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Séance 82 : Passer le Sas - Feat Shaun Kelly

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Kendall Carr-Li
Médecin
psychologue
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√ Arrivée le : 19/06/2021
√ Date de naissance : 03/08/1982
√ Nationalité : Américaine

√ Age : 39
√ Messages : 31

Lun 26 Juil - 20:57

Kendall Carr-Li
Séance 82 : Passer Le Sas
FEAT SHAUN KELLY

La cité d’Atlantis honorait ses légendes. A l’image d’un monde paradisiaque, perdu à l’écart du capharnaüm des continents, où règne une sérénité olympique, une paix inviolable. Une ville imposante digne de science-fiction, aux murs brillants reflétant le bleu d’entre ciel et mer, aux vitres impeccables témoignant du luxe d’une ancienne civilisation avancée. A contempler, depuis les hauteurs, l’étoile mécanique façonnée par de savants architectes, aux abeilles de fer voltigeant entre les tours d’une maîtrise envoûtante, difficile de croire qu’une merveille de technologie comme celle-ci pouvait avoir été proche de la destruction. Aussi loin que pouvait progresser la vie intelligente, la cruelle balance de l’univers trouvait toujours un antagoniste pour conserver l’équilibre de puissance. Un trou noir d’un côté, avalant inextangiblement le moindre atome de la création divine, en monstre cosmique dévoreur, et vous trouverez un trou blanc de l’autre, recrachant toute cette matière jusqu’au plus petit électron, tel un dieu créateur. Rien dans l’existence ne saurait trouver son paradoxe. Cette pensée faisait relativiser la symbolique de la toute-puissance. Mais a contrario, rendait compte de l’impossibilité d’une paix durable. Néanmoins, le docteur Carr-Li n’avait pas d'appréhension à l’idée.

Au sommet de la tour centrale, l’esplanade offrait une vue panoramique de toute la cité. Le toit protégeait de l’intensité du soleil, et de nombreux fauteuils installés autour de tables rondes jonchaient le lieu, apportant tout confort désiré à ceux qui voulaient s’évader du carcan quotidien. L’endroit avait été sublimé de hautes plantes diverses, disposées avec stratégie pour donner l’illusion d’intimité entre deux espaces. C’était l’un des rares lieux où l'on pouvait en voir, en dehors des secteurs de loisirs, et du bureau de la psychologue, qu’elle avait aménagé de sorte à imposer une ambiance relaxante. Il s’agissait en fait de la principale raison pour laquelle elle se trouvait actuellement en ce lieu: désobliger de toute contrainte d’un rendez-vous forcé.

Au-delà de la zone d’ombre, bien qu’éclairée de néons modulables, la tour était cernée de multiples petits balcons, chacun proposant deux épais sièges en cuir, soumis aux intempéries, mais étonnamment résistants. Le théâtre de cette séance semblait convenir à la psychologue. Marchant à pas lents entre les tables, son regard sondait la zone d’un oeil critique. A cette heure matinale, seuls de rares solitaires, enfoncés dans leur fauteuil, épiant l’écran de leur ordinateur ou de leur tablette plutôt que de profiter de la vue, disparate dans cette semi-jungle, se cachaient les uns des autres pour la durée d’un moment suspendu dans le temps, loin du stress habituel. Kendall avait découvert cette opportunité un peu par hasard, aux confidences d’un de ses patients. Elle changeait de temps à autre ses lieux de rendez-vous, pour favoriser un sentiment de relâchement qu’ils pouvaient ne pas trouver entre les murs d’un bureau de l’aile médicale. Devoir se rendre à un entretien de santé renvoyait à une certaine tension, même à une contrainte agaçante pour ceux qui ne venaient pas de leur plein gré. Alors, proposer des endroits presque insolites pour les plus farouches pouvait attiser leur curiosité, les pousser à poser des questions, à s’intéresser à l’entretien.

C’était la première fois qu’elle programmait un rendez-vous ici, depuis sa découverte. En avance d’une bonne demi-heure, elle rompit sa patrouille furtive en allant s’installer près de l’unique téléporteur, guetter l’arrivée de son prochain patient. Plutôt que de s'asseoir sur l’un des sièges, elle croisa les jambes sur la jardinière de l’allée principale. Elle avait délaissé l’uniforme du SGA pour un tailleur bleu sombre, en jupe droite, chemise blanche haussée d’une veste légère, et une paire de bottines noires à talons bas. La tenue réglementaire réservée aux médecins ruinait tout son charme, aussi elle ne la portait qu’à son bureau et en dehors des séances. Ayant grandit au sein d’une famille guindée, le docteur Carr-Li veillait à se montrer sous son meilleur profil autant que possible. L’apparence était importante pour une première impression, même si elle apprenait le contraire aux plus complexés qui venaient la voir. Assise ainsi au bord du bloc gris, son ordinateur portable sur la cuisse, elle survolait le dossier de l’homme qu’elle attendait. Le Lieutenant Shaun Kelly.

Depuis sa participation au programme, Kendall avait vu passer plus de militaires que de civils à son bureau. Or, cette tendance allait totalement à l’encontre de son travail sur Terre. Devoir traiter ce type d’individus présentait une certaine complexité qui s’harmonisait avec son plaisir du défi. Il n’y avait plus là un traumatisme particulier à l’origine de plusieurs symptômes, mais un ensemble de facteurs oppressants qui, mêlés les uns aux autres, donnaient naissance à une myriade de comportements plus ou moins persistants, et visibles seulement sous certaines conditions. Pas que ces comportements soient forcément destructeurs, mais, mal gérés, pouvaient rompre la limite de la résilience du meilleur des soldats. Son but était donc de s’assurer que le flux psychologique de chacun d’entre eux s’écoule de manière fluide et compréhensive, plutôt que de créer un barrage irraisonnable qui céderait d’une manière ou d’une autre. Qui a même déjà cédé chez certains. A ce niveau là, Kendall n’avait plus le pouvoir de les ramener, et c’était les ressources de la psychiatrie qui entraient en jeu. De quoi entacher leur dossier, et provoquer, dans le pire des cas, une expulsion. Sans compter que chaque cas raté s’ajouterait à sa liste d’incompétence et pouvait remettre en cause sa présence ici. Heureusement pour elle, ceux qui avaient fini par se gaver de médicaments n’étaient pas passés par son expertise. Même si elle n’était pas seule à ce poste, il n’y avait pas suffisamment de psychologues pour s’occuper de tout le monde. D’autant plus qu’elle devait partager son temps avec son autre talent: celui du profilage. Envoyée en missions déjà quelques fois depuis un peu plus d’un mois, elle s’était vite aperçue de la difficulté à mettre ses compétences à l’épreuve. Rien ne se passait jamais comme prévu, et bien trop souvent, elle se retrouvait dans un état qui l’empêchait d’être proactive. Elle était incapable d’en ressentir toute la frustration, mais la menace de reconsidérer sa position pesait tout de même dans ses calculs. Sa fierté personnelle la poussait donc à choisir avec discernement ce qu’elle pouvait gérer, et ce qui… ne l’intéressait pas.

Le cas actuel était pour le moins distrayant. Il était très rare qu’un officier assez haut gradé passe obligatoirement par la case psy. Kendall ne savait pas si c’était la fierté militaire qui faisait que seuls les sous-officiers ou les hommes du rang soient conviés aux séances, mais elle aurait une bonne approche de leurs fonctions de cette manière. Le point de vue d’un individu qui se contente d’obéir et de celui qui dirige une équipe changeait du tout au tout.
Maintenant que le système administratif s’était chargé de gérer son planning, elle perdait moins de temps à convaincre ceux qu’elle ciblait de venir la voir, et donc en gagnait à pouvoir lire une partie de leur dossier, pour s’imprégner de leur profil général. Néanmoins, le forçat médical lui demandait de prendre un peu plus de pincettes avec eux… s’ils daignaient bien venir. Obligatoire ou non, ils pouvaient toujours se défiler et retarder l’échéance.

La brune jeta un oeil à sa montre. 9H43. Deux jours plus tôt, elle lui avait envoyé un message pour lui rappeler la séance de 10H et changer le lieu de rendez-vous. Si l’assistante administrative du pôle concerné s’occupait déjà de transmettre ces informations, et peut-être les relances, la psychologue se targuait tout de même, au besoin et sans prévenir le service, de modifier quelques détails. Ce choix de lieu plus tranquille n’était pas anodin. Comme elle n’avait pas vraiment travaillé avec des militaires jusqu’à poser le pied sur Atlantis, elle avait dû se mettre au diapason pendant plusieurs semaines, épluchant les documents de ses confrères au sujet des particularités de guerre. Elle avait retenu un terme intéressant, qui illustrait bien la situation de ces hommes et femmes d’action. Le passage entre le théâtre dangereux et angoissant de la guerre, et celui, calme et serein, de la vie civile, faisait référence à un sas. Ce moment où les comportements violents et les mécanismes d’adaptation des situations dangereuses devaient alors êtres désactivés pour un retour à une vie normale. Globalement, chacun savait faire la part des deux. Et majoritairement, d’aucun s’en sortait totalement indemne. Fouiller leur facette refoulée revenait à chercher une pièce bien précise d’une boîte de puzzle. Exactement ce dont avait besoin la psy pour ne pas s’ennuyer.

L’ascenseur instantané émit un vif bruit de tension électrique. Kendall leva le nez, le regard posé sur la cabine transparente inflexible. Déjà? Si c’était bien le soldat, il était en avance. Elle appréciait la ponctualité, mais avait tendance à penser que c’était un trait pour les névrosés, tant la nature humaine ne comptait que des retardataires. La rigidité du cadre militaire à ce sujet lui convenait d’ailleurs parfaitement. Attentive, elle patienta un instant, redressant un peu le dos. Une figure apparut bientôt à l’intérieur.

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Shaun Kelly
Lieutenant
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Liste de vos DC : Aidan Foster

Ven 30 Juil - 15:47

Shaun Kelly







Séance 82 : Passer Le Sas

Ft. Kendall & Shaun




Un pas à gauche, un pas à droite. Ses chaussures foulaient le parquet lustré sans glaner la moindre poussière, ses chevilles solides accusant la réception de ses élans portés, se maintenant sur des appuis élastiques qui pouvaient à tout moment prendre une direction littéralement opposée. A la cadence d'un souffle propulsé, la moiteur d'un visage laissant filer des perles translucides d'humidités qui glanaient sur leur passage leurs consœurs jusqu'à former une ligne de sueur dégringolante, Shaun élançait la rondeur du ballon couleur brique qu'il avait entre les mains sur le sol stratifié de rebonds maitrisés près de l'arceau formé par ses jambes fléchies. Le regard concentré, de ses iris qui alignaient la fixation prédatrice de son adversaire qui essayait de prévoir son prochain mouvement, l'officier mettait en place une stratégie d'attaque qui lui permettrait de passer outre cette défense imposante. Le frottement de caoutchouc de ses baskets entraina un élan décidé, tandis qu'il changeait d'angle et pivotait, l'objet rond frappant toujours le sol à une allure rythmé, accélérant parfois aux tentatives qui restaient vaines jusqu'ici, et accueillit par une main large qui la renvoyait vers le sol pour être récolté par son identique opposée, testant de quelques tentatives dynamiques, les failles que son adversaire lui laissait entrevoir.

Mais alors qu'il gagna un mètre de plus, puis un second, ne percevant qu'à peine les encouragements des spectateurs de passage qui observaient l'échange, il fut stoppé net dans sa progression par le marines qui jouait de sa défense avec brio. Il lui offrit alors son dos, basculant sa tête rapidement sur le côté, cherchant le soutien d'un allié providentiel. Une dernière réception lui permit de se positionner en élan, se préparant à enchérir d'un assaut final alors que le panier n'était qu'à deux mètres de sa position.
Ses jambes, robustes et musculeuses l'élancèrent dans les airs, cherchant à feinter celui qui pensait pouvoir stopper un panier audacieux. D'une propulsion maitrisé, au lieu de se faire l'honneur du point dans une tentative risquée, il préféra assurer ce dernier. Il envoya le ballon à l'un de ses partenaires qui avait profité du renfort défensif pour se libérer de son joueur qui le marquait, bondissant à son tour dans les airs pour le réceptionner, et le faire glisser, sans aucun respect dans l'anneau de cercle en fer, passant presque au dessus d'un de ceux de l'équipe adverse.

Retombant sur ses appuis, Shaun observa le résultat de sa passe décisive, braquant son poing serré en symbolique victorieuse au constat des points qu'ils venaient de gagner, et surtout du match désormais remporté. De son autre bras, son poignet couvert d'un bandeau éponge, il essuya son front qui gagnait un peu plus en transpiration latente, gommant d'un geste les gouttelettes indésirables qui chatouillaient son épiderme. Interpelé par le Poster Dunkeur, Shaun frappa dans sa main en un claquement amical et viril, élançant cet accueil complice d'un « Bien joué. » sincère. Il avait étiré ses lèvres d'un sourire avenant, flanquant en écho à ces échanges une tape sur l'épaule du collègue.

« Cette raclée qu'on leur a mit. » avait renchérit le soldat britannique à la carrure aussi imposante que celle de l'américain, escortant le pas de ce dernier, tandis qu'ils se dirigeaient conjointement vers le bord du terrain, là où quelques bancs avaient été installés et qui soutenaient la présence de quelques serviettes de sport, et autre gourdes d'eau.

Le tee-shirt grisé du soldat lui collait à la peau, malgré l'amplitude qu'avait ce dernier, à hauteur de ses hanches, de son torse et de son dos, forçant l'américain à tirer sur le tissu pour s'en dégager la contrainte, puis le soulever assez pour le rabattre sur le reste de son visage et l'essuyer. De quelques battements, oscillant sa main, il appelait l'air à s'engouffrer par les ouvertures et venir d'une brise caressante, refroidir son torse brûlant d'effort.

« Cette humiliation, tu veux dire. » rétorqua Shaun, portant sa voix pour être entendu des fameux avilis, ces derniers brandissant quelques majeurs joueurs, dans sa direction, rétorqué en retour par un baiser mimé de lèvres moqueuses.
« Sauf votre respect, Lieutenant. Allez cordialement vous faire foutre. » avait renchérit un autre en portant un peu plus sa voix, dans ces échanges qui restaient animal en surface, mais ne montrait aucune marque d'hostilité, sinon les franches taquineries camarades, même entre adversaires.

« Y'a pas de grade sur le terrain de basket, seulement la honte de votre défaite. »

Le match était terminé, cette action avait été la dernière à pouvoir être tenté avant de clôturer l'amicale séance. D'une prise sèche, Shaun s'empara du cylindre de sa gourde, dégoupillant cette dernière en tirant sur l'extrémité de ses dents avant de venir verser à quelques centimètres de hauteur, l'eau fraiche et cristalline qui abaissait encore un peu la température et prodiguait un réconfort profitable. C'était sans compter sur une franche bousculade que son épaule reçue, faisant déborder les projections d'eau sur son visage et son cou, rajoutant d'autant plus à l'humidité de son vêtement qui en épongeait déjà pas mal. Il se retint d'un rire élancé, le talon se posant sur le banc devant lequel il s'était placé pour renvoyer à l'inconvenant un sourire fière et moqueur, sans renchérir.

« Hey, Lieutenant ! » L'apostropha le marines qui était resté à sa proximité, après son chahut, retrouvant une attitude sereine. « Vous avez le temps pour une revanche ? »
« Pas aujourd'hui, Sergent. » répondit aussitôt l'officier en adressant son regard vers sa montre, son poignet pivotant sous l'acier de ses iris. « J'ai autre chose à faire. »

Sa vie était réglée sur le cadran d'une montre, à la vitesse de son tintement qui donnait le rythme de ses devoirs et lui rappelait l'ordre qu'il accordait à sa vie. C'était le métronome dont il avait besoin quand il n'était pas en mission, quand ses pieds ne foulaient pas un théâtre chaotique chargé de poussière, de sang et de rage et qu'il n'avait pas son attention focalisé sur l'élaboration d'une stratégie de terrain. La séance était finie, et évacuer autant de toxine de bon matin avait de quoi mettre d'aplomb. Il avait tout de même mis la prudence à ne pas trop forcer, une main se plaquant sur son épaule habituellement douloureuse pour lui infliger quelques étirements maitrisées, réaxant ses pensées sur d'autres blessures que son corps avait récemment subit.

Une fois désaltéré, à coup de larges rasades ingurgitées, il rabattit sa propre serviette sur ses épaules, la faisant passer derrière sa nuque pour venir négligemment frotter la racine de ses cheveux. Depuis sa plus tendre jeunesse, il avait toujours été un grand adepte de sport, poussant parfois le vice à sentir ses membres brûler d'une douce emprise, son corps lâchant bien avant son mental. Il aimait cette sensation, d'avoir une fois de plus repoussé ses limites, jusqu'à l'épuisement. Oui, Shaun était bigorexe. Un drogué d'adrénaline et un drogué d'endorphine. Un junkie des sensations forte et du dépassement de soi. Une saine addiction selon lui, mais son entourage était sans doute moins catégorique à ce sujet.

Dans la périphérie de sa vision, il aperçut une silhouette à la démarche féline s'approcher du petit groupe qui s'était formé, au tailleurs d'uniforme bandeau bleuté si étriqué, que personne doutait qu'elle avait spécialement demandé de percevoir une taille au dessous de la sienne pour espérer mettre ses formes en valeur et ça marchait plutôt bien. De l'arrondie de son fessier à l'opulence de sa poitrine, elle se jetait dans ce gymnase, littéralement, comme dans la gueule du loup, attirant les regards même des moins assoiffés. Mais sa cible était déjà acquise, fonçant de la longueur insultante de ses jambes effilées vers le soldat sur lequel qui l'intéressait, momentanément.

« Tiens, Meg. » L'avait interpelé Shaun tandis que la donzelle laissait glisser ses deux bras langoureusement sur les épaules du britannique, déployant sa soyeuse chevelure sombre d'une ondulation maitrisée, comme si elle s'était cru dans une publicité pour shampoing. « T'es en retard aujourd'hui, j'ai faillis rater le spectacle de pole-dance. »
« Mais quel con, celui-là... » Lançait l'intéressée d'un air excédé, la voix assez basse alors qu'elle continuait les massages thoraciques du champion sur lequel elle avait jeté son dévolu, assis face à l'officier, et qui réajustait sensiblement la souplesse de son short de sport d'un raclement de gorge entendu.

Le sourire en coin du Ranger s'étira un peu plus, amusé par cette rétorque, s'éloignant finalement d'un pas en reportant son attention sur l'anglais qui profitait sans en perdre une miette des attentions prodiguées par son allumeuse.

« On s'voit demain. »
« Si j'suis encore en vie ! »

Porté par ses pas, il rejoignit la sortie, laissant entrer un duo de sportif qui prenait la largeur de la porte épaule contre épaule, avant de lui-même s'éclipser dans le couloir non sans avoir été saluer tous les autres joueurs de cette partie d'une franche poignée de main à chacun d'eux. Sa montre sonna. Neuf heure.

Une demi-heure de battement règlementaire, le temps à son corps de finir d'évacuer la sueur latente à ses efforts, une douche prise, une tenue sombre réglementaire d'uniforme d'Atlantis enfilé, barré des bandes noires qui définissait son appartenance, et Shaun se mettait en route à son rendez-vous des plus formel. Il n'avait pas d'aprioris, pas d'aigreur ni ne renâclait à s'y conformer. Une obligation était une obligation, et il n'avait jamais eu ni crainte ni appréhension envers les psy, et encore moins de rancœur d'ailleurs. Aussi s'y rendit-il d'un entrain assez simple, à la démarche droite et fiable, tandis que ses mains finissaient de glisser son dog-tag au repos du contact de ses pectoraux, celui-ci ne le quittant jamais. Il avait choisi le chemin le plus court, au vu du timing serré qu'il s'était imposé, s'engouffrant dans le sas étroit du téléporteur pour venir effleurer d'un passage de doigt l'arrivée la plus proche qui le conduirait vers les balcons.

Deux jours plus tôt, il avait reçu un rappel à ce rendez-vous programmé depuis quelques semaines déjà, voyant d'un même temps le lieu de ce dernier modifié par le docteur Carr-Li elle-même. Pourquoi les balcons ? Pour dire vrai, il se fichait pas mal des justifications qui avaient poussé la femme à choisir tel endroit. De la même manière que la rencontre en elle-même, il ne s'y attarderait aucunement. Pour lui, c'était un lieu comme un autre, quand bien même certains pouvaient trouver inconfort à se confier au milieu des regards et des attentions portés. Tout ceci glissait bien loin au-dessus de l'homme, sans même avoir à en attester sa surprise, n'estimant pas avoir quoi que ce soit à mettre sous la dent de ces décortiqueurs mentaux.

Neuf heure cinquante-six. Le sas s'ouvrit. Un peu plus tôt, il avait laissé passer la silhouette d'un mécano, les lunettes fixés sur l'arrête de son nez, à observer si intensément l'écran de sa tablette, qu'il faillit presque bousculer le docteur et la jardinière contre laquelle elle s'était installée d'ailleurs, patientant là en guetteuse. Il s'excusa confusément en s'écartant de son chemin, passant sa main dans le frisé de ses cheveux broussailleux, avant de rejoindre l'un de ses éminents collègues qui avait trouvé place bien plus au loin, au repos d'une table ombragée. Shaun n'avait pas été en avance, ni en retard d'ailleurs, il fut précisément à l'heure, comme l'attestait le cadran de sa montre que la synchro avait permis de respecter. La silhouette grande et carrée du militaire apparue, tandis que l'homme avait fait trois pas supplémentaires pour s'éloigner du passage et permettre l'entrée d'autres personnes, son regard venant d'un premier lieu se poser sur l'ensemble des visages présents.

Il n'avait aucunement accordé d'attention au décors, ni à la vue resplendissante de l'océan à perte d'horizon, se concentrant en priorité sur les silhouettes bien vivantes, à l'instar de n'importe quel militaire aux aguets. De l'éclat vif de ses iris dans lequel se reflétait le cristal du soleil, il couvrit l'assemblé d'un mouvement de tête observateur, avant que son attention ne se porte sur la femme, paraffinée dans son tailleur. Il avait prit le temps de se renseigner en amont, non pas sur l'identité ou le parcours de celle-ci, n'ayant pas accès aux dossiers civil à son niveau, mais bien pour connaitre le visage qu'il devait rencontré, et c'est donc tout naturellement qu'il la reconnue, installée là à l'attendre.

Il s'approcha d'elle d'une démarche toujours aussi bien solidement ancrée sur ses appuis, venant proposer une main de salutation à son attention, celle-ci déployée grande ouverte.

« Docteur Carr-Li je suppose. Bonjour. » avait-il amorcé sans aucune timidité, mais sans aucun sourire à lui proposer, ses traits ne reflétant que la cordialité neutre de leur rencontre.
@DamianVK


Shaun Kelly
#006633

Séance 82 : Passer le Sas - Feat Shaun Kelly Shaun
DC : Aidan Foster

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Kendall Carr-Li
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Lun 2 Aoû - 15:03

Kendall Carr-Li
Séance 82 : Passer Le Sas
FEAT SHAUN KELLY

Un flash lumineux précéda la matérialisation d’une figure visiblement féminine dans l’habitacle. Il était encore trop tôt. La femme d’un âge mûr la dépassa tout en lui accordant un signe de tête courtois, que lui renvoya Kendall avant de replonger dans son dossier. Elle avait accès à un certain nombre d’informations, surtout civiles et médicales, pour avoir un point d’approche avec ses patients. Mais elle n’était pas au fait des détails de leurs affectations militaires, seulement des grandes lignes, les plus pertinentes, celles qui mettaient en cause leur présence face à elle. Elle trouvait toujours étonnant que la plupart d’entre eux aient accepté de travailler pour le SGA malgré leur situation familiale complexe. Pour la psy, c’était différent. Même si elle aurait prit le temps de fonder une famille, elle n’aurait certainement pas eu grande compassion à les quitter. Mais pour des personnes qui bâtissaient leur existence sur leurs émotions, c’était plus difficile. C’était ce qu’elle revoyait d’ailleurs assez souvent dans ces entretiens: la distance pénible et tortueuse. La plupart s’en accommodaient, se contentant bien de contacts virtuels avant d’avoir la permission de retourner sur Terre quelques jours. D’autres se laissaient aller aux bras infidèles de conquêtes éphémères. Plus Kendall faisait face à ce genre de cas, plus elle se questionnait sur l’intérêt des unions. Elle avait beau relire le dossier du Lieutenant, elle ne voyait pas mention de divorce. Soit il vouait toujours loyalement une vie de patriarche, soit il fuyait ses responsabilités. Ou autre, et c’était une des choses qu’elle découvrira sur lui au fil de leur échange. En dehors de cet aspect, elle avait obtenu l’une de ses dernières évaluations psychologiques, qui datait tellement qu’elle s’était plainte au service, dans un message en toute agréabilité, qu’ils soient totalement à la traîne dans leur suivi médical. Tout en précisant que dans “médical”, il y avait une jonction entre le corps et l’esprit, et pas seulement l’un. Ce à quoi on lui avait répondu par un message type, la remerciant de son intérêt et lui assurant que son commentaire sera remonté aux concernés. Evidemment, elle ne s’attendait pas à recevoir une réponse immédiate. Avec un peu de chance, ils s’en souviendront au prochain Noël.

Le rapport en question, rédigé par le Dr.Hamilton, il y a plus de huit ans, faisait état d’une situation précédant son entrée au programme d’Atlantis. Loin de vouloir se conforter à une psychanalyse émise par l’un de ses confrères, Kendall gardait ce fichier comme un point d’origine à comparer plus tard avec ses propres jugements, même s’ils se montreraient peut-être similaire ou répétitifs, elle ne voulait pas partir sur une base prédéfinie. Si elle aimait fouiller les dossiers personnels de ses patients avant de les recevoir, c’était surtout pour un certain plaisir de la compétition, entre son propre travail et celui de ses pairs. Elle savait qu’elle n’était pas ici par hasard, au sein d’une cité extraterrestre, à faire partie d’un rouage exceptionnel et unique, si elle n’était pas meilleure que les autres. Son travail relayera bien mieux la réalité du psyché de ses patients que celle de n’importe quel psychologue accompli. De l’arrogance, peut-être un peu, mais certainement bien placée.

A dix heures pile, la cabine de téléportation s’illumina à nouveau. Le docteur Carr-Li n’y prêta pas immédiatement attention, occupée à fermer les fichiers sur son ordinateur, lorsque celui-ci lui glissa de sa cuisse, percuté par un flâneur distrait. Elle le rattrapa avant qu’il ne s’écrase, appuyant de force sur des touches en espérant qu’elle ne commettait rien d’irrécupérable, en même temps qu’un second déclenchement du téléporteur s’ensuivit. Elle avait à peine levé le regard pour comprendre qu’il ne s’agissait pas de l’attendu. Ce dernier, sous une combinaison du service technique, avait dévié de sa trajectoire avec une telle maladresse qu’il aurait été aisé de croire à une bousculade volontaire. Mais il s’excusa à plates coutures, un peu trop véhément, si bien que Kendall finit par le congédier d’un bref “Ce n’est rien.” tout en se relevant, sans plus de considération, le regard rivé sur le grand homme à l’allure assurée qui venait à son encontre sans la moindre hésitation. L’importun remonta ses lunettes de l’index avant de s’éloigner.

Celui qu’elle reconnut comme le Lieutenant Shaun Kelly ne ressemblait plus vraiment à la photo de son dossier. Même si la physiologie changeait pas mal d’une image fixe et excédemment neutre à un véritable individu vivant et actif, d’autant plus avec plusieurs années d’écart, elle se surprenait toujours de cette différence flagrante. Elle patienta sans le rejoindre, repliant le petit ordinateur et le conservant sous le bras, le long du corps, tandis que quelques lourdes et rapides foulées de l’homme le placèrent face à elle. Il était bel homme, grand et fier, d’un air toutefois un peu plus jeune que son profil indiquait. Il présentait la carrure typique du soldat expérimenté et obéissant. Son uniforme bien porté accentuait sa droiture, mais son regard franc cachait mal la sympathie dont il pouvait faire preuve.

Lorsqu’il se présenta, offrant une main formelle, elle s’en saisit d’une poigne juste serrée sans dominance, un fin sourire accueillant se dessinant sur ses lèvres légèrement arrondies. Sa voix claire mais profonde confirma les réflexions du militaire:

«En effet. Bonjour, Shaun.»

Si elle appréciait se faire appeler par son titre, elle voulait faire comprendre que dans leur échange, ceux-ci n’avaient plus d’importance. Qu’il devra s’en détacher pour l’évoquer avec un certain recul nécessaire à une rétrospection.

Le téléporteur s’activa encore. A croire qu’il était l’heure d’une réunion secrète tenue dans les hautes sphères d’Atlantis. Si elle avait été relativement tranquille jusqu’à maintenant, elle ne voulait pas non plus que leur entretien se déroule en public, au gré d’oreilles indiscrètes. Alors elle pivota sur ses talons, entraînant son collègue à sa suite d’un jet de la tête.

«Suivez-moi. Il y a un coin plus intime pour discuter, sur les balcons.»

Ses pas claquaient sur le semblant de parquet lustré, à la mesure de ses grandes enjambées. Le feuillage de hautes plantes virevoltait au courant d’air entraîné sous son passage, tandis qu’elle changeait de direction pour atteindre un coin vide de présence humaine. Même si elle savait que les hauteurs n’étaient pas son plus grand amour, ce n’est que lorsque la double porte vitrée s’écarta sur son passage qu’elle en ressentit une véritable gêne. D’un pas de côté, elle invita le lieutenant à passer en premier, puis lui emboîta le pas, non sans jauger ses discrètes réactions, si tant est qu’il en avait.

Puisqu'elle n’avait pas le nez au-dessus du vide, elle put conserver une maîtrise de ses pulsions. Son regard se fixa sur l’un des sièges, et elle s’y installa sans le moindre intérêt vers la peinture atmosphérique dessinée au-delà d’eux, les tours les cernant plus petites, permettaient d’avoir une vue sur l’une des branches de la structure étoilée. Elle avait suffisamment eu de mauvaises expériences avec le vide pour vouloir tenter un face-à-face avec celui-ci, à quelques milliers de mètres d’altitude. Conservant une expression neutre, elle s’efforçait d’oublier leur position pour pouvoir gérer leur entretien dans les lignes programmées. Et puis, au final, profiter d’un léger vent frais extérieur la requinquait quelque peu, physiquement parlant, changeant des quatre murs interminables de l’immense cité. Qu’elle en éprouve de la gaieté ou une totale passivité, son organisme se satisfaisait bien d’une lumière plus naturelle.

Kendall croisa les jambes, l’ordinateur posé précisément sur l’accoudoir plat, l’écran relevé et allumé, tourné vers elle. Elle observait le militaire prendre place en face d’elle, détaillant ses mouvements, depuis leur souplesse à leur cadence, d’un intérêt qui dépassait le cadre psychologique pour s’aventurer vers celui du profilage, comme pour en deviner toute la personnalité qui s’étirait derrière cet uniforme alors même qu’il n’avait prononcé qu’une seule courte phrase de salutations. Le Docteur voyait cela comme un jeu. Les dossiers lui donnaient de l’adversité, ses préjugés un pari, et le résultat son score. Elle s’en sortait toujours très bien. Avec un pourcentage d’échec dérisoire qui n’avait pas besoin d’être mentionné ici. Pour ces quelques secondes d’échange, elle pouvait déjà constater l’assurance qui teintait son rôle de leader avec concordance, sans rentrer dans l’intimidation. Il ne semblait pas avoir l’air de jouer de violence pour obtenir obéissance et respect de ses subordonnées. Mais pour ce dernier fait, c’était encore à creuser. Tout comme elle-même savait feindre les émotions, n’importe qui de malicieux et manipulateur pouvait obtenir ce qu’il voulait en adaptant son comportement. C’était d’ailleurs le cas pour ceux qui souhaitaient en finir avec les rendez-vous, répétant que tout allait bien, qu’ils comprenaient les inquiétudes, mais savaient se gérer. Kendall appréciait ces tentatives ratées pour dévoiler l’étendue de ses connaissances. Qui sait, peut-être que celui-ci tentera cette esquive.

Elle ne le convia pas à s'asseoir. S’il préférait rester debout ou au bord du balcon, qu’il le fasse à sa convenance. Lorsqu’elle fut sûre de son choix, elle engagea l’entrevue. Son regard se déporta sur le rebord du balcon. De sa place, elle n’en voyait que le ciel clair et dégagé.

«Excusez-moi pour ce changement de planning, je me suis dit qu’un premier rendez-vous en plein air serait plus agréable que dans la formalité d’un bureau à l’odeur aseptique.» Son attention revint alors sur lui, offrant un sourire courtois. «Quoiqu’il en soit, merci d’être venu.»

Elle se reposa sur le dossier, plus décontractée. Ses yeux sombres passèrent brièvement sur l’écran, puis plus fixement sur lui. Son débit se fait lent et régulier, d’une voix posée mais claire.

«Comme vous le savez...il s’agit d’une évaluation psychologique obligatoire suite à vos missions… plus périlleuses que d’ordinaire? Vos supérieurs veulent s’assurer que vous soyez apte à reprendre le terrain, et à diriger votre équipe aussi bien que d’habitude. Mon travail n’est pas de vous mettre des bâtons dans les roues et de vous empêcher de faire le vôtre, bien au contraire. Voyez-moi plutôt comme…» Elle sourit franchement à cette évocation, faisant appel à quelque chose qu’il devait bien connaître: «Une médaille d’honneur pour glorifier vos prochains services.»

Elle termina ses explications tout en glissant la main dans sa poche, pour en extraire un objet de la forme d’un stylet. Un petit écran éteint sur sa surface présupposait son utilité technologique. Puisqu'elle avait eu le droit d’apporter un souvenir terrien, elle s’était décidé sur ce qui lui était le plus utile. Malgré le matériel high tech de la cité qui aurait pu remplacer son enregistreur, elle n’avait pas voulu tenter l’administration pour s’en procurer un. D’autant que celui-ci réunissait le meilleur des capacités humaines. Directement connecté à son ordinateur, retranscription vocale cryptée, enregistrement de plusieurs pistes en simultané et en qualité ultra précise, de près ou de loin, en automatique ou en manuel, mémoire interne de 500 gigabits, étanche, haut-parleurs intégré et 48H d’autonomie en pleine utilisation, jusqu’à 250H en veille. Le gardant toujours avec elle, il ne lui servait que lors des séances, et de certaines réunions. Bien évidemment, elle devait demander la permission de l’utiliser, sinon quoi, elle serait contrainte de prendre des notes, bien moins détaillées qu’une reprise complète de ses paroles.
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Shaun Kelly
Lieutenant
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Jeu 12 Aoû - 12:14

Shaun Kelly







Séance 82 : Passer Le Sas

Ft. Kendall & Shaun




Une simple pression de main pouvait se montrer plus éloquente que de banals mots, et en l'état, celle de Shaun l'était à bien des égards. Quand il serra celle du docteur d'un seul et simple mouvement assuré, il renforça sensiblement son énergie sur la fin du contact, y apposant une force qui restait en surface : non douloureuse, mais ressentis, et pendant tout ce temps, le regard au couleur d'acier fixait la femme avec attention. Il avait toujours eu une attention directive quand bien même ce n'était pas systématiquement intentionnel, et ça engendrait parfois un effet dérangeant, voir intimidant. Quelques secondes accordés aux gestes, guère plus, et il récupéra sa main, venant reculer d'un pas léger en arrière pour briser cette distances presque intimiste qui s'érigeait quand deux personnes en venaient aux salutations, même les plus solennel.

Une inclinaison de visage vers le bas, en discret hochement, apporta réponse à la proposition du docteur, lorsqu'elle se fit guide du lieu véritable pour leur conversation, la laissant ainsi prendre les devant, patientant trois pas en arrière avant de se mettre à son tour en route. Cela lui permit d'accorder un coup d'œil plus appuyé sur la silhouette qui s'avançait et lui donnait dos, détaillant jusqu'à sa démarche. Peut-être qu'elle avait davantage l'habitude d'être la seule à étudier et porter intérêt aux gestes, mouvements, intonations, attitudes, mais en l'état, Shaun s'en donnait à coeur joie d'en faire aussi l'étude. Certes avec immensément moins de capacité déductive, et aussi, pas les mêmes objectifs, mais l'officier était un grand observateur de nature, et il ne s'en privait guère lorsque l'occasion lui était donné.

Elle n'était pas reluquée à proprement parlé. C'était une dimension bien différente qu'une simple attention liée aux bas instincts. Non, c'était davantage un jugement, aussi négatif que pouvait être ce terme, c'était sans doute le plus proche de ce que l'homme s'offrait en l'instant. Cela commençait par des talons bas claquant sur le sol qui donnait un élancement un peu trop léger sur l'effilé de ses jambes à cette femme qui n'avait - de base, nul besoin de s'agrandir. Puis il dérivait à sa tenue, droite, lisse, stricte. Un peu comme tout ce qui constituait la femme physiquement à son rapide avis. Certes, il n'était pas en reste d'une certaine droiture à ses tenues, d'un lissage strict sur un uniforme règlementaire, et c'était sans doute pour cela qu'il s'en désintéressait si rapidement lorsqu'elle s'appliquait à une autre personne. Il suffisait de voir la personnalité de l'homme qu'il fréquentait le plus : Matt était de loin l'homme qui lui était le plus opposé, et pourtant, c'était bien dans cette opposition complémentaire que Shaun s'y sentait le plus au confort et à son aise, et non pas dans la similarité. Encore plus quand il s'agissait d'une femme.

Arrivé devant les doubles portes découpées dans un mur de vitraux colorés qui renvoyaient un jeu de lumière particulièrement étincelant, Shaun continua son chemin à l'invitation de s'y engager le premier. Son regard découvrit alors la petite terrasse vide de présence, qui se dévoilait devant eux, avisant rapidement chaises et table qui avait été laissées à disposition. Le vent s'engouffra escorté des embruns glanés de l'océan, apportant une touche saline à l'odeur que cela en dégageait, venant d'une volute légère caresser leurs épidermes avec une légèreté sereine. L'eau n'avait jamais véritablement été son élément de prédilection, en bon Ranger qu'il était, davantage à l'aise sur terre que nul part ailleurs, aussi n'y attarda t-il qu'une vague contemplation au paysage, bien que plus à l'aise que la femme qui s'engagea derrière lui, sans même craindre des hauteurs et du vde que cette avancée de béton surplombaient.

Il s'en approcha d'ailleurs, dans un premier temps, tandis que le docteur s'installait simplement, lui déposait ses deux mains en appui sur la rembarde et avisait - non pas le bleu agité de vagues à peine perceptibles, sur l'étendue large qui en nappait son horizon, mais bien les colonnes grises de la cité qui se détachaient en contrebas. Cette architecture en pointes donnait presque une impression s'agressivité dans cette splendeur avérée, à l'instar des filaments d'une méduse qui étendaient ses appendices gracieux mais pas moins dangereux dans son espace vital, flottant, errant au gré d'un courant sauvage. Mais son intérêt fut très bref, et dans un pivot simple, il vint finalement s'assoir en face à face, laissant la table ronde les séparer. Il souleva la chaise, l'attirant en arrière pour la détacher du pied central du meuble qui faisait obstacle et vint s'y installer.

S'il ne prenait guère d'aise dans sa posture, elle n'en était pas pour le moins décontractée. Sa jambe droite vint très rapidement prendre place en équerre par dessus la gauche, fixant le creux de sa cheville sur la hauteur de son genou, ce qui offrait un écart majeur à la posture de ses jambes. Le tissu de son uniforme en prit d'ailleurs les plis de torsion, révélant sa carrure sur ces muscles qui venaient naturellement se mettre en tension légère. Ses deux coudes s'apposèrent sur les accoudoirs de part et d'autre, ses mains venant se superposer l'une à l'autre jusque au dessus de son abdomen. La tête légèrement incliné sur le côté, il prenait le temps d'observer les gestes de sa vis-à-vis, avec un détail minutieux, l'air de patienter.

A ses premiers mots, il n'en fit aucune remarque, se contentant d'un silence éloquent, son visage conservant sa stricte neutralité, sans même dévoiler un amusement particulier, une inquiétude sous-jacente, ou même une hostilité certaine ; la seule chose qui pouvait s'être fait remarquer, sous cet écran rigide, était son manifeste détachement. Et alors même qu'elle enchainait en venant apposer son regard sur lui, lui-même déjà engagé à le faire d'une manière identique, le gris de ses éclats plus claire encore sous l'intense lumière extérieure, il remonta sa main gauche à hauteur de son visage et s'offrit un appui à sa joue. Son index remontait le long de sa pommette, son pouce bordait son menton, et le reste de ses doigts se maintenait replié à la proximité de ses lèvres qui servaient, entrouvertes, à sa respiration sereine.

Le vent salé assécha rapidement sa bouche, et à l'instant où il prit une inspiration plus profonde, tiré par sa dernière remarque qui en détacha sa fixation, il prit brièvement le temps de s'humecter ces lèvres, d'un passage rapide et pincé, avant de prendre la parole d'une voix assez grave, l'intonation profonde, et la gorge claire.

« Je suis fier de mon service, Madame. » appuya t-il sur cette dernière touche, le directif de son attention revenant à elle aussitôt, au détail de son regard. « Mais je ne l'ai certainement pas fait pour des médailles. Elles ne me rendent pas meilleur ou moins bon que n'importe quel autre gars qui a servi. Les médailles ne racontent jamais toute l'histoire. Ce n'est pas la récompense qui caractérise la discipline ou la qualité d'un soldat, et n'importe qui ayant été sur le terrain vous le dira. »

Ses lèvres se plissèrent sensiblement, ses yeux clignant d'un même temps avant d'en reprendre son attitude et ce détachant caractéristique.

« Vous caractériser en tant que tel est de loin le pire compliment que vous pourrez vous faire. Mais si vous insistez, partons sur une médaille. »

@DamianVK


Shaun Kelly
#006633

Séance 82 : Passer le Sas - Feat Shaun Kelly Shaun
DC : Aidan Foster

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Kendall Carr-Li
Médecin
psychologue
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Lun 16 Aoû - 13:14

Kendall Carr-Li
Séance 82 : Passer Le Sas
FEAT SHAUN KELLY

La répartie du lieutenant était intéressante. Si Kendall avait cherché la comparaison aux nombreuses décorations qu’il avait obtenues durant son service , lui ne se gênait pas pour lui rappeler lequel d’entre eux avait une véritable connaissance du domaine militaire, avec une grande fierté, bien que touchée d’humilité. Creuser cet aspect de sa personnalité lui donnerait un bon point d’intérêt, surtout s’il en était orgueilleux, il n’aurait aucun embarras à s’étaler sur ses missions. Autant dire qu’il partait sur une voie positive: il y aurait plus à s’inquiéter d’un soldat dont la motivation frôlerait le zéro.

Il ne s’en rendait peut-être pas compte, par sa courtoisie solennelle, mais toute son attitude respirait la méfiance. Certes, tout le monde se méfiait des psychologues, le Dr. Carr-Li en avait vu passer. Mais il y avait dans sa position décontractée quelque chose qui l’invitait à venir le défier, comme s’il voulait savoir quel genre de psy elle était: déterminée ou laxiste. Et, plus que ça, il ne se laisserait sûrement pas intimider par une femme qui a le pouvoir sur lui. S’il voulait jouer au jeu de l’agneau, et retourner tous ses arguments contre elle, il se retrouverait bien vite contre un mur.

“Loin de moi l’idée de juger vos actions d’un quelconque intérêt prétentieux. Tout le monde veut la gloire, sans savoir qu’elle se cache aujourd’hui dans le besoin d’être simplement estimé à sa juste valeur. Sans forcément être meilleur que les autres, mais plutôt dans l’envie de s’en distinguer. Et c’est la récompense qui motive à se dépasser. Pas spécialement sous forme de médaille, ni de prime salariale, mais rien que dans les mots et les regards des autres, de vos hommes, par exemple. Et là où j’interviens, c’est à vous de décider si je serai une forme de récompense, ou un obstacle à votre route.”

Elle prend une courte pause, son visage impassible, mais les pupilles teintées d’une véritable curiosité.

“Je ne vous demande pas de me mentir durant cet entretien. Croyez-moi, je le saurai. Rappelez-vous que le programme Atlantis n’engage pas des personnes au standard médiocre. Après tout, c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu. Et en ce qui me concerne, je ne compte pas nous priver de bons éléments, même s’ils font preuve de quelques soucis émotionnels. Tout le monde a des problèmes, ce que je cherche à savoir avant tout, c’est que vous soyez capable de les gérer, même dans la pire des situations. Et... “

Un bref instant, un sourire en coin s’esquissa sur ses lèvres.

“Fuir ou enterrer ses problèmes n’est clairement pas une solution, vous en conviendrez. Ils referont surface à un moment ou à un autre, et si cela arrive au pire moment, vos soucis deviendront ceux de vos hommes. Donc… Je vous conseille vivement d’être le plus honnête possible avec moi. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour ceux qui mettent leur vie entre vos mains. Vous n’êtes pas un simple soldat parmi les autres, Shaun, et même si vous voulez vous efforcer de vous mettre à la hauteur de votre équipe, ils vous respectent en tant que chef, et ils attendent de vous un rôle de chef, plus que de collègue, ou d’ami.”

Sa main se suréleva, faisant tourner agilement le stylet entre ses doigts avant de le pointer dans sa direction.

“Bien entendu, tout ce qui est dit entre nous, est parfaitement confidentiel. Nous en aurons pour une heure aujourd’hui, et une heure jeudi, comme convenu, à 14h. Avant que nous poursuivions… et que j’entende vos éventuelles questions… ou réclamations... je voudrais savoir si vous acceptez que j’enregistre vocalement la séance? C’est une simple question de pratique.” Faisant appel à une petit dose d’humour, elle rajouta, un sourire en biais: “Vous avez le droit de dire non, si vous voulez me voir souffrir à écrire sur mon PC.”

Bien qu’ils n’étaient là que pour une petite heure, Kendall avait prit quelques minutes pour clarifier les termes de leur échange. L’obligation administrative n’était que de deux heures, qu’elle avait planifié aujourd’hui et après-demain. La santé mentale était bien trop sous-estimée, que ce soit dans n’importe quelles activités, même galactiques. Deux heures, c’était bien trop peu pour faire un profil psychique. Mais elle pouvait prolonger de deux séances supplémentaires avant de rendre son verdict, dans la limite d’une semaine. Suite à quoi, et dans le meilleur des cas, il pouvait de lui-même décider de continuer à la consulter, à titre plus personnel, régulièrement, ou occasionnellement.

En tant que leader, il y avait peu de chances qu’il prenne l’initiative de s’octroyer du temps d’introspection. Ou tout du moins, pas officiellement. Mais elle n’évoquera ce sujet qu’au moment voulu.

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Shaun Kelly
Lieutenant
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Ven 17 Sep - 17:01

Shaun Kelly







Séance 82 : Passer Le Sas

Ft. Kendall & Shaun




Récompense ou obstacle. Aucun des deux en vérité. Shaun n'était pas un homme qui voyait la vie si dichotomique que ça. Echec ou réussite, aide ou épreuve, qualités ou défauts, c'était des notions bien trop étriqué à son sens, là où son esprit se permettait de schématiser les nuances, d'accepter les variations, et d'envisager que les choses pouvaient ne pas s'arrêter à ces concepts stricts. Il aurait certainement apprécié partager ce point de vue avec la psychologue qui lui faisait face si elle n'avait pas enchainé immédiatement après, sans doute pour ne pas s'attarder plus sur le sujet et passer au vif de leur rencontre. Avait-elle était touché par sa remarque ?

De l'autre côté de la table, l'officier n'avait pas réellement bougé de sa posture. Il apposait toujours l'arrête de sa mâchoire, qui se dessinait solide et anguleuse, dans l'écrin de sa main qui l'en soutenait que sensiblement pour ne pas se donner une attitude avachie. Certes, il avait bien du mal à réellement s'intéresser dans les stricts détails à ce qui avait été déclaré comme un enjeu à sa carrière - chose qu'il ne voyait pas ainsi, mais ce n'était pas pour autant qu'il en était dénué de respect envers la femme qui lui faisait face. Au final, il restait très solennel, car malgré le détachement assez caractérisé dont il faisait preuve, il n'en était pas pour autant dénué d'écoute.

Tout simplement parce que son intérêt allait bien ailleurs. Si Carr-Lee jouait la carte de l'étude et de l'observation, Kelly continuait à se livrer à un même genre d'exercice, dans l'attention poussée de son attitude, de ses gestes, de son regard mais aussi du choix des mots qui étaient souvent tout aussi révélateur qu'un mouvement imprécis, qu'une hésitation ou une certitude, qu'un crispation fugitive ou un sourire débordant d'hypocrisie. Et du florilège que la psychologue venait d'offrir à l'homme, certains apportaient une première vague d'éléments qu'il ne manquait pas de garder en mémoire, ne serait-ce que pour la suite de leur entrevue. Pour Shaun, tout était en permanence qu'une stratégie à établir, encore plus dans les relations sociales auquel il avait du mal à se conformer parfois.

La direction de son regard, dont l'intensité grise était d'autant plus marqué par l'agréable luminosité de l'environnement, ne semblait pas vouloir ciller de la femme. Un bref et fugace plissement de paupière dénota un amusement, dont l'interprétation couplé à la conjoncture d'un pincement de lèvre concave pourrait aisément être interprété par la spécialiste en micro-expressions comme une ironie manifeste. D'aucun serait passé complètement à côté, mais il serait difficile de prétendre qu'elle puisse l'avoir raté, ce qui la conforterait au moins sur ce point : même s'il apparaissait stoïque, neutre et décontracté, il n'en était pas moins dépourvu de sentiments.

Et la voilà qui se mettait à titiller son orgueil, à maintes reprises, et de manière plus ou moins caché, jouant sur le tableau des mots mais que Shaun n'avait pas trainé à relever - et il doutait que ce soit bien involontaire. Elle avait beau ne pas avoir enclenché encore son enregistrement, comme si l'acte symbolisait le début des réelles "hostilités", il était persuadé qu'elle avait déjà commencé son petit numéro axé sur la bien-pensance d'une discours moralisateur qu'il n'acceptait généralement que venant d'autorité supérieure. Mais à cela, il en resta complètement silencieux et continua son observation, dérivant parfois sur l'objet qu'elle tenait légèrement de côté en équilibre de l'accoudoir qu'elle bordait, par simple détournement oculaire, avant d'en revenir à elle.

Une seule et unique question avait ponctué cette mise au clair dont il s'était bien gardé de réagir et commenter, y répondant aussitôt en ouvrant sa main libre qui s'était maintenu jusqu'ici reposé sur son abdomen, le coude toujours ancré sur l'accoudoir de la chaise à sa gauche, pour venir intimer une autorisation gestuelle à cette requête. Puis, quelques mots se joignirent à la manifestation physique, assez simple et sans fioriture.

« Allez-y. » Lança t-il dans une amorce évidente, bien qu'il laissa un léger blanc filer après cette déclaration. Sa main se rabattue sur sa position précédente avant qu'il n'en reprenne la parole, forçant un peu plus sur la tonalité de sa voix pour la rendre légèrement moins rude. « Je n'aurais pas à cœur de vous voir souffrir. Pensez seulement à m'en envoyer une copie. »

Il n'était pas certains que beaucoup de patients réclamaient l'enregistrement de leurs entretiens, sans doute par inconfort avec leur propre image, leur propre discours, leur propre "eux" qu'ils percevaient. Mais l'assurance de Shaun était telle qu'il se départît bien volontiers de ces inquiétudes encombrantes. Le temps que le docteur mette en place au biais de quelques manipulations ce fameux enregistrement, l'officier fini par quitter son attention fixatrice qu'il lui avait jusqu'ici accordé, venant prêter l'acier de ses yeux à l'horizon étendu dont il donnait flanc, sans vraiment s'y attarder. Il n'avait pas vocation à contemplation mais davantage pour s'aérer l'esprit et remettre ses perspectives en place, choisissant un terrain neutre pour le faire.

Ca allait être le moment de voir si elle était aussi acharné que ses compatriotes à vouloir définir tous les soldats d'expériences sous le titrage d'une pathologie ou si elle sortirait de ces conventions et prenait plus le temps de s'intéresser à la réalité du terrain. Il ne détestait pas spécialement les psy, pas comme les médecins et encore moins que les journalistes, mais il avait du mal à leur trouver un grand intérêt. Toutefois, c'était le protocole, l'examen de routine, la vérification qu'il était effectivement apte à diriger sur le terrain, apte à presser la détente, apte à faire des choix. Et quels choix ! Ceux du sacrifice la plupart du temps, peser les vies et les estimer en gardant à l'esprit que même s'il essayait, tout le monde ne pouvait être sauver. Le choix de la mission.

Il n'était pas un héro, encore moins un super-héro. Il était juste un homme que ni le sang, ni les fantômes de ses victimes, ni même la mort n'effrayait plus. Personne ne pouvait rester le même après la guerre. Avant de prendre part au combat, l'innocence continuait encore d'escorter l'esprit. Puis, tout à coup, la vie dévoilait un autre visage.

@DamianVK


Shaun Kelly
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