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Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade

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Darren Clive
Soldat 1ère classe
Bannière perso (image 901x180px) : Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade Bannie10
√ Arrivée le : 20/03/2019
√ Messages : 295

Lun 28 Juin - 18:21

Darren Clive


Le sommaire de la mission





Le croc du Néant

-



ÉQUIPE BARRICADE.

Plan :

Darren avait du mal à respirer mais il tenait le coup.
Ça lui rappelait les foutues manœuvres. Comme celle dite du “merdier intégral” où on les faisait cavaler en portant leurs masques à gaz, tenant les fusils bien haut au-dessus de la tête. Il se souvenait de ce mec là, pendant une pause, qui râlait comme un charretier. De mauvaise foi, le type prétendait qu’ils étaient passé dans l’ère “ultra-moderne” et qu’il fallait évoluer. Qu’il n’y avait plus besoin de masques. Maintenant, c’était la guerre contre les Wraiths, contre des menaces technologiques, pas contre des pays qui achetaient le gaz sarin au rabais.
Et bien Darren était plutôt content que les instructeurs n'aient jamais opté pour la logique de ce militaire. Parce que courir avec un masque à gaz, c’était à peu près la même chose que dans cette purée de poids.

Suite à la prise de décision de Shaun, Darren rabattit le bipied de sa mitrailleuse de section et avança avec lui, se déployant à quelques mètres de distance, pour progresser sur la barricade. Il entendait clairement la bataille se poursuivre autour de lui. Parfois, quelques balles claquaient, sifflaient en perçant l’air sans même qu’il n’en déduise la source. Nerveux, il avait suspendu le côté amical de ses gestes pour maintenir Esfir dans son dos. Il jetait sans arrêt des coups d'œil pour qu’elle ne se décale pas, au risque de se recevoir un pruneau. La silhouette fantomatique d’une maison assez conséquente se dessinait devant lui. On avait manifestement scellé portes et fenêtres pour que cette structure devienne une couverture complète. Un bloc infranchissable. Dans le besoin d’établir un périmètre de sécurité autour du site, il aurait été idéale de l’investir. Mais Darren comprenait qu’à cause du manque d’effectif, ce serait devenu intenable. Surtout qu’il y avait cette tour de guet en bois à quelques mètres à côté. Il suffisait que des Geniis prennent l’habitation pour avoir une couverture et un point de mire parfait sur l’église, l’équipe mortier...le massacre. Le dispositif s’effondrerait.

Quelques silhouettes émergeaient parfois en courant sur eux. Des diables fous, équipés de pieux, qui hurlaient « POUR LA FOI... » avant de s’écrouler sous leurs balles. Le militaire adressa un regard à son officier, attendant de recevoir un ordre. Mais celui-ci était assez naturel. Ils étaient en train d’atteindre la barricade sauf qu’il n’y avait plus personne.

Le canon de sa mitrailleuse pointa le corps sans vie d’un camarade. Il s’était fait empaler par deux lances en bois, les pointes durcies au feu. Il avait eu le temps de saigner les deux cinglés avant de s’éteindre. D’ailleurs, il semblait prouver à quel point il s’était battu jusqu’au bout. Un neuf millimètre vide trainait à côté, il était tombé à court de munitions. Le premier cadavre exhibait un gros trou dans la gorge, un coup parfait au niveau de la jugulaire, tactique militaire Atlante. Et pour le deuxième, il était sur lui. Le soldat mort le tenait encore d’une main rigidifiée. Et son poignard toujours plongé dans le flanc, de l’autre.

S’il avait pu, Darren se serait agenouillé et aurait murmuré un mot. Un signe de respect. Mais pas le temps. A la place, il se préoccupa du maintien d’Esfir dans son dos.
« T’inquiète pas ! »
Le combat semblait se poursuivre plus loin.
Dans leurs oreilles, on terminait l’appel avec une certaine gravité. La moitié des effectifs ne répondaient pas, les assauts de masse se poursuivaient.

Les fumées inégales finirent par devenir de moins en moins dense. Il y avait même une certaine forme de soulagement, de regain, dans la respiration. C’était devenu moins laborieux. Nelly avait très certainement dû nettoyer quelques foyers. Les échos de ses roquettes s’entendaient plus loin. Le Faucon noir les libérait du brouillard.

Le fait que le soleil finisse par réapparaître soudainement. Comme ça, comme si le Bon Dieu avait claqué des doigts, imposa une distraction désagréable. Clive n’allait pas lever le nez comme un lapin de trois jours, vigilant toujours les devants. Mais il ne remarqua pas le sifflement caractéristique. Peut-être que le lieutenant avait hurlé quelque chose mais il n’entendit que l’explosion brutale, le choc violent et le tremblement du sol qui l’avait forcé à se voûter. Les réflexes militaires de Darren prirent le contrôle de son corps. Il se sentit agripper la nuque d’Esfir sans la moindre douceur et l’emmener contre la paroi de la maison, là où il se jeta, dans la poussière. La prochaine explosion avait été très proche, une averse de terre, de sable et de caillasses retomba sur eux. Longuement !

Les oreilles prises d’acouphènes à cause de l’onde de choc, il essaya de trouver le lieutenant. L’officier était de l’autre côté, à couvert contre la tour de guet, bien vivant. L’aspect des détonations, la façon dont elles émergeaient du sol en levant des panaches de fumées blanches : ça lui parlait. Des obus de mortiers ! Une technologie clairement du pays.
On les pilonnait !!!

L’espace d’un instant, le soldat suspecta leur propre équipe mortier d’être responsable. Mais il songea tout de suite que c’était impossible.

« Chef !!! » gueula Clive par dessus une explosion.
Il se rappela enfin que leurs radios fonctionnaient. Il appuya sur son émetteur.
//Lieutenant ! Esfir et moi, on est ok !// lâcha-t-il après avoir vérifié l’état de santé de son amie.

Par chance, il n’y avait qu’une seule pièce qui les pilonnait. Le tir se faisait au coup par coup, de manière séquentielle, ce qui ne les privait pas du danger. Mais ce faisant, ils avaient la possibilité d’examiner le front entre deux sifflements. Le brouillard disparaissait, révélant les différents éléments. Une ville rasée, en ruine, complètement détruite. Deux chemins s’écartaient de leurs positions pour disparaître au loin.

Et là, juste devant, il y avait deux Atlantes.
Deux gars, bien de chez nous, qui se battaient encore, se partageant un périmètre bien trop vaste pour le tenir. Les fanatiques passaient à travers les mailles de ce filet percé de toutes parts. Avec le brouillard, ces types avaient dû passer à côté des collègues sans même les apercevoir.

Manifestement, ils essayaient d’avancer.
Pourquoi les défenseurs iraient en amont du courant, au devant d’agresseur plus nombreux, plus violent ?

C’est Shaun qui trouva l’explication. Grâce à son expérience de tireur d’élite et son regard acéré. Il perçut immédiatement le collègue pris dans les barbelés, une trentaine de mètres plus loin, et découvrit l’horreur de la réalité. L’incident n’avait pas eu lieu au bord de la barricade mais plus loin, sur un silo à grain de valeur stratégique.
C’était effectivement un bon poste de tir. Le lit de cadavres qui jonchaient les rues de chaque côté valaient bien le risque d’un tireur isolé.
Mais le gars avait chuté dans le vide, s’empêtrant dans la défense supposée empêcher l’abordage par les fanatiques. Sa jambe droite enroulée dans les barbelés le suspendait au-dessus du vide, à environ une quinzaine de mètres. Il s’agitait d’un côté à l’autre, poussant sur ses abdos, essayant vainement de se dépêtrer. Il aggravait ses blessures en tentant de se redresser, de reprendre des appuis. Vu ses cris de douleur, qui n'avaient rien de feint, le militaire n’y allait pas avec le dos de la cuillère. Réaction typique : ça passe ou ça meurt.

Il y avait de quoi se sentir pressé. Nombre d’hostiles convergeaient vers le silo à grain [H] dans le but de le capturer. Les deux collègues [T1 et T2] qui avaient pris le risque de le rejoindre ne parvenaient plus à progresser. Ils faisaient feu au coup par coup, se relayant efficacement, transformant les rues en un ignoble tir au pigeon. Le plus important pour eux, maintenant, n’était plus de rejoindre leur frère d’arme. Mais bien d’empêcher le plus longtemps possible qu’un de ces fanatiques ne parvienne jusqu’à lui.

Soudain, trois carreaux d’arbalète s’abattirent contre la rangée de tonneaux derrière lesquels se trouvaient Darren et Esfir. Le militaire sursauta puis détourna sa mitrailleuse vers un autre angle, plus dans la direction du lieutenant, et ouvrit le feu. Sur la deuxième route, derrière un amas de sacs de sable et les restes d’un chariot, quelques fanatiques tentaient de prendre les collègues dans le dos.

Ils ne s’attendaient pas à la présence de Shaun et de son équipe.

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Shaun Kelly
Lieutenant
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Lun 28 Juin - 21:07

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



Shaun avait réajusté la position de sa sangle qui reliait son fusil à son propre buste, se dégageant un peu plus de liberté de mouvement. Instinctivement, il avait conservé une posture assez courbée en se rapprochant de la barricade Sud, non seulement parce que la fumée y était moins dense plus en bas, sans empêcher la fumée de gêner sa respiration et arracher par la force des choses quelques toux expirées, mais aussi parce que sa haute et large silhouette était d’autant plus de surface aux balles tirés dans sa direction, qu’elles soient assurées ou perdues.

Il avait pris la tête, laissant à Darren le soin de s’occuper de la civile. Il avait suffisamment épluché les dossiers de son équipe avant de s’engager dans la mission pour en connaître les plus grands détails. Ce n’était pas pour rien qu’il lui avait confié cette tâche, lors du briefing, bien avant de connaître le chantier qu’était ce champ de bataille. Éclaireur de formation, ranger de surcroît, Shaun ouvrit la voie. Il n’avait pas trainer à lâcher les premières détonations de tir, le sélecteur de son fusil en coup par coup. Ca lui permettait de gagner en précision et d’économiser ses munitions. Il savait pertinemment qu’en face, du moins pour le moment, c’était de la chaire à canon qu’on envoyait se faire abattre comme des porcs. Les corps jonchaient le sol au devant, ce qui allait rendre la progression d’autant plus difficile. Privés de protection descente, la vélocité de leurs balles transperçaient les corps, les déchirant de part en part.

Dès que la zone visuelle réduite fut épurée, Shaun leva la main droite à l’adresse de son compagnon pour lui indiquer la progression, se dispensant d’élever la voix. Il n’y avait de toute manière pas cent milles possibilités, mais pour lui qui était en avant, c’était aussi une confirmation qu’ils pouvaient progresser, de ces quelques pas qu’ils gagnaient, quelques centimètres à peine avant de voir surgir des entrailles fumeuses d’autres fanatiques hurlants.

Ils y étaient, en plein dedans, en plein cœur de l’action. Une action qui ne laissait que peu de place à la réflexion posée et saisissait de plein fouet les instincts, faisant tourner à plein régime son cerveau reptilien. Les mouvements de son corps, sillonnant près d’un couvert sur son flanc pour optimiser son déplacement, était régi par une fluidité experte, déplaçant le canon de son arme, en permanence alignée sur la visée de son oeil directeur sur l’ensemble des micro zones qui se dégageaient devant lui, ou des mouvements qu’il percevait.

Il y eut cette levée de fumée, qui glana un certain soulagement aussitôt rappelé à l’ordre par un sifflement aigu. Putain de son angoissant qui ne laissait qu’à peine le temps de comprendre de quoi il s’agissait avant d’en déchainer les enfers. Impossible à prévoir, impossible à éviter, l’éclatement de terre, de poussière et de pierre l’avait forcé à gagner l'abri de la tour de pierre, son épaule se brusquant contre assez vivement. Il avait voulu hurler de se mettre à couvert, mais sa voix s’était perdue dans l’explosion, collant à ses tympans un tout autre sifflement.

D’appui de flanc, le canon toujours braqué vers l’avant, son regard était passé en direction de la zone percutée, essayant de voir au-delà de ce nouveau nuage qui en avait émergé, les silhouettes de ceux qui l'accompagnaient. Le temps que son ouïe récupère une audition suffisante qu’il enclenchait immédiatement la communication radio, ouvrant le canal Alpha Prioritaire en priant pour que le message ait pu être passé. Il ne voulait pas courir le risque de ne pas avoir pris la peine de vérifier.

//Equipe Mortier ici Lieutenant Kelly. Halte au tir mortier sur secteur Sud. Confirmez ou infirmez si les tirs ne sont pas de vous. Je répète...// il se replia brièvement en ressentant une nouvelle secousse, montant un peu plus son niveau de voix, grondante. //Halte au tir mortier sur secteur Sud.//
//Négatif lieutenant, négatif. Mortier de section pilonne le front Nord.// répondit immédiatement le sergent Graham. //Je répète : pas de tir fratricide !//
//Bulter !// Cria-t-il aussitôt après pour passer au-dessus d’une nouvelle détonation, coupant presque la communication que Spalding avait amorcé à son égard, s’obligeant à se recroqueviller davantage contre son couvert de fortune, tandis que son regard s’employait à découvrir la zone qui se dégageait devant lui. Il les voyait désormais, bien au-delà de la barricade, passant ses iris d’un gris d’acier sur l’homme suspendu au vide vers lequel plusieurs cibles ennemies convergeaient. //Nouvelle cible prioritaire d’urgence en tir longue distance. Un mortier nous pilonne la gueule secteur Sud. Trouve moi ce p...//
Mais la communication se coupa brutalement, arrachant sa phrase en suspens, ne laissant sur le canal radio qu’un long grésillement presque grondant.

Spoiler:
(Test incidence mortier : D20. résultat : 19)

Sa vue se composa d’une succession d’images entrecoupées et très rapides. Comme si on lui avait présenté celle-ci en diapositive et que la machine était soudainement devenue folle. Le lieutenant avait vu une flamme d’une incroyable beauté. Son éclat n’avait duré qu’un dixième de seconde mais elle l’avait irradié de manière presque divine. L’instant d’après, l’équivalent de sa beauté se transcenda en puissance phénoménale. Une impressionnante onde de choc qui dégageait tout sur son passage. La tour de guet contre laquelle il s’était tenu à couvert s’éventra brutalement, pulvérisant des morceaux de bois et de pierre aux quatre coins de la barricade. Quant à Shaun, sa tête se transforma en ballon de foot. Il se sentit s’envoler sur le côté, rebondir quelques fois, avant qu’il ne sente la morsure fatale de la douleur et le goût de la terre sans sa bouche.

L’obscurité s’imposa juste après mais il n’était pas inconscient. Un mal de crâne le brutalisa et l’officier se crut, un bref instant, répandu en mille morceaux, y compris sur ses équipiers. Tandis que ça sonnait comme dans une église dans son crâne, il se rendit compte qu’il était couché sur le dos. Son fusil était d’un côté, son casque, que le choc avait dégagé, de l’autre. Pendant ce temps, ce qui restait de la tour de guet se cassait la gueule. Vu le trou encore fumant à un de ses flancs, cet édifice l’avait manifestement préservé d’une mort sordide. L’obus de mortier avait explosé de l’autre côté.

Une main grande ouverte passa au-dessus de la tête du lieutenant et vint agripper sa poignée dorsale. Darren n’était pas resté une seconde plus au milieu de cette barricade, il courut en traînant le corps du lieutenant dans son sillage sans aucune douceur. Dès qu’il rejoignit la position contre le mur, il relâcha l’officier entre les mains d’Esfir et s’empressa de reprendre sa mitrailleuse. Il envoya une nouvelle rafale sur les arbalétriers.

Encore sonné, Shaun vit les douilles quitter la chambre de la M249 sans qu’il ne puisse entendre les claquements caractéristique. Il avait l’impression de flotter dans le vide, comme si rien de ce qu’il sentait ou parvenait à ressentir n’avait de sens et d’interaction avec les uns avec les autres. Ses muscles étaient pris d’une tétanie brutale, alourdissant d’autant plus sa stature qui l’empêcha de bouger. La vision ne lui renvoyait qu’un halo lumineux perdu au milieu d’un brouillard qui s’échappait à son regard pour laisser place à l’immensité bleu du ciel. Ca sentait la poudre, la poussière et le sang. Une décharge métallique qui se répandit d’ailleurs dans sa bouche qu’une morsure incontrôlée à cette brutalité subie avait fait jaillir de sa bouche. Quelques échappées carmines se mêlaient à la terre à l’effleurement de sa lèvre inférieure, sillonnant aussitôt un chemin insidieux sur sa pilosité faciale. Le bruit se matérialisa avec trois secondes de délai, juste avant que ça ne résonne plus fort dans son esprit, et que ses acouphènes se réduisent enfin.




Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade Shaun
DC : Aidan Foster

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Esfir Lunienko
Technicienne
mécanicienne
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√ Messages : 597
√ Localisation : Cité de Atlantis

Mar 6 Juil - 10:42

https://www.atlantisinsurrection.com/t3265-permission-de-esfir-l
Esfir Lunienko
Le croc du Néant

-



Alors, ok, elle avait peut être encore quelques petits passage suicidaire... ou plutôt que depuis ses déboires avec Teshara et l’autre type, elle était passé de la paralysie par la peur a une certaine insouciance face au risques et ceux malgré son idylle qui pouvait parfois mettre les nerfs de son compagnon à rude épreuve.
Mais de là, à aller se jeter au milieu d’une ligne de front sans sourciller... fallait pas déconner quand même!
La russe avait progressé en suivant les consignes de son ami...enfin sauf quand le soleil avait pointé le bout du nez et qu’elle avait réagit comme un lapin de trois jours en ralentissant pour lever le nez au ciel. Mais Darren la ramena très vite sur terre... ou plutôt sous un déluge de terre bien qu’il n’en soit pas à l’origine. Un sifflement avait envahi l’espace, poussant le soldat à la choper comme le petit lapinou qu’elle avait été et la coller contre le mur d’une maison. La forçant à se faire aussi petite que possible alors qu’une pluie de terre et de gravats leur tombait dessus.
Non mais déjà qu’elle s’était retrouvée la gueule tartinée de suie tout à l’heure, fallait qu’elle se prenne une douche de poussière maintenant ? Et dire que quelques heures plus tôt elle était contente de repartir en mission... Non elle avait raison, contrairement au joli discours du Lieutenant, on ne l’avait pas choisi parce qu'elle était une mécano de génie... mais parce qu'elle était sacrifiable. Bande de salauds! Un coup de Caldwell ça! Elle imaginait aisément le chauve bourru choisir son nom parmi les dossiers en se disant que ça ferait toujours une espionne russe de moins dans la galaxie.

Et puis cette explosion qui lui laissait un sifflement bizarre dans les oreilles, c’était insupportable. Ah voilà, s’ils voulaient voir une russe ou plutôt une demi russe en colère, ils allaient tout gagner!

Leur champ de vision et leur ouïe se dégagea enfin et Esfir put découvrir le paysage chaotique. C’était donc à ça que ressemblait la guerre ? Elle avait beau avoir grandi au milieu des militaires, elle n’avait jamais été soldat et n’avait jamais vu de champ de bataille. C’était le chaos, à se demander comment on pouvait différencier ses collègues des assaillants tellement c’était le bordel. Mais très vite, elle eut un début de réponse à cette question alors que des tirs d’arbalète venu se ficher dans les tonneaux devant eux la firent sursauter... Bon voilà, en gros les ennemis, c’est ceux qui te tirent dessus.

« Si je sors en vie de ce bordel... promis j’irai faire un gros câlin à ton amazone! » dit elle à Darren alors qu’un nouveau sifflement leur vrilla les tympans.

Une autre détonation, des projections, mais pas de douche de terre cette fois. Par réflexe Esfir s’était recroquevillée et elle ne vit pas tout de suite quelle cible avait été touchée. Elle vit juste Darren quitter leur position et se demanda si elle était sensée le suivre, rester là ou crever la bouche ouverte... Mais elle n’eut pas le temps de choisir une option qu’elle se retrouva avec le lieutenant dans les bras. Il avait l’air carrément sonné.
La rouquine le balaya rapidement des yeux pour voir s’il était blessé.

Shaun n’avait pas l’air de s’en rendre compte mais toute la partie gauche de son visage était truffée d’échardes de bois de différentes tailles. A croire qu’il avait accepté un défi d’ado en se jetant dans un fossé pleins de ronces. Sa face gauche ressemblait à s’y méprendre à la dorsale d’un hérisson. Le choc l'anesthésiait probablement. Mais ça avait l’air tout de même douloureux. Des points de sang se formaient déjà ici et là.

Et puis une minuscule colonne de fumée attira son attention. Elle provenait du gilet tactique du lieutenant. Sa protection avait fait le job en retenant la totalité des éclats. Mais ceux-ci avaient entamé son équipement. Les poches tactiques du soldat, mordillées et déchiquetées par endroits, laissaient paraître une partie du matériel rangé. La fumée sortait d’une grenade fumigène qui, pourtant, n’était pas dégoupillée. La cuillère était restée en place.

En y regardant de plus près, Esfir découvrit un projectile assez impressionnant. Il était large comme le pouce, long d’une dizaine de centimètre. Un pieux gainé de métal, probablement un renfort de la structure de la tour, qui avait transpercé le fumigène de part en part. Tordu et presque vrillé, la grenade se recroquevillait sur elle-même, autour du point d’entrée. Le morceau de bois disparaissait ensuite dans la plaque balistique du gilet, là où de la fumée s’y échappait également.

Qui sait si, en réalité, ce n’était pas sa peau qui était en train de cuire sous la chaleur rémanente de l’éclat ? Le métal recouvrant ce pieux sifflait encore au contact du gilet...

« Es ! » l’appela Darren sans détourner le regard du viseur. « Y’a un kit de secours dans mon sac. Sers-toi s’il faut !! »
« Putain Darren, j’suis pas toubib ! » dit elle rageuse contre la situation.
« T’as été promue. Bienvenue dans la team ! » rétorqua-t-il d’un air ton taquin.
Spoiler:
ESFIR Résultat au dé :20 + 5 sang froid = 25
« Hey Chef ? Ca va ? Tu m’entends ? »

Les doigts de Shaun s’agitèrent, se détendant de plus en plus à mesure qu’il regagnait de la mobilité de ses membres. Sa dextre palpait le sol rocailleux, s’étendant sur la poussière à la recherche de son arme. Cette dernière avait suivi le corps traînant de l’officier quand Clive l’avait agrippé par la poignée dorsale de son gilet tactique, la sangle toujours entourant son torse. Ce qui n’était pas le cas de son casque renforcé, qui trônait près des blocs de caillasses, à plusieurs pas de sa position. Ce fut la première chose qu’il fit, ses doigts se bloquant sur la carcasse de métal, avant même qu’il n'ait récupéré une infime partie de son acuité visuelle.

Les traits durcis, figés depuis l’explosion, son regard au gris sombre se fixa sur le visage d’Esfir qui se maintenait au-dessus de lui, cherchant à déterminer son état. Il ne ressentait pas encore toute l’étendue des dégâts qu’il avait subi, son corps bien trop endoloris et son sang surchargé d’adrénaline, mais dans son esprit, ça devenait très vite clair : ils devaient à tout prix progresser et quitter la zone de pilonnage ou c’était la mort assurée. Tout son corps se contracta dans une volonté d’effort pour se mettre sur le flanc, ramenant son fusil près de lui, mettant celui-ci à l’épreuve. C’était aussi la seule manière rapide de savoir ce qui ne fonctionnait plus vraiment.

Esfir posa une main sur l’épaule de Shaun.
« Oh ! Chef, tu te calmes et tu ne bouges pas. Tu... disons que tu as un gros souci et je sais pas encore le régler. »

La russe osait à peine toucher le pieu et la grenade, si elle manipulait la grenade, ils risquaient de se prendre toute la lacrymo dans la tête, ce qui les rendrait aveugle et vulnérable, et vu où ils étaient c’était la mort assurée. Elle écarta un pan abîmé du gilet du lieutenant pour voir où le pieu s’était arrêté, par chance, la plaque avait joué son rôle de protection elle semblait déjà bien endommagée... si la goupille saute... la plaque ne suffirait plus à protéger le coeur du soldat de ce pieu et il mourrait tel un vampire... Putain...

Bon réfléchis Esfir... réfléchis.... il faut virer ce pieu sans endommager la lacrymo et sans déclencher la goupille...

« Et puis merde ! Chef je te remets par terre et tu bouges pas d'un poil ok ? Je vais retirer la lacrymo percée que t'as sur toi. A trois.... »
« La lacrymo…? »

La technicienne prépara ses mains, une de chaque côté de la grenade. La droite devrait retenir la goupille bien serrée pour qu'elle ne puisse pas se déclencher, l'autre en support pour pouvoir la lancer. Elle jeta un œil aux environs.

« Darren, ils sont où nos copains que je lance pas ça sur eux? »

La mécanicienne ignorait toujours, à ce moment-là, qu’elle ne tenait qu’une grenade fumigène dans la main.



Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade 58390_s
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Darren Clive
Soldat 1ère classe
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Mer 7 Juil - 21:15

Darren Clive
Le croc du Néant

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Depuis qu’il avait atterri, Darren ne s’était pas laissé distraire par les angoisses naturelles qui montaient en lui. Toutes les scènes de guerre et de chaos, tant inédites que familières, façonnaient un décorum dont il avait pris l’habitude depuis longtemps. Il ne se voilait plus la face depuis son arrivée sur Atlantis, le soldat le reconnaissait : il aimait ça.

La mort, les souffrances, la cruauté de la guerre. Toutes ces horreurs avaient beau le révulser, il n’empêche que - grâce à ça - il se sentait exister. En traversant tous ces risques, tous ces périls, il se sentait vivant. A sa place ! Sa vie sur la cité, la famille qu’il y construisait, serait encore plus appréciable.

Un truc de soldat, songeait-il souvent. C’était monnaie courante chez les militaires d’aimer le conflit, de surpasser l’adversité et de rentrer chez soi en vainqueur. Les plus farouches en devenaient littéralement accroc. L’adrénaline délivrée par le corps, la prise de conscience que tout peut s’arrêter d’un coup...c’était devenue une drogue. Et Darren ne pouvait pas dire non.

« Si je sors en vie de ce bordel... promis j’irai faire un gros câlin à ton amazone ! » lui avait lancé Esfir après que les premiers carreaux d’arbalète s’étaient fichés devant eux.

Il se mit à sourire tout en se battant.
Elle venait de lui brancher l’esprit sur sa femme. Il s’imaginait déjà défier Esfir de mettre en pratique sa promesse et de capturer le moment en photo. A tous les coups, Lyanna le questionnerait du regard, la Russe encore contre elle, pour savoir s’il fallait prendre ça pour une agression ou non. Le cliché irait rejoindre la collection de ces rares moments qu’il recherchait.

Darren aurait dû se sentir réfréné par le fait qu’il allait devenir père dans peu de temps. La perspective de mourir subitement en laissant son Amazone seule, avec un enfant peu désiré dans les bras, devrait le faire réfléchir. Il avait pris du plomb dans la tête depuis qu’il s’occupait de sa barbare. Lui enseigner la vie de couple, avec ses hauts et ses bas, ça l'avait également fait grandir.
Mais c’était dans sa nature, dans ses gènes, d’aller se fourrer dans ce genre de guêpier. Pour exister, pour se sentir bien. C’était paradoxal.

Heureusement, Lyanna le comprenait. Elle ne lui avait pas dit au revoir d’un ton fébrile, la peur au ventre, comme dans un cliché de cinéma. Ni tenté de le retenir. La solide Kiranienne avait passé sa vie à faire la guerre.
Si les rôles avaient été inversés, elle aurait fait exactement la même chose, guidée par sa haine de l’homme. S’il y avait quelques gorges à trancher sans que Clive ne puisse l’en empêcher, elle y serait allée sans hésiter : c’était pratiquement le même type d’addiction.

Tout ce constat restait en arrière plan de son esprit. Il tournait comme une pensée fugitive mais présente tandis qu’il se battait. A genoux derrière son couvert, le soldat disputait un duel avec des arbalétriers depuis un moment. Ces fumiers étaient bien cachés derrière un épais remblais de sac de sable. Le fracas de ses projectiles de 5.56 déchiraient les sacs, éclataient le bois de la charrette renversée, mais il ne voyait aucun tomber.

Le temps que Shaun trouve une solution, il en était rendu à jouer la montre, ne lâchant que des salves économes de trois balles par trois balles. Souvent, Clive percevait les carreaux d’arbalète s’envoler vers lui et il ne pouvait qu’attendre le résultat. Manqué ! Il ne mourrait pas maintenant, il pouvait continuer.
C’était comme un match de tennis tendu dont chaque camp se renvoyait la balle, se disant que c’était peut-être la dernière fois. Malgré les armes archaïques d’en face, ils se rendaient les coups sans pitié. Un long bras de fer était engagé.

Soudain, il y eut ce vacarme, l’explosion de la tour de guet sous l’effet d’un obus de mortier avait produit un son différent. Darren s’était recroquevillé à ce moment-là. Puis en craignant que l’ennemi en profite, il s’était autorisé une rafale plus longue pour interdire toute initiative. Il ne réalisa pas tout de suite que son lieutenant avait été projeté au milieu de la barricade, quasiment à découvert. C’est Esfir qui l’avait averti de trois bons coups distincts sur son dos. Ce petit truc de soldat pour communiquer, c’est Warren qui avait dû l’enseigner à sa copine. Il avait trouvé le bon filon, le lascar, pour dompter la frangine Russe. Sous son air d’ours mal léché, il cachait bien son côté fleur bleue !

Ce n’était pas permis de se jeter à découvert pour récupérer l’officier. Darren prendrait le risque d’abandonner Esfir à son sort. S’il s’en prenait une, la mécanicienne se retrouvait seule contre l’ennemi. Mais Clive était persuadé que Shaun était le seul espoir du camp de réfugiés. Il avait bien remarqué, à l’arrivée, qu’il n’y avait personne pour diriger la défense dans ce camp.
C’était le chaos, l’équipe avait dû se scinder pour absorber la pression. Il allait falloir quelqu’un pour diriger ce joyeux bordel. Quelqu’un de tenace, avec du cran. Le lieutenant ne devait pas se faire buter ou bien la mission avorterait : alors ça valait le risque.

Darren déposa sa mitrailleuse à terre puis s’élança, juste après la nouvelle volée de carreaux. Il avait commis l’erreur de ne pas faire signe à Esfir de rester là, une chance qu’elle ne l’avait pas suivie par instinct. En chopant la poignée dorsale du lieutenant et en le tirant aussi violemment à sa suite, Darren crut se déboiter l’épaule. Le bonhomme n’était pas léger, il lui avait fallu se sortir les tripes. Après une poignée de secondes qui lui avaient semblé une éternité, il jeta le paquet cadeau dans les bras d’Esfir et reprit sa position de tir.

Dans son oreillette, il entendait le reste de l’équipe discuter. Trop concentré sur la défense, il n’en relevait que quelques mots comme le “en position de Warren” et le “épidémie” d’Hailey un peu plus tard. C’était le bordel pour tout le monde en somme…

« Es ! » l’appela Darren sans détourner le regard du viseur. « Y’a un kit de secours dans mon sac. Sers-toi s’il faut !! »
« Putain Darren, j’suis pas toubib ! » dit elle rageuse contre la situation.
« T’as été promue. Bienvenue dans la team ! » rétorqua-t-il d’un air ton taquin.
Dans le fond, il priait pour que l’officier reprenne rapidement des couleurs. Avec tout ce bazar, Darren avait perdu le compte de ses munitions et il angoissait à chaque tir. Quand il verrait la fin de la bande se faire bouffer par la mitrailleuse, ce serait le moment de recharger et il était plus que certain que l’ennemi en profiterait. Et soudain, enfin, il en vit un se décaler un peu trop. L’un de ses tirs l’avait surpris et, par réflexe, il s’était déporté pour se protéger. La prochaine rafale l’atteignit au flanc et il le vit disparaître derrière son couvert sous le choc. Une projection de sol sur le sang lui confirmait la réussite de son tir, il en reprenait le moral.

« Darren, ils sont où nos copains que je lance pas ça sur eux ? »

Clive tourna la tête et observa l’engin. Une fumigène éventrée par un foutu éclat, sur le point de se déclencher. Esfir avait pris ça pour une lacrymo, c’était ressemblant. Sans attendre, le soldat lui pointa la position de l’ennemi et lui demanda de la jeter le plus loin possible. Elle ne pouvait pas les atteindre à cette distance mais ça ferait l’affaire. La grenade retomba, la cuillère sauta sous le choc, et le tout émit un pet foireux avant de se déclencher finalement.
« On en profite. Aide-moi ! »
Darren empoigna le lieutenant pour le tirer derrière la maison, un couvert complet, où il serait bien mieux à l’abri. Ils n’avaient pas beaucoup de temps.

« Tu devrais te reconvertir infirmière. » lâcha Darren tout en plaçant l’officier dos au mur. Il l’inspecta rapidement. Visuellement, il ne présentait pas de blessures graves. Mais sa trogne couverte d’échardes sur toute une face expliquait pourquoi il était dans les vapes. Il l’avait échappé belle, le bougre.
Tout en fouillant rapidement son gilet tactique, le soldat jeta une oeillade moqueuse à sa camarade tout en concluant sa phrase.
« Oh ouais, c’est vrai. Uniquement réservé au marin, c’est ça ? »
« Ouais c’est ça et tant qu’il me prête son béret à pompon ! » dit elle avec humour plus pour se détendre elle même et oublier les boums dans tous les sens.

Quelques traits passèrent non loin en claquant sur le sol. Les tireurs semblaient se borner à tirer au jugé, sûrement inquiet de ce qui pouvait se planquer dans le brouillard. Après tout, puisqu’ils avaient utilisé de grands incendies pour lancer l’assaut, l’inverse n’était pas pour les rassurer.
« Lieut ! Vous... »

Une soudaine explosion le fit sursauter. Le clocher de l’église venait de disparaître dans un fracas de pierre pulvérisée. C’était là-haut que se trouvait Warren. Instinctivement, il appuya sur sa radio.
//Mec ! Rien de cassé ?//
Pas de réponse. Il tourna son regard sur Esfir, elle s’était forcément rendue compte que son amant avait été la cible.
« J’l’ai vu rentrer tout pépouze d’une planète infestée de Geniis. C’est pas une tapette à souris qui va te l’enlever. »

Darren n’était pas bien sûr de ce qu’il disait. Il espérait entendre rapidement la voix de son collègue. Mais ils n’avaient pas le temps de s’inquiéter davantage pour lui. Le soldat finit par trouver ce qu’il cherchait dans son gilet tactique. C’était un petit tube de dentifrice entamé, dont l’extrémité avait été enroulé, avec une bande de chatterton autour. Vu le mélange là-dedans, secret entre bidasses, ce n’était pas pour se laver les dents. Sans attendre, il dévissa le bouchon puis passa le tube sous le nez de l’officier.
Cela eut pour effet d’accélérer drastiquement le retour de Shaun. Ce qu’il inspira était si fort, le saisissant jusqu’aux tripes, que ça finit de le tirer de sa torpeur.

« Deux hostiles encore actifs. Warren est down. » s’écria Darren en ramenant sa mitrailleuse contre lui. Il essayait d’être concis et rapide. Ils avaient déjà perdu trop de temps. « Le mortier ne tire plus. Vos ordres, lieutenant ? »

Au moment où Shaun allait répondre, un cri montant l’alarma.
Les deux arbalétriers n’étaient pas restés à couvert. Le tir de roquette sur le clocher leur avait donné des ailes. Ils arrivaient dans le dos de Darren, sur le point de lui tirer dessus. Les carreaux étaient ce qu’ils étaient. A cette distance, ils tueraient Clive sans problème.


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Shaun Kelly
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Jeu 8 Juil - 14:24

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



Son esprit avait beau essayer de se faire violence, rien ne répondait comme il fallait. Même les voix lui apparaissaient en écho lointain, comme si sa tête avait été plongée dans un aquarium, créant une sensation de pression sur ses tympans qu’aucun mouvement de mâchoire ne pouvait régler. Si sa dextre s’était accroché à son fusil avec une certaine fermetée, il n’en demeurait pas moins encore incapable de savoir dans quelle direction le pointer, voyant chaque impulsion de volonté n’avoir de réponse qu’à retardement, ce qui rendait ses mouvements aussi ridicule qu’une conversation soumis au décallage horaire.

Une main sur son épaule retint son mouvement de flanc. Le visage pâlichon de la mécano lui apparaissant d’un bord, sa voix couverte par quelques tirs à proximité qui rendait la chose plus désagréable encore pour ses nouvelles sensibilités. Ses pupilles étaient assez dilatées, incapable de faire le point sur celle qui s’adressait à lui, en dépit de ses successifs rabattement de paupière qu’il forçait d’autant plus pour retrouver sa focale, mais rien. Sa tête avait peut-être frappé un peu trop durement sur le sol de roche et de poussière, ou bien son inconscient délestait déjà ses fonctions petit à petit pour palier à un plus grand traumatisme.

« Oh ! Chef, tu te calmes et tu ne bouges pas. Tu... disons que tu as un gros souci et je sais pas encore le régler. »

Il n’eut pas la totalité de ses mots, mais certains glanèrent quelques appréhensions. Il se demanda l’espace d’un instant s’il n’avait pas perdu quelque chose, un bras, une jambe, que la surdose d’adrénaline pour tenter d’esquiver l’insupportable douleur ne le lui avait pas encore fait remarquer. Il s’immobilisa rapidement, sa tête et son visage se tordant sensiblement pour arriver à percevoir ce qui n’allait pas.

« Et puis merde ! Chef je te remets par terre et tu bouges pas d'un poil ok ? Je vais retirer la lacrymo percée que t'as sur toi. A trois.... »
« La lacrymo…? » lâcha-t-il comme toute réponse sur le ton de l’incrédulité. Il ne bougea pas pour autant, bien trop en vrac pour seulement remettre quoi que ce soit en question ou en cause, surtout s’il s’agissait de lui venir en aide.

Sa tête retomba en arrière tandis qu’elle s'emparait de l’engin pour la balancer plus loin. Il avait conscience qu’il était dans une foutue merde et que s’éterniser dans le secteur signait leur arrêt de mort, mais il avait pas encore toute sa lucidité pour commander le moindre ordre. Cela provoqua un grondement rageur qui gonfla sa gorge à ce constat, il fallait qu’il reprenne pied, coûte que coûte. Il sentit l’empoignade peu après l’arrêt des tirs, percevant la silhouette de Clive venu de trainer plus à couvert. Il avait saisi l’opportunité pour l’aider dans la manœuvre en poussant sur ses pieds, se reculant assez jusqu’à ce que le dur d’un mur dans son dos se fasse sentir. Pas sûr que cela eut le même effet qu’il avait imaginé, encore bien trop désynchronisé dans ses gestes pour que ça en soit véritablement efficace, mais l’intention y avait été, et cela allait de pair avec sa farouche volonté de refaire surface.

L’odeur qui imprègna ses narines violemment fit le reste du travail, sa tête se repoussant en arrière par l’irritation que provoqua ce qu’on venait de lui présenter, stimulant l’excitation de sa muqueuse nasale, titillant brutalement son système nerveux central. Il sentit un coup de fouet l’agiter brusquement, à l’instar d’une prise qu’on venait de rebrancher et d’y mettre un coup de jus à pleine puissance. Sa tête se secoua rapidement pour y remettre un semblant d’ordre sous l'accélération de sa respiration en conséquence des battements plus dynamiques de son coeur, ses iris s’accrochant enfin à son interlocuteur qui lui fit aussitôt le topo de la situation. Il sentait la moitié gauche de son visage lui faire terriblement mal, ayant retrouvé ses terminaisons nerveuses en plus de sa conscience, ce qui lui tira une grimace douloureuse.

A la mention de Butler down, il dériva immédiatement son visage vers le clocher d’où s’échappait encore une intense fumée. Les blocs de pierres avaient été pulvérisés, et il se souvint brusquement d’avoir ressenti un souffle à l’instant même de vibration d’une explosion quelques instants plus tôt, tandis qu’il luttait toujours pour remettre ses idées en place. Ca lui revint en mémoire à la vitesse de l’éclair, mais alors qu’il s'apprêtait à répondre au Première Classe qui avait incité son retour, galvanisé par la nécessité d’agir en urgence, l’apparition des deux silhouettes surgissant dans sa ligne de mire fit ordonner à nouveau à son cerveau une surdose d’adrénaline.

Encore sous le coup d’effet de l'ammonium qu’on lui avait fait reniflé, son bras gauche balaya Clive sur le flanc pour le repousser sur le côté sans ménagement. Il ne savait pas encore où la russe s’était placée, mais pas dans son champ de tir, ça c’était une certitude. En revanche, le soldat lui se trouvait en plein devant et sa réflexion éclair lui avait fait obtenir la certitude qu’il n’aurait pas le temps de se retourner. Son bras droit, lui, s’était redressé en emportant son fusil auquel il n’avait cessé d’y être accroché depuis qu’il en avait retrouvé le contact, déployant son index sur la gâchette avant de donner les coups de sentence.

Couché sur le ventre, Clive se retourna tant bien que mal en dégainant son neuf millimètres. Il pointa successivement les deux corps étendus non loin de lui, s’attendant à un sursaut de leur part. Les petits fumiers ! Pour un peu, il se trouvait criblé de carreaux dans le dos.
Un brin rageur, le soldat s’offrit le luxe d’envoyer un coup de botte sur le mort le plus proche avant de se redresser. Les réflexes du lieutenant étaient bien là, c’était une bonne nouvelle.
« Content de vous retrouver. » marmonna-t-il en se replaçant à genoux, face à l’officier.

Shaun ne prit qu’à peine le temps d’observer les deux corps criblés de balle tombés sous la sanction de son fusil au canon fumant, les douilles brûlantes tombées hors de la fenêtre d'éjection trônant à côté dans la poussière des débris. Il n’avait pas de temps à perdre, pas de souffle à reprendre, à peine le temps de penser qu’il fallait agir. Il claqua sa main gauche qui lâchait l’appui de son arme sur l’épaule de Clive, d’un geste à la fois d’entrain et de reconnaissance, qui valait à lui seul tous les milliards de mots du monde.

« Faut qu’on bouge. J’ouvre la voix, Lunienko reste avec toi, tu protèges sur flanc droit, progression en colonne. Go.»
« A vos ordres ! »

Il prit appui d’une main sur le sol pour se remettre d’aplomb, un léger vacillement escortant son premier pas avant d’en retrouver l’équilibre. Il se cala contre l’angle de la maison derrière laquelle ils avaient trouvé abri, prenant le temps d’une seconde pour écouter ce qu’il en venait, observant l’ouverture du secteur Sud, avant de basculer rapidement pour s’ouvrir une vue plus large, allant au plus vite d’une progression tactique vers la barricade au devant.

De son côté, Darren s’assura que la mécanicienne restait dans son dos, proche de lui, prête à le suivre. Shaun venait de prendre sa place sur son ancienne position de tir. Donc il évita de le suivre, histoire de ne pas être trop proche. Le lieutenant perçu en premier lieu les deux fantassins du cordon défensif, sur l’allée d’en face. Le plus proche à couvert derrière des sacs de sable, l’autre planqué entre deux bâtiments, derrière un arbre effondré. Le fait que l’un d’entre eux soit muni de son neuf millimètres trahissait l’épuisement de leurs munitions. A en croire le tas de cadavres dans les rues d’en face, ils avaient réussi à interdire toute progression sur le silo. L’ennemi avait fini par comprendre qu’il n’y parviendrait pas par la masse, ils n’avaient même pas réussi à en faire passer quelques-uns. Bon boulot de la part des gars.

L’instinct de Shaun lui parlait. Tout semblait tranquille à présent, comme si l’adversaire s’était replié, abattu par l’échec. Mais ce faux sentiment de paix renouvelée, de secteur pacifié, lui rappelait une expérience toute autre : l’ennemi se réorganisait.
On ne les voyait pas, on ne les entendait pas, mais ils étaient là ! Planqués dans un recoin, dans des maisons, prêt à se lancer dans une tentative un peu plus réfléchie.

Les deux collègues maintenaient la position. Ils avaient perdu trop de munitions et avaient compris, vu le nombre de fanatiques prêt à se sacrifier, qu’ils n’atteindraient pas leur ami sans y laisser la peau. D’ailleurs, celui-ci s’était gravement affaibli. Il restait pendu la tête en-bas, balancé par les courants d’air d’un côté à l’autre, la tenue couverte de sang. Son râle avait perdu en puissance, sa douleur s’endormait au profit d’une dangereuse anémie.

Soudain, du mouvement sur sa gauche. Un Atlante quittait la tour de guet pulvérisée et sprintait jusqu’à l’arrière d’une grange. Il prit position derrière le mur, pas très loin de la couverture des arbalétriers, et contrôla cette portion de la route.

//Leader, Rippeur 4 en position. Au rapport !//
L’appel radio attira l’attention des deux autres défenseurs. On ajouta rapidement à son attention :
//Vigile 2 et 4 au rapport. Zone dégagée.//

\\ Vigiles et Rippeur, ici le Lieutenant Kelly en renfort, progression sur votre position. \\

Le Lieutenant avait rapidement réactivé sa communication, alors qu’il s’avançait à nouveau au devant, se dégageant le passage de la position prit quelques secondes à peine pour rejoindre le premier tireur derrière sa ligne de défense après un très court crochet pour récupérer son casque qui trônait désespérément au sol. Que valait une brève seconde de plus comparé à une vie entière épargnée si un nouveau tir devait l’atteindre ? Il avait esquivé sur le chemin les corps de fanatique allongé, essayant de ne pas y poser les yeux. Non pas par dégoût de voir des cadavres sur un champ de bataille, mais parce qu’il ne voulait pas prendre le risque de s’en figer s’il découvrait des types en uniformes, camarades tombés au combat.

Il avait lancé ces mots en prévention, pour qu’il ne soit pas surpris de son arrivée, se calant rapidement à ses côtés en trouvant le couvert rapide. Son visage lui faisait encore un mal de chien, mais déployer toute son énergie à penser à sa stratégie arrivait à l’en détourner l’attention. D’un geste de la main à son gilet tactique, il déploya les deux chargeurs 9mm supplémentaires qu’il avait embarqués. Certes, ça le délestait d’une bonne partie de ses munitions, mais c’était la seule chose qu’il pouvait faire pour le soldat.
Ce dernier l’en remercia d’un signe de tête sans dévier le regard de son objectif.
« Ca fait du bien de vous voir, les gars. » annonça-t-il de manière générale. « Donovan ne bouge plus, c’est mauvais signe. »

« On va passer par le flanc Sud-Est pour les contourner. Tenez la position et couvrez le secteur Ouest au cas où. Ne laissez personne l’atteindre.» Il décrocha également sa deuxième fumigène, la confiant au soldat avant d’aviser l’emplacement de Clive, se préparant à continuer sa progression.
« Reçu. »




Shaun Kelly
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Shaun Kelly
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Ven 9 Juil - 9:39

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



Darren s’était positionné devant le même couvert, mais sur le flanc droit, comme l’avait demandé Shaun. Il avait veillé à ce que la mécanicienne trouve refuge derrière les sacs de sable, lui interdisant de lever la tête si jamais il lui prenait envie de regarder.

« Mouvement repéré. Axe de la route Sud-Est. »

Des fanatiques semblaient s’être élancés d’un bord à l’autre de la route, disparaissant dans un corps de ferme attenant. Cela avait été rapide et succinct, ils étaient conscients de pouvoir être abattus à cette distance.

La route Sud Est était un peu plus étroite que l’autre. Cerné de bâtiments divers, encore debout ou effondrés, les pavés avaient souffert des séismes en se disloquant. Le chemin produisait des vagues constantes, gênantes, sur lesquelles il était aisé de buter. Les débris, la poussière et l’aspect quelque peu aride de l’endroit donnèrent l’impression d’avoir atterri en Irak. Ou bien des secteurs d’opérations similaires où l’absence de vie était synonyme de menace perpétuelle. Ca ne pouvait que rappeler le passé sur Terre.

Dire qu’il se sentait en terrain connu était sans doute un peu exagéré, mais ça y ressemblait fortement. Il sentait la tension forte de cette appréhension de voir surgir n’importe qui, n’importe où et avec n’importe quoi. Des femmes et des gamins ceinturés d’explosifs, ne résumant leur courte vie qu’à l’accomplissement des désirs pervers d’une divinité quelconque. Ca, il ne l’espérait pas - ou plus jamais.

Les soldats rencontraient régulièrement des encombrants. Du mobilier pulvérisé, ou encore en bon état, sorti sur la route, ou aux pieds des maisons. En compagnie d’un bon nombre d'objets abandonnés ; des amas de vêtements sales et poussiéreux se mélangeaient aux pierres décrochées du mur. Cela les obligeait à zigzaguer sans arrêt, à progresser de couvertures en couvertures.

L’oeil aligné à la hausse, la pointe de son canon redressée, Shaun déplaçait son arme en permanence dans la direction de son observation, prêtant attention aux fenêtres en hauteur, aux couvert des obstacles qu’ils dépassaient. Même si son avancée était rapide, il ne pouvait pas se permettre de courir, par prudence.

Sur la façade lézardée, quelqu’un avait peint une phrase au dialecte inconnu. Cette peinture, ou bien s’agissait-il d’une teinture pour textile, avait dégouliné en offrant un air apocalyptique à l'inscription.
Un peu plus loin, une porte ouverte présentait un seuil parfaitement entretenu, avec des plantes encore fraîches, comme si quelqu’un avait refusé que la fin du monde ne parvienne jusqu’à lui. L’habitant avait abandonné son balais juste à côté de la porte, la petite pelle en bois pleine d’un monticule de poussière, à croire qu’il avait disparu au beau milieu de son ménage. La trace de sang auréolée dans le couloir ne laissait pas vraiment de doute sur son avenir.

Une petite rafale éclata brusquement. Darren venait de terminer l’arbalétrier qu’il avait touché un peu plus tôt. Ses copains l’avaient déposé dans le renfoncement entre deux maisons qui ne s’alignaient pas, offrant ainsi un angle mort. Le type avait coincé son arbalète sous l’aisselle, espérant emporter l’un de ses ennemis avant de s’éteindre. Darren s’était montré plus rapide. Il agrippa l’avant bras d’Esfir pour la ramener dans son dos et reprit sa route à la droite de Shaun dont l’attention avait été attirée brièvement vers son collègue, pas plus d’un bref coup d’oeil le temps de s’assurer des raisons de ce tir, avant d’en revenir à son propre secteur de surveillance.

Très vite, le lieutenant remarqua le lit de cadavres encore frais que cette invasion meurtrière avait généré. Il y en avait partout. Couché les uns sur les autres. Ramassé aux pieds de couvertures. Ou gisant à même les monticules.
Son regard capta des détails, des bribes d’informations visuelles, comme le fait qu’ils ne portaient aucune richesse. Plus de possession sur les corps. Ni ornements, ni bijoux, ni vêtements pouvant les démarquer des autres. Ils ne portaient qu’une tunique en toile de jute sur laquelle se trouvait le signe de la religion.
Sur certains, on trouvait le même insigne gravé au fer rouge sur la peau. Probablement les plus méritants...ou bien les traîtres ?

Peu importait la planète ou la galaxie, l’être humain restait telle que la nature l’avait programmé. Ni plus, ni moins. Retrouver une telle ferveur, comme une excuse à l’appel du sang et de la mort, à des milliers d’années lumière de sa bonne vieille Terre renforçait ce sentiment d’inéluctable. Quoi qu’ils essayaient de faire, c’était inscrit quelque part dans leur code génétique, il fallait croire.

Un bruit inquiétant l’alerta. Un raclement de poussière et de caillou sous la semelle d’une chaussure. En levant le nez, il vit une fine pellicule de sable aride descendre du plafond de la maison attenante, comme si quelqu’un y rampait. Puis la tête d’un homme dépassa. Son regard terrifié fixa l’oeil noir de l’arme de Shaun et il hésita dans sa réaction. L’envie de se recoucher derrière le garde-fou du toit se partageait avec celle de s’immobiliser. C’était un cinquantenaire hirsute, couvert de crasse, aux lèvres craquelées par la soif. Ses mains s’élevèrent pour montrer qu’il n’avait pas d’arme. Ou plutôt… “sa main”...puisque l’autre était fraîchement amputé à la moitié. L’index sur la queue de détente, prêt à faire feu, se figea d’une position rigide, prenant le temps de l’analyse à confirmer la manière dont il devait le considérer. L’ennemi était partout, même à se cacher sous les traits d’un vieillard qui semblait vouloir passer pour innocent. L’espace d’un instant, Shaun se demanda pourquoi celui-ci n’avait pas fui la zone de combat. après tout, les fanatiques et les Atlantes s’échangeaient des familiarités depuis un temps certains maintenant, et se cacher si proche d’une zone si critique avait de quoi paraître suspect. Mais l’attachement à des valeurs de bien et de propriété poussait parfois certaines personnes à ne jamais lâcher prise, même menacé de mort immédiate.

« RAS. » déclara Darren d’une voix tendue, après avoir contrôlé une petite ruelle menant à un cul de sac.
« Présence civile à 10h.» compléta Shaun pour signaler la présence de l’intru, même s’il lâchait sensiblement la tension de ses bras en voyant l’homme lever les siens. Il restait néanmoins aux aguets. Après tout, Clive l’avait prévenu de présence se déployant dans le secteur.

Le type s’abaissa très lentement jusqu’à disparaître derrière son muret. Il ne bougeait plus. A présent, l’équipe avançait au beau milieu des cadavres. La pression montait d’autant plus. Peut-être que certains d’entre eux faisaient semblant d’être morts ? Qu’on les attendait au couteau et à la matraque, qu’ils soient à portée, pour leur sauter dessus ?

Spoiler:
Test incidence (D20 + stratégie/tactique > 12 = 20, succès critique.

Le vent soufflait dans leur direction. Une brise douce et fraîche qui apportait un peu de baume à ce désert urbain. Ca donnait envie de respirer un peu plus profondément, d’ouvrir ses poumons pour capter un petit peu plus d’oxygène dans cette atmosphère anxiogène. Mais un élément inhabituel l’interpella rapidement. Un détail olfactif qui se dissimulait très bien dans le relent de putréfaction déplaisant qui suivait la fraîcheur. Au début, le lieutenant eut un peu de mal à l'interpréter dans son contexte actuel. Mais il lui suffisait de se projeter dans le passé, lorsqu’il était sur Terre, dans un souvenir type. Au tarmac avant de décoller, quand l’hélico avait fait le plein. Ou bien dans le civil, lorsqu’il se rendait à une station service active.

Ça sentait l’hydrocarbure ! Pas de doute, c’était bien ça. Une bonne quantité pour que ça sente de cette façon.
Son regard acéré tomba sur la pile de cadavres d’en face. Il remarqua rapidement qu’elle n’était pas orientée de la même manière. Elle semblait “moins naturelle” par rapport au reste du tableau morbide. Comme si on les avait déplacés, assemblé, pour former un monticule différent.

Ou dissimuler quelque chose à cet endroit.



Shaun Kelly
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Sam 10 Juil - 8:34

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



Shaun leva la main droite vers le haut poing serré tout en s’immobilisant pour ordonner l’arrêt du binôme qui le suivait, avant de se décaler sur sa droite pour s’offrir le couvert de l’une des maisons de façade. Il avait posé genou à terre, rattrapant son arme aussitôt après pour venir observer le tas de cadavre en accentuant d’autant plus la dureté de ses traits, puis balayant droite et gauche de cette position particulière. Dans le même temps, Darren s’était saisie de son amie pour se mettre à couvert contre le même mur. Il leva son arme vers le bâtiment opposé pour couvrir l’officier en attendant son prochain ordre.

« Ca pue l’essence.» avait-il fait entendre d’une voix plus basse en direction arrière, sans quitter l’avant des yeux, cherchant une éventuelle porte sur la bâtisse contre laquelle il avait trouvé refuge, flairant le piège.
« L’essence...ici ? » s’étonna Darren, l'œil toujours dans la mire.

Son attention dériva sur la porte juste à côté de laquelle il s’était arrêté. Ils n’avaient pas franchement le temps de s’occuper de ça. Le type suspendu au vide goutterait à ses derniers instants dans une longue agonie. D’un geste de la main, il désigna la direction à sa droite, avant de porter sa main à la poignée de porte, testant seulement si cette dernière était verrouillée, sans l’ouvrir. La poignée répondait bien, rien n’empêchait Shaun de s’engager dans cette direction. L’officier désigna alors la porte de son index et majeur liés, pour que Clive se mette en place à une entrée. Ouvrir une porte et progresser dans un couloir était toujours une manœuvre sensible qui demandait à s’attendre à tout et à n’importe quoi de l’autre côté. Préparé, il patienta que Clive lui ouvre la porte pour se déployer rapidement en premier, braquant son arme prêt à faire feu au moindre hostile identifié.

Entraîné, Clive s’était déporté de l’autre côté pour faire face au lieutenant. Il avait emmené Esfir à sa suite et il se pencha brièvement vers elle pour lui murmurer une instruction discrète :

« Cache toi dans mon dos, je suis ton bouclier. »

Il épaula son arme de manière légèrement nerveuse puis avança la main vers la poignée. Il la descendit jusqu’en bas et braqua son regard dans celui du lieutenant. Dès qu’il reçut le signal, Darren poussa le panneau de bois énergiquement. Le geste avait été dosé pour que ce dernier ne revienne pas dans la gueule du lieutenant. Shaun pénétra dans un couloir plutôt petit. Il rencontra une architecture inhabituelle. Les pièces n’étaient pas toutes au même niveau. On accédait à certaines par des creux dans le mur, servant d’appuis pour atteindre des niches meublées. Un rapprochement naturel se faisait avec une fourmilière. L’accès principal se séparait sur d’autres couloirs inégaux menant à des chambres aléatoires. Orientation, élévation, tout différait.

Une ouverture discrète permettait l’accès à l’étage par un escalier en colimaçon. Des barres de bois s’enroulaient régulièrement autour d’un pilier central. Le sol de l’étage n’avait pas été conçu en pierre mais avec une sorte de mortier qui avait mal vieilli. Il se déformait en temps réel, permettant d’observer les pas d’hommes se déplaçant au-dessus de leurs têtes. Darren venait tout juste de prendre position pour couvrir le flanc droit, Esfir planquée dans son dos, lorsqu’on entendit quelqu’un courir sur eux. Depuis le couloir, d’une chambre à la visibilité réduite, un type déboucha en portant dans ses bras une petite caisse en bois. Il se figea, le regard complètement écarquillé, et semblait en proie au même doute que le civil planqué dans sur son toit. Sauf que celui-là donnait l’air vachement plus coupable.
La caisse dans ses bras contenait une dizaine de bouteilles en verre, chacune garnie d’un chiffon humide, dont l’odeur rappelait celle du fameux piège.
Cocktail molotov improvisé…

En comprenant que Shaun venait de percuter, il lui balança la caisse à la gueule avec une vivacité inattendue. L’ennemi en profita pour sortir de l’arrière de son pantalon un neuf millimètre bien de chez nous. Un Glock 17 dont l’oeil noir grimpa sur le visage du lieutenant, sur le point de délivrer une cartouche qui lui pulvériserait la face.

En comprenant à qui il avait à faire, le sang de Shaun ne fit qu’un seul tour dans ses veines qu’un battement de cœur plus rapide accéléra d’autant plus. Il savait qu’il n’avait pas le temps à l’hésitation. Il ne chercha même pas à esquiver la caisse envoyée sur lui, son arme déjà pointée dans la direction, il n’avait qu’à faire feu. Il pressa la détente sans sommation. Un sursaut lui secoua le corps et il s’effondra l’instant d’après. Pile dans la gorge, il se mettait alors à râler d’agonie en secouant des jambes.
Ça y est, le signal était donné. Les pas au-dessus de leurs têtes se mirent à courir, accompagnés de cris stressés. Les traces s’amenuirent rapidement. L’un d’eux s’était rendu en direction de l’escalier en colimaçon qu’on entendit grincer. Mais au lieu d’un homme armé, un claquement sec retentit. Le rebond d’un objet métallique qui cogna sur quelques marches avant de rouler jusqu’à eux.

« GRENADE ! » hurla Darren.

Il agrippa l’épaule d’Esfir et se jeta avec elle dans la niche la plus proche. Shaun n’avait pas d’autre choix que de faire l’inverse. L’explosion envoya valser des éclats de roche et un épais nuage de poussière jusqu’à eux. Puis une pluie de projectile transperça le plafond au-dessus d’eux. L’ennemi tirait au travers de son sol dans l’espoir qu’une balle perdue les atteigne.

Rabattu sur le côté, Shaun se mit à couvert de l’explosion, il avait d’un même temps aperçu la grenade, se jetant sur le côté avec vitesse, levant son bras gauche pour protéger son visage, déjà assez amoché comme ça, d’éventuels éclats. D’un regard de biais, alors que les premiers coups de feu partaient de l’étage vers le sol, Shaun s’assura que les deux autres étaient en vie et en sécurité, et d’un geste de la main, les invita à rester à l'abri. Darren acquiesça rapidement, ayant vérifié qu’Esfir allait bien.

L’index de Shaun changea de gâchette, s’avançant de quelques centimètres pour gagner celui de son lance grenade sous le canon. Il n’y irait pas par quatre chemins, patientant d’entendre le cliquetis caractéristique d’un chargeur vide pour se déployer vivement d’une bascule dans le couloir, restant à proximité de l’alcôve qui lui avait servit de protection en posant genou à terre et visa au plus loin au plus haut, à l’emplacement estimé des positions ennemis pour chercher à exploser le plafond juste sous leurs pieds.

Spoiler:
D20 + stratégie/tactique > 12 = 1, échec critique.
Aptitude spé relance. D10 < 3 = 5, échec.

La grenade M203 s’envola en produisant le “FOMP” caractéristique de son lancement. Mais lorsque l’ogive entra au contact du plafond, il ricocha tout simplement comme une pierre, revenant à l’envoyeur dans une terrible ironie du sort. La tête de la grenade roula tranquillement jusqu’au lieutenant avant de taper contre sa rangers. Allait-elle lui exploser au nez ?
Il ne resterait rien de lui mis à part quelques cheveux roussis au fond de son casque !

Mais à entendre le bruit de pet maladif que la munition lui lâcha, il n’y avait plus rien à craindre. Quelle était la statistique d’un explosif inerte déjà ? Un pour mille ? Un pour dix milles ? Un long-feu… cette putain de grenade venait de lui faire un long-feu et il resta quelques secondes figés à la fixer de ses grisés comme s’il se livrait à un duel de regard avec elle, la mettant seulement au défi de péter, là, maintenant. Mais rien.

La situation était si inattendue que Darren fixa brièvement son officier avant de lui adresser un sourire moqueur. Sourire qui s’effondra aussitôt lorsqu’il prit conscience d’une menace soudaine dans l’effondrement brutal d’un corps. L’un des ennemis s’était positionné au-dessus de l'alcôve de Shaun, proche de l’entrée, et avait ouvert le sol au couteau. La matière peu solide s’était laissée taillée en permettant la création d’un accès suffisant. La grosse brute lui avait littéralement sauté dessus. Sa grosse main l’empoigna et le jeta plus profondément dans l'alcôve.

« SALE CHIEN ! » se présenta-t-il avec un crochet bien senti.

Le coup s’abattit sur sa mâchoire comme un marteau, violent et véloce, forçant la forte carrure de Shaun à se plier brutalement, recevant l’impact où il dû se retenir de ses appuis pour ne pas tomber provoquant l'éclatement sa lèvre inférieure en une large plaie qui fendilla sa chaire, puis une gerbe de sang vint napper le bas de son visage et s’écraser sur le sol. Haineux, l’adversaire aux antipodes d’un fanatique agita son poignard de combat et s’élança aussitôt sur l’officier.

Spoiler:
D20 + corps à corps > 12 = 6, échec.
Incidence PNJ D20 >12 = 11 échec.

A l’image d’un vieux film des années cinquante, la brute avait profité de son initiative pour le balancer contre le mur. Là, il s’était saisi de son épaule de sa main libre puis l’avait planté grassement dans le bide. En bon escroc, en parfaite petite rampouille, il l’avait suriné en plein dans l’estomac. Un taulard n’aurait pas mieux fait son coup.
Mais les taulards étaient vêtus d’un uniforme orange. Ou bien à bande noire sur fond gris. Là, la pointe du poignard de combat avait transpercé le textile du gilet, trouant sa poche contenant le télémètre avant de s’arrêter dans la plaque balistique. La douleur résultant de ce coup n’était pas aussi violente que Shaun aurait pu le penser. Instinctivement, ses doigts s’étaient enroulés autour de la hampe de l’arme.

L’adversaire le regardait droit dans les yeux, rongé par la colère et le petit plaisir de dominer un Atlante. Il donna quelques à-coups bien secs pour s’assurer de la blessure mortelle. Et c’est là que tout se joua.



Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade Shaun
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Shaun Kelly
Lieutenant
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Dim 11 Juil - 10:27

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



La douleur de Shaun n’y était tout simplement pas. Du moins, pas comme il l’avait connu. Il sentait bien la lame avoir pénétré son gilet et avoir atteint sa peau. Mais à la place de la profonde déchirure que pouvait provoquer ce genre d’assaut, il ressentait un gros point de pression. Un écrasement.
La lame s’était arrêtée quelque part….avant de le blesser sérieusement.

La brute se rendit compte que quelque chose n’allait pas. Il brusqua une nouvelle fois son arme. Son regard descendit, comme pour vérifier qu’il l’avait bien touché, puis se voilà d’une intense incompréhension. Dans son esprit s’imposait déjà l’idée que Shaun Kelly n’était pas humain. Le doute s’empara de lui. Une distraction parfaite pour Shaun.

De sa main gauche, Le lieutenant avait empoigné la tenue de l’assaillant lorsque ce dernier l’avait projeté contre le mur, sursaut reptilien sans grand effet alors qu’il avait senti venir la suite. Son regard s’était dilaté en conséquence, son esprit déjà prêt à encaisser le choc, la blessure et tout ce qui s’en suivrait jusqu’à ce que mort s’en suive. Sa main droite avant relâché son fusil, bien trop grand, bien trop imposant pour une quelconque utilité à si grande proximité, ce dernier retombant à son flanc et cognant contre le mur derrière lui.

Dans son oreillette, des échanges continuaient de se produire. Il n’était pas le seul à avoir des problèmes visiblement.
//Caporal ! J’ai besoin d’aide, il se passe quelque chose dans la sacristie ! Dites au scientifique de venir tout de suite, c’est urgent !//
// Un peu occupée là ! // répondait Hailey d’une voix biaisée par la douleur.

Brusqué par l’évènement, délaissant la communication radio qu’il venait de recevoir, il vit le regard de son adversaire se décomposer de la même incompréhension que le sien, mais il ne voulait pas laisser à ce dernier le temps d’une réflexion supplémentaire. Profitant qu’il descendait son regard vers le bas, Shaun envoya son front en plein naseau du sadique, tandis que sa main droite dégainait le Jericho de son holster de cuisse, espérant avoir frappé assez juste et assez fort pour le déstabiliser davantage pendant qu’il pointerait son canon à son flanc et presserait la détente, à cinq reprises.

Tout se passa très vite. Le temps que le corps de son ennemi s’effondre, un autre avait sauté depuis la niche plus élevée, l’accès juste à côté du mur où Shaun avait failli se faire crucifier. Naturellement, il avait pointé la menace de son arme de poing. Un violent coup de crosse intercepta son mouvement et le canon du AK47 fumant remonta sur lui. Ces types avaient reçu un entraînement à l’usage de leurs armes, c’était certain.

Une rafale de M249 renvoya immédiatement le mauvais diable dans la niche. Son AK s’envola en vrillant, rebondissant sur le sol, tandis que le corps retombait sur le plancher des vaches. Darren avait réussi à le rejoindre alors même que Shaun tâtait son gilet, encore incrédule d’y avoir réchappé, les yeux grands ouverts en se demandant quelle divinité avait déposée ses doigts tentaculaires sur lui en ce jour. Darren abaissa légèrement le canon de sa mitrailleuse pour demander s’il allait bien mais, encore une fois, le destin en décida autrement. Une grande détonation fit disparaître le mur derrière Darren. La porte qu’ils avaient emprunté, un bout du couloir, et l’accès à l'alcôve disparut dans un flot de poussière et de gravats.

Ça n'en finissait plus. Sitôt une situation éclaircit, d’un nuage plus sombre encore se profilait, prêt à bazarder sa foudre en divinie exécution. Cela l’empêchait de penser au-delà de ses gestes, au-delà de ses instincts de survie ou de ses priorités. Tous ses sens réunis prenaient cher, et son ouïe se mit à nouveau brièvement en grève quand une nouvelle explosion secoua la pièce dans laquelle ils se tenaient.

Un acouphène persistant s’empara de l’équipe, prostrée au sol à cause de l’onde de choc. La lumière du jour inonda leur pièce, révélant un trou béant donnant sur la rue qu’ils avaient longé un peu plus tôt. Trois silhouettes se dessinèrent dans le brouillard de saleté, équipé de fusil-mitrailleur et d’un lanceur RPG vide. L’équipe n’eut que quelques instants pour réagir. Les AK47 s’apprêtaient déjà à vider l’ensemble des chargeurs sur eux, dans un tir de saturation, sans qu’ils ne puissent se protéger derrière un couvert. Darren se jeta par réflexe sur Esfir, encore sonnée, en l’écrasant de son corps pour faire rempart.

// C’est zombieland ici ! Qui est le con qui a joué au nécromant ???? // beuglait Hailey dans leur radio, pendant ce temps.

Le gris irisé des pupilles de l’officier se figèrent immédiatement sur les trois silhouettes qui venaient d'apparaître dès qu’il en récupéra la fonction, prêt à abattre comme des chiens le Première Classe et sa protégée.

Rattrapant la poignée de son fusil, il dressa immédiatement le canon en grondant presque hurlant pour attirer à lui l’attention des types qui ne l’avaient pas remarqué, histoire de faire gagner cette précieuse seconde d’interval au binôme avant qu’il n’appui sur la gachette, vidant le reste de son chargeur en essayant d’ajuster au mieux ses tirs pour qu’ils soient létals, immédiatement.

L’éclat de son arme alerta l’un des tireurs qui dévia immédiatement son canon sur lui. Il perdit le duel. Tandis que son corps subissait les sursauts des projectiles le perforant, sa rafale allait se perdre loin au-dessus de l’équipe. Le type hurla son désespoir et sa douleur, refusant l’idée d’avoir été abattu. Alors en tombant, il tournoya en gardant son AK47 tendu au hasard. La fin du chargeur ennemi partit dans les pattes du deuxième tireur qui sautilla, juste avant que l’assaut de Shaun le foudroie à son tour.

Il ne restait alors plus que le tireur du RPG. Paniqué, il sortait sa roquette dans un mouvement trop brusque. L’ogive lui glissa des mains et cogna sur le sol. Il avait peur, il poussait des plaintes. Pour un peu, on remarquerait qu’il était en train de s’uriner dessus. Envoyant sans cesse des coups d'œil vers Shaun et son arme déchargée, il ramassa son RPG et tenta de le glisser dans le lanceur. Il tremblait tellement qu’il n’y parvenait pas. Shaun avait tout le temps à sa disposition pour s’occuper de cette ordure.

Sa senestre se déplaça avec une vigueur précise tandis que l’officier désengageait le chargeur vide pour le jeter au sol, sans ménagement. Pendant ce temps, il s’était avancé dans la direction du trou béant qui avait éventré le mur de pas lents, calculés, lui redonnant une certaine force et prestance dans son attitude. Il s'emparait aussitôt d’un chargeur neuf, profitant de la panique du type qui lui faisait face, sans pour autant perdre son temps. Chaque seconde était seulement mesurée pour être le plus efficace possible. Il rabattit le levier d’armement pour engager la première balle sur le flanc du corps d’arme, avant de dresser son canon en s’arrêtant, pressant la gâchette en visant son crâne. Il n’éprouvait alors, aucune réelle pitié à cette exécution froide, sans doute bien trop échaudé de rancœur de la mort qui l’avait tant de fois frôlé ces dernières heures.

« Camarade ! Camarade ! »

Darren venait tout juste de se redresser. Sa main libre posée sur le dos d’Esfir, l’autre sortait son neuf millimètres dans l’urgence pour mettre en joue deux hommes qui sortaient du couloir à moitié démoli. C’était ceux qui les avaient arrosés depuis l’étage supérieur. Ils avaient parfaitement vu l'exécution de leur confrère au RPG mais ils faisaient mine de rien. Chacun jeta son AK47 au sol avant de lever les mains, prenant tout de même la route de la sortie.
« Ami ! » cru bon de déclarer le deuxième.

Fébriles mais opportunistes, ils esquissaient des pas de côtés pour rejoindre la sortie et essayer de s’enfuir. Un bref coup d'œil de la part du lieutenant, sur les fameuses armes jetées au sol en guise de reddition, lui apporta une nouvelle lumière. Ils avaient tout bonnement épuisé les munitions. La chambre des deux armes était restée ouverte en l’attente du rechargement.

Ça aurait pu fonctionner. Une âme généreuse ou au moins humaine les auraient peut-être laissé passer. Après tout, ils étaient désarmés et ne représentaient plus de menace dans l’immédiat. Quel honneur y aurait-il à seulement les tuer de sang froid ? Aucun. Mais en l’instant, le visage de Shaun s’était peint d’une terrible froideur, ses gestes en sentance d’une réflexion purement pragmatique. Il ne prendrait pas la responsabilité des morts que ses hommes proféreront à nouveau une fois leur camp rejoint et de nouvelles armes récupérées. Il dressa son HK417, les abattant tous les deux sans même prononcer le moindre mot, son esprit vrillant à son instinct le plus basique. Son regard ne dériva qu’à peine vers Clive une fois son forfait accompli, conservant le visage vindicatif qui n’appelait à aucune protestation. Ces enflures avaient pensé pouvoir se foutre de sa gueule, ils étaient servis.

Le première classe l’avait dévisagé un instant, l’arme encore levée vers les cadavres des deux “prisonniers de guerre”. Il ne savait pas quoi penser. N’ayant pas remarqué le stratagème de l’ennemi, qu’ils ne s’étaient rendus que par manque de munitions, Darren se disait que l’officier n’était peut-être pas la personne qu’il avait cru cerner. Mais dans le fond, il le comprenait. Les règles, les conventions et tout le toutim de rond de cuir n’avait pas grande valeur quand on vous assaillait aussi salement.
Mais heureusement, un appel radio vint briser le malaise très gênant qui venait de s’installer entre les deux soldats.

//Leader, ici Pile-Poil. Mission de tir terminée, tous feux réprimés.//

Puisque c’était destiné au lieutenant, Darren en profita pour s’occuper de son amie et vérifier si elle tenait le coup.
L’officier avait fait demi-tour, retournant à son Jericho toujours au sol qu’il vint récupérer pour le placer à son holster, il activa la communication radio en réponse.

\\ Pile-Poil, ici Kelly. Mettez-vous en contact avec Graham pour soutien sur secteur Nord-Nord-Est. On a perdu contact avec Butler. Ils ont des RPGs alors restez hors portée de tir. \\
//Teniente. La consigne contraint à l’usage de roquettes seulement. Munitions faibles, dix unités restantes. Permission de m’exposer pour passe de mitraillage ?//
\\ Négatif tant qu’on a pas de nouvelle de Butler. Sans spotter, impossible d’attester que vous risquez rien. L’hélico est notre dernier rempart. \\
//Si ! Mouvement Nord-Nord-Est, quatre minutes.// répondit Nelly.
« Chef ? Arme rechargée, paré à repartir. » intervint Darren à la fin de la communication.
« Alors en route. »

Il reprit son chemin en délaissant les cadavres au sol après les avoir délesté du RPG et sa munition, le sang entachant la terre et la poussière, enjambant les gravats pour rejoindre l’autre flanc de la maison et enfin arriver en vu de celui qu’ils étaient censés aller sauver, tout en espérant qu’il soit toujours en vie.



Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade Shaun
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Esfir Lunienko
Technicienne
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Mar 13 Juil - 14:11

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Esfir Lunienko
Le croc du Néant

-



Cela faisait plusieurs minutes que la technicienne suivait le mouvement sans réfléchir, sans voir les cadavres qui s’amoncellaient sur leur chemin, sans sentir l’odeur d’hydrocarbure, sans prêter attention à un planqué sur un toit, sans même entendre Darren qui lui disait quoi faire, où se mettre.... Enfin, elle l’entendait mais ne l'écoutait pas et son corps obéissait sans que son cerveau ne semble le lui commander.

Non, son cerveau était resté bloqué sur l’explosion du clocher et ces quelques mots “Warren est down” .... Ça voulait dire quoi ça ?! Elle avait voulu attraper Darren par le col et lui demander de lui expliquer mais son corps n’avait pas suivi, elle était comme deux personnes, un corps en mouvement et un esprit bloqué sur quelques secondes du passé.

Lorsqu'elle avait entendu le briefing du lieutenant puis qu’elle avait posé le pied dans cet hélicoptère, elle avait accepté l’idée qu’elle pourrait mourir là, que c'était une probabilité et que ce n’était pas grave. Mais pas une seconde elle n’avait envisagé la possibilité que ce soit Warren qui y reste, pas une seconde. Et ce n’était pas quelque chose d’acceptable. Pas lui, c’était un type bien, trop bien pour elle. Si une seule personne de cette équipe méritait ce sort, c’était elle pas eux et encore moins celui qui lui avait peu à peu redonné un peu plus d’espoir en un avenir qui paraissait incertain.

C’était toujours dans ce même état de mort vivant qu’elle était entrée dans cette bicoque miteuse à la suite de Darren... puis il y eu ce mot qui la sortit un peu de sa torpeur “GRENADE” et Darren qui l’envoya en arrière dans une petite salle, se faisant comme chaque fois son protecteur. Elle commençait tout juste à retrouver ses esprits, et le colère face à l’injustice de sa vie.

Juste après, une averse de feu et d’acier se déversa dans le fameux couloir. La technicienne reconnut sans mal la signature des armes en action. On vidait les chargeurs de plusieurs AK-47 dans leur direction supposée. L’ennemi tirait à travers le sol, espérant les abattre au jugé en contrebas.

Malgré le fracas de la pierre et de la poussière, Clive évolua comme s’il était indifférent à cette agression. Il avait la pression, comme tout le monde, mais il se contrôlait. Il commença par vérifier son état de santé avant de faire signe au lieutenant. Tout allait bien.
Lui, il s’était réfugié dans l’autre pièce.

Darren épaula sa mitrailleuse et appuya sur la détente, répondant à l’assaut ennemi. Le retour d’amabilité ne se fit pas attendre. Le vacarme était devenu insoutenable. Le claquement vif et sec recouvrait le bruit de la chute des douilles. La bouche du canon s’était transformée en lumière stroboscopique de boite de nuit et Esfir pu même en ressentir la chaleur s’étendre dans la pièce.

Soudain, une force invisible attaqua la mécanicienne. Elle se sentit arrachée du sol et projetée à terre. Ca avait été si soudain et violent qu’elle eut du mal à identifier l’agresseur. Le temps qu’elle se rende compte qu’elle se trouvait allongée sur le dos, Esfir remarqua qu’une main griffue, pleine de crasse, empoignait sa tresse. Le type resserra le poing et tira sans ménagement la pauvre jeune femme vers le fond de la salle, là où se trouvait une niche progressant à l’étage supérieur.

On l’enlevait à la barbe de Darren et il ne s’en était pas rendu compte !

La chute lui coupa le souffle et la ramena bien plus durement que les tirs à la réalité de leur situation. Elle n’eut que quelques secondes pour tourner la tête et apercevoir qu’une main avait agrippé les cheveux, c’était griffu et dégueulasse... et elle se sentie tirée en arrière. Ca faisait un mal de chien, elle avait l’impression qu’il allait la scalper rien qu’en tirant sur sa tresse, ce qui faisait subir à son cuir chevelu tout le poids de son corps.

« Lâche moi salaud ! » elle essayait de trouver un appui avec ses pieds pour reprendre le contrôle de son mouvement alors que ses mains essayaient d’accrocher ses cheveux ou la main qui la tirait en arrière.

Spoiler:
D20 + corps à corps > 12 = 1 + 3, échec critique.
D20 + résistance mentale. D20 + 5 < 3 = 5, succès critique.

A cause du boucan de la fusillade, personne ne pouvait l’entendre crier. La brute avait tout de même déduit ce que formaient les lèvres d’Esfir en la voyant se tortiller dans tous les sens. D’une main ferme, il tira encore plus fort et la traîna jusqu’à la niche supérieure. Un autre type l’attendait là, les mains enroulant une cagoule faite de toile de jute. On allait lui coller ça sur la tête, l’emmener loin de Darren et de Shaun. Et pour lui faire quoi ?

Servirait-elle d’otage ?
De monnaie d’échange ?
Ou allait-elle subir les pires sévices, comme l’on entendait souvent parler sur les théâtres de guerre ? Torture ? Viol ?

La douleur qui s’empara d’Esfir devint fulgurante. Elle la prit aux tripes, se répandant de son cuir chevelu jusqu’à l’ensemble de son corps et jusqu’au bout de ses ongles. Le chagrin qu’elle ressentait pour la perte de Warren se mêla au désespoir lorsqu’elle comprit qu’elle ne réussirait pas à se défaire de cette emprise. Darren était hors de portée. Si proche et si loin à la fois.
« Lâche moi Bâtard ou j’explose ta mère ! » éructa-t-elle mêlé à un cri de douleur.
La brute venait de la soulever comme une poupée de chiffon et il agrippa sa gorge de sa main crasseuse, y enfonçant chacun de ses ongles. Il la positionna dos à son comparse qui s’empressait de lui mettre le sac.

Ça y est, la toile de jute glissait sur sa tête, Esfir pouvait sentir ce tissu bien rêche lui racler le haut du front. Elle aurait pu tenter de se défendre à ce moment-là. Mais un coup de poing brutal s’était enfoncé dans son estomac, dès la première tentative, la faisant réagir d’un bond soudain. C’était sans pitié. On ne lui laissait aucune chance.
Deux types crasseux contre une technicienne. Ils l’avaient agressée dans le dos. Sans âme, sans honneur…

Esfir se sentit partir. Au moment même où la cagoule aurait dû l’aveugler, ses yeux se fermèrent juste avant, la plongeant dans l’inconscience. Or, ce qui aurait dû être un sommeil sans rêve, dans de profonds ténèbres, se mua en un son. Oui : un son ! Un gong, fort et très puissant, qui résonna au plus profond de son âme. Quelque chose s’était déclenché. Tous les sentiments d’Esfir. Ses émotions, sa partie sombre, et tout ce qui la composait, s’unirent dans ce son unique, comme une signature qui n’appartenait pas au genre humain. Et qui était pourtant bien là.

Un gong, le glas de quelque chose...

La jeune Russe se sentait bien désormais. Elle était en paix, sereine, comme si elle était partie loin, à l’abri, pour des siècles et des siècles. Loin de la décrépitude de l’âme. De l’attachement des êtres qu’elle perdait. Plus rien ne semblait pouvoir l’atteindre.

Sa maison était solide, elle ne demandait qu’à y rester pour l’éternité. Sage, silencieuse, permanente. Intangible. Mais quelque chose la dérangeait. Elle sentait la présence de gêneurs rôder non loin. Ils faisaient du bruit, ils hurlaient, malpolis et violents. Des nuisibles qui troublaient son repos. Ils apportaient avec eux la détresse, la mort et la cruauté dans une maison habituellement si calme.

Esfir se sentait dérangée dans sa paix intérieure et elle ouvrit les yeux. Les catacombes n’étaient plus entretenues depuis bien longtemps. Plus de servants, plus de veilleurs, il ne restait plus qu’eux, gardiens. La maison tombait en ruines mais ils étaient toujours là, tous, endormis, à veiller.
Malgré la pénombre Esfir y voyait comme en plein jour. Telle la figure de proue d’un navire, fièrement dressée depuis son alcôve, sa hache à deux mains toujours là, Esfir guettait, immobile. Là, du mouvement ! Elle baissa le regard sur une curieuse inconnue. Habillé d’une tenue Atlante, d’un gilet tactique, P90, casque…

C’était Hailey. Elle parut surprise de croiser son regard. Elle hésita un bref instant avant de lui offrir un petit sourire, l’air de s’excuser de la déranger, puis elle s’éloigna.

Mais le mal était fait. Esfir l’entendait, le gong…il semblait dire :

« Des nuisibles…
Tous des nuisibles…
Les rats et les cloportes galopent dans la maison…


...
Il est grand temps de nettoyer la maison. »


Esfir ne comprenait pas ce qu’elle faisait là, sans émotion, en paix, paix troublée par le gong, qui venait interrompre ce moment de quiétude ? Son regard se baissa sur une femme....cette tenue lui évoquait quelque chose. Mais il y avait ce bruit, des nuisibles, il fallait les éradiquer... Mais ce visage, ce sourire, c’était Hailey.. NON ! Hailey n’est pas un nuisible !
Esfir se sentait comme paralysée, étriqué et elle ne pouvait rien faire d’autre que de tenter de hurler dans son esprit. Non, Hailey est une amie, une alliée… « Elle n’est pas un rat à abattre ! Elle m’a soutenue, elle m’a aidé ! J’ai été une garce avec elle, et elle est restée mon amie ! Alors tu déconnes pas ! Ne recommence pas à blesser ceux qui sont là pour toi.
Ça suffit maintenant ! Hailey barre toi ! »

Bien sûr, elle ne pouvait rien entendre, il n’y avait que ce gong impérieux. Ce son émotionnel et étrange, qui n’était pas humain, répétait son appel de façon mécanique. Faire le ménage, faire le ménage….et à chaque fois, Esfir s’y opposait. Elle était devenue le rempart contre un danger réel qui menaçait son amie. Elle était en position de force et elle parvenait à y résister.

Malheureusement, une nouvelle douleur la saisit en pleine poitrine. Là, dans son corps, le vrai, resté au loin. Sa conscience rappelé d’urgence dans le monde réel l’arracha des catacombes et de son duel contre le gong. En disparaissant, Esfir sentit que l’influence avait le champ libre pour prendre le contrôle.
Il lançait le ménage ! Hailey était en grand danger !

Dans la maison, dans le monde réel, les yeux d’Esfir s’ouvrirent sur la toile de jute crasseuse. Elle avait le sac sur la tête. La technicienne se savait debout, bien droite. Rien à voir avec la posture de la créature, si ça avait pu avoir un sens. Il lui semblait plutôt avoir rêvé éveillé, comme si elle avait été victime de somnambulisme. Il y avait des cris et du vacarme, moins de coups de feu.

Elle avait toujours mal à la poitrine. Ses mains tatonnèrent et touchèrent un trou bien net sur son gilet tactique. La pulpe de ses doigts se figèrent sur le contour d’une balle écrasée, dans la crevasse de sa plaque balistique : on lui avait tiré dessus.
Bordel c’était ça cette douleur ? Putain mais c’était quoi tout ça... où était Hailey... où était elle ? Ca faisait encore un mal de chien et ça l'empêchait de réfléchir. Et puis, elle n’y voyait plus rien, la faute à cette maudite cagoule dégoûtante et puante. il fallait qu’elle la retire, sinon elle allait suffoquer ou vomir ou peut être même les deux.

Une fois débarrassée de sa cagoule malodorante de prisonnière, la jeune femme s’apperçut qu’elle était restée au même endroit. Les types n’avaient pas réussi à l’emmener. Un pistolet Genii traînait par terre à côté d’un cadavre encore frais.
C’était la brute...il avait les deux pieds cassés et un gros trous dans le dos. Quant à son comparse...il s’était “fusionné” avec le mur ! Son bassin et ses jambes en ressortaient, parcourus de spasmes nerveux. Tout le reste de son corps semblait avoir disparu à l’intérieur, comme absorbé.

« ES ! FAUT Y ALLER ! LE LIEUT A... »

Le visage de Darren s’était déconfit. Il venait de tourner la tête, découvrant le triste spectable, et étant bien incapable d’y trouver la moindre explication.

« Heu... »

Ce furent les seuls mots qui sortirent d’entre ses lèvres. Son regard restait bloqué sur elle, pas les cadavres.

Esfir avait regardé tour à tour ses assaillants, le premier avait dû se prendre une balle de Darren qui avait enfin découvert qu’elle s’était faite enlevée...le second par contre.... soit Darren l’avait envoyé très fortement embrasser le mur soit... soit elle en savait rien et franchement, il aurait pu finir en bouillie que ça lui aurait fait le même effet là tout de suite.
Des nuisibles.... oui voilà c’était des nuisibles ces deux de toute façon !

Son regard se releva sur Darren qui tirait une drôle de tête.
« T’en as mis du temps ! » fut la seule chose pas spécialement intelligente qu’elle trouva à dire. Elle était encore perdue entre le calme qu’elle avait ressenti dans cette sorte de rêve bizarre et les sensations et les émotions qui semblaient vouloir déferler à nous en elle. C’était perturbant et la meilleure manière de résister à tout ça, c’était... c’était Dark Esfir.

Darren secoua négativement la tête, s’apprêtant à lui dire qu’il n’y était strictement pour rien. C’était le problème du sous-effectif. Le temps de soutenir son officier, il ne s’était pas rendu compte que son amie avait été agressée. Ce qu’il voyait l’inquiétait beaucoup...voir l’effrayait un peu. Ce cerclage cuivré qui avait brillé un petit instant dans les yeux d’Esfir avant de disparaître, on aurait presque cru à un effet Goa’uld.

Darren ouvrit la bouche mais le vacarme d’un meuble brisé dans la pièce d’à côté le contraignit à se taire. Il y avait beaucoup plus urgent, un mec venait de sauter sur l’officier et il fallait l’aider. Ce n’était pas un petit modèle.

« Allez, viens. » lui lâcha-t-il en accompagnant le geste à la parole, remuant vivement de la main.

Comme elle n’avait rien de mieux à faire (a part peut être remettre de l’ordre dans sa tête mais là c’était pas gagné), elle suivit le soldat, restant derrière lui comme ils avaient progressé depuis le début, même si maintenant, elle le suivait en prenant moins la peine de s’abriter derrière lui comme derrière un bouclier humain.

Le temps d’entrer dans l’autre salle, Shaun avait été traîné jusqu’au fond. Son ennemi gisait à ses pieds et Clive termina le prochain adversaire, dans la niche supérieure, qui venait de le menacer de son AK. La situation aurait dû se calmer. Mais contre toute attente, la façade du bâtiment vola en éclat.
Darren, Shaun, Esfir. Tout le monde fut projeté au sol à cause du souffle. Il semblait que la terre s’était ouverte sous leurs pieds. La lumière du soleil envahit la salle dévastée, révélant la rue et trois ennemis responsables de la réhabilitation du bâti.

// C’est zombieland ici ! Qui est le con qui a joué au nécromant ???? // criait Hailey dans leur oreillette.

Malchanceuse, Esfir s’était retrouvée en première ligne. Darren sauta sur elle, cherchant à la protéger de son corps, tandis que Shaun répliquait déjà de son fusil. Tout s’était passé très vite. Ecrasée sous le poids de Darren, elle avait vue sur la rue, sur ses ennemis. Le tir de Shaun avait abattu le premier soldat au AK-47. L’autre tenait le dos de Darren en plein viseur.

Spoiler:
Incidence RP, D20 = 15. Succès

La scène qui se déroula sous ses yeux avait de quoi surprendre. Esfir était la seule à s’en être rendue compte. Du point de vue de Shaun et de Darren, le premier venait de tirer sur le second mitrailleur. C’est ce qui avait permis au lieutenant de le finir avant qu’il ne tue Clive. A cette distance, une balle de AK47 aurait transpercé son gilet comme du papier Allu, Esfir le savait.

Ce que personne n’avait remarqué, sauf elle, c’est qu’une main s’était matérialisée depuis le sol. En une seconde, aussi sûrement qu’un vieux film d’horreur, une main poussiéreuse s’était arraché d’entre les pavés pour se saisir de la cheville du tireur. En une simple torsion, l’articulation du bougre avait cédé au point de former une fracture ouverte. Le type avait cru être touché par une balle juste avant que ça ne soit effectivement le cas, par l’assaut de Shaun.
Dans la même simplicité de son apparition, la main s’enfonça entre les pavés et disparut. Le corps tomba par dessus l’instant d’après.
Au total, une poignée de secondes s’était écoulée. Nouvelle hallucination ?

C’était quoi encore ce bordel ?! Elle avait pris un coup sur la tête ? Elle avait fait un autre rêve éveillé ? Est ce que c’était la maladie dont avait parlé la tubib ?... Elle était en train de perdre l’esprit ?... Elle tente de prendre une grande goulée d’air, elle en avait besoin, mais le poids de Darren sembla peser plus lourd alors elle lui tapa l’épaule.
« Va falloir te mettre au régime, fini les glaces et les churros ! Tu fais un concours avec ta montgolfière ? ! »
« C’est mon équipement qui pèse ! » se défendit Clive en grinçant des dents.

L’humour, ou plutôt le sarcasme était son seul bouclier pour protéger son mental. D’abord l’annonce d’une maladie à la con, ensuite la perte de Warren, des coups dans le bide et la poitrine...et le crâne..oui elle avait encore bien mal au crâne... Et des hallucinations maintenant! Putain mais c’est bon là ! Elle était en train d’essayer de se racheter une conduite sur la Cité... c’était obligé de s’acharner ???? Bon, une chose était certaine, cette fois, elle ne rentrerait pas sur le Cité.

Puis un détail s’imposa à son esprit. Elle avait entendu la voix de Hailey.
« T’as entendu Hailey ? J’ai pas halluciné, c’était bien sa voix ? ! »
« Oui c’était bien sa voix. » répondit Darren en lui chopant le bras. Il l’aida vivement à se redresser. « Dans la merde jusqu’au cou, tout comme nous ! »

L’instant d’après, Shaun exécutait les derniers ennemis qui cherchaient à s’enfuir en le prenant pour un pigeon…



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Darren Clive
Soldat 1ère classe
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Jeu 22 Juil - 0:07

Darren Clive
Le croc du Néant

-



Doucement mais sûrement, les deux soldats progressaient dans les couloirs de cette étrange maison. L’architecture n’avait rien de commun à ce que l’on trouvait sur Terre. Les parois et plafonds pouvaient tantôt être solides et fermés comme mous et ouverts. A certains endroits, on pouvait craindre que tout le bâti ne leur tombe sur le crâne rien qu’en éternuant tant ça semblait fragile. Était-ce une conséquence des catastrophes naturelles ou bien un trait de culture de ce monde ?

Les “pièces”, si on pouvait les appeler comme ça, n’étaient que des niches à des niveaux d’élévations différents. Il fallait parfois monter, deux fois, pour redescendre une fois. Des minuscules escaliers en colimaçons, sinon des “creux” dans lesquels il fallait sauter. Toute cette organisation méconnue avait transformé cette habitation en un labyrinthe difficile à franchir. C’était toutefois le moyen le plus direct de parvenir jusqu’à la rue centrale, le silo, là où le soldat blessé devait être secouru.

Les bruits de pas, les déplacements bruyants de troupes ennemis tout autour d’eux, n’avaient rien de tranquillisants. Ils cherchaient eux-aussi à pouvoir les atteindre. Et tout comme eux : ils s’égaraient.

Parfois, un ou deux fanatiques débouchait de l’angle d’un couloir. Ou bien ils grimpaient la niche d’en face pour s’offrir à la mire du lieutenant. Darren faisait feu plus rarement, concentré à la protection d’Esfir qui lui semblait être devenue indifférente. Elle se montrait plus détachée, dans le mauvais sens, du genre suicidaire. Il l’avait déjà vécu, au bord de la digue. Ce manque d’émotion et même de peur n’augurait rien de bon.
Le problème, c’est qu’il fallait avancer et qu’il n’avait pas le temps de s’en occuper davantage.

Soudain, des tirs éclatèrent dans une pièce non loin. Quelques projectiles perforèrent l’angle d’un mur proche pour aller se perdre plus loin. Ils n’avaient pas été la cible, il s’agissait de balles perdues. A tous les coups, les autochtones rencontraient des geniis dans ce labyrinthe et inversement.
Darren échangea un coup d'œil avec son officier puis poursuivit la progression. Il passèrent dans des salles dont le mobilier, bien qu’à l’image de l’atmosphère apocalyptique, se montrait un peu plus rapprochant. Enfin, ils trouvèrent une fenêtre qui donnait dans la rue.

Darren s’était saisi du bras de son amie pour qu’ils aillent se coller contre le mur. Agenouillé, le soldat leva juste un peu la tête pour observer en contrebas.
« Activité hostile, j’en compte...une dizaine. Et on dirait qu’ils nous cherchent aussi. »
Il serra la mâchoire. Mauvaise nouvelle, le secteur était resté aux mains de l’ennemi. Les collègues à la barricade n'arrivaient pas à les endiguer. Mais parmi les quelques détails que Clive percevait à la volée, y compris le corps pendu du soldat inerte, il repéra soudainement un élément dans le hangar attenant. A travers le toit défoncé se trouvait une étrange machine...et qui dit machine...dit Esfir Lunienko !
« Es... »
Il lui fit un peu de place. La main posée sur son épaule, il la guida juste ce qu’il faut pour qu’elle regarde à son tour.
« En bas...à travers le toit..c’est bien ce que je crois ? »



Spoiler:
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Jet Esfir:
[Esfir. Test mécanique. D20 + 7 > 14 (difficulté élevée, état émotionnel) = 12 + 7 = 19, succès.]

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Esfir Lunienko
Technicienne
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Jeu 22 Juil - 0:15

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Esfir Lunienko
Le croc du Néant

-



La technicienne marchait clairement au radar, entre la perte de Warren et la conviction que de toute façon, elle avait été envoyée là parce qu’elle était “sacrifiable”, elle ne voyait pas trop pourquoi s’inquiéter de sa sécurité ou même de sa discrétion. Sans Darren dans son dos et le Lieutenant devant pour lui bloquer la marche, elle aurait foncé tête baissé faire ce qu’on lui demandait ou même grimper détacher ce gars et plus que probablement mourir en le faisant. Mais franchement a qui ça aurait importé ? A Darren peut être un peu, mais il avait son Amazone et son gamin en transit qui attendait la livraison sous peu... Il s’en remettrait vite. Bref, elle suivait ses indications sans grande conviction, attendant son heure sans moufter.
Ils arrivèrent en bout de route et Darren l’obligea à se caler contre le mur pour rester à couvert, jusqu’à ce qu’il remarque quelque chose dehors qu’il lui demanda de regarder. Elle se laissa guider et découvrit bientôt ce qui avait attiré son attention.
« Ouais, c’est une espèce de grue de levage. » Son regard fut attiré par quelque chose sur le sol au bas de la grille d’accès défoncé.
« Y’a des rails, ça doit servir à charger le silo mais c’est pas une techno d’ici. Tu veux qu’on aille voir si on peut la remettre en marche ? »
« Si tu arrives à faire fonctionner cet engin. » il rectifia dès qu’il croisa son regard. « ”Quand” tu arriveras à lancer la machine. C’est possible de se servir de la grue comme d’une échelle pour atteindre notre cible ? »
« Y’a pas de raison, c’est assez haut pour l’atteindre, suffit de trouver l’allumage et le carburant... » dit-elle avec un sourire en coin qui manquait cruellement de la petite gaieté habituelle qu’un défi mécanique lui procurait d’habitude. « Je parie qu’il y a ce qu’il faut là dedans, ça doit pas être qu’un garage pour le protéger de la pluie. J’espère juste qu’il reste du carburant.. y’en a qui ont forcé la porte ça devait pas être pour se protéger des balles non plus. »

Darren acquiesça puis se tourna vers son officier.
« Y’a une opportunité chef. Mais si on sort cet engin, on peut oublier la discrétion. Esfir deviendra une cible appétissante. »

Il se tut en entendant un bruit de cavalcade dans des escaliers non loin. Des cris de surprise montèrent brusquement. Il semblait qu’un genii tentait de se défendre avec son arme de poing. Ses cris de détresse montèrent jusqu’à ponctuer chaque coups qu’il recevait, l’amenant à une mort certaine et directe.
Bien que silencieux, Clive questionna le lieutenant du regard, attendant de connaître sa décision puisqu’il inspectait le champ de bataille.

L’officier avait levé le canon en direction du silo, basculant l’occulteur de sa lunette pour s’offrir une vue plus détaillée du camarade qu’ils étaient venus sauver. Tant d'efforts pour un seul homme pouvait paraître des plus délurés mais y’avait bien une règle qu’on lui avait apprise au sein de l’US Army : on ne laisse jamais un homme en arrière. Le vif de son regard d’acier détailla l’homme suspendu la tête en bas, les barbelés enchevêtrant ses jambes si copieusement, que le piège s’était transformé en garrot salvateur, mais ça ne laissait pas bon augure aux prévisions s’ils l’en débarassaient. Dans tous les cas, il fallait agir. De son emplacement, il estimait qu’il avait des chances d’être toujours en vie.

Son observation finie sur ce point précis, il en profita évidemment pour balayer la zone. A être concentré sur un point trop précis, il ne fallait jamais oublier les alentours. C’était typiquement le genre de chose qu’ils apprenaient en premier dans leur formation de tireur de précision. Un œil au devant, l’autre sur l’environnement. Les mots de Clive ne le tira pas de sa contemplation, lui prêtant seulement l'oreille alors qu’il tenait son poste, du moins jusqu’à ce que les bruits de combats n’émergent à côté.

« Quelles autres options on a ? » répondit-il à la question tout en se repositionnant de manière à anticiper une éventuelle irruption par l’arrière.
« Approchez le plus discrètement possible. Faire grimper Esfir au sommet par l’échelle, celle qui relie ce toit de l’autre côté. Elle découpe les barbelés, encorde le collègue. Et on tente de l’extraire par la même voie. »

Darren secoua la tête.
« Option 1 : bruyante mais rapide. La 2 est longue mais on sera moins voyants. »
Il fit silence un bref instant, son regard porté vers l’intérieur en sortant de l’angle de fenêtre, avant de répondre d'une voix toujours aussi grave, mais un peu plus basse.
« On est pas venu ici pour rien. On sort ce gars, coûte que coûte. »
Il réajusta la prise sur son fusil, essayant d'écouter entre leur conversation, les éventuels bruits supplémentaires qu’il entendrait dans la maison. « Clive, vous passez en premier directement dans le hangar pendant que je vous couvre. En position de couverture une fois en bas, Lunienko suivra au vert. Je dégage en dernier. »

« Reçu. »
Clive donna une tape sur l’épaule d’Esfir tandis qu’il se déplaçait.
« Prépare tes outils, aujourd’hui tu es notre grutière ! » lâcha-t-il avec un air taquin.
« Je fais ce que tu veux tant qu’on dégage de là, qu’on en finisse. » répondit-elle d’une voix un peu trop sèche.
Clive fit mine de ne pas avoir entendu.



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Shaun Kelly
Lieutenant
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√ Date de naissance : 25/12/1981
√ Nationalité : Américain

√ Age : 39
√ Messages : 111
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Jeu 22 Juil - 13:54

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



Les réflexions du Lieutenant allaient toujours à cent à l’heure, même en étant attentif, même l'œil dans le guilleton, il trouvait toujours le moyen de repenser aux situations. C’est pourquoi, dans cette pensée où le plan irait jusqu’à son point d’étape, Shaun allait se retrouver seul à l’étage sans couverture arrière. D’une légère frappe sur le bras de Clive, il interpella ce dernier avant qu’il ne commence à s’élancer déjà dans le vide, lui désignant la table de repas qui siégeait au milieu de la pièce.

« Aidez-moi à la lever contre l’accès. » dit-il en rabattant déjà son arme, s’avançant d’un flanc pour aller s'exécuter sans perdre de temps.
Clive réagit au quart de tour. Ils comblèrent au mieux l’accès à cette chambre avec son mobilier. Une fois qu’il eut l’accord de son officier, Darren passa une jambe par la fenêtre et testa l’appui sur le rebord. Ça tenait.

Aussitôt partit par la fenêtre, Shaun s’était placé à hauteur de la seconde, le bout de son canon braqué sur les hommes en contrebas, d’une position discrète en balayant chacun d’eux, prêt à faire feu si Clive était découvert.

Les hostiles se déplaçaient en gueulant, là, en bas, mais aucun d’eux n’avait dans l’idée de lever le nez. Darren progressa le plus silencieusement possible, vérifiant que le sol ne se déroberait pas sous son propre poids. Non, c’était bon. Quelques minutes plus tard, il contrôlait l’intérieur du hangar au travers de son toit éventré.
Personne.

Le soldat s’allongea ensuite sur le toit du hangar, non loin du creux de la toiture, pour déployer sa mitrailleuse et préparer la couverture de ses collègues.
// En position. Voie dégagée.// annonça-t-il à la radio.

//Lieutenant, ici Graham. Barricade Nord compromise. Je répète. Barricade Nord compromise !// fit soudainement la voix du sergent sur les ondes générales.
//Forte présence Genii. En danger d’être submergé. Demandons soutien aérien immédiat !//
//Lieutenant, ici Pile-Poil. En approche finale sur le front Nord. Je renouvelle ma requête de proximité pour passe de mitraillage. A vous ?//
// Pile-Poil ici Kelly. Négatif pour requête. Maintien de consigne hors de portée de tir sans contact spotter. Privilégiez roquettes en premier lieu. Graham. Notre hélico arrive sur zone pour soutien lourd sur front Nord. //
//Reçu. Tir roquette imminent !//
//Bordel !// s’exclama Graham d’un air personnel, ayant mal joué de son émetteur. //A toutes les unités, faites-vous tout petit, on bombarde au pied de l’église. A couvert !!!//



Shaun Kelly
#006633

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Esfir Lunienko
Technicienne
mécanicienne
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Mer 28 Juil - 21:08

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Esfir Lunienko
Le croc du Néant

-



De son côté, Esfir reçut le message radio qui signalait son point de départ. De toute façon, elle n’attendait que ça de partir alors bon pour une fois son petit vertige, elle s’en fichait pas mal. Et puis bon, si elle allait s’écraser la gueule en bas, les autres barbouses auraient qu'à se pointer et lui foutre un pruneau dans le crâne et au moins, elle serait tranquille... De toute façon c’était plus ou moins comme ça que ça allait finir non ?

Elle se pencha sur la fenêtre pour l’enjamber, ne prenant même pas le temps de vérifier s’il y avait une présence hostile en bas ou non. De toute façon ses deux comparses étaient là pour ça et puis... elle s’en foutait, on commence à comprendre non ?
Elle garda une main contre le mur, pur réflexe mécanique de survie dont elle se serait bien passé...son corps étaient semble t’il moins prêt que son esprit à passer l’arme à gauche... non mais quel con celui-là. Elle continua, pas par pas jusqu'à atteindre la moitié du chemin, elle pouvait voir la silhouette de Darren couché un peu plus loin, sans doute en train de couvrir son avancée.

Spoiler:
Esfir. Test résistance mentale. D20 + 5 > 16 (difficulté élevée, état émotionnel) = 5 + 5 = 10, échec.
Capacité relance de Shaun. D10 < 3 = 1. Réussite.
Esfir relance. D20 + 5 > 16 (difficulté élevée, état émotionnel) = 13 + 5 = 18, réussite.

Le malaise qu’avait subi la jeune Russe lors de son enlèvement, plus tôt dans ce bâtiment, revint en force. Comme si ses pensées sombres alimentaient une espèce de mécanisme, le sentiment d’évasion de son propre corps s’imposait une nouvelle fois sans lui demander son avis. Lunienko ne vit pas son équilibre s’altérer. L’appel soudainement inquiet de Darren s’évanouissait dans son oreillette comme si elle l’avait balancé au loin, se séparant tant du bruit ambiant que de ses repères auditifs. Exactement comme la dernière fois, la mécanicienne se sentit extirpée de son corps pour retrouver cette carapace chaude et bienveillante. Là où plus rien ne pouvait l’atteindre.

La même impression, la même lumière...

Quand elle ouvrit les yeux, elle se découvrit fusionnée au sol, dans la pierre d’une tour. Un sommet. Son corps...non… “son autre corps de gardien” était pris dans la roche, savamment installé entre les pavés. Un peu comme cette fois précédente, où elle avait croisé Hailey, Esfir était à un autre endroit. Peut-être bien cette tour du refuge qui avait pris le tir de RPG destiné à l’hélico, tout en haut.
Dans un sens peu importait l’endroit, elle était pas plus mal ici qu’ailleurs.. non elle y était même mieux. Mais un élément à la périphérie de sa vision attira son attention.
La carrure d’un militaire se distinguait clairement sur le rebord à quelques mètres sur sa droite. Il lui suffisait de le vouloir et la tête du gardien se tourna dans cette direction. Un Atlante...avec un fusil de précision...était concentré sur ses tirs. Ses traits tirés trahissaient une certaine angoisse, une appréhension, comme s’il ne parvenait pas à résoudre un problème qui lui tenait à cœur.

// Ici Butler, est-ce que vous me recevez bordel de merde ??!! // tenta-t-il une nouvelle fois en tapotant sur l’oreillette, parce qu’en parfait petit gars du Mississippi, c’était bien connu, tapoter sur l’oreillette la ferait mieux fonctionner. Mais rien !

La fin de la phrase monta dans les aigus, déformé par une force invisible, lui imposant une douleur brutale. On venait de lui enfoncer un tison ardent dans les narines, remontant jusqu’au milieu de ses yeux. Le cris de douleur qu’elle entendit était bien le sien, celui d’Esfir Lunienko, au beau milieu de ce toit.

// Chef. Y’a un problème. Elle saigne du nez…je vais la chercher ? //

L’attention attirée par la communication radio, alors qu’il était jusqu’ici fixé aux hostiles en contrebas, Shaun redressa le grisé de ses iris sur la russe arpentant le toît. Il eut un instant d’hésitation, sortant de son appui de la fenêtre qu’il tenait en position pour rejoindre la seconde qui avait servi à ses deux camarades à passer de l’autre côté.

// Lunienko ?.. Lunienko ! // Il attendit quelques secondes avant de reprendre, à l’attention de Darren, cette fois-ci. //Je m’en charge.//
// Je vous couvre. //

Esfir sentait la douleur horrible, elle troublait sa vision, mais elle voulait rester dans cette tour, rester près de Warren. Elle voulait pouvoir bouger, lui parler, vérifier que c’était bien lui, qu’il était bien vivant. Il fallait que cette douleur cesse ! Pourtant, elle le sentait au fond, le mal provenait de la connexion. L’un n’allait pas sans l’autre. Mais elle pouvait le voir, l’observer en silence, comme un fantôme bienveillant. Il n’y avait pas d’esprit bizarre qui appelait au meurtre, elle était seule en train de l’observer. Dès qu’il s’écarta de sa lunette, Esfir nota que le visage de son compagnon était couvert de suie. Quelqu’un lui avait fait péter à la tronche la fameuse bombe à poudre qu’elle avait reçue, elle-aussi, à l’atterrissage. D’ailleurs, son fusil était sale, maculé de ce même résidu de poudre noire.

Elle voulut esquisser un geste pour le rejoindre, lui retirer cette suie et s’assurer qu'aucune blessure ne se dissimulait dessous. Elle voulait l’attraper, le toucher, s’assurer qu’il était bien réel. Elle ne sut vraiment comment elle réussit un tel prodige, mais malgré la pierre qui encerclait son corps, elle parvint à se lever, à lever son corps de gardien, sans grande difficultés. Elle tendit un bras vers Warren, elle avait envie de crier son nom pour qu’il se retourne, qu’il voit qu’elle était là. Mais elle n’avait pas de voix et puis il restait cette douleur qui semblait vouloir l’arracher à son état, l’arracher à Warren, alors elle la combattit avec plus de fermeté, faisant un pas de plus vers son compagnon, puis un autre.

En la voyant ne pas réagir à ses appels, alors qu’elle progressait dans un état qui paraissait vraiment anormal, Shaun se souvint alors des indications de McAlister, de ce mystérieux halo cuivré qui était apparu au pourtour des iris de la technicienne. Intérieurement, il pesta contre lui-même de n’avoir pas joué la prudence à laisser la russe auprès du médecin, mais pas le temps de se flageller outre mesure, il devait réagir. Après un dernier regard en contrebas, pour s’assurer qu’ils n’avaient pas encore été découvert, tout en rabattant son arme sur son flanc, l’officier enjamba d’une allure preste mais contrôlée, le cadre de fenêtre qui lui permettait de rejoindre la position de la femme.

Quelques enjambées suffirent pour l’emmener auprès d’elle, son bras gauche crochetant sa taille avec rapidité, l’entrainant loin d’un bord dangereux mais surtout en direction de Darren qui couvrait leur position. Dès qu’ils l'eurent rejoint, s’abaissant en posant un genou sur la couverture du toit et entraînant Lunienko dans son élan, il s'empara de sa main en étau de son visage, balayant d’un revers du pouce le sang qui jaillissait hors de sa cavité nasale.

« Lunienko ! » l’appela t-il à nouveau, sans véritablement crier, mais insistant sur la dureté de son intonation pour capter son attention.

L’épanchement sanguin semblait avoir marqué un temps d’arrêt sous l’action de l’officier avant de repartir aussi sec. Darren gardait l'œil sur l’ennemi en contrebas. Mais pendant ce temps, sa main farfouillait dans son gilet tactique. Il en retira tant bien que mal le fameux sel de réanimation qu’il avait employé sur l’officier.
« Chef ! »
D’un geste vif, Shaun s’empara du tube qu’on lui tendait, frottant brièvement sa main ensanglantée sur le revers de son pantalon pour mieux dévisser l’ouverture et le plaçait juste à la respiration de la russe. Il ignorait si ça allait fonctionner, mais quelle solution avait-il réellement ? Cette mission de sauvetage tournait, largement, au vinaigre.

D’un coup, l’image de Warren disparut pour être remplacée par l’obscurité et la douleur se fit plus forte, d’autant que son nez était agressé par une odeur piquante des plus horrible. Non, non, elle ne voulait pas partir, elle secoua la tête les yeux obstinément fermés, elle voulait retrouver le corps du gardien, toucher Warren, le tenir dans ses bras, non on ne pouvait déjà lui reprendre ! Mais rien malgré ses efforts ne la ramena là bas. Entendant les voix de ses coéquipiers, elle finit par rouvrir les yeux sur le visage du lieutenant Kelly et elle fit la grimace.

« Laissez moi y retourner...Warren est là bas, il est vivant...laissez moi y retourner. »
« Y retourner ? Bon sang, Lunienko, réveille toi. T’étais juste en plein délire, t’as pas bougé d’ici. » tonna-t-il toujours en contrôlant la hauteur de sa voix, balayant à nouveau la coulée de sang qui maculait son bas visage. « Il faut descendre, plus de temps à perdre. »
« Non. » dit-elle sans détour en se redressant. Elle dut porter une main à sa tête, prise d’un soudain vertige. Le sang coulait de nouveau de son nez et elle le découvrit après avoir découvert sa main maculée du liquide rouge qu’elle venait d'essuyer machinalement. Elle releva son regard vert vers le chef d’équipe.
« Non chef, j’y étais, j’étais dans la tour avec Warren, il... » elle cherchait désespérément quelque chose à quoi se raccrocher, un détail qui pourrait lui prouver à elle et à eux qu’elle n’était pas folle. « Sa radio ! Elle ne fonctionne plus ! Il l’a tapoté... comme si ça allait marcher.. Il essaie de nous contacter mais on entend pas. »
« On verra ça quand on sera à l'abri, Lunienko. Filez. » Il avait donné cet ordre également à l’attention de Clive, pour qu’il prenne les devants et aide sa VIP à le suivre dans la foulée. Ainsi, sur ce toît, ils étaient fortement exposés, et il avait la crainte que leur numéro n'ait attiré l’attention, en contrebas, ou sinon sur les hauteurs voisines. Lui-même se positionnerait en couverture jusqu’à ce qu’il ait le signal pour les rejoindre dans cette progression stratégique.

Le cri du sergent Graham manqua de vriller les tympans de tout le monde.
//ANNULATION ! PILOTE, ANNULATION ! NE TIREZ...//
[color:5cfd=Deep Pink]//UNE ROQUETTE DANS L’AIR ! UNE ROQUETTE DANS L’AIR !//
//COUCHEZ VOUS !//

Il y eut un long silence uniquement troublé par l'écho lointain de l’explosion de la fameuse roquette au pied de l’église. La friture avait remplacé, durant un instant, la liaison radio.




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Darren Clive
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Mer 28 Juil - 21:19

Darren Clive
Le croc du Néant

-



Darren avait réagit au quart de tour. Il rabattit le bipied de son arme d’un geste vif, confirmant par le geste la réception de la consigne. Il se redressa en basculant l’arme dans son dos et, d’un geste entraîné, tira son P99 pour le pointer en direction de l’ouverture. Sa main libre maintenait solidement la mitrailleuse sur son flanc durant la brève inspection. Il se baissa, presque entièrement accroupi, puis se laissa tomber dans l’ouverture sans l’ombre d’une hésitation. La caisse qui le réceptionna grinça d’un air menaçant mais tint bon. Darren se laissa ensuite glisser contre la paroi jusqu’à atteindre le sol.

Concentré, il vérifia une direction puis l’autre, effectuant son tour d’horizon avant de faire quelques pas. Les semelles de ses rangers produisaient un clapoti, signe qu’un liquide s’était étalé sur le sol. L’odeur d’hydrocarbure prenait à la gorge, si bien qu’il valait mieux respirer lentement pour éviter l’étourdissement. L’espace d’un instant, Clive se demanda si la percussion d’une douille de neuf millimètres, se produisant dans la chambre de son arme, suffirait à enflammer les vapeurs d’essence et faire sauter le bâtiment. Il hasarda un coup d'œil interrogateur en direction de la mécanicienne qui lui semblait avoir repris des couleurs. Mais pile à ce moment-là, un claquement métallique retentit.

On avait fait tomber un outil...ou bien on s’était pris les pieds dans un morceau de métal : ce hangar était habité !

La question muette de Darren à l’égard d’Esfir s’évanouit, aussitôt remplacée par un air prédateur menaçant. Il tendit la main en direction de son amie pour lui demander d’attendre avant de sauter. Maintenant, il entendait des voix, chargé de stress et d'appréhension. Impossible de parler à la radio sans risquer de les alerter, Darren employa donc les signes militaires. Il tapota son casque pour indiquer la présence d’hostile et donna la direction estimée. Son index et annulaire jumelé informait Shaun de deux hostiles potentiels.

N’ayant pas l’information sur le risque d’explosion, avec cette présence d’hydrocarbure, il rangea son neuf millimètres dans son holster et tira délicatement son poignard de combat. Une dernière fois, le regard de Clive remonta sur l’officier pour lui demander l’autorisation de lancer la manœuvre. Il allait neutraliser l’ennemi en silence.

D’un geste de la main, en réception des informations données en contrebas par le soldat, dont l’officier avait été vigilant dès qu’il voulu capter son attention, Shaun fit le rond du ok, pouce et index joints. Il se plaça à plat ventre sur le rebord du toit éventré, cherchant à être le plus au bord possible sans risquer de chute, faisant signe à Esfir de se baisser au maximum. Il se désignera ensuite, si Clive n’avait pas détourné son regard, avant de frapper sur son casque et désigner la position indiqué par la Première Classe pour signifier sa couverture. Du moins, autant qu’il le pouvait. Il ne prenait en revanche pas le risque de communication radio, n’étant pas certain de la position ennemie repérée, restant cependant à l’écoute de tout ce qui proviendrait du front Nord.

Darren l’avait vu. Il acquiesça puis démarra sa progression discrète.
Dans le même temps, la friture dans l’oreille du lieutenant cessa, donnant une raison à l’incident de tir.
//A toutes les unités, attention ! Le spotter signale que des Geniis alliés sont susceptibles d’opérer sur l’ensemble de notre théâtre d’opération. Ils participaient à la défense de la barricade Nord, ce n’était pas une attaque.//
Il marqua une pause avant de reprendre.
//Signe distinctif : brassard ocre avec symbole noir. Contrôlez avant de tirer, terminé.//

Clive, de son côté, rasait les murs. Les jambes légèrement fléchies, son poignard en main, il atteignit la grue de levage et découvrit deux personnes en train de siphonner le réservoir. L’étendue de l’hydrocarbure répandue sur le sol provenait de gros bidons perforés. Il n’aurait su dire s’il s’agissait d’un sabotage ou d’imprudences de la part des précédents voleurs. Toujours est-il qu’il se montra lent et prudent, évitant consciencieusement les différents objets répandus sur le sol. Sa source de bruit était plutôt bien dissimulée par les deux truands occupés à s’embrouiller. Une fois à portée de main, le soldat fit ce qu’on lui avait appris. Il s’empara du premier hostile et lui planta sa lame dans la gorge, à hauteur de la carotide, en laissant une diffusion brutale d’hémoglobine lézarder la porte du réservoir. Le second se retourna brutalement et ouvrit la bouche sur un début de hurlement, il comptait donner l’alerte.

[Test Darren, assaut. D20 + corps à corps > 16 (difficulté, découvert) = 13 + 5 = 18. Réussite.]

Clive le repoussa d’un violent coup de botte en pleine poitrine, le choc lui coupant le sifflet avant même qu’il ne puisse alerter ses copains à l’extérieur. Il s’élança immédiatement sur son adversaire dans l’intention de lui faire subir le même sort.

[Test Darren, assaut. D20 + corps à corps > 12 (difficulté classique, ennemi au sol) = 16 + 5 = 21. Réussite.]

Tout en restant silencieux, Darren écarta les mains du type qui trahissait sa panique et plongea dans sa poitrine. Une fois, deux fois, puis une dernière. Il vrilla sa lame et la ressortit d’un coup sec. C’était bon pour lui.

[Incidence RP D20 = 12]

Le militaire s’était redressé, effectuant un tour d’horizon en s’apprêtant à effectuer son appel radio. Sa voix annonça les premières lettres du terme “Sécurisé” lorsqu’il fut brusquement agressé dans le dos. Un troisième rôdeur s’était planqué derrière la machine et avait attendu son heure. Le combat s’engagea sans que Darren ne puisse reprendre l’initiative. Muni d’une barre de fer, l’ennemi lui faisait pleuvoir une série coup, conscient qu’une simple faille signerait son arrêt de mort. C’était un quinquagénaire en haillon, le signe religieux tatoué sur le front d’un tissu cicatriciel. Il s’était fait ça au couteau.

La barbe sale et les dents cassées, il hurlait d’une voix extrêmement faible, signe qu’il était quasiment muet. Mais le fracas du tube qui percutait le casque de Darren puis le sol, lors de ses esquives, allaient finir par attirer l’attention.

Allongé sur le toit, Shaun continuait d’observer en contrebas, vers l’intérieur, délaissant son attention vers l’environnement alentour en espérant que sa position suffisait à ne pas attirer d’attention. Il avait rabattu le long tube du RPG sur son flanc pour en minimiser la gêne, calé son canon sur son avant-bras gauche pour s’en servir d’appui et optimiser sa précision, calant la crosse au creux de son épaule, la joue appuyée sur le côté. Il avait attendu, ne faisant qu’entendre d’une distance assez lointaine les actes qui se déroulaient hors de son champ de vision, pestant de ne pas pouvoir lui fournir l’appui prétendu.

Dans le réticule de son viseur, il perçu finalement les premiers mouvements du combat qui ne tournait largement pas en la faveur de son camarade, constatant quasi-immédiatement la situation qui exigeait une réaction vive. L’index sur la gâchette, il visa au plus large pour être sûr d’atteindre sa cible sans tir fratricide, les ailettes de son réticule se plaçant sur la ligne même des épaules de l’ennemi, en plein thorax. La respiration retenue, il tira.




[Test Shaun, tir. D20 + maniement d’arme > 12 (bonus position de tir +2) = 6 + 8 + 2 = 16. Réussite.]

Juste à temps. Darren vit son adversaire se faire perforer par le projectile. Il retomba comme une poupée de chiffon à côté de lui, raide mort, tandis que l'écho du tir formait un bel écho de montagne. Déjà, les cris des autochtones montaient dans la rue.
//Zone...sécurisée...// marmonna Darren avec une réelle aigreur. Il s’en voulait de s’être fait avoir juste à la fin.

Sitôt son tir résonnant de toute part et l’assurance que la balle avait éliminé la menace, que Shaun rabattit son fusil de flanc, comptant sur la sangle de maintien pour servir le reste de son mouvement tandis qu’il avançait une main rapide vers Esfir pour l’en saisir le poignet.

« Faut se mettre à couvert. Maintenant. » Son intention était de se laisser glisser en contrebas tout en aidant la russe à gagner la terre ferme, lui offrant son appui lorsque cela s’avérait le plus rapide et efficace. Les relents d’hydrocarbures lui agressèrent brusquement les narines, alors qu’il constatait le bruit aqueux prodigué par ses godasses en contrebas.


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Shaun Kelly
Lieutenant
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Hier à 9:25

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



Par sécurité, le lieutenant Kelly avait placé la mécanicienne à l’abri derrière une caisse, non loin de la fameuse grue. Son attention fut attirée par Darren qui se tenait droit, en plein découvert, en train de déposer sa mitrailleuse sur la tranche de la machine. Le soldat s’évitait un poids tout en assurant ses mains, ses bras, du genre à se préparer à une grosse baston.

La scène qu’il découvrit dans la partie dégagée du hangar répondait à sa question. Les cinq hostiles, dont un dernier finissait de franchir la grille déformée, se débarrassaient également de leurs armes à feu. L’hydrocarbure était en train de mettre tout le monde d’accord : pas question de tirer une balle sans tout faire sauter.

Cinq hostiles. Shaun ne pouvait pas le savoir mais il s’agissait de cinq frères. Des bagarreurs qui avaient passé leur temps dans les arènes de combat pour gagner leurs vies. Le lieutenant discernait la subtilité, le fait qu’il ne faisait pas face à de simples croyants. C’était très certainement des petits “lieutenants” qui avaient envoyé toute cette chair à canon à la mort.
Ils se disposaient en arc de cercle, se massant les poings, en l’attente d’un accord généralisé pour y aller.

Darren fit craquer sa nuque d’une rotation de cou et zieuta son officier qui prenait place à ses côtés.
Shaun avait également abandonné son matériel encombrant - et c’était peu de le dire, venant placer le RPG ainsi que son fusil d’assaut et son sac à dos sur le côté, non loin des propres affaires de Darren pour se rendre plus léger, plus apte à ce qui se préparait. Il avait observé les cinq gaillards, tous à peu de chose près aussi large d’épaule que lui, mais peut-être avec cet aspect du combat que lui-même avait peut-être un peu trop négligé : celui de la rue.

Pour le coup, il avait pris son temps, son esprit se préparant sans doute déjà à ce qui allait suivre, surtout au constat qu’ils en faisaient tous de même. Il ne manquait plus que la foule en délire clamant les paris et...
« Cinquante billets que je pisse moins le sang que vous, patron. » lui lança-t-il avec le sourire.

Pas besoin d’en imaginer plus, l’officier bascula son regard de biais vers le soldat qui se trouvait non loin de sa ligne d’épaule, tout en articulant ses phalanges pour les étirer sensiblement.
« Tenu. » avait-il répondu, basculant sa pensée dans cet esprit où tout se jouait désormais.

Par trait de culture, ou par respect martial, les fanatiques ne comptaient pas attaquer les Atlantes en même temps. Sur le groupe déployé, les deux premiers avancèrent de quelques pas. Un devant Darren, un autre faisant face au lieutenant. Le geste témoignait un certain respect des règles du combat, bien que ça ne se limitait qu’à une confrontation loyale. Une sorte de sens de l’honneur du conflit. Le type qui se positionna devant Shaun était aussi large que lui. Avec son petit bouc, son apparence bedonnant, il n’en restait pas moins intimidant. Il toisa Kelly du regard et laissa paraître un sourire en coin, un brin moqueur, qui lui promettait de lui briser les os jusqu’aux derniers.
Lorsqu’il s’élança, il surprit l’officier d’une vitesse qu’il n’aurait pas dû avoir pour son poids.

L’ennemi fonça comme un buffle en direction de Shaun, ayant visiblement l’intention de l’embarquer avec lui en un brutal coup d’épaule.

Spoiler:
Test Shaun. D20 + rapidité esprit > 12 = 15 + 1 = 16. Succès.

Même si la rapidité du mouvement avait eu de quoi surprendre l’officier qui s’était sensiblement écarté de son comparse pour gagner en espace, son action était d’autant plus prévisible. Un gaillard de sa stature, de sa masse et de sa force aimait en jouer dès le premier contact, et cela se traduisait souvent par un élan digne d’un bélier norvégien. L’esquiver sur le flanc était souvent une mauvaise idée, le plaçant dans un équilibre assez précaire. Au lieu de cela, il décida d’à son tour chercher à le surprendre en rentrant littéralement dans sa garde, le mettant au pied du mur en passant d’un pas sur son flanc en s’abaissant sur ses appuis, cherchant du poing à aller directement d’un impact à son foi profitant de l’ouverture.

Il poussa une plainte en réponse. Shaun avait fait mouche. Le type s’arque-bouta légèrement mais répliqua illico. Il encaissait bien. D’un geste de bras vif et digne d’un ours, il repoussa l’officier en gueulant et aligna plusieurs coups facile à esquiver. Mais qui visaient à faire reculer Shaun. Là, il vint le saisir. Une main sur son gilet, l’autre sur sa figure, pour aller lui écraser la face contre la pile de caisses.

S’il y avait bien une chose qu’il avait apprise dans les combats auprès des Israeliens lors de ses premières missions de rotation, c’était de se servir de la force de son adversaire contre lui quand on ne pouvait pas y faire opposition. C’est donc en profitant de son élan qu’il chercha à pivoter au dernier moment sur le côté, ses deux poignées s’étendant à son tour sur le vêtement de son adversaire pour lui offrir en repas ce qu’il lui avait réservé.

Spoiler:
Test Shaun. D20 + corps à corps > 12 = 16 + 3 = 19. Succès.

PAC ! L’armoire à glace se ramassa le pif contre les caisses. Sous l’effet du choc, ses jambes cédèrent et il racla la surface du bois un instant avant de se ressaisir. Le type commençait déjà à se redresser mais ce n’était que du pilotage automatique. Il était groggy, déboussolé, cherchant à faire face sans vraiment réaliser où se trouvait Shaun.
Il hasarda un coup de poing au hasard.

Profitant de son état, et de la latence qu’il mit à reprendre ses esprits, sans perdre aucun temps à se satisfaire de cet état - car il n’avait aucun volonté jubilatoire à ça, gardant son esprit d’un pragmatisme à tout épreuve, Shaun dégaina la lame de son couteau dans un geste fluide l’abattant froidement sur son trapèze droit. Il déclencha le cri de son ennemi, pétrit de douleur, qui chercha à fuir Shaun. Mais la lame était bien enfoncée.
Paniqué, le barbu tâtonna de ses mains l’avant-bras du lieutenant et remonta jusqu’à son visage, essayant vainement de planter ses phalanges dans ses yeux. La lame enfoncée dans sa chaire, la pointe frottant quelques os au passage, pivota d’un quart de tour pour en ouvrir d’autant plus la blessure, avant que la poigne qui retenait l’arme de la tire en arrière, reculant de plusieurs pas pour prendre plus de distance, et laisser à l’homme le temps de ses derniers soupirs en solitaire.

Le regard que l’officier lui adressait dégageait une froideur détachée, renforcée par la clarté glaciale de leur couleur d’acier, à l’instar de la lame qu’il maintenait encore fermement entre ses mains. Il était difficile de croire qu’en l’instant, ces vies ôtées lui provoquaient quelconque sentiments, comme s’il se dégageait de toute notion d’humanité à ces gens qu’il renvoyait ad-patrès eternam, ou comme s’ils n’avaient été que des objets, inertes, et sans intérêt outre leur dangerosité.



Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade Shaun
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Esfir Lunienko
Technicienne
mécanicienne
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Hier à 21:04

https://www.atlantisinsurrection.com/t3265-permission-de-esfir-l
Esfir Lunienko
Le croc du Néant

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Esfir avait finit par se redresser et copier les soldats sur leur position sur le toit, couchée contre la tôle pour ne pas être vue... enfin ça devait être pour ça. Elle s’était encore essuyé le nez, l’écoulement commençait à diminuer heureusement et la douleur se dissipait doucement. Un peu trop doucement à son goût et elle avait un peu de mal à suivre ce qui se jouait autour d’elle, d’autant que son esprit focalisait encore sur la nouvelle qu’elle venait d’apprendre et remettait peu à peu ses rouages en marche. Le brouillard semblait se dissiper alors même que la situation dégénérait en bas et elle avait une sorte de sourire quand le tir de Shaun résonna dans le hangar, éveillant les ennemis tout autour de leur position. Mais bien entendu, ce détail ne lui traversa pas l’esprit ! Tout ce qu’elle avait en tête c’est qu’il fallait agir vite, se dépêcher de décrocher ce type et retourner auprès des autres, auprès de son marin. Alors une fois que le lieutenant l'eut aidé à descendre dans le hangar, et positionnée à couvert derrière des caisses, elle n’attendit pas vraiment de top départ ou de signe quelconque pour se tirer vers la grosse machine qui les avait poussé à venir là. L’odeur d’hydrocarbure était littéralement dégueulasse et la prenait à la gorge. D’habitude, ça ne la dérangeait pas trop, mais vu les quantités que ces incapables avaient renversé partout, c’était irritant, presque étouffant... bon il n’allait pas falloir déconner en réparant et allumant cet engin...

Les mauvaises nouvelles commençaient.
Les voleurs n’avaient rien trouvé de mieux que de percer le réservoir avec la pointe d’une lame. C’était déjà suicidaire de faire ça, puisque l’ensemble du hangar avait les pieds dans l’hydrocarbure. Une étincelle et c’était l’incendie incontrôlable. Mais en plus, le peu de carburant qui restait s’écoulait lentement sur le sol. Manifestement les fanatiques ne comprenaient pas la machine. Pour accéder à son panneau, ils avaient forcé de nombreuses pièces, certaines n’ayant aucun rapport avec la carburation.

L’engin ne venait ni de la Terre, ni d’Atlantis. Il y avait donc de grosses différences d’architecture. Certains se montraient vulgaires, comme le système de poulie de la grue. Le regard exercé d’Esfir notait déjà des faiblesses structurelles en plusieurs points. Ce qui trahissait une lacune des concepteurs sur la mécanique des forces.

Mais ailleurs, il y avait des idées de conceptions plutôt originales et bien pensées. Notamment sur ce qui semblait être une motorisation hybride carburant/vapeur d’eau. Ca aurait pu être un bon sujet d’étude si elle n’avait pas été pressée par le temps.

Problème numéro un : fuite d’un carburant qui devenait de plus en plus rare.
Problème numéro deux : comprendre comme ça s’allumait…

Spoiler:
Test Esfir. D20 + mécanique > 12 (malus -1, machine inconnue vs manque de temps) = 1 + 7 - 1 = 7. Échec critique.]
[Capacité relance officier. D10 < 3 = 1. Réussite.]
[Test Esfir, relance. D20 + mécanique > 12 (malus -1, machine inconnue vs manque de temps) = 20 + 7 - 1 = 20. Succès critique.

La machine était loin d’être simple. Elle était même sacrément complexe. Le savoir des concepteurs n’était pas élitiste. Comme sur Terre, à l’époque pré-industrielle, on essayait de nombreux modèles pour comprendre ce qui marchait de ce qui merdait. Ce qui aurait dû être un moteur à explosion se révélait être, en fait, une citerne à vapeur. Le principe d’une locomotive alimentée à l’hydrocarbure au lieu de charbon.

S’il ne lui était pas possible d’intégrer en aussi peu de temps l’architecture de la machine, en bonne mécanicienne qu’elle était, elle venait de mettre la main sur la clé de l’énigme. Les principes d’une propulsion, qu’elle soit à vapeur ou à explosion, répondait à des lois physiques communes à toutes les galaxies. Sauf pour les technologies bizarres, peut-être.
En tout cas, Esfir savait maintenant à quoi s’en tenir. L’hydrocarbure, c’était le charbon. Et pour démarrer la machine, il lui fallait deux choses : de l’eau et de la chaleur !

Bon c’était pas mal tout ça mais ça n’allait pas résoudre tous les problèmes ! Le carburant, il fallait colmater cette fuite... Quelle bande de crétin de saboteur à la petite semaine ! Elle chercha autour d’elle, sur les établis et tout ce qui pouvait se trouver à proximité. Elle entendait et pouvait apercevoir derrière son dos les assaillants se préparer à mener la vie dure à ses coéquipiers. Elle proféra quelques jurons en russe pour s’occuper l’esprit et occulter ce qui se passait autour d’elle. Elle devait rester focus sur son objectif !

La mécanicienne avait le choix. Il y avait quelques morceaux de tissus, du caoutchouc, rien de bien efficace à portée de main. Les fanatiques avaient complètement massacrés un atelier qui avait dû être magnifique à ses beaux jours. Shaun et Darren se battaient. Et de l’autre côté, comme si un diable maléfique la provoquait, on y trouvait des étagères couvertes de boîtes. Le genre à contenir de précieuses ressources, des pièces détachées, et pourquoi pas des rustines ?

Spoiler:
Test Esfir. D20 + bricolage > 12 (bonus capa Shaun + 2) = 4 + 4 + 2 = 10. Échec.

Bon, il fallait tenter un truc avec ce qu’elle avait sous la main. Elle tenta de récupérer un peu de caoutchouc à glisser dans les fentes que ces abrutis avaient dû faire au couteau et récupéra un peu d’eau et de terre qu’elle avait sous les pieds pour tenter de fabriquer un pseudo mortier maison... bon c’était le plus minable qu’elle ait jamais tenté de faire mais elle espérait qu’en bourrant au tissus en plus si besoin, ça tiendrait un minimum... mais.... Après deux essais plus que pitoyable, elle dû se rendre à l’évidence... ça n’allait pas fonctionner.
Elle se tourna donc vers les étagères de l’autre côté du hangar.. des pièces détachées sans doute... son meilleur espoir.... enfin, si elle ne se faisait pas tuer en chemin !



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Shaun Kelly
Lieutenant
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Aujourd'hui à 10:39

Shaun Kelly
Le croc du Néant

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Un bon coup de pied venait d'atterrir dans le visage du lieutenant Kelly, à peine eut-il quitté son précédent adversaire. La frappe le percuta sur la tranche du menton, lui faisant claquer des dents et remonter une onde de choc très déplaisante dans le crâne. Une fois passée les lueurs des chandelles, il se retrouva assis par terre face à l’archétype du clochard. Plus dangereux que les autres. Cheveux longs, barbe et veste crasseuse sur laquelle ne se devinait même plus le signe religieux, il agita nerveusement sa machette et attendit que le lieutenant se relève pour prendre une posture de combat digne d’un film d’art martiaux.

Il laissait Shaun récupérer son poignard de combat mais c’était comme s’il se retrouvait à mains nues. En termes d’équipements, c’était devenu sacrément déloyal. Le type poussa un cri de moine Shaolin et se jeta sur lui, cisaillant l’air de gestes vifs et exercés. Shaun n’eut pas d’autres choix que de mettre de la distance, chercher à esquiver les coups. Mais le bruit de déchirure et la piqûre qu’il sentit alors représentait une alarme angoissante. Son gilet, déjà bien entamé, portait une nouvelle estafilade.

Trois coups de cisailles bien orienté plus tard, la semelle de l’ennemi venait s’imprimer sur la joue du lieutenant, qui retournait une nouvelle fois au sol. Son regard tomba sur Darren qui atterrissait à côté de lui, trois mètres plus loin, la lèvre fendue.

« Ils ont l’air fachés... » balança-t-il dans une fausse innocence, la voix tout de même douloureuse, tandis qu’il se redressait.

Lui aussi se chargeait du deuxième combattant, plus fort que le premier qui gisait sous une caisse fracassée. Clive lui avait fait tomber ce gros truc sur le pif pour l’achever. Les jambes flageolantes, il reprit sa posture de combat face à un type armé d’une massue.

« La claque des battes... »

Une boule de salive émergea hors de la bouche de l’officier qui rassembla le sang qui s’y était accumulé, de ces perles carmines qui s'écoulait de sa lèvre explosée à la suite du dernier coup et qui donnait à son visage déjà bien entamé de ces petites échardes qui y étaient restées plantées, un air d’autant plus abimé et dangereux. L’une de ses jambes repliées en barrage, prévision d’un coup au sol pour se protéger à la fois les parties mais aussi le ventre, il lançait son regard vif en direction de Darren qui se trouvait dans une difficulté quasi-identique.

A ce moment-là, la mécanicienne s’était élancée dans l’espoir de pouvoir traverser la zone de conflit. Mais durant ces quelques secondes que demandaient ses jambes pour entrer, une violente tempête d’agressivité se déclencha sous son nez. Les garçons n’appréciaient manifestement pas de se faire botter le train et ils repartaient déjà à l’assaut, faisant fi des matraques et machettes.

La bataille rangée était active, féroce, ce qui faisait bouger les deux binômes de combattants comme un fleuve déchaîné. Elle vit Shaun passer devant elle, évacuant d’une droite bien vengeresse l’épéiste. Trois pas plus loin, elle croisait un Darren cabossé qui se faisait étrangler. Clive lui balança un coup de genou dans les roustons et le repoussa d’un coup de tête.

Ça bougeait trop, dans tous les sens. Maintenant, elle se retrouvait pile entre l’épéiste et Shaun qui dû retirer sa prochaine attaque. Esfir aurait reçu son coup de poing s’il avait pas fait attention. C’était une véritable ruche d’abeilles bourdonnantes et agressives. Ca gueulait, se plaignait, soufflait, claquait, frappait. Une baston de rue. Un réalisateur n’aurait pas fait mieux.

La mécanicienne allait bientôt atteindre les étagères. Son espoir, sa corne d’abondance, lorsqu’un corps plus rapide s’envola jusqu’à là. La masse musculaire de Kelly percuta les deux premiers étages, roula sur plusieurs boîtes en renversant des pièces au sol, et manqua de faire tomber le reste du meuble en cherchant à s’y accrocher.

Le clochard à la machette passa à côté de la Russe en se moquant bien de sa présence. Ce n’était rien de plus qu’une poussière, un détritus qu’il balayerait sans problème une fois les Atlantes assassinées. Mais celui-là, ce chef qui osait lui tenir tête, il voulait lui enfoncer les yeux dans le crâne. Les dents serrées, il envoya sa machette dans sa direction, manquant de peu de l’empaler.

Plutôt que de s’élever à hauteur de son visage, comme l’aurait fait un véritable combattant qui se préparait à nouveau à passer à l’assaut, ses mains s’étaient placées à hauteur de sa taille, légèrement fléchies, ses doigts soulevant sensiblement le bas de son gilet tactique pour détacher sa ceinture. Honnêtement, que pouvait-il faire face à une lame aussi acérée entre les mains d’un homme qui en avait la parfaite maîtrise ? D’aussi loin qu’il se souvenait, la première attitude qu’il y avait à avoir à ce genre de combat déloyale, c’était de fuir. Juste fuir. Mais là, en l’état, cette solution était impossible.

Il savait, dès lors, qu’il ne pourrait l’empêcher de le planter encore. Comme sa peau, son gilet avait déjà pris de nombreux coups, entaillant le tissu, mettant à mal le kevlar de sa tenue qui n’était pas prévu pour supporter les lames et il n’avait, en toute honnêteté, aucune envie de rejouer son intégrité physique sur l’espoir d’un merveilleux coup de chance. Devant lui, le fanatique l’attaquait de nouveau, rugissant furieusement à l’idée que ce combat n’en soit pas déjà fini. Mais à l’instant où il arrivait à portée de frappe, obligeant Shaun à encaisser un nouveau coup de surin que son équipement dévia sensiblement, sans empêcher le tranchant de la lame de se frayer un passage au travers de sa hanche, la frappe d’une boucle de métal en plein visage du fanatique stoppa sa lancée qui se perdit dans un déséquilibre certain.

La matière avait frotté avec une rapidité éclaire autour de la taille du Lieutenant pour s’en extraire d’un seul passage rapide, abattant le tout d’un placé judicieux en direction de sa tête et provoquant, dans la chute du sadique, le lâché de son arme. L’adversaire s’était réceptionné durement contre quelques conteneurs de métal, accusant le coup comme l’affliction. La rudesse de la frappe l’avait meurtri douloureusement et avait ensanglanté sa joue, l’élançant comme le torrent d’une lave en fusion représenté par son propre fluide vital qui s’évacuait hors de ses pores salis. Mais cela n’eut pour effet que d’accentuer d’autant plus sa rage, un cri violent s’extirpant de ses lèvres, résonnant furieusement dans le hangar pour annoncer qu’il n’y aurait plus d’état d’âme, si tenté qu’il y en avait déjà eu.

Il fonça comme un fou furieux sur l’officier chancelant de sa propre blessure en abattant son poing sur son visage avec violence, provoquant une fois de plus la chute de Shaun, le corps perclus de douleurs indicibles qui parasitaient ses déplacements. Sa blessure, la dernière frappe, avait forcé sa tenue à s'empourprer au niveau de sa hanche. Les pieds pris dans un long tuyau de métal, il était tombé à la renverse, légèrement de flanc après une roulade de côté. Redressant le menton pour se donner une certaine contenance, il cherchait à retrouver ses sens, à appréhender à nouveau les mouvements de son corps et à les maîtriser après un tel traitement sonnant, déliant ses doigts, ses membres, ses muscles.

Son regard se faisait sombre, même si marqué par la teneur de son irritable défaillance, son ego reprenait le dessus pour se donner bonne figure. Tout en se redressant, la difficulté éprouvée dans les tensions de ses bras, il se racla la gorge, pris d’un gargarisme bref avant de cracher aux pieds de celui qui s’imposait à lui de toute sa menace grandissante. Il n’avait rien à rajouter de plus que son mépris et son impétuosité qui frôlaient la folie. S’il devait partir, il le ferait sans courber l’échine, sans supplier ni gémir, sans se soumettre ni prier.

Le nouveau coup reçu s’abattit sur sa mâchoire comme un marteau, violent et véloce, forçant la forte carrure de Shaun à se plier sous le coup, recevant l’impact où il dû se retenir de ses appuis pour ne pas tomber. Mais à peine eut-il relevé la tête que son visage fut meurtri d’un nouveau coup, dégageant autant de force que le premier, achevant d’éclater sa lèvre inférieure en une large plaie qui fendilla sa chair. Une gerbe de sang vint napper le bas de son visage et s’écraser sur le sol.

Mais tandis que son adversaire s’avançait à nouveau sur lui, confiant, pour achever sa cible d’un troisième coup percutant, il fut pris de cours par le fracas d’un poing s’écrasant en plein dans son foie. Dans son élan déstabilisé, Shaun s’était servi de son mouvement anarchique pivotant sur lui-même pour remonter son coup au niveau de son flanc. Trouvant la proximité de sa cible, il passa dans son dos d’un habile jeu de jambes, le capturant d’une prise serrée en passant ses bras sous les aisselles de son adversaire et encerclant sa nuque de ses mains. Toute force appliquée, il lui maintint la tête tordue vers l’avant, bloquant ses bras dans cette posture l’empêcher de frapper à nouveau.

Jouant et vacillant de ses jambes pour ne pas laisser son captif se défaire par un coup bien placé alors même qu’il se débattait comme un beau diable, il le poussa pour rejoindre l’établi le plus proche et envoya son visage en plein sur le plan de travail bardé d’outils divers. Le premier choc étourdit assez l’homme pour le laisser vacillant et pantois, mais ce ne fut pas assez pour le Ranger dont la rage froide était montée en miroir des coups donnés et reçus. Un second, puis un troisième acheva de brutaliser sa victime qui s’écroulait au sol, dans une posture qu’il ne pouvait plus maîtriser, le visage ensanglanté, la bouche édentée, le nez explosé.

Les membres de Shaun furent pris de tremblements incontrôlables, à l’instant même où sa respiration mua en un grondement puissant de rage, basculant dans une frénésie extrême que seule la mort pouvait arrêter. Qu’importait la douleur, qu’importait la souffrance, en cet instant, il ne ressentait plus rien, rien d’autre que la fureur qui l’emmenait bien loin au-delà de la morale ou de l’humanité. Ses poings s’écrasaient sur la surface du visage de l’homme qui se déformait à chaque impulsion tandis qu'il avait pris place au-dessus de lui. Le fanatique mourrait oui, il mourrait, mais pas sans souffrir, pas sans que son regard ne supplie. Son sang giclait, ses os craquaient, et les propres phalanges de l'officier se fendaient sous l’impulsion.

La raison l'emportant sur la folie, le compte fut rendu au type qui gisait en cadavre désarticulé au sol. En se relevant, il prit le coup d'un déséquilibre, ayant trop longtemps ignoré les propres souffrances de son corps. Si la blessure prise à la taille n'était pas d'une grande gravité, mais cela ravivait sa souffrance et affaiblissait ses gestes. Un tournis l'obligea à se retenir à l'établi dans son dos, ses iris suant de cette froideur glacée qui ne l'avait pas quitté, la respiration aussi courte qu'haletante, douloureuse et sifflante, il braqua son attention sur le dernier homme. Le cinquième.



Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade Shaun
DC : Aidan Foster

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