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C'est du fond de la caverne que nait l'espoir - pv Shaun

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Shaun Kelly
Lieutenant
Bannière perso (image 901x180px) : Rangers lead the way!
√ Arrivée le : 25/08/2020
√ Date de naissance : 25/12/1981
√ Nationalité : Américain

√ Age : 39
√ Messages : 140
√ Localisation : Cité d'Atlantis

Liste de vos DC : Aidan Foster

Lun 25 Oct - 9:46

Shaun Kelly
C'est du fond de la caverne que nait l'espoir
feat Shaun & Chenoa


Chenoa n’avait pas eu le temps de réagir réellement. Ce fut si rapide et soudain qu’elle tendit bêtement les bras pour essayer d’amortir la chute de son collègue devant elle, mais ce fut à peu près tout ce qu’elle parvint à faire avant qu’il ne parte dans une glisse vers l’avant.

« SHAUN ECARTE LES JAMBES !! » gueula-t-elle en se précipitant à sa suite, ce qui n’était pas très malin parce qu’elle en chiait déjà en avançant doucement mais surement, dans les pas du lieutenant, à moitié courbée dans de boyau de malheur, alors de vouloir accélérer… Elle manqua de glisser une fois, ce qui la força à ralentir un peu quand même. Elle s’était déjà faite une épaule, elle espérait au moins sauver ses chevilles. Et puis, il avait peut-être réussi à s’arrêter ?

Il eut l’impression d’être dans un gigantesque toboggan glissant , à ceci près que le fun avait littéralement disparu de l’action. Il avait beau essayer de chercher un point d’appui, le dénivelé augmenta un peu plus quelques mètres plus loin, avant de le faire échouer dans une espèce de cuvette. Le pire dans tout ça, c’est qu'il n'y voyait rien. Absolument rien. Chenoa avait gardé la lampe, et le boyau avait tourné dans un coude que sa hanche avait douloureusement ressenti. Ses pieds touchaient le fond, lui permettant de se maintenir hors de l’eau dont le niveau était brusquement arrivé à ses cuisses. Le bruit torrentiel de l’eau continuait d’une résonance brutale plus loin, sans savoir où se situait la suite, ni si cette suite était une chute qui lui ferait tomber sur plusieurs mètres de haut avant de percuter une roche.

Son estomac se serra de cette angoisse grandissante, à l’aveugle qu’il était, à ne savoir quoi faire et où aller. Ses deux mains se rabatirent sur son visage, épongeant l’eau qui s’y était accumulée dans la descente, cherchant à rester le plus immobile possible alors que le courant essayait de l'entraîner un peu plus.

« Je suis arrêté ! » Essaya t-il de porter, espérant que la résonance ferait le reste. « Vas-y doucement ! »

« Quoi ?! » demanda-t-elle en entendant comme un écho… Elle n’avait pas compris mais s’il parlait, cela voulait dire qu’il n’était pas mort et qu’il avait réussi à s’arrêter. N’empêche qu’il devait flipper dans le noir total… Mais ce n’était pas pour autant qu’elle devait accélérer et se prendre une gamelle pour faire le grand huit à son tour. Sauf qu’elle arrivait à l’endroit où le dénivelé commençait à être conséquent.

Elle négocia le coude qui faisait un sacré virage, s’attendant à retrouver le slip de Shaun coincé sur un rocher en cours de route mais pour le moment pas de trace du bonhomme. Comme une conne, elle souriait de sa connerie, si bien qu’elle manqua d’attention et elle se retrouva sur les fesses avec un petit air bête. Même pas le temps de prononcer un “non” de dépit qu’elle sentit l’eau l’entraîner sur la roche qu’elle avait rendue lisse en grande partie à force de passer par cet endroit.

Elle se répétait de ne pas lâcher la lampe alors qu’elle était entrainée dans le boyau. Avec la lumière, ce n’était pas beaucoup mieux, surtout qu’elle était secouée dans tous les sens et que le faisceaux sautait avec elle, donnant des allures de stromboscopes à sa course folle. Soudainement, elle se sentit ralentir elle aussi et elle put braquer sa lampe ici et là jusqu’à apercevoir Shaun.

« J’ai pris la décision de faire du tobbogan moi aussi. » dit-elle pour sauver les apparences en se redressant sur son séant alors qu’elle avait glissé presque allongée.

Il recula d’un pas en voyant un point lumineux apparaître plus loin, un halo se répercutant sur les paroies humides, vacillant de mouvement chaotique avant de s’intensifier drastiquement, jusqu’à ce qu’il vit enfin la masse sombre de sa porteuse suivre le même chemin que lui et atterrir juste à côté.

« On saura où revenir pour un break centre aquatique.» répondit-il à sa boutade, accrochant sa veste pour l’aider à se redresser complètement, la hauteur du plafond s’étant agrandie bien plus dans cette cavité.

« Je te laisserai mon invitation avec plaisir. » répliqua-t-elle en balayant l’endroit du halo de la lumière, avant de se relever à son tour, tout en prenant garde de ne pas glisser. Le froid commençait de nouveau à se faire sentir, la faute aux vêtements mouillés.
« Tu as essayé ma technique pour t’arrêter ? » demanda-t-elle amusée, elle-même n’y ayant même pas pensé dans le feu de l’action.
« J’dois pas avoir assez l’habitude pour que ça fonctionne. »

Il pivota son regard sur leur nouvel environnement, retrouvant ses repères maintenant que la lumière était revenue, sentant ses angoisses casi-claustrophobique s’estomper lentement. L’endroit restait bas de plafond même s’ils pouvaient se tenir droit, Shaun n’ayant qu’à tendre le bras pour en sentir la hauteur. Plus loin, il voyait à nouveau le noir profond.

« Faut dire qu’on ne fait pas du toboggan comme ça tous les jours. » répliqua-t-elle en haussant des épaules. « On a quand même eu de la chance de ne pas se faire éjecter je ne sais où... »

Il passa son regard avec un peu plus d’attention sur elle, tandis qu’elle scrutait ailleurs. Malgré l’obscurité, sa proximité et le halo de lumière lui permettait d’en deviner les ombrages, ses cheveux trempés, sa peau brillante, pouvant lui offrir le luxe d’une attention plus poussée. Il se demanda si elle le faisait exprès, d’offrir autant de double sens sans s’en rendre vraiment compte, lui donnant un air d’une naïveté touchante. Cela lui fit sourire, simplement, sans qu’il n’en rajoute rien. Il n’était pas du genre à insister comme un gros lourdeau, comme Le Première Classe en avait fait la démonstration à l’arrière du Jumper, et surtout après son dernier geste qui avait failli lui coûté une baffe à défaut d’épargner sa vie. Il prenait un peu plus de pincettes à ce niveau-ci maintenant, voir même ne relevant plus rien.

L’eau continuait de descendre, les invitant à la suivre. De toute façon, il était clairement impossible maintenant de repartir en arrière. Si les secours devaient les chercher, ils devraient faire le même chemin qu’eux. D’ailleurs, ils auraient pu laisser des indices derrière eux pour les orienter si vraiment ils passaient par le haut…
Elle en vint à se demander d’ailleurs ce qu’il était advenu des deux autres qui avaient provoqué l'éboulement qui avait failli les tuer tous les deux. Malheureusement, ils devaient aussi se débrouiller par eux-même, un peu à leur manière.

Elle avança dans le boyau avec prudence, éclairant au fur et à mesure l’endroit pour le révéler au rythme des coudes et des dénivelés. Mais ça, c’était avant qu’ils n’arrivent devant un mur. Littéralement. Le tunnel semblait se terminer là, avec l’eau qui venait le frapper, avant de s’engouffrer en dessous. Chenoa approcha avec prudence, ayant du mal à croire qu’ils allaient être stoppés là, quand sa jambe se déroba sous elle, s’enfonçant dans l’eau jusqu’à la hanche avant qu’elle en touche le fond. Elle s’était à moitié rattrapée contre le mur en question pour ne pas tomber entièrement dans le trou d’eau, qui faisait continuer la galerie en sous-marin.

« Là, ça se corse… Faudrait qu’on aille voir sur quelques mètres avant de revenir si jamais on a plus de souffle. »

D’un pas rapide, il rejoignit la position de la pilote, attrapant son bras droit pour l’aider à se redresser tout en se maintenant lui-même le plus stable possible, sentant à ses jambes le courant essayer de l'entraîner dans ce passage. Une main sur la roche qui leur faisait obstacle, sentant le froid à nouveau provoquer quelques claquements de dents intempestifs et des tremblements à ses membres, il observait la clarté de l’eau qui reflétait la lumière sans lui permettre d’en voir davantage. D’un geste du pied, il vint tâter doucement le dessous de la roche, essayant de déterminer le niveau de hauteur que la galerie leur laissait.

« Putain, ça craint. »

Chaque obstacle, chaque épreuve le renvoyait systématiquement à sa condition et à sa vision comme un souvenir vaporeux qui n’avait jamais existé mais restait gravé là, quelque part dans son esprit. Ton monde est vide, lui répétait cette voix lointaine, persifleuse et sournoise qui lui fit grincer des dents, chassant ces mots de son esprit d’un balancement vif. Il expira, il inspira, souffla, avant de se débarrasser de son sac à dos, le laissant alors flotter à la surface du lac.

« Ok… ok. J’y vais. J’passe voir comment c’est en premier. Donne-moi la lampe. »
« Tu es sûr de toi ? Sinon je vais voir… Ca ne me dérange pas. » affirma-t-elle en lui tendant la lampe. « J’veux dire, ne le fait pas parce que tu te sens obligée parce que je suis une gonzesse. Ok ? » demanda-t-elle sérieusement.
« J’le fais parce qu’avec ton épaule en vrac, tu couleras plutôt que de nager. Et ça se remarque à peine que t’es une gonzesse. »
« Ouais enfin, si tu trouves un chemin, faudra bien que j’y aille avec mon épaule en vrac, alors ça ne peut que m’échauffer. » dit-elle un peu vexée et d’ajouter : « On m’dit souvent que je suis un garçon manqué... » elle tirait un peu son nez pour le coup mais elle haussa des épaules. « Pas de risque inutile parce que je ne pourrai pas savoir si tu te noies ou pas… On se dit combien de temps avant que je ne m’inquiète ? Deux minutes ? »
« Deuxième corde sensible. Je note. » Dit-il en remontant les manches alourdies de sa veste. Elle leva les yeux au ciel en secouant un peu la tête. « Trois minutes c’est mon record en condition optimale. »

Il leva sa montre placée à son poignet gauche sous son regard, avant d’en régler le chronomètre de quelques manipulations tremblotantes.

« J’avance pendant une minute, si je trouve toujours rien, je fais demi-tour. Ça te va ?»
« Ça me va. Une minute de battement, diminuée de trente secondes on va dire parce que nous ne sommes pas en condition optimale, ça laisse encore un peu de temps pour revenir. Gaffe que tu as perdu du sang quand même, va pas faire un malaise là-dessous. » dit-elle sincèrement inquiète.
« Honnêtement… si je reviens pas… tente ta chance, ça sera toujours plus rapide que d’attendre de crever de froid. »
Il répondait sur un ton un peu plus sérieux que leurs échanges précédents, évoquant ainsi la forte probabilité qu’ils y restent dans cette tentative. Elle avait raison, il n’était pas au mieux de sa forme. Le sang perdu, les blessures, le froid … mais à partir du moment où ils ont décidé de descendre dans cette cavité, ils savaient tous deux qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible.
« Mourir noyée sous des tonnes de roches sous terre. Le rêve de tout pilote. » fit-elle en observant ce trou d’eau, amer. « Mais ouais tu as raison, mieux vaut tenter sa chance que de rester plantée là. A tout de suite. »
« Au cas où… ravis de t’avoir connu. »
Il relâchait la tension de son bras une fois la montre paramétrée, prenant enfin la lampe torche entre ses mains avant d’aviser la paroie qui s’érigeait en obstacle, braquant le faisceau de lumière en contrebas.
« On se retrouvera ailleurs, mais ravi de t’avoir connu aussi. » dit-elle en bipant finalement sa propre montre, prête à déclencher le chrono.

(c) AMIANTE



Shaun Kelly
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Mar 26 Oct - 9:24

Shaun Kelly
C'est du fond de la caverne que nait l'espoir
feat Shaun & Chenoa


Il prit une profonde inspiration, puis se laissa couler, forçant sur ses bras pour obliger son corps a aller sous la surface en agrippant la roche à côté, ses poumons bien trop gonflés d’oxygène pour l’aider dans la manœuvre. Il bascula tête en avant et s’engouffra dans la fissure, la lampe torche braquée en avant. L’eau avait beau être claire, la roche purifiant sa composition, il n’en voyait pas à un mètre devant lui. Une première bulle s’échappa de ses narines, tandis qu’il continuait à en retenir le reste, consommant sa réserve avec lenteur, tout comme l’était ses gestes pour ne pas sacrifier d’énergie inutile.

Il n’avait jamais été bon nageur, et son addiction au tabac ne lui donnait pas une grande capacité pulmonaire, quand bien même sa performance était tout à fait honorable, il s’était bien retenu de dire que ce fameux record n’avait jamais pu être égalé depuis des années. Néanmoins, le courant était fort et dans son sens, et si cette donnée pouvait paraître une bonne nouvelle, cela dessinait dans son esprit une fatidique vérité : le retour en serait d’autant plus difficile.

Le faisceau de sa lampe balayait la surface, une autre bulle se faisant emportée dans le sens de sa direction, cherchant une cavité, une sortie. Le sol n’était pas régulier et il pu s’aider de ses mains pour accrocher la roche qui formait des petites colonnes. L’une d’elle, fragile, se brisa sous la poigne, laissant une entaille dans sa main sans même qu’il n’en sente les effets. Le froid avait au moins cet avantage d’en anesthésier les douleurs. Et puis, au loin, il perçu un autre éclat de lumière, plus naturel qui plongeait sous la surface.

Il mit le cap sur sa droite, poussant sur ses jambes qui touchaient encore le fond, la hauteur de sa cavité ne s’étant pas agrandie, pour l’atteindre. C’était une bonne pioche car brusquement, sa tête et son visage sortaient de l’eau en une prise d’air inspirée à plein poumon, toussant et crachant le reste de l’eau qui s’était accumulé dans sa cavité nasale. Il arrivait à se tenir debout, la surface dépassant la ligne de ses épaules, mais le haut de son crâne toucha bien vite un plafond. Une étroite ouverture tirait droit vers la surface juste au-dessus de lui, l’éblouissant presque au passage du soleil droit dans son axe, comme un phare divin et inaccessible.

A son poignet, sa montre se mit à sonner, le rétroéclairage flashant à plusieurs reprises. Une minute était passée et il reprenait toujours son souffle, l’eau éclaboussant et charriant tout autour de lui dans le courant qui l’emportait. Il arrivait à se maintenir, la main tenant la lampe collée à la paroi en hauteur, mais il craignait pour le retour. Il n’était pas géologue, ni aucune de ces sciences qui en connaissait un rayon sur les formations des cours d’eau et des sources dans les grottes, mais cela le mettait dans un sacré pétrin.

« Putain... » laissa-t-il échapper en sentant qu’il consommait déjà pas mal de force rien qu’à rester statique pour profiter de l’air.

Il avait laissé Chenoa, là-bas, plongée dans le noir à son tour, et il ne pourrait pas la prévenir pour lui indiquer le chemin. Il n’était même pas sûr que la suite du parcours sous les eaux les mènerait à une fin atteignable pour eux. C’était une étape supplémentaire, un sursis dans leur calvaire. Le temps filait, il essayait de réfléchir à comment faire. La pilote devait déjà s’inquiéter de son absence dans sa solitude glacée. Lui-même tremblait, les gouttes dégringolant de son visage complètement trempé. Le gris de son regard se braqua vers la hauteur, à cette vision de liberté alors qu’il était coincé là en bas, le soleil éblouissant ses rétines.

Cela lui rappela le coup de lampe en pleine tronche, ses yeux plissés à cette contemplation moins agressive. Et puis son regard dériva sur sa main qui portait la Nitecore dont son pouce pressa le bouton d’extinction.

« Ça peut le faire. Putain… j’espère que ça peut le faire. »

Il plongea sa main sous l’eau, basculant en mode stroboscopique et braquant sa direction vers la direction d’où il venait. Avec le noir, elle verrait assurément l’effet… il l’espérait.

La lumière fila avec Shaun. Elle pu la voir s’éloigner au fur et à mesure qu’il s’éloignait sous la roche. Le feu follet se dissipa avec la distance, la laissant dans le noir le plus total. Elle essayait de se raccrocher à la lueur qui brillait encore dans ses prunelles, pour se dire que non, elle n’était pas sans lumière, non elle n’était pas seule, non elle n’était pas désorientée, non elle n’allait pas finir ici. Chenoa conservait sa main sur le mur qui supportait le “toit” de la cavité par laquelle l’eau s’engouffrait. Ainsi, elle avait un point de repère. Si elle le lâchait, elle mettrait un peu de temps à s’y retrouver, surtout qu’il n’y avait strictement aucune source lumineuse pour que son œil s’habitue à la pénombre. Elle était dans le noir total.

Chanter. Comme quand elle était stressée. Ce serait un bon moyen de faire passer ces trois minutes interminables. Elle n’avait pas ses écouteurs, mais ça ne l’empêchait pas. Elle se souvenait qu’en passant pour la première fois dans la centrifugeuse, elle avait poussé la chansonnette, et ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres.

« Year one was lots of fun
But nothin' lasts forever in my dreams
And two, I followed you
Because you knew the way or so it seemed
And three, I still believed
That we would be becoming destiny
And four, I wanted more
But you were movin' on to better things
At 25 and still alive
Much longer than expected for a man
At 25, all hope has died
And the glass of my intentions turns to sand
And shatters in my hand
Oh, oh, oh...
»

Elle n’avait pas spécialement le rythme en claquant des dents, mais elle essayait de se focaliser dessus tout en percutant quelque chose. Sa montre. Sa montre disposait d’un système de rétroéclairage ! Elle l’alluma en chantonnant pour regarder le temps, et cette petite lumière toute fragile lui réchauffa le cœur autant que sa chansonnette pourtant pas très gai, mais elle était tombée sur ce groupe il y a peu et les morceaux l’entêtait.

Deux minutes. Deux minutes trente. Elle ne chantait plus. Elle attendait. Trois minutes… Elle n’attendait plus. Elle flippait.

« Putain Lieutenant… Me fait pas ça bordel... »

Elle n’avait pas de lumière… Et elle devait aller le chercher sans lumière ? Elle devait tenter sa chance dans le noir absolu que sa montre dispersait à peine. C’était du suicide… Elle allait faire quelques mètres, se manger un rocher, et s’étouffer. Du suicide…

« Je n’ai pas le choix… Quatre minutes. Putain Penikett, si tu tombes sur lui pas trop loin tu l’auras laissé crever ! Quelle conne ! »

Elle prit une inspiration sur cette pensée, et plongea. Elle se guidait avec ses mains. Elle n’avait strictement aucune idée du temps pendant lequel elle pouvait tenir son inspiration, strictement aucune. Elle essayait d’avancer en tâtonnant, elle suivait la roche au-dessus d’elle, priant ses ancêtres, ses totems, tout ce qu’elle pouvait invoquer, pour trouver de l’air du bout des doigts tout en avançant. Elle ne voyait plus rien. Elle se concentrait, sentant ses cheveux passer devant elle alors que le courant la poussait en avant. Elle espérait que c’était ce qui l’avait motivé à ne pas revenir vers elle, parce qu’il était plutôt fort, et non que c’était ce qui l’avait empêché. S’il avait tenté sa chance après une minute ou deux d’apnée, il avait pu être à bout de force et se noyer. Soudain, elle vit les flash lumineux de la lampe. C’était comme une bouée dans la mer, un phare dans la tempête. Ses poumons lui brûlaient atrocement, et elle sentait poindre ce réflexe respiratoire qu’elle ne parviendrait pas à contrôler. Elle se força au calme, faisant appel à son sang froid de pilote. Un peu comme si elle devait faire une sortie extravéhiculaire dans l’espace depuis son F-302. Si la lumière était simplement posée au fond comme un appel à l’aide, elle n’aurait pas plus d’air là-bas que ici, et nager trop vite l’acheverait. Et puis, le courant la portait, si bien qu’elle allait vraiment doucement dans ses mouvements, profitant de la force naturelle.

Il n’empêche qu’elle n’en pouvait plus. Elle lâcha l’air dans ses poumons, formant quelques bulles. Et si, pensa-t-elle un peu follement, elle allait coller sa bouche à ses bulles contre le plafond pour les respirer de nouveau ? C’était de la folie furieuse que seul un cerveau asphyxié pouvait produire. La lumière lui vrillait les rétines à chaque flash, mais tel un papillon de nuit, elle s’y dirigeait sûrement. Elle vit son bras, derrière cette lumière, qui agitait la lampe. Cette fois elle accéléra. Il semblait avoir trouvé de l’air, et elle en manquait cruellement. Elle le heurta et remonta vers la surface en s’aidant, crevant la poche d’air en se cognant la tête et en toussant à moitié.

Elle se cramponna à la paroie pour se stabiliser alors que le courant essayait de la faire aller sur Shaun et de l’aspirer de nouveau sous l’eau pour aller elle ne savait où. Qu’est-ce que ça faisait du bien de respirer ! Elle en était presque euphorique. Entre l’air qui circulait librement dans ses poumons, et d’avoir retrouvé le militaire, elle en avait presque oublié son épaule douloureuse et tous les travers dans lesquels ils se trouvaient.

« Alors Lieutenant... fit-elle entre deux quinte de toux. Elle avait bu la tasse. On s’est perdu en route… ?! »

(c) AMIANTE



Shaun Kelly
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Mer 27 Oct - 14:05

Shaun Kelly
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Il avait maintenu une poigne dure autour du manche de la lampe pour que l’objet ne lui échappe pas sous l’eau, la seule chose qui pourrait guider la pilote jusqu’à lui. Une gerbe d’eau éclaboussa son visage, s’insinuant contre son gré dans ses cavités nasales et entre ses lèvres, l’obligeant à recracher l’ensemble d’une toux rude. Son équilibre était précaire, et pour cause, il se maintenait droit que par l’appui d’une seule main sur le plafond bas, et malgré qu’il arrivait à tenir debout, le courant voulait toujours embarquer ses foutues jambes vers l’arrière. C’était de cette manière d’ailleurs qu’il s’orientait pour la direction à braquer : dans le sens inverse vers lequel l’eau défilait.

« Aller Chenoa. Tu peux le faire... » l’encouragea t-il sur un souffle à peine porté, orientant ses pensées vers la pilote qui ne se manifestait toujours pas.

Et si elle n’y arrivait pas ? Et si son épaule était bien trop douloureuse, voir impossible à bouger pour qu’elle parvienne à s’orienter, à se diriger ? Combien de temps attendrait-il avant d’estimer la cause perdue ? Combien de minute ? De dizaine de minutes ? Lui-même n’était pas vraiment sûr de pouvoir tenir autant de temps que cela, s’épuisant à seulement se garder la tête hors de l’eau. Une chose était certaine, il ne la laisserait pas tomber, même si elle sortait de ses écrans radars, même s’il était seul à sortir de cette grotte, il remonterait une équipe aussitôt pour aller la récupérer. Tant qu’il n’aurait pas la preuve qu’il n’y avait plus rien à faire, il continuerait. C’était dans sa nature la plus pure, la matière dont il était façonné, d’une résilience indéchiffrable et indestructible - du moins le pensait-il, et c’était suffisant.

Dans le tumulte des flots qui charriaient à ses jambes, il aperçut une masse sombre et sentit un frôlement à peine une seconde avant que le visage de la pilote ne fasse surface sous la lumière révélatrice du stroboscope toujours actif et du puits de lumière qui les inondait toujours par les hauteurs. Par réflexe, sa main gauche déjà plongée sous l’eau vint chercher à l’aider, la tirant vers le haut, vers l’air, vers l’espoir en la captant d’un tour de taille. Il ignorait combien de temps elle disposait encore et son état. Et quand bien même elle parvenait à faire surface, sa taille jouait en sa défaveur.

Il ne se rendit pas compte tout de suite, dans la précipitation, dans la bousculade du courant, dans le soulagement de la voir l’attendre, et l’étroitesse du trou d’air trouvé, que quelque chose venait d’être arraché de sa main. La lumière du jour qui filtrait toujours d’une puissance vive, et qui allait bientôt s'amenuiser, ne rendit pas entièrement l’état de ces flashs lumineux qui s’éloignaient et disparaissaient. Mais sa mine se décomposa finalement, après avoir accueillit les propos de la femme avec un rire franc, son corps pivotant vers le sens du courant dans la panique de ce constat.

« Putain, non. Non, non, non. Fais chier ! »

Il avait levé sa main vide à son regard, avant de plonger ses yeux en direction de la surface. Peine perdue, car l’attraction de l’eau avait déjà englouti l’objet.

« Shaun… ne me dis pas que c'est la lumière putain… » grogna la jeune femme qui se raccrochait à lui pour conserver la tête hors de l’eau. Si le trou dans le plafond leur donnait du jour, là dessous c'était les ténèbres. Comment est-ce qu’ils allaient pouvoir avancer…. Elle venait de le faire, et clairement elle n’était pas chaude d’expérimenter de nouveau la sensation horrible et claustrophobique… « J’espere qu’elle s’est posée au fond un peu plus loin… »

« Fais chier !! » Lança-t-il à nouveau dans une colère à peine contenue, n’ayant rien d’autre à dire pour se justifier.

Il la laissa se tenir à lui pendant qu’il cherchait à utiliser ses deux mains au plafond, les deux pieds au fond, pour s’ancrer un maximum, son regard se relevant vers les hauteurs pour constater cette fissure au travers les mètres de roche qui narguait un ciel bleu.

« Ça va aller. » se reprenait-il pour ne pas céder à la panique, ni pour qu’elle y cède à son tour à nouveau, sur un ton qu’il essayait de convaincre autant que de se convaincre. « On a été jusqu’ici, on va pas flancher maintenant. De toute manière… le courant va être de plus en plus fort alors… on aura pas le choix que de se laisser porter. »

Chenoa n’était pas en reste pour jurer. Elle n’en voulait pas spécialement au jeune homme, mais plus au sort qui s’acharnait sur eux, comme si cela ne suffisait pas. Leur situation n’allait pas en s’améliorant avec ces conneries. Mais ce n’était pas le coup de bambou final, non, ils y arriveraient. Son optimisme était émoussé, entamé, bafoué, mais il tenait bon. Il tenait d’autant plus bon qu’ils étaient en mouvement, qu’ils ne se laissaient pas mourir bêtement. Rien de tel que le mouvement pour une pouliche sauvage comme Chenoa pour la tenir dans une forme d’espérance qui lui laissait le moral autre part que dans les chaussettes.

« Non, de toute façon, nous n’avons pas le choix que de continuer coûte que coûte. Espérons que le courant puisse nous conduire vers un endroit un peu plus libre… Et puis, si nous devons mourir… Ce sera plus intime dans le noir. »

Elle avala sa salive, levant les yeux vers le ciel à son tour, priant intérieurement tous les esprits possibles pour qu’elle puisse le rejoindre prochainement, et l’avoir pleinement au-dessus de sa tête.
Pour une fois, elle laissait les mathématiques de côtés. Clairement, les chiffres ne jouaient pas en leur faveur depuis le crash, mais ils étaient toujours là. C’était un signe non ? Ils étaient accompagnés, guidés. Aucune raison d’être arrivée ici sans que ça ne continue, pas vrai ?

« Il ne nous lâchera pas maintenant de toute façon, il n’y aurait aucun intérêt. » commenta-t-elle plus pour elle-même que pour Shaun.
« J’sais pas si c’est la providence ou n’importe quelle autre connerie du genre. Mais si y’a un signe à voir, celui-ci est parfait. » répondit-il alors en la fixant désignant brièvement de son index la cavité ouverte sur le soleil qui passait pile dans l’embrasure et qui déclinait rapidement, avant de se raccrocher à la paroie, son corps compensant la charge de celui de Chenoa qui y était toujours accrochée.

Enfin, elle reporta son attention sur le militaire, détachant ses yeux sombres de la clarté qui surplombait leurs têtes.

« Si on ne remonte pas, contente de t’avoir connue. Si on s’en sort, tu me devras une bière. »

Pourquoi ? Seule Chenoa avait la réponse, mais cette dernière pris une ou deux inspirations avant de plonger. Il était temps d’avancer, de nager. Le courant indiquait une direction. Elle se contenterait de se laisser porter en battant des pieds pour donner un peu d’impulsion au mouvement, et elle se servirait de ses mains, en avant, pour éviter de venir heurter un mur dans le noir, on ne savait jamais. Il valait mieux se couper, ou se péter un ou deux doigts sur un choc vigoureux que de venir taper son crâne sur une arrête rocheuse. Sous l’eau, ce serait fatal.

Le courant s’empara rapidement d’elle. Elle devait rester attentive à son environnement même si bientôt, la clarté produite par le trou dans le plafond rocheux s’estompa. Elle s’estompa rapidement, signe qu’elle avait soit passé un coude, soit que le courant était rapide. De la torche, aucune trace. C’était la lumière qui ouvrait le chemin. Elle se conforta avec cette idée. Plusieurs fois ses doigts touchèrent la roche, et à chaque fois elle assouplissait le choc en pliant les coudes avant de se laisser porter par le courant. Il ne fallait pas non plus que ça dure plus d’une minute ou deux, car elle ne tiendrait pas autant de temps… Deux minutes serait un exploit personnel, c’était certain.
Ses poumons brûlaient atrocement quand elle vit de la lumière. Elle n’avait rien d’artificielle pour le coup. Cette fois, elle brassa des bras pour la rejoindre le plus vite possible. Quand elle émergea en prenant une grande inspiration, elle prit conscience de la vitesse de l’eau autour d’elle. Elle bouillonnait en fonçant vers une ouverture plus large. De la végétation à ras de l’eau fouettait son visage, l’empêtrant à moitié avant que le courant ne la déloge rudement.

Elle n’avait pas la possibilité de regarder autour d’elle pour voir si Shaun avait suivit. Son esprit était focalisé sur sa survie, sur sa respiration, sur le surnage qu’elle était obligée de tenir. Sur le devant de la chute, car il ne fallait pas non plus que le plafond redevienne plus bas soudainement. Mais non, l’ouverture s’élargissait pour de bon, et soudainement, elle émergea des rochers, voguant sous le ciel libre, clair et limpide. Quelque chose heurta sa jambe, ou plutôt, sa jambe heurta quelque chose. Un rocher émergé certainement. Le fond devenait moins profond, mais l’eau était toujours très rapide. Son corps heurtait maintenant diverses aspérités rocheuses noyées dans l’eau, lui provoquant de vives douleurs. La cascade arriva très vite. Heureusement, elle n’était pas très haute. Elle heurta l’eau en contrebas avec rudesse, ballotée dans les remous qui la poussaient, qui la brassaient, avant d’émerger de nouveau à la surface.
L’eau coulait plus doucement à cet endroit, formant une rivière qui partait en serpentant entre les arbres continentaux. Péniblement, elle se raccrocha à un tronc qui surplombait le lit de la rivière, étendu en large comme une passerelle naturelle, comme un pont posé là par la nature.

Ses doigts se plantèrent dans l'écorce friable. Elle la sentit s’effriter sous ses mains, se transformer en poussière entre ses doigts qui tentaient désespérément de s'accrocher, de trouver une prise, et soudainement, une pluie de fourmis, à moins que ce ne soit des termites, lui tombèrent dessus, lui arrachant un cri de terreur. Elle lâcha le bois, passant au-dessous, entraînée par le courant de nouveau. Cette fois, elle eut moins de scrupules à se laisser immerger quelques secondes pour chasser les bestioles qui couraient sur elle.

Un peu plus loin, elle s’échoua sur une berge boueuse, chassant quelques gros vertébrés qui buvaient là tranquillement. Elle ne savait plus trop où elle habitait ni si son corps était entier, et en état de fonctionnement. Fourbu, elle rampa dans la boue pour se hisser hors de l’eau, hors d’haleine. Ce qui acheva de la faire se bouger fut ce tronc qui flottait qui n’en était pas vraiment un. N’était-ce pas un crocodile ou un alligator ? Un sac à main à croc quoi !

« PUTAIN !! » gueula-t-elle en accélérant à quatre pattes pour se réfugier vers les arbres, s’assurant que la bestiole ne suivait pas. Adossée au tronc, l’amérindienne essoufflée regardait la rivière. Shaun allait arriver pas vrai ? Il ne fallait pas qu’il tombe nez à nez avec cette bestiole ! Alors, elle tenta de la distraire… Rien de tel que de se baisser pour ramasser des pierres et lui lancer afin de l’éloigner. Ou de l’attirer… Enfin qu’importe.
« Tire toi de là saloperie !! » éructait-elle à l’adresse du croco qu’elle n’arrivait pas vraiment à viser. Elle était épuisée, son épaule lui lançait comme jamais, ses vêtements étaient déchirés à de nombreux endroits, et elle saignait de nombreuses plaies superficielles, qui étaient concomitantes aux bleus et aux autres hématomes qui parcheminaient sa peau maltraitée.

(c) AMIANTE



Shaun Kelly
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DC : Aidan Foster

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Shaun Kelly
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Mer 3 Nov - 11:35

Shaun Kelly
C'est du fond de la caverne que nait l'espoir
feat Shaun & Chenoa


Il n’avait pas eu le temps d’exprimer la moindre réponse, le gris sombre de ses iris s’étant brièvement déporté sur sa prise pour l’ajuster avant d’en revenir à elle, qu’elle avait déjà pris ses deux inspirations et plongé. Le froncement des sourcils avait davantage durcit les traits du visage de Shaun, souligné par le tranchant de l’ombrage qu’il subissait et l’eau qui l’éclaboussait régulièrement. Il ne l’avait pas empêché, ni retenu, mais seulement suivi le sombre de sa silhouette comme une masse agitée qui s’éloigna rapidement et disparu aussitôt. Les rayons du soleil se firent de moins en moins intense, présent, éblouissant, entraînant en parallèle une baisse drastique de la température qu’il avait légèrement regagné dans le divin phénomène. Un combattant tel que lui avait du mal à envisager qu’il pourrait y laisser sa peau dans un cafouillage pareil. Il se demandait encore régulièrement ce qui avait merdé, quelle erreur avait été commise pour les foutre dans une situation pareille, ne pouvant imaginer qu’il s’agissait de la faute à pas de chance.

Il attendit encore un peu avant de se lancer. Non pas par peur - bien que l’angoisse claustrophobique qu’il avait ressentit en se faisant une première fois emporter par la rivière et plongé dans le noir commençait doucement à poindre de nouveau - mais par calcul stratégique. S’il partait trop vite après elle, y’avait un risque qu’il la percute, emporté par le courant, sans même pouvoir l’anticiper ou y palier. Ses paupières se rabattirent, laissant l’obscurité le gagner derrière la cloison de ses cils, alors qu’il cherchait à faire baisser ses appréhensions, et finalement, il prit une dernière et large inspiration, gonflant ses poumons à leur maximum de capacité, se chargeant au mieux d’oxygène avant de se laisser engloutir par les flots charrieurs.

Rapidement, il ne vit plus rien. Le bruit assourdissant à ses tympans de l’eau qui s’agitait, remuait et bourdonnait. Il se fiait au courant pour lui donner la bonne direction, ne pouvait de toute manière, ni lutter contre lui, ni attester qu’il l'entraînerait là où il ne fallait pas. Il sentait qu’il gagnait en vitesse à mesure du temps, devenant une masse ballotté par une énergie bien plus forte que lui, le projetant parfois contre une paroie quand le cours d’eau prenait un virage. Son épaule blessé percuta un affleurement solide, lui soutirant quelques précieuses bulles d’air d’une échappée involontaire. Il se sentait complètement engourdi, les muscles rigidifiés par le froid, par la fatigue, par la douleur, alors qu’il continuait de supplier intérieurement de le laisser respirer un peu.

Une lumière blafarde se fit plus loin que ses yeux désespérés captèrent enfin, se donnant plus d’impulsion pour y parvenir, guidés par l'espoir qu’elle incarnait et rapidement il parvint à retrouver une surface agitée qu’il ne lui laissèrent que d’infime seconde pour se recharger de ce qui lui manquait le plus, avant d’être entraîné dans le fond que son corps raclait lourdement. Ses pieds et ses jambes tentèrent de reprendre appui sur l’instabilité rocheuse pour se propulser à nouveau vers l’air libre, parvenant cette fois-ci à s’y tenir pour capter un peu plus dans la réserve de ses poumons et voir également ce qu’il s’apprêtait à subir. Il avait du mal à croire qu’ils avaient la sortie et surtout qu’ils avaient été assez fou pour tenter tel exploit. Il braqua immédiatement l’acier de son regard sur l’avant, cherchant une silhouette ou même un mouvement fugitif qui aurait témoigné de la présence de l’autre Atlante.

Mais rien. Rien que des éclaboussures supplémentaires et le vide au devant qui témoignait d’une chute à venir. Déjà déporté sur le flanc, dans l’anticipation, il donna une poussée de ses jambes sur une roche plus affleurante pour chercher à s’emparer d’une rocaille saillante qui débordait de la surface juste à côté de la paroie. Mais ses doigts glissèrent sur la pierre glissante, écorchant sa peau au passage et il ne put éviter la suite. Il se sentit lourdement expulsé, et brièvement chuter avant d’atteindre le contrebas. Par malchance, ce ne fut pas le centre d’une cuvette d’eau qu’il atteignit, mais le plat d’une roche contre laquelle la cascade s’écrasait. Ses jambes encaissèrent le plus gros, la hauteur n’étant pas si grande que ça, mais bien vite, il se retrouva affalé sur son promontoire, subissant l’assaut de l’eau sur son corps qui le comprimait et le fouettait.

A la force de ses bras, il se traîna sur le sol rigide pour échapper à cette puissance douloureuse, forçant sur un mètre avant de retrouver le repos de la surface humide. Sa cage thoracique se gonfla rapidement pour reprendre son air et son souffle, mettant un temps figé ainsi pour reprendre ses esprits et constater aussitôt l’environnement dans lequel il avait atterri. Non seulement il était à l’air libre, mais la montagne l’avait craché hors de son antre, l’eau formant désormais une rivière étroite qui se jetait au milieu d’une forêt dense.

Après l’oppressante caverne dans laquelle ils avaient atterri, constater pareil nature, libéré dans un espace si grand et chaleureux, inondé par un soleil dense malgré les températures légères, revigorait l’homme épuisé. Mais il ne pouvait rester seulement là, à attendre que les choses se passent. Il avait beau observer le cours d’eau qui serpentait au devant et la végétation des abords, il ne voyait aucune silhouette familière. Après une brève pause sur son promontoir de fortune, sans se relever pour éviter les étourdissements qui l'auraient désorienté, il rampa encore un peu pour atteindre la berge dont il était proche. Passant dans un premier temps de granit en granit, il atteint finalement un rideau de lianes feuillues, qui lui permis de se hisser jusqu’à la terre, meuble, sentant l’humus et les parfums champêtres.

Seulement alors, il tenta de se redresser, testant ses appuis dans un premier temps, grondant et grimaçant sous la pressante douleur de son corps meurtrit ça et là, son bras gauche en premier, sa jambe durement écorchée en second. Même ses mains tremblaient férocement, empêchant toute manipulation précise. Il se sentit d’une lourdeur extrême, principalement dû à l’eau que son uniforme avait absorbé, mais par l’épuisement que ses muscles subissaient également. Il devait toutefois continuer.

Alors il avança, la patte traînante, continuant d'haleter par sa respiration courte et élancée, s’éloignant du bord pour ne pas à nouveau y chuter. Son bras valide prenait repos contre chaque arbre qu’il trouvait sur son chemin, s’appuyant d’une épaule, une ou deux seconde, le visage crispé d’une grimace qui ne le quittait pas, avant de se donner l’impulsion pour atteindre l’autre. Et pendant ce temps, le clair de son regard balayait l’eau et ses bords.

« Chenoa ! » lança-t-il une première fois, sans parvenir à porter sa voix, coincée dans l’épuisement qu’il ressentait et couvert par la clarté cristalline de la rivière qui s’écoulait.

Il espérait qu’elle ne se soit pas coincée, là-haut quelque part dans ce boyau qui les avait malmené jusqu’à la chute, car si c’était le cas, il ne pourrait malheureusement rien pour elle. Alors autant jouer l’espoir, et progresser, sa pensée axée sur le fait qu’elle ai pu trouver la berge bien plus loin. Il mit du temps à avancer, se calant même brièvement pour s’accorder un souffle nouveau, avant de reprendre, toujours traînant. Il entendit plusieurs bruissements rapide sur son flanc, dans la forêt, témoin de présences animales qui fuyaient. Lui ou quelqu’un d’autre ? Difficile à dire, mais ça lui donnait l’élan de conviction supplémentaire pour continuer.

Il finit par l'apercevoir, là, un peu plus loin, lançant comme une acharnée des cailloux sur un animal reptilien ressemblant fortement à ce qu’ils connaissaient sur Terre, à quelques détails près. Pressant le pas, il prit la courbe en plongeant un peu plus dans les herbes de la bordure forestière tandis que la créature se mit à progresser lentement dans la direction de la femme, d’un pas, puis un second à plusieurs secondes d’intervalles. L’atteignant finalement sur son flanc arrière, il se pencha pour glisser son bras valide autour de la taille de la pilote et la tirer en arrière tout en la redressant pour l’embarquer loin de l’animal.

« C’est comme ça que les Cherokees chassent d’ordinaire ? Avec des petits cailloux ? » glissa l’homme d’un même temps qu’il avait procédé à sa prise.

Quelques pas suffiraient à se faire oublier de l’écailleux qui préféraient son environnement aquatique à l’épaisseur de la forêt dans lequel il n'était pas à son aise.

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Shaun Kelly
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