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Les Iles des Soupirs ft Kendall Carr-li [16 et +]

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Hailey Spalding
Caporal
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√ Arrivée le : 09/09/2018
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Dim 27 Juin - 15:25

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li







Vers cinq heure du matin, le 26 juin 2021, la caporale Hailey Spalding traversait Atlantis, évitant les secteurs les plus fréquentés, alors même que presque personne ne se trouvait dans les couloirs à cette heure. Depuis quelques temps, plus rien allait vraiment. Elle dormait à peine, ressemblait certains jours à un cadavre ambulant, sursautait quand quelqu’un apparaissait dans son champ de vision, et qu’elle ne l’avait pas vu venir.
Le médecin qu’elle avait vu, après son retour de mission, lui avait suggéré de discuter avec un professionnel de ce qui s’était passé, voyant bien que quelque chose la dérangeait. Elle avait préféré fuir le problème, prétendre que tout allait bien. Elle arrivait presque à ce convaincre. Elle accomplissait son travail, se reposant sur l’habitude, taisant ses doutes, ses craintes. Affronter le terrain n’avait certes jamais été facile pour elle, mais désormais, chaque fois qu’il était plus ou moins question qu’elle franchisse la Porte, elle tremblait à l’idée de voir des monstres surgir, massacrer à tour de bras.
Alors, quand on lui annonça qu’elle était sur l’équipe en partance pour P4X-217, elle n’eut pas un sourire enjouée.
« Bien, mon lieutenant. » avait elle répondu, avant de se diriger vers l’armurerie, afin de réserver son équipement habituel. Armes, munitions, détecteur de vie, deux petits drones de repérage. Passer dans ses quartiers pour remplir son sac avec un peu de nourriture, prendre sa trousse à outils qu’elle y avait oubliée et n’avait eu le temps de récupérer jusque là (ce qui l’avait fait râler parce qu’elle avait dû emprunter des outils). Puis elle se rendit au briefing, saluant les personnes présentes, non sans se présenter.

« Caporal Spalding au rapport pour le briefing sur P4X-217. Et bonjour. »

Elle prit place, pour écouter attentivement, les yeux rivés sur l’écran, mémorisant la carte, jetant des regards à la femme présente, curieuse malgré tout. Une psy, récemment arrivée. Elle avait l’air pas trop mal, quoi que pas vraiment le genre à te caliner à la première occasion. Mais les apparences pouvaient être trompeuse. Hailey lui adressa un petit sourire amical, alors que le sergent de service commençait les explications intéressantes.

« Comme vous pouvez le constater sur ces cartes, la Porte se situe sur une île. Nous avons pu identifier à environ 14 Mille d’autres îles, mais elle ne semble pas présenter d’intérêt majeur. L’île principale présente des signes manifestes d’une population relativement civilisée. Nous estimons qu’une vingtaine de personnes y résident. »

Il marqua une pause, consultant ses notes. C’était son troisième briefing de la journée, et il ne voulait pas se mélanger les pinceaux. Il appuya sur la commande pour passer à la diapositive suivante et reprit.

« Votre mission est de faire une évaluation du terrain, de la population et des intérêts potentiels pour Atlantis. Rien d’extraordinaire pour vous caporale. C’est une mission de routine. Le seul point qui pose de véritable question c’est ce trou, situé dans la partie nord de l’île. L’on suppose qu’il s’agit d’une mine, vu l’entrepôt qui le surplombe. Toutefois nous n’avons aucune idée de ce qu’ils peuvent extraire. »

« Des hostiles dans le secteur ? Combien d’heure pour établir un contact radio avec Atlantis ? »

« L’on nous a signalé la présence de wraiths sur des planètes d’un secteur voisin. Il est possible que vous en croisiez. Vous disposez de 4 heure pour établir le premier contact avec la base. Le prochain devra avoir lieu toutes les 3 heures. Des questions ? »

« Reçu. Non, sergent. Quoi que… On dispose d’un appui ou... »

« Une équipe d’intervention sera prête, si jamais il devait y avoir des affrontements. Mais vu leur réaction devant le MALP, il a été estimé qu’il valait mieux éviter une équipe trop nombreuse. Ils ont tout de même tirer dessus avec des javelots quand il s’est déplacé, avant ils étaient simplement curieux. »

Hailey hocha la tête. La réaction ne lui paraissait pas absurde. Un gros bout de métal qui bougeait tout seul, c’était plutôt effrayant, surtout s’il sortait d’un anneau bleutée qui pouvait désintégrer les imprudents qui se tenaient sur le chemin à l’ouverture du vortex. Il fallait donc espérer qu’ils ne fassent pas subir le même sort à tous les visiteurs.


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Le briefing terminé, elles quittèrent la salle pour récupérer les affaires qui avaient été préparées pour la mission et finir de s’équiper. Lorsque Hailey remarqua les grenades elle les regarda longuement. Elle savait que c’était utile mais sa dernière expérience avait été plutôt malheureuse. Elle posa la main dessus et les glissa dans les poches de son gilet tactique avec une grimace qui en disait long sur son ressentiment pour cet appareil. Elle jeta un regard vers la psy et s’approcha d’elle, se disant qu’elle avait sans doute besoin d’aide pour ce qui avait tout l’air d’une première fois.

« Besoin d’aide ? Pas trop tendue ? »



@DamianVK



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Kendall Carr-Li
Médecin
psychologue
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Dim 27 Juin - 23:29

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine?
Ange plein de bonté connaissez-vous la haine?


Cessant la lecture de ce poème de Baudelaire qu’elle connaissait par cœur, l’alarme de son réveil mettait fin à une nuit ordinairement courte, qu’elle avait surtout consacré à une méditation profonde, pas forcément utile, mais reposante. Pour quelqu’un qui passait le plus clair de son temps à combattre ses propres pensées parfois chaotiques, faire le ménage dans sa psyché pouvait remplacer n’importe quel sommeil réparateur. Alors, la clarté renouvelée dans son esprit, elle repoussa la tablette aux allures modernistes, et s’étira dans son lit, réveillant ses muscles appauvris d’une immobilité prolongée.
La chambre qui lui avait été dédiée était de bonne facture, dans l’ensemble du moins, car elle doutait que les matériaux soient d’origine terrienne, quand bien même elle avait suivit d’une oreille vigilante la réunion d’insertion à son arrivée. Elle n’avait pas particulièrement confiance en quelque chose qu’elle ne connaissait pas, mais n’en était pas pour autant paranoïaque. Cette immense cité provenant d’un univers dont elle avait déjà commencé à disséquer les secrets, lui promettait bien des surprises. Si toutefois elle n’aimait pas ne pas pouvoir mettre de mot sur l’inconnu, son tout fraichement balayage neuronal maintenait une éphémère sérénité qui l’empêchait de se noyer dans cet afflux de nouveautés. En petit plus de confort, elle avait un accès visuel panoramique à l’extérieur via la longue et étroite baie vitré d’un des murs, laissant la lumière du jour avaler la pièce avec positivité. Elle ne comprenait pas cette complaisance. Elle connaissait déjà les plans du secteur et si elle avait besoin de savoir l’heure, sa montre lui était plus exacte et moins violente que des UV dans la rétine.
A peine quelques jours pour faire ses premières marques, subir quelques longues réunions dont chaque mot, chaque syllabe et chaque intonation avait été fidèlement conscrite dans son enregistreur vocal, seul objet d’ailleurs qui lui avait été autorisé d’emporter depuis son dernier foyer. La répétition faisait parti de son cycle mémoriel. Tout comme elle faisait de cette chambre un lieu ordonné et immaculé, elle faisait de ses entretiens un archivage réglé et perfectionné. Rien n’était laissé au hasard. C’est ce qui la rendait unique. C’est ce qui lui donnait sa place ici.

Ses premières séances en tant que Psycholoque du programme d’Atlantis n’avaient néanmoins pas changé de son quotidien sur Terre. Le schème qu’elle décelait chez les résidents et militaires n’avait rien de compliqué, si tant est qu’elle devait se familiariser avec certains termes qui ne prenaient pas rapidement forme dans ses analyses, et qui ralentissaient nerveusement son travail, l’obligeant à ronger des informations complémentaires entre deux patients, ou à pousser jusque très tard pour se mettre au diapason. Au moins, on lui avait donné tous les moyens nécessaires pour être totalement autonome, et elle en prenait très bien parti. Au final, affectionnant son labeur avec intensité, elle n’avait pas eu le temps de rencontrer l’équipe du service médical qu’elle supplémentait, et si elle trainait trop à présenter sa facette de bon docteur mondain, elle risquait d’abîmer le profil social qu’elle s’efforçait de conserver depuis toujours. Ce n’était pas une mince affaire de vivre auprès d’un groupe, quand elle avait passé toute sa vie à exercer seule. Surtout que son poste ici ne tenait qu’à un fil, ce fil de surveillance qui ne manquait d’être coupé que de la plume d’un stylo entre les doigts d’un hiérarchique haut placé. Ce risque, pourtant, la motivait, amendant son plaisir du défi, celui-là même qui l’absorbait quand elle coinçait sur une affaire psychanalyste.

Ce matin-là, néanmoins, allait être différent. Un jeune homme du corps armé était venu la déranger à son bureau, la veille, transmettant une directive tardive qui chamboulait son planning, mais dont elle avait su intégrer, ne serait-ce que parce qu’elle s’était attendue à devoir être malléable aux besoins actifs de cette large organisation. Lorsqu’elle était appelée par les fédéraux pour prêter main forte à une enquête, elle procédait de la même façon, annulait ses prochains rendez-vous, et récupérait le plus d’informations sur les raisons de sa présence absolue. Cette fois, cependant, le jeune militaire s’était retrouvé bien gêné de ne pouvoir répondre à toutes ses questions, insistant seulement sur l’heure, le lieu, et le responsable du briefing. Laissée affamée sur ses compulsions empiriques, elle avait passé la soirée à revoir la copie de son contrat, très épais, pour lister les possibilités de missions qui pouvait lui être affectés. Ce n’était qu’en étant sûre d’en avoir fait le tour qu’elle s’était accordé du repos.
Bénissant sa peau d’une douche rapide, c’était le soin de sa tenue qui lui incombait le plus. L’apparence physique prenait une grande part dans l’impression que l’on pouvait donner aux autres, et en tant que psychologue, elle devait balancer conformément le poids entre le professionnalisme et le relâchement, émanant au mieux une agréabilité superficielle contre un charisme équivoque. Elle s’affubla alors d’une chemise bleue… et c’était tout. L’uniforme une pièce aux marques de Stargate Atlantis était obligatoire, dont la couleur estampillait immédiatement le porteur dans l’un ou l’autre des cinq services. Un joli jaune poussin pour elle, surplombé d’un beige écrin qu’elle acceptait sans propos. S’accordant un temps devant la glace pour rehausser la profondeur de son regard et l’éclat de ses lèvres, elle s’attacha les cheveux, ferma le zip de l’uniforme, et enfila une paire de chaussettes noires.
Passant devant son bureau personnel, dressé comme un autel sacré, l’ordinateur plié posé au centre et l’enregistreur parallèle à sa tranche, sans poussière ni mettes, elle se saisit du petit engin, l’envoyant glisser au fond de sa poche droite. Pas la gauche, ni les jambes, ni le fessier. La poche droite, comme tout ce qui régissait son existence de la meilleure façon. Comme son tatouage au poignet droit.
Ses pas souples et longs l’entrainèrent alors à la sortie, où, près de la porte, elle enfila les baskets noires avant de jeter un dernier regard sur son nouveau logement. Satisfaite, elle claqua doucement derrière elle.

Elle avait quelques minutes d’avance. Comme toujours, sa ponctualité ne lui faisait pas défaut, pas même au large d’une planète inconnue. Les couloirs tous identiques, bordés d’une architecture sobre qui reflétait sa personnalité à la perfection, symbolisaient la toile finement tissée de son cerveau, si bien qu’elle n’avait eu aucun mal à trouver son chemin, et s’était donc présentée devant la salle de briefing à quelques secondes près de ses prévisions. On l’avait laissé entrer et s’installer, parmi les rares angoissés de l’heure qui, pire qu’elle, avaient probablement dû courir en priant pour ne pas être en retard, à moins qu’ils n’aient tout simplement décuvés sur ce même siège de leur précédente soirée. Elle exagérait un peu. Leur allure était présentable, et celle des suivant aussi, reflétant l’exceptionnelle institution qu’était ce programme. Mais elle savait que malgré toute la bonne volonté que les hommes vouaient à édifier une utopie galactique, ils n’en restaient pas moins, derrière chaque écusson, des individus avec leurs faiblesses et leurs défauts.
Kendall les saluait tous d’un sourire arqué, serrant les mains volontaires, rendant regards intrigués et appuyés, notamment ceux d’une femme élancée, au teint délicatement balsané, dont les cheveux bruns bouclaient étonnamment sans s’emmêler. Si la psy ne pouvait s’empêcher de dresser un portrait mental d’un simple échange perceptif, celui de cette femme était tout éloquent. Kendall n’avait pas manqué le tiraillement sous ses yeux, et dans le lot des militaires fatigués d’une nuit survoltée, elle se doutait que quelque chose de plus sombre se cachait derrière ceux-ci. Tout le monde avait sa part d’ombre, et le Dr.Carr-Li sélectionnait les cas qui méritaient son attention d’un certain instinct aiguisé. Elle savait que la plupart des personnes refusaient de chercher de l’aide, même si l’évidence les frappait en plein nez à l’en faire saigner. C’est pourquoi l’une de ces attributions, notamment en partant en mission comme aujourd’hui, était de les pêcher, avec ou sans leur approbation. Rien que dans cette pièce, elle en avait capté trois.

Le responsable entama alors la réunion. Si elle avait eut le droit d’enregistrer les entretiens directs, il lui était interdit de faire de même avec les briefings d’intervention. Sa concentration prit donc le pas sur ses échafaudés psychanalytiques.
La notion d’affrontement lui laissait un goût amer. Elle n’était pas parée ni entraînée pour le combat, et devrait donc suivre les ordres à la lettre si sa vie était en jeu. En toute logique, l’équipe constituée était rôdée aux missions à risques, aguerrie par une pratique intense, dans l’engrenage huilé de leur entraînement unique aux situations imprévisibles. Bien qu’un boulon s’en détachait toujours à un moment où à un autre, et elle espérait ne pas être l’un d’eux.
L’évocation des natifs de la planète en question piquait son intérêt. Elle ne s’attendait pas à des antennes vertes, ayant bien comprit que la majorité des êtres distillés dans le cosmos avaient tous un ancêtre commun, mais ses études sur la sociologie démontraient qu’un peuple évoluait en partie par ses influences environnementales, et que, du coup, les effets néfastes de l’hostilité de leurs ennemis pouvaient en faire des êtres totalement différent du commun terrien. En ce sens, elle aurait du fil à retorde pour éclaircir le fonctionnement de leurs actions… et comme toujours, l’idée de se retrouver face à quelque chose d’inconnu et de réfractaire à ses talents excitait grandement son mental.

Peu après la réunion, elle suivit le groupe jusqu’à l’armurerie. Imitant un membre médical, elle enfila un épais gilet pare-balle, attachant les sangles avec une certaine aisance, résultante de ses quelques affaires dangereuses. Cherchant du regard le cabinet des armes, son attention se fixa sur la jeune femme qui lui avait tapé dans l’œil plus tôt. Elle venait de fourrer quelque chose dans ses poches qu’avait manqué de vue la psy. Mais, clairement, contrairement à d’autres, elle ne semblait pas ravie d’être ici, ou bien quelque pensée obscure la travaillait. Un échange de regard, et la caporale H. Spalding, nom brodé sur son uniforme que la perception d’aigle de Kendall avait traqué plus tôt, ferrait jusqu’à elle.
Etirant doucement les lèvres, ses yeux noirs s’affinant sous cette contraction, elle lui répondit d’une voix basse, tintée d’enthousiasme :

« Vous avez deviné ? Je suis assez nerveuse, j’avoue. »

Détaillant de plus près le physique de sa camarade, elle enchaîna, élargissant son sourire et tendant la main :

« Je suis le Dr. Kendall Carr-Li. Ce n’est pas ma première escorte armée, mais vous pourriez peut-être me conseiller ? Je n’ai pas d’habilitation au port d’armes… Et j’aimerai éviter autant que possible de provoquer un accident. Donc… »

@DamianVK


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Hailey Spalding
Caporal
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Mar 29 Juin - 22:49

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li





Etre nerveuse à l’approche d’une mission, Hailey ne pouvait que le comprendre. Elle n’était jamais vraiment sereine à l’idée de ce qui l’attendait de l’autre côté de la Porte, comme elle n’avait jamais été sereine à l’idée de quitter la base, avant qu’elle ne s’engage pour Atlantis. C’est donc avec un sourire et un regard compréhensif qu’elle s’approcha d’elle, jetant un regard à ce qu’elle avait comme équipement, à sa tenue. Un gilet, c’était une bonne idée. C’était toujours une petite protection qui ne faisait pas de mal.

« Hailey Spalding. Ca fait ça à tous le monde, enfin ceux qui sont humains... »

Elle eut un léger sourire avant de la regarder en pinçant les lèvres, cherchant le meilleur conseil d’équipement à lui donner. C’était toujours une question épineuse, qui dépendait principalement des talents individuels et du terrain à affronter.

 « Alors… En arme, un pistolet incapacitant. Ca va blesser personne mais ça peut vous aider à vous défendre au besoin. Après ça dépend de si vous le sentez. De toute façon, je serais là. Sinon… Je conseil toujours d’avoir un couteau, et une pince coupante. Même si je doute que l’on tombera sur du barbelet. Pour le reste, à moins que vous avez besoin de matériels spécifiques, généralement les armuriers préparent ça bien. Je rajoute juste toujours de la bouffe, et des petites bricoles pour le confort. »

Elle préférait toujours avoir un peu trop que de manquer de l’essentiel. Elle attendit une réponse éventuelle, pour continuer au besoin de lui répondre, puis alla consulter la liste du matériel avant de signer et le percevoir. Elle soupira. Rien ne manquait et traîner plus ici ne servirait pas à grand-chose, d’autant qu’ils avaient un horraire à tenir pour le départ, pour pas mettre le bazar dans les plannings de mission.

« Vous avez ce qu’il vous faut ? Si oui, direction la Porte. »

Hailey chargea le sac sur son dos, ajustant les bretelles afin de mieux l’équilibrer et ne pas l’avoir qui battait au dessous de ses reins, s’accordant encore quelques secondes pour un ultime remord puis entamma le premier pas vers la salle d’embarquement, jetant des regards aux couloirs comme pour les graver dans sa mémoire, alors qu’elle les connaissait par coeur. Cela dura quelques mètres, puis elle prit une longue inspiration, avant de l’expirer totalement et avancer d’un pas plus décidé. Toutes les missions ne devaient pas être pourries. Certaines pouvaient être tranquilles.

« Vous êtes docteur en quoi au fait ? » demanda t elle alors qu’elles arrivaient devant l’anneau, s’arrêtant à la distance minimale pour ne pas se faire décapiter par l’ouverture du vortex. Les chevrons s’enclenchèrent au rythme des rotations de l’anneau, dans un bruit métalique, puis la vague se manifesta, avant qu’un rideau semblable à une eau calme ne se forme.

« Première fois ? »

La question tombait tandis que l’opérateur leur faisait signe d’y aller, avec le bon courage habituel. Hailey s’avança, attendant de voir si elle devrait lui mettre une tape dans le dos pour la faire plonger en avant ou pas. Puis elle traversa le rideau. Lorsqu’elle se retrouva de l’autre côté, elle fut assailli par les odeurs de l’île. C’était celle de la nature, chaude et légèrement humide. Il devait faire dans les 20° Celsius, soit une température assez facile à supporter. Quelque part, une plante devait porter des fruits, il y avait comme une odeur de mangue, avec un soupçon de… Sauge ? Le mélange n’était pas désagréable, mais elle fut surprise. Cet endroit intéresserait sans doute un cuisinier, s’il y avait des plantes comestibles. Lentement, la caporale balaya du regard la zone.
Dans un premier temps, elle remarqua la route. Non pas une route pavée, mais un simple chemin de terre rougeâtre. Puis ce fut les arbres. Des conifères, probablement des arbres voisins de l’Accacia, et plus loin, des palmiers, qui poussaient en bordure d’une plage. Une déduction qu’elle pouvait faire par les reflets bleutés visibles entre les arbres, et le léger bruit de ressac. La Porte était proche de la mer après tout. Ensuite, seulement, quand elle fut sure qu’aucun danger ne viendrait la surprendre elle leva les yeux au ciel. Un ciel bleuté, sans nuage.

« Plutôt sympa le coin. » constat elle, en reposant le regard devant elle. Elle n’était pas particulièrement pressée d’aller à la rencontre des locaux, et elle prit sa boussole, regardant l’aiguille tournait, jusqu’à s’ajuster sur le pôle magnétique. Elle n’avait qu’un point de repère. Ce trou de mine, ou dieu savait quoi, situé au Nord. L’attaque du MALP était survenu à proximité de la Porte, bien avant d’avoir atteint un quelconque village. Elle préférait donc faire au plus simple, aller vers les points d’intérêts puis ensuite vadrouiller. Machinalement, elle régla sa montre pour que le minuteur lui permette d’être en position pour un contact radio à l’heure prévue. Mais aucune interférence ne semblait devoir l’ennuyer cette fois, donc elle pourrait laisser Atlantis faire joujou avec la Porte, sans devoir refaire forcément tout le chemin. C’était un avantage non négligeable, pour ses pieds notamment.

« On va jeter un œil au trou. Ca nous donnera une idée si c’est exploitée… Et au pire, on aura p’tet un autochtone pour nous aiguiller. Vous aimez marcher Doc’ ? »


la petite carte:

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Kendall Carr-Li
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Ven 2 Juil - 20:47

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




C’était bien la première fois qu’elle s’armait de la sorte. Les rares fois où son expertise nécessitait une présence auprès des hommes et des femmes d’action, on lui tendait simplement un gilet en kevlar, et lui dictait quelques règles de bonne conduite, après un éventuel briefing sur les raisons de l’intervention. Le souvenir de sa dernière enquête était encore frais dans son esprit. En détaillant la caporale Spalding, cette femme à l’allure éclatante, et pourtant à l’ombre d’une fracture évidente, elle ne pouvait qu’en attester la ressemblance avec la victime du bourreau de l’affaire 32. Ce nombre ne signifiait rien, si ce n’était sa position dans un casier. Donner un nom d’emprunt à un dossier, coutume malséante des inspecteurs, pouvait sagacement détourner un jugement de se profiler avec toute la neutralité nécessaire. Mais là n’était pas sa pensée immédiate. La victime en question avait été séquestrée par son ex-conjoint pendant plusieurs semaines. Aucune violence, si ce n’était psychologique. Après sa libération, Kendall l’avait suivie comme patiente, jusqu’à son départ pour le programme Atlantis. Et, durant les séances, la jeune femme prenait soin de cacher son malaise aux yeux du monde. Avec succès envers des ignares, qu’elle bernait par de beaux sourires, de phrases toutes faites, des clins d’œil ajustés, des rires appuyés. Lorsqu’elle l’avait prise en charge, la première fois, Kendall avait été surprise de sa métamorphose, depuis la fois où les policiers l’avaient sortie, en larmes et pâle comme une cancéreuse. C’était un mur qu’elle avait érigé par-dessus ses sentiments, ses faiblesses, et ses blessures. Un mur si épais qu’elle-même était convaincue de n’avoir vécut qu’un mauvais rêve. Pourtant, une part inconsciente d’elle l’avait guidé jusqu’à son bureau, dans l’espoir de sauver le reste de son corps. Cette part, Kendall l’avait libéré au gré de nombreux efforts, parfois infimes, parfois révélateurs. Et même si maintenant, cette jeune femme se sentait plus en phase avec son moi, elle aurait besoin encore longtemps de cultiver son émancipation.

Rare étaient les individus qui ne portaient pas de masques. Kendall elle-même s’en était façonné un, qui, comme tant d’autres, suffisait à sauvegarder les apparences. Elle sourit en coin à la remarque de la militaire. Humain était un bien grand mot. Qu’est-ce qui définissait l’humanité ? Et qui avait les droits d’en encrer les règles ? Au nom de quel dieu ? De quelle institution ? Personne. Tout le monde. Tout ne se jaugeait que par les lois que l’on était prêt, capable, même, à respecter. Les pires psychopathes se foutaient bien de ces règles. Imprégnés d’égocentrisme jusqu’à la moelle, jouant avec leurs proies comme l’enfant qui se délecte de l’asticot agité au bout de l’hameçon, ils ne vivaient que pour l’adrénaline qui pompait dans leurs veines à l’excitation de leur toute-puissance, de leur absence totale de moralité. Mais Kendall n’était pas de ce genre. Si elle l’avait été, elle ne serait pas là, à devoir se charger de la santé mentale de héros dont la vie garantissait la survie de la Terre, et de biens d’autres peuples. Non, Kendall avait été choisie, après plusieurs mois de débats et de réflexion, et autorisée à user de ses talents, en toute connaissance de cause. C’était un véritable honneur, une récompense à toutes ces années pour avoir fait de son handicap une force, un don.

Les paroles de la caporale la tirèrent de ses réminiscences. Kendall prenait généralement soin d’éviter de tenir quoique ce soit de mortel dans les mains, parce qu’il y avait peu de chances qu’elle hésite à s’en servir, et les conséquences détruiraient fatalement tout ce qu’elle avait bâtit toute sa vie. Heureusement que tout n’était pas conçu dans le seul et unique but de tuer.

Réajustant les sangles de son gilet tactique, elle s’empara ensuite d’un casque simple. Ce n’était pas une promenade de santé, et elle tenait à sa vie, même si ce genre d’accoutrement lui retirait tout son charme. Les informations de la caporale supplémentaient ce qu’elle avait retenu de ses derniers entretiens. La remerciant d’un bref sourire, elle la suivit jusqu’au registre, son attention focalisée sur la subtile contraction de la mâchoire à l’expulsion d’un soupir discret. Pour l’instant, tous ces petits signes de lassitude ne lui évoquaient rien de bien concret, mais ce n’était pas une raison pour passer à côté. Détournant le regard lorsque vint son tour, la psy récupéra un sac à dos. Son attitude légèrement maniaque l’obligea à en vérifier scrupuleusement le contenu, quitte à faire patienter les soldats derrière elle. Elle détailla le pistolet incapacitant, clairement d’origine non humaine. L’utilisation était si simple ? Quoiqu’il en soit, cela lui évitera de commettre l’irréparable, et d’écourter son séjour.
Satisfaite, elle passa les bretelles à ses épaules, remarquant alors que la jeune femme l’avait poliment attendue.

« Tout est bon. » confirma Kendall en lui emboîtant le pas.

Les pas du groupe résonnaient à l’unisson lorsqu’ils entreprenaient le même circuit qui reliait les vestiaires à la salle d’embarquement. Ce même couloir franchit maintes fois par les plus anciens d’entre eux, en rituel silencieux précédant une aventure qui pouvait valoir leur nom sur le mur des disparus. Kendall distinguait pourtant peu de tension. Comme l’avait évoqué l’officier plus tôt, l’atmosphère plutôt relaxée qui se dégageait de la petite troupe faisait écho au caractère routinier de cette mission. Seul la caporale Spalding et l’un des deux autres qu’elle avait sélectionné lors du briefing appuyaient bien ses présomptions analytiques. Le 3ème ayant reprit du poil de la bête.

S’insinuant entre un duo pour récupérer sa place près d’Hailey, la psy leva les yeux sur l’anneau majestueux, trônant au centre de la large pièce telle une statue déiste. Le regard rivé sur les symboles lumineux pivotant sous un codage tenu confidentiel, elle ne répondit pas tout de suite à sa comparse. Sept « chevrons », c’était tout ce qui la séparait d’une autre planète. Et lorsque le geyser surgit d’une puissante lumière blanche, se faisant avalé tout aussi brusquement par un voile bleuté, brillant et semblable à la surface d’une piscine. L’énergie nécessaire pour faire fonctionner cette technologie devait être phénoménale…
Kendall tourna une expression légèrement euphorique à la caporale, s’extasiant alors :

« Eh bien ! C’est le spectacle d’une vie ! Je ne suis pas sûre de m’y habituer, même si je le voyais tout les jours. Je n’en reviens toujours pas de toute cette avancée technologique que vous avez… »

Le groupe les dépassèrent alors, sans plus de considération, se jetant un à un dans cette mixture gélifiée. Sa logique purement technique lui braillait de ne pas tenter l’expérience avant de les voir ressortir de l’autre côté… mais se fit écraser par sa fierté personnelle de ne pas se retrouver à la ramasse.

« Première fois, oui… » déclama-t-elle avant de s’en approcher à grandes enjambées assurées. Elle voulait voir l’autre côté.

La sensation de traversée fut à la fois instantanée et interminable. Elle avait sentit ce même vertige abominable qui la tenaillait depuis les hauteurs, se faisant happer par la vide, toutes ses particules aspirées, rematérialisées seulement au versant d’un tube intergalactique. Tout le poids de son corps et de son équipement lui fut soudainement insoutenable, et se genoux se dérobèrent en même temps que son petit déjeuner prenait la fuite.

« Keurh… »

Appuyée sur ses mains, elle toussa sèchement, penchée par-delà les escaliers, le contenu visqueux de son estomac sur la terre humide. Le tournis qui l’avait saisit comme une porte claquée au visage s’estompa rapidement. Secouant doucement la tête, le dos de la main passant sur ses lèvres, elle se releva, l’œil passant furtivement sur ses collègues, qui eux paraissaient frais comme des gardons. En espérant que cet effet ne lui soit pas garanti à chaque passage, sinon, elle aurait vite fait de trouver des raisons de ne plus sortir de son bureau.
Prenant une grande inspiration, elle s’avança sur le territoire, un petit sourire gêné dessiné au visage en croisant le regard de la caporale. S’en détachant bien vite, elle s’intéressa à ce paysage extra-terrestre… Qui n’avait absolument rien de particulier. Pas de hautes plantes bleues, ou de quelconque flore sauvage excentrique. Pas de ciel orangé, zébré de nébuleuse flamboyante ou d’une rondeur ostensiblement proche d’un satellite naturel. Les films de science-fiction dépassaient un peu trop la réalité. Ça lui était égal, cela dit. Elle aurait déjà à faire avec des natifs imprévisibles pour se soucier de bestioles hostiles à six paires de pattes.

Ne connaissant pas le terrain, et préférant s’en remettre aux compétences des experts, Kendall se contenta de suivre la jeune femme, redressant son casque.

« Paradisiaque, en effet. C’est agréable. » admit-elle en l’approchant. « Hm, je ne suis pas une grande adepte de sport, mais j’aime courir deux ou trois fois par semaine autour du parc qu’il y avait chez moi. Je n’ai pas eu l’occasion de faire un tour complet d’Alantis, peut-être que vous pourriez m’accompagner à ma prochaine escapade ? Oh, et pour répondre à votre précédente question… je suis la nouvelle psychologue. »
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Hailey Spalding
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Dim 4 Juil - 19:29

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li





« Ce qui est impressionnant, c’est que les machines fonctionnent encore après des millénaires de sommeils... » répondit la caporale, plissant les yeux naturellement, pour se protéger de la lueur dégagée par la Porte. Elle acquiesça légèrement de la tête quand elle eut confirmation que c’était la première fois qu’elle franchirait le vortex, la laissant s’avancer et découvrir la sensation perturbante du voyage. Changer d’air, de gravité, de pression, en une fraction de seconde, c’était peut être le plus étrange, le plus bouleversant. Hailey ne fut donc pas surpris de la voir rendre ses tripes dès qu’elle eut poséepied sur le sol étranger, ne la rejoignant pour s’assurer qu’elle allait bien qu’une fois avoir observée la zone.

« Ca va ? » . Elle posa une main sur le dos de la psychologue, lui jetant un regard soucieux. Sans doute n’était ce que le passage de la Porte, mais elle préférait s’en inquiéter maintenant que trop tard.

« Rincer vous la bouche, Et une petite pastille derrière. Y a rien de pire que crapahuter avec un sale goût. Vous avez rien contre les bonbons à la menthe ? »
Elle chercha dans ses poches de pantalon, jusqu’à sentir la petite boîte en carton, qu’elle extirpa pour la lui secouer sous les yeux, avant de lui offrir ce petit luxe, si elle l’acceptait, qui lui rendrait un relatif confort.

« Ca perturbe plus d’un, au début. On finit par s’y habituer. » voulut elle la rassurer, voyant bien que cette faiblesse était quelque peu gênante à son sourire. Puis, Hailey commenta l’endroit, sobrement. C’était sympathique, pas désagréable, peut être pas paradisiaque, mais agréable.

« Pourquoi pas ! Je cours un peu aussi. Là où c’est top, c’est le soir, quand le soleil se couche sur la cité et qu’on arrive sur les digues. »

La proposition lui avait fait plaisir, comme on pouvait le deviner à son sourire qui venait illuminer son visage marqué par le manque de joie des dernières semaines. Ce n’était pas grand-chose, juste une proposition de trainer dans la cité, mais cela avait suffi. Hailey en oublia presque qu’elle était psychologue, et qu’elle faisait peut être cela par intérêt professionnel. Mais même si c’était le cas, rien ne l’obligeait à répondre aux questions. Une blague, une tape dans le dos… Elle trouverait toujours une parade si elle le voulait. Sans plus attendre, elle donna la direction et mena le petit groupe vers le trou, arme contre le flanc, écoutant les bruits environnant et guettant les mouvements dans les fourrées. Mais à part quelques petits animaux, il n’y avait pas grand-chose. Une petite boule brune passa sous leur nez, de temps à autre des oiseaux chantaient, certains avec grâce d’autres sans, et sans le bruit de leur conversation, ils auraient pu croire qu’aucun homme ne respirait cet air chargé d’odeurs.
« La seule condition, c’est de pas parler boulot de trop en dehors des heures. A part ça, je vous suis où vous voulez. Sauf dans le broyeur… J’ai pas le scénario de mon côté, même si j’ai les mêmes initiales qu’un contrebandier bien connu... » glissa t elle, préférant s’assurer qu’il soit clair qu’elle n’acceptait pas la promenade pour une consultation déguisée.

« Ne vous en faites pas pour ça. Même si je suis bien incapable d'ignorer des signes évidents, mon travail ne dépasse ni la porte de mon bureau, ni l'équipement de mission. En dehors de ces deux décors, c'est Kendall. Pas Docteur, pas Carr-Li, pas madame. Juste Kendall! » appuya-t-elle avec un sourire de connivence.


« Hum… Pas pratique pour discuter… Etre Obligé de rester à la porte plutôt que d’être confortable dans le canapé… » . Hailey lui adressa un sourire, taquine comme à son habitude. Même quand la déprime la frappait, elle blaguait. C’était autant une nature qu’une carapace chez elle.
« Kendall, notée. Donc pour le moment c’est Docteur ? Ou c’est bon pour le petit surnom ? »


« Dr.Carr-Li, si vous voulez faire plaisir à mon égo. Hm, un contrebandier… H.S… non, ça ne me dit rien. C'est qui? »
« Star wars, Han Solo ? » demanda t elle, levant un sourcil. Cela arrivait de tomber sur des gens qui ne connaissaient pas la licence mais Hailey ne s’y attendait que rarement, d’où une légère surprise. « Pas grave. En tout cas vous pouvez m’appeler Hailey, si vous voulez. »
« J’ai dû voir un film ou deux… Hailey.»
« Pas de souci. Ca se comprend si c’est pas votre truc. »



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Au fur et à mesure de leur progression, les arbres se faisaient plus resserés, l’ombre plus présente, la température plus fraiche. L’odeur d’humus et de champignons s’éleva, accompagnant celle sucrée qu’ils avaient perçus à leur arrivée. Le chemin lui perdait en confort. Il fallait désormais regarder où l’on posait les pieds, pour ne pas trébucher sur une racine, ou une pierre qui ne manquait pas de rouler sous la chaussure. Hailey y prêtait une attention toute particulière, d’autant plus elevée qu’elle n’avait qu’une confiance très limitée dans les boîtiers de protection de ses petits drones, mais elle ne perdait pas pour autant de vue sa destination. Lorsque la lumière se fit plus présente, elle ralentit l’allure, levant la main pour faire signe au groupe de s’arrêter.

« Vous deux, vous vous mettez en couverture. On ne prend pas de risque, et on évite de se retrouver seuls. Si on perd le contact, on se replie à la Porte. »

« Compris caporal. Vous êtes sûre que ça va aller ? »

« Ca va le faire. On ne fait que repérer les lieux et se renseigner. On part pas en guerre là hein… Donc évitez d’abattre le premier gars un peu chaud du bonnet s’il vous plait ? »

« Reçu. C’est pas le genre de la maison de toute façon. »

Lorsque les deux soldats s’éloignèrent, s’engouffrant dans un tapis de fougère vert et argent, Hailey soupira. Elle espérait vraiment ne pas avoir besoin d’un tir de couverture, mais il valait quelques précautions. Le drone avait été attaquer à la lance, rien ne disait qu’ils n’auraient pas le droit au même déplaisir.

« Bien, on avance jusqu’à la lisière des arbres, sans faire trop de bruit. Tyrell et Buck devraient nous confirmer d’ici là si tout va bien. Et après… On voit. »

Elles reprirent ainsi leur progression, jusqu’à s’arrêter derrière l’abri relatif d’un tronc d’arbre autour duquel le chemin faisait un arc, et elles purent découvrir une absence parfaite d’activité sur cette portion de l’île dénué d’arbres. Ils avaient pu remarquer une petite pente pendant leur marche, et ils découvraient désormais pourquoi : ils étaient sur le bord d’une petite falaise. Entre quatre et cinq mètres au dessus du niveau de la mer, dont le bleu lumineux contrastait avec la pierre d’un blanc pur et le sol terreux dans les tons ocres. Pas un homme n’était en vue, il n’y avait qu’un bâtiment silencieux. Un entrepôt contre lequel quelques outils avaient été laissés là. Des pioches et des cordes principalement. Mais le plus impressionnant était le vaste gouffre qui plongeait dans les entrailles de la terre, et dont le diamètre devait avoisiner avec les dix mètres. Les bords en étaient plus ou moins abrupts, parsemés de roches et de gravats. Près de l’entrepôt des échaffaudages de bois avaient été posés, pour faciliter et sécuriser la descente vers les profondeurs. Un treuil était même présent pour monter et descendre du matériel. Cela restait archaïque, pour des terriens, mais c’était tout de même le signe d’une maîtrise de la construction et des sciences élémentaires.

« Ouvrez l’oeil… Il y a l’air d’avoir personne mais sait on jamais... »

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Kendall Carr-Li
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Lun 5 Juil - 19:12

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Eviter les discussions des affectations de la caporale était une chose, éviter celles de la psychologue en était une autre. Quand son travail était de savoir si tout allait bien autant personnellement que professionnellement, la limite entre le boulot et l’amitié était plutôt mince. C’était l’une des difficultés qu’elle retrouvait un peu partout où elle allait, à partir du moment où ses fréquentations avaient vent de son métier. Il y avait toujours un petit regard circonspect, et la question fatidique qui tombait généralement étant « T’es en train de m’analyser, là ? ». Alors, oui, elle ne pouvait pas nier que ses pensées déviaient fatalement et avec grand intérêt vers l’individu tout entier. Ce n’était pas seulement son travail, c’était aussi son plaisir, d’étudier tout le monde. La plupart du temps, c’était anodin, facile et vite cloué. Mais quand cela devenait complexe, elle se rapprochait d’autant plus de sa psychanalyse, et en faisait fuir plus d’un de cette manière. Or, maintenant, elle devait faire plus attention. Rien n’était pire pour son travail que ses collègues refusent de lui faire confiance. Alors elle se montrait avenante et joviale, misant sur le côté humain, d’où ses tentatives de rapprochement hors bureau.
Regagnant sa concentration sur leur environnement, Kendall maugréa silencieusement en évitant les toiles d’araignées. Elle n’avait rien contre ces bestioles, si ce n’était qu’elle n’avait toujours pas saisi la raison de leur existence, qui visiblement ne se limitait pas qu’à la Terre. S’il devait y avoir une espèce proliférante dans l’univers, c’était bien les insectes. Et s’ils tissaient leurs toiles collantes juste au niveau de son visage, c’était encore mieux.

Levant un peu plus le pied à mesures qu’elles s’enfonçaient dans la nature sauvage, la psy nota le parfum humide d’une flore foisonnante, dénuée de l’acharnement de domination humaine. Elle n’était pas écolo engagée, et se fichait pas mal de l’avenir de la planète, puisse qu’elle ne serait plus là pour le voir, mais ce détail soutenait l’hypothèse d’un peuple peu évolué. Bien sûr, il n’était pas impossible qu’à l’inverse, il s’agisse d’une société port-moderne prenant simplement soin de son lieu de vie, mais il y aurait fort à parier que dans un tel cas, la Porte des Etoiles ne soit pas laissée à l’abandon.

Les balades à la sauvée ne valaient pas cette randonnée. Courir sur la route, le trottoir ou un chemin tout tracé ne lui offrait pas le plaisir de manquer de se fouler la cheville à chaque pas. Heureusement que ses bottes étaient confortables et épaisses. S’accrochant à une branche, et occupée à regarder ses pieds plutôt que sa direction, elle évita de peu de rentrer dans la caporale. Son geste évident l’a perclus dans un silence attentif, tandis qu’elle donnait des ordres aux hommes. Kendall se doutait qu’il s’agissait d’une plaisanterie, mais elle se demandait tout de même s’il n’y avait pas un peu de vécut à cette prévention. Jusqu’à quel niveau les Terriens avaient-ils le droit d’agir sur des mondes qui ne leur appartenaient pas ? Elle avait beau fouiller sa mémoire, elle ne se souvenait pas avoir lu des indications à ce sujet dans ses dossiers. L’exploration, d’accord, le secours, passe encore, mais l’intervention tous bras armés, qu’est-ce qui définissaient leurs jugements ? Il n’y avait aucun reproche à cette réflexion de la part de la psy, simplement de la curiosité, qu’elle demanderait sans doute lorsqu’une occasion plus apprêtée se présenterait.

Ses pas mécaniques la guidaient aveuglément jusqu’à l’espace dégagé qui venait de s’ouvrir aux femmes. Absorbée par le scintillement de la mer, Kendall ne comprit que tardivement qu’elles se trouvaient à bonne hauteur. Et pire encore, à quelques centimètres du bord pour admirer toute la profondeur de l’interminable fossé. Son instinct lui fouetta les sens avec violence, comme un coup dans les côtes, alors que sa vision se déformait vicieusement pour accentuer la réalité, rendant sa réaction d’autant plus disproportionnée. Son cri s’étrangla dans sa gorge, ne laissant entendre qu’un hoquet rauque, et en réflexe vivace, sa main droite s’accrocha férocement à la caporale, assez fort pour la déstabiliser quelque peu.

S’appuyant sur ce seul ancrage à sa survie, Kendall ferma les yeux, les extrémités de ses doigts blanchis par la poigne solide exercée sur le torse d’Hailey. Comment avait-elle pu oublier une phobie pareille ? Tentant de maîtriser sa respiration, et imaginant derrière le voile de ses paupières une étendue plate et sécurisée, elle réussit à se détourner, puis faire un pas vers elle. La rigidité de ses muscles avait rendu ce petit effort titanesque, la poussant à s’extraire de la vase profonde de sa terreur.
Ce n’est que lorsque son pied toucha à nouveau le sol que ses méninges cessèrent de l’alarmer. Elle ouvrit les yeux, dos au vide, s’appuyant sur l’épaule d’Hailey sans lui demander son avis. Passée la contraction musculaire, elle était maintenant complètement fébrile, bien qu’elle faisait de son mieux pour éviter de trop s’en faire remarquer. Les yeux rivés sur la forêt d’où elles venaient de sortir, elle souffla doucement, avant de marmonner :

« J’avais totalement oublié mon mal des hauteurs… je suis vraiment désolée. Je… je vous assure que ça ne m’empêchera pas de faire mon travail. »

Même si c’était le cas, elle ne l’admettrait pas. Il devait bien y avoir un moyen de passer outre cette logique absurde de tomber dans le vide… Sans se dépêtrer de son attache, reprenant doucement contenance. Elle ajouta, essayant d’adoucir la tension :

« Je sais, c’est un comble pour quelqu’un comme moi d’avoir une phobie… »
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Hailey Spalding
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Mer 7 Juil - 12:21

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

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Hailey, en se faisant attraper, avait été un peu plus que déséquilibrée et avait manquée de partir en avant, ne se retenant qu’en se campant sur ses jambes, et en pivotant sur le côté, entraînant la psy dans son mouvement, lui enlaçant le torse pour l’obliger à suivre et les éloigner du bord. Elle la relâcha rapidement après, ne gardant sa main quand garde fou, le temps de s’assurer que la frayeur était passée.Elle lui adressa un sourire compatissant et compréhensif quand elle révéla être victime d’une peur viscérale du vide.
« Ne vous en faîtes pas. Je connais au moins une autre personne dans ce cas… Et elle a du sauté d’un hélico… »
// Tout va bien ? // demanda l’un des soldats, Tyrell a en jugé par la voix, qui n’avait pu que voir l’épisode peu glorieux de sa position. Hailey regarda la femme, et lui fit un clin d’oeil. Elle n’allait pas lancer son mal à la face du premier gars venu.
//Ce n’est rien. Un simple accident, le coin est un peu traitre..//
// Faîtes attention à vous. Terminé.//
« Sympa de leur part. Ca va ? Vous voulez vous asseoir un peu le temps de souffler ? »
Kendall s’éloigna un peu plus du bord, relâchant sa prise en même temps qu’elle retrouvait sa stabilité. Elle campa sur ses jambes, toutefois, un peu trop fière pour se laisser aller, et lui tourna un léger sourire se voulant rassurant.
« Ça va… merci. Navré d’avoir faillit vous embarquer dans mon vertige… »
Elle repoussa quelques mèches humides sur son front, s’éclaircissant la gorge.
« Nous sommes toujours sur nos pieds non ? » La question était plus rhétorique qu’autre chose. « Je vais jeter un oeil, puis on ira jeter un oeil à la bicoque. Ca vous va ? Et vous en faîtes pas, s’il faut vraiment descendre, on y arrivera. »

La psy hocha la tête, s’écartant de plusieurs mètres avant de se retourner vers le panorama plongeant. Restant à bonne distance, elle planta minutieusement le regard sur sa camarade, gardant en tête qu’une concentration sur un point précis lui permettait d’ignorer son environnement perturbant.
Hailey s’avança jusqu’au bord du gouffre, s’agenouillant pour poser une main sur le sol, tandis qu’elle se penchait légèrement, craignant, même si elle n’était d’ordinaire pas sujette au vertige, de se faire happer par le vide. Et grand bien lui en prit, la sensation de tomber la prit à la gorge. Elle ramassa une pierre, assez grosse pour tenir dans une main, et la laissa tomber, comptant les secondes. Cinq secondes furent nécessaires avant d’entendre un bruit. Elle grimaça. Il devait faire dans les 70 mètres de profondeur, ce qui expliquait qu’elle n’en voyait pas le fond, surtout avec un soleil qui n’était pas pile au-dessus. Elle recula d’un bon mètre sur les genoux avant de se redresser et s’éloigner définitivement du bord.

« J’aime bien les trous, mais pas le genre profond comme ça. » lâcha t elle avant de prendre la direction de l’entrepôt, non sans se demander pourquoi personne ne le gardait, si c’était normal les outils abandonnés le long du mur. Soit c’était de la négligence, soit le signe d’un tout autre problème qui avait empêché les propriétaires de les ranger correctement. Elle poussa la porte, jetant un oeil à l’embrasure, avant de la pousser intégralement et contrôler la zone. C’était, ni plus ni moins, un entrepôt. Des caisses de bois, dans lesquelles reposaient des blocs disparates, noirs, couverts d’une poussière grisâtre.Hailey en prit un, passant son doigt dessus, grattant légèrement la surface qui s'effritait à son contact.

« Du charbon. Je dirais... »

Mais il y avait également une autre ressource entreposée, cette fois dans des caisses séparées. Un minerai cuivré. Elle s’essuya la main sur son pantalon, y laissant une trace sombre. Elle avait désormais une petite idée de l’activité humaine qui se tenait là.Pour en savoir plus, un tour dans la mine semblait indiquer, pour s’assurer que nulle ne s’y trouvait, que rien n’y était dissimulé. L’autre option c’était de parcourir l’île à l’aveuglette, en priant de tomber sur quelqu’un. Hailey hésita ostensiblement, laissant son regard courir un peu partout. Elle n’était pas sûre de la meilleure façon de faire, mais descendre dans un gouffre par curiosité, avec une personne sujette au vertige n’était pas vraiment dans le top des opérations faciles. Faute d’une décision rapide, elle glissa dans des sacs en plastique un morceau de ce qu’elle estimait être du charbon et un du métal, se disant que les savants d’Atlantis s’amuseraient sans doute à les analyser. Elle s’était tout de même assurer, par le détecteur de vie lantien de l’absence de danger à les tripoter et s’était servi d’un tissu crasseux qui était posé sur une caisse pour s’en saisir. Quelque chose qu’à la réflexion elle aurait sans doute dû faire en entrant et avant de toucher au charbon. Elle les glissa ensuite dans son sac, et se tourna vers la psychologue.

« Alors pour vous… Quelle époque ce serait sur Terre ? Dix huitième ? Peut être dix septième ? Plus tardif ? »

C’était toute la beauté des expéditions : pouvoir dresser des hypothèses.

« Si c'est du charbon, ceci... » fit Kendall en désignant le bloc que tenait la caporale « Cela pourrait même concerner une époque encore antérieure. Certaines cultures employaient le charbon pour la chaufferie, et pas seulement les mécanismes à vapeur. Pareil pour le minerai là.» Cette fois, elle pointa la caillasse couleur rouille. Si on se base sur nos connaissances terriennes, le fer était employé depuis l'Antiquité. Difficile à dire, donc, avec si peu d'éléments. Le treuil à l'extérieur et l'architecture de ce bâtiment laissent supposer une connaissance technologique relativement pauvre, comme vous dites, autour du 17e siècle.»

Elle saisit un outil ressemblant à un maillet, le retournant entre ses doigts.

«Mais ce n'est pas impossible que ce qu'ils extraient de ce… elle fronça légèrement, cherchant un terme plus approprié, mais n'en trouvant pas: « Trou, leur permettent d'utiliser des outils ou du matériel plus avancé qu'il n'y paraisse. Après tout, c'est bien ce que nous faisons nous-mêmes.»
Sa main effleure l'arme de poing Wraith à sa ceinture. «A utiliser des accessoires d'une civilisation plus évoluée.»

« Pas faux… Et puis… Faut pas oublier qu’ils n’ont sans doute pas évolué comme nous… »

La caporale quitta l’entrepôt, puis entreprit de contourner le bâtiment par la droite, du côté du gouffre, s’arrêtant sur le côté où elle remarqua une fenêtre. Etrange, elle n’avait pas vu de fenêtre dans l’entrepôt. Elle n’était certes pas protégée par du verre mais par une toile enduite, tendue dans une armature de bois mais la fonction n’en était pas moins évidente : apporter de la lumière, voire de l’air. Et un peu plus loin, il y avait une porte en bois, agrémentée d’une poignée. Un simple loquet qu’il fallait presser pour lever le mécanisme situé de l’autre côté. Elle l’ouvrit, dans un grincement atroce, et jeta un oeil à l’intérieur. Personne. Personne, et pourtant en entrant dans la pièce, elle trouva une table dressée, sur laquelle les restes d’un repas reposé. Elle mit un doigt dans le plat de viande, froid. Les cendres dans le foyer lui apportèrent le même constat. Froid, mais pas vieux. La nourriture n’avait eu le temps de pourrir, mais le feu avait refroidi. Une journée s’était écoulée au moins depuis qu’une personne était venue ici, deux à en juger par le nombre d’assiettes. Elle se passa la main dans les cheveux, elle ne comprenait vraiment pas ce qui pouvait justifier un départ si précipité. Elle n’avait pas relever de traces de combat, mais il fallait bien dire qu’elle ne brillait pas par son art du pistage.
Dans le coin cuisine, elle remarqua des épices dans des pots en terre, parfois en verre. Quelques pièces de viandes séchées, des légumes, principalement des tubercules et quelques fruits de belles tailles, de forme ovale, dont les rouges et or et l’odeur étaient appétissante. Tout comme le lit dans la pièce ne semblait pas inconfortable, même si l’on y était à deux.

« Il y a quelques papiers… Et des livres. Enfin bon faut pas rêver… Ce sera pas une langue qu’on connaît… On regarde un peu puis on tente de se promener sur l’île ? »

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Ven 9 Juil - 0:20

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Prostrée à l’angle de la bâtisse, elle s’efforçait d’ignorer la tâche sombre au coin de sa vision. Son être entier en était attiré comme un aimant, des forces invisibles tirant sur ses membres pour l’avaler dans leurs abysses, aux tréfonds du Royaume d’Hel. Et bien qu’elle appréciait les personnifications mystiques, elle n’avait pas envie d’y jeter un œil… pas tête la première, du moins. Se doutant qu’elles devront y faire un tour, mais notant tout de même que la caporale repoussait cet accablant moment, Kendall expira, les mains sur le mur de pierre.

Vraiment, c’était un comble pour quelqu’un comme elle. D’un point de vue général, en tant que psychologue, avoir une phobie avait le même impact qu’une grosse tâche de café sur son CV. Comment pouvait-elle espérer soigner les gens, si elle n’était pas capable de se soigner elle-même ? Elle avait surtout totalement oublié ce détail. Sur tout ce qu’elle absorbait avec une voracité intellectuelle morbide, elle avait complètement ignoré cette parcelle de sa propre identité. Cela figurait probablement en rouge dans son dossier, à côté d’une mention que là, elle aurait préféré absoudre de sa mémoire. Et, pire, d’un autre côté, pour une femme à l’affect atrophié, être capable d’une émotion aussi intense portait à confusion. Cela dit, ce n’était pas tant une émotion qu’un réflexe. Après tout, il n’y avait pas de phobie plus raisonnable que celle de savoir que la gravité faisait son affaire envers tout corps matériel, et ce malgré toutes les précautions que l’on pourrait prendre. Si elle creusait même un peu plus loin, cette crainte ne sortait pas de nulle part. Tous les troubles avaient une origine, et celui-ci ne faisait pas exception. Une mauvaise chute durant son enfance, et c’était toute sa maturité qui encaissait le choc.

Maintenant que son nouveau boulot risquait de la mettre plus souvent dans ce genre de situations, elle aurait au moins le temps de travailler sur elle pour braver cette réaction extrême. C’était peut-être cruel, mais la thérapie la plus efficace consistait à se mettre souvent dans le contexte stressant jusqu’à ce que sa conscience comprenne qu’il ne lui arrivera rien. Mais ça, c’était s’il ne lui arrivait effectivement rien. Un pas de travers, et elle était bonne pour ne plus sortir de son bureau pour les trois prochains semestres. Si tant est qu’elle serait capable de se relever après ça…

Rien que cette réflexion la mettait encore plus mal à l’aise. Décidément, ce n’était pas aujourd’hui qu’elle accepterait de changer les choses. Peut-être que la prochaine fois, elle réclamera des benzodiazépines à l’infirmerie. Tout de suite, elle porta son regard vers Hailey, essayant de compter le nombre de poches qu’elle avait à son uniforme, et éventuellement d’évaluer ses mensurations. Pas qu’elle avait de pensées lubriques, mais les chiffres réduisaient son anxiété. Le regard rivé sur son gilet, elle longea la façade pour la rejoindre.

La caporale Hailey était une jeune femme compréhensive et conciliante. Si les rôles avaient été inversés, Kendall en aurait sans doute touché deux mots au CODIR pour qu’ils soient plus soucieux des problèmes médicaux des agents qu’ils envoient sur le terrain. Cependant, il y avait de fortes chances qu’ils soient déjà au courant, et cherchent justement à pousser leurs soldats dans leurs retranchements pour s’assurer de leur résistance à toutes épreuves. Une personne qui flanche à sa première mission n’aurait rien à faire dans le programme d’Atlantis. Une méthode bien rude, qui aurait raison de n’importe qui, même du plus solide gaillard. Mais il n’y avait pas vraiment la place pour les tapes dans le dos lorsque la galaxie était en jeu. Et Kendall était bien la dernière personne à se laisser aller pour si peu. Elle affronterait tous les trous de cet archipel, même en se bandant les yeux.

Alors qu’elle arrivait au niveau de la porte, Hailey en étant déjà disparu derrière, Kendall s’appuya sur le chambranle.

« A votre guise. » accorda-t-elle de manière plus rigide que courtoise, son malaise encore présent raidissant doucereusement ses cordes vocales.

Si la militaire furetait sur l’ensemble de la scène, Kendall s’intéressa aux détails plus subtils : couche de poussière, empreintes de pas, traces de doigts, odeurs, type de nourriture, emplacements des objets... De sa position, elle s’imprégnait des lieux comme si elle en était propriétaire. Même sur une autre planète, et même vides, les foyers dégageaient une histoire entre leurs murs. La couleur des tapisseries, les plantes, tout comme les livres, offraient un aperçu de la nature profonde des résidents. De leurs conditions de vie, elle en déduisait leur personnalité, puis leur comportement. Une tâche un peu plus ardue dans un univers qu’elle ne connaissait pas, mais tant qu’elle n’avait rien pour contredire ses procédés, elle travaillerait de façon habituelle. En tant que profiler traquant un individu anonyme.

Après une première impression, Kendall s’engouffra dans la pièce. Elle distingua le creux qu’avait causé l’index d’Hailey dans le plat saucé de la table dressée. Arquant un sourcil, elle posa un regard sur sa collègue :

« Vous devriez éviter de mettre vos doigts n’importe où… Ce n’est pas une très bonne manie. »
« La prochaine fois, je me laverai les mains avant et je demanderai la permission. Promis ! »

La psychologue se contenta d’un sourire en coin en convenant :

« Je doute qu’ils s’en plaindront, de toute façon. Je dis ça simplement parce qu’il serait embêtant pour vous d’attraper une mauvaise réaction, en ayant les mains bien trop baladeuses. »

Hailey haussa un sourcil, avait elle bien entendu ? Elle n’était pas choquée, loin de là mais la remarque aurait pu paraître un peu trop osée à d’autres. Elle répondit sans vraiment réfléchir au sens possible de sa phrase, comme cela lui arrivait régulièrement.

« Je dirais que c’est une question de doigtée. On a le talent pour, ou on l’a pas. »

Cette fois, Kendall pivota entièrement vers elle. Du haut de son mètre soixante dix-huit, elle croisa les bras, l’expression malicieuse.

« Je parlais de réactions allergiques, Hailey. »
« Mais je ne faisais que parler de l’art de pas se faire prendre sur le fait moi !!! Qu’est ce que j’ai encore… Dit !!!! » rétorqua t elle, perdue. Elle soupira quand elle comprit. « Ah… D’accord… » .

La caporale secoua la tête, souriante. La confusion l’amusait plus qu’autre chose, et l’air malicieux de la psy ne faisait que l’encourager à prendre ça assez légèrement.

« Mais oui… J’aurais l’air fine avec une réaction allergique. »

Kendall la dévisagea un instant, un peu plus sérieuse. Les doubles sens n’étaient pas son fort. Elle en voyait de trop et envisageait des options qui n’existaient même pas, pas chez des personnes saines et équilibrées. Pour pallier ce léger défaut, elle avait tendance à mener la discussion là où elle voulait. Ici et maintenant, il n’y avait rien de particulier à obtenir de la jeune femme. Quoique, peut-être l’inciter à se déballer un peu plus. Alors, d’un ton assez enjoué, elle entreprit :

« Vous avez donc un talent dans l’enfonçage de plats préparés. Intéressant. »
« L’enfonçage de plats préparés… Alors… là je sèche… »

Un petit rire suivi Kendall, qui se dirigeait d’un pas souple jusqu’à l’étagère pleine de livres. Elle tira le dos d’un livre assez épais, le sortant de son socle pour en aviser la couverture.

« Vous êtes donc opératrice de drones, à ce que je sais sur vous. » commenta Kendall en changeant de sujet, pour un peut-être moins énigmatique. « Ça doit être amusant de les manier. C’est votre domaine de prédilection depuis toujours ? »

Tout en lui parlant, la psy ouvrit le bouquin. Il était assez lourd pour requérir les deux mains, si bien qu’elle dû le caler sur son avant-bras pour en feuilleter les pages. L’écriture était imprimée, et visiblement, la lecture se faisait de haut en bas, les symboles s’encochant les uns aux autres avec une certaine grâce qu’on ne trouvait pas sur Terre, si ce n’était dans la langue arabe. Fluide et illisible pour une exploratrice venue d’un autre monde. Elle n’insista pas plus longtemps, cherchant des images, et il y en avait quelques unes. Des plantes, pour celui-ci. Des arbres fruitiers, peut-être. Elle ne le saurait sans doute jamais, à moins de voler le livre pour le faire traduire par un expert.
@DamianVK

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Hailey Spalding
Caporal
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Ven 9 Juil - 18:00

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li






« Ca peut être amusant, quand ce n’est pas pour le boulot. » répondit elle, avec une légère grimace. Quand ce n’était pas pour le plaisir, elle ne pouvait ni faire de voltiges, ni prendre de risques inconsidérés -même si dans certaines circonstances elle n’avait pas le choix-. Le moindre raté, et elle pouvait être certaine de ramasser, à moins de pouvoir impacter l’appareil. Le véritable plaisir des drones, elle ne le trouvait que pendant son temps libre, quand elle pouvait réellement faire n’importe quoi avec, mais ce n’était pas pour autant son activité favorite.

« C’est que ma spécialité. Je dirais que je suis plus tourné sur les bricolages en fait… Ca on pouvait se le permettre… » . Après tout, il n’y avait aucun intérêt à racheter un appareil en panne, lorsque pour bien moins l’on pouvait le remettre en marche pour quelques années. Elle avait ainsi d’abord commencé avec son père, dans leur petit appartement, avec deux tournevis et une clef, puis rapidement elle y avait passé de nombreuses heures. Cela lui avait bien facilité la vie lorsqu’elle avait dû procéder à l’entretien de ses premiers drones, ou qu’elle avait dû connaître le plaisir de l’entretien des véhicules. Mais elle doutait que cela soit suffisant pour dire que c’était son domaine de prédilection pour autant.

« Et vous, c’est quoi votre truc ? » . Elle délaissa ses investigations, qui ne lui apportaient guère de réponse, pour s’approcher de Kendall, jetant un regard par dessus son épaule au livre qu’elle feuilletait. Un traité d’herboristerie, probablement. Elle ne reconnaissait pas l’écriture, et elle observa donc plus attentivement les couvertures. Certains livres étaient consultés plus souvent, à en juger par la couche de poussière sur les tranches. Toutefois c’était là le travail d’un linguiste et non le leur, ils n’y comprendraient rien. Elle se recula, pour s’asseoir sur une chaise, laissant un soupir filtré entre ses lèvres. Pour le moment tout se passait bien, et elle en était plutôt heureuse, d’autant que parler un peu rendait la mission moins désagréable. Elle trouvait même, et elle s’en excuserait probablement plus tard auprès des intéressés, qu’elle avait bien fait de laisser les deux autres membres de l’équipe faire de la surveillance pour éviter d’être pris à revers.

« Je vis essentiellement de mon travail. »
Elle prit une légère pause avant de préciser:
« Mais pour me détendre, j'aime lire. Des romans lyriques, principalement. »
N'obtenant rien de plus de ce pavé, Kendall le remit en place, survolant les autres ouvrages plus ou moins abîmés.
« Ah un bon bouquin… Le mieux c’est sur une plage déserte, avec le soleil pour vous dorer gentiment et une eau bien chaude pour aller se rafraîchir de temps à autre… » répondit-elle, un air rêveur sur le visage. Elle n’aurait rien contre un tel moment, paisible, où elle pourrait être à son aise, sans avoir à se soucier de rien. Elle revint à la réalité dans un soupir, il était temps de repartir à l’exploration et deux choix s’offraient à elle. L’un consistait à descendre dans la mine, mais sans guide, ce n’était pas prudent. De plus, elle craignait d’y faire une attaque de panique, de confondre une ombre avec autre chose.
« Je lis facilement de tout. Sauf peut-être la grosse guimauve tellement sucrée que ça en est écoeurant… » . répondit-elle, en jouant distraitement avec une mèche de cheveux.
« Vous n’aimez pas les histoires d’amour? » questionna Kendall, sélectionnant alors un livre plus petit, continuant son inspection.
« J’ai rien contre, mais je trouve ça souvent creux à lire. De mauvais choix de romances sans doute. Vous avez des conseils pour les histoires d'amour ? » demanda t elle, curieuse de savoir quelle serait sa réponse.
« En termes de lecture ou de conseil de vie? »
« Euh de lecture ? Je me débrouille pour le reste… » . Un sourire passa sur son visage, fugace. Peut être faudrait elle qu’elle le dise au passé. Elle n’avait pas vraiment eu de vraies relations depuis un bail, et aucune histoire même fugace.
« Je ne lis pas vraiment d’histoires à l’eau-de-rose. Si j’aime la poésie lyrique c’est surtout pour… » Elle marqua une pause, tournant une page sans vraiment la regarder. « …la tournure des phrases, la beauté des émotions, les aventures mythiques teintées de personnifications divines. » Après un bref regard vers l’arrière, elle poursuivit, l’air de rien : « J’avais cru comprendre que les relations au sein d’Atlantis pouvaient êtres compliquées. J'aimerais bien savoir comment vous vous débrouillez dans le domaine. Peut-être que c’est vous qui pourrez me conseiller. » Elle appuya ses derniers mots d’un sourire posé.
« Comme partout, j’ai envie de dire. Mais c’est vrai… Sur Atlantis, ce n’est pas si simple. Entre les dangers et le fait que l’on est tous plus ou moins obligé de se croiser… »
Hailey finit par quitter sa chaise, il était temps de repartir, de continuer la mission. Attendre ne ferait que repousser l’inévitable marche, et elle avait désormais l’assurance qu’elle n’aurait pas la passer nécessairement seule avec ses pensées.
« On y va ? On verra la mine plus tard si ça vous va. Je suis pas vraiment pressée pour ça… En plus on m’a toujours dit de pas foncer dans un trou sans m’assurer que c’était sûr... »
« Vous n’êtes pas obligée de repousser notre mission sous prétexte que je risque de nous faire pencher dans le vide, vous savez. Je saurai… disons que je ferai au mieux pour passer ma crainte. »
« Disons que je n’ai pas forcément envie de finir tout de suite dans un souterrain, avec une petite équipe, sans savoir dans quoi je me jette. Vous en faîtes pas, y a pas que vous qui avez des réticences à descendre. »
« C’est tout à votre honneur. C’est une mauvaise idée de foncer tête baissée. » Reposant l’ouvrage, elle se tourna vers la caporale. « Nous finirons bien par trouver des gens pour nous expliquer plus en détails ce qu’il se trame ici. En espérant que nous comprendrons leur langage. Ça vous arrive de ne pas vous faire comprendre ? »
« En général ou avec les autochtones ? Dans les deux cas ça arrive. Des fois, il y a une grosse tête pour traduire mais parfois… C’est la galère. »
« Je vois, croisons les doigts alors. Je vous suis. »


De retour sous le couvert des arbres, l’équipe se dirigea vers le sud. Hailey s’était limité à transmettre les découvertes, provoquant une petite répartie qui lui passa loin des oreilles entre les deux soldats, surpris de ne pas l’entendre formuler une plaisanterie comme elle en avait coutume, se demandant si la caporale était dans son assiette, car elle tirait la tronche assez facilement ces derniers temps quand elle pensait que personne ne la regardait. Ces petits détails venaient s’ajouter ainsi aux constations de Kendall.
Hailey, marchant en tête, avait choisi de reprendre partiellement le chemin par lequel ils étaient venus, avant de s’orienter plus vers le sud. Elle avait volontairement choisi cet itinéraire afin de ne pas trop côtoyer le bord de côte, réservant la contemplation de la mer pour un niveau où tous pourraient en profiter. Ils manquaient ainsi sans doute un paysage magnifique, mais c’était aussi bien. Ici, entre les arbres, la seule crainte qui demeurait était celle de se tromper de route, de ne plus retrouver le chemin vers la maison. Avec le temps, les arbres laissèrent place à des clairières éparses, puis plus large. Bientôt, ils retrouvèrent le vaste terrain dégagé où se trouvait la Porte, et ils remarquèrent des fleurs qui poussaient en grandes quantités et évoquaient le pavot par la forme, mais dont la couleur était celle des ors et des pourpres. Hailey s’en approcha, se penchant pour observer la plante. Elle n’était pas une herboriste accomplie, mais elle était curieuse. Elle s’apprêta à toucher, mais se rappela l’avertissement de la psy, et se ravisa.

« Ca ferait un joli parterre sur la cité pas vraie ? » . Un souffle de vent se leva, agitant les herbes et plantes, assez fort pour emporter quelques pétales qui vinrent tournoyer autour des Atlantes, certaines se posant sur la main d’Hailey, la joue de Kendall et les tenues des soldats. La caporale entreprit de les chasser en riant.


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Kendall Carr-Li
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Dim 11 Juil - 1:50

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




L’immensité de la ville flottante d’Atlantis n’apparaissait pas vraiment comme un frein à l’établissement de relations, aux yeux de Kendall. Quand bien même les strictes règles militaires limitaient les interactions trop intimes, il y avait assez de civils pour les passer outre. Toutefois, ce qui l’intéresserait dans l’idéal serait plutôt les spots de détente entre deux missions. Elle avait laissé de côté sa sociabilité au prix d’un travail acharné et captivant. Elle ne voulait pas être vue comme une femme carriériste, il lui faudra ajouter « bar » dans son planning pour se forcer à cesser la psychanalyse. Du moins, la psychanalyse officielle.

Mais la caporale soulevait un point intéressant, notamment le fait qu’elle ne voyait que la fin de la relation en soit, plutôt que ses privilèges. Elle n’avait probablement pas de très bons souvenirs amoureux. Certes, les engagements qui se terminent laissent toujours un goût amer, Kendall n’aurait rien pour lui assurer que la prochaine sera la bonne. Et elle ne misait d’ailleurs pas sur des espoirs superficiels, qui s’écartaient bien trop de sa logique personnelle. Peut-être qu’à l’occasion, elles pourront en discuter plus longuement. Elle n’oubliait pas la séance sportive qu’elle lui avait proposée, et peu de femmes n’étaient pas adeptes de potins.

La reprise de la marche fut moins malaisante qu’à l’aller. La psychologue se fiait à l’orientation de la militaire, quand bien même elle aurait préféré un GPS ou une carte pour s’assurer de leur direction. Après tout, chacun son domaine d’expertise. Quoiqu’il en fut, Kendall n’avait pas une mauvaise mémoire spatiale, elle se repérait grâce à des détails anodins : un tronc de forme atypique, une plante de telle couleur, un parterre mousseux à tel endroit… si jamais elles venaient à être séparées, elle pourrait même se mettre à suivre la bordure près de la mer. Chose qu’elle ne ferait qu’en dernier recours.
Les deux hommes du groupe s’étaient à nouveau joints au déplacement. Un certain silence s’était d’ailleurs imposé sous la cime, chacun perdu dans ses pensées, plus ou moins sombres selon leur expression. Mission ou non, ils n’étaient pas des machines, et dans le calme d’une nature à peine secouée d’un vent léger, leur esprit vagabondait loin de leurs obligations. A leur famille, peut-être. La progression n’était pas plus aisée, à vouloir s’enfoncer dans les bois. L’absence de terre piétinée sous moult passages avait convaincu la psy qu’ils ne croiseraient personne avant un bon moment. Rien ne lui indiquait d’éventuels garde-chasses, et la végétation assez avare en cueillette sur cette zone n’avait rien d’attrayante.

Finalement, retrouver la clairière soulageait l’équilibre de Kendall, qui se disait qu’une heure de randonnée, c’était déjà trop. Ses quelques footings en semaine ne s’éternisaient pas plus qu’à une petite demi-heure, simplement pour garder la forme, et ressentir une fine euphorie sous l’adrénaline de l’activité. Elle se plaindra sûrement moins dans quelques mois, avec des cuisseaux en béton.
Le vent chaud venu de la mer ramenait un parfum salé au nez de la psy, lui évoquant des vacances qu’elle n’avait pas posé depuis presque un an. En un sens, se retrouver ici sonnait un peu comme. Sauf pour la caporale, avant que le paysage fleurit n’éclaircisse son teint. Si elles ne voyaient pas la Porte depuis leur point de colline, elles avaient aussi manqué la large étendue qui aurait rendu heureux un fleuriste. Kendall en écrasait quelques unes sous ses pas sans remords. Et si le vent avait apporté le sel de mer, il remontait maintenant l’odeur particulière des plantes. Un parfum agréable, que huma un peu plus la brune en marchant. Si le programme avait besoin d’argent, il pouvait toujours investir dans une ligne de parfums extraterrestres pour se faire les poches.

La morosité de la caporale avait laissé place à un rire enchanté, sous l’image des pétales de fleurs voltigeant gracieusement jusqu’à elles, embaumées d’un ciel d’été. Rejetant la pellicule d’or de son visage, Kendall la contempla un instant, frottant sa surface entre le pouce et l’index, en ressentant toute la douceur, purement matérielle.

« Très joli. » affirme-t-elle en lui renvoyant un léger sourire. « Atlantis devrait en recouvrir quelques façades, ça remonterait le moral de certains. »

« Oui… Vous avez déjà des personnes en tête ? »

A voix basse, pour ne pas inviter les deux autres soldats dans la discussion, Kendall entreprit :

« Vous faites partie du tableau… Désolée, comme je vous avais dis, en mission, je reste psychologue. Et je n’ai pas pu m’empêcher de vous voir quelque peu… renfrognée. Mais je ne vous connais pas spécialement en dehors d’aujourd’hui, peut-être que… c’est votre tête normale ? »

L’humour de psychologue ne volait jamais haut, celui de Kendall sans doute moins, mais l’intention était là.

« J’ai rien contre les bouquets de fleurs c’est vrai… » . Hailey avait répondu à voix basse, offrant un petit sourire avant d’essayer de se concentrer sur les fleurs plutôt que sur ce que les paroles impliquaient. Sans succès, si bien qu’elle reporta son attention sur Kendall. « Y a des jours comme ça. On ne peut pas avoir la banane tous les jours ! » .

Elle mentait, ouvertement. Ce n’était pas juste un jour comme ça. Elle le savait bien. Mais c’était plus facile de chercher à faire croire que c’était passager que d’accepter le contraire. L’incitant à reprendre la marche, s’éloignant alors du terrain désiré d'Hailey, Kendal poursuivit, restant côte à côte pour garder un ton discret :

« En effet, c’est seulement quand les émotions ou les actions négatives perdurent qu’il est utile de faire quelque chose pour améliorer sa qualité de vie. S’enfoncer, ce n’est jamais bon. Et malheureusement, parfois, les amis et les beuveries ne suffisent pas. C’est toute la raison de ma présence au programme. »

Elle tourna un bref regard vers la jeune femme, voulant capter ses réactions.

« Je ne cherche pas à vous contraindre à vous confier à moi, surtout pas maintenant. Je veux juste m’assurer que vous ne craquerez pas aujourd’hui. Plutôt à mon bureau, avec un joli bouquet de fleurs. »

Elle sourit doucement, insistant sur ces derniers mots.

« Merci. » répondit la caporale.

Elle n’avait pas trouvé mieux que ce simple mot pour répondre à cette proposition qui lui paraissait aussi agréable que déplaisante.

Le docteur n’insista pas plus. Il était inutile de la cuisiner maintenant, et c’était loin d’être professionnel que de faire ça. Elle savait bien qu’il était difficile de faire accepter à qui que ce soit de subir quelques thérapies. En général, elle n’avait pas besoin de se donner ce mal, elle avait un assistant pour prendre ses rendez-vous, les patients venaient d’eux-mêmes. Mais à Atlantis, mis à part quelques cas obligatoires, et d’autres plus à l’aise avec l’idée, elle devait aller les chercher. Même si cela lui prendrait plusieurs semaines, la caporale Hailey était dans sa ligne de mire, et Kendall ne lâchera pas l’affaire. Elle avait introduit la suggestion, et c’était déjà un grand pas. Le reste germerait tout seul, avant qu’elle n’ait besoin d’y ajouter de l’engrais.

Elles poursuivaient donc leur route, longeant l’orée du bois, dans un nouveau silence, seulement entrecoupé de réflexions des deux hommes. La psy n’en voyait pas le bout, quoique la fin de la clairière, peut-être. Cela faisait moins de deux heures qu’elles étaient arrivées et une migraine commençait déjà à poindre sur ses tempes. Même si elle n’avait pas l’expérience de ces soldats, Kendall râlait intérieurement sur ses maigres compétences d’endurance. En plus de cela, la chaleur ambiante s’était légèrement intensifiée, couvrant son front d’une luisance collante. Et pour couronner le tout, ses reins lui rappelaient la nécessité d’être vidés, alors qu’elle était passée par les toilettes juste avant le briefing. Plus qu’à attendre leur prochaine escale chez des résidents…

Décrochant une gourde d’eau de son sac à dos, Kendall se désaltéra succinctement. Ce malheureux petit conteneur ne lui fera clairement pas la journée si elle y allait sans compter. Alors que le groupe tendait vers l’issue de l’étendue herbeuse, prêt à s’engouffrer encore une fois parmi la flore épaisse, quelque chose attira son regard. Une figure furtive détala entre deux palmiers. S’arrêtant net, obligeant le reste de la troupe à lui accorder de l’attention, elle souffla :

« Vous avez vu ? »

Le jeu d’ombre et de lumière entre le feuillage aurait pu tromper ses yeux, mais ce n’était pas seulement la vitesse et la taille de l’intrus qui l’avait intriguée, que le bruit de ses pas sur le tapis de mousse. Calme et concentrée, elle imbriqua l’évidence :

« Nous ne sommes pas seuls. »



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Hailey Spalding
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Dim 11 Juil - 17:50

Hailey Spalding





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Nous ne sommes pas seuls. Cette phrase provoqua une tension dans le groupe. Les militaires cherchaient ce qu’avait pu voir Kendall, et d’abord Hailey pensa qu’elle avait rêvé, que c’était le stress. Puis elle remarqua à son tour un mouvement. Une forme humanoïde, vêtue de sombre. C’était une tâche claire qui avait attiré son regard, et qu’elle avait assimilé à une longue chevelure. Elle pointa du canon de son arme la direction, détournant le regard de quelques secondes pour s’adresser à Tyrell et Buck.
« Par là… Forme humanoïde… On dirait qu’il nous surveille... »

« Y a rien par là caporal. Vous êtes sûres d’avoir bien vu ? »
« Certaine. »
Elle voulut vérifier que la silhouette était toujours là, mais là où elle s’était tenue il n’y avait qu’un arbuste qui poussait entre deux palmiers et les jeux d’ombres et de lumières entre les feuillages. Quoi que c’était, c’était parti ailleurs.
« On avance, ouvrons l’oeil… »
Elle reprit la marche, aux aguets. Chaque ombre mouvante, chaque bruit attirait son regard. Parfois elle avait l’impression de voir une forme qui courait autour d’eux mais chaque fois qu’elle essayait de la repérer précisément, elle lui échappait. Très vite, l’image d’un prédateur lui vint à l’esprit. Quelqu’un jouait avec eux. Elle l’aperçut un peu plus nettement, une nouvelle fois et elle eut la conviction que ce n’était pas un humain.
« Là. »
De nouveau elle indiquait une direction. De nouveau elle eut la même réponse. Et elle commença à se demander si l’ennemi ne disposait pas d’un système de camouflage optique, ou qu’il se dissimulait la plupart du temps. Ce qui était sûr, c’est qu’il jouait avec ses nerfs.
« Mais y a personne… »
« Je… Doc… Vous avez bien vu comme moi ? »
« En effet… c'est assez furtif, j'imagine que vous ne regardez pas au bon moment » fit-elle aux hommes qui s'évertuaient à nier l'évidence. Mais elle ne comprenait pas non plus pourquoi vouloir rester à l'écart au lieu de se montrer clairement, ou d'être plus discrets que ça, pour des autochtones. Soit ils se fichaient d'eux, soit ils cherchaient à les prévenir, à les menacer, de ne pas aller plus loin. Dans les deux cas, ce n'était pas un comportement très amical.

Ils continuèrent de marcher, accélérant le pas car Hailey voulait quitter au plus vite les arbres, pour disposer d’un terrain dégagé où se cacher serait impossible pour leur suiveur. C’était un risque à prendre, car cela voulait dire pas de couvert pour eux non plus mais elle voulait être fixée. Il leur fallut un bon moment avant de passer les derniers arbres et se retrouvaient devant un banc de sable reliant les deux parties de l’île. C’était un sable blanc, pur, brillant, qui descendait en pentes douces de leur côté pour remonter de l’autre. Quelques vaguelettes agitaient la mer, et un souffle de vent les frappa. Le ciel, jusque là limpide, se couvrait de quelques nuages sombres. En plus d’être suivis, ils allaient se prendre un grain. Une fois le guet traversé, Hailey se retourna, cherchant leur suiveur du regard mais ce dernier, trop malin, devait attendre qu’ils s’éloignent pour traverser à son tour. Elle en profita donc pour prendre ses jumelles et observer cette nouvelle partie de l’île qui s’offrait à eux. Après une forêt, c’était une plaine, avec quelques points d’eau et des champs et tout au sud, des maisons. Avec le grossissement, elle pouvait même affirmer qu’il s’agissait de construction en bois. Un village. C’était parfait pour en apprendre plus.

« Village droit devant. On va pouvoir se renseigner un peu. On garde un oeil sur nos arrières. »

Le village était relativement petit. Une cinquantaine d’âmes tout au plus devait y résider, et les habitants étaient des plus humains. Des paysans, des artisans, vêtus de vêtements propres, aux couleurs chatoyantes. Des verts, des bleus, des oranges. Ce n’était pas cette affreuse caricature du cinéma où pour figurer un homme du peuple il suffisait d’une chemise et d’un pantalon crasseux dans les tons bruns de préférence. Le style vestimentaire était simple, quelques pourpoints, quelques tuniques pour les hommes, des robes pour la plupart des femmes. Ils n’avaient pas l’air bien dangereux mais ils ne dégageaient pas pour autant une chaleureuse aura. Hailey s’arrêta près d’un étal, jetant un oeil aux broches et bijoux dont l’éclat jaune orangé brillait. Le motif principal qui revenait était celui des animaux et des plantes. Rien de particulier.

« Bonjour. Nous sommes des voyageurs... » commença t elle, tentant une première approche, avec le sourire et la douceur. Elle espérait une réaction positive, moins désagréable que le regard méfiant, voire hostile qu’elle voyait briller partout où elle regardait. Elle comprenait la méfiance, mais elle n’était pas certaine que tout irait bien. En fait, plus le silence durait, plus elle craignait le contraire.
« Vous parlez notre langue ? »
« Oui. »
« Comment s’appelle ce village ? »
« Sybaris. Maintenant partez. »
Vu le ton employé, Hailey préféra ne pas forcer. Elle retourna auprès de ses compagnons, leur murmurant un constat qu’ils avaient dû eux même faire « Pas très aimable. » . Elle jeta un dernier regard à l’étale puis se tourna vers le plus haut bâtiment du village. Un lieu de culte ou la maison du chef local. Peut être là bas auraient ils plus de succès, peut être que là bas on ne s’écarteraient pas d’eux comme de la peste.
« Allez… On est censé voir si on peut établir des bonnes relations… Autant tenter la grosse bâtisse. »
Hailey se demandait toutefois ce qu’ils pourraient échanger. L’artisanat local semblait tourné sur les métaux cuivrés, principalement des bijoux et des objets du quotidien, comme des pots et des ustensiles. Tout était relativement simple, loin des priorités de la cité. Pourtant, elle avait entendu des cuisiniers se plaindre du manque de bonnes casseroles, et peut-être qu’ils pourraient se fournir dans le coin. Elle n’y connaissait toutefois pas grand-chose en la matière, ce qui lui empêchait d’envisager toute négociation immédiate. De toute façon, ce serait le problème des administratifs qui eux connaissaient les besoins réels de la cité.
Lorsqu’ils se trouvèrent devant le bâtiment central, Hailey se sentit écrasée par sa masse. Il n’était pas haut, certes plus que les habitations qui au maximum arborait deux étages, mais il était large, les murs faits de rondins massifs, la porte renforcée de fer. Hailey poussa. La porte était lourde, mais elle bougeait sans faire de difficulté, dévoilant un hall sombre, éclairée par des braseros. Elle entra et commença à compter les piliers qui soutenaient un deuxième étage. Cinq de chaque côté. Le sol était recouvert d’un plancher, et l’allée centrale était agrémentée d’un tapis pourpre. Les décorations étaient nombreuses, mais souvent sinistre. Des scènes cauchemardesques, de souffrances. Cela lui faisait penser à un avertissement de ce qui attendait ceux qui s’écarteraient du bon chemin. Mais elle espérait que c’était comme sur Terre, dans certaines églises, de simples scènes issues d’une foi. Elle en fut moins sûr en approchant de l’autel et en réalisant qu’il n’était pas peint en rouge, mais imprégné par un liquide rouge et brun. Sa forme en croix, ses décorations macabres. Elle n’aimait décidément pas cet endroit.

« Euh… C’est… Particulier dans le coin… Mais c’est moi ou y a personne ? »

Et à ces mots, un bruit sourd s’éleva. C’était le son du bois qui heurtait le bois dans leur dos. Hailey et les deux soldats se retournèrent d’un bon et ils virent la porte fermée. Ce n’avait pas été un coup de vent. Il aurait fallu qu’il vienne de l’intérieur pour la rabattre. Quelqu’un était passé derrière eux ?
« Tyrell… L’allée de droite, Buck l’entrée. Je vais à gauche… Doc vous venez ? » murmura t elle avant de contourner aussi naturellement que possible le brasero, plissant le nez quand l’odeur âcre lui parvint.
Le Dr.Carr-Li admirait les fresques murales avec un intérêt renouvelé. A l'interpellation de son titre, elle détacha son regard des peintures, sondant alors le début d'inquiétude de sa coéquipière.
« Oui. Mais ces dessins sont bien macabres, même pour une religion...»
Ces paroles n'avaient pas pour but de la rassurer, pour le coup. Elle imita d'ailleurs les soldats et dégaina son tazer Wraith. S'il y avait des fous furieux dans le coin, elle préférait ne pas finir sur l'autel sacrificiel. Les sens en alerte, elle avait la désagréable sensation d'être observée. Et contre toute attente, son rythme cardiaque s'élançait au début d'une course qu'elle ne maîtrisait pas, accentuant alors sa migraine. Refoulant ces désagréments, en espérant qu'ils ne soient que temporaires, elle emboîta le pas d'Hailey.
L’endroit était plongée dans le silence, les cercueils disposaient dans des alcôves, et les offrandes à leurs pieds, ne faisaient que renforcer l’angoisse qui montait à la gorge de la caporale. Très vite une pensée s’imposa. Ils étaient en danger ici. Ils n’auraient jamais dû entrer. Quelque part, sans qu’elle ne puisse dire d’où, elle entendit un cri, un hurlement de douleur. Celui d’un homme.
Puis ce fut le silence.
Elle reprit sa progression, s’assurant que Kendall ne soit jamais bien loin, se dirigeant vers la porte d’entrée quand elle aperçut une silhouette. Grande, dotée de cheveux blancs, d’un visage monstrueux, presque insectoïde. Elle hurla, pour avertir le soldat qui ne semblait pas l’avoir vu.
« Buck ! Dans votre dos ! »
Le soldat se retourna mais ne vit rien. Aux aguets, il chercha autour de lui puis disparut du champ de vision de Hailey. Il y eut un grincement puis quand elle voulut l’appeler, elle n’eut de réponse. Seule sa voix lui revint. « Buck ? Buck ? Tyrell ? » .
Ce silence l’inquiétait. Elle commençait à avoir des tremblements, la peur sans doute. Elle sentait que quelque chose n’allait pas. Elle commença alors à les voir, des silhouettes blanches, bougeant de piliers en piliers, s’approchant d’elles. Elle attrapa la main de la psy et partit en courant vers le cœur. Il y en avait trop près de la porte. Elle avait beau avoir un P90, elle n’était pas vraiment douée pour tirer. Elle avait remarqué une petite pièce, de là elles pourraient se défendre. Elle s’engouffra à l’intérieur, refermant la porte à clef, tremblante, fébrile. Elle avait un noeud dans la gorge. Au moment où elle avait fermé, elle avait vu Tyrell, au sol.
Elle se plaqua contre le bois, tremblant chaque fois qu’un coup était porté contre la porte. Quelqu’un leur ordonnait d’ouvrir. Quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Elle n’était pas folle. Jamais elle n’ouvrirait après avoir vu un de ses hommes au sol. Pas alors qu’elle était persuadée qu’elle se ferait débordée et avoir.
« Vous… Vous voyez une sortie…. Je… »
La porte trembla. Une fois. Deux fois. Puis elle entendit un craquement et elle vit une lame dorée traverser le bois juste à côté de sa tête. Elle sauta en avant, dans un cri terrifié. Un peu plus et elle aurait fini fendu comme une bûche.
« Faut qu’on parte !!!! »
« Hailey, ici.» tonna Kendall d’une voix rauque, le teint pâle.
Une fenêtre. Il y avait une fenêtre ! Une fois ouverte, elles n’auraient qu’à sauter, courir jusque dans les bois, rentrer et appeler des renforts pour récupérer les deux autres. Elle la désigna d’un geste avant de s’en approcher, et de l’ouvrir. Fuir, c’était parfois la meilleure option.
« On saute et on file vers la Porte ! »



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Kendall Carr-Li
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Mar 13 Juil - 21:29

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




L’ambiance avait été si plombée à leur passage au village, que la psy s’était d’emblée interrogée sur la manière dont les habitants viendraient leur demander des comptes. Un baptême du feu ? Un entretien patriarcal ? Un jugement à la volée, sans tribunaux ni avocats ? Peut-être le fait qu’ils soient maintenant tous coincés à l’intérieur de cette supposée église soit une épreuve de foi ?

Elle n’avait peur de rien. Si ce n’était du vide, qui ne l’oppressait qu’une fois par an, et encore. Chaque jour de sa vie n’était qu’un long fleuve tranquille, sans joie, sans chagrin, sans lendemain. Un bis repetita interminable, un Ouroboros inépuisable. Alors qu’est-ce qu’avait cette mission de si différente, pour qu’elle se sente… angoissée ? Au milieu du hall, sur ce tapis de velours pourpre, cernée de piliers gravés de figures symboliques, il n’y avait ni vide ni hauteur, mais cette persistante impression d’être au bord du gouffre. Pas aussi fulgurante que plus tôt, non, mais sourde et trainante, l’engloutissant doucement sous une mer abyssale sans qu’elle ne puisse espérer rester à la surface, même sous ses efforts de vouloir mettre une logique à tout ça. Elle savait bien que la psychopathie s’atténuait à la quarantaine, mais elle ne la touchait pas encore, et puis… pourquoi si violemment ?

Le claquement bruyant de la double porte résonnait encore à ses oreilles, vrillant sa migraine comme une cloche, la forçant à garder les yeux fermés un temps. D’un geste machinal et subtil, l’index et le pouce de sa main gauche frottait l’un contre l’autre, alors qu’elle tentait de garder les idées claires. Mais les peintures murales morbides accentuaient son malaise, lui faisant grimper la bile à la gorge.

Tout va bien, songea-t-elle en les yeux clos encore un peu, prenant une profonde inspiration dans le noir complet de son esprit, faisant le ménage de pensées négatives. Allez, ça ne durerait pas longtemps, c’était simplement ses maux de tête qui lui faisait voir trouble. Peut-être qu’elle était tombé malade sans le savoir. Elle ira faire un tour à l’infirmerie en rentrant, et elle ne revivra plus jamais ça. Ils n’avaient qu’à rentrer…

« …Doc vous venez ? »

Elle n’avait pas suivit la discussion, trop emballée dans sa mélasse émotionnelle inhabituelle, et la contemplation de ces muraux manquant cruellement de goût. Elle ne loupa cependant pas le timbre de voix plus soucieux d’Hailey, ce qui l’a rappela un minimum à ses fonctions. Il fallait qu’elle se ressaisisse. Travail. Analyse. Inconnus. Intrus. Séquestration. Et merde.

Lui répondant un peu aléatoirement, elle dégaina ensuite son tazer. Quelques pas avaient suffit à détraquer ses rouages, et le cœur palpitant, elle fut prise d’un profond vertige, bref et intense, comme si elle venait de quitter un plan d’existence pour un autre... Mais ses réflexions furent de courte durée. Etait-ce un hurlement qui perçait à travers les murs ? Ou son audition qui commençait à se détraquer ? La réaction du groupe autour d’elle fut bien explicite. Suspendus dans leurs gestes, tous se regardaient d’un œil perplexe, voire stressé.

Aucun d’eux n’osa interrompre le silence, mais tous se détournèrent d’un même mouvement pour prendre la sortie. Ce n’était pas tant qu’ils n’étaient pas là pour jouer les héros, que l’écho rebondissant dans tous les coins qui masquait l’origine du cri. En temps normal, Kendall n’aurait pas hésité à s’enfoncer un peu plus dans l’antre du diable. Mais ce n’était malheureusement pas un temps normal. Elle n’arrivait plus à réfléchir, ses muscles lourds lui revenaient comme autant de fourmis grouillant sur son épiderme, et ses nerfs mis à cran la berçaient entre la peur et l’agacement.
La bouche sèche, elle rangea l’arme de poing pour ouvrir sa gourde, une énième fois, malgré qu’elle avait toujours une furieuse envie d’uriner. Sa gourde… rouge ?

Elle sursauta à l’exclamation d’Hailey, lâchant la bouteille qui répandit son contenu sur son gilet en plus du tapis. Deux secondes plus tard, elle clignait des yeux dans une pièce étroite, dont les murs respiraient lentement, ondulant avec légèreté, comme s’ils représentaient toute la communauté ici retrouvée, l’observant avec calme et jugement. Comment était-elle arrivée là ? Ses yeux pivotaient sur les pavés dansant, jusqu’à se poser sur une silhouette agitée, tournant autour d’elle avant de se figer à la porte. Kendall fit un gros effort de concentration pour en distinguer les détails. Ses cheveux frisés et épais, ses yeux, sa peau mâte… la caporale !

« Hailey… » souffla la psy, alors qu’une vague supplémentaire la fit vaciller. Il se passait un truc louche. Elle ne savait pas encore quoi… mais il se passait quelque chose d’anormal. Il serait très intéressant d’en discuter… avec l’homme au coin de la salle, qui les regardaient consciencieusement, ses bras fins pourvus de longs doigts remuant doucement près de ses jambes. Oui, il aurait peut-être des infos pertinentes, lui…

Le brusque martellement de la solide porte en bois ciré se répercuta dans la poitrine de Kendall, la propulsant de sa relative torpeur à une détresse irraisonnée, qui trouvait reflet chez la caporale. Pire encore lorsqu’une lame transperça nettement le bois, l’en écartant abruptement. Le règlement de compte, le voilà ! Qu’est-ce qu’elles avaient bien pu faire pour mériter ça ? Et les deux autres qui s’étaient volatilisés, au bon moment !

Partir, oui, mais où ? Les murs ne voulaient pas les recracher. Les déguster longuement, c’était tout ce qui les intéressaient. Et ce vieil homme du coin… qui se précipita sur elle, l’empoignant par les bras. Le sang quitta son visage à cette approche spectrale. Les serres sur son vêtement lui brûlaient la peau comme un bain d’acide, heurtant les restes de sa lucidité. Elle bondit en arrière, repoussant son agresseur, et mue par un instinct de préservation gravé dans ses gènes, elle se précipita loin de lui. Un flash blanc l’interrompit. Elle venait de se prendre la vitre d’une fenêtre sur le front.

Sortie… c’est ça ! Les murs ne peuvent rien contre les fenêtres. Mais quand elle ouvrit la bouche, sa voix se fit déformée, la gorge sèche et tiraillée.

« Hailey, ici.»

Elle ne savait pas ce qui l’a poussait à aider la jeune femme à sauter en premier, alors qu’elle-même était trop terrifiée pour rester plus longtemps les pieds dans l’enceinte. En un coup d’œil vers l’arrière, leur frêle sécurité volait en éclat, libérant un flot d’apparats religieux à la crinière blanche et étrangement voluptueuse. Kendall dégaina le tazer Wraith et pressa la gachette.
L’une des formes disparue aussitôt, emportée par un vent de poussière, lui laissant le temps de se précipiter à la suite d’Hailey. Son équilibre précaire, elle s’étala lamentablement sur l’herbe.

« Rien de cassé ? » lui demanda la caporale en l’aidant à se relever, se montrant un peu plus brusque que voulu dans sa crainte de voir apparaître un de leur poursuivants.

Kendall secoua la tête, la respiration courte. Elle se laissa entraîner sur ses pieds, bourrant contre sa collègue pour entamer la course, la main fermement serrée autour de son arme, l’autre tirant sur le bras de la caporale. Elle fonçait à travers le village, la mort à l’âme, le paysage défilant avec une vitesse qu’elle n’atteignait sûrement pas.

« C’est pas… c’est… » elle dû ralentir son sprint pour reprendre assez de souffle afin de s’exprimer. « C’est pas normal… je… je me sens pas bien… »

Et pour cause : son corps était agité d’un frisson interminable, sa poitrine lui était affreusement douloureuse, comprimée par une force invisible, sa migraine bataillait contre son équilibre… et rien de ce qu’elle voyait autour d’elle n’avait de sens.

« Hailey ! Tout le monde est… tranformé ! »
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Hailey Spalding
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Mer 14 Juil - 20:23

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li








Hailey regarda brièvement Kendall, essayant de déterminer ce dont elle pouvait bien souffrir. Maux de tête, envie de vomir, fièvre ? Elle même n’était pas vraiment à la noce. Elle avait froid, jusqu’au plus profond de ses os. Elle avait peur. Une peur irraisonnée. C’était la faute à cette damnée mission, dont elle ne s’en était toujours pas remise. C’était obligé. Elle l’entraînait dans sa suite, évitant les hommes qui levaient leurs mains aux doigts étrangement long, et griffus vers eux, regardant tout autour d’elle, remarquant que si certains les poursuivaient, d’autres fuyaient devant des ennemis dont la face d’insecte n’était que bien trop aisé à reconnaitre. Des Wraiths. C’étaient des vicieux, qui jouaient avec leurs proies avant de les capturer.

« Je… Je comprends pas… Ils... » commença t elle, s’arrêtant brusquement dans sa phrase en sentant une main lui happer la jambe. Dans un réflexe elle envoya un grand coup de pied, heurtant avec violence le nez de sa cible qui poussa un gémissement qui se perdit dans le bruit de leur course qui reprenait, vers la sortie du village, vers les bois. Là, les deux femmes pourraient se cacher. Là elles pourraient prendre la direction de la Porte, l’activer, rentrer sur Atlantis, obtenir de l’aide. C’était le plan. Mais un plan ne se passait jamais correctement.
Sous leurs semelles, la poussière de la route se soulevait, les graviers glissaient, manquant de les faire tomber à chaque fois. Dans leurs dos des hurlements s’élevaient, les poursuivant, ne les lâchant pas. Un instant, la caporale envisagea de lâcher une grenade dans son dos, mais elle en resta à une simple pensée. Elle ne voulait pas d’un nouvel accident.
Très vite, du moins Hailey avait l’impression que moins de quelques minutes s’étaient écoulées, elles traversèrent le champ de fleurs qui avait capté plutôt son attention, coupant à travers pour se rapprocher plus vite des arbres. Puis ce fut un long louvoiement entre les troncs, des vacillements, des chutes, mais toujours elles se relevaient. Toujours elles courraient, s’aidant l’une l’autre. Et bientôt, au loin, une forme circulaire familière se montra. La Porte, enfin…
Mais la Porte était active. Et quatre wraiths se trouvaient devant. Hailey s’arrêta nette. Derrière eux les voix s’étaient éloignées, mais ils étaient sur leur talon. Elles gagnaient de nouveau du terrain.
Où aller ?
Impossible de réfléchir clairement. Une boule lui comprimait la gorge, un étau lui comprimait la poitrine, ses jambes se faisaient flageolantes.
Elle regarda Kendall, lui sourit. Elle n’allait pas l’abandonner. Elle voulait la protéger, la sortir de là. Elle n’était pas désagréable, pour une psy. Elle lui était même sympathique.
Et elle trouva une idée. Une idée qui ne lui plaisait que peu, mais où personne n’irait les chercher, où elles auraient mille cachettes et d’où elle pourrait prendre en embuscade les plus téméraires.
« La mine… On va s’y cacher… Vous allez pouvoir tenir jusque là ? »
Kendall déglutit. Elle n’avait pas les idées claires, et rien ne risquait de l’apeurer plus qu’elle ne l’était déjà. Au point où elles en étaient, le gouffre ne devrait pas lui faire perdre les pédales. Alors elle hocha la tête, peu assurée, acceptant de la suivre plutôt que de rester à attendre une fin précoce.

Hailey prit une bouffée d’air, se répétant de ralentir sa respiration, de reprendre le contrôle de ses nerfs, de ses pensées et quand elle retrouva un sembla de clarté, elle entreprit de leur faire contourner, par un large cercle la zone de la Porte, restant à couvert sous les arbres, continuant d’observer ces vigiles infernaux, maudissant leur poisse. Plusieurs fois, elle doutait du chemin à emprunter, se demandant si c’était bien après le pin aux branches biscornues évoquant des doigts griffus qu’il fallait prendre à gauche, si la mer était visible sur sa droite ou non lors du premier passage, mais à la fin, l’entrepôt se trouva bien devant eux. S’enfermer dedans était trop évident. Il fallait descendre, allait là où personne n’irait. Et elles se retrouvèrent devant le puits, un pied sur la plateforme de bois qui s’avançait au dessus du vide, le regard tourné sur les échelles.

« Désolée. Faut passer par là. Ils vont savoir si on prend le monte charge. »

Avec la peur du vide du docteur Carr-Li, ce serait difficile. Hailey savait qu’elle aurait besoin d’aide pour y arriver. Mais elle ne voulait pas laisser d’indices, et n’avait aucune confiance dans l’appareil.
Kendall pensait avoir touché le bout, mais la beauté et la cruauté des émotions la prit au dépourvu. Fixer le vide la paralysa. Elle secoua vivement la tête, essayant de s’éloigner.
« Je… euh… on va tomber…»
« On va y arriver. Un pas après l’autre… Regarde en l’air. Respire. Je vais t’aider, donc t’as rien à craindre. » Hailey, naturellement, voulait la rassurer. Elle lui posa une main sur l’épaule, lui offrant une pression encourageante, la regardant avec un sourire encourageant. « Tu peux le faire. Nous allons y arriver. » .

« C’est moi qui… qui suis censée dire ça.» elle inspira grandement, et ferma les yeux, ravalant ses vertiges, et sa vision anarchique. «Ok… ok. Je regarde pas. Tu peux… me guider?» Sa main vint s’accrocher à sa manche à ces mots.
« C’est l’idée. »
Sans brusquerie, Hailey l’aida à s’approcher des premiers barreaux, avant de passer la première, pour pouvoir la retenir et lui dire où poser le pied tout du long de la descente. Lui faire passer le rebord la première fois fut sans doute le plus difficile. Longer ensuite les échafaudages, descendre les échelles suivantes, parut bien moins difficile, du moins pour Hailey car à mesure que le temps passait, elle avait le sentiment qu’elles se coordonaient mieux. Les informations arrivaient moins tard, les gestes étaient moins difficiles. Bien sûr, plus d’une fois, elle lui tint le bras solidement, l’empêchant de céder à l’appel du sol, lui évitant un faux pas. Et tout du long, la caporale disséminait des petits commentaires, des compliments comme quoi Kendall se débrouillait très bien, parfois c’était des indications sur leur progression. Ces dernières étaient toutefois plus rares, bien plus espacées, afin de réduire au maximum l’impression de stagner, de ne pas avancer. Les choses se montrèrent plus corsées quand au stress de la descente vint s’ajouter celui des voix de leurs poursuivants, qui semblaient bien heureusement ne pas penser à regarder en contrebas.
Lorsque, enfin, les deux femmes posèrent le pied sur le sol, Hailey poussa un long soupir de soulagement. La remontée ne serait pas de tout repos, sauf à prendre la voie facile. Mais ce n’était pas pour tout de suite. D’abord, elles devaient trouver une cachette dans les tunnels. C’était une chance qu’elle dispose du gadget le plus cheaté d’Atlantis : le détecteur de vie. Avec cela, elles n’auraient pas trop de risque de se perdre.

« Tu peux respirer, on a fini de descendre. » lui murmura t elle doucement, persuadée que si elle haussait la voix, celle ci monterait vers les cieux avec force. Hailey lui tenait toujours le bras, avec légèreté et douceur, lui laissant un peu de temps pour retrouver ses repères.
Kendall vibrait de tous ses membres. Même si elle avait essayé de se convaincre d’être dans un décor terre à terre, ses sens bordéliques lui avaient joué des tours vicieux durant la descente, sans compter ces horribles émotions détraquées, lui faisant croire manquer des prises, ou même tomber mortellement. Et même quand ses deux semelles raclaient la dureté du fond de la mine, elle resta accrochée un moment à une barre. Sans savoir si ses yeux étaient ouverts ou non. Elle prit un instant pour repousser ses vertiges. Dans cet état, elle se sentait faible et… honteuse? Si c’était ça, ressentir des choses, elle n’en voulait pas.
« On va dans ce boyau. » ajouta t elle, désignant une galerie qui s’ouvrait sur leur gauche de sa main libre.
Le ton de la voix d’Hailey la détendit à peine, mais suffisamment pour lui faire confiance, et troquer la barre pour son bras, l’empoignant comme si elle risquait de mourir si elle lâchait. Sa respiration tremblotante, ses mots s’étranglèrent dans sa gorge, l’obligeant à tousser pour évacuer la bile. Un bruit fantôme la fit sursauter, mais l’écho ne s’entendait que dans sa tête.
« Oh, bon dieu… qu’est-qui m’arrive…» murmura-t-elle en passant une main sur son front, essuyant la pellicule de transpiration.


Puis, lentement, Hailey l’aida à avancer, la trouvant encore bien distante, comme sur un petit nuage de panique résiduelle.

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Quelques mètres à peine après l’entrée, la mine était plongée dans l’obscurité quasi totale, et Hailey avait dû s’arrêter pour sortir une lampe de son sac, projetant un infime faisceau de lumière sur les parois qui luisaient d'humidité. L’endroit n’était pas vraiment hospitalier. Le sol était rendue glissant par la présence de quelques flaques d’eau, sur les côtés l’on pouvait deviner la présence d’un lit de ruissellement. Les murs apparaissaient gris-beige, les poutres de soutènement, faite dans un bois verdi, comme si elles avaient été enduites pour éviter leur pourrissement tenaient bon pour la plupart mais parier sur leur solidité aurait sans doute était hasardeux. Parfois, des bruits de gouttes d’eau se faisaient entendre, rythmant leur avancée qui se faisait plus ou moins au hasard. Grâce à la carte du détecteur, Hailey parvenait à déterminer plus ou moins une direction, et à éviter les éboulis, afin de s’enfoncer plus profondément, et s’engager dans une partie délaissée, où elles pourraient se reposer, enfin. Elles en avaient grandement besoin. Hailey avait les vêtements qui lui collaient à la peau, et le front luisant à cause de la sueur, ses jambes la faisaient souffrir d’avoir trop marcher, trop couru.
Ainsi, lorsque enfin un coin lui parut convenir, elle s’arrêta et se laissa tomber le long de la paroi, tapotant le sol à côté d’elle pour que la psy en face de même. Quelques minutes plus tard, à ne rien dire, Hailey lui donna un léger coup de coude pour attirer son attention.

« Eh bah voilà. On va pouvoir se détendre un peu… »

Hailey lui fit un sourire, avant de poser correctement son arme contre le mur, de sorte à pouvoir l’attraper facilement, mis son sac à côté puis ouvrit son treilli, le baissant jusqu’aux hanches de sorte à avoir moins chaud en arborant que son débardeur. Elle prit une gorgée à sa gourde, savourant l’eau fraiche, qui avait pris le petit goût métallique du récipient. Cela lui fit du bien, mais un peu moins que l’infime quantité qu’elle versa dans sa main pour la passer sur son visage avant de revisser le bouchon et poser la gourde sur le sol.
Kendall, elle, ne réagit pas des masses, posée à côté d'elle. Les genoux redressés, elle passa les mains sur son visage, puis sur ses tempes. Rien n’y faisait, sa migraine lui bousillait les neurones, son coeur battait toujours à en être douloureux, et ses poumons réclamaient plus d'oxygène.

« Je dirais qu’on va au moins attendre quelques heures. Histoire que ça se calme. »

Sans s’endormir pour autant Hailey ferma les yeux, appuyant sa tête contre la paroi. Maintenant que l’adrénaline retombait, elle ressentait de plein fouet la fatigue, due à l’effort et un sommeil trop maigre. Une partie de son cerveau lui disait de dormir, l’autre le contraire. Elle avait un besoin maladif de bouger, faire quelque chose, s’occuper l’esprit. Elle regarda Kendall, suivant le tour de son visage des yeux, observant la forme de son nez, de ses lèvres. Elle se concentrait sur ce visage, seule certitude de normalité, assombrie par le manque de lumière. Elle disposait bien d’une petite lampe de camping, qu’elle avait extrait de sa petite sacoche à outil (un petit accessoire bien pratique, car la lampe coinçait dans la bouche qui donnait l’impression de lécher une pile n’avait rien de plaisant), mais elle l’avait réglé à minima, pour limiter la consommation des piles, mais aussi éviter d’être trop visible.
La psy acquiesça, avant de poser les mains sur ses genoux, et essayer de la voir dans la pénombre. Comment faisait-elle pour garder son sang-froid ? Ou même pour vivre avec ce genre d'émotions. Pas étonnant qu'elle eut été maussade avant d'arriver. Une jolie femme comme elle au milieu de tout ce chaos. Heureusement qu'elle était là… Kendall préférait ne pas imaginer si elle avait été seule. Peut-être que la peur jouait sur ses réactions, ou le froid prononcé dans ce lieu sans soleil, mais elle se rapprocha un peu, préférant s'assurer qu'elle ne rêvait pas, jusqu'à ce que leurs épaules soient accolées. Hailey ne recula pas à ce contact, il lui était même apaisant, chaleureux. Elle passa instinctivement un bras autour des épaules de Kendall, faisant reposer sa main sur son bras, hésitant à rompre le silence.
« Je… C’est pas terrible à dire, comme ça vu la situation mais… Je suis contente que tu sois là. Seule… Je... » . Spalding se mordit la lèvre, retenant le mot qui avait failli franchir ses lèvres. Elle n’avait pas envie de le dire, car le dire aurait été le reconnaître et le reconnaître c’était l’accepter. Elle ne voulait pas dire qu’elle avait failli abandonner, qu’elle aurait abandonné, en se disant que c’était inutile, qu’elle avait déjà perdu. A la place, elle laissa en suspens sa phrase durant plusieurs secondes, ce qui en disait tout autant si ce n’est plus.
« Je ne serais pas allée aussi loin... » . En le disant, elle trouva que c’était encore pire que ne rien dire et elle soupira. Qu’importe, ce n’était pas bien grave. L’idée restait là. Elle était heureuse de ne pas être seule, d’être avec cette femme qu’elle ne connaissait pas avant de quitter la cité.




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Kendall Carr-Li
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Ven 16 Juil - 20:41

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Qu’est-ce qui pouvait obliger quelqu’un à affronter la mort ? Le cancer, peut-être, une maladie incurable. Le désir de sauver un être cher, comme Ulysse affrontant Charybde et Scylla pour la femme qu’il aime. Ou encore le manque d’option pour, paradoxalement, sauver sa propre vie. Se mettre volontairement en danger pour en fuir d’autres, relativement plus graves… Et tout ça passait au-dessus de la tête de Kendall, bravant sa phobie en se donnant une maigre illusion de descendre une échelle dont chaque rampe sera la dernière. Infiniment. Evidemment, ce genre d’absurdité tranchait avec son tempérament cartésien, à vouloir donner du sens à tout, alors, quand son esprit lui disait qu’une longue échelle invoquait irrémédiablement un long trou, ça ne plaisait pas à son instinct. Le peu de crédulité qu’elle parvenait à se coincer au travers de la matière grise volait en éclat toutes les dix secondes. Ses membres lui étaient affreusement douloureux tant elle était contractée, puisant dans ses ressources pour se forcer à lâcher, une barre après l’autre.

La présence de la caporale contre son dos était son seul ancrage à la persévérance, à la survie. Kendall gênait sûrement sa descente, mais elles progressaient à son rythme, sans brusquerie ni empressement. Seule, elle aurait cédé à la panique. Quoique, elle n’aurait pas tenté le coup, en fait, et serait sûrement aux mains des Wraith.

Brusquement, lui vint une terrible fatalité.

Mais qu’est-ce qu’elle foutait ici ?

Un couinement s’étrangla dans sa gorge, alors que ses os mimaient un ballet squelettique de la fête des Morts. Ses paumes moites grinçaient sur le métal, et ses pensées s’emmêlaient avec férocité dans la tornade mentale de ses contradictions. Sa main glissa une fois de trop, bien que retenue par sa sauveuse, mais son cœur, lui, avait sombré. Le stress et l’angoisse l’arrachèrent à la terre, et un effet de dissociation se manifesta à mi-chemin, ultime rempart contre une réalité ingérable embourbée dans une valse hallucinogène et chimérique. Ses pensées n’étaient plus que des spams bloqués par un software psychologique obsolète, et son corps une poupée mécanique entre les mains d’une militaire à peine moins venette.

Tac… Tac… Tac…

Ses pas résonnaient dans un silence complet, accompagnés des mouvements de la caporale. Plus de battements de cœur, de souffles exténués, de tremblements impétueux. Seulement le martellement de leurs bottes qui, bientôt, se rendirent tout aussi sourds aux oreilles de la psy. Un tic-tac métronome, dernier témoin du temps qui coulait, dernier lien entre le monde et les ombres.

Elle cligna des yeux à plusieurs reprises, incapable de faire la différence entre la cécité et l’obscurité, alors que toutes ses sensations perdues l’assouvissaient encore, mesquines et invulnérables. Où était-elle ? Comment était-elle arrivée là ? Au son de ses pieds sur la roche, elle était en vie, déjà. Son être lui revenait avec la même lourdeur qu’une cuite impayable. Et dans le noir complet, elle ne saurait dire si le doux bercement qu’elle ressentait était le sol qui tanguait ou elle-même. Dans les deux cas, cela lui procurait le même réconfort que l’enfant dans son berceau. Rien ne pouvait aller mieux.

Une lumière blanche salvatrice trancha les ténèbres, offrant un minimum de vue à la psychologue, et tout le loisir d’étudier son nouvel environnement. L’humidité du caveau rendait leur espace mortuaire, en supposant qu’elles sortiront d’ici, plutôt que s’enfoncer dans les entrailles avec l’espoir d’en trouver une sortie. L’un ou l’autre, Kendall n’était plus capable ni de choisir ni de se rebeller. Elle suivit, atonique, la silhouette de la caporale sans même avoir l’idée de prendre sa propre torche. Ci et là, la noirceur des lieux laissait éclater quelques bribes de couleurs, accompagnant sa lente marche dans un défilé festival de victoire. Si elle se concentrait un peu, elle pouvait même les entendre lui chuchoter des encouragements, l’exhorter à poursuivre, plus loin, plus profond, là où personne ne les trouverait jamais, ne leur ferait jamais de mal.

…Pourquoi pas ?

Le pas un peu plus vaillant, elle poursuivit son phare dans le dédale, faisant clapoter l’eau à ses pieds. Ce jusqu’à ce que celle-ci décide d’une pause, au sein d’une crevasse sèche et dégagée, l’invitant à ses côtés. Kendall ne se fit pas prier, les jambes en coton, soulagée d’avoir une meilleure emprise sur la tangente que prenait son équilibre devenu autonome. Le coup de coude contre son bras lui fit tourner un regard perdu vers la source, fronçant doucement, pas parce qu’elle s’était offusquée, mais surtout parce qu’elle n’avait rien saisi. De la voix d’Hailey, elle n’en distinguait que quelques bribes. Mais le mot “heures” ne passait pas inaperçu, et lui rappela alors la fatigue qui l’avait gagnée jusque-là.

Finalement, parmi le méli-mélo qui pompait sur sa nervosité, la psy se laissa guider par le besoin de réconfort. Celui qu’elle ne ressentait jamais. Qu'elle ne reconnaissait d’ailleurs pas, mais qui l’aimantait avec facilité. Se rapprochant un peu plus de la brune, cette dernière l’accueillit avec affection. Kendall se laissa alors aller, sans la psychanalyse habituelle qui guidait chacun de ses gestes. Elle aurait aimé comprendre, mais dans son état à moitié cathartique, sans la moindre force ni volonté, elle ne pouvait que s’y soustraire. Elle détacha la sangle de son casque, le laissant rouler sur la caillasse, pour caler sa tête contre l’épaule de la soldate.

« ...pas terrible… contente que tu sois là…»

La psy hoche sensiblement la tête, les yeux clos. Depuis quand elle était si proche? Pas moyen de réfléchir. Tout ce qu’il venait de se produire lui apparaissait comme un rêve.

« ...pas allée… loin… »

Loin. Allez loin. Plus loin.

Elle redresse la tête, vacillante, s’appuyant sur le gilet de la jeune femme. Ses yeux brillaient à la lueur de la lampe.

« Hailey… plus loin… on doit aller plus loin.»

Hailey cligna des yeux, battant l’air de ses cils, partagée entre la surprise, l’envie de se rapprocher un peu plus et celle d’aller plus loin encore dans les tunnels, là où personne n’irait les chercher, là où elles seraient sûres d’être à l’abri du danger.

« Oui… » . Sa voix avait été comme un murmure, un souffle timide qui vint caresser le visage de Kendall.

« Parfait ! » et elle se lève, si soudainement qu’elle titube en arrière, un vertige la ramenant à la terre. Une main sur son visage, elle émet un grondement contraignant. « Rhmf… On doit… »

Avancer, lui répète la voix.

« C’est ça… »

Il manquait une partie de la phrase, mais dans l’état où elle se trouvait, et vu la situation qu’elle venait, Hailey n’y prêta pas attention. En faite, elle n’était même pas sûre de ne pas avoir entendu ce mot manquant.

« Ok. » répondit Hailey, qui se releva, puis récupéra le casque abandonné, son arme et son sac, avant de ressortir le détecteur lantien, afin de ne pas avancer purement au hasard. Il ne faudrait pas tomber dans un piège. Non. Cette planète était hostile, c’était certain désormais. Elle ne pouvait plus compter que sur Kendall. C’est donc avec une prudence presque excessive qu’elles se remirent en route, Hailey finissant par passer son arme en bandoulière, attacher le casque de la psy à une sangle de son sac puis lui prendre la main, craignant de se retrouver seule dans cet endroit si obscur où il était si aisé de se séparer, et puis c’était une petite vengeance sur la frustration qui lui rongeait le ventre depuis que la psy s’était relevée.

« …plus loin… » murmura Kendall, qui s’appuyait avec force sur cette main à chaque fois que les murs tentaient de l’attraper.

Leurs pas précipités et maladroits résonnaient à travers la galerie, bientôt suivis de quelque chose de plus sourd, provenant du fond des tunnels, là où elles se dirigeaient avec empressement. Était-ce seulement réel ? Elle avançaient toujours, pourtant. Et, à mesure qu’elles s’enfonçaient, l’eau sous leurs bottes se faisait plus bruyante… jusqu’à atteindre leurs chevilles. C’était plus loin, elle savait que c’était plus loin.
@DamianVK

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Hailey Spalding
Caporal
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Sam 17 Juil - 23:28

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li








Elles s’étaient enfoncées dans les tunnels, suivant une pente douce, descendant encore plus profondément sous terre, accompagnées du tambourinement de leurs pas sur le sol et de leur cœur dans leurs poitrines dont les sons étaient répétés, déformés, amplifiés par leurs esprits.
Plus loin. Toujours plus loin. Hailey suivait cette injonction de Kendall, étant tout aussi désireuse de trouver un endroit plus sûr et elle ne prêta pas immédiatement attention à l’eau. Lorsqu’elle en eut à la cheville, elle baissa le faisceau de la lampe à ses pieds puis le fit remonter, réalisant qu’elles se dirigeaient très clairement sur une zone inondée. Pourtant, un bruit sourd dans leur dos la fit se tendre, provoquant un léger renforcement de la pression qu’elle exerçait sur la main de Kendall, et elle s’engagea avec plus de conviction dans ce terrain humide. L’eau, froide, monta encore légèrement, ou plutôt elles s’enfonçaient désormais jusqu’aux genoux. A ce moment là, elle marqua une hésitation, jeta un regard à la carte, puis devant elle. Cette voie ne semblait plus aussi bonne que cela, malgré ce son qui se rapprochait dans leur dos. Malheureusement, faute de choix, il fallait poursuivre et prier de ne pas avoir à nager.
L’eau monta encore, atteignant les hanches. Mais plus que l’eau, ce qui dérangeait Hailey c’était l’impression de s’immerger dans un bain de glaçon. Il leur fallut parcourir quelques mètres encore avant qu’elle retrouve un sol sec, et plus loin un cul de sac, ou du moins c’est ce qu’elle crut en un premier temps, avant de remarquer le passage, assez large pour qu’un homme puisse passer. Ce n’était pas l’endroit idéal mais au moins les bruits avaient cessé. Il n’y avait plus qu’un vague bruit d’eau qui coulait au loin et le bruit de leur respiration.

« C’est assez loin. » en disant cela, Hailey frissonna. Cette fois ce n’était plus de la peur, c’était le froid. Le froid qui s’insérait jusqu’aux tréfonds de ses os, que ses vêtements trempés ne faisaient qu’exacerber. Elle désigna une zone plane, s’en approcha et lâcha son sac, puis son fusil, avant de se frotter les bras, tentant de se réchauffer mais n’y parvenant pas. Elle n’avait rien pour allumer un feu, et pour se réchauffer, à part les couvertures de survie dans son sac, et de la soupe qu’elle pourrait toujours faire chauffer.
« Ca caille… » . Elle jeta un regard à Kendall, il devait en être similaire pour elle.

Kendall tremblait vaillamment, frigorifiée et peu prêtée aux parcours du combattant des militaires. Sa poigne se serrait en union avec celle d’Hailey, si bien que malgré la force employée, elle ne sentait pas la pression. Pourtant, dans un coin de sa tête, elle avait la nette impression que l’eau était la réponse à leurs soucis. Dans tous les cas, elle ne lâchait pas sa main, même pas si elle avait besoin de liberté pour s’engouffrer dans la crevasse. A la supposition, elle hocha du menton.

« Ouai… mais le froid, c’est ce qu’il faut…»

« Euh… Tu te sens fiévreuse ? » demanda Hailey avant de plaquer une main sur le front de la psy, la trouvant chaude mais elle avait la main glacée, ce qui perturbait fortement la sensation. C’est donc ses lèvres qu’elle vint poser sur son front. Elle n’était pas brûlante, mais peut être un peu chaude.
Un peu penchée sur ce geste, Kendall se laisse faire. Elle n’était pas une guerrière chevronnée, et la seule chose qui l’empêchait de perdre la tête, jusqu’à maintenant, c’était le glacial de son affect. Cette fois, elle était chaude. Du corps et de l’âme. Et c’était… particulier. Alors à sa question, elle opina.
« Un peu...»
« Plutôt une bonne couverture et quitter les fringues… Y a rien ici, on est bien. » . Hailey recula de deux pas, puis entreprit de défaire ses chaussures, vidant l’eau qui s’y était engouffrée, puis ses chaussettes qu’elle essora avant de retirer son treillis, tentant de faire de même. L’eau, c’était ça qu’elles devaient fuir. L’eau et le froid. Ce n’était pas la solution. Non, la solution c’était trouver la chaleur.
« Tu devrais faire de même. Faut qu’on se réchauffe… Le froid va nous endormir… Je veux pas dormir… Surtout pas... » .
Que se passerait il si elle fermait l’oeil ? Peut être ne se réveillerait elle pas ? Peut être un ennemi surgirait ? Non, il ne fallait pas dormir. C’était la deuxième chose à garder en tête.
La psy n’avait pas le luxe de réfléchir à une alternative. Le froid lui piquait la peau et atrophiait son tonus, déjà bien lent. Alors, elle l’imita, déballant la ceinture de son pantalon pour se débarrasser du tissu gelé, repoussant en même temps ses bottes. L’air frais sur son épiderme humide la fit frissonner. Autant que possible, elle s’essuya de ses manches sèches. Elle plaça les pouces sur son sous-vêtement peu aguicheur avant de réaliser que c’était peut-être de trop. A cet instant Hailey lui jeta un regard et eut un léger sourire se demandant si elle s’arrêterait là. Et en effet, elle stoppa son geste, évitant de croiser le regard de la jeune femme, une gêne se pointant dans sa poitrine.
« Hum… ce n’est pas… une excellente idée… de rester comme ça, là.»
« Ca va aller je monte le lit ! Et t’en fais pas ça reste entre nous. »

La caporale, après avoir renoncée à extirper la moindre goutte d’eau de son treillis, se mit à chercher dans son sac les deux couverture de survie dont elle disposai, étalant la première sur le sol afin de les isoler de son contact et garde la deuxième comme couverture. Elle retira son haut, ne gardant ainsi que des sous vêtements qui n’étaient pas plus affriolants sauf à aimer ceux typés sports, et elle se posa sur le sol, faisant signe à Kendall de venir.
Malgré le froid et l’humidité, les sens de la psy la poussait à marcher, encore. Son visage se tournait vers l’obscurité de la galerie, marqué d’un stress latent, sous une brume qui s’épaississait à la hauteur de sa fatigue. Ses jambes flageolantes et maintenant nues ne la porteraient pas bien loin, de toute évidence. Déposant son sac à dos, retirant finalement son gilet, elle conserva tout de même son haut, même à moitié trempé, mue par un instinct de confort plutôt que de réconfort. Si elle avait une couverture identique dans ses affaires, elle n’avait pas eu l’idée de la chercher, et s’engouffra dans celle qui lui était présentée. Un bras sous sa tête, elle l’approchait suffisamment pour que leurs jambes froides s’emmêlent. Ses pupilles noires fixaient le dogtag de la militaire, l’air un peu absent.
Hailey, qui réprimait des tremblements, se rapprocha un peu plus, posant une main dans le dos de Kendall avant de la faire descendre en suivant la courbe de des reins jusqu’à rencontrer non pas le tissu mouillé mais la peau tiède et resta ainsi à la regarder, l’œil brillant, le cœur battant trop vite.
« Tu… » commença t elle avant d’hésiter, se mordillant la lèvre, ne sachant plus ce qu’elle voulait dire, une bouffée de chaleur la traversant, la laissant dans un état second où ses doutes revinrent l’assaillir. Maintenant qu’elles ne bougeaient plus, Hailey réfléchissait de nouveau mais pas de façon cohérente. Elle remua légèrement, en voulant se rapprocher encore, cherchant plus de chaleur et une sensation de réconfort, provoquant un frottement entre leurs jambes, l’enserrant un peu plus de sa main qui reposait sur elle. Là, elle se sentait presque bien et elle en oubliait même l’inconfort du sol trop dur.
« Je… Ca te dit qu’on sorte ensemble quand on sera rentrées ? On pourrait faire un tour sur le continent p’tet… »
Hailey eut un instant de flottement. Cette idée lui avait traversé l’esprit et elle l’avait aussitôt proposé mais désormais elle commençait à se demander si c’était la première ou deuxième partie qui l’intéressait vraiment. Ce qui était certain c’est qu’elle voulait passer du temps avec Kendall sans avoir à craindre quoi que ce soit, vivre quelque chose de normal, pour une fois.
Kendall releva son bras, la laissant se blottir un peu plus, le reposant ensuite sur sa hanche, appréciant sa température en caressant distraitement du pouce la courbe de sa peau. Ses yeux remontèrent sur ceux de la caporale, qu'elle contemplait avec attention.

« ...Oui. J'avais… prévu. »

Dans cette brume mémorielle, elle se souvenait tout de même lui avoir proposé, en début de mission, une sortie. Sa main remonta le long du flanc d'Hailey, d'une lenteur affligeante, jusqu'à atteindre une mèche de cheveux, qu'elle nouait entre ses doigts. La caporale lui adressa un sourire, retenant un léger gloussement dû à la chatouille que provoquait la remontée de la main le long de son flanc, lui soufflant au visage par jeu avant d’approcher son visage du sien, jusqu’à finalement déposer un baiser sur ses lèvres, furtivement, testant sa réaction avant d’en poser un nouveau, plus appuyée. Leur proximité l’avait poussé à franchir le pas, ou peut être n’avait ce été qu’une simple envie.

« On fera ça alors… »




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Kendall Carr-Li
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Dim 18 Juil - 14:42

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




C'était doux. Même si elle n'avait pas compris tout de suite, Kendall s'était laissée absorbée par l'instant. Leur rapprochement physique l’avait irrémédiablement coupée du froid extérieur, pour un cocon éphémère dans les profondeurs de la terre, loin du monde et de ses angoisses. Relâchant ses cheveux, sa paume applique une légère pression sur la nuque fine de la jeune femme, rompant ses derniers mots en requérant un échange un peu plus long, s’abreuvant des sensations nouvelles qui filtrait entre ses seins jusqu’à ses reins. Le calme qu’elles avaient initié en ignorant leur environnement venait balayer sa migraine.

Cette pression légère fit l’effet d’une invitation à prolonger le contact sur la caporale, dont la main remonta dans le dos de Kendall, y exerçant une pression tout aussi légère tandis que sa bouche se faisait plus aventureuse. Elle savourait cet instant si agréable et réconfortant, oubliant l’endroit où elles se trouvaient. Plus rien d’autres n’avaient d’importance. Elle quitta finalement ses lèvres pour gagner son cou, y déposant des baisers légers, remontant vers son oreille, s’apprêtant à la mordiller avant de se raviser, préférant simplement inspirer le parfum de sa chevelure, et de revenir vers ses lèvres, jouant avec elle, la découvrant sans précipitation. Le froid n’était déjà plus qu’un souvenir, la peur… Elle ne se rappelait plus pourquoi elle tremblait. Tout tournait autour de ce visage, de ce corps.

Kendall n’avait plus mal à la tête. La sérénité qui remplaçait l’étau autour de son crâne lui fit un bien fou. Et elle le devait à… ses baisers? Ceux d’Hailey… Hailey. Spalding. Merde. A double tranchant, le peu de lucidité qu’elle avait retrouvé la rappela vaguement à leur position. Elle s’apprêtait à franchir un cap qu’elle n’offrait jamais sans conditions. Elle ne pouvait pas lui faire ça, à cette jeune femme pleine d’illusions, et surtout, potentielle patiente. Alors, elle s’écarta brusquement de son emprise, démêlant leurs jambes, sans trop s’éloigner pour autant.

« Caporale.» murmura-t-elle d’un ton assez grave, mais empreint d’une relative faiblesse. Si elle continuait, elle ne saurait pas la repousser. Mais elle devait mettre un terme à cette mascarade, ou ça ferait tâche sur son dossier. Alors elle usait de sa seule arme: ses mots. Tandis que sa main revenait à son épaule, sa peau chaude sous ses doigts, elle poussait à peine, peut-être même pas.

« On peut pas… je ne suis pas…», poursuivit-elle, le front délicatement plissé. Elle n’était pas celle dont elle avait besoin. Pas de cette façon, en tout cas. Et même si Kendall avouait qu’Hailey avait un corps de rêve, et que ses émotions la poussait à reprendre immédiatement, elle avait juste assez de raison pour tenter une échappatoire, quitte à les mettre dans l’embarras.

Hailey abandonna la caresse qu’elle imprimait jusqu’alors dans le dos de Kendall pour venir poser sa main sur sa joue, glisser vers sa nuque tout en la regardant avec douceur et désir.

« Tu… Tu te débrouille très bien. Ne t’en fais pas… » lui murmura la caporale, suave, cherchant à revenir vers le centre de ses désirs, pensant que ce refus n’était dû qu’à une peur de l’inconnu et ne sentant pas une véritable pression qui la repoussait définitivement.

« Ce sera notre petit secret. » pour la jeune femme, il y avait sans doute derrière ce geste une peur du regard des autres. Une peur d’être jugée pour une préférence. Elle comprenait cela. Elle avait dû elle même passer par là. Ce n’était pas trois plaisanteries qui l’avaient aidé. Il lui avait fallu du temps. Pas pour franchir le pas mais vivre avec. Hailey se redressa légèrement sur un coude, posa sa main sur l’épaule de Kendall et y exerça une pression, l’invitant à se mettre sur le dos tandis qu’elle passait une jambe autour des siennes. Elle la regarda une longue seconde en silence avant de lui demander avec douceur :
« Tu me fais confiance ? »

Kendall grondait sous les attentions renouvelées. On ne pouvait pas dire qu'elle y avait mis beaucoup d'efforts, même si ses propres mains avaient cessé de l'attiser. Elle résista à la poussée, comprenant qu'elle était prête à prendre les devants, et que la suite lui serait fatale. Si elle n'arrivait pas à la convaincre maintenant, elle était fichue. Sans trop réfléchir, elle lui balança sa dernière carte. Celle qui mettait au clair la limite de ses relations. De ces tentations.

« Je suis psychopathe.»

Et elle se recula sur le drap, sortant de ce cocon isolé pour retrouver le froid de la caverne, lorsque la couverture glissa de ses jambes, séparant les deux charbons ardents qu'elles avaient faillit devenir. De cette phrase, Hailey pouvait en déduire n'importe quoi. Mais sûrement rien de bien positif. Kendall posait des yeux sombres sur les siens, d'un air sérieux tiraillé par la fatigue et la déformation de sa vision. Peut-être que ses pensées influençaient celle-ci, parce que dans la pénombre, elle distinguait des ombres grossir tout autour de la caporale, des tentacules de ténèbres dont elle en avait la régence...

Hailey repoussa la couverture, se rapprochant pour venir s’asseoir à côté d’elle. Elle ne savait pas vraiment comment prendre cette révélation. Elle n’était pas tout à fait au clair avec les termes psychiatriques mais celui ci, elle voyait plus ou moins de quoi il s’agissait. Kendall cherchait elle une excuse ou était elle sincère ? Face au sérieux de son regard, Hailey estima que c’était la seconde option et elle lui adressa un sourire, tendre et compatissant.

« Tu as peur de me blesser ? T’en fais pas pour ça… » .

Pour la blesser, encore faudrait il qu’elle arrive à l’atteindre assez profondément. Hailey n’était plus certaine que quoi que ce soit puisse la marquer encore plus que ce qu’elle avait déjà vécu. Elle lui prit la main, mêlant ses doigts aux siens, caressant le dos de la main du pouce. Elle commençait à ressentir de nouveau le froid mais elle s’en moquait, pour l’heure il y avait plus important, même si son regard dérivait quelque peu, par intermittence, sur deux melons emprisonnés dans leur filet.

Elle secoua la tête, autant pour essayer de repousser les ténèbres qui engloutissait sa vision que pour contester sa réflexion. Se redressant sur sa main libre, l’autre à l’emprise de la jeune femme, elle observait un moment cette liaison délicate.

« Je ne suis pas… en état de penser… correctement.» expliqua-t-elle sans pour autant répondre directement à sa question. Ses yeux se relevèrent sur le visage flou de sa collègue. Elle fronça, essayant d’y voir plus clair, sans résultat. Elle ne savait pas comment elle pouvait avoir encore tant de lucidité pour garder un minimum ses distances, mais elle avait au moins réussi à freiner son élan. Ses doigts se détachèrent des siens, et d’une voix monocorde, elle lui intima:

« Allongez-vous.»

Hailey la regarda dans les yeux avant de s’allonger, lui laissant la liberté de faire ce qu’elle voulait, mais elle ne put s’empêcher de glisser quelques mots, pour l’encourager à oublier ses tentatives de contrôle.

« Il y a des choses, il n’y a pas à penser. Seulement… Agir. »

La docilité de la caporale aurait presque fait sourire Kendall, si elle avait été dans le jeu. C’était sans doute l'ambiguïté de la demande qui l’avait poussée à l’y obéir, mais qu’importait. Elle avait retourné la situation. Elle avait repris un semblant de contrôle qu’elle ne voulait plus lâcher. Sentiments ou non, ce n’était pas une trentaine d’années à essayer de maîtriser ses faits et gestes qui lui claquerait sous le nez à sa première mission. Elle remonta la couverture jusqu’au menton de la jeune femme, qui l’attendait avec toute la patience d’une passion entretenue.

« Dormez. »

Elle était elle-même épuisée, mais elle ne pouvait pas rester trop près de l’incandescence de ses ardeurs. Alors elle se releva, appréciant le froid tirailler ses muscles et geler ses sens.

« ...Je surveille. Dormez, maintenant.»

Hailey n’était pas en grande forme, dormir lui aurait fait du bien, mais tout son corps se refusait à cet instant le repos. Elle était d’humeur joueuse, et se voir traiter ainsi fit naître une vague de frustration. Elle passa une main hors de la couverture, et attrapa Kendall par les hanches. Elle voulait qu’elle reste près d’elle, qu’elle soit là, contre elle. L’idée de dormir seule l’angoissait terriblement. Mais elle ne voulait pas non plus la forcer. Elle finit par la relâcher, dans un soupir et repasser sa main sous la couverture, la glissant le long de son propre corps, cherchant à faire taire la petite voix qui lui disait de passer à l’acte.

« Une prochaine fois alors. Mais tu restes là. » .

Sous la couverture, elle s’agitait, faute de parvenir à trouver le sommeil, bougeant lentement, gardant le regard sur cette femme bien étrange, bien plus compliquée que les quelques personnes qui lui avaient plu jusque là. Elle éveillait sa curiosité, et stimulait son goût pour le défi. Elle ignorait quand, et où, mais Hailey avait décidé qu’elle gagnerait la bataille.

«Je suis pas loin…» répondit la psy en se retournant. Elle avait la nette impression, finalement, de n’avoir jamais eu l'ascendant sur cet échange, seulement libre par l’accord de la jeune femme. Expirant doucement, quelque part au fond d’elle, elle regrettait de ne pas s’être laissée à un simple plaisir passager, sans attaches. Une autre part, pourtant, savait que son véritable moi l’aurait fustigée une fois revenue à son état normal. Son état normal, c’était bien l’expression. Et celui d’Hailey ? Etait-ce son genre de planter ses griffes sur ses victimes esseulées ?

Elle ne chercha pas à réfléchir plus longtemps, sa migraine revenant à la charge comme une punition. De son sac, elle retira sa propre couverture, et s’asseyait contre le mur aux pieds de sa collègue, recouvrant ses gambettes, insouciante de l’activité de la militaire. Elle devait surveiller, mais à la seconde où la tension avait quitté ses membres, elle ferma les yeux, et se fit avaler par les ténèbres.
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Hailey Spalding
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Dim 18 Juil - 22:24

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

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Hailey se réveilla au cours de la nuit, ne se rappelant pas s’être endormie. Elle chercha dans la pénombre, à se repérer. Ce n’était pas sa chambre, ce n’était pas Atlantis. Elle crut d’abord être seule et elle se releva brusquement, chassant la couverture qui la recouvrait, cherchant une lampe, l’allumant lorsqu’elle trouva. Son coeur battait trop vite, sous le stress, et elle lâcha un long soupir en découvrant que Kendall était toujours là, endormie dans un coin. Elle regarda autour d’elle, cherchant ses vêtements, ne se rappelant plus de les avoir enlevés. Elle avait un vague souvenir d’avoir traversée l’eau froide, ce qui expliquait son treillis mais pas pourquoi elle avait ses sous vêtements baissé, pour l’un, relevé pour l’autre. Elle regarda Kendall de nouveau, se demandant si quelque chose s’était passé, réfléchissant avant de remettre ses idées en ordre, se rappeler la veille avec une précision qui la surprit. Elle se rappelait avoir embrassée Kendall. Ainsi il s’était bien passée quelque chose même si une partie restait encore brumeuse. Tout en y repensant, elle se dirigea dans un coin, le plus éloigné possible pour soulager sa vessie, ne prêtant pas attention aux bruits sourds immédiatement. Ce n’était pas proche, et elle retourna vers son sac pour s’emparer du détecteur lantien, vérifiant que rien ne s’était approché pendant son sommeil. Il y avait des signes de vie, un niveau plus haut. Elles n’étaient pas en danger, elles pouvaient patienter ici, manger un morceau…
La caporale se concentra sur des actions simples, résistant à l’angoisse de ce milieu clos, commençant par préparer un déjeuner, fait de rations plus ou moins fameuses et de café soluble, faisant chauffer l’eau sur le réchaud. Les probabilités que quelqu’un ne sente l’odeur et ne trouve la source était proche du zéro absolu. Puis elle s’approcha de Kendall, posa une main sur son épaule pour la réveiller, mais avant de la secouer, elle fut prise d’un doute, et voulut vérifier, alors elle fit glisser la couverture. Elle portait un haut… Mais les jambes étaient nues. Hailey commençait fortement à se demander ce qui s’était passée.

« Coucou toi… Désolée de te réveiller, mais autant profiter de l’obscurité pour tenter de passer la Porte… De jour... »

Hailey approcha légèrement sa tête de la sienne, plongeant son regard dans le sien. C’était indéniable, elles avaient été à deux doigts d’une aventure et c’était pour cela qu’elle avait décidé de la convaincre de faire confiance à ses envies. Elle lui apprendrait à assumer qu’elle voulait lui faire des câlins comme à un gros nounours.

« Tu es adorable quand tu dors aussi, tu sais ? » la taquina t elle avant de servir le café, versant l’eau chaude dans les tasses puis les dosettes de café, avant de les remuer avec une cuillère. Hailey ne s’était toujours pas habillée, mais elle n’avait pas vraiment froids, elle s’était limitée à passer la couverture sur ses épaules.

Kendall n’avait pas bronché à sa première tentative, profondément empêtrée dans un rêve sans queue ni tête. Ses paupières s’ouvraient à peine, et la première sensation qui la tenaillait fut la sourde migraine, identique à un retour de cuite après une soirée un peu trop abusée. Elle s’était endormie en position assise, et tout son corps réagissait avec représailles, lui renvoyant de fortes courbatures, surtout au dos. Une voix de femme lui était parvenu aux oreilles avant qu’elle ne l’identifie. La caporale Spalding, et de bonne humeur, visiblement. La psy ronchonna en se redressant. Qu’est-ce qu’elles avaient fichues pour se retrouver au milieu de nulle part ? Sa dextre lui massa le visage, pressant son front, ses yeux clos, et l’arrête de son nez. N’avait-elle pas été en mission, dernièrement ? Repoussant machinalement la couverture, elle sentait ses muscles engourdis par la basse température. Pourquoi… Mais où était son pantalon ? Les yeux dans le vague, les évènements de la veille lui revenaient comme un songe, irréel, flou, et en bribes. Elles avaient fuit des monstres… traversé l’eau…

« Hailey… qu’est-ce qu’on… euh. »

Elle arqua un sourcil à la vue clairement dénudée d’une militaire qui réchauffait un truc.

« Qu’est-ce que vous faites dans cet accoutrement ?... »

Pas vraiment un accoutrement, du coup. Même sous la couverture, Kendall ne manqua pas le soutient-gorge relevé de la jeune femme. Elle plissa les lèvres, attendant une explication.
Hailey la regarda, tardant à comprendre sa question. Elle baissa les yeux et comprit, rougissant non pas de honte d’être vu ainsi mais de ne pas l’avoir remarqué. Elle devait être complètement à l’ouest. Elle s’empressa de remettre en place le vêtement litigieux.
« Tu te souviens de rien ? » demanda Hailey, le regard malicieux, retombant dans son penchant pour la plaisanterie afin de botter en touche devant cette question qui la laissait presque aussi perplexe que la psy. La laissant mariner un peu avant de se faire plus sérieuse.
« Nous nous étions couchées, l’une contre l’autre… On a commencé à… Se chauffer… Mais t’as préféré prendre ton temps, je crois… Donc t’as dû me laisser comme ça ? » . Elle n’en savait trop rien, cela lui semblait le plus probable.

Kendall se releva, gardant la couverture autour de ses hanches. Elle détailla Hailey de haut en bas, l’expression pensive. C’était une belle femme, mais il n’y avait pas de raison qu’elle se soit jetée dessus au beau milieu de leur mission.

« Ce n’est pas mon genre. » fit-elle remarquer d’une voix calme. « Mais… avec tout ça… je crois bien que ni vous ni moi n’étions bien conscientes. »

« Les filles ou de sauter sur une avec qui t’es en mission ? » demanda Hailey de but en blanc, tout en lui tendant un café, meublant le silence tout en réfléchissant à ce que Kendall sous entendait. C’était cohérent. D’une certaine façon. Le stress, la peur de mourir, le froid, la proximité, tout cela avait dû jouer. Mais elle n’était pas convaincue pour autant que sans, cela ne serait pas arrivée.
« Ou on l’était. C’est possible aussi... »

Elle prit la tasse doucement. Son regard défilait sur la silhouette de la militaire. Elle était trop fatiguée pour jouer un rôle, surtout après tout ça. Les sensations qu’elle avait ressenties lui paraissaient si lointaines, maintenant. Elle était vide. Sans la moindre envie. Elle esquiva sa question lorsqu’un flash lui revint. Elle avait déballé sa maladie. Qu’est-ce qu’il lui avait prit ? Oh, ce qu’il lui avait prit, c’était la jeune femme qui s’était montrée bien trop entreprenante. Elle avait ruiné sa muraille, effritée par… par une quelconque drogue qu’elles avaient dû prendre involontairement. Le regard dur, les yeux plantés dans les siens, elle serra la mâchoire.

« Caporale. Par rapport… à ce que j’ai dis, sur moi. J’aimerai que ça reste entre nous.»

« Je ne dirais rien, sur ça et sur le reste. » lui promit elle. Elle pouvait être bavarde, mais elle ne trahissait pas ceux qu’elle appréciait, encore moins ceux qu’elle aimait bien. Elle regarda toutefois Kendall avec hésitation, et crainte quant à ce qu’elle pouvait souhaiter. La simple idée de ne plus pouvoir suffisait à l’angoisser, à lui rappeler qu’aussi entourée et sociale avait elle pu être, elle se sentait seule ces derniers temps.
« On pourra toujours se voir hein ? »

Après quelques gorgées qui venaient la désaltérer et dessécher sa gorge, gorgées d'ailleurs trop amères d'un café soluble, Kendall opina. Elle n’avait pas l’intention de la ghoster, surtout que c’était son boulot de devoir parler au plus de gens possibles, peu importait la situation. Toutefois, elle eu une pensée légèrement mesquine:

« A condition que vous acceptiez de passer à mon bureau… », sourit-elle doucement.
« J’ai... » pas de problème allait elle dire, avant de se raviser. Non, elle devait bien admettre qu’elle avait un problème. Le fait qu’elle angoisse autant, dans les tunnels ou encore qu’elle ne dorme jamais sans faire de sombres rêves suffisaient à le lui prouver. Elle ne voulait toutefois pas perdre le contrôle sur sa situation, et elle décida tout aussi mesquinement de mettre Kendall face à ses propres démons.
« A une condition alors… Tu me laisses une chance de te faire oublier ton armure au moins avec moi. Ca te va ? »

Alors ça, c’était nouveau. Kendall avait vu des réactions plus froides que ça quand on évoquait son abstraction affective. Peut-être qu’elle n’avait pas vraiment compris…

«Je ne suis pas sûre que ça vous plaise… je n’ai pas… comment dire ça avec un peu de tact. Je ne suis pas capable d’éprouver beaucoup d’émotions… si ce n’est pas du tout. Et c’est un problème quand son travail consiste justement à être empathique. Vous comprenez ? »
« Que ça me plaise ou non, c’est mon problème. Il y a bien des choses qui vous font plaisir, des gens avec qui vous aimez être parfois non ? » . Hailey planta son regard dans le sien, rassemblant tout ce qu’elle pouvait pour paraître la plus convaincante possible. « Et même si c’est un peu… Flou… Je suis presque sûre que tu n’étais pas si… Dénuée d’émotions. C’est juste plus difficile pour toi, c’est ça ? »
Sirotant son café, Kendall n’était pas sûre que ce genre de conversation soit idéal, en ce moment. Hailey semblait intéressée, mais il était plutôt évident qu’elle avait des vues plus charnelles sur sa personne. Elle risquait de le regretter, à trop s’attacher. Ou, si c’était simplement pour un coup d’un soir, elle risquait aussi d’être plus que mal à l’aise, après ça.

«C’est… pas tout à fait le moment de discuter de ça. Mais, je vous avais proposé une balade, alors… on en aura bien l’occasion. Cela vous va?»
« Me faudra p’tet plus qu’une ballade mais c’est un début. » . Un début pour lui faire admettre qu’elle n’était pas un robot, qu’elle avait des émotions et aussi des envies, aussi innocentes que charnelles. Et à cet instant, la caporale ne concevait pas de le regretter.

Kendall l’avisait avec curiosité. Pourquoi pas, tant qu’elle ne refusait pas son aide.

« Très bien… D’accord. Mais que ce soit clair, au bureau, et en mission, on reste professionnelles. En dehors, on pourra manger autant de pizza que vous voudrez.»

Elle ne la relançait pas sur ses tentatives, puisque ce n’était pas le but. Pas le sien, en tout cas.

« Ok. Alors je ferai tout pour qu’on soit sur le canapé ! » . Elle lui adressa un clin d’oeil. C’était une blague et pour être sûre qu’il n’y ait pas de confusion, elle revint presque aussitôt dessus. « Le bureau je peux le promettre, au moins le temps de la séance. En mission… J’essaierai. » . Elle ne pouvait pas promettre plus. Elle se connaissait, et elle savait que rester parfaitement sérieuse et professionnelle tout du long d’une mission s’avérait difficile. Il y avait toujours une fantaisie qui lui traversait l’esprit. Et rien ne lui garantissait qu’au détour d’une conversation parfaitement professionnelle, un geste qui serait tout sauf professionnel surviendrait.


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Elles mangèrent rapidement, repoussant à plus tard la suite de cette discussion tout aussi difficile que désirée, chacune pour une raison différente mais qui avait le même but, celui d’aider l’autre. Hailey rassembla leurs affaires, grimaçant en découvrant ses vêtements toujours humides et froid, les remettant malgré tout car elle escomptait passer par la fente plutôt que par la rivière souterraine.
Le passage était étroit, tout juste suffisant pour qu’elle puisse passer de front, le détecteur en main, un œil dessus l’autre sur le sol. Elle ne craignait pas de se perdre dans cette ligne droite mais de tomber dans un gouffre. Les minutes passées, et plus elle avançait, plus sa respiration se faisait bruyante. Elle ne se sentait pas bien, elle voulait en sortir. Lorsqu’elles retrouvèrent une petite salle, elle se laissa tomber sur les genoux, tremblante, serrant ses mains sur ses bras.
« Je n’y arriverai pas… » murmura t elle avant de se gifler violemment, alternant dépression et épisode de courage. Elle ne prêtait plus attention au fait que le décor modelé par l’homme de la mine avait cédé place à des concrétions rocheuses naturelles, ni même à la lumière qui filtrait par une crevasse dans le plafond. Tout tournait, le sol, les murs. Un goût acide, désagréable lui monta en bouche et en voulant se relever, ce qu’elle avait réussi à avaler ressortit. Elle jeta un regard contrit à Kendall, se remettant sur ses pieds, tâchant de taire les tremblements qui la parcouraient. Elle ne comprenait pas sa réaction, elle s’était sentie un peu patraque au réveil mais maintenant qu’elle avait fourni un faible effort elle se sentait mal, à en crever.
« Dé… Désolée. On… On peut continuer… »
Hailey reprit sa progression, tremblante de fièvre. Elle peinait mais elle faisait tout pour avancer, tenant par l’idée qu’il était temps de quitter cette planète, et qu’elle avait une promesse à honorer envers Kendall. Ce n’était pas ici qu’elles allaient sortir toutes les deux, et découvrir la cité. Une demi heure plus tard, elle s’arrêta pour boire, vidant la moitié de son eau d’une traite. Elle profita d’être à l’arrêt pour chercher dans la trousse de soin, regardant les quelques médicaments qui pouvaient s’y trouver jusqu’à en trouver un adapté pour lutter contre la fièvre et les lutins qui jouaient du tambour dans son crâne. Une gorgée de plus et le comprimé avait disparu et la plaquette trouvait une place dans sa poche. Elle n’attendit pas qu’il fasse effet pour avancer, ce qu’elle aurait peut être dû faire car avec l’esprit plus lucide elle aurait sans doute éviter quelques chutes, ou quelques sursauts devant des ombres mouvantes, ou des cris de terreurs avortés devant les ossements de petits animaux, si bien que Kendall dû l’aider plus d’une fois à se redresser, voire à se calmer par quelques mots, ou une simple main amicale, mais elles finirent par retrouver une véritable lumière, celle de l’aube et non des étoiles, comme ce qui avait filtré dans la caverne auparavant, bien plus bas.
Hailey, comme prise de folie, se mit à courir vers cette vision rassurante, avant de s’arrêter dans un dérapage plus ou moins contrôlé à l’entrée. Ce n’était pas un trou qui l’avait arrêté, c’était la procession d’ouvriers charriant du métal, sous le regard de trois wraiths supervisant le chargement dans des caisses de minerais. Elle les désigna du doigt, se disant qu’avec de la chance c’était la fièvre qui lui faisait voir des choses.
« Tu les vois comme moi ? Trois wraiths ??? Je délire pas ?? »
Hailey tacha d’observer la scène, avant de s’engager sur la pente qui les feraient redescendre vers la mine et la route de la Porte. Leur chemin les avaient conduits plus au nord de l’île.





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Kendall Carr-Li
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Ven 23 Juil - 21:36

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Il était clair que la caporale Spalding avait besoin de distraction. D’une détente physique qu’elle devait normalement chercher entre deux boulots. Ce qui était le cas de toute personne normalement constituée, et de plutôt libérée sur le sujet. Mais à ce stade, la psychologue voyait bien qu’il y avait quelque chose de pas net. Les détails de sa personnalité qu’elle avait pu tirer au cours de ces quelques heures avec elle n’étaient pas très approfondies, surtout après ce moment de psychose… N’ayant pas mangé depuis son arrivée, et à sa connaissance, ni Hailey, ni Tyrell, ni Buck, ce qu’il leur était arrivé n’était pas dû à un aliment. En pleine forêt… des plantes, peut-être. Mais oui ! Les fleurs ! Ces foutues fleurs dorées…

Assise près du réchaud, sa tasse vide gisant près de son genou, elle passa une main sur son front. Son crâne la malmenait avec insistance. Néanmoins, s’il y avait des résidus de toxine courant encore dans son sang, les effets semblaient s’être estompés. Pour s’en assurer, elle posa le regard sur la jeune femme, songeant à toutes ses tentatives qui en aurait fait rougir plus d’un. Rien, aucune honte ou gêne. Il n’y avait aucun doute là-dessus, elle était redevenue la sobre Kendall Carr-Li, jouant de sa personnalité comme Yaeram Park jouait de la flûte. Et cette militaire motivée à lui prouver que ses presque quarante années d’austérité sentimentale n’étaient que du flan, allait rapidement se heurter à un mur. Et comme toutes les personnes qui avaient tenté leur chance avant elle, l’abandon sera la seule option qu’elle envisagera quand la réalité lui sautera enfin aux yeux. Pour Kendall, le challenge reposait essentiellement sur le fait de la repousser sans la brutaliser. La braquer n’aiderait en rien…

Peu après s’être rempli la panse et vidé les reins, elles devaient sortir du trou. Les hommes du groupe étaient probablement à leur recherche depuis tout ce temps… s’il ne leur était rien arrivé de mal. Difficile pour le docteur de savoir où a commencé et où s’est arrêté la psychose, et de mémoire, ils avaient été agressés. Elle s’était même servit de son arme… son… eh merde. Jetant un oeil à la ronde, même avec la faible luminosité, l’arme Wraith ne traînait nulle part. Elle l’avait perdu. Génial, comment allait-elle expliquer ça à ses supérieurs ? “Je l’ai probablement lâchée en courant. Avec mes excuses. Cordialement. Bisous.”

Heureusement qu’ils ne tiraient pas sur leur paye les pertes d’équipements. En dehors de son enregistreur, elle ne portait jamais rien avec elle, et même si ce n’était pas son genre d’égarer ses affaires, devoir se justifier par un manque d’attention allait abîmer son égo. Soupirante, elle jeta les restes de sa gamelle et aida Hailey à plier bagage. Devoir remettre son pantalon détrempé dans cette caverne hors saison lui fit grincer des dents. Pourvue d’une santé de fer, Kendall tombait rarement malade, mais en même temps, elle se mettait tout aussi rarement dans des situations pouvant y incomber. Là, elle venait d’augmenter ses chances d’un congé anticipé.

Pour ses chaussettes et ses bottes, c’était la même affaire: quand elle accompagna Hailey près de la fissure, le léger bruit de caoutchouc couinant rythmait ses pas. C’était ça, ou finir la mission en slip. Et si cette option ne l’embarassait pas, elle n’était pas assez stupide pour croire que personne n’en ferait mention. Ni que la brune exaltée ne se jetterait pas sur elle au détour d’un couloir. Pour se faufiler dans l’étroit passage, Kendall détacha son sac à dos. La militaire menant la marche, et l’autre main tenant la lampe-torche, elle n’avait pas une excellente vision de leur progression. Pendue surtout à la voix muette de la caporale, elle ne pouvait qu’entendre leurs vêtements racler la roche, et le souffle de plus en plus appuyé de celle-ci. L’impatience d’Hailey la gagnait, se traduisant par une angoisse en hausse qui la faisait ralentir, obligeant Kendall, qui exerçait de plus larges foulées, à s’arrêter par intermittence. La respiration rapide de la militaire n’avait pas lieu d’être, puisse qu'elles avançaient lentement. A moins qu’elle cachait une claustrophobie assez maîtrisée ?

« Nous sommes presque arrivées…» l’encourage-t-elle d’une voix calme. « On sort bientôt, Hailey, continuez. »

Elle n’en savait rien, en fait. Elles pouvaient très bien se tortiller dans un cul de sac avec l’innocence d’un poisson dans un filet. Droit devant lui. Au moins, elles pourraient toujours faire demi-tour si c’était le cas. En dépend de l’engin de la caporale, s’il n’avait pas de défaut. Tant bien leur en est, la fissure commençait à s’élargir, avant de déboucher sur le dédale d’une autre galerie. Ici, l’atmosphère était sensiblement plus chaude, signe qu’une aération devait passer tout proche.

Avant même d’avoir pu respirer profondément pour repousser la pression sur son thorax, Kendall trébucha sur la militaire, cette dernière ayant brusquement disparu du faisceau de sa lampe. L’écho du froissement de leur équipement avait étouffé ses murmures, et, retrouvant un rapide équilibre, la psychologue l’illumina un instant. Le retentissement de sa claque, les tremblements compulsifs, sa teinte pâle et la sueur de front indiquaient comme une alarme son état préoccupant. Malheureusement pour elle, Kendall n’était de médecin que le côté mental. Et quand bien même elle saurait la motiver, s’il elle souffrait de ses même troubles que plus tôt dans la journée, il n’y avait rien à faire, à part attendre que cela passe.

La jeune femme se releva bien vite, sans qu’aucun mot de franchisse ses lèvres. Tant mieux, parce que si Kendall se retrouvait à devoir diriger les tournures de cette mission, elle n’en mènerait pas large bien longtemps. Faire preuve d’un côté tacticien demandait une bonne analyse des risques. Ce qu’elle n’avait pas. Enfin, elle pouvait tout à fait énumérer une longue liste de sécurité à prendre en compte, mais n’en aurait pas le moindre recul. Elle fonçait tête baissée à suivre les indices qui la menaient jusqu’à son but. D’autant plus qu’elle ne voyait pas le monde comme un plateau de jeu d’échec de pièces à déplacer avec stratégie, mais plutôt comme un flipper, avec une multitude de billes dont elle devait deviner la folle trajectoire. La bille qu’elle suivait actuellement s’appelait Hailey, et prenait un malin plaisir à se faire tamponner par des bumpers, son expression faciale passant de la détermination à la lascivité en quelques secondes.

Au gré d’un quart d’heure de marche supplémentaire, la militaire fit une courte pause pour fouiller son sac. Kendall, s’en souciant peu, continua sa marche, reniflant discrètement l’humidité de la caverne. A l’odeur de l’eau salée, elle en conclut qu’elles étaient sur la bonne voie. Mais autre chose s’y mêlait. En balayant les murs, ce fut évident: des monceaux de minerai ambré, le même que l’exemplaire laissé à la première résidence qu’elles avaient trouvé. Sa collègue la rattrapa, cogna du pied sur une pierre et lui tomba dans les bras. La psy aurait pu prendre ça pour une tentative maladroite, mais à la lueur de leurs lampes, alors qu’elle la redressait, les yeux sombres de la jeune femme pivotaient avec crainte. Pourtant, depuis leur entrée, elles n’avaient eu rien à craindre dans ces tréfonds.

« Tenez-moi le bras. » intima Kendall, en tentative de réconfort.

Leur avancée fut relativement plus aisée à mesure qu’elles croisaient du matériel de minage. Des pioches, des caisses en bois vides, des sacoches, et même ce qui ressemblait à des lampes à huile. Elles avaient enfin retrouvé le trafic normal des natifs. Sous ses pas, la psy identifia même un chemin de fer, un petit rail sûrement utilisé pour des chariots. Hailey n’était plus très apte à les guider, même avec son appareil, Kendall l’entraîna le long de la voie, dans le sens où l’éclairage lui paraissait subtilement moins sombre. C’était peut-être illusoire, mais la militaire ne protesta pas, trop occupée à assurer leurs arrières à l’affût d’un mouvement de trop. Tant qu’elle ne commençait pas à se battre contre des fantômes, Kendall pouvait la gérer.

Le chemin grimpait sensiblement, et les parois du tunnel s’éloignaient au fur et à mesure, évacuant le sentiment d’oppression qui aurait pu les asservir. Les biceps de la psy commençaient à chauffer, et par extension, repousser la température extérieure, ce qui était bien avantageux.

Enfin, la clarté de la lune s'immisçait sous leurs yeux… La grotte débouchait sur une haute alcôve qui laissait toute vue sur une large plage… Jetant un oeil à sa montre, Kendall haussa un sourcil. Il était midi ? Le décalage horaire jouait certainement, sans compter la rotation de la planète dans son système, mais c’était assez perturbant. Elle ouvrit la bouche pour prévenir sa comparse de faire attention, mais celle-ci s’était jetée à l’air libre, dévalant le hall naturel jonché d’un empilement de caisses à l’odeur équivoque. Le rail continuait son chemin vers la gauche, en dehors de sa vue. Comme elle l’avait deviné, quelques chariots y reposaient, dont l’un, excessivement plein, dégueulait son contenu sur le sable.

La voix d’Hailey interrompit ses observations. Des Wraith? Arrivant à sa hauteur, Kendall éteignit hâtivement sa lampe, et s’empara de la sienne pour en faire de même. Trop tard. De sa position, maintenant à l’extérieur, elle pouvait bien voir les formes à l’autre bout du banc de sable s’agiter. Machinalement, elle jeta une lampe au fond du hall pour se libérer une main et s’en servir pour bâillonner la femme bruyante qui venait de se retourner pour s’élancer à un sprint.

Kendall la plaque dos contre elle, et, d’un jeu de jambes, les fit pivoter derrière la caisse la plus proche.

« Pas un mot. » lui souffle-t-elle à l’oreille, bien que la brune n’avait plus la possibilité de se mettre à hurler.

Quelques secondes plus tard, un duo d’hommes et un Wraith armé se pointaient, conscients d’une présence indésirable...
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Hailey Spalding
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Dim 25 Juil - 23:14

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li








Malgré son état de fraîcheur tout relatif, Hailey était bouillonnante de fièvre, et d’un restant d’excitation, Hailey ne confondit pas le plaquage contre la caisse avec des avances sauvages et brutales. Elle pouvait la sentir contre son dos, et ne manqua pas de lui murmurer un léger « Plus tard voyons... » /
Elle repoussa en douceur Kendall, puis jeta un regard passant brièvement la tête hors de leur cachette, y retournant aussitôt en voyant la sale face qui s’approchait avec deux acolytes humains. Une situation délicate. Elle avait besoin de les éloigner. Affronter un wraith avec la vue trouble ce n’était pas l’idéal. Elle attrapa un caillou assez gros et attendit, pensant le lancer dans la pente d’abord. Avec de la chance le bruit les ferait se retourner et ils ne verraient pas le petit cadeau qui suivrait entre leur pied. La Sainte Grenade.
Elle attendit. L’adversaire se rapprochait. Savait-il qu’elles étaient toutes proches ? Etait il là pour elles ? Hailey serra la crosse de son fusil, tentant de calmer sa respiration. Tout irait bien. Cette fois, quand le coup partirait, les siens ne seraient pas dans la ligne de mire.
Elle regarda la mine, et imagina aisément les faire se précipiter dedans, lâcher une grenade et regarder les murs se refermer dessus. Basse vengeance contre le destin qui s’était bien payé sa tronche jusque là. Le problème c’est que les échappatoires dans leur position étaient limitées. Deux options qui attireraient l’attention. Mais courir un wraith aux fesses c’était comme espérer déclencher des sentiments chez Kendall. Quoi que Hailey avait moins de certitude quant à l’impossibilité de réaliser ce second exploit.

Ne la retenant pas contre son gré, la psy éloigna ses mains, puis sa dextre survola sa hanche, rencontrant un holster vide. C’est vrai… Elle avait perdu son arme dans la folie, plus tôt. Elle serra les dents, cherchant le regard de la caporale pour lui faire comprendre qu’un affrontement direct ne serait pas très efficace. Si elle se servait de la grenade entre ses mains, elle attirerait l’attention des autres, et si ça foirait, elles se retrouveraient encore plus dans la panade. Mais comment expliquer ça sans un mot à une femme enfiévrée et sous psychose? Kendall analysa alors rapidement leur environnement. Il devait bien y avoir quelque chose à faire pour leur échapper… Relativement cernés par des piles de caisses, elle souleva à tout hasard l’une d’elle. La discussion entre les natifs et l’ombre de la nuit atténuait les éventuels bruissements.

Evénement aléatoire:

1D20
1-3: la caisse est pleine et grince méchamment.
4-9: la caisse est pleine mais reste silencieuse.
10-16: la caisse est vide mais grince un peu, attirant les ennemis dans le coin.
17+ : la caisse est vide et silencieuse, et les ennemis fouillent plutôt l’autre côté.
Résultat: 13

Bingo ! La caisse avait été vidée, mais elle émit un craquement de bois sonore. Le plus dur maintenant serait de contraindre une caporale prête à sortir les griffes d’y rentrer. Penchant la tête à l’interstice entre deux piles, Kendall avisa le déplacement des hommes. Elles avaient seulement quelques secondes pour elles, leur attention détournée dans leur direction. La boîte de bois ne dépassant pas leurs hanches, elle put s’y glisser d’un jeu de jambes. Maintenant le couvercle d’une main, elle chopa Hailey par le gilet pour l’entraîner à sa suite.

Rentrer dans une caisse, pour se cacher, quand l’ennemi se doutait qu’elles étaient dans le coin, quand une créature de cauchemar était là… Hailey n’avait aucune envie de s’y enfermer. C’était abandonné toute échappatoire. Dans sa tête, il n’y avait qu’une chose qui passait : se battre, même si c’était un combat perdu d’avance, que les chances de succès étaient si infimes qu’elles pourraient paraître nulles. Elle se cambra sur ses jambes, fixant Kendall avec insistance et refus. Elle n’entrerait pas dans un cercueil. Après tout, c’était un peu un cercueil cette caisse. Quelques clous, huit planches de bois dont un couvercle qui se refermerait sur elles. Elle jeta un regard, l’ennemi était là, à quelques mètres. Si elle se dégageait trop vite de l’emprise, elle attirerait immédiatement l’attention. Elle agita ses lèvres, formant deux mots “lâche moi”.
Toutefois Kendall n’entendait pas lui laisser la joie de jouer les guerrières suicidaires. Elle voyait bien que la caporale était butée, qu’elle n’écouterait aucun argument et de toute façon, le moindre échange éveillerait l’attention. Ce ne serait pas le bruit du bois, mais de voix. Impossible que trois types, dont un wraith, pense qu’il s’agisse d’un simple craquement dû à l’humidité, ou une roche qui roule.Elle lui attrapa le col de la veste d’une main, et l’attira vers elle, l’embrassant pour la faire taire alors que Hailey s’apprêtait à ouvrir la bouche pour se répétait avec plus de force, et l’attira dans la caisse. La caporale, surprise, se laissa faire. Une pensée parasite la traversant. Un baiser d’adieu ? Non. Elle l’attirait dans la boîte. Et elle se laissait faire… Elle haussa un sourcil en sentant une langue buter contre ses dents, se faufiler dans sa bouche quand elle céda le passage, une vague de chaleur qui n’était pas due à une quelconque fièvre l’envahir, lui donnant des picotements à travers le corps. Et sans vraiment s’en rendre compte,elle laissa retombée le couvercle derrière elle, se retrouvant recroquevillée, les lèvres toujours soudaient à celles de Kendall, qu’elle se rechignait à lâcher mais le bruit des pas, et les voix sèchent, menaçantes, l’y obligèrent bien. Elle voulut reculer mais elle sentit sa chevelure pressée contre le bois. Bouger plus, c’était le choc. Seules quelques centimètres les séparaient, les obligeant à sentir la caresse de leurs souffles. Hailey esquissa un sourire, timide, gardant le silence, les yeux rivés dans l’obscurité paisible de celle qui lui faisait face. Les secondes semblaient s’étirer, devenant des minutes, des heures. La position était tout sauf confortable, mais la cachette semblait efficace. Des bruits de pas s’étaient arrêtés tout proche, la pression montait à l’intérieur de la cachette. Mais ils finirent par repartir. Les deux femmes attendirent encore, avant de relever légèrement le couvercle. Hailey jeta un regard par l’embrasure, puis entreprit de quitter la cache, contrôlant l’extérieur, sans se dévoiler, restant à l’abri des regards. Elle n’était pas folle non plus. D’un geste de la main, elle fit signe à Kendall de sortir. La voie était libre, mais désormais elles devraient se montrer prudente et filer le plus vite possible à couvert. Prendre la Porte, contacter Atlantis, voire une autre planète, puis rentrer sur Atlantis pour revenir et débarasser le secteur de la vermine qui l’infestait.
« T’embrasses bien... » constata Hailey alors qu’elle s’engageait sur le chemin, si elles étaient rapides et discrètes, elles seraient sous les arbres avant que quiconque ne les remarque.
D’un ton neutre, le regard rivé sur leur environnement, Kendall rétorqua: « Vous savez ce qu’on dit… plus c’est rare, mieux c’est.»
Elle n’avait pas l’intention de remettre le couvert d’aussitôt. Peut-être était-ce la confusion des toxines qui agissait sur la caporale, mais Kendall avait l’impression qu’elle se laissait trop facilement aller. Profiter de son état, ou même lui faire miroiter de mauvaises espérances, était contre-productif. La prochaine fois, elle optera sûrement pour la fusillade.
« Y a des trucs, c’est comme le chocolat. Ca reste bon, même si c’est régulier. »

D’abord silencieuses, discrètes, elles firent quelques pas, s’assurant de rester abriter par les rares arbustes, les caisses, et rochers. D’abord tout sembla se passer comme sur des roulettes. Elles avançaient vites, sans se faire entendre, arriver sur une partie dégagée, elles avaient commencé à courir, jetant quelques regards derrière elles, fixant la ligne des arbres qui se rapprochaient, étendant leurs griffes vers eux avec la promesse silencieuse de les dissimuler. Et puis il y avait eu un cri.

« Ici ! »

Un rayon bleuté passa près de la tête de Kendall, frappant un animal, un jeune lapin, qui s’effondra, inconscient. Cette vision ne fit que leur donner un coup de fouet, les faisant courir comme si elles avaient le diable aux trousses et ce n’était guère exagérer. Désormais, elles étaient chassées. Hailey pestait contre elle même, gardant ses pensées derrière la frontière de ses lèvres. Elles auraient mieux fait d’attendre dans la mine, elles auraient pu tenir là bas. Maintenant, le seul choix qui s’offrait c’était de courir, gagner la Porte, fuir… Sauf que même ce choix leur était refusée. D’autres, humains et wraiths travaillaient pour les chasser, cherchant à les rabattre, les acculer sur le bord. Les tirs n’avaient pas cessés mais ils étaient volontairement imprécis, frappant à côté, pour les effrayer. Les deux Atlantes se retrouvèrent, en cherchant à éviter une troupe, à se rapprocher du bord. Bientôt elles n’auraient plus d’échappatoires et se serait l’agonie entre les bras des plus mauvais et épuisants pompeurs de la Galaxie, à moins qu’une solution providentielle ne se présente d’ici là.
Hailey attrapa une grenade dans sa veste, la dégoupilla, pivota, s’arrêtant pour viser et au moment de la lancer hésita. Et si les humains étaient manipulés ? Elle sentit la pression de ses doigts se relâcher légèrement, blêmit en réalisant ce qui allait arriver et la jeta le plus loin qu’elle put. La grenade s’éleva dans les airs, quelques malheureux mètres, trop peu pour qu’elle explose en toute sécurité. La caporale pivota, ne réfléchissant plus. Elle bondit en avant, attrapant le bras de Kendall, fuyant le plus loin possible. Elle ignorait la probabilité de se prendre une bille d’acier à cette distance, et elle ne voulait pas le savoir.
« COURS !!! » hurla t elle, s’élançant tant bien que mal. Courir renforçait sa migraine. Elle avait dû mal à respirer au bon rythme, ses jambes menaçaient de se dérober sous son poids mais dans un effort de volonté, elle parvint à suivre Kendall qui s’élançait comme une gazelle, démontrant d’une agilité exceptionnelle, à côté de Hailey qui fonçait sans véritable grâce en comparaison. La caporale glissa, tomba sur le sol, tombant sur le poignet. Elle sentit le choc, et se releva presque instantanément, repartant comme une dératée à la suite de Kendall. La direction n’importait plus vraiment. La Porte était en vue, active. Hailey attrapa sa radio, pressant le commutateur, espérant entendre la voix de l’opérateur d’Atlantis, mais il n’y eut que des grésillements. La Porte était ouverte sur une destination, gardée par des wraiths. La procédure habituelle lorsqu’ils menaient une opération sur une planète.





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Kendall Carr-Li
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Mer 28 Juil - 21:40

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Kendall empoigna brusquement le bras de sa camarade, l’entraînant dans une autre direction, si brusquement qu’elle manqua de lui faire perdre son équilibre, déjà précaire. Les Wraith contrôlant leur seul moyen de sortie, elle n’allait pas les y jeter naïvement, sans défense solide ni aucune stratégie. Même si Hailey semblait vouloir en découdre, et Kendall ne doutait pas qu’elle en avait les capacités, elle n’était pas dans sa meilleure forme pour ça. En tant que membre de l’équipe médicale, la psy était responsable de sa survie. Si la jeune brune voudrait se plaindre plus tard de son mauvais traitement, elle sera toute ouïe, mais tout de suite, elle devra supporter son éreintement.

Leurs assaillants les rataient avec une telle incompétence que Kendall doutait qu’ils tentaient de les acculer. Ils étaient plutôt malins… mais si c’était pour les envoyer dans les bras du groupe tenant la porte, cette tentative avait raté. Elle courait un peu au hasard, les sens aiguisés pour se repérer dans cette flore épaisse au beau milieu de la nuit, dont l’éclairage d’une lune excessivement imposante lui permettait de pas rentrer dans tous les arbres. Elle n’avait pas d’autres choix, se laissant parfois guidée par un geste, un pas d’Hailey de l’autre côté d’une roche ou d’une butte. Finalement, au gré d’efforts interminables, leur course folle les mena jusqu’à la plage, pantelantes, les muscles en feu. Le sable se souleva en nuage de poussière sous leurs pas, les grains parsemant leur pantalon encore humide de leur épisode au souterrain. La psy s’arrêta, forçant sa collègue à faire de même, et analysa leurs possibilités. Là, à quelques mètres sous un halo lumineux, un petit groupe de pêcheurs, s’activant au bout d’un ponton, ignorant leur présence. Juste à côté d’eux, une petite barque d’un bois étrangement noir, balloté par les vaguelettes. Mais mieux que ça…

Un animal était couché non loin, observant avec nonchalance les personnes qui s’agitaient, le regard brillant d’une intelligence redoutable. Ce n’était pas l’oeil morne d’une vache. Non, de ses yeux d’améthystes, reptiliens, il avait l’air de comprendre exactement ce qui l’entourait. Il ressemblait à un loup, par la forme générale, mais avec des singularités. La plus impressionnante était sa taille. Il avait beau être couché, sa tête était à hauteur d’homme. Un homme de petite taille certes, mais cela laissait deviner que sur ses pattes, il avoisinait le mètre quatre-vingt au garrot. Immense, et dotée d’une musculature puissante, l’animale avait également pour lui une beauté à nulle autre pareille, avec ses écailles aux milles nuances de verts et de bleus. A cette distance, impossible de dire si elles n’étaient que apparat ou véritable protection, contrairement aux griffes de la patte avant gauche qu’il entreprit de nettoyer de grands coups de langue bifide, alors que sa tête se tournait vers Hailey et Kendall, et qu’un grondement semblable au tonnerre montait dans sa gorge. Ses yeux s’étaient fixés sur un point, loin dans les bois, et l’on comprenait tout de suite que si de la peur le traversait, l’instinct d’un prédateur taillé pour la chasse s’éveillait en lui. L’animal pouvait se défendre.

La bête se dressa sur ses membres dont la musculature fit scintiller le maillage d’écailles. Le rythme erratique des battements du cœur de la psy ne miroitait pas une once d’angoisse face à une créature aussi majestueuse et intimidante. Quoiqu’elle eut ingéré ce matin, son organisme s’en était maintenant débarrassé, lui laissant toute l’ampleur d’affronter même des démons. Pourtant, la peur était un mécanisme efficace pour rester en vie… dénuée de ce sentiment, Kendall se jeta sans réflexion vers ce qu’elle jugeait comme un moyen de locomotion opportun. Lorsque l’animal secoua la tête dans un lent mouvement pour s’ébrouer, quelques plaques de la taille d’une paume s’enfoncèrent dans le sable. Mais son dos présenta quelque chose de bien plus intriguant : une selle ! Du moins, ce qui ressemblait à une selle. En plus allongé, peut-être pour deux ou trois personnes, si l’animal pouvait en soulever autant. Un peu plus loin de lui, une petite charrette, dont les sangles traînaient sans attaches. Nul doute qu’il servait de monture de transport. Et c’était justement ce dont elles avaient besoin. Si les natifs ne les avaient pas encore repérés, ni ne s’étaient souciés de son grondement, les deux femmes purent l’approcher en toute discrétion. Ou presque, parce que lui fit un lent pas vers elles, le museau redressé, reniflant dans leur direction. Ses babines se redressèrent, dévoilant une rangée de crocs d’une blancheur épatante dans la pénombre nocturne. Sa langue en parcouru la longueur, de sa tête si grosse que l’image renvoyait à un conte d’horreur, où les brebis égarées se feraient dévorées toutes crues. Sur le point de pouvoir le toucher, Kendall repoussa Hailey dans son dos, ralentissant alors ses mouvements. S’il voulait claquer des dents, il ferait de leur crâne un simple amuse-gueule de la taille d’une noix. Elle était insensible, mais pas démente. Le poil sombre du canidé se souleva au gré d’un courant d’air, accentuant sa prestance, surtout si près des femmes. Il ouvrit lentement la mâchoire… et poussa un soupir, bouche ouverte, langue pendante, son haleine repoussant les mèches du front de la psy, et lui faisant retrousser le nez. Quoiqu’il avait l‘habitude de manger, cela renvoyait une odeur de fruits pourris. Il respira grossièrement, sa curiosité rapidement remplacée par une décontraction joueuse. Ses billes reptiliennes pivotèrent vers les bois, puis vers les inconnues. Il attendait.

Kendall leva une main sur lui, prête à effleurer sa truffe, d’un geste pour tester sa docilité.

« Hey ! » s’écria une voix féminine venant du ponton. « Qu’est-ce que vous faites ? C’est notre Bar’yäshin, dégagez de là ! »

Baliaquoi ? Le canidé pivota une simple oreille à la source de l’interpellation, sans bouger sa lourde tête. Pressée par l’action, Kendall ne prit pas le temps de négocier. Elle mit un pieds à l’étrier et grimpa sur le dos de la bête, avant d’aider Hailey à faire de même, prenant assez d’élan dans son geste pour la hisser en une fois, même si c’était de travers, elle ne prit pas le temps de vérifier pour tenter de faire galoper le bestiau. Mais il n’y avait rien… Devant sa selle, seulement de quoi s’accrocher… Et avant même qu’elle n’eut le temps de chercher plus longtemps, le loup poussa sur ses cuisses pour bondir vers l’avant. C’est un simple réflexe qui l’empêcha de finir par terre, agrippant férocement l’encoche des deux mains. Derrière elle, Hailey devait aussi s’accrocher à quelque chose, éventuellement à son sac à dos.

La monture piqua un sprint qu’elle n’avait pas pu avoir depuis longtemps, une petite liberté qu’elle s’octroyait après une journée harassante. C’était tellement irréel. Certes, les terriens avaient leurs chevaux ou leurs bœufs, mais tout ceci se passait d’une manière trop juste, trop calculée. Ou alors, elles avaient simplement de la chance… De toute manière, Kendall ne s’en plaindrait pas. A vive allure, elles longeaient la côte, loin de leurs agresseurs. Elle n’avait jamais monté à cheval, mais la sensation sûrement identique était loin d’être agréable. Chaque fois que le loup touchait le sol, elle accusait d’un contrecoup qu’elle devait encaisser grâce aux étriers, en poussant sur ses cuisses, tout en suivant le mouvement de son corps. Et c’était épuisant pour une amatrice, d’autant plus avec le poids d’Hailey pour accentuer la descente.

Mais surtout… où est-ce qu’elles fonçaient comme ça ? Se penchant un peu plus, la poitrine sur l’encolure de l’animal, Kendall s’adressa à lui comme s’il pouvait la comprendre. Elle cria pour se faire entendre par-dessus les galops et le vent :

« Arrête-toi, s’il te-! »

Elle toussa brusquement, un insecte s’étant logé dans son gosier. Crachant vainement, elle l’avait avalé par réflexe… Son estomac se retourna de dégoût.

« Arh… ignoble… » marmonna-t-elle en cachant sa bouche du creux de son coude.

Protéines ou pas, il n’y avait rien de plus primitif que de se nourrir de vermine multi pattes. C’était comme lécher un trottoir. Elle ne fit plus de tentative supplémentaire et laissa le loup s’épuiser s’il le voulait. Dans cette position, elles avaient au moins l’avantage d’êtres des cibles trop mobiles, et si le peuple avait un tant soit peu de respect pour leurs animaux, ils ne le tueront techniquement pas.

Quoique ce serait une bonne idée, parce que cet infernal cabot se rua brusquement dans les bois, d’un dérapage à angle droit parfaitement maîtrisé malgré le sable. En plus des insectes, c’était maintenant le feuillage qui tourmenta les deux Atlantes. Même si la plupart des feuilles géantes sifflaient à côtés d’elles en les effleurant, d’autres plus fines fouettaient leurs bras et leurs jambes, bien pire que lorsqu’elles s’étaient démenées à pas de courses d’elles-mêmes. Le canidé, lui, se sentait totalement dans son élément, les branches claquant sur sa protection d’écailles, il ne sentait rien, et allongeait même ses bonds, si bien que parfois, Kendall eut l’impression qu’il volait. A chaque poussée, il changeait de direction, esquivant un arbre, ou sautant par-dessus une crevasse. Cela aurait pu être une agréable balade, si la psy n’avait pas eut à serrer les dents à mesure que sa peau subissait les coups de fouet cinglants. En d’autres occasions, elle aurait pu apprécier. Mais là, loin de disparaître, leurs soucis s’accumulaient d’heure en heure.

En quelques trop longues minutes, et pourtant en bien moins de temps que leur groupe ne l’avait fait plus tôt, elles revenaient à leur point de départ… Là, à l’orée du bois, des lumières, lointaines. Elles revenaient au village… celui-là même qu’elles avaient fuit, en plein délire. Elles tournaient en rond, et l’impatience de Kendall pointait son nez. Il fallait qu’elles trouvent un moyen de communication, pour demander du renfort, au moins pour libérer la porte.

Le canidé ne s’arrêta pas pour autant, alors qu’elles s’approchaient dangereusement d’une résidence. S’il les balançait en plein milieu du village, à la lueur des lanternes, c’était la fin de leur course…

« Bon… merci pour la balade… » souffla Kendall, alors que ses muscles maltraités la brûlait. «Mais on prend cet arrêt.»

Elle lâcha son ancrage et se retourna, relevant une jambe pour pouvoir le faire complètement.

Sans laisser le temps à sa comparse de comprendre la situation, elle la cerna de ses bras, et se laissa basculer au sol…

Dans sa tête, cela avait sonné comme une bonne idée. Son sac à dos pourrait encaisser le plus gros du choc, son propre corps ferait office d'oreiller pour sa collègue, et la force de propulsion les ferait rouler sans les écraser. Mais elle n’avait pas anticipé la réalité d’un tel geste. Tomber d’un cheval était déjà fatal en soit. Alors, d’un animal encore plus grand… Son dos heurta le sol de biais, et un flash blanc envahit sa vision, immédiatement suivit d’un noir abyssal.

Elle n’avait pas remit son casque.
@DamianVK

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Hailey Spalding
Caporal
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Lun 2 Aoû - 10:35

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li









Hailey avait suivi sans discuter Kendall sur le dos de l’animal, non sans avoir eu un mouvement de recul préalable. Un loup croisé avec un reptile, aussi beau soit il, cela avait quelque chose d’impressionnant et d’effrayant. Son haleine, ses crocs, cette lueur dans son regard… Il n’avait rien pour rassurer la caporale. Et l’idée de grimper sur son dos, à la suite de Kendall, n’avait rien d’enthousiasmant. Ce n’était pas une selle à proprement dit, mais un harnais sur un caparaçon de peau qui le recouvrait. Une boucle, à laquelle venait se fixer, très probablement, la charrette, offrait une aide pour monter, comme le ferait un étrier. L’animal, clairement domestiqué, ne broncha pas lorsqu’elles approchèrent, mais les femmes une fois sur son dos, il s’ébroua, manquant de faire chavirer Hailey qui s’agrippa dans un réflexe à la psy.
L’animal était rapide, mais moins que la vitesse qui, au final, n’avait rien d’effrayant, c’était son pas chaloupée, et les roulements de la musculature qui ballottait les passagers de droite à gauche, qui donnait une sensation désagréable, voire nauséeuse. A la longue, c’était comme avoir le mal de mer. D’abord Hailey pensa que la bête répondait aux désirs de la monteuse de tête mais très vite, vue la direction, et le nombre de branches venant les cingler, elle comprit qu’il n’en était rien. Que l’animal n’en faisait qu’à sa tête et qu’elles ne restaient sur son dos que parce qu’il ne cherchait pas spécifiquement à les faire tomber. Hailey, en temps ordinaire, aurait bien nargué la tentative d’arrêter verbalement leur monture, mais rien ne lui venait. Elle était trop concentrée sur l’idée de rester en selle, s’agrippant tant bien que mal à Kendall, serrant les jambes comme elle le pouvait.
Quand la psy décida de descendre en marche, Hailey voulut l’arrêter. C’était une terrible idée. Mauvaise ? Peut être pas. S’arrêter dans le village ne serait pas nécessairement mieux mais au moins ne risquait elle alors pas de se rompre la nuque. Emportée par le mouvement, Hailey heurta le sol, roulant sur l’herbe, tentant d’amortir le choc au mieux. Un voile sombre l’enveloppa, quelques secondes. Elle ferma les yeux, les rouvrit, regarda le ciel et se redressa, d’abord sur les mains, recrachant une herbe folle qu’elle avait happée au passage, puis se mit sur ses pieds, observant la zone, soupirant en voyant l’animal qui s’était arrêté un peu plus loin et marchait désormais tranquillement vers le village. Quant à la psy, elle était dans les vapes.
« Merveilleux...» grommela la caporale, avant de venir vers elle, vérifier par précaution sa respiration, lui tapoter les joues pour la réveiller si possible, puis l’attraper par les épaules et la tirer vers un rocher derrière lequel elles seraient au moins un peu à l’abri. Plusieurs fois, elle s’arrêta. Kendall n’était pas lourde, pas vraiment. Hailey n’était simplement pas particulièrement costaud. Elle installa la belle au bois dormant du mieux qu’elle put, la débarassant de son sac pour qu’elle soit la moins inconfortable possible puis s’empara de sa radio. Dans la mine, elle ne recevait rien, la profondeur jouant. Mais ici ?
// Ici la caporale Spalding. Nous sommes poursuivies par des wraiths. Est ce que quelqu’un me reçoit ?//
Mais pour toute réponse il n’y eut que le silence, et les grésillements de la radio.
« Qu’est ce que j’espérais ? » dit elle à haute voix, pour elle même. Ce n’était pas sa dormeuse qui allait lui répondre. Peut être leur “monture” qui s’était rapproché et avait tout l’air d’attendre qu’elles tentent de nouveau l’aventure. Mais quelque chose faisait se dire à Hailey que ce n’était pas la solution. Certes, il leur permettrait toujours de couvrir du terrain mais courir l’île sans cesse n’allait pas les aider. Désormais, tout ce qui importait, c’était de passer la Porte. Un sacré problème, qu’elle ne se voyait pas résoudre d’un claquement de doigt. Elle s’apprêtait à secouer un peu plus fortement Kendall quand enfin elle obtint une réponse.
// Caporale ? C’est Buck. Vous étiez passez où ? //
// Après l’attaque de l’église, on s’est caché. Le temps que ça se calme.//
// L’attaque ? Ah oui… On est dans une grange, au sud-est. Il a besoin de soin... //
// De votre position vous voyez des wraiths ? //
// Négatif. Ils ont quitté le village il y a une vingtaine de minutes, avec une vingtaine de villageois. C’est dingue… Ils avaient l’air heureux de se faire bouffer... //
// Vous avez des allumettes ? //
// Un briquet. Mais je vois pas en quoi ça va nous aider. //
// Un bâtiment ça brûle. Et tarés ou pas, les locaux vont pas regarder leur village brûler. Je vais allumer un foyer dans l’église, avec une petite surprise cadeau. Ca va en attirer, vous profiterez de la confusion pour vous tirer en mettant le feu à la grange. //
// Ca a l’air d’un plan à la con, caporal, si vous permettez. //
// J’ai pas mieux. Et pour rappel, gardez vos grenades et explosifs pour faire sauter les wraiths qui pourraient traîner encore à la Porte. // . Plus ils pourront leur faire de trous, plus ils auront de chance de passer l’anneau. La question qui lui restait à déterminer était la destination. Les wraiths n’étaient pas idiots. S’ils avaient eu le temps de bien observer leur tenue, ils auront très vites saisis d’où les Atlantes venaient. Et vu leurs relations houleuses de voisinage, ils allaient se faire une joie de les capturer.
// Bonne chance. Je réveille ma princesse et on lance l’opération….// . Un nom. C’était ça qui lui manquait. Elle regarda à droite, à gauche, cherchant une idée puis esquissa un sourire. // Fire and Run ! //
// C’est… Ok... //
Hailey se pencha sur la psy, et lui tapota les joues jusqu’à ce qu’elle daigne ouvrir l’oeil. Elle entreprit alors de lui résumer la situation, tout en préparant ce dont elle aurait besoin pour sa distraction. Explosifs, allumettes et combustibles. Une chance qu’elle ne s’était pas servie de la pâte inflammable du réchaud. Cette cochonnerie brûlait bien et longtemps.
« Faudra que je te donne des cours pour tomber, princesse. Quand on sera rentrée. Tyrell et Buck… Ils s’en sont sortis…. J’ai pourtant cru que… Enfin… On verra ça plus tard… Ils sont dans le village encore. On va à l’église, on y met le feu… Histoire de les occuper et on se casse à la Porte. Les deux autres font de même de leur côté. On compose les coordonnées et on passe. Ca va le faire pour toi ? »
Kendall, vautrée dans la poussière parsemée d’herbes sèches, somnolait entre deux plans d’existence. Au loin, le timbre d’une voix féminine et familière, accompagnée de grésillements dérangeant, comme d’une intervention spectrale. Elle voulait la voir, les voir, mais sa fatigue, trop prononcée, la contraignait à chercher le sommeil. Elle sentait sa propre respiration, qu’elle emplit d’un grand soupir, tout en s’agitant doucement. Rien d’autre ne venait tâter ses sens, jusqu’à ce que plusieurs tapotements insistants l’empêchent de sombrer totalement. Elle s’extirpa alors des ténèbres en grommelant, repoussant machinalement l’agression sur son visage tout en détournant la tête. C’est la dureté du sol qui se manifesta contre son dos en même temps qu’elle ouvrait de petits yeux sur un nouveau décor, toujours aussi sombre. Ses bras et ses jambes lui étaient engourdis et étrangement froids. Elle chercha à bouger, mais la lourdeur excessive de ses membres lui fit changer d’avis. Vulnérable, elle resta ainsi à écouter le ton plus clair de la caporale lui faire un briefing de leur situation sans vraiment en capter la signification, si ce n’était la fin. Son regard pivotait du ciel aux roches, jusqu’à finalement trouver la silhouette de sa collègue.
« Hmf… ouai, ça ira. » admit-elle avant de tester à nouveau sa coordination.
Elle poussa sur ses coudes pour se redresser. Au moins, la chute ne lui avait rien brisé… même si sa hanche lui faisait grincer des dents. En relevant sa jambe droite, celle-ci tirait sur les muscles du bassin, là où elle s’était malencontreusement réceptionnée. Elle souffla dans un soubresaut, ne forçant pas plus la position dans l’immédiat.
« Bon… Je ne pourrais peut-être pas vous impressionner avec un marathon digne de ce nom, par contre… Vous pouvez m’aider à me relever ? »
« Je peux. » . La caporale lui adressa un clin d’oeil taquin, avant de se lever et lui tendre la main, l’aidant à se redresser d’abord, et profitant de cet exercice pour l’attraper par les hanches, et laisser glisser sa main dans le bas du dos, avec l’excuse de l’aider à se rééquilibrer, et lui éviter de retomber sur son fessier si ses jambes venaient à se dérober sous son poids. Suite à une telle chute, ce n’était pas improbable. Tout comme une sensation passagère de vertige.
« Ca tourne pas ? Pas de sensations désagréables ? »
Le rapprochement permit à Kendall de se maintenir contre elle, là où ses muscles peinaient à supporter son propre poids. Elle s’appuya sans remords d’un bras sur les épaules de la caporale, sifflant entre ses dents quand toute la moitié de son corps se rebellait avec ferveur, et qu’elle se sentait partir vers l’arrière. Heureusement redressée par l’attention de sa collègue, elle secoua légèrement la tête pour reprendre ses esprits.
« Non… ça va… enfin, j’ai mal partout, mais ça en valait la peine. » Elle baissa les yeux sur la jeune femme, d’un regard inquisiteur. « Vous avez l’air d’aller bien, j’ai pris pour deux. »
« L’habitude de tomber sans doute… »


Hailey s’écarta et prit la direction du village, effectuant un large tour pour entrer non par une rue principale mais en passant par une ruelle peu fréquentée. Vêtues à la mode étrangère, elles se feraient griller à cent mètres. Elles avançaient relativement vite, Kendall n’ayant à souffrir véritablement que de quelques hématomes, et la fièvre qui embrouillait l’esprit de la soldate étant légèrement tombée. La chance était désormais de leur côté -jusqu’à quand ? Elles l’ignoraient mais un peu de veines les rassura-. Elles passèrent le long d’une maison, se baissant pour passer sous le champ de vision d’une personne qui traînerait près de la fenêtre, tournèrent à l’angle d’une maison pour se faufiler entre deux maisons, courant à moitié, s’arrêtant aux coins pour s’assurer que personne ne venait, attendant lorsque c’était le cas, se cachant lorsque c’était possible derrière une caisse, un coin de porte, un tas de bois que la zone soit libre puis reprenant leur progression, se rapprochant toujours plus de l’église. En passant près d’un jardin où du linge était étendue, séchant sous une légère brise, Hailey attrapa deux capes longue en laines brunes, jetant l’une à Kendall, passant l’autre sur ses épaules et rabattant la capuche sur sa tête. Elles auraient sans doute l’air étrange, vêtues ainsi, alors que seuls quelques nuages sombres menaçaient dans le ciel, mais ce serait toujours moins criant au premier regard que le bon vieux treillis avec le patch “coucou on est pas d’ici” collé sur l’épaule, et un pistolet mitrailleur dans les mains.
« Met ça. Ca trompera un peu. »

Malgré ce déguisement sommaire, Hailey n’accéléra pas l’allure. Toujours elle vérifiait que personne ne regardait dans leur direction pour passer vers le bâtiment suivant, toujours elle les faisait se baisser pour éviter une fenêtre, toujours elle gardait un oeil sur les étages, craignant que l’alerte ne soit donnée par le haut. Et la prudence paya, les faisant arriver après de trop longues minutes à la fenêtre de l’église, la même que celle par laquelle elles avaient fuit. Hailey s’approcha du bord, estima la hauteur d’un regard. Elle allait devoir sauter.
« Tu m’attends derrière le buisson. J’allume et je me casse. »
Entre la chute, l’épuisement qui se lisait sur le visage de Kendall et le risque que représentait une expédition à l’intérieur, Hailey estimait que les chances étaient meilleures si elle s’y rendait seule. Dans le pire des cas, la psy pourrait fuir, retrouver les deux autres, passer la Porte. Elle aurait toujours une chance. Cela ne servait à rien de finir à deux sur le pavé. Elle prit donc son élan et sauta, saisissant le rebord du bout des doigts, tirant sur ses bras, grimaçant sous l’effort. Elle n’avait jamais aimé les exercices de traction. Et la margelle était glissante. Mais elle finit par arriver à poser le torse sur le rebord, puis un genou. A partir de là, les choses furent plus simples. Evidemment, la fenêtre était fermée. Et le verrou n’allait pas sauter d’un simple coup de poing sur le bois. Elle appliqua donc un pan de sa cape sur le verre et brisa le verre avec la crosse de son pistolet. Le bruit risquait d’attirer du monde mais il fallait bien entrer et passer par le devant n’était pas le plus simple. Il y avait du monde sur la place principale. Elle passa la main dans le trou, prenant garde à ne pas se frotter aux éclats tranchants, tira la chevillette, et put enfin ouvrir la fenêtre, se laissant retomber à l’intérieur sans faire trop de bruits. Il y avait quelques livres, quelques papiers. Elle le nota dans un coin puis se dirigea vers la porte, jetant un regard dans le bois éclaté. Personne. Elle l’ouvrit et se glissa dans l’église. Un prêtre passait le balais dans l’allée. Il ne l’avait pas encore vue. Hailey approcha à pas de loup, se glissant entre les bancs de bois, remerciant les bons supérieurs qui veillaient à ce que le sport soit pratiqué régulièrement par tous (à quelques exceptions près…) et qui l’obligeait et lui permettait de garder une ligne assez fine, car l’espace était étroit. Et elle se retrouva derrière le prêtre, l’étranglant d’un bras jusqu’à ce qu’il perde connaissance, une main plaquée sur sa bouche pour l’empêcher de crier et lentement, elle le déposa au sol, avant de le bâillonner avec son propre habit et lui attacher les mains et les pieds avec des serflex. Elle n’eut plus qu’à ouvrir les deux autres portes. La première menait sur une petite chapelle, sans rien à brûler à part peut être une statue de bois d’un wraith pour la forme. La seconde, plus intéressante pour son plan ouvrait sur un débarras. Des bancs de bois et des chaises en osier y étaient entassés. Elle plaça donc la pâte inflammable sous une chaise, se servant d’un banc pour que la flamme soit en contact avec l’osier, puis l’alluma. Lorsque le feu commença à prendre, elle quitta la pièce et referma soigneusement la porte, s’arrêtant devant la porte d’entrée avec un sourire. Elle prit sa dernière grenade, pris du scotch et la fixa à un battant de la porte, prenant soin à ne pas coincer le système d’armement, attacha un bout de ficelle à la goupille et l’autre bout à la poignée, laissant assez de moue pour que la grenade explose à la figure du premier qui l’ouvrirait. Elle n’avait pas vraiment envie de faire des morts, mais retarder de quelques secondes la découverte de l’incendie lui paraissait une bonne idée sur l’instant. Son piège en place, elle retourna à la sacristie, mit le feu aux papiers et sortie par la fenêtre, non sans jouer une fois de plus du détecteur de vie, souriant de bonheur en voyant qu’à part le petit point de Kendall, aucun n’allait dans leur direction. Ce n’était pas une garantie absolue de ne pas se faire prendre mais au moins elle ne tomberait pas dans la réunion des gamins du quartier, en pleine partie de billes. Elle referma la fenêtre derrière elle, et se laissa retomber, et la chance tourna quelque peu car elle s’étala sur le sol, tombant lourdement sur un genou. Cela ne l’empêcha pas de se remettre sur pied, mais un picotement caractéristique lui fit comprendre qu’elle s’était écorchée le gravier. Elle n’avait pas le loisir de s’en occuper et elle fit signe à Kendall qu’il était temps d’y aller. Hailey attrapa sa radio, et contacta la seconde équipe.
// C’est fait. Préparez votre piège et tenez vous prêt à partir dès qu’ils seront tournés sur le premier. //
// On vous a pas attendu pour préparer la fête, Caporale. //

Cinq minutes plus tard, elles étaient à mi distance de la sortie du village, quand une détonation se fit entendre. Un petit malin avait ouvert la porte de l’église. Hailey grimaça. Elle ignorait que le piège n’avait pas été mortel, qu’il n’avait infligé qu’une blessure sérieuse à un fidèle, et même si elle espérait ce résultat, elle ne pouvait être sûre de l’avoir obtenue. Cela s’ajouterait à sa longue liste de choses qu’elle aurait aimé ne jamais faire, qu’elle regretterait. Elle retint la bile qui lui vint à la bouche, la ravalant aussi sec, avec une grimace de dégoût. Elle aurait préféré la cracher, mais par fierté elle n’avait pas voulu se montrer faible. Idée étrange devant une personne d’apparence aussi froide et insensible aux autres que Kendall. Et pourtant… Hailey ne voulait pas de son jugement, pas pour ça, pas pour une faiblesse de son estomac, due à ses émotions. Elle s’obligea à avancer, gardant un pas en tête pour ne pas lui montrer son visage tourmenté par des émotions contradictoires. Au moins le plan fonctionnait il. Comme elle l’avait supposé, les locaux n’avaient pas grande envie de voir brûler leurs maisons, et ils s’efforçaient de contenir l’incendie de l’église, qui commençait à gagner la charpente. Ils allaient désespérés un sacré coup quand ils seraient appelés à l’autre bout du village, et devrait scinder les effectifs en deux. Ils n’avaient pas une technologie avancée, tout au plus quelques sceaux et des puits.
Les deux Atlantes, comme convenue, traversèrent les champs, se jetant au sol pour ne pas être vue des mineurs qui revenaient, seuls, sans créatures inhumaines pour ne montrer aucune émotion face à l’incendie et réfléchir sur les responsables. Elles attendirent, un peu plus que nécessaire avant de se relever et reprendre une course folle, s’enfonçant de nouveau dans les bois, cette fois, en évitant de foncer à travers les belles fleurs, Kendall retenant Hailey à temps, la tirant par le bras avant qu’elle ne passe dedans. Et bientôt elles virent la Porte se dessinait, et son vortex actif. Cinq wraiths étaient là, fusils à la main, surveillant le transport de caisses de minerais. Elles se cachèrent et patientèrent. Buck et Tyrell arrivèrent sur les entrefaits, le second présentait les traces d’un mauvais coup à la tête et avait l’air un peu hagard. Hailey leur fit un signe de tête, et ils attendirent que la scène qui se déroulait sous leurs yeux ne touche à sa fin, que les aliens ne quittent la planète, que l’anneau se referme et que les humains ne repartent. Lorsqu’enfin le silence retomba, l’endroit retrouva son calme, et son charme. La nature était trompeuse. Elle vous faisait baisser votre garde, vous faisait oublier les dangers de l’exploration.
« Buck, vous courrez vite non ? »
« Oui… Je m’y colle c’est ça ? »
« Gagné. Atlantis, j’envoie le signal et on passe. »






@DamianVK



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Hailey écrit en Darkorange

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Kendall Carr-Li
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Jeu 5 Aoû - 17:06

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Les grandes enjambées habituellement caractéristiques du Docteur avaient mutées en une danse acrobatique quelque part entre le handicap et le pas des manchots. Elle forçait sur ses jambes pour éviter de ralentir la militaire, étrangement bien plus lucide et déterminée que plus tôt, comme si la sainte lumière l’avait frappée au moment où Kendall paradait avec les poussins, dans les vapes. Elle n’allait pas s’en plaindre, puisse qu’elle n’avait ni l’envie ni l’expérience de gérer la suite de la mission. A partir du moment où Hailey semblait garder l’esprit clair, Kendall ne tenterait plus de chevauchée sauvage à travers jungles et vallées.

Elle ne savait pas comment celle-ci faisait pour avoir l’air aussi frais, alors qu’elle-même souffrait d’une centaine de coupures et d’hématomes divers payés grassement par Mère-Nature durant leur course dans la forêt. Sans compter qu’elle avait tout de même prit un sacré coup sur la tête au point d’en perdre connaissance, et qu’à moins d’un réel examen, elle ne pouvait pas savoir si elle avait un trauma, même léger. Une bonne liste de dégâts corporels pour sa toute première mission au sein du SGA. Sans oublier son expérience émotionnelle intense entre sa phobie et le poison de son organisme, il y avait de quoi demander démission immédiate. Si elle en avait été capable, elle aurait sans doute explosé et maudit plusieurs générations interraciales extraterrestres. Mais non. Débranchée de ses amygdales, elle poursuivait leur débandade en boitant, transpirant, le souffle court, de la poussière et des feuilles dans les cheveux, des vertiges prenants par moments, et pour seul appui une caporale lunatique qui menaçait de s’écrouler d’une seconde à l’autre.

Qu’on ne l’y reprenne pas deux fois : elle prit le temps de récupérer son casque accroché au sac à dos de sa camarade, et de l’harnacher correctement. Certes, dans son état, un énième choc n’y changerait pas grand-chose, mais ce n’était pas une raison pour l’achever. Elle prenait des risques, mais pas inconsidérés. Ainsi rééquipée, elle suivait Hailey à longer les murs des habitations, sur les pavés de ruelles périphériques au village. Lorsque celle-ci lui lança de quoi se grimer et passer un peu mieux inaperçues, elle ne rechigna pas, malgré la température assez douce qui les étouffera bien vite sous la laine du vêtement.

Enfin, le retour à la bâtisse de leurs cauchemars se fit sans épreuves. En pleine nuit, il aurait pu paraître plus lugubre, plus angoissant. La lueur des torches intérieures jouant même sur les ombres de figures furtives, confondues entre les bibelots et, peut-être, de petites bestioles. Kendall se tenait tranquille, bien que le souffle rude, son visage à moitié voilé par la capuche du vêtement, agenouillée sous l’une des larges fenêtres. Elle ne s’était pas encore posée la question de la raison de leur présence ici, s’étant contenté de suivre docilement la responsable des opérations, et de ne pas lui être un poids mort. Elle se souvenait l’avoir entendu converser à la radio, mais n’avait pas suivi le fil, dans les limbes de l’inconscience. Maintenant que sa camarade prononçait des mots qui sonnaient clairement avec « allumer un feu », Kendall ouvrit la bouche, perplexe. Si des personnes se trouvaient dans l’enceinte, elle risquait de provoquer leur mort…

D’un autre côté, il y avait suffisamment de fenêtres pour pouvoir s’échapper, d’autant qu’une telle distraction leur octroierait une bonne marge d’action. Et, au final, le feu, ce n’était pas si dangereux.. L’étudiant d’un regard réfléchi, tandis que la militaire s’efforçait de se hisser sur le rebord, Kendall resta silencieuse. Après tout, les grandes lignes étaient là : leur mission sabotée, elles, enfin, ils, avec le reste du groupe, devaient se replier. Et perdus sur la planète d’un système solaire lointain, leur seule connexion avec les leurs résidait en la Porte de Etoiles. Peut-être un vaisseau spatial, mais leur force de frappe actuelle, pour tenter d’en voler un, aurait l’impact d’un chaton cherchant à déloger un lion de sa tanière. Kendall ne fit donc rien pour retenir l’excessivité d’Hailey. Son regard descendit le long de sa silhouette, sans s’y attarder, finissant sur le sol parsemé de pelouse sèche. Quelque chose attira son attention…

Un taser Wraith ! Le sien, en fait, même. Celui qui lui avait échappé des mains dans sa fuite… Sacré coup de bol, que personne ne l’ait vu, là, entre les herbes, à toute disposition. Ou bien les natifs ne voulaient pas toucher à l’armement de leurs geôliers, une sorte de respect hiératique envers eux. La psy n’allait pas s’en plaindre. Elle se releva pour s’en emparer, puis filer, le dos courbé, à quelques mètres de là, sous un arbre, patienter derrière la masse de feuillage des-dit buissons. D’un geste novice, elle rengaina l’arme au holster, vide depuis lors, et se laissa reposer contre le tronc. Sa respiration était lourde et bruyante, mais néanmoins plus lente. La peau de son visage la tiraillait, recouverte de diverses tâches de salissures, mêlées à sa sueur. Elle passa le manche de son uniforme le long de son front, repoussant la poussière et la boue, continuant ensuite sur ses joues. Là, dans le silence nocturne, entre le tronc et le feuillage, elle avait une bonne vue sur le large bâtiment religieux. D’autres soldats aurait peut-être éprouvé du remord à détruire, même en partie, le dur labeur d’une civilisation fondée sur la Foi. Mais si celle-ci s’apparentait aux extrémistes musulmans, laquelle ayant marqué les esprits d’un conflit interminable, la comparaison concluait logiquement à reproduire le même schéma guerroyant. Comme si c’était dans l’ordre des choses. Comme s’il y avait là un devoir de faire disparaître le pilier de pensées nuancées de domination du mythe religieux. Parce qu’au final, la soldate aurait pu tout aussi bien brûler n’importe quelle maison de grande envergure, l’effet aurait été le même.

Reprenant doucement une respiration normale, le dos contre l’écorce, la psy détendit ses jambes endolories. Elle défit la ceinture de son pantalon, et glissa le pouce sous le vêtement tiédi, entre sa peau et le tissu. Cheminant jusqu’à sa hanche, elle tira dessus pour examiner la teinte de son épiderme, grondant sous le mouvement désagréable de son buste. De sa blancheur habituelle, bien que parsemée de légères rougeurs et d’une boursouflure qui prenait subtilement naissance, elle soupira doucement. La douleur était intense, au point qu’elle eut un instant pensé s’être brisé l’os, mais il n’en était visiblement rien. Peut-être juste qu’elle était douillette… ce qui ne l’arrangeait pas, de toutes façons. Repositionnant correctement son pantalon, son casque heurta le tronc, et elle ferma un moment les yeux.

Quel calvaire. Dans ce fiasco, elles auront au moins obtenu quelques informations intéressantes, qui viendraient probablement soit répéter, soit promulguer leur base de données déjà établie. Perdue dans ses pensées, c’est l’odeur de fumée qui lui fit retourner son attention sur la basilique. Pour l’instant, à part la faible odeur qui s’en dégageait, rien ne signalait un incendie. Au bout de plusieurs secondes supplémentaires, en contre-jour de l’éclairage extérieur, Kendall distingua la forme de sa camarade se présenter à la fenêtre, puis chuter. La cape se dévoile comme une paire d’ailes… mais elle tombe comme une masse et manque sa réception.

De marbre, la psychologue prend appuie sur le tronc pour se relever. La caporale, elle, se remet prestement sur ses jambes à son approche, masquant d’éventuelles blessures. Ne voulant pas la materner inutilement, le Docteur garda le silence, sondant simplement son état général pour s’assurer qu’elle soit bien en mesure de poursuivre. A première vue, à part une excitation témoignée de son empressement de quitter le village, elle semblait en pleine possession de ses moyens, du moins, plus que tout à l’heure. Kendall lui emboîtait donc le pas, dans la mesure où elle pouvait courir à cloche-pied, derrière elle. Lorsque la détonation atteint ses oreilles, elle comprit qu’Hailey n’y était pas pour rien… C’était peut-être un accident, des produits conservés inflammables qui avaient été touchés par l’expansion infernale. Dans tous les cas, la responsabilité lui en revenait clairement. Et par extension, la sienne aussi.

Dans l’immédiat, Kendall ne voulait pas s’y attarder. Il n’y avait rien à faire pour apaiser un tel conflit, leur Némésis architecte à tout ce plan. C’était vouloir tendre la main au Minotaure en espérant ne pas finir dans la pile de chevaliers squelettes à ses pieds.

Bientôt, tous se retrouvèrent à la clairière où trônait l’anneau, baignant majestueusement au clair de lune, en vestige technologique d’un peuple sachant peu s’en servir. Assise dans les fourrées, sa jambe gênante restant droite, Kendall avisait ses compagnons. Bien qu’ils faisaient de leur mieux pour rester concentrés, la fatigue et la frustration tirait leurs traits.

Mais cette fois, c’était la bonne. Ils passeront la porte et pourrons mettre un terme à cette mission désastreuse.
@DamianVK

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Hailey Spalding
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Sam 7 Aoû - 17:51

Hailey Spalding





P4X-217 : les îles des Soupirs

Ft. Kendall Carr-li







La fin de cette exploration n’était plus très loin. La musique des chevrons désormais familière pour la caporale, et les deux soldats s’élevaient, à mesure que les coordonées s’enclenchaient. Pourtant, personne ne se laissait aller à l’euphorie d’arriver sur la fin. Les yeux cherchaient des mouvements, dans les feuillages, des silhouettes sur l’horizon. Les mains étaient crispés sur les fusils, la tension était elle que la moindre frayeur pourrait suffir pour qu’un coup parte.
Hailey était tourné vers l’anneau, observant sa progression et la zone sur la gauche. Tyrell s’assurait que rien n’arrive à son vieux camarade, Buck. Kendall, tel un glaçon impassible, gardait un oeil sur son environnement. Personne ne disait rien, attendant d’être de retour pour laisser retomber la pression.
Une flèche venue des fourrés vint se planter dans la jambe de Buck qui lâcha un cri de douleur alors que sa jambe cédait sous son poids, le faisant tomber lourdement sur le côté, brisant la hampe sous le choc. Il lui restait deux coordonnées à rentrée. Tyrell commença à faire un pas en avant mais Hailey le devança, partant en courant vers le DHD, s’abritant derrière pour observer d’où avait pu venir le tir, n’ayant rien vu, comme les autres, depuis leur position. Buck lui désigna un buisson, alors qu’un indigène se redressait. Hailey le regarda, et pour première pensée elle n’eut pas de lui tirer dessus mais de se dire qu’avec un bain, et une bonne coupe de cheveux le gars n’aurait pas été mal avec sa musculature et ses cheveux longs. Une pensée parasite qui lui valut d’être ciblée à son tour, et de ramasser une flèche dans son gilet pare balle. Par chance, elle ne traversa pas, se coinçant dans une plaque. Mais le choc était là, coupant le souffle à la jeune femme, qui posa une main au sol, les yeux révulsés. Son assaillant, ignorant tout de l’équipement terrien se détourna d’elle pour viser les deux autres mais il fut surpris par deux tirs, provenant de Buck et Hailey qui le manquèrent, ayant réagi par instinct, ajustant mal leur tir. Un sourire de victoire se dessina sur le visage de l’archer avant qu’un rayon bleuté ne le frappe et ne l’envoie faire un somme. Hailey regarda Kendall, le pistolet encore en main. La psy avait eu de la chance ? Ou elle cachait terriblement bien son jeu ? Hailey lui adressa un signe de tête, puis pressa les derniers symboles avant d’aider Buck à se relever, l’aidant à clopiner jusqu’à la Porte. Ils arrivèrent à son pied alors que trois types armés foncés sur eux, en hurlant. Ils ne se firent pas prier et passèrent le vortex. Tyrell fermant la marche pour couvrir Hailey et Buck.
Une fois de retour sur Atlantis, Hailey cria sur le type chargé des commandes.
« Bouclier ! Ennemi derrière ! »
Dans la seconde, un voile vint se superposer au vortex, bloquant l’entrée et permettant ainsi de refermer le passage en toute sécurité. L’on fit appeler un médecin, et des brancardiers. Le temps qu’ils arrivent, Hailey expliqua ce qui s’était passé, détaillant au mieux. Evidemment, elle garda sous silence ce qui se passa dans les tunnels, s’arrêtant au fait qu’elles s’y étaient cachés avec Kendall, après avoir fui une bande de fous furieux vénérant des wraiths. Passer pour une chaudasse, dans un rapport, cela faisait tâche. Et puis les supérieurs n’avaient aucunement besoin de le savoir qu’elle avait cherché à se taper la psy sur le terrain, plus ou moins volontairement.
Et enfin, les quatre membres de l’équipe purent se reposer dans un lit, après une petite session d’examens médicaux et d’analyse. Dans le sang de Kendall et Hailey, l’on retrouva des traces d’un hallucinogène, confirmant l’hypothèse de la psy au sujet des plantes, mais les scientifiques furent incapables de dire s’ils pouvaient expliquer la totalité de leur comportement anormal. Au mieux, ils pouvaient dire que cela faisait céder les inhibitions. Ils leur prescrivirent des examens réguliers, pour s’assurer qu’elles se remettent correctement. Une semaine plus tard, il ne restait rien dans leur organisme et elles purent retrouver sans contrainte leur vie habituelle.
Quant à Buck et Tyrell, ils “profitèrent” d’une convalescence un peu plus longue, le temps que leurs blessures guérissent.



@DamianVK




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Kendall Carr-Li
Médecin
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Lun 9 Aoû - 19:27

Kendall Carr-Li







Les Îles des Soupirs

Kendall Carr-Li & Hailey Spalding




Elle avait visé comme une pro. Le canon du tazer juché en direction de leur assaillant, ce dernier plongé dans les fourrés, le corps agité de soubresauts douloureux. Evidemment, Kendal ne se servait jamais d’armes à feu. La principale raison pour laquelle son coup n’avait pas manqué, c’était parce que l’ennemi avait oublié sa présence, au pied de l’arbre qu’elle n’avait pas encore quitté quand son groupe s’était précipité vers leur échappatoire. Une aubaine pour elle, qui avait déjà assez payé d’hématomes pour recevoir un carreau dans la cuisse à la place de son collègue. C’en était presque ridicule de se voir blessé par de pauvres natifs sous-développés quand on possédait le summum de la technologie alien. Et pourtant ! Il n’y avait rien de pire que l’inattention dans un milieu hostile. Tout l’intérêt de pouvoir compter sur ses camarades pour surveiller ses arrières. Kendall n’était pas médisante, elle savait bien que beaucoup de choses pouvaient échapper au regard. Mais en même temps, trop pragmatique, elle pensait aussi que tout accident pouvait être évité. Un bon timing, un coup d’œil au bon endroit, une phrase de plus ou de moins, un mouvement ou un autre. Pour elle, le monde se déroulait à la manière d’un plateau d’échec où même la plus insignifiante pièce pouvait avoir un rôle important, pour peu qu’on la plaçait au bon endroit, au bon moment. Ce pion, actuellement, c’était elle, et l’arme qu’elle baissait lentement après méfait.

La psy rendit un signe de la main à sa collègue, qu’elle avait vu faire une fois entre deux militaires qui s’étaient croisés dans les couloirs. L’index et le majeur joint près du front, s’abaissant ensuite en repliant le second et levant le pouce. Elle avait trouvé ça classe et original, et venait d’en voler le principe. Peut-être qu’il s’agissait d’un truc typique de l’armée, mais elle n’avait pas demandé sur le moment.

Rattrapant son retard auprès des autres, Kendall fit un lourd effort pour se relever, ses muscles engourdit bien trop rapidement dans l’inaction. Elle ne pouvait pas se permettre de les retarder, l’agresseur neutralisé n’étant sans doute qu’un éclaireur. Devant elle, le geyser caractéristique de l’ouverture de la porte se bomba un bref instant, où tous patientèrent, figés, que le danger de l’avalement fatal soit passé. Hailey supportait leur camarade dont le carreau s’était enfoncé dans le quadriceps. Son visage grimaçait de douleur à chaque pas, avant de se noyer dans le bleu du vortex intergalactique. Kendall suivit deux secondes plus tard, dardant un dernier regard vers cette foutue planète qu’elle ne reverrait jamais. Au loin, trois des montures canines du même gabarit que celui qu’elle avait rencontré. Des gardes à leur dos, prêt à mettre en pièces les envahisseurs.

Alors qu’elle traversait le cercle, Kendall s’interrogeait sur ce qui avait bien pu rendre furieux les résidents. Leur méfiance à leur égard durant le passage au village pouvait se valoir, mais de là à les pourchasser… elle ne voyait pas ce qui avait été le déclic. Déjà qu’elle ne se souvenait plus de tout ce qu’il lui était arrivé lorsqu’elle était droguée. Peut-être qu’elles avaient cassé un vase de grande valeur… Quelle idiotie. On ne déclenche pas une guerre pour si peu. Enfin, si, mais la moindre des choses aurait été de leur envoyer un procès.

Le brusque retour dans un environnement singulier dénué de flore servit une nouvelle nausée au docteur. Cette fois, si le frêle contenu de son estomac remonta, il redescendit aussitôt, plus amer et acide qu’à la première dégustation… Kendall toussa, les mains sur ses genoux. Avant même de pouvoir apprécier le retour à la sécurité de la base, elle fut submergée par une équipe de soutien du corps médical. Deux officiers transportaient un brancard de secours, où leur collègue souffrant s’y laissa tomber sans même attendre d’y être invité. La démarche d’éclopée de Kendall attira l’attention de l’un d’eux, une soldate presque aussi grande qu’elle, dont la solide constitution physique n’était plus à prouver, tant son équilibre ne bronchait pas d’un iota sous le poids de la psy.

Les heures suivantes furent moins pénibles. Allongée sur un lit de l’infirmerie, enveloppée dans la blouse turquoise des patients, Kendall avait été auscultée par l’un des médecins. Bien heureusement, elle n’avait à déplorer aucune fracture.

« Oh. »

Cette onomatopée ne venait pas de la brune. Mais plutôt du médecin qui venait de découvrir un point intéressant sur l’écran de sa tablette, debout près du lit. Kendall arqua un sourcil, incompréhensive.

« Vous êtes, euh… »

Son regard plongea sur elle, interrompant sa phrase avant de dévoiler publiquement des informations confidentielles.

« A ce propos… » rebondit la femme en baissant le ton, l’invitant à s’approcher d’un signe de l’index. « Ce produit que vous avez décelé dans notre sang… il fait quoi, exactement ? »

Une main au bord du matelas, l’homme d’un âge mûr, les cheveux d’un blanc immaculé, s’était baissé légèrement, acceptant une intimité qui ne pouvait malheureusement pas vraiment avoir lieu dans cet espace ouvert.

« Eh bien, d’après ce que ce que vous nous avez rapporté, vous et la caporale Spal… »
« Non, je veux dire, en terme neurologiques… »
« Hm, les molécules hallucinogènes agissent sur le cerveau de la même manière que les neurotransmetteurs : la dopamine, la sérotonine, la noradrénaline… Elles se fixent sur vos récepteurs et perturbent votre activité électrique. »

Il jette un œil à sa tablette pour continuer son explication, avec une passion non dissimulée.

« En bloquant ainsi la transmission normale entre vos neurones, elles augmentent le passage d’autres molécules, notamment du glutamate, un agent hallucinogène. »

La psychologue ayant étudié la neurologie dans son cursus universitaire, ces termes ne lui sont pas inconnus, mais vraiment lointain. Elle hoche doucement, pensive, puis lui précise :

« Sauf que… j’ai été capable de… sentiments. »

Le médecin sourit, un peu amusé à l’idée de rencontrer quelqu’un de novice en matière d’émotions. Il s’assoit au bord du lit, prêt à lui accorder toute son attention.

« Quels genres de sentiments ? »

Si quelqu’un d’autre aurait pu être gêné par cette proximité ou même par le déballage d’informations personnelles, Kendall se décala simplement juste assez, l’expression calme.

« Hm… de l’angoisse, je dirais. Pas aussi intense que mon mal des hauteurs, mais… différent. De la peur, aussi. Et… »

Son regard s’attarda un instant sur Hailey, assise sur un lit annexe, en pleine discussion avec leur collègue blessé.

« …de la gêne, je crois. Difficile à dire, quand on a que les mots pour comprendre ça. »
« Effectivement. » Il inspire un instant, la réflexion se lisant sur ses traits. « D’un point de vu technique, comme on ne connaît pas l’élément qui vous a contaminé, je ne peux pas vraiment vous affirmer ses symptômes. Mais… ce n’est pas impossible que le système limbique soit affecté dans l’action. Je n’ai pas beaucoup étudié la… enfin, votre maladie. Mais en toute logique, si vous avez été capable d’éprouver des émotions malgré votre système sensoriel très limité, c’est que l’hallucinogène possède une molécule pouvant améliorer les connexions entre les différentes voies corticales. »

Il prit une autre pause, observant les réactions de sa patiente. Kendall ne prit pas la peine de simuler quoi que ce soit. S’il y avait bien des personnes pour la comprendre, et éventuellement accepter son flegme, c’était bien les médecins. Il reprit alors, sur un sujet qu’elle avait déjà entendu de nombreuses fois dans sa jeunesse.

« Vous n’êtes pas incapable d’éprouver quoi que ce soit, en fait, c’est comme si vous aviez tous les outils, mais que votre cerveau ne sait pas s’en servir. L’hallucinogène a pu… lui donner un plan. En quelque sorte. »

En tant que scientifique, et plus spécialisé dans l’exobiologie, il vouait une certaine fascination pour tout ce qui concernait le biome extraterrestre. Donc, parler des effets inédits d’une plante sur une maladie neurologique encore difficilement connue sur Terre, et son entrain se reflétait sur son sourire.

« C’est une découverte qui pourrait vraiment changer le monde, vous savez… je vais proposer un passage pour récupérer des échantillons, quand les choses seront tassées par là bas. »

Kendall haussa une épaule.

« Je sais que les recherches dans ce domaine ne sont pas importantes… puisse qu’en vieillissant, on commence à ressentir les choses. Demander à quelqu’un de soigner une maladie qui guérit toute seule avec les années, c’est une perte de temps. Je ne vais pas vous obliger à travailler sur ce sujet. »

Il lui offrit un sourire plus large.

« Oh ! Mais, je ne fais pas ça pour vous. Vous, madame, et votre collègue, vous restez ici cette nuit, en observation. Je ne vous garantie pas que votre sommeil sera très réparateur, en revanche. Si vous vous trouvez des symptômes particuliers, venez m’en parler. »

La psy acquiesça, laissant le doc reprendre son travail. S’installant plus confortablement sur le lit médical, le regard porté vers le plafond, et un soupir léger hors de ses narines, elle réfléchit. Est-ce que toutes leurs missions seraient aussi insolites que celle-ci ? Pas qu’elle allait préférer rentrer chez elle si c’était le cas, la paye s’alignait bien avec le danger encouru. Mais il faudra qu’elle prenne le temps de s’améliorer, de sortir des sentiers battus, de reconsidérer ses priorités, pour éviter de rentrer un jour les pieds devant. Il était clair que, psychologue ou profiler de renom, ce n’était pas la qualité qui lui viendrait en aide face à un ennemi armé.

Hm, ce nouveau job s’avérait bien enrichissant.

@DamianVK




FIN DU RP


Dr. Kendall Carr-Li

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DC Nashen Vökashin

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