Atlantis Insurrection

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Le soldat et l'Amazone

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Darren Clive

Image perso : Le soldat et l'Amazone - Page 5 Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 221

le Mer 29 Avr - 19:07

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Le soldat n’avait eu aucune réaction.
Mais le contact avec Lyanna semblait avoir changé quelque chose qui ne se voyait pas, comment un courant invisible qui se remettait à circuler entre eux. Trop profondément enfoncé dans l’inconscience, son cerveau n’imprimait pas les propos que tenait son amante. Pourtant, Darren aurait tout donné, même ce qu’il lui restait de vie, pour être témoin de ce sentiment si pur et sincère.

Mais même privé de ce sens et de cette conscience, la proximité avec l’Amazone l’avait subtilement renforcé. Comme s’il sentait à travers ces ténèbres cette présence qui lui refusait catégoriquement le fameux repos éternel. Peut-être que c’était ça qui avait inspiré les livres à l’eau de rose dégoulinant de sentimentalisme, là où certain n’hésitait pas à dire que l’Amour avait le pouvoir de faire pencher la balance.
Retenir un mort en sursis, gagner contre le vilain de l’affaire. Comme si tout était si simple.

La réalité était bien plus cruelle.
Lyanna tenait dans ses bras un soldat au bord du trépas. Il était exsangue, d’une pâleur effrayante.

Heima s’était longuement tenue à l’écart par déférence et respect. Elle n’approcha que pour poser une main sur l’épaule de Lyanna, tentant comme elle pouvait de lui apporter du réconfort à l’image de son aide quelques instant plus tôt. Toutefois, dans un sursaut de chagrin de son amie, la fille de Vrigil s’étonna de voir les narines du soldat tressaillir légèrement. Au début, elle pensait avoir eu une hallucination qu’elle mettait sur le compte de la fatigue. Mais rapidement, elle se rappela que Lyanna n’avait pas cherché à sentir son souffle.

Darren était livide, c’est vrai. Il avait une belle image de cadavre.
Mais l’était-il vraiment ?

Heimda s’agenouilla aux côtés de Lyanna, ce qui fit redresser la tête de cette dernière, et posa sa main sur le visage du soldat, gagnant ses narines de ses doigts. La réponse la saisit de surprise. Son regard ahuri se leva directement sur l’Amazone.
« Il respire !!! » s’exclama-t-elle avec certitude.
"Quoi ?" lança Lyanna entre deux sanglots, sans comprendre ce que Heimda venait de lui dire.

Elle insista.
« Faiblement. Mais il n’est pas parti, Lyanna. Il est encore avec vous !!! »

Lyanna fronça les sourcils, puis elle comprit enfin. L’adolescente venait de lui dire que Darren était toujours en vie. Il n’était pas mort, même si son état de santé était très préoccupant. Aussitôt, la guerrière reporta son attention sur le soldat.

"Je suis là Darren … reste avec moi !"

Sans plus attendre, Heimda se campa sur ses jambes et retira la veste d’un mort pour venir recouvrir Darren, lequel gisait toujours sur la belle brune.
« Je vais revenir ! Faites-moi confiance, je vous amène un médicastre et de braves hommes pour le ramener ! »

C’était sa chance de rendre la pareille à Lyanna.
D’un côté, elle avait une motivation un peu plus égoïste puisqu’elle voulait sortir de ce charnier rempli de corps en début de décomposition et ne surtout plus penser à son père. Mais la tristesse si forte et véridique de Lyanna l’avait saisi aux tripes. Elle posa une main sur l’épaule de la jeune femme avant de partir en courant.
« Tenez !!! » lui avait-elle intimé. « Tenez !!! »

L’instant d’après, Heimda avait disparu.
La jeune femme resta seule avec Darren dans ses bras. Durant de longues minutes, des dizaines, qui formèrent bientôt des heures. Son sentiment était semblable à un être en détresse, qui se serait retrouvé suspendu à une corniche par la force des bras. Ou bien un marin passé par-dessus bord qui luttait contre la fatigue en espérant rester à flot le plus longtemps possible. Lyanna tenait Darren au bout de ses bras. Et il ne réagissait toujours pas. Son corps le réchauffait, avec la veste, lui ayant rendu quelques couleurs. Mais il continuait néanmoins de saigner au travers de son gilet tactique. De temps en temps, la guerrière effectuait le même geste que Heimda, s’assurant que le militaire respirait toujours. Et comme c’était le cas, cela la soulageait énormément. Elle ne l’avait pas perdu, pas encore. Et elle restait là, près de lui, une lueur d’espoir naissant dans son esprit. Avec le temps, ses pleurs avaient fini par cesser, ses larmes avaient séché. Elle restait silencieuse, sans bouger, tenant toujours la main de Darren dans la sienne. Mais le temps passait sans que Heimda ne revienne avec des renforts. Lyanna avait l’impression d’être là depuis une éternité, à veiller sur Darren qui continuait de faiblir, sans se réveiller. Et si l’espoir était revenu en elle, l’inquiétude semblait également gagner du terrain.

Parfois, la jeune femme pouvait craindre l’arrivée de quelques ennemis qui n’auraient aucune peine à les abattre cette fois. Mais personne ne vint. Tout comme ces fameux renforts qui semblaient s’être perdus dans les bois. A force d’attendre sans bouger, son corps endolori la rappela peu à peu à l’ordre. La fatigue prenait peu à peu le dessus sur la volonté de la guerrière à lutter pour continuer de veiller sur Darren. Finalement, l’épuisement fini par abattre Lyanna à la longue, par l’usure et l’affaiblissement. Elle payait ses blessures et son épuisement physique, si bien que tous ses sens s’endormirent totalement. Elle avait finit par allonger le soldat sur le sol, faisant de même pour venir se blottir contre lui, le réchauffant avec sa chaleur corporelle. Elle lutta jusqu’au bout, mais sans s’en rendre compte, elle s’endormit, à bout de forces.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Lyanna se découvrit dans un chariot en route pour le bourg. Elle avait été allongée sur un amas de peaux, pour en faire un matelas, aux côtés du militaire. On ne la séparait pas. Les gens qui l’entouraient poussaient l’attelage en discutant fébrilement. Il y avait aussi des prières que l’on adressait à leur survie et leur bonne santé. Lyanna reconnut brièvement la route qu’ils avaient emprunté...ils revenaient vers leur petite base dans la taverne. Étant loin d’avoir récupéré ses forces, la fatigue étant encore bien trop présente en elle, la jeune femme se rendormit à nouveau en quelques secondes.

La seconde fois qu’elle se réveilla, c’est à cause d’une sensation tactile entre ses doigts de la main droite. Ouvrir les yeux avait été encore plus dur que la dernière fois, Lyanna aurait voulu rester plongée dans cette torpeur bienfaisante où elle ne ressentait pas la douleur ni l’épuisement. Se réveiller était une torture, et elle serrait les dents pour étouffer un gémissement. Son corps entier la faisait souffrir. Ses muscles si sollicités avaient beaucoup de mal à se détendre, et l’adrénaline ayant disparu, les nombreuses blessures qu’elle avait reçu la rappelaient à l’ordre. Lyanna se rendit compte qu’elle avait encaissé pas mal de coups depuis le début de cette mission, et son corps était arrivé à saturation, à la limite de ses forces. Mais malgré la douleur, la guerrière luttait pour voir où elle se trouvait, même si elle avait une terrible envie de replonger dans le néant pour ne plus rien ressentir. Elle parvint à tourner la tête et reconnut l’intérieur de la maison de l'Apothicaire. Darren et elle avaient été allongés sur une table d’auscultation, chacun, mis à nu sans aucune retenue. Seul un drap blanc bien trop court dissimulait leur formes. Leurs blessures respectives avaient taché le tissu d’empreintes encore rougeoyantes.
Pendant que la vieille dame se chargeait de son hématome sur le torse, l’ayant réveillé par la douleur que ses gestes déclenchaient, Lyanna remarqua que le militaire avait rivé son regard sur elle, ce qui soulagea cette dernière. Le voir vivant lui réchauffait le coeur, elle qui avait beaucoup souffert en croyant l’avoir perdu pour la seconde fois. La jeune femme était juste à côté et il avait cherché à lui prendre la main. Une tentative très compliquée et qui lui coûtait énormément. Il avait réussi à se saisir de quelques doigts seulement avant de retomber dans l’inconscience quelques secondes plus tard. Lyanna eut un faible sourire malgré la douleur ressentie sur l’ensemble de son visage. Elle termina le geste que Darren avait commencé, et prit sa main dans la sienne, la serrant doucement.

L’Apothicaire, aidée de sa fille, retourna le soldat pour révéler le trou qu’il avait dans le dos. La soignante s’occupa longuement de sa blessure pendant qu’un goutte à goutte à l’aspect discutable infiltrait du sang frais dans ses veines. L’ancienne fille de joie y déversait régulièrement de l’hémoglobine qu’elle recueillait chez un porc bien nourri. Lyanna les regarda faire, mais l’épuisement eut à nouveau raison d’elle, tout comme pour Darren.

Tous deux s’effondrèrent encore une fois.
Ensuite, ce fut une succession de réveil et de sommeil. Lyanna revenait à elle plus souvent, constatant qu’ils avaient été transportés dans leur chambre de la taverne. Abelle était au petit soin, lui apportant de l’eau, de quoi manger, et poursuivre les soins d’un Darren qui ne se réveillait toujours pas. Une bonne partie de son torse avait été bandé et il demeurait allongé sur le dos, comme plongé dans un sommeil éternel.

De temps en temps, vu que son état le lui permettait, étant moins gravement blessée que Darren, Lyanna quittait le lit pour bouger un peu. La mobilité lui permettait de guérir plus vite. Avec l’aide d’Abelle, elle marchait un peu dans la pièce, retrouvant peu à peu l’usage de ses jambes et son corps endoloris par tant d’efforts. Des onguents et des huiles étaient appliqués sur ses muscles pour calmer la douleur, mais peu à peu, cette sensation passa lentement. Après quelques minutes de marche, la guerrière retournait se coucher près de Darren, et s’endormait contre lui.

La prochaine fois qu’elle ouvrit les yeux, Lyanna découvrit le lieutenant Ridding adossé contre la porte d’entrée. Il l’observait silencieusement sans dire un mot. Après s’être rendu compte de son réveil, il fit un signe à l’une des unités Rippeur également présente et se retira de la chambre. Lyanna n’avait pas pu s’empêcher de jeter un regard noir à Ridding avant que celui ci ne parte. La jeune femme se rappelait très bien de sa dernière visite, où il avait voulu arrêter et emprisonner Darren. Et le voir là, à l’affût comme un prédateur qui voulait se jeter sur sa proie, elle craignait que le militaire n’emmène Darren malgré son état. Avec le temps qui passait, la guerrière continua de veiller sur le soldat en faisant attention à Ridding.

A partir de là, et comme elle avait presque entièrement récupéré, Lyanna accompagna la longue errance du soldat entre les songes et le délire. Sa fièvre monta durant un long moment, nécessitant à terme la venue d’un médecin d’Atlantis qui se chargea de le stabiliser. Malheureusement, c’était un mâle, et ce n’était pas le Docteur Becket. Autant dire que Lyanna voyait d’un mauvais oeil son arrivée, même s’il était là pour aider Darren. Elle le laissa malgré tout l’examiner et le soigner, restant à l’autre bout de la salle pour continuer de veiller sur le militaire. Comme si elle n’avait pas confiance, même si elle savait que c’était le rôle d’un médecin. Mais lorsque ce dernier voulut s’occuper de ses propres blessures, la guerrière l’envoya balader en le menaçant. Maintenant que Darren n’était plus là pour la tempérer, ses instincts primaires reprenaient le dessus, et elle ne se laissait pas faire, même si c’était pour son bien. Le médecin avait beau insister, il ne parvint pas à le laisser l’ausculter. Qu’il s’estime heureux, il était encore en vie. L’homme se contenta donc de s’occuper de Darren, sans s’approcher d’une Lyanna furieuse.

Ce jour-là, Lyanna reçu la visite d’Heimda qui avait récupéré ses beaux habits. Si son visage était encore marqué par un deuil profond et de plusieurs ecchymoses, toute sa prestance était revenue. Elle invita l’Amazone à venir prendre une boisson chaude dans son bureau personnel, la remerciant très chaleureusement pour y avoir découvert la peinture de sa mère.
Puis elle discuta longuement. Lyanna aurait préféré rester dans la chambre pour continuer d’être au chevet de Darren, mais sortir un peu ne pouvait lui faire que du bien. Et ce fait, Heimda l’avait compris. Cette dernière lui expliqua ce qui s’était passé depuis la fin du combat acharné.

Pendant que Lyanna était inconsciente, le peuple d’Héstevic s’était audacieusement soulevé contre les membres du conseil dès qu’il avait découvert la survie de leur princesse. La vérité s’était répandue, à cause d’une fuite d’information incontrôlable, et une terrible émeute avait éclaté. Une guerre civile très brève entre sympathisants qu’elle n’avait pu contrôler avait abouti à l’exécution publique des trois membres du conseil. Lyanna était déçue de ne pas avoir été leur bourreau, elle aurait pris un malin plaisir à les faire souffrir avant de les exécuter.
Juste après, Ridding avait débarqué et Heimda avait usé de son rang de dirigeante pour refuser catégoriquement le rapatriement de ses deux protecteurs Atlantes.
« Vous ne retournerez dans vos foyers que lorsqu’on vous y attendra en sécurité ! En héros ! » lui avait-elle expliqué avec beaucoup d’assurance. « Vous avez sauvé le peuple d’Héstevic. Il n’est pas question de vous abandonner lâchement à la justice Atlante. »

Les paroles de Heimda décrochèrent un petit sourire à Lyanna. Celle ci voyait bien que l’adolescente prenait son rôle de dirigeante très au sérieux. Finalement, Atlantis commençait à envoyer de nouveaux diplomates pour préparer le retour de Darren et Lyanna dans des conditions acceptables pour tous. Mais la justice les attendait malheureusement de pied ferme. Ridding traînait continuellement dans le coin pour “sécuriser” ses cibles. Ou plutôt empêcher qu’ils ne prennent la fuite. Il gérait également une longue enquête criminelle dans le fort abandonné et le massacre des religieux.
Sous les indications d’Heimda, ils avaient procédé plus tôt à l’arrestation du Contremaître et saisi ses quartiers. Ils y avaient apparemment trouvé un bon nombre de preuves ainsi que le cristal de contrôle de la Porte des Étoiles.

Un peu plus tard, et bien que c’était prématuré, Heimda proposa à l’Amazone un poste permanent dans son conseil, lui assurant qu’elle pourrait vivre et faire respecter son code de justice. Quelque part, elle se doutait qu’elle refuserait probablement de quitter Atlantis, et encore moins Darren qui recevait des visites régulières de sa part. Donc elle lui promit de les installer tous les deux comme des Rois. Et qu’ils ne manqueraient jamais de rien. Lyanna avait réfléchi à cette proposition très intéressante, mais finalement, elle refusa. Elle ne se sentait pas chez elle sur cette planète, et même si elle en doutait encore, elle faisait partie d’Atlantis, tout comme Darren. Leurs places étaient là bas, pas ici.

Deux jours plus tard, suite aux visites du médecin Atlante, l’état de Darren fût beaucoup plus optimiste. Le soignant expliqua à Lyanna, non sans rester quand même sur ses gardes en maintenant une distance raisonnable, que son réveil n’était plus qu’une question d’heures. Il comptait sur elle pour lui imposer un repos drastique et une prise de traitement à heure régulière. Il passa même un moment à lui expliquer quel médicament prendre et à quelle heure, vu que la guerrière ne savait pas lire. Darren était, selon lui, un miraculé. Il avait survécu à une très forte anémie, à l’énergie cinétique de deux balles retenues par son gilet. Un projectile lui avait traversé l’épaule. Sans compter son ancienne blessure à la tête dont les sutures avaient dû être refaites. Quant à sa plaie au flanc, la première causée par la morsure d’un monstre, le médecin avait demandé quel “enfant” avait pu massacrer à ce point des sutures. Lyanna l’avait regardé de ses yeux noirs, lui affirmant que c’était elle qui s’était occupée des points de suture, sans savoir le faire, parce qu’elle était la seule à avoir pu s’occuper du militaire à ce moment là. Elle rajouta également que le mâle aurait du la féliciter d’avoir réussi à maintenir Darren en vie sans avoir eu de connaissances en médecine. Devant son air de prédatrice, le médecin ne voulut pas insister, et changea rapidement de sujet comme s’il craignait de s’en prendre une pour avoir osé se moquer de la jeune femme. Sans le savoir, il était passé à un cheveux du coup de poing dans la figure, Lyanna avait pris beaucoup sur elle pour se contrôler.

Le moment où Darren ouvrit les yeux marqua un instant mémorable, magique.
Il était dans le lit, la belle brune allongée contre lui comme elle le faisait autrefois. C’était la nuit et ils étaient confortablement installés sous leur couverture, comme dans ses meilleurs souvenirs. Malgré une forte désorientation, il sut qu’il était de retour dans l’auberge, dans une situation de repos qu’il affectionnait particulièrement. Ce moment symbolique d’une étreinte amoureuse permanente durant un instant de repos. Lyanna avait les yeux fermés, mais elle ne dormait pas. Elle restait là, immobile, à continuer de veiller sur le militaire. Elle ne remarqua pas encore que celui ci avait enfin émergé de son long sommeil réparateur.

Clive souffrait. Il avait encore un peu de fièvre et peinait à rester conscient.
Mais la première chose qu’il fît, c’est une tendre caresse sur le visage de cette jeune femme posé sur son torse, du côté où il n’était pas blessé. Son coeur battait la chamade à l’idée que la mission était enfin réussie. Et que s’il était là, bien vivant, c’était grâce à cette étonnante guerrière sauvage. Aussi humaine que colérique et butée.
En sentant quelque chose lui caresser la joue, Lyanna comprit que Darren venait enfin de se réveiller. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, le soldat lui offrit son plus beau sourire et répéta mot pour mot ce qu’elle lui avait dit la dernière fois :

« Après tout...on s’ennuierait si on restait tout le temps là... »

Le coeur de Lyanna fit un bond dans sa poitrine, elle ressentit un tel soulagement de voir le soldat sortir de son sommeil après tout ce temps, sans savoir s’il allait s’en sortir ou non. Un sourire se dessina sur ses lèvres, elle était heureuse de le voir enfin et de lui parler, amusée par ses paroles qu’elle avait elle même prononcé avant le début de cette dernière bataille acharnée.

"Darren ?! Te voilà enfin !"

Sans attendre, comme si elle n’avait eu que cette envie depuis longtemps, Lyanna se redressa doucement et vint embrasser le militaire avec beaucoup de tendresse. Ce dernier avait pu lire la joie sur le visage de la jeune femme, mais aussi l’inquiétude et la tristesse que son état avait provoqué. Une fois que le baiser fut terminé, Lyanna plongea son regard dans le sien, et vint caresser doucement sa joue.

"Tu m’as fait peur … j’ai cru t’avoir perdu … encore !"

Le militaire restait dans un état second.
« Ah oui ? » répondit-il simplement, dans les vapes, en examinant le visage de sa compagne.
Lyanna était tuméfiée par endroit. Sa peau avait fini par se charger de plusieurs couleurs auréolées aux endroits où elle avait reçu des coups. Un boxeur n’aurait pas eu une autre apparence à la fin de son championnat.
Doucement, Darren leva sa main gauche. Il usait de son épaule indemne pour le mouvement, l’autre partie du corps se refusant au moindre mouvement. Son geste trop lent et léger trahissait sa désorientation. Le soldat cherchait encore à comprendre sa situation. Son index se posa délicatement sur le coin des lèvres de la jeune femme, passant par dessus l’importante plaie qui les avaient cisaillé.
« Ton visage. » s’enquit le jeune homme en commençant à fouiller dans sa mémoire.

Son corps comme son esprit refusaient obstinément de se mettre au travail. Ce lit ressemblait à une étrange cellule de stase imaginaire. Il se sentait bien au chaud sous ces draps, confortablement installé sur les oreillers. Il ne voulait pas du tout les quitter, il ne voulait surtout pas réfléchir. Peut-être aurait-il pu lutter si la jeune femme n’était allongée contre lui.
Il la sentait différente. Ce n’était pas comme la dernière fois, lorsqu’il sentait les contours de son corps nu contre lui. En revanche, la position était la même. Lyanna était amoureusement blottie contre lui et c’est tout ce qui comptait.
Finalement, sa main droite était jalouse. Darren serra lentement les dents et fît l’effort de venir glisser toute la surface de sa main sur les lombaires de sa belle brune. Dans le bas de son dos, là où sa position y formait une voûte de souplesse. Le soldat sentit la texture d’un tissu fin que son cerveau relégua immédiatement aux oubliettes.
Il la caressa simplement, sans arrière pensée, tandis qu’il parvenait enfin à recoller les morceaux.

« Désolé. » reconnut-il en relevant l’expression de son regard.
Ses prunelles pétillaient de joie, de sentiments. Il lui arrachait naturellement ce petit sourire, rien que par l’échange. Pour Darren, il n’y avait pas plus beau cadeau que cette sincérité non-verbale sur son faciès. Il comprit qu’elle s’était occupée de lui et qu’elle l’avait arraché à la mort. Lyanna s’y était acharnée. Quelque chose changea en lui à ce moment là, un déclic, amenant à une profonde reconnaissance. Un sentiment profond qui lui faisait battre le coeur plus fort.
« Tu es revenue pour moi ? » souffla-t-il dans une question rhétorique. Avec une bonne dose d’émotions. « Tu m’as sauvé la vie... »

Lyanna continuait de s’occuper de Darren, son contact lui avait beaucoup manqué. Elle le vit essayer de se souvenirs de ce qui s’était passé, comme si son cerveau s’était mis en mode pause pour dissimuler ses souvenirs. A ses remarques, la jeune femme secoua la tête, une lueur de tristesse passant dans son regard.

"Je ne voulais pas te laisser, je voulais te retrouver, mais ..."

La voix de la jeune femme était tremblante, elle déglutit avec difficulté en se souvenant de cette scène douloureuse.

"Je ne t’ai pas sauvé, Darren. J’ai cru que j’étais arrivée trop tard. Quand je t’ai retrouvé, j’ai pensé que tu étais ..." dit elle en s’interrompant, incapable de terminer sa phrase.

"J’étais anéantie, mais c’est Heimda qui m’a dit que tu étais toujours en vie. Elle est allée chercher de l’aide, c’est l’Apothicaire qui t’a sauvé la vie. Après, il y a eu un médecin Atlante qui est venu pour te soigner. Il a dit que c’était un miracle que tu sois toujours vivant !"

« Hé. Guerrière... » la coupa-t-il en souriant. « J’allais quand même pas m’enfuir en te laissant dans cet endroit pourri.... »
Il voulut rire mais regretta bien vite les premiers spasmes. Ce qui inquiéta rapidement Lyanna en le voyant souffrir.
« Alors...on a réussi ? Heimda est sauvée ? »

La guerrière acquiesça d’un hochement de tête.

"Oui, elle est vivante. Et elle va bien. Pendant ta convalescence, elle m’a raconté ce qui s’est passé après notre combat. Elle est revenue au pouvoir, les trois autres mâles ont été exécutés".
« Ah, je suis désolé... » se moqua-t-il d’une petite voix. « Tu t’es fais devancer. »
"Tu te moques de moi !" lança Lyanna sur un ton beaucoup plus léger, débarrassé de la tristesse qui l’avait envahi un peu plus tôt. "C’est ce que j’ai dit à Heimda. Ils auraient pu m’attendre, j’aurais été très contente de les tuer moi même".
« Tu ne leur aurais rien laissé, ma belle. Même pas un pti bout de tripes à écraser sous leurs bottes. Tu m’étonnes qu’ils aient fait la fête de ces types sans toi ! »

Le soldat eut un léger sourire lorsqu’il récupéra la mèche raccourcie de sa belle. Il l’enroula autour de son index tout en jouant avec, comme il en avait pris l’habitude lorsqu’il la cajolait.
« Est-ce que la mission est réussie ? »
"J’ai vaincu le Contremaître. Heimda a retrouvé sa place de dirigeante. Je pense qu’on peut dire que la mission est réussie. Le mâle qui était là la dernière fois, celui qui était venu t’arrêter, il est ici, sur la planète. Mais je l’empêcherais de t’approcher. Pas question qu’il t’arrête pour quelque chose que tu n’as pas fait".
« Ridding ? Tu comptes faire barrage ? »
"Bien sûr que oui ! S’il faut que je le tue pour qu’il te laisse tranquille, je n’hésiterais pas un seul instant".

Darren s’empêcha de rire.
« Mon Dieu, mais comment est-ce que je vais pouvoir t’empêcher de lui trouer la peau ? »
Son sourire s’était agrandi en s’imaginant sa belle tenir l’officier de police militaire à distance avec son épée et cet air colérique craquant dont elle avait le secret.
« Je peux t’embobiner avec un bon massage ? Ou t’apprendre à embrasser avec…”plus”...que les lèvres ? »

Lyanna eut un petit sourire quand elle écoutait Darren chercher des propositions pour l’empêcher de s’en prendre à Ridding. C’était peine perdue, si elle voulait vraiment s’en prendre à lui, le soldat ne serait pas en mesure de l’en empêcher. Cependant, un détail lui fit froncer les sourcils. Elle ne comprenait pas la dernière idée de Darren.

"Embrasser avec “plus” que les lèvres ? Comment ça ? Tu veux que je t’embrasse avec quoi d’autre ?"
« Je te ferai découvrir ça...si tu ne lèves pas la main sur Ridding. » insista Clive en jouant de mystère. « Ca vaut le coup ! »

Lyanna dévisagea Darren tandis que ce dernier refusait de lui expliquer de quoi il voulait parler. Il le lui montrerait uniquement si elle ne touchait pas au mâle ? Il lui gâchait son plaisir. Mais tout comme il pouvait se montrer taquin, elle était également capable de faire comme lui.

"Tu ne veux pas que je lève la main sur lui ?" dit elle en laissant sa phrase en suspend, comme si elle réfléchissait. "D’accord … je ne lèverais pas la main sur ce mâle, ça te va ? A la place, je lui donnerais des coups de pied … tu vois, je tiens ma promesse, donc tu dois me montrer ce truc !"
« Tu joues l’enfant, ma belle guerrière. Tu seras privée de ce baiser délicieux si tu le touches d’une quelconque façon ! » rétorqua Darren.
En toute complicité, il lui donna une pichenette punitive sur le bout du nez.

"Héééé … tu n’as pas le droit de me parler de ce mystérieux baiser étrange pour m’en priver après !" lança-t-elle sur un ton faussement outré. Puis, voyant que Darren ne lâcherait pas l’affaire, elle abdiqua en soupirant. "Bon d’accord, je ne le toucherais pas. T’es content ?"
« Je suis même “heureux” d’avoir une compagne aussi tempéré et patiente ! » la nargua-t-il.

Lyanna continuait de garder sa mine faussement offensée en voyant que Darren la taquinait.

"Mouais … c’est ça … réflexion faite, je ne vais rien te promettre. Si je veux le frapper, je le frapperais. Je suis sûre que ton histoire d’embrasser autrement n’existe pas, et que tu te moques de moi !"
« Je t’ai déjà déçue à chaque fois que je te promettais une belle expérience ? » questionna le soldat en réponse, une légère subtilité dans l’intonation de sa voix, comme s’il la défiait de répondre faux.
"Heu … non … mais ..."

Lyanna cherchait une bonne excuse, mais elle n’en trouva pas. Elle devait se rendre à l’évidence, elle devait abdiquer à contre coeur.

"D’accord, tu as gagné. Je ne le toucherais pas. Mais il a intérêt à te laisser tranquille !"

Darren afficha un large sourire victorieux. Il adorait prendre le dessus. La jeune femme ne l’avait pas dit verbalement mais son regard hurlait une nouvelle fois qu’elle le trouvait exaspérant.
Mais en même temps, une question le taraudait depuis qu’elle avait parlé du contremaître. Il changea de sujet peu après.
« Je n’ai pas été là. J’imagine...que tu as tué le sbire de Macon, c’est ça ? »

Lyanna soupira en repensant à son combat, et à ce qui s’était passé à la fin. Elle secoua légèrement la tête.

"J’ai réussi à le maîtriser après un combat acharné. Il m’a provoqué en me parlant d’Abelle. Et Heimda voulait que je le tue pour venger son père. J’avais une telle haine pour lui, une telle rage qui ne demandait qu’à sortir".

La guerrière arrêta de parler quelques secondes, laissant le temps à Darren d’imaginer un scénario d’exécution lente et douloureuse.

"Mais … je me suis souvenue de tes dernières paroles. Ca a été très dur, mais je l’ai laissé en vie … après l’avoir torturé. Il a été emmené sur Atlantis il y a quelques jours".

Le regard du militaire s’écarquilla légèrement.
Il fixa la jeune femme, ses gestes doux figé par la surprise qui l’animait. Puis son regard pétilla.
« Tu es en train de me dire que tu l’as capturé...pour moi ? Il est vraiment vivant ?!? »

Lyanna soupira discrètement et acquiesça d’un léger hochement de tête. Même si son envie de tuer était toujours présente, Darren avait un curieux contrôle sur elle. Après tout, il a démontré plusieurs fois qu’il était capable de tempérer son côté brutal et violent. Ce qui était surprenant cette fois ci, c’était que le soldat n’était pas présent. Et pourtant, la guerrière avait réussi à lutter contre ses pulsions meurtrières.

"Oui … pour toi … parce que tu me l’as demandé, avant de te sacrifier pour que je me batte contre lui. Bon, je .. je l’ai quand même frappé, broyé sa virilité, et électrocuté avec l’arme que tu m’as donné jusqu’à ce qu’il hurle de douleur avant de se lâcher au niveau de son derrière. Mais il est encore en vie. Teyla avait besoin de lui, n’est ce pas ce que tu m’as dit ?"

« Oui, c’est ce que je t’ai dis. Et...je suis stupéfait ! » reconnu Darren lui souriant. « Tu es Atlante, ma chérie. Tu as surpassé tes démons pour faire ce qu’il fallait. »
Il enfonça sa main dans ses cheveux qu’il dénoua lentement, sans tirer trop fort, jusqu’à la pointe.
« On sait tous les deux que ce n’est pas ce qui est le plus juste. Mais c’était notre devoir. Tu en verras tout le crédit quand tu retrouveras Teyla. Tu m’as écouté... »
"J’espère que tu as raison. Après tout le mal qu’il a fait, il méritait de mourir. Heimda n’a pas compris quand j’ai refusé de le tuer. Et moi même, je ne comprends pas pourquoi ton peuple ne pratique pas les exécutions. C’est injuste de laisser ces monstres vivre" dit elle en soupirant doucement.

Sa main libéré des cheveux glissa lentement jusqu’à son menton qu’il accrocha de son index. Il l’amena juste à portée pour l’embrasser délicatement une première fois...puis un peu plus langoureusement.
« Merci Lyanna. Je sais que ça n’a pas été facile pour toi ! »

Lyanna se laissa aller aux baisers de Darren, retrouvant avec plaisir cette sensation. Effectivement, elle avait dû prendre énormément sur elle pour en arriver à une telle décision difficile à prendre. Alors que le soldat mettait plus de vivacité dans leur baiser, la jeune femme ressentit une douleur à l’endroit où sa lèvre était entaillée. La blessure était peut être refermée, elle n’en demeurait pas moins sensible. Elle se recula aussitôt en serrant les dents.

"Aïe !"
Le soldat tiqua et s’excusa doucement.
« On remettra les baisers à plus tard. Je dois prendre un bain. »
Il hésita un bref instant.
« Tu viens avec moi ? Je ne suis pas sûr de pouvoir...me déplacer. »

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
√ Messages : 135

le Sam 2 Mai - 1:13

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
"D'
accord, mais … je ne suis pas sûre que tu devrais bouger avec tes blessures".

C’était l'hôpital qui se fichait de la charité, j’étais aussi têtue que Darren à ce sujet, j’étais du genre à vouloir quitter le lit même blessée. Et puis, un bain ferait sans doute du bien au soldat. Surtout si j’étais là pour l’aider. Je finis par sortir du lit, et partis demander à Abelle de préparer un bain chaud. Puis, j’aidai Darren à se lever, ainsi qu’à se préparer. Je me montrais d’une incroyable douceur avec lui, ce qui contrastait énormément avec mon côté guerrière impitoyable. J’avais la même préoccupation pour Darren que j’avais eu pour mes Soeurs lorsque celles ci étaient blessées au combat. Pour un oeil extérieur, me voir agir de cette manière avec un mâle devait être très étrange à observer. Je fis très attention aux nombreux bandages qui recouvraient le corps du militaire. Ce dernier devait avoir mal partout, au point d’avoir des difficultés à marcher et à bouger. Pour ma part, j’étais également dans un sale état, mais bien moins que lui. Je souffrais encore, mais c’était supportable. Peu m’importait mes propres blessures, celui qui comptait, c’était Darren.

Il semblait s’en rendre compte d’ailleurs. A un moment, pendant qu’il testait ses différents appuis pour se dresser sur ses jambes (il refusait silencieusement de se montrer faible), Darren m’adressa un regard très communicatif. Il aimait clairement l’attention que je lui portais. Le jeune homme ne prenait pas ça pour de la compassion mais de l’amour. De l’attachement qu’il ne chercha pas ni à détailler ou ni à souligner. Il partait du principe que je lui offrais une preuve d’amour et il profitait tout simplement de mes gestes, de ma tendresse, avec une reconnaissance manifeste.

J’en profitai pour prendre quelques boîtes de médicaments que le médecin avait prescrit pour Darren, ainsi que des bandages. Je me souvenais de la posologie à donner en fonctions du nom des médicaments, mais plus quelle boîte contenait tel produit. Je comptais sur le soldat pour m’aider à ce sujet. Après le bain, le soldat devrait prendre son traitement. Tout en soutenant Darren, je le conduisis à l’extérieur de la chambre, jusqu’à la salle où se trouvait un grand bac. Abelle nous attendait, prête à se mettre à notre service comme toujours. Pouvoir reprendre des tâches aussi singulière pour nous la ravissait. C’était comme un retour à la normale, une façon de placer tout son enfer derrière elle et ne plus jamais y repenser. Se concentrer uniquement sur son avenir et son métier : nous servir avec passion. Respectant notre intimité, elle détourna les yeux lorsque j’aidai Darren à retirer ses vêtements, ainsi que ses bandages, puis à se glisser dans le bac. Je fis de même et vins le rejoindre, m’asseyant en face de lui, les jambes en tailleur pour avoir plus de place. L’eau chaude me fit un bien fou. Ce n’était pas le premier bain que je prenais depuis mon premier réveil, mais c’était toujours aussi agréable.

Clive prit position, parvenant à se déplacer un peu mieux puisque l’eau le rendait moins lourd. Il écarta un peu les bras pour prendre appui sur le rebord en bois et m’observa longuement avec un regard malicieux. Notre terrible aventure grevée de batailles, d’obstacles et d’un environnement de perpétuelle souffrance venait de prendre fin. Lui comme moi goûtions enfin à cette liberté que nous avions tant espéré. C’était inattendu et bien au-delà de nos rêves les plus fous. La menace n’existait plus, si ce n’était ce Ridding que je vis disparaître furtivement dans l’escalier pendant qu’Abelle lui fermait la porte au nez. Ce type continuait de nous suivre et de nous surveiller. Mais il ne valait pas une armée de Genii, ni le contremaître, ni même Macon. Mais heureusement qu’il ne pouvait plus nous voir en ce moment, ou plutôt que moi, je n’avais plus de visu sur lui en train de nous surveiller. Sinon, je n’aurais pas pu tenir ma promesse de ne pas le toucher.

Darren et moi étions libre. Enfin ! Nous n’avions plus à nous inquiéter d’Abelle. Plus à craindre pour la survie d’Heimda. Et avec toutes ces preuves, avec ces captifs, il était impensable que Teyla puisse encore être inquiété. Ce bain chaud prenait donc une toute nouvelle saveur qu’on ne pourrait pas comparer avec nos précédents répits. Car la détente, cette fois, était pleine et entière. Notre seule préoccupation, maintenant, ne devrait plus qu’être le retour d’une bonne santé.

Abelle saupoudra l’eau de sels de bain médicinaux pour détendre les muscles et le corps. Et l’odeur était très relaxante. Lorsqu’elle eut fini, elle s’éloigna pour aller s’occuper du feu dans la cheminée. J’en profitai pour attraper un savon et commençai à nettoyer ma peau, sans quitter Darren des yeux, soucieuse de sa santé. Il ne bougeait toujours pas, son regard demeurant planté sur moi.

"Comment tu te sens ? Tes blessures te font mal ?"

« Je sens mon corps en train de bouillir. » m’avoua-t-il d’une façon étrange. « Mais tu fais barrage à cette douleur. »

Il leva légèrement son regard pour fixer mes sourcils, s’installant d’avance aux premières loges pour apprécier mon tic. Comme à chaque fois que ça me rendait curieuse, perplexe, je fronçais des sourcils et il trouvait ça craquant. Parce que ça me donnait un air innocent et à la fois curieuse. Une sorte de petit mélange non-verbal qu’il trouvait adorable.

« Tu es...aimante. Et attentionnée avec moi. » avoua-t-il doucement. « Il faut que tu saches que ça fait...vraiment longtemps. Que... »

Le jeune homme pencha la tête d’un côté, cherchant des mots simples.

« Que quelqu’un ne s’est pas occupé de moi comme tu l’as fais. »

Il m’offrit un beau sourire en concluant.

« J’aime ça. »

En écoutant les aveux de Darren, je sentis mes joues prendre une couleur rouge, un petit sourire aux lèvres. Ce qu’il me disait me touchait, pendant que je continuai de me laver.

"Tu aurais fait la même chose pour moi, non ?"

Je plongeai mon regard dans celui de Darren.

"Ca me fait plaisir, ce que tu me dis. Dans ma tribu, on s’occupait des femmes de cette manière. Ce n’était pas mon rôle, mais il m’était arrivée de m’occuper de mes Soeurs lorsqu’elles avaient besoin d’aide. Je fais la même chose avec toi, parce que ..."

Je me mordis la lèvre, rougissant de plus belle.

"... je tiens à toi, Darren".

Je terminai de me nettoyer, puis je m’approchai du soldat, me mettant à genoux devant lui. Poussée par cet instinct protecteur, je commençai à lui faire doucement sa toilette, savonnant sa peau avec précaution en faisant attention à ses blessures. Je me doutais qu’avec la douleur, il aurait du mal à se laver tout seul, alors je l’aidai le plus naturellement du monde.

« Comme...une vieille édentée ? » s’amusa-t-il.

Je souris aux paroles de Darren, pendant que je continuais ma tâche.

"Je ne me suis pas occupée que des vieilles. En plus, rares étaient celles qui survivaient suffisamment longtemps pour perdre leurs dents. Non, je me suis occupée de mes Soeurs de tout âge. Même des petites filles qui commençaient à apprendre l’art du combat, de la chasse ou des soins".

Je ne pus m’empêcher de taquiner le soldat.

"Et puis … je te trouve beaucoup moins séduisant qu’une vieille femme édentée !" lui lançai je en souriant, amusée par mes paroles.

« Je le reconnais. C’est ma belle voix envoûtante qui t’a tout de suite séduit. Quand je chante, tu es toute chose... » assura-t-il tout de suite avec malice.

Il approcha son visage du mien pour fredonner le début de son horrible chant.

« Sing...in the...raiiiiin. »

Nul ne savait lequel pouvait se montrer plus gamin que l’autre, chacun plaçant la barre plus haut dans la taquinerie. Ce qui démontrait à quel point nous étions complices. Et lorsque Darren commença à fredonner cette chanson qu’il massacrait, je ne pus m’empêcher de plaquer ma main sur sa bouche pour le faire taire.

"Non non non, ne chante pas, c’est un ordre ! C’est horrible ! Tu chantes … comment ton peuple dit, déjà ? Ah oui … tu chantes comme une casserole !"

Je souriai à Darren, avant de retirer ma main de sa bouche.

"Je te préviens, si tu continues de chanter, je te coupe la langue !!!"

« Avec tes ongles de tigresse ? » me demanda-t-il, passablement excité.

"Avec mes ongles ? Ne me tente pas, ça pourrait être drôle pour moi !" lui dis je en souriant, avant de poursuivre la toilette du militaire, prenant soin de lui.

Darren voyait autrement mes gestes pendant que je le lavais. Plus sensuellement qu’une simple aide que je lui apportais. Il gardait les bras sur le rebord du bassin tout en se laissant laver, appréciant manifestement le contact du tissu sur sa peau. Son corps présentait alors toutes les blessures qui s’étaient accumulées depuis plus de deux semaines de combat. Il représentait, tout comme moi, un champ de bataille vivant. Ce n’était pas facile de contourner ces nombreuses plaies et de gérer la pression du gant pour éviter de lui faire mal.

Darren soupira d’aise, malgré quelques réactions réflexes lorsque je lui déclenchais des élans de douleur. Il appréciait mes soins. Son regard me parcourait librement, coulant parfois sur ma poitrine nue, avant de remonter sur mes cheveux humides qui collaient à mes épaules. Le soldat m’observait longuement tout en profitant au maximum de ce moment. Il ne voulait pas que ça s’arrête tant c’était plaisant. Le geste lui coûta visiblement des efforts mais il se pencha pour m’embrasser doucement, me remerciant de toute cette attention. Surprise par son geste alors que je n’y étais pas attendue, je finis par me laisser aller en stoppant mes gestes sous le doux baiser du militaire. J’y répondis avec tendresse, avant de rester un instant tout contre lui.

« On en a fait du chemin, en quinze jours, hm ? » me murmura-t-il à l’oreille. « C’est une surprise vraiment agréable d’avoir fait ta rencontre...ma belle guerrière, sauvage et colérique.»

Darren avait bien raison, il s’était passé beaucoup de choses depuis le début de notre aventure. Moi qui avait voulu le tuer dès nos premiers pas sur cette planète, et même avant, dans la salle d’embarquement, j’avais bien changé d’avis. Il fallait dire que lorsque deux personnes vivaient l’enfer pendant un moment, ils se rapprochaient naturellement. Et contre toute attente, je m’étais rapproché de ce mâle au point de tenir à lui bien plus que de raison. Je plongeai mes yeux dans les siens, le regardant avec tendresse.

"Pour moi aussi, c’est une surprise. Je ne pensais pas qu’un jour, je me serais attachée à un mâle. Tu es si … différent de tous ceux que j’ai rencontré. Tu es gentil, protecteur, tu ne m’as jamais fait de mal. Et même si tu sais très souvent te montrer exaspérant, j’aime bien être avec toi".

Avec un petit sourire, je commençai à nettoyer doucement le visage de Darren. Puis, je finis par l’embrasser tendrement, faisant durer ce baiser le plus longtemps possible. Une fois que nos lèvres se séparèrent, en continuant de rester suffisamment proches pour s’effleurer, je restai immobile les yeux fermés.

"Je t’aime, Darren" murmurai je d’une voix douce.

Ma déclaration le laissa un instant sans voix. Il savait que c’était une notion qui m’échappait, qui me faisait même un peu peur, bien que je ne le montrais pas. Il chercha dans mon regard quelque chose qui réduirait l’importance de mes propos, comme s’il vérifiait si je ne mimais pas exactement son aveu sentimental quand j’avais fini en pleurs dans la chambre après le viol d’Abelle. Mais il percevait toute la sincérité dans mon regard et ça le rendit heureux. Son coeur battit la chamade et, cette fois, les dernières traces de douleur semblaient s’être noyée dans le flot de sa chimie amoureuse. Le jeune homme était sur un petit nuage en me répondant. Il mima volontairement ma phrase, par simple jeu, mais en concrétisant cet échange intense d’émotions et sentiments.

« Je serais toujours doux et protecteur avec toi. Même si tu es butée et très très dangereuse comme femme : je t’aime, Lyanna.»

Je souris aux paroles de Darren. J’étais envahie par d’étranges sentiments agréables suite à mon aveu, et le soldat m’avoua une seconde fois qu’il était amoureux de moi. Il s’approcha en même temps que moi pour m’embrasser. Mais il se mélangea les pinceaux, moi aussi. Nos fronts s’embrassèrent bien avant nos lèvres. Nous nous étions cognés accidentellement par maladresse, ce qui fit éclater de rire le soldat. Il pinça mon menton, comme il le faisait parfois, pour m’empêcher de bouger.

« Surtout...ne me mords pas.» me glissa-t-il à l’oreille d’un souffle.

Et au moment même où je fronçais une nouvelle fois des sourcils, il m’embrassa langoureusement, sa mâchoire plus ouverte que d’habitude, pour laisser passer doucement sa langue dans ce qui faisait le fameux baiser que l’on surnommait “french kiss”. Je n’avais pas compris pour quelle raison le militaire m’avait demandé de ne pas le mordre, puis je compris enfin. Alors que je répondais tendrement à son baiser, je sentis quelque chose de différent. Sa langue qui vint alors caresser la mienne me surprit au plus au point, et sur le coup, je reculai pour mettre fin au baiser. Sans comprendre, je fixai Darren, ignorant qu’il s’agissait là de l’autre façon d’embrasser dont il avait parlé.

"Mais … qu’est ce que ..."

« Oui, ça surprend toujours la première fois. »

Darren ne se démonta pas. Il se sépara de la paroi pour gagner du terrain sur moi, rattrapant l’écart que j’avais placé entre nous sur le coup de la surprise.

« C’est comme ça qu’on embrasse autrement “qu’avec les lèvres”. » me dit-il en utilisant la même expression que la dernière fois. C’était la fameuse façon de faire qu’il me promettait en l’échange de ne pas agresser Ridding. La main la plus agile du militaire revint se glisser le long de ma nuque pour verrouiller ma position, m’interdire toute fuite.

« Quand c’est un peu plus sérieux entre deux belles personnes qui s’aiment. Il faut le faire doucement, sans forcer, sinon c’est écoeurant. »

Il était si proche de mes lèvres. Le militaire resta un petit moment en suspension devant mon visage, comme s’il attendait mon accord pour recommencer cette surprenante expérience.

« Penche-toi un peu sur la droite. Entrouvre légèrement la bouche. Et tu n’auras plus qu’à te laisser doucement porter… » me conseilla-t-il.

J’écoutai les explications de Darren sur ce nouveau baiser, et bien que je ne comprenais pas vraiment en quoi caresser la langue de l’autre était un super baiser, je décidai de faire confiance au militaire, curieuse. Je finis par m’exécuter, le laissant venir, avant de fermer les yeux pour savourer davantage cette découverte curieuse. Le militaire se comportait comme un adolescent. Une fois que je m’étais exécuté, ayant confiance en lui, il moqua ses blessures et ses douleurs pour m’étreindre tendrement. Il me serra contre son corps tout en m’embrassant avec la langue. Il le faisait très doucement, comme s’il craignait de me dégoûter ou que, comme je le lui avait promis en cas de chant, je la lui arrache. Cette sensation était vraiment étrange, et au début, je n’osais pas faire le moindre geste, tandis que la langue de Darren se faufilait dans ma bouche pour caresser la mienne. Puis, comme guidée par le militaire, je répondis doucement à son baiser, un peu maladroitement, ma propre langue se mettant à son tour à bouger pour chercher la sienne dans une curieuse danse, un ballet que je découvrais peu à peu. Soudain, je me sentis basculer, et je passai mes bras autour du cou de Darren par réflexe. Sans m’en rendre compte, dans mes gestes pour me rattraper au soldat, je détendis l’une de mes jambes qui vint alors enlacer le bassin de Darren. Celui ci accompagna néanmoins mon poids vers l’arrière pour assister ce baiser romantique, me faisant tremper la chevelure dans l’eau alors qu’il serrait le reste de mon corps contre son torse. Il continua de m’embrasser, baiser auquel je continuai de répondre, pas encore bien à l’aise avec cette nouveauté. D’ailleurs, mes gestes étaient encore maladroits et hésitants. Puis, une fois que le baiser prit fin, le soldat m’aida à me redresser, en me laissant me remettre de mes émotions. Il s’écarta très légèrement pour m’interroger du regard.

« Est-ce que ça te plait ? Ou ça te dégoûte ? »

"Oh … heu … je …"

J’étais tellement sous le coup de l’émotion et de la découverte de cette nouveauté que j’eus du mal à répondre clairement au militaire. Si j’avais apprécié ? Bien que cette pratique était quand même curieuse, et que je m’en sortais avec difficulté, je devais avouer que c’était … intéressant. Darren se voulait rassurant.

« Ca dépend de chacun, tu sais. Ce sont les goûts en matière de relation. Tu aimes, ou n’aime pas. Aucune contrainte, aucune obligation. »

Je réfléchis, maintenant que je me remettais de mes émotions. Je voyais bien que Darren voulait me rassurer, et qu’il ne voulait me forcer à rien. Je me mordis la lèvre, sentant que mon entaille se réveillait peu à peu.

"Et bien … je … je ne peux pas dire que je n’aime pas. C’est … très bizarre comme sensation, mais … j’aime bien. Sauf que je suis nulle pour ça, alors … ça ne doit pas être génial".

En réponse, Darren lui massa tendrement le dos tout en l’observant.

« On s'entraînera tous les deux. » dit-il avec malice.

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Le soldat et l'Amazone - Page 5 Vo67


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Darren Clive

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√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 221

le Sam 2 Mai - 14:14

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Avec le temps, Darren se remit sommairement de ses blessures. Sa compagne s’était transformée en infirmière de fortune en le contraignant à prendre ses médicaments et en changeant régulièrement ses bandages. Le jeune homme aimait son autonomie, il s’évertuait à demander le moins d’aide possible. Mais malgré tout, il appréciait les petits gestes tendre de cette brune.

Quelques jours s’écoulèrent dans le calme. Ils étaient très régulièrement grévés de longues phases de sommeil et de repas. Le plus important en attendant que le corps guérisse naturellement et leur permette de faire d’autres choses. Commencer simplement à vivre quelque part. Plus tard, ils furent invités à une célébration populaire. Tout Héstevic fêtait le retour de leur nouvelle reine et, si elle portait gravement les traces d’un deuil à peine entamé, elle agissait avec la même assurance que son père.

Darren accepta bien qu’il préférait la discrétion et profiter de Lyanna au possible. Pourtant, cette liesse généralisée réclamait leur présence et le soldat fût bien obligé de reprendre l’uniforme.

Un immense banquet avait eu lieu au centre du village, l’alcool coulait à flot, des gens dansaient, d’autres animaient à leur façon la soirée.
Durant cette soirée, le soldat eut toutes les peines du monde à empêcher Lyanna de baffer la série d’hommes venus la féliciter parmi la masse grouillante de foule en délire. Quelques autres étaient même venus la demander en mariage, argumentant sur leur richesse, leur position sociale, la taille de leur maison. Même un qui se vantait d’avoir le sexe le plus performant du Pays. Rien que ça. Ce qui exaspéra au plus haut point la guerrière, qui eut beaucoup de difficultés à se contenir pour ne pas faire un massacre. Heureusement que le soldat était là.

Amoindri par ses blessures, Darren n’avait pas l’humeur blagueuse. Il échangeait parfois une simple oeillade à sa partenaire, lui laissant la lourde tâche de les renvoyer sans faire d’exemple sanglant. Et plus le temps passait, plus Lyanna devenait mauvaise avec ces “prétendants”. Elle finit même par menacer de les castrer s’ils ne la laissaient pas tranquille. Cette méthode fonctionna car, finalement, plus personne n’osa l’approcher.
Le lieutenant Ridding profita de la foule pour aborder le soldat. Il avait attendu que Lyanna soit appelée par Heimda qui s’apprêtait à faire un discours la concernant. Des félicitations de rigueur pour toute l’aide apportée. Darren n’avait pas voulu la rejoindre ni monter sur l’estrade, il en avait assez d’être à la vue de tous. Le jeune homme lui avait demandé service en le représentant à ce discours. Se retrouver comme ça, devant tout le monde, les regards braqués sur elle ne plaisait pas à la guerrière, mais elle n’avait pas vraiment le choix. Heimda voulait lui rendre hommage, ainsi que Darren qui avait eu la bonne idée de rester en retrait contrairement à elle, cela aurait été impolie de refuser. Pendant le discours de l’adolescente, le regard de Lyanna chercha le militaire, mais lorsque ses yeux se posèrent sur lui, la jeune femme se figea, prête à réagir. Ridding avait profité de son absence pour venir voir Darren, et Lyanna était prête à lui sauter dessus pour le défendre. Cependant, voyant que le soldat n’avait pas l’air d’être en danger, elle se maîtrisa et reporta son attention sur Heimda. Non sans surveiller de temps en temps le mâle qu’elle ne supportait pas, et celui qu’elle aimait.

Darren eut une brève discussion avec le lieutenant. Ca faisait un moment qu’il attendait cette occasion pour mettre les choses à plat. L’officier n’avait pas peur de l’Amazone pour agir comme ça. Mais il connaissait parfaitement son aversion et il faisait en sorte de limiter la casse.

Lorsque la fête cessa, Darren étant à bout de force tant le sommeil lui manquait, il retourna s’aliter en profitant de la présence de sa belle brune. Il ne se lassait jamais de la sentir contre lui, sur une position qui devenait maintenant une norme habituelle. Darren ramenait son bras sur son dos, y dessinant des cercles l’air distrait. Lyanna posa sa tête dans le creux de l’épaule non blessée du militaire, en posant sa main sur son torse, évitant soigneusement ses blessures. Etre ainsi contre lui était devenu une habitude qu’elle aimait beaucoup. Sentir son coeur battre dans sa poitrine, ses doigts caresser sa peau ou son corps réchauffer le sien. C’était si agréable, cette sensation qu’elle n’avait jamais connu avant de rencontrer le soldat.
Il attendit un peu avant de lui parler.

« Je sais que tu m’as vu parler avec Ridding. » lui dit-il doucement. « Atlantis nous attends, tu sais ? »

Lyanna resta sans bouger à la question de Darren. Elle se contenta de regarder devant elle, réfléchissant tout en laissant ses doigts courir doucement sur le torse du militaire. Ce Ridding ne l’avait pas arrêté, mais que se passerait il en revenant sur Atlantis ? De toute façon, la jeune femme devait se préparer à retourner sur la cité, et à quitter cette planète. Mais ce qui les attendait la rendait incertaine.

"Il t’a dit ce qui allait nous arriver ?"
« En vérité...je le sais déjà depuis longtemps. Ils fonctionnent toujours de la même façon. Ridding attend parce qu’il ne veut pas que tu réagisses mal et que tu te battes. »

Lyanna redressa sa tête en entendant ces mots. Elle regarda fixement le soldat, s’attendant à une mauvaise nouvelle.

"Que je réagisse mal et que je me batte ? Il suffit simplement de ne pas me donner de raison de mal réagir et de vouloir le frapper ! Qu’est ce qu’il veut ?"

Darren pencha son visage pour la regarder.
« Ils vont nous arrêter et nous séparer. Le temps de leur enquête... »
Le soldat parlait doucement, avec une étonnante tranquillité, dissimulant la moindre trace d’anxiété. Parce que même s’il était certain de son innocence et de celle de sa belle, ce n’était jamais un moment agréable à vivre. Il se devait de lui expliquer et qu’elle comprenne. Ce qui était effectivement très difficile à comprendre pour Lyanna. En entendant dire qu’elle allait être arrêtée en même temps que Darren, la guerrière dévisagea ce dernier comme s’il venait de dire la chose la plus horrible du monde. Son regard se durcit aussitôt.

« Quand ça arrivera...ils prendront nos armes. Et ils nous emmeneront sur la cité chacun de notre côté. J’ai...demandé un service à Ridding. Pour toi... »
Darren capta son regard et lui sourit tendrement.
« C’est une femme soldat qui t’interrogera. Il n’y aura pas de mâles à l’horizon. »

Si Darren était tranquille et détendu à l’idée d’être arrêté pour être interrogé, ce ne fut pas le cas de Lyanna. A vrai dire, elle ne connaissait pas du tout la façon de faire sur Atlantis concernant les enquêtes à mener. Et bien que dans leur cas, tout laisser supposer qu’ils étaient innocents, et qu’ils allaient juste être entendus pour éclaircir ce qui s’était passé sur cette planète, la jeune femme ignorait tout de la façon de faire des Atlantes. Pour elle, elle avait l’impression d’être considérée comme la méchante de l’histoire, et que les Atlantes, dont faisait parti Macon, cherchait n’importe quel moyen pour lui nuire. Le fait que Darren lui explique qu’elle n’aurait à faire qu’à une femme pour ne pas envenimer les choses de sa part ne l’aida pas du tout à se tranquilliser.

"C’est censé me rassurer ?"

Être traitée comme une meurtrière, voilà ce à quoi pensait Lyanna. Elle savait très bien que Ridding ne l’appréciait pas du tout, autant qu’elle ne l’aimait pas. Alors pourquoi devrait elle ne pas s’inquiéter de cette histoire d’arrestation et d’interrogatoire ? Bien sûr que non, elle ne voyait pas ce qui allait se passer d’un bon oeil. Surtout que depuis son arrivée, elle était connue pour des actes de bagarres et provocations en tous genres. Comme le lui avait si gentiment rappeler Ridding. Lyanna secoua la tête, et se redressa pour s’asseoir dans le lit, démontrant ainsi clairement qu’elle n’était pas d’accord, et qu’elle était même en colère.

"Il est hors de question qu’ils m’arrêtent ! Je n’ai rien fait de mal, et toi non plus ! Ils n’ont pas intérêt à me toucher, ni à essayer de me prendre mes armes !"

Le soldat s’attendait à cette réaction.
Il avait voulu être diplomate mais ne pas insulter sa belle en prenant des détours. La réalité de la procédure dans la police militaire ne plaisait à personne. Ils allaient être traités comme des criminels, séparés, enfermés, interrogés. Il n’y avait vraiment aucune certitude qu’ils s’en sortent sans trop de casse et, à cet instant, Darren aurait eu davantage besoin de sa tendresse et sa présence, plutôt que de sa rudesse.
Car il était angoissé lui aussi malgré tout. Il préférait amplement profiter de ces adorables étreintes nocturnes, amoureuses, et rester sur cette planète. Se consacrer à sa nouvelle idylle en apprenant toute la partie de la vie que cette jeune femme avait manqué. Mais comme il l’avait dit, Atlantis les attendait. Il ne pouvait tout simplement pas se détourner de son devoir et jouer la montre dans l’espoir qu’on les oublie.

Le déplacement de Lyanna en position assise creusa un écart qui le priva immédiatement de sa chaleur douce et agréable. Le froid n’en demanda pas moins pour venir s'engouffrer dans ce vide et le soldat eut l’impression qu’elle le punissait de ce simple geste.

« Lyanna... » lui souffla-t-il d’une voix douce. « C’est comme ça que la justice procède sur Atlantis. Je ne vais pas te mentir, ça ne sera pas un moment facile. Mais...on a déjà traversé tellement pire. »
Il insista d’un regard aimant. Il ajouta d’un ton profond, comme pour l’aider à réaliser ce qui les attendait.
« On va rentrer chez nous. »

Cette situation était difficile à vivre pour la jeune femme. Elle avait beau être courageuse, l’inconnue d’être traitée comme une criminelle était une épreuve qu’elle aurait du mal à passer. Et vu son tempérament, elle serait capable d’exploser pour un simple interrogatoire. Heureusement que, comme l’a dit Darren, c’était une femme qui allait l’interroger. Si ça avait été un mâle, la situation aurait très certainement tourné à son désavantage. Lyanna ne remarqua pas que son absence contre le soldat n’était pas vraiment apprécié par ce dernier. Elle ne pensait pas du tout à ça, se contentant de soupirer à cause de la colère qu’elle ressentait. Elle fermait les yeux quelques secondes, puis elle secoua la tête.

"Ce n’est pas juste !"

Puis, Lyanna tourna son regard vers Darren, les sourcils froncés.

"Ca va être comme ça à chaque fois que je partirais en mission ? On va m’attirer des ennuis pour ensuite me traiter comme une tueuse qu’il faut enfermer à tout prix ?"
« Ne réagit pas comme ça, s’il te plait. » lui demanda-t-il d’une voix douce. « Tu sais bien que rien ne s’est déroulé comme prévu. Tout ce qu’on a vécu, ce n’était pas une mission. Ca n’a rien à voir. »
Le regard du soldat glissa sur son épiderme.
Maintenant qu’elle s’était redressée, la couverture avait battu en retraite pour retomber sur ses reins. Dans d’autres circonstances, il aurait été tenté d’attiser les envies de l’Amazone pour rendre la soirée encore plus belle. Mais malheureusement, la discussion était sérieuse, ils avaient tous deux autre chose à penser. Darren explora de son regard sa poitrine, son sternum puis son ventre, tous recouverts de diverses blessures. Des bleus dans tous les sens, d’anciennes ecchymoses qui avaient même bleuis ou jaunis.

Darren se contorsionna un peu, grimaçant lorsque son corps lui rappela que ce n’était pas un mouvement à faire. Avec son reste d’agilité, il ouvrit la table de chevet juste à côté pour en agripper un contenant odorant. En silence, il examina l’intérieur et plongea la main dans le ramequin. L’Apothicaire leur déposait régulièrement des baumes et des lotions censées les aider à guérir plus vite. Le militaire ne savait pas si ça marchait vraiment mais, pour atténuer la douleur, il en restait néanmoins convaincu. La gestuelle de Darren n’avait pas échappé à Lyanna qui avait tourné la tête pour le regarder chercher quelque chose dans le tiroir. Elle fut sur le point de lui dire de ne pas bouger, avec les blessures qu’il avait, il valait mieux rester immobile, mais avant d’avoir pu dire quelque chose, le militaire s’était rallongé, étalant quelque chose sur ses doigt. Un baume donné par l’apothicaire.

Il usa de ses coudes et de ses jambes pour s’enfoncer un peu plus profondément dans les couvertures. Non pas pour se réchauffer mais rendre le corps de la guerrière à portée de main. Après avoir badigeonné le bout de ses doigts de la lotion, il en déposa délicatement sur le ventre de la belle, débutant un très léger massage sur cette énorme marque de pied qui s’était imprimée sur son flanc. Si Lyanna était intriguée au début par ce que Darren faisait, elle se crispa par réflexe au moment où les doigts du soldat se posèrent sur son ventre pour étaler le baume. La guerrière était tant surprise par ce simple contact qu’elle n’avait pas l’habitude de recevoir, et encore moins de la part d’un mâle, que par le massage lui même. Cependant, elle n’empêcha pas Darren de continuer.

« La police militaire doit savoir ce qu’il s’est passé. Nous connaissons la vérité tous les deux. Mais eux doivent l’apprendre différemment. Je sais que ça ne te plait pas Lyanna. Moi-même...j’aurai aimé ne pas avoir affaire à eux. »
Maintenant que la lotion était bien étalée, il pouvait approfondir le massage avec sa main libre. Il la posa bien à plat sur l’empreinte bleuie et exerça des cercles très lents. La légère pression de sa main sur son ventre fit ressentir chez Lyanna un peu de douleur, quelques tiraillements à cause de l’hématome. Mais rapidement, ce geste devint agréable, le massage et le baume aidaient à calmer ce tiraillement qui la pinçait au ventre. La guerrière resta immobile, elle se laissa faire car elle commençait à apprécier ça.

« Personne n’aime ça. Ta réaction est tout à fait normale. Mais tu vois, s’ils existent toujours et qu’on fait encore appel à eux...c’est parce que ça marche. Les guerriers honnêtes comme nous le vivent mal. Mais ils ressortent souvent avec les honneurs. »

"Avec les honneurs ? Moi ? Tu connais ma réputation sur ta cité. Je ne pense pas recevoir des honneurs pour quoi que ce soit de ton peuple !"
« La police ne juge pas à la réputation mais aux actes. » corrigea le soldat.
"Je te rappelle que ce mâle m’a avoué avoir plusieurs retours dans son bureau sur des actes que j’ai fait. Il a déjà son opinion sur moi, il ne va donc pas clamer mon innocence comme ça. C’est un mâle, après tout !"
« Mais non voyons. Ridding t’a simplement rappelé que tu avais agressé beaucoup de mâle sans raison. Là on parle de meurtre, ce n’est pas la même chose. Son devoir n’est pas de juger mais d’apporter la vérité. Ce sont d’autres personnes haut placées sur Atlantis qui décideront si tu dois être punie... »
"J’espère que tu as raison. Sinon, je vais avoir de gros problèmes".

On ne pouvait pas dire que Lyanna était totalement d’accord avec Darren. Elle craignait toujours que cette histoire d’interrogatoire se passe mal pour elle, même si le soldat faisait tout pour la rassurer. Cependant, elle ne pouvait rien faire pour empêcher la suite des événements. Elle pourrait se battre, effectivement, mais cela allait surtout lui apporter des ennuis. Et Darren ne voulait pas d’une telle chose, au contraire. Il lui avait expliqué qu’elle était parvenue à maîtriser ses pulsions sauvages. Elle pouvait donc parvenir à surmonter également cette épreuve, même si elle allait être séparée de lui, loin de son influence tranquillisante. Tout en parlant, Darren prit une nouvelle couche de liquide qu’il déposa sous son sein droit, là où un bleu prenait la forme d’un Y. Les quelques traces de coagulation accompagnant la blessure lui laissait penser qu’elle avait dû recevoir un éclat que son armure avait largement absorbé. Il n’y glissa que l’extrémité de ses doigts. Là encore, Lyanna ne repoussa pas sa main, elle se laissa faire, même si elle serrait discrètement les dents lorsque les doigts de Darren passaient sur sa blessure. Cette caresse n’avait rien à voir avec ce que le soldat lui avait fait la dernière fois, il n’y avait rien d’érotique ici. Juste de la tendresse, cette même tendresse qu’elle avait eu pour lui lorsqu’elle avait pris soin de ses propres blessures. Cela ne rendait pas l’instant moins plaisant pour autant. Son corps encore un peu endolori l’en remerciait d’ailleurs. Le baume soulageait bien les douleurs.

« Ils sauront ton innocence. Et ils sauront que Macon t’a utilisé dans l’espoir de semer la mort sur ce monde. On ne te rendra coupable de rien ! »

"On ne me reprochera pas d’avoir tué ces gens ? Tu es sûr de ça ?"
« Ils verront que tu as laissé le contremaître vivre quand il était si facile de le tuer. Tu as accédé à la requête de Ridding malgré la haine que tu as pour lui. Et tu n’as jamais tué gratuitement un “mâle” qui n’avait pas menacé ta vie ou celle d’un innocent. »
Le militaire avait décrit lentement ces situations pour qu’elle puisse intégrer la différence. Il savait bien qu’elle n’avait pas laissé le contremaître vivement que pour les beaux yeux de l’officier de police militaire. Mais c’était un point à souligner malgré tout.
« Tu en as eu l’envie, c’est vrai. Même quand tu as voulu me quitter ce soir là, avant l’attaque du bordel. Mais tu ne l’as pas fait Lyanna. Tu n’as pas agi dans ce sens. Et ça, tu vois, c’est très exactement ce que la police militaire souligne pour qualifier l’innocence de quelqu’un. La nature des actes ! »

La guerrière soupira discrètement, les arguments de Darren n’étaient pas dénués de sens. Elle dut reconnaître que laisser en vie le contremaître, lutter contre son envie de meurtre et de lui faire payer tout ce qu’il avait fait, pourrait sûrement jouer en sa faveur. Même si c’était difficile pour elle de comprendre une telle situation. Après avoir écouté sa réponse, Lyanna tourna la tête pour regarder Darren qui continuait de masser son corps meurtri.

"C’est toi qui est le plus blessé entre nous deux, et tu prends soin de moi ? Tu devrais te reposer !" lui lança-t-elle, alors qu’une partie d’elle même voulait qu’il continue son délicieux et revigorant massage.

Le militaire lui sourit, refusant de s’arrêter. Maintenant, il prenait soin de ses côtes meurtries, trichant un peu sur la taille de sa blessure pour venir explorer du bout de ses doigts une petite partie de son dos. Non pas pour faire naître un quelconque désir mais chercher à accroître le ressenti plaisant de ces massages.
« Alors...juste parce que ma belle Amazone est en meilleure forme que moi. Qu’elle m’a privé de sa chaleur si délicieuse et qu’elle me boude pour un sujet sensible...je devrai arrêter mes petits soins…? » énuméra-t-il comme s’il pensait tout haut.
Darren fit la grimace.
Il prit une nouvelle fois un peu de lotion qu’il déposa sur son sternum. Il opéra un délicat mouvement de bas en haut en veillant spécifiquement à ne pas toucher à sa poitrine, se l'interdisant par simple jeu.
« Hmmm...non. Je vais prendre le risque de déclencher sa colère en lui désobéissant ! »
Il lui fit les gros yeux.
« Ton mâle ose te tenir tête, tu as vu ça ?!? Quel insulte ! On va lui couper les mains à ce sale fourbe ! Il ne pourra plus te masser amoureusement la peau ! »

Lyanna eut enfin un sourire amusé aux paroles de Darren. Ce dernier aimait bien jouer avec elle, non par méchanceté, mais pour se rapprocher d’elle comme il le faisait depuis un moment. Comme ils le faisaient tous les deux, chacun aimant bien taquiner l’autre. La jeune femme secoua la tête en se mordillant la lèvre, avant de prendre un air faussement sérieux et inquiétant.

"Je vois ça. Il va falloir que je sévisse, mon mâle ose faire des choses que je lui interdis sans me demander mon accord. Il ne m’obéit pas, il faut donc que je m’occupe de son cas !"

Quelqu’un d’autre qui aurait écouté Lyanna aurait sans doute eu peur de vraies représailles. Mais la jeune femme se doutait que Darren allait être plutôt amusé que apeuré par ses paroles. Elle laissa le soldat terminer son massage qui prit encore plusieurs minutes, puis elle se déplaça en peu pour lui faire face, restant toujours en position assise.

"Voyons voir, qu’est ce que je pourrais donner comme punition à ce mâle ?!"

En faisant attention à Darren, Lyanna se pencha pour mettre à son tour du baume sur ses doigts, avant de se mettre à genoux sur le matelas. C’était maintenant à son tour de s’occuper de Darren, tout comme lui l’avait fait. Doucement, elle posa ses doigts sur ton torse aux multiples contusions, et essaya de faire comme lui l’avait fait. Certes, elle avait déjà appliqué des onguents sur sa planète, mais pas de massage. Elle tenta alors de ne pas appuyer trop fort, tout en faisant courir ses doigts sur sa peau. Un peu maladroitement, il fallait l’avouer.

Le militaire s’était laissé retombé en entier sur le dos, comme si le simple positionnement de la guerrière avait fait peser sur lui une force invisible, impossible à contrecarrer. Bien qu’il n’avait pas spécialement d’appétit charnel en cet instant, il ne pouvait se mentir à lui-même. Ce soir, il n’y avait rien de plus beau qu’une Lyanna toute nue, qui se penchait sur ses plaies, pour lui masser le torse avec un calmant liquide. Il aurait bien voulu lui résister, juste pour lui montrer qu’il avait de la volonté, mais le charme naturel de cette guerrière et son corps contribuaient à un envoûtement entêtant.

Ses bras pesaient aussi lourds que des enclumes et le reste de sa volonté céda dès que les fines phalanges de la belle glissèrent sur lui. Le jeune homme poussa un soupir serein tout en la laissant faire, trouvant ici et là des petites choses qui pourraient être améliorées pour rendre le moment sublime. Quand les ongles de la guerrière accrochèrent une plaie par mégarde, Clive se contracta en poussant une plainte et lui prit la main. En l’entendant gémir de douleur, Lyanna arrêta aussitôt ses gestes en lançant un “désolée” inquiet, tandis que ses mains furent emprisonnées dans celles du militaire.

« Attends...plutôt...comme ça... »

Le jeune homme guida ses doigts pour former de légères caresses.
« Je suis sûr qu’on t’a appris à équilibrer le geste avec tes épées. Savoir porter un coup avec toute ta puissance ou, au contraire, exercer un geste avec une grande finesse. Là...c’est pareil... »
Il lui sourit.
« Il faut à peine frôler la peau au début. Mettre progressivement de la pression. Si tu sens que c’est sensible, c’est un endroit à frôler. Si tu sens que le muscle répond bien jusqu’à poser la main en entier, c’est l’endroit à masser. Comme ça... »

Clive la laissa s’exercer. Lyanna tenta de mettre en pratique les conseils donner par son partenaire, et bien qu’elle se montrait encore hésitante et maladroite au début, ses gestes devinrent peu à peu plus sûrs et professionnels. Toutefois, la jeune femme ne pouvait pas s’empêcher de penser que cette activité était difficile, alors que Darren s’en était très bien sorti. Pour un mâle.

"C’est plus dur que d’apprendre à manier l’épée. Je suis plus habituée à casser des os plutôt que de calmer des muscles et des blessures".

Lyanna avait peur de faire plus de mal que de bien, mais grâce à l’aide de Darren, elle réussit à faire correctement son massage. Le soldat lui montrait souvent par son expression si elle le faisait mieux. Et sincèrement, ses efforts pour correspondre à ses attentes sur ce premier massage étaient touchants. La guerrière appris lentement à reconnaître les zones à masser doucement, et celles qui demandaient de la fermeté. Parfois, ses doigts ne faisaient qu’effleurer la peau lorsqu’elle sentit une contraction douloureuse de la part de Darren. A d’autres moments, elle sut qu’exercer une pression plus forte lui faisait du bien, alors elle s’exécutait avec le plat de sa main, comme lui l’avait fait sur son ventre. Au bout d’un petit moment, Darren la fixa dans les yeux pour reprendre sur ce petit ton insolent :
« J’aimerai me faire punir plus souvent, maitresse. »

Sans arrêter ses gestes, Lyanna regarda Darren, intriguée. Comme cela se voyait avec ses sourcils légèrement froncés. Elle ne comprit pas vraiment pourquoi le soldat demandait à le punir, et elle ignorait ce que le dernier mot voulait dire. Cette situation lui était totalement inconnue, et elle démontra à nouveau sa curiosité légendaire en toute innocence.

"Maîtresse ? Ca veut dire quoi ? Et pourquoi tu veux que je te punisse ? Tu n’as rien fait de mal !"
« Ah ! » lâcha-t-il simplement en se rappelant que Lyanna connaissait le sentiment, la sexualité et tout ce qui en découlait depuis quinze jours seulement.
« Heu...comment t’expliquer... »
Le soldat rechercha des termes simples pour éviter de la perdre.
« Les couples aiment jouer des rôles parfois. L’homme qui se soumet à une femme au caractère très fort, elle devient sa “maîtresse”. Sa dominante.»
Darren s’empêcha de rire, il galérait à pouvoir trouver le juste milieu. Le sujet était large.
« Et ça arrive souvent que la dominante “punisse” son compagnon. Généralement, puisque c’est un jeu, c’est d’une façon assez érotique. Comment je peux te donner un exemple... »

Lyanna écouta les explications de Darren, essayant de comprendre et de visualiser la situation. Pendant que le soldat cherchait un exemple pour simplifier les choses, la jeune femme réfléchit à ce qu’il venait de lui dire, mais elle ne voyait pas vraiment le principe. Pour elle, la notion de “jeu” dans un couple était difficile à comprendre, bien qu’elle se voyait très bien en dominante qui punissait son mâle.

"Punir le mâle parce que je suis la dominante ?! J’aime bien l’idée. Je pourrais faire ça sur toi ? Te punir en te cassant un doigt, ou te frapper ? Mais, tu risques d’avoir mal, non ?" demanda-t-elle, candide, sans savoir que son exemple n’était pas vraiment, mais alors pas du tout, le genre de jeu érotique qu’un couple faisait pour avoir du plaisir.
« Heu, non...pas comme ça ! » rectifia-t-il précipitamment.
Le soldat se creusa la tête.

« Imaginons que nous jouons, je suis ton maître. Tu as fais une bêtise et, pour te punir, je m’aventure entre tes jambes en cherchant à te faire crier fort. Pas désagréable comme punition, non ? »
Il présenta la jeune femme nue qui le surplombait.
« Là, j’ai une Amazone au corps magnifique qui me surplombe. Et qui me punit en massant mes blessures. Donc je t’appelle maitresse pour rigoler. Et je dis que j’aimerai “être puni plus souvent”, parce que ce que tu me fais me plait beaucoup. »

Si le fait d’apprendre que Darren aimerait bien qu’elle continue à masser son corps parce que ça serait sa punition, l’exemple qui lui donna refroidit brutalement la guerrière. Lyanna stoppa immédiatement ses gestes, et dévisagea le soldat d’un regard sombre et noir de colère. Darren venait de donner sans le savoir un très mauvais exemple. Déjà, dire que lui serait son maître à elle, n’était pas la meilleure chose à faire. Mais l’explication de la situation concernant la punition était très mal interprétée par la jeune femme.

"Quoi ??? Tu veux devenir mon maitre et me violer pour me punir ? Et tu crois que je vais trouver ça agréable ?"

Et oui, Lyanna n’avait pas du tout compris la notion d’exemple, et Darren s’était un peu perdu dans cette explication là, sans imaginer un seul instant que la guerrière allait mal prendre ses paroles qui lui rappelleraient de douloureux souvenirs. Il fallait dire que, dit comme ça, cela n’avait rien d’un jeu, et la jeune femme prit très mal ses paroles. Darren avait intérêt à vite trouver une solution pour s’expliquer car, en cet instant, il avait une Lyanna en colère au dessus de lui.

Et si une Lyanna nue le badigeonnant de lotion tranquillisante était un merveilleux moment, voir la lueur sauvage teindre son regard le rendait terriblement menaçant à cet instant. C’était un peu comme dans les films à l’eau de rose qui tournent mal, quand le gros naïf est en extase en voyant la femme s’occuper de lui après tant de fantasmes inavoués. Et au dernier moment, quand il ne se doute de rien, elle sort le fameux couteau de cuisine grand format avant de lui planter dans le bide !
Le must, ça restait quand même ce film où la prédatrice se tapait la victime tout en enserrant ses belles jambes autour de lui. Elle avait une astuce pour arriver à genoux jusqu’à sa poitrine et là, elle opérait une clé de soumission avec ses cuisses. Comprimé sans la moindre possibilité de fuite, le type agonisait très lentement en voyant la beauté s’être transformée en tueuse au sang froid.

Ben dans ce cas-là, Lyanna lui donnait la même impression.
L’expression de son regard s’était voilé d’exactement le même éclat qui l’habitait quand elle butait un homme. Et si son naturel de soldat lui évitait la crainte, il n’en resta pas moins que ses sens se mirent en alerte.
Non mais elle n'était pas sérieuse là ? Après tout ce qu’ils avaient vécu pour se sauver mutuellement la vie ?

« Je ne suis pas ce genre d’homme. » répondit-il en restant calme. « Je ne te ferai jamais de mal, tu t’égares là ! »
Darren se redressa sur ses coudes malgré les douleurs brûlantes que ça déclenchait.
« J’ai peut-être mal choisi mes mots, ok. Mais c’est sacrément vexant de croire que je serais capable de te faire un truc pareil ! Après tout ce qu’on a traversé ensemble. »

Lyanna laissa Darren se redresser légèrement, mais elle resta sur ses gardes, le fixant du regard comme si elle craignait quelque chose. Aux paroles du militaire, la jeune femme finit par détourner les yeux, réfléchissant. Il était vrai que jamais, le soldat n’avait eu de mauvaises intentions à son égard. Mais elle ne comprenait pas pour quelle raison il avait dit ça. Oui, Darren avait bien mal choisi ses mots, et cet énorme quiproquo aurait pu être dévastateur. Lyanna finit par secouer la tête, avant de reporter son attention sur lui. Sa colère s’apaisait peu à peu, remplacée par de l’incompréhension.

"Alors, pourquoi tu m’as dit ça ?"
« Parce que je m’appelle pas Teyla ! » répliqua-t-il, nerveux et vexé. « Je suis un guerrier, pas une maman ! Je fais ce que je peux pour t’expliquer ce qui est naturel pour moi, et pas du tout pour toi. Mais faut que tu comprennes que c’est pas facile. »
Il haussa les épaules, ajoutant d’une voix calme, même si son aigreur restait en arrière fond :
« Là je te parle d’un jeu érotique entre deux partenaires qui se font confiance. Il n’y a pas d’histoire de viol, pas de souffrances. C’est un jeu qui procure du plaisir. Ce soir là, c’est l’homme qui domine la femme. Le soir prochain, c’est lui qui se fait transformer en esclave sexuel. Ou inversement. Je te donne simplement un exemple qui se passe sur Atlantis, là où il n’y a pas de projet d’agression. »

Lyanna observa Darren pendant que ce dernier tentait de lui donner une explication concernant ses précédentes paroles. En le regardant, elle vit bien que celui ci était sincère, et qu’il avait simplement donner le mauvais exemple très mal interprété. Il ne lui voulait pas de mal, et cela finit par calmer sa peur. Cependant, le soldat semblait vexé, cela s’entendait dans sa voix. Lyanna ne sut pas vraiment comment réagir. D’habitude, elle frappait. Elle n’était pas du genre à fuir. Pourtant, elle opta pour cette solution afin de calmer la situation. Elle se tourna pour ne plus regarder Darren, et baissa les yeux en frottant ses mains couvertes de baume l’une contre l’autre.

"Je n’aime pas tes histoires de jeu. Ca n’a pas l’air bien du tout" se contenta-t-elle simplement de dire.

Le soldat ne répondit pas, demeurant silencieux.
Bon, la situation était bien merdique. Ils se badigeonnaient le corps d’un baume tranquilisant la dernière demi-heure. Et maintenant ils se tournaient quasiment le dos. Darren soupira en se disant qu’il allait probablement devoir prendre des cours de diplomatie. Ou mieux que ça, trouver Teyla dès que ça serait possible pour savoir comment apprendre la vie à Lyanna sans risquer de se retrouver avec une lame en travers du gosier.
Il n’en revenait pas qu’elle puisse croire une connerie pareille ! Il se souvenait bien qu’elle avait vécu de sales moments sur sa planète et que, jusqu’à présent, tous les mâles étaient des porcs en rut selon elle. D’ailleurs, la majeure partie des ennemis Geniis comme Atlantes qu’elle avait combattu en avaient également voulu à son petit derrière. C’en était d’autant plus vexant qu’elle le foutait tout de même dans ce même panier d’ordures.


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Darren Clive

Image perso : Le soldat et l'Amazone - Page 5 Bannie10
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√ Messages : 221

le Sam 2 Mai - 14:15

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Darren avait envie de s’énerver.
Il avait envie de se mettre en colère pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à réagir comme ça parce que l’explication ne lui convenait pas. Mais c’était tout aussi puéril que stupide. Lyanna apprenait. Et comme tout élève, il y avait des choses qui passaient de travers. Il fallait ajouter à ça que Darren ne brillait pas pour son élocution de pédagogue et il se retrouvait avec le beau souvenir de cette soirée en un tas de merde nauséabond.

«Hey, guerrière... » fît en l’appelant d’une voix qu’il espérait plus calme et tempérée. « Regarde moi... »
Clive marchait sur des oeufs. Il n’avait pas dit ça sur le ton d’un ordre, plutôt du fait qu’il ne laisserait pas Lyanna fuir comme ça. Elle ne l’avait jamais fait, elle n’allait pas commencer juste pour éviter une bonne embrouille non ? Lyanna ne réagit pas tout de suite à la demande de Darren, bien qu’elle sentait plus de calme dans sa voix. Mais elle finit par abdiquer et tourna lentement la tête pour le regarder.
« On pourrait remettre toute cette histoire à un autre jour, quand on sera en meilleure forme et plus reposé pour en débattre, non ? »

Lyanna ne prononça pas un seul mot pendant de longues secondes. Puis, elle finit par acquiescer d’un simple hochement de tête, en détournant rapidement les yeux, comme si elle était honteuse d’avoir fait quelque chose de mal pour gâcher la soirée.

"Excuse moi d’avoir mal pris tes paroles. J’ai été idiote de penser que tu voulais me faire du mal".

Le soldat tiqua un peu.
Il se redressa complètement cette fois, étouffant une plainte douloureuse que lui imposa la contraction de ses muscles pour prendre la même position que Lyanna. Une fois assis sur le lit, lui faisant pratiquement face, le militaire approcha sa main pour la poser doucement sur son épaule. Déjà, il allait bien voir si sa réaction naturelle serait un rejet ou non.
« Arrête, ne t’excuse pas. » lui dit-il avec assurance. « Tu m’as déjà dit pourquoi tu réagissais comme ça. Je ne peux pas t’en vouloir. »
C’était l’héritage d’une enfance et d’une vie entière vouée à détester l’homme. Il suffisait de quelques mots compris de travers pour lui faire remonter ses anciens démons. Maintenant que Darren avait réussi à franchir toutes ses défenses pour la séduire, elle devait très certainement avoir peur d’être manipulée. Comme si l’un de ses fameux “mâles”, stéréotype de sa planète, avait finalement été malin pour la posséder sans risquer de se faire ouvrir en deux par son épée.
Une peur qu’elle n’était certainement pas prête d’avouer. Darren, lui, était persuadé qu’elle la ressentait parfois. Lyanna, partagée entre l’habitude confortable de détester l’homme sans exception. Ou découvrir ce qu’est la vie amoureuse et sentimentale en prenant le risque d’être déçue.
« Je veux seulement que tu acceptes le fait que je n’ai pas de réponses déjà toutes faites dans ma tête, parfaitement adaptées à ta culture et ta compréhension. »

Lyanna garda les yeux baissés, et resta immobile en sentant Darren bouger à côté. Pendant quelques secondes, elle crut même qu’il allait partir, histoire d’aller prendre un peu l’air quand la situation était tendue entre eux. Mais non, le soldat s’assit simplement dans le lit, comme elle, lui faisant presque face. Avec douceur, ce dernier posa sa main sur son épaule, et la guerrière ne le repoussa pas. Au contraire, elle soupira discrètement, accueillant ce simple contact avec plaisir, comme si elle en avait besoin. Darren lui demandait simplement de ne plus mal prendre ses explications quand il tentait de répondre maladroitement à ses questions, n’ayant pas la science infuse pour tout ce qui concernait ce qu’elle ignorait. C’était compréhensible, le soldat n’était peut être pas le meilleur professeur. Mais il était là, c’était tout ce qui comptait. Hésitante, Lyanna finit par poser sa tête sur l’épaule du militaire, ignorant comment ce dernier allait réagir après ce qui venait de se passer.

"D’accord" dit elle simplement, sans rien ajouter d’autre.

Maintenant qu’elle se trouvait dans la bonne position, le militaire ramena son deuxième bras pour verrouiller son étreinte et la serrer contre lui. Un petit câlin de circonstance.
« Maintenant...que dirais-tu si on s’embrassait et qu’on finissait notre nuit tranquillement ? On parlera du sujet qui fâche demain, après le déjeuner et une barre de chocolat pour ma tendre Amazone. Ce serait pas un bon plan ça ? »

Lyanna se sentit mieux lorsque Darren la prit dans ses bras, elle était apaisée. Elle resta un moment sans bouger, se contentant simplement de profiter de la présence du militaire, de sentir la chaleur de son corps contre le sien. Darren voulait arrêter cette dispute pour passer à autre chose, remettant les sujets fâcheux au lendemain. Si elle pouvait choisir, la jeune femme préférerait abandonner ces sujets fâcheux, et simplement rester là avec lui, sans jamais quitter cette chambre. A ses paroles, Lyanna ne se fit pas prier, et elle quitta son épaule pour venir embrasser Darren avec tendresse. Beaucoup de tendresse d’ailleurs, comme si elle voulait encore se faire pardonner de l’avoir accusé à tort d’une chose qu’il ne lui ferait jamais. Darren l'interpréta de cette façon. Elle tenta même de chercher sa langue avec la sienne, comme il lui avait montré. Mais y parvenant avec beaucoup de difficulté, elle abandonna l’idée. La proposition de Darren n’était bien sûr pas tomber dans l’oreille d’une sourde, et lorsque ses lèvres se détachèrent des siennes, la guerrière plongea son regard dans celui du militaire.

"Je dois vraiment attendre demain pour avoir la barre de chocolat ? Je ne peux pas l’avoir maintenant ?" demanda-t-elle comme une enfant qui demandait un jouet.
« Oui. Comme ça, quand tu seras énervée à l’idée de te faire arrêter par Ridding, tu auras au moins gagné une barre de chocolat pour te calmer ! Avec l’idée qu’une centaine d’autres t’attendent sur la cité. »

Lyanna soupira devant le refus du soldat, mais elle se retint de lui dire qu’elle était déjà énervée par le fait d’être arrêtée par Ridding, et donc qu’elle aurait pu avoir cette barre chocolatée maintenant. Darren se rallongea difficilement sur le lit. Il écarta les couvertures, les réorganisa, puis ouvrit naturellement son bras pour accueillir l’Amazone contre lui. La guerrière ne se fit pas prier, elle vint aussitôt s’allonger à sa suite, se blottissant contre son corps, la tête posée sur son épaule dans cette position qu’ils affectionnaient tous les deux.
« Par contre, tu dois savoir que le chocolat a un prix très détestable qui compense son goût merveilleux. »
Il attendit que la belle le questionne de son regard, ce qu’elle fit, ignorant où il voulait en venir avec cette histoire de prix. Il répondit alors en ajoutant la parole au geste, caressant doucement une partie de son ventre.
« Ca fait grossir. Une barre, pour ton corps, c’est comme faire un festin. Ne te fait pas piéger ! »

Lyanna ne voyait pas du tout comment quelque chose d’aussi bon que ça pouvait lui faire prendre du poids. Elle avait beaucoup de mal à s’imaginer grossir en mangeant ces trucs là, elle qui n’avait jamais connu de situation alimentaire pour prendre du poids. La différence entre leurs mondes passaient également par l’alimentation. Il n’y avait pas de malbouffe sur Kirana.

"J’ai du mal à te croire. C’est tout petit. Comment ce truc là peut me faire grossir si j’en mange trop ? C’est impensable".
« Le goût délicieux de ce petit truc vient d’un ingrédient qui donne beaucoup d’énergie au corps sans prendre de place dans l’estomac. Donc, si tu n’utilise pas cette énergie, il s’installe dans ton ventre. Si tu en manges trop, tu vas prendre du volume. »
Il capta son regard et ria.
« Pitié, ne le prends pas mal ! Mais...je suis bien obligé de te prévenir. Ce serait méchant de ma part de ne rien dire. »

"Oh ..."

Lyanna réfléchissait aux paroles de Darren, elle comprit où il voulait en venir. Pour son plus grand désarroi, la jeune femme sut qu’elle n’allait pas pouvoir manger des barres chocolatées comme elle le souhaitait. Même si elle faisait du sport régulièrement pour éliminer et garder la ligne, ce n’était pas une raison pour se gaver. Autant dire qu’imaginer une telle chose était difficile pour elle, comme une enfant à qui on refusait d’acheter un jouet dans un magasin.

"Je comprends ..."

Certes, Lyanna comprenait, mais c’était injuste qu’une chose aussi bonne soit si mauvaise pour la santé. Et qu’elle doive se rationner après avoir découvert ce délicieux aliment.

"Mais c’est tellement bon. C’est dur de freiner" dit elle sur un ton innocent qui pourrait amuser Darren sans le vouloir.

Le soldat se mettait effectivement à sourire.

« C’est une épreuve que nous connaissons tous. » glissa-t-il en reprenant une position idéale pour dormir. « On ne cuisine plus juste pour manger mais déguster des plats aussi bon que le chocolat. »
Le sommeil était en train de lui tomber salement dessus. Comme une lourdeur soudaine qui l’enfonçait pile entre les songes et la conscience, un endroit très plaisant à atteindre quand le corps remerciait l’esprit de lui permettre enfin un peu de repos.
Darren ajouta dans un souffle mourant de sommeil :
« Je t’emmenerai diner. »

La tête posée sur l’épaule valide de Darren, Lyanna écouta les paroles de ce dernier, intriguée au sujet de cette cuisine qui n’était pas faite pour manger, mais pour déguster. Elle ne comprenait pas cette notion bien sûr, comment est ce que c’était possible de ne pas manger pour sa faim, mais pour autre chose ? La dernière remarque du soldat lui fit une fois de plus froncer les sourcils. L’emmener dîner ? Mais, ils avaient déjà dîner ensemble, non ? Lyanna ignorait que Darren voulait simplement parler d’une soirée romantique au restaurant, le fameux dîner aux chandelles qu’elle ne connaissait pas, et que les couples amoureux aimaient faire entre eux. Perplexe, la jeune femme redressa la tête pour regarder le militaire, voulant lui demander où il voulait en venir.

"Diner ? Mais pourquoi ..."

Lyanna s’interrompit en voyant que Darren s’était tout simplement endormi, épuisé à cause de toutes les blessures en voie de guérison qu’il avait subi. Son corps avait besoin de repos, bien plus que pour elle, et il s’était finalement enfoncé dans un sommeil réparateur. La guerrière resta un long moment à le contempler en silence. Regarder un mâle de cette manière était nouveau pour elle, elle ne l’avait jamais fait avant de rencontrer Darren. Et voir ce dernier si serein et calme la confortait dans l’idée que le soldat était bien différent de tous les autres mâles qu’elle avait rencontré. De temps en temps, il lui arrivait de caresser doucement sa joue, en faisant attention à ne pas le réveiller, ou à passer ses doigts sur ses blessures. Et finalement, Lyanna finit à son tour par s’endormir, lovée contre le corps de son amant, bien au chaud sous les couvertures.

*********

Se réveiller le lendemain matin avait été très dur.
En réalité, c’était l’absence de contact qui l’avait tiré de son sommeil, comme si son esprit avait relevé l’anomalie. Le soldat n’était pas habitué au corps de sa belle au point de savoir quand elle était contre lui ou non, par simple mécanisme du subconscient. Mais il bougeait différemment lorsqu’elle s’étreignait contre son torse. Tant pour ne pas la réveiller comme pour éviter de se priver de douces sensations. Comme sa main restée posée sur le dessus de son torse, sa poitrine mouvante collée contre son flanc, ces cheveux doux qui finissaient par se disperser sur lui.

Les premiers temps d’éveil, en clignant des yeux, une migraine fulgurante s’empara de lui. Généralement, quand ça commençait comme ça, c’était parti pour toute la journée. En réalité, il vivait simplement mal le fait qu’Abelle était passée par là pour ouvrir les fenêtres en grand. Les rideaux qu’elle avait tiré pour tamiser la lumière naturelle du soleil n’était pas suffisants. Par moment, des éclats lumineux passaient par le tissu mouvant et l’atteignait en pleine figure. C’est ça qui lui faisait grincer des dents.

Le jeune homme se passa une main sur le visage puis observa longuement son environnement. Lyanna n’était pas là, ses armes non plus. C’était le détail qui prouvait qu’elle était descendue vaquer à ses occupations. Soit prendre un bain toute seule ou voir Heimda. En tout cas, il espérait secrètement qu’elle n’était pas allée voir le lieutenant Ridding pour régler les comptes. Lyanna s’était réveillée assez tôt, n’ayant plus du tout envie de dormir. Elle avait préféré laissé Darren continuer de se reposer pour reprendre des forces. En silence, sans un bruit, elle avait quitté le lit et s’était habillée de sa tenue habituelle, rafistolée et propre, avant de prendre ses armes. Puis, elle s’était éclipsée de la chambre, laissant le soldat seul dans le lit qu’ils avaient partagés tous les deux pendant plusieurs jours.

Darren resta un petit moment sous les draps avant de trouver enfin la motivation nécessaire. Le mouvement lui arracha une plainte de surprise et il posa sa main sur son torse, là où l’une des balles lui aurait fait éclaté le coeur s’il n’avait pas eu son gilet pare balle. Parfois, il se demandait encore comment Lyanna s’était débrouillée pour s’en sortir aussi bien. Il ne comptait pas s’octroyer toute la gloire en ayant joué les boucliers humains.

Darren fit sa toilette. En approchant de la commode, il retrouva ses vétements parfaitement nettoyé. Un couturier compétent avait rapiécé les diverses parties de son uniforme abimé. C’était sans nul doute un geste d’attention de la part d’Heimda et Abelle. La présence de la Reine dans ce village avait attiré les spécialistes depuis quelques jours. Pouvoir porter toutes les pièces de son uniforme en entier lui offrait une véritable satisfaction. Ce matin, il se sentait prêt à retourner sur Atlantis et se frotter à la police militaire !

Il referma sa veste, y retrouvant à l’intérieur les diverses photos dont celle de Lyanna. Un cliché simple et administratif mais qui portait la noirceur dans son regard. Pendant une minute, Darren la détailla avec attention en laissant glisser son pouce dessus. Cette femme était vraiment surprenante dans son caractère comme dans ses réactions. Ce n’était peut-être pas facile à vivre tous les jours mais, comme pour la dispute de la veille, il ne s’ennuyait vraiment pas avec elle.
Alors qu’un sourire béat restait empreint sur son visage, il plaça la photographie dans l’autre poche intérieure de sa veste, se disant qu’il allait la garder pour sa pomme. Puis il enfila son gilet tactique, sentant les vides importants laissés par les plaques anti-balistiques détruites. C’était aux endroits où il avait reçu les balles.
« Sacré matériel n’empêche... » reconnu-t-il en prenant ses armes.

Darren désarma le M4, y retirant le reste de munition, et fît de même avec son neuf millimètres. Une fois fait, il descendit tranquillement jusqu’à la salle commune. Il y trouva Abelle qui apportait un plateau chargé de fruits. Darren devinait qu’elle s’était levée très tôt. Malgré les blessures et la fatigue résiduelle, la jeune femme était rayonnante de vie. Elle dissimulait à la perfection le drame qu’elle avait vécu.
Son plateau prévu pour le déjeuner filait dans le bureau personnel d’Heimda. La porte était restée ouverte et Darren y aperçut Lyanna en discussion active avec la Reine. Ridding se trouvait là également. Mais l’homme évitait copieusement l’Amazone. Il se faisait servir à l’autre bout de la salle commune avec deux unités Rippeur.
Le soldat le salua de loin, lequel lui fît un signe poli de se placer au repos. Puis il poursuivit sa route vers le bureau de la diplomate.
Darren se posta à l’embrasure de la porte. Il observa un instant le trio que composait Heimda, Abelle et Lyanna. En les voyant rire à une blague lancée par l’une d’elle, cette bonne humeur le contamina et il toqua contre le chambranle, tout sourire. C’était sur des petits moment comme ça qu’il appréciait la réussite de leur mission.
« Bonjour les filles. La présence d’un homme est-elle tolérée dans ce cercle très fermé ? »
« Je n’en suis pas certaine ! » répondit immédiatement Heimda avec humour. « Ce sont des sujets de femmes compréhensible que par des femmes. »
Clive fît la grimace en s’installant sur un siège. Il échangea un oeillade avec Lyanna qui se trouvait non loin.
« J’arrive à me faire accepter d’une femme qui déteste les hommes. Je ne suis pas si loin du compte ! »
« Il semblerait que vous abusiez de votre air victorieux, Darren. Heimda et moi avons fait le compte. Et il apparaît... »
« Que Dame Lyanna vous a sauvé au moins trois fois ! »

En entendant les paroles des deux jeunes femmes, Lyanna regarda Darren pour voir sa réaction, tout en buvant une gorgée de tisane préparée par Abelle. La guerrière se demandait comment réagirait ce mâle en découvrant qu’une femme l’avait sauvé de nombreuses fois. Rares étaient ceux qui appréciaient ça, et Lyanna n’avait jamais discuté de ce sujet avec Darren.

« C’est normal ! » répondit Darren, chargé de malice. Il manqua délibérément de sérieux en ajoutant : « Ca fait partie de ma stratégie pour conquérir son coeur. Lui faire croire qu’elle est beaucoup plus forte que moi... »
Il se pencha vers Abelle qui secouait négativement la tête, amusée.
« Mais chut, faut pas lui dire ! »

Bien sûr, Darren n’avait rien fait pour être discret, ayant fait exprès pour que Lyanna entende sa taquinerie. Cependant, celle-ci ne prit pas ça pour de la plaisanterie, étant encore un peu novice avec ce concept. La guerrière pensait vraiment que le militaire était sérieux dans ses propos.

"Je t’ai entendu, tu sais ?"

Lyanna but une nouvelle gorgée de tisane, mais elle ne semblait nullement offensée.

"Et bien sûr que oui, je suis plus forte que toi. Je suis une chef de guerre, après tout. J’ai commandé des armées et j’ai bataillé toute ma vie. Cela ne fait aucun doute que je suis meilleure au combat, et que j’ai été amenée à te sauver plusieurs fois la vie".

De mauvaise foi ? Non, bien sûr que non voyons. Lyanna ne voulait simplement pas se diminuer face à un mâle, même s’il s’agissait de Darren. Et elle semblait rapidement oublier qu’à de nombreuses reprises, le soldat l’avait protégé pour lui éviter d’être blessée. Ou encore que leur symbiose naissante pendant les combats n’avait pas déterminé qui était le plus fort ou le plus faible. Mais vu le caractère de Lyanna, elle ne voulait pas reconnaître qu’un mâle puisse être meilleur qu’elle, c’était un signe de faiblesse pour elle, au même titre que pleurer devant quelqu’un.

« Vous voyez ? » dit-il en prenant les jeunes femmes à son parti. « Elle tombe allègrement dans mon piège. »
« Drôle de piège. » commenta Heimda en souriant.

Abelle s’était levée.
Elle ne cessait jamais de remplir son rôle de servante. A peine Darren s’était-il installé pour charier Lyanna qu’il recevait déjà une tasse de tisane issu d’un service en porcelaine très esthétique.
« Merci Abelle. »
Darren soupira légèrement en fixant l’intérieur de sa tasse. Il s’imaginait que Lyanna n’avait pas fait part de la mauvaise nouvelle et il ne pouvait pas continuer à jouer la montre.
« Vous savez...Lyanna et moi...allons bientôt vous quitter. »

L’annonce jeta un froid dans l’assemblée, même si les deux jeunes femmes s’y attendaient. Heimda reposa doucement sa tasse sur le bureau tandis qu’Abelle, devant le service à thé, s’était raidie en refusant de se retourner vers eux.
« Nous en avons discuté. » ajouta Darren en cherchant l’approbation de l’Amazone. Il ne voulait pas parler pour deux sans qu’elle ne soit d’accord. Bien entendu, elle serait clairement du genre à le dire ouvertement au milieu de la troupe. De le renvoyer balader. Mais par respect, Darren recherchait son soutien. Lyanna se contenta simplement de regarder Darren, avant de se lever d’un geste rapide, en posant sa tasse sur la petite table. Puis, elle s’approcha de la fenêtre qui donnait une vue sur la cour extérieure, et elle resta là, immobile, les bras croisées sur sa poitrine, le dos tourné. Son attitude démontrait clairement son désaccord avec ce départ, et surtout avec ce qui allait se passer. Car dès qu’ils accepteraient de partir, Ridding allait leur tomber dessus. Déjà qu’il était dans la pièce d’à côté comme un prédateur qui attendait que sa proie l’approche.

« Héstevic n’a plus besoin de nous alors... »
« C’est moi qui décide si le Pays a encore besoin de vous ou non. » trancha Heimda d’un ton sévère.

Le militaire ouvrit la bouche pour répliquer mais il n’en fût rien.
Il comprenait, à l’attitude d’Heimda, qu’elle n’était pas prête à se séparer d’eux. Non pas que son Pays avait réellement besoin de leurs services. Mais plutôt elle, jeune reine, qui ne parvenait pas à se défaire tout de suite de deux amis. Deux sauveurs.
« Darren, vous n’êtes pas obligé de retourner sur Atlantis. Vous n’y recevrez jamais l’accueil que vous méritez pour vos sacrifices. »
« Navré Heimda. Je ne veux pas laisser tomber les miens... »
La diplomate soupira, le visage grevé d’une tristesse qu’elle peinait à dissimuler.
« Nous reviendrons, c’est promis. »
« Ma proposition tient toujours. Prenez le temps d’y réfléchir. »
« Vous pourriez...rester quelques jours de plus. » ajouta timidement Abelle.
« Mon devoir me rappelle. Mais dès que ce sera fait, je reviendrai vous voir. C’est promis. »

La diplomate se racla la gorge, intégrant cette difficile nouvelle. Son regard se leva alors vers Lyanna.
« Et vous ? Votre place peut-être ici, à mes côtés. Bien des gens du peuple ont encore besoin de protection. »

Sans se retourner, Lyanna ferma les yeux en soupirant discrètement. Elle avait déjà eu cette conversation avec Heimda, une proposition bien tentante. Bien mieux que d’être arrêtée et questionner sur ses actes qu’elle avait commis sur cette planète. Elle pouvait rester, mais comme elle l’avait dit quelques jours plus tôt : ce monde n’était pas le sien. D’accord, Atlantis n’était pas non plus le sien. Mais les Atlantes l’avaient sauvé et accueilli chez eux. Et même si elle ne s’y sentait pas encore totalement chez elle, Lyanna était quelqu’un qui avait de l’honneur. Sa place était là bas, et non sur cette planète. Mais sur cette cité … aux côtés de Darren qu’elle ne voulait pas quitté. Après plusieurs secondes à se murer dans le silence, la guerrière consentit enfin à se retourner pour regarder Heimda. Elle avait l’impression de dire au revoir à l’une de ses Soeurs.

"Je ne suis pas d’ici, Heimda. Ma place est sur Atlantis. Et il n’y a plus de danger, tu n’as plus besoin de ma protection" lui dit elle d’une voix tiraillée par la tristesse de devoir partir.

Heimda acquiesça silencieusement. Elle hochait la tête tandis qu’un larme s’échappait de son regard humide et roulait le long de sa joue. Elle conservait malgré tout sa prestance.
« Bien... »
La jeune femme ouvrit le tiroir de son bureau. Elle en récupéra une missive orné d’un sceau en cire. C’était comme les dernières lettres qu’elle avait reçu. Celle-ci avait néanmoins un papier de meilleur qualité, une écriture beaucoup plus belle. Et une odeur plaisante s’en échappait.
D’un air grave, Heimda contourna son bureau pour s’approcher de Lyanna. Elle lui tendit la lettre en restant maîtresse de ses émotions. La même douleur s’échangeait silencieusement entre elle-deux.
« C’est une lettre de marque. Il y est décrit qu’Héstevic honore sa protectrice et ne lui reproche ni crimes, ni culpabilité d’aucune sorte. Que le Pays reconnaît son sacrifice et sa grande bravoure. »
Elle le lui déposa dans les mains.
« Atlantis devra en prendre connaissance, je compte sur toi. »

Lyanna prit la lettre roulée, et la regarda quelques secondes, se disant qu’elle ne pouvait pas la lire. Mais d’après l’adolescente, ce papier était destiné au CODIR. Refusant de pleurer, la guerrière garda la tête froide, même si on pouvait facilement voir de la tristesse dans son regard. Elle acquiesça d’un simple hochement de tête, avant d’attirer Heimda contre elle pour la prendre doucement dans ses bras. Étant plus grande, elle posa son menton sur la tête de la jeune femme, avant de fermer les yeux pour profiter de ces adieux.

L’adolescente éclata en sanglot. Darren était touché par cette scène et ne voulait pas faire tâche. Il culpabilisait déjà un peu d’avoir brisé l’ambiance, il ne voulait pas insister. Le soldat sortit doucement du bureau pour laisser Heimda et Abelle faire leurs adieux. Lui alla saluer le tavernier pour ses services et échangea quelques mots avec lui.
Le lieutenant Ridding avait quitté la table. Accompagné de ses deux cerbères, il attendait patiemment en lorgnant Darren.
« C’est le moment mon lieutenant. Comment doit-on s’y prendre ? »
« Comme tu le sens, soldat. Tant que cette jeune femme nous suive sans esclandres. »

Clive acquiesça.
Il se sépara de son M4 qu’il tendit à l’une des unités Rippeur. Il rendit également son pistolet et sa baïonnette. De son plein gré, il décrocha un serflex qu’il installa dans l’une des poches de son gilet tactique. Enfin, en repérant que le tavernier s’était tourné de trois quarts, Darren fit le même mouvement pour voir sa belle dans la salle commune.
« Est-ce que t’es prête ? » demanda-t-il doucement le soldat.
Il s’approcha de quelques pas, jusqu’à l’atteindre, se rendant compte que les deux jeunes femmes avaient fermé la porte du bureau pour se laisser aller aux larmes.
Darren se positionna devant la belle brune.
« Tu as fais le bon choix Lyanna. »

Après les adieux déchirants, Lyanna n’était pas vraiment d’humeur. Une fois à l’extérieur du bureau, elle regarda Darren qui s’approchait d’elle. Tandis que les autres mâles étaient derrière lui, entrain de les attendre. Si elle avait fait le bon choix ? La jeune femme en doutait maintenant qu’elle était là. Son regard se durcit, elle fit même un pas en arrière. Darren était là, mais elle ne se sentait pas capable de suivre les Atlantes de son plein gré sachant ce qui l’attendait. Elle se contenta de fixer Ridding d’un oeil mauvais.

En réponse, Darren lui tendit simplement la main.
« Tu viens ? »

Hésitante, Lyanna tourna la tête pour regarder Darren, ce dernier lui tendant la main pour qu’elle le suive. Elle n’en avait pas envie, en tout cas, elle ne voulait pas suivre les autres mâles. Mais avait elle un autre choix ? Certes, celui de se battre, la chose que le soldat voulait éviter à tout prix. Il ne restait plus que cette maudite reddition contre sa volonté. Après avoir poussé un soupir, Lyanna prit la main de Darren dans la sienne.

Il souriait. Il se voulait convainquant.
Darren l’attira ensuite jusqu’à lui puis l’emmena en balade, tout simplement. Il passa devant Ridding et les unités Rippeurs comme s’ils n’existaient pas et emmena Lyanna à l’extérieur. En gardant la main dans la sienne, comme un couple en pleine balade, ils quittèrent ensemble le bourg d’un pas tranquille. La guerrière le suivit sagement, mais elle ne put s’empêcher de jeter de temps en temps quelques regards mauvais en arrière, en direction de leurs futurs geôliers. Sur le chemin, des gens se penchaient aux fenêtres. Des marchands, des civils, des artisans saluaient les deux Atlantes. Des petites filles pointaient même Lyanna de leurs doigts, l’une d’elle ayant une natte de paille sur la tête pour copier celle de l’Amazone.
On jouait à la Sauveuse dans le coin.
« Regarde. » lui souffla Darren. « Tous ces gens, tu les as sauvé. »
"Super … des gens qui m’acclament comme une héroïne … alors que dans quelques minutes, je serais traitée comme une criminelle" lança-t-elle sur un ton froid.
« Tout va bien se passer. Tu n’es pas une criminelle. »
"Dis lui ça, à lui" dit elle en faisant un mouvement de tête pour désigner Ridding. "Je suis sûre qu’il a une autre opinion que la tienne !"

En partant, ils croisaient une multitude de visages inconnus. Le soldat voulait qu’elle comprenne en quoi ils avaient changé les choses dans le bon sens. Et pourquoi elle ne devait pas avoir peur d’être emmenée.
« Ils auraient tous été envoyés dans les mines. Ils s’y seraient épuisés, hommes comme femmes, pour assurer la cadence d’un conseil véreux. Ce que tu leur as offert, ma chère, c’est un avenir ! »


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Darren Clive

Image perso : Le soldat et l'Amazone - Page 5 Bannie10
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le Sam 2 Mai - 14:17

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Darren continua de l’emmener avec lui.
Ridding et ses gardes les suivaient à bonne distance. Une fois à l’extérieur du bourg, le soldat prit un chemin particulier. La jeune femme allait finir par se rendre compte qu’ils approchaient d’une plaine où se trouvait deux jumpers posés au sol. L’herbe allaient jusqu’à leurs genoux et ils progressaient doucement mais surement. Une fois suffisamment proche, Lyanna pouvait discerner deux équipages radicalement différent. Essentiellement composée de femmes militaires à gauche. Des hommes à droite. Lyanna regarda à son tour les jumpers, elle comprit que leur chemin allait se séparer ici. Et elle n’en avait pas envie.
Darren se tourna vers elle. Il savait que ça allait arriver, il connaissait les pratiques de la police militaire. Le lieutenant Ridding avait tenu parole. Il avait fait l’effort d’arranger l’environnement pour que l’arrestation soit moins violente pour la jeune femme.
« On y est. » murmura Darren en se plaçant devant elle. « On va rentrer chez nous. Et on va libérer Teyla. Tu en dis quoi ? »
"Je n’ai pas confiance en eux".
Il lui tendit ses mains.
« Tu me confies tes armes une dernière fois ? »

Lyanna tourna la tête pour regarder Ridding et les deux soldats qui l’accompagnaient.

"Pour que tu les donnes à ces mâles ? Non merci. Je ne veux pas qu’ils y touchent !"
« Tu préfères que l’une de ces femmes s’en charge ? » lui demanda-t-il en donnant un coup de tête vers les militaires.
"Je préfère les garder avec moi" lança Lyanna en regardant les femmes qui se trouvaient près du jumper. Mais elle savait parfaitement qu’elle ne pouvait pas conserver ses armes, sans que les guerriers Atlantes ne s’en prenne à elle. La jeune femme finit par soupirer, avant d’acquiescer à contre coeur. "Oui, je préfère".

Darren fît un signe de tête à la plus proche.
La militaire vint à leur rencontre et Darren lui donna les épées que Lyanna lui tendait. Son couteau également. La guerrière ne put s’empêcher d’être nerveuse à l’idée d’être désarmée dans ce genre de situation, mais elle était obligée d’abdiquer. Le jeune homme était tendu comme une corde d’arc mais il s’évertuait à ne rien lui montrer. Le lieutenant s’était positionné un peu en retrait, ses hommes avaient les mains posées sur des neutraliseurs Wraiths. Quant au fait que cette plaine était bien large et sans couvert, c’était bien évidemment voulu. Lyanna n’avait aucune chance de s’enfuir sans recevoir un blast neutralisant.
La seule chose qui pouvait faire la différence entre un départ en force et volontaire, c’était la capacité qu’avait Darren à la convaincre.

« Maintenant...donne moi tes mains. »
"Pourquoi faire ?" demanda Lyanna, surprise par cette demande.

Le soldat sortit le serflex de sa poche et le lui présenta.
« Je vais te placer ça sur les poignets. Et dès que tu seras sur Atlantis, une femme va te les retirer. »
Darren savait qu’elle n’allait pas apprécier. Elle verrait ça comme une preuve qu’elle était catégorisée comme une criminelle. Alors le jeune homme exploita sans aucune honte l’une de ses failles.
« Ca ne te fait pas peur, n’est-ce pas ? »

Dire que Lyanna n’allait pas aimer ça était un euphémisme. Déjà qu’elle se rendait pour qu’on la traite comme une tueuse, voilà que maintenant, il fallait l’entraver. Son regard se durcit à nouveau.

"C’est hors de question !"

Lyanna croisa ses bras contre sa poitrine, tout en fixant Darren.

"J’ai accepté de les suivre volontairement. Je suis désarmée. Et ces femmes ont tout un attirail si elles veulent me neutraliser. Je ne vois pas pourquoi je devrais être entravée comme une esclave alors que je coopère depuis le début sans les attaquer ! Je refuse !"

Darren posa une main bien à plat au centre de sa poitrine.

« Ca suffit, arrête de t’énerver. » lui demanda-t-il en soutenant son regard noir. « Tu as survécu à des tas de combats, tu es ressortie victorieuse de nombreux duels. Et une foutue armée Genii n’a pas suffi à t’abattre. C’est une petite arrestation de rien du tout qui te fait reculer ? »
Darren agita les serflexs sous son nez.
« C’est de la sécurité, pas une mise sous esclavage. Fais moi confiance...tu sais bien que je ne t’ai jamais trahi ! »

Darren lui en demandait beaucoup. Lyanna commençait à se demander si elle n’aurait pas du accepter la proposition d’Heimda de rester sur la planète. Au moins, elle n’aurait pas été traitée ainsi parmi ce peuple qui la félicitait au lieu de la réprimander. Gardant toujours ses bras croisés, la jeune femme ferma les yeux en secouant la tête, malgré la demande de confiance de Darren.

"S’il te plait … ne me demande pas ça ..." lui souffla-t-elle sur un ton suppliant.
« Je fais ça pour ton bien. »

La respiration du soldat s’était accélérée. Ca lui faisait quelque chose de voir sa belle dans cet état. Sa supplique l’atteignait droit dans le coeur et il avait envie de se retourner, de fixer Ridding, pour lui dire comme un débile que ça fonctionnait pas et qu’il faudrait trouver une autre solution. Mais le lieutenant la détenait déjà, sa solution. Il allait neutraliser tout ce beau monde en décrétant que le cirque avait suffisamment duré.
C’était véritablement pour son bien qu’il agissait. Il ne voulait pas que la brutalité que mettrait la police militaire dans son arrestation ne lui fasse quitter la cité par dégoût.
Darren savait bien qu’elle allait mal vivre ces entraves. Qu’elle se sentirait sûrement propulsée dans les horreurs de son monde autrefois. Mais c’était la sécurité. On ne laissait pas un prisonnier les mains libres dans une cabine de jumper qui ferait une approche terminale sur la cité.

« C’est ton dernier combat. Il ne demande pas d’armes, ni de force, ni de souplesse. Mais beaucoup de motivation, de l’abnégation. Lyanna...laisse-moi te passer ces liens. Je te promets que je serais doux. »

Darren n’accepta pas sa supplique, et Lyanna secoua une nouvelle fois la tête. Son regard noir de haine se posa sur Ridding. Si elle pouvait en cet instant s’en prendre à lui, elle se jetterait sur ce mâle, avant de l’éventrer, de lui sortir ses intestins, et de les fourrer dans sa bouche en le regardant s’étouffer. Tout ça, c’était de sa faute, et si Darren n’avait pas été là, à ses côtés, elle aurait sûrement cédé à ses pulsions violentes. Quitte à fortement le regretter sans avoir atteint son but. Si un regard pouvait tuer, Ridding serait déjà mort. Puis, la jeune femme détourna les yeux pour regarder le soldat. Elle avait envie de hurler, mais elle savait que ça ne servirait à rien. Autour d’elle, les mâles commençaient à s’impatienter, elle le sentait. Mais maintenant désarmée, elle ne pouvait plus faire grand chose contre eux. A contre coeur, s’en voulant énormément de céder, la guerrière finit par abdiquer en détournant les yeux de Darren pour ne plus le regarder. Puis, elle tendit ses mains, en serrant ses poings pour maîtriser cette envie de frapper tout ce qui se trouvait sur son passage.

« Ca va aller... » lui promit le soldat pendant qu’il passait les liens à chacun de ses poignets.
Il attendit avant de les resserrer avec une infinie douceur.
Une fois fait, il prit tendrement la jeune femme dans ses bras et la serra fort contre lui.
« Allez guerrière, c’est bientôt terminé. »

Lyanna se laissa aller dans les bras de Darren, estimant qu’elle était tombée bien bas cette fois. La prisonnière du peuple qui l’avait recueilli, c’était tout ce qu’elle voyait. Elle ferma les yeux quelques secondes, avant de lever la tête pour embrasser une dernière fois le soldat.

Ce baiser était tout aussi beau qu’horrible. C’était un au revoir, une déchirure de l’âme. Darren y répondit avec toute la sincérité et tout l’amour qui l’habitait. Mais très rapidement, une paire de femmes militaires s’emparèrent de Lyanna pour l’emmener dans le jumper.
Le lieutenant Ridding avait fait signe et ses Rippeurs posèrent chacun une main sur les épaules de Darren. Le jumper de Lyanna se mettait en branle alors qu’elle était installée sur la banquette, gardée par les deux femmes qui maintenaient leurs mains sur des neutraliseurs Wraiths. Pendant que le panneau se relevait, l’Amazone pu voir qu’on plaçait Darren à genoux. Une unité Rippeur croisait sans ménagement ses mains dans le dos en lui apposant les serflexs. Mais le soldat semblait s’en moquer.
Il continuait de fixer Lyanna. Il hurla pour couvrir le bruit de décollage du jumper :

« ON SE REVOIT DE L’AUTRE CÔTÉ ! »

Le panneau était entièrement fermé maintenant. Le pilote entama le retour directement sur Atlantis. Lyanna avait réussi à entendre les quelques mots de Darren, mais elle n’avait pas eu le temps de lui répondre. Le sas arrière venait de se fermer, l’isolant complètement du mâle qu’elle aimait. La voilà maintenant seule avec une unité féminine qui la rappatriait sur la cité. Au moins, le fait d’être entourée de femmes calmait ses ardeurs. Cependant, la guerrière devint abattue, perdant cette volonté de se battre. Elle soupira et se pencha en avant, prenant sa tête entre ses mains même si elle ne pouvait pas les écarter. Pendant tout le trajet, elle resta silencieuse. Elle était vaincue.

*************

Lyanna et Darren furent admis à l’infirmerie chacun de leurs côtés. Conscient que l’Amazone connaissait encore très mal les procédures de la cité, des efforts avaient été fait pour l’entourer de femmes le plus souvent. On la laissa relativement tranquille durant ses examens et une convalescence plus que convenable. Une semaine environ. Pendant toute la durée de son admission à l’infirmerie, la jeune femme restait murée dans le silence, en voulant à la terre entière d’être traitée de cette manière. Comme si elle avait commis les pires crimes imaginables. Et encore, elle n’était pas encore au bout de ses peines. Pour le moment, elle était plutôt tranquille, le temps de reprendre des forces. Mais dès que ses blessures les plus importantes furent guéries, on la mena en cellule où elle fût enfermée. Ce n’était pas une prison avec des barreaux ou un bouclier lantien. Plutôt une salle de confinement aménagé avec un lit, une table et de quoi se changer. Quelqu’un avait eu l’idée de déplacer quelques affaires de la jeune femme pour qu’elle ne soit pas trop dépaysée. Certes, la pièce n’était pas minuscule. Da la taille des quartiers de sécurité qu’elle avait eu à son arrivée sur Atlantis, le temps que tout le monde s’acclimate à elle. Cependant, cette salle n’avait qu’une petite fenêtre qui laissait à peine passer la lumière du jour. Et Lyanna souffrait de claustrophobie. Elle qui avait l’habitude de vivre en extérieur, être enfermée était une peur irrationnelle. Chaque jour, la guerrière faisait les cent pas dans la salle, comme une lionne en cage, en tentant de calmer cette crainte qui l’assaillait. C’était difficile, elle était prête à exploser à tout moment afin de libérer ses démons intérieurs en hurlant. Elle dormait peu, ce qui la fatiguait encore plus que pendant cette mission. Est ce que c’était le but de ses geôliers ? Lui faire perdre pied pour mieux l’interroger, la piéger et découvrir la vérité ? Une bonne tactique car cela rendait Lyanna encore plus irritable que d’habitude.

A compter de ce premier jour de détention, son quotidien fût un déplacement entre sa chambre prison et une salle d’interrogatoire. Elle y fit la connaissance d’un officier de la police militaire, Magda Rahim, qui voulut tout savoir des quinze jours passés sur Héstevic. Elle la travailla longuement sur les détails, souhaitant connaître jusqu’aux pensées personnelles de l’Amazone au terme de ses différents combats. Donc de sa volonté d’achever ses victimes.

On lui octroyait régulièrement des pauses. Lyanna pouvait parfois sortir prendre l’air sous bonne garde. Voir le ciel bleu, les bâtiments, la mer. De quoi respirer avant d’être à nouveau enfermée dans cette cage, cette pièce qui lui servait de prison. Mais elle ne pouvait parler à personne et les plateaux repas étaient à peine digne des conserves que Darren lui avait servi au tout début de la mission. Aucune barre chocolatée. La guerrière mangeait à peine, il lui arrivait même de jeter le plateau repas à travers ses quartiers sous la colère et la peur. Plus le temps passait, et plus la guerrière semblait perdre pied, sans parler des interrogatoires qu’elle subissait, et qui n’était pas de tout repos pour elle.
Lyanna ne revit jamais Darren. Ni dans les couloirs, ni dehors. Le soldat restait introuvable, comme s’il avait disparu.
L'enquêtrice refusa de lui donner la moindre information à son sujet, hormi le fait qu’il allait bien. Ce qui mettait Lyanna encore plus en colère contre elle. Darren lui manquait, et ne pas avoir de nouvelles de lui était une terrible torture.

L’interrogatoire dura une longue semaine qui parut une éternité pour la jeune femme.
Si Darren affrontait Ridding et s’en tirait plutôt bien, soulignant nombre de ses exemples avec les preuves récoltées sur place : Lyanna avait beaucoup plus de mal. Elle avait manqué à plusieurs reprises d’agresser Magda Rahim, qui s’avérait être le clone féminin du lieutenant Ridding. De quoi l’énerver davantage. Celle-ci se montrait sans pitié envers elle, voulant tout savoir, tous les détails, jusqu’à entrer dans les sujets les plus intimes. Et Rahim savait parfaitement quelles questions poser pour faire perdre ses moyens à Lyanna.
Quand elle n’avait pas son compte, l'enquêtrice creusait sur ses liens étroits avec Darren. Elle bluffa honteusement en lui révélant la loi de non fraternisation entre militaire. Que Darren et elle avaient violé cette règle et qu’il serait renvoyé de l’armée, d’Atlantis, si elle ne répondait pas aux questions. Lyanna avait beau lui dire qu’elle n’était pas une guerrière Atlante, et donc que cette loi ne pouvait pas s’appliquer, Rahim parvenait facilement à lui mettre le doute. Elle était très douée. Il arrivait souvent à la jeune femme de se lever pour faire les cent pas dans la salle d’interrogatoire, sous les yeux de plusieurs militaires qui n’attendaient qu’elle porte la main sur l’officier pour la neutraliser. Pour le moment, Lyanna ne s’en était pas pris directement à Rahim. Elle se contentait de la fusiller du regard en lui répondant sur un ton mauvais, lui répétant encore et encore les mêmes choses depuis le début de son interrogatoire. Cette situation n’était pas du tout facile à vivre pour la guerrière, et son tempérament colérique n’aidait pas du tout à calmer la situation pour que son innocence soit prouvée. Et cela, Rahim aimait bien en jouer pour la pousser à bout.

Par moments, l'enquêtrice allait trop loin, la faisant passer pour une meurtrière. Pourquoi avoir achevé des Atlantes au sol qui ne pouvait plus lui faire de mal ? Aurait-elle pu sauver Virgil et désarmer le contremaître si elle n’avait pas perdu son temps à torturer les autres ? Travaillait-elle en réalité pour le compte de Macon ou des Geniis ?

Darren n’avait pas pu la préparer ou lui dire ce qui l’attendait. Que toute cette pression n’avait pour but que de collecter des informations véridique en coulisse, davantage axé sur l’enquête et non les ressentis de chacun. Savoir placer le sujet dans une situation inconfortable, lui faire lâcher une information “secondaire” sans se rendre compte qu’il s’agissait du coeur du sujet.

Les réactions très vives et sanguines de la brune ne jouaient pas en sa faveur. Et malheureusement, cela ne faisait que repousser davantage son interrogatoire. D’ailleurs, elle en eu un aperçu lors cette séance d’interrogatoire, lorsque Rahim la comparait à une meurtrière sans scrupule, sous entendant même qu’elle n’était qu’une des sbires de Macon qui était responsable de la mort du père d’Heimda. S’en fut trop pour Lyanna qui, comme à son habitude depuis le début, marchait dans la pièce. La colère l’envahit, elle ressentit une profonde haine pour l’officier. Comment cette dernière pouvait croire qu’elle était au service de ce mâle abject, après tout ce qu’elle avait traversé pour aider le peuple d’Heimda, ainsi que Teyla, à combattre ces monstres ? Aveuglée par sa fureur, Lyanna lui lança clairement de la fermer, et poussée par ses pulsions, elle se précipita sur elle pour la frapper. Mais, elle n’arriva jamais jusqu’à Rahim qui, étrangement calme, ne bougea pas de sa chaise. La guerrière fut touchée par des tirs paralysants, elle ressentit une violente douleur lui lacérer le corps. Puis, elle tomba rapidement dans le néant.

Quelques heures plus tard, Lyanna se réveilla difficilement dans ses quartiers, ayant gagné un horrible mal de tête, et des fourmillements traversant son corps des pieds jusqu’au bout de ses doigts. C’était très désagréable. Après un moment, elle finit par se lever, ayant compris ce qui venait de se passer. Toujours sous le coup de la colère, elle se mit même à frapper le mur pour libérer sa rage contenue. Mais à part le risque de se blesser à la main, son action ne l’aida pas du tout, si ce n’était à repousser la prochaine séance d’interrogatoire le lendemain. Et cette fois ci, elle ne pouvait plus se lever de sa chaise. Ses mains étaient entravées sur la table pour l’empêcher de faire le moindre geste. Lyanna se contenta de serrer les poings en écoutant les accusations de Rahim, toujours aussi calme.

Mais finalement, Lyanna parvint au bout de son récit. A force de questions et de présentations de preuves, la police militaire finit par arriver à son but. Ces nombreuses séances d’interrogatoire musclés, et ses conditions de détention, avaient beaucoup épuisé la guerrière, même si une lueur de défi et de colère continuait de traverser son regard lorsqu’elle regardait Rahim. La séance prit fin plus tôt que prévu.

Ce jour là, on ne ramena pas Lyanna dans ses quartiers-prison. Les militaires l’escortèrent jusqu’à une salle attenante, dans un endroit où on ne lui avait jamais laissé accéder jusque là. On lui ouvrit une porte qui donnait dans une salle de réunion, une sorte de petit réfectoire entouré de tables, de chaises, et d’un projecteur.

« Restez ici. » avait simplement ordonné Rahim avant de lui tourner le dos.
Elle verrouilla la porte lantienne et s’en alla, laissant l’Amazone seule dans cette grande salle. Elle y resta quelques minutes, sans savoir pourquoi on l’avait amené là. La guerrière commença d’abord par passer la main devant le détecteur, même si elle n’y croyait pas du tout. Et comme la porte restait verrouillée, elle soupira et fit le tour de la salle, attendant qu’il se passe quelque chose.
La porte se rouvrit finalement, dévoilant la silhouette du lieutenant Ridding. En le voyant, Lyanna se raidit tout de suite. Heureusement qu’il y avait beaucoup de la distance entre eux, et que la jeune femme était à l’autre bout de la pièce. Sinon elle aurait été capable de lui sauter dessus. Elle se contenta donc d’un regard mauvais, glacial et assassin. Après tout, tous ses malheurs depuis son retour sur Atlantis venaient de l’arrivée de ce mâle sur la planète, non ? L’officier l’observa un instant, quelques secondes tout au plus, puis il fit signe à un autre mâle qui se trouvait non loin. Le type passa la porte sans se douter que quelqu’un s’y trouvait déjà. Lyanna eut un peu de mal à le reconnaître sur le coup. Puis, son coeur fit un bond dans sa poitrine.

Darren se retourna pour observer la porte Lantienne se verrouiller puis il soupira. Il ne s’était pas rendu compte tout de suite de la présence de Lyanna. Ce n’est qu’en faisant volte-face après avoir entendu un bruit de fond qu’il découvrit sa présence.
Il lui sourit, comme s’il ne l’avait pas reconnu, son regard demeurant sérieux. Puis son esprit compléta le puzzle en lui rappelant qu’il connaissait très bien ce visage, cette tenue et cette posture. Son expression se morcela soudainement en de la surprise mêlé de stupéfaction. Darren resta muet quelques secondes.

« Lyanna ? » l’appela-t-il finalement dans un souffle.
Un sourire presque idiot étira son visage tandis qu’il approchait timidement. Ca semblait si irréaliste depuis tant de temps, si surprenant, qu’il avait peur d’avoir déraillé. Que son esprit malade n’ai fait apparaître le reflet de tous ses espoirs et de ses rêves. Quant à Lyanna, elle resta immobile, se contentant de fixer Darren qui s’avançait vers elle.
Le soldat posa sa main sur elle, un peu craintif, et se rendit compte qu’elle était bel et bien là. Sa respiration s’accéléra subitement et son regard se voila d’émotion.
Lyanna était là...avec lui...dans cette salle. C’était quasiment un fantasme qui se réalisait. Il avait pensé à elle chaque nuit, avait souffert de son absence et de son silence. La retrouver était un bonheur qu’aucun mot ne saurait décrire.
« Hey... » fit-il, n’en revenant toujours pas. Sa main migra sur sa joue qu’il caressa avec une infinie tendresse. « Bonjour guerrière, comment tu vas ? »

Sentir la main de Darren sur sa joue libéra un flot d’émotion chez Lyanna. Du soulagement, de la joie, mais aussi de la tristesse et de la colère. Elle profita quelques secondes de ce contact en fermant les yeux, heureuse d’avoir retrouvé celui qui avait disparu de sa vie. Comme si elle l’avait encore perdu, ce qui lui rappelait de douloureux souvenirs. Puis, elle rouvrit les yeux pour regarder Darren. Ce dernier put constater ses traits fatigués, et une certaine lassitude mêlée à de la haine. Il n’était pas besoin d’être un génie pour comprendre que l’interrogatoire de Lyanna s’était beaucoup plus mal passé que celui de Darren. La guerrière déglutit, avant de secouer la tête.

"Non … ça ne va pas ..."

Lyanna était furieuse contre tout le monde. Y compris Darren. Ce dernier lui avait promis que tout se passerait bien, et pourtant, ça n’avait pas été le cas. Il lui avait dit qu’elle n’allait pas être considérée comme une meurtrière. Et là aussi, ça n’avait pas été le cas. Par réflexe, Lyanna recula d’un pas et évita le regard du soldat. Puis, elle se mit à faire les cent pas, une habitude chez elle quand elle était en colère.

"Je te l’avais dit ! Je t’avais dit qu’ils allaient me traiter comme la pire des criminelles !!! Ils m’ont poussé à bout ... ils m’ont enfermé … ils m’ont questionné en m’accusant d’avoir provoqué que la mort de beaucoup de gens … et même d’être au service de Macon ! Ils ont même menacé de te renvoyer de la cité ! Cette … cette femme était exactement comme Ridding … elle m’a traité comme une meurtrière en voulant que j’avoue des choses que je n’avais pas faite, ou en voulant que j’avoue pour quelle raison j’avais achevé des blessés !!! Je t’avais dit qu’ils feraient ça !"

Lyanna osa enfin regarder Darren qui put lire dans ses yeux toute la haine et la rage qu’elle avait accumulé ces derniers jours.

Le soldat l’avait longuement écouté, son coeur douloureux. C’est vrai qu’il l’avait trompé et qu’un interrogatoire ne pouvait qu’être souffrance.
Apercevoir chez Lyanna les signes de fatigue, comme la dureté de son visage et les cernes sous ses yeux, étaient douloureux. Comme le fait d’échapper à son contact qu’il avait si longuement attendu, espéré. Elle qui s’écartait de lui pour lui reprocher son mensonge, qu’elle avait eu raison depuis le début. Ca lui faisait aussi mal qu’une gifle.

"Je t’avais prévenu, et tu ne m’as pas écouté ! Maintenant pour eux, je suis une criminelle à enfermer !"
« C’est une technique. Ils l’utilisent souvent... » répondit machinalement le soldat sans vraiment insister sur le sujet.
Il se racla la gorge et revint à l’assaut de la jeune femme. Tandis qu’elle faisait les cents pas, il l’intercepta au moment où elle se retournait pour la serrer dans ses bras, espérant de tout coeur qu’elle n’allait pas le rejeter.
« C’est fini maintenant ! Calme-toi, s’il te plait. »
Se retrouver dans les bras de Darren était un tel réconfort après ce qu’elle venait de traverser. Et même si sur le coup, Lyanna s’était raidit, prête à repousser le soldat, elle se laissa rapidement faire. La jeune femme se laissa aller contre lui, soulagée de retrouver l’étreinte de ses bras autour d’elle. Darren caressa son visage d’une main tout en la regardant.
« Tu n’es pas une criminelle. Ils nous auraient pas réunis. »
Lyanna secoua la tête, ne croyant pas à ses paroles. Pas après l’interrogatoire qu’elle avait eu.

"Si, ils le croient. Ils ont peut être accepté qu’on se dise adieux avant de me faire partir de la cité. Ou de m’enfermer pour toujours" dit elle d’une voix tremblante, c’était impensable pour elle d’être exilée ou enfermée, loin du militaire.
« Qu’ils le fassent, tiens ! Je quitterai la cité pour rester avec toi. Ou ils seront obligés de m’enfermer avec toi ! »

Darren ne pouvait plus attendre, il sentait ce besoin irrépressible grandir en lui. Le mouvement lui échappa, comme un automatisme qui s’affranchissait de toute sa volonté. Le militaire l’embrassa langoureusement sans lui demander son avis, la serrant bien fort contre lui. Lyanna répondit à son baiser, retrouvant avec plaisir la douceur et la chaleur de ses lèvres contre les siennes. Elle ne s’en lasserait jamais, et elle avait bien cru ne plus jamais pouvoir l’embrasser.
« Tu m’as tellement manqué... » avoua-t-il dans un soupir.

Après le baiser, Lyanna garda les yeux fermés quelques secondes, se mordillant les lèvres comme pour savourer le goût de ce simple contact qu’elle venait de retrouver. Puis, elle leva la tête pour regarder Darren.

"Toi aussi, tu m’as beaucoup manqué … je … j’ai cru ne plus jamais te revoir !"

Lyanna revint se blottir dans les bras du soldat.

"Elle ne voulait pas me parler de toi, elle ne me donnait pas de tes nouvelles. Et je ne te voyais plus pendant mes rares promenades. J’ai cru que tu n’étais plus sur Atlantis, ou qu’il t’était arrivé malheur. Et ça … ça m’a fait terriblement peur !"

Darren se sentait touché.
Il avait craint dans un premier temps qu’elle ne lui en veuille complètement de lui avoir caché la difficulté d’un tel interrogatoire. Il s’était dit qu’elle le détesterait au point de ne plus l’aimer. Darren l’accueillit d’autant plus chaleureusement dans ses bras tout en soupirant de soulagement.
« Ils ont su me faire peur aussi. Ils me disaient qu’ils te renverraient si je ne coopérais pas. Mais, Lyanna... »
Il prit son visage entre ses mains, pour la regarder fixement tout en appréciant le contact de ses joues. Elle avait la peau douce, chaude, ça lui avait tellement manqué.
« C’est ça un interrogatoire, ça ne plait à personne. On a rien, strictement rien, à se reprocher. Maintenant qu’ils ont eu leur réponse, on va bientôt connaître le verdict du CODIR. »
Il lui prit ses mains.
« Je suis désolé de t’avoir laissé entre les mains de ces types. Mais il le fallait tu comprends ? Il le fallait. On va pouvoir reprendre nos vies maintenant... »

Lyanna plongea son regard dans celui de Darren, en écoutant ses paroles. Ce dernier s’excusait de l’avoir laissé à subir cette horrible épreuve. Oh oui, elle avait été en colère contre lui, comme elle l’avait démontré à son arrivée dans la salle. Elle s’était sentie trahie, mais la présence du soldat avait réussi à calmer ses craintes. Et il lui avait terriblement manqué, le retrouver était un tel soulagement, cette sensation était bien plus forte que la colère qu’elle avait ressenti. Mais elle ne voulait plus revivre ça.

"Je ne veux plus subir cette chose. Je ne veux plus qu’ils m’interrogent. Ni qu’ils m’enferment à nouveau dans cette salle où je dormais. J’étouffais là dedans, j’étais terrifiée, je ne supportais pas d’être enfermée. Je ne veux plus que ça arrive !"

C’était la première fois que Lyanna parlait de sa phobie à un mâle, Darren apprenait une nouvelle chose concernant la jeune femme.

"La prochaine fois, je me jette sur eux et je le frappe jusqu’à ce qu’ils meurent. Et je me fiche des conséquences. Je n’ai pas réussi il y a quelques jours, ils m’ont paralysé avant que je puisse frapper cette femme. Mais la prochaine fois, j’y arriverais !"

Le soldat resta muet un petit instant.
Lyanna lui avouait une faiblesse. Mais c’était normal vis à vis de la confiance qu’elle avait pour lui et de l’amour qu’ils se portaient. Les signes de claustrophobie qu’elle venait de lui révéler était pourtant surprenant. Est-ce que les gars de la police militaire le savait pour l’avoir travaillé et blessé à ce point ?

Clive ne prenait aucun plaisir à découvrir combien elle avait été chahuté durant cette semaine. Ils étaient militaires tous deux, ils étaient entrainés à résister aux sévices physiques comme mentales. Il n’empêche que Darren s’en voulait beaucoup de ne pas avoir été là pour elle. Lyanna avait souffert, seule, isolé, travaillée par des techniques d’interrogatoire dont elle n’avait pas conscience. Les salauds s’étaient fait plaisir pour lui tirer les vers du nez.

Il n’était pas étonné d’apprendre qu’elle avait tenté d’en dégommer quelques uns et qu’elle avait été neutralisé. C’était d’ailleurs l’une des craintes qui l’avait le plus longuement habité. Alors, quand il l’entendait lui jurer qu’elle ne voulait plus y repasser, Darren n’eut pas la force de lui avouer que c’était le lot de tous ceux qui trempaient dans des affaires louches. Même s’ils étaient innocents.

Impossible de rester impartial en entendant cette affirmation teintée de supplique.
Le jeune homme l’embrassa une nouvelle fois et se porta à son oreille pour lui murmurer :
« La prochaine fois, ils compteront sur moi pour me trouver sur leurs chemins et non te passer les liens. Il faudra me passer sur le corps pour t’amener dans une nouvelle salle d’interrogatoire. Je le jure ! »
Il pensait que Ridding aurait été moins violent. Qu’il aurait pris en considération le fait qu’elle était nouvelle sur la cité. Mais Darren aimait tant Lyanna qu’il perdait de vue le fait que la PM ne faisait pas dans le détail. Elle tirait les vers du nez, faisait sa conclusion, puis laissait les ronds de cuir prendre la décision. Entendre dire que Darren se sacrifierait pour la protéger décrocha enfin un petit sourire chez Lyanna. Son coeur se serra à cette promesse, elle était touchée par les paroles du militaire. Elle plongea son regard dans le sien, la colère s’étant effacée pour laisser place à l’attachement qu’elle avait pour lui.
« Je t’aime... »
"Je t’aime aussi !"

Lyanna se blottit contre Darren, et l’embrassa à son tour, avec beaucoup de tendresse. Elle profita de cet instant comme si elle craignait d’être à nouveau séparée de lui. Et bien sûr, ce fut le moment le plus merveilleux de ce très long interrogatoire. Ses retrouvailles avec le soldat étaient apaisantes pour la guerrière. Darren goutait au même sentiment avec un plaisir tout aussi puissant.

A ce moment là, la porte s’ouvrit alors que les deux amants étaient encore entrain de s’embrasser. Comme si le monde n’existait plus autour d’eux. Teyla entra dans la salle, mais elle se figea en voyant la scène qu’elle avait sous les yeux. Elle haussa même un sourcil, ne s’étant pas du tout attendue à voir ce genre de chose.

"Mais … qu’est ce que ..." furent les seuls mots qui sortirent de sa bouche, trop surprise pour parvenir à formuler une phrase correcte.

Darren se décrocha de la belle, les lèvres figées un peu en avant. On aurait cru que ses muscles à cet endroit cherchaient encore frénétiquement le contact avec les lèvres sucrées de la douce. Un peu gêné dans un premier temps, le soldat se mordit la lèvre inférieure pour conserver cette si délicieuse empreinte. Il avait le sentiment que le baiser continuait et il se sentait sur un petit nuage.

« Oui...heu... »
Il considéra Lyanna. Sa gêne disparut peu à peu, bien vite remplacée par une fierté masculine presque vantarde. Sans gêne, il passa délicatement son pouce sur les lèvres de Lyanna, avec beaucoup de douceur et d’amour, comme s’il souhaitait sceller le baiser si honteusement dérangé. C’était aussi une façon de crier à Teyla qu’elle ne rêvait pas.
« Ben, j’ai écouté votre conseil Teyla ! »
Il lui sourit comme un garnement pris en flagrant délit.
« J’ai été séduit par son côté “cogne-partout” finalement. »

Teyla n’en revenait toujours pas. Voir ces deux là s’embrasser, elle ne s’était pas attendue à une telle chose. Quelqu’un le lui aurait dit, elle ne l’aurait pas cru. Non pas que Darren ne pouvait pas avoir quelqu’un dans sa vie. Mais Lyanna … avec un homme ? Alors que leur départ en mission avait été si … mouvementé ? L’Athosienne s’avança de quelques pas, tandis que le soldat lui expliquait l’avoir écouté, puis avoir été séduit par le caractère bagarreur de la guerrière. Ce qui la surprit encore plus.

"Je crois que vous êtes le seul à être séduit par ça, mais ..."

Il fallait bien avoué, la jeune femme avait encore du mal à le croire. Quelqu’un lui jouait-il une scène en ayant demandé à ces deux là de faire semblant de s’embrasser avant son arrivée ?

"Je sais que je vous ai conseillé d’attiser la curiosité de Lyanna pour éviter qu’elle s’en prenne physiquement à vous, mais là … heu … j’ai du mal à le croire. Je pensais qu’elle vous aurait frappé depuis longtemps si vous la touchiez !?"

En voyant Teyla entrer dans la salle, Lyanna fut rassurée de voir son amie relâchée. Libre. Et non emprisonnée comme elle l’avait été pendant cette mission. La guerrière considérait l’Athosienne comme l’une de ses Soeurs. Elle se détacha de Darren, et se précipita sur Teyla pour se jeter dans ses bras.

"Teyla !"

Teyla eut un petit sourire en voyant la réaction de Lyanna, et elle répondit à son étreinte pour la rassurer. Après le calvaire qu’elle avait elle même vécu, revoir son amie saine et sauve était également rassurant pour elle.

« J’ai appliqué ce conseil Teyla. » rebondit le soldat avec le sourire, attendant que Lyanna se détache de l’Athosienne.
Il la regarda avec un air tendre et malicieux pour rajouter :
« C’est juste qu’elle s’en prend à moi physiquement d’une autre façon maintenant ! »

Le regard de Teyla passa tour à tour de Darren à Teyla. C’était encore incroyable pour elle. Puis, elle finit par avoir un petit sourire taquin.

"Je vois. Je suppose que vous préférez cette forme d’agression, non ?"
Darren fit mine de réfléchir.
« Je sais pas bien encore... »
"Tu préfères que je te frappe ?"

Lyanna regarda Darren, comme s’il allait lui dire “oui”. Le soldat lui donna un petit coup d’épaule en réponse. « Et elle adore m’entendre chanter, c’est déjà ça ! »

La guerrière se mordit la lèvre, et eut le même petit coup d’épaule pour le militaire. Ce qui démontrait à Teyla leur degré de complicité qui n’existait pas du tout au début de la mission.

"Non, c’est absolument faux. Je lui ai dit que la prochaine fois qu’il chanterait, je lui couperais la langue !"
« Tu insistes là dessus ? Tu sais...ça risque de te manquer pour plus tard. » glissa le soldat dans un double dialogue, référence à cette fois où elle avait fini quasiment nue sur une table de salon.
Il souhaitait effectivement la faire rougir. Et il réussit parfaitement bien. Les joues de Lyanna se mirent à rosir légèrement, et après s’être mordillée les lèvres, elle secoua la tête en regardant Teyla.

"Ne l’écoute pas. Ce mâle est exaspérant. Il n’a pas arrêté de me chercher depuis le début de la mission. Il est casse pied" dit elle en continuant de rougir.

Teyla observait l’échange verbal entre Darren et Lyanna, en remarquant cette complicité qu’il y avait entre eux. Elle se posa alors des questions. A commencer par cette étrange relation qui venait de naître entre deux personnes totalement différente, que tout séparait. Elle continua de les regarder, se souvenant avoir été surprise en les voyant s’embrasser. Et ce n’était pas juste un petit baiser comme ça. Il signifiait plus. Y avait il bien plus entre ces deux jeunes gens ?

"Mais qu’est ce qui s’est passé entre vous, pendant cette mission, pour que vous en veniez à … vous rapprocher autant ? C’est inimaginable, personne ne croira à un tel prodige. Enfin Lyanna, c’est un homme ! Comment se fait il que tu ne veuilles pas t’en prendre à lui comme les autres ?"

"Crois moi, j’avais envie de le tuer au début. Et plusieurs fois, j’ai eu envie de le frapper".
« Et puis finalement, je l’ai embrassé. Et je n’ai pas perdu mes dents...c’est mon ange à moi ! » ajouta le soldat, fier de lui.
Il adorait voir cette stupeur chez Teyla provoquer la timidité de Lyanna. Il n’y avait que lui qui semblait vraiment profiter pleinement de l’affaire.

Après quelques échanges plus sérieux où ils lui expliquèrent avoir failli mourir à plusieurs reprises, et s’être sauvé mutuellement la vie, le petit groupe s’installa à table. Teyla voulu entendre leur histoire et, cette fois, c’était beaucoup plus agréable à raconter qu’au cours de l’interrogatoire. L’Athosienne pu comprendre quel désastre avait été l’action de Macon dans son dos et tous les dégâts qu’il avait causé en Héstevic. Elle connaissait toutes les charges dont elle avait été accusé. Mais maintenant, elle savait tout ce que Darren et Lyanna avait fait en coulisse pour tenter de la sauver.

Darren passa en silence les délicieux moments charnels qui avaient ponctué leur mésaventure. Mais le petit échange de regard au moment du mensonge ou du détail inventé attirait le regard de l’un vers l’autre. Quand Teyla reprit la parole, elle leur expliqua que Macon était trempé dans un réseau de marché noir hors d’Atlantis et qu’il gérait des transactions criminelles. C’est comme ça qu’il avait pu faire appel à un contingent Genii. Le minerai ne l’attirait pas simplement pour sa quantité mais sa destination. En réalité, Macon voulait le réorienter vers son marché noir en écartant la seule personne capable de s’en rendre compte : Teyla.

Après son explication très claire, en bonne négociante qu’elle était, la jeune femme leur apprit la bonne nouvelle. Macon et sa clique étaient derrière les barreaux. Et puisque Darren comme Lyanna étaient tombés dans un piège, qu’ils n’avaient pas moyen de donner l’alerte. Que les seuls transmissions radios avaient été intercepté par Macon, ils se trouvaient dans un état de légitime défense généralisé. Atlantis n’avait donc pas l’intention de faire peser la moindre accusation sur eux.
Lyanna et Darren en sortaient blanc comme neige.

« Donc...Lyanna ne risque rien ? » demanda le soldat avec une voix émue.

Non, elle ne risquait plus rien.
Lui non plus.

Teyla Emmagan, après être sortie de prison, avait été choisie pour leur apprendre la bonne nouvelle. La cité d’Atlantis les consignaient à une bonne semaine de repos avant de pouvoir reprendre leur activité. A partir de maintenant, ils pouvaient sortir d’ici et reprendre le cours de leur vie. Darren remercia chaleureusement l’Athosienne puis échangea un regard lourd de sens avec Lyanna. Il lui avait dit qu’ils pouvaient ressortir avec les honneurs. Ca c’était réalisé….un vrai soulagement.

Avant que Teyla ne les laisse, puisque Darren supposait que sa belle voudrait sûrement la rejoindre, le jeune homme intervint.
« Est-ce que...je peux te demander quelque chose ? »
Avec complicité, il prit la main de Lyanna et l’emmena dans les couloirs. Il se moquait complètement des regards étonnés qui se posaient parfois sur eux. Surtout le fait que Lyanna se faisait conduire par la main d’un homme. Et la guerrière ne faisait même pas attention aux personnes qu’ils croisaient, elle se demandait où le soldat voulait l’emmener, maintenant qu’ils étaient libres comme l’air. Darren l’attirait avec lui dans son sillage, se rendant jusqu’à la cellule de confinement où il devinait la présence de Macon.
« C’est l’heure de la vengeance subtile ! » assura Darren en entrant avec elle.

Sous le regard de l’administratif défait, Darren longea la pièce comme s’il s’était perdu et ne faisait que passer. Il ne se contenta que de se montrer clairement, main dans la main avec Lyanna, et de lui faire un clin d’oeil moqueur avant de s’éclipser. Voir l’air ahuri de Macon en voyant que lui était enfermé, alors que les deux jeunes gens qu’il avait cherché à tuer à plusieurs reprises étaient encore en vie, était presque jouissif pour Lyanna. Bien qu’elle aurait quand même préféré pouvoir entrer dans sa cellule pour lui refaire le portrait à sa façon.
Une fois à l’extérieur, il donna un très vif contrecoup pour ramener brusquement la belle contre lui. Il l’embrassa tendrement et, tout en la regardant dans les yeux, il lui déclara :
« Lyanna, ma belle Amazone...vous avez définitivement vaincu l’ennemi ! »

Lyanna répondit à son tendre baiser, avant de sourire en regardant Darren.

"Oui … nous l’avons vaincu tous les deux, Soldat Clive !" dit elle avant de l’embrasser à son tour.
« Allez ! » fit-il en lui donnant une tape discrète sur le derrière. « Je sais que tu meurs d’envie d’aller parler à Teyla ! Je vais te laisser respirer un petit moment et puis... »
Son sourire s’agrandit.
« Je t’inviterai à dîner. Teyla te dira ce que ça signifie. »

Lyanna eut un sourire à l’idée de retrouver Teyla pour lui parler longuement de cette horrible mission, qui avait eu quand même un bon côté malgré tous leurs malheurs. Mais après avoir été séparée aussi longtemps de Darren en se demandant si elle allait le revoir, elle hésitait à s’éloigner de lui. A ce moment là, le soldat lui annonça qu’ils se reverraient pour un dîner. Le fameux dîner dont il lui avait déjà parlé avant de s’endormir, empêchant la guerrière d’avoir une explication. Cette fois ci, elle apprendrait ce que cela voulait dire, car elle ne comprenait pas du tout la signification de cette expression. Elle ne voyait pas en quoi c’était différent de tous les repas qu’ils avaient pris. Elle avait hâte de voir ça.

"D’accord. J’ai très envie de parler avec Teyla, mais j’espère te revoir vite. Maintenant qu’on s’est retrouvé".
« Je me suis installé dans ta vie, je n’ai pas l’intention de disparaître. » la rassura Darren.

Malgré les regards qui se posaient sur eux de la part des quelques Atlantes qui passaient par là, Lyanne embrassa doucement Darren, avant de consentir à s’éloigner. C’était difficile, et cela lui rappelait leur terrible séparation sur cette planète, mais elle savait que cette fois ci, ils allaient se revoir très vite. Darren s’éloignait également. Mais il ne put s’empêcher de se retourner un peu pour observer l’Amazone s’en aller. Si elle se retournait également, ils seraient alors en train de se séparer à reculons tout en se fixant.

La guerrière rejoignit Teyla, et commença à discuter avec elle. Longuement. Si longtemps qu’en voyant l’épuisement de la jeune femme, l’Athosienne finit par la mener jusqu’à ses quartiers, où elle insista pour qu’elle aille dormir. Lyanna ne se fit pas prier, et après avoir échangé quelques mots supplémentaires, elle partit se reposer.

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Darren Clive

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le Sam 2 Mai - 14:18

Darren Clive
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