Séance 91 : La Main de la Crainte (Chapitre 1) - Ft. Hailey Spalding

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Kendall Carr-Li
Médecin
psychologue
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Sam 14 Aoû - 20:37

Kendall Carr-Li




Séance 91 : La Main de la Crainte




Kendall Carr-Li


Hailey Spalding




Il n’y a rien de pire que l’échec. Certains vous diront que ce sont les erreurs qui vous font avancer, que c’est grâce à elles que vous apprenez, que vous devenez meilleur. Vous ne pouvez pas progresser sans essayer, sans échouer, et sans essayer encore. Mais la vérité, c’est que l’échec vous défini. L’échec fait de vous quelqu’un d’incompétent, de peu fiable. La vérité, c’est qu’on choisira fatalement quelqu’un qui ne fait jamais d’erreurs et qui n’apprend rien plutôt que quelqu’un qui est capable de voir plus loin mais qui échoue. Il n’y a rien de pire que l’échec. L’échec vous défini. Alors à moins d’être prêt à meurtrir votre image sociale pour parvenir à vos fins, il vaut mieux ne rien tenter.

Kendall repoussait la tablette sur la table de chevet. Allongée dans le lit, réveillée depuis une heure, les draps recouvraient sa fine sculpture. Elle rassembla ses cheveux d’auburn, détachés et étalés sur l’oreiller, en même temps qu’elle se redressait. L’écran devenu inactif, s’éteignit automatiquement, faisant disparaître de sa vue les préceptes d’Oriela Vanberg, une sociologue peu connue et controversée. Ses principes sur la réussite sociale se basaient sur une théorie qui confrontait la réalité des faits aux enseignements moraux. Un problème qu’avait rencontré Kendall dans son propre apprentissage des comportements humains. Comment faire pour distinguer ce qui est juste, de ce que l’on attend de nous ? Et, surtout, comment ne pas perdre son identité dans la confusion de cette réflexion ?

Mais elle était une psychologue accomplie. Elle avait dépassé ce stade avec assurance, et ne connaissait pas le doute. Pourtant, aujourd’hui encore, elle ne cessait d’apprendre. Chaque personne qu’elle rencontrait représentait un nouveau labyrinthe dont elle prenait plaisir à se perdre dans l’esprit. Et, même si elle ne le mentionnait jamais, elle n’avait pas toutes les réponses, pas toutes les solutions. Elle bricolait un plan pour trouver la sortie, et y entraînait son patient du mieux qu’elle pouvait.

Vêtue d’un shorty et d’un débardeur blanc retraçant avec justesse les courbes de sa poitrine, heureusement dans l’intimité de sa propre chambre, elle fila s’enfermer dans la salle de bain. Son rituel matinal ne dérogeait jamais à ses propres règles. A 7 heures sonnantes, la même porte se refermait inlassablement derrière elle. Chaque jour de la semaine, chaque semaine du mois, et chaque mois de l’année. Son besoin de cadre strict répondait à la nécessité d’une stimulation mentale constante. Dès los qu’elle se retrouvait les bras ballants, sans objectif, sans finalité, elle se retrouvait face au seul sentiment qui n’avait aucun problème pour se faufiler dans son système nerveux : la dépression. Vicieuse, sournoise, elle germait comme un pousse au soleil. Toujours là, elle n’attendait qu’un laisser aller de son hôte pour déployer ses racines et, petit à petit, ruiner toutes ses tentatives de libération. Comme le lierre qui étreint un tronc, elle l’empêchait de poursuivre ses activités correctement, jusqu’à la rendre totalement amorphe. Alors, chaque jour de sa vie, Kendall faisait en sorte de ne jamais nourrir cette perfidie. Elle se bourrait d’un mécanisme en perpétuel mouvement, ce même les jours où elle était de repos.

Ce matin, en revanche, elle se rafraîchit simplement. Elle avait prévu un parcours de santé qu’elle avait mit de côté depuis ses débuts sur Atlantis, trop absorbée par son travail et la nécessité de renforcer ses connaissances, surtout face à un tout nouveau monde.

Troquant son pijama pour un short de sport, haussé d’un t-shirt monochrome, ceinture aux hanches soutenant une gourde d’eau, elle se dirigeait ensuite vers la sortie, et, propulsée par ses baskets confortables, entama un footing le long du couloir des quartiers personnels, jusqu’au téléporteur. Elle appréciait le principe de pouvoir gagner du temps par des déplacements instantanés. D’autant que cela lui permettrait d’explorer des coins encore inconnus et pourtant déjà sécurisés par la base, maintenant qu’elle avait fait ses marques et pouvait reprendre un rythme légèrement sportif.

A petits pas de course, elle rejoignit la zone de restauration. Si le coloris des murs de la cité ne changeait pas vraiment d’un pont à l’autre, la décoration et l’amoncellement humain aidait à se faire une bonne idée de l’endroit. L’architecture avait été travaillée de façon unique pour chaque zone, si bien que l’ensemble de la cité était une œuvre d’art et, qu’en s’y promenant, il n’était pas difficile de se repérer pour un œil observateur. En trottinant entre la foule déjà présente en ce début de matinée, au centre de l’embranchement entre les différents services, l’une des horloges digitales murales lui indiquait 7H23. Elle avait un peu d’avance face au rendez-vous organisé.

Quelques semaines plus tôt, Kendall avait proposé à la caporale Spalding, lors d’une mission, de l’accompagner durant l’un de ses footings matinaux, en dehors de son travail, donc. A la base, c’était leur deal : en échange d’un rendez-vous personnel, Hailey lui accorderait un rendez-vous professionnel. Le Dr. Carr-Li n’avait pas eu à jouer de ses pouvoirs de médecin pour la forcer, elles partaient donc sur de bonnes bases, mais toutes deux n’avaient pas pu prévoir ça plus tôt, chacune ayant ses obligations.

Kendall freina son échauffement. Elle venait d’arriver à leur point de rencontre, là où les téléporteurs menaient aux différents secteurs : mess, bar, bibliothèque, gymnase… Hailey ne devrait plus tarder, si elle n’était pas déjà là. Sondant la pièce ronde d’un œil attentif, le centre névralgique de passages conviviaux, empli de visages détendus et enjoués, elle patienta ainsi debout, guettant son apparition.
@DamianVK


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Hailey Spalding
Caporal
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Dim 15 Aoû - 12:13

Hailey Spalding





Séance 91 : La Main de la Crainte

Ft. Kendall Carr-li







Depuis leur retour de mission mouvementée, Hailey n’avait guère pu faire mieux que saluer dans un couloir cette chère psychologue, et échanger un mot aimable avant de devoir filer dans une direction opposée, à cause d’un travail quelque peu trop prenant. C’était la période où, alors qu’un certain calme retombait sur la cité, il fallait faire l’entretien du matériel, pour la revue d’un gradé un peu trop agaçant, le même taré qui aimait faire la revue des chambres et passer son doigt sur une plainte derrière un meuble et refaire tout nettoyer parce qu’il y avait un peu de poussière. En un mot : un emmerdeur de première catégorie, tellement bon dans sa partie que même ses pairs trouvaient qu’il abusait. Mais il fallait bien faire avec, et Hailey aimait que ses appareils soient comme neuf, voire mieux que neuf. Elle passa ainsi une semaine éprouvante, et en ressortit usée moralement et physiquement. Parfois, les pires missions n’avaient rien à envier aux bonnes vieilles journées sur la base. En fait, les premières pouvaient même ressembler à des vacances parfois.

Puis vint un jour calme, un jour qu’elle avait réservée de fait à Kendall. Elle n’avait pas oubliée sa promesse, du rendez vous mais aussi de celle de lui arracher une émotion. Têtue, la caporale n’en démordait pas. Elle y arriverait, même si cela devait lui prendre mille ans. Et entre temps, elle espérait bien s’amuser entre deux discussions, car une vie sans amusement n’était pas vraiment une vie à ses yeux.
L’on aurait pu croire que ce jour là, Hailey est laissé son réveil carillonner, jouer cette fanfare désagréable. Mais elle l’avait coupée. Ce son, elle ne l’avait que trop entendu ces derniers temps. Cela ne l’empêcha pas de se réveiller un peu avant que ne sonne sept heure, et n’entreprenne son rituel matinal. Elle s’extirpa des draps, se dirigea vers la machine à café, qui reposait sur le petit frigo, et pressa le bouton, avant de retourner vers le lit, le refaisant sans se soucier de sa tenue des plus légères – un simple t-shirt long- puisque personne ne traînait dans ses appartements, ni ne risquait d’entrer sans prévenir. Cela fait, elle prit une douche, rapide, se coiffa puis revêti un jogging et un débardeur, enfila ses tennis puis prit une tasse de ce liquide chaud, parfumé, qui la tira définitivement du sommeil. Un bout de gâteau derrière, et elle était prête. La journée commençait, et elle s’annonçait agréable. Dehors, il faisait beau. Elle avait pu le voir en passant devant la fenêtre, en sortant de la douche. Au premier passage, elle était trop endormie pour s’en rendre compte.
Un coup d’oeil sur le réveil lui fit réaliser qu’elle n’avait plus que quelques minutes pour traverser la cité et être à l’heure. Elle traversa les couloirs du secteur résidentiel en courant vers les téléporteurs, pressant le bouton qui l’expédierait vers la zone de restauration, puis elle traversa la zone jusqu’à atteindre le lieu du rendez vous, y trouvant Kendall qui finissait ses échauffements. Un sourire en coin, Hailey profita de la foule pour s’approcher par derrière, en laissant son regard se promener sur sa silhouette. Elle l’aurait sans doute fait de face également, mais avec moins d’insistance. Elle lui tapotta l’épaule pour attirer son attention et lui adressa un large sourire.

« Vous attendez un patient ou vous avez rendez vous docteur ? » . Elle adressa un signe de la main à une connaissance, puis reporta son attention sur Kendall.  « Bonjour sinon ! En forme ? On va où ? »
Hailey se moquait légèrement de l’itinéraire, l’important étant la sortie et non tant le lieu. Elle préférait toutefois quand les haltes se faisaient dans des endroits calmes, discrets, et cela était encore plus vraie quand elle avait une compagnie désirée. Un environnement désert permettait de parler plus librement, et d'agir sans craindre les regards, les jugements ainsi qu'une éventuelle gêne.

@DamianVK



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Lun 16 Aoû - 2:21

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Le boucan du roulement de pas des nombreux passants camouflait l’arrivée furtive de sa collègue. Kendall ne se retourna qu’à son contact, insouciante d’avoir été l’objet d’une contemplation licencieuse. Auscultant brièvement la jeune femme qui savait porter un jogging sans rien retirer à son charme, elle suivit sa distraction sur l’un des fureteurs tout en lui répondant de son ton habituellement posé :

« Pas d’entretien de si bon matin. »

Et, retrouvant leur connexion visuelle, elle poursuivit, lui offrant un sourire enjoué :

« En pleine forme. Et comme je n’ai pas eu de mission de grosse envergure depuis, j’ai bien récupéré de notre dernière escapade. Suivez-moi, on va espérer que celle-ci soit moins brutale. »

D’un mouvement du menton, Kendall invitait la caporale à la succéder vers l’un des téléporteurs. Elle s’y décala d’un pas pour lui laisser la place conséquente.

« Et vous ? Comment allez-vous ? D’un point de vue strictement personnel, bien entendu. »

Manquant de lui répondre directement sur leur destination, elle voulait plutôt lui en faire la surprise. Bien que la militaire devait déjà connaître les moindres recoins de la cité, cette balade concernait plutôt la psychologue, qui n’avait pas eu le temps de faire le tour des meilleurs endroits. Elle aurait tout aussi bien pu lui demander conseil en amont, mais ses manies de contrôle l’avaient plutôt contrainte à fouiller dans l’intranet, à propos du secteur de détente. Après tout, c’était bien le but : allier l’utile à l’agréable. Elle devait reprendre son sport, pourquoi ne pas le faire en plaisante compagnie. Mais elle n’oubliait pas que le véritable intérêt résidait en la santé mentale de la caporale Spalding. Elle lui avait demandé de ne pas parler travail, et Kendall pouvait bien s’y conforter, mais toutes ses questions pour apprendre à la connaître allaient naturellement lui donner du grain à moudre à sa séance, prévue le lendemain.

De base, entretenir une relation, même amicale, avec un patient, a longtemps été proscrite au sein de son ordre, considérée comme transfert. Et bien que cette règle a été révisée, elle s’appliquait particulièrement sur Terre, là où ils avaient l’embarras du choix en terme de thérapeute, au cas où ce dernier soit dans l’obligation de rompre le suivi. Dans un vaisseau spatial extraterrestre, où les contacts et les retours sur Terre étaient limités, il fallait savoir déroger aux règles, les réadapter. Par avantage, le fait d’être incapable de sentiments rendait le travail de Kendall plus facile, dans le sens où ses analyses ne seront pas altérées par ceux-ci, et qu’elle restera objective et moralement neutre face aux problèmes confiés. Mais les réactions de son patient, et en l’occurrence, Hailey, risquaient fortement de dépendre de leur affiliation. Le docteur se tenait sur un fil, mais… une fois encore, c’était le deal… et le goût du challenge qui la poussait à continuer sur cette lancée. Sans compter que le processus de transfert appartenait maintenant à une forme de thérapie corrective idéale, proposant une approche plus personnelle et interactive pour faciliter les progrès de l’intéressé. Si Kendall jouait bien son rôle, cette relation serait bénéfique pour tout le monde.

Elle activa la téléportation avant d’entendre sa réponse, les propulsant toutes les deux dans une petite pièce sphérique illuminée de néons aux couleurs apaisantes. Commençant alors à reprendre un rythme de course à petites enjambées pour l’inciter à débuter leur footing, elle l’entraina dans un couloir à l’allure interminable. Elle ne savait pas ce qu’il se cachait derrière ces murs, peut-être la machinerie ultra développée du vaisseau, mais ce qui l’intéressait se trouverait après quelques détours de tunnels. Le temps pour elles des convivialités de passage.
@DamianVK


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Hailey Spalding
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Lun 16 Aoû - 15:39

Hailey Spalding





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Pas d’entretien, c’était donc officiellement un simple rendez vous amical. Une lueur de satisfaction passa dans le regard d’Hailey. Au moins les questions directes sur son état ne tomberaient pas, et ne viendraient pas rompre le charme de la promenade.

« En bonne forme… Côté personnel… Pas grand chose. »

Ces derniers jours avaient été des plus ennuyeux. Le travail était sans intérêt, purement répétitif. Les sorties se limitaient à des vols de routine, sa principale tâche depuis qu’elle était arrivée sur Atlantis. Il n’y avait vraiment pas grand chose à en tirer.

« J’ai surtout repensé à notre dernière mission, à ce que ça a fait remonté… »

Les angoisses, la peur, les envies… Toutes ces petites choses qui se ressentaient chaque jour, à différents degrés d’intensité… Toutes ces petites choses qui, anodines, se cumulaient et soumettaient mille questions à l’esprit, devenant lentement une torture intolérable. Et désormais, alors que ce fameux rendez vous promis contre une consultation débutait, elle ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur le bien de ses souhaits pour la suite. Demain, Kendall ne prendrait pas les traits d’une simple connaissance mais d’un médecin, de sa psychologue… Elle se demandait si cela ne poserait pas de problème, même en étant à des milliers d’années lumières certaines règles restaient importantes pour d’autres. Nouer une relation avec Kendall faisait partie de ces relations qui n’étaient pas encouragés, et pourtant, Hailey qui, d’habitude, était la première à suivre les règlements, n’avait aucunement l’envie d’en rester à une platonique relation professionnelle. Kendall l’intéressait. Ce n’était pas une question de sentiment, car la caporale ne faisait sur ce plan que l’apprécier. Elle poussa un soupir, tout était bien trop compliqué et elle se prenait la tête pour rien. Elle se créait des complications qui n’existaient pas.

« Mais on va laisser la partie désagréable pour demain, et se garder les trucs plus excitants pour aujourd’hui si ça vous va ! »

Elle entreprit de suivre Kendall dans les téléporteurs, et une fois le transfert effectué, elle cligna des yeux, se disant que cela devait être une erreur, ou qu’elle confondait de secteur, car si elle ne se trompait pas, il s’agissait d’un secteur un peu moins fréquenté, où il était agréable d’avoir des rendez vous mais d’un style bien différent de la simple promenade sportive. Si c’était venue d’une autre personne, elle aurait immédiatement pensée à un choix délibérée mais dans le cas de Kendall, elle n’en était pas aussi sûre. Elle l’avait sans doute choisie parce qu’il était beau, qu’il offrait des vues agréables, mais elle avait aussi pu choisir pour d’autres raisons. Hailey s’élança à sa suite, un sourire en coin. C’était un coin parfait.

« Bon choix. Pas trop de monde d’habitude, et c’est… Assez jolie ! Moins que la compagnie évidemment… »

Elle gardait une allure tranquille, restant sur le côté afin de pouvoir converser. Elle n’allait pas rester derrière pour se rincer l’oeil, elle risquait de manquer un point important de la conversation voire elle s’étalerait en ne regardant pas où elle mettait les pieds.

« Tu cours souvent par là ? Où tu traînes ailleurs d’habitude ? »

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Mar 17 Aoû - 14:59

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Kendall Carr-Li


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Leurs pas résonnaient dans les couloirs, dans un rythme ordonné reflétant leur coordination. Malgré le fait qu’elles soient dans les entrailles d’un gigantesque vaisseau en activité, il régnait un certain silence, tout juste perturbé par leur course. Difficile de croire que cette plateforme pouvait s’envoler dans les airs et dans l’espace en un rien de temps.

Elles dépassèrent un duo en uniforme militaire, puis bifurquèrent sur une allée plus large, dont la sortie toute indiquée brillait sous la lumière extérieure. Le compliment sur son physique n’était pas passé inaperçu, même si elle ne rebondit pas dessus. Si elle se mettait à lui renvoyer la balle, il y avait des chances pour qu’Hailey voit ça comme du flirt et se jette sur elle. Quand bien même il n’y aurait pas de sentiments dans le partage, Kendall n’était pas non plus asexuée, et ne saurait pas la repousser indéfiniment. Mais outre ce détail, elles n’avaient effectivement pas discuté de leur mission ensemble, de leur comportement déplacé, ni même de leurs moments de panique. Le médecin avait été au fait des hallucinations, qui avaient peut-être été une déformation de la réalité plus qu’une machinerie de leur cerveau drogué. Mais il y avait eu plus que ce que contenait leur rapport. Sans oublier l’incendie de la chapelle provoqué volontairement par la caporale… Songer à tout ça donnait envie à la psychologue d’expédier cette sortie et d’avancer leur séance. Mais elle ne se le permettrait pas. Ce serait hors jeu et elle avait d’autres personnes à voir qui avaient, presque, tous autant besoin de son expertise. Elle devra donc se contenter de garder une approche plus amicale que professionnelle. De toute façon, ce n’est pas la première fois qu’elle sympathise avec un patient. Enfin, future patiente, le cas concret.

« Je n’avais pas repris le sport depuis mon arrivée, en fait. »

Bien que sa question avait l’air innocente, Kendall se demandait si elle ne cherchait pas à la croiser par inadvertance en dehors de ses horaires de travail. Elle la dévisagea un instant, pensive, tout en enchainant, la voix entrecoupée de sa respiration vacillante :

« J’aime bien courir de temps en temps, ça revigore les muscles, et ça me change d’être constamment au bureau. Ou assise. Surtout maintenant que je dois participer plus souvent aux missions d’exploration ultra physiques… Même si je n’avais pas arrêté le footing ces dernières semaines, j’aurai quand même eu du mal à suivre. »

Leur trajet les mena jusqu’à la sortie. La lumière du jour fit plisser les yeux de la psy. Clignant plusieurs fois des paupières, elle détourna vainement la tête, ralentissant à peine la trotte. Elle n’avait encore jamais mis les pieds ici. Les photos sur l’intranet avaient dû être trafiqués, ou teintées d’un filtre Instagram, sûrement, parce qu’il n’y avait pas le même côté surnaturel ressortant entre la structure et la mer, supplanté d’un pan du continent, au loin. La grande place, toute en courbes, bardée de sièges et de tables, était presque totalement vide de présence humaine. Peut-être était-il encore trop pour en voir l’afflux habituel. Kendall avait choisit cette horaire pour avoir le temps de rentrer se doucher avant son premier entretien, sans vraiment se demander si la jeune femme avait des habitudes matinales ou non.

Tout en longeant la large baie vitrée, le regard au loin sur ce paysage majoritairement bleu, elle affirma les précédents commentaires de sa collègue, plus pour la forme que par réelle considération artistique dont elle n’avait pas le sens, et sans conviction :

« C’est plutôt joli, c’est vrai. » Puis, revenant à la brune : « Toute cette cité est exceptionnelle. Ce genre de ville entièrement technologique n’existe pas, sur Terre. Il y a de quoi impressionner. Surtout en sachant qu’il s’agit en fait d’un vaisseau spatial. Tiens, d’ailleurs, je n’en connais pas un cinquième, et… j’aurai voulu me sociabiliser un peu. Vous savez, pour rencontrer du monde, ce genre de choses. Vous faites quoi, avec vos amis, entre deux emplois du temps, vous ? »
@DamianVK


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Dim 22 Aoû - 0:28

Hailey Spalding





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Hailey la regarda, sa remarque, elle l’adorait. Elle était parfaite pour toutes les déformations, et rappelait son goût pour les mauvaises plaisanteries à cette chère psy, lui montrait que, hors d’une mission dramatique, rire c’était facile, même pour quelqu’un qui alternait avec le fond du trou et le puits de lumière. Elle ne s’attendait toutefois pas à l’entendre rire, même si elle lui imaginait un rire agréable à entendre, à l’égal de son charme.

« Vous reprenez juste pour moi ? C’est adorable ! »

Un peu lourde, sans doute. Cela lui était reprocher de temps à autre, assez régulièrement en fait. Elle n’était pas nécessairement très fine dans ses plaisanteries et elle s’en moquait bien. Même un sourire arrachée était une victoire. Quant à la réponse à sa question, elle était satisfaisante, en partie. Après tout, si elle n’avait pas repris le sport, il lui était plus simple de lui donner des itinéraires où, par hasard, elle pourrait la croiser. C’était une bonne excuse de trouver pour la fréquenter plus souvent.

« Etre en forme, c’est le principal. En soit, on en a rien à péter d’être sur le podium. »

Hailey, devant la lumière du jour, plissa les paupières, pour protéger ses yeux dans un pur réflexe, avant qu’elle ne s’y réadapte et ne reprenne sa progression naturellement, observant l’environnement et donnant des oeillades vers Kendall, remarquant comment elle se déhanchait dans son mouvement rapide, appréciant ce spectacle tout en conversant, n’accordant qu’un faible intérêt au fait qu’elle puisse être vue les yeux un peu trop bas. Il n’y avait pas de mal à regarder, du moins c’est ce qu’elle disait dans ces cas là.
« Hum… Les bars, restaurants, quelques clubs aussi… Ca dépend d’où vous êtes à l’aise ou non. Après parfois, quelques festivités sont organisées. »

Sociabiliser, ce n’était vraiment pas son problème. C’était même tout le contraire et n’importe où elle pouvait entamer une discussion aimable, c’était son grand avantage. Elle eut toutefois une pensée qui la perturba, et lui fit se demander si elle n’était peut être pas un peu jalouse : Kendall cherchait à rencontrer des gens, pour prendre un verre ou pour autre chose ? Elle chassa cette idée de la tête, la psy faisait ce qu’elle voulait après tout.

« Après, même un coin de couloir, un ascenseur, la sortie d’un briefing, ça marche aussi. Pour faire connaissance, ou discuter avec un ami, y a pas de bon coin. »

Hailey s’arrêta, désignant un jumper qui s’approchait, montant progressivement pour gagner le toit qui s’ouvrirait pour lui laisser le passage. Il devait revenir du continent, pour une traditionnelle livraison de matériel et de vivre.

« Un des avantages de ce coin, si vous aimez les regarder. D’ailleurs, si vous voulez voir les poissons, y a moyen d’en chopper un. Un petit tour dans l’eau, pendant un trajet c’est assez facile à faire. »

Après cette halte impromptue, elle reprit la course, réfléchissant à où elle avait pu se rendre avec des ex. Les restaurants un peu guindés de la cité l’avaient souvent gonflés, non qu’elle n’aimait pas y manger mais la compagnie était généralement agaçante, ennuyante et ne valaient pas le prix. Les quelques petits bars, elle avait trouvé les mêmes soucis. A chaque fois, c’était la même histoire, et elle n’y trouvait pas vraiment son compte. Le seul avantage qu’elle voyait dans les restaurants corrects, c’était qu’elle avait la décence de ne pas boire beaucoup, et donc d’avoir le souvenir plus clair au matin quand il fallait se demander à qui était ce pantalon sur le sol. Hailey n’avait pas cherché à s’ennuyer de longues relations sur Atlantis, jugeant que c’était trop compliqué.

« Sinon tout ce qui est bibliothèque, on y rencontre des gens sympa. Mais vous risquez de m’y croiser parfois. Faut bien que je fouille les manuels des Anciens de temps à autre. »





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Mer 25 Aoû - 21:53

Kendall Carr-Li




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Profitant de leur pause pour inspirer grossièrement, Kendall observait le jumper d’un œil attentif. Elle ne savait pas exactement comment il fonctionnait mais, dénué d’hélices ou d’ailes, c’était toujours étrange d’en voir un se mouvoir avec légèreté dans les airs, tout comme un poisson dans l’eau. Elle s’imaginait mal sauter de l’engin et se mettre à la pêche sportive… Par contre, elle voyait bien la militaire le faire, des peintures sur le visage et un couteau entre les dents. Si elle en avait été capable, elle serait en train de rire. Et cette simple pensée la fit soupirer, les phalanges de sa main gauche se frictionnant distraitement comme un tic nerveux. Elle se souvenait maintenant pourquoi elle avait réellement repoussé les contacts sociables, alors qu’elle en avait fait une de ses priorités en embarquant dans l’aventure. Les allusions et les occasions amusantes lui sautaient au nez, et pourtant, elle se sentait vide. Ce n’était pas difficile de remarquer un sourire franc, ni d’entendre une oscillation dans la voix. Elle savait y répondre en temps normal, au travail, surtout. Mais en sachant que dans ce genre de situation – d’autant plus si son interlocutrice était au fait de sa différence – elle n’avait pas besoin de faire semblant, elle ne pouvait que se retrouver face à son incapacité persistante.

Son regard revint sur la jeune femme. Malgré son comportement lunatique en mission, elle était toujours vigoureuse et dynamique. De quoi tromper n’importe qui sur ses vrais sentiments. Et, en dehors de ses facettes mentales qu’elle décortiquera avec grand plaisir le lendemain, son physique avantageux lui rappelait l’une de ses conquêtes…

Dans la pénombre de la chambre sobre, l’atmosphère alourdie sous la lueur passionnée d’une ampoule rougeoyante, sa peau basanée luisait sensuellement sur les draps humides. Debout, de l’autre côté de la pièce, boutonnant sa chemise, la psychologue la dévisageait silencieusement. Ses cheveux désordonnés, son visage légèrement rosit, et l’absence de sous-vêtements interprétait sans manières leur activité précédente. De toutes les personnes qu’elle rencontrait dans sa vie, celles qu’elle tourmentait au creux d’un matelas lui était totalement inconnues, comme une toile blanche qu’elle ne voulait pas peindre. C’était seulement, et uniquement ici, qu’elle ne posait pas de questions, qu’elle ne faisait pas appel à son sens analytique, qu’elle n’avait pas à chercher les mots justes, ni à se masquer d’un sourire calculé. Quand elle soulevait les draps, elle voilait le reste du monde, et sans craintes ni contraintes, elle partageait un moment intense et éphémère avec qui elle souhaitait. C’était la seule façon qu’elle avait trouvé d’éprouver une profonde affection, qui ne soit pas malsaine. Et, lovée dans les plis chaotiques de la soie mauve, la jeune femme aux pupilles de jais lui rendait un regard satisfait.

Le bruit de pas s’éloignant résonnaient aux oreilles de la psychologue.


Hailey avait reprit la course. Perdue dans ses pensées, Kendall avait déjà oublié leur sujet de conversation, et esquissa une foulée pour la rattraper. Comparer la caporale à un de ses coups d’un soir n’était pas la meilleure façon de garder une distance raisonnable entre elles, avec leur travail contraignant. Détournant son attention sur le large océanique bleu sombre, elle se débarrassa de ses derniers souvenirs intimes. Trottinant en rythme le long de la baie, c’est la voix de la militaire qui lui fit retourner le visage vers l’enceinte.

Elle n’avait effectivement pas songé à la bibliothèque. Toutes ses informations lui venaient de son ordinateur, et des dossiers numériques qu’elle avait emportés. Mais s’il y avait des informations sur le domaine de la psychanalyse d’un point de vue alien… ça l’intéresserait beaucoup.

« Je ne vois pas quel risque il y a à vous croiser dans une bibliothèque… Mais, il y a vraiment des livres? Je veux dire, d’un point de vue extra-terrestre, ce n’est pas… primitif ? D’ailleurs, ce sont des ouvrages de chez nous, ou bien des Anciens ? »

En dehors de la psychologie, elle appréciait aussi les romans lyriques. Des légendes et mythes de mondes divers pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives. Elle n’en parlait cependant jamais, c’était d’un goût plutôt excentrique. Outre ces deux passions, elle avait une certaine soif de savoir, rien de bien excessif, une curiosité innée, surtout motivée par sa vigilance à ne pas s’ennuyer.

La respiration soutenue, Kendall poursuivait leur footing avec aisance. Ses muscles chauffaient doucement, tiraillant avec un contentement perpétré par l’afflux d’adrénaline. Une infime euphorie qu’elle ne connaissait que dans l’action. Le large espace s’affinait sur les derniers mètres, donnant sur un nouveau couloir, et probablement une autre pièce. La psy n’avait pas prévu de parcours précis, se laissant simplement portée par la structure artistique de la cité, ce jusqu’à ce que l’une ou l’autre en ait assez.
@DamianVK


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Hailey Spalding
Caporal
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Sam 28 Aoû - 11:35

Hailey Spalding





Séance 91 : La Main de la Crainte

Ft. Kendall Carr-li






Ignorante des pensées de la psychologue, de ce qu’elle lui évoquait, Hailey continuait son observation des lieux, et de cette proie, sans peur, et pourtant fuyante, craintive. Kendall, c’était un peu cet animal blessé, cet oisillon tombé du nid qu’elle avait envie d’aider à prendre son envol. Connaître son secret ne la décourageait pas. Pour Hailey, l’absence de sentiment n’existait pas, tout au plus il n’y avait qu’un charbon à embraser, pour en faire une braise, puis un feu. Sans doute pensait elle ainsi car elle n’était pas médecin, car elle n’était pas directement concernée par le problème. Mais l’expérience de cette mission, où des fleurs avaient animé quelque chose dans leurs entrailles, la poussait encore plus à croire dans cette idée peut être futile, peut être sotte.
La caporale ignorait ce qu’il lui faudrait faire pour atteindre le résultat espéré, changer cette statue, cette poupée en être vivant. Elle craignait que, pour donner le change, Kendall ne joue simplement un jeu, n’affiche un masque pour la tromper. C’était une éventualité.
Mais si Hailey perdait, qu’aurait elle pu gagner de cette tentative ? De ses yeux, elle pouvait admirer son corps, ses courbes chaque jour, même de loin. Ce n’était qu’un paysage. Elle préféra arrêter d’essayer d’imaginer l’avenir ; elle n’avait plus la moindre confiance en demain. Chaque matin, elle se levait en se demandant si ce ne serait pas sa dernière journée. Et elle avait peur de l’avouer, d’entendre cette bouche qui l’attirait la décortiquer, comme une crevette dont l’on retirerait la carapace, la queue et la tête, pour la croquer sans une pensée et l’oublier en la faisant passer avec un verre d’eau.
C’était toujours le problème, avec les relations éphémères. Avec toutes les relations. Elle avait fini par le comprendre, à force. Ses ex… En reprenant sa course, passant devant Kendall, elle dissimula une grimace. Ses ex, ils avaient tous fini par l’abandonner. Chaque relation qu’elle avait cru devoir durer avait fini par s’effondrer, à cause de son métier, qui l’emmenait au loin, qui l’empêchait d’être là, à cause de son caractère, qui finissait par agacer, à cause d’elle même, qui finissait par fuir. C’était pour en fuir une, un type qui commençait à lui parler mariage, famille, enfant… Qu’elle avait choisi de quitter la Terre, de ne revenir que si rarement qu’après presque cinq années elle se sentait étrangère sur sa propre planète, au mauvais endroit. Pourquoi ce souvenait elle de lui, ce beau blond, musclé, idiot mais pas trop, qui venait la chercher à la sortie de la base, lorsqu’elle rentrait, lorsqu’elle quittait un service, à ses fleurs, toujours un peu froissé, qu’il sortait de sous sa veste, avec un air coupable, comme s’il s’excusait auprès des passants d’être un peu fleur bleu ? L’avait elle aimé ? Elle ne s’en rappelait plus. Tout cela était si loin. La seule chose encore réellement pure dans ses attaches à la Terre était sa famille, à laquelle elle avait continué d’écrire des messages, mais même cela elle avait fini par le trouver difficile au cours des derniers mois, alors que les mots joyeux qu’elle voulait leur transmettre, pour les rassurer, sonnait faux, que une pluie salée roulée sur ses joues, heurtait l’écran de l’ordinateur. Plus d’une fois elle y avait renoncé, repoussant à plus tard.
Qu’est ce qu’elle ne fuyait pas se demanda t elle, en se concentrant sur l’effort pour tenter d’oublier cette boule de rage qui lui retournait les tripes ? En jouant sur sa respiration, en poursuivant la discussion avec Kendall, la boule se dissipa, restant là, comme un point de côté, un étau qui l’enfermait, l’attirait vers le passé, lui disait de s’arrêter mais qu’elle se refusait d’écouter.

« Pour les Anciens, je dirais non. Mais nous… On en a apporté. Il y a quelques… Etranges personnages qui détestent bosser avec un ordinateur. J’ai même un jour entendu une conversation entre deux types… L’un d’eux voulait faire imprimer toute la base de données pour pouvoir l’étudier et l’annoter tranquillement, et l’autre rire en lui disant qu’il pouvait faire avec un logiciel. »

Des fous, Atlantis était un asile. Hailey commença à rire, ou plus exactement à ricaner, ce qui cassa sa respiration, et l’obligea à ralentir. Elle allait de toute façon trop vite pour un simple footing et n’aurait pas tenu la distance. Oui, Atlantis, c’était un asile où les fous construisaient des châteaux de sable. Et Kendall était la psy qui venait récupérer les loyers. Il était regrettable qu’elle ne puisse partager la saveur de cette pensée, peut être un jour le pourra t elle, mais pas encore.

Les deux femmes finirent par arriver à l’extrémité de la zone, elles avaient fait une bonne distance, et elles pouvaient s’arrêter là sans avoir à rougir. D’un commun accord, elles repassèrent au pas, et s’en allèrent trouver les téléporteurs, pour retourner à leurs appartements, se rafraîchir et se changer, avant d’aller manger un morceau et boire une tasse méritée ensemble, en taillant le bout de gras.

Lorsque ce rendez vous prit fin, et qu’Hailey s’en alla à son travail, elle était partagée entre la satisfaction qu’il se soit bien passé, et la frustration qu’il ne se soit rien passé. Au final, même si elle espérait aider la psy comme elle voulait l’aider avec ses pensées, Hailey avait aussi l’envie de la connaître de la façon la plus irrévérencieuse, et endiablée qui soit. Elle décida donc qu’elle se donnait une semaine, entre les consultations et les sorties, pour tenter sa chance.

Le lendemain la trouva comme les autres jours. Elle passa devant le miroir, et se regarda. Les cheveux en bataille, le corps perlé d’une pellicule de sueur, due à ses cauchemars, le regard d’un spectre. Elle soupira, et rentra sous la douche, fermant les yeux pour laisser l’eau ruisselait sur elle. Longuement, elle tenta de se laver, de faire disparaître les reliquats du rêve, de ce sentiment étrange qu’il avait été terrible, mais sans pouvoir dire pourquoi. Elle se rappelait juste de ce goût de fiel dans sa bouche, de l’horreur sans nom, d’une silhouette, happée par quelque chose, attirait dans les ténèbres, et qui criait son nom. L’eau n’y faisait rien, alors elle se gifla. Elle ne fit que se faire mal. Ce matin, c’était celui de son rendez vous médical avec Kendall. Si elle ne se remettait pas sur les rails tout de suite, elle allait s’effondrer à la première question. Elle frappa le mur du poing, là encore elle ne fit que se faire mal.

« Monde de merde... » grogna t elle en coupant l’eau. Tout cela ne servait à rien. C’était peine perdue. Elle resta là, figée, jusqu’à ce que le froid ne fasse se dresser les poils sur sa peau, qu’un frisson ne la fasse trembler, ne la pousse à sortir de la cabine, prendre sa serviette, se sécher. De nouveau, elle se regarda dans la glace, et son reflet la rendit furieuse. Elle frappa le verre, qui se brisa en étoile. Une myriade de gouttelettes rouges constella le poing d’impact, et elle regarda sa main. Elle s’était blessée dans cet accès de rage. Et elle allait devoir changer le miroir.

« Merde... »

Au moins la douleur l’avait réveillé, l’obligeait à agir. D’abord elle retira les quelques éclats de verre de sa main, puis désinfecta et banda sa main, pour ne pas mettre du sang partout. Elle allait devoir trouver une excuse. Un verre d’eau brisée. Elle se serait coupée en ramassant les débris. C’était parfait. Elle s’habilla, se coiffa, nettoya le miroir pour en faire disparaître les traces rouges, puis elle prit sa trousse à outils, le démonta et le glissa dans un carton qu’elle scotcha copieusement. Elle le virerait à la première occasion, en attendant il reposerait sous son lit. Il lui faudrait aussi en trouver un, rapidement. On lui demanderait où il était passé sinon. Mais là, elle n’avait pas le temps. Elle devait aller honorer son rendez vous.

Elle traversa les couloirs, perdue dans ses pensées, et erra dans le secteur médical jusqu’à trouver l’accueil, qu’elle situait pourtant parfaitement d’ordinaire. Mais elle était encore un peu à l’ouest. Elle demanda le bureau du docteur Carr-li, la secrétaire le lui indiqua, et lui dit d’attendre dans la salle d’attente, ce qu’elle fit.




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Kendall Carr-Li
Médecin
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Mer 1 Sep - 19:47

Kendall Carr-Li




Séance 91 : La Main de la Crainte




Kendall Carr-Li


Hailey Spalding




Reprendre le footing matinal, même en intérieur de la sorte, gonflait la motivation de Kendall. Il y avait de beaux lieux dans cette ville hybride et métallique, qui laissaient respirer l’air frais sans avoir à la quitter pour le continent. Peut-être que la prochaine fois, elle fera un tour encore plus large, ne serait-ce que pour se prouver qu’elle était capable d’en faire le tour à pieds. Sur Terre, elle longeait le parc naturel près de chez elle. Le même tous les jours. Il abritait une petite réserve animalière et elle pouvait, au passage, contempler les créatures matinales, moins farouches sans présence humaine envahissante.

Lorsqu’elles mirent fin à leur course d’un compromis silencieux, Kendall lui proposa de se retrouver pour le petit-déjeuner en salle de restauration, après une douche bien méritée. Même si leur temps ensemble n’était pas à proprement parler un rencard, c’était la première collègue qu’elle voyait en dehors de son temps de travail. L’équipe médicale était active H24, mais les rares mots qu’elle avait échangés avec eux restaient de nature très professionnelle. Trop, en fait, même si elle ne manquait pas de se montrer sous son profil le plus chaleureux qu’il lui soit possible. Elle n’avait encore eu aucune mauvaise remarque à son comportement, et c’était une bonne chose. Comme toujours, elle savait user de l’art de la sociabilité avec maîtrise. La seule exception était Hailey, mais pour sa défense, elle ne l’aurait jamais su si Kendall ne lui avait pas directement lâché le morceau. Morceau jeté comme diversion pour éviter de finir complètement nue au fond d’une grotte gelée. Le pire étant que cela n’avait pas tant marché… Il avait au contraire fallut lui faire croire à une soumission, pour lui faire lâcher prise et s’évader. Maintenant qu’aucune drogue n’était à l’œuvre, la caporale faisait preuve de bien plus de retenue. Certes, en public, elle ne lui laissait pas vraiment l’occasion de se faire dévorer. Mais, qu’est-ce qui pouvait bien retenir quelqu’un de déterminé ? Et si elle essayait, finalement, qu’est-ce que la psy ferait ? Ignorant ses doutes, Kendall préférait se concentrer sur le présent. Même si un planning minutieusement orchestré régissait sa vie, elle n’avait pas besoin de tout régler à la seconde. La solution lui viendra en temps voulu.

Elle termina de coiffer ses cheveux humides, allant ensuite la rejoindre à la cafétéria, plantée dans l’uniforme de service qu’elle mettait seulement pour ses journées au bureau. Ayant bien programmé leur sortie, elles eurent le temps de manger sans se presser, mêlées dans le brouhaha de l’heure de pointe. Hailey bien plus bavarde que la psy, cette dernière commentait surtout ses dires, y ajoutant des anecdotes personnelles tout en se gardant de citer des noms ou des liens. Elle se surprit à évoquer son frère, sans le vouloir. L’aîné des Carr-Li, avocat en droit pénal pour mineurs. Si sa maladie aurait pu lui être fatale ou la vouer à une voie bien sombre, c’était en grande partie grâce à lui qu’elle pouvait se targuer d’être une brillante psychologue, et d’être ici aujourd’hui, peut-être. Elle se confiait bien plus à lui qu’à quiconque, et même s’il n’était pas un expert dans le domaine, les héritiers Carr-Li avaient reçu le don d’une intelligence logicenne. Les émotions n’étant pas au centre de leurs décisions, c’était avec pragmatisme qu’il l’avait aidé à devenir une femme accomplie. Kendall gardait contact avec lui, et même si elle lui mentait sur la réalité de son travail, il n’était pas dupe et comprenait bien l’importance de son nouveau poste. Mais en dehors des mystères psychanalystes qu’elle résolvait parfois avec son soutien, elle ne parlait jamais de relations intimes. Pas parce qu’elle ne voulait pas, mais surtout parce qu’elle n’en avait pas de durables qui méritait de faire parti de ces discussions osées.

Mais si elle avait fait mention de son frère en tant que dernier lien avec la Terre, elle n’avait pas précisé qu’il n’y avait aucun manque à sa pensée. Ni à celle de sa famille. Bien que de toutes manières, chacun des officiers sur cette base devait faire tout autant preuve de recul vis-à-vis de leurs relations laissées sur leur planète-mère. Il n’y avait rien de bien ingrat à connaître des priorités autres que stéréotypées de la morale sociale.

Le reste de la journée fut prolifique. Concentrée, le Dr.Carr-Li s’est investie à chaque séance avec le même intérêt implacable. Ce n’est que le soir, restant à son bureau plusieurs heures après son dernier rendez-vous, qu’elle ait prit le temps de jeter un œil au dossier médical de Spalding, entre autres. Mais il était totalement neutre, si ce n’était une annotation sur le fait de lui prévoir un suivi psychologique suite à l’une de ses missions plutôt intense.

Un verre d’eau à la main, Kendall avait fouillé les rapports de mission accessibles avec son niveau d’autorisation. Les épluchant longuement, survolant avec justesse les passages sans impact, elle ne quitta la pièce qu’autour de 22h, sautant le dîner, comme assez souvent. Les téléporteurs écourtèrent radicalement le retour aux quartiers personnels, lui laissant du temps pour ouvrir un livre et s’aérer l’esprit.

Une nuit sans rêves plus tard, et une nouvelle journée débutait. Comme la veille, la porte de la salle de bain se fermait à 7 heures piles derrière sa semi nudité. Elle en ressorti à peine plus vêtue, et combla les heures restantes entre lecture et rapports à trier. Ce n’était que quelques minutes avant son premier entretien qu’elle se glissa dans l’uniforme beige soigneusement plié, serpentant dans les couloirs jusqu’au secteur qu’elle empruntera encore, supposé, de longues années. Traversant l’aile médicale à pas souples, elle salua ses collègues d’un geste et d’un fin sourire. L’accès à son bureau étant à l’écart de la salle d’attente, elle ne pouvait pas encore savoir si ses patients attendaient déjà son expertise. En avance, elle poussa la porte donnant à son espace de travail doté d’une ambiance végétale apaisante. Qu’ils l’admettaient ou non, le naturel détendait les individus, même inconsciemment. La pièce disposait de quelques pots de plantes exotiques, de tailles diverses, certaines offertes par certains de ses patients. Deux plus petits se tenaient au coin de son bureau épais, exempté de toute affaire personnelle. Les murs étaient ornés de tableaux d’art abstrait, laissant la libre signification à la subjectivité de son observateur. Et, sous l’un d’eux, un divan bleu sombre supplanté de deux larges oreillers. Un siège de la même couleur positionné volontairement en coin. La pièce n’était pas très grande, mais confortablement aménagée sous la direction du docteur, qui n’acceptait pas de laisser quoique ce soit au hasard.

Les heures passées, le tour attendu de la caporale se présenta. Kendall repoussa l’ordinateur portable de quelques centimètres, celui-ci perché de l’enregistreur vocal dans l’une de ses prises USB. Repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle se releva, rejoignant la salle d’attente partagée avec les médecins. Elle repéra immédiatement la militaire. L’air jovial qui l’avait définit la veille semblait bien loin aujourd’hui. Peut-être que le rendez-vous la rendait nerveuse. Ce qui ne serait pas étonnant. Qui serait à l’aise à l’idée de devoir laisser quelqu’un découvrir ses démons ? Kendall l’approcha d’un sourire, qui s’estompa en remarquant alors le bandage qui recouvrait l’une de ses mains. Elle avait faillit lever la sienne pour proposer une poignée de main amicale, mais se désista, pour éviter de réveiller l’éventuelle douleur. Croisant son regard, elle remit en place son expression accueillante.

« Bon matin, Hailey. Allons-y. »

D’un geste de la tête, elle lui intima de la suivre, et reprit le court chemin jusqu’au bureau. Lui cédant le passage en premier, elle referma derrière elles et désigna le fauteuil face à la table, s’installant ensuite à sa place d’un mouvement fluide. Le siège roula sur le parquet, et les mains croisées sur le bois, elle voulut satisfaire sa curiosité. Scrutant subtilement la jeune femme sur des infimes détails, elle la questionna :

« Eh bien, qu’est-ce qu’il vous est arrivé ? »

>>La suite ici<<
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