Atlantis Insurrection

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Destination : Kamerad Popov

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Darren Clive

Image perso : Destination : Kamerad Popov - Page 2 Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
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le Sam 12 Sep - 10:25

Darren Clive

Destination : Kamerad Popov

Darren Clive & Esfir Lunienko



Ce que Darren ne voyait pas et ne savait pas, c’est que les signes écarlates venaient de réagir à l’instant où Esfir venait d’y poser la main. Comme si elle avait touché la surface de l’eau, elle vit une onde très douce et souple se répartir sur la roche de l’obélisque. Cet étrange “feu sacré”, à voir sa façon de briller, se mélangea doucement. De signes d’écritures, elles donnèrent peu à peu un paysage. Il semblait totalement désertique, ensablé, agressé par le soleil. L’aspect de feu de cette scène exhacerbait la dimension très hostile de l’habitat. Il s’écoula quelques secondes durant lesquels l’environnement était vivant. On lui retraçait un film par le biais de cet obélisque, en temps réel, un héritage millénaire de la vie qui existait autrefois sur cette planète.
En voyant le sable que chariait le vent, les nuages, et la grande falaise qu’ils avaient également grimpé à l’aide de leurs propulsions. Puis elle le vit soudain, comme s’il passait dans l’angle de la caméra...cette chose.

C’était une créature étrange. Comme un insecte qui s’était redressé sur deux pattes et qui peinait à se déplacer. Il donnait l’air clairement anémié, épuisé, et mit un temps fou pour s’agenouiller au sol. Il n’y avait pas de son mais Esfir pouvait deviner ses mandibules cliqueter autour de la même herbe qui poussait éternellement à deux pas de l’obélisque.
La créature la prit très délicatement, comme si elle voulait caresser son feuillage, mais un simple contact la désintégra en poussière. Elle semblait si sèche et faible que la culture mourrait au premier contact.
La chose semblait peinée, en proie à un profond désespoir.

\\ ESFIR !!! \\ gueula Darren, l’extirpant brutalement de son état second.

Son amie sentit tout de suite sa tête lui tourner.
L’obélisque était toujours là mais on aurait dit que ces signes étranges n’avaient jamais changé de forme...jamais. Darren l’empoigna sans ménagement et la força à retirer sa main.

\\ Écarte toi, bon sang ! \\

« \\Non attends\\» dit elle en voulant remettre sa main, mais Darren l'en empêcha et le vertige qui la saisit d'un coup l'obligea a finalement poser sa main sur la combinaison de Darren pour y prendre appui, le temps que l'effet se dissipe.

« \\J'imagine que ça non plus tu l'as pas vu ?\\»
\\ Mon amie rester immobile en touchant ce truc comme si elle se faisait siphonner le cerveau, tu veux dire ? \\
Il avait eu la trouille.
\\ Tu as eu une absence. J’ai eu un mal fou à te faire décrocher la main ! \\

Esfir ferma les yeux une seconde.
« \\Les images, la pauvre créature... elle voulait manger mais ça partait en poussière comme là.\\»

\\ Ok, si je comprends bien, tu perçois des trucs que je ne vois pas. C’est dangereux. Je recommande de nous exfiltrer illico, vérifier que ta santé n’est pas engagée. Et ensuite on reviendra à l’assaut de ce bidule... \\ lui proposa-t-il, la tenant toujours par les épaules.

« \\Non ça va, je suis pas dingue. On dirait juste que ce truc n'aime parler qu'aux russes.\\» dit elle en plaisantant pour camoufler ses propres doutes.

« \\On va faire quelques vérifications d'abord.\\»
Elle tapota Darren comme pour lui dire "tout va bien".

« \\Robin, ici Voskhod 1, pouvez vous vérifier si des signaux radio ou autres émanent de notre position.\\»
\\ Voskhod 1. Anomalie repérée sur votre position. Légère poussée d’une source énergétique inconnue. Rien d’autre à signaler. \\
« \\Bien reçu.\\»

Une fois les informations reçues, elle s'adressa à Darren.
« \\Y'a moyen de vérifier si cette combinaison m'a envoyé son fameux anxyolitique ?\\»
\\ Facile. Si tu me fais une blague, je vais l’entendre au son de ta voix. Tu es privée d’émotions sous l’effet de la drogue... \\
« \\T'inquietes, des émotions, j'en ressens....\\»
\\ Qu’est ce que tu as vu alors ? Est ce que c’était émotionnel ou comme un film ? C’est un message ? \\

« \\C'était des images, comme un film, une archive de ce monde. Il y avait la muraille par laquelle on est arrivé... puis une créature... je crois qu'elle était affamée, elle voulait se nourrir dans le champ mais tout partait en poussière... puis tu m'as déconnectée\\»
\\ Avant que tu puisses savoir pourquoi... \\ conclu Darren avant de soupirer.

Il détestait être un simple témoin, lorsque les autres prenaient les risques. Si cet obélisque était un moyen de communication, il ne pouvait pas l’ignorer.
\\ Je reste sur ma position. Ce serait mieux de rentrer et vérifier que ça ne t’a rien fait physiquement. Mais t’es le boss alors...le choix t’appartient. \\

« \\Écoute, à part un léger vertige, ça va. Ce serait bête de repartir aussi vite. Profitons d'avoir des réserves pour voir si on trouve des traces de l'existence de cette créature. Et je promets de ne pas toucher ce truc tant qu'on aura pas vérifier que ce que j'ai vu était bien une sorte d'archive.\\»
Elle se justifiait même si en tant que cheffe elle n'avait pas à le faire, le soldat n'aurai qu'à obéir. Mais elle savait aussi qu'il avait plus d'expérience qu'elle, son avis était donc d'une grande importance.

Le militaire finit par abdiquer.
Ca faisait partie intégrante du frisson de l’aventure. Dur de devoir se retirer, avec le sentiment de filer la queue entre les pattes, face aux nombreuses découvertes qui n’attendaient plus qu’eux. Personne n’avait foulé cette terre depuis des millènaires, peut-être même depuis l’existence de la cité elle-même. C’était quelque chose d’être le fer de lance d’une future expédition archéologique.
Bien protégé dans l’armure Athéna, ça devenait difficile d’accepter les raisons rationnelles d’un départ.

Darren lui fit comprendre son accord par un simple hochement de tête. Il était là pour protéger son amie et il comptait bien remplir le rôle à la perfection. Elle restait, il restait.
Le soldat se détourna d’elle pour considérer la vaste étendue de ce haut plateau. Si le temps et l’hostilité de l’environnement avait tout réduit en poussière, il restait tout de même des traces visibles à l’oeil nu. Un peu comme des maçons qui auraient déterrés des fragments de poteries et les restes de fondations d’un village.

L’obélisque représentait le plein centre du plateau, son noyau central. Les champs le cernaient en quatre rectangles parfait. Mais après ça, il y avait de nombreuses irrégularités que Darren comptait étudier. Il commença par faire le compte des réserves avec Esfir. Cette dernière fit un bref rapport à Robin puis ils se séparèrent de quelques mètres seulement pour investiguer.

Darren épaula son arme magnétique. Elle ne lui servait pas à combattre une quelconque menace mais sa lampe était parfaite pour fouiller les remous de poussières. Au début, ils ne trouvèrent rien d’autre que de la poussière. Chaque pas, chaque coups de mains, chaque activité de leur part, produisaient un amas en mouvement. C’en était au point qu’au bout de quelques minutes, ils avaient créé malgré eux un brouillard de particules en suspension.
Mais les premiers éléments apparurent enfin.

Clive avait donné son fusil à Esfir, lui demandant de braquer le faisceau lumineux SANS toucher à la queue de détente. Il creusait dans un petit monticule de sable terne et stérile. L’effort qu’il déployait le faisait respirer plus vite dans son casque, relayant cet impression pesante dans l’oreillette de la Russe.

\\ Je tiens quelque chose. \\

Il se redressa légèrement pour compenser son dos devenu douloureux. D’un geste lent, il posa quelques doigts sur le canon de l’arme et orienta la lumière un peu mieux. Esfir était aux premières loges pour le voir dégager des ossements longs et très fins. La poussière rendait l’ensemble complètement informe au début. Mais à force de dégager cet amas en essayant de préserver l’emplacement des ossements, Darren mis à jour deux cadavres osseux fossilisés.

Un couple insectoïde. Qui donnait surtout l’air de s’être éteint en dormant l’un contre l’autre. Il ne semblait pas y avoir eu d’enterrement. D’ailleurs, c’était impossible de savoir s’il existait le concept de sépulture de ce peuple de jadis.
Mais la preuve venait d'apparaître sous leurs regards surpris. C’était clairement la charpente osseuse de la bestiole qu’Esfir avait vu dans ses songes.

\\ Tu me parlais d’eux ? \\ demanda Clive en se redressant.

Esfir balaya les ossement avec la lampe de l’arme de Darren, elle fit deux passages avant de confirmer.
« \\Oui, ça y ressemble, sur les images, je n’en ai vu qu’un mais il avait ce genre de forme..\\»
Alors que quelques secondes auparavant, elle déprimait à l’idée de ne rien trouver, tout en jetant des coups d’oeils intrigués sur l’obélisque dont les symboles étaient toujours aussi chatoyant. Cette découverte l'attristait. Elle n’avait jamais eu aucun attrait pour les insectes, mais celle qu’elle avait vu semblait si mal et si délicate, qu’elle fut bien plus touché par la disparition de ces créatures qu’elle ne l’aurait été de celle d’une sauterelle.
« \\Ca confirme la théorie des archives... on continue encore un peu..\\»

Avec l’accord d’Esfir, il fit trois autres essais sur des irrégularités du terrain.
Et pour ces trois autres fois, il dégagea des ossements de créatures dans une disposition exactement similaire. Ils étaient tous morts allongés au sol, par paire de couple.

Malgré le cataclysme qui avait frappé la planète, il semblait assez clair que ce peuple s’était éteint sur ce plateau, en mourant en couple. Ca ne laissait pas Darren indifférent de patauger dans cet immense charnier.
Il sonda les cadavres à ses pieds encore un instant puis il se tourna pour considérer toutes les irrégularités du plateau. Des petits amas, des petites buttes. Partout...
\\ Ils doivent être des milliers...on marche dans un immense cimetière. \\

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Esfir Lunienko

Image perso : Destination : Kamerad Popov - Page 2 Ban_co10
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le Lun 14 Sep - 15:12

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Esfir Lunienko

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Darren Clive & Esfir Lunienko


L’atmosphère était de plus en plus oppressante entre ce paysage désolé et silencieux uniquement perturbé par le bruit de leurs souffles et des bruits produit par leurs corps enfermés dans ces combinaisons, ajoutez à cela la découverte d’un véritable cimetière de couples insectoïdes. S’il n’y avait pas eu la curiosité et l’excitation d’être au seuil d’une découverte, la jeune russe aurait sans doute rebroussé chemin.
Mais partir lui semblait toujours prématuré. D’autant plus qu’en tant que cheffe fraîchement promue, elle aurait eut la sensation désagréable d’abandonner la mission, d’échouer.

Elle imaginait déjà Caldwell souriant d’un air narquois face à la lâcheté d’une civile... non, ce n’était pas ce sourire là qu’elle voulait voir naître sur le visage du vieil homme.

« \\Bien, nous avons maintenant la preuve que ces images sont un témoignage de ce qui s’est passé ici. Le souci c’est qu’il peut y avoir deux types de scénarii... soit cette chose et bénéfique mais à échoué ici malgré ses efforts... soit elle est maléfique et a tendu un piège à ces créatures..\\»
Elle se tourna vers l’obélisque.
« \\Et je ne vois plus qu’un moyen de découvrir ce qui s’est vraiment passé ici... et ça ne va pas te plaire Soldat Clive..\\»
Elle glissa le faisceau de la lampe sur les symboles de l’obélisque, qui restait pertinemment terne et sans vie aux yeux du militaire.
« \\Il faut que je regarde la fin du film. Tu restera près de moi pendant la manoeuvre, si je peux, j’essaierai de te décrire ce que je vois... Je vais t’envoyer mes constantes, si tu vois un souci, tu me décroches de ce truc, si tu n’y arrives pas, tu me tires dessus à faible puissance évidemment. Ok ?\\»
\\ Tu me donnes vraiment la permission de te tirer dessus, patronne ? \\ lui demanda-t-il avec un sourire presque sadique.

Darren cherchait à détendre l’atmosphère. Il voyait bien que son amie était partagée entre son sentiment légitime d’autopréservation et le frisson de la découverte. Tout en intégrant les consignes qu’elle venait de lui demander, le jeune homme sonda l’obélisque tout en se demandant comment il pouvait faire le tri entre deux personnes. Est-ce que l’objet reconnaissait la culture d’Esfir ? Que cet élément représentait comme une affinité, une interface d’us et coutumes pour transmettre ces informations ?
Depuis le temps, les explorations continuaient toujours autant de le surprendre. Mais il n’appréciait pas de se retrouver dans le rôle du spectateur.

\\ Affichage. Constantes Spc Lunienko. Temps réel. \\
Il marqua une petite pause.
\\ Il y a une notification dans ton casque. Il faut que tu acceptes Esfir. Et...sérieux, soit prudente avec ce machin. On ne sait pas quel effet ça peut avoir dans ton esprit. \\

Darren se tint légérement à l’écart. Maintenant qu’il avait les mesures des constantes vitales de son amie dans son casque, ayant remplacé les siennes, il pouvait au moins surveiller son état de santé. Pas besoin d’être médecin pour déduire que le rythme cardiaque élevé de son amie était causé par le trac. Il ne lui en ferait pas part, elle avait suffisamment à gérer comme ça.

Du point de vue de Darren, Esfir posait de nouveau sa main sur un monument terne et mort. Mais la jeune femme, de son côté, percevait parfaitement bien les signes rougeoyants qu’une nouvelle onde malmena. Ils se rejoignirent une fois de plus pour former ce tableau vivant.

La scène venait de reprendre depuis le début, comme un message qui s’était automatiquement rembobiné. Esfir vit la créature insectoïde s’agenouiller et constater le flétrissement de ses cultures. Elle replaça ce qui s’apparentait à un panier d’osier sous l’une de ses pattes et déploya des ailes de libellule pour s’envoler.
Ce qui semblait être un geste naturel se révéla être un moment particulièrement éprouvant et fastidieux.

Toute la masse rougeoyante qui formait ce film se rejoignit doucement au centre, refermant ce tableau, pour ensuite s’étirer et en former un autre. Un moyen très simple pour faire comprendre à une espèce intelligente visionnant ce film qu’on passait sur une autre scène.

Quelque part, une hutte faite de branchages. Comme un nid d’oiseau qu’on aurait placé à l’envers. Un insecte au trait féminisé venait d’en sortir, tenant un nourrisson contre son torse. L’adulte au panier d’osier fit un atterrissage très lourd devant elle, signe d’un grand épuisement. Son aspect, bien que non-humain, trahissait néanmoins un grand désespoir. La femelle mit le nez dans le panier d’osier vide avant de sauter sur le mâle. Ce dernier venait de s’écrouler sur le sol, ayant visiblement donné ses dernières forces. La femelle siffla, le poussa comme si elle souhaitait le réveiller, mais le mâle rendit son dernier souffle. Un grand cri de détresse monta dans le ciel de cette planète.

Nouveau tableau qui se met en place.
La femelle insectoïde se déplace dans un endroit parfaitement méconnu. Les ruines d’une sorte de pyramide. Mais là où elle est triangulaire pour les humains, celle-ci paraît cylindrique. Elle parcourt les signes qui ont été gravé sur les murs, les étudiant avec beaucoup d’attention et comportement scientifique. Lorsqu’elle revient au centre de la chambre, elle dispose plusieurs éléments et procède à une étrange danse. Une chorégraphie dans laquelle elle donne le reste de ses forces, tous ses espoirs, et l’énergie du désespoir. La caméra la suit, faisant des tours dans la pièces, voltigeant dans tous les sens, faisant tomber des éléments dans des coupoles d’un métal inconnu en scandant des sifflements à l’air religieux.

Et soudain, elle se fige brutalement. La femelle inséctoïde tombe sur ses pattes, se receptionne mal, et finit sur l’arrière train. Elle semble fixer intensément la table des offrandes sur laquelle on perçoit une paire de pieds humanoïde dépasser d’une cape en cuir.
Un Dorn...cette chose avait réussi à appeler un célèbre commerçant de légende !!

« HIN HIN HIN HIN ! MOUJNAH VIORK VADAK !!!! \\ »

La même phrase qu’au début. Mais plus fort...beaucoup plus fort.
Elle résonnait encore à l’intérieur de son corps tandis qu’une toute petite voix dans son oreille disait :
\\ Ton rythme cardiaque descend trop….ESFIR ?!? Tu m’entends... \\
Elle était si loin. Comme un très faible murmure.
Et ce tableau l’attirait tellement que la technicienne ne parvenait pas à réaliser ce que Darren lui disait. Elle était si proche de la réponse, de découvrir ce qu’il s’était passé...

Là, devant elle, la femelle insectoïde s’exprima. Par des sifflements, des gestes de ses pattes, de battements d’ailes. Elle parla au Dorn qui semblait la comprendre parfaitement. Elle lui parlait forcément de la famine qui frappait son peuple et détruisait son espèce.

En réponse, le Dorn sortit de sa grande cape des mains humanoïdes aux ongles crochus. Sous les yeux suppliants de la femelle, il agita ses doigts. Des éclats lumineux naquirent de chaque pointes d’ongles, produisant des effets lumineux et un “courant” de matière. N’importe qui se dirait que ça tenait de la magie. Mais la façon dont ces diverses lumières chatoyaient, le flot de matière qui était en train de se réunir au centre, laissait clairement deviner une technologie poussée. Comme un système permettant de synthétiser quelque chose.
Là, en l’occurence, il fit naître entre ses mains un plan de la fameuse culture immortelle. Un plan unique qui lévitait entre ses deux mains et dont la femelle serait prête à tout pour en cultiver l’espèce.

La vitesse du film s’emballa. Elle s’accélérait de plus en plus, comme si les différents éléments se déversaient dans le cerveau d’Esfir qu’elle avait gardé bien trop accessible. La voix de Darren gueulait dans son oreille, il semblait sur le point de paniquer. Impossible de savoir ce qu’il lui disait pendant qu’elle voyait la transaction se réaliser. La femelle avait donné des oeufs...des petits en gestation.

Sur le prochain tableau, elle vit l’espèce prospérer longuement, guérie de la famine. Mais comme si elle était le témoin invisible d’un drame qui s’annonçait, elle vit la dérive s’installer progressivement chez eux. Les insectoïdes voulaient plus...ils s’étaient mis à cultiver à tout va, sans méfiance, sans contrôle, laissant les germes se répandre librement sur leur planète. L’espèce de la culture contamina le reste du biome. Les insectoïdes ne s’en soucièrent jamais...jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Esfir ne put qu’observer, la mort dans l’âme, la culture envahir le monde au point d’en éclipser tout le reste de la biodiversité. Et sans biodiversité, la faune disparut à son tour. La culture devint la seule et unique espèce végétale de ce monde, transformant par sa masse aberrante la composition atmosphérique de la planète. L’espèce inséctoïde manqua peu à peu d’air pour respirer. Ils ne comprirent jamais ce qui leur arrivait. Poussé par des instincts de préservations, ses derniers représentants s’installèrent sur les hauts plateaux, là où l’atmosphère était encore viable.
Mais cela ne dura qu’un temps.

La dernière image que vit Esfir, c’était les couples insectoïdes qui avaient pris la décision de ne plus enfanter et de se laisser mourir, en couple, couché l’un contre l’autre dans les dernières huttes du haut plateau.

La technicienne étant désormais trop loin de la réalité et de Darren, elle avait le sentiment d’avoir traversé le tableau pour aller voir directement. Son regard se tournait sur les différents corps qui cessaient peu à peu de respirer. Certains étaient effectivement morts de faim. Les autres par asphyxie.

A cet instant, elle pleurait.

Quand elle se retourna, Esfir se trouva nez à nez avec le Dorn responsable de tout ça. Elle le voyait enfin entièrement. Un être humanoïde au regard gris vitreux, bossu, intégralement couvert d’une cape.

Dorn:
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Le marchand était-il donc à blâmer ? Ou bien les insectoïdes pour avoir mal employé l’achat qu’ils avaient fait ?
Le Dorn toisa l’immense cimetière d’un air affligé. Mais les affaires sont les affaires. Chez les Dorns, toutes les espèces méritent d’acheter ce qu’elles souhaitent. C’est leur crédo. Il ouvrit donc les bras en grand, vers le ciel, et les lumières vinrent d’en haut cette fois. Il matérialisa l’obélisque qui apprendrait à toutes espèces intelligentes voyant ceci qu’un achat engage la responsabilité de son acquéreur.
Et qu’il est vital d’employer sagement un grand achat.

Esfir ressentait tout ça. Elle apprenait toutes ces informations.
Le temps qu’elle se rende compte qu’elle n’était plus dans le monde réel, puisque libéré de son scaphandre et de son casque, elle vit le Dorn se retourner et la fixer intensément de son regard vitreux. Le marchand la voyait…
Tout se mélangeait pourtant. Esfir n’était pas dans le monde réel...mais elle avait compris que le Dorn la voyait. Ce dernier ouvrit un coté de sa cape, comme un vendeur à la sauvette parisien, puis il lâcha la fameuse phrase qu’elle entendait depuis le début :

« HIN HIN HIN HIN ! MOUJNAH VIORK VADAK !!!! \\ »

Cette fois, elle le comprit clairement dans sa langue natale. Un Russe presque parfait qui lui disait :

« HIN HIN HIN HIN ! Продаем все !!!! \\ » (Nous vendons tout !)

Avant que la jeune russe ne sombre dans l’inconscience, elle acquit la certitude qu’elle venait de gagner le droit d’être leur prochaine cliente. Juste après, ce fût le néant, le trou noir.

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Darren Clive

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le Sam 19 Sep - 10:19

Darren Clive

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Darren Clive & Esfir Lunienko



Il lui fallu un peu de temps pour reconnaître le plafond métallique et froid qui faisait l’ossature du Dédale. Son sommeil avait été troublé par les bruits dérangeants d’un jeu vidéo pour gamin que chaque action déclenchaient. La lumière était vive, son crâne brûlait, et elle ne comprit qu’après quelques minutes qu’on l’avait rapatrié sur le Dédale. Bizarrement, elle n’était pas à l’infirmerie, dans l’atmosphère stérile et encadrée de blouse blanche. Esfir dormait dans le lit du bas dans les quartiers qu’elle partageait avec Darren.

D’ailleurs, c’est lui qui l’emmerdait avec ce bruit de console de jeu. Il était au-dessus, une jambe croisée au dessus de l’autre, en train de martyriser les touches.

« Merde !!! » jura-t-il avant qu’une petite musique ne signe sa défaite.

Esfir se passa une main sur les tempes. Tout ceci était flou et en même temps très clair. Elle venait d’ingurgiter une somme d’informations considérable et son crâne semblait le lui faire payer.
« Shut.»

Le bruit disparut aussitôt, englouti par le mouvement du soldat qui roulait sur son matelas pour se laisser retomber jusqu’au sol. Le claquement des rangers sur le sol lui monta dans la tête, Darren s’en excusa d’un bref sourire d’excuse.

Bon, si elle essayait de faire le point, que pouvait elle dire de cette expérience ?
Lorsqu’elle fermait les yeux, elle revoyait ce peuple mourir à petit feu. Certes, les insectoïdes avaient joué avec le feu, mais assister à leur déclin et leur mort, plusieurs générations après, les descendants impuissants de ceux qui avaient détruits leur propre planète...
Des larmes vinrent de nouveau humidifier son regard alors que l’image du Dorn vint s’imposer à son cerveau. Elle l’avait compris, il s’était adressé à elle, juste à elle. Ils vendent tout... c’était une invitation, mais à quel prix ?

Lorsqu’elle tourna la tête vers Darren, elle lui sourit malgré le sel sur ses joues.
« J’ai vu un Dorn.»
Elle se redressa avec lenteur, chaque mouvement un peu trop brusque faisant naître une nouvelle pulsation dans son crâne. Elle grimaça mais réussit à s’asseoir. « J’ai vu tout ce qui s’est passé.»

Les quelques larmes n’échappaient pas à l’observation silencieuse du soldat. Il ne savait pas si c’était dû à son expérience, à la fatigue, ou bien les deux. Il était heureux de savoir qu’elle avait obtenu toutes les informations, elle avait insisté à ce sujet.
En revanche, il l’était beaucoup moins de la voir dans cet état.

« Attends d’être prête avant de l’annoncer alors. Le mec de la CIS, Verner je crois, n’a pas arrêté de réclamer des nouvelles. Ce type est surexcité ! »

«Il va être content, j’ai pleins de trucs à lui raconter..» remarqua t’elle en souriant malgré sa migraine.

Il se racla la gorge, un peu gêné.

« Écoute, euh...je sais qu’il est un peu tôt mais ton exposition à l’artefact a eu un effet sur toi. Je préfère t’éviter la mauvaise surprise, attends... »

Darren se rendit dans la salle de bain où il avait laissé ses affaires de toilette. Une des règles d’un soldat qui s’entretient, c’est d’avoir toujours un morceau de miroir dans son paquetage. Sinon pas de rasage etc…

Un peu nerveux, il hésita avant de présenter le miroir devant son visage, à bonne distance, pour qu’elle puisse découvrir ce qui avait changé.

« Tes yeux... »

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Esfir Lunienko

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le Lun 21 Sep - 10:52

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Esfir Lunienko

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Darren Clive & Esfir Lunienko


C’était inutile de lui dire.
Le détail était si flagrant qu’elle l’avait déjà repéré. Son regard s’était modifié, troquant la couleur naturelle de ses iris pour celle qu’elle avait connu sur l’obélisque. Ce n’était pas qu’une simple teinte d’ailleurs. Il lui suffisait de bouger un peu le visage pour voir comme un effet d’optique s’opérer à l’intérieur de ses prunelles. Quelque chose dans sa cornée bougeait en rythme…à croire qu’un brasier intense mais silencieux brûlait à l’intérieur.
Un cercle, presque de flamme, se faisait dans son regard. Si sa couleur émeraude lui donnait autrefois un air pétillant et plein de vitalité, celui-ci la rendait presque...inhumaine. C’était à la fois dérangeant et terriblement inquiétant.

« Le médecin du bord a fait toute une batterie de test pendant que tu étais dans les vapes. Tu es en bonne santé et ton corps n’a pas été altéré. Juste tes yeux. Pour le moment, ça n’a pas l’air grave. »

Esfir dévisageait son reflet. L’incrédulité se reflétait sur son visage. Ce regard... ce n’était pas le sien et pourtant. Comment cet obélisque avait il put laisser une telle trace sur son corps ? C’était tout aussi fascinant que inquiétant. Elle ne savait tellement pas comment réagir à ce spectacle... qu’elle ne réagissait simplement pas.

Darren fit un aller retour du bureau au lit. Il déposa dans la main de la Russe un tout petit contenant en plastique avec trois pilules à l’intérieur.

« J’ai réussi à te faire rapatrier dans nos quartiers en échange d’une promesse. Tu dois prendre ces médocs à ton réveil. »

Normalement, il l’aurait laissé intégrer les informations sans la brusquer. Mais il était inquiet pour elle. La couleur émeraude, ça faisait partie de son être, de son charme, c’était tout simplement son identité. Impossible de savoir si cette teinte était durable ou pas.
Quand Esfir le fixait, cet étrange regard de flamme le dérangeait. C’était vraiment...bizarre...presque contre-nature. Il fallait s’attendre à ce qu’un sacrée paquet de personnes dans le Dédale la lorgne en la croisant dans les coursives.
Ca n’allait pas être un drôle de moment.

« Tu as envie de parler ? » proposa-t-il en s’installant doucement à côté d’elle sur le lit.

Esfir finit par détacher son regard de feu du miroir. Son visage restait assez inexpressif, ou plutôt, on y lisait la stupéfaction.
Elle se saisit machinalement des comprimés que le militaire lui tendit et le suivi des yeux alors qu’il s’installait près d’elle pour lui proposer son aide.

Il lui fallut quelques secondes à l’écoute de son esprit et de son corps avant d’avoir une première réaction, qui ne serait sans doute pas celle attendue par le militaire.

« C’est quoi tes comprimés ?» demanda t’elle sans les mettre dans sa bouche.
Le soldat avança les doigts pour se saisir de chaque comprimés et lui faire la liste.
« Anti-radiation, antibio à large spectre, ça c’est pour éviter les caillots dans le sang, et ça...je ne l’ai pas eu. Je crois que c’est pour tes yeux. »

Elle posa son autre main sur l’épaule du soldat pour prendre appui et se relever plus facilement. Darren l’y aida.
« Je peux te dire ce que tu veux... mais d’abord, faut que j’aille faire pipi. Je reviens tout de suite.»

Sa vessie l’avait déjà alertée plusieurs fois depuis son réveil mais toutes ces images qui occupaient son esprit et la découverte de son nouveau regard, son cerveau avait été trop occupé pour répondre aux besoins biologiques de base de son corps.
Et puis, cette petite pause, lui permettait aussi de s’isoler et d’essayer de faire le point.

Elle posa les comprimés sur le rebord du lavabo et s’installa sur les toilettes.
Bon, ces Dorns étaient ils des gentils ou des méchants ?
Ils semblaient prêt à lui offrir la possibilité de leur acheter quelque chose, ce qui avait tout l’air d’être un cadeau, mais pourquoi l’avoir transformé physiquement ? Pourquoi ne s’être adressé qu’à elle ?
Et leurs articles pouvaient tout autant se retourner contre elle, ce qui était arrivé à ce peuple insectoïde en était la preuve.
Ca lui rappela un dicton d’un film ‘De grands pouvoirs engendre de grandes responsabilités”, la leçon que ce peuple mystérieux voulaient leur transmettre via ce monument semblait assez bien y correspondre.
Mais pourquoi ce messages n’était il pas visible aux autres ?
Pourquoi avait elle le sentiment qu’il ne fallait pas tout leur dire si elle ne voulait pas perdre ce privilège ?

Une fois sa vessie vidée, elle alla se passer un peu d’eau sur la figure et regarda les comprimés que Darren lui avait donné. Devait elle les prendre, où cela aussi risquait de diminuer ses chances d’avancer dans ce jeux d’énigmes ? En même temps, elle n’avait pas non plus très envie de se retrouver à faire un infarctus à cause d’un caillot soudainement apparu.. Elle décida de prendre les deux comprimés que Darren avait clairement identifié. Quand au troisième, après l’avoir observé quelques secondes, elle choisit de le glisser dans sa poche, il serait toujours temps de le prendre plus tard si sa vue venait à se détériorer ou si la migraine devenait trop insupportable.

Esfir revint dans le dortoir, le temps avait dû paraître long au soldat Clive, mais faire le point sur une telle expérience prenait un peu plus de temps que de vider une vessie pleine à craquer.

«Je vais bien, enfin autant que c’est possible.» dit elle en revenant s’asseoir.
« C’est toi qui m’a tiré dessus ou je me suis juste évanouie ?»
« En fait...je m’y suis pris autrement. J’ai demandé à Robin de nous téléporter d’urgence à mon signal. J’allais le faire quand tu t’es enfin écartée de ce truc mais...inconsciente. Alors j’ai donné le signal... »
Il leva les bras.
« Et nous voilà ! »

Esfir lui sourit.
« Et bien, merci de m’avoir sauvée une fois de plus!» déclara-t’elle en se penchant pour le remercier d’une bise sur le front. Un geste des plus naturels pour elle qui offrait si facilement câlins et marques d’affection gratuites, mais en se rendant compte un peu trop tard, que dans leur situation cela pourrait mettre le soldat mal à l’aise.
Sur le coup, Darren s’était légèrement reculé. Surpris, le regard écarquillé, il se demandait encore si elle tentait vraiment un nouveau rapprochement.
Pour éviter de laisser le trouble s’installer, Esfir se détourna et reprit d’un ton jovial : « Allez, en avant! J’imagine que ces messieurs attendent mon rapport!»
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