Atlantis Insurrection

RPG sur Stargate Atlantis


Erin Steele

√ Arrivée le : 27/03/2016
√ Date de naissance : 29/09/1987
√ Nationalité : Américaine

√ Age : 33
√ Messages : 1639
√ Localisation : Atlantis

le Ven 2 Oct - 11:52

Erin Steele
La troika : la rond-de-cuir, le soudard et la traitresseCaldweel, Steele & Lunienko

Dédale : Retour sur Terre.


A présent qu’elle était maman, Erin revenait plus régulièrement sur Terre. Si elle avait la possibilité de passer par la Porte maintenant qu’Atlantis utilisait la technologie d’un E2PZ vert, elle n’avait pas choisi cette option pour ce retour, préférant faire le voyage via le Dédale pour des raisons… professionnelles.
Atlantis se relevait d’un événement sans précédent, durant lequel un militaire avait pris le contrôle de la cité, faisant sécession avec la Terre, et avec le reste de la galaxie qui plus est. Heureusement, les choses étaient rentrées dans l’ordre, mais à quel prix ? Il y avait du boulot, tant diplomatiquement, administrativement, financièrement, etc. Alexander ayant choisi de rester sur Terre élever leurs enfants, Erin devait composer avec un Woolsey au plus mal, et la Commission qui lui mettait la pression.

Mais elle savait que c’était provisoire. Elle lâcherait l’affaire prochainement, parce que… Elle n’avait plus autant le feu sacré qu’auparavant, son esprit étant ailleurs. Elle ne s’imaginait pas reprendre une vie normale sur la planète Bleue, mais l’arrivée de leur fille changeait radicalement la donne, ainsi que ses perspectives. Il ne fallait pas se leurrer, elle avait fait son temps sur Atlantis. Mais cela ne l’empêchait pas d’essayer de léguer un bateau en bon état de fonctionnement pour le suivant.

Et pour cela, il fallait traiter tous les problèmes, y compris les problèmes avec l’espionnage russe. Une sale habitude qu’ils avaient conservé depuis la Guerre Froide, comme si emmerder le grand adversaire américain était un sport national. Pourtant, cette expédition était commanditée par une Commission Internationale, et ils y avaient même leur siège ! En tout cas, cette histoire serait un bon coup d’arrêt à leurs prétentions d’avoir un représentant plus officiel sur la cité, avec des pouvoirs plus important, comme un dirigeant en second, ou un dirigeant tout cours. En leur mettant leur nez dans la merde, ils ravaleraient leurs ambitions.

Encore que… Il y avait potentiellement un coup à jouer. Après tout, si les russes aimaient l’espionnage, les américains aussi. Il restait envisageable de retourner leur espion pour en faire un agent double, et pourquoi pas, brouiller les cartes. Voir jusqu’à où ça allait, qui était concerné, démanteler le réseau en sous-main et avoir des billes à faire peser dans la balance pour des négociations privées avec les russes. Bref, de la politique pure et dure.

« Comment voulez-vous procéder Colonel ? », demanda Erin posément, les jambes croisées, assise devant le bureau de Steven Caldwell. Il fut un temps où elle était presque montée sur ce bureau pour lui montrer qui était la cheffe dans le coin, malgré qu’il soit sur son croiseur, mais ce temps était révolu. Depuis, ils entretenaient une relation cordiale, en bonne intelligence, et ça convenait bien mieux à Erin. Elle était encore jeune dans le milieu à ce moment là, et montrer les dents lui semblait être une bonne stratégie, maintenant… elle arrondissait un peu plus les angles, et elle parvenait quand même à ce qu’elle voulait, sans avoir à rayer le parquet derrière elle.
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L'administration a des problèmes à toutes vos solutions.
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D.C. Pedge Allen - Teshara Lays - Chenoa Penikett ~ Warren Butler~ Ecriture : Springgreen ~ PNJ : Psychologue Harleen Walker

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Steven Caldwell

√ Arrivée le : 24/01/2017
√ Date de naissance : 05/04/1952
√ Age : 68
√ Messages : 809
√ Localisation : Sur le Dédale

le Ven 2 Oct - 12:12

Steven Caldwell
La troika : la rond-de-cuir, le soudard et la traitresseCaldweel, Steele & Lunienko

Caldwell déposa une tasse devant elle. Il avait fini par connaître ses goûts et leur entretien passe toujours mieux avec des repères familiers. L’officier contourna son bureau pour s’installer sur son siège et faire face à Erin. Une histoire de traître et d’espionnage les attendait. Le CODIR avait commencé le boulot, ce serait à eux deux de le finir. Comme à chaque fois qu’il prenait ce genre de problème à bras le coeur, le colonel n’avait pas peur d’utiliser les moyens détournés pour contrôler son environnement. La fameuse Esfir Lunienko était secrètement surveillée par les caméras. Le Pôle-Com écoutait ses conversations radio. Et quelques membres d’équipage de confiance laissaient traîner une oreille non loin.
Dans un endroit aussi étriqué qu’un croiseur de combat, il n’avait pas de mal à contrôler les moindres faits et gestes de Lunienko. Il n’avait pas apprécié sa nonchalance et son humour permis par son rang de civil. Maintenant c’était une traître et il n’allait certainement pas lui faire de cadeau.
Une espionne Russe sur un bâtiment de guerre Américain...elle allait moins sourire cette fois.

« Je suis tenté de vous proposer la méthode du gentil et du méchant flic. » répondit-il calmement. Il but une gorgée de son café et développa son idée.
« Vous avez lu le dossier comme moi. Cette jeune femme a reçu l’héritage de la guerre froide. Je suis tout indiqué pour prendre le rôle du dangereux Américain. Mon grade et la façon dont me perçoit la concernée me prédisposent à la menace. »
Il marqua une pause, examinant discrétement les écrans de contrôles sur les murs d’un oeil vif, comme il en avait l’habitude, avant de reprendre :
« Je suggère une arrestation musclée et une fouille agressive de ses quartiers. Mes hommes la jetteront sans ménagement dans une salle d’interrogatoire une fois la fiole découverte. J'orchestrerai une petite mise en scène violente, sur relent de guerre froide, dans l’intention de produire un environnement menaçant. Je veux qu’elle se sente en danger, en péril, isolée dans un monde Américain sans pitié. Tout cela sera du bluff, bien entendu. »
Il la toisa avant d’ajouter d’un air entendu :
« Vous serez la seule femme du lot. Et l’idéal serait que vous interveniez contre “mes méthodes déplacées” pour vous donner le beau rôle. La seule bouée de douceur dans ce monde violent en somme. Qu’en pensez-vous ? »

Les mains autour de la tasse de thé fumante que le Colonel lui avait donné, Erin écoutait les propos de ce dernier en se réchauffant un peu. Elle avait toujours froid dans ce foutu croiseur.
Comme toujours, l’homme n’y allait pas par quatre chemins. C’était de l’efficace, sans enrobage, sans fioriture, direct et précis. Un plan de bataille en somme, où chacun avait son rôle à jouer, même la future détenue.
Très franchement, Erin n’était pas fan du procédé, c’était déloyal, fourbe, mesquin, et peut être un peu trop. Mais cela ne l’empêchait pas de considérer la question. Elle comprenait que le colonel, en fier militaire, en haut gradé des Etats-Unis, avait ce genre de raisonnement. Il était de son devoir de punir les ennemis de l’Amérique, et les espions en faisaient partis. Et puis… ces derniers ne jouissaient pas d’une bonne réputation depuis toujours.
Sa méthode avait le mérite de prendre l’ascendant psychologique tout de suite sur la jeune femme. Erin ne la connaissait pas spécialement, mais elle suivait le dossier depuis un moment. Lunienko semblait être une femme assez joyeuse, plutôt joviale, toujours convivial. C’était ce qui transpirait des enquêtes. C’était certainement une façade pour qu’elle puisse mieux opérer en sous-marin, qui plus est, le fait est qu’elle avait un rapport avec la gente masculine assez facile, ce qui pouvait là aussi accréditer la thèse qu’elle usait de ses charmes pour parvenir à ses fins. Cela dérangeait Erin de raisonner ainsi, mais quand on mettait bout à bout les pièces du puzzle… tout collait.

Et puis, elle avait quand même volé un produit classé, dans l’idée de le remettre à des commanditaires russes.

Mais fallait-il instruire à charge et bafouer quelques protocoles ? Pas vraiment, ce n’était pas légal.

« Sur l’idée du gentil flic et du mauvais flic, je suis d’accord, c’est une bonne façon de l'amener à coopérer. Tant que vous ne me faite pas un remake de Guantanamo, nous pouvons procéder comme ça. Il ne faut pas que ça dérape physiquement. Qu’on la bouscule psychologiquement est un fait, mais n’oublions pas que tant qu’une Cour n’aura pas jugé cette affaire, elle reste présumée innocente. »

Elle préférait que ce soit clair, et c’était son rôle en tant que civil et administratrice de rappeler ce fait. Bien entendu, il fallait quand même parvenir à la faire craquer et avouer, ou du moins, à démêler tout ça. Il y avait un faisceau de preuves accablantes qui convergeait dans sa direction, et devant le fait accompli, Erin espérait bien des aveux.

« Si nous l’envoyons devant un cours bien entendu. Nous pouvons prendre le parti de tenter de la retourner contre les russes pour notre compte. Nous avons l’accord en plus haut lieu pour ça. », finit-elle par dire. Dans ce cas là, ça devenait moins officiel, moins légal, plus opaque… Les limites n’étaient plus les mêmes, mais heureusement pour Esfir, Erin n’était pas le genre de personne qui pouvait commettre des atrocités et qui pouvait se brosser les dents en se regardant dans le blanc des yeux dans son miroir.

« A voir comment ça va tourner pendant l’interrogatoire. Votre méthode donnera des résultats, j’en suis certaine. »

Comme d’habitude lorsqu’ils s’entretenaient, Steele ne pouvait pas s’empêcher de dessiner du doigt la ligne à ne pas franchir. C’était désagréable, lorsque l’on était reconnu pour sa droiture et son respect du protocole, de vous faire rappeler les règles par un supérieur qui aurait l’âge de votre petite fille. A l’époque, ça l’agaçait prodigieusement, d’autant plus qu’elle était du genre à avoir les dents longues. Elle se servait de cette habitude pour prendre un ascendant qu’il ne voulait pas lui laisser. Ca n’avait duré qu’un temps, heureusement. L’accouchement semblait même l’avoir rendu moins hargneuse. Elle finissait ses diatribes par une couche de miel…

« Comme je l’expliquais... » aborda l’officier après un petit moment silencieux. « ...il s’agit d’une mise en scène. Du bluff. Notre prisonnière sera bousculée psychologiquement et probablement choquée dans un premier temps. C’est délibéré, je veux la déstabiliser pour maximiser votre image du bon flic. »
Il but tranquillement une gorgée et termina :

« Cela reste du domaine psychologique, sa santé ne sera pas exposée. Nous sommes sur mon croiseur. Et il ne s’appelle pas “Guantanamo”. »

Erin opina tranquillement de la tête. Elle percevait clairement qu’elle l’avait contrarié avec sa référence à Guantanamo mais ce n’était pas grave. Il fallait bien que quelqu’un évoque les limites, et c’était sans rôle, aussi rabat-joie que cela était. Enfin qu’importe, tant qu’ils étaient sur la même longueur d’onde au bout du compte, l’essentiel était là.
Malgré son air, le colonel Caldwell était un fin stratège et un habile manoeuvre, capable de créer des situations discutables, mais qui restaient sensiblement dans la loi. Pour cela, elle n’avait pas à s’inquiéter, elle le savait, et ses hommes étaient aussi bien dressés que des chiens de berger. Tant que le maître ne leur dirait pas de mordre, ils se contentaient de rabrouer le troupeau.
« Non assurément, ce serait de mauvais goût. », concéda Erin avec un sourire finalement. « Et bien, je vous laisse procéder dans ce cas, les choses étant posées... »
La partie allait commencer. Elle se demandait comment aller réagir cette femme. Comment ne pas anticiper sa réaction ? Qu’allaient-ils découvrir en creusant ? Enfin… qu’allaient découvrir qu’ils ne savaient pas déjà en creusant ? C’était là la vraie question. L'administratrice avait hâte de s’y mettre même si elle devait se disposer à aller au charbon et à la confrontation, un exercice qu’elle n’aimait pas particulièrement mais qu’elle maîtrisait.
« Très bien. Je vous conseille de garder votre radio près de vous. Nous agirons à une heure tardive. »

Steven la salua poliment et la congédia de son bureau pour lancer ses premiers ordres. Maintenant qu’ils étaient en accord, il fit surveiller étroitement Esfir Lunienko. La technicienne revenait sur Terre pour une permission, elle se trouvait dans les quartiers aménagé du personnel de transit. Cet endroit, légèrement à l’écart de la vie de l’équipage et des endroits sensibles, s’organisait sur un double couloir bardé de chambres pour quatre. Elle avait eu la “chance” d’être seule dans celle-ci, sans caméra.

L’étau s’était pourtant resserré sur elle.
La fiole qu’elle avait substitué, celle qui contenait la fausse version du breuvage surnommé “potion magique” pour ses capacités énergisantes, avait été auparavant traité avec un composé radioactif. Une signature que l’on employait pour marquer un objet ou un élément d’importance par une empreinte non physique, dissimulée. Dès son entrée, les sondes entourant les sites de téléportation avaient relevé la signature radiante.

Depuis, un membre de confiance de l’équipage venait faire des relevés discret devant la porte de la Russe, confirmant la présence du produit volé.

Au début, le colonel laissa Esfir s’installer et prendre ses marques pour son voyage. Il voulait que le Dédale soit dans le tunnel hyperspatial pour éviter une quelconque communication vers Atlantis, même s’il les maîtrisait. C’était une sécurité. Il comptait également là-dessus pour endormir la méfiance de Lunienko. Passé l’installation, le début du voyage lancé, elle aurait moins de doutes.

Pendant ce temps, le colonel effectua plusieurs briefing aux forces de sécurité qui se chargeraient de l’arrestation. Erin Steele était conviée à chacun d’eux. Steven y détaillait ses consignes, le rôle agressif qu’il demandait aux hommes pourtant plus habitué à la sévérité protocolaire de ce dernier.
La seconde du Capitaine LaTour, officier en charge de la communication, était une petite brune du nom de Danela. Elle se présenta et lui fournit une tablette lors de la première réunion.

« Le colonel souhaite que vous soyez pleinement informée du processus d’arrestation. Nous avons connecté cette tablette en temps réel aux caméras du couloir ainsi qu’aux modules que porteront certains gardes sur leurs casques. »
La jeune femme lui expliqua le fonctionnement après lui avoir demandé de rentrer son code d’authentification sur la tablette.
« Nous avons simplifié la chose. » expliqua Danela. « Vous avez les images de chaque caméras disponibles sur ce damier interactif. Il vous suffit d’appuyer sur celle que vous souhaitez suivre, elle s’affiche en plein écran. Il n’y a pas de latence, donc ce sera un visionnage en temps réel. Image et audio madame. »

« Très bien, je vous remercie. », fit Erin en s’emparant de l’objet et de le manipuler un peu pour vérifier qu’elle avait bien en main son fonctionnement. Au moins, elle serait au première loge des festivités, et peinarde. Ce ne serait pas très agréable à regarder, mais voilà, c’était nécessaire. Après tout, elle n’y était pour rien si cette jeune technicienne jouait à un jeu dangereux.


Caldwell prit la décision d’agir le troisième jour au milieu de la nuit.
Il envoya un garde frapper à la porte de Steele. Pour le côté diplomate, il avait veillé à lui laisser une demi-heure et un café. Pendant ce temps, les gardes se réunissaient pour une ultime préparation. Caméra sur casque branché, vérification des Zats, liste des passagers à contrôler.
Au signal du colonel, pendant que le pavillon de l’équipage de transit dormait, les soldats déboulèrent sans aucune douceur. Ils se mirent à gueuler, à tambouriner aux portes. S’y mélangeait les aboiements agressifs de chien de combat.
« OUVREZ !!! CONTRÔLE MILITAIRE ! » gueulait-on.
Le colonel visait la fouille générale pour son morceau de théâtre. Laisser quelques minutes à Esfir pour réaliser que quelque chose se tramait dans les coursives. Qu’elle puisse sentir l’angoisse et la pression monter d’un coup, la dévorer, jusqu’à ce que ce même poing finisse par s’écraser sur sa porte à elle.
« OUVREZ !!! CONTRÔLE MILITAIRE ! »
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Esfir Lunienko

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√ Arrivée le : 11/01/2019
√ Date de naissance : 06/08/1994
√ Age : 26
√ Messages : 559
√ Localisation : Cité de Atlantis

le Mer 7 Oct - 16:22

https://www.atlantisinsurrection.com/t3265-permission-de-esfir-l
Esfir Lunienko
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Esfir émergeait à peine du sommeil lorsqu’elle entendit des coups se rapprocher de sa porte, elle n’eut que le temps de cligner des yeux en fait avant d’entendre tambouriner sur sa porte. Elle bailla à s’en décrocher la mâchoire et se frotta les yeux. Mais c’était quoi ce bordel ? Depuis quand le Colonel Caldwell laissait il des abrutis importuner les passagers du Dédale. Les coups redoublèrent, et le type derrière la porte gueula de plus belle.
« OUVREZ IMMÉDIATEMENT !!! CONTRÔLE MILITAIRE ! »
« Oui oui j’arrive... » bafouilla t’elle tout en se dirigeant vers la porte tel un zombie. Elle n’était pas ivre...ça ne risquait pas avec la politique zéro alcool du capitaine de bord mais cela faisait à peine une heure qu’elle s’était endormie et voilà que tout ce charivari la réveillait en plein milieu d’un rêve passionnant.

Lorsque le sas se leva, deux militaires la bousculèrent et entrèrent dans ses quartiers, mettant ses affaires sans dessus dessous. Un troisième militaire, celui qui tenait un berger allemand agressif, pointait Esfir du doigt pour lui intimer l’ordre de rester dans le coin de sa chambre pendant la fouille. Il retenait d’une main ce chien qui ne cessait d’abboyer et d’abboyer en la fixant de manière haineuse.
« VOUS ÊTES RUSSE ? » enragea celui qui jeta ses vêtements au sol.
La jeune femme les regardaient bouche bée tout en se retrouvant forcée de reculer dans sa cabine sous la menace de ce chien dressé au combat.
« Oui. » répondit-elle sans réellement comprendre le but de la question.
Pendant ce temps, un quatrième homme entra avec une sorte de compteur Geiger évolué. Il pointa son capteur qui se mit à grésiller de plus en plus fort.
Sans aucun ménagement, ils poussèrent Esfir contre le mur, bras et jambes écartés, pendant qu’on la fouillait et la passait au capteur.
Ces types étaient de vraies brutes… mais où étaient donc passées les bonnes manières de Caldwell ?
« Mais qu’est ce qui se passe ? » tenta-t’elle en vain de s’informer.
« Mais arrêtez ! Mais.. si vous continuz je crie au viol ! » commença t’elle à râler alors que les soldats la fouillait sans ménagement malgré le peu de tissus qu’elle portait pour dormir.
« LA FERME ! »
« Qu’est ce qui vous prends ? Je veux parler au colonel ! Ou est ce vieux bougon ? »

Ses questions restaient sans réponses. Parce que c’est eux qui les posaient.
« VOUS ALLEZ OU ? EN RUSSIE ? » lui crachait-on au visage.
« Chez moi... » répondit elle toujours aussi perdue face à ce traitement qu’elle estimait injuste et incompréhensible. Jamais elle n’avait vu aucun militaire de la Cité traiter un de ses collègues de la sorte.

Le détecteur grésilla fortement lorsque le technicien s’approcha de sa valise qui n’en méritait plus le nom. Il fouilla longuement à l’intérieur avant de déclarer “avoir trouvé”.
« Donnez moi ça. » l’officier des gardes prit la fiole qu’il sonda longuement.

Le visage de la jeune femme se décomposa lorsqu’elle découvrit leur trouvaille en jetant un oeil par dessus son épaule. C’était ça le but de tout ce cirque ? Une petite voix dans sa tête, la même que celle qui l’avait fait hésiter lorsqu’elle s’était saisi de la fiole, se mit à titiller sa conscience. Son coeur s’emballa et elle garda cette expression d'hébétude figée lorsque l’officier s’approcha d’elle avec l’objet du délit.

Il agita l’objet sous le nez d’Esfir avant de lancer à un collègue, d’un ton sans appel :
« Appelez le colonel. »
Le petit doute que la jeune femme n’avait pas voulut écouter, celui là même qui lui avait fait demander au Général de lui reconfirmer qu’il voulait absolument qu’elle lui apporte cette fiole… ce doute semblait justifié maintenant. Elle n’osait ni bouger, ni parler, prise d’une soudaine suée.

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Steven Caldwell

√ Arrivée le : 24/01/2017
√ Date de naissance : 05/04/1952
√ Age : 68
√ Messages : 809
√ Localisation : Sur le Dédale

le Mar 13 Oct - 13:47

Steven Caldwell
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Tandis qu’on continuait de retourner ses quartiers, la trouvaille les motivant à une exploration encore plus minutieuse de chaque recoin, le chien de combat ne cessait de hurler sur la jeune femme. A croire qu’il ne demandait qu’un geste de son maître ou un moment d'inattention pour lui sauter dessus et la défigurer à vie.
Chaque secondes devait lui sembler très longues.

Au bout d’une éternité, un seul homme pénétra dans les quartiers.
Le colonel Caldwell commença par sonder le bazard qui se trouvait dans les quartiers avant de jeter un coup d’oeil au chien puis à la jeune Russe.
« Maître-chien, disposez. »
Le type répondit tout de suite d’un salut militaire avant d’écarter l’animal. Il quitta les quartiers d’Esfir, l’écho des aboiements s’amenuisant au fil du temps.

La technicienne se détendit légèrement maintenant que le molosse s’éloignait et avec lui le souvenirs des mises en garde de Kyle sur les chiens de combats. Sa respirations se calma légèrement mais l’atmosphère de désordre et la tension qu’elle lisait dans les attitudes froides du colonel la gardait sur la brèche.

L’officier de la sécurité remis ensuite au colonel la fiole qu’il observa un instant. Il l’approcha volontairement du soldat équipé du compteur Geiger, passant le fluide sous la sonde qui grésilla bruyamment.
« Lorsque j’ai été informé d’un cas de haute trahison à bord de mon navire, j’ai suspecté les passagers en transit. » dit-il doucement.
Esfir écarquilla les yeux. “Haute trahison” ? Non c’était impossible, il devait faire erreur. Elle fouilla sa mémoire à la recherche d’indice. Sans succès.
Il rendit le tube au chef de la sécurité qu’il congédia d’un signe de tête. Il ne restait plus que les deux gardes qui allaient l’arrêter.
« Je vous félicite, Lunienko. Cette fois, vous avez réussi à me surprendre. » lâcha-t-il d’un ton sec. « De mon temps, la haute trahison se règlait simplement. Avec un mur et une balle. Mais vous avez commis cet acte sur mon bâtiment, sous mon commandement, alors je ne vous donnerai pas cet honneur... »
La russe s'apprêtait à répondre qu’il y avait erreur, qu’on était plus à l’époque de la guerre froide, mais aucun mot n’eut le temps de sortir.
Il s’approcha et la fixa droit dans les yeux.
« Gardes. Emparez-vous de cette ordure. Et passez-là par le sas. »
« Avec plaisir, monsieur ! »

Les deux hommes l’empoignèrent sans ménagement. L’un opéra une clé de bras tandis que l’autre l’harponnait par le col.
« N’attendez pas mon ordre pour l’éjecter. »
« Bien colonel ! »
Ils s’apprêtaient à la faire sortir de sa chambre, devant tout l’équipage, avant de la jeter dans un sas. Puis dans l’espace...

Esfir se tourna autant que la prise des deux soldats le lui permettait, l’incompréhension se lisait toujours aussi bien sur son visage.
« Colonel ? Non! Il y’a erreur… vous ne pouvez pas... » commença t’elle alors qu’on l’emmenait dans le couloir.
Non, ce n’était pas possible, pas logique… bon, elle avait bel et bien pris cette fiole sachant que le Général n’avait pas encore tous les papiers… mais de la haute trahison, ça devenait n’importe quoi. Ce devait être une blague… oui c’était forcément ça.
Elle cherche des yeux Darren ou Matt… une caméra peut être...
« Aller, c’est bon… c’est pas drôle. Vous pouvez me lâcher maintenant… franchement le coup de la russe espionne, c’est du réchauffer! Dites à Matt que c’est pas drôle... »
Mais la poigne des deux gardes se fit plus rude.
« Tais toi ! On a nos ordres traîtresse ! »
Quoi ? Tout ça pour une fiole de potion magique améliorée ? Ca ne pouvait pas être si grave… et puis on était peut être pas sur Terre mais, on ne pouvait quand même pas la juger sans procès… même Caldwell!

La russe commença à se débattre, freinant des quatres fer pour empêcher ses gardes d’avancer. Il était hors de question de finir propulsée dans l’espace! Non, elle en référerait à Woosley s’il le fallait.
Les deux hommes affirmèrent leur prise et la secouèrent un peu pour l’obliger à aller en avant, elle décolla alors les pieds, fouettant l’air devant elle dans une ruade désespérée pour se libérer sous une bordée de jurons russes.
« Laissez moi partir ! Au secours! On veut me tuer!!!! A l’aide!!!!. »
Quelqu’un ayant deux doigts de jugeote finirait bien pas intervenir et obliger Caldwell a s’expliquer !
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Erin Steele

√ Arrivée le : 27/03/2016
√ Date de naissance : 29/09/1987
√ Nationalité : Américaine

√ Age : 33
√ Messages : 1639
√ Localisation : Atlantis

le Jeu 15 Oct - 12:19

Erin Steele
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Erin reconnaissait que les méthodes du Colonel étaient pour le moins… cinématographiques. Il y mettait les formes et ses hommes aussi. Pas difficile de jouer le militaire de base, mais pour faire peur à une demoiselle, ce n’était pas la même chose pourtant. A croire qu’ils avaient soit ça dans le sang, soit un sacré sens de la représentation visuelle. Après il suffisait de faire miroiter le mot “traître” à des gens qui donnaient leur vie pour leur nation pour les mettre en route. Et puis, Caldwell avait certainement trié sur le volet son équipe pour que celui ou celle qui soit un peu plus timide que les autres ne se retrouve pas embarqué dans ce simulacre d’exécution. Avaient-ils parler de cela d’ailleurs ? Non, sinon elle s’y serait opposée, et fermement. L’introduire dans un environnement menaçant, lui couper toutes formes de sentiment d’appartenance à l’expédition, la traiter comme une traîtresse et lui foutre les pétoches, ça oui. Simuler une mise à mort… ça non.

« Maudits militaires, faut toujours qu’ils aillent trop loin. », râla Erin en se levant de son siège. Elle n’aimait pas ce qu’elle voyait, et cela la chamboulait en son for intérieur, pourtant elle se devait de rester calme et posée.
Maintenant qu’elle était une taulière de l’expédition, les couloirs du Dédale n’en constituaient plus un, de dédale. Aussi s’orienta-t-elle sans mal en essayant de faire au plus court, et elle intercepta le petit convoi. Oh, facile, dans les derniers mètres, il était aisé d’entendre Lunienko gueuler comme un putois, et à raison.

« Qu’est-ce que vous faites ?! », fit Erin en se posant au milieu du couloir, blanche comme un linge, mais fermement décidée à s’opposer à cette méthode merdique. « Vous allez me mettre madame Lunienko en salle d’interrogatoire, et tout de suite ! » Elle s’écarta légèrement, en faisant un signe du menton dans la direction supposée des salles en question. Le rôle du gentil flic commençait, et sur les chapeaux de roues.

Erin Steele qui apparaissait au milieu du couloir tel un chevalier blanc, c’était inespéré ! Esfir était toujours aussi affolée mais elle cessa de hurler lorsqu’elle croisa le regard de la bureaucrate.
« Madame Steele...qu’est ce qui se passe ? J’y comprends rien... »

Pendant ce temps, le chef de la petite équipe n’appréciait pas l’ingérence de cette autorité. Il se présenta en bouclier devant ses hommes et finit par dissimuler entièrement Lunienko de son propre corps. Il comptait faire comprendre à tout le monde qu’il ne serait pas si aisé de se priver du spectacle d’une exécution. Un bon gros soudard à l’ancienne en somme.
Comme Steele le suspectait, le colonel avait trié sur le volet les meilleurs candidats pour ce jeu de dupe. A leur capacité à surjouer, à faire les acteurs d’un mauvais film d’espionnage. Il les avait longuement briefé sur le caractère peu respectueux et décalé qu’il leur ordonnait d’adopter. Bien loin de ce qu’il permettait ordinairement sur son navire. Et comme Esfir l’avait elle-même suspecté, il n’avait jamais été question d’envoyer quelqu’un par le sas sans forme de procès ni interrogatoire. Steven Caldwell était trop procédurier.
Tout cela déguisait la scène comme il l’avait expliqué. Une nette référence à la guerre froide, aux purges fratricides orchestrées au sein de l’armée rouge en diverses époques, dans le seul dessein de déstabiliser la jeune femme. Toutes ces questions qui bouillonaient dans son esprit la fragilisait et la jetait d’autant plus vite dans les jupons de Steele.

Mais le colonel Caldwell avait malheureusement négligé un détail.
Le côté compatissant et les méthodes new age de la directrice du programme. Tandis qu’il atteignait la salle d’interrogatoire et attendait de donner l’ordre qui terminerait cet odieux coup de pression, son chef d’équipe le contacta pour lui faire part de l’événement. Erin Steele était intervenue prématurément.
Ce n’était pas si étonnant dans le fond. Le coup de bluff était recherché, osé, et très mesquin. Steele avait déjà émis des réserves à ce sujet et, puisqu’il lui avait permis d’en suivre tout le déroulement par vidéo, il comprenait qu’elle veuille mettre fin plus tôt à ce petit jeu.
Steele avait ses propres armes. Mais Steven songeait qu’elle n’aurait jamais pu faire déguiser l’environnement comme il l’avait fait de son côté. Qu’elle l’accepte ou non, ce choc était nécessaire à la préparation de son interrogatoire. Déstabilisée mais pas blessée, il l’avait promis. Envoyer quelqu’un par le sas en agitant un objet volé sous son nez était très gros, trop gros. C’est justement pour ça que ça marchait. Il y avait toujours le risque que ce soit vrai, le doute que ce soit possible. Et pour quiconque cherchait la sécurité, Steele serait alors la bouée de sauvetage.

« Très bien. Amenez-là en zone carcérale. »

Caldwell n’en tirait aucun plaisir.
Il avait même hâte d’en avoir fini avec cette histoire. L’homme n’appréciait pas le concept de faire passer au supplice une Russe qui n’avait eu pour seul crime que sa naïveté. Mais c’était son rôle, c’était l’idéal pour ce qu’on leur demandait.
En attendant patiemment l’arrivée de l’escorte et de la directrice, l’officier se déguisa de son masque le plus sévère et toisa directement Steele lorsqu’elle apparut. Si l’échange de regards se montrait aussi froid et électrique qu’il avait été à leurs débuts, il ne doutait pas que c’était délibéré cette fois. Le jeu de rôles venait de débuter. Pour les reproches et règlements de compte, ça se ferait plus tard durant le débrief.
« Steele ! Dois-je vous rappeler que ce bâtiment navigue entre deux galaxies et que j’y ai seule autorité ? » gronda Caldwell pendant qu’on installait sans ménagement Esfir sur la chaise. « Une affaire de trahison de cette importance au sein de l’US Air Force ne regarde pas la CIS. »

Erin n’avait pas répondu à Esfir. Elle préférait garder une certaine barrière avec elle, même si l’envie de lui dire que ça irait été forte. En faite non, ça n’irait pas. Elle était dans la merde, et jusqu’au cou. Campée devant le militaire qui venait s’interposer entre ses hommes et elle, elle était à deux doigts de lui rentrer dedans en le toisant d’un air froid, le menton légèrement relevé pour le mettre au défi de venir lui chier sur ses escarpins, quand l’ordre du colonel vint mettre un terme à toute cette mascarade.

Ça commençait fort ce petit jeu du mauvais et du gentil flic, mais au moins, Lunienko était dans l’ambiance. Et le colonel qui en rajoutait une couche en arrivant. Dans le bain direct. Ça lui rappelait une discussion qu’ils avaient eu tous les deux un jour et qui avait valu des problèmes à Erin, mais qu’elle ne regrettait pas vraiment.

« Au sein d’une expédition civile nommée Atlantis Colonel, dont vous n’êtes qu’un instrument utilisé par la CIS pour en garantir la sécurité. Nous sommes peut-être dans votre bus, mais cela ne vous donne pas tous les droits. Aux dernières nouvelles, cela n’inclue pas de rendre justice soi-même. Contentez vous de conduire. », répondit-elle froidement, s’apprêtant à le contourner pour aller du côté d’Esfir. Elle y allait fort, et elle espérait que Caldwell ne lui en tiendrait pas ombrage par la suite, mais il fallait poser le tableau.
« Aux dernières nouvelles, vous n’êtes pas la CIS mais son outil au même titre que moi. »
Il la toisa.
« Arrogez-vous la place conducteur et je vous éjecte de mon bus en même temps que votre nouvelle amie. La sécurité de tous les passagers m’importe plus que votre soif de pouvoir. »

« Je n’ai pas cette prétention, je me contenterai de conduire l’interrogatoire. Pouvons nous commencer ou il faut encore que nous clarifions quelque chose ? », demanda-t-elle en faisant les gros yeux.
Caldwell la sonda silencieusement. ll avait bien saisi le message, lui faisant comprendre que le petit jeu avait assez duré. Steele avait raison, continuer le concours ne servirait plus à grand chose. Pour un peu, Lunienko sortirait les pops corns en attendant de voir qui pissait le plus loin. Mais puisqu’il avait sa fierté de commandant, il resta silencieux un certain temps, faisant mine de peser le pour et le contre, malgré le fait que la décision était déjà prise, forcément.
Il lui tendit le dossier qu’il venait de récupérer sur la table.
« Nous conduirons cet interrogatoire à deux. » imposa-t-il en lui donnant le dossier. Son regard sévère migra vers Lunienko. « Ensuite, nous déciderons s’il est sage de sortir les poubelles. »
« Ohhh, pitié. », fit Erin en levant les yeux au ciel en prenant sèchement le dossier. Elle reporta son attention sur Esfir.
« Puisque nous sommes là, autant ne pas y aller par quatre chemins, vous êtes accusés de trahison, et des preuves matérielles ont été saisies dans vos quartiers. Je suppose que vous avez une explication. »


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Esfir Lunienko

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Esfir était complètement médusée par la scène qui se jouait devant elle. Pour peu, elle se serait cru dans un mauvais film d’espionnage sur la guerre froide. Ca aurait même été à la limite du comique… si elle n’avait pas été placée sans ménagement sur cette chaise en vue d’un interrogatoire qui ne risquait pas d’être drôle !
« Je comprends rien... » elle niait de la tête.
De quelles preuves matérielles parlaient ils, elle les avaient bien vu agiter un flacon sous son nez, le flacon de potion magique qu’elle rapportait pour le général mais… tout c’était passé si vite qu’elle n’était plus sûre de rien. Tout ceci n’avait aucun sens.
« J’ai jamais trahis personne. C’est quoi ce cirque… c’est parce que je suis russe ? » finit elle par demander en tournant son regard émeraude vers le colonel en prononçant les derniers mots.
« Vous avez subtilisé un fluide issu du pôle de recherche de l’expédition. Vous l’avez dissimulé dans vos quartiers, ignorant qu’elle était munie d’une signature radiante particulière expressément prévue en pareil cas. L’identité de cette signature unique correspond à la nouvelle version du dopage des performances connu sous le sobriquet de “potion magique”. » détailla platement Caldwell. « En d’autres termes : vous avez volé le Programme. »
Erin acquiesça, attendant de voir ce qu’elle avait à répondre. Elle comprenait qu’elle était un peu chamboulée par tout ça, ce qui ne la rendait pas vraiment crédible comme espionne, il fallait bien le reconnaître.
« Soufflez un coup, je vous assure que vous ne passerez pas par le sas du croiseur du Colonel. Nous avons récupéré ce flacon dans vos affaires. Pourquoi l’avoir en votre possession alors qu’aucune autorisation de sortie n’a été délivrée ? », reprit-elle calmement, essayant de tempérer le côté froid et autoritaire de Caldwell, même si elle restait neutre et peu chaleureuse.
« Je... »
Elle allait encore dire je ne sais pas, mais maintenant que le colonel avait explicité avec un professionnalisme tout militaire ce qui lui était reproché, elle devait bien reconnaître qu’elle savait. Oui, elle avait prit ce flacon. La chose avait été facile, il n’y avait eu personne dans la labo, il était posé là près de l’armoire qui en contenait tant d’autres. Elle s’était servit.
« C’est pour le Général, il m’a demandé de lui rapporter, il a dit qu’il avait fait tous les papiers. » répondit elle avec un débit accéléré par le stress, regardant alternativement les deux flics qui menaient l’interrogatoire.
Elle aurait limite était plus assurée de confier que c’était pour son usage personnel et non pour le refiler à un Général, qui était probablement Chekov. Elle serait restée sur un statut de voleuse, et non de traître, ce qui était un peu moins grave en somme. Mais bon, elle avait répondu ça comme ça, comme si ce n’était qu’une formalité.
« Il a dit qu’il avait fait tous les papiers. », répéta Erin en lançant un regard au Colonel. « Et sur les papiers, c’est écrit que Esfir Lunienko est autorisée à prendre une fiole et à lui ramener ? », demanda-t-elle tranquillement.

Esfir se redressa sous le coup de la question, elle réagissait comme si la question était stupide. Quelque part, elle lui paraissait stupide puisque pour elle, si le général lui avait dit avoir tous les papiers et qu’elle devait lui apporté c’est que c’était comme ça et c’était tout. Jamais elle n’aurait eu l’idée de demander une preuve ou quoique ce soit d’autres… c’était le général.. SON Général.
« Je ne sais, je l’ai ai pas vu les papiers, il a dit qu’il les auraient d’ici qu’on arrive sur Terre que tout était en ordre. »
L’air du colonel s’était durci. Il n’appréciait pas sa pitoyable défense, c’était une perte de temps.
« Votre bêtise ne vous dédouane pas. Elle aggrave d’autant plus votre situation. » lâcha-t-il sévèrement.
Il laissa quelques secondes filer avant de reprendre.
« Observez cette jeune femme à mes côtés. Celle qui vous a sauvé “temporairement” du sas est une représentante de la CIS. Une assemblée des états membres du Programme dont la Russie fait partie. Les fameux papiers derrière lesquels vous vous cachez... »
Caldwell la sonda.
« C’est Mademoiselle Steele qui les délivre. C’est à son administration que vous rendez compte. »
Erin se contenta d’acquiescer aux propos du Colonel, tout en toisant Esfir. Déjà, elle commençait à cerner le personnage et sa désarmante crédulité.

Esfir ne savait pas quoi répondre, elle les regardait bouche ouverte, complètement incrédule. Au bout de quelque secondes durant lesquelles son cerveau moulinait tellement qu’il n’arrivait plus à réfléchir correctement, elle finit par bredouiller.
« Mais il m’a dit qu’il les aurait… je sais… je sais que j’aurais du attendre mais … c’est le Général… c’est mon pa...parrain, il fait parti du programme y’a pas de raisons qu’il les ait pas. »
« Tout ce que le Général vous demande, vous le faites ? », demanda Erin sans répondre vraiment aux questions implicite de la jeune femme.

Elle eut tout à coup l’impression d’être une gamine à qui l’on disait “Et si tes copains se jettent sous un camion, tu vas faire pareil ?” . Bien sur que non, elle n’était pas stupide...enfin… « Oui...Non… Enfin… s’il me dit que tout est en régle et bien… je le crois » Sa respiration commençait à saccader, elle sentait sa gorge se nouer comprenant peu à peu qu’on venait de la prendre en faute, mais ne comprenant pas la hauteur de ce qu’on lui reprochait, elle avait la sensation d’une enfant qu’on gronde de manière démesurée.
« Vous nous prenez pour des imbéciles ? » gronda brusquement Caldwell.
Après lui avoir jeté un regard froid, il s’empara d’un tablette qu’on avait disposé sur la table avec les dossiers. Il afficha un rapport de constatation rédigé par le pôle scientifique. Il récita le passage qui l’intéressait.
« A notre retour de pause, le scientifique Bilks, Jolf et moi-même, ne nous sommes pas rendu compte de la perte de l’échantillon. Il se trouvait dans l’armoire frigorifique A12. Ce n’est qu’en sortant le porte-tubes pour l’examen d’un composé différent que nous avons constaté l’anomalie. »
L’officier transmis la tablette à sa comparse pour qu’elle puisse parcourir ce premier rapport. Il croisa les mains sur la table, plongeant un regard insistant dans le sien, avant de déclarer :
« En clair, quelqu’un s’est introduit dans ce laboratoire pour subtiliser l’échantillon. Il est évident que le personnel scientifique ne vous aurait jamais laisser agir de la sorte. Pas sans autorisation. Donc cette absence de témoin au moment du vol tient du hasard ? »
Et c’est ainsi que toute l’horreur de la situation lui éclatait en pleine figure… Oui, même si jusqu’ici elle avait voulu se le cacher, elle avait bel et bien volé l’échantillon. Lorsqu’elle était entrée dans le laboratoire et qu’elle avait constaté qu’il n’y avait personne, elle s’était servit. Une part d’elle avait su à ce moment qu’elle agissait mal mais elle ne voulait pas le voir et puis, elle lui devait tellement au général.
« Oui… je sais que j’aurais pas dû me servir… mais il n’y avait personne et j’était pressée » dit elle dans une vaine tentative de se trouver encore des excuses. Jamais elle n’avait voulu nuire à l’expédition et malgré les grondements de Caldwell, elle ne comprenait toujours pas la gravité de son acte. Après tout, la russie faisait parti du programme, elle n’avait pas eu sa place par le plus grand des hasard c’était bien dans cette idée de coopération entre les nations. Alors pourquoi venait on l’accuser de trahison juste pour un échantillon de produit fabriqué dans le cadre de cette coopération ? Elle était perdue et des larmes coulaient maintenant sur ses joues, « Je voulais pas… Je sais pas, j’ai jamais voulu faire de mal… ça peut pas être si grave... » bredouilla t’elle plus piteusement en cherchant l’appui de la directrice Steele.
Caldwell s’en était rendu compte.
Fidèle à son rôle, il ne lui laissa pas l’occasion de recevoir ce soutien. Il claqua brusquement la table métallique du plat de sa main, laissant paraître son agressivité gratuite. L’officier simulait un comportement partial et vindicatif. Une volonté presque malsaine de vouloir la rendre coupable jusqu’au bout des ongles et la traîner jusqu’au sas parce qu’elle avait commis cette erreur : Être Russe plus que voleuse.

Mais intérieurement, l’officier ne bouillonnait pas autant. Il n’y avait rien de valorisant à malmener une employée victime de sa propre naïveté. S’il sentait que cette détresse était authentique, qu’elle cherchait à échapper à la faute sans pour autant avoir eu de réelles intentions malveillantes : le rôle du colonel n’était pas de compatir. C’était l’inverse.

Depuis toujours, des gradés influents, des politiciens et autres intrigants s’étaient toujours arrangés pour manipuler les plus faibles d’esprit. Avoir des pions sur l’échiquier, les sacrifier au moment idéal. Un général, parrain, qui détenait la confiance aveugle d’une technicienne : c’était en avoir fait un agent dormant qui venait d’échouer.

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Steven Caldwell

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le Mer 25 Nov - 19:02

Steven Caldwell
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Caldwell, donc, simula cette agressivité d’un claquement sourd pour priver Esfir de soutien, maintenir la pression qui lui brûlait les entrailles. La faire sursauter.
Et ça ne manqua pas, la jeune femme fit un bond sur sa chaise, ramenant ses yeux humides sur le colonel.
« Arrêtez-moi ce cinéma et comportez-vous en adulte ! » vociféra-t-il. Il donnait l’impression de vouloir lui harponner le bras et l’emmener de force jusqu’au mur. « Vous saviez très bien ce que vous faisiez, Lunienko ! On ne demande pas à une mécanicienne de récupérer un échantillon issu de sciences médicales ! Amérique, Russie ou n’importe quel autre pays. Cela tient du bon sens ! Vous savez très bien ce que vous faisiez. Et les charges qui pèsent contre vous sont très graves. »
Il tapota du doigt sur la table, comme s’il pointait une évidence indéfectible.
« Vous vous apprêtiez à divulguer une formule à votre nation. Une formule composée d’éléments organiques étrangers à notre galaxie. En court-circuitant l’autorité de la CIS, ce n’est rien de moins que le secret défense que vous avez menacé par vos actions. Est-ce que vous réfléchissez un peu ? »
Caldwell posait sincèrement la question.
« Cet échantillon pourrait servir de preuve matérielle de l’existence du Programme, de l’expédition Pégase. Être détourné pour faire chantage sur les autres pays membre de la CIS. Ou bien, faire peser militairement un grave péril sur l’équilibre dissuasif entre les nations. Cet échantillon peut finir au marché noir, alertant une myriades d’organismes de contrôles. Créer à terme des phénomènes d’hystérie ou de terreur publique. Le secret qui entoure le Programme, les procédures et la sécurité régie par la CIS, que TOUS les pays respectent : cela n’existe pas sans raison, Lunienko. Vous l’avez volé, vous l’avez transporté illégalement, vous êtes une espionne doublé d’une traitre ! »

Ses mots étaient dur et de son point de vue injuste. Elle ne savait plus comment réagir, elle n’avait jamais rien subit de tel. Et bientôt la colère vint d’ajouter à sa détresse à mesure que l’attaque du colonel prenait de l’ampleur.
« Mais nous sommes alliés! » dit elle d’une voix encore implorante mais l’où on pouvait sentir poindre un début de colère.
« Je n’ai pas vendu ça au marché noir… c’est pour le Général, il fait parti du projet, il a les acréditations! C’est quoi votre problème ? » petit à petit la tension prenait le dessus sur la peur dans sa voix. « Vous détestez les russes à ce point, que vous chercher le moindre petit truc pour en passer une par le sas ? Vous avez pas le droit de me traiter comme ça ! Je ne suis pas un traître ! »
Le tremblement de ses mains gagna bientôt tout son corps.


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Erin Steele

√ Arrivée le : 27/03/2016
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le Lun 30 Nov - 15:06

Erin Steele
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Erin laissait faire le colonel pour le moment, mais elle n’était vraiment pas à l’aise. Elle avait déjà bousculé pas mal de personne, des personnes qui avaient du répondant et une mauvaise foi crasse doublée d’une volonté de nuire... Mais là, cette femme semblait complètement à la ramasse, victime de sa propre crédulité, de sa propre croyance en un homme qui s’était servie d’elle comme d’un jouet, et qu’il allait certainement renvoyer au rebus. De toute façon, les conséquences pour le général russe seraient surtout diplomatiques et nul doute que la “Mère Patrie” jetterait son enfant en pâture, de deux façons possibles : soit le gouvernement russe allait discréditer Chekov, soit il allait charger Lunienko en affirmant, pour le premier comme pour la seconde, qu’il avaient agi seuls et par intérêt personnel.

C’était révoltant, mais c’était comme ça.

Esfir commençait à reprendre du poil de la bête, la stupéfaction passée, et c’était compréhensible. Après le coup de bâton sur le coin du museau qui mettait dans les cordes, l’esprit avait tendance à se rebiffer ensuite contre les coups suivants. Et Caldwell distribuait les droites et les gauches comme un boxeur pro.

« Personne ne passera personne par le sas. », rebondit Erin en coulant un regard entendu à Caldwell. Putain qu’elle n’aimait pas cette menace de merde, même si elle était fictive. C’était vraiment trop.
En retour, le colonel acquiesça presque imperceptiblement, signe qu’il avait compris le message. Elle prenait la main.
« Esfir... », commença Erin en l’appelant par son prénom pour essayer de la canaliser, et de se ranger dans son camp plus ou moins, comme le soutien qu’elle était censée être, même si le rôle n’était pas simple à tenir dans le sens où cette jeune femme avait quand même merdé. « Nous avons tous des accréditations portant différents niveaux de sécurité, et nous avons toutes et tous signés des tas de papiers, de décharges, nous obligeant au secret défense. Ce n’est pas pour faire joli, ou pour faire du zèle, c’est pour protéger cette expédition. Contourner les règles revient à mettre en péril tout ça. » Elle ne devrait pas être en train d’expliquer ça.
« Tout cela dépasse les pays, les généraux, les présidents. Vous ne pouvez pas vous servir de cette façon juste parce qu’on vous le demande, fut-ce votre président en personne. C’est ça qu’on vous reproche, c’est du vol, et de l’espionnage, ce qui en fait une trahison envers cette expédition. » Sans parler que les collègues qui avaient “égaré” le produit auraient risqué des ennuis également. Erin poussa un soupir avant de s’appuyer contre le dossier de sa chaise en toisant la jeune russe qui lui faisait mal au coeur.
« Au moins, vous avez le mérite de ne pas nier, mais j’ai plus l’impression que c’est parce que vous ne comprenez pas où est le mal qu’autre chose. » Et ça, ça faisait chier l’administratrice, qui se demandait quoi faire d’elle désormais.


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Esfir Lunienko

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le Lun 30 Nov - 15:14

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Esfir Lunienko
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Esfir écouta les explications mais avait toujours autant de mal à saisir où était le mal dans tout ça… à part pour le Général d’avoir cédé à l’impatience et à elle d’avoir pris ce qu’elle n’était pas sensé prendre. Bon ok le vol c’est mal… mais que ça prenne de telles proportions, ça la dépassait.
Le ton calme de la bureaucrate l’aida à se calmer elle-même, même si elle restait sur la défensive, les larmes encore au coin des yeux.
« Il est général… il m’a dit qu’il avait les accréditations et qu’il aurait tous les papiers à notre arrivée. Que c’était juste pour gagner du temps parce que la paperasse, ça prend toujours un temps fou pour pas grand chose. Pourquoi vous ne voulez pas que la russie ait un échantillon de ça ? »
Elle commençait à se sentir un peu attaqué face à la défiance dont les deux interrogateurs faisaient preuve envers ce pays qu’elle chérissait depuis son enfance.
« Mademoiselle Steele ne vient-elle pas de répondre à cette question ? » lâcha Caldwell par pure rhétorique. « Ouvrez les yeux, Lunienko. Vous vous bornez à nous dire que vous vous pliez aux quatre volontés de votre général. Vous imaginez ce que serait l’expédition si tout le monde agissait de la sorte ? »

L’officier se tût un instant. Il laissa le silence s’installer tandis qu’il faisait glisser le dossier de Steele vers lui pour l’ouvrir, bien à plat, et en feuilleter quelques pages.
« Savez-vous ce que la procédure impose en pareil cas ? »
Il leva le nez du dossier pour la fixer.
« Nous allons enquêter. Pour vérifier jusqu’où peut s’étendre cette trahison. Collègues, supérieurs, amis, connaissances, nous allons tous les passer au peigne fin. Chasser ceux qui vous ont accordé leur soutien, qui aurait fermé les yeux sur vos agissements. Je suppose que vous n’avez jamais songé aux conséquences que vos actes auraient sur leurs vies. »
L’officier jeta un coup d’oeil vers l’administratrice, révélant un élément dont elle serait totalement impuissante.
« Quant à vous, puisque Mademoiselle Steele s’évertue à vouloir sauver votre peau, vous serez jugé sur Terre. C’est Guantanamo qui vous pend au nez. Vous passerez le reste de votre vie en tenue orange, aux côtés de divers truands et terroristes à la petite semaine. Vous passerez toutes vos journées à mesurer l’étendue de votre erreur. Votre liberté touche à sa fin, Lunienko. Votre vie d’aventures et de découvertes, vous venez de vous en priver. »

Caldwell marqua une nouvelle pause. Il la laissa gamberger un peu.
En jouant avec la gestuelle, il referma le dossier avant de lui demander sur un double dialogue :
« La vie sur Atlantis vous plaît ? »
Elle avait envie de pleurer, de se rouler en boule par terre, de hurler, de frapper les murs, d’encastrer la tête de Caldwell dans la table… tant d’émotions violentes et contradictoires la traversait qu’elle restait juste immobile, les yeux écarquillés, le menton tremblant à dévisager le militaire sans réellement le voir.
Son coeur battait à tout rompre, son souffle de plus en plus court sous l’effet de sanglots qui semblaient rester bloqués dans sa traché et qui provoquaient une sensation d'étranglement qui devenait de plus en plus douloureux.
Non, ça ne pouvait pas être aussi grave. On ne pouvait la traiter comme une terroriste juste parce qu'elle avait eu l’audace de voler un échantillon de potion magique qu’il était normal selon son point de vue d’être partagé avec les instances dirigeante des différentes nations qui participaient et finançaient la mission Atlantis.
Ca ne pouvait pas être réel, il devait y avoir une caméra caché, un alien qui manipulaient leurs esprits, une drogue qui les avaient tous rendus fou…
Sa tête commença enfin à bouger légèrement de gauche à droite signifiant le refus du spectacle dont elle était l’actrice involontaire.
« Non… non… ça peut pas être si grave… je voulais pas voler la Cité… je suis désolée…. mais ça peut pas être si grave… non… »
Elle avalait sa salive avec difficultés entre chaques mots, ne parvenant même pas à répondre à la dernière question du colonel. Les larmes coulaient sur ses joues, traçant des sillons de colère et d’impuissance, ses doigts serrés en un poing douloureux, les ongles dans la chair. « Non…vous ne pouvez pas faire ça…. j’ai des droits… le Général ne l’admettra pas…. il… il... » elle avait envie de dire qu’il déclarerait la guerre à l’amérique, qu’il enverrait un commando la sauver… mais c’était stupide et puéril.
« Vous êtes méchant… » furent les derniers mots qui franchirent ses lèvres, réplique enfantine face à un croque mitaine qu’on croyait ne pas exister.

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Steven Caldwell

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le Dim 13 Déc - 16:12

Steven Caldwell
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Et le ping pong continuait. Erin devait admettre que le Colonel était fort et percutant. Une fois qu’il vous tenait la jambe, il ne la lâchait plus. Restait qu’à l’abattre l’animal. Malheureusement, Esfir n’avait pas de flingue, et elle en prenait plein la gueule. A chaque fois qu’elle prenait une inspiration, pensant l’orage passé, un nouvel éclair venait la percuter de plein fouet. Erin la plaignait franchement. Sa dernière réplique, défense bien enfantine, qui s’échappa de ses lèvres, alors qu’elle pleurait comme une madeleine, acheva de faire fondre l’administratrice. Elle referma son dossier d’un coup sec, en prenant une inspiration profonde qui gonfla son abdomen. Elle prenait sur elle pour ne pas exposer le fait qu’elle était touchée. Elle ne pensait pas que l’histoire serait si… pitoyable. Si humaine en fait.
« Bien… bien… je vous propose une pause. D’accord ? », demanda-t-elle, tant au Colonel, qu’à la jeune femme. Question de rhétorique s’il en était, car elle se leva dans le même temps. La mine pincée, elle avait besoin de boire quelque chose.

L’officier avait une remarque bien sentie à pouvoir lui renvoyer à la figure. Mais heureusement pour la prévenue comme pour lui, la directrice Steele décida d’imposer la mi-temps. Caldwell, donc, se contenta de fixer la russe dans les yeux en silence. Longuement, à croire qu’il se faisait violence pour ne pas lui sauter à la gorge. Il détourna finalement son regard en direction d’Erin, laquelle s’était redressée. Alors il céda à contrecoeur puis fit un simple geste du visage à l’adresse du garde.
L’équipe de sécurité se mit en position. Deux hommes s’emparèrent d’Esfir pour l’emmener en zone carcérale. Des barreaux, une lourde porte verrouillée à double tour, et rien d’autre que ses propres pensées pour compagnie. Un environnement terne, lugubre, qui lui laisserait l’avant goût de son avenir de captive.

Mais tandis qu’on la faisait disparaître de la salle d’interrogatoire d’une façon peu agréable, le responsable de l’équipe ne suivit pas le mouvement.
Les mains posées sur son P90 (chargé à blanc), un autre détail servant à alimenter le sentiment de menace, l’homme s’approcha du colonel pour recevoir la confidence.
« Envoyez un médecin en zone carcérale, qu’il s’assure de son état psychologique avant le prochain interrogatoire. Donnez lui aussi de quoi se restaurer. Le minimum, restez strict. »
« Et pour le comportement des gardes ? »
Le colonel fixa un instant la directrice, il n’eut pas besoin de lui poser la question.
« Nous avons eu ce que nous voulions. Quittez ces rôles, reprenez dans les règles. »
« Bien Colonel. »

Le chef d’équipe salua militairement avant de disparaître rapidement à son tour. Maintenant qu’il ne restait plus que l’officier et la directrice, le silence retombait comme un soufflet. Au simple échange de regard, Caldwell devina combien elle réprouvait la mise en scène. L’officier n’appréciait pas, lui aussi, d’avoir eu à jouer les sadiques.
Maintenant qu’il n’avait plus besoin de jouer son rôle, Caldwell récupéra son comportement habituel.
« Ce monde prend un tournant surréaliste. » déclara-t-il d’une voix légèrement dépitée. Naturellement, il ouvrit le chemin en direction du mess des officiers, invitant silencieusement Steele à le suivre. Il se disait que la fameuse pause rimait avec collation.
Vu le sac de noeud qui les attendait, il valait mieux en discuter tranquillement devant un morceau. Leur travail aurait été beaucoup plus simple si Lunienko était coupable jusqu’au bout des ongles.
« La naïveté de notre captive est son seul crime. Mais je doute que l’Etat-Major et la CIS se contentent de cet état de fait. Si nous laissons les autorités supérieures s’en charger, ils la réduiront en charpies. »
Caldwell bifurqua dans la coursive, il y avait un peu plus de monde.
« Vous l’avez vu. Elle n’a même pas su se défendre contre mon comportement. »
Lui ayant emboîté le pas après les quelques directives qu’il avait distribué, Erin songeait à cet entretien larmoyant et surréaliste.
« Elle n’a pas su se défendre tout court. », ajouta-t-elle. C’était une enfant qui était prise sur le fait par ses parents, ou pire, une biche paralysée par les phares de la voiture qui lui fonçait dessus.
« Malheureusement vous avez raison. A nous de faire le sale boulot, et ça ne m’enchante pas vraiment. ». Elle avait toujours eu cette faculté de dire ce qu’elle avait sur le coeur, comme si l’exprimer revenait à le combattre. Elle marcha quelques secondes en silence avant d’ajouter, faisant suite à ses réflexions : « Il faut qu’on tente de la retourner contre Chekov et rien de mieux que de lui présenter la vérité telle qu’elle est. Ce n’est pas dit qu’elle nous croit… et... » Erin fit une moue, s’arrêtant dans sa phrase, avant de tourner son regard vers l’officier, de loin son aîné. « Comment peut on faire ça à une gamine ?! », s’emporta-t-elle soudainement. Elle ne parlait bien entendu pas du traitement de Caldwell et de ses hommes, mais bien du côté inhumain du traitement qui avait été fait de l’enfance de Lunienko par les services russes, et de son utilisation, en jouant sur des facteurs émotionnels sacrés ou presque.

Tandis qu’ils entraient dans le mess des officiers, moins tumultueux à cette heure, l’officier songea à son passé, la guerre froide, les missions fourbes de chacun des deux camps. Sans vouloir être condescendant, le colonel trouvait Steele trop jeune pour comprendre la tactique. Parce que ce genre de procédé ne se faisait plus vraiment. Mais aussi parce que les mentalités avaient changé avec le temps. Si le colonel reprenait les anciennes politiques ce jour, il serait rapidement destitué de ses responsabilité. C’était un fait.
Le fameux Général Chekov devait être du même âge que lui pour avoir employé Lunienko de la sorte. De la manipulation sans limite à l’ancienne école.
« C’est une ancienne doctrine d’espionnage inventée par les Chinois. » lui confia-t-il. Il prit un plateau et s’engagea dans la file. En même temps, il lui partageait les détails comme un expérience ancienne et personnelle. « Dans l’éventualité d’une guerre, des agents dormants Chinois - des femmes en grande majorité - se mariaient avec des américains revenus de missions. Des marins, des agents de liaison, du personnel de l'ambassade...idéalement des officiers. »
Le colonel prit un gobelet et se servit un café. Il guetta ensuite le présentoir pour choisir son déjeuner. Pendant ce temps, il poursuivait son récit.
« L’idée, c’était de pouvoir activer des agents dans le Pays ennemi au déclenchement d’une guerre pour s’attribuer un avantage. Qu’il soit tactique, du sabotage, collecte de renseignements... »
Il opta pour un fruit.
« Au début, ils envoyaient des femmes ignorantes faire des rencontres à l’aide d’agences matrimoniales. Mais ils se sont rapidement rendu compte que ces jeunes femmes préféraient la loyauté du couple au Pays. Donc...ils les ont conditionné dès le berceau. »

Le colonel Caldwell se tût.
Ça lui rappelait son passé, sa jeunesse, ses premières années en tant que militaire après l’école des officiers. Il attendit que la directrice se soit servie puis se rendit vers une table isolée pour avoir la paix. Quelques officiers le saluèrent par automatisme sur sa route et il y répondit d’un signe de tête.
« J’ai reçu l’ordre de la placer au dépôt dès notre arrivée à l’ancrage. » expliqua Caldwell en s’installant. Une fois fait, Lunienko serait perdue.
Pourtant, la directrice Steele avait donné un peu plus tôt une grande ligne. Une idée plutôt intéressante : retourner la jeune Russe contre ce “parent traître”. L’officier se contenta de mener l’idée initiale d’Erin à son terme.
« Travailler pour notre nation en qualité d’agent double pourrait être sa dernière chance de survie dans l’expédition. Qu’en dites-vous ? »

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Erin Steele

√ Arrivée le : 27/03/2016
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le Lun 14 Déc - 9:48

Erin Steele
La troika : la rond-de-cuir, le soudard et la traitresseCaldweel, Steele & Lunienko

Erin avait écoutait sans mot dire tout le temps qu’avait duré cette queue pour se restaurer. Elle n’avait pas très faim à dire vrai, mais elle avait pris de quoi grignoter histoire de se donner bonne conscience. Le thé serait un bien meilleur allié que la nourriture. Elle avait conscience que ce genre de procédé devait exister, après tout on ne fabriquait pas des films sans un fond de vérité, aussi horrible soit-elle, et elle était aussi passionnée de série télévisée et divers livres ayant pour thème la géopolitique. Cela lui parlait, et elle comprenait les enjeux… mais elle comprenait aussi les conséquences sur ces personnes, et Lunienko en était l’exemple.
Même si elle comprenait l’idée qu’avait les pays de faire cela, elle n’en détestait pas moins le procédé.

L’être humain était une belle saloperie quand même qui la conduisit à soupirer. L’histoire de la russe était un peu différente de celle de ces chinoises, mais au fond, elle était tout autant sacrifiée que ces femmes.
« Ça me répugne de l’utiliser, surtout après tout ce que vous venez de dire sur ces femmes… mais c’est ça ou le choléra. » soupira-t-elle en absorbant une gorgée de thé brûlante. « Orientons notre stratégie là dessus. Faut qu’on descende Chekov à la hauteur de ce qu’il a fait, qu’on lui présente les preuves, pour… ses parents… et tout le reste. » Elle marqua une pause. « On va la détruire. » souffla-t-elle. Elle aurait aimé en discuter avec Alexander, mais ce dernier n’était plus dans les parages, et ça n’avait pas été vraiment possible d’en discuter avec lui avant, parce qu’ils ne pouvaient pas savoir qu’Esfir aurait ce genre de défense naïve, malgré ce qu’il avait pu trouver. Caldwell n’était pas un mauvais bougre, mais elle le jugeait comme quelqu’un d’assez bourru, et dénué de certaines émotions. Un militaire en somme.

A l’inverse, Caldwell trouvait la directrice trop tendre à certains aspects. Ce qui ne la rendait pas forcément faible à son regard. Mais elle aurait opté pour une stratégie moins violente et déstabilisante. Lunienko avait été bousculé mais ils étaient fixés d’emblé, ils n’avaient pas perdu de temps. C’était un avantage pour choisir son devenir.
« On va la détruire. » confirma l’officier sans sourciller. « Mais réfléchissez à ceci. L’un des éléments de votre personnel est vulnérable, faible, dont la vie elle-même est un mensonge. Pour le chef d’inculpation qui lui est attribué, le comité d’accueil sur Terre lui réserve un interrogatoire bien pire que celui qu’elle vient d’affronter. La ruine et l’anéantissement l’y attendent. »
Il se pencha et croisa les mains sur la table.
« Or, vous êtes sans conteste sa seule chance de reconstruire une vie convenable sur Atlantis. Une vie concrète qui ne se base pas sur la manipulation et la trahison. Ce choix ne peut pas se faire sans drame ni rédemption. Il appartiendra à cette jeune femme de se saisir de cette opportunité. Travailler pour l’Amérique, afin de ne pas disparaître. Elle en souffrira et si elle y survit : vous l’aurez sauvé des griffes de ce Général. »
Le Colonel conserva un bref instant de silence avant de conclure.
« Nous allons la détruire. Elle se reconstruira sainement. Alors ne soyez pas trop dure envers vous même. Votre choix est empreint d’empathie : c’est une qualité devenue rare de nos jours. »

Quand il répéta les quelques mots qui avait constitué sa conclusion, Erin releva les yeux vers le colonel comme pour le fustiger. Mais au fond, elle l’avait dit, et lui aussi. Ils en avaient conscience tous les deux. Ils allaient flinguer cette pauvre femme parce que quelqu’un s’était déjà chargé de la flinguer sans qu’elle ne le sâche. La double peine. Mais Lunienko était adulte, et si ce genre de comportement pouvait passer pour de l’idiotie chez un adolescent, c’était de la sottise chez une personne de son âge. Tout le monde savait, et d’autant plus dans un programme tel que celui-là, qu’il était interdit de voler. Toutes les sociétés humaines avaient ce genre d’interdit. Même les Russes. Si les positions et les rôles étaient inversés, nul doute qu’ils auraient été sans pitié pour un agent américain.
Est-ce que cela seul justifiait de l’être avec un agent Russe ?
Non, forcément que non, estima Erin par devers elle. Elle écoutait le Colonel désormais, qui argumentait. Si elle s’en tenait à la façon dont il présentait les choses, elle était la bienfaitrice, la sauveuse de cette jeune femme, la gentille de l’histoire. Pourtant, ce n’était pas le goût qu’elle avait dans la bouche actuellement. Mais au fond, il avait raison sur un point : sur Terre, entre les mains de la CIA ou de n’importe quel organisme de ce genre, ils la feraient passer à la moulinette comme une vieille pomme de terre qu’on écrase. Et ce ne serait pas de la vodka qui en sortirait…

« Et bien… ce ne sera agréable pour personne, pas plus elle que pour moi. Et peut-être vous aussi. Je ne sais pas ce que vous pensez vraiment de tout ça Colonel, au fond ? Cela vous touche ? », demanda-t-elle afin de sonder le vieux bonhomme qui en avait vu des vertes et des pas mûres tout au long de sa carrière dans l’armée. Il ne devait pas avoir l’habitude de ce genre de question. Peut-être qu’il allait l’envoyer paître avec ses interrogations de bonnes femmes, ou de civil s’il ne versait pas trop dans le machisme.

Steven ne se montrait jamais expressif. Il était assez rare qu’il se confie si ce n’est à son partenaire et ami : Sidney. Mais pour les autres, il gardait son masque et ne montrait jamais ses failles. Un devoir, entre autre chose, qui incombait au capitaine de la galère. Pour éviter que le doute ne s’insinue dans un équipage perdu entre deux galaxies, il devait se montrer convaincu, catégorique.

“Le pacha sait toujours ce qu’il a à faire, qu’il le sache ou non.”
C’est un credo qu’il suivait toujours.

La question de la directrice Steele ne l’étonnait pas plus que ça. C’était dans son tempérament. C’était une bonne occasion de creuser pour savoir si le vieux colonel avait un coeur ou pas. Une façon habile d’amener la chose, faire l’aveu en premier pour obtenir celui de l’interlocuteur.
Il aurait s’agit de Sidney, l’homme aurait répondu sans hésiter.
Après plusieurs décennies passées au service de son pays, il en avait effectivement vu beaucoup. Comme à chaque fois, les meilleurs éléments réceptifs à une manipulation étaient les esprits faibles. Ou crédules. Le cas Lunienko ne le dépitait mais il n’en était pas atterré.

Steele n’était pas une amie. Il s’agissait d’un élément directeur du Programme. Bien qu’elle occupait à merveille son rôle, elle n’avait pas complètement tort en arguant qu’il conduisait le bus. Caldwell avait accepté un terrain d’entente avec elle. Ils avaient décidé d’enterrer la hache de guerre par logique professionnelle.
Mais cela s’accompagnait de certaines barrières qu’il ne comptait pas faire tomber. Lui confier son ressenti personnel sur ce que Lunienko vivait était hors de propos. La directrice allait un peu vite en besogne.

Caldwell n’avait aucune envie de braquer son interlocutrice. Il opta pour une déclaration à demi-mot.
« Ce Général Chekov devrait être à sa place en cellule. »

Erin afficha un sourire mutin. Le Colonel bottait en touche à sa façon. Il n’était pas évident de le faire parler, le vieux canasson. S’ils arrivaient à travailler ensemble, Erin n’avait jamais réussi à gratter la couche de défiance et de méfiance qui s’était installée entre eux depuis leur première rencontre. En même temps, elle l’avait cherché un peu, mais elle était capable de faire évoluer sa pensée. Le militaire avait un peu plus de mal. Ce n’était pas grave. Elle opina gravement du chef et répondit tranquillement :
« Sur ce point nous sommes d’accord, mais Moscou nous enverra nous faire cuire un oeuf si on leur demande. ».
Elle s’ajusta dans sa chaise, assez fine pour comprendre que le Colonel n’en dirait pas beaucoup plus sur ce qu’il pensait de tout ça. Elle consulta sa montre, dont l’heure était basée sur celle terrestre.
« On lui laisse combien de temps ? Elle doit voir un psy en ce moment même je présume ? »
« C’est le cas. Je serai informé de la fin de l’entretien, ça ne devrait plus tarder. »

Erin opina du chef. La discussion continua un certain temps avant que le sujet ne s’épuise naturellement. Elle ne chercha pas à parler de façon informelle avec le colonel, pas plus qu’elle ne creusa un peu le bonhomme. Elle avait reçu le message cinq sur cinq, et elle comptait bien le respecter. Il fut un temps où elle faisait la part des choses entre ses relations professionnelles et personnelles, et Atlantis avait un peu foutu le bordel là dedans, et ce n’était pas la petite Elise qui allait témoigner du contraire… le personnel s’était mélangé au professionnel, et heureusement ça s’était fait en bonne intelligence.


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Esfir Lunienko

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le Lun 14 Déc - 10:28

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Esfir Lunienko
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[i]Pendant ce temps, dans la zone carcérale.[\i]

« Veuillez attendre ici. »

Le chef du groupe de sécurité venait de la faire entrer dans une autre partie de la zone carcérale, au niveau en-dessous. L’aspect très austère et bien moins architectural du Dédale lui donnait vraiment l’impression d’être jetée à fond de cale. Avant d’accéder aux cellules que l’on trouvait de part et d’autres de cette coursive, le chef débutait la rédaction d’un document avec l’aide du geôlier.
Un peu avant, on l’avait fait entrer dans une pièce spécialement prévue comme un vestiaire mais avec miroir sans teint. On lui avait fait revêtir un uniforme une pièce du Dédale, vérifiant ainsi l’absence d’effet personnel avant son admission. Les soldats venaient de lui prendre les lacets de ses chaussures, la priver de sa ceinture si elle en avait eu une, ainsi que de bijoux si elle en portait.

A présent, quatre geôliers prenaient le relais et surveillaient Esfir. Depuis qu’elle avait quitté la salle d’interrogatoire et que le chef les avait rejoint, les réflexions, les petits coups dans le dos, tout ce qui visait à la malmener s’était évaporé. Maintenant, on l’emmenait tout simplement en taule.

« Alors ? Tu me l’amènes pour quoi ? » demanda ce qui semblait être le chef de l’équipe des geôliers, tandis qu’il s’approchait d’Esfir. Il pencha légèrement la tête pour observer son faciès.
« Elle ne sent pas l’alcool, elle n’a pas l’air violente. Elle a oublié de prendre son quart ? »
« Elle n’est pas militaire, Joe. Inculpée pour haute trahison, vol. »
Le chef geôlier poussa un sifflement, mélange d’admiration et de dépit.
« Le vieux doit être fumasse. »
« Tu l’as dis. Elle a la CIS au cul, aussi. On reviendra la chercher pour sa prochaine comparution. Mesures d’incarcération standard, c’est bon pour toi ? »

Esfir avait suivi sans mot dire, toujours sous le choc de ce qui venait de lui arriver. Même si le comportement des gardes à son égard était bien plus civilisé, le décor lui foutait le chair de poule et la rendait muette. Les larmes lui montaient à nouveau au yeux, elle avançait comme dans un cauchemar.

Le geôlier récupéra le formulaire qu’il consulta d’un oeil habitué. Il finit par acquiescer et s’empara des menottes qui cernaient les poignets d’Esfir. Cela lui permit de donner une impulsion afin qu’elle le suive. Les trois autres surveillants la cernait et l’escortait.
« Mademoiselle Lunienko, si vous voulez bien me suivre je vous prie. »
Il prit les devants pour se rendre jusqu’à sa cellule. Quelques autres captifs, des soldats en majorité, se trouvaient dans les prisons attenante. Il y en avait un qui avait la tronche collé contre les barreaux et la lorgnait longuement des pieds à la tête. Il finit par émettre un sifflement gourmand à son adresse.
« La ferme, Burt. »
On la guidait jusqu’au fond du couloir, la dernière cellule à droite, on la plaçait délibérément à l’écart des autres prisonniers. Pour qu’elle ne leur parle pas ou qu’elle ne soit pas dérangée. Dans les deux cas, la grande grille de lourd barreaux rétractables avait déjà été ouverte en prévision de son arrivée. Le geôlier attendit qu’elle entre à l’intérieur, le groupe de surveillant dans son dos ne lui laissant guère le choix. Ils lui retirérent ses menottes avant de se reculer.
La grille se referma sur elle, l’enfermant pour de bon.

Esfir sursauta sur le bruit métallique du verrou qui venait de s'enclencher, il la fit frissonner jusqu’aux os. Machinalement, elle enserra ses propres épaules, comme pour se réchauffer ou se protéger de cette nouvelle réalité qui cherchait à s’imposer à elle. Une traitre ? Jamais elle n’avait voulu ça… Certes elle avait volé et elle savait bien que c’était mal de voler mais, ce n’était censé être qu’un petit larcin sans grandes conséquences…

Dans la cellule, il n’y avait qu’un lit une place, une couverture, une chaise et un bureau. Il s’y trouvait trois feuilles de papier et un étrange stylo qui semblait conçu pour ne pas servir d’arme. Les bouts arrondis, fragile, le tout sur le point de se briser en cas de trop forte pression.
Le chef d’équipe fit un signe à ses hommes qui quittèrent l’endroit. On les entendait alors patrouiller ou discuter avec quelques prisonniers. Mais on y sentait cette barrière entre le captif et son surveillant.
Le chef d’équipe était resté devant les barreaux, étudiant le formulaire d’admission. C’était un homme aux traits burinés par l’âge, une coupe à la militaire qu’il avait l’air d’entretenir chaque matin. Pas un poil plus long que l’autre. Sa moustache lui donnait un air de sage ou de paternel. Surtout qu’il ne semblait pas juger du regard ni agir par préjugés. Sa voix, toutefois, était assez stricte.

« Mademoiselle Lunienko, je suis le gardien en chef Stanley. A quatre heures et vingt sept minutes, ce matin, vous êtes placée en détention provisoire, pour le chef d’inculpation dont vous faites l’objet. Du fait d’une enquête diligentée à votre encontre par l’US Air Force et la CIS, vous êtes susceptible d’être sollicitée à toutes heures, sans avertissement préalable. Le comprenez-vous ? »

Le chef leva le nez de son formulaire qu’il plia machinalement et attendit sa confirmation. Il débita la suite d’un air habitué.

Elle acquiesça d’un petit mouvement de la tête, plus par automatisme que par réelle compréhension.

« Si vous avez besoin de vous entretenir avec un gardien, vous pourrez faire appel à messieurs Reynolds, Higgins ou Verbel, qui vous ont escorté. Vous avez le droit à une sortie par jour dans la zone botanique ou la baie d’observation, escortée par deux d’entre nous. On vous apportera votre repas, vous mangerez sous surveillance d’un gardien. Le comprenez-vous ? »

Il attendit une nouvelle fois qu’elle confirme.

« En ce qui concerne vos besoins naturels. L’accès aux latrines se fait sous requête. Vous serez escortée et surveillée par la gardienne Tamara Well. Il en va de même pour les douches, à hauteur d’une tous les trois jours. Votre incarcération s’accompagne d’une obligation de suivi médico-psychologique. »

Il grimaça en se contorsionnant pour ouvrir une poche de son uniforme puis en retira deux petites cartes de visite. Il les lui tendit au travers des barreaux.

« Vous avez le choix entre le docteur Patrick Sidney, psychologue du bord. Ou le docteur Harleen Walker, suppléante affectée au Dédale. »

Elle le regarda sans réagir. C’était à peine si elle comprenait ce qu’il disait. Pas que son anglais soit à ce point mauvais, mais son cerveau était comme endormi, prisonnier d’une spirale qui flirtait à la folie.
L’homme insista en avançant à nouveau les cartes vers elle.
« Je...j’en sais rien… je veux voir personne... » dit elle en lui tournant le dos pour aller se recroqueviller sur l’unique couchette de la cellule et laisser libre court aux sanglots qui nouaient sa gorge au point de la rendre douloureuse.
Ca faisait si mal… la douleur devenait presque physique, ses muscles étaient endoloris et lourds du manque de sommeil et de l’adrénaline qui malmenaient son corps depuis que Caldwell et Steele semblaient s’être donné pour mission de la réduire à néant.

« Ce n’est pas un option. » répondit Stanley, complètement indifférent aux sanglots.
Il extirpa de sa poche de pantalon un paquet de mouchoirs qu’il avait déjà entamé pour y glisser tranquillement les deux cartes de visites. Il lança ensuite son paquet sur le matelas, non loin de la Russe en pleurs.
« Je reviens pour le déjeuner. Prenez le temps d’y réfléchir, sinon je choisirai à votre place. »
L’homme la fixa un instant. Voyant qu’il n’obtiendrait rien de plus dans l’immédiat, il tourna les talons pour se rendre à son bureau.

Le temps s’écoula lentement, ce fût interminable et pénible.
Une expérience en prison se déroule de diverses manières dans l’esprit d’un captif. Souvent, il voit les murs se rétrécir au fur et à mesure, il se sent devenir un claustrophobe qui s’ignorait. La couleur terne du décorum, l’absence du moindre divertissement, ne laissant plus que les pensées maussades à entretenir sans fin. L’étendue de la privation se révélait alors. La fin des libertés les plus anodine, que l’on considérait naturellement acquises, comme le fait de se déplacer, d’aller uriner à volonté, de lire une oeuvre, parler à quelqu’un, voir du monde, ou bien le soleil, le ciel. Pas même la liberté de consulter l’heure pour se repérer.

Esfir se retrouvait enfermée à double tour, derrière de solides barreaux, et il y régnait un tel silence qu’elle se serait crue dans un tombeau. Vu l’heure, certains captifs dormaient, il n’y avait que quelques veilleuses de couleur rouge au plafond. Parfois, quelqu’un toussotait, ou un autre se mettait à fredonner discrétement la dernière chanson à la mode. Mais comme si l’endroit était imprégnée d’un étrange magie néfaste et flétrissante, ces semblants de vie humaine finissaient toujours par être rattrapé par le silence. Une tombe froide et sans vie...ce n’était pourtant qu’un simple aperçu.

Finalement, après ce qui lui avait semblé une éternité, une série de pas retentit sur le sol froid du Dédale. Les veilleuses gagnèrent en intensité progressivement. Le rouge laissa la place à l’éclairage habituel du Dédale. La transition piquait les yeux mais elle n’aveuglait pas. Le cliquetis métallique de clés plus petites, puis le couinement de jointures, laissaient supposer qu’on ouvrait. Mais quoi ?
Les prisonniers remerciaient, plus par politesse que par respect, puis les pas s’approchaient encore.

Finalement, Stanley apparut avec un plateau. Un petit contenant en plastique avec de la confiture dedans, quelques morceaux de pain grillés, un fruit, une tasse de café. Mais aucun couvert. Pas de couteau, ni fourchette ni cuillère. Simplement une serviette en papier.
« Le déj, Lunienko. Il est huit heures. » annonça le chef des geôliers.
Il se libéra une main pour se saisir de son trousseau de clé. Comme dans certaines prisons américaines, un petit battant métallique pouvait être ouvert pour y déposer le plateau. Le captif pouvait le récupérer à travers les barreaux. Habitué, Stanley déposa le déjeuner pour laisser à la jeune Russe le choix de s’en saisir ou non. L’homme se recula un peu puis resta planté là. Comme il l’avait dit, un gardien la surveillerait pendant son déjeuner, c’était la règle.
« Vous avez l’air d’aller mieux » déduisit-il en l’observant brièvement.
Ou bien n’avait-elle plus de larmes à verser ?

Elle s’était redressée de sa couchette en entendant le bruit métallique du plateau. Cette nuit courte au sommeil entrecoupé d’un silence pesant, de peurs irrationnelles, d’inquiétudes profondes avait asséché ses yeux et endurcit son coeur. La peur avait laissé la place à la colère face à l’injustice dont elle était certaine d’être victime.
Elle regarda Stanley le regard dur.

A un moment donné, elle allait fatalement lui dire qu’elle n’avait pas faim. Ou bien moquer le plateau repas jusqu’à ce qu’il le reprenne. Stanley préférait poser les barrières rapidement pour qu’il n’y ait pas de malentendu.
« Je vous conseille d’avaler quelque chose. J’ai connu quelques fantaisistes qui ont tenté une grève de la faim. Mais l’ancien les a envoyé à l’infirmerie, le repas servi par intraveineuse alors... »
Il pointa le plateau d’un coup de menton.
« C’est quand même plus agréable de manger chaud. »

Elle se leva sans un mot et se saisit du plateau avec rage. Mais s’il pensait qu’elle allait en jeter le contenu sur le sol, il serait surpris puisqu’elle s’installa sur son lit et commença de manger tout en l’observant d’un air morne.

Il aborda ensuite le sujet important.
« Vous avez fait votre choix ? »

Elle mordit dans une des tranche de pain en le fixant d’un oeil noir. Elle prit son temps pour mâcher. Elle était en colère et regrettait de ne pas avoir Caldwell sous la main pour lui crier toute sa rage… ce Stanley ferait l’affaire pour l’heure. Il fallait que ça sorte sinon ça risquait fort de la rendre folle. C’était peut être pour ça qu’ils voulaient l’obliger à voir un psy.
« J’en ai rien à foutre de vos psys ! Ce que je veux, moi, c’est un avocat ! » lui cracha-t’elle au visage une fois avalé son pain grillé.

La haine de la Russe lui glissa dessus sans avoir le moindre impact.
Stanley était habitué aux comportements de ses pensionnaires. Certains s’enterraient dans un mutisme insistant, d’autres fondaient en pleurs, et d’autres encore évacuaient leur colère. L’homme se contenta d’acquiescer d’un signe de tête.
« Bien, je choisis pour vous alors. » répliqua-t-il d’un ton strict, la requête de l’avocat passant bien évidemment à la trappe.
Le délai était passé. Esfir n’avait pas choisi, tant pis. Ce n’était pas le prisonnier qui faisait la loi.

Stanley patienta, que Lunienko termine son plateau repas avant de le récupérer.
« Je vous envoie Mademoiselle Walker. Une vraie magicienne avec ses patients. » lui annonça-t-il en la fixant.
« Plus vous compliquerez le travail de votre médecin, plus votre incarcération durera. Pensez-y, si vous tenez à sortir rapidement. »
Ce dernier conseil offert par la maison, le chef de la zone carcérale s’éloigna. Il déposa le plateau repas vide sur la desserte puis rejoignit son bureau. Parmis les divers documents et dossiers des prisonniers, il détenait en version papier la disponibilité des psys pour son secteur. Harleen Walker n’était pas disponible. Ils étaient en route pour la Terre, la psychologue était logiquement restée sur Atlantis.
Stanley soupira et décrocha le combiné mural. Il avait la même utilité que la radio. Il savait que le vaisseau faisait actuellement une halte en orbite sur la dernière planète avant de quitter le système de Pégase.

« Sergent-chef Stanley. Vous voulez bien me passer Mademoiselle Walker sur Atlantis ? » demanda-t-il au Pôle-Com.

Le temps que la liaison transite sur la cité puis s’établisse à l’adresse du médecin, Stanley parcourut du regard le dossier papier de Lunienko, parvenu quelques heures plus tôt dans la nuit. Elle avait la phobie des hôpitaux et des migraines ophtalmiques sévères, des éléments à prendre en compte.

// Mademoiselle Walker ? Bonjour, c’est Stan. Vous avez une minute ?// lui demanda-t-il, une fois la liaison établie.
// Bonjour Stan, une minute, c’était le temps qu’il me restait pour ma sieste. //, blagua-t-elle, ce qui était audible au son de sa voix.
// Je vous ramènerai un plaid pour me faire pardonner. Chaque minute compte quand on se repose… //
// Vous savez que vous n’échapperez quand même pas à la prochaine évaluation de routine même si vous m’achetez Stan. //, répondit-elle du tac au tac avant d’ajouter plus sérieusement : // Que puis-je pour vous ? //
// J’ai reçu une pensionnaire cette nuit. Esfir Lunienko, une Russe qu’on accuse de trahison et de vol. Le colonel attend l’aval du contrôle psy avant de la renvoyer à l’interrogatoire. Je sais que vous êtes bloquée sur la cité. Mais étant donné que c’est une civile d’Atlantis, j’ai pensé que ça passerait mieux avec vous.//

Il grimaça à l’idée de ce qu’il lui demandait.
Si Walker prenait trop de temps à monter son auscultation ou que Lunienko jouait la tête de mule, Caldwell n’attendrait pas. Le vaisseau repartirait à l’heure prévue en embarquant la psy pour un voyage retour inattendu. Heureusement, l’escale durerait un petit moment. Le Dédale attendait toujours un certain temps le feu vert d’Atlantis dans le cas où il ait besoin d’envoyer du personnel ou du fret en retard avant que le Dédale ne soit définitivement indisponible.

Un silence s’installa quelques secondes tandis qu’elle considérait ce qu’il lui demandait. Pourquoi est-ce qu’il ne voyait pas avec Sidney tout simplement ? Parce qu’elle était civile et membre de l’expédition ? D’un côté, la mention “vol et trahison”, ça donnait quand même un peu envie d’aller s’y intéresser de plus près même si… ce n’était pas glorieux et pas tellement ses affaires.
Finalement, elle opta pour ce qu’elle savait faire de mieux : elle reformula pour avoir plus d’info.
// Vous avez pensé que ça passerait mieux avec moi ? Pourquoi ? //

Ce fût au tour de Stan de se taire un petit moment. Il fût gagné par un léger sourire à l’idée qu’elle n’était pas née de la dernière pluie et qu’une autre motivation justifiait de la faire venir jusqu’au vaisseau.
// Je ne vous l’ai jamais dit… // précisa-t-il avant d’expliquer :
// J’ai su de la part des collègues qu’ils ont mené l’interpellation façon guerre froide en la bousculant un peu. Ordre des supérieurs. Je ne saurai vous dire pourquoi. Mais le résultat, c’est que ma pensionnaire ne doit plus avoir confiance en tout ce qui porte la bannière étoilée sur l’épaule. //
// Vous les américains, vous êtes vraiment démodés. //, soupira-t-elle. // Et comment je fais pour venir, vous n’êtes pas partis vers la Terre ? //
// Nous restons sur P5X-797, en orbite. Je peux m’arranger pour vous fournir un ordre de transfert sur le Dédale…mais vous n’aurez qu’une douzaine d’heures tout au plus. Passé ce délai, vous profiterez des Américains démodés pour trois semaines de plus... //
// Une bonne façon de compenser ma minute de sieste perdue. //, argua-t-elle. // Lancez la procédure, je vais m’arranger et préparer mes affaires. //
// Je vous attendrai en salle de téléportation pour vous faire un topo. Merci Walker… //

Une heure plus tard, le gardien chef ouvrit la cellule de Lunienko.
« C’est l’heure de la balade. » lui annonça-t-il sans lui laisser le choix.
Il ne chercha pas à lui entraver les mains. Que pourrait-elle faire dans un vaisseau rempli de deux cents militaires Américains, démodés comme l’aurait dit Walker, sans compter le personnel en transit. Higgins, un autre maton, ferma la marche derrière elle. Ils l’emmenèrent tranquillement jusqu’à la baie d’observation depuis lequel on voyait la planète. Elle n’était pas bleue, contrairement à la Terre, mais plutôt violette à cause d’un organisme qui pullulait dans l’océan. Ca donnait une dimension étrange à la vie qui se déployait en bas, bien que rien n’était dangereux pour l’homme.

Une fois que la jeune femme fût entrée, le chef fit un signe à son collègue qui s’éclipsa. Il s’approcha ensuite du banc sur lequel se trouva déjà quelqu’un.
« Je vous présente votre nouvelle alliée. » déclara Stan avec un hochement de tête.
Il glissa ensuite à la psychologue, plus discrètement :
« Je serais derrière la porte. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous m’appelez ? »

Harleen Walker avait eu le temps d’obtenir des infos de la part de Stanley. Il lui avait également permis de rencontrer le chef d’équipe qui avait procédé à l’interpellation. La jeune femme avait pu obtenir un témoignage de sa part sur les événements, le passage dans le sas puis l’interrogatoire. De quoi débuter son travail avec de bonnes bases.

Esfir était toujours aussi renfrognée mais ne voulant pas risquer une nouvelle visite du couloir du sas, elle obtempéra sans un mot, servant regard noir à quiconque la regardait et gardant les poings farouchement serrés pour empêcher la détresse de refaire surface. Elle ne voulait pas être l'oisillon faible qu'ils avaient mis au jour par ce traitement inepte qu'elle avait subit.
Elle voulait être la lionne que son général voyait en elle.

Lorsqu'ils arrivèrent à destination elle eut le petit soulagement de voir qu'il s'agissait de la baie d'observation et non de la salle d'interrogatoire ou pire encore.

Il y avait une autre femme qui semblait attendre, sans doute la psy dont l'autre avait parlé…
Peu importait ses couleurs civiles, elle était des leurs.
Elle resta donc immobile au fond de la pièce même après que son geôlier soit parti, l'air sombre et les poings serrés à s'enfoncer les ongles dans la chair.

Harleen s’était contentée d’un hochement de tête à l’endroit de Stan. Elle connaissait comment ça marchait, à la longue. Bon au moins cette fois, elle ne se retrouvait pas directement dans les cellules à aller voir ce qu’il se passe, ils avaient eut la décence de lui emmener Esfir Lunienko dans un endroit moins… glauque.
Bon en tout cas, elle était en colère, et ça pouvait se comprendre après le déluge qu’elle avait pris sur la tête. Et cette histoire de sas là… Si c’était pas contraire à toutes les règles internationales cette histoire… Elle ne chercha pas à la faire approcher, et tenta plutôt une de ses petites phrases d’accroches qui fonctionnaient bien habituellement :
« À votre place, je serai aussi en colère… Je ne peux pas m’excuser à leur place cela dit. », tenta-t-elle en venant se positionner devant la baie d’observation pour regarder les couleurs de la planète. C’était toujours fascinant, de son point de vue.

La russe observa le petit manège de la psy. Elle avait l'impression de se retrouver adolescente, à l'hôpital après le décès de ses parents.
Plusieurs de ces soi-disant médecins avaient essayé de l'aider à surmonter le deuil….
Des beaux parleurs pleines de phrases toutes faites!
Et bien qu'elle cause à cette planète violette, peut-être y aurait il des oreilles pour l'écouter là bas. Pour ce qu'elle en savait, elle était toujours en cage sur un rafiot qui voulait voir renaître la guerre froide.

Pas de réponse. Harleen s’en doutait un peu, elle était complètement fermée, limite agressive. C’était toujours compliqué quand on lui refilait ce genre de personne à voir… pour la bonne et simple raison que ces personnes en générale, ne voulaient pas la voir. Difficile de commencer quoique ce soit dans ces conditions. A elle d’être bonne et de trouver une accroche avec les éléments qu’elle avait pour la pousser à venir un peu vers elle, même si tout ne se déciderait pas là tout de suite.
Elle laissa passer volontairement quelques minutes assez pesante sans parler, laissant l’ambiance faire pour elle, ce sentiment que deux humains dans une même pièce ne pouvaient pas s’ignorer indéfiniment, puis elle fit un nouveau pas vers elle.
« Vous n’avez pas envie de me parler, je vous comprends, pour de vrai, personne n’a été loyale avec vous, vous vous dites surement que je ne ferai pas mieux, et vous n’auriez pas tort. C’est le protocole, je devrai faire un rapport, mais je dois aussi m’assurer que vous allez tenir le choc. »

Esfir renifla dédaigneusement avant d'aller s'asseoir. Au moins elle reconnaissait qu'elle serait inutile et qu'elle ne ferait que la paperasse qu'on lui demandait. C'était stupide… ce n'était pas une psy qu'il lui fallait.

« Alors faites votre rapport et finissons en. »

Harleen se tourna et revint vers le bureau, où elle prit place en face de la russe. Elle extirpa une feuille de son carnet et la posa à plat sur le mobilier :
« Oui, vous devez avoir hâte d’y retourner pour vous défendre. », lança-t-elle avant de glisser le bouchon du stylo dans sa bouche pour le déboucher.

« Comme si j'avais droit à la parole... » reagat elle avec dédain.
« Bien sûr que vous avez un droit à ce sujet, même si on vous en donne pas l’air, vous êtes écoutées. », confia Harleen en reprenant le bouchon de sa bouche pour le poser sur l’extrémité de son stylo. « Pas ici, c’est entre vous et moi, d’ailleurs ce que je note, vous pouvez le lire. »

Esfir ne cacha pas la grimace de mépris qui déforma son visage quand la psy dit qu'elle était écoutée. De ce qu'elle avait vécu jusque là, si elle était "écoutée" ça ne pouvait être que dans le mauvais sens du terme, écoutée comme on espionne…
Peut être qu'il y avait des micros dans sa cellule, peut-être même ici… Caldwell s'était donné tous les droits pourquoi s'arrêterait il en si bon chemin !

Harleen sentait que ça allait être très compliqué. Du genre impossible. Elle n’était pas magicienne et elle ne pouvait pas faire parler les gens. De toute façon, là tout de suite, il n’y avait pas grand chose à dire. Elle était révoltée, en colère, elle en voulait au monde entier, et d’après ce que lui avait raconté Stanley, elle réagissait un peu comme une gamine. Ce caractère boudeur et colérique pouvait coller.
La psychologue soupira, et posa son stylo à plat sur la feuille. Cela l’agaçait un peu, même si au fond, elle comprenait. Les faits étaient graves, et elle ne semblait pas les avoir vu venir. De fait, sa réaction était normale, surtout si elle se considérait dans son bon droit. Ne serait-elle pas en colère contre la Terre entière si on devait l’accuser de quelque chose dont elle pensait qu’elle était innocente ? Harleen savait que oui, et qu’elle utiliserait les mots pour essayer de s’en sortir, car elle était habituée à les manier, et c’était là son arme. Mais chacun avait la sienne. En plus, elle était Russe, ce qui n’était pas péjoratif aux yeux de l’australienne, mais c’était aussi une culture différente, et la culture était un facteur à prendre en compte dans les relations thérapeutiques.
« Bon… Je crois que ça ne sert à rien d’insister. Je respecte votre colère et votre façon de gérer ça, je ne vais pas vous embêter plus longtemps. De toute façon, pour être honnête avec vous, je pense que c’est trop tôt… Cela dit, je reste à bord si vous voulez parler. »
Harleen chercha son regard et ajouta même si elle ne devait pas le trouver :
« Si vous ne voulez pas retourner en cellule tout de suite, vous pouvez profiter un peu du calme de la pièce, je vais m’occuper de mes dossiers en silence. Sinon vous pouvez aller frapper à la porte là bas et demander à ce qu’on vous ramène. »
Elle lui servit un sourire contrit de circonstance.

La surprise mis en suspend la colère de la russe, pendant quelques secondes du moins. Elle s’attendait à ce que cette femme veuille fouiller son esprit, son ressentit ou n’importe quoi pouvant donner des billes à Caldwell pour la rudoyer davantage. Et voilà qu’elle… qu’elle baissait les bras ?
Elle devait vraiment la voir comme une traître irrécupérable pour en arriver là.
Le fait qu’elle lui propose de profiter un peu du cadre plutôt que de la renvoyer manu militari en cellule aurait dû lui faire comprendre qu’une autre idéologie motivait ses décisions, mais la jeune femme était trop remontée et choquée par ces dernières heures qu’elle ne pouvait voir le bien… et ça risquait de ne pas s’arranger si on continuait à la traiter comme une paria, elle la petite russcov toujours prête a boire un coup et à rigoler avec le premier venu.
La solitude n’était pas son élément, la haine n’était pas son sentiment… tout ça, ça ne pouvait pas être ainsi.
Elle se leva après ces quelques secondes d'hésitation et alla se ficher devant la baie, laissant son regard voyager sur la surface violette de la planète autour de laquelle ils orbitaient. C’était assez joli mais très vite son esprit divagua loin de ce paysage pour retourner s’enfermer dans la salle d’interrogatoire. Face à une Erin calme et stupéfaites et un Caldwell acerbe et haineux.
Oui, elle avait volé, elle s’était convaincu qu’il s’agissait plus d’un emprunt que d’un vol, après tout, ils étaient tous alliés ! Qu’on la réprimende pour s’être servie et avoir court circuité la paperasse… ok… mais ça ! Ce déferlement de mépris, de haine, la mise à sac de sa cabine, une menace de mort ! C’était tellement démesuré que ça ressemblait à un cauchemar, une histoire d’Halloween “Attention petite russe ou le vilain Caldwell viendra te croquer!”
Ca n’avait pas de sens… pas plus que cette histoire de traîtrise! Elle qui aimait travailler ici, qui s’était découvert un nouveau but dans la vie, avait découvert lors des missions qu’elle pouvait être courageuse… c’était un sentiment si grand qu’elle en remerciait Atlantis chaque matin. Cette mission, cette expédition l’avaient rendue fière d’elle; ce n’était pas rien et pour rien au monde elle n’aurait mis ça en danger; pas consciemment du moins.
Les larmes rageuses revinrent brouiller sa vision et enserrer sa gorge proche de l’étranglement.
Esfir était une étoile, elle avait besoin de briller… une étoile qu’on éteint finit toujours par mourir dans une immense explosion!

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Erin Steele

√ Arrivée le : 27/03/2016
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√ Nationalité : Américaine

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le Lun 14 Déc - 10:36

Erin Steele
La troika : la rond-de-cuir, le soudard et la traitresseCaldweel, Steele & Lunienko

Le temps passa, et Harleen ne chercha pas à parler plus que ça. C’était un peu comme habituer un chat à la présence de l’autre. Malheureusement, elle ne pouvait pas discuter pour deux, ce n’était pas son rôle, et puis ce n’était pas elle qui avait spécialement besoin de parler. Elle n’en était qu’au début du processus d’incarcération, et c’était normal qu’elle soit plus en colère que coopérative. Qui le serait ?
Au bout d’un certain temps, Stanley revint et récupéra la détenue. Harleen ne fit pas de commentaire, cela ne le regardait pas, mais elle savait qu’il ne lui demanderait rien de toute façon. Si elle croisait le regard d’Harleen, Esfir aurait le droit à un petit signe de tête encourageant avant que la porte ne se ferme.
On ne la ramena pas en cellule tout de suite, mais dans la salle d’interrogatoire qu’elle avait quitté tantôt, pour retrouver le Colonel et la directrice. Cette dernière observa Esfir, la mine neutre. En son for intérieur, la décision de la démolir était prise, même si elle ne l’avalait pas vraiment.

« Bien mademoiselle Lunienko, nous allons poursuivre. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Votre relation avec le Général Russe Cheikov, elle est de quelle nature ? »

La petite séance d’observation sous la supervision de la psy qui n’avait pas servit à grand chose mais qui au moins avait eu la bonne idée de la laisser tranquille, lui avait fait un peu de bien. L’occasion de mettre un peu d’ordre dans ses idées sans se sentir enfermée oppressée par les quatre murs de sa cellule. Quand le gardien était revenu la chercher, la colère s’était tue pour un temps, pour faire place à la détermination, celle de ne pas se laisser faire. C’est donc le dos droit et le regard sévère qu’elle faisait à nouveau face à ses interrogateur, toutefois son froncement de sourcil gardait ce petit quelque chose d’enfantin, cette trace de naïveté et d’innocence juvénile qui quittait rarement ses traits.
C’est la directrice qui rouvrit le jeu, avec une question qui surprit un peu la jeune femme. Pourquoi devrait elle y aller par quatres chemins pour lui demander ce qui la liait au Général Chekov… croyait elle qu’elle entretenait une sorte liaison avec lui ? Malgré tout ce qui avait été dit ou sous entendu depuis son arrestation, la jeune russe ne comprenait pas, ou ne voulait pas comprendre qu’on la croyait “aux ordres” du russe; dans ce rôle d’espionne qui était à cent milles lieux de sa nature profonde.

« Vous croyez quoi ? Le Général il est comme un père pour moi, c’est mon parrain et il m’a pas laissé tombé lui, après la mort de mes parents, il s’est occupé de moi, je lui dois tout. »

Erin la toisa un petit peu, cherchant dans cette nouvelle posture ce brin de culpabilité qu’elle voulait impérativement détecter pour se donner bonne conscience dans ce qu’elle comptait lui faire subir. Mais rien, rien d’autre que de la fierté et de la détermination ponctuées de cette juvénilité déroutante. Elle avait repris du poil de la bête et essayait de faire face un peu plus dignement, la surprise passée.
« Vous lui devez tout. Cela résume bien votre histoire avec lui, en effet. », répondit-elle du tac au tac. Cette fois, elle sentait monter en elle toute la fraîcheur de sa fonction. Elle avait posé son masque, froid, imperturbable, ce masque de domination naturelle qui se traduisait par l’absence d’émotion qui pouvait s’y lire.
« Vous lui devez même d’être orpheline, ou presque. Au moins, on ne peut pas dire qu’il ne prenne pas son rôle de parrain au sérieux, pas vrai Colonel ? », fit Erin en se tournant vers Steven.
« Certes. »

Esfir fronça les sourcils, c’était quoi encore que cette idée stupide !
Elle reporta son attention après cette question, et asséna un dernier coup : « C’est votre père qui vous a donné la fibre de l’espionnage ? J’avoue… Le prestige du KGB russe peut faire rêver, enfin… aujourd’hui on ne doit plus dire KGB mais SVR, mais soyons franc miss, la vieille époque colle au mur des nouveaux bureaux pas vrai ? Y a un peu la nostalgie du Komitet gossoudarstvennoï bezopasnosti chez les espions, non ? », lança-t-elle, exprimant le nom complet du KGB en russe sans fourcher et plutôt de façon naturelle.

La petite russe avait la mine de plus en plus sombre, voilà que la directrice remettait le couvert avec le KGB à la traiter d’espionne, et elle insultait même le général en l’accusant… d’elle ne savait trop quoi au final mais ce n’était rien de positif c’était certain.
« Но я не шпион! (Mais je ne suis pas une espionne) Vous comprenez mieux si je vous le dit en russe ? »
Elle croisa les bras sur sa poitrine. Certes le KGB avait et aurait toujours une certaine aura chez eux mais cela ne faisait pas de tous les russes en mission internationale des espions !
« Je crains fort que votre pathétique défense ne soit pas mieux achalandée par vos aptitudes en linguistique. »
Le colonel, qui s’était tenu silencieux jusque-là, ouvrit son dossier. Il piocha dans des photographies imprimées. Bien qu’il s’agissait de copies, le tampon d’origine qui bariolait les images arborait le terme "confidentiel" écrit en russe. Le colonel selectionna un cliché en particulier et le fit glisser en direction de la Russe. Il s’agissait d’une photo très ancienne d’un homme et une femme, posant côte à côte, dans un bureau administratif. Le cliché avait été pris pendant qu’ils travaillaient sur un acte diplomatique. Ils avaient posé les plumes pour prendre une pose et pour regarder l’objectif.
« Ca, mademoiselle Lunienko, c’est la vie qui vous a été volé par le Général Chekov. Votre tendre parrain attentionné. »
Il lui laissa le temps de découvrir l’image qu’elle percevait fatalement pour la première fois. Son père biologique en compagnie d’une personne qu’elle ne connaissait pas. Cette femme était enceinte.

Esfir glissa une main jusqu’à la photo, elle y reconnaissait bel et bien son père près d’une autre femme. Elle reposa la photo négligemment sur la table métallique et referma ses bras contre elle.
« Il a fait des missions diplomatiques pour la Russie et alors ? » rétorqua t’elle renfrognée.

« Le KGB... »
Il échangea un regard entendu avec la directrice, se préparant à lui livrer les premiers éléments de la vérité.
« ...n’est pas aussi imperméable que vous le pensez. Nous avons obtenu des informations très intéressantes au sujet du Général Chekov. Et étonnamment, elles vous concernent particulièrement. »

L’officier pointa la photographie du doigt.
« Le Général a-t-il pris soin de vous confier que votre mère était atteinte d’une stérilité irréversible ? Elle n’a jamais pu enfanter. »
Il glissa un nouveau document censé représenter les marqueurs génétiques d’Esfir. C’était un charabia difficile à comprendre mais quelqu’un avait entouré une partie des résultats au marqueur avec un énorme point d’interrogation.
« Je vous rassure, vous portez bien les gènes de votre père. Mais l’autre moitié, en revanche... »
Il lui prit la photographie de la femme enceinte, qui posait avec son père à l’époque, puis il glissa le cliché jusqu’au point d’interrogation du test génétique, lui laissant deviner la terrible réalité.
Esfir jeta à peine un coup d'œil aux différents documents, une photo de son père en mission diplomatique, des papiers avec des codes étranges et des barres noires de différentes tailles alignées… Si elle s’était demandée où il voulait en venir, sa petite mise en scène et ses mots lui donnèrent vite la réponse.
« C’est n’importe quoi. Je suis née à Severomorsk, ma maman n’a jamais voulu de deuxième enfant. » Son regard se fit plus sombre, il était tombé bien bas le fameux Colonel Caldwell dans sa haine des russes… déjà vouloir la faire passer par le sas, et maintenant lui servir des mensonges sur sa mère… c’était quoi le but ?
« Vous n’êtes pas née à Severomorsk. Et votre prénom n’a jamais été Esfir lors de votre naissance » assura le Colonel. « Le bébé de cette femme, assassinée peu de temps après son accouchement, est toujours porté disparu. Toutes ces informations proviennent des dossiers confidentiels entourant le Général Chekov, votre fameux protecteur. Ce qui n’est pas pour vous rassurer. Je suis tenté de demander au laboratoire du Dédale une comparaison ADN entre vous et les éléments en notre possession. Qu’en dites-vous ? »
Il la sonda calmement.
« Vous pouvez contrôler le travail de notre laborantine si vous persistez à vous croire victime d’une conspiration à l’Américaine. Mais à votre place, c’est une zone d’ombre que j’aimerai éclaircir. Savoir qui du colonel Américain ou du Général Russe est le plus abject menteur... »

Esfir le regardait complètement ahurie… il persistait. Si elle n'était pas Esfir Lunienko qui était elle ? Il avait essayé de lui faire dire qu'elle était une espionne mais il avait échoué puisqu'il se trompait… et maintenant faute d'éléments il s'en prenait au Général et essayait de discréditer leur relation. C'était abject et elle sentait la colère monter.
« Le colonel Américain qui menace les civils d'étre jeté par le SAS sans nul doute !. » elle tapa du plat de la main sur le métal blanc de la table d'interrogatoire.
« L'homme chauve qui ne sourit jamais et essaie de détruire une famille. Le capitaliste qui à peur d'une simple technicienne parce-que son sang est plus rouge que le sien ! C'est lui le plus abject sans aucun doute ! »
« Une hypothèse qui conforte votre colère. » répondit-il en restant impassible.
Caldwell s’arrangeait pour qu’elle soit la seule à s’énerver dans cette pièce. Sans personne pour monter en pression, pour tenter d’élever la voix plus qu’elle, sa crise finirait par s’épuiser.
« Mais dans ce cas, pourquoi est-ce que je perds mon temps à tenter de vous ouvrir les yeux ? Alors qu’appuyer sur un bouton de dépressurisation se révèle plus simple ? »
Elle se pencha vers lui plus hargneuse, ce repos en cellule et surtout, ce petit moment de répit que la psy qu’elle ne voulait pas voir, lui avait finalement offert, l’avait aidé à remettre un peu d’ordre dans ses idées et dans tout ce qui s’était passé.
« Parce que vous n’avez pas le droit ! Alors vous vous en prenez à ma famille à qui je suis ! »

Il donna un coup de menton vers les documents.
« Ceci a été saisi par le service du contre-espionnage de la CIS puis envoyé à Mademoiselle Steele. Il n’y a eu aucune modification. »
Caldwell sortit un nouveau document. Il s’agissait d’un acte de naissance Finlandais dont le nom du père avait été effacé par un marqueur. Il était également tamponné du secret en caractère Russe. Mais les autres noms y figuraient encore. Un papier, donc, qui avait été saisi dans les dossiers du Général Chekov.
« Votre mère biologique est enterrée à Siilinjärvi, une petite ville au centre-est de la Finlande. Elle a péri dans un accident de la route très peu de temps après vous avoir eu. Votre disparition a été signalée le même jour. »
L’officier marqua un instant de silence, conscient que ce type d’accident n’était pas le premier dont Esfir entendait parler concernant sa famille.
Il croisa le regard de la directrice, attendant son accord silencieux, puis déclara d’un ton sans appel.
« Vous vous appelez Meeri Lindèn. Fille de Vaalerika Lindèn et Anton Ivanovitch Lunienko. »

Ses yeux effleurèrent la photo, l’acte de naissance sans le lire puisqu’elle ne connaissait pas le finnois et le nom du père était caché de toute façon.
Elle balaya le tout d’un revers de main, envoyant voler les papiers sur le sol et se leva de sa chaise, les deux mains à plat sur la table, penchée vers le colonel, ses yeux émeraudes fixés dans le regard imperturbable du militaire.
« Ma mère s'appelait Svetlana Gorski, c’était une institutrice russe, elle est née à Novossibirsk et moi je suis née à Severomorsk le 6 Août 1994 ! Je suis russe que ça vous plaise ou non! »
Toute sa colère se relâchait sur Caldwell, elle le haïssait pour la peur qu’il lui avait infligée, pour ce traitement injuste dont elle était victime et pensait que ces informations n’étaient que de nouvelles attaques pour la déstabiliser.
« Vous n’avez qu'à faire vos tests, vous verrez que c’est moi qui dit vrai et tout le monde saura que vous n'êtes qu’un menteur qui se croit encore en pleine guerre froide! »
Elle lui tendit son bras comme pour une prise de sang, les yeux enflammés de rage.

La directrice posa une de ses mains froides sur le bras de la russe en se penchant vers elle.
« Ce que vous dit le colonel est malheureusement vrai, Esfir. », lança Erin qui venait à la rescousse du concerné, d’une voix fluette, parfaitement calme et douce qui tranchait avec celle de la rouquine. Caldwell aurait certainement eu matière à répondre, elle n’en doutait pas, et la tension serait encore montée d’un cran très certainement.
Esfir retira vivement son bras en reportant son regard venimeux vers la belle brune. Il était plus facile pour la russe de s’attaquer au colonel, il était une cible facile pour déverser sa rage. La directrice, elle, s’était montrée plus conciliante bien que tout aussi tranchante et directe que le militaire. Malgré ce regard chargé de colère, Erin continua sans se départir de son calme.
« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vous montrons tout ça. Vous avez été trompé tout au long de votre vie, et vous êtes en train de sacrifier votre place ici et votre liberté tout court pour un mensonge. Je comprends qu’après qu’on vous ait accusé de tout ça, vous y voyez là une technique de plus pour vous démolir. J’en suis désolée, j’ai ce qu’il me faut en guise de preuve, je n’ai pas besoin de plus. » Erin haussa un peu des épaules.
« Et bien moi, il me faut plus que de vulgaires bouts de papiers! » lança-t-elle dédaigneusement.
« Si on vous fait le test ADN, est-ce que vous accepteriez de voir le reste selon le résultat ? », proposa Erin en se redressant un peu sur sa chaise après s’être faite repousser.
« Essayez toujours… mais vous risquez d’être déçu! »
C’était une pure bravade, l’aplomb de la directrice fit naître une pointe de peur au creux de son estomac, mais ça, elle ne voulait pas leur laisser voir.
Elle se laissa retomber sur la chaise. Et s’ils avaient raison ? Non… Ils jouaient avec elle comme lorsqu’ils l’avaient envoyée jusqu’au sas… non, c’était impossible, elle en avait assez bavé dans sa jeunesse, ça ne pouvait pas être pour du vent.



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Steven Caldwell

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le Sam 19 Déc - 14:35

Steven Caldwell
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Le colonel s’était retiré pendant ce temps. Il ramassait tranquillement les documents éparpillés au sol, faisant fi du côté potentiellement humiliant d’avoir à s’agenouiller devant elle. Mais cela avait une motivation précise. La Russe était en plein de déni, une réaction légitime lorsque l’on proposait des preuves sur l’illusion qu’était toute sa vie.
« Vous semblez sûre de vous. » lâcha-t-il en se redressant.
Il conserva l’ensemble du dossier entre ses mains et glissa simplement la photographie de sa mère biologique sous son nez.
« Je vous envoie la laborantine pour une prise de sang. Les résultats seront rapides. »
Le colonel fit un signe à la directrice, lui laissant le dossier reconstitué, puis quitta tranquillement la salle d’interrogatoire. Un appel à la radio aurait suffi mais il préférait laisser à la mécanicienne la possibilité de se rattraper à une épaule pour pleurer. La directrice Steele en l'occurrence.

Erin était restée silencieuse, laissant le colonel faire et parler, les lèvres pincées, pas aussi neutre qu’elle aimerait l’être. Elle avait essayé de démarrer l’entretien sur les chapeaux de roues en étant agressive, mais au final, elle était retombée comme un soufflet. C’était décidément trop cruel et peut-être aurait-il mieux valu la laisser dans son ignorance et se contenter de la juger pour ses actes, pas ceux des autres. Parce qu’au fond, elle prenait la double peine de plein fouet, surtout quand elle allait comprendre que tout ça n’était pas des carabistouilles. Elle laissa la porte se refermer sur elles. Est-ce qu’elle devait s’en aller aussi ? Peut-être pour donner un peu d’air à la jeune femme ? Ou alors est-ce qu’elle se posait la question parce qu’il serait plus confortable de s’en aller, pour ne pas l’affronter dans ce silence tendu ?
« Vous voulez un truc à boire ou à manger le temps que la personne vienne faire un prélèvement ? »
Esfir fit non de la tête, toute à sa colère, elle n’était pas prête à accepter un geste, quel qu’il fût. Puis l’attente et cette toute petite pointe d’inquiétude que l’assurance de ses deux interrogateurs avaient réussi à faire naître, là, bien cachée au fond de ses entrailles. Sa gorge devint sèche. Ses yeux tombèrent sur la photo avant de s’en détourner ostensiblement. Elle pouvait reconnaître son père, ressemblant traits pour traits à la photo de mariage qui ornait le mur de leur salon à Severomorsk… mais cette femme… ce n’était pas parcequ’il était à coté d’elle et qu’elle avait le ventre rond, que cela voulait dire quoique ce soit…
Avalant difficilement sa salive, elle finit par réclamer d'une voix qu’elle aurait voulue plus sûre.
« Un verre d”eau. »
Erin opina du chef et se leva pour aller le chercher elle-même. Ce serait l’occasion d’aller faire un tour et se dégourdir les jambes, le temps que la laborantine arrive.

Comme convenu, une jeune femme se présenta rapidement dans la salle d’interrogatoire. Munie d’une sacoche d’infirmerie ainsi que de gants, elle s’approcha de la mécanicienne et lui demanda de retirer sa manche. Elle effectua la prise de sang en lui posant quelques questions puis disparut tout aussi rapidement.

Une heure plus tard, cette jeune femme revenait avec un dossier en salle d’interrogatoire, un peu perdue par les consignes qui lui avaient été donné. Ordinairement, elle envoyait les résultats par voie informatique. Mais le colonel avait demandé à ce qu’elle se présente dans la zone carcérale avec les résultats imprimés.
« Mon colonel ? Vous m’avez fait demander ? »

Caldwell n’avait pas l’intention de jouer le suspense. Mais il estimait que le déni de Lunienko ne s’arrêterait pas là, même s’il lui posait ces nouveaux documents devant les yeux. Il comptait poser les bases pour chasser le moindre malentendu.
« Sergent, avant que nous ne commencions, veuillez décliner votre identité et votre rôle à bord. »
La directrice Steele méritait également d’obtenir ces informations selon lui.
« Sergent Vonmoeurs, experte laborantine en criminalistique. »
« Dépendez-vous directement de mon autorité ? »
La jeune femme fronça les sourcils. Elle fixa d’abord Esfir puis Erin avec un brin d’inquiétude, se demandant si elle faisait face à un stratagème pour tester son engagement.
« Je dépends de l’autorité de l’AFSC. Je travaille avec l’enquêteur du bord, Jerry Farelli, qui relaie les affaires à la base sur Terre. »
« Développez l'acronyme je vous prie. »
« L’AFSC, la police militaire de l’US Air Force, colonel. »
« Si je vous demandai de modifier ces résultats, sergent Vonmoeurs... »

Là, elle ne comprenait vraiment plus. Elle secoua négativement la tête, se demandant à quoi tout ce cinéma rimait, et rétorqua aussitôt :
« La falsification de preuves est un crime, colonel. »

C’était effectivement une scène que Caldwell guidait par ses questions. Elle avait clairement pour but d’éviter que Lunienko ne vienne déclarer ces résultats irrecevable à cause de l’environnement “guerre froide” qu’il avait installé au début de cette arrestation. L’officier remercia la laborantine d’un signe de tête, attendant un instant de voir si la directrice aurait une question à lui poser.
Ça ne semblait pas le cas.
« Donnez-nous vos conclusions, je vous prie. »

La laborantine semblait encore tendue. Mais maintenant qu’elle n’avait plus que son travail à faire et que ces étranges questions s’étaient taries, elle déposa son dossier sur la table. Elle l’avait tourné en direction du Colonel. Mais celui-ci orienta le contenu de l’analyse ADN en direction d’Esfir afin qu’elle puisse obtenir la réponse. Le vivre en direct. C’est donc à elle que le sergent s’adressa.

« Le test d’identité génétique est positif. Les marqueurs et allèles concordent pour Monsieur Anton Ivanovitch Lunienko et Madame Vaalerika Lindèn. »
Pour plus de lisibilité, elle lui présenta la concordance sur l’imprimé de part et d’autre.
« J’ai effectué le test trois fois, c’est le même résultat. »

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Esfir Lunienko

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le Sam 19 Déc - 15:26

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Esfir l’avait écouté déblatérer tout son petit laïus sur la non falsification de document. C’était bien joli tout ça mais, que valait la parole de cette femme, elle travaillait pour l’armée américaine et Esfir ne la connaissait pas.
Certes, les questions semblaient l’avoir mise mal à l’aise… mais ce résultat… non, ce n’était pas possible
Le noeud d’angoisse dans son ventre grossit à chaque mots prononcé par cette femme, comme une sentence, c’était donc elle que l’infâme colonel avait choisi comme bourreau ?
La russe faisait non de la tête, ses attitudes, ses gestes montraient l’enfermement où elle se plaçait. Non, elle ne pouvait pas y croire, elle ne voulait pas y croire.
« Non… c’est faux, ce n’est qu’un tissu de mensonge… je n’ai rien à voir avec cette femme… Ma mère s’appelait Svetlana Gorski…. Je l’ai assez pleuré pour savoir qui est ma mère. »

« C’est dur à accepter, c’est normal. On peut vous laisser un moment avec toute la documentation, digérer tout ça. » Si elle se mettait deux secondes à sa place, elle n’y croirait pas plus, mais que pouvait-elle proposer de mieux de toute façon ? Si demain on devait lui dire que son père n’était pas son père, ou sa mère, ou que sa vie n’était qu’un tissu de mensonge, elle serait bien incapable de le concevoir, ne serait-ce que parce qu’elle avait des souvenirs de tout ça.
« Svetlana Gorski était votre mère, mais pas votre mère biologique. »

Esfir continua de nier de la tête même si ses propres pensées vascillaient peu à peu. Les longues missions de son père, le déménagement de la famille juste avant sa naissance. Non, ça n’avait aucun sens, elle ne voulait pas que ça ait un sens.
« Non.. ce n’est pas possible… Je leur ressemble, les yeux de mon père et les cheveux de ma mère… ça a toujours été comme ça…. ça… ce n’est que du papier. »
La laborantine comprenait ce qui était en train de se jouer dans cette salle d’interrogatoire. Elle était sensible à la détresse de cette femme qu’elle ne connaissait pas et se sentit prise entre deux feux. L’envie de révéler un élément qui pourrait être déterminant ou éviter d’enfoncer le clou. Toutefois, elle affectionnait la science et les preuves matérielles. Lorsqu’elle l’entendit remettre en cause son travail, ses remords furent balayés par une pointe de vexation et elle intervint :
« Vous connaissez de grandes difficultés pour bronzer, n’est ce pas ? » dit-elle en une forme de rhétorique. « C’est dû à la pigmentation très claire de votre peau. C’est une défense génétique très répandue dans les populations nordiques. Afin de se protéger des excès d’ultraviolets dans leur environnement, ils ont acquis ce gène dominant. »
Vonmoeurs pinça des lèvres et posa son doigt sur un endroit précis du comparatif.
« Vous l’avez, ainsi que Madame Lindèn. Mais il est absent chez Madame Gorski. »

La russe dévisageait la scientifique comme si elle avait devant elle le démon en personne. Oui, elle ne bronzait pas et alors ? Toutes ces histoires de gênes… Oui sa mère bronzait un peu l’été mais elle était un peu plus rousse, un peu plus pâle, comment ce simple détail pouvait-il vouloir dire que sa mère n’était pas sa mère ?
Elle n’était toujours pas encline à accepter cette nouvelle réalité, mais la graine du doute était plantée bien plus profondément qu’elle ne l’aurait souhaité.
Mal à l’aise, elle choisit une autre option…
« Et même si tout votre charabias était vrai… ça change quoi ? Ça fait de moi une espionne russo-finlandaise c’est ça ? Vous voulez quoi ? »
« Pour nous, ça ne change rien, c’est surtout pour vous que ça change les choses. Les preuves que vous avez volé, on les a. Les preuves que vous donnez des informations confidentielles, on les a aussi. Vous avez la possibilité d’améliorer les choses vous concernant, mais pour ça, il faut prendre la mesure de la tromperie dans laquelle vous évoluez. » Erin la toisa avant d’ajouter pour conclure : « Ce qu’on essaie de vous dire, c’est que vous avez été abusé par Chekov depuis longtemps et que le défendre revient à défendre votre bourreau. »
Esfir leva les yeux au ciel, ça devenait de pire en pire, de quoi parlaient-ils encore ? De partager avec son parrain sa vie quotidienne ?
« Des informations confidentielles maintenant ? Vous me prenez pour qui ? Mata Hari ? »
La jeune russe n’avait jamais pris conscience que les informations qu’elle donnait au général Chekov avaient été utilisée contre d’autres membres de l’expédition pour les contraindre ou les manipuler… ni que par toutes ces questions donnant l’air de s’intéresser à sa vie, il la faisait parfois parler un peu à tort et à travers comme lorsqu’elle lui avait raconté pour ce Kovic qu’elle avait sauvé.

Steven avait récupéré le dossier qu’il avait laissé entre les mains de la directrice. Il commençait à y avoir pas mal de papier sur la table.
« Rassurez-moi, les clauses du contrat de non-divulgation que vous avez signé avant d’entrer sur Atlantis étaient bien rédigées en Russe ? La partie qui vous interdit de relater vos expériences, vos interactions avec la technologie Atlante, les capacités stratégique opérationnelles….tout cela est oublié ? »
Il n’attendait pas de réponses de sa part. Il se contenta de sortir le dossier militaire d’un dénommé Tyler et exposa sa photo administrative.
« Vous n’êtes pas la seule victime du Général. Il n’en est pas à son premier coup d’essai. Vous savez qui est cet homme ? »
Elle se pencha légèrement pour voir la photo.
« Oui c’est Tyler… il travaille aussi sur Atlantis et alors ? »
« Alors...le Général ne pouvait pas vous demander de faire le compte des grenades Wraiths et de l’armement extraterrestre. Ça aurait paru louche, même pour vous... »

La prochaine photographie, cette fois, il la remit directement en main propre. Une photo polaroïde qui semblait avoir voyagé. Une vieille dame aux cheveux blancs, dans un lit médical, laissait traîner son livre de mots croisés sur ses genoux. Elle fixait l’objectif calmement mais c’est de la terreur qui régnait dans ses yeux. A ses côtés, deux hommes à l’aspect louche faisaient mine de faire partie de son entourage, de s’occuper d’elle. L’un ajustait son cure dent en exposant volontairement son holster de poitrine tandis que l’autre, une main sur l’épaule de la vieille dame, présentait la moitié d’un journal où la date était bien visible.

« Le soldat Tyler a été soupçonné d’espionnage. Il s’est avéré qu’il livrait également des informations confidentielles au Général Cheikov. Notamment en matière d’armement et d’effectifs. La victime a déclaré qu’il y avait été contraint. Un inconnu lui avait remis cette photographie en lui expliquant qu’il serait sollicité en temps voulu. »

Il la sonda un petit moment.

« Votre parrain n’est pas l’homme qu’il prétend être. Il vous manipule. »

Cette fois, il avait réussi à la déstabiliser. Elle resta un moment silencieuse. Cela faisait un moment que Tyler lui faisait la tête, il avait même pris plaisir à la malmener alors qu’il s’était laissé entraîner par les sbires du commandant. Elle avait mis ça sur le compte de leur petite aventure qui avait tourné court et le fait qu’elle était plus volage que lui et qu’elle avait probablement mis à mal sa masculinité.
Mais cette dame sur la photo, elle l’avait déjà vu. Il lui avait montré quelques photos de familles et s’était confiée à elle sur l’état de santé de sa mère.
Mais pourquoi lier tout ça au général Chekov ?
« Ca.. ca ne prouve rien... »
Après tout, ces types bossaient peut être pour des truands, des trafiquants d'armes… pourquoi avait-elle un doute alors ?
Peut être parce qu'elle avait effectivement tout raconté à son parrain, son confident, qu’il s’était montré curieux de ce jeune homme même après qu’elle lui ait annoncé qu’ils avaient rompu. Peut-être parce que l’un de ces types sur la photo ressemblait à Vissili… un type qui s’enfermait parfois des heures dans le bureau avec le Général.
« Est ce qu’elle va bien ? »
« A-t-elle l’air d’aller bien ? » rétorqua le colonel, puisqu’elle tenait encore la photographie entre ses mains.
« Vous pouvez répéter au soldat Tyler que ça ne prouve rien si vous le souhaitez. Nous le rapatrions pour la prison militaire de Leavenworth. Je n’ai qu’un simple appel radio à passer. » lui proposa-t-il.

Esfir lâcha la photo comme si elle lui brûlait les doigts.
« Il ? Je.. non.. Qu’est ce qui va lui arriver? . »
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Erin Steele

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le Lun 18 Jan - 9:18

Erin Steele
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Le colonel n’avait pas son pareil pour amener les choses et c’était sans doute pour ça que Erin restait effacée dans la conversation, observant la russe tandis qu’elle prenait un nouveau coup de marteau sur le coin du nez.
« Outre le fait qu’il soit accusé d’espionnage, vous n’êtes pas sans savoir qu’il a participé à la mutinerie. Autant dire qu’il va passer un long séjour derrière les barreaux. », ajouta-t-elle pour enfoncer le clou sous le marteau. « C’est une victime collatérale de vos petites confidences à votre parrain. Je suis certaine que si on fouille un peu, nous trouverons d’autres personnes qu’il a tenté d’approcher selon ce que vous avez pu en dire... »
Erin se saisit d’une partie du dossier et extirpa une photographie :
« Vous vous souvenez d’elle ? Nadia Imani. »
Elle était technicienne elle aussi. Elle n’était pas revenue de sa permission sur Terre, l’année dernière. L’histoire officielle voulait qu’elle avait démissionné, ou qu’elle soit remobilisée sur un autre projet top secret, mais l’envers du décor était tout autre. Esfir se souviendrait certainement d’elle.
« Elle s’est faite coincer par le Mossad en train de donner des renseignements à un agent russe, qui promettait une nouvelle vie à sa famille coincée en Palestine si elle coopérait. Est-ce qu’elle s’était confiée à vous sur ses problèmes familiaux ? Peut-être…. à vous d’en juger en votre for intérieur. »

Elle observa la photo. Oui, elle connaissait ce visage, elle avait souvent bossé avec elle au début et elle avait même réussi à l'emmener en soirée une ou deux fois. Elle savait que la jeune femme espérait pouvoir emmener sa famille aux Etats-Unis et elle espérait en effet que le programme lui permettrait que ça facilite les choses. Il lui permettait d’être fidèle et efficace pour son pays tout en montrant patte blanche aux Etat-Unis. Enfin c’était ainsi qu’elle lui avait expliqué les choses avec toute la détermination de son projet dans les yeux. Nadia était une fille discrète et efficace qu’Esfir s’était donné pour mission secrète de lui apprendre à se décoincer un peu. Est ce qu’elle avait raconté ces détails au général ? Pour tout dire, elle ne s’en souvenait plus, elle lui racontait sa vie comme elle l’aurait fait à un journal intime. Se félicitant d’avoir réussi à établir une telle relation de confiance. C’était sa façon a elle de le remercier pour ce qu’il avait enduré à cause d’elle et ce qu’il avait malgré tout fait pour elle… pour lui éviter les pièges de la rue et l’avoir soutenue quand c’était difficile, toujours dans l’ombre mais toujours là pour elle.
Alors oui… Elle avait dû lui raconter.
« Je ne sais pas pourquoi elle n’est pas revenue… mais je n’y suis pour rien, je ne lui ai jamais voulu de mal. »
Elle niait encore, que pouvait-elle faire d’autre ? Accepter tout ce qu’ils avaient dit ? Si elle acceptait que le général l’avait utilisé pour avoir des informations, alors, cela voudrait dire que tout le reste était vrai aussi… et ça, elle n’y était pas encore prête… même si sa voix trahissait le doute qui commençait à tracer insidieusement sa route dans son esprit.

« Vous non, ça se voit que vous n’êtes pas quelqu’un de mauvais, vos réactions le prouve, votre candeur encore plus. », ajouta Erin. « Mais quelqu’un se sert de votre façon d’être pour vous soutirer des informations l’air de rien et les exploiter contre d’autres personnes de l’expédition. » Erin poussa un soupir, laissa flotter une seconde en toisant Esfir, avant de conclure : « Et ce quelqu’un, vous savez qui sait. N’est-ce pas Esfir ? » Si elle arrivait à le dire, ce serait un bon début, mais l’administratrice savait que c’était encore tout frais. Encore trop récent. Encore trop… incroyable.
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