne te croira princesse !!! T’as créé ce truc là en plein dans la cité ! »
- Je l’ai simplement remis en route, répondit-elle en retournant près de la console pour tenter d’obtenir quelques informations supplémentaires… notamment sur le compte à rebours qui venait d'apparaître.

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Dim 14 Avr - 20:21
Darren Clive
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Survivre avant tout...

L
es oreillettes se mirent soudainement à grésiller. Quelqu’un tentait visiblement de les joindre sur leurs radios sans y parvenir. Mais au travers du fourmillement, quelques bribes leurs parvinrent. Darren avait pensé que c’était Atlantis qui tentait de prendre des nouvelles mais ils avaient bien insisté sur le fait que le complexe était enrobé d’un blindage aussi dense que la coque externe prévue pour les voyages spatiaux. C’était pour ça que l’acide était resté confiné là pendant des milliers d’années.
Le revêtement était conçu pour supporter les gazs corrosifs de l’espace. Donc ce qu’il y avait dans ce complexe y resterait encore un long moment.

Alors...si ce n’était pas Atlantis (à moins qu’ils aient trouvé un autre moyen) ; qui ça pouvait bien être ?!?
Darren monta un regard curieux en direction de la jeune femme avant de se retourner, une main sur son arme. Il avait l’impression que cette émission radio était inhabituelle, peut-être pour les distraire le temps d’une attaque ou quoi que ce soit. Mais non...il n’y avait personne à part eux. Emilia avait froncé les sourcils et regardait autour d’elle d’un air soucieux.

« Je crois avoir entendu un truc. Pas toi ? Arleau...couche ? »
-”Arlokush”, vigueur... traduit-elle avec un regard d’incompréhension. Ton peuple aurait réussi à nous contacter ? L’interrogea t-elle en cherchant à se rassurer.
« Heu...c’est pas plutôt tes scientifiques qui tenteraient de te joindre en causant en Ancien...non ? »
-Peut-être. Bien, nous avons environs cinq heures de lumière alors profitons en pour trouver un ordinateur qui contient un plan du complexe.
« Ma poignée dorsale n’attend que ta main, très chère. » Blagua-t-il en lui présentant son sac à dos.

Darren reprit la tête pour progresser. Il s’engagea dans le nouveau corridor de conduites en tout genre, n’y trouvant ni piège ni fuite d’acide cette fois. Le dispositif semblait fonctionner tout seul sans entretien ni besoin de main d’oeuvre. Il n’était pas rare de se faire surprendre par des clapets de pression, des étincelles qui jaillissaient parfois sans raison, ou le mouvement de quelques machines à l’utilité méconnue. Tout pour les faire sursauter mais Darren ne fusilla pas le vilain métal responsable des quelques frayeurs.
Au moment où ils débouchèrent à l’extérieur, les radios grésillèrent encore. La voix était si lointaine, grave, venu d’un écho de clocher. C’était impossible de comprendre ce qui se disait. Parce que Darren savait qu’il ne serait pas possible de décrypter ou de communiquer avec le responsable tant il y avait de fritures, il prit la décision de changer de fréquence.
Pas question que cette émission les dérange, Emilia et lui, dans un moment comme celui du démarrage de cet E2PZ géant.

Le jeune homme reprit aussitôt la route. Les façades de tuyaux type “raffinerie” se terminèrent sur un vaste espace du complexe. Le militaire en fût stupéfait et s’y arrêta, laissant son regard parcourir toute l’étendue d’un aéroport de métal et d’agencements divers. Certains endroits s’organisaient d’armoires et d’étagères avec des engins mystérieux placés sous bâche. D’autres, il n’y avait qu’une seule et unique machine immense qu’il ne valait mieux pas réveiller. Et pour d’autre endroits, encore, c’était des salles détachées. Des cabines isolées. Comme des conteneurs ou des plates-formes.

Clive reprit la route, s’assurant qu’Emilia ne quitte pas son giron en ayant un peu trop d’étoiles dans les yeux. Mais le fait était là, déplaisant et véridique.
« C’est immense. On va mettre plus de cinq heures à fouiller tout ça... »
Je déplore que le temps nous manque ! répondit Emilia en lançant un regard fasciné vers toutes ces machines qu’elle aurait adoré prendre le temps d’étudier. Les terriens gardaient jalousement bon nombre de secrets de la cité lantienne qu’ils avaient découvert, cette expédition représentait une chance inespérée d’en savoir plus. Mais ils étaient pressés. Hâtons nous. Il faut trouver un tableau de commande, un ordinateur… tout ce qui peut nous aider à révéler l’emplacement de la pièce que nous convoitons.
« Même ça, ça va nous prendre des heures... »
Le soldat fût pris d’une certaine hésitation. Il gambergea tout en observant son amie puis fronça les sourcils.
« Hé mais...tout ce fourbis, là, il est pas alimenté... »
Son regard descendit sur son équipement.
« T’aurait moyen de capter des cristaux sous tension avec ta boite à malice, là ? »
-Tu parles du détecteur de radioactivité que tes collègues m’ont confié ? Comment pourrait-il capter les cristaux ?
« Je me dis que des cristaux alimentés comme les ordis où tu étais, ça doit bien laisser une trace... »
Il essayait de faire marcher sa tête. Mais la technologie n’étant pas du tout son domaine, il était à deux doigts de lui demander de laisser tomber, d’oublier sa naïveté.
« Et si tu peux capter ça, on pourra au moins se diriger vers le prochain dans le coin ? »
-Si les cristaux étaient radioactif tes collègues ne les manipuleraient pas à mains nues, le charria t-elle.

Darren pinça des lèvres.
Il lui fit un petit signe de tête et reprit sa route sans demander son reste. L’endroit était glauque à souhait mais il n’y avait pas l’air d’y avoir de menace pour le moment. Par contre, cette foutu émission recommençait. Cette fois, un nouveau mot venait de sortir.

« Il avait de ces façons de parler les Anciens. Pocahontas ? »

Emilia avait perdu son sourire. Comment pouvaient-ils encore capter cette voix alors qu’ils avaient changé la fréquence ? Là ça devenait carrément inquiétant.

- “Polahotas” je crois.... “maximum”... “vigueur”... “optimal”... qu’est-ce que ça veut dire ?

Darren ne l’écoutait plus. Il se figea brusquement, tous les sens en alerte, tandis qu’il forçait Emilia à aller se réfugier dans son dos de sa main libre. Ils étaient rendus entre plusieurs salles “cabines” dont les accès semblaient verrouillés. Mais au-delà de leur champ de vision, juste sur un tournant, il venait de repérer quelque chose. Le jeune homme monta son fusil à pompe puis s’approcha lentement, regardant autour de lui dans une concentration complète. Emilia se figea et tira son arme de son étui sans comprendre d’où venait la menace que Darren semblait avoir flairé. Il parvint jusqu’à un conteneur entièrement éventré par des racines aussi grosses que son corps. Elle s’étaient échappée depuis très longtemps visiblement et cette sorte de nature avait envahi le reste de cette partie du complexe.

Ce n’était pas la première fois que certaines portions de la cité s’était retrouvée envahie par un biome de nature. Mais celui-ci le choquait. Tout comme il choquerait Emilia. Le militaire suivi les agencements de racine et la verdure pour aller franchir la paroi complètement soufflée. Derrière, c’était un tout nouveau paysage qui s’ouvrait à eux et qui se privait très bien du métal.

Il y avait des fleurs immenses qui poussaient jusqu’au plafond, s’y écrasant, pour redescendre en direction du sol. Elles manquaient de place. Les quelques spécimens qui se dégradaient au sol indiquait que ce n’était pas récent.
Quelque chose clochait...ou pas, peut-être...il n’y avait que la princesse pour lui offrir une réponse. Car ces fleurs géantes...il les avait vu sur Orzan. C’était là où ils avaient piqueniqué. Exactement les même...
- Cela ne peut... souffla Emilia en regardant la végétation avec des yeux ronds. Elle eut envie de s’engager pour aller regarder ça de plus près avant de se rappeler que Darren les avait conduit dans cette cachette pour une raison précise. - Il y un danger ?

Le militaire s’était agenouillé devant quelques plantes. Sur le sol de racine et de mucus, il y examinait des traces. Profondes, griffues, il ne savait pas trop. Mais c’était bel et bien des empreintes qui lui semblait plutôt récentes. Le jeune homme regarda l’intérieur de ce hangar. Ils se trouvaient dans une sorte d’annexe, les différentes portes avaient succombé depuis longtemps à la pression de cette végétation. Il y avait fort à parier que ça s’étendait très loin.
« A toi de me le dire. On se croirait sur ta planète... »
- Sur ma planète il y a très longtemps… certaines de ces plantes datent de la préhistoire, je ne les ai vu qu’une fois en laboratoire grâce au travail de reconstitution d’une équipe de généticiens… répondit-elle, perplexe. Comment ont elles pu arriver ici et prospérer sans lumière ?
« Bonne question... »
Il lui fit un petit signe pour qu’elle le rejoigne. Darren écarta un peu les plantes pour libérer la vue sur ces empreintes.
« Je suis assez bon pour te dire que c’est pas le poulet nudiste qui en voulait à mes bottes. Mais là...on a de quoi s’inquiéter ? »
-Je ne suis pas une spécialiste des empreintes d’animaux… la faune d’Orzan aurait également été importée ?
« Une faune qui survit dix milles ans ?!?... » questionna-t-il avec des yeux ronds. « C’est possible ça ? »
- Non ! Enfin… peut-être… si cette créature a la capacité de se mettre en état d’hibernation ultra prolongée… ce serait du jamais vu mais il y a quelque chose de spécial ici, autrement ces plantes ne seraient pas vivantes. Comment sais-tu si cette empreinte est récente ?
« Déduction...regarde, le sol, cette terre bizarre. On se croirait dehors, c’est frais. Si c’était une vieille trace, elle aurait fini par se faire “absorber”, non ? »
- Tu as raison… les végétaux auraient finit par la recouvrir...

Darren monta son regard vers l’avant. Ca serait une sacrée trotte dans une jungle bizarre. Il ne manquait plus que ça ! Mais l’idée faisait son chemin et il ne tarda pas à la partager.
« Tu as dis qu’un truc spécifique avait fait survivre tout ça...et si c’était notre machine en question ? Après tout...elle fait muter l’ADN pour l’ascension. Ca rend plus fort, plus performant avant de flancher...ça aurait quel effet sur des espèces naturelle et la faune dans le noir ? Tu crois que ça survivrait ? »
- La flore de Sombrelune a été génétiquement modifiée pour mieux résister au manque de lumière mais des milliers d’années passées dans l’obscurité totale… cela me semble surréaliste. Il faudrait qu’elle trouve sa nourriture ailleurs, dans la terre peut-être. Si je pouvais l’examiner...
« C’est un début de piste... »
Il hocha la tête en direction de la porte défoncée au fond.
« Je suis sûr qu’un labo doit trainer dans le coin. On prend le risque ? »
- Oui. Ces plantes ne se sont pas retrouvées ici par hasard, les lantiens les ont importé, probablement pour étude. J’espère seulement que nous n’aurons pas à croiser un grand prédateur préhistorique d’Orzan…
« Prédateur...genre Drakonys ? Ou genre qui les bouffait comme du chocolat ? »
- Les drakonys peuvent hiberner plusieurs années en attendant que de la nourriture se présente à eux mais ce ne sont pas des traces de drakonys ni d’aucun grand prédateur contemporain de ma connaissance. Cette créature est nettement plus petite que les dragons de tes contes.
« Ok...on va progresser prudemment alors. Lâche pas ton arme et...s’teu’plait...préviens moi si je fonce sur des plantes toxiques ! »
- Je vais essayer… mais je ne suis pas capable d’identifier toutes les espèces présentes ici, navrée.

« Hé ! » S’impatienta légèrement Darren. « Ne te mets pas la pression, je te demande pas d’aller me décrocher tes deux lunes. Averti moi juste s’il y a un truc qui t’intéresse, d’acc ? »
Il ajouta un sourire rassurant à sa proposition.

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Dim 14 Avr - 20:22
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

D
’accord, répondit-elle en resserrant sa prise sur son arme. La plante là-bas possède de très puissantes vertues pour lutter contre la dégénérescence cellulaire. Ce que vous appelez ici le cancer.
C’était plus fort qu’elle, son esprit scientifique reprenait le dessus lorsqu’elle était dans un milieu familier. Cette plante n’existait plus à l’état naturel sur Orzan, elle avait été recréée artificiellement en laboratoire à partir d’échantillons d’ADN retrouvés.
Darren s’en approcha puis la pointa du doigt, histoire d’en être sûr. Il l’observa un petit moment puis lui lâcha un petit :
« Tu me fais pas la gueule si je la cueille comme un barbare ? »
Un petit sourire naquit sur le visage d’Emilia.
-Prend en autant que tu peux si tu penses que cela peut apporter quelque chose aux tiens. Ce sont les feuilles qui sont intéressantes, il faut les faire sécher puis les préparer d’une manière particulière.
« Tu m’apprendras ? » demanda-t-il d’une voix guillerette alors qu’il prenait plusieurs de ces plantes pour les placer dans son sac.
-Bien sûr, répondit la jeune femme tandis qu’elle aussi ramassait un échantillon dans l’espoir de pouvoir le ramener chez elle afin de comparer les propriétés biologique de cette espèce avec celle de sa planète. Elle entreprit d’en faire autant avec deux ou trois autres végétaux ainsi qu’un échantillon de terre qu’elle mit dans l’une de ses poches vides à défaut d’avoir des récipients.

Ils s’enfoncèrent alors dans cette nouvelle jungle. Elle ne ressemblait à rien que Darren avait pu voir sur Terre, durant ses contrats, et moins encore de ce qu’il avait vu des explorations dans les ailes envahies par les biomes. Cette fois, c’était un univers différent. En avançant au travers de la végétation, sans routes, aux reliefs changeant, les différentes plantes laissèrent la place aux lianes, aux arbres, aux fougères, buissons et type de végétation de toute sorte. Pour le peu qu’ils se pensaient encore dans un complexe noyé de radioactivité avec un compte à rebours, l’environnement leur donnait maintenant l’impression d’avoir fait un bond en arrière sur Orzan.

Une machine détraquée les aurait envoyé loin de toute civilisation, avec seulement cet équipement sur le dos, et eux seuls. Il n’y avait plus personne, plus de structure, plus de hiérarchie, plus de civilisation, ni de monde...juste Darren et Emilia. Deux naufragés qui voyageaient dans une forêt ancestrale que la lumière ne dérangeait pas du tout.

Comme souvent dans un environnement naturel, il y avait du bruit dans tous les sens. Le bois craquait, les feuillages frottaient, les branches tanguaient sous des courants d’air invisible. Les branches mortes croustillaient quasiment sous leur bottes.
Il faisait plus lourd soudainement, l’humidité venait d’augmenter et le taux de radiation en conséquence. Darren ne rencontrait pas d’animaux sauvage. Pourtant ce n’était pas faute de chercher.
Au bout d’une demi-heure de route, ne trouvant plus le moindre mur, ni portes, ni piliers. Rien qui ne puisse le diriger dans une organisation d’infrastructure, il se résolut à sortir une boussole. L’aiguille tournait sur elle-même, complètement perdue, et il la montra à la jeune femme.

« On capte même pas le pôle magnétique ici... »

Ils continuaient leurs routes.
Impossible de savoir combien de temps s’était écoulé mais la marche était éreintante, épuisante. Darren finit par sentir la fatigue grandissante d’Emilia dans son dos qui ressentait cruellement les effets d’inhalation de l’acide sur ses poumons. Dans un geste réflexe, Darren avait ajusté la fermeture de son gilet tactique pour qu’il soit bien refermé. Qu’il continue de dissimuler le fait qu’un jet d’acide avait atteint le coeur du champ de force portatif. Depuis l’activation de l’E2PZ géant, Darren avait retrouvé son empathie et le pouvoir de télékinésie. Du moins le savait-il sans l’avoir testé.
Il ne voulait pas que son amie le sache. Il craignait qu’elle prenne soudainement peur et qu’elle se méfie de lui. Au vu de leur objectif, de leur mission, c’était bien la dernière chose qu’il fallait : le doute.

Entre plusieurs arbres, quelque chose faisait que le relief remontait en pente. Darren s’arrêta à son sommet puis tendit la main à Emilia pour l’aider à le rejoindre. Le contact transita ses sentiments avec une forme de pureté et de puissance qu’il ne captait pas avant son agression. Il savait que son cas s’était encore plus détériorer. L’état de son amie le motiva à la convaincre de s’arrêter.

« On fait une pause ici. Dix minutes. » Décréta-t-il.

Emilia accueilli la proposition avec soulagement et se laissa tomber par terre pour reprendre son souffle et chercher de l’eau. La jeune femme avala goulûment quelques gorgées d’eau et se reposa le temps de retrouver un semblant de respiration “normale” (autant que cela se pouvait avec les vapeurs toxiques inhalées par deux fois). Après quoi elle chercha le capteur de radioactivité pour faire un point sur l’environnement.

Clive trouvait que c’était un bon poste d’observation et il comptait se restaurer rapidement. L’état d’Emilia l’inquiétait beaucoup. Elle avait subi l’inhalation de plein fouet tandis qu’il était bien à l’abri sous son champ de force durant l’escalade. Le soldat culpabilisait beaucoup. Il évitait d’y songer mais il ne cessait de se dire qu’il aurait mieux valu lui donner son champ de force pour qu’elle soit en meilleure santé.
C’était à lui d’être dans cette situation, assis là, à chercher son souffle avec une poitrine qui siffle. Ca lui pinçait le coeur…

L’idée de boire de l’eau irradiée et de manger une barre énergétique lui déplaisait un peu. Mais ce n’était pas grand chose en comparaison de la dose qu’ils prenaient depuis leur entrée dans le complexe.

Darren s’installa en face de la princesse puis sortit rapidement ses affaires. Sa gourde et deux barres. Il lui en tendit une puis s’occupa de la sienne. Il le faisait sans entrain, plongé dans ses pensées, et surtout un souci qu’il avait depuis le début. Darren la regarda se restaurer un certain temps, captant son émotion sans méfiance, la sincérité de son être. Il ne pensait pas que c’était le bon moment. Mais comme il se l’était dit la dernière fois, ça ne le serait jamais...

« Je voudrais te parler... »
La princesse leva les yeux vers lui et l’interrogea du regard.
« Cette nuit. Ce que j’ai fais...je te demande pardon. Je...il n’y a aucune excuse. Et je m’en veux beaucoup... »
Emilia leva des yeux peinés vers lui avant de détourner le regard. Elle ne se sentait pas prête à aborder ce sujet, ce n’était pas le moment. Il fallait d’abord qu’ils pensent à assurer leur survie, ensuite ils pourraient faire le point…
Elle savait qu’il s’en voulait et elle culpabilisait de ne pas être capable de lui dire qu’elle ne lui en voulait pas, que ce qui était arrivé n’avait pas d’importance. C’aurait été un mensonge.

-Que ressentais-tu à ce moment là ? demanda-t-elle, les yeux fixés droit devant elle pour fuir son regard.
Darren aussi se sentait incapable de la regarder. La gorge serrée et le visage grave, il se remémorait la scène avec honte.
« J’étais...comme un animal. J’avais toute cette haine en moi, de la colère...tssss...j’ai...pas de mots pour décrire ça. »
Il marqua une pause.
« Je devais l’évacuer, ça me rendait fou de détresse tellement que ça devait sortir...et...quand la porte s’est ouverte. Je t’ai vu, seule... »
Darren inspira longuement en se mordant les lèvres.
« J’aurai dû savoir que tu étais restée pour moi. Mais en fait...j’ai cru que tu m’étudiais. Comme si j’étais un rat de laboratoire. Comme si tu te servais de ton hollow pour voir combien de temps j’allais tenir encore...ça m’a rendu dingue. Encore plus. »
Il s’était toujours dit qu’il était maître de ses émotions. Darren avait toujours été si sûr de lui dans son comportement, sa maîtrise de soi, qu’il n’imaginait pas un jour se voir agir contre son code d’honneur, à l’encontre de ses convictions. Et il l’avait fait...
« J’ai pris ce que tu m’as dis...pour une provocation. Et j’ai laché...je t’ai attaqué sans me retenir. »

La princesse ne dit rien et rabattit doucement ses jambes contre elle pour appuyer ses coudes sur ses genoux. Une flopée d’images dans sa tête accompagnaient le discours de Darren. Elle revivait sa peur et sa douleur, les sentiments négatifs qui avaient accompagné cet instant et son réveil à l’infirmerie ou Lorne ne l’avait pas ménagée…

-Je vais avoir besoin de temps. finit-elle par lâcher au bout d’un moment.

Du temps pour tourner la page, oublier, et réapprendre à lui faire pleinement confiance et à ne plus ressentir de peur à son contact.

« Je sais. » fit-il rapidement, sur la même longueur d’onde, en percevant clairement ses émotions. « Je ferais ce qu’il faut. »

Il n’avait peut être pas obtenu son pardon mais en avoir discuté lui avait retiré une boule du ventre. Son amie lui avait offert de l’espoir. “Besoin de temps” disait-elle. C’était mieux qu’un refus catégorique et une fermeture définitive. C’était un peu comme ça les princesses de base, non ? Elle foutait l’indélicat qui avait marché sur un pan de robe au bûcher.
Et lui qui l’avait agressé avait peut-être une chance de la récupérer. Ça le regonflait forcément.

Le jeune homme consulta sa montre. Il se sentait bien, assis là, malgré les émotions qui émanaient de la princesse comme une source intarissable. Il pouvait en sentir d’autre ici et là, plus innocente, des animaux surement. Mais il ne parvenait toujours pas à les trouver du regard. Finalement, après quelques minutes d’hésitation, Darren se redressa pour symboliser la fin de la pause. Il fallait repartir dans la direction qu’il soupçonnait être la bonne. L’arme en main, il continua de s’enfoncer dans cette jungle. Parfois, un mur végétal donnait l’air de présenter ce qu’il restait d’une structure. Impossible d’être certain cela dit. Emilia notait des pics de radioactivité à certains endroit où la flore semblait plus présente, plus vive. Elle ne parvenait pas à expliquer ce phénomène.

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Dim 14 Avr - 20:30
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...

C
live cessa la marche en atteignant un étrange marais. Avec la mousse touffue qui y flottait, il ne savait pas bien quel était la profondeur, ni même les saletés qui trainaient dedans. Quelque chose éclata dans le lointain. Un choc qui fit écho jusqu’à eux, largement absorbé par l’épaisse végétation, et la lumière s’éteignit d’un coup. La princesse sursauta. Pourquoi tout s’éteignait ? L’E2PZ avait pourtant affiché cinq heures d’autonomie.

« Merde ! » jura le jeune homme en cherchant sa lampe.

Mais il se rendit très vite compte qu’il n’en avait nul besoin. La nature venait de reprendre ses habitudes. Les troncs, les végétaux, les buissons, la moindre touffe d’herbes était doté d’un composé phosphorescent. Une réaction chimique courante mais qui se trouvait bien plus évoluée ici.
-C’est incroyable, souffla la blonde en observant le phénomène. C’était magnifique.

Darren se retourna pour poser un regard interrogateur sur son amie et il leva ses deux sourcils. Plusieurs parties de son visage, de son corps, s’illuminaient également comme si on la pointait d’une lampe aux rayons X. Ca lui rappelait vaguement des peintures invisibles que des jeunes femmes se mettaient sur le corps et le visage avant d’aller en boite. Le moment du noir total et de la danse sous rayon X donnait des scènes très étonnantes.

Peut-être que les diverses plantes leur avaient déposé de ces substances réactives au cours d’un contact fugitif. La princesse avait presque l’air déifique comme ça.
« T’es devenue toute fluo, ça te va bien ! » La taquina-t-il avant de se reporter à l’observation de l’environnement.
-Toi aussi, répondit la jeune femme avec un sourire.
Darren remarqua effectivement que c’était son cas.

Toute la végétation...c’était dingue.
Comme si la coupure de cet éclairage artificiel venait de mettre à jour un tout nouvel aspect de ce biome. Le marais était d’un vert émeraude scintillant, d’autres bestioles aux couleurs différentes fourmillants à sa surface. Les plantes aussi laissaient les nervures de leurs racines et de leurs extrémités étinceler de couleurs chatoyantes presque festives.

Cette fois la faune était bien visibles. Toutes les petites créatures qui se glissaient entre les branches et les buissons présentaient des caractéristiques semblables. Un pelage, les pattes, la queue ou une lampe phosphorescente.

C’était l’une des réponses. Il n’y avait pas eu de lumière pendant dix milles ans...alors la nature l’avait créé d’elle-même.

-C’est magnifique !
« C’est là qu’on aurait dû dîner ! » lâcha-t-il avec enthousiasme. « Il doit y en avoir pour une vie de boulot à étudier tout ça. Tu crois que la radioactivité a aidé à “nourrir” cette nature ? »
-Oui. Pour une raison que je n’explique pas les plantes poussent en abondance près des pics de radioactivité.
La jeune femme ouvrit sa poche pour vérifier et observa les plantes qu’elle avait ramassé et glissé à l’intérieur scintiller doucement.
« T’as l’air d’aimer ce que tu vois. » Remarqua Darren. « C’est ton domaine, c’est ça ? Tu m’en avais parlé une fois je crois... »
- Ca le serait si j’avais un microscope… mais j’apprécie ce que je vois. Tu ne trouves pas ça incroyable ? La manière dont ces plantes ont muté pour s’adapter à leur nouvel environnement.
Darren souria, plutôt géné.
« Si, bien sûr. C’est vraiment fascinant. Mais j’suis pas une tête, je sais pas trop comment ça fonctionne pour me mettre à faire des hypothèses. »
Il l’observait un petit moment. Emilia se tenait mais son regard ressemblait, selon lui, à une gamine lâchée dans un parc d’attraction.
« On pourrait...j’sais pas. » il haussa les épaules. « Prendre le plus de prélèvements possibles et les mettre dans mon sac. Si ça survit...et qu’on survit aussi...tu pourrais étudier ça dans un labo. Tu en dis quoi ? »
- C’est une excellente idée, approuva t-elle avant de jeter un coup d’oeil vers le plafond. Par contre je ne comprends pas pourquoi le courant s’est coupé tout à coup.
Darren sentait l’inquiétude émaner de la princesse. Elle avait l’esprit alerte, surement au même point que lorsqu’elle était pourchassée et qu’elle se servait de sa tête pour ne pas se faire avoir. C’était un bon point mais le soldat voulait la rassurer un peu.
« Je me souviens que ça arrivait parfois dans les vieux endroits qu’on explorait. On a toujours eu des soucis avec le réseau d’alimentation. Et sur les endroits comme ça, bien abîmé, c’était pas rare que l’éclairage saute. »
Après tout, ce n’était pas forcément le signe que l’E2PZ géant avait cessé de fonctionner. La jeune femme acquiesça, se satisfaisant de la réponse.
« Bon ! On va pas s’attarder !!! » fit-il soudainement en claquant dans ses mains. Le jeune homme se débarrassa de son sac à dos pour le poser au sol et en libérer de la place.
« Scientifique Emilia, mes mains sont à vos ordres ! »
Un sourire apparut sur le visage de la jeune femme qui entreprit de passer les cinq minutes suivantes à déraciner le plus délicatement possible quelques spécimens de plantes. Elle n’était pas du tout sûre qu’elle survivrait au voyage mais à défaut de pouvoir les replanter elle pourrait toujours observer leur gênome à la loupe. Le complexe abritait tout un écosystème ! Il lui faudrait des années pour analyser tout ça ! Malheureusement, elle ne disposait que de quelques heures et ces dernières devaient être mise à profit pour chercher la pièce, pas pour jouer les scientifiques curieuses.

-Ca suffira. Nous n’avons malheureusement pas le temps de nous attarder.
« On trouvera bien un moyen d’y retourner. »
Darren referma son sac le plus délicatement possible avant de le replacer sur ses épaules. Il en souriait. « Une expédition botanique Atlante/Orzan, t’en dis quoi ? »
-Et comment tu comptes t’y prendre avec la radioactivité ?
« Bof ! C’est qu’un détail ça ! »
Il était en train de la gratifier de son regard insolent lorsque les environs s’agitèrent. D’abord doucement, puis un froissement de plus en plus grand, sonore, jusqu’à devenir une véritable petite vaguelette qui se dirigeait droit sur eux.

Le militaire poussa une plainte de surprise alors qu’il récupérait son fusil à pompe et se positionnait devant son amie. Bouclier de son corps, position ferme, il monta le canon sur ce qu’il suspectait être la menace. Et tout de suite, sans prévenir, une petite créature émergea.
Deux...trois...six...vingt !!!
Elles passèrent entrent leurs jambes sans s’arrêter, sans même prendre peur ou les voir comme un danger. Toutes ces bestioles d’un genre nouveau, une faune inédite miroitante de diverses couleurs, contournaient le marais pour s’enfoncer au loin.

La respiration du jeune homme s’était accéléré. Il n’aimait pas ça, vraiment pas.
« On dirait...qu’ils fuient ? » lui demanda-t-il sans quitter sa posture de combat.
Emilia tira son arme et observa les environs avec un air inquiet, toute trace de sourire ayant déserté son visage.
-Ils fuient. Nous devrions peut-être en faire autant répondit la jeune femme en repensant aux traces trouvées sur le sol. Un prédateur se trouvait peut-être à proximité.
« Ouais…ouais... » souffla Darren, concentré sur la végétation. « De toute façon, j’l’ai déjà vu dans un film et j’aime pas la fin ! »
Il détourna son regard vers elle.
« Ca te dérange pas de courir ? »
- Ca va me rappeler de bons souvenirs… allez !
« T’es pas seule cette fois ! Je t’interdis de me lâcher d’une semelle ! »

Darren n’avait pas une grande habitude des jungles même s’il y avait déjà été sur diverses missions d’escorte. La traque, c’était loin d’être son terrain en revanche. L’arme bien en main, Darren fila à vive allure en restant dans le dos d’Emilia cette fois. Déjà pour ne pas la semer accidentellement. Mais surtout pour être le premier à se faire bouffer par la chose qui les suivait.

Parce que c’était clairement ça. Les petits animaux, c’était déjà bien inquiétant. Mais de plus gros apparurent bientôt, atteignant jusqu’à la taille de chevaux qui déboulaient des taillis en manquant de les renverser. A cause de ce relief changeant, que le concept de ligne droite n’existait pas dans une nature comme celle-là, l’exercice devint très rapidement physique. En entendant la respiration de son amie se remettre rapidement à siffler, Darren lui imposa une cadence un peu moins rapide. Lente mais continue. Ce n’était pas au sprint qu’ils allaient pouvoir s’éloigner de la menace mais à la distance.

« Respire. Prend un rythme...respire... »

Parlait-il pour elle ou bien pour lui ?
Darren aussi commençait à accuser sérieusement le coup. Être militaire ne voulait pas nécessairement dire qu’il pouvait tout encaisser. Son endurance avait des limites. Bien plus agile, et surtout habituée, la faune avait prit une sale avance en les laissant comme deux appâts ambulants.

La végétation craquait tellement sous leurs bottes, faisant un vacarme continu, qu’il n’était pas possible d’entendre l’autre source qui se rapprochait d’eux. Mais Darren le sentait à l’instinct. Quelque chose venait. Quelque chose de gros et de mauvais. En tombant nez à nez avec une pente particulièrement raide, à la limite de se demander si ce serait une nouvelle escalade, Darren ne resta pas plus longtemps à réfléchir.
Il s’était saisi du poignet de son amie et l’attira sur cette pente, la força à grimper malgré la fatigue pour atteindre le sommet. Hauteur = sécurité. Principe de base pas toujours vrai mais c’était mieux que rien.

Darren ne paniquait pas mais il avait une sale impression. Son instinct mais pas seulement. Un côté sauvage, longtemps oublié et endormi, qui lui hérissait les poils à l’approche de ce prédateur. Parce que maintenant, il n’y avait plus âmes qui vivent à part eux. Toutes les bestioles avaient foutu le camp au loin.

« Ne lâche pas ! On y est presque ! » S’exclama-t-il.
Emilia s’accrochait, la peur lui donnait des ailes, mais le souffle lui manquait. Ses poumons étaient en feu. La jeune femme revivait l’horreur d’être une proie. Cette sensation elle ne l’avait pas connu depuis des mois et elle avait espéré ne plus jamais s’y confronter. C’était un vrai cauchemar. Pour autant, son instinct de survie reprenait le dessus, son esprit était déjà en train de lui proposer des plans. Comme jadis avec les wraiths, elle se refusait à flancher. Quelque soit la chose qui venait, elle tentait de se convaincre qu’elle avait affronté pire. C’est alors qu’un fauve bondit et leur coupa toute retraite. Ils venaient d’atteindre le sommet de la pente.

Merde ! Merde ! Merde !!!!
C’était quoi ce machin ! Un tigre coupé ? Un rhino court sur patte ? Une bestiole qui avait tout l’air de ne pas aimer le régime de verdure. Darren ripa sur le sol chargé de mucus alors qu’il recherchait son équilibre et se plaçait maladroitement en couverture. Comme d’hab, la princesse dans son dos, et il pointa le fusil à pompe dans sa direction. Il savait son regard écarquillé, ses yeux miroitant la bestialité de cette créature. Pas de quartier, Darren comptait bien lui caser quelques cartouches pour les protéger.

Mais...c’était sans compter l’empathie…
Cette chose...ce prédateur...il était effrayé. Clive pouvait le sentir distinctement. Ce n’était pas lui qui faisait fuir toute la faune locale. Parce qu’il était dans le même état d’horreur instinctive. C’était quelque chose d’encore plus grand et inédit. Comme une blessure profonde, ancestrale, qui n’avait jamais pu être oubliée. Le militaire le sentait, le fauve voulait simplement passer et sauver sa vie.

Comme d’une entente commune, Clive commença à s’écarter un peu de flanc. Un pas après l’autre, en embarquant la princesse avec lui, il libérait le chemin. Le tigre bizaroide grognait déjà un peu moins. Quand il vit qu’il pouvait se sauver, il montra une dernière fois ses dents avant de disparaître dans les taillis. Le soldat devrait se sentir rassuré, être content d’en avoir réchappé. Mais il ne l’était pas du tout.
Sa respiration, pour le peu qu’elle était déjà bien entamée et chaotique, devint beaucoup plus profonde. Il perdit son regard vers le bas de cette pente en sentant les ténèbres s’approcher. Tapis mais bien présent, il ondulait, progressait lentement, avec une expression d’une telle sournoiserie. De l’humain et de la bestialité entremêlée. Quelque chose qui n’avait strictement rien de naturel...
Ca le stupéfiait. Darren restait planté là, au bord de cette pente, à observer la nature en contrebas. Il n’arrivait pas à le voir dans les ténèbres. Tout était marqué de fluo, de lumière phosphorescente. Mais lui...est-ce qu’il l’était ?!?

//Erdouch bradix allonas...//

Le son était maintenant très clair dans la radio. Sans fritures…
Le timbre de cette voix masculine était toujours la même. Lointaine, gutturale, comme dans une église. Mais elle était chargée de danger.
Darren serra les dents. Il était là mais il ne le voyait pas. Alors il retira de sa veste l’un de ses bâtons lumineux, comme celui qu’il avait utilisé pour révéler le vieux E2PZ. La flamme rouge éteignit dans son halo toute phosphorescence. Il la jeta alors en direction de l’émotion négative et révéla brutalement une silhouette immobile qui se tenait entre les arbres. C’était bien ça...il était le seul à ne pas être couvert de lumière. Une forme humanoïde écailleuse. Un putain de Frankenstein, le regard bourré de haine et de colère.

Prédateur:
 

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Dim 14 Avr - 20:32
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

- “E
radiquer le gêne”, traduit Emilia d’une voix blanche.

Par tous les Sages… le Zätaar existait, il était là en chair et en os devant elle !

//ERDOUCH BRADIX ALLONAS...//
« COURS !!!!!!!!! » Gueula Darren en réponse.

Et sans attendre, il leva son fusil à pompe.
BAM ! BAM ! BAM !!!

Emilia dû se faire violence pour parvenir à décoller ses jambes et à tourner le dos à ce monstre mais lorsqu’elle y parvint elle se sentit pousser des ailes et détala en espérant que son ami la suive de près. Jadis, les wraiths l’avaient terrorisé mais cette chose… cette chose avait carbonisé des dizaines de Sages, ravagé tout une partie de la cité et survécut dix millénaires ou plus sans le moindre vivres ! Les légendes de son enfance prenaient littéralement vie.

Fuir ! Fuir ! Courir sans s’arrêter.
Emilia Zeïn’Eidolas s’éloigna loin, le plus rapidement possible, sans entendre les multiples coups de feu. Sept pour être précis, le chargeur du fusil de Darren. Un cri puissant de sa part mais un vague silence qui s’ensuivait. Avec la faune disparue, c’est un silence morbide qui revenait à chaque fois qu’elle s’arrêtait. Très vite, la princesse du se rendre compte qu’elle était seule. Et son oreillette laissa passer de nouveau cette voix glaçante.

//E...MI...LI...A….BRADIX ALLONAS !//

Un bruit de pas monta dans son dos. Lent et régulier. Quelque chose venait vers elle.

Ca connaissait son nom ! Ca connaissait son nom !!! Comprenant qu’elle ne pourrait pas semer son poursuivant et que le souffle allait très vite lui manquer, la jeune femme chercha une cachette, un abri où se réfugier pour se dissimuler. Son regard se porta sur un arbre : grand et robuste, des branches épaisses et un feuillage bien touffu, parfait! Rangeant précipitamment son arme dans son holster, elle bondit sur le tronc et entreprit de s’accrocher aux prises pour grimper à toute vitesse. Elle avait fait ça des centaines de fois pour se cacher lors de sa course contre les wraiths. Les vampires avaient le traceurs mais ils n’avaient pas toujours le réflexe de lever les yeux, ce qui lui laissait parfois un avantage stratégique pour frapper la première. Sans compter les prédateurs terrestres qui ne savaient pas grimper aux arbres. Elle était terrorisée et se sentait totalement aveugle sans son pouvoir. Pas moyen de détecter la position de l’ennemi ni ses intentions. Intérieurement, elle priait pour que son ami soit parvenu à prendre la fuite. Elle avait bien entendu quelques coups de feu mais si les Sages n’avaient su résister à la créature, comment lui le pourrait ? Une fois hissée en hauteur, elle se cramponna à une branche en veillant à se camoufler dans le feuillage et pria ses dieux pour ne pas être vue.

Il apparut rapidement dans son champ de vision. Émergeant des taillis et des buissons ne les écrasant d’un pas lourd, l’humanoïde ronflant d’une respiration bestiale et haineuse semblait la suivre à la trace, fixant le sol avec beaucoup d’attention.

//E...mi...li...a….allonas...//

Son corps était un enchevêtrement chirurgical sommaire. Répugnant. Mais aussi très inquiétant. Une partie de son corps avait l’air humain, il portait même une partie d’uniforme de sage de l’époque. Mais pour le reste, tout transpirait le Wraith. Dopé avec une substance inconnue qui l’avait survitaminé. Un mastodonte de deux mètres, la peau écaillée. Les tirs de Darren restaient malgré tout bien visible. Son épaule droite, décharnée, continuait de saigner alors que le monstre semblait s’en moquer.

Son regard continuait de fouiller le sol. Puis il avisa tout l’environnement l’entourant, le menant à lever les yeux pour considérer lentement chacun des arbres. Son regard s’arrêta en direction de la princesse. Cette dernière s’efforça de ne pas bouger et cessa de respirer alors qu’elle crevait d’envie de bondir et de se remettre à courir pour fuir le monstre.

Il restait pourtant là à la fixer. Mais ses prunelles étincelantes de malveillance se décalèrent alors. Et le reste de sa tête suivi. Il resta là encore une bonne trentaine de secondes à fouiller les environs, le souffle rauque, les poings anormalement disproportionnés se serrant. La créature cessa de la chercher. Elle s’approcha d’un tronc et un plaqua brutalement sa main comme un Wraith. Un odieux bruit de ponction monta dans l’air. Et cet arbre, pourtant bien fleuri et chargé de belles couleurs rouges fluo, entama une longue agonie. La couleur semblait modéliser sa sève qui se faisait longuement absorber.

L’épaule neuve, la créature s’en alla en râlant, laissant derrière lui un tronc d’arbre morts au feuillage desséché. Si Emilia n’en avait pas été témoin, elle ne l’aurait plus apperçu dans la pénombre...sans couleur...ni vie.
Un dernier souffle fila dans son oreillette. C’était comme une promesse.

//E...mi...li...a….//

Il la retrouverait...

Le temps s’écoula. D’abord quelques minutes, avec le risque que le monstre traîne encore dans le coin. Puis la vie reprit peu à peu de l’activité en sortant de sa terreur. Dans cette semi-pénombre auréolée de nombreuses couleurs d’arc-en-ciel et d’un artiste peintre, si ce n’est cet arbre détruit, les bruits de la faune revenait habiller sa flore bien aimée. Plus d’une heure après, la jeune femme pu apercevoir quelques bestioles sortir de terriers bien dissimulés. Son perchoir donnait une vue parfaite de l’étendue impressionnante de cette jungle et d’une sorte de petite montagne verte. Son sommet résistait encore à l’envahisseur vert en exhibant sa structure carrée et métallique.

Il n’y avait plus de vitre, un immense tapis de liane descendait jusqu’à la forêt en contrebas. Mais la lumière qui s’y dégageait était loin d’être anodine. Elle jurait clairement sur les autres couleurs pour être manifestement artificielle, vide et sans vie, comme l’ampoule sans décoration d’une cave qui illumine mal le débarras.

C’était une structure Lantienne qui fonctionnait, avec un éclairage encore intact, le but qu’Emilia poursuivait en ayant pris le risque de s’aventurer ici.

La jeune avait femme attendu. Longtemps… parler de frayeur pour définir de son état aurait été un euphémisme, elle était terrorisée. Sa cachette semblait l’avoir protégée cette fois ci mais que se passerait-il si elle descendait ? Alors elle avait décidé de prendre son mal en patience dans l’espoir que le Zätaar s’éloignerait pour la chercher ailleurs.
Une heure c’était long dans ces conditions. Son esprit avait eu le temps d’imaginer les pires scénarios possibles et de se faire à l’idée que le pourcentage de chance de retrouver Darren en vie était proche de zéro. Il était resté à l’arrière, avait tiré sur le monstre… mais ce dernier n’avait pas bronché, il l’avait ratrappé alors qu’elle avait détalé comme un lapin. Le soldat atlante n’avait pas eu l’ombre d’une chance, comment aurait-il pu survivre à un démon capable d’absorber jusqu’à l’essence même des végétaux ? Même les wraiths ne savaient pas faire ça ! Et pourtant elle l’avait vu s’approcher de cet arbre, elle avait vu la lumière disparaître peu à peu… il avait puisé en lui. Les wraiths avaient besoin d’humains pour se régénérer et cela les rendaient vulnérable si on les privait de leur nourriture, mais comment anéantir un être capable de se nourrir de toute forme de vie alors qu’ils se trouvaient en pleine forêt ? Les armes étaient inutiles, sa seule chance était donc de se cacher et de prier de toutes ses forces pour qu’il ne la trouve pas.
“T’es pas seule cette fois !”, avait dit Darren. Et elle l’avait cru… quelques minutes. Puis ils avaient été séparés. Emilia avait pourtant surmonté tout ça, ses cauchemars avaient fini par disparaître, elle avait réussi à passer le cap du traumatisme. Jamais elle n’aurait pensé un jour se retrouver à nouveau dans le rôle de la proie avec un vampire, surtout pas dans la fabuleuse cité d’Atlantis. Mais c’était mille fois pire cette fois car elle ne possédait plus le Don, la seule chose qui l’avait jadis maintenu en vie. Elle ne pouvait plus prévenir la menace, la sentir et la localiser, elle était aveugle. Quelque chose lui soufflait qu’elle ne s’en sortirait pas indemne, même si elle avait la chance de quitter ce complexe en un seul morceau, ce dont elle doutait fort. Une terrible blessure s’était réouverte en elle.

Peu à peu, le bruit ambiant était revenu, les animaux se manifestaient à nouveau. La princesse avait recommencé à respirer. S’ils étaient là cela signifiait que le Zätaar était parti. Mais où était-il allé ? Doucement, elle s’était étirée en réalisant à quel point elle s’était crispée tout ce temps. Elle avait hésité à prendre sa radio pour contacter Darren mais s’était finalement abstenue en se rappelant que le monstre entendait tout. Et s’il interceptait le signal ? Si ça le conduisait à elle ?
Et maintenant ? Elle pouvait rester cachée là et attendre mais le temps lui était compté. Au final, soit elle descendait et s’exposait au vampire, soit elle se cachait et se condamnait avec les radiations. Dans tous les cas, il lui semblait qu’elle courrait droit au désastre. Mais l’immobilisme n’avait jamais été son fort et le suicide non plus. Quitte à mourir, s’il y avait la moindre chance qu’elle s’en sorte elle comptait bien la saisir. Alors elle entreprit de grimper un peu plus pour prendre de la hauteur et avoir une meilleure vue d’ensemble. C’est alors qu’elle aperçut la structure de métal au loin qui brillait comme un phare au milieu de la nuit. S’agissait-il d’un laboratoire d’étude ? Y'avait-il un ordinateur là-bas ?! Elle n’en avait pas la moindre idée mais cet endroit lui semblait être une piste tout à fait pertinente pour commencer ses recherches, bien que sa voix intérieure lui soufflait que cela pouvait également être un endroit parfait pour tomber dans une embuscade. Elle hésita un court instant. Devait-elle revenir sur ses pas pour chercher le cadavre de Darren et s’assurer qu’il était bien mort ou aller dans ce bâtiment ? Elle opta finalement pour le second choix. Elle ne pourrait rien faire pour Darren si elle ne possédait pas un plan du complexe pour savoir par quel chemin quitter ce lieu de cauchemar et la pièce pour les sauver tous les deux, alors autant se mettre en quête de ces deux éléments cruciaux. De toute façon, le soldat savait bien ce qu’il fallait faire. S’il avait survécu, elle espérait qu’il aurait la bonne idée de poursuivre leur plan comme il était initialement prévu.
Le jeu de piste contre la montre venait de se doter d’un nouvel élément : le Zätaar. Une rencontre avec lui marquerait la fin de la partie. Pour autant, elle comptait bien remporter cette manche.
Doucement, en veillant à être la plus silencieuse possible, la princesse entreprit de descendre de l’arbre, puis, après avoir vérifié que l’endroit était sûr, ramassa une poignée de terre et de feuilles et frictionna ses habits pour leur donner une couleur plus mate et atténuer sa propre odeur. Puis ce fut le tour de son visage et de ses mains. Après tout, le Zätaar n’était pas la seule menace ici, elle se rappelait très bien de ce félin qu’ils avaient croisé. Elle ne pouvait pas se permettre d’utiliser son arme à feu sans courir le risque de voir se rameuter son ennemi mortel. Une fois son travail achevé, la belle se mit en route, progressant avec lenteur en essayant de se fondre dans la végétation et de marcher à pas de loups pour ne pas faire de bruit. Ses oreilles étaient grandes ouvertes, guettant les sons autour d’elle. Au moins signe de danger, elle se tenait prête à déguerpir.

Une nouvelle heure s’écoula sur une longue route en direction du bâtiment. Parfois, l’espace était suffisant pour pouvoir s’y glisser prudemment, progresser en faisant attention où mettre les pieds. Mais sur d’autres moments, c’était un mur végétal qui se dressait devant elle. Au travers des différents reliefs, éclairée par les fluorescences naturelles, Emilia découvrit des espaces toujours plus inédits et étonnants.
Elle marcha ainsi dans le lit d’un ruisseau, les bordures beaucoup trop accidentée. Sur le continent, elle pourrait s’attendre à de la vase, un lit de galets. Ici, c’était un amas tapissés de métal. Ce qui composait autrefois les murs en fer de la cité, son blindage interne, s’était fragmenté en morceaux. Petit à petit, se réduisant en morceaux toujours plus réduits, et ravinant jusqu’à ce lit où ses pieds se posaient.

Pas de roche ici. Des morceaux de plafond, de murs, des restes de machines inconnue. En s’accrochant pour pouvoir escalader un obstacle important, sa main accrocha du lierre qui dissimulait en réalité les restes d’un ordinateur Lantien. Sa base était toujours là, la moitié de ses cristaux disparus dans un aspect de vieillerie édentée. En mettant soudainement cet objet à jour, les trois nids fixés entre les tuiles s’animèrent d’oisillons gueulards. Bouche grande ouverte, hérissées de dents, ils lui quémandaient de la nourriture.

Comme depuis le début, la princesse évoluait dans cet environnement parfaitement inconnu. Les spécimens de plantes étaient variées, rappelant clairement l’ancienne Orzan. Si reproduction il y avait eu par d’éminents scientifique prédicateurs, cette expérience la retraçait particulièrement.
La montagne n’était plus très loin, elle se profilait devant elle. Mais il ne semblait pas y avoir de chemin. En tentant de contourner cette paroi couverte de mousse glissante, la princesse tomba nez à nez avec un cadavre. Son squelette était parfaitement conservé, allongé sur une inclinaison de paroi que la nature avait voulu délaisser pour une étrange raison. Les os portaient tous la marque de brûlure de haute température. Comme à l’entrée.
Son regard exercé tomba sur un élément inhabituel. Un petit cristal que le défunt ancestral semblait avoir tenu dans sa main.
Emilia considéra le défunt avec plus de compassion qu’elle n’en avait eu pour les autres. Maintenant elle savait ce qui les avait tué, elle comprenait et elle imaginait sans mal ce qu’ils avaient dû ressentir. La zone autour du corps paraissait corrompue, les herbes ne poussaient pas ou très peu. L’espace d’un instant elle redouta qu’il ne s’agisse de Darren, mais tout avait l’air trop ancien… du moins tenta t-elle de s’en convaincre. La perspective de perdre son ami lui était insupportable et elle préférait éviter d’y penser. Le corps, ou ce qu’il en restait, tenait quelque chose dans sa main. Cela avait des airs de carte de stockage d’information futuriste, ultra perfectionnée… elle s’en saisit en essayant de ne pas trop toucher le corps et la glissa dans sa poche après l’avoir observé quelques instants, puis elle reprit sa route.

Dix minutes plus tard, elle se trouvait dans un vrai cul de sac. A chaque fois qu’elle voulait grimper en direction de la structure, elle tombait sur une paroi à pic. Ce n’était pas comme le mur sous couvert d’acide. Cette fois c’était bourré de mousse et d’appuis restreints. Ce serait beaucoup plus difficile...sans oublier les deux dizaines de mètres à grimper…
La jeune femme observa le mur d’un air dépité. Apparemment, elle n’allait pas pouvoir éviter l’escalade si elle voulait poursuivre et atteindre le bâtiment. Soupirant, elle s’accorda une pause et sortit sa gourde pour se désaltérer, puis une barre de céréale. Le temps lui faisait cruellement défaut, il lui fallait avancer. Mais était-elle en état de grimper ? Elle se relevait à peine d’une commotion cérébrale, ses poumons criaient leur souffrance à chaque effort…
Il fallait qu’elle tente. Elle n’avait pas le temps de revenir sur ses pas.
Puisant dans ses ressources et dans l’énergie que lui offrait son maigre pique-nique, la gaëllienne prit une grande inspiration et débuta son ascension. A de nombreuses reprises elle dérapa, s’écorcha les mains, se prit le pied dans une liane et cru tomber, et pourtant elle parvint en un seul morceau en haut. Stupéfaite, les mains sur les rebords pour passer son buste dans l’espoir de pouvoir enfin s’étaler sur le sol et reprendre son souffle, elle n’entendit pas le bruit.

Un pied lourd écrasa le lit de racine devant elle. L’effet de surprise était total, le second pied tomba illico sur sa main directrice en diffusant une douleur brutale et soudaine. Remontant le long de son poignet, de son bras, jusqu’à la saisir à la nuque, elle vit cette botte Lantienne qui écrasait sa main sans ménagement au sol. Le Zätaar était là !! La jeune femme poussa un cri, tant de douleur que de surprise en découvrant qui l’attendait. Bordel, cet enfoiré était intelligent ! Comment avait-il su par où elle allait passer ? Se sachant coincée et fichue, la princesse ressentit cette bouffée de haine qui l’avait autrefois habitée sur la ruche et poussée à s’attaquer à l’ennemi plutôt qu’à se soumettre. Elle le regarda droit dans les yeux et hurla en lantien :
– FICHE MOI LA PAIX POURRITURE !!! JE N’AI PAS PEUR DE TOI !!!


Quel doux mensonge.
Mais elle n’avait pas dit son dernier mot. Son bras gauche et tout son corps était coincé et maintenue en suspension par le poids du Zätaar (et ça faisait un mal de chien), elle lâcha donc la prise avec sa main droite et la fit regagner sa taille pour essayer d’attraper son arme de poing.

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Dim 14 Avr - 20:34
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

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Survivre avant tout...

L
e monstre émit un odieux grognement en réponse. Comme un reflet de la haine d’Emilia, il relâcha sa main en vrac pour s’agenouiller et l’agripper au col. D’une seule main, d’une poigne d’acier et bien au-delà de la force humaine, il souleva la princesse par ce qu’il restait de sa tunique. Elle pouvait sentir les coutures craquer, la torsion du tissu sur son cou.

L’humain n’était pas fait pour endurer une prise de la sorte et être suspendu comme ça. La pauvre Emilia devait probablement agripper cette entrave de ses mains en espérant pouvoir se soulager de cette douleur lancinante. Mais avant de pouvoir véritablement réagir, le Zatäar l’envoya valdinguer. Elle se sentit faire un soleil par-dessus cette créature, accueillant très douloureusement le sol où elle roula.

Il se trouvait sur le rebord, tourné de trois quart, en la fixant d’un air enragé. Il y brillait la même malice assassine et la bestialité prédatrice. Ce qu’Emilia avait connu durant son enfer. Ces mêmes expressions dans les regards des Wraiths qui lui couraient après. C’était la même...celui du chasseur. La jeune femme cria pendant son vol plané et poussa des gémissements de douleur en se réceptionnant. Bordel, ce machin était comme un félin avec un insecte, il jouait ! Elle tenta de se redresser précipitamment, les yeux larmoyants et voilés par la souffrance. Sa main lui faisait horriblement mal et elle ignorait à quel point elle avait subi des dégâts. Mais tout ceci serait le dernier de ses soucis si le monstre la transformait en cadavre calciné comme tous ces malheureux lantiens.

Il hurla soudainement en levant les bras. Comme un gorille qui s’apprête à charger, une masse lourde et mortelle qui se met en branle, le Zatäar referma ses énormes poings et entama les premiers pas dans sa direction. Au même moment, la belle se saisit de son arme de poing, le braqua en visant approximativement la tête et appuya frénétiquement sur la gâchette.

L’impact brutal des projectiles se dessinèrent sur la trogne du Zatäar. Un petit nuage brumeux signait chacun de ses tirs au but. Et il y en eut beaucoup. Déjà parce que la princesse avait eu une petite formation par Darren mais également parce que ce mastodonte était lent, épais. Bam, bam, bam. Elle vit l’une de ses joues partir en lambeaux. Elle lui éclata les dents en morceaux, lui brisa une pommette et lui décalota le front.

L’une de ses dernières balles vola et réduisit son oeil gauche en bouillie. Un “Spotch !” informe, gargouilleux, qui s’ensuivit d’un hurlement de douleur bestial. Le monstre fut prit d’un mouvement soudain, lui faisant faire quasiment demi-tour tandis qu’il portait sa main griffue à ce qu’il restait de son oeil.

Mais aussitôt, d’une réponse à même mesure, il fit volte face en hurlant de plus belle. Les parties de son visage lacéré et mis en morceaux par la princesse, brave et combattante, vibraient de cette même haine. Il s’élança avec une vitesse ahurissante, étonnamment vive pour sa stature, ce qui expliquait comment il avait pu la rejoindre aussi rapidement après s’être débarrassé de Darren.

Le Zatäar la renversa avec violence. Un coup de bélier digne du plus violent contre de rugby pour l’envoyer valdinguer une nouvelle fois. Ses grognements ne témoignaient plus seulement de sa haine, du sport de la poursuite ou du combat, mais également de la douleur. Un simple non-verbal à sa destination, similaire d’une suffisance Wraith, où il se demandait comment Emilia avait pu oser l’abimer comme ça.

Malgré tout opérationnel, il s’avança vers la princesse, elle qui s’apprêtait à fuir. Mais il la rejoignit trop rapidement, elle sentit cette énorme main se resserer sur sa poignée dorsale et l’amener au sol, le visage collé dans les racines. La jeune femme hurla à nouveau en tentant de se débattre, son corps n’était que souffrance, sa vision était devenue trouble.

//EMILIA !!!!!!!// Gueula la voix dans sa radio.

Et il tenta de la retourner sur le dos, sa seconde main se levant sur la symbolique prise Wraith. L’orifice de ponction s’était dilaté, sur le point de la frapper en pleine poitrine. Dans une ultime et futile résistance, la belle tenta d’arracher son couteau de lapis arcus de son fourreau et de le planter dans la main du monstre.

Elle plaça son coup au but. La pointe du poignard pénétra l’orifice de ponction avant qu’il n’atteigne son corps. Le mouvement cessa aussitôt. Une main la piégeant au sol, l’autre restant au-dessus en suspension, la créature observa cette audacieuse réponse et referma ses doigts. Il ne dégageait pas la lame...bien au contraire...il la piégeait dans sa propre main meurtrie. Grondant, hargneux et fou de rage, il approcha cette main au-dessus du visage de la jeune femme pour lui montrer.

Un sifflement monta rapidement sous l’action de sa ponction. Une procédure bien loin des habitudes Wraiths même si ça passait par les mêmes organes. Elle vit l’air se déformer de vaguelette symptomatique d’une chaleur montante. Et son poignard de lapis arcus changea de couleur. D’abord d’un orange léger, il vira au rouge écarlate comme s’il sortait d’une forge.
Le Zatäar râla une nouvelle fois en poursuivant cet acte. Ca semblait lui demander de lourds efforts mais il y tenait. Il voulait faire fondre entièrement cette lame pour qu’elle se déforme, se liquéfie, et finisse par tomber sur le visage d’ange d’Emilia.

Une voix fila dans son oreillette. Mais ce n’était pas celle du monstre cette fois. C’en était une autre, plus familière, empreinte de compassion et de tension.
//Je suis là ! Tiens le coup !//
Darren ajouta rapidement.
//Trouve ton flingue, recharge, vise les genoux !//
Et l’instant d’après, le claquement brutal et tonitruant d’une cartouche de fusil à pompe monta sur la droite. La volée de plomb passa au-dessus de la tête du Zatäar, juste de quoi attirer son attention. Le soldat sortit du tunnel de la structure, le visage ensanglanté, avec un regard de tueur.
« VIENT ME CHERCHER, FILS DE PUTE ! » lui hurla-t-il en s’approchant.
La saleté comprenait très bien la provocation. Elle rejeta la lame d’un simple geste de la main et se redressa en faisant face à Darren qui continuait de s’approcher. Mais il ne tirait pas encore, continuant de gueuler tout un chapelet de jurons. Tant qu’Emilia était sur sa ligne de tir, il ne pouvait pas prendre un tel risque.
« RAMÈNE TOI !!! »

Lueur d’espoir dans les ténèbres, une voix d’ange raisonna soudain dans son oreille. Emilia était-elle en train de délirer ou son ami s’adressait-il à elle ? Etait-il vivant ou s’agissait-il de son esprit ?
Mais l’instant d’après, le bruit du tonnerre s’abattit soudain et ce fut le déclic dont elle avait besoin. Elle profita de la diversion et fit appel à toutes ses ressources pour se redresser et chercher son arme à tâtons. Elle finit par l’apercevoir plus loin et la rejoignit à quatre pattes avant de se relever. Il lui semblait que ses genoux menaçaient de céder sous son poids à tout instant mais elle forçait pour tenir bon. Darren lui avait dit de viser les genoux du monstre. Ok, elle pouvait le faire ! Elle en était capable ! Oublier la souffrance qui irradiait dans sa main, recharger, viser… tirer.
Le coup partit, puis un deuxième et un troisième.

Darren monta immédiatement à l’attaque.
Son esprit était pleinement concentré sur cet instant critique du contact. Le regard sombre, assuré de ses acquis, il avança en tirant cartouche après cartouche. Sans chercher à mitrailler, il visait la poitrine de la créature qui hurlait à chaque coup. Ses jambes cédèrent sous les tirs précis d’Emilia. Darren lui hurla un énorme remerciement mental. Sur une fraction de seconde, son attention se détourna sur elle et il songea que c’était une sacrée nana. Elle ne lâchait pas sur l’instant, elle ne fondait pas en pleurs. Elle agissait et c’est bien cet état, qu’il voyait là, cette Emilia, qui donnait l’exemple concret de sa survie face aux Wraiths.

Dès que le monstre fût agenouillé par la force d’impact de la chevrotine et de ses jambes affaiblie, Darren glissa son canon sur le côté et dégagea habilement une charge de C4 de ses attaches. Il avait planté sa baïonnette jusqu’à la garde, le plastique formant un pourtour muni d’un pic. L’objet agrippé à deux mains, le jeune homme avait l’intention de le lui planter dans le pif, dans le torse, quelque part. Et il lui ferait péter cette charge de démolition pour le disperser aux quatres vents.

Il amorça son geste mais calcula bien mal le répondant ennemi. Le Zatäar répondit d’un nouveau hurlement qui s’accompagna d’un puissant revers. Il chassa de ses mains la charge de C4 qui s’envola dans les fourrés non loin d’Emilia. Et un échange très brutal entre Darren et la créature débuta. Forcément, il était largement perdant en recevant un premier coup qui lui balaya les jambes. C’était une lutte à mort qui se profilait. Darren cria, saisissant son fusil à pompe pour le placer entre lui et la créature. Mais elle y posa également ses deux mains et s’y appuya de tout son poids, amenant cette barre d’acier progresser en direction du cou du soldat.

Darren soufflait comme un boeuf sous l’effort qu’il déployait à lui résister. Mais il commençait à ployer et sentait l’issue du combat trop défavorable.
« Reste pas là !!! » s’écria-t-il tout en gesticulant pour essayer de trouver de nouveaux appuis.
« Va-t-en, putain !!! »

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Dim 14 Avr - 20:35
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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– P
as cette fois, répondit fermement la jeune femme en se déplaçant pour être dos au monstre. Assez proche pour ne pas pouvoir louper sa cible et infliger le plus de dégâts possible, pas assez pour qu’il puisse la désarmer avec un simple revers. Elle visa à nouveau et tira coup sur coup sans parvenir à retenir une grimace de douleur à cause de sa main.

Le Zatäar se cabra sous l’impact des projectiles pénétrant sa peau. La poussée qu’il octroyait pour écraser Darren, il la remplaça soudainement par l’inverse en l’attirant brusquement à lui. Le soldat fut surpris par l’élan de sa propre force conjuguée à celle de son ennemi. Il lâcha son fusil à pompe qui roula sur le sol et tenta de récupérer son équilibre, les bras s’agitant de cercles ridicules. C’était trop tard. Darren glissa sur le rebord de la falaise, rebondi sur le cul en ripant sur les lianes puis disparut dans le vide, là où Emilia avait fait son escalade.
– NON !! s’écria Emilia d’un air désespéré en voyant son ami tomber.

Le Zatäar éructait de douleur. Il se redressa et fit un pas vers la jeune femme. Mais son genou partit dans un sens inhabituel sous la pression du poids et il se retrouva de nouveau à genoux. C’est comme ça qu’il tenta de se trainer en direction d’Emilia, loin d’être démotivé à l’idée de la tuer. Son regard n’avait pas changé, il n’avait d’yeux que pour elle et son gène...

La jeune femme se tourna pour faire face au monstre qu’elle avait baptisé avec le nom de la créature qui peuplait ses cauchemars de petite fille et le dévisagea avec un air haineux. L’adrénaline avait envahi son corps, la douleur avait diminué, remplacée par l’envie de fracasser des crânes. Un crâne. Il fallait que ça cesse, ce combat ne pouvait pas s’éterniser.

– Sale bâtard !!! hurla t-elle en Ancien tout en braquant à nouveau son arme. Il était salement amoché mais elle savait qu’il était capable de se régénérer. Il ne fallait surtout pas lui en donner l’occasion. C’est donc l’autre jambe qu’elle cibla et sur laquelle elle tira de bon coeur.

Il ne parvenait pas à l’atteindre. Le monstre avait beau essayer, ses bras balayaient l’air en direction d’Emilia sans y parvenir. Il se trouvait alors à genoux, prostré, impuissant. Emilia prenait le dessus mais il n’allait pas se laisser faire aussi facilement. S’il y avait quelque chose qui ne manquait pas, c’était de la verdure, de la nature. Le Zatäar y planta ses deux orifices de ponction. PAC - PAC !!! Dans le sol !
L’odieux bruit de succion démarra avec ces couleurs fluo qui étaient honteusement siphonnées. La lumière ambiante commençait déjà à se ternir tandis que le monstre poussait un air extatique jubilatoire. Ses blessures commençaient déjà à se résorber à vue d’oeil, notamment les meurtrissures de son visage. Il semblait même qu’il souriait d’un air pleinement provocant, comme s’il demandait à la princesse d’attendre juste assez de temps pour qu’il soit tout neuf. Et qu’il s’occupe d’elle.

Les mains de Darren réapparurent sur le corniche.
Son visage rouge et gonflé par un effort excessif suivit peu après. Il découvrit la scène en écarquillant les yeux puis il hurla au travers de son essoufflement, essayant toujours de remonter.
« LE POMPE ! SES MAINS !!! »

– JE SAIS MERCI !!! S’exclama Emilia qui avait déjà amorcé un mouvement pour atrapper le fusil à pompe. Elle se positionna en courant, le cala comme elle pouvait selon ce dont elle se rappelait des cours de Darren sur la manipulation de cette arme, et tira en visant les mains. Pratiquement à bout portant. Intérieurement, elle était soulagée de voir que Darren allait bien. Ils étaient semblables à de la mauvaise herbe tous les deux, on avait beau les piétiner ils finissaient toujours par se relever.

Ecrabouillées ! Pulvérisées en charpies !
Les phalanges s’envolèrent en tous sens tandis que le reste de ses mains prenaient des formes disgracieuses et déchirées. Le monstre hurla de douleur en plaçant ses extrémités sous son regard, n’en croyant pas ses yeux. Pour la première fois depuis le début, il était dépassé par l’adversité, la tenacité du duo. Il se retrouvait sans pouvoir de régénération, gueulant pour gueulant, montrant les dents pour les montrer, mais n’étant plus capable de se battre.

Darren en avait profité. Il s’était déporté pour récupérer son bloc de C4 et il s’élança à son tour. A l’aide de son poignard déjà en place, il lui planta la charge de démolition au niveau de la nuque, le surprenant d’un nouveau cri de douleur. Le soldat ne demanda pas son reste, il s’éloigna immédiatement en manquant de se prendre un coup de moignon sanguinolent. Sans attendre, se moquant bien d’admirer le chef d’oeuvre, sa main capta celle d’Emilia et il l’attira dans un brusque contrecoup en direction du tunnel. Il courut, le plus vite possible, en forçant la jeune femme à suivre la cadence. Il la lui imposait par la force, sans lui laisser le choix, quitte à la tracter.

« À couvert ! » S’écria-t-il en ayant atteint un tournant.

Il plaqua son amie contre le mur et la serra fort contre lui au moment où il se saisissait de son détonateur. L’engin passa devant les yeux d’Emilia, le fameux bouton rouge subissant la pression fatale qui déclencha un coup de tonnerre terriblement puissant. Un vacarme accompagna l’onde de choc. L’effet tunnel joua, les rendant à moitié sourd alors qu’un souffle puissant remontait le vieux couloir. Un éternuement d’un quelconque Dieu sadique, un vent de tornade qui manqua de les arracher malgré le couvert, puis ce craquement si dérangeant. Le tonnerre monta encore et encore, comme une succession cataclysmique, se répercutant dans le sol et les murs en faisant vibrer le tout comme une fin apocalyptique. Mais après la tempête, une accalmie se présenta miraculeusement. Darren gardait son emprise sur son amie, la protégeant de tout son corps alors qu’il avait le coeur qui battait à cent à l’heure, le souffle trahissant son état de stress.
Il finit par se décrocher lentement et hasarda un coup d’oeil sur le côté. Tout avait sauté...le couloir s’était effondré en obstruant entièrement l’entrée. C’est la végétation à l’intérieur qui assurait l’éclairage. Il n’en fallait pas plus pour que Darren décréte à la hâte qu’ils étaient en sécurité et ne s’intéresse à la princesse.

Il plongea son regard dans le sien, ses mains jointes autour de ses joues alors qu’il cherchait silencieusement une garantie, l’assurance qu’elle n’était pas blessée.
Il répéta alors comme une fillette :
« JE SAIS ! MERCI !!! »
Puis il éclata de rire.

Emilia le poussa et prit un air boudeur.
Ils s’en étaient sortis ! Ils avaient survécut ! Elle n’avait pas comprit ce que Darren avait fait avant que tout n’explose mais ça avait eu le mérite d’être plutôt expéditif. Cela dit, elle regrettait de ne pas pouvoir revenir sur ses pas pour vérifier que le monstre était bel et bien réduit en charpies, elle savait qu’elle ne se sentirait pas en sécurité tant qu’elle n’aurait pas constaté de ses propres yeux sa mort. Elle en avait besoin.
En tout cas, ils avaient salement amoché le démon, mené le combat du siècle, et tout ce que trouvait à lui dire Darren après ces retrouvailles c’était… c’était quoi d’ailleurs ?

– Et qu’est-ce que tu sais au juste ? demanda t-elle en faisant mine de ne pas comprendre qu’il se moquait certainement de la réponse qu’elle lui avait sorti un peu plus tôt.
L’adrénaline était encore bien présent dans ses veines mais elle sentait que ses nerfs n’étaient pas loin de lâcher et son corps avec. Elle tremblait, de peur et d’excitation, de douleur et de joie.

Des émotions bouillonnantes, mélangées dans le chaudron de son esprit chauffé par le combat et qui faisait écho chez le jeune homme. Car même lui, en qualité de militaire, se retrouvait face à elle les jambes tremblantes de nervosité.
« Que t’es un foutu sacrée guerrière ! Une putain de nana courageuse ! » S’exclama-t-il en réponse.
Dans un geste naturel et sans lui demander son avis, il la cueillit dans ses bras et la serra bien fort contre le lui, n’en revenant pas de la retrouver. Il savait qu’elle avait morflé, ça l’avait rendu dingue de la voir brisée, écrasée au sol par cette créature. Ca l’avait touché et tenu aux tripes. Mais ils s’étaient battus et ils s’en étaient sorti.
Darren s’était persuadé qu’il la retrouverait dans cette structure dès qu’il l’avait repéré, après avoir grimpé en hauteur, déduisant l’esprit exercé d’Emilia. Le fait d’avoir été sur cette même longueur d’onde lui plaisait tout autant que de la revoir. Mais il sentait son corps trembloter contre le sien et il comprenait combien ça avait du la secouer. Combien c’était dur pour elle.

Elle le serra fort en retour, se cramponnant à lui de toutes ses forces. Après tout ça, renouer avec la chaleur humaine de son ami était un besoin vital, ça lui faisait un bien fou. A travers ce contact elle réalisait qu’elle n’était plus toute seule, qu’elle pouvait à nouveau se reposer sur quelqu’un. Elle sentit l’émotion la submerger.
– Je ne suis pas courageuse, répondit-elle la voix tremblante. Autrement elle ne serait pas au bord des larmes en ce moment, si ?
Elle avait bien faillit y passer là-bas, ça s’était joué à un rien. Heureusement que Darren avait débarqué.
« Je t’ai vu tenir tête à ce monstre, là où des tas d’autres auraient fait la connerie de tourner le dos... » lui murmura-t-il en réponse.
Il frottait son dos de sa main, comme s’il essayait de la réchauffer, que ses tremblements étaient causé par le froid. « Tu es super courageuse ! Tu as tenu bon... »
Il marqua une pause.
« J’ai eu peur de te perdre...tellement peur. » Lâcha-t-il d’un souffle sincère en la maintenant de son étreinte. Il ne pouvait pas accepter l’idée que son amie y passe dans ce trou paumé. Pas après tous ces efforts, pas comme ça. Il s'entêtait à vouloir sa survie par tous les moyens. Autant pour des raisons professionnelles mais aussi purement personnelles. « Je te lâcherai plus jamais, on se sépare plus ok ? »
– Non… on ne sépare plus...
La jeune femme prit une grande inspiration pour essayer de reprendre le contrôle de ses émotions.
– Comment as-tu survécu ? J’ai cru qu’il t’avait tué au sommet de la pente...

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Dim 14 Avr - 20:37
Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

D
arren se détacha légèrement.
« J’ai cru qu’il m’avait tué aussi. » avoua-t-il sans dilemme de fierté. Il se posa une main sur la tête, sa chevelure chargée de sang caillé. « J’ai pas réussi à le retenir, il m’a envoyé bouffer de la caillasse. Et quand je me suis réveillé...il n’était plus là. »
Emilia porta une main à la tête de son ami pour regarder en douceur sa blessure. Une sacré belle balafre… au moins ils étaient quittes. Elle aurait pu se réjouir si elle avait été rancunière mais elle était à des années lumière de ce genre de pensées au moment présent. Elle cligna des yeux et une larme en profita pour rouler sur sa joue. Elle l’essuya d’un mouvement rapide de la main.

– Il était avec moi. Je lui ai échappé une première fois en me cachant dans un arbre.
« J’suis désolé de pas avoir été là. »
– Tu m’a sauvé, lui rappela t-elle.

Il se sentait tout de même un peu honteux, en échec, mais il poursuivit.
« J’arrivais pas à suivre sa trace alors j’ai pris de la hauteur et j’ai vu cette structure. J’étais sûr...j’étais persuadé que tu irais ici. Que je t’y retrouverai. J’ai entendu tes cris et c’est là que... »
Darren soupira.
« Je te laisserai plus en contact de cette chose. Peu importe s’il est en morceaux ou pas. On trouve cette foutue bobine et je te ramène à la maison... »
– J’ai besoin de savoir s’il est vraiment mort… s’il nous était possible de sortir d’une manière ou d’une autre… juste pour être sur… souffla t-elle en tremblant. Qu’il ne nous prenne plus par surprise...

« Emy... » fit-il en secouant négativement la tête dans un premier temps.
Mais elle avait raison. Il ne pouvait pas se contenter de laisser cette éventualité de côté en comptant sur leur capital chance. Ca faisait bien longtemps que le trèfle à quatre feuilles avait fait ses foutues valises pour se barrer bien loin, au soleil, sur le continent, avec des cocktails et des massages aux pieds.
Le jeune homme comprenait un peu. Mais c’est surtout l’empathie qui finissait de le convaincre. Emilia avait peur, il sentait qu’elle était terrorisée. Qui ne le serait pas d’ailleurs, avec ce genre de monstre qui la pourchassait en hurlant son nom à la radio. Clive comprenait et il sentait aussi que c’était un besoin vital. Ils allaient perdre un temps précieux. Mais en terme de stratégie, c’était loin d’être idiot.
« Je connais un chemin. » affirma-t-il finalement. « Mais avant on doit vérifier que tu n’es pas blessée. Faire le point en arme et munitions...d’accord ? »
-D’accord, murmura t-elle. Ca lui faisait du bien de laisser le contrôle à quelqu’un d’autre quelques instants. Elle allait pouvoir se relâcher et respirer un peu.
- J’ai perdu mon couteau... dit-elle tristement. Mais il me reste un chargeur.
« Tu as lâché le pompe durant la course. » Nota Darren sans faire de reproches. « On en profitera pour le récupérer. »

Il acquiesça et agrippa délicatement l’avant bras de la jeune femme.
« Tu es fébrile. Assied toi Emilia, laisse-moi m’occuper de toi. » fit-il en l’aiguillant.
Elle manqua même de s’écrouler, ce qui fit réagir Darren qui la retint brusquement pour que l'atterrissage se fasse plus doucement.
« Ca va aller ! » lui susurra-t-il avant de déposer son sac à dos.

Le jeune homme préférait se faire rassurant même s’il n’y croyait pas lui même. C’était toujours mieux que d’entretenir une forme de déprime ou une résignation autodestructrice. A genoux, il se porta aux cotés d’Emilia et s’employa à lui passer un linge humide sur le visage, la nettoyer de toutes ces saletés pour voir si elle n’avait rien. Pour l’aider, il avait placé sa torche comme une lampe de camping entre eux deux.

Clive découvrit des abrasions, quelques entailles et des boursouflures. Les signes évidents de sa lutte contre le démon. Il prit le temps de l’examiner en douceur, sans forcément se montrer mielleux, mais clairement attentionné. Emilia était une dure à cuire mais pas une militaire, elle méritait les égards qu’il lui portait. Le jeune homme parvint jusqu’à sa main meurtrie, lui déclenchant un élan de douleur lorsqu’il sonda deux de ses doigts.

Quand on fait de l’escorte, il est naturel de savoir entretenir la santé du client. Darren ne se targuerait pas d’être médecin mais il avait quelques connaissances bien pratique. Le B.A-BA : une bande de sparadrap pour lui lier le majeur à l’annulaire.

« Ca n’a pas l’air cassé. » fit-il pour la rassurer. Il lui fit un petit clin d’oeil avant d’ajouter sur le ton de l’humour. « Où va ta préférence, princesse. Docteur Beckett ou Docteur Clive ? »
Emilia se redressa et déposa un baiser sur la joue de Darren.
- C’est Clive qui vient de me sauver la vie.
Elle posa à nouveau les yeux sur la blessure du garçon..
- Je ne saurai pas te recoudre mais je peux nettoyer ta plaie.

Elle l’avait flatté. Un pic au coeur loin d’être douloureux, très chaleureux, qui le faisait sourire tout en l’écoutant. Le jeune homme n’avait pas été loin de répondre plus franchement de ses lèvres. Après le danger et toutes ses craintes, ça lui avait traversé plusieurs fois l’esprit en lui apporter les soins. Mais il préférait se tenir.
Rien que ce petit bisou sur sa joue le comblait par la déduction simple. Celle ou elle avait dit qu’il lui faudrait du temps pour le pardonner. S’était-il racheté au cours de ce combat ? Ils l’avaient pourtant gagné à deux.

« Je sais que tu peux le faire. Le docteur Clive a besoin du docteur Eidolas pour être opérationnel. » lui dit-il lentement.
Il prit son avant bras pour dessiner le schéma de son doigt.
« Un bord après l’autre. Une croix, tu tires, une croix, tu tires. Et arrivé au bout, un noeud bien solide. On s’en fiche si je deviens aussi moche que ce monstre hein ! »
Darren déroula le reste de son kit pour en sortir le fil à suture. Il lui présenta les gants et l’invita du regard à se lancer. S’il devait se battre, il fallait impérativement que sa blessure soit suturer. Ce serait bien moins craignos s’il recevait un nouveau coup à cet endroit.
Emilia écarquilla les yeux en réalisant ce qu’il était en train de lui demander. En temps normal la tâche lui aurait déjà paru ardue mais dans son état physique…
- Ce n’est pas une bonne idée. Nous n’avons rien pour anesthésier et je n’ai jamais fais de couture de ma vie, lança t-elle précipitamment.

« Je suis anesthésié. » Affirma-t-il en blaguant, tapotant la joue qui avait reçu ce fameux baiser.
Darren l’observa longuement puis entama un mouvement pour s’allonger, posant sa tête sur ses jambes.
« Tu es une scientifique...tu verras, c’est pas dur...juste de la logique. Un bord après l’autre. Des croix...un noeud solide au bout. » Il se dandina pour trouver une position convenable puis attrapa la pointe du fil qu’il leva pour le placer en évidence devant elle. « Je peux pas continuer avec un trou dans la tête. Tu vas y arriver, tu as éclaté les mains de cette saloperie avec un pompe. Faire des noeuds dans ma tête sera moins dur. »
Il lui cachait volontairement l’existence de la morphine qui s’administrait par ampoule auto-injectable. Il ne sentirait rien avec ça mais ses réflexes seraient diminués. Il s’y refusait pour la suite de la mission. La douleur, ce serait son problème. A lui de se montrer impassible.
- C’est plus facile de faire sauter des monstres que de faire souffrir un ami, rétorqua le jeune femme qui plaça sa main en évidence pour mesurer son niveau de tremblement. Ca s’annonçait… sportif. Surtout avec ses deux doigts bandés.

Darren éclata de rire en remarquant sa main.
« Tu n’arriveras pas à me faire peur, très chère ! »
-Non bien sûr… difficile d’avoir peur d’une aiguille après ce que l’on vient d’affronter, soupira t-elle. Elle tendit le bras pour atrapper une compresse stérile et un peu de désinfectant et tamponna la plaie pour la nettoyer avant de regarder à nouveau l’aiguille avec un air inquiet. Il le voulait, c’était sa demande… C’est parti... murmura la belle en commençant son travail. Cela lui fit mal au coeur et elle culpabilisa à chaque fois qu’elle enfonçait l’aiguille dans la chair à vif mais la blessure finit par être recousue. C’était loin d’être du travail de professionnel mais elle avait fait de son mieux. Darren avait serré les dents et s’était évertué à intérioriser sa douleur. Ce n’était pas suffisant pour jouer le terminator impassible, ses mimiques informaient Emilia en tant réel du calvaire qu’il avait souhaité.

Une fois terminé, elle fit s’écouler un peu d’eau sur ses mains pour les laver et nota qu’ils allaient bientôt en manquer.

-Ce serait une bonne chose de trouver une source d’eau potable, fit-elle remarquer. Puis un souvenir s’imposa brusquement à son esprit, sans connexion logique. Elle se rappelait qu’elle possédait un objet qui pouvait avoir son importance.
« D’accord. »
A propos, j’ai trouvé ceci sur un corps dans la jungle, dit-elle en attrapant le cristal et en le montrant à Darren.

Le jeune homme s’était redressé en posant une main tremblante sur son crâne. Il sentait distinctement chacun des points irradier d’une vive douleur sur son cuir chevelu. Mais malgré ça, il recevait l’information de son corps, comme un remerciement, la certitude qu’il valait mieux ces points que de laisser la brèche. Du coup, Darren ignora l’information de son amie dans un premier temps. Il se pencha vers elle et l’embrassa fugacement avant de ponctuer son audace par un :
« Merci Docteur Eidolas !! »
Puis il reporta son regard sur le cristal, y trouvant maintenant un excellent sujet de diversion. C’est qu’il allait surement trop vite en besogne. Emilia baissait une barrière en lui offrant une rognure d’ongle, il arrachait d’emblé tout le bras. La jeune femme fronça légèrement les sourcils, ne sachant trop comment accueillir ce soudain élan d’affection. Elle n’était pas vraiment en état pour gérer ce genre de problématique. A vrai dire, elle se sentait sincèrement reconnaissante envers son ami d’être revenu la chercher et heureuse d’être en vie. Le contact physique lui était plutôt agréable, il la rassurait et lui rappelait qu’elle n’était plus seule.
D’un léger sourire satisfait, il prit délicatement le cristal et fronça les sourcils.
« J’en ai déjà vu ces trucs là...c’était...dans une salle des archives. »
Il examina l’objet, notamment sa connectique universelle, et c’est ce qui le rassura sur sa certitude personnelle.
« Ouais, c’est bien ça. Tout est stocké sur l’IA d’Atlantis. Mais il y a une sorte de sauvegarde sur des centaines de cristaux comme ceux là dans une pièce dédiée. Je dirai même des milliers. Ca peut s’introduire dans tous les terminaux Lantiens ce truc... »
-Ce qu’il y a là-dedans doit être important pour qu’un lantien décide de l’emporter avec lui.
« Des réponses à nos questions, tu crois ? »
-Peut-être des informations sur le Zätaar… enfin, sur le monstre. Tu as remarqué qu’il était en partie humain ? Il a l’air… recomposé.
Darren acquiesça. Il nota le nom de baptême de la bestiole, bien content de pouvoir la nommer comme cible. Puis il se fit songeur.
« Frankenstein. » fit Darren.
Il savait qu’Emilia ne comprendrait pas. Il développa tout de suite.
« Un vieux film d’horreur. Un savant fou assemble des morceaux de cadavres pour faire renaître une entité humanoïde. Généralement ça finit mal... » Il pencha la tête de côté. « On l’a imaginé chez nous. Qui sait ce que les Anciens ont foutu en pratique...c’est comme...si on avait rapiécé du Wraith et de l’Ancien en un seul morceau... »
-Ils ont creusé leur tombe… pourquoi ont-ils fait une chose pareille ?
« Ils étaient pris à la gorge tu sais. Ils pouvaient pas reprendre l’avantage sur les Wraiths sauf avec leur technologie. C’est mon avis personnel. Mais je crois qu’ils ont joué leur va-tout sur des expériences pas très cool. Juste dans l’espoir de pouvoir défoncer du Wraith... »
-Et le wraith les a “défoncé’, répondit elle en reprenant son vocabulaire.
Darren ria.
« Exact. »
Il marqua une pause.
« Bon sang. Qu’il est solide ! Il a fait quoi avec ton couteau, d’ailleurs ? »
-Il l’a jeté par terre quand tu l’as attaqué. Je lui avais planté dans la main.
« Ouais mais...il était rouge vif. Il est capable de cramer des trucs ? »
-Certainement, cela expliquerait tous ces corps carbonisés.

C’était une autre question qui ne pouvait trouver que des hypothèses au final. Ils en savaient si peu sur ce monstre que ça les handicapait. Darren lui rendit son cristal tout en énumérant.

« Ok. Soit on s’enfonce dans ce complexe pour trouver un terminal en état de marche et savoir ce que ça contient. Ou je t’emmène à l’extérieur vérifier qu’on a bien tapissé les murs de ton prétendant favori ! »
-Perdra t-on beaucoup de temps en sortant ?
« En comptant large...quarante minutes. Une heure max. Il faut faire tout le tour. J’ai eu du mal à rejoindre ta position. »
-Et tu as repéré des ordinateurs fonctionnels dans le bâtiment ?
« Des portes s’ouvraient automatiquement quand je suis passé. J’en ai vu mais...ils sont trois fois plus gros que ceux qu’on croise d’habitude. Il y a des cadavres ici aussi. Habillés ceux-là. »
-Tu as pu identifier la cause de la mort ?
Il secoua négativement la tête.
« T’étais ma priorité. Ces morts, je m’en foutais sur le moment. »
- Et je te remercie de t’être dépêché, répondit-elle en frissonnant. Mon hollow a définitivement cessé de marcher. Sais-tu combien de temps il nous reste avant de devoir rejoindre tes compatriotes ?

Le jeune homme consulta immédiatement son compte à rebours.
« Je dois prendre ma dose dans quatre minutes. Donc...trois heures par seringues, il m’en reste deux... »
Il se figea. Six heures...ils avaient déjà dévoré la moitié de leur temps de mission. C’était passé à une telle vitesse qu’il peinait à y croire.
« Il nous reste six heures. »
C’était sans compter le fait qu’ils devaient également trouver le chemin du retour. Darren misait gros sur les ordinateurs.

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Dim 14 Avr - 20:38
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Survivre avant tout...

S
ix heures… c’était tellement peu et elle se sentait déjà épuisée. Pourtant, il allait leur falloir toute leur énergie pour se sortir de ce guêpier à temps.
-Et pour retourner dehors il nous faut une heure.. aller retour ?
« Oui. Mais c’est pas tout. Lorn avait prévu quatre antennes de décontamination. Sur chaque entrée supposée du complexe, aux quatres points cardinaux. On ne sait pas quel est le plus proche ni s’il est encore utilisable. » Nota le soldat qui ne voulait pas l’angoisser. « Il faut qu’on pointe notre position pour savoir combien de temps nous prendra le retour. »
-J’ai.... disons cartographié mentalement notre progression. Je devrai pouvoir reproduire un schéma approximatif des lieux que nous avons visité si tu penses que cela peut nous aider à nous situer par rapport à ces quatres points.
« Tes pouvoirs ? Est-ce que...tu arrives à gérer ? » Demanda-t-il avec une pointe d’inquiétude.
-Oui c’est moins intrusif que l’empathie. Je retiens juste les choses avec une facilité déconcertante. Même des détails sans importances, mon cerveau enregistre tout.
« Ah ouais ? »
Il sentit un sourire enfantin gagner son visage. C’était ni le lieux, ni le moment. Mais il céda à la tentation.
« J’ai combien de grain de beauté ?!? »
-Euh… deux apparents, répondit-elle avec très peu d’hésitation.

Darren abdiqua rapidement. Le sourire en biais qu’il ajouta au précédent démontrait qu’Emilia avait vu juste. C’était un petit détail que peu de monde se serait intéressé. Voir aucun. Le jeune homme entreprit de vérifier l’arme d’Emilia puis il fouilla dans son sac pour en retirer un P90 dont le chargeur était déjà engagé. Il n’en avait pas d’autres. Juste cinquante balles...il n’irait pas loin avec ça.
« Ok. Ca nous ramène à la première question, miss. Ordinateur ou cogneur ? »
-Je sais que ça nous fait perdre un temps précieux mais je ne pourrai pas continuer sereinement sans être sûre que ce monstre est bel et bien mort… désolé.
« Ne t’excuse pas Emy. Je suis d’accord. »
Il fixa son arme de poing.
« Et il te faut de meilleurs outils pour te défendre. On va en profiter pour récupérer le fusil à pompe. Est-ce que tu te sens prête ? »
-Non mais il faut y aller, répondit-elle en se relevant et en mettant un peu d’ordre dans ses affaires.

Pas de repos pour les braves.
Darren laissa quelques minutes pour permettre à son amie de se motiver. Pour quelqu’un qui ne se disait pas courageuse, il trouvait qu’elle n’en manquait pas. Comment ne pas l’admirer. Les battantes dans ce genre-là ne courraient pas les rues. Sa montre sonna pour le rappeler à l’ordre. Darren n’attendit pas pour s’injecter sa deuxième dose de bêta-bloquant.
Le jeune homme arma son P90 après avoir replacé son sac sur les épaules. Il était prêt et passa en avant lorsque son amie lui fit signe. Il longea les couloirs en sens inverse, reprenant le chemin qu’il avait emprunté pour déboucher à l’extérieur. Emilia avait pu se rendre compte d’elle-même que le complexe était relativement bien épargné à l’intérieur. Bien sûr, la végétation était omniprésente mais bien moins étouffante qu’à l’extérieur. D’ailleurs, il arrivait qu’elle capte, grâce à sa mémoire surdéveloppée, des détails intéressants en cours de route. Comme le fait que ces ordinateurs Lantiens effectivement trois fois plus gros n’avaient pas été touché par la moindre touffe de mousse. Des cercles de protection se dessinaient comme pour le cadavre qu’elle avait découvert au bord de la falaise.
Tout était alimenté. Quand ils passèrent dans une section dont l’éclairage fonctionnait, le déclenchement des lampes causait l’extinction soudaine des nervures colorées des lierres grimpants et courant le long des parois.

Darren retrouva assez facilement son chemin et son estimation, pas très fine, restait néanmoins dans une bonne fourchette. Après vingt bonnes minutes de marche, étant surtout ralenti par le terrain accidenté une fois à l’extérieur, ils atteignirent le lieu de la bagarre. Pas très difficile à trouver étant donné qu’un petit incendie avait fait rage pour calciner tout les environs sur dix mètres carrés. Toute la corniche en somme.

Le soldat passa en premier, l’arme bien levée pour la pointer sur la moindre menace hypothétique. Il sut d’emblée que le moral d’Emilia allait s’écrouler parce qu’il n’y avait pas le moindre morceau de chairs, pas d’ossements, de fragments de frankenstein. Rien de chez rien.
Une charge de démolition C4 n’avait pas pour vocation d’être antipersonnel. Mais à bout portant et vu le grammage, ils auraient dû découvrir le Zatäard répartit aux quatres coins de la corniche. Darren s’avança au bord du précipice pour regarder en contrebas. Il pinça des lèvres en découvrant une zone de la forêt très clairement dévorée. Une large portion avait perdu toute sa couleur et sa vie pour ne laisser paraître que des bois fossilisés et fantomatique.

Déçu de ne pas avoir une belle garantie à lui offrir, Darren posa vers elle un regard compatissant.
« Il y a rien d’immortel. Il a forcément une faiblesse. »
Emilia avait blêmi en comprenant que son démon n’était pas mort. Elle l’avait espéré de toutes ses forces mais ses prières n’avaient pas été entendues.
En silence, elle se pencha et ramassa son couteau en silence. Le manche était bien abimé mais toute la partie métallique n’avait souffert d’aucun dégât, le lapis arcus était vraiment miraculeux.
Ils avaient perdu une heure et ils savaient désormais que la menace mortelle pesait encore sur eux. Ce n’était qu’une question de temps avant que le monstre revienne, il revenait toujours et il savait exactement où ils étaient.
-Allons nous en, répondit la jeune femme d’une voix blanche.
« Non. Attends un peu, s’il te plait. »
Darren avait retrouvé son fusil à pompe non loin de l’éboulement. Il l’examina et découvrit qu’il n’avait pas souffert. Enfin une bonne nouvelle ! Le jeune homme se retourna et lui présenta l’arme pour qu’elle la prenne. Il sortit ensuite ses cartouches en réserve, une douzaine, qu’il plaça dans ses poches.
« Retourne le, tu vois cette ouverture sous le ventre ? »
-Oui.
« Pousse le piston d’un coup sec. Voilà, comme ça. Ensuite, tu insères les cartouches. La partie métallique toujours en arrière. Il peut contenir huit projectiles. »
Darren se sépara de ceux qu’il avait sur son gilet tactique. Il inséra la première cartouche pour lui montrer et lui laissa s’exercer sur les sept dernière.
« Maintenant, ramène la pompe d’un coup sec. »
Il acquiesça.
« C’est prêt à faire feu. N’oublie pas, c’est pas comme l’arme de poing. A chaque tir, un mouvement de va et vient pour recharger. Il est très puissant, ce n’est pas la vitesse de tir qui compte. Tu colles bien la crosse sur ton épaule. Jamais sans ton épaule, c’est la règle...d’accord ? »
-Tu le manipuleras mieux que moi. Pourquoi me le laisses-tu ?
« Ton arme de poing ne suffit plus et tu as un minimum d’entrainement sur ce fusil. » lui expliqua-t-il. « C’est de la tactique de guérilla, même si tu n’es pas habituée, ça augmente notre répondant et notre puissance de feu. On va mieux pouvoir se défendre. »
-Si tu le dis… soupira t-elle.
Elle était complètement démoralisée. La perspective d’un nouvel affrontement la rendait malade, elle savait qu’elle ne serait pas capable d’opposer la même résistance une seconde fois.
Darren le devinait même sans l’empathie. Il ajouta avec une réelle certitude :
« Je ne le laisserai pas s’approcher de toi ! »

Pas question de laisser cette chose la courser de nouveau. Darren savait leur situation compliquée. Il ne se baladait pas avec des tonnes de charges de démolition sur le dos, il avait utilisé la seule qu’il avait. C’était sans compter le fait qu’il avait distribué les dernières munitions : plus de réserves. Alors il avait intérêt à ne pas gâcher son unique chargeur de P90, c’est pour ça qu’il bascula le sélecteur de tir en coups par coups.
Darren fit un sourire rassurant à son amie pour la mettre en confiance et il amorça le chemin du retour. Ils ne s’arrêtaient pas, ne se reposaient pas si ce n’est cette demi-heure accordée dans le couloir. Avec le dernier combat, lui comme Emilia étaient bien épuisés. Le temps commençait à leur faire défaut. Mais Darren refusait de croire à l’éventualité d’un échec. Ils avaient déjà trop galéré pour s’arrêter comme ça.

Retourner dans les couloirs offrait une sécurité relative selon lui. Moins d’endroit à surveiller : devant ou derrière. C’est tout. Parfois, certaine section effondrée empêchait l’accès. Mais en passant et en faisant un détour, Darren amena son amie jusqu’à la salle des ordinateurs qu’il avait découvert. Comme elle avait pu le constater précédemment sur d’autres structures, celle-ci était plutôt bien préservée. Elle se constituait de plusieurs éléments qui allaient très rapidement lui parler.
Des cellules réfrigérées pour échantillons. Des stockages sécurisés. Divers appareils de conceptions comme des synthétiseurs, des analyseurs. Des machines déjà obsolètes pour les Anciens à l’époque. Et heureusement d’ailleurs car cela permettait à la jeune femme d’en déduire le fonctionnement à l’aide de ses pouvoirs.

D’emblée, l’ordinateur au centre de la pièce s’anima à son contact. Son écran en trois panneaux afficha une série d’éléments en Anciens, surtout les détails d’une longue remise en route. Mais Emilia accéda très rapidement à la dernière entrée d’un registre qui datait de dix milles ans. Il s’agissait d’un rapport d’analyse d’une substance récoltée sur un emplacement précis dans la galaxie.

Il suffisait à la princesse de creuser un peu pour comprendre qu’elle se trouvait dans un laboratoire d’étude et de conception de biochimie. Et que l’essentiel du matériel avait été préservé...pour une raison bien précise.
Les cadavres ici et là ne portaient aucune trace de lutte ou de traumatisme. Comme s’ils étaient simplement morts de faim. Mais il était clair qu’ils avaient donné les derniers jours de leurs vies en oeuvrant ici dans un but spécifique. La majorité du matériel, malgré son obsolescence, visait un projet précis.

Mais tout s’était subitement arrêté avant sa conclusion…
Emilia prit le temps de parcourir les fichiers pour tenter de comprendre ce qui s’était passé ici, pourquoi ces personnes étaient mortes. Très vite, elle commença à trouver sa lecture passionnante.

-Les Anciens travaillaient sur un poison contre notre ennemi commun. Je les soupçonne de s’être enfermés ici dans l’espoir de finaliser rapidement leur projet quand le Zätaar est devenu hors de contrôle mais ils ont échoué.
« C’est quand même étonnant qu’ils n’aient pas trouvé un moyen de le camisoler. Avec un bouclier, un rayon neutralisant ou un truc dans le genre...non ? »
- Leurs installations étaient trop vétustes. Un E2PZ piégeait la créature mais il a été endommagé et la bête s’est échappée. Le monstre avait été crée pour anéantir les porteurs de gêne… mais il semble qu’il ne fasse pas de différence entre le gène Ancien et le gène vampire. Ou qu’il ne veuille pas la faire.

Darren était presque ravi. “Presque”.
Il sentait que ça n’allait pas être aussi simple.

« Donc...si je te suis...il y a moyen de le buter, c’est ça ? »
- Il y en a un, si je mets la main sur les bons produits. Je peux synthétiser le poison mais il faut sortir, chercher certaines plantes et… soit mettre la main sur un échantillon de sang de Zätaar… soit sur l’un de tes béta-bloquant.
« Mon dernier tu veux dire. » Rectifia Darren en se malmenant la lèvre.
Il consulta sa montre pour voir le temps qu’il lui restait. Il se souvenait bien de sa réaction la dernière fois et celle de son amie qui n’osait pas l’approcher.
- En effet. Mais j’ai aussi mis la main sur la localisation de la pièce qui nous manque. La bonne nouvelle c’est qu’elle ne se trouve qu’à une quinzaine de minutes d’ici, la mauvaise c’est qu’elle se trouve dans une salle partiellement immergée. Sans compter que les fondations du complexe commencent à être envahies par l’acide. Nous pouvons commencer par là et récupérer la pièce en espérant que l’eau ne soit pas trop acide. Ensuite, s’il nous reste du temps, nous chercherons le moyen d’exterminer ce monstre. J’ai également localisé la sortie la plus proche.
« Ok...ça me semble pas mal. On sécurise notre objectif principal. On bute le Zatäar, qu’il ne nous emmerde plus quand on rentrera. Et on sort de ce gourbis. Tu me vends du rêve, tu sais ? »
- Chaque minute compte si nous voulons avoir le temps de fabriquer le poison, il faut nous dépêcher ! répondit la jeune femme qui se sentait revigorée par toutes ces bonnes nouvelles.

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Dim 14 Avr - 20:41
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Survivre avant tout...


« Je peux foncer à la cueillette pendant que fait trempette... » nota Darren en n’oubliant pas le danger extérieur.
- Nous séparer nous ferait gagner du temps mais qu’arrivera t-il si le Zätaar attaque l’un d’entre nous ?
« Je ne me pose pas la question. » Déclara-t-il en faisant une marche arrière complète. « On s’est dit qu’on ne se séparait plus. Je tiendrais cette ligne de conduite. »
Il souriait de plus en plus.
« Ca commence à sentir bon, tout ça. On a l’emplacement, les moyens. Cette fois on est plus dans l’inconnu. C’est...génial ! »
Darren la pointa du doigt.
« Je te préviens, c’est moi qui teste la température de l’eau en premier ! » Blagua-t-il, évitant de prononcer le mot acidité.
- On peut y tremper une plante avant d’y mettre l’orteil, répondit-elle.

Avant de partir, elle tenta de connecter le cristal qu’elle avait découvert sur le cadavre à l’ordinateur dans l’espoir d’y découvrir un secret utile et, si possible, une autre bonne nouvelle.

Le fichier vidéo avait mal vieilli.
Les couleurs que reflétaient l’écran de l’ordinateur Lantien se faisaient ternes et dépressives. Comme un très vieux film ressorti des méandres de l’oubli, des distorsions parasites et des empreintes géométriques sans raison mouchetaient le point de vue d’un complexe magnifique et ordonné. Malgré ces difformités, il était facile de remarquer à quel point l’endroit donnait l’air neuf, éclairé, et révolutionnaire. C’était inédit, en avance sur son temps, source de la fierté Lantienne. On comprenait facilement pourquoi avec ces images. Le complexe des prototypes de la cité, il y a dix milles ans, donnait l’air encore plus futuriste. L’aspect neuf y jouait beaucoup. Un musée de milliers de pièces rangées avec précautions, des articles étiquetés, classés, voués à la préservation pour le futur que ses créateurs prevoyaient.

Une coupure dans la vidéo retire toute cette belle observation pour une nouvelle scène qui se déroule dans la salle d’embarquement de la cité. Parmi un cortège impressionnant d’Anciens, tous dans des tenues impeccables, ils se positionnent autour d’un élément isolé et bien moins calme que le reste. Mains liées dans le dos, retenu par deux gardes motivés, il est poussé de force jusqu’à la Porte. Il hurle. Sans arrêt. Il essaie visiblement de les avertir, de les prévenir. Mais toute l’assemblée reste sourde à ses lamentations.
La bande son est trop corrompue pour y discerner quoi que ce soit. Mais le ton employé laisse transpirer la menace. Le prisonnier ne gesticule pas dans un air bienveillant, bien au contraire, il a l’air de prédire leurs pertes à tous. Il suffit d’examiner ce visage mauvais, bourré de haine et de mépris.

Quand l’indélicat est enfin sorti de leurs vies par le biais de la Porte, l’assemblée se clarsaime dans les couloirs attenant. La vie reprend en ne laissant que les immobiles se tourner vers une femme d’une cinquantaine d’années, le visage ravagé par la douleur et la tristesse. Elle se démarque par une couleur de cheveux rouge vif. Ceux qui essaient de lui faire part de leur compassion parviennent à peine à lui décrocher un regard. Il semble qu’elle n’a pas dormi depuis longtemps. Et même si sa stature semble refléter une certaine responsabilité au sein d’Atlantis, elle ne donne plus l’air que d’une épave de ruines sentimentales.

La vidéo se coupe une nouvelle fois. Le prochain fichier se déclenche sur un groupe de Lantiens effrayés qui courent dans une coursive sans but précis. Ils tentent de trouver un chemin malgré le fait qu’ils connaissent les lieux par coeur. Mais quelque chose cloche, ils paniquent. Soudain, le porteur de l’enregistreur sursaute et cadre dans son dos. Le Zatäar a choppé un des Lantiens et l’a écrasé au mur. Les tirs d’énergie qui lui percent le flanc et l’épaule le chagrine à peine. Il est trop occupé à maintenir sa proie plaquée contre le mur, lui laissant battre inutilement des jambes, alors qu’il y plante sa main libre pour une ponction.
Le caméraman panique au même titre que les défenseurs. Ils se mobilisent tous pour venir en aide de leur ami mais c’est trop tard. Il hurle. Malgré le grésillement de la bande audio toujours abîmée, la douleur est telle qu’elle se modélise même maintenant, dix milles ans plus tard.

L’homme ne vieillit pas prématurément. Il chauffe. Son corps brûle uniformément tandis que la main assassine contre son torse rougeoie sous l’action qu’elle lui impose. Le visage du pauvre hère cloque brusquement, il lève les yeux vers le plafond comme s’il implorait une divinité supérieure. Il ne sent pas que sa peau est si abîmée qu’elle ne permet plus l'élasticité du geste. Alors il se déchire le cou sans le savoir. Son épiderme, les muscles et les tendons se défont. Sa joue tombe lamentablement en montrant ses dents. Il les a serré si fort que plusieurs d’entre elles ont cassé net.
Puis la victime s’enflamme brutalement d’un feu unique et entier. Comme une torche. Dans une tentative désespérée, il se secoue encore mollement, avant qu’un tel choc n’éteigne tout bonnement sa conscience.

Le Zatäar hurle. La première ligne de défenseur panique et fuit sans ordre. C’est une véritable débâcle qui voit le caméran finir seul devant l’ennemi. D’ailleurs, il ne peut réagir à temps. Le monstre lui envoie la dépouille enflammée comme une boule de bowling qui le percute et renverse le tout. La caméra Lantienne semble faire plusieurs tonneaux avant de se stabiliser et de filmer à l’envers. C’est la cinquantenaire aux cheveux rouges. Son visage est dévoré par la peine et la supplique.

Étonnamment, elle ne cherche pas à fuir. Elle se jette dans les jambes du monstre et en agrippe une tandis qu’elle hurle un mot. La répétition permet à Emilia de l’entendre : “Ferosis-mé”. (Reviens-moi)
La cinquantenaire l'agrippe de toutes ses forces, elle tapote, essaie de se faire remarquer mais ne parvient pas à le retenir. Elle joint finalement ses deux mains sur la ceinture du monstre, plante ses deux pieds dans le sol pour y mettre l’énergie de son désespoir mais elle glisse. Un coup de botte involontaire fait de nouveau bouger la caméra. On remarque cette pauvre dame essayer de raisonner le monstre sans y parvenir. Il finit par la chasser avec un étonnant manque de violence, d’un simple geste agacé qui la repousse. Elle tombe à genoux et fond en larmes tandis qu’il disparaît au coin d’une coursive.
Les tirs d’énergie et les hurlements généraux qui montent alors indiquent qu’il est en train de se charger d’eux. Les différents hublots sur les parois sont d’excellents indices...c’était là qu’Emilia et Darren avaient repéré des ossements.

La dernière vidéo semble beaucoup plus nette. Le son fonctionne un peu mieux malgré des crépitements agaçant. L’angle de vue donne sur l’extérieur de la base scientifique dans laquelle ils sont. Ce qui donnait l’impression d’être une montagne, ce qui avait obligé Emilia à escalader pour atteindre ce bâtiment, était en réalité une machine avec des bras géants articulés. Surement pour la manutention de grands contenants. L’expérience de la princesse dans cette jungle lui permet à peine de comprendre qu’il s’agit du même endroit. Mais il y a des similitudes, divers objets et des installations qui, curieusement, rappellent les reliefs qu’elle a dû franchir pour arriver jusque là.
Ce point de vue est celui où la jeune femme avait trouvé le cadavre et le cristal.

Elle avait dû le poser sur une surface puisqu’elle apparut bientôt dans le cadre. Elle nettoya brièvement ce qui devait être l’objectif puis acquiesça, validant le fait que ça tournait. Elle ne s’occupa plus de l’enregistrement.
Quatre Anciens malades apparurent. Leurs uniformes débraillés et déchirés en plusieurs endroits témoignaient d’un long calvaire. Mais leur visage anémié et souffrant suffisait à peine à émouvoir. En effet. On déduisait facilement qu’ils étaient blessés, amoindris, mais tout cela ne semblait plus avoir d’importance pour eux. Les regards étaient sereins et déterminés, annonçant sans même comprendre le contexte qu’il s’agissait d’une fin. Être exposé en plein dégarni, sans couverture, ne les effrayaient pas. Une véritable indifférence guidait leurs pas.
La femme aux cheveux rouges serra dans ses bras chacun des hommes. Elle échangea quelques mots avec eux, serra la main du plus vieux qui semblait être un supérieur professionnel, puis elle s’écarta du groupe avec émotion. Eux ne semblaient pas très touchés par la vulnérabilité de cette femme. Se plaçant en cercle, ils se prirent mains dans la mains et fixèrent intensément le plafond. Il n’y eu rien durant les premières dizaines de secondes. Mais ensuite...la lumière. Une lumière si pure et si belle qu’elle ne pouvait être issue d’une quelconque technologie.
Les quatre anciens avaient fermé les yeux. Leurs corps étaient en train de se dissoudre, se transcender sans aucun détail vulgaire. Pas de sang, pas d’organe, pas de cris ni de plaintes. Seulement une forme de sérénité et de gravité. Trente secondes plus tard, les quatre orbes de lumière montaient en direction du plafond, disparaissant du champ de la caméra. Les réactions de la dernière naufragée du complexe faisaient peine à voir. Elle les fixait jusqu’à la fin, la différence d’éclairage sur son visage laissant déterminer le moment T de leur disparition. Ce silence brutal et cette solitude invisible lui tomba sur le dos avec une telle violence qu’elle tomba sur ses genoux. Elle pleurait en se plaquant les mains sur le visage pendant de longues minutes.

Ses pleurs ne s’étaient pas taris lorsqu’elle se rappela de la présence de la caméra. La cinquantenaire rampa jusqu’à elle et s’en empara pour se filmer avec. Elle parla en Ancien, la voix brisée par l’émotion et la peine.
« Nous mourrons. Les radiations auront raison de nous dans quelques heures. Je pourrais partir...comme eux. Mais il reste une attache... »
Elle regarda au loin dans le complexe.
« Il ne m’écoute pas. Le groupe n’est pas revenu, nous sommes sûrs qu’ils ont échoué...l’antidote ne sera pas produit. »
Un grognement monta brusquement et elle sursauta, se redressant sur ses jambes pour filmer le concerné. Le Zatäar la surprenait, émergeant depuis un silo proche pour la regarder avec une haine sans limite.
« Mon amour... » souffla-t-elle. « J’ai échoué...pardonne-moi. »
Un nouveau grondement monte pour toute réponse. Il n’y a rien d’humain dans la réaction de ce monstre. Elle savait que son heure était venue. L’Ancienne se retourna pour approcher du mur, là où Emilia avait retrouvé le cristal. Elle s’y installa tranquillement, adossée, puis se laissa approcher du monstre en levant vers lui un visage apeuré. Mais elle semblait également résignée, prête pour la mort puisqu’elle n’avait pas fait l’ascension. La caméra filmait son visage alors qu’elle regardait ce qui avait dû être son époux à l’époque. Elle parla...mais ce n’était pas à son attention.
« Il y a des attaches qu’on ne peut ignorer... »
Son souffle s’accéléra. Le monstre s’était approché et agenouillé devant elle.
« J’aurai voulu qu’il sache...combien je l’aimais. Tout est de ma faute...n’attendez pas...n’attendez pas...il est trop tard ens... »
Et la main du monstre lui percuta brusquement la poitrine. L’Ancienne brûla sous l’angle de la caméra dans un hurlement sinistre et effroyable. La vidéo ne cessa que lorsque la combustion atteignit son point culminant en faisant disparaître les chairs et les vêtements.

L’ordinateur cessa enfin la lecture en lui demandant, l’air de rien, si elle souhaitait revisionner l’ensemble du contenu.

Emilia amorça un mouvement de recul. Elle était à deux doigts de vomir, bien qu’elle n’ait plus grand-chose dans l’estomac. Le fait que tout ceci se soit passé il y a plus de dix millénaires ne rendait pas le visionnage de cette vidéo plus facile, c’était comme si elle avait assisté aux meurtres en direct. Elle avait parcourut certains de ces lieux, elle les reconnaissait, elle avait également trouvé le cadavre de cette femme et combattu le démon qui l’avait tué. Elle ne put s’empêcher de s’imaginer à la place de ces victimes, elle avait failli terminer comme elles. Sans Darren… ça semblait si douloureux !
Ainsi le monstre avait été lantien, puis modifié… quel genre d’horreurs avaient bien pu traverser l’esprit du scientifique fou qui avait pratiqué ce genre d’expérience ? Le Zätaar était né de la volonté d’un seul homme et non de tout un peuple, l’on ne pouvait imputer aux Sages la création du démon. Juste à un seul.
Un seul homme, tant de victimes…

Clive avait assisté au visionnage en restant dans son dos. Il avait eu du mal à faire ses premières déductions mais il avait rapidement saisi. Pour ce qui était des propos, en revanche, il ne comprenait pas l’Ancien. La réaction d’Emilia était compréhensible. Aidé par l’empathie, Darren sentait par ricochet l’émotion qui vibrait en elle. Il ne se sentait pas de la laisser seule devant ce spectacle. Même si elle était une grande fille et que ce n’était probablement pas la première mort qu’elle voyait en direct, il lui posa une main sur l’épaule, dessinant la courbure de son cou avec le pouce. Il espérait pouvoir faire taire cette mauvaise impression qui l’habitait.
« Hé. Ca va aller ? »

– Oui oui, ça va… ça va, répondit la jeune femme en prenant une inspiration pour chasser la nausée. Elle se sentait mal mais sa fierté l’empêchait de se laisser aller.
Un scientifique a créé le monstre en modifiant génétiquement un lantien. Quand les autres s’en sont rendus compte ils l’ont arrêté, mais c’était trop tard, ils n’ont pas réussi à contenir la bête. Les survivants ont tenté de créer un poison mais ils n’ont pas réussi à réunir les
ingrédients. A défaut de pouvoir quitter le complexe au risque de conduire le Zätaar en ville, ils ont activé le modificateur ADN dans l’espoir de faire l’Ascension et déclenché l’irradiation de tout le complexe pour empêcher d’autres gens à l’extérieur de venir ici.


Le jeune homme la fixa longuement en se demandant comment il allait pouvoir faire. A chaque fois, son amie enterrait bien profondément ses craintes, ses doutes et la moindre petite émotion gênante dans un trou au profit du travail. Ca lui était arrivé aussi. Se fier à son boulot, son objectif, en ne se concentrant que sur son application aidait à se dissiper un peu. On cessait de modéliser la menace, de la prendre en compte. S’enterrer clairement la tête comme une autruche. Et il la voyait faire sans savoir comment la prendre.

Darren se sentait un peu désarmé. Il avait en tête son dernier “naturellement” balancé avec un timbre de voix parfaitement royal et anodin. Pourtant, il savait qu’elle avait peur. Elle devait être terrorisée. Et ce n’était pas qu’une question d’empathie. Il l’était lui aussi en voyant ces images.
Clive ne laisserait plus jamais cette créature s’approcher d’Emilia. Mais cela impliquait de s’y frotter avec de pauvres moyens. Il se rappelait encore de cette force extraordinaire contre laquelle il pouvait à peine lutter. Il sentait encore ses jambes faiblir. Ce moment où il aurait dû mourir d’une chute fatale s’il n’avait pas eu le réflexe de se cramponner à ce lierre comme un mioche qui se suspend aux jupons de sa mère.

Oui. Lui aussi était dans le même état.
Et il avait aussi besoin de son amie pour ne pas se sentir dépassé.

« Arrête... » demanda-t-il simplement d’une voix douce. « T’es pas la seule à avoir peur tu sais...ça sert à rien de le cacher... »
Darren exerça une pression supplémentaire pour qu’elle se tourne vers lui.
Il la regarda avec un léger sourire. Elle essayait de jouer la dure en dissimulant sa fatigue, son épuisement tant physique que mental. Darren la sentait au bout du rouleau et il savait que c’était le cas. Elle l’était. Avec ses poumons abîmés, cette vidéo plus que décourageante, ce monstre qu’un pain de plastique n’avait même pas égratigné. Il y avait tellement de quoi.
« On est que tous les deux ici. Juste nous deux. Tu as pas besoin de faire ça, il faut que ça sorte... »

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Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

E
lle leva les yeux vers Darren, observa son visage marqué par la fatigue, ses blessures apparentes… c’est vrai, elle avait tendance à se retrancher sur elle maintenant qu’elle ne pouvait plus compter sur l’empathie. Pourtant, lui aussi devait souffrir, avoir peur.

– J’ai peur que nous manquions de temps pour tuer l’ennemi. J’ai peur d’échouer.
« Moi j’ai peur de ne pas réussir à te ramener chez toi. J’ai peur de revoir cette saloperie penchée au-dessus de toi. » Confia-t-il en réponse.
– Ou de toi... murmura t-elle.

C’était quelque chose. Pourtant si simple. Mais si chaleureux à entendre.
Darren sentit son petit sourire habituel s’étirer alors qu’il se demandait encore s’il n’avait pas fait une hallucination. Emilia tenait à lui. Peut-être pas autant que lui tenait à elle. Ils n’étaient pas là pour se faire le concours. Mais l’entendre de sa bouche dans ce moment de tension était semblable à un trésor qu’il voulait garder. Il l’attira jusqu’à lui.
« Allez, viens là... » lui murmura-t-il doucement.
Il la serra contre lui. Autant parce qu’il avait besoin de sa présence, de chaleur humaine, qu’elle en avait besoin. C’est ce qu’il se disait.
« Ce moment dur, il va finir. » lui promit-il. « On fait du super boulot et on va partir, tous les deux...on va rentrer Emy. »
Elle le sera également dans ses bras, le contact était réconfortant.
– Si nous n’arrivons pas à synthétiser le poison et à l’administrer dans le temps imparti il nous faudra faire un choix. Rentrer au risque qu’il nous suive et terminer la synthèse là-haut ou se sacrifier.
Il y avait songé mais l’entendre dire faisait quelque chose au coeur. Il savait que les Anciens avaient tout fait pour qu’il ne sorte pas. Ce truc était puissant, il se douchait carrément dans les radiations et il avait survécu dix foutus milliers d’années. Le soldat crevait d’envie de lui dire “oui, on prendra le risque.” Mais c’était loin d’être aussi simple.
« Il y a des centaines d’innocents là-haut. Ton équipe scientifique. Une Porte des Étoiles qui peut mener n’importe où...y compris la Gaëllie. » énuméra le soldat tout en la gardant contre lui. « C’est notre responsabilité, cette sale bestiole. Tu en dis quoi ? »
– Cette responsabilité, ils la portent autant que nous. Ils ont fait le choix de nous envoyer ici. Mais je me battrai de toutes mes forces pour que nous n’ayons pas à choisir, répondit-elle en déconnectant le cristal et en le glissant dans sa poche. Allons y, nous parlerons en chemin.
« Bien votre altesse ! » S’amusa-t-il.
-Je crois que les seules fois où je t’ai entendu t’adresser à moi ainsi sont lorsque tu te montres ironique... dit-elle en faisant la moue.

Darren la gratifia d’un rire taquin.
Tout en marchant avec à ses côtés en prenant le chemin des niveaux inférieurs, il lui donna un petit coup d’épaule complice tout en s’exclamant :
« Ca te gonfle de ne plus avoir l’empathie hein ? »
Avec ce pouvoir, elle n’aurait jamais fait la remarque. Darren en était certain. Le fait est que ça lui plaisait surement de ne plus avoir à se préserver des émotions extérieures. Ca se passait plutôt bien pour le soldat parce qu’ils étaient seuls dans cette zone sinistrée. Mais il devait reconnaître qu’en échangeant accidentellement les pouvoirs, il en avait appris plus sur Emilia en quelques heurs que sur toutes ses dernières expériences.

Il avait bien essayé de déduire le calvaire que ça devait être afin d’échanger. Par compassion, par solidarité. Et peut-être aussi, il l’avouait, afin de se démarquer un peu des standards qu’elle avait pu côtoyer autrefois. Maintenant qu’il vivait une expérience concrète, il se rendait compte à quel point il était à des milliers lumières de la vérité.
Aussi difficile que soit cette épreuve. De devoir courir le danger simplement pour ne pas mourir de la machine à ascension, il y avait quand même du bon à en retirer. Darren comprenait maintenant son amie comme personne d’autre. C’était un atout insurpassable.
- C’était particulièrement éprouvant lorsque je jouais à cache-cache avec le démon qui hante ce complexe.
« Je serais ton détecteur de démon. » fit-il en espérant la rassurer.
La jeune femme acquiesça.
- Tu as subit les mauvais côtés de ce pouvoir. Je regrette que tu n’ais pas le temps de profiter des bons.
« Il n’y a pas eu que du mauvais tu sais ? »
Il haussa les épaules.
« Je sais pas comment je peux expliquer mais...ta musique, je l’aime beaucoup. Elle est douce et apaisante par rapport aux autres. C’est pas pareil. Avant que ça merde, le dîner était quand même bien cool. Alors je me plains pas, j’ai eu des moments sympas. »
- Sera t-elle assez apaisante pour te contenir si nous prenons ton dernier inhibiteur pour créer le poison ?
« J’me ferais pas surprendre en traître cette fois ! » lui assura Darren en sous-entendant les conditions particulières de l’accident. « Je ne poserai plus la main sur toi, je ferais tout ce qu’il faut pour ! Ma dernière dose servira pour ce poison... »
- J’espère que tu sauras te maitris...
La princesse s’interrompit, une remarque de son interlocuteur venait de faire lumière dans son esprit.
- Mon détecteur de démon ? Tu as retiré le champ de force ?

Darren fit quelques pas en serrant les dents et en se maudissant au passage.
Il se retourna pour lui faire face, le visage d’un gamin prit en flagrant délit de vol de bonbons à l’étalage, et il tenta d’organiser ses mots. En vain. Il n’y avait pas de remède miracle pour faire passer le fait qu’il lui avait menti.

« Je t’aurais effrayée si je te l’avais dit...t’aurais été trop méfiante. Je comprends d’ailleurs. Mais pour la mission... »
L’air contrarié de la jeune femme céda à la place à une expression pensive, puis compréhensif.
- Tu l’a retiré pour être en mesure de capter le Zätaar ?
Le jeune homme défit la fermeture éclair de son gilet tactique, révélant le boîtier à moitié dévoré. Il avait en parti fondu et des traces de brûlures témoignaient de dégâts irréparables.
« J’ai...reçu un jet d’acide quand on a allumé la machine. J’ai perdu le bouclier à ce moment là. J’ai bien failli tomber. Quand je suis revenu, j’ai fais ce qu’il fallait...pour que tu ne m’envahisses pas. J’ai appliqué tes leçons... »
Et merde. Elle avait espéré jusqu’au bout qu’il l’avait retiré intentionnellement. C’était une douche froide.
- La remontée dans la cité va être joyeuse, lança t-elle ironiquement en repensant à la fureur dévastatrice de Darren lorsqu’il était entouré de plusieurs personnes.
« C’est tellement petit ! » S’écria-t-il en riant. « Tu te venges en titillant ma crainte de redevenir barge, c’est moche Emy ! »
- Non, j’essaie seulement de prendre en compte tous les éléments pour ne pas être prise au dépourvu.
« Ils se seront préparés, crois-moi. On doit passer un certain temps dans le sas de décontamination et ça m’étonnerait beaucoup qu’ils nous laissent ensemble. Je vais me faire isoler. Et ils vont user de la force si je me débat...il y a pas de risques pour eux. Et pas pour toi non plus. »
Il évitait juste de penser au chemin “avant” le fameux sas où il pourrait perdre les pédales. Mais il avait ce feu sacré en lui, presque défiant, provocateur, pour prouver qu’il saurait se contrôler cette fois. Il avait peur, bien sûr, qu’il cède à ses démons. La haine animale qui l’avait habité était si puissante, si violente, qu’il n’avait même pas été capable d’opposer de résistance. Mais là, il verrait le coup venir, il allait l’encaisser et tenir. Il en était sûr et certain, il n’acceptait pas de nouvel échec.

- D’accord, conclut-elle en suivant le même cheminement de pensées que lui. C’était ce laps de temps avant de rejoindre les autres qui la préoccupait, mais ils ne pouvaient rien y faire pour le moment.

Même si l’empathie présentait de sacrés défauts, son amie avait appris à vivre avec. C’était une partie d’elle. Avoir perdu cette aptitude, c’était un peu comme si elle avait été déshabillée de force. Elle ne devait plus se sentir à l’aise, ses déductions ne se faisaient plus en prenant pour base les émotions qu’elle percevait. Darren sentait qu’il avait le devoir de la rassurer sur ce qu’elle pensait de ses réactions puisqu’elle naviguait à l’aveugle. Et c’était un bon moyen de changer de sujet.

« Bon. Donc, pour ma petite boutade de tout à l’heure, c’est surtout pour souligner ta témérité. Et ton ptit coté meneuse d’homme tout craquant : “Allons-y, soldat ! On causera après le boulot !” »

Un petit sourire amusé naquit sur les lèvres de la princesse. La flatterie avait fait mouche.
Il tourna à l’angle du couloir, gardant un oeil vigilant sur les environs. Mais l’empathie ne lui laissait percevoir que les émotions d’Emilia. Il savait qu’ils étaient seuls, c’est aussi pour ça qu’il discutait avec elle, cherchait à dissiper un peu l’attention, la pression. Un sujet salvateur pour lui. Alors pourquoi pas pour elle aussi ?

« D’ailleurs, tu feras quoi quand tout sera fini ? Le jacuzzi tu connais ? »
- Dormir les trois prochains cycles ! répondit-elle en s’étirant les membres pour tenter d’apaiser ses douleurs. Qu’est-ce que c’est un jacuzzi ?
« Ben...c’est comme ta piscine de sombrelune sans la déco sympa. Et des bulles ! Des TAS de bulles ! » S’amusa-t-il en faisant un signe du bras. « C’est un bain chaud à remous. Parfait pour te détendre les muscles. »
Il marqua une pause et tourna son regard sur sa silhouette.
« Après tes trois cycles de sommeil je t’emmène, si tu veux. On empruntera un maillot de bain à April vu que vous faites la même taille. Ce truc est génial, ton corps te criera merci ! »
-Une piscine à bulles ? Vous autres terriens avaient de drôles d’inventions. Mais je suis prête à essayer.
« J’avoue que c’est bizarre la première fois qu’on y va. Mais c’est comme se faire masser tout le corps à l’eau chaude. On se sent bien là-dedans et ça détend. Te connaissant, je suis sur que tu vas vouloir installer cette technologie dans ta piscine perso ! »
- Ca a l’air bien, répondit-la jeune femme en pensant au plaisir qu’elle ressentirait si elle pouvait entrer dans un bassin chauffé à cet instant, en sécurité.
« Je sais pas encore comment je vais faire. Mais je vais me démerder pour nous le réserver. »
Un projet comme ça, c’était motivant. Darren était déjà en train d’échaffauder quelques plans dans sa tête, voir s’il pourrait passer par le type qui gérait l’endroit. Ou si tout ce danger ne méritait pas une compensation de la part des chefs. Il ne savait pas trop, c’était à voir. Mais c’était jouable. Et ce serait une sacrément bonne fin de mission !
- A mon avis, Carson va avoir du travail avec nous. Rien que nos poumons...
« Oui. On va passer un sacré moment à l’infirmerie. » Reconnut-il en poursuivant son chemin. « On trouvera moyen d’occuper le temps ! »
- Joie. J’aurai fais venir Fidji si nous avions été à Sombrelune.
« Bonne idée !! Hé... »
Il claqua des doigts.
« Pourquoi ne pas se faire transférer en infirmerie sur Orzan ? Et on demande discrètement de l’aide à Fidji ? »
Darren leva ses deux mains pour chasser les doutes.
« Sans te commander ! Mais faut avouer qu’elle fout la pile à Carson et toute la clique rien qu’en pratiquant le calin...c’est quand même plus tentant... »
- C’est vrai… mais je préfèrerai attendre quelques jours d’être sûre que la technologie nous ait bien guérit et qu’il n’y ait pas d’effets secondaires avant de quitter ta planète.
« C’est bien réfléchi... »

A mesure qu’ils progressaient, l’environnement changeait peu à peu pour un aspect beaucoup plus lugubre et détérioré. Les couloirs étaient devenus informes, les parois cabossées ou pliées sous l’effet d’une force inconnue. Elles avaient été longuement travaillé par la pression et les aléas de la vieillesse. Bientôt, le manque d’éclairage fonctionnel les contraignit à allumer leurs lampes. Il arrivait parfois que quelques sources de lumières tentent désespérément de s’activer pour rappeler la grandeur de la technologie Lantienne. Mais elles ne faisaient que participer, au mieux, à l’ambiance angoissante de cet endroit perdu.
Un claquement sec sous leurs semelles attira l’attention. Ils venaient de briser les côtes fossilisées d’un squelette abandonné. Il se tenait derrière quelques caisses éventrées qui ne contenaient plus rien d’intéressant. Darren avait prit un peu d’avance. Plus alerte, il contrôlait le couloir et les différentes salles en s’attendant à recevoir de la visite. Il était prudent mais tendu. Il lui semblait avoir senti une émotion néfaste mais ça avait été si rapide et soudain qu’il n’avait pas pu s’en assurer. Ca restait une hypothèse.

Quelques mètres plus loin, l’eau formait une flaque très petite mais étendue jusqu’à la prochaine salle. Le jeune homme l’observa brièvement tout en tournant son regard sur les murs, là où une empreinte résiduelle de saleté en ligne droite témoignait du niveau fluctuant des inondations. Les grincements des parois et le bruit d’une eau qui circule dans des failles derrière le mur n’avait rien de rassurant. D’ailleurs, en progressant, ils trouvèrent plusieurs brèches dans le blindage. Des racines à la graminée inconnue avaient percé le ventre de métal pour grandir. Il donnait maintenant des airs de boyaux de végétaux tombant au sol par une odieuse éventration. De l’humidité y suaintait couramment.

Darren et Emilia passèrent dans la salle suivante. Ils avaient maintenant de l’eau jusqu’aux chevilles. Et presque plus d’éclairage si ce n’est les lampes. Leurs faisceaux balayaient du mobilier passé et moisi. Des lits de camps de facture Lantienne gisaient là où ils avaient flotté au gré des remous. Ici et là, des masses informes ne permettaient aucun rapprochement. S’agissait-il de vieux fringues toujours imbibé et recouvert d’une montagne de moisissure pour y faire un petit îlot ?

Le détecteur de la princesse s’activa automatiquement. Ils venaient de franchir les dix mètres et le signal en forme de sonar s’accélérait à mesure qu’ils passaient au centre de la pièce. Darren s’approcha de la porte d’en face. Elle était entrouverte et déformée, presque brisée, permettant de s’y glisser uniquement de profil en se contorsionnant un peu. Il trouva quelques ossements supplémentaires au travers de l’eau. Mais toujours aucun danger.
Après avoir rejoint Emilia, il continua de chercher autour de lui tandis que le bip se faisait continu, signe qu’ils étaient pile au bon endroit.

Instinctivement, Darren fixa son amie et il comprit en même temps qu’elle. Leurs regards s’abaissèrent au niveau de leurs pieds trempés. Le sol n’était pas une surface entière, c’était une passerelle de grilles croisées. Le jeune homme s’agenouilla et farfouilla, le manche de la lampe entre les dents. Il finit par trouver une poignée qu’il tira de toutes ses forces. Il révéla ainsi une trappe qui descendait dans un puit d’eau à la profondeur inconnue.
Emilia fit une grimace en comprenant qu’il s’agissait d’une trappe et non d’une pièce ouverte immergée. Elle aurait cent fois préféré un escalier avec une ouverture plus large et plus simple à repérer depuis le dessous. Darren tenta de se montrer rassurant.

« Bon ben... »

Il regarda son amie une dernière fois avant d’amorcer un geste vers ce néant sombre.
- Attends. Tu sauras retirer la bobine de la machine ?
« Pas du tout. » Répondit-il du tac au tac. « D’ailleurs c’est toi qui à l’outil non ? »
- Oui… et si tu ne peux pas faire le travail c’est à moi d’y aller.
« Je vais pas te laisser risquer ta vie en restant faire le poireau !!! » Répondit-il, grognon, gêné par le fait qu’elle avait raison. En effet, il ne savait pas du tout comment récupérer la bobine. A vrai dire, il ne savait même pas à quoi ça ressemblait.
- Je n’ai pas l’intention de m'asphyxier. Je remonterai autant de fois qu’il faudra. Inutile d’y aller à deux, l’un de nous doit monter la garder et surveiller les arrières de l’autre.

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Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...


« Je... »
Il allait faire l’enfant, il le savait. Mais qu’est-ce qui l’attendait, là en bas ? Savait-elle seulement qu’elle aurait du mal à remonter avec ses vêtements gorgés d’eau ?
D’un léger coup de pied, Darren fit rebasculer la trappe et monta dessus en croisant les bras.
« J’ai le détecteur de connard. Je pourrai le sentir arriver à l’avance même dans l’eau. On y va ensemble ou pas du tout... »
- Tu ne contrôle pas le pouvoir. Tu veux laisser les armes là-haut pendant qu’on descend, au risque de le détecter à la dernière minute ? C’est un plan très risqué.

Darren regarda ailleurs en expirant longuement.
Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il fallait qu’elle aille risquer sa peau dans ce trou. Le jeune homme gardait les bras croisés, restant silencieux, mais peu à peu démonté dans son argumentation vaseuse par le simple bon sens. Il rendit les armes en se décalant de la trappe, fixant Emilia d’un air inquiet.
« J’ai pas envie de te laisser risquer ta peau comme ça...on sait même pas ce qu’il y a en-dessous... »
– Ca va aller, dit-elle avec un sourire rassurant. Mais ses sentiments convergeaient vers un tout autre point. Elle était inquiète.
« Si tu tardes à remonter, je fonce te chercher. »
Merci captain Obvious. C’était la nervosité qui l’amenait à raconter des débilités aussi élémentaires. Mais Darren se trouvait sur une de ses failles personnelles. Il n’aimait pas voir les autres prendre des risques alors qu’il se tenait tranquillement à la surface. La mort dans l’âme, il se résolut à ouvrir de nouveau la trappe et aida Emilia à se préparer.
– Ce n’est pas comme si je respirais sous l’eau. Je vais remonter et redescendre. Tu n’aura qu’à éclairer la trappe avec ta lampe, cela me fera une source de lumière pour repérer la sortie plus facilement.
Il acquiesça mais l’attrapa doucement par l’avant bras au moment où elle allait s’immerger.
« Emy. Surtout ne prend pas de risques. Un seul doute, tu remontes...on est d’accord ? »
– Oui, répondit la jeune femme en tentant de mesurer les risques d’hydrocution dans sa tête. Les risques qu’elle fasse un malaise là-dedans étaient nettement plus importants que l’asphyxie, mais elle se gardait bien de le dire à Darren qui se faisait assez d’inquiétude comme ça. Elle retira ses armes, ses chaussures et son gilet molle et hésita à enlever le reste de ses vêtements pour être à peu près au sec en sortant. Ils pouvaient être une source de gêne pour nager mais ils la réchaufferaient légèrement aussi. Après une courte réflexion, la belle fit le choix de se mettre en sous-vêtements. Si elle arrivait à sortir de là elle limiterait les risques d’hypothermie en ayant les moyens de se réchauffer un peu plus vite avec des vêtements secs. Darren récupéra les vêtements en essayant de leur trouver une bonne place dans son sac à dos, histoire qu’ils demeurent bien secs. Il servit d’appui à son amie pour qu’elle puisse s’effeuiller mais, néanmoins, son regard ne pu rester bien longtemps sur le plafond.
Darren profita que son amie était occupée pour laisser son regard courir librement sur son corps. La situation ne s’y prêtait absolument pas, et pourtant…
Une fois déshabillée, la jeune femme récupéra l’un des lacets de ses bottes pour l’enrouler autour de l’outil et accrocher ce dernier à sa main. Au moins elle ne le perdrait pas même si elle le lâchait accidentellement. Il devait faire très sombre là-dessous, elle ne pouvait pas se permettre de prendre un tel risque. Ensuite, elle mouilla doucement sa peau, ce qui lui arracha une grimace. C’était glacial… l’idée de s’immerger là dedans promettait d’être un moment particulièrement pénible. Elle jeta ensuite un oeil en direction de son ami.

Grillé !!!
Darren détourna le regard et se sentit rougir. Il chassa la gêne d’un raclement de la gorge alors qu’il terminait de ranger les affaires, récupérant aussi les bottes de la princesse, puis il épaula son sac avant de s’armer de sa torche.
« Ok... »
La jeune femme se rapprocha de lui en tremblant. Elle avait la chair de poule.
– Prêt ? lui demanda t-elle. Et sans lui laisser le temps de répondre elle lui vola un baiser. On ne savait pas ce qui pouvait lui arriver en bas alors autant profiter tant qu’elle le pouvait.

Il se sentit un peu bête sur le coup, ne sachant quoi répondre à la hauteur de ce geste d’affection. Le soldat voyait son amie, la lumière de sa lampe torche révélant les différents bleus, les égratignures, de sa cavalcade depuis le début de cette mission. Si ce n’était pas lui qui les lui avait fait en devenant dingue. Sa chair de poule, ses tremblements, ça lui sautait aux yeux. Il voulait la recouvrir de ses bras pour lui offrir la chaleur de son corps, l’empêcher de plonger là-dedans. Ca lui faisait un peu penser à un vieux film de série B avec le fameux “Steve, sois prudent !!” dégoulinant d’une demi-déclaration déguisée et tellement élémentaire.
Sauf que là, les rôles étaient inversés. C’est elle qui plongeait et lui qui voulait lui répéter stupidement de faire gaffe.

Darren, donc, décida de ne rien dire. Son regard plein d’étincelles parlerait bien assez pour lui, en plus de son petit signe de tête positif, tandis qu’il pressait ses lèvres pour apprécier l’empreinte délicieuse qui y restait.
La torche en main, le jeune homme se positionna et appuya Emilia de son regard. Il la vit s’enfoncer avec un pincement au coeur et assura sa prise sur cette lampe torche comme si sa vie en dépendait.
« Sacrée nana... » lâcha-t-il avec un maigre sourire.

Au début, tout semblait vide et perdu. Comme une bulle d’eau cueilli pour un aquarium sans aucun élément. Stérile, moribond, sali par la vieillesse. Il n’y avait que le halo de la lampe frontale qui se réfractait, mourant sur la distance pour ne laisser que ténèbres. C’était à croire que le puit était sans fond, qu’un gouffre s’était ouvert autrefois sous les pieds de la machine pour l’avaler tout entier. Mais en cherchant à atteindre le fond, Emilia le trouva très rapidement en tant que lit d’algues informes et poisseuses.

Quelques petits poissons translucides et aveugles s’agitaient sous ses mouvements pour se diriger vers un dôme étrange. Il était entièrement recouvert d’un étrange corail et de végétation sous marine. C’était le seul élément qui sortait de l’uniformité des lieux. Tout était plat sauf ce truc. Mais il était aussi entièrement recouvert… Elle nagea dans sa direction, son esprit mémorisant précisément la distance parcourue depuis l’échelle. Si elle avait eu la peur de se perdre dans le noir elle se rassurait à présent, elle serait probablement capable de retrouver sa route les yeux fermés. L’eau glaciale en revanche était un problème. Elle la piquait, lui brûlait la peau et rendait difficile sa progression. Une fois arrivée, elle tenta d’arracher ce qui s’était accroché à la machine.

Les premiers voyages d’Emilia l’avaient rassuré. Ca allait.
Elle avait le temps de récupérer sa respiration, d’échanger quelques mots et de redescendre pour poursuivre son travail. Ca s’annonçait plutôt bien même si Darren suspectait qu’elle lui dissimulait un état d’hypothermie progressif.

Après avoir dégagé les éléments gênant, elle repartait, sur le point de démonter pour de bon la bobine. Pour ça, Darren avait retiré un autre lacet des bottes de la princesse pour qu’elle puisse prendre avec elle la petite boite de transport.

Avec son outil, elle désincarcéra la clé de leur survie à tous les deux. Sa frontale était en train de l’éclairer, alors qu’elle le plaçait dans la boîte sécurisée. Tout comme Darren éclairait la trappe. Puis tout se déclencha. Les grincements habituels des parois prirent une intensité inquiétante. Le soldat sentit son coeur faire un bond tandis que son instinct lui hurlait que ça n’allait pas. Mais il ne comprenait pas encore. Le faisceau de sa lampe se détourna vers le mur d’en face qu’il vit ployer à vue d’oeil. Le métal était littéralement en train de bouillir et de fondre. Le faisceau longea cette ligne de dégradation constante qui courait partout. Partout !!!

Sa respiration s’accéléra subitement.
« Oh non, non, non ! Pas ça !!! »
Il retourna le faisceau vers la trappe et l’agita dans tous les sens.
« EMYYY ! REMONTE !!!!! REMONTE !!!!!!!! »
Mais il savait qu’elle ne l’entendrait pas sous l’eau. Une dernière plainte disgracieuse du métal et il céda brusquement. La faille se dessina sur une torsion horrible, vomissant de l’acide dans le petit bain, là où il barbotait. Puis tout s’effondra. D’un coup, subitement, un coup de tonnerre. Un vacarme qu’Emilia entendit même à cette profondeur. Alors que Darren esquivait par pur réflexe l’effondrement d’une bonne moitié de la salle, la princesse était de son côté absorbée dans un tourbillon qui l’envoya jusqu’au fond. Elle se retrouva soudain entrainée sans comprendre comment ni pourquoi. Son coeur se mit à accélérer à toute vitesse alors qu’elle tentait de luttait contre le courant pour remonter en esquivant les éléments qui tombait par la trappe. Elle avait la pièce mais ses poumons criaient délivrance et elle sentit la panique la gagner en réalisant que l’ouverture n’existait plus.

A la surface, Clive se redressa et essaya de retourner vers la trappe. Un nouveau mur de débris avaient rempli cette partie de la pièce. Le soldat cria de colère et de désespoir en cherchant à y accéder. Mais en vain. L’accès était dorénavant obstrué. Il voyait l’acide s’écouler et teinter l’eau comme une marée noire, envahissant lentement mais sûrement le liquide de son effet corrosif.
« C’est pas vrai, Emilia !!! »
Il chercha frénétiquement une autre trappe mais il ne trouvait que ces saletés de grilles rivetées. Son faisceau allait l’attirer et elle serait bloquée, le visage à moins de dix centimètres de la surface, du précieux oxygène !

Il la trouva soudainement. Elle était là, juste à côté de ce qu’avait été la trappe. Il y avait si peu d’écart entre sa prison et la surface que le soldat discernait son visage paniqué. Lui-même hurlait à l'injustice, la cruauté de cette situation alors qu’il lâchait sa lampe torche pour prendre la grille et tirer de toutes ses forces. Il râla, gémit, tira à s’en faire péter les lombaires mais rien ne venait. Il s’agenouilla, tout aussi paniqué, et joignit ses phalanges autour des siennes. Lui montrer qu’il était là, qu’il n’allait pas l’abandonner. Il devait trouver une solution pour qu’elle respire. Ca ne se comptait plus qu’en quelques secondes et il ne pouvait pas concevoir l’idée qu’elle allait se noyer sous ses yeux.
« Putain nan !!! AIDEZ-MOI !!!! » hurla-t-il, impuissant.
Puis il remarqua soudainement que sa lampe s’était placée à l’envers. Elle illuminait le plafond, le manche s’étant glissé entre les interstices des barreaux. Le soldat écarquilla les yeux et se jeta dessus comme un fou furieux, dévissant le culot. Il éjecta les organes, les piles, l’ampoule d’un geste rageux alors qu’il entendait les bulles de l’expiration de son amie. Le temps pressait, un tel timing, une telle pression.
Darren gueula encore en parvenant à retirer les derniers morceaux, ne gardant plus que le manche de la lampe qu’il glissa en direction de son visage.
« Allez, allez ça va le faire !!! »
Le tube était tout juste suffisant pour lui permettre d’atteindre la surface par ce moyen et il attendit, l’âme en détresse, d’entendre sa respiration. De l’entendre respirer !!!

La jeune femme était au bord de l’asphyxie lorsqu’elle sentit quelque chose toucher son visage. Elle ne comprit pas tout de suite, rongée par la panique, puis le tube toucha sa bouche et elle l’ouvrit instinctivement. L’air qu’elle avala après avoir à moitié avalé et recraché l’eau qui se trouvait à l’intérieur fut salvateur et la préserva de la perte de connaissance qui menaçait de frapper. Il lui fallut un certain nombre d’inspirations pour réussir à retrouver son souffle, il s’en était fallut d’un cheveux. Sa main continuait à serrer ce qu’elle parvenait à toucher de Darren, elle était terrorisée. Après l’agression par un ami, le risque de fondre en chutant dans l’acide et le Zätaar, c’était maintenant la noyade. Quelle journée de merde !
Une fois sa respiration à peu près retrouvée, elle dû se rendre à l’évidence : Darren ne pouvait pas la sortir de là autrement il l’aurait déjà fait.
C’était un cauchemar.
Un cauchemar.
Un cauchemar.
Mourir noyée ne faisait pas partie de ses phobies jusqu’à présent. Cela risquait de changer.
Elle ne comprenait pas bien ce qu’il se passait à l’extérieur, sa vision était limitée, son visage collé à la grille. Mais elle était assez pragmatique pour savoir qu’elle devait se mettre en recherche d’une autre issue. S’il y en avait une. Alors elle atrappa l’embout de la lampe et partit en exploration, se reposant sur sa nouvelle faculté à se situer dans l’espace. Si elle se sentait à court d’air elle reviendrait à la grille pour reprendre son souffle.

Sa lampe frontale était d’une bonne aide pour pouvoir se faire une idée. Elle avait ressenti pas mal d’agitation sous elle, notamment de faune marine qui filait en frôlant ses jambes. Un coup d’oeil averti lui permis de comprendre qu’un tas de poisson était en train de fuir. Là, pas loin de l’endroit où se tenait Darren, l’eau changeait de couleur comme si de l’encre se diluait lentement. Emilia remarqua ainsi une grande algue marine s’agiter au contact de cette encre et se flétrir à vue d’oeil, jusqu’à mourir.

Depuis qu’il s’était séparé de sa lampe, Clive s’était retrouvé dans le noir sans pouvoir y discerner quoi que ce soit. Pas de nature fluorescente pour prendre le relais cette fois. Il avait simplement entendu le manche de lampe glisser, ayant senti à l’accoup entre ses doigts que c’est son amie qui venait de partir avec. Il pouvait encore sentir la pression de leurs phalanges entremêlées, la panique qu’il avait senti en elle et l’aide qu’il ne pouvait pas lui fournir.
Avec l’empathie, il avait tout ressenti et vécu avec elle, comme s’il s’étouffait à ses cotés. Il avait cru en devenir fou. Le pouvoir, à ce moment là, avait activement participé à sa panique. C’était un coup de chance que la lampe soit passée entre les interstices, lui révélant cette possibilité. Il n’avait pas su garder son sang-froid en sentant clairement Emilia agoniser et paniquer.

Au début, le soldat songea à tirer quelques coups de feu pour que l’éclat puisse lui permettre de simplement localiser le dernier accès. La porte éventrée pour qu’il puisse aller chercher une sortie pour son amie, voir même la rejoindre s’il en avait les moyens. Mais comment faire dans ce noir total ?

La solution s’imposa soudainement dans son esprit.
C’est Emilia qui venait de la lui donner, par le biais de son souvenir, de l’offrande qu’elle lui avait fait. En poussant un petit cri de surprise, Darren tira ses plaques d’un geste fébrile et suivit sa chaine pour atteindre la petite pierre dissimulée dans son étui. Elle le lui avait offert la première fois qu’ils étaient descendu dans la nasse d’observation sous-marine. Un élément étonnant entre le verre et le plastique pour laisser passer la lumière. Il contenait de la poudre raffinée de Lapis Arcus, une source de lumière qu’elle lui avait dit rare car difficile à produire.

Dès que le soldat dégagea l’étui, la pierre irradia brusquement comme s’il venait d’activer la torche d’un téléphone portable. Ca brillait vraiment, éclairant depuis sa poitrine toute la salle qui se trouvait devant lui. Darren en sourit.
« Merci princesse... »
Il avisa un regard vers les grilles. Il ne la voyait plus...elle avait dû s’en aller à la recherche d’une sortie. C’était la meilleure solution. Darren prit son P90 en main et décida de partir de son côté, déterminé à être là lorsqu’elle remonterait à la surface.

L’exploration d’Emilia portait ses fruits. Malgré la progression relativement rapide de l’acide, perceptible par sa couleur pendant sa dilution, la jeune femme venait de trouver trois passages. Le premier était un couloir en relativement bon état mais dont elle n’avait pu percevoir la fin. Le déplacement de la boule de lumière au-dessus de sa tête laissait à supposer que c’était par là que Darren s’était déplacé.

La jeune femme pouvait également passer sous une porte à moitié éventrée. La salle qui se trouvait de l’autre côté était recouverte de mousse et d’algue marine. Elle avait pu constater qu’une surface de grilles s’y trouvaient. Pas de trappes mais un accès facile pour reprendre son souffle.

Le dernier, c’était la machine. Elle s’était effondrée sur elle-même en révélant une crevasse naturelle à l’intérieur de laquelle elle sentait un courant marin. Mais il s’enfonçait en profondeur, ne laissant pas spécifiquement présager d’accès à l’oxygène. A court de souffle, c’est donc vers le second passage qu’elle se dirigea afin de reprendre de l’air. Elle pourrait toujours revenir sur ses pas ensuite.

L’espace était très vaste. Si l’eau semblait un peu plus clair ici, Emilia ne pouvait pas percevoir toute l’étendue de cet endroit. Le halo lumineux de sa frontale n’allant pas suffisamment loin.La belle tenta de forcer sur les grilles dans l’espoir d’en repousser une, en vain. Il fallait absolument qu’elle sorte de là.

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Dim 14 Avr - 20:46
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
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Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

E
lle ne trouva rien qui lui permettait de rejoindre la surface. Aucune trappe, pas d’escalier, pas de monte charge. Elle put reprendre son souffle en utilisant une nouvelle fois le tube, récupérant suffisamment d’oxygène avant de redescendre. C’est là qu’elle remarqua soudainement que certains algues avaient changé. Les plus grandes qui constituaient comme d’énormes colones en suspension dans l’eau pétillaient de couleurs différentes. C’était beau, poétiques, enivrants. Une pluie de couleurs comme un feu d’artifices dans le ciel qui rendait la visibilité bien plus pratique et révélant une nouvelle porte sur la droite. Quasiment fermée. Il n’y avait qu’un interstice, à croire qu’elle avait commencé à s’ouvrir avant de tomber en panne.

Mais ces algues...elles continuaient de vibrer de toutes ces belles couleurs.
Est-ce que c’était elle ? Ou bien...c’était la voix d’Aaron qu’elle entendait l’appeler avec chaleur...
Cette voix… c’était celle de son père. Etait-elle en si piteux état qu’elle était en train d’halluciner ? La partie rationnelle en elle lui souffla que c’était très mauvais signe, mais la partie sous l’emprise de l’émotion apprécié cette présence inattendue. Qu’elle soit en train de perdre la raison ou non, elle n’était plus vraiment toute seule dans cet enfer. Prenant une dernière aspiration, elle entreprit de nager jusqu’à la porte pour tenter de forcer son ouverture.

Elle trouva assez facilement le boitier de commande déjà ouvert. Deux cristaux sur trois avaient disparu et elle en avait besoin pour activer l’ouverture, d’autant plus que ce système semblait être alimenté. La voix se fit un peu plus forte, plus insistante. Elle remarqua rapidement que les algues s’étaient pliées pour prendre un angle anormal et pointer dans sa direction. Il y en avait d’ailleurs une qui commençait à s’aventurer au niveau de sa taille.
Complètement dépassée, la jeune femme regarda l’étrange phénomène s'exécuter tandis que sa petite voix pragmatique lui soufflait que certaines plantes carnivores sur Orzan attirait leurs proies en exécutant des chants et en répandant des parfums envoutant. Devait-elle prendre peur ? Mais comment avoir peur devant un tel spectacle ? C’était si beau…

L’algue réduisit son écart d’un coup sec, s’enroulant lentement autour de la taille de la princesse. Une autre approchait de son épaule droite alors qu’elle sentait une troisième flirter avec sa cheville. L’algue chatouilla soudain la jeune femme qui réalisa ce qui était en train de se passer. Elle bouger et força avec ses mains pour tenter de se dépêtrer du piège. Mais la prise s’était affermie, enveloppant son bassin, entourant sa nuque. La voix du paternel se mit à rire de façon démoniaque, les couleurs devenant plus ternes et sombre. Et la pression commença à grimper sensiblement. Une pression qui visait à la ramener en direction des racines de ces algues...là où se devinaient quelques ossements de faune marine. Ressentant une nouvelle bouffée de panique, la jeune femme força à contre-courant et tenta d’arracher les plantes. Pourquoi, pourquoi fallait-il qu’elle ait laissé son couteau à Darren ?! Alors elle pensa à l’outil accroché à son poignet et s’efforça de l’exploiter au mieux pour échapper aux lianes.

Dès qu’elle coupa la première, une réaction instantanée réduisit le lien en un état de simple filament flétri. Les lumières s’agitèrent dans tous les sens, témoignant par cet effet d’un état de panique et les différentes algues s’éloignèrent. Ainsi libérée, Emilia pu remonter récupérer son souffle et prendre une décision.

Après avoir récupéré une bouffée d’air, la jeune femme s’imposa un temps de réflexion tout en surveillant attentivement les plantes en contrebas. La carte du complexe se dessina dans son esprit et elle s’efforça de chercher tous les niveaux, escaliers et échelles qui pourraient lui permettre de remonter. Il y avait une autre trappe dans le couloir qu’avait suivi Darren mais elle était loin et elle n’était pas sûre d’être capable de la rejoindre. Mais avait-elle une autre solution ? La flore de cette pièce était trop dangereuse pour qu’elle y reste et prenne le temps de chercher les cristaux de la porte, elle devait donc revenir sur ses pas. Elle sentait ses muscles s’engourdir et le froid la pénétrer en profondeur. Outre l’horreur d’être piégée dans un bâtiment fermé et immergé plongé dans le noir et la panique qui en découlait, elle sentait que son corps allait finir par la lâcher. Il fallait qu’elle sorte tant qu’elle le pouvait.
Sa décision prise, la belle prit quelques bouffées d’air avant de se lancer dans une course folle vers son salut. Nageant à toute vitesse, elle regagna le couloir et tourna vers la gauche, suivant le couloir empruntée par Darren en priant de toutes ses forces pour parvenir à trouver, rejoindre et déverrouiller la trappe avant que ses poumons ne la lâchent définitivement. Un défi quasi impossible dans cette obscurité, même avec une connaissance parfaite du plan, elle en avait bien conscience. Sa poitrine commença à la brûler et à la faire horriblement souffrir, de la même manière que lorsque la première trappe s’était brusquement refermée et qu’elle avait cru sa dernière heure venue. Puis elle aperçut plus loin une lueur dans le plafond, blanche scintillante. Darren ?!
Une bouffée d’espoir la gagna et lui donna la force de parcourir les derniers mètres pour s’accrocher à l’échelle. Elle était sur le point d’atteindre le bord de la trappe lorsqu’elle sentit ses forces l’abandonner. Elle n’allait pas y arriver...

La première idée du soldat, en découvrant cette nouvelle trappe dans la salle suivante, avait été de se débarrasser de ses affaires pour plonger et aller la rejoindre. Mais il ne pouvait pas abandonner de l’équipement ici et, surtout, il ne savait pas où est-ce qu’il pourrait la trouver. Ca lui arrachait clairement les tripes de se sentir bloqué ici. Il voulait que cette foutu machine lui ai offert un pouvoir insoupçonné. Qu’il se découvre de fichues branchies, ou n’importe quoi d’autres qui lui permettrait de plonger là-dedans et sortir son amie de ce calvaire.

Darren paniquait.
Et quand on panique, on ne peut pas avoir les idées claires. Il se sentait perdu, loin de pouvoir faire appel à son expérience professionnelle. C’était toujours lui qui risquait sa vie, toujours lui qui allait au devant du danger et qui en revenait. Abîmé ou non, il en revenait. Mais là, ce n’était plus son rôle. Dans son boulot d’escorte, il s’était toujours investi bien au-delà de ce qui était nécessaire. Il aurait même pu dire que plusieurs de ses clients étaient devenus de bons amis. Mais jusque là, il ne s’était jamais autant accroché qu’à son amie qui disparaissaient dans les ténèbres des flots.

Il regrettait de lui avoir parlé sécurité et loisirs en voyant qu’elle se retrouvait encore à l’article de la mort. Car c’était ce qui le préoccupait le plus. L’image du corps sans vie et trop rapidement refroidi d’Emilia, en suspension dans un couloir sombre et sans la moindre goutte d’oxygène. Agenouillé là, devant cette trappe qu’il avait ouverte, il lui semblait y avoir passé des heures. La sensation en était tout aussi répugnante qu’il avait l’impression d’être comme ce chien qui attend son maître disparu à la porte de chez lui jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Parce qu’il voulait que cette sortie puisse lui sauter aux yeux, Darren avait accroché aux premiers barreaux ses plaques avait la perle luminescente de Lapis Arcus. Elle éclairait aussi bien le pourtour de la trappe et son échelle qu’une piscine d’intérieur. Il espérait de tout son être qu’elle allait s’en rendre compte, qu’elle allait finir par apparaître. A force d’espérer et de croire, il pensait régulièrement découvrir un signe, un geste, un mouvement dans l’eau qui trahirait son approche pour déclencher son soulagement.
Mais non, rien. Toujours rien.

« Allez...me lâche pas... » se plaignait-il en ne pouvant concevoir l’avoir perdu. Il n’arrêtait pas de se dire qu’il devait sauter à son tour, qu’il perdait du temps.

Puis soudain, il sentit sa musique.
La musique d’Emilia, brisée, couinante, comme si les instruments s’étaient enrayés, qu’ils étaient tous mal accordés. Il sentit ses émotions, sa peur, sa panique, la douleur qui l’écrasait. Darren en poussa une plainte de surprise tandis qu’il se penchait au-dessus de la source. Le reflet lumineux de Lapis Arcus l’éclaira soudainement. Darren ressentit dans le même temps la vacillement de sa conscience, comme une flamme qui manque de s’éteindre sous un courant d’air trop brusque. Cette lueur qui se réduit brusquement et risque de s’éteindre.

« Emy !!! » S’écria-t-il en plongeant ses deux mains, si ce n’est une bonne moitié de son corps, dans l’ouverture de la trappe.

Darren ne sût pas ce qu’il attrapa d’elle. Il était trop maladroit dans sa fébrilité pour être précis. Est-ce que c’était une épaule ? Son bras ? Sa nuque ou bien un sein dans l’accident du geste ? Peu importe, il s’en moquait. Parce qu’en s’emparant de ce petit morceau de nana, il savait qu’il raménerait le reste jusqu’à lui.
Le soldat ne prit pas conscience de la force qu’il employa. Comme à l’image de sa dextérité d’ailleurs. Il tira de toutes ses forces et assura sa prise autour de ses hanches pour la faire reculer, l’éloigner de cette maudite trappe. Darren l’éloigna en la portant comme un vulgaire sac de pommes de terre, peu regardant sur les usages. Des fois qu’un foutu diable décide de faire à nouveau effondrer un mur pile sur eux.

Il pouvait l’entendre tousser et geindre sous les efforts qu’elle faisait pour reprendre son souffle. Il ressentait avec elle, comme s’il était partie intégrante de son être, la tempête d’émotions qui la brisait et la faisait gémir. En reculant, Darren finit par se prendre les pieds dans quelque chose et il tomba sur le cul, son amie solidement enveloppée de ses bras.
« Je te tiens ! Je te tiens !!! » Répéta le jeune homme à plusieurs reprises. Et en sentant les tremblements de son petit corps contre le sien, il entreprit de retirer son gilet tactique pour se défaire de sa veste. Il songeait qu’enlever son sac et en retirer les vêtements d’Emilia prendrait trop de temps. Il voulait agir maintenant, lui prouver par ses gestes qu’il était là pour compenser cette horrible frayeur.
« Attends !!! » Il la manipula juste suffisamment pour recouvrir son dos du vêtement, l’attirant ensuite contre lui dans une étreinte tandis que ses mains s’employaient à la réchauffer par friction. « Voilà. C’est terminé Emilia. C’est fini, je suis là. » lui murmura-t-il doucement.

La jeune femme s’était laissée faire comme une poupée de chiffon. Les accoups et les mouvements avaient eut le mérite de la faire tousser et de lui faire cracher de l’eau. Elle était frigoriée comme en attestaient ses lèvres bleues, en état d’hypothermie, et toutes la partie supérieure de son anatomie la brûlait pour lui faire payer le supplice auquel elle avait soumis ses poumons. Mais c’était aussi la preuve qu’elle était en vie. En vie ! Elle avait réussi ! Darren l’avait attrapé à temps, il l’avait attendu au bon endroit au bon moment. Il s’en était fallu d’un cheveux mais il lui avait à nouveau sauvé la vie. S’il y avait eu un équivalent des anges gardiens en Gaëllie, Emilia n’aurait pas tardé à lui attribuer ce rôle. Elle qui aimait bien coller des étiquettes et des surnoms aux gens.

– Darren... hoqueta t-elle.
Pourquoi sa voix était-elle aussi rauque ? Il lui était difficile de trouver le souffle pour articuler un simple mot, comme si ses poumons trop avares avaient décidé de garder tout l’air pour eux et pour eux seuls. Quelque chose de chaud s’enroula autour d’elle et elle se colla un peu plus à lui dans l’espoir de capter un peu de sa chaleur. Bons dieux qu’elle avait froid !
Mais en dépit de toutes ces sensations horribles, une part d’elle savourait le fait de se savoir sortie de là. Cette étreinte elle la savourait comme jamais elle n’en avait savouré auparavant.
– J’ai réussi... dit-elle en soulevant une main pour lui montrer la bobine dans sa boite.
Pragmatique un jour, pragmatique toujours. Mais il fallait bien donner du sens à ce qu’elle venait de subir.

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Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...


« Tu as réussi ! Ouais, tu as réussi. » Répéta le soldat de concert avec elle dans mélange de rires et d’expirations soulagées. « Tu nous as sauvé la vie à tous les deux Emilia. Ce truc, c’est notre billet pour reprendre une vie normale… tu nous as sauvé la vie. »

Son pragmatisme l’avait fait rire. C’était tout à fait elle ne pas montrer la douleur qui flambait dans son corps. Une façon de faire diversion selon lui. Darren y répondait de son étreinte. Quelque chose lui donnait l’impression qu’il la perdrait pour de bon s’il la lâchait. Alors il la gardait bien fort contre lui en suivant le flot de ses émotions. L’empathie faisait qu’elle ne pouvait pas le tromper. Emilia était à bout...

La pauvre était terrorisée, percluse de souffrances. Il ne doutait pas en sentant ses tremblements et son épiderme gelé que ses muscles ne lui répondraient pas. Elle était allée bien plus loin que n’importe quel client qu’il avait eu à protéger. C’était une sacrée aventurière, une sacrée battante.
Darren avait le sentiment de devoir se racheter pour l’avoir laissé sous la flotte. Il comptait s’occuper d’elle en compensant sa douleur par l’attention, la tendresse. Il affirma sa prise au niveau de ses lombaires et la releva un peu. Il se remit sur ses jambes puis essaya de la guider.
« Je t’emmène loin d’ici. » lui promit-il. « Essaie de forcer sur tes jambes, lève-toi...voilà. »
A partir de là, il la souleva en serrant les dents. Le cinéma avait le beau rôle mais porter quelqu’un à bout de bras, c’était sacrément physique, même pour un petit gabarit comme Emilia. Le jeune homme refusait néanmoins de laisser transpirer la moindre faiblesse. Par respect pour ce qu’elle avait fait. Il l’emporta avec lui vers la sortie, suivant son propre sens de l’orientation pour récupérer le couloir qui les avait fait venir.
« On va vers la chaleur. Tu vas vite te réchauffer là-bas...tiens bon. »
Il lui parlait régulièrement. Il ne savait pas bien s’il fallait qu’elle s’endorme ou pas, si c’était dangereux ou non. Il comptait simplement l’occuper de ses paroles, même si elles étaient stupides, pour la distraire de cette douleur qui continuait de brûler en elle. Le son de sa voix apaisait Emilia, faisait office de diversion. Sa respiration commençait à se calmer minute après minute alors que son corps intégrait enfin le fait qu’il n’allait plus être privé d’air et qu’il pouvait cesser de respirer comme un fou. Elle répondait de temps en temps à Darren mais se contentait de l’écouter parler l’essentiel du temps.

Bientôt, Clive parvint jusqu’au niveau des ordinateurs. Il chancelait sous l’effort physique, faisant parfois bondir le corps de son amie pour pouvoir raffermir sa prise, et il parvint jusqu’à la bonne porte. Il lui trouva une table pour s’y allonger. Ce n’était pas le luxe question confort mais toujours mieux que le sol dur. Il déposa ensuite son sac. Darren l’examina juste après, en chassant les cheveux humides qui lui tombaient dans les yeux, remarquant avec effroi la pâleur de sa peau et ses lèvres cyanosées. C’en était au point qu’il se demandait si elle allait y survivre. Il commençait à avoir cet affreux doute alors qu’il déclarait l’inverse pour la rassurer.
« Ca va aller... »
Le jeune homme fit ce qu’il avait appris. Il comptait sur ses connaissances pour réchauffer son corps. Il ne suffisait pas simplement d’une veste et d’un peu de friction pour qu’elle puisse bondir de cette table et retrouver sa vigueur. La pauvre morflait salement, il fallait que la chaleur résiduelle de son corps s’accumule et demeure sous une couche protectrice. Mais le processus était physique, désagréable et douloureux. Comme lorsque l’on sent ses doigts brûler, en hiver, après les avoir réchauffé.
C’est à ça que servait les couvertures de survie. Aussi moche pouvait-elle être, avec son aspect en aluminium, son froissement déplaisant à l’oreille, elle conservait la chaleur. La température était nettement supérieur dans cette pièce, Emilia le sentait et cela lui faisait du bien même si ses membres restaient de glace. Elle aurait voulu se lever et repartir au front au lieu de quoi elle demeurait allongée, savourant la douceur de cette nouvelle source de chaleur. Ce n’était pas parfait mais c’était déjà tellement mieux que dans l’eau !

Le jeune homme plaça la veste humide par-dessus, l’éloignant tout de même de son visage, mais il dû se rendre à l’évidence. Même si elle allait se réchauffer, la princesse continuait de souffrir à chaque inspiration. Ca allait s’arranger. Mais seulement avec du temps à cause du manque de moyen. Darren la regarda fixement, il refusait de la regarder souffrir comme ça. Il se pencha et posa une main sur sa joue. Il lui caressait la pommette tout en l’encourageant.
Puis il lui montra la douille de morphine.

« Ca va t’aider. Tu vas somnoler un petit moment avec ça. Tu n’auras plus mal. Tu pourras te reposer... »

Il sonda sa réaction. Le jeune homme aurait pu le faire en traître. Emilia était fragilisée, sans défense, entièrement exposée. Il n’avait qu’à lui piquer la cuisse avec une dose de cheval et elle s’endormirait une bonne heure. Mais elle avait repris confiance en lui...il n’allait pas gâcher ça. Il voulait la convaincre, qu’elle l’accepte.
Parce que vu les émotions qu’il percevait, c’était une alternative très salvatrice.

« Laisse-moi te l’administrer. »

La proposition était tentante, vraiment tentante, mais une sonnette d’alarme retentit dans l’esprit de la belle. D’abord parce que le temps leur était compté, ensuite parce qu’il lui semblait que s’endormir dans le froid faisait courir le risque de ne plus se réveiller du tout. Cela s’appliquait-il aux hypothermies ou seulement aux randonneurs de montagne en hiver ?

– Le temps nous manque, répondit la princesse en forçant sur ses abdos pour essayer de se redresser.
Mais Darren pressa en contrepartie sur ses épaules.
« Tu ne vas pas aller bien loin dans ton état. » Souligna-t-il. « Je vais aller te chercher les plantes. Toi tu te reposes. Il te faut des forces pour faire le poison. »
Il pressa un peu ses doigts contre son épaule comme pour insister avec douceur. Il ajouta avec un petit ton taquin :
« C’est à mon tour d’aller risquer sa peau. D’accord ? Pas toujours les mêmes. »
– Et s’il vient pendant que je dors ?
« Je vais retirer le cristal de la commande à l’extérieur. Une fois que je serais parti, il y aura que moi qui puisse ouvrir cette porte. »
Il pinça des lèvres.
« Je sais, c’est risqué. Mais il faut vraiment que tu récupères et je peux esquiver ce trouduc avec l’empathie. Laisse moi gérer, Emy. »
La jeune femme sentit son coeur se serrer à l’idée de le laisser partir seul. Elle avait peur pour lui. Darren comptait parmi les personnes qu’elle estimait et appréciait, mais il était devenu bien plus que ça depuis qu’ils avaient pénétré dans ce complexe. Il était devenu un élément indispensable à sa survie, un soutien moral sans faille. Une forme de dépendance liée à la situation s’était créée. Ce genre d’évènement rapprochait. Chez Darren, c’était réciproque.

– D’accord… je te fais confiance, répondit-elle en acceptant l’argument de l’empathie. Elle serait une gêne si elle l’accompagnait dans son état, elle devait s’en remettre à lui et à ses capacités de soldat. Même si lui aussi devait être épuisé par la situation.

Le jeune homme opina avec un air soulagé. Il fouilla dans son sac pour en sortir le reste de la tunique de son amie qu’il plia pour lui faire un oreiller de fortune.
« On se revoit très vite. » lui dit-il avec un petit sourire.
Il se pencha pour coller ses lèvres au siennes, volontairement, alors que sa main armée de la douille de morphine piquait sa jambe. Darren espérait qu’elle ne sente pas l’injection. Non pas pour le lui cacher puisqu’elle avait accepté, qu’elle lui faisait confiance. Mais pour qu’elle n’angoisse pas en sentant que ça avait commencé. C’était, somme toute, comme cet anesthésiste qui vous faisait compter à l’envers depuis cent en sachant très bien que le plus solide n’atteindra jamais la première dizaine.

Darren la vit s’endormir avec ce même pincement au coeur de celui qui ne veut pas la quitter. Mais il le devait. Le temps comptait.
Il vida rapidement le sac de tout ce qui était superflus, y compris les prélèvements des premières plantes qui ne correspondaient pas. Le soldat pouvait se remercier d’avoir regardé par dessus l’épaule de son amie lorsqu’elle avait consulté la fameuse recette. Certaines de ces plantes étaient si caractéristique en terme de couleur ou de forme qu’il savait en avoir déjà vu au pied du complexe. Il énuméra mentalement les endroits par où il commencerait à fouiller puis il arma le neuf millimètres de son amie pour le laisser à côté d’elle.

P90 en main, Darren prit une longue inspiration. Une seule. Profonde et brusque qui signait son départ. Il regarda une dernière fois en direction de la jeune femme, imprimant dans son esprit cette image de sérénité qu’elle avait enfin pu atteindre puis il passa les portes. Il suivit son plan visant à retirer le cristal mais il décida de faire un crochet dans la salle d’eau pour récupérer ses plaques et le pendentif en Lapis Arcus.

Une heure plus tard, le soldat revint avec tous les spécimens. Il les avait même pris en double pour être certain. De même que des espèces qu’il craignait de confondre avec d’autres. Darren n’en revenait pas. Il avait bien dû esquiver deux ou trois fois le Zatäar qui rôdait tout autour du complexe mais il n’avait pas connu d’embuscade. Pas de fosse qui se dessine soudainement sous ses pieds pour l’avaler tout cru. Pas de course poursuite avec des prédateurs naturels. Non...seulement des bleus et des griffures de ronces après avoir galéré à récupérer quelques fleurs.
Une part de lui était heureuse de pouvoir rentrer et retrouver Emilia, lui offrir ce sac bourré de plantes prêtes à participer à l’élaboration du poison. Mais d’un autre côté, quelque chose faisait qu’il était presque dégoûté de ne pas avoir pu démonter l’ennemi. C’est comme si sa petite remarque ironique était pleine de bon sens : que seule Emilia avait pris les plus gros risques.

Le soldat s’employa à chasser cette mauvaise pensée de son esprit. Il évitait aussi de regarder son compte à rebours qui entamait la dernière heure. Une fois franchi la porte, le jeune homme retrouva Emilia exactement au même endroit. Elle avait bougé pendant son sommeil, la veste était tombée au sol et elle avait prit une posture plus confortable. Du moins semblait-il. C’était aussi le signe que son sommeil n’était plus véritablement artificiel.

La pauvre était lessivée et, malgré la situation, Darren rejoignit l’un des plans de travail à pas de loups. Il comptait ne la réveiller qu’à la fin, lorsqu’il aurait sorti chacune de ces plantes pour les présenter à la jeune femme.
Il angoissait un peu à l’idée d’en avoir loupé une mais il était presque certain de ne pas avoir failli à sa mémoire. Finalement, après avoir attendu dix minutes de plus, il s’approcha de son amie et laissa son esprit se connecter au sien.
Est-ce qu’elle rêvait ?
Non, il lui semblait que non.

Le soldat se retourna pour tester l’humidité de ses vêtements. Son sac les avait relativement bien protégé de la flotte et cette heure passée sur les plans de travail avait fini le boulot. Le jeune homme l’aurait bien laissé dormir un peu mais un sourire lui vint à l’idée de ce que ça donnerait. Emilia qui se réveillerait en découvrant que ça faisait plus d’une heure et qui lui passerait un savon, Zatäar ou pas.
Il posa une main sur son épaule et la bougea lentement.
Il songea soudainement à ce que sa mère lui chantait pour tenter de le tirer du sommeil, lui et sa soeur, et il en fit de même avec un timbre à faire hurler les casseroles.
« Il est l’heure de s’réveiller, avec une bonne tartine de pain...comme tous les bons matins ! Allez c’est l’heure, on t’attend, au p’tit dé’j’ner ! »
La front d’Emilia se plissa légèrement tandis qu’elle réagissait à la voix du soldat.
« Debout, debout... » insistait-il en souriant.
Il leva soudainement un doigt lorsque son esprit fit “Eurêka” et il sortit sa dernière barre céréale. Il l’ouvrit doucement et s’amusa à le faire passer sous le nez de son amie.
« Il est l’heure de s’réveiller, avec une bonne tartine de pain...comme tous les bons matins ! Allez c’est l’heure, on t’attend, au p’tit dé’j’ner ! »
Et il ajouta :
« Ok, tant pis, j’la bouffe tout seul ! »
Un petit grognement s’échappa d’Emilia avant que cette dernière n’entrouvre les yeux.
– Darren ? lança t-elle d’une voix ensommeillée.
« Ouais. Ne force pas... » Conseilla-t-il.
Il posa la barre à côté et déboucha sa gourde pour lui en proposer. Il avait prit le temps de refaire le plein sur une source d’eau à l’extérieur.
« La morphine, ça rend nauséeux. Comment tu vas ? »
– Je me sens… lourde, dit-elle en se redressant. “Nauséuse”, pas mal comme définition. Tu es parti ?

Il l’aida à se redresser et ajusta la couverture sur elle, histoire de respecter sa nudité.
« Oui. J’ai fais comme tu m’as montré et j’ai ramené deux exemplaires à de chaque. Par contre... »
Il regarda instinctivement vers le plan de travail.
« Il y en a certains, j’suis pas sûr. Il va falloir que tu fasses le tri. Mais avant ça, prend le temps d’émerger. »
Darren rigola.
« Bon sang, t’as une tête à faire peur ! Il y a un peu de bouffe si tu veux te restaurer et ta tenue est sèche... »
-T’es pas mal aussi dans ton genre, répondit-elle en pinçant les lèvres. Comment ça s’est passé là-bas ?
Elle ferma les yeux quelques secondes, prit une inspiration et passa ses jambes par dessus la table pour se redresser et atrapper ses vetements. Sa quasi nudité ne lui posait pas plus de problème que lorsqu’elle avait plongé mais elle avait envie de se réchauffer maintenant qu’elle se détachait de la couette.
Clive fit un geste pour l’accompagner alors que son visage semblait crier “Ola, doucement !”. Il se détendit en remarquant qu’elle avait relativement bien récupéré.
« Ton pouvoir a été super utile. » Avoua Darren. « Je n’ai pas eu à tirer un seul coup de feu. J’ai surtout dû me battre héroïquement contre des ronces et des racines coriaces... »
La jeune acquiesça et bailla un grand coup. Elle évita soigneusement de lui dire à quel point elle était rassurée d’apprendre qu’il ne s’était pas battu seul, de toute façon il devait le sentir.
Ni une ni deux, elle se leva pour enfiler son pantalon et chancela.
« Hé... » fit le soldat en l’attrapant par les épaules. Il préférait en rire qu’en pleurer, essayant de rester optimiste même si l’état de son amie lui crevait le coeur. « Vas-y doucement, tu reviens d’un sacré voyage... »
Ce n’était pas pour remuer le couteau. Plus pour la complimenter par ce sous-entendu.
« On est pas à la minute près. » Mentit Darren. « Tu veux que je t’aide ? »
Emilia soupira avant d’abdiquer. Ca l’emmerdait de l’avouer mais un peu d’aide serait la bienvenue, elle avait l’impression que ses muscles avaient fondu. Darren le sentit distinctement et il eut l’envie de lui dire, rien que par déduction de son émotion, qu’elle le battrait de nouveau au bras de fer dans peu de temps. Emilia était de celles qui aimait à se débrouiller seule et ne pas montrer les faiblesses. Même maintenant elle gardait ce tempérament et ça le séduisait, il fallait l’avouer.
-Je ne vais pas aller loin dans cet état. Je veux bien manger un morceau.
« Et bien... » fit Darren tout en l’aidant à enfiler son pantalon. « Que diriez-vous d’une magnifique barre de céréales, produite sur Terre, avec ses propres morceaux de fruits déshydratés. Un peu d’eau. Ainsi que la plus belle fierté du restaurant Clive : un bonbon à la menthe forte ?... »
-C’est parfait. Tout ce qui pourra remonter ma glycémie et m’aider à arrêter de trembler est le bienvenue. J’aurai besoin de stabilité pour synthétiser le poison.
Ils en étaient passé à son haut. Darren avait replié les ouvertures du vêtement pour faciliter l’accès.
« Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? »
La jeune femme enfila sa tunique sans se préoccuper de son état de crasse et de la terre qui s’était accumulée dessus, elle avait connu bien pire après trois cycles à battre la campagne pour fuir les wraiths.

-Tu peux m’assister et me faire passer les outils dont j’aurai besoin au fur et à mesure ou profiter de ce temps pour aller te reposer. Tu peux aller dormir, dit-elle en dévorant sa barre de céréale.
Cette heure de sommeil lui avait fait beaucoup de bien même si elle avait des difficultés à émerger. Darren devait en avoir besoin lui aussi.
« Je vais fermer un peu les yeux. » fit-il avec un léger sourire. « Je serais bien resté par pure fierté mais je préfère conserver mes forces pour administrer ce truc à notre copain. »
Il hésita un petit instant avant de se saisir de sa dernière dose de bêta-bloquant.
« Dernière étape. » lança joyeusement Darren en voyant leur ligne d’arrivée se profiler au loin. Il lui donna la seringue.
Ca devenait bon. Ils avaient la bobine et les matériaux pour combattre le Zatäar.
Emilia regarda la fameuse dose, puis Darren.
- Tu es sûr ?

Non, finalement non ! Voulait répondre Darren qui angoissait beaucoup à l’idée d’affronter de nouveau ses démons. Il ne se voyait pas sauter sur son amie après tout ça et lui coller quelques paires de gifles parce qu’il se conduisait comme un animal. Mais être militaire, c’était ça. Partir au combat, se confronter à ses peurs, à l’adversité, à plus puissant que soit. De le battre non pas pour la fierté personnelle mais pour le devoir, pour des causes et des convictions tant professionnelles que personnelles.
Non. Darren n’était pas sûr. Mais il savait que c’était le choix tactique le plus judicieux. L’élaboration de ce poison était une arme qui dépassait de loin l’efficacité de son P90, du fusil à pompe, ou même du pain de C4.

« Je suis sûr. » répondit Darren avec gravité. Il gardait sa main tendue, la dernière dose de bêta-bloquant proposée, sans trahir sa peur. « Et puis. Je ne me laisserai pas avoir cette fois. Je ne lèverai pas la main sur toi...je préférerai plutôt mourir. »

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Dim 14 Avr - 20:48
Emilia Zeïn’ Eidolas
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...

L
Les deux mains d’Emilia rejoignirent celle de Darren et elle le regarda droit dans les yeux. Il ne semblait pas en grande forme lui non plus mais il avait l’art de le cacher. Ils avaient des points communs tous les deux.

- Je sais. J’ai confiance en toi. Ca va bien se passer.

Ca fonctionnait dans les deux sens. Emilia lui promettait que tout allait bien se passer et il sentit un poids disparaître de ses épaules. Déjà le contact de ses mains sur les siennes faisait reculer la sale culpabilité qu’il conservait de ses actes passés. Malgré tout ça, c’était bon de l’entendre réaffirmer la confiance qu’elle plaçait en lui. Il en souriait alors, comme un gosse, comme Clive. Il avait besoin d’elle mais pas seulement. Qu’elle ne le déteste pas, qu’elle ne le voit pas comme un militaire utile du moment. Leur historique les avait beaucoup rapproché et l’accident dans la salle d’eau avait mis à jour combien il tenait à sa personne, survie, sa santé. Plus qu’il ne voulait le reconnaître.
« Merci... » S’entendit-il lui dire avec une certaine émotion, sachant qu’il était percé à jour.
Darren recula un peu, maintenant qu’elle avait la dose entre les mains, puis il alla s’installer sur la table, essayant d’y trouver une position confortable. Il employa également la couverture, ayant déposé ses rangers dans l’espoir qu’elles sèchent un peu, puis il sentit une masse lui tomber sur les yeux. Le silence respectueux observé par son amie y contribua. Darren songea un peu à ce qu’il allait faire après être sorti d’affaire. Comment il se rachéterait auprès du D4. Les sorties qu’il ferait avec son amie pour lui faire oublier toute cette mésaventure et qu’elle ne voit pas la cité comme une boîte de Pandore.
Mais avant même de trouver la moindre idée, il sombra dans un sommeil peu agité.

Alors qu’Emilia se penchait sur la synthétisation du poison, les minutes défilèrent longuement. Et puis, fatalement, la montre de Darren se mit à sonner quarante cinq minutes plus tard. Ca ne le réveilla pas, mais Emilia fixa longuement le soldat avec un peu d’anxiété avant de se remettre au travail. Seul le futur lui dirait si elle avait fait le bon choix.
Elle travaillait lentement, sa concentration n’étant clairement pas optimale, mais elle faisait de son mieux. Darren avait su ramener les bonnes plantes, elle possédait tous les composants, elle devait réussir.
Et après ?
Après il faudrait fatalement affronter le démon de ce gigantesque tombeau. Et cela ne l’encourageait pas à accélérer son travail. Le tic tac continuait de raisonner dans son esprit mais la peur de retourner se battre était bien présente. Mourir irradié ou mourir de la main du Zätaar… aucune de ces perspectives n’était meilleure qu’une autre. Hélas, elle savait que Darren refuserait catégoriquement de retourner auprès des leurs tant que ce monstre serait vivant. Elle n’était plus en état de juger son patriotisme et de se positionner, elle se contentait d’agir pour en finir le plus vite possible. Il fallait que ça prenne fin, elle était à bout.
Alors elle acheva son travail et fabriqua le fameux poison au détriment de la dernière dose d’inhibiteur de Darren. Deux seringues… ils n’avaient pas intérêts à se planter.
Une fois le travail finit, elle se rapprocha prudemment de Darren et posa une main sur son bras pour le secouer avec douceur.

- Darren ? J’ai terminé. Le poison est prêt.

La réponse fut instantanée.
Le jeune homme sursauta soudainement, comme s’il prenait conscience d’une terrible douleur qui le pétrifia. Sa main vola jusqu’au poignet qui faisait pression sur son bras et il l’enserra avec la force de la surprise. Le regard écarquillé, le militaire demeura allongé sur le dos tout en essayant de respirer. Mais la panique était en train de le submerger.

Avec le temps et la dégradation de son état, le pouvoir empathique s’était surmultiplié en efficacité. La fin de l’inhibiteur avait l’effet d’un barrage qui venait de rompre et Darren sentit les émotions de son amie avec une finesse qu’il n’avait jamais cru possible. L’émotion de la jeune femme était puissante, comme une irradiation de chaleur qui lui perçait la peau et menaçait de remplacer ses pensées.

- Darren… c’est moi... commença Emilia avec anxiété.

Il continuait de sentir. Cette angoisse de recevoir un nouveau coup, de le voir devenir fou. Il aurait presque cru pouvoir toucher cette émotion tant elle lui semblait profonde et concrète. Le fait qu’ils étaient tous les deux seuls semblait participer au sauvetage cette fois. Pas de Max ou de Jim pour régler ça à coups de poings.

« Ta musique...elle est tellement...tellement forte ! »
Ses lèvres tremblèrent à l’idée qu’elle prenne soudainement peur, qu’elle cherche à le fuir juste pour l’absence de ce médicament. Il tenta d’adoucir son étreinte mais il n’arrivait pas à la lâcher. Il ne voulait pas qu’elle s’en aille et l’abandonne dans ce trou paumé.
« Plus de traitement...j’ai la pétoche, Emy... » Souffla-t-il, les yeux ronds.

Il souffrait et la peur qu’il devait capter chez elle ne devait pas l’aider à se sentir bien. Elle ressenti du soulagement lorsqu’il desserra sa main sur son bras, sa poigne lui avait fait mal. Le contact physique ne la dérangeait pas tant qu’il ne se montrait pas menaçant. Pour l’heure, il semblait surtout en souffrance, inquiet, et cela lui serrait le coeur.

- Tu as la force de gérer ça. Tu te souviens dans le couloir quand tu t’es représenté la bulle protectrice ? C’est la même chose, dit-elle, tout en songeant qu’elle lui avait également prodigué ce conseil la seconde fois… et qu’elle avait terminé la tête contre un mur.
- Le contact physique renforce le lien… tu me captera peut-être avec moins d’intensité si tu me lâche, lui expliqua t-elle. Ce n’était pas une excuse pour le forcer à prendre de la distance mais une simple vérité. A lui de choisir si le contact le rassurait au point d’être près à subir le contrecoup ou s’il préférait y mettre un terme.
« Tu vas te barrer...tu as peur de moi ! » Rétorqua-t-il.
- J’ai peur c’est vrai, mais je ne vais aller nulle part. C’est toi et moi dans cette aventure. Nous sommes venus à deux, nous repartons à deux.

Le réveil était rude.
L’absence du bêta-bloquant se faisait ressentir à un tel point qu’il regrettait secrètement d’avoir donner sa dernière dose. Mais une petite part de lui persistait à l’idée que c’était la meilleure stratégie. Darren détestait ce pouvoir en l’état. Il se souvenait quand Emilia lui avait dit que son empathie détruisait toutes les relations sociales. Et qu’elle n’avait pas rectifié quand le jeune homme avait voulu savoir si c’était bien “toutes”. Pour un peu, elle l’aurait bien vexé ce jour-là.

Mais avec des moments comme celui-ci, où il pourrait donner en temps réel le fleurissement des émotions d’Emilia en même temps qu’elle lui parlait, il pouvait comprendre. Est-ce qu’elle avouait avoir peur de lui parce qu’elle savait qu’il avait l’empathie ? Ou cherchait-elle sincèrement à l’appuyer ?
La facilité l’aménerait à s’en offusquer, s’énerver à l’idée qu’elle tente de le manipuler, mais ce n’était pas vrai. Cette partie de lui qui en voulait à Emilia était celle qui l’avait conduit à l’agresser. Pas cette fois. Il la musela, lui refusa la moindre écoute. Une censure totale et définitive.

Toujours allongé, la respiration perturbée par la panique, Darren se résolut à relâcher la main de son amie. Il la toisa en se demandant si elle allait fuir, s’asseyant sur le rebord de la table en tentant de répéter sa leçon pour brider le pouvoir. Mais il n’y arrivait que très mal. Il finit par se poser une main sur le crâne, frottant accidentellement ses points de sutures, et il serra les dents.

« Comment tu arrives à vivre avec ça...tous les jours... » se plaignit-il.

- J’ai appris à accepter ces intrusions, je ne les rejette plus. Cela fait parti de moi maintenant, répondit-elle compatissante.

Ca faisait mal.
Il essaya de fermer les yeux, de se concentrer. Mais au lieu de brider son pouvoir, c’est comme s’il se concentrait sur le flot d’émotion le plus proche : Emilia. Il en secoua négativement la tête.

« J’vais me perdre. »
- Essaie de te concentrer sur ce que tu captes chez moi. Dis moi, l’encouragea t-elle dans l’espoir que le fait de nommer ces émotions l’aide à les visualiser et à faire le tri plus facilement avec son propre bagage.
« Je... » Commença-t-il les yeux fermés. « Compassion...mais...ça te contrarie. Tu veux m’aider. De la peur aussi... »

Il soupira. Une question venait soudainement de s’imposer et il ouvrit les yeux pour fixer son amie.
« Je t’ai déjà blessé avec mes pensées ? »
- Qu’entends-tu par “blessé” ?
« Est-ce que j’t’ai fais mal avec mes émotions, parfois... »
- Tu fais parti de ces rares personnes qui a réussi à me contrarier davantage avec ses mots qu’avec ses émotions. Tu es d’un tempérament franc, ton coeur et ta langue travaillent souvent de paire. D’une certaine manière c’est un trait rafraîchissant et peu commun dans mon milieu social.
Darren décortiqua et se mit à rire. D’abord un tout petit peu puis un peu plus franchement.
« T’es en train de me flatter là... »
Il se leva en secouant la tête. Il avait l’impression de devenir cinglé sans signe avant coureur. Comme un claquement doigt, paf !
« J’ai du mal à t’isoler. En fait...j’ai pas franchement envie... »

Il était perdu, désorienté par ce nouveau pouvoir dont il ne savait presque rien. Emilia se rappelait à peine de ce par quoi elle même était passée jadis, des étapes, avant d’arriver à son niveau de maîtrise actuel. Ce n’était pas évident de guider Darren, aujourd’hui beaucoup de choses lui semblaient naturelle, instinctives.
La jeune femme s’assit à côté de lui, remonta l’une de ses manches et attrapa délicatement la main du soldat. Puisque la stratégie de la visualisation mentale ne fonctionnait pas, elle décida de tenter autre chose. Lui montrer la carotte plutôt que le bâton.

- Fermes les yeux et concentre toi sur ce que tu ressens.

Elle guida la main de Darren jusqu’à son bras, se saisit délicatement de l’un de ses doigts, et le fit glisser contre sa peau. La caresse était agréable, un peu chatouilleuse, et lui donna la chair de poule.

- Ce que je ressens, tu le ressens aussi. C’est la même chose avec mes capteurs sensoriels… Certaines choses peuvent devenir très agréables. Un massage, un câlin...

En ayant eu l’impression que c’était inconvenant, ou qu’il envahissait de lui-même son amie de ses caresses, il retira d’abord sa main pour rompre le contact. Ce n’était pourtant pas désagréable. Il avait suffi à cette belle blonde de formuler ces quelques mots pour que le pouvoir dévie immédiatement sur ce loisir appréciable.

Mais cela mettait aussi à jour leur petit jeu dangereux. Cette relation d’amitié largement améliorée sans passer au stade supérieur. Ce principe qui n’échappait ni à Emilia, ni à lui, quand il lui tournait autour. Oscillant entre les moments agréables qu’ils passaient ensemble pour l’expérience de la découverte de leurs mondes respectifs. Les petites activités. Et ce petit duel qui consistait à échauder la princesse pour le petit calin.

Elle ne le savait que trop bien.
La jeune femme n’était pas contre. Mais si elle en laissait habilement un terrain propice, c’est toujours Darren qui avait été à l’initiative de cette convoitise. Plus grossièrement parlant, le soldat lui courrait après. Emilia ne l’avait surpris que deux fois. Au bord de la trappe lorsqu’elle était allée l’embrasser spontanément. Et à l’instant, alors qu’elle guidait la caresse de la main du jeune homme.

Darren était tout aussi surpris que flatté par cette attention, surtout après l'agression dont il restait le coupable. D’autant plus que l’empathie ne laissait pas la place au doute ou à l’hypocrisie. Darren sentait que son contact lui faisait de l’effet. Il en était à l’origine : sa personne, son tempérament, ses valeurs. Mais que ce soit ou non pour l’aider à juguler l’empathie, cette tendresse avait le don de le bouleverser intimement. Darren ne savait pas vers quoi il allait. Mais en bon bidasse sans galons, il s’y jetait sans regarder en face.

Sur ces deux ou trois secondes d’hésitations, le naturel joueur de Darren revint au grand galop et il reprit le contact d’une douce caresse sur son épiderme. D’abord d’un seul doigt sur un revers. Puis il descendit cet avant-bras pour aller explorer le creux de ses phalanges. Il ferma naturellement les yeux pour raffiner et capter uniquement ce petit frisson électrique qu’il déclenchait. Forcément, si ça plaisait à son amie, ça lui plaisait aussi.

« J’ai encore moins envie de t’isoler... » Lâcha-t-il sur un ton blagueur.
Mais Darren avait suivi la consigne en se concentrant sur ce contact plaisant. La carotte fonctionnait et le reste des émotions avaient tendance à se taire face à cette nouvelle occupation.
La réponse arracha un rire silencieux à la princesse. S’il n’y avait pas eu la menace des radiations elle aurait bien volontiers pris le temps de lui faire profiter plus longuement de ces sensations. De même qu’ils auraient pu s’accorder quelques heures de sommeil supplémentaires, ils en avaient désespérément besoin tous les deux. Malheureusement le temps était un luxe qu’ils ne pouvaient s’offrir. Elle était néanmoins satisfaite et fière de voir que sa diversion fonctionnait.

« Je ressens. » Confirma le jeune homme en refusant d’écourter son contact avec elle. Il se demandait, sans nécessairement de pensées graveleuses, ce que ça devait donner au cours d’une relation. Il l’avait vécu en tant que simple soldat, trouvant cette osmose particulièrement exaltante. Du côté empathe, bien mené, ça devait être sublime.
Ce serait pour une autre fois.

Le militaire commençait à reprendre conscience de leur situation et des impératifs.
« Qu’est ce que je dois faire, maintenant ? »
- Maintenant je t’apprends à faire léviter de petits objets pour que tu sois capable de projeter ces seringues sur notre ennemi sans avoir besoin de risquer ta vie au corps à corps. Ca devrait être bien plus facile que l’empathie.

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Survivre avant tout... 04510
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Darren Clive
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Vendredi 05 juillet 2019
Cité d'Atlantis
Emilia Zeïn'Eidolas & Darren Clive

Suite des aventures du RP Recto Verso


Survivre avant tout...


« Hmmm... » grommela-t-il pour signaler son mécontentement en se voyant écarté du sujet le plus plaisant. « Peut-être que je m’y connais déjà un peu sur le sujet... »
Il ouvrit les yeux pour regarder sa tunique d’un regard en biais. Il se concentra sur l’un des lacets qui faisait office de corsage et le dénoua.
« Oups... » fit-il sans la moindre regret.
Il attaqua le deuxième en ricanant dans sa barbe, comme un gosse.
Emilia se mordit doucement la lèvre pour tenter de s’empêcher de sourire, en vain. C’est fou comme Darren apprenait vite quand on lui donnait une motivation.
- Quelle habileté ! Je vois que tu te débrouille déjà comme un chef !
« C’est toujours plus rapide quand ça intéresse. » répondit-il en débutant la manoeuvre inverse.
Là, c’était bien plus compliqué. Il serra les dents tout en essayant de visualiser des mains invisible qui s’emparaient de chaque morceaux du lacet pour en refaire le noeud. Le mouvement de ces deux petites lanières se faisait de façon disgracieuse et bien imparfaite. Mais Darren ne voulait pas lâcher son petit exercice. Il prit le temps, essayant de refaire au moins un des noeuds, en jouant de patience. Le clignement naturel de ses yeux interrompait très régulièrement ses efforts, ce qui l’irritait, mais son petit entraînement avait le mérite de l’écarter de la folie qui le menaçait.
« Dire que tu fais ça avec de l’eau... » Reconnu-t-il avec une certaine admiration.
- Je suis presque née avec ce pouvoir, répondit-elle.

Darren termina son noeud digne d’un garnement parvenant à peine à lasser ses baskets pour la première fois. Il s’écarta pour fixer son oeuvre avec une certaine fierté et monta son regard sur la princesse.
- Bravo ! le félicita t-elle. Il se débrouillait vraiment bien pour une première et c’était tant mieux ! Il allait pouvoir se mettre en chasse très rapidement.
« Donc on plante la seringue à distance. C’est compris. »
- C’est la solution la moins dangereuse pour nous. Je fais diversion et tu le plante à distance.
« Alors j’ai une leçon à t’apprendre aussi...j’ai pas envie que tu m’envoies une volée de plomb dans le derrière ! Tu veux bien prendre ton arme ? »
- oui ?

Le militaire s’écarta. Ayant cessé de se concentrer, il sentit le flux d’émotion grandir brusquement et menacer de le submerger. Mais alors qu’il récupérait son P90, Darren ferma les yeux et refusa de se faire avoir une fois de plus. Emilia lui avait appris sa façon de procéder. Là, le jeune homme était en train d’en tester une autre, sensiblement similaire, qui semblait porter ses fruits. Le coup du contact sur son amie avait mis à jour un filon tout aussi agréable qu’utile.
Et il y arriva. La belle plante qui se trouvait dans son dos avec un fusil à pompe ne l’envahissait plus de sa saine curiosité. Il était un peu ennuyé d’y percevoir son angoisse naissante sur le fait qu’ils allaient bientôt partir au combat. Mais il l’avait lui-même cette émotion, c’était normal. On ne se savait pas à l’aube d’un nouveau conflit avec un Zatäar qui bouffe du pain de C4 comme une dragée sans s’en sentir un peu fébrile.

Un peu mieux protégé, Darren se tourna vers elle et tapota la table. Il prit le temps de la soulever pour la monter sur un plan vertical, ses deux pieds la stabilisant sur cette position à première vue inutile. Le jeune homme fit un petit signe de tête pour inviter Emilia à s’approcher jusqu’à lui.
« Le combat en équipe. » Lui dit-il doucement en la faisant s’arrêter sur une position.
Il rejoignit la sienne et pointa la table de son P90 comme s’il s’agissait de leur ennemi commun.
« Jamais statique, toujours mobile, même très légèrement. Si on bouge, on bouge à deux. Monte ton arme, ne pose pas ton doigt sur la queue de détente. »
Et pour lui montrer l’exemple, il se déplaça doucement, feignant plusieurs tirs en les bruitant avec sa bouche. Sauf qu’en se déplaçant, il termina pile en face de la jeune femme.
« Tous les deux, on ne doit jamais finir sur cette position en utilisant nos armes. Le tirs croisés, jamais l’un en face de l’autre. Il faut se concentrer tant sur l’ennemi que sur son équipier. Tu es prête pour un essai ? »

Darren bougea de nouveau. Il avança, recula, passa sur la gauche ou sur la droite sans forcément se mettre à courir. Simplement des déplacements en cours de combat pour ne pas rester une cible facile. Et lorsque son amie finissait sur une zone qu’il considérait dangereuse, la menaçant d’écoper de ses tirs (et inversement), il le signalait. Emilia se prêta au jeu et fit l’effort de participer à l’exercice même si cela lui coutait sur le plan musculaire.
- Avec un peu de chance nous le prendront pas surprise et nous n’aurons pas à faire feu.
« J’espère bien, Emy. Mais si jamais ça chauffe de trop, on se barre. »
Il avait réfléchi avec le recul. Il ne tenait toujours pas à ouvrir cette fameuse porte avec la créature à leurs basques. Mais s’ils n’avaient plus le poison et qu’ils se faisaient courser, Darren se trouvait également responsable de la survie d’Emilia. Si leur essai échouait, ils se sauveraient en direction de la sortie.

Pour les minutes suivante, Darren réorganisa son sac. Il plaça tout en bas la valisette contenant la bobine. Elle était en bon état et ne semblait pas avoir souffert de ces dix milles années passées dans la flotte. Ensuite, il prit le strict nécessaire, abandonnant l’équipement superflu et inutile, au vu de leur situation, pour y faire assez de place. Il déposa à cet endroit les divers prélèvements de botanique que son amie souhaitait emporter avec elle puis Darren passa au plus sérieux.

Il vérifia tant son gilet Molle que celui de son amie. Il chargea les armes, s’assura de leurs bon fonctionnement, tandis que son esprit dérivait sur un vide profond. Il se préparait avec cette intensité qui transpirait de ses longues années d’expériences militaire. Une préparation qui se faisait avec gravité, sans pour autant exclure la princesse dans un coin de la pièce, puis veilla à bien disposer sa fameuse seringue de poison.

Darren fit un dernier tour d’horizon en regardant tout autour de lui. Il se sentait vidé, épuisé, et à bout. Son crâne n’arrêtait pas de brûler à l’endroit où on lui avait fait des points. Mais il était prêt pour son baroud d’honneur.

« Deux heures et dix minutes. » Nota Darren après avoir consulté sa montre.
Il s’approcha de son amie tout en zieutant allégrement sa dégaine de guerrière badasse.
« Comment tu te sens ? Tu es prête ? »
– Non pas vraiment… Mais j’ai très envie de rentrer, de m’allonger sur quelque chose de confortable et de prendre un repas consistant. Alors si ce monstre se tient entre le remplissage de mon estomac et moi, je vais aller lui botter les fesses ! plaisanta t-elle.
« J’en sais quelque chose ! » Rétorqua ironiquement Darren. « La faim te rend à fleur de peau ! Une vraie Drakonys ! »
La jeune femme fit mine de grogner avant de lui tendre sa dernière barre de céréale.
– Leçon suivante : une Exception a besoin de manger nettement plus qu’un humain normal pour faire fonctionner son organisme et exploiter convenablement ses pouvoirs. Avale ça.
« Est-ce que tu me donnes un ordre ? » répondit-il, très provocant, en ne prenant pas l’ultime barre céréale.
– Oui soldat, s’en est un. Je compte sur toi pour enfoncer ça dans le corps de notre ennemi… et sans tes mains ! répondit-elle en lui confiant l’une des seringues.

Darren prit l’injecteur qu’il plaça bien à l’abri d’une de ses poches tactiques puis déballa la barre céréale. Il croqua dedans, sous le nez de la princesse, pour en embarquer une bonne moitié. Il ne s’était pas rendu compte à quel point il avait faim et la soudaine crispation de sa mâchoire au moment où le goût lui venait en fut le résultat. Il savoura son morceau de barre céréale en entendant son estomac hurler comme une bête sauvage. Il voulait plus...mais il songea à autre chose.
Il posa ce dernier morceau bien à plat sur sa main et se concentra dessus. La confiserie trembla un petit peu au début puis elle s’envola, lévitant entre lui et elle. Darren patienta alors, pleinement concentré, malicieux, en laissant cette nourriture faire une maigre ligne de démarcation entre eux deux. Il attendait patiemment, comme un embusqué, qu’elle ouvre la bouche pour lui dire quelque chose.
Et Tchac !!! Il lui ferait manger ce morceau en essayant de ne pas l’étouffer avec.
C’est qu’il ne pouvait pas s’empêcher de jouer avec ce pouvoir. Et passablement désobéir à Mademoiselle Eidolas au passage...
– A quoi tu j… ?
Elle s’interrompit brusquement alors que le morceau de gâteau venait de percuter sa bouche. Elle le retira du bout des doigts avec une grimace.
– Hé !
« YESSS !!! » S’écria-t-il, fier de sa réussite. « Bon, la visée je gère ! Me reste encore du boulot sur l’élan, c’était assez grossier... »
Darren lui sourit.
« On partage ok ? Je ne mange pas sous le nez d’une affamée ! »
– Même si l’affamée compte sur toi pour devenir le héros qui tue le démon du donjon et qui escalade la tour ?
« Mais je suis le héros qui tue le démon et qui escalade la tour ! » Assura-t-il avec une certitude sans faille.
« Et puis une princesse piégée depuis aussi longtemps mérite bien une moitié de barre céréale non ? Ca sert à ça, les chevaliers servants ! »
– Très bien, abdiqua t-elle en avalant le morceau de gâteau. Moi aussi je vais escalader la tour.

Darren lui répondit d’un clin d’oeil. Il lui offrit une bonne accolade pour l’encourager, et s’encourager lui-même au passage, puis il prit la direction de la porte. Emilia ayant le plan en tête, c’était à elle de le guider. Mais Darren comptait rester devant. Il partagea son raisonnement avec son amie pendant qu’ils quittaient le complexe.
« Je pense pas qu’on va avoir besoin de chercher ce tordu. » Lui confia-t-il doucement. « Ca fait dix milles ans qu’il s’emmerde ici. Quand il va se rendre compte qu’on s’en va, il va venir nous trouver. Tu en penses quoi ? »
- Si nous avions la possibilité de le surprendre et de porter la première attaque… ça devrait être possible avec ton pouvoir.
« On va faire en sorte de le surprendre avant qu’il nous voit, tu as raison. »
Il prit une inspiration.
« Bon écoute. J’avais un marché avec le D4 mais ils sont pas là. Entre soldats, on se donne nos dernières volontés. Même si ça déplait souvent aux superstitieux. »
Darren regardait droit devant lui.
« En gros, ma guitare est pour toi. Et les gars se partagent ce qu’il y a dans mes quartiers. Tu leur transmettras ? Juste au cas où. »
- D’accord… juste au cas où, répondit-elle en songeant qu‘il était peu probable qu’elle en réchappe si lui même mourrait ici.

Quitter le complexe ouvrit sur cet environnement qui émerveillait tout autant qu’il inquiétait. La nature continuait sa vie dans une totale indifférence en contribuant à un éclairage général de toute une palette de couleur fluo. Le soldat ne savait pas vraiment où aller. Dans le doute, il préféra s’approcher de la sortie sans quitter la jungle dans laquelle il savait que le Zatäar rodait.

Le temps leur était compté. Et cruellement, ils peinaient à trouver l’ennemi maintenant qu’ils se mettaient à le chercher. C’était à se demander s’il n’avait pas compris que le poison qui aurait pu mettre fin à sa vie il y a dix millénaires se trouvait dans les poches du duo. Concentré, Darren se déplaçait en pointant son arme sur tous les dangers potentiels. Il travaillait continuellement sur son empathie pour effacer les présences animales et faire le tri, essayer de détecter le monstre.

Ils tombèrent en chemin sur le prédateur qui leur avait sauté dessus. Le soldat gardait son arme braquée sur lui jusqu’à ce qu’il comprenne que l’animal n’avait pas d’intention hostile les concernant. C’était assez perturbant d’obtenir cette information et d’être certain de sa véracité. En mêlant les traces de nature brisée, bien qu’il ne s’y connaisse pas vraiment, à son pouvoir empathique, Darren finit par sentir qu’ils s’approchaient.
Et comme il l’avait suspecté, le Zatäar n’était pas spécialement en fuite.

Dix minutes plus tard, en franchissant un mur de végétaux assez épais, les équipiers découvrirent des petits rongeurs qui s’enfuyaient comme la dernière fois. Ils s’éparpillaient et s’éloignaient le plus vite possible. Darren et Emilia se trouvaient alors à contre-courant de cette faune paniquée alors qu’ils percevaient clairement les craquements sonores des pas du monstre.
Cette fois, il venait. Il n’y avait aucun doute possible, il s’approchait de leur position.

Darren regarda fixement son amie pour savoir si elle tenait. Il captait clairement ses émotions en comprenant qu’elle était morte de trouille mais que son besoin d’en finir primait largement sur ses ressentis. Elle était déterminée et ne manquait pas de courage à vouloir mener ce dernier combat.

« En embuscade ? » Proposa Darren en continuant de la fixer.
- On peut se cacher dans les arbres, chuchota t-elle. Ca avait plutôt bien marché la première fois.
« J’ai besoin de l’avoir bien en face. » Répondit Darren. « Recouvre moi de ces végétaux et tu grimpes ensuite. Ca te va ? »
- Ok, répondit-elle en agissant rapidement. Ils n’avaient pas le temps de débattre, s’il préférait faire ainsi…
« Emy ! » Lui dit-il tout en s’allongeant sur le dos et profitant d’une souche pour couvrir la vue de flanc. « Tout va bien se passer. C’est notre dernière ligne droite ! »

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