Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis

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Darren Clive

Image perso : Tout à un prix Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 234

le Mar 26 Mai - 15:18

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Max Carnghy parcourait les couloirs d’un pas très rapide.
Ses enjambées allaient au-delà de son rythme naturel, ce qui lui donnait l’air d’être à chaque fois sur le point de courir. Encore entièrement équipé de son gilet et de ses armes, il s’était simplement libéré du poids de son casque. Son visage était sale, bariolé d’une couleur de camouflage que la sueur et la poussière avait affiné. Son bras était entouré d’un bandage sale vers le biceps mais il n’y avait pas de sang séché.
Entre son demi-trot et son allure très pressé, son souffle saccadé lui donnait un air presque paniqué.

« Hé les mecs, vous avez pas vu Lyanna ? »

Les badauds qui ne connaissaient pas du tout le soldat se regardèrent, étonnés.
« La sorcière. Celle qui claque les hommes ! »

Ils la remirent aussitôt et firent non de la tête.
Max poussa un soupir et continua sa quête dans les couloirs menant au mess ou aux dortoirs des soldats locaux.
« Vous auriez pas vu celle qui tape les mecs ?!? »
« J’m’y approcherai pas si j’étais toi. »
« Comme si j’en crevais d’envie, tiens ! » râla-t-il tout en repartant.

Pendant une bonne quinzaine de minutes, Max ricocha entre les différents endroits stratégiques sans parvenir à trouver l’Amazone. Il était presque affolé, insistait, s’énervait. Mais enfin, il tomba sur un Athosien qui connaissait bien Teyla. Et celui-ci savait que les deux femmes étaient amies.
Il passa un appel radio de la part de Max pour Teyla, laquelle lui affirma que son amie devrait être au gymnase en train de s'entraîner. Le soldat n’attendit pas plus. Comme si l’Athosien avait donné le top départ une fois l’information principale donnée, Max s’élança dans les couloirs en courant.
« Teyla a dit qu’il fallait éviter de... »
« Je sais !!! » cria-t-il en disparaissant dans le détour du couloir.

Quand il parvint au gymnase, Max était à bout de souffle. Il débarqua à l’entrée en manquant de renverser deux personnes qui quittaient leur cours de gymnastique. Le jeune homme s’excusa brièvement puis passa dans les groupes les moins nombreux en appelant Lyanna. Une jeune femme, qui savait que l’Amazone s’entrainait toujours à l’écart, la pointa du doigt avec un regard inquiet. Max se dirigea droit dans sa direction non sans éprouver une certaine angoisse.
Déjà, des regards inquiets suivaient son approche. Les sportifs se demandaient ce qu’un soldat encore tout équipé, blessé et sali pouvait bien faire ici. Ce qu’il pouvait bien lui passer par la tête en abordant Lyanna aussi directement.

« Hé, t’es là ! Je t’ai cherché partout. » fît-il, sans reproche, en la rejoignant rapidement.

En entendant une voix de mâle, Lyanna arrêta aussitôt son entraînement. Elle se trouvait au gymnase depuis une vingtaine de minutes, armée de deux sabres de bambou, entrain de perfectionner ses techniques de combat comme elle le faisait régulièrement pour se maintenir en forme. Généralement, personne ne venait la déranger, excepté peut être Teyla ou une autre femme voulant s'entraîner. Mais aucun homme n’avait envie de s’attirer les foudres de la Kiranienne. Alors là, un mâle qui l’interpellait et qui la dérangeait, cela ne put que provoquer son courroux. La jeune femme se retourna lentement, cherchant déjà de son regard noir celui qui avait eu l’audace de la déranger. Ses yeux se posèrent sur un jeune homme, militaire vu sa tenue, et qu’elle connaissait. C’était l’un des amis de Darren, le plus jeune de la bande. Celui qu’elle n’avait pas pu frapper la première fois qu’elle l’avait rencontré. Lyanna n’en revenait pas de voir Max ici, s’approcher d’elle d’un pas précipité. Et surtout seul.

Le militaire s'immobilisa néanmoins d’un coup en se rappelant à qui il avait affaire. Carnghy garda une distance de sécurité et pinça des lèvres, le regard chargé d’appréhension. Bien qu’il soit militaire, il craignait l’Amazone depuis leur première embrouille et il n’avait pas besoin de subir une agression.
Il leva ses deux mains, dont l’une tenait encore son casque, dans un signe d’apaisement.
Le jeune homme semblait différent en mission. Moins gamin et naïf.
« Tu te souviens de moi ? Je suis le pote de Darren. »

"Toi !" lança-t-elle sur un ton froid.

Autant dire que oui, Lyanna l’avait reconnu. Pas besoin de lui rappeler qu’il était l’ami de Darren, elle savait très bien qui il était. La jeune femme se retourna complètement pour lui faire face, jouant avec ses sabres d’une manière menaçante, sans quitter Max des yeux. Il fallait dire que lors de leur première rencontre, Lyanna n’avait pas apprécié le jeune homme. Et depuis, ce dernier était mentalement écrit sur sa liste de mâles qu’elle n’aimait pas. Heureusement que Darren était son ami, sinon la guerrière s’en serait déjà pris à lui. Quoique, le voir là, tout seul, il voulait peut être se battre, non ?

"Qu’est ce que tu viens faire ici, à me déranger pendant mon entrainement ? Je n’ai pas réussi à te frapper la dernière fois, mais on peut arranger ça, si tu veux" dit-elle en désignant l’un de ses armes.
« Hin-hin-hin ! J’suis mort de rire ! Je suis pas venu te servir de tête à claque. » répliqua-t-il. « Écoute, on pourrait pas faire la paix juste “deux” minutes ?!? »

Lyanna soupira discrètement. Ce Max n’était vraiment pas drôle, à lui priver d’une bonne occasion de se défouler sur lui. Elle pourrait refuser et l’envoyer balader, avant de se jeter sur lui. Même si cela n’allait pas du tout plaire à son amant. Cependant, un détail lui fit froncer les sourcils. Elle détailla Max du regard, des pieds à la tête. Le soldat avait non seulement l’air sérieux, mais il portait sa tenue d’exploration. Sauf qu’au lieu d’être sur le départ, il semblait revenir de la guerre. Mais … pourquoi ? Que faisait-il dans cette tenue, à venir la voir elle, dans le gymnase au lieu d’être sur elle ne savait quelle planète, ou à l’infirmerie, ou tout simplement avec ses supérieurs ? Et sans ses coéquipiers ? Et surtout : pourquoi lui, et pas Darren ? Lyanna savait que le soldat était parti en mission avec le D4. Alors voir Max là, seul. Quelque chose n’allait pas. La guerrière commença à ressentir de l’inquiétude, et elle jeta un oeil à l’entrée du gymnase, espérant y voir Darren. Mais personne. Elle reporta alors son attention sur le jeune homme.

"Où est Darren ?"

Le regard de Max changea. Il ne voulait pas lui mentir.
« Je...je sais pas. On a perdu le contact avec son équipe. Il est quelque part avec April. »

Lyanna sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine. Savoir que Darren était perdu quelque part, coupé du reste des Atlantes, n’était pas du tout plaisant à entendre. Et même s’il était avec April, les deux militaires étaient seuls quelque part, sans renfort. De quoi inquiéter davantage la guerrière.

"Quoi ? Qu’est ce qui s’est passé ?"
« On est en train de démanteler un gros réseau de drogue. C’est pas joli-joli là bas. » reconnut-il.
« Mais j’viens pas pour ça. Ridding conduit les opérations et il guette les passage à la Porte. Ses gars ont arrêté une fille. »

Lyanna n’aimait pas ce qu’elle venait d’entendre. Une mission qui tournait mal, ça arrivait. Mais une mission qui tournait avec Darren, c’était quelque chose que la jeune femme craignait. En plus, Ridding était ajouté à l’équation, c’était donc très mauvais vu ce qui s’était passé la dernière fois. La guerrière baissa alors ses armes, plus inquiète que d’être en colère en cet instant. Max avait gagné un répit. Mais la jeune femme ne voyait pas où il voulait en venir, ni pourquoi il était là. Elle ne faisait pas partie de cette mission, et Ridding gérait la situation, vu qu’il avait intercepté une femme qui était visiblement liée à cette mission. Alors, pourquoi venir la voir, elle ?

"Mais qu’est ce que tu fais là ? Pourquoi tu n’es pas sur la planète à chercher Darren et April pour les secourir ?"
« Ouais bah moi aussi, j’suis super inquiet pour eux. » rétorqua nerveusement Max. « Mais Jim s’est servi de son grade pour m’envoyer chercher du ravitaillement. Il m’a dit d’aller te trouver au plus vite et de te montrer ça. »

Le soldat tapota sur son gilet puis fouilla fébrilement les poches. Il en sortit un petit appareil photo qui lui échappa des mains. Max tenta de le ratrapper, jonglant avec plusieurs fois, avant de pouvoir le stabiliser et cesser cette démonstration d’inquiétude.
« Attends. J’l’allume. »
Il exécuta la commande, alimenta l’appareil qui déploya son focus. Puis après avoir appuyé sur quelques boutons, il afficha l’image d’une jeune femme brune recroquevillée dans un lit de camp. Une ancienne installation enterrée semblait avoir été recyclée comme prison. Et à voir le matériel alentour d’origine Atlante, c’est Ridding qui avait investi l’endroit pour l’utiliser de cette façon. Le mauvais souvenir n’avait pas quitté l’Amazone et elle allait reconnaître sans mal les différents indices qui révélait l’usage.
Une salle d’interrogatoire...des cellules de détention. Le domaine du lieutenant Ridding et de sa folle : Magda Rahim.

Lyanna était encore en droit de se demander pourquoi le plus ancien du D4 lui avait envoyé Max en tant que messager. Cette photo provenait manifestement de lui et vu la qualité du cliché, elle n’avait pas été prise officiellement. Surtout qu’il avait joué de son pouvoir pour le faire venir ici, trouver Lyanna. L’image était plutôt floue. Rassuré par cette paix éphémère, Max se posta à côté d’elle et lui déclara qu’il y en avait plusieurs. Il navigua sur les différents clichés. La prisonnière tentait de cacher son visage. Mais enfin, sur la dernière, Lyanna fût choquée par cette silhouette devenue peu à peu familière.
Une décharge électrique l’impacta lorsqu’elle comprit enfin qu’il s’agissait du visage sombre et émacié d’Abelle.

Cette fille que Ridding avait emprisonné, c’était sa servante d’Héstevic. Elle était loin, très loin de chez elle. Son naturel joyeux, son air éclatant, tout avait disparu pour quelque chose de sombre et de...criminel. Ca ne s’expliquait pas, ça se voyait. Abelle était habitée par quelque chose de totalement différent de son tempérament.
« Alors ? Tu sais qui c’est ? »

Lyanna ne répondit pas de suite, son regard resta fixé sur l’image de la jeune femme. Elle n’en croyait pas ses yeux. Mais que faisait Abelle sur cette planète ? Si la mission s’était déroulée à Héstevic, Darren lui en aurait parlé avant de partir. C’était incompréhensible.

"Abelle" souffla-t-elle sans quitter l’image des yeux.

La guerrière ne reconnaissait plus sa servante. Est ce que c’était à cause de Ridding et de Rahim ? Sa douloureuse expérience lui revint en tête, elle savait parfaitement comment ces deux personnes interrogeaient et traitaient leurs prisonniers, même innocents. Lyanna ressentit une bouffée de colère l’envahir. Abelle avait des ennuis. Darren avait des ennuis. Elle voulait leur porter secours.

"Je pars à la recherche de Darren et April. Et je vais aider Abelle et la sortir de là avant qu’ils lui fassent du mal".

Lyanna commençait déjà à s’éloigner vers la sortie du gymnase, sans même savoir si les Atlantes allaient la laisser partir. Si elle devait menacer des gens pour passer la Porte des Etoiles, elle le ferait sans hésiter.

« Eh oh ! Ola oh !! » s’écria Max en se mettant sur son chemin, ouvrant les bras. « Mais arrête, t’es fêlée ? On passe pas la Porte comme ça ! »
Le soldat sentait les embrouilles arriver. Elles s’appelaient Lyanna.
« Tu peux pas débouler comme ça, en pleine mission anti-drogue, et faire ta loi ! Tu te rends pas compte ! Te faut une autorisation. »

Lyanna dut s’arrêter lorsque Max lui barra la route, et elle dut se faire violence pour ne pas le dégager de son chemin. Le protocole Atlante était vraiment ennuyant, devoir demander une autorisation, faire de la paperasse inutile, quand des explorateurs étaient en danger. La guerrière leva les yeux au ciel, énervée.

"Et je suis censée faire quoi ? Pourquoi tu es venu me voir et me dire ça, si je ne peux pas aller les chercher !"
« Alors, de un : J’savais pas moi-même pourquoi je venais. C’est Jim qui m’a dit de te montrer ça. Du coup, y’a forcément une raison. De deux, si tu veux passer, y’a que le chef d’opération qui peut t’y autoriser. »
Il déglutit.
« Le chef d’opération, c’est le lieutenant Ridding. »
"Ben voyons, faut avoir l’accord de ce mâle !!!"

Lyanna ne parvenait pas à cacher cette haine qu’elle avait pour Ridding. En parlant, elle leva les mains en l’air, en faisant demi tour comme si elle parlait à quelqu’un d’invisible. Décidément, elle n’avait aucune chance d’aller sur cette planète pour apporter son aide. Elle fit volte face, le regard noir de colère, et posa ses yeux sur Max.

"Je tente quand même le coup. Si je dois le frapper et le tuer pour aller sur cette planète, alors je le ferais !"

Max resta silencieux, l’air interdit.
Il secoua la tête, n’en revenant pas.
« Tu dis toujours ces trucs là à Darren ? »
"Oui !" s’empressa-t-elle de dire pour répondre à Max. Avant de soupirer et d’ajouter : "Mais il n’aime pas ça, il ne veut pas que je fasse ce genre de choses. Même si ça me démange".
« Tu m’étonnes ! De nous tous, c’est celui qui aime le plus l’armée. Alors parler comme ça, tu dois vachement lui casser les cou... »
Le regard de l’Amazone ne lui permit pas de finir sa phrase.
« Heu...bon. C’qu’on peut faire, c’est aller à la salle de contrôle, passer un appel à Jim pour savoir ce qu’il avait en tête. Lui c’est l’intello du groupe ! Il pourra peut-être t’aider à aller sur la planète. »
Il fit une grimace gênée.
« Enfin, faut vraiment t’calmer, là. Parce que sinon tu auras même pas fait un pas que Ridding te renverra sur Atlantis. Tu d’vrais te contrôler avant de passer l’appel. »

Lyanna se détourna à nouveau, et commença à faire les cent pas dans le gymnase.

"Me calmer ? Comment veux tu que je me calme ? Alors que Abelle est entre les mains de ce mâle. Et que Darren est quelque part, peut être qu’il est …"

La jeune femme ne termina pas sa phrase, elle ne voulait pas formuler cette idée à voix haute. Ne pas savoir si Darren allait bien était une torture. Mais Max avait raison. Si elle voulait avoir une chance d’aller à sa recherche, et aider Abelle, elle allait devoir se calmer. Même si c’était très dur pour elle de faire ça. La jeune femme finit par soupirer à nouveau en fermant les yeux. Il lui fallut quelques instants pour calmer cette colère, en respirant profondément. Teyla avait essayé de lui enseigner la méditation pour apaiser ses accès de colère, ça n’avait jamais fonctionné. Au bout d’un moment, Lyanna finit par poser les sabres de bambou, et elle retourna vers Max, adhérant à son plan. Elle n’en avait pas d’autre qui soit réalisable.

"Emmène moi à la salle de contrôle !"

Vingt minutes plus tard, la Porte des Étoiles s’activaient et l’opérateur responsable des flux audio et vidéo contacta le contingent de Ridding. Max se tenait aux côtés de Lyanna, plutôt étonné qu’il puisse être si près sans se ramasser une baffe. A sa demande, il adressait l’appel à Jim Hoffman, le membre le plus sage et âgé du D4. Celui qui avait envoyé Max et l’appareil photo.

Quand l’écran s’alluma enfin, les mêmes traits éprouvés par des combats et un maquillage de camouflage vieillissant modelèrent le visage de Jim. Il avait retiré son casque militaire, une barre de “propre” garnissant son front. Il s’ajusta brièvement les cheveux, là où ça faisait quelques épis, puis détailla le visage de l’Amazone d’un air satisfait.

« Bonjour Lyanna. » fit-il poliment.

Lyanna ne répondit pas, elle resta immobile, les bras croisés sur sa poitrine. Jim était peut être un mâle sage, mais c’était un mâle. Derrière lui, on trouvait le même environnement de bunker enterré. Quelques malles avaient été disposées ici et là. Des collègues s’appuyaient dessus pour manger une ration, somnoler ou discuter. Ils semblaient se reposer brièvement avant de repartir au combat.

« La fille sur la photo, c’est bien l’Héstevécienne qui vous servait ? »

"Oui, c’est Abelle. Qu’est ce qu’elle fait sur cette planète ? Est ce qu’elle va bien ?"
Jim acquiesça. Il avait vu juste.
« Bien, je ne pense pas. Mais elle est en sécurité ici, c’est déjà ça. »
Le soldat enchaîna.
« Les Rippeurs l’ont interpellé alors qu’elle tentait de passer la Porte avec une grande quantité de drogue. Un composé très violent qui a posé des problèmes à pas mal de populations. Elle refuse de parler depuis. »
Il marqua une pause.
« J’ai reconnu l’adresse qu’elle avait composé, j’étais là pendant son arrestation. C’est la planète où vous étiez piégé avec Darren. C’est ce qui m’a donné le doute. Vous connaissez la suite. »
« Ah ok, tu voulais être sûr avec les histoires de Darren... »
« Oui. Il nous avait bien parlé d’une brune qui vous avez servi pendant ce temps. La description avait l’air de correspondre... »

Au fur et à mesure des explications de Jim, le visage de Lyanna se décomposa. Abelle, une passeuse de drogue ? C’était impossible. La guerrière ne croyait pas du tout à cette histoire. Abelle n’était pas quelqu’un de mauvais. Elle secoua la tête et leva une main.

"Elle voulait passer la Porte avec de la drogue ? Non, c’est impossible. Je ne te crois pas !"

Imaginer qu’Abelle puisse tremper dans cette histoire était incroyable. Il devait y avoir une autre explication. Lyanna se souvint alors des dispositifs utilisés par l’ennemi pendant leur mission, qui avait fait croire que Darren était responsable d’actes atroces.

"Il … il doit y avoir une explication. Ce n’est pas Abelle, ce n’est pas possible. Cette personne doit utiliser l’un de ses appareils, cette chose qui prend l’apparence de quelqu’un. Ce n’est pas Abelle, elle ne ferait jamais un truc de ce genre !"
« Je ne sais pas trop de quoi vous parlez, Lyanna. Mais la procédure veut qu’un prisonnier sur un terrain extérieur soit changé. La dénommée “Abelle” a dû enfiler un uniforme neutre devant ses gardiennes. Tout équipement a été retiré à ce moment là. »

Pas d’appareil. Si elle en avait eu un, il aurait été trouvé. Lyanna secoua la tête et fit quelques pas dans la salle, ignorant quoi penser de cette histoire. C’était un cauchemar auquel elle n’avait pas de réponse. Puis, elle revint vers l’écran où se trouvait Jim.

"Et Darren ? Qu’est ce qui se passe ? Tu n’as plus aucun contact ?"
« Non, plus de contact. Mais nous avons repéré des affrontements imprévus sur une zone où il ne devrait pas y avoir des équipiers SG. On est encore en train de chercher ce qu’il se passe. Ne vous en faites pas, c’est un garçon solide ! »

Jim Holman tentait de l’apaiser. Ce qui n’était pas chose aisée, car Lyanna s’inquiétait beaucoup pour Darren.
Ils avaient fait la guerre ensemble, le D4, ils étaient sorti du Boc.
En tant qu’équipier, il espérait avoir du poids sur cette certitude. Car Jim était certain que son ami était en difficulté mais bien vivant. Il allait s’en sortir.
Le soldat devait néanmoins ramener l’Amazone sur le sujet principal.

« Ecoutez. Si c’est bien votre amie, elle aura besoin de votre aide. Plus que jamais. »
Il regarda par dessus son épaule puis révéla l’information qui allait mettre le feu aux poudres.
« Abelle refusant de parler, elle sera interrogé par Magda Rahim dans l’heure qui suit. Je pense que vous vous souvenez d’elle. »
En entendant cette nouvelle, le coeur de Lyanna s’emballa. La colère revenait à la charge. C’était cette sorcière qui allait interroger Abelle ? Comme elle l’avait fait avec la guerrière ? Jim leva la main pour l’empêcher de bondir de son siège et révéla son plan.
« Vous connaissez cette fille, ses forces, ses faiblesses. Vous pourriez vous proposer pour l’interroger à la place de Rahim. Au moins vous obtiendrez les réponses à vos questions tout en veillant à sa santé, vous me suivez ? »

Interroger Abelle elle même, au lieu de la laisser dans entre les griffes de Rahim, étant une bonne idée. Mais il y avait un problème de taille qui fit lever les yeux de Lyanna au ciel.

"Impossible, comment veux tu que je fasse ? Le mâle ne me laissera pas l’approcher sans ordonner à ses sbires de m’arrêter !"
« Je n’ai pas toutes les réponses, Lyanna. Je peux vous arranger un entretien avec le lieutenant, il est intéressé par les informations que détient Abelle. Pour le reste...pensez à Darren pour assouplir votre comportement. »
Il se leva, son entretien était fini.
« Je dois y aller, je prends un jumper sous peu. »
« T’es pas au repos ?!? »
« Si. J’en profite pour survoler en furtif la zone tampon. On part à la recherche de Darren et April. »
« Attends !!!! Je me ramène ! »
« Traîne pas. On se rejoint au port. »
Jim était en train de quitter l’écran. Il fit volte-face et se pencha.
« Ravi de vous avoir vu Lyanna, malgré les circonstances. Ne bougez pas, le lieut arrive. »
Max avait ramassé ses affaires, des capteurs de mouvements et des mines aux plâtres que Ridding avait demandé. Les bras chargés, il quitta Lyanna à la hâte et franchit la Porte sans demander son reste.

Voir Max partir, et savoir que Jim allait partir à la recherche de Darren serra le coeur de Lyanna. Elle avait bien envie de venir avec eux pour secourir le soldat. Mais d’un autre côté, Abelle avait besoin d’elle. Le choix était difficile à faire, et après avoir réfléchi, elle prit la décision délicate de laisser le reste du D4 s’occuper de Darren, pendant que de son côté, elle venait en aide à Abelle. Une fois que le jeune militaire disparu dans le vortex, la guerrière retourna face à l’écran, attendant Ridding avec beaucoup d’appréhension vu leur passif. Le conseil de Jim lui revint en tête. Penser à Darren pour calmer ses ardeurs agressives ? Plus difficile à dire qu’à faire.

La vue restait alors telle quelle, sur cette escouade qui se reposait en attendant de reprendre du service. Quelques minutes plus tard, un homme s’installa à califourchon sur la caisse pour être bien en face de la caméra.
« J’ai peu de temps. Il paraît que vous connaissez ma captive ? »

En voyant Ridding, Lyanna serra sa mâchoire, et elle croisa à nouveau les bras sur sa poitrine.

"Oui, je la connais. Elle est mon amie !"

Impatiente malgré elle, Lyanna secoua la tête avant de regarder Ridding dans les yeux.

"Je veux la voir !" lança-t-elle sur un ton précipité, ignorant que son comportement n’allait pas du tout convaincre le militaire de satisfaire sa demande express.

« Votre amie transportait suffisamment de poudre d’Ephémérade pour shooter un village de deux cents personnes sur plusieurs semaines. C’est ma plus grosse prise. » déclara-t-il sèchement. « Je ne gère pas un salon de thé. Vous la retrouverez quand cette affaire sera terminée. »

"Non, je veux la voir tout de suite !"

Lyanna se rendit compte que sa colère prenait le dessus, et que malheureusement, même si elle voulait frapper Ridding tout de suite, elle n’allait pas réussir à avoir son accord de cette façon. La jeune femme ferma les yeux quelques secondes, et tenta de se calmer un peu avant de lui adresser à nouveau la parole.

"Ecoute … ce n’est pas possible qu’elle ait fait ça, je la connais. Il y a quelque chose qui ne va pas dans cette histoire. Elle doit être manipulée par quelqu’un. Ou alors, elle a été menacée. Il doit y avoir une explication, et je dois lui parler pour connaître le fin mot de cette histoire !"
« Et puisque nous avons ce même but, vous vous proposeriez d’entrer à mon service sans me trahir ni agresser mon personnel combattant ? » supposa-t-il avec un sourcil levé.
"Tant que ton personnel combattant et toi, vous ne vous approchez pas d’elle !"

Lyanna se mordit la lèvre, cherchant de bons arguments. C’était difficile pour elle de faire une telle promesse. Ne s’en prendre à personne sur la base de fortune, aller à l’encontre de sa nature, vu que Darren n’était pas là pour l’aider à se calmer, c’était dur. Mais pour Abelle, la jeune femme devait trouver des solutions pour l’aider.

"Tu n’arriveras pas à la faire parler. Ta folle de tortionnaire n’y parviendra pas non plus, du moins sans la torturer. Et s’il y a quelque chose que les Atlantes ne font pas, c’est la torture, n’est ce pas ?"

Lyanna leva un peu le menton pour se donner de la prestance, affrontant Ridding du regard.

"Moi, elle me parlera !"
Le lieutenant secoua lentement la tête par dépit.
« Le soldat Clive aurait dû vous en apprendre plus sur l’argumentation entre Atlante. Vous me donnez tout sauf envie de vous faire confiance. Cela dit... »
Il réfléchissait en même temps.
« Vous marquez un point. Je préfère un interrogatoire en douceur qu’user de force. L’expérience m’a appris que les coupables sont rarement ceux qui prennent le risque du transport. »
Ridding la fixait également dans les yeux.
« Je veux un retour complet. Comment, où, pourquoi. Depuis combien de temps. Combien de personnes impliquées… ; si je m'aperçois que vous êtes juste venue distribuer des câlins, je vous fais retourner dans la cellule qui a été votre habitat d’une semaine. On fait comme ça ? »

Lyanna serra à nouveau la mâchoire sous les menaces de Ridding, et elle eut envie de répliquer quelque chose de cinglant. Mais elle se retint, pour le bien d’Abelle. Elle se contenta de hocher la tête, non sans rajouter un petit détail.

"Tiens tes mâles à distance. Et il n’y aura pas de problème de ma part !"
« Ils ne vous adresseront pas la parole si c’est votre message. La sécurité ne les fera pas changer de place. Alors, vous me donnez votre réponse ? »

Savoir que les hommes de la base ne chercheraient pas à la provoquer pour créer un conflit rassura un peu Lyanna. Quoiqu’il fallait s’attendre à tout avec eux. La guerrière réfléchit quelques secondes, puis elle soupira discrètement.

"C’est d’accord".
« Départ dans une heure. Je fais transiter votre autorisation à votre responsable référent. Le médecin de l’unité vous attendra en sortie de vortex pour vous faire un état de votre amie. »
Il avait dit l’essentiel. Sans attendre davantage, il se redressa et quitta le champ de vision de la caméra.





eden memories

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
√ Messages : 144

le Mar 26 Mai - 15:21

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Lyanna n’avait qu’une heure pour se préparer. Cela allait être rapide, elle avait déjà sa tenue habituelle. Il ne lui manquait plus que ses armes, et elle serait prête à partir. Elle avait même le temps de manger un petit quelque chose avant de partir. Elle ignorait combien de temps elle allait rester avec Abelle pour la sortir de là. Ceci dit, quelqu’un allait lui mettre des bâtons dans les roues sans quelle ne le sache encore. Sa responsable référente : Teyla.

La guerrière quitta la salle de contrôle, et fila d’abord au mess pour prendre de quoi grignoter. Sur place, elle mangea assez rapidement, et emporta même une barre chocolatée pour son escapade. Cela lui prit seulement 15 ou 20 minutes, elle était parfaitement dans les temps. Un détour par ses quartiers pour prendre ses fourreaux, puis à l’armurerie pour ses armes, elle est serait prête à partir. Sauf qu’en arrivant devant son petit chez elle, Teyla l’attendait, les bras croisés, l’air sérieux.

"Je viens de recevoir une autorisation à ton sujet pour partir en mission. Tu vas interroger quelqu’un ?"

"C’est vrai. La mission de Darren, ça s’est mal passé. Et Abelle est prisonnière là bas. Ils pensent qu’elle a fait quelque chose de mal, mais je ne veux pas le croire".

"Abelle ? Ah oui, tu m’en as parlé. L’Héstevécienne qui était ta servante, c’est ça ? Qu’est ce qui se passe ?"

"Ils disent qu’ils l’ont trouvé en train de transporter de la drogue pour retourner sur son monde. Mais ça ne lui ressemble pas. Je veux lui parler pour en savoir plus. Je connais leurs méthodes d’interrogatoire, je n’ai pas envie qu’elle subisse ça".

Teyla hocha la tête pour acquiescer, comprenant pour quelle raison Lyanna avait été désignée pour partir sur la planète afin d’interroger la captive.

"Je comprends. Et je ne m’opposerais pas à ton départ si tu me promets de rester calme, et de ne pas t’en prendre à tous les hommes que tu croiseras sans une bonne raison".

Lyanna soupira pour montrer son mécontement.

"Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi. Le mâle m’a déjà menacé de m’enfermer si je frappais les autres. J’ai du accepter même si ça me coûte de ne pas pouvoir le faire".

La guerrière ignorait comment la mission allait se passer, ni si elle parviendrait à calmer son tempérament bagarreur et sanguin. Mais elle devait essayer pour aider Abelle.

"Je n’ai plus beaucoup de temps. Il me faut mes fourreaux et mes armes, et je file à la Porte des Étoiles".

"Rassure moi, tu ne comptes pas y aller dans cette tenue ?"

"Si, pourquoi ?"

Evidemment, elle s’était attendue à cette réponse. Alors que l'Amazone passait sa main devant le capteur, Teyla la suivit à l’intérieur de ses quartiers, attendant que la porte de se referme.

"Ecoute moi ! Tu ne peux pas y aller comme ça. Pars avec la tenue d’exploration Atlante. On t’a déjà dit que tu ne pourrais plus partir en mission si tu n’enfilais pas ces vêtements".

Et voilà, Teyla voulait qu’elle mette un pantalon. Mais qu’est ce qu’ils avaient tous avec ce maudit pantalon ? Lyanna n’aimait pas ça, et tout le monde le savait.

"Je vais juste aider Abelle, pourquoi est ce que je devrais mettre cette tenue que je déteste ?"

"Parce que ..."

Teyla s’interrompit quelques instants, cherchant des mots convaincants.

"Déjà, toute personne qui quitte cette base porte la même tenue qui l’identifie à Atlantis. Cette règle s’applique à tout le monde, voilà pourquoi tu dois aussi la mettre, quelque soit la mission. Crois moi, je suis passée par là aussi. Et quand je pars en mission, j’adopte leurs coutumes".

Voyant que Lyanna allait dire quelque chose pour la contredire, elle leva la main pour l'interrompre, avant de poursuivre.

"Puis, la tenue Atlante te protègera beaucoup mieux que ta propre tenue. Tu en as déjà fait l’expérience. Sur les autres mondes, ils utilisent beaucoup d’armes à distance, et souvent mortelles au premier impact. Ta propre tenue n’est pas faite pour ça, le corps à corps est rare. Sans parler des conditions climatiques que tu peux rencontrer. Tu protégeras plus facilement ton corps avec la tenue Atlante".

"Darren m’en a déjà parlé, mais ..."

Teyla ne la laissa pas continuer.

"Et enfin … si tu veux que les hommes ne t’approchent pas, et si tu veux éviter l’affrontement pour ne pas avoir d’ennuis, mets quelque chose de moins provocateur pour eux. Les hommes sont tous les mêmes, ils adorent regarder une femme en jupe et débardeur. Avec la tenue Atlante, tu seras tranquille de ce côté là, tu les tenteras moins" lança-t-elle avec un sourire, sachant que ce dernier argument capterait son intérêt.

Ca aussi, Darren en avait parlé à Lyanna. A croire que Teyla et lui avaient accordé leur violons pour la forcer à porter les vêtements de mâle Atlante. La guerrière voulut répliquer, mais devant le regard de Teyla, elle finit par abdiquer à contre coeur, en soupirant.

"D’accord, d’accord, je vais la mettre, ta tenue. T’es contente ?"

Le sourire de Teyla s’agrandit, et elle acquiesça d’un hochement de tête.

"Très. Tu verras, tu finiras par t’y habituer. Je te laisse te préparer, mais n’oublie pas : garde le contrôle de toi même une fois là bas. C’est dans l’intérêt de ton amie".

Teyla souhaita bon courage à Lyanna en lui demandant de faire attention, avant de quitter ses quartiers, la laissant ainsi seule. L’Athosienne avait vraiment le même pouvoir de persuasion que Darren. Bien qu’elle ne le voulait pas du tout, Lyanna se déshabilla et enfila la tenue Atlante, se sentant toujours extrêmement mal à l’aise dans le pantalon. Elle attacha ses cheveux, et prit ses fourreaux. Puis, elle sortit et passa à l'armurerie pour mettre son gilet MOLLE et ses épées qu’elle glissa dans son dos. Elle mit également son couteau à la ceinture, et s’assura que la pochette contenant son nécessaire pour affûter ses armes, cadeau de Darren était là aussi. Cette pochette ne la quittait plus lorsqu’elle portait ses épées. La guerrière prit également son matériel, comme la radio ou le détecteur de vie, au cas où, même si elle pensait que ça serait inutile. Elle mit même les lentilles, indispensable pour partir en mission. Et enfin, elle glissa la barre chocolatée dans une poche du gilet tactique.

Alors que l’heure était presque écoulée, Lyanna se dirigea vers la salle d’embarquement. Elle était prête, persuadée de ne pas avoir besoin de tout ce qu’elle avait sur elle, mais bon. C’était ce que les Atlantes prenaient et portaient pour partir en mission, alors elle devait faire pareil, même si ça l’embêtait. Une fois devant la Porte des Étoiles, elle attendit que cette dernière s’ouvre, une fois l’autorisation donnée pour son départ. Puis, sans attendre, ayant hâte de retrouver Abelle, la guerrière s’avança et traversa le vortex.

L’air était plus étouffant une fois sorti de l’environnement contrôlé de la cité.
Lyanna déboucha sur une grande route pavée, mal entretenue, obstrué par un très grands nombres de chariots de marchands. Un cordon de militaire Atlante contrôlait toute les allées et venue. Ils faisaient un sacré travail, plutôt efficace, même s’ils semblaient être noyés dans la populace qui s’était agglutinée sur leur dispositif.
N’ayant visiblement pas l’habitude que l’accès à la Porte soit si surveillé, le trafic s’était très fortement ralenti. Un bouchon monstrueux d’humains et de convois s’alignaient tout au long de la route jusqu’à cette ville, là-bas, dont les colonnes de fumées noires révélaient l’état de guerre.

La foule qui se pressait donc contre le cordon n’était pas uniquement faite de marchands mais également de réfugiés cherchant à partir au plus vite. Lyanna venait de passer d’une salle d’embarquement tranquille à un raz de marée vivant. Partout où son regard se portait, elle était témoin de nombreuses scènes de catastrophe. De la peur dans le regard de ces gens, des appels à l’aide.

Quelques rares chariots déjà contrôlés dépassèrent l’Amazone pour faire poliment la queue. Ils se rangeaient d’un côté et de l’autre pour que l’horizon des événements n’engloutissent pas leur animaux de traits et la moitié de la cargaison. Elle qui n’aimait pas la proximité immédiate d’hommes se trouvait littéralement envahie. Si bien qu’en la dépassant, certains lui mettaient des coups d’épaules ou s’excusaient brièvement en se glissant contre elle.

Un peu plus loin, au niveau du cordon, les militaires tenaient en respect les plus agités. Ceux qui avaient l’idée de passer de force le poste contrôle se faisaient tirer dessus par une arme neutralisante. Il y avait même un jumper en suspension au-dessus de la Porte. Elle ne le découvrit qu’en entendant un homme répéter inlassablement son message dans le porte-voix.

« N’ayez pas peur ! Laissez-vous fouiller. Nous agissons pour votre sécurité. Passage à la Porte toutes les cinq minutes. N’ayez pas peur, laissez vous fouiller, nous agissons... »

Cet homme leur parlait depuis la nacelle arrière du jumper. Son pont était resté ouvert et le vaisseau faisait un surplace en leur montrant le dos. Le crieur était donc en face de cette foule dont certains levaient une main suppliante dans sa direction. Il était accompagné d’un tireur de précision qui assistait parfois les collègues en contrebas. Quand il repérait des passeurs faisant soudainement volte-face, il les désignait et une équipe venait les intercepter.

Dans tout ce boucan et ce brouhaha, Lyanna mit un moment à se rendre compte que quelqu’un l’appelait. A l’écart sur le côté, après les chariots, il fallait enjamber un muret de pierre et dépasser les caravaniers qui mangeaient ou dormaient en l’attente de leur tour. Elle portait une tenue Atlante et, même d’ici, elle pouvait voir la croix rouge sertir son épaule. Un médecin, c’était ce que le lieutenant lui avait dit.

« Lyanna ! Par ici !!! » l’appelait la femme.

En la voyant, Lyanna se dirigea aussitôt vers elle, trop impatiente de mettre de la distance avec cette foule de mâles qui l’énervait déjà avec leur contact trop rapproché à son goût, même si ce n’était pas volontaire de leur part. Le médecin attendit d’être rejointe, la main gauche en permanence posée sur la crosse d’un neutraliseur Wraith. A l’approche, elle lui offrit un sourire faible, signe d’un bienvenue avec réserve et professionnalisme.

« Je m’appelle Helen. Je suis le médecin du groupe combat. Je veille aussi sur la santé des prisonniers. » fit-elle en lui tendant la main. « Le lieutenant m’a informé de votre arrivée, vous me suivez ? »

Lyanna acquiesça d’un hochement de tête, et en regardant la main tendue, elle se souvint que ce geste était typiquement Atlante. Et qu’elle acceptait de le faire qu’avec des femmes. Elle prit donc la main d’Helen et la serra doucement de haut en bas, avant de commencer à lui emboîter le pas. Au même moment, plusieurs tirs s’enchainèrent, se mêlant à une hystérie généralisée. Plusieurs mouvements de foules bousculèrent de pauvres réfugiés qui basculèrent par dessus les murets de la route de chaque côté. A force de se presser, le flux débordait.

« Ce n’est qu’un début. La surveillance signale une fuite désorganisée des civils à vingt kilomètres. Quand ils seront là, la zone deviendra infréquentable. On sait que des trafiquants se sont mêlés dans le lot. »
"Ca va être pire que ça ? On ne pourra pas revenir sur Atlantis ?"
« Oh ! Là, c’est plutôt calme. C’est l’heure du repas sur cette planète. Ca sera bientot noir de monde. »
Helen la guida tout en continuant de répondre à ses questions.
« La Porte est sous notre contrôle donc on s’en sert quand on veut. Mais les transports d’urgence pour les blessés sont prioritaires. »
Elle lui sourit.
« Si vous voulez fuir la chaleur étouffante de cette planète, il faudra attendre votre tour. »
"Je suis habituée à la chaleur, ça ne me dérange pas. Je crains plus le froid".

Helen la prit légèrement par le bras pour lui montrer une zone plus tranquille. Ce qui fit du bien à Lyanna d’être enfin loin de toute cette cohue. Un dépôt routier désaffecté se trouvait non loin, renforcé par des sacs de sable et des barbelés. Quelques structures modulaires installées stratégiquement supportaient quelques fantassins et mitrailleurs qui surveillaient la zone. C’était la base d’opération de Ridding pour son coup de filet de grande envergure.
« Si vous avez des questions sur cette planète, ce qu’on y fait, commencez à les poser. Nous avons le temps du chemin pour ça. »

Lyanna se retourna brièvement pour voir la foule paniquée qui continuait de se diriger vers la Porte des Étoiles. Les soldats s’étaient réorganisés, parvenant à retenir in extrémis le flux avant que celui-ci ne s’empale mortellement sur une nouvelle activation extérieure.
La matérialisation de l’horizon mit tout le monde d’accord lorsqu’ils se rendirent compte du massacre que ça aurait pu être. La peur les rendait suicidaires.

"Qu’est ce qui se passe ici ? On m’a parlé d’une mission au sujet d’une prise de drogue, ou je ne sais quoi. Mais ça ..." dit elle en désignant les marchands et les réfugiés apeurés, avant de poursuivre : "On dirait qu’il y a une guerre. Ces gens fuient quelque chose, non ?"
« Comme vous dites, Lyanna. Ils fuient la guerre. Leur ville est devenue un foutu champs de bataille. »

Lyanna fronça les sourcils, elle ne comprenait pas vraiment le lien entre de la drogue et une guerre. Elle ne savait pas vraiment ce qu’était de la drogue, d’ailleurs. Elle en avait vaguement entendu parler sur Atlantis comme quelque chose de consommable et de très addictif, qui pouvait être dangereux pour la santé. Mais pour elle, c’était comme les cigarettes que Darren fumait. La jeune femme était loin de se douter qu’il y avait des drogues bien pire que le tabac qui était déjà suffisamment nocif de son point de vue. Helen atteignit l’entrée de la base. Deux soldats, dont un tenant des chiens agressifs, contrôla la carte d'identité du médecin. Elle en tendit une deuxième qui semblait appartenir à Lyanna vu qu’il y avait son visage dessus.
« Votre accès. » dit-elle en lui fournissant cette fameuse carte après le contrôle des gardes.

Lyanna prit la carte que Helen lui tendait, et l’inspecta sous toutes les coutures. C’était la première fois qu’elle possédait une carte d’accès à elle, il y avait sa photo dessus, celle que Darren avait lors de leur première mission, provenant de la base de données des Atlantes. Elle arriva même à lire son nom écrit sous la photo. La guerrière la glissa dans une poche, et suivit le médecin. Cette dernière s’engagea alors vers le bâtiment.
« Ce peuple a été victime de son succès. Leur monde est très bien placé pour les échanges commerciaux. Ils ont eu une vie très lucrative, florissante. Puis des étrangers sont venus s’installer chez eux. D’une nouvelle sorte, ceux là. Et pas de la bonne catégorie. »
"Des étrangers ? En quoi ils étaient … dans une “mauvaise” catégorie ? C’était des bandits ?"
« En plus vicieux. Des parasites, des corrupteurs. Ils font bonnes figures, s’adaptent, puis pourrissent le système. »

Le médecin ouvrit la porte et s’engagea dans un hall abandonné. Il était terne, sentait la poussière et le renfermé malgré ses fenêtres grandes ouvertes. Manifestement, l’endroit avait servi à garer les chariots de commerce pendant que leur équipage se restaurait, dormait, où déclarait le fret à vendre. En étant excentré et devenu inutile, il avait tout simplement été fermé avant que le lieutenant Ridding ne lui trouve une nouvelle utilité. Lyanna regarda autour d’elle, cette mauvaise odeur était très désagréable et très prenante, même si elle avait connu bien pire que ça. Elle ne s’attarda pas à la contemplation, et continua de suivre la jeune femme pour ne pas la perdre de vue.
Helen prit la tête. Elle s’enfonça dans le grand hall où l’on avait rangé plusieurs malles. Un endroit plutôt bien surveillé et propre servait de centre de commandement. Un opérateur de drone, par exemple, procédait à la surveillance d’une zone de combat. Des Atlantes investissaient un bâtiment à plusieurs étages tandis qu’on leur tirait dessus depuis le toit.

« Ils n’étaient que quelques uns au début. Dix ans plus tard, ils pullulent dans tous les coins. Ils ont infiltré les différentes couches du pouvoir, ont corrompu les défenseurs de loi, et ils se sont tout simplement emparés de la ville. »
"Pourquoi les habitants de ce monde ne les ont pas arrêté avant qu’il ne soit trop tard ? Ils n’ont pas remarqué qu’ils étaient mauvais ?"
« Parce qu’ils ont acheté les puissants, terrorisé les plus faibles. Tout le monde ne vient pas forcément d’une planète de guerriers. »

La guerrière acquiesça en silence, réfléchissant aux explications que le médecin venait de lui donner. Il était vrai que, si les habitants n’avaient pas l’habitude de se méfier, de voir ce qui était de la fourberie, ou même de se battre, c’était difficile de se sortir de cette situation. Helen contourna une mini-armurerie. Des malles, des fusils posés les uns contre les autres. Certains rechargeaient des chargeurs vides, assis devant une très vieille table. Plusieurs soldats étaient en train de s’équiper de grenades de désencerclement et d’autres de munitions bien plus létales. Quelques uns fixèrent brièvement Lyanna mais ne firent rien de plus. Soit l’ordre de Ridding était passé, soit ils avaient bien plus urgent à faire.

Lyanna pourrait néanmoins se sentir moins “visible”. Plus discrète depuis qu’elle portait l’uniforme d’exploration. Ce fut une bonne chose pour elle. La guerrière ne leur accorda qu’un rapide regard noir, mais rapidement, elle détourna les yeux pour continuer sa route. Au moins, les mâles la laissaient tranquille.

« Petit à petit, ils ont affamé la population. Racket, violences, rançons, contrebande. Ils se sont lancés dans toutes les saloperies qui existent, jusqu’à trouver la plus lucrative. »
Là, elle pointa d’un coup de menton la prochaine série de tables poussiéreuse. Il s’y trouvait de grands paquets enroulés dans de la toile de jute, scellé par de la corde. Un scientifique, le seul à être vêtu d’une blouse blanche et protégé d’un masque, effectuait des analyses sur une poudre bleu, brillante comme les étoiles. Lyanna s’arrêta quelques instants, et fixa les fameux paquet. Comment cette poudre bleue pouvait-elle être dangereuse ? Cela l’intriguait beaucoup, et Helen dut se rendre compte que la Kiranienne ignorait ce que c’était.
« L’éphémérade. Un stupéfiant qui déclenche une dépendance immédiate. Celui qui en consomme se prend tout simplement pour un Dieu. C’est extrêmement néfaste pour le corps humain. Et bien entendu, nos ennemis s’en foutent royalement. »

Lyanna secoua la tête, sans comprendre. Elle reporta son attention sur Helen.

"Mais, si c’est si néfaste pour le corps humain, pourquoi ces gens en consomment ? Il leur suffit d’arrêter non ? Pourquoi est ce qu’ils ne le font pas ?" demanda-t-elle en toute innocence, ignorant à quel point les drogues étaient si addictives.
« Ce n’est pas si simple. L’organisme lui-même se met à en demander. Des mécanismes se déclenchent, qui rendent le sujet malade tant qu’il n’en a pas repris. »
Helen marqua une pause avant de la fixer, cherchant une comparaison.
« Imaginez quelque chose dont avez du mal à vous passer. Et dites-vous que ne plus le faire, même si vous savez que c’est destructeur, vous rendra très malade. Physiquement ET mentalement. Tout vous amène à y replonger ! »

La guerrière essayait de comprendre les paroles du médecin, et lorsque cette dernière lui demanda d’imaginer quelque chose dont elle avait du mal à se passer, Lyanna eut une idée qui lui vint aussitôt en tête. Au sexe avec Darren ? Non, bien sûr que non. Il y avait autre chose qui comptait pour la jeune femme. Bien qu’elle se demandait si c’était aussi néfaste que cette drogue.

"Je … j’adore le chocolat. C’est vraiment très bon, et j’ai du mal à ne pas en manger. Est ce que c’est la même chose ? C’est une drogue ?" lança-t-elle, montrant ainsi son ignorance sur beaucoup de choses venant de la Terre.
« A haute dose, on pourrait le voir comme ça, oui. Sauf que le chocolat n’entame pas sérieusement la santé et n’altère pas votre conscience. Je préférerai largement avoir à traiter des maladies liées au sucre plutôt que cette saloperie. »

Lyanna fut soulagée d’apprendre qu’abuser du chocolat ne serait pas aussi dangereux que cette drogue. Tant qu’elle faisait du sport, elle pourrait continuer à en manger comme elle voulait. Les deux femmes reprirent leur chemin, jusqu’à ce que Helen ouvre l’une des grandes portes à la fin du hall pour lui dévoiler un escalier en colimaçon. Il descendait dans les sous-sol. Plusieurs lampes avaient été collées à la paroi et reliées à un réseau électrique de fortune.
« Pourquoi tout ça ? » anticipa-t-elle. « Ces petits bâtards usaient de toutes les techniques pour essayer de nous échapper, atteindre des mondes surveillés par nos gars. Ils ont massacré des centaines d’innocents. Des milliers même. Un exemple ? »

Elle entra dans le sous-sol. Le centre administratif de campagne s’y trouvait avec les différents policiers militaires. Plusieurs tables et chaises de camp avaient été alignées. On y interrogeait des civils, des captifs et des témoins. C’était l’endroit le plus souple, la sécurité y était légère, gardée par quelques soldats armés de neutraliseurs. Un espace un peu plus reculé servait de lieu de repos pour les soldats. Lyanna y découvrirait rapidement le dispositif de communication depuis lequel elle avait discuté avec Jim. Helen passa dans un couloir et s’enfonça un peu plus. Sans s’arrêter, ni même prêter attention, ils longèrent une série de dix truands captifs. Gardés par les militaires, ils avaient les mains sur la tête et le front posé contre le mur comme s’ils étaient “au coin”. Visiblement, ils étaient en attente d’interrogatoire.
La preuve en était de cette porte de salle qui s’ouvrit. On y sortait un criminel par la force, deux hommes le tenant solidement, et qu’on menait vers une cellule beaucoup plus sombre. Magda Rahim en émergea, découvrant la présence de Lyanna d’un regard sombre. Elle la toisa longuement, lui montrant bien qu’elle n’avait pas du tout aimé être dépossédée d’Abelle. Lyanna lui répondit également d’un simple regard noir, elle n’avait pas oublié les séances d’interrogatoire qu’elle avait subi avec ce monstre. La tension était palpable dans l’air. Puis, Magda désigna un des hommes dans la file qu’un garde lui amena sans ménagement. Lyanna se désintéressa d’elle lorsque la folle disparut de son champ de vision, et reporta son attention sur Helen. Une part d’elle fut soulagée de ne pas avoir vu Abelle à la place de ces prisonniers, mais elle avait hâte de la voir et de prendre de ses nouvelles.

« Y’a une semaine, ils ont voulu faire passer un de ces gros paquets que vous avez vu là-haut dans un de nos mondes protégés. Ils l’ont foutu dans le cul d’une vache, laquelle a digéré le paquet. La drogue s’est déversée, elle est tombée raide morte. »
"Dans une vache ? Sérieux ?" lança Lyanna, outrée. Elle eut d’ailleurs une grimace dégoûtée. "Quelle horreur !"

Helen avait atteint un endroit plus lumineux du camp. Plusieurs câbles y serpentaient. En ouvrant la porte, elle exposait l’infirmerie de fortune dans laquelle plusieurs soldats étaient soignés pour des blessures légères. Quelques témoins et civils blessés bénéficiaient également de même attentions.
« Et un petit rigolo s’est emparé du cadavre pour le vendre. »
Helen amena l’Amazone jusque dans son bureau. Il était à l’écart, très spartiate, avec un ordinateur portable branché sur batterie et une petite pile de papier qui attendait son retour. On y trouvait notamment des radios et des résultats d’examens. Sur le mur derrière elle, on y avait collé à l’arrache une plaque lumineuse pour contrôler les radios.
La jeune femme proposa aimablement un siège en face du bureau tandis qu’elle finissait son récit, fouinant dans les différents dossiers. Lyanna s’assit, en regardant autour d’elle pour détailler les lieux, avant de reporter son attention sur le médecin lorsque celle ci reprit la parole.

« La drogue s’est intégrée aux chairs. Donc le boucher n’y a vu que du feu. Il a vendu les quartiers de viande qui sont allés en direction d’un orphelinat qu’on protégeait. Une centaine d’enfants innocents ont trouvé la mort, la gueule dans l’assiette, en trois minutes chrono. »
"Je croyais que les gens qui consomment cette drogue se prenaient pour des dieux. Ils ne sont donc pas morts, non ? Alors, comment ça se fait que ce truc … l’éphé-je-ne-plus-quoi a tué des enfants en quelques minutes ?"
« Déjà parce qu'on ne prend pas l’Ephémérade en mangeant. C’est une poudre qui se mets sous la langue ou qui s’inspire. Et les enfants ne sont pas aussi résistants qu’un adulte. La dose très concentrée de drogue dans ces viandes les ont tué rapidement. »

Les déclarations du médecin faisaient froids dans le dos. Ceux qui menaient la barque sur cette planète avait vraiment trouvé une saloperie dangereuse au détriment des gens, pour leur propre enrichissement. C’était des monstres. Dans quoi Abelle s’était elle fourrée ? Helen s’installa alors, tapotant un dossier qu’elle avait en main. L’inscription “Inconnue 31” s’y lisait facilement.
« Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Il nous a fallu un moment pour trouver la base de cette bande de rats. Maintenant c’est l’heure de régler les comptes. Vous comprenez ? »

Lyanna regarda la pile de dossiers posée sur le bureau d’Helen. Si elle comprenait ? Oh que oui. Visiblement, des individus sans scrupules fournissaient une saloperie à des gens innocents, sans se soucier des morts qu’ils provoquaient. Une seule chose à faire selon son point de vue : les exterminer. Bon, elle se doutait que les Atlantes voudraient les capturer vivants pour les emprisonner. Ils avaient tort, comme d’habitude. Ce genre de personnes, il n’y avait que la mort dans la souffrance qu’ils méritaient. Cependant, la guerrière savait que personne n’adopterait son point de vue. Inutile d’aller voir Ridding pour lui accorder le droit de faire le ménage, il refuserait d’office, connaissant ses “méthodes”. Cependant, Ridding n’était pas là, elle pouvait donc parler librement non ?

"Je comprends. Si ça ne tenait qu’à moi, je les exécuterais après les avoir torturé. Ils ne méritent que la mort, non ? Après tout ce qu’ils ont fait, ça ne serait que justice".
« Je suis d’un autre avis. » répondit-elle mystérieusement.
"Ca, je m’en doutais. Les Atlantes ont toujours un autre point de vue sur la justice !" dit elle sur un ton las, démontrant que ce n’était pas la première fois qu’elle n’avait pas les mêmes opinions que les Terriens. En plus, Helen était médecin. Eux, c’était les pires en ce qui concernait de protéger toute vie.

Si elle avait su qui elle avait en face d’elle, Lyanna aurait sans doute gardé ses envies de tortures et de meurtres pour elle. Son regard glissa sur le gilet tactique que le médecin portait, le même qu’elle avait. Sauf que sur le sien, il y avait quelque chose d’écrit. Ridding. Ce qui fit froncer les sourcils, alors qu’elle levait les yeux pour regarder Helen, très surprise de voir ce nom là.

"Ridding ? Heu … tu as le même nom que le mâle. Comment ça se fait ?"
Le médecin avait le sourire qui s’agrandissait à mesure qu’elle découvrait le pot aux roses. Helen connaissait très bien l’animosité entre son homme et l’Amazone. Maintenant, elle était impatiente de connaître sa réaction.
« Ce “mâle”, comme vous dites, est mon mari. » déclara-t-elle en la fixant. Elle précisa, un peu à la volée, pour faire de l’humour : « Enfin...j’aurai tendance à dire que je ne suis que sa deuxième femme. Etant donné qu’il est davantage lié à son travail qu’à moi. »

Autant dire que Lyanna fut choquée par cet aveu. Elle dévisagea longuement Helen, comme si elle attendait désespérément que celle ci lui dise qu’elle plaisantait. Mais non, le regard du médecin était toujours sérieux, même si elle tenta d’être drôle sur la fin en prétextant que le Lieutenant était surtout marié à sa carrière de militaire.

"Heu … quoi ? Sérieux ?"

Lyanna n’arrivait toujours pas à le croire. Darren et d’autres Atlantes lui avaient expliqué ce qu’était le concept de mariage sur Terre, et la prise du nom de famille de l’homme par sa femme, d’une manière générale. Mais jusqu’ici, la guerrière n’avait jamais rencontré ce genre de “couple”. Alors, savoir que Ridding était marié à une femme, et en plus, à celle qui était assise face à elle, était déstabilisant pour elle.

"C’est … c’est ton époux ? Lui … et toi ? Et tu portes son nom ? Mais … pourquoi ?"

La guerrière enchaîna les questions avant même d’avoir des réponses, montrant ainsi à quel point elle était perturbée par cette bien étrange nouvelle.

« L’amour n’a pas de raison, c’est comme ça. On s’est plu, on s’est marié. » expliqua le médecin.
Les questions soudaines de Lyanna lui avait déclenché une réaction instinctive. Elle se mit à jouer avec l’alliance qu’elle avait à l’annulaire. Toujours assise devant l’Amazone, Helen fronça un peu les sourcils puis ajouta en souriant :
« Avoir le même nom que mon mari ne veut pas dire que vous aurez les mêmes problèmes avec moi. Si c’est ce qui vous perturbe... »

Helen avait beau essayé de la tranquilliser en disant qu’elle n’aurait pas les mêmes problèmes qu’avec le militaire, cela ne calma pas les craintes de Lyanna qui voyait en le médecin une sorte d’espionne pour Ridding. Pourquoi avait-il fallu que son interlocutrice sur cette planète soit l’épouse du soldat ? Vraiment étrange comme hasard. La guerrière se doutait qu’à partir de maintenant, elle devrait faire attention à ses paroles. Notamment, si elle en venait à parler du mâle. Le regard de Lyanna descendit jusqu’à un objet avec lequel Helen jouait distraitement. Un anneau à son doigt. Elle ignorait que cette bague était en réalité une alliance.

"C’est rare de voir des Atlantes porter des bagues. En général, ils n’ont pas le droit d’avoir ce genre de bijoux".
« Je la garde avec moi quand je ne suis pas impliquée sur le terrain. » reconnut Helen. « Vous ne savez pas ce qu’est une alliance ? »
Lyanna secoua la tête en signe de négation. Ridding dévisagea la jeune femme et compris que ce concept lui échappait totalement. Bien qu’elles avaient toutes les deux pas mal de travail sur la planche, cette discussion offrait une distraction salutaire. Et si l’échange permettait également de détendre l’Amazone maintenant qu’elle connaissait son lien avec le lieutenant, alors pourquoi pas ?
« C’est un symbole d’appartenance. Je suis à lui, il est à moi. Ceux qui voient mon alliance et qui voient la sienne savent que nous ne sommes pas disponibles. La religion peut s’en mêler aussi. Mais dans le fond, c’est histoire de concrétiser un lien d’amour... »
Elle sourit un peu, prenant l’intonation d’un homme de foi.
« Jusqu’à ce que la mort nous sépare... »
Elle regarda son anneau.
« C’est généralement à l’homme de faire la demande. Moi je n’ai pas eu la patience, je l’ai fais moi-même au retour d’une mission. Mon mari a accepté sur le champs. »

Lyanna écouta le récit d’Helen, elle était intriguée de savoir que c’était le médecin qui avait “fait sa demande” au soldat. Cette histoire d’alliance lui fit se poser des questions concernant sa propre relation avec Darren.

"Et .. ça veut dire que … quand on tient à un mâle, on doit lui donner ça ?"
« Tenir à un mâle... » répéta Helen en se demandant comment elle pouvait décrire ça comme ça. C’était, de son point de vue, sacrément péjoratif. « Pour faire simple. Quand on est prêt à passer sa vie avec son conjoint, et qu’on voudrait se marier avec lui, c’est à ce moment qu’on fait sa demande. La femme reçoit une bague à ce moment-là, c’est ce qu’on appelle les fiançailles... »
Elle marqua une pause.
« Le couple prépare les festivités pendant un certain temps. Généralement, c’est un an, le temps de voir si ça marche toujours. Et puis...c’est le mariage. Ce jour là, on reçoit chacun notre alliance. En or pour le mari, en argent pour sa femme. »
Helen se laissa gagner par un air entendu, elle lui souriait, certaine de taper dans le mille. Ca faisait un moment que l’Amazone la tutoyait en se moquant du code. Alors elle se donna la même liberté pour lui demander, avec un regard chargé de malice.
« Tu t’intéresses à ton militaire ? »

Forcément, la question d’Helen perturba encore plus Lyanna qui la fixa du regard. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit pendant quelques secondes. Le médecin l’avait vraiment mis mal à l’aise. La guerrière secoua la tête.

"Hein … non … non … enfin si … mais … non … pas comme ça … je veux dire ..."

Lyanna se perdit dans ses explications, et pour couronner le tout, elle se mit même à rougir en pensant à Darren. Après s’être mordillée la lèvre, la guerrière tenta de se reprendre.

"Je … je n’ai pas posé ces questions à cause de lui … j’étais juste … curieuse … c’est tout !"
« Tant mieux. Parce qu’un homme, c’est dur à marier. » rétorqua Helen sans quitter ce sourire malicieux.


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Darren Clive

Image perso : Tout à un prix Bannie10
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le Mar 26 Mai - 15:23

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Bien sûr que oui, Lyanna tenait énormément à Darren. Elle était bien avec lui. Mais cela voulait-il dire qu’elle l’épouserait un jour, comme les Atlantes ? Pour l’instant, la jeune femme préférait ne pas y penser, ça allait trop vite. Lyanna Clive … non, trop rapide pour elle. Pourtant, une part d’elle voulait rester auprès de Darren, et c’était la définition que venait de décrire Helen. Déstabilisée par cette allusion, Lyanna finit par secouer la tête, cherchant un autre sujet de conversation en se raclant la gorge, les joues encore rosies par cette gêne qu’elle avait ressenti.

"Et … Abelle ? Où est elle ?"
« Abelle. » répéta le médecin en s’emparant d’un marqueur.
Elle raya aussitôt la mention “inconnu 31” sur le dossier pour y apposer la bonne identité de la prisonnière. Helen fit une petite moue, du genre qu’elle ne saurait pas quoi en dire, puis lui avoua sur un ton personnel.
« Un sacré numéro ta copine. »
Le médecin ouvrit le dossier, allant sur une page manuscrite qui relatait les différents points de sa santé.
« Elle est sous nos pieds, enfermée à double tour dans la cellule la plus résistante, solidement gardée par les copains. Quand on l’a gaulé, elle transportait soixante-treize kilos de poudre. Alors qu’elle, elle n’en fait...que soixante-deux. »
Helen échangea un regard en coin.
« Les Rippeurs ont indiqué dans leur rapport qu’il leur a fallu trois tirs de neutralisant pour l’arrêter. J’ai donc fait une analyse toxicologique et... »
Elle fît glisser la feuille sous le nez de Lyanna. Il s’agissait d’un graphique avec divers composés dans son sang. La jauge comportant la mention “Ephem.” dépassait très largement les autres niveaux. C’en était même inquiétant puisque le résultat dépassait quasiment la feuille, mordant sur le titre et la mise en page.
« Elle est tellement droguée que je ne sais pas si le sevrage est encore possible. Je suis contrainte de lui fournir des doses régulières pour maintenir son organisme en bonne santé. Une privation trop brusque pourrait la tuer. »

Lyanna n’en revenait pas de ce qu’elle apprenait sur Abelle. Un regard au graphique démontrait clairement qu’Abelle avait une énorme quantité de drogue dans son organisme. Helen craignait qu’elle n’arrive pas à la sevrer, et la guerrière secoua la tête, n’aimant pas être impuissante face à cette situation.

"Elle portait 73 kilos de drogue ? Comment c’est possible ? Je ne l’ai jamais vu porter quelque chose de lourd !"

« C’est l’un des effets de l’Ephémérade. La désinhibition. »
Helen se redressa sur sa chaise pour lui expliquer.
« Vous portez un poids trop lourd pour vous, que se passe-t-il ? Vos muscles se tendent, ils tremblent, vous risquez et pouvez vous faire mal. Tout contribue à un échec automatique. Mais avec cette drogue, il n’y a que le sentiment de pleine puissance. »
Elle donna un coup de menton vers le graphique.
« C’est en ça que ce poison est destructeur. Ce n’est qu’une impression, une illusion. Sans ces protections du corps humain, on s'abîme, on se tue. J’ai traité des lésions sur son dos et ses épaules, des blessures qu’elle n’a pas senti et dont elle n’a pas conscience. »

Lyanna était perdue dans tout ce qu’elle apprenait sur Abelle, et elle était très affectée de savoir que la jeune femme ne s’en sortirait peut être pas.

"C’est impossible, ça ne peut pas être vrai. Abelle n’a pas pu faire ça volontairement. Elle n’a pas pu se droguer au point de se tuer, ni emmener d’elle même autant de cette chose sur sa planète. Quelque chose cloche. Je me refuse à croire qu’elle a fait tout ça d’elle même, ça ne lui ressemble pas du tout".

La guerrière était persuadée de l’innocence d’Abelle, ou du moins que quelqu’un d’autre était derrière tout ça. Mais elle était visiblement la seule. Toutes les preuves étaient contre la jeune femme.

"Je dois la voir. Je dois lui parler".
« Reprends-toi, Lyanna. » imposa Helen d’une voix professionnelle. « Parce qu’on ne fait que survoler le problème. J’ai encore un tas d’autres mauvaises nouvelles à t’apprendre. Il vaudrait mieux que tu sois moins...émotive. »

Lyanna leva les yeux au plafond, avant de les fermer en soupirant. Des mauvaises nouvelles, toujours plus de mauvaises nouvelles. La jeune femme avait un mauvais pressentiment. Il fallut plusieurs minutes pour que la guerrière parvienne à se calmer, puis elle hocha la tête en direction d’Helen.

« Bon. » fit-elle en sortant quelques clichés radiographique. Elle se redressa tout en préparant l’appareil de lecture contre le mur.
« Si le lieutenant t’a fait venir, ce n’est pas seulement parce que tu as demandé à la voir. Je pense que cette fille est davantage victime que coupable dans cette affaire. J’ai présenté ces preuves. »
Elle claqua les radios contre l’affichage lumineux pour les coincer, faisant apparaître la charpente osseuse d’Abelle. On reconnaissait son crâne, de profil, ainsi que ses cervicales. Une radio de son torse puis de ses genoux.
« La patiente présente des lésions sur ses cervicales. Je lui ai trouvé un début d’hernie discale sur deux de ses vertèbres. Tu vois, ces bêches ? »

L’environnement était très étrange.
Lyanna s’était transformée en mère poule terrifiée d’apprendre à quel point Abelle avait abîmé son corps pendant qu’Helen lui annonçait les mauvaises nouvelles avec un professionnalisme habituel, presque froid.

« Je trouve les mêmes sur ses côtes et ses jambes. C’est inhabituel. Ce qui a conforté mes hypothèses, ce sont ses mains. »
Ridding accrocha une dernière radio. On y voyait les os de la main droite de la servante. Avec son petit doigt, Helen dessina un trait parfaitement droit soulignant les mêmes brèches sur chacune de ses phalanges. Trop droite pour tenir d’un accident.
« C’est symptomatique d’un coup de porte infligé délibérément. Cette fille a été torturé. Les douleurs consécutives à ces différentes blessures rendraient fous n’importe qui. »
Le médecin haussa des épaules.
« Ce n’est qu’une hypothèse. Mais je pense que la drogue devait être un moyen de soulager sa douleur. En revanche, ces soixante-treize kilos valent une fortune. C’était forcément en dehors de ses moyens. »

Autant dire que ces découvertes transformèrent Lyanna en une véritable bombe à retardement. Apprendre non seulement qu’Abelle avait été torturé était déjà quelque chose d’horrible et de difficilement supportable. Mais qu’en plus, elle avait eu raison sur le rôle qu’avait joué la jeune femme dans cette histoire de trafic, qu’elle était manipulée par quelqu’un qui l’envoyait faire cette sale besogne pour elle ne savait encore quelle raison, s’en était trop pour la guerrière. Cette dernière sentit une énorme bouffée de rage l’envahir, et elle dut se lever et se détourner des radios pour ne plus voir les sévices qu’avait subi Abelle. Elle fit les cents pas dans la salle, les poings serrés, prête à frapper n’importe qui.

"Je dois savoir qui lui a fait ça ! Il faut qu’elle me le dise !" murmura-t-elle sans ajouter qu’elle tuerait cet inconnu sitôt qu’elle le trouverais, gardant cette information pour elle, même si Helen devait s’en douter.
« Lyanna... » l’appela le médecin pour attirer son attention. Elle était restée à côté des radios. « Ne soit pas naïve. Cette jeune fille à son jugement altéré, elle sera en manque. Et c’est sans compter les traumatismes psychologique que ces mésaventures lui ont causé. Tu vas faire face à une inconnue, il faut que tu le saches. »

Lyanna déglutit avec difficultés. Elle ne voulait pas croire qu’Abelle ne puisse pas la reconnaître, ou soit complètement incohérente. Pourtant, vu son état et ce qu’elle avait subi, il y avait de fortes chances que ça soit le cas. Mais ça lui était égale. Elle devait être là pour elle. La guerrière secoua la tête.

"Je veux la voir !" répéta-t-elle avec sérieux, en fixant Helen.

Le médecin était d’accord.
Elle éteignit le lecteur de radio puis quitta le bureau pour lui montrer le chemin. Elles revinrent vers l’escalier en colimaçon plongeant. Il y en avait un autre qui lui faisait face et descendait un niveau encore en-dessous. Heureusement, l’éclairage y était également installé, sinon il y ferait noir comme dans un four. Pendant le trajet, Lyanna rencontra quelques ingénieurs qui installaient des détecteurs de mouvements et des portes de sécurités. Helen retira son badge pour le passer dans le lecteur et invita Lyanna a passer devant.
« Le quartier de détention de haute sécurité. Nous y avons les prisonniers les plus importants. »

Le même corridor qu’elle avait longé pour aller à l’infirmerie s’étalait sous ses yeux. Mais cette fois-ci, les côtés étaient garnis de cellules. D’anciens dortoirs que les ingénieurs avaient renforcé par des portes grillagées ne s’ouvrant que par pass. Dès que Lyanna et Helen passèrent devant, les captifs, des hommes en grande majorité, se mirent à les siffler. Si Lyanna regardait l’un d’eux, elle pourrait les voir, mains autour des barreaux, les lorgner avec envie. Faire des gestes de langue, des claquements de bouche, voir même montrer leur sexe dans des accoups pervers.
Beaucoup les invitaient à entrer, ou scandaient qu’elles n’avaient pas le courage de faire face à de “vrais” hommes.

« Un bel exemple de l’humain, tu ne trouves pas ? » constata Helen en les ignorant.
"J’ai l’habitude de ce genre de mâles. D’ordinaire, je les frappe là où c’est douloureux. Ca les calme pour un temps. Sinon, le mieux c’est de les castrer" lança Lyanna sur un ton sérieux, essayant de ne pas les regarder pour ne pas se laisser submerger par la haine.

Enfin, elles parvinrent au fond du corridor. La porte qui aurait donné sur l’infirmerie un niveau plus haut donnait cette fois sur la salle d’interrogatoire. La table et la chaise étaient vides, personne ne s’y trouvait. Pourtant, puisque cette porte était grillagée, Lyanna trouva la silhouette d’Abelle un peu plus loin, lui tournant le dos. Elle avait ouvert largement le pan de sa tunique pour remuer sa poitrine sous le nez d’un garde qui brillait par sa passivité.

« ...et tu pourras me prendre sur cette table comme tu auras envie, je serai une très gentille fille ! »

Helen avait constaté la même scène que Lyanna. Cette dernière fut d’ailleurs stupéfaite de voir la si douce et gentille Abelle réagir comme … une putain. La guerrière tourna la tête vers le médecin pour essayer de comprendre ce changement de comportement.

« Elle réclame encore sa dose. La dernière fois, elle s’était mise à genoux devant mon mari pour essayer de le gâter. Son organisme la pousse à bout. » lui expliqua-t-elle lentement. « Elle tentera tout ce qui est possible pour obtenir de la drogue. Dans cet état-là, elle manque totalement de raison et de lucidité. »

« Quoi ? Tu n’aimes pas ce que tu vois ? » insistait Abelle en débutant une sorte de danse qui se voulait sensuelle.

Helen Ridding ouvrit l’une des poches de son gilet et en retira un tube de prélèvement.
La poussière bleu brillante à l’intérieur ne laissait pas de doute quant à sa nature. Le médecin confia la dose à Lyanna tout en lui disant qu’Abelle n’aurait pas la prochaine avant quatre heures. La guerrière regardait le tube qui contenait la drogue, et elle serra la mâchoire. Cela ne lui plaisait pas du tout de donner ça à Abelle, mais Helen avait raison. La jeune femme ne pouvait pas être sevrée d’un seul coup, et elle avait besoin de cette saloperie à plus petite dose pour ça. Lyanna rangea le tube dans une poche de son gilet, avant de regarder le médecin.

« Utilise ton pass pour entrer. Les soldats à l’intérieur sont de garde, ils ne partiront pas. Oublie l’idée de les renvoyer. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésites pas à m’appeler à la radio. On fait équipe sur ce coup. »

Tandis qu’Helen faisait demi tour et partait, Lyanna la regarda faire, avant de reporter son attention sur Abelle à l’intérieur de la salle d’interrogatoire. Elle voulut entrer, mais un détail la chiffonna. Elle était armée, et vu que la jeune femme n’était pas entravée, malgré la présence des quatre gardes, ça ne serait sans doute pas une bonne idée. A contre coeur, elle retira ses épées et son couteau, et les confia à une femme militaire qui gardait la porte. Puis, elle respira profondément, sortit son badge et le passa devant l’appareil qui émit un bip. Elle ouvrit la porte et rentra dans la pièce, tandis que la militaire verrouillait derrière elle. Lyanna resta longuement à regarder Abelle qui avait du remarquer sa présence. Cette dernière était méconnaissable, elle n’avait plus rien à voir avec la jeune femme qu’elle connaissait. Comme Helen le lui avait dit.

"Bonjour Abelle".

Quand elle se retourna complètement, elle avait encore sa tunique entrouverte, se fichant de sa demi-nudité qu’elle offrait au regard de tous. La jeune femme avait les cheveux rabattu en avant comme une sauvageonne, la peau ruisselante de sueur. Ses mains tremblantes montèrent au niveau de ses yeux et elle écarta ses mèches pour mieux y voir. Alors qu’elle toisait Lyanna sans vraiment la reconnaître, elle révélait les énormes cernes noires qui entouraient ses yeux. Sur une face de son visage, de la joue jusqu’au creux du nez, elle s’était gratté frénétiquement. A tel point qu’elle était couverte de croûte de sang coagulé, certains récentes, d’autres pratiquement arrachées.

« Ah !!!! Merci Seigneur ! Enfin quelqu’un venu me sortir de là ! » s’écria-t-elle d’un air enthousiaste surjoué. Elle était mauvaise menteuse, son hypocrisie se devinait très facilement.
Abelle ajusta sa tunique sans la fermer, comme si elle avait la flemme de faire l’effort de la refermer sur chaque boutons. Elle vint à grandes enjambées, passa à côté de Lyanna sans un regard pour elle, puis claqua de ses deux mains contre la grille.
« BON ! LAISSEZ MOI SORTIR ! Elle me connait, elle est venue me libérer ! »
Personne ne lui répondit.
Abelle ne semblait avoir aucune patience. Elle abattit ses mains encore plus fort contre la porte, faisant résonner le métal, alors qu’elle jurait. Comprenant qu’elle ne serait pas sortie tout de suite, elle fit demi-tour pour observer un instant l’Amazone. Elle se passa la manche sur le visage. Mais il était tellement gorgé de sueur qu’elle ne fit qu’étaler le ruisseau sur son front plutôt que de le retirer.
« Tu sais où est mon sac ? »

Lyanna n’avait pas essayé d’empêcher Abelle de frapper la porte, et elle s’était écartée d’elle pour se placer à côté de la table, les mains croisées sur sa poitrine. La guerrière observait la jeune femme qu’elle ne reconnaissait plus, et inversement apparemment. Comme l’avait dit Helen. Lyanna souffrait de voir Abelle dans cet état, mais elle ne laissa rien paraître sur son visage. Lorsque la “junkie” se retourna pour la regarder, en parlant de sac, encore à moitié dénudée, la guerrière garda son visage impassible. Elle aurait voulu prendre Abelle dans ses bras, mais elle savait que c’était impossible. Elle secoua la tête à sa question.

"Aucune idée, je ne vois pas de quel sac tu parles".

Lyanna s’assit à moitié sur le bord de la table, les bras toujours croisés.

"Tu te souviens de moi, Abelle ? Tu sais qui je suis ?"
« Pourquoi je t’aurai oublié, Lyanna ? On a travaillé ensemble sur ma planète. J’étais à ton service ! »
Elle se mit à faire les cents pas, s’entourant de ses bras comme si elle frissonnait. Tous les signes de manque la harcelait.
« Ils m’ont enfermé ! J’avais le droit de passer, pourtant ! Je suis la servante de la reine, tout de même ! De quel droit ils se permettent, ces voleurs ! »

Lyanna fut soulagée de voir qu’Abelle ne l’avait pas complètement oublié. Au moins, ses souvenirs étaient encore là. La guerrière regarda autour d’elle, observant les mâles qui se trouvaient dans la salle. Elle aurait préféré qu’ils ne soient pas là, mais c’était peine perdue de les faire sortir. Helen l’avait prévenu. En soupirant, la guerrière reporta son attention sur la jeune femme qui frissonnait en marchant. Il lui fallait sa dose de drogue.

"S’ils t’ont enfermé, c’est parce que tu portais un sac très lourd. Avec quelque chose de dangereux à l’intérieur. C’est pour ça que tu n’as pas pu rentrer chez toi".

Lyanna se redressa et se tourna vers la table, gardant toujours en visu Abelle.

"Tu sais très bien que cette chose est mauvaise pour toi. Pourquoi vouloir en rapporter sur ta planète ?"
« Ce ne sont pas tes affaires, je n’ai pas à te répondre. » lâcha-t-elle, soudainement très agressive. Elle lança un regard noir de haine à son encontre.
« Maintenant libère-moi ou dégage ! »

Voir Abelle si agressive était vraiment surprenant. Elle avait du vivre un véritable calvaire depuis la dernière fois que Lyanna l’avait vu. Sans oublier le fait qu’elle se droguait et qui n’arrangeait pas les choses. Abelle lui rappelait ses jeunes Soeurs lors de leur apprentissage, mauvaise dans le caractère par pur défense. L’attitude de la jeune femme ne perturba pas la guerrière qui restait impassible. Elle continua de fixer Abelle.

"Tu sais très bien que je ne partirais pas tant que je n’aurais pas de réponses à mes questions. Et je n’ai pas le pouvoir de te libérer".

Lyanna sortit le tube de sa poche, et le montra à Abelle.

"Tu veux ça ? J’ai besoin de réponses ..."

Dès l’instant où la jeune femme avait aperçu la couleur bleuté de la poudre dans le tube, un brusque changement s’était opéré en elle. Son corps s’était recouvert d’une chair de poule, l’ensemble de sa pilosité, jusqu’aux cheveux et sourcils, tiraillés par ce besoin viscéral de consommer le produit. Elle ne regardait plus Lyanna, elle ne regardait plus que ça maintenant. Abelle s’humecta ses lèvres gercées et s’agita un peu moins.
« Que...qu’est-ce que tu veux...savoir ? » baragouina-t-elle en se dandinant d’un pied sur l’autre.
Elle cligna des yeux. Totalement docile.
« Je...ferai tout. Je...j’ai besoin de ça, donne-le moi ! Ce sont mes….mes...médicaments. Il me le faut ! »

"Qui t’a procuré cette drogue ?" demanda Lyanna en gardant le tube dans sa main.
« Mon fournisseur ? Bogda. Il...il livre les grandes quantités. »
Elle décida que cette réponse suffisait. Elle tendit la main pour prendre le tube.

"Et ce Bogda, où se trouve-t-il ? Est ce qu’il a des associés ?"
« Trois hommes de main le protège. Il est dans un endroit...enterré. Mais je ne sais pas plus. A chaque fois...on me met un bandeau sur les yeux. »
Elle tenta une nouvelle fois de prendre le tube.
« DONNE MOI ÇA ! »

"Arrête de crier, sinon je le range !"
« Tu... ! »
Son regard s’écarquilla, comme si elle était prise d’une soudaine clairvoyance.
« Tu...n’as jamais eu l’intention de me le donner ! C’est...c’est ça hein ?!? »
Ses tremblements reprirent de plus belle, comme si elle subissait le contrecoup d’être restée physiquement aussi calme. Elle se prit la tête entre les mains, secouant ses cheveux dans tous les sens.
« Vous voulez me tuer ! Vous voulez me tuer LENTEMENT ! »

Lyanna fit tout son possible pour rester calme, mais si à l’intérieur, elle hurlait. Le tube toujours en main, elle fit mine de le poser sur la table, mais elle le garda en suspension, hésitante. Elle essaya d’attirer l’attention d’Abelle.

"Vu que tu sais qui je suis, tu dois savoir aussi que je ne t’ai jamais voulu de mal, ou te faire souffrir".

Lyanna continua de fixer Abelle, sans lâcher le tube.

"Réponds à seulement deux questions, et je te donne ta dose ! Tu es d’accord ?"
« NON, JE TE HAIS !!!! » hurla soudainement Abelle en éclatant en sanglots.
Les forces semblaient lui manquer soudainement. Ses jambes cédèrent et elle se recroquevilla sur elle-même, pleurant toutes les larmes de son corps en répétant dans un couinement qu’elle haïssait Lyanna. Cette dernière profitait du fait qu’Abelle ne la regardait pas pour ranger le tube dans une poche de son gilet, à l’abri. Puis, elle s’avança vers la jeune femme, et se plaça dans son dos. S’accroupissant, elle la prit dans ses bras pour essayer de la calmer.

"Abelle, écoute moi. Je suis ici pour t’aider ! Mais il faut que tu me fasses confiance, sinon je ne pourrais rien faire !"

Mais contre tout attente, la servante se retourna pour se jeter sur l’Amazone. Son pleur avait mué sur le cri d’une bête sauvage enragée. Un cri qui contrastait horriblement sur ce qu’était réellement Abelle, sa douceur et sa gentillesse. C’était à croire qu’un démon avait investi son corps et ne voulait plus la relâcher. Entraînée par une force qui la stupéfiait, Lyanna se retrouva sur le dos tandis que son amie grattait frénétiquement du bout des ongles les poches de son gilet sans y parvenir. Elle continuait d’hurler, encore et encore, n’ayant que pour seul but cette unique dose. Elle y aurait misé sa vie.

Il ne fallut pas plus d’une dizaine de seconde pour que deux paires de mains ne s’emparent d’elle et la rejettent lourdement contre la table. Deux gardes sur les quatre s’étaient occupés de son cas sans douceur, la contraignant par une prise de soumission pendant qu’un autre lui enfilait des serflexs derrière le dos.
« DÉTESTE ! DETEEEEEEEESTE !!! » hurlait-elle comme une folle.

Lyanna se releva, et regarda Abelle maintenue par deux mâles, tandis qu’un troisième lui liait les poignets. En temps normal, elle serait intervenue pour leur faire lâcher prise et protéger la jeune femme. Mais là, elle avait à faire à une véritable furie, et elle ne savait pas comment la gérer sans la frapper.

Au même moment, le bip sonore de la porte résonna au travers des cris d’Abelle. Helen et un infirmier rejoignirent immédiatement le groupe. Ils observèrent brièvement la patiente. Helen retira une ampoule de sa poche puis y planta une seringue. Elle préparait un calmant à action rapide.
« Tenez-là fermement ! » ordonna-t-elle aux gardes.
Abelle faisait un tel scandale de folie qu’on aurait cru qu’on était sur le point de l’égorger. Bloquée de tout son long contre la table, elle se mettait maintenant à battre des pieds dans tous les sens, cherchant par tous les moyens à leur échapper. Toute l’énergie qu’elle déployait était surprenante.
Helen passa de l’autre côté de la table. Aidé par l’infirmier qui ouvrit une faille, elle accéda à l’épaule de cette dernière et la piqua. Son cirque dura encore une vingtaine de secondes puis elle perdit en force. Progressivement, ses mouvements furent moins violents. Ses hurlements ressemblaient à un vieux film d’horreur dont on baissait le son tant ça gênait.
Puis elle s’éteignit enfin.

Le silence avait quelque chose de salvateur à ce moment là.
« Ok...ok. Mettez là sur la table. » ordonna Ridding en passant le stéthoscope à ses oreilles.
Les militaires et l’infirmier coopéraient. Pendant qu’elle cherchait à poser le capteur sur la poitrine nue de la patiente, elle regarda Lyanna avec un mélange d’appréhension et de compassion.
« Lyanna ? Rien de cassé ? »

"Ca va. Plus surprise qu’autre chose" dit Lyanna, étant restée en retrait pendant l’intervention d’Helen.

La guerrière s’approcha de la table.

« Tu lui as donné sa dose ? »

"Je n’ai pas eu le temps, je lui posais quelques questions, mais elle a piqué sa crise avant d’avoir donné toutes les informations que je cherchais".
« Ce n’est pas une bonne stratégie de mettre un drogué au pied du mur. Bon sang, je ne t’ai pas confié cette dose pour que tu la retiennes ! » râla soudainement la toubib.
Elle pressait sa main contre son front.
« Elle est fiévreuse. Le délire n’a rien arrangé. »

Lyanna leva les yeux au ciel. C’était la première fois qu’elle faisait face à ce genre de situation. Puis, elle reporta son attention sur Helen.

"Elle répondait bien à mes questions, j’attendais encore deux réponses. Si je lui avais donné tout de suite sa dose, je savais parfaitement qu’elle se serait murée dans le silence. Qu’est ce que tu voulais que je fasse ? Que je la laisse mener la danse ?"
« Merde ! J’y crois pas ! Ce n’est pas une compétition !!! Tu mènes l’interrogatoire comme tu veux tant que tu ne mets pas sa vie en danger. Tu as du temps pour ça, quitte à revenir quand elle est en manque. »
Helen jura une nouvelle fois.
« Il fait pas bon d’être ton amie ! »

Les dernières paroles eurent raison de Lyanna. Cette dernière était furieuse. Elle sortit le tube de sa poche, et le posa sur la table. Puis, elle partie vers la porte et quitta la pièce, avant d’aller chercher ses armes auprès de la militaire.

Lyanna n’était véritablement pas au bon endroit pour calmer ses nerfs.
Déjà, les prisonniers se collaient aux barreaux pour la provoquer, lui faire remarquer ses formes appétissantes ou son visage qui ne méritait que d’être “inondé”. Il fallait qu’elle s’écarte, qu’elle trouve un endroit calme. Donc, après avoir repris l’escalier pour revenir au premier sous-sol, celui donnant sur l’infirmerie, elle fût enfin débarrassée des cris et des remarques. La jeune femme ne savait pas qu’elle tomberait pile sur la route du lieutenant Ridding. Lequel se planta devant elle pour la dévisager. Lyanna s’arrêta net pour ne pas lui rentrer dedans. Et quand elle comprit enfin qui elle avait en face d’elle, elle ne pus s’empêcher de lâcher un "oh non, pas lui !" tout à fait perceptible. Ce n’était décidément pas son jour.
Le concerné fit mine de ne pas avoir entendu.

« Vous avez appris quelque chose ? »

"Pas autant que j’aurais voulu, non" lança-t-elle sur un ton énervé par toute cette situation.

Lyanna soupira et secoua la tête.

"J’ai juste pu avoir un nom, celui de son fournisseur. Un certain Bodga. T’es content ?"

Les yeux sombres de colère, Lyanna contournait déjà Ridding pour partir.
« C’est un début. » fit-il en amorce. Mais le comportement de Lyanna ne lui donnait pas envie de l’épargner. « Mais si vous traînez les pieds, je peux vous faire assister par l’agent Rahim. A vous de voir. »

Entendre que Rahim serait de la partie pour interroger Abelle fit stopper la fuite de Lyanna, qui se retourna pour lancer son regard noir sur Ridding. Elle eut un sourire mauvais pour lui.

"Tu crois vraiment qu’elle va la faire parler, alors qu’en cet instant, Abelle est entrain de dormir, sous calmant ?"

Lyanna secoua la tête.

"Elle n’a pas intérêt à s’approcher d’elle. Moi, je vais prendre l’air en attendant qu’Abelle se réveille !"
« Vous êtes prévenue. Si vous n’avez qu’un pauvre nom à me donner la prochaine fois que nous nous croisons, l’agent Rahim reprendra l’affaire. » déclara Ridding plus sévèrement. « De nombreuses vies sont en jeu. »


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Lyanna

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le Mar 26 Mai - 15:30

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Lyanna ne répondit pas, elle savait qu’elle aurait du mal à se contrôler si elle parlait plus longuement avec Ridding. Elle lui tourna le dos et partit dans le couloir. Son seul objectif en cet instant était de quitter le bâtiment pour prendre l’air. Une fois à l’extérieur, elle respira profondément. Cette visite se passait très mal, et elle ne savait pas comment arranger les choses et aider Abelle. Elle en venait même à penser que sa venue était une mauvaise idée. Lentement, la jeune femme commença à marcher pour essayer de penser à cet échec qu’elle venait de subir, en colère contre tout le monde, et contre elle même.

C’était une journée très éprouvante en émotions. Apprendre qu’Abelle était blessée, droguée. Se rendre compte directement sur place de “l’étrangère” que lui avait dépeinte Helen et n’avoir pas pu tirer suffisamment d’informations avant qu’elle ne cède, sa santé en péril.
Tout cela tiraillait la jeune femme. Elle était seule à devoir gérer tout ça, prise entre deux feux, en essayant d’empêcher Rahim de prendre Abelle en charge.

La place du camp qu’entourait les tours de garde modulaires semblait être le seul terrain de paix. Bien qu’elle ne les voyait pas, Lyanna pouvait entendre distinctement la foule de réfugiés se presser vers la Porte. Bien plus nombreuse à en entendre le brouhaha apocalyptique.

Le jumper posé non loin d’elle se mit à décoller. Visiblement, il n’avait fait qu’un arrêt et repartait vers une nouvelle destination. Le nuage de sable qu’il leva au décollage aveugla un peu l’Amazone. Elle mit un peu de temps à s’essuyer les yeux avant de découvrir la présence de militaires. Ils étaient trois, revenant vers elle.

Deux hommes tenaient un fusil M4 par chaque extrémités. Une jeune femme s’était assise dessus, entourant les épaules de chaque frère d’armes de ses bras tout en serrant les dents sous une intense douleur. Sa jambe gauche baignait dans le sang. Son pantalon était déchiré tout du long, parsemé d’amas de sable coagulé par l’hémoglobine. Sous chaque accoup exercé par les pas des deux compères, des gouttelettes s’échappaient et teintaient le sable de sang frais. Elle leur demandait d’aller doucement et, à chaque fois, ils s’excusaient sincèrement.

La crasse et le noir de charbon les avait rendu méconnaissable. Mais lorsqu’ils passèrent juste à côté de la jeune femme, elle tapota le dos des garçons qui s’immobilisèrent dans leurs mouvements.

« Salut bichette ! » fît April derrière ses dents serrées par la douleur.
Son humour était clairement forcé.
« Quand on m’a dit qu’un chirurgien me rafistolerait la jambe, j’étais loin de me douter que ce serait toi ! »

Lyanna mit un moment avant de réagir, et elle reconnut enfin les personnes présentes devant elle. Automatiquement, elle jeta un oeil en arrière, cherchant du regard le quatrième membre de l’équipe qui manquait à l’appel. Le plus important pour elle. Mais Darren n’était pas là. La guerrière reporta son attention sur les trois militaires.

"April ? Mais, qu’est ce que ..."

Étant maintenant proche, Lyanna put voir à quel point sa jambe était amochée.

"Qu’est ce qui t’es arrivée ?"
« J’ai pris un immeuble sur la gueule. »

Gentiment, Jim et Max conservaient leurs positions, continuant de tenir le M4 faisant office de siège. Ils tournaient vaguement la tête pour savoir ce qui se disait entre filles mais les sourires n’y étaient pas. Les garçons étaient angoissés et ils attendaient simplement le signal de leur amie anémiée pour reprendre la route. Elle était effectivement très affaiblie. Son dynamisme habituel avait disparu au profit d’une lassitude inquiétante.

« T’es encore plus petite que je pensais. » nargua-t-elle d’une voix cotonneuse.

En ce moment, Lyanna n’était pas vraiment réceptive à l’humour d’April. Vu la situation, entre elle qui était salement blessée, Abelle qui était dans de sales draps, et Darren qui était aux abonnés absents, c’était difficile de rire de quelque chose. Jim et Max avaient dit que Darren était avec April. Or, la jeune femme était ici. Mais pas Darren. Il y avait de quoi augmenter davantage l’inquiétude de Lyanna.

"Mais si toi, tu es là … où est Darren ?"
« Il m’a sauvé, ce connard. J’en r’viens pas, je vais devoir lui dire merci. »
Elle la fixa d’un air absent.
« J’vais t’offrir le Kamasutra. Cadeau indirect, ça va le botter... »
"Le quoi ?" demanda Lyanna sans comprendre.
« April, tu saignes beaucoup, on doit pas traîner. »
« Darren va bien. Enfin j’crois. Il a continué de son côté, il est sur les talons d’un mec important. Attends... »
Max se sépara de son oreillette radio et la lui tendit.
« C’est sur sa fréquence. »
« On doit vraiment y aller, accroche toi. »

Alors que Lyanna prenait la radio que lui tendait Max, Jim donna un accoup pour assurer sa prise sur le fusil. Le choc fit crier de douleur April qui gémit une dernière phrase à Lyanna.
« Dis lui...que j’m’en sortirai ! »

Lyanna regarda les trois militaires entrer dans le bâtiment, la laissant seule à l'extérieur. Savoir que Darren allait bien fut un soulagement. Elle s’éloigna de quelques pas pour être dans un endroit tranquille, et s’assit sur un petit muret en pierre à moitié détruit. Puis, elle retira sa propre oreillette et la remplaça par celle de Max.

//Darren ? Tu m’entends ?//

Elle reçut immédiatement un signal retour. Mais personne ne lui parlait.
Juste le souffle régulier de quelqu’un qui fait des efforts. Probablement Darren.
Les bruits de ses pas dans l’eau n’étaient pas réguliers, signe qu’il boitait et qu’il peinait à progresser avec ce qui l’entravait. Par moment, il poussait une plainte. Pas de la douleur, plutôt de la surprise, quand il semblait contrôler soudainement un angle mort avec son arme. Il était seul, isolé, et semblait investi d’un désir ardent qui le poussait à prendre des risques. Il avait appuyé accidentellement sur le bouton émetteur de son bloc radio. L’ayant récupéré après avoir remis April entre les mains de ses collègues, il n’avait pas eu le temps de programmer les sécurités comme il en avait l’habitude.
Soudain, deux éclats manquèrent de crever les tympans de Lyanna. Ce qui arracha une plainte douloureuse chez la jeune femme qui retira aussitôt l’oreillette. Le soldat venait de tirer. A entendre la résonance extrêmement déplaisante dans la radio sous forme d’écho, il se déplaçait dans un tunnel.
Sa marche rapide reprit.

Lyanna se remit de ce début de sifflement causé par les coups de feu, puis elle remit l’oreillette en place, inquiète à l’idée que le militaire ait des ennuis.

//Darren ? Darren c’est moi ! Tu es là ?//
//Ces égouts sont remplis de merde du peuple. Ca dégage de l'ammoniac, ça me tourne la tête.// répondit-il. //Tu es...très crédible pour un fantasme.//

Lyanna eut un sourire en entendant la voix de Darren, et sa remarque l’amusa.

//Je ne suis pas un fantasme, je suis bien là. Je suis dans la base contrôlée par Ridding. Max m’a passé sa radio pour te parler//

La guerrière se mordit la lèvre, avant de reprendre.

//Où est ce que tu es ? Pourquoi tu n’es pas rentré avec les autres ?//
//Clairement une remarque de nana, ça. “Chéri, quand est-ce que tu rentres, y’a ta tourte à la viande qui refroidit sur la table depuis deux heures !!!”.// répliqua-t-il d’une voix amusée. //C’est sûr que je rêve pas ? Tu me parles de Ridding et de Max sans t’énerver...y’a un truc !.//

//Tu crois sérieusement que je te parlerais de tourte à la viande que j’aurais préparé pour toi ? Moi ? Alors que je ne sais pas faire la cuisine ?//

Lyanna s’interrompit quelques secondes, avant de poursuivre.

//Tu n’es pas ici, tu ne peux pas juger si je suis énervée ou pas. Et crois moi, je suis très énervée contre eux. Surtout Ridding. Mais arrête de faire comme si tu n’entendais pas mes questions. Je suis inquiète pour toi ! //
//PUTAIN !!!//

Darren lâcha une nouvelle rafale.
Quelques autres tirs crépitèrent, laissant entendre l’impact qui se faisait non loin de Darren. Le soldat gémit sous les efforts qu’il fit pour se placer à l’écart. Mais avec leurs antécédents, Lyanna savait qu’il n’était pas du genre à se laisser abattre. Elle l’entendit dire à un moment : //T’ention, tes oreilles !!!//
Puis un énorme BAM causa de la friture sur les ondes.
Darren savait qu’il s’était bloqué en mode d’émission constante mais il était trop occupé pour prendre le temps de décrocher sa radio et faire la correction. Lorsque la saturation se réduisit, elle laissa entendre une longue rafale que Darren avait laché. Le cliquetis de son chargeur vide mit fin au vacarme et le silence retomba juste après.
//Tu es là ?// s’enquit Darren tout en rechargeant son arme.
//Désolé, je suis super content de t’avoir. Je passe pas un moment très gai, là. Faut croire que le bon Dieu me récompense par ta voix douce...tu veux savoir quoi ?//

//Oui, je suis là. Je crois que j’ai perdu la moitié de mon audition, mais je suis toujours là//

Lyanna regarda autour d’elle, puis elle se leva et marcha un peu. Darren avait ri de sa réplique.

//Tu vas bien ? Pourquoi tu n’es pas rentré avec April et les autres ?//
//Ca va. Un immeuble s’est effondré sur moi et April pendant qu’on nettoyait une cache de drogue. S’il y avait pas eu cet égout, on serait tous les deux morts.//
//April m’a parlé de ça. Elle est arrivée avec les autres quand je suis sortie de la base//
//Oh ! Comment elle va ? Elle va s’en tirer ?// s’alarma le soldat.
//Elle a l’air de souffrir, mais elle devrait s’en sortir. C’est ce qu’elle m’a dit de te dire. Elle m’a dit aussi qu’elle m’offrirait un truc. Le … attends … je crois que c’était le Kamasutra. Qu’est ce que c’est ?//

Le soldat fût soudainement pris d’un fou rire. Lyanna était clairement en droit de se demander s’il n’était pas devenu fou. Mais Darren était libéré d’un poids, rassuré à l’idée que son amie s’en soit sortie. Son humour, c’était la preuve qu’elle était encore relativement lucide avant d’être admise à l’infirmerie.
Et que Lyanna lui demande, comme ça, là, en pleine mission, ce qu’était le kamasutra : c’était si beau qu’il n’en pouvait plus.
Darren semblait s’être arrêté. Il chercha son souffle, tenta de se calmer.

//C’est...un guide sur toutes les positions sexuelles. Un ouvrage pour les activités très intimes.// expliqua-t-il, finalement.
Il galérait tellement qu’il n’avait plus envie de se mesurer. De se méfier d’un quelconque indiscret qui écouterait les ondes à ce moment là. Peu importe. Avoir Lyanna à l’oreillette lui faisait beaucoup de bien.
//C’est April tout craché, ça.//

Lyanna haussa les sourcils en comprenant la référence d’April.

//Oh … je vois. Je comprends pourquoi elle a dit que ça te plairait//

La jeune femme essayait d’imaginer un tel ouvrage, mais en vain bien sûr. Elle préféra laisser ce livre de côté pour écouter la suite des explication de Darren.

//Après l’effondrement, April n’allait pas bien. Je l’ai laissé aux copains pour qu’ils la ramènent. Mais je pouvais pas m’en aller, je suis très proche de l’avoir. Il est pas loin, vu tous les mecs qu’il met sur ma route. J’peux l’attraper !//

Lyanna fronça les sourcils.

//Qui ça ? De qui parles tu ?//
//BogaMachin - Borda-quelque-chose. La tête de tout cet enfer ! Il est pas loin, ma chérie, je suis à deux doigts de l’avoir !// déclara fébrilement Darren, lui montrant à quel point il se menait à bout pour pouvoir le capturer.

//Bodga !// murmura-t-elle plus pour elle même que pour Darren, qui l’avait sûrement entendu.
//Vous avez été présentés ? Je vais être jaloux, je te préviens ! // ironisa Darren non sans une dose de scepticisme. //Tu connais ce mec ?!?//
//C’est … compliqué// dit elle avec une lueur de tristesse dans la voix.

Il était de plus en plus essoufflé.
Le militaire perdait un peu en patience. Il lâcha un bref //Décomplique !// pendant sa course. Immédiatement suivi d’une phrase coupée qui disait. //Pas de bisous pendant un mois !!!//

Lyanna soupira, avant de s’arrêter de marcher.

//Je suis sur cette planète parce qu’on m’a dit que Ridding et ses sbires ont capturé quelqu’un que je connaissais. C’est Abelle. Ils l’ont arrêté parce qu’elle est complètement droguée et qu’elle voulait retourner dans son monde avec une quantité importante de drogue sur elle//

La jeune femme s’arrêta de parler quelques instants, le temps de laisser Darren digérer cette nouvelle qu’elle avait elle même eu du mal à croire.

//Je devais lui parler, je voulais être là pour l’aider. Alors je suis venue. Je ne croyais pas qu’elle était coupable de quelque chose dans ce genre, c’était impossible. J’ai découvert qu’elle a été torturée, et elle s’est visiblement réfugiée dans la drogue pour arrêter de souffrir, jusqu’à être totalement accroc. Mais ...//

La voix de Lyanna se cassa, douloureuse et attristée.

//Ce n’est pas Abelle … ce n’est plus elle … je ne la reconnais pas ! J’ai essayé de l'interroger, mais ça s’est mal passé. La seule chose que j’ai pu obtenir, c’est le nom de son fournisseur : Bogda. Voilà, tu sais tout//


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Darren Clive

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le Mar 26 Mai - 15:33

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Pendant que Lyanna lui expliquait la raison de sa présence sur la planète, Darren progressait dans le réseau d'égout aussi vite qu’il pouvait. Il avait récupéré l’arme d’April après l’avoir laissé entre les mains de ses amis, mort de trouille à l’idée qu’elle se vide de son sang en chemin. C’est dans cet état de stress important qu’il avait commencé à filer le train du chef de gang. Il avait eu sa photo avant l’opération, cible VIP, à appréhender quel qu’en soit le coût.
Darren avait vu de quoi il était responsable. Il avait beau dire, il en faisait clairement une affaire personnelle. Le tuer serait lui donner trop d’attentions. Le jeune homme préférait l’arrêter, qu’il soit jugé et croupisse longuement dans une cellule, harcelé par tous les visages de ceux qu’il avait tué.

Entre ça, l’isolement, la solitude, le risque de se faire flinguer à chaque tournant - le tout en baignant dans de la merde et des gazs de décomposition organique - l’apparition de la voix de Lyanna dans son oreillette était providentielle. Un ange. Non pas de la miséricorde mais de la dévastation sexiste. Son ange à lui.
Son coeur avait bondi et, même s’il en faisait de l’humour, il avait vraiment cru qu’il hallucinait. Une fois passé l’envie de vomir, ces violents spasmes et hoquets qui lui avaient déjà fait rendre deux fois, les vapeurs lui tournaient la tête.
Mais Lyanna était bien là. Il sentait son amour pour elle lui faire battre le coeur, son esprit durement partagé. Darren était heureux de la savoir là, de pouvoir affronter ce moment difficile en sachant qu’elle était non loin. Mais d’un autre côté, être sur cette planète, c’était être en danger.

Les émeutes se succédaient, ça devenaient de plus en plus dangereux dans le coin. Lyanna risquait de se faire agresser, ou de se prendre un foutu coup de couteau dans le dos. Le truc banal et terrible qui ne prévient pas quand on est entouré, encerclé.

Mais elle était là.
Elle venait avec de bonnes nouvelles. Lui dire qu’April allait bien. Puis le faire rire avec cette histoire de Kamasutra. Darren avait toujours peur de mourir, là tout seul, le corps baignant dans les excréments. Mais l’Amazone avait eu le don de le regonfler. Le savait-elle seulement ?

Voilà. Darren repartait aussi sec à l’assaut, regonflé par sa compagne, en l’écoutant parler à la radio. Il suivit son histoire autant que faire se peut. Mais juste avant qu’elle ne conclue, il déboucha dans un coude. Il le passa d’un geste professionnel et tomba nez à nez avec l’arrière garde de Bogda. Il le voyait, là au fond, fuir le plus vite possible. L’eau souillée jusqu’à son ventre le rendait lent, il s’échappait avec un de ses lieutenants et ses protecteurs.

Plusieurs hommes l’attendait de pieds ferme, muni des armes Geniis qu’ils avaient probablement eu dans un marché noir. Darren eut tout juste le temps de plonger derrière un couvert qu’il reçut une pluie de balles. Il sentit les projectiles percer sa protection trop faible, une balle percuter son gilet tactique et le repousser sans ménagement dans la flotte. Il ne se rendit pas compte que cette balle-là, justement, lui avait sauvé la vie. Parce qu’en se trouvant immergé dans l’eau souillée, le reste des projectiles qui auraient dû le transformer en passoire sifflèrent au-dessus de sa tête. Au moment où Darren fut projeté dans l’eau, un son indescriptible retentit dans l’oreillette. Lyanna ne comprit pas ce qui se passait, alors elle s’inquiéta.

//Darren ? Je ne t’entends plus ! Qu’est ce qui se passe ? Darren ?//

Mais évidemment, aucune réponse. Darren refit surface au même moment. Il peina à retrouver ses esprits. La jeune femme entendit à nouveau des bruits dans la radio.
Le soldat ne captait pas que ses ennemis étaient en train de recharger, ayant commis l’erreur de vider leurs armes tous en même temps. En reprenant sa position, gémissant sous l’effort qu’il imposait à son corps meurtri, le soldat leva son fusil et tira au coup par coup. Il aligna le premier ennemi, puis le second, migrant autour des couverts pour rester toujours mobile, comme on le lui avait appris. Dès qu’il sentit son arme cesser le tir, il la bascula pour récupérer son neuf millimètres d’un geste précis, habitué par l’exercice.
Normalement, un soldat sait compter ses balles. Mais le feu de l’action l’avait privé de cette lucidité. Il avait le coeur qui battait à tout rompre, sa respiration haletante et témoin d’une douleur. Quand on est pris à ce point, oppressé par le risque de mourir, les mécanismes de défenses se mettent en place. C’est très difficile, voir impossible d’y résister.

Voilà comment Darren avait manqué d’efficacité en vidant la totalité de son chargeur sur son prochain ennemi qui fonçait sur lui. Ca ne manqua pas, au moment de recharger, les rôles avaient été inversé. Le militaire remarqua au dernier moment deux adversaires se redresser avec des fusils chargés. Il se mit aussitôt à l’abri en gueulant, sentant les différents tirs passer non loin. Ils essayaient de lui faire perdre du temps, ils voulaient que le fameux Bogda puisse s’enfuir.
Darren était à bout de souffle. Il se rappela dans une pensée éclair que Lyanna était au bout de l’onde radio et murmura.
//T’inquiète...j’suis là...//
Chargeur placé dans le M4, culasse ramenée à l’avant, il était prêt à faire feu.
C’était quasiment de la chance à ce point là. Sortir du couvert en alignant l’ennemi. S’il n’était pas suffisament précis et rapide, ce serait tout simplement la fin. Le soldat prit une grande inspiration, trop préoccupé par sa survie pour remarquer l’horrible odeur d’excréments. Puis il se dévoila soudainement.

Clive tira par accoup de trois balles, les dents serrées. Il eut le premier à la poitrine, l’autre à la tête, pendant qu’il tentait de fuir. Ca y est….il avait réussi...il s’en était sorti.
Il contrôla consciencieusement les environs, vérifiant qu’un ennemi n’était pas suffisamment vivant pour lui tirer dans le dos. Si ! Celui là, qui rampait vers un flingue resté en surface sur un décombre. Darren le termina proprement puis descendit son canon une fois certain que la zone était sûre.
La douleur le rattrapa et il passa la main sous son gilet tactique. Il sentit le trou...et l’effaça aussitôt de sa mémoire.

//Lyanna...//
Il reprenait son souffle par la bouche, éreinté.
//Vas voir...April.//
Darren serra les dents et se remit en route.
//Elle a eu des soucis avec la drogue...quand elle était jeune. Elle peut...t’aider.//
Il avait du mal à parler. Le soldat ne voulait pas l’inquiéter, il espérait que sa voix, qu’il travaillait pour paraître normale, parvienne à donner le change. En vain. Comme si elle avait un sixième sens grâce à ce lien qu’elle partageait avec Darren, Lyanna semblait se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Aussitôt, elle ne put s’empêcher de s’inquiéter.

//Darren, qu’est ce qu’il y a ? Tu vas bien ?

***Foutue intuition féminine !*** songea Darren en gardant sa main plaquée contre son flanc.
//Je m’en sortirai. Tu me connais...//
Le soldat était pressé de changer de sujet. Il détourna immédiatement son attention sur sa servante.
//Écoute, tu peux retrouver Abelle, je te le promets. Tout ça, c’est temporaire. Va voir April, elle aura de bons conseils. Moi...je vais capturer ce fumier. Et...j’vais te le ramener.//
Il souffla.
//Crois-moi. Elle passe pas un bon moment en cellule. Mais au moins, il y a des médecins, des gardes. Abelle est en sécurité, tu pourras la sortir de cet enfer ! Ok miss ?//

Lyanna se mordit la lèvre, et soupira. Elle criait intérieurement, doutant fortement de pouvoir aider Abelle cette fois-ci. Mais tout comme elle l’avait fait, Darren lui redonna espoir. Et cet espoir, c’était April. La jeune femme acquiesça d’un hochement de tête, tout en respirant profondément pour essayer de maîtriser cette peur qui l’angoissait. Celle de perdre Abelle sans pouvoir rien faire.

//D’accord … j’irais la voir quand elle sera soignée//

La guerrière ignorait dans combien de temps elle pourrait parler à April. Mais comme Abelle était sédatée, elle avait un peu de temps devant elle.

//Je te remercie, Darren. J’espère que tu attraperas ce mâle !//

Lyanna se doutait que le soldat devait continuer sa mission, et elle espérait qu’il reviendrait vivant. Si elle pouvait, elle lui crierait de laisser tomber Bogda pour sauver sa vie.

//Lyanna ?// l’appela-t-il une dernière fois.
//Quand je reviens, ne m’embrasse surtout pas.//
Il laissa quelques secondes s’écouler avant de lui expliquer la raison d’une voix plaintive.
//Je pue la merde...//

Inquiète, cette remarque eut le don d’amuser à nouveau Lyanna qui émit un petit rire. Elle adorait l’humour de Darren, elle ne s’en laisserait jamais. Comme de lui répondre sur le même ton de complicité.

//Je t’emmènerais te laver. Je crois avoir vu un ruisseau à côté de la base, ça sera parfait pour un bain. Même si l’eau est froide !//
//Pas sûr que Ridding nous laisse faire...// ponctua le soldat, appuyant volontairement sur ce nom de famille pour faire réagir sa belle.
//Ben qu’il essaie de nous en empêcher s’il ne tient pas à ses jambes !// affirma Lyanna sur un ton sec, réagissant au quart de tour quand le nom de Ridding était mentionné.

Le sourire de Lyanna disparut quelques secondes plus tard, alors qu’elle reprenait son sérieux. Elle savait que la mission était périlleuse, et elle n’était pas là pour veiller sur Darren, comme lui veillait sur elle.

//Fais attention à toi. Et reviens en un seul morceau, s’il te plait. Promets le moi !//
Cette démonstration d’attachement était très agréable à entendre malgré les circonstances. Un faible sourire gagna son visage tandis qu’il se disait qu’il avait de la chance de l’avoir eu sur les ondes. D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, il n’avait jamais eu le droit à cette phrase. Il se devait de rester professionnel, engagé sur un théâtre d’opération extérieur. Il n’empêche que cette simple petite phrase, habillée de sentiment, d’amour et d’attachement, lui offrait une sensation très plaisante dans le corps.
Être la priorité de quelqu’un, être le sujet d’attention d’une femme, c’était un délice. Ça le soulageait. Et ça renforçait incontestablement ses sentiments à son égard.

Elle devait gérer l’affaire Abelle toute seule. Elle avait besoin de lui et il ne pouvait pas la rejoindre pour apporter toute l’aide, le soutien, qui lui permettrait d’avancer.
Darren comprenait à quel point c’était compliqué pour elle, d’autant plus que ses soucis ne se réglerait pas à coups d’épée cette fois. Lyanna était très loin de son terrain, à devoir gérer cérébralement ces obstacles tout en se conformant aux règles. Garder pour elle l’inquiétude pour sa situation.
Mais c’était comme ça. Ils étaient guerriers, l’un comme l’autre, et il fallait se faire à l’idée qu’ils ne pourraient pas se surveiller mutuellement comme sur Héstevic.

//Quand on aura réglé tout ça.// amorça-t-il sur le ton de la promesse. //On se prendra des vacances. Je t'emmènerai faire ce tour sur le continent dont tu rêvais. Toi et moi, tous seuls.//

Darren songait que cette promesse valait mieux qu’un “sujet-verbe-complément” tout plat. Il allait revenir, il lui organiserait ce voyage et ils se prendraient du temps. Leur boulot respectif avait tendance à les séparer un peu. Le plus souvent, ils ne se cotoyaient que par leur étreinte physique en dormant. Le dernier repas en amoureux commençait à dater un peu.

//On s’occupera de nous.// insista le soldat, toujours en mouvement.

L’idée de prendre du temps pour eux sur le continent était une bonne idée, et Lyanna espérait que Darren tienne cette promesse pour partager ce moment avec lui. Elle hocha la tête, comme si le soldat était devant elle.

//D’accord … on fera ça … juste toi et moi !//

Lyanna sentit qu’il était temps de laisser Darren retourner à sa mission. Elle ne voulait pas le déranger plus longtemps, ni le perturber et risquer d’avoir des ennuis par préoccupation. Et puis, Bogda était là, il ne devait pas s’échapper. La jeune femme soupira, se reprenant une constance pour ne pas communiquer davantage son inquiétude au militaire.

//Je … je dois te laisser. Je vais voir comment va April//
//Terminé.// conclut le soldat en éteignant le mode d’émission constante de sa radio. Lui aussi ne voulait pas continuer davantage la conversation, même si son coeur se languissait déjà de sa voix.

Lyanna demeura un moment dans cette cour silencieuse.
Le vent se levait, soulevant parfois un fin voile de grain de sable très déplaisant au contact. Elle pouvait entendre le chaos qui s’accroissait encore, avec des tirs de sommations et de échos du porte-voix. Au moins, ce n’est pas dans cette mélée que Darren risquait sa vie.



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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mar 26 Mai - 15:34

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

L’Amazone retourna à l’intérieur du bâtiment.
Elle refusa de croiser le regard des hommes sur sa route, connaissant exactement sa destination. Un niveau plus bas, au bureau d’Helen Ridding, se trouvait l’infirmerie juste à côté. La jeune femme n’eut pas besoin de chercher longtemps pour découvrir le petit attroupement autour d’un lit de camp. April était bien là, allongée sur une couverture militaire, la tête posée sur un oreiller. Régulièrement, elle se crispait et insultait le médecin qui apposait des points de suture sur sa jambe abîmée.

Helen Ridding s’occupait personnellement d’elle.
Après avoir découpé toute la jambière de son pantalon, laissant apparaître le désastre en terme de blessure, elle soignait la jambe de la cuisse jusqu’à la cheville. Actuellement, aidée par une infirmière qui fournissait une lumière précise par l’intermédiaire d’une lampe torche, elle suturait un côté de son mollet. La coupelle en inox posée à côté était déjà plein de compresses usagées. Le sang stagnait au fond comme un minuscule couche de reliquat parsemé de sable.

« TU ME FAIS MAL, GUEULE D'HERPÈS ! » Râla-t-elle subitement.
« Et de six ! Tu perds en originalité... » commenta Max qui lui tenait la main.
En réponse, elle lui broya copieusement les doigts tout en le fixant d’un air meurtrier.
Ce dernier se cambra sous la douleur et tapota sa main, tout doucement, dans l’espoir qu’elle cesse de transformer ses phalanges en purée.
« Ok ! Ok ! J’ai rien dis...tu es la meilleure en insulte. Tes insultes sont très très.. »
Elle serra plus fort.
« TREEEEEEEEES mauvaises... »
« Je peux vous sédater si c’est trop douloureux. Vous n’êtes pas obligée... »
« VA CHIER L’ENDIVE ! »

Max ricana. Grosse erreur, une nouvelle vague de douleur qu’April encaissait vint jusqu’à sa main qu’elle comprima une fois de plus. Le rire de Max s’étrangla aussitôt.
Assis légèrement en retrait, Jim alimentait rapidement les chargeurs vides de son équipier à partir de boîtes de cartouches qu’il avait récupéré. Il était apparemment en train de se réapprovisionner, ainsi que l’équipement de Max, pour repartir dès qu’ils seraient certains de la bonne santé d’April.
Il croisa le regard de Lyanna, lui offrant un signe poli de bienvenue, puis se reporta sur sa collègue.
« Ca ne sert à rien de souffrir comme ça, laisse la te sédater. »
« J’préfère me faire démonter par un âne !! »

Max aurait très certainement ri s’il n’avait pas suivi le regard de son compère et découvert la présence de Lyanna. Sa main toujours comprimée par les souffrances d’April, il parvint tout de même à formuler une phrase au travers de plaintes.
« Alors ?? Aïe...comment va...ahhhhhh...Darren ? Il est...APRIL !!!!...il est toujours...d’attaque ? »

Lyanna ne se soucia même pas de Max qui souffrait à cause de sa main broyée. Elle fit à peine attention à lui, et regarda April qui se faisait soigner par Helen et une infirmière. Visiblement, la tâche n’était pas aisée, et la militaire était probablement aussi têtue qu’elle en ce qui concernait de la médecine pour calmer la douleur. A la question du jeune homme, et sans un merci, la guerrière posa l’oreillette de Max sur une petite table à côté du lit, non loin de son propriétaire, avant de replacer sa propre oreillette.

"Il va bien. Enfin … je crois qu’il est blessé, mais il continue sa mission".

Elle ne fît qu’inquiéter davantage le soldat.
Lyanna contourna le lit, comme pour s’éloigner de Max, et regarda la jambe d’April. Elle ne put s’empêcher de faire une grimace.

"Mauvaise blessure !" dit elle simplement, restant à l’écart pour laisser le médecin soigner April.
« N’importe quoi !!! J’suis en pleine forme. Dès que cette espèce de tarée a fini de me triturer la cuisse, j’y retourne ! »
« Vous n’êtes pas sérieuse. Je vous fais rapatrier sur Atlantis, il faut des soins plus poussés ! »
« Eh !!! »
April fixa l’Amazone, son regard la suppliait.
« Dès qu’elle a terminé, assomme-la !!! Que j’y aille ! »
« Non April, pas question. On va retrouver Darren, toi tu restes là. »
« Putain de bande de traitres ! »

Jim attira l’attention de Lyanna.
Il donna les chargeurs approvisionnés à son collègue qui les passa aussitôt dans son gilet.
« Vous voulez bien veiller sur elle pendant notre absence ? »

Lyanna regarda Jim, mais elle garda ses distances avec lui. Pour l’instant, la jeune femme n’avait pas encore montré d’hostilité à l’égard du patriarche, contrairement à Max. Sans doute parce que Jim ne l’avait jamais provoqué, et veillait à rester à l’écart. Lyanna gardait une attitude neutre pour lui, mais elle était encore loin de lui faire confiance, ou de baisser sa garde en sa présence. La guerrière se contenta de hocher la tête, sans prononcer un seul mot.
Jim s’en contenta parfaitement. Il prit son M4 qu’il avait laissé appuyé contre le mur puis donna une tape sur l’épaule de Max pour lui donner l’ordre de bouger. Celui-ci retira sa main de celle d’April, secoua ses doigts douloureux pour prendre le sillage de son frère d’arme. Mais soudain, comme s’il avait oublié quelque chose, il fit volte-face et revint sur April. Il glissa une main sous son crâne et lui claqua une bise sur le front.
« A toutes, frangine ! »
« Si tu te blesses, je te finis ! » répliqua-t-elle dans un étrange encouragement fraternel.

Max repartit au trot, laissant maintenant cette dernière toute seule avec l’infirmière, Helen et Lyanna. La fille du D4 gémit et se contracta lorsque la soignante débuta les sutures un peu au-dessus de sa cheville. Malgré cette souffrance, elle parvint à fixer Lyanna d’un air diabolique tout en lui disant :
« Tu me donnes ta main ?!? »
"Pour que tu la broies aussi, comme la sienne ?" lança Lyanna avec un regard amusé.

La guerrière contourna le lit et elle s’assit là où se trouvait Max un peu avant. Elle prit la main d’April dans la sienne, pour assurer sa présence. Lyanna savait très bien que dans des moments de douleur et de souffrance, la personne blessée avait besoin d’être entourée et de ne pas se sentir seule.

« J’ai presque terminé. » fît Helen en tirant sur le fil.
« J’m’en balance, tant que je peux repartir ! »
Elle cria.
« Les garçons partent au combat sans moi. Et pendant ce temps, la petite fille blessée, elle reste là ?!? » April gronda. « MON CUL ! Fait ton boulot toubib ! »
« Vous avez deux lacérations profonde le long de la cuisse. Et je compte trois autres abrasions ou perforations. Vous n’irez nulle part ! La guerre est terminée pour vous ! »
« Putain ! Mes ancêtres se démerdaient mieux que toi avec un morceau de fer et du feu ! »
"Tu perds ton temps, elle ne te laissera pas retourner te battre" dit Lyanna en regardant April.

Sur le prochain quart d’heure, la jeune femme se montra tout aussi tétue. Helen termina les sutures et banda sa jambe entièrement. Les compresses qu’elle avait disposé à chaque endroit stratégique, sur les plaies les plus profondes, étaient déjà teintées de sang. Mais ça avait un aspect bien plus propre et sécurisant que le blessure qu’elle avait en entrant. Pourtant, bien loin de se laisser raisonner, April poussa nonchalamment la toubib sur le côté et tenta de se lever de son lit. Si Lyanna ne l’avait pas retenue, elle serait tombée en essayant de rejoindre ses camarades.

Helen se retrouva au pied du mur avec elle.
Bien que ce soit contraire à sa volonté, le médecin la sédata légèrement et attendit que son corps perde en tonicité pour assurer sa position et ramener une couverture sur ses épaules.
« Bon. Son état est stable maintenant. » confirma Helen.
« J’te déteste, l’endive ! » déclara April d’une voix pâteuse.
« C’est pour votre bien, soldat. »
Elle tourna son regard vers Lyanna.
« Je reviens dans une demi-heure. Je la laisse sous ta surveillance. Elle ne doit pas bouger ! »

Lyanna acquiesça d’un signe de tête, et regarda Helen et l’infirmière sortir de la pièce, la laissant seule avec April. La guerrière se leva et fit quelques pas autour du lit.

"Ca va mieux ?"
« Darren est isolé. Jim et Max partent seuls ! Nan, ça va pas mieux. »
Elle la regarda, attristée.
« C’est toujours dur à accepter quand on doit rester sur la touche. J’aime pas ça ! C’est ma famille qui est là-dehors... »
La patiente secoua la tête.
« Ouais, tu l’sais déjà. Après tout t’es avec Darren. »

Lyanna comprenait parfaitement ce qu’April ressentait. Elle était dans le même état d’esprit. D’ailleurs, la militaire lui fit la remarque, ce qui fit soupirer la jeune femme.

"Je sais ce que c’est. Je n’ai pas envie d’être ici. J’ai envie d’aller là bas pour chercher Darren, mais je ne peux pas, je suis coincée dans cet endroit parce que j’ai quelque chose à faire ici. Et ça m’énerve !"

Choisir entre Abelle et Darren, c’était difficile. Mais Lyanna ignorait où se trouvait le soldat. Alors que sa servante, elle savait où elle était.

"Darren m’a dit de venir te voir pour te parler de quelque chose de … particulier".
« Et tu cherches à passer le temps en me faisant deviner ? » ironisa April. « C’est à propos de quoi ? »

Lyanna se mordit la lèvre, et tourna la tête pour vérifier que personne ne les écoutait. Puis, elle croisa ses bras sur sa poitrine et reporta son attention sur April.

"Il m’a dit que, quand tu étais jeune, tu te droguais. Je cherche quelqu’un qui peut répondre à mes questions".

April donna l’air d’avoir reçu une gifle. Elle se redressa légèrement pour toiser l’Amazone, comprenant que son frère d’arme avait vraiment vendu la mèche, puis elle retomba aussi sec sur son oreiller, l’air blasée.
« Darren est une vieille donneuse à la langue pourrie !!! »
Elle finit par fermer les yeux, luttant intérieurement contre sa honte.
« C’est pas l’époque de ma vie dont je suis fière tu sais. Mais si je peux t’aider... »
April la regarda, elle avait perdu de sa superbe.
« Tu veux savoir quoi ? »

La guerrière voyait bien que ce sujet était délicat pour la militaire. Elle prit une chaise et la ramena à côté du lit pour s’y asseoir, cherchant ses mots.

"Une de mes amies est ici, elle a été arrêtée. Elle voulait emmener une grosse quantité de drogue sur son monde, mais j’ai découvert qu’elle a été torturée et poussée à faire ça. Mais elle … d’après Helen, elle a une quantité importante de drogue dans son organisme. Je ne la reconnais plus, on dirait quelqu’un d’autre. Et … je ne sais pas quoi faire".

Lyanna détourna les yeux quelques secondes.

"Je voulais l’interroger pour qu’elle m’explique ce qui se passe, mais ça s’est très mal passé. Et quand j’ai expliqué ça à Darren … c’est là qu’il m’a dit de venir te voir. Pour m’aider à gérer ça".

April ne voulait pas regarder l’Amazone dans les yeux. Elle fixait intensément le plafond, frissonnant lorsqu’elle entendant les détails qu’elle lui fournissait. Visiblement, elle savait très bien de quoi Lyanna parlait et elle ne lui répondit pas tout de suite, se mordant l’intérieur de la bouche.

« Donne moi ta main. » lui demanda-t-elle finalement.
Dès que la guerrière s'exécuta, April lui fît écarter un peu les doigts. Elle dessina alors les montagnes que formaient ses phalanges, ces grandes vagues à pic de montées et de descentes.
« Être accroc, ça déforme beaucoup ta vision de ce qui t’entoure. Tout ce qui avait de l’importance pour toi disparaît. Ta façon de te comporter, les gens que tu aimes, ton travail, ce qui t’entoure. Tout ça ne compte plus...tant que tu te trouves une dose. Ta vie devient une succession de montées et de descentes ! »
L’index d’April débuta du point le plus bas pour faire l’ascension de son index.
« Plus ta dose te manque, plus tu te renfermes. C’est une terrible souffrance, insupportable. Tout ton corps te supplie d’en trouver, tu trembles, tu sues. Tu serais prête à tout pour remplir ton besoin. Quitte à ventre ton cul ou buter un innocent, rien à cirer, tant que tu l’as. »
La jeune femme secoua la tête.
« Dans cet état là, tu peux rien en tirer du tout. C’est pas la peine, ton amie sera trop instable. Attends qu’elle prenne sa drogue. »
Elle atteignit le dessus de l’index.
« Là c’est l’extase ! Au fond de toi, tu sais que ça te détruit. Que chaque prise de drogue t’éloigne un peu plus de chez toi, de tout ce qui a pu compter dans ta vie. Mais tu es prisonnière de la douleur et du manque. La lutte est vaine d’emblée, c’est même pas une question de force mentale à ce stade. Le truc...c’est que quand tu es drogué, tu as une facilité incroyable à enterrer les scrupules et les doutes. »
April tremblait.
« J’ai fais souffrir tant de monde à cause de ça. Je vivrai à jamais avec ces regrets. »

Elle se perdait dans une nostalgie terriblement douloureuse. Forcément, parler de cet état pour lui faire comprendre la chose la renvoyait à son propre passé. April ne souriait plus, son énergie avait totalement disparue et elle était bien incapable de supporter le regard de Lyanna. Mais elle poursuivit.
Son index entama le début de la descente et tapota un point précis.

« Y’a un moment précis que tu peux utiliser. Je sais que quand je me droguais et que je commençais à redescendre. A la fin de l’extase et juste avant de commencer à sentir le manque de nouveau. Ce moment là...j’étais moi ! »
April acquiesça, sûre d’elle.
« Si tu veux revoir ton amie, c’est ce moment là que tu dois viser ! Ca dure pas longtemps. Mais elle sera… “elle”. »

Lyanna écoutait attentivement les explications d’April, sa conclusion ne lui plut pas malgré elle, même si c’était la seule solution. Elle déglutit avec difficulté.

"Donc … si je veux aider Abelle et lui parler, je … dois accepter qu’elle prenne cette saloperie ?"
« On ne peux pas arrêter d’un coup, c’est impossible. Si tu retiens sa dose, tu vas la rendre folle. Elle aura tellement mal qu’elle serait foutue de se suicider. C’est... »
Elle secoua la tête.
« Ca prends énormément de temps. Et le pire dans tout ça, c’est que tu ne peux t’en sortir que si tu le veux vraiment. L’aide des autres est pas mal...mais ça reste accessoire. »
April eut du mal à l’affirmer. Elle avait la gorge sèche et l’émotion commençait à déformer les traits de son visage.
« Ta copine. Si elle n’a pas la volonté de s’en sortir...tu ne pourras strictement rien faire. »
"Ca, ça me fait peur ..."

Lyanna détourna les yeux à son tour, réfléchissant à toute cette histoire. Voir Abelle se détruire pour avoir des informations allait être éprouvant, mais si c’était la seule façon de lui parler comme avant, la guerrière n’avait pas le choix. Elle garda le silence quelques secondes, avant de regarder April.

"Dis … je sais qu’Abelle a fait ça pour arrêter de souffrir, et je n’ai aucun jugement à porter là dessus, mais … toi … pourquoi tu as fait ça ?"

Elle souffla soudainement. Pas pour marquer le fait que le sujet lui déplaisait mais pour expulser cette terrible envie de pleurer. Son souffle était devenu d’ailleurs très irrégulier, signe que les larmes étaient au bords de ses yeux.

« J’étais jeune, seule, et je n’avais l’impression d’exister pour personne. Un vrai fantôme, j’en ai souffert. Et puis... »
La jeune femme renifla.
« J’ai commencé à remporter des compétitions de course. J’ai découvert que j’étais bonne pour ça. On a commencé à s’intéresser à moi, je suis devenue populaire. Les garçons me disaient bonjour, les filles me jalousaient. Je...vivais...tout simplement. »
April resta un long moment silencieuse. Elle revivait tout ça.
« Mais à chaque course, ma place était menacée. Par des coureuses toujours plus jeunes, plus puissantes, plus hargneuses. J’ai commencé par les amphets pour améliorer mes performances. Puis des drogues euphorisantes pour le loisir. »
Et forcément, ce qui devait arriver arriva.
« J’ai été découverte, dénoncée. Une putain de chute aux enfers. J’ai tout perdu et...au lieu de refaire ma vie, je me suis réfugiée dans les drogues dures. »

April ne parvenait plus à résister. Elle éclata en sanglots.
« Darren aurait pas dû te le dire, putain !! Il était seul à savoir ! »

Lorsqu’April se mit à pleurer, Lyanna posa doucement sa main sur son épaule. Tout comme avec Abelle, la jeune femme était impuissante dans ce genre de situation. Elle ne connaissait pas l’histoire de la militaire, ni ce que voulait dire exactement tous ces termes, mais elle se doutait que l’épreuve que la jeune femme avait connu et passé était la même que celle d’Abelle en ce moment. April en voulait à Darren, et Lyanna secoua la tête en cherchant des mots qui pourraient la calmer. Elle n’avait pas vraiment envie que ces deux là s’éloignent l’un de l’autre à cause d’elle.

"Il a fait ce choix pour aider quelqu’un dans le besoin. Et je pense qu’il savait que je ne te jugerais pas".
« S’il survit, il se prendra quand même mon poing dans la gueule ! »
"Essaie de ne pas y aller trop fort quand même".

Lyanna serra doucement l’épaule de la jeune femme pour la calmer. April souffla doucement pour essayer de ralentir son rythme cardiaque. Réceptive à son conseil.
« La quantité qu’elle transportait...c’était combien ? »
"Helen m’a dit qu’elle transportait 73 kilos de drogue. C’est plus que son propre poids".
« Elle devait s’en être mis plein pif pour pouvoir tirer ça... »
April secoua la tête.
« Abelle est une passeuse alors. Tout ça, ce n’est pas pour elle. C’est pour le type qui l’a asservi. Le genre de gros bonnet qui coupe ensuite le produit pour l’envoyer chez ceux qui le distribuent. Elle gagne un très faible pourcentage dessus. Juste de quoi faire en sorte que le manque ne la rende pas dingue. »
La jeune femme planta son regard dans le sien.
« Le type qui a fait ça à ton amie. Il n’est pas ici. Il est forcément sur sa planète. »
Elle en était certaine. Lyanna la regarda.

"Je savais qu’elle ne faisait pas ça pour elle, ni de son plein gré. Je l’ai toujours su innocente, victime de quelqu’un qui la poussait à faire ça. Et je veux le retrouver, mais je ne sais pas comment. Sauf si elle me le dit."

« Y’a différente façon de ferrer une fille. Soit en la prostituant. Ils la droguent de force puis laisse le manque agir. Ensuite elle gagne sa dose en vendant son corps. Et pour celles qui résistent...les sévices physique. Ils se servent de la douleur comme d’une arme. La drogue est le moyen d’y échapper. On revient sur le même schéma. Pour avoir sa dose...il faut faire ce qu’ils te disent. »

La description que donnait April ressemblait beaucoup à ce que Helen avait découvert en faisant des radios du corps d’Abelle. Et rien que de savoir que la jeune femme avait pu en passer par là fit rager Lyanna.

"Le médecin m’a montré des traces de torture chez Abelle, à différents endroits comme ses mains ou ses jambes. Un peu partout. Abelle a dû vivre l’enfer, et c’est pour l’aider que je suis venue. Je ne veux pas qu’elle soit enfermée dans une cellule comme une criminelle alors qu’elle n’a rien fait de mal. C’est une victime, quelqu’un lui a fait du mal, et je trouverais tous ceux qui y ont contribué".
« Si ça peut te rassurer...ça veut dire que ton amie a résisté, pour qu’ils en arrivent à la torture. Mais méfie toi surtout. A chaque fois qu’Abelle commencera à ressentir le manque, ce qui vous unit n’aura plus aucune valeur. Si tu ne lui poses pas ces questions au bon moment, soit elle va te mentir, ou elle tentera d’emporter l’information dans la tombe ! »

Lyanna hocha la tête, comprenant que le temps lui était compté, et qu’elle allait devoir user de stratégie pour soutirer des informations à Abelle. April tourna la tête, tremblante.
« C’est fini ? »
"Oui … je pense que j’ai mes réponses".

La guerrière retira sa main de l’épaule d’April, et se leva.

"Je te remercie … tu devrais te reposer, maintenant. Tu en as besoin".
« Dégage... » répondit-elle en pleurant.
Bien que cela lui arracha une plainte douloureuse, April vrilla pour lui présenter son dos et rester avec ses mauvais souvenirs. Lyanna comprit la réaction de la jeune femme, mais elle ne répondit rien. Elle se contenta simplement de quitter la salle en silence.


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Darren Clive

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le Mar 26 Mai - 15:34

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Pour trouver le moment favorable, Lyanna avait obligatoirement besoin de discuter avec Helen. Elle la trouva en train de se charger d’un soldat blessé au niveau de l’épaule, lui retirant une balle que son gilet avait en majeure partie absorbé. L’homme semblait avoir eu de la chance, le projectile resté en surface n’imposant qu’une blessure légère. Le soldat la supplia pratiquement, comme April avant lui, de le laisser repartir au combat. Elle n’y voyait pas d’inconvénients tant qu’il changeait son pansement et revenait la voir en cas de nouvelle hémorragie.
Après ça, Helen retira ses gants et emmena Lyanna dans son bureau pour avoir un peu de paix. N’étant pas rancunière, sa colère à son égard était oublié et elle ressortit le dossier raturé de l’inconnu 31 pour lui exposer les récents éléments.
« J’ai placé ton amie sous sérum phi et j’ai mélangé un cocktail d’antidépresseurs. Elle devrait être moralement plus solide. Ses derniers relevés sanguins montrent une dégradation cellulaire. Ce qui veut dire que je dois encore adapter le cycle de ses prises. »
Elle la regarda.
« Si je te donne sa dose, il ne faudra pas la retarder, celle-là. » lui annonça-t-elle sans sous-entendu.

Lyanna prit le tube de prélèvement à contre coeur que le médecin lui tendait, et elle le rangea à nouveau dans la poche de son gilet tactique. Les deux femmes purent discuter et mettre en commun leurs découvertes. Il devenait maintenant certain qu’Abelle était une passeuse qui avait été asservie par la violence et la souffrance. Lorsqu’elle entama ce point épineux, le médecin voulut la rassurer un peu.
« Si Abelle n’a pas voulu céder à la prostitution, c’est la preuve d’une grande force morale. Ca lui sera très utile pour son sevrage. »
Helen attesta qu’Abelle, malgré ses différences, était bel et bien là.
« Nous sommes Atlantes. Laisser des innocents agoniser ne fait pas partie de nos habitudes. Si tu parviens à la convaincre de nous aider et de livrer toutes les informations qu’elle a, on pourra envisager de s’occuper d’elle très sérieusement. »
Le médecin referma son dossier.
« On pourrait l’emmener sur Atlantis, utiliser ses équipements de pointe pour lui donner toutes les chances de s’en remettre. Ses sources de souffrances sont majoritairement issues de traumatismes osseux. Nous détenons des outils qui peuvent y remédier. »
Ca avait cependant un prix.
« Mais on ne peut pas non plus sauver toute la galaxie. Si on veut admettre ma patiente sur Atlantis, il nous faut une bonne raison. Pas à tes yeux, ni aux miens, ça ne suffira pas. Mais aux yeux de notre hiérarchie. »
Le message ne pouvait pas être plus clair.
La pression venait de tripler à l’instant. Soit Abelle bénéficiait d’un traitement basique, enfermée dans une cellule. Ou bien elle gagnait un traitement avancé sur Atlantis et la possibilité de revenir chez elle. Tout ça dépendait de sa bonne volonté...mais aussi de la capacité de Lyanna à la convaincre.
Helen la soutenait d’un regard compatissant. Elle connaissait bien le problème mais, en l’état, Lyanna était la seule à pouvoir tenter le coup. Personne d’autre. Après avoir soupiré, signe qu’Helen était aussi réfractaire que l’Amazone à distribuer de la drogue, elle sortit de nouveau un tube de prélèvement qu’elle déposa sur le bureau.
Elle demanda le bras de la guerrière et y attacha une montre à son poignet.
« Quand ça sonnera, il faudra lui donner sa dose. Pas avant ni après ! » lui expliqua-t-elle. « Je te laisse y aller, tu connais le chemin maintenant. »
"J’ai combien de temps avant que ça sonne ?"
« À peu près vingt minutes. »

Lyanna acquiesça en regardant la montre, un objet qu’elle n’avait jamais porté. Helen lui souhaita sincèrement bonne chance puis la laissa partir.
En bas, les cellules étaient encore pleines de criminels et de truands. Elle reçut exactement le même accueil que la dernière fois, à croire qu’ils n’étaient ni lassés, ni originaux dans leur provocation. A l’entrée, la même femme soldat attendait de recevoir les armes et poignard que Lyanna pourrait lui confier.

La salle d’interrogatoire avait été remise en ordre et les quatre gardes n’avaient pas bougé d’un centimètre. Maintenant, Abelle tournait comme un lion en cage, les mains attachés dans le dos, comptant chaque tour qu’elle faisait autour de la table en marchant.
« 132, 133, 134... »
Elle ne lui prêta aucune attention, la contournant simplement pour poursuivre son circuit perpétuel en s’y concentrant comme si sa vie en dépendait. Une fois encore, elle était couverte de sueur. Malgré sa marche active, des tremblements inhabituels et nerveux la parcouraient. On l’aurait cru malade.
Sur la table, il y avait un plateau repas devenu froid. On lui avait visiblement proposé de quoi se sustenter, tant par la nourriture que de l’eau, et tout était resté intact. Abelle n’avait strictement rien avalé, ce qui n’allait pas en arrangeant son air émacié. Ses cheveux toujours en bataille et ses cernes incroyablement profondes lui donnant un air dément.
« 138, 139... »

Lyanna resta à bonnes distances, cette fois ci, observant le manège d’Abelle.

"Abelle, c’est moi. Je suis revenue".
« Chuuuut ! Je compte...143, 144... »

Ses liens la gênaient beaucoup, elle donnait parfois des coups d’épaule rageux comme si elle aurait pu avoir suffisamment de force pour les arracher. Elle s’était sûrement blessée aux poignets à force de faire ça.
« Mon sac, il est où alors ? »
"Je ne sais pas, je n’ai pas été le chercher" répondit rapidement Lyanna.

La jeune femme hésita quelques secondes, avant de continuer.

"Si je retire tes liens, tu resteras calme ?"

Ce fût au tour d’Abelle d’hésiter.
« Oui ! J’ai la tête qui me gratte ! C’est devenu un luxe, ici, de pouvoir se gratter la tête !!! »

Lyanna se mordit la lèvre, ignorant quelle serait la réaction d’Abelle une fois détachée. Puis, elle jeta un oeil à l’un des mâles.

"Détache la !"

Le concerné, qui jouait la figure de proue depuis le début, tourna son regard vers un autre homme, visiblement celui qui dirigeait la sécurité. Ce dernier hocha la tête, lui donnant l’autorisation. Le mâle que Lyanna avait hélé rangea donc son arme puis sortit de sa poche une pince coupante. Abelle avait enfin cessé de tourner, présentant volontairement son dos pour être enfin libérée. A moitié recroquevillée, elle se contorsionna et pencha la tête d’un côté afin de fixer l’Amazone au travers de ses cheveux sales. Mais dès que la claquement eut lieu, signe de la rupture des serflexs, elle eut un sourire mauvais et pleinement hypocrite. Elle se jeta sur le garde en portant ses mains sur son holster de cuisse.

Mais l’homme s’y était préparé. Depuis le temps qu’il voyait Abelle tenter toutes les astuces foireuses pour sortir d’ici, jusqu’à aller se pisser dessus, la tentative de voler son arme n’était pas qu’une hypothèse. C’était une obligation.
Le genou sur lequel reposait le holster se leva d’un coup sec. Elle qui y était penchée reçu le coup dans le foie et elle poussa une plainte pendant qu’elle se faisait contrôler. Le garde bloqua son bras, lui colla la figure contre la table, puis il attendit que la tempête se calme enfin. Lyanna eut envie d’intervenir, ne supportant pas de voir un mâle maltraiter Abelle. Mais, elle serra la mâchoire en se forçant à ne pas bouger, et à le laisser faire. Même si cela ne lui plaisait pas.

Abelle cessa de gesticuler et de se battre, consciente qu’elle avait une nouvelle fois échoué. Le souffle rauque, râlant comme un monstre, elle s’immobilisa puis se laissa faire.
Le garde cagoulé tourna ensuite son regard vers Lyanna sans dire un mot. Il attendait son ordre pour la relâcher puis regagner sa place au fond de la salle. La guerrière regarda Abelle.

"Si tu ne te calmes pas, il t’attacheront à nouveau. C’est ça que tu veux ?"
« Ah, tu es à la solde des mâles maintenant ? » fit-elle d’un air mauvais.
Abelle tourna la tête difficilement, ayant peu de champ de manoeuvre contre cette table. Elle se força à pouvoir se tourner du bon côté pour poser l’Amazone un regard plein de mauvaise foi et de vice.
« T’es devenue leur catin ? Tu aimes la faiblesse ? »
"Ton agressivité ne fonctionnera pas sur moi. Comme tu veux, il va te rattacher les mains" lança Lyanna en menace, pour faire réagir Abelle.
« Oh, ça va ! Je plaisantais ! » mentit la jeune femme avec un rire faux. « On peut rigoler, non ? »
"Moi, je n’ai pas envie de rire quand je te regarde te détruire !"

Lyanna regarda le mâle qui tenait Abelle.

"Lâche la !"

Le garde fît un signe positif de la tête, toujours muet, puis relâcha doucement sa prise. Quand Abelle eut enfin les mains libres, elle poussa une plainte douloureuse tout en les ramenant à elle. Elle récupéra encore un peu son souffle puis se laissa glisser sur la chaise que ce remue-ménage avait repoussé sur le côté. Le garde reprit sa position dans l’angle, arme neutralisante à la main.

« Bon alors ? » fit Abelle d’un air faussement enthousiaste. « Quand est-ce que tu me sors d’ici ? La dernière fois, tu ne m’avais pas dit que tu me protégerais ? Que tu étais là pour moi ? »
"Je suis là en ce moment, non ? Et te sortir d’ici ne dépend pas de moi. Mais uniquement de toi".

Lyanna désigna le plateau repas froid qui était sur la table.

"Pourquoi tu n’as pas mangé ? Ca se voit que tu meurs de faim !"
« Ce n’est pas bleu. » répondit franchement, pour la première fois, la servante.
Elle grimaça et se gratta la tête. Quand elle retira ses doigts, elle découvrit plusieurs mèches qu’elle s’était arrachée. La jeune femme les fit voler en soufflant dessus, nullement inquiète de ce signe de mauvaise santé.
« Qu’est ce que tu veux alors ? T’es venue me narguer avec une dose que je n’aurai pas ? Tu n’as pas un mâle à aller emmerder au lieu de moi ? »
"Ah si, il y en a un qui est dans la même situation que toi, mais qui est plus coopératif. Je vais aller le voir toute à l’heure, mais pour l’instant, c’est avec toi que je passe du temps".

Lyanna jeta un oeil à sa montre, se demandant quand elle allait sonner. Puis, elle regarda à nouveau Abelle.

"Ca fait combien de temps que tu apportes de la drogue sur ta planète ?"
« J’sais pas trop. » fit-elle en haussant des épaules. « C’est pas important. »
"C’est toi qui le dit … Heimda sait que tu fais ça ?"

Abelle n’eut pas de réaction sur le moment.
Elle resta muette, l’air dédaigneuse. Puis soudain, elle agrippa sa chaise d’une main pour la tirer avec elle pendant qu’elle s’approchait de l’Amazone. Automatiquement, les armes neutralisantes se levèrent sur elle. Mais Abelle ne semblait pas s’en préoccuper. Elle se pencha en dévoila sa figure ravagée les croûtes, à force de s’être grattée frénétiquement, puis elle déclara d’un air goguenard :
« Qui peut se permettre de s’offrir mon poids en bleu, d’après toi ? Heimda, cette si gentille reine...c’est elle qui m’envoie faire ses courses ! »

Lyanna n’avait pas bougé d’un poil, les bras toujours croisés, alors que les armes étaient toujours braquées sur Abelle. Heimda était impliquée ? La guerrière n’en croyait pas un mot. Mais April ne lui avait elle pas dit que les drogués étaient capable de mensonges quand ils étaient en manque ? Lyanna ouvrit la bouche pour répliquer qu’elle ne la croyait pas, mais est ce que c’était une bonne stratégie en attendant qu’Abelle ait sa dose ? Alors, elle acquiesça, rentrant dans son jeu. Elle lui poserait à nouveau la question quand ça serait le bon moment.

"Ah oui … je comprends mieux. C’est vrai que, avec son influence, tu peux t’acheter tout ce que tu veux, non ?"
« Que tu es naïve ! Le bleu...c’est pour elle et toute sa bande ! Je n’ai le droit qu’aux miettes. »
Abelle secoua la tête, furieuse. Elle voulait lui faire mal, elle voulait la faire souffrir. Lui mettre le doute. Son regard étincela à l’image de son venin et elle déclara d’un air moqueur :
« Tu es faible et stupide. Qu’est-ce que je peux attendre de toi ? D’une femme qui ne se rend même pas compte que son copain fuyait la chambre pour aller dans mon lit. »
Elle lui sourit, encore plus cruelle.
« C’est marrant ça. Dès que tu avais le dos tourné, j’accueillais son membre dans ma bouche. Vite fait, bien fait. Et on te faisait tourner en rond. On se moquait de ta crédulité par des petits regards coquin...pauvre idiote ! »

Ce fut au tour de Lyanna de sourire. Elle se retint même de rire, tandis qu’elle s’éloignait de quelques pas d’Abelle.

"Et ben, Darren sera tellement déçu d’apprendre à quel point tu le fais passer pour un mâle infidèle. Lui qui essaie en ce moment de t’aider, il va reconsidérer la question quand je vais lui raconter notre petite entrevue"
« Tu tomberas de tellement haut quand il confirmera ! »

Les paroles d’Abelle étaient destinées à faire souffrir Lyanna, mais cette dernière n’en croyait pas un seul mot. Si la jeune femme cherchait à énerver la guerrière, c’était peine perdue. Lyanna en avait vu d’autres. Alors qu’elle s’éloignait, la montre qui se trouvait à son poignet se mit à sonner pendant quelques secondes. La guerrière soupira, sachant ce que cela voulait dire. Elle se dirigea donc vers la table, sortit le tube de sa poche, et le posa sur la table en s’assurant qu’Abelle le voyait. Puis, elle recula de quelques pas.
Une fois encore, la jeune femme eut exactement la même réaction que la dernière fois. Elle se focalisa entièrement sur le tube contenant la poussière bleu, se dandinant sur sa chaise tant son corps l’y appelait. Elle vit cet objet posé sur la table, juste devant elle, et des automatismes se déclenchaient. Abelle claquait de la bouche, poussait un petit gémissement demandeur, presque un jappement de chien. Son regard écarquillé alternait entre Lyanna et sa dose, se demandant quelle épreuve lui serait imposée pour la gagner.

Pourtant, puisqu’elle faisait quelques pas pour s’en écarter, Abelle compris qu’elle pourrait s’en saisir avant que Lyanna ne puisse intervenir. Dès que son cerveau calcula cette probabilité, elle n’attendit pas plus longtemps et se jeta sauvagement sur le tube en criant. Son bassin percuta la table, faisant rebondir l’objet sur le sol. Ce à quoi Abelle réagit en montant à quatre pattes sur la table, allant à l’extrémité pour se laisser tomber sur le sol.
Ses mains entourèrent le tube, sa tête cogna fortement le sol en pierre, mais elle tenait enfin son sésame.

Abelle hoqueta de plaisir, ainsi recroquevillée sur le sol comme un tas de linge sale. L’espace d’un instant, elle tourna son regard vers Lyanna. Il y eut un petite seconde suspension avant qu’elle ne lui offre un grand sourire émerveillé. Être si heureuse...d’avoir obtenu une dose. April le lui avait dit, il n’y avait strictement rien d’autre qui comptait.

D’un coup de pouce, Abelle déboucha le tube et versa son contenu à même le sol avec la concentration d’un ingénieur. Une ligne parfaite, il ne fallait pas perdre la moindre miette. D’ailleurs, elle fît passer son petit doigt pour capter les restes de poudre piégé dans le tube et le lècha goulûment. La jeune femme continuait de pousser des petits cris de joies, ça aurait même eu une connotation parfaitement intime si on la plaçait dans une chambre à coucher.

Et enfin, d’un geste rapide et parfaitement habitué, signe qu’elle procédait ainsi depuis longtemps, Abelle se boucha une narine et inspira l’ensemble de l’Ephémérade. Une fois à l’arrivée, elle refit exactement le même chemin pour être certaine de n’avoir rien laissé puis se boucha les narines. La drogue eut un effet immédiat et fulgurant. La victime se redressa sur ses genoux, sa tête se révulsant en arrière, et elle poussa un long gémissement orgasmique en se serrant elle-même dans les bras.
« Ouuuuuuuiiiiiiiiiii ! »
Le produit faisait son action. Elle devint de plus en plus molle, perdant sa lucidité au profit d’un état second qui la faisait dodeliner de la tête. Pas moins de trente seconde après avoir inspiré sa dose, Abelle s’effondra sur le dos et demeura au sol, poussant une longue expiration extatique.
Son regard restait rivé sur le plafond. On aurait cru qu’elle y voyait le ballet de tout un tas d’expériences originales et inattendues, ce qui la faisait sourire et rigoler.

En la regardant faire, depuis le moment où Abelle avait débouché le tube jusqu’à l’instant où elle s’était effondrée sur le sol, Lyanna détourna les yeux, écoeurée de voir ça. Savoir qu’elle venait de contribuer à donner cette saloperie à sa servante lui donna un haut le coeur, et elle s’éloigna de quelques pas en mettant une main devant sa bouche, atterrée par ce qu’elle venait de faire. Elle essaya de respirer le plus profondément possible, mais en vain. Elle n’arrivait pas à se débarrasser de cette image : celle de quelqu’un qui venait de donner de la drogue à son amie. Lyanna resta quelques instants dans son coin, attendant le moment décrit par April, celui où elle pourrait parler avec Abelle. Et peut être obtenir des réponses à ses questions.

Son attente fut interminable. Une longue demi-heure ponctué par les soupirs de plaisirs d’Abelle. Elle se mettait parfois à chantonner. Elle se roulait sur le sol, disait combien elle était grande et puissante. Qu’elle était la déesse incontestable de ces barreaux. A croire qu’elle ne regrettait pas, à un seul moment, d’être enfermée. Et puis sa crise se calma petit à petit. La jeune femme donnait l’air de s’être endormie, son visage avait repris des couleurs et les fameuses cernes s’étaient résorbées.
Elle donnait toujours une allure lamentable. Mais un semblant de “mieux” s’affichait clairement. Lyanna l’observait, entre crainte et espoir, attendant un signe qui prouvait que son geste avait une utilité. Et ce geste était le réveil d’Abelle qu’elle attendait avec impatience, c’était trop long à son goût.


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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
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le Mar 26 Mai - 15:36

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Abelle reprit conscience à un moment donné. Elle se redressa doucement de flanc, clignant des yeux, ayant visiblement encore du mal à se repérer.
« Bonjour Messieurs. » fit-elle poliment.
Une voix qui allait fortement émouvoir Lyanna. Puisque ce timbre, cette intonation et cette douceur représentaient clairement la signature d’Abelle. Sa façon de s’adresser aimablement aux gens et de servir. Abelle...celle que Lyanna avait connu sur Héstevic.
« Puis-je mander un peu d’eau ? J’ai la gorge... »

Le reste de sa question mourut dès l’instant où elle constata la présence de Lyanna dans la prison. Le regard écarquillé, Abelle demeura silencieuse un moment. Elle faisait face à quelqu’un qu’elle aimait profondément et sa simple présence fît ressurgir un océan de honte qui l’avala toute entière. Abelle se sentit humiliée, rattrapée par tout ce qu’elle avait pu dire ou faire, ses souvenirs vaseux devenant des certitudes et non des cauchemars douteux.

« Dame... » dit-elle alors, les lèvres tremblantes.
Elle sanglota brusquement.
« Pas vous ! Je...je ne voulais pas être vue ainsi. Pardonnez-moi ! »
"Abelle ..."

Lyanna s’approcha de la jeune femme, s’accroupit à ses côtés et la prit dans ses bras pour la rassurer de sa présence.

"Tout va bien, je suis là. Ca va aller !"

La jeune femme répondit immédiatement à l’étreinte. Elle se cramponna à Lyanna comme à une bouée, lui transmettant par son corps tremblant de chagrin toute sa détresse. Elle éclata en pleurs douloureux, longs et virant, enfouissant sa tête dans l’épaule de la guerrière.
« Pardon ! » s’écria-t-elle. « De grâce...Dame ! Je...je ne veux plus revivre ça !!! »
Elle se détacha pour la regarder, elle secouait la tête. La jeune servante était paniquée, horrifiée à l’idée de replonger dans le manque, la douleur, la perdition.
« Je ne veux plus ! C’est un enfer ! Un tel enfer !!! Je...je vous en conjure, abrégez mes souffrances ! Je veux partir...avec ce qu’il me reste de dignité ! »
Dans cet appel à l’aide profond, elle agrippa son épaule. Elle semblait craindre que sa demande soit rejetée, qu’on ne la repousse et que son seul rayon de soleil, son espoir ne s’en aille à tout jamais. On aurait pu penser qu’elle n’était pas sérieuse. Mais Abelle la suppliait véritablement de tout son être.
« Tuez-moi ! Je vous en supplie, Lyanna ! »
"Je ne peux pas faire ça, Abelle. Tu me demandes l’impossible !"

Lyanna était très touchée par la détresse d’Abelle, et cela lui serra le coeur. Elle secoua la tête, cajolant la jeune femme pour essayer de l’apaiser. Mais elle savait qu’elle avait peu de temps avant que sa servante ne replonge.

"Ecoute moi ! Tu es forte, tu vas t’en sortir, et je suis là pour t’aider. Je te sortirais d’ici, et tu iras mieux, je te le promets. Mais tu dois t’accrocher, Abelle. Je sais que c’est difficile, que ça te paraît impossible, mais je te jure que tu iras mieux. Attends ..."

Elle acquiesça, essayant d’intégrer les encouragements. La voix et les propos de Lyanna avaient une grande force de persuasion, tout simplement parce qu’Abelle l’avait toujours adulé.

« Je suis forte... » avait-elle répété dans une tentative de se convaincre.

A contre coeur, Lyanna se redressa et laissa Abelle seule quelques secondes. Elle alla chercher la chaise et plaça cette dernière devant la table. Puis, elle souleva la jeune femme et l’assit, avant de lui servir un verre d’eau. Elle s’était laissée conduire, visiblement trop faible pour tenir seule sur ses jambes. A moins que son sens de l’orientation soit encore gravement altéré.

"Tiens, ça va te faire du bien. Est ce que tu as faim ?"
« Je meurs de faim. » avoua-t-elle d’une petite voix avant de se désaltérer.

Sans attendre, Lyanna appuya sur son oreillette.

//Helen ? Il me faut un repas chaud. Abelle a faim//
// Je vous envoie quelqu’un. Ce sera rapide. //

En attendant le repas, Lyanna posa sa main sur l’épaule d’Abelle. Elle resta près d’elle.

« Dame...j’ai prié votre retour. J’ai prié vous revoir un jour. Est-ce que vous... »
Elle essaya de calmer sa respiration paniquée.
« Me pardonnerez-vous un jour ? »
"Bien sûr que oui, je te pardonne. Je sais que ce n’est pas ta faute. Abelle, j’ai besoin de savoir ..."

La guerrière se mordit la lèvre, avec de regarder Abelle avait douceur.

"Qui t’a fait du mal ? Qui t’a fait subir ça, et t’oblige à ramener cette drogue sur ta planète ?"

La servante s’était emparée de la bouteille pour se verser de l’eau. La question de sa maîtresse l’immobilisa brusquement tandis qu’elle refermait distraitement le bouchon. Elle n’osa pas la regarder dans un premier temps, hésitante. Elle se disait qu’elle ne pourrait pas le croire.

« C’est... »

Elle prit une grande inspiration et donna l’identité de son tortionnaire.

« Son Altesse Heimda. » avoua-t-elle dans un souffle avant d’avaler le verre d’eau cul sec.
Abelle se mit à trembler. Mais cette fois, ce n’était pas nerveux. Son effroi était clairement palpable.
« La couronne est en péril. Son esprit a été...perverti. Héstevic n’est plus qu’un charnier d’âmes damnées. Des victimes. Des victimes ! »

Lyanna fronça les sourcils, et elle secoua la tête. Elle n’arrivait pas à croire que Heimda soit impliquée dans cette histoire de drogue. Et encore moins qu’elle ait pu torturer Abelle.

"Heimda ? Non, c’est … impossible. Pourquoi dis tu qu’il y a des victimes ? Qu’est ce qui se passe sur ton monde ? Raconte moi ..."

Une nouvelle fois, les larmes lui virent aux yeux.
« Je ne veux pas retourner là-bas. » lui supplia-t-elle. « S’il vous plaît ! »
"Tu ne retourneras pas là bas, je ne laisserais personne te renvoyer sur ton monde. Mais dis moi ce qui est arrivé".

Abelle acquiesça. Elle débuta un long monologue.
« Tout allait bien depuis votre départ ! Son Altesse Heimda finissait de pleurer feu son père. Son nouveau conseil était sain et pleins de bonnes intentions. Et moi...j’étais alors la porte-parole du petit peuple. Je lui apportais les doléances. »
La jeune femme affichait une nostalgie agréable.
« Nous passions la soirée tardive près du feu, nous évoquions de grands projets. Parfois même en votre présence. Et puis... »
Elle déglutit.
« Son Altesse s’est amourachée. C’était...très étrange. Messire Aurel était très attirant. Mais il n’avait aucun amour pour le peuple ni même pour la couronne. Il se montrait si arrogant que j’ai bien que cru que son Altesse l’expédierait par la Porte. Etrangement, ils se sont liés...j’ai... »
Abelle se tût lorsque quelqu’un frappa à la porte. L’un des gardes vint ouvrir et un infirmier posa un plateau repas chaud devant Abelle. Celle-ci regarda les vivres comme si on lui faisait une fleur et le remercia très chaleureusement. L’infirmier acquiesça, récupéra l’ancien plateau et partit rapidement.
« Je me suis douté que quelque chose n’allait pas. Son Altesse a changé ! »
La servante avait si faim qu’elle prit de grandes cuillerées tout en continuant de parler.
« De plus en plus distante. Elle s’est détournée petit à petit de son devoir pour Héstevic. Son amour pour les petits gens, sa grande bienveillance, s’était uniquement tourné vers Sir Aurel. Elle buvait ses dires. Brillaient de milles feux son regard pour lui. Je l’ai vu d’un très mauvais oeil. »
Une fois terminé les petits pois, elle prit le cordon bleu d’une main et croqua dedans. Ca faisait très longtemps qu’elle n’avait pas été suffisamment lucide pour prendre un vrai repas. Son corps lui-même semblait se revigorer instantanément.
« J’ai voulu faire appel à vous, Dame Lyanna. Je savais que si elle ne vous écoutait pas, alors vous trouveriez le maléfice. Mais...la Porte était gardée. Par les hommes de Sir Aurel ! »
Abelle secoua la tête.
« Le temps a passé. Puis l’enfer s’est abattu sur nous. Le peuple a été envoyé mourir aux mines. »
Elle s’interrompit, les lèvres encore garnies de nourriture.
« Je suis navrée, Dame. Votre sacrifice, celui de Sir Darren, de Dame Teyla...a été vain. Le peuple se meurt sous les quantités imposées de pierres précieuses à sortir des mines. A force de m’opposer et d’enquêter, j’ai été destituée de mon poste. Alors...j’ai trouvé des alliés. J’ai... »
La jeune femme déglutit et reposa le reste de son cordon bleu.
« J’ai honte à l’avouer. Je me suis lié aux groupes de rebelles qui ne voulaient pas de la couronne. J’ai résisté, enquêté avec eux. Et j’ai découvert que toutes ces pierres servaient à acheter la drogue que vous m’avez vu transporter. Sir Aurel l’entrepose sur notre planète. Il la fait couper, camoufler dans des artifices, puis l’envoie ensuite par la Porte. J’ai caché les diverses coordonnées de ces planètes pour qu’elles ne tombent pas dans les mains de sa milice. »
Tous ces souvenirs faisaient paniquer Abelle. Elle respirait de plus en plus fort, s’emparant de la manche de Lyanna comme une enfant terrorisée par un monstre imaginaire.
« J’ai appris que son Altesse Heimda était asservie par cette drogue depuis très longtemps. Son refus de me voir, de voir le peuple, ne servait qu’à masquer son état de dépravation. Je me suis battue comme une lionne ! Comme une lionne, je le jure ! »
Elle secoua la tête, les yeux humides.
« Mais ils étaient trop nombreux ! Si nombreux !!! La vieille dame...l’apothicaire...venait de trouver le remède. Mais...nous avons été vendues par sa fille. Sa propre fille ! Je n’ai pas su protéger la formule et...ils l’ont remis à Sir Aurel. »
Abelle ferma les yeux. Elle avait maintenant beaucoup de mal à trouver son souffle et se tenait la poitrine d’une main.
« Il a...il a….non ! NONNN ! COMMENT AI-JE PU ÊTRE SI SOTTE !!! »
"Tout va bien Abelle, calme toi. Tu es en sécurité ici. Ils ne te feront plus de mal".

Lyanna essayait de calmer la jeune femme comme elle pouvait, en se montrant douce, en lui apportant l’attention qu’elle voulait, sa présence. La guerrière savait que Heimda ne pouvait pas être mêlée volontairement à ce trafic, quelque chose clochait. Et maintenant, elle avait un nom. Sir Aurel. Mais qui était ce mâle ?
Abelle essaya de retrouver une respiration convenable. La douceur de Lyanna l’y aidait beaucoup.

"Tu le connaissais, ce Aurel ? Il venait de ton monde ? Tu l’avais déjà vu avant ?"
« Non. Il...il est apparu un jour. C’était un marchand d’épices réputé. Quand on usait de ses compléments, ça donnait envie d’en avoir d’autre. Il a rapidement gagné en influence et...il s’est approché de son Altesse Heimda le soir d’un grand banquet. »

Evidemment, les renseignements données par Abelle soulevaient une foule de questions. Aurel n’était pas net depuis son arrivée, il avait certainement drogué plusieurs personnes, dont Heimda, pour se faire une place et diriger son affaire.

"Tu as parlé de coordonnées de planètes où la drogue était envoyée. Tu t’en souviens ? Tu pourrais me les donner maintenant ?"
« Je regrette ! Il y avait tant d’adresses, des dizaines. J’y ai inscrit les résultats dans un recueil, enterré profondément. »
"Où est ce qu’il est enterré ?"
« Dans l’ancienne tombe de Monseigneur Virgil. Celle que Darren et vous aviez fait creuser. »
"D’accord, d’accord. Ca nous aidera à l’arrêter".

Lyanna se mit à réfléchir quelques secondes, cherchant quelle question lui poser.

"Ca fait combien de temps que tu viens ici pour chercher de la drogue ? Tu es la seule à faire ça ? Ou est ce qu’il y a d’autres personnes comme toi, qui n’ont pas le choix ?"
« On ne s’est jamais croisé. Mais je sais que je ne suis pas la seule. Les porteurs sont des hommes forts. Ou des personnes, comme moi, qui se sont battus jusqu’à ce que... »
Elle ferma les yeux.
« Une chambre dans le château de son Altesse Heimda. Elle y a un autre trône fait d’ossements. Elle s’y installe avec une drogue étrange, pas celle là, une...différente. Liquide. Qu’elle met dans son verre. Et ensuite elle nous regarde, subir les pires tourments. Elle en rigole... »
Une nouvelle fois, Abelle supplia du regard sa clémence et sa compréhension.
« J’avais si mal ! J’avais tellement mal ! Je n’avais pas d’autres choix que de prendre le bleu pour me soulager. Ils ne m’auraient pas tué. Ils m’auraient maintenu pour me faire souffrir encore. Je n’ai pas eu le choix ! »
Elle hocha la tête, perdue dans des sentiments de honte et de détresse.
« Je venais...trois fois par semaine. Il y a de cela des mois... »

Abelle ferma les yeux, se crispant pour ne pas sangloter.
« Mes souvenirs sont incertains, dans un étrange brouillard. Je me rappelle avoir eu des mots et comportements...mais...comme si ce n’était pas vraiment moi. »
"Ce n’était pas toi, Abelle. Pas vraiment toi. Ce n’est pas de ta faute".

Lyanna se redressa et amena la jeune femme contre elle, la serrant avec douceur pour la tranquilliser face à sa détresse et à son chagrin.

"Et l’apothicaire, est ce qu’elle va bien ? Tu sais si le remède peut être refait ?"
« Ils l’ont exécuté dans la rue, pour en faire un exemple. Ils lui ont tranché bras et jambes. Puis il l’ont laissé se vider de son sang... »
Abelle se mit alors à réfléchir.
« La formule n’a jamais été testé. Mais je crois qu’elle fonctionne. Juste avant d’être envoyée dans la chambre, Sir Aurel a décidé de faire parvenir le papier à Bogda. Il l’a sommé d’affiner la drogue bleue pour que le remède soit inefficace. Alors je crois...qu’il doit l’avoir sur lui... »

De précieux renseignements qu’il faudrait récupérer auprès de Bogda. Même si ce dernier avait eu le temps de rendre le remède inefficace, il y avait un début de quelque chose que les médecins pourraient exploiter afin de supprimer cette saloperie.

"On retrouvera cette formule. Et ici, tu n’avais à faire qu’à Bodga ? Ou tu voyais quelqu’un d’autre ? Tu n’as pas entendu de noms autre que le sien ?"
Abelle fit non de la tête.
« Ils s’appelaient par leurs noms mais ma mémoire défaille. Bogda est le fournisseur. Je lui donnai les pierres, il me donnait la drogue. En revanche, j’ai encore en tête les montagnes de paquet. Héstevic n’est pas le seul lieu de transformation. Bien d’autres mondes ont dû sombrer comme le mien. »
"Ces lieux, ce sont ceux dont tu m’as parlé ? Ceux où Aurel envoie la drogue que toi et les autres passeurs, vous ramenez ?"
La jeune fille parut prendre dix ans de plus.
« Non. Je te dis qu’il y a d’autres Sir Aurel qui prennent contrôle d’autres Héstevics. Je ne suis qu’une goutte d’eau dans ce que traite Bogda ! Et maintenant...j’ai la certitude que Sir Aurel provient de cette planète. Qu’il avait pour but de nous…”transformer”. »
"D’accord".

La théorie sur le fait que Aurel venait probablement de ce monde là, et qu’il serait allé à Héstevic pour faire cet odieux commerce tenait la route. Une information très préoccupante, car comme le disait Abelle, si Aurel venait de cette planète, d’autres avaient effectivement du faire la même chose ailleurs. De quoi s’en mettre plein les poches pour Bogda et tous ceux qui mouillaient dans ce trafic.

"Tu sais si Aurel a des gardes ? Ou une milice armée, ou quelque chose dans ce genre ? Et combien ?"
« Ses hommes gardent la Porte. Le château de son Altesse. Les mines. Et ils ratissent les bourgs à la recherche de main d’oeuvre, de tavernes à assécher, de richesses à piller. Ils sont tous venus de l’extérieur sous la demande de Sir Aurel. Il n’y a pas eu d’oppositions. Ils sont...nombreux. Très nombreux. »
"Et comment sont ils armés ? Comme les Atlantes ? Ou comme moi ?"
« Certains ont des armes qui jettent le tonnerre et le feu. Comme Sir Darren. D’autres emploient la lame, le marteau. Ils aiment ces outils pour torturer les innocents, faire régner la peur. La résistance... »
Une lueur d’espoir s’illumina dans son regard.
« La résistance est peut-être encore active ! Dame...vous devez les trouver. Ils vous diront tout ce qu’ils ont vu ! »
"Où est ce qu’on peut la trouver ?"
« Le bastion des Veilleurs...là où vous aviez secouru son Altesse. »
"Je me souviens. C’est parfait, Abelle. Je te remercie".

Lyanna eut un petit sourire rassurant pour Abelle, et serra son épaule.

"Ne t’en fais pas, je vais te sortir de là. Je te promets que tout ira mieux. Et on aidera ton peuple et Heimda. D’accord ?"
« C’est mon voeu le plus cher. » reconnut-elle avec gratitude.


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Darren Clive

Image perso : Tout à un prix Bannie10
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le Mar 26 Mai - 15:37

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Après avoir fourni quelques détails supplémentaires, la conversation douloureuse de la chute d’Heimda se tarit. La servante se laissa aller dans de nouveaux échanges plus positifs, appréciant de pouvoir retrouver cette habitude qu’elle avait eu avec Lyanna autrefois. Quand Darren dormait encore et qu’elles partageaient une collation, une boisson chaude, tout en parlant avec une totale simplicité le matin. Elle avait besoin de ça pour oublier le drame, se conforter dans une époque qu’elle affectionnait. C’était, d’une certain façon, le moyen de se retrouver et de mettre sa situation délicate en sourdine.

Pourtant, le temps s’écoula très rapidement. Privé de la lumière du jour, ainsi enterrée profondément dans le sol, il était difficile d’avoir la mesure du temps. Lyanna était restée près de deux heures avec la jeune femme pour l’accompagner. Et malgré les quelques sourires et rires qui ponctuèrent leurs discussions comme à la belle époque, Abelle finit par se faire ratrapper par ses démons.

Au début ce n’était que de l’inconfort. Et elle se contorsionna ensuite un peu sur sa chaise pour trouver une meilleure position. Un étrange stress commençait peu à peu à la dévorer, lui faisant se nouer les doigts, plisser les yeux, se racler la gorge. Elles savaient toutes les deux ce que ça signifiait. Les gestes moins souples et trop énergiques, signe d’une hyperactivité illusoire, trahissaient le grand retour du manque.
Abelle n’aurait rien avant les deux prochaines heures et, quand on savait dans quel état elle se trouvait en pleine crise, la descente actuelle n’annonçait rien de bon. Fatalement, elle s’emporta de façon démesurée sur un sujet où régnait une différence d’opinion.

« [color:bf52=93586B] MAIS PUISQUE JE TE LE DIS !!! » s’était-elle écriée, subitement en colère.

Elles se regardèrent un instant, dans le silence, aussi surprise l’une que l’autre.
Contre toute attente, la servante pris Lyanna dans ses bras et la serra fort contre elle. Une nouvelle fois, elle tremblait d’angoisse et d’appréhension à l’idée de retourner dans son état de crise. L’envie de supplier la guerrière pour avoir une nouvelle dose plus tôt se lisait tant dans ses traits que son regard. Mais même si elle allait le regretter, la jeune femme mobilisait ce qui lui restait de volonté pour rester digne.

« [color:bf52=93586B] Je crois...que vous devriez partir maintenant... » murmura-t-elle d’une petite voix apeurée. « [color:bf52=93586B] Ca...ça revient. »
Elle essayait de ne pas sangloter.
« [color:bf52=93586B] Je ne veux pas que me voyez comme ça. Je veux que vous me gardiez en votre mémoire comme une servante fidèle et investie. Alors partez ! »
Abelle la repoussa alors de son étreinte.
« [color:bf52=93586B] De grâce, partez ! »
Elle se positionna devant la table, comme si elle s’apprêtait à manger le contenu de son plateau vide. La servante feignit d’avoir totalement effacé la guerrière de sa vue et de sa mémoire. Elle demeura bien droite, les coudes posés comme il se doit, désirant lui laisser pour dernière image une servante parfaite.

Lyanna s’était reculée de quelques pas, regardant Abelle s’enfoncer lentement mais sûrement vers son cauchemar. Il lui tardait que la jeune femme reçoive des soins adéquats, et aille mieux. Même si la route allait être très difficile à suivre pour elle.

"Je retrouverais la servante fidèle et investie que tu es, Abelle. Je retrouverais mon amie".

Elle ne lui répondit pas. Abelle ferma les yeux de toutes ses forces, se contraignant à ne plus bouger.
Ne supportant plus de la voir en manque, et ne voulant pas avoir à nouveau à faire avec son côté sombre et en détresse, la guerrière quitta la pièce, laissant Abelle. Elle reprit ses armes et se dirigea vers l’escalier pour monter à l’étage.

A peine la porte s’était-elle refermée qu’Abelle s’effondrait sur elle-même, en proie à l’effort qu’elle développait pour paraître saine. Elle s’enfouit le visage dans ses bras et pleura longuement.

Dix minutes plus tard, l’Amazone rencontrait le lieutenant Ridding pour lui faire part de ses découvertes. Sa femme l’avait rejoint, souhaitant connaître l’état de lucidité d’Abelle après sa prise de stupéfiant, combien de temps s’était écoulé avant ses premiers symptômes de manque. Après lui avoir répondu sur l’état de sa servante, Lyanna reporta toutes les informations qu’elle avait pu tirer d’Abelle. L’officier n’était visiblement pas étonné d’apprendre qu’Héstevic ait été manipulé et transformé en usine de conditionnement géante. Selon lui, c’était la tactique habituelle des criminels pour éviter de laisser l’ensemble de leur poudre sur cette planète.

Pendant tout ce temps, il se tenait devant un grand écran principal dressé sur pied. Entre lui et cette image, plusieurs opérateurs de drones se chargeaient de l'observation de plusieurs sites. Ils étaient assis à table, la main autour d’une manette d’avionique connectée à un dispositif de pointe qui se refermait en forme de mallette.

« Vous êtes certaine d’en avoir tiré tout ce que vous pouviez ? » lui demanda alors Ridding. « Un remède ! C’est bien trop beau pour paraître vrai. »
« Une solution miracle pour supprimer la dépendance, c’est impossible. » assura Helen. « En revanche, nous nous servons habituellement de molécules neutralisantes capable d’assister et de renforcer l’efficacité du sevrage. Cette fameuse formule, si elle est réelle, doit contenir une telle molécule. Ce ne sera qu’une question de temps pour l’adapter à nos méthodes de traitement. »
« Encore faudrait-il mettre la main dessus. »
Ridding avisa Lyanna.
« Si son créateur est décédé, où est-ce qu’on peut trouver ce document ? »
"Abelle m’a dit que, lorsqu’elle a été arrêtée sur son monde avec l’apothicaire, la formule a été remise à Aurel. Et qu’il l’a lui même donné à Bogda afin que ce dernier améliore sa drogue pour annuler les effets de l’antidote".

L’officier tiqua.
Il gardait son regard rivé dans celui de la guerrière, l’esprit mobilisé sur des réflexions tactique. Il se retourna pour s’adresser à l’un des opérateurs de drone.
« Le site de Clive à l’écran. » lui ordonna-t-il.
« A vos ordres ! »
Assis devant une mallette équipée d’une manette d’avion, l’opérateur répondit par l’affirmative. Il manipula son drone à distance, lui faisant quitter une opération d’arrestation pour suivre un signal particulier, celui de la balise du jeune homme. L’avion fît un très léger virage une fois arrivé à destination puis tourna lentement en cercle en fixant l’origine du signal.
Un amas de corps grouillant en surface le rendait difficile à repérer. Le technicien passa en mode thermique puis effectua un zoom. On y discernait alors la silhouette de Darren, identifiée par sa balise, en pleine bagarre, qui abattait plusieurs ennemis en profitant d’un avantage de position. Des hostiles peu nombreux mais très épars couraient, manifestement à sa recherche. Les plus proches débouchèrent d’un escalier en regardant du mauvais côté. On vit Darren se décaler légèrement de son couvert, marchant de biais tout en les éliminant. Il s’arrêta pour contrôler son secteur avec son neuf millimètre puis il recharga rapidement son arme principale. Darren ne semblait pas se rendre compte qu’il était surveillé par le drone. Pris dans le feu de l’action, il était alors en train d’écarter les armes des cadavres d’un coup de pied avant de revenir sur sa précédente cachette.
L’assemblée découvrit une autre personne. La silhouette plus large, les mains liées à l’avant, Darren le tenait par cette entrave et l’entrainait de force avec lui.
L’opérateur dézooma pour avoir une image générale. Des tas de gens s’approchaient. Ils étaient clairement à sa poursuite.
« Il traîne un prisonnier. Bogda ? » s’enquit Helen.
« A voir tous les hostiles qui lui filent le train, c’est certain ! »
Il fixa l’opérateur.
« Quel est sa situation ? »
« Bravo 8 s’est signalé isolé. On obtient ses informations régulièrement mais il ne nous reçoit plus. Sa radio est défectueuse, sûrement à cause du terrain. »
« Merde ! »

Lyanna avait assisté à la scène en observant l’écran sur lequel la zone de combat était apparue. Son coeur se serra en voyant Darren, seul, en mauvaise posture à cause de ses nombreux poursuivants. Il avait un prisonnier, mais il ne parviendrait pas à s’en sortir sans renforts. Où étaient ses équipiers ? Jim et Max qui étaient partis le chercher ? Darren n’allait pas tenir longtemps sans aide, ses ennemis allaient lui tomber dessus à un moment ou un autre. La jeune femme s’approcha de l’écran, ainsi que des deux Ridding.

"Il a besoin d’aide !"

L’officier était peut être à court d’hommes. Ou le reste du D4 était peut être occupé ailleurs. Ou bien bloqué quelque part, sans parvenir à le rejoindre. Lyanna ne voulait pas rester là, sans rien faire, impuissante à laisser Darren seul et en danger. Elle regarda Ridding.

"Je veux y aller ! Envoie moi là bas !"
« Hors de question. Vous êtes clairement parti pris dans cette histoire et vous ne brillez pas pour votre sens de la retenue. »
Lyanna leva les yeux au ciel en s’éloignant de quelques pas pour calmer sa colère. Ridding était vraiment borné. Il fixa l’opérateur.
« Pourquoi le transport S1 n’est pas venu le chercher ? »
« Le secteur est encore beaucoup trop chaud, lieutenant. A la première tentative d’approche, l’ennemi a fait détonner une sacoche d’explosif sur sa nacelle moteur, le jumper a dû se replier en urgence. »

Ridding fixa calmement la vidéo.
Ca ne servait à rien de paniquer et il tentait de trouver la meilleure solution.
Malgré la déformation de l’image à cause des différentes sources de chaleur, il était clair que Darren était amoindri et blessé. Il boitait fortement, traînant avec lui l’homme qui ne jouait pas le jeu. Le comble, c’est que les poursuivants le forçaient à s’enfoncer un peu plus dans la cité en guerre, l’éloignant des renforts à pieds qui cherchaient probablement à le rejoindre.

« Trouvez moi les unités les plus proches. »
« Reçu ! »
Le technicien appuya sur quelques boutons de son propre écran de contrôle, requérant le signalement des balises les plus proche de la zone de survol de son drone. Il donna la réponse immédiatement.
« Indicatif radio Bravo 6 et Bravo 7, section D4. »
Ils étaient deux, en pleine bagarre dans une avenue. Ces soldats montaient à l’assaut d’une position défensive. On vit le premier attirer le feu sur lui tandis que le second prenait un peu d’avance. Il se coucha au bord d’un amas de pierre d’un bâtiment effondré puis lança un objet. L’instant d’après, le nid de défenseurs vola en éclat. On vit les deux hommes se mettre à courir pour rejoindre le nouveau couvert et lancer l’offensive sur les prochains ennemis.
« Il y a un leader d’unité ? »
« Affirmatif, Bravo 6, le sergent Holman. »
« Ouvrez la fréquence. »

Ridding appuya sur son oreillette.
//Bravo 6, ici Sierra. Quelle est votre situation ?//
//Sierra, ici Bravo 6.// s’écria Jim au travers des coups de feu. //On tente de se frayer un passage. Bravo 8 est en danger. Nous l’avons manqué de peu, la moitié de la ville est à ses trousses. //
//L’unité Bravo 8 détient un VIP essentiel à la mission. Que vous faut-il pour l’atteindre ?//
Jim ne répondit pas tout de suite. On le vit s’emparer de son collègue, probablement Max, et le forcer à se retirer juste avant qu’une rafale ne leur tombe dessus. Ils attendirent que la tempête passe puis Max sortit de son couvert pour se déployer plus loin. Il donna un puissant coup de ranger dans une porte, contrôla l’entrée, puis fit signe à Jim qui le suivit de près. L’opérateur de drone n’avait plus le visuel.
//Sierra, des hostiles ne cessent de nous canarder depuis une position élevée. Le soutien de mortier n’est pas efficace. Je répète, soutien inefficace. Tant que cette position ne tombera pas, on peinera à rejoindre Bravo 8.//
//Un instant.//
Il se pencha vers l’opérateur de drone.
« Envoyez les Oggs me bombarder ça. »
« Négatif, lieutenant. Ils ont déployés des miroirs qui reflètent le soleil sur nos lanceurs. Il faut obligatoirement aller sur place pour marquer la cible ! »

Ridding laissa échapper sa frustration cette fois, cognant un poing sur la table en ne comprenant pas comment ces truands pouvaient offrir une telle résistance face aux armes avancées.

Visiblement, l’officier avait épuisé toutes ses options, vu sa réaction. Lyanna revint alors à la charge, se plaçant dans son champ de vision.

"Tu n’as personne pour aller les aider. Et moi, je suis là. Alors, envoie-moi là-bas tout de suite !" lança-t-elle sur un ton autoritaire.

Le lieutenant Ridding était au-dessus des comportements de Lyanna. S’il se vexait pour son manque de respect pour la chaîne hiérarchique, il n’aurait pas fini. Pour le moment, il devait considérer ses choix tactique et la carte “Lyanna” devenait la seule optique efficace. Il serra les dents en acquiesçant lentement.
« Opérateur ! »
« Chef ? »
« Faites revenir S1. Mission de transport prioritaire ! »
« Transport prioritaire, je transmets. »

Le lieutenant se redressa pour faire face à Lyanna, la défiant tout autant qu’elle le faisait avec lui.
« Je vous fais déposer sur ce toit sous couverture. Détruisez la résistance ennemie. Vous ferez ensuite jonction avec le sergent Holman. Placez-vous sous ses ordres. »
Il insista de son regard.
« Votre mission...est...le transport du VIP. Coûte que coûte. »
Clairement, il sous-entendait qu’elle ne devait pas y aller pour Darren. Lyanna comprit d’ailleurs l’allusion, et elle se retint de faire la moindre remarque. Si elle commençait à dire à Ridding que son seul but, c’était d’aller chercher Darren, et que Bogda passait en second, elle ne partirait jamais. Et puis, une fois là bas, l’officier ne serait plus là pour lui faire des remontrances, non ? La jeune femme resta donc silencieuse, levant légèrement le menton comme pour défier un peu plus Ridding.
Il n’était clairement pas enchanté à l’idée qu’elle rejoigne Darren. Il doutait fortement qu’elle reste pro et il sentait, vu son impulsivité, qu’elle réagirait aux sentiments. L’attachement entre les deux jeunes gens ne lui avait pas échappé depuis la mission d’Héstevic. Et dans ce type de mission, ça pouvait être désastreux.
« Cet homme doit arriver ici en vie. Ca doit être votre seule priorité ! Compris ? »

"Ca va, j’ai compris !" lança Lyanna sur un ton irrité. "Je ramène le mâle ici et vivant !"

Lyanna avait entendu lorsque le Lieutenant lui avait expliqué qu'elle serait sous les ordres de Jim, une fois qu’elle aurait rejoint son équipe. Ce détail ne lui plaisait pas vraiment, et elle ignorait si elle parviendrait à lui obéir, ou à n’en faire qu’à sa tête. Après tout, elle était elle même chef de guerre, alors obéir à un mâle … Cependant, c’était comme si elle était sous les ordres de Sheppard, non ?

"Je pars quand ?"
« Maintenant. » décréta-t-il. « Rendez vous dans la cour du bâtiment, contactez Bravo 6 pour accorder votre intervention. On vous suivra à distance. »

Le lieutenant s’éloigna de quelques pas, récupéra un objet et vint le lui placer devant les yeux.
« C’est un marqueur. Au prochain toit qui vous empêche d’avancer, vous appuyez sur le bouton, vous le balancez, et vous vous écartez en vitesse. Vu ? »

Lyanna prit l’objet que lui tendait Ridding, et le regarda en écoutant ses explications sur son utilisation. Elle le rangea aussitôt dans une poche de son gilet, et acquiesça d’un simple hochement de tête à l’officier.
« Je l’accompagne jusqu’à la cour. » décida Helen.
Le lieutenant acquiesça puis les laissa partir.

Avant que Lyanna ne se rende vers la surface pour monter dans le jumper, le médecin lui demanda de la suivre jusqu’à la petite armurerie. Elle prit un sac dans lequel elle plaça des munitions de P90, de M4 et de neuf millimètres. Quelques grenades fumigènes et explosives.
« Tes futurs collègues ont utilisé beaucoup de leurs munitions. Ton soldat aussi. Je te conseille de leur apporter ça. »
Elle referma la fermeture éclair d’un geste sec puis lui tendit la bretelle en bandoulière à faire passer autour de son cou. Lyanna ajusta le sac qui tombait sur son flanc, elle vérifiait que ses gestes n’étaient pas entravés par ce nouvel objet. Et en particulier la sortie de ses épées. Heureusement, ce n’était pas le cas. Helen avait encore quelque chose à lui donner. Elle lui tendit un neuf millimètres.
« Tes épées n’iront pas partout. Tu sais t’en servir ? »

Lyanna secoua la tête en regardant le pistolet.

"Non. Je l’ai déjà utilisé, mais c’était un désastre".
« Il va falloir que tu t’y mettes. »
Le médecin tira sur la culasse et retira le cran de sûreté. Elle s’empara d’un holster de cuisse dans la caisse et y plaça l’arme à l’intérieur.
« Tu sors, tu pointes, tu appuies sur la détente. Tout est prêt. » lui dit-elle avant de lui installer le holster à la cuisse droite. Elle vérifia que les sangles étaient bien serrées, que ça ne risque pas de se balader pendant la course.
Enfin, le médecin décrocha de son gilet tactique une poche modulaire qu’elle plaça sur celui de Lyanna, sur le flanc, quasiment au dos, pour éviter qu’elle soit gênée dans ses mouvements.
« C’est un kit médical complet. Dedans, tu trouveras un tube noir et rouge. C’est un fortifiant. Si l’un d’entre vous est trop amoindri, piquez vous avec, ça devrait aider. »
"Noir et rouge" répéta Lyanna comme pour s’en souvenir. "D’accord".
Helen la fixa.
« Ca ira ? »
"Je n’en suis pas à ma première bataille !"

Cela dit, Lyanna cacha le fait qu’elle était quand même inquiète. Certes, elle avait mené moults combats depuis son enfance. Mais cette guerre était un genre différent de ce qu’elle connaissait. Depuis qu’elle avait rencontré les Atlantes, et qu’elle partait en mission avec eux, elle avait l’impression que les combats étaient plus dangereux que ceux de son monde. La différence d’armement jouait beaucoup, surtout quand la jeune femme ne connaissait pas ces armes là, mortelles à distance.
Une fois en surface, accompagnée par l’éternel bruit d’émeute au niveau de la Porte, Helen vérifia que la radio de la guerrière était bien branché sur les ondes de l’escouade du D4 puis lui souhaita bonne chance.
« Si tu m’apportes cette formule, ça me donnera plus de poids pour faire transférer Abelle sur Atlantis. Je songe à faire une demande pour la placer en stase. Ca ne réglera pas sa situation. Mais elle dormira, sans douleur, le tant qu’on obtienne la molécule. »
C’était une offre.
Si Lyanna ramenait Bogda et la formule, Helen lui promettait qu’Abelle serait plongée dans un sommeil sans douleur. Une proposition qui, forcément, allait l’intéresser. Et elle intéressa beaucoup la guerrière. Abelle voulait arrêter de souffrir, elle ne voulait plus être dans cet horrible état de dépendance. Elle avait même demandé à la guerrière de la tuer pour ne plus subir ça. Alors, forcément, être en stase le temps de la guérir était une très bonne idée.
« Il nous faut ce type. »

Ridding femme était exactement comme Ridding mari. Les deux voulaient Bogda. Pour des raisons différentes. Lyanna soupira, elle savait que c’était la mission. Mais y parviendrait-elle ?

Helen tourna son regard vers le ciel, attiré par le bruit de moteur défaillant d’un jumper. Tout une partie d’une nacelle moteur avait noirci. Mais même s’il semblait vaciller dans sa stabilité, l’engin était toujours en vol. Il opérait une descente régulière pour embarquer Lyanna.
« Bonne chance ! N’oublie pas de contacter Bravo 6, c’est important ! »


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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mar 26 Mai - 15:38

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

La guerrière hocha la tête, et plaça son bras devant son visage au moment où le jumper atterri. Puis, une fois le sas arrière ouvert, elle grimpa à l’intérieur, allant s’asseoir sur un siège. Un dernier regard vers Helen, avant que le sas ne se referme, le jumper étant prêt au décollage. Et Lyanna se sentit maintenant isolée, bouillant intérieurement par la bataille à venir. Écoutant la dernière requête du médecin, la jeune femme appuya sur son oreillette, et chercha d’abord quoi dire.

//Heu … Bravo 6 ?// dit elle d’une voix hésitante, ignorant tout des procédures radios.
//Je suis là !// fît la voix de Jim au milieu d’une fusillade. //Content de vous avoir avec nous, jeune femme. Vous prendrez l’indicatif Bravo 5 pour les échanges radio, c’est celui d’April. Ca ira ?//
//D’accord pour Bravo 5//
//Ok ! Pour rejoindre l’objectif, on doit passer par une avenue. Les hostiles nous empêchent de l’emprunter depuis les toits, en particulier un immeuble en hauteur, bien défendu. Le jumper sera invisible et fera un passage pour vous permettre d’y voir clair.//
Une explosion brutale le coupa soudainement. Max cria par-dessus ses tirs.
//A votre signal, on enverra du fumigène et on commencera à passer dans l’avenue, ça va attirer leur attention. Nettoyez le toit. Mais attention, une fois hors du jumper, vous serez visible par les hostiles. Ils sont dangereux, la drogue les rend plutôt tenace, entendu ?//

Lyanna se leva du siège et s’approcha de l’avant du jumper, en regardant l’extérieur par la verrière. En temps normal, elle n’apprécierait pas que des gens risquent leur vie pour la couvrir. Mais là, c’était des mâles, ce n’était pas très important. Quoi qu’elle avait besoin d’eux pour arriver jusqu’à Darren. Et à Bogda. La jeune femme acquiesça d’un hochement de tête, se tenant au siège libre qui se trouvait sur le côté du poste de pilotage.

//Compris. Je nettoie les hauteurs pendant que vous deux, vous attirez l’attention//

Le jumper se dirigeait tout droit vers l’objectif de l’Amazone.
Effectivement, elle constata bientôt un immeuble à plusieurs étages. Ou plutôt une grande tour en bois, garnie de plusieurs voiles de moulin sur ses flancs, dont les bases étaient toutes renforcées par les bâtiments alentour. Un immeuble...prenant ses fondations sur des maisons et des entrepôts.
Souvent, de vives lueurs balayaient le ciel. Par les fenêtres, des hostiles tentaient de viser les drones en vol avec les miroirs pour les éblouir avec les rayons du soleil. Les traits de lumières qui touchaient accidentellement la verrière du jumper étaient immédiatement absorbée par la vitre polarisée, aucun problème de ce côté là.
Le pilote lui signala qu’il allait faire le tour, ce qui permit à la jeune femme de commencer l’observation de son environnement.
Lyanna détenait le gène des anciens. Sans qu’elle ne le veuille réellement, plongée dans son observation silencieuse des différents truands qui se penchaient par le garde-fou pour tirer en contrebas, la verrière s’anima de diverses informations. Ce qui surprit énormément Lyanna qui recula d’un pas, ne comprenant pas ce qui se passait. Mais cela n’avait pas l’air de perturber le pilote, comme s’il avait l’habitude. La jeune femme était loin de se douter que c’était elle qui venait de provoquer ça. Elle se mit à regarder ce qui était apparu. L’Amazone ne connaissait pas le Lantien mais les différents signes étaient clairs. Le jumper répondait automatiquement à ses songes en modélisant une carte signalant le nombre d’ennemis en temps réel. Ce qui la perturba un peu. Dès qu’elle pensait à quelque chose, ça apparaissait sans qu’elle ne sache pourquoi. Mais cette apparition était une bonne chose, elle put étudier le terrain et voir ce qui l’attendait.

Un dépôt de munitions au centre, dans une structure en bois de type cabanon. Puis le reste de la surface était ouverte au ciel, là où s’agitaient pas moins d’une douzaine d’ennemis. Cinq d’entres eux se pressaient contre la rambarde, équipés d’armes Geniis, en tirant largement à volonté contre la position de Jim et Max. Mais les autres, étonnamment, s’affairaient sur un emplacement libre de la surface. On y montait un engin en bois, l’ouvrage était presque terminée.
Une fois encore, la perplexité de Lyanna fût capté par l’ordinateur de bord qui zooma sur le dispositif et en fît un schéma plus compréhensible. C’était une catapulte ! Ils comptaient envoyer un projectile dans le bâtiment qu’occupait les deux hommes.
Le lourd paquet de poudre bleutée qui faisait office de munition ne lui échapperait pas.
Helen ne lui avait-elle pas dit que la dépendance serait immédiate ? Si ce paquet de poudre explosait dans la maison et qu’ils en inhalaient ?!? Ca serait une très mauvaise chose, Lyanna serait entièrement isolée, et les coéquipiers de Darren seraient perdus s’ils devenaient comme Abelle et les autres. Elle devait s’occuper de cette catapulte avant tout. Mais comment s’en approcher sans attirer ses ennemis ? La jeune femme regarda le plan des lieux, et vit un peu plus loin une sorte de large pilier assez éloigné du premier groupe d’ennemis. Le jumper pourrait atterrir derrière, et la guerrière en sortirait sans être vue, dissimulée derrière un abri. Pour la suite, ça serait plus difficile.

"Va là bas, derrière ce pilier !" ordonna-t-elle au pilote.

Le pilote acquiesça d’un signe de tête.
Lui aussi avait dû recevoir la consigne de la part de Ridding.

Sans attendre, le jumper évolua efficacement pour se rendre derrière ce pilier tout en lui tournant le dos. Lorsque la nacelle arrière s’ouvrit, le panneau se posa sur le rebord de la surface. Lyanna n’avait plus qu’à emprunter ce pont pour se mettre à couvert derrière le pilier. Deux truands torse nu, le corps parcouru de tatouages, passèrent devant sans se rendre compte de la présence du jumper. Pourtant, le bruit inhabituel de celui-ci allait finir par les alerter. Ces truands chargèrent l’énorme paquet de poudre bleu dans le contenant de la catapulte avant de se regarder l’un et l’autre, brusquement immobilisé.
Ils tournèrent ensuite leur regard intrigué et effrayé vers le jumper invisible.

« Etalh qué bago ? »
L’un des deux dégaina une arme de poing genii. Il la pointa devant lui, fronçant des sourcils, en avançant très lentement.
« Qué bago ??? »
Il fixait Lyanna sans la voir. Si cette dernière sortait directement du jumper, cet ennemi la verrait se matérialiser comme par magie pour se rendre derrière son pilier et il donnerait l’alerte.

La guerrière regardait son ennemi approcher, il était trop éloigné pour qu’elle lui saute dessus par surprise, avant qu’il n’appelle les autres. Si elle sortait maintenant, il la verrait forcément. Il fallait détourner son attention, mais comment ? Lyanna regarda dans le sas arrière du jumper, ses yeux tombèrent sur une mallette. A l’intérieur se trouvait un pistolet de détresse et des munitions. Elle prit une de ses dernières, et revint devant le sas arrière. Si elle jetait l’objet, peut être que le mâle serait intrigué de voir quelque chose voler, et lui tournerait suffisamment le dos pour qu’elle sorte ? Ou alors, si elle donnait le signal à Jim, le bazar engendré par le D4 le détournerait de son objectif. Il fallait essayer les deux solutions. D’abord, prévenir son … équipe. Vraiment étrange de se dire qu’elle appartenait à cette équipe.

//Bravo 6 ? Je suis sur le toit. Vas y !//
//Reçu !//

La réaction ne se fît pas attendre. Le mélange de cri et d’ordres des mafieux redoublèrent brusquement lorsqu’ils découvrirent le nuage de fumigène. La majorité des effectifs ennemis se placèrent contre la rambarde pour préparer un tir de suppression tandis que le tatoué tournait brusquement les talons. Il rejoignit son copain qui finissait de tendre la corde puis ils poussèrent ensemble, par accoups, la catapulte sur une position de tir. Un cri plus fort retentit et un déluge de balle tomba sur la position de Jim.

En voyant l’ennemi s’éloigner, Lyanna garda la munition de pistolet de détresse qu’elle glissa dans une poche, et sortit du jumper en venant se plaquer contre le pilier. Le jumper prit aussitôt de l’altitude et partit, la laissant seule. La guerrière retira le sac qu’elle avait en bandoulière, cela la gênait pour se battre, et elle le posa sur le sol. Puis, elle sortit ses épées et se dévoila légèrement afin d’observer la scène. La diversion de Jim et Max fonctionnaient, l’attention des ennemis était pointée sur eux. Et comme la guerrière était dans leur dos, personne ne la remarqua. Lyanna vit alors les deux mâles qui poussaient la catapulte vers le bord du bâtiment. Il fallait l’empêcher à tout prix. Sans attendre, elle quitta sa cachette et se déplaça très vite vers son premier adversaire, avant de planter rapidement sa lame dans sa nuque. La mort du mâle ne passa pas inaperçu pour son compère. Ce dernier remarqua alors la présence de la guerrière qui lui faisait aussitôt face pour l’attaquer à son tour, voulant encore profiter de l’effet de surprise.

Le boucan du combat avait couvert le cri de douleur de cet ennemi quand Lyanna avait fait glisser sa lame dans ses entrailles. Pourtant, elle sentit tout de suite d’expérience que la réaction n’était pas normale. Au lieu de subir la douleur, l’effroi, en se contractant autour de cette lame qui avait déjà goûté beaucoup de sang humain, la victime ne s’était que cambrée sous le choc. Il avait voulu tirer sur l’Amazone mais son coup de feu s’était perdu en l’air, accompagnant la mélodie guerrière qui tournait en fond depuis la balustrade.
Mais là, le truand descendit sur elle un regard de fou. La peur ? Inexistante. La douleur ? Endormie. Il se saisit de la main de Lyanna et lui envoya un coup de tête avant qu’elle ne puisse répliquer. Lyanna reçut le coup sans pouvoir l’en empêcher, et elle ressentit une violente douleur au visage. Heureusement, le mâle n’avait pas frappé assez fort pour la blesser, mais la guerrière fut quand même sonnée pendant quelques secondes. Elle poussa un gémissement de douleur avant de secouer la tête, en reculant de quelques pas. L’épée qu’elle venait de lâcher encore coincée dans son corps, le type fît apparaître un hachoir de boucher. Lyanna retrouva ses esprits à temps pour voir l’attaque de son adversaire, et l’esquiva de justesse. Le coup passa si près du visage de l’Amazone qu’elle sentit le coup de vent la gifler.
Il hurlait comme une bête, préparant déjà un revers qui cherchait son cou en guise de guillotine. Par réflexe, Lyanna se baissa au moment où le mâle frappa. La jeune femme en profita pour s’éloigner un peu plus, gardant ses distances en levant la seule épée qui lui restait. Tournant autour de lui, elle chercha une faille à exploiter. Elle devait se concentrer sur les organes vitaux, car son adversaire était coriace, et son état dû à la drogue semblait l’avoir immunisé contre la douleur. Ce n’était visiblement pas une entaille au ventre qui allait le faire tomber, même s’il saignait abondamment en cet instant.

La drogue le privait également de logique. Il ne chercha pas l’aide de ses compères ni signaler la présence de cette menace sur le toit. Par ses râles bestiaux qui avertissaient la jeune femme de ses attaques, il donna plusieurs coups dans le vide. Elle était rapide, mobile, difficile à toucher. La dernière tentative lui fît planter son hachoir dans le bois du cabanon juste à côté et il tira de ses deux mains, peinant à dégager sa lame. C’était l’ouverture ! Lyanna profita de cette occasion pour passer dans son dos, avant de lui planter sa lame au niveau de la colonne vertébrale. Elle sentit les os crisser contre sa lame, son adversaire s’écoula immédiatement, paraplégique et bientôt raide mort. Puis, la jeune femme reprit l’épée qui était toujours plantée dans son torse. Elle finit par se retourner pour voir le reste de la scène, cherchant déjà les autres mâles à éliminer.
C’est à ce moment qu’elle se rendit compte de l’absence de coup de feu. La dizaine d’hostiles qui en voulaient à Jim et Max avaient cessé le feu, finalement alerté par les mouvements dans leurs dos. Ils étaient maintenant alignés devant la jeune femme, les mines complètement ravagées par la consommation de drogue, en la fixant silencieusement. Les armes étaient toutes braquées dans sa direction, clairement au jugé et sans concentration spécifique pour lui atteindre un endroit vital. Lyanna resta immobile pendant quelques secondes, incapable de bouger en fixant ces armes prêtes à faire feu sur elle. Même si elle ne mourrait pas, elle serait quand même blessée, ce qui n’arrangerait pas sa situation. Elle commença à s’inquiéter, même à avoir peur, se rendant compte que les armes à feu étaient terriblement efficaces face à elle, vu leur nombre important.

Le barbu dans le groupe laissa échapper un grondement qui se transforma en rire gras, bientôt suivi par toute la ribambelle qui trouvait visiblement amusement le fait d’avoir surpris Lyanna. Et soudain, contre attente, ils ouvrirent simultanément le feu. La guerrière retrouva suffisamment d’esprit et d’instinct pour se jeter sur le côté, se mettant à l’abri d’un obstacle en bois qui ne tiendrait pas longtemps. Elle resta recroquevillée sur elle même, se plaquant les mains sur les oreilles à cause du bruit des coups de feu. Le même vacarme reprit aussitôt, la jeune femme inondée par les copeaux de bois de la cabane transformée en passoire. Les balles passaient, perçaient la paroi, la suivait de près...sans qu’une seule d’entre elle ne la touche.

Quand la douche se termina enfin, et que le silence retomba, Lyanna sortit lentement de sa cachette. Son abri ne ressemblait plus vraiment à rien, mais heureusement, étant à terre, elle n’était pas blessée. Elle avait eu beaucoup de chance. Elle se redressa et regarda ses adversaires. Avec les rires goguenards des drogués, ils fixèrent la jeune femme et découvrirent qu’ils n’avaient pas le compas dans l’oeil. Tous ces sourires moqueurs s’effondrèrent lentement. Une partie du groupe s’imaginait faire un mauvais trip et ne voyait aucune menace en sa présence. L’autre, un peu plus lucide, se mit à reculer de quelques pas en débutant la recharge frénétiquement apeurée de leurs armes.

« C’EST...C’EST...C’EST PAS UNE HALLU !!!! » hurla quelqu’un.

C’était le barbu qui tentait de fédérer l’autre moitié restée hagard. Certains trouvaient même ça drôle, rigolant bêtement en pointant l’Amazone du doigt. Lyanna se laissa aller à la colère qu’elle ressentait, et sans attendre, elle se lança dans leur direction. Elle devait faire le plus de dégâts possible avant que les mâles ne puissent recharger leurs armes. Il y en avait une dizaine, et alors que la guerrière poussait un cri de rage menaçant en se jetant sur le groupe, certains ennemis prirent peur et s’enfuyèrent en hurlant. Quant aux autres, soit courageux, soit trop stupides et drogués pour se rendre vraiment compte de la situation, ils laissèrent tomber leurs armes à feu pour s’emparer de machettes et de couteaux. Un combat féroce commença alors. Lyanna parvint à en éliminer un d’un coup dans la gorge avant que le mâle ne puisse prendre son arme. Puis, elle se tourna vers les autres, restant le plus mobile possible pour les esquiver. Heureusement pour elle, ils étaient comme le premier mâle qu’elle avait combattu. La drogue les privaient de logique, même si les coups qu’ils portaient étaient mortels. De temps en temps, assaillies de toute part, ils parvenaient à frapper Lyanna de leurs poings ou du revers de leurs armes. Mais la guerrière ne se laissa pas faire. Elle leur tournait autour comme elle pouvait, cherchant des points stratégiques et vitaux. L’un d’eux tomba sous ses épées, frappé au coeur. Un autre fut à moitié égorgé au moment où elle esquiva son attaque, entaillant la chair de son cou. Serrant les poings, elle le frappa plusieurs fois au visage, le faisant reculer jusqu’au bord du toit. Puis, un dernier coup de pied au niveau du torse, et elle regarda son adversaire basculer en arrière, par dessus la balustrade. L’un des mâles profita de son inattention pour lui porter un coup de couteau au bras, la faisait crier sous la douleur au moment où la lame entailla la chair. La jeune femme recula, le fusillant du regard. La blessure n’était pas grave, mais il lui faudrait des soins plus tard. Elle analysa la situation, tout en reprenant son souffle en gardant ses distances avec eux, esquivant les coups suivants. Puis, elle s’attaqua à celui qui avait osé la blesser, l’assaillant de ses épées jusqu’à ce qu’il baisse sa garde. Là, elle le frappa au visage, au niveau de l’oeil, enfonçant l’acier jusqu’à sortir de l’autre côté de sa tête. Elle donna un coup de pied au corps pour retirer son épée, et fit face aux autres adversaires. Il n’en restait que trois, et Lyanna reprit son souffle en le regardant un à eux, restant en retrait avant de pouvoir les affronter.

Mais alors qu’elle reprenait sa posture de combat habituelle, repérant ses ennemies, la position, échaffaudant ses différentes stratégies, un coup très brutal la fît crier. On aurait cru qu’un arbre lui était tombé dessus et qu’elle s’était retrouvée écrasée au sol. La jeune femme chuta au sol, face contre terre, en gémissant de douleur. Son dos lui faisait mal, mais elle ignorait si elle était blessée, ou même ce qui venait de se passer. Ce choc avait été aussi surprenant que douloureux. Lyanna finit par secouer la tête et essaya de voir autour d’elle. Son coup de regard instinctif vers l’origine de son mal lui révéla un ennemi également allongé, derrière elle. Son bras amputé, un trou béant dans la poitrine, il tenait encore le pistolet. L’adversaire agonisant tira encore deux ou trois fois dans le vide avant de s’éteindre. La guerrière avait donc reçu une balle dans le dos. Malgré le gilet, c’était douloureux. Et encore, elle ignorait que le gilet avait réussi à stopper entièrement la balle, avant d’atteindre son corps. Cependant, ce mâle la détournait du véritable danger : les trois adversaires qui restaient.
Malheureusement, Lyanna s’était à peine positionnée sur le sol pour se redresser que ses ennemis lui foncèrent dessus. Ils l’entourèrent pour la bourrer de coup de pied de part en parts, un vrai déluge. C’était mal connaître la jeune femme de penser qu’elle se contenterait de se rouler en boule en cherchant à se protéger. Si au début, elle encaissa les coups en serrant les dents, Lyanna finit par se ressaisir. Elle amena la lame de son épée pile sur le chemin d’un pied qui s’empala dessus comme dans du beurre. Il hurla de douleur, se pencha en voulant prendre son membre blessé entre les mains. C’est ce qui l’ouvrit entièrement à Lyanna qui profita de sa proximité pour enfoncer son épée dans sa gorge. Pouvoir réagir et contre attaquer eut le mérite de faire reculer les deux autres, ce qui lui permit de se redresser complètement, ayant mal au dos. Mais elle se fit violence pour ne pas y penser, et se jeta sur le mâle plus proche, poussée par la rage. Elle le taillada rapidement, abattant plusieurs fois ses épées sur lui pour l’empêcher de riposter. Cette tactique était épuisante, mais elle fonctionna. Il hurla de terreur tandis que sa défense s’étiolait. Il se laissa lacérer petit à petit, à chaque coup. Lyanna finit par planter les lames dans son ventre, le tournant dans la chair en fusillant son adversaire de son regard noir. Mais pour toute réponse, le type se mit à rire. Du sang coulait de sa bouche grande ouverte et il ricanait encore. Lyanna sortit les épées et fendit son crâne avec. Une fois le corps tombé au sol, la guerrière se tourna vers le dernier mâle, essoufflée.
Son dernier ennemi l’embarqua comme un rugbyman en hurlant. Il la colla une nouvelle fois au sol, l’écrasant de son propre poids avant de lui coller deux droites très sèches. Lyanna cria de douleur sous les coups infligés par son adversaire, elle en perdit ses armes. Elle aurait pu songer automatiquement à son poignard mais le temps lui manquait. Ce type au regard fou était ivre de sa drogue. Il s’était saisi de la jeune femme par le gilet, la soulevant et la cognant sur le sol sans même chercher à la tuer. Le mâle évacuait simplement sa rage et sa frustration au travers elle. Chaque fois qu’il la plaquait au sol, la tête de la guerrière cognait contre la surface dur. Pas suffisamment fort pour la blesser, mais elle en fut étourdie. D’un geste fébrile et nerveux, le mâle s’empara d’une grosse corde de chantier qui trainait sur le sol. Elle servait habituellement à la grue qui permettait de monter et descendre des fournitures depuis l’extérieur. Maintenant, il lui servait à enrouler la corde autour de la gorge de Lyanna avant de serrer de toutes ses forces. La jeune femme était encore un peu assommée, elle n’eut pas le réflexe de l’en empêcher. Puis, sentant la corde serrer son cou, elle essaya d’attraper la corde pour la retirer. En vain. La mâchoire serrée, il l’observa fixement tout en s’appliquant à la faire souffrir, la voir étouffer faisait visiblement partie de ses petits plaisirs personnels. Lyanna sentit l’air lui manquer peu à peu, et sa gorge la brûler à force d’être serrée par la corde. Comme sur Héstevic. La panique commença alors à s’installer peu à peu. Cette fois, Darren n’était pas là pour la sauver, comme la dernière fois. La jeune femme tenta de se débattre, mais le mâle l’entravait suffisamment pour l’empêcher de bouger. Et frapper son torse ne le fit qu’éclater de rire. Le regard effrayé de Lyanna se posa sur lui, alors qu’elle luttait pour trouver de l’air.

« RECK ALH MAC ! » s’écria-t-il d’une voix sourde alors qu’il se redressait très légèrement.
Alors qu’il se relevait, l’étreinte sur la gorge de Lyanna fut plus faible, ce qui permit à la jeune femme d’avoir une nouvelle bouffée d’air, même si la corde était toujours serrée. Mais rapidement, celle ci resserra à nouveau son étreinte, tandis que la guerrière glissait sur le sol, gémissant de douleur. L’homme se servit de la corde pour la traîner comme en animal en laisse jusqu’au bord de l’immeuble. Lyanna découvrit alors que ce fou furieux voulait la jeter dans le vide ! Elle se casserait le cou et pendrait lentement à la vue de tous, au gré du vent. Paniquée, elle tenta à nouveau de desserrer la corde, mais rien n’y faisait. Elle n’y parvint pas.

« Reck alh mac ! » fit une dernière fois celui-ci.
L’Amazone ne parlait pas sa langue. Mais il n’y avait pas besoin de s’y connaitre pour voir combien il la narguait, sur le point de la balancer comme un paquet de linge sale. Elle approchait dangereusement de la balustrade, elle terminerait comme celui qu’elle avait jeté d’un coup de pied. Sauf que son corps n’atteindrait pas le sol. Lyanna devait trouver une idée avant de mourir. Elle avait son couteau, mais le mâle était trop loin. Elle ne pourrait pas le frapper. Et couper la corde lui prendrait trop de temps, vu l’épaisseur. Et du temps, elle n’en avait pas, seulement quelques secondes avant de finir pendue dans le vie. Le manque d’air lui embrumait l’esprit, elle se sentit doucement partir, comme à cet arbre la dernière fois. Puis, comme une dernière tentative de son cerveau pour la préserver, une idée lui vint en tête. L’arme que Helen lui avait donné. Une arme à distance, parfaite pour la situation, même si elle ne savait pas s’en servir. Difficilement, sa main tâtonna contre sa cuisse pour chercher le holster. Puis, elle attrapa le pistolet, et sans viser, elle appuya plusieurs fois sur la détente en direction du mâle, vidant presque entièrement le chargeur sans le savoir. Par instinct de survie alors qu’elle sombrait.

Le dernier opposant se recroquevilla inutilement lorsqu’il fût surpris par les claquements du neuf millimètres. Deux balles dans l’ensemble finirent par le toucher à l’aine et à l’épaule. La force cinétique le propulsa en arrière, sur le rebord du bâtiment. Sentir le vide dans son dos le fit hurler d’effroi et agripper la corde avec encore plus de force. Lorsqu’il tomba, le truand tenait encore la corde et s’y cramponnait comme un film d’ariane. Le coup très sec tendit la corde comme un arc, faisant fatalement glisser Lyanna à son tour vers les abysses. La guerrière poussa un cri qui mourut dans sa gorge serrée, jusqu’à ce que son corps soit bloqué contre le rebord du balcon, la seule chose qui la séparait du vide, et l’empêchait de basculer. Cependant, le poids d’un homme sur la corde, le mâle s’accrocha toujours, exerçait une forte étreinte autour de la gorge de la jeune femme qui en eut le souffle totalement coupé. Par réflexe, elle tenta à nouveau de retirer la corde, mais cela ne servait à rien. Lâchant le pistolet, elle attrapa son couteau et essaya de couper ce qui l'entraînait vers une mort certaine. Plus le temps passait, plus elle perdait pied. Lyanna se sentit à nouveau partir, les ténèbres l’enveloppèrent lentement, tandis que la lame coupait la corde trop lentement à son goût. Elle essaya encore et encore, les yeux fermés, sans regarder ce qu’elle faisait. L’air lui manquait, elle était entrain de mourir, seule sur ce balcon. Puis, après un moment qui parut être une éternité, la corde presque découpée se rompit soudainement, rejetant la jeune femme en arrière, lâchant le couteau. Le mâle poussa un cri en se sentant tomber, puis plus rien. A bout de forces, Lyanna réussit à desserrer un peu la corde pour que l’air entre à nouveau en elle, et elle se mit à tousser encore et encore. C’était très douloureux, comme si ses poumons étaient en feu. Elle se tourna sur le ventre, mais la corde n’était pas suffisamment desserrée pour qu’elle puisse respirer correctement. Lyanna finit par être submergée par les ténèbres, et elle s’évanouit sans s’en rendre compte, respirant très faiblement et difficilement.


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Darren Clive

Image perso : Tout à un prix Bannie10
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le Mar 26 Mai - 15:39

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Pendant ce temps là, Jim et Max n’avaient pas été improductifs.
Ils avaient remarqué la soudaine absence de tir à partir du moment où la jeune femme était intervenue. Les deux soldats estimaient qu’elle allait avoir du mal à se débrouiller seule, surtout en demeurant au corps à corps. Jim, d’ailleurs, songeait que les effectifs encore présents au niveau du dessous, ceux qui se chargeaient de bouger les miroirs, finiraient par contre-attaquer. Ils avaient donc vissé les silencieux sur M4 et P90 pour investir le bâtiment et le nettoyer étage après étage.

Au cours de la progression, ils remarquèrent un individu chuter dans le vide avant de s’écraser lourdement. C’était signe que Lyanna se battait encore. Les soldats tentaient de la rejoindre le plus vite possible, conscient qu’un contre la montre était en train de se jouer. Ils ne se doutaient pas, à ce moment-là, qu’elle luttait pour sa survie au bord d’un précipice.

A l’avant dernier-niveau, Jim envoya une flashbang. Il attendit l’explosion pour agir avec son collègue, supprimant sans état d’âme les hostiles affairés sur les miroirs. Ils n’avaient pas d’armes en mains, cela ne déclenchait aucun scrupule chez les militaires. C’était la guerre. Enfin, lorsqu’ils passèrent dans l’escalier, ils neutralisèrent deux personnes de plus avant d’atteindre le toit.
Les soldats se déployèrent de chaque côté du cabanon, découvrant le tas de cadavres que Lyanna avait laissé derrière elle. De grosses flaques de sang garnissaient la surface, parfois étirés par les corps mobiles des agonisants. Mais ils ne trouvèrent pas la jeune femme dans l’immédiat.
Max poussa soudainement un cri de surprise et s’élança devant le corps gisant de Lyanna. Il s’installa à ses côtés et retira tout de suite la corde enroulée autour de son cou.

« Elle respire !!! » s’écria-t-il, rassuré.
Jim contrôlait encore le secteur, poussant du bout du pied les armes encore accessibles près des cadavres.
Le plus jeune soldat retourna la guerrière qu’il accueillit sur ses jambes.
« Tu te rends compte de l’emmerde que j’aurais si j’étais obligé de te faire du bouche à bouche ? »
Il lui donna des petites claques sur le visage.
« Allez, réveille toi ! La baston est pas finie ! »
« Max ? »
« Ouaip ? »
« Laisse-là se remettre. Passe lui des sels. »
« Ah oui !!! »

Max fouilla rapidement dans son kit de secours pour retirer le flacon de Carbonate d’Ammonium. Principe depuis longtemps abandonné sur Terre mais encore parfaitement utile ici pour ranimer les personnes évanouies. L’odeur était si forte que ça ferait lever un mort. Le soldat déboucha son flacon, positionna la tête de Lyanna sur ses cuisses puis approcha l’objet avant de renoncer.
« Heu...Sergent ? »
Jim communiquait à la radio avec Ridding pour lui faire part de la neutralisation de cette position stratégique, il tourna simplement un regard interrogateur vers lui.
« C’est pas une si bonne idée, non ? Elle va ouvrir les yeux et voir ma trombine, c’est... »
Le geste de la main de son leader d’unité ne lui laissa pas la possibilité d’argumenter davantage. Max expira longuement pour évacuer le stress puis fît naviguer les sels sous le nez de la guerrière.
« Lyanna ? Réveille-toi... »

Lyanna ne réagit pas de suite lorsque Max tenta de la réveiller. Mais, passer les sels devant son nez fut une méthode radicale pour la faire émerger. Comme enveloppée dans un épais brouillard sombre, la jeune femme ouvrit brusquement les yeux en sursautant légèrement. Son esprit était encore dans le flou total, elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Puis, son regard se posa sur Max. Un mâle qui n’était pas Darren. Alors, agissant par pur réflexe sans même se contrôler, Lyanna abattit son poing sur le visage du militaire, visant le nez, comme s’il était un ennemi pour la guerrière. Réagissait elle par pur instinct défensif ? Ou son geste n’était il que le résultat de sa haine pour les hommes, qui se concrétisait en voyant n’importe quel individu de la gente masculine ? Nul n’aurait su le dire. Certes, son coup de poing n’était pas suffisamment puissant pour le blesser, mais Max allait quand même le sentir passer. Après l’avoir frappé, Lyanna bascula sur le côté et voulut mettre de la distance avec lui, mais son corps la rappela à l’ordre. Allongée face contre terre, elle se mit à nouveau à tousser plusieurs fois au moment où l’air entrait dans sa gorge douloureuse, et gonflait ses poumons en feu. Elle ne remarqua pas encore que la corde ne se trouvait plus autour de son cou. Lyanna resta longuement sans bouger, toussant encore pour retrouver peu à peu un souffle normal, tiraillée par la douleur.


Max, de son côté, s’était vivement reculé en se plaquant les mains sur le visage.
« AHHHHH ! LA GARCE !!! » criait-il d’une voix plaintive.
Il se redressa, le visage rougi par le coup de poing et les yeux larmoyants.
« Nan mais ça va pas nan ? T’es encore plus fêlée qu’April, espèce de mal baisée !!!! »
« Max ! Max, arrête, calme-toi. » intervint rapidement Jim en le rattrapant d’une main. Son jeune collègue écoutait sa propre colère, bien mauvaise conseillère, en s’approchant dangereusement de Lyanna. Ce n’était pas du tout ce qui allait la calmer, l’approche de Max déclencherait probablement d’autres réactions de ce genre.
Les dents encore serrées, il se laissa guider par le sergent tout en continuant de râler. Au même moment, Lyanna était encore sous le choc de son combat et de son réveil, elle ne prenait pas totalement conscience de son entourage. Ses forces revenaient peu à peu, mais le souffle continuait de lui manquer. Et elle toussait encore. Des voix s’élevaient non loin d’elle, des voix d’hommes qu’elle ne reconnut pas tout de suite, mais elle n’eut pas la force d’ouvrir les yeux pour voir de qui il s’agissait. Désarmée, une proie idéale, elle voulut s’éloigner pour maintenir de la distance, mais sans succès. Heureusement que Jim était parvenu à empêcher Max de s’approcher à nouveau d’elle, sinon la jeune femme aurait à nouveau réagi sur la défensive, se sentant en danger.
« Elle m’a balancé un bourrepif en plein dans le nez ! On aurait dû la laisser crever sur ce toit, putain ! »
« Recule, c’est un ordre ! Surveille le secteur ! Surveille ! »
Max resta là, haineux, bien plus blessé dans sa fierté que physiquement. Il finit par se passer un revers de main sur le visage, comme pour chasser la marque laissée par Lyanna, puis il battit rageusement des mains en s’éloignant.
« Mais qu’est-ce que Darren lui trouve à cette espèce d’hystérique ! »
Jim décida de l’ignorer.

Lyanna entendit l’un des mâles s’éloigner, sa voix se faisait plus distante. Elle resta allongée sur le sol, face contre terre, toussant un peu moins. Sa respiration revint peu à peu à la normale, mais sa gorge la faisait encore souffrir. La guerrière porta la main à son cou et massa sa peau meurtrie, la corde ayant violacé l’épiderme, y laissant des traces.
En s’approchant un peu de l’Amazone, tout en veillant à garder une distance de sécurité, Jim s’agenouilla et passa son arme en bandoulière. Il levait alors ses deux mains en signe d’apaisement.
« Lyanna ? Je suis Jim, indicatif Bravo 6. Comment vous vous sentez ? »

Une voix d’homme, la deuxième. Sur le coup, Lyanna ne réagit pas, elle continuait de reprendre lentement ses forces, sa conscience revint peu à peu à la réalité. Mais lorsque Jim prononça “Bravo 6”, cela eut l’effet d’un déclic. Quelque chose dans son cerveau refit surface. Bravo 6, c’était l’un des coéquipiers de Darren. Le mâle qui commandait le groupe. Lentement, Lyanna ouvrit les yeux, et tourna la tête en voyant Jim. Elle battit plusieurs fois des paupières car sa vue était floue, mais elle reconnut le militaire. C’était donc lui qui se trouvait sur ce toit depuis toute à l’heure ? Apaisée sur le fait que Jim garde ses distances avec elle, la jeune femme essaya de se redresser, mais sans y parvenir. Elle manquait encore de force, elle ne réussit qu’à se mettre à genoux. Elle secoua la tête, et essaya de parler.

"Mal à … la gorge … difficile … parler ..." murmura-t-elle avant de tousser encore quand les mots sortirent de sa bouche.
« Alors ne parlez pas. » dit-il simplement.
Il sortit sa gourde et la fît glisser dans sa direction. Peut-être qu’avaler un peu d’eau ou se passer un coup sur le visage allait la soulager. Il resta à distance, un genou à terre, en l’observant.
« Prenez le temps pour vous remettre. Vous revenez de loin ! »
« Elle m’a cogné gratos ! » se plaignit de nouveau la voix de Max au loin.

Lyanna ne bougea pas lorsque Jim approcha sa gourde près d’elle. Puis, sans faire attention aux paroles plaintives de Max, elle prit l’objet dans sa main, et commença à boire quelques gorgées. Elle toussa à chaque fois en grimaçant, l’eau descendit difficilement à cause de la douleur. Puis, elle reposa la gourde, et essaya de respirer le plus calmement possible. Boire avait été douloureux, mais cela lui avait fait du bien. Elle resta à genoux, la respiration sifflante mais de plus en plus régulière, à masser sa gorge. Après quelques instants de silence, la guerrière ouvrit à nouveau les yeux et sembla chercher quelque chose, se souvenant subitement d’un truc important. Elle finit par pointer son doigt vers sa toute première cachette lorsqu’elle avait débarqué sur le toit.

"Le pilier … un sac ..."

Jim suivit la direction du regard puis acquiesça silencieusement.
Il se redressa, releva le canon de son arme et embarqua Max avec lui pour approcher du lieu avec méfiance. Ils découvrirent en premier lieu le dépôt de munitions Genii, ayant acquis d’emblée la résolution de le faire sauter. Puis, juste après, ils aperçurent le sac de facture Atlante.
Max, qui se trouvait le plus près, donna un petit coup de pied dedans puis finit par l’ouvrir.
« C’est noël ! » s’écria-t-il joyeusement en refaisant immédiatement le plein de munitions.
Jim acquiesça, plutôt soulagé qu’on ai pensé à eux.
« Tu me pièges le contenu de ce cabanon et tu me rejoins ? »
« Quoi ? Le fiston a enfin le droit de jouer avec explosifs ? »
« Le fiston a le choix entre jouer avec les explosifs ou les poings de cette brune. »
« Explosifs ! Sans hésiter ! C’est plus marrant et carrément moins ingrat ! »
Jim lui sourit, lui demandant de faire vite. Il revint ensuite vers Lyanna en posant le sac non loin d’elle.
« Délicate attention, Bravo 5. Merci d’avoir pensé à nous. »
"C’est … Helen … qui m’a donné … le sac ..." dit elle péniblement, d’une voix faible, en toussant encore.
« Très bien. »

Il avança la main pour agripper son bras et l’aider à se redresser mais se retint au tout dernier moment. C’était assez curieux de voir que personne ne pouvait l’approcher et qu’elle refusait tout contact. A tous les hommes...sauf Darren.
Le petit chanceux…
« Allons, ne restez pas à genoux comme ça. Installez vous. » fit-il en désignant un reste de roches taillées ayant sûrement servi à la construction.

Pendant l’absence des deux hommes, Lyanna pu se laisser aller et reprendre son souffle. La douleur passait lentement, ce n’était qu’une question de temps, comme la dernière fois. La jeune femme en profita pour ramasser son couteau qui était non loin d’elle, et qui regagna aussitôt son fourreau à la ceinture. Hélas, elle n’avait pas ses épées dans son champs de vision. Puis, elle attrapa le pistolet dont elle s’était servie. Combien lui restait-il de cartouches à l’intérieur ? Beaucoup ? Peu ? Elle n’en savait rien, et après l’avoir retourné dans tous les sens, elle ne sut comment vérifier la réponse à cette question. Jim revint vers elle, et avançait déjà sa main dans la direction de la guerrière. Mais est ce qu’il avait eu un éclair de lucidité pour stopper son geste ? Ou est ce que son comportement avait changé en voyant Lyanna se reculer légèrement tout en lui lançant un regard noir ?

Le militaire lui suggéra de se relever pour s’installer plus confortablement, afin de reprendre ses esprits. Les yeux de la jeune femme suivirent le lieu désigné, puis seule, elle se redressa péniblement. Ses jambes supportèrent enfin son poids, même si elle se sentait encore un peu faible, et prise de quintes de toux qui disparaissaient peu à peu. Etre privée d’oxygène et frôler la mort avait des inconvénients. Lentement, Lyanna se dirigea vers le rocher, et s’y assit, sans avoir lâché le pistolet. Puis, elle regarda l’arme et la montra à Jim.

"J’ai utilisé … ça … je crois que ça … ne marche plus ..."
Le soldat considéra l’arme qu’elle avait entre les mains et remarqua que la culasse n’était pas restée en arrière, signe que l’engin était encore approvisionné. En gardant ses distances de sécurité, ne sachant pas vraiment comme réagir avec elle, le sergent examina la situation. Darren lui manquait déjà avant, sa cavalcade en solitaire avec un VIP l’ayant beaucoup angoissé. Mais maintenant qu’il devait gérer le problème “Lyanna”, son frère d’arme lui manquait encore en plus.
Jim souffla doucement. La libération de ce toit avait un prix, c’est probablement pour ça que Ridding avant autant hésité à l’envoyer.
« Commencez par retirer votre doigt de la détente, s’il vous plaît. » lui demanda Jim d’une voix neutre. « A moins que vous n’ayez envie de nous tirer dessus ou de vous faire surprendre par un accident de tir, j’ai bien l’impression qu’il vous reste encore des munitions. »

Lyanna baissa les yeux sur l’arme qu’elle tenait, et recula son doigt qu’elle avait posé sur la détente comme lorsqu’elle avait dû l’utiliser. Donc, l’objet fonctionnait encore ?
« Très bien. Maintenant je vais vous expliquer comment retirer le chargeur et en mettre un autre pour compléter vos munitions disponibles. A une condition... »
Il la fixait droit dans les yeux.
« Je ne veux plus vous voir lever la main sur ma famille. D’accord ? »

Lyanna leva les yeux au ciel en soupirant. Ce qui déclencha une nouvelle quinte de toux qui mit à mal son geste exaspéré. Elle avait l’impression d’entendre Darren qui lui interdisait de frapper qui que ce soit. Max n’avait il pas commencé ? Il avait mérité d’en recevoir une, non ? Au fond d’elle, la guerrière comprenait la réaction de Jim, elle aurait eu la même si quelqu’un avait menacé ses Soeurs. Mais, elle ne voulait pas admettre que ce mâle là avait sans doute raison. La guerrière secoua la tête en détournant les yeux, et vit par l’ouverture du cabanon Max passer dans son champ de vision, occupé à faire elle ne savait quoi. Elle pourrait essayer de se contrôler, et ne plus le frapper, seulement si lui restait loin d’elle. Détournant les yeux, Lyanna reporta son attention sur Jim.

"D’accord … mais … qu’il ne m’approche pas !"
« Il n’y a pas de “mais” ! » rétorqua plus sévèrement le sergent. « Darren est à cinq kilomètres de notre position et il s’éloigne encore. Nous allons devoir le prendre de vitesse à travers les lignes ennemies, on aura autre chose à faire que de veiller sur une distance de sécurité. »
Il pointa le toit du doigt.
« C’est la guerre, là. Si on doit tous se serrer les uns contre les autres dans un petit trou pour échapper aux balles, il faudra vous en contenter. C’est ça... »
Jim hocha lentement la tête, usant de son air paternel.
« Ou bien vous restez sur ce toit. Là, vous serez certaine de ne pas être envahie. Nous, on part chercher Darren. Max ??? »
« Dépôt prêt à péter. A tes ordres sergent ! »
« Prends le sac de Lyanna, on y va ! »
Jim vérifia son arme principale puis glissa quelques derniers mots avant de s’en aller.
« Je pense que Darren mérite un peu de votre patience. »
"Attends !"

Décidément, les mâles Atlantes étaient tous aussi exaspérants les uns que les autres. Lyanna avait fusillé du regard Jim pendant son discours. Elle n’avait encore jamais eu de soucis avec lui, vu que le militaire avait toujours veillé à rester à distance, mais cette fois ci, c’était leur premier affrontement. Et en plus, il joua sur la corde sensible, une corde appelée “Darren”. Il se doutait sûrement que la guerrière ferait tout ce qu’elle pouvait pour aller le retrouver, et jouer de son grade et son pouvoir sur elle était sans doute la meilleure solution. Lyanna n’allait pas rester là à ne rien faire, pendant que Darren était en danger. Elle réfléchit aux paroles du militaire, cherchant une parade, mais elle n’en trouva pas. Ce fut donc à contre coeur qu’elle se releva, en soupirant, rangeant le pistolet qui n’avait pas été rechargé.

"Je viens !" lança-t-elle sur un ton glacial, signe que ça ne lui plaisait pas du tout.
« Sage décision. »


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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mar 26 Mai - 15:42

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Lyanna partit à la recherche de ses épées, et au moment où elle se pencha pour ramasser l’une d’elle, son dos douloureux la tirailla. Elle grimaça en serrant les dents au moment où sa main se referma sur le pommeau de son arme. Max passa justement à ce moment-là, le sac de ravitaillement en bandoulière sur l’épaule. Le soldat se pencha pour regarder ses épées puis, puisqu’il se tenait derrière, il observa son dos. Il fît d’expérience le lien entre la douleur qu’elle avait laissé paraître avec l’impact bien visible sur la partie dorsale de son gilet.
« Ah, bah t’as pris une balle dans le dos ! » observa-t-il simplement en ajustant son M4. « T’inquiète, c’est pas la dernière. Tant que tu peux bouger, c’est que ça a pas traversé. T’aura un gros bleu dans le dos. Ou...faudra passer une radio. »

Lyanna se contenta de jeter un regard noir à Max, et alors qu’elle était sur le point de lui lancer un "je ne t’ai rien demandé !", elle se retint in extremis, se doutant que Jim allait encore lui faire une remarque au sujet de son comportement. Il valait sans doute mieux ne pas faire attention au jeune homme. La guerrière se contenta seulement de détourner les yeux et de ramasser son épée qu’elle rangea dans son fourreau. Puis, elle se redressa et alla chercher la deuxième, pendant que Max s’éloignait. Ce dernier reprit son chemin tout en parlant seul.
« April aussi, ça lui est arrivé. Mais dans les fesses. A cause de l’état de choc, elle a vomi sur mes Rangers ! »

Malgré elle, Lyanna ne parvint pas à faire abstraction des dernières paroles de Max, et soupira, réagissant sans le vouloir.

"Dommage qu’elle n’ait vomi … que sur tes chaussures !" dit elle à voix basse, sans se soucier si Max pouvait l’entendre ou pas.

Le jeune homme prit les choses assez mal et fît demi-tour pour revenir se planter devant elle, la mine colérique.
« Hé ! April, c’est mon amie ! C’est ma frangine !!! Elle a vomi sur moi, elle a saigné sur moi. J’crois même qu’elle m’a pissé dessus une fois ! Elle m’a souvent défendu contre des connards. Elle est même allée en taule pour moi ! C’est ça une soeur, une vraie ! Toi tu sauras jamais ce que ça veut dire ! Parce que tu agresses les gens, comme ça gratuitement, même quand ils prennent soin de toi ! »

Alors que Max venait se placer juste devant elle, à cracher son venin, risquant à tout moment d’éveiller le courroux de la jeune femme, Lyanna serra les poings et parvint à se contrôler comme elle pouvait pour ne pas lever sa main sur lui, comme l’avait ordonné Jim. Elle plongea son regard noir de haine dans le sien, étant sûrement aussi en colère que le jeune homme. Cependant, Max eut alors des paroles blessantes à son égard, il toucha la corde ultra sensible qu’il ne fallait pas titiller. Et ce fut par un instinct primaire que la guerrière réagit aussitôt, sans réfléchir. Au moment où le militaire termina son petit laïus, Lyanna le frappa suffisamment fort pour d’une part, le prendre par surprise, et d’autre part, le faire chuter au sol. Il fallait dire que mentionner le fait que la jeune femme ignorait ce que voulait dire avoir une véritable soeur la rendait complètement folle furieuse. Une fois Max à terre, Lyanna se pencha sur lui, et l’attrapa par le col de sa veste, sa main s’étant refermée instictivement sur le manche de son couteau. Le soldat demeura passif, ne cherchant pas à se débattre.

"Ne me parles pas de ce que ça fait d’avoir une soeur sur qui compter ! Tu ignores tout de moi, mâle ! Si tu l’ouvres encore à ce sujet, je te jure que je te coupe la langue !"

Lyanna avait une terrible envie de mettre sa menace à exécution, et peu lui importait ce que Jim en dirait. Ou même Darren. Max venait de la blesser, la jeune femme réagissait par pure colère. D’ailleurs, le militaire était suffisamment proche d’elle pour remarquer sans doute son regard noir de haine, mais aussi de tristesse. Après quelques secondes, la guerrière serra les dents, et elle finit par lâcher Max avant de s’éloigner pour se calmer, retourna récupérer sa seconde épée qu’elle n’avait pas encore ramassé à cause de l’intervention du jeune homme. Le boucan avait alerté Jim qui se tenait à l’écart, observant la scène avec un air fermé. Il attendit que Lyanna s’écarte pour venir aider son camarade à se redresser.

Alors qu’elle rangeait sa deuxième arme, Lyanna ne put s’empêcher d’essayer de son contorsionner, une main dans le dos, pour tenter de trouver le fameux trou créé par la balle. Mais elle n’y parvint pas. Le militaire devait avoir raison, si le gilet avait été traversé, elle aurait sans doute souffert beaucoup plus que ça. Abandonnant l’idée de chercher là où elle avait été touchée, la guerrière vérifia qu’elle n’avait rien oublié, puis elle se dirigea vers les deux soldats.

« On y va ! »
Ensemble, ils descendirent les différents étages, armes levées comme s’ils s’attendaient à de la résistance. L’escouade n’en trouva qu’en passant la porte de dehors, un groupe tentant de les abattre depuis les fenêtres d’un bâtiment trop excentré pour offrir un bon angle de tir. Jim fît signe et ils se carapatèrent en vitesse dans une nouvelle ruelle pour mettre suffisamment de distance. Le sergent trouva une bonne cachette où il y disposa tout le monde puis ordonna qu’ils se couvrent bien.
Il s’arma du détonateur, déclara un bref compte à rebours, puis déclencha l’explosion. Elle fût suffisamment violente pour être ressentie dans le sol comme un petit tremblement de terre. Le reste des munitions brûlèrent en faisant un feu d’artifice médiocre et très odorant.

//Sierra, ici Bravo 6. Destruction confirmée, nous pouvons progresser.//
Il resta silencieux quelques instants, recevant visiblement une réponse, puis ajouta :
//Bien reçu. Je requiers également l’intervention du transport S1. Pour rapatriement de l’unité Bravo 5.//

En entendant Jim parler de son indicatif, Lyanna fronça les sourcils en le regardant. Une fois qu’il eut sa réponse, le soldat acquiesça puis donna un coup dans le dos de Max pour lui ordonner de bouger. Lequel partit immédiatement se déployer un peu plus en avant. Jim, quant à lui, s’approcha un peu plus de Lyanna tout en la fixant.
« Bon. Le jumper va revenir vous récupérer. Retournez faire votre rapport au lieutenant Ridding. » lui annonça-t-il comme une sentence.
Il ne regrettait pas du tout son choix et l’assumait clairement. Il ne savait pas ce qu’il s’était vraiment dit entre Max et elle pour qu’elle en vienne aux poings. Et connaissant son collègue turbulent, il sentait qu’il l’avait probablement cherché.
Mais cette scène présentait pour Jim un problème bien plus important qu’il ne pouvait ignorer. Lyanna était tout simplement ingérable.
« Pour avancer, il faut un travail d’équipe. Que je puisse compter sur vous. Je me fiche de savoir si vous aviez vos raisons de frapper. J’ai besoin de personnes de confiance et...manifestement...vous ne l’êtes pas. »
Il secoua la tête d’un air navré mais impassible.
« Vous êtes une bombe à retardement dans mon équipe. Je ne peux plus vous prendre avec moi, c’est trop risqué. Alors prenez contact avec S1 et rentrez. »

Si Jim s’attendait à ce que Lyanna obéisse sans broncher, il se trompait lourdement. Furieuse, elle fit face à Jim en serrant les poings. Mais, elle ne le frappa pas, se contentant simplement de l’affronter du regard.

"Hors de question que je rentre maintenant !"

Ridding lui avait dit qu’elle serait sous les ordres de Jim, et donc si ce dernier avait décidé qu’elle devait rentrer, elle n’aurait pas le choix. Mais Lyanna ne comptait pas abandonner. Rien ne l’empêcherait d’aller chercher Darren.

"Très bien … écarte toi … je vais aller chercher Darren seule !"
« Ce n’est pas une décision qui vous appartient. » répondit-il simplement. « Mais j’ai clairement autre chose à faire que de vous empêcher de détruire votre avenir. »
Le sergent se redressa et s’apprêtait à la quitter.
« Essayez de ne pas vous faire tuer bêtement. »
Et il tira une série de rafales avant de s’élancer pour rejoindre son camarade.

Lyanna regarda Jim partir, la laissant seule. Elle se doutait qu’elle aurait des ennuis à son retour. Si elle revenait. Mais peu lui importait. On lui avait donné une mission : ramener Darren, et le mâle prisonnier. La jeune femme comptait bien mener cette mission au bout, même si pour cela, elle devait agir seule. D’un autre côté, elle fut soulagée à l’idée ne plus être entourée d’hommes qui lui donnent des ordres, même si c’étaient les coéquipiers du soldat. Et il était temps de se mettre en route.

Lyanna regarda autour d’elle, cherchant un chemin à suivre qui ne soit pas le même que celui emprunté par Jim et Max. Le jumper la chercherait sûrement au point de rendez vous, il allait être déçu. La guerrière connaissait la direction à suivre, et Jim avait dit qu’il était à environ 5 kilomètres de distance. Alors, elle partit en direction d’une autre ruelle éloignée des autres. Elle marcha prudemment, ses épées en main, à l’affût du moindre danger. Etant en terrain hostile, l’ennemis pouvait venir de n’importe où, surtout qu’il y avait de nombreux bâtiments. Puis, quelque chose lui vint en tête. Un objet qu’elle avait emporté d’Atlantis et qui lui serait très utile maintenant qu’elle était seule. Lyanna sortit le détecteur de signe de vie, et regarda l’écran s'allumer, réagissant à son gène.
L’écran modélisa de très nombreux signaux. Elle pu se rendre compte que le mouvement le plus général tendait à bloquer la progression des autres unités SG sur le terrain, probablement pour maintenir l’isolement de Darren.
Soudain, son oreillette grésilla :

//Ici le lieutenant Ridding. Je vous suis depuis un drone en vol au-dessus de votre tête. Je peux savoir ce que vous faites ?//

En entendant la voix de Ridding dans son oreille, Lyanna s’arrêta en se mettant à couvert, au cas où. Il ne manquait plus que ce mâle, comme si la situation n’était pas suffisamment critique. Elle leva les yeux au ciel, cherchant le fameux drone, et finit par le trouver. Les Atlantes ne pouvaient pas la laisser tranquille ? A croire que tout le monde voulait lui mettre des bâtons dans les roues alors qu’une mission était en cours. Lyanna réfléchit quelques secondes, ignorant si elle devait lui répondre ou pas. Quel que soit son choix, elle savait parfaitement que Ridding allait lui faire vivre l’enfer à son retour. Elle soupira, puis appuya sur son oreillette.

//Ma mission//

Les yeux rivés sur les signaux lumineux du détecteur, Lyanna reprit sa route, cherchant un chemin pour en éviter le plus possible.

//Sous quelle autorité, jeune femme ? Votre sergent de peloton ne vient pas de vous renvoyer vers moi ? Je vous vois pourtant faire le chemin inverse.//

Ca, ça voulait clairement dire que Lyanna allait avoir des ennuis.

//La mienne. Je ne compte pas laisser tomber cette mission !//
//Si c’était vrai, vous auriez trouvé le moyen de vous entendre avec les indicatifs Bravos. Je crois que votre “mission” consiste surtout à aller chercher votre petit copain blessé et isolé, en vous moquant de la hiérarchie. Des ordres que je vous ai donné. Et de ce que nous faisons ici.//
Il marqua une pause.
//Je n’ai pas raison ?//

Lyanna soupira. Ridding avait le don de l’énerver très facilement.

//Tu n’es pas dans ma tête, tu ne me connais pas. Tu ne sais pas qui je suis ! Tu m’as donné une mission, et je la ferais !//

Certes, la guerrière voulait sauver Darren. Mais elle pensait aussi à Abelle qui avait besoin de son aide. Et pour ça, il n’y avait qu’une seule solution.

//Je ramènerais Darren ET Bogda !//
//Vous n’avez aucune discipline et plus rien à faire sur le terrain. Vous avez échoué. Je vous donne l’ordre clair et définitif de monter dans ce jumper et de retourner au camp !//

Lyanna regarda derrière elle, le chemin qu’elle venait de parcourir. Ridding lui donnait un ordre clair, un ordre qu’elle n’avait pas l’intention de suivre. De toute façon, qu’est ce qu’il en avait à faire qu’elle continue ? Si elle mourrait, il serait débarrassé d’elle. Il avait tout à gagner dans cette histoire. La jeune femme décida de ne pas lui répondre, et continua sa route, progressant dans sur le long et périlleux chemin qui la séparait de Darren.

//Je vois...profitez-en bien. Je vous enfermerai moi-même en prison à votre retour. Je veillerai à ce que vous assumiez le moindre vos actes. Sur Héstevic vous bénéficiez du doute. Cette fois, votre attitude est impardonnable.//

Lyanna s’arrêta, étant soudainement hésitante. La menace de la prison venant de Ridding était très sérieuse, et la jeune femme savait parfaitement qu’il l’attendrait à son retour pour faire ce qu’il venait de dire. Ce n’était pas pour rien qu’elle haïssait cet homme. Mais peu lui importait. Darren et Abelle comptaient plus qu’elle. Lyanna s’assit sur un muret à moitié détruit, après avoir vérifié qu’aucun ennemi ne se trouvait à proximité. Sa coupure au bras la lançait un peu, elle devait s’en occuper avant de continuer. Heureusement, sa gorge allait mieux, elle ne gardait que les stigmates violacés sur sa peau, et une irritabilité supportable lorsqu’elle parlait ou déglutissait. Après avoir retiré son gilet tactique et sa veste, elle constata que l’entaille n’était pas profonde et qu’elle avait arrêté de saigner. Puis, elle attrapa la trousse de secours que Helen lui avait confié, et regarda à l’intérieur. Il y avait un peu de tout. Des compresses, du désinfectant, des pansements, un nécessaire à suturer. Et un bandage classique. Parfait. Après avoir nettoyé la blessure, la jeune femme enroula le bandage autour de son bras, et ne sachant pas comment le faire tenir, elle y alla à l’ancienne, en faisant un noeud avec les deux extrémités. Au moins, l’entaille était protégée, elle ne risquait pas de s’infecter. Lyanna finit par ranger son matériel dans la trousse, et se rééquipa, prête à repartir. Une main tenant son épée, l’autre tenant le détecteur de signes de vie, la guerrière respira profondément, puis elle se lança vers la suite de sa mission officieuse, progressant en évitant le plus d’ennemis possible.


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Darren Clive

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le Mar 26 Mai - 15:46

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Le devoir militaire, souvent, ça faisait faire des choses stupides.
Depuis qu’il avait récupéré Bogda et que toute cette foutue ville s’était jetée à sa poursuite, le jeune homme n’avait cessé de regretter secrètement son choix. Pendant qu’il courait partout en attirant Bogda dans son sillage et en abattant tous les hostiles qui lui barraient la route, il était en proie à un conflit intérieur.
Il se souvenait de cette discussion qu’il avait surprise avec deux militaires au mess. Un première classe, comme lui, qui relatait son expérience de la dernière guerre et se vantait d’avoir été plus malin. Ce soldat, il s’était débrouillé pour ne jamais être le premier à charger. Il veillait à ne pas être dans les derniers non plus mais de laisser les suicidaires devant.

“Faut être malin” qu’il disait à son interlocuteur. “Les héros, ça remplit les cimetières et ça s’oublie vite. Faut apprendre à la jouer fine !”

Ce jour-là, Darren s’était levé de la table et s’était barré, conscient qu’il écraserait son plateau repas à la gueule de ce type s’il ne mettait pas très vite de la distance entre eux.

Mais maintenant.
Maintenant…
Il commençait à se demander s’il n’avait pas raison.
C’est ça qui lui faisait le plus mal.

Darren avait eu l’occasion de repartir avec April dans le jumper, faire la jonction avec le reste de ses collègues du D4. Après tout, s’il suivait l’avis de ce débile, il aurait très bien pu laisser Bogda s’enfuir. Dire qu’il n’avait rien vu, le laisser à une autre escouade.
C’était d’autant plus rageant qu’il ne se serait pas poser la question à une certaine période de sa vie.

Il n’était plus tout seul maintenant.
Il y avait Lyanna. Et malgré son tempérament de tête brulée, il avait désormais quelque chose à perdre. L’idée d’y passer pour avoir voulu remettre Bogda à la justice, de ne plus voir sa compagne, tout ça le harcelait à mesure qu’il voyait ses chances survie se réduire.
Il avait envie de la revoir. Continuer d’explorer avec elle sa sexualité, la vie de couple. Etablir des projets, les mener à bien. Et voir jusqu’où ils iraient ensemble. Jusqu’où il serait capable de lui faire accepter la notion “D’homme” et non de “Mâle”.
Mais non...au lieu de ça...il se traînait et misait sa vie pour ce pourri de Bogda.

Ce n’était pas dans le tempérament de Darren d’abandonner.
Le truand était coincé sur cette planète, c’était l’idée de base. Mais il fallait être un peu plus malin que ça. Un type comme lui s’était forcément réservé un billet de sortie en cas de problème. On ne siège pas sur une sorte de base d’opération comme ça sans se garder une issue de secours sous la manche. C’était très précisément ce que ce mec cherchait à atteindre avant que le militaire ne lui tombe dessus.

Il n’empêche que, même s’il faisait son boulot : Darren regrettait.


Il était blessé. Il était épuisé.
Il n’avait presque plus de munitions. Ses appels radio restaient sans réponses.
Il était loin de ses amis, de sa famille. Et loin de sa compagne.
Tout ça pesait très lourdement sur son moral à force.

Au cours de son combat, le jeune homme prit conscience qu’il ne faisait que repousser l’échéance. Ce n’était pas un super-héros, pas un Super Darren qui allait ramener Bogda à la base avec quelques égratignures et une tête de vétéran charismatique à peine courbaturé. C’était la mort qui l’attendait à chaque coin de rue.
Conscient de cette réalité, il finit par prendre une décision difficile. Quand Bogda lui promit une nouvelle fois toute une série de souffrances pour avoir osé l’emprisonner, Darren lui colla un solide coup de crosse dans la figure et l’étala. Il profita du calme relatif pour lui lier les mains et les pieds par une double dose de serflexs, lui bourra la bouche de tissu, puis l’enferma dans une conduite de ventilation industrielle.

L’ennemi ne penserait pas à le chercher là-dedans.
Et ils comprendraient rapidement que Darren serait leur seule chance de le retrouver avant que la soif, ou les émanations d’une reprise d’activité, ne tue ce si charmant leader. C’était une bonne idée pour repousser l’échéance selon lui. Mais certainement pas pour sa santé ou son avenir.

« Ma chérie va me démonter quand elle apprendra ça. » murmura Darren en terminant les préparatifs.

Un appel à la torture, rien de plus idiot !
Le soldat referma la conduite en se rappelant de cette fois où il avait traversé le camp Genii avec un de leur manteau sur le dos. Que dirait Lyanna si elle se rendait compte qu’il attirait volontairement toute l’attention sur lui. Et l’ennemi loin de cette conduite où reposait le but de la mission ?

Depuis que l’immeuble lui était tombé dessus et qu’il avait laissé April entre de bonnes mains, l’accumulation égratignait sévèrement sa volonté. Il avait commencé par se servir du déni. La dévotion presque frénétique de son devoir militaire. Puis il s’était maintenant résigné tout en organisant le reste de ses munitions.

//Sierra, ici Bravo 8. Si vous m’entendez, la cible VIP est enfermée sur ma position. Je vais attirer l’ennemi en-dehors de la zone pour permettre la récupération.//
Darren soupira. Il leva les yeux vers le ciel et ce soleil brûlant, repérant le drone qui flottait lentement en cercle au-dessus de lui. Il ne pouvait qu’espérer être entendu.
//Je répète...pour qui m’entendra. La cible VIP est enfermée dans une bouche d’aération. Récupérez et remettez à l’autorité au plus vite. J’attire l’ennemi au loin !//

Ce n’était pas de gaieté de coeur qu’il se lançait dans cette folie, ça se sentait d’ailleurs à sa voix. Darren comprenait qu’il ne lui restait que cette solution.
Il ignorait parfaitement qu’à ce moment-là, Lyanna avait atteint son secteur beaucoup plus rapidement que Jim. Elle avait évolué au travers des lignes ennemies en se servant de son détecteur de vie. L’Amazone était plus endurante, plus rapide et plus énergique dans ce dédale de bâtiments et de couloirs. Là où le binôme du D4 allaient de barrage en barrage, la jeune femme contournait les masses, ne détruisait que les éléments isolés qui lui barraient la route. Elle venait de grimper la façade d’un bâtiment au-dessus la tête de plusieurs hostiles naïfs pour parvenir sur un surplomb, un bon poste d’observation. C’est là qu’elle reçut l’appel radio et ressentir la forme de désespoir qui habitait son compagnon. Lorsqu’elle repéra la silhouette de Darren, suffisamment proche pour le discerner clairement, c’était pour le voir s’approcher furtivement d’une grande masse d’adversaires.

Ils évoluaient dans une ruelle en contrebas, mené par le sentiment que le nombre les renforçait et les rendaient invincible. Armes levées en l’air, criant ensemble des slogans et des appels à la destruction des Atlantes, ils avançaient sans se méfier du soldat qui se trouvait au-dessus d’eux. Lyanna était encore assez éloignée, il lui fallait parcourir plusieurs centaines de mètres avant d’y arriver. Elle était donc impuissante, incapable de pouvoir lui signaler sa présence ni même le contacter.

En simple témoin, peut-être pantoise, elle vit son amant envoyer une grenade dans le tas puis se redresser juste après la détonation. En profitant de l’effet de surprise, il vida un chargeur entier dans la petite armée qui lui faisait face. Tout dans le comportement de Darren lui donnait l’impression de monter à l’offensive. Il profitait de l’effet de surprise pour abattre un maximum d’adversaire, quitte à sacrifier le peu de munitions qui lui restait.
Le jeune homme se replaça à couvert, engageant un nouveau chargeur, puis il reprit son tir. Là, les ennemis finirent par le repérer. Un terrible déluge d’acier et de feu tomba sur lui. Une réplique qui se voulait aussi sèche et sévère que sa témérité pour avoir osé les agresser.
Lui seul...contre une armée.

C’était une belle diversion.
L’esprit tactique de Lyanna ne lui laissait pas de doutes sur le sujet. Dès que Darren sentit qu’il ne pouvait plus rester là, il prit ses jambes à son cou et fila à toute vitesse. Il veilla même à être vu des hostiles, lesquels se mirent également en chasse.
Clive s’était transformé en appât et il remplissait magnifiquement son rôle. Le secteur se vidait de ses forces adverses en laissant le VIP parfaitement accessible.

Lyanna se retrouva rapidement confrontée à un dilemme, en se rendant compte de ce qui l’attendait. Elle pouvait récupérer Bogda et l’extraire de cet endroit pendant que l’ennemi serait occupé à poursuivre Darren.
Ou alors elle pouvait abandonner le VIP, au risque qu’il soit retrouvé, pour aller aider immédiatement son compagnon.
Ce qui rendait le choix compliqué, c’est que Darren ne tiendrait pas longtemps malgré sa férocité apparente. La guerrière avait la position parfaite, en tant qu’observatrice, pour se rendre compte que cet assaut était un acte désespéré de la part du soldat pour accomplir sa mission. L’ennemi allait mettre la main sur lui dans peu de temps. Darren serait capturé, interrogé et très probablement torturé pour connaître l’emplacement de Bogda.

C’était donc soit l’un, soit l’autre.
L’Amazone était confrontée à un choix difficile. Car le VIP était également le porteur de la fameuse formule, de l’avenir d’Abelle. La question tournait en boucle dans son esprit.
Darren ou Bogda ?

Lyanna n’avait pas bougé, pendant qu’elle regardait Darren s’éloigner. Que devait elle faire ? Son instinct la poussait à courir après le soldat pour l’aider. Mais il y avait Abelle qui attendait son aide, en ramenant Bogda. Cependant, la situation était beaucoup plus critique pour Darren que pour Bogda, car ce dernier n’était pas prêt d’être retrouvé par ses hommes. Du moins, tant que le militaire ne se faisait pas capturer. Mais la guerrière ne pourrait pas s’occuper des deux. Il lui fallait de l’aide, mais qui ? Une idée lui vint rapidement en tête, il y avait bien Jim et Max, même si elle ignorait où ils se trouvaient. Ils ne devaient pas être loin, non ? A contre coeur vu ce qui s’était passé, Lyanna sut qu’elle n’avait pas le choix, et elle décida de les contacter. Vu ce qu’elle voulait demander à Jim, il y en a un qui n’allait pas du tout apprécier. Mais une raison de plus ou de moins pour l’enfermer, la jeune femme n’était plus à ça près.

//Bravo 6 ?//
//ici Bravo 6, j’écoute.//
//Occupe toi de Bogda ! Je pars chercher Darren !//


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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
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le Mar 26 Mai - 15:47

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Aussitôt, Lyanna se lança à la poursuite du militaire et de ses assaillants, suivant leurs mouvements sur le détecteur. Elle cherchait déjà un raccourci qui lui permettrait de ratttaper Darren le plus rapidement possible en contournant ses ennemis. Pendant ce temps, Clive continuait de mettre le plus de distance possible entre lui et le VIP caché. Sur l’écran de l’Amazone, les multitudes de signes de vie convergeaient majoritairement vers un point en particulier. Darren, forcément, qui était pourchassé par ces criminels. L’adresse de Lyanna la rendait plus rapide que tout ce beau monde désorganisé. Elle n’avait peut-être pas l’habitude d’évoluer dans le dédale d’une ville, à devoir alterner entre couloirs, fenêtres, toits et passerelles entre habitats ; mais son passif lui offrait quasiment un terrain qu’elle connaissait bien.
Après vingt minutes d’une course effrénée, elle parvint enfin à rattraper la distance. L’ennemi avait fini par coincer Darren dans une petite habitation. Mais l’absence de coups de feu et les cris victorieux la surprirent dans son élan. Parvenue jusqu’à un bâtiment à deux étages, positionnée sur une fenêtre en hauteur, elle pu voir cette bonne cinquantaine de fous furieux s’agiter dans la rue.

Le jeune homme semblait avoir perdu son arme principale. Il avait beau distribuer quelques droites, il y avait bien trop de monde sur lui. La panique finit par submerger le soldat et il se retrouva désorganisé dans sa défense. On le tira de sa cachette sans ménagement, jeté dans la masse grouillante qui fondit immédiatement sur lui. L’adversaire le roua d’une centaine de coups de pieds. Il y avait si peu de place que des mouvements de foule se déclaraient dans la rue. Chacun voulait y aller de sa participation. Chaque poursuivants voulaient pouvoir lui balancer une pierre ou un poing. Quelques opportunistes parvenaient même à se glisser habilement pour agiter leurs bâtons ou leurs masses.
Darren se faisait lapider sur place, au milieu de la rue. Ils étaient trop nombreux...

//Bravo 4, ici Bravo 6.// fît soudainement la voix de Jim dans son oreillette. Il était visiblement angoissé. //C’est bien Darren qui passe sous cette masse de populo ?!?//

La vue était insupportable, Lyanna avait une terrible envie de se jeter dans la mêlée, mais elle savait que ça serait suicidaire. Et que ça ne sauverait pas Darren. La voix de Jim se fit entendre dans son oreillette, il était inquiet à son tour.

//Oui, c’est lui … ils vont le tuer ! Je suis dans le bâtiment à côté, mais ils sont trop nombreux !//
//Bon, heu...du calme....// répondit l’homme, visiblement en train de se convaincre lui-même. //On ne fera pas grand chose en tirant à cette distance, vous êtes seule à pouvoir intervenir. Avez-vous des grenades ? Des flashbangs ?//

Lyanna baissa ses yeux par réflexe, pour regarder son équipement. Elle passa même ses mains dans chaque poche de son gilet pour voir ce qu’elle avait. Cependant, une barre chocolatée ne l’aiderait pas dans ce cas de figure. Elle secoua la tête.

//Non ! J’ai mes armes, et l’arme à feu qui n’est pas chargée !//

De toute façon, le pistolet n’aurait pas servi à grand chose non plus. Lyanna continua de chercher dans ses poches, et en sortit le marqueur, ce que Ridding lui avait donné. Ses explications sur le mode d’emploi lui revinrent en mémoire. A part ça, elle n’avait rien d’autre utile.

//On m’a donné quelque chose. Je crois que ça s’appelle un marqueur. Je n’ai rien d’autre !//
//La balise de marquage ? Vous avez la balise ???//
Jim n’attendit pas qu’elle lui répondre, il enchaîna aussitôt.
//Sierra, l’unité 4 est la plus proche de Bravo 8. En danger de mort, je requiers l’envoi des Oggs.//
//Bravo 6, ici Sierra. J’ai la vue sur votre situation. L’unité 4 est trop proche, tout ce qui tombera dans cette ruelle sera suffisant pour réduire les nôtres en bouillie.//
//Pas cette artillerie, chef. Celle pour contenir les émeutiers !//
Il y eut un long moment de silence.
//Prévenez Bravo 4. Faites envoyer, les Oggs s’envolent.//
//Bravo 4, vous avez entendu ? Envoyez votre marqueur dans la foule. Vous avez intérêt à rester en hauteur, ça va secouer !//
//Heu … d’accord !//

Lyanna était très hésitante. Elle avait suivi la conversation, mais c’était comme si elle écoutait une autre langue, elle ne comprenait pas de quoi Jim et Ridding parlaient. La seule chose dont elle se souvenait, c’était Ridding lui disant au début de la mission de lancer le marqueur et de courir à toute vitesse pour s’éloigner. Et là, elle devait lancer l’objet au milieu des assaillants ? Là où se trouvait Darren ? Cela allait le tuer, non ? Cependant, la jeune femme voyait mal Jim mettre la vie du soldat en danger. Elle n’avait pas d’autre choix que de réaliser ce plan qui lui paraissait insensé. Lyanna s’approcha au plus près des ennemis, toujours occupés à s’en prendre à Darren. Puis, elle appuya sur le bouton, et lança le marqueur aussi fort qu’elle le put, avant de voir l’objet disparaître dans la foule. Elle finit par reculer, cherchant un endroit sûr dans une autre pièce de la maison, même si sa curiosité voulait la pousser à aller voir ce qui allait se passer.

//Signal logé. Une minute trente !//
//Bravo 4, vous m’entendez ? Vous êtes trop près. Trouvez-vous un morceau de tissu, noyez le d’eau et plaquez le contre votre visage. Entendu ??//
//Je regarde ça ...//
//Soixante secondes.//
Lyanna entra dans une pièce qui était la chambre à coucher, vu le lit. Il y avait des meubles qu’elle s’empressa d’ouvrir. Elle trouva un vêtement, ressemblant à un pull over assez fin, et retournant dans le couloir pour changer de salle. Elle trouva la salle de bain, et sans attendre, faisant comme Jim lui avait dit, elle passa le vêtement sous l’eau dans le lavabo. Cependant, alors que les secondes passaient, Lyanna ne comprenait pas vraiment pourquoi elle faisait ça.

//Mais pourquoi je dois faire ça ?//
//Trente secondes.//
//Parce qu’on va gazer tout le secteur, bravo 4. Je vous préviens...//
//Vingt secondes.//
//Vous ne passerez pas un beau moment. Mais ce masque de fortune vous aidera à récupérer plus vite que les autres. Tenez le coup.//
//Dix secondes.//
//Couvrez TOUT le visage. Et tenez le coup !!//
//Sept...six...//

Lyanna n’était pas rassurée à l’idée qu’elle allait se retrouver dans une zone remplie de gaz, et que Darren allait avoir des ennuis à ce sujet. Mais cela valait mieux qu’une explosion, non ? La jeune femme s’empressa de finir de passer le linge sous l’eau, puis alors que les dernières secondes s’écoulaient, elle eut juste le temps de s’asseoir dans un coin de la pièce, contre le mur, et mit le pull trempé sur sa tête, enroulant les manches comme elle put. C’était difficile de respirer avec ça, mais Lyanna veilla à ce que pull soit bien placé, avant de fermer les yeux par réflexe.
Ce dernier geste coïncida avec un mélange d’environnement sur la toute dernière seconde. Les cris de la foule, bien distincte dans la rue, qui avait mué de la rage à la surprise. Une puissante détonation qui avait fait trembler le bâtiment entier, jusqu’à ses fondations profonde dans le sol. Elle avait senti les vibrations contre la paroi, remonter dans son dos, lui laisser entendre combien c’était puissant. Puis il y eut ce bruit de dégagement soudain, comme une brise trop longtemps retenue qui s’empressait alors d’envahir la rue.
Aussitôt, la surprise des adversaires devint de l’épouvante. Des hurlements terribles, douloureux, agonisants. On aurait vraiment cru que ce gaz était létal, que c’était une arme terrible et cauchemardesque. Après tout, peut-être s’étaient-ils trompés dans l’empressement ?

Ces hurlements désespérés n’avaient rien pour la rassurer. Les gens en contrebas suppliaient les dieux, toussaient à perdre leurs poumons, hoquetaient de douleur. Au début, l’Amazone ne sentit strictement rien. Mais enfin, cette sensation qu’elle aurait pu croire issue de son imagination ne l’était pas. La chair de poule, ses poils qui s’hérissaient sur sa peau...et la brûlure, soudain, qui se déclarait brutalement sur son épiderme.
Lyanna sentit ses muscles se crisper petit à petit. Tous, sans exception, des orteils jusqu’au sommet de son crâne, elle vécu une crampe généralisée de son corps. Elle demeurait en surface bien que douloureuse. La jeune femme était surprise, c’était à croire que le conseil de Jim n’avait pas fonctionné. Pourtant, elle ne toussait pas, c’était bon signe. La souffrance était gérable, c’était un niveau bien plus acceptable que ces hurlements terrorisés, là en-bas.

La jeune femme attendit un peu, ignorant si elle pouvait sortir de sa cachette ou non. Son corps était douloureux, même si elle avait connu bien pire, mais son inquiétude pour Darren qui était au coeur de l’explosion finit par la pousser à bouger vers lui. Lyanna se leva, mais elle dut se rattraper au lavabo pour ne pas tomber. Ses jambes la faisaient souffrir au niveau des muscles, comme si elles ne supportaient pas son poids. Mais elle devait avancer. Elle retira un peu le pull pour voir quel chemin prendre à l’intérieur de la maison, mais alors que son visage se découvrit, la guerrière fut prise d’une violente quinte de toux. Le gaz était puissant, il agressait ses poumons et sa gorge déjà sollicitée par son premier combat. Ses yeux la brûlaient, elle n’était pas du tout habituée à ce genre de gaz que les Atlantes utilisaient. Ayant du mal à respirer, toussant encore et encore, Lyanna dut replacer le pull sur sa tête pour calmer sa toux et retrouver de l’air. Alors, elle tâtonna avec ses mains afin de trouver une sortie en effectuant le chemin qu’elle avait pris en sens inverse, avançant très lentement, sans lâcher le mobilier pour ne pas chuter.

//Lyanna, c’est Helen. Est-ce que vous pouvez me répondre ?//

Lyanna dut s’arrêter, et mettre un genou à terre. Elle avait mal, mais elle voulait continuer. Elle laissa une main posée sur le mur, alors qu’elle récupérait son souffle, le pull mouillé faisant son office. Elle ne répondit pas de suite à la question d’Helen, essayant de retrouver une respiration presque normale malgré sa gorge en feu.

//Oui … je suis … là ...//
//Vous avez du mal à respirer, c’est normal. Parvenez-vous à vous déplacer ?//
//Difficilement … j’ai mal partout … aux jambes ...//
//Vous êtes sous l’effet du gaz neutralisant à moindre mesure, c’est bien. Vous avez bien exécuté les conseils de votre collègue. Le T31 induit une paralysie totale lorsqu’on inhale trop de cet agent. Je vais vous aider à vous remettre en état. D’abord...habituer vos yeux.//
Elle marqua une pause.
//Découvrez vos yeux et ouvrez-les. Ca va vous piquer atrocement, ça disparaitra dès que vous vous aspergez d’eau. Essayez.//

Lyanna s’assit sur le sol, et essaya de se détendre au mieux pour calmer cette douleur. Même cachée sous le pull, elle n’avait pas très envie de retenter l’expérience des yeux ouverts, mais elle n’avait pas le choix. Lentement, la jeune femme se força à ouvrir les yeux, et elle battit plusieurs fois des paupières en serrant les dents sous la douleur. Elle dut se faire violence pour refaire l’opération plusieurs fois, afin de s’y habituer, tout en gémissant et en serrant les poings. Puis, comme le lui avait conseillé Helen, elle se remit en mouvement, et chercha de ses mains le lavabo pour y faire couler de l’eau et s’asperger le visage en gardant les yeux ouverts. C’était douloureux et très désagréable, mais la guerrière continua.

Peu à peu, la douleur s’estompa. Elle sentait que ses yeux la tiraillaient, comme s’ils étaient fortement desséchés malgré l’eau qu’elle avait utilisé. Mais elle y voyait enfin. Le gaz était toujours là, comme un brouillard intense et opaque qui lui permettait à peine de distinguer l’intérieur de la pièce.
//Ensuite...forcez vous à bouger. Le reste suivra très bientôt. Tant que vous gardez cette protection pour respirer, tout ira bien Lyanna. Recontactez-moi pour...//
//Unités Bravo, ici Sierra, message prioritaire. L’imagerie thermique révèle des présences d’hostiles dans votre secteur. Ils ont probablement échappé au gaz par le même moyen. Soyez prudent à l’approche !//
//Reçu. Nous sommes sur le point de récupérer le VIP. Quelle situation de votre côté, Bravo 4 ?//

Une fois que ses yeux allèrent mieux, même si elle voyait encore flou, Lyanna en profita pour mouiller encore le pull, avant de le placer sur son visage pour recouvrir son nez et sa bouche. Elle passa les manches derrière sa tête et les noua afin que le vêtement continue de la protéger sans qu’elle le tienne. C’était rudimentaire mais efficace. Maintenant, elle n’avait plus une minute à perdre, elle devait aller chercher Darren avant que les ennemis ne recouvrent leurs moyens et leur tombe dessus.

//Je descends … je vais chercher … Darren// dit elle encore difficilement.

S’appuyant toujours au mobilier, Lyanna quitta lentement la pièce, et chercha l’escalier pour descendre au rez de chaussée. Elle avait encore mal, mais comme l’avait dit Helen, ses mouvements devinrent plus assurés à mesure qu’elle avançait. Une fois à l’étage du dessous, la guerrière se dirigea vers la sortie du bâtiment, ses épées en main, le détecteur rangé dans son gilet pour le moment.

Dehors, le paysage était devenu apocalyptique, lunaire.
Le sol ne se distinguait plus tant il était jonché de corps figés dans des positions impressionnantes et inhabituelles. Certains étaient tombés tel quel alors qu’ils courraient, leurs jambes et bras demeurant dans cet élan éternel. D’autres gisaient sur le dos, les membres demeurant légèrement surélevés du sol lorsqu’ils les battaient de détresse. C’était comme si l’on avait jeté un amas de poupées et de figurines solides qui conservaient leur posture, qu’importe la gravité. C’était d’ailleurs ces crampes musculaires que ces truands subissaient au centuple qui leur offrait l’opportunité de positions aussi originales.
Plus rien ne bougeait chez eux. Mais Lyanna pouvait encore les voir respirer, discerner la terreur dans leurs regards suppliants. L’émotion semblait être la seule en vie dans ces corps figés.

Quand elle parvint enfin à trouver Darren, le brouillard ayant rendu la chose difficile, son compagnon était enseveli sous plusieurs corps de marbre. Il était recroquevillé, présentant son dos pour tenter de résister à tous les coups qu’il avait reçu. Il gardait une position de défense instinctive, figé dans la tentative de retenir des coups de pieds. Mais il saignait...et ça, ça ne s’arrêtait pas. Une plaie profonde au niveau de la pommette, une autre au-dessus de l’oreille, sans compter les traces de semelles bien visible sur ses avants-bras et les diverses lacérations. Malheureusement, avant qu’elle ne puisse agir, Lyanna entendit une respiration sifflante dans son dos. Une silhouette émergea du brouillard, marchant sur les corps comme s’il n’y avait rien sous ses pieds. Puis une autre….et une dernière.
Ils portaient des masques...
L’homme le plus avant pencha légèrement la tête d’un côté, faisant le lien entre cette chute punitive de gaz et l’Atlante venue en aider un autre. Il fît migrer son arme sous sa gorge qu’il passa lentement. Une promesse de mort…

Ses armes ? Deux sortes de disques à découper. Il en lança un dans une extrême agilité. La chose métallique siffla en allant droit vers le visage de Lyanna. C’était d’ailleurs le signal pour que les deux autres lui sautent dessus. Une masse à pointe et une sorte de pic à glace.

Lyanna esquiva l’objet lancer par le premier mâle, avant de faire face aux deux autres qui lui fonçaient dessus. Elle leva ses épées, et attendit que ses adversaires arrivent à sa hauteur pour faire un pas de côté, évitant de justesse l’un des coups. Le gaz qu’elle avait inhalé faisait encore des dégâts, et même si elle parvenait à bouger facilement sans avoir mal, sa vélocité en pâtissait encore. Sans oublier sa vue qui était encore trouble. Heureusement, les deux mâles n’étaient pas de expert du combat. Lorsque l’un d’eux chercha à la frapper, la guerrière bloqua son geste avec l’une de ses armes, avant qu’elle ne contre attaque avec l’autre. Les deux mâles essayèrent de l’encercler, mais la jeune femme restait suffisamment mobile pour éviter les contacts rapprochés. Elle finit par réussir à porter un coup d’épée à la jambe du propriétaire du pic à glace. Ce qui lui permit de le déstabiliser suffisamment pour passer derrière lui, et lui enfoncer sa lame dans le dos. Un coup de pied pour le faire chuter au sol, et elle fit face au second adversaire. Lyanna fit danser ses armes devant elle pour impressionner son adversaire, et cela fonctionna. Voir son copain tomber avait déjà ébranler sa confiance en lui. Cependant, il n’en restait pas moins difficile à abattre. Et comme la jeune femme n’avait pas possession de tous ses moyens, le combat serait plus long que d’habitude. Elle évita habilement un coup de masse en effectuant une roulade, tout en tenant le pull contre son visage pour ne pas le perdre. Mais le mâle repassa à l’attaque. Il avait une meilleure allonge, et un seul coup ferait des dégâts. Lyanna devait trouver une solution rapidement, elle n’avait pas le loisir de se battre aussi longtemps. Darren avait besoin de soins.

Alors, Lyanna commença à tourner autour de son adversaire, et ce fut à son tour d’attaquer. Elle l’assaillit de coups d’épée comme une furie, afin de l’empêcher de se servir de sa masse. Puis, au moment opportun, lorsque le mâle baissa sa garde, la guerrière fit un pas sur le côté en s’approchant de lui, et attrapa son masque. Elle tira dessus pour l’enlever, et le jeta plus loin avant de reculer. La réaction fut instantanée, sans cette protection, l’ennemi commença à suffoquer en toussant, avant de s’effondrer sur le sol. Peu à peu, il s’immobilisa. Il ne restait maintenant plus qu’un seul adversaire, et Lyanna le chercha du regard.

L’Amazone le trouva assis sur quelques corps, grattant le visage de quelqu’un avec sa dernière lame de scie. Il donnait l’air de vouloir le raser ou chercher à fuir un ennui mortel. Un bras posé nonchalamment sur un genou, son autre main en activité, il s’arrêta alors pour lever son masque dans sa direction. Il semblait lui demander ce qu’elle comptait faire. Le tuer ?
En approchant, Lyanna subit un coup d’arrêt en découvrant que cette lame ne rasait pas un visage. Elle menaçait la gorge de Darren ! Le type gardait son arme posée intelligemment sur sa carotide, demeurant silencieux en fixant Lyanna.

Lyanna serra les poings, mais elle n’avança pas. Si elle attaquait, Darren serait tué, elle le savait. Mais elle était furieuse. Sa colère grondait, elle avait une furieuse envie de tuer ce mâle en le faisant souffrir pour avoir menacé la vie du soldat. Pourtant, elle se retint, impuissante. Il fallait qu’elle l’éloigne de Darren, mais comment ? Elle lui jeta un regard noir.

"Tu es si lâche que tu préfères t’en prendre à quelqu’un qui ne peut pas se défendre, au lieu de m’affronter ?"

Le type fît mine de réfléchir puis lui fit “oui” frénétiquement de la tête. Il se foutait d’elle…
De sa main libre, il pointa les deux épées qui le gênaient visiblement. Lyanna baissa les yeux sur ses armes, et comprit ce que son adversaire voulait. Elle se mordit la lèvre, ignorant quelle décision prendre. Si elle se désarmait, elle serait une proie facile. Mais si elle refusait, Darren serait exécuté. Elle n’avait pas le choix. A contre coeur, tout en le fusillant du regard, la guerrière abdiqua et lâcha ses épées qui tombèrent sur les corps.

"Laisse le tranquille !"

Il répondit immédiatement “non” de la tête puis pointa la ceinture où se trouvait son poignard. Ce qui ne plut pas à Lyanna qui avait espéré que le mâle ne pense pas à cette arme. En secouant la tête, toujours furieuse, elle attrapa son couteau, qui suivit le même chemin que les épées.
Il avait l’air satisfait. Le truand souleva ses deux pieds puis se redressa d’un coup, faisant tourner sa tête pour produire un craquement sonore. En prenant position devant Lyanna, juste avant de quitter Darren, il leva son disque et le balança sur le soldat d’un geste brusque. Le corps de Clive tressailli brutalement sous le choc, l’engin venant de se planter profondément dans son gilet tactique. En voyant l’arme frapper le militaire avec force, Lyanna hurla de rage. Aveuglée par la colère, sans réfléchir, elle se mit à courir en direction du mâle pour se battre contre lui.

Le brusque échange qui s’engagea aussitôt lui fit comprendre qu’elle n’était pas tombée sur un nul. Il était d’un tout autre niveau que les deux types qui l’avaient occupé pendant qu’il prenait Darren en otage. Le masqué contra les premiers assauts avec fluidité, profitant qu’il n’était pas sous l’effet du gaz. Lyanna, elle, en avait inhalé un peu. Ca restait un handicap qui servait efficacement l’ennemi. Il remonta l’une de ses mains et, avant que l’Amazone n’ai pu le voir venir, elle ramassa une claque sonore et terriblement humiliante.
Le truand attendit qu’elle s’en rende bien compte, qu’il se payait le luxe de ne la frapper qu’avec le plat de la main, puis il lui fît signe de venir. Il lui préparait sa prochaine gifle. Son geste ne fit qu’énerver davantage Lyanna. Elle recula de quelques pas, sur la défensive, prête à parer une éventuelle attaque. Son adversaire était plus fort qu’elle en cet instant. Elle était encore sous le contre coup du gaz, alors battre ce mâle à mains nues allait être difficile pour elle. La jeune femme chercha une faille à exploiter, attaquant de temps à autre afin d’étudier les gestes et réflexes de son adversaire. Puis, elle attendit le bon moment, et para l’un de ses coups de son bras, avant de le frapper de sa main libre, visant son visage.
Un coup au but. Le masqué l’encaissa sans broncher et répliqua aussitôt. Il peina à percer sa défense une nouvelle fois, maintenant qu’elle comprenait qu’il ne viserait que son visage. Le type chercha à l’envahir à plusieurs reprises. Mais en profitant qu’elle demeure aussi mobile, il l’assailla pile au moment où elle prenait ses appuis entre deux corps. Il la poussa suffisamment fort pour la faire tomber et reprendre l’initiative. Le temps que la jeune femme ne commence à se redresser, c’était trop tard. Elle encaissait deux méchantes gifles en pleine figure. Lyanna serra les dents, sa joue chauffant à cause des gifles. Les gestes du mâle n’étaient pas suffisamment fort pour lui faire mal, mais claquer si près de son oreille désorienta temporairement la jeune femme qui secoua la tête pour essayer de reprendre ses esprits.

A ce moment là, bien qu’elle se trouvait sur un corps en train de récupérer ses repères, elle aurait pu jurer l’avoir entendu rigoler. Il se moquait ! Et il revint une nouvelle fois à la charge. Toujours à terre, Lyanna tenta de reculer en glissant sur le corps qui était sous elle, lorsque sa main toucha quelque chose de dur. Il s’agissait d’un fusil Genii, et sans réfléchir davantage, agissant par instinct, la jeune femme s’en empara et visa le mâle avec, avant d’appuyer sur la détente. Heureusement, ces armes ressemblaient fortement à celles des Atlantes, ce n’était pas difficile de savoir comment s’en servir.

Dès qu’il s’en aperçut, l’homme fonça en direction de Darren.
Il n’y avait pas de couvert qui lui permettrait de se cacher mais il avait une idée en tête. Il se jeta habilement en avant, effectuant une roulade tout en récupérant le fameux disque planté dans le corps de Clive. Lorsqu’il se redressa, les projectiles de Lyanna le frôlaient sans le toucher. Il lança son arme dans sa direction d’un geste vif et précis. Le disque tournoya en sifflant, impacta soudainement le canon du fusil qui remonta pour tirer dans le ciel. Un peu plus haut et elle se le prenait dans l’épaule.
Pourtant, le type n’avait pas utilisé cette opportunité pour lui foncer dessus. Il se tenait la main, une boule de sang ayant remplacé trois de ses phalanges. Sans vraiment le chercher, Lyanna venait de l’amputer par une balle bien placée.

La jeune femme vit son oeuvre, ce qui lui redonna du courage. Elle visa à nouveau son adversaire, mais au moment d’appuyer sur la détente, un “clic” se fit entendre, signe que l’arme était déchargée. Lâchant cette dernière, la jeune femme se redressa aussitôt, cherchant du regard une nouvelle arme.
Le masqué se redressa également. Il se mit à rire en fixant sa main meurtrie.
Lentement, il approcha ses doigts d’une phalange tombante puis la détacha avec une infinie douceur, déchirant le peu de chair qui le reliait encore à l’amputation. Il fixa ce doigt perdu d’une étrange façon, avec son masque, puis l’envoya vers Lyanna comme s’il balançait les restes d’une clope entamée. Une façon de lui dire qu’elle lui avait pris son doigt, il était à elle.
Puis, l’air de rien, comme ça, il lui tourna le dos pour s’en aller, pressant contre sa poitrine sa main douloureuse.

Lyanna regarda son adversaire s’éloigner tranquillement, comme si de rien n’était. Il pensait vraiment que la jeune femme allait le laisser partir comme ça ? Alors qu’il venait de tuer Darren avec son arme ? Furieuse, la guerrière se laissa guider par son envie de vengeance, elle voulait la mort de ce mâle. Alors qu’elle regardait partout, elle vit que ses épées se trouvaient devant elle. Sans attendre, elle courut dans leur direction, se pencha pour les ramasser, et poursuivit sa route vers le mâle. La distance se réduisit, et alors qu’elle se trouvait tout près de lui, Lyanna leva l’une de ses épées pour le frapper.
Mais il se retourna soudainement, contre toute attente. Un volte-face et un mouvement sec qui réduisit à zéro la distance qui les séparait bien plus tôt qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Le masqué avait prévu ce mouvement...ou bien était-ce un piège dans lequel elle avait foncé tête baissée sans réfléchir ?
Le masqué l’accueillit dans ses bras. Sa main abîmée se resserra autour de ses épaules, comme s’il lui faisait une accolade, tandis que l’autre venait s’enfoncer dans son gilet tactique. Une lame rétractable cachée...dans son gantelet. Il l’enfonça fermement en pensant lui chercher le flanc, secouant la lame en souhaitant la faire hurler de douleur.

« La mort te libère ! » l’entendit-elle prononcer avec un plaisir malsain.

Pourtant, ce geste n’avait arraché ni douleur ni contraction à Lyanna. Celle ci sentait la lame perdue dans son gilet et la plaque balistique. Son ennemi pensait fouiller ses entrailles et la tenir à sa merci. Mais Lyanna...n’avait pas la moindre blessure. Elle pouvait remercier Teyla d’avoir autant insisté pour mettre cette protection. L’attaque en traître du mâle venait tout simplement d’échouer.

Et il était là, stupidement, à faire un câlin à une tueuse d’homme, jouant avec une lame qui n’avait pas percé son ventre… Lyanna eut alors un sourire carnassier en constatant qu’elle était toujours en vie, et qu’elle avait maintenant le dessus grâce à l’effet de surprise. Sans attendre, pour se dégager de son étreinte, la jeune femme donna un violent coup de tête au visage de son adversaire. Certes, le choc la fit gémir de douleur, bon sang ce type avait la tête de dure. Mais cela eut le mérite de lâcher sa prise sur elle. Lyanna était un peu sonnée, elle frotta son front douloureux, mais le mâle avait eu un mouvement de recul. Bon, il ne souffrait pas autant qu’elle l’aurait voulu, mais le résultat escompté était là. Il avait baissé sa garde, surpris par le geste de la guerrière. Cette dernière s’empressa de planter sa lame dans son ventre, qui lui ne rencontra aucune résistance. Le mâle ne portait pas de gilet tactique. Puis, Lyanna se prépara à lui porter le coup de grâce, mais elle stoppa son geste au dernier moment. Elle finit par secouer la tête, en baissant son épée.

"Non … ça serait trop rapide ! J’ai envie de te voir souffrir !"

Le coup d’épée n’avait pas atteint d’organe vital, mais il allait se vider de son sang s’il ne faisait rien. Et ne rien faire, c’était l’objectif de Lyanna. Elle retira aussitôt le masque du mâle, et elle recula en le voyant sombrer. Immobile sur le sol, il allait mourir lentement, ce qui déclencha chez la guerrière une immense satisfaction. La jeune femme finit par laisser son adversaire à l’agonie, et ranger ses épées dans leur fourreau. Elle récupéra également son couteau, avant de se précipiter vers Darren. Elle s’agenouilla à ses côtés, son regard se posa sur l’entaille provoquée par l’arme du masqué. Un tel coup devait être fatal, surtout à cause du faible état de santé du soldat. Pourtant, si son propre gilet avait amorti un coup de couteau, est ce que Darren s’en était aussi sorti ? Lyanna retourna son corps pour l’allonger sur le dos, et en faisant abstraction des nombreuses blessures qu’il présentait, elle tenta de le réveiller.

"Darren ? Darren, réveille toi, je t’en prie ! Darren ?"

La jeune femme n’eut aucune réponse.
Il demeurait dans cette position de défense, éternellement figé par cette crampe généralisée de son corps. Il continuait de respirer du gaz en plus. Lyanna ne pouvait pas le laisser là. Elle s’empara de la poignée dorsale de son gilet tactique et entreprit de lui faire gagner les hauteurs dans l’espoir de l’écarter du gaz. Elle eut d’ailleurs beaucoup de mal à le déplacer, le soldat était lourd. Et elle n’avait pas encore récupéré toutes ses forces. A plusieurs reprises, la jeune femme chuta au sol, destabilisée par le poids de Darren et les corps sur le sol. Ses bras lui faisaient mal. Mais elle ne devait pas s’arrêter. Elle commença même à tousser, sa gorge la brûlait en peu. En passant sa main sur le vêtement, Lyanna constata que ce dernier n’était presque plus humide. Alors, elle devait continuer avant d’avoir elle même des problèmes qui la condamnerait à rester bloquée là, à souffrir, sans pouvoir aider le militaire. Même si cela lui coûtait, la guerrière utilisa ce qui lui restait de force pour le tirer de là jusqu’à la maison où elle espérait trouver un abri.


eden memories

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Darren Clive

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√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 234

le Mar 26 Mai - 15:49

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Du point de vue de Darren, il n’aurait jamais pensé être témoin de tout ça.
A partir du moment où il était tombé entre les mains ennemies et qu’il avait reçu cette avalanche de coups, le jeune homme avait été saisi d’effroi en comprenant que c’est la mort qui l’attendait. Pas d’interrogatoire musclé, pas de torture, une simple lapidation à ciel ouvert. La colère et la haine déversée par un regroupement d’émeutiers ne lui était pas méconnu. Mais Darren ne s’était encore jamais retrouvé au centre de tout ça. Il avait beau être confirmé dans son boulot, au milieu de tous ces gens, il avait fait comme tout le monde en se ramassant en boule. C’est l’instinct de survie plus que ses compétences qui l’avaient guidé dans l’espoir d’échapper à l’avalanche. La douleur était terrible, il sentait parfois ses membres se tordre, son corps grincer, comme si les os cassaient d’un coup sec.
Et puis, soudain, les hurlements avaient changé.

A ce stade, le militaire était envahi par les ténèbres. Il était au bord de l’inconscience, ses gestes de défense devenus si faibles qu’il ne se protégeait de plus rien. Tout s’était donc arrêté à temps pour lui. Ce qui faisait tousser l’ennemi l’impacta également. Dans un sursaut de lucidité, il félicita les autorités d’avoir autorisé l’emploi d’une dernière arme sur sa position. Darren pensait que ce serait la fin et il préférait partir en emportant tout le monde avec lui. Même si c’était une arme alliée qui le finissait proprement, il aurait emporté toute cette bande de criminels jusqu’à la tombe. Le jeune homme était persuadé que le gaz serait mortel.

Seulement voilà. La douleur resta longtemps en lui, ses muscles se contractèrent tous dans leur ensemble et il fût incapable de comprendre ce qu’il se passait. Piégé dans son propre corps sans pouvoir bouger, le militaire se demandait si c’était ça, finalement, ce qu’il se passait après la mort.
lls restaient “éveillés”, coincés dans leur propre cadavre, jusqu’à ce que quelque chose les en libère enfin.

A aucun moment Darren n’aurait pensé respirer encore et être vivant. Il partageait ce délire avec de courts instants de lucidité. C’est comme ça qu’il commentait chacune des scènes avec une étrange curiosité peu crédible.

Le type au masque qui avait planté quelque chose sur lui confirma sa certitude d’être mort.
Et puis, un peu plus tard, il sentit quelqu’un le retourner sur le dos pour lui crier dessus au travers d’un masque de fortune.

"Darren ? Darren, réveille toi, je t’en prie ! Darren ?" lui avait-elle dit.

“Réveille-toi”. C’était bien la preuve qu’il n’existait plus alors…

Un très violent chagrin s’empara de lui.
Il effaça la peur rémanente, le doute et la perplexité. Il voyait distinctement le visage de son amante maintenant qu’elle était penchée au-dessus de lui, les traits déformés par l’angoisse. Son coeur se mit à bondir lorsqu’il comprit qu’elle avait fait tout ce chemin pour lui et qu’elle refusait de trouver un cadavre à l’arrivée. Dès ce moment, Darren regretta amèrement ses choix et son comportement. Il aurait dû penser à elle, à leur couple, et ce que ça lui ferait de le perdre. Tout ce travail d’adaptation, d’efforts, d’accoutumance à la vie de la cité...réduit à néant.

Clive aurait voulu lui dire qu’il était désolé. Combien il l’aimait. Et qu’il aurait préféré continuer de lui apprendre l’amour qui unissait l’homme à la femme, et inversement, plutôt qu’un deuil prématuré. Mais...ils étaient militaires également. Guerriers.
Lyanna comprendrait.

Il se sentit tracté par accoups. L’Amazone le tirait de toutes ses forces dans un bâtiment. Quand on connaissait leurs différences de taille et de poids, sa chérie risquait à tout moment de se déboiter les épaules à le traîner aussi énergiquement ça. Un poids mort, ce n’était pas comme dans les films, c’était une véritable misère à déplacer.
Pourquoi le faisait-elle d’ailleurs ? Pourquoi y mettre autant de volonté et d’entrain ? Elle en gueulait littéralement dans l’effort.
Pourquoi ? Pour ne pas le laisser au milieu des truands ? Pour pleurer sur sa dépouille sans qu’un autre ne vienne la déranger ?
Ce déchainement de volonté pour le tracter par sa poignée dorsale commençait à l’intriguer. Surtout lorsqu’elle emprunta une série d’escaliers pour parvenir à le traîner jusqu’au deuxième étage de ce bâtiment, là où le gaz était quasiment inexistant puisqu’il stagnait dans les niveaux les plus bas. Il l’entendit contacter Helen Ridding pour avoir des conseils médicaux et elle s’occupa de lui.
Le médecin de la base lui fît injecter un antivenin à large spectre, le fortifiant, puis une ampoule de morphine pour combattre la douleur. Elle lui ordonna plusieurs gestes nettoyants à base d’eau. Laver son visage, ses yeux, puis poser les pansements. C’était difficile pour Lyanna, il y avait tellement de choses qu’elle ne connaissait pas dans la trousse. Mais grâce aux explications d’Helen, elle parvint à s’en sortir pour aider son amant, en attendant qu’il reçoive des soins plus appropriés.



Il n’était pas mort alors ?
Darren n’était pas mort ?!?

Le soldat bondit de joie. C’était une nouvelle chance que le destin lui offrait !
Peu à peu, la douleur disparu. Ses muscles s’assouplirent petit à petit avec le temps. Clive récupéra ses repères. Il sentit enfin son coeur battre, son souffle grinçant passer dans sa gorge. Et toujours, dans cet immobilisme, il voyait cette belle brune en uniforme Atlante en train de lui poser les pansements. Son amie avait très certainement découvert la balle qu’il s’était pris dans la hanche, celle qui avait percé son gilet lorsqu’il avait couru après Bogda.
Lyanna était inquiète pour lui. Elle avait fait tout ce chemin. Si ce n’était pas une sacrée preuve d’amour ça !

Les “Euhhhh” et les “Arrrrhhh” qui sortaient de sa gorge à chaque fois qu’il tentait de lui parler se modifièrent enfin. Lyanna ne pouvait pas le comprendre d’où elle se tenait. Mais enfin, lorsqu’elle se pencha pour tendre l’oreille au-dessus de sa bouche, lui offrant également son doux parfum naturel ; Darren lui glissa faiblement, amusé :

« Très créd...ble….our…un...an...tasme »

En entendant ces mots à peine audibles, Lyanna eut un sourire de soulagement. Elle se souvenait de ces paroles, Darren lui avait prononcé la même chose lorsqu’elle l’avait contacté pour la première fois après son arrivée sur la planète. L’entendre dire ça signifiait qu’il allait bien, qu’il était vivant. Il ne manquait plus qu’à l’emmener voir Helen et son équipe pour qu’ils le soignent. En attendant, c’était à elle de s’occuper de lui. Les effets du gaz s’étaient estompés, Lyanna ne ressentait pas de douleur ou de crampes désagréables dans le corps. Elle avait eu une bonne idée d’aller en hauteur, et comme le pull était devenu inutile, elle l’avait ôté, pouvant ainsi respirer et reprendre ses forces, tout en soignant Darren. Alors, l’entendre parler était un soulagement pour la guerrière qui caressa doucement sa joue, là où il n’était pas blessé.

"Tu en vois beaucoup, des fantasmes qui viennent te sauver la vie ?"

Une fois rassurée, Lyanna retourna s’occuper de la blessure la plus importante de Darren, celle de sa hanche. Elle avait ouvert son gilet tactique et sa veste, puis soulevé le tee shirt. La blessure n’était pas belle à regarder, mais grâce aux instructions d’Helen, la jeune femme était parvenue à utiliser les bons produits pour désinfecter la plaie et réduire le flux sanguin. La balle était trop profondément enfouie dans la chair, Lyanna ne pouvait pas elle même la retirer comme elle avait pu le faire avec la dent de la bestiole de leur première mission. Mais avec le nettoyage et la compresse qu’elle était entrain d’appliquer et maintenir avec le bandage, Darren tiendrait suffisamment longtemps en attendant les secours. Voir le soldat émergé de son inconscience réveilla le côté taquin de Lyanna, tout comme lui avait gardé son humour, preuve du soulagement de la situation. La jeune femme termina le bandage, avant de regarder son amant.

"Tu as eu raison de me prévenir … tu pues !" lança-t-elle en souriant.

Darren esquissa une grimace qui aurait voulu être un début de rire. Mais il n’allait pas plus loin que quelques spasmes et une toux qui s’ensuivit. Il aurait voulu surenchérir en lui disant qu’il avait gagné le jackpot avec ça. Que sa belle l’aidera à se laver, à se coucher, à manger, et bien d’autres petites attentions très agréables qu’il comptait bien exagérer par l’humour. Mais il n’était pas encore totalement en état de lui en faire part.

Une fois qu’elle eut fini de s’occuper de cette blessure, Lyanna replaça le tee shirt et ferma la veste. Elle laissa le gilet ouvert pour le moment, voulant que Darren puisse respirer correctement. Puis, après avoir vérifié qu’elle s’était occupée de toutes les plaies, elle s’assit à ses côtés, et prit sa main dans la sienne.

"Comment tu te sens ? Ca va mieux ? Tu peux bouger ?"
« Broyé. » répondit-il.
Et pour la capacité à bouger, il le lui prouva en se forçant à s'asseoir. Darren grimaça tout en s'exécutant, s’interdisant la moindre faiblesse pour pouvoir se poser contre le mur aux côtés de sa belle. Les différents produits que la jeune femme lui avait injecté l’aidait beaucoup à s’en remettre. Il posa ensuite faiblement sa tête de côté sur son épaule. Darren avait une folle envie de l’embrasser. Heureusement que sa situation ne le lui permettait pas. En sentant les excréments et les égouts, vive le romantisme !
« Merci...d’êtr.. »
Il toussa.
« ...venue. »


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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
√ Messages : 144

le Mar 26 Mai - 15:50

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Lyanna était restée silencieuse en voyant Darren se redresser pour s’asseoir à ses côtés. C’était bon signe, le soldat reprenait des forces, et bientôt ils pourraient retourner vers les autres membres de l’équipe pour essayer d’évacuer les lieux. A cette pensée, le coeur de la jeune femme se serra dans sa poitrine, sachant très bien ce qui lui arriverait par la suite. Lorsque Darren la remercia d’être venue le chercher, elle serra doucement sa main dans la sienne.

"Tu n’as pas à me remercier. Je n’allais pas te laisser tout seul ici !"
« Merde... » fît soudainement le soldat en retrouvant l’ordre de ses idées. « Le VIP, je l’ai...enfermé dans...une bouche... »
Il secoua la tête.
« J’espère qu’il y est...toujours. »
"Tes amis sont allés s’occuper de le récupérer, je ne sais pas où ils en sont. Tu veux leur parler ?" demanda Lyanna en désignant son oreillette.
« Hey...tu as fais équipe avec les copains ? » s’égaya Darren. « Et tu...es en tenue complète. »
Darren secoua la tête, les yeux pleins d’étoiles.
« Oh j’suis amoureux ! Te manquerait plus qu’une tenue d’apparat militaire, là. Et j’fais de toi mon quatre heures ! »
Il fronça ensuite les sourcils.
« Heu...j’ai...pensé à voix haute, là ? »

Le sourire de Lyanna avait disparu au début des paroles de Darren, lorsqu’il mentionna le reste du D4. Elle baissa les yeux alors que son amant s’extasiait de la situation. Et lorsqu’il lui posa une question, la jeune femme secoua la tête et le regarda.

"Oui … tu as pensé à voix haute".

Darren pouvait facilement voir que quelque chose n’allait pas chez Lyanna, la préoccupait beaucoup. Et la rendait triste. La guerrière se redressa du mur, et fit face au soldat en se mordant la lèvre. Le jeune homme la fixait silencieusement, comprenant que quelque chose se tramait.

"Ecoute, j’ai … j’ai quelque chose à te dire ..."

Lyanna hésita quelques secondes, cherchant les mots. Elle y pensait depuis quelques temps déjà, depuis qu’elle savait ce qui l’attendait. Mais prononcer de telles paroles étaient difficiles.

"Je te ramènerais à tes amis pour l’évacuation … mais … je ne rentrerais pas avec vous … je resterais là pour continuer à me battre !"

“Wow wow wow...quoi ???” songea Darren, son visage exprimant immédiatement la même inquiétude. Il chercha à comprendre intérieurement la raison qui pousserait sa belle à rester ici, comme lui l’avait fait en laissant April entre de bonnes mains avant de courser le VIP. Sauf que là, ce fameux Bogda était visiblement pris en charge. Rien ne justifiait de rester aussi exposé. D’autant plus que Lyanna se battait au corps à corps. Il suffisait qu’un peloton d’exécution l’attende au bon moment et c’en serait fini de son combat.

« Pourquoi ? » demanda finalement Clive, très inquiet.

Evidemment que Darren n’allait pas comprendre, il avait besoin d’explications. Lyanna ne savait pas trop par où commencer, et rien que d’imaginer tout lui dire faisait déjà briller ses yeux de larmes qui ne demandaient qu’à couler à l’idée d’être séparée du soldat.

"Parce que j’ai eu des problèmes en ton absence. Oui, j’ai fait équipe avec ton unité … mais ça s’est très mal passé … avec Jim …. et surtout avec l’autre mâle ..."

Inutile d’être très intelligent pour comprendre que c’était avec celui qui n’avait pas de nom prononcé qu’il y avait eu le plus de soucis.

"Il m’a blessé avec ses paroles, et je l’ai frappé. Jim m’a renvoyé à la base mais je ne voulais pas te laisser tomber … ni Abelle … alors, j’ai désobéi et je suis partie seule … et bien sûr, ça n’a pas plu à Ridding !"

La suite des paroles de Lyanna étaient prévisibles.

"Il me fera arrêter, ça ne m’étonnerait même pas qu’il ai demandé à ton Sergent de le faire quand le jumper arrivera. J’irais en prison, Darren, et ça je ne le veux pas … je supporterais pas de revivre ça … j’en mourrais, je le sais !"

Sa phobie reprenait le dessus rien qu’à imaginer être enfermée. Non, elle ne surmonterait pas cette épreuve. Surtout que cette fois ci, Ridding était déterminé à le faire. La seule échappatoire qu’elle avait trouvé pour éviter ça était la fuite … quitte à rencontrer la mort dans cette ville. La jeune femme posa son regard empli de douleur et de souffrance sur Darren.

"Je suis une guerrière … si je dois mourir, ça doit être sur un champs de bataille … pas entre quatre murs !"

Cette fois, Lyanna ne put empêcher quelques larmes de couler sur ses joues, alors qu’elle baissa les yeux, n’osant plus affronter Darren du regard.

Il était resté silencieux tout ce temps, comprenant avec un sentiment d’horreur que la présence de Lyanna n’était pas dûe à une participation active à se conformer. Darren avait pensé qu’elle avait fait des efforts surprenants pour en arriver à le sauver. Sauf qu’en réalité, c’était de la rébellion qui l’avait mené là. Le jeune homme n’était pas très étonné qu’elle ai frappé Max. Alors il devinait très rapidement la réaction de Jim.
Le sergent du D4 était quelqu’un de bien, un paternel qui protégeait tout le monde en se comportant véritablement comme une figure parentale pour le reste de l’unité. Mais en mission, c’était différent, il prenait ses responsabilités professionnelles à coeur et ne laissait jamais aucune menace peser sur l’unité.
Lyanna était devenue cette menace.

Le soldat songea soudainement que son projet de partager un dîner en escouade avec elle ne serait pas pour demain. C’est vrai qu’elle avait toujours ce tempérament explosif et violent. On ne supprimera pas sa nature de tueuse d’homme du jour au lendemain. Sauf que là, il se demandait vraiment si elle ne se plaisait pas à tout foutre en l’air.

Du côté de Ridding, ça se devinait encore plus facilement.
Darren s’était dit que le lieutenant avait été inhabituellement coopératif. Puisqu’il connaissait les sentiments qui les unissaient, il n’aurait jamais autorisé Lyanna à le rejoindre sur le terrain. Maintenant, la réponse était plus claire : c’est Lyanna qui avait pris cette décision en sabrant toute la chaîne hiérarchique.
Darren continua de la regarder avec un mélange de tristesse et de peine. Il était triste pour elle mais aussi pour lui, d’avoir échoué à lui apprendre le plus important. Atlantis n’abandonnait jamais l’un des siens...l’Amazone n’allait pas s’en tirer à si bon compte.
Alors c’était quoi...un sacrifice ? Elle comptait vraiment mourir l’épée à la main ? C’est pour lui apprendre ça qu’elle l’avait sauvé ?
C’est comme ça qu’elle voyait leur couple se terminer ? En queue de poisson ?!?

Le soldat finissait par se demander si elle n’était pas surtout guidée par son mal-être. Depuis qu’elle avait rejoint la cité, Lyanna s’était confrontée à un mode de vie différent et largement plus complexe. Sa vie sur Kirana était bien moins difficile. Elle se résumait simplement à survivre, à tuer l’homme, et à protéger les siennes.

Aujourd’hui, elle intégrait un réseau hiérarchique bien plus vaste. On lui disait que tout ce qu’elle avait pris pour acquis, ses certitudes, sa haine “moteur” contre l’homme, tout ça ne comptait plus. On la forçait à s’adapter à des normes et une culture qui n’était pas la sienne. Piégée dans une cité aux milles miracles qui lui permettait d’apprendre et d’expérimenter comme jamais personne ne le ferait. Mais en même temps, elle demeurait à jamais seule et isolée.
Darren pensait avoir aidé à résorber ce sentiment. Il se rendait compte qu’il se trompait.
Lyanna avait un mal fou à suivre l’autorité et il ne comprenait pas pourquoi. Elle avait été leader. Teyla lui avait même dit que son ancien rôle était assimilé à celui de Sheppard. Lyanna avait l’habitude de diriger ses soeurs et les ramener sur le droit chemin. Alors...pourquoi ne parvenait-elle pas à respecter l’autorité ? Parce qu’ils provenaient en majorité d’hommes ?!?

Toute cette incompréhension l’habitait et de nombreuses questions tournaient dans son esprit. Il ne pouvait tout simplement pas les poser, il ressentait l’état d’émotions de Lyanna. Sa belle était en détresse. Il comprenait que, face à tout ça, l’idée de mourir l’arme à la main était plus réconfortante que de devoir affronter de nouveau Atlantis.
Mais...c’était tout bonnement suicidaire. Clive songeait que ses soeurs, et sa vie d’avant, lui manquaient au point qu’elle voulait les suivre.
Lyanna devait vivre dans le regret malgré qu’elle ai découvert qu’elle pouvait aimer et être aimée.

« Regarde moi... » lui demanda-t-il doucement.

Clive voulu se redresser. Il ne pouvait pas rester recroquevillé comme ça, comme un sac, face à une telle situation.
Il se fit violence pour se tenir un peu plus droit. D’une main tremblante, il vint pincer délicatement le menton de la belle pour guider son visage et la forcer à le fixer.

« Mon amour...regarde-moi. » insistait-il en cherchant ses yeux. « Tu ne vas quand même pas abandonner maintenant ? »

Il était tendu, espérant trouver les bons mots pour la convaincre.
Lyanna ne pouvait pas se sacrifier comme ça. C’était carrément du suicide.
« Ne te mets pas dans des états pareils. Ce n’est pas...si grave. Tu as encore des combats à mener. Qu’est-ce que je dirai à Abelle ? A Heimda ? Teyla ? »
Il fit la grimace, ayant du mal à dissimuler également l’émotion qui l’habitait. Sa voix tremblait.
« Et nous, notre couple ? Tu...tu veux quoi ? Rompre avec moi ? Que je te laisse sagement aller te tuer ? »
Son monologue n’était pas bien construit. Le stress et l’angoisse le rendait incapable de bien organiser ses idées. D’habitude, il détenait toujours ce petit truc qui désarmait la colère de la jeune femme. Le petit grain de sable très subtil pour désamorcer sa bombe à retardement et la ramener à lui. Ce qu’elle finissait toujours par lui reprocher d’un amusant “Tu es exaspérant !”.
Mais là, ça le prenait tellement aux tripes qu’il se sentait désarmé.

Lyanna secoua la tête, en continuant de pleurer silencieusement. Darren ne la comprenait pas, mais qui pourrait comprendre une telle chose ? Pour lui, cette épreuve qui l’attendait n’était pas grave, d’après ses dires. Quelque chose de banal, sans conséquence. Mais pour elle, c’était son arrêt de mort. Rompre avec lui ? La jeune femme ne voulait pas d’une telle chose. Les seuls moments où elle se sentait bien depuis son arrivée sur Atlantis, c’était quand elle se trouvait avec lui. Mais, elle n’avait pas d’autre choix que de prendre une telle décision.

"Non … je ne veux pas qu’on se sépare ! Je suis bien avec toi ! Mais … tu me perdras quoiqu’il arrive !"

La première phrase l’avait rassuré. La dernière l’horrifiait.
Lyanna se mordit à nouveau la lèvre.

"Je vais mourir quoi que je fasse, alors qu’est ce qui est mieux ? Que je perde la vie en te protégeant ? Ou que je m’éteignes à petit feu et en souffrant dans une salle sans échappatoire ?"
« Mais ? Tu parles de la prison ? »
Il secoua la tête.
« C’est une punition Lyanna. Ils ne t’interrogeront pas comme au retour d’Héstevic. Tu n’y passeras pas ta vie. Pourquoi tu dis que ça va te tuer ? Que...que c’est mieux de mourir dehors ? Je ne comprends pas... »

Ce fut au tour de Lyanna de secouer la tête, avant de prendre son visage dans ses mains. Rien que de penser à la prison, elle en tremblait de tous ses membres.

"Tu sais très bien que je ne supporte pas d’être enfermée. Comment tes médecins ont appelé ça, déjà ? Ah oui … je suis claustrophobe. Être enfermée me fait paniquer, ça me terrifie. La dernière fois, je suis devenue folle entre deux séances d’interrogatoire. Je criais, je frappais les murs, je voulais sortir. Je ne supporterais pas de vivre ça encore une fois !"

Lyanna avait une phobie. Le soldat ne pensait pas que c’était à ce point là.
C’était un peu comme quelqu’un qui ne supportait pas le vertige et préférait brûler dans sa maison en feu au lieu de sauter. Darren comprenait soudainement le problème et il écarquilla légèrement les yeux. Ce n’était “que” ça ?!?
C’était effectivement très dur pour Lyanna. Mais les solutions existaient. De meilleures solutions que de se sacrifier au combat, là-dehors.
« Et si...si je faisais en sorte que tu sois enfermée dans un grand endroit ? Juste le temps que ça se règle. Un espace qui ne te terrifie pas, avec de l’air, la lumière du soleil ? » hasarda Darren.

Lyanna secoua la tête, en ayant un petit rire nerveux qui trahissait la terreur qu’elle ressentait déjà.

"Et tu crois sérieusement que ce mâle va t’accorder cette faveur ? Il s’en fiche complètement ! Il fera tout pour me faire payer mon geste, il a dit qu’il me jetterait lui même en cellule. Alors il ne t’écoutera pas, quoique tu lui demandes !"

Darren s’apprêtait déjà à contrer son argument lorsqu’il entendit du bruit dans l’escalier. Il sortit immédiatement son neuf millimètre qu’il pointa vers la porte d’entrée au moment même où un homme y apparaissait. Habillé en uniforme Atlante, un masque à gaz sur le visage, il descendit son P90 vers le sol pour ne plus les menacer.
« Bravo 8... » se signala Clive.
« C’est moi, Darren. » fît calmement Max entre deux respirations sonores de sa cartouche. Sa tête se décala légèrement, lui faisant fixer Lyanna sans qu’il ne dise un mot. Quant à Lyanna, elle soupira en entendant la voix du jeune homme, et elle détourna les yeux pour ne plus le voir. Elle en profita pour rapidement essuyer ses larmes sur son visage, voulant retirer ce signe de faiblesse qu’elle n’aimait pas montrer.

« Est-ce que...tu peux nous laisser une minute ? »
Le soldat ne répondit pas tout de suite, ne comprenant pas trop pourquoi Darren voulait rester seul avec elle. Il finit par hausser les épaules.
« Zone sécurisée, Bravo 6 y veille. S1 arrive dans trois minutes, alors dépêche. »

Darren acquiesça.
Son ami tourna les talons et quitta la pièce. Trois minutes, c’est tout ce qu’il lui restait pour convaincre son amante de ne pas mettre fin à ses jours à cause de sa phobie.
« C’est pas ce Ridding dont je te parle. Mais de sa femme, le médecin. Elle ne laissera pas le lieutenant t’enfermer si ta claustrophobie est vraie. C’est une affaire médicale, c’est pris en compte quand on sanctionne quelqu’un. »
Il tenta de s’emparer de son visage délicatement, lui montrant combien il tenait à elle.
« Je te le promets. Tu vas devoir assumer tes actes, c’est vrai. Mais on ne te torturera pas avec ça Lyanna. Je te le promets ! On ne te fera pas de mal, d’accord ? »

Lyanna écouta les paroles de Darren, mais pouvait elle vraiment le croire ? Helen se préoccuperait elle véritablement de son sort, vu son lien avec Ridding ? La guerrière resta silencieuse, ne sachant pas quoi décider. Elle ignorait si elle devait croire à la promesse de son amant. Elle se contenta de secouer la tête, comme si elle ne voulait pas y croire.

« Hey...je suis avec toi. On va affronter ça ensemble. Et tu verras, ta prison, ce sera du soleil et de l’air frais. Je ne laisserai pas le lieutenant t’enfermer, tu as ma parole. Si c’est ça... »
Il lui sourit faiblement, étant un peu moins sérieux.
« On se battra ensemble pour ta liberté et on mourra côte à côte. En guerriers, main dans la main. C’est pas plus cool et romantique, ça ? »

Lyanna réfléchit quelques secondes, perdue dans ce qu’elle voulait faire et ce dont elle avait peur. Darren prouvait une fois de plus qu’il ne la laisserait jamais tomber. Alors, après un moment d’hésitation, la jeune femme acquiesça d’un timide hochement de tête, tout en se demandant si elle ne commettait pas une erreur d’accepter de revenir à la base.
En réponse, le soldat agrippa le gilet tactique de sa belle pour l’attirer jusqu’à lui. Qu’importe s’il sentait la mort et la défèque à ce moment-là, l’Amazone lui avait fait peur et la présentation ne comptait plus. Il posa délicatement ses lèvres sur la sienne puis sur son front ensuite.
« Je t’aime Lyanna. Je ne supporte pas de te voir pleurer. » admit-il. « Tu as une note à régler et on le fera tous les deux. Ensuite...je te rendrai ton beau sourire. Je te prouverai que ça vaut le coup de s’accrocher ! »

Lyanna ferma les yeux et posa son front contre celui de Darren, se laissant bercer par ses paroles.

"Moi aussi, je t’aime".

La guerrière resta silencieuse quelques instants, elle voulait profiter de la présence de Darren contre elle. Avant que ça ne se termine. Puis, vint le moment de reprendre la route, le jumper n’était plus très loin. Même si Lyanna n’avait pas trop envie d’y aller. Elle se détacha lentement du soldat, évitant son regard. Jim venait de l’appeler par radio. Il lui avait déclaré que le toit était sécurisé et qu’ils devaient s’y retrouver pour monter dans le jumper.


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Darren Clive

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le Mar 26 Mai - 15:50

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


Darren se laissa aider pour tenir debout, s’appuyant sur les épaules de son amante pour se rendre un étage plus haut.

"J’ai du beaucoup te décevoir ..." dit elle en faisant référence à ses problèmes avec son équipe, en particulier avec Max.
« Non. On aura le temps de débriefer là-dessus. »
Darren ricana un peu.
« Tu te punis toi-même ma chérie. On parlera de ton comportement envers ma famille au lieu de se faire des câlins. Tu te rends compte ?!? »

Lyanna regarda Darren mais elle ne lui répondit pas. C’est sûr qu’elle aurait préféré avoir des câlins, même si elle n’en aurait plus avant un moment. Elle aida le militaire à monter sur le toit, rejoignant ainsi Jim et Max. Le jumper était en approche, il n’allait pas tarder à atterrir. Et cela serra à nouveau le coeur de Lyanna. L’appareil arriva quelques secondes plus tard, et dès qu’il se posa, les quatre guerriers montèrent à l’intérieur. La jeune femme aida Darren à s’asseoir sur la banquette arrière, au moment où le jumper décolla. Elle n’avait pas pu s’empêcher de jeter un dernier coup d’oeil à l’extérieur avant que le sas ne se referme. Puis, elle s’assit à côté de son amant, et prit ses deux épées et son couteau qu’elle lui tendit, se souvenant de la procédure.

"Tu veux bien les garder ? Je ne veux pas qu’il les touche !"

Darren se tenait le ventre par réflexe. La morphine lui évitait de trop souffrir.
Il regarda un instant les armes de sa compagne puis acquiesça lentement. Il plaça les lames entre ses jambes, coinça le poignard dans son gilet.
« J’en prendrai soin, c’est promis. »
Il s’empara ensuite d’un lien serflex qu’il présenta à son amie.
« On attend l’atterrissage ? »

Lyanna jeta un oeil au serflex, et elle déglutit avec difficulté en détournant les yeux. Si elle avait pu, elle s’en serait passée. Mais, elle ne voulait pas que Ridding la voit entrain d’être entravée. A contre coeur, la jeune femme secoua la tête dans un signe négatif à la question de Darren, avant de rapprocher ses mains.
Le soldat agissait également à contrecoeur. Il regarda brièvement vers la cabine de pilotage. Max s’y était dissimulé pour ne pas avoir de problèmes avec l’Amazone, d’autant plus qu’il arborait un cocard naissant après avoir retiré son masque à gaz. Jim, quant à lui, observait la scène tout en se tenant à l’écart. Il n’y avait pas besoin de parler, il laissait Darren s’occuper de tout ça.
D’ailleurs, le jeune homme était reconnaissant envers son escouade. Ils ne s’imposaient pas pour entraver Lyanna, d’autant plus que Darren était très clairement parti pris. Ils pourraient agir pour imposer un équilibre professionnel. Au lieu de ça, il bénéficiait d’une intimité relative avec Lyanna.

Darren passa le serflex doucement, sans violence, puis les serra avec tout autant d’attention.
« Ca ne te fait pas mal ? » s’enquit-il en serrant un peu plus l’entrave, ce à quoi Lyanna secoua la tête sans dire un mot.
Il passa ensuite un bras autour de ses épaules, conscient que tout ça lui rappelait de mauvais moments au retour d’Héstevic. Lyanna ne comprenait pas cette procédure, l’acte visant à l’enfermer était quelque chose de violent. La signification chez elle était plus forte qu’un soldat lambda qui se sentait simplement piégé derrière des barreaux. Ce n’était vraiment pas la même chose et Darren sentait, au contact de Lyanna, l’angoisse que tout ceci lui imposait. Son corps était tendu.
Le jeune homme affermit sa prise autour de ses épaules et lui caressa un peu le dos avant de la prendre contre lui.
« Tout se passera bien ! » lui souffla-t-il pour toute promesse.

Lyanna posa sa tête dans le creux de l’épaule de Darren, et essaya de s’accrocher à ses paroles pour se rassurer. Mais en vain. Comme si elle sentait au fond d’elle que tout ne se passerait pas aussi bien que le militaire le disait. La jeune femme ferma les yeux pour profiter une dernière fois de la présence de son amant contre elle, alors que le jumper se rapprochait rapidement de la base. Et de leur séparation.

Peu avant l’approche finale, Jim et Max se présentèrent devant la sortie. Le gamin au cocard fixa son camarade avec un léger sourire, tapotant le dessous de son oeil marqué d’un index avant de faire un signe voulant dire : “C’est la faute de ta copine !!!”. Un reproche qui manqua de sérieux et qui arracha un sourire à Darren. Il continuait de garder sa belle contre lui, appréciant également l’étreinte jusqu’à la dernière seconde.

« Le lieutenant est dehors. Tu tiens vraiment à gérer ça ? »
Le sergent posait sur eux un regard compatissant.
« Ce n’est pas pro, Darren. »
« C’est vrai. Mais tu ferais pas la même chose si c’était...ton fils ? »
Quelque chose changea dans le regard de Jim. Plus de la douleur que de la colère. Forcément, il transposa la situation avec son défunt enfant et acquiesça rapidement, bien incapable de le contredire.
« Prenez soin de vous. » conclut-il avec sincérité.

Darren le remercia silencieusement.
Le jumper venait tout juste de se poser et le comité d’accueil les attendait bel et bien. Le lieutenant Ridding et ses unités Rippeurs formaient un arc de cercle à la sortie du jumper. Max et Jim saluèrent militairement leur officier avant de s’écarter. Ils partaient ravitailler en munitions en attendant de connaître leur prochaine affectation. L’officier tourna son regard sévère sur Clive. Il tenait les liens de Lyanna d’une main, la guidant à sa suite tout en emportant ses armes.

« Merci d’avoir respecté la procédure, première classe. Votre… “amie”...va être arrêtée pour insubordination et rébellion. Alors écartez-vous. »

En réponse, Darren se décala de quelques pas pour couvrir entièrement Lyanna de son dos. Il avait être amoindri et blessé, il ne laisserait personne lui mettre la main dessus sans avoir été écouté.

« C’est ma prisonnière, mon lieutenant. Et je ne vous la remettrai que si je suis assuré que son arrestation soit faite dans les normes. »
« Vous en doutez ? »
« Non mon lieutenant. Mais ma soeur d’arme est sensible aux espaces réduits. Je veux que ce soit pris en compte. »

Le lieutenant Ridding dériva son regard vers ce qu’il pouvait voir de Lyanna. Il avait l’air mauvais, sévère.

« Vous m’en direz tant ! C’est bien commode tout ça ! »
Il renifla.
« Et si je lui offrai également trois repas par jours, des visites conjugales et ses week-end ? »
« Je suis sérieux. Ce soldat est claustrophobe. Il respectera la chaîne de commandement et assumera les sanctions si son état est pris en compte. Médicalement. »
« Les rebelles n’ont pas de traitements de faveurs. Elle aurait dû y penser avant d’agresser du personnel militaire en pleine mission et désobéir ouvertement à l’ordre de retour. Maintenant écartez-vous ! »
Darren resta là où il se tenait, conservant dans son dos.
« ÉCARTEZ VOUS ! » rugit Ridding brutalement.
« Je ne peux pas faire ça, chef. Croyez-le ou non, c’est professionnel. Je ne vous laisserai pas maltraiter un prisonnier allié, quel qu’il soit ! »

Lyanna était restée silencieuse pendant l’échange entre Darren et Ridding, écoutant la tentative désespérée de son amant pour faire entendre raison à son supérieur de mâle. Et comme elle l’avait prédit, Darren échoua. Ridding détestait la jeune femme, il n’aurait jamais accédé à sa requête. Et maintenant, c’était le soldat qui était en danger et qui risquait de se faire arrêter pour elle. Mais ça, elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas que le militaire ait des ennuis à cause d’elle. De ses mains liées, elle tira légèrement sur le gilet de Darren pour attirer son attention.

"Arrête ! Je t’avais dit qu’il ne t’écouterait pas !"

Lyanna sentit la panique l’envahir, et elle dut se faire violence pour ne pas le montrer à Ridding.

"Tu aurais dû me laisser mourir sur le champs de bataille comme je te l’ai demandé !" lança-t-elle d’une voix qui trahissait sa détresse.
« Qu’est-ce que c’est que cette histoire encore ?!? »
« Elle voulait mourir dehors plutôt que d’être enfermée. Parait que ça la rend barge d’être entre quatre murs. » fît soudainement la voix de Max dans le dos de Ridding.
Max était revenu. Il avait visiblement une raison d’intervenir.
Lorsque le regard de l’officier se posa sur lui, il se mit au garde à vous puis continua lorsqu’il en reçu l’ordre.
« J’l’ai entendu lui dire quand j’ai fait jonction. C’est la vérité. Y’a pas de tactique pour esquiver la punition, mon lieutenant. Elle a juste les foies. »
« C’est vrai. » conclut Darren, mal à l’aise que la faiblesse de Lyanna soit déballée comme ça.
« Sortez de votre cachette ! » ordonna alors sèchement Ridding à l’Amazone.

L’intervention surprise de Max surprit énormément Lyanna, elle n’aurait jamais imaginé que le jeune mâle revienne parler d’elle. Et encore moins pour la défendre. Cela suffirait-il à Ridding ? Aucune idée. La jeune femme posa sa main sur la hanche non blessée de Darren et le poussa doucement pour l’inciter à s’écarter, afin de faire face à l’officier. Il la laissa faire à contrecoeur.
Le lieutenant la toisa de son air sévère. Mais il n’y avait ni haine gratuite, ni colère illégitime. Il s’approcha pour se planter droit devant elle et l’observer un instant. Il se souvenait que Rahim lui avait glissé un mot à ce sujet lorsqu’elle l’avait interrogé après Héstevic. L’agent lui avait confié que Lyanna était étrangement plus agressive et impulsive dans sa prison qu’au cours des interrogatoires. Même si elle avait fini par lever la main sur elle au bout d’un moment.
« Les espaces clos vous font paniquer ? » demanda-t-il de but en blanc, attendant une réponse franche et précise.

Lyanna regarda Ridding lui faire face. Elle qui, d’habitude, n’hésitait pas à se montrer agressive avec lui, c’était bien la première fois qu’une lueur de panique passait dans ses yeux en étant en présence du militaire. Et si d’ordinaire, elle lui aurait répondu d’une réplique sanglante et provocatrice, ce ne fut pas le cas cette fois ci. Ce qui démontrait que quelque chose n’allait pas chez la guerrière. Elle acquiesça d’un hochement de tête.

"Oui … ça me tue quand je suis enfermée ..."

Le lieutenant la fixa longuement avant de souffler par le nez. Il se tourna pour fixer Max, voyant en lui une source de détails bien plus fiable que Darren. S’il n’avait pas l’intention d’épargner Lyanna pour avoir eu ces comportements condamnables en mission, il n’avait encore jamais donné dans la torture. Sur Atlantis, il respectait les avis médicaux sur les soldats qui finissaient dans ses prisons. Il ne ferait pas exception ici.

« Unité Deux et Trois. Emmenez la prisonnière au dépôt. Donnez lui de l’eau et coupez ses serflexs. »
Deux des unités Rippeurs s’approchèrent. L’un d’eux allait se saisir de ses liens.
Le lieutenant lui glissa avant ça :
« Un geste de travers, un mot de trop. Et je vous enferme dans la cellule la plus sombre et la plus étroite jusqu’à ce que vous n’ayez plus de voix pour hurler. C’est clair ? »
Darren ne disait rien. Mais il regardait Lyanna en la suppliant silencieusement de courber l’échine.

Lyanna fut soulagée de savoir qu’elle n’allait pas être enfermée dans un cachot. Et bien entendu, elle n’avait pas besoin du regard suppliant de Darren pour accepter la proposition. Elle ne voulait pas se retrouver dans une petite cellule pour y mourir lentement. La jeune femme se contenta simplement d’acquiescer en silence, avant de tourner son regard vers Darren pour le voir une dernière fois. Puis, elle fut conduite par un militaire à l’extérieur du jumper en direction de ce fameux dépôt. Qu’un homme l’emmène était un affront, mais vu les circonstances, et la menace qui planait au dessus de sa tête, Lyanna dut contrôler ses pulsions et tout garder en elle pour ne pas faire d’histoire. Alors qu’elle suivait les deux soldats, étrangement docile, la jeune femme croisa le regard de Max qui était toujours présent. Et agissant contre sa nature, elle eut un léger hochement de tête dans sa direction, comme pour le remercier de son intervention, avant de s’enfoncer dans la base avec son escorte.

« Maintenant, c’est à elle de m’offrir les pizzas ! » s’amusa Max en aidant Darren à se rendre à l’infirmerie.

Le lieutenant quitta la zone avec le reste des unités pour reprendre le boulot.
L’escorte de Lyanna la guida sur l’un des côtés du bâtiment transformé. Une construction modulaire militaire, faite en tôles, faisait office de dépôt. Un hangar dans lequel on y avait déposé les caisses et les malles vide. Des pièces de rechange et des réserves de lit de camps, de tables et de sièges. Bref, le premier matériel utilisé pour concevoir ce camp et qu’on réutiliserait pour tout ranger une fois la mission terminée. Ca évitait de tout entasser à l’intérieur de la zone opérationnelle.
Au milieu trônaient deux jeeps militaires dont ils n’avaient visiblement pas l’utilité. Sur chaque flanc, il y avait quatre ou cinq fenêtres grillagées qu’on avait laissé ouverte pour rendre l’endroit vivable. L’air circulait…

L’une des unités Rippeur avait ouvert la porte principale qu’un cadenas condamnait. Il écarta un peu plus le battant et, avant qu’on ne la pousse pour y entrer, le garde se munit d’une pince coupante. Lyanna fût libérée de son serflex. On lui demanda de remettre son arme de poing, encore dans son holster de cuisse, de se défaire de son gilet tactique. Et le militaire lui donna sa gourde d’eau avant de refermer pour de bon la porte du hangar, la laissant seule à l’intérieur.

Une fois à l’intérieur du dépôt, Lyanna regarda autour d’elle. Le bâtiment était grand, au moins elle avait de la place. Et les nombreuses fenêtres qui laissaient passer l’air étaient une bonne source de lumière. Ce qui rassura la jeune femme, même si elle aurait quand même préféré être libre. Mais c’était mieux que ce qu’elle avait cru avoir. Assoiffée, elle but quelques gorgées d’eau, avant de fermer la gourde et d’avancer à l’intérieur du hangar. Il y avait plein de choses, et même des lits qu’elle pourrait se servir pour dormir. Elle en prit un et le tira jusqu’à une fenêtre, afin d’être au plus près du monde extérieur. Puis, elle posa sa gourde sur le matelas, avant de regarder à nouveau autour d’elle. Essayant de faire abstraction du fait qu’elle était retenue prisonnière, la guerrière commença à regarder ce qu’il y avait dans cet entrepôt. Elle passa du temps à fouiller, examiner, regarder tout le matériel que les Atlantes avaient entreposés ici. Au moins, cela lui occupait l’esprit, même si une fois qu’elle en aurait fait le tour, la solitude se ferait beaucoup sentir. C’était quelque chose qu’elle n’aurait pas eu si Ridding l’avait enfermée dans l’un des cachots du sous sol, comme les autres prisonniers. Plusieurs dizaines de minutes passèrent avant que son attention ne se porte sur les deux jeeps. Lyanna n’avait jamais vu de véhicules terrestres, il n’y en avait pas sur Atlantis. Aussi, fut elle très intriguée par ça, ignorant complètement ce que c’était, ni à quoi ça servait. Elle monta même dedans et se mit à toucher un peu à tout. Elle tourna le volant, sans comprendre pourquoi ça tournait. Elle parvint à ouvrir la boite à gant, mais il n’y avait rien dedans. Elle appuya même sur les pédales qui se trouvaient au niveau de ses pieds. Heureusement que les clés n’étaient pas sur le contact, sinon elle aurait découvert la danse des balais d’essuis glace en manipulant les commandes. Mais rien ne se passa. Cette machine ne servait à rien du tout. Et alors qu’elle descendait, sa main appuya involontairement le centre du volant, là où se trouvait le klaxonne. Un son effrayant retentit dans tout l’entrepôt, résonnant entre les murs, ce qui fit sursauter la guerrière qui recula rapidement en se demandant ce qu’était cette chose.


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Lyanna

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le Mar 26 Mai - 15:51

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

Les deux unités Rippeurs qui patrouillaient dehors semblaient réagir immédiatement au coup de klaxon. La jeune femme entendit du bruit contre la taule de l’entrée, on retirait le cadenas pour ouvrir la porte. Le battant s’écarta en laissant entrer davantage de lumière et d’air chaud. Mais au lieu d’un soldat venu lui intimer l’ordre de ne toucher à rien, la silhouette d’Helen dans sa blouse blanche de docteur apparut.
Elle portait un sac sur son dos et une couverture roulée en boule sous son bras.

« On joue avec la voiture, rebelle ? » fit-elle avec un léger sourire.

Le médecin fît un signe de tête en direction de l’extérieur. Elle échangea quelques mots avec un Rippeur avant d’entrer complètement. Le type verrouilla de nouveau la porte.

« Je vois que tu as trouvé l’emplacement du klaxon. Tu aimes ? » demanda Helen en la rejoignant.

Lyanna regarda Helen rentrer dans dépôt, prise sur le fait. Elle s’attendait déjà à voir Ridding débarquer pour lui dire que c’était l’erreur qu’elle n’aurait pas dû commettre, et qui lui vaudrait son aller simple pour le cachot. Quel ne fut pas son soulagement en voyant qu’il ne s’agissait que de son épouse. En approchant, le médecin mentionna deux termes que la guerrière ne connaissait pas.

"Non, je n’aime pas. Ca fait trop de bruit".

La jeune femme s’éloigna de la jeep, et retourna vers son lit déplacé devant la fenêtre.

"Ca sert à quoi, un klaxon ? A effrayer les gens ? Et c’est quoi, une voiture ?"
« C’est ça une voiture. » répondit le médecin en donnant un coup de menton vers la jeep. « Ca sert à se déplacer très vite d’un endroit à l’autre sans se fatiguer. A y déplacer de lourdes charges aussi. Et le klaxon... »
Elle déposa son sac au pied du lit.
« C’est ce bruit que tu as déclenché. Ca permet d’avertir qu’on est là….ou à rugir sa colère quand une autre voiture te dérange. »
Helen avait ironisé sur la dernière part de sa réponse. Elle tapota le lit de camp que Lyanna avait approché de la fenêtre pour lui donner l’ordre de s’assoir tandis qu’elle enfilait son stéthoscope.
« Tu devrais demander à ton militaire de t’apprendre à conduire. C’est très utile dans la vie, même si on s’en sert pas beaucoup sur la cité. »

Lyanna s’assit sur le bord du lit, avant de regarder la jeep. Elle fronça les sourcils.

"Il n’y a pas ça sur Atlantis. Ca vient de ce monde ? Ca a l’air très compliqué, il y a boutons et des manettes partout, mais quand je les ai touché, ça n’a rien fait".
« Sur Atlantis, on a les téléporteurs. Les voitures ne sortent que sur les autres mondes. Mais ces machines-là, je te rassure, c’est bien de chez nous. »
Helen ne répondit pas à son autre question concernant le fonctionnement du véhicule et le fait qu’il ne réagissait pas. Le stéthoscope sur les oreilles, elle défit la veste de Lyanna sans lui demander son autorisation pour passer la sonde sur sa poitrine. Elle n’entendait pas suffisamment bien. Le médecin se redressa pour franchir la barrière de tissu et coller l’objet froid à sa peau. Elle écouta plusieurs fois, la contraignant au silence par des “chut !” plutôt sévère durant cet examen.
Elle passa ensuite sur son dos, relevant le t-shirt jusqu’à ses épaules.
« Inspire au maximum. Expire. Inspire au maximum ? »
Il y avait un crépitement mais rien de bien grave, séquelle parfaitement réversible de son inhalation du gaz avec une masque de fortune.
« Bon, tu es en forme. Tourne-toi, que je regarde un peu mieux cet hématome sur ton dos. »
Elle enfila une paire de gant pour palper la zone sensiblement douloureuse. Lyanna se retourna pour montrer le bleu qu’elle avait sur son épiderme. Max avait mentionné qu’il pouvait y avoir un hématome lorsque le gilet tactique bloquait une balle, cela ne pouvait venir que de ça.
« Tu es tombée ? »

"Non … enfin si, mais ça ne m’a pas blessé. On m’a tiré dans le dos".
Le médecin sortit un appareil Lantien de sa poche pour scanner ses lombaires.
« Hmmm...on évite de faire des folies de son corps pour les deux prochaines semaines, jeune fille. Le traumatisme est plutôt profond. Ca passera avec du repos et du calme. »
Elle leva les yeux vers elle, même si leurs regards ne pouvaient se croiser.
« Le calme, tu sais ce que ça signifie ? »

Lyanna secoua la tête. Rester au calme était difficile à concevoir pour quelqu’un comme la guerrière.

"Non, je ne sais pas ce que c’est … je bouge tout le temps. Sauf quand je suis avec Darren".

Penser au militaire était douloureux, sachant qu’elle ne pourrait pas le revoir avant un moment. Mais, une question l’intriguait depuis qu’elle avait été arrêtée, vu les blessures qu’il avait reçu pendant le combat.

"Comment va-t-il ? Il va s’en sortir ?"
« Je ne sais pas. » avoua-t-elle. « Ton copain a une balle dans le ventre, il en a pris une autre dans le gilet. Il a été passé à tabac puis a respiré du gaz neutralisant. »
Helen continuait de l’examiner.
« La meilleure chose que j’avais à faire, c’était de le renvoyer illico par le prochain transport sanitaire sur la cité. »
Elle détacha le bandage qu’elle avait au bras pour examiner sa plaie. Le médecin ouvrit son sac pour récupérer de quoi mettre au propre tout ça.
« Il doit être à l’infirmerie d’Atlantis à l’heure qu’il est. Entre de bonnes mains... »
"Oh … d’accord" lança Lyanna sur un ton attristé, inquiète de n’avoir pas de meilleures nouvelles au sujet de l’état de santé de Darren.

C’est à ce moment qu’Helen passa à la suite de ses blessures. Après avoir nettoyé et pansé son bras, elle lui fit lever la tête vers le haut pour dévoiler sa gorge. L’hématome violacé courait tout autour de son cou, le signe caractéristique d’une strangulation sévère. Quand elle revint sur l’Amazone pour emprisonner son visage de ses mains, elle appuya des pouces sur le bord de ses yeux pour révéler plusieurs vaisseaux sanguins rompus.

« Tu as été étranglée ? » fit-elle par pure rhétorique. « Des migraines, variation d’équilibre ? Des absences ? »
"Une corde. Un mâle a voulu m’étrangler avec, avant de me pendre. Je me suis évanouie quand j’ai réussi à m’en sortir. Après, j’ai eu beaucoup de mal à respirer et à parler. Mais rien depuis. Ca me tire un peu, mais c’est supportable".
« C’est pour ça que tu as frappé ton frère d’arme ? »
Lyanna fut surprise d’entendre Helen lui parler du premier coup de poing lancé sur Max. Si la base devait être au courant de cet acte à l’encontre du militaire, c’était par rapport au second coup, non ? Avant qu’elle ne puisse réagir, Helen précisa :
« Le drone volait au-dessus de ta tête, on vous suivait sur les images. Ton collègue était en train de te ranimer et tu l’as frappé d’un coup de poing dès que tu as repris conscience. Tu t’en souviens ? »

La jeune femme comprit enfin que depuis le début de sa mission, elle avait été surveillée avec les autres membres de l’équipe. Et donc, ses moindres faits et gestes étaient également connu. Sa deuxième altercation avec Max était très probablement filmé aussi. Elle soupira, et regarda le médecin.

"Oui, je m’en souviens. Mais … c’est un peu flou. Je me rappelle avoir ouvert les yeux, mais je ne comprenais pas ce qui se passait. J’ai vu un visage de mâle juste après avoir été attaquée. C’était un réflexe … c’est après que j’ai reconnu Max".

Pendant son explication, Lyanna eut le droit à une batterie d’examen supplémentaire. La fameuse lumière dans les yeux et l’examen de ses conduits auditifs.

« Comment tu te sentais, émotionnellement, après cette épreuve ? Tu étais en colère ? Susceptible ? »

Pendant la durée de l’examen, Lyanna était restée docile, elle était habituée à ce genre d’examens sur Atlantis. A la question d’Helen, la jeune femme chercha une réponse à lui donner en se remémorant ce qui s’était passé sur le toit de l’immeuble, après son sauvetage par des mâles.

"Quand je me suis réveillée ? J’étais perdue ! La corde était serrée si fort que je me sentais mourir avant de réussir à la couper. Alors forcément, à mon réveil, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver mes esprits. Mais après … je ne sais pas trop. J’étais en colère, oui, je n’aime pas perdre. Mais c’était contre mes ennemis. Me faire presque tuer, ça m’a donné encore plus envie de les voir mourrir de mes mains !" lança Lyanna sans mâcher ses mots.
« Hm-hm... » fit-elle en l’écoutant.
Le médecin fouilla dans les entrailles de son sac pour sortir une sacoche plus petite. Il y avait un nécessaire pour faire des injections. Elle sélectionna son ampoule puis prépara l’aiguille.
« C’est pour évacuer cette frustration que tu l’as frappé pour la deuxième fois ? »

Lyanna détourna les yeux quand Helen voulut connaître la raison pour laquelle elle avait frappé Max pour la seconde fois. La raison de sa bouffée de rage à ce moment là lui revint en mémoire, mais elle ne voulait pas en parler.

"Non, c’est … c’est personnel !"

Helen arqua un sourcil. D’un geste habitué, elle plaça son stéthoscope aux oreilles et sonda le coeur de sa patiente.

« C’est “très” personnel alors. Parce que ton coeur bat plus fort maintenant... »

Cela ne surprit pas Lyanna d’apprendre que son coeur battait plus rapidement. Quand on parlait de sa tribu ou de son passé, cela avait toujours éveillé les émotions de la guerrière, notamment des émotions négatives. Max l’avait appris à ses dépends. Le médecin quitta son outil et l’enfila autour de son cou. Elle reprit sa préparation.

« Tu as agressé physiquement par deux fois un collègue au beau milieu d’une opération de combat. Le tout sous le nez d’un officier de la Police Militaire chargé de faire respecter l’ordre chez les combattants. Tu es accusée en plus de ça d’avoir refusé les consignes de ton leader d’escouade et de t’être rebellée à l’ordre de retour du lieutenant. Sans oublier qu’on a des images très claires de tes actes. » lui expliqua-t-elle calmement. « A l’heure qu’il est, ton officier traitant est mis au courant de ton incarcération et des charges qui pèsent sur toi. Tous les concernés sont interrogés sur ton comportement. Et on me demande mon avis de médecin sur ton état mental au moment des faits... »
"Merci de me rappeler à quel point je suis dans de sales draps. J’avais presque oublié ce détail !" ironisa Lyanna, sur la défensive.
« Ce n’est pas un détail. C’est une situation très grave. Je t’ouvre les yeux... »

Helen lui sourit aimablement.
« Je pense que tu devrais oublier le côté “personnel” et me dire ce qui t’a conduit à frapper tes alliés. Les gens avec qui tu étais censé travailler au coude à coude. Mon avis peut aider à alléger un peu la balance alors...parle ! Au moins par égard pour ton copain qui a bien failli foutre en l’air sa carrière pour l’oxygène que tu respires en ce moment. »

Lyanna garda le silence encore de longues secondes. Elle avait vraiment des ennuis, et elle ignorait comment s’en sortir. Et lorsque Helen mentionna le fait que Darren s’était mis en danger pour elle, la guerrière soupira, abdiquant.

"Il m’a juste blessée avec des paroles. Ca m’a mis en colère. Voilà, c’est tout !"

La jeune femme pensa à Teyla qui était entrain d’être mise au courant de ses fabuleux exploits. Cela allait probablement décevoir l’Athosienne. Lyanna se mordit la lèvre.

"Teyla ne va pas être ravie d’apprendre tout ça. Je l’imagine déjà à m’attendre, les bras croisés, en me dévisageant ..."

Elle l’observa silencieusement un instant.
« Teyla ? L’Athosienne ? C’est elle ton officier traitant ? »
Helen eut confirmation et elle secoua lentement la tête. L’une de ses mains vint activer sa radio.
//Joss ?//
//Oui ?//
//Tu devrais prendre au sérieux les appels de l’Athosienne. C’est l’officier traitant de la prisonnière.//
//C’est une civile.//
//Et ma patiente me dit qu’elle est sous sa responsabilité. Donc j’imagine que ces appels sont pour toi.//
//Merci, je la contacte.//
Helen en revint à l’Amazone.
« On dirait que ton officier ne se contente pas de t’attendre les bras croisés. Elle a plusieurs fois demandé à s’entretenir avec le lieutenant. Sûrement pour te défendre... »
Le médecin évita d’ajouter l’évidence que ça allait être dur, même si son faciès transmettait le message. Lyanna était quand même soulagée de savoir que Teyla essayait quelque chose pour la sortir de là. Mais bon, même si l’Athosienne était une très bonne diplomate, la guerrière avait le même point de vue qu’Helen : c’était une mission impossible.

« Bon, sinon. Un camarade te dit quelque chose qui ne te plait pas et tu en viens aux mains. Ton rythme cardiaque monte quand on en parle. Tu comptes vraiment insister sur ton avarice du détail ? C’est ma dernière offre de savoir ce qui a guidé ton poing sur sa tronche... »

Helen pouvait se montrer aussi exaspérante que Darren quand elle s’y mettait. Lyanna leva les yeux au ciel, mais elle consentit à répondre en soupirant. Si le médecin reprenait son stéthoscope, elle constaterait que, une fois de plus, le coeur de la jeune femme se remettait à battre rapidement.

"D’accord, tu veux savoir ? Je suis la dernière survivante de ma tribu, j’étais très proche de chacune de mes Soeurs, et je les ai toutes vu mourir sans pouvoir les sauver. Là, un mâle débarque, et me blesse en parlant de mes Soeurs que j’ai perdu. Donc oui, ça m’a un peu énervée. Satisfaite ?" lança-t-elle en colère, avant de détourner les yeux pour ne pas affronter Helen du regard.
« C’est un bon début. » fît-elle, tout à fait insensible à sa colère. « Donc, tu dirais que ce soldat, pour qui tu n’as aucun attachement...t’a provoqué en te parlant de ce contexte précis ? Qu’est-ce qu’il t’a dit ? »
"Il s’est emporté et m’a parlé de sa relation fraternelle avec April, en me disant que moi, je ne savais pas ce que c’était d’avoir une soeur sur qui compter. Il ne sait rien de ma vie, il ne sait pas ce que j’ai enduré depuis ma naissance, ni ce que ma tribu a vécu. Ca m’a mise hors de moi !"
« Donc, si je comprends bien. Il t’a reproché d’être égoïste dans tes relations sociales. Tu as apporté ça à ton passé douloureux. Et tu lui as collé ton poing dans les dents ? »

Lyanna réfléchit aux paroles d’Helen, c’était un bon résumé.

"C’est ça. Je n’aime pas quand on parle de mon passé et de ma tribu. Ca me met en colère et ça me fait souffrir !"
« Ca te fait surtout réagir physiquement. »


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Darren Clive

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le Mar 26 Mai - 15:52

Darren Clive

Tout à un prix
Darren & Lyanna


La guerrière soupira devant le constat d’Helen. Il était vrai que lorsque quelqu’un la cherchait au sujet de sa propre histoire ou la provoquait, elle réagissait beaucoup avec les poings. Puis, elle regarda ce que le médecin faisait. La voyant préparer une seringue, elle fronça les sourcils. Certes, elle avait déjà eu des piqûres sur Atlantis, et ayant connu des souffrances plus fortes, ces moments n’étaient pas vraiment douloureux. Mais elle n’aimait pas ça, comme beaucoup de monde d’ailleurs.

"Qu’est ce que c’est ?" demanda-t-elle en désignant le produit contenu dans l’ampoule.
« Un anticoagulant. »
Le médecin planta l’aiguille dans l’ampoule pour en retirer la bonne dose.
« Les strangulations traumatiques peuvent créer des caillots dans ton système vasculaire. En gros...ton sang fait des croûtes dans ton corps. Et si elle va au mauvais endroit, tu peux subir de graves blessures. »
Elle appuya sur le piston, faisant fuir les quelques bulles d’air restée coincée.
« Accident vasculaire cérébral, des embolies, paralysie des membres, attaque cardiaque. Ca... »
Elle agita sa seringue.
« Ça réduit beaucoup ces risques. Mais tu as pas intérêt à te blesser sinon tu saigneras comme un cochon. Tu me prêtes ton épaule maintenant ??? »

Entendre la liste de ce qu’elle risquait si elle ne recevait pas l’anticoagulant inquiéta beaucoup Lyanna. Elle savait que le corps humain était assez fragile, mais là. Un simple petit truc qui pouvait tout faire dérailler en quelques secondes. Même si elle n’aimait pas les piqûres, et qu’elle le faisait à contre coeur, elle tendit son épaule à Helen.

« Sage décision ! » répondit-elle en la piquant.
Elle massa délicatement son épaule et y ajouta un pansement. Ca ne servait à rien, le geste avait surtout une vocation psychologique.
« Si tu as des vertiges, la tête qui tourne, ou des taches noires sur ta vision, appelle-moi. Mais c’est rare, tu es du genre solide. »
Elle ramassa ses affaires.
« Ou chanceuse. Mais je ne parierai pas là-dessus. »

Lyanna eut un rire nerveux et moqueur à la dernière remarque d’Helen. Par réflexe, elle passa sa main à l’endroit où se trouvait le pansement, frottant doucement cette zone comme à chaque fois qu’elle recevait une piqûre.

"Chanceuse ? Je n’y crois pas du tout !"
« Tu as un mec qui n’agit pas que pour ton cul et qui menace son boulot pour te préserver. Le type que tu as frappé a témoigné en ta faveur. Le leader que tu as mis dans une sale position est resté très pro dans son rapport. » énuméra-t-elle.
« Tu devrais y croire un peu. Ca aurait pu être beaucoup plus sale ! »

Lyanna ne répondit pas devant cette évidence. Mais avec ce qu’elle avait vécu, elle avait plutôt tendance à attirer les ennuis que les bonnes choses. Maintenant que l’examen médical était terminé, Helen était prête à partir. Lyanna se mordit la lèvre, avant de la regarder.

"Et Abelle ? Comment va-t-elle ? Est ce que d’avoir ramené ce mâle, ça va l’aider ?"
« Bogda passe à la moulinette. Rahim est en train de le cuisiner bien comme il faut, on devrait avoir bientôt nos réponses. Concernant son état...elle pique des crises toutes les heures de manque profond. Quand elle a vu que danser à poil sur la table ne l’aiderait pas, elle a menacé de se faire dessus tant qu’on ne se rendrait pas. »
Malgré tout, le médecin se montrait optimiste.
« Mais ça va s’arranger. Bientôt ! » lui assura-t-elle en plaçant son sac sur le dos. « Je t’ai apporté un oreiller et une couverture. Les nuits sont fraîches, il ne faut pas se fier à la température en journée. »

Lyanna était quand même inquiète concernant les nouvelles au sujet d’Abelle, malgré l’optimisme d’Helen. Elle espérait que la jeune fille se remettrait de toute cette histoire. Son regard se posa sur l’oreiller et la couverture apportés par le médecin, et hocha doucement la tête.

"Merci" dit elle à voix basse.
« J’ai une dernière question. » admit Helen d’une voix qui supposait que ce n’était pas officiel cette fois. « Le service de santé est au courant que tu es toujours traumatisée par ton passé ? »
Elle fronça légèrement des sourcils.
« Ou tu continues de le dissimuler à tes médecins ? »
"Je ne cache rien … enfin ..."

Lyanna secoua la tête en fronçant les sourcils. Son agressivité lui avait causé beaucoup de problème à son arrivée sur la cité, mais la situation s’était peu à peu améliorée. Sans être parfaite bien sûr.

"J’ai répondu aux questions des médecins, ils m’ont demandé plein de choses. Et j’ai du voir une … heu … psy-je-ne-sais-plus-quoi. Au début, je me battais souvent, mais après, les mâles m’évitaient. Et les quelques uns qui devaient me parler, ils ne mentionnaient pas les sujets qui me mettraient en colère. J’ai eu moins de problèmes par rapport au début".
« Ceci n’ayant aucun rapport avec le travail du psychologue. » nota Helen. Elle soupira.
« Tu dois comprendre qu’avec ce qu’il s’est passé, ton agrément va sauter. Tu n’es pas prête de retourner au combat. » lui annonça-t-elle. « L’efficacité d’une unité dépend essentiellement de la faculté de résistance de son élément le plus instable. Ca aurait pu très mal se finir pour chacun d’entre vous. L’agressivité, la désobéissance... »
Le médecin resta silencieux un instant.
Elle s’éloigna, frappa quelques coups contre la porte pour demander au surveillant d’ouvrir le cadenas.
« Je vais recommander qu’on te place au repos forcé. Ne pas connaître ce qu’est le calme, Lyanna, c’est justement ce qui aura ta peau. »

Entendre dire qu’elle ne partirait plus en mission ne plut pas vraiment à Lyanna. Elle était une guerrière, elle était née pour se battre, pas pour rester sagement à la maison. Mais, elle n’y pouvait rien. Au moment où Helen s’éloignait pour retourner à la porte du hangar, la jeune femme se leva du lit, écoutant la dernière recommandation du médecin.

"Me mettre au repos forcé ? Mais, je suis une guerrière ! Je vais faire quoi, si je ne peux plus partir au combat ?"
« Te ressourcer. Laisser le temps à ton corps et ton esprit de s’en remettre. C’est important. Tu reviendras sur le terrain en bonne santé. Mais là, tu es dans le déni. Tu négliges totalement ton état émotionnel et ce n’est pas bon. C’est exactement comme ça qu’on agresse en pleine mission un partenaire qui peut se montrer très con avec toi. Mais pas si mal intentionné que ça. »

Lyanna ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose, pour contester les paroles d’Helen. Mais, rien ne lui vint à l’esprit. Une part d’elle savait que le médecin avait raison, et qu’elle se laissait trop guider par ses émotions avec les autres, surtout les émotions négatives. Darren avait mis un moment pour parvenir à calmer sa colère, mais ils avaient un passif qui leur avait permis de se rapprocher. Cependant, les autres hommes n’avaient pas connu la même chose, et contre eux, Lyanna laissait facilement sa colère éclater quand elle se sentait provoquée. La guerrière se contenta de soupirer longuement, avant de garder le silence.

« Je reviens te contrôler demain. Bonne soirée. » conclut Helen en passant la porte.

Le silence retomba sur les épaules de Lyanna.
Encore une fois, elle entendit ce fichu cadenas racler contre la paroi de ferraille. Le bruit de semelles de rangers s’éloignèrent puis elle se retrouva de nouveau dans le silence. Lyanna était à nouveau seule. Elle alla s’asseoir sur le lit, et s’accoudant au bord de la fenêtre grillagée pour regarder à l’extérieur où elle se perdit dans la contemplation de ce qui se passait dehors. Au moins, elle pouvait voir le ciel, et sentir l’air sur son visage. Mais elle était là, seule, à ruminer ce qui venait de se passer, et les paroles d’Helen. Le temps passa, la lumière déclinait au profit de la soirée qui arrivait. Et effectivement, l’air se rafraichissait. La couverture était la bienvenue. Lyanna se leva du lit, enfila sa veste, et plaça la couverture sur le matelas. Étant plutôt sensible au froid, elle ferma les fenêtres pour empêcher au maximum la fraîcheur d’entrer. Excepté la fenêtre la plus éloignée qu’elle laissa légèrement entrouverte, histoire d’aérer un peu. Une fois sa tâche effectuée, la guerrière retourna jusqu’à son lit, tandis que l’obscurité gagnait du terrain à l’intérieur du bâtiment. Elle s’assit sur le matelas, adossée contre le mur, perdue dans ses pensées. Elle repensait sans cesse à la situation dans laquelle elle se trouvait, mais le pire dans toute cette histoire … c’était qu’elle devait garder ce maudit pantalon plus longtemps que prévu.

Le nouveau raclement du cadenas la tira soudainement de ses réflexions. Il y avait de l’activité, quelqu’un venait.
La porte s’ouvrit légèrement en grinçant et une source lumineuse plutôt forte émergea. Elle donnait à son porteur, un homme difficilement reconnaissable, l’air fantomatique. Il cherchait manifestement à la trouver parmis les caisses dans la pénombre du hangar. S’il y peinait, Lyanna au contraire le voyait distinctement avec cette lampe qu’il tenait en suspension depuis sa main directrice.
« Lyanna ? » l’appela finalement Jim en la cherchant du regard.

Lyanna reconnut la voix de Jim, mais elle fronça les sourcils. Pourquoi venait il la voir ?

"Je suis là" dit elle en se levant du lit.

Le sergent s’avança dans la direction hypothétique, suivant sa voix au jugé. Après avoir suffisamment réduit la distance, il finit par reconnaître la silhouette de l’Amazone. Le militaire se dirigea alors vers elle, sa lampe éclairant maintenant un peu mieux les alentours. Il était toujours vêtu de son uniforme et de son équipement. Mais il avait l’autre main prise par un plateau repas comme elle en avait vu au mess.

« Je me suis porté volontaire pour vous amener le repas. Je m’approche... » lui dit-il en réduisant drastiquement l’écart dans sa zone personnelle.

Lyanna croisa les bras, mais elle laissa Jim s’avancer. Elle n’avait pas prévu de l’attaquer, sauf si le sergent la provoquait. Mais visiblement, ce n’était pas le cas. Il lui apportait un plateau repas, bien qu’en cet instant, l’estomac de la guerrière était noué. Le paternel du groupe déposa la lampe en évidence, lui permettant de bénéficier d’un éclairage salutaire. Ils y voyaient mieux maintenant. Le plateau repas rejoignit une autre caisse que Jim déplaça ensuite pour lui servir de table basse.
« Ce n’est qu’une excuse. » admit-il, répondant surement à sa perplexité. « J’ai pu avoir des nouvelles de Darren et April. »
"Comment vont-ils ?" demanda rapidement Lyanna, impatiente d’avoir des nouvelles de son amant.
« April est déjà sortie. Elle en a pour un moment mais sa jambe a été prise à temps. Elle ne devrait pas avoir de séquelles. Darren a eu un peu moins de chance, il est toujours sur la table. Ils lui injectent un traitement pour réparer ses os. Les médecins lui ont repéré plusieurs fractures, consécutives à son agression. »
Jim lui expliquait calmement la situation.
« Je pense qu’il n’a pas dû s’en rendre compte entre l’effet du gaz et la morphine. Étonnamment, la balle dans sa hanche n’est pas du tout problématique. April m’a promis de m’appeler demain pour m’en dire plus. A priori, c’est en bonne voie, tout devrait bien se passer. »

Entendre dire qu’April allait s’en sortir était une bonne chose. Mais savoir que pour Darren, c’était plus compliqué, cela ne fit qu’augmenter l’inquiétude de Lyanna. Bien que Jim tentait de tranquilliser la situation, la jeune femme ne put s’empêcher de se sentir responsable. Elle s’assit sur le bord du lit, et tordit nerveusement ses doigts.

"J’aurais dû le rejoindre plus vite, avant qu’ils ne lui tombent dessus. C’est de ma faute !"
« Ne dites pas de bétises. Vous lui avez sauvé la vie... »
Jim se montrait sincère.
« Ca ne doit pas vous encourager dans ce que vous avez fait. Mais la vérité est là. Si vous n’aviez pas quitté l’escouade et désobéi au lieutenant, c’est un cadavre que nous enterrerions ce soir. Darren est vivant et c’est grâce à votre célérité. »
Il acquiesça.
« Je vous remercie pour avoir été si rapide à le rejoindre. »

Lyanna ne répliqua pas à nouveau sur le fait qu’elle aurait voulu être plus rapide. Elle secoua la tête, restant toujours assise sur le lit.

"Je ne voulais pas revenir à la base. Ce n’est pas mon genre de rester sans rien faire, à attendre que ça se passe, quand des gens ont besoin de moi".

La jeune femme leva les yeux lorsque Jim la remercia. Si elle avait été plus rapidement que le D4 sur les lieux où se trouvait Darren, c’était surtout grâce au détecteur. Sans lui, elle aurait eu de gros problèmes pour avancer.

"J’avais un détecteur de signes de vie. Ca m’a permit de contourner les ennemis".
« C’était malin. » reconnut le sergent en se séparant de sa gourde pour la déposer à côté du plateau repas.
« Le lieutenant Ridding vous a autorisé une visite de dernière minute. Votre officier traitant devrait venir dans quelques minutes. »
Il observa la réaction de l’Amazone.
« Elle est digne de son rôle de diplomate. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi patient. Vu le sale quart d’heure qu’elle vient de passer, j’espère que vous reconnaissez tous les efforts qu’elle fait pour vous. »

Lyanna se leva aussitôt du lit quand Jim lui expliqua que l’Athosienne viendrait la voir d’ici peu.

"Teyla est ici ?"
« Elle a un entretien avec Ridding et le médecin de la base, oui. »

Autant dire qu’il y avait de fortes chances que Teyla soit un peu énervée, surtout si l’entretien avait été houleux. Lyanna ne répondit pas à ce sujet, elle croisa les bras contre sa poitrine. Puis, elle désigna le plateau du menton, sans oser regarder Jim.

"Merci" dit elle à voix basse, en parlant du plateau, mais aussi des informations sur Darren, April et Teyla.
« Max est un bon gars. » révéla soudainement Jim pour évacuer ce qu’il avait sur le coeur. Comme il le lui avait dit, le D4 était sa famille.
« Je vous ai entendu crier qu’il ne connaissait pas votre vie ? »
Il laissa sa question rhétorique en suspens avant de conclure.
« Vous ne connaissez pas plus la sienne, jeune femme. »

Parler de Max devant Lyanna était un sujet sensible. La jeune femme regarda Jim dans les yeux, avant de tourner la tête, en gardant le silence. Le militaire était plus sympa quand il ne lui faisait pas de remontrances. La guerrière préférait ne pas répliquer afin de ne pas envenimer la situation. Bien sûr que non, elle ne connaissait pas la vie de Max, et elle n’avait pas envie de la connaître. Mais cette remarque, elle la garda pour elle.
Le sergent acquiesça puis s’en alla.


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Lyanna

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le Mar 26 Mai - 15:53

Lyanna

Tout à un prix
Darren & Lyanna

A l’entrée, Teyla s’était glissée et tenue à l’écart pour attendre son tour. Elle avait entendu une part de la conversation, demeurant dissimulée par la pénombre. L’Athosienne était revenue de son entretien avec le couple Ridding, apprenant tout ce qu’il s’était passé depuis le début. Le lieutenant lui avait présenté les images, lui expliquant le contexte et la situation. Helen avait parlé de son état psychologique au moment des faits. Une description brève et rapide. Elle avait appris ses actes, elle les avait vu en vidéo, puis apprit son refus d’obéissance.

Si le lieutenant reconnaissait qu’elle avait sauvé Darren sur les faits, il reprochait clairement à Teyla de ne pas avoir fait le nécessaire en amont. Sans hausser dans le ton, il lui expliqua en tant qu’officier de police les nombreuses plaintes d’agressions qu’elle avait collectionné au début. Son comportement dans la base, à tutoyer et défier du regard. Puis ses actes en mission.

« Vous êtes quelqu’un de responsable, Teyla. Alors prenez vos responsabilités. Cette femme est ingérable. Si elle n’est pas capable de s’adapter et de s’intégrer, alors il va falloir songer à la réinsérer dans un foyer d’accueil. Hors d’Atlantis. » lui avait-il dit calmement.
Après ça, Helen avait demandé à lui parler en privé. Accompagné de Max pour fournir sa version, le médecin lui expliqua que l’Amazone était encore très sensible à son passé. Son état de vulnérabilité psychologique après sa strangulation la déchargeait un peu de ses actes. Mais c’était révélateur d’une réalité plus grave en terme de santé.
Helen ne lui cacha pas qu’elle signalerait l’état de Lyanna à son médecin traitant et son psychologue, insistant sur son besoin de se reposer et de se sociabiliser.

Teyla, donc, recevait toutes ces remarques en tant que responsable. Elle pouvait apporter des éclaircissements et les raisons de son comportement. Mais l’Athosienne se trouvait clairement dans une situation inconfortable.
De retour avec Ridding, lorsqu’il lui autorisa la visite, il se montra très clair.
« Je la garde sous les verrous jusqu’à ce que vous sachiez comment la mettre au vert. Si vous la replacez dans le service actif sans preuve de son rétablissement, je fais passer son dossier en commission de discipline militaire. Et cette fois, elle subira toute la sévérité d’une cour martiale. »
Le lieutenant Ridding, au travers de cette promesse ou de cette menace, lui offrait tout de même le bénéfice du doute. Il ne la poursuivait pas en justice pour cette fois, ça restait entre lui et Teyla. Un bon point pour la carrière de l’Amazone. Mais un couperet qui menaçait de tomber. Lyanna était maintenant sur la sellette...

Alors que Jim se rapprochait de la sortie du hangar, il croisa Teyla et lui fit un signe de tête, avant de disparaître. La porte se referma, tandis que l’Athosienne se rapprochait de la source de lumière apportée par le militaire, là où se trouvait la guerrière qui était toujours debout près de son lit.

"Lyanna ? C’est moi !"

La silhouette de Teyla apparut dans le halo de lumière, et en la voyant, Lyanna ressentit un flot d’émotions, partagée entre la joie de voir enfin un visage allié sur cette planète, et la crainte de ce qu’allait lui dire non pas son amie, mais son officier traitant. Elle resta immobile, lui faisant face, sans savoir comment réagir. Teyla s’avança en gardant le silence, son visage ne trahissant aucune émotion. Puis, elle ouvrit les bras, et Lyanna s’empressa de se jeter dedans. D’ordinaire, c’était la guerrière qui avait ce rôle protecteur envers la gente féminine comme Abelle ou Heimda, des jeunes femmes qu’elle considérait sous sa protection. Mais cette fois ci, les rôles étaient inversés, c’était l’Athosienne qui était là pour la protéger. Cette dernière resserra son étreinte sur son élève et amie, et caressa doucement ses cheveux pour essayer de la rassurer. Il était vrai que voir la jeune femme dans cette galère n’était pas plaisant pour Teyla.

"Ca va aller, on va trouver une solution !"

Teyla garda son étreinte quelques secondes, puis elle se détacha de Lyanna, avant d’aller s’asseoir sur le bord du lit en l’invitant à faire de même.

"Comment vas-tu ? Je vois que tu n’es pas enfermée dans une cellule".

"Ca peut aller, ça aurait pu être pire. C’est grâce à Darren si je suis là, il a demandé à ce que je ne sois pas enfermée. Il ne voulait pas me voir souffrir".

"Je comprends. C’est une bonne chose".

Teyla était au courant de la phobie de Lyanna, elle était rassurée de voir que la jeune guerrière était prisonnière dans une vaste pièce, avec de l’espace et une vue sur l’extérieur. Elle avait déjà vu comment réagissait son amie dans les espaces confinés, alors la voir dans une cellule aurait été une torture pour elle. Lyanna vint s’asseoir à côté de l’Athosienne, mais elle n’osa pas affronter son regard. Elle se doutait que Teyla n’était pas venue ici pour lui parler de la vie trépidante des Atlantes sur la cité en son absence.

"Alors ? C’est mauvais à quel point ?"

"C’est très mauvais, je ne te le cache pas !" lança Teyla sur un ton un peu plus sévère qu’elle ne l’aurait voulu.

Lyanna le savait, elle avait en face d’elle son officier traitant. Elle garda le silence, attendant que l’Athosienne lui donne la fameuse et redoutable sentence. Helen lui avait préparé le terrain en lui donnant des exemples qui avaient de fortes chances de se concrétiser.

"Ce Lieutenant Ridding n’est pas commode, j’ai dû affronter tout un tas de remontrance à ton sujet. Et on m’a dit tout ce qui s’était passé depuis le début de ta mission de sauvetage. Lyanna, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce qui t’a pris ?"

Lyanna garda le silence, elle ne voulait pas en parler. Cela n’allait pas l’aider à avancer, mais Teyla était patiente. L’Athosienne soupira, et elle baissa à son tour les yeux, cherchant des mots adéquats.

"Le Lieutenant m’a expliqué que si tu devenais trop ingérable, tu allais devoir quitter Atlantis. Mais, on va faire en sorte que ça n’arrive pas. D’accord ?"

Lyanna secoua la tête.

"Je n’y arriverais pas, Teyla. C’est plus fort que moi !"

Teyla regarda son amie, elle perçut dans sa voix et sur son visage toute la détresse qu’elle ressentait. Avec douceur, elle posa une main sur l’épaule de la guerrière, lui montrant que malgré tout ce qui venait de se passer, et la mauvaise posture dans laquelle elles se trouvaient toutes les deux non seulement face à Ridding et à la Police Militaire, mais aussi face au CODIR qui avait eu vent des “exploits” de Lyanna, Teyla ne la laisserait pas tomber.

"Mais si, tu y arriveras. Tu l’as déjà prouvé. Quand tu es arrivée sur Atlantis, tu étais une véritable furie. Les dirigeants ne savaient pas quoi faire de toi. Mais avec du temps, tu as appris à te calmer et être moins agressive. Alors, tu peux continuer à t’améliorer".

"Mais là, ce n’est pas pareil !"

"Pas pareil ? Il ne t’arrive pas encore de frapper quelqu’un parce qu’il a un mot de travers pour toi ?"

Lyanna voulut répondre, mais Teyla avait raison. Même après avoir passé plusieurs mois depuis son arrivée sur Atlantis, et si son comportement s’était amélioré, ça lui arrivait encore de s’en prendre aux mâles qui la provoquaient, même si c’était moins fréquent qu’avant. Max n’était pas le premier à être frappé, et il ne sera malheureusement pas le dernier. Sauf si Teyla arrivait à gérer la guerrière.

"C’est trop difficile" affirma Lyanna en se levant, et en commençant à faire les cent pas devant le lit.

"Bien sûr que ça sera difficile. Mais pas impossible. Tu as fait des progrès depuis ton arrivée, et même si cet officier ne le voit pas, moi je le vois. Et si tu veux un exemple, j’en ai un tout trouvé. Cet exemple s’appelle Darren Clive".

Au moment où Teyla mentionna Darren, Lyanna stoppa sa marche et regarda l’Athosienne sans comprendre.

"Quoi, Darren ?"

"Et bien justement, Darren est l’exemple parfait de ta sociabilisation naissante. Après tout, il est toujours en vie et en un seul morceau, non ? Je me souviens très bien de votre première rencontre, tu aurais pu l’étriper sur place. Tu avais une telle haine à son égard que cette sensation était palpable dans la salle d’embarquement. Et je crois me souvenir que pendant le début de votre mission, tu n’as pas arrêté de le menacer. Et pourtant … il est entré dans ta vie, il a réussi à t’approcher et à trouver les mots justes. Il ne fait plus l’objet d’une quelconque haine de ta part, et je ne pense pas que tu veuilles le frapper aujourd’hui, même s’il fait quelque chose qui te contrarie. Ais je tort ?"

"Non mais … Darren, ce n’est pas la même chose. On est ensemble. Je vois pas pourquoi je le frapperais ?"

"Mais avant d’être avec lui, juste à ce moment là, est ce que tu avais envie de le frapper ? Après ce que vous avez vécu ?"

Lyanna réfléchit quelques secondes, avant de refaire les cent pas. Teyla avait raison. Darren avait poussé à plusieurs reprises sa curiosité, et avant de se rapprocher au point se sortir ensemble, la jeune femme avait retenu plusieurs fois sa colère à son égard, s’empêchant de le frapper ou de déverser sa haine sur lui. Mais, elle ne voyait pas où Teyla voulait en venir en lui parlant de Darren.

"Peut être, mais … je ne vois pas le rapport. Tu veux quoi ? Que je laisse tomber Darren pour sortir avec les autres mâles afin de ne plus m’en prendre à eux ?"

Teyla secoua la tête, arborant un sourire amusé devant l’analyse express et fantaisiste de Lyanna.

"Bien sûr que non, je voulais juste te démontrer que, si tu te contrôles avec Darren, alors tu peux réussir à te contrôler avec les autres. Je ne dis pas que tous les hommes sont sympas sur Atlantis ou sur les autres mondes, il y a toujours des idiots et des imbéciles. Mais, ils ne sont pas tous comme ça, si ? Regarde ce soldat, l’équipier de Darren. Ce … Max. Je l’ai vu toute à l’heure, je lui ai parlé. Il a l’air gentil, non ? Je pense que s’il t’a provoqué, ce n’était pas dans l’intention de te blesser, mais sous le coup de l’impulsivité, comme toi quand tu frappes un homme".

Et voilà, encore quelqu’un qui prenait la défense de Max. Lyanna ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel.

color=#F64C6E]"Si tu es venue pour me dire que tu soutiens ce mâle, et que tu es contre moi, tu aurais pu t’abstenir de venir !"[/color]

"Je ne suis du côté de personne, Lyanna. J’essaie juste de t’aider et de comprendre pourquoi lui, tu ne l’apprécies pas alors que tu ne le connais pas".

"Il m’appelle la Sorcière. J’ai appris ce que ça voulait dire, c’est très péjoratif !"

"A qui la faute ? Il a dû t’appeler comme ça au moment où tu frappais tout le monde sur ton chemin sans discuter ! C’est à toi de changer cette image".

Lyanna ne répliqua pas, elle sut que c’était inutile d’argumenter. Et une part d’elle savait que Teyla avait raison. La jeune femme retourna s’asseoir à côté de son amie, qui reprit aussitôt la parole.

"Écoute moi. Je sais que ça sera très dur, et qu’après une vie entière de violence inculquée par des générations de femmes avant toi, tu ne vas pas changer du jour au lendemain. Mais si tu es parvenue à ne plus t’en prendre à Darren, alors tu y arriveras avec les autres hommes de la cité. Tu as déjà fait des progrès, mais tu dois continuer et y mettre de la volonté. Et je suis là pour t’aider. Tu n’es pas seule. Darren est là aussi".

Lyanna soupira, et se pencha en avant pour prendre son visage entre ses mains.

"Et si je n’y arrive pas ?"

"Ridding m’a expliqué qu’il te laissait encore une chance de t’améliorer. Il ne te poursuivra pas pour cette fois. Mais il le fera au prochain faux pas, à la prochaine action de travers que tu auras. S’il reçoit encore une plainte pour violence, ou s’il est témoin d’un acte répréhensible, il transférera ton dossier à une commission de discipline militaire qui prendra de lourdes sanctions à ton encontre. Tu es peut être une civile, mais vu ton statut, tu es affiliée aux militaires".

Lyanna comprit qu’elle avait une épée de Damoclès au dessus de la tête, mais elle doutait fortement de parvenir à éviter une seule altercation. Ce qui s’était passé avec Max démontrait clairement qu’il y avait des sujets très sensibles pour elle, et qui la faisait démarrer au quart de tour. Teyla sembla voir cette lutte intérieure chez la guerrière, rien qu’en voyant son air perdu.

"Tu sais, j’ai rencontré quelqu’un qui était un peu comme toi. Dans le sens impulsif. Il s’agit de Ronon Dex, tu l’as peut être déjà croisé. C’est un Satedien qui est arrivé il y a quelques années sur Atlantis, après moi. Bon d’accord, il vient d’un monde plus civilisé que le tiens, mais il a été un runner pendant des années avant d’être secouru. A son arrivée, il était solitaire, réservé, et assez sauvage vu ce qu’il avait vécu. Et il s’emportait facilement, à la moindre contrariété, il était capable d’engager un combat. Mais avec le temps, il s’est calmé, et il devenu un membre respectable de la cité. Toi aussi, tu peux arriver à faire comme lui".

Ce fut au tour de Teyla de soupirer, alors qu’elle levait les yeux au ciel.

"Je ne te demande pas de faire des embrassades amicales à tous les hommes que tu croiseras. Je sais très bien que tu ne deviendras par leur amie en un claquement de doigt. Mais, tu pourrais juste te contenter de les esquiver, de ne pas répondre à leur provocation, de faire comme s’ils n’existaient pas, comme tu as appris à le faire ces dernières semaines. Avec Max, tu aurais dû simplement partir en ne faisant pas attention à ses paroles, au lieu de réagir. Fais déjà ça, je pense que ça sera un premier pas sur la gestion de ta colère. Ne pas craquer et répondre à tes pulsions. Et si tu as besoin de te défouler, tu le feras sur le punching ball en salle d’entrainement".

Teyla avait raison. Le taux d’actes de violence de Lyanna avait bien diminué en effectuant cette tactique de fuite, même si la guerrière n’aimait pas fuir. Mais c’était une solution en attendant de se sociabiliser.

"Et maintenant, qu’est ce qui va se passer ?" demanda Lyanna, bien qu’elle se doutait de la réponse, vu les dires d’Helen un peu plus tôt.

"Les décisions ne sont pas officiellement prises, mais normalement, tu ne seras plus habilitée à partir en mission. Tu devras rester sur Atlantis pour améliorer ton comportement avec les autres. Tant que tu n’y parviens pas, tu ne pourras pas repartir en mission. Tu auras davantage de visites médicales à passer, et des séances supplémentaires avec la psychologue".

"Je vais être enfermée ? Privée de liberté ?"

"Je ne sais pas. Je ne pense pas, ça serait contre productif, à mon avis. Mais ça ne m’étonnerait pas que tu ais à nouveau une escorte militaire pour chacun de tes déplacements. Ces décisions ne m’appartiennent pas, hélas, mais je ferais part de mon opinion. En attendant, tu vas rester ici".

A la dernière phrase, Lyanna leva les yeux pour regarder Teyla. Cette dernière lui sourit pour se montrer rassurante.

"Pas pour longtemps, j’espère. Le Lieutenant veut te garder jusqu’à ce que tout soit mis en place pour ton retour sur la cité. Et je vais faire au plus vite pour tout organiser, afin que tu reviennes rapidement. Je ne te laisserais pas tomber".

Teyla se leva du lit, se rendant compte qu’il allait être temps pour elle de partir. Ridding ne lui avait pas accordé deux heures non plus. Juste le temps nécessaire pour expliquer à Lyanna la situation.

"N’oublie pas que tu risques beaucoup au prochain acte de violence illégal. Il faut apprendre à te maîtriser, Lyanna. On va continuer ton entrainement, je vais doubler tes séances de méditation, je suis sûre que ça t’aidera".

"La méditation ? Pitié, pas ça. Je m’endors tout le temps à tes cours !"

"Comme Sheppard et Ronon le font aussi. Mais toi, tu n’as pas le choix. Je n’ai pas l’intention de te voir quitter Atlantis pour que tu sois livrée à toi même. Lyanna … montre leur que tu vaux mieux que ça, et que tu n’es pas simplement la barbare violente qu’ils voient en toi. Tu as réussi à te maîtriser avec Darren, tu vas y arriver avec les autres. D’accord ?"

Lyanna ne répondit pas. Elle savait parfaitement que ce chemin allait être semé d’embûches. Mais elle était rassurée de voir que Teyla ne la laissait pas tomber. La jeune femme se leva du lit et enlaça son amie qui la serra contre elle.

"Tu reviendras me voir ?"

Teyla attendit quelques secondes sans répondre, avant de se défaire de l’étreinte de Lyanna. Elle secoua doucement la tête.

"Je ne pense pas. Cette visite était exceptionnelle, j’ai du batailler pour l’avoir. Je ne crois pas que le Lieutenant me laissera à nouveau te voir. Mais je fais au plus vite pour te retrouver sur la cité. En attendant, reste calme. Tout va bien se passer, Lyanna".

Lyanna ne répondit pas, mais elle baissa les yeux. Voir un visage amical allait beaucoup lui manquer, le temps allait être très long à rester seule dans ce hangar. Elle espérait que l’Athosienne organise son retour rapidement, mais cela pourrait prendre plusieurs jours, voir davantage, pour son plus grand malheur. Ressentant la détresse de son amie, l’Athosienne l’étreignit une dernière fois pour tenter de la rassurer, avant de quitter l’entrepôt. Lorsque la porte se ferma, et que le cadenas se verrouilla à nouveau, la guerrière se retrouva seule, isolée de ceux qu’elle appréciait. Elle alla s’asseoir sur le lit, sentant déjà les larmes lui monter aux yeux. Pendant quelques minutes, elle pleura en silence, évacuant cette tristesse qu’elle gardait enfouie en elle. Personne n’était là, elle pouvait donc libérer cette faiblesse sans être vue. De temps en temps, elle picorait dans le plateau repas, n’ayant pas faim, mais elle se força à manger un peu. Elle vida également de moitié la gourde apportée par Jim. Au bout d’un moment, l’épuisement de la journée et des émotions lui tomba enfin dessus comme un poids. Lyanna retira ses chaussures et se glissa sous la couverture. Mais bien qu’elle soit fatiguée, la jeune femme eut du mal à trouver le sommeil. De là où elle était, elle aperçut le ciel et quelques étoiles, et cela la rendit encore plus nostalgique. Finalement, à une heure avancée de la nuit, la guerrière finit par sombrer dans un sommeil perturbé par quelques cauchemars au sujet de son passé, mais aussi de son présent.


Suite du RP ici


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