Atlantis Insurrection

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Une longue route pour Ishta

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Lyanna

√ Arrivée le : 14/07/2018
√ Gène : ATA
√ Messages : 135

le Dim 19 Juil - 23:46

Lyanna

Une longue route pour Ishta
Darren & Lyanna

Auprès d’un autre soldat Natus, le vendeur faisait l’essai en glissant une photographie personnelle et en lui présentant le résultat. Lyanna s’approcha de l’étal et regarda ce qui y était présenté. Son intérêt se porta sur un cadre photo en bois, gravé de simples ornements mais suffisamment détaillés pour rendre l’ensemble élégant et soigné. La jeune femme imaginait ce cadre avec la photographie prise par April de Darren et elle même, bien qu’elle ignorait encore comment mettre le cliché à l’intérieur. Elle pointa l’objet du doigt pour le désigner au Natus.

"Celui là !" dit-elle en sortant le peigne, le dernier bijou et les boutons de manchettes.

Le vendeur se contenta simplement des boutons de manchette. Il empaqueta le cadre photo dans un linge juste après lui avoir montré comment on le démontait pour placer l’image. Avec attention, il ficela le tout avec une petite cordelette puis lui donna l’objet. Lyanna avait enfin son cadeau. Avec un sourire aux lèvres, elle emporta l’ensemble de son précieux butin à travers le fort pour retourner au jumper.

Elle trouva rapidement Jim, avec un parchemin entre les mains, qui vérifiait les différentes petites caisses de bois qui s’étaient accumulées dans le jumper. Des légumes pour la plupart mais surtout des plantes, des aromates et des épices. Il rencontra le regard de Lyanna et lui fit un petit signe de la tête. Tout était prêt pour partir en direction du campement Athosien et finir la mission diplomatique. L’Amazone pouvait sentir que plusieurs heures s’étaient écoulées et que l’après-midi devenait à présent un début de soirée. Le soleil était encore présent mais la luminosité venait de décliner légèrement.

Jim lui aurait bien fait un petit rapport, lui expliquer ce qu’il avait acheté pour les cuisines et combien de temps serait encore nécessaire au vol avant d’atteindre les prochains partenaires. Sauf que la Meneuse Rysse se trouvait entre les deux, adossée contre le blindage du Jumper en l’attendant patiemment. Lorsqu’elle rencontre la silhouette de Lyanna du regard, elle la jaugea à distance de la tête aux pieds sans se déparer de ce léger sourire en coin.

« Notre marché vous a manifestement comblé, j’en suis satisfaite. » lui dit-elle à son approche.
"Effectivement, il y avait beaucoup de choses intéressantes !"

Rysse extirpa de sa poche une enveloppe ligotée et scellée d’un cachet de cire.
« Voici missive à l’adresse du soldat Clive. Si...vous pouviez lui remettre prestement... »

Lyanna en avait presque oublié le pli qu’elle devait remettre à Darren. Et par conséquent, elle avait oublié les doutes qu’elle avait sur le lien entre son compagnon et la Natus. Lorsque Rysse lui tendit la missive, la guerrière la prit et vit rapidement que celle ci était scellée. Impossible pour elle de la lire en cachette pour voir de quoi la Natus voulait parler sans que Darren ne soit au courant. Pourquoi la Meneuse l’avait elle scellée ? Qu’avait-elle à cacher ? Lyanna n’aimait pas du tout ça, elle était persuadée qu’il y avait des choses inscrites sur ce parchemin qui ne lui plairait pas. Rysse cherchait sûrement à récupérer Darren, la guerrière en était sûre. Les sourcils froncés en observant le pli, Lyanna voulut répondre à Rysse qu’elle ne voulait pas faire cette besogne pour elle. Et si elle se trompait ? Si Rysse n’avait pas ce genre de sentiments pour le militaire ? Elle se serait prise la tête pour rien, non ? Après s’être mordue la lèvre, Lyanna finit par soupirer.

"D’accord" lança-t-elle sur un ton froid, qui trahissait la jalousie qu’elle ressentait.

Sans un regard de plus pour Rysse, Lyanna monta dans le jumper et déposa ses livres sur la banquette arrière, ainsi que tout ce qu’elle avait acheté. Elle rangea les petits objets dans la sacoche presque vide, et y glissa également le pli de la Natus.

Jim fît aussitôt signe au pilote pour prendre la route.
Le sas arrière se referma sur la Meneuse qui fixait encore Lyanna d’une étrange façon puis l’engin s’éleva dans le ciel. Lyanna s’assit sur la banquette, et sortit la missive, maintenant que Rysse n’était plus là. La jeune femme considéra longuement le pli, luttant contre son envie de l’ouvrir de suite. Elle garda ses yeux rivés dessus sans bouger.

« Il nous faudra qu’une demi-heure pour arriver. Je pense que ce sera plus rapide qu’avec les Natus. » expliqua ce dernier en s’installant sur la banquette en face d’elle. « Vous avez un regard étrange, quelque chose ne va pas ? »

Lyanna avait à peine entendu les premiers mots prononcés par Jim, mais lorsqu’il mentionna son regard, la jeune femme leva les yeux vers lui. Elle remarqua que le soldat s’était non pas installé dans le poste de pilotage mais en face d’elle. Dommage, elle aurait préféré qu’il continue ses habitudes. La guerrière soupira discrètement en secouant la tête.

"Non, rien ..."

La jeune femme baissa encore les yeux pour regarder le pli qu’elle tenait toujours. Une question la démangeait, et Jim était le seul présent. Même si cela voulait dire s’adresser à un mâle, Lyanna se lança en regardant à nouveau le militaire.

"Rysse et Darren se connaissent … bien ?"

Jim ne s’attendait pas vraiment à ce genre de question. Il fixa un instant la lettre qu’elle tenait encore entre ses doigts, comprenant finalement qu’il s’agissait d’un pli Natus. Et puisque Lyanna ne l’avait pas ouverte, c’est qu’elle était destinée à quelqu’un d’autre. Sa question répondait au reste de l’énigme.

« Je serais sensé vous renvoyer vers lui. Ce n’est pas à moi de répondre à cette question. »
Il marqua un instant de silence.

« Mais sans votre aide, je ne serais pas revenu avec l’harmonica d’April en poche... »

Jim la sonda longuement avant d’opiner de la tête.
Cette fois, ce n’était pas le genre de signe qui acceptait une requête. Mais plutôt une façon de répondre à sa question par l’affirmative avant de préciser. Les deux personnes se connaissaient, en effet.
« En ce temps là, la dénommée Rysse était une chasseresse plutôt éléctrique. Du genre à prendre des risques inutilement. Ce n’était pas une gradée. »
Il secoua doucement la tête. Ça lui coûtait un peu de parler de la Guerre du Boc. Il n’avait pas de belles images en mémoire.
« A un moment, pendant la guerre, Darren et Rysse se sont retrouvés dans un petit groupe séparé du reste de l’armée. Un mouvement ennemi venait de casser notre ligne en deux. On essayait alors de se réunir. »
Le soldat réfléchissait, sélectionnant ses mots pour éviter tout incident diplomatique.
« Le groupe isolé est revenu sans Darren, ni Rysse. La Natus était tombée dans une conduite à cause d’un effondrement du sol. Et comme Darren est buté - je ne vous l’apprend pas - il s’est entêté à aller la chercher. »
Jim avait l’air songeur.
« C’était la guerre. On se battait dans tous les coins de l’infrastructure Wraiths. A chaque fois qu’on avançait d’un pas, l’ennemi contre-attaquait en nombre. Toutes nos positions étaient assaillies, il fallait constamment se renforcer les uns les autres. On nous a tout de suite renvoyé ailleurs, nous empêchant de retrouver Darren. April et Max étaient fous de rage, j’ai eu du mal à les tenir. »
Il marqua une pause et se racla la gorge.
« Aujourd’hui encore, Darren reste très discret sur ce qu’il s’est passé de son côté. Il n’est pas du genre à faire des cachotteries mais cette partie de la guerre est une véritable zone d’ombre. Je n’ai jamais pu lui faire cracher le morceau.
Jim avait beau essayer de le dissimuler, cet aveu lui était douloureux. Il veillait sur tous les membres de sa famille. Pour lui, ne pas savoir ce qu’il s’était passé ce jour là était un échec. Il reprit avec une voix moins assurée. Les détails de cette mésaventure donnés par Jim, ainsi que le fait que Darren avait visiblement dissimulé une partie de la vérité, inquiéta de plus en plus Lyanna qui avait une grande imagination quand il s’agissait de jalousie. Elle fixa le soldat, attendant la suite.

Tout ce que je sais, c’est qu’il est revenu à l’antenne de secours par ses propres moyens, quasiment à poil. Il portait la Natus sur son dos, lui ayant donné tous ses vêtements. On raconte qu’elle a été admise à l’antenne de secours pour une extrême hypothermie. Alors que notre théâtre d’opération se trouvait en plein désert.
Darren est resté à son chevet jusqu’à ce qu’il soit certain qu’elle ne mourrait pas. Il s’est trouvé un nouvel uniforme, a repris des munitions, et il nous a rejoint en disant que tout allait bien. »

Jim secoua la tête.
Nous étions trop heureux de le retrouver pour insister. Mais vu son regard, je sais qu’il nous mentait. »

Une hypothermie ? En plein désert ? Et Darren qui était à moitié vêtu ? Il n’en fallut pas plus pour Lyanna d’imaginer beaucoup de choses. Il avait apparement menti à ses coéquipiers, pourquoi ? La jeune femme sentit de la colère l’envahir, et elle baissa les yeux vers la missive. Elle dut faire un effort colossal pour ne pas la froisser, même si elle en avait une terrible envie. Ce qu’elle imaginait se concrétisait, elle en était sûre. Darren et Rysse avaient eu une aventure, se croyant probablement proches de la mort, et la Natus voulait remettre le grappin sur lui en apprenant qu’il était sur le continent. Tout ça devant sa compagne actuelle. Lyanna se mordit la lettre pour éviter de frapper tout ce qui passait à portée de ses mains, Jim comprit bien entendu vu qu’il était là. D’un geste colérique, elle jeta le pli dans la sacoche, avant de se lever et de s’approcher du cockpit. Elle se sentait blessée intérieurement, comme ce fameux soir à l’Arcade, lorsque cette pétasse était apparue dans son champ de vision. Restant debout à l’entrée du cockpit, s’agrippant à l’un des sièges vides, la guerrière fixa en silence la vue extérieur d’un regard noir de colère.

Lyanna. » l’appela Jim dans son dos. Je crois bien que vous vous fourvoyez. Je ne vous ai pas raconté cette histoire pour vous causer cette réaction...quel est le problème ? »

Lyanna entendit les paroles de Jim derrière elle, mais elle ne se retourna pas. Elle se contenta de fixer la verrière pour essayer de ne plus penser à cette histoire, ou pour chasser ces images de Darren et Rysse qui lui venaient en tête. En vain bien sûr. Elle se sentait trahie, c’était difficile à vivre. La guerrière resta silencieuse quelques secondes, avant de répondre, restant parfaitement immobile.

"Rien !"

C’était la première fois que Lyanna parlait autant avec un membre mâle du D4, mais cette fois ci, elle ne voulait plus parler pour ne plus y penser.

"On a une mission !"

Jim regretta sa confidence. Mais il se garda bien de le lui dire.
Le reste du trajet se fit en silence. Lorsqu’ils atteignirent le campement Athosien, Jim guida immédiatement Lyanna vers ses contacts. Il fit de son mieux pour que la colère actuelle de l’Amazone et sa haine palpable de l’homme (renforcé par son tutoiement) n’entache pas les échanges. Les deux premiers tournèrent les talons dès qu’ils apprirent que les échanges se feraient avec les Natus, même en terrain neutre. Mais le dernier, étant une femme, eut tout de suite un bien meilleur feeling avec Lyanna.

En bonne négociante, elle lui demanda de ne pas être limitée sur les produits qu’elle ferait venir sur le comptoir commercial et réclama la possibilité d’emmener avec elle son bébé (son mari décédé récemment d’un accident de chasse). Il fallait donc prévoir une tente plus spacieuse et demander à April un plat plus adapté au nourrisson.

Lyanna avait non seulement obtenu son accord en un temps record. Mais la négociante la remercia de cette opportunité en lui offrant quelques volailles et sacs de grains. Une offrande à sens unique qui garnissait encore un peu plus les réserves de la cuisine. Le spectre de Teyla se devinait clairement dans la réaction de son interlocutrice, l’Athosienne avait préparé le terrain pour Lyanna.

Le jumper retourna alors sur le camp d’Ishta.
Lorsqu’il se posa au centre de la cour, April était très occupée aux cuisines, aidée par Helen.
Darren et Max se prélassaient sur les transats au bord du lac. Lyanna avait pu les voir lors du survol. Une bière à la main, tranquillement allongé, ils en étaient presque à la bronzette. La guerrière s’emparait déjà de son arc nouvellement acquis, de la sacoche remplie d’objets divers, ainsi que de la pile de livres achetés, avant de se diriger d’un pas décidé vers le sas arrière.
Avant qu’elle ne puisse jaillir du jumper, Jim s’interposa, le regard grave.
Lyanna. Vous devriez prendre le temps de redescendre. Vous allez regretter de réagir aussi vivement. Un secret de ce genre au D4, c’est de la douleur, pas de la trahison. »
Bon, de trahison, il n’y en avait aucune.
Mais Jim avait suffisamment été témoin de la pression qui bouffait Lyanna depuis le voyage retour pour comprendre qu’elle crevait de jalousie. Il se contenta de ces seuls propos puis la quitta pour décharger les caisses. Lyanna médita quelques secondes sur les paroles de Jim. Il avait raison, elle ne devait pas aller voir Darren tout de suite. D’ailleurs, une part d’elle ne voulait pas l’affronter, mais le fuir. Elle retournerait au mobile home pour déposer ce qu’elle venait d’acheter. La jeune femme finit par quitter le jumper à son tour.

« Hey, bichette ! Tu en as mis du temps ! Je m’attendais à te voir revenir avec des têtes de mâles réduites autour de ton cou... » s’écria April depuis ses cuisines, lui faisait un signe avec sa louche.

Les bras chargés de ses livres, Lyanna regarda April. Elle eut envie de foncer vers le mobile home sans faire attention à la militaire, mais elle s’y refusa finalement. S’arrêtant, elle soupira et regarda April.

"J’aurais bien voulu. Mais je me suis contrôlée, même si ça a été difficile par moment !" lança-t-elle sur un ton involontairement plus froid qu’elle ne l’aurait voulu.
« T’as une de ces joies de vivre ! » fît-elle, un brin provocante. Elle retira sa louche d’un geste brusque pour la suspendre vers le haut, comme si elle s’apprêtait à faire une annonce importante. « Heureusement, t’as la récompense qui t’attend dans le four. Je t’ai refais mon gâteau au chocolat à l’ingrédient secret. Ca devrait te détendre ! »

Lyanna s’apprêtait à s’en aller, mais l’annonce d’un gâteau au chocolat l’en empêcha. La voilà partagée entre son envie de fuir et d’aller se terrer dans un coin, et son envie de venir manger le délicieux gâteau d’April qu’elle savait si bon. De là où elle se trouvait, la militaire verrait sans doute le combat intérieur qui se livrait chez la guerrière. Finalement, ce fut la gourmandise qui l’emporta sur la colère.

"D’accord" dit elle sur un ton plus calme. "Je vais poser mes affaires, et je reviens".
« Aaaaah ! T’es foutu la sauvage ! J’te tiens en mon pouvoir maintenant. Le pouvoir du gâteau au chocolat ! » s’exclama April en rigolant.
Elle croisa le regard d’Helen tandis que Lyanna se rendait jusqu’au mobile home.
« Ne souris pas, doc. T’es pas mieux lotie ! »

Lyanna alla jusqu’à sa chambre, et posa sur le lit tous ses achats, la sacoche. Puis, elle retira son gilet tactique ainsi que sa veste. L’air n’était pas encore frais, elle voulait rester en tee shirt pour l’instant. Une fois prête, elle quitta le mobile home. April sortit le gâteau encore chaud du four et en découpa une part qu’elle déposa dans une assiette. Elle guetta le retour de l’Amazone puis lui fit signe de se mettre à table. Une petite collation, même si le dîner n’était plus qu’une affaire de dizaine de minutes, ça faisait toujours plaisir. Lasse, toujours blessée, Lyanna s’assit sur une chaise.
Le médecin était d’ailleurs en train de dresser la table pour que tout le monde mange ensemble.
« On dirait que t’es sur le point d’accoucher, Lyanna. » lui glissa-t-elle en posant l’assiette devant elle.
"Comment ça ?" lança la guerrière sur la défensive.
« Ta bouche fait l’étonnée, ta figure fais la contrariée. »
Lyanna garda le silence en détournant les yeux, ne voulant pas répondre à ça. Avec un air satisfait, April lui tendit la cuillère.
« Donne moi des nouvelles de ça ! »

Lyanna se saisit de la cuillère, et attrapa un morceau de gâteau qu’elle mit dans sa bouche. Aussitôt, le morceau fondit dans la bouche. Un vrai délice. Lyanna ferma les yeux tout en mâchant, laissant s’échapper un soupire d’aise à travers ses lèvres scellées. Au moins, le gâteau eut le mérite de lui remonter temporairement le moral.
April eut en retour un grand sourire victorieux.

"Délicieux !" dit elle en mangeant un second morceau dans la foulée.
« Et ben tu vois ! La vie est belle ! »
Elle s’installa en face d’elle et l’observa un peu plus.
« Ca te va bien ces trucs sur tes mèches. Tu me diras où on peut s’en procurer ? »
"C’est une adolescente Natus qui a fait ça. Ainsi que les bracelets. Je les ai échangé contre un collier".
« Elle fait du bon boulot. On a notre ligne de provision ? Je vois Jim faire sa musculation avec tout un tas de caisse... »
"Oui, il a fait des achats et a chargé beaucoup de caisses dans le jumper. Et je suis parvenue à négocier un accord entre les Natus et les Athosiens pour qu’ils fassent du commerce entre eux". avoua Lyanna en dévorant le gâteau jusqu’au dernier morceau.
April siffla.
« Toi, la mère tape-dur, tu permets ce genre de chose sans avoir eu à tirer l’épée ! Eh ben, tu vas surprendre beaucoup de monde. »
« Et en parlant de surprendre... » fit la voix de Darren derrière l’oreille de l’Amazone.
Le soldat entoura ses bras autour de ses épaules et posa son menton sur sa tête. Lyanna se raidit aussitôt sous ce geste, ce qui était anormal en la connaissant.
« Je savais que tu réussirais. Bravo Lyanna, tu l’as mérité ta surprise... »
« Quelle surprise ?!? » Arqua April avec un grand sourire.
« Secret défense, même Lyanna ne sait pas... »

Lyanna ne prononça pas un seul mot, elle ne leva pas la tête pour regarder Darren. Certes, sa colère s’était calmée le temps de manger le gâteau, mais maintenant que le soldat était là, la jeune femme commençait à être à nouveau envahie par cette sensation. Sans une explication, la guerrière se leva et se dirigea d’un pas décidé vers le mobile home. Elle entra dans sa chambre en claquant la porte, et s’assit en tailleur sur son lit.

La réaction avait complètement surpris Darren.
Comme les autres, il regardait Lyanna s’éloigner avant de disparaître dans le mobile home. De son point de vue, il pensait qu’elle avait eu une très dure journée et son esprit faisait toute une analyse pour déduire ce qu’elle pourrait lui reprocher. Ne pas avoir été là à l'atterrissage du jumper ? Ne pas l’avoir appelé pour savoir comment elle s’en sortait ? Ou bien ne pas avoir aidé à décharger les caisses ?
Tout ça lui semblait trop petit pour valoir une réaction aussi vive en public. D’autant plus que son geste de tendresse lui semblait clairement refoulé. C’était un bloc de pierre qu’il avait caliné. Même si Lyanna était parfois capable de ces réactions, c’était quand même la première fois que ça arrivait quand il l’enlaçait. Généralement elle adorait ça…

Darren échangea un dernier regard avec les autres puis se dirigea à son tour vers le mobile home. Il trouva la porte close, ce qui l’inquiéta encore plus. Le jeune homme décida d’ouvrir directement la porte, mais en douceur, pour ne pouvoir y passer que la tête timidement et la trouver assise sur le lit. Cette étrange expression sur son visage ne le rassura pas du tout. Il tenta un trait d’humour, présentant sa main valide :
« J’suis pas armé, miss...je peux entrer ? »
En réalité, il n’attendit pas qu’elle lui réponde. Et il eut raison, Lyanna tourna la tête sur le côté sans répondre, fuyant son regard. Le soldat sourit, bien que son regard trahissait une forme d’appréhension. Est-ce qu’il s’était passé quelque chose de grave chez les Natus ? Chez les Athosiens ?
Darren se planta devant elle, s’appuyant contre le mur, et l’observa.
« Dure journée ? » tenta-t-il.
"Si on veut ..."

Pendant quelques secondes, tout laissait supposer que Lyanna n’en dirait pas davantage. Puis, elle posa son regard blessé et froid sur Darren, en croisant les bras sur sa poitrine, toujours assise. Le jeune homme fronça les sourcils. La dernière fois qu’il avait vu un regard aussi colérique, bien que teinté de douleur, c’était quand il lui avait dit bonjour la toute première fois en lui tendant la main. Il y avait ce côté assassin et implacable.

"Qui est Rysse ?"

La question ne laissa littéralement pantois.
Il s’attendait à toute sorte de scénario mais certainement pas une question concernant cette Natus. De la jalousie ? Au point de réagir comme ça ?!?
Mais qu’est-ce qu’il s’était passé là-bas…
« C’est une Natus. Je la connais. » répondit-il finalement sans la quitter des yeux.
Il laissa filer quelques secondes avant d’ajouter.
« C’était celle que j’avais listé parmis les cuistots pour la restauration. Qu’est-ce que... »
"Tu la connais … c’est tout ? C’est juste une Natus ?" lança Lyanna sans le quitter des yeux, son expression laissant facilement supposer qu’elle était au courant de certaines choses.

Darren commençait à avoir peur. Une légère crainte qu’elle ai su sa mésaventure de l’époque. Le regard encore un peu écarquillé, il eut un revirement intérieur en refusant d’être dans cette position de devoir se justifier. Il aimait Lyanna. Mais il n’accepterait pas de se faire dominer sur ce sujet là.
« C’est tout. Et si tu te poses la question, je te le dis franco, il n’y a rien eu entre nous... »
Il secoua la tête.
« Lyanna. Tu me fais quoi là ? Je n’ai pas vu cette Natus depuis au moins un an. »

Lyanna secoua la tête, ayant du mal à croire les paroles de Darren.

"Et bien elle, elle ne t’a pas oublié. Elle pense bien à toi !"

Sans crier garde, la guerrière se leva et chercha dans la sacoche pour y sortir la missive. Elle la tendit à Darren, le regard toujours empli de colère et de douleur.

"En apprenant que tu étais ici, elle s’est empressée de t’écrire une jolie lettre. Et elle m’a demandé de te la donner sans tarder !"
« Et ? » fit Darren, élevant la voix à son tour, sans prendre la lettre. « Tu attends quoi pour l’ouvrir et la lire ? Tu comptes trouver quoi dedans ? Une déclaration d’amour ? »
"Elle n’est pas pour moi, et je n’ai pas du tout envie de voir ce qu’il y a dedans !"
« Et ben tu devrais. Ca répondra à tes suppositions un peu trop “rapides” ! »
Darren haussa les épaules.
« Rysse, c’est une amie, pas plus. Elle est contente de savoir que je suis dans le coin, je vois pas ce qui te mets dans un état pareil. »
"Une simple amie ? C’est tout ? C’est pour ça que tu as menti à tes coéquipiers, que tu as caché ce qui s’était passé pendant la guerre, quand elle et toi, vous avez été séparés des autres ?"
Cette fois, le visage de Darren se décomposa. Il resta silencieux un long moment en la regardant. Quand il ouvrit la bouche, sa voix était devenue plus sombre.
« Tu sais pas du tout de quoi tu parles Lyanna. Tu me fais une foutue crise de jalousie là. Tu me ressors des vieux souvenirs. Pour quoi faire ? »
"Parce que j’ai peur qu’elle te saute dessus, et que tu m’abandonnes pour aller avec elle !!!"

La bombe était lâchée, les paroles de Lyanna la trahissaient sur le fait qu’elle tenait à Darren. Elle marcha un peu dans la chambre, avant de se retourner vers le soldat.

"Qu’est ce qui s’est passé là bas ?"

Le jeune homme s’enterra longuement dans le mutisme.
Il n’en menait pas large. Mais en même temps, Lyanna remettait au jour des souvenirs qu’il aurait vraiment voulu garder enterré, à jamais. S’il s’était préparé à lui sauter dans les bras pour la rassurer sur sa fidélité, la dernière question avait eu l’effet d’un électrochoc. Le Darren qu’elle avait connu n’était pas celui qu’elle avait en face d’elle à ce moment là.

« J’dois m’attendre à devoir te déballer toute ma vie à chaque fois que tu doutes de moi ? » questionna-t-il sèchement. « Il va falloir que je fasse gaffe à chaque fois qu’une femme me regarde ou m’envoie une lettre ? Je fais ça, de mon côté, quand tu te balades dans toute la cité dans ta tenue de Xéna, avec un bon paquet de mec qui te reluque l’arrière train ?!? »

Voyant que la conversation ne menait nulle part, et que Darren ne lui répondrait pas pour calmer ses doutes et ses craintes, Lyanna eut envie de fuir. Elle secoua la tête, lâcha la missive sur le lit et se dirigea vers la porte pour quitter le mobile home.

« Hé ! Non, c’est trop facile, là ! » s’énerva Darren en se mettant sur son chemin. « Tu as commencé en me rejetant comme un minable, alors on va finir la partie ici, maintenant ! »

Lorsque Darren se plaça devant elle, Lyanna s’arrêta tout de suite, gardant ses distances.

"Laisse moi passer !"
« Et il se passe quoi après ? Tu vas bouder dans ton coin ? Faire profiter tout le monde de ta crise de jalousie ? »
Lyanna ne répondit pas, elle se contenta de détourner les yeux. Darren secoua les mains.
« Lyanna. Chérie...franchement, un peu de jalousie c’est bien. Trop de jalousie, c’est infernal. Je t’ai suivi sur cette mission, je suis venu avec toi. On a passé trois jours sensass, je te préparai ma fameuse surprise pour ce soir. Et toi...tu débarques du jumper avec le nom de Rysse sur les lèvres. C’est ridicule ! »
Clive s’approcha. La guerrière resta immobile, les bras croisés sur sa poitrine en baissant la tête pour ne pas affronter le militaire du regard.
« Ca fait un paquet d’années que je suis sur Atlantis, que je côtoie du monde. Et mon boulot, c’est de prendre une balle à la place des autres. Alors, forcément...j’ai des amis, je connais du monde. Je peux peut-être même avoir des prétendantes, pourquoi pas. Mais il y en a qu’une seule...elle s’appelle Lyanna ! »
Il marqua une pause.
« Lyanna. Celle qui est en face moi ! »

eden memories

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Une longue route pour Ishta - Page 2 Vo67


DC : Kyle Hawkins - Rodney McKay - Skyler McAlister
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Darren Clive

Image perso : Une longue route pour Ishta - Page 2 Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 211

le Dim 19 Juil - 23:47

Darren Clive

Une longue route pour Ishta
Darren & Lyanna


Lyanna ne leva pas les yeux, elle ne fit aucun geste et elle ne répondit pas. Sans le vouloir, les paroles de Darren commencèrent à la calmer peu à peu même si elle ne voulait pas l’admettre.

Cette fermeture avait tendance à énerver le soldat. Il était en colère, au bord de la rupture. Mais il savait que ça ne servirait justement à rien. Lyanna apprenait, elle tombait dans le piège facile de la jalousie. Ca méritait des explications, de la pédagogie. Il l’était le plus souvent. Mais ce soir...il ne pouvait pas.

Darren était profondément vexé. De comprendre qu’elle avait investigué, creusé son passé avec Rysse d’une part. Qu’elle avait douté de lui. Réagi comme ça au lieu de lui demander plus calmement. Mais il ne pouvait pas réclamer la patience à sa moitié qui commençait tout juste à connaître la vie d’un couple.

Darren savait que la prendre dans ses bras aurait été un bon remède. Il en avait vraiment envie. Mais c’était trop facile. Et il était vexé, ce ne serait pas un geste sincère.

« Il y a un truc que tu dois comprendre. Qu’il faut vraiment que tu apprennes. Je ne suis pas tombé amoureux de toi parce que tu m’as sauvé la vie sur Esthevic et que j’ai sauvé la tienne. C’est mon boulot, c’est courant que des amies, des collègues, des clientes puissent transférer. Ca ne m’intéresse pas. »
Il inspira.
« J’étais simplement en train de te montrer ce qu’était un “premier baiser”. C’est tout con. J’avais la petite fierté d’avoir fait descendre les barrières d’une colérique insupportable. Sauf que voilà... »
Il claqua des mains sur ses flancs.
« J’ai posé mes lèvres sur les tiennes, sans chercher quoique ce soit d’autre que la réussite de ce petit défi perso, et ça a été l’explosion. Je suis tombé amoureux comme ça, en voulant un deuxième, puis un troisième. Ca ne se commande pas, c’est comme ça. »
Doucement, il posa une main sur son épaule.
« Et à cause de ce simple baiser. On est devenu un couple stable. Les autres femmes ne m’intéressent pas : je n’ai pas l’intention de t’abandonner. »

Pendant tout le discours de Darren, Lyanna était resté immobile, écoutant chaque parole prononcée par son compagnon qui essayait de lui faire comprendre qu’il était amoureux d’elle, et non d’une autre même si quelqu’un essayait de s’intéresser à lui. Lorsque le soldat posa sa main sur son épaule, la guerrière ne recula pas. Et au final, elle sentit d’abord les larmes lui monter aux yeux, avant de finalement éclater en sanglot.

"Pourquoi … pourquoi je suis comme ça ?"
Il la pris dans ses bras cette fois. Darren pouvait sentir les sursauts de son corps contre le sien. Elle avait dû sacrément se bouffer les entrailles pour en arriver à s’effondrer contre lui. Heureusement, il sentait que c’était un soulagement, pas de la douleur.
« C’est normal d’avoir peur. » lui murmura-t-il. « C’est un danger qu’on connait tous tu sais ? Moi aussi, à des moments, je crains que tu te tournes ailleurs. Mes surprises sont originales parce que tu les expérimentes pour la première fois. Mais après, quand tu commenceras à avoir l’habitude, quand tu ne seras plus surprise, tu pourrais regarder les autres en te demandant ce qu’ils pourraient t’offrir. »
Il la serra un peu plus dans ses bras. Lyanna se laissa aller contre Darren.
« Quand on est bien avec quelqu’un, on a peur de perdre tout ça. On est impuissant face à ce danger. Mais ça n’excuse pas de réagir comme ça. L’amour, ça s’entretient Lyanna. L’astuce, ce n’est pas d’ignorer cette peur. C’est juste de vivre avec, en ayant confiance en l’autre. »
Il déposa un baiser sur son front.
« Tu dois apprendre à me faire confiance. Je dois apprendre à te faire confiance. Dans le cas contraire, on se sera déchiré bien avant d’être tenté. »

Les sanglots de la guerrière finirent par s’arrêter après quelques minutes. Lyanna ferma les yeux et resta dans les bras de Darren. Ce dernier avait raison, elle le savait. Mais c’était difficile de ne pas imaginer des situations où le soldat n’irait pas voir ailleurs en la laissant tomber. Elle resta silencieuse, avant de passer ses bras autour de la taille de Darren pour se blottir davantage contre lui.

« C’est toi que j’aime. Arrête d’en douter. » répéta le soldat avant d’ajouter. « Je veux que tu me rendes un service. »
Il glissa sa main pour remonter son visage vers le sien et la fixer d’un regard un peu sombre.
« Je ne me permettrai jamais de te demander des détails sur la disparition de Mélina. Je sais combien cette période de ta vie te fait souffrir. Alors...s’il te plait...ne me pose plus jamais cette question. Plus jamais. »

Lyanna regarda Darren dans les yeux, avant d’abdiquer en hochant la tête. Elle passa sa main sur son visage pour sécher les dernières larmes, tout en restant contre le soldat.
« Merci. » lui dit-il tout en l’aidant à chasser ses larmes.
Darren se calmait également. Maintenant que l’affaire était réglée, il la fixa un peu plus intensément et fit une moue peinée.
« Quel dommage quand même. J’allais te dire que tu étais super sexy avec ces lanières ! Ca te donne un petit côté rodeuse. Ma Super Lyanna... »

Pour la première fois depuis son retour au camp, Lyanna se mit à sourire, amusée.

"Ce n’est pas vrai ..."
« D’accord. Ce n’est pas vrai... » répéta machinalement Darren en prenant la lettre. « N’empêche que ça te donne un petit charme. Ca me donnait envie de te couvrir de baiser. Puis...un peu plus, forcément. »

Le soldat ouvrit la lettre puis la lut à haute voix.

A toi, Clive, héros méconnu.

J’ai entendu cette rude guerrière donner ton nom ce jour et j’ai su ta présence non loin.
Tu ne me l’as pas dit, je sais pourquoi. C’est même raison qui me poussait au silence jusqu’alors.
A ne donner ni nouvelles ni signes.

J’ai eu grande joie de comprendre ton appartenance à telle guerrière.
Cela se lit en son regard, se voit sur son visage. Surtout dès lors que j’ai apporté intérêt.
Elle arguait cela avec force et conviction auprès du Meneur.
Loué les Trois de m’avoir offert ce cadeau. Mon âme s’allège à l’idée que le Dévoreur n’ai point détruit ta vie.

Notre épreuve commune n’aurait dû laisser de nous que miettes poussiéreuses. Et pourtant, nous nous sommes relevés et avons grandi.
Je ne puis comprendre pourquoi tu t’échines à rester à telle modestie. Mais je respecte tes raisons. Moi, en revanche, suis en passe de devenir Meneuse-Duelliste.

Darren Clive. Ma nomination sera officialisée au trente Véridas du mois prochain en Magna.
Cette réussite, je le dois à ton courage et ta détermination. A ce jour si grave qui aurait été le dernier sans ton concours.
Il est de grande justice que tu sois présent.

Viens avec ton lien. Je vous vois bien ouvrir le bal tous deux. Je gage qu’elle sera heureuse de te voir lui faire visiter la Magna. Y voir notre art de vie et, peut-être, en apprendre plus sur l’homme de valeur que tu mets tant d’énergie à dissimuler.

Rysse.


Pendant que Darren lisait la lettre, Lyanna écouta en silence. Et plus la lecture avançait, plus la jeune femme fronçait les sourcils, sans comprendre certains passages. Le soldat l’avait prévenu que les Natus avaient une étrange façon de parler, presque poétique. Véridas ? Son lien ? Mais de quoi Rysse parlait elle ? Darren sembla voir l'incompréhension sur mon visage, car il se mit alors à m’expliquer le contenu de la missive.

« Donc en gros...elle est promue. Et on est tous les deux invités au bal des officiers Natus. Dans leur monde. »
Darren lui tendit la lettre ouverte.
« Ca va mieux ? »

La guerrière prit la missive, et la parcourut rapidement. En cet instant, elle se sentait stupide d’avoir cru que Darren pouvait aller voir ailleurs alors qu’il était avec elle. Lyanna avait du mal à se départir de cette jalousie tant elle tenait au militaire. Elle finit par secouer la tête, et retourna instinctivement se blottir dans les bras de son compagnon, se confondant en excuse. Elle se sentait mieux maintenant, sa colère et ses craintes s’apaisèrent.

"Excuse moi … je te demande pardon ! Je ne suis qu’une idiote !"

Darren préférait clairement l’avoir contre lui.
Il accepta le contact, l’accueillit ouvertement dans ses bras. Et si elle avait tenté de s’écarter, il l’aurait retenue tant il ne voulait pas que ça cesse. Entendre Lyanna faire des excuses avait un côté stupéfiant. Comme quand elle lui demandait s’il lui en voulait ou non, craignant qu’il se mette en colère.

La jeune femme était capable d’engager un duel avec un ennemi plus fort ou supérieur en nombre, se faire pendre à un arbre, subir tous les tourments et sévices. Elle, son sale caractère, et sa fichue détermination, ça la rendait déterminée. Ca donnait un air infaillible. Mais quand il s’agissait de sentiments et non de brutalité, elle était exposée, faible et fragile. C’est ce que l’on appelait tout simplement l’humain, Darren en prit conscience.
Ca aurait été peu crédible venant d’une femme avec un peu d’expérience. Mais Lyanna, de son côté, découvrait tout. Le sentiment. Mais plus fort encore : l’attachement.

Il fallait qu’elle se contrôle et qu’elle ne laisse plus cette jalousie maladive la bouffer. Mais d’un autre côté, elle découvrait tout juste des émotions puissantes dont elle n’avait même pas idée il y a quelques mois.

« Ca va aller. » répondit-il finalement en collant sa joue contre son front. « Cette émotion qui te rend comme ça, c’est la jalousie. Je sais que tu n’as pas l’habitude de la ressentir. Il faut que tu la vois autrement. Tu as certainement dû avoir une mentor qui t’a appris à te contrôler quand tu te battais, pour ne pas perdre tes moyens ? Là...c’est pareil. »
Il caressa doucement son dos.
« Je serai toujours ouvert pour parler, t’expliquer, t’apprendre. Il ne faut pas que tu te fasses ces idées, que tu te mettes dans des états pareils. Tu te rappelles ce qu’on s’est dit après ce magnifique moment dans l’eau ? »
Darren murmura plus doucement à son oreille.
« Je suis à toi. Tu es à moi. Rien ni personne ne changera ça ! »

Lyanna ferma les yeux quelques secondes pour profiter de cet instant, dans les bras de Darren. Puis, à la dernière remarque de son compagnon, la jeune femme se sentit enfin apaisée. Elle leva la tête et regarda le soldat.

"Tu es à moi, et je suis à toi !"

La guerrière embrassa doucement Darren, savourant ce baiser pendant de longues et intenses secondes. Et à l'inverse, il partagea tout autant ce moment. Se réconcilier après toutes ces mauvaises émotions, il n’y avait rien de meilleur que les lèvres de sa compagne.

« Bon. » dit-il en lui prenant la main, l’attirant vers l’extérieur. « Et si tu me racontais ton histoire ? Que je juge si tu mérites la plus belle soirée de ta vie ? »

"Je ne sais pas si tu estimeras que je mérite la plus belle soirée de ma vie, mais ça a été difficile pour moi. J’ai eu du mal à me retenir par moment, surtout quand ils ont commencé à me dire que je devais leur dire “vous”, quelque chose que je ne sais pas du tout faire" affirma Lyanna, quittant le mobile home avec Darren.
« Tu as appris dans la douleur on dirait... »

La guerrière acquiesça d’un hochement de tête. Toute sa vie, elle avait souffert pour apprendre. Se battre en recevant des coups pour mieux en donner. Tout apprendre pour l’art de la guerre. Alors là, jouer les diplomates alors qu’elle ignorait ce que c’était, et vu son tempérament explosif, cette épreuve là avait été dure à supporter pour elle. En retournant vers la zone de restauration, Darren écouta sérieusement toute l’aventure de sa belle depuis le départ du jumper. Il souleva plusieurs détails, freinant la rapidité de Lyanna pour pouvoir lui donner son ressenti. La guerrière lui racontait tout ce qu’elle avait vu depuis son atterrissage, chaque chose qu’elle avait constaté, surtout ce qu’elle ne comprenait pas dans le comportement des Natus.
« Ils ne bougeaient pas sous la pluie ? » répéta le soldat distraitement. « Ils vivent dans une grotte, ils ne savent pas ce que c’est la pluie. Je parie qu’ils s’entrainaient à s’habituer au froid et une tenue trempée... »
"Je ne sais pas ce qu’ils faisaient. Ils étaient en rang, sous la pluie, sans bouger. Et certains d’entre eux passaient à leur hauteur pour corriger leur posture ou d’autres détails".
« Ils sont très porté sur la discipline. Ca commence par ça j’imagine... »

Vint ensuite l’entretien avec le Meneur Jelsok. Darren ne le connaissait pas bien. Lorsqu’il avait sauvé Max de ce fameux duel d’honneur, c’était avec un gradé plus bas qu’il s’était entretenu. Mais il apprécia tout le travail de patience et de retenue de sa compagne, n’hésitant pas à la féliciter à ce sujet.
« Tu as vaincu ta bête intérieure. C’est cool ! »

Lyanna regarda Darren, et secoua la tête.

"Je ne sais pas si j’ai vaincu ma bête intérieure, mais je pensais à toi quand j’avais du mal à retenir mes pulsions. Je savais que si je craquais, tu serais déçu".
« Bien sûr que je serais déçu. » lâcha-t-il de façon faussement hautaine. « Tu m’aurais obligé à sévir ! A annuler tout ce que j’ai préparé à la sueur de mon front ! »
"Cela aurait été dommage, en effet" lança-t-elle en souriant, amusée.

Il était plutôt tard. L’air se rafraichissait doucement, mais c’était encore supportable.
La silhouette d’April se devinait sous la tente des cuisines comme une ombre chinoise en plein travail. Elle discutait gaiement avec Max et Helen, leur expliquant comment elle dosait les épices dans ses fameuses pommes de terres sautées à la farce.

Darren installa sa compagne en bout de table, se montrant galant en accompagnant son siège. Il posa encore quelques questions, surtout sur la façon dont les Natus avaient accepté le deal. En découvrant qu’il avait été choisi et qu’on lui faisait confiance pour arbitrer les échanges, Darren se montra vraiment surpris. Il ne pensait pas que le Meneur se laisserait convaincre. Mais Lyanna avait été assez observatrice. L’homme n’était toujours pas convaincu, il acceptait tout simplement que Lyanna et Rysse se soient portées garantes pour le projet.
« Sacrée réussite ! » reconnut-il en recevant un cocktail que Jim venait de faire dans son coin.
Il en proposa deux à Lyanna. Avec ou sans alcool, puis il s’éloigna vers les cuisines pour offrir l’apéro au reste de l’équipe.

"Je n’ai rien fait de spécial. J’ai seulement fait ce que tu m’as dit de faire. Pour la réussite de cette épreuve. C’était difficile, mais je suis parvenue à le convaincre d’accepter de marchander avec les Athosiens".
« En effet, ça n’a strictement rien à voir avec des efforts personnels. Je suis le seul à remercier dans cette affaire. » lâcha Darren en bombant le torse, fier comme un coq.
"Héééé !!!" lança la jeune femme, faussement outrée.

Lyanna prit les verres que Jim avait apporté, et elle repéra rapidement le cocktail sans alcool pour le choisir. Darren était pressé de connaître la suite, la guerrière lui expliqua alors que son équipier lui avait donné des objets à échanger contre d’autres dans ce qui ressemblait à un marché. Elle lui expliqua que, malgré la présence des mâles Natus, dont elle était généralement restée à distance ou parlé avec eux le moins possible, sa curiosité avait été la plus forte sur ce qu’elle découvrait. Apprendre que sa belle s’était laissée aller au commerce plut beaucoup à Darren. C’était le signe qu’elle commençait à s’ouvrir petit à petit et qu’elle prenait sur elle durant ses interactions. Une belle évolution qu’il ne pouvait pas féliciter cette fois. Connaissant Lyanna, elle trouverait une excuse pour dire qu’il ne s’agissait pas d’efforts personnels mais d’un concours de circonstances. L’Amazone se trouvait toujours des excuses lorsqu’il s’agissait de préserver sa haine pour les hommes.

« Tes deux petites mèches sont vraiment adorables. » insista Darren à un moment donné. « Ca te donne un style en plus ! »

Lyanna toucha l’une de ses mèches tressées, et sourit à son amant.

"Merci. C’est une adolescente Natus qui proposait ça. J’ai échangé un collier contre ces deux rubans et les deux bracelets de cuir" dit elle ne montrant l’un de ses poignets.
« Hmm...mignon, tout ça ! » dit il avant de s’étendre tout en longueur pour lui déposer un baiser sur les lèvres. Baiser auquel la guerrière répondit doucement pendant de longues secondes, devant tout le monde sans être gênée d’afficher son attachement pour son compagnon. Le petit couple se fit siffler joyeusement par le reste de la troupe.

Darren discuta longuement avec Lyanna, écoutant ses nombreuses péripéties. Mais la jeune femme avait à peine entamé le sujet du côté Athosien qu’April déboula avec une poêle frémissante de patates sautées. L’odeur qui s’en dégageait était véritablement alléchante, raison pour laquelle le reste de la troupe s’installa rapidement. Personne, autour de la table, n’aurait osé prétendre le contraire : elle donnait faim à tout le monde.

Darren décida de remettre la discussion à plus tard. Lorsqu’ils seraient enlacés, l’un auprès de l’autre, avant de dormir. D’un simple regard, ils se comprenaient. Les sujets fusèrent bon train pendant qu’April faisait le service.
« Oubliez la diét les gars ! Ce soir, c’est patate à volonté ! J’ai une deuxième poêle sur le feu ! »
On trouvait de tout sur la table. Du pain, une assiette de tranches de porc pour ceux qui voulaient plus, de l’alcool en abondance et du jus de fruit. Darren commença par lui servir un verre de ce dernier, sachant qu’elle n’aimait pas trop l’alcool. D’ailleurs, même si la jeune femme avait eu envie de se laisser aller, le soldat préférait lui éviter subtilement. Avec la fatigue, les nerfs qui se relâchaient, ça allait l'assommer. Darren n’y tenait pas.

Il lui fit un petit clin d’oeil puis poussa le verre de jus de fruit devant son assiette. Il se servit en pain, lui passa la baguette, puis huma la délicieuse odeur.
« T’es un vrai cordon bleu ! »
« Nous le devons à Lyanna je suppose. Sans son organisation, vous seriez tous à la ration militaire ! » nota Helen en mangeant son plat comme un moineau.
« Hmmm...oui. C’est bien vrai ça !! » affirma difficilement Max, puisqu’il avait la bouche pleine.

Jim échangea un petit regard avec April. Il semblait lui avoir mis un coup de pied sous la table. Le soldat Machado sursauta un instant, le fixa sans vraiment deviner ce qu’il attendait. Mais lorsqu’elle comprit finalement, elle se redressa. April était gênée par son attelle. Elle avait à peine débuté l’effort de se lever sur une jambe qu’Helen, en bon médecin, se redressait pour l’assister.
April la remercia d’un signe puis attrapa son verre pour le lever haut.

« Maintenant que toute l’équipe est là. Même s’il manque...heu... »
« Le chinois !! »
« Leng ! »
« Oui, voilà. Même si Leng manque à l’appel, je lève mon verre en l’honneur de notre cheffe de projet. »
Elle la fixa d’un petit regard chargé de malice et de secret.
« Lyanna, merci d’avoir pensé à nous pour ton camp. Et merci d’avoir mis les moyens de rendre l’endroit moins rude à vivre. »

Tous les autres convives se levèrent pour présenter leurs verres. Si Lyanna ne suivait pas le mouvement, Darren lui ferait un signe discret. Ce qui arriva, la guerrière fronça les sourcils, sans comprendre pourquoi tout le monde se lever en présentant leur verre. Le soldat la regarda, et elle comprit qu’elle devait aussi se lever. Ce qu’elle fit.
« Au camp d’Ishta. Et à cette nouvelle aventure. »
Ils trinquèrent tous ensemble. Lyanna regarda les autres en fronçant les sourcils, avant de se rappeler que Darren lui avait appris ce geste un jour au restaurant.

Dès que Lyanna se réinstalla, Max, qui se trouvait quasiment en face, sortit un grand rectangle emballé dans du tissu de sous la table. Il avait longuement attendu le signal de ses collègue et, comme un petit enfant heureux de faire ce qui était prévu, il déposa le cadeau sur la table et le poussa dans sa direction.
« Tiens ! De la part de toute l’équipe. »
Il donna un coup de menton à l'étrange offrande. Rectangle, plate, mais assez large. On l’avait enveloppé dans un vieux drap et ligoté avec une corde usée.
« Hé, de tout le monde hein, même les mâles ! » la taquina-t-il, un sourire benais sur le visage.

Lyanna dévisagea Max, comme s’attendant à une mauvaise plaisanterie de sa part. Puis, son regard balaya le reste des convives. Mais rien ne vint, pas de moqueries, pas de pièges. L’équipe attendit patiemment qu’elle ouvre son cadeau. La jeune femme défit alors la vieille corde, puis elle retira le drap.
A l’intérieur se trouvait un grand panneau de bois orné de diverses gravures. Ca avait été commandé à l’avance et récupéré en secret par Jim au fort Natus. Si le menuisier Natus qu’elle avait aperçu dans la cour l’avait salué de loin, c’est parce qu’il avait réalisé un ouvrage pour elle. Sur le panneau, au travers d’ornement et de gravures assez esthétique, il y avait marqué en gros “CAMP D’ISHTA.” et en plus petit sur un coin “Responsable : Lyanna”. Lyanna passa ses doigts sur les gravures, s’attardant sur chaque lettre incrustée dans le bois.
C’était clairement un panneau signalétique à dresser à l’entrée du camp. Comme une bannière ou un drapeau, c’était le symbole du campement, le signe que Lyanna avait terminé la création de cet endroit. Mais ça, la guerrière l’ignorait, et elle leva les yeux sur chaque membre de l’équipe sans trop comprendre, avant de s’attarder sur Darren.
Elle ne l’aimait peut-être pas. Elle espérait peut-être encore y échapper. Mais ce camp, c’était le sien. Elle l’avait en partie bâti et elle recevait maintenant la toute dernière pierre de l’édifice. Le plus symbolique.

En face, Darren soutenait son regard en souriant étrangement.
Il le savait. C’est lui qui lui avait demandé de baptiser cet endroit. Il avait dû passer commande chez les Natus juste après, profitant qu’elle avait le dos tourné.

Lyanna prit le panneau dans les mains, et le retourna pour le voir sous toutes les coutures.

"Ca sert à quoi ?" demanda-t-elle en toute innocence.

Le silence retombait comme un soufflet. L’équipe comprenait soudainement que le symbole avait une perspective uniquement terrestre. La culture de Lyanna ne prenait pas compte du fait de baptiser un lieu, se l’approprier, et y voir de l’importance dans le panneau d’entrée.
« Généralement quand on créé un endroit, on le baptise. Et ensuite on plante quelque part le nom de cet endroit pour que les visiteurs l’apprenne. C’est un trait de culture de chez nous. Mais, là... »
Il pointa le panneau.
« C’est surtout pour te permettre de poser la dernière pierre de l’édifice. La dernière chose qu’il restait à faire dans ce camp. C’est un peu...ton coup ultime. »

Lyanna baissa à nouveau les yeux sur le panneau. Elle comprenait ce que Darren essayait de lui dire. Il s’agissait surtout d’un élément de décoration, reprenant le nom du camp, à mettre en vue des nouveaux arrivants comme pour leur souhaiter la bienvenue à Ishta.

"Ah d’accord … donc ..." commença-t-elle à dire, avant de balayer son camp du regard, s’attardant sur l’entrée. "Il vaut mieux le mettre là bas ? Là où les gens entreront et sortiront du camp ?"

Lyanna reçu un “C’est ça !” général qui déclencha juste après l’hilarité du groupe.
Si l’équipe était plutôt contente de ce cadeau, le malaise ne tarda pas à s’immiscer dans les échanges de regards et la méconnaissance de l’Amazone quant au symbole.
April embraya immédiatement.
« Bon allez. Le sentimentalisme, c’est pas le délire de la sauvage. »
« Ca m’est uniquement réservé ! » répondit Darren, exagérant sa fierté. Il chariait Lyanna tout en assumant clairement leur relation.
« On a vu ça tout à l’heure ! » contre-attaqua April avec un sourire de requin.
Elle se releva, aidée par Helen, puis fit le deuxième tour du service. La vue de son autre poêle remplie de patates à la farce réjouissait tout le monde. Lyanna avait reposé le panneau en bois, et mangeait comme les autres, se régalant du plat préparé par April. Darren avait raison, cette femme était douée pour cuisiner.

April régala tout le monde.
Elle servit au dessert son gâteau au chocolat que Lyanna avait eu le plaisir de goûter un peu plus tôt. Le militaire discuta joyeusement avec son groupe, laissant paraître son attachement et les habitudes de vies qu’il avait prises avec eux. Pourtant, à chaque fois qu’une pause s’installait, il cherchait le regard de Lyanna pour s’assurer qu’elle ne se sentait pas mise de côté. Leur discussion était reportée en fin de soirée maintenant qu’il y avait tout ce public. Par moment, la guerrière avait un peu de mal à suivre les conversation. Les membres du D4 parlaient de temps en temps de missions qui leur étaient arrivées, et dont elle ignorait tout. Lorsqu’elle se sentait perdue et dépassée, Lyanna prenait instinctivement les plaques autour de son cou, jouant avec sans même sans rendre compte.


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Lyanna

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le Dim 19 Juil - 23:50

Lyanna

Une longue route pour Ishta
Darren & Lyanna

Un peu plus tard, ils se réunirent tous autour du feu de camp pour pouvoir profiter de ce moment. Darren avait beaucoup apprécié d’embrasser Lyanna en public, ce sentiment d’assumer ouvertement sa liaison et qu’elle ne s’en sente pas génée. Sans lui demander son avis, il s’était déplacé pour la recevoir contre lui et reporter ses bras autour d’elle. Il lui servait de coussin devant ce feu et il se délecta de l’étreinte autant de temps que possible. D’abord intriguée par ce que Darren cherchait à faire, sans comprendre où il voulait en venir, Lyanna se retrouva presque entièrement allongée sur son compagnon sur le transat, sa main posée sur son torse, ses jambes allongées contre les siennes. C’était curieux, mais cette étreinte plut beaucoup à la guerrière qui posa sa tête dans le creux de l’épaule du soldat, recherchant la chaleur de son corps. Certes, le feu de camp la réchauffait, mais ce n’était pas aussi efficace que les bras de Darren. Allongée sur ce dernier, Lyanna balaya les alentours des yeux, regardant les autres membres qui s’installaient à leur tour.

Jim trouva là le bon moment pour faire sa surprise. Au cours de la discussion qu’il avait avec Max et April, il engagea sur le sujet de la musique avec cette dernière, lui demandant de façon “innocente” quel était son air préféré.

« Parle de style plutôt. Blues...western... » fit-elle pensive.
Son regard était devenu douloureux. Malgré l’éclat des flammes dans cette nuit profonde, Lyanna pouvait discerner à quel point cet objet de musique lui manquait. Elle était juste en face, de l’autre côté du feu, à côté de Jim. Il n’y avait pas meilleure place pour se rendre compte de ce qu’il se tramait. C’était comme si l’Amazone avait perdu son épée et qu’on lui demandait qu’elle était son enchaînement favori.
Jim se fît un peu plus insistant. April tenta d’éluder mais elle se faisait ramener sur ce terrain.
« Tu remues le couteau dans la plaie, grand père. On ne pourrait pas passer à autre chose ? »
Je trouve simplement que ça manque de musique, surtout devant un feu de camp. »
« Ben va me fouiller ce putain de désert et peut-être que ça changera. » répliqua la jeune femme, un brin agacée.
Elle croisa les bras, presque boudeuse, sans comprendre pourquoi Jim ne comprenait pas qu’elle en soit affectée. Lui d’habitude si poli et diplomate.
Je n’ai pas eu besoin d’aller aussi loin. »

Au début, April ne comprit pas. Elle resta là, les bras croisées, en train de regarder le feu. Mais une petite lueur vacilla dans son regard lorsqu’elle comprit enfin le contenu du message. Elle tourna la tête pour fixer Jim, à côté, qui lui tendait déjà son harmonica disparu. April le réceptionna machinalement d’une main tremblante, ne réalisant pas encore que c’était le sien.
Elle l’observa un instant, son esprit beugua complètement, puis sa bouche s’ouvrit en grand lorsqu’elle accepta la réalité. C’était bel et bien son harmonica.
L’instant d’après, elle le serrait contre son coeur en éclatant en sanglots. Elle détournait un peu le visage, regrettant d’être observée dans ce grand moment de faiblesse. Mais ce n’était pas de la tristesse ni de l’émoi. C’était un immense soulagement, du bonheur, un poids qui quittait enfin ses épaules. Max la rejoignit pour la prendre dans ses bras et la rassurer. Elle le serra bien fort à son tour puis, par suite logique, elle se plaqua dans ceux de Jim en lâchant un profond « Grand fou ! » plein de gratitude.

Le figure patriarcale se mit à sourire, comme un père heureux d’avoir accompli le rêve à peine assumé de son enfant, et il tourna un regard vers Lyanna. Jim la remercia profondément et chaleureusement tandis qu’April restait dans ses bras. Ce moment, elle lui avait offert, elle, l’Amazone la plus endurcie et la plus réfractaire au genre masculin. Lyanna resta silencieuse et immobile, son regard passa rapidement de Jim à April qui était heureuse d’avoir retrouvé cet étrange instrument de musique.
Darren, qui tenait toujours la belle prisonnière de ses bras, termina sa déduction. En comprenant que ce n’était pas lui que Jim regardait comme ça, il devinait enfin que cet harmonica venait du camp Natus. Et que Lyanna n’était pas étrangère au retour de l’instrument de musique.
Le soldat affermit un peu sa prise, la calinant de manière fugace, tandis qu’il lui murmurait à l’oreille :

« Je suis fier de toi. »

Lyanna se contenta simplement de fermer les yeux quelques secondes, en venant se blottir davantage dans les bras de Darren. April ne se contenta que de rares questions. Quand, comment, où. Puis, le regard empreint de joie et de gratitude, elle porta l’instrument à sa bouche.
Elle se mit à jouer. Avec les doigts mais également avec son coeur.
https://www.youtube.com/watch?v=EhgnEBRYfss
« Un air traditionnel, pas si loin de chez nous. » expliqua le soldat, se doutant que Lyanna n’avait jamais entendu une telle mélodie.
Le timbre de sa voix ne laissait pas de doute, ça lui avait beaucoup manqué de ne plus entendre April jouer de son Harmonica. L’équipe l’écouta longuement, Max fit même le pitre en imitant une danse parfaitement puérile sur les airs de son amie.

C’était le bon moment, songeait Darren.
Il ouvrit ses bras et bougea, comme s’il voulait simplement corriger sa position. Mais il prit appui sur ses jambes et quitta le cocon de chaleur qu’il avait formé autour de l’Amazone. Sans comprendre, Lyanna se redressa un peu et le fixa de ses yeux interrogateurs. Le sentir s’éloigner lui donnait froid, et elle n’aimait pas ça. Le militaire planta son regard dans le sien, bien content de l’expression plutôt mécontente de cette dernière. Il commençait à bien anticiper ses réactions maintenant. Elle avait été si bien entre ses bras, à écouter un air qui ne venait pas de chez elle, joué par une femme qui plus est, qu’elle n’aimait pas beaucoup le froid que Darren laissait venir sur elle. Mais en réponse, il lui tendit la main et l’aida à se relever.

Sans dire un mot, il garda cette main prisonnière de la sienne puis l’emmena doucement vers la lisière de la forêt. Il n’avait pas dit au revoir. Il n’était pas non plus parti en catimini. Le couple bougeait sans avoir à rendre de compte. Du coup, personne ne s’inquiéta de leurs départs. Doucement, Darren entraîna sa compagne dans les bois sans rien lui dire. Arrivé en bordure, il la regarda longuement avec son fameux sourire espiègle. Celui qu’il avait toujours lorsqu’il lui préparait une surprise à la façon Darren. Avec de l’inconnu, une pointe d’étrangeté, et également de la confiance aveugle.
Car il sortit une étoffe de sa poche, un vieux bandana, pour masquer sa vue. Il plaça le tissu doucement devant ses yeux, attendant qu’elle accepte cette étrange façon de faire, pour nouer le tout derrière sa tête et l’emmener vers l’inconnu. Lyanna fut d’abord réticente de se retrouver aveugle, les yeux bandés. Elle s’était même crispée lorsque Darren avait noué l’étoffe derrière sa tête. Impuissante, la guerrière se sentait comme une proie, sans savoir pourquoi son compagnon faisait ça. Ce qui ne la rassurait pas. Darren savait que la jeune femme demanderait ce qu’il comptait faire, à quoi ça servait, et il ne répondrait pas. Il se contenterait de la regarder avec ce petit sourire en attendant que sa curiosité et sa confiance finisse par la convaincre. Comme le soldat restait silencieux, Lyanna consentit à se laisser faire, pas très rassurée tout de même.

Darren l’emmena ensuite avec beaucoup de douceur. Elle se rendrait compte qu’il ne prenait pas le chemin de leur tente, même s’il était difficile à percevoir dans la nuit.

« Tu aurais pu choisir la facilité. » débuta le militaire en la guidant, s’enfonçant toujours plus dans les bois en l’attirant dans son sillage. « Mais tu ne l’as pas fait. »
Il sourit.
« Tu aurais pu camper sur tes positions, continuer de refuser l’autorité. De t’estimer dans ton bon droit. Mais tu ne l’as pas fait. »
Darren écarta quelques branchages. Ca descendait de façon un peu abrupt, alors il lui pris les deux mains pour qu’elle ne chute pas. Par moment, son pied s’accrochait à une racine ou un rocher, mais le militaire l’empêchait de tomber.
« Tu as relevé le défi de la hiérarchie. Tu n’as pas tourné le dos à l’adversité. »
Il écarta quelques branches puis aida sa belle à avancer sans se prendre les pieds.
« Et même si tu t’es montrée défaitiste, pleine de doutes et presque désespérée par moments. Tu n’as pas hésité à monter dans ce jumper, en revenir victorieuse. »

Au travers du bâillon de fortune, l’Amazone commençait à discerner des lueurs. Il y avait une source lumineuse dans un plus grand espace.
« Tu es en train de refaire ta vie. D’un désastre, d’un sentiment de solitude, tu deviens plus qu’une guerrière. Tu es maintenant... »
Il la contourna pour se poster dans son dos, appuyant volontairement son menton sur l’une de ses épaules.
« Une femme à part entière. Avec une vie sociale qui se monte progressivement... »
Darren déposa un baiser dans le creux de son cou. Ce qui la fit frissonner. Ne rien voir était frustrant, Lyanna était dans le doute. Elle avait envie de retirer ce bandeau pour voir où elle était. Mais quelque chose en elle l’en empêcha, comme si elle voulait voir ce qui allait se passer malgré ses craintes et ce sentiment de faiblesse d’être privée de la vue.
Les mains de Darren, perdues sur les flancs de Lyanna, remontèrent lentement pour lui ôter son t-shirt.
« Tu es aussi ma compagne, ma femme. »
Il lui retira son vêtement et le laissa tomber sur le sol.
« Tu aimes ce sentiment d’appartenance. Je l’adore aussi. »
Le militaire se pencha ensuite pour la défaire de ses rangers. Il guida ses chevilles avec douceur, lui volant également ses chaussettes. Lyanna termina pied nus sur un sol de terre étonnamment frais et dégagé.
« Même ta jalousie, je l’aime. Ca me prouve tes sentiments. Tout ce que tu apprends à connaitre, que tu expérimentes, sans faire demi-tour... »
Ses mains remontèrent délicatement. Ses doigts entamèrent le bouton et la braguette. A aucun moment Lyanna ne tenta de l’arrêter. Étrangement, avoir les yeux bandés dans cette situation avait quelque chose … d’excitant.
« Sans te refermer, sans m’ignorer. Petit à petit, j’ai perdu cette étiquette de “mâle”...tu n’as plus cette haine en me qualifiant d’exaspérant. Tu as une autre émotion maintenant. »
Son pantalon glissa sur ses chevilles, il l’aida à lever ses pieds pour le retirer.
« Me voilà devenu ton compagnon. Non pas ton “mâle”. Mais ton homme. Une chose que la Lyanna d’autrefois estimait inconcevable. »

Darren se redressa. Et cette fois, toujours avec douceur, il la sépara lentement de ses sous-vêtements. Il accompagnait ses gestes de petites attentions et douceurs, la mettant à nue sans lui retirer ce qui obstruait sa vue. Il cherchait continuellement à la mettre en confiance, jouant beaucoup sur le fait qu’elle ne savait pas ce qu’il faisait d’elle. Lyanna respira profondément, son coeur se mit à battre un peu plus fort. Mais personne n’aurait su dire si c’était à cause de la crainte qu’elle ressentait par cette situation étrange, ou par l’excitation qu’elle commençait peu à peu à ressentir. Cependant, elle était crispée, et eut un peu de mal à se détendre. Le jeune homme l’embrassa une nouvelle fois dans le cou, alla capter ses lèvres, puis ajouta, conscient que cette cécité forcée la stressait :
« Détends-toi, chérie. Tu es avec moi, en sécurité. »
Elle était nue, quelque part dans la forêt, sans savoir réellement où.

Clive lui prit la main et l’attira doucement vers le centre de cette source lumineuse. Il n’y avait pas de chaleur donc ce n’était pas un feu de camp. Ca devait être des lampes. Ses pieds rencontrèrent une matière extrêmement douce et duveteuse. Une couverture à la texture semblable au plaid sur laquelle il l’accompagna pour qu’elle s’y allonge. Sur le ventre.
« Doucement, voilà. Doucement… » conseillait-il en accompagnant son corps pour qu’elle ne s’allonge pas trop brusquement.

Tout en la guidant, il fit en sorte qu’elle croise ses mains sous son visage. Il était à genoux, se pencha à son oreille pour lui demander de ne plus bouger, puis il s’éloigna de quelques pas. En le sentant reculer, n’étant plus près d’elle, Lyanna tendit l’oreille pour essayer de comprendre ce que son compagnon faisait. Ne voyant rien, elle n’avait plus que l’ouïe qui la guidait. Mais les légers sons qu’elle percevait ne l’aidaient pas à y voir plus clair dans les intention du soldat. Darren avait tout préparé à l’avance. Il ne voulait pas qu’elle voit parce qu’il comptait jouer sur l’excitation de cet abandon total. Une confiance “aveugle”. Le militaire revint avec une bande de tissu qu’il déposa sur son derrière pour le dissimuler de la vue.
Même s’ils étaient seuls, et bien que c’était intégré à la coutume d’un bon massage, il le faisait également pour qu’elle se sente en sécurité, que sa nudité soit partiellement dissimulée. Allongée sur le ventre, le derrière finement recouvert. Clive se frotta doucement les mains.

« Tous tes efforts sont récompensés ce soir. Un moment rien qu’à toi. »
Un liquide presque visqueux tomba soudainement dans le creux de ses reins. A ce contact, Lyanna sursauta de surprise, frissonnant à cause du liquide frais qui parcourait sa peau. Darren posa un doigt dessus et remonta lentement la courbe de sa colonne vertébrale. Comme s’il s’agissait d’un simple aperçu annoncé.
« A toi de choisir si tu gardes le bandeau ou pas. Tant que tu apprécies ton cadeau... »
Lyanna voulut retirer le bandeau, maintenant qu’elle avait le choix, afin de voir ce qui se passait autour d’elle. Cependant, elle ne le fit pas. Une part d’elle ressentait davantage de sensations en cet instant, une nouvelle chose à expérimenter. Et sentir simplement les doigts de Darren caresser son dos sans les voir était encore plus excitant. La jeune femme garda le bandeau, son visage posé sur ses mains, immobile. Le liquide tomba une nouvelle fois, entre ses omoplates, suffisamment dense pour s’écouler le long de son dos, ce qui déclencha un nouveau frisson chez la guerrière. Cette fois, le soldat posa une main bien à plat, phalanges écartées, et exerça une douce pression. Simplement ça, sans caresser ni masser, débutant par ce simple contact. L’extrémité de ses doigts s’enfonçaient légérement plus que le reste de sa main, comme pour lui laisser le message. Ce qu’allait lui offrir la détente de ces muscles.
« Ce soir, c’est ta récompense ! » rappela-t-il alors que sa main commençait un va et vient à peine perceptible au centre de son dos.

Sur le coup, Lyanna se crispa un peu. Elle avait déjà eu des massages effectués par ses Soeurs guérisseuses avec des onguents. Mais cette fois ci, c’était un mâle qui le faisait. Son compagnon. Après quelques secondes, la jeune femme commença à se détendre peu à peu. C’était très agréable, elle devait le reconnaître. Cet abandon pourrait être ressenti sous les doigts de Darren, signe que Lyanna appréciait ce qu’il était entrain de lui faire. Et donc qu’elle lui donnait son accord pour qu’il continue.

De son côté, le militaire avait placé les réactions de Lyanna sur le compte de la nouveauté, le manque d’habitude. Le fait qu’elle ne cherche pas à lui échapper l’avait conforté dans sa petite stratégie. Il joua doucement de ses doigts par la pression exercée sur son épiderme puis il longea d’un mouvement lent sa colonne vertébrale. Comme il l’avait fait avec son index. Sauf que maintenant, toute la surface de sa main offrait une douce caresse en étalant le produit jusqu’à la naissance de son derrière.

Un petit sourire coquin sur le visage, Clive se pencha pour observer le visage de Lyanna. La voir s’abandonner entre ses mains et garder le bandeau lui déclencha une petite vague d’excitation à son tour. Il retira sa demie-queue de cheval pour libérer ses cheveux sur un côté puis il s’attaqua doucement à ses épaules. Les omoplates en premier, le moins sensible juste pour lui laisser l’impression que le massage serait sans saveur. Lyanna ne bougea pas, silencieuse, attendant de voir ce qui allait se passer. Et comme l’avait imaginé le militaire, sentir ses mains sur cette zone ne donnait pas de sensations spéciales à la jeune femme. Celle ci était encore loin de se douter que c’était le plan de son compagnon. La laisser sur sa faim, presque la frustrer, avant de lui prodiguer un massage plus intense et efficace.

Toujours fourbe, toujours calculateur. Il leva une jambe et se plaça à califourchon sur les fesses de sa compagne. Pas de gestes brusques. Ce qui prit Lyanna par surprise, qui s’imaginait déjà que le soldat voulait dévier du massage. Elle se raidit, et commença déjà à prendre appui sur ses avants bras pour se redresser. Mais en sentant qu’elle se crispait un peu, craignant probablement qu’il veuille transformer ce petit moment en un autre genre d’aventure, Darren posa ses deux mains à plat sur ses omoplates. Il l’empêcha de se redresser de cette manière. Lyanna n’eut pas d’autre choix que de se rallonger dans sa position initiale. Elle ne savait pas ce que voulait faire le militaire. Mais elle ne fit rien pour l’empêcher de réaliser ce qu’il avait en tête. Et Darren débuta de petites rotations qui allaient très rapidement la rassurer.

Il y avait un temps pour les galipettes et un temps pour les douceurs de ce genre. Ce soir, il s’occupait d’elle. Exclusivement. La reprise du massage rassura la guerrière qui se détendit à nouveau. Darren avait commencé à la masser, il n’allait pas s’arrêter en la laissant sur sa faim.

« Tu vas bientôt sentir une chaleur intense et très étrange. » lui murmura-t-il. « Laisse toi envahir... »

"Une chaleur intense ?" demanda la guerrière, inquiète, ne comprenant pas pourquoi Darren parlait d’une chaleur soudaine.
Mais il ne lui répondit pas.

Et enfin, l’air de rien, les deux mains du soldat progressèrent jusqu’à ses épaules qu’il pressa très délicatement. Il les pinça même un peu, au niveau des trapèzes, non loin de la jonction du cou. Il étala lentement le produit et la massa dans un même rythme, jouant de ses pouces par petites rotations. Il cibla le sillon qui se formait à cet endroit, l’exploita par des douceurs, pour la faire frissonner. Comme indicateur, il fixa ses avant bras pour voir si elle avait la chair de poule. Comme l’avait prédit Darren, Lyanna commença à ressentir une chaleur émanant de sa peau après le passage des mains du militaire, là où il appuyait, palpait, pressait tantôt doucement, tantôt avec plus de force sur ses muscles. Le massage était maintenant plus rythmé qu’au début, plus intense, produisant plus d’effet. Et même si au début, c’était assez douloureux quand on n’avait pas l’habitude, le bien être prenait généralement rapidement le relai car c’était agréable. Un bon massage faisait toujours du bien. Lyanna ne pouvait s’empêcher de se raidir, comme sur la défensive même si chaque geste du soldat lui procurait des frissons.

« Détends toi... » lui souffla-t-il à l’oreille d’une voix langoureuse et enivrante. Ce qu’il disait n’avait aucune d’importance. Ce contenu était même une excuse. Le soldat voulait surtout qu’elle perde tout contrôle de son corps et qu’elle reste là, allongée, en n’ayant rien d’autre à faire que d’apprécier ces caresses. Il employait la douceur de sa voix, de son souffle, pour l'hypnotiser. S’assurer qu’elle lâchait prise. Peu à peu, Lyanna se détendit, ses muscles devinrent plus souples sous les doigts du militaire. Et cette chaleur était une agréable sensation. Si elle s’écoutait, elle s’endormirait sur le champ tellement ça lui faisait du bien.

Darren fit couler une fois de plus un peu d’huile et il s’attaqua plus activement à son dos cette fois. Aucune brusquerie. Mais des mouvements plus amples et étalés qui parcouraient l’ensemble de son dos, de ses flancs, ses hanches.. Une chorégraphie bien définie dans sa tête cumulait de grands va et vient, des ronds plus ou moins grand, des pressions un peu plus forte exercée avec le pouce. Mais surtout, il suivait l’axe d’un muscle tantôt dans le bon sens, tantôt à contre courant.

Grâce à l’huile de massage, ce contact devenait tout à fait agréable et son épiderme ne s’irritait pas. Darren pouvait l’explorer de ses mains et la caresser longuement sans qu’elle ne ressente autre chose que des frissons, du plaisir.
Il s’occupa longuement de son dos pour que la chaleur l’envahisse entièrement. A chaque fois qu’elle aurait pu craindre qu’il s’arrête, Darren changeait simplement de rythme et de figure géométrique. Il essayait de déterminer, par les rares réactions de Lyanna, ce qu’elle préférait le plus. Histoire de lui offrir davantage de ces gestes là.

Ils avaient le temps. Ils avaient toute leur soirée !

Avec beaucoup de précaution, il progressa puis empoigna sa nuque à deux mains. Ce qui aurait pu la laisser croire à un étranglement à l’envers. Sous le bandeau, on aurait pu facilement distinguer le froncement de sourcils de Lyanna qui s’apprêtait à dire quelque chose, ne comprenait pas pour quelle raison Darren empoignait sa nuque de cette façon. Mais avant qu’elle ne puisse craindre quoique ce soit, les deux pouces du militaire se rejoignirent au centre de sa nuque et il commença de délicates pressions. Avançant un pouce quand l’autre se retirait. Mordant jusqu’à sa chevelure.
Ses autres phalanges autour de son cou se contentaient de palpations, de petites pressions guillerettes, se voulant des actes de tendresse. Il n’y avait rien de dangereux. Lyanna se détendit rapidement, elle se laissa aller, et poussa même un soupir d’aise à travers ses lèvres scellées.

« Je ne te fais pas mal ? » murmura Darren, comme s’il ne voulait pas réveiller la “conscience” endormie de Lyanna.

"Non ..." murmura le jeune femme en secouant doucement la tête. "Continue ..."

Darren s’éxécuta silencieusement.
Il poursuivit son massage au niveau de la nuque avec beaucoup de douceur, la trouvant au début très raide. Puis à mesure qu’il massait et que Lyanna se détendait, il sentit même ses vertèbres grincer doucement. Comme si elles se décoinçaient après avoir subi trop de stress et de mauvais efforts. Le soldat s’appliqua avec pour seul but le plaisir qu’en tirait son Amazone. Les massages prodigués par ses soeurs pour la soigner, c’était une chose. Ceux d’Abelle en tant que servante en était une autre. Mais un massage offert par son compagnon se devait d’être le meilleur. Clairement, Darren cherchait à mettre la barre très haut, pour gagner la place au podium et que sa belle brune n’aie envie de ses futurs massages qu’après d’une seule personne : lui.

Tout en s’exerçant, Darren répétait des gestes et des caresses “presque stratégique” qui avaient marché par le passé auprès de ses anciennes conquêtes. Non pas qu’il était passé maître en cet art ou qu’il servait ce genre de soirée à toutes les filles qu’il croisait.
Darren employait son expérience pour lui créé une soirée mémorable.

Le soldat redescendit. Nouvelle étape sur toute la surface de son dos en n’épargnant aucune parcelle d’épiderme. Notamment en passant lentement sur ses flancs en évitant de la chatouiller. Tel un général qui se penchait sur son plan de bataille, il se recula doucement pour s’ouvrir de nouveau théâtre d’opération. Il n’était plus assis sur la belle brune maintenant, il venait de se retirer en arrière pour accéder à ses jambes. Il se versa doucement du produit dans les mains, suspendit un mince filet, presque du goutte à goutte, qui perla sur l’arrière de ses cuisses. Et puis, après s’être légérement penché, il posa ses deux mains en épousant la forme de sa cuisse droite. Darren la parcourut sur toute la longueur d’un geste simple et continu. Il redescendit, puis revint lentement, comme le ressac de la mer, quasiment au même rythme.

Parfois, il s’arrêtait au milieu, comme s’il s’arrêtait sur des frontières anatomiques. Les légers sillons, très discret, de ses cuisses passaient entre ses phalanges. Petits jeux de pressions et de délicates caresses, elle le sentait presque jouer avec son corps. Et toujours pour la détendre. Pour qu’il puisse accéder sur les côtés, il l’avait légèrement guidé pour qu’elle écarte subtilement les jambes. Tout juste assez pour masser les côtés de ses cuisses de ses deux mains.
Le corps de la jeune femme chauffait de manière plus étendue à mesure qu’il progressait sur ses jambes, tantôt l’une, tantôt l’autre, puis les deux.
Quand il remontait, l’extrémité de ses doigts s’égaraient accidentellement à la limite du tissu qui recouvrait son derrière, comme une aguicheuse provocation tactile.

Avant d’entreprendre l’exploration de ses pieds, il reprit à nouveau de l’huile de massage. D’une main, il maintenait le morceau de tissu qui dissimulait son derrière pour qu’il ne tombe pas. Mais de l’autre, Darren s’aventura lentement en-dessous. Il veilla à ce que son geste ne soit pas directement intrusif. C’était une caresse très intime qu’il voulait sans attention orientée, étalant l’huile sur la surface de ses callipyges avec une douceur infinie. Darren ne voulait qu’elle ne perçoive pas ça comme une avance mal placée. C’est pour ça qu’il ne s’attarda pas plus. Dès que cette partie intime était traitée, il retira sa main puis ajusta de nouveau le drap avant de redescendre.

Ses pieds maintenant.
Outils les plus important d’un militaire pour se déplacer et combattre. Mais pourtant les grandes oubliées des soins qu’elles mériteraient. Le soldat commença par retirer les quelques morceau de terre et fragment d’herbe sur la plante de ses pieds. Puis il commença par explorer le voûte, masser son articulation en exploitant le creux de ses pouces. Il joua beaucoup plus de ses doigts cette fois. Le plat de ses mains ne permettaient pas le petit travail de précision qu’il opéra consciencieusement. Dès le premier contact des doigts du soldat sur sa voûte plantaire, Lyanna eut un petit réflexe, un sursaut car elle était plutôt chatouilleuse à cet endroit. Il fallut pas mal de patience pour que cette sensation cesse, afin de profiter pleinement du massage. Darren ne laissa rien au hasard, lui tirant même un peu les orteils. Enfin, il termina par ses mollets.

« Tu veux que je revienne sur un endroit ? » lui demanda-t-il, toujours en chuchotant.

Lyanna redressa légèrement la tête, les yeux toujours bandés, privés de la vue. En réalité, la voix de Darren venait de la réveiller. Le massage était tellement agréable que la guerrière avait failli s’endormir, se sentant apaisée. Elle mit quelques secondes à essayer de comprendre ce que le soldat venait de lui demander, avant de se mordre doucement la lèvre.

"Les épaules et le bas de la nuque. Ca m’a fait beaucoup de bien quand tu massais cette zone".
« Ok. »

Darren se replaça à califourchon au-dessus d’elle, avec douceur, avant d’assurer sa position.
Il profita largement de la situation pour s’approcher et se contorsionner. L’Amazone pouvait l’entendre s’approcher mais pas le voir. De son point de vue, elle ne pouvait pas se rendre compte qu’il s’arrangeait pour la surprendre.
« Tu n’es pas la seule à adorer ça. » murmura-t-il malicieusement à son oreille.
A peine avait-il répondu qu’il capta son menton et attira son visage vers l’arrière. Il la contraignit doucement à se cambrer au maximum. A s’arcbouter. Ce qu’elle fit docilement, prenant appui sur ses avants bras, et penchant la tête en arrière. Elle prenait alors aux yeux de Darren une position plus sauvage et bestiale, comme une tigresse magnifique qui acceptait la domination et se redressait pour accepter ses lèvres dans une contrainte coquine. Le soldat l’embrassa longuement et langoureusement, parfois entrecoupés de petits baisers plus courts. Le bandeau dissimulait son regard mais il était prêt à parier qu’elle le fixait intensément malgré l’entrave. Il en retira beaucoup de plaisir. C’était dans des moments comme celui-là qu’il se rappelait combien la vie était surprenante.
Lui et Lyanna, dans cette forêt, dans ce moment : il n’y aurait jamais cru.

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Darren Clive

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le Sam 1 Aoû - 13:12

Darren Clive

Une longue route pour Ishta
Darren & Lyanna

Darren posa ensuite une main sur son dos et la repoussa doucement jusqu’au sol, l’y écrasant par le seul poids du contrôle qu’il exerçait sur elle pour qu’elle se rallonge. Il reprit le massage de sa nuque et de ses épaules, comme elle le lui avait demandé, en lui donnant autant de sentiments que de passion au travers de ses mains. Il ne se lassait pas de ce moment mêlant la détente à la sensualité. L’occasion de tendresse et d’attention à sens unique, pour elle. Il la sentait se détendre, il l’entendait parfois pousser des gémissements décontractés, presque sereins.
Il pensa même qu’elle s’était endormie au bout d’un moment.

« Maintenant...retourne toi lentement. Sur le dos... »
Il préparait deux étoffes pour dissimuler sa poitrine et son intimité.

Lyanna obtempéra, et se tourna pour s’allonger sur le dos. Elle plaça ses bras le long du corps, tandis que Darren plaçait les morceaux de tissu sur sa poitrine et sa féminité.
Doucement, il contourna la jeune femme et s’installa en tailleur, cernant le visage de la belle entre ses jambes. D’un petit coup de main agile, il vérifia qu’elle n’avait pas de cheveux qui trainait sur le visage puis il ajusta le bandeau. Lyanna fronça les sourcils malgré le bandeau en sentant les cuisses de son compagnon autour de son visage, mais elle ne dit rien. L’art du massage terrien lui était inconnu, elle ignorait si les Atlantes massaient l’avant du corps de cette manière.

Les doigts du soldat chargés d’huile de massage s’aventurèrent d’abords sur la surface de son cou. Il caressa et massa doucement son épiderme, progressant sur son menton et faisant des petits ronds de ses pouces. Depuis sa position, il admirait ce visage que l’amour avait bénéfiquement transformé. Ses phalanges frôlèrent ces lèvres qu’il adorait goûter. Survolèrent ce nez fin qu’il voyait se dilater quand elle était sur le point d’éclater de colère. Chaque trait de son visage faisait l’objet d’une exploration détaillée. Même ses oreilles eurent le droit à un petit moment de douceurs. Darren aurait aimé retirer lui-même ce bandeau pour plonger dans la profondeur de ce regard envoûtant.
Lyanna, son ange et son démon. Qui découvrait la vie sentimentale et jouait même de ses charmes sans vraiment le vouloir. C’était inconscient et diablement excitant de l’avoir, là, à sa merci. Mais le soldat se retenait.

Il déploya un peu plus ses doigts et la surface de ses mains pour progresser sur son corps. Les épaules, face avant, et venant faire des petites excursions au centre de sa poitrine. Le sternum, nouveau refuge de ses plaques militaires. Lyanna sentit les mains de Darren explorer le haut de son corps, passant de ses épaules à la naissance de sa poitrine dissimulée sous le tissu. Elle resta immobile, se sentant bien, et l’espace d’un instant, elle mordit discrètement sa lèvres. Les gestes du soldat étaient agréables, il fallait l’avouer, et ils ne la laissaient pas indifférente bien que ce n’était pas le but.

La petite danse dura un long moment.
Il n’épargnait pas la moindre parcelle de son épiderme. S’occupant de ses épaules, ses bras, ses phalanges, son ventre. Il se déplaçait régulièrement tout autour d’elle jusqu’à être certain qu’elle soit entièrement recouverte. Dans ce même but, Darren n’évita pas sa généreuse poitrine, y glissant finalement les mains par dessous le tissu qui la dissimulait. Il recouvrit entièrement ses seins, sans complexe, qu’il caressa doucement. Comme une intrusion assumée mais sans intentions orientées. Il les chouchouta comme pour le reste de son corps. Et une fois qu’ils étaient couvert de l’huile, le soldat perdit de l’altitude pour se charger de ses jambes.
Il soulevait doucement l’une d’elle, faisant reposer le talon sur son épaule, pour courir de ses doigts chacun de ses muscles comme un musicien l’aurait fait sur une harpe.
Son côté taquin le rattrapa rapidement. Un petit sourire aux lèvres, l’une de ses caresses devint une chatouille fugitive qui la contracta sous le coup de la surprise.
Darren ricana doucement avant de reprendre son massage.

Comme à son habitude, il ne se montra pas ingrat en caresses et en petites attentions. Il scella la fin du massage en flirtant doucement sur son intimité. S’en occupant également par des gestes tendres mais qui ne cherchaient pas à allumer la flamme. Du moins, pas intentionnellement. La chaleur de l’huile de massage la recouvrait alors intégralement, rien n’avait été abandonné à cette sensation agréable. Le jeune homme se pencha à son oreille pour lui demander, dans un murmure, où est-ce qu’elle souhaitait qu’il insiste. Puis il lui donna du rab, aussi longtemps qu’elle souhaitait, jusqu’à se rendre compte qu’elle s’était complètement endormie.

Clive aurait voulu terminer cette soirée romantique par un baiser langoureux. Recevoir son avis. Il voulait avoir son retour pour mieux cibler ses préférences pour la prochaine fois. Mais sa belle Amazone semblait si sereine, ensommeillée, le bandeau toujours sur les yeux, qu’il préféra simplement la protéger d’une couverture.
Il s’allongea à ses côtés, l’accueillant le plus doucement possible contre lui en évitant de la réveiller, et il l'observa un peu. De son regard d’amoureux, il la trouvait magnifique et se déléctait de sa silhouette, de ses courbes forgées par des décennies d’entrainements. Il se revoyait encore, la dominant lorsqu’elle était agenouillée dans l’eau. Darren prenait plaisir à se remémorer ce moment, ces sensations, les cris de sa sauvage. Ses tremblements de plaisir perçus à travers sa virilité. Lui faisant dire de sa bouche qu’elle lui appartenait. Sacré trophée, pouvait-il se targuer d’une réflexion quelque peu machiste.

Une fois ce souvenir entièrement rediffusé dans son esprit, il erra sur ce qu’il aimait chez elle. Ce qu’on appelait les “petits trucs”. Lorsqu’elle faisait sa tête de mule, sa façon de lever la tête pour le regarder avec son air boudeur, s’élevant sur ses pieds pour essayer d’être plus haute.
La façon qu’elle avait d’accepter ses gestes tendres, son contact, ses caresses. De sourire doucement lorsqu’elle croisait son regard. De se déparer de son allure de bourrin pour explorer la femme séduisante qui se cachait en dessous. Ce tic de se mordiller la lèvre sans arrêt pour tout et pour rien.
D’avoir le courage de la curiosité, de l’expérimentation.

Elle n’était plus qu’une guerrière destinée à tabasser à tout va. Elle se découvrait en femme. Sa femme. Bon sang, ce que c’était plaisant...

Le sommeil le prit rapidement en traître lui aussi. Le bien être était contagieux. Lyanna semblait avoir passé un excellent moment. Il était satisfait d’avoir pu lui faire connaître cette soirée d’intimité, de sensualité, sans forcément dériver sur les câlins. Et donc, il se sentait tout aussi bien.

Le but, bien évidemment, consistait à lui donner envie d’en vouloir plus.
Ca ferait un bon moyen de pression. Des massages nocturne si elle était sage !
Fourbe, son surnom était plutôt bien choisi en fin de compte…

Lendemain matin, six heures et des brouettes.
Lyanna fut la première à se lever, comme à son habitude. Après avoir émergé, se sentant bien dans les bras de Darren, la jeune femme retira le bandeau et resta quelques secondes immobile pour profiter du corps de son amant. Puis, elle finit par se lever, se rendant compte qu’elle s’était tout simplement endormie au milieu des bois, pendant cet agréable massage. Il faisait un peu frais, et en frissonnant, la guerrière s’habilla rapidement, en silence pour ne pas réveiller le militaire. Elle finit par réfléchir à ce qu’elle allait faire, car il était encore tôt. Et ce jour était important car les volontaires allaient arriver.

La jeune femme soupira à cette idée, ne voulant pas aller tout de suite au camp pour prendre une douche. Elle s’éloigna de quelques pas, voulant éviter de réveiller Darren en s’enfonçant un peu dans la forêt. Puis, elle finit par s’arrêter et commença à s’étirer. Le massage du soldat était vraiment efficace, ses muscles sollicités étaient détendus pour l’instant, il ne lui fallut pas longtemps pour être complètement étirée.

Au même moment, ce fut au tour de Darren d’émerger des bras de Morphée. Les douleurs le réveillèrent. Ce qu’avait dit Helen Ridding le concernant commençait à prendre forme. En refusant de se ménager, le soldat encaissait l’addition et cela le surpris. Il pensait pouvoir y échapper, se rendant coupable du même tempérament suicidaire que Lyanna quand elle refusait de se reposer.
Les mains plaquées sur son flanc, là où la balle était passée, Clive soupira en se redressant. Le côté du lit de fortune était vide, les draps repoussés dans sa direction. Il capta le bandeau entre ses doigts, regrettant étrangement qu’il ne soit plus sur le visage de sa tendre amante.

« Lyanna ? » l’appela-t-il, légèrement inquiet.

Est-ce qu’elle était repartie directement au camp en le laissant ici ?
Elle voulait le laisser se reposer ?


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