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Séance 91 : La Main de la Crainte (Chapitre 2) - Ft. Hailey Spalding

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Kendall Carr-Li
Médecin
psychologue
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√ Arrivée le : 19/06/2021
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Mer 1 Sep - 19:49

Kendall Carr-Li




Séance 91 : La Main de la Crainte




Kendall Carr-Li


Hailey Spalding





Séance 91 : la main de la Crainte - chapitre 1


Reprendre le footing matinal, même en intérieur de la sorte, gonflait la motivation de Kendall. Il y avait de beaux lieux dans cette ville hybride et métallique, qui laissaient respirer l’air frais sans avoir à la quitter pour le continent. Peut-être que la prochaine fois, elle fera un tour encore plus large, ne serait-ce que pour se prouver qu’elle était capable d’en faire le tour à pieds. Sur Terre, elle longeait le parc naturel près de chez elle. Le même tous les jours. Il abritait une petite réserve animalière et elle pouvait, au passage, contempler les créatures matinales, moins farouches sans présence humaine envahissante.

Lorsqu’elles mirent fin à leur course d’un compromis silencieux, Kendall lui proposa de se retrouver pour le petit-déjeuner en salle de restauration, après une douche bien méritée. Même si leur temps ensemble n’était pas à proprement parler un rencard, c’était la première collègue qu’elle voyait en dehors de son temps de travail. L’équipe médicale était active H24, mais les rares mots qu’elle avait échangés avec eux restaient de nature très professionnelle. Trop, en fait, même si elle ne manquait pas de se montrer sous son profil le plus chaleureux qu’il lui soit possible. Elle n’avait encore eu aucune mauvaise remarque à son comportement, et c’était une bonne chose. Comme toujours, elle savait user de l’art de la sociabilité avec maîtrise. La seule exception était Hailey, mais pour sa défense, elle ne l’aurait jamais su si Kendall ne lui avait pas directement lâché le morceau. Morceau jeté comme diversion pour éviter de finir complètement nue au fond d’une grotte gelée. Le pire étant que cela n’avait pas tant marché… Il avait au contraire fallut lui faire croire à une soumission, pour lui faire lâcher prise et s’évader. Maintenant qu’aucune drogue n’était à l’œuvre, la caporale faisait preuve de bien plus de retenue. Certes, en public, elle ne lui laissait pas vraiment l’occasion de se faire dévorer. Mais, qu’est-ce qui pouvait bien retenir quelqu’un de déterminé ? Et si elle essayait, finalement, qu’est-ce que la psy ferait ? Ignorant ses doutes, Kendall préférait se concentrer sur le présent. Même si un planning minutieusement orchestré régissait sa vie, elle n’avait pas besoin de tout régler à la seconde. La solution lui viendra en temps voulu.

Elle termina de coiffer ses cheveux humides, allant ensuite la rejoindre à la cafétéria, plantée dans l’uniforme de service qu’elle mettait seulement pour ses journées au bureau. Ayant bien programmé leur sortie, elles eurent le temps de manger sans se presser, mêlées dans le brouhaha de l’heure de pointe. Hailey bien plus bavarde que la psy, cette dernière commentait surtout ses dires, y ajoutant des anecdotes personnelles tout en se gardant de citer des noms ou des liens. Elle se surprit à évoquer son frère, sans le vouloir. L’aîné des Carr-Li, avocat en droit pénal pour mineurs. Si sa maladie aurait pu lui être fatale ou la vouer à une voie bien sombre, c’était en grande partie grâce à lui qu’elle pouvait se targuer d’être une brillante psychologue, et d’être ici aujourd’hui, peut-être. Elle se confiait bien plus à lui qu’à quiconque, et même s’il n’était pas un expert dans le domaine, les héritiers Carr-Li avaient reçu le don d’une intelligence logicenne. Les émotions n’étant pas au centre de leurs décisions, c’était avec pragmatisme qu’il l’avait aidé à devenir une femme accomplie. Kendall gardait contact avec lui, et même si elle lui mentait sur la réalité de son travail, il n’était pas dupe et comprenait bien l’importance de son nouveau poste. Mais en dehors des mystères psychanalystes qu’elle résolvait parfois avec son soutien, elle ne parlait jamais de relations intimes. Pas parce qu’elle ne voulait pas, mais surtout parce qu’elle n’en avait pas de durables qui méritait de faire parti de ces discussions osées.

Mais si elle avait fait mention de son frère en tant que dernier lien avec la Terre, elle n’avait pas précisé qu’il n’y avait aucun manque à sa pensée. Ni à celle de sa famille. Bien que de toutes manières, chacun des officiers sur cette base devait faire tout autant preuve de recul vis-à-vis de leurs relations laissées sur leur planète-mère. Il n’y avait rien de bien ingrat à connaître des priorités autres que stéréotypées de la morale sociale.

Le reste de la journée fut prolifique. Concentrée, le Dr.Carr-Li s’est investie à chaque séance avec le même intérêt implacable. Ce n’est que le soir, restant à son bureau plusieurs heures après son dernier rendez-vous, qu’elle ait prit le temps de jeter un œil au dossier médical de Spalding, entre autres. Mais il était totalement neutre, si ce n’était une annotation sur le fait de lui prévoir un suivi psychologique suite à l’une de ses missions plutôt intense.

Un verre d’eau à la main, Kendall avait fouillé les rapports de mission accessibles avec son niveau d’autorisation. Les épluchant longuement, survolant avec justesse les passages sans impact, elle ne quitta la pièce qu’autour de 22h, sautant le dîner, comme assez souvent. Les téléporteurs écourtèrent radicalement le retour aux quartiers personnels, lui laissant du temps pour ouvrir un livre et s’aérer l’esprit.

Une nuit sans rêves plus tard, et une nouvelle journée débutait. Comme la veille, la porte de la salle de bain se fermait à 7 heures piles derrière sa semi nudité. Elle en ressorti à peine plus vêtue, et combla les heures restantes entre lecture et rapports à trier. Ce n’était que quelques minutes avant son premier entretien qu’elle se glissa dans l’uniforme beige soigneusement plié, serpentant dans les couloirs jusqu’au secteur qu’elle empruntera encore, supposé, de longues années. Traversant l’aile médicale à pas souples, elle salua ses collègues d’un geste et d’un fin sourire. L’accès à son bureau étant à l’écart de la salle d’attente, elle ne pouvait pas encore savoir si ses patients attendaient déjà son expertise. En avance, elle poussa la porte donnant à son espace de travail doté d’une ambiance végétale apaisante. Qu’ils l’admettaient ou non, le naturel détendait les individus, même inconsciemment. La pièce disposait de quelques pots de plantes exotiques, de tailles diverses, certaines offertes par certains de ses patients. Deux plus petits se tenaient au coin de son bureau épais, exempté de toute affaire personnelle. Les murs étaient ornés de tableaux d’art abstrait, laissant la libre signification à la subjectivité de son observateur. Et, sous l’un d’eux, un divan bleu sombre supplanté de deux larges oreillers. Un siège de la même couleur positionné volontairement en coin. La pièce n’était pas très grande, mais confortablement aménagée sous la direction du docteur, qui n’acceptait pas de laisser quoique ce soit au hasard.

Les heures passées, le tour attendu de la caporale se présenta. Kendall repoussa l’ordinateur portable de quelques centimètres, celui-ci perché de l’enregistreur vocal dans l’une de ses prises USB. Repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle se releva, rejoignant la salle d’attente partagée avec les médecins. Elle repéra immédiatement la militaire. L’air jovial qui l’avait définit la veille semblait bien loin aujourd’hui. Peut-être que le rendez-vous la rendait nerveuse. Ce qui ne serait pas étonnant. Qui serait à l’aise à l’idée de devoir laisser quelqu’un découvrir ses démons ? Kendall l’approcha d’un sourire, qui s’estompa en remarquant alors le bandage qui recouvrait l’une de ses mains. Elle avait faillit lever la sienne pour proposer une poignée de main amicale, mais se désista, pour éviter de réveiller l’éventuelle douleur. Croisant son regard, elle remit en place son expression accueillante.

« Bon matin, Hailey. Allons-y. »

D’un geste de la tête, elle lui intima de la suivre, et reprit le court chemin jusqu’au bureau. Lui cédant le passage en premier, elle referma derrière elles et désigna le fauteuil face à la table, s’installant ensuite à sa place d’un mouvement fluide. Le siège roula sur le parquet, et les mains croisées sur le bois, elle voulut satisfaire sa curiosité. Scrutant subtilement la jeune femme sur des infimes détails, elle la questionna :

« Eh bien, qu’est-ce qu’il vous est arrivé ? »

@DamianVK




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Jeu 9 Sep - 16:33

Hailey Spalding





Séance 91 : La Main de la Crainte

Ft. Kendall Carr-li







Qu’est ce qu’il vous est arrivé ?
Cette question, Hailey s’y était attendue. Son mensonge, bancale, lui paraissait difficile à sortir. Mais mentir, c’était ce qu’il y avait de mieux. Mentir, c’était éviter une discussion sur le pourquoi. Et, à cet instant précis, elle ne voulait pas de cette discussion, de cette analyse. Elle n’était là que parce qu’elle avait accepté dans un moment de faiblesse, et sa promesse, même si elle avait été faite sans l’entière maîtrise de ses moyens, sans la plus grande maîtrise de ses nerfs, de ses réactions, de ses pensées, par principe elle se devait de la tenir. Et puis, pour voir cette fille bien agréable à ses yeux, il le fallait aussi.
Alors la caporale baissa les yeux sur sa main bandée, comme si elle la découvrait, comme si elle se rappelait de son existence. Et elle haussa les épaules. Ce n’était rien, ce n’était pas si grave. C’était ce qu’elle voulait exprimer.

 « Un verre brisée. Je me suis coupée avec les morceaux. »

Le pire, c’était que ce n’était pas un mensonge. Le miroir était le verre brisé et c’était les éclats qui avaient entaillé sa chair. Le choix était habile, prononcée avec une nonchalence des plus anodines. Rien qui n’éveillait les soupçons, si ce n’est ce temps d’arrêt un peu trop long avant de l’offrir. Ce temps pendant laquelle elle n’avait pas su ce qu’elle devait et voulait répondre. Mais elle se disait que la psy n’y prêterait pas attention, après tout c’était un peu ridicule de se blesser avec un verre par maladresse.

 « Bonjour tout de même. En forme de votre côté ? » lança t elle en se dirigeant tranquillement à la suite de la psychologue dans le bureau, analysant cet environnement, qui se voulait chaleureux mais manquait de quelque chose. Hailey ne mit guère longtemps à le trouver : il manquait d’une certaine forme de vie. Tout semblait choisi dans les détails, pour rassurer. Et c’était d’autant plus visible lorsque, comme elle, l’on était au fait des troubles qui affectaient Kendall. Mais peut être, se dit la caporale, que ce n’était qu’elle qui cherchait à voir des manifestations de ce qu’elle savait. Même si l’absence de souvenir personnel bien apparent était peu attendu, surtout si loin de la Terre. Aucune photo de famille, aucun objet insolite. Et pourtant, elle devait bien reconnaître que l’endroit n’était pas désagréable. Il pouvait être rassurant, appaisant. Elle prit place dans le siège, et croisa les jambes, la droite sur la gauche, pressant son dos contre le dossier, positionna sa main blessée sous sa poitrine, dans une position plus confortable, un peu réhaussée, jouant des doigts par instant pour chasser l’engourdissement due à l’immobilité à laquelle elle tentait de se forcer, pour ne pas attiser la gêne. Son regard, quant à lui, avait cessé de vagabonder, pour ne s’intéresser qu’à une chose, la femme qui lui faisait face. En raison de la tenue peu aguichante, elle se fixa avant tout sur son visage, suivant ses contours, ses moindres mouvements, s’arrêtant sur ses yeux pour en capter les plus infimes lueurs. C’était un jeu habituel pour elle. Un jeu, certes mais aussi un examen minutieux qui lui permettait de savoir ce que l’autre pensait, et ainsi déterminer jusqu’où elle pouvait aller avec la plaisanterie. Mais là où la plupart du temps elle ne cherchait qu’à fixer cette limite à l’humour, ici, avec Kendall, il était question de savoir ce qu’elle pensait vraiment. C’était une expérience difficile, peut être impossible. Hailey n’était pas formée pour capter ce genre d’informations. Ce n’était qu’une fille banale, qui n’avait pas fait de grandes études, qui se débrouillaient seulement pour faire ce qu’on attendait d’elle. D’habitude, elle détestait les entretiens avec les psychologues. Il fallait toujours qu’ils posent la question qui fâche, qu’ils aillent aborder des sujets qui ne les regardaient pas. Et puis, quand ils lisaient son dossier, qu’ils cherchaient loin dans le passé, ils avaient toujours des sujets à déterrer, pour frapper où ça faisait mal, alors que c’était de l’histoire ancienne. L’un d’eux lui avait demandé si elle pensait à son petit frère, alors qu’elle abordait un mois toujours un peu plus difficile, toujours un peu moins source d’amusement, car il était celui où il avait trouvé la mort, par accident, par vengeance, ou pour quelques raisons. Elle avait eu envie de fendre le crâne du psy avec son bloc note, de le projeter par la fenêtre, mais elle s’était retenue plus ou moins, se retenant jusqu’à retrouver le calme de son atelier, où elle avait libéré ses nerfs sur un pauvre gars qui s’était trompé de vis sur un appareil et qu’elle avait abreuvé d’injures.

« Alors… Par contre… Désolé je construis pas de château de sable donc vous pourrez pas percevoir le loyer dessus. » . Elle lui adressa un sourire amical, et attendit simplement les questions. Pour des réactions franches, elle savait à quoi s’en tenir. Au moins de ce côté là il n’y avait pas de mensonges.


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Kendall Carr-Li
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Mar 14 Sep - 21:47

Kendall Carr-Li




Séance 91 : La Main de la Crainte




Kendall Carr-Li


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« J’espère que ce n’est pas trop douloureux. »

Le bandage peu assuré autour de la main basanée de la caporale, dont le ligotage manquait de précision, reniait le travail d’un quelconque infirmier. De ce que la psy avait pu constater durant son temps dans la cité Ancienne, le refus de passer par la case infirmerie était l’adage des militaires. Il y avait une certaine honte à admettre ses blessures comme si elles représentaient des faiblesses. Alors que, pour des hommes et des femmes dont la santé se devait d’être au maximum en toute circonstance, unique rempart planétaire face à l’envahisseur, ils avaient presque tous tendance à conserver leurs comportements ordinaires.
Mais mettre les pieds dans le plat n’allait pas résoudre les inconvénients. Kendall reprit donc leur sujet initial, et comme à chaque séance avec un nouveau patient, prit le temps de lui expliquer le déroulement qui allait se mettre à l’œuvre entre ces murs. Malheureusement pour la jeune femme, cela impliquait de garder ses vêtements.
Devant le regard scrutateur de celle-ci, Kendall lui offrit un léger sourire.

« En tout cas, merci d’être venue. Ça ne serait pas la première fois qu’on me pose un lapin… »
« Désolée, je fais pas dans l’élevage. Et les cuistots… Ils aiment pas partager les leurs... »

Même si la militaire lançait cela pince-sans-rire, Kendall en esquissa un petit.

« Je vois. Je sais que nous avions convenu, hum, d’un rendez-vous personnel contre une séance, mais sachez que si vous avez besoin de revenir après celle-ci, j’en serai disposée, bien évidemment. Et en contrepartie aussi… »

Laissant planer le doute sur cette supposition, elle enchérit, s’appuyant un peu plus contre la table.

« L’entretien durera un peu moins d’une heure. Même si je suis entièrement à votre écoute, je suis aussi là pour comprendre… » Son regard passe brièvement sur l’écran de son ordinateur. « Ce qui peut vous troubler… les causes de vos comportements qui, j’en suis sûre, nuise à votre bien-être. Je ne les connais pas, enfin, pas tous, mais c’est uniquement dans votre intérêt de participer pleinement à notre échange. Quand je dis pleinement… je parle aussi de ce qui puisse être… douloureux. Ce n’est pas totalement un hasard si je me suis rapprochée de vous, j’ai bien senti qu’il y avait… quelque chose. »

Appuyant ce dernier mot, elle s’humecte les lèvres, posant un bref silence d’assimilation.

« Bien entendu, je ne vous force en rien, mais je tiens à ce que vous compreniez que notre échange ne sera pas forcément agréable. Travailler sur soit demande de la patience. Réaliser des choses que nous refoulons peut nous rendre malheureux. Mais croyez-moi, ce n’est que la phase vers un avenir plus sain. »

Elle expire délicatement, redressant son dos contre le siège épais.

« Paperasse administrative oblige, je dois aussi vous demander si cela vous dérange que j’enregistre la séance vocalement ou si vous préféreriez que je me cantonne aux notes manuscrites. La seule différence étant que j’aurai plus de temps à passer à rédiger mon rapport si je dois écrire… »

« Comme vous voulez. ». Elle haussa légèrement les épaules, ce n’était pas du tout quelque chose qui l’ennuyait et si la psy devait quitter le domaine purement professionnel, elle aurait, Hailey l’espérait du moins, la présence d’esprit de couper l’enregistreur.

Kendall hoche la tête. C’était bien plus simple pour elle de travailler avec son petit bijou de technologie. Le retirant de son branchement, et d’une pression du pouce sur l’un des boutons à sa surface, le logiciel à l’écran s’activa, et les mots qui suivirent défilèrent quasi instantanément.

« Si vous voulez bien vous installer sur le divan… » indique-t-elle d’un geste de la main vers le canapé bleu. Se relevant dans le même mouvement, délaissant l’enregistreur sur le bureau, elle la précède de quelques pas, s’approchant du fauteuil qui l’encadre. Suivant la silhouette de la jeune femme s’y poser, elle s’assied ensuite. Sa voix se fait plus douce, moins emprunte d’un mécanisme finement perpétré.

« Commencez donc par parler de ce qui vous vient à l’esprit. Peu importe si c’est absurde ou embarrassant, ou même si vous changez de sujet en cours de route. Je vous donne même le droit de critiquer ma décoration ! Prenez simplement votre aise à parler. »

Elle termine sur un sourire amusé. Se dévoiler auprès d’un psychanalyste peut être stressant, d’où son attrait pour les blagues, même vaseuses. L’association libre demande d’autant plus un gros effort qu’il nécessite de fouiller dans ses pensées sans les passer au filtre du jugement. La psyché ayant naturellement un système de défense, Kendall peut rapidement se retrouver confrontée à une résistance, même inconsciente, de la militaire. Mais pour une première séance, elle avait justement besoin de connaître ces limites.

Même si elle connaissait une partie de ses antécédents, il valait mieux les entendre de sa bouche plutôt que de mettre le doigt dedans et ne risquer qu’à la brusquer et la renfermer. De toutes manières, ce n’était pas en une petite heure qu’elle pourrait tout savoir de la caporale. Le but étant aussi de lui donner l’envie de poursuivre une thérapie, de creuser sur elle-même. De revenir… Et sans blessures, de préférence. Difficile à demander à une femme d’action, évidemment.

Gardant maintenant le silence, son regard passait sur ses membres, s’attardant sur ses mains, véritable reflet de l’état d’âme.
@DamianVK




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Lun 4 Oct - 21:49

Hailey Spalding





Séance 91 : La Main de la Crainte

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Douloureux, ce ne l'était pas vraiment. Si elle aurait dû mettre un mot dessus cela aurait été quelque chose comme désagréable, gênant. Elle allait avoir quelques difficultés pour travailler correctement pendant quelques jours, en espérant que cela ne s'envenime pas. Il ne manquerait plus qu'elle se prenne une infection par dessus.

« Pas plus que ça. » . Elle haussa les épaules, comme pour signifiait que ce n'était vraiment rien, que s'attardait dessus n'en valait pas la peine. Heureusement Kendall ne s'attarda pas dessus, ce qui fut un soulagement pour la caporale. Elle n'en montra rien, à part peut être un infime, subtile sourire de satisfaction qui disparut rapidement. La psy avait commencé à négocier les séances prochaines, en ouverture. Elle ne perdait pas le nord. Hailey ne releva même pas le possible sous entendu derrière le « en contrepartie », tellement il était évident qu'elle n'avait aucune allusion à se faire : ce n'était pas une proposition au sport de chambre qui allait suivre. Dommage, mais prévisible.

« Noté. Ce qui peut me troubler... » . Elle laissa son regard vagabondait sur son interrogatrice, véritable bourreau qui s'apprêtait à lui poser la question jusqu'à ce qu'elle avoue tout ce qui pouvait lui passer par la tête. La comparaison n'était pas flâteuse, Hailey s'en rendait bien compte mais c'était un peu comme cela qu'elle avait toujours vu les psychologues. « Y a pas grand chose... » fit elle, d'un ton bas, faible négation des problèmes qui la tourmentait.

Lorsque Kendall l'invita à passer vers le canapé, obéissant à cette tradition qui voulait que le patient parlait plus aisément quand il était confortablement installé, Hailey eut immédiatement idée de déformer la proposition. La psy devait s'y attendre, mais peu importait.

« Le divan ? Hmmm... Déjà ? »

Hailey s'installa dans un coin, se calant le dos contre le dossier, écoutant la première consigne. Ainsi elle n'avait qu'à parler de ce qui lui passait par la tête... Elle esquissa un sourire. Ce n'était pas forcément la meilleure idée que de sortir tout ce qui lui passait par la tête, soit parce que la chose était profondément idiote, soit, et c'était assez souvent le cas ces derniers jours, plutôt morose.

« Alors... La décoration, classique mais ça passe. Peut être pas assez personnel ? Certains doivent penser qu'ils sont chez un android... La psy est trop habillée... » . Elle s'arrêta un instant pour la regarder plus en détail, se mordillant la lèvre, réfléchissant. Des idées, elle en avait encore plein, comme dire qu'elle se trouvait complètement stupide de mentir en disant qu'elle s'était blessée par accident, mais cela elle ne pouvait pas l'avouer. Cela voudrait dire expliquer le problème sous jacent. Si elle finissait avec une mention "instable" sur son dossier, elle pouvait dire adieu à son travail, à tout ce qui la retenait. Et ça, c'était hors de question.

« Mais bon, je suppose que pour ce dernier point j'aurais plus de chance en vous invitant visiter les lacs du continent... » . Tout du long, elle avait gardé les mains sous la poitrine, grattant parfois au niveau du pansement de fortune, ne montrant pas de signes de crispation, mais elle n'avait pas moins une certaine tendance à jouer de son pied. Au moins sa chaussure cachait le balais auquel se livraient ses orteils, se crispant et décripsant alternativement. C'était l'intérêt de venir en ranger et pas en sandales.

« Dans les principaux trucs qui me passent par la tête, y a notre dernière mission... Pas tant qu'elle est en grande partie foirée... Non... Plutôt... L'autre partie. J'arrive pas à savoir si c'était volontaire ou non. 'fin, vous voyez ce que je veux dire... »

Elle soupira. Simple souffle qui exprimait sa lassitude de se poser cette question. Et en y repensant, régulièrement, elle s'était demandée si sa solution à ses ennuis n'étaient pas aussi dans ce fameux moment où elle avait partiellement perdu les pédales, partant en roue libre sur une pente glissante.

« C'était bizarre... Mais pas désagréable. Perturbant peut être après coup ? Je saurais pas trop comment l'expliquer. »

Elle se tut, pour regarder ses mains, qu'elle avait fini par poser sur ses genoux, puis elle releva les yeux sur Kendall, la laissant relancer la conversation car pour le moment elle ne savait pas trop sur quoi se diriger, sur quelle bouée se jetait pour ne pas la regarder simplement en se retenant de baver ou de décider de couper court à la conversation en se jetant sur elle voire de quitter les lieux, même si cette troisième option était moins pratique vu les souhaits qu'elle pouvait nourrir. Elle opta donc finalement pour renverser le sens des questions, en tentant d'être celle qui interroge plutôt que celle qui parle.

« Vous en pensez quoi ? Vu qu'on est dans le même panier pour ça au moins. »

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Dim 10 Oct - 20:27

Kendall Carr-Li




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Les coudes calés sur les accoudoirs de son siège, Kendall écoutait les divagations de la jeune femme avec intérêt. Son regard fin passait de son visage aux quelques mouvements passablement nerveux de ses jambes. Pour la psy, la nervosité était un signe de sainteté d’esprit. Lorsque celui-ci savait que quelque chose n’allait pas, mais ne savait pas comment l’exprimer. A contrario, une personne totalement insensible à un déboire intime cachait fatalement des problèmes bien plus sombres et bien plus ancrés. A cela, les infimes réactions de la caporale dévoilaient une ouverture vers la guérison, même s’il y aurait un temps plus ou moins long jusque là.

En revanche, les évocations sans détours sur leur aparté sensuel lui firent arquer un sourcil. Cette jeune fille savait ce qu’elle voulait et n’avait pas le moindre remords à lui rappeler, même dans cette position. Lâcher le morceau ne semblait pas faire parti de ses prérogatives. Pas que la psy lui demanderait de le faire, en tout cas certainement pas dans l’immédiat. C’était tout autant un point intéressant à relever. Lorsque leur regard se croisa, elle ne lui offrit qu’un léger sourire amusé, sans rentrer dans son jeu, et sans interrompre ses réflexions.

Elle ne pouvait pas nier que leur escapade folichonne ne l’avait pas troublée non plus. Mais pas pour les raisons qu’elle pouvait penser. Quoique… C’était surtout grâce à sa maladie qu’elle ne se focalisait pas dessus. Elle en avait parlé au médecin qui s’était occupé de son cas à son retour de mission, enfin, parlé de ses sensations, pas de ce qu’elle en avait fait, voire même faillit faire. Puis, lorsque la drogue s’était totalement dissipée, avait oublié l’affaire. Mais elle-même devrait tôt ou tard s’adresser à un psychologue. Sentiments ou non, elle devait s’éclaircir l’esprit. Et la lecture ou autres loisirs ne résolvaient pas toujours ce souci.

« Nous étions toutes les deux sous… stimulants… à ce moment-là. Non pas que cela justifie ce qu’il s’est passé, mais… vous trouvez cela bizarre dans le sens où ce n’était pas votre genre de vous laissez aller de la sorte, ou parce que, connaissant mon problème, le fait que j’ai agis de manière… disons suggestive, vous laisse penser des choses particulières ? »

Il n’était pas impossible que la caporale parte en besogne trop vite. Kendall avait connu quelques amants/amantes qui chantaient la sérénade après une seule nuit. Si c’était le cas, elle devrait mettre un frein brutal. Il y avait un fossé entre le simple béguin et la folie amoureuse, et on pourrait même l’accuser d’abus sur faiblesse psychique. Néanmoins, le docteur Carr-Li ne la pensait pas de ce genre. Même si rien ne valait des précautions. Mais ce qu’elle cherchait principalement résultait aussi d’autre chose. Elles avaient effectivement et complètement raté leur mission. Pour Kendall, bien que ça donnait une mauvaise première impression à ses supérieurs, elle avait au moins l’excuse de ne pas avoir été dans son élément. Après tout, elle n’était pas militaire, et si on envoyait des civils au front, on ne pouvait pas leur reprocher d’éventuelles boulettes. Pour la caporale, c’était différent. Même si la drogue avait altéré ses capacités, elle pouvait se faire refuser une promotion, ou pire, rétrogradée. C’était sa carrière qu’elle jouait sur le terrain, quand le docteur jouait son avenir derrière le bureau. Et personne n’aimait les échecs.

Sans compter que, au final, ce qu’il s’était passé là-bas avait été une expérience plutôt effrayante. Perdre ses moyens et ses repères, passer son temps à fuir un ennemi invisible et imprenable... Il y avait de quoi traumatiser. Or, la plupart des militaires refusaient d’admettre leurs peurs. Comme s’il pouvait s’agir d’une faiblesse. Difficile de leur faire comprendre que ce n’était pas le cas... Tout le monde a des peurs, les refouler ne les faisaient pas disparaître. Mais leur donner une tangibilité, au contraire, permettait de s’en dépasser.

Profitant du fait que la jeune femme ressassait ce moment particulier, elle tenta doucement :

« Hailey, cette mission était pour le moins déstabilisante. Vous avez été séparée du reste du groupe, attaquée et pourchassée… même droguée… et obligée de dormir au fond d’une grotte sombre. J’ose espérer que toutes vos missions ne ressemblent pas à ça. Est-ce qu’il vous arrive… d’en faire des cauchemars ? »

Elle leva une main à la fin de sa phrase, ajoutant aussitôt :

« Et avant que vous ne me retourniez la question, il ne s’agit pas de moi. Je suis aussi soumise aux évaluations, vous n’avez pas à vous en faire pour ça. On ne peut pas traiter avec des patients si on a soi-même un lourd bagage… Et je ne serais pas ici si cela avait été le cas. Mais vous… vous pouvez être honnête. Je ne remets pas votre travail en jeu et ne vous suspendrais pas parce que vos missions sont trop risquées. Je sais bien que ce sont les aléas du métier. Alors, dites-moi… Comment vous sentez-vous, vraiment ? »

Kendall profitait peut-être un peu de leur relation amicale pour tenter d’ouvrir le livre de son âme. Certes, elle avait une certaine tendance à ne pas tourner autour du pot et à cibler les sujets qui l’intéressait, mais elle n’aurait pas été si directe si la caporale s’était montrée plus rebutée. Or, elle acceptait de parler avec une certaine facilité. Et si elle voulait parler uniquement de relations intimes, la psy aurait aussi un bon nombre de questions à ce sujet. Après tout, elles étaient en bonne voie pour devenir amies. Même s’il n’y avait pas vraiment de concurrence à ce niveau… ni au niveau supérieur, d’ailleurs…
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Hailey Spalding
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Lun 18 Oct - 11:20

Hailey Spalding





Séance 91 : La Main de la Crainte

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Hailey écouta la réponse de la psychologue, attentivement. Elle esquissa un sourire à la mention des stimulants, doux euphémisme responsable de quelques ennuis au cours de la mission, et de nombreuses questions après. Un sujet qui lui avait valu le plaisir de voir un sourcil se arquer, et guère plus qu'un sourire amusé. Impossible de tirer des conclusions avec cela.

« La question des sentiments ici... N'est pas la question. Enfin pas vos sentiments... Ce que je veux dire c'est que je n'arrive pas à savoir si c'était parce que nous planions complètement ou s'il y avait, à ce moment là, une réelle envie... Et puis il faut bien dire aussi que je ne sais pas trop sur quel pied danser avec ça... J'évite de me jeter sur les gens comme une vulgaire sucette, d'ordinaire... Ce qui me fait penser que ce n'était pas pleinement volontaire mais en même temps... »

C'était vraiment le genre de question à s'arracher les cheveux. Elle n'avait aucun sentiment pour Kendall, à part une sympathie certaine. Et si elle pouvait vouloir l'inviter à passer la soirée en sa compagnie, il n'y avait derrière rien de plus. Hailey se mordilla la lèvre, l'observa puis, craignant une confusion, décida de préciser un petit peu ses pensées.

« Vous en faîtes pas, doc, ma vie c'est pas un nuage rose ! Je vais pas vous déclarer ma flamme... »

La caporale pris plus de temps pour répondre sur les cauchemars, impliqués par cette mission. La réponse était pourtant simple : elle avait le sommeil perturbé. Mais était ce vraiment cette mission la cause ? Ne fallait il pas chercher plus loin ? Elle ne savait pas quoi en dire. Elle parlait plus volontiers de ce qui lui semblait drôle, de ce qui ne la mettait pas en sueur, mal à l'aise, la faisait se réveiller, en panique, le corps glacé, en pleine nuit.

« Je ne saurais pas trop répondre... Dire que je dors parfaitement bien... Ca... » . Elle esquissa un sourire, impossible de mentir là dessus. Il suffisait de poser la question à un collègue, ou la croiser certains matins dans les couloirs pour comprendre qu'elle avait des nuits souvent pourris. Mais elle pouvait mettre ce problème sur le compte de n'importe quoi, le vent, le stress du boulot, les horaires qui ruinaient toutes tentatives de faire une nuit complète sans se réveiller au milieu...

« Je n'ai pas le droit de m'inquiéter pour vous ? Zut ! Je vous aurais bien demandé de vous allonger sur le divan à vous aussi ! »

Hailey lui adressa un clin d'œil, parfaitement calculé pour rendre sa proposition suggestive. Une plaisanterie grasse, destinée uniquement à ne pas répondre à la question. Celle là, elle ne voulait pas y répondre. Pas encore. Mettre des mots, sur chaque détail, c'était trop difficile, cela lui demandait de réfléchir à trop de choses qu'elle préférait éviter, de subir le regard de l'autre, d'avouer qu'elle partait lentement mais surement à la dérive. Et paradoxalement, elle se sentait mal à l'aise de mentir à Kendall, de dissimuler ce qu'elle savait pourtant pertinemment. Cela lui paraissait profondément malsain de cacher des détails aussi importants à celle qui était sur le point devenir une amie. Alors elle laissa son regard dériver dans la pièce, cherchant un point d'accroche, quelque chose pour ne pas perdre pied. Un vase, une photographie de paysage, des livres... Rien ne parvenait à la captiver, et lorsqu'elle accepta de se fixer de nouveau sur Kendall, elle serra les dents, environ cinq secondes avant de se relâcher, se répétant que tout allait bien. Menteuse, lui hurlait pourtant une petite voix.

« Relativement bien... Enfin, pas trop mal. »

"Menteuse, idiote, tu ferais mieux de la fermer". Voilà la pensée qui la traversa, avant qu'un nœud ne se noue dans sa gorge. Elle commençait à se demander si venir n'avait pas été la plus mauvaise idée possible, si, malgré les paroles rassurantes de la psy, elle n'allait pas finir par tout perdre : son travail, ses amitiés, tout ce qui faisait sa vie. Hailey baissa les yeux, inclina le menton vers sa poitrine, fixant ses jambes, se retenant de porter ses mains à sa tête, geste bien trop révélateur de ses angoisses. Elle savait maintenant pourquoi elle détestait parler de ses problèmes avec un psy : il fallait toujours qu'il la mette devant une série de conséquences pour chaque mot lâché. Seule différence cette fois ? Elle n'avait pas envie de l'assommer sur le coin de la table, car elle l'appréciait et préférait utiliser des moyens plus doux pour la faire taire, et qui pouvait impliquer une table, même si la table de salon risquait de ne pas supporter le traitement. Cette idée lui redonna un peu de contenance, lui faisant penser à autre chose qu'à la conversation présente, et elle releva la tête, après s'être passé la main sur le visage, du front à la bouche, un sourire aux lèvres qui n'était pas faux, mais un peu rêveur.

« En tout cas merci de pas me mettre au placard direct... Quoi que... »

"Hailey, la ferme !" pensa t elle.

« En tout cas je note que vous excluez pas la possibilité de m'y coller, même si ce sera pas pour la dangerosité des missions... »

"Mais qu'est ce que tu raconte ma pauvre fille... Tu te fais des idées. Et tu ferais vraiment mieux de la fermer avant d'être pris pour la chaudasse de la cité.". Hailey ne comprenait pas vraiment pourquoi elle réinterprétait directement ses propres paroles, spécialement la dernière qui était originellement pensé comme le fait que Kendall n'avait pas affirmé qu'elle ne la suspendrait pas, seulement que ce ne serait pas en raison de la nature de ses missions. Il y avait sans doute à creuser là dedans, à méditer un peu sur la question.

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Kendall Carr-Li
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Séance 91 : La Main de la Crainte




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Envoyer la jeune caporale au placard aurait pu être amusant pour tout un tas de raisons, songeait la psy sans sourciller, conservant sa concentration. Mais blague à part, elle avait réellement eu la directive d’éviter d’envoyer les soldats au banc de touche. Subtilement, au moins, par l’une de ses collègues du service. Ils n’étaient déjà pas aussi nombreux qu’il le fallait pour un tel projet, si en plus une thérapeute devait leur mettre des freins, elle deviendrait plus un problème qu’une solution. Et pour ralentir une éventuelle nécessité de suspendre quelqu’un pour causes de « troubles pathologiques sévères », elle aurait un gros dossier à remplir avec preuves à l’appui qui passerait par la validation de la hiérarchie. Donc, contrairement à ce que tout le monde croyait, elle n’avait pas vraiment l’impunité d’un médecin pour « mettre au placard » n’importe qui. Cela dit, elle préférait que ça ne se sache pas, et autant que possible, entretenait le mythe. La réputation des psychologues n’était pas plus valorisée dans ce programme, malheureusement. Mais elle n’irait pas se plaindre, enfin, pas tout de suite. A partir du moment où elle rendait un rapport complet sur l’état psychique d’un soldat ou d’un civil, et son avis sur la poursuite de son travail, tout ce qu’il se passerait ensuite ne lui ne retomberait pas dessus. Sauf si les grosses têtes en avaient envie. Elle avait surtout travaillée en libéral et ne connaissait pas vraiment, et pas encore, leurs manières de se décharger des responsabilités.

Tentant d’éclaircir les pensées de la jeune femme, Kendall entreprit :

« La situation n’était déjà pas ordinaire. Je pense que vous aviez besoin de vous rassurer, d’oublier au moins un moment dans quel pétrin nous nous étions embarquées. Je n’ai pas été d’un grand recours à ce moment-là… »

En y réfléchissant bien, elle n’avait pas remplit son propre rôle non plus. Hailey l’avait soutenu dans leur descente dans les profondeurs de la grotte, et quand elle avait eu besoin de soutien à son tour, Kendall s’était montrée plutôt froide et désintéressée.

D’un autre côté, elle ne regrettait rien.

« …Nous ferons mieux la prochaine fois. »

Elle sourit en biais. Lui proposer une nouvelle aventure lui donnerait un peu plus de matière sur son compte. Et à elle-même pour se prouver être capable de plus de tempérance. Si elle fuyait à chaque fois que la mission partait en boulette, cela signifierait qu’elle n’était pas faite pour ce poste.

Néanmoins, elle prit mentalement note que la caporale tournait habilement autour du pot. Echapper à un sujet en lançant un autre, lui donner un leurre alléchant. Elle n’allait pas se laisser avoir aussi facilement, et revint sur sa question première, sans relever ses tentatives de retournement de situation.

« Sachez toutefois qu’il n’y a aucun mal à vous être laissée distraire de la sorte. Enfin, ce serait mal vu sur un rapport de mission, parce qu’il y a des règles éthiques à respecter, même si elles ne sont pas toujours justes ou ne reflètent pas forcément la réalité du terrain, mais comme je disais, chercher le réconfort est totalement normal. C’était un endroit calme, plus ou moins sécurisé, et un moment assez opportun. Dans d’autres circonstances, cela aurait été différent. Je n’ai aucune raison de vous en vouloir, ni de penser que vous avez une libido malsaine. Moi-même j’ai besoin de penser à autre chose lorsque tout va mal autour de moi. »

Elle rit doucement en continuant :

« Ce qui n’arrive pas fréquemment, mais bon, ce n’est pas la seule raison qui nous incite à prendre du bon temps ! Mais revenons-en à nos moutons. »

Prenant une légère pause durant laquelle elle se repositionna sur son fauteuil, elle poursuivit ensuite :

« Vous ne dormez pas bien pour quelles raisons ? Vous vous réveillez plusieurs fois dans la nuit ? »

La qualité du matelas pouvait jouer, mais il fallait avouer qu’en matière d’équipement, les Atlantes étaient bien lotis. Kendall dormait comme un bébé depuis qu’elle vivait là. Même pas d’angoisse des premiers jours, ceux où on se sent indéniablement loin de tout, de ses habitudes, de chez soit. Tout ici rappelait qu’ils n’étaient plus sur la même planète, et qu’ils pouvaient ne jamais rentrer. Il fallait se faire à l’idée que c’était maintenant une nouvelle vie, et pas simplement un travail.

Les troubles du sommeil étaient assez fréquents chez les personnes dont le métier empiétait sur la vie privée. Et dans un tel cadre, on pouvait se demander si les soldats avaient encore une vie intime. Ils passaient tout leur temps avec les mêmes collègues. Ces mêmes personnes qui les connaissaient à la fois professionnellement et personnellement. Encore plus et encore mieux que leur propre famille, ou compagnons. Pire, vivre ensemble des situations mortelles et traumatisantes pouvaient les rapprocher d’autant plus, et rendre leurs relations totalement floues. Et en conséquences, brouiller inconsciemment la distinction entre le danger et la sécurité. Sortir de la situation de stress était alors plus difficile, et se ressentait au moment du coucher.

Difficile ne voulant pas dire impossible, il y avait des solutions pour retrouver une ligne entre le moment de stress du terrain et la sérénité du foyer. Kendall cherchait déjà à savoir si le problème de la caporale venait déjà de là ou d’ailleurs. Elle pouvait tout aussi bien être au bord du burn-out et avoir besoin de vacances. Sensible à sa réponse, elle ne la quitta pas des yeux, ignorant les bruits de pas précipités venant de l’extérieur.
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Lun 25 Oct - 11:53

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Séance 91 : La Main de la Crainte

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Un sourire se dessina sur le visage de la caporale. Le secours apporté par Kendall n'avait pas été celui attendu, sur l'instant. Mais la situation était alors particulière, et Hailey s'était faite à cette idée, convaincue que tout cela n'avait été dû qu'aux circonstances. Et elle se demanda si elle se faisait des idées, si elle ne surinterprétait pas les paroles de cette femme qui relevait du mystère : "nous ferons mieux la prochaine fois.". D'un côté, Hailey voyait bien qu'elle ne faisait que parler d'une nouvelle mission à ses côtés, mais de l'autre, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer que la mission n'était pas réellement le sujet.

« Oui... Heureusement que les plans ne foirent pas à chaque fois... Et au pire, à deux, on arrivera bien à se réconforter et tenir le coup devant les pires crasses de l'univers ! »

C'était important le moral, en mission. Hailey détestait n'avoir qu'une chose à penser : sa mission. Pour elle, être un robot était contre nature. Il fallait qu'elle ait d'autres sujets, pour les phases de repos, pour ne pas partir dans une vrille infernale, sombrée dans un marasme sans nom. Et sur le coup, elle trouvait parfait que son objet de distraction ait un visage humain, amical.

« Hmmm... En effet... » répondit elle, s'interdisant de proposer tout de suite à Kendall de se changer les idées. C'était là une carte à jouer quand elle ne voudrait pas répondre à la question, ou, peut être, après la séance, hors du cadre professionnel. Et de toute façon, pour l'heure le sujet était clos. La psychologue avait repris le dessus, et aborder désormais le problème de ses nuits. Hailey se mordilla l'intérieur de la joue, cherchant les mots pour expliquer, sans avouer vraiment ce qui la tourmentait.

« Je fais rarement des nuits complètes. Entre le boulot, la vessie... L'abruti qui joue du saxophone à trois heures du mat'... Je peux me réveiller deux ou trois fois comme ça. »

En soit c'était une bonne réponse, suffisante pour expliquer que son sommeil n'était pas terrible pour ce qui était du rythme, mais qui ne répondait pas à la question sous jacente. Ce n'était qu'une liste des raisons qui pouvaient la réveiller et non la raison qui faisait de son sommeil un enfer.

« Parfois, c'est un rêve foireux. Mais bon, qui n'en fait pas ? C'est comme ça. On a pas toujours une jolie fée pencher sur notre lit, veillant à notre sommeil... »

Elle lui adressa un clin d'oeil, avant de tourner la tête, un peu précipitamment vers la porte, alertée par les bruits de pas dans le couloir. Ils étaient un peu trop rapides pour une situation normale, et l'on était dans les bureaux, et non dans la partie du bloc opératoire. Elle écouta, mais aucun son d'alarme ne résonnait. Probablement un simple accident, ou des personnes sérieusement en retard à un rendez vous. Elle reporta donc son attention sur Kendall.

« Désolée. Réflexe idiot devant un bruit... Donc... Je disais quoi ? Ah oui, je parlais de la fée... Et de mon sommeil pou... Perturbé par les joyeusetés de la vie ! »

Elle avait failli le dire ce mot, cette réalité. Son sommeil était pourri, dénué de repos. Physiquement, elle était en forme, pouvait donner le change, mais son cerveau, son moral lui ne suivait pas toujours aussi bien. Elle se sentait fatiguée, épuisée, parfois démoralisée. Elle avait le sentiment que les liens qu'elle tissait sur la cité étaient voués à se déchirer, à se briser au gré des dangers, selon les départs. Elle soupira. Elle était là depuis trop longtemps, s'attachait trop et elle n'y pouvait rien. Elle savait bien que cette cité, cette mission, son travail lui prendrait tout, ne lui laisserait rien. C'était déprimant et la lueur sombre, humide de son regard ne reflétait que trop cette pensée, tandis que le frisson glacé qui la parcourait et la saisissait, comme un filament glacé qui remonterait le long de son dos, s'entourerait autour de sa gorge, de sa poitrine. Il était temps de changer le sujet, penser à ses rêves ne la mettait pas dans une situation confortable. Une petite phrase suggestive lui vint à l'esprit, et elle la lâcha avec l'air parfaitement innocente.

« Après si vous êtes curieuses, je vous donne le numéro de ma chambre... »






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Kendall Carr-Li
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Mar 2 Nov - 22:03

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Séance 91 : La Main de la Crainte




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L’horloge pendue au mur adjacent du divan concédait un tic tac à peine audible mais perpétuel, et reflétait ironiquement le comportement de la jeune caporale : elle tournait autour du pot avec brio. S’échappant à ses accroches de façon aguicheuse à la moindre occasion, elle effleurait la surface de ses craintes comme si elles n’existaient pas, tapis loin au fond d’un abîme inconscient à la manière d’un monstre qu’on préférait qualifier de mythique. Mais Kendall pouvait distinguer la forme floue se mouvoir derrière un semblant d’engouement et de flirt. Elle comprenait cette défense intuitive, présente en chacun de nous. Mais ne l’acceptait pas. Et ne lui en voulait pas pour autant, peu de patients débarquaient dans son cabinet en décrivant leurs problèmes d’après les critères du DSM-V.

Même si la séance venait seulement de débuter, la psy pouvait déjà comprendre que malgré le bavardage facile d’Hailey, celle-ci ne lui faciliterait pas la mise. Kendall l’avait appâté car son état de détresse avait été bien trop flagrant lors de leur mission. Aujourd’hui, celle-ci faisait preuve d’obstination. Si elle persisterait à rester évasive, la psychologue ne pourrait s’en tenir qu’à une série d’hypothèses dont les conséquences pouvaient coûter cher. Quant à jouer au chat et à la souris, Kendall avait une carte à jouer pour obtenir ce qu’elle voulait : des tests. Cela ne dévoilerait pas la complexité de sa psyché, mais lui donnerait une meilleure base pour explorer ses processus mentaux. Gardant en tête l’un de ceux dont le résultat l’intéresserait au mieux, elle poursuivit néanmoins son investigation formelle de l’instant. Après tout, elles n’avaient encore que pointé du doigt une des nombreuses manifestations de ses troubles.

Patiente, Kendall l’écoutait relativiser la frustration de ses mauvaises nuits. Si la militaire le prenait à la légère, la santé mentale découlait en partie de la santé physique, et sans intervention aux problèmes récurrents, elle pouvait vite se retrouver dans une mauvaise pente. Tout était dans le terme « récurrent ». Comme elle le soulignait si bien, qui ne faisait pas de mauvais rêves ? La psy s’intéressait bonnement à leur signification. Ils représentent une grande part de son moi profond, et revêts la forme de ce que nous cherchons à masquer en état d’éveil. Ce qui la poursuit au creux de ses nuits n’est autre que l’animal de ses abysses qu’elle tend à vouloir mystifier. D’où la raison pour laquelle Kendall s’est penché sur ce sujet. Le rêve est indispensable à notre équilibre mental et psychologique, il est un processus biologique, une soupape de sécurité face aux tensions du monde réel. Le sommeil repose les muscles, tandis que le rêve repose le mental. Il donne une forme à ses colères, ses peurs, ses envies, que nous refoulons en temps normal, s’imposant une prestation sociale basée sur des normes qui ne nous correspondent pas forcément. La foule de renseignements que les rêves renvoient peuvent être d’une grande aide dans le domaine de la psychanalyse.

Si Freud dépeint le rêve comme le sens primal de nos aspirations ancrées, Kendall préfère se tourner vers la théorie de Carl Jung, qui voit plus large : le matériel onirique est certes une ouverture vers l’inconscient, mais il participe aussi au développement de sa personnalité, en même temps qu’il lie le sujet au vaste réservoir imaginaire qu’est l’inconscient collectif. Au-delà de ses désirs inavouables, Kendall pourrait voir chez Hailey l’étendue de l’influence qu’induit le SGA.

Evidemment, la caporale n’allait pas lui exposer ses plus noirs secrets à sa première tentative. Mais elle allait vite découvrir que la psy pouvait se montrer tout aussi butée qu’elle.

« Je connais déjà le nu… » débuta la psy avant de se rendre compte que cet aveux pouvait sonner différemment aux oreilles de la militaire. Haussant une épaule, elle se reprend : « …enfin, je vous ai croisé par hasard dans les couloirs des appartements du secteur ouest, mais je ne sais pas vraiment si c’est là que vous logez. »

Mordre à l’hameçon de la militaire lui fit grincer des dents. Certes, venant de la part d’une insensible, cela n’avait rien d’engageant, surtout que c’était la fierté personnelle d’une femme hautement renseignée qui avait parlé, mais elle n’avait pas d’intérêt à la conforter dans cette voie. Sans lui laisser le temps de ramener la ligne, Kendall secoua la tête.

« Un autre jour pour cette discussion. Vous parliez de rêves "foireux"… vous pouvez m’en raconter un ? Le plus récent, éventuellement. Ou bien le plus marquant. »

Si elle n’avait rien mentionné sur le sursaut de la caporale provoqué par les bruits extérieurs, Kendall avait noté cette information dans un coin de sa tête. Ce n’était peut-être dû qu’à un léger stress d’avoir à protéger son territoire intime, paradoxalement à l’y inviter avec insistance. Elle ne pouvait pas la prendre sur le fait à la moindre digression, cela n’aurait lieu qu’à l’irriter et la rendre méfiante.

Pour l’instant, elle était tout ouïe sur l’expression de ses rêves.

« Ne vous souciez pas de lui donner un sens tout de suite, les rêves sont farfelus, c’est normal. Et tout ce qui le constitue n’a pas forcément d’intérêt. Nous essayerons de le comprendre en fonction de la situation dans laquelle vous l’avez vécu. »

Sa position figée depuis un moment, la brune décroisa les jambes pour se décontracter les membres. Son équilibre penché sur un coude, les mains jointes près de son ventre, son intérêt sincère pouvait se lire dans le reflet de ses pupilles.

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Dim 28 Nov - 0:10

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Hailey manqua une respiration en entendant le début de la réponse de la psy. Elle connaissait déjà le numéro ? Comment ? Aurait elle affaire à une stalkeuse ? Ce n'était pas le genre, mais parfois on avait des surprises. Il était toutefois plus probable qu'elle l'avait simplement croiser dans le secteur ouest, et vu rentrer dans une chambre. C'était toutefois un bon terrain pour la taquiner et Hailey se jeta corps et âme dedans.

« Oh... Vraiment ? Eh bien, vous savez où frapper si vous vous sentez seule... C'est rare de me trouver dans une chambre qui n'est pas la mienne... Et vu que vous n'étiez pas là quand j'ai pu en avoir l'occasion... »

Elle lui adressa un sourire chaleureux, puis écouta sa question, évoquant ses rêves foireux, et grimaçant quand elle demanda de les lui détailler. Kendall lui en demandait un peu trop. Elle ne voulait et ne pouvait pas vraiment le faire. A son réveil, il n'y avait que des souvenirs vagues, diffus, une sensation désagréable. Parfois c'était plus présent, plus clair, mais alors elle n'avait aucunement envie de le décrire. Elle la regarda longuement, silencieuse.

Que faire ?

Parler ? Se taire ?

D'un côté, elle voulait se taire pour ne pas à avoir à affronter ses rêves et souvenirs. De l'autre, elle se disait que, après tout, c'était peut être le moyen de les voir dégager, même si elle était convaincue qu'un bon cocktail de médocs et de la compagnie résoudrait la question en détournant ses pensées. Une solution qui ne marchait pas aussi bien que ça.

« C'est assez flou... Le décor... Il change souvent... Mais c'est toujours un endroit sombre, et il y a un bruit d'eau. D'abord... C'est comme un robinet qui goutterait, et remplirait progressivement une bassine... Ploc... Ploc... Avec mon équipe, on s'avance. Me demandez pas avec qui je suis, on s'entend bien, on rigole... Puis on tombe sur un truc. Ca peut être un gadget alien, un atlante endormi... Et c'est quand on veut s'emparer que ça part en cacahuète... Et généralement, je me réveille. Parfois ça passe juste à un rêve presque aussi débile... »

Et tragique. Mais elle n'allait pas le préciser. Combien de fois elle avait vu dans ses rêves une amie, un compagnon d'arme se faire descendre par ses soins ? Elle s'était même demandée si elle ne ferait pas mieux de partir dans le civil, fuir tout ce qui pouvait blesser, se contenter du tournevis. Elle ferait moins de dégâts et encore, ce n'était pas garantie. Elle eut un sourire triste, révélateur de ses troubles, mais qui ne disait pas clairement "je te cache des choses". De toute façon, cela pouvait se deviner aisément. Elle ne détaillait pas, elle résumait. C'était la meilleure façon qu'elle avait trouvée pour parler sans vraiment assumer les moindres détails. Elle se gratta le bras, nerveusement. Se corrigea et s'obligea à croiser les mains sur son ventre, dans une position plus détendue, et dans un haussement d'épaule lâcha tranquillement ce qu'elle voulait qu'on pense de ce rêve.

« Un rêve qui veut pas dire grand chose quoi. J'ai jamais été à l'aise en mission. Même quand c'était normal, sur Terre. Pas vrai ? »

Elle regarda Kendall, cherchant à capter son regard. Elle ne voulait pas qu'elle la cuisine plus, elle voulait retourner sur un terrain plus connu, plus facile, parler de ce qui ne la dérangeait pas. Mais elle craignait qu'elle n'obtiendrait pas gain de cause. Comme la psy l'avait expliqué, ce n'était pas à elle de l'interpréter. Pour le moment, elle n'était pas censée lui donner un sens, même si elle voulait le rendre négligeable, anodin.

« Ah et parfois je rêve d'un repas amical... Et on mange des spaghettis, qui n'en sont pas en fait... Je crois que c'est le pire parce que après, une fois que j'ai régurgitée ces spaghettis qui sont en fait un alien hostile, je dois nettoyer la cité... Et pour ça j'ai un pistolet à bouchon et une tapette à mouche... »

Celui là, elle devait bien le dire, c'était un de ses rêves les plus incompréhensibles, et qui avait presque des allures de blagues. Elle avait son idée de ce qu'il signifiait. Ou du moins de pourquoi elle avait un problème avec ce type spécifique de nouille. Pour le reste, c'était son esprit dérangé qui travaillait trop.
Elle devrait peut être le préciser que cela lui donnait envie de vomir que d'en voir ces derniers temps. Cela pourrait s'avérer problématique dans un rendez vous, surtout si elle voulait emballer quelqu'un, ou quelqu'une...


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Mar 7 Déc - 20:17

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Kendall Carr-Li


Hailey Spalding




Des rêves farfelus, c’était le commun des gens normaux. Kendall les interprétait avec philosophie, une part de son tempérament qu’elle affectionnait particulièrement. N’étant pas câblée pour se laisser emporter dans l’imaginaire, au point de ne faire que des rêves un peu trop logiques, elle s’y adonnait avec pragmatisme et détermination, comme si c’était le seul moyen pour elle de comprendre les aléas émotionnels humains. Après tout, ce sont les émotions de la journée qui se reflétaient dans ses rêves, un miroir de son subconscient, de ses troubles enterrés. Comme elle n’en avait pas, soit elle ne rêvait pas, soit elle revivait simplement sa journée et ce qu’elle aurait pu améliorer.

Pour elle, tous les comportements suivaient une logique inéluctable. Un environnement, un entourage, un évènement, un profil, et elle pouvait déterminer les prochaines actions d’un individu. Elle n’était pas profiler par hasard. Connaître les rêves d’une personne pouvait lui donner quelques indices et directions quand à ses problèmes mais, même si la jeune femme avait effectivement raison sur la finalité grossière de ses rêves angoissants, ils n’étaient qu’une confirmation sur un symptôme, et non l’origine véritable de ses peurs.

Elle voyait bien la difficulté d’Hailey à évoquer et même avouer ce qu’elle voyait comme une faiblesse. En tant que militaire, détester aller sur le terrain n’était certainement pas un bon point. Kendall n’avait pas l’intention de s’en servir pour l’obliger à se retirer définitivement de ce rôle. Du moins, pas sans en connaître les raisons. Avait-elle vécut des situations encore plus traumatisantes ? Avait-elle même refoulé des évènements au point de les avoir oubliés ? En tant que soldat, danser avec la mort et la violence faisait parti du métier. Peut-être un peu moins pour une opératrice de drones, mais tout de même. La psy comprenait qu’elle avait du mal à mettre de côté ces moments extérieurs, que ses démons la poursuivaient même ici, entre les murs sereins d’Atlantis. Elle avait besoin de mettre une barrière entre l’hostilité du monde extérieur et le repos de la base. C’était l’occasion pour Kendall de tester une de ses techniques de relaxation thérapeutique non conventionnelle.


« J’entends bien que vous êtes angoissée par vos missions. Je pense qu’il y a quelque chose de plus ancré qui vous empêche de fermer les portes alors même que vous êtes en sécurité ici. La cité dispose de moyens de défense conséquents, sans compter que la position est inconnue de nos ennemis, et le restera aussi longtemps que nous ne devenons pas nocifs pour nos alliés. Même dans ce cas, nous aurons toujours un moyen de nous protéger. »

Se penchant légèrement sur son siège, sondant les pupilles de sa patiente, elle poursuivit :

« Je ne dis pas que nos peurs sont logiques, et que savoir ça devrait obligatoirement vous rassurer, mais c’est simplement le constat qu’il y a quelque chose de persistant qu’il serait important de déterminer pour vous rendre la vie… plus facile. Et en attendant de pouvoir mettre la main sur votre crainte, je peux vous proposer des exercices pour vous aérer un peu l’esprit, quand par exemple vous vous sentez perdre pied. »

Inspirant doucement, elle lui demanda, le ton parfaitement désintéressé :

« Suivez-vous un traitement anxiolytique ? Pas que je veuille vous en prescrire un. » ajoute-t-elle un sourire en coin. «  J’aime à penser que notre cerveau est doté de super-pouvoirs auto-guérisseurs. »
« Je prends rien. Sauf des antidouleurs quand je m’écrase le doigt avec un marteau bien sûr… Accidentellement, je veux dire… »

« Dans l’immédiat, je peux même tenter, si l’idée vous plaît, une technique de relaxation basée sur l’auto-persuation. Il s’agit de vous déconnecter de tout stimuli extérieur, d’épurer au moins l’espace d’un instant, toute pensée parasite. Une façon de vous déconnecter. De fermer cette porte. »

Le timbre de voix plus doux, sachant que ce genre d’initiative pouvait rebuter les plus pragmatiques, Kendall chercha son approbation :

« Est-ce que vous voulez essayer ? Promis, c’est totalement indolore et apaisant. »
« Je suis pas trop branchée hypnose. Mais pourquoi pas essayer. Après tout, entre être une marionnette et un zombi… Je prends plus volontier la marionnette. »

Notant qu’elle confirmait être généralement dans un semblant d’état dépressif, Kendall se releva. Elle n’allait pas arranger son cas en une seule séance, mais elle pouvait au moins la faire sortir de celle-ci avec le sourire aux lèvres. Et quelles lèvres.

Ignorant son physique ravageur, elle rapprocha la chaise au niveau de sa tête, faisant racler les pieds sur le parquet. S’asseyant à nouveau, elle essuya ses cuisses, aplatissant les plis, puis reposa son regard sur elle.

« Ce n’est pas vraiment de l’hypnose. Plutôt de la méditation. Essayez de garder en mémoire les étapes de ce que nous allons faire. Lorsque vous vous sentirez mal, au travail, ou en mission, ou n’importe où ailleurs, vous pourrez les remettre en pratique. Peut-être pas allongée dans ce canapé confortable… Mais en vous mettant un minimum à l’aise. »

En pratique, Kendall se servait parfois de l’hypnose pour soulager quelques rares patients qui en étaient sensibles. Elle ne prônait pas la médication, même si elle savait qu’elle était efficace plus facilement. Les effets secondaires pouvaient rendre la vie encore plus dure, surtout si la dépendance s’en mêlait. Il était plus pertinent, à la longue, d’être capable de faire des exercices soi-même, de se faire sa propre thérapie. C’était aussi plus gratifiant. Le yoga, la méditation ou même la prière, soulageait la conscience de façon plus durable.
Carr-Li ne lui avait pas encore posé la question, parce que les Atlantes subissaient régulièrement des tests de détection de substances psychoactives, et qu’elle voyait mal comment ils pourraient s’en procurer, mais peut-être bien qu’elle se droguait en douce. Après tout, il y avait de quoi se débrouiller avec des médicaments, ou bien en rapportant discrètement quelques échantillons d’un autre peuple. Quand on ne connaît pas d’autres moyens d’évacuer son mal, les drogues sont, et ont toujours été, une alternative au bien-être mental. Une véritable tradition historique et contemporaine. Les archéologues Terriens avaient même trouvé des traces de cocaïne dans les corps momifiés de l’Égypte ancienne.
Mais ce n’est rien de plus qu’une fuite temporaire, dont le revers pouvait être pire que le problème originel. Des soucis d’addiction passaient tous les jours à son bureau, du temps où elle travaillait encore sur Terre. Et l’addiction n’était pas le seul effet négatif : lésions cérébrales, maladies mentales, détresse psychologique et problèmes juridiques et sociaux sont autant de conséquences courantes à l’usage de drogues.
Néanmoins, elle ne cherchait pas à faire la morale à la militaire. Pour ce qu’elle savait sur son dossier, et de son état physique, rien ne soupçonnait un tel comportement. Et si elle s’en sortait bien, après cette séance, elle n’en aurait même jamais l’idée.

« Commencez par fermer les yeux. Puis prenez une grande inspiration. Ne pensez à rien. »

S’assurant qu’elle effectuait les respirations demandées, Kendall continua d’une voix douce.

« Écoutez les battements de votre cœur. Et respirez lentement. Concentrez-vous uniquement sur leur tambour. »

Le regard sur la poitrine d’une sage Hailey, la psy suivait tout autant le rythme des mouvements de celle-ci.

« Lorsque vous le sentez ralentir, plus serein, déviez votre concentration sur le soulèvement de votre thorax. Prenez-votre temps. Vous n’êtes pas pressée. Je n’ai aucun autre patient que vous. Vous êtes seule avec vous-même. »

Quelques instants de silence s’ensuivirent. Kendall appréciait le calme. Elle n’avait pas besoin de méditer pour se sentir hors du temps, loin des autres. C’est pourquoi elle n’était pas une femme pressée. Elle savait gérer sa minuterie biologique avec naturel, et se déphaser de l’horloge infernale du monde.

« Le monde tourne tout seul. Les choses se passent comme un fleuve s’écoule. Vous n’avez ni le pouvoir ni la force d’arrêter le courant. Vous n’en avez pas besoin. Le monde tourne tout seul. »

La sentant se détendre, ses muscles s’affaissant doucement, elle s’ensuit d’un discours visant à lui faire comprendre qu’elle avait le droit de s’arrêter, de souffler lorsque tout tournait mal.

« Imaginez un terrain vague, vert. Un jardin fleurit. Les plantes poussent seules à la lumière du soleil. Elles vivent, elles flétrissent, elles germent et poussent à nouveau la saison suivante. Vous êtes dans ce cycle sans début, sans fin. Le temps n’a pas d’importance. Il passe, lentement, profondément, indéfiniment. »

Comme pour appuyer les sensations d’évasion que pouvait avoir la militaire, Kendall recula sur son siège, le dos contre le cuir. Elle baissa un peu plus la voix, mais garda une intonation claire.

« Vous êtes allongée sur l’herbe, vous êtes calme, sereine... Vous vous sentez bien, apaisée. Vous sentez vos bras légers, vos jambes ne vous pèse plus, vous flottez doucement, comme sur l’eau…  »

Lui laissant encore le temps d’en profiter, mais évitant qu’elle ne s’endorme, Kendall se pencha, peut-être un peu trop près de son visage.

« Hailey, voulez-vous bien revenir vers moi ? Ouvrez-les yeux. »
@DamianVK




Dr. Kendall Carr-Li

Séance 91 : La Main de la Crainte (Chapitre 2) - Ft. Hailey Spalding Ob_a554eb_20200421-013218


DC Nashen Vökashin

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