Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis


Le soldat et l'Amazone

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Darren Clive

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√ Arrivée le : 20/03/2019
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le Ven 20 Mar - 2:01

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
D
arren atteignit finalement la lisière de la forêt. Une très forte odeur cendrée, c’est tout ce qui restait de ce paysage lunaire. Le prêtre avait fait entièrement brûler cette partie de la forêt en espérant faire fuir les créatures. Mais en s’approchant, Lyanna et lui remarquèrent de nouvelles traces de passage avaient marqué le lit de cendre. Virgil était dans le vrai : les créatures étaient bien venues d’ici.
Le soldat sonda la partie encore saine du bois et décida de s’y enfoncer. En compagnie de Lyanna, il suivit autant que faire se peut les traces. Du bois cassé, des cendres qui n’avaient rien à faire là, voir même...des mues de serpent ?

Conversation, humour, petits échanges de sourire, tout avait pris fin.
Maintenant, le militaire évoluait, les mains bien cramponnées autour de son arme. Il faisait attention où il mettait les pieds, légèrement recroquevillé, en restant concentré. Le bois s’intensifiait, les craquements et bruissements de buissons ne les rendant pas discret. Malgré tout, Darren préférait être vigilant et alerte. Quant à Lyanna, elle préféra rester à une certaine distance de Darren, progressant à plusieurs mètres de lui. Déjà pour couvrir plus de terrain en l’ayant toujours dans son champs de vision. Et puis, s’ils étaient attaqués, ils seraient plus difficile à abattre tous les deux vu qu’ils n’étaient pas regroupés. La jeune femme restait sur ses gardes en avançant le plus silencieusement possible, ses épées en main, prête à agir en cas de danger. Elle était attentive à tout ce qui l’entourait, regardant partout autour d’elle, tout en continuant d’avancer.

Darren s’interrompit soudainement, devenant soudainement raide alors qu’il gardait le regard droit, ce qui stopa également Lyanna dans son avancée. Le soldat ne bougeait plus, inquiet, essayant d’être certain de ce qu’il percevait.
Darren coula un regard en direction de sa partenaire et se passa quelques doigts sous le nez, lui demandant silencieusement si elle ne sentait pas cette odeur bien particulière elle-aussi. C’était le cas. Il dévia donc de trajectoire, un peu plus sur le flanc, pour s’approcher de la source. Le grondement caractéristique d’une nuée de mouches se faisaient de plus en plus entendre. C’était bien le seul environnement sonore qui ne provenait pas de leurs bottes.
La faune, les oiseaux, tout ce qui produisait un bruit naturel s’était étouffée sous l’action d’une étrange influence. Darren écarta quelques branches d’une main et s’enfonça, le P90 en avant, au travers d’une rangée de sapin. Il se plaça immédiatement une main sur la bouche en poussant une plainte. L’odeur de décomposition l’agressa vivement au narine tandis que son regard se levait sur un corps grouillant de larves.

Pendu à la branche d’une vieux chêne, le cadavre s’agitait mollement au gré de la brise. Sa soutane était couverte de plaques de crasses et sang cailleux, de différents fluides organiques que la mort avait libéré. Son visage n’avait plus rien d’humain. Les charognards l’avaient vidé de ses orbites depuis longtemps. Les parties molles aussi, comme les joues, le nez et les oreilles. Tout le reste était colonisé par de grosses larves bien nourries. C’était comme un lac en suspension qui fourmillait sur tout le corps.
Parfois, les nymphes imprudentes se détachaient accidentellement de la carcasse pour tomber au sol, là où une mare grouillaient sur les restes de fluides que la terre n’avait pas bu.
« Putain... » murmura Darren, les traits tirés, alors qu’il poursuivait son approche dans une extrême prudence.

Lyanna s’était également rapprochée, restant à plusieurs mètres de Darren. La découverte était macabre. Horrible. Quelqu’un de sensible aurait déjà rendu son repas rien qu’à l’odeur. Même si elle avait côtoyé la mort, la guerrière était incommodée par la vue et l’odeur du corps humain, enfin ce qu’il en restait. Impossible de savoir de qui il s’agissait, cela faisait un moment que le cadavre était ici. Mais pourquoi ? Peut être pour attirer les créatures ici, non loin du village ? Lyanna n’avait pas de réponses, et elle restait à bonne distance du corps.

"C’est l’un des villageois ?"

Lyanna ignorait si Darren avait la réponse à cette question, celui ci resta d’ailleurs silencieux. Le cadavre était tellement couvert de sang que voir ses vêtements était assez difficile. La guerrière leva les yeux et suivit la corde du regard, parvenant à voir où elle était accrochée. Cela était répugnant, mais s’ils pouvaient accéder au corps, ils trouveraient peut être des indices. Et pour cela, il fallait le faire tomber. Après s’être assurée qu’il n’y avait aucun danger autour d’eux, Lyanna s’éloigna en direction d’un arbre où était attachée la corde. Mais en posant le pied sur le sol, elle sentit une irrégularité sous sa botte, comme s’il y avait un caillou ou quelque chose de dur. Cependant, un son métallique retentit, léger mais perceptible. Un “clic” qui n’avait rien de naturel. Aussitôt, poussée par son instinct, la guerrière resta parfaitement immobile, n’osant plus faire le moindre geste. Même si elle ignorait ce qui se passait, elle se doutait que quelque chose n’allait pas. Elle baissa les yeux, mais ne vit rien d’anormal sous son pied, du moins ce qu’elle pouvait voir. Mais une petite voix dans sa tête lui souffla qu’elle était peut être en danger.

"Heu … Darren ?" lança-t-elle sans se retourner pour le regarder, les yeux toujours fixés sur sa botte.
« Je peux pas te répondre. » fit le soldat qui observait le corps, pensant que son amie lui reprochait son silence.
"Je crois que j’ai un problème".
« Hein ? »
Darren se tourna vers elle et fronça des sourcils en la voyant immobile.
« Lyanna ? »

Lyanna regardait toujours le sol, comme si elle craignait qu’il se passe quelque chose de mauvais si elle faisait le moindre geste. Elle essayait de respirer calmement, mais une part d’elle commençait à s’inquiéter.

"Je voulais couper la corde, mais j’ai entendu un drôle de bruit quand j’ai posé le pied par terre. Je ne sais pas ce que c’est, je crois que j’ai marché sur quelque chose d’étrange".
« Du calme, je m’approche. » lâcha soudainement Darren par pur automatisme. « Je crois que je sais ce que c’est... »
L’arme toujours en main, Clive vérifia les alentours puis s’approcha. Un pas après l’autre, lentement, il s’avança jusqu’à atteindre Lyanna. Il fixa un instant le fameux pied qui ne bougeait plus.
« Je vais regarder. Ne bouge pas ta jambe, d’accord ? »
Lyanna acquiesça d’un hochement de tête, sans cesser de regarder son pied.

Le soldat s’était agenouillé. Avec des gestes très lent, il se mit à déblayer le sol autour de son pied, chassant les feuilles et les branches. La terre était meuble, comme le reste, ce qui prouvait qu’elle avait déjà été retournée. Darren révéla dans ses gestes un boîtier circulaire assez grossier, couvert de soudures et de quelques câbles gainés. Un gros bouton poussoir se trouvait écrasé sous la botte de l’Amazone.
« C’est un explosif artisanal. » lui confia-t-il.
Darren n’avait pas hésité. Il aurait pu lui mentir mais Lyanna lui en aurait voulu ensuite. Et il avait confiance en ses compétences de guerrière, en ce qu’elle était. Vu les pains qu’elle avait distribué aux monstres dans le village, ce n’était pas ce truc là qui allait la faire paniquer. C’est ce qu’il estimait alors qu’il finissait de dégager le dispositif.

Darren sortit sa baïonnette et l’avança sur le bord du métal. Lorsque sa lame passa sur le côté, un aimant l’attira brusquement contre la paroi en faisant raisonner brusquement un ressort. Lyanna ignorait ce que le militaire était entrain de faire.

"Qu’est ce que tu fais ?"
« Je regarde si je peux la désamorcer. »

Il la sentait inquiète.
Même si elle ne connaissait pas le principe d’une mine, sa jugeote lui suffisait à appréhender un peu. En maintenant sa position, en contrôlant ses émotions, elle démontrait ce que Teyla lui avait expliqué avant le départ. C’était bien une guerrière expérimentée. Elle ne se laissait pas aller à la surprise et la panique. Grâce à ça, Darren pouvait explorer le mécanisme sans s’inquiéter de la réaction de son amie. Elle gérait !
« C’est étrange...ça vient d’Atlantis ce truc. Mais ce n’est pas une mine militaire. Ca a été construit avec les moyens du bord. »
Darren passa derrière Lyanna et s’agenouilla de nouveau. Il trouva enfin une petite trappe permettant d’accéder à l’intérieur. Avec l’aide de sa lame, il écarta le battant et examina l’intérieur. Clive présumait qu’être dans le dos de l’Amazone sans rien lui dire excacerberait la situation. Il voulut lui faire un petit trait d’humour alors qu’il dégageait quelques fils.
« Ce n’est pas une excuse pour regarder sous ta jupe. » fît-il d’une petite voix espiègle.

Pendant l’opération, Lyanna se concentrait pour ne pas bouger, et de ce fait, elle ne regardait pas ce que faisait le militaire. Sauf lorsque ce dernier était agenouillé, elle parvenait à voir ses mains près de son pied, s'affairer à quelque chose avec son couteau. Sa dernière réplique était peut être destinée à détendre la guerrière, mais cela n’eut pas l’effet escompté. Au contraire, l’inquiétude qu’elle ressentait la poussait à être sur la défensive, voir un peu stressée.

"Ce n’est pas le moment de plaisanter, je te signale !!!"
« D’accord, d’accord...je ne plaisante plus. » répondit-il illico.

Les fils menaient à une charge de semtex, un explosif qui n’était pas adapté pour les mines. C’était une petite charge de démolition, à peine suffisante pour arracher un pied. La mine pourrait estropié Lyanna. Mais sans besoin d’être artificier, il comprenait que ça ne les tuerait pas. Le petit malin qui avait construit ce truc était un amateur.
Ca arrangeait parfaitement Darren. Le jeune homme n’avait pas les compétences pour désamorcer des mines complexes, voir même les mines couramment utilisée dans le milieu militaire. Il pouvait se démerder pour neutraliser des claymores par exemple. Il avait eu quelques formations là-dessus durant son instruction. Comme le principe de la mine et de ses divers composants d’ailleurs.
Mais si leur adversaire avait pris la peine d’enterrer un vrai dispositif, ils auraient été très mal.

Il n’y avait même pas de piège, de fils multiples ou de déclencheurs. La seule chose qui l’ennuyait vraiment, c’est qu’il n’avait aucun moyen de savoir quel était le câble alimentant la charge. Il avait une chance sur deux de couper le bon fil et, sincèrement, il n’était vraiment pas friand de ces situations de films où le héros faisait le choix critique.

« Le héros qui sauve sa belle d’une mine en gagnant au jeu du hasard, c’est tellement con ! » marmonna-t-il en retirant sa lame du boîtier.
Il se rendit compte que son amie l’avait entendu et il posa une main rassurante sur elle tandis qu’il se relevait, veillant à ne pas s’appuyer sur elle.
« Une situation que l’on trouve dans des films et qui sont vraiment débiles. Je nous ai trouvé une autre solution ! »

"Une solution ? Laquelle ?"
« On va sauter ! » lui répondit-il avec un grand sourire, quittant son arme pour pouvoir descendre la fermeture éclair de son gilet tactique.
« Tu me fais confiance ? »

Autant dire que Lyanna ouvrit de grands yeux surpris en entendant Darren dire qu’ils allaient sauter pour la sortir de là. Etait il sérieux ? Visiblement oui, et la jeune femme respira profondément pour calmer cette appréhension qui la gagnait face à cette situation. Darren lui demanda de lui faire confiance, mais le pouvait elle ? Lyanna n’avait jamais fait confiance à un mâle, mais le militaire avait été le seul à prouver qu’il était là pour l’aider. En se mordant la lèvre, la guerrière acquiesça timidement d’un hochement de tête, en espérant ne pas avoir pris la mauvaise décision. Puis, un détail lui vint en tête, tandis que Darren se préparait à exécuter sa solution. Les épées que Lyanna tenaient toujours allaient être un problème. La jeune femme n’osa pas les remettre dans leurs fourreaux, ou même balancer les bras pour les lancer au loin, de peur que ses mouvements ne déclenchent la mine. Quant à simplement les lâcher et risquer de les abîmer dans l'explosion, c’était hors de question. Lyanna réfléchit longuement, avant de plonger son regard dans celui de Darren. Elle n’avait qu’une seule solution, même si c’était déplaisant pour elle.

"Prends mes épées !"
Le militaire venait de caser son sac à dos solidement devant le pied de Lyanna, y ajoutant du bois pour maintenir la position du couvert. C’était une astuce à utiliser dans le cas d’un explosif qui n’avait pas été neutralisé. En l’attente des équipes de démineurs, on le recouvrait de sac de sable ou de ce qui pouvait y faire office.
Darren se redressa et resta interdit face à la permission de son amie. Ses armes, ça avait souvent été un sujet de discorde. Il s’en était fallu de peu qu’elle lui en veuille vraiment la dernière fois.
« C’est ta façon de me dire que tu me fais confiance ? » s’amusa légèrement Darren en tendant les mains pour les recevoir.
"Arrête de jouer sur les mots, prends les tout de suite" lança-t-elle sur un ton où on pouvait entendre à la fois de la lassitude, mais également du stress à cause de la situation.

Le soldat ne l’ouvrit pas plus.
Il prit ses deux épées, des lames courtes et légères. Darren s’éloigna pour aller les planter un peu plus loin, que son amie puisse les garder en vue. Il comprenait son stress et son manque de diplomatie. Il la trouvait même calme au vu des circonstances.
Le soldat la rejoignit. Il posa son pied gauche un peu en avant, au delà de son amie, en venant la cueillir dans ses bras. Sauf que son étreinte n’avait pas un but tendre et émotionnel cette fois. Il cerna son dos et assura sa prise, puis ses pieds.

« Voilà. Je vais compter. A trois, tu vas te jeter avec moi sur le côté. »
Il donna une petite impulsion, très légère, pour lui confirmer la direction. « Par là. »
Le soldat inspira également, gérant son anxiété pour ne pas contaminer sa partenaire.
« Quand ça va exploser, ça ne sera pas drôle. Ne cherche pas à te débattre, d’accord ? »
Il hocha la tête.
« On y est. Un...deux... »
Le soldat retint sa respiration. Il prononça le “trois” puis se jeta de toutes ses forces sur le côté en emportant la jeune femme à sa suite.

La détonation était moins puissante que ce qu’il avait connu autrefois.
Mais en étant si proche, l’onde de choc se répercuta partout dans son corps et il ne se sentit même pas atterrir sur le sol. Un important panache de débris, de poussière et de flaure lui fouetta la peau et le visage tandis qu’il s’appuyait pour recouvrir l’Amazone. Il ne voyait plus était l’endroit de l’envers. Juste qu’il devait l’avoir face à lui, tourner le dos à l’extérieur, laisser la gravité jouer son rôle.
Les yeux plissés, y voyant à peine, Darren lutta contre les violents acouphènes que l’explosion venait de déclencher. Le sifflement était persistant, à croire qu’un géant venait de mettre un coup de marteau monumental à la cloche d’une église. Sa propre respiration résonnait à l’intérieur de son corps et il se sentait souffler sans même percevoir l’extérieur. Ici et là, quelques débris de feuilles et de branches retombaient autour d’eux.
Darren cligna des yeux, inspectant la silhouette de la guerrière tandis que sa voix se perdait dans le néant.
Il sentait ses lèvres trembler sous l’impulsion de sa voix, il se savait formuler un “Lyanna ?”. Mais ça résonnait encore trop pour s’entendre convenablement.

« ….pas blessé ? »

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
√ Messages : 139

le Ven 20 Mar - 2:03

Lyanna
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T
out s’était passé très vite, j’avais été embarquée dans les bras de Darren qui s’était jeté sur le côté. Sur le coup, je fermais les yeux, je ne vis rien d’autre, sentant simplement le contact du sol sur son corps. Et surtout, j’entendis l'explosion. Une très forte explosion. Un son aussi puissant, je n’étais pas du tout habituée, ayant une meilleure ouïe que Darren. La déflagration m’arracha un petit cri de douleur qui se perdit dans le bruit de la détonation. Je me retrouvai là, allongée sur le sol, protégée par le corps de Darren au dessus de moi. Les yeux fermés, je restai sans bouger, blottie dans ses bras. Mes oreilles sifflaient, je n’entendais plus rien, totalement sourde et désorientée. Je n’entendis pas les paroles du militaire, mon ouïe n’était pas encore revenue. Ce ne fut que lorsque je sentis le corps de Darren se relever légèrement, celui ci étant probablement inquiet pour moi, que j’ouvris les yeux. Je vis ses lèvres remuer, mais aucun son ne me parvint aux oreilles.

"Je n’entends plus rien !" dis je, commençant à m’inquiéter, alors qu’en passant mes doigts à la base de l’une de mes oreilles, j’aperçus quelques traces de sang qui coulait doucement.

Clive entoura mon visage d’une main chaleureuse pour observer mon oreille, ayant également remarquer les traces sur le bout de mes doigts. Il m’examina un instant puis hocha la tête d’une façon positive, s’exprimant davantage par automatisme que dans le but de me faire comprendre un message. Il me décala sur le côté et se redressa avec une lenteur inhabituelle, s’aidant de l’appui qu’il avait toujours sur moi pour se remettre sur ses jambes.

L’explosif avait foré un trou assez important dans le sol. Pas de quoi être impressionnant mais, tout de même, cela donnait l’allure d’un cratère provoqué par une météorite miniature. Darren s’éloigna pour vérifier l’état de son sac. Le patient était mort depuis longtemps, répandant les entrailles du repas offert par Abelle par toutes les crevasses que les éclats avaient causé. Une bretelle avait entièrement disparue et le reste se garnissaient de trous et de brûlures en tout genre. Darren secoua négativement la tête puis reprit la surveillance des alentours. Il m’observa récupérer mes armes, puis il envisagea de décrocher le pendu. La corde céda facilement sous sa baïonnette et il vit la masse s’écrouler sur la mare de vers dans un impact un peu plus perceptible. Ca sifflait toujours mais ça commençait à revenir petit à petit, c’était bon signe.

Darren conserva sa position à mes côtés, surveillant la zone en attendant de recouvrer l’ouïe.

« Tu m’entends ? » disait-il parfois.

Au bout d’une longue dizaine de minutes, nous pouvions enfin nous comprendre. Nous n’avions pas encore examiné le corps, chasser la masse grouillante demandant un peu de temps et surtout de la motivation. Mes oreilles me faisaient moins souffrir, et le sifflement s’estompait peu à peu. Je finis par entendre la voix de Darren, même si cette dernière était encore assez lointaine. Mais au moins, je retrouvais l'ouïe lentement mais sûrement.

« Tu m’entends, oui ? La corde ! C’est une corde d’escalade, ce n’est pas conçu pour un usage à l’extérieur, ça a été fait avec des moyens inapproprié, comme l’explosif. »

Je regardai la corde désignée par Darren, me demandant ce que ça voulait dire.

"Ca veut dire quoi ? Que celui qui a fait ça n’est pas un professionnel ou un guerrier comme toi ?"

« Ce sont des amateurs. Ou alors ils n’avaient pas le matériel pour le pendre. Ils ont fait avec ce qu’ils avaient. »

Maintenant que le corps était au sol, et que la faune charognarde avait été retirée, je me mis à regarder les détails. Certes, il n’y avait plus grand chose concernant la tenue, le corps était en grande partie dénudé. Laissant ainsi apparaître à plusieurs endroits des stigmates que je reconnus aussitôt.

"Ce mâle a été torturé. Regarde !"

Je désignai la bouche ouverte du macabé. On pouvait voir que plusieurs dents étaient manquantes.

"Il a eu les dents arrachées, ça se voit au niveau des gencives. Elles ne sont pas tombées seules".

Je détaillai ensuite le torse et le bas du corps, montrant les divers endroits qui me sautaient aux yeux.

"C’est une lame qui a fait ces traces sur le torse. Avec lenteur, et pas suffisamment profond pour endommager des organes. Le but était de le faire souffrir. Et sur le genou, tu vois cette partie violacée et gonflée ? Il doit avoir le genou déboîté ou cassé. Il a sûrement été frappé plusieurs fois à cet endroit avec quelque chose de lourd. Et tu vois, ses orteils ont été tranchés. Il ne lui en reste qu’un seul".

Je continuai mon examen. Je connaissais les stigmates de la torture pour en avoir pratiqué plusieurs fois sur mes ennemis, pendant les combats. Et il fallait l’avouer, j’avais toujours adoré ça, voir la souffrance et la pitié dans les yeux d’un mâle à l’agonie, pendant que je décidais de son sort. C’était grisant pour quelqu’un qui avait une haine féroce à leur égard. Mes yeux se posèrent sur la main mutilée du cadavre.

"Il a du beaucoup souffrir avant de mourir. Tu vois sa main ? Ses ongles ont été arrachés. Son bourreau a du maintenir ses doigts immobiles en appuyant fortement dessus pour qu’il ressente davantage de douleur. Vu les blessures, ce mâle était encore vivant quand il a subi tout ça."

Darren était resté silencieux. Dès que je m’étais lancée dans l’examen, il avait réalisé que je détaillais le corps avec le regard de quelqu’un d’habitué, voir confirmé dans l’exercice de ce type de souffrance. Le soldat avait cessé de fouiller les poches du cadavre et restait silencieux tout en m’écoutant. Il hochait parfois la tête pour me confirmer le fait qu’il décrochait pas. Mais dans sa tête, il se disait : “merde…”. Clive n’était pas idiot. Vu le comportement des hommes sur ma planète, je ne leur avais pas fait de cadeaux. Ma haine était sans limite. Mais m’entendre parler ainsi, Darren en devinait le plaisir que j’en avais retiré autrefois. C’était comme si un psychopathe qui avait tué des innocents faisaient une appréciation globale d’une peinture dans le musée d’un autre désaxé. Darren me fixait donc dans un mélange d’appréhension et de dépit. Il ne savait pas ce qu’il s’était imaginé dans le fond. Peut-être que ma haine ne reflétait pas véritablement la vérité. Maintenant, c’était pratiquement la preuve que je m’étais beaucoup adoucie. Du moins … tant que Macon restait loin.

« Rappelle-moi de ne jamais te faire de cachotteries » ponctua-t-il d’un humour trop peu sincère pour dissimuler son malaise.

« Dans quel but faire souffrir un homme à ce point ? »

"Il y a généralement deux possibilités : soit pour récolter des renseignements et informations. Ou soit par pur plaisir de faire souffrir quelqu’un".

Darren me dévoila ce que le macabé avait dans sa poche droite. C’était un papier roulé en boule et pratiquement illisible tant le sang l’avait marqué. Pourtant, il y trouvait deux noms dessus. Pas ce qu’on y racontait à côté. Mais il discernait facilement “Darren” et “Lyanna”.

« Ce truc porte nos noms. On dirait plus une lettre qu’une liste mais je n’arrive pas à en lire plus. »

Je regardai le morceau de papier que Darren tenait, mais je ne comprenais pas pourquoi nos noms apparaissaient dessus. Ni qui avait pu l’écrire. Et encore moins pourquoi ce papier se trouvait dans la poche du cadavre.

"Que faisait ce mâle avec nos noms sur lui ?"
« Ce prêtre tu veux dire ? » commenta Darren en bougeant du doigt la croix en bois qui avait serti autrefois sa soutane.

« Ce ne serait pas le type qu’on avait rencontré au tout début et que tu avais voulu empaler ? »

Je regardai plus attentivement le corps. Darren avait raison, c’était sûrement le religieux que nous avions croisé près de l’enclos où le bétail avait été mutilé. Une étrange lueur de tristesse passa dans mon regard.

"Dommage, j’aurais voulu m’occuper moi même de ce mâle. Mais quelqu’un m’a précédé, il en a de la chance celui là" dis je pour moi même, sans me rendre compte que je venais de parler à voix haute, sur un ton plutôt glacial vu les circonstances.

Je me relevai et regardai Darren. Cette expression navrée avait disparu.

"Pourquoi ce mâle avait ce papier ? Il nous connaissait ?"

Darren était désabusé. Il se disait que j’étais incurable et qu’il y avait du travail. BEAUCOUP de travail. VRAIMENT BEAUCOUP de travail pour me convaincre de pas arracher le nez d’un des responsables de nos galères.

« Je me suis présenté pour nous, c’est comme ça qu’il a su nos prénoms. Et ça … je me dis qu’il voulait nous contacter. »

Le soldat secoua négativement la tête.

« Vu l’état où il a fini, j’imagine qu’il avait quelque chose d’important à nous révéler. Nos ennemis ont mis la main sur lui en premier. Tu penses pas ? »

Je secouai la tête, sans comprendre. Je ne voyais pas ce que l’homme aurait pu nous dire de si important.

"Mais c’était un fou ! Je comprenais rien à ce ses paroles, il disait n’importe quoi ! S’il avait vraiment voulu nous dire quelque chose, il aurait été plus compréhensible non ?"

« Ca n’a plus vraiment d’importance maintenant. » fit Darren pour botter en touche.

Il était découragé à l’idée de me convaincre qu’il aurait pu comprendre à travers les lignes. Et que ce religieux, qu’importe sa façon d’agir, avait visiblement essayer de nous avertir de quelque chose qui lui avait valu la mort. Ce n’était pas rien selon lui. Ca participait à l’incompréhension concernant mon jugement, moi qui me contentait d’un “c’est balo” à ma façon.

Darren fouilla les alentours, à la recherche de signe supplémentaires, pour savoir depuis quel endroit il avait été transporté. En écartant une nouvelle série de branches, le soldat découvrit un petit amas de vers grouillant, probablement là où il avait perdu son sang pendant qu’on le traînait.

« Mais on dirait bien qu’il nous a laissé une piste à suivre. » conclut le soldat en m’interrogeant du regard.

Je ne comprenais pas la réaction de Darren sur la mort du religieux. Il fallait dire que nous n’avions pas la même vision des choses. Le militaire chercha autour de nous, et tomba sur une trace de sang. Le corps avait visiblement été trainé, et comme disait Darren, c’était une piste à suivre. J’acquiesçai d’un hochement de tête.

"Allons voir ça".

« Un instant. »

Darren revint à l’endroit où il avait laissé son gilet tactique. Il voulut l’enfiler d’un geste rapide, comme lorsque l’on s’enveloppait d’une cape, mais poussa une soudaine plainte en se comprimant le flanc. Il y avait été trop joyeusement en m’emportant dans sa chute, sa blessure s’était salement réveillée. Le militaire enfila donc plus doucement son équipement et se mit en route juste après. Il nota mentalement la position du prêtre, se disant qu’il méritait tout de même une sépulture décente lorsque la situation serait réglée.

J’avais entendu la plainte de Darren lorsque ce dernier avait tenté d’enfiler son gilet tactique. Et même si celui ci faisait comme si de rien n’était en s’éloignant une fois prêt, je le détaillai du regard avant de lui emboîter le pas. Je forçai l’allure pour arriver à côté de lui, et le dévisageai, inquiète.

"Tu es blessé ?"

« Oh … heu, t'inquiète pas. Ca va aller. » fit-il un peu hâtivement.

Je ne croyais pas un seul mot de Darren. Ce dernier voulait me rassurer, mais son corps démontrait le contraire. Marchant toujours à ses côtés, je ne voulais pas en rester là, têtue.

"Tu sais, un mâle blessé est inutile au combat".

Je portai à nouveau mon attention sur Darren, ignorant comment il allait réagir à ma demande.

"Fais moi voir ça".

Clive eut un temps d’arrêt. La petite tentation d’accéder à sa requête l’avait travaillé quelques secondes. Mais il reprit le chemin tout en s’excusant d’un :

« Tes démons vont te rattraper, très chère. Tu vas me transformer comme ce type là-bas. »

Je soupirai, puis emboîtai à nouveau le pas de Darren.

"Si j’avais voulu te torturer, je l’aurais fait depuis longtemps, je te rappelle".

Je forçai le pas, et vins me placer devant Darren pour lui barrer la route et le forcer à s’arrêter en même temps que moi.

"Je n’ai pas l’intention de te faire du mal. Du moins, ça ne me donnera pas de plaisir".

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Le soldat et l'Amazone - Page 3 Vo67


DC : Kyle Hawkins - Rodney McKay - Skyler McAlister
Couleur d'écriture : #F64C6E

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Darren Clive

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√ Messages : 224

le Ven 20 Mar - 2:04

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
D
arren secoua négativement la tête. Les traits tirés par la douleur qu’il montrait enfin, il hésita longuement avant de lui demander d’une voix différente :
« Tu me promets d’y aller doucement ? »
"Si je peux t’examiner sans douleur, oui. Mais je ne sais pas ce que tu as".
« La bestiole qui m’a mordu, quand on s’est battu devant l’incendie...elle m’a laissé un cadeau. » avoua le soldat alors qu’il ouvrait entièrement sa veste.
Rien que le contact du tissu en mouvement le fit serrer les dents. Maintenant qu’il était à l’arrêt et ne se planquait plus derrière les oeillères, il dévoilait son torse et son ventre à l’Amazone. Il ne chercha pas à lui montrer directement, s’adossant au tronc d’un arbre et laissant ses mains contre ses jambes. Ca l’avait privé d’une part de sommeil et c’était vraiment sensible. Lyanna s’approcha de Darren, non sans se surprendre à laisser ses yeux se balader sur le torse du militaire. Elle en avait vu, des corps d’hommes, mais jamais dans ces circonstances. Et encore moins avec un mâle pour qui elle avait de l’attachement. Elle ne voulait pas se l’avouer, mais ce qu’elle avait sous les yeux lui plaisait bien, c’était agréable à regarder. Se sentant alors honteuse d’avoir de telles pensées pour un mâle, la guerrière secoua la tête en détournant le regard, et se concentra sur la blessure de Darren. Là au moins, c’était moins agréable à contempler.

Darren laissa la jeune femme explorer cette partie de son ventre. Sa respiration légèrement angoissée faisait jouer les traits fins et perceptibles de ses abdominaux, sa peau bien nette. Mais plus sur le flanc, ils prenaient une allure enflammée, au milieu de plusieurs encoches de perforations cicatrisées. Les dents du monstre avaient percé sa veste et sa protection pour se planter dans ses chairs, en un demi arc de cercle. La majorité était bénigne, les croûtes déjà coagulée. Mais pour une dernière, les bords d’une plaie presque purulente demeuraient bien ouverte, comme si elles cherchaient à chasser un élément étranger. Le gonflement était caractéristique de la présence d’un corp étranger et ses tissus étaient devenus très douloureux sur le pourtour de la blessure.
Darren se tendit à l’approche des mains de Lyanna, préférant quasiment retenir son souffle. Lyanna remarqua bien que les pourtours de la plaie étaient gonflés, et que c’était sûrement douloureux au toucher. Mais elle n’avait pas d’autre choix.

"Je te préviens, ça risque de faire mal".

Cependant, Lyanna tenta d’être la plus douce possible dans ses gestes. Elle écarta lentement les bords de la plaie, voulant voir ce fameux corps étranger dont Darren parlait. Celui-ci se raidit soudainement. Par pure fierté, il développa toute sa volonté à ne pas laisser passer un son. Lyanna remarqua quelque chose non loin de la surface, et relâcha la pression de ses doigts.

"On dirait une dent. Je pense que la créature a perdu un croc en te mordant. Du moins, un morceau parce qu’il est de petite taille".
« Chouette... » maugréa-t-il.

Lyanna réfléchit quelques instants. Elle n’avait pas de compétences particulières pour les soins, sans doute beaucoup moins que Darren. Mais ce dernier ne pouvait pas se soigner tout seul. Et si le corps étranger n’était pas retiré, le militaire allait souffrir d’une infection de sa blessure. Il fallait prendre une décision.

"Tu as quelque chose pour le retirer ? Une pince, ou quelque chose dans le même genre ?"

Le soldat voulait lui dire non.
Il avait envie de lui dire que n’ayant pas ce matériel, il ne pouvait pas sortir le morceau de dent de son ventre et qu’il fallait attendre de retourner sur Atlantis. En réalité, il avait essayé seul avait un morceau de miroir. Ca lui avait fait tellement mal qu’il avait renoncé et préféré attendre.
Mais...s’il disait non. Est-ce que Lyanna n’allait pas dégainer sa dague pour s’en servir en mode rambo ? Il la voyait déjà lui triturer le bide entre la pointe de son poignard et un doigt bien epais, lui faisant gueuler de tout son saoul. Une chose certaine...il ne ferait pas un pli s’il tentait de résister.
« Oui... » dit-il à contrecoeur.
Darren dégrafa l’une des poches de son gilet tactique pour sortir une pince à clamper, adapté à ce genre de pratique. Le sang qu’il n’avait pas réussi à retirer et qui avait séché sur la surface du métal l’accusait de ses tentatives échouées.
« C’est...pas une bonne idée... » fit-il d’une voix hasardeuse.

Lyanna prit la pince dans les mains, écoutant les paroles de Darren.

"Tu préfères laisser ta blessure s’infecter pendant que tu souffres le martyr ? De là où je viens, on mettait fins aux souffrances d’une personne qui avait une infection car elle n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Tu veux que je t’égorge tout de suite, ou tu me laisse tenter ma chance pour te retirer ce truc ?"
« T’es pas cool. » lâcha-t-il, l’air plaintif. « T’aurais quand même pu me sortir les sentiments pour me convaincre au lieu de la menace bien sanglante ! »
"Les menaces, ça marche toujours".

Lyanna garda le silence quelques secondes, en se mordant la lèvre, avant de reprendre.

"Et puis, si tu n’es plus là, qui va tempérer mes actions en disant que tuer quelqu’un, c’est mal ?"
« Ah...t’es sur le point de dire que c’est à ton tour de veiller sur moi ? » plaisanta Darren en expirant. « Fait ça vite ! »

Lyanna rougit légèrement aux paroles de Darren, ne voulant pas avouer que, effectivement, elle prenait soin de lui. Le militaire était finalement d’accord pour qu’elle retire l’objet de sa blessure, malgré la douleur qu’il allait ressentir à coup sûr. Mais mieux valait avoir mal que mourir, non ? La guerrière approcha alors la pince de la blessure, et de ses doigts, elle écarta les bords afin d’ouvrir la plaie. Elle attendit un instant que Darren s’habitue à la douleur, pendant que de son côté, elle respirait le plus lentement possible pour calmer cette appréhension qu’elle ressentait. Ce n’était pas du tout son domaine, elle n’était pas à l’aise, mais elle n’avait pas le choix.

"Au fait, j’ai oublié de te dire quelque chose : je n’ai jamais fait ça auparavant".

A peine avait-elle finit de parler, ignorant la réaction de Darren, elle enfonça la pointe de la pince à l’intérieur de la plaie. Elle farfouilla à l’intérieur, essayant de travailler vite mais avec des gestes aussi sûrs qu’elle pouvait, cherchant à agripper l’objet.

« HEIN ? QU... » s’était-il écrié juste avant qu’elle ne parte à l’assaut de sa blessure. Le passage des pinces dans la plaie lui fit agrandir les yeux sous l’effet d’une douleur fulgurante. Son corps se contracta naturellement par réaction et, s’il n’y avait pas eu cet arbre, il aurait très bien pu faire un bond en arrière par pur réflexe.
Lyanna fut gratifiée d’un merveilleux : « Oh, putain !!!! » alors qu’il posait chacune de ses mains sur ses épaules. Il ne serra pas fort, bien que le geste témoignait de la douleur qu’elle lui faisait subir.
« Chui...sûr...que ça te plait !!! » enragea-t-il tout en serrant les dents.

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
√ Messages : 139

le Ven 20 Mar - 2:11

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J
e restais concentrée sur ma tâche, mais je levais les yeux pour regarder Darren, le voyant souffrir. Etrangement, sans que je sache pourquoi, je n’aimais pas le voir dans cet état.

"En temps normal, oui, ça m’aurait plus … mais … je ne sais pas pourquoi … je n’aime pas te voir souffrir" dit elle sur un ton emplit de douceur et de sincérité.

Je continuai de chercher tant bien que mal l’objet, butant dessus mais sans réussir à l’attraper avec la pince. Je cherchais à tâtons, fermant les yeux de temps à autre pour me concentrer.

"Allez … viens là ..." murmurai je.

Puis, au bout d’un moment qui avait dû être une éternité pour le soldat, je parvins à coincer le bord de l’objet entre la pince.

"Ca y est … je te tiens !"

Doucement, je retirai la pince, sentant une résistance provoquée par le morceau de croc qui suivait. Puis, je finis par sortir le corps étranger, et relâchai la pression de mes doigts sur la plaie de Darren.

"C’est bon, je l’ai retiré. Je fais quoi, maintenant ?"

Au beau milieu de cette phrase, Darren s’était effondré en se laissant glisser le long du tronc. Il tomba littéralement sur le cul, d’un léger cri mêlant une plainte de douleur trop longtemps contenue. Instinctivement, il avait porté sa main par-dessus la plaie afin de retenir l’épanchement. Il s’était remis à saigner et le soldat s’en trouvait soulagé. Vraiment soulagé. Pour l’instant il avait mal. Ca irradiait de son torse jusqu’à son genou tant ça lui faisait mal et il n’osait pas bouger un orteil. Pourtant, il savait que ça irait mieux maintenant et c’était grâce à moi.

Darren était en sueur, le regard hagard. Il tentait encore de reprendre une respiration normale et il fixa la pince ensanglantée que je tenais encore dans la main.

« Franchement...je préfère quand on s’embrasse, on passe un meilleur moment ! » gémit-il dans un mélange de peine et de reconnaissance.

Pour l’instant, il se remettait les idées en place. Il n’avait pas le coeur à sortir son kit de secours tout de suite. Du moins, ce qu’il en restait.

J’avais laissé Darren glisser le long de l’arbre pour se retrouver allonger sur le sol. Au moins, il se reposait, c’était mieux que rester assis. Le sang coulait, et je ne savais pas trop quoi faire. Enfin si, j’avais une idée, mais je doutais que le militaire soit d’accord. Tandis que Darren reprenait la parole, je m’installai à côté de lui, posant la pince par terre. Puis, je le regardai, ayant mal pour lui. Je ressentis quelque chose d’étrange m’envahir, une nouvelle sensation : j’aimais bien m’occuper de lui alors qu’il était dans le besoin. Comme lui l’avait fait pour moi. Et de ce mâle uniquement. Les autres, j’ai toujours autant de plaisir à les voir souffrir. Et alors que Darren restait sans bouger, se remettant de ses émotions, je me penchai en avant, et embrassai doucement le militaire pour terminer cette histoire dans un moment de tendresse.

D’abord surpris par cette délicate attention, Darren fît glisser sa main propre sous ma chevelure pour me piéger dans cette posture et apprécier davantage le contact. Clive était touché par cette spontanéité et il y répondit en avançant également ses lèvres.

« Merci... » me dit-il dans un souffle, pour m’être occupée de lui.

Il savait bien qu’il n’aurait pas fait long feu avec ce morceau dans le ventre.

Après quelques secondes, je finis par me redresser, osant poser la question à laquelle je savais que le soldat serait contre.

"Tu veux que je fasse un feu pour cautériser la plaie ?"

« Ah nan. Si tu me fais ça, c’est un cadavre que tu finiras par embrasser. C’est sale ! » répondit-il en balayant la main. « Sans t’insulter … tu sais coudre ? »

Je ne savais pas vraiment pourquoi Darren rejetait rapidement mon idée. Pourtant, c’était une manoeuvre habituelle quand quelqu’un était blessé, non ? Ah là là, la différence de culture. A la question du militaire, j’eus l’air surpris, ne sachant pas où il voulait en venir.

"Heu … ça m’est arrivé de faire un peu de broderie … mais pas beaucoup … l’artisanat n’était pas mon rôle, à part pour forger mes épées".

« Ben … ça me convient ! » répondit-il en fouillant dans sa poche à la recherche de son kit.

Darren en sortit une aiguille et du fil à suturer. Les gants chirurgicaux n’y étaient plus, sûrement lorsqu’il avait ouvert le kit n’importe comment en tentant de réanimer Heimda.

« Tiens … tu vas faire de la broderie sur Darren » souffla-t-il en me tendant le nécessaire.

Le soldat se redressa légèrement pour répandre du désinfectant sur sa plaie. Il en plaça ensuite sur mes mains, sa respiration reprenant des tours à mesure que l’anxiété le gagnait.

« Chez les Atlantes, on se reprise la peau. » m’expliqua-t-il vulgairement. « Tu me fais un beau petit point de croix, d’accord ? »

Je fronçai les sourcils en écoutant les instructions de Darren. Faire de la broderie ? Sur lui ? Sur sa plaie ? Il avait perdu la tête ? Même si le militaire m’expliquait que cet acte était souvent réalisé sur le monde d’où il venait, je n’étais pas rassurée. Je regardais mes mains désinfectées tenir le kit de couture, pas du tout sûre de moi.

"Quoi ? Tu veux que je fasse de la broderie sur ta peau ? Mais … non … je ne peux pas … je ne vais pas y arriver … je ne sais pas comment faire !"

« Imagine que tu as fait un trou dans ta jupe et que tu veux le refermer ! » rétorqua Darren. « C’est pareil... »

Il me rassura du regard.

« Ecoute...si je le fais tout seul, sans même voir où je pique, je vais me foirer ! Tu m’as sauvé alors... »

Il me sourit.

« Ne me laisse pas tomber, maintenant, d’acc ? »

Je plongeai mon regard dans celui de Darren, et finis par acquiescer d’un léger hochement de temps, respirant profondément. Je préparai l’aiguille avec le fil, puis essayai de visualiser une jupe à la place du flanc du militaire. C’était très difficile, mais je n’avais pas le choix. D’un geste hésitant, je resserrai les bords de la plaie, et piquai l’extrémité. Au début, mes gestes étaient maladroits, je n’avais jamais fait ça sur un corps humain. C’était difficile pour moi de faire ça correctement. Et puis, je n’étais pas une spécialiste de la broderie, alors j’allais lentement dans mes gestes. Le temps passa, et je finis de l’autre côté de la blessure, serrant l’étreinte du fil contre la peau.

Pendant ce temps, le soldat avait oscillé entre une résistance farouche à la douleur, des plaintes s’échappant régulièrement de sa gorge. Puis parfois, il pressait entre mes doigts de la gaze pour éclaircir la plaie lorsque j’avais tiré le fil. Le militaire jouait sur son souffle, inspirant et expirant longuement, quitte à avoir l’air débile. L’idée de se shooter avec une dose de morphine lui avait traversé l’esprit depuis un petit moment déjà. Mais tout bon militaire savait que sous l’effet de cette drogue, les réflexes et la visée s’en trouvaient affecté.

Maintenant que je m’occupais de lui, bien que Darren avait tenté de me dissimuler son état depuis plus d’une journée, l’idée de repartir en mission semblait loin pour le militaire. Mais tout cela n’était que passager. Lorsqu’il comprit que je venais d’atteindre mon but, le soldat se détendit du visage jusqu’aux orteils, peinant à se dire que c’était enfin terminé. Il me tendit les ciseaux pour que je coupe le fil à suturer une fois le noeud fait puis, dans ce même élan de reconnaissance, il prit ma main.

Je terminai de suturer la plaie et couper le fil, avant de poser la paire de ciseaux. Je fus surprise lorsque Darren prit ma main dans la sienne, mais je le laissai faire. Au contraire, je la serrai doucement, regardant avec attention le militaire pendant qu’il se reposait. J’attrapai même la veste de Darren pour la placer sur son torse, afin qu’il ne prenne pas trop froid. L’inconvénient, c’était que je ne pouvais plus le détailler du regard, maintenant que la situation était plus calme.

Darren se souvenait des gars, au mess, qui impressionnaient les filles en parlant de leur blessures de guerre. La façon dont ils les avaient subies, encaissées, voir même rafistolées avec les moyens du bord. Clive avait envie de se découvrir un super pouvoir spatio-temporel pour aller les voir et les insulter de tous les noms d’oiseaux. Être blessé et se suturer sur le terrain … CE N'ÉTAIT PAS DRÔLE !!! Il n’y avait pas de quoi se la raconter ! Ces types tout velus, tout protéinés avaient dû en chier au moins autant que lui ! Ou ils avaient pleuré comme des fillettes ! Il n’y avait qu’une seule chose qui rachetait le regret de ne pas avoir été pris en charge à l’infirmerie avec une armée de toubibs, c’était le goût de mes lèvres qui trainait sur sa bouche.

Darren demeura ainsi un bon moment avant de se raisonner. Il me donna quelques indications pour lui poser un pansement compressif, puisque je devrais lui cerner la taille avec la bande. Maintenant que l’objet était retiré, la plaie suturée, il n’y avait plus que le risque de l’infection. Un large pansement aurait suffi mais il s’offrait un petit confort. La douleur lancinait continuellement et il ne cessait de se dire que tous ces vantards avaient bien romancé leur version. Il se sentait faible, lassé et à bout. C’était l’immobilisme, le fait de ne pas bouger. Plus on restait sans rien faire, moins on avait envie d’en faire. C’était encore pire lorsqu’on était blessé.

« Tu as été au top. »

Il le pensait vraiment. Darren reprit sa veste, ayant besoin de mon aide pour l’enfiler. Pareil pour son gilet tactique. Il ne savait pas vraiment s’il allait tenir durant un combat mais c’était mieux que de rester blessé. Bien mieux… Le soldat récupéra petit à petit toutes ses affaires puis posa un regard quasi amoureux sur moi.

« Penchée comme tu l’étais au-dessus de moi, on aurait dit un ange … tu caches bien ton jeu. »

J’aidai Darren à se relever et à remettre ses affaires, après l’avoir soigné. Je n’aurais jamais pensé être capable d’une telle chose. Et encore moins pour un mâle. Si j’avais eu à faire à quelqu’un d’autre, j’aurais sans doute regarder la pauvre victime souffrir et se vider de son sang. Ou alors, je j’aurais achevé pour ne plus entendre les cris. Mais avec Darren, c’était différent. Je l’appréciais. Je l’appréciais vraiment, et ça m’inquiétait car je n’avais jamais ressenti cette sensation pour un mâle. J’aimais être avec lui, près de lui, je me sentais bien quand il était là. Et étrangement, je me sentais mal quand il n’allait pas bien. C’était donc ça, ces fameux sentiments dont il m’avais parlé, pour une personne chère ? Je finis d’aider Darren à se préparer, avant que ce dernier ne me fasse une remarque en me regardant. Penchant un peu la tête sur le côté, ignorant de quoi il parlait, je lui posai une question, me doutant bien que c’était un compliment vu la façon dont il me décrivait.

"Qu’est ce qu’un ange ? Un animal ?"

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Le soldat et l'Amazone - Page 3 Vo67


DC : Kyle Hawkins - Rodney McKay - Skyler McAlister
Couleur d'écriture : #F64C6E

Spoiler:
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Darren Clive

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√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 224

le Ven 20 Mar - 2:13

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
.
« Un ange ? Et ben...c’est quand on soigne un homme au lieu de l’achever. » répondit-il avec humour.

Darren préférait éluder.
Expliquer qu’il s’agissait d’une incarnation déifique l’aurait amené sur le sujet ô combien vaste et délicat de la religion. Il préférait remettre cette discussion à plus tard, autour d’un repas chaud ou d’un bon verre. Les occasions seraient légions lorsqu’ils auront résolu l’affaire Macon. Voir même entre deux missions. Des moments qu’il estimait agréable.

Clive leur avait fait perdre suffisamment de temps en jouant les gamins. Soigner sa blessure aurait dû se faire dans un endroit moins sale et exposé qu’à trente mètres d’un cadavre en décomposition. A l’auberge par exemple, avant le départ. Il pouvait s’estimer heureux d’être isolé avec Lyanna parce qu’un officier aurait vu ça d’un très mauvais oeil. Le fait d’avoir caché sa blessure et lancé la manoeuvre sans le signaler, c’était très exactement ce qu’on aimait pas dans l’armée en terme d’efficacité opérationnelle. Mais c’était également un comportement humain. La fierté d’une part, puisqu’il n’avait pas voulu demander de l’aide à l’Amazone (c’est Darren qui se faisait le devoir de sauver ordinairement la guerrière et pas l’inverse) ; mais aussi parce qu’il avait eu son quota de souffrances lors de ses deux derniers essais.

C’était désormais une affaire réglée.
Le soldat s’était rééquipé et il repartit dans les entrailles de la forêt en suivant les amas de vers charognards. Maintenant qu’il savait certains endroits piégés avec des engins maison, le jeune homme faisait son paranoïaque en s’arrêtant au moindre buisson suspect. C’en était pénible autant pour lui que son amie. Il préférait avancer doucement et sûrement que de se retrouver avec une jambe en moins.

Il perdit bientôt la piste, peu compétent dans la matière. Un Runner comme Ronon aurait fait un excellent guide, il aurait pu leur tracer la route les yeux bandés, rien qu’en reniflant l’odeur de décomposition sur le chemin. Hélas, ni lui ni Lyanna ne pouvaient faire appel à ce genre de savoir. Darren avança et recula, alla d’un côté et de l’autre sans jamais trouver d’indice. Il perdait sans cesse le sens de l’orientation, contraint de se référencer à sa boussole pour reprendre une bonne trajectoire.
Mais finalement, Lyanna lui fît signe lorsqu’elle perçu des voix humaines, des voix de mâles. Le soldat pouvait le deviner simplement en remarquant ses poils qui s’hérissaient comme une chair de poule. Et pour cause, il s’agissait d’une conversation entre deux hommes. Le genre de discussion de vantard qui suintait le sexe sale. Le genre de discours que Darren détestait.

En suivant l’Amazone, il trouva une cachette suffisamment proche des deux hommes sans se faire repérer pour les écouter. La façon dont Lyanna s’était déplacée et planquée prouvait qu’elle était rompue à ce genre d’exercice. Elle l’avait déjà fait plusieurs fois pour prendre en embuscade le genre opposé sur sa planète, ça se sentait. Ca se devinait. L’Amazone savait ce qu’elle faisait comme si c’était une seconde nature, celle d’une prédatrice. Darren se força à demeurer concentré, bien qu’il découvrait une nouvelle facette de son amie. C’était comme être le minuscule poisson nageant à côté de l’énorme requin avide de sang. En prenant place à ses côtés dans ce relief, il toisait et examinait son air meurtrier. La jeune femme lui fît malgré tout un signe de la main, parce qu’il n’avait pas été assez discret. Elle se pointa les deux yeux de la main avant de tendre ses doigts dans la direction concernée.

Clive s’exécuta. La surprise étira son visage lorsqu’il remarqua deux hommes en tenue classique, habillé comme le monsieur tout le monde que l’on croiserait dans un monde extérieur...fumer des cigarettes parfaitement Terriennes. Le premier était grand, le crâne rasé, plutôt baraqué. Le stéréotype parfait de l’homme de main à la dégaine de nazi, exhibant en holster de flanc un neuf millimètres visiblement personnalisé. La crosse argenté avec une tête de serpent. C’était le signe du mec qui étalait sa virilité comme s’il avait comprit le fonctionnement du monde. Crâne d’oeuf…
Quant à l’autre. C’était davantage la petite frappe vicelarde. Le regard un peu foufou, de profondes cernes, des croûtes sur le visage. Il faisait la définition du junkie qui avait réussi à franchir les mailles du filet. Il tenait sa clope entre son pouce et son index, s’inclinant pour fumer dans une position type “beau gosse” qui contrastait avec sa sale gueule.
Le genre de truc qu’un adolescent a étudié devant son miroir pour impressionner les filles...et qui ne sert strictement à rien dans la réalité.
Rampouille…

Lyanna les avait repéré longtemps avant Darren. Le soldat fixa un instant son amie en se posant des questions sur son conditionnement. Elle avait été élevé et entraînée à tuer l’homme, elle avait étudié et acquis les moyens de les débusquer en plus de les abattre. En lui trouvant cette expression glaciale et concentrée, Darren comprit que sa nature profonde avait repris le dessus. Il partageait cette cachette non pas avec la Lyanna curieuse et progressivement amoureuse de lui. Il l’était avec une tueuse en série qui salivait devant deux nouvelles cibles de chair fraîche.
Et vu la teneur de la conversation, il aurait un mal fou à l’en dissuader.

« Allez, raconte ! C’est quoi ton grand secret ? » s’exclama Rampouille avec excitation.
« La pression mon gars. La pression ! » rétorqua-t-il avec fierté en tirant sur sa clope. « Quand tu connais les sales petits secrets d’une gonzesse, elle arrête de te snober. Fini le coup du petit cul serré ! Elle t’ouvre direct un boulevard entre ses cuisses dans l’espoir que tu la fermes. »
« Ca a l’air si facile quand tu en parles, file moi des cours ! »
« Y’a rien à apprendre, suffit d’observer. Plus ça fait la pétasse en public, plus elle cache des trucs bien sales. Tu trouves le truc le plus dérangeant, tu lui glisses l’info en faisant ton mâle, et t’a plus qu’à la prendre. T’a qu’à te servir salement. Rien à foutre si elle fait sa traumatisée après. »
« T’es un génie mon pote. T’en a pris combien comme ça ? »
« Hmmm...neuf ? »
Il décompta sur ses doigts, sa clope dansait à mesure qu’il se vantait.
« Avec celles que j’ai fais chialer, celles que je fais gueuler, et la petite dernière...ouais, douze ! »
« Bon record mec. Bon record ! »

Rampouille jeta sa clope puis s’approcha de quelques pas.
Au début, Darren crut qu’il les avait découvert, qu’il avait perçu un mouvement ou quelque chose dans les fourrées. Mais les mains qu’il plaça sur sa braguette lui fit comprendre une autre réalité. Sans même se rendre compte de leur présence, le type se plaça devant eux, sortit son engin et vida sa vessie à quelques dizaines de centimètres seulement.
S’il y avait un Dieu, il organisait clairement la situation pour faire abattre Rampouille dans un maximum de souffrance. Car, forcément, il pissait juste à côté de Lyanna en menaçant de l’éclabousser.
Forcément, Clive sentit la haine irradier de son amie comme un brasier intérieur. La chaleur qu’elle dégageait à ce moment-là l’étonna et il chercha à l’apaiser de son contact. Il ne craignait pas que Rampouille les découvre parce qu’ils auraient bougé. Il craignait qu’il perçoive lui aussi la chaleur de haine émanant d’en dessous les fourrées.
Darren ressera son étreinte sur l’épaule de Lyanna et l’attira un peu plus contre lui pour l’éloigner du flot d’urine. La guerrière se laissa faire, le regard rivé sur sa future victime. Elle serra ses épées dans ses mains, voulant réagir avec rapidité pour couper la virilité qui dépassait à quelques mètres d’elle. Si Darren n’avait pas été là pour calmer ses ardeurs, elle l’aurait déjà fait.

« Bon sang ! J’ai hâte de me vider les couilles ! C’est quand déjà ? » s’écria-t-il la clope au bec.
« Dès qu’on a choppé la fille du seigneur. Le boss nous a fourni le matos pour filmer. Pas de cadeau mec, il insiste là-dessus. » répondit Crâne d’oeuf.
« J’vais lui tourner un putain de film, ouais ! Avec la gueule de ce connard de soldat, je vais faire un tabac ! »
Rampouille remua son engin de bas en haut comme pour mimer les coups de boutoirs qu’il ferait subir à sa future victime.
« J’vais la faire hurler jusqu’à ce qu’elle fasse une putain d’extinction de voix. Elle va saigner par tous les trous cette Hel...Nel...Mem... ! »
« Heimda ! La cible s'appelle Heimda, tocard ! Et ouaip, elle est bien gaulée pour une gamine. J’prendrai les restes. »
Rampouille referma sa braguette dans un râle de soulagement bien abject.
« S’il en reste ! T’es p’t’être le maître de l’embrouille pour chopper de la pétasse. Mais moi, j’ai pas mon pareil pour leur fracturer le bassin. Tu auras qu’à te rabattre sur le cul de son paternel ! »

Ils ricannèrent en s’éloignant. Lyanna était prête à bondir après avoir entendu les propos des deux hommes, la colère et la haine l’envahissant. Mais l’étreinte de Darren l’empêchait de faire le moindre geste. Alors, elle se contenta de leur jeter un regard noir, comme si elle avait pu les faire souffrir et les tuer lentement de cette manière.
Soudaint, l’environnement pourtant dégagé avala les deux hommes tout cru, comme s’ils avaient eu le pouvoir de disparaître en un claquement de doigt, ce qui fit froncer les sourcils de Lyanna. Celle ci ne comprit pas ce que venait de se passer. Darren comprit immédiatement qu’il s’agissait d’un dispositif d’occultation dissimulant une installation. Les échos de leurs voix lui laissait présumer qu’il s’agissait d’une grotte ou d’une formation rocheuse que l’on cachait à leur vue.

Durant tout ce temps, Darren s’était tenu silencieux comme tout bon militaire embusqué. Lyanna plaquée dos contre son torse, il l’avait maintenu d’un bras cernant sa poitrine pour l’interdire de sauter au travers du buisson. L’empêcher de découper Rampouille d’un bout à l’autre avant de s’occuper du second. Par l’intermédiaire de ce contact, il sentait les battements cardiaque de Lyanna devenu fort à travers son armure. C’était sa haine et sa colère...ça avait littéralement un impact physique. Mais elle devait rester cachée avec lui.

Ces types étaient une vaste blague. Un sketch ! C’en était même ridicule, à croire qu’il s’agissait d’un jeu de mauvais acteurs de série B qui massacrait le rôle du vilain méchant. Force était de constater que ces deux types étaient sérieux, que c’était bel et bien dans leur tempérament de se conduire de la sorte dans un Programme d’Expédition. Car Darren était persuadé qu’il s’agissait de deux Atlantes sous habits civils. Envoyés par Macon !
Le soldat se moquait pas mal de savoir qui ils étaient. L’idée de leur foutre une balle dans le bide le démangeait salement, surtout depuis qu’il avait compris qu’ils projetaient d’agresser Heimda. Clive était stupéfait d’apprendre que ça se ferait avec “sa figure”, ce qui rejoignait les doutes que lui avait partagé Lyanna. L’agression par un “autre Darren” n’était plus si fou que ça en fin de compte. L’un de ces deux débiles avaient dû le faire...
Un film de sa personne...agressant la fille du Seigneur local. Si ce n’était pas une fausse preuve commandité par Macon ça ?

Pourtant, ça lui semblait particulièrement grossier comme manoeuvre.
Est-ce qu’il manquait de moyens ou de stratégie pour l’avoir autrement que le sempiternel “Violeur de Pégase” ? Depuis l’époque de Berkham, c’est vrai que le CODIR faisait la chasse au comportement déviant. Mais ils n’allaient pas avaler d’emblée une couleuvre aussi grande, non ?
A moins que...le conseil se porte témoin de “ses” crimes.

Darren se rendit compte qu’il tenait encore Lyanna contre lui, visant toujours à lui interdire toute réaction ou assaut sur les deux disparus. Il la relâcha puis sortit doucement de sa cachette pour approcher de la zone de disparition. En silence, il échangea un regard avec son amie. Elle ne comprenait manifestement pas cette “sorcellerie”, elle se tenait là, devant l’endroit où les deux hommes avaient disparu, regardant partout sans trouver de réponse à sa question. Alors Clive lui montra.
Il s’agenouilla pour prendre une pierre qu’il lui présenta. Il l’envoya d’un geste sec vers l’avant.
La pierre disparut exactement de la même manière mais relaya l’écho d’une glissade sur une surface rocheuse. Et pour explication, Darren tapota de son index l’insigne de l’expédition de Pégase sur son épaule. C’était une technologie Lantienne.
Un dispositif d’occultation.

Darren quitta sa posture agenouillée mais demeura recroquevillé, son arme en avant. Il était temps d’y aller. Rampouille et Crâne d’oeuf allaient les mener jusqu’au coeur du camp ennemi. Mais avec le discours qu’ils avaient tenus, Darren avait besoin de mettre les choses au clair.

« On a besoin d’eux vivants. » murmura-t-il à son adresse.
Il fixa l’Amazone, comprenant qu’elle lui sortirait son fameux “je ne te promets rien !”. Comme pour le brigand, quelques jours plus tôt, qu’elle avait laissé vivant pour quelques minutes. Elle s’était acharnée comme une folle sur lui.
« Lyanna. Promets-le moi. Il nous les faut vivants... »

Lyanna regarda Darren avec un air d’incompréhension. Le soldat les voulait vivants ? Après ce qu’ils venaient de dire, de dévoiler de leur plan ? La jeune femme ne comprenait pas du tout pourquoi ces deux monstres devaient avoir la vie sauve.

"Pourquoi vivants ? Tu les as entendu, ce sont des montres. Ils veulent s’en prendre à Heimda. Je ne les laisserais pas faire, je les tuerais avant qu’ils n’arrivent à elle".
« On va les neutraliser avant. Mais ne les tue pas ! Il nous les faut vivants pour les faire témoigner contre Macon ! »

Darren finit par s’avancer vers le bord de l’occulteur atlante, et Lyanna le suivit, non sans ressentir une pointe d’appréhension sur ce qui allait suivre. La jeune femme vit le militaire disparaître à son tour, et elle s’arrêta quelques secondes, hésitante, avant d’avancer elle aussi. Lorsqu’ils franchirent l’occultation, ils se retrouvèrent immédiatement dans un tout nouvel environnement. Il s’agissait bien d’une grotte, un tunnel rocheux que l’on avait décapé de la nature envahissante pour permettre le passage. Darren pointa son P90 en avant et prit la tête. Il s’avança prudemment, étudiant tant son environnement que les rires gras qui lui parvenaient en écho.
En s’enfonçant de plus en plus, la pénombre gagna du terrain jusqu’à ce que la lumière dans leur dos ne disparaisse dans un détour. Même si elle s’était déjà retrouvée dans ce genre de situation, Lyanna ne parvint rapidement plus à progresser, l’obscurité étant trop importante et elle n’avait pas de moyen de trouver une source de lumière, comme une torche. Darren se rendit compte que son amie ne voyait plus rien, elle ne portait pas les fameuses lentilles permettant d’y voir comme en plein jour. Il ne le lui reprochait pas, comprenant son hésitation pour les technologies.

En silence, le soldat fit en sorte qu’elle agrippe sa poignée dorsale pour se servir de lui comme guide.
Darren, nouveau chien d’aveugle pour Amazone !!! Lyanna attrapa la poignée, et suivit lentement le soldat, en faisant attention de ne pas perdre l’équilibre en butant sur un obstacle, vu qu’elle ne voyait plus rien.

A part le bruit de leurs pas pourtant discret, leur progression était émaillé d’humidité environnante et de gouttes d’eaux qui claquaient sur le sol. Le chemin se divisait parfois dans des chambres en culs de sac ou des conduits si réduits que ça n’en était pas logique. Clive se retournait par moment, attiré par le bruit des deux compères, et poursuivit son évolution jusqu’à découvrir une nouvelle source lumineuse, beaucoup moins naturelle. Ils approchaient du but !

Ensemble, ils entrèrent dans un espace beaucoup plus grand. Il était partiellement éclairé par de grands halogènes sur trépieds. Il n’y en avait pas suffisamment pour tout éclairer, ce qui faisait le jeu de Lyanna qui avait le terrain pour s’infiltrer. C’est elle qui prit le relais. Il la suivit sur le surplomb rocheux. Sa surface régulièrement percé de crevasses permettaient de voir un niveau plus bas. Darren l’arrêta soudainement d’une main et lui fit un geste du menton.
Plus bas, dans ce second niveau, s’organisait une sorte d'arène naturelle. Comme un énorme enclos rocheux qu’ils surplombaient de leurs passerelle de roche. Des claquements et sifflements caractéristique ponctuaient le déplacement de plusieurs créatures. Les spots éclairent tout juste assez pour les voir en bas. Ils semblaient bien moins agressifs et alerte, comme en latence.

Des outils…
Ils étaient bel et bien envoyé par les sbires de Macon.
D’ailleurs, ils étaient au fond de la caverne, préparant visiblement une étrange mixture dans un grand chaudron de cantine. Crâne d’oeuf s’éloigna en laissant son ami s’occuper du travail. Darren progressa lentement dans sa direction, ayant pour but de l’étrangler sans faire de bruit. Il était plus qu’à quelques mètres, les mains en avant, P90 reposant sur son gilet. Il s'apprêtait à frapper au moment où Rampouille se retourna. Le type écarquilla les yeux en fixant Darren qui s’était figé. Puis, contre toute attente, il éclata de rire.

« Aha ! Que t’es con !!! Arrête de jouer avec ce déguisement et aide-moi ! »
Le malaise s’installa rapidement.
Rampouille découvrit qu’il portait un gilet tactique et l’équipement d’Atlantis. Il beugua lorsque son esprit lui imposa le fait d’être en présence du vrai Darren. Un bouillon d’émotions contradictoire le gagnèrent et, quelques secondes plus tard, son visage se morcela complètement face à la vérité.
« JENKINS ! »
Darren ne lui laissa pas le temps d’en dire plus. Il lui sauta dessus et un violent combat débuta. Ce n’était pas un militaire...mais un sale petit nerveux qui repoussa le soldat d’un coup de boule très sec. Ils s’échangèrent immédiatement des coups sans la moindre retenue. Il savait se battre...

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Lyanna

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le Mer 25 Mar - 22:56

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J'
entendis une sourde cavalcade à l’endroit où Crâne d’oeuf avait disparu. Celui ci déboula soudainement, découvrant son pote aux prises avec Darren, puis tourna le regard dans ma direction.

« Hey ! Salut, poupée ! »

Il abandonna l’idée d’intervenir entre Darren et Rampouille. Le bonhomme semblait très heureux de la rencontre. Il quitta tranquillement sa veste, la faisant tomber sur le sol, puis tourna lentement autour de moi, révélant son habitude du combat. Il s’échauffa tout en m’observant, faisant tourner son cou. Il fit craquer ses doigts, puis me fixa d’un air carnassier.

« J’me demandais quand est-ce qu’on se rencontrerait. » s’amusa-t-il tout en observant les deux épées courtes que je tenais en main. Il savait qui j’étais, il s’était renseigné. La femme qui s’en prenait aux hommes sur Atlantis, ça l’excitait davantage.

« Alors comme ça, tu savates tous les mecs que tu croises ? Ouais ? Et si...tu t’en prenais à quelqu’un d’aussi fort que toi maintenant ? »

"Tu te portes volontaire, mâle ? Je me ferais un plaisir de te montrer qui est le plus fort de nous deux !"

« Tu vas payer ! »

Crâne d’oeuf me fit une feinte pour tester mes réflexes ou ma peur. Il était sûr de lui, visiblement capable de tenir la route contre moi. C’était un homme confirmé dans son art, lui aussi, et il rêvait d’un combat palpitant contre moi. D’égal à égal.

L’homme joua une dernière fois des épaules puis sortit de son dos deux matraques télescopique qu’il déploya d’un geste sec. Il prit sa disposition de combat et tourna autour de moi, ne quittant pas mon regard. Au premier échange, il me gagna de vitesse. Il para plusieurs de mes coups puis s’avança brusquement. L’une de ses matraques migra immédiatement après une énième parade et vint me percuter en plein sur l’arcade, cisaillant légèrement cette dernière. S’il avait espéré que je pousse un cri de douleur ou de surprise sous ce coup, il se trompait. Je serrais les dents, aucun son ne sortit de ma gorge. Je ne voulais pas lui donner cette satisfaction. Et puis, j’avais connu pire. Ce n’est pas la première arcade sourcilière qu’on m’ouvrait en me frappant.

Crâne d’oeuf me gratifia d’un sourire diabolique, heureux de voir poindre une petite perte de sang sur cette zone fragile du visage. Il me prouvait que j’étais tombée sur un type solide cette fois. Capable de me donner du fil à retordre, voir même de gagner le combat. Il avait remporté cette première passe à la vitesse, frappé mon visage pour atteindre directement mon moral.

« Couchée, vaincue, épuisée...la gueule dans la poussière...ma victoire, je la dégusterai en te prenant comme une bête sauvage. » me nargua-t-il tout en parant deux autres coups.

« C’est comme ça qu’on dresse les hystériques dans ton genre ! »

Je ne fis aucun geste pour essuyer le sang qui se mettait à couler le long de ma joue, le regard fixé sur mon adversaire trop sûr de lui. Pendant qu’il croyait arracher la victoire, j’avais analysé ses gestes et sa démarche pour trouver comment l’affronter et prendre l’avantage. Un sourire carnassier s’afficha sur mon visage, les yeux noirs de colère posés sur lui. S’il pensait m’impressionner et me faire peur, c’était mal me connaître. Bien au contraire, la rage me donnait des ailes.

"Je te couperais les couilles et je te les ferais bouffer, avant de te briser chaque os de ton corps. T’entendre hurler de douleur sera un tel plaisir pendant que je regarderais ta lente agonie !"

Restant sur la défensive pour économiser mes forces, je laissai mon adversaire attaquer le premier, parant ses coups en m’esquivant sur les côtés ou en arrière afin de garder de la distance avec lui. Je savais bien que ce mâle était plus doué dans l’art du combat que les brigands que j’avais affronté. Je ne devais pas me précipiter vers lui, je devais calculer chacun de mes gestes, et analyser les siens pour l’affaiblir. Puis, après qu’il ait abattu sa matraque, je passai à l’attaque et le visai avec mon épée. Un coup qu’il parvint à parer en bloquant la lame. J’enchainai aussitôt un autre coup, mais le bougre réussit là encore à me contrer. Cependant, maintenant que c’était à mon tour de me montrer agressive dans mes gestes, le mâle du se placer en position défensive, reculant sous mes attaques véloces. Il était peut être fort et rapide, mais j’étais plus rapide que lui. Au bout d’un moment, il ne fut pas assez rapide et agile, et l’une de mes lames le frappa en haut de la cuisse, coupant la chair avec une telle facilité, même si la blessure n’était pas suffisamment profonde pour le faire mourir d’une hémorragie importante.

Après avoir porté mon coup, je reculai de quelques pas, les épées levées pour parer d’éventuels coups de la part du mâle, tandis que je reprenais mon souffle. Mon regard était toujours fixé sur le visage de mon adversaire, prête à réagir au moindre de ses gestes. Je venais de lui démontrer que, même s’il se sentait supérieur et en confiance, j’étais une combattante à sa hauteur, poussée par la rage pour vaincre. Et qu’il était hors de question pour moi de perdre contre lui.

« Pas mal ! » reconnut-il après avoir brièvement observé sa plaie.

Elle n’était pas assez profonde pour l’empêcher de marcher. Crâne d’oeuf revint en position et se lança à l’assaut. Il m’assaillit de toutes parts. Lorsque je parvenais à percer sa défense pour tendre ma lame, il faisait un bond en arrière et esquivait de justesse. Et si je le touchais, je recevais un violent coup juste après en réponse. A ce rythme là, le combat pouvait durer longtemps. Mon adversaire avait les capacités de rivaliser avec moi, il me rappelait Gorkah, le chef des Urgals. Moins fort, mais capable d’être plus rapide dans ses coups. Un ennemi coriace qu’il ne fallait pas sous estimer. Mais malgré ça, je tenais bon. Je n’avais pas l’intention de le laisser gagner. Ca serait un déshonneur pour moi.

L’échange était de plus en plus rapide, de plus en plus violent. La rage était mon moteur, le vice était le sien. Il se montrait tout aussi fort et déterminé que moi. Nous commencions à nous épuiser l’un et l’autre. J’aurai pensé que sa blessure lui ferait perdre du sang dans la durée et l’affaiblirait. Mais de toute évidence, il le supportait très bien. Si je voulais gagner, je devais le frapper ailleurs, et lui causer des dégâts. Et rapidement, j’en eu l’occasion lorsque, pendant l’un de mes assauts, je perçai sa garde pour le frapper.

Le coup que mon adversaire reçut à l’épaule le fit râler, ce qui me fit sourire de plaisir. Je lui avait planté mon arme de toute sa longueur dans son muscle, prenant enfin le dessus sur ce mâle. Mais son cri de douleur devint un sursaut de rage. Avant que je ne puisse enfoncer davantage mon épée dans sa chair, le mâle piégea ma lame de sa main libre. J’eus alors envie de le frapper avec mon autre épée, mais comme s’il s’y était attendu, il contra ma deuxième arme et m’emporta soudainement en me soulevant. Il courut en m’embarquant comme ça jusqu’à la paroi où il m’écrasa de toutes ses forces. La violence de l’impact me fît voir des étoiles et pousser un râle de douleur. Je ne parvins pas à reprendre possession de mes moyens. Et il m’y écrasa une deuxième fois. Ses mains empoignèrent ensuite ma tenue et il me jeta jusqu’au sol de toutes ses forces. Je venais de perdre mes armes et j’étais secouée. Le temps que je reprenne mes esprits et que ma vue cesse d’être trouble, il était déjà sur moi.

« Salope ! » hurla-t-il en me sautant dessus.

Il me balança de violents coups de pieds jusqu’à être certain de ma léthargie. Je reçus plusieurs coups, dont certains dans le ventre, me coupant la respiration. Je poussai des cris de douleurs, recroquevillée sur moi même en toussant à plusieurs reprises. J’avais mal partout, ce mâle avait mis toute sa force dans ses gestes. Je ne me rendis pas encore compte que je venais de devenir une proie facile. J’étais sonnée, à sa merci.

« T’es finie ! » se félicita Crâne d’oeuf tout en s’agenouillant, heureux. Il voulait consommer son trophée.

Une lutte s’engagea et il utilisait tout son poids pour m’écraser sur le sol. Il progressait sur moi, se glissant entre mes jambes. Ayant compris ses intentions, je me débattis avec ce qu’il me restait de forces et la rage du désespoir, mais je ne parvins pas à repousser mon assaillant. Ce dernier me maintenait fermement au sol, entre mes cuisses, ses mains plaquées contre le haut de mon corps pour m’empêcher de me redresser. Par moment, il me frappait lorsque je bougeais trop pour lui résister.

« Ouais, lutte ! Lutte, c’est encore plus jouissif ! »

"Lâche moi, sale porc !!!"

Crâne d’oeuf suait comme une vache. L’hémorragie qu’il subissait au niveau de l’épaule le rendait anémié, pâle comme un linge. Il était en train de s’affaiblir. Il avait pris le dessus en lâche et comptait poursuivre dans ce sens, comme le faisait les mâles contre mes Soeurs sur ma planète. L’une de ses mains serra mon cou tandis que l’autre cherchait manifestement à me lever la jupe. J’attrapai sa main qui entravait mon cou pour essayer de desserrer son étreinte qui me privait peu à peu d’air, mais je ne pus donc plus l’empêcher de tenter de me violer, pendant que Crâne d’oeuf relevait ma jupe. La peur et la panique m’envahirent peu à peu, et je tentai encore de lui résister en gigotant sous lui. En vain. Ce mâle avait le dessus, même s’il faiblissait à cause de l’hémorragie. Cependant, je faiblissais aussi, l’air commençait à manquer.

« Allez quoi, tu peux faire mieux que ça... » s’amusait-il grassement.

Son épaule continuait de saigner abondamment, tâchant d’une couleur sombre sa chemise à carreaux immonde jusqu’à la ceinture. Il l’avait déboutonné, comme une partie de son froc tandis qu’il résistait à ma défense.

« Ca...c’est au nom de tous les mecs ! »

Je devais lutter pour ne pas plonger dans l’inconscience, l’étreinte de sa main sur mon cou était puissante même si mon adversaire perdait peu à peu ses forces. Il allait me violer là, sans que je ne puisse rien faire. Non, je devais lutter. Je ne devais pas perdre face à lui. Dans un sursaut de désespoir, mon regard se posa sur l’épée qui se trouvait toujours dans la plaie du mâle. Je tendis la main pour attraper la poignée, mais elle était trop loin. Mes doigts effleurèrent à peine la surface. La terreur m’envahit davantage, et je dus faire un effort colossal pour ne pas y céder même si c’était difficile. Je sentis sa main libre farfouiller entre ses jambes, il cherchait à me débarrasser de mon sous vêtement pour atteindre son but ultime. Je l’entendais rire sur un air triomphant.

Me voilà perdue, incapable de me sortir de ce mauvais pas, vaincue par un mâle abject qui ne méritait que la mort. Puis, je me souvins de ma première attaque qui l’avait atteint. Celle de sa cuisse. Celle ci était atteignable. Sans réfléchir davantage, je serrai le poing et je le frappai de toutes mes forces sur la blessure. Cela eut le mérite d’obliger Crâne d’oeuf à relâcher sa prise sur mon cou à cause de la surprise et de la douleur qui vrillait son corps. Je toussai plusieurs fois pour reprendre mon souffle, ma gorge était douloureuse. Mais je n’eus pas le temps de me reposer sur mes lauriers. Je devais en profiter.

Je me redressai alors et attrapai la poignée de mon épée. Je la tournai dans la chair pour causer davantage de souffrance à mon ennemi déjà éprouvé. Je le fusillai du regard, aimant le voir souffrir et entendre ses râles. Puis, d’un coup de rein maintenant que mon adversaire était déstabilisé, je le basculai sur le côté.

« NON ! NONNNN !!! »

Je vins me placer à califourchon sur lui, inversant ainsi nos positions pour que ça soit moi qui le domine cette fois. Et j’appuyai de toutes mes forces sur l’épée afin que la lame s’engouffre davantage à travers son épaule, en criant de rage. Peu m’importait que Crâne d’oeuf meurt, peu m’importait de la parole que j’avais donné à Darren sur le fait de laisser nos ennemis en vie. Ce monstre avait failli me violer après m’avoir battue, je le haïssais, je ne pouvais pas le laisser vivre plus longtemps. Je plongeai mon regard dans le sien, un sourire satisfait sur les lèvres en regardant son agonie, pendant que je maintenais mon étreinte sur mon épée pour l’empêcher de la retirer.

"Tu fais moins le malin, maintenant, hein ? Je vais te regarder crever avec une joie immense, mâle !"

Crâne d’oeuf paniqua. Encore plus rapidement que moi. Je le sentis battre des pieds dans tous les sens, secouer les jambes, essayer de me faire tomber à terre. Mais il était devenu trop faible maintenant. Ses couinements plaintifs, suppliants, se transformèrent bientôt en gargouillis. Sa tête s’agita à la suite de plusieurs tremblements douloureux puis il s’éteignit lentement. Très lentement. Toute une série d’émotions défilèrent dans son regard. Après la colère et la haine, la réalité le percutait brusquement sous l’idée d’une mort inéluctable. La panique venait ensuite, l’incompréhension puis le chagrin. Et juste à la fin, quand le corps s’abandonnait en éteignant ses fonctions les unes après les autres, que la douleur avait franchi un tel palier qu’il n’en gardait plus un esprit lucide : la défaite. Cet éclat très particuliers que j’avais si souvent vu lorsque j’étais sur eux, et qu’ils tombaient depuis le bord du gouffre. Une sorte de soumission forcée, l’abandon de son être pour l’extinction finale.

Maintenant, il ne restait plus que ma respiration haletante et chevrotante. Le corps de crâne d’oeuf remuait nerveusement mais s’assouplissait de plus en plus. Un flot d’hémoglobine au bruit détestable jaillit régulièrement d’entre ses lèvres puis s’écoula en un filet sur le côté. Son regard écarquillé et hagard continuait de me fixer dans cette expression éternelle. Sa main gauche était retombée mollement. La droite accrocha encore une partie de mes cheveux, ne demandant qu’à finir au sol. Il était mort. Ma lame s’était enfoncée jusqu’à ce que la pointe perce un poumon ou son coeur.

A bout de forces, souriant toujours de satisfaction, je regardai le mâle s’éteindre. C’était toujours si jouissif d’ôter la vie d’un monstre qui le méritait. Je venais de remporter le duel à mort, mais cette victoire avait un prix. J’étais épuisée et mon corps me faisait souffrir à cause des nombreux coups que j’avais reçu. Je me redressai péniblement en gémissant de douleur, les dents serrées. Je retirai ma lame souillée et je basculai sur le côté, me retrouvant allongée sur le sol à côté du cadavre de mon ennemi. Je fermai les yeux quelques instants, respirant le plus calmement possible pour retrouver un état normal. Mes muscles sollicités étaient douloureux, et j’allais sûrement avoir d’autres hématomes sur le corps. Sans oublier cette blessure à l’arcade qui continuait de saigner, mais moins abondamment.

Après quelques minutes, je finis par ouvrir les yeux. Maintenant que j’en avais fini avec celui ci, il ne restait plus qu’un ennemi. Et ce dernier était quelque part avec Darren entrain de se battre. Le combat s’était-il arrêté ? Qui avait gagné ? Je me redressai légèrement, mais impossible de m’asseoir, et encore moins de me lever. Je me penchai sur le côté, toujours allongée par terre, mon arme dans la main. Je balayai les environs du regard, cherchant une présence ou tentant d’entendre un bruit. Où était Darren ?

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Le soldat et l'Amazone - Page 3 Vo67


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Darren Clive

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le Mer 25 Mar - 23:06

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Il n’y a jamais de combat gagné d’avance.
En affrontant Rampouille, Darren ne s’attendait pas à une telle résistance de sa part. Il était pourtant bien entrainé, pas plus faible qu’un militaire lambda, mais mis à rude épreuve par la réponse de l’adversaire. Il ne montrait pas de style particulier. Mais il était clair que le type avait l’habitude de se battre, comme un foutu pilier de bar capable d’étaler quiconque avait renversé sa bière.

En étant pris à ce point dans l’échange, Clive perdit son amie de vue et il avait bien trop de problèmes pour s’inquiéter de son sort. Il arrivait souvent à placer ses enchaînements, de bons coups en pleine tronche visant à le sonner directement. Mais ce type était un sacré petit nerveux qui encaissait bougrement bien. Comme quoi, la masse musculaire et l’allure de boeuf ne fait pas tout.

Darren faiblissait à vue d’oeil.
Il commit l’erreur de faillir en terme de moral, d’hésiter sur ses assauts, puisqu’il ne voyait plus comment surpasser cette incroyable résistance physique. Ce fut le point de bascule qui lui fît perdre l’initiative, passer du rôle d’agresseur à agressé. Le soldat résista comme un diable mais, à chaque passe, Rampouille lui en collait une. Au final, l’un de ses coups de genoux l’atteignit au flanc, là où il avait été soigné par Lyanna. Et il dégusta.
Darren dégusta atrocement.

Son adversaire lui offrit un air ravi, agréablement surpris de découvrir chez lui cette faiblesse, cette faille. Et il s’appliqua à marteler à cet endroit là pour essayer de le briser pour de bon. Clive, seulement dans un réflexe de préservation, se protégea en priorité à cet endroit, exposant dangereusement tout le reste.

Ils se battaient encore alors que Lyanna venait de vaincre son ennemi.
En cherchant Darren du regard, elle le découvrit beaucoup plus loin, les déplacements les ayant éloigné quasiment à l’autre bout du surplomb. Et elle put se rendre compte à quel point il était en difficulté. A son expression et son regard, il se montrait aussi perdant que le type qu’elle avait égorgé. Rampouille le savait. Et puisqu’il lui en restait sous la semelle, il se payait même le luxe de narguer Darren en lui faisant signe de venir.

Clive était à bout de force. Mais il savait que plus il retiendrait Rampouille, plus il laissait de chance à Lyanna de combattre ses ennemis l’un après l’autre. Rendu à cet extrême d’épuisement physique, il ne comptait plus vaincre ni même faire de prisonniers. Il nourrissait tout simplement l’espoir qu’au lieu de se retrouver seule contre deux, Lyanna se battrait successivement pour avoir une chance.

Darren se battit avec ses dernières forces et encaissa de rudes contre-attaques. Un enchaînement de coups bas mal situé le fît tomber à genoux. Il ramassa plusieurs droites qui le sonnèrent, le faisant dodeliner alors que Rampouille le retenait par son gilet. Puis il l’éjecta d’un coup de pied brutal qui l’envoya en arrière.
Le soldat perdit l’équilibre, ne se retenant qu’à un amas de lierres enracinés par simple réflexe, puis se découvrit suspendu au-dessus du gouffre. Au-dessus la vingtaine de créatures assoiffées de sang qui s’agglutinèrent en-dessous lui.
« Merde !!! » s’écria-t-il en tentant de retrouver de bonnes prises.

Rampouille lui écrasa l’une de ses mains d’un geste brusque.
Il aurait voulu se retenir, par simple fierté masculine, mais la douleur était trop forte. Darren cria, le corps tendu par une telle souffrance qu’il s’arrêta de gesticuler. Il ne tenait plus que par sa première prise et le pied de son ennemi vainqueur. C’en était au point que chacune de ses expirations formaient une plainte de douleur et d’épuisement.

« Tu t’es bien battu ! » reconnu Rampouille en passant ses mains dans le dos, sous sa veste.

Il en retira un neuf millimètres qu’il pointa dans sa direction.
Son regard migra alors vers son équipier qu’il découvrit raide mort, baignant dans une flaque de sang. La couleur quitta le visage de Rampouille et il riva un regard haineux en direction de Lyanna. Au début, il pointait son arme en direction du visage de Darren pour la menacer d'exécution, lui interdire d’approcher si elle tenait au soldat. Mais finalement, c’est le désir de vengeance qui prit le pas. Darren savait qu’il allait tirer, il l’avait facilement deviné.

Il n’osait plus se débattre. Mais il trouva la force de s’écrier, juste avant le coup de feu tonitruant qui éclata dans la grotte :

« OUBLIE PAS CE QUE JE T’AI APPRIS ! OUBLIE... »

Le coup de tonnerre lui avait coupé la fin de la phrase.
Darren tomba comme un poids mort dans la fosse et disparut immédiatement dans la masse grouillante de créatures qui lui sautèrent dessus.

Rampouille se positionna en face de Lyanna, défiant. Son pistolet en main, il le gardait contre sa jambe, canon rivé vers le sol.
Elle avait tué son coéquipier. Il venait de tuer le sien.
Ils partageraient ainsi le désir de vengeance. Rampouille attendait là, laissant tout le loisir à la Pégasienne de déguster cette perte comme lui le faisait avec son ami.
Oeil pour oeil...

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mer 25 Mar - 23:11

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J
e regardai autour de moi, et le son d’un combat me fit tourner la tête dans la bonne direction. Je pus voir un peu plus loin Darren entrain de se battre avec l’autre mâle. Il semblait être en difficulté. Je fis un effort pour me redresser, essayant de faire abstraction de la douleur. Me remettre debout était difficile, mais il le fallait. Je devais aller aider le militaire à se débarrasser de son ennemi. J’en profitai pour ramasser ma seconde épée qui trainait un peu plus loin. Et alors que je faisais quelques pas, la scène qui se déroula sous mes yeux me figea sur place. Darren était suspendu dans le vide, tentant de s’accrocher comme il le pouvait. Mais son adversaire l’en empêchait, et braquer une arme terrien sur lui tout en me regardant. Le militaire hurla quelque chose à mon encontre, des mots que je compris avant qu’une détonation ne retentisse dans la grotte. Le corps du soldat tomba et disparut dans la fosse.

"DARREEEEEEN !!!"

Pendant toute la scène, mes yeux n’avaient pas pu se détacher de lui. Mon cerveau eut du mal à comprendre ce qui venait de se passer, puis enfin je compris. Le salopard venait de tuer Darren, et maintenant il m’attendait, prêt à ouvrir également le feu sur moi.

Je restai interdite quelques secondes, avant qu’une immense colère ne m’envahisse. De la rage, de la haine, mais également de la tristesse. Un chagrin qui me blessa profondément rien qu’à la perte de Darren. Le voir mourir causa une souffrance telle que je n’aurais jamais imaginé ressentir pour un mâle. Et le responsable de cette douleur était à plusieurs mètres de moi, prêt à m’abattre aussi au moindre geste de ma part. En temps normal, j’aurais simplement fait demi tour, voir même applaudi de voir un mâle en tuer un autre. Mais pas cette fois. Mon attachement naissant pour Darren me poussa à vouloir la mort de ce type, à le voir souffrir, à le voir mourir lentement par pur esprit de vengeance. Je serrai mes épées dans mes mains, tout en lui jetant un regard noir de fureur.

« Pleure pas. » lâcha-t-il d’une voix sèche. « Tu vas le rejoindre dans pas longtemps ! »

"Je ne pleure pas ! Et c’est toi qui va rejoindre les morts … après que je me sois occupée de toi avec lenteur et souffrance !" lançai-je, la haine pouvant s’entendre dans ma voix tremblante par la colère, le regard toujours aussi noir.

Il se mit à ricaner.

« Ca sera pas aussi facile qu’avec Jenkins. Je t’attends ! »

Un sourire carnassier passa sur mes lèvres.

"Tu te crois si fort que ça, mâle ? Tu as besoin d’avoir cette arme avec toi pour gagner. J’appelle ça de la lâcheté. Tu es faible, tu ne ferais pas le poids face à moi sans cette arme. Couard sans rien entre les jambes !"

Le canon de son arme monta sur moi.

« J’serai un couard en vie. Pour ce qui est de vérifier ce que j’ai entre les jambes, je demanderai à ta copine de vérifier. Un dernier mot ? »

"Je te tuerais !" lançai je, juste avant de courir sur ma droite, plongeant derrière un pilier afin de ne plus être dans la ligne de mire de l’arme.

Rampouille tira deux fois sans parvenir à me toucher. Le dernier projectile percuta la roche et semblait avoir ricoché, avec très peu de vélocité, non loin de moi. Je remarquai même, sans vraiment savoir comment, l’ogive déformée rouler au sol en teintant. Le tireur se mit à jurer. Il se déplaça sur le côté, lentement, en refusant d’approcher de ma cachette. Il ne voulait pas s’exposer. Ce type se montrait assez malin pour savoir que la distance était sa ligne de survie.

« C’est qui le couard maintenant ? » gueula-t-il avant de tirer une nouvelle fois, une seule balle.

« Allez...viens par là... »

"Tu as peur d’un combat au corps à corps, donc c’est toujours toi, le couard !" lui lançai je depuis ma cachette. Je n’étais pas suffisamment stupide pour me mettre à découvert alors que mon adversaire tenait une arme à feu.

Je baissai la tête par instinct au second coup de feu qui ne pouvait pas m’atteindre. Puis, je regardai autour de moi, à la recherche d’une idée pour neutraliser ce mâle. Il y avait d’autres piliers ou renfoncements qui pouvaient m’aider à me dissimuler, mais cela ne me ferait que gagner du temps. Par endroit, des réverbères illuminaient les lieux. Si je pouvais les casser, l'obscurité règnerait. Probablement à mon avantage, sauf si cet idiot avait le même dispositif Atlante que Darren sur ses yeux. Gardant le silence, je tendis l’oreille et entendis le bruit des pas de ennemi. Ce dernier se déplaçait, et en me concentrant, je pus deviner dans quelle direction il allait. Ce qui m’aiderait à garder mes distances avec lui tant que je n’aurais pas l’avantage d’une frappe. J’attendis quelques secondes, puis je bondis hors de ma cachette et courus vers un renfoncement qui se trouvait non loin de là, me précipitant rapidement derrière pour esquiver d’autres balles. Un lampadaire se trouvait non loin, c’était mon objectif.

« Sale garce ! »

Rampouille n’était pas très bon tireur. Il me manqua à plusieurs reprises, jusqu’à ce que je puisse atteindre ma cible. Le dispositif chavira et son propre poids fit exploser les quelques lampes qui étaient ordinairement dirigées en plusieurs endroits. Le cri de surprise et de colère que mon ennemi lâcha en réponse me laissait entendre que ma tactique était la bonne. Au deuxième dispositif, il vida entièrement son chargeur dans l’espoir de m’atteindre. Mais j’étais encore plus loin. C’était un pari risqué, osé, qui paya très rapidement.

Les lampes s’éteignirent dans un terrible fracas et Rampouille commença à paniquer. Il se pressa en direction du dernier que j’avais atteint encore plus rapidement….et toute la grotte se retrouvait alors dans le noir. Une fois l’obscurité totale, je m’accroupis derrière un pilier, la respiration rapide à cause de l’effort que j’avais dû fournir, et l’adrénaline qui envahissait mon corps à mesure que je jouais avec la mort pour détruire les lampadaires. Maintenant, je pus calmer mon souffle, attentive au moindre bruit qui trahissait la réponse de mon ennemi.

« Tu...tu crois que ça me fait peur ?!? » haletait-il tout en remplaçant son chargeur.

Il fouilla frénétiquement dans sa poche, poussant parfois des plaintes trahissant l’angoisse qui le dévorait. J’avais vu juste...il n’avait pas le dispositif Atlante pour voir dans la nuit. Rampouille percuta et déclencha une fusée de détresse rouge qui noya l’endroit dans un environnement glauque et morbide. Alors que la fusée se mettait à éclairer les lieux, je détournai les yeux pour ne pas être éblouie, attendant que ma vue s'accommode de cette nouvelle source lumineuse. Ce qui n’était visiblement pas le cas de mon adversaire, étant donné qu’il tenait le flare dans la main. Dans sa panique, il s’aveuglait lui-même en conservant cette grande source lumineuse tendue au-dessus de lui. Trop de lumière qui l’empêchait de me détecter. Par contre … lui … il était totalement visible ! Comme s’il me tendait volontairement son arme pour que je le trucide.

« J’ai pas peur moi !!! J’ai des couilles !!!! » gueulait-il, l’arme pointée au hasard de ses choix visuels.

Il tournait et se retournait, conscient que j’étais devenu un fantôme.

« Ramène-toi ! Salope !!! »

Je souris en entendant ces mots. Le mâle était paniqué, il ne savait plus quoi faire pour s’en sortir. La lumière rouge donnait des airs angoissants à la grotte, mais par endroit, il restait des zones suffisamment sombres pour que je m’y engouffre et progresse vers lui. Je rangeai alors mes épées dans leurs fourreaux, préférant le contact rapproché sur ce coup là. Je sortis mon couteau, et avançai silencieusement vers mon adversaire, glissant tel un serpent vers sa proie sans se faire détectée. Le mâle faisait suffisamment de bruit pour dissimuler mon approche, et à chaque fois qu’il était tourné dans ma direction, je restai immobile derrière un pilier ou renfoncement, attendant le bon moment pour continuer ma progression.

Jusqu’à ce que je me retrouve derrière lui, à seulement quelques mètres à peine. Il ne sentait pas encore ma présence, mais le temps qu’il réagisse, il serait trop tard. Ma priorité était de le désarmer, et sans attendre qu’il se retourne pour me voir, je portai un coup de couteau vers sa main tendue, entaillant son poignet. Surpris par cette douleur, le mâle lâcha son arme, et je me mis alors à le frapper avec mes poings pour le sonner, tournant autour de lui avec vélocité pour jouer avec lui. Puis, je lui donnai un coup de couteau sous la cuisse, évitant délibérément l’artère, car je voulais le voir souffrir et mourir lentement. Je continuai de le ruer de coups de pieds et de poings, avant de frapper son genou, le sentant plier sous mon pied. Ma victime tomba à terre.

« Non !...Ar….ARRÊTE !!! JE ME RENDS ! »

L’éclairage de la fusée le révélait comme un amas recroquevillé au sol. Sur le dos, les genoux ramenés dans sa direction en lui faisant adopter naturellement le position foetale, il ne dressait plus que sa main valide en couinant.

« J’me rends... »

La panique lui faisait trembler la voix. Il se ratatinait en répétant frénétiquement cette reddition, surement pour me la faire comprendre à l’usure.

Je le regardai allongé sur le sol. Pathétique. Lui qui était sûr de lui toute à l’heure, le voilà maintenant ridicule. Je devrais l’achever sur le champs, il me donnait envie de vomir. Le mâle me supplier d’arrêter de le frapper, il ne voulait pas mourir. C’était pitoyable. Il venait de tuer Darren sous mes yeux. Il voulait violer Heimda. Il pensait vraiment que j'allais le laisser en vie ? La rage et la tristesse que j’avais ressenti au moment de voir le militaire tomber, après que ce type l’ai abattu, m’envahi à nouveau. Et ma colère éclata.

"Tu crois vraiment que je vais t’épargner après avoir tué Darren ? Tu rêves. Je t’avais dit que je te tuerais !"

Et sans attendre, je déversai ma rage et mon chagrin sur le mâle. Je le frappai encore et encore, donnant de violents coups de pieds dans son dos pour l’entendre crier de douleur. Puis dans son ventre quand il cessa d’être en position foetale. Je ne m’arrêtai pas, voyant encore la chute de Darren devant moi. Sans m’en rendre compte, mes yeux s’embrumèrent, ma vue se brouilla et quelques larmes coulèrent sur mes joues. Ma proie m’avait fait plus souffrir que je ne l’aurait imaginé, et maintenant je me vengeais.

"TU VAS CREVER !!!"

« Pitié !! »

Je continuai de le rouer de coups sans l’écouter, jusqu’à ce qu’il cesse de crier, trop affaibli. J’étais victorieuse. Alors, je me penchai, bloquai ma proie en appuyant mon genou contre son torse au cas où il parvienne à trouver des forces pour me repousser. Et j’appuyai la lame de mon couteau sur sa gorge. Il me suffisait d’un simple geste pour le vider de son sang, pendant que je le fusillai du regard.

Soudain, quelque chose interrompit mon geste. Une voix dans ma tête. Celle de Darren qui me soufflait de ne pas le tuer. Ne m’avait-il pas demander de ne pas tuer ces deux mâles ? Qu’ils pourraient servir à arrêter Macon ? Et donc que leur vie aiderait Teyla ? Me voilà partagée dans un cruel dilemme. Ma main tremblait, mon envie de me venger en lui ôtant la vie était très forte. Pourtant, j’étais tentée d’écouter cette voix. Sinon, Darren serait mort pour rien, non ? Je finis par pousser un cri de rage et de désespoir, retirai mon couteau et frappai le mâle de toute mes forces à la tête avec mon poing pour qu’il s’évanouisse.

Une fois le mâle inconscient, je tombai à genoux, épuisée, toujours envahie par un tas d’émotions. Je serrai les poings, et pris quelques instants pour reprendre mon souffle. Je remarquai alors que je pleurai sans savoir pourquoi, des larmes que je séchai aussitôt d’un revers de la main. Puis, j’observai mon adversaire. Il pouvait se réveiller, même s’il était blessé. Il valait mieux que je l’entrave. Mon regard se posa sur son pantalon, et plus précisément sur sa ceinture. Parfait. Je la retirai rapidement, et retournai le corps sans ménagement sur le ventre. Je liai ses mains afin de l’empêcher de fuir à son réveil. Enfin, s’il se réveillait, bien sûr.

Je me remis péniblement debout, mon corps demandait du repos. Beaucoup de repos après avoir été si sollicité. J’avais mal partout, mais je ne pouvais pas encore m’arrêter. Je m’approchai du bord du gouffre, profitant de l’éclairage rouge de la fusée pour voir où je marchai. Je m’agenouillai et regardai vers le bas, sans voir grand chose. C’était difficile de distinguer quelque chose.

"DARREEEEEN ?!" criai je comme si une part de moi attendait une réponse.

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Darren Clive

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le Mer 25 Mar - 23:13

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Il n’y eut aucune réponse en retour.
Depuis qu’il était tombé, les créatures s’étaient agitées violemment. Tel un banc de requin affamé à qui on avait enfin offert une proie, elles se battaient entre elles et se menaçaient pour rejoindre un point central. Un endroit qui collait bien sur l’emplacement de la chute de Darren. Les serpents se montaient les uns sur les autres, s’infiltraient entre leurs propres corps, pour essayer de s’accaparer leurs parts de viande.

En hauteur, il y avait encore des lampadaires en fonction. Assez éloigné mais diffusant encore suffisamment de lumière pour ne pas faire une chute accidentelle. Cela donna l’idée à Lyanna de lancer le bâton rougeoyant dans la masse.
La flare ne terrifia pas les créatures. Elle cogna simplement dans la carapace de l’une d’elle qui, attirée par cette intervention extérieure, se détourna pour observer la lueur. Elle releva ensuite la gueule vers Lyanna, à la recherche de l’origine du dérangement, et lui dévoila entre ses dents un morceau du gilet tactique de Darren.

Le serpent la fixait dans les yeux, comme en défi de descendre dans la fosse, et de venir lui prendre son morceau de gilet. Mais après quelques petites secondes, c’est un autre serpent qui lui sauta dessus et s’empara du morceau encore pandouillant. Ils se disputèrent impitoyablement le tissu par de violente traction et des coups de griffes. La vingtaine de créatures réunies autour du point central continuaient, pendant ce temps, d’être la première à accéder au corps. Mais elle avait beau regarder, Lyanna ne voyait pas la dépouille.
Pas assez de lumière, trop de créatures.

Soudain, quelqu’un toussa dans son dos.
Lorsqu’elle se retourna, elle trouva Rampouille en train de tester d’une torsion de ses mains ce qui l’entravait. Il était encore un peu hagard, peinant à trouver ses repères. Son regard se posa sur son neuf millimètres qui trainait encore sur le sol, à seulement quelques mètres de lui, et il amorça un mouvement dans sa direction.
Mais quasi-immédiatement, son instinct d’auto-préservation lui fit sentir la présence de Lyanna au bord de la fosse et il abandonna immédiatement l’idée de récupérer le flingue. La gueule en sang, le nez cassé et garni de diverses ouvertures que les bottes de l’Amazone lui avait offert, il étira ses lèvres en un sourire défait. Le gamin prit en flagrant délit.
Rampouille se serait pissé dessus s’il avait eu quoi que ce soit dans la vessie. Il se contenta alors de lever ses mains entravées pour lui faire comprendre qu’il ne jouerait pas au con. De ce fait, il intégrait le fait d’occuper le rôle de prisonnier. Entre ça et la mort ; ou plutôt la souffrance qu’elle était capable de lui causer ; le type préférait amplement se soumettre.

« Je….je….merci…. » glissa-t-il dans le seul espoir de ne pas déclencher sa fureur par ce simple échange de regard.

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mer 25 Mar - 23:16

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J
e n’arrivais pas à voir Darren. Toutes ces choses recouvraient son corps. Elles se disputaient ses restes comme s’il n’avait été qu’une pièce de boeuf qu’on leur avait jeté pour les nourrir. Même ses fringues y passaient. Chacun voulait son petit morceau et les grognements bestiaux se ponctuaient d’horrible bruit de déchirure de vêtements.

La flare ne les avait pas fait fuir. Ce n’était véritablement du feu, comme lorsque la longère avait brûlé et que ça les avait retenu. Mais cette source de lumière au sol me permis d’analyser un peu la situation. Les serpents étaient retenus prisonniers. Un seul couloir qu’un dispositif en bois, assez massif, entravait l’accès. Pour l’ouvrir, il fallait actionner un mécanisme enrouleur depuis les hauteurs. C’est crâne d’oeuf et Rampouille qui les libéraient pour assaillir le village. Maintenant qu’ils étaient neutralisés...les choses allaient s’affamer ici et mourir dans ce piège...avec le corps de Darren.

Mon prisonnier venait de se réveiller et il avait déjà abandonné l’idée de prendre son arme. Parmi le restant de l’éclairage sur lampadaire, qui éclairait la dépouille de crâne d’oeuf, je me rendais compte qu’il y avait un endroit que je n’avais pas encore exploré. C’était peut-être là qu’ils dormaient et qu’ils stockaient leurs affaires. Il y aurait sûrement de quoi s’éclairer et se diriger pour quitter la caverne.

A ses paroles, je le fusillai du regard. Je me relevai et marchai vers lui. Il allait sûrement avoir peur de me voir m’approcher. Tant mieux. Je m’arrêtai près de son corps, le fixa des yeux. Je m’amusai également à observer sa terreur. Puis, je me penchai … et pris simplement le pistolet avant de le glisser dans ma ceinture.

"Je ne t’ai pas laissé en vie par pur plaisir. Je t’ai laissé en vie pour une bonne raison, et tu as intérêt à obéir !"

Je voulai aller de l’autre côté de la grotte pour fouiller les affaires. Il y avait peut être des choses intéressantes à trouver. Et il ne fallait pas oublier le cristal de contrôle du DHD. Mais je ne pouvais pas laisser le prisonnier comme ça. Il allait sûrement fuir dès que j’aurais le dos tourné. Les lacets de ses bottes étaient les bienvenus.

"Ne bouge pas. Sinon, je te frappe encore".

Je retirai les lacets rapidement, puis attachai ses pieds, m’assurant que les liens étaient bien serrés. De cette manière, il ne pourrait pas s’enfuir.

« oui...oui…. » balbutia-t-il en secouant frénétiquement sa tête, craignant visiblement que je mette ma menace à exécution.

Maintenant qu’il était entièrement ligoté, je pouvais accéder tranquillement à la dernière salle. Comme je le soupçonnais, c’était un peu leur dortoir, leur campement. Ils y avaient dressé plusieurs lits de camps. J’en comptais sept. Un feu brûlait encore au beau milieu de la salle, son panache de fumée attiré par un appel d’air d’une faille dans la roche. Quelques gamelles trainaient encore là, une faisant rissoler de la nourriture. Je reconnaissais la boite de ration militaire que Darren m’avait présenté. Il y en avait plusieurs déjà déballée. Les types avaient laissé traîner les détritus un peu partout. Aucun respect pour l’endroit. Ces fameuses cigarettes avaient toutes été consommées et écrasées en formant des cercles, comme si elles délimitaient l’emplacement des fumeurs qui s’étaient tenus autour du feu. Ca avait l’air encore relativement récent.

Pour l’eau, ils utilisaient un sceau relié par une corde pour puiser dans le ruisseau souterrain, celui qui abreuvait les serpents. Et plus loin...je découvrai un camescope sur trépied. Il était très différent de celui que Teyla m’avait présenté. Elle essayait souvent de m’expliquer le fonctionnement des technologies Atlante, surtout celles que les explorateurs embarquaient avec eux pour leur voyage. L’engin était positionné non loin du feu pour profiter de l’éclairage. Il y avait un lit de camp, un huitième, que l’on avait positionné plus loin contre le mur. Et forcément, l’endroit était vierge de tout indice et signe de leur passage. Les liens qui garnissaient chaque pied du lit de camp pour entraver son occupant me laissait penser que c’était là qu’ils voulaient agresser Heimda. Et la filmer avec ce dispositif…

Il y avait aussi des sacs à dos. Ils n’étaient pas militaire, il n’y avait pas d’armements.
Mais beaucoup d’effets personnels…

L’endroit me donnait envie de vomir, en particulier en regardant le lit destiné à la torture d’Heimda. Quels barbares, j’avais envie de tous les castrer et les tuer pour une tel acte. Je secouai la tête pour me reprendre, et attrapai un sac à dos vide. J’y mis ce que je trouvais d’intéressant, comme une radio qui traînait, une tablette que j’avais vu sur Atlantis, mais dont je ne comprenais pas le fonctionnement, ainsi que le caméscope. Il n’y avait pas le cristal de contrôle du DHD, je ne le trouvai nulle part. Puis, je retournai dans la salle principale. Il fallait faire quelque chose, mais comme il n’y avait plus rien ici, je devais retourner au village avec le mâle prisonnier. Cela signifiait donc d’abandonner le corps de Darren, ou plutôt ce qu’il en restait. Je lançai un regard empli de tristesse vers le fond de la fosse, avant de me diriger vers l’ennemi. Laisser le militaire en arrière était plus difficile que je ne l’aurais cru, mais je n’avais pas le choix. Je défis les lacets du prisonnier, sortit l’une de mes épées, tandis que mon autre main tenait le sac à dos. Puis, je menaçai le mâle.

"Avances. Et n’oublie pas, au moindre geste, tu regretteras de ne pas être mort !"

« J’obéis ! » promit-il en se positionnant, les épaules voûtées, la tête basse.

Nous quittâmes tous deux les lieux, et une fois à l’extérieur, nous prîmes le chemin du village, mon prisonnier marchant devant moi pour que je puisse le surveiller. Ce que j’avais découvert dans la grotte n’annonçait rien de bon. Le mâle avait des compères quelque part.

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Darren Clive

Image perso : Le soldat et l'Amazone - Page 3 Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 224

le Mer 25 Mar - 23:21

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
ILe retour s’était fait dans un silence morbide.
En traçant droit devant elle, Lyanna avait retrouvé la route qui reliait la Porte des Étoiles au petit village des résistants. A l’aller, Darren avait occupé le temps avec du bavardage, des échanges, l’envie de lui apprendre.
Maintenant elle revenait avec un prisonnier, le visage en sang, qui avançait en traînant des pieds. Il n'était pas pressé de rejoindre le bourg, loin de là.

Il faisait tard.
Le soleil descendait progressivement, lui révélant que le temps s’était écoulé bien plus vite qu’elle ne l’aurait pensé. Au bout d’un moment, l’homme se retourna légèrement pour la distinguer. Il eut une petite hésitation avant de parler :

« Chuis désolé pour ton copain. J’aurai pas dû... »
Ca sonnait tellement faux qu’on aurait pu penser qu’il se moquait.
Lyanna ne serait pas si loin de la vérité.
« C’est...vraiment pas une bonne idée de me garder prisonnier. J’suis qu’un pion moi. »

Lyanna fusilla du regard son prisonnier, se retenant de le tuer tout de suite. Il osait s’excuser ? Il n’en pensait pas un mot. Ne parvenant pas à se retenir, elle accéléra le pas et le frappa à la tête pour le faire trébucher par terre. Puis, elle leva son arme et le menaça.

"Tu préfères que je tue tout de suite ?"

Son regard noir plongea dans celui de son adversaire.

"Et arrête de t’excuser pour ce que tu as fait, je sais parfaitement que tu ne regrettes pas ton geste. Comme ce que tu voulais faire à Heimda. Excuses toi encore une fois, et je te casse un membre !"

Il avait repris sa position d’origine, détournant le regard, craignant de recevoir de nouveaux coups. Pourtant, en-dehors de la menace, il comprenait surtout à quel point Lyanna était affectée et cela le faisait sourire. Une expression qu’il peinait à dissimuler, presque goguenarde, à l’idée qu’elle avait perdu quelque chose qu’elle ne retrouvera jamais. Lui avoir laissé une marque indélébile, une blessure profonde qui allait bien au-delà d’une entaille sur la peau ou une sévère amputation.

« J’obéis... » dit-il de nouveau.

Il se redressa doucement et reprit sa place, évoluant sur la route sans rien dire de plus cette fois.
Une bonne heure plus tard, alors que l’Amazone voyait les bâtiments se dessiner au loin, elle remarqua deux personnes en position statique sur la route. Ils étaient un peu plus loin, volontairement à pleine vue, l’un agenouillé et l’autre debout.
Le prisonnier s’arrêta en apercevant ce duo et attendit silencieusement les instructions de Lyanna. D’ici, il était difficile de savoir de qui il s’agissait. Il semblait pourtant clair qu’on les attendait délibérément.

Lyanna vit les deux silhouettes sans réussir à voir qui c’était. Ils pouvaient être des gardes mis là pour protéger le village sur ordres de Virgil. Mais pouvaient-ils aussi être deux sbires de Macon, vu le nombre de lits qu’il y avait dans la grotte ? Méfiante, la jeune femme appuya le bout de sa lame contre le dos de son prisonnier. Si c’était un danger qui l’attendait, elle voulait être suffisamment proche du mâle pour s’en servir comme bouclier et otage.

"Avance".

Le prisonnier s’éxécuta.
Lyanna avança jusqu’à ce binôme en demeurant sur ses gardes. Mais à l’approche, elle reconnut le visage de celui qui était agenouillé. C’était Darren, l’air souffrant, qui tentait de faire le moins de mouvements possible. On le tenait par une corde fortement serrée, comme un vulgaire chien. Son bourreau, derrière, ne lui était pas familier. Il avait une sale trogne, une cicatrice lui parcourant le front d’un côté à l’autre, dessinant un sourire diabolique.
« C’est toi Lyanna ? »
Il secoua la tête.
« C’est forcément toi. Il y a pas grand monde capable de foutre mes copains dans un tel état. »
L’homme avait ponctué sa remarque d’un signe de tête en direction de Rampouille, lequel se gargarisait intérieurement à l’idée que la cavalerie était venue le libérer.
« Lyanna….ne... »
« Ferme là ! Laisse les grands discuter ! » s’énerva l’inconnu en serrant davantage la corde, étranglant le reste de la phrase de Darren.

En voyant qui lui barrait le passage, le regarde de Lyanna se figea, surprise et incrédule. Darren. Il était là, vivant. Non, c’était impossible. L’autre individu, elle ne le connaissait pas, mais elle savait que c’était un ennemi. Aussitôt, elle stoppa son prisonnier, se plaçant derrière lui, son épée en travers de la gorge en guise de menace. Ses yeux se posèrent à nouveau sur le militaire, un flot d’émotions l’envahirent. Une étrange joie de l’avoir retrouvé après l’avoir cru mort. Mais également de la colère de le voir dans cet état et cette posture. A moins que … S’agissait-il bien de Darren ? Elle avait compris que ces types étaient capable de prendre l’apparence du soldat. Et cette chute au milieu des monstres n’avaient pu pu l’épargner. Lyanna douta, elle pensa à un piège. Son interlocuteur voulait sûrement faire un échange, mais peut être la dupait il ? Après tout ce qu’elle avait vu ou entendu, c’était légitime qu’elle se pose des questions. Son regard se durcit, tandis qu’elle restait derrière son prisonnier.

"Qui es tu ? Et qu’est ce que tu veux ?"
« Qui je suis n’a pas d’importance. Ce que je veux non plus. »
Il se moquait d’elle, la provoquant d’un large sourire d’enfant.
« En revanche, ce qui est intéressant, c’est ce que tu veux toi ! »
Il pointa Rampouille d’un coup de menton.
« Ce type ? Ou bien ton militaire adoré ?!? »
Et histoire d’accentuer la pression, il serra d’autant plus les liens, faisant souffrir Darren.
Le soldat luttait, les mains enroulées autour de l’entrave qui l’etouffait. Le pauvre avait beau vouloir faire bonne figure, il était complètement à la merci du balafré.
Et il étouffait. Doucement mais sûrement.

En voyant l’inconnu serrer la corde qui étouffait un peu plus Darren, Lyanna eut le réflexe d’appuyer sur la gorge de son prisonnier. On pouvait voir déjà un mince filet de sang couler là où la lame entamait légèrement la peau fine. Son geste était une sorte de menace pour son interlocuteur.
« La mort de ce mec me rendra service. Et pour ce soldat ? »
Il augmenta encore sa pression.

Lyanna fusilla son adversaire en serrant les dents. Si elle avait pu le tuer sur le champs, elle lui aurait déjà sauté dessus.

"Ce n’est pas Darren ! Je l’ai vu mourir, il n’a pas pu survivre à une telle chute au milieu de ces monstres ! Tu me leurres pour que je baisse ma garde !"
Il s’esclaffa.
« Alala, Darren. Je suis navré pour toi. La confiance de ton binôme pour ta capacité de survie est vraiment à chier. »
Le balafré se penchant légèrement vers lui, tendant l’oreille.
« Tu en dis quoi ? »
Mais Darren ne pouvait plus rien formuler. Il toussa dans sa souffrance et tendit la main en direction de Lyanna. Un geste suppliant. Son visage était devenu rouge, presque violet. Il en tirait la langue tant la pression lui interdisait le moindre souffle.

La situation devenait de plus en plus critique. Je devais prendre une décision. Je n’aimais pas ça. J’étais persuadée que mon adversaire était entrain de me tromper. Mais, si je commetais une erreur ?

"En admettant que je te crois, que se passerait-il, maintenant ?"
« On repart chacun de notre coté ! »
Le balafré secoua la sangle.
« Il ne tiendra plus très longtemps ! Tu continues de bavarder ou tu agis ?!? »

Son interlocuteur faisait tout pour récupérer Rampouille, alors qu’il venait de dire que sa mort l’arrangerait. Il était curieux, ce mâle. Je jetai un regard à Darren, cherchant une trace dans son regard ou son attitude qui me permettrait de déterminer si c’était bien lui ou pas. Non, il n’aurait pas pu survivre à ce qu’il avait vécu. Le coup de feu. La chute. Les monstres. Je devais prendre une décision, maintenant. Je défiai l’inconnu du regard, mes yeux au bord des larmes de rage et de tristesse. Ce choix était horrible. J’avais une chance sur deux d’avoir le véritable Darren devant moi, même si au fond de moi, j’étais sûre et certaine qu’il était mort dans cette fosse. J’allais ouvrir la bouche pour ordonner à mon interlocuteur de le tuer, et ainsi de le mettre au pied du mur pour l’échange, lorsque quelque chose me traversa l’esprit. Le pistolet que j’avais à la ceinture. Mais oui. Je ne savais pas m’en servir, mais je l’avais utilisé une fois. Il suffisait d’appuyer sur la détente en visant, ce n’était pas compliqué, non ? Darren était à genoux, il ne se trouvait pas sur la trajectoire. Et comme j’étais cachée derrière Rampouille, mon ennemi ne savait pas que j’avais une telle arme. Je le prendrais par surprise. Je n’avais pas le choix si je voulais tenter de sauver Darren, que ça soit lui ou non, tout en gardant mon prisonnier. Je devais agir vite.

De ma main libre, je sortis le pistolet et je visai mon interlocuteur par dessus l’épaule de Rampouille, appuyant plusieurs fois sur la détente dans sa direction.
Pris de court, le prisonnier de Lyanna se recroquevilla, surpris par un tel coup de feu qu’il n’avait pas vu venir. Cela le rendit quasiment sourd d’une oreille et il chercha à s’échapper sans le pouvoir, retenu par l’Amazone qui s’en servait comme bouclier. Les deux premiers tirs touchèrent directement le balafré. Une balle le percuta dans l’épaule et l’autre dans le bras, lui arrachant un terrible cri de douleur. Il s’effondra en emportant Darren dans sa chute, cherchant frénétiquement à l’attirer contre lui pour s’en faire un bouclier.

« ALLEZ ! » gueula-t-il, tordu par la douleur.

Et comme Lyanna l’avait suspecté, elle avait mis les pieds dans un piège. Une embuscade.
Un homme émergea des taillis sur sa gauche et un autre sur sa droite. Ils s’étaient planqué dans les hautes herbes bien avant son arrivée, attendant impatiemment le signal. Ils foncèrent sur elle comme des dératés, munis respectivement d’un poignard et d’une batte.

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Lyanna

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le Mer 25 Mar - 23:30

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
M
on instinct avait eu raison. Bon, pas sur le fait que Darren n’était peut être pas Darren, ça je n’en savais rien. Mais il s’agissait bien d’un piège. Alors que l’étranger était à terre, blessé, deux autres mâles avaient surgi des buissons, et fonçaient sur moi. Ils voulaient vraiment récupérer Rampouille. Malgré mon état, j’allais devoir me battre contre eux si je voulais rester vivante. Mais d’abord, je devais trouver un moyen d’empêcher mon prisonnier de fuir. Avec la poignée de mon épée, je le frappai violemment à la nuque pour le rendre inconscient. Puis, je levai le pistolet vers le mâle au poignard, vidant ce qu’il restait du chargeur.

Les deux premières balles se perdirent dans les airs. Il continua d’approcher, les yeux grands ouverts, tant la pression s’était accentué d’un côté comme de l’autre. Et les trois dernières dans le chargeur lui tombèrent en plein dedans. Deux dans la poitrine et la troisième dans la gorge, quasiment à bout portant.
Soudain, le cri barbare de l’autre côté marqua un premier assaut. La batte me frôla de si près que je sentis le vent fouetter mon visage. Mais il me prit de vitesse d’un brusque revers qui embarqua ma lame.

Désarmée, je reculai de quelques pas, voulant garder de la distance avec mon adversaire. Mon épée se trouvait à ses pieds. Je lâchai le pistolet devenu inutilisable, et je m’emparai de ma seconde épée, faisant des moulinets dans les airs tout en faisant quelques pas sur le côté. Je ne le lâchai pas des yeux, et j’essayai de l’éloigner de ma seconde épée pour la ramasser.

La brute m’assaillit de plusieurs coups de batte, essayant de m’avoir en profitant de l’allonge que ça lui offrait. Lorsqu’il atteint ma lame qu’il avait jeté par sa frappe, il donna un coup de pied dedans pour l’écarter et s’approcha. Il était essoufflé mais pas par l’épuisement. La mort de son compagnon et la blessure du balafré en faisait le dernier debout. Son moral n’était pas stable et l’idée de me voir toujours debout - alors que ses amis tombaient les uns après les autres - le faisait douter. Douter sur sa capacité à m’atteindre, douter sur sa capacité à réussir. Ils n’étaient que des criminels, des opportunistes qui assaillaient en nombre et par surprise, mais ils n’avaient rien de combattants. Ils n’avaient pas été entrainés comme moi, ne savait pas ce que c’était que d’aller jusqu’au bout, de se battre jusqu’au dernier souffle. Dans un geste rageux, il battit deux fois de sa batte pour essayer d’interdire l’accès à ma seconde lame. Il avait peur que je la récupère...il était effrayé.

Même si ce mâle était moins doué que moi dans l’art du combat, je devais prendre en compte mon état d’épuisement. Je ne devais pas sous estimer mon adversaire qui pouvait prendre le dessus à la moindre faiblesse de ma part. Et comme il m’empêchait de récupérer ma seconde épée, le combat serait plus long et acharné que je l’espérais. Résignée à ne pas la récupérer dans l’immédiat, je m’emparai alors de mon couteau. Si je me retrouvai suffisament proche de lui, cette arme serait parfaite pour lui porter des coups sans être gênée, contrairement à une épée. Sur mes gardes, je continuai de lui tourner autour, le défiant de mon regard mauvais. A bout de forces, je devais rapidement gagner ce combat. Après quelques secondes à récupérer mon souffle, je passai à l’attaque. Ce fut à mon tour de l’assaillir, abattant mon épée à plusieurs reprises pour qu’il la bloque avec sa batte. Et lorsque j’entrouvris une fenêtre, je levai la main gauche pour lui donner un coup de couteau.

La brute recula en poussant un grand cri de stupeur. Il s’observa brièvement la tunique percée à un endroit et paniqua en y voyant son sang s’écouler. Je l’avais touché mais assez profondément. Il s’anima avec le désespoir et la haine pour me contrer et me foncer dessus. Il abattit plusieurs fois sa batte, parvint même à me toucher au flanc de son fameux revers. Mais cela me permit de sentir à quel point il manquait de précision et de force. Il balaya l’air pour me priver de toute approche, s’affaiblissant petit à petit. Essouflé, il me considéra un instant puis recula de quelques pas.

J’étais moi même essoufflée et à bout de force, comme mon adversaire. Ce dernier commençait à reculer, il semblait vouloir fuir, mais je n’allais pas le laisser faire. Criant de rage, je fonçai sur lui et enchainai les coups d’épée avec ce qui me restait de force. Le mâle les parait comme il pouvait, alors je devais trouver une faille pour clore ce combat au plus vite. Et une idée me vint en tête. Je levai l’arme pour lui porter un coup, l’obligeant à lever la sienne pour me contrer. Et une fois mon épée bloquée, je lui donnai un violent coup de pied dans les parties intimes avec toute la rage du désespoir pour le faire souffrir.

La réaction fût immédiate. Le brute poussa un cri étouffé par le douleur, son corps trésaillant sous la brutalité du choc. Il se retrouva illico au sol, se tenant les bijoux de famille, tout en gémissant longuement. La batte était juste à côté de lui, à portée de main. Mais il avait si mal qu’il ne pouvait plus faire le moindre geste, si ce n’est ramasser les restes de ses bourses en bouillie.

Je m’approchai de lui, tel un prédateur se rapprochant de sa proie. Et sans qu’il ne puisse rien y faire, je l’égorgeai avec mon couteau avant de reculer, le laissant se vider de son sang. Il avait voulu se défendre, mais il ne m’avait opposé qu’un cri pitoyable avant que son propre sang n’envahisse ses poumons. Epuisée, je tombai à genoux, et tentai de reprendre mon souffle quelques instants. Mon corps endolori n’en pouvait plus, mais je n’avais pas terminé ma tâche. Je dus faire un effort colossal pour me relever et récupérer mon épée abandonnée. Je les rangeai, et m’emparai de la batte. Pour assomer quelqu’un, mieux valait cette arme, elle faisait plus de dégâts. Puis, le regard noir, je cherchai l’inconnu des yeux, voulant maintenant m’en prendre à lui.

Darren était couché à l’endroit où il était tombé avec lui. Il respirait encore, mais comme une bête à l’agonie, une main entourant la hampe d’un poignard qui lui avait percé profondément l’estomac. Un flot d’hémoglobine s’écoulait autour de ses viscères que la pression avait fait sortir au-delà de son ventre. Il tentait de retenir ses organes sans y parvenir, attendant tout simplement la mort de le libérer.

Un mouvement brusque, plus loin dans le champ, attirait mon attention. L’inconnu s’enfuyait à toutes jambes, manquant à plusieurs fois de s’étaler puisque son épaule invalide faisait défaillir son équilibre. L’ordure … l’ordure avait poignardé son captif avant de s’enfuir comme un lâche. Il avait senti le vent tourner, il avait laissé tombé l’idée de libérer Rampouille. Mais pas celle de laisser un cadavre à mes pieds. Je pouvais me lancer à sa poursuite pour le capturer. Ou le tuer. Mais j’étais trop épuisée pour courir. Je m’agenouillai à côté du corps à l’agonie, submergée par la peur de qui j’allais découvrir.

Est-ce que c’était vraiment Darren ? Qui allais-je voir mourir ?

Avec hésitation, je me contentai de soulever le tee shirt souillé de sang pour voir son flanc. Aucune blessure. Il ne portait pas la plaie que j’avais soigné et refermé. Ce n’était pas Darren. Pourtant, il lui ressemblait. Au centre de sa poitrine se trouvait un curieux dispositif. Comme un ornement sombre et noir, ciselé comme un bijou, qui collait à la peau.

Je poussai un soupir de soulagement en voyant qu’il n’y avait pas de trace de blessure, ni de points de suture. Cela voulait dire que ce n’était pas Darren. Mais la peine m’envahit aussitôt, car cela était donc la preuve que le militaire était bel et bien mort dans cette fosse. S’il y avait un petit espoir qu’il s’en soit sorti, je n’y croyais maintenant plus. Mes yeux se posèrent sur le dispositif étrange. Qui était cette personne entrain de mourir ? Je retirai alors l’objet.

L’image se troubla aussitôt. C’était comme lorsqu’on lançait une pierre sur la surface lisse d’un lac miroitant. Sa propre silhouette qui se déforme au gré des ondes pour quitter l’aspect humain. En une seconde, cette différence s’assouplit et se modifia. Pour des traits plus vieux, plus creusés, qui révélèrent Virgil. Il poussa une longue plainte en remarquant le sang sur ses mains et me regarda, horrifié, face au fait qu’il allait mourir. C’était inévitable. L’homme était parcouru de tremblements nerveux. Il suait, respirait fort, il agonisait comme tous ces hommes que j’avais regardé mourir autrefois.

Il leva faiblement sa main. Il demandait mon aide par ce geste. Être rassuré. Mais il essayait aussi de formuler quelque chose. Quelque chose de si important qu’il donnait son énergie non pas à retenir ses viscères mais à me prendre la main.

« Lyanna...lyanna... » m’appela-t-il, terrifié.

Même si je ne le voulais pas, je serrai la main de Virgil. Le voir mourir m’affectait beaucoup moins que si ça avait été Darren, il fallait l’avouer. Mais comment annoncer cela à Heimda ? Quoique que, si Virgil avait été capturé par ces monstres, qu’en était-il de la jeune femme ? Voyant que le mâle cherchait à me parler, je me penchai vers lui pour entendre ses paroles.

« J’vous en prie….je...j’vous en prie...mon peuple...a besoin de vous. »

Il poussa une plainte.

« Ne laissez pas votre haine...obscurcir...votre coeur. Ma fille aura tant...de chagrin...elle doit être protégée...c’est... »

Virgil se mit à tousser. Il régurgita du sang et agrippa ma main d’autant plus fort.

« Heimda...est le seul espoir...de mon peuple. Elle...est prête...promettez-moi... »

Qu’est ce que ces mâles avaient tous avec leurs promesses ? Entre Darren et lui, ils faisaient la paire. Cependant, Virgil parlait d’Heimda. Il n’avait pas besoin de me demander de promettre de la protéger pour que je le fasse.

"Je veillerais sur elle, je le promets".

« Je...je l’aime...elle est tout...tout.. »

Virgil commençait à délirer. Il me fixait comme si j’étais Heimda, appréciant ma compagnie et cette empoignade jusqu’à ce qu’il s’éteigne. Ses mouvements cessèrent, son sang s’arrêta aussi de couler et il souffla dans un tout dernier sursaut de vie :

« Amour... »

Il semblait être le seul à avoir vu, dans son délire, ce qu’il avait qualifié de ce dernier mot. Probablement sa femme qu’il avait perdu à l’époque…

Virgil était mort. Sa main n’avait plus aucune tonicité dans la mienne. Je lâchai sa main, et je me redressai. Je tenais toujours l’objet qui permettait de changer d’apparence, et je décidai de le garder. Une preuve de plus contre Macon.

Pendant que je voyais partir une deuxième personne qui faisait partie de mon camp, j’entendis du bruit dans mon dos. Rampouille venait d’émerger et il rampait comme un vers pour essayer de s’en aller.

J’aurais pu rire de la situation, mais je n’en avais pas du tout envie. Au contraire, j’étais folle de rage. Je m'avançai vers mon prisonnier, et sans ménagement, je le redressai sans aucune douceur, sortant à nouveau mon épée et reprenant le sac à dos que j’avais lâché à notre arrivée.

"On continue. En route !" dis je tout simplement.

Il avait regardé le corps de Virgil et sourit.

« Combien tu comptes en perdre, encore, avant de comprendre... »

Les paroles du mâle eurent le don de m’énerver. Sans un mot, je posai la lame sur son épaule, et d’un coup sec, j’entaillai sa chair pour le faire souffrir. En guise d’avertissement pour qu’il se taise. Il hurla.

"Il n’y a plus qu’une seule personne qui compte, et elle, je la protègerai. Maintenant silence, ou je te coupe la langue !"

« Putain mais j’essaie de te dire un truc, là !!! » s’écria Rampouille, oppressé. « C’est Macon ! Ce mec claque des doigts, il a tout...tout ce qu’il veut ! »

Mon prisonnier voulut se retourner mais il se ravisa dès qu’il sentit ma lame.

« C’est pas un mec qui faut énerver, t’entends ?!? Il va buter tous ceux que tu aimes. Il va tous les flinguer ! Tous les gens qui ont de l’importance pour toi ! Il te garde en vie jusqu’à la fin pour que tu vois ton échec ! Tu comprends pas ça ?!? »

Mais qu’est ce qu’il était soulant. Heureusement que Darren le voulait vivant pour qu’il témoigne contre Macon. Sinon, il serait mort depuis longtemps. Je l’obligeai à s’arrêter, et d’un geste vif, je déchirai un morceau de son haut. Puis, je lui fourrai dans la bouche en attachant les extrémités derrière sa tête, en guise de bâillon. Le silence, c’était un tel plaisir.

"Je n’ai rien à perdre. Et je tuerais Macon !" dis je sur un ton mauvais, avant de le pousser pour l’obliger à avancer.

Rampouille abdiqua. Il continua de marcher malgré ses pieds traînants. Entre l’épuisement et tous les coups qu’il avait reçu sur le pif, le voyage devait lui être pénible. C’était la menace de ma lame qui le contraignait à avancer. Au village, la foule se rassembla brusquement en me voyant approcher. Ces braves résistants demeuraient à une certaine distance mais guettaient d’un air curieux le prisonnier que je ramenais. Sur la place du bourg, un peu plus loin où se trouvait notre chambre, je vis Abelle en sortir et me rejoindre d’un pas pressant.

« Lyanna, loué soit votre retour en vie. Je craignais pour vous. »

Son sourire s’effaça petit à petit.

« Heu...votre ami arrive bientôt ? »

A la question d’Abelle, ma gorge se noua de tristesse. Je secouai la tête en continuant d’avancer avec mon prisonnier, évitant le regard de la jeune femme.

"Non … il est mort." dis je d’une voix tremblante.

La déclaration scia Abelle qui cessa de me suivre un petit instant. Elle se mordit la lèvre, pétrie d’une tristesse compatissante et d’inquiétude, et elle revint auprès de moi. Prononcer ces mots étaient plus difficiles que je ne le pensais. Mais je ne pouvais pas m’attarder sur ces sentiments. Je devais protéger Heimda. Mais avant, je devais me débarrasser de ce fardeau.

"Tu as un endroit pour mettre ce mâle ? Un cachot ou quelque chose dans ce genre, pour qu’il ne puisse pas s’échapper ?"

« Le...le chenil ? » proposa-t-elle, un peu intimidée par mon état.

Je n’étais pas dans un bel état et ma retenue concernant Darren me donnait un air encore plus fermé. Je réfléchis à la proposition d’Abelle.

"Le chenil ? Parfait. Un endroit qui conviendra à ce chien. Je te suis".

« Vous pouvez aussi nous le remettre, Lyanna. Je m’inquiéte de votre état. Vous avez l’air si...épuisée... »

Abelle fit un signe de la main. Deux hommes s’approchèrent.

« Les maîtres-chiens. Ils peuvent l’emmener. »

« Oui. Je le tiendrai à l’oeil ferme, Atlante. Je vous promets d’y mettre mes molosses les plus agressifs à sa garde ! »

J’hésitai longuement. Je voulais mettre moi même ce mâle en cage, mais Abelle avait raison. J’étais épuisée. Je pouvais confier cette tâche à quelqu’un d’autre. Je regardai les deux mâles chargés de l’enfermer, avant d’abdiquer, leur laissant mon prisonnier.

"S’il parvient à s’échapper, tu seras responsable, et je m’occuperais de ton cas. C’est clair ?"

« S’il s’échappe, mes molosses se nourriront de sa chair. Et je subirai votre courroux de sa mort. » promit-il. « Il ne passera pas les grilles, dame ! »

Rampouille commença à paniquer. Il se rendit compte qu’il se sentait largement plus en sécurité avec Lyanna que les locaux. Car, avec la distance que l’Amazone plaça dans la remise de son prisonnier, un troupeau d’une bonne dizaine de résistants l’entourèrent avec le regard noir. Les deux maîtres-chiens ne seraient pas seul à l’escorter. Rampouille, même ligoté et couvert de sang, n’émouvait personne. Il représentait tout le mal qui s’était abattu sur le bourg. La terreur de la population, des résistants. La colère de tous ces dégâts, de la longère en cendre et tout le reste. Lorsqu’il fût emmené, il y avait tant d’hommes autour de lui qu’il ne pouvait même pas nourrir l’espoir d’une fuite. Rampouille posa même un regard suppliant sur Lyanna, espérant qu’elle change d’avis.

« Lyanna...venez... » fît Abelle en essayant de m'entraîner vers l’auberge.

La jeune femme semblait souffrir de mon état. Elle avait été prête à tout pour me servir lors de notre rencontre. Ce soir, elle espérait pouvoir se plier en quatre pour me décharger ne serait-ce que d’un petit poids. Son service était la seule chose qu’elle pouvait tenter pour assouplir ce qui agressait ma conscience.

« Votre chambre est apprêtée. Et si vous voulez vous laver...enfin, vous savez... » fit-elle, inquiète pour moi.

"Oui, je prendrais un bain. J’en ai besoin. J’irais voir Heimda après".

Je suivis Abelle jusqu’à ma chambre, et y déposai le sac. Mes yeux se posèrent sur le dessin que Darren avait fait pour moi ce matin, ainsi que quelques affaires qu’il avait laissé. J’eus les larmes aux yeux sans que je ne puisse contrôler ce sentiment, et je détournai aussitôt la tête. Puis, je suivis la jeune femme jusqu’à la pièce où se trouvait le bac pour me laver.

Abelle fit exactement comme la dernière fois. Mais elle voyait combien j’étais triste et épuisée. La servante n’eut pas la force d’essayer de me rassurer, préférant se faire un peu plus petite. Elle me présenta silencieusement les coupelles de sels de bain, se disant que le changement de parfum me détournerait peut-être de mes songes. Mais en réalité, avec la sécurité relative et le répit, tout me revenait en tête. Les différentes scènes, les échanges, tout ce qu’il s’était passé. J’étais désormais seule contre Macon. Le balafré était blessé mais il avait couru vers une direction précise, probablement pour avertir les derniers survivants de l’ennemi.

« Voulez-vous un massage pour délier vos muscles ? »

Quand Abelle prononça le mot “massage”, cela me rappela aussitôt Darren qui m’avait proposé la même chose. Penser à lui était dur et douloureux. C’était bien la première fois que je ressentais autant de souffrance pour un mâle. Je fermai les yeux quelques secondes, voulant refuser cet acte juste pour ne plus penser au militaire. Cependant, d’après Abelle, cela me ferait beaucoup de bien. Il s’il y avait quelque chose que je ne devais pas négliger, c’était mon corps. J’allais en avoir besoin maintenant que j’étais seule. Il y avait encore trois ennemis dans la nature, même si l’un d’eux était blessé. Sans parler de Macon. Je ne pouvais pas m’attarder sur mes sentiments. Je hochai la tête pour donner l’accord à la jeune femme.

Abelle prit un siège et se positionna derrière moi. Elle me guida pour placer mes bras d’une certaine façon sur le rebord et débuta par les épaules. En silence, simplement accompagné du crépitement du bois dans l’âtre de la cheminée, elle massa mes épaules, puis mes bras. Elle savait exactement où appuyer, ou glisser. A quel endroit il fallait être plus douce ou non. A mesure qu’elle gagnait sur mon corps pour le détendre, elle me posa plusieurs questions. Recherchant les endroits où j’avais mal. Et elle travailla à réduire mes blessures musculaires.

Je remarquai les nombreux hématomes qui s’étaient développés sur mon épiderme, la piqûre issue des blessures plus récentes. J’avais été mise à rude épreuve et je ressemblais à une de mes Soeurs au retour d’une rude bataille. Abelle ne parla pas de Darren, ni même de ma mission. Elle attendit la fin de mon bain, me proposant une nouvelle fois la couverture ou la nuisette pour me sécher devant le feu. Cette fois ci, n’ayant pas le coeur à la découverte et la douceur, je choisis la couverture pour aller plus vite.

Je remarquai alors de l’angoisse chez Abelle. C’était nouveau et ça grandissait. Elle semblait vouloir le dissimuler, retarder l’inévitable, jusqu’à ce que je demande à aller voir Heimda. Cette fois, son visage blanchit un peu et elle murmura :

« Je n’ai pas voulu vous inquiéter dès votre arrivée Lyanna. Mais... »
Elle se mordit les lèvres.

« Son altesse Heimda...a disparu. Sa chambre est vide. »

La servante précisa rapidement, ne voulant pas que je réagisse sans explication.

« Lorsque je suis allé voir son père, Lord Virgil, il se trouvait en compagnie d’hommes que je ne reconnaissais pas. Il allait partir avec eux. Mais en me laissant un paquet à votre adresse. Je l’ai dissimulé en l’attente de votre retour. »

Quelle ne fut pas ma surprise, et aussi mon inquiétude, apprendre qu’Heimda avait disparu ? Comment veiller sur elle si elle n’était plus là ? Et où était elle ? Ma crainte que ces monstres l’aient capturé me terrifiait. Lorsque Abelle mentionna un paquet, je fronçai les sourcils, ignorant de quoi il pouvait s’agir. J’étais partagée entre mon envie d’aller voir ce que c’était, et l’idée d’aller torturer Rampouille pour qu’il me donne la localisation des trois autres mâles, afin que je puisse lancer immédiatement un assaut. Mais dans mon état … Je dus donc faire un choix.

"Un paquet ? Où est-il ?"

« Je l’ai caché derrière la peinture qui décore votre chambre. Il y a un double fond dans le bois. »

La jeune femme emballait mon armure dans un linge.

« Je vais de ce pas faire entretenir votre équipement. Voulez-vous manger à l’auberge ou vous faire porter votre repas ? »

Je réfléchis quelques secondes, pendant que je m’habillais avec les vêtements préparés par Abelle. Manger à l’auberge, avec tous ces gens qui avaient épié leurs conversations, maintenant qu’elle était seule, cela ne lui disait rien. Elle était si éprouvée par la perte de Darren qu’elle voulait de la solitude.

"Je mangerais dans ma chambre".

Si bien sûr, elle trouvait l’appétit. Rien n’était moins sûr. Alors qu’Abelle s'éclipsait avec sa tenue, je quittai la pièce et retournai dans ma chambre. Maintenant que j’étais seule, je posai mes armes, et décrochai le tableau pour trouver le mystérieux paquet. Comme me l’avait décrit Abelle, un double panneau en bois se camouflait très bien dans l’architecture du mur. Une fois déposé, je trouvai un paquet en papier cartonné, ficelé d’une cordelette. Il y avait une petite inscription dessus, sûrement mon nom. Je retirai tout ce qui l’entourait pour le déballer.

C’était...un pendentif. Une amulette en forme de disque, serti de divers signes et de quelques pierres précieuses. La corde était vieille, usée par le temps. Le bijou était entretenu. Mais clairement, ça faisait longtemps qu’il n’était plus porté. Ses symboles et ces descriptions n’avaient aucun sens pour moi. Plus tard, Abelle vint à ma rencontre avec un plateau surchargé. Elle avait choisi plusieurs plats qui diffusaient une odeur alléchante dans ma chambre, du pain encore chaud, des fruits. Un pichet d’eau fraîche, deux autres bouteilles contenant alcool et liqueur.

« Puis-je ? » dit-elle en se glissant vers la table pour disposer l’ensemble.

Je la regardai, et lui tendis l’amulette. Sans aide, je n’avais aucune chance de comprendre. Abelle la tourna un peu dans ses mains et l’examina. Elle était d’abord un peu surprise, puis décontenancée.

« Je ...je vois mal ce que je pourrai vous dire. »

Elle fronça les sourcils.

« C’est une pièce de collection rare qui mériterait sa place dans un musée. Lord Virgil vous l’a peut-être cédé en paiement... »

Mais ça ne tenait pas, il n’y avait pas de logique d’avoir fait parvenir un colis à mon adresse directement, discrètement, si c’était une récompense. La servante s’en était déjà rendue compte et elle fit un effort de réflexion, bien qu’elle ne trouvait pas non plus la solution.

« Je ne sais pas, Lyanna. Ceci...est le pendentif de l’ordre des Veilleurs. Il s’agissait d’un groupe secret de religieux au sein de l’Eglise. Ils levaient le secret de la confession pour examiner notre société et veiller à ce que les menaces de grandes destructions ne voient pas le jour. »

La jeune femme secoua négativement la tête.

« Cela...n’est que légende. Ma mère me la racontait pour me faire peur lorsque je n’étais pas sage. Elle me disait que les Veilleurs connaissaient mes bétises et qu’ils viendraient me châtier. Ils sont tombés dans l’oubli ça fait...au moins trois générations ! »

J’écoutai Abelle sans comprendre ce qu’elle me disait. Ou plutôt, je ne comprenais pas pourquoi Virgil m’avait donné un tel objet qui me paraissait … inutile. La jeune femme me fixait en essayant de trouver une idée. Son regard s’éclaira et elle eut l’espoir de m’aider.

« La Manécanterie !!! »

Abelle regarda le médaillon.

« J’y ai appris les chants religieux. Pendant mon enseignement, le prêtre nous interdisait l’accès à toute une partie de l’édifice. Il disait que c’était le coeur de l’Eglise, une grande part de leur bibliothèque. »

La servante était certaine de son idée.

« Laissez-moi ceci, Lyanna. J’irai en ces lieux faire des recherches. Je vous apporterait des réponses ! »

Je ne savais pas quoi penser de tout cela. Mais Abelle proposant son aide, je décidai de lui laisser le médaillon.

"D’accord, je te le laisse. Il ne me sera pas d’une grande utilité si je le garde".

« Lord Virgil vous l’a confié. Au contraire, je crois qu’il vous sera très précieux. » fît-elle.

La jeune femme vérifia de n’avoir rien oublié sur la table, pointilleuse quant à sa volonté que je ne manque de rien puis elle gagna la porte.

« Je vais voyager de nuit pour ne pas attirer l’attention. Je reviendrai à l’aube. »

Elle croisa les mains et me regarda.

« Vous n’aurez plus de servante d’ici là. Souhaitez vous que je prévois quelque chose avant mon départ ? »

Je réfléchis longuement, mais je ne voyais pas de quoi je pouvais bien avoir besoin. A part d’une aide pour anéantir les sbires de Macon. Je secouai la tête.

"Merci, mais j’ai tout ce qui me faut".

Je regardai Abelle.

"Sois prudente".

Lorsque la jeune femme quitta la chambre, je me retrouvai seule. Cela contrastait avec la veille, avec la présence de Darren. Je frissonnai rien qu’à l’idée de penser à ça, et je me repris pour essayer de penser à autre chose. Je me mis alors à imaginer ces trois mâles restants, et moi le faisant souffrir avant de les tuer. Mon nouveau moteur pour avancer. Bon, ça n’avait pas changé par rapport à avant. Cependant, avant, il n’y avait pas le militaire et mes sentiments pour lui dans l’équation. Je restai concentrée sur mes ennemis pour ne pas penser à lui. Mon regard se posa sur le plateau contenant le repas. Il y avait beaucoup de plats appétissants, mais je n’avais pas vraiment faim. Quelque chose me nouait l’estomac. Je me contentai de grappiller quelques petites choses, histoire de reprendre des forces, avant de m’allonger sur le lit. Je réfléchis à tout ce qui venait de se passer, et à comment continuer la mission maintenant que j’étais seule, sans aide. Pouvais je y arriver ? Je l’ignorais, mais j’étais plutôt pessimiste. Surtout avec des individus capables de changer d’apparence. Sans m’en rendre compte, vu l’épuisement qui me submergeait, je plongeai dans un sommeil profond sans même m’être glissée sous les draps.

Soudain, quelqu’un tambourina à la porte. Il avait frappé le premier coup si fort que ça avait eu l’air d’un coup de tonnerre, me faisant brutalement sursauter. Il enchaîna cet appel rapidement, par coups de trois ou quatre chocs. L’homme qui se tenait derrière semblait affolé, ça se sentait à la façon dont il faisait trembler le tout. Il faisait un noir d’encre, l’air frais renseignait qu’ils étaient au beau milieu de la nuit.

Je sortis soudainement de mon sommeil, et poussai un gémissement douloureux à cause des nombreuses courbatures. Encore à moitié endormie, j’eus du mal à comprendre ce qu’il se passait. Puis, je compris. Quelqu’un frappait avec force à la porte, m’ayant réveillé en pleine nuit. Mais qui cela pouvait-il être, surtout pour frapper comme un bourrin ? Comme s’il y avait urgence ? Serait-ce les maîtres chiens qui venaient m’informer de la fuite de mon prisonnier ? Je quittai le lit, prenant mon couteau, et me dirigeai vers la porte. Je l’ouvris, prête à frapper si c’était un danger.

C’était effectivement le maître chien. Celui-là même qui m’avait promis que mon prisonnier serait bien gardé.

« Il s’est pas enfui. » déclara-t-il en abaissant son poing.

Il avait annoncé cette information d’emblée pour ne pas m’inquiéter et surtout, ne pas se faire tuer par représailles.

« Y’a l’pisteur que j’avais lâché près du poulailler. Il m’a rapporté ça ! »

Le maître chien me tendit un morceau de cuir carré que je reconnaîtrais forcément pour avoir fouillé dedans une nuit à la belle étoile. L’homme savait que ce n’était pas un objet de sa planète. Il avait estimé que, si cela venait des ennemis, il se devait de m’avertir immédiatement, quitte à se faire insulter. Ce qu’il ne savait pas, c’était que ce porte carte en cuir n’appartenait pas à l’ennemi. C’était celui de Darren, avec sa carte militaire, et la photo de sa soeur.

En voyant le porte feuilles que tenait le maître chien, mon coeur bondit dans ma poitrine. Comment cet objet s’était il retrouvé là ? Darren l’avait sur lui lorsqu’il avait chuté dans la fosse. A moins qu’il l’ait perdu avant de quitter le village ? Ou alors, mes ennemis jouaient encore avec moi ? Je pris l’objet et regardai le mâle.

"Il n’a rien trouvé d’autre ?"

« Non, Dame. Il a failli l’dépioter en revenant vers moi. Il l’a trouvé loin sur la grand route, à côté du poulailler ! »

Je partis poser le porte feuilles sur la table, et pris mes armes, avant de revenir vers la porte.

"Montre moi où il l’a trouvé !"

« Oui ! »

Nous partîmes rapidement.

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Darren Clive

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le Mer 25 Mar - 23:36

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Darren n’agissait plus que sur les ressentis et les émotions.
Après le coup de feu qui l’avait saisi, il s’était senti tomber, atterrir lourdement sur les créatures et se faire attaquer de toutes parts. Il s’en était fallu d’un cheveu. Il ne tenait sa survie qu’à une seule chose : le fait que son gilet avait prit les premières morsures. Les serpents les plus proches s’étaient disputés le contenu de son gilet tactique en prenant les plaques anti-trauma pour de bons morceaux de viande. Et s’il n’avait pas eu ce réflexe de se jeter à l’eau, dans cette rivière souterraine qui abreuvait les serpents, ça en aurait été fini.

Le courant l’avait ballotté en se moquant complètement de ce qu’il était, du fait qu’il était encore en vie. Ce n’était pas un moyen de survie et de fuite, que la nature conciliante lui aurait offert dans une forme de bienveillance pour avoir protégé le peuple d’Heimda. Les ondes l’avaient bousculé contre les roches, des tourbillons l’avaient englouti, avalé.

Il aurait dû y rester.
Il avait même espéré y rester.
Parce que la suite ne fût qu’un enchaînement de brutalité et de douleur.

La rivière avait fini par sortir en extérieur. Cette caverne l’avait littéralement “vomi” en le rejetant comme un tas d’os brisé et morcelé. Darren pensait qu’il se noierait lorsque le courant serait plus fort. Il se disait qu’il finirait bloqué entre deux rochers dans un fond vaseux, bouffé par les poissons et la vermine avec le temps. Ou bien qu’il se contenterait de flotter dos vers l’extérieur comme un con, jusqu’à atteindre la mer.

Entre la peur, le sentiment d’échec et le désir honteux de ne plus vouloir souffrir, toute perception de l’espace et du temps avait disparu. Parfois la rivière le torturait moins, lui laissait la peine de respirer. Mais d’autres fois, il roulait sans arrêt entre les différentes petites chutes. ll ne comptait pas le nombre de fois où il s’était cogné ou abimé quelque chose. Sa seule certitude : il allait mourir dans la flotte.

Pourtant, il ne saurait dire si c’était sa belle étoile ou tout simplement le coup du hasard : Darren se retrouva empêtré dans les larges racines d’un saule en bordure de rivière. Il s’était pris dedans, poussé par le courant, et ça l’avait maintenu hors de l’eau durant ses phases d’inconscience. Il avait eu un mal fou à se contraindre aux mouvements, s’obliger à quitter ce support pour rejoindre la rive.

La souffrance que l’on peut ressentir lorsque le corps voulait abandonner n’avait rien de descriptible, ni de comparable. Malgré son entraînement militaire, Darren n’était qu’un homme poussé dans ses derniers retranchements. Il avait gagné la rive, s’était évanoui, et réveillé quand un animal avait tenté de lui bouffer le cuir chevelu. Sa vue était devenue trouble, il n’arrivait pas à se lever et c’est à peine s’il était parvenu à faire fuir le prédateur.
Parce qu’il était faible et surtout...parce qu’il voulait abandonner.
Darren voulait laisser tomber.

S’il ne bougeait pas, il aurait moins mal.
S’il ne bougeait pas, il userait de moins de forces.
S’il ne bougeait pas...on ne le trouverait pas. Et il pourrait mourir hors des regards.

Il n’y avait qu’une image qui revenait le tourmenter dans ses moments de lucidité.
Darren voyait l’Amazone en train de froncer les sourcils quand il lui parlait. Cette façon qu’elle avait de toujours jouer avec ses sourcils dés qu’elle n’était pas d’accord ou qu’elle ne comprenait pas. Il revoyait son image, les sourires qu’il était parvenu à lui arracher, et aussi le goût de ses lèvres.

Le soldat aurait pu se motiver en se disant qu’il l’avait laissé, seule, dans cette caverne avec deux ennemis. Il aurait pu avoir peur pour elle. Mais dans son état, il ne prenait conscience que du plus important. Il n’y avait plus de militaire, ni de Darren, ni même de mission. Il y avait juste que Lyanna devant son regard embrumé.
Et s’il avait un aveu à faire, en restant là, allongé sur la rive, en attendant la mort, c’était qu’il aurait souhaité la revoir.
L’amour bien dégoulinant avec un grand A. Type films à l’eau de rose à bas budget ?
Carrément pas !
L’Amazone se dessinait en lui comme le seul regret qu’il aurait de s’arrêter là, comme ça. Parce qu’il avait le béguin. Et aussi parce qu’il refusait de l’abandonner, elle.

Darren trouva les ressources pour se redresser.
Gelé jusqu’aux os, abîmé, tremblant. Il retira sa veste qui lui paraissait peser une tonne et n’en conserva que son portefeuille qu’il glissa dans sa poche. Et il s’en alla sans réel espoir. Juste dans une direction, puisqu’il avait toujours la vue trouble et que ça ne passait pas. Darren erra longuement, des heures et des heures, en marchant un pas après l’autre. Rien de rapide, rien de mesuré ni rien de précis. Il ne se concentra qu’à ça : un pas après l’autre. Pour Lyanna.

Lorsqu’il atteignit des plaines, puis des champs, son coeur se regonfla d’espoir. Il se disait qu’un paysan le découvrirait, viendrait à sa rescousse. On le renverrait vers le bourg dans un chariot ou à dos de ces étranges montures. il pourrait avertir Virgil et faire envoyer des renforts dans cette foutue caverne ! On lui dirait que Lyanna allait bien, parce que c’était une PUTAIN DE TAREE QUI FLINGUAIT LES MECS !!!
Mais l’écho d’une série de coup de feu au loin finit par l’user complétement.

Lyanna n’avait pas d’armes à feu.
Ses ennemis si.

Complètement démoralisé, le soldat prit simplement cette direction. C’était son seul repère pour essayer de trouver du secours ou, peut-être, des renforts Atlantes qui ne marchaient pas pour Macon. Darren claudiquait en respirant fort, incapable de bien jauger son environnement. C’est comme ça qu’il se mit à tomber, plusieurs fois, lorsque la nuit s’installait. Il finit par découvrir un poulailler sans occupants. Le soldat avait frappé plusieurs fois, personne ne lui avait répondu. Alors il s’était déplacé vers un abreuvoir à vache et, sans retenue, il s’était plongé la tête dedans.
Son crâne battait douloureusement la mesure de son coeur. La douleur le prenait jusqu’à l’arrière de ses yeux et il n’y voyait toujours pas. Que du flou.

En se redressant, il avait perdu sans le savoir son portefeuille.
Le poulailler se partageant une petite route pavé que Darren devina sous les semelles de ses rangers, il décida de le longer. Lentement mais sûrement. Espérant sur sa bonne étoile pour s’approcher un peu plus de la civilisation. Il ne savait pas qu’il mettait le bourg et Lyanna dans son dos. Qu’il s’éloignait d’elle inexorablement. Il y aurait disparu si le chien pisteur du maître n’avait pas reconnu l’odeur de Lyanna sur le portefeuille et tiré son maître vers le bourg, le morceau de cuir toujours dans la gueule.
L’homme avait fini par comprendre. Et c’est ainsi qu’il était allé tambouriner en pleine nuit dans la chambre de Lyanna.

Ce dernier était venu avec une carriole qu’un de ces gros chiens servant de monture tirait. Le pisteur se mettait à courir le long de la route en jappant et le maître suivait doucement. Il menait Lyanna en lui expliquant dans quelles circonstances son chien avait trouvé l’objet, pourquoi il l’avait envoyé près du poulailler.

De son coté, Darren entendit les aboiements et il cru que les ennemis se servaient de chiens pour le traquer. Il tenta de s’enfoncer vers ce qu’il supposait être des bois, en quittant la route, et se prit accidentellement dans les barbelés d’un enclos de vaches. A bout de force, il atteignit la lisière et s’effondra au sol. Les aboiements s’approchaient de plus en plus. Le soldat tira son neuf millimètres, la dernière arme qu’il avait, retenue par son holster de cuisse. Du bon matériel qui avait survécu à cette foutue machine à laver. Son coeur se mit à battre de plus en plus vite, témoin de cette fin inéluctable qui s’approchait de lui.

Darren trouva un arbre sur lequel s’adosser et il pointa son arme vers l’avant, tirant le chien pour s’apprêter à une défense ultime. Il pensait discerner des silhouettes...mais en réalité...il visait les vaches de l’enclos que le bruit avait attiré. Le chien pisteur restait à bonne distance, continuant d'aboyer pour signaler la présence de Darren au maître et à Lyanna. Elle l'aperçut bientôt, adossé au premier arbre de la lisière, menaçant les vaches de ne pas s’approcher.

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Lyanna

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le Jeu 26 Mar - 1:48

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J
e restai silencieuse, assise à côté du maître chien, entrain de regarder autour de moi. Il faisait nuit, je n’y voyais pas grand chose à part les zones éclairées par le clair de lune. Le pisteur continuait d’avancer en aboyant, nous menant vers la piste qu’il avait flairé. Un tas de questions me traversaient l’esprit, à commencer par la présence du porte feuilles. Comment était il arrivé là ? Qui l’avait mis ici ? Etait ce un piège ? Se pouvait il que Darren soit dans le coin ? Impossible, il ne pouvait pas être vivant. Pourtant, j’avais envie d’y croire, même si cela faisait souffrir d’avoir un faux espoir.

Le maître chien s’éloigna soudainement du chemin principal, suivant les aboiements de son animal. Et lorsqu’il s’arrêta enfin, le pisteur n’étant pas loin, je descendis en sortant mes épées. Je regardai autour de moi, mais il n’y avait rien. Le désespoir commença alors à m’envahir, mais je continuai de fouiller les alentours, sur mes gardes au cas où il y ait du danger. Cependant, je devais me rendre à l’évidence. Même si le pisteur ne cessait d’aboyer, il n’y avait rien. Il avait du voir un animal passer. Alors que j’allais retourner à la carriole, je remarquai quelques choses dans les buissons, faisant face à un enclos où se trouvaient des vaches. Une silhouette se dessinait sous la lumière de la lune, mais je ne parvenais pas à en savoir davantage. Je ne remarquai pas non plus l’arme de là où je me trouvais.

"Il y a quelque chose dans les buissons, là bas !" dis je au maître chien qui venait de me rejoindre, également intrigué par les aboiements de son pisteur.

« L’pisteur râle encore ! C’est qu’il a trouvé celui qui avait l’objet Atlante...c’doit être lui ! »

Il sortit de sous sa veste un couteau de boucher qu’il tint fermement.

« J’viens avec vous. »

En temps normal, je lui aurais ordonné de rester en arrière car je n’avais pas besoin de son aide. Mais dans ces circonstances, quelqu’un qui surveillait mes arrières n’était peut être pas une mauvaise chose. Surtout que les sbires de Macon aimaient mener des guet apens à plusieurs. Je jetai un regard autour de moi, et tendis l’oreille pour écouter le moindre bruit suspect. Mais avec les aboiements du pisteur, c’était difficile d’entendre quoi que ce soit.

"Tu ne peux pas le faire taire ?"

Le maître utilisa un sifflet particulier. Le chien gueula une dernière fois, frustré de ne pas avoir pu croquer Darren, et rejoignit son maître en se couchant immédiatement à ses pieds.

« Heu...il va pas nous embrocher avec son lance-tonnerre, là ? »

« J’suis pas encore fini, ordures ! Approchez ! »

« Dirait bien qu’il est un peu tendu m’dame... »

En entendant la voix du militaire, je restai interdite, paralysée quelques secondes, mon arme baissée. Non, c’était impossible ? Ce n’était pas lui ? J’entendis à peine ce que le maître chien venait de me dire. Mon regard restait braqué sur la silhouette. Quand enfin, je réagis, toujours incrédule.

"Darren ?"

Le temps semblait s’être arrêté dès que j’avais prononcé ce nom.
Darren avait entendu ma voix et il s’était figé, ayant du mal à croire que son espoir secret s’était réalisé. Pour lui, c’était comme s’il venait d’avoir une hallucination auditive et il restait là, essoufflé par une soudaine émotion, l’arme pointée dans le néant.

« Lyanna... » souffla-t-il. « C’est...toi ? »

"Oui, mais ..." dis je en interrompant mes paroles.

Malgré cette sensation de joie d’avoir retrouvé Darren vivant, l’incrédulité et l’étonnement étaient toujours là. Est ce que c’était vraiment le militaire ? Cela ne pouvait pas être possible, il était mort. Mes ennemis jouaient encore avec moi. Je devais en avoir le coeur net, car il s’agissait peut être encore d’un piège. Je me tournai vers le maître chien.

"Reste là, et prépare toi à attaquer. Je ne pense pas que ça soit lui".

« Oui.. m’dame... » fit-il, inquiet. Il leva son couteau en l’air, comme s’il s’attendait à l’attaque d’un fantôme.

J’attendis d’être sûre que le mâle reste en arrière, puis je regardai autour de moi. Je m’attendais toujours à entendre des bruits étranges, trahissant la présence d’ennemis. Mais rien. Il n’y avait que le son de la respiration de la silhouette qui se prétendait être Darren. Je me mis alors à avancer lentement, sur mes gardes, jusqu’à ce que mes yeux distinguent clairement le soldat. Celui ci était dans un piteux état. Et surtout armé. Etait ce lui ? Ou un imposteur ? Je pouvais vérifier ça facilement, mais pour ça il faudrait que je m’approche sans me faire tuer.

"Darren … baisse ton arme … s’il te plait !"

Clive n'obéit pas. Il était en proie au même doute que moi.

« J’vois plus rien... » lâcha-t-il douloureusement. « J’vois pas ton visage. »

Evidemment, Darren ne joua pas le jeu. Et en plus, il voulait que je m’avance, probablement pour m’attaquer. Je gardai mon épée levée dans sa direction, même si j’étais encore à quelques pas de lui. Je réfléchis à comment faire pour déterminer s’il était un imposteur ou non en restant à distance.

"D’accord. Alors … heu ..."

Une idée me vint en tête, et je restai là où je me trouvais, prête à bondir sur le côté si jamais mes soupçons d’imposture étaient fondés.

"J’ignore si tu es le vrai Darren, ou une simple copie. Mais le vrai Darren est blessé au flanc, je lui ai fais des points de suture. Soulève ton tee shirt !"

Son pistolet était désormais pointé sur moi.

« Et la vraie Lyanna n’aime pas du tout...le deuxième nom que je lui ai donné... » lâcha-t-il, haletant. « Ca te dit qu’on réponde ensemble à nos questions...qu’on se rassure ? »

"Je t’ai déjà dit que Rose, ce n’était pas un prénom, et que je ne voulais pas que tu m’appelles comme ça !" répondis je aussitôt, à peine la phrase de Darren terminée.

L’expression du soldat se détendit aussitôt. Il cligna des yeux plusieurs fois, ne parvenant pas y croire, puis il se mit à respirer moins fort.

« J’te croyais morte... »

Il baissa son arme et donna un accoup pour l’envoyer dans ma direction. De sa main libre, il leva alors son t-shirt qui révéla une plaie au flanc, là où je l’avais soigné. Mais il n’y avait plus de points...et ça semblait avoir longuement saigné avant de former une grande croûte coagulée.

Un immense soulagement m’envahit lorsque Darren jeta son arme et souleva son tee shirt, même si la blessure était horrible à regarder. Je baissai mon épée, et ramassai le pistolet, avant de m’approcher du militaire.Je sentis des larmes me monter aux yeux, et je n’aurais su dire si c’était du à la joie ou à la colère. Car oui, une part de moi était quand même furieuse d’avoir pensé que Darren avait perdu la vie.

"Je te croyais mort aussi !" dit elle en haussant le ton, comme si c’était de sa faute.

Comme si je voulais finir de me rassurer, je posai ma main sur le torse de Darren. Non seulement pour voir s’il était bien réel, et s’il ne s’agissait pas d’une simple hallucination. Mais également pour vérifier s’il ne portait pas un dispositif de changement d’apparence. On ne savait jamais. Je fus définitivement soulagée, et j’éclatai alors en sanglot sans même me contrôler. Et pour une raison qui m’échappait encore, je vins me blottir contre Darren.

"Je t’ai vu mourir … je t’ai vu tomber … et le coup de feu ..."

Il avait réagi immédiatement, m’entourant les épaules de son bras libre. Mon contact l’avait fait gémir de douleur mais il ne m’avait pas repoussé. Au contraire, le contact qu’il m’offrit communiquait la trouille qu’il avait eu de me perdre.

« Je suis désolé.. » murmura-t-il plusieurs fois. « J’sais pas bien comment mais j’ai plongé...je suis tombé dans l’eau. »

Il ne voyait rien mais ça ne semblait plus si important sur le moment. Il se détendait de plus en plus à mon contact et il déposa ses lèvres sur ce qu’il suspectait être les miennes.

« J’ai cru qu’il t’avait flingué. Dis-moi… que tu es pas blessée ... »

Je répondis doucement au baiser de Darren, cette sensation m’avait terriblement manqué. Je me détachai lentement de lui, séchai mes larmes et secouai la tête à sa question inquiète.

"Non, il n’a pas réussi. J’ai juste mal partout et je suis épuisée. Mais ça va".

Je remarquai difficilement une trace de sang sur le visage de Darren, à cause de l’obscurité. Quelques nuages passaient de temps en temps devant la lune pour la voiler. Le militaire était probablement blessé. Et puis, il avait dit un peu avant qu’il ne voyait rien. Sans oublier que Rampouille lui avait tiré dessus, et que son coup de feu l’avait atteint quelque part.

"Et toi ? Tu as mal où ?"

« Partout ! » répondit-il en ricanant doucement. « J’ai le crâne en bouillie. Je crois bien...que je vais encore avoir besoin de tes doigts de fée. »

"D’accord, je vais te sortir de là".

Je me levai, serrant les dents car les courbatures n’avaient pas disparu, et je partis à la recherche du maître chien.

"Viens m’aider, il faut le mettre dans la carriole et le ramener à l’auberge".

Il s’éxécuta sans plus attendre. Après avoir rangé son arme, le chien suivant son maître en ayant copieusement oublié sa cible, il aida Darren à se redresser, non sans mal. Le soldat trébucha à plusieurs reprises. Les nerfs s’étaient relachés et il prenait pleinement conscience de son épuisement. Un bras autour des épaules de Lyanna, le soldat se pencha un peu vers elle tout en se forçant à se tenir sur ses jambes.

« J’commence à pas aimer cette planète. Prochaine fois, je t’emmène sur la plage. Je te montrerai...du sable fin...et des vacances sous les tropiques ! »

J’aidai Darren à marcher malgré ma propre fatigue. J’eus un petit sourire à la réplique du militaire, son humour m’avait manqué.

"Des vacances ? Qu’est ce que c’est ?"

« Tout l’inverse...de ce qu’on vit là... »

Le maître amena Darren jusqu’à l’arrière du chariot. Il tira une bâche sur la surface et déploya ses forces pour y trainer le militaire. Il grimpa aussitôt à l’avant de son attelage pour prendre la direction du bourg, le chien gambadant joyeusement sur le côté comme si rien ne s’était écoulé. Darren demeura allongé, essayant de rester éveillé. Mais entre la présence rassurante de Lyanna et l’idée que son calvaire s’était terminé, il finit par sombrer au beau milieu d’une phrase. Lorsqu’il disait : « T’es un ange... »

Lorsqu’ils arrivèrent sur la place, le cocher descendit en vitesse et alla trouver des volontaires parmis les commis qui se levaient très tôt. Comme deux boulangers, un veilleur de nuit et deux autres servants de l’auberge qui utilisèrent la bâche pour amener Darren jusqu’à la chambre. Ils firent exactement la même chose que pour Lyanna lorsqu’elle avait fait sa chute et ils disposèrent le soldat inanimé sur le lit.

« Y’a quelque chose que je peux faire ? M’dame ? »

Je restai debout, près du lit où Darren était allongé, inconscient. Puis, je me tournai vers le maître chien.

"Il me faut de l’eau chaude et des chiffons, pour nettoyer ses blessures".

« Tout de suite. »

Le maître chien disparu en fermant la porte derrière lui. Je me trouvai seule avec le militaire pendant un long moment, jusqu’à ce qu’un commis revienne avec le nécessaire. Une bonne âme avait eu la gentillesse d’ajouter un onguent visiblement réputé pour calmer la douleur, ainsi que des bandages. Puis il s’éclipsa tout aussi vite.

Maintenant que la chambre était éclairée par les bougies et diverses lampes, mon regard se posait sur les nombreuses blessures de Darren. Sa peau était couverte de bleus et d’abrasions, de petites coupures, comme s’il avait été traîné sur le sol à grande vitesse. Les points au niveau de son flanc s’étaient ouverts, le sang avait coulé un certain temps avant de se colmater au contact de son vêtement.

Mais la blessure de son crâne était la plus impressionnante. La balle qu’il avait reçu l’avait impacté sur le bord de son front, creusant une entaille très sévère. L’angle de pénétration assez étroit avait fait une sorte de ricochet zébrant toute une partie de son cuir chevelu jusqu’au dessus de l’oreille. Il avait longuement saigné, teintant toute une partie de son visage. Là aussi, ça semblait s’être calmé, même si la partie la plus profonde de la plaie suintait encore.

Autour de ses yeux clos, une pellicule d’un produit étrange était resté fixé. C’était exactement ce que j’avais retiré de mon visage après que le monstre m’avait craché dessus et aveuglé. Darren avait dû être la victime du même fluide.

Je ne pouvais pas le laisser dans cet état. Même s’il n’y avait plus rien de la trousse de secours emmenée par Darren, je devais lui prodiguer des soins. Du moins, ce qui était à ma portée. Il y avait peut être des guérisseurs dans ce village qui pourraient venir le voir demain. En attendant, j’étais là. Je m’assis près du militaire, puis je trempai le chiffon dans l’eau chaude, et je commençai à nettoyer le sang du visage de Darren. Progressivement, je remontai vers sa blessure, et bien que je n’avais pas la délicatesse ni la douceur du soldat, je parvins à nettoyer correctement la plaie. J’en profitai également pour passer le chiffon autour des yeux de Darren, tout en me demandant comment retirer le venin des bestioles. Il n’y avait plus de produit que le militaire avait utilisé sur moi.

Puis, je me redressai et soulevai doucement le tee shirt pour le décoller du sang coagulé. Une fois la peau libre, je passai là aussi le chiffon humide afin de retirer toutes les impuretés. Je terminai de nettoyer la peau là où elle était abîmée, du moins ce qui était à ma portée. Mais le plus gros des blessures était propre. J’appliquai ensuite l’onguent sur chaque blessure et hématome que je voyais, avant de placer des bandages pour protéger les plaies les plus graves, comme celles sur sa tête et son flanc. Cela dépannerait le temps que je trouve de quoi suturer.

En attendant, l’épuisement me rattrapait. Ainsi que tout ce flot d’émotion que j’avais ressenti à découvrant que Darren était encore envie. Je restai assise sur une chaise, à côté du lit, veillant sur le sommeil du militaire. Les rôles étaient inversés cette fois. Je pris la main de Darren dans la mienne. Puis, n’y tenant plus, je tombai lentement en avant, ma tête venant se poser sur le matelas. Mes yeux se fermèrent tout seul, et le sommeil m’emporta, tandis que je tenais encore la main du soldat dans la mienne.

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Darren Clive

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le Dim 29 Mar - 22:17

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Il avait bien reçu cette sensation de fraîcheur à un moment donné. Darren ne pouvait pas être suffisamment lucide pour faire une association, se dire qu’il s’agissait d’un linge humide et que Lyanna le tenait. Il ressentait juste d’instinct un soulagement.
Combien de temps s’était-il écoulé ? Des heures, des jours ?....des semaines ?
Tout semblait perdre de sa structure, de sa consistance. Le soldat errait dans des songes sans forme ni logique. Ces images déformées et ces voix lui venaient comme la marée calme au bord d’une plage.
Ca venait et ça se retirait.

Par moment, Clive parvenait à ouvrir les yeux.
Il comprenait être couché sur le dos, chaleureusement allongé sur un matelas moelleux dont il devinait les couvertures en dessous. Son regard migrait très lentement sur le plafond, remarquant les lampes éteintes ou placées en veilleuse. Là encore, son esprit avait pressé le bouton “off”. Avant de sombrer de nouveau, il se contenta simplement du sentiment de sécurité.

Une nouvelle fois, il s’éveilla parce que sa gorge lui faisait mal.
L’un des seuls endroits qui n’avaient pas été envahi par la souffrance. Intrigué, il chercha à comprendre jusqu’à ce qu’il s’humecte les lèvres sans y parvenir : il crevait la soif.
Enigme résolue, retour au sommeil immédiat !

L'inconscient se montrait être un piège tentant. Darren reconnaissait que c’était sa petite faiblesse. Lorsqu’il arrêtait de se battre et qu’il s’abandonnait, ça lui offrait une forme d’inhibition. Plus de douleurs, plus d’inquiétudes, plus de craintes. Dans les méandres de son esprit, il se surprit à faire un point sur sa vie, sur ce qui l’avait mené dans ces états là.
Ce n’était pas rare de passer à la moulinette dans l’exercice de ses fonctions. C’était d’ailleurs...comme un gage de réussite.

L’escorte de VIP. De l’art de prendre la balle à la place du client et d’être ensuite remplacé par un mouchoir propre. Clive se l’était souvent dit : il ne connaîtrait pas la retraite. Même si ça le soulageait parfois de s’imaginer sur une planète calme où il aurait construit sa maison de ses mains, finir sa vie tranquillement sur Pégase en laissant les nouvelles générations prendre les risques à sa place.
Ce n’était qu’une distraction. Seulement une distraction…

*** Tu aurais dû mourir ici... *** fît son subconscient.
Darren n’était pas d’accord.
Il se disputa rapidement avec lui-même pour rappeler à son subconscient que la ténacité le définissait entièrement. Tant qu’il avait de l’air dans les poumons, il ne s’arrêterait pas.

Cette curieuse querelle interne éveilla sa douleur et lui rappela la stupidité de la situation. Il se savait endormi sur ce lit en train de s'engueuler...avec lui-même. Darren se contraignit à ouvrir les yeux mais...cette fois...à les garder ouvert. Il faisait jour, le plafond était parfaitement bien éclairé par la lumière du soleil.

Le soldat ne percutait pas sur le moment : il y voyait clair. Sa vue était donc revenue à la normale. Pour le moment, il se contentait des plus petites observations. Comme le vent qui battait avec douceur la toile de stores. Quelqu’un s’était glissé dans la chambre pour ouvrir la fenêtre et éviter que la lumière du soleil ne les perturbe. La douceur de la température matinale et le renouvellement de l’air frais était un délice. Darren ne parvint pas à résister plus longtemps et il s’endormit de nouveau. Cette fois à contrecoeur.

Pas de songes ni de jugement interne. Clive dormit simplement quelques heures supplémentaires et rouvrit naturellement des yeux. Il papillona des paupières en découvrant que ça lui demandait beaucoup mois d’efforts et il observa le plafond une fois de plus.
Oui...ça allait quand même mieux. Sacrément mieux.

Il avait toujours mal partout, y compris la tête. Mais c’était bien plus supportable et acceptable. Le soldat poussa un soupir douloureux en crispant son visage. Il prenait peu à peu conscience de son état et ce n’était pas joli. Les souvenirs revenaient en même temps, jouant des coudes pour se disputer la première place au podium. Qui allait accaparer la place numéro 1 dans l’ordre de tâches dans l’esprit de Darren ? La situation ? La douleur ? La soif ? Sa vessie sur le point d’exploser ?!?

Le soldat amorça un geste pour se lever. Il avait pris depuis longtemps la sale manie de jouer des abdos pour se redresser à l’équerre sur son lit, se disant que c’était le tout premier geste du matin. Mal lui en prit car, dès qu’il tira ses ses muscles, son corps lui rappela gentiment qu’il le renverrait dormir s’il ne se tenait pas à carreaux.
C’était même carrément une menace. S’il faisait le con, son corps s'achevait proprement.

Plus sérieusement, le jeune homme sentit sa blessure au flanc irradier soudainement, comme sur le point de provoquer une nouvelle déchirure. Clive reposa sa tête sur les oreillers en comprenant qu’il était loin d’être sorti d’affaire et que sa convalescence débutait. Une part de lui le regrettait parce qu’il n’acceptait pas d’être dans cette position de faiblesse. Mais d’un autre côté, ses doutes et sa perte de confiance se faisaient copieusement écrasés par la fatalité du retour au combat.
Darren allait guérir, se retrouver des armes. Et il allait repartir aussi sec contre cette bande de trou de balles qui avaient cru pouvoir lui faire fermer sa gueule.

Il tourna lentement son visage d’un côté et de l’autre pour mieux examiner son environnement. C’est de cette façon qu’il tomba sur une scène assez...émouvante. Ce n’était pas tout à fait le terme adapté mais en découvrant son amie dans cette position, assise sur un siège avec la figure enfoncée dans le matelas, la symbolique parlait plutôt d’elle-même.

Une grande vague de reconnaissance déferla en lui lorsqu’il se rappela de la veille, malgré des souvenirs morcelés, et le fait qu’elle était venue le chercher. Elle l’avait trouvé et ramené à l’auberge, en sécurité, et elle s’était visiblement occupée de lui. Preuve en est de cette bassine de flotte pleine de crasse et du torchon qui trainait à côté, barbouillée de reste de vase, de sang et de tout un tas de saletés.

Darren prit le temps d’observer la scène avec un mélange d’incompréhension et d’affection. Lyanna était restée comme ça toute la nuit ? En lui laissant le lit et en essayant de le surveiller jusqu’à ce qu’elle soit morte de fatigue ?
Car l’aube semblait loin maintenant. En tendant l’oreille, on percevait des activités ici et là, signe que la matinée était largement entamée. Ca n’avait pas réveillé la jeune femme...elle devait être au bout du rouleau.

Il lui avait fait peur.
Après tout, elle découvrait une partie entière de sa vie dont elle avait été privée. C’était un peu comme une adolescente qui découvrait le sentiment et l’attachement.
L’attachement...lui-même ne s’attendait absolument pas à nourrir des sentiments pour une version de Xéna qui détestait tous les mâles qu’elle croisait. Et qui jouait de ses lames comme un maître boucher qui vous découpe une tête de boeuf en moins de trois minutes.
La vie était parfois surprenante…

« Lyanna ? » fit-il d’une voix enrouée.
Il se racla la gorge. C’était incroyable comme il avait soif. La rivière lui avait pourtant donné plus que sa dose en terme de flotte.
« Rose ? »
Il usa de ce deuxième nom pour la faire réagir tandis qu’il caressait cette main qui l’avait gardé prisonnier toute la nuit. Si la première fois, Lyanna n’entendit rien, trop plongée dans un sommeil réparateur, elle semblait réagir au surnom qu’elle n’aimait pas. Lentement, elle eut une moue désapprobatrice sur le visage, et poussa un gémissement alors qu’elle était toujours plongée dans le sommeil.

"Non … pas … ça … je n’aime … pas" murmura-t-elle d’une voix endormie, avant d’émerger peu à peu, son inconscient parlant pour elle.

Darren l’observa se réveiller, sortir sa tête du matelas. Leurs regards se croisèrent...et….Darren rigola.
Dans les films, on remarquait souvent l’éveil de la princesse, toute fraîche et pimpante, déjà maquillée. Le visage bien éclairé par les spot avec une surcouche de lait hydratant qui en fait un soit disant modèle que les draps ne parviennent pas à altérer.
Sauf que là, là !!! Ce n’était pas un film. Et la pauvre Lyanna venait de lui révéler un épi monstrueux sur ses cheveux et le pli de la couverture imprégnée sur sa joue. Il ne lui aurait manqué que le filet de bave.

Cette image, Darren ne parvenait pas à l’oublier. Elle était aussi belle que naturelle, attachante, et mignonne à souhait. Une modestie de situation, comique au demeurant, qui lui arracha un léger rire ponctué de plaintes de douleurs. Il se pressa le flanc tout en rigolant et en suppliant Lyanna.

« Au secours ! Faut pas...que je...rigole... » lâcha-t-il en se tenant le ventre, souffrant en même temps.

Lyanna se redressa complètement pour être en position assise, serrant les dents car son corps la faisait souffrir. Certes, elle s’était bien reposée, mais dans cette position, cela n’aidait pas du tout les courbatures à partir. La réaction de Darren fut incompréhensible pour elle, et sur le coup, elle le prit mal, comme une insulte.

"Pourquoi est ce que tu ries ? Tu te moques de moi ?" lança-t-elle en fronçant les sourcils, sans comprendre pourquoi le soldat riait. Elle était encore dans le brouillard pour réaliser qu’elle devait avoir une tête à faire peur.
« Pas du tout, je ne me moque pas. »

La douleur et l’incompréhension manifeste de son amie le forçait à se calmer. Mais il espérait, pour le moins, l’avoir contaminé par son rire. Le soldat l’observa un instant, découvrant par la lumière les nombreuses plaies et bleus disséminés sur son visage.
Avec tendresse, Clive glissa sa main désormais libre vers Lyanna. Il lui arrangea un peu son épi, calant derrière son oreille la mèche raccourcie par le monstre : un geste d’attachement qu’il aimait répéter.
Puis ses doigts coulèrent sur la joue de Lyanna et remonta au niveau de sa tempe. Lyanna se laissa étrangement faire, sans opposer de résistance au geste du militaire. Elle frissonna même sous ce simple contact, c’était agréable, tandis qu’elle plongeait son regard dans celui de Darren. Elle était maintenant complètement réveillée.

« Ils ont abimé ton beau visage. » lâcha-t-il avec une voix teintée d’inquiétude. Mais y demeurait malgré tout du soulagement et de la reconnaissance.

Ils s’en étaient tous les deux sortis. Ils en étaient tous les deux sortis vivants et cela imposait une forme de légèreté salutaire. Un petit rire commun à l’idée qu’ils étaient encore là, sur la route, et que leur aventure continuerait.
Aventure contre Macon.
Mais aussi...aventure sentimentale.

Lyanna comprit que Darren parlait de l’entaille de son arcade ouverte, ainsi que des nombreux hématomes qu’elle avait sur le corps. La jeune femme n’était peut être pas en aussi mauvais état que le militaire, mais elle avait quand même pris cher. Il lui faudrait un peu de temps pour que son corps soit à nouveau opérationnel et prêt au combat. Ces derniers jours, et toutes ses blessures, l’avaient complètement épuisée. Elle secoua légèrement la tête, voulant rassurer Darren. L’avoir perdu, puis l’avoir retrouvé, la rendait plus calme avec lui. Surtout dans ces moments là où elle découvrait douceur et paix avec un mâle, des choses qu’elle n’avait jamais ressenti auparavant comme la tendresse ou l’attachement. Même s’il lui faudrait encore faire du chemin dans ce domaine.

"Tu n’as pas vu les autres, ils sont trop morts pour en parler. Je me suis bien défoulée sur eux, même sur celui qui est encore en vie. Celui qui t’a fait ça ..."

Lyanna désigna du doigt la blessure que Darren avait à la tête. Une lueur de colère et de haine passa dans son regard au moment où elle parlait de Rampouille.

"Il est enfermé dans le chenil. Je voulais le tuer parce que je croyais qu’il t’avait tué, mais tu m’avais demandé de ne pas le faire parce qu’il était utile. Quant aux autres ..."

Lyanna se tut volontairement, ne voulant pas continuer sa phrase. Elle hésitait à dévoiler la suite sur ce qu’elle avait découvert, ainsi que d’apprendre la mort de Virgil à Darren. La jeune femme détourna le regard et soupira.

« Tu peux me parler, je ne te jugerai pas... » lui dit doucement le militaire pour la rassurer.

Il était déjà très étonné d’apprendre que Lyanna avait fait un prisonnier.
Mais lorsqu’elle lui raconta longuement le reste de l’histoire, de ses péripéties, se terminant sur la mort de Virgil, Darren accueillit la nouvelle difficilement. Il regrettait beaucoup de ne pas avoir été présent. C’était un miracle que son amie s’en soit sortie sans trop de casse et, dans ces circonstances, il ne lui reprocherait certainement pas d’avoir abattu tous les autres.

Virgil était mort.
Heimda avait disparu.

Clive comprit soudainement que, malgré la tranquillité relative à l’auberge, leur situation était devenue encore plus dramatique qu’avant. Il sentait chez l’Amazone le poids d’une certaine forme de culpabilité vis à vis de Virgil. Probablement pas sur sa personne mais parce qu’elle tenait à Heimda. Et qu’elle était attachée à son père.
Darren lui prit la main tout en la soutenant du regard.

« Tu as fait tout ce que tu pouvais. »

Il le pensait sincèrement.
Lyanna n’avait vraiment pas mis de mauvaise foi dans ses décisions et elle avait fait des efforts. Se retrouver face à une copie d’un Darren menacé de mort était une situation pour le moins unique. Personne ne pouvait se permettre de juger la jeune femme pour ses prises de décisions. Il n’était pas à sa place. Et il n’avait pas été là.
Le soldat accentua doucement la pression de sa main et il ajouta, lorsqu’il eut toute son attention, avec une profonde sincérité :

« Teyla serait fière de toi. »

Darren avait raison, Lyanna s’en voulait d’avoir échoué avec Virgil. Parce que Heimda allait être anéantie d’avoir perdu son père, pas parce que le mâle était mort. Le militaire ne lui en tint pas rigueur, il la félicita même en disant que Teyla serait plus que ravie d’entendre que non seulement, la guerrière était redoutable pour éliminer l’ennemi, mais qu’en plus, elle avait écouté un mâle qui lui avait demandé d’en épargner un autre. Lyanna se contenta de soupirer une nouvelle fois, ne répondant pas. Elle ne serait pleinement satisfaite que lorsque les trois autres proies tomberaient sous ses épées, et que Heimda sera à l’abri, hors du danger.

Soudain, Lyanna se leva et alla prendre le sac à dos qu’elle avait ramené. Elle retourna près du lit, et y déversa ses trouvailles.

"J’ai trouvé ça dans la grotte, je ne sais pas si c’est utile".

La jeune femme montra la tablette inutilisable pour elle, puis elle tint l’objet qui permettait de changer d’apparence dans sa main.

"Virgil portait ça. Il avait ton apparence, et quand je le lui ai retiré, il est redevenu lui même. Tu sais ce que c’est ? C’est wraith ?"

Étonnant, elle avait récupéré tout ce qui semblait avoir de l’intérêt chez l’ennemi.
Le soldat lui adressa un sourire ravi tout en observant les différentes pièces. Il commença par appuyer sur le bouton d’alimentation, faisant quitter la veille de la tablette. Pas de mot de passe...négligence fatale !
Darren réceptionna ensuite l’artefact et l’observa en fronçant les sourcils. L’air de rien, mais tout de même entreprenant, il accrocha de sa main libre le haut de Lyanna pour y dévoiler la partie la moins charnue de sa poitrine. Juste la partie haute, pour accéder à son sternum, là où il déposa le dispositif.

Lyanna fut très surprise du geste de Darren, et aussitôt, elle se mit sur la défensive lorsque le militaire écarta un peu le haut de son vêtement, dévoila la peau juste au dessus de sa poitrine.

"Mais ? Tu fais qu … ?!"

La guerrière eut envie de reculer, en colère contre le geste de Darren qui était très osé malgré leur attachement l’un pour l’autre. Mais elle se retrouva aussitôt porteuse de l’objet, et changeai immédiatement d’apparence pour devenir … Darren lui même. Autant dire que, même si elle appréciait de plus en plus ce mâle, lui ressembler allait lui faire avoir une crise cardiaque. Sans se soucier de sa douleur, elle se releva brutalement, baissant les yeux en regardant ses mains et son corps.

"Mais … qu’est ce que … non … retire moi ça tout de suite … je ne suis pas un mâle !!!" lança-t-elle sur un ton aussi paniqué que furieux.
« Lyanna, calme toi, c’est... »
Darren se redressa en serrant les dents. Il posa ses deux pieds au sol et, lorsqu’il se mit debout, il manqua de perdre l’équilibre et tomba sur la commode d’à côté. Découvrir qu’il ne tenait plus debout aussi simplement lui fila un coup et il se rassied sur le bord du lit en essayant de rassurer Lyanna.
« Ce n’est qu’un déguisement...laisse moi te retirer ce truc. »
Le soldat tendit la main dans sa direction pour accéder de nouveau à sa poitrine. Il lui retira aussitôt le dispositif, l’air un peu penaud, en ayant pas pensé un seul instant qu’elle vivrait mal le fait d’avoir eu l’apparence d’un homme.
« Excuse-moi, c’était grossier. » reconnut-il.

Lyanna ne voulait pas que Darren s’approche d’elle, mais elle n’avait pas d’autre choix si elle voulait voir cette image de mâle disparaître. Le militaire n’avait peut être pas pensé à mal, voulant simplement lui expliquer le fonctionnement de l’appareil. Mais se voir ressembler à ce qu’elle haïssait le plus, l’image de ce qui lui a sans doute fait le plus de mal dans sa vie, malgré le visage d’un mâle qu’elle appréciait bien, était une terrible épreuve pour la guerrière. Elle aurait pu devenir une folle furieuse si Darren n’avait pas décidé de lui retirer l’objet.

Lorsqu’elle retrouva son apparence normale, encore un peu sous le choc, Lyanna essaya de se tranquilliser, n’ayant pas encore remarqué que Darren avait essayé de se lever, en vain, et qu’il était assis sur le bord du lit en menaçant de s’écrouler à cause de ses blessures. La respiration rapide, son coeur battant la chamade, la jeune femme n’osa pas encore le regarder.

"Ne … ne me fais plus ça … jamais".

Lyanna serra les dents pour réprimer ses émotions et tenter de se calmer. Elle secoua la tête, encore choquée par cette mauvaise expérience.

"Je ne veux pas ressembler à un mâle. Je ne veux même pas mettre votre tenue, c’est hors de question. Je ne veux pas ressembler à ce que je déteste le plus … c’est un cauchemar".
« D’accord. Je suis navré. »

Darren ne savait pas ce qu’il pouvait dire de plus.
Il s’excusait pour la deuxième fois mais il ne comptait pas se répéter davantage, de peur de faire acte de faiblesse. Il s’en voulait intérieurement. L’idée avait été de vérifier si l’engin était bien celui qu’il pensait. Le fait que Lyanna se trouverait déguisée en homme et réagisse comme ça, il ne l’avait pas anticipé. Il aurait dû pourtant.
Il aurait vraiment dû.
« Ce n’est pas Wraith, ça vient de mon monde natal. » expliqua-t-il dans l’espoir de faire diversion. « Ce matériel a dû être envoyé sur Atlantis, c’est très rare. On programme une image dedans et ça recouvre la personne qui le porte comme un déguisement. »
Le soldat secoua la tête.
« Je ne pensais pas que l’influence de Macon allait jusqu’à là...pouvoir sortir ce dispositif de la cité et y mettre mon image... »

Au fur et à mesure qu’elle écoutait les paroles de Darren, Lyanna se calmait peu à peu, en faisant les cent pas. Au moins, elle était focalisée sur quelque chose pour oublier ce qu’elle venait de vivre. Le militaire avait eu raison de changer de sujet pour expliquer ce qu’était l’appareil. Finalement, la respiration de la jeune femme revint à la normale. Son coeur battit à un rythme plus lent. Sa crise d’angoisse s’était arrêtée, grâce à Darren. L’attention de Lyanna se porta sur l’objet, et elle secoua la tête.

"Ton monde est vraiment étrange. Pourquoi avoir un appareil comme ça ? Pourquoi vouloir prendre l’apparence d’un mâle ? C’est absurde !"
« Aussi absurde que l’embuscade qui a failli te coûter la vie, Lyanna. Cette technologie n’est pas faite pour faire le bien. »
Il pinça des lèvres.
« Je t’expliquerai plus en détail un autre jour si ça te dérange pas. C’est un sujet vraiment complexe et ça mériterait qu’on fasse ça au calme. En dinant par exemple. »

Lyanna eut du mal à comprendre une telle technologie, mais la finalité n’était finalement pas dénuée de sens. Comme le disait Darren, l’objet n’était utilisé que pour nuire, elle en avait fait la déplaisante expérience avec les sbires de Macon, et ce pauvre Virgil qui avait payé de sa vie. Un peu perdue dans les explications du fonctionnement de l’objet, la militaire proposa de différer le moment où il lui donnerait un cours technique. Vu son faible niveau technologique, Lyanna sentait déjà qu’elle allait être dépassée. Lorsque Darren mentiona le fait de dîner, le regard de la guerrière se posa sur le plateau repas qui contenait encore de la nourriture et de l’eau. Et oui, après tout ce qu’il avait vécu, le soldat devait mourir de faim et reprendre des forces. Et comme Abelle n’était visiblement pas revenue, cette charge allait revenir à Lyanna. Cette dernière remarqua alors seulement maintenant que Darren n’était plus allongé, mais qu’il avait quitté le lit. Avec toutes ses blessures, il avait encore eu la force de se lever en la voyant en grande détresse ?

"Rallonge toi, je t’apporte ce qu’il reste à manger. Je n’avais pas faim hier, je n’ai presque rien avalé".
« Si tu t’abaisses à faire la servante juste pour moi, je t’appelle Rose jusqu’à la fin de tes jours ! » la taquina Darren en secouant la tête.
"Pas question. Débrouille toi tout seul, alors !" lança Lyanna, du tac o tac.
Il essaya de se lever mais sa tête tournait.
« J’ai surtout besoin de ton bras pour rejoindre cette chaise et manger à table, comme un homme, avec toi ! Ca m’a vraiment manqué... »
Darren la fixa et rajouta avec un air hilare.
« A tel point qu’on pourrait même reprendre ton fameux sujet sur le préservatif. »
"Tu es salement amoché, tu tiens à peine debout, tu fais pitié à voir, et tu penses encore à cette conversation et ça ce … ce truc ?"
« J’ai été plus doux et poli pour te qualifier quand tu es tombée du toit... » rétorqua Darren, un brin sur la défensive.

Lyanna aida Darren à se lever et à marcher jusqu’à la table. Elle l’aida à s’installer, puis elle s’assit à son tour pour manger un peu plus qu’hier. Elle aussi avait des forces à reprendre.

Son corps se partageait entre l’envie d’uriner et celui de retourner se coucher. Parfait !
Le jeune homme se faisait violence pour s’interdire l’un et l’autre. Il ne pouvait pas se déplacer sans Lyanna et il se voyait très mal le lui demander en priorité.

“A peine retrouvé, aide moi à aller pisser. J’ai aussi envie de dormir, je te laisse m’amener à manger et faire le ménage. N’oublie pas la tenue de soubrette surtout !”

C’est usant et difficile à accepter lorsqu’on se trouve dans cet état de faiblesse. Darren aimait être celui qui s’occupait des autres, qui protégeait et soignait, pas celui qui devenait dépendant d’autrui.
On était en plein dans le cliché du prince qui sauve la princesse.
Sexisme ? Machisme ?
Peut-être un peu.

Quoiqu’il en soit, le militaire conserva bonne apparence le temps de déjeuner. Il prit le minimum, bien que son estomac se tordait à l’idée de subir une quelconque privation. Se plomber n’allait rendre la lutte contre le sommeil que plus difficile. Hors de question.
Au cours du repas, le soldat échangea avec son amie sur tout ce qu’il s’était passé. Il lui demanda quelques détails, concentré sur ses propos pour ne pas lui donner l’impression qu’il jugeait ses actes. Puis il tenta de lui partager son optimisme.

Virgil était une lourde perte, leur situation s’était aggravée.
Mais dans le fond, l’ennemi avait perdu plus de la moitié de ses effectifs et le premier plan de Macon ne tenait plus. Maintenant qu’ils venaient de récupérer la technologie de dissimulation et qu’ils ne pouvaient plus s’en prendre à Heimda, le militaire pensait qu’ils avaient remporté une sorte d’égalité.

« Et puis, franchement, pourquoi avoir choisi de planquer Virgil sous ce camouflage plutôt que sa fille ? Ils connaissent parfaitement ton avis sur les hommes... » expliqua Darren en repoussant son assiette à peine entamée. « Comme nous, ils doivent ignorer où se trouve Heimda. Et tant qu’ils ne l’auront pas, ils seront en échec ! »

"Je n’abandonnerais pas tant que je ne les aurais pas anéanti ! Je les tuerais tous jusqu’au dernier !" dit Lyanna sur un ton glacial, où on pouvait sentir toute la haine qu’elle ressentait.

Il tenait vraiment à regonfler moralement son amie.
C’était aussi une façon de se convaincre lui-même que leur assaut sur la caverne n’avait pas été vain. Ils allaient se faire discret quelques jours, recouvrer leurs forces, puis repartir aussi sec au combat !

Après ça, Darren tenta de refaire un essai. Il quitta son siège et manqua de s’écrouler douloureusement sur le sol après son troisième pas. Le bras de Lyanna devenait indispensable pour se déplacer et Clive se résolut à lui demander enfin le chemin des sanitaires. Ce fût un moment très gênant, d’autant plus qu’elle devait l’aider à se déplacer jusqu’à destination, puis rester près de lui, l’aider, lorsqu’il eût terminé. Clive fît mine de rien, mal à l’aise, en se rappelant que ce que les femmes de la planète de Lyanna faisaient aux hommes “inutiles”.

Darren n’en menait pas large mais il essaya de conserver les apparences. Bientôt, il entra dans la salle d’eau. Abelle n’était toujours pas revenue alors il allait se débrouiller seul. Mission impossible. Lyanna devint une nouvelle fois son “aide à domicile” pour retirer ses rangers et tirer sur les jambières de son pantalon. Devenu légèrement excédé et impatient, il se pencha de tout son poids par-dessus le rebord et se laissa tomber dans l’eau. Il y plongea lourdement la tête la première, disparu à l’intérieur, puis se redressa doucement.

« Voilà...ça je l’ai réussi ! » se félicita-t-il.

L’eau chaude le soulageait déjà.
Il se laissa porter en appréciant la douceur du moment, les bras posés sur le rebord en bois. Pour un peu, il se serait endormi là aussi. Il ignorait les douleurs de son geste, les hématomes et les plaies qui faisaient le reflet de l’état de son amie. En profitant de la suspension dans l’eau, du fait que le poids de son corps s’était largement réduit, Darren se contorsionna en grimaçant et retira son caleçon réglementaire. Il l'essora un peu et le jeta sur le côté.

Le temps commençait déjà à s’envoler.
Après cette longue errance dans la douleur, le bain avait un goût de libération peu commun. Un regard extérieur aurait considéré la scène en disant qu’il ne se dérangeait pas, que c’était du culot. Mais pour Darren, c’était apprendre à apprécier les petites choses de la vie. Ces rares moments d’apaisement qui devaient contrebalancer la nature de cette mission.
Clive songea alors à l’Amazone. Il la chercha du regard et la découvrit près du feu, visiblement tout aussi gênée. Si elle s’en allait, il serait comme un con pour sortir du bain. Darren avait besoin d’elle. Mais ce besoin était peu à peu en train de se transformer en une légère tentation. Subtile, agréable, grisant…
Un petit sourire étira ses lèvres tandis qu’il la mirait.

« Tu viens ? »

Il avait glissé cette question d’une façon très naturelle. Mais en voulant la contaminer par la même tentation qui l’habitait. Darren crevait d’envie de l’avoir auprès de lui.

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Dim 29 Mar - 22:23

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
A
près avoir terminé le repas, où j’avais réussi à manger un peu plus que la veille, Darren voulut aller prendre un bain, histoire de se laver et d’apaiser ses muscles et son corps. Et puis, ses blessures seraient mieux nettoyées. Mais d’abord, il eut une envie pressante. Autant dire que ce fut un moment très gênant pour moi, autant que pour lui, et que j’avais envie de le laisser se débrouiller seul. Bien sûr, il tenta d’y aller seul, mais sans succès. Il avait besoin de moi, pour mon plus grand déplaisir. Heureusement pour lui que nous n’étions pas dans mon village. Un mâle qui ne pouvait pas uriner seul sans avoir besoin d’aide était un handicap pour tout le monde. Il ne vivait pas longtemps, et Darren aurait déjà eu la tête tranchée si je n’éprouvais pas ce curieux sentiment d’attachement à son égard.

Après cette difficile besogne, j’aidai Darren à aller dans la salle d’eau, là où j’avais été deux fois. Sauf que cette fois ci, Abelle n’était pas là. Le militaire était seul avec moi. Par conséquent, je dus l’aider à se glisser dans le bac. Et donc, à se déshabiller. Le haut fut facile à retirer, il put le faire lui même. Mais le bas, c’était plus difficile. Je devais donc m’y coller, même si cela ne m’enchantait pas. D’un côté, ce n’était pas du tout mon rôle. Et bien que je m’attachais à Darren, je n’avais pas du tout envisagé d’en arriver là avec lui, à lui retirer ses vêtements, même si c’était pour qu’il prenne un simple bain. Mais d’un autre côté, comme j’étais seule dans la pièce, le soldat ne pouvait compter sur personne d’autre que moi. Je l’aidai donc, et retirai ses différents bandages souillés. Heureusement, Darren garda son dessous, et se glissa sans aide dans le bac, se laissant tomber. L’eau lui fit apparemment du bien. Il en profita pour quitter le dernier bout de tissu qu’il portait.

Quant à moi, je préférai le laisser tranquille, gênée par ce moment. Certes, j’avais déjà eu de la proximité ambiguë avec lui. Venir l’embrasser. Me blottir dans ses bras. M’allonger quelques minutes contre son corps avant de m’endormir. Le voir torse nu alors que je soignait sa blessure. Mais cette fois ci, c’était différent. Le voir aussi peu vêtu me mettait mal à l’aise. Pourtant, j’en avais vu, des mâles nus. Dans mon village, la nudité n’était pas un tabou comme sur Terre. Sauf que là, j’éprouvais de curieux sentiments pour ce mâle, et cette situation eut pour conséquence un profond malaise à son égard de le voir dans cette intimité. Je regardai le feu, l’entendant se laisser aller dans l’eau. Puis, sa voix m’interrompit de mes pensées, et je tournai la tête vers lui. Quoi ? J’avais bien entendu ? Darren me demandait de venir ? Mais … dans le bain ? Avec lui ? Nue ? Non, bien sûr que non, il voulait simplement que je m’approche pour ne pas me voir éloignée de lui après avoir cru m’avoir perdu suite à notre terrible mésaventure. J’avais mal compris le sens de sa phrase. Pourquoi avais je pensé à ça, d’ailleurs ? Ma gêne devait me jouer des tours.

"J’arrive".

Je me levai et me dirigeai vers le bac. Puis, je m’assis à côté de ce dernier, sur le tabouret qu’Abelle s’était servie plusieurs fois.

"Voilà, je suis là".

C’est en se massant un épaule endolorie qu’il m’avait regardé faire, son air mêlant une légère surprise à de la tendresse. Il pencha un peu la tête pour regarder fixement.

« Je te proposais de me rejoindre dans ce bain. Te faire partager un moment sympa. » lâcha-t-il doucement.

Il jaugea ma réaction et se voulut rassurant.

« Tu n’es pas obligée de tout enlever. »

Ainsi donc, j’avais bien compris l’allusion de Darren. Il voulait vraiment que je le rejoigne dans le bain. Je le dévisageai, le militaire put s'apercevoir que cette demande venait de tout simplement me déstabiliser. Me mordant la lèvre, je finis par secouer la tête, les joues légèrement rosies sans que je le veuille. Inconsciemment, je venais de me le représenter nu dans ce bain, de quoi me gêner davantage.

"Je vois que ta blessure te fait perdre la tête" lançai je avec un petit sourire, comme si je m’attendais à ce que Darren me souffle que sa demande était une farce. "Non, je … je ne viens pas avec toi dans ce bain, ça va pas non ?!"

Peut être que Darren allait mal prendre ma réaction, ou peut être serait il amusé de voir mon “non” catégorique venant de quelqu’un qui était mal à l’aise. Mais de mon point de vue, c’était tout à fait logique. J’appréciai la proximité de ce mâle, mais pas à ce point. C’était encore trop rapide pour que je me laisse aller à une telle intimité. Je ne savais même pas si j’en étais capable.

« Eh bien...techniquement, j’ai pratiquement un trou dans la tête et je pourrai me réfugier derrière cette excuse pour expliquer le geste.. »

Il pencha la tête d’un côté à l’autre pour matérialiser le côté tentant de cette simplicité.

« Mais non...c’était sérieux. Sauf que c’est trop tôt.»

Darren se détourna pour commencer à se laver. Il ajouta avec une petite pointe de mesquinerie moqueuse :

« J’ai tendance à oublier que je ne suis qu’un “mâle”. »

Je jetai un oeil à Darren, pendant que ce dernier commençait à se laver. En me tentant par ses paroles. Même si nous étions devenus plus proches qu’au début de la mission, le militaire n’avait rien perdu de son côté exaspérant. Cependant, au lieu de m’énerver comme avant, ce défaut avait plutôt tendance à m’amuser maintenant. Je croisai les bras sur ma poitrine, prenant un air faussement colérique.

"Je sais ce que tu fais, mais tu perds ton temps. C’est non !"

« Ah oui ? » fît-il amusé. « Est-ce que tu crains l’effet d’un groooos calin dans l’eau ? Ou que je me transforme soudainement comme ce débile piégé dans le chenil ? »

Darren s’interrompit dans sa pensée.

« Garde l’une de tes lames en main si ça te tranquillise ! Comme ça, tu me finis si je fais un truc qui te plait pas. Après tout...y’a que toi qui a le droit de me buter ! »

Je soupirai en levant les yeux au ciel, pas du tout énervée mais plutôt agacée. Darren savait parfaitement comment me faire partir au quart de tour, et tout ça sans une seule envie de le frapper comme avant.

"Mais non, je … je n’ai pas peur de ça … c’est juste que … tu vois, c’est ..."

J’étais complètement déstabilisée. Une part de moi voulait fuir cette idée stupide d’être si proche d’un mâle, même si c’était Darren. Tandis qu’une autre voulait céder par pur curiosité. Et le militaire exploitait très bien cette bataille de conscience. Je finis par me lever, courroucée.

"Raaaaah … tu sais que tu es vraiment exaspérant ?!"

Craquant, je finis par me déshabiller entièrement, pas gênée par la nudité. Ce n’était pas le fait d’être vue par un mâle qui faisait naître ce malaise en moi.

« Exaspérant et séducteur. » affirma le soldat, brusquement étonné de ne pas me voir garder mes sous-vétements. Ce fût à son tour d’avoir le visage rouge, le regard perdu entre l’ordre de me regarder et de s’écarter, par respect.

Puis, je me glissai dans le coin opposé du bac, face à Darren. Je m’assis en tailleur, m'immergeant sous l’eau qui arrivait à la naissance de ma poitrine. Je croisai les bras, lui jetant un regard noir.

"Satisfait ?" lançai je, le visage rougi par tant d’intimité avec le soldat, mal à l’aise pour le moment.

« Hmmm...pas tout à fait. »

Il me fit un clin d’oeil.

« A moi de rendre le moment intéressant. »

Darren jouait l’enfant, l’exaspérant. A force de me côtoyer, il connaissait mes petites failles et les leviers lui permettant de me tenter. Il ne me voyait pas comme quelqu’un de manipulable. Dangereuse plutôt. Mais certainement pas manipulable. Sous couvert de cette fausse colère, je n’étais entrée dans ce bain que parce que j’étais tentée. Mais aussi parce que je lui faisait confiance.

Comme Darren l’avait dit à demi-mot, c’était à lui de rendre ce moment intéressant pour que je ne le regrette pas. Car il sentait au-delà de ma gène une certaine contrainte. Clive n’avait pas l’intention d’aller bien loin. Chaque chose en son temps et il fallait que je soit prête. Il nourrissait que le désir de me montrer de nouvelles choses. Une étape supplémentaire du rapprochement sans pour autant entrer dans le vif du sujet. C’était … délicat. Et particulièrement tendu. Darren savait qu’il marchait sur des oeufs et qu’il n’avait pas intérêt à reproduire son chef d’oeuvre du camouflage. Une bourde, c’était déjà bien assez pour la journée.

« Allons, détends-toi. Je ne vais pas te faire de mal. »

Darren m’observa un petit instant, dans cette posture défensive avec les bras croisés et l’air fermé. Le silence imprégnait toute la pièce d’un environnement malaisant et presque pénible. L’erreur serait de montrer qu’il était également dans l’inconfort. Il en fallait au moins un qui soit sûr de lui, pour diriger la danse, quitte à avoir l’air trop entreprenant. Un petit pari...parfait pour une tête brûlée.

« Juste te montrer. » conclut-il en tendant sa main dans ma direction.

Darren avait raison, j’étais tendue même si j’avais fini par craquer, écoutant cette part de moi qui voulait tenter le coup. Cependant, je restai tendue, je ne me sentant pas vraiment bien là où j’étais. C’était la première fois que j’étais si proche d’un mâle, nue, si on oubliait l’unique fois où j’avais tenté de jouer le rôle de reproductrice. Lorsque Darren leva sa main en me demandant de me détendre, je fronçai les sourcils, sur la défensive. Bien sûr, je savais que le militaire ne me ferait pas de mal, il avait déjà suffisamment prouvé qu’il n’était pas comme les autres mâles. Cependant, je restai instinctivement sur mes gardes.

"Me montrer quoi ?" demandai-je en regardant à tour de rôle cette main tendue, et les yeux de Darren.

« De la chaleur humaine. » répondit-il sur un ton rassurant. « C’était désagréable la dernière fois ? »

Je mordis ma lèvre aux paroles de Darren en secouant doucement la tête. Non, ce n’était pas désagréable la dernière fois, même si j’avais mis un certain temps à me détendre. Cette fois ci, nous allions être plus proche dans l’intimité si j’acceptais. Et cela me faisait peur. La grande guerrière impitoyable que j’étais avait peur à cause d’un mâle, c’était rare. Devais je accepter ? Ou fuir ? Perdue dans cette lutte qui m’envahissait, je finis par prendre une décision. Lentement, je tendis également ma main, hésitant à prendre la sienne comme si j’allais me brûler. Puis, je finis par l’attraper dans la mienne, me demandant ce qui allait se passer, toujours sur la défensive.

Un petit sourire victorieux ponctua l’expression de Darren. Son regard étincelait alors qu’il rafermissait légèrement sa prise, comme si je venais de plonger dans un piège. Il tira légèrement ma main pour l’approcher de ses lèvres et y déposa un baiser, reproduisant ce qui faisait dans les temps anciens, même si le but était tout autre. Il passa son pouce par-dessus puis débuta la lente et progressive invasion de Lyanna l’Amazone. Comme un conquérant culotté.

« La première fois qu’on s’approche comme ça, ça fait toujours peur. » dit-il en entrant dans un monologue.

« Ce jour là, mon coeur battait fort. Le sang s’est mis à battre dans mes tempes. J’avais l’impression...que ma peau brûlait. C’est naturel quand on est mal préparé. L’inconnu, l’angoisse, l’incertitude et la timidité. J’avais tout ça à la fois. »

Sa main rongea du terrain pour parvenir jusqu’à mon poignet. Sa deuxième effectuait une légère emprise, une caresse dissimulée.

« La fille qui m’a fait partager cette expérience n’était pas attentionnée. Elle a cru qu’il suffisait de jeter ses fringues et de se balancer à la flotte, comme une habitude. »

Il atteignit mon avant-bras, glissant ses doigts écartés le long de mes muscles en évitant soigneusement les plaies encore à vif.

« Je continue ? »

La question était à double sens. Histoire et caresses ?

Je me raidis lorsque Darren déposa un baiser sur ma main, ne m’étant pas du tout attendu à ce geste. Mais le militaire ne me lâcha pas. Au contraire, il se montra plus aventureux, caressa ma peau avec une incroyable douceur. J’écoutai ses paroles, et les sensations qu’il décrivait étaient les mêmes que celles que je commençais à ressentir en cet instant. Les battements de mon coeur étaient si forts qu’on aurait presque pu les entendre en tendant l’oreille. Et les doigts qui parcouraient ma main, mon poignet puis mon bras me firent frissonner. Agréablement frissonner. Ma respiration devint plus rapide à mesure que je me laissais envahir par ces sensations étranges, inconnues. Et si je parus encore sur la défensive et tendue par ce qui se passait, je me calmai peu à peu, me laissant lentement aller par le doux traitement que Darren me prodiguait.

Je finis par fermer les yeux, sans même m’en rendre compte, ce qui démontrait au militaire que je lui faisais confiance. Je voulais ressentir encore plus ces sensations et me laisser davantage aller. J’étais concentrée sur ma respiration, les lèvres légèrement entrouvertes. Sur ma peau qui frissonnait encore. Sur la voix de Darren qui était comme hypnotisante. De temps à autre, ses doigts passèrent malheureusement sur des hématomes douloureux au toucher, même s’il faisait ce qu’il pouvait pour les éviter. Je ressentis cela comme une décharge électrique, et pourtant je n’arrêtai pas le militaire. Je continuai de le laisser faire, envahie pas ces agréables sensations qui étaient pour moi inconnues jusque là. Et peu à peu, je me détendis. A sa question, je me contentai de secouer lentement la tête, gardant toujours les yeux fermés.

"Continue ..." lançai je dans un murmure où on pouvait clairement sentir le plaisir que je ressentais en cet instant.

Le soldat remonta un peu plus en reprenant la parole, il était au dessus de mon coude maintenant, atteignant les biceps.

« Ce jour-là n’a pas été un beau moment pour moi. Pourtant, il aurait pu l’être avec des outils appropriés. Comme la patience, la lenteur, l’attention. »

Darren m’observa, se calant sur mon langage non verbal. Maintenant qu’il était au-delà du niveau de l’eau, il en profita pour faire goutter de l’eau chaude sur mon épaule de sa main libre, jouant avec l’effet de l’humidité et de la chaleur. Sa main directrice qui me massait vint récupérer les gouttes en route.

« J’ai compris ça avec le recul. Au début, on a peur. Il faut être en confiance, dans un environnement que l’on aime et qu’on ne veut pas se voir finir. »

Il gagna l’épaule, non pas par l’avant ou le dessus, mais la grignotant par l’arrière. Il crispa légèrement ses doigts pour que les ongles produisent un paradoxe entre la douceur et la dureté, là où il dessina très lentement des cercles. Darren put sentir que je me crispai sous ce geste. Pourtant, je ne le repoussai pas, ni ne lui demandai d’arrêter, me laissant entraîner par cette nouvelle sensation. Je l’invitai silencieusement à continuer, sans ouvrir les yeux à un seul moment. Ce faisant, il s’était approché beaucoup plus près de moi.

« Je me suis toujours juré de faire connaître ce moment dans les règles. »
Sa voix s’était davantage adoucie.

« Il te suffira d’un mot : stop. »

Et il colla ses lèvres le plus doucement possible à la frontière de mon épaule et mon cou.

Stop ? Pourquoi dire stop dans un moment si agréable ? Je n’avais jamais imaginé qu’un mâle pouvait faire preuve d’autant d’attention et de tendresse pour une femme, et encore moins pour moi. La douceur que Darren utilisait était bien éloignée de ce que j’avais l’habitude de connaître sur ma planète toute ma vie durant, et c’était plaisant de découvrir ça. Alors pour quelle raison devrais je l’arrêter ? Soudain, un nouveau frisson plus électrisant m’envahit lorsque le militaire, si proche de moi, déposa ses lèvres sur ma peau chaude, embrassant le bas de mon cou avec délicatesse. Mon coeur battit plus fort, et je laissai s’échapper malgré moi un petit gémissement de plaisir. J’étais submergée par des sensations très agréables, et je ne voulais qu’une seule chose, étant maintenant complètement détendue : je ne voulais pas que Darren s’arrête. Instinctivement, sans même réfléchir à ce que je faisais, je penchai légèrement la tête sur le côté, dévoilant davantage mon cou au militaire comme une invitation à poursuivre son doux traitement.

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Le soldat et l'Amazone - Page 3 Vo67


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Darren Clive

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√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 224

le Dim 29 Mar - 22:41

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Il pouvait sentir sa peau frémir sous son contact.
Le soldat s’en trouvait satisfait. Le jeu était là : trouver la faille pour s’infiltrer et l’exploiter. Le tout dans une optique bienveillante. Il savait lui faire découvrir l’inconnu. Le mauvais souvenir de sa première fois était une parfaite expérience pour ne pas lui faire vivre la même chose. Lyanna avait eu peur, elle s’était sentie envahie, presque agressée, parce qu’elle ne voulait pas aller trop vite.
Un peu comme quand, enfant, l’on hésitait à faire un bond d’un bord à l’autre de la rivière en estimant l’écart beaucoup trop grand. Toute cette appréhension qui dévore le coeur alors qu’on reste partagé, que l’on préfère camper sur sa position.

Tout cet univers avait été inconnu à la belle Amazone. Sa définition du monde et de l’existence se bornait à la violence, au contact rude, au combat, la discipline...et la survie. Sa réaction était celle d’une jeune femme qui découvrait pour la première fois l’effet électrisant des caresses et d’un moment intime. Darren était heureux de réussir, de lui offrir cette petite expérience. La chimie dans le corps de Lyanna reprenait ses droits, se révélait dans toute sa puissance.

Le jeune homme répéta ses baisers, d’abords doucement, puis de plus en plus prononcé à mesure que les défenses de sa partenaire s’effondrait. Lorsqu’il sentit que les contractions de ses muscles ne tenaient plus de la crainte mais du plaisir, relevant ses soupirs et les expirations ponctuées qu’elle laissait échapper : Darren la prit dans ses bras et la serra tendrement contre lui, tandis que Lyanna rouvrit les yeux, se laissant faire pour presser son corps nu contre le sien. L’emprisonner de ses bras en ignorant blessures et épuisement pour la tenir contre lui et sceller ses lèvres aux siennes. Un baiser auquel Lyanna répondit avec douceur, lui montrant à quel point ses lèvres lui avaient manqué depuis qu’elle croyait l’avoir perdu. Darren n’était pas en reste, le piège sensuel dans lequel il venait de la plonger avait été prématuré par cette même crainte.

L’eau était parfaite pour la tenir en suspension auprès de lui, lui faire céder toute notion de contrôle par sa position physique. Poitrine contre son torse, ses bras formant une prison sensuelle. Darren s’aventura sur l’une de ses cuisses pour l’attirer davantage contre lui et laisser faire la magie d’un contact corps contre corps dans l’eau. Il ne chercha pas à aller plus loin, ni la posséder de quelconque façon. Clive se bornait à cette découverte qui offrait déjà son cocktail de sensation.
Sa main libre, celle qui envahissait son dos d’effleurements addictifs, gagna enfin une partie de sa chevelure qu’il tira pour la forcer à dévoiler toute la surface de son cou. Il attaqua sa carotide et progressa jusqu’à son oreille, pinçant son lobe entre ses lèvres. En sentant que Darren tirait ses cheveux pour l’obliger à pencher la tête, Lyanna poussa un gémissement de surprise, se demandant ce que le militaire était entrain de faire. Elle craignit sur le coup que le soldat se montre plus brutal. Cependant, ses doutes s’estompèrent bien rapidement lorsque Darren partit à l’assaut de son cou qu’il dévora. La jeune femme finit par se laisser aller, restant blottie contre Darren, fermant les yeux.
« Je ne te fais pas mal ? » lui murmura-t-il alors, observant ses réactions dans l’espoir de ne plus y voir ni doute, ni crainte.

Lyanna eut un peu de mal à répondre, le plaisir qu’elle ressentait était un tel délice. Elle ouvrit la bouche plusieurs fois, mais aucun son ne sortit. Elle finit par secouer négativement la tête, tandis que ses mains vinrent se poser dans le dos de Darren, agissant par pur instinct sans vraiment réfléchir.

"Non … continue ..." finit elle par souffler dans un murmure, sur un ton empli de désir.

Il la tenait.
Envoûtement par le jeu, Darren continuait de l’échaufer doucement mais sûrement. Le contact de Lyanna en réponse, ses mains qui pressaient son dos comme des indicateurs de tension. Une tension physique, sexuelle. Ce qu’il faisait naître délibérément et qu’il entretenait. Lyanna n’eût pas l’occasion de prononcer d’autres mots tant leurs baisers s’emportèrent de passion. Le militaire avait beau chercher une progression méthodique et concentrée, il commençait salement à bouillir dans son corps lui aussi. D’ailleurs, en cet instant, les brûlures de ses plaies tiraillées et la température dépressive de l’eau représentaient les quelques grains de saletés d’un tableau bien magnifique à regarder.
En sentant Lyanna prête à aller plus loin dans l’exploration de ces sensations, Darren creusa un léger écart pour s’attaquer stratégiquement à ses parties plus intime. Pas directement, il jouait de ruse et de patience. Comme des baisers qui redescendaient sur l’épaule et se perdait vers la naissance de sa poitrine sans provoquer d’intrusion.

Comme d’habitude, et bien que ça devenait sacrément difficile, il se servait des soupirs de l’Amazone pour connaître le moment opportun. L’écart qu’il avait volontairement formé lui offrait un libre accès au centre de sa poitrine, là où il mena l’assaut principal. Il lui fît maintenant connaitre le contact de la langue sur ses extrémités durcies. Une torture agréable. La tension.

Lyanna fut surprise de sentit les lèvres de Darre, descendre le long de son corps. Elle ne comprenait pas ce qu’il était entrain de faire. Mais alors qu’elle allait lui poser une question, la décharge que produisit la langue du militaire sur la pointe de ses seins fut bien plus dévastatrices que les caresses et les baisers qu’il lui avait donné jusque là. Et la seule chose que la jeune femme put faire fut de pousser de longs soupirs satisfaits en frissonnant contre Darren. Sous les délicieux assauts de ce dernier, la guerrière jeta sa tête en arrière, et se cambra contre lui, retenue par son bras qui la gardait près de son corps. Pour être mieux installée, elle déplia l’un de ses jambes, sans se rendre compte qu’étant ainsi assise, elle approchait son bassin de celui de Darren. Lyanna n’était plus en état de réfléchir pour le moment, elle se laissait aller à ces agréables sensations, gémissant et tremblante de plaisir.

S’il restait quelques défenses, ce n’était guère plus que des barricades serties de drapeaux blancs. Le jeune homme restait malgré tout prudent. Mais c’est difficile de ne pas s’emporter maintenant que les choses sérieuses débutaient. Il eut un mal fou à ne pas la saisir et griller les étapes. Pas parce que c’était un bourrin. Mais parce que Lyanna n’était pas la seule à être déchirée par le désir qu’il s’était amusé à faire naître.
Problème, le mouvement de sa partenaire avait fait peser un poids qui lui causa une douleur trop vive au niveau du flanc. Darren serra les dents, heureusement dans un moment où il ne la taquinait pas, et lui sourit.
« Laisse toi guider. » lui glissa-t-il en la repoussant lentement.
Quel dommage qu’il ne pouvait plus tenir cette position. Il avait senti la jeune femme approcher son intimité naturellement. Mais il savait qu’un mauvais mouvement risquait de tout foutre en l’air. Clive préférait amoindrir légèrement son maléfice que de le voir disparaître.
L’air de rien, il fit reculer Lyanna de plus en plus, jusqu’à ce qu’elle se retrouve acculée contre le fameux siège immergé qu’Abelle avait voulu lui faire essayer la première fois.

En agissant comme un prédateur, il fit exprès de la faire buter contre le dispositif et progressa sans marquer d’arrêt, veillant à ce qu’elle s’y retrouve allongée. Lyanna n’eut pas d’autre choix, elle se trouvait maintenant à la merci de Darren, mettant à sa disposition presque tout son corps. Là, il migra par-dessus son corps et l’attaqua de plus belle. Plus besoin de supporter son poids, ça calmait un peu sa blessure au flanc, et il obtenait une vue imparable sur sa poitrine qu’il envahissait de ses assauts.
Et forcément, lorsqu’il fût certain de l’avoir piégée dans cette douce position de dominante, il glissa doucement jusqu’à son nombril. Se stabilisant en dessous.

Lyanna ferma les yeux quand Darren reprit son agréable torture sur sa poitrine. Elle en oubliait presque la position dans laquelle elle se trouvait. Elle soupira encore, et se cambra à nouveau, naturellement, sous les attaques du militaire.

"Darren ..." gémit elle dans un délicieux soupir de plaisir.

Cependant, le soldat délaissa sa poitrine, et Lyanna sentit ses lèvres descendre vers son ventre, migrant toujours plus bas. A ce moment là, à contre coeur, un autre sentiment l’envahit, plus négatif. Des souvenirs, des visions. Et voilà qu’elle se pensait à la merci de Darren, comme si elle était revenue chez elle, avec tout ce qui s’y était passé. Darren n’y était pour rien, mais elle se sentie dominée, et le plaisir ressenti semblait avoir été submergé par cette sensation négative. Cela allait trop vite, elle n’arrivait pas à se laisser aller jusqu’au bout, comme si elle s’en sentait incapable après toutes les horreurs qu’elle avait vu. Les gémissements qu’elle poussait n’étaient plus animés par le plaisir, mais par la crainte. La jeune femme tenta de se redresser, se crispant à nouveau.

"Non … non … je ne peux pas ..." lança-t-elle sur un ton plaintif et suppliant.

Clive s’interrompit aussitôt. Il recula son visage mais ses mains restaient subtilement ancrée sur chacune de ses cuisses.
« Lyanna...ça va aller... » lui glissa-t-il.
Sur l’instant, il ne faisait pas le lien avec son passé. Il supposait qu’elle avait peur de franchir cette étape et il le comprenait parfaitement. Mais elle était si proche de faire une nouvelle découverte qu’il ne pouvait pas tout simplement s’en retourner avec un vaseux “Comme tu veux !”.
Après tout, elle n’avait pas dit le fameux “stop !”.
« Il n’y a rien de mal dans ce qu’on fait. Ca te fait du bien, ça m’en fait aussi. C’est naturel, c’est normal. »
Le jeune homme se redressa pour atteindre son visage. Il y déposa un baiser et ajouta :
« Tu peux Lyanna. Tu en as parfaitement le droit. »

Darren tentait de rassurer Lyanna, mais il ne comprenait pas ce qu’elle ressentait en cet instant. Ce n’était pas une question de pouvoir ou non, mais le soldat l’ignorait. La jeune femme essaya de se détendre à nouveau, voulant retrouver ces agréables sensations. Mais elles s’étaient envolées, seul le mal qu’elle avait vu et la peur restaient. Lyanna secoua la tête, et repoussa lentement Darren.

"Je suis désolée … c’est … je suis pas prête … ça me rappelle trop de mauvais souvenirs … les horreurs que j’ai vu … je ne peux pas ..."

Lyanna s’en voulait, Darren ne lui avait fait aucun mal, excepté lui rappeler des choses douloureuses. Mais il n’y était pour rien, il n’avait jamais voulu ça. C’était comme si la jeune femme faisait un blocage que seul le temps et la patience effaceraient. Elle qui avait déjà fait beaucoup de progrès avec un mâle, et pas n’importe lequel, elle n’avait pas terminé son apprentissage et la découverte de nouvelles choses. Pour le moment, elle ne se sentait pas capable d’aller plus loin.

De son côté, Clive préférait s’en tenir à son non-verbal plutôt qu’au contenu de ses propos. Il vit qu’il n’y avait plus aucun signe positif. Sa partenaire s’était refermée comme une huitre et il s’était salement cassé les dents. Pas de chance soldat, dans la conquête de l’Amazone, il restait une dernière forteresse qui savait viser. Un boulet de catapulte en pleine gueule, ça ne pardonne pas !
Le jeune homme ne put empêcher cette grande vague de déception déferler en lui. C’était un ressenti brut sans réflexion. Lyanna le faisait reculer, le chassait, alors qu’il était sur le point de lui faire découvrir l’orgasme. Ce que n’importe quelle humaine devait connaître au moins une fois, et il aurait été son premier.

Parmis les émotions dérangeantes qui lui tombèrent dessus comme un paquet de merde, il se sentit débile, maladroit et sale. Forcément, il le prit très personnellement au début et il se surprit même en une pensée assassine à l’adresse des femmes en général. Ce qui était encore plus stupide puisque le problème venait des hommes de sa planète. Mais ça le soulageait un peu de se dire que le sport préféré de la femme était de laisser approcher le prince charmant. Avec le même manque d’égard qu’envers un chien que l’on aurait appaté avec un morceau de pain. Avant lui dire d’aller se faire foutre et de se farcir son destrier s’il était tellement en manque.
C’était l’activité favorite. A traduire en une phrase : ”tu baves et tu touches pas !”

Tout ce flot l’envahissait pendant les quelques secondes d’un silence vraiment gênant. Mais une fois le premier effet kiss kool passé, il reprit un esprit logique et récupéra son optimisme habituel. La Xéna qui tabassait les mecs à la pelle était nue comme un vers, entre ses mains, et il lui avait même arraché son nom sous gémissements. Elle n’allait pas oublier de sitôt cette petite aventure et il parirait même gros qu’elle regretterait de pas avoir poursuivi. Darren gagnait la certitude qu’elle en redemanderait.

« Moi je créé les bons souvenirs. » répondit le soldat pour contrecarrer, par ce jeux de mots, ce qui habitait l’esprit de sa partenaire à cette heure.

Elle l’avait dit : elle ne se sentait pas prête.
C’était incontestable.
Clive lui prit la main et y déposa un baiser, de la même façon qu’au début. Une clôture au propre ! La boucle était bouclée et il recula petit à petit, jusqu’à gagner le bord opposé du bac. Il laissa la jeune femme retrouver ses esprits et termina de se nettoyer dans son coin. Ce n’était évidemment qu’une excuse pour évacuer l’énorme frustration qui le rongeait. La petite pointe de vexation et de culpabilité aussi. Le tout en évitant soigneusement de lui faire la gueule.
« Pas mal pour un mec exaspérant... » songea-t-il en conservant ce petit sourire vainqueur sur le visage.

Une fois libérée, Lyanna se redressa et s’immergea à nouveau dans l’eau, s’adossant contre la paroi du bac à l’opposé de Darren. Elle n’osa pas le regarder, elle s’imaginait très bien que le militaire n’avait pas aimé son refus. Elle se sentait honteuse d’avoir été si loin dans ses découvertes pour ensuite se bloquer et faire marche arrière. Darren lui avait dit que, contrairement aux mâles de son monde, lui n’était là que pour créer de bons souvenirs. Il avait raison, Lyanna le savait, mais c’était plus fort qu’elle. Tout était allé beaucoup trop vite, son esprit avait eu du mal à tout intégrer. Et c’était pour ça que la guerrière s’en voulait. Après tout, le soldat était sans doute le seul mâle qu’elle appréciait. Et maintenant, elle imaginait qu’elle lui faisait du mal. Raison pour laquelle elle n’osa pas l’affronter du regard.

"Excuse moi, je ne voulais pas te blesser. Tu dois m’en vouloir".
« Ca va passer, c’est temporaire. » répondit-il avec honnêteté.
Il la fixa tout en souriant.
« Moi je vois surtout ce magnifique pas en avant que tu as fait. C’est nouveau. Et ce n’est jamais facile quand on défie l’inconnu. »
Darren acquiesça.
Il était frustré et vexé. Mais en même temps, il était heureux d’avoir pu aller jusque là.
Que réserverait les jours suivants lorsqu’ils ne seraient pas en train de risquer leurs vies ?

A l’écouter, Darren ne lui en voulait pas, mais Lyanna se sentait quand même mal. La jeune femme resta silencieuse pendant un moment, puis elle osa enfin lever les yeux vers le militaire. Un regard empli de tristesse et de culpabilité. Elle avait une furieuse envie de venir contre lui, de chercher son contact pour se rassurer. Mais elle n’osa pas s’approcher ou le demander. Après ce qui venait de se passer, Darren ne voudrait probablement pas l’approcher avant un moment. Ce qui était normal, pensa-t-elle.

Le soldat n’étant pas devin, il ne savait pas ce qui traversait l’esprit de sa partenaire. Il voyait bien qu’elle restait silencieuse, comme si elle avait un truc bloqué dans la gorge. Peut-être voulait-elle se confier ? Ou peut-être qu’elle voulait se sauver loin d’ici ?
Darren ayant terminé de se laver, il approcha du rebord et s’y pencha de tout son poids. Plutôt se faire reconduire une deuxième fois que de demander de l’aide. Bon gré mal gré, il bascula de l’autre côté et s’y écroula lamentablement dans un fracas. En le voyant basculer par dessus le bac, Lyanna ne put s’empêcher de ressentir de l’inquiétude. Elle savait à quel point le militaire était mal en point, il avait dû se faire mal dans sa chute.

"Darren ?!" lança-t-elle en s’approchant de l’endroit où le soldat avait disparu de son champs de vision.
« Toujours vivant ! »
Le jeune homme demeura allongé sur la pierre froide en souffrant silencieusement.
« Faut que j’me trouve une canne. » se marmonna-t-il à lui-même.
Il serra la mâchoire et se cramponna pour essayer de se redresser. Il ressemblait à un pauvre gars tentant de faire l’ascension de sa propre chaise roulante dans l’espoir de pouvoir y coller ses fesses. Le bord du bac était parfait pour qu’il s’y tienne à la force des bras et il vit de nouveau Lyanna avec son air mignon de femme embêtée.
« Hey. » lâcha-t-il avec optimisme. « On discute devant le feu ? »
Ce serait parfait pour sécher et lui laisser l’occasion de percer l'abcès si elle y tenait. Darren se retourna, fit quelques pas, et se ramassa sur l’un des mobiliers.
« J’suis vieillard avant l’heure ! Me faut vraiment une canne ! » enragea-t-il avant d’atteindre son siège.
Il s’y posa, demeurant en tenue d’adam, et se réchauffa devant le foyer en espérant avoir bientôt de la compagnie.

Voyant que Darren galérait à se diriger seul vers la cheminée, Lyanna se leva et quitta à son tour le bac. Elle partit à la recherche d’une serviette qu’elle enroula autour de ses épaules pour cacher et sécher son corps. Puis, elle en prit une autre, et s’approcha à son tour du feu. Elle déplia la serviette et la posa sur Darren qui restait nu devant les flammes. Puis, elle s’assit à côté de lui. L’inquiétude avait pris le pas sur les sentiments négatifs qu’elle avait ressenti. Elle regardait le militaire, cherchant sur son visage une quelconque trace de souffrance, vu les blessures qu’il avait reçu.

"Tu as mal ?"
« Un militaire ne sait pas répondre à cette question. » s’amusa-t-il.
Il ajusta la serviette que Lyanna lui avait placé.
« J’espère que tu prendras moins plaisir en m’enfonçant tes aiguilles dans le pif ! »
Le jeune homme toucha la crevasse qui lui servait de front et remarqua une légère empreinte rouge. Forcément, tant que cette saloperie ne serait pas refermée par de solides points, il allait s’ouvrir à chaque fois qu’il se cognait. Darren soupira silencieusement. Ce n’était pas cher payé pour rester en vie. Mais il préférait largement goûter la poitrine de sa dulcinée que de la laisser jouer au docteur avec lui. Il n’y couperait pas cela dit...

Lyanna examina la blessure à la tête de Darren qui venait de s’ouvrir dans sa chute. La plaie devait être suturée sans attendre, et maintenant qu’elle était nettoyée, le militaire n’allait pas y échapper. C’était pour son bien, même si c’était douloureux. D’elle même, la jeune femme écarta la serviette du soldat et regarda également la blessure de son flanc. Celle ci demandait aussi des soins urgents.

"J’ai remarqué que les points que j’avais fait n’y étaient plus. Il va falloir les refaire. Et pour ta blessure à la tête aussi".
« C’est une tradition chez mes petites amies. » reconnut Darren.
Il rencontra le regard de son amie, y trouva son questionnant par le biais de ces fameux sourcils froncés. Alors il se pencha un peu pour écarter une part de sa chevelure et révéler une cicatrice sur son cuir chevelu.
« Ca c’est le soin de ma première copine. »
Il tapota son front, comique.
« Et ça, celui de ma nouvelle ! Chacune y laisse sa marque ! »

Lyanna regarda la cicatrice que Darren lui montrait, et dont sa première petite amie l’avait soigné. Puis, il désigna celle qu’il avait actuellement, en annonçant qu’elle avait un lien avec sa petite amie actuelle. Sur le coup, la jeune femme ne comprit pas tout de suite de qui il faisait allusion. Jusqu’à ce que la vérité lui saute aux yeux. Sa copine actuelle, c’était elle. Lyanna resta interdite pendant plusieurs secondes, ne sachant pas comment réagir. Devait elle fuir comme la dernière fois ? Par crainte de l’inconnu ? Cependant, il s’était passé beaucoup de choses depuis ce moment, et même si elle l’avait repoussé il y a quelques minutes, Darren tenait encore à elle. Cette fois ci, Lyanna ne s’enfuit pas, au contraire. Un léger sourire apparut sur son visage, et elle baissa les yeux, les joues rougies en se mordant la lèvre.

Le soldat s’en aperçut et il s’en amusa. Au moins, elle n’avait pas fait quelques pas en arrière en blanchissant sur commande. La réaction était différente et c’était tant mieux.
« Manquerait plus que ça...paniquer après que je lui ai mangé la moitié de la poitrine. » se dit-il secrètement.

Lyanna se sentait intérieurement flattée que Darren ne la rejette pas après le fiasco du bain. Cependant, l’état de santé redevint sa principale préoccupation. La jeune femme réfléchit quelques instants, elle n’avait pas le souvenir d’avoir vu le nécessaire médical. Alors comment faire ?

"Pour en revenir à tes blessures, tu n’as plus de quoi faire des sutures ? Comment va-t-on faire ?"
« Avec les moyens du bord. Entre le tanneur, la blanchisseuse et le tisserand, quelqu’un doit bien avoir une aiguille fine et un fil solide. C’est juste...qu’il faudra passer l’aiguille à la flamme avant. C’est...pour stériliser.»

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Dim 29 Mar - 22:54

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
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lors, j’irais trouver une aiguille et du fil à travers le village pour soigner Darren. J’avais ma tenue personnelle à aller récupérer, j’en profiterais pour prendre le matériel nécessaire. Après nous être séchés, nous nous rhabillâmes, et là encore, je dus aider le militaire. Puis, je l’accompagnai jusqu’à la chambre, le soutenant jusqu’au lit pour qu’il s’y allonge. Buté comme à son habitude, le soldat chercha à jouer l’homme insensible. Mais son corps lui adressait la dette en terme de mouvement et d’énergie que lui avait coûté son petit jeu dans la baignoire. Ma douceur couplée à mon attention qu’il qualifiait de femme aimante achevait proprement son effronterie. Il était intéressant de noter que j’avais sur lui le même contrôle de sentiments qu’il détenait sur moi du coté charnel. Je devais maintenant partir en quête du nécessaire de suture improvisé. Heureusement, dans la cheminée de la chambre, il y avait un feu allumé, quelques flammes brûlaient les bûches dans l'âtre. Parfait.

Je quittai la chambre, et partis d’abord chercher mes vêtements. Je revins quelques temps plus tard avec une aiguille, la plus petite qui existait, ainsi qu’un fil robuste. Bon, l’aiguille était un peu plus grosse que celle utilisée par le personnel médical Atlante, mais bon, il n’y avait pas d’autre choix. Et puis ça va, elle n’était pas si grosse que ça, non ?

Clive m’avait offert un large sourire avec un sourcil arqué, il croyait vraiment que je lui faisait une blague. Que je cachais une aiguille bien plus fine quelque part sur moi. Mais lorsqu’il se rendit compte que ce n’était pas le cas, son expression guillerette s’ébrécha. Il se souvenait très bien de mes premiers soins sur son flanc.

"J’ai trouvé du fil et une aiguille. Tu penses que ça conviendra ?" demandai je à Darren en lui montrant mes trouvailles.

Son visage me rétorqua violemment un “Tu rigoles ? Ca va pas la tête ?!?”. Mais Darren formula d’un ton trop peu convainquant : « Ca fera le boulot, oui. »

Evidemment, je ne crus pas vraiment ses paroles. Je voyais bien à sa tête que l’aiguille allait être terrible, mais avions nous un autre choix ? Comme me l’avait suggéré Darren, je plaçai l’aiguille dans le feu quelques instants, le temps d’aider le soldat à se préparer physiquement et psychologiquement à repasser à la casserole pour les soins. Il dissimulait surtout une lente angoisse à l’image du patient que l’on fait végéter à l’entrée de la salle d’opération pendant une bonne demi-heure. Je m’installai près du lit, et regardai Darren qui venait de retirer son tee shirt. J’en profitai pour passer à nouveau un chiffon humide avec de l’eau propre sur la blessure de son flanc, histoire d’être sûre qu’elle était bien nettoyée. Après l’avoir délicatement séchée, je partis récupérer avec précaution l’aiguille stérilisée. Une fois refroidi et le fil glissé dedans, je respirai profondément, pas à l’aise de devoir renouveler la même opération que dans la forêt. Je regardai Darren, l’inquiétude pouvant se lire sur mon visage.

"Prêt ?"

« C’est plutôt à moi de te poser la question ! » commenta Darren en préférant me voir en pleine possession de mes moyens.

"Ca ira. Mais ce n’est pas moi qui vais ressentir une violente douleur" lançais je, alors que mentalement, j’étais aussi apeurée que Darren.

« Tu es très romantique ! »

Je pris encore quelques aspirations pour essayer de calmer cette tension qui m’envahissait, et je commençai à suturer la plaie. Le corps du soldat se contracta illico. Il était encore plus sensible que la première fois et il étouffa une série de jurons par pure politesse. Me souvenant des gestes à faire, je serrai la peau avant de piquer, tentant d’aller le plus rapidement possible sans bâcler le travail. Darren devait souffrir le martyr. Non, en fait, vu sa tête, il souffrait le martyr ! Je finis par arriver au bout de l’entaille, et terminai la suture en coupant le fil. Je soupirai, ne m’étant pas rendue compte que j’avais retenue ma respiration à plusieurs reprises. Mon patient n’osait plus bouger, de peur qu’un simple tressaillement ne déclenche une souffrance encore plus intense. Maintenant que j’avais fini cette partie là, je remarquai que mes mains tremblaient légèrement. La tension qui s’était mis en pause pendant la suture était revenue.

"Décidément, je n’aime pas faire ce truc là".

« Est-ce que j’ai le droit à un “stop”, moi ? » demanda le soldat en jouant sur sa respiration, pétrifié de douleur.

J’eus une grimace douloureuse en le voyant souffrir, même s’il faisait tout ce qu’il pouvait pour ne pas le montrer. Et à sa question, j’eus une petite moue désolée, signe que non, il ne pourrait pas dire “stop” tout de suite. Après m’être assurée de l’état de Darren, je me préparai à m’occuper de sa blessure à la tête. Il eut naturellement un premier mouvement cherchant à fuir mon aiguille mais il prit son courage à deux mains et se replaça de lui-même dans le bon axe. J’aurais bien aimé laisser le temps au militaire de faire une pause entre les deux sutures, mais plus vite c’était fait, mieux c’était, non ? Comme pour son flanc, je nettoyai et séchai l’entaille causée par la balle, avant de me préparer à piquer. Cette plaie là était plus difficile à atteindre, et je dus me lever pour y avoir un total accès. Je savais que j’allais avoir du mal avec cette suture, mais je fis du mieux que je pouvais. Pour cette fois, Darren cramponna ses deux mains dans des noeuds du matelas et les malmena à l’image de sa torture. Il faisait des efforts démesurés pour dissimuler ce qu’il ressentait. Mais peine perdue. Les plaintes finirent par franchir ses lèvres et il ferma les yeux pour ne plus voir l’aiguille se planter dans ses chairs à vifs. Pendant mes gestes, je ne pus m’empêcher de lancer des "désolée" à Darren qui devait être au point culminant de la douleur. Dans notre malheur, la blessure était plus petite que celle sur son flanc, il me fallut moins de temps pour terminer la suture. Après m’être assurée que les points tenaient, je posai l’aiguille, me lavai les mains pour retirer les traces de sang, et posai des bandages sur les blessures pour les protéger. J’espérai avoir réussi à soigner correctement Darren malgré mes faibles compétences dans le domaine médical, qui ressemblaient plus à de la barbarie primaires qu’à des soins élaborés. Je finis par m’asseoir sur le bord du lit, et respirai profondément pour reprendre mon calme.

"Maintenant, tu peux dire stop".

« Aaaahhhh...Stop ! »

Je soupirai et fermai les yeux quelques instants.

"Je ne suis vraiment pas faite pour pratiquer des soins. Je ne pourrais pas faire ça tout le temps" dis je en regardant mes mains qui tremblaient à nouveau.

Darren voulait mourir. Il voulait qu’on le laisse agoniser peinard et ne plus subir ces terribles brûlures qui le lancinait longuement. Mais l’émotion dans ma voix l’écarta de ses priorités personnelles pour apercevoir mes mains.

Il leva son bras le plus proche et posa ses phalanges sur mon dos, un peu au centre de ma colonne.

« T’as assuré ! Merci... »

Je frissonnai lorsque je sentis les doigts de Darren sur ma peau, et son geste et ses paroles me tranquillisèrent. Une fois ma respiration calmée, je levai les yeux vers le militaire, m’inquiétant pour lui.

"Je t’ai fait mal ?"

« Pas du tout ! » mentit l’homme en me fixant d’un visage aux couleurs cramoisies. « C’est passé comme une lettre ! »

Il observa mon air interrogateur et chercha une autre expression.

« Aussi cool qu’un cours d’eau tranquille ? »

Je savais parfaitement qu’il mentait, Darren avait souffert, je l’avais vu et entendu. Mais c’était un mâle, et comme tous les mâles, il n’aimait pas montrer de faiblesse en faisant croire que rien ne pouvait l’atteindre. J’étais d’ailleurs pareil, c’était une question de survie. Je secouai la tête, un sourire sur les lèvres.

"Ah oui ? Tu n’as pas eu mal ? Vraiment ? Je devrais peut être continuer alors, tu as d’autres petites blessures par ci par là" lançai je, amusée, pour le prendre à son propre jeu.

« Hé ! » souligna Darren d’un doigt accusateur. « Tu vois bien que tu aimes me faire souffrir ! »

"Ce n’est pas vrai, je n’aime pas ça" dis je aussitôt, comme si j’étais entrain de me défendre alors que Darren ne faisait que me taquiner. "Bon, peut être qu’au début de notre mission, oui, j’aurais aimé ça … mais plus maintenant !"

Je me levai et tirai les couvertures pour les placer sur Darren, afin qu’il n’attrape pas froid.

"Tu vois que je prends soin de toi".

« Je n’ai pas eu l’occasion de te remercier. » glissa le soldat, soudainement très sérieux. « Merci d’être venu me chercher... »

Mais être sérieux, chez Darren, ça ne durait qu’un temps. Il termina sa déclaration par :

« Rose ! »

"Arrête avec ce surnom, sinon je vais te frapper" menaçai je sans trace de colère dans ma voix, avant de redevenir sérieuse.

"Tu n’as pas à me remercier. C’est normal. Et puis, c’est grâce au maître chien que je t’ai retrouvé".

Darren fronça des sourcils, intrigué. Je pris le porte feuilles qui se trouvait sur ce qui était une table de nuit, et le montrai à Darren.

"Son chien a trouvé ça, je l’ai tout de suite reconnu. Il est venu me chercher en pleine nuit, et je n’ai pas hésité à aller voir si tu étais là. Je voulais te retrouver à tout prix".

« A tout prix... » répéta le militaire, touché par ma petite révélation.

Il prit son portefeuille entre les mains et ne réalisa pas vraiment ce que je lui expliquais. Darren avait égaré son portefeuille durant sa galère et c’est un chien qui l’avait ramené. C’est comme ça qu’il avait été retrouvé.

C’était stupéfiant. Très impressionnant. Et il prenait conscience non seulement de sa chance mais aussi de ma volonté. J’avais pris le risque de me déplacer en pleine nuit. C’était le moment idéal pour une embuscade.

« Si je l’avais perdu, j’en aurai fait un deuil. » m’avoua-t-il en sortant la photo de sa soeur.

"Je sais, je me souviens que tu tenais à cette image".

Il l’observa un petit instant avant que l’épuisement ne revienne le hanter.

« Je crois que...je vais fermer les yeux quelques minutes... »

Le jeune homme me sonda.

« Tu n’as pas été gaté question sommeil. Tu te reposes avec moi ? »

Je ne m’étais pas rendue compte que j’étais moi aussi fatiguée. L’adrénaline qui m’avait envahie pendant que je prodiguais des soins à Darren m’avait maintenue éveillée. Mais maintenant que tout était calme, l’épuisement revint peu à peu. J’aurais pu dormir sur le canapé pour laisser le militaire tranquille, mais Darren me proposa de me reposer avec lui. J’hésitai, je ne m’étais retrouvé allongée qu’une seule fois avec lui à mes côtés, sans parler de ce qui s’était passé toute à l’heure dans le bain. Cependant, je savais que le soldat n’allait rien me faire, je pouvais lui faire confiance. Je cessais d’avoir peur. J'acquiesçai d’un hochement de tête.

"D’accord. Mais avant, je vais me changer et remettre ma tenue. Je me sentirai plus à l’aise qu’avec ces vêtements de prêt".

Je quittai le lit et partis à l’autre bout de la pièce, là où j’avais posé mes affaires. Puis, le dos tourné, je me changeai, ignorant si Darren me voyait de là où il était. Il ne chercha pas à me reluquer, réservant sûrement ces petites découvertes à une meilleure occasion. Une fois prête, je revins vers le lit, et me glissai à mon tour sous la couverture. Cependant, après tout ce qui venait de se passer, je n’osai pas m’approcher du militaire, alors que l’envie de venir me blottir contre lui m’assaillait.

Darren ne s’en rendait pas compte. Il ouvrit simplement son bras pour matérialiser la place que j’occuperai et il m’adressa un bref sourire pour m’inviter à y faire mon nid. Il referma son bras une fois que j’étais installé, conservant cette douce étreinte qui dégagea de la chaleur. Puis, après être resté silencieux quelques minutes en sentant la dureté du cuir bouilli contre son flanc, il ria doucement.

« Je ne te pose pas la question avec une arrière pensée. Mais tu dors toujours avec ton armure en cuir ? Ce n’est pas inconfortable ? »

Après m’être blottie contre Darren, ma tête posée dans le creux de son épaule, je fronçai les sourcils en baissant les yeux pour regarder le haut de ma tenue.

"Heu … non … d’habitude, je dors nue. Pourquoi tu me demandes ça ? Tu veux que je le retire ? Ca te fait mal ?"

« Je suis curieux de savoir, je ne te demande pas de te déshabiller. »

Darren enfonça son menton dans ma chevelure, il semblait inspirer lentement pour en connaitre l’odeur. Il y déposa un baiser et reprit sa position.

« Je n’ai pas mal. J’me sens bien comme ça...et toi ? »

Je restai silencieuse quelques instants, cherchant une réponse à donner. Je décryptais surtout les sensations qui m’assaillaient en cet instant. Puis, je finis par répondre.

"Je vais bien. J’ai chaud. Et c’est agréable".

Je fermai les yeux comme si je me préparai à m’endormir. Mais maintenant que Darren m’avait parlé de mon haut, voilà que maintenant je sentis le cuir me gêner. Je me redressai alors, quittant mon étreinte réconfortante, et retirai mon haut que je laissai tomber sur le sol. Puis, je revins me blottir contre le militaire, me sentant mieux.

"Voilà. Maintenant, on est à égalité" dis je en pressant innocemment ma poitrine contre son flanc.

Darren semblait être sur un petit nuage.

« Maintenant, si je dors pas, c’est carrément normal ! »

"Comment ça ? Pourquoi tu ne pourrais pas dormir ?"

Je ne comprenais pas ce qui pouvait empêcher Darren de dormir, alors qu’il disait être fatigué.

« Parce qu’il n’y a rien de plus beau dans l’univers qu’une femme sensuellement plaquée contre son homme. »

Il me caressa depuis le bras qui m’étreignait.

« C’est trop cool ! »

J’écoutai les paroles de Darren, et je rougis aussitôt, tout en frissonnant sous ses caresses. Je me sentais terriblement bien contre lui, dans un moment de calme et d’apaisement. Je me redressai alors légèrement, et embrassai tendrement le militaire, avant de poser ma tête contre son torse, en fermant les yeux. Je sentis les battements de son coeur, et cela me berça. Epuisée, je finis par m’endormir dans ses bras.

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Darren Clive

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le Dim 29 Mar - 22:59

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Le corps humain s’adapte de façon très étonnante.
Quand une émission pompeuse vous apprend que vous vous retournez pas moins de quarante fois durant la nuit, on se demande comment un couple tendrement enlacé s’arrange pour ne pas se battre quatre-vingt fois par sommeil consommé. C’est vrai que cette position était un tantinet romancée et pas trop adaptée à un plein répit.
Mais Darren était un romantique et il adorait partager ce genre de nuit. Petit bonus quant au fait qu’ils étaient tous les deux éreintés et blessés. Leurs corps n’allaient pas faire les délicats maintenant que leur était offert un terrain idéal à la récupération.

Parfois, Darren ouvrait les yeux lorsque les brûlures revenaient. Ou bien lorsque Lyanna faisait un mouvement malencontreux qui gagnait son flanc par écho. Mais au lieu de subir la situation, il se plaisait à la déguster.
Il ne pensait vraiment pas gagner le coeur de cette belle petite brune. Et se faire également piéger par ce premier baiser qu’il lui avait offert. Vraiment bizarre...la vie était tout aussi surprenante que rafraîchissante.
Ca ne changeait rien à leur situation délicate, le fait qu’ils pouvaient tous les deux y passer demain, ou se retrouver en taule pour avoir pris clairement parti dans les affaires de cette civilisation. Là, ce soir, il tenait Lyanna blottie contre lui et il sentait son souffle régulier danser sur son torse. C’était tellement bon…

Ce soldat qui ne pensait pas pouvoir se récupérer après avoir connu Eidolas. Il s’était retrouvé plusieurs fois bloqué en mission, par l’acharnement du destin, avec Isia, avec Steele. Et il s’était astreint à une certaine conduite, à se tenir pour ne pas tomber dans la facilité de s’intéresser par dépit ou par manque.
Et finalement...il se faisait plier au dernier détour. Lyanna avait remporté la mise. Il ne savait même pas où est-ce qu’il allait comme ça avec elle. C’était...grisant.

Trois jours à peine et elle était dans son lit.
La colérique qui baffe les hommes avait aussi son charme et ça le bottait plutôt bien. Darren s’endormit de nouveau et refit encore surface un peu plus tard. La cheminée était mourante, la fraîcheur de la nuit avait envahi la chambre.
La nuit...déjà. Leurs corps s’étaient rebellés, éteignant toutes les fonctions pour récupérer un maximum, quitte à leur faire faire un tour de cadran. Darren reprit sa petite observation en luttant contre ses paupières alourdies. Il glissa une mèche de cheveux derrière l’oreille de sa partenaire et devina les traits de son visage au travers de l’obscurité.
Il s’effondra sans s’en rendre compte.

La troisième fois où il ouvrit les yeux fût bien moins romantique. Largement moins…
Quelqu’un venait de toquer à la porte de leur chambre, de façon légère et craintive, puis plus affirmée ensuite. Il faisait encore nuit. Mais la teinte trop claire des ténèbres indiquait que l’aube n’était plus très loin. Le coq du poulailler était très certainement en train de s’échauffer la voix.
Le gêneur insista.
Indépendamment de la figure endormie et manifestement mécontente de Lyanna, il vit son bras passer devant lui avec une énergie et une souplesse contradictoire. Comme si cette partie de son corps était déjà pleinement réveillé et prêt à exécuter l’ordre avec efficacité.
Quel ordre ?

Celui d’aller se saisir d’une de ses lames posées sur la table de nuit du côté de Darren. Elle était toujours amoureusement plaquée contre lui tandis que, paradoxalement, son bras ramenait l’arme vers elle. L’épée qui passait au-dessus du visage du soldat, à seulement quelques centimètres, lui offrait une vue imprenable sur la coupe effilée du métal et son tranchant vachement intimidant. C’est comme si une petite voix résonnante de ce métal lui disait : “J’ai tué trois mille quatre cent trente deux mâles. Y’en a un qui frappe à la porte, là, non ?….”

Clive eut comme première idée de retenir Lyanna par le poignet. Mais il se ravisa en énumérant les risques : comme le fait qu’on l’avait dérangé dans son sommeil et que cette fameuse lame était en train de lui faire le rasage de sa joue gauche. Darren observa silencieusement son amie s’écarter et se diriger vers la porte, d’un pas léger, comme si elle allait fermer une simple fenêtre. Equilibre de la pudeur, elle ouvrit la porte en s’en servant comme cache. Le soldat l’entendit répondre à une voix d’homme et il commençait sérieusement à craindre l’incident diplomatique, surtout en voyant son épée s’agiter de bas en haut comme s’il battait du pied à sa place. Mais finalement, elle referma la porte et revint vers lui en tenant une enveloppe. Elle était faite d’un papier simple que l’on avait soigneusement replié. Une cordelette finissait de sceller le pli sur lequel on avait fait goûter de la cire de bougie sans user d’un seau. Lyanna remarqua qu’il y avait une inscription sur le dessus du pli, mais il ignorait ce qu’elle voulait dire. Les yeux dessus, elle retourna vers le lit, et posa son épée.

« Bonjour Lyanna. » murmura Darren d’une voix encore endormie.

Lyanna leva aussitôt les yeux, elle avait un peu oublié la présence de Darren. Alors, entendre sa voix l’avait surprise. Elle n’avait pas imaginé qu’il se soit réveillé.

"Bonjour … heu … je pensais que tu dormais encore" dit elle, avant de redescendre son regard vers le pli, s’asseyant à côté du militaire.
« On dort moins bien quand une belle jeune femme laisse du vide dans son lit. » la complimenta-t-il d’un ton léger, ce qui fit rougir la guerrière sans qu’elle ne veuille.

Il écarquilla volontairement les yeux pour chasser la brume de la fatigue résiduelle et tomba sur la vue imprenable de sa poitrine. Il se rappela de cette nuit passée au contact l’un de l’autre et du bien fou que ça lui avait fait. Mais si cette vision parfaitement envoûtante lui donnait envie d’arrêter le temps et de faire une analyse totale de la moindre parcelle mammaire. Clive se rappela que les yeux de son amie étaient plus haut et qu’elle se trouvait intriguée par le pli.

"Il y a des caractères, mais je ne sais pas ce que ça veut dire".
« Le mot qui est écrit dessus, c’est ton prénom. » l’informa le soldat en l’ayant aperçu pendant qu’elle tournait l’enveloppe pour l’examiner.
Le jeune homme savait qu’elle était illettrée. Un autre petit projet lui venait en tête.
« Je t’apprendrai quand on rentrera. » promit-il en tendant la main pour réceptionner la missive.

Lyanna regarda Darren, et lui donna le pli.

"Tu … tu m’apprendras à lire ?"
« Puis à écrire. On ira doucement. »
Il réceptionna la lettre et l’observa un instant avant d’ajouter :
« Tu en auras besoin pour travailler sur Atlantis. Je suis même près à parier que Teyla avait pour mission de te le proposer poliment. Quand tu aurais eu un peu plus l’habitude de la vie sur la cité. »
Le jeune homme la fixa.
« Ca te plairait ? »

Lyanna réfléchit quelques secondes. Bien sûr que oui, ça serait intéressant pour elle si elle savait lire et écrire. Elle hocha timidement la tête.

"Oui, j’aimerais bien. A chaque fois, je dois demander de l’aide à quelqu’un. Et je voudrais être indépendante, je n’aime pas me reposer sur les autres. C’est un signe de faiblesse. Mais … ça doit être dur à apprendre, non ?"
« C’est un handicap temporaire. Pas un signe de faiblesse. » corrigea Darren. Il ne voulait pas qu’elle se dévalue. « Je ne te mentirai pas, c’est difficile d’apprendre quand on est adulte. C’est comme devoir intégrer une nouvelle langue. Mais si on y va progressivement et que tu restes intéressée. »
Il hocha la tête.
« Je n’ai pas de doute qu’une femme forte comme toi apprenne vite. »

Lyanna acquiesça d’un hochement de tête, en restant silencieuse. Elle se demandait si elle pouvait partager l’optimisme du soldat. Depuis son arrivée sur Atlantis, elle avait déjà vu des mots sur des rapports, des dossiers, et même des livres. Et à chaque fois, c’était du charabia pour elle. La guerrière doutait de ses capacités à apprendre un tel exploit. Après tout, elle ne savait que se battre. Darren se redressa pour se tenir dos contre les oreillers puis arracha les cordelettes. Une belle petite écriture manuscrite adressait un court message.
« Dame ! J’enquête sur une piste très intéressante. Retrouvez-moi dans trois jours à l’Auberge du Clos-Ruis. Nous partagerons le repas du midi et mes précieuses découvertes, je l’espère. Son Altesse Heimda semble avoir disparue pour son bien personnel. Je vous donnerai plus ample détails prochainement.
Votre abonnée éternelle, Abelle.
»

Le soldat sourit.
Il comprenait combien la servante adulait l’Amazone et il était satisfait de voir son hypothèse concernant Heimda se réaliser. L’ennemi ne semblait pas l’avoir entre ses sales pattes. Darren et elle étaient toujours dans la course !
« Je relis ? » proposa-t-il, content de voir cette nouvelle regonfler le coeur de Lyanna.

La guerrière écoutait attentivement ce que disait Darren lorsque ce dernier lisait la missive. Ainsi donc, le document venait d’Abelle qui lui donnait rendez vous dans quelques jours. Elle avait des informations importantes, et visiblement, Heimda était en sécurité. Lyanna soupira de soulagement, ravie de savoir que la jeune femme allait bien. Tout comme sa servante. Elle secoua la tête lorsque Darren lui demanda s’il devait lui relire le texte.

"Non, ça ira. J’ai tout compris. Heimda va bien. Et Abelle doit avoir des informations au sujet du médaillon que Virgil m’a donné".

L’auberge du Clos Ruis, où est ce que c’était ? Combien de temps faudrait il pour aller jusque là bas ? Et qu’est ce qu’Abelle avait trouvé ? Un tas de questions se bousculaient dans sa tête, et Lyanna se perdit dans ses pensées.

Clive l’observait tout en se posant lui aussi ces questions. Il était déjà en train d’établir plusieurs plans, ainsi que leurs nouveaux objectifs, lorsqu’il s’inquiéta de son air songeur.
« Tu t’inquiètes pour Abelle ? Ou c’est l’idée d’attendre trois jours qui t’ennuie ? »

Lyanna sortit de ses pensées aux questions de Darren.

"Oui, je m’inquiète pour elle. Comme pour Heimda, même si je la sais en ce moment en sécurité. Mais je me demande surtout ce qu’elle a trouvé. J’ai encore besoin de repos pour être au meilleur de ma forme, je le sens. Mais j’ai hâte de débusquer ces monstres et de les éliminer de mes mains pour ce qu’ils ont osé faire".

Clive allait rétorquer le besoin de faire des prisonniers et de ne tuer personne vis à vis de l’éthique d’Atlantis. Mais le dernier essai en la matière avait bien failli coûter la vie de Lyanna, ainsi que la sienne. Il n’était clairement pas en mesure d’insister.

« Tu as raison. On va mettre ces trois jours à profit pour se refaire une santé. On trouvera de quoi situer l’auberge dans la bibliothèque de Virgil, il y avait une grande carte sur sa table. Le concernant... »
Il fît une pause, calculant les diverses hypothèses et sélectionna celle qui lui semblait la plus abordable.
« Je pense qu’on devrait faire récupérer son corps. Qu’on lui offre une sépulture décente, anonyme, le temps que la situation revienne à la normale et qu’Heimda puisse décider quoi faire. Tu en penses quoi ? »

La carte serait effectivement un bon moyen de trouver l’auberge et d’évaluer la distance de parcours. Enfin, ce rôle là serait pour Darren, il était le seul à pouvoir lire la carte. Soudain, le militaire posa une question étrange à Lyanna, qui le regarda aussitôt, dans l’incompréhension. Récupérer le corps de Virgil pour lui donner une sépulture ? Et Darren lui demandait son avis ? A elle ? Pour un mâle ?

"Heu … je … je ne vois pas pourquoi tu me demandes ça. C’est un mâle, ce n’est pas mon problème. On ne pourrait pas simplement brûler le corps ? C’est rapide et ça ne demande pas d’effort. C’est ce que je ferais moi" dit elle sur un ton tout aussi normal pour elle que terrifiant pour les autres vu la froideur de ses mots.

Le militaire ne savait pas s’il devait rire ou pleurer.
Il secoua lentement la tête et précisa dans une optique pédagogue.
« Oui, je suppose que c’est le traitement réservé aux mâles sur ta planète. Mais là, c’est un peu différent. On parle d’un mâle qu’Heimda aimait beaucoup. Elle est loin de lui, elle ne sait probablement pas qu’il est mort et elle compte sur nous pour faire ce qui est juste. »
Il pinça des lèvres.
« Enfin je veux dire...elle compte sur toi. Donc, réduire son paternel en cendres n’est peut-être pas l’idée la plus respectueuse pour Heimda. C’est pour ça que j’essaie de trouver une autre solution et que je te la propose. »

Lyanna écouta les explications du soldat, et elle finit par soupirer. Il avait probablement raison, même si elle ne comprenait pas du tout le principe de faire une sépulture pour les morts. Quel intérêt y avait-il ? L’incinération était plus simple, et apparemment sur cette planète, non. La jeune femme se laissa aller contre l’oreiller.

"Bon … d’accord. Les villageois n’ont qu’à s’en occuper, non ?"
« On trouvera de solides volontaires. » approuva-t-il en lui enlaçant naturellement les épaules d’un bras.
« Je pensais aussi récompenser Abelle pour ses efforts. Elle a beau être servante, elle dépasse clairement ses attributions pour nous aider. Nous avons toujours la monnaie locale que Virgil nous avait donné pour nous payer. Tu en penses quoi ? »

Lorsque Darren l’enlaça, Lyanna réagit instinctivement et vint se blottir contre lui. Elle songea à sa proposition, et finit par acquiescer.

"Pourquoi pas. Je ne comprends pas le principe de ces petits objets pour acheter des choses. Chez moi, ça n’existait pas, on faisait des échanges de denrées, d’armes ou du matériel pour faire du commerce. Alors, ça ne nous est pas utile, autant lui donner".

L’aube pointait le bout de son nez, et dans la cheminée, le feu était éteint. Un courant d’air frais fit frissonner Lyanna, tandis qu’elle remontait la couverture sur elle. Le climat était moins clément que sur sa planète, les nuits étaient assez fraîches.
Le soldat l’assista pour lui offrir plus de couverture. Récupérer Lyanna dans ses bras plus longtemps, qui refuserait ce petit moment bonus ?

« Ton fonctionnement est le plus courant dans la galaxie, garde-le comme norme. » conseilla-t-il en faisant glisser son pouce sur son épaule de façon distraite. « Sinon, la monnaie, c’est le fait d’accorder de la valeur à une pierre précieuse. Les gens qui utilisent ce système jauge un prix fixe pour chaque produit. Comme ça, tu dois donner un nombre de ces pierres correspondant au prix. C’est comme si on te demandait de remplir un verre d’eau entièrement pour obtenir ton achat. »
Clive tenta de ne pas trop se disperser.
« En dehors de ce bourg, nous ne serons pas connus. Si on veut profiter d’une nuit dans une auberge, manger et se laver, il faudra leur donner une partie de ces pierres. Je vais en réserver une bonne partie pour récompenser Abelle, le reste servira pour notre mission. »
Il pressa un petit peu son épaule.
« Et si je te demande ton avis, c’est parce qu’on a gagné cette valeur tous les deux. Même si tu t’en fiches, la moitié t’appartient. L’utilisation doit faire l’unanimité. »

Lyanna avait beaucoup écouté attentivement les explications de Darren, elle était perdue. Et puis, la fatigue n’aidait pas à se concentrer.

"Hhhmmm … ça a l’air compliqué, ce système. Je préfère ma façon de faire, c’est plus simple".

La jeune femme se laissa aller contre Darren, posant sa tête dans le creux de son épaule, tout en frémissant sous les douces caresses que le militaire lui prodiguait. Ce dernier lui expliquait que la moitié de la récompense lui appartenait car elle effectuait la mission avec lui. Cependant, pour elle, c’était comme la lecture. Du charabia.

"Je n’ai pas tout compris de ce que tu m’as expliqué, mais je te fais confiance pour t’occuper de ça. Moi, je n’y connais rien".
« Je te montrerai un jour mais ce n’est pas urgent. Et je ne suis vraiment pas pressé. Ce système est très pervers, il a l’art de corrompre l’esprit des matérialistes. Ca signifie : ceux qui aiment agir pour accumuler des biens. Comme les membres du conseil par exemple... »
Il pencha sa tête pour pincer celle de Lyanna entre son menton et son épaule.
« Je te trouve très bien comme ça. »

Lyanna se retrouva “prisonnière” de Darren, si on pouvait dire ça comme ça, vu leur position. Mais étrangement, elle aimait bien. Son visage était tout près du cou du militaire, son souffle effleurait doucement sa peau.

"Ca n’a pas l’air d’être une bonne chose alors, cette … monnaie. Et c’est pour ça que ces trois mâles ont fait un complot avec nos ennemis ? Pour cette chose, ces pièces de monnaie ?"
« Oui. Virgil détient des mines qui lui aurait rapporté beaucoup de monnaie. Mais il était d’accord avec Teyla pour ne pas se goinfrer et faire en sorte que les futures générations profitent de ce marché. » lui expliqua-t-il tout en se mettant à jouer doucement avec ses cheveux.
« Les membres du conseils ne sont pas content. Ils préférent tout, tout de suite. C’est ce que Macon leur a proposé s’ils l’aident à briser Teyla. La soif de la monnaie, le profit de sa propre personne, en se moquant de détruire et faire souffrir les bons. C’est cette corruption qui les dévore. »

"Si c’est si mauvais que ça, pourquoi ne pas détruire cette monnaie ? Ca serait plus simple, non ? Et ces mâles n’auraient rien du tout" dit elle, tout en fermant les yeux, se sentant si bien contre Darren.
« Parce que ce n’est pas la monnaie qui est en cause. C’est un système, comme une roue de chariot. Il est bien si tu l’utilise bien. Il est mauvais si tu as soif de l’accumuler. »
Il chercha mentalement un exemple.
« Imagine le fonctionnement sur ta planète. Ces hommes - et je sais que tu les aurais déjà tué depuis longtemps, le sujet n’est pas là - ils auraient accumulé de l’armement, de la nourriture, les plantes médicinales. Tout ce dont tes soeurs avaient besoin pour survivre. Ils obtiennent de la puissance, ils deviennent riches. Il prennent l’ascendant. Si tu ne veux pas manquer de nourriture, de soin ou d’armes, fait ce qu’ils disent. Sinon ils ne te les vendent pas...ou très très cher. »
Darren savait que c’était très compliqué.
« Je te trouve un exemple plus simple ? »

"Heu .. donc … ça veut dire que ..."

Lyanna s’arrêta quelques instants, pour formuler ses mots dans son esprit.

"Si quelqu’un a toutes les richesses, il va se croire supérieur aux autres, et il va vouloir les contrôler ? C’est comme avoir des esclaves, non ?"
« Tu l’as parfaitement défini. »
Clive ajouta rapidement :
« Attention, on n’agit pas comme ça sur Atlantis. Nos chefs sont mieux payés que nous, c’est vrai, mais ils ne traitent pas les autres comme des esclaves. L’exemple dont je te parle concerne cette planète : les membres du conseil et Macon ont un intérêt à accumuler les richesses. Pendant que Teyla préférait un partage plus sage et équitable...elle est devenue gênante, ils ont donc voulu la piéger. »
"Ils ont été corrompus par cette monnaie, et ils sont avides de pouvoir. Il faut les arrêter au plus vite, ce sont des mauvais mâles. Et les mauvais mâles, je les élimine".

Il sourit.
Darren pinça son menton pour lui faire relever la tête.
« Bien content de faire partie des rares “gentils mâles”. » s’amusa-t-il avant de l’embrasser. Il échangea longuement avec elle puis se recula.
« On va les arrêter, ici sur le terrain. On prouvera le complot sur Atlantis, Teyla n’aura plus rien à craindre. »
Ca serait difficile de tuer la corruption avec une épée mais il était confiant. Lyanna avait fait un prisonnier, ils pourraient en enfermer d’autres.
« Il te plait ce plan là ? »

"Tant que je peux me défouler, ça me convient. Ces mâles m’ont mise hors de moi. Ils doivent payer pour leurs actions. Je ferais tout pour protéger Teyla et Heimda".
« Moi aussi. Mais ça commence par la dure...très dure...très très dure étape...visant à se lever du lit. » fit-il goguenard.
« Et si tu ne le sais pas encore. Être en contact comme ça te rend très désirable. Je vais éviter d’abuser de ta faculté à explorer les nouvelles sensations. »
Ce n’est pas que l’idée lui déplaisait de repartir à l’attaque et de tenter de nouveau la jeune femme. Il la savait parfaitement détendue contre lui mais ce n’était que le désir naissant qui lui faisait penser à ça.
« On a du boulot. » conclut-il en maintenant un regard enjôleur dans le sien.
Lyanna plongea son regard dans celui de Darren, et l’écouta attentivement. Oh oui, le plus dur serait de réussir à sortir de ce lit. La jeune femme se sentait si bien là où elle était, au chaud contre le soldat, détendue, qu’elle ne voulait pas partir. Et puis, le sommeil interrompu trop tôt commençait à la rappeler à l’ordre. Elle nicha à nouveau son visage dans le cou de Darren en fermant les yeux, se blottissant un peu plus contre lui. Sans s’en rendre compte, elle posa même sa main sur le torse du militaire, effleurant doucement sa peau avec ses doigts. Lyanna commença à s’endormir, submergée par le bien être qu’elle ressentait en cet instant.


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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Dim 29 Mar - 23:08

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J'
avais décidé que non. Je ne voulais pas me lever. Et ce n’était pas un mâle qui allait organiser mon emploi du temps. Même si celui-ci me plaisait, ce n’était pas une raison. Qu’allait-il faire maintenant que j’avais repris ma position, blottie contre lui, sous la chaleur de la couverture et de nos corps ? Me repousser ?
Ca lui coûterait trop d’efforts et ma contrariété en prime. Je sentais par mon contact physique qu’il était tenté de rester couché. Darren découvrit que moi aussi, je pouvais l’influencer, comme lui le faisait avec moi en attisant ma curiosité. Et, si je me sentais bien dans ses bras, lui aussi se sentait sur un petit nuage. Après tout, n’avait-il pas dit qu’une femme à moitié nue niché contre lui était une belle chose ? Pourquoi s’en priverait-il pour aller enterrer un mâle ? Ma main posée sur son torse relayait les battements réguliers mais plus forts de son coeur.

« Allez...on doit se lever. » répéta le militaire sans aucune conviction dans la voix.

"Mmmhhhh … non … pas envie … fatiguée" murmurai je à moitié endormie, bien au chaud.

Le souffle léger et apaisé de Darren signifiait clairement que le militaire était en train de me demander de ne surtout pas le lâcher et de le garder prisonnier de mon étreinte, ce que je fis. Maintenant que j’étais bien sous les couvertures, je n’avais pas envie que cette bouillotte géante et confortable s’en aille.
Le soldat ne fît aucune tentative pour tenter de se lever. Il était à ma merci et sa volonté s’effondra en me sentant ajuster ma position, la moindre parcelle de mon épiderme au contact du sien. Finalement, le sommeil revint nous gagner tous les deux, aidé par cet agréable instant.

Vers midi, il parvint enfin à me convaincre. Par l’humour et un peu de négociation, il me promit de faire disparaître mes courbatures avec un massage dont il avait le secret, une fois le soir venu. Une promesse d’une nouveau moment intime une fois que nous aurions réalisé les tâches de la journée. Je me souvenais du massage qu’Abelle m’avait prodigué au niveau des épaules, cela m’avait fait un bien fou. Alors je me demandais comment serait un massage façon Darren. Ce dernier me regarda me rhabiller avec un regard dans lequel régnait une étincelle de désir. Darren me glissa une nouvelle fois qu’il me trouvait belle, ce qui me fit sourire, les joues rosies par le compliment, puis il prit le parti de se lever seul. Le simple fait de basculer et de modifier le centre de gravité lui fit tourner la tête. Je n’avais pas été tendre en lui faisant ses points au niveau de la tête et il semblerait que le poids de ses propres chairs, sur cette blessure, le rappelait déjà à l’ordre. Malgré cette faiblesse apparente, il refusa catégoriquement de rester couché et me demanda de l’aide pour s’habiller.

La journée démarra très activement lorsque nous découvrîmes un attroupement dans la rue. La disparition de Virgil et celle d’Heimda avait lourdement inquiété le bourg de résistant. Ils s’étaient rassemblé autour d’un aide de camp, manifestement le dernier responsable encore actif du camp, qui peinait à maintenir la cohésion. Avec mon aide, Darren vint à sa rencontre et dissimula au maximum sa faiblesse pour s’imposer auprès de tous. Il déclara avec beaucoup de diplomatie le décès du Lord et parvint, avec des mots bien choisis, à les fédérer.

« Je suis Atlante, étranger à votre peuple. Et je ne vous donnerai jamais d’ordre. Mais je vous interroge sur la question : qu’aurait voulu votre Seigneur ? Vous voir tenir bravement en l’absence de gouvernance ? Ou fuir ? »

Clive montra ce jour-là son aptitude à saisir les hommes aux tripes. Il avait convaincu les résistants de rester et de suivre les indications de l’aide de camp. L’homme s’appelait Cotel. Il avait promis de faire honneur à Lord Virgil et de tenir le site jusqu’à ce qu’il soit déclaré qui dirigeait. Dans l’esprit de tous, malgré sa disparition, cela restait Heimda.

Darren commença par se trouver une canne et apprendre à marcher avec. Dans un petit moment d’humour, il me demanda de ne pas le laisser oublier la chaleur de mes bras qu’il aimait. Ce vulgaire bâton de bois ne devait pas me voler la vedette. Ce à quoi je me mis à l’interroger sur le sens du mot “vedette”, ce qui donna lieu à une longue explication difficile à intégrer. Les Atlantes avaient vraiment une façon très étrange de parler par moment, en utilisant des mots qui n’avaient pas le même sens qu’à la normale. De quoi me perdre en apprenant leurs expressions farfelues.

Le repas du midi tomba dans l’oubli par la force des choses. Darren monta une expédition pour récupérer le corps de Virgil ainsi que des Atlantes que j’avais tué. Les volontaires attelèrent des chariots, Darren monta dans l’un d’eux et nous partîmes ensemble pour cette longue opération. Lord Virgil fût inhumé là où la longère avait brûlé : le siège de sa résistance. Deux tailleurs de pierre et plusieurs bonnes âmes avaient recyclé la cave avant notre arrivée pour la transformer en un mausolée. En milieu d’après midi, Virgil recevait les honneurs de la totalité de la population du bourg (sauf les maitres chiens qui poursuivaient la surveillance du prisonnier). Quant à moi, j’avais préféré rester à l’écart de toute cette cérémonie, les bras croisés. Darren avait beau me dire que c’était pour Heimda que les choses étaient faites ainsi, je n’arrivais pas à m’y intéresser. Ce n’était pas dans mes coutumes d’enterrer les morts. Qui plus est, celle d’un mâle. Et si tous les villageois vinrent se recueillir sur le mausolée créer pour la dépouille de Virgil, je me contentai de faire les cent pas à l’extérieur de la bâtisse en ruine, attendant le retour du militaire.

Le jeune homme m’expliqua que les Atlantes abattus finiraient par être récupéré par Atlantis car ils laissaient rarement les corps sur d’autres planètes. C’est pour ça qu’il avait demandé à ce qu’on les descende dans un lieu le plus froid possible. Un cuisinier lui avait parlé d’un puit désaffecté en-dehors du village, si profond, qu’il y régnait une grande fraicheur. Qu’on y retrouvait même de la neige de l’hiver qui n’avait jamais fondu.
C’était parfait selon lui. Et Darren travailla avec les villageois pour les faire descendre par des cordes en rendant possible leur récupération.

Nous n’avions pas vraiment eu le temps de nous reposer. L’épuisement commençait de nouveau à me harceler. Et Darren semblait encore plus mal en point puisqu’il se pliait sous la douleur de son flanc. Utiliser une canne lui demandait des efforts physique que son corps lui reprochait. Mais il était buté et, après que l’on eut mangé, il insista pour me faire ce fameux massage avant de nous endormir. Il ne chercha pas à me tenter, même s’il semblait avoir envie de mon corps. Darren se contenta surtout de délier mes muscles et de les rendre moins douloureux. Il avait déclaré que, ce soir, il s’occupait de mon corps comme je m’étais préoccupé de lui en l’aidant à s’habiller, à se déplacer. Il voulait me rendre la pareille.

Le lendemain, il prit un bain et fît laver ses vêtements. Il en profita ensuite pour faire l’inventaire de ce qu’il lui restait en munition et il étudia ce que j’avais ramené de la grotte. Apparemment, j’avais mis la main sur quelques preuves et semblait satisfait de pouvoir les conserver pour les chefs Atlante. Pendant que Darren se penchait sur ce que j’avais ramené de la grotte, je jetai un oeil à son arme, celle que j’avais ramassé lorsque je l’avais trouvé. Lui restait-il que ça pour se battre ? Il n’avait plus son gilet tactique ni son arme plus grande qui tirait plusieurs fois presque en même temps.

"Il ne te reste que ça, comme arme ? Tu as autre chose ?"

« Oui. Ma volonté ! C’est la plus dangereuse ! » fanfaronna-t-il.

"Je suis prête à parier que ça ne suffira pas !" dis je en soupirant, exaspérée par le côté trop optimiste de Darren.

« Je sais, guerrière ! Je compte me réapprovisionner sur les captures qu’on fera. Les hommes de Macon seront probablement armés. Je récupérerai les munitions sur eux. »

Il sourit.

« Après ton passage, c’est évident. »

"Les captures ?" soulignai je en ayant un petit rire moqueur et bref. "A mon avis, tu les récupéreras sur les cadavres".

« Je sais que je t’en demande beaucoup. Et que je suis encore moins crédible après ce qui nous est arrivé. » reconnu le soldat. « Mais si nous affrontons des Atlantes, on ne les tue que si on a vraiment pas le choix. Je compte sur toi miss. Tranche leur les jambes, les bras, coupe même leur engin dans le sens de la longueur. Mais la mort...devra être en dernier recours. »

Il donnait l’air ennuyé.

« Sincèrement, ça me pèse de devoir te le demander. Mais c’est nécessaire. »

Je soupirais à nouveau, n’ayant jamais apprécié cette règle Atlante du “on ne tue pas nos ennemis, sauf en cas de nécessité”. Ce n’était pas du tout dans mes habitudes, et changer ma façon d’agir n’était pas simple du tout. C’était même incompréhensible. Surtout après avoir vu ces monstres en action, pourquoi les laisser en vie ? Mais Darren avait sûrement ses raisons. Et puis, vivants, il serait plus simple de faire tomber Macon avec des prisonniers comme preuve. J’en avais bien laissé un en vie, pourquoi pas d’autres, même si les tuer me démangeait ?

"Bon … d’accord" dis je en serrant les dents, car cela me coûtait de faire une telle promesse.

"Mais je te signale que si je leur tranche une jambe ou bras, comme tu dis, ils vont se vider de leur sang, et mourir" lui lançai je davantage pour le taquiner que pour critiquer ses paroles.

« Et un accident est si vite arrivé, n’est-ce pas ? » ajouta le soldat sur le même ton taquin. « En même temps, pourquoi ils remuent comme ça ? Pas ta faute s’ils s’empalent sur ta lame quand, de ton côté, tu vises juste le genou. »

"Il ne te reste que ça, comme arme ? Tu as autre chose ?" dis je en souriant. J’étais amusée par les paroles de Darren.

"Je l’ai toujours dit, c’est leur faute à eux s’ils meurent à cause de mes armes. Moi, je suis toujours innocente, n’est ce pas ?" lançai je sur le ton de la plaisanterie, en prenant un air faussement angélique.

Un air qui semblait envoûter Darren et l’aspirer dans ma direction par une force irrésistible.

« Et faire de toi l'incarnation de l’espoir, de la miséricorde et du repentir ? » dit-il en feignant un terrible espoir naïf, comme séduit par cette idée.

"Voilà, c’est ça. Tu as tout à fait raison" lui dis en lui souriant.

Je ne me rendais pas compte que la définition que Darren venait de donner représentait un ange, cet être dont il m’avait qualifié une fois, et auquel il n’avait pas vraiment donné d’explication. Mon sourire toujours aux lèvres, je fis reposer ma tête dans le creux de ma main, et je plongeai mon regard intense dans celui du militaire.

« Mais...j’ai un petit faible pour une diablesse brune. Courroux de la femme, du jugement et de la justice authentique. Je risque de me détourner plutôt vers elle... »

Il approcha ses lèvres et m’embrassa. Il semblait goûter cette nouvelle incarnation qu’il décrivait.

« Hmmm...oui. Version plus dangereuse...et plus sexy. »

Je laissai Darren m’embrasser, répondant doucement à son baiser. Ses paroles me firent encore plus sourire. Je me sentais étrangement apaisée en cet instant, comme si le monde extérieur n’existait plus. Je me sentais bien.

"Une diablesse brune ? Vraiment ? Tu sais que tout le monde a peur de cette diablesse ? Elle terrifie la plupart des mâles".

« Il semblerait. Et c’est bien en ça que c’est une diablesse... »

Darren l’enlaça amoureusement à la taille.

« Parce qu’elle adore être crainte ! Apparemment, y’en a un qui s’est paumé et qui n’était pas du tout au courant qu’il fallait fuir. Quel bien lui en a pris...une sacrée surprise... »

Je me mordis la lèvre, avant de venir me blottir contre Darren. Je levai les yeux comme si je faisais semblant de réfléchir.

"Tu as raison, ce mâle devait être fou pour ne pas savoir une telle chose. Pauvre de lui, je crois qu’il est perdu" dis je avant de terminer ma réplique par un nouveau baiser tendre, contrastant avec mon côté guerrière impitoyable.

« C’est parfois bon de se perdre. » ponctua le soldat.

« Je n’aurais jamais cru que cette diablesse me volerait le coeur. »

A ces paroles, je ne pus m’empêcher de rougir en détournant les yeux. Sans comprendre pourquoi, mon coeur se mit à battre plus fort dans ma poitrine. On aurait presque plus l’entendre de l’extérieur. Darren était un mâle vraiment touchant qui avait l’air de savoir quels mots dire à mon égard, et cela me faisait craquer. Je l’appréciais. Je l’appréciais beaucoup. Peut être plus que de raison, plus que je ne l’aurais imaginé vu ce qu’il était. Mon attachement était de plus en plus fort pour lui, et ces sentiments étaient visiblement réciproques. J’avais encore beaucoup à apprendre, mais j’étais sûrement sur la bonne voie, non ? Je continuai de passer un moment tendre avec Darren, l’embrassant doucement après ses paroles. Hélas, nous n’avions pas davantage de temps à consacrer à notre histoire. Nous avions d’autres obligations.

Nous devions repartir cet après-midi pour une nouvelle expédition visant à retrouver la grotte et détruire intégralement les monstres qui s’y trouvaient encore enfermés. Les volontaires étaient apeurés mais motivés. Ils avaient chargé des produits incendiaires dans un nombre plus important de charrettes.

Darren peinait toujours à se déplacer mais il semblait aller mieux. Son visage se crispait de moins en moins lorsqu’il faisait un mouvement brusque. Parce qu’il ne pouvait que donner des ordres et proposer des manoeuvres, c’était à moi qu’il revenait de protéger toute la troupe pendant qu’ils préparaient l’incendie. Franchir les bois avec des chariots remplis de barils demanda beaucoup de temps et d’huile de coude. Au passage, un petit groupe récupéra le corps du prêtre. Il eut une sépulture convenable au pied de l’arbre où il avait été pendu.

A force de coup de haches, à abattre des arbrisseaux et des souches, l’expédition parvint jusqu’à l’illusion encore active. Darren refusa de me laisser prendre la tête et, malgré son handicap, il sécurisa les lieux avec moi. Je n’étais pas d’accord, et je ne me gênais pas pour lui montrer mon mécontentement sur son choix.

"Reste en arrière, ça peut être dangereux. Je suis plus en état de me battre que toi".

« On a été séparé une fois, c’est déjà trop. » me dit il pour me convaincre.

Je voulus protester, mais Darren était aussi têtu que moi. Je savais parfaitement qu’il ne ferait pas ce que je venais de lui demander. Autant accepter et rester près de lui en cas de danger. Nous ouvrîmes donc la marche à l’intérieur de la grotte, jusqu’à la fosse où se trouvaient encore les créatures.

Lorsque nous rentrâmes au bourg, tard le soir, le chemin était favorablement éclairé par le gigantesque incendie que nous avions créé. Les monstres avaient tous péri dans le brasier et je pouvais me satisfaire que jamais plus un seul d’entre eux ne pourraient atteindre Heimda.

Nous étions de nouveau épuisés. Mais il y avait l’idée que cette fatigue se faisait plus saine et moins violente. Que nous commencions à récupérer notre santé. Darren ne se tordait plus de douleur. Son front semblait être la dernière source d’une souffrance trahissant son visage. Les autres plaies étaient devenues supportables tant que je n’y touchais pas. Darren craignait régulièrement mes contrôles, redoutant que je reprenne entre mes mains l’aiguille et le fil. On aurait pu croire que je l’avais traumatisé avec ça. En même temps, qui appréciait se faire recoudre, quelque soit la taille de l’aiguille ? A part les accros à la douleur, peut être.

Le lendemain, journée complète de repos. Nous n’avions eu qu’un rapide entretien avec l’aide de camp Cotel pour situer l’auberge du Clos-Ruis et le moyen de transport qu’on nous laissait pour le voyage. Demain, nous allions nous enfoncer plus profondément en Héstevic. Cotel promettait de maintenir le prisonnier dans de bonnes conditions et ne pas abaisser la vigilance dans le bourg. Darren voulait profiter des derniers instants de paix que nous aurions tous les deux. Il quitta sa canne et réussit à tenir debout, même s’il me prenait parfois le bras. Il m’attira dans une petite église et s’installa avec moi. Visiblement, les soeurs d’un couvent proche avait appris que les monstres de leur prophétie, le texte religieux qu’ils avaient tant redoutés, n’étaient plus qu’un tas de cendres. Les jeunes filles avaient fait tout le chemin pour venir former la chorale ici et chanter pour nous.

Le militaire se disait que j’apprécierai cette attention provenant d’un groupe intégralement composé de femmes. Elles chantèrent des cantiques très harmonieux, en profitant de la résonance de l’église, pendant un certain temps. J’écoutai leurs chants qui étaient différents de tout ce que j’avais pu entendre jusque là, que ça soit les hymnes que mes Soeurs chantaient pendant des cérémonies rituelles, ou chez les Atlantes et leurs curieuses musiques. Ces chants là avaient quelque chose d’apaisant et d’envoûtant. Sans y prêter vraiment attention, je pris la main de Darren dans la mienne, et la serrai tendrement, sans quitter la chorale des yeux. Je sentis par ma vision périphérique qu’il me regardait. Il pressa ma main avec la même tendresse et ne la quitta pas.

Nous en profitâmes aussi pour dîner, pour discuter, et préparer tranquillement nos affaires. Cette journée de repos complète était devenue un moment unique, comme un semblant de normalité qui s’était frayé un chemin dans le chaos de nos vie.

Ce dernier soir, avant de dormir, Darren s’aventura à me proposer une nouvelle exploration de nos corps. Usant de sa façon bien à lui pour me tenter. Il n’utilisait pas le fait que c’était la dernière nuit pour légitimer sa proposition. Mais je savais que c’était ce qui le motivait. Demain, lui comme moi, nous repartions pour la guerre contre Macon. Nous reprendrions nos postures professionnelles et notre désir de sauver Teyla. Il n’y aurait plus de place pour ces moments que nous avions partagés. Et nous les retrouverions peut-être pas avant longtemps. J’acceptai de passer un moment de douceur et de découverte avec le soldat, et bien que nous ne passâmes pas encore à l’acte ultime, cette soirée fut merveilleuse pour moi, emplie d’agréables sensations jusque là inconnues. Darren m’apprenait peu à peu à lui faire confiance et à me livrer corps et âme à lui, même si l’apprentissage était loin d’être terminé.

Le lendemain, les villageois avaient préparé l’attelage. Cotel nous avait fourni des vivres ainsi qu’une somme d’argent obtenue de la part de tous, en faisant une quête. Alors que nous prenions la route, en agitant les rênes de l’attelage pour quitter le bourg en compagnie des salutations de tous, Darren m’expliqua le geste profond et généreux de ces gens. Qu’il s’agissait tant d’encouragements que de remerciements pour tout ce que nous avions fait. Il était difficile pour moi de comprendre cette notion, mais j’essayai d’écouter les explications du militaire et de les accepter. On se dirigeait droit vers Abelle, peut-être même Heimda. Et forcément...les hommes de Macon. Il me tardait de tomber sur eux pour leur faire payer tout le mal qu’ils avaient fait. Heimda, Virgil, Darren. Ils allaient regretter de s’en être pris à nous.

"Dans combien de temps arriverons nous à l’auberge du Clos Ruis ?"

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Le soldat et l'Amazone - Page 3 Vo67


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Darren Clive

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le Mer 1 Avr - 8:35

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Clive tenait l’attelage.
Il était vraiment impressionné par l’énorme bestiole qui ressemblait à un Saint Bernard géant. La créature avançait, très pataud, sans se trouver gêné de la charrette qu’elle tirait dans son sillage.

« Dans une poignée d’heures. On traversera deux bourgs avant d’atteindre le Clos-Ruis. Si tout se passe bien, on sera à l’auberge un peu avant midi pour retrouver Abelle. »

Le militaire observa brièvement son amie et décela son appréhension.
Il déduisait qu’elle devait sûrement se demander si elle retrouverait Abelle en un seul morceau. Peut-être songeait-elle aussi à ses retrouvailles avec Heimda. La lourde tâche qu’elle transportait comme l’élu portant le flambeau olympien. Mais au lieu de gloire, le délicat devoir d’annoncer la mort de son père. Darren savait qu’elle aurait à le faire seule, par le lien particulier qu’elle partageait avec Heimda. Mais également parce que c’était dans sa nature, sa culture. Elle serait probablement gênée de voir Darren s’en charger à sa place.

Pour cette hypothèse, le jeune homme lui passa une main dans le dos - par compassion, pour l’encourager - et reprit sérieusement son trajet. Les routes étaient plus actives à mesure qu’ils quittaient le bourg des résistants. Le reste d’Héstevic, la majorité qui n’avait pas connu la peur et l’évacuation, rendait un tableau soudainement très paradoxal. La tranquillité relative de la campagne tenait de l’état de siège du bourg.
Mais le reste se montrait beaucoup plus animé.

Régulièrement, le binôme croisait sur sa route des attelages de marchandises tirés par les mêmes animaux. On devinait dans les chariots des ressources premières comme du minerai, du bois brut, des cuves de céréales. Des cagettes entassées contenant divers légumes. Parfois même les résultats de grandes chasses, des cerfs locaux et diverses autres créatures suspendues à des crochets.

Le premier bourg était un amoncellement d’habitations de paysans et d’éleveurs. Le milieu se faisait tout aussi rural que l’endroit où ils venaient. Le second, en revanche, donna une impression bien plus riches et entretenue. De nombreux sites d’artisans, de transformateurs, des selliers, des maréchaux-ferrants, forgerons, tailleurs. Des fromagers, des distillateurs et des vendeurs de légumes.

Darren stoppa son attelage devant un groupe de citoyens discutants visiblement de la montée au pouvoir du conseil et de la disparition d’Heimda. La rumeur s’était propagée partout en trois jours et les incertitudes se partageaient ouvertement dans la rue. Le soldat demanda son chemin pour vérifier qu’il ne se trompait pas de route. Mais en remarquant que son amie observait le marché à ciel ouvert non loin, il hésita un petit moment avant de lui demander :
« On a un peu de marge de temps. Tu veux y jeter un oeil ? »
Clive était curieux de savoir si, malgré la présence d’hommes sur ce marché très animé et très diversifié, cela lui rappelait sa planète. La vie avec ses soeurs. Après tout, elle lui avait parlé de troc et Darren prenait conscience qu’il ne lui avait jamais vraiment posé de question sur sa culture, sa vie en société matriarcale.

Lyanna regardait autour d’elle, à la fois curieuse et intriguée pendant tout le long du voyage. Surtout lorsqu’ils changèrent deux fois de bourgs. Le second paraissait plus riche, comme Darren le pensait, et lorsque le militaire stopa la charrette, la jeune femme vit un marché un peu plus loin. Il y avait pas mal de monde, et les gens ici ne semblaient pas préoccupés par les événements passés à seulement quelques heures à peine de chez eux. Darren lui proposa d’aller y faire un tour si elle le souhaitait. Bien que son envie de retrouver Abelle pour avoir des informations sur Heimda, ou sur un moyen de vaincre leurs ennemis, la guerrière avait une envie d’aller voir ça de plus près. Elle se mordit la lèvre, et regarda Darren.

"Je veux bien, allons y".

Dès qu’elle le put, Lyanna descendit de la charrette, et commença à s’avancer dans le marché. Il y avait du monde. Beaucoup de monde. Et surtout, beaucoup de mâles. La jeune femme se raidit aussitôt, se mettant sur la défensive. Elle posa sa main sur la poignée de son couteau au cas où, histoire de se rassurer si l’un d’eux cherchait à l’attaquer. Lyanna marchait près de Darren, ce qui contrastait beaucoup avec le début de leur mission, lorsqu’elle avait absolument voulu mettre de la distance entre eux. Maintenant, c’était comme si elle recherchait son contact. Comme si la présence du soldat était une sorte de catalyseur pour calmer ses pulsions agressives. Même si, en certaines circonstances, même lui ne parviendrait pas à la calmer.

Tout en jetant des regards noirs aux mâles autour d’elle pour leur intimer l’ordre silencieux de ne pas l’approcher, la jeune femme admirait ce qu’il y avait sur les étalages. Problème, il y avait déjà des clients en bordure d’étal qui jouaient des coudes. Ce n’était qu’une question de temps avant que l’un d’eux ne pousse Lyanna de façon malencontreuse. Le concerné trouva son regard noir puis découvrit cette main enroulée autour de son poignard. Avant qu’il ne commence à paniquer, Darren l’avait salué d’un très poli “bonjour”, faisant une complète diversion. Un grand sourire heureux en prime.
Le soldat prit la main de sa partenaire, la contraignant à cesser de tenir son arme comme ça, et ils continuèrent leur évolution main dans la main. La tension que Lyanna avait ressenti après que ce mâle l’ait bousculée s'atténuaient peu à peu, tandis que Darren l’entraînait plus loin, l’éloignant ainsi de sa victime potentielle. La guerrière se contenta d’un simple regard assassin, avant de continuer son chemin. Le malchanceux n’imaginait même pas quel calvaire il aurait pu avoir. Il fallut un moment à Lyanna pour se calmer, et elle serra la main du militaire dans la sienne, restant près de lui au cas où un autre mâle ne se jette sur elle. Ce rôle de protecteur régala Darren.

Sur les étalages, il y avait beaucoup de choses. De la nourriture, des tissus, des ustensiles, et mêmes des armes. Cela lui rappelait son monde. Sur Atlantis, il n’y avait pas cette ambiance. Lyanna ressentit une sorte de nostalgie et de tristesse en repensant à tout cela.

"Ca m’est arrivée d’aller dans des marchés sur mon monde. Je n’étais pas douée en marchandage, mais j’accompagnais mes Soeurs pour les protéger, comme une escorte. C’était un peu comme ça, mais il y avait moins de choses sur les étalages".
« Tu aimais y aller ? Il n’y avait que des femmes sur le marché, je suppose.. »

Lyanna regarda un groupe de vieilles femmes passer, ces dernières discutant tout en achetant leurs provisions. Puis, elle reporta son attention sur Darren à sa question.

"Oui, j’aimais bien. Ca me changeait un peu de la guerre. Un peu comme un territoire neutre. Bon, il y avait quelques fois des bandits, mais ils ne faisaient jamais long feu devant nous. Nous avions une certaine réputation, et nous étions bien armées".

La jeune femme garda le silence quelques instants, réfléchissant à la dernière interrogation de Darren. Y avait il des mâles sur les marchés ?

"Il y avait beaucoup de femmes, effectivement. Mais on trouvait aussi un certain nombres de mâles. Sauf qu’ils étaient différents des guerriers. On les regardaient de haut, ça suffisait à les faire fuir ou à leur faire simplement peur. La plupart étaient des eunuques, la guerre et la violence n’étaient pas dans leurs habitudes. Ils n’étaient pas esclaves, mais ils étaient faibles. D’autres les envoyaient marchander à leurs places".
« Je vois. » affirma le soldat en attirant l’Amazone vers un stand de vêtements.
En s’y intéressant, une idée germa dans sa tête et il relâcha sa main pour déplier un pantalon.
« On devrait se prendre une tenue de rechange. Pour se fondre dans la masse... »
Il rencontra un silence brutal et se tourna, intrigué. Lyanna semblait soudainement fermée et il se souvint de ce qu’elle lui avait dit. Qu’il était hors de question pour elle de porter une tenue Atlante, un pantalon, etc…
Darren éclata de rire et poursuivit son inspection des quelques tenues que le vendeur étalait devant lui.
« Juste au cas où. Choisis toi une jupe et un haut qui répond à ton envie. »
L’étal s’étirait en longueur. Lyanna se trouvait du côté homme mais, à l’opposé, des adolescentes gloussaient en présentant des tenues féminine devant elles. Lyanna pourrait trouver son bonheur sur cette zone. Mais si elle s’approchait suffisamment des jeunes femmes, elle finirait par découvrir que l’hilarité immature de leurs voix trouvait naissance dans la comparaison de dessous féminin aux proportions grandement réduite. Jusqu’à de simples bouts de ficelles.

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mer 1 Avr - 13:07

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
J
e fronçais les sourcils en entendant la conversation de ces jeunes femmes. Ces dernières ressemblaient d’ailleurs davantage à des adolescentes qu’à des femmes. Elles parlaient de sous vêtements, et à les entendre, c’était un sujet fascinant et hilarants. Alors qu’elles s’éloignaient, je pris leur place devant l’étal, et regardai ce qui avait pu causer cette euphorie. Il y avait plusieurs sous vêtements proposés, et certains étaient … comment dire … destinés à des petites filles ? C’était bien ça ? Vu la quasi absence de tissu, ça devait être le cas, non ? Je voyais mal une fillette s’habiller ainsi. Je regardai quelques articles, ceux ci ressemblant sans que je le sache à un sous vêtement terrien, un parent du string. J’étais intriguée, je retournai le tissu dans tous les sens, sans vraiment comprendre où l’enfiler. Et alors que Darren s’approchait de moi, après avoir trouvé ce qu’il voulait, je me retournai pour agiter le sous vêtement devant lui, avec mon air parfaitement innocent.

"Tu sais ce que c’est, ça ? Je ne comprends pas. C’est trop petit, je ne vois pas où ça se met ?!"

Darren fît un pas en arrière, surpris par le tissu qui venait de passer sous son nez. Lorsqu’il le reconnut, son expression migra entre le malaise et l’agitation. Il intercepta immédiatement ma main pour me faire baisser le sous-vêtement. Je ne comprenais pas ce sentiment de malaise qui émanait de lui.

« On dirait que c’est...un string. » m’annonça-t-il en se raclant la gorge. « C’est un sous-vêtement pour femme. »

"Un sous vêtement ? C’est impossible. Regarde ça, il n’y a quasiment pas de tissu !"

« C’est l’idée. »

Je baissai les yeux pour regarder à nouveau le vêtement.

"Comment peut on porter ça ? Ca ne cache presque rien, j’en suis sûre. Ce n’est pas assez grand. Et ça ..." dis je en montrant la ficelle. "Ca se met à l’arrière ? Mais … ça doit être très désagréable pour marcher !"

« C’est esthétique, décoratif. » me coupa Darren en faisant signe de tempérer ma curiosité.

« Et justement, c’est le but de ne rien cacher...surtout l’arrière. C’est un outil pour charmer. Pour attirer le regard d’un homme. »

Darren sentait qu’il s’engageait sur un terrain compliqué. Surtout en me voyant froncer les sourcils une fois de plus. Forcément ! Qui pouvait bien vouloir attirer l’attention d’un mâle ?

Il reprit à voix basse.

« Au regard d’un homme, c’est envoutant, séduisant. Ca met les formes de la jeune femme en valeur et ça déclenche de l’attirance. Et un appétit disons...physique. Généralement, une femme adore être désirable...et encore plus désirée. Elle aime l’idée de plaire sans forcément être à la recherche d’un partenaire. Donc même si ça peut être inconfortable, elle le porte en sachant pertinemment qu’elle sera regardée et convoitée. »

Il marqua une pause.

« Mais je te parle de ça en tant qu’homme. C’est probablement différent dans l’esprit d’une femme. Je ne pense pas pouvoir te donner une réponse vraiment complète. Teyla sera mieux placée que moi pour te parler du charme. »

Darren se sentait mal, je le voyais. On aurait dit qu’il était comme la dernière fois, à l’auberge.

« En tout cas, ce n’est pas fait pour se battre. »

Je ne comprenais pas vraiment les explications de Darren concernant ce sous vêtements. En réalité, je ne voyais pas du tout l’intérêt de porter une telle chose. Être désirable pour que les mâles nous regarde ? Quelle étrange idée. Et complètement idiote. Pourquoi ne pas se balader entièrement nue, à ce compte là ? Je m’étais déjà retrouvée devant des mâles sans vêtements, sur ma planète, comme beaucoup de mes Soeurs, je n’avais jamais eu cette intention de leur plaire. C’était simplement un comportement considéré comme normal, la pudeur ne faisait pas partie du vocabulaire de mon peuple. Et la nudité n’était pas une arme destinée à plaire ou à séduire. Les femmes vivants dans les peuples plus évolués étaient vraiment bizarres et spéciales. Et comme venait de souligner Darren, ce bout de tissu n’était pas du tout adapté pour se battre. Alors, aucune raison de le porter. Je le reposai aussitôt, en secouant la tête.

"C’est complètement inutile, je ne mettrais jamais ce genre de chose. Je n’ai pas envie que tout le monde voit ce qu’il y a sous ma jupe quand je me bats. Pas la peine d’en prendre".

Je jetai un oeil au reste de l’étalage de la marchande. Il n’y avait pas que des sous vêtements, heureusement. Il y avait aussi des robes, des hauts, des jupes, des gilets, le tout dans divers tissus, étoffes et dentelles. Je cherchai quelque chose de discret, sans fanfreluches. Il n’y avait pas grand chose d’intéressant, mais je finis par choisir une jupe dont la longueur rivalisait avec ma propre jupe. Comme la mienne, elle tombait juste en bas des cuisses, avec des fentes sur les côtés, ce qui faciliterait mes mouvements. Jusqu’ici, je n’étais pas dépaysée. Par contre, le haut était un peu différent. En tissu, et non en cuir. Et l’habit recouvrait plus d’épiderme que mon propre haut. Quoique … certes, le ventre était caché, mais le décolleté était plus prononcé que le mien. Une fois que le mettrait, une partie de mon anatomie se verrait davantage par rapport à avant. A quoi ça servait de dissimuler le ventre, si ce n’était pour dévoiler une partie de la poitrine ? Décidément, je ne comprendrais sans doute jamais les femmes évoluées. Je soupirai de mécontentement, mais comme il n’y avait rien d’autre, je dus me résigner à choisir ces deux vêtements.

"Bon, je vais prendre ça. Je n’ai pas trop le choix, il n’y a rien d’autre qui soit suffisamment discret".

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Le soldat et l'Amazone - Page 3 Vo67


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Darren Clive

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√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 224

le Mer 1 Avr - 20:20

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
Pendant que Lyanna cherchait tant bien que mal une tenue à son goût, le soldat s’était permis de l’observer à distance, appelé par une curiosité sur le sujet de ses habitudes vestimentaires. La jeune femme présentait les tenues sur elle, visiblement contrariée lorsqu’il y avait trop de tissu. Voir trop peu sur des jupes qui, encore une fois, n’étaient pas faites pour sortir dehors. Elle ne prenait pas conscience des différentes catégories de tenue, celles quotidienne et les autres plus intimes.

Il comprenait son dépit puisque sa culture vestimentaire n’était en rien comparable. Il suffisait de l’observer un peu plus attentivement. Ce qu’elle portait sur le dos par exemple était court, très court. Une simple coquille qui se refermait autour de sa poitrine en laissant la totalité de son ventre et de son dos à l’air libre. Les épaules aussi. Mais la nature même de cette armure à la dimension réduite, d’un cuir résistant, visait un usage différent de l’esthétique et du charme.

Lyanna, par l’enseignement qu’elle avait reçu du combat, misait quasiment tout sur la mobilité et le confort du mouvement. C’était assez piégeur d’ailleurs. Parce qu’en étant dépassé par son ennemi, elle ne pouvait qu’encaisser les coups douloureusement. Les marques violacées qui couvraient sa peau par endroit et les entailles en bonne voie de cicatrisation l’attestaient. Et ça ne semblait pas lui poser de problème, bien au contraire. Lyanna conservait sa tenue comme si c’était l’unique qu’elle porterait à jamais. En se déplaçant avec si peu de protection et en ne dissimulant, au final, que sa poitrine. Le raccourci du public se faisait en une grande simplicité.
Elle ne donnait pas l’image combattante. Mais plutôt celle d’une figure sexualisé et taillé pour le fantasme masculin.

Une grande contradiction.
Lyanna détestait qu’un regard d’homme se pose trop longuement sur elle. C’était une provocation pour elle, ou une menace, si ce n’était une insulte. Et pourtant, son habitude était perçue différemment, même sur Atlantis. Pas étonnant qu’elle ai été abordé régulièrement en se trémoussant dans son petit cuir dans les couloirs de la cité. En répondant à l’affront qu’elle supposait subir à coups de beigne, alors qu’elle avait simplement attiré le regard, Darren imaginait sans mal l’étiquette qui devait lui coller à la peau.

La sorcière d’Atlantis, disait Max.

Entendons bien que Clive n’avait pas rebondi sur le sujet du sous-vêtements. Dès qu’elle avait reposé l’objet de son désarroi sur l’étal, il s’était éloigné pour continuer de fouiller dans les différentes tenues. Non sans jeter quelques fois des oeillades dans sa direction. Il était un homme comme tous les autres et, fatalement, en la voyant examiner des pièces de vêtements inadaptés, il s’était imaginé ce qu’aurait donné son Amazone en dessous affriolant. Le genre de pensée fugitive longue d’une bonne dizaine de secondes. Son subconscient ayant déjà dessiné ce qu’il connaissait du corps de la guerrière pour y apposer son petit désir secret. Porte jarretelle rouge ou noir. Le bleu ciel aussi, il aimait bien.

Lyanna avait dû sentir qu’il la regardait. Parce qu’elle se détourna sans raison apparente pour rencontrer son regard. Le soldat se sentit un peu bête, craignant qu’elle avait fait le lien entre leur précédente discussion et son attention.
Par représailles, il décida d’oublier bien vite ce petit fantasme et retourna à ses affaires. De son côté, Lyanna fronça les sourcils, elle ne comprenait pas pourquoi le soldat la regardait. Cependant, elle ne chercha pas à en savoir davantage. Avec un autre mâle, elle se serait déjà précipité vers lui pour lui arracher les yeux. Mais pas avec Darren. Elle retourna également à ses affaires, continuant de chercher ses vêtements de secours.

Il ne portait plus que ses rangers, son pantalon d’uniforme et son t-shirt troué par endroit. Le reste avait fini arraché par les monstres ou à la flotte à sa sortie de la rivière. Darren en profita pour se trouver une veste qu’il trouvait sympa et patienta le choix final de son amie.

Comme il l’avait supposé plus tôt, Virgil n’avait pas été ingrat en les payant.
Pendant que la femme du marchand empaquetait les vêtements, Darren lui présenta dans sa main quelques pièces. L’homme écarquilla les yeux, se servit d’un geste très intimidé, et en fut ravi au point qu’il ajouta un châle en cadeau pour Lyanna. Il porta lui-même le paquet jusqu’à la charrette et se confondit en amabilité, les invitant à le revenir le voir.
Darren et l’Amazone vendait de remporter le titre de client préféré. Et c’est de cette façon que le soldat venait de prendre conscience du montant exceptionnel qu’ils avaient remporté. C’était comme des Louis d’Or en fin de compte, une valeur bien plus importante que les pièces classique en circulation.

Pendant un petit moment, ils s’enfoncèrent dans le marché en observant ici et là les curiosités. Darren en profita parfois pour lui expliquer l’usage d’objets qui lui semblaient inconnus. Il apprécia beaucoup ce moment, comme si leurs problèmes s’étaient envolés et qu’ils étaient simplement en congés sur une autre planète. Leur petits égarements auraient pourtant dû prendre fin la veille, avec cette soirée délicieuse où il l’avait fait réagir par ses caresses.
Comme d’habitude, quand on apprécie la compagnie de quelqu’un, on en a jamais assez. Toutes les opportunités sont bonnes à saisir. Darren se laissa aller et continua la petite exploration. Ils atteignirent bientôt un attroupement. C’était une arène dans laquelle deux bestioles se battaient sauvagement. Le soldat fît la parallèle avec les fameux combat de coq et lui expliqua pourquoi les spectateurs étaient aussi réactif. Le jeu d’argent et le pari…

Lyanna observait le combat entre deux étranges créatures, et au moment où Darren lui expliqua à quoi servait ce genre de divertissement, la jeune femme parut écoeurée. Sur son monde, les animaux ne servaient pas au divertissement humain, ils étaient simplement chassés ou aidaient à certaines tâches comme l’agriculture ou la protection d’un troupeau herbivore. Mais la souffrance pour du plaisir ou de l’argent n’existaient pas, et la guerrière n’aimait pas ce principe.

"Pourquoi faire ça pour de l’argent ou pour un pari ? C’est écoeurant d’obliger un animal à se battre ainsi. Les mâles sont si couards qu’ils refusent de prendre leur place pour ce divertissement !"
« Ils trouvent un plaisir à placer de l’argent sur la réussite de leur champion. » Répondit-il, ne trouvant pas plus d’intérêt qu’elle dans ce combat.
« Allons-nous en. »

Ils reprirent leur découverte du marché. Mais cette distraction salutaire prit fin lorsque sa montre se mit à sonner. Le soldat l’éteignit d’un geste habituel et invita son amie à repartir. Ils n’avaient plus le temps de trainer désormais, il fallait se mettre en route.

Après avoir enfilé la veste, le soldat guida l’attelage en-dehors du marché et se rendit vers le Clos-Ruis. Il regardait plusieurs fois sa montre alors qu’il faisait la discussion. Forcément, le sujet vint sur ce qui les intéressait le plus. Quand ce n’était pas Heimda et Abelle, c’était leur histoire naissante. Clive lui raconta comment la rencontre s’opérait généralement entre deux partenaires sur Atlantis.
Cette fois, il fît attention de ne pas lui attester qu’ils étaient en couple, histoire de ne pas voir Lyanna sauter de la charrette et s’enfuir en courant. Mais en échangeant quelques détails et en répondant à ses questions, elle comprit qu’ils avaient été plus rapide que les autres. C’est vrai qu’un tel rapprochement en seulement trois jours n’était pas naturel. Sauf en ce qui concernait ceux que la mort rapprochait. Les liens qui se tissaient par la force du danger et du risque.
Trois jours dans cette mission de merde, ça donnait l’impression d’en avoir fait dix fois plus.
Mais lorsque l’Amazone se demanda ce qu’il se passait après, Darren se mit à ramer pour lui expliquer à quoi servait une vie de couple et ce qu’ils y faisaient. La notion de loisir étant tout à fait inconnu pour son amie, c’était mission impossible de lui faire comprendre qu’ils se partageaient ensuite à deux. Darren trouva d’autres exemples plus éloignés de la réalité.
« Par exemple. Toi et moi, on pourra sortir un peu quand on rentrera. Je te montrerai ce que c’est d’être invitée pour manger au restaurant, d’aller au cinéma. Tu verras, c’est sympa. »

"Restaurant ? Cinéma ?" répéta Lyanna, le regard perdu dans le vague en réfléchissant. Elle avait déjà entendu ces mots sur Atlantis, mais pas dans le même contexte que pour deux personnes qui se fréquentent intimement. "Je croyais que des personnes qui s’apprécient en amitié allaient aux mêmes endroits. Ces lieux sont ils donc réservés uniquement à ceux qui sont ensemble intimement ?"
« Oh, heu. Ca fonctionne aussi quand tu y vas avec des amis. Ce n’est pas réservé qu’à l’intimité. Mais il y a une différence entre les deux. »
Il remarqua que son amie peinait à comprendre. La faute à ses capacités limitées à lui expliquer clairement les choses. Darren avait beau y faire, il ne pouvait pas reproduire à la parole ce qu’apportait un bon petit dîner aux chandelles.
« Je te montrerai, tu comprendras mieux en le vivant. »
Le militaire se creusa la mémoire pour essayer de trouver l’exemple d’une activité vraiment intime.
« Quelque chose d’intime qui ne se partage qu’à deux. C’est ce qu’on a fait hier soir par exemple. Ca reste entre nous. Ou ça se confie à quelqu’un en qui tu as vraiment confiance. »

"Oh … je vois ..." affirma Lyanna, tout en continuant de réfléchir aux paroles du soldat. Elle essayait d’imaginer ses propos pour se faire une meilleure idée, et ce qu’elle comprit, c’était que leur moment passé la veille était classé dans la partie intime, et non d’amitié. Donc, dans une sortie au restaurant ou au cinéma pour deux personnes proches de cette manière, il y avait cette même intimité ? Les mêmes gestes ? Cela ne dérangeait il pas les autres personnes ? Lyanna était encore un peu perdue, mais elle apprendrait sans doute vite. Darren était un bon professeur, et son attachement l’aidait à satisfaire sa curiosité.

Ca y est, ils étaient arrivés. Darren remarqua le grand chalet en bois dont l’enseigne ressemblait à ce qu’on lui avait dit. Une rivière qui s’écoulait depuis une choppe divine. La longue rue traversait le bourg en le coupant en deux. Si les précédents étaient essentiellement constitués de chemin de terre, tout avait été pavé ici. Les bâtiments se montraient plus complexe, en plusieurs étages, des individus aux allures un peu guindées observant depuis les fenêtres. Sur le porche d’une grande porte gardée ouverte, un petit groupe d’hommes à l’aspect peu accueillant les observa s’approcher. Darren y arrêta son attelage et descendit. Il tendit la main pour aider Lyanna à descendre, bien qu’elle en avait nul besoin, puis grimpa les quelques marches menant au porche.

L’un des types était venu à sa rencontre. Il posa sa botte sur le garde-fou, juste à côté d’eux, dans une tentative misérable d’intimidation. Il avait glissé les pouces sous sa ceinture et bombait le torse. Il les observa et, tout en reluquant Lyanna, lui demanda :
« Vous venez d’où comme ça ? »
Ni bonjour, ni merde. Même à l’autre bout de la galaxie, c’était la même rengaine des indiscrets. Tout en gardant l’Amazone près de lui, lui cernant la taille pour faire comprendre qu’elle était sienne, Darren répondit d’une voix moqueuse.
« Du chariot. Vous voyez ? Celui qui est juste derrière moi. »
L’inconnu renifla bruyamment, n’appréciant visiblement pas la réponse.
« L’auberge est fermée, étranger ! »
« Pas pour nous. »

Depuis son arrivée, quelque chose n’allait pas. Lyanna avait comme un mauvais pressentiment, ses sens étaient en alerte. Elle marcha à côté du militaire, non sans garder sa main à proximité de son couteau au cas où. Elle jeta un oeil noir au mâle qui venait de les accueillir, puis elle se tourna et suivit le soldat. Dès qu’il entra à l’intérieur, Darren découvrit un champ de bataille qui le laissa pantois. Le bar était renversé, appuyé contre les étagères qui ne supportaient plus aucune bouteille d’alcool. Il y avait du verre pilé partout, des tables brisées en deux et des chaises éclatées. Une véritable tornade avait entièrement dévasté l’endroit et ça semblait récent. Une homme d’une cinquantaine d’années, le tablier signalant son rôle de tenancier, passait le balais dans l’espoir d’effacer le massacre. En créant un amas de verre qu’elle comptait évacuer, il jetait des oeillades angoissées vers deux autres brutes qui se tenaient sur les chaises encore saines.
Ces deux types encadraient une porte qu’on avait tenté d’enfoncer par tous les moyens sans y parvenir. Le chambranle était lourdement endommagé par de multiples tentatives au pied de biche. Quand à la porte en elle-même, des coups d’épaules et d’un bélier de fortune l’avait marqué sans parvenir à la faire céder. Vu la situation, reconstruire le bâtiment demanderait moins de temps et d’efforts au barman. Même les murs portaient des traces de coups de poing et des coulures d’alcool.

L’air de rien, Darren fît un signe à son amie et vint redresser une table à l’endroit. Il se trouva un siège qu’il glissa devant, se montrant galant envers Lyanna pour l’y installer. Parce qu’elle était tout aussi conscience que lui des embrouilles qui se profilaient - et qu’il était plus que certain que ça concernait Abelle - le jeune homme lui fît un petit clin d’oeil complice. La situation n’avait rien de drôle, et le comportement de Darren intriguait Lyanna. Pourquoi agissait il ainsi, comme s’il ne se passait rien de douteux ? A son clin d’oeil, la jeune femme comprit, et elle en profita pour regarder autour d’elle, tandis que les deux mâles qui les avaient presque empêché d’entrer vinrent se placer de part et d’autre de Darren. Une bagarre avait eu lieu dans cet endroit, et ces types en étaient les responsables. Une bouffée d’inquiétude gagna la guerrière, elle craignait pour Abelle. Mais rien ne traversa son visage impassible. La colère se mit alors à gronder intérieurement.

« Garçon ? Vous nous proposez quoi ? »

Les deux lourdauds à l’entrée lui encadraient maintenant les épaules. Ils se regardaient comme des cons, ne sachant que faire puisque Darren se montrait sourd à leurs menaces. Le tavernier n’osa pas aller vers eux, conscient qu’il risquait de se faire démolir à son tour. Ceux qui vigilaient devant la porte se déplacèrent donc pour renforcer l’équipe des casseurs.
« Il n’a plus rien à vous servir. Si j’étais vous, j’irai à l’auberge du Bon Sens et je m’en irai rapidement...avant qu’il ne m’arrive quelques bricoles. »
« C’est vous le chef de cette merveilleuse et élégante troupe ? »
« Tu joues avec le feu l’étranger. »

Darren lui sourit.
Si seulement il avait conscience que le danger ne venait pas de lui mais de l’Amazone qui se trouvait juste à côté.
« Nous attendons quelqu’un. Et elle n’est pas du genre à être en retard. »
« Et bien elle a dû aller ailleurs. Vous devriez faire de même. »
Le soldat ricana. Il gueula d’un coup :
« ABELLE ? »
« DARREN ? AU SECOURS !!! »

C’est tout ce qu’il voulait savoir.
La voix d’Abelle était venue de derrière cette fameuse porte, comme il le supposait, et ces types cherchaient manifestement à l’enlever. Les renforts étaient venus au bon moment. La tête de cette bande de cons ouvrit la bouche, probablement pour ordonner le combat mais Darren fût plus rapide. Il ne s’était pas assis pour rien à cette table. Il s’était armé de son neuf millimètres qui le visait depuis un certain temps.
A peine Abelle avait-elle demandé son aide qu’il avait fait feu. Le claquement très sourd de son arme résonna deux fois et jeta l’homme en arrière, le bide perforé. C’était le signal pour que Lyanna passe à l’action.

« Bon appétit, ma belle !!!! » fit-il joyeusement à l’adresse de Lyanna.
Il sauta sur une seconde cible, le poignard en main. ll devait économiser ses munitions.
La reprise de la mission se faisait sur les chapeaux de roues.

Il n’en fallut pas plus pour que Lyanna comprenne. Entre l’appel au secours d’Abelle, et le top départ de Darren, la guerrière réagit au quart de tour pendant que le soldat s’occupait de ses propres adversaires. Ayant deux mâles à sa portée, la jeune femme sortit son couteau, et tout en se levant avec vélocité, elle planta la lame dans le ventre de celui qui se trouvait le plus proche d’elle. Puis, elle bondit sur le deuxième, le frappant au visage afin de l’obliger à reculer. Elle pouvait ainsi avoir plus d’espace pour se battre. Les poings levés, elle fusilla son adversaire du regard, son couteau menaçant dans sa main pour intimider le mâle de l’approcher, au risque de se faire découper par la lame tranchante.

Il ne s’agissait que de petites frappes qui profitaient du nombre.
La moitié de l’équipe déjà à terre, dont le pseudo chef, ils étaient soudainement moins provoquant et moins sûr d’eux. Clive échangea plusieurs coups contre son ennemi en montant directement à l’assaut. En bloqua quelques uns, avant d’ouvrir une brèche dans la garde de l’ennemi et de lui planter l’épaule de son poignard. Il hurla d’une douleur mêlée d’effroi et plaça sa main par-dessus la fente creusée dans ses chairs. L’ennemi était déjà recroquevillé, ahuri, n’ayant plus l’intention de se battre. Darren soupira et lui fît un simple signe du menton.
Le type s’en alla aussitôt en abandonnant son camarade.

Le dégarni, qui avait pour toute arme un tesson de bouteille qu’il venait de ramasser au sol, s’agitait en voulant interdire l’approche de Lyanna. Tout dans la gueule et l’intimidation. L’homme s’agitait en râlant, en grondant, cisaillant de son morceau de verre ridicule dans l’air.
« Recule ! Recule ou je balafre ta petite gueule ! »
Le militaire vint aux côtés de son amie.
« Tu crois être le premier à lui dire ça ? Ou le centième ? »
Le type pâlit brusquement.
« Vous n’avez pas le droit de me tuer ! »

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Jeu 2 Avr - 1:54

Lyanna
Le Soldat ∞ L'Amazone
L
e mâle ne me faisait pas peur, et même si je ne ressentais jamais de peur face à un adversaire quelqu’il soit, je remarquai bien que ce mâle là était un ennemi de bas niveau que je pouvais écraser d’une simple pichenette. Celui ci s’était armé d’un tesson de bouteille cassée, et il me menaçait d’approcher, tandis que de mon côté, je jouai avec mon couteau tout en lui tournant autour, le fixant d’un regard assassin. Je sentis sa terreur, c’était grisant, et cela me fit sourire. J’adorai ça. Le mâle me menaça encore, au moment où Darren se plaça à mes côtés. Nous n’avons pas le droit de le tuer ? Tiens donc. Alors lui, il en avait le droit, mais pas nous ? C’était injuste non ?

"Ne pas te tuer, mâle ? Et pourquoi devrais je épargner ta pitoyable vie ?"

Contre toute attente, je rangeai mon couteau, comme si j’abdiquai. Puis, je dégainai mes épées, les serrant fermement dans mes mains. Meilleure allonge. Doublement mortelle. Une bien plus grande menace pour le mâle que son petit tesson de bouteille. Celui ci avait suivi mon geste avec horreur. Il secouait son visage d’un côté à l’autre pour formuler un frénétique “non” que l’élan devait rendre convaincant. Mais il avait beau tenter de trouver une raison valable, il ne trouvait rien à m’opposer.

« Là, ce serait le moment de lui déballer tout ce que tu sais. La clémence de mon amie est rare et la patience n’est pas son fort. »

Voir le mâle terrifié me comblait de joie. C’était bien le premier de cette planète qui était faible face à une femme. C’était presque décevant de devoir le tuer sans un vrai combat, mais bon. J’aimais me battre, c’était vrai. Mais j’aimais encore plus tuer les mâles. Avec lui, je serais comblée. Darren ne m’empêcha pas de me jeter sur lui, comme il l’aurait fait à son habitude. Son comportement m’intrigua d’ailleurs. C’était bien la première fois qu’il ne me suppliait pas d’épargner une vie. Au contraire, il obligea le mâle à nous dévoiler ce qu’il savait pour éviter la mort. Après quelques secondes, je finis par comprendre. Darren voulait simplement que je continue de le terrifier pour qu’il nous dise tout ce que nous voulions savoir. Et voir une femme armée d’épées prête à le frapper était une très bonne motivation.

Je gardai le silence, attendant de voir si le mâle attraperait la perche que Darren lui tendait pour sauver sa vie. Puis, comme le silence était bien trop long à mon goût, je fis un pas en avant, tout en levant l’une de mes armes.

« Nan nan nan nan nan, ça va ! Je parle ! » s’écria-t-il aussitôt.

Il jeta son arme de fortune aux pieds de Lyanna et leva les mains.

« La tête de la fille est mise à prix. Cinq cents couronnes ! On... »

Il fît une grimace qui se voulait tentante.

« On peut faire moitié moitié... »

Lorsque le mâle se mit à parler, une lueur de déception passa dans mon regard. J’aurais tellement préféré qu’il garde le silence. Mais non, il se mettait à dire la raison pour laquelle il se trouvait ici. Je soupirai discrètement, baissant mes armes par dépit. Mais lorsque l’ennemi chercha un compromis en voulant nous acheter, la colère reprit le dessus. Je le fusillai du regard, et je m’avançai un peu plus vite, brandissant mes lames comme pour le frapper.

Il se ramassa à genoux sur le sol, horrifié.

« Non !!!! »

« Lyanna, attends ! » s’écria Darren.

Il s’approcha alors que je retenais mon coup pour se planter devant lui.

« Écoute moi bien, abruti. La seule chose qui te protège de cette lame, c’est la vérité. Alors tu vas oublier la récompense et nous dire qui a placé ce contrat. »

« Je...je ne sais pas... »

« Tu veux jouer à ce jeu ? »

« Non, pitié !!!! »

« A qui tu dois amener la fille ? »

« Au boss ! Heu...le Pendu...on le surnomme comme ça parce que...il a la marque à la gorge. Si on lui amène...il nous donne la récompense ! »

« Pourquoi ? »

« Je ne sais pas ! Moi...j’suis venu pour l’argent ! L’argent ! J’allais même pas violer la fille, j’le jure ! Juste pour l’argent. »

Darren ferma les yeux, dépité. Il savait que cette dernière phrase allait me mettre hors de moi. Pour m’en empêcher, il posa une main sur mon épaule et me demanda par son regard de le laisser partir. Je dévisageai le soldat à sa demande silencieuse, comme s’il m’implorait de ne pas tuer le mâle. Je soupirai en regardant tour à tour Darren et ma victime. Pourquoi ne pas le tuer sur le champs, après ce qu’il venait de dire ? J’étais furieuse, j’avais envie de sang, mais le militaire voulait me refuser ce privilège sans que je ne comprenne pourquoi.

"Tu veux le laisser partir ? Et s’il prévient l’autre mâle de notre présence ici ? S’ils reviennent en grand nombre et armés ? Comment tu veux protéger Abelle et Heimda si on doit se battre contre eux ?"

Je ne pouvais pas utiliser ce prétexte qui ne faisait que dissimuler mon envie de meurtre. Deux autres mâles avaient fui, ils pouvaient très bien prévenir les secours sans que celui qui se dressait devant moi ne reste en vie. Darren allait sûrement comprendre que je cherchai une fausse excuse pour me faire plaisir, et lui faire ravaler ses paroles.

« Pitié !! Pitié !!! »

« Ta gueule ! »

Darren lui lança un regard haineux, le contraignant au silence. Il savait parfaitement que j’avais envie de le tuer et que ce type n’avait strictement rien pour se racheter. Il me regarda de nouveau avec son air de chien battu et déclara avec une voix plus douce :

« Il va souiller tes lames. Ca n’en vaut même pas la peine. »

Et il me demanda une nouvelle fois de son regard de lâcher l’affaire.

"Mes lames en ont vu d’autres. Elles sont autant avides de sang que moi !"

N’importe qui aurait pu trembler devant mon attitude glaciale et la froideur de mes propos. Je plongeai mon regard dans celui du soldat, je vis que celui ci n’était prêt de laisser tomber cette idée de laisser le mâle en vie. Je serrai mes lames, bouillant intérieurement. Puis je finis par abdiquer en les baissant. Je reculai d’un pas, fusillant ma victime épargnée d’un oeil mauvais. Darren était satisfait de son pouvoir de persuasion. Il hocha la tête, visiblement reconnaissant, puis fila un coup de botte au type qui se releva aussitôt.

« Si jamais on te revoit, je lui demande de se rattraper le plus salement possible. Dégage ! »

« Oui, merci ! Merci !!! » s’écria-t-il en fuyant.

Le soldat regardait l’individu disparaître. Ça lui en coûtait intérieurement d’avoir à protéger des hommes aussi vils. D’ailleurs, il craignait que je finisse par le détester et l’accuser de protéger les mâles, juste parce qu’il en était un aussi. Mais il avait une notion éthique d’Atlantis que je n’avais pas encore intégré et qui risquerait de ne jamais pouvoir l’être véritablement. Darren se retourna et fixa le tavernier.

« Je pense que vous pouvez nous servir quelque chose maintenant... » dit-il en approchant de la porte.

Le barman acquiesça. Il débarassa rapidement le premier corps qu’il tira par les pieds, laissant une longue traînée de sang sur le sol.

« Abelle ? Tu peux sortir ? »

« Oui. Les Dieux m’ont entendu, j’ai bien cru que ces brutes allaient m’enlever avant votre arrivée. »

« Bien mal leur en aurait pris. »

Darren s’écarta lorsque la porte s’ouvrit, Abelle apparut dans une tenue bien moins stricte et impeccable que lors de son service. Ses cheveux étaient emmêlés, plusieurs bleus parsemaient son visage et elle arborait un cocard violacé à l’oeil droit.

« J’ai bien cru imaginer votre voix. Lyanna m’avait dit que vous étiez.... »

Son sourire s’évanouit lorsqu’elle aperçut la tête de Darren.

« Ciel ! Votre visage ? Qui a donc pu vous faire ça ? »

Le militaire déduisait que j’avais annoncé cette triste nouvelle à ma servante. Elle observait les points de sutures grossiers mais solides qui sertissaient la vilaine plaie qu’il avait au front. Maintenant qu’elle s’était bien coagulé, il ne portait plus son bandage.

« Oh ça ? » fit-il d’un ton plein d’humour. « J’ai essayé d’embrasser Lyanna sans lui demander la permission ! »

A ces mots, je jetai un oeil interdit à Darren, sans comprendre. L’humour m’était étranger, et là où les Atlantes auraient ri de cette plaisanterie, ce ne fut pas mon cas. Pourquoi dire que c’était moi qui l’avait blessé au moment de nos baisers ? Ce fut donc avec une innocence naturelle et une totale incompréhension que je pris la parole devant Abelle, sans quitter le soldat des yeux.

"Pourquoi dire ça ? Je ne t’ai pas frappé quand tu m’as embrassée. Tu aurais préféré que je le fasse ?"

« Je préfère tes câlins. C’est une blague, Lyanna. »

"Une blague ? Qu’est ce que c’est ?"

« Une autre chose que je t’apprendrai... »

Abelle ne devait pas comprendre nos échanges verbaux, surtout que pour elle, je n’avais pas du tout ce genre de sentiments pour le soldat. J’avais bien changé depuis le jour de ma première rencontre avec la jeune femme.

Ce faisant, Darren s’était tourné d’un quart pour dégager la vue sur moi. Abelle était dans un sale état, elle avait été agressée et elle s’était défendue comme une lionne. Mais malgré son apparence et la douleur qu’elle devait forcément retenir, l’émotion se peint sur son visage lorsqu’elle me vit. Un lien particulier, comme avec Heimda, nous liait. Différent mais tout aussi solide. Son regard brillait, prouvait à quel point elle était heureuse de me voir en chair et en os.

« Lyanna. » fit-elle en retenant une larme. « Si vous saviez quel plaisir cela me fait de vous voir. Ma lettre vous est parvenue alors... »

Je ne pus ressentir une profonde tristesse et de la peur en voyant Abelle. Celle ci avait été attaquée, et je n’étais pas là pour la protéger. L’inquiétude se lisait sur mon visage, alors que je prenais doucement le bras de la jeune femme pour la conduire vers une chaise autour de la table que Darren avait redressé.

"Oh non, Abelle ! Ce sont ces mâles qui t’ont fait ça ? Assieds toi !"

La colère me submergea à nouveau, j’aurais dû éliminer ces mâles au lieu d’écouter Darren. Je m’en voulais de m’être laissée persuader. Et puis, si nous n’avions pas trainé dans ce marché, Abelle n’aurait probablement pas été attaqué. Je soupirai, et regardai la jeune femme.

"Oui, j’ai reçu ta lettre. Darren me l’a lu. Je vois que nous sommes arrivés à temps. Tu as besoin de soins".

« En réalité, ces mercenaires ont été les plus facile à éviter. J’ai bien peur d’avoir attiré l’attention durant mon enquête, votre progression sera plus dure. Je n’ai pas besoin de soin, merci... »

« Je crois que si, au contraire. » fit Darren en l’examinant.

Il tourna son regard vers moi.

« Ses blessures datent d’une bonne journée. »

L’aubergiste avait viré le deuxième corps.

Il redressa son comptoir difficilement et récupéra un linge pour me le proposer, voyant que j’étais très inquiète.

« Il y a un médecin dans le coin ? »

« L’apothicaire. Juste en face... »

Darren m’interrogea du regard.

« On l’y emmène ? »

« Je...je vous assure que je n’ai pas besoin de soin... » balbutia-t-elle, touchée par cet intérêt.

Je pris le linge que l’aubergiste me tendit, sans même le remercier ou lui apporter davantage d’attention. Après tout, c’était un mâle, pourquoi m’attarderais je sur lui ? Je posai délicatement le linge sur le nez de la jeune femme, là où un peu de sang coulait encore. L’idée de Darren était bonne, et même si Abelle ne voulait pas de soins, je l’obligerais à y aller, même si je devais la trainer de force.

"Si, tu en as besoin. Tu as de nombreux hématomes et tu saignes. Je t’emmène voir l’apothicaire tout de suite".

La bâtisse était bien plus sobre que le reste des bâtiments. On aurait pu croire que le médecin avait décidé de gêner le cachet du secteur en installant sa minuscule structure entre les grands immeubles en bois massif, juste pour créer un paradoxe et donner l’air petit. C’est une très vieille dame qui nous accueilli avec le sourire. Elle débarrassa Darren et Abelle de leurs vestes puis montra le chemin en faisant des courbettes. Sa bouche remuait mais aucun son n’en sortait : elle était muette. Elle compensait donc avec des gestes très théâtrale. Puisqu’il était évident que c’est Abelle qui avait besoin de soin, elle lui prit la main et l’attira jusqu’à une table d’auscultation primaire. Plusieurs couches de peaux de bêtes et couvertures rendaient l’assise confortable.

Darren s’appuya contre un meuble, demeurant à mes côtés. On donnait l’air d’un père et d’une mère en retrait, inquiet et craintif quant à la santé de son bambin. Abelle se mordait la lèvre, très intimidé, alors qu’elle se laissait manipuler par la vieille dame. Elle n’osait plus me regarder tandis que cette dernière défaisait sa chemise faisait découvrir une nouvelle série d’hématomes.

L’apothicaire poussa un sifflement plaintif et caressa les cheveux d’Abelle pour la cajoler. Elle venait de repérer des empreintes violacées sur chacun de ses bras, dessinant précisément la prise douloureuse qu’aurait eu un homme pour la dominer. La vérité se révéla soudainement dans cette petite pièce et Abelle se mit à trembler. D’abords doucement...puis elle sanglota brusquement.

« J’ai été faible...pardon Lyanna... »

C’était pour ça qu’elle refusait à ce point d’être soignée. Abelle avait quelque chose d’autre à cacher, encore plus terrible. Son enquête ne l’avait pas amenée qu’à être agressée physiquement. Elle avait été envahie jusqu’à son intimité. Darren se tendit brusquement à coté de moi. Il me quitta pour aller en direction de la fenêtre, les mains posées sur les hanches. Puis il baissa la tête, dégoûté, touché de culpabilité.

Dire que je n’étais pas choquée de voir une telle chose serait un mensonge. Abelle avait été touchée par ces monstres, et c’était moi qui l’avait envoyé enquêter. C’était donc ma faute si la jeune femme avait été violée. Je la dévisageai avec peine, envahie par la souffrance que je ressentais pour elle, mais aussi par la colère qu’une telle chose se soit produite. Les mâles de ce monde étaient exactement comme ceux de chez moi. Je serrai les poings, incapable de parler tant j’étais furieuse contre tout le monde. Abelle pensait que je n’avais plus confiance en elle, ou qu’elle se dévalorisait ainsi à mes yeux. Bien sûr que non, mais j’étais incapable de le lui dire. Aucun son ne sortit de ma bouche tant la haine me consumait. Je secouai la tête, ayant besoin d’air, et je regardai durement l’apothicaire.

"Soigne là !"

Sans un autre mot, je tournai les talons et quittai la bâtisse pour me retrouver dehors. Il n’y avait personne dans la ruelle, et tant mieux, car je m’en serais sans doute pris à quiconque m’aurait approché. Je fis les cent pas, furieuse. J’avais envie de tuer, de tous les tuer pour ce qu’ils avaient osé faire. Je serrai les dents, et au bout d’un moment, je finis par m’arrêter. De rage, je donner un violent coup de poing à un pilier en bois, comme si ce geste pouvait extériorisé cette haine que je ressentais. En vain bien sûr. La douleur traversa mes phalanges, j’avais mal mais aucun os n’était cassé. Sur le coup, je m’en fichais de me blesser. J’étais en colère, c’était tout ce qui comptait, aveuglée par la haine et la vengeance.

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Darren Clive

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le Jeu 2 Avr - 13:41

Darren Clive
Le Soldat ∞ L'Amazone
L’Apothicaire avait à peine pris en compte l’ordre de Lyanna.
Elle avait chaleureusement accompagné le mouvement de la servante pour qu’elle se couche sur les couvertures, ses mains décharnées migrant vers son pantalon. Elle allait devoir regarder de plus près les blessures qu’elle avait subi à cet endroit là, c’était la plaie la plus urgente à traiter, notamment à cause d’infections. Abelle serrait ses bras contre sa poitrine dans une posture défensive, le barrage qu’elle avait érigé volait en éclat.
Le départ de Lyanna lui avait donné l’impression d’avoir été rejeté, qu’elle était effectivement faible et n’aurait aucune compassion à son égard. Alors elle pleurait, à chaudes larmes, ses efforts définitivement tournés pour rendre le sanglot le moins bruyant possible. Mais elle ne pouvait plus rien arrêter et sa peine prenait de l’ampleur.
Tout ce qu’elle avait voulu dissimuler sortait au grand jour.

« Pardon...je vous demande pardon ! » répétait-elle, les yeux clos, en tentant d’ignorer l’examen que l’apothicaire allait débuter.

Darren était tout aussi impacté que l’avait été Lyanna.
Il ne connaissait pas la servante autant qu’elle, n’avait pas reçu les mêmes attentions. Mais la jeune femme était un modèle de bienveillance et de bonté. Son corps le diffusait comme un aura charmeur, il n’y avait strictement rien de mauvais en elle. Que la volonté de servir et de faire plaisir. Le type qui s’en était pris à elle en avait profité, comme d’une faiblesse qu’il avait exploité grassement. Il savait qu’Abelle n’était pas une combattante et qu’une bonne baffe l’aurait fait reculer jusque dans son piège.
Les sanglots de la jeune femme lui perçaient les oreilles. Avant que l’Apothicaire ne s’attaque à sa culotte, la teinte pourpre annonçant déjà le drame, Darren s’approcha et lui posa une main sur l’épaule.
« Laisse-toi soigner Abelle. Ne t’en fais pas, je reviens avec Lyanna... »

En ce moment précis, sur la route qui l’aménerait à franchir la porte et se confronter à son amie, il était très dur de camper sur ses convictions éthique. De ce qu’Atlantis imposait comme comportement à son personnel d’exploration et en la justice par procès. Il sentait que son coeur battait fort. Bien qu’il aimait Lyanna, il n’avait pas envie de l’approcher. Darren le faisait parce qu’il sentait qu’il le devait, qu’il fallait soutenir son amie.
Mais il était homme. Et en tant qu’homme, il allait répondre de ce que ses pairs avaient faits. Sur ce moment de haine et de colère chez la guerrière, Darren savait qu’elle ferait l’amalgame. A lui de faire en sorte que ça ne dure un temps.
Son arme de dissuasion, pour l’empêcher de mettre la ville à feu et à sang, serait de la prendre dans ses bras malgré le risque. Parce que lui aussi en avait besoin. Lui aussi était abattu de découvrir ce qu’ils avaient fait de cette pauvre jeune femme. Il n’y avait pas de justice, pas de pitié...pas d’équilibre. Clive avait signé pour empêcher les civils de Pégase de mourir sous la mains des Wraiths ou des tyrans. Pas pour regarder ce drame se produire en restant les bras ballants.

Dès qu’il sortit dehors, il vit son amie massacrer le pilier d’un coup de poing suffisamment fort pour assommer un boeuf. Darren songea à sa tronche. Ou au type qu’il avait sauvé en empêchant Lyanna de le tuer. On le lui aurait placé en face, cette droite qu’elle venait de balancer lui aurait arraché la tête. Ca n’aidait pas le militaire à se motiver pour l’approcher. Dans cet état, Lyanna était dangereuse...mais c’était aussi sa compagne.
« Lyanna... » souffla-t-il, hésitant, en remarquant son visage rouge.
Son regard s’était allumé. La même lueur bestiale qu’il avait remarqué la dernière fois.
La tueuse...la meurtrière. C’était à elle qu’il s’adressait.
Et que pourrait-il lui dire ? Qu’il était désolé ? Qu’Abelle ne méritait pas ça ? Il n’y avait rien qui pourrait véritablement désarmer la haine qui brûlait son amie jusqu’à son âme.
« On le trouvera. » promit-il finalement. « On le tuera ! »

La haine effaçait la douleur qu’elle ressentait dans sa main, Lyanna s’en fichait. Elle était trop furieuse pour y penser. Une voix la fit se retourner, celle de Darren qui osait venir la voir. C’est un regard noir de colère, assassin, qui se posa sur le soldat. Non pas que la jeune femme lui en voulait à lui personnellement. C’était juste qu’elle en voulait à tout le monde d’une manière générale. Darren lui annonça qu’ils trouveraient ce monstre, et qu’ils le tueraient. Lui qui à chaque fois l’empêchait de prendre une vie. Lyanna secoua la tête, et recommença à faire les cent pas.

"Je voulais le tuer ! Les tuer tous ! Mais tu n’as jamais voulu ! Tu aurais dû me laisser faire, on n’en serait peut être pas là !" lança-t-elle sur un ton de reproche.

Lyanna n’était plus qu’une boule de fureur, un incendie dévastateur que rien ne semblait pouvoir éteindre. Elle serra plusieurs fois sa main endolorie et rougie par le choc de son coup violent. Elle n’osa plus regarder Darren.

"Ce sont des monstres ! Tous autant qu’ils sont ! Ils ont osé lui faire ça ! Tous les mâles sont pareils, ce sont les mêmes où que j’aille. Ils méritent tous la mort ! Je les trouverais tous, je les ferais souffrir, je les regarderais agoniser lentement, et je les penderais avec leurs entrailles ! Tous les mâles qui croiseront mon passage !"

Les paroles de Lyanna avaient été dures et colériques. Des larmes de rage envahirent ses yeux, mais la jeune femme se retint de pleurer. Elle les haïssait tous, elle ne voulait qu’une seule chose : leur sang dans la souffrance.

Darren n’en menait pas large. Mais son amie était déstabilisée et il était très réceptif à sa colère. Son reproche lui avait percé le coeur. En plein dans le mille ! Le soldat se plaça volontairement sur sa route pour lui barrer le passage. En restant silencieux, il s’approcha doucement, la mine basse. Ils avaient besoin l’un de l’autre, plus que jamais. Parce que Darren s’en voulait aussi beaucoup. Malgré la crainte d’être rejeté, il ouvrit ses bras pour tenter de l’étreindre.

Lyanna dut s’arrêter de marcher quand Darren se plaça sur son passage, cherchant à calmer les choses. Cependant, rien ne semblait parvenir à calmer la jeune femme, elle était trop furieuse pour ça. Cet acte barbare avait réveillé de douloureux souvenirs chez elle. Son passé. Son monde. Les atrocités qu’elle avait vu depuis son plus jeune âge. Tant de choses qui l’avaient conduite à haïr les hommes. Et voilà qu’un de ces mâles tentait de la calmer. Au lieu de venir se blottir dans ses bras, Lyanna fusilla Darren d’un oeil mauvais et menaçant.

"Ote toi de mon chemin, Darren !"
« Je ne peux pas, tu le sais... »
Au moins, elle ne l’avait pas appelé “Mâle”. Et elle ne lui avait pas filé un pain dans la figure. Darren savait qu’il comptait pour elle. Il y avait une part de cette guerrière qui serait réceptive à son approche. Peut-être enterrée sous toute cette couche de haine. Il comprenait vraiment. Mais il ne savait pas quoi faire d’autre.
Par franchise, le soldat se disait qu’il était véritablement impuissant pour calmer Lyanna. Ce qui le frustrait. Et Lyanna était haineuse parce qu’elle était impuissante au mal que subissait Abelle.
Le jeune homme termina son approche pour finir son geste.
« Je suis navré. »

Lyanna regarda Darren qui continuait d’avancer, sans obéir à sa mise en garde. Pourtant, il aurait du partir. Faire demi tour et s’éloigner. La jeune femme n’était plus que haine et chagrin, le soldat jouait sa vie quand elle était dans cet état. La guerrière était comme un animal sauvage en cet instant, indomptable, blessée et utilisant la rage comme manière d’avancer. Tout ce qu’elle ressentait passa dans son regard brillant de larmes de rage posé sur Darren qui poursuivait son avancée pour l’étreindre. Mais si un câlin avait déjà réussi à la calmer, ce ne fut pas le cas cette fois ci. Au moment où le militaire allait refermer ses bras sur elle, Lyanna serra les dents et le repoussa violemment pour mettre de la distance. Elle aurait pu le frapper, elle en avait une furieuse envie car elle avait un mâle devant elle, mais ce simple geste de rejet serait tout aussi symbolique.

"Ne me touche pas !!!"

Trois pas en arrière, Darren demeura immobile quelques secondes. Ce n’était qu’une paire de main appuyés contre lui, exerçant un pression opposée. Mais c’était un rejet particulièrement douloureux pour lui. Parce qu’il était clair qu’il serait incapable de la calmer ou même d’apporter un quelconque bienfait. Lyanna ne voulait pas de lui, elle ne voulait pas de sa compassion.
Le soldat se sentit nul, incapable. Ses bras retombèrent mollement contre son corps et il l’observa un instant avant d’abandonner.
« Ok. » dit-il simplement.
Darren hésita quelques secondes puis tourna les talons, retournant dans le bâtiment sans rien dire de plus. Il referma doucement la porte et laissa Lyanna seule avec sa haine, espérant qu’elle parviendrait à la surmonter.

La vieille dame semblait en avoir terminé de l’examen intime. Elle badigeonnait maintenant un produit qui sentait très fort sur les bleus de la servante. Allongée sur le flanc, celle-ci se laissait faire, le regard perdu dans le vide. Darren la trouva étonnamment molle et distraite. Puis il aperçut sur le côté un bol vide. Il ne restait plus qu’un amas d’herbes et de racine au fond. La servante avait bu le contenu et devait être dans les vappes. Un calmant destiné à favoriser le travail du toubib.

« Ca va aller ? »
L’apothicaire fit oui de la tête. Elle plaça ses deux mains pour former le symbole du sommeil.
« Elle restera chez vous ? Ou est-ce qu’on lui prend une chambre à l’auberge ? »
Par de simples signes, étonnamment très communicatif, la vieille dame le rassura. Abelle se remettrait facilement et elle avait surtout besoin d’être entourée. Ne pas demeurer enfermée chez une vieille folle qui lui fait boire du liquide nauséabond en somme. Darren acquiesça puis régla la note. Il s’informa sur les divers produits et calmant qu’il devait acheter pour poursuivre le traitement d’Abelle et alla ensuite prendre place à ses côtés.

« Lyanna... » souffla-t-elle, angoissée.
« Elle arrive bientôt. On va s’occuper de toi, tout se passera bien. »
« Je croyais pouvoir dissimuler. J’aurai dû. »
« Ca va aller, calme-toi.. » murmura le soldat en ajustant la couverture sur son dos. « Tu as fait un excellent travail. On va prendre le relais. Maintenant...repose-toi. Je te réveillerai quand Lyanna sera là. »

Le soldat passa le temps qui lui restait à vigiler auprès de la servante et ressasser son échec. Le rejet de son amie l’affectait plus qu’il n’aurait voulu le reconnaître.

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