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Le Cycle du Crépuscule [PV Libre]

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Nashen Vökashin
Exobiologiste
Bannière perso (image 901x180px) : Le Cycle du Crépuscule [PV Libre] U0pi
√ Arrivée le : 19/09/2021
√ Nationalité : Temàrak

√ Messages : 5
Liste de vos DC : Kendall Carr-Li

Dim 10 Oct - 3:38

Nashen Vökashin



Le Cycle du Crépuscule




Nashen Vökashin




Varagandi







Note à lire avant de poster:
Bienvenu au Cycle du Crépuscule ! Pour participer à cette nouvelle découverte planétaire, et à l’ultime événement qui changera l’avenir de ce monde étrange, passez donc faire un tour sur la fiche descriptive de Temàrak, mais aussi sur le profil de Nashen pour les infos de base. Ici, c’est l’occasion de mettre vos talents à l’épreuve en faisant parti des diverses équipes accueillies chaleureusement par les natifs, les Mokàl’Tèka, des êtres humains de grande taille dénués de négativité, mais aussi les Kàlesh, de taille similaire aux Terriens, au comportement plus proche de ces derniers. Exploration, étude scientifique, médicale, sociologique, technologique… Tout le monde peut trouver sa place et son utilité. Gare à la faune hostile, cependant.

Il y a un mois, lors de l’exploration de M13S-608, une planète du même système solaire, l’équipe a aperçu un vaisseau en orbite. En grimpant à son bord, la base de données a mis à jour des communications sur Temàrak. Curieux de découvrir leur monde d’origine, le débarquement a eu lieu via le Dédale, il y a deux jours… locaux. Soit une semaine Terrienne. Le décalage horaire risque d’en perturber plus d’un... Vous pouvez loger chez certains natifs, ou bien dans les campements du SGA, à l’écart des villes. Des soirées festives ont eu lieu chaque soir en votre honneur, dans toutes les villes du continent.

Pas d’engagement : vous pouvez poster à n’importe quel moment, sans forcément établir de lien avec les personnages principaux, et simplement vous laissez porter par le scénario. Pour le simple plaisir d’écrire, ou de tester les aptitudes de vos personnages ! Pas de contraintes temporelles non plus, du moment que vous indiquez bien votre moment à vous. Vous pouvez de ce fait même jouer plutôt l’exploration de M13S-608 et de son vaisseau, qui fait parti intégrante de l’histoire du peuple.

Quoiqu’il en soit, si vous décidez d’apposer votre plume, veuillez simplement respecter les particularités de la planète et de ses créatures à six pattes, bien que vous pouvez laisser libre court à votre imagination à partir de cette base. Point important : les natifs ne parlent pas anglais/français. Il va falloir user d’ingéniosité pour vous comprendre !

Pour suivre le déroulement des grands évènements, lisez les posts de Nashen ! Bonne lecture/écriture !

NB : ceci n’est pas un event et n’impactera pas la storyline du SGA. C’est juste un rp libre sur l’histoire du monde natal de Nashen Vökashin et de son entrée au programme d’Atlantis.


18e Damasù 768 (10 Octobre 2021 A.T)

L’odeur prenante de plantes et d’huile embaumait le secteur d’une singularité propre à cette partie de la région. Témoignant tout autant qu’elle approchait d’une convergence de Jal’Tèka, qui, en ce milieu de saison tiède, devait satisfaire la gourmandise des oiseaux de vœux. Ceux dont les écailles rejetaient le plumage d’argent pour un fin duvet aux couleurs divergentes, unique à chacun d’eux.

L’Elias du Feu et du Vent avaient rompus leurs promesses, songeait une jeune femme brune en récitant mentalement une vieille fable qui se racontait à l’aube. Le premier chantait la clémence d’un foyer chaud et réconfortant. Le second riait aux tempêtes et à l’étendue des nuages pétillants, apportant la renaissance et le renouveau.

Elle tira sur la bandoulière, décalant la sangle qui soutenait un long bâton métallique noir de jais, à la sculpture ciselée d’une main experte, ainsi qu’une sacoche logée sans gêne au bas du dos. Ses bottes marquaient la boue à mesure qu’elle s’enfonçait dans les marécages de Bölegn. D’un geste distrait, elle rehaussa ses lunettes numériques. Elle seule pouvait suivre les traces fantomatiques qu’elles renvoyaient en surbrillance à sa vue.

Nashen Vökashin entreprenait sa ronde avec une certaine nostalgie. Depuis quelques jours, des Mokanelù s’étaient installés à Varagandi et dans des campements aux alentours. Leur présence la ravissait tout autant qu’elle l’angoissait. Comme si cette arrivée d’étrangers venus des étoiles était un présage de mauvais augure.

Se concentrer sur son travail lui permettait d’atténuer un peu cette sensation désagréable.

Tout deux avaient raison, entreprit La’Öshin d’une voix d’or. Mais tout deux ne voulaient rien concéder. Et lorsqu’ils agissaient ensemble, les marées de flammes engloutissaient tant foyers que vies, sans chants, sans rires, sans distinctions. Le cœur de La’Öshin pleurait à cette vue, des larmes de sang salé qui se perdaient à la mer, attirant les esprits les plus curieux, les plus compatissants. C’est là qu’est apparu le premier oiseau de vœux.

L’éclatement de ses bottes frappant le sol humide sans discrétion finit par s’estomper. Figée près d’un large et ancien séquoia à l’écorce avalée par la mousse et le lierre, elle observait l’étendue d’un petit lac percé d’une cascade dont le pilier rocheux demeurait invisible, comme si l’eau découlait des cieux. De fait, le pic de la falaise, à quelques mètres de là, s’étendait presque comme un pont. Une arche brisée, loin au-dessus de sa tête, cachée par le feuillage dense de la forêt.

Avec méfiance et agitation, une dizaine d’oiseaux de vœux profitaient de l’absence d’autres créatures pour s’abreuver. Le museau dentelé levé vers le ciel ou picorant la surface claire du lac, leur duvet bouffit et pas encore terminé leur donnait l’apparence de petites boules de coton, d’où dépassait quelques fois des plumes grises et brillantes. Ce n’était pas le meilleur moment pour les admirer, mais cette imperfection donnait justement tout leur charme aux yeux de Nashen. La vie n’était pas faite que de beauté idyllique, et même celle-ci tombait dans un cycle régulier de renouveau, comme la fleur qui fane puis bourgeonne l’année suivante. C’était ce moment de fragilité, ce déséquilibre qui intéressait tout particulièrement la jeune femme, comme si elle était la seule à pouvoir profiter de ce spectacle que d’autres préféraient ignorer. Comme si, de ce fait, elle nouait un lien plus profond avec le monde qui l’entoure.

Il était si petit, que personne ne le vit se poser sur une racine. Si fluet, que personne n’entendit sa mélodie. Ce n’est que lorsqu’Herschel baigna sa lumière sur la terre, que son plumage argent brilla d’un éclat aveuglant, renvoyant sur toutes les surfaces, une multitude de couleurs disharmoniques. Et s’il avait provoqué le silence par sa prestance, La’Öshin comprit enfin comment concilier les Elias.

Elle repoussa ses lunettes, les laissant pendre à son cou. Pas que la vue sublimée d’oiseaux de vœux à la légère aura mauve lui déplaisait, mais elle voulait profiter de ce moment sans artifices. Le grondement de la cascade couvrait sa présence ou, même si certains l’avait repérée, contre l’arbre, ses intentions bienveillantes ne les alarmaient pas. Pas encore.

_Woah ! tonna une voix de cristal juste derrière la jeune femme.

Et le battement d’ailes d’une flopée d’oiseaux se dispersa dans les airs, mettant fin à cet instant délicat.

_ Anastè ! s’exclama Nashen en se retournant, levant les yeux vers son petit frère qu’elle n’avait pas vu arriver.

Le blondinet aux cheveux mi-longs rentra la tête dans ses épaules, fautif. Ses joues rondes se teintèrent d’un rose d’embarras.

_ Désolé…
_ Tu dois vraiment arrêter de t’extasier aussi fort… la dernière fois, tu as perdu ton propre arasin.
_ …Désolé… répète-il en tirant sur le col de sa veste, cachant vainement son visage.

Nashen était toutefois compréhensive. C’était encore un enfant, même s’il l’a dépassait déjà, ce qui n’était pas difficile pour ceux qui n’avaient pas son trouble génétique. Elle tapota gentiment son bras, et sourit en coin. Même s’il devait encore apprendre à se maîtriser, elle appréciait de le voir si emballé par le monde et les bêtes.

_ Tu es doué pour te pointer discrètement, je suis sûre que tu finiras par éviter de hurler... Au fait, pourquoi tu es là ? Je croyais que tu étais avec Dayàg, aujourd’hui ?

Reprenant son engouement, Anastè acquiesça de mouvements vifs.

_ Oui, elle m’a demandé de t’appeler, mais tu répondais pas.
_ Ah, merde, j’ai oublié mon era en partant ce matin. Je pensais le récupérer au déjeuner. C’est important ?
_ C’est à propos des Mokalenù. Elle voudrait qu’on guide une de leurs équipes avec Len.

Même si Nashen adorait passer du temps avec leur grande sœur, elle voulait comprendre leurs motivations.

_ Ah ? Pourquoi ? Je croyais qu’ils avaient accès aux Bibliothèques s’ils voulaient en apprendre plus sur nous.
_ Ils ont l’accès, mais ils veulent quand même euh… voir l’endroit où se trouve le Japa’i. J’ai pas compris ce que c’était, mais apparemment ils ont un appareil qui détecte un des composant. Le problème si on les laisse y aller tout seuls…
_ …Ils risquent de tuer toutes les bêtes qu’ils croiseront, conclu la Vökashin.
_ Ouai, ils sont assez… bruyants. Leurs armes résonnent à des kilomètres, c’est affreux.

Entamant la marche retour, son frère à ses côtés, elle repensa aux étrangers. Ils l’intriguaient beaucoup. Après tout… les siens avaient maintenant la preuve d’une vie ailleurs, au-delà de toutes leurs étoiles, c’était une découverte fabuleuse ! Le Jerkian était parti à le recherche de nouvelles civilisations, et voilà que celle-ci se présentait d’elle-même à eux, se voulant communicative. Ils ressemblaient pas mal aux Kàlesh dans leur façon d’être. Ceux-ci étaient étonnamment restés à l’écart des discussions, plus méfiants.

_ Tu es venu à pied ou en novàlesh ? questionna Nashen distraitement.
_ En nov’ ouai.
_ Ils sont toujours à Varagandi ?
_ Pour l’instant oui, mais il y en a qui partent pour Palatenö en fin de matinée. Mais quand je suis sorti tout à l’heure, ils allaient dormir. Ils me font penser aux ghorr’n, qui pioncent toute la journée !

Nashen esquissa un petit rire. Elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de passer du temps avec eux, depuis leur arrivée. A chaque fois qu’elle rentrait, la plupart d’entre eux dormaient, ou étaient occupés ailleurs.

_ Ils ne dorment pas tant, c’est juste qu’on a pas le même cycle terrestre. Chez eux, la planète tourne plus vite sur elle-même et autour du soleil. Si on y allait, ce sont eux qui nous trouverons bizarres à ne pas dormir la nuit !

Passant à travers un buisson aux épines rouges, Nash se laissa glisser en bas de la petite butte, à la suite de son frère.

_ Au fait, reprit l’enfant en bondissant sur l’herbe, se mettant alors à courir jusqu’au pied d’un tronc humide.

Autour de lui, les nombreuses lianes formaient un rideau, telle une scène au milieu d’une forêt spectatrice. Perché sur une racine enroulée dans la terre, il s’accrocha à l’une d’elles avant de perdre son équilibre, et resta ainsi en haussant la voix à son égard.

_ Len a encore un cadeau pour toi. Elle s’en veut vraiment d’avoir loupé ton anniversaire, on dirait.

De pas plus léger, Nashen le dépassa, écartant les plantes sur son passage. L’ainée de la fratrie de Senan avait un sens du devoir exacerbé, qu’elle avait tout de même canalisé au cours de ces dernières années, surtout en devenant mère. Le petit Jugala l’accaparait pas mal ces dernières années, et même si Kealà ou Meleien se rendaient disponibles pour s’en occuper au besoin, Len devait aussi gérer la migration des Targen de l’ouest, et surveiller une équipe de scientifiques Mokalenù bien trop proche d’un nid d’Anöras. La chasseuse ne lui en voulait pas d’avoir été débordée. D’autant qu’elles avaient eu le temps de rattraper cette soirée, et qu’elle avait été noyée de cadeaux depuis.

_ Faut qu’elle arrête, soupira la brune en progressant entre les bois, le gamin sur les talons. Déjà que j’ai eu du mal à ramener l’arasin qu’elle avait trouvé. On s’est bien amusés, c’est sûr, mais avec les étrangers chez nous… j’aimerai autant ne pas avoir à traverser le continent encore une fois.
_ Bah, t’es sa préférée, c’est pas nouveau.

Evitant de piétiner une fleur à bulbe, la jeune femme tourna un bref regard sur l’enfant. Il n’y avait pas de reproches dans sa remarque, mais s’il pensait ça… les autres aussi, et elle ne voulait pas être sujette à des tensions.

_ C’est pas vrai, elle nous aime tous de la même manière…

Elle n’avait pas beaucoup d’arguments à lui donner, ne pouvant pas nier bénéficier d’un certain traitement de faveur. Mais Len ne délaissait aucun d’entre eux. Elle était faite pour être Dayàg, à tel point qu’elle pouvait certainement cesser d’être Vökashin pour s’y investir totalement, si elle le voulait.

_ Oui, mais toi un peu plus, ça se voit.

Nashen soupçonnait que leur grande sœur avait prit plus de pincettes avec elle à cause de sa taille. Même si Len pensait que cela l’handicaperait, elle ne l’avait jamais avoué. Il était clair que les Kàlesh avait moins d’avantages et d’habileté, et que la chasseuse avait un peu plus de peine à utiliser certains équipements peu adaptés à son gabarit, mais elle n’en était pas moins compétente que les autres.

_ Au lieu de dire des bêtises… ton nov’ est encore loin ?
_ Non, juste… là.

La navette sphérique patientait sur un terrain dégagé, les rotors enfoncés sur l’herbe fraiche, le blanc de sa conception apportant une touche surnaturelle au paysage verdoyant. A travers les vitres, Nashen apercevait trois silhouettes, des passagers anodins, mais aussi Dorka, la cadette. Ses longs cheveux vert opaline retenus en une tresse reposant sur une épaule, elle était concentrée sur une tablette, relevant à peine ses yeux noisette pour saluer sa sœur d’un léger sourire. Dorka était la plus introvertie de la fratrie. Pas entièrement recluse, mais peu démonstrative, faisant simplement son travail sans autant de passion dont pouvaient faire preuve Nashen et Anastè. Elle passait plus de temps avec leurs frères et sœurs des autres secteurs, mais ne manquait pas les grandes occasions du quintuple. D’un signe respectueux envers les autres passagers, la chasseuse et l’enfant prirent place autour de la table centrale, et l’engin prit son envol.

La discussion à bord fut centrée sur les Mokanelù, comme à peu près toutes les conversations depuis avant-hier. Nashen se souvenait encore de leur débarquement… L’alerte avait été lancée quelques minutes avant, alors que leurs satellites avaient détectés leur présence uniquement au moment de leur sortie d’hyperespace, soit tout juste en orbite. Tout le monde avait cru qu’il s’agissait du retour du Jerkian, un retour un peu étrange, mais un retour quand même. Et quand la forme du Dédale s’était dessinée à travers les nuages, un mélange de déception et d’euphorie les avaient envahis, Nashen comprit. L’idée que les Kàlesh leur avait fait une surprise l’avait effleuré. Elle pensait même qu’il s’agissait d’un de leurs plans secrets qu’elle cherchait à percer. Mais la surprise avait frappé tout le monde, même les Kàlesh. Le principe de colonisation étant étranger aux Mokàl’Tèka, ils n’avaient pas vraiment eu peur, mais étaient plutôt ravis de rencontrer peut-être un autre peuple d’Herschel.

Le premier contact avait été compliqué. Si les Mokàl’Tèka ne possédaient pas d’armes, les étrangers en tenait quasiment tous au moins une, si bien qu’une légère crainte s’était transmise en ville. D’autant qu’ils ne parlaient pas la même langue, il avait donc fallut dépêcher un traducteur des deux côtés, et rassembler les Vökashin disponibles pour rassurer les résidents. Après quelques échanges peu fructueux, Dyogo T’Navàlon, leur traductrice principale, avait réussi à emmener une partie d’entre eux au Conciliarat, un large amphithéâtre servant aux grandes décisions.

Varagandi était une grande ville le long du creux d’une falaise, dont la faible concentration en eau avait rendu la végétation plus riche en cactus et autres plantes thermorésistantes. Les bâtisses superposées à chaque flanc de roche se joignaient entre elles via des tunnels, à plusieurs dizaine de mètres au-dessus du sol. Le territoire désertique et fracturé par la sècheresse de la région, d’un rouge aux tons cuivrés, offrait peu de plaisir touristique, mais le Conciliarat, au sommet d’un des nombreux plateaux, se positionnait tel un trophée au milieu des centaines éoliennes aux pales miroirs secouées par les vents. Le territoire plat facilitait les déplacements tubulaires et par navettes, et aussi, du coup, l’atterrissage du vaisseau Terrien.

Au terme de longues heures et tentatives de conversations, les intentions des étrangers semblant simplement de nature à enrichissement intellectuel, ils avaient eu l’autorisation, sous certaines conditions, de poser campements aux alentours, et de profiter du savoir de leurs Bibliothèques. L’une de ces conditions étant d’être encadré par des Vökashin. Aujourd’hui, c’était visiblement au tour de Nashen de faire parti de ces guides. Retrouver leur Japa’i allait au moins être amusant…

Après une petite dizaine de minute en navette, puis encore moins en train, la jeune brune et son frère débarquèrent à Varagandi. Dorka leur avait faussé compagnie au port de Palatenö, reprenant ses activités ordinaires, autant que leurs accompagnateurs.

Les larges allées sous-terraines du port étaient éclairées par des néons parfois bleus, parfois orange, rarement blancs. De hautes jardinières longeaient les couloirs menant à la sortie du quartier. Au détour de quelques coursives et de tapis roulants, ils atteignirent le Conciliarat. Il y faisait plus frais, pas seulement à cause de la hauteur, mais les vents s’engouffraient entre les piliers de soutien du dôme. Leur tenue d’un vert olive, bien que plutôt fine, les protégeait considérablement des basses températures et des bourrasques occasionnelles. Les Mokanelù, eux, semblaient avoir une couche épaisse, outre le gilet aux multiples poches, des sangles cernaient bras et jambes, soutenant des outils dont Nashen ne connaissait encore pas l’utilité. Cinq d’entre eux patientaient près des assises, et les regards se plantèrent sur elle et l’enfant à leur approche. Dyogo, Senan et Len les saluèrent promptement, les phalanges des deux mains repliées les unes contre les autres. Aussitôt imités par les plus jeunes. Au dos de l’ainée, un fusil de précision de type Rako, l’arme préférée de Len.

L’attention de la jeune femme s’attarda sur sa Dayàg, qu’elle n’avait pas vue depuis quelques jours. Senan Vökashin se tenait droitement aux côtés de Len. Un peu plus grande qu’elle, ses cheveux d’un blanc neige remontaient d’un côté de sa tête, maintenus par une barrette noire métallique en forme de fleur, dont deux cordelettes tressées retombaient sur son épaule, s’accordant avec la cascade de mèches ballotées par le courant d’air. Ses yeux gris se durcirent à sa vue, comme à chaque fois qu’elle lui cachait quelque chose, ou qu’elle avait une mauvaise nouvelle à lui annoncer. L’expression moins austère de Len eut l’effet contrebalancé de rassurer Nash.

C’était néanmoins Senan qui entama les explications à la chasseuse.

_ Fille, Làke do ronii’kèlan. Mokalenù recherchent la Porte des Etoiles gerren sète. Len ö’jete sèkeno. Iitàke shin ugon hakikàtan ham. Moyàg’da er’odam borsig ularni Galtros do Koletèva territoire.

Nashen écarquilla les yeux à cette information, mais n’intervint pas. D’une oreille distraite, elle entendait Dyogo tenter une traduction partielle à leurs invités.

_ Moalqani pas décidé do utiliser anneau, ö’utsu gane tosanï, kiesen tirmàni, contactez-nous. Eshi tègar?
_ Nat, Dayàg. Ke… iitàke era alte omaogà. Anàshin me contacter kosète do Len.
_ Telnat…

Le regard de Senan se faufilait de l’un à l’autre de ses trois enfants, d’une fierté pincée de crainte maternelle. Le temps d’une respiration plus profonde, elle reporta son intérêt envers le groupe d’Atlantes dont la mission consistait à retrouver la Porte des Etoiles de Temàrak. Sans cerner une éventuelle tête dirigeante, Senan s’adressait à chacun d’eux, poursuivie par l’ambassadrice dont la traduction se limitait à quelques mots.

_ Guides, Vökashin. Nashen…

Sa main présenta la brune, qui effectua un nouveau salut respectueux.

_ Len.

Celle-ci se gaussa tout autant d’une marque polie. Revenant aux femmes, Senan releva son poignet gauche, où un brassard numérique s’alluma d’un passage du doigt sur l’écran haptique.

_ E’kosète la zone où se trouve la Porte des Etoiles. Ö’tàlera nat... kiesen kandè tonödsi.

Elles acquiescèrent à l’unisson. Nashen adressa ensuite un léger signe de tête au groupe d’étrangers pour les inciter à la suivre. Même si Dyogo ne les accompagnait pas, il ne devrait pas être trop difficile de se faire comprendre pour les directions, sans compter que le temps passé dans leur base de données avait déjà permit aux étrangers de comprendre une bonne partie de leur langage. A supposer maintenant que les Mokalenù ne se montreraient pas trop dissidents…
@DamianVK



Nashen Vökashin

Le Cycle du Crépuscule [PV Libre] Signat10


DC Kendall Carr-Li

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Lorn Fawkes
Archéologue
Langues Antiques
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Liste de vos DC : Hailey Spalding

Lun 11 Oct - 23:35

Lorn Fawkes



Le cycle du crépsucule



Libre






Lorn Fawkes se releva, refermant son carnet dans un claquement sec, glissant son styloplume dans une poche, avant d'étirer les muscles de son dos. Depuis près de trois jours, il n'avait pas quitté cette planète dont l'intérêt scientifique lui passait bien au dessus de la tête. Du moins, tout ce qui touchait à la technologie. La civilisation avait bien plus d'intérêt à ses yeux (sans doute parce que au moins il parvenait à comprendre les tenants et les aboutissements, ou au moins pouvait l'analyser sous un oeil d'historien, d'antropologue et non d'informaticien fou -parce que selon lui seul un fou pouvait être informaticien-). Il observa les personnes présentes. Des enfants, ignorants, passionnés et craintifs de ces étrangers qu'ils étaient, tout comme les Atlantes se montraient plus ou moins curieux d'eux. Comme souvent, les plus jeunes semblaient plus prompt à venir vers lui, se montrant curieux de ce qu'il faisait. Des personnes plus âgées, peut être plus savantes -il ne s'avançait jamais trop là dessus- approchait parfois, échangeait quelques mots... Des sons pour la plupart incompréhensible, faute d'avoir pu décoder intégralement leur langage. Mais il avançait. Bientôt il aurait une base assez solide pour comprendre les principales phrases. D'ici quelques mois, il pourrait envisager un dictionnaire, grâce à ses efforts. Il esquissa un sourire. Pour une fois, il n'était pas insatisfait. Les choses se déroulaient comme il le souhaitait, même si au départ il avait été particulièrement agacé de se voir convoquer pour venir en aide à une mission lointaine, avec pour seule explication qu'un peuple ne parlant pas l'anglais avait été découvert. Il avait bien entendu obéi, cela restait son travail, mais il n'avait pas moins fait son sac en grommelant qu'il ne serait pas si désagréable que tout le monde parle anglais commme tout le monde. Une petite incohérence ? Certainement. Il n'était pas à cela prêt quand il s'agissait de mettre en avant sa mauvaise humeur.
Evidemment il avait rapidement changé d'avis lorsque, après avoir transité par une planète proche de la position du Dédale, et fait le vol à bord du vaisseau de guerre, il s'était retrouvé entouré de ses "sauvages" dont il avait vu la grandeur apparente de la civilisation, et qu'il s'était donné pour mission de les éduquer juste assez pour pouvoir échanger. Evidemment il avait injurié les militaires qui arboraient des armes en permanence, devant un peuple qui décidément ne semblait pas en avoir l'usage. C'était une belle bande de rustres... C'était toujours la même chose avec eux... Tous dans les muscles, rien dans le cerveau... L'une des soldates lui avait claqué le museau, en lui demandant ce qu'il ferait sans les militaires pour le sortir d'un mauvais pas. Spalding quelque chose... Il n'avait pas du tout fait attention à sa diatribe, se moquant totalement de ce qu'elle disait car il s'était perdu dans la contemplation d'un bâtiment, notant la structure, réfléchissant à son sens potentiel. La ville avait été conçu pour être fonctionnel, adaptée à leur évolution. Il connaissait quelques terriens qui devraient y réfléchir. Lorn n'avait accordé à la caporale Spalding de l'intérêt que lorsqu'elle était revenue avec une banque de données d'images, obtenues par drone, des clichés qui permettaient de mettre en lumière la maîtrise de l'espace, mais aussi désigner des zones plus facilement, sans avoir à s'ennuyer à faire comprendre le concept de cartographie.

"Bon... Qu'est ce qu'ils vont nous sortir comme guides... Alvaro, range ta foutue barre chocolatée ! Le jour où tu nous déclencheras une allergie on aura l'air fin ! C'est à croire que vous avez tous vu votre cerveau désintégré en passant la Porte !"

Lorn, charmant en toute circonstances, se dirigea vers les arrivants à qui ne certaine Senan expliquée la situation visiblement, ne prêtant pas attention au militaire qui se dirigeait dans la même direction, ou plutôt qui s'approchait pour observer avec un certain intérêt.

"Vous êtes nos guides donc... La Porte des Etoiles... Comment votre... Peuple la considère ? Bonne ? Mauvaise ?" demanda t il, avant de regarder qui des siens formeraient la mission vers la Porte. Il y aurait des techniciens, des militaires... Des hommes du Dédale essentiellement.

"Quand vous aurez deux minutes, demandez leur s'il y a possibilité de regarder de plus près leur vaisseau. Je serais curieux de savoir ce qu'ils ont dans le ventre... Et comment ils fonctionnent..." lui demanda Vortimer Raven, qui depuis qu'il avait vu la navette spatiale de ce peuple ne parvenait à se sortir de l'idée des questions stratégiques. Aucune arme apparente, ce n'était pas un signe d'absence de moyen de faire des dégâts. Il suffisait d'un générateur en surcharge pour créer une bombe. Il ne pouvait donc s'empêcher de craindre une attaque sur le Dédale, et escomptait bien avoir des parades à appliquer si nécessaire. Mais au delà des questions militaires, il avait une réelle curiosité pour la technologie utilisée.

"Soldats. Le premier que je prends à tirer sans raison valable, il se retrouve illico en cellule. Donc vous restez attentif mais vous gardez le contrôle de vos nerfs. Les civils au centre de la formation. Interdiction de flâner en route et prendre du retard."

Rappeler les consignes de base, ce n'était jamais un luxe estimait le capitaine. Les choses dites, personne ne pouvait arguer de ne pas avoir été prévenu. Il engagea alors un bref contact radio avec le Dédale, pour avertir du mouvement à venir.

//Dédale, ici le capitaine Raven. Nous avons pu trouver des guides, ils sont supposés nous mener à la Porte. Nous partons avec une équipe réduite pour voir ce qu'il en est.//

//Bien reçu capitaine. On tâche de vous garder à l'oeil sur les instruments.//

Vortimer fit un signe de la main à leurs guides, il était prêt à y aller et les candidats à l'exploration étaient censés s'être préparés à partir. Il n'y avait donc pas à attendre trois he

@DamianVK



Double compte : Hailey Spalding

Lorn écrit en #08088A

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Skyler McAlister
Médecin Neurochirurgien
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√ Messages : 407

Dim 17 Oct - 22:00

Skyler McAlister







Le Cycle du Crépuscule

Ft. Nashen et les membres d'Atlantis





Les sourcils froncés, je tentais de suivre ce que le Pégasien était entrain de m'expliquer par le biais d'un traducteur. Traducteur qui n'était d'ailleurs pas infaillible, car lui aussi était encore en plein apprentissage de notre langue. Cela pouvait donner des phrases incompréhensibles lorsque le mauvais mot était prononcé. Mais je m'efforçais de comprendre, d'en apprendre plus, mais également de partager mon propre savoir, bien que ce monde n'en avait sans doute pas besoin.

Je me souvenais parfaitement de notre arrivée sur ce monde. Une équipe avait découvert une nouvelle civilisation dans un système solaire jusque là inconnu pour nous. Et pour être plus précis, les Atlantes avaient fait la rencontre de l'équipage d'un vaisseau en perdition. De fil en aiguille, nous avions fini par en apprendre plus sur ces Pégasiens, ainsi que les coordonnées où se trouvaient leur monde. La Porte des Etoiles étant visiblement inutilisable, il avait fallu faire le voyage à bord du Dédale pendant plusieurs jours, avant d'arriver dans l'orbite de cette fameuse planète et de sa lune. La suite des événements avait été plus compliquée que prévu, car comme sur le vaisseau, les autochtones ne parlaient pas notre langue, bien que cette civilisation soit assez évoluée, épargnée par les Wraiths pour je ne savais quelle raison. Les discussions avaient été difficiles, et rapidement, des traducteurs s'étaient efforcés de comprendre, dans les deux camps.

Pacifique, ce peuple semblait accepter partager avec nous leurs connaissances. Cela avait enchanté plusieurs membres de notre équipe, aussi bien scientifiques que militaires, même s'il n'existait visiblement pas d'armement chez ces Pégasiens. Heureusement que parmi les Atlantes envoyés sur cette planète, il y avait Lorn Fawkes, un scientifique qui pouvait se montrer aussi irritable que McKay quand il s'y mettait, mais c'était un archéologue et surtout un linguiste. Sans doute le meilleur candidat pour comprendre au mieux les paroles de ce peuple. Mais il était occupé de son côté, sûrement en train d'apprendre tout ce qui concernait la technologie qu'on pouvait trouver sur cette planète.

Pour ma part, je m'étais intéressée à leur médecine, leurs données médicales présentes dans cette immense bibliothèque. Tout était complexe, non seulement parce qu'il s'agissait d'une technologie et de connaissances extraterrestres que je n'avais encore jamais vu jusqu'ici. Mais également parce que le traducteur tentait tant bien que mal de trouver des mots que je connaissais. Mais même avec lui, je commençais à attraper une légère migraine à essayer d'intégrer toutes ces informations, tout en décortiquant des termes inadéquats pour en trouver des plus appropriés. Je finis par soupirer en posant mon stylo sur le carnet où je prenais des notes.

« C'est compliqué, j'ai du mal à suivre » murmurai je pour moi même, massant mes tempes pour calmer ce mal de tête naissant.

Le traducteur et le médecin me regardèrent sans comprendre ce que je venais de dire, et je secouai la tête en levant la main.

« Ce n'est rien. Continuons. »

Pour mieux travailler, les Atlantes s'étaient répartis en plusieurs groupes. Et nous passions des heures à en apprendre davantage, avançant lentement dans nos recherches. Jusqu'à ce que mon groupe soit convoqué et réuni pour partir à la recherche de la Porte des Etoiles. D'après ce que j'avais compris, des guides nous seraient assignés pour cette tâche. Je ne fis aucune remarque, je trouvais ça normal que nous soyons accompagnés sur une terre qui n'était pas la notre. Alors, je suivis les autres jusqu'au Conciliat, où nous attendîmes un peu. Puis, nos hôtes arrivèrent enfin, et deux jeunes femmes furent présentées. Len et Nashen. Poliment, je pris la parole.

« Enchantée. Je m'appelle Skyler » leur dis je en me désignant avec mes mains au moment où je prononçais mon prénom pour essayer de leur faire comprendre.

Le Capitaine Raven prit ensuite la parole pour nous donner les directives à suivre. J'acquiesçai d'un léger hochement de tête, signifiant que j'avais compris les consignes, puis je me plaçai au centre de la formation, entre les militaires qui nous entouraient, derrière Vortimer. Prête à partir, je regardai autour de moi, détaillant les guides qui devaient nous aider à trouver la Porte des Etoiles de cette planète. Le dénommé Dyogo, l'un des traducteurs de ce monde, ne nous accompagnait visiblement pas. Puisque l'homme ne venait pas avec nous, nous allions devoir nous débrouiller pour nous faire comprendre des Pégasiens. Certes, j'avais retenu quelques termes en étudiant leur base de données au sujet de la médecine de ce peuple, mais j'étais incapable de tenir une conversation. Heureusement, Lorn venait avec nous. Je me tournai vers lui avec un petit sourire taquin.

« On compte sur vous pour faire la traduction, Docteur. »

Le groupe se mit par la suite en route, avec Nashen à notre tête pour nous guider.

@DamianVK


Le Cycle du Crépuscule [PV Libre] 236729Sanstitre32


DC : Kyle Hawkins - Rodney McKay - Lyanna
Couleur d'écriture : #99CCFF

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Nashen Vökashin
Exobiologiste
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√ Arrivée le : 19/09/2021
√ Nationalité : Temàrak

√ Messages : 5
Liste de vos DC : Kendall Carr-Li

Sam 23 Oct - 19:43

Nashen Vökashin



Le Cycle du Crépuscule




Nashen Vökashin




Varagandi






Les soldats d’Atlantis suivaient docilement les deux femmes qui menaient la marche, à pas tranquilles vers la sortie du Conciliarat. Les quelques résidents curieux qui s’étaient installés sur les gradins, partageant patience et intérêt envers les étrangers, chuchotaient entre eux à leur départ, prémices à une nouvelle réunion les concernant.

Alors que le groupe traversait le couloir vitré qui liait le forum à la ville, suspendu à une dizaine de mètres au-dessus du sol, Nashen jeta un œil à son ainée, lui indiquant, d’un signe de tête, de poursuivre sans elle. Elle ralentit ses pas à hauteur de l’interprète Terrien Fawkes Lorn, dont le nom ne lui était pas inconnu, puisse qu’il était le principal interlocuteur des échanges entre leur deux peuples. Son regard s’attarda sur sa tenue, et celle de la prénommée Skàler. Les vêtements Atlantes se ressemblaient étonnamment tous, avec simplement une différence de coloris chez certains. Sans compter une panoplie d’outils dans diverses poches et, le plus intéressant pour la chasseuse, des armes d’un noir opaque. Ce n’était certainement pas une bonne idée d’envisager des négociations pacifiques armes en mains, mais ce détail échappait pour l’instant à Nashen, qui ne pouvait s’empêcher d’en ressentir un attrait intense. L’homme n’en possédait pas, contrairement aux… gardiens ? Derrière eux. Quand à la jeune femme à ses côtés, le kurol à sa hanche n’avait pas l’allure des autres fusils. Comme s’il avait été conçu par un maître artisan différent. La jeune brune n’avait que le barishak à son dos, un long bâton de métal ciselé abstraitement, doté de deux petites lames de chaque côté, trop petites pour êtres mortelles au combat. Son utilité était ailleurs. Dans sa sacoche, outre une boisson sucrée et de quoi grignoter, se cachait deux sphères qu’elle n’utilisait qu’en dernier recours. Lorsqu’elle partait simplement en vadrouille sans but précis, elle n’emportait pas de matériel encombrant, mais uniquement de quoi repousser un éventuel animal agressif. Voir ses hommes et femmes bardées grossièrement, parfois avec de gros sac à dos, la faisait se sentir presque nue.

De ce qu’elle avait entendu sur les Mokanelù, bien qu’elle n’avait pas pu les voir à l’œuvre, leurs fusils à projectiles étaient très bruyant, pour le peu de fois qu’ils s’en étaient servis. Ils utilisaient un système basique à déflagration. Les artisans Mokàl’Tèka prenaient soin de concevoir des armes dont l’utilisation ne troublait pas l’environnement. Même si, au cours de l’histoire de son peuple, les premières fabrications possédaient tout autant le même principe d’énergie chimique, elles utilisaient maintenant l’électromagnétisme, quasiment silencieux, et seulement lors des entraînements. Se prendre un impact de munition neutre était… comment dire, bien trop mortel ? Pourtant, cette idée ne semblait pas déranger les visiteurs. Pour ceux qui en portait.

Finalement, elle évalua la question de son interlocuteur, le regard rivé sur son poignet. L’écran haptique de son communicateur affichait un dictionnaire de la langue Atlante. Le traducteur était en cours de conception par un groupe de développeurs « Temàratlante ». C’était une prouesse de comprendre une langue qui n’avait pas les mêmes expressions culturelles. Pour commencer, leur langage n’a ni distinction du genre, ni de pluriel. Lorsque l’on s’adresse à quelqu’un ou que l’on parle de soit, on s’exprime au sein d’un tout, d’une appartenance spirituelle plutôt qu’individuelle. La seule distinction se fait lorsque l’on évoque sa mère ou son père, ainsi que ses géniteurs. On utilise donc le préfixe « Mo » qui représente l’union, le groupe. Il n’y a pas de désignation pour la propriété individuelle, bien que cette notion existe. Si on veut parler par exemple de « son » téléphone, on dira « le téléphone que j’utilise ». La notion de propriété est intrinsèque à la tournure de la phrase. C’est une des raisons qui ralenti leurs compréhensions linguistiques.

Dans l’immédiat, elle allait devoir se contenter de son dictionnaire instantané, qui n’était pas très fourni. S’exprimant dans un premier temps dans sa langue maternelle pour retrouver les mots sur l’ordinateur-brassard, elle tenta, d’un accent fortement prononcé, un anglais enfantin, butant sur les syllabes :

_ On… pas connais… porte des étoiles. Jamais vue. Famille jamais vue. Territoire le Galtros. Tàvuzkor. Pas pacifiste. On dérange pas le Galtros. Dangereux.

Le territoire des Ophsifères qui vivaient en meute était aussi dangereux que celui d’un grand Tal’Gardè. Les Vökashin patrouillaient seulement en bordure, sauf en cas de besoins particuliers. Elle espérait que le Terrien qui avait indiqué ce coin ne se trompait pas, parce qu’elle aurait préféré éviter que tout ceci se termine en sang. Au moins, les étrangers étaient prévenus du risque. Peu avant leur réunion au Conciliarat, leur chef les avaient briefé sur la région qu’ils allaient parcourir. Des étendues rocailleuses et poussiéreuses de l’ouest du continent, étouffées de verdure exotique. Mais défendues par des meutes d’Anash’ëloten

La troupe emprunta le tapis accélérateur du long couloir. La lumière de ce début de matinée réchauffait naturellement les vitres et la place, si bien que le frais extérieur n’était plus qu’un détail. Au gré de quelques minutes de marche, où Nashen se fondait dans l’attroupement de Terrien par sa taille, tandis que Len dominait de ses deux mètres trente, ils atteignirent la périphérie de la grande ville. Celle-ci s’étendait sur les deux flancs du canyon sur une dizaine de kilomètres. Les bâtisses flirtaient aux murs avec élégance, d’une architecture propre à leur culture : tout en courbes. Le groupe s’introduisait dans les rues du centre-ville, gardant une vue partielle sur le ciel gris d’un côté, des bancs aux abords de balcons, et une myriade de magasins de l’autre. Tout y était, alimentaire, vestimentaire, mobilier… Dans un désordre volontaire, où les habitants se croisaient et décroisaient sans réellement faire d’emplettes, plus ou moins curieux des étrangers, mais conservant une habitude sereine, voire festive, à en entendre la musique sourdement répercutée à travers quelques ruelles. Au son électronique

Des panneaux divers à l’encadrement ornementé pavaient les façades. Parfois lumineux, parfois numériques, parfois manuscrits. Rien ne semblait avoir de règles définies sur l’esthétique. L’écriture ressemblait à s’y méprendre au sinogramme Terrien. L’alphabet n’était pas composé de lettres mais d’idéogrammes donnant le sens de la prononciation.
Il n’y avait pas de véhicules de déplacement personnel. Des novàlesh s’envolaient régulièrement vers les cieux, parfois bondés, parfois vides. Le peuple vivait dans la tranquillité, sans se soucier du temps ou de la ponctualité.

En chemin, Nashen se détacha du trinôme dans lequel elle s’était amicalement fourré, pour rejoindre son ainée. S’adressant à elle de leur langue d’origine, sans se soucier de se faire entendre.

_ On fait un détour chez Soy’Ashaq. Je dois recharger mon bâton. Et puis… Si on attire les Galtros, les Mokanelù ne feront pas de bois. Il nous faut du supplément.

Len soupesa le long et fin fusil qu’elle tenait dans les mains à la manière des soldats. Une brève réflexion plus tard, elle le lui tendit, la bandoulière pendante.

_ Ok. Pour du rapproché, mon kurerol sera gênant. Prend-moi un Porlaj, s'il te plaît.
_ Bien.

La jeune brune stoppa l’avancée de sa main libre, sondant les premiers militaires face à elle. Sans changer de tactique, elle parla une première fois dans sa langue, puis s’auto-traduisit ensuite :

_ On prend armes. Restez ici. Cinq minutes.

Sans attendre leur avis, elle se faufilait d’emblée à l’angle de la rue, laissant une Len déséquipée devant la troupe. Celle-ci, quelque peu gênée par la situation, plissa les lèvres. Mais avant qu’elle n’eut le temps de prononcer un mot, plusieurs habitants profitèrent de leur arrêt pour venir à leur encontre, les mains chargées de spécialités culinaires qu’ils voulaient faire découvrir à leurs visiteurs.

Nashen revint, comme promis, quelques minutes plus tard. Elle avait troqué sa sacoche pour deux sacs à dos, un pour elle et l’autre pour sa comparse, contenant des outils pratiques supplémentaires, dont deux paires de gants épais. Mais aussi rapporté deux fusils lourds pour la chasse de gros ou de meute. Le matériel partagé avec sa sœur, elle haussa le ton pour se faire entendre à l’assemblée animée.

_ Làke, mofarim. Temps aller maintenant.

L’un des jeunes hommes cuisinier qu’elle connaissait bien lui offrit un paquet de tissu. L’odeur qui s’en dégageait était formelle : des gâteaux au miel. Ses préférés. Un peu embarrassée de ce flagrant geste amoureux, elle le remercia tout de même, les rangeant dans une poche de son sac.

_ Barvàshin himoyak kilmok, Vökashin, fit-il entendre à voix basse, tout spécialement pour elle.

Nashen hocha la tête brièvement, évitant son regard en répondant encore plus bas :

_ Làke, Emosa.

Alors que les accueillant Mokàl’Tèka s’éloignaient, Nashen fit signe d’une main au groupe, les incitant à la suivre. Len l’approcha d’un air mutin. Se penchant pour lui murmurer à l’oreille :

_ Emosa te drague depuis un moment. Il te plaît pas ?

Pour toute réponse, Nashen lui octroya un coup de coude vicieux. Sa grande sœur s’écarta dans un rire, amusée par sa timidité affective. La brune se laissait rarement aller dans des étreintes réconfortantes. Si bien qu’elle avait finit par avoir une réputation de « gaiane », une fleur rare qu’on n’offrait que lors de demande d’union. Mais Len savait qu’elle n’était pas si prude ! Pauvre garçon.

Ils finirent par rejoindre l’aéroport des navettes novàlesh, qui allaient et venaient au gré des commandes. Le large espace ouvert, sur le plateau désertique, offrait une belle vue plongeante sur la ville, autant que sur la savane, et plus loin, le Dédale, dont la carrosserie sombre jurait avec le naturel doré du paysage.
Chaque sphère de quatre rotors proposait vingt places, en cercle autour d’un ordinateur central. Les battants vitrés soufflèrent en s’écartant, laissant les militaires s’installer.

Les navettes rappelaient indéniablement le Jerkian, qui avait manqué de s’écraser sur Let’Knà. Nashen avait pu assister à son envol, et le savoir maintenant vide de vie était désolant. Mais les Mokanelù avaient pu rapporter de précieuses informations sur l’accident. Bien que l’enquête soit toujours en cours, c’était l’environnement empoisonné qui avait tué l’équipage Temàrak. Mais les causes étaient encore floues. Les scientifiques disposaient d’un laboratoire hermétique pour examiner les échantillons qu’ils pouvaient trouver sur les autres planètes. S’il y avait un accident chimique, celui-ci aurait dû être contenu. Or, le Jerkian avait été envahis par un lichen proliférant, qui présentait des éléments à la fois organique et minéraux. C’était la persévérance des Atlantes qui leur a permit de dénicher les données de bord, et remonter les signaux jusqu’à Temàrak. Et, alors que les systèmes de propulsion ne fonctionnaient plus, l’idée ingénieuse de vider une grande partie de l’air du vaisseau pour esquisser une poussée suffisante en orbite, a évité le crash et la perte complète de leur patrimoine. Aujourd’hui, le Jerkian flottait encore au-dessus de M13S-608, mais des experts en son sein pour analyser la réalité de ce regrettable échec. Les Terriens ayant eu l’amabilité de conduire certains Mokal’Tèka pour ce travail, tout en leur apportant un soutien technique.

Nashen avait beau y réfléchir, elle ne voyait pas ce qui avait pu empoisonner leur vaisseau. Même s’il y avait un risque avec les échantillons, tout avait été conçu pour empêcher une telle expansion. Il y avait un sabotage. Elle en était à la fois persuadée, et effrayée par l’idée. Ses doutes à l’encontre des Kàlesh pouvaient s’avérer véridiques, et elle ne voulait pas que tout cela mène au malheur de son peuple. Dans tous les cas, l’équipe déléguée finira par découvrir la juste fin de l’histoire.

Revenant à l’instant présent, elle prit place près de Len, qui avait déjà les yeux baissés sur son propre communicateur. Dans l’attente que tout le monde fut correctement installé, leur ceinture de sécurité harnachée, elle programmait le trajet de l’appareil. Le léger bourdonnement des rotors s’intensifiait doucement dans l’habitacle à mesure que l’engin se soulevait dans les airs.

_ Ecoutez, entreprit la chasseuse en posant son sac à dos au sol. Ici, Barvàshin mukadas. Important. Euhm… animal, important.

Elle pointa un des fusils d’assaut militaire de l’index.

_ Kiesen damö do Barvàshin. Ne tuez pas animal. Len et moi, Vökashin, oui. Vous, non.

Bien que son dictionnaire lui épargnait des difficultés, elle n’avait pas toujours les bons mots pour exprimer le fond de sa pensée, ce qui lui faisait traduire que partiellement. Tapotant brièvement sur son arme, elle poursuivit :

_ Modame do vonalar ite kurerol bosha. On tire avec des armes particulières. Animal ne pourra pas faire mal à vous. Eshi tègar?
@DamianVK



Nashen Vökashin

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