Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis

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Darren Clive

Image perso : Le SBC Atlante Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
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le Mar 14 Jan - 14:27

Darren Clive
Le soleil se levait à peine mais c’était tellement mieux pour voir ce que l’on faisait. A cause de la faune locale, soit disant, il fallait ensemencer le champ avant l’aube. Les coutumes locales plutôt, dirait Darren, au lieu d’une pseudo science tiré sur des générations de pèlerins…
Oui. Il avait beau avoir monté plusieurs épouvantails avec les locaux, ils ne le croyaient pas. Donc la semence, c’était “avant”.

Darren prenait son temps.
Séparé de son gilet tactique et n’ayant que son neuf millimètre qu’il avait glissé sous la ceinture (pas réglementaire il est vrai), le soldat s’appliquait en répandant les graines, avançant en ligne droite. Ca avait quelque chose de presque...thérapeutique...toute cette simplicité…
Plus besoin de se prendre la tête. Il fallait simplement faire quelques gestes de bras, être patient. En prime, ce beau lever de soleil qui teintait le ciel d’une myriade de couleur chatoyante et très originale. Comme un arc en ciel qui ne durait que le temps d’apparition ou disparition de cet astre.

Darren s’épongea le front. Bouger comme ça lui avait donné chaud malgré la fraicheur matinale. A chaque planète son environnement atmosphérique. Alors, retirez le réchauffement climatique des humains de la Voie Lactée…

«Ca vaut le coup d’oeil.» approuva le militaire en fixant les nuances se jouer lentement.

Le soleil poursuivit son inéluctable ascension, les couleurs arc en ciel s’atténuèrent, puis le ciel bleu, carrément classique.

«Ca fait quand même bisounours cette connerie...»

Il cracha le morceau de paille qu’il s’était glissé entre les lèvres comme une allumette et reprit le boulot aux côtés des locaux. Cette mission d’assistance, est-ce que c’était de la poudre aux yeux ? L’endroit était si tranquille, si paisible, même s’il y avait beaucoup de travail. C’était à se demander si on ne l’avait pas mis directement au vert.
Un truc psychologique, une nouvelle invention managériale des cerveaux dérangés des administratifs, il ne savait pas trop. Mais...ouais. Pour qui n’était pas feignant, c’était des putains de vacances qui permettaient de se sortir un peu la tête de la cité.
Les engagements, les ordres de mission, le traintrain quotidien. Bref...pour Darren, c’était un bon moment.
Il termina son sac et prit le chemin de la bordure pour se ravitailler. Vu que le village était cerné par des bosquets, des morceaux de terrains inemployés ou des jardins, il avait fallu bâtir une clôture. Ne serait-ce que pour empêcher le bétail du voisin à aller bouffer ce qui commencera à pousser.

Le jeune homme passa sous les barreaux de bois comme l’aurait fait un type qui sortait d’un ring de boxe. Plus loin, vers la gauche, se trouvait les caisses en bois. Elles avaient été descendu des chariots puis disposées là pour le ravitaillement. Clive y plongea le godet pour se ravitailler, plongés dans ses pensées, ce qui ne lui permit pas de se rendre compte de la présence de cette femme.

Habillée de simples tenues de toiles, le fonctionnel plutôt que l’esthétique, c’était vraiment l’image du clampin de base. Robe qui n’en a que le nom, chemise de jute avec une veste et un tablier qu’on renonce à envoyer à la retraite. Ils ne devaient même pas avoir conscience de ce qu’était la mode ni même le concept de “tenue vestimentaire”. Elle était là, la toile qui lui servait de cache cheveux malmenée entre ses mains.

«Sir ?»
«Hmmm ?»
«Monseigneur.»

Cette fois, Darren décrocha son regard de la caisse pour la fixer. La pauvre était dans un état lamentable, sale, couverte de crasse. Les cheveux en bataille et les habits troués par endroits, ça laissait deviner de la richesse du ménage.

«Je peux faire quelque chose pour vous ?»
Il avait cessé de se battre en leur disant qu’il n’était pas un seigneur. Mais depuis que le CODIR les avait envoyé ici, la simple texture travaillée et résistante de l’uniforme leur avait tourné le ciboulot. Pour eux, il ne pouvait y avoir que des nobles pour s’habiller de façon si efficace. Et jouer les paysans semeur d’un blé local ne changeait pas le point de vue, bien au contraire, ça faisait d’eux la version “bienveillante” aimée du petit peuple.
«Mon compagnon est tombé Sir ! Là, dans le bois !»
«Il s’est blessé ?»
«Il a chuté profond. Il dit que sa jambe est brisée.»
«Quelle idée de se balader en pleine nuit dans les bois aussi...»
«La chasse est plus facile, les proies dorment.»

Darren soupira.
L’héritage de passer pour un noble, homme de surcroît, et il était devenu le service après vente. A la moindre emmerde, on venait le chercher.
«Ce bois là-bas ?»
«Oui. Oh...de grâce, ne le laissez pas mourir, je vous en supplie.» s’écria-t-elle en se plaçant à genoux, les mains jointes.
«Ola, ola, ola….relève toi.»
Elle hésita.
«Allez, sérieux. Je vais faire le nécessaire mais relève toi.»

La jeune femme finit par obéir. Elle malmenait son morceau de tissu avec une telle force qu’il ne lui servirait plus à grand chose. Au moins, son émotivité n’était pas surjouée et le gus devait vraiment avoir un problème. Darren n’avait pas besoin d’aller voir les autres locaux, il les aidait librement, parce qu’il le voulait bien. Il lui suffit d’un signe de main pour leur dire au revoir et il prit la destination suivante.
C’était légèrement en retrait, entre les fameux bosquets qui tranchaient le village de longues coulées vertes et d’étendues sauvages. Là, il y trouva sa toile de tente avec un feu de camp encore actif. Il avait décidé de crécher à la belle étoile. A force de dormir avec un toit au-dessus de la tête et un environnement contrôlé par l’IA la plus performante de la science humaine, ça rendait le camping désirable.

Sa cantine était toujours au même endroit, le contenant en allu laissait filer la vapeur d’eau en ébullition. Darren sortit son sac et fouilla parmi son équipement. Il avait quasiment tout épuisé mais il lui restait un peu de café. La Porte des Étoiles était à plus de deux milles kilomètres. C’est un jumper qui les avait déposé. Plus isolé comme île façon Robinson, on ne faisait pas mieux. Du coup, les ravitaillements en friandises, café et compagnie, ça arrivait à la fin. Toujours à la fin…donc...jamais.

«Tu vas m’attendre ici si tu comptes garder tes cheveux..»
«Merci, Sir !» lâcha-t-elle avec une véritable reconnaissance dans la voix.
Darren ronfla en entendant encore ce titre de noblesse. Même cette femme prête à remuer ciel et terre ne se voyait pas aller réveiller l’Hydre. C’est dire à quel point, dès les premiers jours, elle leur avait fait comprendre la couleur du tableau.

Clive prépara son café. Il savait qu’elle en manquait horriblement.
Il avait empêché une émeute de sa part quand elle s’était fait piqué ses dernières dosettes. Voir Isia Taylor Laurence avec un flingue dans la main, même si elle n’avait tiré que deux cartouches dans le ciel pour chercher le coupable, c’était un spectacle inoubliable. S’il n’avait pas cru qu’elle en buterait un, essayant vainement de calmer sa crise de folie passagère, il aurait adoré observer la scène. Isolé si loin de la Porte et avec un contact radio par jour, Darren comprenait parfaitement que la diplomatie n’était plus une constante chez la chirurgienne.

En faisant le chemin vers son domicile, Darren se questionna sur son compte. Il était clair qu’elle ne vivait pas aussi joyeusement que lui sa participation à la mission. Alors...est-ce qu’elle avait été punie ?
On racontait qu’elle s’entendait très bien avec le gros poisson d’Atlantis. Donc, qu’est-ce qui pouvait expliquer sa présence, qui pouvait expliquer qu’elle subisse cet endroit ? Une situation comme ça, c’était presque humiliant pour son poste et sa condition.
C’était un vrai mystère…
Et à vrai dire, il ne tenait pas à lui poser la question tout de suite. Darren préférait attendre de trouver le bon moment.

Le seul bénéfice, si on pouvait encore le voir comme ça, c’est qu’Isia avait obtenu la seule structure solide et bien bâtie du village. Donc au centre, comme une mairie, ce rectangle bien charpenté aux allures de chalet artisanal était l’antre de l’Hydre. Au moins, elle n’avait pas fini dans une tente.
Clive eut une pensée en se disant qu’il était un de ces héros de la mythologie en osant pénétrer dans l’antre à une heure aussi matinale. C’est qu’il y jouait sa vie le lascard !

Devant sa porte, il y avait quatre prétendants aux cheveux propres et gominés. Ils étaient au mieux de leurs formes, de leurs atouts, et dans des tenues qui passeraient pour chic auprès des autres villageois. Mais à peine à la hauteur d’un clochard sur Atlantis. Darren éclata de rire en les voyant se préparer. Ils échangeaient sur leurs stratégies de demande en mariage.
L’un avait sorti un instrument de musique à deux cordes. L’air allait être des plus recherchés, c’est certain. L’autre s’était taillé la barbe pour former le symbole du chevron d’Atlantis.
Un autre exhibait les muscles saillants de ses pecs. Bref...une belle brochette de prétendants prêt à demander la belle toubib en mariage. Pauvres fous...
Darren se rappelait la première fois qu’elle avait débarqué, toute pimpante, malgré sa motivation “exceptionnelle” à exécuter la mission. Elle s’était attirée direct le regard de tous les jeunes hommes et la haine de toutes les femmes.

Pas étonnant de voir l’un de ces types tester la poignée de la porte et revenir bredouille. Isia était sans arrêt emmerdée, que ce soit pour les soins ou les avances, c’était perpétuel. A ce stade, le soldat trouvait que la jeune femme subissait du harcèlement. Mais que pouvait-il y faire ? Sa façon d’aborder ça et de résister, de faire malgré tout son travail même si elle ne s’empêchait pas de montrer son mécontentement, ça lui avait attiré la sympathie. Darren ne pouvait dire qu’ils étaient amis. Après tout, il ne l’avait rencontré que dans son cabinet pour résoudre une affaire de vol de soutif.
Mais en fin de compte, ce qu’il découvrait sous les apparences de joueuse de la chirurgienne lui plaisait.

Donc...la porte était bloquée au tout petit matin. Puisqu’il n’existait pas de serrures ni de goupilles, la notion de domaine privé n’existant pas chez eux, Isia avait dû trouver une autre solution pour avoir la paix. Darren rigolait en voyant le prétendant revenir penaud et faire signe de ses bras que, non, la porte ne leur était pas encore ouverte pour la tentative.
Mais vraiment…cinglés...

Le soldat passa devant eux avec son quart militaire en allu. Il les salua d’un sourire simple. Mais dans son esprit, il se disait : «Courez les mecs. Courez si vous tenez à vos couilles. Vous ne vous rendez pas compte !!!»
Mais il n’en fît rien. Quelque part, Darren prenait tout autant de risque en soulevant la fenêtre pour s’y glisser comme un chat. Sa blessure à la jambe avait très bien guérie et c’était grâce à elle. Il n’avait même pas eu besoin de rééducation. Donc la souplesse ne l’avait pas quitté.

Mis à part l’horloge bien glauque qui cliquetait d’une mécanique trop dépassée, le reste du mobilier avait été déplacé pour faire de la place. La pièce était unique, spacieuse, servant de salle de réception pour la majorité du village. Comme une salle des fêtes version paysans. Darren avait aidé à y installer la tente sanitaire à l’intérieur de laquelle l’environnement était stérilisé. Il fallait faire gaffe à ne pas bouffer trop sur le générateur mais c’est là qu’Isia bossait.
Un lieu en plastique enfermé dans un lieu de bois arriéré. Comment est-ce qu’elle supportait ça depuis plus de deux semaines ?

Est-ce qu’elle finirait par craquer ? Et c’est là qu’Atlantis viendrait la récupérer ?
Darren ne comprenait vraiment pas. Elle était l’une des grandes du Pôle chirurgie. Sa présence ici...c’était presque comme une insulte. Le soldat savait que les paysans lui amenait même leurs bétails pour des opérations et des soins. Il se souvenait d’un type qui s’était fait chasser salement avec sa poule boiteuse.
Qu’est-ce qu’il avait ri à ce moment là !!! C’était plus fort que lui. Voir Isia le faire valdinguer avec la poule boiteuse qui lance un cri de détresse. C’était fort, vraiment génial...

Il continua son chemin. Son sourire s'agrandit en remarquant l’une des grosses armoires volontairement placée devant la porte. Ouais...pas une chaise...pas une commode. Isia, avec son allure de starlette sexy, avait obstrué sa porte d’entrée avec une PUTAIN D’ARMOIRE DE DEUX MÈTRES !!!

Le soldat adorait ce paradoxe chez elle, c’est ce qui attirait tout autant sa sympathie. C’était le genre “beau cul belle gueule” et, en fin de compte, PATATE DE FORAIN DANS TA GUEULEEEEEEEEE !
Il termina les escaliers qui menait à l’étage supérieur en espérant qu’elle n’avait pas mis une remorque de bétail devant de sa dernière porte, celle de sa chambre. Après avoir fait une prière (il ne faut pas se leurrer, à six heures du mat, il prenait le même risque qu’un prétendant !), Darren toqua à la porte sans obtenir de réponse.
A la troisième, il se décida d’entrer à ses risques et périls.

On était tête brûlée ou on ne l’était pas !
La chambre était assez grande et le lit plutôt sympa. Un minimum de confort pour une jeune femme qui n’était pas une militaire. Il la trouva dans une posture rocambolesque, enroulée dans des draps qui avaient dû s'emmêler entre ses bras et ses jambes à force de mouvements nocturnes. Les cheveux complètement emmêlés rappelaient bien le fait que la “déesse” que percevait les villageois était simplement une femme à la bonne génétique qui avait su prendre soin d’elle. Ca se confirma d’autant plus que son regard avait capté les parcelles de peau qui dépassait des draps. La chirurgienne était visiblement nue sous sa couette et Darren vérifia du regard. Pas pour se rincer l’oeil, même s’il avouait que la tentation était plaisante, mais surtout pour définir s’il allait poursuivre son “effraction”. Après s’être assuré qu’aucun détail anatomique intime était en vue, il se décida à continuer. Aucune femme ne réagirait bien. Mais en fin de compte, elle était trop profondément endormie pour l’entendre toquer donc...
Par contre, la lampe torche encore allumée et posée sur la table basse l’inquiéta un peu.
Avait-elle peur d’être visitée la nuit ? Après tout, elle était seule, entourée d’un village de “bouseux”, comme elle disait. Avec la populace en rut qui grattait dès l’aurore à sa porte. Quant à son flingue, il était presque sûr qu’il se trouvait sous son oreiller. C’était un coup à se prendre une balle dans le bide en l’approchant.

«Isia ?»


Nan, toujours rien.
Elle était vraiment profondément endormie. Elle avait dû bosser comme une forcenée toute la nuit. Il y avait eu un accident à la mine la veille. Darren en avait entendu parlé, quatre blessés dont deux graves. Quand il l’avait su, il avait voulu s’approcher de la doc pour l’aider. Mais il se disait qu’elle le renverrait chier, d’autant plus qu’il n’était pas toubib.
C’était sale de ne pas lui avoir laissé une seule infirmière. Elle devait tout faire, de la décision stratégique de chirurgie, du suivi médical, jusqu’à laver les instruments. Parce que, de toute évidence, les locaux n’avaient pas conscience de l’hygiène. L’intérieur de la tente technique à environnement contrôlé devait être constamment propre si elle ne voulait pas se taper des infections mortelles chez ses patients.
Oui...Isia devait manger toute la chaîne de profession sanitaire seule et cela lui vrilla le coeur. Ses journées devaient être dingue...
Bon sang...mais quelle connerie elle avait faite pour se retrouver dans cette situation ?!?

Darren tira un siège pour se poser discrètement à côté d’elle.
La pauvre devait sûrement être à bout non ? Et elle se refusait à le montrer ?
Ce serait une erreur de lui montrer de la pitié, elle le lui renverrait à la gueule en lui disant où il pouvait se le carrer. Mais finalement, elle n’avait que lui comme “bouée” de nature Atlante. Alors au final, il ne risquait pas tant que ça de se prendre une balle non ?

«Isia...» l’appela-t-il de nouveau en faisant passer le quart en allu sous son nez.
Il voulait que la bonne odeur du café, cette boisson qui se rarifiait dangereusement, la réveille plus doucement que lui.
«Ne me fait pas le coup de la belle au bois dormant, même si c’est tentant, je vais me retrouver avec ton pétard sur les rouleaux...alors...on se réveille douceeement...au cafffffféééé...»
Il avait chantonné les derniers mots.

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Isia Taylor Laurence

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le Mar 14 Jan - 14:45

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Oui la belle demoiselle était endormie et si elle n’entendait pas la douce chanson du soldat, c’est parce qu’elle avait mit des boules quies pour ne plus percevoir l’horrible chant de ce “putain de coqs et de ses bouseux de maîtres”. Elle ne craignait pas la visite de ses nombreux prétendants, qui ne connaissaient pas le mot “non” et les phrases “allez vous faire foutre” puisque son armoire était la meilleure des barrières ! Et puis quand bien même, il y en aurait suffisamment bête pour trouver un moyen d’entrer, elle avait une arme sous son oreiller. Elle avait eut du mal à trouver le sommeil malgré sa fatigue, sa punition était horrible et elle avait envie de tout foutre en l’air, de dire merde. Néanmoins elle avait promit à Erin de revenir “calme” sur Atlantis, d’accepter cette punition pour ne pas retourner sur terre suite au petit “accident”. Un accident, qu’elle trouvait légitime mais cela n’incombait qu’elle.

Son rêve était étrange… sans aucun sens et surtout désagréable… pourtant il avait bien commencé avec une charmante rencontre et des ébats des plus appréciables… mais voilà, fallait que le contexte de sa “nouvelle” vie lui gâche son rêve coquin. La boue, les paysans du coins et surtout ce putain de coq qui, maintenant, s’agitait devant elle en dansant la chorégraphie du “muffin time”. Rien de cohérent et cette fichue odeur de café… elle aurait tué pour un café goût vanille.

Elle ne sut si c’est l’odeur de sa drogue favorite ou bien son rêve vraiment spécial qui lui fit ouvrir les yeux… mais elle le fit et …

« BORDEL de merde ! » Elle sursauta et se redressa dévoilant le début de son torse, pour choper son arme sous son oreiller et la pointer sur la silhouette en face de lui. Elle s’était prostrée contre le mur, arme en avant. Le drap cachait que le bas.
« Sale pequenot pervers ! Tu vas me faire le plaisir de dégager ou je t'enfonce le canon de mon arme si profond dans le cul que tu vas cracher de la fumée par le nez ! »
Son agressivité était à la hauteur de sa surprise, elle n’avait pas reconnu Darren, elle était encore dans le flou. Pourtant sa lampe de chevet aurait dû mettre en lumière ce quiproquo… mais dans son mouvement brusque elle avait envoyé valdinguer le petit luminaire au sol de son bras.

Dans un premier temps, Darren avait sursauté. Sa première préoccupation avait été de couvrir son quart d’une main. Ce liquide là, c’était aussi précieux que du pétrole, plus même. Si Isia le chassait d’un coup de poing ce serait le drame.
Ensuite, il avait amorcé un regard vers sa silhouette. Mais en comprenant qu’elle s’était raidie, loin de se dire qu’elle ne le reconnaissait pas, et qu’elle se positionnait comme ça...il était clair qu’elle avait le torse à la vue. Ou planqué derrière ses bras tendus vers lui.
Mais...seule pensée à ce moment là... LES LOLOS PRENAIENT L’AIR !!!
Darren ferma les yeux et inspira lentement. Il entendit la menace, sentit parfaitement bien le canon pointé sur lui. C’est ce qui lui rappela qu’en ne portant pas l’uniforme d’Atlantis, il n’y avait plus grand chose pour faire le distinguo avec les fameux péquenots si ce n’était l’odeur.
Mais il comprenait.
Il comprenait et en même temps.

PUTAIN, LES LOLOS PRENAIENT L’AIR !!!!

Darren rouvrit les yeux mais en regardant la porte. Il se faisait violence pour ne pas tourner un regard sur elle. C’était tellement compréhensible comme réaction. Il avait déjà fait le coup à une amie et il avait récolté un bouquin dans la gueule. C’était...moins violent.

«Ne regarde pas à droite...ne regarde pas à droite...» se dit-il en secouant la tête.
« REGARDE MOI DANS LES YEUX CONNARD ! » Feula t’elle ! Un putain de merdeux des champs avait osé ! Lui, il allait finir dans la fange des cochons ! Ils sont bons pour faire disparaître les corps ! Elle regretta que Pedge ne soit pas là pour l’aider à faire le ménage, elle allait galérer à le traîner sans se faire remarquer…

Le regard de Darren vacilla mais il se refusa à cette tentation. Une fois la menace passée, il approcha le quart de ses lèvres pour décréter en guise de réponse :

«Et si tu ne baisses pas ton pétard, Isia, je vide le tout dernier café sous ton nez...»
Il souffla dessus, d’un air gourmand, avant d’amorcer le geste. Il ne regardait toujours pas dans sa direction.

« Darren ? » dit-elle un peu abasourdie, elle ne l’avait pas reconnu avec ses fringues de bouseux…. Puis il avait dit le mot magique… « Tu as du café ??? » elle baissa son arme, attrapant le draps pour ne pas qu’il tombe complètement au sol, se levant d’un bond, comme si des piques la chatouillaient. Elle attrapa tel l’anneau de sauron la tasse en métal, des mains du soldat, pour le porter à ses lèvres…. du café bordel !!!! Voilà plusieurs jours qu’elle n’en avait pas bu ! Cela était la plus belle chose de son séjour ! Elle était sur un petit nuage maintenant… l’arme était sur son matelas, lâchement abandonné comme une vieille chaussette et la présence de Darren était presque occulté par l’or noir.

«Sale Péquenot Pervers...» répéta finalement le soldat avec humour.

Bon, le choc de l’effraction passé, il se sentait un peu plus en sécurité maintenant.
Mais...dormir à poil quand elle était demandée en mariage chaque jour...cette nana était folle. Trop fort...sérieux, elle était géniale dans sa folie. Darren termina sa phrase.

«La nana bonnasse qui pointe un flingue le balcon à l’air, c’est le fantasme du militaire. Je colle bien à mon pti nom charmant on dirait.»

Isia tourna la tête vers lui, on aurait dit une lionne dérangée en pleins repas et cela était le cas. Le regard bleu azur scanna le pauvre homme avant de ricaner doucement.
« Et ça t’a plu j’espère ? Tu pourras te palucher et raconter aux copains ! » demanda-t’elle avec son ton habituel de la provocation. Oui, elle se foutait clairement d’être à moitié nue dans la même pièce que Darren. Elle avait autre chose à se soucier comme ce café qui méritait d’être savouré.

Darren pencha la tête en arrière en se retenant de rire.
«Mollo les chevilles, il y avait rien de fou à mater.» mima-t-il.
Isia lui lança un regard taquin tout en sirotant son café.
« Et pourtant j’ai surement une bande puceau à l’entrée qui aimerait voir ça. » Sur le coup, elle se demandait comment il était entré et s’il n’avait pas fait péter son armoire, mais très vite cette idée fut chassée Il avait trouvé autre chose, sinon, il n’aurait pas été seul.
«Ce n’est pas dur à deviner, ça fait deux semaines qu’ils grattent à ta porte.» fît remarquer Darren avec le sourire.

Il s’en fichait dans le fond. Il avait joué son galant en regardant ailleurs. C’était déjà assez irrespectueux d’être entré dans la chambre d’une femme à poil, il n’était plus à une boutade près. En tout cas, mission accomplie ! La toubib était debout et son service trois pièces était resté en place. Ils allaient pouvoir parler boulot dans quelques minutes.
«Le Sale Péquenot Pervers descend. Il va se palucher en attendant que la sublissime toubib le rejoigne. On a du boulot...pour changer !»
Darren récupéra la lampe qu’il éteignit et posa sur le chevet.
En passant, il reprit son sérieux en déclarant :
«Navré pour le réveil doc.»
« Pas grave, tu avais du café ! » dit-elle guillerette, alors qu’elle déposait sa tasse sur sa table basse pour filer vers la pièce d’eau. Atlantis lui avait au moins donné le plaisir d’avoir un système d’eau courante rudimentaire. Après une toilette rapide pour se rafraîchir autant le corps que les dents, elle s’habilla dans l’immonde uniforme qu’elle haïssait tant. Mais autant elle n’aimait pas ce vêtement, autant ici, c'était sa seule sauvegarde contre la merde de ce village boueux. Elle avait très vite arrêté de porter ses fringues civils ...faute de machine à laver. Et puis, cela rappelait aux bouseux du coin, qu’elle était Atlante, donc : pas leur pote !



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Darren Clive

Image perso : Le SBC Atlante Bannie10
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le Mar 28 Jan - 19:07

Darren Clive
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Darren redescendit les escaliers en solo et profita du silence. C’était une nouvelle définition que l’on découvrait, comme une première fois, une fois la tempête Laurence passée. Naturellement, il laissa son regard dériver vers l’horloge tandis qu’il sentait le contrecoup l’atteindre : une terrible vague de malaise concernant ce réveil. Il savait que la toubib n’allait pas s’en offusquer, c’était une légende de la provoc, elle se traînait une réputation d’allumeuse. Mais d’un autre côté, il ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était la deuxième fois qu’il faisait le coup et que, peut-être, il était vraiment un pervers qui prenait son pied à surprendre les jeunes filles au pieu, quand elles étaient endormies, vulnérables.

Il se répéta cette dernière phrase puis secoua finalement la tête.
«Nan...»
Mais carrément pas ! Quel nana s’endort à poil dans un lit en mission à l’extérieur avec un tas de collectionneurs de chèvres grattant à sa porte ?!?
Ok, ça ne faisait pas d’elle une coupable de quoi que ce soit. Mais des deux, qui était le plus pervers ?

Darren laissa tout ça derrière lui. Les remords, ce n’était pas son crédo.
Maladroit et tête brûlée, prochaine pirouette, et GO !!!
Il observa un instant l’endroit et observa cette poignée de porte que l’on testait une nouvelle fois. Les prétendants étaient toujours là.
«Ahaha, si vous saviez ce que vous avez loupé les mecs...» murmura-t-il pour la déconne.
En attendant que sa collègue descende pour parler affaire, il examina son hôpital de campagne. Tout l’équipement était propre, déjà prêt pour sa nouvelle journée de forçat. Pas de vaisselle non plus, elle avait dû le refiler à quelques gueux désireux d’obtenir son attention. En revanche, le petit générateur qui trônait sur une commode et qui alimentait tout l’équipement d'aseptisation, ça méritait un coup d’oeil. C’était une version bien plus compacte que le générateur à naquada, on en avait fait une pile alcaline pour un usage beaucoup moins énergivore. Forcément, moins de risque de surcharge et moins de risque de dévaster la zone avec une explosion thermonucléaire. On pouvait déployer ce modèle sans présence continue d’une tronche de la scientifique.
Pourtant, ça n’en restait pas moins une source d’énergie qui pouvait pulvériser toute la baraque et qui nécessitait un minimum d’attention. Darren était certain que la chirurgienne ne s’y était pas penchée.

En bon macho, il se sentit des devoirs d’homme en contrôlant le dispositif. Comme un mec qui vérifie la voiture et la prépare pour sa nana à l’aube d’un long trajet, le militaire sorti le carnet d’entretien. Le document vulgarisait beaucoup le fonctionnement et les procédures pour que tous ceux qui ne sortaient pas d’Harvard puissent le manipuler. Sûr que la communauté scientifique avait dû gueuler en étant contraint de publier un “Mon générateur pour les Nuls”.

Le soldat lança les outils de diagnostic en attendant. Il suivit scrupuleusement les consignes, les lisant à plusieurs reprises, avant de toucher à quoique ce soit. S’il avait un doute, il reprenait à zéro. On ne mets pas ses doigts dans la prise en chantant paquerette, un peu de jugeote…

Dix minutes s’étaient écoulées. Lorsqu’il entendit du bruit dans son dos, il se retourna et aperçu Isia dans une tenue bien mieux adaptée pour le relationnel qu’ils partageaient. Mieux, elle avait repris de sacrées couleurs : vive le café !

«Quatre-vingt dix pour cent.» lui annonça Darren, résultat du diagnostic de la durée de vie du générateur. Pas besoin d’ajouter que l’engin était en parfaite santé, c’était logique. En bon clown, il ajouta plutôt : «Le coup de la panne, c’est mort ! Je vais devoir trouver autre chose !»
Il marqua une pause.
«Alors ? Remise de ce réveil en fanfare ?» demanda finalement Darren, un petit tic gêné sur le visage. Une façon de demander si elle ne lui en voulait pas trop et, parallèlement, savoir si elle était ouverte à la “bonne” nouvelle matinale. Crapahuter dans une forêt, aller chercher un type, ramasser sa jambe cassée…
Chouette !

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Isia Taylor Laurence

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le Mar 28 Jan - 19:12

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

La jeune femme s’était approchée silencieusement, curieuse de voir pourquoi il avait le nez sur son générateur. La doctoresse ne s’était pas préoccupée de l’engin. On lui avait installé en bon état et il avait intérêt à suivre cette trajectoire. Elle comptait ne pas louper Zelenka s’il avait foiré. Elle avait néanmoins retenue qu’elle devait être moins violente et oublier le physique...Calahan ne devait plus l’approcher et elle non plus. Une mesure de sécurité qui lui allait bien, elle avait perdu son sang froid et son professionnalisme avec lui. Quelle honte...elle regrettait qu’une seule chose : qu’il ai encore ses deux couilles. Bien sûr, elle avait passé un sale quart d’heure dans le bureau d’Hoffman. Bêtement, elle avait préféré Erin mais le CODIR savait que le plus cinglant était Hoffman. Et puis, comme Erin était sa meilleure amie, ils évitaient les sentiments.

Même si le mari de la belle brune était aussi un intime, Isia était persuadé que Richard lui avait filé la patate chaude. On lui donnait toujours les crises à gérer, à lui ou Erin de toutes manières. Enfin bon, Hoffman, il avait été professionnel, LUI. Il ne l’avait pas loupé, il l’avait mise en pièces...même si elle s’était défendue avec sa sauvagerie coutumière et sans aucune pitié.

Une dispute sur la colline des Dieux...une dispute avec le goût amer de l’orage et du sang ! Cela avait entraîné des cris, les siens majoritairement. Elle était si enragée qu’elle avait envoyé des objets qui s’étaient fracassés contre la porte, faisant sursauter les sectaires très curieux d’entendre la moindre phrase sur la déchéance de la plus belle femme de cette putain de cité.

La colère d’Isia était si instable qu’elle avait voulu qu’il perde son putain de flegme ! Elle avait réussi...mais à quel prix ? Sur le coup, elle avait été ravie de voir enfin le masque de l’administratif se craquer dans de la colère glaciale...mais entre deux Lions, ce n’est jamais beau le résultat quand l’un sort les griffes pour achever l’autre. Elle était allée trop loin. Çà avait pété et, plus tard, elle avait présenté ses excuses tout comme lui. Mais le résultat était là. Ils avaient dû la punir et elle ne savait que trop bien...que le CODIR n’était pas content de devoir l’écarter de la cité quelques temps.

Elle avait pleuré les premières nuits, elle avait maudit le responsable de son malheur...puis maintenant, elle se sentait calme intérieurement. Elle méritait cette punition. Mais bordel, qu’elle avait envie de retourner sur la cité ! Même pour soigner des abrutis d’Athosiens.

Enfin bref, Darren bidouillait et elle donna un coup de fesse contre la table pour faire du bruit. Elle lui sourit, elle aimait beaucoup son humour.

Son regard alla vers la porte qui, de temps à autre, claquait. Il y avait du monde...encore. C’était pénible ! Vraiment ! En s’approchant de la fenêtre, elle aperçut une file d’hommes. Une queue de mecs en pâmoison voulant lui demander de vivre avec eux jusqu’à la fin de leurs vie pourries. Elle soupira alors que Darren lui posait une question. Elle referma celle-ci en comprenant qu’il était passé par là, le petit malin. Bizarre qu’aucun n’ai osé le suivre n’empêche…

« Je pète la forme ! »

Bien entendu qu’elle ne lui en voulait pas. Il s’était fait pardonné. Et même si elle se fichait que l’on voit son corps, elle ne ressentait pas non plus de pudeur...elle aurait dit oui. Mais bon, au point où elle en était, elle s’en fichait éperdument. Et puis c’est un gentil garçon. Il ne l’humilierait pas avec des racontars auprès des copains.
Ce militaire là ne dirait pas que c’était une salope qui dort à poil et qui se précipite sur une tasse de café comme une chienne sur une bite. Non...et ils étaient là tous les deux, dans la même galère, à se demander pourquoi on les avait envoyé ici.

Elle fit quelques pas vers le soldat, il venait de lui donner une idée pour faire fuir les autres. Si ça ne marchait pas, elle aurait toujours le plaisir d’aller chercher son arme.

« Faute de me faire le coup de la panne, tu sais simuler ? »
Elle croisa les bras sur sa poitrine. Bien sûr, il devait être là pour quelque chose en particulier. Un abruti de paysan avait tâté de sa propre lame de faucheuse de blé ? Un cochon qui boite ? Une poule avec un rhume ? Exactement le genre de conneries qu’elle n’avait pas envie de soigner.

Darren manqua de s’étouffer avec sa propre salive.
Il fixa Isia en cherchant la blague dans son regard et trouva suffisamment de résolution pour faire la connexion. Le délire en vue d’éloigner les prétendants.
«Tu crois vraiment que tu vas les démotiver ?» s’amusa-t-il avec le sourire. «Je dirai plutôt que ça va les rendre encore plus impatients.»
Le soldat secoua négativement la tête. Au jeu de celui qui pissait le plus loin, cette femme était forte. Elle n’avait aucune gène pour gagner le duel de la surenchère sur les sujets culs. C’était à se demander si elle n’était pas câblée comme un bon gros bidasse qui ne voyait que par la baise. Qui tenait le même discours bien gras et vulgaire H24. Ca ne la dérangerait à peine.
«Je simule pas, moi. Je mets la main à la pâte !» lui dit-il finalement. «Ce serait une insulte, Isia.»

Elle en avait tellement marre… Marre de ces pauvres gars qui espéraient la lune… elle ne comprenait pas pourquoi ils persévéraient dans ce jeu de séduction sans résultat. Plus elle était horrible plus ils semblaient épris d'elle… c'est à se demander s'ils n'étaient pas tous des maso, ou bien si les bouseuses du coin n'étaient pas des sombres merde pleines de tiques et de puces.




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Darren Clive

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le Sam 1 Fév - 19:47

Darren Clive
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Son sourire s'élargit néanmoins aux répliques de Darren. Il était parfait dans ce rôle de ping pong.

« Dans ce cas, j'espère que tu es en forme. » elle le testait bien entendu. Même si le sexe lui manquait presque autant que le café elle ne se voyait pas encore s'envoyer en l'air avec lui. Même s'il était le seul potable de toute la planète.

«Tu n’as toujours pas glissé de bromure dans ma bouffe et je suis isolé depuis deux semaines avec toi.» énuméra le soldat comme s’il prenait ça avec objectivité.
Il laissa quelques secondes filer, provoquant un silence parfaitement évocateur, et il ajouta en se marrant :
«C’est frustrant !»

Isia ricana, elle était face à lui. Du bromure ? Elle ne voulait pas le castrer comme un vulgaire violeur ou ces soldats partant en guerre pour éviter qu'ils ne sautent les chèvres des paysans.

« Fait moi le plaisir d'être convainquant. Qu'ils croient que je sois enfin prise et qu'ils ne viennent plus faire la queue. » affirma-t’elle de son ton mielleux.
«Il y a plus subtil comme solution. J’en ai une parfaite !»
« Oui. Vire l'armoire et je te roulerai une pelle devant l'assemblée... » le coupa-t’elle. Elle était usée par ces hommes… pour une fois qu'elle en avait marre d'être draguée… Mais bon elle était dégoûtée par ces paysans et elle voulait avoir la paix rien que pour pouvoir dormir. Sans flipper de se taper le gros balourd du coin prêt à la prendre de force. Elle n'avait plus de panda hystérique pour tuer ses agresseurs maintenant … et si le CODIR apprenait qu'elle avait flingué des villageois, cela allait encore chauffer.

Ca aussi, ça va les exciter...»
« Quand même ! Ils sont dans les mœurs du moyen âge… Ils ne sont pas aussi tordu que nous.. »
«Ils sont croyants. C’est un bon filon.»
Darren était barré. Il adorait faire le clown quand il n’était pas en mission en train de se battre.
En bon plaisantin, il abaissa un genou à terre et ouvrit les bras en grand.
«Isia Taylor Laurence, voulez-vous m’épouser ?»
Il éclata de rire. Ca faisait si peu crédible.

Isia ne put retenir un rire. Elle attrapa le porte clés sur le bureau virant la pampille qui était dessus et donna l'anneau disgracieux au soldat qui était complètement fou et elle adorait ça . Après tout elle avait déjà une bague. Elle mima un cri de surprise aiguë.

« Oh oui Darren Clive ! Vous en avez mit du temps ! 2 semaines !! Vous êtes lent ! » en agitant ses mains dans une fausse excitation. Vraiment, il était dommage qu'il n'y ait aucune vidéo de cette scène rocambolesque.
« Par contre tu prends mon nom. »
Darren rigolait. C’était tordant de voir la doc jouer le jeu et faire l’hystérique ravie. Il prit le faux anneau, étonné qu’il soit suffisamment petit pour se glisser au niveau de son pouce, et s’amusa à le placer comme s’il la demandait véritablement en mariage. A la mention du nom de famille, il haussa les épaules tout en la citant :
«Pas le choix. Sinon tu m’enfonces ton flingue si profondément que j’en sortirai la fumée par les trous de nez.»
« Oh tu sais tellement parler aux femmes !! » renchérit-t-elle de plus belle.

En tout cas, c’était pas si con comme plan. Ca allait priver la population féminine des envies de vengeance et les prétendants retourneraient penauds dans les chaumières.

« Bon allez hop. Aide moi à virer l'armoire. J'étais tellement furaxe hier que l'adrénaline a fait des miracles. » dit elle en lui tapotant l'épaule tout en marchant vers la porte.
«Je te comprends tellement...»
Darren prit place et poussa le mobilier d’un bon coup d’épaule. Il s’étonna de son poids, et donc de la force employée par Isia, puis ouvrit directement la porte. Parce qu’il avait fait du bruit, le premier prétendant se trouvait pile à l’encadrure. Son expression pleinement séductrice, avec son beau bouquet de fleur en prime, se décomposa lorsqu’il comprit qu’il n’avait pas affaire au docteur. Mais à un concurrent.
Le soldat lui tapota l’épaule et s’en servit pour le retourner, lui faire faire le chemin inverse, jusqu’à la bande de charlots. Ils s’échangèrent quelques oeillades inquiètes. Et ils avaient raison d’appréhender les bougres. Après tout, on l’appelait “Sir”, n’est-ce pas ?
«J’AI DEMANDÉ ISIA EN ÉPOUSAILLES !!!» Hurla-t-il avec les mains en porte-voix.

La jeune femme se glissa à ses côté telle un chat le regard luissant d'une forme de malveillance. Elle se régalait déjà de leur stupeur. À l'annonce du soldat, tous tournèrent un regard vers l'hydre… Certain souriant, s'imaginant qu'elle l'avait rabrouer comme la grande majorité… Même si le doute les prenaient, après tout il était un seigneur…
Isia n'eut pas besoin de répondre. Elle empoigna le col de Darren et l'embrassa sous les quelques cris de la foule de pauvres mecs. Le soldat était complètement surpris. Ca, il ne s’y attendait vraiment pas ! Mais une fois l’émotion passée, il fit mine d’en apprécier le goût. Une façon de crier en non verbal “Pas de bras, pas de chocolat !”.
Quand elle eut finit, amusé par la surprise de son partenaire, elle pointa un doigt vers le village.

« MAINTENANT DU VENT ! LE PREMIER QUI VIENT M'OFFRIR DES FLEURS DEVRA COMBATTRE CONTRE LE SEIGNEUR DE GUERRE !!!! » elle retenu une insulte. Une bonne chose.
«DES VOLONTAIRES ?» Renchérit le soldat en bombant le torse.
Elle du se contrôler pour ne pas rire face à leurs têtes déconfites. Petit à petit, ils disparurent et elle soupira de contentement.
«Tu es française non ?» murmura Darren en s’essuyant les lèvres.

« Oui ! Pourquoi tu voulais que je mette la langue ? » dit elle en lui donnant un coup de poing dans l'épaule. D'où il s'essuie lui !!! Enfin elle se marrait. La première fois où elle retrouvait un peu de folie dans cette mission de merde. Mine de rien… Elle eu une pensée pour Pedge… Elle lui ferait bien sa fête… Son corps lui manquait horriblement et sa personne aussi...
«Il n’y a qu’un fou qui répondrait “non” à la question.» nota Darren en la suivant dans le bâtiment. «Heu...»
Il fit la grimace, devenu un poil plus sérieux. D’un geste du doigt, il désigna le véritable anneau qui cernait son annulaire et faisait d’elle une femme mariée. Ce n’était pas son délire de taper dans l’assiette du voisin.
«Ca reste entre nous, d’acc ? Je ne me vois pas expliquer à ton mari que c’était pour te sauver des bouseux pendant qu’il me casse la gueule !»

Isia avait prit place sur une chaise tout en tirant une autre pour le soldat. La tête contre sa main bagué elle détourna le regard pour mater un peu son objet avant de ricaner au nez de Darren.
« Je n'ai rien à lui dire car je ne suis pas marié. C'est une manière d'avoir la paix aussi. » dit-elle dans un demi mensonge. Après tout, elle ne l'était pas avec la capitaine et toutes deux ne s'était jurée aucune fidélité. Alors ça ne posait aucun problème la dessus. Cette bague c'est un délire… Un délire qui est devenu un attachement amoureux. Car même si Isia était volage, tout comme sa partenaire, son cœur aimait qu'une personne de cette manière. N'empêche leur relation avait réussit à être secrète encore… Admirable.
«C’est plutôt malin quand on y pense.» lâcha-t-il, songeur. «Mais...ce serait pas plus efficace d’arrêter de jouer de tes charmes ? Tu fait parler les commères !»

« Non je ne suis qu'une traînée. Que j'arrête ou non ça ne changera rien. Rien ne marche, bague ou non. J'aurais toujours au cul des gens épris. » dit-elle, soudainement amère. Repensant a une phrase du vieux con.
«Oula. Plutôt rapide comme raccourci !» fît-il.
Le soldat secoua la tête.
«J’ai pas ce jugement en tête si ça peut te rassurer !»

Isia lui fit un sourire. Elle ne voulait pas développer sinon elle allait être cynique.
« Merci pour le café et la demande. » conclut-elle doucement. Il allait falloir passer au professionnel alors… Elle n'avait pas envie.
Darren aussi n’avait pas envie de parler boulot. Il avait beaucoup ri de cette situation et il se disait encore que, perdu au beau milieu de Bouseland à l’écart de la cité, il n’y avait que ces délires pour les tenir.
Bon...voir Isia à poil et jouer l’amoureux transi l’instant d’après, ça faisait quand même beaucoup. On ne restait pas insensible au jeu sans avoir la tentation de le prendre au sérieux. D’autant plus qu’il avait encore le goût des lèvres d’Isia dans la bouche et que ça commençait doucement à le chauffer. Forcément, une terrible, horrible impression de trahison, commençait à le travailler vis à vis de quelqu’un qu’il aimait beaucoup.
Heureusement, la dernière réplique de la toubib le chassa de ses songes et lui rendit le sourire.
«Un pti café le matin, un flingue et une demande en mariage, il n’y a rien de mieux pour bien débuter la journée ! Et tu sais avec quelle proposition je viens ?»
« Fait moi rêver grand fou… . »
Il leva les sourcils.
«Une petite balade en forêt !»
Isia était surprise à son tour
« Pas de cochon boiteux ? Ou de petit boutons sur le front ? »
Darren éclata de rire.
«Un garçon d’écurie qui vient te montrer les croûtes qu’il a sur le bout ?»
Isia grimaça de plus belle… rien qu’à l’idée elle en avait presque la nausée…Surtout qu’elle avait en tête l’image du mec bien sale qui pue la merde de cheval et qui se trempe le biscuit dans le fumier. Bref, trop glam ! Darren remarqua son expression et ricana, fier de son petit effet.
Il reprit aussitôt.
«Ca fait une demi-heure qu’on aurait dû aller rejoindre un type qui s’est cassé une jambe. Il est coincé dans une fosse, un piège à gibier. J’ai les hameçons, tu viens le pêcher avec moi ?.............ISIA CLIVE !»
Une demi-heure ? Il devait chanter le pauvre mec… avec un peu chance il est tombé dans les pommes et les carnivores du coin l’auront bouffé… il y avait des espèces de loups plutôt peu commodes… Des gros machins poilus qui vous dévorent une vache en trente minutes. Oui, c’est bien méchant, mais que voulez-vous ? Isia n’avait pas la fibre altruiste pour ses gens. Si cela avait été un Atlante, elle aurait crisé. Elle s'apprêtait à répondre un truc quand il osa mettre son nom à la place du SIEN ! Le jeune homme écopa d’un coup dans l’épaule.
« Je vais chercher les vers de terre DARREN TAYLOR LAURENCE ! »
«Mais bien entendu, “ma femme”. Nous nous appliquerons à savoir qui appartient le plus à l’autre, c’est important !» railla-t-il en mimant une révérence.
« Avec une laisse à ton cou, il n’aura plus de question à se poser ! »
Le soldat écarquilla les yeux, l’air interdit. Il finit par pouffer.
«Attention, là c’est toi qui fantasme !»
« Toujours. » confirmat’elle d’un haussement d’épaule innocent.

Sans aucune motivation, elle alla chercher son sac de voyage. Un gros sac à dos avec le nécessaire. Elle le compléta d’une couverture de survie et de tissus stérilisés s’il elle devait recoudre une blessure ouverte…
« Allons donc pêcher le gros… » dit-elle. Elle n’était pas motivée et regrettait d’avoir été tiré du lit si tôt pour un pauvre bougre malchanceux. Comment faisaient-ils avant qu’elle n’arrive ? Quand elle repartira : ils vont tous crever !

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Isia Taylor Laurence

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le Ven 6 Mar - 15:30

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Darren suivit le mouvement.
Qu’il était bon d’ouvrir une porte sans une file de prétendants, ils avaient tous pris la poudre d’escampette et elle redécouvrait presque la saveur de l’air. Sur le coup, Isia se demandait clairement si cette stratégie allait durer ou bien, si dans leur bonté, les villageois allaient organiser pour eux ce mariage. Un peu plus guillerette, elle suivit le soldat à travers les champs pour rejoindre la forêt au plus vite…
«Tu es mieux avec le sourire.» nota le soldat par compassion. En retour, elle lui mima un éclatant rictus des plus appréciables. Darren bomba le torse comme un héros, il ne se sentait plus.

Ils croisèrent plusieurs paysans, fauchant le blé de cette belle saison, les saluant avec respect et politesse. Si plus tôt elle se questionnait sur l’idée saugrenue qu’une personne se porterait volontaire pour un organisateur de mariage, elle n’aurait jamais pensé que le pasteur du coin déboule vers eux, courant dans l’herbe jaune comme une brebis… la religion du coin tournait sur les anciens, cet homme habillé d’un bleu cyan typique de l’océan qu’il n’a jamais vu avait à son cou un pendentif avec un symbole ancien. Ce mot voulait dire pureté. Isia savait bien que cet homme ignorait la signification de ce glyphe… comme la totalité des textes gravé sur le vieux temple près du lacs… et pourtant, ils vouaient un culte très pieux et respectueux pour des personnes qui en avaient rien eu à faire d’eux. Le temple, anciennement un laboratoire, avaient servi de test. Au même titre que le “jeu” trouvé par Sheppard et McKay, cette planète était l’une des nombreuses proposée par le simulateur de vie réel… et selon les données de la console qu’avait exploité les scientifique (avant de repartir avec leurs trouvailles la laissant ici avec Darren), l’expérience avait été un désastre. Ce peuple était trop réticent aux changement et loin d’être intéressant au final, trop concentré sur la religion et la vertu.

« Hola ! On m’a annoncé la grande nouvelle ! »
Isia roula des yeux… non ce n’est pas vrai …
« Oui Darren est enceinte … nous ne savons pas qui sera le parrain, mais on vous tiendra au courant. » dit-elle en se mettant en marche pour snober le pasteur… mais celui-ci, peut-être habitué à son caractère de merde, afficha un rictus bienveillant et la rattrapa.
« Quel honneur ! Des seigneurs s’unissent ! Ici sur notre terre ! J’ai grande hâte de bénir vos noces ! Il faut vite préparer ça ! La fête de l’Astre est pour bientôt ! Une union durant cette période sera source de fertilité et de bonheur ! » insista l’homme assez heureux.

Il est sérieux ? La belle blonde le foudroyait littéralement du regard… s’il continuait à leur tenir la jambe, le pauvre gars dans son trou allait mourir d’une septicémie…
Darren, de son coté, n’en menait pas large. La déclaration du prêtre le stupéfia dans un premier temps. Le type était déjà sur la brèche...même pas quinze minutes après sa “déclaration”.

Il s’y était un peu attendu à ce que le village entier transforme leur délire en un acte profond et concret de mariage. On les prenait pour des riches, des seigneurs. Ces types voyaient en eux un exemple, un avenir, un idéal. Des arriérés certes. Mais des arriérés très procéduriers dans leurs coutumes. Alors avoir gueulé qu’Isia avait trouvé preneur et qu’il était l’heureux élu, il ne fallait pas s'étonner que le village soit déjà au courant.
Si l’idée de se retrouver devant l’autel avec Isia ne le terrifiait pas du tout, puisque ce serait un délire vachement flatteur, il craignait plutôt le fait que ça se sache sur la cité et que ce soit prit au sérieux.
Après tout, en étant piégé ici sans savoir pour combien de temps ils en auraient, la doc comme lui ressemblaient fort à ces marins qui ont le droit à une cabine personnelle s’ils sont mariés. Dans l’histoire, des tas de faux couples s’étaient formés rien que pour ce confort. Ici, c’était pour la paix d’Isia, qu’il connaissait à peine, et pour s’assurer qu’il n’y aurait pas quelques vengeances au final.
Deux milles kilomètres de la Porte, un appel par jour, vous feriez quoi ?

Mouais, Darren se disait que l’idée avait finalement un intérêt stratégique. Et que ce n’était pas si bête de jouer la comédie tant qu’il ne tomberait pas dans la tentation d’y croire. La collègue était pas moche, ni inintéressante. Clown dans l’âme, Darren se voyait déjà chambrer la toubib en lui sommant d’envoyer des faire parts et tout le toutim. Il serait mort de rire à l’idée de faire marcher tout ce beau monde. Mais il y avait cette autre partie de lui qui culpabilisait déjà en se disant qu’une femme comme elle devait forcément être liée. Malgré ce qu’elle en disait, il trouvait sa bague un peu trop belle et recherchée pour n’être qu’une diversion. Il serait peut-être en train de foutre la merde dans son couple si l’info transitait jusqu’à la cité. Il fallait y songer...
En tout cas, l’éclat de rire chargé d’un bonheur sincère du pasteur le tira de ses pensées. Il le considéra un instant, tourna son regard vers Isia, puis se rendit soudainement compte qu’elle avait les poils qui s’hérissaient. Ce religieux commençait à démanger l’Hydre salement, Darren se sentit contraint d’intervenir en catastrophe.

«C’est que nous partageons le même bonheur, mon Père. Mais vous vous empressez un peu vite.» il cerna la taille d’Isia.
La dernière fois qu’il avait fait une connerie dans le genre, ce qu’il avait cru être le Capitaine Allen lui avait fait un magnifique sourire d’ange avant de lui foutre un coup de boule magistral. Il avait manqué de perdre ses dents de devant.
Darren jouait, Darren restait la tête brûlée. Mais Darren balisait quand même un peu. Parce qu’il se voyait déjà se prendre une patate par la belle blonde. Il gardait quand même son rôle de fier seigneur ayant obtenu la plus belle plante du Pays.
«Laissez-nous le temps d’apprécier le début de notre Idylle. Et nous serons ravis d’organiser les fêtes ensemble un peu plus tard, d’accord ? »

Oui, Isia avait des pulsions sanguinaires sur ce pauvre homme se ravissant d’un bonheur inexistant. Elle avait toujours eu des problèmes avec les religieux… ce besoin d’imposer leur croyances et leur manière de faire. Elle ne désirait pas suivre les dogmes de ce peuple… et puis, elle avait un autre problème : l’engagement. Alors les deux ensemble, ça lui filait des envie de meurtres. Par chance, Darren était loin d’être le simple bidasse, il avait étonnement un cerveau et une certaine sensibilité que beaucoup de ses collègues n’avaient pas. Elle le remercia intérieurement de prendre la main et d’être comment dire… “diplomate”.

« Exactement ! Et vous nous dérangez ! On a des vies à sauver aujourd’hui ! » elle attrapa le bras de Darren pour presser le pas, sous le regard déconfit du prêtre qui, lui, désirait les guider dans ses ruines pour organiser cet événement prestigieux.

« Mais… bon...venez me voir ce soir alors ! » Chose qu’ils ignoraient, l’homme n’aurait aucun scrupule à venir leur rendre visite… il ne savait que trop bien que les jeunes couples ont souvent la tête dans le ciel et ne savent pas s’organiser ou même stressent pour rien. Il était là pour les aider et les soutenir.

Une fois qu’ils furent plus loin, la belle soupira, lâchant enfin le bras du pauvre homme qui n’avait rien demandé à tant d’empressements. En réalité, Darren soupira tout autant qu’elle, appréciant ce peu de liberté.

« Ils sont pire que la gazette d'Atlantis ! »
«En même temps, tu as pas interdit qu’ils fassent une page spécial Isia. Tu le paies maintenant !» provoqua Darren.
« Car tu crois qu’ils en ont eut quelque chose à faire que je sois d’accord ou non ? » dit-elle. « Les stars n’ont pas leur mot à dire sur les paparazzis ! »
«Oh, oui, j’oubliais. Traînée un jour, traînée toujours ?»
« C’est un credo qu’un gros connard affectionne beaucoup. » pesta-elle en mirant l'orée de la forêt… elle était un brin terrifiante mine de rien, si sombre a cause de l'épaisseur du feuillages… mais surtout elle ressemblait aux contes des frères Grim…. peut-être pour cela que la française ne la trouvait pas avenante.

Intérieurement, le soldat Clive nota l’information et se la réserva pour plus tard. C’était la deuxième fois qu’Isia lui avouait à demi-mot un jugement qui semblait l’avoir affecté. Un crédo comme elle disait. Mais en même temps, c’était partie intégrante dans le monde des femmes d’avoir régulièrement ce genre de situation. Elles avaient toutes un petit quelque chose à s’envier, à se convoiter. Il suffisait d’en jouer un peu et la définition de la traînée volait gratuitement.
Pourtant, même s’il apprenait à la connaitre, Darren restait étonné qu’une personnalité extravagante comme elle y accordait du crédit. Il s’était passé quelque chose pour qu’il reste cette amertume et qu’elle s’autorise à lui laisser quelques miettes en guise d’indices. Elle qui se foutait de tout généralement, ou qui en donnait l’air, le sujet semblait plutôt sensible.
Darren trouverait le bon moment pour mettre les pieds dans le plat. Mais pas tout de suite…

«Il doit être frustré de ne pas avoir pu te demander en mariage, Isia Clive.» déconna-t-il tout en agrippant la manche sur le passage.





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Darren Clive

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le Lun 9 Mar - 17:08

Darren Clive
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

La toubib esquissa un sourire s’imaginant Calahan un genoux à terre avec un diamant plus gros que sa tête de crâne d’oeuf. Rien que cette scène finit par lui arracher un rire. Mais elle se garda bien de partager son hilarité avec le soldat.

Darren prit la tête et guida la toubib jusqu’à son campement. La requérante était toujours là, le regard trahissant un mélange de colère et de supplique. Le fait d’avoir attendu si longtemps et de leur en vouloir pour ça. Mais en même temps, elle se rassurait de voir que les deux seigneurs avaient accepté de se lancer au secours de la victime. Qu’il n’y aurait pas meilleur renfort.

Darren contourna son feu de camp et sa tente. Il laissa Isia découvrir le confort bien plus rudimentaire dont il se contentait. La jeune femme resta près du feu, ignorant le regard de la jeune femme. Elle n’avait pas apprécié ce regard de colère. Elle devait se réjouir qu’ils se bougent pour son lamentable cul terreux. En tout cas, elle ne pouvait pas continuer à se plaindre de son confort quand elle voyait ce qu’avait Darren. On aurait vraiment dit une punition que leur infligeait la cité. Enfin, pour elle c’était le cas… Après comme dans toute occupation, même pacifique, le confort arrivait bien après et Atlantis n’avait pas de budget à rallonge pour construire du 5 étoiles partout.

Pendant ce temps, Clive retira un amas de branche qui dissimulait un coffre de cantine sécurisé. Pas la version métallique avec un simple cadenas qu’un bon coup de pied suffit à chasser. Plutôt la caisse de transport en sécurité renforcée qu’un peu de C4 gratouillerait à peine. Prestement, le soldat s’agnouilla et posa son pouce sur le lecteur. Un “bip” positif retentit, les attaches sautèrent, et l’homme en retira son haut d’uniforme, ainsi que son équipement.

Il hésita un peu à l’idée de se séparer de son haut en toile. Mais puisque de toutes évidences ont criait partout qu’un magnifique mariage allait survenir, il n’était pas à ça près : Darren se plaça torse nu et enfila son haut militaire. Ses gestes témoignaient de son habitude, il boucla son gilet tactique, sortit son P90 qu’il arma et vérifia brièvement. Il s’intéressa de nouveau à la toubib qui l'accueillit avec un rictus amusé.

Tout en récupérant le neuf millimètres pour l’installer à sa place réglementaire cette fois, il déclara :
«Je me mets en mode escorte, doc. Tu te rappelles des règles ? Si ça chauffe, tu restes derrière moi et tu ne lâches pas la poignée dorsale. On est toujours d’accord ?»

« Oui Papa... » confirma la jeune femme sous le regard étonné de la bouseuse du coin. « Eh bien ? ça doit arriver dans votre bled les mariage consanguin non ? » toujours aussi provocante la Isia. En réponse, la fermière balbutia brièvement des mots incompréhensibles.

Clive fit une légère grimace à l’intention de la soigneuse. Du genre : “T’abuse Isia…”. Et celle-ci fit une grimace digne d’une petite fille en mode “Rien a foutre”.

Il rattrapa le coup en offrant un sourire plus avenant qui contrebalancerait la provocation de Taylor Laurence. Ca se sentait et ça se voyait comme le nez au milieu du pif : elle ne les aimait pas. Il le savait depuis un petit moment déjà. Mais la pratique, c’était autre chose. Isia se permettait ces largesses parce qu’elle savait bien que personne ne viendrait la contredire, la défier, d’autant plus qu’elle avait entre les mains la survie de son mari.
Mais ce n’était pas une bonne idée.

Oui. Le militaire ne disait rien pour l’instant. Mais il allait devoir trouver le moment, et surtout les mots, pour lui faire comprendre qu’un peu de diplomatie n’était pas une option. Ils étaient bloqués là pour une durée indéterminée. Se mettre à dos les villageois n’était pas du tout la chose à faire si on se projetait à long terme.

«Son humour très particulier, c’est ce qui m’a tout de suite séduit chez elle.» expliqua-t-il dans l’espoir d’arranger un peu les choses. «Elle plaisante.»
Isia roula des yeux. De la diplomatie ! Le voilà qui essayait de justifier quelque chose qui n’avait pas lieu d’être. Cette bouseuse n’avait même pas à avoir la confirmation qu’ils rigolaient ou non. C’est superflu. Si elle avait besoin de ça, cela prouvait encore une fois qu’ils n'étaient que des débiles. Enfin qu'importe, elle laissa Darren faire un rôle généralement attribué aux civils, cela allait lui donner de belles lignes dans son CV et une promotion à clé. Ce n’est pas souvent qu’un première classe présente des neurones autre part que dans le bas ventre. Même si, techniquement, le corps entier en possède.
Le soldat prit un chargeur de neuf millimètres dans son coffre et le referma, s’assurant qu’il était bien verrouillé. Il s’avança pour lui tendre ce frêle ravitaillement.
«Seulement en cas d’extrême urgence. Nos ressources sont limitées, tu sais...»
Et ça, pour être limité, c’était limité.
Ils manquaient de tout. Quand le jumper venait, sa cargaison leur était très rarement adressée. C’était souvent le matériel médical, les vaccins à fournir aux villageois, ou bien du matériel agricole.
Le pire dans tout ça, c’était de ne pas savoir si leur “mission” prendrait fin dans quelques jours ou dans trois mois.
Toujours la même question : vacances ou punitions ?

« Ouai ça je sais… heureusement que j’ai des culottes lavable, car sinon j’aurais jamais de serviettes hygiéniques ! Tss...selon l’autre abruti de sergent “ce n’est pas une ressource vitale”. Lui il n’a jamais vu sa femme en PLS a cause de ses menstruations. » Oui Isia s’éloignait du sujet, mais cela était une habitude. Elle prit l’arme.
« Tu as un holster ? »

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Isia Taylor Laurence

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le Lun 9 Mar - 21:04

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Darren déboucla sa ceinture, qui permettait par extension l’installation d’un holster de cuisse. Il ressera un peu les sangles et tendit le tout à la toubib. Il ne savait pas qu’elle était venue sans équipement. Avec un flingue oui. Mais on ne coinçait pas ça dans sa ceinture pour aller trainer dans les bois.
«Ma mie est servie.» déconna-t-il.
« Merci mon chou ! » dit-elle en attachant l’équipement à sa cuisse. Elle avait zappé de prendre son holster qui devait trainer dans la maison. Parfois, elle oubliait les armes et pourtant ce n’est pas la première fois qu’elle se rendait sur le terrain… un oubli, ça arrive même aux meilleurs.

Il s’approcha de la dame rongée par l’impatience et posa une main sur son épaule.
«Je ne vous demande qu’une chose. Ne vous jetez pas sur votre mari lorsque vous le verrez, ok ? Laissez le médecin faire son travail et tout se passera bien...»
La paysanne laissa traîner son regard en direction d’Isia, loin d’être convaincue et rassurée. Mais elle n’avait pas le choix. Et la main que Darren gardait posée sur son épaule avait tendance à la rassurer. Elle acquiesça finalement.
«Allons-y.»

La jeune femme passa en première.
Elle s’enfonça dans la forêt en suivant un sentier à peine creusé dans la végétation. La nature avait tendance à reprendre ses droits plus vite que le passage de l’homme ne l’imposait. Darren se montra prudent dès le début. Les sens en alerte, professionnel, il veilla à garder le médecin dans son dos tout en suivant le guide. Ce n’était pas un expert du milieu forestier mais il parvint à découvrir un ou deux pièges à loup qu’il désigna d’un doigt. Pour plus de sécurité, il stoppa la colonne et prit une branche. Un coup sec dans le déclencheur et le piège était désormais inerte.

En réduisant la distance avec le lieu de l’accident, la paysanne finit par entendre, tout comme eux, des hurlements d’agonie se mêlant à une série d’aboiements agressifs. Pas de doute, l’homme estropié était une cible idéale pour les prédateurs et il était en train de se faire tuer. Lentement mais sûrement. La jeune femme poussa un cri de terreur et s’élança. Exactement ce que Darren lui avait conseillé de ne pas faire...
«STOP ! Arrêt...»
Trop tard ! Elle s’engagea là où son mari se faisait déchiqueter par une meute de loup. Deux d’entre eux, déjà bien enragé par les giclées d’hémoglobines, lui sautèrent dessus. La paysanne hurla tandis qu’elle était amenée au sol et que des crocs se refermaient sur elle.

Isia roula des yeux… son manque d’empathie était flagrant.
« Quelle conne... » grogna t’elle entre les dents en français. Darren aurait pu pisser dans un violon que cela aurait été le même effet avec le relent nauséabond de la bêtise en prime.
Très peu habitué et ne connaissant pas du tout le “détachement” qu’Isia avait concernant la peur, le soldat l’agrippa un peu plus brusquement cette fois. Il était surpris par sa réaction.
«Isia. Dans mon dos !» lui ordonna-t-il une nouvelle fois.
Darren n’avança pas. Une main en arrière qui accrochait la ceinture d’Isia pour s’assurer de sa position, il l’attira sur le côté jusqu’à un couvert suffisamment intéressant. Un poste de tir. Les loups avaient déjà fort à faire sur les deux victimes qui se débattaient encore. L’homme plus faiblement.
Ils composaient, malgré eux, une diversion acceptable.
Maintenant qu’il avait collé le toubib derrière le couvert, il posa son P90 en appui sur le tronc devant lui pour accroître la précision de sa visée.
«Tu prends ceux de la fille et je m’occupe des autres. A mon top ?»

La belle blonde avait suivit sans rien dire le professionnel, elle savait depuis longtemps qu’il fallait faire confiance aux soldats et ne pas essayer de ramener sa science dans ce genre de situation. Et ça, bien avant qu’elle ne est en couple avec l’un d’entre eux. Elle examina la scène tragique qui se déroulait devant eux… au vu de l’acharnement des imposants canidés affamés, il valait mieux les achever que de tenter de les sauver. Abattre une meute de loup (enfin sorte de loup puisqu’ils n’avaient en commun que leur silhouettes canine avec les terriens) ne serait pas bon d’un point de vue logistique. Surtout qu’elle n’était pas une pro. Pedge lui avait donné des cours, mais on apprend pas une néophyte d’être tireur professionnel en un an (avec des cours partiels).

« Ou les achever. Au vu de l’état de l’homme, s’il ne meurt pas d’une hémorragie on aura de la chance…. » dit-elle sans émotion, d’un pragmatique froid.
«J’te donne un ordre doc !» Lâcha soudainement Darren avec aplomb. «Tu vas faire ton boulot de toubib et ramener ces deux là en vie au village, enregistré ?!?»

Il n’avait certainement pas le temps de discuter avec elle pendant que deux innocents se faisaient bouffer. Il comprenait encore moins qu’une chirurgienne aussi qualifiée qu’elle pouvait s’attarder sur le calcul des chances de survie au lieu de foncer comme le ferait les médecins militaire qu’il avait côtoyé. Non, il ne comprenait vraiment pas. Et là, tout de suite, durant l’action, ça ne lui donnait pas du tout envie de rire.
Il n’attendit pas sa réponse, se moqua bien de savoir quel effet avait son ordre et sa façon de le donner. Il s’appliqua sur sa visée puis, la seconde d’après, déclara le fameux “TOP” avant de faire feu.
Des rafales courtes mais précises. Quitte à ne pas tuer les loups. Autant les effrayer et les mettre en fuite. Une fois à l’écart de la victime, il tenta d’en aligner quelques uns au coup par coup. Mais il ne fallait pas rêver...c’était sacrément souple et rapide ces bestioles là…

Isia lui lança un regard désabusé, elle pourrait lui rappeler qu’elle n’était pas une militaire à obéir bêtement aux ordres, mais cela n’avait pas de sens. En conséquence, elle haussa les épaules, s’adossa dans une position confortable et stable pour tirer. Elle n’aimait pas le recul que lui donnait les armes, elle avait l’impression d’être aussi précise qu’un houligane bourré dans une fête foraine. Bien entendu, elle se doutait qu’il ne pouvait pas comprendre pourquoi elle envisageait de plutôt les aider à mourir que de sauver leur vies… C’est le cas de beaucoup de personnes qui ne peuvent envisager qu’ils feraient plus de bien en abrégeant les souffrances qu’en s’acharnant à les sauver. Mais c’est aussi la politique de la cité, même si Isia avait déjà aidé certains à mourir, elle se gardait bien de le dire et de laisser des preuves. Même dans le corps médical l'euthanasie était très mal vu, mais elle, elle faisait partie des médecins qui étaient pour. Cela ne faisait pas d’elle une tueuse ou toute autre forme déviante. Elle estimait juste que parfois, les miracles ne sont possible que dans les films, il n’y avait rien de plus détestable que de perdre un patient alors qu’on a tous fait pour le sauver… Alors quand on sait que quoiqu’on fasse il va mourir : autant l’y aider.
Enfin qu’importe, elle essaya de minimiser la perte de balles… elle tira vers les loups et cela avait pour effet de les effrayer ou de les agacer encore plus… mais au moins ils foutaient la paix aux deux villageois. La femme eut même le réflexe de venir auprès de son mari agonisant alors que les prédateurs du coin couraient autour d’eux pour éviter les balles ou bien chercher d’où cela pouvait venir… quelques balles de plus et les canidés estimeraient qu’il était grand temps de battre en retraite face à ce tonnerre qui pique.
La doc était concentré et retenait des jurons, elle ne touchait rien de ce qu’elle visait…
« Putain ! Je suis mauvaise ! » pesta t’elle entre les dents, alors que sa petite langue était sortie sur le côté signe qu’elle se concentrait.

Clive était également concentré. Sur le moment, il enregistra l’information mais ne lui répondit pas. Il suivait l’arrière garde de la meute disparaître dans les taillis et y balança une dernière rafale dans l’espoir qu’une balle perdue laisse un bon message à l’un d’eux.
Sans attendre, il sauta par-dessus le tronc et progressa à un rythme rapide vers les deux victimes. D’un oeil, il avisa le trou à gibier juste à côté.
Ils avaient trop tardé…
Le mari avait réussi à se hisser tant bien que mal hors du piège mais ça l’avait vidé de ses forces...puis offert en pâture à la faune locale.

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Darren Clive

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le Lun 9 Mar - 21:11

Darren Clive
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Darren s’en voulait.
Au lieu de prendre son temps à déconner avec la doc, il aurait dû se presser.
C’était fait, il n’allait pas s’y attarder. Un genou à terre, il posa sa main sur la jeune femme qui tremblait nerveusement en agrippant son homme. Elle saignait, le bras gauche salement lacéré et sa tunique de jute si déchirée qu’on devinait de grande parcelle de sa peau sanguinolente. Les loups ne l’avaient pas loupé.
Mais l’homme, c’était encore pire. Il se tenait la gorge en secouant mollement des jambes. Il avait été atteint à cet endroit vital...il suffoquait.

«Sécurisé. C’est à toi de jouer, miss !» s’écria Darren en gardant le P90 pointé vers les fourrés.

Il s’écarta pour lui laisser de la place et s’installa un peu plus en avant, se laissant guider par la multitude d’aboiements et de jappements que la forêt leur laissait entendre.

«Ils vont revenir. Il te faut combien de temps ?» lui demanda-t-il le plus calmement possible malgré une respiration devenue plus rapide.

Isia l’avait suivit, moins réactive, elle n’avait pas la même réactivité que lui, mais elle le rejoignit à grande enjambées. D’un regard, elle estima que la femme pouvait attendre a comparé du mari qui était en train d’étouffer dans son propre sang… elle grimaça, alors qu’elle fouillait dans son sac.
« 10 minutes. Mais il ne pourra pas courir. »
Elle commençait à lui compresser la gorge le temps qu’elle déchire l’emballage de l’aiguille pour recoudre.
« Darren, soutient lui la tête. »
«Va te falloir un autre partenaire sur ce coup-là...» répondit-il en déviant son arme vers une autre série de grondements. Quelques prédateurs couraient le long de la lisière, à couvert, usant très certainement de technique de chasse. Il ne pouvait pas leur tourner le dos, ce serait le lâché de volailles.
En réponse, la paysanne se traîna jusqu’au niveau du visage de son mari et lui ceintura les joues. Elle lui murmura des mots doux, lui demandant de ne pas se débattre, que la médicastre était la pour le sauver. Elle migra son regard terrifié sur elle et la supplia alors qu’elle continuait de saigner elle-même.
« Je vous en supplie ! Pitié ! Pitié, sauvez-le ! »

Isia l’ignora non pas par méchanceté, mais parce qu'elle était entièrement concentrée sur le pauvre homme. Cela allait être barbare sans morphine mais ils n’avaient pas le temps, il saignait trop pour que le sang soit dilué encore plus. Les mains pleine de sang, elle commença à le recoudre, le pauvre homme souffrait tellement de base, qu’il réagissait à peine, essayant de respirer entre deux inspirations. Mais même recousu, le sang s'était accumulé. Elle dû lui planter un outil de trachéite pour qu’il puisse à nouveau respirer sans se noyer….
Le râle trop faible de son patient transita par celui de la paysanne qui ne comprenait pas cet acharnement.

Soudain, Clive lâcha deux rafales. Un loup couina une fraction de seconde avant de rouler, emporté par son propre élan, et de s’arrêter comme une masse de poil à côté des filles.
«Isia...»
Il lâcha une nouvelle rafale et en aligna un deuxième.
Darren serrait les dents. Il savait que ces saloperies n’étaient pas bêtes. Les renégats de la meute étaient simplement envoyés pour le tester. C’était le plus facile…

Isia sursauta en voyant la carcasse d’un loup mourir à leur pieds… Elle leva le regard vers la paysanne et lui attrapa le bras pour le bander rapidement.
« Darren… il ne survivra pas si on le bouge. » Le souffle faible mais présent de l’homme confirmait qu’il n’était pas en état de bouger, il devait se reposer et surtout elle devait le désinfecté pour qu’aucune infection ne l’emporte durant la nuit… Mais, elle savait à cet instant, que les autres blessures plus petits et moins importantes pouvaient l’achever… tout comme la perte importante de sang. Il était meurtrie, ses bras avait servi de bouclier avant que sa gorge ne devienne la victime numéro 1 des mâchoires des loups.
«On doit le sortir de cette putain de forêt !» insista le soldat.
Il se tourna pour la regarder et lui faire prendre conscience qu’elle devait trouver une solution. C’était une erreur. Ce seul instant d'inattention lui valu l’assaut d’une énième créature qui referma sa gueule sur son avant-bras au moment où il pressa la détente. La volée de projectiles se perdit dans les arbres. Clive se laissa tomber au sol, sachant qu’il ne se ferait que plus de mal à contrer l’emprise du loup. Il roula avec lui le long de la pente et chercha frénétiquement son couteau avant de l’empoigner.

Fini le Clive sympa à la bonne gueule. Une lueur meurtrière brilla dans son regard alors qu’il plaquait l’animal au sol en se servant de son avant bras prit dans la gueule dentée. Il s’y installa de tout son poids, tant bien que mal, et trucida la créature à coups de poignards comme s’il avait été un taulard en évasion. C’était sale, sanguin, violent et sans la moindre pitié. Son dernier coup de lame passa dans l’oeil du chien pour aller chercher le cerveau et il termina d’une rotation très sèche qui fit racler l’os d’un bruit détestable.
Darren se jeta ensuite sur son P90 et vida son chargeur dans le remous de fourrées d’en face. Annulant aussitôt l’assaut qui avait failli les submerger.
«ISIA !!!» gueula-t-il nerveusement en reprenant sa posture de combat, l’avant bras déjà ponctué de creux ensanglanté. Il rechargeait.

De son côté, la doctoresse lâcha un soupir, cela était de l’acharnement mais soit. Puisqu’il voulait à tout prix sauver un futur cadavre, il allait avoir le droit au zombie. Elle empoigna une seringue d’adrénaline et l’injecta sans plus attendre sur le pauvre homme qui tressaillie. Le choc était violent pour son organisme et c’était sa dernière chance où il crevait ici comme un idiot.
« Levez vous ! » cria-t’elle, alors que l’homme semblait désorienté à cause du shoot important. Il tiendra … mais il s’écroulera. Elle se leva, agitant ses mains pour que la femme fasse pareille. La doc, mit son sac sur son dos alors que Clive était en train de câliner avec son couteau le loup… oui cela était affreusement répugnant, mais bon tuer n’est jamais un acte beau, surtout pour survivre.
« Il tiendra pas longtemps, on bouge maintenant ! »

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Isia Taylor Laurence

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le Lun 9 Mar - 22:20

Isia Taylor Laurence
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Le doc avait parlé !

Darren décrocha soigneusement une grenade de son gilet tactique et la balança le plus loin possible dans cette végétation dansante. Il s’éloigna tout aussi rapidement et s’étonna de voir le type debout. Il était complétement shooté à coup sûr, il avait déjà vu ça une fois lors d’un échange armé. Le mec essayait d’aligner un pas devant l’autre, les deux mains autour de sa gorge dans l’espoir d’obtenir toujours un peu plus d’air. Darren trouvait qu’il n’avançait pas assez, même si c’était impressionnant au vu de ses blessures. Il finit par l’agripper et le jucher sur ses épaules. Le tout pour le tout, en intimant l’ordre aux filles de se barrer en vitesse.
Ce n’était pas le genre d’Isia, il fallait s’y attendre.

Heureusement, la meute de prédateurs n’aimait pas s’aventurer sur les abords du village, aussi disparate soit-il. Ils finirent par lâcher l’affaire et, complètement à bout de force, Darren parvint à rejoindre la masure d’Isia en traînant ce type comme un sac à patate. Les villageois s’étaient rassemblés en nombre, comprenant ce qu’il venait d’arriver, et seul celui qui faisait office de shérif en ville parvint à les tenir à l’écart. C’était l’un des prétendants d’ailleurs.
Clive attira le malheureux jusqu’à la table d’opération d’Isia et il l’aida cette fois-ci.

La doctoresse pesta auprès de ses soupirants qu’il fallait aider Clive, mais aucun ne bougeait, dans cette stupeur incroyable qu’on les témoins de drames… cela renforça sa haine envers eux. Seul le shérif eut la bonne conscience de se remuer les fesses en ouvrant la porte pour soutenir un peu Darren quand il déposa le villageois. A coup sur, il faisait ça pour s’attirer les faveurs de la belle, même si la rumeur prétendait qu’elle appartenait à ce freluquet de seigneur.

Mais...elle avait eu raison.
La doc ne lui avait pas fait l’affront pendant qu’il se battait, pendant qu’il lui foutait la pression pour sortir ce mec de la forêt. Mais la blonde savait avant lui que tout déplacement achéverait le paysan. Elle l’avait dopé pour répondre à son ordre...et c’est ce qui avait signé son arrêt de mort. Trop faible, exsangue malgré les intraveineuse, l’homme s’éteignit entre les mains d’Isia et de Darren.

Lui le supporta très mal.
Il jeta rageusement un réceptacle en métal dans un coin en gueulant un «PUTAINNNNN !» très sonore. Et lorsqu’il croisa le regard de la toubib, c’est là qu’il sut. Isia savait tout ça depuis le début. C’était dans sa profession, ça rejoignait sa remarque sur le fait de l’achever dès le début.
Ca, le militaire n’arrivait pas à l’intégrer, il ne parvenait pas à l’accepter. Le souffle coupé par l’émotivité, le regard toujours ancré sur Taylor-Laurence, il ignora les pleurs déchirants de la paysanne qui s’était pratiquement allongée sur le torse sans vie du patient. Non, franchement, il ne parvenait pas à accepter l’idée que tout ceci n’ait servi à rien, ça le foutait en l’air.
Et il comprenait encore moins comment Isia pouvait autant garder son calme.

******

La jeune femme ferma les yeux du pauvre homme d’un geste fataliste. Oui elle savait, cela était inévitable, mais l’acte aussi inutile que brave de Darren, donnait l’impression à la veuve que les seigneurs avaient tout tenté pour sauver l’homme qu’elle aimait… de l’apparence voilà. De la simple communication pour éviter d’affronter la réalité dès le début. Elle se tourna vers le soldat, il était fixé… elle connaissait ce regard, celui de l’impuissance et de la colère. Elle ne réagit pas, pensant qu’un geste dans sa direction ferait lâcher la soupape et qu’elle regretterait les paroles qu’il allait dire ou même les gestes. Alors, elle se tourna vers la veuve, attrapant le seul chiffon employable dans un endroit pareil pour essuyer ses mains : des compresses stériles ; et consoler comme elle le pouvait cette femme déchirée. Comme le voulait la profession… consoler les victimes. Elle n’aimait pas ça, mais elle savait faire cette comédie pour trouver les bons mots.

Brusquement, Darren se barra de cette tente enfermée dans cette masure. Un putain de mouroir.
Il glissa un oeil rapide sur son avant-bras sanguinolent et décida d’ignorer copieusement la blessure pour mettre un écart entre lui et son échec. Il parvint jusqu’aux marches de la masure, à l’entrée, et s’y asseya lentement. Il essayait d’avaler la pilule. Mais bon sang...c’était si dur….
Il avait échoué, Darren ne cessait de se le répéter.

Au bout de plusieurs minutes, Isia marcha vers lui. Plusieurs villageois avait vidé la maison du cadavre et de la veuve. Sans rien dire, elle s’assit à côté de lui pour lui écarter le pan de sa veste et accéder à son bras. Elle avait bien remarqué qu’il avait mangé durant son combat. Et par sa faute aussi, puisqu’il lui avait demandé de sauver ce pauvre type.
Darren résista dans un premier temps, il se prit une tape sur l’épaule, réprimandé comme un gamin. Mais le bon sens lui revint et il se laissa manipuler doucement. On avait beau dire, mais dans ces moments tragique, c’était le frère d’arme à côté de soi qui valait plus que tout au monde.

«Qu’est-ce qu’on fout là, Isia...» finit-il par lâcher, le regard au loin.
La jeune femme, le soigna, laissant filer quelques secondes entre deux cotons désinfectant.
« Moi je suis punie, toi je ne sais pas quelle connerie tu as fais pour être ici et me supporter. »
«....Sheppard...» dit-il en secouant la tête. «Il m’a dit qu’il lui fallait quelqu’un de confiance. J’ai juste répondu que j’étais son homme….et me voilà ici...»
Darren haussa les épaules.
«Je comprends pas, sérieux. Je comprends pas ce qu’on fait ici...on arrive même pas à sauver ces paysans de leurs propres environnements.»
« Tu as été fou de dire ça. » dit-elle en lui bandant le bras… John avait donc essayé de trouver un soldat en qui il avait une totale confiance ? Elle ne savait pas si elle devait être contente de l’attention ou bien triste pour Darren qui se coltinait cette merde… en gros il était sa nounou… Elle soupira. Cela devait coûter aussi au colonel de se séparer de Darren autant de temps.
« Tu es donc là à cause de moi…. » elle soupira… elle ne voyait pas l'intérêt de la cité, mise à part lui faire une cage dorée.
«Ben tu sais quoi ?» lâcha-t-il en suspens alors que son visage reprenait quelques couleurs.
Il tourna la tête pour la regarder dans les yeux.
«Si je faisais un saut dans le temps et qu’il me le redemandait...»
Le jeune homme accentua son suspens puis éclata de rire en terminant par :
«Putain ! Mais carrément que j’y retourne !!!»
Isia le toisa longuement se demandant s’il n’était pas complètement barré en fait… mais elle finit par rire à cette réaction folle.
« Tu es maso en fait... » elle lui fit un bisou sur la joue et se leva.
« Voilà ! Le bisou magique fait tout dans la guérison des braves. »
Ce qui était bien avec lui, c’est qu’il ne lui demandait pas pourquoi elle était punie. Elle n’aurait pas à lui dire qu’elle avait voulu mettre fin à l'existence au connard moderne de la cité.

Sur le moment, Darren ne s’attendait pas à recevoir une bise. Surtout dans cette circonstance où il aurait pu se poser la question de sa motivation. Heureusement, il existait une réponse très simple : c’est Taylor-Laurence. La provoc, sa seconde nature. Après tout, elle lui avait roulé une pelle en plein public pour justifier leur fameuse liaison et avoir la paix…
Donc cette fois, il évita de s’essuyer la joue et la fixa simplement en train de s’éloigner.

«Isia ?» l’appela-t-il finalement alors qu’elle était sur le pas de la porte.
Il glissa un peu de côté pour la fixer.
«Je suis pas là “à cause de toi”. Sort toi ça de la tête !»
Il acquiesça.
«Je suis là “pour toi”. C’est mon job….et. Je fais toujours mon boulot.»
La jeune femme se tourna de trois quart vers lui avec un sourire amusé mais fatigué à la fois.
« Non, tu es ma nounou Darren. Tu aurais du faire des choses palpitantes normalement. Pas être ici à voir crever des pauvres bougres. » elle était fataliste. Qu’est ce qu’elle donnerait pour voir le jumper se poser avec Erin dedans qui lui annonce qu’ils rentrent enfin !
Elle savait remettre la sale ambiance, se dit-il amèrement. Mais finalement, il s’arma d’un contre sourire pour répliquer :
«Mais je fais des choses palpitantes ! Là, par exemple, je m’amuse à me prétendre ton mari. Y a une bonne moitié de la cité qui envie ma place à cette heure là, je te dis pas !!!»
« Attend de leur raconter la nuit de noce... » lança-t’elle avec humour, avant de gagner la porte de la maison et de s’affaler sur une sorte de fauteuil… elle avait emprunté (même si le mot n’était pas approprié, elle ne comptait pas lui rendre) une toile à l’un de ses prétendants et lui avait demandé de la remplir de copeaux de bois. Puis, elle avait cousu elle même, le fauteuil en forme de poire. Elle aimait bien ce genre de mobilier, cela lui permettait de toujours avoir un coin pour se vautrer quand elle était morte de fatigue… un endroit autre qu’un lit.



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Darren Clive

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le Lun 9 Mar - 22:22

Darren Clive
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De son côté, Darren était resté immobile.

Il souriait de cette dernière remarque bien provocante qui ne pouvait, forcément, que faire marcher son imaginaire. Sauf que ce n’est pas le corps nu de Taylor-Laurence qu’il voyait dans son fantasme. C’était celui de quelqu’un qui lui manquait beaucoup. Emilia...il savait qu’il s’était rendu tête la première dans un traquenard. Et elle l’avait prévenu en plus. Mais ils s’étaient sauvé mutuellement la vie. A plusieurs reprises. Ca avait forcé la chute de plusieurs barrières. Son corps lui manquait, ses mimiques, comme sa personnalité, sa façon de lui parler. Même sa façon de le snober, quand elle voulait lui rappeler son rang de princesse. Son odeur, qu’il n’avait jamais su si ça provenait d’un parfum ou naturellement de son épiderme. Il lui avait pris la main, le bout des doigts, quand il avait eu ses pouvoirs. Le sentiment et la connexion...il lui suffisait simplement d’y repenser pour que ça revienne.
Et depuis ça. Depuis TOUT ça. Silence radio. Plus rien…elle avait tout simplement disparue.
Ne pas savoir, c’était le plus horrible. Et comme il se l’était promis, il fermait profondément sa gueule en ayant été quelqu’un d’averti. Il s’était juste débrouillé pour savoir si elle était en vie et en bonne santé. C’était le cas. Donc la déduction restante était facile à faire.
N’empêche...que ça faisait mal. Il n’avait pas honte de se l’avouer, il ne s’attendait pas à ce que ça se termine aussi bêtement : dans le silence…

«Et elle s’étonne de la réputation qui lui colle au dos...» répondit-il dans le maigre espoir de s’arracher de cette image pour en revenir au cas Laurence. A qui était vraiment adressée cette remarque ?…Emilia ou la doc ?

Clive resta assis encore quelques minutes puis il s’intima l’ordre de “repartir”. C’est comme ça qu’il se bougeait quand il avait le moral à zéro. Il se répétait souvent ces phrases types. Celle qui détenait la médaille d’or était : “C’est pas fini, putain. J’ai pas terminé !”. Avec ça dans le crâne, Darren se redressa puis s’éloigna de la masure d’Isia. Il savait qu’elle avait besoin d’être un peu seule et il avait bien senti, vu ses réponses, qu’elle avait également le moral à zéro. Elle le planquait simplement derrière ses remarques salaces et tendancieuses.

Donc, voilà.
Isia avait fait un truc suffisamment dingue, affreux, pour avoir été punie par l’exil. Le soldat ne connaissait pas beaucoup de précédents. Peut-être son pote Wakks qui avait été débarqué sur le continent et interdit de monter sur le Dédale pour avoir voulu se taper un agent de la CIS déjà maquée. Ou bien Eversman qui n’avait pas pu remettre les pieds sur la cité le temps de refaire ses classes après son accusation de trahison.
Mais de là à envoyer une toubib qui ne peut pas assurer sa propre sécurité (puisqu’elle ne savait visiblement pas bien tirer) en terra incognita : c’est qu’elle s’était rendue coupable de quelque chose de grave. Clive s’arrêta pour fixer un instant la maison. On aurait cru qu’il n’y avait personne dedans, que la doc avait viré ses vêtements pleins de sang pour se refoutre à poil sous ses draps, avec l’espoir qu’on ne la réveille jamais plus.

Quel que soit sa punition, ça avait l’air de faire effet.
Il ne connaissait pas bien Isia. Mais c’était grillé que son humour et sa façon de dissimuler son mal-être prouvait qu’elle s’en prenait plein la gueule. Oui, la punition devait fonctionner à merveille sur elle et il commençait à saisir la gravité qu’avait eu le colonel en lui disant qu’il lui fallait quelqu’un de confiance. Sheppard tenait à Isia à sa façon et un bon militaire professionnel ne lui suffisait pas. Il lui fallait quelqu’un qui se ferait son extension. Tout le monde savait que le patron avait une tendance à la bienveillance qui avait failli lui coûter sa place plus d’une fois. Et là, il devait vouloir le bien de la toubib. A coup sûr qu’il y serait allé lui-même si on lui avait donné l’occasion.
Alors...il s’était arrangé pour envoyer quelqu’un qui ferait ça à sa place...sans avoir à le demander verbalement…

Darren hocha la tête en reprenant son chemin.
Oui. La logique lui semblait honnête et légitime. Ca collait bien à la mentalité du patron. Et ça collait encore plus à son coté mystérieux quand il s’était juste contenté du “J’ai besoin d’un homme de confiance”.
Sheppard n’en manquait pas, de confiance, pour le reste de son armée.
Non. Là il parlait d’une autre sorte de “confiance”. Il voulait un soldat qui réfléchisse un peu. Qui protège Isia en son nom. Et surtout qui sache se détacher de son tempérament de séductrice pour ne pas avoir envie de la baiser toutes les deux minutes. Le genre de mec qui avait déjà sa fidélité pour quelqu’un d’autre et qui veillerait à ce que la doc revienne auprès du colonel en meilleur état possible.
Darren avait mit le temps. Mais il avait fini par deviner le jeu du patron. Il en était même persuadé maintenant. Darren Clive n’était pas en vacances. Il était bel et bien en mission d’escorte….directement pour le compte du colonel.

«John Sheppard. Dès que je rentre, j’exige une augmentation de solde !» Lâcha ouvertement le militaire en rejoignant son campement.

Il ne s’y attarda pas beaucoup.
Après avoir rangé son armement le plus lourd et reprit sa tenue de “sale péquenot pervers”, comme l’appelait amicalement Isia, le militaire reprit la route en s’enfonçant dans le village. Savoir se diriger et connaître l’endroit avait fait partie de ses priorités dès son arrivée. Les autochtones avaient pris plaisir à lui faire visiter chaque coin et, même s’il restait encore pas mal de choses à voir, le soldat pouvait se targuer de savoir où aller. Il s’engagea donc sur quelques allées maigrement entretenue, que la nature se réappropriait dangereusement. C’est le petit attroupement de villageois devant une petit édifice de roc, froid et peu accueillant au regard, qui lui confirma sa bonne destination. Le sanatorium, qui se voulait à l’époque concurrencer le savoir médical d’Isia, s’était tout simplement transformé en morgue.
Il trouva le prêtre, au visage atterré, et vint à sa rencontre pour lui présenter ses regrets d’avoir échoué. L’homme fît un signe religieux en lui répondant :

« Si un seigneur aussi noble que vous n’a pas suffit à retenir la vie de notre brave ami, personne ne l’aurait pu. »
«Et sa femme ?»
« Nous veillerons sur elle. L’absence de son mari sera comblé par notre bienveillance à son égard, Seigneur. »
«Je suis content de l’entendre. A plus tard...»
« Monseigneur ! »

Darren se retourna. Les villageois formaient un cercle entre eux.
« Nous allons l’enterrer. Votre présence serait un hommage pour lui. Un honneur pour nous. Si votre fiancée peut aussi... »
«Ma femme...» coupa brusquement Darren, le corrigeant sur le degré d’appropriation pour décourager les optimistes potentiels. «...s’est battue comme une acharnée pour essayer de lui sauver la vie. Et elle est très triste de son échec.»

Il mentait. C’était le moment de faire une forme de diplomatie qui visait à contrebalancer la haine qu’Isia avait pour eux. Non seulement elle était en prison sur cette planète. Mais en plus de ça, ces pauvres gens semblaient représenter ce qu’elle détestait chez un patient. Clive devait bosser sur le fond pour qu’Isia soit appréciée malgré ses blagues discutables et ses envies de meurtres. Quelque part, l’homme sentait que Sheppard serait d’accord avec lui. Il valait mieux préserver le terrain, surtout s’ils étaient bloqués là pour longtemps.

«Laissez-la se reposer. Je ferais cet hommage en notre nom à tous les deux. Après tout...nous serons bientôt...»
Il se racla la gorge. Pas facile de balancer ça quand c’était un bon gros pipeau.
«Officiellement mari et femme. N’est-ce pas…?»

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Isia Taylor Laurence

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le Dim 5 Avr - 12:57

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Il avait visé juste.
Sa façon de certifier qu’ils se marieraient bien venait de soulager la plèbe et ravir le prêtre. Clive ne comprenait pas bien d’ailleurs. Qu’est-ce qui les rassuraient là-dedans ? C’était un gage d’avenir ? De sécurité ?


Bref. Non seulement ils avaient déjà une meilleure considération pour Isia mais, en prime, ils pleuraient leur mort avec un peu plus de légèreté. Quand le cercueil sortit de l’ancien dispensaire, Darren s’approcha de la veuve et lui exprima ses condoléances avec beaucoup de sincérité. Elle lui sourit maigrement et lui fit une révérence, le remerciant encore d’avoir essayé.


Elle aurait pu le détester pour avoir traîné. Mais dans sa tête, outre le deuil sévère, elle semblait avoir besoin d’un sentiment de lien et d’amitié avec le nouveau seigneur. Clive songea à ces regards qui s'attardaient longuement sur lui, ces sourires et ces salutations respectueuses. Même les prétendants d’Isia opinaient de la tête en laissant leur regards courir sur sa tunique en toile de jute digne d’un paysan lambda. Cette modestie semblait beaucoup leur plaire. Et même s’il provenait de l’anneau, depuis un cube volant, tout le monde avait acquit le fait qu’il était (ou deviendrait) le maître exclusif de tout ce peuple. Maintenant qu’il arborait un bandage sanguinolent à son avant-bras, le petit peuple n’avait plus de doute.
Le Roi Darren, le guerrier, qui les protégerait jusqu’à la mort.
La Reine Isia, la médicastre, qui veillerait à leur santé.
Dans la culture de ce peuple, ça semblait d’une logique imparable. Ils avaient besoin d’eux et ce degré royal semblait inné, presque logique.

Alors qu’il suivait calmement le convoi funéraire qui s’était formé autour du cercueil, Darren songea à toutes ces équipes d’exploration qui avaient dû connaître cette situation. La légende disait que SG-1, les pionniers, ces noms que l’on oublierait jamais, tombaient à chaque fois sur des peuples qui les considéraient comme des Dieux. Car seuls les Dieux empruntaient l’anneau.
Chez d’autres équipes, ça leur avait monté à la tête.
Darren espérait ne jamais prendre le melon, ne jamais se laisser piéger. Il allait devoir la jouer fine pour s’arranger une porte de sortie. Faire comprendre à ce peuple que la royauté qu’on leur gratifiait sans laisser de choix, ne serait que temporaire. Et il fallait faire ça dans le dos d’Isia pour qu’elle ne brise pas toute la manoeuvre en menaçant un villageois de castration.

Très respectueusement, Darren suivit le protocole lors de l’inhumation. Il répéta fidèlement les paroles du prêtre, entonnant à sa suite une prière qui semblaient inspirer les villageois aussi bien que s’il avait été lui-même le curé. En ayant été sur cette position, face à tous, son regard se perdit sur la masure d’Isia. Etant donné que c’était le seul bâtiment à deux étages, il vit le rideau s’écarter à l’une des fenêtres.
La chirurgienne l’observait. Il lui adressa un bref sourire, ne sachant pas trop si elle pourrait voir ce signe positif depuis son perchoir.



La cérémonie dura encore un peu.
Le bâtiment au toit de chaume était une sorte de bar local. Son propriétaire invita à partager le verre du souvenir et Darren suivit le mouvement, pleinement occupé à dorer son image. Donc celle d’Isia par extension. Il parla avec le shérif et compris, par sa confidence, que la meute était déjà un problème avant son arrivée. Les loups étaient affamés depuis l’incendie d’une majeure partie de leur terrain de chasse à l’Est. Une tempête mal placée, la foudre, et tout le périmètre réduit en cendre. La catastrophe naturelle avait repoussé les prédateurs jusqu’aux abords du village.
Cette explication n’était pas anodine. Darren avait conscience que le Shérif ne parlait pas de cette affaire pour la causette. C’était la première doléance faite à un seigneur et il ne pouvait pas l’ignorer. Son travail, c’était de protéger la toubib, et s’ils étaient bien vu en tant que futur couple royal marié, alors il avait tout intérêt à suivre cette voie. Isia comprendrait-elle ce qu’il était en train de faire ? Est-ce qu’elle jouerait le jeu quand un de ces types viendrait fatalement la voir pour une doléance ?
Il l’ignorait…

«Donc, si je comprends bien. Ces loups ne vous ennuyaient pas. Mais depuis l’incendie, ils vous attaquent ?»
« Ils ont tué la moitié de notre bétail, oui. Ce qui nous reste, on est obligé de l’enfermer dans nos granges. Ils peuvent paitre que lorsqu’on les surveille, donc ils grossissent moins. L’hiver va être difficile seigneur.»
«Si nous ne faisons rien.» compléta le soldat.
Il réfléchit puis reprit :
«Le cas de cet homme n’est pas isolé si je comprends bien ?»
« Ben. Plus personne n’ose aller dans la forêt. Ubald était le dernier brave. Et encore, ils étaient pauvres. La chasse, c’était son seul moyen de faire manger sa famille. Depuis l’incendie, on a perdu Rodard, Umeric et Balerec.»
«Vous n’avez pas essayé de les chasser ?»
« A chaque assaut, nous avons perdu plus de monde. Le village vit dans la peur, Seigneur.» il hésita et précisa, comme pour donner plus de poids à sa doléance : «Vos gens ont peur.»
«J’ai dis les “chasser”, pas les “attaquer”.» coupa Darren, intrigué. «Ne me dites pas que vous vous êtes jetés sur une meute entière de loups avec des fourches et des massues ?!?»
«Y avait-il une autre solution ?»
«Bien sûr qu’il y en a d’autres. Comme les conduire sur des territoires que vous n’exploitez pas. Vous m’aviez bien dit que le sud ne vous intéressait pas, je me trompe ?»
« Heu...non. Il y a que du bois...notre scierie est au Nord donc...»
«Donc ?»

Darren soupira.
«Shérif ! Une menace comme celle là, on ne l’affronte pas. On la contourne. Toutes ces morts auraient pu être évité !»
« Pardon, Seigneur. Je regrette de ne pas avoir eu cette logique. Sa clarté m’étonne, je m’en sens honteux.»
«Ne vous laissez pas abattre. Ecoutez...je vais voir ce que je peux faire. Trouvez moi quelques volontaires prêt à sacrifier quelques têtes de bétails. Et je vous réglerai cette menace. En attendant, continuez de faire du bon travail en protégeant ces gens.»
L’homme cessa d’avoir les épaules basses. Il prit le compliment de Darren comme un pardon et se montra comme prêt à se racheter, à prouver qu’il méritait bien sa place de Shérif.
« Seigneur...vous n’avez pas besoin de volontaires. Il vous suffit de demander. Tout ce pays, c’est le vôtre mainten...»
«Des volontaires, Shérif. C’est important. Un bon seigneur ne prive pas arbitrairement des exploitants déjà ruinés. Il remercie ceux qui participent à la résolution du problème.»
« Je vous les trouverais, Seigneur.»
«Bien. On commence demain. Reposez vous, une dure journée nous attends.»


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Isia Taylor Laurence

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le Mer 29 Avr - 17:56

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

Le shérif sourit.
Effectivement, il semblait qu’un dirigeant avec du bon sens manquait dans cette communauté. Darren avait encore du mal à comprendre comment ils avaient pu se croire capable d’anéantir une meute de loup habitué aux bois depuis des centaines d’années sans armement. Lui-même avait bien failli se faire avoir alors qu’il avait une putain de puissance de feu entre les mains. Qu’importe...il ne leur jetait pas la pierre. Et il percevait un peu mieux ce besoin qu’ils avaient de “nouveaux” seigneurs. Il comprenait finalement…
Darren tapota amicalement l’épaule du Shérif, conforté dans la légitimité de son poste. Le reste des villageois qui n’avaient pu s’empêcher de tendre l’oreille le saluait avec encore plus de respect. A coup sûr qu’Isia se réveillerait le lendemain matin avec un changement d’atmosphère assez conséquent. Fini la séduction, bonjour les courbettes.

Clive commanda de quoi manger au bar. La serveuse le salua avec le regard pleins d’étoiles. Il était devenu un grand homme dans l’esprit d’une gamine d’à peine seize ans qui adulait ce qu’il n’était même pas. Le soldat préféra ne pas s’attarder là-dessus, c’était vieux comme le monde comme comportement. Il n’avait pas fait grand chose en plus de ça...curieux.
Une salade plutôt bien faite, un peu de viande en sauce et des haricots bouillis dans de la graisse d’un canard local. Ca sentait rudement bon et le militaire savait, qu’après deux semaines de rations militaire, ça ferait plaisir à la toubib. Il prit quelques fruits qui trônaient sur le bar puis s’en alla après avoir salué tout le monde. La cérémonie du souvenir prenait des allures de fêtes. Les gens semblaient heureux...d’être dirigés. Le monde à l’envers.

Darren ne trouva pas d’armoire bloquant la porte d’entrée.
Il posa le plat sur la table qui se trouvait à côté de la tente-mouroir puis gueula du bas des escaliers.
«MA MIE !!!!!! VOTRE REPAS EST SERVI !!!! C’EST MÊME PAS EMPOISONNÉ, J’AI FAIS LE GOÛTEUR !»

Il y eut un cri approbatif en réponse. Vu le bruit que faisait les quelques tuyaux de fluides conducteurs qui couraient au travers du plancher jusqu’à la chambre, le soldat comprit qu’elle était sous la douche et décida de ne pas la déranger plus longtemps. Le plat était livré, c’était l’essentiel. Il picora dans son assiette sans la moindre gêne parce qu’il crevait la dalle, ne se contentant pourtant que d’une cuillerée de fayots et d’un dixième de son morceau de pain.
Darren avait participé aux funérailles du pauvre crétin qui avait bravé la forêt et les loups. La jeune femme avait vu sa silhouette auprès des villageois et même si elle n’avait guère remarqué son rictus, elle s’était contenté d’un hochement de tête. Elle était ravie que personne ne vienne la chercher pour faire la faux cul auprès de ses bouseux. Darren, était patient de faire ce genre de travail et elle lui laissait sans peine jouer le rôle du bon seigneur.
Occupé comme il était, elle pouvait prendre enfin une douche et retirer le sang lui collant le visage et les mains. Elle en avait sa claque de cette punition, elle rêvait de retourner sous une douche convenable avec Pedge et boire des litres de café. Elle en avait marre de soigner des pauvres paysans qui, de toute manière, allait crever. Si elle n'avait pas sa fierté, elle aurait presque de supplié le CODIR d’avoir le droit de rentrer… ils avaient besoin d’elle là-bas ! Elle était bien plus utile qu’ici à soigner des poules !
Elle entendit vaguement les mots que lui sortait Darren, naturellement, elle lui répondit qu’elle se douchait.


Lorsqu’il sortit, le jeune homme écarquilla les yeux et fût surpris de voir un mouvement à l’horizon. C’était un jumper qui filait dans le ciel et fît un large cercle autour du village. Un grand sourire de satisfaction, Darren lui fit un signe puis il prit la direction de la zone de dropage : premier site stratégique du village. Le temps qu’il l’atteigne, plusieurs bon gars avaient déjà vidé le transporteur des larges tonneaux en fer, les grands sacs et les caisses, les rangeant sur le côté. Le pilote, devinant que Darren était militaire simplement aux plaques qui s’étaient échappées de sa veste, se mit au garde à vous dans le doute.

«Pas besoin de ça, j’suis première pompe.» lui dit-il avec le sourire en lui tendant la main. «Je m’appelle Darren.»
«Banks. Tu tombes bien. On m’a dit de te livrer ce fret !»
«Des tonneaux, des sacs, des caisses en bois...» nota l’homme visuellement tout en récupérant le document que le pilote lui tendait. Il l’examina plus sérieusement et répéta la lecture. Plus il descendait dans la liste et plus la déception était perceptible.
«Engrais, outils agricoles, plants, semances, vétements Athosiens. Matériel médical, projet de vaccination général...bordel...»
Il secoua la tête en pliant le papier et en le fourrant dans sa poche.
«Seigneur ?» fit un des paysans en l’interpellant. La majorité attendait ses instructions.
«Emmenez tout ça dans la réserve principale, comme la première fois. On fera la distribution plus tard.»
Clive se détourna de la communauté qui s’activait déjà et ignora l’expression éberluée du pilote.
«Écoute Banks. C’est bien beau tout ça. Mais ça fait deux semaines qu’une doc moisi ici et on est sans nouvelles. On a épuisé la bouffe en réserve. Si je comprends bien, Atlantis a pas laissé de ravitaillement pour nous. Donc on repart avec toi, c’est ça ?»
«On m’a dit de revenir seul. Je dois simplement m’assurer que vous alliez bien. Alors...»
«Je sais même pas si je peux répondre oui à cette question, mec.»
«Désolé, je peux rien faire de plus.»
Darren claqua de la bouche d’une façon colérique. Il s’éloigna de quelques pas puis revint.
«Ok...pas de ravitaillement pour nous. Autre chose ?»
«Oui, le courrier. Tiens, c’est pour...»

Darren ne lui laissa même pas le temps de finir. Il arracha la liasse d’enveloppes des mains du pilote et détailla fébrilement les expéditeurs. Il retrouva les noms de ses amis du dortoir D-4 mais nullement celui d’Emilia. Pourtant, quand ils partaient longtemps, l’administratif faisaient des copies papier des mails, des différents moyens de communication, pour le leur envoyer. Une façon de leur faire garder bon moral dans une longue manoeuvre. Mais rien...toujours pas de nouvelles d’Emilia Eidolas. Toujours le silence radio. Deux semaines...deux semaines putain. Il espérait qu’elle lui aurait envoyé un message et que ça attendait justement ce jour, ce moment fatal où il verrait son nom apparaître enfin sur l’une des enveloppes. Ou au moins celui de sa planète.

Darren sentit une enclume entière lui tomber sur le coin de la gueule et il baissa les bras de désespoir. Non...Eidolas continuait de faire la morte. Il avait attendu et espéré pour rien !!! Toutes ces nuits à se dire que ça viendrait ! Toutes ces soirées à se motiver en se disant qu’elle donnerait signe de vie, ne serait-ce que par correction. Mais non... Une terrible lassitude l’avait envahi et il avait en bouche l’amertume de l’espoir idiot. Il se sentait bête, stupide. Et il était salement vexé.

Mais c’est alors qu’une autre déduction l’intrigua subitement.
«Banks...il n’y a que mon courrier là. Et celui du doc Laurence ?»
«Heu...tu as tout ce que j’ai entre tes mains...»
«Mec...on parle d’une collègue là. Elle a des amis, de la famille, des gens qui pensent à elle sur Atlantis. C’est pas possible que personne ne lui ai rien envoyé en deux semaines. C’est anormal !»

Le pilote ne savait plus où se mettre. Son regard s’arrêta sur les paysans qui se mettaient à plusieurs pour prendre les caisses de bois et il fit un signe de tête lui demandant de le suivre. Ensemble, ils montèrent dans le jumper.

«Ok Darren. On est frère d’arme alors...je vais te dire la vérité. Mais je veux que tu le gardes pour toi ! Si ça merde, c’est parce que j’ai été fouillé deux fois avant le décollage !»
«Comment ça, “fouillé” ?» répéta Darren, sur le cul.
Banks était tellement nerveux qu’il regardait autour de lui, comme s’il avait peur d’être entendu.
«On m’a dit de ne transporter que ce qu’il y avait sur la liste et rien d’autre. Un administratif a contrôlé mon jumper au premier chargement. On aurait cru un putain de douanier accro au speed. Il m’a donné le courrier, il n’y avait que le tiens. Ensuite, y’a une espagnole super bizarre qui a débarqué. Elle a planqué des tas de conneries dans les rangements. Genre des friandises, du café, des barres de chocolat-vanille. Elle me disait de remettre un colibri chargé de sucettes à une “bonasse”. Que je comprendrais en la voyant. Enfin, rien de bien méchant quoi. Pas de quoi justifier le putain de débarquement que j’ai pris dans la gueule vingt minutes après. »
«J’imagine que ça n’a pas passé la deuxième fouille.» devina Clive.
«Comme tu dis. On m’a sorti du jumper comme un malpropre et c’est un putain de maître chien qui a passé le tout au crible. Son clébard a tapé le record. Ils se sont servit de l’odeur de l’espagnole. Forcément, sans gants, elle en a foutu partout sur les paquets qu’elle a planqué. Ce putain de clébard a même collé sa gueule contre mon veston, sur le courrier de ta collègue. Une liasse trois fois plus grande que la tienne.»
Visiblement, Banks était tout aussi choqué que lui.
«De ce que je sais, l’espagnole est en taule maintenant. Ils ont vidé entièrement mon jumper et ils ont tout rechargé en étant conforme à la liste. De vrais cinglés, je te jure. Alors...»
Il se tût en voyant passer quelqu’un devant la nacelle et reprit ensuite :
«Darren. J’sais pas ce que vous avez fait. Mais c’est du lourd et les huiles sont fumasses. Ils mettent les moyens pour que rien ne vous parvienne et ils envoient des mecs complètement givrés pour s’en assurer. Si j’étais toi, j’oublierai le confort et le billet de retour...»

Banks était visiblement peiné pour lui. Darren sentait qu’il affichait une expression impossible à décrire tant il était traversé par les sentiments. Un acharnement pareil, c’était du jamais vu. Et une question ne cessait de tourner : “Qu’est-ce qu’il se passait sur Atlantis ?”.
Sheppard n’aurait pas permis qu’on les prive à ce point là. Il n’aurait pas permis qu’il les fasse crever la dalle, sans ravitaillement. Et qu’ils laissent la doc isolée, sans nouvelles, comme si elle était tout simplement échouée sur une île déserte.
Bon sang...mais qu’est-ce qui pouvait justifier un acharnement pareil ? Une punition aussi odieuse ?
Le pilote lui tapota l’épaule.
«Navré collègue. Mais je crois que ta copine et toi, vous êtes parti pour rester là un sacré moment.»

L’effet Kiscool passé, Darren se gonfla d’orgueil pour se protéger de cette réalité. Il n’imaginait pas que ça allait aussi loin et ça changeait radicalement tous ses plans. Se fondre dans le village n’était plus une question de confort maintenant. C’est le putain d’avenir de la doc qui était en jeu. Ca devenait une priorité. Si l’un des deux croyait encore pouvoir esquiver le mariage, ça prenait une sale tournure cette fois.

«J’ai pas peur, on passe des vacances de rêves.»
Banks n’était pas dupe. Mais il comprenait aussi qu’un soldat ne montrait pas sa faiblesse.
«Je vais te prendre tes munitions. Si on t’emmerde en te contrôlant au retour, ce qui est forcé, tu diras que j’ai été attaqué par des loups. Je veux que tu trouves Sheppard et que tu lui donnes ce mot.»
En parlant, Darren avait retourné une page de la tablette bloc-note et inscrivait une note en patte de mouche.

Retrait munitions 9mm et P90 du Jumper. Réclame extraction Isia T. Laurence. Motif : zone non sécurisée. --Pfc Clive.

Il lui tendit la feuille arrachée.
«Sheppard ! Et personne d’autre !» insista le soldat.
«On abandonne personne sur le terrain.» répliqua Banks positivement. Cet adage, ça réunissait tout le monde autour de la même idée. L’homme le lui assurait en prenant la feuille. «Je planquerai c’te papier dans mon cul s’il le faut. T’as ma parole que Sheppard l’aura dans l’heure.»
«Merci Banks !»
«Ca m’étonnerait qu’on se revoit. Ils vont faire tourner les pilotes pour éviter les magouilles. Alors bonne chance !»
«J’imagine ! Bon retour.»


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Isia Taylor Laurence

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le Mer 29 Avr - 17:59

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

En sortant de la douche, la doctoresse découvrit avec bonheur qu’un repas « frais » l’attendait. Elle eut un sourire.
« Tu es bien mignon Darren… »

Oui, il l’était. Peut-être trop pour l’enfer qu’elle lui faisait vivre ici. Après tout, il n’avait pas mérité d’être dans ce coin paumé et pourtant il avait été choisi pour faire sa nourrice. Franchement…elle le plaignait. John, s’il n’avait pas été colonel, serait venu, elle le savait que trop bien. Mais outre son rôle d’officier, la punition devait être exemplaire et sans lien d’amitié. On ne voulait pas lui laisser un quelconque avantage. Erin lui avait avoué que Calahan était un des maîtres de cet exil forcé. Cela lui avait déplus que ce connard fasse partie du scénario… mais avait-elle le choix ? Non. Personne ne l’avait, il était suffisamment fourbe pour faire pression sur le CODIR après avoir manqué de mourir. C’était ça ou porter plainte officiellement. Ce qui ferait que personne ne pourrait empêcher le départ d’Isia sur Terre. Et le tribunal qui l’y attendrait, la menace d’être radiée de l’Ordre des Médecins. Sans oublier le SGC qui pourrait s’en mêler. Il avait saisi cette occasion : soit il mettait lui-même la punition en place soit il dénonçait le tout au CIS. Le CODIR ne voulait pas perdre Isia, ils se retrouvaient dos au mur. Alors ils avaient cédé sous conditions. Et puis, elle était d’accord. Elle était d’accord pour son enfer, franchement quelle ironie ! Calahan est aussi fourbe qu’un crotale et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle aurait fait la même chose. Peut-être qu’elle aurait dû être plus patiente, attendre le bon moment, la faute de trop pour le faire plonger. Non au lieu de ça, elle avait vrillé. Devoir supporter les mauvais traitements qu’il faisait subir aux soldats qu’elle ne pouvait pas toujours sauver…Supporter leur détresse, être dans l’impuissance quand ils étaient démobilisé. Elle avait été trop humaine. Cela l’avait psychologiquement épuisée, poussée à bout. Et puis suite à l’une de leur sempiternelle dispute, qui ramène toujours autant de témoins, elle avait sorti son scalpel. L’homme n’avait pu que se mettre en position de défense. Elle était enragée, elle voulait lui faire subir tant de mal, qu’il souffre comme les hommes et les femmes qui ont fini en dépression par sa faute. Isia était à bout. Elle avait crié justice et elle avait même éprouvé un certain plaisir en entendant les couinements pathétiques de cet “homme de fer”.

Ce n’était qu’un vieux con avec un galon. Il s’était contenté de mettre ses bras devant pour protéger son visage.

Elle n’avait eu aucun mal à le blesser. Elle se battait mieux que lui et s’en était presque ridicule de l’avouer. Ainsi, le brave capitaine si orgueilleux avait écopé de plusieurs points de suture, chacun d’entre eux étaient marqué dans son égo meurtrie d’avoir été attaqué par la « traînée » d’Atlantis. Lui qui faisait le malin, s’était retrouvé tout penaud en constant que ses bras et son torse étaient lacérés de belles estafilades sanguinolentes. Mais le pire avait été le dernier coup bien précis des doigts expertes de la chirurgienne, elle avait visé la main, lui coupant un tendon. Si la technologie supérieure de la cité n’avait pas été présente, le pauvre homme n’aurait jamais pu utiliser son membre. Isia se satisfaisait que ça soit la main droite, sa main directionnelle, il pouvait dire adieu aux branlettes et autres rapports manuscrit qu’il aimait tant, pendant la durée de sa rééducation.

Alors qu’elle commençait à descendre, elle entraperçut par la fenêtre une silhouette bien connue. Son cœur bondit de joie ! D’un pas léger elle sautilla dans l’escalier pour rejoindre le soldat déjà dehors. Heureuse ! Peut être allait-il la chercher ou bien, aurait-elle quelque chose pour cette horrible mission ? Même des livres lui aurait suffi pour tuer le temps !

Il y avait une chose que Darren avait oublié de faire en quittant le Jumper avec une mallette contenant les chargeurs de neufs millimètres et de P90 : c’était d’être discret. Il tomba comme un con nez à nez avec Isia qui avait été attirée par l’effervescence des villageois. Elle avait vu les caisses, les sacs, les tonneaux. Son visage d’habitude si contrôlé affichait à ce moment-là une joie pure et très sincère. Ce jumper était le messie, l’ange au milieu de la guerre ! Si le Jumper était là, donc que le ravitaillement était enfin arrivé, et qu’il y aurait forcément quelque chose pour elle. Des lettres, des rations, du café, toutes ses petites choses qui manquent affreusement ! Peut-être enfin une couverture qui ne sentirait pas la fumée de bois quand on cherchait à y retirer les puces et les tiques.

Darren était complétement surpris et il s’immobilisa avec sa mallette alors qu’il fixait le visage d’Isia. Avec la nacelle qui se repliait et le vaisseau qui commençait à décoller, le faciès de la blonde se fragmenta sur de l’incompréhension, comme si on lui jouait une sale blague. Le pilote avait déjà livré sa cargaison sans même l’attendre ? Son regard migra sur le soldat puis sur les caisses entassées… Son esprit scientifique, logique, prit horriblement le dessus sur un calcul simple. Darren avait une mallette de munition et les villageois avaient retiré tout le matériel qui les concernaient, eux. EUX et pas elle…

Il n’y avait strictement plus rien pour Isia. Il n’y avait pas de courrier, il n’y avait pas de ration. Même pas d’eau conditionné, ni les vêtements de rechange qu’elle avait commandé avec, cette fois-ci, une diplomatie qui ne lui ressemblait pas. Même pas ça !!! Que dalle ! Son regard changea, comme si son esprit avait quitté son corps et son visage se fragmentait dans une forme d’incompréhension mais aussi de désarroi profond.

Darren vit ce changement s’opérer en elle quand elle comprit enfin l’horrible vérité. Elle atteignait son quatorzième jour en ayant épuisé ses ressources et on ne lui avait strictement rien laissé. C’était une nouvelle semaine qui se profilait sans rien, avec une charge de travail éreintante, qu’elle détestait avec des gens qu’elle méprisait ! Isia repartait pour une semaine encore plus difficile. Il fallait ajouter à cela le fait logique que, si le jumper n’avait rien laissé cette fois, alors il ne laisserait rien les semaines suivantes. Que son périple n’était pas terminé...il ne faisait que commencer. Et rien que de l’imaginer elle avait envie de rattraper ce maudit jumper, de lui donner l’ordre de se poser, casser la gueule du pilote et partir ! Même si elle ne savait pas piloter. Des buses comme des premières classes sans cervelle arrivaient à faire voler cet engin, alors pourquoi pas elle ?

Isia était seule, isolée sur cette planète, privée du minimum, abandonnée de tous les soutiens qu’elle avait sur la cité… Jamais elle n’aurait cru que les bêtises de Nelly, les cocktails avec Erin, les blagues douteuses avec Hoffman, les séances maquillages avec John et les escapades amoureuses sur lavabo avec Pedge lui aurait autant manqué. Elle se sentait abandonnée, reniée… cette sensation douloureuse, elle l’avait senti plusieurs fois et elle avait détesté ! Que sa soit quand son premier amour s’était marié avec un autre, l’abandon de Blanche et la désertion de Panda qui maintenant vivait sa nouvelle vie sans même daigner lui répondre à ses mails…la sensation de vide du panier de kalash…

Imaginez-vous l’état psychologique ? Lorsqu’on se fait l’idée qu’il va falloir rester là beaucoup plus longtemps que prévu, sans des ressources aussi habituelles que du dentifrice, du savon, ou un maigre carré de chocolat ? Qu’il n’y aura pas de nouvelles de voisins, d’amis, de famille ? Ce jumper qui décollait en toute ingratitude alors, qu’à son dernier appel radio, on ne lui avait même pas autorisé le simple change qu’elle avait demandé ? Même pas ses culottes hygiéniques en rab pour avoir plus de confort dans les roulements, l’outil intime et tout à fait légitime d’une femme ?

«Isia...» fît Darren en posant la mallette, se doutant de l’explosion qui menaçait à tout moment.

Elle recula, ne voulant pas de son contact, elle ne voulait rien d’autre que repartir. Son regard rivé sur le jumper elle sentait l’envie d’hurler…de partir dans la forêt et de se briser une jambe pour être rapatrié de force sur la cité…mais même ça, elle n’était plus certaine. Ils allaient la laisser crever ici ? Cet enfoiré de Calahan avait réussi à abattre les deux politiques de la cité ? Non cela était impossible… On lui avait dit que ça allait être dur, John l’avait prévenu, mais comme d’habitude, elle avait feint l’arrogance. Là, elle commençait à se prendre un coup de bâton et elle aurait préféré l’avoir dans le cul, qu’elle aurait eu moins mal !

Si Darren était vexé de ne pas avoir eu de nouvelle d’Emilia. Alors imaginez ce qui se passait dans la tête d’Isia Taylor Laurence à ce moment-là ?

On l’avait tout simplement jeté sur cette planète avec...strictement...plus rien. Comme si ELLE n’était plus rien. Qu’on l’avait foutu à la poubelle. Gratuitement, comme ça. Qu’on voulait l’oublier dans un endroit où elle ne pourrait même pas se refaire un poste digne de celui qu’elle occupait autrefois.

Ce qui anéantissait ses derniers espoirs, c’était de comprendre que si Darren ne l’avait pas appelé à l’arrivée du Jumper, qu’il repartait comme ça, c’est que ses horribles doutes étaient bel et bien fondés.
Elle serait à l’exil encore longtemps. Et elle ne pourrait même pas faire appel. Même pas demander de l’aide. On l’abandonnait.

Darren venait de remarquer son mouvement de recul. Il l’interpréta comme le fait qu’il était également dans le sac. Frustration, colère, peu importe. Le jeune homme resta là et leva une main pour essayer d’arranger les choses.
«Isia, je suis navré, écoute...»

Et l’explosion vint.

Quand on commence à côtoyer quelqu’un qui a l’habitude de se contrôler, qui réserve ses sentiments pour soi, c’est impressionnant de la voir craquer. Le masque s’était brisé et il laissait percevoir un mélange détonnant de colère, de haine. Mais aussi d’une terrible détresse noyée dans de la peur. Pas celle que l’on ressent face à un danger physique. Non. La peur plus passive et insidieuse quand on se demande si l’Expédition vous garde bel et bien à votre poste. Ou si c’est simplement une manœuvre pour vous faire craquer et obtenir la démission.
Darren vit toutes ces émotions bousculer Isia alors qu’elle devenait rouge et qu’elle ouvrait sa bouche en serrant les poings si fort que ses jointures blanchirent. Elle leva un doigt rageur vers le ciel.

« J’aurais dû te buter espèce d’enfoiré !!!!! Au moins en prison je n’aurais pas eu toute cette merde qui colle au cul !!!! Je sais que tu regardes ! Que tu mates ça comme la série du soir comme tu ne peux plus te branler devant Derrick ! J’espère que tu es content espèce de larve informe de timbré de pignouf des montagnes ! Prend bien ton pied !!! Car ça sera la seule fois où tu peux vider ta cervelle sur mon cul ! Connard ! Dès que je rentre je te crève les yeux et je te les fais bouffer avant de t’arracher ton foie et laisser ton corps immonde se faire déguster par les vers sur une planète pourrie où ton salut se trouvera dans la main d’un Wraith ! Et même eux ne voudront même pas de ta carcasse tellement elle est répugnante ! »

Alors qu’elle vidait sa rage, sa haine, dans un mélange de phrases douteuses et sans contrôle ni constructions grammaticales, elle amorçait un geste vif, sur l’arme qu’avait Darren. Sa main s’était armée du 9mm qui migrait déjà vers sa tête. Elle venait de perdre quelqu’un sur sa table d’opération, elle n’avait pas dormi convenablement depuis des lustres, elle se faisait harceler par des prétendants. Et maintenant : pas de café, pas de bouffe, pas nouvelles, rien. Juste la promesse que les prochaines visites du Jumper seraient tout aussi décevante.
Franchement, qui ne péterait pas un câble face à cette découverte ?

Darren était là pour veiller sur elle. Mais c’est clairement Isia qui était visée. Directement, comme dans une volonté de lui nuire, de la briser.

Elle n’était pas militaire. C’était une chirurgienne et la seconde responsable sur la cité d’Atlantis. Habituée à un certain mode de vie, un certain confort, avec des outils qu’elle n’aurait jamais pensé perdre. Elle n’était pas formée pour ça, jetée comme un paquet d’ordure sur une planète inintéressante...

« Avoue que tu kifferais que je me fasse exploser la cervelle !!!! HIN !!! GROS PERVERS !! Pousser les gens au suicide : ça s’appelle aussi un meurtre GROS CON ! Et tu iras te faire enculer par tout ce que tu détestes en bon américain hypocrite que tu es et qui chante l’hymne avant de descendre les innocents avec son putain de fusil de cow boy ! Enculer par un gros black qui t’appellera « doudou-chéri » !!! Et tu verras alors si tu arrives à pomper une balle de golfs dans une tuyau d’arrosage !! Car tu vas apprendre à pomper mon gars ! »

“Mais qu’est-ce qu’elle fout ?!?” avait hurlé une voix dans la tête de Clive. Pour essayer d’apaiser la situation, il avait levé les mains à mi-hauteur dans un gage non-verbal de paix. Même s’il avait déjà le coeur qui battait à cent à l’heure, il essaya de rester calme et braqua son regard sur le neuf millimètres. Elle le bougeait au rythme de son hystérie mais il se résolut à ne pas faire le con. Il fallait qu’il vérifie que ce point rouge sur la sécurité n’apparaissait pas.

Et comme c’était le cas, ça signifiait qu’il avait songé à placer le cran de sureté. Isia ne s’en était pas encore aperçue et c’était son billet pour intervenir.

Qu’elle soit dans cet état de faiblesse et armée ne lui convenait pas du tout. Il n’avait qu’un seul but pour l’instant - et c’était aussi un peu le conditionnement de son métier - c’était de déposséder la toubib de l’arme pour assurer sa sécurité. Il ne savait pas si elle était sérieuse. Il ne savait pas si elle le ferait.

Mais bon sang, c’était si loin de la fois où elle avait tiré en l’air parce qu’on lui avait volé son café. Là, c’était grave. Et c’est pour ça qu’il ne prit pas le temps de décortiquer le contenu de ses hurlements.

«ISIA !» hurla-t-il en se jetant sur son bras.
Il ne fût pas doux, loin de là. Pas de quartier, avec autant d’agressivité qu’il fallait, Darren lui arracha l’arme de force et éjecta le chargeur dans la foulée. En lui tournant le dos, il tira la culasse pour expédier la dernière balle sur l’herbe puis il lui aggripa une épaule.

La jeune avait été surprise, dans son discours haineux, elle s’interrompit, poussant un cri d’effrois,alors qu’elle tombait déséquilibré par la manoeuvre de l’homme. Son premier réflexe avait été de le taper, pour qu’il s’éloigne qu’il lui foute la paix ! Qu’il aille retrouver le jumper lui aussi ! De toute façon, elle devait être seule apparemment sans rien ! Mais finalement, en le voyant mettre hors d’état de nuir l’arme, elle resta muette, dans une expression voulant dire “Mais tu fais quoi ? J’allais pas tirer….”

«Faut pas faire ça Isia...» murmura finalement Darren alors qu’ils regardaient tous les deux, la mort dans l’âme, le vaisseau se barrer. Il n’était plus qu’un point à l’horizon qui se rétrécissait. Sept jours d’attente en plus...sans la moindre promesse que ce soit le dernier cycle.

Darren lui tendit la main pour l’aider à se relever. Ca faisait aussi office de paix. Il comprenait Isia. Mais il ne pouvait pas la laisser jouer avec son arme. Il avait vraiment cru qu’elle ferait cette connerie. Il resserra un peu plus son étreinte alors qu’il la relevait. Plus un signe fraternel voulant la réconforter que de l’empêcher de courir après ce Jumper.

Plus de doutes. Ils étaient de foutus naufragés de l’espace...
«Faut pas faire ça...» lui répéta-t-il doucement.

La jeune femme donna un coup d’épaule, se dégageant de l’affection de Darren, elle n’en voulait pas, elle ne voulait plus rien d’autre qu’être seule. Elle avait mal à la gorge, elle se retenait de pleurer … pourtant sous la rage, quelques larmes avaient coulé… Son regard furibond, accompagna son geste pour se détourner vers la maison, mais un villageois se précipita vers elle.

« Dame Isia, venez ! Venez ! Il y a une étrange chose dans une caisse, elle porte votre nom. »

Désabusée, la jeune femme haussa les épaules, continuant sa route, ignorant les mensonges de cet homme qui n’avait aucun intérêt. Elle ne croyait plus en rien. Même pas à la véracité de ces phrases.

« Attendez Dame Isia ! Venez donc ! »
Il prit la folie de la retenir par la manche de sa veste, il écopa d’un souffle digne d’un chat démoniaque.

Ah ? Elle ne lui avait pas collé un poing dans la gueule ?
C’est qu’elle allait déjà un peu mieux alors…
Le soldat avisa cet homme et songea que ça devait être quelque chose d’important pour qu’il prenne ce risque. Parce que depuis qu’Isia s’était mise à hurler, les environs s’étaient vidés. Tout le populo était allé se planquer dans leurs maisons ou faisaient mines d’être trop occupé pour entendre quoique ce soit. Comme cette maman qui avait carrément soulevé son garnement pour l’emmener plus loin.
Ca avait l’air important...et ça portait son nom ?

Darren songeait tout de suite au patron.
Le colonel avait dû trouver le moyen de lui faire parvenir quelque chose dans l’une de ces caisses. Le fait que la toubib soit privée de tout devait l’avoir motivé encore plus.

«Si tu ne vas pas avec cet homme...» fît Clive d’une voix imposante et autoritaire.
Il la regarda dans les yeux avec le sourire du branleur qui s’apprête à sortir sa connerie. «...je choisirai ta robe de mariée...et j’ai TRÈS mauvais goût.»
Et histoire de rendre la menace tout de même sérieuse, il leva ses deux sourcils pour précis un mutique “Alors ?!?”.

Isia lui lança un regard morne « Rien n’est de bon goût dans ce bled ! » pesta-t’elle.
« Si, vous dame Isia. venez je vous en conjure… je ne vous mens pas. »
Isia tourna la tête vers l’homme d’un air “qu’il est mignon”... elle jeta un autre regard à Darren, soupira de plus belle avant de suivre le villageois.

« Ramène ta fraise Nounou. » dit-elle autoritaire. Elle voulait qu’il soit là si par malheur elle était encore déçue… elle n’était pas garante de sa santé mentale, après son geste dingue avec le pistolet… elle avait encore mal à son poignet en plus… Quel bourrin ce mec.
«Je préfère “Sale Péquenot Pervers”. C’est plus intime...» Dit-il en suivant le mouvement. Isia lui fit un sourire malicieux, il lui remontait le moral doucement.

Il se trouva en arrière lorsqu’un autre local vint à sa rencontre. Il lui expliqua que tout le matériel avait été entreposé et que le Shérif lui faisait savoir qu’il avait trouvé les volontaires. Clive le remercia rapidement puis reprit la route. Il était vraiment curieux de savoir ce que Sheppard, ou quelqu’un d’autre au bras long, avait réussi à planquer dans ces caisses.



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Isia Taylor Laurence

Image perso : Le SBC Atlante 1562438535-01-isia-profil
√ Arrivée le : 26/01/2016
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le Lun 22 Juin - 10:19

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020

En arrivant sur la place où était les caisses, l’une d’entre elle n’avait pas été vidée mais ouverte sur le côté, puisque dans une sorte de double fond se trouvait une malle militaire en métal. Ce métal Isia, le connaissait bien, c’est la dernière découverte sur PFR-87 Une planète rocailleuse minière. Ce métal était d’une grande résistance et surtout il brouillait les détecteurs. Parfait pour cacher en contrebande toute sorte de chose. Son point négatif était sa température de fusion très instable. Il fallait être un maître du feu, pour forger le délicat et susceptible matériaux. Hors, avec la technologie terrienne, les machines arrivent à compenser les faiblesses humaines, même si au final, la plage de température si petite entraînait beaucoup de raté. La doctoresse avait eut vent de cette découverte, puisqu'elle avait participé à la mission d’exploration et a la découverte du peuple qui utilisait cette technologie et si elle en savait un rayon là dessus, c'était à cause d’Ackermann. La jeune technicienne, participant à cette mission avait un don incroyable pour se blesser. Elle n’avait pas traînée pour trouver à chaque fois la belle doctoresse à l'infirmerie ( à croire qu’elle faisait exprès de s'égratigner), lui relatant pendant des heures et des heures (enfin le temps d’une consultation) les exploits de ce métal. Isia en avait rien eu à faire (il est fou de constater que certaines personnes pensent que leur passion puisse intéresser tout le monde et de l’imposer à d’autres), mais à force de la voir et de l’entendre, cela s’était imprimé dans sa tête comme une mauvaise mélodie. En tout cas, en voyant la malle elle eut un regain d’énergie ! On ne l’avait pas oublié !

Enfin qu’importe, cette malle était dans ce métal, il y en avait de plus en plus pour les gris. Intriguée, elle leva un sourcil et s'agenouilla vers l'encombrant objet verrouillé… Son espoir s’envola immédiatement… encore une torture ! Elle ne vit rien du symbole, elle était aveugle de colère et elle avait envie de pleurer encore.

« Vous n’avez pas une clé ? »
« Navré dame Isia. »
« RHA PUTAIN ! » dit-elle rageuse en tapant des poings dessus !

Le soldat s’était tenu à l’écart.
Pendant qu’Isia observait son cadeau de Noël, Darren avait piqué un brin de paille qu’il avait coincé entre ses dents. Une demi-douzaine de locaux entouraient le médecin, les autres observaient la scène depuis l’extérieur. Dans la réserve, bon nombre du matériel avait été rangé sur de grandes étagères en bois. Lorsqu’ils étaient arrivés, il n’y avait rien, le village était en train de mourir, en passe à une nouvelle migration.
Le deal avec la cité était plutôt simple. Atlantis les aidait à redresser la barre, que ce soit sur le sujet des récoltes ou de la santé publique, et ils livraient une partie de leur production agricole. Clive regardait donc les différentes étagères, laissant son regard parcourir les petits écriteaux peint à l’arrachée, laissant Isia tranquille.
Pourtant, quand elle poussa un nouveau cri de rage, la curiosité l’emporta et il s’avança. Il y avait une mallette dans un double fond. Une huile avec donc bien triché pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas seule. Ca faisait plaisir...elle avait du soutien qui jouait un jeu dangereux.

Le conteneur avait la même dimension que la sienne resté à côté de sa tente mais elle n’avait pas la même gueule. En tout cas, vu sa taille, il devait y avoir du ravitaillement et pas qu’un peu. Darren s’avança, toujours en machouillant son morceau de paille, et il l’observa un peu. Au début, il se demandait comment quelqu’un d’aussi organisé pour faire passer une malle en douce aurait pu oublier de livrer la clé. L’espace d’un instant, Darren supposa que le pilote...le fameux Banks...avait dû zapper un truc aussi important.
Mais finalement, son regard s’attarda sur le symbole qui ornait la serrure et un large sourire l’égaya. Oui, c’était exactement la même malle mais dans un matériau différent. Et il avait une clé, lui, pour son conteneur. L’allié secret d’Isia avait dû s’arranger pour que le modèle de la serrure soit similaire. Il ne voyait pas d’autre possibilité.

Darren posa une main sur l’épaule de la toubib et s’agenouilla devant la malle. Il passa ses doigts sur le scotch qu’on avait apposé dessus pour former les lettres I.S.I.A puis secoua la tête.
«Ca porte ton nom. Alors on va l’emmener chez toi, le temps de trouver une solution.»
C’était peut-être de la paranoïa mais Darren ne tenait pas à lui révéler l’existence de la clé alors qu’ils étaient écouté. Si on lui avait volé du café, le même petit tordu pourrait s’emparer du pass et faire la razzia lorsqu’ils auront le dos tourné. Autant lui faire la surprise lorsqu’ils seront entre quatre yeux.
«Allez, aidez-nous. On l’emmène.» fît Darren à l’adresse des villageois.
Sans plus attendre, les volontaires soulevèrent la malle et la menèrent jusqu’à la masure.

La jeune femme le regarda encore, elle avait l’air un peu paumée… mais son égarement était de courte durée, elle secoua la tête et se releva, pour remettre son masque de la doctoresse insupportable qu’elle était. Si Darren ne l’ouvrait pas maintenant ou bien, s’il lui suggérait de l’emporter, c’est qu’il y avait quelque chose là dessous. Elle avait bien vu qu’il en avait dans la cervelle ce gars et elle lui fit confiance. Après tout, il était le plus raisonnable des deux.
« Ne tardons pas ! » Et elle partit, laissant les manants faire le sale boulot, ça au moins ça ne changeait pas. Mais elle brûlait d’ouvrir cette boîte.

«Merci.»
Darren salua les villageois et les laissa partir. Il referma la porte puis longea les quelques fenêtres pour s’assurer des alentours. Mais en approchant de l’une d’elle, il capta le mouvement d’une silhouette qui longeait le mur.
Le militaire secoua négativement la tête. Forcément, il y avait toujours un petit curieux qui voulait en avoir plus que les autres. Il fixa alors Isia puis lui fit signe de parler avec la main, de faire sa bavarde, et il lui fit un clin d’oeil.
Intriguée la jeune femme, se mit soudainement à détailler ce qui lui passait par la tête : retirer la peau d’un corps sans abimer les nerfs. Sujet bien étrange, mais elle visualisait que trop bien Calahan sur sa table d'auscultation.

Dès qu’elle commença à papoter, Darren se mordit la langue et ouvrit la fenêtre. Il sortit son arme de poing, passa ses jambes, puis longea l’extérieur dans le sillage de l’indélicat. Juste à quelques mètres, c’était le dos du Shérif qui se profilait. Le type avait l’oreille carrément collée contre le bois de la porte et il fronçait les sourcils dans l’effort de compréhension qu’il mobilisait.
Darren posa le canon de son arme entre ses omoplates.
«Vous vous êtes perdu, Monsieur ?»
«Oh ! Seigneur ! Non...euh...j’étais inquiet. Alors je suis allé voir si Dame Isia...enfin euh...»
«C’est très gentil. Sauf que c’est moi qui veille à sa santé maintenant.»
Le soldat tira le chien de son arme. Le déclic fît réagir son interlocuteur qui leva les mains. Il ne connaissait pas le fonctionnement de l’arme mais il savait, de par la femme du mourant, que c’était assez violent pour tuer des loups.
«Je n’aurais qu’un conseil pour vous : faites demi-tour à chaque fois que l’envie vous prend d’approcher MA femme. C’est pigé ?»
Il hocha frénétiquement de la tête. Il y eut un moment de flottement. Lorsque Darren secoua son arme pour lui dire de filer, le Shérif ne se pria pas et se mit même à courir. C’est que ça n’allait pas s’arrêter comme ça. Clive sentait qu’il allait devoir menacer quelques uns de ces locaux pour protéger Isia. Ce n’était pas nouveau dans le métier.
Finalement, il rangea son arme et ouvrit la porte. Il s’adressa directement à la toubib.
«Il y a certains de tes prétendants encore assez fous pour se croire dans la course.»
Il s’approcha et bomba exagérément du torse.
«J’ai fais comprendre que tu avais déjà la bague au doigt.»
« Je vais finir par adorer quand tu proclames à tout le monde que je suis TA femme. » dit-elle malicieuse.
«Moi j’adore déjà. Si tu voyais la gueule qu’ils tirent quand je le crie sur les toit. Je me bidonne...»

« Tu sais comment l’ouvrir ou on fait les bourrins ? » demanda t'elle, même s’il y avait peu d’espoir d’éventrer une pareille malle en “Kripse”.
«Hm-hm...» fit-il en signe de négation. «Tout ce qui sera assez puissant pour ouvrir cette malle réduira ce qu’elle contient en cendres. C’est l’utilité d’un contenant blindé ! Mais j’ai une solution...»
« Certes… enfin sauf si c’est une blague encore... » dit-elle morne avant de tourner son regard azur vers le jeune homme.
Darren approcha malicieusement en plaçant ses poings derrière son dos.
«Main gauche ou main droite ?»
« Celle qui te guide pour tes nuits. »
«La même que la tienne je suppose !» contre-attaqua le soldat, souhaitant lui renvoyer la pareille. Isia ricana, agitant sa main droite.
Il ouvrit celle-ci, il n’y avait rien dedans. Par contre, lorsqu’il ouvrit à gauche, il remua des doigts pour faire apparaître la fameuse clé.
«Tadaaaa...»
« Elle était où ? » Elle n’avait pas fait le lien avec la malette d’armement du soldat pour être franche et cela ne lui était pas venu à l’idée qu’une clé pouvait être pour deux contenant, même si au final, cela coulait de source niveau discrétion.
«Je fais mon Sale Péquenot Pervers pour te répondre ?» blagua Darren en secouant ses sourcils. Il lui lança finalement la clé.
« J’ai presque envie de dire oui... » Elle réceptionna la clé.
«La serrure porte le même symbole que la malle d’équipement que j’ai au campement. Ton allié l’a fait exprès pour nous laisser le message. Mon pass ouvre cette malle...»
La réponse donnée, il savait qu’Isia ne pourrait pas se retenir de sauter sur son paquet cadeau. Le soldat fit donc simplement un pas de côté avec un geste de la main l’invitant à y aller. Elle allait sûrement comprendre qui lui avait fait ça. Une lettre à l’intérieur peut-être ? Ou quelque chose qui lui laisserait la puce à l’oreille ?

« Mon ou MES alliés ! » fanfaronna t-elle comme une princesse.

Sans plus attendre, elle enfonça la clé dans la serrure, libérant le cadenas et ainsi le couvercle. Au vu de la taille, elle espérait qu’il aurait moults trésors dans cette caisse. Son regard s’agrandit quand elle vit le tout recouvert d’une sorte de bâche dissimulant le contenu. Seule une lettre était dessus en évidence, attendant qu’on la lise. D’un geste assuré mais presque stressé, elle se saisit du papier… redoutant le contenu. Machinalement elle la lu à voix haute. De toute manière, elle n’avait rien à cacher à Darren, elle était son fardeau et lui son rocher dans cette mer agitée.
Harley.
170 jours, nous avons pu négocier que ce délai. Il te faudra tenir dans cet environnement des plus détestable pour ta charmante petite personne. Tu n’auras rien pour ton confort, aucune lettres, aucun paquet de café et encore moins de jouet intime !
Mais sache que tu n’es pas abandonnée. Cette malle est peut-être la seule que nous arriverons à te faire passer. Alors nous avons mit le plus de choses possible. Tâche de bien l’utiliser et non faire ta princesse avec ! Et surtout ne soit pas égoïste.
Colibri a été d’une grande aide pour occuper la sécurité.
PS : Petit chou te demande de bien prendre soin du prince charmant. Sinon de grands périls pourrons arriver à ta collection “Lise Charmel”.
Détruis la lettre.
Fox

Isia ricana nerveusement, à la fois dans un mélange touché et contente. Elle avait reconnu l’écriture avant même qu’elle ne lise la lettre.
« Ils ne m’ont pas oublié... » dit-elle doucement. 170 jours… cela lui revient en mémoire… elle sentit ses épaules s’enfoncer dans son corps et elle tomba sur les fesses…. dépité. Prenant conscience de ce que ça pouvait représenter.
« Deux mois et demi.. Deux mois et demi d’enfer... On aura le temps de divorcer aussi… et même de se remarier... » elle était déconfite. Une de ses mains passa sur son visage pour cacher une larme sur sa joue. « Deux mois et demi.. » Elle était encore sous le choc, elle n’avait presque plus de force pour se mettre en colère… enfin cela pouvait éclater à tout moment, tout dépendrait du contenu de la malle.

Darren demeura silencieux quelques secondes.
Il prenait lui aussi conscience de ce que ça impliquait. Cent soixante dix jours, il les passerait ici avec Isia qui n’était pas de mauvaise compagnie. Il les passerait simplement en attendant bêtement de recevoir des nouvelles d’un fantôme.
Rester si longtemps en manoeuvre, il l’avait déjà fait. C’était dur, éprouvant, parfois même mortel. Mais il se souvenait de son hypothèse concernant le patron, la raison secrète de sa présence ici. Il devait veiller sur Isia, faire en sorte qu’elle rentre en un morceau sur la cité.

Le jeune homme n’osa pas lui dire.
Il ne pouvait pas lui brimer le moral. Le contenu de cette caisse était tout simplement dérisoire pour cent soixante dix jours. Ca allait partir très vite. Celui qui avait fait ça, le dénommé Fox, lui disait de ne pas être égoïste. Mais il fallait être réaliste. Si Isia ne se rationnait pas, ces cadeaux ne dureraient même pas la moitié du temps d’exil.

«Maintenant tu sais pour combien de temps tu en as...» fît Darren d’une voix douce et optimiste.
Il s’asseya juste à coté d’elle et répéta le petit coup d’épaule qu’elle avait pour habitude de lui donner.
«C’est joli comme surnom, Harley...»
« Harley Quinn… c’est la totalité du surnom. Pas besoin de te faire un dessin. » Elle soupira « En tout cas, John a peur que je te maltraite. » elle tenta un peu d’humour, pour se retirer les 170 jours de punitions.
«C’est sa grande maladie de vouloir le bien de tout le monde. Il se doute pas que je vais prendre mon pied à jouer le royal mari passionné.»
Il tourna subitement la tête vers elle et planta son regard dans le sien. Il partagea son humour.
«Hey ! Pas un mot, compris ? Il me regardera super bizarrement après.»
Isia ricana de plus belle, cela faisait un bien fou de rire !
« Tant que tu n’arrives pas vers lui en disant “Colonel petit chou, au rapport !”. J'imagine bien sa tête ! » Elle se prit un fou rire. Autant d’amusement que pour évacuer la pression dans son corps.
«Tu appelles le patron… “petit chou” ?» répéta bêtement Darren, peinant à y croire.
Il resta interdit.
«LE colonel Sheppard. Le boss des militaires. On parle bien du même ?»
« Alors. » elle leva un doigt en l’air comme une maîtresse
« De base ce n’est pas moi qui le nomme ainsi. Mais je l’ai repris car c’est tellement plus mignon ! Sheppard c’est une petite crème ! Et il tire toujours une tête trop chou quand il est géné ! Ce qui arrive souvent… » dit-elle innocente.
«Et ben je suppose que si tu fais ta séductrice aussi ouvertement que sur cette planète, ça doit le faire, oui...»
« Mais nooonnnnn ! » elle roula des yeux taquine.
«Parfaitement ! Innocence est ton deuxième nom !»
Il fronça les sourcils.
«Et du coup, c’est qui Fox ?»
« Hum. Tu es le premier première classe avec des neurones que je rencontre, hormis Hamilton. Propose trois noms. » elle venait de lui faire un compliment chaussette, mais ça n’en restait pas moins un beau compliment de la part de la doctoresse. Cette devinette lui permettait de retarder un peu l’ouverture du cadeau de Noël, elle appréhendait un peu, elle avait peur d’être déçue. En fait, elle allait l’être… puisque si Fox lui avait dit de partager c’est qu’il aurait aussi des choses pour Darren et que jamais cette caisse allait suffir pour 170 jours… mais au moins, elle avait le mérite d’exister et il y aurait eu au moins une caisse qui était passée. C’est déjà ça.
«De “Sale Péquenot Pervers”, je passe “première classe avec des neurones”. Je gagne ton petit coeur. Attention, Harley !»
« Je vais finir par être une vraie princesse ! »
«Je te préfère en doctoresse diabolique !»
Il lui fit un clin d’oeil puis pencha la tête. Elle était du même avis.
«Trois noms tu as dis...Alors...déjà ton chef : Carson Beckett.»
Il pinça des lèvres.
«Le patron, forcément. S’il est sur la lettre c’est qu’il est dans le coup. Sinon...»

Darren resta silencieux un bon moment. Décortiquant les éléments pour essayer de faire sa déduction. Il finit par abandonner pour son idée initiale.
«Je vois pas le directeur marcher dans la combine. Il y a le mec qui s’appelle Hoffman aussi, il est à fond dans la politique et il a la gueule du mec accro au poker. Mais je ne l’ai pas côtoyé. Madame Steele en revanche...»
Clive retourna dans son calcul puis acquiesça.
«J’ai eu affaire avec elle une ou deux fois. Elle a le coffre pour ça. Et je vous ai déjà vu manger une fois ensemble au réfectoire. Vous étiez tellement en train de rire que ça dérangeait les autres. Donc...je dirai que ça vient d’elle !»
Il sourit.
«Voilà tes noms : Carson Beckett, John Sheppard. Et Madame Steele !»
Isia apprécia la réflexion du soldat. Elle trouvait ça amusant que Darren ne nomme même pas le Richard par son nom et parle du second directeur comme d’un “mec”, comme quoi seule les belles femmes attirait l'intérêt des hommes.
« Erin est en effet ma meilleur amie, mais ce n’est pas elle Fox. Shepard c’est justement “Petit chou”, et Carson est loin d’être un renard. » Elle replia la lettre.
« Richard et Carson doivent être dans la combine, c’est certain. »
«C’est qui Richard ?»
« Sérieux ? C’est Woosley ! »
Darren sourit.
«Tu appelles toujours le gratin par le prénom ?»
Il donna un coup de menton vers l’extérieur.
«Tu sais Isia, ça te semble surement normal. Mais du point de vue de ces gens, je suis comme ces gars là-dehors. Je suis à la base de la pyramide, un gueux. Alors si tu ne me donnes pas l’info du genre “Directeur Woosley”. Ben je suis pas prêt de te suivre...»
Isia allait lui répliquer une connerie, du genre qu’elle les nommes par leur surnoms mais qu’elle fait un effort pour lui… mais la suite de la phrase de Darren l’étonna un peu. Oui, elle n’évoluait de base pas dans le même monde que ce “simple” soldat. Et il venait de lui rappeler. A dire vrai, elle est souvent supérieur aux autres, mais elle n’avait pas cette idée en tête quand elle évoluait dans la cité. Gueux, c’est vraiment le pire des qualificatifs quand même…
« Ne fait pas l’idiot, les gueux comme toi savent très bien comment se nomment les grosses têtes. » dit-elle avant d’hausser les épaules.
« En fait, ça me fait bizarre que tu dises ça. Car moi aussi je suis une responsable, ça veut dire que beaucoup de personnes se considèrent comme des “gueux” face à moi. Même si pour certain, je dois avouer qu’ils méritent d’être insignifiants... » Elle le regarda sérieusement « Tu te sens vraiment comme un gueux face au CODIR ? »

Les bras posé sur ses genoux, Darren eut une mimique d’incertitude.
«Ben...j’suis remplaçable. Je suis pas sous les projecteurs, ce qui m’arrange. Et surtout, ils me connaissaient que lorsque je pouvais leur apporter des infos de l’extérieur. Une fois qu’ils ont plus besoin, je retourne dans l’ombre. Ce qui me dérange encore moins. Alors...oui. Aux yeux des directeurs, je dois être un traîne-savate utile.»
« C’est bizarre ta phrase, tu te dévalues à fond, mais tu avoues que ça te va très bien. Comme si tu tentes de justifier tes avis sur la hiérarchie. Tu cherches à te rassurer ? Te mettre volontairement une barrière hiérarchique ? »
«Tu creuses trop loin.» répondit-il en riant. «J’suis simplement réaliste. Tu as plus de valeur à leurs yeux que moi. Si tu crois qu’ils se seraient emmerdés à envoyer une caisse comme ça si j’étais dans ta situation...»
« Tu serais retourné sur Terre en prison si tu étais dans ma situation, oui. » dit-elle sombrement. Elle soupira. « Fox c’est Hoffman. » elle haussa les épaules, se penchant sur la caisse. Elle était étonné que l’anglais n’ait pas usé plus d'énigmes, avant de se rappeler que la dernière fois qu’il avait fait ça, elle avait hurlé, car elle était trop mauvaise. Heureusement que c’est Darren qui avait la clé, sinon, elle aurait pas été foutue de percuter… Non pas par bêtise, mais parce que ce genre de jeux n’étaient pas son fort, cela l’emmerdait. Erin était bien meilleure et c’est pour cela qu’elle gagnait toujours au jeux de société tactique.

Darren pinça des lèvres. Sa réplique sur le retour sur Terre avant la prison ne lui avait pas échappé cette fois. Mais le jeune homme ne comptait pas lui demander ce qu’il s’était passé. Ce n’était pas une perche tendue et ce n’était pas le moment. Il sentait surtout qu’il fallait être patient et qu’Isia se confierait naturellement lorsqu’elle serait prête.
Il songea une fois de plus au colonel qui avait demandé quelqu’un de confiance. Alors...est-ce que le coup était prémédité avec la moitié de la direction d’Atlantis ? Ils avaient préparé tout ça à l’avance avant de l’envoyer avec Isia sur une mission d’escorte ?
Il ne savait plus trop. La toubib était bien gradée, seconde responsable du Pôle Médical. Pas étonnant qu’elle avait su se lier d’amitié avec tous les autres.
Donc, c’était le joueur de poker, Hoffman, qui avait écrit la lettre. Le soldat nota le surnom et se rappela qu’il avait bien failli l’avoir comme agent de liaison quand il allait en Gaëllie.

«Je reste sur ma première idée. Harley, c’est le plus mignon du lot !» fit-il par diversion. Il ajouta, un brin provocant : «Bon. Tu ouvres tes cadeaux de Noël ou je referme ce coffre pour toujours ?»

« Ce qui n’est pas difficile ! » Elle nota qu’il n’avait pas demandé qui était Colibri. Elle lui sourit, ouvrant le pan de la bâche qui pourrait leur servir, enfin surtout à Darren. La caisse était optimisée au mieux… aucun recoin n’était vide. Un fabuleux jeu de Tetris. Il y avait majoritairement des vivres dont deux paquets de café vanille (et un normal pour Darren), deux couvertures chaudes, une clé USB contenant plusieurs fichiers, des messages vidéo qu’elle se ferait un plaisir de visionner le soir, surtout que Nelly avait battu des records encore. Des culottes hygiéniques, la véritable peluche colibri bourrée de sucette avec un document à l’intérieur.

Il y avait une guitare au fond. Isia la sortie, intriguée. Coincé dans les cordes de la guitare un mot signé de l’écriture rondes et légère de Sheppard. “Eversman a mangé tous les Marshmallows”. La jeune femme ne comprit pas trop…
« Tss Eversman… j’espère qu’il s'est étouffé avec ! » elle n’était pas mélomane et les instruments de musique ne faisait pas bon ménage avec elle.
« Bon, ce n’est en tout cas pas pour moi ! Je ne fais donc pas mon égoïste ! Tiens ! » Elle lui donna, l’interrogeant du regard pour savoir si l’objet était bien à lui.
« Les seigneurs ont pensé au ménestrel de la gente dame ? »

Darren ne lui répondit pas.
Il était surpris de voir son instrument apparaître entre les mains d’Isia. Son coeur avait fait un bond et il gardait l’objet en vue sans vraiment réagir. Le mot de Sheppard, la toubib n’était pas prête de saisir le sens. Parce que Darren avait une petite habitude avec Eversman. Parfois, durant les événements civils, il débarquait avec sa guitare pour jouer des morceaux. Il était carrément de mèche avec Matt, attendant qu’il se dégotte une petite dame pour le soir. Lorsqu’il arrivait à intéresser sa future partenaire, il lui faisait un signe discret et Darren embrayait “bizarrement” sur les morceaux de slow. De quoi forcer le beau monde, dont l’intérêt de Matt, à danser coller serrer.
Donc, d’après la lecture d’Isia, Matt avait dit à Sheppard que c’était la seule chose qui lui manquait vraiment. Et il n’avait pas tort. Darren avait une certaine émotion peinte sur le visage alors qu’il installait la guitare contre son flanc. Ses doigts glissèrent naturellement sur les cordes et il fît quelques accords.

Isia esquissa un rictus, son “mari” était donc un pro de la guitare, il devait en emballer des nanas avec cet instrument. Finalement, lui aussi avait un petit quelque chose. Elle le laissa à ses accord, alors qu’elle découvrait quelque chose….
Tout allait bien jusqu’à ce qu’ Isia sépara les papiers en deux. Il y avait deux lettres.

En reconnaissant l’écriture d’April, Darren tenta vainement de piquer le papier mais Isia n’avait eu qu’à le lever un peu plus. Trop tard...
Dessus, il y avait de rédigé qu’une seule phrase : “Baise-la trois fois par jour, consigne du docteur !”
«Heu...le courrier est perso normalement !» fit-il dans le désespoir de croire qu’elle n’avait pas lu. April n’était jamais sérieuse et elle était cablée comme un mec. Si elle le savait avec Isia, il ne fallait pas s’attendre au bon goût et à la poésie.
« Que trois fois ? » demanda-t’elle outrée.
«Hein ?»
« “Baise-la trois fois par jour, consigne du docteur !” » elle haussa un sourcil tandis que Darren se passait une main sur le visage, profondément gêné.
«Heu...comment dire...j’ai une collègue un peu...disons...»
Il pinça des lèvres.
«Elle est provocatrice sur les bords.»
Il ramait !!! Il ramait et ce fameux sourcil levé de la Harley n’était pas pour le rassurer, au contraire !
Isia avait trouvé un nouveau sujet pour l'embêter, il n’avait pas fallu longtemps pour qu’elle oublie les “170 jours”, définitivement Darren était une très bonne compagnie et distrayante. Au moins, elle ne se morfondait pas. En tout cas, il existait une nana aussi provocante qu’elle et sans pudeur ? Intéressant !
« Bah tu lui diras : “Qu’elle aime prendre un encas le matin ainsi qu'un goûter en plus”. Et on verra si ta collègue affiche la même tête que toi. » dit-elle sérieuse mais son regard pétillait de malice.
«Merci d’assurer ma réputation.» fit-il, au bout de sa vie. «Mais je suis pas ce genre de gars. Je me contenterai d’oublier ce que tu as lu. L’amnésie sélective, ça a du bon parfois !»
« Mais de rien, après tout tu vas être mon mari, il faut se soutenir entre époux… même si tu deviens amnésique. » le charia t-elle. Avant de se pencher sur sa caisse et énumérer la suite, notamment des vivres.

Une fois le tour de la caisse fait, Isia décida d’examiner un peu plus le contenu, notamment de certains objets. Intrigué par la peluche colibri, la jeune femme trouva un document à l’intérieur : une photo d’elle avec Pedge, prise lors de leur campement sur le continent, le jour où elle se préparait à partir en guerre pour l’opération Normandie. Ce fut finalement Skyler qui se rendit sur le terrain. Elle devait bien le reconnaître, elle avait été TRÈS contente de rester sur la cité. Comme disait Darren, faut bien que les gueux se sacrifient. Même si ce n’était pas vraiment sa phrase et qu’elle appréciait la doctoresse. En pensant à elle, durant son absence, il ne serait pas étonnant qu’elle passe adjointe, à moins que ça soit Dale. Etrangement, elle préférait son collègue médecin dans ce rôle. Peut-être à cause d’une rivalité stupide de femme sans fondement ? Peut-être bien. Ou simplement parce qu’elle bossait plus souvent avec le canadien et qu’ils avaient une manière de fonctionner similaires ? Dale étant moins volcanique mais tout aussi méticuleux et droit …

Enfin qu’importe, son regard resta sur le cliché sortit de la peluche qu'elle avait offert à Nelly sur son lit de convalescence. Cette photo était jolie, toutes deux au naturel, heureuse après un cours de tir et de combats au corps à corps peu conventionnel, puisqu’elles finissaient en galipettes. Elle eut un sourire tendre avant de découvrir une grosse marque de rouge à lèvre à l’arrière de la photo.
« Sale gosse ! » Pedge ne portait jamais de rouge à lèvre ! Cela pouvait qu’être cette sale gamine de Nelly qui voulait lui donner un faux message ! Allala elle ne pouvait pas s’en empêcher, voler et faire ses sortes de “bétention” (mélange de bêtises et d’attentions) puisque c’est toujours pour une cause mignonne et sentimentale.

Il n’y avait rien venant d’Erin ou même de Pedge. Cela fit un pincement assez douloureux à Isia. Elles étaient toutes deux importantes dans sa vie et sur le coup, cela lui rappelait à quel point elle avait merdé avec l’autre putois. Les deux jeunes femmes la boudaient ? Non, elles devaient estimer qu’elle devait purger “sa peine”. Point. Après tout elle avait tenté d'assassiner un homme. Et même si la logique était là Isia fulmina un peu plus de ce manque de soutien ou de compassion, qu’importe, c’est la même chose, cela fait mal ! Elle regarda son alliance, avec la furieuse envie de la jeter par-dessus bord ! “Tu m’aimes ? Mon cul oui !”. ça aurait été Pedge, elle l’aurait soutenu ! Comme quoi entre une personnalité loyale et chaotique il y a de véritables falaises.

« Qu’elles aillent se faire foutre. » Grogna Isia en pleine tempête sentimentale.
Les militaires dégomment des gens tous les jours et personnes ne va leur faire de moral ! Ils sont prêts à se dégommer entre eux s’il le faut. Mais bon, eux c’est normal après tout non ? Quelle ironie. Blâmer quelqu’un, alors que c’est monnaie courante. Même si c’est un Atlante, Calahan ne valait pas mieux que les Geniis que Pedge tue ou qu’Erin exécute en envoyant les soldats sur une planète. Oui, sur le coup, elle leur en voulait, cela allait passer… oui avec le temps, quand elle aura autre chose à penser que de se fatiguer à être en colère. Après tous, sa réaction était normale, elle était blessée et elle savait qu’elle leur en voulait que parce qu’elle était en colère et profondément triste. C’est le risque quand on s’attache aux gens… on est toujours déçu.



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Isia Taylor Laurence

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√ Arrivée le : 26/01/2016
√ Date de naissance : 07/01/1980
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le Lun 22 Juin - 10:19

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020


C’était très agréable d’avoir reçu du matériel depuis Atlantis.
Darren savait que ça ne suffirait pas mais l’attention était là. Il suffisait simplement de voir le visage du doc Laurence qui avait repris des couleurs. Le soldat préférait ça et il adressait mentalement ses remerciements à ceux qui avaient réussi à faire passer le colis en douce. Isia qui allait un peu mieux, c’était son travail qui se simplifiait davantage. Il ne fallait pas se laisser aller néanmoins et le militaire trouva le bon moment pour traiter du sujet sérieux.
La toubib avait pu profiter un peu de ses découvertes, trouvant des petites attentions supplémentaires à l’intérieur d’objets, avant que Darren ne lui avoue que ça partirait extrêmement vite sans rationnement.

Bien sûr, elle savait ce que c’était. La doc était quelqu’un de rationnel et de mature. Mais Clive insista en lui expliquant le principe du rationnement militaire qui se montrait beaucoup plus strict et répressif. Le système était différent. Il fallait comptabiliser les ressources et les répartir régulièrement tout au long de la durée.
Donc, pour ce qui était des vivres, du confort et de tous les consommables, ça devait s'étaler sur cent soixante dix jours.
Par chance, Isia avait accepté avec son humour habituel. Seul son regard trahissait l’appréhension de ce que donnerait le résultat d’un rationnement militaire qui ne faisait pas dans le sentiment. Et elle avait raison de s’inquiéter.

Darren trouva une diversion.
Il ne voulait pas insulter son amie. Mais ça n’allait pas lui rendre service de voir les ressources se réduire horriblement d’un regard par-dessus l’épaule de Darren. Alors celui-ci avait récupéré la tablette pro du toubib pour y brancher la clé USB. Isia le remercia de cette attention, se demandant s’il ne la sur-couvait pas un peu, elle lui fit d'ailleur la remarque qu’elle savait se débrouiller seule et qu’elle n’avait pas besoin qu’on l’assiste comme une débile, avant de gagner sa chambre pour un coin plus intime. Elle comptait bien regarder ses messages vidéos, les musiques qu’on lui avait laissé. Même des petits jeux simples. Comme le solitaire, le démineur, un Majhong, qui s’installait sur la tablette. Et pendant ce temps, Clive fit les comptes.

Il dressa la liste de tout le contenu de la malle, faisant parfois appel à la toubib pour savoir si ça lui était bien adressé. Il lui abandonna les deux tiers de sa part. Mais même là, ce n’était pas mirobolant. Darren prit seulement le paquet de café qui le concernait dans le but de le garder de côté. Si Isia prenait plus que le rationnement le prévoyait et se retrouvait en manque, il pourrait taper dans cette réserve. Isia redescendit, elle avait profité de son moment seule pour verser quelques larmes de rage et de tristesse, évacuant sa frustration et les quelques douleurs sentimentales. Elle avait hésité encore une fois à retirer l’anneau mais Pedge n’était pas présente pour voir cet acte de rébellion purement gratuit et mauvais. Elle ne souffrirait donc pas, donc cela n’était pas nécessaire et cela ne servait à rien. Et puis, Isia n’avait pas le cœur de s’infliger une nouvelle sentence. Elle devait s’y faire, elle côtoyait des gens trop loyaux et intègres pour comprendre son acte. Même si d’autres semblait lui apporter du soutien… Plus par amitié. Peut-être que Pedge et Erin, ne voulait pas qu’elle pense qu’elles cautionnent son acte ? Peut-être bien. Enfin qu’importe ce qu’elles pensent, Isia l’avait mauvaise. Elle avait même un sentiment d’injustice, puisque personne ne punissait Calahan pour tous le mal qu’il faisait, pour les dépressions, pour les vie gâchées… et c’est bien plus grave qu’une misérable tentative de meurtre. Dans un soupir faible, elle regagna le canapé fait de sac de paille, n’accordant pas encore un regard à Darren.

«Voilà Harley, j’ai le résultat.»
Il lui sourit aimablement en s’installant à côté d’elle. Il présenta la liste qu’il avait réécrit au propre. Darren avait dessiné un planning décrivant sa consommation à la semaine type. Il le détailla avec elle.
«Les rations, tu en as six par semaine. Ne te trompe pas : une ration c’est un repas ! Idéalement, tu les prends le midi, du lundi au samedi. Les soirs et le dimanche, il faudra manger local.»
Il donna un coup de menton vers la peluche.
«Je n’ai pas compté les douceurs. Mais question barre chocolatée et paquet de biscuits, c’est deux de chaque à la semaine. Rappelle toi que les biscuits, ça sert généralement de pain pour ponctuer ta ration. Ou pour les conserves de fromages liquide. Si tu es capable de t’en priver la dernière semaine, tu peux passer à trois de chaque.»
Le soldat se priva bien de lui dire qu’il n’avait pas prélevé de ration pour son compte. Il ne prenait que le paquet de café sans vanille qui servirait de réserve de secours. Ce n’était pas un sacrifice. Ce serait dur, certes. Mais il était militaire contrairement à Isia. Les privations, il les avait déjà vécu et cette mission ne serait pas la dernière fois.
«Le café, un doseur tous les deux jours. Donc c’est à toi de voir si tu préfères du café dilué tous les matins ou si tu te lèves du pied gauche un jour sur deux.»
Il marqua une pause. En concluant, il lui donna la feuille.
«Le savon, ça devrait aller. Par contre, le gel douche, c’est un quart du tube par semaine, pas plus. Le dentifrice, pareil. J’ai vu qu’il y avait d’autres petits trucs comme des paquets de bonbons, du chewing gum etc...ça sera à toi de t’organiser. Le plus important, c’est sur cette feuille.»

Ca ne lui donnerait pas le moral, Darren s’y attendait.
La malle devait lui sembler beaucoup moins grande maintenant. Mais c’était pour avoir quelque chose dans sa gamelle jusqu’au cent soixante dixième jour. C’était ça le rationnement strict à la militaire. Le soldat lui donna deux petites tapes amicale sur l’épaule et la laissa. Il empocha le paquet de café, passa sa guitare sur le dos avant de s’éloigner. Il préférait lui laisser l’intimité suffisante pour digérer la nouvelle, d’autant plus que ce planning lui rappelait fatalement qu’elle passerait deux mois et demi hors de la cité, sans voir ses amis, ni ses collègues. Et qu’elle n’aurait probablement plus de nouvelles d’eux depuis la réception de cette caisse.

La jeune femme resta de marbre mais elle avait perdu la joie. Son regard était sombre. Elle ferait donc comme ça. Et puis les villageois allaient les aider, ils ne laisseraient par leur seigneurs mourir de faim… elle n’avait pas spécialement envie de manger local pour la simple raison qu’elle avait décrété qu’elle ne voulait rien d’eux, elle ne les aimaient pas. Mais faudrait s’y résoudre. Parfois, elle fait des caprices, mais sa logique la ramenait à la raison.

« D’accord. » Ce fut sa seule réponse, laissant Darren repartir.

----------- COUPURE

En quittant la masure, Darren se faisait la même idée. Ils allaient tous sacrément lui manquer et posa sa main sur sa chemise en toile de jute. Les lettres étaient encore en dessous, piégées par la ceinture qui les empêchaient de fuir par ses jambières de son pantalon.

Il cessa sa marche un petit instant pour regarder la baraque. Isia parlait de prison...et les huiles n’avaient pu que lui envoyer un colis en douce. Elle avait fait quelque chose de grave et il avait du mal à y croire. Pour celui qui réussissait à prendre son humour au second degré et ne pas être charmé par ses petites provocations, c’était quelqu’un de très sympathique à vivre. Il ne voyait pas ce qu’on pouvait lui reprocher de si dingue pour l’isoler si longtemps.

Peu importe.
Clive n’était pas mécontent de rejoindre sa tente pour se poser un peu. L’après midi était assez bien avancé et, après avoir lu avec un grand plaisir son courrier, un quart en allu de citronnelle pour toute boisson : il reprit son travail initial avec les paysans. A savoir : répandre les semences.
Il passa au bar voir le Shérif, puisque celui-ci tenait à lui présenter les volontaires qui offraient quelques têtes de bétail. L’homme profita de cet instant pour offrir de plates excuses quant à son excursion chez Isia. Clive n’aimait pas monter sur ses grands chevaux mais, parfois, ça s’avérait nécessaire. Quand on se montrait trop bon, les profiteurs voyaient une faille exploitable. Il y avait un juste milieu qu’il travaillait en temps que “Seigneur”. L’arrogance en faisait aussi partie, malheureusement. Darren lui avait donc répondu d’une façon hautaine qu’il se fichait de ses excuses et qu’il voulait des actes d’obéissance, de respect. Avoir levé un peu la voix pour que tous entende l’exemple l’avait mis en colère. Bien sûr, personne n’aimait être humilié publiquement. Mais les autres qui attendaient dans l’ombre allait recevoir le message.

Darren orienta ensuite la conversation sur les volontaires.
Les rencontrer, les saluer et les remercier faisait son petit effet. Même le Shérif passa sur sa rancoeur en constatant que, malgré tout, Darren avait bien les choses en main. En compagnie de ces exploitants, il appela les deux bouchers du village et déclencha malgré lui une réunion qui se termina tardivement la nuit. Au moins, il avait un plan d’action solide qui débuterait dès le lendemain.

Le soldat revint à sa tente et s’y installa.
Il guetta en direction de la masure, là où il avait la vue, et resta à observer la chambre d’Isia jusqu’à ce que la lumière s’y éteigne. Il traîna un peu, luttant contre le sommeil, vérifiant qu’il n’y aurait pas un ou deux couillons pour tester les fenêtres. Mais non...tout allait bien pour l’instant. Et la toubib allait sûrement passer une meilleure nuit cette fois.

Le lendemain, Darren n’eut pas vraiment le temps de s’occuper d’Isia. Il la garda à l’oeil autant que faire se peut. Mais tout le village s’anima. On mena quatre sorte de vaches locale dont l’allure ne parlait pas à Clive. Il ne trouvait pas de similitude avec les ruminants sur Terre même si la fonction restait identique. Les gens vivaient à l’ancienne. Comme on tuait le cochon autrefois dans les milieux ruraux, les familles procédèrent à la même technique sur la place du village. On dépiauta les animaux et les quartiers furent menés sur des étals de fortunes que les deux bouchers, ainsi que leurs fils apprentis, occupaient. Ils se chargèrent de mettre la viande en pièce et de préparer des pavés que les villageois placèrent dans les anciennes caisses en bois venues d’Atlantis.
Darren courrait partout. Il passait d’un endroit à l’autre pour donner ses consignes. Et s’il oubliait un endroit, on venait fatalement le voir pour connaître la suite des ordres. Il fit laver le sol pour y retirer le sang et répandre une grande part de leur stock de poivre pour dissimuler l’odeur. Il ne fallait pas attirer les loups ici !
Ensuite, il fît placer les vivres de chairs en stock et il veilla à ce que tout se passe au mieux.

Cette façon de donner les directives ne rencontra aucune résistance. Pas une. Ce qui étonnait beaucoup Darren. Normalement, personne n’aime se faire contrôler. Et il fallait être un soldat bien formé pour ne pas s’offusquer des ordres que l’on recevait. Même sur la cité, certains collègues avaient du mal avec l’autorité. Mais ici, il sentait comme une docilité bienveillante de la part de ces villageois qui le percevaient, avec un plaisir surprenant, comme leur Seigneur à part entière. Ils étaient heureux d’avoir enfin quelqu’un qui prenait les choses en main et qui nourrissait le projet de régler leur problème. Rien que le fait d’avoir demandé des volontaires au lieu d’exiger le faisait passer pour un sein dans leurs jugements intimes. Leur donner quelque chose à faire pour “tenter le coup” les rendaient tout simplement joyeux. Les enfants jouaient autour du chantier tandis que les adultes s’entraidaient avec le sourire. Il s’y trouvait une solidarité naturelle que Darren apprécia observer.

Il se faisait tard.
La nuit était presque en train de tomber et le chantier était enfin terminé. Les habitants vinrent voir Darren pour lui demander l’autorisation de faire la fête. Il ne voyait pas pourquoi ce serait refusé. Les gens étaient embarqués dans cette joie passive et ils sortirent tous de leurs maisons avec des tables et des chaises. Certains amenaient leurs alcools, surtout le tenancier du bar qui fit glisser deux barils par ses commis. Les autres préparaient un feu au centre de la place. On y mettait des couverts, on prévoyait déjà une place pour danser. Sur les ruminants sacrifiés, les meilleurs morceaux avaient été réservé pour servir d’appât sur les loups. Mais cela ne voulait pas dire que le village n’avait rien à manger. Au contraire, pas mal de quartiers ne demandaient qu’à être consommé avant qu’ils ne pourrissent.
Ils ne pouvaient pas travailler ces morceaux pour les faire sécher et conserver plus longtemps. Une excuse de plus pour faire la fête.

Darren envoya un message radio pour Isia en l’invitant comme dans un cirque ambulant. Avec une expression de clown (il s’était pincé le nez pour déformer sa voix), il lui proposa de rejoindre la “fête des gueux” et être la “plus belle femme du ramassis de clodos”. Tandis que les braises craquaient, que la viande rissolaient et qu’un petit groupe de musiciens en herbe commençaient à chauffer les gens, Clive fit une petite place pour la toubib et l’installa à ses côtés.
Isia s’était apprêtée pour l’occasion et ça l’avait surpris. C’était bon signe, son moral tenait.
«Je l’avais pas vue cette belle tenue. Tu la gardais pour les grandes occasions ? » ironisa Clive tout en tapotant sa propre tenue qui, elle, ne changeait jamais de gueule. Uniforme militaire…
Oui elle avait mis la seule robe qu’elle avait emporté. Pourquoi une robe ? Pour le principe d’être une femme élégante même dans un trou à rat. Encore de la fierté et un fort esprit de contradiction. Au début, elle ne voulait pas faire d’effort mais au vu de son moral au plus bas, elle estimait que s’occuper un peu d’elle lui ferait du bien. Ainsi, si elle était venue drapée dans une robe bleu marine, c’était pour elle et rien d’autre.
« J’ai été obéissante. Tu m’as demandé d’être la plus belle. Même si ce n’est pas difficile avec tous ces laiderons ! » Elle était mauvaise encore une fois. Mais cela lui fit un bien fou de retrouver un peu d’habitude dans le regard qu’on portait sur elle et surtout après avoir craché son venin.
Forcément, ils occupaient la place centrale avec les meilleurs couverts et les meilleurs sièges. Quand Isia avait débarqué, les deux cents villageois étalés un peu partout par paquets de tables s’étaient levés d’un geste. Ils ne se réinstallèrent que lorsqu’elle eut fini de s'asseoir.
«Tu es très belle. Il te manque plus que la couronne ! » lui avoua-t-il.

La belle blonde observait l’endroit, il fallait aimer le côté rustique sans beauté… Si son coeur n’était pas aussi dur, elle aurait presque eu pitié de la pauvreté de ces gens. Ils ne faisaient pas partie des civilisations remarquable pour leur art non… Et comme sur Terre, les personnes les plus démunies sont souvent les personnes les plus sincères. Moults visages rayonnants et heureux se trouver dans cette place, les gens ne semblaient pas souffrir de dépression ou autre symptômes déprimants, à croire que ce genre de sensations étaient réservés à ceux qui connaissent le confort. Le compliment du soldat brisa ses pensées. Un beau sourire illumina son visage.
« Merci. » Elle se leva, attrapant le bouquet de fleurs sauvages des bras trop chargé d’une enfant, l’amenant sur la table. Elle tressa les tiges, se rappelant des gestes de son enfance quand son père cédait à l’un de ses caprices d’être une princesse. Deux fines couronnes de fleurs furent tissées, l’une sur sa tête et l’autre sur celle de Darren.
« Voilà, mon seigneur. Vous êtes charmant ainsi ! »
«Merci ma reine !» répliqua-t-il avec le sourire. Il ajusta cet ornement fragile. «Je vous suis fort reconnaissant de ne pas avoir choisi des ronces.»
Les témoins les plus proches qui avaient observé ça applaudirent le couple de Seigneur. Ils voyaient là un signe supplémentaire de la promesse d’avenir que tout deux représentaient. Darren leur répondit d’un signe de la main, une sorte de remerciements tout en leur demandant d’arrêter d’applaudir. Ca c’était répandu par contagion jusqu’en bout de table. Quand à Isia elle eut un simple sourire amusée par les applaudissements, ils ne pouvaient donc rien faire sans être observé !



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Isia Taylor Laurence

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√ Arrivée le : 26/01/2016
√ Date de naissance : 07/01/1980
√ Gène : Innoculation
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le Lun 22 Juin - 10:20

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020


Mine de rien, le soldat fût touché par cette soirée pleine de sentiments humains positifs. Même les prétendants qui le regardaient parfois d’un mauvais oeil avait laissé la rivalité de côté pour rire avec les leurs. Il n’y avait pas de télévision ici. Pas de cinéma ni de spectacle à sensation. Simplement un peuple de fermiers, d'artisans et d’éleveurs. Ce qu’on y voyait à l’occasion des fêtes était plus sobre mais pas moins riche.
Darren prit le pichet d’alcool et servit un verre à la toubib.
«Je te préviens. Si tu es bourrée, je profite PAS de toi ! »
« Pas avant le mariage, il faut que je sois vierge ! » le taquina-t’elle tout en buvant sa chope… étrangement l’alcool était bon, peut-être un peu trop bon. Elle avait envie de boire, pour oublier, pour passer un bon moment, puisqu’elle n’avait pas le choix. 170 jours… enfin plus que 156 jours… 156 jours dans ce patelin à vivre au ralenti, soigner des vaches, des paysans et à s’emmerder…l’alcool était une échappatoire des plus détestable. Elle avait horreur des alcooliques. Alors, elle repoussa sa chope, éloignant l’appel de la sirène désirant profiter de sa faiblesse du moment. Il fallait qu’elle se reprenne. Elle n’en sortirait que plus forte et plus calme. Et Calahan paiera chaque bleu sur son corps. Oui, il paiera, car tout se paie un jour. Cette punition était aussi le juste retour des choses suites à ses abus et son incroyable « m’en foutisme ». Elle devait une dette au destin et elle rayait tout d’un coup ! Un fin sourire carnassier se dessinait sur ses lèvres, alors qu’elle se motivait intérieurement.

«Je ne te savais pas du genre à respecter à la lettre les traditions de la vieille France ! » se moqua-t-il en retour.
Elle oubliait, au passage, la compagnie de Darren qui avait écarquillé les yeux en la voyant terminer son verre avant de s’interdire la suite. Le jeune homme émit un petit sifflement admiratif puis ramena “la sirène” sous le nez d’Isia.
«Si tu crois t’en sortir aussi facilement que ça...» assura-t-il en remplissant de nouveau son verre.
Il le fît passer sous le nez de la doctoresse et le vida d’une traite.
«Ca m’en fait un d’avance !»
Et il en versa un de plus. Darren fît l’avion devant sa bouche pour la provoquer.
«Et bien, ma reine ? Celui qui ne boit pas, c’est celui qui conduit ?»
La doctoresse se leva et attrapa quatre chopes de bières sur un plateau, elle les déposa sur la table et en vida deux.
« Tu disais ? Une avance ? Hummm… je crois pas. » Elle se mit à boire la troisième tout en gardant contre elle la quatrième pour ne pas qu’il lui pique.
« Tu n’as aucune chance, en FAC de médecine on était les pros ! »

Darren s’inquiéta un instant de la voir brûler les étapes aussi vite. Déjà parce qu’elle avait commencé par se priver. Ensuite parce qu’il n’avait pas fallu grand chose pour la pousser au vice. Mais maintenant elle alignait deux chopes vides devant ses mains prises.
Ola, ola, mollo la toubib. Elle voulait déverser instantanément tout le contenu sur ses Rangers ?
Le militaire fronça les sourcils, ayant du mal à comprendre son délire. Ca aurait été beaucoup plus sympa de jouer en consommant tranquillement l’un après l’autre. En se tirant la bourre petit à petit. Là, Isia surenchérissait à balle, comme si elle voulait “gagner” rapidement, efficacement, à la vitesse de l’éclair. Lui couper l’herbe sous le pied en le traitant de petit joueur en gros.
C’est le temps qui allait lui dire si son amie tenait la marée. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de dire qu’elle gâchait un peu le jeu en réagissant aussi vivement.

«Je vois ça...» dit-il en abandonnant l’idée.
« Il y a un problème ? » demanda la doctoresse en le voyant si peu enclin à suivre. Bien entendu, elle avait sombré rapidement dans la provocation, restant incohérante avec ce qu’elle s'était dit avant… Une preuve qu’elle n’allait pas si bien.
«Tu vises la victoire immédiate ?»
Elle regarda les bières… se rendant compte. Elle repoussa la chope d’un air de dégoût. Que faisait-elle ?
« On laisse tomber... »
«Quelle défaitiste ! On remettra ça. Quand il y aura moins de monde pour nous guetter.» lui proposa-t-il. Elle haussa les épaules, non elle n’avait plus envie de jouer.

Le soldat “roi commis d’office” observa un peu les alentours. Les vapeurs de l’alcool commençant doucement à lui faire tourner la tête. Un brin trop enthousiaste, il avisa un drôle de gaillard, par exemple, amusa la galerie en jonglant avec cinq tabourets qu’il faisait monter haut dans le ciel. A chaque fois qu’on pensait qu’il s’en prendrait un sur le crâne, il faisait une esquive gracieuse pour récupérer l’objet.

Un autre, apparemment tailleur de pierre et habitué au port des charges lourdes, fît asseoir toute sa famille sur une table qu’il souleva sur son dos. Quelques uns des siens hurlèrent de stupeur en se cramponnant, d’autres finissant par glisser dans les rires.
Il y avait aussi des jeux basique, comme le lancer d’anneau sur un pic planté au sol. Ou bien le célèbre jeu de traction de corde avec deux équipes s’y affrontant. Darren participait parfois avec simplicité. Il gagna bien un concours de course, même s’il avoua plus tard à Isia que c’était très loin d’être l’idée du siècle après avoir englouti trois steaks entiers. Et que le type avait sûrement perdu parce qu’il était plus éméché !

Mais c’était amusant. Et peut-être même émouvant.
Ces gens faisaient la fête, ils étaient heureux. Et tout ça parce qu’ils avaient de nouveaux “Seigneurs”. Le pire dans cette histoire, c’est que tout était sincère. On ne sentait aucune hypocrisie. Dans la dureté de leur existence, les problèmes que l’on pouvait rencontrer sur la cité n’existaient pas ici. La vie semblait plus simple et complexe à la fois. Rien que par sa présence et celle d’Isia, chaque habitant semblait avoir reçu un manteau qui les réchauffait et les sécurisait. Il n’était pas rare qu’on leur fasse un signe poli, que des femmes viennent offrir à la toubib un vêtement. Comme un châle brodé qui avait une gueule moins repoussante que ce qu’elles portaient.

Très vite, lorsque les musiciens de fortune passèrent à une musique plus douce et langoureuse, tous les regards migrèrent sur eux. Les différents couples sur la piste de danse venaient de s'arrêter. Ils reculèrent en formant une double colonne, comme une haie d’honneur. Darren fronça un instant des sourcils avant de comprendre que le petit peuple attendait qu’ils ouvrent le bal. Isia était impassible, comme d’habitude. Si elle n’aimait pas ces gens, la fête ne devait pas être à son goût non plus.
Quoique, il ne savait pas trop. Elle était dure à cerner dans ces moments là. Il ne savait pas trop quoi déduire de son faciès.

En réalité Isia se faisait chier et elle était concentrée dans son imaginaire, essayant de se redonner la niak et de ne pas se laisser abattre.

Le soldat décida de ne pas chercher. Il posa son cerveau et se redressa doucement. Le jeune homme lui proposa harmonieusement son coude pour l’inviter à s’y accrocher en bon gentleman. Il la conduisit tranquillement jusqu’à la piste de danse. Chaque couple faisait un simili de révérence en s’abaissant à leur niveau. C’était trop sérieux et Darren ne pouvait plus se retenir.
«Faut relativiser, Harley. Ca va te raffermir les cuisses. Dieu sais que tu en as besoin ! » La chambra-t-il sans la moindre pitié.

Coupé dans ses machinations, son regard se posa sur le bras du soldat, elle était “absente”, n’ayant nullement porter la moindre attention à son environnement. La musique douceâtre et ce bras tendu, lui indiqua qu’il était temps de danser. Elle adorait ça. Elle se leva sans plus attendre, ignorant le geste du soldat, pour l'entraîner ELLE sur cette piste.
« Au moins, moi je n’ai que ça a durcir ! » fit-elle vache avant de regarder les couples danser… un ennui encore. « On va leur montrer ce que c’est que la danse Baby ! » Elle héla l’un des musicien. « Hey toi ! Joue quelque chose de plus dynamique ! »
«Ah non, surtout pas !!!» fît brusquement Darren en agitant un bras vers la troupe. «Je ne sais que danser les slows. Un minimum pour emballer les filles.»
Isia ne lui laissa pas le choix, elle l'entraîna sur la piste.
« Je te parle pas de slows ! »
«Tu vas pleurer tes pieds, Isia !» lui promit-il finalement en se laissant entraîner.
« J’ai tellement d’autre chose à pleurer ! » grogna-t’elle.

Clive fit tout son possible. Mais comme il l’avait dit, il ne se débrouillait que sur les slows. Suivre Isia sur la piste de danse revenait à faire le clown en espérant lui épargner les pieds. Il était sincère en s’excusant quand il lui marchait dessus. Et la doctoresse ne semblait pas lui en vouloir, elle avait prit la main, le guidant et lui donnant des indications pour suivre le mouvement. Elle savait danser, elle adorait ça même. Le club de danse de la cité était son petit show à elle seule.
Les danseurs alentours s’en sortaient mieux. Ils avaient l’habitude de certaines chorégraphies culturelles, plutôt pas mal.
Darren se laissa guider par la Française en se concentrant. Les quelques observateurs essayaient parfois de répéter leurs gestes. Étrangement, ils se calaient uniquement sur le médecin, ce qui le faisait marrer.
La suite de la soirée fut tout aussi amusante. Isia, malgré son piètre danseur, s’amusa réellement et elle rayonnait non pas de séduction, mais d’une petite joie. Certes de courte durée, mais cela était suffisant pour clôturer cette journée pourrie.


La nuit était bien avancée. Après la traditionnelle bagarre entre les plus gros poivrots du village, Isia dû recoudre une arcade sourcilière sectionnée et un nez cassé. Le soldat l’aida tranquillement, cette intervention plutôt calme et passive amenant une forme de sérénité bienvenue pour boucler la fête. Le village était en train de finir le rangement, si ce n’est s’endormir, et les trois poivrots suturés n’attendaient qu’un mot d’Isia pour déguerpir de sa masure.

Lorsqu’ils disparurent enfin, Darren insista pour rester encore un peu avec elle et l’aider à évacuer les déchets. Isia le laissa rester, elle n’avait pas spécialement envie d’être seule. Il rangea et nettoya pour que son dispositif soit aussi propre que lorsqu’ils étaient entrés avec les troubles-fêtes. Il y avait néanmoins un silence pesant nourri par le fait que Darren devait lui dire quelque chose mais qu’il n’y arrivait pas. Pas facile de trouver les mots même si Isia aimait bien la brutalité grammaticale dans l’absence de forme. Elle, de son côté, voyait bien que quelque chose clochait. Elle insista donc de son regard en croisant les bras, attendant tout simplement que le soldat se lance. On ne la faisait pas à une Taylor-Laurence.

«Je pars demain. » lui dit-il finalement alors qu’il lui tournait le dos, stérilisant les outils chirurgicaux dans le réceptacle en inox comme elle lui avait montré.
«J’ai réuni une petite équipe et on va forcer la migration des loups dans une zone sûre. Il y aura probablement des blessés alors...faudra te tenir prête. »
Il évitait soigneusement de lui dire qu’il serait à l’avant du dispositif. Ce ne serait pas un boulot sans danger. Darren détourna finalement son regard des outils pour la fixer. Il tenta de ne pas se montrer autoritaire, même s’il ne comptait pas lui laisser la moindre chance de discuter. Après ce qu’ils avaient vécu dans les bois, il ne pouvait pas lui faire prendre de risque.
«Tu restes ici Isia. Je ne veux pas te voir hors des limites du village.»
Il partait demain ? Soit. Il lui avait vaguement parlé du problème des loups (elle n’avait pas écouté), faut dire qu’ils étaient particulièrement redoutables… Ne plus les entendre hurler la nuit ne serait pas une grande perte. Par contre, que Darren y aille comme ça, avec une bande de bras cassé sans personne pour le soigner… franchement cela ne lui plaisait pas. Et encore moins son désir qu’elle reste ici. Elle était sur Atlantis depuis plus longtemps que lui, elle en avait vu d’autre des dangers… Et ce n’est pas une bande de loup qui allait lui faire peur. De toute manière...elle n’avait pas peur.

« Tu sais pourquoi des médecins accompagnent les grisouilles dans ton genre en mission ? » lui demanda t-elle sérieusement.
«Dans mon genre...» mima Darren, à la limite de le prendre mal.
Le militaire s’approcha d’un pas tout en s’essuyant les mains, histoire de lui montrer qu’il n’avait pas peur de lui tenir tête.
«Ma mission, c’est de te protéger. Pas de te faire courir de risque.»
Il était en train de se vexer ? Isia arqua un sourcil en croisant les bras. Il allait quand même pas prendre la mouche pour ça ? Alors que lui même se qualifie de gueux !?

Il remarqua le changement d’ambiance dans son regard et se mit à rire doucement.
«On leur offre notre première dispute de couple ?»

Elle ricana avec lui, en haussant les épaules « Si tu veux. » dit-elle cynique. Avant de continuer dans sa lancée. « DONC, dans ton genre : c’est à dire casse-cou. Et s’il y a des jaunes dans les missions, c’est pour soigner les CASSE-COU de gris ! » elle le regarda, elle n’était pas agressive bien au contraire.
« “Protection” ne signifie pas me foutre dans une cage dorée. Et tu n’as même pas à négocier, je viens avec toi. POINT. Et s’il te faut un ordre, je suis au dessus niveau hiérarchique donc en avant soldat. ! » elle passa à côté de lui en lui collant une main au cul, en adéquation avec le “en avant”.

Darren était en train de se demander où est-ce qu’elle avait vu qu’elle était en position de lui donner des ordres. Parce qu’elle était responsable du Pôle de Médecine et lui un simple soldat : il y avait une hiérarchie par défaut qu’il se devait de respecter ?
La main qu’il se reçu au derrière le surpris tellement qu’il fît un bond pour essayer d’y échapper. Le geste lui paraissait particulièrement déplacé et il fixa son amie en silence, se demandant si c’était ses quatre chopes de bière qui avaient enfin atteint son cerveau ou si elle était sérieuse ?
Bon sang. Pas étonnant qu’elle se retrouvait emmerdée par les mecs. Il connaissait une bonne quinzaine de noms qui auraient pris ça pour invitation. Du genre “tu joues, tu joues jusqu’au bout”.

Isia était le genre de personne qui voulait avoir raison. Ce type de dialogue, il l’avait déjà entendu venant d’elle. Et il l’avait déjà connu par le passé.
Le problème dans la configuration de cette mission, c’est qu’elle avait tendance à oublier ce qu’il faisait ici. Isia ne le prenait pas au sérieux, comme une pièce rapportée, ou comme si elle décidait qu’elle n’avait besoin de personne pour purger sa peine. Franchement, qu’est-ce que ça pouvait être d’autre qu’un emprisonnement déguisé ?

Clive s’attrista un instant.
Comme à chaque fois qu’il devait délaisser l’habit du mec sympa pour prendre celui du connard qui n’aime pas être bousculé.
«Tu as l’habitude de décider et d’ordonner, je comprends.» lui dit-il d’une voix bien moins enjouée. C’est sûr, Isia aimait avoir raison.
Elle lui avait balancé tout ça à la tronche avec tellement de légèreté que s’en était insolent. Et après ce geste de la main au panier, elle lui tournait le dos.
Taylor-Laurence le prenait vraiment pour un amateur…
«Fais-toi à l’idée que tu n’es plus dans ton infirmerie. Parce que celui qui me dirige, ce n’est pas toi. C’est Sheppard. Ses consignes sont claires.»
Isia ne se formalisa pas de son égard elle, ne cherchait pas à contrôler ses gestes. Elle avait trop bu… elle le sentait.
Oui, elle avait l’habitude de décider. Cela étant intrinsèque à sa nature et à la vie qu’elle menait. Son pôle médicale n’était pas dirigé par la diplomatie, mais par sa tyrannie. Tout le monde se pliait à ses ordres et vœux. Même ses patients faisaient ce qu’elle voulait. Alors, que Darren soit d’accord ou non, elle s’en fichait clairement. Elle viendrait avec lui. Et si elle voulait venir, c’est pour le soigner LUI s’il se faisait bouffer les miches. Car elle savait qu’il allait se faire bouffer quelque chose. C’est un casse-cou, le genre de militaire qui en fait trop et qui se met en danger. Et il était hors de question qu’il meurt et qui la laisse seule ici !
« Dans ce cas tu restes ici ! Pour me protéger. On ne sait jamais ce qui peut arriver ! » dit-elle en tournant légèrement la tête. Elle était moins joisse elle aussi. Bien entendu, qu’elle voulait avoir raison, car elle avait raison...
«Non Isia. C’est moi qui porte la culotte. Tu ne me méneras pas par le bout du nez !» lui assura-t-il posément. Il se mit à sourire avant d’ajouter : «Fallait bien que les rôles changent un jour...»
Elle le regarda de haut en bas, avant de se mettre à rire, cette fois, elle s’était tournée totalement. Il voulait jouer ? Il n’avait même pas à discuter… elle venait ! Point.
« Et toi non plus ! Si tu crois que tu vas me laisser ici ?! Tu rêves ! Je ne suis pas une princesse qu’un preux chevalier doit protéger ! On est plus dans ce temps Darren ! Ou l’homme doit protéger les faibles femmes ! J’ai fais un tas de mission et de pseudo guerre pendant que des gris se castagnent la gueule avec un peuple primitif ! Alors des loups…. !! »

Le jeune homme perdit son calme.
Il ne lui en voulait pas de tomber dans le fameux cliché du sexe faible, c’était facile d’expliquer sa volonté par cet état d’esprit. Mais voir la toubib lui tourner le dos en se comportant comme ça était vraiment insultant. De l’art de balancer “c’est comme ça” et de clore le sujet comme une princesse.
Irrité, Darren lui empoigna l’épaule et la retourna derechef, n’ayant pas peur d’en être passé aux mains. Elle était à peine en train de gueuler qu’il la saisissait par les aisselles et, sur une forte impulsion, il la souleva sur une courte distance. Quelques dizaines de centimètres pour lui faire poser son cul sur la table d’à côté. Un tonitruant “ASSIS” adressé de manière non verbal.

Isia fut surprise, elle ne s’attendait pas à ce contact et encore moi à être soulevé comme une plume. « BORDEL DARREN L CHE MOI ! » Dit-elle colérique ! Elle hésita à le labourer de ses griffes… mais elle retenu son geste, pour la simple et bonne raison qu’elle ne voulait pas lui faire de mal. Quand son cul heurta la table, elle était digne d’une harpie. Son regard azur envoyait des sabres lasers tellement elle était furax. D’où il se permettait de faire ça ? Sans lui laisser le temps, elle lui agrippa de sa main les deux joues, serrant suffisamment fort pour qu’il ait une petite douleur et qu’il s’approche.

« Tu crois que je suis ta chienne ? Que je vais rester bien sagement à la niche ? » dit-elle d’un ton venimeux . « On est deux dans la même merde ! Et je détesterai devoir t’enterrer à cause d’une infection qui aurait dû être soignée avant ! Que les autres crèvent : j’en ai rien à battre ! Mais pas toi ! Donc on reste ensemble ! » Elle le lâcha furibonde.




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le Lun 22 Juin - 10:21

Isia Taylor Laurence
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Le jeune homme s’attendait à une vive réaction de sa part. Isia faisait l’enfant et elle continuait dans la surenchère. En agissant comme ça, Darren lui avait montré qu’il n’avait pas peur d’y aller physiquement pour lui rabattre le caquet. Du coup, il avait le droit à son petit scandale et l’agressivité de la toubib. Fini la séductrice et le roulage de cul, bonjour le regard noir meurtrier. Quand le premier ne suffisait pas, on sortait l’artillerie.

Pourtant, le terme qu’elle utilisa le surpris un peu. Il ne chercha pas à fuir quand elle lui pinça la figure. C’était de bonne guerre en quelque sorte. Mais qu’elle s’épuise à gueuler qu’il la prenait pour une “chienne”, le soldat se demandait comment il devait l’interpréter.
Taylor-Laurence prenait trop l’habitude de jouer de ses atouts, le charme en l'occurrence. La réputation de traînée qu’elle se collait était en majeure partie dû à ça. Mais il suffisait de réfléchir deux minutes pour ne pas tomber dans ce jugement facile.

Alors du coup... ça l’affectait vraiment au final ?
Que Darren la voit lui-aussi comme ça ?

Non. Franchement, il avait du mal à saisir.
C’est elle qui dormait à poil, perdue au milieu d’un territoire étranger, avec des prétendants qui grattent à sa porte chaque matins. Elle qui lui roulait une pelle devant le populo pour se défaire de l’intérêt des autochtones. Taylor n’était pas du genre à s’inquiéter de ce genre de qualificatif ; et carrément du genre à s’amuser de faire succomber son entourage. C’était l’essence même de la raison pour laquelle Sheppard l’avait demandé.

Clive déduisait que c’était sa stratégie pour prendre le dessus. Le faire culpabiliser, d’une certaine manière, et l’émouvoir par la suite. L’entendre lui dire que sa santé l’importait manqua de l’irriter. Elle en avait rien à cirer des autochtones, c’était un premier point qui le dérangeait. Et Darren était persuadé qu’il aurait reçu le même mépris si la toubib ne s’était pas retrouvée isolée avec lui.
Ils s’étaient rencontrés deux fois. La première dans son cabinet d’auscultation. La seconde fois ici, depuis plus d’une semaine. Donc l’hypothèse de son attachement pour lui ne tenait pas la route.

Le tout se résumait facilement : la doc avait l’habitude de contrôler son environnement, régencer son petit monde. Elle avait son fief, son infirmerie, et ses gens. Darren se souvenait entendre plus souvent parler de Taylor Laurence que de Carson. C’était pourtant lui à la tête du Pôle Médecine.
Isia avait été débarqué ici comme une malpropre et ça ne semblait pas l’avoir démotivée, bien au contraire. Elle appliquait maintenant ces mêmes lois ici, Darren compris. Elle insistait dans ses torts au lieu de faire amende honorable, garder profil bas. C’est ce qui l’énervait. Risquer sa vie parce qu’elle avait décrété qu’elle le suivrait. Les fameuses raisons médicales n’étaient que des excuses. Et le fameux couplet sur son rôle de femme et la manière dont elle était perçue : un caprice d’enfant.

Darren le pensait sincèrement : les huiles n’auraient jamais dû lui envoyer du matériel. Ce n’était pas lui rendre service de lui montrer qu’il la soutenait. C’était désavouer cette sorte de punition qui lui était tombée dessus, encourager ce qui l’avait conduite sur cette planète. Et c’était sans compter qu’il était témoin, de sa simple position de soldat, que ses directeurs étaient partis pris dans cette affaire. Isia le lui avait dit : à sa place, il aurait été renvoyé en prison sur Terre.
Si ça ne transpirait pas les petits arrangements de mafieux, ça…
Les exigences d’Isia ne l’étonnait plus qu’à moitié maintenant. C’était à se demander si elle n’avait pas mis le patronat dans sa poche.

Darren dégagea lentement son visage lorsqu’elle eut l’envie de le lâcher et il la toisa longuement. Il savait bien que c’était inutile d’argumenter. Taylor faisait sa tête de mule. Elle ne comprenait pas que sa situation ne se résumait pas à attendre deux mois sans confort qu’on vienne la chercher ? Que ça allait plus loin ?

«Arrête ton char, doc. Je ne suis pas plus important à tes yeux que le type que tu étais prête à finir dans cette forêt.» déclara-t-il assez sèchement. Sa naïveté avait des limites.
Il se recula de quelques pas, préférant lui laisser de l’air.
Darren secoua négativement la tête, l’air maussade. Et dire qu’il avait transmis un mot à Sheppard pour la faire évacuer. Il commençait à se demander si elle le méritait vraiment. Si elle méritait les alliés qui lui avaient envoyé ce matériel. Que diraient-ils s’il la voyait houspiller pour suivre Darren au beau milieu d’une migration de loups ?
«C’est clairement pas la période de ta vie où tu peux t’afficher en faisant la grande gamelle. Je pars demain matin et il faut que tu restes à l’abri. On te déposera les blessés s’il y en a.»



Elle n’en revenait pas ! Il avait osé la poser ainsi, sur cette table, comme une poupée… pour qui il se prenait le petit soldat ? Il n’avait pas d’arguments suffisamment logique et intéressant pour lui faire clouer son bec ? Il devait avoir recours à la violence ? Le mur était donc si proche chez lui ? Elle fulminait et il était loin d’être facile de soutenir son regard comme il le faisait actuellement. Elle savait très bien qu’elle insufflait la peur chez beaucoup, il suffisait d’aboyer plus fort pour que tout le monde se la ferme ! Les gens osent rarement gueuler…
Alors pourquoi cet homme, habitué à donner sa plus totale soumission, était en train de continuer à discuter ? Même si cela n’était guère un échange construit… Il avait décidé ? Monsieur le héros blanc, de devoir sauver le bas peuple des vilains loups ? Mais quand ils seront partis, que deviendra ses gens maintenant trop habitués à des seigneurs si généreux ? Eh bah ils meurent comme des cons ! Alors, Darren aura été content d’avoir tué des chiens sauvages pour des gens assistés !

Elle ignorait ce qui se passait dans sa tête et valait mieux qu’elle l’ignore…Bras croisés elle attendait une quelconque réplique ou même capitalisation de cette tête de mule suicidaire. Mais cela ne vient pas. Elle ouvrir de grands yeux avant de serrer les dents. Il était sérieux ? Il était encore dans son délire de victime « moi, personne ne s’intéresse à ma vie, je suis un bidasse … » Bah oui ! Tu es du bidasse, avait-elle envie de lui hurler dessus. MAIS il avait le logo d’Atlantis sur sa veste, il était un putain de soldat d’Atlantis ! Et même si elle pouvait mépriser bon nombre de ses compatriotes comme Eversman, elle avait le devoir de les sauver, de les soigner ! Oui les gens qui vivent et chient sur cette cité avait de l’importance pour elle ! Sinon à quoi bon être un putain de chirurgien de génie ? Elle avait TOUT donné à cette cité ! Elle avait renoncé à sa vie normale sur terre, elle avait élaboré de nombreuses recherches donnant vie à des produits innovants et pratiques, elle étudiait les nanites pour réparer les corps meurtris de manière définitives, elle lançait des recherches expérimentales sur les maladies... elle opérait avec les dernières technologies, elle tentait le diable et la faucheuse pour sauver des vies… oui parfois, elle jouait le rôle de la dame noire, en permettant à certain de partir si il lui demande ou bien quand plus rien n’était possible…Elle avait tout donné, même son corps, même son âme pour cette putain de cité !

Et lui, ce petit con, était en train de lui dire que sa vie n’avait pas d’importance au même titre qu’un être insignifiant ? Il déconnait… il était vraiment qu’un crétin, trop habitué à cracher sur les élites pour ouvrir les yeux sur la réalité. Il devait se reconnaître dans les gueux de cette planète ! Ce petit confort de prolétaire. Ce sempiternelle conflit de bourgeois et de misérables !
Et il insistait dans sa connerie. Elle devait se la fermer ? Mais pourquoi donc ? Devait-elle se taire gentiment pour le simple principe qu’elle était punie ? Elle se mit à rire…

« « Je n’ai aucune raison de me la fermer ! » dit-elle avec une violence incroyable. Elle montait en pression, elle ressentait les frissons désagréables de la rage… Il n’était pas facile de concentrer cette boule de haine qui grandissait en elle et qui s’alimentait de bons nombres de sentiments ou d’événements. Cette boule, elle l’avait eue depuis longtemps… quand elle a été violée plus jeune. Elle avait appris à la canaliser, mais sa vie sur Atlantis avait ramené cette infâme blessure… se déclenchant quand elle avait manqué de finir à la casserole pour l’événement de trahison de la grande lessive. Son corps n’avait pas été souillé… grâce à Mike et Alek. Mais les souvenir sont là… ouvrant des blessures… puis le morphéas, kidnappée, avec ce contact continu de cet monstre lui faisant partager ce qu’il vivait …les sentiments de violer Pedge avait été les plus tragiques… lui annoncer plus atroce encore. Tout cela, elle l’avait gardé. Les diverses tentatives d’un crétin vaniteux de bureaucrate pour la mettre en porte à faux, puisqu’elle avait refusée de coucher avec lui, les « jouets cassés » de Calahan… beaucoup trop de chose s’accumulait. Beaucoup trop d’élément qui gambergeait en elle… tout cela allait encore exploser … et la dernière fois, elle avait manqué de tuer un officier. Certes, la psy, lui avait dit que c’est mauvais de garder tout ça en soit. Mais, elle en avait eu que faire de ses réprimandes. Elle avait manqué de courage, le courage d’affronter ses blessures si soigneusement recouverte de plomb. Aujourd’hui, elle se disait qu'elle aurait dû. Mais, elle n’était pas prête l’avouer.

Elle se leva, les paume en l’air comme pour se calmer. Elle avait fermé sa bouche. Se disant que les prochains mots seraient pires que des balles. Elle savait qu’elle allait le blesser, qu’elle allait tout faire pour le rabaisser, qu’il ploie coute que coute. Et cela n’était pas saint, puisqu’il se prendrait dans la gueule tous ses problèmes à elle. Que cela serait injuste, après tout ce qu’il faisait pour elle… elle respira deux fois.

« « On va arrêter la conversation là. » dit-elle froidement.
« « On n’est pas d’accord et aucun ne cédera. Donc je vais me coucher. » Dit-elle en passant vers lui sans même le regarder. Elle s’arrête néanmoins aux premières marches de l’escalier.
« « Dors ici… tu y seras mieux que dans ta tente… enfin si tu le veux bien » Elle tenta d’être moins agressive. Puis elle commença à monter. Après tout, s’il voulait être en forme, autant qu’il prenne le pseudo canapé et qu’il profite de la chaleur de cette maison.



“Un dialogue de sourds”, songea-t-il intérieurement en la regardant filer vers l’escalier.
Cette arrogance affichée et cette façon de lui répondre dans un sous-dialogue, qu’elle faisait ce qui lui plaisait rappelait, ce qui l’irritait le plus dans son métier. Il se souvenait bien, avant d’être à son compte, lorsque ses contrats étaient sélectionnés pour le montant du virement bancaire par ses patrons.
Clive s’était retrouvé à devoir veiller sur des gens infects, arrogants, des malades du contrôle et de la soumission qui méritaient pas d’être protégé. Mais ils avaient du pognon. Et sur Terre, le pognon c’est le pouvoir.

Le comportement de la toubib lui rappelait ces clients qui se pensaient tout permis parce qu’ils étaient le payeur, qu’ils agitaient les billets en pensant pouvoir tout obtenir. Laurence n’était pas de ceux-là, c’est certain. Mais elle dégoulinait d’arrogance et d’une assurance mal placée. Ça l’agaçait beaucoup. Pour lui, cette femme avait les deux pieds dans la merde et elle continuait de faire la star.

Sur le moment, la colère lui donnait envie de lui dire que ses cent soixante-seize jours de punition ne seraient pas volés. Ca le soulagerait sûrement de lui envoyer ça dans la figure mais ce n’était ni constructif, ni professionnel.
Quelque part, Darren regrettait de s’être comporté si librement envers elle, comme une amie en devenir. C’était drôle de la voir s’exciter sur les autres. Mais lorsqu’on était directement impliqué, ça l’était beaucoup moins d’un coup. Peut-être aurait-il dû rester pro jusqu’au bout en mettant de la distance ? Mais est-ce que ça aurait changé quelque chose au final ?

Isia s’arrêta en l’invitant à dormir ici.
Incapable de savoir si c’était du lard ou du cochon, le soldat en ria silencieusement en se disant qu’elle en loupait pas une. De l’art et la manière de clore le sujet en restant bon prince. “Va mon brave ! Voit comme je reste gentille même si t’a fait le vilain !”

Darren pesta dans sa barbe et quitta la baraque.
Il rejoignit son campement en se laissant un peu bouffer par la colère et en énumérant soigneusement tout ce qu’il avait à reprocher. Tout le monde y passait et il en voulait à la planète entière. Sheppard pour lui avoir collé cette mission de merde. Le CODIR pour la distribution de bisous quand un bon coup de pied au cul s’impose. Eidolas pour sa disparition ect…
Vu la situation, le soldat n’allait pas s’endormir tout de suite. D’autant plus qu’il conservait ses automatismes professionnels et qu’il poursuivrait sa surveillance de la masure d’Isia à distance. Il n’avait pas envie mais c’était le job. Et il faisait toujours son job.
Darren attisa son feu de camp pour le faire redémarrer un peu et il se fit chauffer de l’eau dans son quart. En attendant, il revint en direction de la masure et fit le tour discrètement. Il recherchait un éventuel petit malin parmis les prétendants qui aurait vu la doc picoler pendant le repas et qui en profiterait pour entrer.

«Mets-y du tiens surtout, que ça la détende cette chieuse !» grogna-t-il en terminant son tour.

Il n’y avait rien ni personne.
Le village s’était endormi, Darren était le seul à traîner.
De retour au camp, il s’installa tranquillement devant le feu et sortit de sa veste le paquet d’enveloppe qui lui avait été adressé. Encore une fois, il chercha le nom de son amie en vain. Elle demeurait toujours aussi muette. Ses amis du D-4, en revanche, ne l’oubliait pas. April, Max et Jim lui avaient écrit chacun une lettre. Une semaine qu’il ne les avait pas vu et recevoir de leurs nouvelles lui fit chaud au coeur.
Les conneries de Max, les histoires de culs d’April et les réflexions profondes partagées par Jim lui plurent beaucoup. Il en riait par endroits, relisant lentement plusieurs paragraphes, jusqu’à avoir consommé la dernière ligne. Darren termina son thé au citron en fixant d’un air assez ému les enveloppes.
Les gars lui souhaitaient bonne chance sans en faire des tonnes. Ils étaient tous militaires, appelés un jour ou l’autre à devoir faire un boulot qui les arrachaient à la camaraderie. C’était comme ça.

Darren se fit une raison.
Il prenait conscience que ça l’affectait aussi d’apprendre qu’il resterait deux mois de plus dans cet endroit. Loin de chez lui, de ses amis, à partager une punition qu’il ne mérite pas. Pour se motiver, Clive prévoyait déjà plusieurs projets avec les villageois. Qu’importe si Isia les détestait, elle n’aurait qu’à rester dans son coin et faire son job. En attendant, il y avait cette route à construire, le projet de fonder une école et un gîte d’étapes pour les marchands du Nord. Il les aiderait de son mieux en veillant à fond sur Isia, puis il les préparerait au jour où le “couple royal” ne sera plus là pour eux. Cette idée le ramena à sa frustration du jour.
Taylor Laurence et son tempérament de star le mettait toujours en colère. Mais il se rassura à l’idée qu’il avait pour fierté d’avoir toujours rempli ses contrats. Cette fois-ci ne ferait pas exception. Isia rentrerait sur Atlantis en un seul morceau et il aurait cette fierté de venir faire face au colonel, de le saluer militairement, sans dire un mot.

Thé terminé, extinction des feux.
Darren fit un dernier tour autour de la masure de la toubib puis il alla se coucher. Le sommeil le prit en embuscade et il sombra comme une bûche sans même sans rendre compte. Le lendemain matin, le Shérif vint le réveiller avec beaucoup de précaution, craignant de se permettre trop de liberté surement. Encore un peu dans le gaz, Darren le remercia et se prépara. Un brin de toilette puis il s’équipa entièrement cette fois. Tenue militaire, gilet tactique, P90 et autres équipements, il termina par un coup de peigne à l’arrachée dans les cheveux et se rendit au centre du village.

Les volontaires se trouvaient là, autour de deux chariots sur lesquels ils avaient monté les caisses pleines de viandes. Le militaire s’approcha et les salua. Il grimpa sur le sommet d’un chariot pour pouvoir tous les voir et faire son discours :
«Ce que nous allons faire sera dangereux. Les loups attaquent parce qu’ils vous disputent le territoire. Nous allons leur en donner un autre. Pour ça, il faut s’enfoncer jusqu’au plus profond de leur tanière. Si nous y parvenons, le village retrouvera la paix. Je ne peux pas promettre de tous vous protéger. Alors je ne veux que des gens prêt à courir ce risque.»
Il avisa la douzaine de villageois. Des hommes que l’environnement hostile avait endurci. Darren reconnaissait le fils du forgeron. Il portait une protection en cuir et un assemblage grossier d’anneaux de fer, probablement un prototype d’armure. Deux autres sur la gauche, des chasseurs amis de longue date, l’avait rejoint avec leur arcs. La veuve était également là, montée sur l’un des chariots pour le conduire. Le Shérif se trouvait sur le deuxième. Parmi la troupe, il y avait un éleveur qui disait au revoir à sa femme et à ses deux enfants avant de s’empresser à rejoindre la masse, une simple fourche pour arme.

«Que ceux qui me suivent dans cette aventure rejoignent les chariots. Nous partons.»

Les volontaires n’eurent aucun temps d’hésitation. Ils approchèrent ensemble pour monter à l’arrière, prenant les places que les caisses avaient épargné. Darren tendit la main pour aider plusieurs d’entre eux, le geste faisant également office de remerciement. Son regard capta la scène d’un vieillard qui serrait fébrilement le bras d’une femme d’une trentaine d’années qui le rassurait. L’homme était effrayé à l’idée de la voir partir. En réponse, elle lui fit une accolade, l’embrassa sur le front puis vint directement jusqu’à Darren. Elle commença par balancer dans la charrette une série de gourde locale qu’elle avait prévu pour tout le groupe et lui tendit directement la main pour monter.

«Vous êtes ?» en lui empoignant la main en réponse.
«Neerva. Serveuse à la taverne.»
«Bienvenue chez les braves Neerva. Prenez place.»
Comment Isia pouvait détester ces gens ? Tout n’était pas à jeter dans ce peuple.
Le soldat regarda un peu autour de lui. Les autres étaient venus pour les encourager, en tant qu’observateurs, familles et amis. Il se tenait debout sur la charrette de tête, comme la figure de proue d’un navire qui barrait pour affronter une tempête. Darren acquiesça puis avisa la veuve qui conduisait son chariot.

«En route.»



Mais celle-ci ne démarra pas. Et pour cause, une silhouette bien connue se trouvait devant. Sans un mot, sans même un regard pour quiconque, elle contourna la charrette, observant les « héros » du jour. Ceux qui irait affronter des bêtes affamées et acculées. Elle avait un sac en main et elle le lança à Darren quand son regard croisa le sien. Le sac n’était pas bien lourd, mais il contenait le nécessaire de survie version light pour soigner quelques blessures et surtout du désinfectant. La doctoresse était d’une neutralité incroyable, une belle statue n’aurait pas fait mieux.
La mâchoire vissée, elle se détourna du groupe, sans même leur souhaiter bonne chance. Elle n’en avait pas envie. De la chance, ils en auraient besoin, mais ce genre d’escapade était stupide. Non, l’escapade de Darren l’était à ses yeux. Mais quitte à ce qu’il agite son derrière musclé devant des gueules affamées autant qu’il puisse se le recoudre convenablement.
Quand elle s’était levée le matin, elle savait qu’il n’avait pas accepté son invitation à dormir dans un lieu moins pourri que son campement de souillon. Elle avait eu grand mal à s‘endormir, rongée par la colère et la déception d’un millier de choses qui tournaient dans sa tête en boucle. Elle avait même pleuré de rage pour évacuer son cocktail mortel de sentiments. Sa couverture semblait froide, elle avait grelotté toute la nuit, en réalité l’émotion en elle lui procurait un chamboulement énorme… elle avait finit par prendre un somnifère, encore une fois. Pour taire les démons qui l’emmerdaient sérieusement.
Alors, quand elle était descendue boire un café, elle avait eu l’acide insatisfaction de voir que Darren était aussi têtu qu’elle. Et puisqu’elle ne pouvait le ramener à la raison. Elle restait dans l’optique de quand même lui offrir une aide. Bien sûr elle avait envisagé de venir, de s’imposer, de lui faire un fuck au devant de sa gueule rectangulaire ! De lui faire l’affront de l’emmerde publique et même de l’humilier. Mais rien de cela n’est raisonnable et elle avait décidé de faire une concession. Cela lui avait coûté, comme à chaque effort qu’elle devait faire alors qu’elle s’estimait légitime. Le monde et les relations humaines marchent ainsi. Isia avait l’habitude qu’on se plie en quatre pour elle … mais cela n’avait pas toujours été le cas. On s’habitue vite au confort… trop vite. Comme à obtenir ce qu’on veut, avec ou sans bataille. La victoire contre Darren avait un prix trop amer pour qu’elle prenne les armes. Les conséquences sont déjà là et elle ne les aime pas du tout.
Alors voilà, elle apporta son sac et tourna les talons, sans rien dire, n’ayant que faire des regards ou des remarques. Elle était de mauvaise humeur et elle n’avait pas envie de faire plus d’efforts. Les paysans avaient leur propre lot. Dans ce sac, il avait suffisamment pour cette troupe de suicidaires. Enfin, pour ceux qui n’auraient qu'à recoudre un bras déchiré… il y avait aussi une attelle pour gérer une fracture. Une note de survie en pleine nature ajouté à leur intention pour en faire une réplique sommaire avec des branches et un bandage. En gros, quelques conseils pour palier le manque de matos. Le genre de conseil qu’elle enseignait pendant ses cours de premiers soins aux soldats.


Elle l’avait respecté dans son boulot. C’était normal selon lui, mais très plaisant de la voir faire cet effort. Le sac entre les mains, le soldat fixa silencieusement ce dos de chirurgienne s’éloignant dans la nature. Jusqu’au bout, Madame jouait la princesse au front haut. Tous dans le geste et le comportement laissait entendre qu’elle l’avait consenti que de bonne grâce. Genre “va, pauvre âme, je suis si bonne !”.
Cette déduction lui arracha un sourire d’ironie tandis qu’il transitait le matériel à un volontaire au regard anxieux. La doc était vraiment spéciale quand elle s’y mettait. Son petit spectacle muet venait de faire grandir des murmures anxieux parmis les habitants. Déjà, la populace se demandait ce qu’il s’était passé la veille sous le toit royal.

«Tout va bien.» annonça-t-il avec un petit clin d’oeil de complicité.

Le convoi de charrettes se mit en branle, passant à l’écart de la masure d’Isia. Même si Darren avait tenté de rester en position fixe et de ne pas dévier le regard, ça lui avait brûlé la langue de savoir si elle serait quelque part en train de les observer. Derrière un rideau tiré de sa chambre peut-être ? Ou sur le seuil de la baraque ?
Ou bien se contentait-elle de bouder de façon parfaitement puérile ?

Clive hocha pensivement la tête en se disant que l’essentiel, c’était de ne pas l’avoir dans l’un de ces chariots. S’il pouvait se mettre en danger et le justifier auprès de Sheppard, ce n’était certainement pas le cas d’Isia. Il était satisfait qu’elle reste là et il savait, qu’à partir de maintenant, l’équilibre de leur entente serait plus fragile qu’il ne l’était avant.
Isia DEVAIT prendre conscience de certaines réalités. La punition qu’ils avaient à endurer ensemble s’aggraverait si elle ne se rangeait pas. Comme un taulard qui prendrait un an de plus parce qu’il s’est battu pour une histoire de regard de travers.

Quant à Isia avait regagné sa masure, elle était encore en colère, il lui fallait un peu de temps pour digérer ça et puis bon… elle n’avait pas explosé pour évacuer complètement donc la lave du volcan devait refroidir encore un peu. Elle ne sortit pas les observer marcher vers leurs “connerie de chasse aux gros loups”, non elle se concentra sur le rangement de son “cadeau” et d'organiser au mieux son inventaire. Elle manquerait vite de tout, malgré le ravitaillement et elle voulait faire durer son matériel jusqu’au prochain jumper. Ainsi, elle devait se rationner, même sur les soins. Elle notait tout dans un carnet, quand quelqu’un toqua à la porte, son premier client du jour.

La porte s’ouvrit avant qu’elle ne puisse donner son autorisation. La silhouette d’un homme couvert d’un vêtement en pièce unique et d’un symbole lourdement suspendu à son cou suffisait à l’avertir que la visite n’était pas médicale. Sa fameuse bible sous le bras, le Saint Homme s’approcha avec un sourire paternel. Il forçait un peu l’image de la sagesse divine, progressant d’un pas assuré vers la blonde.

«Ah, mon enfant ! Je suis bien heureux de vous voir. Je n’ai pu m’empêcher de lire l’angoisse qui étreint votre coeur.»
Le religieux lui adressa un sourire niais et innocent.
«Il n’est jamais aisé de laisser aller l’homme au danger, n’est-ce pas ?»

Isia ne s’attendait pas à cette visite… mais alors pas du tout… elle en avait presque oublié qu’il avait sur cette planète un “père”, un homme saint bourré d’empathie et de bonne chose. Lui au moins ne tripotait pas les gamins, mais seulement son bouquin bourré de conneries. Son regard s’arqua d’une interrogation se demandant bien de quoi il parlait...avant de comprendre… Il pensait qu’elle était angoissée ? Cela était presque à mourir de rire. Mais elle ne le fit pas. Pas encore en tout cas.

« « C’est gentil de vous en inquiéter père Bastole. Que puis-je faire pour vous ? Un mal de dos a force de prier ou bien une coupure avec votre livre ? » dit-elle avec son cynisme habituel, ne répondant pas à cette question sur le fait de laisser Darren se faire manger les miches par des loups. Son inquiétude ou même colère ne regardait qu’elle et éventuellement le premier concerné… mais pas un de ces pequenot.
Bastole prit cela pour un aveu silencieux. Il souligna la remarque d’Isia d’un doigt se mouvant sur sa taquinerie alors qu’il riait aimablement.
«Elle est très bonne, je loue le trait satirique de votre esprit. Il est...à l’image de l’indomptabilité. Ce qui manque à ce village.»
Il se déplaça de côté, tel un crabe, pour s’appuyer contre l’une des tables du salon.
«Mais à la vérité, c’est plutôt ce que je pourrai faire pour vous.»

La jeune femme secoua un peu la tête, désabusée de voir qu’il en riait...elle avait toujours eu du mal avec les ultra “bons”...ceux qui ne peuvent comprendre les doubles paroles mauvaises. Ceux qui ne savent voir que les belles choses, même quand c’est moche. Une force dans un sens, puisque maintenant il lui parlait d’être indomptable. Cela lui fit une petite pique au coeur. Elle joua avec son anneau, qui quand on soufflait dessus, laissait apparaître un message personnel parlant de “pouliche indomptable”...Pedge… Cela la rendit plus agacée intérieurement.
Il voulait l’aider ? Elle esquissa un rictus sardonique, elle n’était pas née de la dernière pluie, il voulait avoir des confidences… il en serait déçu. Mais autant qu’il soit utile.
« « J'hésite entre me masser ou bien ranger le bordel que je suis en train de mettre dans mon inventaire ! » Bien entendu, cela était de la moquerie pour le massage. Après s’il voulait faire l’inventaire avec elle, soit.
«Ce que vous dites m’échappe totalement.» reconnut-il en regardant autour de lui. Il ne trouvait pas l’endroit spécialement bordélique.
D’un geste lent et très doux, il se sépara de sa bible pour la poser sur la table et croiser les bras. L’homme affichait une patience qu’Isia ne saurait égratigner. Du moins, c’est ce qu’il souhaitait refléter.
«Peut-être que le ménage n’est pas le meilleur exercice pour se soulager l’esprit. Là-dehors, bien des mères et des épouses seraient ravies de vous apporter de l’aide. Mais la peine de l’esprit...c’est une affaire plus sérieuse.»
Il termina cette déclaration sur un petit air entendu : le secret de la confession...
«Quelque chose alourdit inutilement vos épaules, mon enfant. Permettez-moi de vous en libérer !»

La jeune femme lui lança un regard désabusé… sa patience elle allait la dévorer… quand à sa remarque sur le ménage… elle roula des yeux, oubliant que dans cette civilisation, ils n’étaient pas encore au partage des tâches et autres égalité. Elle soupira, avant de se lever. Il pouvait se mettre au plus profond de son fondement son aide “spirituelle”. Elle lui fourra dans les mains son carnet et son stylo.
« « Vous savez écrire ? »
«Bien sûr, je suis un homme de foi !»
Il posa néanmoins le tout sur le côté, esquivant volontairement le travail qu’elle comptait lui donner.
«Dites-moi, ma jeune amie.»
Elle plissa des yeux.
«Qu’est-ce qui peut nourrir chez vous un tel ressentiment pour notre peuple ?»
Isia l’ignora royalement, marchant vers la caisse de ravitaillement, y sortant des poches sous vide (optimisation de l’espace). Il comptait vraiment lui demander ça ? N’avait-il pas quelqu’un d’autre à emmerder aujourd’hui ?
« « Bien, donc cinquante compresses cotons... » elle énumérait ce qu'elle prenait, avant de jeter un regard vers l’homme « « Je croyais que vous saviez écrire ? Eh bien notez mon père ! »
«Les ténèbres qui chargent votre regard ne trompent pas. Les villageois le sentent tous.» poursuivit le prêtre sans toucher au carnet. «Vous avez tout à fait le droit. C’est une belle liberté d’esprit et ça vous correspond bien. Seulement...ce qui motive cette amertume m’échappe.»
Il fît la grimace, révélant par là qu’il y avait longuement réfléchi sans jamais trouver une hypothèse valable.

Isia soupira longuement… il ne lâchait rien cet homme et elle n’avait pas envie de rentrer dans ce débat. Cela était une perte de temps non négligeable, peut-être pas pour eux, mais elle ne voulait pas leur dire ce qu’elle pensait de cette bande de péquenots des montagnes, elle avait quatre putain de mois à tirer avec eux. Alors autant que ça soit dans l’entente cordiale. Et Darren, aussi charmant est-il avec ces villageois, ne pourrait réparer ce qu’elle pouvait dire à cet instant. Ce n’est pas Dieu non plus. Même s’il était doué pour une bleusaille sur ce domaine. En conséquence, elle n’irait pas sur le terrain de cette homme charitable et bourré de bienveillance. Non.

« « Peut-être parce que ce n’est pas de votre ressort de vous inquiéter de quoi que ce soit me concernant. Alors soit vous prenez ce carnet et vous m’apportez la seule aide dont j’ai besoin. Soit vous allez aider quelqu’un d’autre. »
«Je ne réponds qu’à Dieu mon enfant.» rétorqua-t-il tout aussi patiemment.
Ce qui fit ricaner Isia… qu’importe les origines des hommes de foi, ils avaient tous les mêmes remarques.

Il marqua une pause et ajouta avec un air profond.
«Je suis le berger. Je me dois de veiller sur mes ouailles. Si le secret de la confession m’interdit de vous en révéler le contenu, je peux tout de même vous dire que vos sombres pensées ne sont pas sans conséquences chez nos dames.»
Le prêtre découvrit toutes ses dents et lui offrit un sourire charmant.
«Vous êtes la “Première Dame” du peuple, Isia. Leur modèle à toutes. Donc...si vous êtes maussade. Cette partie de mes ouailles s'inquiètent de votre santé.»
En parlant, sa dernière phrase prit la teinte d’un double-sens. Il soulignait discrètement qu’il en était devenu le messager de la gente féminine du peuple, laquelle s’inquiétait véritablement pour elle. Isia, même avec ses réactions, était aimée.

Elle ricana encore plus, se levant pour prendre son carnet et faire donc le travail, tout en gribouillant ce qu’elle trouvait. Alala, il croyait qu’elle en avait quelque chose à faire que les “femmes” s'inquiètent de sa santé ? Qu’elles s’occupent de leurs mômes et de leurs jupes, tout se passera pour le mieux. Elle roula des yeux, dos tourné à cet homme, assise sur ses genoux, continuant avec une grande rigueur son travail. Néanmoins, elle se demandait où il voulait en venir avec son allusion ciblée sur la gente féminine du coin. Qu’elle soit un modèle pour ses pauvres âmes, pas surprenant, elle était suffisamment charismatique pour attirer l’admiration. Et en parlant de ça… Yin lui manquait à cet instant, elle adorait cette gamine, non pas parce qu'elle l'idolâtrait comme la nouvelle divinité Tairis, mais simplement parce qu'elle était drôle, investie et surtout désireuse d'apprendre. Isia aimait enseigner, elle ne pouvait le nier. Enfin, que penserait la Natus si elle savait pourquoi sa mentor était ici ? Yin aurait eu cet air de gamine perplexe, n’osant pas poser la question, et faisant des efforts certains pour trouver la solution seule. Elle finirait par lui demander avec un air profondément intimidé : “N’aviez-vous point dit “Tu ne tueras point” ? Et Isia aurait répondit “Sauf les gros connards”... juste pour déclencher un rire doux et cristallin de sa natus.

Enfin bon…
« « Et quelles sont les conséquences ? Elles vont prendre les armes contre leurs conjoints pour qu’ils s’occupent du ménage ? »
«Oh....» fit-il, surpris. «Vous réprouvez profondément le rôle de la femme dans le foyer familial ?»
« « Vous pensez que je suis une menace pour cet équilibre familial ? » alla-t’elle sur son terrain du “je réponds pas et je pose une question”. Elle savait qu’elle était chiante, mais bon, il avait choisi. Elle n’allait pas se confier ou même être une patte douce comme ses ouailles.
«Je pense que votre esprit sera pris dans l’étau tant que vous n’aurez pas confié ce qui vous rend si sombre.» annonça-t-il sincèrement. «C’est si dommage de sentir autant de mépris en vous. Que diriez-vous si j’attestais, devant le Seigneur, que chaque mère, chaque épouse, est fière de servir son homme et son foyer ?»
« « Que grand bien leur fasse ! » lâcha Isia en haussant les épaules. Elles comprendront un jour que la servitude d’une femme ou d’un homme n’est pas sain. Et ils brûleront cette bible en même temps que leurs chaînes. « « Et dans ce cas, vos fidèles non donc rien à craindre, si tout va bien dans leur chaleureux foyer. » Elle fronça les sourcils, voyant des vaccins contre… contre la rage ? Son regard se leva vers la fenêtre, pensant à Darren… la rage… manquerait plus que les canins si agressifs l’aient, ce qui pouvait aussi expliquer leur comportement hostiles en plus de la faim.

«Vos arguments se tarissent on dirait. Je ne vois pas de quelle menace nous pouvons parler.»
Bastole continuait de la regarder travailler. Il ne perdait pas patience.
«Vous ne répondez pas aux questions qui vous touchent personnellement. Le fait que vous détestiez notre peuple en l'occurrence. Je n’ai pas eu besoin d’entendre votre voix pour trouver la confirmation. C’est...vraiment regrettable.»
Il pencha un instant le nez.
«Pourtant, vous avez soigné nos enfants et fait des… “opérations”. Tous les pauvres hères pétrifiés du souvenir d’un sommeil forcé s’en remettent très bien. Quel paradoxe vous faites, mon amie.»
« « Vous ne répondez guère aux miennes, alors je n’ai pas à répondre aux vôtres mon cher. Et puisque vous semblez si convaincu de votre raisonnement, pourquoi êtes vous là ? » Elle reprit son travail, voyant qu’elle avait de la morphine ! Elle la leva comme si s’était le saint graal, poussant un petit cri joyeux “ « « NOM D’UNE COURTISANE EN CULOTTE COURTE !» en français dans le texte
« « Oh mon amour !! Comme tu vas être salvatrice ! » dit-elle en caressant la poche de morphine, elle en avait pas eu beaucoup au dernier ravitaillement et elle avait dû négocier avec l'herboriste du coin pour trouver des anti douleur “naturel” … Puis elle la déposa avec délicatesse sur le sol.

Bastole se garnit d’un sourire en la voyant faire.
«Vous êtes à l’image de cet enfant qui se bouche les oreilles et ferme les yeux en s’écriant qu’il n’entend rien.»
Le religieux prit sa bible et tapota dessus.
«Cet ouvrage est un bon guide. Il faut néanmoins l’esprit ouvert pour en comprendre le sens. J’espère, qu’à votre façon, vous apprendrez à vous ouvrir à notre peuple.»
Il haussa les épaules.
«Après tout, vous y aviez trouvé un peu de bon la veille, durant le festoiement en votre honneur.»
Isia lui jeta un regard noir… qu’il la traite de gamine, ok elle avait l’habitude, elle assumait complètement. Mais voilà qu’il lui tapote une bible.
« « Je suis athée. Et je n’ai pas un esprit ouvert, vous le savez déjà ça. » grogna t’elle volontairement de mauvaise humeur. Elle se leva pour commencer à ranger. « « Pourquoi êtes vous là ? Votre véritable attention. » dit-elle plus menaçante, commençant à en avoir marre qu’il demande des réponses sans lui même daigner en donner.
«Je vous l’ai dit, Dame. Le peuple s’inquiète de votre état. Si vous allez mal, ils craignent que l’union ne se fasse jamais. Et si l’union ne se produit pas...le gage de paix que vous et votre conjoint nous avez offert pourrait disparaître..»
Il supporta son regard avec simplicité.
«Nous voulons votre bien comme vous veillez au nôtre..»
Isia roula des yeux… les mots “conjoints” et “union”, lui filaient des nausées… en plus d’être étrange en elle. C’est donc juste pour ça ? Ils avaient peur des scènes de ménages ? Elle eut un petit rire sombre… « « Je vais très bien ainsi que la paix.»
«L’ironie de votre voix prétend tout le contraire...»

Isia n’eut pas le temps de répliquer quoique ce soit qu’une série de coups discret raisonna contre la porte.
Isia lui jeta un regard désabusé en haussant les épaules, qu’il croit ce qu’il veut, ce n’est plus son problème avant de se tourner vers la porte. « « Oui ? »

Un homme ouvrit la porte avec bien moins d’entrain que le prêtre. Il avait déjà retiré son couvre-chef qu’il gardait serré contre sa poitrine alors qu’il s’engageait, l’air penaud.
«Votre Altesse ? Puis-je ?»
« « Que se passe-t’il ? » dit-elle en lui faisant un geste de la main pour qu’il se hâte dans sa demande et qu’il entre complètement.
L’homme s'exécuta en hochant la tête d’un signe de remerciements. En ouvrant un peu plus grand la porte, il dévoila dans son dos une épouse plus maigrelette vêtue de haillons. Les traits creusés et les imposantes cernes sous son regard trahissaient une vive émotion négative. Exactement le genre qu’Isia avait parfois côtoyé en revenant de son bloc, annonçant la survie ou la mort de leurs proches. Quelque chose clochait et ce n’était manifestement pas de l’abus.
Le paysan agrippa la main de sa femme pour lui donner plus de courage puis ils vinrent auprès d’Isia, posant ensemble un genou à terre dans un élan de désespoir.
«Ma reine ! J’en implore à votre clémence ! Mon fils !!!»
«Nous avons tardé à vous l’amener. C’est ma seule faute, Dame. Je me soumets à toute votre colère. Mais...de grâce...notre garçon est mourant !»
«Nous n’aurions pas dû nous en remettre à Lédelia. Pardon ! Chatiez-nous. Mais notre fils ne mérite point la mort. S’il vous plaît !»

Si au début la doctoresse s’était alarmé en voyant l’état de détresse de la femme, elle se ravisa, son regard bienveillant avait quitté ses prunelles pour être dans la froideur. Cette famille faisait partie des sombres crétins qui continuait à aller votre la chaman ? Cette femme qu’elle avait évincé par la modernité des soins et qui lui en voulait ouvertement. Après tout, elle avait maudit le village comme une bonne sorcière l’aurait fait… c’est dire à quel point elle était agréable cette femme. Autant que ses danses rituels au sang d’animaux innocents et de viscères fraîches de quelques heures. Bref du primaire dans toute sa splendeur, tout ce qu’elle aimait. Elle soupira, elle avait terriblement envie de leur dire “bien fait pour vous”... mais bon, cela était contre son code de conduite de médecin.
« « Votre châtiment sera la mort de votre enfant, s’il est trop tard pour que je le soigne. » dit-elle froidement. Il n’aurait pas pire en réalité.
« « Menez moi à lui. Mais avant ça, dites moi ses symptômes. »

La mère avait émis une plainte douloureuse sous le choc de ce jugement. Le Saint Homme fixa Isia avec un regard étonné, se demandant pourquoi elle se montrait aussi cruelle. Le fait qu’elle n’avait pas autorisé le couple à se relever les avait vissé sur le sol, toujours un genou à terre, la tête si basse qu’elle en frôlait le plancher. Ils se tenaient amoureusement la main comme s’ils étaient au bord d’un précipice.
Un silence pensant accompagna le docteur qui se dirigeait vers ses affaires, préparer son sac d'intervention.
«Vo...votre altesse ?»
«Les signes inhabituels de votre enfant, ce qui aurait pu laisser entendre à la maladie...»
«Des bleus sans avoir chuté. Il ne voulait plus manger, sa gorge serrée disait-il.»
«Il avait mal lorsqu’il urinait.»

Le regard d’Isia se leva vers le saint homme, alors qu’elle fourrait dans son sac divers objets et médicaments. « « Vous venez avec nous. Le placebo d’une ferveur comme la vôtre aidera. » . Elle savait qu’il ignorait la définition de placebo et elle avait tourné sa phrase en le complimentant pour qu’il s’en sente flatté.
«Merci, votre Altesse. Je gage que votre confrontation avec Lédelia ne sera pas aussi calme que la nôtre.»
Le couple, en attendant, était toujours à genoux. Le prêtre passa son regard entre eux et le médecin.
« « Très juste déduction. » confirma-t’elle.
«Ne les avez-vous point suffisamment puni ?»

Isia tourna le regard vers eux… elle avait complètement omis qu’ils étaient à terre pour être franche. Plus préoccupé par ce qu’elle pouvait emporter dans son sac pour soigner cet enfant que l’état des parents qui regrettait d’avoir suivit d’occultes traditions vouées à disparaître. Quand au regard du prêtre et au cri de la mère, elle en avait cure, ils s'attendaient à son châtiment, elle leur annonçait qu’elle ne comptait pas les houspiller pour ça et qu’ils se seraient puni tout seul, s’il était trop tard. Aussi cruelle que soit la vérité, ils devraient assumer si malheureusement elle ne pouvait rien faire.
« « Ne restez pas à terre voyons ! »



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Isia Taylor Laurence

Image perso : Le SBC Atlante 1562438535-01-isia-profil
√ Arrivée le : 26/01/2016
√ Date de naissance : 07/01/1980
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le Lun 22 Juin - 10:22

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020


L’acte leur offrit un regain d’espoir. Que ce soit au regard d’Isia, leur altesse, qu’à celui de leur croyances. Ils se pensaient testés et se montraient humble face à l’épreuve. Dès qu’elle leur autorisa à se relever, le mari conserva son couvre-chef contre lui en guise de respect et aida sa femme à faire preuve de la même attention. Ils prirent les devants, s’improvisant guide pour mener Isia au plus vite jusqu’au chevet du malade.
En traversant l’agencement disparate de chaumières que composait le village, la petite délégation qui entourait la chirurgienne attira l’attention. Des visages inquiets se portèrent aux fenêtres. La majorité des femmes encore dehors étendaient le linge, nettoyaient le porche ou s’occupaient des poules. Elles se redressaient toutes à l’approche d’Isia, la considérant avec l’appréhension et la curiosité que l’homme d’église avait tenté de lui décrire. Par le chemin, les rares élues qui croisèrent le chemin d’Isia s’écartérent poliment. La tête baissée, les mains empoignant chaque pan de la robe, elles exécutaient une brève révérence s’ensuivant d’un «Altesse.» empreint d’une profonde humilité.

Il arrivait parfois que les enfants se suspendaient à leurs fenêtres ou se collent le nez aux rares enclos pour saluer Isia de grands coucous joyeux. L’éclat brillant laissait supposer qu’elle nourrissait des rêves de grandeurs chez les petites filles. Une fois la chirurgienne passée, elle tentaient alors de se mouvoir comme elle. Jouer “la reine”.

Les hommes qui travaillaient la terre plus loin, sur les travaux les plus physique, s’arrêtaient pour la regarder de loin. Lorsqu’elle en croisait certains, pour ceux qui n’avaient pas participé au convoi de Darren, ils s’empressaient de retirer le couvre-chef en la saluant. Elle reconnaîtrait parmi les plus souriants quelques anciens prétendants espérant toujours attirer son regard, son attention.

S’il pouvait avoir un intérêt ou du moins une flatterie à être considérée avec autant de respect voire d’admiration, Isia ne ressentait pas cela. Non, ces regards l’oppressaient presque de trop, elle ne se sentait pas à sa place, comme si elle était vénérée en tant que déesse alors qu’elle n’était qu’un humain comme eux. Elle éprouvait une forme de gêne des plus piquante. L’admiration de certaines petites filles lui fit certes plaisir, avec un peu de chance, elles réfléchiraient à leurs conditions de femme dans cette civilisation… mais le reste, elle avait l’impression d’être retournée au collège, où la majorité adulait le groupe de populaire… un groupe ne méritant pas tant l‘adulation, pour la simple raison qu’ils crachaient sur tout le monde et méprisait les autres. Elle était donc la pétasse blonde du groupe, la garce qui vous fait de beaux sourires par devant, celle qui vous dit qu’elle vous adore, que tous les garçons veulent embrasser et qui par derrière vous refait le costard.

Et aussi connasse qu’elle pouvait l’être, elle n’aimait pas être cette garce, non… Elle avait presque honte sur le coup, avec la furieuse envie qu’il baisse leur putain de regards et qu’ils arrêtent de la nommer altesse. Elle ne méritait pas ce respect, elle n’en avait pas pour eux ! Et le pire là-dedans, c’est qu’elle pourrait presque leur trouver un respect…s’ils n’étaient pas l’objet pour projeter sa haine à travers sa punition. Ils étaient juste les victimes collatérales d’une guerre. Elle était coincée, avec tout ce qu’elle n’aimait pas, sans échappatoire…la version d’une autre planète d’Athosiens ! Certes, elle avait du mal avec les civilisations moins avancées, mais jamais elle n’avait été aussi haineuse. Pour preuve elle adorait les Natus… en réalité elle haïssait véritablement les Athosiens, qui l’énervaient et elle n’aimait pas leur hypocrisie. Ce peuple là… eux n’avaient rien fait, sauf d’être la planète de sa punition. Peut-être devait-elle faire des efforts ? Oui… ils ne méritaient pas son dédain.

Sans se rendre compte son regard dévia sur l’homme de foi, il avait du courage d’être venu la voir. Même s’il ne comprenait pas grand-chose, il avait sa propre vérité et le mérite d’essayer d’aider son peuple. Elle n’est qu’une ingrate. Oui… Ne voulant pas montrer ses pensées, elle continua, mais prit la peine d’attendre le prêtre qui se fatiguait à courir.

Sur ces tristes pensées, elle suivit le couple redoutant la suite des événements, elle avait pris son arme au cas où…mais le poids de celle-ci ne la rassurait pas, comme pouvait aimer un soldat avec un gros flingue pour compenser son courage. Non… elle l’avait pris pour faire peur si elle devait montrer qui était la plus forte. Car ça marche ainsi avec les débiles, quand les mots ne peuvent raisonner, il fallait taper.


Puis les bâtisses laissèrent peu à peu place aux champs, aux enclos à bétail. Des pâtures en friches. Des exploitations d’arbres à fruits ou des terres mal entretenues favorisant la pousse de plantes médicinale. La civilisation se réduisait peu à peu avec la distance, jusqu’à ce que la nature omniprésente, que les autochtones laissait déborder à loisir dans leur ville, ne devienne une terre sauvage et difficile d’accès.

La doctoresse nota la profusion de plantes surement utile pour compenser le manque de médicaments si elle n’avait pas de ravitaillement, même si elle n’était pas une véritable botaniste. Elle pouvait compter sur l’herboriste du village, Vatyae, qui avait le mérite de tenir des conversations constructives sur l’effet de ses plantes médicinales. C’était également un vieille dame, très différente, un peu perchée pour avoir fumer des herbes, mais qui savait quoi dégoter lorsqu’Isia manque d’un élément.
Généralement, elle n’était pas déçue quand elle lui demandait quelque chose de précis. Même si la performance ne se discutait pas entre une racine et un médicament conçu en laboratoire, elle avait un appui pour son boulot.

Au bout d’une longue demi-heure, aidée par le couple lui indiquant des sentiers de terre battue lui évitant de laisser ses vêtements dans les ronces, Isia émergea dans un agencement rudimentaire de tentes. Celles-ci entouraient, désorganisée, le parfait cliché de la hutte de sorcière à la cheminée fumante. Et la blonde eut envie de rebrousser chemin, cela sentait mauvais, mauvais pas au sens propre, mais ses poils se dressent sur son bras… puis l’odeur détestable de soufre rendait l’environ inhospitalier, renforçant son impression. Sûrement pour consacrer son territoire, des ornements fait d’os de volailles et d’oiseaux garnissaient les arbres environnant. Une clôture délimitait une séparation, interdisant les fidèles à planter la tente à l’intérieur. Régulièrement, des crânes avaient été disposé sur ces piliers. L’un d’eux était clairement humain.

Comment des gens pouvaient faire confiance à une femme qui expose ces victimes avec aussi peu de respect autour de sa hutte ? Il y avait un crâne humain ! Bordel ! Ils avaient de la merde dans le cerveau, pour ne pas faire le lien… que le prochain pourrait être le leur ou bien celui de leur mômes ? Non… Si elle avait de l’empathie pour le couple, elle commençait à se demander s’ils le méritaient… Ils avaient emmenés leurs enfant dans cet enfer… et l’avait laissé ici ! Elle esquissa une moue de dégoût sur les orbites vides du crâne polie par le temps, avant de porter son regard sur le reste du paysage de désolation.

Avec cette activité, les croyants de Lédélia s’étaient rassemblés à l’approche d’Isia. Ils sentaient le malaise et le conflit naissant, la fixant d’un regard tout aussi intrigué qu’agressif. La considération qu’elle avait au village était à l’inverse ici, comme si elle avait traversé un miroir. La jeune femme n’était clairement pas la bienvenue et on le lui faisait sentir du regard, par la masse de corps se réunissant dans son sillage.
A croire qu’on l’attendait ou qu’on avait vendu son approche, la porte s’ouvrit dès qu’elle franchit la cloture. La silhouette voûtée de Lédélia apparue dans le chambranle, son “bâton vaudou” d’une main, s’appuyant sur un enfant de l’autre. Elle se traîna sur quelques mètres avant de relâcher temporairement le jeune homme. Sa main crochue releva brusquement la capuche de sa cape en peau de bête, révélant un visage émacié et couvert de rides. Blême, le regard mauvais, les cheveux en bataille, elle toisa Isia d’un air bestial. Elle portait un collier d’os autour du cou dont l’agencement formait un pentagramme sorcier. Une bande de cuir la cernant de biais se couvraient d’une multitude de vieilles petites sacoches usées.
Son geste transmettait de façon non-verbale sa volonté de se confronter. Comme un prêtre qui brandirait la Sainte Croix pour débuter un exorcisme, elle fît sortir de sa poche une pierre gravée et la présenta comme une amulette anti-démoniaque.

Oui, elle filait des frissons cette dame… enfin vu sa dégaine elle n’avait même la prétention d’être nommé avec respect. La doctoresse se redressa véritablement, prenant un air dominant, implacable, laissant agir son charisme à fond les ballons. Si les regards avant l’avait rendu mal à l’aise, ces regards-là, elle les préférait peut-être plus… parce qu'elle avait l’habitude de les affronter. D’affronter la haine, l’envie, la colère et l’agressivité sur sa personne. Oui, elle était plus à l’aise pour montrer aux autres à quel point elle était supérieure quand ceux-ci la haïssaient… un paradoxe finalement. Mais Isia est toujours en lutte constante ! Pour cela que la bonté gratuite des paysans la désorientait. Une bonté non méritée, alors que la haine, oui, elle estimait qu’elle le valait !
Son regard azur, se figea sur la sorcière du coin, le mépris n’était pas présent, plutôt un souffle de glace présageant des jours enflammées d’un feu éternel. Si elle voulait la provoquer, elle avait intérêt à avoir les reins solides, puisqu’elle allait la briser. Et cette soif de violence, enfouis en elle, se réjouissait de l’affrontement.






Le SBC Atlante Lzodzo10Le SBC Atlante Lzodzo11

-------------COUPURE

« Engeance de petite vertue ! Vile tentatrice ! Arrière... »
La sorcière s’approcha, pleinement convaincue, en la menaçant de son amulette, comme si elle comptait la lui coller sur le front.

La doctoresse eu un rire silencieux… c’est de l'accueil ça !! Son regard alla sur le prête. ne bougeant nullement.


L’enfant se tenait à côté, le regard rond, témoin de la lutte impressionnante de la chamane contre l’esprit du mal. Le public s’était approché de la barrière sans la franchir, fixant Isia en buvant les paroles du guide. Pris entre deux feux, le couple du garçon s’agenouilla, les mains jointes, priant pour qu’une solution soit trouvée. Ils étaient terrifiés à l’idée de déclencher une bataille entre la médecine d’Isia et celle de Lédélia. Laquelle prit une grande voix criarde, cérémonieuse, en se donnant en spectacle.

« Esprits gardiens ! Protecteurs sacrés ! Renvoyez cette guenon dans le chaudron du mal ! »
« Lédélia, voyons. Nous voulons la même chose… »
Son amulette migra brusquement vers l’homme d’église, en faisant également la cible de son exorcisme épique. Le curé se tut, surpris par cette réaction.
« Elle a envouté votre esprit, Saint Homme ! Mais n’ayez crainte, je briserai l’enchantement. Cette terre a connu la bénédiction Vorya ! »
Son amulette revint menacer le front d’Isia.
« Tu ne peux subjuguer personne ici, démone ! Tu n’y as nul pouvoir ! Retourne aux entrailles du malin, je te l’ordonne !!! »

Elle était ridicule… oui, elle était ridicule à faire ses menaces comme si elle était un démon, qui retournerait dans un enfer imaginaire. Elle avait presque envie d’éclater de rire, si la vie d’un innocent n’était pas en jeu.
« « Arrête ton spectacle, tu es ridicule… Alors ne t’offres pas plus dans la désolation, nous n’avons pas le temps pour ces conneries. Laisse moi soigner cet enfant… a moins que ton refus cache l’envie de transformer son crâne en ornement pour ta charmante haie.» dit-elle avec force, un intimidation glaciale.

Un grondement général de contestation monta brusquement tout autour d’elle. Les fidèles fixèrent la chamane qui montra toutes ses dents en sifflant.
« Je l’ai prédit ! L’horreur démoniaque envahit ce dernier havre pour voler une âme, la dévorer ! »
Elle se plaça devant sa porte en écarquillant les yeux, l’air complètement perchée.
« Ce garçon n’ira pas dans ton assiette, charognarde ! Tant qu’il me restera un souffle de vie, je défendrai sa pureté ! »
« Ma fille ! La motivation est la même…soigner cet enf... »
La chamane secoua négativement la tête, faisant peser sur lui un regard chargé de colère. Pourtant très calme, comme s’il était habitué ou que tout cela lui coulait dessus, il se tourna vers le troupeau de fidèle que la clôture retenait à peine. Certains tenaient les barreaux en serrant les poings si forts qu’ils étaient blancs.
« Les parents le demandent humblement. Et vous, mes fidèles ouailles, savez bien que seul la bonté fait remède au mal. La bonté et la conscience de laisser cette femme de science, de connaissance, voir l’enfant ! »
Il se tourna et s’approcha de Lédélia, qui prenait des allures frénétique, la tête secouée de spasmes comme si elle était en transe.
« Son altesse ne vient pas voler une âme…elle vient seulement s’enquérir de sa santé ! A la demande des parents ! C’est légitime, acceptable ! »
Mais à peine avait-il fini de prononcer ces paroles, trouvant de l’attention parmi son auditoire, la vieille Lédélia jeta sa statuette dans sa direction. Le petit orifice situé sur la tête laissa filer un liquide brun qui éclaboussa le visage de l’homme d’église. Il hurla de douleur, lâchant sa bible en se frottant des yeux devant irrités.
Isia n’avait reçu qu’une goutte sur la joue et elle découvrit ainsi le pouvoir incroyablement urtiquant de ce produit.
« Le malin réagit à la Sainte Huile d’Ebralya. Je te révèle au monde, traître vêtu du moine !!! » s’était-elle écrié de sa voix nasillarde.
L’attention qu’avait capté Bastole se dissipa dans la tristesse qu’évoquait cette découverte : l’homme saint réagissait à ce qu’ils pensaient être de l’eau bénite jetée au visage d’un démon.

Isia avait soupiré… la “pureté” était relative quand on voyait dans quel état était la femme et son antre… franchement il avait de quoi douter de l'hygiène, mais c’est relatif ici. Si au début la doctoresse se disait qu’elle n’était qu'une idiote, qu’elle inversait d’un coup de coude, la voir s’en prendre au prêtre et clairement le faire passer pour un démon … Elle montrait une malice redoutable. Elle pourrait déclencher l’attaque des débiles du village contre eux… surtout que le prêtre était mit sur la touche… le seul homme que respectait tout le village … cela ne l’a rassura pas du tout. Mais elle ne laissait nullement impressionné par un tour de passe passe.

« « Un démon ? mais qui ici n’en n’est pas ? Qui oserait se faire bénir par ton baton sans souffrir d’une forte irritation ? Ose bénir tes fidèles pour leur montrer que tu ne raconte pas un énième mensonge. Moi je ne vois que les paroles d’une vieille folle, qui ne veut pas avouer qu’elle est en train de tuer une âme innocente ! » pesta Isia.
« Silence, démone ! »
« « Je n’ai pas d’ordre à recevoir d’une meurtrière ! » feula telle comme une lionne Isia, qui sortit en même temps un flacon d’eau, pour lui mettre dans l’oeil et faire passer le liquide et évacuer de son oeil qui commençait à rougir. Manquerait plus qu’elle abime ce brave homme.

« Merci... » hoqueta le religieux.

D’un geste sûr, elle lui avait maintenu la tête en arrière pour le soigner, lui disant de se laisser pleurer face au produit brun, qui tintait la compresse…
Le regard de la belle se figea sur l’autre sorcière.

« Quittez ma terre et ne revenez pas ! »
« Laissez au moins les parents accéder à leur garçon ! »
« Non, ils ont été perverti par l'engeance diabolique ! PARTEZ ! »

Les fidèles les plus colérique se mirent à gronder, à les menacer. Ils répétaient le fameux “partez” impérieux de la chamane.

« Alors c’est ainsi ! » s’écria Bastole, la tête toujours penché en arrière, refusant de capituler. Sa ferveur et son zèle religieux le motivait.
« Lédélia ! La foi du peuple n’est ni dans votre hutte ni dans mon église. Elle est dans l’âme ! Et il n’y a qu’un seul être qui sépare l’enfant de ses parents : LE WRAITH !!! »
Une soudaine volée de consternation tempêta autour de la clôture.
« Cette terre est consacrée, bénie ! Son altesse ne peut pas subjuguer ? Alors pourquoi refuser son approche auprès de l’enfant ?!? »

Oh parfait, elle allait faire un câlin à cet homme.. il avait dit le mot magique. Elle esquissa un rictus sardonique, mettant ses mains dans sa veste d’un geste nonchalant plein de désinvolture.

« « Peut-être simplement parce que Lédélia est une adoratrice Wraith… sinon pourquoi refuserait-elle qu’on sauve cet enfant ? » dit-elle anodine, pour que le peuple autour commence à réfléchir à la pactisation de cette folle avec le “vrai démon”.
Le doute s’insinua entre eux, les gens se questionnant et fixant le paysage de la hutte avec un oeil nouveau.

« Non ! Eux sont des Wraiths sous peau humaine ! La catin du diable veut diriger le troupeau. UN TROUPEAU À ABATTRE !!! »
Au même moment, le couple à genoux ne tint plus. La mère, brisée de la séparation de son fils, se jeta dans un cri de désespoir en direction de la hutte. Le mari tenta vainement de la retenir. Mais elle était déjà trop loin, il ne pouvait que tenter de la rattraper en poussant une plainte de désespoir. La chamane la vit arriver. Et dans une froideur extrême, elle disposa son bâton en face de la jeune maman pile au moment où elle s'apprêtait à la dépasser. Sauf qu’Isia perçut un éclat soudain, une lueur métallique jaillissant du sommet de son bâton de chamane pour s’hérisser d’une pointe.

Le bruit fut atroce.
Gargouillis d’une respiration peinée, la maman joignit ses mains autour de la hampe en écarquillant les yeux. Le pic venait de lui percer l’estomac et ressortait dans le dos.
« NON ! » avait hurlé Bastole en même temps que le mari.
Ensemble, ils reçurent le corps fébrile dans leurs bras lorsque la chamane la repoussa comme un déchet. Sans réelle dextérité, elle fit bifurquer le pieu fraîchement ensanglanté sous le nez d’Isia.

« NUL DÉMON DANS MON ANTRE ! RECULEZ !!!!! »

Isia resta interdite… elle avait osé tuer un de ses fidèles… Elle regarda le corps de la pauvre femme puis le bâton ensanglanté … elle secoua la tête. Ils nageaient en plein délire. Et le fan club ne réagissait pas ?
Si ! Une grande vague de murmures secouait l’auditoire. S’ils ne semblaient pas franchement surpris de l’attitude de Lédélia, ils se focalisaient sur la maman.
La mâchoire serrée, Isia foudroya cette sorcière. Franchement, elle avait envie de l'abattre, de faire un vrai meurtre ! Celui de lui coller une balle entre les deux yeux ! Mais l’urgence était ailleurs.
« « Vous osez tuer l’un des vôtres devant tout le monde… je pense que c’est une preuve suffisante pour montrer votre malveillance. » dit-elle froidement, reculant avec les autres pour donner l’ordre d'allonger la pauvre femme… jetant son sac à terre. Elle écarta le pan de tissus, voyant que la lame du bâton avait transpercé l’estomac… La jeune femme allait mourir lentement …si elle ne l'opère pas rapidement... « « Compressez… il faut que je la stabilise pour qu’on la transporte… son estomac est percé. »
« Je ferai tout ! Tout ! » jura le mari, le visage ruisselant de larmes sincères. Il plaqua ses mains sur la blessure, suppliant son épouse de ne pas l’abandonner, de ne pas le laisser seul dans ce monde horrible. Bastole s’était également porté à coté de lui, joignant ses mains pour endiguer l’épanchement.

« Ayez foi, mon fils ! Il n’y a nulle guérisseuse plus indiquée que celle qui se porte à vous. Elle repoussera la faucheuse. Ne faiblissez pas !!! » l’encouragea le prêtre.




Isia prit une seringue à hemorragie, injectant le produit qui gonflait dans la plaie… les mains rouge du sang de la mère, une rage et une colère sourde inondait son coeur. Elle ne pourrait convaincre cette sorcière, elle joua sa réputation de chaman. Alors il restait bien le fait de laisser l’enfant crever… mais non. il fallait battre en retraite, trouver des volontaires pour lui péter sa sale gueule de nécromancienne ainsi qu’a ceux qui oseront la soutenir ! Là, ils n’étaient pas assez nombreux pour prendre les armes… et elle mauvaise tireuse. Elle regretta que Darren était partie chasser du loup ! *Putain Darren tu aurais du rester ! Pas possible d’être tranquille dans ce patelin !”*

Les fidèles venaient alors de passer la clôture, se réunissant en silence autour d’Isia et de la victime en l’observant d’un air grave.
« Mais...mais...elle a le sang aussi rouge que le nôtre ! » fît quelqu’un.
« Bien entendu qu’il est rouge ! » pesta Isia, qui était en train d’appliquer des strapes pour refermer somèrement la plie et contenir le sang avant qu’il ne se répande sur le sol.
« On nous a floué ! » s’indigna un autre.
« Et elle ne se relève pas de la blessure, comme le ferait un démon ! Elle n’est pas subjuguée ! »
« Oui ! C’est vrai ! Montrez-nous, femme de science ! Montrez si vous savez préserver la vie !»
« Ne vous laissez pas distraire ! La lame d’Ephystias sanctionne le blasphémateur ! Elle mourra !!!! »
« Silence, chamane ! Nous allons voir nous-même ce qu’il en est maintenant ! Si elle est catin du diable ou femme de science !»
« Dans ce cas ! Aidez-nous à la transporter jusqu'à mon cab… ma maison, il faut que je l’opère ! Sinon elle va mourir comme le ferait n’importe quel humain ! » répondit agressivement Isia, qui voyait le temps défiler, elle avait recouvert la plaie de compresse… Elle était muée par un stress palpitant, celui qu’on tout les chirurgiens quand ils sont dans l’urgence, le moment de “grace” comme dise certain.
« Allez bougez vous *nom de dieu !* (en français) » dit-elle autoritaire.
« Non !!! Elle vous attire dans son antre !! Elle vous abaissera tous à sa volonté infernale ! »
« Elle ne veut pas nous montrer ici, c’est louche ! »
« Est-ce qu’elle fait semblant ? »
« Arrêter de brasser du vent ! Cette femme est en train de mourir ! Si elle meurt ça sera de votre faute à TOUS ! » Elle regarda l’homme de foi, comme pour lui dire “ils sont sérieux ?”.

Le brouhaha remonta, les fidèles manifestement très partagés entre ce qu’ils percevaient, ce que disait Isia d’une part et la chamane de l’autre. La tentative de persuasion de le chirurgienne, surtout en les culpabilisant, semblait avoir l’effet inverse. Les fidèles se regardaient avec un air méfiant, laissant Lédélia jubiler jusqu’à ce qu’un cri désespéré ne la coupe dans son gargarisme. Un petit garçon au visage grevé de boutons avaient réussi à se glisser jusqu’à l’entrée de la hutte.
Lorsqu’il avait vu sa maman dans cet état, il avait galopé jusqu’à elle en pleurant soudainement, agrippant son bras pour la supplier de se réveiller. En comprenant que quelque chose n’allait vraiment pas, il insista en embrassant le front de sa mère. Il répétait visiblement un geste affectueux semblable au “bisou magique” humain, espérant faire retrouver conscience à sa mère.
Le public eut une très vive réaction à ce moment là. Ils fixèrent le gamin, puis Isia, revinrent au gamin, puis encore Isia...sans qu’elle n’enlève ce fameux masque promis par Lédélia. La chirurgienne n’en profitait pas de la présence de l’enfant pour dévorer son âme, elle continuait de vouloir sauver la vie de sa mère.
De grands cris outrés parsemèrent les rangs de fidèles. La chamane fût surprise et elle accusa tout le troupeau d’hérésie, cette fois, avant de s’enfermer à double tour. Les plus réactifs arrivaient déjà. Ils venaient de renverser une tente et se servait du tissu, du bois, pour concevoir un brancard efficace qu’ils déposèrent au pied d’Isia.
Les autres restaient autour, préparant ballot et enfants, s’apprêtant à suivre la femme de science pour connaître la vérité.

Cela était inespéré… il avait fallu l'intervention du gamin pour qu’il y ait enfin une réaction logique et sévère de cette foule envers la véritable démone. La doctoresse était soulagée, remerciant le destin que le môme puisse se lever. Elle l’aurait bien ausculté, mais la santé de sa mère était beaucoup plus préoccupante que lui. Elle hâta ses gestes, pour donner ses indications, quand le corps de la femme fut soulevé pour la mettre vers la civière de fortune.
Elle tendit la main au petit garçon, un geste loin d’être anodin, elle voulait se rapprocher de lui pour l'ausculter durant le trajet. Enfin, les fonctions vitales et réagir au plus vite s’il tombait de fatigue…
« Dépêchons nous ! »



Isia Taylor Laurence revint dans le village en attirant une nouvelle fois les regards.

Sauf que cette fois-ci, les villageois furent époustouflés de la découvrir escortée des familles séparées et arrachées à leur foyer. Du point de vue extérieur, ils se questionnaient et se demandaient comme leur princesse avait pu, en une seule journée, fédérer de nouveaux les habitants. Son Altesse colérique, celle qui détestait ses serfs, venait de gommer une division profonde et douloureuse. Dans l’esprit de son peuple, elle avait ramené l’harmonie et la paix en ramenant les sceptiques dans leur demeure.

Beaucoup des villageois sortirent spontanément de leurs habitations pour observer le spectacle, l’air aussi incrédule qu’impressionné, tandis que des couples, des familles et des amis se retrouvaient avec émotion. Les volontaires les plus proche d’Isia respectérent scrupuleusement ses ordres et portèrent la civière jusqu’à sa masure. Pendant le chemin, elle avait pu en savoir plus sur la maladie du petit garçon. Une violente scarlatine que Lédélia avait voulu soigner avec du sang de porc.

Au passage, le petit avait confié un détail que le couple s’était bien gardé de révéler à la chirurgienne. La chamane était venue directement dans leur tente pour prendre le fiston et l’emmener dans sa hutte. Elle ne leur avait rien demandé, elle s’était rendue coupable d’un enlèvement en profitant de leur faiblesse. Cet aveu agaça encore plus la doctoresse qui voyait un autre problème plus important qu'une chasse aux loups ! Les villageois étaient soumis à un clivage entre les pro-sorcière et les pro-altesse… et surtout à la peur de cette sorcière !

Sans attendre, la maman fût admise au bloc opératoire et Isia dû lancer une lourde opération seule. Sans radiologue, sans infirmières, elle se retrouva dans l’exercice même de sa punition : la solitude sanitaire totale. Elle devait veiller à stériliser et répartir son matériel alors, qu’à l’époque, la petite main de Katty le lui tendait.... Un chiffre nommé distinctement et l’outil se matérialisait dans sa main.
Plus maintenant.
Jamais plus elle ne sous-estimerait l'intérêt des infirmières ! Elle regretta amèrement d’être ici sans ses aides habituelles ! Maintenant, Isia devait reprendre chacun des postes les uns aprés les autres. Du plus modeste au plus influent sans brancher. Du nettoyage à l’action chirurgicale décisive pour la survie de sa patiente.

Il lui fallut de longues heures pour suturer ses chairs, préserver l’intégrité des organes endommagés et traiter la septicémie avant qu’elle ne se déclenche. La jeune maman était sédatée, profondément endormie, et elle ne présenta aucune mauvaise réaction. De par son expérience, Isia était permise de la catégoriser comme une miraculée.
La survie de son rein n’était pas certain. On pouvait vivre très bien avec un seul... à part ça, elle s’en remettrait, elle parviendrait à serrer son petit garçon contre elle.

Lorsqu’Isia sortit de sa tente d’opération, convaincue de la stabilité de sa patiente, elle trouva une scène commune dans le reste de son salon. Le petit bout de chou jouait par terre, visiblement impatient de pouvoir retrouver sa mère, un dessin déjà fait sur un morceau de papier pour le lui offrir. Et un peu à l’écart, le mari se trouvait à genoux, les mains jointes, recevant une bénédiction de la part du prêtre qui bougeait la main de façon symbolique. La bible dans l’une, l’insigne dans l’autre, il en appelait visiblement à son Dieu pour “inspirer la femme de science” et “maintenir la vie d’une âme bonne”. Il psamoldiait dans une retenue respectueuse, probablement dans le but qu’Isia ne les entende pas depuis sa tente.

La doctoresse les regarda quelque instant, elle était épuisée et rêvait de se prendre un bain chaud. Comme mue par une dernière énergie, elle jeta ses gants et ses EPI.
Bastole atteignait la fin de son serment mais le coupa net lorsqu’il s'aperçut de la présence d’Isia. Il hocha la tête en refermant sa bible, concluant d’un signe religieux et d’un “amen” profond. Il aida le mari à se relever, lequel se pressa alors devant la doctoresse, ses mains ensanglantées malmenant son couvre chef.

«Vo...votre altesse ?» balbutia-t-il, au comble de la tension.
« Elle vivra. Elle a besoin de repos et je vais la surveiller pour les jours à venir. » dit-elle sans appel. Elle ne partit dans aucun détail, notamment sur le rein défectueux.
Le paysan poussa un profond soupir de soulagement. En baissant le menton, appréciant visiblement le poids qui quittait ses épaules, il manqua de défaillir au moment du relâchement. Il se rattrapa au bras de Bastole.
«Merci ! Merci votre Altesse...merci...»

Isia le regarda quelques instants un petit sourire sur les lèvres, celui qu’elle avait pour ses patients et familles. Elle hocha la tête modestement, après tout elle avait fait son travail. Et même si les conditions étaient rudes, elle devait avouer qu’une vraie opération de cette envergure et surtout avec ce défi lui avait fait un bien fou. Elle s’impressionnait à devoir tout gérer seule sans perte. Oui, elle éprouvait une fierté légitime et cela la rassurait dans un sens. Après cela, elle s’approcha du garçon, l’auscultant avec précaution… la scarlatine ! C’était presque de l’imaginaire pour une personne issue d’un pays développé. Elle alla jusqu’à sa pharmacie, prenant une seringue de pénicilline, en espérant qu’il n’allait pas réagir sous forme d’allergie.
« Mon garçon ? Tu es courageux ? » demanda-t’elle doucement, en lui badigeonnant le bras de désinfectant pour retirer une partie rougie de sang de porc.

Au début, le petit garçon secoua négativement la tête. Son regard s’était naturellement posé sur la seringue qu’il s’était mis à craindre. Il voulut s’éloigner, commençant à chouiner dans l’espoir de faire reculer le médecin, mais c’est son père qui vint le convaincre.
C’était son fils, il savait ce qui marchait avec lui. En se servant de l’amour qu’il avait pour sa mère, il lui expliqua tendrement qu’elle irait bien s’il se montrait gentil et adorable. Que sa mère serait très fière et récupérerait d’autant plus vite.
Logique complètement stupide pour un adulte. Mais parfaite dans l’esprit de cet enfant qui tendit son bras de lui-même. Satisfaite la doctoresse le piqua, personne n’aime les injections et surtout pas les enfants. C’est comme les légumes, allez savoir pourquoi le vert est si inquiétant…

Bien sûr, il pleura lors de l’injection et cru qu’on venait de le mettre à mort. Le paysan calma son chagrin en le serrant dans ses bras puis demanda poliment l’autorisation de veiller auprès de la patiente. Isia l’autorisa, alors qu’elle jetait les déchets du bloc ainsi que la seringue dans une boite spécifique.




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Isia Taylor Laurence

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√ Arrivée le : 26/01/2016
√ Date de naissance : 07/01/1980
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le Lun 22 Juin - 10:24

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020


Vingt minutes plus tard, de braves volontaires avaient transporté la mère estropiée dans l’une des chambres de la masure. Le mari et l’enfant s’y étaient installés en ordre, respectant scrupuleusement les consignes de leur souveraine.
Isia était maintenant seule avec Bastole qui semblait sur le départ. Et Isia avait hâte d’être un peu seule, de se reposer et surtout fermer les yeux quelques instants pour vider son esprit.

« Vous avez été un exemple de bravoure pour notre peuple. Nous ne l’oublierons pas de sitôt. »
Isia lui fit un simple rictus.
« Il n’y a rien de brave, c’est mon métier. Mais soit. Merci. » dit-elle doucement, en regardant sa tablette, elle tenait un journal de ce qu’elle faisait ici, autant pour tracer d’un point de vue professionnel que pour elle. Cela l’aidait bien plus qu’elle ne l'aurait pensé niveau moral. Et surtout ça l’occupait.

Le prêtre ajusta sa croix. Il s’apprétait à transmettre ses politesses lorsqu’une série de coups rapide claquèrent contre la porte. La doctoresse roula des yeux, ne pouvait-on pas la laisser en paix quelques minutes à la fin ? Franchement, depuis quand on vient emmerder autant sa reine ?
Bastole s’y rendit et découvrit trois personnes qui souhaitaient un entretien avec Isia. Il recueillit leur doléances avant de les faire attendre.

« Votre Altesse ? Des citoyens réclament votre jugement de droit. » l’informa-t-il en s’approchant. « Le retour d’un homme dans son foyer a vu quelques...amertumes survenir. »

Isia soupira « Je suppose que cela ne peut attendre ? » demanda-t’elle au prêtre.
« Je peux leur demander de revenir. Ils se cumuleront aux prochains qui frapperont à la porte. » répondit-il avait un peu d’humour.
Isia fit une petite danse ironique des bras, avant de ricaner.
« Bon, qu’ils rentrent, sinon je ne pourrais jamais dormir...» dit-elle avec humour avant de se mettre sur une chaise, en tirant une à Bastole par la même occasion.

Sur le signal d’Isia, le pasteur fît entrer la petite troupe. Une femme et deux hommes. Ils s’approchèrent et saluèrent poliment, attendant l’autorisation d’être entendu.

« Votre souveraine vous écoute ! »
« Votre Altesse, je m’appelle Rimane. Lorsque mon époux est parti, en me laissant seule, j’ai eu beaucoup de mal à vivre. J’ai fais la rencontre de Miblin, j’ai refais ma vie.»
« Mais nous étions marié ! Nous le sommes toujours ! Tu m’as trompé ! »
« Tu m’as abandonnée ! »
« Je ne veux le mal de personne ! » s’écria le fameux Miblin en levant les mains. « Je n’ai jamais eu le dessein de voler votre femme Vernel ! »
« Mensonge ! De notre histoire, je t’ai toujours vu nous tourner autour ! Opportuniste ! »
« Lui a été là au moins ! »

La dispute qui avait dû germer plus tôt éclata de nouveau face à Isia.
Le père Bastole leva immédiatement la voix, rappelant que ce trio de discorde faisait face à leur reine. Le respect à l’autorité supérieure eut l’effet de calmer tout le monde.
« Votre Altesse...en qualité de Première Dame de notre peuple, la justice conjugale est votre domaine. Votre volonté fait foi, il vous faut trancher. »

Isia avait posé son coude sur l’accoudoire de la chaise, pour y mettre son menton en appui. Elle soupira, se disant que les histoires de tromperies, ne changeait pas qu’importe la civilisation. Elle n’aurait jamais cru à gérer ce genre de chose… elle si volage et sans attache.
« C’est quoi cette histoire d’abandon ? Dites moi en plus... »
Ils s’exprimèrent tous en même temps, rendant l’information complètement inaccessible. Encore une fois, le prêtre s’en mêla et calma ses ouailles. Il détermina le temps de parole pour chacun des individus et ils donnèrent leurs versions.

Le couple initial, Vernel et Rimane, étaient des cultivateurs pauvres. L’homme du foyer avaient pour mauvaise habitude de jouer ses maigres ressources aux dés à la taverne, laissant sa femme dans le besoin au foyer. Il semble qu’un autre homme, Miblin, venait souvent rassurer l’épouse pendant ces moments compliqués. Ce dernier jurait n’avoir jamais amené la jeune femme à tromper son mari.
Lorsque celui-ci avait débuté un pèlerinage en direction de Lédélia, emportant une nouvelle fois les dernières richesse, il avait laissé Rimane sans ressource. Elle avait obtenu l’aide de Miblin qui avait assuré ses besoins en l’attente de son retour. Sauf que Vernel n’était jamais revenu jusqu’à ce qu’Isia intervienne auprès du garçon.

Suite logique. Lorsque Vernel était revenu dans son foyer, il avait découvert que Miblin s’était installé et l’avait remplacé en tout. Du travail de culture jusqu’au lit conjugal. Au lieu d’une violente bagarre sous trio amoureux, ils s’en étaient allés trouver la justice royale en la personne d’Isia.

Isia prit quelques minutes pour réfléchir, elle était outrée que cet homme abandonne sans vergogne son épouse, enfin surtout sans ressource, la laissant dans une belle merde par son égoïsme. Elle serait bien partie pour donner raison au couple d’amant, mais elle continua ses questions, pour tenter de rendre une justice “juste”, même si elle doutait qu’elle puisse être neutre.
« Vernel quel est la raison de ce pèlerinage ? »
« Altesse, je voulais obtenir les bonnes augures sur notre foyer, pour faire cesser cette malchance infernale ! Nous sommes pauvres, maudits ! C’est pour nous que je m’en étais mander l’art de Lédélia ! »
« J’ai plutôt l’impression que votre malédiction vient de votre attrait pour le jeu. »
Vernel prit un air outré, s’apprêtant manifestement à lui raconter combien il était bon joueur et que sa ruine ne tenait qu’à cette malédiction. Isia lui coupa l’herbe sous le pied d’un simple signe, ne voulant pas qu’il daigne se justifier. Son regard se posa sur la femme. « Quels sont vos sentiments pour les deux hommes qui partagent votre vie ? »
« Je...altesse... » fit-elle en enfonçant sa tête dans les épaules alors que Vernel l’écrasait d’un regard insistant.
Bon, elle avait comprit, elle se leva « Venez ! » dit-elle en lui faisant signe de pénétrer dans la pièce à côté du salon, une sorte de sellier.
« Altesse ? » fît l’amant, visiblement étonné. « Si cela nous concerne, nous méritons d’entendre... »
«Je n’ai pas demandé votre avis. Restez sagement ici. » dit-elle avec un calme plutôt incroyable, alors que d’habitude elle les aurait envoyé chier méchamment.
Les deux hommes courbèrent l’échine de façon synchrone, se soumettant immédiatement à l’ordre de leur reine.

Avant de s’éloigner, elle demanda au père de tenir les oreilles curieuses des deux hommes loin de cette porte. Bastole lui adressa un sourire entendu, elle n’aurait pas eu besoin de le demander.
Une fois à l'intérieur, Isia croisa les bras, fixant la fermière. « Parlez Rimane » dit-elle avec une forme de douceur.

Rimane était une fermière d’une trentaine d’années. Le manque de soin et d’hygiène avait grevé son visage et sa chevelure d’une vieillesse précoce. Pourtant, l’éclat de son regard contrastait avec son air anémié. Elle avait dû être une très belle femme autrefois, elle conservait une vitalité importante. C’était sa crainte des représailles qui la rendait aussi anxieuse. Une fois seule avec Isia, le rang de cette dernière semblait l’impressionner et l’intimider. Elle ne pensait pas que son Altesse lui aurait accordé un entretien en toute intimité pour connaître la profondeur de ses sentiments.
Au début, elle eut beaucoup de mal à parler, à tenir le regard d’Isia. Mais une première phrase sortit, puis une deuxième, puis une troisième. Le barrage qu’elle avait érigé par fierté et par tempérament explosa brusquement, se déversant par ses yeux en un profond chagrin.
Isia apprit que la famille Vernel/Rimane s’était accordée pour les marier d’avance, pour la richesse et le prestige que cela leur octroierait.

Petit problème, les Wraiths avaient anéanti l’entourage, ne laissant que ces deux jeunes gens pour renouveler le nom. Rimane lui expliqua qu’à partir du jour où son mari avait perdu ses proches, il s’était enterré dans l’alcool et le jeu, dilapidant leurs fortune en moins de dix ans.
« Il me prenait ce que je réussissai à gagner en lavant le linge. » avait-elle glissé entre deux sanglots. « Il ne finit jamais lorsqu’il me touche, il refuse de me donner un enfant. Ma famille va disparaître...alors que... »
La jeune femme parvint à continuer sous le regard d’Isia.
« Miblin est doux. Il gère nos maigres revenus. Il a travaillé ma maison pour créer une chambre d’enfants. Nous essayons. »

Isia ne montrait rien, mais elle n’en pensait pas moins, elle était dégouté par ce homme...mais à la fois, elle avait de la peine pour celui qui était tombé dans la dépression. Puisque voilà : de ce qu’elle entendait, il avait honte surement. Il culpabilisait (expliquant pourquoi il n'allait pas au bout). Et sa déprime le rongeait au point qu’il entrait dans un cycle infernal de destruction. Il avait besoin d'aide au final. Mais il n’avait pas le droit d'entraîner dans son cercle maso sa femme qui, elle, avait encore envie d’aller de l’avant. Après tout, elle avait trouvé un amant plus solide. Le paradoxe était là, cet homme serait encore plus détruit en perdant la seule chose qui lui reste… cela était terrible comme décision.
Elle posa une main sur l’épaule sale de cette femme.
« Serez-vous capable de vivre avec deux hommes ? »

Rimane écarquilla les yeux puis fixa ses chausses, intégrant l’idée de vivre sous le même toit avec deux hommes, de se partager à eux. Elle n’y avait jamais vraiment songé.
« J’aime Miblin. Et j’aime ce qu’à été autrefois Vernel. Mais... »
Elle remonta sur elle toute son appréhension.
« Vernel n’est plus mon aimé depuis dix ans, Altesse. Il va prendre nos maigres moyens pour les jouer. Il me disputera à Miblin, par jalousie. J’ignore s’ils seront capable d’habiter ensemble sans se passer au couteau... »
« Dommage. » dit-elle en soupirant, cela aurait été une solution comme une autre. Elle soupira, vraiment, si elle n’avait pas fait d’école de droit c’est bien pour ne pas avoir ce choix à faire. « Merci de votre franchise Rimane. Retournons auprès d’eux. »

Rimane acquiesça puis la suivit.
En revenant, Isia pouvait voir que les deux hommes n’avaient pas bougé. Ils alternaient des oeillades discrètes entre la paysanne et son Altesse. L’anxiété les habitait comme à l’orée d’une grave annonce. Lorsqu’Isia se réinstalla aux côtés de Bastole, les deux retirèrent leurs couvre-chefs en s’estimant sur le point de connaître la sentence.

La doctoresse tourna la tête vers le seul homme qui pouvait remplacer le rôle d’un psychiatre, c’est à dire le père Bastole, puis elle toisa les deux hommes.
« Miblin, je ne met pas en doute votre sincérité envers cette femme. Vos actions le prouve. » dit-elle avant de chercher le regard du pauvre cocu de service. « Vernel, vous êtes en dépression. Vous en avez les signes et cette maladie peut-être guérie avec le courage et la patience. Cela vous prendra sûrement des années et le père Bastole sera là pour vous guider sur le bon chemin. Je ne doute pas de votre courage et de votre détermination à vous débarrasser du poids qui encombre vos épaules. Mais ce chemin, vous devez le faire seul. Libérez votre femme, redonnez lui le choix de choisir sa vie, ne pas l’emporter avec vous. Et de vous concentrer sur vous, sans l’angoisse de faire vivre quelqu’un d’autre et la culpabilité de ne pas réussir vos tentatives pour améliorer les choses. Ne le faites pas parce que je vous le demande mais pour vous, pour vous aider à revenir l’homme si brave et attentionné que vous étiez autrefois. Cet homme qui a fait battre un coeur. » elle lui fit un sourire doux. Elle avait fait exprès d’accès un discours sur le positif, pour pas qu’il y voit une sanction mais une fenêtre ouverte pour l’aider. Ce qui était le cas.

Le discours de la blonde stupéfia tant la paysanne que les deux hommes. Ils se regardèrent un instant, hésitant chacun de leur côté, surtout en ce qui concernait l’avenir de Vernel. Ce dernier ne semblait pas vouloir plus de mal à sa femme. Alors il regardait l’amant, puis son épouse, puis Isia. Il était perdu, secouant la tête.
« Mais...malade ? Vraiment ? » dit-il en peinant à y croire.
Son regard dans le vague trahit le fait qu’il cherchait des souvenirs, des preuves du contraire, lui permettant de prétexter qu’il avait toujours été comme ça, à faire le bien, luttant simplement contre la malédiction. Mais cela lui fit ouvrir une porte qu’il ignorait depuis trop longtemps. Il se voûta un peu plus, comprenant que l’avis de son Altesse n’était pas à débattre, et il s’écarta pour laisser Miblin et Rimane se rejoindre. Il avait fait la frontière depuis le début de la déclaration d’Isia.
« Votre Altesse...et lorsque je serais guéri...que ferais-je ? Que deviendrai-je »

Il regarda son ex-épouse. « Si je n’ai plus ni foyer, ni famille ? »
« Être malade n’est pas seulement physique, l’âme souffre aussi et ce n’est pas une honte. Guérir de l’âme est la plus courageuse des batailles. » dit-elle encourageante avant de se lever pour se chercher un verre d’eau. « Vous serez un nouvel homme, prêt à mordre la vie à pleines dents, vous pourrez refaire votre vie ou être un membre à part entière de cette famille. En acceptant de reconquérir votre femme et d’aimer à trois. » dit-elle lui montrant qu’il avait le choix et que cela lui appartenait.

« Oui votre Altesse. » fit-il, toujours un peu perdu, mais ayant manifestement un nouveau chemin à suivre.
« La Reine a parlé ! Vous connaissez maintenant sa volonté ! »

Le nouveau couple et Vernel saluèrent poliment Isia avant de se retirer dans le calme. La porte se referma, ne laissant plus que le prêtre et la toubib ensemble. Elle lui proposa un verre d’eau, alors qu’elle buvait le sien.
« Merci. » fit-il en déclinant poliment. « N’ayez aucun doute quant à l’exécution de votre verdict. Vous leur avez apporté une solution de paix. »
Isia hocha la tête, elle était plutôt contente de son jugement… mais essayait de ne pas trop le montrer.
Le Saint Homme se mordit la lèvre.
« Seriez-vous en de bonnes dispositions pour parler de l’organisation de votre mariage demain ? »
« Si vous m’apportez du sucre pour me consoler. » dit-elle avec humour. Elle n’avait pas envie de parler de ça, toute son épiderme se dressait et hurlait de colère. Mais elle devait bien le faire. ce fichu mariage blanc.
Bastole et elle continuèrent à discuter un peu, de tout et de rien, de l’histoire du village et de son art de la médecine. Il laissa ensuite Isia pour du repos bien mérité, mais avant cela dans une conversation où Isia ne se montrait pas butée, il répondit en substance aux raisons d’un jugement qu’Isia tenait personnellement à leur encontre. Elle les estimait materné, incapable, prêt à se soumettre à de simples visiteurs. Le prêtre lui apprit qu’ils faisaient autrefois partie d’une civilisation bien plus grande, détruite par les Wraiths jusqu’à ses fondations. Un tel niveau de dévastation qu’ils avaient été poussé à fuir par la Porte des Étoiles.

Les pauvres ancêtres s’étaient retrouvés coupé de leurs habitudes, devenant par contrainte des nomades à la recherche d’une nouvelle terre. Toujours pourchassé, les colons avaient migré sur diverses planète jusqu’à atteindre celle-ci, au bord de la disparition tant ils étaient peu nombreux.

Une génération plus tard, ils se retrouvaient là, privés par la dernière séléction de leur dirigeant. Un trône vide et le désespoir pour seul avenir.
Bastole tenait à le lui expliquer sans chercher à la convaincre. Toute la reconnaissance et l’amour que ce peuple leur portait n’avait pas pour but de les séduire, de les faire rester, ni de s’appuyer entièrement sur leur compétence. IIs retrouvaient en eux une autorité intelligente et mesurée, qu’ils avaient longtemps espéré.
L’explication avait de quoi rendre dubitatif. Mais le prêtre avait ajouté, le regard perdu dans le vide et d’une expression profonde de sincérité :

« Son Altesse veille à notre santé. Messire le Roi, défend nos villes. Nous savons que vous repartirez un jour. Mais ce que vous nous offrez, c’est l’espoir. La joie du peuple, les banquets, la paix sociale sont la conséquence de votre bienveillance. »
Voilà d’où provenait cette adulation. Elle n’était pas aussi naïve qu’elle y paraissait. Elle était surtout dénuée d’attentes et de conditions réciproques.

Isia l’avait écouté, elle n’était pas vraiment convaincue de tout ça. Mais bon, elle accepta les explications, remerciant l’homme avant de vaquer à ses occupations solitaires après son départ. La maison était vide et si, avant, cela ne lui manquait pas… elle devait reconnaître qu’elle avait envie de parler. Parler à quelqu’un qui n’était pas un villageois. C’est un besoin purement féminin, d’échanger sur sa journée et Darren lui manqua sur ce point. Chassant ce besoin stupide, elle se consacra à la rédaction de son journal du jour, avant de se mettre sous une douche qu’elle prit brûlante…. son corps était fatigué et elle avait envie de se coucher en boule dans son lit et… ne pas se réveiller avant le lendemain soir. Elle sentait un peu la déprime … Elle s'habilla légèrement comme toujours, il faisait particulièrement chaud les nuits. Son regard alla sur la fenêtre, observant le bois au loin…

« Tu as intérêt à rentrer avec tes deux fesses, pour que je te les bottes p’tit con ! » grogna t’elle pour le principe, ne pas s’avouer qu’elle était un tantinet inquiète du sort de Darren et sa stupide chasse au loup… Et puis, elle devait avouer qu’elle fit le tour de sa maison, vérifiant toutes les fenêtres et autres portes. Un brin de paranoïa, après son histoire avec la folle du village elle redoutait qu’elle vienne se venger. Cela serait stupide mais si humain…
Après deux vérifications, hésitant à en faire une troisième, elle prit son arme et monta dans sa chambre pour se dévêtir et se glisser dans les draps. Le sommeil fut long à venir, mais elle le trouva. Problème, elle avait mal verrouillé la porte principale de sa masure.


Le soir venu, quelques femmes du village prirent leur courage à deux mains pour venir à la rencontre d’Isia, tapant de nouveau à sa porte. Deux vieilles dames et deux autres, plus jeunes, lui apportaient de quoi manger. Un panier d’osier dans chaque bras avait visiblement pour but de la remercier. Manifestement, avoir réuni le village sous une seule bannière leur avait fait beaucoup d’effets. C’est par ce geste que la gent féminine remerciaient leur Première Dame sans avoir à entrer dans un quelconque discours.

Isia, Altesse malgré elle de ce Pays, recevait un festin en remerciement de son attention pour le bas peuple. Elle avait plus qu’il n’en fallait pour manger.
Emballé dans de larges feuilles d’un papier local, de bonnes odeurs s’en échappaient et la chaleur se sentait à travers le bois d’osier, signe que ça sortait du four. Le groupe de délicates personnes ne chercha pas à obtenir de remerciements ou d’appréciation de la part de leurs souveraine. Alors qu’elles discutaient ensemble, elles s’étaient permise d’entrer pour disposer les victuailles sur la table.
Elles allumèrent des bougies, dressèrent deux couverts (peut-être dans le cas où Darren reviendrait plus tôt) et présentèrent la table.

Du pain brioché, deux plats en sauce. Un quake, du pain à la viande et un gratin de légumes se disputaient l’intérêt d’Isia. Les dames avaient même placé des couverts et des verres venant de leur propre service. L’une d’elle laissa, à coté d’un pichet d’eau fraîche, une vieille bouteille encore couverte de poussière, signe qu’elle avait été gardée longtemps en cave. Son liquide clair et les verres à dégustation laissé là favorisaient l’appel à l’apéritif.

« Votre Altesse. » avait-elle toute dit, à un moment donné, en faisant une brève révérence.

La plus vieille, qui était visiblement muette, glissa entre les main de la chirurgienne un grand châle très fin et finement brodé. Sa matière rappelait la soie. C’était visiblement pour qu’elle s’y emmitoufle durant ses nuits chaudes et évite le désagrément d’une épaisse couverture. La petite main ridée de la vieille tapota doucement celles d’Isia, par dessus l’offrande, dans une forme de remerciement puis elle s’écarta.
Ces femmes quittèrent la masure tout aussi rapidement qu’elles étaient venues, insistant sur le fait qu’elle pouvait faire appel à leurs service à tout moment.

Un bruit de pas et de vaisselle l’alarmèrent… Elle se releva, serrant son arme entre ses mains… il y avait des paroles en bas, des conversations joyeuses : rien de bien menaçant… Elle soupira.
*Franchement, je ne peux JAMAIS être tranquille dans ce trou !* pesta-elle, en attrapant une robe de nuit élégante et sombre avant de mettre un peignoir en matière fluide. Elle descendre à la rencontre des visiteurs… Comment étaient-ils entré ? Cela l'angoissait soudainement et elle serra un peu plus fermement son arme dans sa poigne.

Quand elle découvrit un attroupement de femmes, elle soupira tout en roulant des yeux, face à sa propre méfiance. Ce ne sont que des villageoises … Sa main glissa du mur, pour rejoindre sa poche et elle déposa son pistolet sur la table…. Il avait à manger ? Elle n'avait pas prit de repas ce soir pour se restreindre… Deux couverts et bien trop de mets pour une soirée… Elle eut un petit rictus touchée et gênée à la fois. Pourquoi donc ? Son ventre gargouilla quelques secondes alors qu’elle se passait une main sur son visage. Elle sentit ensuite le contact doux d’un châle dans ses mains. Surprise, elle resta interdite face à ce don, qu’elle n’avait pas demandé.

« Attendez ! »

Ces servantes du soir se retournèrent d’un bloc.
« Altesse ? » demanda l’une d’elle.

« Pourquoi vous m’avez apporté tout ça ? » Elle connaissait la réponse. Ou tout du moins la supposait. Mais elle préférait demander quand même.
« Parce que le peuple doit le couvert à son suzerain. » fit la jeune femme en haussant les épaules, ne comprenant pas pourquoi cela surprenait Isia.
La vieille dame tira la manche de la porte parole du groupe, s’exprimant par des sifflements et des grognements que seule cette fille semblait comprendre. Elle se fendit d’un “ahhhhh d’accord !” puis se tourna vers Isia.
« Vous avez ramené nos fils et époux à la maison. Des femmes, grand parents et oncles. En remerciement pour votre bienveillance, Altesse ! De la part du peuple ! »

Le couvert à son suzerain ? Il fallait donc de nobles actes et un peu de bienveillance pour que ces gens partagent leurs maigres ressources ? A moins, qu’ils aient eu vent de la restriction encore plus drastique d’Atlantis ? l’un comme l’autre la doctoresse devait bien avouer que cet acte était appréciable. Elle pouvait garder ses ressources et manger quelque chose de plus frais.
«Merci. » dit-elle simplement. Elle n’avait pas à écopé des remerciements de ces personnes. Cette conséquence appréciable, n’était pas volontaire, elle s’était rendue dans l’antre de la sorcière pour la simple raison, qu’un enfant était malade. Le reste, ne dépendait pas vraiment d’elle.
Quand les drôles de bonnes femmes partirent, Isia referma cette fois sa porte. Mangeant son repas et mettant de côté sous vide le repas en plus qui était destiné à Darren. Enfin si ce bougre shooté à l’adrénaline était encore en vie.




Il faisait tard maintenant.
Le ciel dégagé, la lune éclairait parfaitement le domaine que la chirurgienne était censé posséder. On percevait par la fenêtre les séparations entre les différentes demeures, la place du village et l’église. Tous occupé par des carrés informe de nature laissé vierge. A part les quelques traînards qui rentraient chez eux ou ceux qui allaient chercher du bois pour leur cheminée, la faune sauvage semblait reprendre vie avec l’absence d’activité humaine.
Isia pu même observer l’apparition d’une biche sauvage, suivie de près par son petit, venu paitre au bord d’une cloture d’élevage.
Le bétail était rentré depuis un moment, il n’y avait plus personne dans les rues. Ces espèces semblaient avoir l’habitude de venir réoccuper le terrain lorsque le calme revenait.

Isia fût seule tout au long de la soirée et de la nuit.
Sa seule patiente était stable, dormait à poings fermé, ses proches partis se reposer dans leurs foyers. Comme à l’accoutumée, la jeune femme pouvait se détendre sous la douche, c’était bien le seul luxe qu’Atlantis lui avait laissé dans cette mission.
Elle s’occupa, vaqua à ses occupations jusqu’à très tard, jusqu’à ce qu’elle s’endorme dans sa chambre.

C’est au milieu de la nuit qu’elle fût tirée de son sommeil par l’écho d’un son peu naturel. Comme de bruits de tonnerre rapidement claquant au loin, très loin. Quelques flashs lumineux très faibles mais soudain crépitaient. Filtraient depuis sa fenêtre et atteignaient la rétine de ses yeux clos. Non, elle n’avait pas envie de se lever, son corps était encore lourd et elle pensait rêver. Le temps qu’elle réalise, Isia entendit de grands cris dans la nuit.
Un peu de panique. Mais surtout de la dévotion.

« Le Roi guerroie ! Le Roi guerroie ! » hurla soudainement quelqu’un à travers la nuit. Puis une volée de voix en retour scanda un unique et vibrant : « VIVE LE ROI ! »
« Le Roi ! C’est le Roi qui chasse la meute ! »
« VIVE LE ROI ! »

“Vive le roi”… Isia finit par se lever, elle avait ouvert sa fenêtre trouvant qu’il faisait trop chaud dans sa chambre. Elle se redressa sur son lit juste au-dessous de la fenêtre, passant la tête pour voir le ciel se zébrer de lumière. Ils en faisaient du raffuts…et Darren avait mis les grand moyens, sa cargaison d’arme allaient y passer ou quoi ? Le regard plissé, elle se questionnait sur la suite des événements… finalement le combat était nocturne.

A l’horizon, dans la direction qu’était parti le convoi, l’aura rougeoyant d’un grand incendie éclairait tous les alentours. Les claquements d’une arme automatique se faisaient entendre par moments. Quelques balles traçantes dans le chargeur de Darren matérialisaient parfaitement les tirs perdus qui montaient depuis la fournaise. Et entre les vivats, entre les claquements d’armes et les coups de tonnerre rappelant à des charges de démolition, on percevait également les grand cris de loups, long et profond, d’une meute entière.

« Loué soit le Roi. Loués soit nos braves. » s’écria quelqu’un, perché à la fenêtre de sa maison.
Pas mal de monde avait été réveillé par cette cacophonie lointaine. Comme s’ils assistaient à un spectacle ou à un feu d’artifice, le peuple observait cette scène inédite depuis leurs fenêtres. Ceux qui n’avaient pas d’angle de vue étaient montés sur leur toit, louant également les courageux du convoi.
Sur le relief légèrement surélevé où se tenait l’église, le père Bastole sortit tranquillement. Il observa la scène, la bible sous coincé sous le bras, et dévia son regard vers la fenêtre d’Isia. L’homme se demandait si elle partageait l’enthousiasme général ou si, à la place, elle s’inquiétait. La scène apocalyptique n’était pas perçue comme désastreuse pour ceux qui intervenaient. Ils estimaient que le déménagement des loups venait de débuter. Et qu’il se déroulait bien.

Si cette scène n’avait probablement rien de surprenant pour Isia, les villageois étaient impressionnés par les mesures engagées par Darren. Le feu, les détonations, le claquement des armes. Parfois, de grands éclats de voix arrivaient au village par échos, accompagnés des hurlements des loups. Une sérénade étrange et incompréhensible.
Les parents et famille de ceux qui se battaient sur le terrain priaient, anxieux, mais ravi de les voir oeuvrer pour la paix du village.
Cela dura plus de vingt minutes. Puis le silence s’imposa.
Seul l’incendie continuait toujours de former d’étranges aurores d’une couleur unique dans l’horizon, perdant visiblement en importance et en intensité.

Le combat semblait intense et rapide à la fois. La doctoresse avait enfilé des vêtements, pour se précipiter en bas et commencer à prévoir le nécessaire pour le soin. De temps à autre son regard allait sur la fenêtre. Oui, elle était mine de rien, assez inquiète…la fin du combat, la surprit, elle avait presque envie de dire « c’est tout ? ». Intrigué, elle jeta un rapide coup d‘œil à sa patiente, qui shooté par la morphine dormait paisiblement. La jeune femme sortit sur le palier, observant la nuit, à la recherche d’ombre pouvant émerger de la forêt. Une pensée stupide, lui traversa la tête, si le combat était de nuit, c’était bien la peine de partir si tôt ! Elle réajusta le châle qu’on lui avait offert sur ses épaules, une brise fraîche sonnait une nouvelle ère, l’odeur dans l’air semblait presque différent.

Pas mal de monde avait eu la même pensée en voyant la bataille retomber dans le silence.
C’est tout ? Se disait-on.
Pas de retour en fanfare de l’expédition ? Pas d’arrivée de blessés ?

A part les chasseurs qui connaissaient bien le soin, personne ne comprenait que la tanière des loups se trouvait relativement loin et que cela demandait un certain laps de temps pour le retour. D’autant plus que Darren ne se contentait pas de chasser les loups pour retrouver le même problème deux semaines plus tard. Il veillait à exercer la pression en continue pour les installer ailleurs.

La jeune femme resta à sa fenêtre, elle était éveillée et elle resterait surement jusqu'à leur retour, ne voulant être pâteuse si des soins plus grave devait être nécessaire.




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Isia Taylor Laurence

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√ Arrivée le : 26/01/2016
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le Lun 22 Juin - 10:24

Isia Taylor Laurence
SBC AtlanteIsia & DarrenFévrier 2020


Le lendemain matin, au moment où le soleil commençait à éclairer le ciel en produisant de belles couleurs chatoyante, un des chariots vint enfin jusqu’à sa masure. S’y trouvait plusieurs blessés par morsure, notamment aux bras et aux jambes. Dont un plus salement qui avait été touché au cou. Darren lui avait posé un pansement compressif. Le conducteur de l’attelage, le seul encore en bonne santé, tira son béret dans un signe de salut et lui tendit un papier.
Il avait été griffonné à la hâte.

“Ca se passe bien. Blessés légers dont un grave.
Renvoie l’attelage. Devrait être de retour dans l’après midi.
Ne bute personne en mon absence.

Darren T. Laurence.”


Isia ne put s'empêcher d’avoir un sourire amusé à la signature de l’homme. Elle plia le papier, le mettant dans sa poche, pour faire entrer les blessés dans sa maison, qui allait très vite se transformer en hôpital de campagne. Elle renvoya l’attelage comme demandé, se questionnant sur l’état des autres, en tout cas Darren avait dû être logique en mettant dans le premier convoi les plus “grave”. Et d’un premier coup d’oeil, elle estimait qu’il aurait put avoir bien pire.

Elle s'intéressa d’abord à celui blessé au cou, avant de faire les autres. Elle demanda aussi à l’une des femmes venu voir si son mari était dans le lot, d'appeler les familles de ces hommes, afin, qu’une fois soigné, ils puissent repartir chez eux et libérer la place. Seul l’état de cette gorge ouverte l'inquiétait plus que d’autres. Elle du le recoudre et cet homme aurait à jamais une voix sifflante, comme un souffle constant dans chaque mot. Elle leur demanda aussi, comment s’était passé le combat. Curieuse, mais aussi pour les distraire alors que parfois, elle devait recoudre sans anesthésiant.

Les blessés les plus léger s’en allèrent en bon ordre. On la remercia chaleureusement, les familles déposant sur le meuble à l’entrée des dons et des valeurs pour symboliser toute leur reconnaissance en voyant tant d’application dans les soins. Cela la gênait, mais elle finit par mettre cela de côté et prendre les présents, se disant que s’il était au moins alimentaire, qu’elle pourrait tenir plus longtemps avec Darren. Elle avait d'ailleurs conservé la moitié de son repas du soir pour lui. Isia appris de la bouche de ces héros du jour que Darren avait longuement étudié le terrain en laissant les hommes à l’écart. Bien sûr, les témoignages étaient souvent romancés à l’avantage du Roi. Comme le fait qu’il avait abattu un loup d’un simple regard de haine. Cela l’avait fait sourire. Ou qu’il s’était soudainement transformé en un géant de deux mètres écrasant les monstres sous sa botte. Elle eut par moment du mal à ne pas ricaner, faisant la femme fascinée et étonnée des pouvoirs de son époux. Elle ajouta même une couche, trouvant là, une manière de s’amuser, en prétendant qu’il devait avoir acquis la force du loup ainsi que ses crocs. Darren en loup garou, cela devait être digne d’un roman pour adolescent et elle était certaine que les infirmières allaient adorer !

Pour les moins naïfs, ils reconnurent avoir découvert cette nuit là toute la puissance de leur roi. Ne comprenant pas l’usage de ses armes, ils estimaient qu’il s’était emparé du pouvoir de la foudre et du feu pour faire fuir les loups. Mais en ayant établi un plan très précis, les braves de l’expédition avaient formé un corridor maculé de chair et de sang pour attirer la meute.
Les loups qui s’échappaient du corridor devaient être ramené à l’intérieur. Et ainsi, ils poussaient l’ensemble de ces prédateurs vers une nouvelle forêt lointaine que leur peuple ne dérangerait pas.

« Monseigneur le Roi est un brave ! » avait assuré un blessé à la jambe. « Il m’a porté sur son dos, Altesse. Alors que j’aurai été abandonné par la terreur que connaissait mes amis. Je n’oublierai jamais son geste ! »

Oui, il était brave, elle pourrait dire par pure mauvaise foi, que c’est son foutu job de militaire ! Mais elle savait que cette dévotion et altruisme, n’était pas toujours inné à ce corps de métier. pour preuve Alek Hamilton, était le plus grand des connards avec tout le monde, sauf peut-être elle. Et encore. Il ne se serait pas foulé pour les sauver s’il avait été à la place de Darren et ici. En repensant à lui, elle avait une pointe amère… Il avait décidé de couper court avec elle, il y a peu par mail, lui balançant le “pandesque”, une tirade des plus mauvaise. Il n’était plus avec sa compagne, elle était de toute manière trop insipide pour lui. Et dans sa descente aux enfers d’ancien soldat déchu, il était allé trop loin dans son mail. Déjà qu’il avait été moins réceptif à répondre. Elle soupira. Elle ne voulait plus s’attacher et pourtant, elle liait des amitiés forte sur cette cité. Enfin qu’importe.

« Oui c’est un bon guerrier, il ne laisse jamais personne derrière lui. » dit-elle dans un soupir. Quand elle reviendrait sur la cité, elle savait qu’il aurait un bon rapport, rien que pour ce fait. Peut-être aurait-il un ou deux galons, ce genre de soldat ne devait pas être caché en chair à canon. Mais Sheppard devait le savoir au contraire de d’autre officiers trop froids pour être humain. Mais la belle blonde ignorait clairement le souhait du soldat. Celui de refuser toutes les promotions, préférant à la place obtenir des congés supplémentaire ou des missions en exploration. Encore une étrangeté que, si elle l'apprenait un jour, allait la laisser sur le cul. Elle bourré d'ambitions et d’envies. Darren était véritablement son inverse.

« Je le conçois. »
L’homme se redressa et voulu se diriger vers sa femme et son enfant. Ils l’attendaient impatiemment devant la porte. Le garnement pointa Isia du doigt et sa mère lui interdisit le geste. L’enfant était pourtant curieux de savoir si c’était elle, la Reine, et la jeune femme lui expliquait qu’il était indécent de pointer les nobles du doigt.
« Un tel homme manquait à la tête de notre peuple. Et vous êtes, à l’image, avec autant de valeur. Merci de m’avoir soigné, Altesse. »
Il fit une révérence très polie et s’en alla. Laissant Isia un peu déconfite. Elle n’avait pas de belles valeurs, enfin si, celle de préserver la vie et de sauver des vies… mais elle n’était pas aussi bonnes et loyale que pouvait l’être le “roi”. Non, elle était chaotique, elle ne respectait aucune règles, elle se contentait de faire avec. Allant jouer avec les limites et outrepassant quand elle était certaine qu’elle ne serait pas attrapé. sauf là...avec Calahan, où elle avait laissé sa colère et sa folie prendre le dessus. Elle n’était qu’une putain de tigresse en liberté et qui, juste avant, contrôlé par de jolies barrières. Et ces jolies barrières avaient pété, après tout… elles étaient déjà un peu fissurées non ? Elle n’était qu’une utopie. Cette fichue utopie de croire qu’elle pouvait répondre à un cadre. Cette punition n’allait rien changer si ? Peut-être. Elle doutait, elle avait trop joué, elle en avait oublié d’être “bonne”. Elle ne s’aimait pas plus aujourd’hui qu’autrefois.

Avec toute cette activité, Isia se rendit compte qu’il était déjà midi.
Avec deux patients maintenant. La femme stable que son mari venait surveiller pour elle. Et l’homme blessé au cou qu’elle gardait en observation. Encore une fois, les femmes du village vinrent dresser la table, malgré le fait qu’elle les rabroua pour qu’elles arrêtent de faire ça. Le repas qu’Isia avait laissé pour Darren disparu parce qu’il était froid, vite remplacé par de nouveaux mets tout aussi odorant. Isia avait beau pester… cela ne changeait rien. Les têtes avaient changé, les femmes du village se succédaient manifestement et l’une d’elle, une dame assez âgée, demanda à la chirurgienne si elle devait apporter un repa spécifique pour ses patients.

« De la soupe, ma reine ? Ou bien de la purée bien pressée ? Ca ne les blessera pas ? »
« De la soupe pour Voldek, sa gorge est fragile, les autres peuvent manger de la purée. » dit-elle en vidant le sang qu’avait craché le plus blessé. sa blessure à la gorge était stabilisé et l’homme était blanc, il avait besoin de prendre des forces. La doctoresse, laissa la femme donner la bequé, mangeant elle aussi avant qu’un nouveau attelage arrive avec son lot de blessé moins grave. Son regard chercha Darren.

Cette fois, les trois attelages revinrent jusqu’à la masure d’Isia.
L’expédition complète étant en train de faire le retour, la majorité des citoyens s’étaient rassemblés de part et d’autres, saluant leurs héros. Les membres en bonne santé sautèrent des chariots pour des retrouvailles fracassante de chaleur humaine et d’émotions. Les autres, encore sous les ordres de Darren, aidaient les blessés léger à se rendre dans la masure.

« N’oubliez pas d’envoyer des remplaçants aux guetteurs. Et de quoi manger, j’y tiens. » ordonna-t-il au cocher.
« Oui, Sir. »
« Et je veux leur rapport sur le comportement des loups dès que possible. »
« Bien, Sir ! »

L’homme reprit son attelage et quitta la masure d’Isia pour s’enfoncer dans la foule.
Une huée soudaine monta. Les sifflements et les applaudissements allaient à l’adresse du soldat qui se trouva très géné. Le récit de ses exploits avait déjà fait le tour du village et il les fixa, intrigué, avant de se reporter sur un blessé qui boitait. Ils étaient cinq à s’approcher sur le pas de la porte.

Clive rencontra le regard de son amie et ne su pas quoi dire sur le moment.
Ils s’étaient quittés en mauvais terme et il ne savait pas comment elle le considérait en cet instant. Finalement, l’humour l’emporta et en entrant dans la masure pour déposer son blessé sur la table d’auscultation, il glissa à Isia au passage :
« Papa Noël est arrivé ! Tout plein de p’tis cadeaux pour la pro du scalpel ! »

La doctoresse avait vite fait regardé l’état des autres hommes, jugeant qu’ils n’avaient rien d'alarmant. Les bras croisés, elle avait soutenu son regard. Elle avait pleins de trucs à lui dire, enfin pleins de doléances à lui soumettre dans une crise dont elle était la maîtresse. Mais sur le coup, elle ne s’en souvenait plus. Elle était en colère contre lui avant… mais là : pouf, elle en avait oublié les nombreuses raisons. Étrange. La seule chose qui lui était venu en tête était “petit con”. Elle le suivit, pour regarder le blessé qui avait une plaie à la jambe, comme beaucoup. Les membres avaient été touché et priorisé par les canins. Qu’importe. Son regard se figea dans les prunelles brunes, esquissant un rictus.

« Et comme tous les ans, il m’apporte pas ce que j’ai mis sur ma liste...» dit-elle avec humour, avant de s’approcher près de son oreille et lui murmurer : « Petit con ! Mais je suis contente de ne pas clamer : le roi est mort vive le roi ! » dit-elle malicieuse, reculant pour s’occuper de cette vilaine plaie.

Le soldat lui rendit son sourire.
Il était plutôt content de voir qu’elle était passée à autre chose et il trouva le “petit con” magique. Ca le fit marrer. D’autant plus qu’elle venait de lui avouer à demi-mots être contente de le retrouver.
« Ah, ils y tiennent à leur Roi on dirait. Mais que serait-il sans sa Reine, qui soigne le petit peuple ?! Hé...c’est bien du rôti que je sens là ? »
« Ne me flatte pas, tu casses les jouets moi je répare. Oui c’est du rôti. » affirma t elle.
Le soldat en avait l’eau à la bouche. Il repéra la table un peu plus loin, là où se trouvait un véritable festin encore chaud, puis il se tourna pour fixer Isia avec un regard surpris.
« Ben j’vois qu’on se fait plaisir quand votre époux bien-aimé se pèle les rouleaux dehors !!! »
« Je me console comme je peux... Pauvre épouse abandonnée par son mari qui guerroie. » elle lui sourit, s'installant avec lui, elle avait finit avec son patient, une simple formalité. L’homme pouvait rejoindre sa famille. « Un jour plus tard et tu retrouvais un galant dans mon lit.»

Le soldat s’était installé en face d’Isia.
Il posa son P90 sur le coin de la table et ouvrit sa veste dans un soupir d’aise. La nuit avait été très longue et il n’avait pas chômé pour diriger tout ce petit monde. Il était en train de se servir puis écarquilla les yeux en entendant ce voeu d’adultère.
« Vraiment ??? » dit-il en exagérant son étonnement. Elle lui fit un sourire carnassier. « Et sur quel bel âtre son Altesse aurait posé les mains pour combler son appétit et remplacer la chaleur de son lit. »
Il la fixa, moqueur.
« Ce brave qui s’est taillé la barbe en forme de symbole Atlante ? Ou celui qui adore jouer de ses biceps à chaque fois que votre regard le rencontre ? Pauvre homme...s’il comprenait qu’il fallait commencer par se laver les dents... »

Isia ricana de plus belle, prenant l’arme, pour qu’elle trouve une autre place que la table à manger. Les militaires… elle ne pouvait expliquer pourquoi, mais la vue du P90 sur la table, ne lui plaisait pas. Elle revint croisant ses longues jambes, le laissant se servir comme un grand.
« Hum, ils sont alléchants, ils auraient fait l’affaire les jours suivants… mais je pense plutôt à notre homme de foi. J’ai toujours voulu toucher dieu …. du bout des doigts… ou autre chose... » elle soupira d’aise, avant d’hausser les épaules. « Mais tu es revenu… et apparement tu as des supers pouvoirs… un vrai demi dieu. »
« Oh, navré de te décevoir, ma Reine. Mais tu sais bien que les hommes de foi ne laissent que les petits enfants toucher Dieu de leurs petits doigts. » avait-il dit avec un air gourmand et très vicelard, pour son plus grand plaisir, elle lui rendit son rictus.
« Ah… je suis trop âgée... »
Il haussa des épaules.
« Alors qu’en face, tu as Darren. Dieu du feu et du tonnerre ! Main armée de la Justice Divine ! Prétendant à la Déesse Vénus, l’Amour, la Séduction. Mais... »
Darren fit mine de réfléchir.
« Y’a quand même du Satan et du Shiva dans le mélange. Ca rend l’affaire un peu plus épicée ! »
Très amusé, elle joua le jeu en lui offrant un sourire sardonique digne de lucifer en personne.
« Il faut toujours un peu de piment. Sans Héra, Zeus n’aurait pas eu autant d’histoire à sa gloire. » elle bu un peu d’eau. « Alors ? ça fait quoi d’être un géant et de tuer d’un regard des loups ? »

« Ca fait du bien. » admit-il entre deux bouchées.
Malgré le fait qu’il était affamé, c’était la première fois depuis un petit moment qu’il dinait avec son amie sans être dérangé. Ils pouvaient discuter ensemble sans risquer d’être entendu. Cette complicité et cette intimité étaient salutaire, agréable à vivre. Alors Darren mangeait lentement. Il ne s'empiffrait pas, profitant du moment.
« Comme on nous le dit si souvent, il ne faut pas que ça nous tourne la tête quand des autochtones nous dépeignent en Dieux ou Seigneurs. Mais ça soulage d’apporter le bien pour une fois. De ne pas se contenter de suivre les ordres en explorant, en posant nos sales godasses sans se soucier des autres. »

Elle l’écouta attentivement, oui, être considéré comme une divinité c’est plaisant pour l’égo. Et il fallait garder la tête froide, chose qu’elle n’avait pas. Mais dans un sens, elle méprisait et se détachait de cette adulation.

Il se tut un petit moment, le regard un peu perdu.
« Soutenir et soulager les opprimés. Ca fait du bien Isia. »
Puis une étincelle espiègle brilla dans son regard.
« Et même la doctoresse sadique qu’il ne faut pas emmerder, ils l’aiment ! Suffit de voir cette table qu’on t’a fait et les regards de toutes ces femmes qui t’adulent. Ca ne te fait pas gonfler les chevilles ? »
Elle finit de manger sa bouchée de rôti avant de lui répondre… « Hum. Je ne comprend pas pourquoi, ils m’adulent. Enfin maintenant, je sais. Durant ton absence, j’ai eu moi aussi mon lot d’aventures. Mais bon… Tu sais être belle attire les croyances, la technologie aussi. Et le fait d’avoir un sale caractère .. finalement aussi. Après tout, aucune civilisation n’a de divinités réellement bonnes. La punition tout ça… toi tu es le vertueux et moi je suis celle qui châtie. » elle ricana doucement, elle aussi mangeait doucement, profitant d’un moment “tranquille” chose qui ne semblait arriver que quand elle dormait et encore…

« Tu sais, ce n’est pas parce qu’Atlantis t’a jeté ici comme un vieux kleenex que tu dois te dévaluer. » dit-il doucement. « Tu joues vachement de tes charmes et tu fais la tueuse quand on t’emmerde. Mais derrière tout ça, les gens voient la même chose que moi. »
Isia leva les yeux au ciel, s’adossant à sa chaise, elle n’avait pas envie d’entendre des flatteries. Elle jeta sa fourchette d’un geste dédaigneux.

Il quitta un instant son assiette.
« Quand ça chauffe, tu es là pour eux. Alors même si tu n’es pas très tendre, voir même carrément insultante par moments, ils voient le résultat. Et tu es aimée pour ça.»
Darren lui offrit un sourire convaincant.
« Enfin, sauf quand tu as dans l’idée de finir un mec dans la forêt parce que tu sais qu’il est déjà mort. Ca fait très juge Dredd ça. LA LOI C’EST MOUUUUAAA ! »

Elle avait croisé ses bras, roulant des yeux, mais elle était amusé, comme le montrait son sourire. « C’est mon côté Hadès, j’ai un quota d’âme à ramener en enfers. » dit-elle pour dévier la conversation. Oui, elle n’était qu’un mouchoir...enfin non, elle avait mérité. Alors, elle n’était pas défendable.

« Et ton aventure, c’était quoi alors ? » demanda-t-il en comprenant que le sujet ne l’intéressait plus.
Et cette fois, elle semblait plus “vivante” dans ses propos. Elle lui raconta de manière passionnée, comme elle savait si bien le faire, cette histoire incroyable de sorcière. Si elle méprisait cette vieille folle, elle arrivait à faire de l’humour -noir- sur elle et ses pratiques douteuses. Elle alla dans des détails, qui soyons clairs, n’étaient peut-être pas au goût de Darren, mais bon, elle vivait son récit, avant de lui demander sa version des faits. Puisque bon, même si les récits légendaires naissant des exploits du dieu du tonnerre étaient amusant, elle n’avait nullement envie de les entendre. Elle préférait la vérité.







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