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Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur

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Shaun Kelly
Lieutenant
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√ Arrivée le : 25/08/2020
√ Date de naissance : 25/12/1981
√ Nationalité : Américain

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√ Localisation : Cité d'Atlantis

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Mer 28 Juil - 11:54

Shaun Kelly




DU SANG, DU LABEUR, DES LARMES ET DE LA SUEUR




Lisa Laverse


Shaun Kelly




Juin 2021

Il y eut un cliquetis, puis un second. Écho cadencé comme un métronome qui ne connaissait aucune imperfection sinon l'interlude survenant au trentième, et cédant son temps de repos au percutant d'un son métallique plus brute, unique, mécanique, avant de reprendre, escorté d'un inlassable silence. Les cylindres dorées s'alignaient en quinconce, déviant une fois à droite, l'autre à gauche, dans une discipline structurée qu'un pouce large et épais imposait. Dans le rectangle légèrement incurvé du chargeur réglementaire Stanag, les cartouches 5.56 trouvaient logement, s'agençant, parées au Top Départ qui détonnerait d'un feu puissant avant la mortelle sanction. Un coup sur le flanc venait ponctuer la fin, la carcasse d'acier frappant contre le plat d'une table afin d'aligner les culots sur l'arrière, réduisant ainsi les risques de misfeed. Les gestes étaient réflexes, nets et précis. A l'instar de cette batterie rythmée d'enchainement à la parfaite tonalité dirigé par un maitre orchestre, Shaun ne laissait jamais rien au hasard.

Névrosé ? Sans doute. Il mettait tant de point d'honneur à la linéarité du code et de ses préceptes, des principes et règles d'usage, qu'on le soupçonnait parfois de troubles obsessionnels compulsifs. Et pourtant la structure même de sa définition trouvait un non sens à cette implacable logique que chacun de ces gestes étaient motivés par la raison - quand bien même cette raison supposée pragmatique trouvait un refuge confortable dans la subjectivité. Le dernier compartiment fut ajusté sur une ligne impeccable au repos même de la table qui en comptait deux douzaine, juste en dessous du râtelier d'arme mobile qui avait été emmené hors de l'armurerie pour l'occasion.

Les fusils M16A4, dotation classique pour tout soldat américain engagé au sein de l'Us Army, et si célèbre que n'importe quel novicat passionné des armes à feu pourrait en définir ses caractéristiques avec une aisance outrancière, trônaient là, sur leur rail qui les organisait à la verticale. La chaine de verrouillage qui les reliait l'un à l'autre avait été ôtée, les préparant ainsi à être prélevé. Pourtant, ces armes présentaient une particularité qu'aucun n'aurait de mal à remarquer : les organes de visées avaient été retirés et remplacés par d'odieux scotch bleu de marquage, définissant d'un même temps la nature véritable de ces armes à feu : elles étaient d'entrainement. Cela ne les rendait pas incapable de tir, ni incapable de mort, mais les caractérisaient par les modifications qui y avait été apporté et qui ne les rendait pas apte au terrain. Et pour cause, la séance du jour dont le Lieutenant avait l'instruction, allait mettre à rude épreuve les capacités réflexes des soldats, parmi d'autres épreuves.

Heure moins cinq minutes avant le début de la session. Un couple de navettes déposa les volontaires à proximité du camp d'entrainement qui avait été revisité pour l'occasion. Toujours dans le périmètre règlementaire, le stand de préparation et d'armement avait été positionné à la lisière de la forêt qui jouxtait la large étendue à découvert, laissant dans son dos les différents obstacles d'un parcours du combattant que beaucoup connaissait, nombreux éprouvait et peu en sortait indemne. Le regard de l'officier, de sa neutralité caractéristique, passa sur le vaisseau Ancien qui balayait poussières et végétation morte s'étant accumulés sur le cercle d'atterrissage. Il n'y avait pas grande rumeur qui courrait sur le Ranger, en dehors de sa grande droiture qui était un simple écho résonnant d'un trait caractéristique prédominant à tout responsable. Certains l'appréciaient, d'autre guère, c'était plus une question d'affinité et d'ordre de pensé qu'une simple généralité : le Lieutenant Kelly n'était pas le type avec qui on pouvait aisément plaisanter sur le terrain et il se dénotait souvent de sa froideur rigide et des claques verbales qu'il affublait sans ménagement.

C'est dans cette posture qu'il patienta l'arrivé du petit groupe, tous militaires Atlantes aux nationalités disparates, tous motivés d'une seule et unique volonté, celle d'entretenir ou d'améliorer une expertise déjà acquises. Et c'est en cela que Shaun souhaitait bousculer les habitudes en empiétant sur l'un des cinq principes fondamentaux. En faisant retirer guidon et cran de mir, en supprimant les appareils de visé, en retirant les classiques pointeur que certains avaient bien trop l'habitude d'utiliser et d'user, l'inconfort provoqué par la suppression de l'aptitude à la visée conforme allait galvanisé un certain stress latent qui était difficilement reproductible en entrainement. Pour l'occasion, il s'était équipé d'un treillis multitarn tout à fait classique, touchant sur les tonalités sombre, escorté d'une chemise Ubas réglementaire dont les manches avaient été replié juste sous le coude pour supporter davantage la chaleur de la journée.

Il fallait dire que le soleil tapait maintenant depuis quelques heures sous cet après-midi lourd et accablant que la proximité des sous-bois rendait plus supportable. Rapidement, la douzaine de candidat avait rejoint la ligne qui faisait front au formateur en un pas de course cadencé, se targuant du salut réglementaire qui fut balayé d'un mouvement de la main rapide pour en achever avec le protocole disciplinaire en guise de bonjour officiel. Shaun n'avait accordé qu'un bref regard circulaire aux hommes et femmes qui se tenaient désormais devant lui, sans attarder de véritable attention à leur visage ni à leur identité, encore moins à leur nationalité, abordant sans attendre le vif du sujet, maintenant que sa montre venait d'annoncer le début de la session d'un tintement marqué. Il avait été demandé de venir équipé : gilet tactique pare-balle et casque de circonstance, mais dépossédé de toutes armes, ces derniers se devant d'être fourni directement sur place.

« A l'entrainement au tir, il y a quatre règles de sécurité. » annonça-t-il sur le monocorde de sa voix grave qui expliquait l'évident et tira quelques brefs tics de sourcils à certains des soldats, tandis qu'il dressait sa dextre, tous doigts étirés vers le ciel à l'exception de son pouce, replié à l'intérieur même de celle-ci.

« La première : une arme, même vide est considérée comme chargée. Deuxième règle de sécurité : je ne dirige jamais mon arme vers quelque chose que je ne veux pas détruire. Troisième règle. La plus importante à partir du moment où vous travaillez en équipe et qu'il y a du monde devant ; et ça sera le cas aujourd'hui : garder l'index hors de la détente tant que le canon n'est pas dirigé sur l'objectif. La dernière règle, si j'appuis, c'est que je suis sûr de mon objectif. »

Il avait abaissé ses doigts au fur et à mesure de leur citation, terminant par l'index qu'il rabattit à la fin de sa phrase, ramenant son bras à son thorax pour rejoindre son jumeau et les croiser ainsi, un soulèvement caractéristique à son thorax manifestant d'une large et ample inspiration prise. Le gris de ses iris à la clarté plus prononcé sous l'intensité du soleil - malgré les deux légères fentes réduites de ses paupières, passèrent en revue brève les volontaires qui s'y tenait toujours droit aligné. Il s'arrêta immédiatement sur l'un d'eux que le rébarbatif des mots avait fait vriller les yeux en une envolée marquée vers le ciel, les traits empreint d'une condescendance largement visible et sans doute volontaire à cet état de fait. Et ça n'avait pas échappé au Lieutenant, dont la crispation des mandibules de sa mâchoire carrée manifestait à son tour une certaine contrariété discernable. Le silence qui avait suivit, de plusieurs secondes, avait suffisamment été éloquent pour remettre dans les rangs l'indiscipliné provocateur que l'officier ne cessait de fixer, soulevant au passage quelques interrogations des compères voisins, mais cela ne l'empêcha pas de rajouter son franc-parler, et d'en faire profiter l'ensemble de la section sous cet odieux principe de cohésion, même dans la sanction.

« Je n'ai rien inventé. Vous les avez mangé, mâché et vomi tout au long de votre carrière, et j'me fais un plaisir de vous en mettre une nouvelle cartouche pour vous faire réingurgiter tout ça. Vous vous êtes sans doute paluché pendant des heures sous la douche quand vous avez appris que votre dossier d'exception avait suffisamment attiré l'attention de la hiérarchie pour vous attribuer ce poste si prisé sur Pégase, à ce fait qu'ils ne retenaient que les meilleurs... »

Il avait cette fois-ci entamé une véritable revue des troupes présentées, son regard partant à l'observation de chaque visage avec une fixation quasi-dérangeante, comme s'il les jugeait d'un simple coup d'œil tout à fait subjectif, laissant la tonalité froide de son regard transcender avec la chaleur atmosphérique de l'instant. Ses mots en revanche, ne semblaient montrer aucune agressivité ni colère, se contentant de cette tonalité linéaire, bien que rude d'apparat, de remettre les aiguilles de l'horloge en place.

« Mais j'en ai rien absolument rien à foutre d'avoir les meilleurs. » lissa-t-il en achevant son observation, la ponctuation de ses mots buttant en apercevant celui d'un visage en particulier, reprenant un souffle de silence plus prononcé encore en ne quittant plus cette silhouette des yeux, finissant par lâcher la fin de sa phrase en abaissant le ton, comme s'ils avaient été adressés. « C'est l'excellence que j'attends de vous. »

Après un temps supplémentaire, les bras de Shaun se déliant de son torse contre lequel ils s'étaient croisés retombèrent le long de son corps, alors que sa dextre plongeait dans une poche de son pantalon pour en sortir une paire de lunette balistiques aux verres teintés qu'il plaça au devant de son regard, quittant son observation fixatrice.

« A la perception. Un fusil et deux chargeurs chacun. »
@DamianVK



Shaun Kelly
#006633

Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur Shaun
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Lisa Laverse
Sergent Maître
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Dim 1 Aoû - 0:34

Lisa Laverse




DU SANG, DU LABEUR, DES LARMES ET DE LA SUEUR




Lisa Laverse


Shaun Kelly




Au-dessus de l’océan, deux jumpers volaient en formation, l’un en échelon sur la droite du premier, à distance raisonnable, trahissant une vieille habitude des deux pilotes, probablement héritée de leur cursus militaire terrien. Ils avaient quitté Atlantis il y a peu, avec pour destination le continent, vers lequel ils faisaient la navette de façon routinière. A leur bord, une petite troupe de militaires qui s’étaient portés volontaires pour le voyage, ou qui avait été assigné d’office par leur hiérarchie. Deux marines se tenait non loin de la porte qui donnait sur le poste de pilotage. Laissée ouverte, elle permettait aux pilotes de communiquer avec leurs passagers du jour. Le duo discutait vivement depuis le début du voyage, dans un accent qui sentait bon la Louisiane, ou bien la Floride. Deux purs gaillards du sud, dont les uniformes arborant le camouflage marpat typique des marines arboraient fièrement la bannière étoilée. A côté d’eux, un hispanique jouait un peu nerveusement avec les poches frontales de son gilet molle tout en sifflotant discrètement entre ses dents un air digne d’un été sur les plages espagnoles de la côte méditerranéenne. Le casque réglementaire rivé sur sa tête aurait presque donné un air de touriste au commando. En face de lui se tenait la française, adossé contre la paroi du jumper, non loin de la porte arrière.

Le visage fermé et les yeux clos, la sergente paraissait endormie, mais profitait simplement de ce cours voyage pour fermer un instant les yeux, comme elle le faisait presque à chaque fois qu’elle mettait les pieds dans un appareil volant, aussi bruyant soit-il, lorsqu’il s’agissait d’aller d’un point A à un point B sans danger. Sur Terre, elle était du genre à rarement voir les décollages. Le sourire qui s‘esquissait parfois sur son visage trahissait néanmoins une écoute attentive de ce qui se disait dans l’habitacle, et plus particulièrement de la conversation graveleuse qu’entretenait les deux marines au sujet d’une certaine scientifique qui déambulait parfois de temps en temps dans les vestiaires. Ce genre de discussion ne révulsait plus la française depuis longtemps, Lisa ayant accepté et appris à vivre avec, du moment qu’elle n’était pas concernée. Vu la manière dont il en parlait, cette femme, en tout cas, devait leur en faire voir de toutes les couleurs.

Lisa ouvrit finalement les yeux lorsque l’espagnol se manifesta, à moitié assis, à moitié debout, le regard fixé sur l’horizon visible depuis le cockpit du jumper, et sur lequel se dessinait les pourtours des plages de leur destination. « Qui est el monitor, aujourd’hui ? » s’enquit-il, avec un accent fort prononcé, roulant les r dans un spanglish somme toute maitrisé, mais qui prêtait tout de même à sourire.

« Pas la moindre idée. » répondit la franco-américaine en se détachant de la paroi du jumper, avant de délier ses mains jusque là posées sur ses genoux.
« Comme d’hab’, Choque, c’est rarement notifié. » rétorqua à la suite un des deux caporaux, dans un haussement d’épaule qui en disait tout autant que ses mots, après que l’espagnol ait interrompu leur discussion un poil déplacé.

Choque se laissa retomber à sa place, et Lisa profita d’être de nouveau parfaitement éveillée pour attraper le sac médical glissé sous son banc, ouvrant alors la grande fermeture éclair pour dévoiler toute une série de poches organisées de manière réfléchie et millimétrée. Si elle n’en retira aucun objet, elle s’assura tout de même qu’il ne manquait rien de ce qu’elle connaissait, avant de repousser le sac à sa place. Dans le même temps, le deuxième caporal s’était penché en avant, comme s’il avait achevé une longue réflexion et qu’une idée s’était finalement faufilée jusqu’à ses lèvres : « Hé, Joe, c’est peut-être la capitaine… »
« Oh, madre de dios… »

La réaction provenant du fond du cœur de l’espagnol surprit Lisa, qui haussa un sourcil alors que les marines s’étaient fendus la poire, hilares. La commando-parachutiste ignorait tout simplement de quel capitaine il s’agissait, puisqu’il ne pouvait évidemment pas s’agir du pilote qu’elle avait rencontré sur l’Athena. Jusqu’à preuve du contraire, il faut dire qu’elle n’avait pas été vérifié, Vortimer Raven n’était pas une femme. Il n’était pas moniteur de tir non plus, où alors il ne le lui avait pas avoué.

« Quelle capitaine ? » questionna alors la militaire, désormais penchée en avant, un sourcil levé, et le regard rivé sur le marines qui avait lâché l’information, affichant clairement qu’elle attendait une réponse, et qu’elle ne lâcherait pas l’affaire tant qu’elle ne l’aurait pas obtenu.
« Bah, Allen ! » rétorqua son collègue, plus prompt à la détente, mais avec une condescendance qui laissa la franco-américaine pantoise quelques secondes.
« El Buldog ! » ajouta l’espagnol, en levant les mains devant son visage, lequel, déjà levé vers le plafond, donnait à l’ensemble l’image d’un questionnement profond d’un fidèle à son seigneur.

Lisa les regarda un à un, alors qu’ils avaient lâché ça comme s’il s’agissait là d’une évidence, d’une référence, même, dont elle ignorait tout, et ce tandis que les deux marines semblaient se gausser une fois de plus de la réaction quelque peu exagérée de l’espagnol, avant que le fameux Joe, caporal de son état, ne se ressaisisse et capte l’étonnement de la sergente :

« Ah mais vous êtes nouvelle, sergent, j’avais oublié… » lâcha-t-il en secouant la tête, se préparant à finalement développer un peu plus le pedigree de cette femme qui semblait les mettre tout les trois mal à l’aise.
C’était sans compter sur l’intervention de son camarade qui, d’une tape sur l’épaule du marines, finit par lâcher avec un sourire satisfait que « Boarf, peu importe de qui il s’agit… De toute façon les Marines vont vous mettre la misère ! »

Nouvel éclat de rire, alors que son compère venait lui taper un check, tandis que l’espagnol, lui, venait secouer la tête de dépit. « Pfff ! »
Lisa avait, pour sa part, esquissé un sourire, non sans abaisser légèrement le menton le temps de les laisser digérer leur petite pique gratuite, avant de donner une petite tape sur le genou de l’espagnol, pour attirer son attention : « Ne vous en faites pas, dès qu’il s’agira de réfléchir, ils seront complètement largués... »

Elle n’obtint qu’un doigt et deux tronches de cake pour seules réponses, auxquelles elle répliqua en se fendant d’un air encore plus satisfait que les leurs, avant que leur petite joute amicale ne soit interrompue par la voix de leur pilote, depuis le poste de pilotage :

« En parlant d’être largués, on arrive dans deux minutes. Préparez-vous. »

Les militaires se levèrent presque tous en même temps à cette annonce, pour préparer le peu de matériel avec lequel ils étaient venu, à savoir leur gilet molle, leur casque, et peut-être quelques accessoires en plus. Les instructions laissées à l’armurerie avaient été on ne peut plus claires. Sa protection balistique pendait à son ceinturon, et la sergent-maitre la laissa à sa place pour le moment, préférant vérifier qu’elle n’avait rien qui trainait dans les poches de son bas de treillis multicam avant de se tourner vers l’un des rigolos de service :

« Vous prendrez le sac médical, caporal. »
« Oui Madame. » avait aussitôt rétorqué le marines, avec le sérieux digne de l’arme dans laquelle il servait dès lors que son grade avait été lâché à voix haute dans l’habitacle.

Dès lors que le jumper fut posé, le pilote se pressa de le signaler à ses passagers. Lisa frappa le bouton d’ouverture de la porte arrière dans la foulée, et s’avança sur celle-ci dès lorsqu’elle fut à l’horizontale, et pas encore totalement abaissée. Ses rangers foulèrent fermement la terre sèche du continent, celle-là même qu’elle avait connu bien plus humide quelques semaines plus tôt. Le quatuor se regroupa rapidement avec les huit autres militaires descendus de l’autre navette, et Lisa prit la peine, avec un autre sergent, de s’assurer qu’ils étaient bien tous au complet. Un troisième informa les pilotes que tout était conforme, leur laissant ainsi le loisir de redécoller quand il le souhaiterait, avant de rejoindre la petite troupe, qui se mit aussitôt en marche forcée vers leur destination finale, située non loin.

« Ouf, c’est pas elle… » lâcha Joe non loin devant elle, non sans un certain soulagement. Lisa releva alors la tête en direction de l’instructeur, son regard butant finalement sur la silhouette de ce dernier, qui grossissait à vue d’œil à force de s’en rapprocher.

« C’est pas vrai… » lâcha-t-elle, en français, en reconnaissant le visage familier de l’individu, alors que les premiers du groupe s’arrêtait devant ce dernier pour le saluer, débutant ainsi une ligne que les autres commencèrent à combler. Elle les imita en arrivant en fin de file, pour fermer la ligne, levant la main à hauteur du front avant de la ramener dans le bas du dos, là où son opposée venait l’attendre bien sagement.
« Vous le connaissez ? » s’enquit alors l’espagnol situé juste à sa droite, dans un murmure, trahissant ainsi une compréhension, même sommaire, de la langue de Molière.

Lisa eut une moue légère pour réponse, tandis que son regard, lui, restait rivé sur cet homme familier, qu’elle connaissait un peu, mais sans plus, avec qui elle était allé au feu, par-delà la Porte des Etoiles, du temps de son service au Stargate Command. Cet officier qu’elle avait pu partir du jour au lendemain sans savoir pourquoi, mais qui avait tout de même apprécier son professionnalisme en mission, comme l’affirmait la recommandation qu’il avait faite d’elle au retour d’une opération. C’était le premier visage vaguement familier qu’elle voyait depuis son arrivée sur la Cité, mais ce n’était clairement pas celui auquel elle s’était attendue.

Forcément, la franco-américaine se demande aussitôt s’il l’avait d’ores-et-déjà reconnue, elle. Mais la manière dont le lieutenant embraya aussitôt dans le vif du sujet la laissa indécise. Bien qu’elle en connût le contenu par cœur au point de pouvoir réciter ces quatre règles de sécurité même pour la torture, Lisa resta particulièrement attentive à ce qui était dit, tout simplement parce que ces choses, même banale pour tout militaire, se devait d’être répétées, encore et encore, sans jamais s’en lasser. C’était facile, à tête reposée, de penser à chaque étape sans sourciller. C’était autre chose de les appliquer une fois au combat, lorsque son attention était requise ailleurs, et que son cœur battait à cent à l’heure…

Lisa garda le regard fixé sur l’officier tandis qu’il prenait finalement le temps de passer en revue la petite troupe qui s’était présentée à lui, et ne manqua pas de remarquer son arrêt soudain, et la crispation marquée de son visage. Elle ne put s’empêcher de pencher brièvement la tête en avant et sur le côté, pour laisser ses yeux parcourir la file sur sa droite à la recherche de l’individu, ou de la chose qui avait pu provoquer cette interruption. Lorsqu’il reprit la parole avec cette même intonation linéaire, rude et forte, la militaire ne put retenir d’abord une mine quelque peu contrite. Puis son regard revint se figer sur le lieutenant Kelly, dont les iris parcouraient de nouveau lentement la fine équipe qui se trouvait devant lui, et qui encaissait ses paroles dès lors sans broncher. Nul doute que le petit discours faisait son effet, laissant derrière-lui un frisson, ou un picotement léger remonter dans le dos de chacun des participants.

Ce fut en tout cas la sensation qui saisit Lisa lorsque les yeux de l’officier se posèrent finalement sur elle, croisant au passage son regard. Cette fois-ci il n’y avait plus de doute possible. Si elle avait pu se demander si le lieutenant Kelly l’avait reconnu à son arrivée, elle était désormais certaine que c’était le cas. Et tandis que s’abattait la dernière cartouche, la franco-américaine ne put s’empêcher de déglutir franchement, car il n’y avait de doute là non plus qu’elle lui était prédestiné. Que de tout le groupe présent, il savait ce dont elle était capable, elle, et qu’il n’attendrait pas moins que ce qu’il avait déjà dû apercevoir de la militaire par le passé.

C’est avec cette soudaine chappe de plomb sur les épaules que la sergent-maitre délia ses mains et pivota sur sa gauche pour rejoindre d’un pas vif vers le râtelier disposé non loin d’une série de tables sur lesquelles trônaient un certain nombre de chargeurs.

« Roh putain… » rouspéta soudainement la française dans sa langue d’adoption, cédant un instant à cette pression soudaine et inattendue en découvrant le cannibalisme dont avaient souffert les fusils rangés les uns à côté des autres, s’emparant néanmoins d’un des M16 en gardant son canon pointé vers le haut, le temps de reculer vers une zone neutre pour le retourner canon vers le bas.

Machinalement, et comme pour dissiper un peu la pression qu’elle avait sur les épaules, la sergent-maitre se dépêcha de tirer sur le levier d’armement pour vérifier la chambre de son arme, dans un geste personnel de sécurité méthodique et purement procédurier.

En regardant une nouvelle fois les scotchs bleus qui recouvraient les organes de visée, le discours du lieutenant prenait tout son sens…
@DamianVK

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Shaun Kelly
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Mar 31 Aoû - 0:30

Shaun Kelly




DU SANG, DU LABEUR, DES LARMES ET DE LA SUEUR




Lisa Laverse


Shaun Kelly




D'une pression de l'index sur l'arrondi central de monture de ses lunettes balistiques, l'officier remonta ces dernières sur l'arrête de son nez sensiblement luisant d'une très fine pellicule d'humidité, venant y appliquer une pression légère pour que son port s'y fixe confortablement et s'y maintienne. La teinte fumée des verres permettaient d'apaiser l'éblouissement subit par les rayons ravageurs du soleil Atlante qui dardaient ses faisceaux sans aucune occultation naturelle dans un ciel bleu oppressant, laissant la chaleur s'accroitre toujours un peu plus. L'acier de ses iris désormais invisible au regard des opportuns, suivait d'une attention particulière la colonne de ses stagiaires venir à la perception d'armes, de légers râles protestataires commençant lentement à s'élever dans les airs à la contemplation du phagocytage qu'elles avaient subi, sans même que cela n'en arrache un quelconque expression de satisfaction perverse à l'officier qu'il aurait pu en tirer à l'effet de surprise. Au lieu de cela, il se contenta d'une neutralité plate et évidente, tout en prenant le pas en direction des abords de la forêt dont l'épaisseur s'entamait immédiatement à sa frontière.

Il laissa, sans intervenir ni interrompre, les discussions qui s'entamèrent dans plusieurs accents différents, tandis que lui même continuait en silence son chemin pour se diriger vers une première série de six cibles alignées entre deux arbres épais. Ces dernières étaient montées sur des structures de bois brutes étendant une pancarte où était imprimée trois cercles étiré verticalement contenu l'un dans l'autre sur trois tailles différentes, sans autre représentation supplémentaire d'une quelconques silhouettes. Sa démarche s'arrêta à mi-chemin, laissant près de vingt-cinq mètres de distance entre lui et les présentoirs qui patientaient sereinement d'être troué sans vergogne.

« Vous l'aurez rapidement comprit, cette séance sera sensiblement différente de celles que vous avez pu faire et expérimenter tout au long de votre carrière, et je compte bien bousculer rudement vos habitudes. »

Il avait laissé porter sa voix assez forte sur les premiers mots, bien que sans crier, sa gravité naturelle lui permettant d'obtenir un timbre rapidement perceptible par dessus les échanges qui s'étaient installés, redescendant petit à petit dès lorsque que l'ensemble de l'attention commençait à se refocaliser sur l'instructeur. D'un pivot lent, il vint se placer face aux hommes et femmes qui revenaient se rassembler sur une nouvelle ligne plus aléatoire et chaotique que précédemment, quelques cliquetis de métal finissant de se faire entendre à proximité des derniers éléments qui avaient prélevé leur matériel, vérifiant à leur tour la chambre vide.

« Pourquoi ? Parce qu'il y a une chose qu'il sera difficile de reproduire en entrainement et qui est pourtant déterminant dans la justesse d'un tir en situation de conflit. » Sa dextre se déploya, dressant son index droit vers le ciel pour imaginer cette notion qu'il énumérait, la laissant solitaire comme pour souligner son importance.

Il avait effectué une pause légère dans sa phrase, qui n'appelait pourtant aucune réponse, et ne portait même pas la tonalité d'une question, pourtant l'un des marines s'empressa d'en saisir l'occasion, d'une voix portée, marquée par l'évidence de sa réponse.

« Le stress intense, Monsieur. »

L'orientation du regard de l'officier pivota pleinement en direction de l'opportun, prenant quelques secondes à le dévisager, lui et son air satisfait, et son demi-sourire dessiné sur ses traits. Son index prit finalement sa direction, le pointant directement, et tandis qu'un léger plissement à ses lèvres soulignaient une sensible grimace, il reprit finalement ses propos en quittant le Caporal des yeux pour en revenir à sa vue d'ensemble.

« Le stress intense, comme le signal notre premier de la classe attitré. Bien sûr, ce n'est pas une science absolue, et les effets varies d'un individu à un autre, mais il est d'une certaine évidence que dans certains cas de figure, les appareils de visée ne sont pas ou plus utilisable. L'idée est donc de vous faire acquérir un nouveau type de tir, qu'on appellera le tir dégradé, et votre nouvel outil sur qui vous pourrez alors compter dans trois circonstances. »

Sa désignation gestuelle s'était effacée peu de temps après avoir repris son discours, se désintéressant complètement du marines qui se faisait discrètement charrier par son voisin, en éternuant sur la base d'un "fayot" bien intelligible.

« On a donc cité le premier point, le stress intense et soudain, qui prive le corps de percevoir son environnement à très courte distance avec précision. En gros, quand ça se produit, vous voyez flou. En second point, on retrouve cette fameuse notion de perte de la vision périphérique... »
«Le fameux effet tunnel, Monsieur. » coupa cette fois-ci le même marines qui força l'officier à brièvement interrompre ses mots, alors qu'une seconde supplémentaire suffit à son collègue pour lui flanquer un coup d'épaule dans son bras, l'arguant de bien vouloir fermer sa gueule d'une intonation basse.

Cette fois-ci, cependant, l'officier choisit de ne pas rebondir dessus, la tonalité de sa voix se réhaussant sensiblement pour la porter un peu plus grave tandis qu'il continuait son instruction, observant les soldats présents un à un, comme un passage en revue alors même que Shaun n'en accordait aucune réelle attention insistante. Le cheminement de ses pas avait reprit, partant dans un sens pour finir la colonne, puis revenant le long de la ligne.

« C'est l'effet qui se produit quand vous perdez votre vision grand-angle, et qui crée une sensation de voir au travers un tube étroit. La troisième situation est celle évidemment qui implique la casse, la panne ou l'obstruction de vos visées mécaniques ou même optiques. Dans ces trois cas, nous allons voir comment mettre en place les notions qui vous permettrons de pouvoir assurer vos tirs malgré tout, en faisant appel à votre motricité et à la proprioception. »

Shaun s'arrêta immédiatement après ce dernier mot, comme si le calcul du timing de la fin de sa phrase avait été élaborée au millième de seconde près, se plaçant à la hauteur du marines un peu trop bavard à son goût, sa dextre venant retirer d'un geste l'obstruction de ses lunettes balistiques fumées pour y apposer son regard directif, s'alignant en face à face et laissant un blanc s'installer. L'homme perdit instantanément son rictus satisfait en rectifiant sa position, sur un dos droit et un menton relevé, son regard se perdant dans un vague éloigné.

« On dirait que notre grande gueule de service la ramène beaucoup moins quand la terminologie est bien trop évoluée pour son cerveau de primate. Proprioception. Quelque chose à commenter à ce sujet ? »
«Euh... je... non M'sieur. Je ne sais pas. »
« Ouais. » Rétorqua aussitôt en réponse le Lieutenant qui prenait un pas de recul, sans encore lâcher la fixation intense qu'il appliquait à son regard froid, la tonalité plus confidente alors qu'il abaissait brièvement cette dernière, bien que toujours d'une rocaille naturelle. « C'est bien ce qui me semblait. Mais j'vais quand même laisser l'opportunité au Caporal Mueller de racheter l'honneur des Marines et prouver qu'il n'y a pas que des alcooliques hépatiques dans leur rang. A cinq mètres au pas de tir. »

D'un geste de la main qui gardait captives les lunettes, il désigna le butoir au sol qui avait été représenté par une planche vétuste de bois, marquant la distance vers lequel le Caporal désigné s'y avança prestement, venant s'emparer de ses propres verres tactiques au reflet d'un jaune prononcé, les fixant à son regard tout en faisant face à la fameuse cible encore immaculée d'impact.

« Proprioception. » Reprit alors l'instructeur en remettant en place ses protections. « C'est la conscience du placement de notre corps dans l'espace sans avoir besoin de voir. Gardez à l'esprit qu'en cas de stress, un individu va sacrément perdre en précision de sa gestuelle et de sa motricité fine, ainsi la visée va fortement être dégradé à mesure que la distance augmente. »

Tandis qu'il reportait son intérêt sur son supplicié et la cible qui se présentait face à lui, s'y dirigeant en gardant un léger profil pour ne pas offrir tout à fait de son dos aux autres présents, Shaun alla se placer à son côté, se postant près de son épaule gauche.

« Dans un premier temps, vous allez déterminer votre distance de rupture. C'est à dire la distance à partir de laquelle vous ratez votre zone Alpha. Ce sera cette distance que vous devrez travailler et vous verrez qu'à mesure que vous retenez le placement de votre corps pendant vos gestes réflexes, vous gagnerez en éloignement. A cette distance, la zone Alpha est largement atteignable. Autant dire que si le Caporal Mueller le rate, j'aurais deux mots à dire au personnel de recrutement. » Il marqua une brève pause, alors qu'il portait son attention sur son côté, et alignait l'acier de ses iris orageux, à nouveau occulté par ses lunettes, vers le Caporal qui restait lui-même fixé à sa cible et au plus petit des cercles ovalisés.
« Pas trop le stress, Caporal ? »
« Si, Lieutenant. » Rétorqua aussitôt le subalterne, en jouant un peu de ses épaules.
« Mais pas suffisamment. Vous partirez d'une posture sentinelle, canon rabattue vers le sol. Quand vous serez prêt, vous lèverez votre fusil et vous tirerez instinctivement dans la seconde qui suivra. Si vous touchez la Zone Alpha, vous reculerez d'un pas et recommencerez jusqu'à trouver votre point de rupture. Compris ? »
« Oui, M'sieur. » répliqua aussitôt le concerné, moins enjoué d'un seul coup qu'à ses premiers propos où il s'était fait remarqué.

Tandis que l'officier faisait demi-tour, quittant le face à face opéré avec le reste du groupe pour venir se placer d'un pas en retrait sur le flanc du Caporal, il croisa les bras à son thorax, ses derniers se soulevant régulièrement à chaque inspiration que ses pectoraux marquaient.

« Pour tir au coup par coup, Caporal, préparez-vous. Chargez. »

L'homme du rang attrapa son chargeur, qu'il avait conservé, avec le second, dans une pochette de rangement à l'une de ses poches ventral de son gilet tactique. D'une pratique connaisseuse, il n'eut aucun raté dans sa gestuel, enclenchant ce dernier dans le logement prévu à cet effet, rabattant aussitôt le levier d'armement en arrière pour engager la première cartouche. Aussitôt après, il reprit sa posture de veille, l'arme rabattue au devant, son regard toujours concentré sur cette cible qui lui paraissait à la fois si proche et si loin de lui.

« Commencez le tir. » Laissa filer l'instructeur sur le monocorde de sa voix, lui-même observant avec attention le résultat de ce premier essai, dans un sérieux professionnel.

Le soldat sentit une pression sensible se faire tandis que ses camarades se positionnaient de manière à correctement voir ce qui se passait, gardant la ligne arrière de plusieurs pas néanmoins. D'un mouvement lent, il désengagea la sécurité, prenant une longue et grande inspiration, et expirant de la même manière, cherchant à gagner en concentration et ne s'élancer que lorsqu'il s'en sentira prêt. Tout près, Shaun restait silencieux, sans brusquer le marines, se contentant de sa propre rigueur et réputée discipline. Peu après cette gonflée de poumon, et le souffle lent de son expiration tout aussi marqué, Mueller finit par relever rapidement son arme. Le canon s'aligna dans la direction de sa cible, l'effleurement de la pulpe de son index venant se presser sur la détente alors qu'il gagnait le réflex d'incliner son visage sur le côté, brutalement perturbé par l'absence des organes de visée. La détonation se réverbéra à peine, provoquant quelques mouvements rapide dans le feuillage voisin, une remontée oscillante de l'extrémité du canon, et l'odeur perceptible de la poudre imprégnant aussitôt l'air.

En face, la cible s'agitant, vibrant d'un impact qui avait troué son cercle le plus étroit, en plein dans la Zone Alpha. A ce constat, le marines laissa échapper un souffle discret entre ses lèvres resserrées d'un étroit passage, avant de sentir l'officier entamer la retraite d'un pas en arrière. Alors il suivit le mouvement tout en se remettant en posture de repos, élançant son pas en arrière pour prendre une distance légère supplémentaire. Il reporta son regard, souligné de sa vue barrée des carreaux de protection jaunâtre, sur la cible qui attendait à nouveau.

Le tir suivant fut tout aussi maitrisé, alors qu'il avait redressé son canon, et tiré une nouvelle fois, l'impact s'alignant dans un groupement impeccable, non loin de la première. Ce fut au troisième pas que les choses se corsèrent. Le silence régnait toujours dans les rangs, perturbés par les brutales détonations qui ne gagnaient d'aucune intensité grâce à l'aspect extérieur de leur zone de tir. L'impact frôla la limite de cette zone fictive censée représenté la largeur d'une poitrine humaine et l'ensemble des organes à atteindre pour une neutralisation immédiate. Mais la limite extérieure.

Un juron franchie la paroi des lèvres du soldat américain, qui secoua lentement la tête d'une déception perceptible, sans bouger pour autant. Il patienta à son flanc que l'officier donne les nouvelles consignes, ce qui ne tarda pas à venir, toujours à cette intonation linéaire.

« Assurez votre arme. » La sécurité fut rabattue, la posture toujours maintenue. « Désengagez. » Le chargeur fut retiré, le levier tiré en arrière pour éjecter la cartouche qui s'était logé en chambre, remettant son arme inoffensive.
« Bien. Voici donc le point de rupture du Caporal Mueller. A ... » Une pause survint, tandis que Shaun s'emparait d'un petit appareil qu'il maintenait dans sa main, braquant le viseur du télémètre sur la cible alors qu'il se plaçait à son côté immédiat. « Sept mètres quarante-deux. On va dire que c'est dans la moyenne. »

Il n'avait pas besoin de préciser que la moyenne était assez loin de l'exception dont il avait dit attendre d'eux quelques instants plus tôt. Il ne donnait pourtant aucun jugement supplémentaire à cette prestation dont l'homme se fustigeait déjà tout seul, retournant dans les rangs avec ses camarades, son comparse le rabrouant d'un sourire moqueur.

« La ramène pas. » Lui souffla son homologue, acerbe, en retirant de devant son regard, les verres balistiques dont il s'était précédemment équipé.
« C'est toi qui l'a ouvert en premier, Mueller. T'espérait impressionner la petite Française ? »
« Ta gueule, sérieux. » Répondit rapidement le Caporal, toujours en soufflant bassement ces quelques mots.

De son côté, l'officier, resté en place et offrant dos à la cible derrière lui, fit un tour d'horizon aux autres candidats disponibles.

« Qui pense pouvoir faire mieux ? » Et son regard, une fois de plus, s'arrêta sur la Sergent-Maitre, jouant brièvement de l'objet cylindrique entre ses mains, avant de la pointer du menton. « Laverse, peut-être ? »

Il était relativement conscient de la pression qu'il apposait sur les épaules de la femme, et c'était même largement volontaire. Il ne l'avait eu que brièvement sous ses ordres, à l'époque du SGC, et ce qu'il en avait vu, lui avait fortement plu. Lui qui avait réputation d'être cassant et exigent, avait rédigé l'une de ses toutes premières citations à cette femme-là. Une mise à l'épreuve. C'était clairement ce qu'il s'était mis en tête aussitôt qu'il l'avait aperçu dans les rangs. Et tous les regards se braquèrent sur elle.

@DamianVK



Shaun Kelly
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Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur Shaun
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Lisa Laverse
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Mer 8 Sep - 15:48

Lisa Laverse




DU SANG, DU LABEUR, DES LARMES ET DE LA SUEUR




Lisa Laverse


Shaun Kelly




Lisa suivit le groupe au pas, pour fermer la petite colonne qui s’était dessinée pour s’aligner face au lieutenant Kelly. Elle profita de ce léger mouvement pour passer la sangle du fusil d’assaut par-dessus l’épaule, laissant ainsi l’arme battre son torse. Son regard passa en revue la range de cible devant laquelle le groupe s’était positionné, tandis que ses mains venaient tâtonner une poche de son pare-éclat pour en retirer une paire de gants. Sur sa droite, l’espagnol marmonnait dans sa barbe. Tout comme elle, ce ne devait pas être la première fois qu’il allait devoir se confronter à un exercice du genre, mais lui aussi n’avait certainement pas dû s’en acquitter de beaucoup tout au long de sa carrière. La franco-américaine avait vu bon nombre de situations exotiques au feu, mais restait bien loin de pouvoir se targuer d’avoir déjà tout vu. La sergent-maitre se doutait bien que le lieutenant serait capable de faire redescendre chacun des stagiaires sur la terre ferme, elle comprise. Le fusil qui pendait devant elle, retenu uniquement la sangle, était déjà une anomalie à lui seul. De part le cannibalisme qu’il avait subi, bien sûr, mais aussi parce qu’il s’agissait d’une arme que la franco-américaine n’avait que très peu usité.

On pourrait croire qu’il ne s’agissait finalement que du grand frère du Colt M4, un fusil avec lequel la commando-parachutiste était déjà plus à l’aise, bien qu’habituée au petit frère allemand, le HK-416, mais ce serait faire preuve d’une ignorance navrante. L’arme qu’elle allait utiliser aujourd’hui était, rien qu’à vide, déjà bien plus lourde que sa descendante, mais aussi plus longue et encombrante. A cela s’ajoutait aussi les petites subtilités qu’elle ignorait, du fait de sa méconnaissance de l’armement. Ce genre de choses pouvait surprendre au pire des moments.

La militaire donna un léger coup de coude à l’espagnol pour qu’il se détende. C’était totalement hypocrite de sa part, vu comme la pression s’était soudainement accumulée chez elle depuis qu’elle avait échangé un regard avec Kelly. Le lieutenant, verres balistiques vissés sur le nez, avait justement commencé sa litanie. Gardant malgré tout une apparence décontractée, ne prenant effectivement appui que sur sa jambe gauche tout en gardant les épaules tassées, la native de la côte Est se pencha légèrement en avant lorsque la voix satisfaite de Mueller se fit entendre, saisissant la pause du lieutenant au vol pour donner une réponse qui, si elle n’était pas mauvaise, n’était pas attendue pour autant. Si elle ne fut pas la seule à jeter son regard dans la direction du Marine, peut-être fut-elle la seule du groupe à pousser un long mais discret soupir. Après avoir passé tout le voyage en sa compagnie, la militaire n’était pas surprise de le voir ouvrir sa gueule avec l’idée de montrer qu’il était plus malin que les autres. Nul doute qu’il serait resté muet, s’il l’avait vraiment été. Encore que pour cette fois, il était peut-être difficile de l’accabler, la pause marquée par le lieutenant pouvant laisser planer le doute quant à l’attente d’une réponse, bien que Lisa n’ait pas interprété les paroles de Kelly comme une question ouverte.

Les billes de la franco-américaines revinrent se dresser dans la direction générale du lieutenant, tandis que l’officier reprenait sa lente et limpide explication. Si elle semblait réellement l’écouter, son attention reposait ailleurs, au cœur d’une réflexion pratico-pratique : comment appréhender au mieux son arme pour assurer un tir relativement précis tout en assurant la sécurité de tous. Maintenir l’alignement de l’arme par une préhension derrière le chargeur ne lui semblait pas une bonne solution dans ce cas de figure. Le fusil, à chaque coup, aurait tendance à partir vers le haut, et le moindre coup de doigt suffirait à se désaxer un peu trop à une distance un peu trop grande.

Sa pensée fut rapidement interrompue, une fois de plus, par la voix du caporal qui, forte et empreinte d’une satisfaction à peine voilée, était venue interrompre celle monotone de l’officier. Lisa laissa sa langue rouler dans sa bouche, et n’offrit qu’un regard en biais le long de la ligne de militaires, se retenant par la même occasion de lâcher une bonne rincée au Marine, qui, elle le savait pour avoir déjà vu l’officier à l’œuvre, était cette fois-ci définitivement dans le collimateur du lieutenant. C’était à croire que le niveau d’exigence des instructeurs du Corps avait grandement diminué, pour avoir laissé intact une aussi forte tête. A sa droite, Choque avait eu un léger rictus et n’avait pu s’empêcher de se racler la gorge.

« A la prochaine remarque, il est mort. » lâcha-t-elle dans un murmure espiègle à l’intention de son collègue. Audible uniquement par lui, la réplique crispa son visage, ses lèvres s’élargissant un sourire amusé et léger.

La militaire garda son regard orienté vers Kelly, qui se baladait lentement de gauche à droite devant eux, ce qui avait le résultat de capter l’attention du groupe. Sans baisser les yeux vers son gilet, la franco-américaine ouvrir une autre poche molle de son gilet pour en retirer ses bouchons, reliés entre-deux par un fin cordon, qu’elle glissa autour de sa nuque, avant de venir enfoncer un des obturateurs dans son oreille gauche, laissant la droite libre pour ne pas atténuer définitivement la voix de l’officier. Il faut dire qu’elle aurait été déçue de manquer la fine remarque du Rangers à l’intention du Marine, remarque qui ne manqua pas de soulever une vague de rire léger tout autour d’eux. Le visage de Lisa s’était illuminé d’un sourire distrait, alors que le caporal bafouillait ce qu’il pouvait. Elle se garda bien de le juger plus, bien trop curieuse de voir comment il allait se comporter au cours de l’exercice. Si la deuxième pique du lieutenant à l’égard du Corps fut accueillie avec espièglerie par le groupe, nul doute que le confrère de Mueller avait dû ravaler son sourire l’espace d’un instant, alors que le supplicié s’avançait déjà devant les cibles.

À la suite de quoi, Lisa prêta une plus grande attention aux dires de l’officier, puisque ce dernier avait abandonné sa petite litanie, qu’elle connaissait déjà dans les grandes lignes, pour rentrer dans le vif du sujet : le déroulé de l’exercice à venir, et les étapes que chacun d’entre eux allaient devoir dérouler une fois positionnés face à leur cible. Mueller allait donc servir de cobaye pour la commando-parachutiste, qui allait pouvoir profiter d’une analyse de sa gestuelle pour déterminer ce qu’il y avait de bon et de mauvais dans la posture de son subalterne. Il ne fallait pas croire que les propos du lieutenant n’était destiné qu’au Marine. Le stress et la tension commençait doucement à monter dans le groupe, chacun pouvant trouver écho dans la réponse honnête du caporal.

Elle attrapa le bouchon qui pendait distraitement dans son cou et l’enfonça dans son oreille encore libre, pour atténuer les coups de feu à venir, ses collègues l’imitant très probablement. Choque, en tout cas, ne perdit pas de temps à l’imiter. Elle laissa ensuite ses bras se rejoindre sous sa poitrine, contre le corps de l’arme accrochée à ses épaules. Scrutateurs, les billes de la sergent-maitre se figèrent sur le Marine plutôt que sur l’objectif, le regardant se saisir du chargeur avant de l’enclencher dans l’arme, dont le bruit du levier d’armement prédestinait du sort réservé à la cible métallique. Cette dernière vibra une première fois, alors que les bras du militaire venaient de se raidir au départ du coup. A cette distance, rien de bien exceptionnel. Il n’y avait que dans les films que des soldats pouvaient rater un éléphant dans un couloir. L’air claqua une fois de plus, la cible s’agita à nouveau. Toujours au centre, la posture toujours ferme. Lisa n’en tirerait pas grand-chose, chacun ayant sa manière de faire, et ses propres corrections à réaliser. Le troisième coup cependant, quelque peu désaxé, un peu trop hélas, confirmait son analyse préliminaire, balayant de facto de son esprit, vu son gabarit, l’idée d’adopter une posture de tir traditionnel.

La militaire se contenta d’un haussement de sourcil, avant de jeter un égard vague à son entourage, pour découvrir les réactions contrastées des autres stagiaires. Difficile en effet de venir ouvertement se moquer ou se vanter de quoi que ce soit, surtout ceux pour qui il s’agissait là d’une toute première expérience. Kelly lui-même ne laissa rien paraître, si ce n’est une petite remarque qui, bien qu’innocente, venait rappeler aux oreilles de ceux qui voudraient bien l’entendre qu’il attendait mieux de chacun d’entre eux. Le poids de la pression s’accentuait doucement sur les épaules de Lisa, qui n’avait pas oublié le regard que le lieutenant lui avait lancé en demandant l’excellence. Dans ces circonstances, elle ne se sentait pas de venir tancer le Marine qui, penaud, venait retrouver le rang qu’il avait quitté quelques instants plus tôt, tout comme elle ne réagit pas à la remarque de son frère d’arme. En d’autres circonstances, elle ne se serait pas retenue de répondre, mais elle était désormais un peu trop concentrée pour y penser.

C’est tout juste si son regard se permit de croiser celui de l’officier, certaine que si le Marine n’avait pas joué au plus malin plus tôt, se serait elle qui serait passé sur le grill la première. La pression étant, sa question, en apparence posée à l’ensemble du groupe, tançant quiconque de faire mieux, lui semblait directement destinée. Le fait d’être interpellée après un léger silence, ne fut guère surprenant. La militaire se contenta de se mordiller la langue avec ses molaires, avant de tancer la ligne d’hommes qui s’étendait sur sa droite, et dont les regards s’étaient aussitôt braqués sur elle, avant d’oser délier ses bras d’un air presque las. Par cet intermédiaire le lieutenant lui avait lancé un défi ; évidemment qu’elle n’allait pas se désister. A sa droite, l’espagnol eut un coup d’œil compréhensif, tandis que la militaire faisait quelques pas en avant, ses mains venant de saisir des broches de ses lunettes balistiques aux verres fumés qui pendait jusqu’alors autour de son cou, pour venir les visser au dos du nez, non sans offrir un dernier regard à Kelly, alors qu’elle venait le contourner pour faire face aux cibles.

La franco-américaine s’offrit une longue inspiration, suivit d’une expiration similaire, avant de jouer légèrement de ses épaules. A cette distance, il lui semblait impossible de rater sa cible. Pourtant, tout pouvait arriver. La tension était bien présente au moment de se saisir du chargeur de la main gauche, et son regard glissa sur les lèvres de ce dernier pour vérifier qu’il était bien approvisionné. Elle attendit le signal pour lever l’arme en direction des cibles, couchée légèrement à l’horizontale, pour venir y insérer par-dessous le magasin d’un mouvement vif, avant de ramener sa senestre par-dessus, pour tirer sèchement le levier d’armement vers l’arrière. Sa dextre laissa l’arme chargée battre un instant contre son torse, le temps de venir sceller le trou du bouchon enfoncé dans son oreille droite, qu’elle apposerait bientôt contre le dos de la crosse de son fusil, et qui encaisserait le gros des détonations successives. Lisa prit position une fois sa main droite de nouveau fermement agrippée à la poignet pistolet du M16, le pied gauche pointé vers la cible, légèrement en avant, le droit posé légèrement en arrière et sur le côté. Elle enroula ensuite sa senestre autour du corps du fusil, à la jointure avec le canon, prenant à contrepied la posture tassée vers l’arrière qu’avait adopté Mueller.

Elle jeta un rapide coup d’œil par-dessus son épaule pour jauger de la position du lieutenant, juste derrière elle, et se reconcentra sur la cible en face d’elle. Concentrée. Focalisée non pas sur le centre, mais sur la ligne qui délimitait la réussite de l’échec.

« Prête, mon lieutenant. »

Au signal, la militaire pencha son corps légèrement en avant et, prenant une grande inspiration, releva le canon de l’arme en direction de la cible, utilisant ainsi son bras tendu pour guider le canon du fusil. Bloquant ainsi sa respiration tout en inclinant la joue contre le dos de la crosse du fusil, elle garda ses deux yeux ouverts, comme on le ferait pour tirer à l’arme de poing. Son index glissa sur la queue de détente.

La cible vibra au son de la détonation, la balle ayant impacté la zone Alpha en étant un peu désaxé sur la droite. Lisa eut un léger rictus de crispation en retournant à la position de repos. C’était dedans, mais elle avait instinctivement compensé le départ du coup. Lisa expira aussitôt le trop plein d’air qu’elle avait maintenu le temps du tir. Entendant Kelly faire un pas en arrière derrière, la franco-américaine l’imita. Une nouvelle fois en position, à une petite distance supplémentaire, la commando-parachutiste prit le temps de respirer.

Réagissant au son de la voix du lieutenant, elle réitéra la manœuvre, cette fois-ci en prenant compte de sa tendance à compenser. La cible vacilla à nouveau, cette fois-ci heurtée de plein fouet dans la zone attendue, le départ du coup brisant un instant l’impression de solitude ressentie par la militaire depuis le début. Les troisième et quatrième coups se groupèrent parfaitement avec le précédent, malgré la distance supplémentaire, confirmant ainsi ses premières impressions, ainsi que ses acquis dans sa posture de tir, qui bloquait le départ vers le haut du canon, tout comme le fait de garder les deux yeux ouverts supprimaient le biais cognitif de compensation inhérent à l’œil directeur, fatal à cette distance.

Le fait d’avoir surpassé le Marine retira un poids des épaules de la militaire, qui sembla enchainer les tirs suivants avec le même professionnalisme. Calme, les coups venaient s’entasser les uns sur les autres, à intervalles réguliers, alimentant à chaque fois un peu plus la satisfaction de la sergent-maitre. Le septième tir impacta le centre de la cible avec encore plus de précision que les précédents, alors que la distance, elle, grandissait au fur et à mesure. Prenant le même temps pour respirer, gardant sa respiration, elle tira une nouvelle fois. La cible vacilla une fois de plus, la balle venant cette fois-ci se loger à l’extrême gauche, à l’écart de la zone Alpha. Sur un humanoïde quelconque, cela équivaudrait à un tir réussi, mais dans le cadre de l’exercice, cela signifiait la fin du parcours.

La sergent-maitre rumina, contrite. Elle avait probablement surcompensé, ou peut-être un peu trop inspiré. Repointant l’arme en direction des cibles, Lisa agrippa le chargeur de la main gauche pour le désolidariser de l’arme et venir le déposer dans la poche arrière, avant de venir agripper le levier d’armement pour faire sauter la cartouche hors du fusil et la rattraper de la paume de sa main droite. Laissant finalement le M16 battre de nouveau contre sa poitrine, la militaire recula de quelques pas avant de venir renfoncer la cartouche dans le chargeur préalablement retiré. Là, elle renifla, et attendit la conclusion du lieutenant, sans rien laisser transparaître.

S’il semblait un tant soit peu satisfait, alors nul doute verrait-il un sourire se dresser aux commissures des lèvres de la militaire, avant qu’elle ne retourne dans le rang, les verres de ses lunettes baissées, et sans retenir un clin d’œil appuyé accompagné d’un haussement d’épaules à l’intention de Mueller, et de son compère.
@DamianVK

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