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Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade

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Atlantis
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√ Arrivée le : 01/08/2015
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Dim 24 Oct - 17:57

Atlantis
Le croc du Néant

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Esfir Lunienko

Après avoir colmaté les brèches, Esfir fut contrainte de recueillir l’hydrocarbure à même le sol. En usant de torchons abandonnés, elle épongeait la pierre, essorait le chiffon au-dessus d’un vieux filtre à huile bricolé, et le tout s’écoulait dans un réceptacle. Il lui fallait un volume confortable à verser dans le réservoir, d’autant plus qu’elle ne savait pas combien cette machine consommait à la manœuvre. Bien que le principe de la combustion servait à faire monter la chaudière en température, le matériel n’avait pas été conçu pour l’économie.

Ses mains, déjà pleines de sang, se mettaient à brûler au contact de l’essence. Elle y découvrit un bon nombre de petites entailles consécutives à cette mission. Et il fallait continuer en ignorant l’odeur, les corps, et le retour psychologique de tout ça. Ces morts, ces batailles, cette opération.

La mécanicienne était concentrée sur son job, son objectif, visant à faire démarrer cet engin. C’est tout ce qui la séparait entre une paix éphémère et ressasser de mauvaises pensées. Alors qu’elle entamait les réparations de l’allumage, massacrée par les voleurs d’essence, elle retrouva sa fidèle clé, pierrette, pleine de cheveux et de sang. Elle voulut la nettoyer mais ça s’avéra bien plus compliqué en réalité.

Darren revenait de son tour d’inspection. Il restait encore des hostiles dehors, alertés par le bruit du précédent combat, mais il les attendait en extérieur. La mort présumée de leur équipe dirigeante les faisaient tout de même réfléchir. Clive rendit compte à son officier avant de s’approcher d’Esfir. Maintenant que c’était plus calme, il réalisait combien elle avait été malmenée.

Le soldat s’immobilisa, un peu en retrait, pour l’observer travailler. La voir là, tenter de nettoyer sa clé à molette d’un geste fébrile et tremblant, lui serra douloureusement le cœur. On ne croisait pas beaucoup de mécaniciens dans le Programme qui vivaient ça. Et dire qu’une jeune femme aussi courageuse qu’elle restait la cible des ragots, de harcélements…

Il y avait aussi ce mystère qui l’entourait et que la situation aidait à taire, à négliger. Comme avait-elle pu savoir que Warren avait sa radio qui déconnait ? Qu’il était encore vivant ?
Quand allait-on parler de cette scène étrange où ses ravisseurs avaient fini encastrés dans les murs ? Shaun l’ignorait. Darren ne lui avait pas dit ce qu’il avait découvert à ce moment-là. Le regard de son amie, ce cercle cuivré, qui avait luit quelques secondes façon goa’uld. Tout cela lui rappelait des souvenirs, une mission en particulier, une histoire chargée de secrets.

Il s’inquiétait pour elle.

« Hé frangine ! » lâcha-t-il machinalement en s’agenouillant, l’air de rien, à ses côtés. « Attends, je t’enlève ça ! »
Il tendit la main pour récupérer Pierrette et retirer toutes les souillures. Il utilisa quelques lingettes désinfectantes de son kit de secours. Ce gaspillage n’était pas utile d’un point de vue purement pratique. Mais dans un sens, c’était de l’investissement pour soutenir moralement son amie. Une fois la clé toute propre, il voulut la lui rendre, mais s’empara d’une de ses mains en chemin pour la contrôler. Darren comprit qu’elle ne s’était pas épargnée là-aussi.

« Tu tiens le coup ? » lui demanda-t-il d’un air simple, essayant d’éviter tout sentiment de pitié ou de condescendance. Soit son amie le renvoyait chier dans les règles de l’art parce qu’elle avait viré côté Dark, soit elle lui répondrait franchement.

La russe releva un regard étrange sur son ami. C’était à la fois comme si elle était là et pas là en même temps. Son esprit s’était concentré sur sa tâche pour s’éviter de penser mais les images tournoyaient dans sa tête sans vouloir la laisser tranquille.
« Pas vraiment... J’ai buté un type, j’en ai assommé un autre... j’ai des trucs bizarre et la doc pense que j’ai une maladie à la con.... A part ça je nage dans le bonheur. Mais faut continuer j’ai pas le choix si ? »

Pendant ce temps, Darren sortit de nouvelle lingette pour lui retirer tout le sang des mains, les différentes souillures, et révéler les petites entailles.
Il aurait pu faire ça plus rapidement en lui vidant sa gourde d’eau par exemple. Mais c’était une bonne excuse pour s’occuper un peu d’elle, lui montrer qu’il était présent, et reconnaissant de ses efforts. Sa sœur revenait de loin et il espérait que la dure réalité de cette guerre ne la ferait pas replonger. En l’absence de Warren, qui aurait été d’un soutien bien plus saisissant, Clive essayait de la requinquer.
« C’est la dernière ligne droite. On récupère notre bonhomme et on rentre. Il est juste là, dehors. On a fait tout le chemin, c’est la fin de la galère. » lui murmura-t-il d’un air confiant. « Une fois au camp, dès que le lieut nous fout de repos, je te ferais mon fameux gratin de rations. Une bonne décharge de gras. Avec un café bouillant... »
Il vérifia que l’officier ne les écoutait pas et glissa pour dernier ingrédient :
« ...et un fond de vodka ! »

Ce dernier ingrédient eut le mérite de lui faire esquisser un faible sourire.
« Un café à la russe.. si j’y reste pas en chemin je le boirais cul sec »
« Tu ne vas pas mourir. » répondit Clive en la regardant dans les yeux. Pour éviter le côté trop dramatique de l’affaire, même s’il cherchait sérieusement à la convaincre, il lui offrit son petit sourire espiègle en ajoutant pour arguments :
« Oublie pas le deal. A chaque fois que tu veux t’approcher de la lumière, je serais sur ton chemin. Et puis franchement, je tiens pas à prêter mon épaule à Warren. Il va me la bouffer ce hareng fumé... »
« Ouais si tu le dis. On verra... C'est pas comme si on choisissait vraiment. »
« Ne soit pas négative, tu vas rentrer chez toi, je te le dis. »
Darren parvint à deviner le prochain outil dont elle aurait besoin et le lui tendit. Il hésita un petit instant, son regard vérifiant l’absence de l’officier, avant de lui dire dans un murmure :
« Tu te souviens de ce qu’il s’est passé dans le bâtiment. Ces deux mecs qui t’ont sauté dessus ? »
Darren pinça des lèvres, sachant pertinemment qu’il s’engageait sur une pente glissante.
« C’était pas moi. Je ne les avais pas vu... »

Esfir releva les yeux vers Darren, elle fronçait les sourcils sans comprendre.
« Qu’est ce que tu veux dire ? Je me souviens qu’ils m’ont mis un sac sur la tête, ils m’ont...frappé, trainée... mais je leur ai rien fait »
A cet instant, le cœur du soldat se serra. Il regrettait de ne pas s’être rendu compte de la réalité. Occupé à répliquer aux tirs, il n’avait pas vu ce mouvement sur ses arrières et c’est son amie qui avait payé l’addition.
« Il y a eu un truc...dans ton regard. Un cerclage cuivré qui brillait. Tu n’avais plus de sac quand je t’ai appelé. Je crois bien que c’est toi qui les as alignées... »
Il l’observa.
« Tu ne te souviens de rien après le coup du sac ? »
Esfir le dévisageait tout en fouillant ses souvenirs. Ce moment était encore un peu flou dans son esprit, elle avait cru Warren mort et avait vécu tout ça, comme si elle était en dehors de son propre corps. Et d’ailleurs, il semblait même qu’elle était ailleurs a un moment donné.
« Y a eu un truc bizarre. Pendant un moment, j’étais ailleurs. C’était une sorte de couloir et j’ai vu Hailey, un couloir avec des statues, je crois que j’étais dans l’une d’elle mais... je sais pas si c’était réel... c’est comme tout à l’heure avec Warren, je l’ai vu en haut de la tour... j’étais dans le sol, enfin dans quelque chose dans le sol et je me suis approché de lui puis ça m’a fait mal et vous étiez là avec moi. »

Un autre aurait probablement froncé les sourcils en se posant des questions sur la santé mentale de la jeune Russe. Un militaire à l’esprit restreint aurait même mis ça sur le compte du choc psychologique après ces combats. Mais la connaissant, il savait que la mécanicienne n’avançait pas ces détails sans les avoir vraiment vécus. Le problème, c’est que ça lui rappelait une mission qu’ils avaient menés en particulier. La situation dans laquelle elle se trouvait, elle seule, avec des proches inconscience de l’anomalie, c’était très représentatif.
« La dernière fois que tu allais “ailleurs”, c’était pour observer des civilsation se suicider bêtement. »
« Mes yeux... la docteur elle a dit qu’il y avait un cercle cuivré.. j’ai pensé aux yeux que j’avais eu mais j’ai refusé leur offre, et elle dit que c’est due a une maladie. Elle voulait faire d’autres analyses. Tu crois que ce monde aurait reçu la visite des Dorns y’a longtemps ? »

Ce n’était pas une bonne nouvelle. La mission des Dorns n’avait pas laissé son amie indemne. Il se souvenait l’avoir fait son deuil d’une civilisation détruite parce qu’elle voulait rester humaine. Le genre de pression, de chantage de situation, qu’elle ne méritait strictement pas de vivre. Dire qu’il pensait cette histoire derrière eux…

« J’en dis que tu es en parfaite santé. Et que la coïncidence serait trop belle. » maugréa Clive avec une légère aigreur. Il se sentit obligé de vérifier que Shaun ne trainait pas dans le coin avant d’ajouter, encore plus bas : « On leur a pas tout dit dans nos rapports, Es. Tu as été leur héritière, même si tu as dit non. Alors s’ils sont passés par là...avec ce que tu racontes... »
Il la regarda, l’air de lui demander si c’était plausible qu’elle soit restée la fameuse héritière de l’espèce Dorn.
La russe cherchait a fouiller ses souvenirs. Cela remontait à plus d’un an et il s’était passé tant de choses entre temps... des choses qui lui avaient fait regretter sa décision. Elle avait condamné l’héritage entier d’un peuple pour rester Esfir... et découvrir quelques mois plus tard qu’elle n’était qu’un mensonge monté de toute pièce par un gouvernement et sa vie était devenue une merde sans nom qu’elle commençait à peine à tenter de réparer. Alors était elle encore l’héritière des Dorns...
« J’en sais rien Darren... J’ai dit non, je les ai voué à l’extinction et à l’oubli... et ils ont tout repris et j’ai jamais eu d’autres manifestations après ça. Il faudrait que j’aille voir cette crypte ou la tour pour voir si il y aurait des traces de leur passage... mais ici en tout cas je vois pas d’écriture bizarre ou d’enregistrement sur la déchéance de ce monde... mais remarque la déchéance j’ai l'impression qu’on est en plein dedans, c’est peut être nous qu’on verra s’autodétruire cette fois... » elle était perdue et défaitiste. Elle se sentait dépassée et n’avait qu’une envie, ne pas avoir à penser à tout ça, mourir ou quitter cet endroit, et pour l’instant, il fallait continuer à récolter le carburant, alors peu importait l’état de ses mains, il fallait éponger et essorer.
« Ne dit pas ça... » répliqua le soldat avec compassion. « Ils ne t’ont pas choisi parce que tu étais une simple touriste égarée. Le seul choix par défaut. »
Darren donna un coup de menton vers l’extérieur.
« Si tout ça provient des Dorns, je suis bien content de t’avoir dans le camp allié. Et je plains les autres ! »
Elle le regarda le visage fermé.
« Je voulais pas les tuer, personne. »
« On est sur Pégase, miss...tu ne peux pas tout maîtriser. Je sais bien que tu ne l’as pas voulu. Tu ne dois pas t’en vouloir, ok ? »
« Ouais... ce serai aujourd’hui, je suis pas sûre que les Dorns m'auraient choisi. » elle détourna le regard vers l’engin qu’ils devaient remettre en état et rallumer. Puis revint vers Darren, ses yeux verts étaient marqués par un mélange de détermination et de culpabilité assez particulier. « Mais... si un autre type essayait encore de te tuer... je referais pareil... je le sais et je sais pas trop ce que ça fait de moi. »
Darren entoura ses épaules d’un bras, la ramenant vers lui d’un air fraternel pour la secouer.
« Ca fait de toi une soeurette fiable ! »
Il la relâcha pour qu’elle reprenne ses réparations. En voulant la quitter, il ajouta à la volée :
« Et j’aurai été affreusement déçu que tu choisisses un type aussi moche ! »
Elle se força à lui sourire, oui Darren était comme un frère et elle tuerait quiconque s’en prenait à lui, elle ferait de même pour Warren... ils étaient la seule famille qui lui restait. Mais le sang sur ses mains semblait vouloir entacher son âme et continuait de lui donner des cauchemars. Elle soupira en se remettant au travail, ça au moins elle maîtrisait et le camboui ça cache plutôt bien le sang.

Spoiler:
[Esfir, test mécanique. D20 + (mécanique) > 12 = 19 + 7 = 26. Succès]

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Atlantis
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Dim 24 Oct - 17:57

Atlantis
Le croc du Néant

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Darren Clive


« Qu’est-ce qu’ils font ? Quand ils sortent ? Hein ??? »
A côté, le beau-frère ne lui adressa même pas un regard. Il était con comme une vache à répéter inlassablement la même question. Seuls ceux qui croient avec sincérité ne doutent pas. Car la foi est un protecteur, un bouclier, contre toutes les émotions négatives. Loffel ne doutait pas un seul instant, persuadé que sa dévotion serait récompensée par sa survie. Le groupe de l’arène n’était pas revenu parce qu’ils pensaient à leur gloire avant leur devoir divin.
Il ne ferait pas la même erreur.
« ...pas normal, trop calme. Et puis pourquoi le piège n’a pas marché ? Ils ont tué tout le groupe de Bodack comme si c’était des nourrissons et... »
Loffel le bouscula en poussant un grognement frustré. Le beauf le gênait dans ses prières. Il allait le faire tuer à le contaminer par ses doutes !

A la recherche d’un autre soutien, il croisa le regard de quelques autres croyants dispersés sur la route. Ils lorgnaient également le hangar. Les arbalètes et différentes armes étaient prêtes depuis longtemps. Ils croyaient à la victoire. Non...non...ils en étaient persuadés.

Ils avaient eu cent fois l’occasion d’aller chercher l’Atlante pendu. Mais d’un commun accord, les locaux avaient décidé de le laisser là. De cesser d’en faire un objectif ultime, ayant bien compris qu’on venait à sa rescousse. Les Atlantes au nombre inconnu, dans ce hangar, feraient une prise bien plus belle. Leur sacrifice pour le seul, et unique, Dieu du changement….leur garantirait la vie éternelle.
C’est ce qu’on leur avait promis, en plus de la richesse et de la béatitude !

Et puis...un grincement sonore attira l’attention des locaux.
Il avait été subtil au début, comme un petit sifflement suivi d’un couinement. Le bavard finit par fermer sa gueule, le cœur soulevé par une terreur viscérale. Il fallait dire que ce bruit-là n’était pas courant. Il était même très inquiétant, comme sorti tout droit d’un cauchemar.

Loffel plissa des yeux vers le hangar, à la recherche d’un détail. Au début, il ne vit strictement rien. Il aurait pu croire que ce bruit venait d’ailleurs. La taule qui se tord dans un autre bâtiment, sous la chute d’un meuble ou d’un objet. Mais il sentait bien, au fond de lui, que ce bruit annonçait la sortie des Atlantes. De ces belles gorges à trancher.

Le grincement se répéta, encore, il était devenu plus fort. Mais cette fois, Loffel repéra un mouvement sur le volet sécurité. Il avait légèrement bougé. Son métal formait maintenant une bosse.

Le silence retomba. Atroce, gênant, poussant les uns et les autres à se regarder avec angoisse.
Et puis soudain, brutalement, un grand coup de sirène accompagna le fracas du volet de sécurité. La grue de levage creva l’obstacle comme du papier d’allu, le déchirant de toute part et faisant passer le reste sous ses chenilles. Les locaux hurlèrent en cœur, ahuri par l’apparition de ce monstre mécanique.

Il était en panne depuis si longtemps que personne n’aurait douté que les Atlantes s’en emparent. Dans la cabine, Esfir poussa les manettes et termina de dévorer le panneau métallique qui couinait sous sa machine. Elle s’engagea dans la rue, repérant sans mal les fanatiques désordonnés. Ils se sentaient soudainement bien moins puissants.

« IL FAUT FUI... »
SPAKKKKKKK !
Loffel se reçut la moitié de la cervelle du beau-frère sur le visage. Il se passa machinalement une main sur la joue pour repousser les plus gros morceaux tandis qu’il voyait le corps s’affaisser sur le sol. L’instant d’après, il plongeait par pur instant sous son muret avant que la balle de Shaun ne tue également.

Guidé par les rails, la machine ne pouvait qu’avancer jusqu’au bâtiment d’en face, là où se trouvait un système d’aiguillage qui la ramènerait vers le silo à grain.

A cheval sur la cabine, Darren avait posé le bipied sur le toit et aligna immédiatement un rempart derrière lequel se planquait quelques fanatiques. C’était l’heure de la vengeance !!!

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Shaun Kelly
Lieutenant
Bannière perso (image 901x180px) : Rangers lead the way!
√ Arrivée le : 25/08/2020
√ Date de naissance : 25/12/1981
√ Nationalité : Américain

√ Age : 39
√ Messages : 140
√ Localisation : Cité d'Atlantis

Liste de vos DC : Aidan Foster

Lun 25 Oct - 9:41

Shaun Kelly
Le croc du Néant

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Tandis qu’Esfir initiait le mouvement, les locaux agirent sous l’effet de groupe. Le mouvement d’un homme entraina le second puis le suivant. La surprise passée, une première volée de carreaux ricocha sur les panneaux de la cabine. Afin de protéger la mécanicienne au mieux, les lourds volets de tôle, servant initialement à protéger des pluies, avaient été rabattu. Il ne restait qu’une petite ouverture pour qu’Esfir puisse regarder où elle allait.

A cause de ça, elle ne vit pas Loffel sortir de sa cachette et grimper immédiatement à la cabine, cherchant à ouvrir la portière qui l’exposerait à son couteau. Darren envoyait pendant ce temps une longue rafale, tuant un petit groupe qui s’était redressé avec des frondes. Les fameux paquets de poudre s’y devinaient, l’explosion suivit juste après.

Spoiler:
Shaun, test de tir. D20 + (maniement d’arme) > 12 = 18 + 8 = 26. Succès

Il y avait des sensations qui ne se perdaient pas, des gestes qui ne s’oubliaient pas et des besoins exutoires qui ne se refrénaient pas. Allongé sur la partie la plus plane du toit du hangar, le temps n’était plus une course tandis que chaque geste se devait d’être le plus précis et le moins précipité possible afin de préserver la stabilité de son souffle et de ses mains. Shaun s’était placé là, sur son perchoire de fortune, s’alignant dans l’axe le plus dégagé en profitant que l’attention de tous soit focalisée à plusieurs mètres sous lui pour s’installer.

Il avait replié son bras gauche devant lui, juste sous la carcasse de son HK417 monté sur canon 20”, pour servir d’appui. Pour l’environnement, pour la configuration des lieux, cette arme était idéale, n’estimant pas une distance très importante à couvrir. Il l’avait choisi en connaissance de ces détails, d’un décor encombré, typique des combats urbains. Son télémètre trônait à côté, juste à côté de sa paire de gants qu’il avait retiré pour plus d’aisance, délaissé sans plus de préoccupation après avoir constaté que l’objet avait été bousillé par quelconque lame que son gilet avait pris. Il ferait sans.

Le creux de son coude lui servit de guide, la main rabattue en arrière de son bras qui servait de support venait se caler à hauteur de crosse. Il n’estimait pas le recule suffisant pour lui déboiter l’épaule, comme s’il s’était agit d’un calibre .50, mais son corps avait déjà subi de douloureuses blessures pour en être inconfortable. Pas question de se faire happer par une affliction latente qui viendrait perturber sa concentration. Ses réflexes et son attention étaient cruciaux pour ceux qui venaient de s’élancer en première ligne.

Il vit une silhouette apparaître, bouger au travers des décombres voisins, et foncer lame en main à l’assaut de la grue mécanisée qui progressait sur le champ de bataille à l’instar d’un char vétuste et rouillé. L’élan fut rapide, trop pour un tir spontané. Alors il attendit, l’ouverture, la fenêtre qui ferait prendre à l’assaillant une seconde statique et lui ouvrirait cette opportunité, quitte à ne presser la gâchette qu’à la dernière seconde. Il avait évacué sereinement tout l’air contenu dans ses poumons, l’index déjà posé à l’effleurement de la queue de détente, l’oeil aligné dans cette lunette qu’il avait adapté à sa distance et à sa vue.

Et tandis que Loffel immobilisait son corps pour ouvrir la porte, aussi hargneuse et emportée qu’était sa tentative, cela suffit au tireur pour réduire à néant son geste, son souffle, sa vie. La balle s’engagea dans le canon en une détonation percutante, suivant avec vélocité l’hélicoïde du cylindre jusqu’à en être expulsé. La suite ne dura que quelques millièmes de secondes, trop peu pour le voir. La pointe de métal s’engagea entre deux arceaux métalliques du cheval mécanique, et percuta son bassin à hauteur de son foie.

Le corps du fanatique fut secoué d’un spasme incertain, les projections de sang en sortie d’ogive marquèrent la matière alentours, sur les pièces de la grue avant de s’effondrer comme une poupée de chiffon, une marionnette désarticulée à qui on venait de couper les fils. La chute fut douloureuse, mais sans doute moins que l’objet miniature qui venait de percer l’un de ses organes vitaux.

Il était encore en vie, bien qu’immobilisé par le choc et l’affliction qui l’avait fauché. Son sang s’évacuait hors de son corps en un flot constant qui en nappait ses tissus. Il était encore en vie, mais il se voyait mourir. La bile lui monta aux lèvres, le goût du fer débordant de sa bouche, l'hémorragie remontait jusqu’à sa gorge et toutes ses prières cousues d’une volonté déchirante de crier la torture qu’il en ressentait, ne furent plus qu’un amas de perles sanglantes qui se projetaient comme une fontaine crachotante, au pourtour de ses commissures. Son regard restait fixé sur le ciel étendu au-dessus de sa tête, ses iris cherchant un espoir qui ne viendrait plus, revoyant le graphique de sa vie qui s’achevait de la plus douloureuse des manières. Quelques minutes encore et il ne serait plus. Et si sa foi était clémente, alors ce ne serait plus que l’affaire de secondes d’agonie.

De son côté, Shaun s’y était déjà désintéressé sans l’ombre d’un sentiment qui lui vrillait l’estomac à tel châtiment infligé. Il replaçait l’alignement de son canon en direction de l’avancée de son équipe, en contrebas pour s’occuper de ceux qui sortaient hors de la ligne de mire de la mitrailleuse de Clive, et qui crachait en écho détonnant ses propres passeports pour la mort.




Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade - Page 2 Shaun
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Atlantis
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Ven 29 Oct - 18:32

Atlantis
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Esfir Lunienko

Cette discussion avec Darren n’avait pas grand chose de rassurant. Enfin oui et non... Oui, quelque part elle préférait que le truc dans ses yeux soit le retour des Dorns plutôt qu’une maladie à la con. Mais en même temps, ce qu’il avait dit sur les types qui avaient essayé de l'enlever c’était étrange, elle n’avait rien fait, elle n’avait pas été là tout ce temps. Et puis, il y avait eu aussi cette main sortie du sol. Elle venait d”où ? De son imagination ? Ou était-ce comme ce corps dans lequel elle avait été comme projetée quand elle avait vu Warren.

Les Dorns lui avaient proposé de devenir quasiment une déesse... Lorsqu’elle était tombée au plus bas, elle avait regretté de ne pas avoir accepté. Mais finalement, tout ce qu’elle avait subi n’était peut être que le juste châtiment pour avoir voué à l’oubli toute une civilisation..

Tout ça était trop compliqué, trop incertain et la russe préféra se concentrer sur quelque chose qu’elle maîtrisait. Se concentrer sur la mécanique d’une vieille machine, c’était parfait. Un peu de rustine, beaucoup de système D, le tout saupoudré de chance et la machine s’alluma, le carburant brûlant pour chauffer l’eau et créer la vapeur qui activerait tout le reste. Ça grinçait, ça puait mais ça fonctionnait et c’était la seule chose qui importait à l’instant T. Le lieutenant donna le top départ et ils se mirent en position. Esfir dans la cabine tel un conducteur de tank derrière ses paroies de métal et Darren sur le toit tel l’ange gardien qu’il avait toujours été pour elle.

Lunienko progressait. Elle entendait régulièrement des pierres, des carreaux d’arbalètes et autres projectiles ricocher sur la carcasse de son appareil. Bien qu’elle le conduisait pour la première fois, elle sentait des pertes de régime imputable à la mauvaise qualité du carburant. Il brûlait mal, la vapeur montait moins vite en pression, la propulsion déconnait par intermittence. Pas possible d’aller plus vite en l’état des choses.

Elle avait sursauté une ou deux fois lorsque les ricochets étaient plus violents ou proches et aussi lorsque quelque chose avait secoué ce qui servait de portière et qui avait cessé brutalement. La russe se força à ne pas penser à ce que ça avait été ni comment ça avait fini.

Soudain, les rafales de Darren cessèrent prématurément. Malgré le vacarme de la machine, elle entendit un claquement soudain venu d’au-dessus de sa tête. Est-ce que Clive avait été touché ? Non, pas lui.
Son sang ne fit qu’un tour et son cœur rata un battement... en fait, il les rata tous jusqu’à ce que le message résonne dans leur radio et qu’il puisse respirer à nouveau soulagée de l’entendre.

//Mitrailleuse HS ! Douille éclatée dans le canon !// annonça-t-il d’une voix grave.
La puissance de feu qui protégeait la grue venait de s’évanouir et l’ennemi s’en rendait compte. Une première vague de fanatique se jeta dans sa direction en hurlant, machettes en main, dans l’intention de la déloger. Darren chassa le premier d’un bon coup de botte. Descendu de son perchoir, il avait dégainé son arme de poing et son poignard.

« BAAAAAAAAAAAHHHHHH ! »
Un type venait de s'écraser contre la portière d’Esfir en la tambourinant du poing. La main de Darren le harponna par le dos et l’envoya au sol. Deux cartouches de neuf millimètres perforèrent son corps. Seulement, pendant ce temps, deux hostiles émergeaient du détour d’une maison en brandissant des cocktails molotovs.

Pour le coup, le son percutant et répétitif de l’arme de Darren lui manqua, il symbolisait ce rempart rassurant qui la protégeait elle et l’engin. Le rempart qui l'empêchait d’avoir à se salir les mains, encore. Elle sursauta lorsqu'on se jeta à nouveau sur la cabine dans l’espoir de l’en déloger sans doute mais son ange-gardien était toujours là pour assurer ses arrières, mais sans son arme pour lui faire sentir sa vie aussi sûrement que des battements de coeur, elle avait peur que chaque silence (si on pouvait qualifier de silence l’avancée de la machine dans ce village dévasté)... chaque fois elle craignait qu’il ait disparu.

//Darren, tu me parles...tu me parles pour que je sache que t’es en vie ok ?// lui demanda-t’elle la voix clairement anxieuse.

C’est alors qu’elle aperçut les nouveaux assaillants, prêts à les bombarder... ils étaient à hauteur de l’écoutille d’évacuation du trop plein de vapeur.
//Darren, tiens toi loin de l’écoutille. / le prévint elle puis elle activa la procédure espérant que la vapeur brûlante qu’ils allaient se prendre suffirait à les repousser et réduire à néant leur tentative de leur faire exploser leur cocktails maisons.


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Atlantis
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Ven 29 Oct - 18:32

Atlantis
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Darren Clive


La M249 installée sur le toit de cet engin lui donnait l’impression d’occuper la tourelle d’un humvee, bien que sans protection. La puissance de feu de sa mitrailleuse calmait les assaillants d’en face. Pleinement concentré, le soldat lâchait de courtes rafales pour économiser ses munitions. Il savait qu’il serait très vulnérable au moment de recharger.

C’était un travail d’équipe.
Malgré leurs différences de spécialités, Shaun et lui avaient acquis les mêmes bases militaires. Le lieutenant, en sa qualité de tireur de précision, flinguait les hostiles les plus difficiles à atteindre. Ainsi que ceux qui parvenaient à approcher au plus près de la machine. Darren, de son côté, ralentissait les vagues d'assaillants, les attroupements. Il fixait l’ennemi derrière sa couverture, ou parvenait à les y arracher, pour fournir une meilleure solution de tir à son équipier.

Parfois, quand l’ennemi se plaçait à découvert dans un geste suicidaire, Darren l’alignait directement. Il savait que Shaun ne s’occuperait pas d’une cible aussi évidente que la M249 traitait rapidement.

Cette situation représentait une mise en pratique réelle de leurs entraînement, de leur expérience martiale, et ils se débrouillaient bien. Le nombre qu’on leur opposait ne suffisait pas à leur interdire la progression. C’est là qu’un incident de tir fit taire prématurément la mitrailleuse. Le barrage de plomb et de feu s’était volatilisé aussi soudainement, prenant Clive par surprise. Il écarquilla les yeux en appuyant deux fois sur la détente puis ouvrit le capot de son arme.

//Mitrailleuse HS ! Douille éclatée dans le canon !// déclara-t-il d’une voix grave.

Une poignée de secondes plus tard, à peine avait-il amorcé un geste se débarrassant de l’arme, qu’une volée de carreaux manquèrent de le dévisager. Les pointes percutèrent la carlingue d’Esfir, crissant et raclant le métal avant de rebondir. Une autre lui avait sifflé aux oreilles, l’obligeant à se courber.

« Putain ! » jura-t-il en empoignant son neuf millimètres par réflexe.

La pression monta d’un cran. Plus de mitrailleuse, les hostiles s’en trouvaient encouragés et Shaun ne pouvait pas être partout. Guidé par le cri d’une charge, Darren se recula assez pour éviter la lame d’une machette. Elle glissa sur le métal à une encablure de ses jambes et répondit d’un coup de rangers dans sa tronche. Il sentit même ses dents se déloger sous l’impact.

Bien énervé par la perte de son arme principale, Clive se laissa glisser jusqu’au sol et occupa le flanc du véhicule. A l’endroit le plus proche qui permettait d’accéder à la jeune Russe. Rapidement, on le prit pour cible et il engagea des contacts rapprochés avec difficulté. La baston dans le hangar ne l’avait pas laissé indemne et il ne voulait pas jouer avec le feu.

Par sécurité, Darren leur plaçait deux balles dans le torse et finissait le job au couteau. Pas de pitié !
Mais il n’eut pas le temps de recharger.

Le soldat était aux prises avec un type énergique. Dans d’autres circonstances, il aurait su comment s’en débarrasser rapidement. Que ce soit par instinct ou par expérience, la “solution” au duel venait rapidement. Mais là, Clive était à bout. Il recevait et rendait les coups sans vraiment parvenir à prendre le dessus. Le type l’écrasait contre la carlingue toujours mouvante en essayant de lui crever les yeux avec un tesson de bouteille.

//Darren, tu me parles...tu me parles pour que je sache que t’es en vie ok ?//
//Ouais !... Ok !// lâcha-t-il machinalement, trop occupé à se défendre.

Finalement, Darren relâcha la pression pour retenir le tesson et tourna le visage. Il sentit la pointe du verre lui mordre le visage, lui arrachant un cri mélangeant douleur et rage. L’ennemi termina son mouvement contre la paroi, laissant enfin une ouverture au soldat. Il se saisit de sa tête et lui fit épouser la cabine à grands coups enragés.
On toquait à la porte d’Esfir avec la gueule du mec.

A peine l’avait-il lâché que deux autres se joignaient à la fête. Le premier tomba miraculeusement au sol...ou plutôt...abattu par une balle de Shaun. Quand au second, il sauta tout de suite sur Darren.
//Sont...tous...motivés !// râla-t-il en parant de justesse un coup de couteau.
Il plongea son poignard dans l’estomac du pauvre type au moment où il entendit son amie s’écrier :
//Darren, tiens toi loin de l’écoutille. //

On dit souvent que le cerveau ralentit lors d’un accident de la route. Qu’une seconde peut paraître une heure au moment le plus dramatique. Un de ses amis lui avait même confié, lors d’un accident violent, qu’il était en train de faire des tonneaux et voyait la rambarde se rapprocher. Ça lui avait semblé si long, une éternité, qu’il avait prié pour se prendre cette fameuse rambarde. Et faire cesser cette danse de métal froissé.

Et bien la réaction d’Esfir, dans son oreillette, avait été la même. Darren avait eu du temps pour reconnaître la pression dans sa voix. Il sut la traduire comme un danger imminent s’il ne s’écartait pas. Son cerveau fit “tilt”, avec tout un tas de voyants d’alarme rouge vif, parce qu’il connaissait son amie. Sa frangine.
Darren écarquilla ses yeux puis se jeta au sol. L’instant d’après, une grande colonne de vapeur brûlante s’échappa d’une tuyère mobile. Lui qui pensait à l’échappement des gazs de combustion, il s’était fourré le doigt dans l'œil. L’évacuation causa un sifflement violent, très bruyant, au point qu’il se plaqua une main contre l’oreille.

Clive eut du mal à échapper à un acouphène. Il ouvrit grand la bouche et bougea sa mâchoire pour essayer de virer ce sifflement. Quant à ce brouillard blanchâtre, il s’atténua pour laisser paraître une scène sordide. Quelques types en guenilles gesticulaient en hurlant. Ils cherchaient à échapper trop tardivement à la chaleur qui avait imprégné leurs vêtements, dévorés la peau. Là où il n’y avait pas de cloques, l’épiderme s’était littéralement détaché. Les muscles à vifs, ils fuyaient en gueulant à tout va, mais c’était trop tard. Ils furent rapidement rattrapés par les traumatismes que l’adrénaline ne suffisait plus à taire. Ils s’effondrèrent, se roulèrent sur le sol, toujours en gueulant.

« Oh merde... » souffla-t-il, face à ce spectacle écoeurant.

En essayant de calmer ses brûlures, l’une des victimes s’était littéralement détachée la moitié de la face. Darren rechargea rapidement son arme, profitant de l’accalmie que venait de lui offrir Esfir. Mais il remarqua également que sa machine avait ralenti.

« Es ! Y’a un problème ? »

Avant qu’elle ne puisse lui répondre, un objet percuta brutalement la cabine. Une gerbe d’étincelle accompagna le cri de la mécanicienne et l’engin s’arrêta net. Le moteur tournait encore, c’est Esfir qui avait cessé le mouvement. Très inquiet, Clive dégomma à la hâte deux hostiles tout en l’appelant.

« Esfir !! Esfir, réponds-moi !! »

Il n’avait pas le choix que de se mettre en danger, passer devant l’engin pour voir ce qu’il se passait. Son regard surpris resta un instant figé sur la cause du problème : un trait de baliste. On avait balancé un putain de tronc d’arbre sur la Russe. La pointe s’était enfoncée à travers les panneaux, venant s’enfouir dans le cœur de la cabine. Clive fut saisi d’effroi. Est-ce qu’elle était blessée ? Est-ce qu’elle était...morte ?!?

Un cri, encore. Darren leva son neuf millimètres mais Shaun avait été plus rapide que lui. Il était couvert. Ni une ni deux, le militaire empoigna la porte et l’ouvrit. Le métal froissé par ce tir grinça horriblement. Il lui fallu mettre de la force pour pouvoir dégager un espace suffisant et voir à l’intérieur. Le trait de baliste avait effectivement transpercé la cabine. La pointe émergeait un peu au-dessus de la meurtrière d’Esfir et s’était plantée au-dessus de son épaule. A la droite de son visage.

Dans un premier temps, Darren empoigna la manche de son amie, craignant le pire. Mais il croisa son regard puis se mit à sourire de toutes ses dents.
Elle n’avait rien. L’onde de choc répercutée dans cette coque de métal ne l’avait secoué mais ça semblait aller.

« Sacrée miraculée !!! Allez ! Ne t’arrête pas ! Continue ! »

La vache...c’est pas passé loin... répondit la russe les yeux écarquillés par la peur. Il lui fallut encore quelques secondes, les yeux posés sur ce qui avait bel et bien failli la transformer en brochette, puis secouant la tête pour revenir au conseil de son ami, elle réactiva les commandes pour remettre la grue en branle. Putain...
« Tiens le coup ! »

L’arme déployée par l’ennemi était trop dangereuse. Darren s’était replacé sur le flanc du véhicule, cherchant du regard cette position de tir. Ca ne venait pas d’en face sinon Shaun l’aurait déjà aligné. Le prochain trait les manqua de peu. La pointe toucha un rebord du bras articulé et rebondit un peu plus loin.
//Lieutenant. On est ciblé par un tir de baliste. Et ils savent s’en servir les fumiers ! Ça doit être quelque part sur le flanc droit mais je ne vois rien...//
Darren observa les alentours. Il jura.
//A tous les coups, ils sont planqués dans un hangar. Je vois des rideaux...ils le lèvent seulement au moment de tirer.//

A peine avait-il fini de parler qu’il eut une confirmation visuelle. L’ennemi relevait à la hâte le rideau d’un hangar, révélant une baliste armée et prête à tirer. Un type baissa son bras, le mécanisme libéra la pression, la prochaine munition s’envolait déjà en direction de la portière d’Esfir.

//ATTENTION !!//

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Shaun Kelly
Lieutenant
Bannière perso (image 901x180px) : Rangers lead the way!
√ Arrivée le : 25/08/2020
√ Date de naissance : 25/12/1981
√ Nationalité : Américain

√ Age : 39
√ Messages : 140
√ Localisation : Cité d'Atlantis

Liste de vos DC : Aidan Foster

Mer 3 Nov - 11:37

Shaun Kelly
Le croc du Néant

-



L’index retourné sur le pontet, Shaun observa son champ de bataille aux corps jonchant les rues. Certains étaient de son fait, d’autre il arrivait même à ne même pas s’intéresser aux circonstances de leur mort. Ca avait été un stand de tir au canard, une de ces attractions pour attrape-couillon que seul un vrai gars entraîné pouvait espérer remporter la plus grosse peluche. Mais à la clé de cet espace qui n’avait absolument rien de ludique, se faisant despotique et juge de mort sur les cibles désignées, c’était son gars qu’il voulait décrocher, suspendu là-haut, sur les barbelés de ce putain de silo qui continuait de les narguer.

Mais bien vite, la lunette de son fusil se réaligna en direction de l’engin en contrebas qui avait cessé son avancé, alerté par les mots du Première Classe qui le prévenait d’une toute autre menace, mais le Lieutenant avait beau balayer la zone, il ne voyait absolument rien. Hors visée, la poisse. Sa focale réajustée, il ne vit pas avec précision le projectile qui avait arraché ce cri de prévention du soldat à pied, mais il commençait à avoir un peu plus de détails sur sa direction estimée.

D’une pression vive sur son oreillette, de sa main libre tandis qu’il maintenait sa joue en appui sur la crosse de son arme et l’autre au mouvement contrôlé de son alignement, il activa la communication en réponse.

// Clive ! Est-ce que tu peux m’avoir une estimation de coordonnées ? //
//Nord nord ouest. Environ...trente...non.//
Clive vida son chargeur. Il avait failli se faire rôtir par un molotov.
//Cinquante mètres. Hangar avec toit effondré. Des tuiles...//
Il reprit son souffle.
//Des putains de tuiles bleues de merde !//
La suite de sa réponse ne s’adressait pas à lui.
//Es. Tu as pris un tir dans la citerne. Ca fuit de la vapeur.//
Et il en revint au lieutenant.
//Chef, ils rechargent vite. Ils vont pas tarder à tirer et on arrive à l’aiguillage.//

Le temps que son subalterne lui relayait toutes les infos, l’officier avait déjà ajusté son objectif aux nouvelles données qu’il possédait, jouant sur le zoom de sa lunette pour avoir une meilleure vue d’ensemble avant de cibler le fameux toit aux tuiles bleues qui se détacher du reste du commun. Instinctivement, il se redressa de sa position allongée pour passer assis, gagnant légèrement en hauteur pour s’assurer une mire correcte. Pas de quoi voir la fameuse baliste et encore moins ses tireurs, mais cela lui donnait une vue bien plus franche.

// Pile-Poil, ici Kelly. Besoin de soutien pour tir de roquette autoguidée sur cible bâtiment. Je vous désigne la cible au laser. Secteur Sud. Confirmez. //
//Teniente, ce sont mes dernières munitions de roquettes.//
// Une seule suffira si vous m’alignez ça correctement. // Répondit-il aussitôt en plongeant sa main dans l’une de ses poches de gilet, sortant le désignateur laser.
//Confirmado. Approche directe. Tenez bon, amigos.//

Sa main d’ordinaire à proximité de la gâchette, accueilli l’appareil pour venir se plaquer sur le flanc de la carcasse métallique de son arme, l'œil toujours dans le viseur. L’inconvénient de l’outil était qu’il n’agissait pas dans le spectre visible, et s’il voulait assurer sa cible, il avait fort intérêt à ne pas bouger d’un poil de cul jusqu’à ce que la poussée du missile atteigne le point d’impact.

Spoiler:
[Test Shaun. D20 + 1 (rapidité d’esprit) > 12 = 19 + 1 = 20. Réussite]

Seulement, alors qu’il pointait la cible et s’y concentrait, le lieutenant sentit un subtil changement sous son corps. Le toit semblait s’affaisser progressivement, comme si la structure ne parvenait plus à le porter. L’impression était légère, souple, à peine perceptible.
Mais réelle...ça s’affaissait.

Comme si désormais le moindre mouvement pouvait causer sa chute, le dernier souffle du Lieutenant se fit plus lent, plus discret, plus profond. Dans l’orbite de ses yeux, il avait descendu ses iris sur le toît où lui-même se trouvait, sentant la légère déformation de la surface qui soutenait son poids - qui n’avait rien de plume au passage. Le risque était grand, il ne pouvait pas se permettre de jouer l’audace, trop de vie dépendait de son geste, deux en particulier, là en bas.

// Pile-Poil, temporisation 30 secondes avant tir. Déplacement pour assurer position. Tir au vert. Confirmez. // alors que son regard s’ajustait sur le flanc, cherchant un élément bien plus solide qui pourrait supporter sa carcasse, repérant cette poutre de soutien à côté.

//Ordre reçu. Attente du feu vert. Position dans trente secondes.//

L’écho de l’hélicoptère commençait effectivement à se discerner. Il ne fallait pas chercher longtemps pour trouver la silhouette du black hawk approchant de leur secteur. Shaun atteignit la poutre tant bien que mal. Lorsqu’il se glissa dessus, il fut en mesure de voir combien la surface où il se tenait avant s’était affaissée. Le métal sous son corps tremblait et grinçait parfois. Mais il le sentait : c’était plus sécurisé cette fois. Il pouvait reprendre le pointage.
Nelly tournait dans les airs. Elle causait par la simple présence de son appareil une certaine panique dans les rangs ennemis. Certains s’enfuyaient, refusant d’écouter les meneurs qui se retrouvaient seuls, sans chair à canon. Le bruit de son moteur grondait dans l’air comme une menace perpétuelle.
Il était temps…

Le genou reposé au sol, dans sa position de tir accroupi, Shaun redressa le canon de son arme. Il avait gagné un point d’appui certains et reprenait avec un peu plus d’assurance le pointage laser. Sur son front, une nappe de sueur commençait à s’accumuler, les gouttes sales de sueur dégringolant jusqu’à la jointure de son œil qu’il maintenait fermé.

// Pilote. Vert pour tir. Je répète, vert pour tir. //





Shaun Kelly
#006633

Le Croc du Néant 1.1 - Equipe Barricade - Page 2 Shaun
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