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Séance 91 : La Main de la Crainte (Chapitre 2) - Ft. Hailey Spalding

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Kendall Carr-Li
Médecin
psychologue
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√ Arrivée le : 19/06/2021
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√ Nationalité : Américaine

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Mer 1 Sep - 19:49

Kendall Carr-Li




Séance 91 : La Main de la Crainte




Kendall Carr-Li


Hailey Spalding




Reprendre le footing matinal, même en intérieur de la sorte, gonflait la motivation de Kendall. Il y avait de beaux lieux dans cette ville hybride et métallique, qui laissaient respirer l’air frais sans avoir à la quitter pour le continent. Peut-être que la prochaine fois, elle fera un tour encore plus large, ne serait-ce que pour se prouver qu’elle était capable d’en faire le tour à pieds. Sur Terre, elle longeait le parc naturel près de chez elle. Le même tous les jours. Il abritait une petite réserve animalière et elle pouvait, au passage, contempler les créatures matinales, moins farouches sans présence humaine envahissante.

Lorsqu’elles mirent fin à leur course d’un compromis silencieux, Kendall lui proposa de se retrouver pour le petit-déjeuner en salle de restauration, après une douche bien méritée. Même si leur temps ensemble n’était pas à proprement parler un rencard, c’était la première collègue qu’elle voyait en dehors de son temps de travail. L’équipe médicale était active H24, mais les rares mots qu’elle avait échangés avec eux restaient de nature très professionnelle. Trop, en fait, même si elle ne manquait pas de se montrer sous son profil le plus chaleureux qu’il lui soit possible. Elle n’avait encore eu aucune mauvaise remarque à son comportement, et c’était une bonne chose. Comme toujours, elle savait user de l’art de la sociabilité avec maîtrise. La seule exception était Hailey, mais pour sa défense, elle ne l’aurait jamais su si Kendall ne lui avait pas directement lâché le morceau. Morceau jeté comme diversion pour éviter de finir complètement nue au fond d’une grotte gelée. Le pire étant que cela n’avait pas tant marché… Il avait au contraire fallut lui faire croire à une soumission, pour lui faire lâcher prise et s’évader. Maintenant qu’aucune drogue n’était à l’œuvre, la caporale faisait preuve de bien plus de retenue. Certes, en public, elle ne lui laissait pas vraiment l’occasion de se faire dévorer. Mais, qu’est-ce qui pouvait bien retenir quelqu’un de déterminé ? Et si elle essayait, finalement, qu’est-ce que la psy ferait ? Ignorant ses doutes, Kendall préférait se concentrer sur le présent. Même si un planning minutieusement orchestré régissait sa vie, elle n’avait pas besoin de tout régler à la seconde. La solution lui viendra en temps voulu.

Elle termina de coiffer ses cheveux humides, allant ensuite la rejoindre à la cafétéria, plantée dans l’uniforme de service qu’elle mettait seulement pour ses journées au bureau. Ayant bien programmé leur sortie, elles eurent le temps de manger sans se presser, mêlées dans le brouhaha de l’heure de pointe. Hailey bien plus bavarde que la psy, cette dernière commentait surtout ses dires, y ajoutant des anecdotes personnelles tout en se gardant de citer des noms ou des liens. Elle se surprit à évoquer son frère, sans le vouloir. L’aîné des Carr-Li, avocat en droit pénal pour mineurs. Si sa maladie aurait pu lui être fatale ou la vouer à une voie bien sombre, c’était en grande partie grâce à lui qu’elle pouvait se targuer d’être une brillante psychologue, et d’être ici aujourd’hui, peut-être. Elle se confiait bien plus à lui qu’à quiconque, et même s’il n’était pas un expert dans le domaine, les héritiers Carr-Li avaient reçu le don d’une intelligence logicenne. Les émotions n’étant pas au centre de leurs décisions, c’était avec pragmatisme qu’il l’avait aidé à devenir une femme accomplie. Kendall gardait contact avec lui, et même si elle lui mentait sur la réalité de son travail, il n’était pas dupe et comprenait bien l’importance de son nouveau poste. Mais en dehors des mystères psychanalystes qu’elle résolvait parfois avec son soutien, elle ne parlait jamais de relations intimes. Pas parce qu’elle ne voulait pas, mais surtout parce qu’elle n’en avait pas de durables qui méritait de faire parti de ces discussions osées.

Mais si elle avait fait mention de son frère en tant que dernier lien avec la Terre, elle n’avait pas précisé qu’il n’y avait aucun manque à sa pensée. Ni à celle de sa famille. Bien que de toutes manières, chacun des officiers sur cette base devait faire tout autant preuve de recul vis-à-vis de leurs relations laissées sur leur planète-mère. Il n’y avait rien de bien ingrat à connaître des priorités autres que stéréotypées de la morale sociale.

Le reste de la journée fut prolifique. Concentrée, le Dr.Carr-Li s’est investie à chaque séance avec le même intérêt implacable. Ce n’est que le soir, restant à son bureau plusieurs heures après son dernier rendez-vous, qu’elle ait prit le temps de jeter un œil au dossier médical de Spalding, entre autres. Mais il était totalement neutre, si ce n’était une annotation sur le fait de lui prévoir un suivi psychologique suite à l’une de ses missions plutôt intense.

Un verre d’eau à la main, Kendall avait fouillé les rapports de mission accessibles avec son niveau d’autorisation. Les épluchant longuement, survolant avec justesse les passages sans impact, elle ne quitta la pièce qu’autour de 22h, sautant le dîner, comme assez souvent. Les téléporteurs écourtèrent radicalement le retour aux quartiers personnels, lui laissant du temps pour ouvrir un livre et s’aérer l’esprit.

Une nuit sans rêves plus tard, et une nouvelle journée débutait. Comme la veille, la porte de la salle de bain se fermait à 7 heures piles derrière sa semi nudité. Elle en ressorti à peine plus vêtue, et combla les heures restantes entre lecture et rapports à trier. Ce n’était que quelques minutes avant son premier entretien qu’elle se glissa dans l’uniforme beige soigneusement plié, serpentant dans les couloirs jusqu’au secteur qu’elle empruntera encore, supposé, de longues années. Traversant l’aile médicale à pas souples, elle salua ses collègues d’un geste et d’un fin sourire. L’accès à son bureau étant à l’écart de la salle d’attente, elle ne pouvait pas encore savoir si ses patients attendaient déjà son expertise. En avance, elle poussa la porte donnant à son espace de travail doté d’une ambiance végétale apaisante. Qu’ils l’admettaient ou non, le naturel détendait les individus, même inconsciemment. La pièce disposait de quelques pots de plantes exotiques, de tailles diverses, certaines offertes par certains de ses patients. Deux plus petits se tenaient au coin de son bureau épais, exempté de toute affaire personnelle. Les murs étaient ornés de tableaux d’art abstrait, laissant la libre signification à la subjectivité de son observateur. Et, sous l’un d’eux, un divan bleu sombre supplanté de deux larges oreillers. Un siège de la même couleur positionné volontairement en coin. La pièce n’était pas très grande, mais confortablement aménagée sous la direction du docteur, qui n’acceptait pas de laisser quoique ce soit au hasard.

Les heures passées, le tour attendu de la caporale se présenta. Kendall repoussa l’ordinateur portable de quelques centimètres, celui-ci perché de l’enregistreur vocal dans l’une de ses prises USB. Repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle se releva, rejoignant la salle d’attente partagée avec les médecins. Elle repéra immédiatement la militaire. L’air jovial qui l’avait définit la veille semblait bien loin aujourd’hui. Peut-être que le rendez-vous la rendait nerveuse. Ce qui ne serait pas étonnant. Qui serait à l’aise à l’idée de devoir laisser quelqu’un découvrir ses démons ? Kendall l’approcha d’un sourire, qui s’estompa en remarquant alors le bandage qui recouvrait l’une de ses mains. Elle avait faillit lever la sienne pour proposer une poignée de main amicale, mais se désista, pour éviter de réveiller l’éventuelle douleur. Croisant son regard, elle remit en place son expression accueillante.

« Bon matin, Hailey. Allons-y. »

D’un geste de la tête, elle lui intima de la suivre, et reprit le court chemin jusqu’au bureau. Lui cédant le passage en premier, elle referma derrière elles et désigna le fauteuil face à la table, s’installant ensuite à sa place d’un mouvement fluide. Le siège roula sur le parquet, et les mains croisées sur le bois, elle voulut satisfaire sa curiosité. Scrutant subtilement la jeune femme sur des infimes détails, elle la questionna :

« Eh bien, qu’est-ce qu’il vous est arrivé ? »

@DamianVK


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Hailey Spalding
Caporal
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Jeu 9 Sep - 16:33

Hailey Spalding





Séance 91 : La Main de la Crainte

Ft. Kendall Carr-li







Qu’est ce qu’il vous est arrivé ?
Cette question, Hailey s’y était attendue. Son mensonge, bancale, lui paraissait difficile à sortir. Mais mentir, c’était ce qu’il y avait de mieux. Mentir, c’était éviter une discussion sur le pourquoi. Et, à cet instant précis, elle ne voulait pas de cette discussion, de cette analyse. Elle n’était là que parce qu’elle avait accepté dans un moment de faiblesse, et sa promesse, même si elle avait été faite sans l’entière maîtrise de ses moyens, sans la plus grande maîtrise de ses nerfs, de ses réactions, de ses pensées, par principe elle se devait de la tenir. Et puis, pour voir cette fille bien agréable à ses yeux, il le fallait aussi.
Alors la caporale baissa les yeux sur sa main bandée, comme si elle la découvrait, comme si elle se rappelait de son existence. Et elle haussa les épaules. Ce n’était rien, ce n’était pas si grave. C’était ce qu’elle voulait exprimer.

 « Un verre brisée. Je me suis coupée avec les morceaux. »

Le pire, c’était que ce n’était pas un mensonge. Le miroir était le verre brisé et c’était les éclats qui avaient entaillé sa chair. Le choix était habile, prononcée avec une nonchalence des plus anodines. Rien qui n’éveillait les soupçons, si ce n’est ce temps d’arrêt un peu trop long avant de l’offrir. Ce temps pendant laquelle elle n’avait pas su ce qu’elle devait et voulait répondre. Mais elle se disait que la psy n’y prêterait pas attention, après tout c’était un peu ridicule de se blesser avec un verre par maladresse.

 « Bonjour tout de même. En forme de votre côté ? » lança t elle en se dirigeant tranquillement à la suite de la psychologue dans le bureau, analysant cet environnement, qui se voulait chaleureux mais manquait de quelque chose. Hailey ne mit guère longtemps à le trouver : il manquait d’une certaine forme de vie. Tout semblait choisi dans les détails, pour rassurer. Et c’était d’autant plus visible lorsque, comme elle, l’on était au fait des troubles qui affectaient Kendall. Mais peut être, se dit la caporale, que ce n’était qu’elle qui cherchait à voir des manifestations de ce qu’elle savait. Même si l’absence de souvenir personnel bien apparent était peu attendu, surtout si loin de la Terre. Aucune photo de famille, aucun objet insolite. Et pourtant, elle devait bien reconnaître que l’endroit n’était pas désagréable. Il pouvait être rassurant, appaisant. Elle prit place dans le siège, et croisa les jambes, la droite sur la gauche, pressant son dos contre le dossier, positionna sa main blessée sous sa poitrine, dans une position plus confortable, un peu réhaussée, jouant des doigts par instant pour chasser l’engourdissement due à l’immobilité à laquelle elle tentait de se forcer, pour ne pas attiser la gêne. Son regard, quant à lui, avait cessé de vagabonder, pour ne s’intéresser qu’à une chose, la femme qui lui faisait face. En raison de la tenue peu aguichante, elle se fixa avant tout sur son visage, suivant ses contours, ses moindres mouvements, s’arrêtant sur ses yeux pour en capter les plus infimes lueurs. C’était un jeu habituel pour elle. Un jeu, certes mais aussi un examen minutieux qui lui permettait de savoir ce que l’autre pensait, et ainsi déterminer jusqu’où elle pouvait aller avec la plaisanterie. Mais là où la plupart du temps elle ne cherchait qu’à fixer cette limite à l’humour, ici, avec Kendall, il était question de savoir ce qu’elle pensait vraiment. C’était une expérience difficile, peut être impossible. Hailey n’était pas formée pour capter ce genre d’informations. Ce n’était qu’une fille banale, qui n’avait pas fait de grandes études, qui se débrouillaient seulement pour faire ce qu’on attendait d’elle. D’habitude, elle détestait les entretiens avec les psychologues. Il fallait toujours qu’ils posent la question qui fâche, qu’ils aillent aborder des sujets qui ne les regardaient pas. Et puis, quand ils lisaient son dossier, qu’ils cherchaient loin dans le passé, ils avaient toujours des sujets à déterrer, pour frapper où ça faisait mal, alors que c’était de l’histoire ancienne. L’un d’eux lui avait demandé si elle pensait à son petit frère, alors qu’elle abordait un mois toujours un peu plus difficile, toujours un peu moins source d’amusement, car il était celui où il avait trouvé la mort, par accident, par vengeance, ou pour quelques raisons. Elle avait eu envie de fendre le crâne du psy avec son bloc note, de le projeter par la fenêtre, mais elle s’était retenue plus ou moins, se retenant jusqu’à retrouver le calme de son atelier, où elle avait libéré ses nerfs sur un pauvre gars qui s’était trompé de vis sur un appareil et qu’elle avait abreuvé d’injures.

« Alors… Par contre… Désolé je construis pas de château de sable donc vous pourrez pas percevoir le loyer dessus. » . Elle lui adressa un sourire amical, et attendit simplement les questions. Pour des réactions franches, elle savait à quoi s’en tenir. Au moins de ce côté là il n’y avait pas de mensonges.


@DamianVK



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Hailey écrit en Darkorange

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Kendall Carr-Li
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Mar 14 Sep - 21:47

Kendall Carr-Li




Séance 91 : La Main de la Crainte




Kendall Carr-Li


Hailey Spalding




« J’espère que ce n’est pas trop douloureux. »

Le bandage peu assuré autour de la main basanée de la caporale, dont le ligotage manquait de précision, reniait le travail d’un quelconque infirmier. De ce que la psy avait pu constater durant son temps dans la cité Ancienne, le refus de passer par la case infirmerie était l’adage des militaires. Il y avait une certaine honte à admettre ses blessures comme si elles représentaient des faiblesses. Alors que, pour des hommes et des femmes dont la santé se devait d’être au maximum en toute circonstance, unique rempart planétaire face à l’envahisseur, ils avaient presque tous tendance à conserver leurs comportements ordinaires.
Mais mettre les pieds dans le plat n’allait pas résoudre les inconvénients. Kendall reprit donc leur sujet initial, et comme à chaque séance avec un nouveau patient, prit le temps de lui expliquer le déroulement qui allait se mettre à l’œuvre entre ces murs. Malheureusement pour la jeune femme, cela impliquait de garder ses vêtements.
Devant le regard scrutateur de celle-ci, Kendall lui offrit un léger sourire.

« En tout cas, merci d’être venue. Ça ne serait pas la première fois qu’on me pose un lapin… »
« Désolée, je fais pas dans l’élevage. Et les cuistots… Ils aiment pas partager les leurs... »

Même si la militaire lançait cela pince-sans-rire, Kendall en esquissa un petit.

« Je vois. Je sais que nous avions convenu, hum, d’un rendez-vous personnel contre une séance, mais sachez que si vous avez besoin de revenir après celle-ci, j’en serai disposée, bien évidemment. Et en contrepartie aussi… »

Laissant planer le doute sur cette supposition, elle enchérit, s’appuyant un peu plus contre la table.

« L’entretien durera un peu moins d’une heure. Même si je suis entièrement à votre écoute, je suis aussi là pour comprendre… » Son regard passe brièvement sur l’écran de son ordinateur. « Ce qui peut vous troubler… les causes de vos comportements qui, j’en suis sûre, nuise à votre bien-être. Je ne les connais pas, enfin, pas tous, mais c’est uniquement dans votre intérêt de participer pleinement à notre échange. Quand je dis pleinement… je parle aussi de ce qui puisse être… douloureux. Ce n’est pas totalement un hasard si je me suis rapprochée de vous, j’ai bien senti qu’il y avait… quelque chose. »

Appuyant ce dernier mot, elle s’humecte les lèvres, posant un bref silence d’assimilation.

« Bien entendu, je ne vous force en rien, mais je tiens à ce que vous compreniez que notre échange ne sera pas forcément agréable. Travailler sur soit demande de la patience. Réaliser des choses que nous refoulons peut nous rendre malheureux. Mais croyez-moi, ce n’est que la phase vers un avenir plus sain. »

Elle expire délicatement, redressant son dos contre le siège épais.

« Paperasse administrative oblige, je dois aussi vous demander si cela vous dérange que j’enregistre la séance vocalement ou si vous préféreriez que je me cantonne aux notes manuscrites. La seule différence étant que j’aurai plus de temps à passer à rédiger mon rapport si je dois écrire… »

« Comme vous voulez. ». Elle haussa légèrement les épaules, ce n’était pas du tout quelque chose qui l’ennuyait et si la psy devait quitter le domaine purement professionnel, elle aurait, Hailey l’espérait du moins, la présence d’esprit de couper l’enregistreur.

Kendall hoche la tête. C’était bien plus simple pour elle de travailler avec son petit bijou de technologie. Le retirant de son branchement, et d’une pression du pouce sur l’un des boutons à sa surface, le logiciel à l’écran s’activa, et les mots qui suivirent défilèrent quasi instantanément.

« Si vous voulez bien vous installer sur le divan… » indique-t-elle d’un geste de la main vers le canapé bleu. Se relevant dans le même mouvement, délaissant l’enregistreur sur le bureau, elle la précède de quelques pas, s’approchant du fauteuil qui l’encadre. Suivant la silhouette de la jeune femme s’y poser, elle s’assied ensuite. Sa voix se fait plus douce, moins emprunte d’un mécanisme finement perpétré.

« Commencez donc par parler de ce qui vous vient à l’esprit. Peu importe si c’est absurde ou embarrassant, ou même si vous changez de sujet en cours de route. Je vous donne même le droit de critiquer ma décoration ! Prenez simplement votre aise à parler. »

Elle termine sur un sourire amusé. Se dévoiler auprès d’un psychanalyste peut être stressant, d’où son attrait pour les blagues, même vaseuses. L’association libre demande d’autant plus un gros effort qu’il nécessite de fouiller dans ses pensées sans les passer au filtre du jugement. La psyché ayant naturellement un système de défense, Kendall peut rapidement se retrouver confrontée à une résistance, même inconsciente, de la militaire. Mais pour une première séance, elle avait justement besoin de connaître ces limites.

Même si elle connaissait une partie de ses antécédents, il valait mieux les entendre de sa bouche plutôt que de mettre le doigt dedans et ne risquer qu’à la brusquer et la renfermer. De toutes manières, ce n’était pas en une petite heure qu’elle pourrait tout savoir de la caporale. Le but étant aussi de lui donner l’envie de poursuivre une thérapie, de creuser sur elle-même. De revenir… Et sans blessures, de préférence. Difficile à demander à une femme d’action, évidemment.

Gardant maintenant le silence, son regard passait sur ses membres, s’attardant sur ses mains, véritable reflet de l’état d’âme.
@DamianVK


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