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Bicycle Road Rage

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Chenoa Penikett

Image perso : Bicycle Road Rage - Page 2 7foc
√ Arrivée le : 13/06/2018
√ Nationalité : Américaine

√ Gène : ATA
√ Messages : 179
√ Localisation : Entre le Dédale & Atlantis

le Lun 14 Déc - 9:46

Chenoa Penikett
Timber & Cross
Du 04 au 25.02
2020
Bicycle Road Rage

Partie Monster Trucks

Le temps que Chenoa se prépare, le jeune homme avait quitté la chambre. Il passait un coup de fil depuis le téléphone du comptoir, l’ayant emprunté à la vieille mégère. Sur le dernier point de chute, une petite ville, il cherchait à savoir si Bradford avait bien reçu son message. Etant donné qu’il n’avait visiblement aucune ligne et qu’il restait bien à l’écart de la civilisation, Greer avait tenté de faire transiter un pli pour l’avertir de son arrivée. Mais il fallait croire que le messager avait bouffé la commission ou qu’il s’était fait écorché vif par les indiens du coin : il était sans nouvelles.

Passablement agacé sur le moment, il croisa son exutoire et lui offrit un sourire moqueur. Rien de mieux qu’emmerder Timber sur le temps passé dans la salle de bain, la rengaine sexiste habituelle sur les femmes, pour se remettre en forme. Retourner si vite sur la selle de sa moto le fît souffrir et il ne put le dissimuler cette fois. C’était une passion agréable mais ça commençait vraiment à lui tirer dessus. Trop en peu de temps…
Scott serra les dents et guida Chenoa tranquillement sans faire le fou. Il voyagea à vitesse normale, prenant son temps, et se réajustant sans arrêt sur sa selle.
Une fois rendu au bon endroit, le copilote gara son engin à côté des autres motos puis gagna le flux de la foule qui se compressait devant les agents de sécurité comme du bétail. C’était noir de monde. Toute la ville était en train de converger sur ces énormes gradins, très étendus, qui cernaient une arène de terre battue.

Une bonne odeur de saucisses et de merguez cuites au feu de bois capta son attention. Ils venaient tout juste de franchir la sécurité, les billets vérifiés, et ils allaient passer dans les gradins lorsqu’il fit brusquement volte-face. Scott agrippa sans ménagement l’avant bras de Chenoa pour qu’elle ne se fasse pas embarquer par le mouvement de foule et l’attira à sa suite jusqu’à la caravane déjà assiégée du vendeur. Greer joua des coudes et des épaules, prenant même parfois les airs du type dangereux qui ne fallait pas faire chier, et trouva une bonne position pour passer commande.

Après tout ce voyage, il savait que son amie crevait la dalle. Quant à lui, il ajoutait en plus le fait que la bonne vieille barquette frites de la Terre ne lui avait jamais autant manqué. Il se fit un bon stock de munition en se prenant un pack de bières et quelques barquettes de frites saucisses. Pour ce soir, il laissait de côté le pitre. Donc la commande de Chenoa s’ajouta à la sienne puis il régla le tout. Timber s’était chargée de la chambre. Lui ce serait la soirée Monster Truck. Forcément, la pilote dû l’aider à transporter toute la bouffe en se lançant en quête d’une bonne place.
Étonnamment, et parce qu’ils étaient arrivés assez tôt, ça ne fût pas si compliqué. L’attente aurait dû être interminable. Mais finalement, en comprenant que Timber n’avait jamais participé à ce genre d’attraction, il grignota tranquillement son repas tout en lui faisant un cours sur le principe du Monster Truck. Les obstacles bien corsés qu’ils allaient devoir franchir, le duel entre deux véhicules pour savoir lequel serait le plus solide.

Il évita soigneusement les détails les plus croustillants pour lui laisser le loisir de les découvrir. La vie était vraiment bizarre par moment...il se faisait une soirée Monster Trucks avec sa collègue de boulot, comme une bonne pote, qui s’avérait être celle qu’il avait blessé par le passé. Et c’était sans compter ce qu’elle représentait par sa nature même.
Pourtant, il déconnait avec elle, elle était plutôt réceptive. Pas d’embrouilles pour l’instant, elle l’avait suivi même avoir appris qui avait conçu cette fameuse photographie. A un moment où son regard s’était perdu dans le vague, il prit une gorgée de bière en se demandant jusqu’où allait l’emmener sa quête de rédemption.

« C’est quand même dingue que t’es jamais allée voir des trucs comme ça. » Nota Scott en entamant tranquillement sa deuxième barquette. « Qu’est-ce que tu foutais de tout ton temps libre à part bosser et fumer de l’herbe ? »

« J’apprenais à me chervir des obchets qui avaient sous le canap’ hé. », rétorqua-t-elle la bouche pleine en haussant des épaules, non sans rigoler ensuite grassement une fois qu’elle eut déglutie son morceau de merguez et de pain.
« Et après tu t’plains de ton surnom d’étudiante ?!? » lui balança-t-il tout aussi gratuitement. Il croisa son regard, avec un reste de moutarde sur le coin de la goule, et la provoca clairement du regard.
« T’as cherché ! »
« Tu marques un point. », observa-t-elle en haussant des épaules. Elle reporta son regard sur la scène, guettant du coin de l’oeil qu’il fasse de même, et d’ajouter : « Hey Scott tu sais quoi ?»
« Quoi ? Tu m’as trouvé une meuf encore plus moche que la dernière ?!? »
« Nan. T’as de la moutarde sur la gueule. ». Et elle lui écrasa un morceau de pain avec de la moutarde sur le pif. Et d’ajouter en éclatant de rire : « T’as cherché ! »
Sur le moment, Greer se recula, le visage rougi de colère alors que le morceau de pain était resté collé sur sa tronche. Mais il se marra finalement avec elle et secoua la tête.
« Tant que c’est de la moutarde, moi ça me rassure. Putain...là...t’imagines même pas la guerre qui t’attends ! Tu vas me le payer. »
Il retira les souillures avec la minuscule serviette déjà tachée du gras des frites. Mais avant d’en retirer le plus gros, il sauta brutalement sur Timber et écrasa sa joue contre la sienne.
« T’as de la moutarde sur la gueule !!! »
Elle le sentait arriver, mais il ne se contenta pas de répliquer avec son sandwich, il lui sauta carrément dessus. C’était petit joueur, et elle faillit renverser toute la nourriture qu’elle avait ramené.
Pour le coup, elle avait décidé de faire la grosse et de manger gras, aussi quand Scott avait commencé à commander comme un sac, elle avait suivi le mouvement, et ils n’étaient pas trop de leur quatre mains pour embarquer toute cette nourriture jusqu’à leur place.
« T’es un connard Cross ! », gueula-t-elle en s’écartant, faussement en colère surtout qu’elle se marrait à moitié. Forcément, elle avait bousculé le mec à sa droite. Elle s’excusa d’un désolé innocent en accusant le copilote de ne pas savoir se tenir, avant de reporter son attention sur la “scène” et sur les gradins, laissant ses yeux flotter distraitement.
« Mais bien sûr que je suis un connard. Le jour où je serais un mec cool, je t’autorise à me buter ! »
« Pffff tête de cul. », répliqua-t-elle, avant de reprendre : « Et pour répondre à ta question, j’avais pas vraiment le fric pour aller à ce genre de truc, et franchement, je préférai largement aller à un meeting aérien plutôt que de voir des gros bonhommes s’amuser avec des grosses voitures à gros pneus pour compenser leur petite bite. ». Elle afficha un sourire entendu à Cross, alors qu’elle avait reprit son calme et qu’elle s’essuyait la joue.

La définition du Monster Truck par Penikett, c’était pas mal, et elle allait certainement vexer quelques puristes. D’ailleurs, elle s’attira quelques regards en coin, pas franchement amicaux, mais personne n’osa lui faire de réflexion ou n’osa la prendre à partie. Elle ne remarqua rien de toute façon, et elle mordit de nouveau avec appétit dans son sandwich pain beurre merguez, la base.
Cross éclata de rire. Il adorait son franc parlé et cette acidité. C’est bien pour ça qu’il passait son temps à l’emmerder. Même quand il était la cible de sa colère, c’était du régal. Il répondit :
« T’as l’air d’en savoir long sur eux...d’ailleurs, y’en a deux trois qui t’verrais bien empalée dans leurs grosses “voitures”. Guette à droite ! »
Forcément, Chenoa se méfia. Elle avait quand même pris l’initiative de lui éclater un sandwich dans la tronche. « Bien sûr, si je regarde à droite tu vas m’entarter ! », se défendit-elle.
« Avec quoi ? Je vais pas gâcher ma propre bouffe sur une gueule d’emplumée !! »
« M’ouais. J’ai pris ma douche moi, alors ... », menaça-t-elle en tournant légèrement le regard, le bras près à se détendre pour contrer une attaque en fourbe tandis qu’elle jetait un coup d’oeil à droite.
Forcément, Scott feinta le geste pour lui faire peur mais rien ne vola vers sa figure. Effectivement, quelques regards tombaient régulièrement sur la jeune femme.

La partie de Monster Trucks fût tout de même assez impressionnante par moment, surtout lorsque l’annonceur déclara que la fin de la soirée se terminerait sur un tournoi de casse. Le but ? Une quinzaine de bagnoles bidouillées spécialement pour cette occasion s’alignaient en cercle dans l'arène. Et au signal, tout ce beau monde jouait à l’auto-tamponneuse version grand luxe. Des tapés du ciboulots qui se fonçaient dessus, jusqu’à ne plus avoir le moindre morceaux de taule et terminer en panne, la gueule à l’envers. Il y eût des accidents spectaculaire ponctué par les cris du public. Scott ne s’était pas retenu, il sifflait fort dès qu’il le pouvait et commentait certaines des actions.
Chenoa n’était pas en reste. Elle avait clairement pris parti pour un concurrent et elle gueulait au moins aussi fort que les spectateurs autour d’eux, histoire de l’encourager ou d’insulter celui qui s’en prenait à lui. Forcément, elle avait parié sur le mauvais cheval et ce dernier termina sur le flanc, échoué comme une merde sur un autre concurrent. Un terrain idéal pour que Scott l’emmerde davantage en lui disant qu’elle avait du nez pour flairer les perdants.

A la fin, il ressortit calmement dans la marée humaine le coeur léger. Il était heureux d’avoir pu se détendre dans un événement de ce genre, qui ne verrait jamais le jour sur Pégase. Assoiffé, il fit un détour vers le stand qui s’occupait de la seconde vague et commanda une bière. Il y ajouta une barbapapa qu’il tendit à son amie.
« Vu que t’es une emplumée ignarde, faut tu saches que la meuf se barre pas sans ça ! »
« Ah ouais ? Tant mieux parce que j’aime bien ça. », répliqua-t-elle en tendant le bras pour s’en saisir, tout en faisant gaffe de ne pas la prendre dans le nez, ce qui serait un désastre pour ses cheveux tout ce sucre collé.
Scott était dans un autre état d’esprit, surement le moment de flottement qui suivait ce loisir et le spectacle qui lui en avait mis plein les yeux. Il s’installa sur sa moto le temps qu’il siffle sa bière, discutant et commentant le dernier match avec Timber. Il se disait que ce serait pas mal de trouver un moyen de faire des trucs dans le genre avec l’escadrille, voyant parfaitement Apollo s’encastrer violemment dans Pied-de-Biche sans faire un pli. Ou un crépage de chignon “motorisé” en règle entre Blue et Vénus.
Une fois la barbapapa enterrée et la bière terminée, le copilote attendit le signal pour faire le retour vers un sommeil bien mérité.


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DC : Erin Steele ; Pedge Allen ; Warren Butler

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Scott Greer

√ Arrivée le : 13/06/2018
√ Date de naissance : 12/10/1988
√ Age : 32
√ Messages : 106
√ Localisation : Sur le Dédale

le Sam 19 Déc - 14:38

Scott Greer
Timber & Cross
Du 04 au 25.02
2020
Bicycle Road Rage

Le retour se fit calmement.
Scott retourna avec son amie jusqu’au motel et ignora les clins d’oeil de la mégère pleins de sous-entendu. Quand il entra dans la chambre, il s’empressa d’aller en premier aux toilettes comme un royal connard, sachant pertinemment que les femmes avaient tendance à avoir sacrément envie au retour de ce genre de soirée. Il s’offrit même le luxe d’ouvrir les robinets du lavabo à fond pour qu’elle entende bien l’eau couler, et la torturer, plutôt que de dissimuler les gazs d’une digestion en pleine action. Encore un autre cadeau bien bas.

Il était tard. Et malgré le bon moment passé à mater des bagnoles s’encastrer, Scott sentait qu’il avait les yeux piquants. Ca allait être rude le lendemain vu qu’ils devaient partir encore plus tôt. Ce fût à son tour d’aller prendre une douche. Il en ressortit brusquement dans son froc, les cheveux encore humide, la serviette sur les épaules. Il râlait dans sa barbe tout en faisant de grandes enjambées.
« J’suis trop con. J’ai oublié le pyj dans la moto, putain ! » S’énerva-t-il en quittant la chambre en coup de vent. Quand il revint, il trouva le moyen de perdre la serviette en chemin. Son dos dévoila à la lumière de la pièce quatre cercles cicatriciels dont la couleur jurait fatalement sur son teint habituel. Des cicatrices qui gueulaient un énorme “plaie par balle”. Que ce soit par pudeur mais aussi parce qu’il savait que ça allait sauter aux yeux de quelqu’un d’aussi curieux que l’indienne, Scott se pencha pour récupérer sa serviette et se sauva dans la salle de bain sans dire un mot de plus.

Il en ressortit un peu plus tard, comme si de rien n’était.
Son regard se posa sur le lit complètement vide, ce qui l’étonna. Il bifurqua pour découvrir l’emplumée allongée sur le fameux canapé. Ca lui fit ouvrir de grands yeux et il éclata de rire.
« C’est un appel au crime là ! »

Chenoa était fatiguée, du trajet et de la soirée. Pourtant, elle restait de bonne composition et encore encline à ne pas se laisser emmerder gratuitement. Néanmoins, maintenant qu’elle était allongée dans le canap, elle comptait bien se laisser aller vers un sommeil réparateur, et elle sentait les prémices des caresses de Morphée. Enfin…. De Coyote déguisé en Morphée, cela allait de soi.
« J’dispute pas la place la plus confortable à Don Corleone. », répliqua-t-elle en s’ajustant pour faire rentrer ses grandes jambes dans la longueur, la tête bien calée sur un oreiller. Petite référence à ce qu’elle avait vu dans son dos.
Elle le prenait pour un mafiosi ?
C’était un compliment non ?

Scott était bien tenté de déconné sur le sujet. Mais à vrai dire, il était tout aussi crevé et il n’avait pas du tout l’intention de prendre des gants. Le copilote fixa son amie à moitié “empaquetée” dans son canapé couvert de fluides moisis et secoua la tête.

« Tu comptes vraiment dormir sur ce truc dégueulasse qui fait un tiers de ta taille ? » Elle opina du chef pour confirmer que “oui”.
Scott haussa des épaules en se dirigeant vers le lit.
« Quand t’en auras marre de te péter le dos avec la route qui t’attends demain, y’a une place de libre dans le pieu. Je te rassure, ton cul risque rien. » S’exclama-t-il en s’installant. « Juste tes grandes cannes si tu me fais chier avec, je te les casse. A toi de voir si tu prends le risque... »
Et il s’allongea en soupirant d’aise. Du sommeil, enfin…
« On va galérer demain... »
« Ouaip, pour ça que j’prends pas le risque, je préfère avoir mes deux jambes pour rouler demain. », répondit-elle en fixant le plafond.
« T’as pas éteint la lumière. », rajouta-t-elle, ayant remarqué que l'interrupteur n’était pas près du lit.
« Putain !!! » S’écria-t-il, la mort dans l’âme.

Lendemain matin.
Se lever fût beaucoup plus dur que prévu. Sans la routine de la vie d’escadrille, les signaux sonore de prise de service, il était bien difficile de s’arracher du lit quand on entendait rien gueuler. Scott se redressa avec une sale gueule. Il jeta les couvertures nonchalamment sur le côté. Assis là, sur le bord, il se frotta le visage tout en grognant.
La route n’allait pas être facile cette fois. Il avait le cul en marmelade et il savait que les centaines de kilomètres qui le séparait de Bradford n’allaient pas se laisser couler tout seul. Cette fois ci ce ne serait pas que du pur loisir. Ce serait également un challenge. Au fond de ses tripes, logé au cours de la nuit, cette petite anxiété dévorante. Celle que l’on redoute et ressent à l’approche de l’échéance.
Scott déglutit et se massa le visage. Ce soir, son amie découvrirait toute la vérité. Il en étant encore à se demander si ce n’était pas une erreur. S’il n’était tout simplement pas en train de se foutre un putain de 45 sur la tempe.
Non, il y avait déjà suffisamment réfléchi durant le voyage du Dédale. Cette gonzesse aussi vicelarde qu’une journaliste et capable de s’accrocher comme une tique finirait par découvrir le pot aux roses. Il ne fallait pas que ça se fasse sur le croiseur. Surtout pas.

«Hé ! Faut s’lever, on est déjà en retard !» Lâcha Scott en balançant un truc en direction de la forme assoupie dans le canapé.
« Ferme la... », répondit la chose assoupie dans le canapé, d’une voix lasse et ensommeillée. Loin de se lever, elle se tourna de trois quart pour offrir son dos histoire de montrer qu’elle voulait la paix.
«Lève toi. Pour ton bien Timber !» grommela Scott.
« Ok papa…. quand les pancakes seront cuits... », grommela-t-elle en se frottant les yeux. Elle avait passé une excellente nuit, quoiqu’un peu trop courte. Finalement, elle bascula pour se redresser, croisant les jambes pour les mettres en tailleur. Ses cheveux formaient un agglomérat de noeuds par endroit. La gueule enfarinée, elle se frotta une nouvelle fois les yeux. « Pouah, on dirait que je sors d’un entraînement de Specter, j’suis fracasse. ». Elle faisait référence à un sergent instructeur qui mettait un point d’honneur à voir les pilotes de l’escadrille en “pleine forme physique” en les gratifiant de petites séances sportives, qui n’avaient de petite que le nom.
«Moi j’suis en pleine forme. C’est toi qui suit pas.» Mentit Scott.
« M’ouais. », répondit-elle sans chercher le débat plus loin alors qu’elle s’étirait, sentant que sa carcasse avait besoin de s’étendre un peu, surtout après une nuit dans un canapé et une journée de moto complète.

Il poussa un grognement. Il partit en premier en direction de la salle de bain en marchant comme un canard. Il évita soigneusement de se regarder dans le miroir en passant et s’installa dans la cabine de douche. Rien de mieux qu’une foutue douche gelée pour essayer de se réveiller. Le contact brutal et mordant du froid le fit gueuler. Mais comme s’il avait été une question de virilité mal placée, il refusa de tourner le robinet d’eau chaude. C’est ce qui le fît émerger de son impression d'anesthésie.
Quand ce fût au tour de Timber, il lui piqua ses clés dans son cuir pour aller contrôler les motos et les préparer au voyage. Il trouva la mégère en chemin et lui acheta de quoi partir. Des Sandwichs dans le cas où ils auraient un creux avant de croiser un resto. Quelques bouteilles d’eau pour remplacer celles que Timber avait vidé, des barres de céréales. Bref, il fît le même genre de préparation que la dernière fois. Il savait que le soleil allait taper fort aujourd’hui alors il s’était préparé. Il s’offrit même le luxe de se couvrir d’un bandana et d’une casquette au nom d’une équipe de football obscure.

Une fois qu’il eut vérifié que les niveaux étaient bons, il se pencha sur l’étude de sa carte. Il se désigna plusieurs checkpoint d’arrêts et d’essences, découvrant qu’ils faisaient face à une épreuve plus corsée qu’il ne l’imaginait. La première journée avait été sympa mais épuisante. Maintenant ça devenait un putain de sport physique...de la haute voltige, il allait falloir tenir le bitume jusqu’à la fin de la journée.
Un sourire narquois le gagna à l’idée de tester Timber sur l’endurance. Il se demandait si c’est elle ou lui qui allait demander le premier arrêt.

Cette dernière arriva avec dans les bras les mêmes sandwichs que Scott avait pris auprès de la tenancière du motel. La douche lui avait fait du bien, et elle avait repris ses esprits, prête à avaler du bitume sur la journée, même si elle sentait qu’elle en aurait vite marre. Néanmoins, la perspective de faire ronronner cette belle moto lui laissait toujours un sentiment d’avidité.
« Et tu sais quoi ?! », fit-elle en exhibant les sandwichs à Scott.
«Elle te les a offert gratos après lui avoir raconté pleins de trucs cochons sur ton petit chien ?!?» déconna Scott.
« Pas gratos mais dans le mille. J’ai eu une bonne réduc ! ». Elle lui fit un sourire entendu avant de lui en balancer un.
«Au moins...» débuta Scott en réceptionnant maladroitement le sandwich. «C’est rassurant, tu pourras toujours enrhumer de la vicelarde si tu te fais éjecter du Dédale. T’es une camelote, Timber.»
« Je suis pleine de ressources. », confirma-t-elle en s’installant sur sa meule. Elle observa l’engin depuis sa selle, avant de se tourner vers Scott une nouvelle fois : « Alors, tout baigne chef ? »
«Tout baigne.» Répondit-il en se demandant si elle parlait de la moto ou de la putain d’angoisse qu’il se savait avoir dans le regard.
«Ca fait un paquet d’années qu’on s’est pas revu. J’me demande encore comment t’as pu me foutre cette idée dans la tête...»
« J’t’ai simplement dit d’aller de le voir si tu voulais je crois, je t’ai pas forcé. Mais c’est bien de reconnaître que j’ai de l’influence sur toi. », ajouta-t-elle avec un sourire entendu et un haussement de sourcil pédant.
«Calme ta joie, Timber. Moi aussi j’ai de l’influence. Et bientôt tu trouveras naturel de me tenir compagnie en taule.»
« QUOI ???!!! », fit-elle en enfilant son casque. Et d’ajouter : « J’suis désolée, j’ENTENDS RIEN ! »
«J’ai….J’AI DIS….»
Scott serra les dents en la regardant allier les signes à la voix.
«S’pèce de garce emplumée !»
On pouvait facilement deviner son sourire dans son casque. Elle démarra sa moto et elle fit ronfler le moteur avec vigueur, montrant par là qu’elle était prête à canarder sur la route et à laisser Sioux City derrière elle.

Le temps fila, les kilomètres aussi.
Au début, Scott parvint à tenir bon. Mais sa moto n’était pas faite pour les longues distances, c’était un véritable tape-cul qui le torturait plus que Timber. La nuit passée ne l’avait aidé qu’à réveiller un peu plus la douleur et l’inflammation. Il était maché et les moindres chaos sur la route se rappelaient à son bon souvenir dans son arrière train. A croire que Tesh Lays était de nouveau en train de faire de la spéléo dans son fondement. Rien que cette idée lui arracha un cri de rage et il donna encore plus de lui-même.
Hélas, tout le monde connait ses limites.

Greer multiplia peu à peu les arrêts imprévus, essayant de dissimuler ça dans une forme d’attention pour la fatigue de sa collègue. Mais elle n’était pas débile, elle comprendrait rapidement qu’il était rincé et qu’il avait besoin de se sortir le cul de la selle quelques minutes à chaque centaine de bornes.
D’ailleurs, Timber était bien tentée de le taquiner avec ça, mais elle préférait s’abstenir. Malgré une moto qu’on pouvait qualifier de routière, ou presque, elle en avait marre et elle sentait que c’était de plus en plus difficile. Cela dit, elle tenait le choc, le postérieur nettement moins endolori que son comparse à cause de la selle confort montée sur ressort de sa bécane, qui n’avait rien à voir avec la planche de bois qui servait de repose miche à Cross. Les arrêts étaient donc bienvenues, surtout pour étirer ses cannes, et faire craquer quelques articulations. Néanmoins, le voyage semblait interminable.

Lorsqu’ils arrivèrent après un périple interminable dans le dernier petit village, le soleil avait sérieusement décliné. Scott se trouvait ragaillardi et motivé par ce panneau qui signalait enfin la dernière ligne droite. Il fît un arrêt au bureau du Shérif pour lui expliquer sa situation et tenter de joindre Bradford. Mais celui-ci, s’il était bien connu, n’avait aucune ligne fixe. Il habitait un chalet à l’écart du village, intégré à la réserve indienne locale.

Bredouille sans vraiment l’être, Scott ressortit en annonçant la bonne nouvelle à Chenoa. Ils avaient tellement galéré que sa réserve de blagues pourries était à sec, à l’instar de la réserve de répartie de la jeune femme. Ils roulèrent encore une bonne demi-heure sur des chemins de terre et des sentiers perdus que les deux motos encaissaient très désagréablement. Chenoa n’aimait pas spécialement ça, surtout avec une Harley, et elle serrait les fesses dès qu’il fallait mettre un peu d’angle, de peur que sa roue avant ne se barre et qu’elle prenne une gamelle. Mais tout compte fait, la partie cycle de la bécane faisait des merveilles. Puis, finalement, les maisons, les caravanes et casemates de la réserve apparurent au creux d’une vallée cernée d’arbres, ce qui fit monter la curiosité de l’amérindienne crescendo. C’était la première fois qu’elle se rendait dans une autre réserve que la sienne. Leur arrivée n’était pas passée inaperçue. Des bruits et les regards curieux, parfois hostiles. Une bande d’indiens traditionnels sur des chevaux, d’autres en pick-up, habillés convenablement. Quelques uns les suivaient à distance. Ils utilisaient les hauteurs pour les observer.

Greer fût tenté de leur adresser un beau doigt d’honneur pour la forme mais il se contenait. L’épuisement le rendait plus arrogant et agressif. Chenoa en avait fait malheureusement les frais quelques fois au point qu’il avait noté qu’il devrait se racheter d’une façon déguisée. Mais voilà… ils n’étaient plus très loin. En compagnie de son amie, les deux motos ronflantes de surchauffe et de fatigue parvinrent jusqu’à la devanture entretenue d’un chalet où flottait fièrement le drapeau Américain. A côtés, plusieurs attrapeurs de rêve semblaient apporter ce qu’il manquait aux couleurs de la nation. De l’artisanat local, tout comme les quatre rockin’chairs à l’entrée qui semblaient avoir été travaillé à la main.

Complètement épuisé, Scott s’arrêta devant la boite aux lettres. Il coupa le contact de sa moto puis fixa le nom d’un air étrange. “J.N BRADFORD”... Ca y est, c’était bien là. Greer avait encore du mal à réaliser. Impossible de se tromper, c’était bien sa destination.
Pour une fois, il tourna un regard sincérement chargé d’angoisse et d’un début de détresse vers sa collègue.

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